jeudi, 09 avril 2009

LA PASSION DU CHRIST

 

L A + P A S S I O N  + D U  + C H R I S T

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A l’exemple de nos amis du Christ Roi, du Forum Catholique et des Intransigeants, nous fermons pour les trois derniers jours de la Semaine Sainte, les commentaires de La Question, reprenant volontiers, à notre tour, les termes de la note explicative de cette pieuse et sage décision commune : « en tant que catholiques, nous nous devons de nous montrer exemplaires, et de prouver au monde que nous sommes capables de nous mettre en retrait dans des heures importantes. Ce n’est pas mépriser le monde, c’est nous tourner vers l’essentiel. »

Bonne et sainte fête de Pâques !



 

Méditation :

 

SECOND SERMON
POUR
LE  VENDREDI  SAINT,
SUR
LA PASSION
DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Prêché dans le Carême de 1661, aux Carmélites de la rue Saint-Jacques

Jacques Bégnigne Bossuet (1627-1704)

 

 

 

Jésus-Christ étendant les bras, nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l'ordre des secrets de Dieu, toute l'économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, en un mot un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Evangile et de toute la théologie chrétienne.

O croix, que vous donnez de grandes leçons! ô croix, que vous répandez de vives lumières! mais elles sont cachées aux sages du siècle; nul ne vous pénètre qu'il ne vous révère, nul ne VOUS entend qu'il ne vous adore; le degré pour arriver à la connaissance, c'est une vénération religieuse. Je vous la rends de tout mon cœur, ô croix de Jésus, en l'honneur de celui qui vous a consacrée par son supplice, dont le sang, les opprobres et l'ignominie vous rendent digne d'un culte et d'une adoration éternelle. Joignons-nous, âmes saintes, dans cette pensée et disons avec l'Eglise : O Crux, ave !

 

Si le pontife de l'Ancien Testament, lorsqu'il paraissait devant Dieu, devait porter sur sa poitrine, comme dit le Saint-Esprit dans l’Exode, « la doctrine et la vérité (Exod., XXVIII, 30), » dans des figures mystérieuses, à plus forte raison le Sauveur, qui est la fin de la loi et le Pontife de la nouvelle alliance, ayant toujours imprimées sur sa personne sacrée la doctrine et la vérité, par l'exemple de sa sainte vie et par ses actions irrépréhensibles, les doit porter aujourd'hui d'une manière bien plus efficace dans le sacrifice de la croix, où il se présente à son Père pour commencer véritablement les fonctions de son sacerdoce. Approchons donc avec foi, chrétiens, et contemplons attentivement ce grand spectacle de la croix, pour voir la doctrine et la vérité gravées sur le corps de notre Pontife en autant de caractères qu'il a de blessures, et tirer tous les principes de notre science de sa passion douloureuse.

 

 

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"Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis,

c'est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ;

en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange."

 

 

 

Mais pour apprendre avec méthode cette science divine, considérons en notre Sauveur ce qu'il a perdu dans sa passion, ce qu'il a acheté, ce qu'il a conquis. Car il a dû y perdre quelque chose, parce que c'était un sacrifice; il a dû y acheter quelque chose, parce que c'était un mystère de rédemption ; il a dû y conquérir quelque chose, parce que c'était un combat. Et pour accomplir ces trois choses, je dis qu'il se perd lui-même, qu'il achète les âmes, qu'il gagne le ciel. Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis, c'est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ; en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange, c'est ce qui achève le mystère de la rédemption; mais ces âmes qu'il a rachetées de l'enfer, il les veut placer dans le ciel eu surmontant les oppositions de la justice divine qui les en empêche, et c'est le sujet de son combat. Ainsi vous voyez et) peu de paroles toute l'économie de notre salut dans le mystère de cette journée. Mais qu'apprendrons-nous pour régler nos mœurs dans cet admirable spectacle? Tout ce qui nous est nécessaire pour notre conduite : nous apprendrons à perdre avec joie ce que Jésus-Christ a perdu, c'est-à-dire les biens périssables; à conserver précieusement ce que Jésus-Christ a acheté, vous entendez bien que ce sont nos âmes; à désirer avec ardeur ce que Jésus-Christ nous a conquis par tant de travaux, et je vous ai dit que c'était le ciel.

 

C'est pourquoi son supplice, quoique très-cruel, est encore beaucoup plus infâme. Sa croix est un mystère de douleurs, mais encore plus d'opprobres et d'ignominies. Aussi l'Apôtre nous dit « qu'il a souffert la croix en méprisant la honte et l'ignominie : » Sustinuit crucem confusione contemptâ (Hebr., XII, 2), et il semble même réduire tout le mystère de sa passion à cette ignominie, lorsqu'il ajoute que Moïse jugea que «l'ignominie de Jésus-Christ étaitun plus grand trésor que toutes les richesses de l'Egypte : » Majores divitias œstimans thesauro Aegyptiorum, improperium Christi (Ibid., XI, 26.). Rien de plus infâme que le supplice de la croix ; mais comme l'infamie en était commune à tous ceux qui étaient à la croix, remarquons principalement cette dérision qui le suit depuis le commencement jusqu'à l'horreur de sa croix.

 

C'est une chose inouïe que la cruauté et la risée se joignent ensemble dans toute leur force, parce que l'horreur du sang répandu remplit l’âme d'images funestes qui répriment l'emportement de cette joie maligne dont se forme la moquerie, et l'empêche de se produire dans toute son étendue. Mais il ne faut pas s'étonner si le contraire arrive en ce jour, puisque l'enfer vomit son venin, et que les démons sont comme les âmes qui produisent tous les mouvements que nous voyons.

 

Tous ces esprits rebelles sont nécessairement cruels et Moqueurs : cruels, parce qu'ils sont envieux ; moqueurs, parce qu'ils sont superbes. Car on voit assez, sans que je le dise, que l'exercice, le plaisir de l'envie, c'est la cruauté ; et que le triomphe de l'orgueil, c'est la moquerie. C'est pourquoi en cette journée où règnent les esprits moqueurs et cruels, il se fait un si étrange assemblage de dérision et de cruauté, qu'on ne sait presque laquelle y domine. Et toutefois la risée l'emporte, parce qu'étant l'effet de l'orgueil qui règne dans ces esprits malheureux, au jour de leur puissance et de leur triomphe ils auront voulu donner la première place à leur inclination dominante. Aussi était-ce le dessein de Notre-Seigneur que ce fût un mystère d'ignominie, parce que la dérision et se fait un sujet de risée d'une extrémité déplorable. Mais aujourd'hui l'enfer vomit son venin, et les démons sont les âmes qui produisent... c'était l'honneur du monde qu'il entreprenait à la croix, comme son ennemi capital ; et il est aisé de connaître que c'est la dérision qui prévaut dans l'esprit des Juifs, puisque c'est elle quia inventé la plus grande partie des supplices. J'avoue qu'ils sont cruels et sanguinaires; mais ils se jouent dans leur cruauté, ou plutôt la cruauté est leur jeu.

 

Il le fallait de la sorte, afin que le Fils de Dieu « fût soûlé d'opprobres, » comme l'avait prédit le prophète (Thren., III, 30); il fallait que le Roi de gloire fût tourné en ridicule de toutes manières, par ce roseau, par cette couronne et par cette pourpre. Il fallait pousser la raillerie jusque sur la croix, insulter à sa misère jusque dans les approches de la mort, enfin inventer pour l'amour de lui une nouvelle espèce de comédie dont la catastrophe fût toute sanglante.

 

Que si l'ignominie de Notre-Seigneur c'est la principale partie de sa passion, c'est celle par conséquent dont il y a plus d'obligation de se revêtir. Exeamus igitur ad eum extra castra, improperium ejus portantes. Et toutefois, chrétiens, c'est celle qu'on veut toujours retrancher; dans les plus grandes disgrâces on est à demi consolé, quand on peut sauver l'honneur et les apparences. Mais qu'est-ce que cet honneur, sinon une opinion mal fondée ? et cette opinion trompeuse ne s'évanouira-t-elle jamais en fumée, en présence des décisions claires et formelles que prononce Jésus-Christ en croix? Nous sommes convenus, Messieurs, que le Fils de Dieu a pesé les choses dans une juste balance ; mais il n'est plus question de délibérer, nous avons pris sur nous toute cette dérision et tous ces opprobres, nous avons été baptisés dans cette infamie : In morte ipsius baptizati sumus (Rom., VI,  3).

