Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 31 octobre 2009

La politique « religieuse » de La Question !

Eclaircissements à propos du

 traditionalisme catholique contre-révolutionnaire

 

 

255017Blason_Bourbon.jpg
"Il faut que la religion refasse la monarchie..."
(Joseph de Maistre)
 
S_Pio-V-sepolcro-aperto.jpg
Sépulture de saint Pie V

 

 

 

« Tenons toujours nos yeux fixés sur le monde invisible qui expliquera tout. »

(J. de Maistre, Soirées de St. Petersbourg, VIIe entretien)

 

 

 

 

index_20.jpgCertains, cherchant à mieux comprendre nos convictions, ou nous découvrant récemment par le biais du455px-Jmaistre[1].jpg blog « La Question Actualités », nous demandent, curieux et intrigués, même si nous avons pris soin de déclarer clairement quelles sont nos « Orientations », de préciser plus nettement nos positions sur le plan politique, et attendent sans doute de nous, que nous donnions des indications relatives à nos sympathies en correspondance avec les aspects spécifiques du champ idéologique contemporain.

 

Même si, évidemment, notre culture contre-révolutionnaire nous fait nous sentir proches de divers penseurs comme Bossuet, Joseph de Maistre, Blanc de Saint-Bonnet, le Cardinal Pitra, Bernardi et Donosos Cortès, ou de courants réactionnaires catholiques d’hier ou d’aujourd’hui [1], toutefois, autant le dire d’un mot : c’est ne rien comprendre à notre vision de l’Histoire que de vouloir nous mettre en référence directe vis-à-vis de tel ou tel parti républicain, ou mouvement s’inscrivant à l’intérieur du jeu électoral, puisque pour nous il ne saurait y avoir de politique véritable que religieuse !

 

I. Le drame métaphysique originel

 

Bossuet.jpgEn effet, la caractéristique propre du monde moderne, son aspect tragique aboutissant à la destruction des vestiges matériels, ou institutionnels, de la Tradition, est, en premier lieu, la négation de la Sainte Religion chrétienne [2]. Et ceci s’explique du fait que la situation tragique de ce monde relève d’un drame métaphysique qui survint des suites du péché originel, péché qui se reproduit chaque fois que l’on foule aux pieds les principes divins (Révolution de 1789 [3], Révolution bolchevique, Vatican II). Dès lors, chercher un remède ici-bas à un déséquilibre de nature ontologique sans faire intervenir la dimension surnaturelle au sein de laquelle est placé ce combat éternel que se livrent les ténèbres et la Lumière, est une grave erreur.

 

C’est pourquoi, seul nous importe le rétablissement de l’Etat chrétien incarnant la loi de Dieu sur cette terre, et des forces légitimes qui s’imposeront capables d’en assurer le maintien, de sorte que la Sainte Religion chrétienne retrouve la plénitude de ses droits et de son autorité dans la cité des hommes.

 

Si nous en croyons Joseph de Maistre, il y a une raison à la situation contemporaine, puisqu'il écrit : « Il n'y a aucune loi sensible qui n'aitvision.jpg derrière elle une loi spirituelle (...) Dans ce monde que nous voyons tout se rapporte à un autre monde que nous ne voyons pas. Le monde est un simple assemblage d'apparences, dont le moindre phénomène cache une autre réalité. » [4] Ainsi, pour le comte savoyard, ce qui se déroule dans l'ordre humain, les faits qui se signalent en ce monde abîmé par la Chute, sont des véritables « pierres d'attente », dont nous ne pouvons comprendre le sens authentique qu'à la lumière de l'enseignement divin. Souvenons-nous de cette phrase magnifique des Soirées de St. Petersbourg par laquelle Maistre déclare : « Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement (…) Il n'y a rien de si visible que les liens des deux mondes ; on pourrait même dire, rigoureusement parlant, qu'il n'y a qu'un monde, car la matière n'est rien. » [5]

 

En ce sens, les modifications qui interviennent dans le réel, les changements qui surviennent en renversant l'Ordre ancien, les faits les plus anodins, en apparence, comme, à l’extrême, l’écroulement de la civilisation et la disparition des saintes institutions, tout cela participe, « de près ou de loin à quelque œuvre secrète qui s'opère dans le monde à notre insu. »

 

 

II. La défense de la Tradition

 

On a pu parler, avec plus ou moins de raison, du « catholicisme foncier » de Joseph de Maistre, tant ses divers propos en matière religieuse furent considérés, et continuent le plus généralement d’être regardés, comme des exemples caractéristiques d’un traditionalisme furieux et véhément.

 

2Ingres.jpgIl faut ici faire intervenir une notion centrale chez Maistre, celle de Tradition. En effet, Maistre considère que le mondesavoie_blason.jpg doit se conformer aux enseignements de la Révélation divine, unique fondement des lois. Il écrit : « On ne peut attaquer une vérité théologique sans attaquer une loi du monde » [6] c’est pourquoi le Pape, le « Pontife romain », garant du dogme et de la Tradition, est l’arbitre suprême, celui qui, au-dessus des Rois et des Princes, veille au respect du droit et œuvre pour la paix universelle. « L’infaillibilité dans l’ordre spirituel et la souveraineté dans l’ordre temporel sont deux mots parfaitement synonymes » écrit Maistre. Par ailleurs infaillibilité et souveraineté ne vont pas l'un sans l'autre, se sont deux principes parfaitement identiques et équivalents. De toute manière, raisonnablement, l’autorité transmise par Jésus à Pierre ne saurait faire l’objet d’une remise en question, car qui serait assez sot ou insensé pour contester la Parole du Seigneur. Toute l’histoire depuis des siècles plaide largement en faveur de la suprématie pontificale et nous montre, dans tous les domaines où elle exerça son ministère, son attention scrupuleuse au respect de la loi divine et sa formidable capacité à réaliser l’unité.         

 

Il est incontestable que la position de Maistre ne souffre aucune ambiguïté s’agissant du gouvernement temporel du pouvoir ecclésiastique, dans lequel il voit le modèle le plus parfait qui fut jamais donné aux hommes, et qui, d’autre part, considérable avantage, bénéficie du point de vue surnaturel du dépôt de la Révélation confié par le Christ lui-même à l’apôtre Pierre, l’Evêque de Rome, « L’Origine de l’unité sacerdotale » selon saint Cyprien, « Patriarche universel », pour saint Léon, « Souverain Prêtre » d’après le concile de Chalcédoine, ce qui lui confère non en tant qu’homme mais en tant que « Vicaire de Jésus-Christ » comme  dit saint Jérome, l’infaillibilité en matière théologique.

 

III. Le combat pour l’Ordre catholique

 

 

greco.jpg

 

Soutenez toutes les grandes institutions approuvées par l’Eglise,

comme la chevalerie, les ordres religieux,

contemplatifs, missionnaires, militaires et hospitaliers,.

