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dimanche, 29 mars 2015

La Passion « mystique » de l’Église

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« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible;

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; 

et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

 durant sa vie terrestre et mortelle

doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas

(Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection

 et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897,p. 168).

  

Deuxième Partie :

 

2. Eschatologie catholique et fins des temps

 

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Nous sommes donc, dans le cadre de la désorientation actuelle, en présence d’un « mystère », un « mystère d’iniquité » selon saint Paul (« Car le mystère d'iniquité se forme dès à présent, mais seulement jusqu'à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour », II Thessaloniciens II, 7), qui est un « mystère intérieur à l’Eglise elle-même » ; nous ne sommes pas confrontés au triomphe d’une « autre entité » qui aurait, à Rome, « éclipsé » la véritable Eglise lors de Vatican II – ce qui ne se peut aucunement, sous peine de souscrire à l’idée d’un abandon de l’Eglise par le Christ, proposition impie et blasphématoire, à laquelle souscrivent implicitement et explicitement les sédévacantistes qui, enfreignant le « droit divin », jugent le pape en hérésie en for interne, et agissent comme s’ils disposaient d’un pouvoir délibératif et décisionnel sur la personne du pontife, ce qui est non seulement formellement interdit par l’Eglise, mais en plus ne relève que de l’autorité dont dépend le pape, à savoir Le Christ et Lui Seul.

Cependant, si telle est la situation, c’est-à-dire que nous nous trouvions dans « le temps de formation de l’iniquité », alors il est évident que nous sommes en présence d’une période de combat qui se déroule « dans l’Eglise », comme dans toute la Création depuis la Chute, et ce combat à l’intérieur de l’Eglise – pas plus que le Ciel, lieu où les anges se sont révoltés –, est un combat engagé au sein même de l’Eglise, comme il eut lieu originellement dans le Ciel, qui  cependant, ne cessa point d’être le lieu où règne Dieu.

I. Le mystère de l’Eglise est celui du « combat entre Dieu et Bélial »

De la sorte, pas plus que le Ciel n’a été « éclipsé » (sic !), voilé par Satan et ses légions lors de la révolte des anges rebelles, de même « l’Eglise », en laquelle « la charité du Christ est indéfectible, car L’Église est le Corps du Christ, l’Épouse du Christ, le troupeau des brebis du Christ, l’Évangile continué, le lieu de l’habitation de l’Esprit Saint et de la sainte Trinité ; la maison, le tabernacle, la cité, le peuple, le royaume de Dieu » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957), ne peut être « éclipsée », c’est-à-dire cachée ou voilée, dissimulée à la visibilité, par une « contre-église » usurpatrice des titres, charges et possessions de la véritable Eglise, si ce n’est, par supposition impossible et abominablement hérétique, en considérant que le Christ aurait été vaincu, idée que l’on retrouve dans une certaine littérature millénariste, mais qui est dénuée de fondement théologique.

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Les deux cités, comme le souligne saint Augustin,

s’affrontent en une lutte permanente,

et ce combat ne cessera qu’à la fin des siècles.

La seule chose vraie, métaphysiquement, c’est que la lutte contre Bélial est intrinsèque à la vie de l’Eglise, puisque les deux cités, comme le souligne saint Augustin, s’affrontent en une lutte permanente, et ce combat – qui est un « drame » en effet, dont le Golgotha fut à la fois le lieu par excellence où il se déroula le « Vendredi Saint », mais aussi le signe de sa fin par la victoire du Christ sur le bois sacré de la Croix et sa divine Résurrection le dimanche de Pâques – ne cessera qu’à la fin des siècles : «Dieu laisse subsister en face de son Église, selon une loi non plus de distinction cette fois mais d’opposition, la cité du mal, le dragon qui la chasse au désert. Cette opposition de la lumière et des ténèbres, du Christ et de Bélial (II Cor., VI, 15), se produira non seulement entre les chrétiens et leurs adversaires, mais à l’intérieur même de chaque chrétien, entre ce qui relève en lui du ciel et ce qui relève encore de l’enfer. Oublier cette loi, plus intérieure et plus crucifiante que la précédente, ce serait rejoindre les erreurs millénaristes qui annoncent pour ici-bas l’avènement d’un royaume qui parviendrait à balayer de la surface de la terre les ténèbres du malheur et du péché. » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957).

II. L’Eglise catholique de Rome est l’Eglise véritable

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« …le Pontificat lui-même provient du Christ ;

 la personne au contraire en tant que telle procède de ses causes naturelles,

 mais en tant qu’élue et désignée au Pontificat elle procède des électeurs;

il leur appartient de désigner la personne:

 mais l’union elle-même procède du Christ… »

(Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontefice I. 2).  

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C’est pourquoi, le pape reste donc dans sa charge, même s’il soutient l’erreur. Telle est la position constante de l’Eglise, ceci, indépendamment du fait que le Magistère ordinaire soit, en théorie, « infaillible ». Et le pontife élu doit être reconnu comme pape, du moins « matériellement », quelles que soient ses positions aventureuses, voire les reproches ou critiques que l’on puisse exprimer vis-à-vis de ses déclarations, car nul en ce monde n’a autorité pour déposer un pape dont la charge ne dépend, du point de vue de l’autorité, que du Christ. [2]

De ce fait, puisque l’Église, ni quiconque ici-bas n’est supérieur au pape, et que lui-même n’a aucune instance plus éminente que lui en ce monde en matière de dignité et d’autorité, il n’est, et ne peut jamais être déposé ou publiquement déclaré tel de par l’effet d’un jugement privé. C’est pourquoi, et malgré les circonstances fussent-elles tragiques, on peut penser ce que l’on veut, considérer que le pape enseigne des erreurs et n’est peut-être plus catholique, qu’il soutient des positions contraires à la Foi de toujours, comme que nous le constatons chez les pontifes depuis 1962, néanmoins : « De droit divin, l’Église est unie au pape comme le corps à la tête… » (Tit., III, 10). La charge pontificale relève du droit divin, s’y opposer, le contester, ne pas se soumettre à cette loi par des positions induisant que l’Eglise n’a plus de pontife, c’est être formellement anathème selon les déclarations de Vatican I. [3]

III. Le Fils de perdition doit « entrer dans l’Eglise »

Toutefois, la seule manière de pouvoir tenir en un même ensemble indissociable, la continuité éternelle de la succession pontificale, « matérielle » et « formelle », relevant du « droit divin » imprescriptible de par son Divin fondateur, et la désorientation manifeste que représente « l’errance dans la foi » de Vatican II – et il faut bien admettre, que même si le concile ne voulut point faire usage de son infaillibilité, il relève bien du Magistère authentique de l’Eglise -, c’est d’examiner la situation au regard de ce que les Apôtres, les Pères, les saints, les docteurs et théologiens de l’Eglise, ont annoncé concernant les temps futurs que doit traverser et connaître l’épouse de Jésus-Christ.

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Ces prédictions ne sont point sujettes à caution, issues du fruit de l’imagination débordante de quelques visionnaires emportés par leur inspiration personnelle, le témoignage de personnalités enthousiastes, disons, pour être charitables, peu fiables et faiblement équilibrées. Tout au contraire. Nous sommes en présence d’analyses effectuées par des auteurs ecclésiastiques reconnus, et pour certains ayant même occupé les plus hautes fonctions hiérarchiques dans l’Eglise.

Ainsi, au titre de ces prédictions autorisées, plusieurs possèdent, de par la précision de leurs détails, la profondeur de leurs vues surnaturelles, une place singulièrement importante, comme nous allons pouvoir en juger.

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« Les apostasies seront nombreuses,

on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante,

un grand nombre déserteront la vérité

et se laisseront emporter par le courant de la dépravation.» 

Abbé Charles Arminjon,

(Fin du monde présent et mystères de la vie future, 1881).

 

L’Abbé Charles Arminjon (1824-1885), prêtre de Chambéry, dans son ouvrage, « Fin du monde présent et mystères de la vieSédéprivationnisme,droit divin,Catholicisme,Christianisme,Conclave,conclavisme,Culture,curie,curie romaine, droit Canon,droit canonique,La Question,Eglise,Eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,Histoire,liturgie,luthéranisme,Luther,Messe,papauté,Pape, pontife,pontife romain,Religion,Rome,Saint siège, schismatique,schisme,société,tradition,Vatican,Vatican II,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps,eschatologie,messianisme,prophétie,parousie,apostasie,Antéchrist,antichrist,Apocalypse,révélations,sédévacantisme,thèse Cassiciacum,sédéplénisme,Pie XI,Pie IX,Pie XII,saint Pie X,Léon XIII,Benoît XVI,Jean-Paul II,Paul VI,Jean XXIII, future » (1881), expliqua, avec une remarquable science, ce que l’Eglise allait traverser : « Les apostasies seront nombreuses, et les courages deviendront rares. Il est écrit que les vertus des cieux seront ébranlées et que les étoiles du ciel tomberont. En d’autres termes, on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante, et, ce qui est plus désolant encore, c’est que, parmi les dispen­sateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation. (…) Saint Paul nous apprend encore que Jésus‑Christ ne descendra pas une seconde fois avant que ne vienne la grande apostasie (…)  si la défection continue son cours, on peut prédire que cette guerre faite à Dieu doit fatalement aboutir à l’apostasie totale et consommée. De la statolatrie, c’est‑à‑dire de l’esprit utilitaire et de l’adoration du Dieu‑État, qui est le culte de notre époque, à l’adoration de l’homme individu, il n’y a qu’un faible pas à franchir. Nous y touchons presque…». (Abbé C. Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future », Victor Palmé, 1881).

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De même, le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613-1658), qui écrivit une « Interprétation de l'Apocalypse », soutient qu’au septième et dernier âge, celui de la désolation, le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise » : « une très grande partie de l’Église latine abandonn(er)a la vraie foi et tomb(er)a dans les hérésies en ne laissant en Europe qu’un petit nombre de bons catholiques... Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » (Interprétation de l'Apocalypse renfermant l'histoire des sept âges de l’Eglise catholiquetraduit du latin par le Chanoine de Wuilleret, Librairie Louis Vivès, 1856, t. I, pp. 159 ; 210). 

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IV.L’Eglise est entrée dans les temps de sa « Passion mystique »

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Selon l'eschatologie catholique, en effet l'Église, avant la Parousie, c’est-à-dire le second avènement du Christ, doit subir une « Passion » à l'image du Verbe incarné, dont elle est le corps mystique. Ce temps de « Passion », peut s’étendre sur une très longue période et il serait aventureux de vouloir en annoncer la durée accomplie et l’arrivée prochaine du Fils de Dieu. Tout cela peut se dérouler sur des siècles, comportant des avancées vers l’apostasie, puis des retours, pour des périodes courtes ou étendues, vers la tradition, en un mouvement apparemment contradictoire qui sera cependant représentatif du trouble consécutif des épreuves qu’aura à traverser l’Eglise.

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 ‘‘ηλι ηλι λαμα σαβαχθανι / êli, êli, lama sabachthani’’ 

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »  

(Matthieu, XXVII, 46 ; Marc XV, 34).

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« Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde :

il ne faut pas dormir pendant ce temps-là (…)

Le ciel et Lui sont seuls dans cette connaissance.

Jésus est dans un jardin, non de délices comme le premier Adam,

où il se perdit et tout le genre humain,

mais dans un de supplices, où il s’est sauvé et tout le genre humain.

Il souffre cette peine et cet abandon dans l’horreur de la nuit… »

(Blaise Pascal, Le mystère de Jésus, 1651). 

