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dimanche, 04 octobre 2009

L’infidélité spirituelle des Juifs

ou la culpabilité historique du judaïsme moderne

 

 

 

 

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La synagogue représente le lieu où le Christ

est toujours rejeté et condamné !

 

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Les Juifs sont complices du déicide

aussi longtemps qu’ils ne se distancient pas

de la culpabilité de leurs pères

en reconnaissant la divinité du Christ

et en acceptant le baptême.

 

 

 

 

caiphe20.gifAvec la mort du Christ le rideau du Temple s’est déchiré, l’Alliance ancienne fut abolie et l’Eglise qui contient tous les peuples, cultures, races et différences sociales, cette Eglise est née de par le côté transpercé du Rédempteur. En cela les Juifs, de nos jours, ne sont pas nos frères aînés comme le prétendait lors de sa visite à la synagogue à Rome en 1986, le Pape Jean-Paul II. Les Juifs sont complices du déicide aussi longtemps qu’ils ne se distancient pas de la culpabilité du Sanhédrin [1], de la culpabilité de leurs pères en reconnaissant la divinité du Christ et en acceptant le baptême.

 

De la sorte, c’est une radicale erreur que de se vouloir bon chrétien en manifestant de la déférence à l’égard des180px-Chisinau_jew.jpg Juifs de la synagogue, car ils sont, positivement, lorsqu’ils proclament leur croyance, porteurs d’une faute qui les rend semblables à leurs pères qui condamnèrent le Christ. Les Juifs modernes, en faisant profession de leur judaïsme, s’affirment indirectement comme co-responsables du crime scandaleux du Golgotha, et ne méritent donc pas qu’un chrétien, si du moins il se veut conscient des exigences de sa religion, leur exprime un hommage particulier ou leur accorde une quelconque piété, attitude que l’on rencontre malheureusement assez souvent depuis Vatican II chez les chrétiens modernes, bien qu’elle soit pourtant singulièrement déplacée et profondément injustifiable.

 

 

 

 

 

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Avec la mort du Christ le rideau du temple s’est déchiré,

l’Ancienne Alliance fut abolie.

 

 

I. Erreur de Vatican II à l’égard du judaïsme

 

marc-chagall-05.jpgLe Concile Vatican II, concile schismatique selon Mgr Lefebvre [2] car il est traversé par de thèses inacceptables,Old%20man%20vithe%20sefer%20torah.jpg déclare en revanche qu’on ne peut charger les Juifs de notre temps ni tous ceux ayant vécu à l’époque des évènements de la souffrance du Christ. Est-ce conforme avec l’enseignement de saint Pierre qui interpelle les Juifs sans distinction, et selon lequel ils seraient les assassins du Sauveur ? Les Juifs croyants de l’Ancien Testament Abraham, Isaac et Jacob sont évidemment nos frères aînés dans la foi, et nous chrétiens sommes leurs fils spirituels car nous croyons au Messie qui s’est manifesté parmi nous et qui demeure parmi nous dans son Eglise. Les Patriarches, Abraham, Isaac, Jacob ont cru en son avènement, ils l’ont espéré et désiré, ils sont de ce fait membres de l’Eglise de Jésus-Christ, et nous sommes leurs héritiers. Mais il n’en va absolument pas de même des Juifs d’aujourd’hui, des Juifs de la synagogue qui, refusant le Christ, sont infidèles au judaïsme préchrétien, et finalement, sont concrètement, sur le plan spirituel et religieux, ennemis de l’Eglise du Christ, ennemis de la Foi. C’est pourquoi, nous voyons avec tristesse que le pape Jean-Paul II et maintenant aussi Benoît XVI, entrent dans les synagogues Juives, alors que la synagogue représente le lieu où le Christ est nié et est toujours rejeté et condamné.

 

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Nous voyons avec tristesse que les papes Jean-Paul II et Benoît XVI
entrent dans les synagogues Juives.
218_RatzSynagogue.jpg

Praying_mchm14.jpgL’assertion de l’Eglise de Vatican II, selon laquelle les Juifs d’aujourd’hui portent la faute de leurs pères doit être uniquement limitée aux Juifs quiRunningWithTorah.jpg approuvent la mise à mort de Jésus-Christ, est inexacte. Comme le soulignait fort justement Mgr Lémann : « Parmi les assemblées qui sont demeurées responsables devant la postérité, il en est une sur laquelle pèse une responsabilité exceptionnelle : c'est l'assemblée qui présida aux derniers jours de la vie nationale du peuple juif. Ce fut elle qui fit comparaître et condamna Jésus-Christ. Elle porte dans l'histoire un nom à part ; on l'appelle le sanhédrin. Prononcer devant des Israélites ce nom de sanhédrin c'est rappeler, selon eux, l’assemblée la plus docte, la plus équitable, la plus honorable qui fût jamais. Malheur à celui qui oserait, en présence de ses coreligionnaires, émettre le moindre blâme à l'égard des hommes ou des actes de cette assemblée ; il ne serait pas moins coupable que s'il parlait contre l'arche d'alliance. Et cependant, la connaissent-ils à fond, les Israélites, cette assemblée qu'ils tiennent en si grande vénération ? Nous osons affirmer que non. On les habitue dès l'enfance à la respecter ; mais ce qu'elle était, ce qu'elle a fait, ils l'ignorent. Ignorance terrible, imposée à dessein par le rabbinisme. C'est toujours le mot de Saint-Paul : la vérité captive (Rom., I, 18) ! Nous allons, avec le secours de Dieu, déchirer les voiles. Nos anciens coreligionnaires pourront enfin connaître la vérité. » [2]

 

 

II. L’Ancienne Alliance est morte !

 

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L’Eglise est née

de par le côté transpercé du Rédempteur.

 

 

the_Menorah_2_2.jpgDans un texte saint Augustin, développant en détail le sens propre des Alliances, nous explique leur signification et leur place, et surtout, insiste sur un fait de la plus haute importance, le non rétablissement par Dieu d’une Alliance lorsqu’elle est échue. En effet Dieu ne revient pas sur ce qui est dépassé à ses yeux, il ne rétablit pas ce qui est mort ; lorsque les temps sont consommés il passe à un autre ordre des choses, il s’engage dans un autre type d’attitude et de rapport avec les hommes. L’Histoire, qui n'est pas cyclique comme le prétend René Guénon, est en devenir, elle est portée par une force, par un projet divin, elle ne balbutie pas. De la sorte la place de chaque Alliance et la connaissance que nous devons en avoir ne doit souffrir d’aucune réserve, c’est là un des points cruciaux de notre Foi et de sa validité vis-à-vis des revendications du maintien de la validité de l’Alliance ancienne, perpétuelle litanie inlassablement répétée sur tous les tons de la gamme de la théologie moderniste par les courants modernes qui se font les avocats d’un christianisme judaïsé. [3]

 

Redisons-le avec force, depuis Jésus-Christ les traditions anciennes sont caduques et vidées de sens, elles sont mortes ! C’est pourquoi le judaïsme contemporain est non seulement porteur d’une grave culpabilité en raison de son accord avec ceux qui exigèrent des romains la mort du Sauveur, mais il est également un rappel de l’actuelle infidélité des Juifs.

 

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Depuis Jésus-Christ

le judaïsme ancien est vidé de sens,

il est mort !

  

Ecoutons saint Augustin :

 

Cohen4.jpg« Les sacrifices institués par Dieu convenaient à l’ancienne économie mais plus maintenant. Dieu a ordonnézpage433.jpg un changement qui convient à notre temps, car il sait infiniment mieux que l’homme ce qui convient à chaque époque. Qu’il donne ou ajoute, qu’il ôte, annule ou limite, qu’il augmente ou diminue, il demeure le Créateur immuable de choses changeantes, qui dans sa providence ordonne tous les événements jusqu’à l’achèvement du temps — dont les composants sont les économies adaptées à chaque époque successive — comme la mélodie magnifique d’un compositeur infiniment sage. Alors ceux qui l’adorent ici de façon acceptable par la foi et non par la vue pourront contempler Dieu de façon immédiate. [...] Il n’y a pas de changement chez Dieu, bien que pendant l’ancienne période de l’histoire du monde il ordonna des offrandes différentes de celles qu’il ordonna pendant la période ultérieure, car il y ordonna des actions symboliques en rapport avec la doctrine de la vraie religion, de sorte que les changements des époques successives ne s’accompagnaient d’aucun changement en Lui. [...] Il est donc établi que des choses ordonnées à juste titre pour une époque peuvent être changées à juste titre dans une autre époque : la différence indique un changement dans l’œuvre, mais non dans le plan de celui qui opère le changement. Ce plan étant conçu par l’intelligence de Celui qui n’est pas conditionné par la succession dans le temps, des choses sont simultanément présentes à son esprit alors qu’elles ne peuvent se réaliser en même temps, car les époques se succèdent les unes aux autres. » [4]

 

L’évêque d’Hippone, comme pour mieux insister encore s’agissant de la mort définitive du judaïsme mosaïque écrit :

 

«Les détails de l’histoire liée aux Alliances font ressortir de façon très intéressante à la fois les principes et la patience dont Dieu a usé pour régler la question du mal et de l’échec de l’homme, et la manière dont il œuvra pour créer chez les siens la foi en ses propres perfections ainsi mises en valeur. Toutefois, les Alliances elles-mêmes témoignent toutes d’un principe directeur ou d’une intervention de Dieu, d’une condition dans laquelle Dieu a placé l’homme, des principes qui en eux-mêmes sont éternellement sanctionnés par Dieu [...]. Dans chaque Alliance antérieure, il y eut un échec total et immédiat de la part de l’homme, même si la patience de Dieu supportait cet échec et par grâce permettait la poursuite d’une Alliance où l’homme avait ainsi échoué dès le début. Mais ce qu’il importe de se souvenir, c’est que nous ne voyons aucun exemple du rétablissement d’une Alliance ancienne lorsqu’elle est morte. » [5]

 

 

Conclusion

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Jésus-Christ

est aussi pour les Juifs le Rédempteur

et la seule Voie pour le Salut

 

 

varsovie_juive0015.jpgOn ne saurait être plus direct et précis sur ce sujet où l’on voit une foule de chrétiens sans discernement, s’aligner sur une défense erronée du judaïsme synagogal, refusant que soit prêché l’Evangile aux Juifs, sous prétexte fallacieux et inexact que Dieu les veut tels qu’ils sont. Il importe donc d’y insister en nos temps de confusion théologique, Jésus-Christ, Dieu fait homme, est pour les Juifs aussi le Rédempteur et la seule Voie pour le Salut : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie : personne ne peut aller au Père si ce n’est par Moi. » (Jean, 14,6).

 

Il n’y a pas pour eux de chemins de salut séparés.

 

C’est pourquoi Saint Pierre, un Juif, le premier Pape, appelait déjà ses auditeurs Juifs à se convertir et à se faire baptiser au Nom de Jésus Christ (Actes 2, 38).

 

Cet appel solennel n’a perdu, ni son actualité ni sa validité religieuse, selon l’avertissement formel du Christ :

 

« Je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés,

car si vous ne croyez pas que Moi [Jésus-Christ] Je Suis,

vous mourrez dans vos péchés. »

(Jean 8, 24).

 

 

 

Notes.

 

 

1. Mgr Lefebvre déclarait clairement, à propos du concile Vatican II : « Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce Concile, que celui-ci, tournant le dos à la Tradition et rompant avec l’Église du passé, est un Concile schismatique. » (Mgr Lefebvre, le Figaro, le 4 août 1976.)

