Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 11 octobre 2009

L’apostasie du dialogue interreligieux !

ou  L’Eglise et les religions non-chrétiennes

 

 

 

 

kali II.jpg 
27%2010%201986%20Assise.jpg
 

Une terrible lame de fond au sein de l’Eglise d'après Vatican II

par les vertus du dialogue interreligieux,

 se dirige vers la reconnaissance officielle

de l'idolâtrie et du pluralisme spirituel.

 

 

« Vous serez haïs de toutes les nations

à cause de mon Nom. »

(Matthieu 24, 9).

 

« Celui qui ne croit pas est déjà jugé. »

(Jean 3, 18),

 

 

 

alien-queen-kali-cobra-sex-death1.gifLe débat théologique de nos jours, quittant peu à peu la sphère sociale et politique, sphère qui futbabel2-thumb.jpg  dominante au XXe siècle en raison de la faveur dont bénéficièrent les thèses néo-marxistes au sein de la théologie dite de la « libération » et des divers courants qui s’en inspirèrent ou qui voisinèrent, avec plus ou moins de distance, avec ses principaux thèmes, ce débat donc semble s’être déplacé, mondialisation oblige, sur le terrain plus spécifiquement religieux et se concentrer sur la question de la place et du rôle effectif du christianisme vis-à-vis des autres traditions de l’humanité.

 

C’est à partir de la conviction que plus aucune religion, à l’intérieur d’une société fondée sur les échanges et les relations multipliées entre les peuples de la planète, ne peut se penser comme étant seule détentrice de la vérité, que certains théologiens contemporains tentent de réorienter l’ancien discours apologétique classique en lui faisant prendre un virage radical afin d’établir une sorte d’équivalence entre le christianisme et les autres traditions religieuses qui devraient tous bénéficier d’un égal respect sous prétexte que Dieu souhaita établir une « humanité plurielle ». Nous allons voir en quoi cette thèse fallacieuse, représente l’une des principales menaces spirituelles des temps à venir.

 

 

I.                   Le relativisme

 

frontcover.jpgOn ne s’étonne plus aujourd’hui dans les milieux conciliaires, qu’un théologien anglais comme John Hick, dans sa logique9782204080279.gif ultra relativiste, en vienne à soutenir que le christianisme n’est qu’une forme d’expression parmi bien d’autres d’un identique mystère, une réponse localisée de la « même Réalité divine, qui a surgi à des moments différents et dans des cultures différentes de l'histoire de notre monde ». Chez d’autres, parmi lesquels on peut citer : Claude Basset, Dominique Cerbelaud, Jacques Dupuis [1], Claude Geffré [2], Pierre Grelot, Raimondo Panikkar, Edward Schillebeeckx ou encore Charles Taylor, on sent de même, derrière les délicates précautions dont on s’entoure pour ne point heurter trop frontalement les fondements de la vieille théologie, cherchant à donner, dans des textes se signalant par leur intensif usage de la circonvolution argumentaire des signes répétés d’orthodoxie en ne franchissant pas trop vite la ligne rouge qui consisterait à ne plus reconnaître en Jésus-Christ l’unique Sauveur de l’humanité, une tendance, pour ne pas dire une lame de fond, se dirigeant inexorablement vers l’établissement, par les vertus du dialogue interreligieux, d’un pluralisme spirituel dans lequel sont appelées à cohabiter, en un climat irénique, l’ensemble des traditions d’un monde pluriel.

 

De nombreux ouvrages depuis plusieurs années défendent avec enthousiasme les thèses caractéristiques du dialogue interreligieux, et les mêmes arguments, à travers l’ensemble de cette littérature à visée théologique, font l’objet de longs développements prenant souvent la forme de vibrantes plaidoiries en faveur de l’ouverture en direction des « lumières » présentes dans les religions non-chrétiennes.

 

_wsb_391x484_asissiII.jpgSi se sont principalement distingués dans cet exercice John Hick déjà cité, signalons également un livre de  Gérard Leroy, qui fut un temps le Secrétaire Général de la section française de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, livre préfacé par le dominicain Claude Geffré et publié en 2002 aux Editions Salvator sous le titre  : Le salut au-delà des frontières, représentatif de l’actuel courant de pensée évoqué, offrant un parfait résumé de ses principales positions caractéristiques, les exposant avec un style clair et un évident souci de la mise en conformité des thèses contemporaines et des principales affirmations du christianisme, non sans postuler, au détour de certaines pages, des propositions pour le moins surprenantes relativement représentatives des grandes lignes soutenues, avec quelques nuances selon les auteurs, par les partisans de l’ouverture à l’égard des religions non-chrétiennes, ce qui nous donnera l’occasion d’examiner les dangereuses dérives de l’actuel dialogue interreligieux.

 

 

II. Signification de la diversité religieuse

 

 

arton209.jpgD’entrée Claude Geffré, visiblement emporté par un certain optimisme peu conforme à l'enseignement deimage010.jpg l'Ecriture, ne se souvenant plus de la raison qui conduisit l’Eternel à noyer toute chair sur la terre lors du Déluge et à disperser et confondre l'humanité après l'épisode de la Tour de Babel, faisant qu'aujourd'hui encore les hommes soient divisés en nations distinctes, en  traditions et langues différentes, considère que le miracle de la Pentecôte, alors que celui-ci eut pour mission, certes de réunir de nouveau les créatures quittant les erreurs de leurs fausses croyances idolâtres et les égarements des religions païennes qu'ils s'étaient forgés, mais en un peuple réconcilié et sanctifié « par » et « dans » le Christ : « (...) atteste  que dès l'origine, le rêve de Dieu en créant l'homme est d'écrire une histoire où une humanité plurielle a pour vocation de bénir le nom de Dieu dans l'infinie diversité des cultures et des religions » [3], allant jusqu'à prétendre que cette diversité, qui est positivement la marque distinctive du châtiment infligé par l'Eternel à une humanité insoumise et révoltée : «(...) correspond à un mystérieux dessein de Dieu » [4].

 

 

 

071115-maya-sacrifice_big.jpg

  

Selon les vues hérétiques de Claude Geffré :

« le rêve de Dieu est d'écrire une histoire où une humanité plurielle

a pour vocation de bénir le nom de Dieu

dans l'infinie diversité des cultures et des religions. »

 

 

 

image003-full.jpgOn mesure mieux ce que cette idée, c'est-à-dire qu'il puisse résider derrière la diversité des religions un « unique dessein debrahma.jpg Dieu », outre qu'elle soit scandaleusement fausse et inexacte sur le plan de la vérité doctrinale car l'injonction de Genèse I, 28 : « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre », faite à Adam avant la Chute, et la bénédiction post-diluvienne : « Et Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Fructifiez et multipliez et remplissez la terre » (Genèse 9, 1), n'ont jamais été une invitation à la diversité religieuse, bien au contraire, peut avoir de redoutable en matière de foi, et en quoi elle est de nature à aisément conduire à un effectif relativisme aux désastreuses conséquences, car elle est tout simplement négatrice et oublieuse du fait que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas dans l'état qui était originellement le sien, monde abîmé par le péché d'Adam et maudit à cause de lui : « Maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras en travaillant péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces... » (Genèse 3, 17-18), puis souillé par le crime de Caïn, noyé lors du Déluge et séparé en trois parties (les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet, issus de la même famille, donnent naissance, pour l'un aux ancêtres d'Israël, pour le second aux hommes réprouvés ennemis du peuple de Dieu, et le troisième aux gentils [5]), et enfin divisé en langues multiples après Babel (Genèse 11, 1-9), d'où ce rappel formel des Ecritures : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » (1 Jean 2,15) ; « Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).

 

Niceasie3.jpg
« Tous les dieux des peuples sont des idoles ! »
(Psaume 96, 5)

 

crane.jpgAinsi affirmer comme le fait, à la suite de Claude Geffré, Gérard Leroy: «... le pluralisme de principe correspond à un dessein de Dieu » [6], participe d'une profonde erreur spirituelle et d'un réel refus d'admettre ce que nous dit la Révélation, sachant que l'humanité noachide était « une » jusqu'à l'épisode de Babel, bien que répartie en trois ensembles formant une même famille, c'est-à-dire constituant un « seul peuple » ayant la même langue, participant de la même tradition et communiant de la même religion : « Et toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles. (...) Et l'Eternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'Eternel dit : Voici, c'est un seul peuple, et ils n'ont, eux tous, qu'un seul langage, et ils ont commencé à faire ceci ; et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu'ils pensent faire. Allons, descendons, et confondons là leur langage, afin qu'ils n'entendent pas le langage l'un de l'autre. Et l'Eternel les dispersa de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on appela son nom Babel, car là l'Eternel confondit le langage de toute la terre ; et de là l'Eternel les dispersa sur la face de toute la terre. » (Genèse 11, 1 ; 5-9).

 

III. La multiplicité : conséquence du châtiment divin 

 

apocalypto.gifLa multiplicité est donc bien, loin des gratuites affirmations des modernes avocats du dialogue interreligieux et malgré leurs peu convaincants arguments, une conséquence directe du châtiment divin : « le changement et la multiplication des langues ont été une peine du péché » [7], un douloureux effet de l'entreprise babélienne qui ne verra sa résolution qu'à la fin des temps seulement où l'Eternel, par son action, rassemblera en une seule nation et une seule langue tous les peuples, il importe de le signifier aux chantres du pluralisme éternel, faisant une nouvelle terre et de nouveaux cieux pour une humanité également nouvelle : «Le temps est venu de rassembler toutes les nations et les langues ; et elles viendront et verront ma gloire. (...) Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je fais, subsisteront devant moi, dit l'Eternel, ainsi subsisteront votre semence et votre nom » (Isaïe 66, 18 ; 22) ; « Car alors, je changerai la langue des peuples en une langue purifiée, pour qu’ils invoquent tous le Nom de l’Éternel pour le servir d’un seul cœur.» (Sophonie 3, 9).

 

 

kali.jpg

 

 

La multiplicité est une conséquence directe

du châtiment divin :

 

 "Les choses que les nations sacrifient

elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu"

 

 

YoniYogini_8.jpgC'est donc toujours la même faute qui est reproduite, la constante minimisation des traces du péché, pour ne pasMaha KALI.jpg dire le refus obstiné d'admettre que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas du tout celui qui fut voulu par Dieu, ce dernier, rappelons-le au moment de l'injonction divine : « soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre », ne connaissait originellement ni le péché, ni la mort, ni la maladie, ni la division, ni le crime, ceci expliquant pourquoi la réalité existentielle que nous subissons pour notre pénible honte, résultant d'un dégradation survenue à la suite des actes malsains, répétés et reproduits de génération en génération, d'une humanité insoumise, est à présent dans un état de profonde corruption, ainsi que le martèle avec une souveraine lucidité l'apôtre Paul face à l'hédoniste aveuglement des païens : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant ; et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes attendant l'adoption, la délivrance de nos corps. » (Romains 8, 22-23).

