samedi, 19 décembre 2009
Joseph de Maistre et les Juifs
L’antijudaïsme contre-révolutionnaire
« L'Histoire est une conspiration permanente contre la vérité. »
Joseph de Maistre


"Les Juifs qui s'en tenaient à l'écorce avait toute raison,
jusqu'à l'événement,
de croire au règne temporel du Messie;
il se trompent néanmoins, depuis..."
Joseph de Maistre (1753-1821), catholique ultramontain, ambassadeur de la couronne de Savoie auprès du Tsar, qui sut mettre en lumière la doctrine du « providentialisme » en politique, a souvent attiré l'attention de ses lecteurs sur le rôle nocif des Juifs, rôle très important qu’ils eurent dans la révolution actuelle, et l’avènement des « Lumières ». Il dénonça avec force et véhémence les fruits corrompus, l’action malsaine et les intentions troubles des milieux néo-judaïques travaillant à détruire les forces vives des nations chrétiennes, au point même qu’il loua les efforts de l’Inquisition espagnole dans son action afin de circonscrire leur influence.
La vision de Joseph de Maistre, sur ce sujet, est peu connue, très rares sont les articles, pour ne pas dire inexistants, qui en traitent. Il est donc surprenant de voir certains se revendiquer, avec une étonnante légèreté, de la pensée de Maistre pour justifier des vues contestables touchant aux questions géopolitiques contemporaines, et singulièrement par rapport au sionisme [1]. On se penchera ainsi avec intérêt sur les textes dont nous disposons, afin de se former une idée précise des positions maistriennes en la matière, d’autant que ces dites positions participent d’une meilleure compréhension de la doctrine du comte chambérien et de ses profondes convictions, aussi bien religieuses que politiques, sachant que pour lui, il ne saurait y avoir de politique contre-révolutionnaire authentique que religieuse.
I. Les bases de l’antijudaïsme maistrien
Maistre exposa sa doctrine politico-religieuse en de nombreux ouvrages qui constituent, aujourd’hui encore, une source fondamentale pour la pensée contre-révolutionnaire au sein de laquelle on doit citer, en tant que disciples directs de l’auteur des Soirées de st. Pétersbourg, Louis de Bonald, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Donoso-Cortés, Mgr Gaume ou Louis Veuillot. Ces penseurs participent tous d’une vision catholique traditionnelle qui reprend les grands thèmes définissant les critères du pouvoir légitime, et réaffirment la nécessaire domination spirituelle de l’Eglise sur les sociétés afin que ne s’infiltrent pas en elles les germes corrupteurs capables de les détruire.

"Le Juif converti au Christianisme,
boit le même sang qu'il a versé (sur le Calvaire). »
J. de Maistre (Eclaircissement sur les sacrifices)
Ainsi, les cadres protecteurs qui participèrent des principes qui présidèrent à la défense de la chrétienté pendant des siècles, ont été longuement expliqués et défendus par Maistre et ses disciples, afin que leurs contemporains comprennent en quoi, la disparition des barrières salutaires qui avaient empêché les Juifs de s’infiltrer dans le tissu organique de la vie sociale, a eu des conséquences terrifiantes et entraîna la ruine de l’ordre chrétien.
Rappelons que le 28 septembre 1791, l'Assemblée constituante, dans l'ivresse de son omnipotence, décréta l'émancipation des juifs, et les admit à l'exercice de tous les droits civils et politiques des citoyens français. Cette initiative s'imposa successivement, non sans résistance, d'abord à tous les états catholiques, puis aux états protestants et schismatiques, même dans les pays turcs et arabes. Partout en Europe l'émancipation des juifs s'accomplit, à un rythme propre à chaque région, mais d'une manière identique. En effet, après des siècles de séparation où les ghettos avaient tracé une frontière salutaire, les israélites et les chrétiens se retrouvèrent à marche forcée mêlés dans la même vie sociale par une fraternité imposée par l’esprit satanique de la Révolution.[2]
II. L’avocat des lois antijuives l’Inquisition
A ce titre, que soutint le prétendu « philosémite » Maistre, s’agissant des lois contraignantes dont les Etats catholiques s’entourèrent par le passé ? Rien qui ne soit conforme à l’esprit régulateur de l’ancienne législation anti-juive, dont un exemple nous est fourni par saint Thomas lui-même dans sa déclaration de la Somme Théologique : «Les juifs soient voués à la servitude perpétuelle par leur propre faute (…) les Juifs ne peuvent conserver les biens qu’ils ont extorqués aux autres par voie usuraire (…) les juifs de l’un et l’autre sexe doivent se distinguer par le vêtement qu’ils portent dans toute province chrétienne et en tout temps. C’est aussi ce que leur demande la Loi, qui leur enjoint de porter des franges aux coins de leurs vêtements, grâce auxquelles ils se distingueront des autres. » [3]

Charles VI, en 1394, expulsa les Juifs de France
Les positions de saint Thomas n’ont-elles-mêmes rien d’exceptionnel, et sont en parfait accord avec les dispositions dont s’entourèrent les Rois
de France. En effet, en 1215 le Concile de Latran imposait le port de la rouelle qui deviendra obligatoire en 1269, à la fin du règne de saint Louis, qui organisa même en 1240, à l'instigation de sa mère Blanche de Castille la première « disputatio » au sujet du Talmud entre des rabbins, dont Yehiel de Paris, et des ecclésiastiques, qui se conclut par la condamnation du Talmud dont les exemplaires seront brûlés publiquement en place de Grève à Paris en 1242. En juillet 1306, Philippe le Bel expulsa les juifs de France, en confisquant leurs biens et possessions. Après plusieurs rappels, les Juifs furent de nouveau expulsés en 1394 sous Charles VI. Il fallut attendre la fin du XVIIe siècle, pour que les Juifs reçoivent de nouveau le droit de circuler et de commercer dans le royaume de France. En 1776 ces mesures seront généralisées par des lettres patentes de Louis XVI autorisant les Juifs portugais et les Juifs du Pape à commercer à condition de se faire immatriculer auprès des juges locaux.
Ainsi donc, Maistre, qui vit ce que la Révolution put provoquer en France comme dégâts considérables, revint sur les dispositions qui avaient été celles des Etats catholiques, et en particulier les bienfaits que produisirent les lois antijuives de l’Inquisition en Espagne, et les justifia en écrivant :
- « Le judaïsme avait jeté de si profondes racines en Europe, qu’il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale. » [4]
Il rajoute d’ailleurs, toujours dans le même texte :
« Les Juifs étaient à peu près maîtres de l'Espagne; la haine réciproque était portée à l'excès; les Cortès demandèrent contre eux des mesures sévères. En 1391, ils se soulevèrent, et l'on en fit un grand carnage. Le danger croissant tous les jours, Ferdinand-le-catholique n'imagina, pour sauver l'Espagne, rien de mieux que l'Inquisition. Isabelle y répugna d'abord, mais enfin son époux l'emporta, et Sixte IV expédia les bulles d'institution, en l'année 1478. » [5]
Nous sommes donc très loin d’un philosémitisme dont Maistre serait le propagateur. Bien au contraire, Maistre souligne le caractère vital pour le société de se protéger contre les Juifs et leurs activités corruptrices.
III. Justification de l’exil des Juifs
Cependant, loin de s’en arrêter à une défense de la législation des Etats d’Ancien Régime, Maistre développera tout un discours mettant en lumière les raisons spirituelles qui expliquent pourquoi les Juifs, non seulement ne peuvent prétendent à un statut comparable à celui des chrétiens, mais surtout ce qui en fait un peuple à part à l’intérieur des nations en raison de leur place singulière à l’intérieur du plan divin.
Maistre ainsi, se félicitera de ce que les Juifs furent dispersés sur la surface de la terre avant et après la destruction du Temple de Jérusalem car, selon lui, cette dispersion qui semble être un état dans lequel doivent subsister les Juifs pendant les siècles, favorise le rayonnement et la diffusion de l’Ecriture Sainte et prépara les hommes à la réception de l’Evangile.

La déstruction du Temple de Jérusalem
Voici ce qu’il écrit :
- « La dispersion des Juifs dans les différentes parties du monde, a fait connaître de tout côté la loi mosaïque, qui devenait ainsi une introduction au christianisme. […] Tout en un mot justifiait le discours de Tobie à ses frères : ‘’Dieu vous a dispersés parmi les nations qui ne le connaissent pas, afin que vous leur fassiez connaître ses merveilles afin, que vous leur appreniez qu’il est le seul Dieu et le seul tout-puissant.’’ » [6]
Cette vision des choses permet de mieux comprendre en quoi la dispersion, très tôt advenue pour les Juifs avant même les premiers temps du christianisme, a pu répondre à une volonté de Dieu, et que s’y opposer pour le peuple de la Bible, en s’imaginant être libre d’user de méthodes mondaines pour parvenir à rebâtir une nation Juive, est une faute très grave à l’égard de Dieu.
Maistre nous explique d’ailleurs que les gouvernements, avertis du danger que pouvait représenter la présence d’une forte communauté Juive chez les chrétiens, jugèrent nécessaire d’interdire toute activité prosélyte chez es membres de la synagogue, de manière à ce qu’ils ne corrompt pas les âmes. L’Eglise insistait surtout, afin que l’on prévienne la possibilité du retour à leur ancienne croyance des Juifs fraichement convertis :
- « A l’égard des Juifs en particulier, personne ne l'ignore ou ne doit l'ignorer, l'Inquisition ne poursuivait réellement que le Chrétien judaïsant, le Juif relaps, c'est-à-dire le Juif qui retournait au Judaïsme après avoir solennellement adopté la religion chrétienne, et le prédicateur du Judaïsme. Le Chrétien ou le Juif converti qui voulaient judaïser étaient bien les maîtres de sortir d'Espagne, et, en y demeurant, ils savaient à quoi ils s'exposaient, ainsi que le Juif qui osait entreprendre de séduire un Chrétien. Nul n'a droit de se plaindre de la loi qui est faite pour tous. » [7]

Cette loi était celle établie par la Sainte Inquisition, c’était la loi de l’Eglise, la loi des nations chrétiennes, une loi bienfaisante qui protégea pendant des siècles la société du venin judaïque, et veilla également à ce que les Juifs ne fussent l’objet de mauvais traitements déplacés. En effet, les Juifs étaient considérés comme une nation, non comme une secte hérétique, et à ce titre étaient autorisés à garder leurs lois, leurs coutumes, leur langue sacrée. Ils étaient traités comme des pèlerins dans la cité (peregrini sine civitate). Toutefois les Juifs ne pouvaient pas, dans les États chrétiens, où tous professaient la même religion, prétendre à l'exercice des droits politiques et à ceux des droits civils qui leur étaient assimilés.
Seuls les chrétiens, logiquement, pouvaient participer activement à la société chrétienne. Ce sont donc ces lois, précisément, que défend et justifie vigoureusement Joseph de Maistre dans ses Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole.
IV. Le sens spirituel de l’Ecriture selon Maistre
La position de Joseph de Maistre, sera reprise et développée ensuite, par tout le courant de l’antijudaïsme religieux contre-révolutionnaire, courant au sein duquel se signalent Gougenot des Mousseaux, Eude de Mirville, ainsi que Joseph et Augustin Lemann, qui tous considèrent qu’ils est nécessaire, à la fois de circonscrire l’influence juive, et d’autre part de fixer des limites étroites à l’interprétation de l’Ecriture afin de protéger les fidèles des dangers contenus dans une approche littérale du texte sacré, qui confère un sens trop charnel et temporel à des prophéties qui faisaient l’orgueil des Juifs.
G. Gogordan dans son ouvrage sur Maistre précisait sur ce point : « C'est parmi les protestants, appuyés par les Juifs, que se recrutent ces illuminés qui croient pouvoir se contenter des lumières de leur raison, qui conspirent contre l'ordre du monde tel que Dieu l'a établi. » [8]

S.S. Léon XII
Or, la contestation de cet ordre du monde établi par Dieu, mis à mal par les révolutionnaires en cette époque propice à tous les bouleversements, c’est dans l’Ecriture que beaucoup d’esprits aventureux puisaient l’inspiration de leurs menées subversives et contestataires. On voit mieux ce qui poussa, en 1819, Joseph de Maistre à se faire l'avocat de l'absolutisme romain dans son ouvrage Du Pape. C’est cette même année d’ailleurs, que Pie VII rétablira les jésuites qui redevinrent le principal ordre religieux, de même que l'Inquisition fut remise en vigueur dans plusieurs pays d’Europe. On vit alors la Congrégation de l'Index sévir contre tous les ouvrages progressistes, et les sociétés bibliques, nouvellement créées par les réformés alliés des Juifs, furent qualifiées d'instruments diaboliques et de pestes par les papes Pie VII et Léon XII, ce dernier proclamant dans la lettre apostolique « Dirae Librorum (1827) : « au terrible torrent de boue constitué par les livres sortis de l'officine ténébreuse des impies, sans autre but, sous leur forme éloquente et leur sel perfide, que de corrompre la foi et les mœurs et d'enseigner le péché, le meilleur remède, on en peut être assuré, est de leur opposer des écrits salutaires et de les répandre. » [9]

S.S. Pie VII
Il n’y a donc rien d’étrange à trouver ces lignes sous la plume de Maistre :
« L’Ecriture peut parfois devenir « un poison », lorsqu’elle est lue sans notes et sans explications par une intelligence individuelle insuffisamment éclairée. C’est pour cela que l’Eglise a pour rôle d’interpréter et de mettre à la portée des fidèles la Parole écrite. C’est pour cela qu’il faut toujours en revenir « à l’autorité ». Car chacun, savant ou peuple, doit trouver dans le dogme ce qui lui est nécessaire pour sa vie intérieure. » [10]
De la sorte, de manière à juguler les folies prophétiques, il apparut nécessaire à Maistre d’insister sur une interprétation allégorique des textes sacrés afin de se libérer des vertiges judéo-protestants qui infectés les têtes chrétiennes au début du XIXe siècle. « Tout est mystère, disait-il, dans les deux Testaments. Toute l’Antiquité ecclésiastique nous laisse entrevoir des vérités cachées sous l’écorce des allégories. » [11] Il invoquait l’autorité des Pères de l’Eglise et théologiens, considérant comme l’un des objets les plus élevés de l’intelligence l’exégèse spirituelle des Ecritures dont la lettre tue, comme elles nous le disent elles-mêmes, mais dont l’esprit vivifie. [12] Il jugeait évident « qu’il a plu à Dieu tantôt de laisser parler l’homme comme il voulait, suivant les idées régnantes à telle ou telle époque, et tantôt de cacher sous des formes en apparence simples et quelquefois grossières, de hauts mystères qui ne sont pas faits pour tous les yeux.» [13]
L’erreur des protestants est donc d’exclure la Tradition et de s’en tenir à l’Ecriture ; comme si Dieu avait pu ou voulu changer la nature des choses et communiquer à l’Ecriture une vie qu’elle n’a pas ; comme si l’Ecriture pouvait jamais devenir « parole, c’est-à-dire vie », à moins d’être vivifiée par la Parole éternellement vivante.
Il serait certainement abusif de ne donner qu’une valeur symbolique à toutes les données de la Révélation, soutient Maistre, mais on ne peut la bien comprendre si l’on s’arrête toujours à la lettre en négligeant les allégories sacrées, si l’on ne casse jamais « l’écorce », avec toute la prudence nécessaire et en se résignant à ignorer malgré tout bien des choses. De même on ne peut comprendre bien des usages pieux, des légendes et des récits, et l’on risquera même de s’en scandaliser, si l’on ne reconnaît en eux les symboles d’une vérité cachée. : « C’est la vérité dramatique qui a sa valeur indépendamment de la vérité littérale, et qui n’y gagnerait même rien.» [14] L’Ecriture poursuit Maistre : « est un hiéroglyphe, et il ne s’agit que de savoir lire. » [15]
V. Attente de la conversion des Juifs
Alors, toute l’approche du problème juif, tel que pensé par Maistre, s’éclaircit. La « Question Juive », au sens de l’interrogation séculaire que constitue la présence de ce peuple dans l’Histoire du monde, trouve, par cette approche religieuse, une résolution simple, sage, et pour tout dire chrétienne.

La redécouverte de la doctrine antilibérale nous fait mieux comprendre la globalité du problème juif, et l’inclut dans une perspective essentiellement eschatologique, mais conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise qui, depuis toujours, indique ce qu’exprime remarquablement un disciple de Joseph de Maistre, Mgr Augustin Leman :
- « Le rétablissement des Juifs, à l'époque de leur conversion, ne sera point un rétablissement politique temporel, mais un rétablissement spirituel. La terre où ils seront ramenés ne sera point ce coin de terre situé entre deux mers, la Palestine, mais l'Église même de Jésus-Christ répandue dans le monde entier. Le seul royaume qui soit annoncé et promis l'Évangile n'en connaît point d'autre. Jean-Baptiste a été le précurseur du premier avènement de Jésus-Christ, pour annoncer que le royaume des cieux allait commencer de se former sur la terre. Le prophète Élie sera le précurseur du second avènement du Fils de Dieu, pour annoncer que le royaume des cieux va recevoir son entière consommation dans l'éternité bienheureuse. Entre ces deux annonces il n'en existe pas d'autre relative à un royaume ou État juif qui reparaîtrait à Jérusalem. À l'ancienne interrogation des Apôtres : Maître, est-ce maintenant que vous rétablirez le royaume d'Israël, l'Église instruite par les Écritures peut donc faire suivre la réponse du Sauveur de ce commentaire « Le royaume temporel d'Israël a disparu, disparu pour toujours. C'est à un royaume spirituel qu'il a fait place, au royaume des Cieux ou l'Église, lequel royaume ira toujours grandissant, s'épanouissant, jusqu'à sa consommation ou achèvement dans l'éternité bienheureuse. » [16]

On le voit, les thèses de Joseph de Maistre, loin de participer d’un quelconque encouragement aux aventures modernes qui eurent pour conséquence le rétablissement, par des moyens inacceptables, d’un Etat Juif en Terre sainte, nous portent plutôt à considérer que la Terre, la « Terre sainte » où les Juifs doivent être ramenés à la « fin des temps » au moment de leur conversion attendue, n’est point la Palestine, mais l’Église répandue dans le monde entier qui est l’authentique Jérusalem, et vers Jésus-Christ qui est le véritable Israël !
Conclusion
La critique de la lecture charnelle des prophéties, en raison de l’aveuglement auquel elle porte en rendant incompréhensible le sens réel de l’Ecriture, est donc assez vigoureuse de la part de Maistre :
- L'Hébreu qui accomplissait la loi n'était-il pas en sûreté de conscience ? Je vous citerais, s'il le fallait, je ne sais combien de passages de la Bible, qui promettent au sacrifice judaïque et au trône de David une durée égale à celle du soleil. Le Juif qui s'en tenait à l'écorce avait toute raison, jusqu'à l'événement, de croire au règne temporel du Messie; il se trompait néanmoins, comme on le vit depuis… » [17]
Cet aveuglement, cette fermeture au sens véritable des Ecritures pour n’en regarder que l’aspect charnel et vénal, est d’ailleurs à la source de l’action coupable des Juifs dans la société chrétienne, qu’ils méprisent et dont ils souhaitent la perte, et ont rendu nécessaires les dispositions prises par l’Inquisition pour protéger les Etats des menées subversives judaïques.
C’est ce que met en lumière Maistre, en des formules relativement saisissantes, lorsqu’il justifie les interrogatoires inquisitoriaux qui portaient sur la présence, ou non, de sang Juif chez les accusés :
- « On s'étonne de voir les inquisiteurs accabler de questions un accusé, pour savoir s'il y avait dans sa généalogie quelque goutte de sang juif ou mahométan. Qu'importe ? ne manquera pas de dire la légèreté, qu'importe de savoir quel était l'aïeul ou le bisaïeul d'un accusé ? - Il importait beaucoup alors, parce que ces deux races proscrites, ayant encore une foule de liaisons de parenté dans l'Etat, devaient nécessairement trembler ou faire trembler. » [18]