N’oublions pas, comme l’écrivait Blaise Pascal (1623-1662), que le « Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde », et que si le Christ doit vivre son agonie jusqu’à la consommation des siècles, l’Eglise, son épouse mystique, unie intimement à son époux dont elle partage les joies et les peines, elle, également, participe des mêmes tourments et humiliations subis par Celui dont elle reçoit la vie. [5]

V. La "Passion" en sa tragique et douloureuse dimension "mystérique" et "mystique"

Mais il est nécessaire de bien percevoir ce que signifie « La Passion » du Christ dans toute sa dimension tragique et douloureuse, si nous souhaitons pouvoir mesurer, entièrement, ce qu’il doit advenir à l’Eglise à son tour.

Ainsi, la Passion a consisté pour le Christ, selon saint Paul, de « devenir » péché, « malédiction » au yeux de son Père, être fait « esclave » en « s’anéantissant » :  « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens V, 21) ; « Jésus-Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois… » (Galates III, 13) ; « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit (εκένωσεν) lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » (Philippiens II, 6). De ce fait, si l’Eglise doit partager le même sort que son Divin fondateur, il lui faut assumer une condition « pécheresse », et ce malgré sa « sainteté » constitutive que rappelle Pierre (I Pierre II, 22), en allant au bout, dans son « Imitation », de ce que signifie le « mystère » de déréliction et d’abjection de la Croix absolument impensable : « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Corinthiens I, 23), « mystère » qui est au cœur même du drame du Golgotha et de toute la religion chrétienne.

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« Jésus s’était chargé de tous les péchés du monde.

Quoiqu’il fût le plus saint de tous les hommes, ou plutôt la sainteté même,

ayant pris sur lui la charge de satisfaire pour tous nos péchés,

il paraissait le plus grand pécheur de l’univers (…)

Jésus-Christ se troubla à l’aspect de sa mort.. » 

(Saint Alphonse-Marie de Liguori). 

Saint Alphonse de Ligori ( + 1787), parmi les docteurs de l’Eglise, est celui qui a le plus précisément décrit la nature du drame vécu par Notre Seigneur, il nous montre le caractère « inégalable » de la Passion de Jésus, en raison de la « Justice » subie de la part de Dieu, ce qu'il représenta d'ailleurs dans un tableau du "Christ en Croix" peint de ses mains (ci-contre). Cette « Justice » possèdesédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps un caractère extrême en raison de la « colère » de Dieu suite au péché originel, colère qui est retombée sur le Christ à la Croix selon la parole du Psaume : « Sur moi pèse ta colère; … tes épouvantes m’ont réduit à rien » (Ps 87, 8-17). Voici ce qu’écrit saint Alphonse de Ligori : « il a voulu souffrir autant que s’il eût été lui-même l’auteur de toutes nos fautes (…) Ainsi s’est vérifiée cette parole d’Isaïe, que Dieu a voulu ‘‘broyer son Fils dans les souffrances’’, pour le salut du monde (Is. 53, 10-11) (…). Sur moi pèse ta colère; … tes épouvantes m’ont réduit à rien » (Ps 87, 8.17), ce qui signifie que toute la colère de Dieu excitée par nos péchés est venue retomber sur la personne du Sauveur. On entend dans le même sens ce que l’Apôtre dit : « Il est devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13). Jésus devint la malédiction, c’est-à-dire l’objet de toutes les malédictions que méritent les pécheurs.  (…) Mais, la douleur qui affligea le plus profondément notre doux Rédempteur, ce fut d’être abandonné même de son Père éternel; aussi s’écria-t-il alors, conformément à la prophétie de David: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? Loin de me sauver les paroles de ma bouche  » (Ps 21, 2). C’est comme s’il eût dit : « Mon Père ! les péchés des hommes, que j’appelle les miens parce que je m’en suis chargé, m’empêchent de me délivrer de ces souffrances qui consument ma vie ; mais vous, mon Dieu ! dans cette extrême désolation, pourquoi m’avez-vous abandonné ? (…) Et c’est comme submergé dans cet abîme de douleurs, intérieures et extérieures, que l’aimable Jésus a voulu finir sa vie, conformément à la prophétie de David: « Je suis entré dans l’abîme des eaux et le flot me submerge » (Ps 68, 3). (…) Jésus s’était chargé de tous les péchés du monde. Quoiqu’il fût le plus saint de tous les hommes, ou plutôt la sainteté même, ayant pris sur lui la charge de satisfaire pour tous nos péchés, il paraissait le plus grand pécheur de l’univers (…) et comme nous méritions d’être à jamais abandonnés dans l’enfer et livrés à un désespoir éternel, il a voulu être lui-même abandonné à une mort sans consolation, afin de nous délivrer de la mort éternelle. Saint Augustin observe en outre que, si Jésus-Christ se troubla à l’aspect de sa mort, ce fut pour la consolation de ses serviteurs, afin que, s’il leur arrive d’éprouver quelque trouble lorsqu’ils se voient sur le point de mourir, ils ne se regardent pas comme réprouvés et ne s’abandonnent pas au désespoir, puisque le Seigneur lui-même se troubla dans cette circonstance. » (Saint Alphonse-Marie de Liguori, Considérations sur la Passion de Jésus-Christ, 1761).

Voici donc les grandes vérités de la Passion du Christ :

- 1°) Jésus a vu peser sur lui la « colère de Dieu » (Ps 87, 8.17) ;
- 2°) Jésus est « devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13), et fut « abandonné » de la part de son Père (Mt 27, 46) ;
- 3°) Jésus à la Croix a pris la « condition d’esclave » (Ph 2, 7) ;
- 4°) Jésus parut « le plus grand pécheur de l’univers », et fut « troublé » à l’instant de sa mort par des « peines intérieures ».

Transposons ces vérités à propos de la « Passion » de l’Eglise, dans son Imitation du Christ :

- 1°) L’Eglise verra peser sur elle la « colère de Dieu » (Ps 87, 8.17) ;
- 2°) L’Eglise « deviendra malédiction pour nous » (Ga 3, 13), elle sera « abandonnée » de la part du Père (Mt 27, 46) ;
- 3°) L’Eglise lors de sa Passion prendra la « condition d’esclave » (Ph 2, 7) ;
- 4°) L’Eglise paraîtra « la plus grande pécheresse de l’univers », elle sera « troublée » à l’instant de sa mort par des « peines intérieures ».

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« Le voilà prosterné et abattu, gémissant sous ce poids honteux [des torrents de péché],

n’osant seulement regarder le ciel ;

tant sa tête est chargée et appesantie par la multitude de ses crimes,

c’est-à-dire des nôtres, qui sont véritablement devenus les siens. »

(Bossuet, Premier Sermon pour le Vendredi Saint,

sur la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ,

Œuvres complètes, vol. X, Librairie Louis Vivès, 1863). 

 

Voilà, terrible et incroyable, « scandaleuse » et folle », mais cependant «infaillible », la Vérité catholique !  L’Eglise, comme le Christ, doit être  faite « péché » et endurer les affres de la « mort mystique » : « En ce sens, l’Eglise est « faite péché pour notre salut » (II Corinthiens V, 21). » (Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur II Cor. V, 20-21). Mais pour cela, pour comprendre théologiquement la situation présente de l’Eglise « pécheresse », « faite péché » à l’image du Christ sur la Croix, « prosterné et abattu, gémissant sous ce poids honteux [des torrents de péché], n’osant seulement regarder le ciel ; tant sa tête est chargée et appesantie par la multitude de ses crimes, c’est-à-dire des nôtres, qui sont véritablement devenus les siens » (Bossuet, Sermon sur le Vendredi-Saint), encore faut-il entrer, par la prière et non le raisonnement et la logique – « laissons les raisonnements et les paroles étudiées, et appliquons nos esprits sérieusement sur cet étrange spectacle que le prophète nous représente » (Bossuet, ibid.) -, dans le « mystère » de la Passion et, par cette prière, aller au bout de l’exigence théologique et « mystique » de l’Imitation du Christ, par laquelle l’Eglise « comme son Divin Chef », paraîtra « vaincue ».

 

VI. L'Eglise doit, "infailliblement", achever en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ 

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« L’Église reproduit au cours des siècles

toute la vie du Christ, dont elle est le corps mystique(…)

l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix,

 paraîtra vaincue, mais ce sera elle qui remportera la victoire »

Dom Gaspar Lefebvre, Missel Quotidien et Vesperal, 1937).

 

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Cette idée de Dom Lefrebvre : « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue », est partagée par les docteurs de l’Eglise depuis saint Paul qui y fait directement allusion par ces paroles : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l`achève en ma chair, pour son corps, qui est l`Église. » (Colossiens, I 24).

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« Ne faut-il pas que l'Eglise de jour en jour,

prenne davantage la ressemblance du Christ ?

Ne faut-il pas qu'elle soit comme la vivante image

de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ?

 Ne faut-il pas que d'une certaine façon

elle achève en elle-même ce qui manque

aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ?

C'est là le secret de cette loi de la souffrance

imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… » 

(S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909). 

Saint Pie X, évoque quant à lui clairement, dans l’encyclique Communium Recrum, la loi de souffrance imposée par Dieu à son Eglise, qui la conduit à devoir « achever en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ », de sorte qu’elle soit  « comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments » : « Le Seigneur est toujours là ; grâce à lui, tout concourra au bien de ceux qui l'aiment (Rom. vin, 28). Il tirera le bien du mal; les triomphes qu'il réserve à son Eglise seront d'autant plus éclatants que plus méchants ont été les efforts de la perversité humaine pour ruiner son œuvre. Telle est l'admirable grandeur des desseins de la divine Providence; telles sont ses voies impénétrables (Ibid. xi, 33), dans la  situation présente; - car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit le Seigneur (Is. LV, 8). Ne faut-il pas que l'Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu'elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d'une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C'est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre : les luttes, les oppressions, les angoisses seront à jamais son partage ; telle est la voie, telles sont les tribulations incessantes par lesquelles elle entrera dans le royaume de Dieu (Act. xiv, 21), pour se réunir enfin à l'Eglise triomphante du cielIls se trompent donc singulièrement, ceux qui s'imaginent et espèrent pour l'Eglise un état exempt de toute perturbation…» (S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909,  cf. Actes de S.S. Pie X, t. V, Éditions de la Documentation Catholique, n.d., pp. 41-42).

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 « La Passion du Christ se renouvelle,

et d'une certaine manière elle se poursuit et s'achève,

dans son corps mystique qui est l'Église (…)

souffrant toujours en son corps mystique, le Christ

veut nous avoir pour compagnons de son expiation.. »

(Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

Pie XI déclarait également en 1928, dans son encyclique Miserentissimus Redemptorconsacrée à la réparation due par tous au Sacré-Cœur de Jésus qui est « la synthèse de la religion » - rappelant que la dévotion au Sacré-Cœur, qui a pour origine l'encyclique Annum Sacrum de Léon XIII en 1899, avait perdu de son intensité alors que « l'esprit d'expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus » - que la « Passion se poursuit dans l’Eglise » :« La Passion du Christ se renouvelle, et d'une certaine manière elle se poursuit et s'achève, dans son corps mystique qui est l'Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : "Le Christ a souffert tout ce qu'il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps". Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l'apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l'Église visaient et atteignaient le divin Chef de l'Église lui-même. C'est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l'exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi. » (Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928).

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« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible ; 

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête,

là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

durant sa vie terrestre et mortelle doivent

se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas.

JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement :

l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. »

Mgr de Ségur, 

(De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église,1897).