 

IV. Oubli de ce que représente l’élection d’Abraham

abraham-isaac.jpg
« C'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence.
Il ne dit pas : ''et aux semences'' comme parlant de plusieurs ;
mais comme parlant d'un seul : - qui est le Christ. »
(Galates 3, 16)

 

Dès lors, chercher à faire correspondre la tentative de Dieu de préserver le dépôt de la sainte Tradition au milieu de la grande confusionelijah_baal.jpg religieuse qui fit suite à l'épisode de Babel, en se constituant en Abraham un peuple, qui fut positivement séparé, « extrait » de la perversion spirituelle générale : « Tu les as mis à part en les séparant de tous les peuples de la terre pour être ton héritage » (I Rois 8, 53), peuple choisi et élu, est en complète opposition avec le sens de cette action providentielle qui ne vise pas le moins du monde à bénir la « diversité » du mal triomphant malheureusement dans les nations idolâtres : « Tous les dieux des peuples sont des idoles » (Psaume 96, 5), mais à détacher de la tradition dévoyée un petit nombre d'hommes, un résidu fidèle à la vraie religion : « La race d'Israël se sépara de tous les fils de l'étranger » (Néhémie 9, 2), qui représentera, tout en la préservant et en la faisant vivre, la Tradition authentique, dépositaire, et elle seule, des promesses de la grâce selon ce que nous dit Paul dans ce passage de l'Epître aux Galates expliquant le sens du choix d'Abraham dans le chapitre 12 du livre de la Genèse : « Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : ''et aux semences'' comme parlant de plusieurs ; mais comme parlant d'un seul : - qui est le Christ. » (Galates 3, 16).

 

JosiahKillBaalWorshippers-e.jpgQuelle est la raison du don de cette loi  à Abraham en vue de la réalisation de la promesse, loi qui surgit comme unhazor_baal_mask.jpg apport inattendu dans l'Histoire ? Est-ce pour se féliciter de la dispersion, de la division spirituelle et des  extravagantes folies religieuses qui se développèrent alors, est-ce pour bénir les idoles de marbre, de bois et d'or que se fabriquèrent les peuples : « Les idoles des nations sont de l'argent et de l'or, ouvrage de mains d'homme: Elles ont une bouche, et ne parlent pas ; elles ont des yeux, et ne voient pas ; elles ont des oreilles, et n'entendent pas ; il n'y a pas non plus de respiration dans leur bouche. Ceux qui les ont faites, tous ceux qui se confient en elles sont comme elles » (Psaume 135, 15-18), s'extasier devant les cultes orgiaques, les célébrations criminelles dans lesquelles se pratiquaient d'épouvantables sacrifices humains, les danses licencieuses, la prostitution sacrée, les rites de démence extatique utilisant souvent des psychotropes et des  substances hallucinogènes, sans parler de ceux dédiés à l'exaltation des forces génitrices adorant, comme aujourd'hui encore en Inde, le phallus (linga) ou la vulve (yoni), rites qui font l'admiration des béats dévots guénoniens de la Tradition primordiale ? Non ! Si cette loi fut instituée : « Elle a été ajoutée à cause de la transgression...» (Galates 3, 19), cette précision nous signifiant le degré extrême de dépravation morale et de désorientation religieuse atteint par les descendants des constructeurs de Babel, réponse d'ailleurs suffisant amplement à notre instruction, puisque, on en conviendra aisément, on ne peut être plus clair au sujet du rejet par l'Eternel de la transgression qui fit suite à la confusion babélienne. 

 

 

babel4.jpg

 

 

Babel représente le remplacement de l'autel sacrificiel

par la construction d'un édifice profane

dirigé en vue de l'exaltation de l'homme.

 

 

 

nhs1-63b5e.jpgComment dès lors ne pas sursauter devant l'affirmation suivante : « Que les gens de Babel se donnent un nombaphomet-mendes3.jpg n'est pas en soi une faute », sachant ce qu'il y a de foncièrement dévié et pervers dans cet acte coupable. En effet, si les détails matériels de la construction de la Tour ont un intérêt relatif : «Etant partis d’Orient, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Sennaar et ils s’y établirent. Ils se dirent entre eux, Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. Et ils se servirent de briques au lieu de pierres et de bitume au lieu de ciment»(Genèse 11, 2-3), l’essentiel se trouve dans cette volonté, exprimée au verset suivant, de se doter d'un nom, le texte sacré indique d’ailleurs que cela fut fait car les constructeurs se dirent entre eux : « de peur que nous ne soyons dispersés sur la surface de toute la terre », ce qui nous fait positivement connaître l'effectif projet de Babel, à savoir fonder une « unité », non pas en s'appuyant sur un nom conféré et donné par l'Eternel, mais forgé, constitué, élaboré par l'œuvre des hommes, de se bâtir une religion selon leur cœur, pour leur propre usage, sans ce soucier des lois divines. Nom naturel et impie représentant, symboliquement, un plan purement terrestre, une volonté de placer l'homme au centre de l'univers en y délogeant Dieu, selon une perspective de conquête qui, bien que religieuse, se voulut libérée des contraintes et principes de la Révélation puisqu'il n'y était plus question de glorifier le « Nom » de celui auquel Noé offrit son holocauste à la sortie de l'Arche, ni de lui célébrer le culte expiatoire que le Juste Abel fit monter vers le Ciel dans les premiers temps de l'humanité, car à Babel fut totalement absent le rappel du culte primitif, l'érection de l'autel du sacrifice étant changée en la construction d'un édifice d'essence absolument profane dirigé uniquement en vue de l'exaltation de l'homme : une « Tour », lors de la construction de laquelle aura été mise de côté la lutte entre les deux postérités antagonistes, celle d'Abel et celle de Caïn, en une recherche mensongère, car artificielle, d'une unité perverse consistant en l'oubli de la postérité abélienne ayant pour finalité, en une étonnante modernité d'intention fort voisine de nos rêves contemporains chantant, en des accents témoignant d'un angélisme utopique, les vertus de la diversité et du pluralisme travaillant à l'œcuménique édification de la Cité de la terre, dont on sait cependant qu'elle est gouvernée et dominée par le Prince de ce monde, comme lui-même en fit l'inquiétant aveu à Jésus lorsque ce dernier fut tenté dans le désert : « Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes ; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux. » (Luc 4, 6). 

 

V. Une tragique erreur d’interprétation

 

De la sorte présenter le chapitre 12 de la Genèse où, après que l'Eternel eut fait cesser l'œuvre des constructeurs de Babel en confondant la langue des hommes Abraham sera séparé et isolé de la corruption générale par Dieu pour devenir l'unique dépositaire du sceau de l'élection divine, non pas comme une décision faisant suite à une sanction, mais comme une récompense, est un inacceptable et manifeste contresens : « (...) l'arrêt de la construction n'est pas une punition. L'intervention de Dieu traduit sa volonté sur la création : il a voulu faire exister l'homme libre ; la portée de l'effet de la bénédiction d'Abraham recouvre le monde des nations » [8].

 

ABRAXAS.gifEn  effet, Babel eut pour conséquence, outre de voir les hommes se bâtir une unité factice selon un « nom » impie créédyn006_original_300_400_pjpeg_2511639_97ab5934347abfdd1af6ad0cfb8aa098.jpg pour la circonstance, mais également, sous l'influence perverse du tentateur, de se constituer des dieux répondant à leurs désirs déviés et passions malsaines, divinisant pour cela, avec une imagination fiévreuse, les puissances de la nature dont les créatures deviendront le jouet constant tout au long de l'histoire. N'ayant plus une relation droite, fidèle et authentique avec Dieu, perdant de par leur inconduite leur juste connaissance de la Vérité, les hommes se sont précipités avec empressement dans toutes les erreurs les plus ténébreuses, se fabriquant, par des rêves futiles, une multitude de dieux incarnant l'ensemble des caractères de l'humanité, du plus élevé au plus vil, en les portant à un invraisemblable degré de sublimation. Entretenant de la sorte une relation de crainte vis-à-vis de ce fantastique panthéon baroque, mélangeant formes animales et humaines qui donneront des dieux aux visages grotesques et inquiétants, les fils d'Adam se mettront à trembler devant les entités qu'ils se seront construits essayant d'apaiser, par des cultes souvent sanglants et de rigoureuses et sauvages célébrations, l'irrationnelle colère de ces imaginaires divinités qui leur inspireront peur et effroi. C'est cette triste situation qui expliquera l'intervention de Dieu, puisque ayant réduit tout d'abord une première fois la durée de la vie des hommes lors du Déluge, une seconde fois encore il la divisera de moitié à Babel, partageant ensuite la terre au temps de Phaleg (Genèse 10, 25) assignant à chaque peuple une place particulière : « Quant le Très-haut partageait l'héritage aux nations, quand il séparait les fils d'Adam, il établit les limites des  peuples selon le nombre des fils d'Israël. » (Deutéronome 32, 8).

 

chirurgie.png

 

 Il n’y a jamais eu chez Dieu la volonté

d'établir un pluralisme religieux,

qui n'est que le fruit de la corruption spirituelle

qui fit suite à la division imposée après Babel.

 

 

 

A-Messaline-priape.jpgPostuler de la part de l'Eternel, de par une  aberrante supposition, un souhait de voir se constituer une humanité plurielle, n'hésitant pas à787299706.jpg considérer cette option prétendument « théologique », « hypothèse herméneutique d'un pluralisme de droit », comme participant d'une question légitime : « Le récit de la Tour de Babel ne nous incite-t-il pas à nous poser la question de l'affirmation d'un retour à l'origine de la nature même de la création qui serait, selon la volonté de l'Auteur divin, multiple ? » [9], est une thèse absolument opposée à l'enseignement de l'Ecriture. C'est pourquoi il est totalement contraire à la vérité de soutenir que : « l'Esprit de Dieu à la Pentecôte (...) consacre la diversité des nations (...) il apparaîtra que la négativité de cette confusion des langues se sera complètement retournée en positivité. Elle aura donné à l'humanité la possibilité d'expliciter toutes les potentialités que le Créateur avait mises en elle. (...) ne faut-il pas voir dans la confusion des langues la volonté divine de ramener les hommes à la condition de créature comme condition multiple ? » [10]. Reproduisant la fausseté de son postulat, à savoir qu'il y aurait eu une volonté positive chez Dieu d'établir un  pluralisme religieux alors que celui-ci, hélas ! n'est que la conséquence de la corruption spirituelle qui fit suite à la division imposée aux hommes en forme de châtiment pour briser leur coupable rêve prométhéen, division qui est une sanction, une réponse directe au projet criminel forgé par les constructeurs de l'édifice orgueilleux qui devait atteindre le ciel, et apparaît  clairement comme une conséquence de la désastreuse entreprise babélienne qui brisa l'antique unité que l'Eternel constitua originellement, Gérard Leroy en arrive même à proposer une renoncement à la vocation des chrétiens à annoncer l'Evangile et convertir les nations : « S'il y a pluralité des voies qu'aurait voulu Dieu pour aller à Lui, comment penser cette pluralité des voies vers Dieu sans brader la foi chrétienne ? (...) Cette difficulté spécifiquement chrétienne engage les chrétiens à dépasser deux inclinations : celle, paresseuse, qui nous porte à exclure les autres religions, et l'autre, prédatrice, qui voudrait les inclure, comme on assemblerait des tables gigognes. Il nous faut renoncer à certaines attitudes, pour se tenir à la place qui est la nôtre. L'initiative de la relation de Dieu à l'homme vient nécessairement de Dieu. Cessons donc de nous faire aiguilleurs du ciel ! » [11].