L'Inquisition devait effrayer l'imagination,
en montrant sans cesse l'anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme
Ces lignes pourraient paraître excessives. Pourtant Maistre n’en reste pas là, il pousse beaucoup plus loin la justification de pareilles pratiques. Pour quelles raisons ?
Tout simplement parce que selon lui, l’irréductible haine des Juifs envers la chrétienté ne devait à aucun moment être oubliée par le législateurs chrétien, sous peine de voir les nocives entreprises judaïques désagréger le tissu social et saper définitivement les fondements de l’Etat. Que devait faire l’autorité face à une telle menace ? Inspirer la crainte et faire trembler les membres de la Synagogue. Il n’y avait pas d’autres moyens :
- « Il fallait donc effrayer l'imagination, en montrant sans cesse l'anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme. C'est une grande erreur de croire que, pour se défaire d'un ennemi puissant, il suffit de l'arrêter : on n'a rien fait si on ne l'oblige de reculer. » [19]
Les paroles de Maistre sont d’une force impressionnante ! Et l’on constate une fermeté rigoureuse en elles, puisque déclarer qu’il fallait « effrayer l’imagination » en « montrant l’anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme » est, pour le moins, d’une rare exigence. Mais cela est consécutif à une loi naturelle commune, à savoir qu’il ne suffit pas pour vaincre un ennemi redoutable de le neutraliser, encore faut-il le contraindre à battre en retraite, à fuir ou déposer docilement les armes.
La législation antijuive qu’imposa l’Inquisition, fut quasi dictée par la situation qui s’était peu à peu établie, et Maistre n’hésite pas à dire :
- « Les richesses des judaïsants, leur influence, leurs alliances avec les familles les plus illustres de la monarchie, les rendaient infiniment redoutables : c'était véritablement une nation renfermée dans une autre. » [20]
L’enjeu pour Maistre se résume donc à cette équation évidente : « chrétienté ou barbarie ». C’est soit l’une, soit l’autre. Il n’y a pas de choix, pas de terme médian, de compromis possible :
- « Il s'agissait de savoir s'il y aurait encore une nation espagnole ; si le Judaïsme et l'Islamisme se partageraient ces riches provinces; si la superstition, le despotisme et la barbarie remporteraient encore cette épouvantable victoire sur le genre humain. » [21]
La conservation du genre humain, en le protégeant de la perfidie judaïque, tel fut l’objet constant des anciennes législations dont Maistre, dans ses écrits, n’eut de cesse de louer le caractère bienfaisant, protecteur et utile pour les chrétiens. On mesure donc, après avoir examiné les textes et exposé les positions de Joseph de Maistre à l’égard des Juifs, à quel point on est éloigné de l’image que certains ont cherché à établir de lui, allant jusqu’à le qualifier de « philosémite » dans des discours plus que légers et fantaisistes, ce qui est non seulement bien éloigné de la réalité, mais surtout en contradiction totale d’avec sa doctrine et l’ensemble ses analyses au sujet de la « Question Juive ».
Notes.
1.
L’exemple frappant des propos fantaisistes de Maurice G. Dantec, est sur ce point caractéristique du détournement exercé sur Maistre par des littérateurs singulièrement ignorants. En effet, comment ne pas sursauter, avec grand étonnement, à la lecture d’une déclaration de cette nature : « Notre tradition (méta)nationaliste, européenne, et chrétienne vient de Joseph de Maistre, PHILOSÉMITE bien connu. Et je ne parle pas de Bloy, Boutang, Abellio et bien d’autres : c’est cela être un Chrétien-Sioniste. » (M. Dantec, Je suis sioniste, et je le dis, Propos recueillis par François Medioni, pour Guysen News, Février 2004.) Il y aurait d’ailleurs fort à dire sur Maurice Dantec, dont un rapide examen des écrits fait apparaître des approximations équivalentes - dont une contrevérité exégétique, historique, religieuse et prophétique : « La Terre d’Israël a été donnée pour l’ÉTERNITÉ au Peuple d’Abraham. C’est ainsi. C’est écrit » (Jérusalem Post, édition française, 2005) - qui parsèment une prose parfois sous-tendue par des idées traditionnelles, voire respectables, en particulier touchant à sa démarche de conversion réalisée sous l’influence de la lecture de Léon Bloy (cf. American Black Box, le théâtre des opérations, 2002-2006, Albin-Michel, 2007, pp. 188-191), et des conceptions délirantes, notamment touchant à la nécessaire « refondation du christianisme après Auschwitz » (Ibid., p. 125), l’espérance que « Jérusalem redevienne la Capitale du monde sous la protection de l’Etat Juif » (Ibid., p. 187), ou encore que « Jéricho, Nazareth et Bethléem appartiennent à Israël » (id., p. 237), poursuivant ainsi dans une revendication qui reprend les prétentions les plus absurdes, et surtout foncièrement anti-scripturaires, des rabbins sionistes partisans de l’Eretz Israël.
Puisque nous y sommes, une remarque de forme, mais néanmoins importante. On se demande comment Gallimard a pu laisser passer dans plusieurs pages de Dantec, la transcription fautive « de Maistre » ou pire « De Maistre », ceci un nombre considérable de fois [ex. « De Maistre n’était pas français… » ; « De Maistre sait… » ; « De Maistre plaidait… » ; « de Maistre sait… » (bis) ; « de Maistre prévoit … » ; « de Maistre note… » ; « Comme le dit de Maistre… » (cf., Le théâtre des opérations, Laboratoire de catastrophe générale, 2000-2001, Gallimard, 2001, pp. 146-147)], alors qu’il faut écrire « Maistre » dans la phrase, sans faire précéder le nom du « de » nobiliaire, du point de vue des règles en usage. En effet, la particule onomastique n’apparaît que lorsque le nom est précédé d’un prénom, d’un titre ou d'une dénomination (monsieur, madame, marquis, abbé, général, etc.), et surtout ne prend jamais de majuscule. Sans doute une négligence des correcteurs…que l’on pensait plus attentifs dans la prestigieuse maison qui édita jusqu’en 1919 la Nouvelle Revue Française.
2. Un Juif, M. Cahen, s’écria : « Le Messie est venu pour nous le 28 février 1790, avec la Déclaration des droits de l'homme » (Archives Israélites, oct. 1847, p. 801). D’ailleurs, cette intégration républicaine « messianique » au sein de la société française ira même jusqu’à ce que le gouvernement de 1830 donne à la synagogue un élan qui ne s'est plus arrêté, puisque l’un de ses premiers actes, le 8 février 1831, fut de placer les rabbins sur la même ligne que les ministres du culte catholique, et de leur assigner un traitement sur le trésor public, innovation qui créa une espèce de clergé israélite au point de vue légal à l’intérieur de la France anciennement chrétienne.
3. Voici le texte dont sont tirés les citations : « Votre excellence demandait donc pour commencer s’il vous était permis, à un quelconque moment, de lever des impôts sur les Juifs. Voici quelle réponse on peut donner à cette question, ainsi formulée dans l’absolu : quoique les juifs soient voués à la servitude perpétuelle par leur propre faute et que les seigneurs puissent prendre leurs biens fonciers comme leur appartenant (ainsi que l’affirme le Droit Décretales, V, tit. 6, c. 13) nous devons toutefois nous « conduire honorablement même envers ceux du dehors » (1 Th 4, 12)(...) D’après ce que j’ai pu voir dans la suite de vos demandes, il me semble que votre hésitation provient essentiellement de ce que les Juifs qui sont sur vos terres paraissent n’avoir rien d’autre que ce qu’ils ont acquis par le vice d’usure. C’est pourquoi vous avez raison de demander s’il est permis d’exiger quelque chose d’eux, étant donné que des biens ainsi acquis de façon illicite doivent être restitués. Sur ce point, voici quelle réponse paraît devoir être formulée : puisque les Juifs ne peuvent conserver les biens qu’ils ont extorqués aux autres par voie usuraire, il s’ensuit que, si vous les avez reçus d’eux, vous ne pouvez pas non plus les conserver, sauf peut-être si ces biens vous ont été extorqués, à vous ou à vos prédécesseurs.(...) Il me semble également qu’un Juif ou n’importe quel usurier devrait être frappé d’une amende plus lourde que qui que ce soit d’autre pour un crime équivalent, d’autant plus lourde que l’argent qui lui est retiré lui appartient moins. On peut également ajouter d’autres peines aux amendes en argent, de peur que l’on ne pense que la simple restitution de ce qui est dû aux autres suffise pour la peine. (...) mieux vaudrait contraindre les juifs à travailler pour gagner leur propre subsistance (comme le font les princes italiens) plutôt que de les laisser s’enrichir par le prêt à intérêt en menant une vie oisive. Enfin, vous voulez savoir s’il est bon que les juifs de votre province soient obligés de porter un signe qui les distingue des chrétiens. La réponse est facile : le Concile statue que les juifs de l’un et l’autre sexe doivent se distinguer par le vêtement qu’ils portent dans toute province chrétienne et en tout temps. C’est aussi ce que leur demande la Loi, qui leur enjoint de porter des franges aux coins de leurs vêtements, grâce auxquelles ils se distingueront des autres. » (Nb 15, 38 et Dt 22, 12). [Somme Théologique Q -21- Le gouvernement des juifs]
4. J. de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole (1815).
5. Ibid.
6. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, « Entretien IX. » Œuvres complètes, tome V, Vitte, Lyon, 1892, p. 143,
7. Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole, op. cit.
8. G. Gogordan, Le comte Joseph de Maistre, Hachette, 1894.
9. Lettre apostolique « Dirae Librorum », 26 juin 1827.
10. J. de Maistre, Soirées, 11e Entretien, & Mélanges, B, (inédit), 3 oct. 1797.
11. Ibid.
12. Saint Paul (Galates, IV) déclare d’ailleurs clairement que certains passages de l’Ecriture, les deux femmes d’Abraham par exemple, « ont un sens allégorique ». Cf. aussi le Psaume LXXVII.
13. Soirées, ibid. De même saint Augustin, (Contra Manicheo., 1. I, ch. II), dit qu’on ne peut prendre à la lettre le texte des trois premiers chapitres de la Genèse sans attribuer à Dieu des choses indignes de lui, et qu’il faut avoir recours à l’allégorie.
14. Lettre du 16 oct. 1814, OC, t. XII, p. 459.
15. J. de Maistre, Principe Générateur des Constitutions politiques, § 30 & 31.
16. A. Lemann, L’Avenir de Jérusalem, espérance et chimères, Librairie Ch. Poussielgue, 1901. Citant, sans en comprendre une ligne le prophète Ezéchiel, les sionistes oublient que la réprobation d’Israël est mystérieusement permise jusqu’à ce qu’Israël accepte le Messie et rejoigne l’Eglise. Saint Paul le dit nettement : « … alors tout Israël sera sauvé. » (Romains XI, 25). Jusqu’à ce que cela arrive, jusqu’à ce que les Juifs reconnaissent le Christ comme le Fils de Dieu, le sionisme ne présentant pas, pour le moins, des marques particulières d’une conversion de cet ordre, l’idée d’une nation Juive obtenue par les moyens vils et dévoyés qui sont l’apanages de tous les Etats, est une ignoble monstruosité politique certes, mais surtout une ignominie impie et blasphématoire sur le plan théologique.
17. J. de Maistre, Soirées, 11e Entretien.
18. Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole, op. cit.
19. Ibid.
20. Ibid.
21. Ibid.
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samedi, 07 novembre 2009
Le Sionisme et l’Antéchrist
ou le sens véritable du "retour" des Juifs en Israël

« L'Antéchrist établira le principal siège de son empire à Jérusalem,
afin de s'asseoir dans le Temple de Jérusalem
relevé par lui et s'y faire, adorer ! »
Un « fait » semble être déterminant pour certains sionistes chrétiens : les Juifs sont de retour en Israël ! A partir
de là ils induisent, fautivement, une essence à ce fait, non en fonction de sa nature véritable, mais par la seule vertu de sa positivité concrète.
Développant un raisonnement sophistique, que l'Eglise condamna toujours, singulièrement fallacieux et grandement insoutenable pour plusieurs raisons convergentes : si les Juifs sont de retour en Palestine c’est que les Temps sont advenus, donc nous assistons à l’accomplissement de l’Histoire divine, donc le sionisme est d’essence divine. CQFD.
Or, on ne peut faire mieux dans l’absurde !
- 1°) Tout d’abord c’est faire totalement l’impasse sur les conditions de la réalisation de ce fait. Les Juifs ne se sont pas retrouvés par hasard de nouveau sur cette terre, ni par l’effet d’une intervention de Dieu. Les conditions de ce retour en 1948 sont absolument criminelles, injustifiables et scandaleuses.
- 2°) le Retour n’est pas de l'ordre du miracle, ce « mouvement », ne relève pas d’une origine divine ! Il sont, conjointement, une entreprise de brigandage et de terrorisme de haut niveau qu’il serait fastidieux de décrire en son ensemble, et la conséquence d’un immoralisme frappé de l’Étoile de David.
Certes Notre Seigneur dans les Ecritures parle du retour en Terre Sainte des Juifs (Luc XXI, 24), bien qu'il convienne de voir ce qu’il faut entendre par là, mais jamais d’un retour obtenu dans les horribles conditions qui accompagnèrent le mouvement sioniste !
Nous sommes là en présence d’une histoire, caricaturale, parodique, immorale, antéchrist et, autant dire le mot : satanique !
Jamais en effet, l’élection du peuple Juif ne lui donne pour mission de devoir reconquérir, comme une sorte de profanation incroyable, la Terre
Sainte par les armes, l’occupation militaire et l’oppression criminelle des peuples de la région. On ne peut trouver à tout ceci aucune justification théologique et aucune trace dans l’Ecriture.
Ce qui est donc certain, c’est qu’il n’y a aucune dimension spirituelle et divine dans le projet sioniste. Ni dans son intention (vision matérialiste, athée, laïque, raciale), ni dans ses méthodes scandaleuses (meurtres, attentats, violences, oppressions, spoliations, humiliations, etc.). Dieu, fut et est totalement absent du plan actuel d’occupation de la Palestine par les Juifs.
Le « Fait » de leur présence, qui donne d’amusantes extases de fin de l’Histoire aux sionistes chrétiens, est la conséquence des pires exactions commises par des voyous et des assassins !
Rien de divin là-dedans, bien au contraire !
Rien qui ne corresponde à ce « retour », dont nous allons voir de quelle façon il faut l’entendre, qui serait le signal de la "fin des temps".
C’est ce qu’expliquait Mgr Dadolle en 1901, Recteur des facultés catholiques, face aux premières manifestations du projet sioniste à Bâle :
- « Le rêve des propagateurs du mouvement sioniste prétend s'appuyer sur des prophéties; il suppose par conséquent une sorte de foi, sans doute faussée (…) mais le problème se pose : Oui ou non, les prophéties de l'un et de l'autre Testament autorisent-elles l'espérance d'une restauration d'Israël dans une patrie juive ? d'une restauration de Jérusalem dans la dignité de capitale d'un royaume juif ? enfin d'une restauration de l'ancien Temple, soit pour être consacré au Christ, en hommage de réparation, soit pour être le théâtre et l'objet d'une suprême profanation ? (…) il y a dans l'écriture des deux Testaments, un enseignement parfaitement explicite et clair, selon lequel le Christ est la fin de la Loi. L'avènement du Messie a mis un point final à l'histoire vivante des institutions judaïques, de telle sorte que de celles-ci rien ne doit revivre, ni le Temple, ni la Cité sainte, pas plus que la liturgie de la vieille Synagogue. C'est pourquoi la conversion des Juifs, généralement attendue pour la fin des temps, n'aura point pour suite et pour récompense leur réintégration dans la terre des tribus. »
Voilà le problème clairement posé : la fin des temps attendue, qui a pour corollaire la conversion des Juifs, ne l’oublions pas assez peu évidente cependant aujourd’hui, n'aura point pour suite, et pour récompense, leur réintégration dans leur terre !

A partir de là, sachant que les Juifs infidèles n’ont pas à réintégrer leur terre, mais autre chose de bien supérieur compris sous cette appellation, on perçoit immédiatement que la thèse du sionisme chrétien s’effondre toute seule, pitoyablement, comme un fragile château de cartes renversé par le souffle du sens véritable des prophéties.


« Le mode d'interprétation des exégètes que nous combattons
n'est pas autre chose, en effet, que le renouvellement de l'erreur juive,
s'en tenant uniquement à la lettre des prophéties
et repoussant systématiquement le sens caché sous la lettre,
sens relatif à la libération spirituelle, au royaume spirituel, par le Messie. »
Augustin Lemann, l'Avenir de Jérusalem.
Ce sens véritable des prophéties Mgr Augustin Lemann l’expliqua longuement dans un ouvrage remarquable publié en 1901 : L’Avenir de Jérusalem. C’est cette position traditionnelle, conforme à celle des Pères de l’Eglise, qui est contestée par les modernes sionistes chrétiens embrumés par les positions des réformés évangéliques et leur interprétation littéraliste des Ecritures.
Afin de rendre justice aux thèses de la Tradition catholique, nous avons répondu, par un écrit synthétique, à l’Essai de M. Vincent Morlier, visiblement gagné par les thèses millénaristes des protestants évangéliques : La Résurrection nationale d'Israël, signe eschatologique, par un texte que nous mettons à la disposition des lecteurs de La Question :


Le Caractère satanique du Sionisme !
Le Caractère Satanique du Sionisme.pdf
Réponse de M. Vincent Morlier

M. Vincent Morlier nous a, enfin, fait parvenir l’intégralité de son texte : « La Résurrection d’Israël, signe eschatologique », ainsi qu’une « Réfutation de la Réponse de Zacharias ». De manière à contribuer à l’enrichissement du débat, et afin que chacun puisse accéder à ces éléments qui précisent mieux encore les positions pro-sionistes de Vincent Morlier, et comme il lui fut déclaré, nous mettons ci-dessous à la disposition des lecteurs de La Question, les deux textes, en format pdf. Une réponse sera évidemment effectuée, dans le cadre d’une nouvelle note en préparation de Zacharias, dont le titre, déjà arrêté, est : « Le chef des Juifs : l’Antéchrist ! »
La Résurrection nationale d'Israël - V. Morlier.pdf
Réfutation de la Réponse de Zacharias.pdf
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mardi, 29 septembre 2009
René Guénon et la corruption du catholicisme
ou la sinistre stratégie de la gnose guénonienne
René Guénon (1886-1951) n’eut de cesse de tromper
les catholiques avec qui il collabora,
pour mieux diffuser le poison de ses théories occultistes,
tout ceci au nom d’une prétendue défense de la "Tradition".
![BaphometintheSun[1].jpg](http://la-question.hautetfort.com/media/01/02/430433868.jpg)
La critique catholique, depuis les premiers livres de Guénon,
a été la dénonciation du caractère gnostique et syncrétiste
de cette pensée antichrétienne par essence !
René Guénon (1886-1951) possède une caractéristique rare, celle d’attirer à lui les constructeurs de belles légendes. L’une des plus tenaces, pourtant radicalement fausse, consiste à voir en lui un ami du catholicisme et de l’Eglise. Or, rien n’est plus inexact et erroné que cette avantageuse présentation entretenue et bâtie par de dévots disciples du soufi cairote.
En effet, Guénon, qui s’introduisit dans les milieux catholiques pour mieux les corrompre, fut toujours convaincu du caractère périphérique et incomplet de la religion chrétienne. Pour lui, seule l’Inde était porteuse des critères véritables de la fort suspecte « Tradition primordiale ». Il n’eut donc de cesse de tromper ceux avec qui il collabora, pour mieux diffuser le poison de ses théories syncrétiques, tout ceci au nom d’une prétendue défense de la Tradition, ceci recouvrant en réalité une entreprise systématique ayant pour but de soumettre l’Occident aux principes doctrinaux de l’occultisme.
I. Une stratégie mensongère

Le discours de Guénon
est porteur des classiques scories occultistes
Fort justement, analysant la perception des milieux catholiques à l'égard de Guénon, Marie-France James avait déjà noté la duplicité du discours affiché porteur en réalité des classiques scories occultistes :
- « Guénon, avec plus ou moins de bonne foi, a joué pendant longtemps la carte de la fausse représentation en masquant aux yeux de ses proches et amis catholiques ses affiliations déterminantes et irréversibles au soufisme moniste dans la ligne de Mohaddyn Ibn Arabi et à la maçonnerie écossaise dans le cadre de la Grande Loge de France ; que l'on songe à sa famille, à Abel Clarin de la Rive, directeur de la France chrétienne antimaçonnique à laquelle Guénon collabora avant la première guerre mondiale et dont il avait prévu qu'il hériterait de la direction, à Noële Maurice-Denis avec qui il demeurera en étroit contact pendant près de dix ans, à Olivier de Frémond avec qui il entretiendra une correspondance suivie jusqu'à la fin des années 30, à Louis Charbonnau-Lassay etc.
Mais les plus perspicaces n'ont pas été dupes longtemps - sinon jamais - de l'orientation fondamentale de l'œuvre et du projet guénoniens qui tendaient à rien moins qu'à relativiser la personne du Christ et la radicale nouveauté de la Révélation judéo-chrétienne et à réinterpréter la doctrine et la tradition chrétiennes à la lumière des principes ésotérico-occultistes. Ce qui explique que l'une des constantes de la critique catholique ait été la dénonciation du caractère gnostique et syncrétiste de l'œuvre guénonienne jugée par là inconciliable avec la véritable perspective chrétienne. (...) Nous nous devons de reconnaître que cette analyse-critique vise juste quant à l'essentiel, c'est-à-dire quant à l'identification des fondements mêmes de l'œuvre guénonienne et à sa radicale incompatibilité avec la Révélation chrétienne. » [1]
D’ailleurs, en écho à ce qu’expose justement Marie-France James, s’il est un personnage qui, dans la mouvance catholique aurait pu à bon droit se sentir singulièrement trahi, trompé et floué par Guénon, c’est bien Abel Claren de la Rive (1855-1914), qui assuma la direction de la France chrétienne antimaçonnique [2]. Ce membre de la Société des études historiques dont l’itinéraire mérite d’être connu, ne fut pas simplement le polémiste peu inspiré que certains ont voulu complaisamment nous présenter.
II. Un double jeu scandaleux
Pendant la période qui s’étendit de 1887 à 1898, Clarin de la Rive se lança dans une étude très précise des sociétés secrètes musulmanes en Afrique du Nord, investigations qu’il fait paraître sous le nom de A.D. Rioux. C’est à l’occasion, en 1908, de son exclusion de l'Ordre Martiniste fondé par Papus, que Claren de la Rive approcha pour la première fois René Guénon qui signait de son titre d’évêque gnostique « Sa Grâce Palingénius », secrétaire général de l’Eglise gnostique de France et directeur de la Gnose, lui proposant d’envoyer ses analyses dans la France chrétienne antimaçonnique afin qu’il puisse effectuer, s’il le souhaitait, des clarifications ou mises au point sur plusieurs sujets et désaccords à l’égard des positions de ces anciens amis qui prendra, préalablement, la forme d’une lettre de protestation des « excommuniés » de l’Ordre papusien (J. Desjobert, R. Guénon, A. Thomas), la Loge Humanidad n° 240 décrétant quant à elle dans sa tenue extraordinaire du 6 juin 1909 une sentence de « perte des droits maçonniques et d’expulsion définitive de la Maçonnerie » et de son côté le Souverain Sanctuaire d’Allemagne procédant à une annulation des patentes de 30e et 90e qui avaient été remises.