 

 

Ces analyses vont être à l’origine d’un certain nombre de positions pour le moins tranchées concernant les institutions religieuses catholiques, qui feront souvent l’objet d’importantes incompréhensions et de nombreux contresens de la part des lecteurs de Joseph de Maistre. On conviendra cependant sans peine avec notre auteur que « l’Unité transcendante » à laquelle aspirent les hommes, doit être préparée et préfigurée ici-bas par une bénéfique unité du pouvoir, et une bienfaisante et souveraine harmonie exercée par l’autorité suprême du sacerdoce.

 

a) Les bienfaits de l’Inquisition

 

Greco-portrait_cardinal-1600.jpgLes lois du Ciel trouvent inévitablement une nécessaire transposition dans les formes temporelles qui, normalement, travaillent à incarner les bienheureux et universels principes régulateurs, faute de quoi il s’en suit toujours un trouble et une désorganisation spirituelle et sociale que nul ne peut plus contrôler et qui inévitablement conduit les peuples et les nations à la ruine pure et simple. On est donc obligé de regarder de cette manière la fonction régulatrice confiée à la Sainte Inquisition, établie légalement par la bulle Ille humani generis de Grégoire IX, le 25 avril 1233, institution qui avait pour mission de prévenir, dans une période profondément troublée, le développement des germes de la division et de la confusion qui menaçaient intérieurement la chrétienté, ainsi que de la protéger du Judaïsme et du Mahométisme.

 

 

 

Croix inquisition.jpgJoseph de Maistre s’exprime de la sorte sur cette question : « Le Judaïsme avait jeté de si profondes racines eninquisition2.jpg Europe, qu’il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale. (...) Le Mahométisme augmentait prodigieusement le danger ; l’arbre avait été renversé en Espagne, mais les racines vivaient. Il s’agissait de savoir s’il y aurait encore une nation espagnole ; si le Judaïsme et l’Islamisme se partageraient ces riches provinces ; si la superstition, le despotisme et la barbarie remporteraient encore cette épouvantable victoire sur le genre humain. » [7] Il est donc démontré que l’Inquisition fut créée pour mettre fin au chaos, pour rétablir la paix et la sérénité, c’est pourquoi nous dit-il : « L’Inquisition est, de sa nature, bonne, douce et conservatrice : c’est le caractère universel et ineffaçable de toute institution ecclésiastique, vous le voyez à Rome et vous le verrez partout où l’Eglise commandera. » [8]

 

C’est uniquement pour prévenir la propagation du mal qui, assurément, aurait semé les troubles les plus redoutables, que le tribunal de la Sainte Inquisition dut intervenir avec sévérité et fermeté. En se faisant l’ardent avocat de l’Inquisition, Maistre n’ignore pas qu’il va brutalement à l’encontre des idées reçues et de l’esprit anti-religieux de son temps. Mais il croit de son devoir de réaffirmer le vrai, de démontrer, avec la force convaincante d’incontestables arguments,  la supériorité et l’évidente sagesse du pouvoir ecclésial sur toute autre forme de pouvoir humain, la tempérance ainsi que la constante union qu’il est seul en mesure de réaliser des vertus de miséricorde et de justice ; « MISERICORDIA ET JUSTICIA » étant d’ailleurs la devise figurant sur les bannières du tribunal de la Sainte Inquisition.

 

Maistre conclut de la sorte son argumentaire :

 

- « Toutes les fois que vous verrez une grande institution ou une grande entreprise approuvée (...) par l’Eglise, comme la chevalerie, les ordres religieux, mendiants, enseignants, contemplatifs, missionnaires, militaires, hospitaliers, etc.; les indulgences générales, les croisades, les missions, l’Inquisition, etc.; approuvez tout sans balancer, et bientôt l’examen philosophique récompensera votre confiance, en vous présentant une démonstration complète du mérite de toutes ces choses. »

 

b) Rôle fondamental de la papauté

 

 

P1010727.JPG

 

Le Pape est le seul qui possède encore l’autorité nécessaire capable de restaurer,

dans une Europe livrée au chaos, l’unité du Saint Empire.

 

 

 

armoiries1.gifPar ailleurs, l’attachement de Maistre à l’institution de la papauté, à « L’Héritier des Apôtres » comme le souligne saintPiusV.jpg Bernard,  relève d’une idée, certes non directement explicite, quoique toutefois fort précise qui transparaît sous chaque ligne de son Traité, que l'on peut résumer de la manière suivante  : le Pape est le seul qui possède encore l’autorité nécessaire capable de restaurer, dans une Europe livrée au chaos des égoïsmes nationaux et au venin révolutionnaire, l’unité du Saint Empire.  Le Traité « Du Pape » consigne cette inattendue mais cohérente dévolution. L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire, ne demeurait que le Sacerdoce Suprême pour se voir dévolu l’archétype éternel du Saint Empire. 

 

Ainsi l’insistance sur l’infaillibilité, source de toute souveraineté légitime, qui fait l’objet d’un important développement dans le livre au point que cette notion suscita même quelques réserves à Rome et le prudent silence de Pie VII, avant d'être cependant adoptée par le Concile de Vatican I en 1870, n’a pas d’autre objet que d’asseoir l’incontestable autorité du Pontife romain par dessus toutes les autres formes de souverainetés.

 

IV. Le rétablissement du Saint Empire

 

707pxwappenrc3b6mkaisergl4.jpg

GestatorialChair1.jpg

 

Le Pape est le seul garant d’un possible retour

de l’unité politique et spirituelle en Europe.

 

 

SPio-V_LBALDI-1.jpgMaistre est sur cette question très clair : « Le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant, le180PX-~1.JPG grand Démiurge de la civilisation universelle. » [9] Le Pape est donc le seul garant, de par l’évidente supériorité de sa fonction,  d’un possible retour sur le continent de l’unité politique et spirituelle. Il incarne l’espoir d’une restauration véritable de l’ordre traditionnel, entre ses mains sacrées repose l’ultime possibilité d’un redressement futur du Saint Empire. Il est, à juste titre, significatif que la phrase de l’épigraphe qui figure sur la page de garde du livre « Du Pape », ne soit pas celle d’un père de l’Eglise où d’un pieux auteur, mais paradoxalement extraite du poème homérique  « l’Iliade », phrase révélant nettement la pensée intérieure du comte savoyard, indiquant sans détour : « Trop de chefs vous nuiraient ; qu’un seul homme ait l’Empire » (Homère, Iliade, II v. 204 sq.)

 

Le catholicisme de Joseph de Maistre est donc, comme nous le voyons, traversé par une vision qui emprunte autant au politique qu'au spirituel, ou, plus exactement, qui est d'autant plus politique qu'elle est spirituelle, puisque pour lui, et ceci ne doit jamais être perdu de vue lorsque l'on aborde la pensée maistrienne, les deux domaines s'interpénètrent intimement, sont étroitement liés et imbriqués, le Ciel se manifestant en permanence par des interventions qui nous sont le plus souvent incompréhensibles au sein de l'histoire humaine. Si l'autorité céleste est source de toute souveraineté ici-bas, il en résulte que l'origine divine du droit, qui fonde et donne sa légitimité à la doctrine de l'infaillibilité, est en réalité la question de la Vérité originelle dont la Sainte Eglise Universelle, par Jésus-Christ, est l'humble dépositaire et son Chef visible, le « Prince des Evêques », le très soumis et très fidèle serviteur [10].