 

 

V. Une position « démissionnaire »

 

La conclusion d'un tel stupéfiant discours ne peut que logiquement s'achever qu'en un bien triste  aveu « démissionnaire » : « Le christianisme asaint_jean_baptiste_de_la_conception_r_formateur.jpg revendiqué une place centrale dans la cosmologie des religions (...) il nous faut abandonner cette place centrale. Celle-ci ne revient pas plus à une religion qu'à une autre. La place du centre revient au  Mystère de Dieu. C'est le seul soleil autour duquel doivent tourner les religions, y compris le christianisme. (...) Les paroles que nous prononçons ne sont pas la vérité en soi. Le christianisme n'est pas le Christ. Le christianisme témoigne d'une vérité qui le dépasse ; il est mû par Celui auquel il croit et qu'il a mission d'annoncer, non de s'approprier. Il ne revient donc pas au christianisme de rejeter ou d'inclure. » [12].

 

La pénible distinction assenée quasiment à chaque page, traversant tout l'exposé de Gérard Leroy, entre le christianisme et le Christ, alors que n'est jamais précisé ce que l'on entend par l'appellation « christianisme » (est-ce le catholicisme, les diverses églises issues de la Réforme, l'orthodoxie ?), revient comme une lassante réitération du même ahurissant refrain : « La grâce est christique, mais n'est pas pour autant le monopole du christianisme. (...) Il ne revient donc à personne, pas plus à une Eglise qu'à toute autre communauté de s'arroger le droit de répartition de la grâce et donc de s'arroger en quelque sorte le monopole de la distribution ! (...) Nous avons à éviter l'identification du christianisme et du Christ. » [13].

 

De tels propos sont évidemment choquants, mais au fond qu’y a-t-il de si extraordinaire en eux lorsqu’on sait qu’il est écrit dans Notra Aetate :  « L'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions [religions païennes, ou orientales, " liées au progrès de la culture ", comme l'hindouisme et le bouddhisme]. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes... » Or, tous les spécialistes de ces religions affirment que cette vue est fausse. En réalité, « derrière leurs formes brillantes », évoquées par la Déclaration conciliaire, subsiste un paganisme fondamental, ou plutôt une absence de Dieu, qui rend impossible toute autre solution que celle de la conversion. Or, c'est précisément le contraire d'un appel à la conversion que leur adresse le Concile quand il exhorte les fidèles catholiques « pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d'autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent en eux. » Et l’on pourrait poursuivre de même encore longtemps.

 

 

VaticanII.jpg

 

 

L’idée d’une herméneutique de la continuité

est absurde !

 Vatican II incarne une rupture radicale

d’avec l’ancienne doctrine de l’Eglise.

Paul-VI_ONU.jpgIl faut donc admettre que l’idée d’une herméneutique de la continuité est une absurdité, car Vatican II incarna une rupture radicale d’avec l’ancienne doctrine de l’Eglise. Et il faudrait passer par une critique honnête et objective, mais aussi un rejet salvateur des thèses modernistes erronées qui se sont, hélas ! infiltrées dans les actes du Magistère. Reconnaissons toutefois que les termes de la Déclaration Domine Iesus,  sont d’une saine fermeté et nous croyons nécessaire de les porter à la connaissance du lecteur, pensant qu’ils sont de nature à poser d’essentiels principes sur des points fondamentaux touchant à la substance même de la foi : “La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique. Ces théories s'appuient sur certains présupposés de nature philosophique ou théologique qui rendent difficiles la compréhension et l'accueil de la vérité révélée. On en signalera quelques-uns : (...) l'attitude relativiste vis-à-vis de la vérité, entraînant que ce qui est vrai pour certains ne le serait pas pour d'autres; l'opposition radicale qu'on établit entre la mentalité logique occidentale et la mentalité symbolique orientale ; (...) la difficulté à percevoir et comprendre dans l'histoire la présence d'événements définitifs et eschatologiques; la privation de sa dimension métaphysique de l'incarnation historique du Logos éternel et sa réduction à une simple apparition de Dieu dans l'histoire; l'éclectisme qui, dans la recherche théologique, prend des idées dans différents contextes philosophiques et religieux, sans se soucier ni de leur cohérence systématique ni de leur compatibilité avec la vérité chrétienne (...). Sur la base de ces présupposés adoptés sans uniformité, comme des affirmations pour certains, comme des hypothèses pour d'autres, des propositions théologiques sont élaborées qui font perdre leur caractère de vérité absolue et d'universalité salvifique à la révélation chrétienne et au mystère de Jésus-Christ et de l'Église, ou y jettent au moins une ombre de doute et d'incertitude. Pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète. On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6). (...) L'économie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ (cf. 1 Tm 6,14 et Tt 2,13) ». [14]

Conclusion

 

christ_cross_xir201642_hi.jpgNous sommes donc inévitablement amenés à nous demander, qu'est-ce qu'un christianisme sans le Christ, qu'est-ce que desfrancois-xavier.jpg chrétiens sans l’assurance qu'ils sont héritiers des promesses du Salut et de la Grâce ? Tout ce discours donne ainsi la fâcheuse impression d'un profond oubli de ce qui fut confié comme devoir aux apôtres et à l'Eglise primitive : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28, 19s.) ; « Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16, 15-16.).Oui, Dieu aime les hommes, mais rachetés par son Fils, sanctifiés par sa grâce à la condition qu’ils croient en son « Nom » et qu'ils confessent leurs péchés : « Afin que la bénédiction d'Abraham parvînt aux nations dans le Christ Jésus, afin que nous reçussions par la foi l'Esprit de la promesse. »(Galates 3, 14). Alors effectivement, par Jésus-Christ, par la sainte vertu de son sacrifice qui nous vaudra de bénéficier de la salvatrice puissance de la Rédemption, les peuples, s'ils se convertissent et font pénitence, ne seront plus coupés, divisés, plongés dans les ténèbres de l'impiété, prisonniers de leurs inexactes religions aux croyances faussées, non plus séparés du Ciel mais unis au Père, pleinement « héritiers » des promesses faites à Abraham : « Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d'Abraham, héritiers selon la promesse. » (Galates 3, 29).

 

 

apocalypto4lg.jpg

 

Les peuples, s'ils se convertissent,

ne seront plus dans les ténèbres de l'impiété,

prisonniers de leurs inexactes religions

aux croyances faussées.

 

jacques_marquette.jpgLes avocats du dialogue interreligieux préfèrent positivement, à la proclamation du seul salut en Jésus-Christ, und%25E9part_1861.jpg « nouveau paradigme » obligeant à une révision des positions traditionnelles sous prétexte de la reconnaissance d’une multi-religiosité diversifiée. Il n’est pourtant pas possible de postuler qu’un non-chrétien puisse se sauver « par » sa religion, cette dernière ne possédant pas, par définition, les fruits précieux que constituent les enseignements de la Révélation dispensateurs des dons surnaturels de la grâce, nous remémorant qu’il y a peu, l’Eglise, par la plume de Pie IX signant le Syllabus le 8 décembre 1864, réprouvait fermement et rejetait catégoriquement l’opinion suivante la regardant comme une erreur condamnable, apostate, blasphématoire, contraire à la foi de l’Evangile : « Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. » [15]

Saint Paul avait pourtant mis fermement en garde : « Les choses que les nations sacrifient elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu : or je ne veux pas que vous ayez communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons. » (I Corinthiens 10, 20-21). Il importe donc que les partisans du pluralisme  religieux, profondément désorientés qui ont perdu leur sensus fidei, se remémorent le solennel et très ferme avertissement de l’Evangile : « Il n'y a qu'un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est livré en rédemption pour tous » (1 Timothée 2, 4-6); « et il n'existe de salut en aucun autre .» (Actes 4, 12).

 

 

 

 

ciel-croix.jpg

 

 

« Faites pénitence et croyez à l'Evangile.»

(Marc 1, 15)

 

Notes.

 

[1] Le jésuite Jacques Dupuis (qui séjourna en Inde de 1948 à 1984) soutient des positions plutôt aventureuses dans son ouvrage paru en 1997 : Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, ce qui amena, après examen, dans une Notification solennelle rédigée en 1999, celui qui était à l’époque Préfet de la « Congrégation pour la doctrine de la foi », à savoir le cardinal Joseph Ratzinger, à déclarer : «  (…) dans le livre sont contenues de graves ambiguïtés et des difficultés sur des points doctrinaux importants qui peuvent conduire le lecteur à des opinions erronées ou dangereuses. Ces points concernent l’interprétation de la médiation salvifique unique et universelle de Jésus Christ, l’unicité et la plénitude de la Révélation dans le Christ, l’action salvifique de l’Esprit Saint, l’ordination de tous les hommes à l’Eglise, la valeur et la signification de la fonction salvifique des religions. » (Notification sur le livre du P. Jacques Dupuis, s.j., «Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux», 1999) Cette heureuse Notification présente le mérite de réaffirmer ce sur quoi la Déclaration Domine Iesus avait déjà fermement insisté  : S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des moyens de salut. (Déclaration Domine Iesus, 2000).

 

[2] L’audace du dominicain Claude Geffré va assez loin comme on peut le constater : « Il semble que le seul moyen de désabsolutiser le christianisme comme religion universelle de salut et de prendre au sérieux la portée salutaire des autres religions soit de remettre en question l’universalité du salut en Jésus Christ. Et puisque c’est en tant même que Verbe fait chair que Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, on interprétera le langage de l’incarnation comme un langage métaphorique pour désigner l’ouverture exceptionnelle de Jésus à Dieu. (…) puisque Dieu travaille au salut de tous les hommes à travers d’autres médiations que le Christ, il faut renoncer à considérer le Christ comme la cause exclusive et constitutive du salut de tous les hommes. » (Claude Geffré, o.p.  La prétention du christianisme à l'universel: Implications missiologiques, Rome,18 octobre 2000). C’est pourquoi, Rome a exprimé de profondes et sévères critiques vis-à-vis de ses positions, ce qui s’est traduit par une mesure significative, bien que fort timide tout de même : « La récente mésaventure survenue à Claude Geffré, l’un des théologiens français les plus reconnus au niveau international, met une fois de plus en évidence la véritable mise sous tutelle de la théologie catholique par les instances disciplinaires de l’Église romaine. Deux jours avant de s’envoler pour la République démocratique du Congo, où il devait recevoir un doctorat honoris causa de la faculté de théologie de Kinshasa, ce dominicain spécialiste du dialogue des religions s’est vu conseiller par le doyen de cette faculté de rester à Paris. La Congrégation romaine pour l’Éducation catholique, dont le préfet, le cardinal polonais Zénon Grocholewski, présidait justement à Kinshasa un colloque sur « la théologie et l’avenir des sociétés », s’opposait en effet à ce que le théologien reçoive ce diplôme honorifique. » (Cf. Le Monde, 9 mai 2007).