 

2. Mgr Joseph Lémann, Valeur de l’Assemblée qui prononça la mort contre Jésus-Christ, 1877.

 

3. La Nouvelle Alliance, dernière et la plus parfaite des Alliances contractées entre Dieu et les hommes, ce qui est oublié totalement par les chrétiens modernes fourvoyés dans leur inexacte déférence vis-à-vis de la synagogue, répond à plusieurs impératifs et en premier celui d’adapter le plus parfaitement possible les moyens de conduire les créatures vers la destination céleste qui est la leur. C’est ce que saint Irénée rappelle en ces termes : « Car, comme la Nouvelle Alliance était connue et prédite par les prophètes, Celui qui devait l’établir était prêché lui aussi conformément au bon plaisir du Père : il était manifesté aux hommes de la manière que Dieu voulait, afin que ceux qui mettraient en lui leur confiance puissent progresser sans cesse et, par les diverses Alliances, atteindre à la plénitude achevée du salut. Il n’y a qu’un seul salut et qu’un seul Dieu ; mais pour conduire l’homme à son achèvement, il y a des préceptes multiples, et nombreux sont les degrés qui l’élèvent jusqu’à Dieu. Eh quoi ! A un roi terrestre, qui n’est qu’un homme, il est loisible d’octroyer maintes fois de grands avancements à ses sujets : et il ne serait pas permis à Dieu, tout en demeurant identique à lui-même, de distribuer toujours plus abondamment sa grâce au genre humain et, par des dons toujours plus grands, d’honorer constamment ceux qui lui plaisent ? » (S. Irénée, Contre les Hérésies, IV, 9.)

 

4. S. Augustin, À Marcellinus, CXXXVIII, 5, 7.

 

5. Ibid.

 

 

 

 

 

12:18 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : judaïsme, juifs, église catholique, histoire sainte |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 27 août 2009

Qu’est-ce que la «Tradition» ?

 

Eclaircissement au sujet des éléments spirituels,

historiques et religieux,

 constitutifs de la sainte Tradition chrétienne

 

 

 

 

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Abel offrant à l'Eternel son sacrifice 

 

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Dès l’origine il n'y a pas une Tradition,
mais deux « traditions », deux cultes,
ce qui signifie deux religions,
l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme,
l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances
en Dieu seul et en sa Divine Providence.
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borella-guenon.jpgBénéficiant d’un usage devenu quasi classique, en particulier grâce aux efforts de l’ésotériste René Guénon (1886-1951)  [1], bien que sa place est, comme il se doit, éminente chez les catholiques fidèles à l’enseignement de l’Eglise, on constate pourtant, avec regrets, qu’aucune expression, aucun mot, aucune appellation ne donne lieu aujourd’hui à plus de contresens, d’affirmations erronées et d’incompréhensions que celui de « Tradition ». Il  faut reconnaître que son emploi, souvent de manière inexacte et inflationniste, à présent si courant en divers milieux, ne favorise guère la clarté du sujet, et une somme conséquente d’absurdités gigantesques constitue, hélas ! son environnement sémantique habituel caractéristique.

 

Alors même que rien ne serait plus essentiel que de pouvoir préciser ce que signifie la Tradition en nos temps siimage001.jpg troublés et confus, il semble, paradoxalement, que l’on s’ingénie très souvent, par méconnaissance, ignorance, bêtise ou malveillance volontaire, qui sont allées jusqu’à tendre dernièrement à inférer au catholicisme traditionnel, par l’effet d’une profonde stupidité, son attitude de déférent respect vis-à-vis de l’apport des siècles et l’autorité du Magistère à une soumission mahométane face à la lettre du Coran, à rendre plus obscur encore ce qui devrait pourtant s’imposer à tous comme une évidence. De ce fait, les ambiguïtés successives s’accumulant d’une manière inquiétante, il nous apparaît donc nécessaire, en réaction face à cette situation, de dégager les grands principes qui président à l’essence de ce mot, et mettre en lumière les principaux fondements qui le sous-tendent.     

 

 

I. Sens étymologique et ecclésial du mot

 

murillo22.jpgAu sens étymologique, le mot Tradition est formé de « trans » (à travers) et de « dare » (donner). Il signifie donc littéralement : « Ce qui est donné par transfert ». Ainsi la seule idée qui est réellement incluse dans ses radicaux constitutifs est celle de translation, de livraison, de transmission, de passation, de transport, de legs. Le sens étymologique ne fait aucune allusion à la nature de ce qui est transmis. En somme, il désigne un véhicule dont il ignore le chargement. Il se contente de définir un certain mode d’acquisition des connaissances sans dire en quoi elles consistent. Il indique seulement comment on les reçoit. Mais quel est ce mode de réception ? C’est l’héritage. Ainsi, la Tradition, au sens étymologique, c’est le « legs du passé ».

 

Toutefois, dans la terminologie ecclésiastique, le mot Tradition ne s’applique plus à tout l’héritage du passé sans distinction de contenu. Il est réservé exclusivement à la partie de la Révélation divine qui n’a pas été consignée par écrit et qui s’est transmise oralement.

 

Toute Révélation en effet, peut laisser deux sortes de traces : une trace écrite qui vient s’ajouter à celles qui ont déjà éré consignées et qui formeront avec elle l’Ecriture Sainte, mais également une trace orale qui s’ajoute à la Tradition, car on recherchera et on recueillera évidemment les moindres vestiges des précieuses paroles divines. La reconnaissance de la Tradition comme deuxième source de la Révélation (la première étant l’Ecriture) est une caractéristique de l’Eglise catholique (et dans une mesure moindre de l’Eglise orthodoxe). Les écoles protestantes sont partagées sur ce chapitre ; les unes admettent une certaine tradition mais la limitent à quelques textes ; la majorité est hostile à la notion même de « tradition », à laquelle elle oppose l’adage ‘‘Sola Scriptura ’’.

 

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La Tradition chrétienne

ne se rattache pas à un ensemble de mythes

communs avec le reste de l ‘humanité,

mais est liée à une « Révélation ».

 

 

 

 

murillostaug.jpgAussi, est-il bon de donner quelques preuves de l’ancienneté de cette reconnaissance de la Tradition Apostolique, telle queGregorythegreat222.jpg l’entend l’Eglise catholique, ce que  Saint Augustin résume de cette façon : « Il y a beaucoup de choses auxquelles l’Eglise est fermement attachée et que l’on est autorisé, par conséquent, à regarder comme ordonnées par les Apôtres, bien qu’elles ne nous aient pas été transmises par écrit. » (De Bapt. V, 23-31). En effet, l'Eglise considère, à juste titre, puisqu’elle est l’assemblée fondée par le Christ qui bénéficie constamment de sa grâce, que la vérité chrétienne est donnée à la fois par la Bible et la Tradition qui trouve son expression normative dans les déclarations du Magistère. C’est ce que rappela avec fermeté le Concile de Trente:  « Le sacro-saint Synode oecuménique et général de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, constamment conscient du fait qu'il faut supprimer l'erreur pour préserver l'Evangile dans sa pureté au sein de l'Eglise, Evangile qui fut antérieurement promis par les prophètes dans l'Ecriture Sainte, entrevoyant clairement cette vérité et discipline qui, ayant été reçue par les apôtres de la bouche du Christ même ou communiquée à eux par la dictée du Saint-Esprit, suivant l'exemple des Pères, reçoit avec un égal sentiment de piété et d'honneur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont le même Dieu est l'auteur, ainsi que lesdites traditions, qu'elles concernent la foi ou les moeurs, comme ayant été dictées soit par la bouche même du Christ, soit par le Saint-Esprit, et préservées dans l'Eglise Catholique par une succession ininterrompue. » [Concile de Trente, 1545-1563, Session 4].

 

abraham_sacrifice.jpgDe la sorte, il convient de le souligner, le caractère original de la Tradition chrétienne vient du fait qu’elle ne se rattache pas à une terre, à unbaptism-Murrillo.jpg héritage symbolique particulier, à un ensemble de coutumes ou de mythes qui seraient communs avec le reste de l ‘humanité, mais est liée et dépendante d’une « Révélation » et d’un culte, transmis non par une civilisation, mais par une lignée, une descendance qui est celle des Patriarches, des Justes et des Prophètes aboutissant au Messie, par le mystère de l’Incarnation du Christ Jésus

 

Ainsi l’Eglise, société surnaturelle fondée par le Christ, est donc la gardienne de !’Écriture et de la Tradition qui sont les deux sources principales de la Révélation. C’est pourquoi, il est certain que si l’on donne une définition confuse de la Tradition, on fait de l’Eglise la gardienne d’une Révélation elle-même confuse. Il est, dès lors, plus que vital de bien comprendre ce que l’on doit entendre sous le nom de Tradition.

 

 

 

II. Qu’entend-t-on par « Révélation divine » ?

 

 

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 S’il est au monde, aujourd’hui,

une religion capable précisément de parler de la Tradition

et d’en présenter le contenu,

c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres !

 

 

wgart_-art-d-domenich-adam_eve.jpgLa Révélation divine s’est manifestée en trois grandes phases. Il y eut d’abord une Révélation primitive qui fut reçueJGAG_402_23HLZ4ICDHT6_small.jpg par les Patriarches mais qui n’engendra aucune Écriture, puis une seconde Révélation qui donna naissance à l’Ancien Testament et, enfin, une troisième Révélation, celle du Messie, qui engendra le Nouveau Testament avec lequel la Révélation publique est close.

 

Chaque phase a vu apparaître une forme particulière de Tradition qui a véhiculé la partie non écrite de la Révélation et que l’Eglise, sous sa forme du moment, s’est attachée à conserver. En effet, tous les historiens de la Religion sont d'accord pour affirmer que l’Eglise, bien que sous des formes différentes, remonte aux toutes premières origines de l’humanité, donc au temps des toutes premières Révélations.

 

Puisque nous voulons définir la Tradition, nous devons donc nécessairement en saisir la chaîne dès le début et nous demander : dans quelles conditions précises  elle a pu ou non parvenir jusque nous ? De l’avis général des docteurs de l’Eglise, la Révélation faite par Dieu à Adam et aux patriarches qui lui ont succédée comportait quatre composantes essentielles : un Dieu, une Loi, un Culte et une Prophétie :

 

+ Un Dieu - Le Dieu de la Tradition est personnel, créateur et unique. Il est personnel, on peut avoir avec Lui un commerce ; Il n’est ni une force aveugle, ni une entité abstraite ; la religion primitive n’est pas panthéiste. Dieu est créateur ; Il n’a aucune force indépendante au-dessus de Lui ; Il est souverain maître de tout, donc créateur de tout. Dieu est unique ; il n’y a pas d’autre dieu que Lui ; la relation primitive n’est pas non plus polythéiste.

 

+ Une Loi - Elle est tacite ; c’est la règle de conduite mise au cœur de l’homme ; c’est la voix de la conscience ; c’est la loi naturelle ; elle n’est donc pas positivement révélée ; mais quand Caïn la transgresse, Dieu la rappelle explicitement ; elle est d’ailleurs complétée par des prescriptions diverses, comme par exemple le précepte de procréation.

 

+ Un Culte - La loi du sacrifice est universelle ; elle consiste à confesser devant Dieu son propre néant ; tel est le fondement du culte ; de non-sanglant qu’il était avant la chute, il est devenu sanglant depuis, puisqu’il s’y est ajouté la nécessité de l’expiation ; Abel a compris cela et non Caïn. Le culte de Caïn est une offrande d’action de grâce, c’est désormais insuffisant ; il n’est pas accepté par Dieu. Le sacrifice d’Abel est expiatoire et il va donc entrer dans la tradition divine comme ayant été accepté par Dieu.

 

+  Une Prophétie - On l’appelle le « Protévangile » ; en voici le texte. Dieu s’adresse au serpent après l’épisode de la tentation originelle. Le Protévangile est la pièce maîtresse de la Tradition primitive  : «Je mettrai des inimitiés (au pluriel dans le texte : inimicitias) entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; elle te brisera la tête et tu la mordras au talon.» (Genèse, III, 15).

 

III. Division en deux formes distinctes de la Tradition

 

baphomet11.gifAujourd’hui, cette prophétie s’est réalisée en partie ; nous savons que la postérité de la femme c’est le Christ et nousGreco_Annonciation.jpg en déduisons que la postérité du serpent, c’est l’Antéchrist. Dans les temps anciens, elle alimenta les méditations des hommes qui « marchaient avec Dieu », parce qu’elle résume l’histoire du monde ; beaucoup d’exégètes disent que cette prophétie a été donnée par Dieu pour soutenir l’espérance des premiers hommes, car elle formule l’espérance de la Rédemption. Les « hommes justes, il va sans dire, étaient de la sorte en attente impatiente de ce « brisement de tête » et de cette « morsure au talon ».

 

Le problème, c'est que les deux traditions portent le même nom (tradition), mais n’ont pas du tout le même contenu. Il faut impérativement pour dénouer cette difficulté, discerner entre les deux traditions, laquelle contient véritablement la "Tradition primitive" et laquelle est un rameau dévié.

