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dimanche, 11 janvier 2009

La condamnation de l'idéologie sioniste par l’Église catholique

ou les raisons théologiques de l'antisionisme chrétien

 

 

 

 

 

 

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Benoît XV (1854-1922)

 

« Les Juifs n'ont aucun droit de souveraineté sur la terre sainte.»

 

 

 

 

 

 

L’État Juif de l'antiquité, après la destruction du Temple et la dispersion du peuple par l’Empire romain suite aux révoltes de l'an 70 et de l'an 135, a été détruit par Dieu, en punition des péchés du peuple hébreu. De ce fait pour l’Eglise, seul le Messie de Dieu, lors de son second avènement, pourra rétablir le royaume d’Israël et les juifs sur leur terre [1].

 

 

 

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Ainsi, l’Eglise conteste, pour des raisons théologiques, l'idée d'un Etat Juif, tel qu’il fut constitué selon les modalités de sa création par les sionistes, c'est-à-dire par les hommes et non par la volonté divine. Ceci explique pourquoi Saint Pie X, dès 1904, déclarait fermement à Theodor Herzl [2], père fondateur de l’idéologie sioniste : « Nous ne pourrons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pourrons jamais les y encourager. Le sol de Jérusalem n’a pas toujours été sacré, mais il a été sanctifié par la vie de Jésus. Les Juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur et nous ne pourrons donc pas reconnaître le peuple juif. Non possumus. » (Saint Pie X, 25 janvier 1904, Cité du Vatican).

 

Cette position fut ensuite reprise et réaffirmée par Benoît XV , qui souligna de façon extrêmement explicite : « Les Juifs n'ont aucun droit de souveraineté sur la terre sainte.» (Note en marge de la déclaration de Belfort 1917).

 

De même, dans une allocution du Consistoire le 10 mars 1919, Benoît XV exprima clairement son anxiété au sujet du plan qui devait créer en Palestine une situation privilégiée en faveur des juifs et « livrer » les monuments chrétiens à des non chrétiens - le 13 juin 1921, il s’alarmait du fait que « les Juifs ne viennent à se trouver en Palestine en position de prépondérance et de privilège ». Plus tard, il insista d’ailleurs fortement pour que les droits de l'Eglise catholique et de toutes les Eglises chrétiennes en Palestine soient scrupuleusement sauvegardés (13 juin 1921).

 

Zionist-Jubliee.jpgC’est dans ce contexte qu’en avril et mai 1922, le Patriarche Latin de Jérusalem, Mgr Barlassina, se rendit à Rome, et fit une conférence très remarquée dans laquelle il disait ceci :

 

« ...L'intention du Sionisme est la conquête de la Palestine. En vue d'en arriver à leurs fins, les Sionistes recourront à n'importe quel moyen. Protégés par les autorités britanniques, ils sont, en réalité, les maîtres de la Palestine, faisant les lois, et imposant leur volonté à toute la population. Les catholiques, les musulmans, et même les Israélites orthodoxes sont soumis à des vexations innombrables. ...ils ont à leur disposition de grandes sommes d'argent envoyées par les organisations sionistes... principalement par celles des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. Avec cet argent, ils achètent les terres des pauvres musulmans ruinés par la guerre; ils fondent des écoles et parfois corrompent la conscience morale.... Comme des rapports fondés le prouvent, l'intention des Sionistes est d'exproprier peu à peu les Arabes et les chrétiens... Pour accroître le nombre de leur coréligionnaires, ils organisent l'immigration vers la Palestine de juifs russes, presque tous bolcheviques. Non moins fatale est l'oeuvre d'immoralité des Sionistes; depuis qu'ils sont devenus les maîtres de la Palestine, elle s'est terriblement répandue dans cette terre, baignée par le sang de Jésus-Christ. Des maisons-closes se sont ouvertes à Jérusalem, Haïfa, Nazareth... des femmes de mauvaise vie pullulent partout, et de honteuses maladies se répandent. Aujourd'hui, quelle est la condition des catholiques en Palestine? Subversivement, mais systématiquement, les Sionistes les accablent de toutes les vexations possibles. »

 

Civilta Cattolica, vol. 2, 1922, pp. 461-462.