 

Or sa mort est le mystère d'infamie, nous l'avons dit. Eh quoi! tant d'opprobres, tant d'ignominies, tant d'étranges dérisions, dans lesquelles nous sommes plongés dans le saint baptême, ne seront-elles pas capables d'étouffer en nous ces délicatesses d'honneur! Non, il règne parmi les fidèles ; cette idole s'est érigée sur les débris de toutes les autres, dont la croix a renversé les autels.

 

Nous lui offrons de l'encens; bien plus, on renouvelle pour l'amour de lui les sacrifices cruels de ces anciennes idoles qu'on ne pouvait contenter que par des victimes humaines ; et les chrétiens sont si malheureux que de chercher encore de vaines couleurs, pour rendre à cette idole trompeuse l'éclat que lui a ravi le sang de Jésus. On invente des raisons plausibles et des prétextes artificieux pour excuser les usurpations de ce tyran, et même pour autoriser jusqu'à ses dernières violences; tant la discipline est corrompue, tant le sentiment de la croix est éteint et aboli parmi nous. Chrétiens, lisons notre livre ; que la croix de notre Sauveur dissipe aujourd'hui ces illusions ; ne sacrifions plus à l'honneur du monde, et ne vendons pas à Satan, pour si peu de chose, nos âmes qui sont rachetées par un si grand prix.

 

 

 

mercredi, 25 mars 2009

Le préservatif : la grotesque et ridicule icône de la culture de mort !

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Benoît XVI s’oppose de toutes ses forces par ses récentes déclarations à la culture de mort, dont le préservatif est devenu l’emblème, le symbole intouchable, l’icône grotesque par excellence, au point de susciter des réactions délirantes de toutes parts. En effet, une civilisation entière semble aujourd’hui s’identifier à un objet en plastique distribué scandaleusement de façon indistincte, depuis les grand-mères depuis longtemps ménopausées jusqu’aux jeunes enfants pré-pubères, à la sortie des écoles et des églises, telles d'innocentes pastilles à la menthe, objet qui ne protège ni du vice, ni de la perversion des mœurs, ni de la désorientation spirituelle, ni de la ruine de l’âme.


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Les préservatifs sous forme de chrysanthèmes

sur le tombe de la civilisation


Qu’un pape rappelle les exigences de l’Evangile qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? Qu’un souverain pontife, affirme que la solution n’est pas le laxisme en matière sexuelle, en encourageant des soi-disant « relations protégées » (qui sont d’ailleurs parfois refusées par les homosexuels eux-mêmes ), alors qu’elles ne protégent en réalité en rien le devenir spirituel de l’esprit de l’homme qui possède son authentique vocation dans la sainteté, en quoi cela est-il étonnant ?

 

En réalité, ce que beaucoup, y compris parmi les chrétiens et non des moindres, ne comprennent pas, c’est que par sa mission confiée à elle par le Christ, l'Eglise n'a pas à se trouver en phase avec « le monde ». La raison d'être de l'Eglise est au contraire d’être un signe de contradiction, d'éclairer le monde, d'être la « lumière du monde », en ne ménageant ni ses critiques, ni ses vigoureux rappels de la Loi Divine. Le monde, vit dans les ténèbres, il a pour Prince Satan et se trouve sous la domination de ses légions. Ses valeurs sont des valeurs ténébreuses qui ne peuvent que le conduire à refuser les lumières de l'Eglise qui est logiquement qualifiée d'obscurantiste, car ici-bas tout est inversé, rien n’est à sa place ; comme le disait Joseph de Maistre, l’ordre de la nature, depuis la Chute, est une « contre-nature ». Il est donc important, en ces instants, de méditer les Paroles de Jésus, qui projettent sur ces sujets, un éclairage surnaturel et nous montrent la perspective véritable du chrétien en ce monde : « Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Qui croit en Lui n'est pas jugé, qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils Unique de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière afin qu'il soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jean 3, 17-22)

 

 

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"Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille..."

 

En raison de son intérêt, nous reproduisons l’entretien réalisé avec Dominique Morin , malade du sida, qui remercie le Pape d’avoir brisé un tabou., réagissant à la polémique actuelle et expliquant pourquoi le préservatif répond à une absurde logique.

 

 Avez-vous jugé scandaleux les propos récents de Benoît XVI ?


Ce que je trouve scandaleux, ce sont ces choeurs de vierges effarouchées. Qu’a dit Benoît XVI ? L’homme ne peut se résigner à vivre des comportements sexuels à risque (vagabondage sexuel ou homosexualité), ni la société fonder une prévention du sida sur l’échec. Il a rappelé que l’homme est doté d’une raison, d’une liberté, et qu’il est capable de poser des actes. La réponse à donner au sida est dans ses moyens de propagation. Le seul moyen sûr d’endiguer le risque est d’éviter les comportements à risque. C’est du simple bon sens, mais ce n’est pas le mieux partagé à l’heure actuelle ! Alors je dis merci au Pape d’avoir brisé un tabou.

Benoît XVI ne nous transmet pas une théorie qu’il vient d’inventer. Il ne fait que rappeler ce que prône l’Eglise, basée sur la Révélation. Dans l’Ancien Testament déjà est écrit "je te montrerai le chemin de la vie et de la mort. Tu choisiras la vie". Comme Dieu, l’Eglise croit en nous. Elle croit l’homme capable de poser des choix. Ces choix font sortir d’une logique fataliste qui fait de l’homme l’esclave de ses pulsions.


 N’est-ce pas rendre service aux jeunes que de leur recommander le port d’un préservatif ?


Je témoigne dans les écoles depuis quinze ans. Aujourd’hui, les jeunes pensent qu’une sexualité pulsionnelle, instinctive, est leur seul horizon. Or, derrière leur demande "Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille" se cache une aspiration profonde, le désir d’aimer sans savoir comment s’y prendre. Dire qu’un jeune est obligé d’avoir des relations sexuelles pour se découvrir et apprendre à aimer correspond à la logique freudienne, qui est fausse. Pour des catholiques, faire de Freud un docteur de l’Eglise en dit long sur leur vision de l’homme !

Il existe une autre voie que celle de la pornographie, la masturbation, les relations instables. Oublier de leur dire cette vérité revient à leur mentir. Celui qui leur dit d’utiliser un préservatif se lave les mains et s’offre une bonne conscience à peu de frais. Le jeune se retrouve face aux limites du moyen et de relations sans confiance. Le préservatif est un leurre et une escroquerie !

 

 Vous êtes vous même porteur du HIV. Quel a été votre parcours ?


Dans les années 80, je vivais dans la délinquance, la drogue, le sexe, et la violence politique. En 1986, j’ai commencé à me convertir. Je n’en pouvais plus de toute cette violence. Par la pratique religieuse, j’ai découvert une joie que je ne connaissais pas. J’ai décidé de me confesser, persuadé de me faire jeter ! Or j’ai rencontré la miséricorde de Dieu, à travers le sourire bienveillant du prêtre et son absolution. Puis j’ai découvert en 1993 que j’étais infecté du sida, en phase 4. J’étais fichu.


 Vous parlez de politique de prévention, comme le Saint-Père. Ce discours peut-il tenir face à un séropositif ?


Il existe bien sûr des cas d’exception, mais une morale ne se détermine pas en fonction d’un échec ni d’un mal. Jamais l’Eglise n’a dit d’aller s’infecter sans préservatif. Certaines pulsions sont parfois si fortes, notamment chez les homosexuels, que la personne n’est pas toujours capable, malgré ses efforts, d’y résister. Dans ce cas-là, bien sûr, le prêtre invite à ne pas en plus propager la mort.


 Comment avez-vous tenu ce pari de la chasteté ?


Je n’ai pas eu de relations sexuelles depuis 29 ans et c’est pour moi le seul moyen complètement sûr de ne pas transmettre le virus. Je ne suis pas meilleur que les autres malades. Ma conversion m’a fait changer de perspective sur moi, mon corps, ma relation aux autres. La prière et les sacrements m’ont donné les grâces nécessaires pour déraciner en moi des habitudes et combattre ma faiblesse. J’ai appris à me "domestiquer". J’ai aussi découvert des relations chastes avec des filles. L’abstinence sexuelle est parfois difficile, mais le plaisir dont cela me prive ne me manque pas tellement, au regard de la vie apaisée que je connais aujourd’hui.