 

[3] G. Leroy, Le salut au-delà des frontières, Edts Salvator, 2002, p. 5.

 

[4] Ibid., p. 6.

 

[5] Les desseins, c’est-à-dire les plans de Dieu à l’égard des hommes, selon l’enseignement des saintes Ecritures, concernent trois groupes, trois ensembles constitutifs bien distincts très nettement désignés dans le texte sacré : Israël, les nations et l’Eglise (ou l’Assemblée, le « corps mystique » constitué par tous les croyants qui ont foi en Jésus-Christ). Si l’humanité, dans la période allant d’Adam à Noé, est une unique famille absolument homogène formée par l’harmonieuse succession des patriarches, d’où sont nom « d’époque patriarcale », qui voit Adam donner le jour à Seth, qui engendra Enosh, qui engendra Kénan, qui engendra Mahalaleël, qui engendra Jéred, qui engendra Hénoch, qui engendra Methushélah, qui engendra Lémec, qui engendra Noé, qui lui-même engendra Sem, Cham et Japhet, l’histoire proprement dite des « nations », soit celle correspondant à une certaine diversité concrètement établie sur la terre s’ouvre, à proprement parler, après le déluge : « Ce sont là les familles des fils de Noé, selon leurs générations, dans leurs nations ; et c’est d’eux qu’est venue la répartition des nations sur la terre après le déluge. » (Genèse 10, 32). C’est d’ailleurs à cette répartition que se rapporte le passage du livre du Deutéronome : « Quand le Très-Haut partageait l’héritage aux nations, quand il séparait les fils d’Adam, il établit les limites des peuples selon le nombre des fils d’Israël ». (Deutéronome 32, 8).

 

[6] G. Leroy, op. cit., p. 38.

 

[7] St. Augustin, La Cité de Dieu, Liv. XVI, ch XI.

 

[8] G. Leroy, op. cit., pp. 50-52.

 

[9] Ibid., p. 70.

 

[10] Ibid., pp.64-65.

 

[11] Ibid., pp. 177-178.

 

[12] Ibid., pp. 177-178.

 

[13] Ibid., pp. 177-178.

 

[14] Déclaration Domine Iesus, 2000.

[15] Pie IX, Syllabus, § III, XVI-XVII, Rome, 8 décembre 1864.

10:04 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : église catholique, paganisme, hérésie, christianisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 09 juillet 2009

L’Ordre chrétien

 

3e et dernière Partie de :

« Comment peut-on être chrétien ? »

 

news_konstantin1_xl.jpg
L'Empereur Constantin 1er dit le "Grand"

(vers 275 à 337 après J.-C.)

C'est l’Évêque Eusèbe de Césarée qui conféra son titre « Le Grand »,

à l'empereur Constantin,

honneur qu’aucun autre empereur romain n’avait reçu avant lui.

 

-St_Ambrose_Converting_Theodosius.jpg

Saint Ambroise convertissant l’empereur Théodose

Toile de Pierre Subleyras, 1745

 

 

 

 

 

 

 

Les esclaves pour certains, mais non la majorité, passés au christianisme, lassés par les folies de leurs maîtres romains, n’étaient pas les seuls à être opposés à Rome comme cherche à le faire croire une propagande antichrétienne, il existait des citoyens romains, décidés à manifester leur réprobation et qui devinrent chrétiens par amour de l’Evangile. Parmi eux de véritables savants, tel Marcion de Sinope sur la Mer Noire, qui cherchaient à préciser ce que l'on pourrait appeler une nouvelle théologie du Salut, non par opposition au polythéisme romain, mais en continuité de la perspective spirituelle de l’hénothéisme mystérique que l'entrée massive des éléments néo-platoniciens et orientaux dans la religion et la pensée romaine rapproche plus encore du christianisme, en fournissant un aliment mystique au désarroi du peuple, en répandant la notion de délivrance.

 

a) Christianisme et philosophie

 

justin_martyr2.jpgEn quelques années, les empereurs se succédèrent les uns aux autres dans des circonstances ténébreuses, au moment où la croyance chrétienne s'affirmait comme une espérance d'un nouvel ordre du monde. Rome, qui vivait une inexorable décadence politique, morale et religieuse, devient alors pour Justin, le premier à faire la jonction entre l’Evangile et la philosophie, l’incarnation cette idée que la venue des Sages, avant le Christ, participait déjà du Verbe de Dieu. Par conséquent, pour Justin et les premiers philosophes convertis au Christ, tous ceux qui avaient vécu selon le Logos parmi les barbares, étaient des chrétiens avant la lettre. Pour Justin, la Révélation des Écritures est le prolongement de la révélation naturelle. C’est cette attitude conciliatrice qui finit par s’imposer finalement et aboutir à une synthèse, celle de la pensée grecque et de l’esprit chrétien. Cette synthèse, que défendra Lucien d'Antioche, Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et surtout Jean Chrysostome et l’école d’Alexandrie qu’on peut nommer philosophie chrétienne, a pour caractère essentiel d’aboutir à une forme d’authentique horizon spirituel chrétien : « Il n’existe pas, dit saint Justin martyr, un peuple, soit grec ou barbare, ou de toute autre race d’hommes, quelles que soient leurs dénominations ou leurs mœurs distinctives, quelle que puisse être leur ignorance des arts ou de l’agriculture, soit qu’ils habitent sous des tentes, ou qu’ils errent dans des chariots couverts, chez lesquels on n’ait offert au nom de Jésus crucifié, des prières au père et au créateur de toutes choses » [1].

 

Selon Clément d'Alexandrie : « la foi est greffée sur l’arbre de la philosophie, et quand le vaccin est parfait, alors le bourgeon de la foi seclément.jpg substitue à celui de l’arbre, il grandit dans l’arbre et fait que celui-ci porte des fruits ». Pour réaliser ce projet, Clément décide de se servir de notions philosophiques pour interpréter la Bible. La philosophie grecque, au service de la démarche herméneutique, permet le passage de la foi à la connaissance. Sur un plan plus général, les chrétiens étaient nombreux dans les armées. Non seulement les empereurs Dioclétien et Constance, favorables à leur religion, mais Hercule et Galère acceptaient leur présence, sans exiger d’eux aucun acte d’idolâtrie. De leur côté, les fidèles accordaient sans répugnance le service militaire, et se dévouaient sincèrement aux aigles romaines. Par ailleurs, la Septante est définitivement acceptée, et devient le premier livre chrétien par référence. La préhistoire chrétienne se termine sur cette appropriation définitive de l’héritage du mosaïsme originel, facilitée par la disparition en 135 de tout Etat juif après l'échec de la révolte de Bar Kochba. Jérusalem s'appelle désormais Aélia Capitolina ; les rabbis judéens de Palestine pour leur part abandonnèrent cette écriture grecque alexandrine, qui pour eux n'avait jamais fait partie de leurs Livres Sacrés, et les philosophe chrétiens élaborent la pensée de la nouvelle Rome.

 

b) Le christianisme comme réponse à l’anarchie et à la décadence de Rome

 

Avant même la conversion de l’empereur Constantin, Rome accueille avec empressement le christianisme, comme si la nouvelle religion avait été prévue pour répondre à la situation tragique dans laquelle, chaque jour de plus en plus, s’enfonçait l’Empire. Comme on le sait à présent, il ne faut pas s'émerveiller devant le « triomphe du christianisme » car l'idée d'une religion constituée gagnant l'Empire dans le cadre d'un immense effort de conversion est un mythe. Le catholicisme n'a pas conquis la société du Bas-Empire : il a été sécrété par elle, il en est le produit, tout comme la morale et l'art de cette époque. En fin de compte, le christianisme n'est pas un concept historique opératoire » [2] Le christianisme prend greffe sur le paganisme, car en réalité il n’est pas étranger aux éléments qui se trouvaient à l'intérieur même du système religieux antérieur, aboutissant à une sorte de substitution/continuité d’une stupéfiante facilité.

 

nietzsche1864.jpgOn est très loin des rêves erronés de Nietzsche, nourri par la propagande de l’école critique radicale allemande, on est à des kilomètres des idées fumeuses d’un christianisme « bolchevisme de l’antiquité », bien au contraire même ! Car c’est le christianisme, et lui seul, qui va sauver les derniers reliquats de l’Empire, en conserver l’essence face à la désorientation des empereurs fous. Selon Nietzsche, le christianisme a finalement plongé Europe dans l'abîme, s’imposant sans qu’il y ait une saine réaction contre lui [3]. Or, rien n’est plus faux, plus inexact, plus absurde !

Comment qualifier la politique religieuse d’Élagabal ? Empereur fou dévot du dieu Baal qui ouvrit Rome aux étrangers,heliogabale.jpg on viole, on tue dans ces banquets démentiels, les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables même, devant une assemblée entrée en transe au son des flûtes et des tambourins. Il viola une Vestale, prêtresse du culte romain de Vesta. Initié aux mystères de Cybèle, il reçoit le taurobole : le nouvel adepte, placé au fond d’une fosse, se baigne dans le sang d’un taureau que l’on égorge au dessus de lui. On lui prête des sacrifices humains d’enfants, chose est plausible, quant on sait qu’au cours du siège de Carthage, bien plus tôt, les auteurs romains rapportent qu’on sacrifiait à un gigantesque Baal creux dans lequel brûlait un brasier, des dizaines d’enfants encapuchonnés : le culte de Baal nécessitait ces horreurs, et pour dépravé que soit le culte au troisième siècle, il a pu garder ses aspect originels. Elagabal, souhaitait restaurer l'unité de l'empire par un culte unique, en tant que pontifex maximus d'une divinité suprême, sa personne devenant inviolable, en ayant  l'intention de transférer dans son temple du Soleil de Rome « les religions des Juifs, des samaritains et les rites chrétiens, afin que le clergé d'Héliogabale détienne les mystères de tous les cultes ». Curieuse attitude païenne. Le tout, nous le savons, s’est achevé par l’envahissement d’une foule furibarde dans son palais, qui fit un carnage où les favoris et les mignons de l'empereur furent d'abord littéralement dépecés, émasculés, empalés ("afin que leur mort fût en conformité avec leur vie", dit l’historien), avant que l’empereur lui-même ne fusse massacré dans ses latrines, son corps traîné à travers les rues de Rome, la populace jetant le cadavre aux égouts, puis, comme les conduits étaient trop étroits, l'impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre (11 mars 222).

 

decadence2.jpg
On viole, on tue dans les banquets d'Elagabal,
les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables ,
devant une assemblée en transe au son des flûtes et des tambourins.

 

 

 

c) La Croix triomphante !