René Guénon hypocritement catholique
était encore profondément lié
au milieu des loges
Cependant, alors que Claren de la Rive était en quête d'un collaborateur régulier connaissant bien les positions faussées de l’ésotérisme afin de mieux en dénoncer les grossières désorientions, mais totalement ignorant du double jeu de René Guénon qu’il croyait être redevenu un parfait catholique ayant définitivement « tourné le dos à la Maçonnerie » alors qu’il était encore profondément lié au milieu parisien des arrière-loges, il l’engagea à la France chrétienne antimaçonnique lors de l'été 1913, et lui offrit une tribune exceptionnelle, que s’empressa d’utiliser Guénon qui allait publier, par ce canal inespéré, nombre de textes sous le pseudonyme du « Sphinx », et ce jusqu'à la disparition de la revue consécutive à la mort de Claren de la Rive en 1914, et dont il fut même un temps regardé comme le possible successeur à la direction de l'hebdomadaire devenu, entre temps, la France antimaçonnique, ce qui aurait amené une des figures les plus représentatives du monde de l’occulte à diriger l’organe par excellence de la « bonne pensée » catholique.
III. Abel Claren de la Rive et la « France chrétienne antimaçonnique »

A compter de 1893, Abel Claren de la Rive choqué par les découvertes réalisées en étudiant les thèses des milieux de
l’ésotérisme, commença à envoyer des articles critiquant les activités de la franc-maçonnerie à divers journaux religieux (la Croix de Paris, la Croix de Reims, la Croix des Ardennes), signant simplement « Un Profane » ou encore « F.. X.. », se distinguant surtout dans la Revue complémentaire du Diable par de vigoureuses attaques contre Jules Bois sous le pseudonyme de « Rhémus », puis, par des papiers sévères envoyés au Peuple français, à l’Avenir de Reims, la Revue nouvelle, à l'Echo de Rome et au Rosier de Marie. C’est à la suite de la diffusion de ces textes qu’il rencontrera l'archevêque de Reims le cardinal Langénieux, observateur attentif de la franc-maçonnerie disposant d'une bibliothèque fort documentée, lié aux co-directeurs de la Franc-maçonnerie démasquée, les abbés Gabriel de Bessonies et Henri Joseff.

« En premier lieu arrachez à la Franc-maçonnerie
le masque dont elle se couvre, et faites-la voir telle qu’elle est »
Ainsi, avec l’aide de Louis Lechartier, Claren de la Rive, déjà bien introduit dans le monde religieux catholique qui combattait les idées
occultistes, publiera alors La femme et l'enfant dans la Franc-maçonnerie universelle (1894) ainsi que le Juif et la Franc-maçconnerie (1895), et prit la successions du faussaire Léo Taxil (1854-1907), qu’il ne ménagea pas de ses virulentes critiques devant son mensonge avéré, à la direction de la France chrétienne antimaçonnique en janvier 1896 (revue qui portait en exergue la déclaration de Sa Sainteté Léon XIII tirée de l’Encyclique Humanum Genus publiée le 20 avril 1884 : « En premier lieu arrachez à la Franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre, et faites-la voir telle qu’elle est »), direction qu'il conservera jusqu'à sa mort en juillet 1914.
IV. Un occultiste déguisé sous le masque catholique
Ce que l’on ignore, ce que témoignant d’un art consommé de la dissimulation dont seul il était capable, et alors qu’il s’affichait comme l’une des plumes les plus aiguisées et féroces dirigées contre la franc-maçonnerie et l’occultisme, Guénon continuait, comme si de rien n’était, à fréquenter les salons, groupes et cercles ésotériques parisiens les plus divers, et il est fort probable, à court terme, qu’il ait été désigné, lui qui venait de se faire un an plus tôt soufi musulman et recevoir au sein de la Loge Thebah de la Grande Loge de France, pour succéder
N’oublions-pas que peu après son rattachement à l'ésotérisme islamique, René Guénon se mariait comme si de rien n’était avec Berthe Loury, jeune fille blésoise qu'il avait connue chez le chanoine Gombault. D’ailleurs un peu plus tard, en Sorbonne, il rencontre Noëlle Maurice-Denis Boulet, étudiante catholique qui l’invite aux jeudis parisiens consacrés à des « réunions méta-philosophiques » avec des camarades de l'Institut catholique. Noëlle Maurice-Denis Boulet, qui croyait naïvement à la sincérité des convictions affichées par ce grand dissimulateur et manipulateur qu’était Guénon, de le présenter au cercle néo-thomiste de l'Institut catholique dont le doyen, Émile Peillaube, avait fondé La Revue de philosophie.
L’incroyable, c’est qu’à partir de 1919, René Guénon va donner des « comptes rendus » et plusieurs articles sur divers sujets à la revue du Père Peillaube, toujours en affichant un vernis faussement catholique ; ainsi seront publiés des textes ayant pour titre : « Le théosophisme », « La question des mahatmas », « Théosophisme et franc-maçonnerie », poursuivant une collaboration active qu'il accordera, jusqu'en 1923.
V. Le loup au sein de la Revue universelle du Sacré-Cœur
Mais le plus extraordinaire est à venir. Une nouvelle revue : « Regnabit, Revue universelle du Sacré-Cœur », paraît en juin 1921,
sur l'initiative du Père Félix Anizan (1878-1944), oblat de Marie Immaculée, apôtre de la dévotion et de la doctrine du Sacré-Coeur, auteur d'innombrables ouvrages sur ce sujet. Persuadé que « le Sacré-Coeur n'a pas dans la vie chrétienne, dans la pensée catholique, la place qui lui revient », il juge nécessaire de fonder une revue scientifique traitant ce thème à tous points de vue : dogmatique, moral, ascétique, mystique, liturgique, artistique et historique. Il réalise son projet avec la collaboration du centre de dévotion au Sacré-Coeur de Paray-le-Monial et parmi les premiers collaborateurs d'Anizan se trouvent de très grands théologiens comme le jésuite Augustin Hamon - à l'époque le spécialiste de la mystique du Sacré-Coeur - le bénédictin dom Demaret de l'abbaye de Solesmes, l’oblat Émile Hoffet (1873-1946), Gabriel de Noaillat, secrétaire du Centre de Paray-le-Monial, le futur monseigneur Léon Cristiani (1879-1971), ainsi que le secrétaire du centre de Paray-le-Monial, Gabriel de Noaillat. La revue paraît sous les auspices d'un comité patronal composé par le cardinal Louis-Ernest Dubois (1865-1929), archevêque de Paris, et quinze prélats de tous les continents, parmi lesquels nous trouvons dom Gariador, l'Abbé général de la Congregazione Benedettina Cassinense. L'approbation ecclésiale de la revue sera ensuite confirmée le 10 mars 1924 par une Bénédiction apostolique spéciale - où étaient exprimés les félicitations et l'encouragement - envoyée à la rédaction de Regnabit par le Secrétariat d'État de Pie XI et signée par le cardinal Pietro Gasparri.

Guénon pensait pouvoir démontrer
par ses articles sur le Sacré-Cœur
que le symbole du « Cœur »
se rattache à la « Tradition primordiale »
Or, ce diable de Guénon, réussira usant d’une hypocrisie sans nom, à faire publier plusieurs articles dans Regnabit. René Guénon avait fait connaissance avec Olivier de Frémond (1850-1940), membre de la Société des Antiquaires de l'Ouest, grâce auquel Louis Charbonneau-Lassay (1871-1946) entra en contact avec Guénon. Par le truchement de Louis Charbonneau-Lassay, René Guénon devient collaborateur de Regnabit, en publiant, comme première contribution à la revue, dans le numéro d'août-septembre 1925, une étude sur la signification du cœur dans les traditions préchrétiennes.
Ne faisant jamais référence dans Regnabit à ses propres ouvrages consacrés aux doctrines hindoues, et pour cause, alors que d'une façon générale c'est dans ces doctrines que son enseignement prenait surtout son point d'appui, Guénon pensait pouvoir démontrer par ses articles sur le Sacré-Cœur que le symbole du « Cœur » se rattache à l'unique « Tradition primordiale » placée à la source du symbolisme universel dont les diverses traces témoignent de la permanence et de la vérité de cette influence traversant l'ensemble des mythes et civilisations, formant, de manière certes voilée mais cependant aisément décelable par une étude attentive, un noyau commun unissant dans une même origine, dont la désignation en tant que « Christ-Principe » ou même de « Verbe » aura pu abuser de nombreux lecteurs catholiques, est cependant très loin de correspondre à ce que représente effectivement Jésus-Christ pour les chrétiens.
Les réactions ne se firent pas attendre, en particulier d’un certain nombre d’intellectuels catholiques choqués par les propos de Guénon, dont principalement Jacques Maritain (1882-1973) et l'abbé Lallement (1892-1977), qui exigent la mise à l’écart de l’occultiste qui, de toute évidence, se sert de Regnabit comme d’une tribune pour répandre le venin de ses théories faussées.
Conclusion
Acculé et démasqué, en mai 1928, Guénon donne sa démission de la « Société du Rayonnement intellectuel du Sacré-Cœur », et expose le 8 juin, dans une lettre de douze pages envoyée à Louis Charbonneau-Lassay qui est chargé de s’en faire l’émissaire et en restera pour le moins incrédule, toute sa « rancœur » à l’égard de l’abbé Anizan, de la revue Regnabit et surtout vis-à-vis de l’Eglise catholique en des termes ahurissants, allant jusqu’à se faire menaçant déclarant, si l’on prétendait empiéter sur les domaines dont il a « autorité » et « qu’il représente » (sic) : « [on doit] se méfier de ce que [René Guénon] peut avoir en réserve.»

« Quant à une position religieuse,
je n'ai pas à en avoir,
puisque je ne me place nullement à ce point de vue. »
Le Père Anizan, profondément ébranlé et stupéfait, sensibles aux réactions négatives suscitées par les articles signés par Guénon dans l'organe de la « Société du Rayonnement Intellectuel du Sacré-Cœur », fut tout de même soucieux de connaître quelles étaient les convictions religieuses effectives de son collaborateur, ce qui était bien la moindre des choses pour quelqu'un qui, écrivant dans la Revue Universelle du Sacré-Cœur éditée en collaboration avec le centre de Paray-le Monial, placée sous le patronage du cardinal Dubois, et figurait en tant que membre officiel de son Comité de rédaction.
Il reçut non sans étonnement, par l'intermédiaire de Chabonneau-Lassay, cette déclaration définitive de la part de Guénon qui, comme nous le savons, méprisait profondément la religion puisqu’il regardait cette dernière comme une simple expression exotérique superficielle et incomplète d’une vérité ésotérique cachée : « Quant à une position religieuse, je n'ai pas à en avoir, puisque je ne me place nullement à ce point de vue. » [3]
La seule question qui mérite d’être posée en conclusion est donc celle-ci : comment accepter et tolérer qu’une doctrine aussi malsaine et dévoyée, qui regarde la religion fondée par Jésus-Christ comme un simple lien social en niant son aspect salvifique sacramentel et transcendant affirmant : « la religion ne relie les hommes que dans le sens social » [4], puisse encore, pour certains esprits puissamment aveuglés, prendre autorité sur le christianisme, alors même que tous ses fondements sont en radicale opposition avec l’enseignement de l’Eglise ?
René Guénon sut se faire ondoyant et flatteur à l’égard du catholicisme, alors même qu’il le regarda toujours avec un certain dédain comme une
forme exotérique vidée de son ésotérisme depuis le XIIIe siècle, dérivée et dépendante de l’authentique Tradition, et déclara hypocritement, alors qu’il n’y croyait pas le moins du monde [5], que sous sa forme occidentale cette illusoire « Tradition primordiale » est extérieurement représentée par le catholicisme. Ainsi, selon lui, dans le catholicisme se sont maintenus les éléments de la Tradition en Occident, ceci devant s’entendre, ne nous y trompons surtout pas, au titre des éléments de la Tradition caïnique babélienne non-chrétienne, et uniquement en fonction des possibilités que le catholicisme porterait en lui-même de les "revivifier".
Ainsi, soutiendra-t-il, dans un sens pragmatique et simplement tactique, toute tentative « traditionaliste » qui ne tiendrait pas compte du catholicisme est inévitablement vouée à l’échec, par manque de base, base indispensable à tout espoir de « rétablissement ». Telle est la raison de l'intérêt, fort limité et superficiel du reste, que Guénon porta au catholicisme. De ce fait le catholicisme, ce qui n’a pu tromper et ne trompe encore que les crédules et naïfs lecteurs de La Crise du monde moderne [6], non perçu dans son essence divine et l’Eglise ignorée dans son caractère surnaturel, caractère absolument non comparable et non identifiable avec les autres formes religieuses de l’humanité d’avec lesquelles elle se distingue totalement, sont réduits à une pure vision administrative, localisée, exotérique et sociale de la Tradition dans l’esprit de Guénon, ce qui est proprement inacceptable.
On le comprend aisément, combattre Guénon, mettre en lumière ses funestes théories démoniaques, c’est éviter que des âmes sincères trompées et abusées par les propos séduisants que l’occultiste Guénon dirigea contre le monde moderne, ne se laissent infecter par des thèses absolument incompatibles avec la Foi de l’Evangile et l'enseignement de l'Eglise.
Notes.
1. M.-F. James, Esotérisme et christianisme autour de René Guénon, NEL, 1981, p. 15.
2. Abel Claren de la Rive, s’engagea tout d’abord dans des travaux d’érudition qui l’amenèrent à publier une Histoire épisodique de la Bourgogne (1881), puis une Histoire générale de la Tunisie depuis 1590 avant Jésus-Christ jusqu’en 1883, étude monumentale dont il sera récompensé en étant reçu en tant qu’officier dans l'ordre du Nichan-Iftikar, signant, quelques années plus tard, un Dupleix ou les Français aux Indes orientales (1888). Toutefois, passionné par l’occultisme, alors même qu’il avait fait paraître sous la forme d’un premier roman, Une Date fatale (1881), une vigoureuse dénonciation du spiritisme, il allait de nouveau, sous le pseudonyme du Cheikh Sihabil Klarin M'Ta El Chott, diffuser un nouvel ouvrage relativement surprenant, Ourida (1890), dans lequel était décrite l'histoire d'une « Petite Rose » placée sous les auspices de l'archange Gabriel autour de laquelle s’entrecroisaient et s’opposaient, successivement, des éléments spirituels chrétiens, musulmans et maçonniques. A la même date, et sous le même pseudonyme, il réalisera un Vocabulaire de la langue parlée dans les pays barbaresques — coordonné avec le « Koran » (1890), œuvre importante portant sur les idiomes linguistiques de l’Egypte, du Maroc, de la Tunisie et de la Turquie, se penchant plus particulièrement sur les rites, sectes et confréries religieuses de l'islam, et s’immergeant à ce point dans la tradition musulmane qu’il déclarera, un peu plus tard, à l'abbé Gabriel de Bessonies (1859-1913), que les domaines touchant à ces sujets lui étaient à cette époque si connus que beaucoup imaginaient qu’il fût réellement un authentique disciple de Mahomet.
3. Lettre à Charbonneau-Lassay, 8 juin 1928.
4. R. Guénon, La religion et les religions, La Gnose, sept.-oct. 1910.
5. Sa lettre à Julius Evola datée de 1944, citée dans « René Guénon : un ésotériste antichrétien ! », témoigne éloquemment de la duplicité de Guénon sur la question du rétablissement de la Tradition par le catholicisme : « Vous devez bien penser que je ne suis pas si naïf que cela ; mais pour des raisons qu’il ne m’est malheureusement pas possible d’expliquer par lettre, il était nécessaire de dire ce que j’ai dit et d’envisager cette possibilité, ne fût-ce que pour établir une situation nette, et a eu pleinement le résultat (négatif) que j’attendais. » (Lettre à Julius Evola, 1933).
6. R. Guénon, La Crise du monde moderne, ch. II, « L’opposition de l’Orient et de l’Occident », ch. V, « L’individualisme ».
11:02 Publié dans Esotérisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, esotérisme, catholicisme, eglise |
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jeudi, 27 août 2009
Qu’est-ce que la «Tradition» ?
Eclaircissement au sujet des éléments spirituels,
historiques et religieux,
constitutifs de la sainte Tradition chrétienne



Bénéficiant d’un usage devenu quasi classique, en particulier grâce aux efforts de l’ésotériste René Guénon (1886-1951) [1], bien que sa place est, comme il se doit, éminente chez les catholiques fidèles à l’enseignement de l’Eglise, on constate pourtant, avec regrets, qu’aucune expression, aucun mot, aucune appellation ne donne lieu aujourd’hui à plus de contresens, d’affirmations erronées et d’incompréhensions que celui de « Tradition ». Il faut reconnaître que son emploi, souvent de manière inexacte et inflationniste, à présent si courant en divers milieux, ne favorise guère la clarté du sujet, et une somme conséquente d’absurdités gigantesques constitue, hélas ! son environnement sémantique habituel caractéristique.
Alors même que rien ne serait plus essentiel que de pouvoir préciser ce que signifie la Tradition en nos temps si
troublés et confus, il semble, paradoxalement, que l’on s’ingénie très souvent, par méconnaissance, ignorance, bêtise ou malveillance volontaire, qui sont allées jusqu’à tendre dernièrement à inférer au catholicisme traditionnel, par l’effet d’une profonde stupidité, son attitude de déférent respect vis-à-vis de l’apport des siècles et l’autorité du Magistère à une soumission mahométane face à la lettre du Coran, à rendre plus obscur encore ce qui devrait pourtant s’imposer à tous comme une évidence. De ce fait, les ambiguïtés successives s’accumulant d’une manière inquiétante, il nous apparaît donc nécessaire, en réaction face à cette situation, de dégager les grands principes qui président à l’essence de ce mot, et mettre en lumière les principaux fondements qui le sous-tendent.
I. Sens étymologique et ecclésial du mot
Au sens étymologique, le mot Tradition est formé de « trans » (à travers) et de « dare » (donner). Il signifie donc littéralement : « Ce qui est donné par transfert ». Ainsi la seule idée qui est réellement incluse dans ses radicaux constitutifs est celle de translation, de livraison, de transmission, de passation, de transport, de legs. Le sens étymologique ne fait aucune allusion à la nature de ce qui est transmis. En somme, il désigne un véhicule dont il ignore le chargement. Il se contente de définir un certain mode d’acquisition des connaissances sans dire en quoi elles consistent. Il indique seulement comment on les reçoit. Mais quel est ce mode de réception ? C’est l’héritage. Ainsi, la Tradition, au sens étymologique, c’est le « legs du passé ».
Toutefois, dans la terminologie ecclésiastique, le mot Tradition ne s’applique plus à tout l’héritage du passé sans distinction de contenu. Il est réservé exclusivement à la partie de la Révélation divine qui n’a pas été consignée par écrit et qui s’est transmise oralement.
Toute Révélation en effet, peut laisser deux sortes de traces : une trace écrite qui vient s’ajouter à celles qui ont déjà éré consignées et qui formeront avec elle l’Ecriture Sainte, mais également une trace orale qui s’ajoute à la Tradition, car on recherchera et on recueillera évidemment les moindres vestiges des précieuses paroles divines. La reconnaissance de la Tradition comme deuxième source de la Révélation (la première étant l’Ecriture) est une caractéristique de l’Eglise catholique (et dans une mesure moindre de l’Eglise orthodoxe). Les écoles protestantes sont partagées sur ce chapitre ; les unes admettent une certaine tradition mais la limitent à quelques textes ; la majorité est hostile à la notion même de « tradition », à laquelle elle oppose l’adage ‘‘Sola Scriptura ’’.