 

La Tradition première, qui donc contenait oralement toute la Révélation, a été l’objet de très graves altérations. Il s’y est mêlé des traditions profanes, non révélées qui par conséquent ont fini par envahir, étouffer et effacer toute trace de vraie Tradition, c’est-à-dire de la Révélation divine. D'ailleurs l’Histoire de la Religion sur la terre, jusqu’à Abraham, n’est autre chose que celle des altérations successives de la Tradition primitive.

 

Ceci explique pourquoi s’il est au monde, aujourd’hui, une religion capable précisément de parler de la Tradition et d’en présenter le contenu, c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres. Quand Guénon dit : «Le christianisme a oublié la Tradition, c’est l'Inde qui l’a conservée», il se trompe [2]. C’est exactement le contraire, en réalité. Toutes les religions païennes (et pas seulement l’hindouisme), ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels avant Abraham et avant l’Ecriture. Elles ne possèdent donc, de la Tradition, que la version babélienne dont, justement, Dieu n’a pas voulu.

 

IV. Altération de la Tradition

 

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Toutes les religions païennes

ne possèdent de la Tradition,

que la version babélienne dont Dieu n’a pas voulu.

 

 

 

langues_babel.jpgLe corollaire obligé de la confusion et de la dispersion babélienne, c’est la vocation d’Abraham. Il n’y a plus d’autrenandi_the_mount_of_lord_shiva_eu55.jpg moyen, pour perpétuer la Vraie Religion, que de constituer un « peuple-citadelle » qui en soit le gardien. Mais de quoi ce peuple serait-il le gardien, s’il n’y a plus rien à garder ? Or, à la période du Déluge, l’apostasie était devenue générale et irréversible, il n’y avait donc plus rien à garder. Il fallait donc que Dieu reconstitue la Tradition première (ou sacerdotale primitive) ; il lui fallait procéder à une nouvelle Révélation qui serait la répétition de la première, il fallait tout refaire de rien.

 

Patiemment Dieu, comme nous le savons, de nouveau, se révèlera à Abraham, Isaac et Jacob, en vue de reconstituer la Tradition première qui était perdue.

 

C’est donc Moïse, après l’élection d’Abraham, qui sera chargé de recueillir la Révélation nouvelle par laquelle Dieu reconstituait la Tradition primitive oubliée. Mais, cette fois, la Révélation fut consignée par écrit : c’est l’Ecriture Sainte. En même temps, une organisation sacerdotale est créée, qui veillera entre autres fonctions, à la conservation littérale de l’Ecriture. Et les générations futures n’auront qu’à se louer de la rigueur avec laquelle cette conservation sera réalisée. Nous connaissons donc aujourd’hui la Tradition Patriarcale, non pas directement et oralement, mais par l’Ecriture.

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Ceux qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme les hindous,

les bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc.,

ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel,

c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ;

la partie qui est sans valeur pour le Salut.

 

 

 

Comment savons-nous ce que Dieu a dit à Adam, puis à Noé ? Ce n’est certes pas par la Tradition puisqu’elle a été altérée et même oubliée. C’est pas l’Ecriture. Ceux donc qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme c’est le cas des hindous, bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc., ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel, c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ; la partie qui est sans valeur pour le Salut ; c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ignorent le Salut et qu’ils le remplacent par la « délivrance », terminologie si prisée par René Guénon.

 

V. La Tradition est double

 

shiva-ganesh-bronze-AT-B-147.jpgOr, il n'est pas indifférent de noter que si n'est quasiment jamais fait mention de la tradition hébraïque dans les écrits delcf_02.jpg Guénon ou de manière passablement anecdotique, c'est qu'il la considère comme relativement périphérique et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale, ce qui n'est pas sans poser d'immenses et quasi insolubles problèmes théoriques puisque le judaïsme, ou plus exactement « l'Histoire Sainte » dont il est le témoin et le dépositaire de par une élection toute spéciale (« Histoire Sainte » à l'intérieur de laquelle est placé l'ensemble des bases de la foi chrétienne puisque s'inscrivant dans le plan général de la Rédemption), se veut et se présente comme dévoilant et expliquant l'histoire générale de l'humanité depuis le comment de la Création et le début des temps, possédant un dépôt d'une valeur et d'une éminence de Vérité à nulle autre comparable.

 

Dans ce cas il convient donc de savoir, question essentielle, laquelle des deux traditions, l'orientale ou, la judéo-chrétienne, est vraiment « originelle », "Primordiale", et quelle est celle qui n'est qu'un « rameau détaché » d'un tronc authentiquement primitif ?

 

 

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S’il n'est quasiment jamais fait mention

de la tradition hébraïque dans les écrits de Guénon,

c'est qu'il la considère comme relativement périphérique

et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale…

 

 

 

cain-murdering-abel-vampire-art.jpgDès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions,image003-full.jpg l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence. La suite des événements n’aura de cesse de confirmer ce constant antagonisme, cette rivalité et séparation entre deux « voies » dissemblables que tout va en permanence opposer, les rendant rigoureusement étrangères et inconciliables.

 

Il n'est pas indifférent de relever l’analyse pertinente de saint Augustin (324-385) au sujet de ces « deux postérités » engendrant deux traditions et donc deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables [3].

 

VI. La tradition mensongère

 

FrancMa1.jpgOn comprend mieux pourquoi, du fait qu'ils appartienent à la tradition déviée et pervertie qui a la haine de Dieu et de ses lois, les ennemis de l’Eglise attaquent toutes les institutions, matérielles et spirituelles : dogme, hiérarchie, sacrements, implantation territoriale, tout ce qui incarne la réalité de la présence de la société spirituelle fondée par Jésus-Christ, société qui est en horreur à Satan et à ceux qui lui sont, consciemment ou inconsciemment, soumis. La Tradition que protège l’Eglise est, comme il est aisé de le concevoir, l’objet d’attaques particulières animées par une féroce hostilité.

 

D’autres, plus perfidement, faussement catholiques, défendent une tradition mouvante, évolutive, changeante, alors que du point de vue dogmatique, la Tradition ne possède pas de véritable variabilité, car le changement ne peut avoir lieu que dans le sens de l’enrichissement : un enrichissement c’est-à-dire un processus qui ne comporte par d’éliminations. Quand une notion aura été une fois réputée traditionnelle par les autorités de droit avec les preuves d’apostolicité qui s’imposent, personne ne lui retirera plus jamais sa traditionnalité. Il s’agit donc d’un épanouissement de la même nature que celui du dogme avec lequel d’ailleurs il chevauche. Il n’y a pas d’épanouissement sans stabilité. Certains, qualifient donc la Tradition de « vivante », la soumettant à un processus naturel vital, c’est-à-dire à une alternance d’assimilations et d’éliminations, les unes provoquant les autres, tolérant d’elle qu’elle se débarrasse périodiquement d’un certain nombre d’éléments qui « ont fait leur temps » et qui seront remplacés par les nouveaux [4]. Voilà la Tradition devenue évolutive et le tour est joué. Il ne s’agira plus d’un épanouissement mais d’un tourbillon !

 

ConcileVaticanI.jpg

L’Eglise est gardienne d’une Tradition

antagoniste de celle de Babel.

C’est même un des traits particuliers de l’Eglise,

que d’avoir été maintenue séparée

de la souche des fausses religions païennes.

 

 

evola.jpgRedisons avec force, que la Tradition des Apôtres forme, avec celle des Patriarches, un ensemble homogène qui constitue811-1.jpg précisément cette vraie « Tradition » dont l’Eglise est la détentrice.

 

Parallèlement à ce courant orthodoxe, il s’est créé un autre courant que l’on devrait appeler « pseudotraditionnel » et qui en diffère, évidemment, dans son contenu et dans son mode de constitution.

 

Le contenu de la « pseudo-tradition » n’est pas homogène ; il est composite. Il est fait de trois constituants, mêlés plus ou moins intimement. On y trouve des vestiges déformés de la Révélation Divine, comme par exemple les conceptions panthéistes et païennes. On y trouve des élucubrations humanitaires comme celles de la Tour de Babel. Et l’on y trouve des produits de la fausse mystique, c’est-à-dire de la mystique démoniaque qui est la source de la mythologie polythéiste.

 

 

02.jpgBref, cette pseudo-tradition véhicule, mêlées ensemble, toutes les productions de la religiosité naturelle. Quant à son mode de constitution, on peut dire que la pseudo-tradition est dans son droit quand elle prétend à la même ancienneté que la Vraie.

 

Elles ont toutes les deux le même point de départ qui est le jugement de Dieu sur les sacrifices d’Abel et de Caïn. La pseudo-tradition est aujourd’hui défendue, sous le nom de « tradition ésotérique », par des penseurs qui en font la source commune  fondée pour les religions non-chrétiennes.

 

Mais elle est sans fondement pour l’Eglise laquelle est gardienne d’une Tradition essentiellement antagoniste de celle-là. C’est même un des traits particuliers de l’Eglise, à toutes les époques, que d’avoir été maintenue séparée de la souche commune des fausses religions.

 

 

VII. La fallacieuse idée de l’évolution de la Tradition 

 

maistrecolour.jpgS’il était absolument nécessaire de rappeler ces définitions, c’est que nous assistons à une manœuvre qui tend à dénaturer et à transformer la vraie Tradition, en lui faisant perdre sa rigueur et en la rendant évolutive afin d’y introduire des éléments notionnels hétérodoxes.

 

Le christianisme, pensait Joseph de Maistre (1753-1821), sous-entendant évidemment le catholicisme, est le couronnement des religions, « La Religion » par définition, celle qui conduit à son maximum de profondeur l’exigence métaphysique universelle, celle qui recèle les mystères religieux ineffables malheureusement oubliés, celle qui « révèle Dieu à l’homme » [5].

 

 

De ce fait, la Vérité ne change pas, son expression, les modes de sa formulation peuvent sensiblement varier avec les époques, mais rien, absolument rien ne peut être modifié de l’essence sacrée et éternelle du saint et vénérable dépôt de la Foi, c’est pourquoi le Saint-Office le 3 juillet 1907, par le Décret Lamentabili, réprouva et condamna comme erronée, fallacieuse et hérétique la proposition : « La vérité n’est pas plus immuable que l’homme, elle évolue avec lui, en lui et par lui. » [6]

 

Pie_IX15.jpg

 

"Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs
et les vengeurs de l'auguste religion catholique,
ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner
toutes les hérésies et les erreurs contraires notre Foi divine,
à la doctrine de l'Église Catholique."

 

 

image-1.jpgSouvenons-nous de ce qu’écrivait Pie IX dans l’encyclique Quanta cura, déclarant en préambule, alors que les pernicieuses idées révolutionnaire menaçaient la Tradition de l’Eglise, en attaquant ses fondements, niant son authenticité et lançant les pires attaques à son encontre soutenant le caractère évolutif et progressif des dogmes et de la Foi :

 

- « Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l'auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l'Église Catholique, à l'honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l'Église et la Cité. C'est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d'hommes iniques, qui projettent l'écume de leurs désordres comme les vagues d'une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption : ébranler les fondements de la religion catholique […] corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l'entraîner dans les pièges de l'erreur, et enfin l'arracher du sein de l'Église catholique, voilà le sens de tous leurs efforts. » [7]

 

Il poursuivait ainsi :

 

« Ne cessez jamais d'inculquer aux fidèles que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa doctrine et de sa pratique, et « qu’heureux est le peuple dont Dieu est le Seigneur » (Psaume 143). Enseignez que « l'autorité repose sur le fondement de la Foi Catholique » (Saint Célestin, Lettre 22 au Synode d'Éphèse) et « qu'il n'y a rien de plus mortel, rien qui nous précipite autant dans le malheur, nous expose autant à tous les dangers, que de penser qu'il nous peut suffire d'avoir reçu le libre arbitre en naissant ; sans avoir à rien demander de plus à Dieu ; c'est-à-dire, qu'oubliant notre Créateur, nous renions son pouvoir sur nous pour manifester notre liberté. » (Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile Épiscopal de Carthage). N'omettez pas non plus d'enseigner que « le pouvoir de gouverner est conféré non pour le seul gouvernement de ce monde, mais avant tout pour la protection de l'Église » (Saint Léon, Lettre 156). »  [8]

 

Conclusion

 

 

murillo-2.jpgCeci explique pourquoi, alors que l'objet de la foi catholique s'appuie uniquement sur le dépôt contenu dans l'Ecriture et la Tradition confiée à l'interprétation de la Sainte Eglise, c'est positivement le péché des athées, c’est-à-dire l’orgueil, qui volontairement rejettent Dieu parce qu'ils ne veulent pas de maître [9], soutiennent sous couvert d’une chimérique évolution,  que le respect de la Tradition est une soumission mahométane chez ceux qui l’observent, et reproduisent ainsi sans s’en rendre compte par leur stupide attitude, équivalemment, le péché de Lucifer qui, voulant être autonome, refusa de se soumettre à Dieu.