 

 

 

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Pie XII

 

"Les chrétiens ont le droit d'exercer un contrôle absolu sur leurs lieux de prière. »

(Auspicia Quaedam,1948)

 

Après la seconde guerre mondiale, alors que l’on assistait à une installation massive des Juifs en Palestine dans des conditions scandaleuses à l’égard des populations locales, de nouveau le pape Pie XII ne fit pas moins de sept interventions dans des Encycliques, des discours et des messages sur la question de Jérusalem, soulignant que les « Lieux Saints devaient être préservés, que les fidèles devaient y avoir libre accès sans danger, et que les chrétiens avaient le droit d'exercer un contrôle absolu sur leurs lieux de prière. » (Auspicia Quaedam, 1 mai 1948)

Toujours dans « Auspicia Quaedam », Pie XII faisait cette demande :  « Faisons en sorte que la religion, défenseur  de  toutes  les  vertus,  puissent jouir de la liberté qui lui est due. Et faisons en sorte que le travail pacifique des hommes - placé sous les auspices de la justice et de l'élan divin de la charité - produise d'abondants fruits pour le bien de tous ». Puis, en faisant référence aux Lieux Saints, le Pape appelait à prier afin que « la situation en Palestine puisse enfin être résolue dans la justice, et que la paix et la concorde puissent enfin triompher ».

 

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La prise de Jérusalem par les croisés

 

 

Par la suite, dans son Encyclique « Redemptoris nostri », en date du 15 avril 1949, Pie XII invitait une nouvelle fois chacun, et en premier lieu les catholiques du monde entier, à s'engager à « persuader les gouvernants des nations, et ceux dont le devoir est de régler cette importante question, à garantir à la Ville Sainte et à la région environnante un statut juridique approprié, dont la stabilité ne peut être assurée que par un accord commun entre les nations qui aiment la paix et respectent les droits des autres. » Ceci avait surtout pour but, de dénier aux sionistes leur prétention à l’autorité sur les Lieux Saints, et plaider en faveur de l’internationalisation de Jérusalem.

Nous le voyons, l’Eglise d’avant Vatican II dans sa sagesse, malgré les assurances que Theodor Herzl apportait à saint Pie X quant au statut des Lieux saints, opposera toujours le fameux « non possumus » qui fut la réponse catholique traditionnelle dans son attitude face au sionisme et à l'Etat d'Israël ; une attitude antisioniste fondée sur le refus théologique durable d'un retour des Juifs sur leur terre ancestrale obtenu sans le concours de la Divine Providence, mais par l’utilisation de moyens inacceptables et de méthodes en contradiction complètes avec les lois de Dieu, dont les terribles conséquences n’ont de cesse de produire les fruits pervers dont une constante actualité nous montre les redoutables effets.

 

 

 

Notes.

 

[1] Rappelons que la position d’hostilité de l’Eglise à l’égard de la prétention à la possession des lieux saints par les Sionistes, participe d’une compréhension attentive de l’Histoire Sainte et du peuple Juif, beaucoup plus complexe que certains, dans leur naïveté, ne l’imaginent. En effet, y avait en réalité deux royaumes chez les Juifs de l'Antiquité : celui de Jacob (Israël) et celui de Juda. D’après l’oracle de Jacob dans le livre de la Genèse, le sceptre de l’autorité ne devait en aucun cas être retiré à Juda, jusqu’à ce que vienne celui qui était considéré comme « l’attente des nations, c'est-à-dire le Messie. De fait, le royaume de Juda a toujours eu la primauté sur celui d’Israël, et en même temps, ce qui est paradoxal, l’indépendance de Juda n’a vraiment existé qu’à la fin, pendant une courte période de quatre-vingts ans, de 142 à 63 avant J-C, entre la fin de la domination séleucide et le commencement de la domination romaine. Ainsi, lorsque les juifs firent appel à Pompée en 66 av. J-C, ils déclarèrent qu’ils ne souhaitaient plus avoir de roi. Ainsi se réalisait la prophétie, car Jésus Christ est venu juste après que le sceptre fût enlevé à Juda. Si l’on comprend la prophétie comme saint Augustin l’expose clairement dans La Cité de Dieu, elle s’est également réalisée en tous points, signifiant concrètement qu’il y aurait des rois en Juda avant la venue du Messie, mais qu’ils disparaîtront définitivement après sa venue. Or, la prophétie s’est réalisée de façon très frappante, car les juifs n’ont vraiment eu de rois que pendant quatre-vingts ans (tous n’étant d’ailleurs pas juifs). Ainsi, après la domination des Babyloniens, puis des Perses, des Grecs, et enfin des Séleucides, les Juifs ont eu juste assez de rois pour que la prophétie se réalise, et cela au moment prédit, c’est-à-dire juste avant la venue du Christ.  Après la mort de Jésus Christ (vers 30), les Juifs se sont entretués dans une guerre atroce. Vespasien, proclamé empereur par les légions à Alexandrie, envoya  son fils Titus en Judée, et l’armée romaine, en 70, rasa entièrement la ville, n’y laissant que trois tours et un mur. Le temple fut entièrement détruit et le sacrifice cessa définitivement. Cette destruction de la ville sainte fut un choc sans précédent depuis l’exil de 587 av. J-C, et marque la fin du royaume de Juda qui a cessé d’avoir un sens depuis la venue du Christ, ramenant les criminelles velléités Sionistes dont une constante actualité montre le fol entêtement, à une effective impiété du point de vue prophétique.