 

Quant à Mgr. Louis Gaston de Ségur (1820-1881), Prélat dans la Maison du Pape Pie IX, Chanoine de l'Ordre des Évêques du Chapitre Impérial de Saint-Denys, il aborda également ce sujet, à bon droit fondamental pour la sauvegarde de la Foi catholique, dans lequel il démontra la permanente visibilité de l’Eglise, mais qui « apostasiera avant la fin des temps », car en effet, il doit advenir, non pas une « éclipse », mais une « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine ».

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« Quoique toujours visible

et composée de ses éléments essentiels,

l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée,

comme morte et ensevelie. »

Mgr de Ségur,

(De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église,1897)

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"De la Passion, de la résurrection

et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église"

« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. JÉSUS-CHRIST est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, entr’ouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec sa sainte Mère et tous ses Anges. Enfin, JÉSUS-CHRIST, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec Jésus, pour jouir avec lui, dans le sein de DIEU, de la béatitude éternelle. Nous ne connaissons d’une manière certaine « ni le jour ni l’heure (Ev. Matth., XXV, 13.) » où se passeront ces grandes choses. Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de DIEU, c’est que « la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples (Ibid., XXIV. 14.) » Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist (II adThess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Corn. a Lap., in loc.cit.). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera « l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités (Ev.Matth., XXIV, 12). » Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Ibid., 10, 11.); – puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid., 6, 7.); – qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid., 7.). « Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs (Ibid., 8.) » Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’œuvre de DIEU. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc., XII, 9, 12.), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’ à la fin sous les influences malfaisantes des mauvaises esprits. Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en son corps très-sacré, à partir de la trahison de Judas. Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de DIEU; il se fera adorer comme DIEU, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (II ad Thess. II, 4.).  […] L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint (Ibid., 15.) », pendant « trois ans et demi, pendant quarante-deux mois (Apoc., XIII, 5.) », correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de JÉSUS, le Vendredi-Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil. Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie. Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid., 7, 8, 4.). Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de Néron n’ont été qu’un pâle symbole. L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur.Mais en ces temps-là, comme nous l’apprennent et l’Écriture et la Tradition, s’élèveront contre l’Antéchrist « les deux grands témoins (Ibid., XI, 3.) » de JÉSUS-CHRIST, réservés pour ces derniers jours, à savoir le Patriarche Hénoch et le Prophète Élie, qui ne sont pas morts, comme l’enseigne expressément l’Écriture. Ils viendront prêcher les voies du Seigneur. Ils prêcheront JÉSUS-CHRIST et le règne de DIEU pendant douze cent soixante jours, c’est-à-dire pendant la durée presque entière du règne de l’Antéchrist. […] Pour relever sa puissance, l’Antéchrist, singeant la triomphale ascension du Fils de DIEU et des deux grands Prophètes, tentera, lui aussi, de monter au ciel, en présence de l’élite de ses adeptes. Et c’est alors que Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, « semblable à la foudre qui de l’Orient à l’Occident déchire le ciel, apparaîtra tout à coup sur les nuées, dans toute la majesté de sa puissance (Ev. Matth., XXIV, 27, 30.) », frappant de son souffle et l’Antéchrist (II ad Thess., II, 8.) et Satan et les pécheurs. Tout ceci est prédit en termes formels (I ad Thess., IV, 15.). Comme nous l’avons dit, l’Archange Michel, le Prince de la milice céleste, fera retentir toute la terre du cri de triomphe qui ressuscitera tous les élus (Ev. Matth., XXIV. 31.). Ce sera le Consummatum est de l’Église militante, entrant pour toujours dans la joie du Seigneur.  Cette « voix de l’Archange » sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, JÉSUS-CHRIST doit venir juger le monde par le feu (Rit.Rom.). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera « une nouvelle terre et des nouveaux cieux (Psal., CIII, 30.), (Apoc. XXI, 1.) ». Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous. Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, . Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. »  (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897,pp. 168-176). 

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VII. L’Église devient obscure « dans l’engouement pour la nouveauté »

Nous le voyons, les événements auxquels nous assistons depuis plusieurs décennies, relèvent de la vie intime de l’Eglise, ils participent de l’eschatologie par laquelle nous savons que  « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue », une Eglise au sein de laquelle il doit advenir une, « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », une Eglise qui « doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final ».

A ce titre, le texte révélé de l’Apocalypse, rédigé par saint Jean, distingue les âges du christianisme selon le nom de sept églises d’Asie mineure (Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée), ces âges allant des premiers siècles de l’Eglise jusqu’au moment où s’éteindra le dernier pape avant le retour du Fils de Dieu. Les exégètes ne sont pas tous du même avis concernant l’église d’Asie, et donc l’âge, qui correspondrait à notre période actuelle. Mais la plupart s’accordent pour considérer que nous sommes dans le temps de l’église de Sardes. Ce temps est caractérisé par une désorientation et une perte de la Foi, faisant que les œuvres qui paraissent vivantes, sont en réalité « mortes » : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort. » (Ap. III, 1). [6]

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« ... l’Eglise est « faite péché pour notre salut » (II Corinthiens V, 21)..."

(Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur II Cor. V, 20-21,).

 

C’est exactement la formulation de saint Thomas d’Aquin ( + 1274), qui ne parle pas d’une « éclipse de l’Eglise », mais bien d’une Eglise visible, "paraissant vivante" mais devenue sombre, « obscure », « noire » à cause de l’hérésie de la nouveauté, ce qui correspond très exactement à ce que nous vivons : « L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté, lorsque les prédicateurs et les docteurs ne sont pas en elle ; elle devient [...] noire à cause des nuages, c’est-à-dire à cause de la séduction des hérétiques » (S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes X, 3).

Il s’agit bien de l’Eglise, pas d’une contrefaçon usurpatrice ni d'un "corps étranger" désigné sous le nom de "secte conciliaire", il s’agit de l’épouse du Christ « devenue obscure dans l’engouement pour la nouveauté », les nuages représentant le séductions des hérétiques pour les doctrines erronées.

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Si le Christ a été fait péché pour nous libérer de l’emprise de la mort, de même, « En ce sens, l’Eglise est « faite péché pour notre salut » (II Corinthiens V, 21), ce qui signifie qu’elle est conduite, à la suite de Jésus, au Calvaire, pour y être configurée à son Divin époux. Ainsi retenons, selon ce que nous l’enseigne les docteurs, que  « JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final», et ceci se produira DANS l’Eglise, « toujours visible et composée de ses éléments essentiels », une l’Église qui sera pendant toute cette période, « comme crucifiée, comme morte et ensevelie ».

VIII. Le pharisaïsme ésotérique cosmo-théologique du sédévacantisme

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Saint Thomas d’Aquin parle bien d’une « Eglise visible »,

mais devenue pécheresse, « obscure » et « noire »

à cause « de l’hérésie de la nouveauté » (Commentaire sur les Psaumes X, 3).

Ainsi, c’est bien "dans l’Eglise", 

et non pas dans un quelconque « astre autre » (sic), 

selon des spéculations hasardeuses et des rêveries absurdes

qui relèvent de l’ésotérisme cosmologique, 

que doit advenir « l’apostasie ».  

Il y a donc, chez les schismatiques, un refus très coupable de la « Passion », une « Passion » refusée à l’Eglise au prétexte de comparaisons fantaisistes hautement aventureuses théologiquement, qui conduisent, au fond, à ne pas accepter par l’effet d’une lâcheté pharisaïque, l’épreuve de la Croix que subit l’épouse de Jésus-Christ, et à fuir cette sainte et pieuse évidence, à savoir que « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraisse vaincue ».  Et elle doit être, cette Eglise, configurée au Christ dans sa Passion à la fin des temps, car c’est bien dans l’Eglise, et non pas dans un quelconquesédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps « astre autre » (sic), selon des rêveries absurdes qui relèvent de l’ésotérisme cosmologique, que doit advenir « l’apostasie » [7], une apostasie que Mgr de Ségur désigne positivement comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ».

Il s’agit donc, objectivement et fort concrètement, dans les événements que nous traversons, d’une : « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », et ceci en conséquence d’une vérité évangélique révélée incontestable : « L’Eglise doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final » : « Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. » [8]

Qu’adviendra-t-il en cette terrible période de l’Histoire de l’Eglise ?

Voici la réponse que nous connaissons à présent, très éloignée de l'inacceptable et surtout très hérétique théorie de "l'occultation" produite par les fumeuses spéculations et interprétations cosmico-occultistes sédévacantistes : «Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, 1897).

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«Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, 

l’Église sera pendant tout ce temps-là

comme crucifiée, comme morte et ensevelie 

(Mgr de Ségur)

Conclusion

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L’Eglise a besoin que nous conservions la Foi, que nous résistions à l’apostasie, et que nous restions convaincus que la souffrance consentie « mystiquement » par l’Eglise, à l’imitation de Jésus son époux, qui se fit péché pour le salut des hommes, est une épreuve d’expiation en conformité de son Divin Fondateur. Et pendant cette période, où l’apostasie générale est répandue sur la terre, où les forces de corruptions sont déchaînées horriblement, n’oublions pas et soyons certains, que « La révélation de la Trinité, notamment, est toujours pure à l’intérieur de l’Église…». [9]

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« Se séparer du Pape, c'est se séparer de JÉSUS-CHRIST,

 c'est désobéir à JÉSUS-CHRIST. 

La puissance du Vicaire de JÉSUS-CHRIST

n'est limitée ici-bas par aucune puissance;

elle ne dépend que de JÉSUS-CHRIST seul…»

Mgr de Ségur,

«Que JÉSUS-CHRIST est, dans la personne du Pape,

le Chef, le Pasteur et l e Docteur de l’Église Catholique-Romaine, 1897).

 

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Soyons donc convaincus, que cette lutte, qui permet parfois à ce que certaines forces parviennent, pour un temps limité, à une prétendue « autorité », ne signifie pas que tout soit perdu et que la situation a définitivement penché en faveur des ténèbres. Ces « pseudos victoires » temporaires ne sont accordées qu’à titre de leçons et de pénitences humiliantes pour les disciples du Christ, elles ne veulent pas dire que l’Eglise a été conquise, sa nature transformée et modifiée, car cette nature, de « droit divin«, est immuable et éternelle, elle est et demeure indéfectiblement - malgré la Passion à l’image de son Seigneur, que vit l’Eglise : «UNIQUE», «SAINTE», «CATHOLIQUE» et «APOSTOLIQUE».

Le Christ ne peut être vaincu, il ne peut abandonner son Eglise qui n’a pas été « éclipsée » bien évidemment, mais qui, demeurant « visible », traverse une épreuve dont nous avons la certitude absolue et évangélique, qu’elle permettra à l’Eglise de se relever, lorsque le Christ en décidera, plus belle, plus lumineuse et sainte. 

Il n’est de la sorte pas catholique de sombrer dans cette « gnose nihiliste, désespérante, ésotérique et millénariste», qui est devenue le nouveau Credo des schismatiques, qui ont perdu le sensus fidei et ne savent plus reconnaître l’Eglise du Christ dans les souffrances de sa Passion, au Calvaire [12], jusqu’à considérer les successeurs légitimes de Saint Pierre comme des antipapes et des usurpateurs, en n’hésitant pas à encourir l’anathème de la Constitution dogmatique « Pastor Aeternus » : « Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successoresdans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

 

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Notes.