 

Comme nos premiers parents qui, désirant être comme des dieux, voulurent connaître par eux-mêmes le bien et le mal,adam_eve_garden.jpg les hérétiques refusent de s’incliner devant l'autorité du Magistère et des actes de l'Eglise établie par Dieu, et rejettent ceux qui, pieusement, révèrent les déclarations de la sainte institution. Il est intéressant de noter que c'est également l’attitude des rationalistes, scientistes et autres modernes esprits qui, fiers de leur raison, ne veulent pas la soumettre à la Foi. C'est aussi le péché de certains faux chrétiens trop orgueilleux pour accepter l'interprétation traditionnelle des dogmes, les atténuent, les relativisent, les discutent et les déforment pour les harmoniser avec leurs médiocres exigences.


Un grand nombre tombent ainsi implicitement dans ce terrible et repoussant défaut, en agissant comme si les dons naturels et surnaturels dont Dieu les a gratifiés, étaient complètement leurs. Sans doute reconnaissent-ils parfois, du moins en théorie, que Dieu est leur premier principe ; mais en pratique, ils s'estiment démesurément comme si ils étaient eux-mêmes les auteurs des qualités qui sont en eux en ratiocinant, bavardant à l’excès, pérorant, jacassant, interprétant, tenant des propos superficiels et tordant les principes éternels de la Foi.  

 
Ils se complaisent ainsi indécemment dans leurs piètres qualités et leurs misérables mérites, comme s'ils en étaient les seuls auteurs, ignorant l’avertissement sage de Bossuet :

 

« L'âme se voyant belle s'est délectée en elle-même,

et s'est endormie dans la contemplation de son excellence :

elle a cessé un moment de se rapporter à Dieu : elle a oublié sa dépendance ;

elle s’est premièrement arrêtée et ensuite livrée à elle-même.

Mais en cherchant d'être libre

jusqu'à s'affranchir de Dieu et des lois de la justice,

l'homme est devenu captif de son péché » [10].

 

Notes.

 

 

[1] guenon.jpgRené Guénon a bénéficié d’un parcours initiatique et maçonnique plus que substantiel. Reçu le 25 octobre 1907 au sein de la Logezoom_B2-538.jpg Humanidad n° 240, ainsi que, le même jour, dans le Chapitre et Temple « I.N.R.I. » du Rite Primitif et Originel Swedenborgien, il se vit remettre des mains de Theodor Reuss (1855-1923) le cordon noir de Kadosh. Puis après avoir été élevé à la maîtrise, le 10 avril 1908, non sans suivre en parallèle une démarche Martiniste (c’est Phaneg, de son vrai nom Georges Descomiers (1867-1945), qui le fera Supérieur Inconnu lui donnant une chartre de délégué général pour le Loir-et-Cher) qui s'acheva par sa consécration épiscopale par Fabre des Essarts (1848-1917) sous le nom de « Palingenesius d’Alexandrie », en tant qu'évêque de l'église gnostique fondée par Jules Doinel (1842-1902), n’hésitant pas à s’engager dans la création d'un Ordre Rénové du Temple. En 1912 ’il sera accepté comme maître maçon dans la Loge Thébah travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté sous les auspices de la Grande Loge de France, Loge qu’il fréquentera régulièrement jusqu’en 1917, où il s’éloignera de France pour enseigner comme professeur de philosophie à Sétif en Algérie.

 

 

[2] visites_5eC_inde_shiva1.jpgPour René Guénon, l'essence de la Tradition primordiale se retrouve de façon privilégiée dans la tradition hindoue qui est détentrice d'une source directe d'une incomparable pureté à l'égard des fondements premiers de la « Science Sacrée » d'origine non-humaine selon-lui, plaçant les autres traditions dans une sorte de situation de dépendance à son égard, comme il le déclare de manière catégorique et stupéfiante en affirmant La situation vraie de l’Occident par rapport à l’Orient n’est, au fond, que celle d’un rameau détaché du tronc .» (R. Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, 1è partie, chapitre 1.)

 

 

 

 

 

 

[3] C'est sans doute dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin, Père et docteur de l'Eglise, développera le plus complètement l'exposé de sa doctrine qui deviendra l'une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne en Occident.

 

[4] nave-VaticanII1.JPGLa grande argumentation des hautes instances vaticanes lors du dernier concile, était de poser un principe fallacieux, mais qui semblait quiJean-XXIII_Discours-ouverture.jpg aller de soi, à savoir que la quintessence de la Tradition, dans l’Église, était d’évoluer et de s’adapter toujours et toujours... sans doute comme les volutes de la fumée dans le vent de l’histoire ! Reconnaissons toutefois, malgré l’état d’esprit moderniste de certains passages contestables, l’excellence de ces lignes de la Constitution Dogmatique Dei Verbum : « La sainte Tradition et la Sainte Ecriture sont reliées et communiquent  étroitement entre elles, car toutes deux jaillissant d'une source divine identique, ne forment pour ainsi dire qu'un tout et tendent à une même fin… La sainte Tradition, porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l'Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs... La sainte Tradition et la Sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise. » (Constitution Dogmatique Dei Verbum, § 9,v.10).

 

[5] J. de  Maistre, Du Pape, liv. III, ch. I.

 

[6] « Veritas non est immutabilis plus quam ipse homo, quippe quae cum ipso, in ipso et per ipsum evolvitur ». DENZINGER, n° 2058,  Décret Lamentabili, 3 juillet 1907. L’Encyclique Pascendi dominici gregis parut deux mois plus tard, le 8 septembre 1907 ; elle condamnait le modernisme comme le renouvellement de nombreuses hérésies. Elle repoussait sa conception de l’expérience religieuse substituée à ces preuves, conception dans laquelle se confondent l’ordre de la nature et celui de la grâce.

 

[7] Quanta cura, Lettre encyclique de sa sainteté le Pape Pie IX, 8 décembre 1864.

 

[8] Ibid.

 

[9] C’est d'eux que parle le Psalmiste quand il dit : « L'insensé a dit en son cœur : il n’y a pas de Dieu » (Ps. XIII, 1).

 

[10] Bossuet, Traité de la concupiscence, ch. XI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jeudi, 25 juin 2009

COMMENT PEUT-ON ÊTRE CHRÉTIEN ?

Le caractère divin de la Révélation

 

 

delta.jpg

gloire.jpg

Ehye asher Ehye

"Je Suis qui Je suis"

[Exode 3, 14]

 

 

 

 

 

arton55-5ada7.jpgIl y aurait beaucoup à dire à propos des positions, relativement caractéristiques des analyses que l’on peut rencontrer, il faut l’avouer largement répandues et qui bénéficient d’une importante publicité dans de nombreux ouvrages et médias hostiles au christianisme, et dont les prolégomènes critiques sont, comme toujours, dirigés tout d’abord à l’encontre de la racine mosaïque de la Révélation. Ainsi, pour faire justice des trop rapides conclusions qui firent et font encore les beaux jours d’un néo-paganisme folklorique, et tordre le coup à nombre absurdités énoncées avec une incroyable légèreté, il importe, d’autant en une période où les thèses de la Nouvelle Droite ont largement montré leur limite, de constater de façon rigoureuse la fausseté des positions dont s’était fait le chantre Alain de Benoist et que défendait le GRECE , positions qui relevaient toutes de vieilles lunes antichrétiennes qui ont leurs sources chez des auteurs matérialistes et athées, de Renan à Louis Rougier en passant par Celse , Nietzsche et Harnack, sans oublier le plus qu’hétérodoxe Julius Evola, dont on retiendra cependant cette pertinente remarque à l’endroit des néo-païens non conscients de leur propre héritage : «L'action juive a été possible seulement parce que dans l'humanité non-juive s'étaient développés des processus de dégénérescence et de désagrégation : l'élément juif s'est greffé à ces processus, avec l'esprit, les instincts et les méthodes qui lui sont propres, il les a accélérés jusqu'à l'exaspération, les conduisant là où, seuls, ils ne seraient pas parvenus aussi rapidement. » [1]

evola.jpg
Julius Evola (1898-1974)

«L'action juive a été possible

seulement parce que dans l'humanité non-juive

se sont développés des processus de dégénérescence et de désagrégation . »

 

C’est pourquoi pour faire suite, en cette période estivale propice à la méditation, à notre première étude : « Pourquoi n’est-il plus possible d’être païen ? », il nous semble intéressant de reprendre, face aux questions suscitées par notre premier texte, l’interrogation du fait chrétien, en se penchant, partant des origines mosaïques jusqu’à nous, sur l’ensemble de la perspective historique et spirituelle de la Révélation, afin de mettre en lumière sa cohérence et ses critères de crédibilité sur le plan religieux, qui démontrent, au final, la parfaite vérité et la fonction salvatrice du christianisme.

Cette étude, nécessairement développée, se déploiera en trois volets qui seront publiés successivement :

I. Origine divine de la Révélation mosaïque

II. Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe

III. L’Ordre chrétien.

 

 

ARCHE_alliance.jpg

I. Origine divine de la Révélation mosaïque

 

a) – Origine des hébreux

Il faut donc commencer par la première des nombreuses affirmations, un rien rapides et réductionnistes, qui se fondent sur la thèse bien connue du caractère construit, politique et non originel du monothéisme hébreux, qui plus est issu d’une source hétérogène malsaine et hétéroclite expliquant la permanence de sa nocivité à travers l’Histoire : « Le judaïsme [est depuis l’origine] une force destructrice pour toute race ou culture. […] eux-mêmes sans race, les Juifs deviennent alors l'anti-race; eux-mêmes sans nation, ils deviennent l'anti-nation..» [2]

On dira, pour être gentil, que c’est une entrée en matière singulièrement osée ! Comment ? le judaïsme primitif aurait été un mouvement révolutionnaire nihiliste ! Quelle vision étroite et si peu conforme à la réalité du fait mosaïque sur le plan historique, alors que les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les hautes terres de Canaan (vers Béthel et Silo) ont permis d'établir la présence, à partir de -1200, de petites communautés de nomades qui se sédentarisent, probablement pour cultiver leurs céréales. Communautés qui ne sont en rien formées par d’anciens esclaves des égyptiens [3].

Et alors qu’à ce jour aucune trace archéologique de Moïse ni d'allusion à son existence antérieurement au récit biblique n'a été retrouvée, ni en Égypte, ni en Palestine, mais que l'on connaît les principaux notables de l'entourage des pharaons du Nouvel Empire, et surtout, élément fondamental, que l’on sait que l’identification faite jusqu’à présent par les érudits des « Apirou » aux Hébreux, et ce jusque tout récemment, est totalement fautive, entraînant des interprétations absolument erronées, dont l’idée évolienne d’un peuple non national est redevable. [4]

hébreux.jpg

Les Hébreux sont groupés en familles, en clans,

qui gardent leur identité et leurs traditions propres.

 

La tradition biblique reste notre seule source de renseignements, qui nous présente donc les Hébreux de l'époque patriarcale comme des « étrangers » (gérim), non par eux-mêmes, mais uniquement par rapport aux populations locales qu’ils rencontrent, des pasteurs semi-nomades en voie de sédentarisation, à la recherche de pâturages. Ils vivent en autarcie et refusent de se marier « avec les filles des Cananéens ». Ils sont groupés en familles élargies (bêyt'âb) ou en clan (mishpâhâh), qui gardent leur identité et leurs traditions propres (culte du Dieu de leurs pères). Rien à voir, comme on le constate, avec un peuple esclave vivant de rapines et profitant du produit du travail des peuples qu’ils soumettent. Rappelons d’ailleurs qu’après une errance, ils revinrent en Canaan, occupée par les Philistins, et par la victoire de David, roi d'Israël, contre Goliath, champion des Philistins, ils gagnent la terre de Canaan. C'est le début des royaumes, celui de Salomon de 970 à 930 avant J.-C., avec pour capitale Jérusalem, où Salomon fait bâtir un temple renfermant l'arche d'Alliance, puis sa division en deux avec le royaume de Juda qui survécut jusqu'en 587 avant J.-C., et celui d'Israël jusqu'en 722 avant J.-C. Victime de sa division, paradoxalement, c’est le peuple hébreu affaibli qui subit plusieurs invasions étrangères, perse, grecque et romaine, dont la dernière dirigée par Titus en 70 de notre ère provoqua la seconde Diaspora.

b) – La fable de la source égyptienne du monothéisme hébreux

 

moisem.jpg

Nicolas Poussin.