 

[2] Theodor Herzl, qui rencontra saint Pie X, multipliera les contacts avec les chefs d'État, le sultan Habdul-Hamid III, l'empereur Guillaume II et le ministre britannique Joseph Chamberlain. En 1903, celui-ci lui offrira même d'installer l'État juif en Afrique, sur le territoire de l'Ouganda, alors possession britannique. Theodor Herzl, absolument insensible à la composante religieuse du sionisme et craignant de ne jamais avoir gain de cause en Palestine, se saisira sans tarder de cette offre. Il sera suivi par Éliezer Ben Yéhouda, le créateur de l'hébreu moderne, et par le mouvement religieux ultranationaliste Mizrahi. Il réunit donc à Bâle, en août 1903, un VIe Congrès sioniste et annonce aux délégués : «J'ai une grande surprise pour vous : Sa Majesté, le souverain de l'empire britannique, vous offre un cadeau, l'Ouganda !»

 

19:09 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (75) | Tags : sionisme, sionisme chrétien, israël, église catholique, vatican, palestine, gaza |  Imprimer | | | | | Pin it!

mercredi, 07 janvier 2009

Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien

Le sionisme chrétien : idéologie perverse selon le Patriarche latin de Jérusalem

 

 

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Au moment où le Vatican vient de stigmatiser les exactions du régime sioniste à Gaza  par une déclaration relativement ferme :

 

« L'acharnement d'Israël à Gaza a renforcé la répugnance mondiale envers ce régime », a annoncé, samedi soir, le porte-parole du Vatican,  Monseigneur Federico Lombardi, à l'antenne de Radio Vatican. « Les crimes commis par les sionistes ne font qu'augmenter la répugnance mondiale envers les Israéliens et que réduire l'espoir en la paix », a constaté le porte-parole du Vatican, qui s'est dit surpris par l'ampleur des raids, déplorant le bilan lourd de ces attaques sauvages. « Israël poursuivra les opérations manu militari conte le peuple palestinien », a-t-il prévu, nous pensons judicieux de publier la « Déclaration de Jérusalem » cosignée par le Patriarche latin de Jérusalem, par le Patriarche orthodoxe syrien de Jérusalem, ainsi que par Monseigneur Riah Abu El-Assal, de l’ Eglise épiscopalienne de Jérusalem et du Moyen-Orient et Monseigneur Munib Younan, de l’ Eglise luthérienne de Jordanie et de Terre sainte.

 

 

 

 

 

 

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"Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien"

 

 

 

 

 

Communiqué du patriarche et de dignitaires d’Eglises locales à Jérusalem

 

 

« Bénis soient les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

 

 

 

 

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Mgr Michel Sabbah

 

 

 

 

 

 

Le Sionisme chrétien est un mouvement théologique et politique qui fait siennes les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, au point de nuire à une paix juste en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien propose une conception du monde dans laquelle l’Evangile s’identifie avec l’idéologie impérialiste, colonialiste et militariste. Dans sa forme la plus extrême, il met l’accent sur des événements eschatologiques qui mènent à la fin de l’histoire plutôt qu’à l’amour et à la justice vivants du Christ. Nous rejetons catégoriquement les doctrines du sionisme chrétien comme constituant un enseignement erroné qui pervertit le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation.

 

Nous rejetons encore davantage l’alliance actuelle entre les dirigeants sionistes chrétiens et des organisations dont font partie des membres du gouvernement d’Israël et des Etats-Unis, qui imposent à présent, de manière unilatérale et anticipée, leurs frontières et leur domination sur la Palestine. Cela mène inévitablement à des cycles sans fin de violence qui ébranlent la sécurité des peuples du Moyen-Orient et du monde entier.