 Vous êtes-vous senti condamné par l’Eglise ?


Jamais je ne me suis senti rejeté par l’Eglise, au contraire. Elle m’a ouvert ses portes, elle m’a accueilli comme j’étais, là où j’en étais. Je me suis senti aimé. Car l’Eglise distingue la personne de ses actes. Avant ma conversion, je me sentais condamné par les propos de l’Eglise, parce que je croyais faire corps avec mes actes. Je croyais que lorsque l’Eglise condamnait tel acte, elle condamnait l’homme. Or, "la vengeance de Dieu, c’est de pardonner", comme disait Pagnol. Dieu ne sait qu’aimer. Il couvre d’un amour de prédilection les malades du sida.

 

 Beaucoup accusent l’Eglise aujourd’hui...


C’est oublier que l’Eglise fut la première à se soucier des sidéens. Dès les années 80, aux Etats-Unis, le Cardinal O’Connor a ouvert un service spécial pour les accueillir, alors qu’on ignorait encore les risques de contamination. Mère Teresa est venue créer le premier centre "The gift of love" à New-York, dédié aux malades du sida. Il en existe plusieurs aujourd’hui, à travers le monde.

L’Eglise veut le bonheur de l’homme. Le Pape tient son rôle de père, de pédagogue, lorsqu’il rappelle que l’homme est destiné à aimer en vérité, et non dans le mensonge, dans la peur et le risque de la mort. Il nous montre un chemin exigeant, sans chercher à plaire ni à séduire. Le sida se propage par le multi partenariat. Le seul moyen de l’endiguer est de revenir à la racine de l’amour. Chacun aspire à l’amour vrai, fondé sur la confiance. Voilà le véritable enfer : non pas être puni des conséquences de son péché, mais avoir peur d’aimer.

 

Sources :


Famille chrétienne

Dominique Morin

dimanche, 18 janvier 2009

A la pieuse mémoire de Louis XVI le Roi martyr

 

 

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Louis XVI

 

(23 août 1754 - 21 janvier 1793)

 

 

 

 

La façon dont Louis XVI fut exécuté le 21 janvier 1793 fait de ce régicide un crime collectif. Comme l’écrivit Joseph de Maistre : « jamais un plus grand crime n’appartint à un plus grand nombre de coupables », en conséquence : « Chaque goutte du sang Louis XVI en coûtera des torrents à la France... » (Considérations sur la France, ch. I) Joseph de Maistre montra d’ailleurs très bien que l’effroyable vertige criminel, qui s’empara de la France révolutionnaire, fut un mystère qui ne trouve son explication que dans un ordre d’une nature étrangère à l’intelligence humaine. Pire encore à ses yeux, cet ordre étranger échappe non seulement au domaine de la loi de la raison naturelle, mais aussi au règne substantiel de la vérité ontologique qui féconde et donne la vie : « Le mal n’a rien de commun avec l’existence ; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative : le mal est le schisme de l’être ; il n’est pas vrai. Or ce qui distingue la Révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n’y soulage l’oeil de l’observateur : c’est le plus haut degré de corruption connu ; c’est la pure impureté. » (Op. cit., ch. IV).

 

 

 

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Exécution de Louis XVI




 

Dès lors, le nouvel ordre instauré en France depuis la Révolution, s’est dévoilé comme étant foncièrement ennemi du Bien, comme participant d’une authentique puissance ténébreuse. Le renversement du regard, la désorientation du cœur et de l’âme, le rejet de Dieu pour faire de l’homme, en l’exaltant inconsidérément, la nouvelle idole d’un culte sanguinaire, telle est l’entreprise sacrilège de la Révolution. Joseph de Maistre explique de la sorte très bien : « Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. (...) Le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l’apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l’inauguration de la déesse Raison, et cette foule de scènes inouïes où les provinces tachaient de surpasser Paris ; tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde. » (Op. cit., ch. V.) C’est pourquoi, le combat, l’unique combat pour nous sur « La Question », en accord total avec l’analyse pertinente de Joseph de Maistre, est donc d’ordre métaphysique, spirituel et religieux contre le mal.

 

 

Nos amis des intransigeants, ayant récemment eu l’excellente idée de présenter la vidéo les « Victimes de la République » dans une de leurs notes. Nous reprenons volontiers leur invitation à diffuser largement ces images extrêmement éclairantes s’agissant de la nature même d’un régime oppressif et criminel qui, depuis maintenant deux siècles, conduit la France à une authentique catastrophe sur le plan de son Histoire et de son devenir spirituel.

 

 



 



 

 

Messe à la mémoire du Roi Louis XVI

La Chapelle expiatoire, Paris VIII,
dimanche 18 janvier 2009,
à 10h30, célébrée par Monsieur l'Abbé Chanut.






 

samedi, 29 novembre 2008

RÉACTIONS À LA RÉPONSE DE ZAK À JUAN ASENSIO

Par Zak

 

 

 

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« La domination ontologique de l’horreur est inscrite de façon générique

en chaque être depuis la rupture adamique »

 

 

 

 

 

 

Nous avions voulu, dans notre précédente réflexion portant sur la notion de « virtualité », proposer une interrogation sur la notion d’authenticité en convoquant, à la fois les outils de la métaphysique classique et ceux de l’anthropologie chrétienne. Notre petit texte a suscité, à notre surprise, un nombre suffisamment significatif et important de commentaires multiples et variés, pour que nous nous sentions encouragé de relever, puisqu’il ne nous apparaît pas utile d’insister sur ceux qui témoignèrent de leur intérêt à notre égard et que nous avons bien lus, ce que ce questionnement a pu recueillir comme réactions critiques.

 

 

On pourra bien évidemment tout d’abord sourire, très franchement, de l’ire colérique plutôt comique que provoqua notre initiative, ici ou là, et en particulier chez des esprits réduits et bavards soutenant une impossibilité formelle entre l’interrogation métaphysique et le christianisme, encore pénétrés d’un indigent apriorisme qui sont allés jusqu’à affirmer, sans crainte du ridicule, et comme s’y risquent encore seuls quelques positivistes attardés, qu’il n’était pas possible d’engager une question de nature philosophique si l’on accordait un crédit à l’enseignement de la Révélation[1].

 

 

 

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« La philosophie, c'est à dire l'amour de la sagesse,

n'est pas une chose et la religion une autre chose. »

(Saint Augustin, De vera religione)

 

 

 

L’énorme stupidité abyssale d’un tel affligeant discours qui relève des innombrables bêtises écrites dans les petits opuscules, écrits par des professeurs formatés, que l’on destine aux lycéens qui se préparent au baccalauréat, pourrait aisément être mise en lumière en dressant la très longue liste des philosophes et métaphysiciens chrétiens qui marquèrent de leur présence magistrale l’histoire de la pensée.

 

Mais cela serait trop facile pour deux raisons principales :

 

- Tout d’abord parce que tous les penseurs en Europe avant même l’avènement du christianisme, à de très rares expressions près, furent des croyants, païens ou chrétiens, fortement attachés à leur religion et parfois, comme Jamblique, adeptes des cultes mystériques ;

 

- Deuxièmement parce que c’est toute la métaphysique, toute l’histoire de la philosophie elle-même, qui a sa source dans un fondement religieux placé à la base du questionnement dont on sait qu’il prit naissance précisément avec Parménide et son fameux « Poème sur la nature » (Peri Physeos) où, dans cet instant matinal et natif de l’interrogation fondamentale, conduit par la Déesse, il s’approcha de l’Être, qui se dévoila comme un don et lui fut délivré comme un préconcept transmis par la divinité [2].

 

Difficile de faire plus religieux, on le constate, en ce qui concerne le domaine originel de la philosophie !

 

Mais ceci n’a rien d’exceptionnel puisque c’est l’ensemble de la pensée grecque qui fut encadrée dès ses premiers pas par la fonction essentielle des personnages divins - Themis, Dikè, les Moires – des présocratiques jusqu’à Platon et Aristote puis, plus encore chez les néoplatoniciens dont beaucoup furent chrétiens (celui connu sous le nom de Denys l’Aréopagite en est l’exemple par excellence), personnages divins accompagnant le questionnement à l’égard de la sagesse. A ce titre, le nom même de « philosophie », désigne bien cette « Sophia » aimée que les latins désigneront comme « Sapientia », ce qui fera dire à Cicéron que la pensée philosophique est « la science des choses divines et humaines et des principes qui les fondent ».