Voilà le spectacle de la Rome finissante, voilà l’état réel des derniers soubresauts d’un paganisme moribond et agonisant, et il faut la sotte admiration naïve d’un Alain de Benoist pour oser écrire : « L’imperium est alors l’outil d’une conception du monde qui se réalise sous la forme d’un vaste projet. Grâce à lui la pax romana règne dans un monde ordonné » [4], alors même que l’empire s’écroule en raison de ses propres folies, qu’il est la proie des cultes mystériques des religions orientales : culte phrygien de Cybèle et d’Attis, culte égyptien d’Isis et de Sérapis, culte syrien d’Adonis, culte persan de Mithra, etc. Ainsi que l’écrit Gibbon, d’une façon objective : « La sagesse de la Providence daigne souvent employer les circonstances générales où se trouve le genre humain, comme des instruments propres à l’exécution de ses vues, il peut aussi nous être permis de demander, avec toute la soumission convenable, non pas quelle fut la cause première des progrès rapides de l’Église chrétienne, mais quelles en ont été les causes secondes. Les cinq suivantes paraissent être celles qui ont favorisé son établissement de la manière la plus efficace. 1° Le zèle inflexible des chrétiens ; 2° La doctrine d’une vie future, perfectionnée et accompagnée de tout ce qui pouvait donner du poids et de la force à cette vérité importante. 3° Le don des miracles attribué à l’Église primitive. 4° La morale pure et austère des fidèles. 5° L’union et la discipline de la république chrétienne, qui forma par degrés, dans le sein de l’empire romain, un État libre, dont la force devenait de jour en jour plus considérable. » [5].

paul_rubens_1622_labarum.jpg

"Tous nos peuples doivent se rallier

à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre."

 

L’ordre que Rome n’était plus en mesure de produire, lui était à présent offert, donné et conféré par la religion chrétienne, Rome qui sombrait dans la dégénérescence et la licence effrénée, recevait de la part des chrétiens l’image d’une droite moralité, telles sont les causes qui ont assuré les succès du christianisme dans l’empire romain, telles sont les causes qui conduisirent à l’adoption par Constantin, du christianisme comme religion d’Etat en 313. L’église constantinienne produira le catholicisme tel que nous le connaissons, lorsqu’en 378 l’évêque de Rome Damase obtint de Gratien, empereur chrétien, que le bras séculier de l’Etat soit mis au service de l’Eglise. Théodose décrètera même, par un édit daté du 28 février 380, dit Edit de Thessalonique :

- « Tous nos peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre, à celle que professe le pontife Damasse et l’évêque d’Alexandrie en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie.. » [6]

Henri Pirenne (1862-1935) a ainsi parfaitement montré que l'Empire, adoptant le christianisme avec Constantin, continua d'exister grâce à la religion et ses institutions, dont le monachisme qui couvrit l’Europe et développa techniques forestières, hydrauliques, l’agriculture, l’écriture, etc., sous une forme autre, jusqu'au temps de l'ascension du Royaume Franc en Europe qui est concrètement une suite de l'Empire romain, faisant que le couronnement de Charlemagne, en tant que premier empereur romain germanique est une continuation directe de l'État impérial. D’ailleurs l’historien contemporain Michael Grant aujourd’hui, souscrit à cette théorie, et considère la victoire de Charles Martel à la bataille de Poitiers stoppant l'ère de la conquête islamique et sauvant l'Europe, comme un évènement macro-historique dans l'histoire de l’Empire.

Il n’y a donc pas, selon l’expression ridicule de Nietzsche afin de connaître l’essence du christianisme : « …l’origine du christianisme ? Le premier point pour arriver à la solution de ce problème s’énonce ainsi : On ne peut comprendre le christianisme qu’en le considérant sur le terrain où il a grandi, — il n’est point un mouvement de réaction contre l’instinct sémitique, il en est la conséquence même, une conclusion de plus dans sa terrifiante logique » [7], car on est vraiment, dans le cadre du christianisme européen, fort loin de ça, et on se demande si ce n’est pas confondre à plaisir, les délires de l’esprit de la révolution qu’incarne la désorientation de Rome et ses suites, et la véritable Tradition chrétienne ; s’il n’y a pas un jeu polémique chez l’avocat de la philosophie du marteau, qui volontairement tente de superposer une attitude, qui n’est redevable qu’à des idées syncrétiques délirantes des derniers empereurs païens, au christianisme lui-même. Cela est certes amusant un instant sur le plan littéraire, poétique et polémique, mais n’a strictement aucun sens du point de vue de la réalité, est aucune validité théorique.

 

 

IMG_GD.jpg

 

En 312, Constantin bat Maxence sur le Pont Milvius près de Rome.

s'assurant ainsi le commandement suprême de l'Empire Romain

Le soir avant la bataille, il avait eu la vision céleste de la Croix lumineuse

avec la devise :

« In Hoc Signo Vinces » (par ce signe tu vaincras).

Durant la nuit, il décora de la Croix les vexilles de ses soldats.

 

 

 

En fait, une religion humble et pure incorpora, avec l’aide des empereurs chrétiens, sans effort les racines de l’ancienne Rome. Elle put croître dans l’esprit des hommes, au milieu du silence et de l’obscurité, tirant de l’opposition une nouvelle vigueur, et arbora enfin sur les ruines du Capitole la bannière triomphante de la Croix. Son influence ne se borne pas à la durée ni aux limites de l’empire ; cette religion est encore celle des nations de l’Europe qui ont surpassé tous les autres peuples de l’univers dans les arts, dans les sciences, aussi bien que dans les armes : le zèle et l’industrie des Européens ont porté le christianisme sur les rivages les plus reculés. Il ne s’agit pas de se poser la question de savoir si « un retour au polythéisme est possible, ou indiqué », ni même de s’interroger pour savoir « si l'extirpation du mosaïsme peut s'opérer sur la base de la fondation d'un ordre de l'être » afin qu’un improbable panthéisme, soudé autour d’une « nouvelle communauté émerge du sol d’Europe, car en ces questions, le vouloir ne peut avoir aucune sorte prise, comme le soulignait le vieil Heidegger à juste raison : « il n'est pas possible de faire être par la volonté ou la parole les choses elles-mêmes » [8].

 

Conclusion

 

Le désir d'un redéploiement du paganisme pousse à imaginer naïvement qu'il est possible par la volonté de refaire surgir de nouveau les anciens dieux, ou une approche « panthéiste » plus conforme à l’essence spirituelle de l’Europe. Or, rien n'a jamais disparu, mais se trouve dissimulé sous d'autres appellations, rien ne meurt en ces domaines mais se voit conférer d’autres visages. En revanche, rien ne serait plus grave, et ne le fut, que de sombrer, par une incompréhension tragique dont fut victime la Nouvelle Droite et ses principaux animateurs, dans un antichristianisme réactif systématique, car sous couvert de retrouver les anciens dieux, il sont allés jusqu’à avaliser les thèses des aveugles idéologues du XIXe, enténébrés par les théories matérialistes et athées de la critique du christianisme, aboutissant à ceci qui se passe de commentaire :

 

- « Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. «Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.». [9]

 

Voilà où mène, logiquement le néo-paganisme antichrétien folklorique, à affirmer que « les croisés combattirent quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière » ! Ce genre de prosternation, même au nom de la religion ancestrale de l’Europe, est inacceptable. Et l’on sait parfaitement où sont, et ce que récitent et comment s'inclinent face contre terre aujourd’hui nombre d’anciens évoliens, nietzschéens et guénoniens convaincus, pour refuser catégoriquement cette sinistre éventualité.

 

Quant à l’ultime cri de l’Antéchrist, sous prétexte de joies solsticiales où l’on vomit avec exaltation la religion du désert et l’on chante celle, solaire, des forêts, nous savons à présent suffisamment ce qu’il signifie, et en quoi il doit être fermement combattu : « Guerre à outrance avec Rome ! Paix et amitié avec l’Islam.». Ainsi, nous ne pouvons que refuser avec force cette fallacieuse Paix et cette ignoble Guerre !

 

Contre l’hérésie de l’Islam, portée et soutenue par le néo-paganisme nietzschéen,

haut les épées pour le Christ et la Croix

au nom de la Rome éternelle et catholique !

 

Ad Majorem Dei Gloriam !

 

labarum_cross.jpg

 

 

Notes.

 

[1] Saint Justin martyr, Dialog. cum Tryphon, p. 341.

 

[2] A propos du triomphe du christianisme, Dialogues d'histoire ancienne , 1988, vol. 81, no14.

[3] On se souvient à cet égard du passage de l’Antéchrist : « Que les fortes races du nord de l’Europe n’aient pas repoussé le Dieu chrétien, ne fait vraiment pas honneur à leur don religieux, pour ne pas parler de leur goût. Ils auraient dû en finir de ce produit de la décadence maladive et débile. Voilà pourquoi repose sur eux une malédiction : ils ont absorbé, dans tous leurs instincts, la maladie, la vieillesse, la contradiction, depuis lors ils n’ont plus créé de Dieu ! Deux mille ans presque, et pas un seul nouveau Dieu ! Hélas, il subsiste toujours, comme un ultimatum et un maximum de la force créatrice du divin, du creator spiritus dans l’homme, ce pitoyable Dieu du monotono-théisme chrétien ! Cet édifice de décombres né de zéro, de notions et de contradictions, où tous les instincts de décadence, toutes les lâchetés et toutes les fatigues de l’âme trouvent leur sanction ! »

[4] A. de Benoist, Introduction in L. Rougier, Le conflit du christianisme primitif et de la civilisation antique, Copernic, 1977, p. 28.

[5] E. Gibbon, Histoire de la Décadence et de la Chute de l'Empire romain, 1765.

[6] Voici le texte complet de l’édit d Thessalonique : « Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant - et qu'il est clair que suivent le pontife Damase Ier et l'évêque d'Alexandrie, Pierre, homme d'une sainteté apostolique : c'est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste. Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »

[7] F. Nietzsche, L’Antéchrist, 1895.

[8] Heidegger, Lettre sur l’humanisme, Aubier, 1980.

[9] L’Antéchrist, op. cit.

00:05 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, paganisme, christianisme, catholicisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 02 juillet 2009

Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe

IIe Partie de :

« Comment peut-on être chrétien ? »

 

 

 

 

 

trinite greco I.jpg

Le Greco, La Trinité, 1577,

partie du retable du grand autel de l'église Santo Domingo el Antiguo à Tolède

qui comporte sept toiles et cinq sculptures enchâssées

dans une structure architectonique ornée de colonnes et frontons.

 

 

 

 

 


Les vives critiques formulées contre le christianisme, venant des milieux païens, portent sur quelques points que l’on retrouve sous la plume de tous les auteurs qui eurent à s’exprimer sur le sujet. La tradition chrétienne serait l'expression de la dégradation cyclique, un élément de la décadence de l'Occident et la forme caractérisée de la « subversion » de l'esprit oriental, disons de la mentalité « sémitique » pour être clair, qui vint corrompre le paganisme antique.