 

Nous rejetons les enseignements du sionisme chrétien qui facilite et soutient ces politiques tout en faisant progresser l’exclusivisme racial et la guerre perpétuelle plutôt que l’évangile de l’amour, de la rédemption et de la réconciliation universels, enseigné par Jésus-Christ. Plutôt que de condamner le monde funeste d’Armageddon, nous appelons chacun à se libérer des idéologies du militarisme et de l’occupation. Qu’ils aspirent plutôt à la guérison des nations !

 

 

 

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Theodor Herzl (1860-1904)

 

 

Le théoricien du Sionisme politique qui exposa ses thèses dans son livre « Der Judenstaat, l’Etat des Juifs » en 1896. Herzl sera élu président de l’Organisation sioniste mondiale qui se donnera pour programme la reconstitution d’un foyer national sur la terre ancestrale d’Eretz Israel. Dans son livre, « Altneuland », « Terre ancienne, terre nouvelle », en hébreu, «Tel Aviv», il se livra à une description « utopique » de l’Etat qu’il envisagera selon le slogan du Mouvement Sioniste : « Si vous le voulez, ce ne sera pas une légende… »

 

 

Nous appelons les chrétiens des Eglises de tous les continents à prier pour les peuples palestinien et israélien, qui souffrent tous les deux d’être victimes de l’occupation et du militarisme. Ces actes de discrimination transforment la Palestine en ghettos de pauvreté entourés par des implantations exclusivement israéliennes. La création d’implantations illégales et la construction du Mur de Séparation sur une terre palestinienne confisquée, ébranlent la viabilité de l’Etat palestinien ainsi que la paix et la sécurité de toute la région.

 

Nous appelons toutes les Eglises qui restent silencieuses, à sortir de leur silence et à plaider pour la réconciliation et la justice en Terre Sainte.

 

C’est pourquoi nous nous fixons les principes suivants comme une voie alternative :

 

 

- Nous affirmons que tous les hommes sont créés à l’image de Dieu. Cela implique qu’ils sont appelés à honorer la dignité de tout être humain et de respecter ses droits inaliénables.

- Nous affirmons qu’Israéliens et Palestiniens sont capables de vivre ensemble dans la paix, la justice et la sécurité.

- Nous affirmons que les Palestiniens, musulmans comme chrétiens, sont un seul peuple. Nous rejetons toute tentative de subvertir et de briser leur unité.

- Nous appelons tous les gens à rejeter le point de vue étroit du sionisme chrétien et d’autres idéologies qui privilégient un peuple aux dépens des autres.

- Nous nous engageons dans une résistance non violente comme étant le moyen le plus efficace de mettre fin à une occupation illégale, afin de parvenir à une paix juste et durable.

- Nous avertissons, de toute urgence, que le sionisme chrétien et ses alliances justifient la colonisation, l’apartheid et l’édification d’un empire.

 

Dieu demande que justice soit faite. Aucune paix, sécurité, ou réconciliation durables ne sont possibles, si elles ne sont pas fondées sur la justice. Les exigences de justice ne disparaîtront pas. Le combat pour la justice doit être poursuivi avec diligence et persistance, mais sans violence.

 

« Qu’exige de toi le Seigneur, d’agir avec justice, d’aimer la clémence et de marcher humblement avec ton Dieu. » (Michée 6, 8).

 

Telle est la position que nous prenons. Nous défendons la justice. Nous ne pouvons rien faire d’autre. Seule la justice garantit une paix qui mènera à la réconciliation et à une vie de sécurité et de prospérité pour tous les peuples de notre Terre. En prenant le parti de la justice, nous nous ouvrons au travail de paix, et œuvrer à la paix fait de nous des enfants de Dieu.

 

« Dieu se réconciliait le monde dans le Christ, ne tenant plus compte contre eux des fautes des hommes. Et il nous a confié le message de réconciliation. » (2 Corinthiens 5, 19).

 

 

Sa Béatitude le Patriarche Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem.

Archevêque Swerios Malki Mourad, Patriarche orthodoxe syrien de Jérusalem.

Monseigneur Riah Abu El-Assal, Eglise épiscopalienne de Jérusalem et du Moyen-Orient.

Monseigneur Munib Younan, Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre sainte.

 

 

 

Samedi 7 juillet 2007

 

 

 

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18:41 Publié dans Messages | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : sionisme, sionisme chrétien, israël, église catholique, vatican, palestine, gaza |  Imprimer | | | | | Pin it!