Comme l’expliquera Jean Daniélou dans son étude parue en 1944, Platonisme et théologie mystique, cette approche conduira saint Augustin, très marqué par le néo-platonisme, a réconcilier les « idées éternelles » avec l’Evangile suivi en cela par Théodoric de Chartres, Dominique Gundisalvi, Duns Scot, ou Giordano Bruno,  (saint Thomas d’Aquin faisant de même plus tard avec l’aristotélisme), se souvenant que dans son Apologie de Socrate Platon déclarait : «  je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien », démontrant ainsi que la sagesse philosophique consiste d’abord à se reconnaître ignorant en avouant la limite de la raison et des facultés humaines pour atteindre le domaine, inaccessible, de la Vérité [3].

 

 

Toutefois il nous faut faire justice, par delà les invraisemblables incohérences déjà signalées, à un truisme naïf foncièrement ridicule, toujours issu des manuels destinés aux classes du secondaire et que l’on recrache sottement, consistant à soutenir que « philosopher », vaniteuse et bien ambitieuse expression au demeurant pour les cancres ignorantins qui la manipulent sans intelligence, consisterait à « inventer » des concepts et faire surgir de sa pensée de la nouveauté. Rien que ça ! Or, telle est bien l’une des plus aberrantes et insignifiantes idées participant de la piètre vision deleuzienne vidée de sens et de fondement, aimant à roucouler son éternel credo au sujet du philosophe « amant du concept ». Deleuze lui-même, dont on n'oubliera pas qu’il s'est donné la mort de façon brutale le 4 novembre 1995, déclarait dans son ouvrage « Les conditions de la question : qu'est-ce que la philosophie? » : « La philosophie ne contemple pas, ne réfléchit pas, ne communique pas. C'est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts, mais surtout de les créer. » Outre que tout le monde n’est pas Deleuze, et que peu d’individus sont en mesure d’éventuellement "générer du concept", il y a dans cette vue un pseudo raisonnement qui joue sur les éléments de la pensée réflexive d’une manière toute hégélienne, laissant dans l’ombre un présupposé non interrogé de la vieille doxa deleuzienne qui trouve son inspiration chez Marx et Nietzsche : le rôle de la philosophie ne consiste plus à contempler le monde mais à le changer, à l’interpréter. Dans Différence et répétition, par exemple, Deleuze reprochera, de façon très marxiste finalement, à la dialectique hégélienne sa manière abstraite de concevoir le changement qui la rend incapable de penser le mouvement réel des choses.

 

heidegger_denken[1].jpgAussi Deleuze s’écartera foncièrement de Heidegger, en s’y opposant, critiquant son approche fondée sur l’authenticité, tel que le « Dasein » doit l’expérimenter. Et c’est bien là où réside une opposition radicale, entre l’utopie deleuzienne fondant ses vains espoirs évolutifs et progressistes en la création permanente de la nouveauté conceptuelle, et la position heideggerienne, beaucoup plus en accord avec l’intuition matinale parménidienne, et dont nous n’hésitons pas à dire que nous la reconnaissons comme supérieure et beaucoup plus respectueuse de la nature même de ce qu’est l’exercice philosophique véritable, consistant à nous préparer à répondre à un appel qui nous révèle, dans un saisissement inattendu et non volontaire, "l’Être" dans la perfection de sa donation originelle.

De la sorte, pour la philosophie exigeante consciente de l’appel ontologique, l'avènement de la Vérité réintroduit la métaphysique là où le nietzschéisme deleuzien, par un subjectivisme dérisoire et fort moderne, l'avait chassée en s'imaginant être en mesure de créer du "concept". En effet, ce qu’avait tragiquement oublié la non pensée moderne, l’Etre est une nécessité impérative à l’intérieur de laquelle nous sommes placés, nous ne le créons pas. C’est pourquoi à la question de savoir « qu’est-ce que penser ? », Heidegger répondit en 1955 par une autre question beaucoup plus juste et fondamentale : « qu'est-ce que l'Être ? » Ainsi, la question « qu’appelle-t-on penser ? » signifie plutôt : qu’est-ce qui nous incite à penser ? qu’est-ce ce qui nous appelle à penser ? qu’est-ce qui nous donne à penser ? Et ce qui donne le plus à penser, c’est le « Penser » lui-même : das Bedenkliche. Heidegger pourra donc affirmer, ruinant définitivement les présupposés évolutionnistes et subjectivistes si caractéristiques du nihilisme philosophique contemporain : « A l’aube profonde du déploiement de son être, la pensée ne connaît pas le concept » [4]

 

 

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« A l’aube profonde du déploiement de son être,

la pensée ne connaît pas le concept »

 

 

 

 

Nous nous attarderons un instant également, ayant déjà dit notre opposition à leur discours et le rejet que nous ressentions face à leur méthode de dénonciation, sur les profondes confusions théoriques, à nos yeux, des frères républicains consanguins Qu'est-ce qu'un français de souche? adeptes de « l’inessentiel » et d'un certain matérialiste, qui vinrent clamer leur incompréhension des mécanismes propres au spectacle moderne au prétexte de ridiculiser anonymement un auteur, s’imaginant missionnés pour sauver le monde du péril de la domination réactionnaire technocratique biocybernétique sans comprendre leur profonde participation à cette même domination dont ils ne sont que le pôle négatif et grimaçant inclus dans ce même spectacle qui, aujourd’hui comme hier, a depuis longtemps intégré sa critique.

 

 

 

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« La lutte conduite sur la base du vieux combat de dénonciation des extrêmes

n’est, en dernière instance, qu’un amusement pénible

qui ne sert qu'à régénérer un système qui ne connaît plus de mouvement négateur. »

 

 

Ces étranges personnages épidémiologiques ne comprennent pas, comme, pourtant, le disait déjà le texte de la brochure De la misère en milieu étudiant, que : « la critique radicale du monde moderne doit avoir maintenant pour objet et pour objectif, la totalité. » En effet, la critique, si elle doit s’exercer, est donc contrainte de se pencher sur le projet de la domestication totale, non en désignant encore et toujours, en retombant dans les mêmes pièges et ornières stupides, identifiant de façon erronée de prétendus agents de la réaction, discours ultra obsolète qui cache mal une totale incapacité analytique à appréhender la nature du système et de sa matrice, dans un schéma structurel passablement inopérant focalisé stérilement sur la désignation de l’adversaire principal situé, évidemment - grande révélation - à l’extrême. A présent à l’échelle mondiale, alors même que la domination ontologique est inscrite de façon générique en chaque être depuis la rupture adamique, la convergence est absolument réalisée entre la communauté du capital et sa critique, capital qui est devenu l’être social de l’espèce, dont la pérennisation est rendue possible grâce à l’instauration de la démocratisation, l’égalisation, et l’homogénéisation poussées à leur sommet, sachant que puisque le capital, par son idéologie libérale, s’est constitué en communauté globale il peut exercer sa domination sans partage en utilisant la démocratie et la République pour parachever la domestication, et qu’il n’y a rien qui ne puisse éviter de le servir en ne participant pas de son pouvoir, n’ayant nul besoin que quelques discours, qui tiennent d’ailleurs plus de l’incantation fantaisiste que du réel danger, viennent l’aider à renforcer son contrôle.

 

De ce fait, se faire le chantre des vertus républicaines et démocratiques en dénonçant les imaginaires adversaires de ces régimes, alors même que la démocratie est l’instrument par excellence de la soumission biologique et structurelle de l’espèce, [Marx disait de la démocratie qu’elle est « l'énigme résolue de toutes les constitutions bourgeoises »] , est donc le plus sur moyen, en collaborant au jeu spectaculaire et se vouant à la lutte contre des fantômes anecdotiques, d’asseoir le règne de la domination abstraite de la valeur en se transformant en laquais objectif de la domestication libérale.