1. « En vérité, 1° la succession matérielle est nécessaire. En effet le Christ institua le ministère apostolique et voulut qu’il fût perpétuel: voici, dit-Il, je suis avec vous tous les jours, etc… Or, il ne serait pas perpétuel si les ministres de l’Eglise n’étaient pas dans une série ininterrompue successeurs des Apôtres; ergo. Et encore: l’Eglise doit être une seule et toujours égale. Le principe de l’unité de l’Eglise est le ministère institué par le Christ; donc il est nécessaire que dans l’Eglise il y ait toujours un unique ministère: il est nécessaire donc que l’Eglise soit dirigée par ce ministère que dès le commencement le Christ confia aux Apôtres. Et cela ne peut arriver si elle n’est pas toujours dirigée par ceux qui sont issus des Apôtres en une série ininterrompue; si en effet elle est dirigée par d’autres qui ne peuvent pas être mis en relation avec les Apôtres, en substance elle est dirigée par un ministère qui commence par lui-même, et non par celui qu’institua le Christ. Dans ce cas l’autorité serait multiple et l’Eglise cesserait d’être une mais deviendrait multiple, le principe de l’unité se multipliant. C’est pourquoi il est aussi manifeste, que la série des successeurs ne doit jamais être interrompue, si en effet à un certain point elle est interrompue, cesse ce ministère avec lequel l’Eglise doit être gouvernée et cesse le principe de sa vraie unité, l’Eglise elle-même cesse donc: mais si jamais un jour l’Eglise cesse, elle ne pourra plus être rétablie.» (Domenico Palmieri, s.j. Tractatus de Romano Pontifice, Prati Giachetti 1891, pp. 286-288).

2. sédéprivationnisme,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps,eschatologie,messianisme,prophétie,parousie,apostasie,antéchrist,antichrist,apocalypseS’agissant de la permanence de la charge pontificale malgré les vicissitudes de la période et les grandes erreurs théoriques de Vatican II, la position théologique du R. P. Guérard des Lauriers, o.p. (1898-1988), membre de l’Académie Pontificale de Saint Thomas, ancien enseignant à l’Université Pontificale du Latran et à l’université dominicaine du Saulchoir en France, plus connue sous le nom de “Thèse de Cassiciacum”, expose, non sans quelque justesse et raison non dénuée de pertinence, en quoi on est autorisé par la Foi à refuser à Paul VI et à ses successeurs leur autorité en matière doctrinale, mais également contraint de reconnaître leur élection par le conclave et donc leur état de pontifes de l’Eglise romaine. Ils restent, au sens strict du terme, des « papes catholiques » bien qu’ils professent des doctrines qui ne sont pas celles de la Foi catholique, mais les deux choses ne sont pas contradictoires, puisqu’en termes scolastiques, et selon la distinction enseignée par le grand commentateur de saint Thomas aux XVIe siècle, le cardinal Cajetan, reprise par saint Robert Bellarmin, ont peut exercer un état ou une charge, et donc celle de “pape” pour ce qui concerne notre sujet,  « matériellement » mais non pas « formellement ». Rappelons ce que soutenait, avec grande pertinence, le Père Guérard des Lauriers : « L’Apostolicité est une note, permanente comme l’est l’Église elle-même. Il faut donc tenir absolument la norme, sans laquelle la succession apostolique se trouverait OBJECTIVEMENT interrompue. Cette règle, impérieuse et évidente, est la suivante. La personne physique ou morale qui a, dans l’Église, qualité pour déclarer la vacance TOTALE du Siège apostolique est IDENTIQUE à celle qui a, dans l’Église, qualité pour pourvoir à la provision du même Siège apostolique. Qui déclare actuellement : « [Le pontife] n’est pas pape du tout [pas même MATERIALITER] », doit : ou bien convoquer le Conclave [!] ou bien montrer les lettres de créance qui l’instituent directement et immédiatement Légat de Notre-Seigneur Jésus-Christ [!!]. Ces dernières observations montrent suffisamment que la portée objective de la question : « l’occupant du Siège apostolique est-il ou non « pape » MATERIALITER ? » est tellement hors de nos prises, que concrètement et réellement, la réponse à cette question n’a guère d’impact sur le comportement effectivement possible du fidèle attaché à la Tradition. » (Cf. Entretien, in Le problème de l’autorité et de l’épiscopat dans l’Eglise, Centro Librario Sodalitium, mai 1987).

3. Ce que ne cessent, coupablement, d’oublier et d’ignorer, dans leurs comportements, attitudes, propos et écrits les sédévacantistes, c’est que le pape possède son pontificat de «droit divin ». Et les Pontifes qui succèdent à Pierre dans l’épiscopat romain, possèdent depuis saint Pierre, de « droit divin », le suprême pouvoir dans l’Église : «Nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le Pontife romain possèdent la primauté sur le monde entier, et que le Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, et qu’il est le véritable vicaire de Jésus-Christ, le chef de toute l’Eglise, le Père et le docteur de tous les chrétiens, et qu’à lui, dans la personne du bienheureux Pierre, a été donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l’Eglise universelle ; ainsi que cela est contenu aussi dans les actes des Conciles oecuméniques et dans les sacrés canons» (Concilium Florentinum). » (Léon XIII, Satis Cognitum, 1896). Redisons-le, le pape est dans les mains de Dieu, et c’est à Dieu de décider ce qu’il convient de faire, c’est à Dieu de considérer ce qu’il est juste pour l’Eglise, sachant que si enseigner l’erreur est une faute gravissime, la rupture successorale que représenterait le rejet d’un pontife romain pour ses erreurs, générant pour le futur une situation d’impuissance à élire un pape aboutissant à un chaos général assuré, serait une tragédie bien plus grave encore pour l’Eglise. Et c’est sans doute pourquoi Dieu juge préférable de conserver sur le Siège de Pierre - comme Il le fit à certaines périodes de l’Histoire pour des papes dont la conduite, les mœurs, les opinions, etc., étaient condamnables -, des pontifes conciliaires qui, sur certains points de doctrine, sont en contradiction avec l’enseignement séculaire de l’Eglise. Tous les docteurs de l’Eglise sont unanimes, et assurent qu’en cas d’éventuelle défaillance du pontife, c’est Dieu Lui-même qui a autorité pour intervenir et personne d’autre : « En aucun cas, même d’hérésie, le pape n’est privé de sa dignité et de son pouvoir, immédiatement, par Dieu lui-même, avant le jugement et la sentence des hommes.» (Suarez, De fide, dis.X, sect VI, no3-10, p.316-318.) Billuart est exactement sur la même ligne : « Selon l’opinion commune, le Christ, par une providence particulière, pour le bien commun et la tranquillité de l’Eglise, continue de donner juridiction à un pontife même manifestement hérétique, jusqu’à ce qu’il soit déclaré manifeste par l’Eglise. » (Cf. De Fide dis.V, a.3, et 3, obj.2.) Suarez considère utile d’ajouter que c’était également la conviction commune de tous les théologiens, en particulier celle de Cajetan (cf. De Auctoritate pape, cap.18 et 19), Soto (4, d.22,q,a.2), Cano (4 De locis, c.ult.ad 2) Corduba (livre IV, q.11).

4. Reconnaissons ce mérite à M. Vincent Morlier - par-delà des positions plus que discutables (fin de l’Histoire de l’Eglise, survivantisme, etc.), dont certaines que nous lui avons d’ailleurs fermement contestées lorsqu’il le fut nécessaire (notamment son « philo-sionisme » qui nous apparaît absolument non-conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise, en particulier au sujet du judaïsme et de ce que signifie "spirituellement" et non "matériellement", selon une vision charnelle qui n'est plus en rapport avec la Nouvelle Loi de l'Evangile, le "retour en Israël du peuple Juif" annoncé pour la "fin des temps", consistant à son entrée dans l'Eglise qui elle seule est le "nouvel Israël", et non en une quelconque réappropriation de la Palestine par de grossiers, et très criminels, moyens militaires dont se rend coupable le sionisme engendré par l'Antéchrist), ce à quoi se rajoute un langage parfois déplacé et des attitudes outrées -, d’avoir rappelé, dès 1998, dans un essai de résolution de la crise que traverse l’Eglise, essai édité sous le nom de : «L'Impubliable solution théologique à la crise de l'Église», que nous nous trouvions, sans doute, dans une période dans laquelle les arguments devaient prendre en compte plusieurs points inséparables : 1°) c’est le magistère authentique de l’Eglise qui a erré dans la Foi à Vatican II ; 2°) les papes conciliaires élus par des Conclaves légitimes et ayant bénéficié de l’acte de reconnaissance universelle, en vertu du « droit divin », sont de vrais papes de l’Eglise ; 3°) la résolution de cette situation intenable en logique ne peut donc passer que par la compréhension qu’il s'agit « de la grande Crise de la Fin des Temps, celle d'ordre eschatologique qui ne peut plus se terminer que par la Parousie, en passant, hélas, par le règne de l'Antéchrist (…) Théologiquement, la solution du problème est extrêmement simple et se récapitule absolument par le syllogisme suivant. Majeure : l’Église est SAINTE, pure de tout péché (c’est d’ailleurs la deuxième note qui la caractérise formellement et qui permet à tout homme venant en ce monde de la reconnaître comme l’Épouse du Christ, parmi toutes les fausses églises) ; mineure : [Vatican II] me montre vraiment un péché commis par l’Église ; conclusion : le péché commis par l’Église ne peut être que et est donc seulement matériel, c’est-à-dire excluant formellement toute coulpe, toute faute réelle contre Dieu. Il n’y a pas d’autre solution syllogistique possible. LA SOLUTION THÉOLOGIQUE DE LA CRISE DE L’ÉGLISE, C’EST QUE L’ÉGLISE EST EN ÉTAT DE PÉCHÉ MATÉRIEL DEPUIS VATICAN II. Mais l’Église ne peut être recouverte d’un manteau de péché ou péché simplement matériel que lorsqu’elle vit la Passion de son Époux, le Christ, ce qui, prophétiquement, est annoncé pour la grande et dernière Crise eschatologique de la Fin des Temps : cette Crise « vaticandeuse » de l’Église est donc la Crise dernière avant la Parousie. » (V. Morlier, op.cit., 4ème édition, 2006,  pp. 173-177). On rajoutera simplement, ce que ne semble pas voir Vincent Morlier pour qui l'avènement du Fils de Dieu et son Règne millénaire est imminent, ce qui l'amène d'ailleurs a interpréter faussement, selon un sens charnel et matériel l'Ecriture Sainte à propos du "retour des Juifs en Israël", qu’un temps de « parousie », ne signifie pas pour autant la fin immédiate de l’Histoire, il peut s’écouler de très longs siècles avant que la dernière heure n’advienne, et il n’est pas impossible que l’on puisse assister à des temps d’authentiques « redressements », pendant lesquels l’Eglise retrouve sa tradition et revienne à la Foi de toujours, puis de nouveau retombe dans l’erreur. Le propre de cette période "d’attente", étant précisément que les contradictions y abondent, et même surabondent, et que bien des surprises ne sont pas à écarter ; il convient donc de ne point aller trop rapidement, contrairement à ce que proclame, de façon intempestive et catégorique en évoquant un "signe formel", Vincent Morlier, dans ses annonces et jugements définitifs touchant à la "fin des temps", faisant que sur ce point on aura, par sagesse et prudence, avantage à se souvenir que : "Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. [...]" (Matthieu XXIV, 36).

5. sédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des tempsDans la Pensée 553 (édition Brunschvicg), Pascal médite sur la situation de Jésus au jardin desédéprivationnisme,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps,eschatologie,messianisme,prophétie,parousie,apostasie,antéchrist,antichrist,apocalypse Gethsémani, entouré de ses disciples qui dorment. C’est l’épisode dit de «l’agonie du Christ» au Mont des Oliviers, évoqué notamment dans l’Evangile selon Matthieu (XXVI), Pascal écrit : « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. (...) Je tesuis plus ami que tel et tel ; car j’ai fait pour toi plus qu’eux, et ils ne souffriraientpas ce que j’ai souffert de toi et ne mourraient pas pour toi dans le tempsde tes infidélités et cruautés.» (Blaise Pascal, Pensées, BVII, 553)On retrouve cette idée de l’agonie perpétuelle dans un autre texte de Pascal, « Le mystère de Jésus », méditation destinée aux personnes de piété ou celles vivant dans les Couvents (dans l’esprit de « L’Abrégé de la vie de Jésus », reprise par Pascal d’un opuscule de Jansénius « Series vitae Jesu Christi juxta ordinem temporum ») : « Jésus souffre dans l’agonie sa Passion les tourments que lui font les hommes. Mais dans l’agonie il souffre les tourments qu’il se donne à lui‑même. Turbare semetipsum. (Jn. XI, 25). C’est un supplice d’une main non humaine, mais toute-puissante. Et il faut être tout‑puissant pour le soutenir.  Jésus cherche quelque consolation au moins dans ses trois plus chers amis et ils dorment ; il les prie de soutenir un peu avec lui, et ils le laissent avec une négligence entière, ayant si peu de compassion qu’elle ne pouvait seulement les empêcher de dormir un moment. Et Jésus était délaissé seul à la colère de Dieu. Jésus est seul dans la terre non seulement qui ressente et partage sa peine, mais qui la sache. Le ciel et lui sont seuls dans cette connaissance. Jésus est dans un jardin, non de délices comme le premier Adam, où il se perdit et tout le genre humain, mais dans un de supplices, où il s’est sauvé et tout le genre humain.Il souffre cette peine et cet abandon dans l’horreur de la nuit. Je crois que Jésus ne s’est jamais plaint que cette seule fois. Mais alors il se plaint comme s’il n’eût plus pu contenir sa douleur excessive. Mon âme est triste jusqu’à la mort. Jésus cherche de la compagnie et du soulagement de la part des hommes. Cela est unique en toute sa vie, ce me semble. Mais il n’en reçoit point, car ses disciples dorment.Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.» (Fragment hors Copies n° 6F, Le mystère de Jésus  RO 87-1Copies du XVIIIe s.

6. Dans son analyse extrêmement pertinente, Avec l’Immaculée  écrit fort justement : « Dieu déclare ici trèssédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps clairement que tous les papes de l'Eglise de Sardes sont en état de péché mortel bien qu'aux yeux des gens ils passent pour saints : "Je sais que tu passes pour être vivant". On ne peut s'empêcher ici de penser aux canonisations de Jean XXIII et Jean-Paul II qui passent pour vivants (saints) et qui sont morts aux yeux de Dieu. Autrefois, les papes ont aussi parfois péché, mais ils ne passaient pas pour des saints. C'est la première fois dans l'histoire de l'Eglise, depuis Vatican II, que des papes pécheurs sont adulés. Et c'est très bien décrit à Sardes. C'est un des arguments qui nous fait penser que nous sommes dans l'Eglise de Sardes. Pour bien affirmer avec force cette sentence de condamnation, Dieu dit auparavant qu'il parle en tant que celui qui tient en sa main tous les papes de tous les temps.  Et Dieu affirme qu'il détient aussi les sept esprits de Dieu, ce qui nous paraît très bien répondre aux partisans de Vatican II qui disent que depuis ce concile, le Saint-Esprit souffle sédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des tempssur l'Eglise. Dieu, par ce titre, signifie qu'il sait mieux que Sardes en quoi consistent les dons du Saint-Esprit. (Ap. III, 2). «  Sois vigilant et affermis le reste, qui est sur le point de mourir, car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. » Dieu dit aux papes de Sardes qu'il n'a pas trouvé leurs œuvres parfaites. Il critique donc leurs actions. Il annonce que les bons chrétiens ne seront plus qu'un reste sur le point de mourir, c'est à dire sur le point de disparaître : la situation est donc dramatique dans l'Eglise de Sardes et l'on comprend la sévérité de Dieu vis-à-vis de ces papes. On remarque ici que bien que les papes de Sardes soient en état de péché mortel, selon la sentence de Dieu, ils sont malgré tout encore papespuisque Dieu considère qu'ils ont le pouvoir de confirmer le reste sur le point de mourir et qu'Il leur demande de le faire. Si ces mauvais papes n'étaient pas réellement papes, ils n'auraient pas le pouvoir ni le droit de confirmer ce reste et donc Dieu ne leur demanderait pas de faire une action pour laquelle ils n'auraient pas d'autorité. Si donc nous sommes dans l'Eglise de Sardes, les papes sont de mauvais papes mais restent des papes quand même et donc les sédévacantistes se trompentC'est une des raisons pour lesquelles il faut étudier ce chapitre de l'Apocalypse maintenant. Cela peut aider à voir plus clair sur la théorie du sédévacantisme. (…)  (Ap. III, 3) « Souviens-toi donc de ce que tu as reçu et entendu, garde-le et repens-toi. Car si tu ne veilles, je viendrai comme un voleur, sans que tu saches à quelle heure je viendrai te surprendre. »Dieu reproche aux papes de l'Eglise de Sardes de ne pas se souvenir de l'enseignement qu'ils ont entendu et reçuCette phrase nous semble un écho à la devise de Mgr Lefebvre : tradidi quod et accepi. Mgr Lefebvre, lui, a transmis ce qu'il a reçu. Les papes desédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps Sardes, eux, ont tous reçu un bon enseignement, mais ils ne l'ont pas gardé. Or c'est le cas de tous les papes conciliaires depuis Jean XXIII. François à plusieurs reprises s'est plaint de l'enseignement trop strict de sa jeunesse et des conceptions étriquées   c'est donc qu'ils ont dévié de la bonne doctrine mais qu'ils la connaissent et qu'ils l'ont reçue. Les papes de Sardes ont donc un problème doctrinal et un problème d'infidélité à l'enseignement entendu. Or, ces caractéristiques ne correspondent pas aux papes d'avant Vatican II qui ont tous gardé l'enseignement reçu. Par contre, elles correspondent à nos papes actuels. Dieu leur parle de l'enseignement qu'ils ont entendu : il fait donc allusion à la TraditionIl ne leur reproche pas de n'avoir pas gardé l'enseignement qu'ils ont lu. Donc l'attachement à l'Ecriture sainte ne semble pas en cause, mais bien plutôt l'attachement à la Tradition. » (Cf. Avec l’Immaculée, « Apocalypse : sommes-nous dans l'Eglise de Sardes ou de Laodicée ? Etude des églises de Sardes, Philadelphie et Laodicée », août 2013).

7. Partant de la définition du dictionnaire, qui explique qu’une « éclipse » consiste en « la disparitionsédéprivationnisme,pie xii,jean xxiii,paul vi,jean-paul ii,benoît xvi,saint pie x,léon xiii,pie xi,droit divin,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,la question,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps partielle ou totale d’un astre, par l’interposition ‘‘d’un autre’’ », ou « l’occultation momentanée d’un astre dont la lumière est interceptée par l’interposition d’un ‘‘autre astre’’ », M. Louis-Hubert Rémy en déduit, assez librement, en réalisant une hasardeuse équivalence théologique selon le raisonnement suivant : « Ces deux définitions nous parlent de DEUX ASTRES, de lumière, d’interposition, de disparition, d’occultation momentanée, partielle ou totale. L’exemple le plus connu est celui du soleil par la lune ; Le soleil est occulté et la lumière du soleil disparaît momentanément, partiellement ou totalement par l’interposition de la lune. On ne voit que la lune, astre mort. (…) Il y a deux astres (astre : corps céleste). L’un est éclipsé. L’autre l’éclipse ; Ce sont deux astres, deux corps célestes différents. (…) DONC L’ASTRE QUI ECLIPSE N’EST PAS LA SAINTE EGLISE. C’est autre chose, c’est un autre corps céleste. Comme il est un autre astre, il ne peut émaner de la Sainte Eglise qui est UNE. La secte conciliaire n’est pas une, n’est pas sainte, n’est plus apostolique, n’est pas catholique. En plus cet astre vient d’ailleurs. » (L.-H. Rémy, L’Église est éclipsée, ESR, n.d., pp. 3-4). C'est le type même de la spéculation théologique hautement subjective, ne reposant sur aucun élément révélé ni patristique - en utilisant comme seul critère la partie contestée du "secret" de Mélanie Calvat publié en 1879 en Italie plus de 33 ans après l'Apparition survenue le 19 septembre 1846, texte mis à l'index par le Saint-Office -, postulant, contre la position des docteurs de l'Eglise, l'occultation par un "astre autre", de la véritable Eglise, alors que ce à quoi nous assistons, relève de la "Passion mystique" de l'Eglise, celle-ci en revanche, prédite, définie et annoncée par les plus grands théologiens catholiques.

8. Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897, p. 176. 

9. Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, op.cit.

10. J. de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg, XIe Entretien, 1821.

11. Mgr Gaume, Où allons-nous ?, coup d’œil sur les tendances de l’époque actuelle, Gaume Frère, 1844, pp. 190-192 ; 263. Mgr Gaume, poursuivant sa méditation sur la vision de Joseph de Maistre, nous dit : « Puis, voyant avec effroi l'unité du mal se former, il s'écriait : « On entend dire assez communément que tous les siècles se ressemblent, et que tous les hommes ont toujours été les mêmes; mais il faut bien se garder de ces maximes générales que la paresse ou la légèreté invente pour se dispenser de réfléchir. Tous les siècles, au contraire, et toutes les nations manifestent un caractère particulier et distinctif qu'il faut considérer soigneusement. Sans doute, il y a toujours eu des vices dans le monde, mais ces vices peuvent différer en quantité, en nature, en qualité dominante et en intensité : or, quoiqu'il y ait toujours eu des impies, jamais il n'y avait eu, avant le dix-huitième siècle et au sein du christianisme, une insurrection contre Dieu! Jamais surtout on n'avait vu une conspiration sacrilège de tous les talents contre leur auteur : or c'est ce que nous avons vu de nos jours— » On voit l'impiété s'étendre de toutes parts avec une rapidité inconcevable; du palais à la cabane, elle se glisse partout, elle infeste tout, elle a des chemins invisibles, une action cachée, mais infaillible... Par un prestige inconcevable, elle se fait aimer de ceux mêmes dont elle est la plus mortelle ennemie. Enfin, entrevoyant la dissolution prochaine de la société actuelle, il écrivait, peu de temps avant sa mort, au comte de Marcellus ces paroles remarquables : « Je sais que ma santé et mon esprit s'affaiblissent tous les jours. Hic jacet ! voilà ce qui va bientôt me rester de tous les biens de ce monde. Je finis avec l'Europe ; c'est s'en aller en bonne compagnie. » (Op.cit. pp. 257-261).

12. Il est assez frappant de constater, quoi que l’on puisse penser de ce catéchisme moderniste, que l’Eglise conciliaire, pour la première fois dans l’histoire des documents romains officiels, a évoqué « L’Épreuve ultime de l’Église » en des termes d’une rare clarté, faisant directement allusion au « mystère d’iniquité », ce qui semble tout de même dénoter une certaine capacité à prendre conscience, chez certains théologiens, de la "signification eschatologique" de la période ouverte à partir du dernier concile :

§ 675 - Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).

§ 676 - Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (cf. DS 3839), surtout sous la forme politique d’un messianisme sécularisé, " intrinsèquement perverse " (cf. Pie XI, enc. " Divini Redemptoris " condamnant le "faux mysticisme" de cette "contrefaçon de la rédemption des humbles" ; GS 20-21).