 

philippelebel.jpgN'oublions pas que si la France, par son peuple, est en état de « péché mortel » depuis l'horrible crime du 21 janvier 1793 qui lui fit mettre àabb4.jpg mort celui que le Ciel lui avait donné comme Roi, la Royauté est elle-même en position de rébellion vis-à-vis de Dieu depuis le refus par Philippe le Bel de se soumettre aux injonctions de Boniface VIII qui, conscient des lois principielles qui devaient s'imposaient dans toute la chrétienté pour en préserver l'unité, fit publier en 1302 la bulle Unam Sanctam dans laquelle il précisait la fameuse théorie dite des « deux glaives » en déclarant : « Dans l'Eglise il y a deux glaives, le spirituel et le temporel. L'un de ces glaives doit être soumis à l'autre, l'autorité temporelle doit s'incliner devant l'autorité spirituelle. » La décision de Philippe le Bel aura des conséquences importantes, puisqu'en revendiquant une totale indépendance à l'intérieur de son royaume, et rentrant de ce fait en conflit ouvert avec la Papauté, il sera à l'origine de l'affaiblissement du Saint Siège en Europe et du morcellement de l'empire chrétien, car, à son néfaste exemple, chaque souverain, dans ses Etats, allait exiger désormais une identique indépendance, se réclamant de l'autonomie du pouvoir temporel à l'égard du pouvoir spirituel, attitude dont nous subissons encore directement les effets, et qui a pris, dans les sociétés modernes, une ampleur vertigineuse puisqu’à présent c’est chaque individu qui réclame, rageusement, à titre personnel, une totale indépendance qui n’est en fait que la parfaite continuité de l’originel et lointain esprit « d’insoumission ». 

 

Conclusion

 

Sachons que l'avenir ne sera en définitive que ce que Dieu voudra qu'il soit, ou ce qu'il fera être par l'action de sa Providence. Rien ne sert de s'épuiser dans des formules politiques ou idéologiques qui n’intègrent pas le religieux et le spirituel dans leurs courtes vues, car contre les spectres d'un monde, depuis la Chute, tombé aux mains de l'adversaire, livré aux puissances du négatif et de la mort, ll n’est aucun combat qui puisse se gagner sans être appuyé par les forces de la Divine Providence

  

Ainsi, si nous désirons sortir de ce piège, nous extraire du conditionnement individualiste, libéral, athée et matérialiste que nous impose une société malade, profondément dominée par l’argent dispensant une culture de mort ; si nous aspirons à nous libérer de la spiritualité « parodique » avec son syncrétisme dévoyé, nous défendre contre l’affolant envahissement du psychisme déréglé, il nous faut, impérativement, nous ouvrir à un autre ordre de réalité, nous disposer à devenir singulièrement attentifs aux vérités surnaturelles, à briser l'enfermement stérile dans lequel nous précipite un monde dégradé, fracturé, agonisant sous le poids de sa gigantesque erreur, s'éloignant, inexorablement, et de plus en plus rapidement, de son Principe, et accueillir, avec respect et dévotion, les semences de l'Esprit porteuses de la Vérité de l’Evangile.

 

Il est donc évident que ce ne peut être que par la prière et la « réconciliation », sachant que le pouvoir est d'essence transcendante car il relève, positivement, d'une « histoire divine », qu'apparaîtront les conditions de la contre-révolution, car « c'est au nom du DIEU TRES GRAND ET TRES BON, à la suite des hommes qu'il aime et qu'il inspire, et sous l'influence de son pouvoir créateur, que vous reviendrez à votre ancienne constitution, et qu'un Roi vous donnera la seule chose que vous devriez désirer sagement, la liberté par le Monarque. » [11] C'est pourquoi, avant toute idée de restauration d'un pouvoir légitime, il faut d'abord, et en premier lieu, que s'établissent une réforme radicale, une conversion, un retour aux bases théologiques et morales de la tradition chrétienne ; comme le dira avec fermeté Maistre dans une lettre au vicomte de Bonald (1754-1840) : « Il faut que la religion refasse la monarchie ; et c'est ce qui arrivera malgré les apparences contraires. » [12]

 

 

       

Notes.

 

1. 466517bandera_falange.gifA titre d’exemples, des mouvements religieux et politiques de la période contemporaine, comme la Phalange en Espagne ou la Garde decorneliu_zelea_codreanu.jpg Fer en Roumanie avec les hautes figures attachantes que sont José Antonio Primo de Rivera (1903-1936) ou Corneliu Codreanu (1899-1938) ont, de toute évidence, notre sympathie.

 

2. Comment ne pas rappeler, à ce sujet, l'épisode grotesque qui, sous la Révolution, fut assez représentatif de cette caricature tragi-comique du sacré, et que la mémoire retiendra comme l'exemple caractéristique de la déviation du religieux. En effet, au moment où l'on envoyait à la guillotine les prêtres réfractaires, Chaumette (1763-1794) et la Convention eurent l'idée de célébrer un culte public à la déesse Raison qui se déroula à Paris, le 10 novembre 1793. Ce jour là, on exhiba dans les rues de la capitale sur un trône porté par plusieurs hommes, une jeune personne du nom de Mlle Thérèse-Angélique Aubry, étudiante à l'Académie royale de musique, prêtant sa plaisante silhouette pour la circonstance à cette ridicule mascarade. Préalablement à Notre Dame, les adorateurs de la déesse, représentés par des enfants des deux sexes vêtus de blanc, avaient apporté devant la jeune créature de l'Académie des parfums pour qu'ils se consument à ses pieds, et de séduisantes vestales, recrutées dans différents conservatoires, couronnées de fleurs et les reins entourés d'une ceinture tricolore, esquissaient au même instant une danse éthérée autour de l'auguste divinité. Cette dernière, hiératique, demeurait immobile dans ses voilages blancs, un bonnet phrygien rouge lui servant de diadème, alors que de larges rubans couleur de pourpre entouraient sa taille ; recouverte d'un long manteau bleu, et une pique placée dans sa main droite, la déesse recevait ainsi le vibrant hommage de la population dans le cœur de la cathédrale, à la même place qu'occupait jusqu'alors, et depuis le XIIIe siècle, la Reine du Ciel, la Vierge Marie, Mère du Sauveur. A intervalles réguliers les servantes de la déesse Raison, assises sur des sièges de verdure, tendaient leurs bras vers le trône, puis, deux par deux, venaient profondément s'incliner en se croisant, dans une sorte de vaporeuse chorégraphie, alors même qu'un chœur de chant déclamait : « Descends, ô Liberté, fille de la nature.... » Enfin, au terme de cette cérémonie « inspirée »,  la divinité se leva et, saluant la foule qui l'acclamait à tout rompre, regagna à pas lents le Temple de carton-pâte qui lui avait été édifié et qui se trouvait derrière elle, c'est-à-dire exactement devant le maître autel de la vénérable cathédrale qu'il dissimulait complètement à la vue. L'enthousiasme fut si grand, que l'on décida de porter en triomphe l'idole jusqu'à la Convention, mettant un comble à cette cérémonie antireligieuse, et l'on vit défiler dans les rues de Paris, en une effarante procession, les ballerines suivies par des tambours, entourant le trône sacré, le tout accompagné par une troupe de sans-culottes qui avait hissé en haut de longues perches, comme un trophée, la chape d'or et la mitre de l'archevêque, escortant la nouvelle Isis portée à dos d'hommes. Arrivant, dans un chaos indescriptible, dans la salle des Tuileries ou siégeait l'Assemblée, la populace, les musiciens, le corps de ballet envahirent le lieu et firent une bruyante apparition. Ce fut Chaumette qui conduisit la déesse en la présentant aux élus de la Nation la désignant avec emphase comme le « chef d'œuvre de la nature », puis, alors que le président Laloy donnait l'accolade au nom du peuple français à la belle créature, les fanfares et les chants se faisaient de nouveau entendre. Tous voulurent l'embrasser, et la représentation nationale dans son ensemble décida de lui servir d'escorte afin de la reconduire dans son Temple ; redescendant de la tribune au bras du président, elle remonta sur son pavois, et, une nouvelle fois, l'impie cortège, grossi des membres de la Convention, acclamé par une foule immense, reprit le chemin de la cathédrale Notre-Dame où la fête se poursuivit fort tardivement dans la nuit.    