 

Alors que la démocratie, telle qu'elle s'est constituée historiquement à des périodes décisives de l'histoire politique, de la Grèce du Ve siècle aux Républiques italiennes jusqu’à la Révolution française,  qui fut depuis toujours le vecteur idéal de la caste financière s'imposant de manière hégémonique comme la forme accomplie de domination réelle du capital sur la société, n’est plus menacée et par conséquent n'a plus à être défendue contre l'éventuel retour d'un phénomène totalitaire, même au prétexte d’un « pouvoir biocybernétique » qui, pour être plus efficace, n’a dans sa nature rien d’original ni de nouveau, faisant que ce combat n'est donc pas « progressiste » ou positif, mais absolument anachronique et régressif, c'est-à-dire réactionnaire. Déjà dans les années 1920, Bordiga, prévenait des ambiguïtés du slogan socialiste et républicain « la démocratie en danger » qui entraîna sur les champs de bataille des millions d’hommes qui se livrèrent une guerre criminelle, aussi inutile que vaine. La démocratie est une communauté illusoire, une communauté de la séparation parce qu'elle sanctionne politiquement, juridiquement et idéologiquement la soumission des hommes dans l'échange marchand où chaque individu, agissant pour lui-même, est devenu pour l'autre un représentant de la marchandise. La démocratie est donc actuellement "l'esprit" de la société, sa "religion".

Ainsi, si le nihilisme n’est que l'idéologie de soutient à la forme achevée de la domination, le prétendu reflet du mal dans lequel s’enferme les membres de la « Confrérie », nous assénant interminablement des injonctions sur la démocratie, la liberté, les Droits de l'Homme, réduisant concrètement l'horizon à l'alternative démocratie / totalitarisme, s'avère incantatoire et vain alors qu’il importe de démasquer le pivot du paradigme libéral pour montrer que son visage est multiforme, plastique et mouvant, utilisant pour son service l’ensemble des mécanismes trompeurs du champ politique pour mieux instrumentaliser, et son éloge et sa critique. La République, la démocratie, le totalitarisme et le marxisme ont permis l'universalisation du mode de production capitaliste, de sorte que la lutte conduite sur la base du vieux combat de dénonciation des extrêmes n’est en dernière instance qu’un amusement pénible, un travail contestable qui ne sert, d’une certaine manière, qu'à régénérer le système lui-même puisque le développement de la valeur a fini par cannibaliser les lois structurelles du système qui ne connaît plus de mouvement négateur.

La seule attitude authentique, c’est-à-dire authentiquement en rupture, est donc uniquement d’ordre supérieur, elle relève du spirituel et du transcendant.

A ce sujet, Augustin d’Hippone expliqua clairement que la « Question » porte sur la notion des "deux cités", des deux principes antagonistes depuis la Chute, dans la mesure où le monde est le lieu où se déroule depuis l’origine une incessante lutte entre deux volontés, deux projets antagonistes, où s’affrontent deux « voies », deux orientations aux perspectives radicalement différentes. Telle est l’authentique division toutes les autres étant factices et superficielles. C’est pourquoi, celui qui a compris que la seule extériorité critique est uniquement de nature spirituelle et qu’il n’y a pas, fondamentalement, de différence, de clan, de tendance dans la cité de la terre puisque toutes les forces possèdent la même et identique racine de désorientation viciée et corrompue, doit, alors qu’il est placé au cœur d’une confrontation métaphysique gigantesque qui voit s’affronter deux puissances irréconciliables, se positionner clairement en faveur de l’une ou l’autre des deux Cités, l’amenant, certes, à relativiser les gloires et puissances terrestres, mais surtout regarder les fausses luttes politiques ou idéologiques d’ici-bas comme vaines et stériles, dans la mesure où le combat véritable, l’unique combat, se mène contre « l’Adversaire », et non contre des mirages passagers au nom d’orientations politiques intramondaines.

 

 

Redisons-le, il ne peut y avoir qu’une seule communauté en ce monde, c’est celle des forces ténébreuses qui n’appartiennent à aucune communauté si ce n’est celle de l’abomination et de l’horreur ontologique. Le combat contre le mal est donc d’ordre métaphysique et spirituel : métaphysique car il touche à la nature pervertie de l’homme et à l’essence fétide de ce monde ; spirituel car il ne peut emprunter, et comme arme et pour finalité, que l’Absolu : « Il n’y a que deux cités, l’une criminelle descendant d’un homicide jusqu’à un homicide, […] et l’autre, sainte, fondée par celui qui mit sa confiance à invoquer le nom de Dieu. Voilà, en effet, quelle doit être l’unique occupation des membres de la Cité de Dieu, étrangers en ce monde pendant le cours de leur vie mortelle… » (S. Augustin, La Cité de Dieu, Livre XV, Ch. XXI.)

 

 

En conclusion, toutes ces réactions, parfois puériles, qui firent suite à la note : « Métaphysique de la virtualité », témoignent donc clairement de la tragique impasse dans laquelle se trouve enfermée une pensée indigente, totalement incapable d’affronter l’exigence ontologique, qui se contente de fonctionner en utilisant le slogan ou l’autocongratulation narcissique et le bavardage comme ultime recours face à sa tragique impuissance théorique. Mais au final rien d’étonnant, puisque tout ceci est relativement conforme au misérable niveau dans lequel croupit la modernité contemporaine désacralisée et son monde de toute façon condamné depuis l’origine à la déréalisation inessentielle, en raison de causes objectives qui conservent un pourvoir de nuisance terrifiant, utilisant, avec un art consommé, les êtres comme autant de marionnettes inconscientes afin qu’ils servent son nocturne objectif.

 

Rien n’était donc plus nécessaire que de se confronter à la notion d’inauthenticité en examinant l’essence de la virtualité. Comprendre et mettre à jour la réalité du lien secret et pervers qui unit ces deux notions, tel était, et reste donc, l’objet de notre réflexion.

 

 

 

Notes.

 

[1] On ne sera point trop cruel en relevant dans ce billet L'absence de question hautement fantaisiste publié sur un site naturiste que nous avions déjà incidemment évoqué, à l’intérieur des quelques lignes maladroites dont l’alacrité trahissait surtout un piteux dépit et qui se voulait une poussive et dérisoire réponse à notre texte, les réitérations d’un plaisantin écolâtre  se voulant philosophe mais possédant de curieux « soubassements » aprioriques, et qui n’hésita pas à proférer des affirmations sentencieuses - encouragé dans sa risible initiative par un hilarant cordonnier La haine du mouvement qui déplace les lignes jouant au singe savant qui ne cesse, à la moindre occasion, de crier furieusement du fond de son échoppe en lui imputant la responsabilité de l’arrivée au pouvoir à la tête de l’Empire du bien du candidat démocrate : « à bas Bush ! » -  composant son mot en l’accompagnant d’un babillage assez comique, puisque parlant ridiculement, dans son sabir, d’un : « cadre [pré-déterminé] », « des limites … qui renverraient infiniment à [elles-même] », expliquant « le [sous-bassement] chrétien supposé dès le départ» , et  le « thomisme vaguement [rebricolé] » , une nouvelle fois le « [sous-bassement] chrétien ne doit pas être atteint » , les  « fondements [inquestionnables] »  s’avouant comme « fondement [inquestionnable] ». - Ouf ! on est effectivement renversé, mais vraiment peu rassuré, par l’étalage d’une telle science orthographique génératrice de concepts.

[2] Cf. Couloubaritsis, L., du Peri Physeos, in Mythe et philosophie chez Parménide, Ousia, 1986.

 

[3] Les rapports entre néo-platonisme et christianisme sont très étroits; les néo-platoniciens connaissaient les chrétiens et certaines de leurs doctrines. En outre, des personnalités aussi importantes que des Pères de l'Eglise se sont tourné vers le platonisme, et la doctrine augustinienne comporte des composants éminemment platoniciens. Saint Augustin ne cachera d'ailleurs pas son immense dette envers les platoniciens dans la Cité de Dieu : il y affirme qu'ils sont proches du christianisme. Il reconnaît sans peine par exemple que les Libri platonicorum et le Prologue johannique, présentent une doctrine pratiquement identique. Ce parallèle entre des écrits platoniciens et le Prologue écrit par saint Jean, se remarque de même dans l’Introduction aux Confessions de saint Augustin, où Solignac cite Amélius évoquant une ressemblance entre le logos de saint Jean et le logos d'Héraclite :

- « Et tel était le Logos, par qui tout ce qui devient a été fait, tandis qu'il est lui-même éternel, ainsi qu'Héraclite l'a proclamé : et, par Zeus, c'est ce Logos, le Barbare (i.e. saint Jean) l'a reconnu, qui, étant établi au rang et à la dignité de principe, était en Dieu et était Dieu : par lui, tout absolument a été fait ; en lui ce qui a été fait, était, originellement vivant, vie et être ; et c'est ce même Logos qui est descendu jusque dans les corps et, ayant revêtu la chair, il est apparu comme l'homme, mais de telle sorte que, même alors, il montrât la majesté de sa nature ; et naturellement, après avoir été délié du corps, il est à nouveau divinisé et il est Dieu, comme il était avant d'être répandu dans les corps, dans la chair et dans l'homme. »

Rappelons qu’Augustin fut instruit de ces rapprochements par Simplicianus, et on trouve dans le livre VII des Confessions de l'évêque d'Hippone, une indication de sa lecture des Libri Platonicorum, affirmant que les textes se rapprochant de l'Evangile figurent en particulier dans les Ennéades de Plotin.