La Tradition chrétienne
ne se rattache pas à un ensemble de mythes
communs avec le reste de l ‘humanité,
mais est liée à une « Révélation ».
Aussi, est-il bon de donner quelques preuves de l’ancienneté de cette reconnaissance de la Tradition Apostolique, telle que
l’entend l’Eglise catholique, ce que Saint Augustin résume de cette façon : « Il y a beaucoup de choses auxquelles l’Eglise est fermement attachée et que l’on est autorisé, par conséquent, à regarder comme ordonnées par les Apôtres, bien qu’elles ne nous aient pas été transmises par écrit. » (De Bapt. V, 23-31). En effet, l'Eglise considère, à juste titre, puisqu’elle est l’assemblée fondée par le Christ qui bénéficie constamment de sa grâce, que la vérité chrétienne est donnée à la fois par la Bible et la Tradition qui trouve son expression normative dans les déclarations du Magistère. C’est ce que rappela avec fermeté le Concile de Trente: « Le sacro-saint Synode oecuménique et général de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, constamment conscient du fait qu'il faut supprimer l'erreur pour préserver l'Evangile dans sa pureté au sein de l'Eglise, Evangile qui fut antérieurement promis par les prophètes dans l'Ecriture Sainte, entrevoyant clairement cette vérité et discipline qui, ayant été reçue par les apôtres de la bouche du Christ même ou communiquée à eux par la dictée du Saint-Esprit, suivant l'exemple des Pères, reçoit avec un égal sentiment de piété et d'honneur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont le même Dieu est l'auteur, ainsi que lesdites traditions, qu'elles concernent la foi ou les moeurs, comme ayant été dictées soit par la bouche même du Christ, soit par le Saint-Esprit, et préservées dans l'Eglise Catholique par une succession ininterrompue. » [Concile de Trente, 1545-1563, Session 4].
De la sorte, il convient de le souligner, le caractère original de la Tradition chrétienne vient du fait qu’elle ne se rattache pas à une terre, à un
héritage symbolique particulier, à un ensemble de coutumes ou de mythes qui seraient communs avec le reste de l ‘humanité, mais est liée et dépendante d’une « Révélation » et d’un culte, transmis non par une civilisation, mais par une lignée, une descendance qui est celle des Patriarches, des Justes et des Prophètes aboutissant au Messie, par le mystère de l’Incarnation du Christ Jésus.
Ainsi l’Eglise, société surnaturelle fondée par le Christ, est donc la gardienne de !’Écriture et de la Tradition qui sont les deux sources principales de la Révélation. C’est pourquoi, il est certain que si l’on donne une définition confuse de la Tradition, on fait de l’Eglise la gardienne d’une Révélation elle-même confuse. Il est, dès lors, plus que vital de bien comprendre ce que l’on doit entendre sous le nom de Tradition.
II. Qu’entend-t-on par « Révélation divine » ?

S’il est au monde, aujourd’hui,
une religion capable précisément de parler de la Tradition
et d’en présenter le contenu,
c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres !
La Révélation divine s’est manifestée en trois grandes phases. Il y eut d’abord une Révélation primitive qui fut reçue
par les Patriarches mais qui n’engendra aucune Écriture, puis une seconde Révélation qui donna naissance à l’Ancien Testament et, enfin, une troisième Révélation, celle du Messie, qui engendra le Nouveau Testament avec lequel la Révélation publique est close.
Chaque phase a vu apparaître une forme particulière de Tradition qui a véhiculé la partie non écrite de la Révélation et que l’Eglise, sous sa forme du moment, s’est attachée à conserver. En effet, tous les historiens de la Religion sont d'accord pour affirmer que l’Eglise, bien que sous des formes différentes, remonte aux toutes premières origines de l’humanité, donc au temps des toutes premières Révélations.
Puisque nous voulons définir la Tradition, nous devons donc nécessairement en saisir la chaîne dès le début et nous demander : dans quelles conditions précises elle a pu ou non parvenir jusque nous ? De l’avis général des docteurs de l’Eglise, la Révélation faite par Dieu à Adam et aux patriarches qui lui ont succédée comportait quatre composantes essentielles : un Dieu, une Loi, un Culte et une Prophétie :
+ Un Dieu - Le Dieu de la Tradition est personnel, créateur et unique. Il est personnel, on peut avoir avec Lui un commerce ; Il n’est ni une force aveugle, ni une entité abstraite ; la religion primitive n’est pas panthéiste. Dieu est créateur ; Il n’a aucune force indépendante au-dessus de Lui ; Il est souverain maître de tout, donc créateur de tout. Dieu est unique ; il n’y a pas d’autre dieu que Lui ; la relation primitive n’est pas non plus polythéiste.
+ Une Loi - Elle est tacite ; c’est la règle de conduite mise au cœur de l’homme ; c’est la voix de la conscience ; c’est la loi naturelle ; elle n’est donc pas positivement révélée ; mais quand Caïn la transgresse, Dieu la rappelle explicitement ; elle est d’ailleurs complétée par des prescriptions diverses, comme par exemple le précepte de procréation.
+ Un Culte - La loi du sacrifice est universelle ; elle consiste à confesser devant Dieu son propre néant ; tel est le fondement du culte ; de non-sanglant qu’il était avant la chute, il est devenu sanglant depuis, puisqu’il s’y est ajouté la nécessité de l’expiation ; Abel a compris cela et non Caïn. Le culte de Caïn est une offrande d’action de grâce, c’est désormais insuffisant ; il n’est pas accepté par Dieu. Le sacrifice d’Abel est expiatoire et il va donc entrer dans la tradition divine comme ayant été accepté par Dieu.
+ Une Prophétie - On l’appelle le « Protévangile » ; en voici le texte. Dieu s’adresse au serpent après l’épisode de la tentation originelle. Le Protévangile est la pièce maîtresse de la Tradition primitive : «Je mettrai des inimitiés (au pluriel dans le texte : inimicitias) entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; elle te brisera la tête et tu la mordras au talon.» (Genèse, III, 15).
III. Division en deux formes distinctes de la Tradition
Aujourd’hui, cette prophétie s’est réalisée en partie ; nous savons que la postérité de la femme c’est le Christ et nous
en déduisons que la postérité du serpent, c’est l’Antéchrist. Dans les temps anciens, elle alimenta les méditations des hommes qui « marchaient avec Dieu », parce qu’elle résume l’histoire du monde ; beaucoup d’exégètes disent que cette prophétie a été donnée par Dieu pour soutenir l’espérance des premiers hommes, car elle formule l’espérance de la Rédemption. Les « hommes justes, il va sans dire, étaient de la sorte en attente impatiente de ce « brisement de tête » et de cette « morsure au talon ».
Le problème, c'est que les deux traditions portent le même nom (tradition), mais n’ont pas du tout le même contenu. Il faut impérativement pour dénouer cette difficulté, discerner entre les deux traditions, laquelle contient véritablement la "Tradition primitive" et laquelle est un rameau dévié.
La Tradition première, qui donc contenait oralement toute la Révélation, a été l’objet de très graves altérations. Il s’y est mêlé des traditions profanes, non révélées qui par conséquent ont fini par envahir, étouffer et effacer toute trace de vraie Tradition, c’est-à-dire de la Révélation divine. D'ailleurs l’Histoire de la Religion sur la terre, jusqu’à Abraham, n’est autre chose que celle des altérations successives de la Tradition primitive.
Ceci explique pourquoi s’il est au monde, aujourd’hui, une religion capable précisément de parler de la Tradition et d’en présenter le contenu, c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres. Quand Guénon dit : «Le christianisme a oublié la Tradition, c’est l'Inde qui l’a conservée», il se trompe [2]. C’est exactement le contraire, en réalité. Toutes les religions païennes (et pas seulement l’hindouisme), ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels avant Abraham et avant l’Ecriture. Elles ne possèdent donc, de la Tradition, que la version babélienne dont, justement, Dieu n’a pas voulu.
IV. Altération de la Tradition

Toutes les religions païennes
ne possèdent de la Tradition,
que la version babélienne dont Dieu n’a pas voulu.
Le corollaire obligé de la confusion et de la dispersion babélienne, c’est la vocation d’Abraham. Il n’y a plus d’autre
moyen, pour perpétuer la Vraie Religion, que de constituer un « peuple-citadelle » qui en soit le gardien. Mais de quoi ce peuple serait-il le gardien, s’il n’y a plus rien à garder ? Or, à la période du Déluge, l’apostasie était devenue générale et irréversible, il n’y avait donc plus rien à garder. Il fallait donc que Dieu reconstitue la Tradition première (ou sacerdotale primitive) ; il lui fallait procéder à une nouvelle Révélation qui serait la répétition de la première, il fallait tout refaire de rien.
Patiemment Dieu, comme nous le savons, de nouveau, se révèlera à Abraham, Isaac et Jacob, en vue de reconstituer la Tradition première qui était perdue.
C’est donc Moïse, après l’élection d’Abraham, qui sera chargé de recueillir la Révélation nouvelle par laquelle Dieu reconstituait la Tradition primitive oubliée. Mais, cette fois, la Révélation fut consignée par écrit : c’est l’Ecriture Sainte. En même temps, une organisation sacerdotale est créée, qui veillera entre autres fonctions, à la conservation littérale de l’Ecriture. Et les générations futures n’auront qu’à se louer de la rigueur avec laquelle cette conservation sera réalisée. Nous connaissons donc aujourd’hui la Tradition Patriarcale, non pas directement et oralement, mais par l’Ecriture.

Ceux qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme les hindous,
les bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc.,
ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel,
c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ;
la partie qui est sans valeur pour le Salut.
Comment savons-nous ce que Dieu a dit à Adam, puis à Noé ? Ce n’est certes pas par la Tradition puisqu’elle a été altérée et même oubliée. C’est pas l’Ecriture. Ceux donc qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme c’est le cas des hindous, bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc., ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel, c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ; la partie qui est sans valeur pour le Salut ; c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ignorent le Salut et qu’ils le remplacent par la « délivrance », terminologie si prisée par René Guénon.
V. La Tradition est double
Or, il n'est pas indifférent de noter que si n'est quasiment jamais fait mention de la tradition hébraïque dans les écrits de
Guénon ou de manière passablement anecdotique, c'est qu'il la considère comme relativement périphérique et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale, ce qui n'est pas sans poser d'immenses et quasi insolubles problèmes théoriques puisque le judaïsme, ou plus exactement « l'Histoire Sainte » dont il est le témoin et le dépositaire de par une élection toute spéciale (« Histoire Sainte » à l'intérieur de laquelle est placé l'ensemble des bases de la foi chrétienne puisque s'inscrivant dans le plan général de la Rédemption), se veut et se présente comme dévoilant et expliquant l'histoire générale de l'humanité depuis le comment de la Création et le début des temps, possédant un dépôt d'une valeur et d'une éminence de Vérité à nulle autre comparable.
Dans ce cas il convient donc de savoir, question essentielle, laquelle des deux traditions, l'orientale ou, la judéo-chrétienne, est vraiment « originelle », "Primordiale", et quelle est celle qui n'est qu'un « rameau détaché » d'un tronc authentiquement primitif ?

S’il n'est quasiment jamais fait mention
de la tradition hébraïque dans les écrits de Guénon,
c'est qu'il la considère comme relativement périphérique
et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale…
Dès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions,
l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence. La suite des événements n’aura de cesse de confirmer ce constant antagonisme, cette rivalité et séparation entre deux « voies » dissemblables que tout va en permanence opposer, les rendant rigoureusement étrangères et inconciliables.
Il n'est pas indifférent de relever l’analyse pertinente de saint Augustin (324-385) au sujet de ces « deux postérités » engendrant deux traditions et donc deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables [3].
VI. La tradition mensongère
On comprend mieux pourquoi, du fait qu'ils appartienent à la tradition déviée et pervertie qui a la haine de Dieu et de ses lois, les ennemis de l’Eglise attaquent toutes les institutions, matérielles et spirituelles : dogme, hiérarchie, sacrements, implantation territoriale, tout ce qui incarne la réalité de la présence de la société spirituelle fondée par Jésus-Christ, société qui est en horreur à Satan et à ceux qui lui sont, consciemment ou inconsciemment, soumis. La Tradition que protège l’Eglise est, comme il est aisé de le concevoir, l’objet d’attaques particulières animées par une féroce hostilité.
D’autres, plus perfidement, faussement catholiques, défendent une tradition mouvante, évolutive, changeante, alors que du point de vue dogmatique, la Tradition ne possède pas de véritable variabilité, car le changement ne peut avoir lieu que dans le sens de l’enrichissement : un enrichissement c’est-à-dire un processus qui ne comporte par d’éliminations. Quand une notion aura été une fois réputée traditionnelle par les autorités de droit avec les preuves d’apostolicité qui s’imposent, personne ne lui retirera plus jamais sa traditionnalité. Il s’agit donc d’un épanouissement de la même nature que celui du dogme avec lequel d’ailleurs il chevauche. Il n’y a pas d’épanouissement sans stabilité. Certains, qualifient donc la Tradition de « vivante », la soumettant à un processus naturel vital, c’est-à-dire à une alternance d’assimilations et d’éliminations, les unes provoquant les autres, tolérant d’elle qu’elle se débarrasse périodiquement d’un certain nombre d’éléments qui « ont fait leur temps » et qui seront remplacés par les nouveaux [4]. Voilà la Tradition devenue évolutive et le tour est joué. Il ne s’agira plus d’un épanouissement mais d’un tourbillon !

L’Eglise est gardienne d’une Tradition
antagoniste de celle de Babel.
C’est même un des traits particuliers de l’Eglise,
que d’avoir été maintenue séparée
de la souche des fausses religions païennes.
Redisons avec force, que la Tradition des Apôtres forme, avec celle des Patriarches, un ensemble homogène qui constitue
précisément cette vraie « Tradition » dont l’Eglise est la détentrice.
Parallèlement à ce courant orthodoxe, il s’est créé un autre courant que l’on devrait appeler « pseudotraditionnel » et qui en diffère, évidemment, dans son contenu et dans son mode de constitution.
Le contenu de la « pseudo-tradition » n’est pas homogène ; il est composite. Il est fait de trois constituants, mêlés plus ou moins intimement. On y trouve des vestiges déformés de la Révélation Divine, comme par exemple les conceptions panthéistes et païennes. On y trouve des élucubrations humanitaires comme celles de la Tour de Babel. Et l’on y trouve des produits de la fausse mystique, c’est-à-dire de la mystique démoniaque qui est la source de la mythologie polythéiste.
Bref, cette pseudo-tradition véhicule, mêlées ensemble, toutes les productions de la religiosité naturelle. Quant à son mode de constitution, on peut dire que la pseudo-tradition est dans son droit quand elle prétend à la même ancienneté que la Vraie.
Elles ont toutes les deux le même point de départ qui est le jugement de Dieu sur les sacrifices d’Abel et de Caïn. La pseudo-tradition est aujourd’hui défendue, sous le nom de « tradition ésotérique », par des penseurs qui en font la source commune fondée pour les religions non-chrétiennes.
Mais elle est sans fondement pour l’Eglise laquelle est gardienne d’une Tradition essentiellement antagoniste de celle-là. C’est même un des traits particuliers de l’Eglise, à toutes les époques, que d’avoir été maintenue séparée de la souche commune des fausses religions.
VII. La fallacieuse idée de l’évolution de la Tradition
S’il était absolument nécessaire de rappeler ces définitions, c’est que nous assistons à une manœuvre qui tend à dénaturer et à transformer la vraie Tradition, en lui faisant perdre sa rigueur et en la rendant évolutive afin d’y introduire des éléments notionnels hétérodoxes.
Le christianisme, pensait Joseph de Maistre (1753-1821), sous-entendant évidemment le catholicisme, est le couronnement des religions, « La Religion » par définition, celle qui conduit à son maximum de profondeur l’exigence métaphysique universelle, celle qui recèle les mystères religieux ineffables malheureusement oubliés, celle qui « révèle Dieu à l’homme » [5].
De ce fait, la Vérité ne change pas, son expression, les modes de sa formulation peuvent sensiblement varier avec les époques, mais rien, absolument rien ne peut être modifié de l’essence sacrée et éternelle du saint et vénérable dépôt de la Foi, c’est pourquoi le Saint-Office le 3 juillet 1907, par le Décret Lamentabili, réprouva et condamna comme erronée, fallacieuse et hérétique la proposition : « La vérité n’est pas plus immuable que l’homme, elle évolue avec lui, en lui et par lui. » [6]

Souvenons-nous de ce qu’écrivait Pie IX dans l’encyclique Quanta cura, déclarant en préambule, alors que les pernicieuses idées révolutionnaire menaçaient la Tradition de l’Eglise, en attaquant ses fondements, niant son authenticité et lançant les pires attaques à son encontre soutenant le caractère évolutif et progressif des dogmes et de la Foi :
- « Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l'auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l'Église Catholique, à l'honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l'Église et la Cité. C'est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d'hommes iniques, qui projettent l'écume de leurs désordres comme les vagues d'une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption : ébranler les fondements de la religion catholique […] corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l'entraîner dans les pièges de l'erreur, et enfin l'arracher du sein de l'Église catholique, voilà le sens de tous leurs efforts. » [7]
Il poursuivait ainsi :
« Ne cessez jamais d'inculquer aux fidèles que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa doctrine et de sa pratique, et « qu’heureux est le peuple dont Dieu est le Seigneur » (Psaume 143). Enseignez que « l'autorité repose sur le fondement de la Foi Catholique » (Saint Célestin, Lettre 22 au Synode d'Éphèse) et « qu'il n'y a rien de plus mortel, rien qui nous précipite autant dans le malheur, nous expose autant à tous les dangers, que de penser qu'il nous peut suffire d'avoir reçu le libre arbitre en naissant ; sans avoir à rien demander de plus à Dieu ; c'est-à-dire, qu'oubliant notre Créateur, nous renions son pouvoir sur nous pour manifester notre liberté. » (Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile Épiscopal de Carthage). N'omettez pas non plus d'enseigner que « le pouvoir de gouverner est conféré non pour le seul gouvernement de ce monde, mais avant tout pour la protection de l'Église » (Saint Léon, Lettre 156). » [8]
Conclusion
Ceci explique pourquoi, alors que l'objet de la foi catholique s'appuie uniquement sur le dépôt contenu dans l'Ecriture et la Tradition confiée à l'interprétation de la Sainte Eglise, c'est positivement le péché des athées, c’est-à-dire l’orgueil, qui volontairement rejettent Dieu parce qu'ils ne veulent pas de maître [9], soutiennent sous couvert d’une chimérique évolution, que le respect de la Tradition est une soumission mahométane chez ceux qui l’observent, et reproduisent ainsi sans s’en rendre compte par leur stupide attitude, équivalemment, le péché de Lucifer qui, voulant être autonome, refusa de se soumettre à Dieu.
Comme nos premiers parents qui, désirant être comme des dieux, voulurent connaître par eux-mêmes le bien et le mal,
les hérétiques refusent de s’incliner devant l'autorité du Magistère et des actes de l'Eglise établie par Dieu, et rejettent ceux qui, pieusement, révèrent les déclarations de la sainte institution. Il est intéressant de noter que c'est également l’attitude des rationalistes, scientistes et autres modernes esprits qui, fiers de leur raison, ne veulent pas la soumettre à la Foi. C'est aussi le péché de certains faux chrétiens trop orgueilleux pour accepter l'interprétation traditionnelle des dogmes, les atténuent, les relativisent, les discutent et les déforment pour les harmoniser avec leurs médiocres exigences.
Un grand nombre tombent ainsi implicitement dans ce terrible et repoussant défaut, en agissant comme si les dons naturels et surnaturels dont Dieu les a gratifiés, étaient complètement leurs. Sans doute reconnaissent-ils parfois, du moins en théorie, que Dieu est leur premier principe ; mais en pratique, ils s'estiment démesurément comme si ils étaient eux-mêmes les auteurs des qualités qui sont en eux en ratiocinant, bavardant à l’excès, pérorant, jacassant, interprétant, tenant des propos superficiels et tordant les principes éternels de la Foi.
Ils se complaisent ainsi indécemment dans leurs piètres qualités et leurs misérables mérites, comme s'ils en étaient les seuls auteurs, ignorant l’avertissement sage de Bossuet :
« L'âme se voyant belle s'est délectée en elle-même,
et s'est endormie dans la contemplation de son excellence :
elle a cessé un moment de se rapporter à Dieu : elle a oublié sa dépendance ;
elle s’est premièrement arrêtée et ensuite livrée à elle-même.
Mais en cherchant d'être libre
jusqu'à s'affranchir de Dieu et des lois de la justice,
l'homme est devenu captif de son péché » [10].
Notes.
[1]
René Guénon a bénéficié d’un parcours initiatique et maçonnique plus que substantiel. Reçu le 25 octobre 1907 au sein de la Loge
Humanidad n° 240, ainsi que, le même jour, dans le Chapitre et Temple « I.N.R.I. » du Rite Primitif et Originel Swedenborgien, il se vit remettre des mains de Theodor Reuss (1855-1923) le cordon noir de Kadosh. Puis après avoir été élevé à la maîtrise, le 10 avril 1908, non sans suivre en parallèle une démarche Martiniste (c’est Phaneg, de son vrai nom Georges Descomiers (1867-1945), qui le fera Supérieur Inconnu lui donnant une chartre de délégué général pour le Loir-et-Cher) qui s'acheva par sa consécration épiscopale par Fabre des Essarts (1848-1917) sous le nom de « Palingenesius d’Alexandrie », en tant qu'évêque de l'église gnostique fondée par Jules Doinel (1842-1902), n’hésitant pas à s’engager dans la création d'un Ordre Rénové du Temple. En 1912 ’il sera accepté comme maître maçon dans la Loge Thébah travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté sous les auspices de la Grande Loge de France, Loge qu’il fréquentera régulièrement jusqu’en 1917, où il s’éloignera de France pour enseigner comme professeur de philosophie à Sétif en Algérie.
[2]
Pour René Guénon, l'essence de la Tradition primordiale se retrouve de façon privilégiée dans la tradition hindoue qui est détentrice d'une source directe d'une incomparable pureté à l'égard des fondements premiers de la « Science Sacrée » d'origine non-humaine selon-lui, plaçant les autres traditions dans une sorte de situation de dépendance à son égard, comme il le déclare de manière catégorique et stupéfiante en affirmant :« La situation vraie de l’Occident par rapport à l’Orient n’est, au fond, que celle d’un rameau détaché du tronc .» (R. Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, 1è partie, chapitre 1.)
[3] C'est sans doute dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin, Père et docteur de l'Eglise, développera le plus complètement l'exposé de sa doctrine qui deviendra l'une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne en Occident.
[4] La grande argumentation des hautes instances vaticanes lors du dernier concile, était de poser un principe fallacieux, mais qui semblait qui
aller de soi, à savoir que la quintessence de la Tradition, dans l’Église, était d’évoluer et de s’adapter toujours et toujours... sans doute comme les volutes de la fumée dans le vent de l’histoire ! Reconnaissons toutefois, malgré l’état d’esprit moderniste de certains passages contestables, l’excellence de ces lignes de la Constitution Dogmatique Dei Verbum : « La sainte Tradition et la Sainte Ecriture sont reliées et communiquent étroitement entre elles, car toutes deux jaillissant d'une source divine identique, ne forment pour ainsi dire qu'un tout et tendent à une même fin… La sainte Tradition, porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l'Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs... La sainte Tradition et la Sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise. » (Constitution Dogmatique Dei Verbum, § 9,v.10).
[5] J. de Maistre, Du Pape, liv. III, ch. I.
[6] « Veritas non est immutabilis plus quam ipse homo, quippe quae cum ipso, in ipso et per ipsum evolvitur ». DENZINGER, n° 2058, Décret Lamentabili, 3 juillet 1907. L’Encyclique Pascendi dominici gregis parut deux mois plus tard, le 8 septembre 1907 ; elle condamnait le modernisme comme le renouvellement de nombreuses hérésies. Elle repoussait sa conception de l’expérience religieuse substituée à ces preuves, conception dans laquelle se confondent l’ordre de la nature et celui de la grâce.
[7] Quanta cura, Lettre encyclique de sa sainteté le Pape Pie IX, 8 décembre 1864.
[8] Ibid.
[9] C’est d'eux que parle le Psalmiste quand il dit : « L'insensé a dit en son cœur : il n’y a pas de Dieu » (Ps. XIII, 1).
[10] Bossuet, Traité de la concupiscence, ch. XI.
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jeudi, 02 juillet 2009
Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe
IIe Partie de :
« Comment peut-on être chrétien ? »