La Fille du Pharaon trouve Moïse au bord du Nil (1638)

 

Deuxième élément significatif, sans même s’appuyer sur les textes bibliques dont on pourra toujours rétorquer qu’ils sont l’œuvre d’une habile construction tardive due à Esdras, il y a dans l’affirmation portant sur la prétendue origine égyptienne du monothéisme hébreu, une considérable méprise initiale qu’il importe de réfuter. On le sait, reprenant les thèses de Gressmann, Jean Astruc, Eduard Meyer, Yahuda et Sellin, Freud, en 1939, émit l'hypothèse que Moïse était un haut militaire, proche d'Akhenaton et acquis à ses idées monothéistes. Il dut s'enfuir lors de l'effondrement de la religion d'Aton en emmenant avec lui un groupe de Sémites qu'il avait soumis lors d'une de ses campagnes contre ces « habirous », parfois appelés « Israal » ou Hyskos dans les textes égyptiens. Voici pour Freud quelle fut la réalité de l'Exode : « Moïse essaya de convertir ces hébreux à la religion d'Aton, mais ce peuple avait « la nuque raide » et ne manquait aucune occasion de se tourner vers d'autres dieux : Baal, veaux d'or, Astarté (Ishtar en Akkadien) Tammuz (Dumuzi) etc. » [5]

freud.jpgOr, il apparaît que les choses se sont passées fort différemment, car la thèse égyptienne, si populaire de nos jours, ayant reçu une sorte de vérité « analytique » avec le « Moïse » de Sigmund Freud, est un roman amusant, mais qui est loin, pour le moins, de répondre aux critères historiographiques sérieux. Ainsi, élément immédiat qu’il nous faut définitivement purger. Moïse, et le monothéisme hébreu, ne sont en rien redevables à la religion égyptienne. En effet, pour nombre de critiques, Moïse aurait recueilli l'héritage de la religion amarnienne. Cette thèse est absurde au plus haut degré puisque plus de cent cinquante ans avaient déjà passé lors de la Révélation mosaïque [6]. Le culte d'Aton avait été banni et tout ce qui a pu être dit de sa possible survie clandestine, nous le savons, est pure spéculation depuis l’excellent ouvrage de Marianna Simon : « La philosophie de la religions dans l'œuvre de Schleiermacher », Vrin, 1974. Il était d'ailleurs loin de correspondre au monothéisme biblique aniconique, puisque sa représentation sous forme de disque dispensant ses bienfaits au moyen de ses rayons pourvus de « petites mains ouvertes » était en contradiction flagrante avec le second commandement (“ Tu ne te feras aucune image de ce qui est dans les cieux en haut ” Exode 20,4). Akhenaton lui-même ne différait guère des autres pharaons qui se disaient divins puisqu'il se croyait l'incarnation d'Aton et avait même des prêtres de son culte. Chaque matin, le disque solaire était censé enfanter au moyen de ses rayons sa propre image en la personne royale. Cependant, à la différence du Dieu biblique, ce nouveau dieu égyptien ne parle pas aux hommes et n'a pas d'exigence éthique. Quelle que soit l'historicité attribuée au personnage de Moïse, dont on ne voit pas pourquoi il ne serait pas considéré comme réel sur le plan religieux, la religion dont il est le fondateur apparaît au demeurant beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

Le prêtre égyptien Manéthon ne s'y était pas trompé en rédigeant au IIIème siècle av. une sorte de contre récit de l'Exode, plein de ressentiment. Si l'Egypte est si présente dans l'Exode, c'est, comme l'écrit Jan Assmann, professeur d'égyptologie à l'université de Heidelberg, que : “le monothéisme mosaïque est une contre-religion explicite qui ne peut s'auto-définir qu'à partir de son contre-modèle ”. [7]

c) – L’originalité de la Révélation

Spinoza.jpg
Pour Spinoza (1632-1677),
ce qu'on appelle "révélation", "prophétie", ou "miracle"
ne sont rien d'autres que des évènements naturels
que les plus crédulent (les prophètes y compris)
interprètent malencontreusement comme les signes d'un Dieu.

Seconde absurdité, l’idée d’une compilation d’éléments adventices qui verrait la Torah être une habile et ingénieuse compilation, une sorte de symbiose réussie d'éléments pré-judaïques provenant d'autres cultures et participant de diverses mythologies (ougaritique, egyptienne, et suméro-babylonienne,, etc.). Jan Assmann, dans l’ouvrage déjà cité, retrace suffisamment l'entreprise de « déconstruction » qu'ont opérée, entre autres, John Spencer (1630-1693), Spinoza, et Freud, qui ont tous œuvré, selon des modalités différentes, à la réhabilitation de la religion égyptienne, entreprise qui aujourd’hui fait les beaux jours de tous les adversaires du christianisme, mais qui, hélas ! repose sur des affirmations fantaisistes.

moïse.jpg

La religion dont  Moïse est le fondateur

est beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

 

Ainsi, dans la droite ligne de l’obsolète critique radicale redevable aux faibles lumières de la philologie, l’exemple le plus comique en date est le récent volume de compilations des très modernistes héritiers de Renan : « Ce que la Bible doit à l'Egypte de Eliot Braun », André Lemaire, Pierre Grelot, Thomas Römer, Bayard Centurion, 2008, sorte de re-sucé médiocre des déjà anciens opus de L'année 1902 : Adolf Harnack, L'essence du christianisme, et, L'Évangile et l'Église d'Alfred Loisy. Cette critique pouvant également être faite au grotesque roman de science-fiction « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux » dont l’éditeur nous dit gentment que ses auteurs Messod et Roger Sabbah, « accumulent éléments et preuves aux fins d'authentifier leur découverte », alors même que les dits « auteurs », qui donnent souvent l'impression de s'appuyer sur des raisonnements scientifiques, ne connaissent pas la langue égyptienne ancienne, ni le fonctionnement et l'origine de l'écriture hiéroglyphique établissant entre langues et écritures hébraïques et égyptiennes des parallèles complètement fallacieux, basés sur des faux syllogismes : on pourrait prouver de la même façon que les mayas sont des descendants des égyptiens parce qu'ils construisaient aussi des pyramides. Les équations entre les noms des rois égyptiens de la XIXe dynastie et les noms bibliques Moïse et Josué sont tout aussi invraisemblables et contraires à toutes les règles de la phonétique historique. [8]

Mais pourquoi ces braves gens se trompent radicalement ? Tout simplement parce que la réforme religieuse d'Akhénaton n'a absolument rien de monothéiste ! C'est une pure légende, car la religion égyptienne était tout au plus hénothéiste, mais très loin d’un authentique monothéisme. Depuis la plus haute antiquité, un hymne à Osiris, Râ, Ptah, Isis, Hathor ou même des divinités plus obscures (Mereretseger, Renenoutet) présentaient systématiquement la divinité comme « unique » au sens de différente des autres, mais pas plus. Aton émerge par exemple comme divinité à l'époque du grand-père d'Amenhotep IV, Thoutmosis IV, sous Amenhotep III. Il fut particulièrement mis à l'honneur (surtout à partir du premier jubilé), mais son nom même interdit toute interprétation monothéiste : dans sa première version, il intègre les noms de Horakhty et Shou, dans sa seconde version celui de . Il donc évident que nous avons affaire à une construction divine typiquement égyptienne, un balancement entre le un et le multiple ou l'un et l'autre ne s'excluent pas, mais en aucun cas une manifestation du Dieu Un à l’exclusion des autres qui seraient écartés de l’attribut divin.

d) – Le Dieu de la Révélation biblique est en rupture avec tous les autres dieux

temple.jpg

Le premier monothéisme authentique,

sur la scène de l’Histoire de l’humanité,

est bien celui des Hébreux

A ce titre, le premier monothéisme authentique, sur la scène de l’Histoire de l’humanité, est donc bien celui des Hébreux. Qu’il émerge lentement, en étant entouré de cultes, de traditions étrangères au mosaïsme, qu’est-ce que cela a de nouveau ? Rien ! la Bible elle-même nous en parle et évoque les dieux étrangers qui étaient parfois l’objet d’un culte parmi les hébreux. Comment imaginer d’ailleurs, l’apparition d’une religion sans qu’elle soit entourée d’éléments externes ? Il n’y a donc en cela aucun point extraordinaire ni de choquant. D’ailleurs dans la Bible, la question se pose autrement. La Bible n'est pas une histoire d'Israël alors qu'elle la suppose. C'est le témoin, religieux et révélé, des institutions vécues par Israël au milieu des nations; elles lui donnent son identité propre de peuple de Dieu.

Il y a, dans la Torah et les prophètes, quatre « strates » où des codes correspondent à des récits. Dans la plus ancienne strate le Dieu est, national et dynastique, mais la dynastie élue est celle de Juda (Genèse 49, 10), un cadet d'entre les fils de Jacob ; La seconde strate est prophétique ; La troisième strate est deutéronomique, marquée par la sagesse et la monition sapientiale (Deutéronome 4, 6–10), elle insère le Deutéronome dans l'histoire deutéronomique. La quatrième est sacerdotale, postexilique, Israël ayant perdu son autonomie politique; elle insiste sur le rôle d'Aaron auprès de Moïse et distingue — comme Ezéchiel (ch. 45) — le prince et le prêtre, le sacré et le profane, la religion vraie. De ce fait la simple chronologie des évènements, que nous transmettent l’épigraphie, l’archéologie et les traditions historiographiques, s’imposant à nous comme une méthode spécifique dont la validité pourrait être largement remise en question dans la mesure où le recours à la critique historiographique s’agissant d’un problème de foi soulève de nombreux débats, puisque aux tenants d’une analyse synchronique des textes, considérés au mépris des antiques usages rédactionnels religieux dans leur état final d’élaboration, s’opposent ceux d’une analyse diachronique et profane visant à distinguer, dater et identifier les auteurs au mépris des anciens usages, n’est pas satisfaisante pour comprendre l’originalité du monothéisme hébreu.

Si l’on affirme, comme les livres actuels, que vers - 1300 les Hébreux sont venus de Mésopotamie, où ils étaient sédentaires depuis un millénaire, et apparaissent en Palestine, puis en Égypte, que -1250 correspond à l’Exode biblique, la date de -1225 proposée comme fondation du monothéisme par Moïse, après la Révélation sur le Mont Sinaï du décalogue est bien un événement considérable pour un peuple qui avait derrière lui près d’un millénaire et demi d’existence. Abraham, qui, par ses origines, est l’héritier de cette civilisation mésopotamienne et de ses croyances, apparaît en rupture avec elle. Ce qui lui est demandé c’est justement de quitter “son pays, sa terre natale, sa famille” (Genèse XII). Selon l’exégète juif du Ier siècle, Philon d’Alexandrie, l’acte le plus important de la vie d’Abraham est précisément d’avoir symboliquement quitté Haran, le lieu de toutes les illusions produites par les sensations pour s’élever vers l’intelligible ; l’acte fondateur d’Abraham consiste à rompre avec le lieu des origines Ainsi, unique religion monothéiste dans le monde antique polythéiste, le mosaïsme biblique, qui hérite de l’acte d’Abraham, incarne bien un caractère spécifique et original au sein des autres peuples.

e) – « Monothéisme » n’est pas un terme théologique

Il n’y a donc que peu d’originalité et beaucoup d’illusions très classiques dans l’assertion d’Alain de Benoist, très voltairienne et conforme aux auteurs antichrétiens depuis des siècles, écrivant : «A l'origine, le monothéisme n'est qu'une monolâtrie : pour les premiers Hébreux, Yahvé n'est qu'un dieu national, au côté des dieux protecteurs des peuples… » [Intolérance et religion, Nouvelle Rebue d’Histoire] Ceci, alors même que tout nous montre le contraire, et surtout, ce qui est à souligner mais que personne ne sait vraiment lorsqu’on parle de ces sujets, que [Monothéisme] n'est pas un terme théologique !

