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jeudi, 23 octobre 2008

Sœur Emmanuelle : « Les Confessions d’une religieuse » victime de l’impudeur moderne

 

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« A l'heure où ces lignes seront publiées, j'aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance », écrivait Sœur Emmanuelle avant de quitter ce monde.  En effet, pendant près de 20 ans, Soeur Emmanuelle a rédigé un livre de mémoires, sur lequel elle travailla inlassablement, le reprenant, le corrigeant, l’amendant, afin qu’il exprime le plus exactement sa pensée, et ce jusqu’aux derniers mois de son existence.

L’éditeur nous explique : « Les Confessions d'une religieuse sont  le livre le plus important qu'elle ait écrit : le premier, car elle l'a débuté avant tous les autres, alors même qu'elle était encore en Egypte ; et aussi le dernier parce qu'elle l'a voulu posthume, afin de dire des choses qu'elle n'avait jamais dites auparavant, par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre. »


Or que dit en réalité Sœur Emmanuelle post mortem, qu’elle n’ait osé révéler de son vivant ? Celle qui en quelque sorte était devenue une star des plateaux télévisés et des studios de radio, où elle n'hésitait pas à se rendre, surtout pour faire vendre ses livres dont les bénéfices étaient destinés à ses œuvres (ainsi tiré à 40.000 exemplaires à sa sortie, «J'ai 100 ans et je voudrais vous dire...», a été réimprimé deux fois depuis pour un tirage global de 100.000 exemplaires, selon les éditions Plon. En 2004, «Vivre à quoi cela sert» (Flammarion) s'était vendu à 200.000 exemplaires pour la seule édition originale et «Richesse de la pauvreté» (Flammarion) à 80.000 exemplaires en 2001), aurait-elle dissimulé un secret ? 

Michel Drucker admet : «Elle n'avait pas le langage classique d'une religieuse, elle parlait sans langue de bois. Elle avait en plus une voix très caractéristique, une présence indiscutable, un oeil bleu très rieur, beaucoup d'humour, une grande culture et une très grande connaissance des hommes et de leurs drames». De son côté Marc-Olivier Fogiel déclare :  «Elle savait pourquoi elle venait : délivrer son message pour sensibiliser aux plus pauvres, sans faire tout et n'importe quoi, elle n'avait aucune idée préconçue et avait compris que dans la télévision moderne, les religieux, pour faire passer leurs messages, ne pouvaient pas être cantonnés aux émissions religieuses. »

Et tel est bien le problème !  car si avouer : « Je veux, une dernière fois, confesser la foi en l'homme et la foi en Dieu qui ont soulevé toute ma vie. Quoi qu'il advienne, finalement, c'est toujours le temps du plus grand Amour ! », est une déclaration somme toute attendue, même si elle pourrait donner lieu à bien des commentaires surtout s’agissant de cette prétendue « foi en l’homme » (sic) dont Vatican II nous a rebattu les oreilles ; si confesser qu’un temps elle pouvait être frivole :  « J'aimais beaucoup danser. Beaucoup, beaucoup. Avec de jolis garçons de préférence. Ma mère me le répétait : "Tu veux que les garçons t'aiment bien, t'approuvent, t'entourent, t'admirent. Et si tu te fais religieuse..." Je lui répondais : "Pour Dieu, je laisserai les jolis garçons." [...] », n’est pas blâmable, beaucoup plus graves et inquiétants, en revanche, les ultimes propos, incroyablement décomplexés, portant sur le « plaisir solitaire » que s’accorda, semble-t-il, celle qui allait devenir la bienfaitrice des chiffonniers du Caire.

On imagine déjà les grandes trompettes médiatiques avocates éperdues du libertinage, s’emparer avidement de ces déclarations qui sont, normalement, réservées aux confesseurs, et qui vont servir, à la faveur de la mode du temps, d’argument à tous les idiots patentés, catholiques ou non, afin de louer les vertus du dévergondage en matière de mœurs, et faire les ravages que l’on sait sur les âmes fragiles dont le trouble sera sans doute significatif à la lecture de tels aveux. Quelle éclatante démonstration des conséquences dramatiques de cette fameuse et hérétique « théologie du corps » vantée par Jean-Paul II (reprise avec le succès que l’on sait par de nombreux et médiocres littérateurs contemporains) pseudo-théologie qui, sous couvert d’en finir avec le rigorisme, se précipite objectivement dans une scandaleuse dérive complaisante à l’égard des forces les plus puissantes de la libido, relayée par un étrange souci de « transparence ».