§ 677 - L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection (cf. Ap 19, 1-9). Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église (cf. Ap 13, 8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Ap 20, 7-10) qui fera descendre du Ciel son Épouse (cf. Ap 21, 2-4). Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier (cf. Ap 20, 12) après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe (cf. 2 p. 3, 12-13). » (Catéchisme de l’Eglise Catholique,  promulgué le 11 octobre 1992, publié solennellement le 7 décembre 1992).

L’Église crucifiée par « l’esprit du monde »

triduo lanzada granada cuaresma 2015 8.jpg

«  La Passion du Christ se renouvelle,

et d'une certaine manière elle se poursuit et s'achève,

dans son corps mystique qui est l'Église.» 

(Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

 

Première Partie :

1. La lutte entre les « deux Cités »

 

altar_at_vatican_ii.jpgLe second concile du Vatican, qui débuta le 11 octobre 1962, a engagé un complet processus de modification et transformation radicale de la religion catholique, prenant le contre-pied systématique, parfois jusqu’à l’extrême, de toutes les positions antérieures défendues et condamnées par l’Eglise catholique au cours des siècles.

Pourtant, le principe catholique sur lequel repose la tradition constante de l’Eglise est le suivant : « L’Esprit-Saint, en effet, n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler, par son inspiration, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le Dépôt de la Foi ». (Pie IX, Const. Pastor Aeternus, Vat. I, Sess. IV Ch. IV, Dz. 1836). 

Force est pourtant de constater, que le dévoilement, par « inspiration », de ce que l’on peut clairement désigner comme étant une « nouvelle doctrine », c’est bien produit lors du dernier concile. Une « nouvelle doctrine » exprimée par  le Magistère qui soutint des positions, notamment sur la « liberté religieuse », qui heurtent frontalement ce qui fut toujours enseigné par les papes jusqu’à Pie XII, et qui contredit objectivement la conception catholique portant sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle que formulée « infailliblement » par Pie IX,  Pie VII, Grégoire XVI et Léon XIII.

I. Vatican II : un concile révolutionnaire, « 1789 dans l’Eglise » !

Lorsqu’on songe qu’il aura fallu moins d’un siècle entre la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale par l’encyclique Pastor Æternus, le 18 juillet 1870, lors du concile de Vatican I, et la promulgation des principales encycliques révolutionnaires et modernistes de Vatican II - (Lumen Gentium, Constitution dogmatique sur l’Église, 21 novembre 1964, Nostra Aetate, Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non-chrétiennes, 28 octobre 1965, Dignitatis humanae, Déclaration sur la liberté religieuse, 7 décembre 1965, Gaudium et spes, Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, 7 décembre 1965) -, il y a donc, incontestablement, de quoi rester profondément perplexe.

Pius-IX.jpg

Toutes les erreurs qui forment le corpus général

de la « nouvelle théologie » de Vatican II,

ont été condamnées par Pie IX au XIXe siècle.

 

On sait, pertinemment, que la source d’inspiration des principaux artisans de ce changement révolutionnaire, se trouve dans les thèses philosophiques et idéologiques qui avaient été sévèrement censurées au XIXe siècle par le « Syllabus » rédigé par Pie IX, afin d’accompagner l’encyclique Quanta Cura (8 décembre 1864), qui condamnait fermement les « monstrueuses erreurs » politico-religieuses qui prospéraient à l’époque.

Les erreurs dénoncées et condamnées par le « Syllabus Errorum », représentaient 80 propositions rassemblées en 10 sections :

1.     Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu

2.     Rationalisme modéré

3.     Indifférentisme, Latitudinarisme

4.     Socialisme, communisme, sociétés secrètes, sociétés bibliques, sociétés clérico-libérales

5.     Erreurs relatives à L’Église et à ses droits

6.     Erreurs relatives à la société civile considérée soit en elle-même soit dans ses rapports avec l’Église

7.     Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne

8.     Erreurs concernant le mariage chrétien

9.     Erreurs sur le principat civil du pontife romain

10.   Erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne

Or, c’est précisément l’ensemble de ces erreurs, qui forment objectivement le corpus général de la «nouvelle théologie » de Vatican II, séduite par l’évolutionnisme, le naturalisme, le libéralisme et le panthéisme, ayant abouti à l’œcuménisme, la liberté de conscience, la collégialité, la protestantisation du saint Sacrifice de la messe, les droits de l’homme, la démocratie religieuse, la dignité de la personne humaine, etc., toutes thématiques novatrices qui constituent désormais la novlangue d’usage des déclarations et positions officielles de l’ensemble de la hiérarchie de l’Eglise, et donc en premier lieu des papes, depuis 1962.

Nous sommes donc, concrètement, en présence d’une « nouvelle religion », soluble et compatible avec l’idéologie du « Nouvel Ordre Mondial », une « religion de l’homme » qui s’est imposée au profit de la « religion de Dieu », qui avait été celle de l’Eglise catholique depuis son origine.

le-crucifiement-de-saint-pierre.jpgPascal Bernardin, dans son remarquable ouvrage « Le Crucifiement de saint Pierre », explique la nature de ce à quoi nous sommes confrontés : «La doctrine spécifique de Vatican II, les innovations théologiques qu’il introduit et qui le distinguent de manière unique des autres conciles, sont maçonniques, anticatholiques (…) Or en affirmant que l’esprit maçonnique a soufflé sur Vatican II, nous ne faisons que répéter, en en tirant toutes les conséquences, ce que d’autres plus autorisés ont attesté. C’est ainsi que pour le futur cardinal Congar, Vatican II fut la « révolution d’octobre dans l’Eglise » : ‘‘Gaudium et spes est (…) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus. (…) il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il est devenu depuis 1789’’. » [1]

Pie IX fut catégorique à l’égard du libéralisme, son idéologie des « droits de l’homme » et du « monde tel qu’il est devenu depuis 1789 » : « L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme, n’est pas une hérésie ordinaire, c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan, puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent qu’à Dieu, de toute éternité, et dans l’ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ. (…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère de tout ce qui l’a précédé en fait de révolte et de péché. C’est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché. Le libéralisme appelle “l’homme de péché”, il prépare les voies à l’Antéchrist. “Suivre le courant”, c’est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique. Le libéralisme “catholique” n’est autre chose, en effet, que l’esprit révolutionnaire cherchant à s’introduire dans l’Eglise elle-même.» (Pie IX, Déclaration du 18 juin 1871).

II. Situation actuelle de l’Eglise

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Le constat est donc extrêmement inquiétant, il serait insensé de le nier, tout a été bouleversé et renversé, de la divine liturgie aux enseignements sur les mœurs et la morale, en passant par la disciple ecclésiastique régulière ou séculière ; de l’abandon de la soutane pour les prêtres au renversement des règles ancestrales, et ce jusqu’à l’intérieur des monastères les plus anciens de la chrétienté comme les Chartreux, de la chute vertigineuse des vocations aux réductions à l’état laïc de dizaines de milliers de religieux et religieuses, avec, pour conséquence, la fermeture de la plupart des églises et chapelles, notamment en milieu rural, entraînant une déchristianisation massive des populations, tout ceci faisant que ce qui demeure encore sous le nom de « religion catholique » aujourd’hui, semble représenter une sorte de misérable « contrefaçon » directe, pour ne pas dire de « parodie » de ce que fut, il y encore pas si longtemps, la religion traditionnelle.

Que faut-il en conclure ?

Certes le concile de Vatican II ne se voulut pas « dogmatique » et refusa même, par décision des pontifes qui le présidèrent (Jean XXIII et Paul VI), d’user de son pouvoir d’infaillibilité. C’est un fait.  Mais ce fait n’explique pas tout, car un concile présidé par un pape, est un concile de l’Eglise, il participe, en droit, du Magistère authentique, et son enseignement doit donc être conforme à la doctrine de toujours. [2] Cependant, ce ne fut pas le cas, bien au contraire !

La réalité, brutale mais véridique, il convient de l’avouer franchement, c’est que toute l'Église enseignante  a... erré dans la Foi à Vatican II, puisqu’il y avait 2500 évêques et que toutes les Constitutions et Déclarations conciliaires ont toutes été votées à une écrasante majorité. [3]

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Toute l'Église enseignante  a... erré dans la Foi à Vatican II !

 

Ceci sans oublier, que de tous les actes postconciliaires, la décision du pape François, de canonisercatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme Jean XXIII et Jean-Paul II le dimanche 27 avril 2014, est revenue à canoniser, en faisant usage cette fois-ci d’un pouvoir participant de l’infaillibilité pontificale, toutes les erreurs de Vatican II (œucuménisme, collégialité, liberté religieuse, nouvel Ordo Missae, etc.), à ce sujet saint Alphonse de Ligori (1696-1787), docteur de l’Eglise, rappelle : « Supposer que l’Eglise puisse errer en canonisant, est un péché, ou une hérésie, d’après Sts. Bonaventure, Bellarmin, et d’autres ; ou au moins une chose proche de l’hérésie, d’après Suarez, Azorius, Gotti, etc. ; parce que le Souverain Pontife, d’après St. Thomas, est guidé par l’influence infaillible du Saint-Esprit d’une façon spéciale lors de la canonisation des saints. » (Cf. Les Grands Moyens du Salut et de la Perfection, 1759, p. 23) [4]

Ainsi donc, après avoir promulgué un nouveau Notre Père (1966), un nouveau Credo (où l’on a remplacé l’expression « consubstantiel au Père » par « de même nature que le Père »), un nouveau rite d’ordination épiscopale et presbytérale (1968), un nouveau calendrier liturgique (1969), une nouvelle messe (1969), un catéchisme nouveau (Pierres Vivantes, 1968, puis Le Catéchisme de l’Eglise catholique 1992), un nouveau baptême (1969), un nouveau mariage (1969), un nouveau bréviaire (1970), une nouvelle confirmation (1971), une nouvelle extrême-onction (1972), une nouvelle confession (1973), un nouveau chemin de Croix (1991), un nouveau Rosaire  avec l’introduction des « mystères lumineux» (2002), et enfin un nouveau Code de droit canon (1983), elle inscrit au sanctoral, par décision magistérielle, deux nouveaux "saints" qui incarnent, à eux seuls, toutes les erreurs issues de « l’esprit » de Vatican II.

III. La thèse sédévacantiste de « l’Eglise éclipsée »

Si donc l’Eglise enseignante a erré dans la Foi à Vatican II, et que depuis, l’enseignement dispensé officiellement par Rome est infecté du poison moderniste, la conclusion qu’effectuent les partisans de la vacance du Trône de Saint Pierre, c’est que « l’Eglise est éclipsée », et qu’en lieu et place, une secte hérétique, une « contre-église » fausse et mensongère, s’est installée dans les  murs du Vatican avec à sa tête des « usurpateurs », des « antipapes », éclipsant, c’est-à-dire voilant, l’authentique Eglise qui subsisterait toujours, mais hors de Rome, pure et sans tâche.

Vierge La Salette.jpg

La Très Sainte Vierge a dit, très exactement, à La Salette :

“ L’Église aura une crise affreuse”

(19 septembre 1846)

 

Il est à noter néanmoins, que cette désignation : « lEglise éclipsée », ne se retrouve chezMélanie.jpg aucun Père de l’Eglise, elle provient de la partie contestée du « secret » de Mélanie, la jeune bergère de La Salette qui vit la Vierge en larmes le 19 septembre 1846 dans les montagnes du Dauphiné, partie rajoutée et publiée en 1879 - quoique mise à l'index par le Saint-Office à plusieurs reprises et en ses diverses éditions -, par une Mélanie Calvat (1831-1904), inspirée par les thèses apocalyptiques qui circulaient à l’époque dans les milieux catholiques monarchistes légitimistes.