Le Greco, La Trinité, 1577,
partie du retable du grand autel de l'église Santo Domingo el Antiguo à Tolède
qui comporte sept toiles et cinq sculptures enchâssées
dans une structure architectonique ornée de colonnes et frontons.
Les vives critiques formulées contre le christianisme, venant des milieux païens, portent sur quelques points que l’on retrouve sous la plume de tous les auteurs qui eurent à s’exprimer sur le sujet. La tradition chrétienne serait l'expression de la dégradation cyclique, un élément de la décadence de l'Occident et la forme caractérisée de la « subversion » de l'esprit oriental, disons de la mentalité « sémitique » pour être clair, qui vint corrompre le paganisme antique.
Ces considérations, limites aberrantes, à propos du christianisme, ont pourtant encore beaucoup de faveur, et en raison de leur simplicité, emportent souvent l’adhésion des esprits, d’autant chez les plus jeunes avides d’explications simples et catégoriques. Or, tout cela, non seulement est absolument faux comme nous allons le voir, mais de plus exhume de loin les vieilles ritournelles maladroites mâtinées, pour faire bref, d’une bonne couche de Nietzsche, d’un gros vernis de Renan et de l’école critique allemande, et d’une dose importante d’Evola.
a) l’antijudaïsme originel du christianisme
- « Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué, il a fait un idéal de l’opposition envers les instincts de conservation de la vie forte, il a gâté même la raison des natures les plus intellectuellement fortes en enseignant que les valeurs supérieures de l’intellectualité ne sont que péchés, égarements et tentations. Le plus lamentable exemple, c’est la corruption de Pascal qui croyait à la perversion de sa raison par le péché originel, tandis qu’elle n’était pervertie que par son christianisme ! » [1]
Le plus surprenant c’est qu’avec une telle idéologie pour faible destinée aux esclaves on aurait révolutionné la Rome antique ? Or, avec une présentation de ce type, on peut sans crainte soutenir que les premiers chrétiens furent d'extraodinaires magiciens pour réaliser une pareille opération de renversement !
En réalité, la religion chrétienne ne fut pas, comme on le dit faussement, une « secte juive », car il existait plusieurs sortes de judaïsmes dans l’antiquité (Sadducéens, Pharisiens, Esséniens, Zélotes, Minim, etc. ), dont le christianisme naissant n’est en aucune mesure comparable, puisqu'il fut même en opposition frontale et directe avec tous les courants du judaïsme. L'affirmation, inexacte évidemment, d'un judéo-christianisme antique cherchant à transformer tout païen en un juif selon la religion, est l’une des plus grosses farces jamais proférées, sachant l'antijudaïsme foncier de la primitive l'Eglise et l’hostilité radicale des juifs à l’égard des chrétiens qui firent l’objet d’un chasse visant à les détruire et les mettre à mort. Souvenons-nous d’un fait, le christianisme, s’il est tout d’abord incarné par des juifs puisque les apôtres sont juifs, les premiers convertis de la Pentecôte sont majoritairement juifs, etc., échappe très vite au cercle étroit des membres historiques grâce à l’activité d’un citoyen romain, juif de naissance : Paul de Tarse.

La grande révolution de Paul consistera à déclarer que la foi, c’est-à-dire la foi en Jésus-Christ, passe avant la loi mosaïque et ceux qui partageront son point de vue, soit l’ensemble des premiers chrétiens, dès la fin du Ier siècle, vont se distinguer par ses prises de position anti-juives très fermes. Il s’opposeront avec une rare énergie :
* Au judaïsme rabbinique issu de l’école de Jamnia apparue après la destruction du Second Temple en 70 (lequel rejettera au alentour de l’an 90 par la rédaction du canon de la Bible juive les autres mouvements nés du judaïsme n’observant pas strictement la Halakha pour déclarer qu’ils sont des hérésies, le judaïsme rabbinique étant dès lors reconnu, et jusqu’à aujourd’hui, comme la norme du judaïsme.
* Aux judéo-chrétiens, qui vont donner naissance à l’ébionnisme et aux autres courants comme l’elkasaïsme, violemment attaqué et combattu par les Pères de l’Eglise (Origène, Irénée, etc.).
Pour mieux comprendre la haine des juifs à l’égard des chrétiens retenons que les saducéens (les représentants des familles aristocratiques juives de Jérusalem) mit la main sur les apôtres et les jeta dans la prison publique, devant le Sanhédrin, ils furent flagellés (Actes 6, 7) en présence de Saül (le futur Paul) le diacre Etienne est sommairement jugé et lapidé pour cause de blasphème, en Actes 12 Le roi Hérode Agrippa-1er fait mourir Jacques, le frère de Jean, par l'épée et voyant que cela était agréable aux juifs il fit également arrêter Pierre. Un ange délivrera Pierre de sa prison. Pour se venger le roi Agrippa fera supplicier les gardes. En Actes 16 Paul et son compagnon Silas sont battus de verges à Philippes en Macédoine. Témoignage de Paul aux Corinthiens (II Cor. 11 – 24ss ) :
- « J'ai été souvent en danger de mort : cinq fois battus des 39 coups de fouets par les juifs ; trois fois, j'ai été battu de verges, une fois, j'ai été lapidé de pierres ; exposé à de nombreuses veilles, à la faim, à la soif, au froid et à la nudité... » Puis en Actes 21 Paul est frappé par les juifs dans le temple de Jérusalem. Un tribun romain le fait enchaîner pour le soustraire à la fureur des juifs qui l'accusaient d'avoir introduit ses amis grecs non juifs (mais récemment baptisés) dans l'enceinte sacrée du temple. En Actes 22 le tribun ordonne que Paul soit soumis à la question par le fouet pour connaître le motif qui a contrarié les juifs. Sous la protection romaine il sera conduit au quartier général romain de Césarée où il sera mis en prison pendant deux ans, avant de partir à Rome pour y être jugé.
b) Le christianisme ennemi du judaïsme

Loin donc d’apparaître comme un secte juive, le christianisme primitif se distingue de tout élément juif avec une vigueur étonnante, qui va jusqu’à surprendre non seulement les observateurs, mais aussi les chrétiens eux-mêmes. Il faudra la mauvaise foi, l’ignorance et l’intention malveillante de Celse pour écrire :
« …une race nouvelle d'hommes nés d'hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d'infamie, mais se faisant gloire de l'exécration commune : ce sont les chrétiens (...). »
Toutefois, ce qui est intéressant provient de la suite : « Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d'eux pour le fils de Dieu et il est l'auteur de leur nouvelle doctrine (...). » [2]
Lit-on clairement ? la phrase n’est pas anodine chez l’adversaire du christianisme : «les chrétiens ont trouvé parmi les juifs » . Les chrétiens ne seraient-ils donc pas les juifs qu’on nous présente pour avoir trouvé « chez les juifs » leur doctrine ? Ne sont-ils pas la secte juive que l’on veut de toute force nous faire admettre ?
De la sorte, plus qu’utile à notre réflexion la déclaration suivante : « Nous ne sommes que d'hier et nous avons déjà conquis la terre » dit le philosophe Tertullien au IIe siècle. Les chrétiens, sont donc d'abord une petite minorité de disciples de Jésus qui se développe à l'ouest de l´Empire romain en Occident, mais qui très vite s’ouvre, non pas aux esclaves exclusivement, juifs de préférence, mais aux gentils, c’est-à-dire aux non juifs qui forment très vite la majorité des membres au point que les communautés chrétiennes prennent le nom d’« Églises » (du grec Ekklèsia = assemblée). Ces communautés sont dotées d’un conseil, avec à sa tête un « évêque » (du grec épiskopos = surveillant) ou « presbytre » (du grec « presbyteros » = ancien).
c) Dégénérescence totale de Rome

Dans le climat d'anarchie de cette période, Caïus Caligula - fils de Germanicus succède à Tibère, il est épileptique depuis son enfance, cette maladie va s'aggraver dès la première année de règne et lui provoquer une folie grandissante allant jusqu'à la démence (il va ordonner la mort d'une multitude de citoyens et de sénateurs comme le fils de Drusus, Silanus, le sinistre préfet Macro etc ... il ruine les finances et les contribuables en ordonnant des choses invraisemblables : comme l'enlèvement, puis leur remise en place de différentes collines de Rome... il fait couper la langue à des spectateurs du cirque et les jette aux fauves dans l'arène parce qu'on manque de victimes ; il fait prisonnier ses propres soldats et nomme son cheval "consul" en le couvrant de pierres précieuses.
Claude fils de Drusus et neveu de Tibère lui succède, succombe au charme de sa nièce Agrippine qui vient de fêter ses 32 ans. La nouvelle impératrice obtient de César-Claude les fiançailles et le mariage de Néron (son fils d'un premier mariage) avec Octavie - la fille légitime de Claude. Agrippine empoisonnera Claude avec des champignons au moment où celui-ci s'aperçoit que l'impératrice est entrain d'évincer Britannicus du trône pour favoriser Néron. Mais Claude tarde trop à mourir, Agrippine (qui est aussi la soeur de Caligula) le fera achever par son médecin en 54. Néron Il est à peine âgé de 17 ans lorsqu'il devient empereur. D'abord il écarte définitivement Britannicus en le faisant empoisonner lors d'un festin public, puis il essaiera de tuer sa mère en lui faisant prendre un bateau qui sombrera corps et biens en haute Mer, personne n'échappera à la noyade sauf la Reine-Mère impératrice qui par miracle a été recueillie par un bateau de pêcheurs... Comme un fantôme elle réapparaît devant son fils horrifié en lui disant : « tout le monde est mort mais grâce aux dieux j'ai survécue ! » Court répit car elle mourra assassinée sur ordre impérial en l'an 59. Puis Néron répudiera Octavie sa première épouse et lui fera trancher la tête, pour l'offrir à « Poppée sa nouvelle épouse... » Le 19 Juillet de l'an 64 : Rome brûlera dans un immense brasier qui durera 6 jours et 7 nuits. La colère du peuple gronde. On cherche des coupables... Néron est soulagé lorsqu'on accusera les chrétiens d'avoir mis le feu dans les divers quartiers de Rome. On les enchaînera par milliers et on les jettera vivants dans l'arène du cirque pour servir de nourriture à des fauves affamés pour amuser la foule, parfois pour les punir d'avoir mis le feu à Rome, on les attache à des croix après les avoir enduits de bitume et de matières inflammables. Ils brûlent alors comme de véritables torches vivantes et malgré leurs souffrances ces malheureux rendent l'âme en chantant ensemble des hymnes à leur Dieu.
En peu de temps, Rome fera mourir deux chefs chrétiens : saint Pierre, qui demande à être crucifié la tête en bas, parce qu'il s'estime indigne de mourir dans la même position que son maître, et saint Paul qui exige l'application de la loi romaine, car Paul en vertu de sa double citoyenneté, demande à mourir décapité. On raconte qu'à la place où on l'exécuta, sa tête rebondit trois fois sur la terre faisant jaillir une source à l'endroit que les premiers chrétiens appelleront désormais : l'endroit des « trois fontaines ». On transporta son corps dans un caveau sur la via Ostia où s'élève aujourd'hui la basilique : Saint Paul Hors-les-murs.
Que disait Nietzsche au fait ? ceci :
- « Le petit mouvement insurrectionnel, baptisé au nom de Jésus de Nazareth, est une répétition de l’instinct juif […] Ce saint anarchiste qui appelait le plus bas peuple, les réprouvés et les pécheurs, les Tchândâla du judaïsme, à la résistance contre l’ordre établi, avec un langage qui, maintenant encore, mènerait en Sibérie […] — L' « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancune les plus basses, cet explosif de l'idée, qui finit par devenir Révolution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l'ordre social — c'est la dynamite chrétienne… Jésus [est] un révolté contre l’ordre établi. » [3]
Mais de Quel ordre établi parle-t-on ? de l’ordre de Rome en pleine décomposition, aux empereurs fous et dégénérés. Peut-être celui des tribus barbares du Nord en lutte perpétuelle ? Sans Etat, dénuées de sens historique ? Allons, un peu de sérieux voyons !