Il n'est même pas un terme du grec classique. C’est pourquoi il n'y a pas d'entrée [Monothéisme] dans le Dictionnaire de Théologie catholique de A. Vacant, E. Mangenot, E. Amann (ni dans son supplément), ni dans le Dictionnaire théologique de L. Bouyer. Il y en a qu’une oui, mais dans le très discutable Dictionnaire critique de théologie de J.Y. Lacoste, où l’on nous dit pour la énième foi : « l’'unicité de Dieu est proclamée dans l'Hymne à Aton d'Aménophis IV et supposée par certains scribes de Babylonie qui considèrent les dieux comme les membres de Marduk » ! Merci, on connaît la chanson et la vieille rengaine archi-rebouillie qui, comme le mythe de l’évolution darwinienne, est en passe de figurer bientôt en bonne place au Musée des reliques de la pensée matérialiste athée.

Conclusion

Dès lors, si l’on considère avec les chercheurs un peu plus sérieux l’originalité, non pas du monothéisme, mais de la Révélation du Dieu unique des hébreux, il n’y a aucune difficulté à admettre, cette fois-ci selon un point de vue chrétien, c’est-à-dire religieux, que la tradition juive, et non le « monothéisme », mais la Révélation du Dieu véritable, fut la première croyance humaine, d’une humanité représentée par Adam qui savait, originairement, qu'il n'y avait qu'un Dieu. Le polythéisme naissant, quelques générations plus tard, fait donc suite à une dégénérescence tragique aboutissant à une idolâtrie qui eut pour effet de voir se répandre les cultes divers, qui iront jusqu’à l'emporter ensuite sur le culte originel, étant une infidélité au Dieu originel. A ce titre, Abraham redécouvrira sous la figure de la fidélité au Dieu véritable, ce que l’on nomme sur le plan historiographique, mais non théologique, le « monothéisme » ; Dieu, le vrai Dieu, Se révélant à lui et contractant une Alliance qu'il renouvellera avec son fils Isaac puis son petit-fils Jacob. Plus tard, c’est donc Moïse qui annoncera au peuple qu'il doit sortir d'Égypte, conformément à l'Alliance faite avec Abraham, Dieu se présentant à lui, en se dévoilant, plus encore qu’à Abraham, comme celui qui Est (Ehye asher Ehye, "Je Suis qui Je suis »[Exode 3, 14] ).

Flavius Josèphe (37–100), né et élevé à Jérusalem, est donc autorisé à dire de Moïse, dans une formule qui résume toute la religion révélée de la Bible : “Moïse montra que Dieu est unique, incréé, éternellement immuable plus beau que toute forme mortelle, connaissable pour nous par sa puissance, mais inconnaissable en son essence.” (Contre Apion II, 167).

Notes.

[1] J. Evola, Il mito del sangue, Hoepli, 1942.

[2] Ibid. Le texte se poursuit ainsi : « Mommsen écrivait : «Déjà dans le monde antique, le judaïsme fut un ferment de cosmopolitisme et de décomposition nationale». Substance insaisissable, fuyante et sans patrie à l'intérieur de toute patrie, Wolf voit dans l'élément hébraïque le principe même de l'anti-race, de l'anti-tradition, de l'anti-culture : non pas l'antithèse d'une culture particulière, mais l'antithèse de toute culture racialement et nationalement déterminée. Dans le composé juif, la part désertique ou orientaloïde renforce cette influence : par leur esprit nomade, apatride, les Juifs auraient injecté dans différents peuples -- en commençant par les Romains -- le virus de l'anti-nationalisme, de l'universalisme, de l'internationalisme culturel. Ils exercent une action incessante de corrosion contre tout ce qui est différencié, qualitatif, lié au sang et à la tradition. »

[3] Dans l’article Wikipédia « Données archéologiques sur les premiers Israélites » , on apprend : « Dès le début, le développement est beaucoup plus rapide dans la moitié nord, plus arrosée et traversée par les voies de communication, que dans la moitié sud, sèche et peu accessible. Les premiers Israélites sont d'origine indigène, ce sont des Cananéens1 (voir les remarques de Pierre de Miroschedji à ce sujet. Une chose les distingue toutefois : contrairement à leurs voisins, les premiers Israélites n'élèvent pas de porc et ne mangent pas de viande de porc, ce qui permet à l'archéologie de les suivre à la trace, par l'analyse des déchets (os). La forme ovale des installations est très caractéristique. » Mais le plus intéressant, qui rend très peu crédible la thèse d’un peuple esclave : « « Il n'existe aucune trace des Hébreux de la Bible dans l'archéologie égyptienne. Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux aient été esclaves en Égypte, ni qu'ils aient massivement quitté l'Égypte en traversant le Sinaï. Au contraire, les fouilles en Égypte montrent que l'esclavage n'existait pas : les ouvriers de Deir el-Médineh, bâtisseurs de la vallée des rois n'étaient pas des esclaves, mais des petits fonctionnaires bénéficiant d'un logement individuel. Les 20 000 ouvriers bâtisseurs de la pyramide de Khéphren n'avaient rien d'esclaves et étaient bien traités. Le dessin relevés par Champollion dans la tombe de Rekhmirê montre déjà que les travaux de construction sont faits par des ouvriers et que les travailleurs sémites, lorsqu'il y en a (attention, il ne s'agit pas alors d'Hébreux mais de Sémites), sont traités sur un pied d'égalité. Christiane Desroche Noblecourt, médaille d'or du CNRS, souligne ce point depuis l'exposition Toutânkhamon dont elle était l'organisatrice, à Paris en 1967, sans parvenir à le faire prendre en compte par le grand public. »

[4] « Lorsqu'on découvrit les premiers textes mentionnant les Apirou dans la correspondance d'un roi de Canaan avec un pharaon égyptien, certains opérèrent rapidement le rapprochement avec le terme biblique `bry (dérivé de עבר), autrement dit les « Hébreux », et pensèrent que ces lettres constituaient une preuve extra-biblique de l'invasion de Canaan menée par Josué. Néanmoins, après de nombreuses recherches, cette hypothèse est maintenant largement abandonnée. Les personnes faisant partie des groupes d'Apirou portent, en effet, des noms d'origine variée ne permettant pas de supposer une appartenance ethnique unique. De plus, des fouilles sur les hautes terres de Canaan laissent notamment supposer que les premiers Israélites n'apparaissent qu'à partir de -1200. » [Cf. Jean-Marie Durand, Assyriologie, Cours au Collège de France, 2005]

[5] S. Freud, Moïse et le monothéisme, 1939.

[6] Cf. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Robert Laffont, 1996.

[7] J. Assmann, Moïse l'Egyptien :Un essai d'histoire de la mémoire, Flammarion, 2003.

[8] Lire l’analyse critique effectuée par Avraham Malthete, Epigraphiste-Paléographe, Spécialiste du texte biblique, universitaire et scientifique, du livre « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux ».

10:53 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, histoire, histoire sainte, reflexion |  Imprimer | | | | | Pin it!

mardi, 10 février 2009

MGR LEFEBVRE : VATICAN II EST UN CONCILE SCHISMATIQUE !

 

Dépouille mortelle de Mgr lefebvre.jpg

La dépouille mortelle de Mgr Marcel Lefebvre

exposée en la chapelle Notre-Dame des Champs.

  

 

« Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II,

c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce Concile,

que celui-ci, tournant le dos à la Tradition et rompant avec l’Église du passé, est un Concile schismatique. »

 

Mgr Marcel Lefebvre, le 4 août 1976

 

 

« Je terminerai par mon testament. Je voudrais que ce soit l'écho du testament de Notre-Seigneur :

Novi et Aeterni Testamenti... L'héritage que Jésus-Christ nous a donné,

c'est son Sacrifice, c'est son Sang, c'est sa Croix. Aussi je vous le dis :

Pour la gloire de la Trés Sainte Trinité, pour l'amour de l'Eglise, pour le salut du monde :

gardez le Sacrifice de Notre Seigneur Jésus - Christ ! Gardez la Messe de toujours ! »


Mgr Marcel Lefebvre, le 23 septembre 1979

 

 

évêques.jpg
Les quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre en juin 1988
afin de poursuivre l'oeuvre de la Tradition :
Mgr Alfonso de Gallareta, Mgr Richard Williamson,  Mgr Tissier de Mallerais
et Mgr Bernard Fellay

 

 

 

 

On entend dire parfois, que la critique de Vatican II, chez Mgr Lefebvre, ne porte en réalité que sur une volonté de maintenir la messe de saint Pie V. Si l’attachement à l’ancienne Ordo Missae fut effectivement une base fondamentale du combat entrepris par l’ancien archevêque de  Dakar, délégué apostolique pour l'Afrique française, évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit, c’est oublier que le principal grief envers le Concile, et ses acteurs dont Joseph Ratzinger, Henri de Lubac, le Père Congar, etc., est de nature foncièrement doctrinale, car portant sur la présence en son sein de thèses modernistes hérétiques incompatibles avec l’enseignement traditionnel de l’Eglise.

 

Pour s’en convaincre, nous proposons ici, quelques passages significatifs de l’ouvrage de Mgr Lefebvre Ils l'ont découronné, du libéralisme à l’apostasie, La tragédie conciliaire, qui démontre remarquablement, les erreurs radicales des thèses de Vatican II en plusieurs domaines, dont ceux, emblématiques et symptomatiques, de la liberté religieuse, de la dignité de la personne humaine, du dialogue interreligieux, et autres profondes contrevérités qui se sont introduites au cœur même des déclarations officielles conciliaires et sont devenues à présent les thèses magistérielles de Rome :

 

« Selon Vatican II, la personne humaine aurait droit, au nom de sa dignité, à ne pas être empêchée d’exercer son culte religieux quel qu’il soit, en privé ou en public, sauf si cela gêne la tranquillité et la moralité publique (Cf. déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ, n° 2.)

Vous avouerez que la moralité publique de l’État "pluraliste" promu par le Concile n’est pas de nature à gêner beaucoup cette liberté, pas plus que le pourrissement avancé de la société libérale ne limiterait le droit à la liberté du "partenariat", s’il était proclamé indistinctement pour les couples en union libre et les couples mariés, au nom de leur dignité humaine !

Donc vous, musulmans, priez tranquillement au beau milieu de nos rues chrétiennes, construisez vos mosquées et vos minarets à côté des clochers de nos églises, l’Église de Vatican II assure que l’on ne doit pas vous en empêcher, de même pour vous, bouddhistes, hindouistes, etc.

Moyennant quoi, nous catholiques, nous vous demanderons la liberté religieuse dans vos pays, au nom de la liberté que nous vous accordons chez nous... Nous pourrons aussi défendre nos droits religieux au nom d’un principe déclaré par une assemblée religieuse si solennelle, et déjà reconnu par l’O.N.U. C’est du reste la réflexion que me fit le pape Jean-Paul II, lors de l’audience qu’il m’accorda le 18 novembre 1978 : " Vous savez, me dit-il, la liberté religieuse nous a été bien utile en Pologne, contre le communisme ! " J’avais envie de lui répondre : " Très utile, peut-être, comme argument ad hominem, puisque les régimes communistes ont la liberté des cultes inscrite dans leurs Constitutions (A côté du droit à la propagande anti-religieuse ! )mais non pas comme principe doctrinal de l’Église catholique ! "

 

LIBERTÉ RELIGIEUSE ET VERITÉ

C’est en tout cas ce que répondait par avance le P. Garrigou-Lagrange

- " Nous pouvons (...) faire de la liberté des cultes un argument ad hominem contre ceux qui, tout en proclamant la liberté des cultes, persécutent l’Église (États laïcs et socialisants) ou empêchent son culte directement ou indirectement (États communistes, islamiques, etc.). Cet argument ad hominem est juste et l’Église ne le dédaigne pas, l’utilisant pour défendre efficacement le droit de sa liberté. Mais il ne s’ensuit pas que la liberté des cultes, considérée en elle-même, soit soutenable par les catholiques comme un principe, parce qu’elle est en soi absurde et impie : en effet, la vérité et l’erreur ne peuvent avoir les mêmes droits " (Cf. Reginald Garrigou-Lagrange O.P., De revelatione, TAI, p. 451, 8e objection (Ferrari et Gabalda éd. 1921).