 

3. On se reportera, à propos de cette « religiosité laïque », de cette « religion civile » qu’adopta la République en faisant siennes les thèses de l’auteur du Contrat social, au livre de Ghislain Waterlot : Rousseau, Religion et politique, PUF, 2004.

 

4. J. de Maistre, Les Soirées de St. Petersbourg, Xe Entretien, t. II, Trédaniel, 1980, p. 179 ss.

   

5. Ibid., p. 177.

 

6. J. de Maistre,  Du Pape, I, chap. I.

 

7. J. de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, Première lettre, 1815.

 

8. Ibid. Il faut purger les esprits de cette image, propagée par le dix-huitième siècle et un détestable esprit voltairien, soutenant que « des prêtres pouvaient condamner un homme à mort. (...) qui ne sait qu’il est défendu au prêtre d’être chirurgien, de peur que sa main consacrée ne verse le sang de l’homme, même pour le guérir ? (...) Jamais le prêtre n’éleva d’échafaud ; il y monte seulement comme martyr ou comme consolateur ; il ne prêche que miséricorde et clémence ; et sur tous les points du globe, il n’a versé d’autre sang que le sien. » (Lettres à un gentilhomme russe, op. cit.) L’Eglise s’est bornée à livrer les fautifs au bras séculier, qui, et  lui seul, prononça et exécuta les sentences. Lorsque l’Eglise gouverna, comme ce fut le cas dans certaines souverainetés ecclésiastiques, elle se distingua toujours par sa clémence et sa mansuétude, ceci est à ce point vrai qu’un proverbe est devenu courant en Allemagne : « Unterm Krummstabe is gut whonen. » (Il est bon de vivre sous la crosse.) Que dire rajoute d’ailleurs Maistre du gouvernement de Rome, célèbre pour sa douceur, « nulle part on ne trouve un régime plus parternel, (...) une tolérance plus parfaite. Rome est peut-être le seul lieu d’Europe où le juif ne soit ni maltraité, ni humilié. » (Ibid.) L’exemple le plus frappant que nous donne l’histoire vient des Templiers eux-mêmes qui « demandèrent expressément d’être jugés par le tribunal de l’Inquisition ; car ils savaient bien que s’ils obtenaient de tels juges, ils ne pouvaient plus être condamnés à mort. » (Ibid.)

 

9. Du Pape, livre premier, ch. II.   

 

10. On aura sans doute entendu dire, en quelques occasions, que Maistre fut le chantre de la « politique expérimentale ». Or, s’il fit publier en 1793 ses Lettres d'un royaliste savosien, dans lesquelles, ulcéré par les effets de la Révolution, il défendra, par un argumentaire raisonné de grande qualité, la supériorité de la royauté par rapport à tous les autres régimes, il s'apercevra assez rapidement de son erreur et comprendra que le devenir des sociétés humaines ne relève pas de l'intelligence naturelle, n'obéit pas aux injonctions des arguments les mieux fondés et des déductions les plus justes. La valeur de l'expérience, la logique empirique et la force de la démonstration en ces domaines, on peut le regretter, ne comptent absolument pas ; le monde est agi par des forces d'une « autre » nature, il est soumis à des lois obscures inaccessibles à l'entendement classique et est donc guidé, entraîné malgré lui, vers des destinations imprévisibles. Maistre fut d'ailleurs tellement meurtri par sa manifeste et criante incompréhension, par la fausseté de ses vues, par ce qu'il nommera, avec une certaine rage, le « fruit de l'ignorance », qu'il décidera, de manière symbolique et dans un geste témoignant d'un profond rejet de ce qu'il avait écrit et des thèses qu'il avait, dans sa grande naïveté, défendues, de réduire en cendres, en le livrant au pouvoir des flammes, le manuscrit original de ses Lettres d'un royaliste savoisien. Il notera dans son journal, à la date du 6 février 1798 : « Avant de partir de Turin, j’ai brûlé le manuscrit de mes Lettres savoisiennes composées à une époque où je n’avais pas la moindre illumination (souligné par Maistre) sur la Révolution française ou pour mieux dire européenne. Malgré les vues droites qui les ont dictées, je les ai prises en aversion comme un fruit de l’ignorance. »

 

11. J. de Maistre, Considérations sur la France, chap. X, in Ecrits sur la Révolution, PUF, 1989, p. 179.

 

12. J. de Maistre, Lettre à L. A. Bonald, 16 juin 1807.

15:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : catholicisme, révolution, tradition, église catholique |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 23 avril 2009

L’essence satanique de la Révolution française

 ou les fondements nihilistes de la modernité

 

 

 

 

 

 

blake_satan-inflicting-boils-on-job.jpg 

execution_marie.jpg

 

« Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique

qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. »

(Joseph de Maistre)

 

 

 

 

carmelites_compiegne_a.jpgLa Révolution qui est survenue en France à la fin du XVIIIe siècle, faisant qu'il y a bien, malgré l'aveuglement de nos contemporains et les illusions de certains sots, un avant et un après 1789, le passage, par l'effet d'une fracture violente et radicale, entre un monde fondé sur des valeurs sacrées, et un autre livré et dominé par les puissances de l'enfer auxquelles nous sommes à présent soumis et asservis, est une révolte contre l’ordre naturel et surnaturel établi par Dieu. 

 

La Révolution, il est bon de le rappeler en ce jour de la saint Georges qui célèbre la lutte des forces spirituelles contre celles, infectes et ténèbreuses, du  dragon, est satanique dans son principe, nihiliste dans son essence, terrifiante dans ses conséquences !