Rome, alors que les chrétiens sont persécutés,
sombre dans le chaos,
les institutions sont méprisées, les lois bafouées,
l’Etat corrompu, les mœurs immondes.
De ce fait suivons l’Histoire que semblent ignorer les auteurs qui se sont exprimés contre le christianisme. Avant de s'ouvrir les veines dans un banquet le poète et philosophe Pétrone professeur de Néron lui écrit pour lui dire ce qu’il pense de sa conduite ... L'empereur fera raser tout ce qu'il lui a appartenu ! Néron part en Grèce aux jeux olympiques où il tombe amoureux de Sporus un jeune blond qu'il a fait castrer. A Delphes, Néron va consulter l'oracle qui lui dit : "Méfie-toi de la 73è année !" Nous sommes en l'année 66 et Néron viens juste d'avoir 29 ans, il pense qu'il a largement le temps... Mais le danger vient d'Espagne où le Général gouverneur Galba vient de fêter ses 73 ans et c'est précisément lui, qui en l'absence de Néron conduit le peuple à la révolte. Le 10 juin 68 Néron qui est rentré précipitamment à Rome refuse de combattre Galba. Il cherche refuge dans une cachette et s'enfonce un couteau dans la gorge.
En l'espace de douze mois, quatre empereurs vont se succéder sur le trône impérial :
* Galba (68 - 69) qui vient d'être reconnu empereur de Rome par le sénat, mais parce qu'il avait déclaré le jeune Pison comme son successeur, son rival Othon les fit tous deux massacrer par la garde prétorienne à titre de représailles puis il s'empara du pouvoir.
* Othon (69) fut reconnu empereur dans tout l'empire sauf en Germanie où les légions proclamèrent Vittelius empereur. Ecrasé à Bédriac, il se suicida.
* Vittellius (69) après la mort d'Othon marche sur Rome. N'ayant pu imposer son autorité, les légions d'Orient proclameront Vespasien empereur en juillet 69 Vittelius fut battu en Octobre à Crémone, par la suite le peuple de Rome l'égorgea sur le forum .
* Vespasien (69 à 79) Fils d'un publicain.
Rome, à cause d’elle-même, sombre dans le chaos, les institutions sont méprisées, les lois bafouées, l’Etat corrompu, les mœurs immondes, le crime, la trahison, l’ignominie, triomphent de façon ignoble. La licence généralisée, l’immoralité des fonctionnaires et l'attrait populaire pour le cirque et le jeu, couronnent ce triste tableau.
Rome, en raison de ses propres égarements, n'est qu'un long et irrémédiable déclin.
d) Rome ou la révolte contre l’être
On aime ainsi entendre énoncer naïvement : «— Une religion comme le christianisme […] à bon droit, l’ennemie mortelle de la « sagesse du monde » [...] approuve tous les moyens pour empoisonner, calomnier, décrier la discipline de l’esprit, la pureté et la sévérité dans les affaires de conscience de l’esprit, la noble froideur, la noble liberté de l’esprit […] Le christianisme a besoin de la maladie ; rendre malade, voilà la véritable pensée de derrière la tête de tout le système de salut de l’Église. Et l’Église elle-même, n’est-elle pas la maison d’aliénés catholique comme dernier idéal ? — La terre tout entière une maison d’aliénés ? — L’homme religieux comme le veut l’Église est un décadent type. » [4]
Le problème, c’est que le terrible portrait établi par Nietzsche, est en réalité celui de la Rome païenne dégénérée dont les crises successives au travers des siècles montrent les germes internes destructifs de l'Empire Romain, et son incapacité à se réformer. « Les Romains se distinguaient par leur vulgarité, ils considéraient la prostitution comme du sexe pur, et se moquaient éperdument de l’éducation des filles. Le Romain avait également pris l’habitude de désigner les prostituées par des noms divers. Les « meretrices » étaient celles qui vendaient leur corps la nuit seulement, tandis que les « prostibulae » pratiquaient leur honteux métier nuit et jour. Evidemment la vulgarité des Romains ne se limitaient pas aux femmes, car on trouvait également la prostitution masculine, elle était infiniment plus débauchée que son homologue féminine, où des hommes dès leur plus jeune âge étaient voués à une existence malheureuse. Souvent on les rendait eunuques, pire on pratiquait la castration totale, car les clients désiraient voir les charmes féminins chez l’homme. Le phénomène de pédérastie n’était pas à ignorer, vu le nombre impressionnant de jeunes adolescents, quant à l’homosexualité c’était un divertissement largement répandu. » [5]
La « rébellion perverse contre l’unité de l’être », est bien plutôt l’un des vices fonciers de l’Empire. Le mythe de l'âge d'or d’une Rome, fière, droite, pure que le christianisme aurait pervertie de l’intérieur, relève d’une naïve idéalisation du passé car était généralisé, du fait de l’Empire, le relâchement des mœurs, l’homosexualité, l'argent corrupteur, la vie urbaine, la dégradation des spectacles du Cirque. Tout ceci, non imputable aux chrétiens, largement décrit par des auteurs comme : Cicéron, Horace, Pétrone, Properce, Quintilien, Salluste, Sénèque, Tacite, Tibulle, Virgile, avant que saint Augustin, Tertullien ne viennent se joindre à la longue liste des observateurs de la décadence romaine, et dont le dernier en date, que je choisis volontairement pour son faible amour du christianisme, vienne achever le triste tableau de la Rome ruinée par ses tares : « La faiblesse des empereurs, les factions de leurs ministres et de leurs eunuques, la haine que l’ancienne religion de l’empire portait à la nouvelle, les querelles sanglantes, les disputes substituées au maniement des armes, et la mollesse à la valeur; tout appelait ces mêmes barbares qui n’avaient pu vaincre la république guerrière, et qui accablèrent Rome languissante, sous des empereurs cruels, efféminés, et dévots. » [6]
Conclusion
On retiendra que malgré son antichristianisme instinctif, Julius Evola, qui avait un minimum le sens de l’Histoire et n’oubliait pas le rôle utile que joua le catholicisme à travers les siècles écrivit ces quelques lignes très pertinentes : « N'oublions pas que le catholicisme peut remplir une fonction de « barrage », car il est porteur d'une doctrine de la transcendance : aussi peut-il, dans une certaine mesure, empêcher que la mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas ne dépassent un certain seuil. » [7] Cette mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas, étaient incarnées concrètement non par le christianisme aux premiers siècles de notre ère, mais par la Rome finissante et le paganisme moribond, et c’est contre ces terribles fléaux redoutables que s’élevèrent avec une force admirable les disciples du Christ nous épargnant, sur le plan de la civilisation en Europe, dès l’émergence de l’Eglise, une effroyable chute définitive dans le chaos et l’abîme.
Comme l'écrira saint Augustin : « De même la tribulation est venue fondre sur Rome, pour purifier et délivrer l'homme juste, et pour y frapper l'impie du châtiment qu'il méritait, soit que la mort l'ait précipité dans le gouffre des souffrances éternelles, soit que dans la vie qui lui était conservée il n'ait trouvé qu'une occasion de blasphémer avec plus d'audace, soit enfin que Dieu, dans son infinie miséricorde, ait voulu purifier dans la pénitence ceux qu'il prédestinait à jouir du bonheur du ciel. » [8]
Ainsi, écoutons l'historien nous brosser le portrait de la décadence romaine, avant que le christianisme, fort heureusement, ne triomphe enfin de la corruption, pour le salut et le plus grand bien de l'Europe :
- « Où en étaient les mœurs de Rome dans siècle où le génie chrétien éclata avec tant de sève et d'élan ? Qu'étaient devenus les descendants de ces anciens Romains si sobres , si pauvres, si désintéressés ? Dans ces abîmes de décadence on ne trouve plus trace de délicatesse, d'honneur, de vertu; la frivolité, l'indolence et l'ignominie remplissaient les jours de ces patriciens qui traînaient de grands noms. Avec le fruit des rapines ou des honteuses manœuvres, ils donnaient libre carrière à leurs appétits, à leurs vices; ils épuisaient toutes les joies brutales. La gloutonnerie et l'extravagance marquaient leurs festins; lorsqu'il leur prenait fantaisie d'inviter des étrangers à leur table, ce n'était ni le mérite ni la bonne renommée qui inspiraient leur choix; ils préféraient les joueurs de dés et les libertins. Rien n'était digne d'admiration que l'abondance et la variété des viandes : ce qu'on mangeait donnait de la gloire. Quelquefois, au milieu d'un festin, on demandait des balances pour peser les poissons, les oiseaux, les loirs, devant lesquels les convives s'étaient extasiés. Trente secrétaires avaient mission de compter les services. [9].
Des maisons, jadis célèbres par le goût des sérieuses études, ne connaissaient plus que les bavardages de l'oisiveté et les molles harmonies. On entendait les orgues hydrauliques à côté des bibliothèques fermées comme des tombeaux. Des lyres, grandes comme des chariots [10], des flûtes, tout l'attirail des histrions, voilà ce qui frappait les regards dans ces palais. Au lieu d'un philosophe, on trouvait un chanteur; au lieu d'un orateur, un baladin. Impitoyables pour les moindres détails de leur service, ces maîtres dégénérés condamnaient à trois cents coups d'étrivières l'esclave coupable de n'avoir pas apporté de l'eau chaude assez promptement; ils se montraient fort indulgents s'il s'agissait d'un meurtre commis par un de leurs esclaves. Des mouches se posaient-elles sur les franges de soie de leurs éventails dorés; un faible rayon de soleil pénétrait-il par un petit trou de leurs ombrelles, ils se plaignaient de n'être pas nés chez les Cimmériens.
Lorsqu'ils sortaient de leurs demeures, ils portaient des bagues et des bijoux, d'éclatantes robes de soie, un manteau agrafé autour du cou qu'ils secouaient de temps en temps pour laisser voir toutes les splendides variétés de leur vêtement; une bruyante foule d'esclaves les suivaient. Ils aimaient à parcourir Rome en grande cavalcade, ébranlant le pavé sous les pas de leurs chevaux rapides, précédés des plus bas officiers de leur maison et des oisifs de la rue, et suivis de leurs eunuques, jeunes et vieux, dont le livide visage était horrible à voir. Souvent un de ces patriciens, entrant dans les bains accompagné de cinquante domestiques, demandait, d'un ton menaçant, où donc ils étaient, et si tout à coup il apprenait qu'il y eût là quelque courtisane, eût-elle vieilli dans la débauche, il courait lui porter des hommages et l'exaltait, dit l'historien, comme les Parthes exaltaient Sémiramis, les Egyptiens Cléopâtre, les Cariens Artémise , les Palmyréens Zénobie.
L'histoire contemporaine ne nous a pas laissé ignorer les moeurs du peuple, de ce peuple-roi qui manquait de chaussures. Le vin, les dés, la débauche, les spectacles, le grand cirque, voilà les joies, les passe-temps, les travaux des citoyens. Ces groupes d'oisifs en querelle remplissaient les rues, les places et les carrefours. Quelques-uns, se faisant écouter par l'autorité de la vieillesse, déclaraient la république en péril si tel conducteur de char ne sortait pas le premier des barrières et ne rasait pas la borne la grande, l'ardente affaire qui préoccupait le plus la multitude, c'étaient les jeux du cirque. Ammien Marcellin avait vu les citoyens à jeun, attirés par l'odeur des viandes et les cris des femmes, semblables aux cris des paons affamés, s'avancer dans les salles sur la pointe des pieds et se ronger les doigts en attendant que les plats fussent refroidis. Le soleil de la majesté romaine ne se couchait pas dans la gloire. » [11]
Notes.
[1] F. Nietzsche, L’Antéchrist, Imprécation contre le christianisme, (Der Antichrist. Fluch auf das Christentum), 1895.
[2] Le Discours vrai, in Louis Rougier, "Celse contre les chrétiens", Editions du siècle, 1925.
[3] F. Nietzsche, L’Antéchrist, op. cit.
[4] Ibid.
[5] B. SIMONETTA – R. RIVA, Le tessere erotiche romane (SPINTRIAE), Lugano, Editore Franco Chiesa, 1981 ; C. SALLES, Les bas-fonds de l’Antiquité, Paris, Edition Robert Laffont, 1982.
[6] Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, in Philosophie de l’histoire, vol. in-8°, 1765.
[7] J. Evola, Bibliografia fascista, n.2/1936.
[8] S. Augustin, De la ruine de Rome, in Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois sous la direction de M. Raulx, Bar-Le Duc, 1869, Tome XII. P. 339-344.
[9] Ammien Marcellin, livre XXVIII.
[10] Lyrae ad speciem carpentorum ingentes, Ammien Marcellin, livre XVI.
[11] M. Poujoulat, Histoire de saint Augustin, 1864.
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samedi, 14 mars 2009
Benoît XVI : Dieu disparaît de l’horizon des hommes !

« La théologie et la philosophie de l'Histoire
naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes...
L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique
[s'inscrit dans] la théologie occidentale. »
(Benoît XVI)
Certains s’étonnent des lignes de Benoît XVI dans sa récente « Lettre » envoyée aux Evêques, qui fait suite aux troubles suscités par la levée de l’excommunication des prélats consacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Rappelons les propos qui provoquent un étonnement, d’ailleurs beaucoup plus feint que réel, chez quelques catholiques conciliaires : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein. Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. » (Benoît XVI, Lettre aux Evêques de l’Eglise catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre, jeudi 12 mars 2009).
C’est pourquoi, afin de rappeler quelques vérités essentielles défendues par Benoît XVI, nous publions un texte, passé quelque peu inaperçu, à savoir l'intervention du pape l’année dernière au synode des évêques sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", en octobre 2008, texte dans lequel il expose clairement les raisons de la disparition de Dieu de l’horizon des hommes, conséquence, pour Joseph Ratzinger, d’une « herméneutique philosophique profane [qui] s’affirme et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire. » Cette herméneutique profane est négatrice de l’action de Dieu dans l’Histoire, mais aussi de sa présence, aboutissant inévitablement à une culture athée qui a évacué, non seulement l’idée de Dieu sur le plan philosophique, mais également la possibilité même de sa présence mystérieuse au sein du devenir de ce monde.
Comme le soulignait Benoît XVI lors d’une autre intervention : « Rappelons-nous la parole de Jésus qui continue cette parole du Psaume: "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point". Humainement parlant, la parole, notre parole humaine, n'est presque rien dans la réalité, à peine un souffle. A peine prononcée, elle disparaît. Comme si elle n'était rien. Mais la parole humaine a déjà une force incroyable. Ce sont les mots qui créent ensuite l'histoire, ce sont les mots qui donnent forme aux pensées, les pensées desquelles viennent la parole. C'est la parole qui forme l'histoire, la réalité. »

On oublie trop facilement que Joseph Ratzinger est d’abord et avant tout un théologien travaillant sur l’histoire de la Révélation, et la place de dieu au sein de l’Histoire. Sa théologie, inspirée de saint Augustin et saint Bonaventure [1], est à la recherche d’un accomplissement complet du divin dans l’histoire humaine, déclarant, à la suite de Bonaventure, souhaiter le déploiement illimité, dans l’Histoire, des interprétations de l’Écriture par la théologie. Dans sa thèse de jeunesse, Joseph Ratzinger a posé les racines de sa compréhension de l’Histoire, de l’Écriture, de la Tradition, et de son refus d’une actualisation du catholicisme dans la modernité qui entendrait « consoner » avec les aspirations eschatologiques temporelles (les fruits infinis du progrès matériel, technologique, scientifique et moral) portées par cette même modernité. Comme l’écrit Philippe Levillain : « Benoît XVI […] explique – et il raconte aussi – comment il faut lire l’histoire du salut établie en Europe, de la Terre Sainte aux confins de la terre, la vocation missionnaire restant au cœur du christianisme. […] Faire de la théologie un personnage historique fondamental pour l’avenir du christianisme, telle est l’empreinte que veut laisser Benoît XVI, premier pape élu du XXIe siècle » (P. Levillain, Le moment Benoît XVI, Fayard, 2008, p. 273).
Benoît XVI s’oppose donc frontalement, et par son discours et ses décisions, ce qui dérange profondément les progessistes, à la modernité dont la marque constituante est une désacralisation absolue et radicale du monde et des sociétés ; en affirmant la primauté du spirituel et le caractère fondateur de la Révélation à l’intérieur de l’Histoire des hommes, dont Dieu, par une attitude destructrice qui fait suite à une dérive théologique et exégétique considérable qui s’est abattue sur la catholicité jusqu’à la vider de sa substance, est la première victime, Joseph Ratzinger est en parfait accord avec ce qu’il écrivait dans son essai portant sur la théologie de l’Histoire chez saint Bonaventure : « La théologie et la philosophie de l'Histoire naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes... L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique [s'inscrit dans] la théologie occidentale. La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, est en opposition à l'aristotélisme et à Saint Thomas, sans négliger l'enracinement de l'œuvre dans l'univers spirituel auquel elle appartenait. Ainsi, saint Bonaventure, représentant d'une conception de l'Histoire qui évite la tentation millénariste tout en lui redonnant son dynamisme d'attente, nous éclaire quant au rapport de l'Europe à ses sources ….» (J. Ratzinger, La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, PUF, 2007).
Note.
[1] Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, mort à Lyon dans la nuit du 14 et 15 juillet 1274, plus connu sous le nom de Bonaventure (qui est dû à une petite légende) qu’il prit lors de son entrée dans les ordres. Il fut ministre général de l'Ordre franciscain et est à présent Docteur de l'Eglise, connu sous le titre : Docteur séraphique, de par son commentaire de l'expérience de saint François d'Assise avec le Séraphin.
L’œuvre complète de saint Bonaventure a été publiée, en 10 volumes in-folio, entre 1882 et 1910par le Collège d'études médiévales des Franciscains de Quaracchi (Florence).
* Livres d'exégèse :
- Commentaires du Livre de la Sagesse
- Commentaire de l'Evangile selon Luc
- Conférences sur l'Évangile de Jean.
* Livres de spiritualité :
- Les Trois voies de la Vie spirituelle
- L'Itinéraire de l'âme vers Dieu (oeuvre qui est en quelque sorte une phénoménologie de l'Esprit)
- L'Arbre de vie
- Le Soliloquium
* Commentaire sur les 4 Livres du Maître des sentences de Pierre Lombard
* Vie de saint François
* Un compendium de Théologie : Le Breviloquium (son oeuvre essentielle)
* De très nombreux sermons
* Une synthèse de théologie spirituelle Les Conférences sur l'Hexaemeron.
Bibliographie
* Étienne Gilson, La philosophie de saint Bonaventure, Paris : Vrin 1953 (indispensable, bien que Gilson soit revenu, à la fin de sa carrière, sur le fait qu'il soit possible de tirer une philosophie chez saint Bonaventure).
* Joseph Ratzinger, La théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Paris : PUF 1988 (la thèse de doctorat de notre saint Père Benoit XVI)
* Emmanuel Falque, Saint Bonaventure ou l'entrée de Dieu en théologie, éditions VRIN, 2000. (une excellente lecture phénoménologique de saint Bonaventure. Où il est montré, entre autre, que saint Bonaventure ne fait pas rentrer Dieu en philosophie (onto-théologie dénoncée par Heidegger), mais qu'il rentre directement en théologie).
Les points de conflits avec saint Thomas D'Aquin
Le franciscain Guillaume de La Mare rédige un Correctoire de Frère Thomas (en 1279) qui recense tous les points de conflits entre Thomas d’Aquin et les Franciscains. Bien que les deux immenses penseurs se soient beaucoup côtoyés, certains points conflictuels surgissent entre eux : il convient de les présenter.
1) Querelle sur le commencement du monde et son éternité. (proposition 6)
Pour Aristote, et tous les Grecs, le monde n’est pas une création, mais seulement un changement (cf. le démuirge de Platon dans le Timée). Dieu n’est qu’auteur et principe.
Saint Thomas, lui, ne tranche pas cette question : il dit que c’est impossible à déterminer philosophiquement.
2) Querelle de l’hylémorphisme (proposition 28)
Saint Thomas a osé affirmer l’unité de l’être humain, unité substancielle d’âme et de corps : l’homme est un corps. Cela dépasse la conception néo-platonicienne en vigueur chez tous les théologiens.
3) La vision Béatifique (propostion 49)
La Béatitude ne consiste plus en un acte de la volonté, mais en un acte de l’intelligence (Somme théologique, Ia, IIae, art. 4, qu. 3.) En effet, si l’homme est définit comme un animal raisonnable, la béatitude ne peut consister qu’en ce qui caractérise l’homme en propre.
La volonté représente un manque : on veut parce qu’on a pas. Or la béatitude est une possession qui consiste en l’identification du connu (Dieu) au connaissant (l’homme).
Ce conflit illustre les problèmes des statuts de l'affect et de l'intelligence.
4) Le rapport à l'Ecriture sainte
La raison est le propre de l'homme : il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas connaître Dieu. La raison créé représente la théologie naturelle. Pas cette question chez Bonaventure
« On propose des interprétations qui nient la présence réelle de Dieu dans l’histoire »
Transcription intégrale de l'intervention du pape au synode des évêques
sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", mardi 14 octobre 2008
par Benoît XVI
Chers frères et soeurs, en travaillant à mon livre sur Jésus, j’ai eu largement l’occasion de voir tout le profit que l’on peut tirer de l'exégèse moderne, mais aussi d’en percevoir les problèmes et les risques.
La [constitution conciliaire] "Dei Verbum" 12 donne deux indications méthodologiques pour un travail d’exégèse adéquat. En premier lieu, elle confirme la nécessité d’utiliser la méthode historico-critique, dont elle décrit rapidement les éléments essentiels. Cette nécessité est la conséquence du principe chrétien formulé en Jean 1, 14: "Verbum caro factum est". Le fait historique est une dimension constitutive de la foi chrétienne. L’histoire du salut n’est pas une mythologie, mais une histoire vraie et il faut donc l’étudier selon les méthodes de la recherche historique sérieuse.
Mais cette histoire a une autre dimension, celle de l'action divine. C’est pourquoi "Dei Verbum" parle d’un second niveau méthodologique nécessaire pour bien interpréter des paroles qui sont à la fois des paroles humaines et la Parole de Dieu. Le Concile dit – appliquant en cela une règle fondamentale pour toute interprétation d’un texte littéraire – qu’il faut interpréter la Sainte Ecriture dans l’esprit même où elle a été écrite et il indique en conséquence trois éléments méthodologiques fondamentaux qui permettent de tenir compte de la dimension divine, pneumatologique de la Bible. Il faut donc: 1) interpréter le texte en ayant présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; aujourd’hui on appelle cela l’exégèse canonique, une expression qui n’avait pas encore été créée à l’époque du Concile, mais le Concile dit la même chose: il faut avoir présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; 2) il faut aussi tenir compte de la tradition vivante de toute l’Eglise et enfin 3) il faut respecter l'analogie de la foi.
Ce n’est que lorsque les deux niveaux méthodologiques - historico-critique et théologique - sont respectés que l’on peut parler d’une exégèse théologique, d’une exégèse adaptée à ce Livre. Alors que, au premier niveau, l'exégèse académique actuelle travaille à un très haut niveau et nous aide vraiment, on ne peut en dire autant pour l’autre niveau. On constate souvent que ce second niveau, celui que constituent les trois éléments théologiques indiqués par "Dei Verbum", est presque absent, avec des conséquences plutôt graves.
La première conséquence de l'absence de ce second niveau méthodologique est que la Bible n’est plus qu’un livre du passé: on peut en tirer des conséquences morales, y apprendre l’histoire, mais le Livre en tant que tel ne parle que du passé et l'exégèse n’est plus vraiment théologique, elle devient histoire pure, histoire de la littérature. C’est la première conséquence: la Bible reste dans le passé, elle ne parle que du passé.
Il y a une seconde conséquence, encore plus grave: quand l'herméneutique de la foi indiquée par "Dei Verbum" disparaît, un autre type d’herméneutique apparaît nécessairement, une herméneutique sécularisée, positiviste, dont la clé fondamentale est la conviction que le Divin n’apparaît pas dans l’histoire humaine. Selon cette herméneutique, quand il semble qu’il y ait un élément divin, il faut expliquer d’où vient cette impression et réduire le tout à l'élément humain.
Il en résulte que l’on propose des interprétations qui nient l’historicité des éléments divins. Aujourd’hui, ce que l’on appelle le "mainstream" de l'exégèse en Allemagne nie, par exemple, que le Seigneur ait institué la Sainte Eucharistie et affirme que le corps de Jésus serait resté dans le tombeau. La Résurrection ne serait pas un événement historique mais une vision théologique. C’est le résultat de l’absence d’une herméneutique de la foi: une herméneutique philosophique profane s’affirme alors et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire.
La conséquence de l'absence du second niveau méthodologique est qu’un profond fossé méthodologique s’est creusé entre l’exégèse scientifique et la "Lectio divina". C’est précisément de là que naît parfois une forme de perplexité, y compris dans la préparation des homélies. Quand l'exégèse n’est pas de la théologie, la Sainte Ecriture ne peut être l'âme de la théologie et, réciproquement, quand la théologie n’est pas essentiellement interprétation de la Sainte Ecriture dans l’Eglise, cette théologie n’a plus de base.
Il est donc absolument nécessaire, pour la vie et la mission de l’Eglise, pour l’avenir de la foi, de dépasser ce dualisme entre exégèse et théologie. La théologie biblique et la théologie systématique sont deux dimensions d’une unique réalité, que nous appelons théologie.
Je crois donc souhaitable que l’une des propositions [du synode] parle de la nécessité de tenir compte, dans l’exégèse, des deux niveaux méthodologiques qu’indique "Dei Verbum" 12, là où il est question de la nécessité de développer une exégèse non seulement historique, mais aussi théologique. Il faudra donc élargir en ce sens la formation des futurs exégètes, pour ouvrir vraiment les trésors de la Sainte Ecriture au monde d’aujourd’hui et à nous tous.
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
19.10.2008
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vendredi, 13 mars 2009
Mgr Fellay répond à Benoît XVI
Suite à la publication par Benoît XVI d’une lettre aux Evêques de l’Eglise, Mgr Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, vient de diffuser un communiqué en réponse aux déclarations du Saint Père dans lequel il le remercie de replacer le débat au niveau qui aurait toujours dû être le sien.
Toutefois Mgr Fellay, souligne à juste titre, que « l’Eglise traverse, en effet, une crise majeure qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. » De la sorte, et avec justesse, le Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X insiste sur le fait que les traditionalistes, loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, considèrent précisément le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition, que les prédécesseurs de Benoît XVI dans la charge qu’il exerce, voulurent à grande force, oublier et chasser définitivement de l’Eglise catholique

"Nous remercions vivement le Saint Père
d’avoir replacé le débat à la hauteur où il doit se tenir,
celle de la foi"

Communiqué du Supérieur Général
de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Le 12 mars 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde –
Le pape Benoît XVI a adressé une Lettre aux évêques de l’Eglise catholique, en date du 10 mars 2009, dans laquelle il leur fait savoir les intentions qui l’ont guidé dans ce pas important que constitue le Décret du 21 janvier 2009.
Après le récent « déchaînement d’un flot de protestations », nous remercions vivement le Saint Père d’avoir replacé le débat à la hauteur où il doit se tenir, celle de la foi. Nous partageons pleinement son souci prioritaire de la prédication « à notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter ».
« L’Eglise traverse une crise majeure
qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. »
L’Eglise traverse, en effet, une crise majeure qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. Avec saint Athanase, nous professons que « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique : celui qui ne la garde pas intègre et inviolée ira, sans aucun doute, à sa perte éternelle » (Symbole Quicumque).
Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme « ce qui a été cru toujours, partout et par tous » (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène. C’est ainsi que nous pourrons contribuer efficacement à l’évangélisation demandée par le Sauveur. (cf. Matthieu 28,19-20)
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X assure Benoît XVI de sa volonté d’aborder les entretiens doctrinaux reconnus comme « nécessaires » par le Décret du 21 janvier, avec le désir de servir la Vérité révélée qui est la première charité à manifester à l’égard de tous les hommes, chrétiens ou pas. Elle l’assure de sa prière afin que sa foi ne défaille pas et qu’il puisse confirmer tous ses frères. (cf. Luc 22,32)
Nous plaçons ces entretiens doctrinaux sous la protection de Notre Dame de Toute Confiance, avec l’assurance qu’elle nous obtiendra la grâce de transmettre fidèlement ce que nous avons reçu, « tradidi quod et accepi » (I Cor. 15,3).
Menzingen, le 12 mars 2009
+ Bernard Fellay
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vendredi, 20 février 2009
L'ISLAM : UNE HÉRÉSIE BLASPHÉMATOIRE
Par PATRICK FERNER


« S'il y a une chose que les islamistes redoutent par-dessus tout,
c'est qu'on porte à la connaissance du public tous les versets guerriers,
haineux et vengeurs qui représentent à peu près un tiers du Coran.
Ce qui revient à dire que la meilleure arme que l'on puisse utiliser contre l'islam,
c'est le Coran lui-même. »
« L'islam est la seule religion au monde qui prône dans ses textes,
l'anéantissement de toutes les autres.»
Nous avons le plaisir de mettre à la disposition de nos lecteurs, à propos d’un sujet vital et d’actualité s’il en est, afin que soit faite toute la lumière sur la nature réelle de l’islam - dont il convient, ainsi que nous y invitent les docteurs de l'Eglise (s. Jean Damascène, s. Thomas d'Aquin, etc.), de faire une critique théologique - au moment d’ailleurs où les pires âneries ont été colportées depuis des décennies à la suite des déclarations du Concile Vatican II, un texte fort intéressant et documenté de Patrick Ferner, texte portant sur la nature de l’islam dont il apparaît de plus en plus clairement qu’il relève de la grossière et patente hérésie blasphématoire, ainsi qu’il est démontré dans les lignes instructives de cette note qu’on lira avec grande attention.
« L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un,
vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre,
qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu,
même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers.
Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa mère virginale,
Marie, et parfois même l'invoquent avec piété.
De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités.
Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne. »
(Nostra Aetate, chap. 3).
Il faut croire que les rédacteurs de ce texte n'ont jamais lu le Coran,
y compris Jean-Paul II.