 

Ces considérations, limites aberrantes, à propos du christianisme, ont pourtant encore beaucoup de faveur, et en raison de leur simplicité, emportent souvent l’adhésion des esprits, d’autant chez les plus jeunes avides d’explications simples et catégoriques. Or, tout cela, non seulement est absolument faux comme nous allons le voir, mais de plus exhume de loin les vieilles ritournelles maladroites mâtinées, pour faire bref, d’une bonne couche de Nietzsche, d’un gros vernis de Renan et de l’école critique allemande, et d’une dose importante d’Evola.

 

a) l’antijudaïsme originel du christianisme

 

 

nietzsche.JPG

 

Le christianisme, pour Nietzsche aurait donc été une secte juive, professant une religion d’esclave visant à subvertir la société païenne ? L’auteur de l’Antéchrist parle d’un christianisme qui serait un poison pour la culture occidentale et une perversion. Dans un passage enlevé il écrit :

 

- « Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué, il a fait un idéal de l’opposition envers les instincts de conservation de la vie forte, il a gâté même la raison des natures les plus intellectuellement fortes en enseignant que les valeurs supérieures de l’intellectualité ne sont que péchés, égarements et tentations. Le plus lamentable exemple, c’est la corruption de Pascal qui croyait à la perversion de sa raison par le péché originel, tandis qu’elle n’était pervertie que par son christianisme ! » [1]

 

Le plus surprenant c’est qu’avec une telle idéologie pour faible destinée aux esclaves on aurait révolutionné la Rome antique ? Or, avec une présentation de ce type, on peut sans crainte soutenir que les premiers chrétiens furent d'extraodinaires magiciens pour réaliser une pareille opération de renversement !

 

En réalité, la religion chrétienne ne fut pas, comme on le dit faussement, une « secte juive », car il existait plusieurs sortes de judaïsmes dans l’antiquité (Sadducéens, Pharisiens, Esséniens, Zélotes, Minim, etc. ), dont le christianisme naissant n’est en aucune mesure comparable, puisqu'il fut même en opposition frontale et directe avec tous les courants du judaïsme. L'affirmation, inexacte évidemment, d'un judéo-christianisme antique cherchant à transformer tout païen en un juif selon la religion, est l’une des plus grosses farces jamais proférées, sachant l'antijudaïsme foncier de la primitive l'Eglise et l’hostilité radicale des juifs à l’égard des chrétiens qui firent l’objet d’un chasse visant à les détruire et les mettre à mort. Souvenons-nous d’un fait, le christianisme, s’il est tout d’abord incarné par des juifs puisque les apôtres sont juifs, les premiers convertis de la Pentecôte sont majoritairement juifs, etc., échappe très vite au cercle étroit des membres historiques grâce à l’activité d’un citoyen romain, juif de naissance : Paul de Tarse.

 

 

190508_saint_paul1.jpg
Saint Paul écrivant ses épîtres

 

 

st%20paul.jpgLa grande révolution de Paul consistera à déclarer que la foi, c’est-à-dire la foi en Jésus-Christ, passe avant la loi mosaïque et ceux qui partageront son point de vue, soit l’ensemble des premiers chrétiens, dès la fin du Ier siècle, vont se distinguer par ses prises de position anti-juives très fermes. Il s’opposeront avec une rare énergie :

 

* Au judaïsme rabbinique issu de l’école de Jamnia apparue après la destruction du Second Temple en 70 (lequel rejettera au alentour de l’an 90 par la rédaction du canon de la Bible juive les autres mouvements nés du judaïsme n’observant pas strictement la Halakha pour déclarer qu’ils sont des hérésies, le judaïsme rabbinique étant dès lors reconnu, et jusqu’à aujourd’hui, comme la norme du judaïsme.

 

* Aux judéo-chrétiens, qui vont donner naissance à l’ébionnisme et aux autres courants comme l’elkasaïsme, violemment attaqué et combattu par les Pères de l’Eglise (Origène, Irénée, etc.).

 

Pour mieux comprendre la haine des juifs à l’égard des chrétiens retenons que les saducéens (les représentants des familles aristocratiques juives de Jérusalem) mit la main sur les apôtres et les jeta dans la prison publique, devant le Sanhédrin, ils furent flagellés (Actes 6, 7) en présence de Saül (le futur Paul) le diacre Etienne est sommairement jugé et lapidé pour cause de blasphème, en Actes 12 Le roi Hérode Agrippa-1er fait mourir Jacques, le frère de Jean, par l'épée et voyant que cela était agréable aux juifs il fit également arrêter Pierre. Un ange délivrera Pierre de sa prison. Pour se venger le roi Agrippa fera supplicier les gardes. En Actes 16 Paul et son compagnon Silas sont battus de verges à Philippes en Macédoine. Témoignage de Paul aux Corinthiens (II Cor. 11 – 24ss ) :

 

- « J'ai été souvent en danger de mort : cinq fois battus des 39 coups de fouets par les juifs ; trois fois, j'ai été battu de verges, une fois, j'ai été lapidé de pierres ; exposé à de nombreuses veilles, à la faim, à la soif, au froid et à la nudité... » Puis en Actes 21 Paul est frappé par les juifs dans le temple de Jérusalem. Un tribun romain le fait enchaîner pour le soustraire à la fureur des juifs qui l'accusaient d'avoir introduit ses amis grecs non juifs (mais récemment baptisés) dans l'enceinte sacrée du temple. En Actes 22 le tribun ordonne que Paul soit soumis à la question par le fouet pour connaître le motif qui a contrarié les juifs. Sous la protection romaine il sera conduit au quartier général romain de Césarée où il sera mis en prison pendant deux ans, avant de partir à Rome pour y être jugé.

 

b) Le christianisme ennemi du judaïsme

 

 

juifs.jpg
La haine des juifs à l’égard des chrétiens
est à la source des toutes premières persécutions de la l'Eglise

 

Loin donc d’apparaître comme un secte juive, le christianisme primitif se distingue de tout élément juif avec une vigueur étonnante, qui va jusqu’à surprendre non seulement les observateurs, mais aussi les chrétiens eux-mêmes. Il faudra la mauvaise foi, l’ignorance et l’intention malveillante de Celse pour écrire :

 

« …une race nouvelle d'hommes nés d'hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d'infamie, mais se faisant gloire de l'exécration commune : ce sont les chrétiens (...). »

 

Toutefois, ce qui est intéressant provient de la suite : «  Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d'eux pour le fils de Dieu et il est l'auteur de leur nouvelle doctrine (...). » [2]

 

Lit-on clairement ? la phrase n’est pas anodine chez l’adversaire du christianisme : «les chrétiens ont trouvé parmi les juifs » . Les chrétiens ne seraient-ils donc pas les juifs qu’on nous présente pour avoir trouvé « chez les juifs » leur doctrine ? Ne sont-ils pas la secte juive que l’on veut de toute force nous faire admettre ?

 

De la sorte, plus qu’utile à notre réflexion la déclaration suivante : « Nous ne sommes que d'hier et nous avons déjà conquis la terre » dit le philosophe Tertullien au IIe siècle. Les chrétiens, sont donc d'abord une petite minorité de disciples de Jésus qui se développe à l'ouest de l´Empire romain en Occident, mais qui très vite s’ouvre, non pas aux esclaves exclusivement, juifs de préférence, mais aux gentils, c’est-à-dire aux non juifs qui forment très vite la majorité des membres au point que les communautés chrétiennes prennent le nom d’« Églises » (du grec Ekklèsia = assemblée). Ces communautés sont dotées d’un conseil, avec à sa tête un « évêque » (du grec épiskopos = surveillant) ou « presbytre » (du grec « presbyteros » = ancien).

 

c) Dégénérescence totale de Rome

 

Gaius_Caesar_Caligula.jpg
Caligula - fils de Germanicus
confère à son cheval le titre de "Consul".

Dans le climat d'anarchie de cette période, Caïus Caligula - fils de Germanicus succède à Tibère, il est épileptique depuis son enfance, cette maladie va s'aggraver dès la première année de règne et lui provoquer une folie grandissante allant jusqu'à la démence (il va ordonner la mort d'une multitude de citoyens et de sénateurs comme le fils de Drusus, Silanus, le sinistre préfet Macro etc ... il ruine les finances et les contribuables en ordonnant des choses invraisemblables : comme l'enlèvement, puis leur remise en place de différentes collines de Rome... il fait couper la langue à des spectateurs du cirque et les jette aux fauves dans l'arène parce qu'on manque de victimes ; il fait prisonnier ses propres soldats et nomme son cheval "consul" en le couvrant de pierres précieuses.

benouville.JPG

On enchaînera les chrétiens par milliers
et on les jettera vivants dans l'arène
pour servir de nourriture aux fauves et pour amuser la foule

Claude fils de Drusus et neveu de Tibère lui succède, succombe au charme de sa nièce Agrippine qui vient de fêter ses 32 ans. La nouvelle impératrice obtient de César-Claude les fiançailles et le mariage de Néron (son fils d'un premier mariage) avec Octavie - la fille légitime de Claude. Agrippine empoisonnera Claude avec des champignons au moment où celui-ci s'aperçoit que l'impératrice est entrain d'évincer Britannicus du trône pour favoriser Néron. Mais Claude tarde trop à mourir, Agrippine (qui est aussi la soeur de Caligula) le fera achever par son médecin en 54. Néron Il est à peine âgé de 17 ans lorsqu'il devient empereur. D'abord il écarte définitivement Britannicus en le faisant empoisonner lors d'un festin public, puis il essaiera de tuer sa mère en lui faisant prendre un bateau qui sombrera corps et biens en haute Mer, personne n'échappera à la noyade sauf la Reine-Mère impératrice qui par miracle a été recueillie par un bateau de pêcheurs... Comme un fantôme elle réapparaît devant son fils horrifié en lui disant : « tout le monde est mort mais grâce aux dieux j'ai survécue ! » Court répit car elle mourra assassinée sur ordre impérial en l'an 59. Puis Néron répudiera Octavie sa première épouse et lui fera trancher la tête, pour l'offrir à « Poppée sa nouvelle épouse... » Le 19 Juillet de l'an 64 : Rome brûlera dans un immense brasier qui durera 6 jours et 7 nuits. La colère du peuple gronde. On cherche des coupables... Néron est soulagé lorsqu'on accusera les chrétiens d'avoir mis le feu dans les divers quartiers de Rome. On les enchaînera par milliers et on les jettera vivants dans l'arène du cirque pour servir de nourriture à des fauves affamés pour amuser la foule, parfois pour les punir d'avoir mis le feu à Rome, on les attache à des croix après les avoir enduits de bitume et de matières inflammables. Ils brûlent alors comme de véritables torches vivantes et malgré leurs souffrances ces malheureux rendent l'âme en chantant ensemble des hymnes à leur Dieu.