 

Foncièrement antichrétienne et antireligieuse, elle s’est attaquée avec une sorte de fureur irrationnelle à l'Église, tuant son clergé, combattant sa hiérarchie, ses institutions, ses dogmes, et, pour mieux la renverser, elle a voulu arracher et détruire, par une politique systématique qui poussa la folie jusqu'à établir un nouveau calendrier afin d'effacer des mémoires le temps grégorien, définitivement les fondements mêmes du christianisme.

 

Pourtant, les acteurs qui animèrent la Révolution semblent être de simples marionnettes sans réelle influence sur le cours des choses, des pantins suspendus à des fils actionnés par des mains inconnues ; à cet égard Joseph de Maistre écrit : « La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent. (...) Plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la Révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la Révolution, c’est la Révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien quand on dit qu’elle va toute seule. Cette phrase signifie que jamais la Divinité ne s’était montrée d’une manière si claire dans aucun événement humain. » [1]

 

De la sorte, dirigée par des fantômes, la Révolution n’en fut que plus dangereuse, plus menaçante, car non dépendante de la décision ou du charisme d’un homme. Ne reposant pas sur la volonté de ceux qui en servent la cause, la Révolution posséda de ce fait une capacité de nuisance non maîtrisable, un devenir et une logique échappant à toutes les règles habituelles qui, jusqu’alors, régissaient l’Histoire.

 

 

Un ordre étranger de nature démoniaque

 

maistrecolour.jpgCependant cela n’exonère d’aucune responsabilité les êtres qui se sont livrés à la pire des profanations en sacrifiant l’innocente victime royale.

 

Comme le souligne Joseph de Maistre : « Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terriblesSi la souveraineté réside sur une tête, et que cette tête tombe victime de l’attentat, le crime augmente d’atrocité. Mais si ce Souverain n’a mérité son sort par aucun crime ; si ses vertus même ont armé contre lui la main des coupables, le crime n’a plus de nom. » [2]

 

L’incroyable passivité générale, la quasi indifférence dans laquelle Louis XVI fut exécuté fait de ce régicide un crime collectif : « jamais un plus grand crime n’appartint à un plus grand nombre de coupables », en conséquence : « Chaque goutte du sang Louis XVI en coûtera des torrents à la France... » [3]

 

 

droits de l'homme.JPG

 guillotine.JPG

 

 

« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre,

 c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté,

 nul n’ayant des suites plus terribles. »

 

« Chaque goutte du sang Louis XVI en coûtera des torrents à la France... »

 

 

 

 

 

Ainsi, on peut affirmer qu’un effroyable vertige criminel s’est emparé de la France révolutionnaire, est que ce mystère ne peut trouver son explication que dans un ordre d’une nature étrangère à l’intelligence humaine.

 

Pire encore, cet ordre étranger de nature démoniaque, échappe non seulement au domaine de la loi de la raison naturelle, mais aussi au règne substantiel de la vérité ontologique qui féconde et donne la vie. C’est pourquoi soutiendra Maistre : « Le mal n’a rien de commun avec l’existence ; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative : le mal est le schisme de l’être ; il n’est pas vrai. Or ce qui distingue la Révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n’y soulage l’oeil de l’observateur : c’est le plus haut degré de corruption connu ; c’est la pure impureté. » [4]

 

 

Une « pure impureté », le jugement est implacable, mais il est certes à la hauteur de l’œuvre de forfaiture commise à l’encontre d’une institution sacrée, de l’attentat contre un monde qui avait sans doute ses imperfections, mais qui avait su protéger au fil des siècles par ses vénérables institutions les plus hautes vertus dont l’esprit est capable, respectant la bienfaisante hiérarchie des valeurs et plaçant la religion au centre de toutes les activités des hommes sur cette terre. Auparavant, comme nous le savons, les anciens levaient les yeux vers le Ciel, scrutant l’immensité en y cherchant la rassurante présence de Dieu. Le renversement du regard, la désorientation du cœur et de l’âme, le rejet de Dieu pour faire de l’homme, en l’exaltant inconsidérément, la nouvelle idole d’un culte sanguinaire, telle est l’entreprise sacrilège de la Révolution.  

 

Ceci explique pourquoi : « Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. (...) Le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l’apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l’inauguration de la déesse Raison, et cette foule de scènes inouïes où les provinces tachaient de surpasser Paris ; tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde. » [5]

 

raphaël.jpg

« ...tout cela sort du cercle ordinaire des crimes,

et semble appartenir à un autre monde. »

 

 

La contre-révolution et son principe

 

Joseph de Maistre comprendra donc très bien que la Révolution ne peut être authentiquement combattue que par la mise en œuvre d’un principe inverse, d’une négation radicale des bases doctrinales du ferment corrupteur révolutionnaire.

 

Si la Révolution est de nature satanique, écrit Maistre à l’évêque de Raguse en 1815, « elle ne peut être véritablement finie, tuée, que par le principe contraire, qu’il faut simplement délier (c’est tout ce que l’homme peut faire) ; ensuite il agira tout seul. » [6]

 

 

 sacré coeur.jpg

 

« La contre-révolution sera

pour le catholicisme et contre la démocratie ! »

 

 

 

Au fond la méthode du redressement salvateur est simple pour Maistre, il s’agit en effet de « délier le principe contraire », pour ainsi dire de le libérer, de lui rendre sa capacité d’action et d’intervention au sein de la réalité collective, de l’autoriser à pénétrer de nouveau spirituellement et organiquement toutes les différentes couches du corps social. Le résultat de ce redressement « contre-révolutionnaire », Maistre l’expose sans détour avec une surprenante clarté  : « Cette immense et terrible Révolution fut commencée, avec fureur qui n’a pas d’exemple contre le catholicisme et pour la démocratie ! Le résultat sera pour le catholicisme et contre la démocratie. » [7]

 

De ce fait, voici la définition la plus précise, la plus juste, la plus exacte de ce qu’est l’essence profonde de la contre-révolution, de sa perspective et son objet propre : « Le rétablissement de la monarchie qu’on appelle "contre-révolution", ne sera point une "révolution contraire", mais le "contraire de la révolution". » [8]

 

Enfin, comment ne pas citer en forme de synthèse de la conception politique maistrienne les dernières lignes du chapitre V des Considérations sur la France, lignes où Maistre prédit un possible rétablissement du christianisme et de la royauté, après leur triomphe sur les épreuves infligées par l’histoire :

 

« Français! faites place au Roi très-chrétien ; portez-le vous même sur son trône antique ; relevez son oriflamme, et que son or, voyageant d’un pôle à l’autre, porte de toute part la devise triomphale :

 

CHRISTUS REGNAT, VINCIT, IMPERAT ! »

 

 

 

ihs%20crucifix%202.jpg

 

 

"Le Christ Commande, il Règne, il est Vainqueur !"

 

 

 

 

Notes.