 

[4 ] Heidegger, M., Qu’appelle-t-on penser, PUF, 1992, p. 8.

 

 

 

mercredi, 05 novembre 2008

LE LIBÉRALISME : HÉRÉSIE SPIRITUELLE ET ERREUR TRAGIQUE !

 

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Le Prince de ce monde, maître véritable des forces d'argent

"Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent "

(Luc 16, 13)

 

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« Le libéralisme n'est pas une hérésie ordinaire,

c'est l'hérésie propre, personnelle de Satan,

puisqu'elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit

l'indépendance et la souveraineté qui n'appartiennent qu'à Dieu, de toute éternité,

et dans l'ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ.

(…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère

de tout ce qui l'a précédé en fait de révolte et de péché.

C'est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché.

Le libéralisme appelle "l'homme de péché", il prépare les voies à l'Antéchrist. »



(Mgr Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, 1910)

 

 

Comme il est plaisant de voir les niais admirateurs de littérateurs incompétents, confondant la science-fiction avec la vérité concrète [1], qui s’enthousiasmaient il n’y a pas si longtemps de la folle stratégie de l’Amérique, se réveiller aujourd’hui en s’apercevant que leurs rêves piteux se sont transformés en un hideux cauchemar. En fait, mais cela n’est pas étonnant, leur Amérique était une illusion pour salonards désoeuvrés, et leur libéralisme d’opérette une coquetterie ridicule pour esprits incapables de comprendre l’essence des lois intangibles qui gouvernent, depuis des siècles, le monde et président au devenir des hommes, des peuples et des nations.

Les risibles pamoisons adolescentes devant les excursions guerrières des U.S.A., symptôme caractéristique de juvéniles impuissants intoxiqués par trop de surf sur la toile qui s’extasiaient devant les geôles, d’ailleurs bientôt désertes et désaffectées, de Guantanamo [2], trouvent à présent leur risible conclusion, à savoir que les lendemains qui s’annoncent, suite au résultat de l’élection présidentielle outre-atlantique, vont ruiner, jour après jour et définitivement, chacun des mythes usés qui firent l’excitation puérile de leur faible pensée. Il y a d’abord eu l’effondrement des bourses mondiales, qui laissa clairement entrevoir la prochaine déroute définitive d’un système économique moribond, ruinant leurs trémolos à la gloire de l’économie de marché qui résonnaient inlassablement et comme une pénible ritournelle sous la plume de ses microscopiques idéologues du tout libéral. Maintenant, suite à un revirement prévisible, c’est à l’écroulement de la factice stratégie militaire et géopolitique de l’empire américain, suicidaire au demeurant depuis des années, à laquelle nous allons assister pour leur plus grande confusion.

 

 

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Pie IX, condamna le libéralisme lors du Concile Vatican I

 

 

Mais tout cela n’est au fond que justice pour plusieurs raisons objectives.

Tout d’abord, sur le plan purement théorique, le présupposé du libéralisme est d’une plate indigence erronée. Pourquoi ? Tout simplement, par ce qu'en raison de sa croyance en la prétendue bonté de la «Loi naturelle» qui serait « inscrite au cœur de l'homme » et des choses, il évacue le fait que l’homme n’est pas libre, mais au contraire prisonnier d’un déterminisme ontologique qui trouve sa source dans le "péché des origines" qui place chaque créature sous la dépendance directe de l’esclavage de passions incontrôlées, esclavage que nous recevons tous en naissant en tant qu’enfants d’Adam. De la sorte le libéralisme souffre d’un vice rédhibitoire : l’optimisme idéaliste. Dès lors, sous prétexte d’une croyance absurde dans les possibilités de l’auto équilibre des forces contradictoire, et en proclamant l'autonomie absolue de l'homme sur le plan moral, social, économique et spirituel, le libéralisme est, positivement, une idéologie mortifère, impie, négatrice des conséquences de la Chute, et donc oublieux du caractère abîmé du monde dans lequel nous nous trouvons, et donc du caractère foncièrement surnaturel de la Révélation qui excède toutes les données mondaines.

Ainsi à terme, et logiquement, le libéralisme conduit à une double négation, l’une pratique, par un excès d’optimisme, des nécessaires lois régulatrices qui doivent régler, arbitrer et maintenir les activités humaines qui sans cela deviennent rapidement folles ; l’autre, théorique, car en mettant l'humanité divinisée au niveau providentiel de Dieu, elle installe la dialectique du devenir en tant qu’idole effective remplaçant le Créateur. Ceci explique qu’en tant que doctrine constituée, le libéralisme ait été radicalement censuré et condamné par l’Eglise, qui l’a qualifié sous les termes de « rationalisme » et de « naturalisme » - la condamnation la plus explicite de cette hérésie, figurant dans la Constitution « De Fide » du Concile de Vatican I, en 1870.

Une variété de nuances de la pensée libérale existe bien sûr, et il a, au fil du temps changé de forme mais jamais de caractère ni varié sur son fond. Ainsi les distinctions entre le libéralisme en Europe et en Amérique du Nord, même si elles sont significatives, n’ont pas été modifiées puisque les principales caractéristiques demeurent intactes :

- 1°) Le désir d'adapter des idées religieuses à la culture moderne et les modes de pensée, les libéraux insistant sur le fait que le monde a changé depuis l'époque où le christianisme a été fondé de sorte que la terminologie biblique est incompréhensible pour les gens aujourd'hui.

2°) Le rejet de la croyance religieuse fondée sur la seule autorité, toutes les croyances devant être comprises par la raison et l'expérience et l'esprit ouvert aux nouveaux faits. Dès lors, pour cette idéologie, aucune question n’est fermée ou résolue, et la religion ne doit pas surtout pas se protéger contre un examen critique. « L'essence du christianisme » remplace ainsi l'autorité de l'Écriture, les croyances, et l'Eglise. Cela signifie qu'il n'existe aucune contradiction inhérente entre les royaumes de la foi et du droit naturel, la révélation et la science, le sacré et le séculier, ou la religion et la culture.

- 3°) L'immanence divine. Dieu étant considéré comme présent dans le monde, il n’est pas élevé au-dessus du monde comme un être transcendant. Il est son « âme » en tant que Créateur, il est présent en tout ce qui se passe, il n’y a donc plus, selon cette théorie impie, aucune distinction entre le naturel et surnaturel. La présence divine est indiquée dans les choses telles, beauté artistique (on voit les séductions qu’un paganisme rémanent peu tirer de cette notion avec un culte évident pour l’érotisme et le sensualisme), et bien moral.

- 4°) Enfin, sur le plan économique, le domaine de l’activité productrice et financière est libérée du poids contraignant de l’Etat pour en laisser la pleine administration aux seuls acteurs du secteur qui, évidemment, animés par un inextinguible esprit de lucre, se livrent à une concurrence féroce dont le seul objet est une course effrénée à toujours plus de profit au détriment total du bien commun.

 

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Nicolas Poussin, l'Adoration du Veau d'or, (1634).

 

 

De la sorte, bien que la plupart des libéraux tentent, maladroitement, de se revendiquer de la doctrine chrétienne, en réalité se référant au principe d'immanence ils tendent inévitablement vers le panthéisme païen.