J’aime répéter : seule la vérité a des droits, l’erreur n’a aucun droit, c’est l’enseignement de l’Église :

- " Le droit, écrit Léon XIII, est une faculté morale, et, comme nous l’avons dit et comme on ne peut trop le redire, il serait absurde de croire qu’elle appartient, naturellement et sans distinction ni discernement, à la vérité et au mensonge, au bien et au mal. Le vrai, le bien, on a le droit de les propager dans l’État avec une liberté prudente, afin qu’un plus grand nombre en profite, mais les doctrines mensongères, peste la plus fatale de toutes pour l’esprit, (...) il est juste que la puissance publique emploie sa sollicitude à les réprimer, afin d’empêcher le mal de s’étendre pour la ruine de la société " (Encyclique Libertas, PIN. 207.)

Il est clair, à cette lumière, que les doctrines et les cultes des religions erronées n’ont de soi aucun droit à ce qu’on les laisse s’exprimer et se propager librement. — Pour contourner cette vérité de La Palice, on a objecté au Concile que la vérité ou l’erreur n’ont à proprement parler aucun droit : ce sont les personnes qui ont des droits, qui sont "sujets de droits". Par là, on tentait de gauchir le problème en le posant à un niveau purement subjectif, et en espérant ainsi pouvoir faire abstraction de la vérité ! Mais cette tentative devait être vaine, comme je vais maintenant vous le montrer, en me plaçant dans la problématique même du Concile.

Posée au niveau subjectif du "sujet du droit", la liberté religieuse, c’est le même droit accordé à ceux qui adhèrent à la vérité religieuse et à ceux qui sont dans l’erreur. Un tel droit est-il concevable ?

[…]

 

Jean XXIII.jpg

Angelo Guiseppe Roncalli (1881-1963),

pape sous le nom de Jean XXIII (1958-1963).

Mort le 3 juin 1963, moins d'un an après avoir ouvert

le deuxième concile du Vatican

qui se déroula d'octobre 1962 à décembre 1965.

 

Une orientation naturelle de tout homme vers Dieu ?

 
Le Concile (DH. 2-3) invoque outre la dignité radicale de la personne humaine, sa quête naturelle du divin : tout homme, dans l’exercice de sa religion quelle qu’elle soit, serait en fait orienté vers le vrai Dieu, en recherche même inconsciente du vrai Dieu, "branché sur Dieu", si l’on veut, et à ce titre il aurait un droit naturel à être respecté dans l’exercice de son culte.

Donc si un bouddhiste fait brûler des bâtons d’encens devant l’idole de Bouddha, selon la théologie catholique, il commet un acte d’idolâtrie, mais à la lumière de la nouvelle doctrine découverte par Vatican II, il exprime "l’effort suprême d’un homme pour chercher Dieu" Par conséquent cet acte religieux a droit au respect, cet homme a droit à ne pas être empêché de l’accomplir, il a droit à la liberté religieuse. D’abord il y a une évidente contradiction à affirmer que tous les hommes adonnés aux faux cultes sont de soi, naturellement, tournés vers Dieu. Un culte erroné, de soi, ne peut que détourner les âmes de Dieu, puisqu’il les engage dans une voie qui, de soi, ne conduit pas à Dieu.
On peut admettre que, dans les fausses religions, certaines âmes puissent être orientées vers Dieu, mais c’est parce qu’elles ne s’attachent pas aux erreurs de leur religion ! Ce n’est pas par leur religion qu’elles se tournent vers Dieu, mais malgré elle ! Par conséquent, le respect qu’on devrait à ces âmes n’impliqueraient pas que l’on doive le respect à leur religion.

De toute façon l’identité et le nombre de telles âmes, que Dieu daigne tourner vers Lui par sa grâce, restent parfaitement cachés et inconnus. Ce n’est certainement pas le grand nombre. Un prêtre originaire d’un pays de religion mixte me faisait un jour part de son expérience de ceux qui vivent dans les sectes hérétiques ; il me disait sa surprise de constater combien ces personnes sont d’ordinaire très entêtées dans leurs erreurs et peu disposées à examiner les remarques que peut leur faire un catholique, peu dociles à l’Esprit de Vérité...

L’identité des âmes vraiment orientées vers Dieu dans les autres religions reste donc le secret de Dieu et échappe au jugement humain. Il est donc impossible de fonder là-dessus aucun droit naturel ou civil. Ce serait faire reposer l’ordre juridique de la société sur de pures suppositions hasardeuses voire arbitraires. Ce serait en définitive fonder l’ordre social sur la subjectivité d’un chacun et construire la maison sur du sable...
J’ajouterai ceci : j’ai été suffisamment en contact avec les religions d’Afrique (animisme, Islam), mais on peut en dire autant de la religion de l’Inde (hindouisme), pour pouvoir affirmer que l’on constate chez leurs adeptes les conséquences lamentables du péché originel, en particulier l’aveuglement de l’intelligence et la crainte superstitieuse. A cet égard, soutenir comme le fait Vatican II, une orientation naturellement droite de tous les hommes vers Dieu, c’est un irréalisme total et une pure hérésie naturaliste ! Dieu nous délivre des erreurs subjectiviste et naturaliste ! Elles sont la marque inéquivoque du libéralisme qui inspire la liberté religieuse de Vatican II. Mais elles ne peuvent aboutir qu’au chaos social, à la Babel des religions !

[…]

VATICAN II ET LA CITÉ CATHOLIQUE

Faisons le point. La déclaration conciliaire sur la liberté religieuse s’avère d’abord être contraire au magistère constant de l’Église. En outre elle ne se situe pas dans la ligne des droits fondamentaux définis par les papes récents. De plus nous elle ne repose sur aucun fondement, rationnel ou révélé. Il importe en dernier lieu d’examiner si elle est en accord avec les principes catholiques qui règlent les rapports de la cité temporelle avec la religion.

Limites de la liberté religieuse


Vatican II précise tout d’abord que la liberté religieuse doit être restreinte à de "juste limites" (DH. I), " selon les règles juridiques (...), conformes à l’ordre moral objectif, qui sont requises pour sauvegarder efficacement les droits de tous (...) l’authentique paix publique (...) ainsi que la protection due à la moralité publique " (DH. 7) — Tout cela n’est que très raisonnable, mais laisse de côté la question essentielle, que voici : l’État n’a-t-il pas le devoir, et par conséquent le droit, de sauvegarder l’unité religieuse des citoyens dans la vraie religion et de protéger les âmes catholiques contre le scandale et la propagation de l’erreur religieuse et, pour ces seules raisons, de limiter l’exercice des faux cultes, de le prohiber même si besoin est ?

Telle est pourtant bien la doctrine de l’Église, exposée avec force par le pape Pie IX dans Quanta Cura, où le Pontife condamne l’opinion de ceux qui, " contrairement à la doctrine de l’Écriture, de l’Église et des saints Pères, ne craignent pas d’affirmer que "le meilleur gouvernement est celui où l’on ne reconnaît pas au pouvoir l’office de réprimer par la sanction des peines les violateurs de la religion catholique, si ce n’est lorsque la paix publique le demande " (PIN. 39 ; Dz 1690). Le sens obvie de l’expression "violateurs de la religion catholique" est : ceux qui exercent publiquement un culte autre que le culte catholique, ou qui, publiquement, n’observent pas les lois de l’Église. Pie IX enseigne donc que l’État gouverne d’une façon meilleure quand il se reconnaît l’office de réprimer l’exercice public des cultes erronés, pour la seule raison qu’ils sont erronés, et pas seulement pour sauvegarder la paix publique ; pour le seul motif qu’ils contreviennent à l’ordre chrétien et catholique de la Cité, et pas seulement parce que la paix ou la moralité publiques en seraient affectées.
C’est pourquoi on doit dire que les "limites" fixées par le Concile à la liberté religieuse ne sont que de la poudre aux yeux, masquant le défaut radical dont elles souffrent et qui est de ne plus tenir compte de la différence entre la vérité et l’erreur ! On prétend contre toute justice, attribuer le même droit à la vraie religion et aux fausses, et ensuite on s’efforce artificiellement de limiter les dégâts par des barrières qui sont loin de satisfaire aux exigences de la doctrine catholique. Je comparerais volontiers "les limites" de la liberté religieuse aux glissières de sécurité des autoroutes, qui servent à contenir les divagations des véhicules dont les conducteurs ont perdu le contrôle. Il s’agirait pourtant en tout premier lieu de s’assurer qu’ils sont disposés à suivre le code de la route !

Falsification du bien commun temporel

 

Venons-en maintenant à des vices plus fondamentaux de la liberté religieuse. L’argumentation conciliaire repose au fond sur une fausse conception personnaliste de bien commun réduit à la somme des intérêts particuliers, ou comme on dit, au respect des droits des personnes ; au détriment de l’œuvre commune à accomplir pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de tous. Déjà Jean XXIII dans Pacem in terris tend à adopter cette vue partielle et par conséquent faussée :  

- " Pour la pensée contemporaine, écrit-il, le bien commun réside surtout dans la sauvegarde des droits et des devoirs de la personne humaine " (11 avril 1963, n. 61 de l’Encyclique. )

 

Sans doute Pie XII, affronté aux totalitarismes contemporains, y opposa légitimement les droits fondamentaux de la personne humaine (Cf. spécialement le radiomessage de Noël 1942) mais cela ne signifie pas que la doctrine catholique s’y limite. A force de tronquer la vérité en un sens personnaliste, on finit par entrer dans le jeu de l’individualisme forcené que les libéraux ont réussi à introduire dans l’Église. Comme l’ont souligné Charles de Koninck (De la primauté du bien commun contre les personnalistes) et Jean Madiran (Le principe de totalité), ce n’est pas en exaltant l’individu, que l’on lutte authentiquement contre le totalitarisme, mais en rappelant que le vrai bien commun temporel est ordonné positivement, même si c’est indirectement, au bien de la cité de Dieu d’ici-bas et du Ciel ! Ne nous faisons pas complices des personnalistes dans leur sécularisation du droit ! En d’autres termes et concrètement, avant de se préoccuper de savoir si les personnes des musulmans, des Krishna et des Moon ne sont pas trop brimées par la loi, l’État (je ne parle pas des pays non chrétiens) doit veiller à sauvegarder l’âme chrétienne du pays, qui est l’élément essentiel du bien commun d’une nation encore chrétienne — Question d’accentuation, dira-t-on ! — Non ! Question fondamentale : la conception globale de la cité catholique est-elle oui ou non une doctrine catholique ?

 

 

[…]

Mort du Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ


Or si l’État ne se reconnaît plus un devoir singulier envers la vraie religion du vrai Dieu, le bien commun de la société civile n’est plus ordonné à la cité céleste des bienheureux, et la Cité de Dieu sur terre, c’est-à-dire l’Église, se trouve privée de son influence bénéfique et unique sur toute la vie publique ! Qu’on le veuille ou non, la vie sociale s’organise en dehors de la vérité, en dehors de la loi divine. La société devient athée. C’est la mort du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est bien ce que Vatican II a fait, quand Mgr De Smedt, rapporteur du schéma sur la liberté religieuse, a affirmé à trois reprises : " L’État n’est pas une autorité compétente pour porter un jugement de vérité ou de fausseté en matière religieuse " (Relatio de reemendatione schematis emendati, 28 mai 1965, document 4 SC. )

 

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Deux acteurs importants de Vatican II, Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger

 

Quelle plus monstrueuse déclaration de ce que Notre-Seigneur n’a plus le droit de régner, de régner seul, d’imprégner toutes les lois civiles de la loi de l’Évangile ! Combien de fois Pie XII n’avait-il pas condamné un tel positivisme juridique (Pie XII, Lettre du 19 octobre 1945 pour la XIXe Semaine Sociale des catholiques italiens, AAS) qui prétendait qu’on doit séparer l’ordre juridique de l’ordre moral, parce que l’on ne saurait exprimer en termes juridiques la distinction entre la vraie et les fausses religions ! — Relisez le Fuero de los espanoles !
Bien plus, impiété insurpassable, le Concile a voulu que l’État, libéré de ses devoirs envers Dieu, devienne désormais le garant de ce qu’aucune religion " ne soit empêchée de manifester librement l’efficacité singulière de sa doctrine pour organiser la société et vivifier toute l’activité humaine " (DH. 4). Vatican II invite donc Notre-Seigneur à venir organiser et vivifier la société, de concert avec Luther, Mahomet et Bouddha ! c’est ce que Jean-Paul II a voulu réaliser à Assise ! Projet impie et blasphématoire !