Ainsi Sœur Emmanuelle apparaît à présent, indirectement et après l’abbé Pierre sur des sujets voisins, sous prétexte d’une bien improbable nécessité du « parler vrai », l’une des pauvres victimes les plus emblématiques de la désorientation de l’Eglise moderne, faute d’avoir bénéficié du rappel à conserver un minimum de réserve sur ces questions par un directeur spirituel digne de ce nom, livrée tristement en pâture aux charognards impudiques du lamentable spectacle de la modernité faisandée.

 

07:43 Publié dans De l'amour, Des femmes, Polémique | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : femme, presse, société, actualité, littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

vendredi, 19 janvier 2007

Une France bien peu catholique!

 
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Les deux phrases lapidaires inscrites sur la couverture de notre confrère Le Monde des religions résument à elles seules les données d'un sondage qu'il publie sur les Français et le catholicisme. "Seul un Français sur deux se déclare encore catholique. Seul un catholique sur deux croit encore en Dieu". La seconde position aurait un air ubuesque si l'on ne comprenait immédiatement que la dénomination catholique se rapporte plus à une culture, un héritage patrimonial
qu'à une foi réfléchie à assumer en rapport avec un donné dogmatique qui lui confère sa cohérence... Le directeur de la publication insiste à dessein sur ce point : "Non seulement un catholique sur deux ne croit pas ou doute de l'existence de Dieu mais, parmi ceux qui affirment croire, seulement 18% croient en un Dieu personnel (ce qui est pourtant un des fondements du christianisme), tandis que 79% croient une force ou une énergie". Impossible de mettre en doute ce diagnostic de Frédéric Lenoir, qui a quelque chose d'accablant. Nous découvrons en effet - et pourtant nous devrions le savoir depuis longtemps - que la cause essentielle de décrochage de la population française n'a qu'une seule explication :l'ignorance, une ignorance crasse, on dirait presque satisfaite d'elle-même, puisqu'elle croit savoir ce qu'elle ignore, persuadée sans doute qu'elle est portée par une modernité qui rend obsolètes les croyances anciennes et inutile tout effort sérieux de se renseigner là où on est susceptible de recevoir une information fiable. On aurait tort de croire que cette situation est inédite. C'était approximativement celle que Chateaubriand décrit dans le préambule de son Génie du christianisme :
 
 
 
 
 
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"Partout on voyait des restes d'Eglises et de monastères que l'on achevait de démolir ; c'était même une sorte d'amusement d'aller se promener dans ces ruines".
 
 
 
 
 
 
Sans doute, ces ruines sont-elles aujourd'hui morales, mais le paysage intérieur qu'elles dessinent reflète une même désolation... Chateaubriand devait rappeler, au début du dix-neuvième siècle, ce qu'était le christianisme et son héritage civilisateur. L'éradication antichrétienne avait produit l'amnésie. Une amnésie que l'on retrouve aujourd'hui et que l'on s'efforce d'expliquer à grands coups de sociologie péremptoire : modernité, individualisme, repli du religieux sur la vie privée. Tout cela pèse peu au regard du champ de démolition où se produit le naufrage de la foi. C'est l'abandon de la ferveur première qui est à l'origine d'un processus hélas inexorable. On feint de croire que la France (et toute l'Europe anciennement chrétienne) vivent sereinement dans la postmodernité heureuse del'après-christianisme. C'est une sottise. Le suicide démographique de notre continent est consécutif au ralliement à une philosophie indifférente à la vie et à la transmission. Heureusement, d'autres continents, pourtant moins favorisés, ont conservé intact un goût d'avenir. La foi y est moins dédaignée que chez nous. Et de plus en plus nombreuses sont les populations venues d'ailleurs pour prendre la place d'une civilisation fourbue et sans espérance.

 
Gérard LECLERC
 
 
 

Source:

La lettre de France Catholique

 

Illustration:

Eglise Saint Eloi 

13:40 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : Christianisme, Société, Catholicisme, Femme, Blabla de filles |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 18 janvier 2007

Du répit pour la planète!

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"Mais le chemin ne nous parle qu'aussi longtemps que des hommes, nés dans l'air qui l'environne, ont pouvoir de l'entendre. Ils sont les servants de leur origine, mais non les esclaves de l'artifice. C'est en vain que l'homme par ses plans s'efforce d'imposer un ordre à la terre, s'il n'est pas ordonné lui-même à l'appel du chemin. Le danger menace, que les hommes d'aujourd'hui n'aient plus d'oreille pour lui. Seul leur parvient encore le vacarme des machines, qu'ils ne sont pas loin de prendre pour la voix même de Dieu. Ainsi l'homme se disperse et n'a plus de chemin. À qui se disperse le Simple paraît monotone. La monotonie rebute. Les rebutés autour d'eux ne voient plus qu'uniformité. Le Simple s'est évanoui. Sa puissance silencieuse est épuisée."



Le chemin de campagne

Martin Heidegger