Pour traquer les premiers signes de l’émergence des idées libérales, saint Augustin qui voyait en quoi cette idéologie néfaste était en opposition avec la religion et la tradition, par une revendication du pur utilitarisme prônant l’augmentation constante des plaisirs et la diminution des peines, au profit de la jouissance individuelle, aboutissait à la création d’un homo oeconomicus, dont l’homme de la société moderne est la figure résultante, soit un être désirant et calculateur toujours en quête de la maximisation de son intérêt personnel, ne sachant pas quoi faire, dénué de morale, quand il ne l’ignore pas purement et simplement, hypocrite, lâche et mesquin.

 

 

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Saint Pierre Fourrier transmettant la règle de saint Augustin

 

Saint Augustin, puis de nombreux Pères de l’Eglise, n’auront donc de cesse d’en appeler, contre ce danger, au rôle de l’État et au contrôle de la monnaie [3]. Ceci explique pourquoi, davantage que les modes de production, c’est la prédominance des rapports utilitaristes qui éclaire la malheureuse situation actuelle. Comme le dit Alain Accardo dans "Le petit bourgeois gentilhomme" : « le « mal » se loge tout autant en nous et entre nous qu’autour de nous. »

Ce qui est réaffirmé par Dufour : « L ’individualisme issue des Lumières s’est entre-temps retournée en son avatar postmoderne : le « troupeau schizoïde « égo-grégaire », qui, en plus de ses tares, est aussi consumériste, procédurier, ignorant et fier de l’être, constituant par là même une grave menace pour la poursuite du procès civilisateur. Dans "On achève bien les hommes" (…) l’effondrement de la transcendance au 18ème siècle a aussitôt fait place à une nouvelle religion, celle du Marché, qui enclencha un processus de désinstitutionnalisation.» (Dufour,D.-R., Le divin marché. La révolution culturelle libérale, éd. Denoël, 2007).

 

*

 

Le libéralisme manifeste donc un optimisme humaniste fallacieux, puisque la société n’évolue pas vers la réalisation du Royaume céleste, qui serait une éthique de la perfection humaine, mais est en prise avec des forces négatives qui tendent à un asservissement toujours plus important de l’esprit de l’homme. Comme le dira fort justement le cardinal Billot, « le principe du libéralisme est absurde, contre nature et chimérique » .

 

A cet optimisme libéral Bossuet ne souscrivit pas, son pessimisme s’ancrant dans la dénonciation de l’individualisme (quoique le terme lui soit postérieur), puissance corruptrice qui est la cause de la déliquescence de la société contemporaine : « Qui saurait connaître ce que c'est en l'homme qu'un certain fonds de joie sensuelle, et je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir des sens, qui ne tend à rien et qui tend à tout, connaîtrait la source secrète des plus grands péchés. » (Bossuet , Maximes et réflexions sur la comédie).

La pluralité des intérêts et la pluralité des opinions qui s’enracinent dans l’individualisme sensualiste qui sous-tend le libéralisme, manifestait pour lui la corruption sociale. De fait dans L’histoire des variations des Eglises protestantes Bossuet montrera que dans toute distance à l’égard du catholicisme se trouve l’inévitable la source d’un émiettement infini des opinions et d’une chute dans l’indifférence au vrai - et d’une complaisance pour l’immoralité, la jouissance et le profit – thème que reprendra ensuite Lamennais dans son Essai sur l’indifférence. (Cf. Lucien Jaume, Echec au libéralisme, Paris, Editions Kimé, 1990.

 

Ceux qui ne comprennent pas les erreurs axiomatiques de leur propre culture, sont inévitablement condamnés à répéter les erreurs de l’Histoire. Tel est le sort qui guette aujourd’hui les tenants du libéralisme, comme les oligarchies imbéciles. Après cinquante ans de pillage par le FMI et la Banque mondiale, aggravé par l’émergence de bulles financières incontrôlables, le système court rapidement à sa perte. L’écroulement de l’URSS, en 1989, et la guerre en Irak, a fait revivre la dangereuse illusion d’un « moment unilatéral », capable d’engendrer l’utopie d’un empire mondial que tout vient contredire à présent.

 

 

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César se rendant au Sénat le jour des ides de mars

 

La bataille qui s’engage est de nouveau celle de saint Augustin contre les valeurs de l’Empire romain décadent et paganisé symbolisé par la « Pax Americana », car cet empire touche à sa fin et ce n’est pas une nouvelle croisade, qui vient d’ailleurs de s’achever, qui le fera perdurer.

A la nouvelle administration américaine, nous disons donc volontiers ce que le devin disait à Jules César dans la pièce de Shakespeare :

« Prends garde aux ides de mars » [4] .



Notes.

[1] Exemplaires de cette tendance, les hasardeux propos de Maurice Dantec, devenus le médiocre vade mecum de quelques ramolis du cerveau, qui proclamait avec vigueur : "La guerre en Irak était justifiée depuis 1991. Je n'ai jamais eu de doute à ce sujet. (...) Face aux dictatures des pays arabes, j'ai toujours eu la même position... : il faut leur casser la figure, les foutre dehors et, éventuellement, placer des régimes qui soient à notre botte." Pontifiant de façon hilarante sur la nature de l'économie américaine  : "On peut dire ce qu’on veut sur l’Amérique, moi je suis un défenseur acharné du judéo-capitalisme américain. Sans problème. (...) oui je suis un suppôt du saint-empire germano-américain. Evidemment, on essaye de nous dire ah, le capitalisme, l’ultra-libéralisme, (...) Quel est l’homme le plus riche des Etats-Unis ? C’est un type qui avait dix dollars en poche il y a vingt ans. C’était Bill Gates. Alors qu’on essaye pas de me dire que c’est le même système. C’est pas vrai. Ce n’est pas le même système. En Europe, on n’est pas dans un système ultra-libéral, on est dans un système national-socialiste. Voilà ce que je pense. Un système de grandes entreprises publiques qui a complètement foiré toutes les révolutions technologiques depuis vingt ans. Evidemment, ce sont des bureaucrates, des fonctionnaires. En France, on a voulu créer la Silicon Valley, par exemple. Aux Etats-Unis, elle s’est créée toute seule, là où il fallait qu’elle soit. Je ne dis pas que là-bas il n’y a pas de racisme. Mais tu crois qu’il n’y en a pas ici ? Mais là-bas, il y a un turn-over réel des générations, même si c’est dur, même si c’est une société sauvage, violente, tout ce que tu veux. Mais aujourd’hui, l’industrie américaine, c’est l’industrie de la communication et de la culture." (Entretien, 18 mars 1996). http://www.les-ours.com/novel/dantec/dantec5.htm

[2] “La guerre en Irak n’était pas justifiée.” (Barak Obama, 27 septembre 2008)

[3] Ces idées ont été transmises depuis saint Augustin à Dante Alighieri et aux Frères de la vie commune, dont le fondateur, Gerhard Groote, créa de nombreuses écoles en Allemagne, en Suisse, en Bourgogne, en Flandre, aux Pays-Bas et dans certains endroits en France. Ces écoles réunissaient des élèves issus de familles modestes ou pauvres pour leur enseigner l’histoire des découvertes passées, éveillant ainsi leurs pouvoirs créateurs. « L’imitation de Jésus-Christ » et la copie des textes classiques — notamment des pères de l’Eglise -. De 1374 à 1417, les Frères de la vie commune formèrent des milliers de jeunes gens à Cologne, Trèves, Louvain, Utrecht, dans le Brabant, en Flandre, Westphalie, Hollande, Saxe, etc. Leur oeuvre se heurta à une très forte opposition, mais fut défendue par les milieux de l’Eglise qui luttaient pour surmonter le Grand Schisme, ainsi que par Nicolas de Cuse. Cette méthode d’éducation ainsi que les initiatives politiques et militaires prises par Jeanne d’Arc, jetèrent les bases d’un Etat-nation en France, que le fils de Charles VII, Louis XI, réalisa magnifiquement. Sur un peu plus de 50 ans (1461-1510), Louis XI (1423, 1483) et ses successeurs purent ainsi créer les institutions d’éducation nécessaires au développement de l’Etat-nation en muselant l’usure et l’appétit corrupteur des financiers.

 

 

 

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Louis XI en prière

 

 

 

 

[4] César : Qui est-ce, dans la foule, qui m'appelle ainsi ? J'entends une voix, plus perçante que tous les instruments de musique crier –César ! Parle, César se tourne pour entendre.

Le Devin : Prends garde aux ides de mars.

César : Quel est cet homme ?