 

 

[1] J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. I. (1795). La politique expérimentale maistrienne n’a pas pour objet, comme dans l’empirisme de Burke, l’adéquation avec les vérités naturelles ; elle n’a pas pour finalité de devenir le fondement d’une connaissance concrète, mais, bien au contraire, de faire apparaître notre profonde ignorance des desseins surnaturels. « En déroutant la raison, l’expérience montre l’étrangeté du réel. Elle fait apparaître le monde comme un mystère qui doit rester mystère, "j’ose dire que ce que nous devons ignorer est plus important pour nous que ce que nous devons savoir." (Soirées..., X, Œuvres Complètes, t. V p. 188). Elle est donc avant tout révélation de l’insondabilité du divin, préludant moins à la science qu’à l’étonnement métaphysique. » (J-Y. Pranchère, Qu’est-ce que la royauté ? Vrin, 1992, p. 65.) S'inscrivant intégralement dans cet étonnement métaphysique la politique de Maistre est, de ce fait, et selon ses propres termes, une « métapolitique », c’est-à-dire une métaphysique de la souveraineté dans la mesure où celle-ci s’exprime par l’intermédiaire de Dieu au cœur de l’histoire. Cela signifie que la source du droit c’est Dieu, et en aucun cas la « volonté populaire », il ne peut y avoir de légitimité issue du peuple où d’une décision collective ou individuelle puisque la source de toute légitimité vient d’en haut ; le pouvoir ne reçoit son mandat que du Ciel. Récusant le principe qui se trouve logé à la base de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », Maistre rappelle : « Le corps social ne peut pas s’autocréer ; la volonté collective ne peut donc pas être la source du droit. » (Oeuvres Complètes, t. I, p. 321.)

 

[2] Op. cit., ch. II.

 

[3] Ibid.

 

[4] Ibid., ch. IV.

 

[5] Ibid., ch. V.

 

[6] Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, E. Vaton, Paris, 1873.

 

[7] Considérations sur la France, ch. VIII.

 

[8] Ibid., ch. X. C’est la Volonté divine uniquement qui agit dans l’histoire, les hommes n’étant que les « outils de Dieu », et tout particulièrement les souverains qui incarnent de par la dimension sacrale de leur fonction leur relation privilégiée à la Transcendance. La monarchie est donc de droit divin où elle n'est pas.   Maistre s’élève donc contre ceux qui se sont « insurgés contre la vérité » car, et ceci est l’idée majeure de la doctrine maistrienne, Dieu mène le monde vers un but de lui seul connu, il conduit, et lui seul, le destin des nations selon des voies spécifiques et particulières. De la sorte on peut dire que le peuple est gouverné secrètement par « un esprit recteur, qui l’anime comme l’âme anime le corps et qui produit la mort lorsqu’il se retire. » C’est là le sens précis de ce que l’on nomme le gouvernement temporel de la Providence, c’est-à-dire l’action directe ou indirecte de Dieu dans la marche et les affaires du monde, et parfois, à la plus grande surprise des hommes, l’apparition de la  force divine de sa justice et de son châtiment dans les événements de l’Histoire.         

mardi, 21 avril 2009

La civilisation d'Ancien Régime et ses bienfaits

 

L’harmonie de la société traditionnelle

face aux horreurs du capitalisme libéral

 

 

 

par Hadrien

 

 

« Dieu établit les rois comme ses ministres et règne par eux sur les peuples.

C'est pour cela que nous avons vu que le trône royal n'est pas le trône d'un homme,

 mais le trône de Dieu même.

Le modèle pour le gouvernement monarchique est l'autorité paternelle,

se trouve donc dans la nature même.

Les rois de France se font sacrer à Reims,

ce qui donne ä leur pouvoir un caractère religieux. »

(Bossuet, La politique tirée de l'Ecriture Sainte, 1679,

Extrait du livre III.)

 

 

travaux des champs.jpg

 

 

Sous l’Ancien Régime les ‘‘deux tiers des enfants ne mouraient pas en bas âge,

beaucoup, grâce à l’Eglise, savaient lire et écrire,

et tous ne vivaient pas dans la crasse et l’absence de soins”

 

 

 

Il faut se garder de caricaturer l’Ancien Régime, comme on le fait trop souvent, qui fut le cadre de vie de nos ancêtres pendant des siècles, et donc représente un élément respectable de notre patrimoine, avant que la terrible Révolution Française ne vienne détruire un ordre fondé sur la religion, la fidélité à l'égard des devoirs et les liens entre les générations, temps où les hommes n’étaient pas encore asservis aux durs impératifs de l’argent roi et de la société libérale , et où les quarante heures et les congés payés, obtenus lors des grèves 1936,  auraient été regardés comme une épouvantable régression sociale auprès d’un peuple qui vivait au rythme lent des saisons et des nombreuses célébrations religieuses. C’est pourquoi il faut nécessairement sur ces sujets, se libérer rapidement des clichés distillés par les manuels d’histoire de la IIIe République !

 

La société de l’Ancien Régime, où, contrairement à ce qu’on a pu lire récemment, les ‘‘deux tiers des enfants ne mouraient pas en bas âge, où beaucoup, grâce à l’Eglise, savaient lire et écrire, et où tous ne vivaient pas dans la crasse et l’absence de soins”, semble à peu près aussi exotique à nos contemporains que celle de l’Antiquité classique ou de l’Amérique précolombienne. Il convient donc d’en finir avec une vision figée par les trois siècles qui nous en séparent, et la lecture idéologique du passé de la France qui a stérilisé les recherches des historiens. Heureusement, il n’en va plus ainsi de nos jours, où de nombreux travaux d’érudition ont fait bouger les choses, et ont montré que les conditions existentielles étaient bien plus douces que ce que la propagande républicaine n’a eu de cesse d’imposer aux esprits, nous faisant découvrir une société qui avait évidemment ses imperfections et ses limites comme tout système humain, mais néanmoins participait d’un ordre général de vie plutôt harmonieux et équilibré [1].

 

 

 

louisxvi-france1.jpg

 

 

Louis XVI,  que les révolutionnaires traînèrent dans la boue,

signa tous les recours en grâce

et promulgua l'édit de tolérance du 17 novembre 1787

accordant l'état civil et un statut aux protestants.

 

 

 

 

 

En effet, cet ordre, car s’en était un, était placé sous l’influence bénéfique de l’Église catholique tant décriée de nos jours, mais qui exerçait son ministère et rayonnait par son influence morale sur l’ensemble des populations, Église qui, comme l’écrit Alexis de Tocqueville : « n'avait rien de plus attaquable chez nous qu'ailleurs ; les vices et les abus qu'on y avait mêlés étaient au contraire moindres que dans la plupart des pays catholiques ; elle était infiniment plus tolérante qu'elle ne l'avait été jusque-là et qu'elle ne l'était encore chez d'autres peuples » .

 

A notre époque où une majorité de français ne pratique plus de religion, il est difficile d’imaginer la société de jadis, totalement immergée dans la Foi. Que ce soit dans la vie quotidienne, ponctuée par les sonneries de cloches, les offices et fêtes religieux, ou dans les évènements marquants de l’existence (baptême, mariage, sépulture). Pour les chrétiens d'alors la vie sur terre n’était qu’un passage vers la vie éternelle et, pour mériter le Ciel, il fallait mettre un frein à ses mauvais instincts et racheter ses fautes.