Jean-Paul II embrassant le Coran !
"Le dieu de Mahomet change l’éternelle beauté du Ciel
en un lieu de prostitution, dont les orgies dépassent en lubricité multiple et stérile
tout ce que l’idolâtrie elle-même, dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver."

Benoît XVI priant dans la Mosquée bleue d'Istanbul, dite du Sultan Ahmet,
le 30 novembre 2006, en compagnie du grand mufti Mustafa Cagrici.
Nous avons constaté que ceux qui ont une attitude bienveillante, pour ne pas dire naïve à l'égard de l'islam et ceux qui sont remontés contre lui ont un point commun : Ils n'ont jamais lu le Coran. Or s'il y a une chose que les disciples de Mahomet redoutent par-dessus tout, c'est qu'on porte à la connaissance du public tous les versets guerriers, haineux et vengeurs qui représentent à peu près un tiers du Coran. Ce qui revient à dire que la meilleure arme que l'on puisse utiliser contre l'islam, c'est le Coran lui-même.
Dans cette perspective, il est nécessaire d'en prendre connaissance afin de dénoncer son caractère à la fois hérétique et blasphématoire. [1]
De prime abord, la lecture du Coran laisse une impression étrange : d'un côté, il y a des invocations à Allah qui constituent les prières des musulmans, lesquels, pour la plupart, s'en tiennent à cet aspect de leur livre sacré, et d'un autre côté, on y trouve des appels au meurtre, voire au massacre, à la haine religieuse.
Lecture du Coran, mode d'emploi
Cela s'explique par le fait qu'il y a deux Mahomet : l'un, fasciné par l'exemple de Jésus, pieux, sensible à la tendresse et la douceur, l'autre, celui de Médine, véritable chef de clan, organisant des razzias, ordonnant des massacres, ou des assassinats comme le ferait de nos jours un parrain de la maffia lançant des "contrats" sur la tête de ses ennemis. Cela correspond à deux périodes de sa vie symbolisées par deux villes, La Mecque et Médine : né vers 570 apr. JC, il vécut à La Mecque, menant une existence de notable jusqu'en 622, monogame et fidèle à sa femme, Khadîdja. Mahomet, qui ne supportait pas l'abondante diversité des rites païens qui sévissaient à l'époque en Arabie, prêchait une religion dans laquelle tous les Arabes pourraient se reconnaître.
Les Mecquois se moquèrent de lui, moqueries qui confinèrent même à une hostilité à son égard, à tel point qu'il dut fuir à Médine, et ce fut l'Hadjira, qu'on traduit soit par fuite (traduction violemment rejetée par les musulmans), soit par émigration, l'Hégire, qui marque le début du calendrier islamique, pour nous le 16 juillet 622, date à laquelle Mahomet et son clan s'installèrent à Médine. Pour comprendre le Coran, il faut distinguer entre les versets pré-Hégire et les versets post-Hégire regroupés par chapitres appelés sourates. Là où les choses se compliquent un peu, c'est que les sourates ne respectent pas la chronologie de ces deux types de versets et elles sont classées par ordre de taille décroissante (à l'exception de la première qui n'est qu'un prologue), soit 286 versets pour la deuxième sourate, et 6 pour la dernière (114ème).
Deuxième clé de compréhension, les versets post-Hégire sont dit "abrogeants" lorsqu'ils reviennent sur des thèmes déjà traités par les versets de la période mecquoise : c'est ainsi que Mahomet tient des propos bienveillants à l'égard des chrétiens et des juifs, alors que les versets de Médine les vouent aux gémonies, et c'est donc ces derniers qui abrogent les versets précédents. Il est donc facile pour les musulmans de faire croire à tous ceux qui ne connaissent pas le Coran, de ne citer que les versets pré-Hégire pour leur présenter l'islam comme une religion d'amour et de tolérance à l'égard des autres religions, surtout quand ils revendiquent l'héritage judéo-chrétien :
"Il [Allah] a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et Il fit descendre la Thora et l'évangile". (S.3, v.3)
"Dis : “Nous croyons en Allah, à ce qu'on a fait descendre sur nous, à ce qu'on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux; et c'est à Lui que nous sommes soumis”". (S.3, v.84)
A la base, les musulmans sont fortement attachés à la filiation abrahamique :
"Dis : “C'est Allah qui dit la vérité. Suivez donc la religion d'Abraham, Musulman droit. Et il n'était point des associateurs”". (S.3, v.95)
Une prétendue filiation abrahamique
Les musulmans se réfèrent à Abraham par l'intermédiaire d'Ismaël, cet enfant qu'Abraham eut avec une servante égyptienne, Agar. Que nous dit la Bible à ce sujet ? Abram, et son épouse, Saraï, se désespéraient d'avoir une descendance, d'autant plus que cette dernière avait passé l'âge d'enfanter. C'est alors que celle-ci mit carrément sa servante, Agar, dans le lit de son époux : " Quand elle se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris. Et Saraï dit à Abram : " L'outrage qui m'est fait retombe sur toi. J'ai mis ma servante dans ton sein ; et quand elle a vu qu'elle était enceinte, elle m'a regardée avec mépris. Que l'Eternel soit juge entre toi et moi ! Abram répondit à Saraï : " Voici, ta servante est en ton pouvoir ; agis à son égard comme tu le trouveras bon ". Alors Saraï la maltraita ; et Agar s'enfuit loin d'elle. L'ange de l'Eternel la trouva près d'une source d'eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur. Il dit : " Agar, servante de Saraï, d'où viens-tu ?, et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis loin de Saraï, ma maîtresse. L'ange de l'Eternel lui dit : " Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu'on ne pourra la compter ". L'ange de l'Eternel lui dit : " Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d'Ismaël ; car l'Eternel t'as entendue dans ton affliction. Il sera comme un âne sauvage ; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui ; et il habitera en face de tous ses frères ". [...] Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d'Ismaël au fils qu'Agar lui enfanta" (Genèse, XVI, 4-16).
Donc, Ismaël n'est pas appelé à une alliance avec Dieu à travers sa descendance, puisqu'il est né à la fois d'une Egyptienne et d'une union illégitime. Ceci est confirmé plus loin lorsque l'Eternel apparaît à Abram (dont le nom signifie "père élevé") pour le renommer Abraham ("père d'une multitude") en l'instaurant père d'une multitude de nations ; mais surtout, il lui annonce que Saraï, qu'il doit désormais appeler Sara, donnera naissance à un fils : "Et Abraham dit à Dieu : " Oh ! Qu'Ismaël vive devant ta face! " Dieu dit :" Certainement Sara, ta femme, t'enfantera un fils ; et tu l'appelleras du nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui comme une alliance perpétuelle pour sa postérité après lui. A l'égard d'Ismaël, je t'ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l'infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. J'établirai mon alliance avec Isaac, que Sara t'enfantera à cette époque-ci de l'année prochaine " (Genèse, XVII, 18-21). Et que devint Ismaël ? La Bible en termine avec lui en nous donnant sa postérité, et ses fils devinrent les douze chefs de leurs peuples. Ismaël finit ses jours paisiblement.
La filiation abrahamique revendiquée par l'islam est non seulement nulle et non avenue, mais elle constitue un contresens complet, puisque, comme on vient de le voir, elle va à l'encontre de la volonté divine. Et si l'on s'en tient à des considérations purement géographiques et anthropologiques, quel lien peut-il y avoir entre Ismaël, vivant au pays de Canaan, la Palestine actuelle, et les populations de la péninsule arabique? Aucun. Mais ces affabulations ne s'arrêtent pas là :
"Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison [La Kaaba] : "Ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient". (S.2, v.127)
Donc, la Kaaba, selon le "prophète", fut construite par Abraham et Ismaël ! Et René Guénon (dont les ouvrages figurent en bonne place à la bibliothèque de la Grande Mosquée de Paris) en rajoute:
"Le Nom El Shaddaï est, vous le savez, celui qu’on dit avoir été invoqué plus particulièrement par Seyidna Ibrahim [Abraham] ; il est plus que probable que, en général, on ne doit guère comprendre quel rapport il peut y avoir entre celui-ci et les rites des constructeurs (je n’ai d’ailleurs jamais vu soulever cette question nulle part) ; mais ne pourrait-on pas dire que ce rapport résulte de ce qu’il bâtit de ses mains la Kaaba avec Seyidna Ismaîl ?" [2]
Là, on est en plein conte oriental ; toutefois, Mahomet ne s'arrête pas là : il détourne à son profit le Christ pour tenter de se légitimer.

"Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi,
jusqu'à ce que tu suives leur religion.
- Dis : “Certes, c'est la direction d'Allah qui est la vraie direction”.
(S.2, v.120)
Une lamentable appropriation du Messie
Mahomet dénie au Christ sa qualité de Fils de Dieu :
"Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas “Trois”. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur." (S.4, v.171).
En fait, voilà où Mahomet veut en venir :
Et quand Jésus fils de Marie dit : “ Ô enfants d'Israël, je suis vraiment le Messager d'Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d'un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C'est là une magie manifeste”. (S. 61, v.6)
Mais là, on atteint le sommet du ridicule :
"Et à cause leur parole : “Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah”... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude : ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué". (S.3, v.157)
En résumé, Jésus n'est que le Prophète annonçant Muhammad, grâce à Marie que les musulmans honorent en tant que mère du Messie. Ce qui est risible, c'est d'affirmer que la crucifixion du Christ n'est qu'une mise en scène! Pour notre "prophète", la Trinité, c'est le Père, Jésus et Marie et non le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

"Ne faiblissez donc pas et n'appelez pas à la paix
alors que vous êtes les plus hauts,
qu'Allah est avec vous,
et qu'Il ne vous frustrera jamais [du mérite] de vos œuvres".
(S.47, v.35)
Un pitoyable syncrétisme
"4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais... qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste ?" […] "Mahomet emprunte à chacune des religions existantes à son époque une portion de ses doctrines, et de cet amalgame incohérent qui prétend ménager le chrétien, le juif, le sabéen, l’idolâtre, il forme son symbole et lui donne pour suprême couronnement son aphorisme : ’Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète’... Il se fonde sur l’amalgame des doctrines, et se couronne par l’orgueil de la personne"... […]"Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. Ce qui est vrai se trouve dans le Pentateuque et dans l’Evangile ; ce qui est faux, dans le Talmud, dans les légendes arabes ou sabéennes, dans les évangiles apocryphes... Or, on voudrait faire descendre fraîchement du Ciel ce qui est déjà vieux sur la terre, et ce que je rencontre au fond de la boue !" [3]
Ce syncrétisme n'empêche pourtant pas un monothéisme obsessionnel et sectaire :
"Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent : “En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Marie.” Alors que le Messie a dit : "Ô enfants d'Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur”. Quiconque associe à Allah (d'autres divinités) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs "! (S.5, v.72)
"Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : “En vérité, Allah est le troisième de trois.” Alors qu'il n'y a de divinité qu'Une Divinité Unique ! Et s'ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux". (S.5, v.73)
Pour Mahomet, la Sainte Trinité consiste à ajouter, selon lui, des "associés" à Allah, ce sont donc des mécréants (ou infidèles) :
"Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché". (S.4, v.48)
On voit tout de suite ceux qui sont visés dans ces diatribes : les chrétiens.

"Et tuez-les [les chrétiens], où que vous les rencontriez;
et chassez-les d'où ils vous ont chassés :
l'association est plus grave que le meurtre.''
(S.2, v.191)
Antichristianisme virulent
"Et les Juifs disent : “Les Chrétiens ne tiennent sur rien”; et les Chrétiens disent : “Les Juifs ne tiennent sur rien”, alors qu'ils lisent le Livre ! De même ceux qui ne savent rien tiennent un langage semblable au leur. Eh bien, Allah jugera sur ce quoi ils s'opposent, au Jour de la Résurrection". (S.2, v.113)
"Abraham n'était ni juif ni chrétien. Il était entièrement soumis à Allah (Musulman). Et il n'était point du nombre des associateurs". (S.3, v.67)
"Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu'à ce que tu suives leur religion. - Dis : “Certes, c'est la direction d'Allah qui est la vraie direction”. Mais si tu suis leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu n'auras contre Allah ni protecteur ni secoureur". (S.2, v.120)
Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. (S.5, v.51)
Les chrétiens sont considérés comme mécréants, voici le sort qui leur est réservé :
"Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants". (S.2, v.191)
"Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux". (S.9, v.5)
"La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment". (S.5, v.33)
"Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c'est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c'est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le chemin d'Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions". (S.47, v.4),
"Il les guidera et améliorera leur condition". (S.47, v.5)
"Et les fera entrer au Paradis qu'Il leur aura fait connaître. (S.47, v.6)
"Ne faiblissez donc pas et n'appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts, qu'Allah est avec vous, et qu'Il ne vous frustrera jamais [du mérite] de vos œuvres". (S.47, v.35). En clair, on fait la paix quand le rapport de force est défavorable, le djihad n'étant que partie remise : il ne s'arrête jamais.
Ces versets sont blasphématoires : Comment peut-on faire croire que non seulement Dieu, bon et miséricordieux ordonne de massacrer une partie de l'humanité et de surcroît récompense les criminels en les faisant entrer au paradis ?
Hérésie et blasphème : le dieu de Mahomet n'est pas le vrai Dieu !
"Vois-tu celui qui prend sa passion pour sa propre divinité ? Et Allah l'égare sciemment et scelle son ouïe et son cœur et étend un voile sur sa vue. Qui donc peut le guider après Allah ? Ne vous rappelez-vous donc pas "? (S.45, v.23)
"Et quoi ! Celui à qui on a enjolivé sa mauvaise action au point qu'il la voit belle... ? - Mais Allah égare qui Il veut, et guide qui Il veut - Que ton âme ne se répande donc pas en regrets pour eux : Allah est Parfaitement Savant de ce qu'ils fabriquent". (S.35, v.8)
Ceci est en totale contradiction avec le plan divin, tel qu'il apparaît dans la Bible : l'Eternel, ayant créé l'homme à son image, ne cesse, depuis Adam, de le ramener à lui à chaque fois qu'il chute, pour au bout du compte, lui envoyer son Fils afin de racheter tous les péchés. Ce sont donc les hommes qui s'égarent et qui se coupent de Dieu qui, Lui, ne les abandonne jamais. Mais affirmer, comme le fait Mahomet, que Dieu "égare sciemment" une partie de l'humanité, cela revient à lui attribuer un rôle satanique, car c'est le Diable qui divise et là on est en plein dans le blasphème. Dans l'esprit du "prophète" ceux qu'Allah guide sont les musulmans et ceux qu'il égare n'adhèrent pas au Coran.

Mgr Pavy, évêque d'Alger, déclarait en 1853 :
"L’islam est une prétendue religion...
Le dieu de Mahomet change l’éternelle beauté du ciel
en un lieu de prostitution, dont les orgies
dépassent en lubricité multiple et stérile
tout ce que l’idolâtrie elle-même,
dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver."
En réalité, le Dieu de Mahomet n'est qu'une projection humaine ainsi que l'expliquait Mgr Pavy en 1853 dans un Sermon :
"Est-ce le Dieu véritable que le dieu de Mahomet ? Non ! Le faux prophète a donc fait un dieu nouveau ? Pas davantage. Il a fait de son dieu ce qu’il a fait de tout le reste, un bizarre assemblage des qualités les plus opposées ; il l’a arrangé à sa façon. Son dieu unique, mes frères, est si faible qu’il n’ose jurer par lui-même!... Son dieu unique est le plus cruel des tyrans, puisqu’il fait lui-même tout dans l’homme, jusqu’au péché, puisqu’il ordonne à tous de croire à la nouvelle révélation du Coran, et déclare en même temps qu’il ne veut pas que les infidèles puissent y croire. Son dieu unique est un dieu sans cœur ; il n’aime pas, et il ne demande pas qu’on l’aime !
Le dieu de Mahomet change l’éternelle beauté du ciel en un lieu de prostitution, dont les orgies dépassent en lubricité multiple et stérile tout ce que l’idolâtrie elle-même, dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver. Le dieu de l’islam, c’est un être tellement immonde, en sa complaisante faiblesse, que si l’autorité chargée de la garde des mœurs rencontrait dans nos rues quelque chose de semblable, elle devrait à l’instant l’arrêter et le dérober aux yeux d’un public, hélas, pourtant si facile ! Et se serait là le vrai Dieu ?
Oh, non, non, ce n’est pas là le vrai Dieu du ciel et de la terre, le Dieu des nations, le Dieu des prophètes, le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus-Christ. Ce n’est pas Vous, ô Sainte Trinité, que cet homme a violemment combattue. Ce n’est pas Vous, ô Père saint, ô Verbe éternel, ô Esprit de lumière et de charité ! Ce n’est pas Vous, Jésus, le salut et la vie de mon âme... Cet homme, Mahomet, ne vous a pas connu, il n’a pas su vous aimer, lui. Pardon, Seigneur, si, pour la défense de votre nom, j’ai parlé d’un autre dieu que vous !" [4]

"Mahomet, vaincu par la chair,
accepte comme une loi divine sa domination absolue,
par ses instincts les plus indignes."
La vraie nature de l'islam
"Le Coran exprime, en de pompeuses paroles, les grandes idées des vertus naturelles, et lâche en même temps ouvertement la bride aux penchants les plus violents et les plus sulfureux... Il supprime les remords en introduisant le fatalisme... Mahomet, vaincu par la chair, accepte comme une loi divine sa domination absolue, par ses instincts les plus indignes."
La morale de l’islam ? "L’association du sang à la volupté, la guerre à l’infidèle, guerre permanente, guerre qui doit durer jusqu’à leur entière extermination ou soumission au tribut."
"En lisant l’Evangile, j’ai appris à prier ; en lisant le Coran, je n’ai rien appris, et le musulman, j’en suis sûr, n’y apprend, lui, qu’à répéter de creuses et de vides formules. Je serais tenté de dire qu’une telle prière est un outrage, puisqu’elle s’adresse à un dieu qui n’existe pas, ou qui existe avec des attributs tout opposés à ceux que lui prête la doctrine du musulman." [5]