Signalons par ailleurs, que l’éventuelle prophétie de la Sainte Vierge à La Salette : “l’Église sera éclipsée...” se rapporte plutôt à l’avènement de l’Antéchrist, car pour l’époque actuelle, la prophétie de la Très Sainte Vierge dit très exactement : “ L’Église aura une crise affreuse”, ce qui correspond bien à la réalité.  [5]

Toutefois, par delà ces précisions, il demeure cependant un problème à cette thèse, et pas des moindres, qui participe des deux interrogations préalables :

- 1°) Comment, dans une dite «Eglise en ordre» (sic), c’est-à-dire une Eglise qui bénéficiait au moment de l’ouverture du concile Vatican II de l’assistance pleine et entière de l’Esprit-Saint, un tel triomphe des idées modernistes a-t-il pu se produire ? 

- 2°) Par ailleurs, l’Eglise reposant sur le pape, depuis le moment où saint Pierre fut désigné par le Christ pour gouverner son Eglise (Matthieu XVI, 17-18), il est bien difficile d’admettre qu’elle puisse perdurer depuis déjà cinquante ans - et sans nul doute plus longtemps encore, car le temps sera long avant que ne soient entièrement effacées les traces de Vatican II, si tant est qu’elles le soient un jour -, sans un chef visible ?

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Ce sont sans doute les deux des questions les plus délicates touchant à la vie de l’Eglise qui se posent de façon très concrète, et il faut reconnaître que si les plumes diverses sont promptes à exposer l’infiltration de l’Eglise par les courants modernistes, quasi personne n’arrive à expliquer les raisons réelles qui ont permis, non pas seulement la lente pénétration de la sainte institution par les forces ténébreuses et révolutionnaires, véhiculant les conceptions panthéistes, naturalistes et libérales de la franc-maçonnerie, mais surtout comment ces forces révolutionnaires sont parvenues à vaincre une « Eglise en ordre », et, auxiliairement, de quelle manière une hypothétique « Eglise éclipsée » (sic), peut-elle fonctionner sans un pape ?

Les auteurs traditionnels s’accordent uniquement sur ce point : « Depuis 1958 Rome prend le contre-pied de ce que la papauté a toujours enseigné » [6].

Pierre le Vénérable.jpgMais à partir de là, les avis diffèrent radicalement, et c’est le grand jeu, très incertain et hasardeux, des suppositions les plus vagues. L’idée admise par les partisans de la vacance du Siège de Pierre, n’étant au fond que la reprise et l’adhésion à une proposition de Pierre le vénérable (+ 1156) formulée ainsi : « Le Christ a permis ceci : que l’Antéchrist – tête de tous les schismatiques – siègerait dans le Temple de Dieu, que les siens [= les chrétiens] seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le Siège de Pierre » (Sanctus Petrus Venerabilis : De miraculis libri duo, livre II, ch. 16). [7]

Rien de très nouveau, si ce n'est que cette prophétie inspirée de saint Paul (II Thess., II, 3.), nous annonce les événements qui surviendront lorsque la fin des temps sera advenue, ce qui semble bien correspondre à la situation de notre période qui en est, en quelque sorte, la préfiguration en de nombreux domaines, mais la préfiguration seulement, ce qui signifie que la réalisation pleine et entière de ces derniers moments des siècles, sont encore en attente de leur réalisation effective.

IV. Depuis des siècles la Synagogue tente d’imposer son  modèle «  temporel et spirituel » d’organisation du monde 

Certes, l’antiques serpent, l’ennemi de Dieu et du genre humain, rusé et menteur en toutes ses œuvres, est actif depuis toujours afin de détruire l’Eglise, il est à la source des méthodes et stratégies les plus secrètes, de sorte d’arriver à ses fins ténébreuses.

Il ne convient donc pas de mésestimer l’influence occulte sur une désorientation que l’on peut aisémentJulio Meinvielle -.jpg constater. L’abbé Julio Meinvielle (1905-1973), dans son ouvrage « De la cabale au progressisme » (1970), a très bien montré en quoi : « les hommes et avec eux l’histoire sont dynamisés par Dieu et par Satan, par le Christ et par l’Antichrist, par l’Église et par la Synagogue, par la Cité de Dieu et par la Cité du Diable. […] Point n’est besoin d’une grande perspicacité, dit-il, pour voir que depuis cinq siècles le monde se conforme à la tradition cabalistique. Le monde de l’Antichrist approche rapidement. Tout concourt à l’unification totalitaire du fils de la perdition. D’où, aussi, le succès du progressisme. Le christianisme se sécularise ou s’athéise. […] Nous savons que le « mysterium iniquitatis » est déjà à l’œuvre (II Thess, II, 7); mais nous ne connaissons pas les limites de son pouvoir. Le Seigneur dit dans l’Évangile: « Mais quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc, XVIII, 8) Saint Paul (II Thess, II, 3) appelle apostasie universelle cette défection de la foi, qui doit coïncider avec la manifestation de l’« homme de l’iniquité, le fils de la perdition ». Cette apostasie universelle est la sécularisation ou athéïsation totale de la vie publique et privée dans laquelle chemine le monde actuel. »

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« La franc-maçonnerie est une invention juive pour détruire l’Eglise,

une invention juive construite sur la base de la cabale. »

(Mgr Leo Meurin)

 

Ceci explique pourquoi depuis des siècles une mystique mondiale, « dont le cœur s’appelle la Synagogue », tente d’imposer son « modèle temporel et spirituel d’organisation du monde », par l’intermédiaire des loges et de la franc-maçonnerie, que Mgr Leo Meurin (1825-1895) désignait comme étant « une invention juive pour détruire l’Eglise, une invention juive construite sur la base de la cabale. » (Mgr Meurin, Philosophie de la maçonnerie, éd. Nos, Madrid, 1957).

L’abbé Emmanuel Barbier (1851-1925), ne dit pas autre chose : « Depuis plus de cinq cents ans, lecatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme,occultisme,ésotérisme,mystique,fin des temps,eschatologie,messianisme,prophétie,parousie,apostasie,antéchrist,antichrist,apocalypse,révélations grand instrument des Juifs est la franc-maçonnerie (…)  Le but religieux de la secte: la destruction du christianisme (…) Le but politique de la secte est de détruire les empereurs, les rois, les frontières, afin d’établir sur les ruines des empires un gouvernement absolu, unique, universel. Mais c’est le but même d’Israël depuis trois mille ans ! Son organisation, comme son esprit, est toute juive. » (Abbé Barbier, Les infiltrations maçonniques dans l’Eglise, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer, 1910, p. 125).

Mgr GAUME.jpgCe que confirmait également Mgr Jean-Joseph Gaume (1802-1879) : « Depuis un siècle et demi, la Franc-maçonnerie ourdit dans le monde entier, mais principalement en Europe, une vaste conspiration dont le but final, déjà à moitié atteint, est de détruire le règne de JESUS-CHRIST sur la terre, en renversant, d’un côté la Papauté, tant spirituelle que temporelle, et, de l’autre, la monarchie chrétienne, bras droit de la Papauté. Elle prépare ainsi directement les voies de l’Antéchrist. » (Mgr Gaume, Le dogme de l’infaillibilité, 1871).

V. Une progressive conciliation de l’Eglise avec l’erreur satanique depuis la Révolution

Pourtant, il est tout de même assez troublant de constater que Vatican II n’est pas arrivé soudainement dans l’Eglise, mais qu’une sorte de progressive conciliation avec l’erreur s’est développée depuis de longues années antérieurement à 1962, de par l’attitude de bienveillance, pour ne pas dire plus, de certains papes avec les idées révolutionnaires, dont on sait qu’elles sont placées sous la domination des puissances occultes sataniques.

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Ainsi, avec le seul souci, très mondain, du pragmatisme politique,catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme l’Eglise aboutira, après le Décret de condamnation de l’Action Française sous Pie XI par le Saint Office, le 29 décembre 1926, ce qui entraîna la démission de sa charge cardinalice de Louis Billot (1846-1931) le 21 octobre 1927, et conduisit à l’interdiction faite aux adhérents de l'Action Française d’accéder aux sacrements, avec pour conséquence notable, en France, la modification d’un clergé et d’un épiscopat, entre 1926 et 1939, au sein duquel les traditionalistes se trouvèrent peu à peu remplacés par des clercs catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménismedémocrates-sociaux et républicains, ceci sans compter les décisions hautement discutables, à la même période, dans le cadre du conflit des Cristeros au Mexique, qui vont va avoir des conséquences désastreuses sur
les pieux fidèles du «Cristo Rey » [8] -, à « l’adhésion » et à « l’adoption » par l’Eglise elle-même, des conceptions révolutionnaires, comme cela se produisit officiellement, et fut proclamé solennellement à l’intérieur même de la Basilique Saint-Pierre à Rome lors du concile Vatican II qui, du ralliement à la République, au ralliement à la démocratie, puis au ralliement à l’idéologie mondiale des «droits de l’homme
», nous retrace les origines d’un concile dont la source se situe dans ce dit « ralliement à la Révolution », ayant abouti au final, au ralliement avec toutes les religions non-chrétiennes, dont en particulier le judaïsme déicide, acte couronné à Assise sous Jean-Paul II, par le rassemblement interreligieux qui se déroula le 27 octobre 1986 !

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Comme le souligne fort justement M. L’abbé Curzio Nitoglia (cf. Christianisme et judaïsme, ‘‘L’Ancienne Alliance jamais révoquée’’, Sodalitium, n° 58, Ann. XXII, n2, fev. 2006, pp. 5-25), la figure qui se détache le plus nettement des cénacles philo-judaïques catholiques d’avant Vatican II, est surtout celle de Stanislas Fumet (1896-1983), qui vécut jusqu’au pontificat de Jean-Paul II. Stanislas Fumet, qui se disait « l’ami ardent d’Israël », fut à l’origine, en 1925 de « l’union des Amis d’Israël » Association judéo-chrétienne qui se fit cependant condamnée par le Saint-Office en 1928. Cette structure avait fait sienne les vues délirantes de Léon Bloy sur la fonction co-rédemptrice des Juifs [« La Raced’où la Rédemption est sortie… porte visiblement les péchés du Monde…[et] ne fut conservée dans la plus parfaite ignominie que parce qu’elle est invinciblement la race d’Israël, c’est-à-dire du Saint-Esprit, dont l’exode sera le prodige de l’Abjection. » (Le Mendiant Ingrat, 12 juin 1892) ; « Les Juifs ne se convertiront que lorsque Jésus sera descendu de sa Croix, Et précisément Jésus ne peut en descendre que lorsque les Juifs se seront convertis. » (Le Salut par les Juifs, IX)].