 

 

vie_paysanne.jpgDu point de vue économique, le système seigneurial, hérité du Haut Moyen Age, était basé sur une répartition des tâches entre celui qui assurait la sécurité le seigneur, et ceux qui produisaient les richesses, paysans, artisans, etc. En revanche, ce qu’on ignore, c’est qu’il existait de très nombreux contre pouvoirs reconnus comme les Parlements, les Etats provinciaux, les coutumes, qui permettaient un équilibre qui s’avéra durable et sage, évitant les régime des opinions, sans oublier que Louis XVI, ce "tyran" comme le fit remarquer Patrick Ferner que les révolutionnaires traînaient dans la boue, a, en dix-neuf ans de règne, signa tous les recours en grâce qu'on lui soumettait, de sorte qu'aucun condamné à mort ne fut renvoyé à l'échafaud, supprima l'usage de la torture dans les interrogatoires et celui des corvées et promulgua l'édit de tolérance du 17 novembre 1787 accordant l'état civil et un statut aux protestants. »

 

De la sorte, issus des idées républicaines, le socialisme marxiste et le libéralisme  sont les deux face d’une même médaille matérialiste et athée qui fonde toute sa pensée sur une vision purement économique du monde et des hommes. Le libéralisme comme le socialisme manifestent un optimisme humaniste fallacieux, puisque la société n’évolue pas vers la réalisation du Royaume céleste, qui serait une éthique de la perfection humaine, mais est en prise avec des forces négatives qui tendent à un asservissement toujours plus important de l’esprit de l’homme. Comme le dira fort justement le cardinal Billot : « les principes du libéralisme et du socialisme sont absurdes, contre nature et chimériques » Ainsi que le rappelle nos amis du Christ-Roi  : « Le libéralisme assujettit les peuples aux forces du marché, il gère la société sans aucune préoccupation religieuse, sociale, nationale et familiale, [les livrant] à la croissance continue de la production, il est une machine infernale condamnant la morale comme anti-économique. Exemple: le travail dominical. Bientôt, à quand le retour du travail des enfants?  Quant à la gauche "socialiste" elle oppose à ce matérialisme des gouvernements qui développent la confiscation des activités politiques, économiques, éducatrices et sociales entre les mains d'une administration pléthorique, paralysante et parasite dont les militants mercenaires collaborateurs fournissent le personnel. »

 

alienationT.jpg

 

Les ouvriers de Caterpillar, qui survivent grâce aux antidépresseurs,

nourris de TF1 et du journal du hard de Canal+,

gavés de football,

pourris par une nourriture malsaine et irradiée achetée à Carrefour,

sont beaucoup plus aliénés que leurs parents et grands-parents !

 

 

 

Sous l’Ancien Régime, si la vie était parfois dure pour beaucoup de gens, car les rares sources d’énergie extérieures, les moulins et les animaux ou la production de richesses, reposaient uniquement sur le travail des hommes, néanmoins des réseaux de solidarité existaient et il n’y avait absolument pas de barrière étanche entre les catégories. Le paysan et l’artisan habile ou le commerçant entreprenant pouvaient s’enrichir et même acheter des seigneuries, voire pour certains, au bout de plusieurs générations, accéder à la noblesse. Ainsi la plupart des gens avaient certes peu de biens, mais les faisaient durer et s’entre aidaient à l’inverse de notre société contemporaine, que l’on considère comme plus riche mais qui est infiniment plus égoïste.

 

Par ailleurs,  de cette « société d’ordres » - et en aucun cas de classes ! comme l’explique Michel Vergé-Franceschi [2] qui a passé plus de trente ans à étudier la question, doit être observée sous un triple prisme : celui de la tradition (avec ses charges de grand veneur, grand louvetier, grand fauconnier, etc.) ; celui de l’innovation (avec par exemple ses chirurgiens, ses ingénieurs, ses officiers de marine), enfin celui de l’ouverture, car, sous Louis XIV, et contrairement aux idées reçues, un fils de pêcheur illettré pouvait devenir officier général (Jean Bart), le descendant de simples artisans champenois ministre (Colbert), et le rejeton de grenetiers au grenier à sel chanceliers de France et gardes des Sceaux (les d’Aligre père et fils). Pour reposer sur des fondements radicalement différents de ceux que nous connaissons, la société française d’Ancien Régime a ainsi été une société ouverte, capable de faire progresser dans l’échelle sociale les plus méritants.

 

Enfin, et du point de vue des conditions de vie, on sait peu, par exemple, que la seule industrie chimique signalée par Delamare avant la Révolution est celle des feux d’artifices, dont les établissements devaient, depuis la fin du XVIe siècle, être éloignés des villes pour des raisons de sécurité. Ce fut la première industrie dénoncée comme dangereuse. Et c’est à la faveur de la Révolution et du libéralisme déréglementé envoyant les femmes et les enfants dans les bagnes industriels, y compris la nuit, que l’industrie chimique polluante bientôt s’implanta en France. Ce seront d’abord les nitrières qui produiront du salpêtre et de l’acide nitrique. Ce seront surtout ensuite les soudières, qui produiront de la soude, puis de multiples produits chimiques extrêmement toxiques. Si l’eau de Javel, cette dissolution de soude inventée par Berthollet, n’est plus fabriquée à Paris sur le quai de Javel, en revanche de nombreuses soudières de cette époque ont défini l’implantation d’industries chimiques qui sont toujours en activité, et dont les nuisances seront signalées dès la première moitié du XIXe siècle et vont considérablement aggraver les conditions de santé publique, et donc la mortalité des populations.

 

 

 vincent de paul.jpg

 

 

Saint Vincent de Paul fut l’ un des plus grands représentants

de l’action sociale chrétienne en France au XVIIe siècle,

fondateur des Lazaristes en 1625, puis les Filles de la Charité en 1634.

 

 

 

La Doctrine sociale de l’Eglise, [3] qui prendra fait et cause pour une population enchaînée à des conditions de travail inacceptables, continue donc toujours à s’élever logiquement contre les horreurs du libéralisme moderne, non par des injonctions tirées d’encycliques vieilles de plus de cent ans, mais par des analyses fondées sur l’observation des faits actuels, comme l’a déclaré Benoît XVI récemment dans son discours aux Invalides parlant des biens matériels et de l’argent comme « des idoles à fuir, des mirages de la pensée ! »

 