Brutus : Un devin qui vous avertit de prendre garde aux ides de mars.

(Shakespeare, Jules César, Acte Premier, Scène II.)

 

 

 

 

 

jeudi, 23 octobre 2008

Sœur Emmanuelle : « Les Confessions d’une religieuse » victime de l’impudeur moderne

 

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« A l'heure où ces lignes seront publiées, j'aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance », écrivait Sœur Emmanuelle avant de quitter ce monde.  En effet, pendant près de 20 ans, Soeur Emmanuelle a rédigé un livre de mémoires, sur lequel elle travailla inlassablement, le reprenant, le corrigeant, l’amendant, afin qu’il exprime le plus exactement sa pensée, et ce jusqu’aux derniers mois de son existence.

L’éditeur nous explique : « Les Confessions d'une religieuse sont  le livre le plus important qu'elle ait écrit : le premier, car elle l'a débuté avant tous les autres, alors même qu'elle était encore en Egypte ; et aussi le dernier parce qu'elle l'a voulu posthume, afin de dire des choses qu'elle n'avait jamais dites auparavant, par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre. »


Or que dit en réalité Sœur Emmanuelle post mortem, qu’elle n’ait osé révéler de son vivant ? Celle qui en quelque sorte était devenue une star des plateaux télévisés et des studios de radio, où elle n'hésitait pas à se rendre, surtout pour faire vendre ses livres dont les bénéfices étaient destinés à ses œuvres (ainsi tiré à 40.000 exemplaires à sa sortie, «J'ai 100 ans et je voudrais vous dire...», a été réimprimé deux fois depuis pour un tirage global de 100.000 exemplaires, selon les éditions Plon. En 2004, «Vivre à quoi cela sert» (Flammarion) s'était vendu à 200.000 exemplaires pour la seule édition originale et «Richesse de la pauvreté» (Flammarion) à 80.000 exemplaires en 2001), aurait-elle dissimulé un secret ? 

Michel Drucker admet : «Elle n'avait pas le langage classique d'une religieuse, elle parlait sans langue de bois. Elle avait en plus une voix très caractéristique, une présence indiscutable, un oeil bleu très rieur, beaucoup d'humour, une grande culture et une très grande connaissance des hommes et de leurs drames». De son côté Marc-Olivier Fogiel déclare :  «Elle savait pourquoi elle venait : délivrer son message pour sensibiliser aux plus pauvres, sans faire tout et n'importe quoi, elle n'avait aucune idée préconçue et avait compris que dans la télévision moderne, les religieux, pour faire passer leurs messages, ne pouvaient pas être cantonnés aux émissions religieuses. »

Et tel est bien le problème !  car si avouer : « Je veux, une dernière fois, confesser la foi en l'homme et la foi en Dieu qui ont soulevé toute ma vie. Quoi qu'il advienne, finalement, c'est toujours le temps du plus grand Amour ! », est une déclaration somme toute attendue, même si elle pourrait donner lieu à bien des commentaires surtout s’agissant de cette prétendue « foi en l’homme » (sic) dont Vatican II nous a rebattu les oreilles ; si confesser qu’un temps elle pouvait être frivole :  « J'aimais beaucoup danser. Beaucoup, beaucoup. Avec de jolis garçons de préférence. Ma mère me le répétait : "Tu veux que les garçons t'aiment bien, t'approuvent, t'entourent, t'admirent. Et si tu te fais religieuse..." Je lui répondais : "Pour Dieu, je laisserai les jolis garçons." [...] », n’est pas blâmable, beaucoup plus graves et inquiétants, en revanche, les ultimes propos, incroyablement décomplexés, portant sur le « plaisir solitaire » que s’accorda, semble-t-il, celle qui allait devenir la bienfaitrice des chiffonniers du Caire.

On imagine déjà les grandes trompettes médiatiques avocates éperdues du libertinage, s’emparer avidement de ces déclarations qui sont, normalement, réservées aux confesseurs, et qui vont servir, à la faveur de la mode du temps, d’argument à tous les idiots patentés, catholiques ou non, afin de louer les vertus du dévergondage en matière de mœurs, et faire les ravages que l’on sait sur les âmes fragiles dont le trouble sera sans doute significatif à la lecture de tels aveux. Quelle éclatante démonstration des conséquences dramatiques de cette fameuse et hérétique « théologie du corps » vantée par Jean-Paul II (reprise avec le succès que l’on sait par de nombreux et médiocres littérateurs contemporains) pseudo-théologie qui, sous couvert d’en finir avec le rigorisme, se précipite objectivement dans une scandaleuse dérive complaisante à l’égard des forces les plus puissantes de la libido, relayée par un étrange souci de « transparence ».

Ainsi Sœur Emmanuelle apparaît à présent, indirectement et après l’abbé Pierre sur des sujets voisins, sous prétexte d’une bien improbable nécessité du « parler vrai », l’une des pauvres victimes les plus emblématiques de la désorientation de l’Eglise moderne, faute d’avoir bénéficié du rappel à conserver un minimum de réserve sur ces questions par un directeur spirituel digne de ce nom, livrée tristement en pâture aux charognards impudiques du lamentable spectacle de la modernité faisandée.

 

vendredi, 19 janvier 2007

Une France bien peu catholique!

 
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Les deux phrases lapidaires inscrites sur la couverture de notre confrère Le Monde des religions résument à elles seules les données d'un sondage qu'il publie sur les Français et le catholicisme. "Seul un Français sur deux se déclare encore catholique. Seul un catholique sur deux croit encore en Dieu". La seconde position aurait un air ubuesque si l'on ne comprenait immédiatement que la dénomination catholique se rapporte plus à une culture, un héritage patrimonial
qu'à une foi réfléchie à assumer en rapport avec un donné dogmatique qui lui confère sa cohérence... Le directeur de la publication insiste à dessein sur ce point : "Non seulement un catholique sur deux ne croit pas ou doute de l'existence de Dieu mais, parmi ceux qui affirment croire, seulement 18% croient en un Dieu personnel (ce qui est pourtant un des fondements du christianisme), tandis que 79% croient une force ou une énergie". Impossible de mettre en doute ce diagnostic de Frédéric Lenoir, qui a quelque chose d'accablant. Nous découvrons en effet - et pourtant nous devrions le savoir depuis longtemps - que la cause essentielle de décrochage de la population française n'a qu'une seule explication :l'ignorance, une ignorance crasse, on dirait presque satisfaite d'elle-même, puisqu'elle croit savoir ce qu'elle ignore, persuadée sans doute qu'elle est portée par une modernité qui rend obsolètes les croyances anciennes et inutile tout effort sérieux de se renseigner là où on est susceptible de recevoir une information fiable. On aurait tort de croire que cette situation est inédite. C'était approximativement celle que Chateaubriand décrit dans le préambule de son Génie du christianisme :
 
 
 
 
 
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"Partout on voyait des restes d'Eglises et de monastères que l'on achevait de démolir ; c'était même une sorte d'amusement d'aller se promener dans ces ruines".
 
 
 
 
 
 
Sans doute, ces ruines sont-elles aujourd'hui morales, mais le paysage intérieur qu'elles dessinent reflète une même désolation... Chateaubriand devait rappeler, au début du dix-neuvième siècle, ce qu'était le christianisme et son héritage civilisateur. L'éradication antichrétienne avait produit l'amnésie. Une amnésie que l'on retrouve aujourd'hui et que l'on s'efforce d'expliquer à grands coups de sociologie péremptoire : modernité, individualisme, repli du religieux sur la vie privée. Tout cela pèse peu au regard du champ de démolition où se produit le naufrage de la foi. C'est l'abandon de la ferveur première qui est à l'origine d'un processus hélas inexorable. On feint de croire que la France (et toute l'Europe anciennement chrétienne) vivent sereinement dans la postmodernité heureuse del'après-christianisme. C'est une sottise. Le suicide démographique de notre continent est consécutif au ralliement à une philosophie indifférente à la vie et à la transmission. Heureusement, d'autres continents, pourtant moins favorisés, ont conservé intact un goût d'avenir. La foi y est moins dédaignée que chez nous. Et de plus en plus nombreuses sont les populations venues d'ailleurs pour prendre la place d'une civilisation fourbue et sans espérance.

 
Gérard LECLERC
 
 
 

Source:

La lettre de France Catholique

 

Illustration:

Eglise Saint Eloi