Jadis, l’union entre l’Église et l’État catholique eut pour fruit la Cité catholique, réalisation parfaite du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui, l’Église de Vatican II, mariée à l’État qu’elle veut athée, enfante de cette union adultère la société pluraliste, la Babel des religions, la Cité indifférentiste, objet de tous  les désirs de la Franc-Maçonnerie !

Le règne de l’indifférentisme religieux


"A chacun sa religion !" dit-on, ou encore "La religion catholique est bonne pour les catholiques, mais la musulmane est bonne pour les musulmans !" Telle est la devise des citoyens de la Cité indifférentiste. Comment voulez-vous qu’ils pensent autrement, quand l’Église de Vatican II leur enseigne que d’autres religions "ne sont pas dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut" (Décret sur l’oecuménisme, Unitatis redintegratio, n. 3.) Comment voulez-vous qu’ils considèrent autrement les autres religions, quand l’État leur accorde à toutes la même liberté. La liberté religieuse engendre fatalement l’indifférentisme des individus, déjà Pie IX condamnait dans le Syllabus la proposition suivante :

" Il est faux que la liberté civile de tous les cultes, et le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes les pensées, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit, et propagent la peste de l’indifférentisme " (Proposition 79.)

 C’est ce que nous vivons : depuis la déclaration sur la liberté religieuse, la grande majorité des catholiques sont persuadés que " les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut, dans le culte de n importe quelle religion " (Syllabus, proposition condamnée n. 17.)

 Là encore le plan des francs-maçons est accompli ; ils ont réussi, par un Concile de l’Église catholique, à " accréditer la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à (...) mettre sur un pied d’égalité toutes les formes religieuses " (Léon XIII, Encyclique Humanum Genus sur les francs-maçons, 20 avril 1884.)

Se sont-ils rendu compte, tous ces Pères conciliaires qui ont donné leur suffrage à Dignitatis humanæ et ont proclamé avec Paul VI la liberté religieuse, qu’ils ont, en fait, découronné Notre Seigneur Jésus-Christ en lui arrachant la couronne de sa royauté sociale ? Ont-ils réalisé qu’ils ont très concrètement détrôné Notre Seigneur Jésus-Christ du trône de sa divinité ? Ont-ils compris que, se faisant l’écho des nations apostates, ils faisaient monter vers Son trône ces blasphèmes exécrables : " Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous " (Lc, 19, 14) ; " Nous n’avons d’autre roi que César " (Jn. 19, 15) ?

 
Mais Lui, se riant du murmure confus qui montait de cette assemblée d’insensés, Il leur retirait son Esprit. »

 

- Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné, Ed. Fideliter, ch. XXVIII,  1987 -

 

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mercredi, 28 janvier 2009

L’ANTIJUDAÏSME THÉOLOGIQUE DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Aperçus sur la « Question Juive »

 

ou pourquoi l’Eglise est à présent « l'Israël spirituel » authentique

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ce n’est pas en vain que l’Eglise universelle

a établi par le monde la récitation de la prière pour les juifs

obstinément incrédules, pour que Dieu lève le voile qui couvre leur cœur,

et les amène de leur obscurité à la lumière de la Vérité. »

 

(Saint Bernard, Lettre 365)

 

 

 

 

 

Pie V.jpg

« Le peuple hébreu choisi autrefois pour être participant des Célestes Mystères,

autant fut-il élevé en dignité et en grâce au-dessus de tous les autres,

autant par la faute de son incrédulité, fut ensuite abaissé et humilié

lorsque vint la plénitude des temps,

réprouvé comme perfide et ingrat, après avoir, d’une façon indigne,

ôté la vie à son Rédempteur. »

 

(Saint Pie V)

 

 

 

 

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« Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants »

(Matthieu XXVII, 25)

 

 

Dans l’histoire du monde, il y a un avant et un après le drame prodigieux du Golgotha. Tel est l’élément, non anodin s’il en est, qui échappe totalement à ceux qui tentent de penser la « Question Juive » soit à l’aune de la nouvelle religion de l’holocauste qui s’est même invitée de façon indélicate et surprenante, souhaitant s’imposer sur des sujets d’ordre canonique, à l’occasion de la levée de l’excommunication par Benoît XVI des évêques consacrés par Mgr Lefebvre en 1988, ou à celle des imprécises et faiblement pertinentes données géopolitiques et militaires de nos temps ténébreux, imaginant, sans plus d’examen superflu dans de surprenants discours témoignant d’une immense confusion justifiant le sionisme plus que ne pourrait le faire n’importe quel rabbin kibboutznik, que le don fait à Moïse par l’Eternel de la terre promise perdure sans aucun changement après la venue du Christ en ce monde, ce qui est totalement absurde, oubliant par là même, dramatiquement, que l’actuel judaïsme rabbinique synagogal et talmudique, infidèle à sa vocation spirituelle par son rejet du Messie, n’a strictement plus rien à voir, et ce de manière impressionnante, avec le judaïsme biblique. Voilà l’oubli radical de certains esprits qui souhaitent aborder, dans un babillage affligeant qui conjugue souvent jusqu’à l’écoeurement la pénible bêtise et la grossière stupidité, la « Question Juive », en évacuant purement et simplement la place de Jésus-Christ au sein de l’Histoire, se rendant ainsi absolument incapables de penser en chrétiens, et qui donc, conséquemment, rejoignent dans leurs positions impies et scandaleuses, consciemment ou inconsciemment, les pires ennemis du Christ et de son Eglise.

 

 

La substitution de l’Église (Verus Israël), à la Synagogue

 

 

Afin de pouvoir penser « chrétiennement » cette « Question Juive », Mgr Charles Journet (1891-1975) consacra au «Mystère d’Israël» une longue méditation, bien plus cohérente que les thèses défendues par Jacques Maritain (1882-1973) qui, disciple d’Aristote et saint Thomas, se voulait également, dans une impossible équation, celui de Léon Bloy, longue méditation donc, écrite à la lumière du pamphlet mi-littéraire, mi-prophétique, et surtout profondément hérétique et gnostique sur le plan trinitaire soutenant une thèse pneumatologique singulièrement déviée du dit Léon Bloy, le Salut par les Juifs , supposant de façon abominable une divinisation de Satan, dont on peut d’ailleurs constater dans ce cas frappant l’incroyable puissance séductrice, par son identification au Paraclet, thèse dont on a d’ailleurs pu vérifier depuis sa publication les puissants ravages qu’elle produit invariablement sur les esprits faibles et les bavards ignorantins absolument incultes sur le plan théologique [1].

 

 

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Prophète luciférien professant un philosémitisme gnostique,

Léon Bloy livra le secret de son hérésie pneumatologique dans le Salut par les Juifs :

 

« Il [le Paraclet] est tellement l’identique de ce Lucifer qui fut nommé Prince des Ténèbres, qu’il est à peu près impossible

– fût-ce dans l’extase béatifique – de les séparer… »

(Le Salut XXXIII)

 

 

 

On se penchera donc, pour aborder cette question juive, de préférence sur la réflexion de Mgr Charles Journet, infiniment plus sérieux que Léon Bloy ou Jacques Maritain sur le plan doctrinal, qui tenta d’initier une interrogation chrétienne d’Israël, en se fondant sur l’enseignement traditionnel de l’Église, Eglise qui ne craignait pas alors d’évoquer à juste titre, c’est-à-dire avant le funeste Concile Vatican II et les délirantes déclarations de Nostra Aetate - qui vont jusqu’à soutenir que les juifs qui ne croient pas en Jésus sont inclus également dans le plan du Salut -, la substitution de l’Église à la Synagogue, Synagogue talmudique que l’Apocalypse de st Jean appelle à deux reprises Synagogue de Satan et qui fut rejetée par Dieu (Apocalypse. 2, 9 ; 3, 9) en raison de son infidélité, et répudiée au profit de l’Eglise (Jésus dit aux pharisiens qui niaient sa divinité, c’est-à-dire au judaïsme rabbinique et postbiblique antichrétien [2], que leur père selon la génération charnelle était certes Abraham, mais que selon l’esprit c'était le diable (Jean VIII, 31-47), thème repris et développé par saint Jean Chrysostome, Commentaire sur l’Évangile selon St Jean, Homélie LIV, 1, Saint Augustin, Commentaire sur Jean, Discours XLII, 1, et saint Thomas D’Aquin, Commentaire sur St Jean, VIII, Lectio IV, 1201.

 

 

Charles Journet déclare donc solennellement dans son ouvrage :

 

-  « Nous voudrions adresser aux juifs un rappel. Quand ils rendent l’Église responsable, pour les avoir accusés devant l’histoire de déicide, de leurs immenses malheurs, ils oublient que Dieu, que Iahvé lui-même, en les choisissant comme unique peuple messianique et théophore, devait les rendre odieux et les désigner à l’hostilité du monde et des peuples païens, longtemps avant l’Incarnation, longtemps avant le déicide. […] Le déicide est venu. Il a empêché les juifs, qui en furent l’instrument, de passer de l’état de nation messianique à l’état d’Église messianique, de l’état provisoire de nation théophore à l’état définitif de royaume de Dieu supranational. Il n’a pas fait que la main de Dieu cessât de reposer sur eux. Il a fait qu’elle ne s’y repose plus comme autrefois, et qu’elle ne s’y repose pas non plus comme dans l’Église, désormais seule messianique et seule théophore, elle aussi persécutée, par le monde et parfois par eux. » (Ch. Journet, Destinées d’Israël. À propos du Salut par les Juifs, Paris, 1945, pp. 199-201.)

 

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mardi, 27 janvier 2009

Le châtiment des Juifs et les prédictions de Jésus-Christ

 

Texte de Bossuet tiré de son "Discours sur l'Histoire universelle",

portant sur le châtiment des Juifs après la mort du Christ

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La destruction du second Temple

Francesco Hayez (1867)

 

 

 

"Voilà l’histoire des Juifs. Ils ont persécuté leur Messie et en sa personne et en celle des siens :

ils ont remué tout l’univers contre ses disciples,

et ne l’ont laissé en repos dans aucune ville :

ils ont armé les Romains et les empereurs contre l’église naissante :

ils ont lapidé Saint Etienne, tué les deux Jacques que leur sainteté rendait vénérables même parmi eux,

immolé Saint Pierre et Saint Paul par le glaive et par les mains des gentils.

Il faut qu’ils périssent.

Tant de sang mêlé à celui des prophètes qu’ils ont massacrés, crie vengeance devant Dieu."

 

(Bossuet, Discours sur l'Histoire universelle)

 

 

 

Rien n’est plus utile à la compréhension des difficiles et pénibles situations actuelles du point de vue religieux et historique, que de se pencher sur les conditions qui les ont créées. A ce titre, il est extrêmement profitable de relire la IIe partie chapitre VIII du « Discours sur l’Histoire universelle » de Bossuet, qui nous présente un tableau très détaillé des châtiments qui s’abattirent sur le peuple élu après la crucifixion de Jésus-Christ. En effet, Titus en Judée et l’armée romaine en 70, rasèrent entièrement Jérusalem, n’y laissant que trois tours et un mur. Le temple fut entièrement détruit et le sacrifice cessa définitivement. Cette destruction de la ville sainte fut un choc sans précédent depuis l’exil de 587 avant Jésus-Christ, et marque la fin définitive du royaume de Juda qui a cessé d’avoir un sens depuis la venue du Christ, ramenant les criminelles velléités Sionistes s'appuyant un judaïsme dévoyé infidèle au mosaïsme biblique et dont une constante actualité montre le fol entêtement, à une effective impiété du point de vue prophétique comme le savent parfaitement, et le disent justement avec une certaine force, les Juifs orthodoxes fidèles à l'enseignement des Ecritures.

 

 

 

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