C’est pourquoi, c’est parler dans le vide, comme d’habitude, selon des mécanismes structurels de sociologue, sachant très bien ce qu’est l’existence effective d’amis, de parents, de voisins, mais préférant se masquer les faits pour ne pas entamer les dogmes de  leur idéologie libérale, attitude coranique et musulmane s’il en est, manifestant une incapacité à jauger le monde avec une autre mesure que celle de critères matériels, et surtout regardant la promotion consumériste de l’individu uniquement comme un progrès, alors qu’elle possède un risque majeur, comme a pu le dire Dufour, à savoir que « L’individualisme issu des Lumières s’est entre-temps retourné en son avatar postmoderne : le « troupeau schizoïde « égo-grégaire », qui, en plus de ses tares, est aussi consumériste, procédurier, ignorant et fier de l’être, constituant par là même une grave menace pour la poursuite du procès civilisateur. L’effondrement de la transcendance au 18ème siècle ayant aussitôt fait place à une nouvelle religion, celle du Marché, qui enclencha un processus de désintégration et d’aliénation de l’homme » [4], que de ne pas vouloir admettre, comme le font les partisans du libéralisme, que l’aliénation des hommes de notre temps est directement liée à l’amélioration relative de leur niveau de vie qui, si elle a produit une certaine abondance fragile des besoins immédiats, en a créé des milliers d’autres purement factices, proprement illusoires et inutiles, et a surtout détruit toute trace de religion transformant leur vie en une morne tristesse lassante et déprimante, pour tout dire « déréalisante », virtuelle et mortifère, constatant toute leur incapacité, dans le contexte matériel qui est le leur, à donner, un sens à leurs existences, et leur impossibilité, faute d’une société dévorée par l’argent et la perte radicale du sacré, de mettre leur confort matériel au service des valeurs familiales, de la charité bien ordonnée, et du salut de leur âme.

 

Ceci explique donc pourquoi aujourd’hui, effectivement, les ouvriers de Caterpillar, et des autres secteurs de l’économie devenue folle, dénués de tout sens existentiel, qui survivent grâce aux antidépresseurs, nourris de TF1 et du journal du hard de Canal+, gavés de football, pourris par une nourriture malsaine et irradiée achetée à Carrefour, sont beaucoup plus aliénés que leurs parents et grands-parents qui bénéficiaient de 80 jours chômés avant la Révolution française sans compter les fêtes locales, qui avaient un mode de vie non soumis aux cadences infernales, entourés de leurs femmes et leurs enfants, baignant dans un environnement ponctué par les cérémonies de l’Eglise et orienté vers la vie de l’âme, mourrant au terme de leurs jours, heureux de rejoindre le Ciel en paix avec leur cœur.

 

 

Notes

 

 

[1] S. Leroux, L'Ancien Régime et la Révolution de la morale naturelle à la morale républicaine (1750-1799). Paris I, 11.01.1992 . On apprend dans cet ouvrage qu’en 1789, le royaume de France est le pays le plus peuplé d'Europe avec 28 millions d'habitants. La population se concentre dans le quart nord-ouest essentiellement, près du littoral du fait d'un important développement du commerce au cours du XVIIIºs, et dans la région lyonnaise. La population est à 80% rurale, malgré la poussée urbaine qui marque tout le XVIIIºs. En effet, les villes ont vu leur population augmenter de 45% ; désormais, le royaume de France possède 4.5 millions de citadins. Entre 1740 et 1789, le taux de mortalité est passé de 40 à 35,5/1000. Cette baisse est due pour l'essentiel à une chute de la mortalité adulte (moins de guerre, moins d'épidémie, moins de mauvaises récoltes). L'accroissement naturel au XVIIIe siècle est donc important. Mieux nourrie, mieux protégée contre les maladies, la population est plus robuste et peut mieux mettre en valeur les sols, permettant ainsi le progrès économique. Les paysans possèdent une culture orale très vivante. Les classes moyennes sont constituées par les artisans et les petits commerçants. Leur travail s'organise dans le cadre des corporations qui regroupent les gens travaillant dans un même corps de métier. En 1789, le royaume de France compte 22 à 23 millions de ruraux qui représentent 85% de la population totale (petite noblesse, bas clergé, artisans et bourgeoisie rurale inclus). Les paysans représentent à eux seuls 65% de la population, soit plus ou moins 16 millions d'habitants. 95% de ces paysans sont libres. Le cadre de la vie quotidienne du paysan au XVIIIºs c'est avant tout sa famille, une famille patriarcale ou toutes les familles d'un village font partie de la communauté villageoise qui se confond avec la paroisse, l'unité de base de la vie religieuse. La vie du village (rotation des cultures, entretien des chemins, nomination du maître d'école, du garde-champêtre, du collecteur d'impôts...) est règlementée par des assemblées de village dominées par les notables ruraux, élus comme "consuls" pour un an. Le cadre de vie du paysan est donc constitué par sa famille, sa communauté villageoise, sa paroisse et sa seigneurie. Il ignore complètement les limites des circonscriptions administratives (gouvernement, intendance), judiciaires (baillages et sénéchaussées), fiscales (les généralités qui se divisaient en "pays d'élections" administrés par des élus, et en "pays d'Etats" administrés par des représentants des trois états et en "pays d'imposition", territoires conquis au XVIIIºs. et qui conservaient leur système fiscal). L'augmentation de la production agricole a pratiquement fait disparaître les famines. L'amélioration du réseau routier a permis un meilleur ravitaillement. Le faible nombre de guerres et d'épidémies, en comparaison avec les siècles précédents, a permis la croissance démographique. Enfin, du fait d'un plus grand nombre d'écoles rurales, l'analphabétisme est en voie d’être résorbé.

 

[2] Michel Vergé-Franceschi, La Société française au XVIIe siècle, Fayard, 2006, et Nouvelle vision de l’Ancien Régime : tradition, innovation et ouverture : complexité et grandeur de la société du XVII ème siècle .

 

[3] D.R., Dufour, Le divin marché. La révolution culturelle libérale, éd. Denoël, 2007.

 

[4] La « Doctrine sociale de l’Eglise, n’est pas une invention du XIXe siècle. Elle est inscrite au cœur même de l’Evangile et des premiers temps de l’Eglise. Pourquoi ? Car dès les premiers temps du christianisme, l’amour du prochain a été considéré comme l’un des principaux messages de la Révélation. C’est ainsi que la charité est considérée comme l’une des trois vertus théologales, et même la plus élevée des trois selon saint Paul comme le rappellera Benoît XVI dans son encyclique “Deus Caritas est”. Ce qui a des conséquences directes et concrètes sur le plan économique, à savoir que l’on ne peut séparer sous aucun prétexte la morale du domaine de l’argent et de l’activité monétaire et financière. Si les grandes encycliques des derniers papes : Rerum Novarum, Mater et Magistra, Populorum progressio, Laborem Exercens, Sollicitudo rei socialis et Centesimus Annus ont toutes abordé la doctrine sociale de l’Église car elle est fondamentale sur le plan théologique, n’oublions pas qu’un des plus grands représentants de l’action sociale chrétienne en France, fut saint Vincent de Paul au XVIIe siècle qui, non pour répondre aux questions posées par le socialisme ou le marxisme ! mais, comme toujours dans l’esprit chrétien, à la situation des populations, après avoir aidé dès son plus jeune âge les plus démunis, fonda les Lazaristes en 1625, puis les Filles de la Charité en 1634.

 

 

01:18 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (82) | Tags : révolution, économie, religion, philosophie, politique |  Imprimer | | | | | Pin it!