En peu de temps, Rome fera mourir deux chefs chrétiens : saint Pierre, qui demande à être crucifié la tête en bas, parce qu'il s'estime indigne de mourir dans la même position que son maître, et saint Paul qui exige l'application de la loi romaine, car Paul en vertu de sa double citoyenneté, demande à mourir décapité. On raconte qu'à la place où on l'exécuta, sa tête rebondit trois fois sur la terre faisant jaillir une source à l'endroit que les premiers chrétiens appelleront désormais : l'endroit des « trois fontaines ». On transporta son corps dans un caveau sur la via Ostia où s'élève aujourd'hui la basilique : Saint Paul Hors-les-murs.

Que disait Nietzsche au fait ? ceci :

- « Le petit mouvement insurrectionnel, baptisé au nom de Jésus de Nazareth, est une répétition de l’instinct juif […] Ce saint anarchiste qui appelait le plus bas peuple, les réprouvés et les pécheurs, les Tchândâla du judaïsme, à la résistance contre l’ordre établi, avec un langage qui, main­tenant encore, mènerait en Sibérie […] — L' « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancune les plus basses, cet explosif de l'idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l'ordre social — c'est la dynamite chrétienne… Jésus [est] un révolté contre l’ordre établi. » [3]

Mais de Quel ordre établi parle-t-on  ? de l’ordre de Rome en pleine décomposition, aux empereurs fous et dégénérés. Peut-être celui des tribus barbares du Nord en lutte perpétuelle ? Sans Etat, dénuées de sens historique ? Allons, un peu de sérieux voyons !

 

martyrs_de_vienne-95580.jpg

décadence.jpg

Rome, alors que les chrétiens sont persécutés,

sombre dans le chaos,

les institutions sont méprisées, les lois bafouées,

l’Etat corrompu, les mœurs immondes.

 

empereur.jpgDe ce fait suivons l’Histoire que semblent ignorer les auteurs qui se sont exprimés contre le christianisme. Avant de s'ouvrir les veines dans un banquet le poète et philosophe Pétrone professeur de Néron lui écrit pour lui dire ce qu’il pense de sa conduite ... L'empereur fera raser tout ce qu'il lui a appartenu ! Néron part en Grèce aux jeux olympiques où il tombe amoureux de Sporus un jeune blond qu'il a fait castrer. A Delphes, Néron va consulter l'oracle qui lui dit : "Méfie-toi de la 73è année !" Nous sommes en l'année 66 et Néron viens juste d'avoir 29 ans, il pense qu'il a largement le temps... Mais le danger vient d'Espagne où le Général gouverneur Galba vient de fêter ses 73 ans et c'est précisément lui, qui en l'absence de Néron conduit le peuple à la révolte. Le 10 juin 68 Néron qui est rentré précipitamment à Rome refuse de combattre Galba. Il cherche refuge dans une cachette et s'enfonce un couteau dans la gorge.

En l'espace de douze mois, quatre empereurs vont se succéder sur le trône impérial :

 

* Galba (68 - 69) qui vient d'être reconnu empereur de Rome par le sénat, mais parce qu'il avait déclaré le jeune Pison comme son successeur, son rival Othon les fit tous deux massacrer par la garde prétorienne à titre de représailles puis il s'empara du pouvoir.

* Othon (69) fut reconnu empereur dans tout l'empire sauf en Germanie où les légions proclamèrent Vittelius empereur. Ecrasé à Bédriac, il se suicida.

* Vittellius (69) après la mort d'Othon marche sur Rome. N'ayant pu imposer son autorité, les légions d'Orient proclameront Vespasien empereur en juillet 69 Vittelius fut battu en Octobre à Crémone, par la suite le peuple de Rome l'égorgea sur le forum .

* Vespasien (69 à 79) Fils d'un publicain.

 

Rome, à cause d’elle-même, sombre dans le chaos, les institutions sont méprisées, les lois bafouées, l’Etat corrompu, les mœurs immondes, le crime, la trahison, l’ignominie, triomphent de façon ignoble. La licence généralisée, l’immoralité des fonctionnaires et l'attrait populaire pour le cirque et le jeu, couronnent ce triste tableau.

 

Rome, en raison de ses propres égarements, n'est qu'un long et irrémédiable déclin.

 

d) Rome ou la révolte contre l’être

 

On aime ainsi entendre énoncer naïvement : «— Une religion comme le christianisme […] à bon droit, l’ennemie mortelle de la « sagesse du monde » [...] approuve tous les moyens pour empoisonner, calomnier, décrier la discipline de l’esprit, la pureté et la sévérité dans les affaires de conscience de l’esprit, la noble froideur, la noble liberté de l’esprit […] Le christianisme a besoin de la mala­die ; rendre malade, voilà la véritable pensée de derrière la tête de tout le système de salut de l’Église. Et l’Église elle-même, n’est-elle pas la maison d’aliénés catho­lique comme dernier idéal ? — La terre tout entière une maison d’aliénés ? — L’homme religieux comme le veut l’Église est un décadent type. » [4]

Le problème, c’est que le terrible portrait établi par Nietzsche, est en réalité celui de la Rome païenne dégénérée dont les crises successives au travers des siècles montrent les germes internes destructifs de l'Empire Romain, et son incapacité à se réformer. « Les Romains se distinguaient par leur vulgarité, ils considéraient la prostitution comme du sexe pur, et se moquaient éperdument de l’éducation des filles. Le Romain avait également pris l’habitude de désigner les prostituées par des noms divers. Les « meretrices » étaient celles qui vendaient leur corps la nuit seulement, tandis que les « prostibulae » pratiquaient leur honteux métier nuit et jour. Evidemment la vulgarité des Romains ne se limitaient pas aux femmes, car on trouvait également la prostitution masculine, elle était infiniment plus débauchée que son homologue féminine, où des hommes dès leur plus jeune âge étaient voués à une existence malheureuse. Souvent on les rendait eunuques, pire on pratiquait la castration totale, car les clients désiraient voir les charmes féminins chez l’homme. Le phénomène de pédérastie n’était pas à ignorer, vu le nombre impressionnant de jeunes adolescents, quant à l’homosexualité c’était un divertissement largement répandu. » [5]

La  « rébellion perverse contre l’unité de l’être », est bien plutôt l’un des vices fonciers de l’Empire. Le mythe de l'âge d'or d’une Rome, fière, droite, pure que le christianisme aurait pervertie de l’intérieur, relève d’une naïve idéalisation du passé car était généralisé, du fait de l’Empire, le relâchement des mœurs, l’homosexualité, l'argent corrupteur, la vie urbaine, la dégradation des spectacles du Cirque. Tout ceci, non imputable aux chrétiens, largement décrit par des auteurs comme : Cicéron, Horace, Pétrone, Properce, Quintilien, Salluste, Sénèque, Tacite, Tibulle, Virgile, avant que saint Augustin, Tertullien ne viennent se joindre à la longue liste des observateurs de la décadence romaine, et dont le dernier en date, que je choisis volontairement pour son faible amour du christianisme, vienne achever le triste tableau de la Rome ruinée par ses tares : « La faiblesse des empereurs, les factions de leurs ministres et de leurs eunuques, la haine que l’ancienne religion de l’empire portait à la nouvelle, les querelles sanglantes, les disputes substituées au maniement des armes, et la mollesse à la valeur; tout appelait ces mêmes barbares qui n’avaient pu vaincre la république guerrière, et qui accablèrent Rome languissante, sous des empereurs cruels, efféminés, et dévots. » [6]

Conclusion

On retiendra que malgré son antichristianisme instinctif, Julius Evola, qui avait un minimum le sens de l’Histoire et n’oubliait pas le rôle utile que joua le catholicisme à travers les siècles écrivit ces quelques lignes très pertinentes : « N'oublions pas que le catholicisme peut remplir une fonction de « barrage », car il est porteur d'une doctrine de la transcendance : aussi peut-il, dans une certaine mesure, empêcher que la mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas ne dépassent un certain seuil. » [7] Cette mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas, étaient incarnées concrètement non par le christianisme aux premiers siècles de notre ère, mais par la Rome finissante et le paganisme moribond, et c’est contre ces terribles fléaux redoutables que s’élevèrent avec une force admirable les disciples du Christ nous épargnant, sur le plan de la civilisation en Europe, dès l’émergence de l’Eglise, une effroyable chute définitive dans le chaos et l’abîme.

Comme l'écrira saint Augustin : « De même la tribulation est venue fondre sur Rome, pour purifier et délivrer l'homme juste, et pour y frapper l'impie du châtiment qu'il méritait, soit que la mort l'ait précipité dans le gouffre des souffrances éternelles, soit que dans la vie qui lui était conservée il n'ait trouvé qu'une occasion de blasphémer avec plus d'audace, soit enfin que Dieu, dans son infinie miséricorde, ait voulu purifier dans la pénitence ceux qu'il prédestinait à jouir du bonheur du ciel. » [8]

Ainsi, écoutons l'historien nous brosser le portrait de la décadence romaine, avant que le christianisme, fort heureusement, ne triomphe enfin de la corruption, pour le salut et le plus grand bien de l'Europe :

- « Où en étaient les mœurs de Rome dans siècle où le génie chrétien éclata avec tant de sève et d'élan ? Qu'étaient devenus les descendants de ces anciens Romains si sobres , si pauvres, si désintéressés ? Dans ces abîmes de décadence on ne trouve plus trace de délicatesse, d'honneur, de vertu; la frivolité, l'indolence et l'ignominie remplissaient les jours de ces patriciens qui traînaient de grands noms. Avec le fruit des rapines ou des honteuses manœuvres, ils donnaient libre carrière à leurs appétits, à leurs vices; ils épuisaient toutes les joies brutales. La gloutonnerie et l'extravagance marquaient leurs festins; lorsqu'il leur prenait fantaisie d'inviter des étrangers à leur table, ce n'était ni le mérite ni la bonne renommée qui inspiraient leur choix; ils préféraient les joueurs de dés et les libertins. Rien n'était digne d'admiration que l'abondance et la variété des viandes : ce qu'on mangeait donnait de la gloire. Quelquefois, au milieu d'un festin, on demandait des balances pour peser les poissons, les oiseaux, les loirs, devant lesquels les convives s'étaient extasiés. Trente secrétaires avaient mission de compter les services. [9].

 

Des maisons, jadis célèbres par le goût des sérieuses études, ne connaissaient plus que les bavardages de l'oisiveté et les molles harmonies. On entendait les orgues hydrauliques à côté des bibliothèques fermées comme des tombeaux. Des lyres, grandes comme des chariots [10], des flûtes, tout l'attirail des histrions, voilà ce qui frappait les regards dans ces palais. Au lieu d'un philosophe, on trouvait un chanteur; au lieu d'un orateur, un baladin. Impitoyables pour les moindres détails de leur service, ces maîtres dégénérés condamnaient à trois cents coups d'étrivières l'esclave coupable de n'avoir pas apporté de l'eau chaude assez promptement; ils se montraient fort indulgents s'il s'agissait d'un meurtre commis par un de leurs esclaves. Des mouches se posaient-elles sur les franges de soie de leurs éventails dorés; un faible rayon de soleil pénétrait-il par un petit trou de leurs ombrelles, ils se plaignaient de n'être pas nés chez les Cimmériens.