Saint Thomas d'Aquin affirme :
"Mahomet a séduit les peuples
par des promesses de voluptés charnelles
au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair."
Somme contre les Gentils, livre 1, question 6.
Déjà, Saint Thomas d'Aquin dénonçait l'imposture de Mahomet :
"...Les fondateurs de sectes ont procédé de manière inverse. C'est le cas évidemment de Mahomet qui a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair.
Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement. En fait de vérités, il n'en a avancé que de faciles à saisir par n'importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses. Il n'a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l'inspiration divine, quand une œuvre visible qui ne peut être que l'œuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu'il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans.
D'ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l'aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d'autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur ; bien au contraire, il déforme les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c'est évident pour qui étudie sa loi. Aussi bien, par une mesure pleine d'astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère." [6]
On réalise maintenant à quel point la vision du Christ qu'ont les musulmans relèvent d'une incompréhension vertigineuse : pour eux, c'est un "loser" qui s'est laissé crucifier et que son Père a abandonné, reprenant ce passage de l'Evangile :
" Les passants l'injuriaient, et secouaient la tête, en disant: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix! Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu". (Mat. XXVII, 39-43)
Mais en même temps, le Coran dit que ce n'est pas lui ! [7] Quoi qu'il en soit, et d'une façon inattendue, l'islam rejoint sur cette vision du Christ le judaïsme talmudique, héritier des pharisiens et persécuteur de chrétiens. On mesure à quel point les auteurs de Nostra Aetate étaient à côté de la question, et le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux (encore un fruit vénéneux de Vatican II), en la personne de son président, le Cardinal Jean-Louis Tauran fait pire quand il déclare : «Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans». «Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société». Il ferait mieux de se demander comment l'Eglise a réduit l'espace pour Dieu dans nos sociétés depuis Vatican II et 1968, pourquoi, après le Concile, on a interdit de pratiquer le rite de Saint Pie V jusqu'à ce que les motu proprio Ecclesia Dei (promulgué par Jean-Paul II) et surtout Summorum Pontificum (Promulgué par Benoît XVI) mettent fin à cette situation. Comme quoi, le chemin de la dhimmitude [8] et de l'apostasie est pavé de bons sentiments…
La seule façon de combattre l'hérésie est de se recentrer sur sa propre doctrine, et la décision de Benoît XVI de lever l'excommunication des évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X va au-delà d'un simple pardon : elle permet de préserver le véritable cœur de l'Eglise qui a failli disparaître sous la pression des intégristes modernistes post-conciliaires, lesquels, oublieux de la Révélation, ont fini par rabaisser leur religion au même niveau que les autres au point de mettre sur le même plan le Coran et les Saintes Ecritures. En définitive, le christianisme et l'islam nous renvoient à Abel et Caïn : le christianisme est une religion d'Abel, celle de Dieu, et l'islam, une religion de Caïn, celle des hommes. On sait quel sort Caïn réserva à Abel et on sait depuis quatorze siècles, quel sort l'islam réserve aux chrétiens et aux juifs, et plus récemment dans l'Histoire aux hindous et aux bouddhistes car c'est la seule religion au monde qui prône dans ses textes prétendument sacrés l'anéantissement de toutes les autres, les versets coraniques l'exprimant on ne peut plus clairement.
http://res0.esnips.com/doc/85a47d32-c091-40a9-ae6a-e9327e...
2. Lettre du 15 juin 1947 de René Guénon à Frithjof Schuon
3. ]Extraits du sermon prononcé par Monseigneur Louis Pavy, évêque d’Alger, en la cathédrale d’Alger pendant le Carême de 1853. Source: http://www.euro-reconquista.com/site/spip.php?article30
4. bid.
5. bid.
6.. Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) "Somme contre les Gentils" (les païens) - livre 1, question 6.
Saint Jean Damascène explique également à ce sujet : « Mahomet, comme il a été dit, a composé de nombreux écrits stupides et donné un titre à chacun d’eux. Ainsi l’écrit de la Femme, où il est prescrit clairement à chacun de prendre quatre femmes et mille concubines, si c’est possible, autant que sa main en retient soumises en dehors des quatre femmes ; et il peut répudier une, s’il le veut, et en prendre une autre. Il a établi cette loi pour la raison suivant : Mahomet avait un compagnon appelé Zayd. Cet homme avait une belle femme dont Mahomet s’éprit. Alors qu’ils étaient assis ensemble, Mahomet dit : Ami, Dieu m’a donné l’ordre de prendre ta femme. Zayd répondit : Tu es un envoyé, fais comme Dieu t’a dit, prend ma femme. Ou plus exactement, pour prendre le récit par le commencement, il lui dit : Dieu m’a donné l’ordre que tu répudies ta femme. Celui-ci la répudia. Quelques jours plus tard il dit : Dieu m’a donné l’ordre de la prendre moi-même. Après l’avoir prise et commis l’adultère avec elle, il promulgua cette loi : Que celui qui le désire répudie sa femme. Mais si après l’avoir répudiée, il revient vers elle, qu’un autre l’épouse. Il n’est pas permis, en effet de la prendre si elle n’a pas été épousée par un autre. Et si c’est un frère qui répudie, que son frère l’épouse s’il le désire. Dans le même écrit il donne des recommandations de ce genre : “Laboure la terre que Dieu t’a donnée, et met-y tout ton soin ; fais cela, et de telle façon” – pour ne pas dire comme lui des obscénités. » (Cf. Liber Haeresorum).
7. Voir supra
8. Néologisme forgé sur le mot dhimmi qui désigne le statut réservé aux juifs et aux chrétiens vivant dans les pays musulmans : ils doivent payer un impôt spécial, ils sont taillables et corvéables à merci, relégués au bas de l'échelle sociale et doivent pratiquer leur culte en catimini et enfin n'arborer aucun signe de leur religion. Soit dit en passant, c'est pour échapper à ce statut qu'une partie de la population de Bosnie-Herzégovine, à l'époque de l'empire ottoman, se convertit à l'islam.
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jeudi, 19 février 2009
Mgr Lefebvre : Le Coran, la loi de l'islam, provoque à la haine et à la violence !

"Le Coran, la loi de l'islam, provoque à la haine et à la violence !"
Si Mgr Lefebvre s’éleva très souvent contre la complaisance vis-à-vis du judaïsme et les faiblesses de l’Eglise conciliaire à l’égard des religions non chrétiennes, considérées de façon irréalistes par Vatican II - religions non chrétiennes dont on sait d'ailleurs l’énorme pénétration qu’elles ont réalisée en Occident depuis plusieurs décennies à la faveur d’une grande désorientaion des esprits conséquence d'une perte terrifiante des fondements essentiels de la Foi - il insista tout particulièrement sur le danger très important que représentait l’islam pour une chrétienté aujourd’hui si éloignée vis-à-vis de la Tradition catholique.
A cause de l’affirmation de ses positions en la matière, qu’il soutint avec une certaine vive fermeté, la LICRA, indignement et de façon totalement scandaleuse, traîna Mgr Lefebvre en 1990 devant la justice, alors qu’il mettait sévèrement en garde contre l’érection, soutenue par l’Etat républicain et laïc, de nombreuses mosquées, et qui, dans ce domaine comme dans bien d’autres, oeuvrait à contribuer, plus encore et comme s’il en était besoin, à la lente disparition du tissu spirituel chrétien en France.
Le 12 Mai 1990, suite à ces poursuites infâmes, Mgr Lefebvre déclarait :
- « Le Coran, qui est la loi de l'Islam, provoque à la discrimination, à la haine et à la violence. Ne m'attribuez pas ce que je dénonce. Les preuves de cette haine et de cette violence sont légions dans le passé et dans le présent. Tant que les Musulmans sont une minorité insignifiante dans un pays chrétien, ils peuvent vivre amicalement parce qu'ils acceptent les lois et les coutumes du pays qui les reçoit. Mais dès qu'ils sont nombreux et organisés, ils deviennent agressifs et veulent imposer leurs lois hostiles à la civilisation européenne. Les exemples abondent.
- Demain ils seront maires de nos communes et transformeront nos églises en mosquées […] Me condamner comme raciste parce que je cherche à protéger ma patrie menacée dans son existence et ses traditions chrétiennes, ce serait se servir de la justice pour l'injustice, ce serait la justice au service des bourreaux contre les victimes qui ont tout juste droit de périr en se taisant. Ce serait le comble de l'injustice. »
Admirable plaidoyer évidemment, pertinente analyse, quasi visionnaire de l’ancien évêque de Tulle qui avait parfaitement compris la menace que représentait l’islam.
le démon a véritablement empêché la conversion de millions d'hommes"

"C'est moi l'accusé qui devrait vous juger"
Mais pour mieux s’imprégner de la pensée de Mgr Lefebvre, qui fut tout de même Archevêque de Dakar et vicaire apostolique pour l'Afrique Française et qui donc savait de quoi il parlait pour avoir vu de près ce que signifiait la domination de la loi du Coran, rien n’est plus utile que de relire les retranscriptions des cours qu’il donna en 1980 et 1981 à Ecône auprès des séminaristes qui se destinaient à la prêtrise. Ces textes, réunis dans une ouvrage posthume : C'est moi l'accusé qui devrait vous juger, montrent en quoi les thèses modernistes du Concile de Vatican II, décelables en particulier dans la Déclaration Nostra Aetate, sont absolument ignorantes de ce qu’est véritablement l’islam sur le plan concret, et profèrent des absurdités considérables au sujet de la nature de la religion de Mahomet.
Voici donc quelques passages significatifs de Mgr Lefebvre qu’on lira avec attention :
En inspirant la religion islamique;
le démon a véritablement empêché la conversion de millions d'hommes
- « Je me suis trouvé pendant quinze ans à Dakar avec trois millions de musulmans, cent mille catholiques et quatre cent mille animistes, et si pendant ces quinze ans on a pu convertir dix musulmans, c'est un maximum. Je veux dire les convertir vraiment, les faire passer de l'islam au catholicisme. Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu une certaine influence catholique grâce à nos écoles où nous avions jusqu'à 10 à 15% de musulmans. Je n'en voulais pas davantage, sinon ils auraient imposé l'islam dans nos écoles. Une fois qu'ils sont forts, ils s'imposent, prennent la tête du mouvement et essayent de convertir les autres. Quand ils sont faibles, ils écoutent et se taisent.
Les jeunes gens qui ont été dans nos écoles ont certainement été influencés, peut être certains d'entre eux ont-ils désiré le baptême c'est très possible. Mais c'est très difficile pour un jeune homme de se convertir au catholicisme, car il est chassé de sa famille, il sait qu'il risque même d'être empoisonné. […] Il n'y a que ceux qui sont étudiants en université qui arrivent à se convertir parce qu'ils sont indépendants. Ils savent que leur avenir est assuré; dont ils n'ont plus besoin de leur famille et partiront en Europe, ils peuvent se convertir. Mais convertir quelqu'un qui est dans sa famille, c'est pratiquement impossible. En inspirant la religion islamique; le démon a véritablement empêché la conversion de millions d'hommes »

"Si les libertés étaient accordées aux musulmans,
c 'est la polygamie qu'il faudrait admettre dans les Etats.
L'islam, (…) c'est la menace de la soumission, c'est à dire de « Dhimmi »"
L’islam c’est la soumission
- « Et si toutes les libertés étaient accordées aux musulmans, c 'est la polygamie qu'il faudrait admettre dans les Etats. L'islam, ce n'est pas seulement les prosternations à genoux que les musulmans font dans les rues au moment de la prière; c'est aussi la menace de la soumission, c'est à dire de « Dhimmi » pour tous ceux qui ne sont pas comme eux. Peut-on admettre cela dans les Etats catholiques? Peut-on admettre que ces Etats ne se défendent pas ? »
Tout musulman qui se convertit doit être exécuté
- « Un proverbe musulman dit : « Baise la main que tu ne peux pas couper ». Oui, il n'y a que la force qui peut intervenir. Quand la force est présente, alors ils baisent la main. Mais quand ce sont eux qui disposent de la force: alors ils coupent la main. Cela a toujours été ainsi.
Récemment, les journaux l'ont rapporté, les communautés musulmanes égyptiennes ont décrété que tout musulman qui se convertirait au catholicisme serait exécuté. Les représentants de ces communautés musulmanes voulaient absolument voir figurer cela dans la constitution, ou tout au moins voir cette décision consacrée par des accords officiels. C'est ainsi que les journaux l'ont publié, parce que c'était quelque chose d'officiel : tout musulman qui se convertirait à une autre religion subirait la peine de mort.
Eh oui, on l'oublie, mais c'est cela l'islam. Pour les musulmans, il n'y a que l'islam et tout le monde devrait s'y soumettre, soit en devenant musulman, soit en étant esclave de l'islam. L'un ou l'autre. C'est ainsi qu'ils ont procédé en réduisant en esclavage tous ceux qui ne voulaient pas se soumettre. Souvenons-nous des ordres religieux : les Trinitaires et l'oeuvre de Notre-Dame de la Merci, qui ont été fondés pour aller délivrer les chrétiens captifs qui étaient retenus esclaves chez les musulmans. Ils razziaient les côtes de France, d'Espagne et de toute la Méditerranée, enlevaient des chrétiens dont ils faisaient chez eux des esclaves. Cela est encore dans leur esprit.
Si on demande à un évêque de France s'il faut essayer de convertir les musulmans, qu'ils soient de France, ou qu'ils soient ailleurs, de convertir les animistes, les bouddhistes...Ah mais non! Il ne faut pas les convertir. Au contraire, il faut les affermir dans leur religion, leur faire comprendre les beauté de leur religion. C'est invraisemblable, mais c'est cependant la réalité. »
- Mgr Lefebvre, C'est moi l'accusé qui devrait vous juger, Clovis, 1997 – (Extraits)
Note.
[1] Notons qu’en 2003, la LICRA a également poursuivi un prêtre catholique, l’abbé Sulmont, âgé de 80 ans, qui avait la charge de huit églises de la Somme, et qui imprudemment publia dans son bulletin paroissial quelques propos plutôt sévères sur l’islam : « l’islam modéré n’existe pas. Toutes les populations infectées par la religion musulmane sont endoctrinées par le Coran (…) qui est le manuel pratique pour que s’étende le règne du démon au dépens du Royaume du Christ. […] si les familles occidentales se sont réduites en nombre d’enfants comme peau de chagrin […] les Asiatiques prolifèrent et nous envahissent, véhiculant une idéologie menaçante pour le monde entier. » Il est à remarquer que le vieux prêtre curé fut poursuivit par la LICRA avec l’assentiment de l’évêque d’Amiens, Mgr Noyer, qui le rappela à l’ordre pour cause d’islamophobie.
Source :
Observatoire de l'islamisation
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mercredi, 14 janvier 2009
Les Juifs orthodoxes antisionistes : Neturei Karta
Beaucoup confondent antisionisme et antisémitisme, ceci volontairement et le plus souvent pour mieux servir leur idéologie dévoyée, alors qu'il existe une opposition radicale au sionisme de la part des Juifs orthodoxes [1]. Le sionisme, qui voudrait pouvoir être reconnu comme étant l’expression fidèle du judaïsme, ce qui est totalement faux, est en fait un mouvement politique laïque, fondé par des athées au XIXe siècle, qui vise à l'établissement d'un Etat juif en Palestine en contradiction directe et complète avec l’Histoire prophétique et religieuse d’Israël.
Juifs orthodoxes antisionistes du mouvement Neturei Karta demandant la liberté pour la Palestine
et la fin de l'occupation des territoires par l'Etat d'Israël
"L'établissement d’un Etat en Palestine est une chose qui viole la Torah, la loi religieuse juive.
Il contredit les dispositions s’agissant des punitions et de l’exile decrétés par Di-u à l’époque du Temple.
L’établissement de l’État sioniste contredit la volonté de Di-u
en cherchant un remède materiél à une condition spirituelle.
Nous déclarons que le peuple palestinien a le droit à sa patrie;
ainsi que le droit à la restitution monétaire pour les dommages et les pertes infligés.
Les réfugiés palestiniens ont le droit de retourner à leur patrie, la Palestine historique, aussi tôt que possible."
Neturei Karta International
Jews United Against Sionism
Reportage d’ARTE sur les Juifs antisionistes de Neturei Karta
Rabbi Elchonon Wasserman (1875-1941)
Spécialiste de la Torah, un des plus fermes opposants à toutes les formes de sionisme. Avec les juifs orthodoxes il considérait que si Dieu avait détruit l'état juif de l'antiquité, seul le Messie pourrait le rétablir. Toute tentative humaine de s'opposer à la volonté de Dieu ne pouvant qu'entraîner des désastres pour le peuple Juif. Wasserman regardait pour cette raison les sionistes comme des descendants directs d'Amalek, qui voulut détruire le peuple juif.
Le professeur Yakov M. Rabkin, qui est l’auteur d’un ouvrage important : Au nom de la Torah Une histoire de l'opposition juive au Sionisme [2], explique clairement que cette volonté d’identifier sionisme et judaïsme est une attitude fallacieuse extrêmement dangereuse pour le devenir même du judaïsme et des Juifs eux-mêmes.
Il convient en effet de savoir, que l'antisionisme juif est issu d'une opposition absolue aux folles théories politiques de Theodor Herzl qui, entouré de juifs laïcisés, élabora le projet délirant de création d’une nation juive sous le modèle des Etats nations européens modernes. Dès lors, pour conférer un semblant de légitimité à leur entreprise politique et militaire d'un Etat prétendument « Juif » ayant Jérusalem comme Capitale, les sionistes utilisèrent, en la dévoyant, l’idée messianique du retour à Sion. Yakov Rabkin déclare de ce fait dans son ouvrage : «Ce mouvement, et plus tard la proclamation de l'Etat d'Israël, provoquent une des plus grandes déchirures de l'histoire juive. »
Les traditionalistes, profondément opposés aux vues politiques inexactes du sionisme, considèrent donc les fondements de l’Etat d’Israël comme contraires en tous points au judaïsme authentique. Ils jugent qu’en s'arrogeant par des moyens humains inacceptables, une terre promise par Dieu dans la Bible et que lui Seul redonnera de façon conforme au plan divin lorsqu’il l’aura décidé, les colons sionistes sont des transgresseurs, des impies trahissant gravement la Parole de Dieu, et surtout, des obstinés aveugles qui se mettent en contradiction avec les lois du Pentateuque, en ne respectant aucun des commandements de l’Eternel faisant courir un risque terrifiant aux Juifs eux-mêmes en suscitant une opposition violente à l’égard d’Israël ce qui pourrait, à terme, avoir des conséquences dramatiques incalculables.
Plusieurs penseurs juifs ont mis en garde contre cette situation. Hannah Arendt prophétisait, d’ailleurs durant la Guerre d’Indépendance en 1948 : « Même si les juifs devaient remporter cette guerre, ces juifs « victorieux » vivraient entourés par une population arabe totalement hostile, enfermés à l’intérieur de frontières sans cesse menacées, entièrement absorbés par la nécessité de se défendre physiquement. Et cela serait la fin d’une nation qui – et peu importe le nombre d’immigrants qu’elle serait capable d’absorber et l’éloignement de ses frontières – demeurerait un très petit peuple, largement dépassé numériquement par des voisins hostiles. »
Comme le dit fort justement le rabbin Wasserman (1875-1941) : « tout retour à la Terre sainte ne se fera que par la volonté divine, Nos ancêtres esclaves en Mitsraïm [Egypte ancienne] n’en sont pas sortis par une révolte nationale et par la voie militaire, mais uniquement par la Rédemption divine. Ils n’ont pas été libérés de l’esclavage en vue de constituer une « nation comme les autres » avec un territoire, un Etat, une économie, un drapeau, une armée, une culture... Mais ils ont été conduits dans le Désert pour y recevoir la Loi Divine, la Torah. La présence Juive en Terre Sainte sans sainteté, hors de l’application de la Torah, est contraire à la volonté divine. Enfreindre la Thora en Terre Sainte amène à l’Exil. »
Une transformation morale, un rapprochement d’avec Dieu et sa Parole sont, selon les Juifs pieux, à la fois l’unique moyen mais aussi le sens d’un retour en Terre Sainte. C’est dans ces termes-là que la tradition classique du judaïsme entrevoit le rassemblement des juifs en Terre Sainte. La tentation sioniste, tant décriée par les religieux orthodoxes, et critiquée sévèrement par saint Pie X et Benoît XV, est un piège diabolique qui finalement prolongera l’exil du peuple Juif plutôt qu’y mettre fin.
« Et je vous retirerai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays et vous ramener sur votre sol.
Et j’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs ;
de toutes vos souillures et de toutes vos abominations je vous purifierai.
Je vous donnerai un cœur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau ;
j’enlèverai le cœur de pierre de votre sein et je ferai en sorte que vos observiez mes statuts et pratiquiez mes lois.
Vous demeurerez dans le pays que j’ai donné à vos pères,
vous serez pour moi un peuple, et je serai pour vous un Dieu. »
(Ezéchiel 36, 24-28)
Notes
[1] Les antisionistes, sont principalement issus des haredim, ou ultra-orthodoxes, que l’on reconnaît au fait qu’ils soient habillés de noir et blanc, portant barbe et chapeau. Il est à signaler que dès 1924 Jacon Israël De Haan, figure centrale de l'antisionisme, fut assassiné. Aujourd'hui, les membres du mouvement Neturei Karta (en araméen : נטורי קרתא ; « les gardiens de la cité ») constituent une groupe de juifs haredim radicalement antisioniste prônant le « démantèlement » total de l’Etat d’Israël.
[2] Presses de l’Université Laval, 2004 Montréal, Canada, 274 p.
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