 

Lorsqu'ils sortaient de leurs demeures, ils portaient des bagues et des bijoux, d'éclatantes robes de soie, un manteau agrafé autour du cou qu'ils secouaient de temps en temps pour laisser voir toutes les splendides variétés de leur vêtement; une bruyante foule d'esclaves les suivaient. Ils aimaient à parcourir Rome en grande cavalcade, ébranlant le pavé sous les pas de leurs chevaux rapides, précédés des plus bas officiers de leur maison et des oisifs de la rue, et suivis de leurs eunuques, jeunes et vieux, dont le livide visage était horrible à voir. Souvent un de ces patriciens, entrant dans les bains accompagné de cinquante domestiques, demandait, d'un ton menaçant, où donc ils étaient, et si tout à coup il apprenait qu'il y eût là quelque courtisane, eût-elle vieilli dans la débauche, il courait lui porter des hommages et l'exaltait, dit l'historien, comme les Parthes exaltaient Sémiramis, les Egyptiens Cléopâtre, les Cariens Artémise , les Palmyréens Zénobie.

 

L'histoire contemporaine ne nous a pas laissé ignorer les moeurs du peuple, de ce peuple-roi qui manquait de chaussures. Le vin, les dés, la débauche, les spectacles, le grand cirque, voilà les joies, les passe-temps, les travaux des citoyens. Ces groupes d'oisifs en querelle remplissaient les rues, les places et les carrefours. Quelques-uns, se faisant écouter par l'autorité de la vieillesse, déclaraient la république en péril si tel conducteur de char ne sortait pas le premier des barrières et ne rasait pas la borne la grande, l'ardente affaire qui préoccupait le plus la multitude, c'étaient les jeux du cirque. Ammien Marcellin avait vu les citoyens à jeun, attirés par l'odeur des viandes et les cris des femmes, semblables aux cris des paons affamés, s'avancer dans les salles sur la pointe des pieds et se ronger les doigts en attendant que les plats fussent refroidis. Le soleil de la majesté romaine ne se couchait pas dans la gloire. » [11]

 

Notes.

[1] F. Nietzsche, L’Antéchrist, Imprécation contre le christianisme, (Der Antichrist. Fluch auf das Christentum), 1895.

[2] Le Discours vrai, in Louis Rougier, "Celse contre les chrétiens", Editions du siècle, 1925.

[3] F. Nietzsche, L’Antéchrist, op. cit.

[4] Ibid.

[5] B. SIMONETTA – R. RIVA, Le tessere erotiche romane (SPINTRIAE), Lugano, Editore Franco Chiesa, 1981 ; C. SALLES, Les bas-fonds de l’Antiquité, Paris, Edition Robert Laffont, 1982.

[6] Voltaire,  Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, in Philosophie de l’histoire, vol. in-8°, 1765.

[7] J. Evola, Bibliografia fascista, n.2/1936.

[8] S. Augustin, De la ruine de Rome, in Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois sous la direction de M. Raulx, Bar-Le Duc, 1869, Tome XII. P. 339-344.

[9] Ammien Marcellin, livre XXVIII.

[10] Lyrae ad speciem carpentorum ingentes, Ammien Marcellin, livre XVI.

[11] M. Poujoulat, Histoire de saint Augustin, 1864.

01:25 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, catholicisme, église, paganisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

samedi, 28 mars 2009

La sorcellerie africaine est d'essence satanique !

 

Notre_Dame_d_'afrique.jpg
Benoît XVI.jpg


"Aujourd'hui, il vous revient (...) de présenter le Christ ressuscité.

Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits,

des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés..."

(Benoît XVI)

 

A l’occasion de son voyage en Afrique, Benoît XVI à Luanda, en l'église São Paulo où il a célébré une messe destinée aux évêques, prêtres, religieux, responsables des mouvements ecclésiastiques et des catéchistes d'Angola de la Conférence Episcopale d'Angola et São Tomé, a exhorté avec force les catholiques angolais à renoncer à la sorcellerie et à ramener au bercail « les brebis égarées » parties grossir les rangs des sectes évangéliques qui prolifèrent dans cette ancienne colonie portugaise d'Afrique centrale.

Masque Afrique 1.jpg

 

« Tant d'entre eux vivent dans la crainte des esprits,

de pouvoirs pernicieux et menaçants.»

 

Plus largement dans son homélie, il a invité son auditoire à tendre la main à ceux qui continuent de croire à la sorcellerie et aux fétiches : « Tant d'entre eux vivent dans la crainte des esprits, de pouvoirs pernicieux et menaçants. Dans leur aveuglement, ils arrivent même à condamner les enfants des rues et les anciens en les traitant de féticheurs », a dit le Saint-Père, pour qui les chrétiens ne commettront pas d'injustices s'ils se montrent en Christ. « Aujourd'hui, il vous revient (...) de présenter le Christ ressuscité à vos concitoyens. Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés », a-t-il dit dans son homélie [1].

Le chef de l'Eglise catholique a également critiqué l'idée selon laquelle l'évangélisation constitue une atteinte à l'identité des peuples non chrétiens : « Quelqu'un objectera : Pourquoi ne les laissons-nous pas en paix ? Ceux-ci ont leur vérité et nous la nôtre », a-t-il commenté. « Mais si nous sommes convaincus qu'une vie non chrétienne est "inachevée", "nous ne faisons d'injustice à personne si nous lui présentons le Christ et lui donnons la possibilité de trouver de cette façon, non seulement sa véritable authenticité, mais aussi la joie d'avoir trouvé la vie. »

Albinos.jpg

"...des albinos sont régulièrement

tués et découpés pour des rituels traditionnels."


Ces déclarations du Saint Père, sont d’une extraordinaire pertinence, car en effet, dans cette Afrique tant civilisée aux dires de certains humanistes utopiques qui voient elle une lointaine image de l’Eden, des albinos sont régulièrement tués et découpés pour des rituels traditionnels, les populations vivent tremblantes et craintives, courbées sous la peur des pouvoirs des sorciers , ensorceleurs et féticheurs, qui se livrent à des cultes démoniaques dans lesquels on fait appel à des esprits ténébreux afin d’attenter à la vie, de projeter des maléfices, de pervertir les consciences.

 

masque.jpg

 

«  Fuyez le culte des idoles ! »

(1 Corinthiens 10, 14)

 

Il faut souligner que les sorciers, en général de vielles personnes mais communiquant leur pouvoir à leur enfants ou petits enfants, dans les villages ou les villes, projettent leurs maléfices sur des personnes, dont le but est de briser la vie. De la sorte, tuer, rendre misérable, stérile, provoquer des accidents, des échecs sur le plan scolaire, spirituel ou financier, entraîner à la prostitution tels sont les activités « traditionnelles » et précieusement « culturelles » auxquelles se livrent les suppôts de Satan en ces contrées encore foncièrement idolâtres.

Il faut oser le dire, l'Afrique souffre horriblement de sa religion ancestrale, de ses cultes animistes, de son polythéisme, de son Vaudou [2], qui conduisent des populations entières à adorer les bois, les eaux, réaliser des sacrifices animaux ou parfois humains pour de l'argent ou pour pouvoir enfanter d’un garçon, gagner un procès, et parvenir à mille autres succès. Tout cela est terrible et épouvantable. Utilisant la suggestion et l’obsession, on arrive à convaincre, au simple prétexte d’avoir consommé des viandes en rêve avec des personnes de façon inhabituelle, que l’individu est perdu, sous l’influence définitive des forces maléfiques. D’ailleurs, les sorciers, qui prétendent prendre l’aspect de serpents, de chiens, de corbeaux, etc., exercent un pouvoir terrifiant sur l’ensemble des peuples de ses régions, et les soumettent, souvent par l’intermédiaire de drogues et substances hallucinogènes tendant à « zombifier », à leurs infectes volontés [3].

 

danseurs-ballouks-senegal.jpg

« Nous sommes convaincus qu'une vie non chrétienne est inachevée...»

 

Ainsi les interventions du Pape, en ces questions hautement problématiques, sont on ne peut plus fondées, d’autant qu’elles viennent contredire les folies des thèses au sujet de la nécessaire inculturation mise en vigueur après Vatican II, ou l’on assista, avec effarement, à la combinaison des croyances et pratiques de l’Église catholique romaine et des traditions, croyances et pratiques religieuses ouest-africaines ce qui aura directement contribué à l’émergence délirante du pire syncrétisme religieux que l’on remarque à présent en Amérique latine, avec des pratiques démoniques, entre autres, comme le Vaudou, l’Obeah, le Candomblé ou la Santeria.

Comme l’a rappelé avec justesse lors de son voyage en France Benoît XVI à l’occasion de son homélie aux invalides : « La première Lettre de saint Paul, adressée aux Corinthiens, nous fait découvrir à quel point les conseils donnés par l’Apôtre restent d’actualité : « Fuyez le culte des idoles » (1 Co 10, 14), écrit-il à une communauté très marquée par le paganisme et partagée entre l’adhésion à la nouveauté de l’Évangile et l’observance de vieilles pratiques héritées de ses ancêtres. Fuir les idoles, cela voulait dire alors, cesser d’honorer les divinités de l’Olympe et de leur offrir des sacrifices sanglants.

Fuir les idoles, c’était se mettre à l’école des prophètes de l’Ancien Testament qui dénonçaient la tendance humaine à se forger de fausses représentations de Dieu. Comme le dit le Psaume 113 à propos des statues des idoles, elles ne sont qu’« or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas » (4-5). Hormis le peuple d’Israël, qui avait reçu la révélation du Dieu unique, le monde antique était asservi au culte des idoles. Très présentes à Corinthe, les erreurs du paganisme devaient être dénoncées, car elles constituaient une puissante aliénation et détournaient l’homme de sa véritable destinée. Elles l’empêchaient de reconnaître que le Christ est le seul Sauveur, le seul qui indique à l’homme le chemin vers Dieu. »

 

Notes.

[1] Selon des statistiques officielles, 55% de la population angolaise est catholique et 25% se réfère à des croyances traditionnelles. Certaines sectes, liées aux immigrants congolais, selon les médias d'Etat, pratiquent des sacrifices humains et s'en prennent aux enfants accusés de sorcellerie. L'année dernière à Luanda, 40 jeunes, dont des bébés, ont ainsi été retrouvés prisonniers dans des locaux de l'Eglise évangélique des guérisons traditionnelles, où ils avaient subi des sévices.

[2] Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Adja (dont les fons, les Gouns, les Ewe... et dans une certaine mesure les Yoruba ...) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria..) Le Vaudou est l'adaptation par le Fon d'un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

[3] Denis Allan, anthropologue diplômé de Harvard, de retour à Boston après un long séjour en Amazonie, a pu étudier et expérimenter les drogues utilisées par les chamanes et les sorciers vaudous pour zombifier leurs victimes.

12:09 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : satanisme, sorcellerie, magie, afique, vaudou, ésotérisme, paganisme, syncrétisme |  Imprimer | | | | | Pin it!