Ainsi, de façon quasi conciliaire, Stanislas Fumet, dès 1925, c’est-à-dire bien avant de la Shoah etcatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme la nouvelle religion qui s’en suivit faisant de l’holocauste un nouveau paradigme théologique, parlait déjà de nos “frères aînés” à propos des juifs, expression employée par Adam Mickiewicz (1798-1885) en 1842, ami de Andrea Towianski (1799-1878). Cette expression sera intégralement reprise par Jean-Paul II en 1986, lorsqu’il exaltera dans un discours en 1978, précisément ce même Adam Mickiewicz. Signalons, dans le même registre de judéolâtrie mystique, un autre grand admirateur de Léon Bloy et Jacques Maritain, Jerzy Turowicz (1912-1999), ami personnel de Karol Wojtyla qui, en 1968, l’invita à exprimer une série de mea culpa à l’égard du judaïsme de la part de l’Église romaine dans une synagogue de Cracovie, où Wojtyla était archevêque. Les Turowicz étaient des juifs frankistes (comme Mickiewicz) qui se convertirent extérieurement au christianisme, tout en restant intérieurement juifs, catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménismeen 1760, sur ordre du marrane Jacob Frank (1726-1791). Pour revenir à Stanislas Fumet, on remarquera surtout, comment Fumet mettait sur le même plan et remplaçait allègrement Jésus par Israël, selon les thèses cabalistiques d’Isaac Luria (1534-1572), parlant explicitement de sang et de race à propos de la sainte eucharistie : «Lorsqu’un chrétien communie, il devient de la race d’Israël, puisqu’il reçoit le sang très pur d’Israël dans ses veines... Toutes les nations doivent être bénies dans cette race... Chrétiens et Juifs sont de la même race…» (S. Fumet, Histoire de Dieu dans ma vie, Cerf, 2002, pp. 297-298.)

On comprend beaucoup mieux, lorsqu’on connaît les racines de cette tendance qui se conjugue à merveille avec les vues révolutionnaires et progressistes, d’où proviennent les folles positions de l’actuel philo-judaïsme des papes conciliaires, si peu conforme à l'attitude séculaire de l'Eglise en ces sujets, mais si "soluble" et  évidemment éminemment compatible, avec le "dogme mémoriel laïc" de la religion mondiale [9].

V. Comment l’Eglise assistée de l’Esprit-Saint a-t-elle pu « errer dans la foi » ?

Pourtant, nous le savons, le Christ, par son Saint-Esprit, assiste depuis son Ascension en permanence l’Eglise, au point que Jésus-Christ, selon le cardinal Charles Journet (1891-1975) : « maintient l’Eglise liée à lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est lui-même le sujet responsable de ses activités » : «L’Église est ainsi comme un épanchement de la vie trinitaire au sein du temps. Depuis la venue du Christ, le Fils et l’Esprit continuent à chaque instant de visiter invisiblement l’Église. C’est donc l’Esprit saint qui, à travers l’humanité de Jésus, forme l’Église et l’introduit dans le monde. Mais après lui avoir donné tout ce qu’il lui faut pour subsister en elle-même, comme une vraie personne morale, ou sociale, et par conséquent pour agir à l’égard du monde avec indépendance, il ne l’a pas détachée de lui. Il la maintient liée à lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est lui-même le sujet responsable de ses activités. (…) » La suite de ce texte est fondamentale :  « L’Église jamais n’apostasiera ni ne perdra l’amour. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps. » [10]

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L'Eglise a porté sur le trône de Saint Pierre un moderniste,

qui permit le triomphe des idées libérales

en prenant l’initiative de convoquer un nouveau concile

 

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Est-il possible qu’une Eglise, en théorie, assisté de "l’Esprit-Saint", ait pu proclamer une doctrine contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent Vatican II ?

Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ?

C’est impossible !

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Nous sommes en présence d’un mystère d’ordre surnaturel,

dont les racines plongent dans la métahistoire,

lorsque les anges rebelles se sont révoltés contre Dieu

Dans cette lutte, l’Eglise, épouse mystique du Christ, est soumise a des tentations constantes depuis sa fondation, elle doit donc être en mesure de se libérer des pièges que le siècle lui tend, et œuvrer à se dégager d’une tendance à la conciliation avec « l’esprit du monde », dont nous avons vu le rôle terriblement corrupteur qu’elle joua dans l’affaiblissement des positions traditionnelles.

Ce fut d’abord cette faiblesse, cette bienveillance, puis cette « réconciliation » avec « l’esprit du monde », qui furent les facteurs majeurs et principaux des chutes successives qui se sont produites depuis la Révolution, et qui ont rendu possible l’avènement de Vatican II en 1962.

C’est pourquoi, l’Eglise qui attend le "retour du Christ" doit, alors qu’elle est placée au cœur d’un conflit éternel qui voit s’affronter deux puissances irréconciliables, absolument apprendre à se positionner clairement en faveur de l’une ou l’autre des deux postérités : la charnelle ou la spirituelle, l’amenant à relativiser toutes les gloires et dominations terrestres, en traversant l’Histoire, en rejetant le monde, ses pompes et ses œuvres, et comme étant déjà concrètement participant de l’existence céleste qui est son authentique destination et sa seule espérance auprès de son Fondateur Jésus-Christ.

 

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La grande apostasie, est le signe précurseur de la fin des temps 

 

Monseigneur Jean-Joseph Gaume, écrivait de façon quasi prophétique en 1844, devant les progrès decatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme l’apostasie, que toutes les tendances antichrétiennes nous amènent à deviner le « mot de la formidable énigme », soit le combat éternel entre les deux Cités annonçant les préparatifs « de la dernière lutte », dont le nouveau dogme la religion mondiale est l’expression inquiétante, ce qui d’ailleurs placera l’Eglise, face au combat le plus redoutable qu’elle n’ait jamais eu à livrer depuis les premiers siècles : « Le raisonnement, l'expérience, la tradition, les données de la foi, les tendances générales de l'esprit humain depuis trois siècles, tout semble se réunir pour nous inspirer de justes alarmes, en nous laissant deviner le mot de la formidable énigme. Mais, indépendamment de ces raisons, le spectacle du monde actuel offre un motif particulier et suffisant à lui seul pour légitimer nos craintes. Ce qu'il voit de ses yeux, le chrétien réfléchi le compare avec ce qui est prédit. La négation de Notre-Seigneur, la séparation des deux cités, les préparatifs de la dernière lutte, voilà trois faits annoncés pour les derniers jours. D'abord, la grande apostasie, signe précurseur de la fin des temps, est avant tout la négation de Jésus-Christ, Dieu, roi, médiateur; en un mot, l'antichristianisme. Or, si nous suivons avec attention la marche des idées, nous reconnaîtrons sans peine que la négation de Jésus-Christ est devenue, depuis le caractère distinctif de l'erreur. Afin d'anéantir le règne du divin Médiateur, elle s'attaque en même temps à sa divinité et à sa royauté. Outre l'affirmation directe et mille fois répétée de cette erreur éminemment antichrétienne, nous voyons que la déification de la raison humaine, la mort du christianisme et l'apparition d'un dogme nouveau, successeur du christianisme, sont le rêve le plus universellement et le plus chaudement caressé de nos jours. Dogme éclectique, qui sera la fusion de toutes les religions qui partagent le monde ; dogme humanitaire, dans lequel tous les peuples, affranchis des religions positives, se donnent le baiser de la fraternité universelle; dogme rationaliste, dans lequel la raison sera Viatique médiateur entre Dieu et l’Homme, et, comme, on ose l'enseigner, le Verbe fait chair. Voilà, il n'y a plus à s'y tromper, le but final auquel tend évidemment l'époque actuelle (…) avant de jouir de son dernier triomphe, le plus éclatant de tous, l'Eglise subira des épreuves proportionnées. L'empire antichrétien lui livrera le plus terrible combat qu'elle ait encore soutenu. Le mal, élevé à sa plus haute puissance, luttera contre elle, dit saint Augustin, sur tous les points du globe… » (Mgr Gaume, Où allons-nous ?, coup d’œil sur les tendances de l’époque actuelle, Gaume Frère, 1844, pp. 190-192 ; 263).

Ces lignes de Mrg Gaume, décrivent à merveille la situation présente, en réalisant une sorte de synthèse de toutes les erreurs dans lesquelles l'Eglise n'a pas manqué de tomber, et dont une constante actualité, depuis le dernier concile, ne cesse de nous donner le triste témoignage. Aucun égarement n'aura été évité, de la destruction de la liturgie, à la  quasi réduction forcée à l'état laïc de tout le corps presbytéral entraînant la chute des vocations et la fermeture des séminaires ; de la liberté religieuse aboutissant à un "dialogue inter-religieux" - avec une tendance à la soumission conciliatrice de la part des récents papes absolument inouïe avec la Synagogue -, préfigurant l'indifférentisme, le syncrétisme et le relativisme dogmatique ; de l'adoption des thèses démocratiques sur les "droits de l'homme", à la célébration solennelle et officielle du "culte de l'homme" par le Vatican ; etc., tout ceci participe en effet d'un "mystère d'apostasie" de la part de l'Eglise, dont il nous faut comprendre le sens, car ceci est fondamental pour la Foi,  et surtout connaître, spirituellement, quel est "le mot de cette formidable énigme"...

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Fin de la Première partie  

Suite : La Passion « mystique » de l’Église

 

Notes.

1. P. Bernardin, Le Crucifiement de saint Pierre, éditions Notre-Dame de Grâces, 2009, p. 8.

2. Vatican II ne souhaita pas faire usage de son pouvoir d’infaillibilité, c’est un fait, mais en droit, comme le rappelle le Droit Canon : «Le Concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur l’Eglise universelle » (Droit Canon, 1917, § 228). La doctrine de l’Eglise, de ce point de vue, est donc formelle  : « Pour reconnaître les cas où l’infaillibilité de l’Église est engagée, il suffit de se rappeler que toute doctrine enseignée universellement par les pasteurs chargés de conduire le troupeau du Christ, et donnée manifestement comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation, est infaillible » (Cf. Ch.-V. Héris, L’Église du Christ, Le Cerf 1930, pp. 44-45). On n’en peut donc contester que Vatican II, fut de la sorte infaillible en droit. Mgr Bartolomeo d'Avanzo (1811-1884), rapporteur à Vatican I, précise : « Il y a, dans l'Église, un double mode d'infaillibilité: le premier s'exerce par le magistère ordinaire. (…) C'est pourquoi, de même que le Saint-Esprit, l'Esprit de Vérité demeure tous les jours dans l'Église, l'Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l'assistance du Saint-Esprit.  Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation, mais non définies encore, soit enfin celles qui font l'objet d’une foi implicite.  Ces vérités, l’Eglise les enseigne quotidiennement, tant principalement par le pape, que par chacun des évêques en communion avec lui.  Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l'infaillibilité même de l'Église.  Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme mais le pape, lui, n’a besoin de rien d’autre que l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été promise. Ainsi il enseigne et n'est pas enseigné, il confirme et n'est pas, confirmé. » (intervention officielle de Mgr d'Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, devant les Pères du Vatican, in: Dom Paul Nau "Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l'autorité des enseignements du souverain pontife", in:Revue thomiste, 1956, p. 389 - 412, tiré à part Neubourg 1962, p. 15).

3. Seuls 88 évêques sur 2500, s’opposèrent à la Déclaration sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes, Nostra Ætate, passée en dernière lecture lors de la troisième session du concile. Immédiatement promulguée (28 octobre 1965) par le pape Paul VI. Nostra Ætate, est le documents de Vatican II le plus révolutionnaire, dans l’esprit du dialogue interreligieux, renouvelant totalement les relations de l’Eglise avec les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous et même ceux qui suivent les autres religions. En 2005, se sont rencontrés pour célébrer le quarantième anniversaire de sa promulgation, les chefs religieux des différentes religions mondiales.

4. Le pape, lors de la canonisation d’un saint, s’exprime depuis la Chaire de Saint Pierre (ex cathedra) de façon « infaillible » : « Le Pontife romain est infaillible quand il édicte une sentence définitive, et qu’au nom de son autorité suprême il oblige les fidèles à tenir une chose pour vraie. Or tel est le cas de la sentence de canonisation : ‘‘Par l’autorité de N.-S. J.-C., des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, nous déclarons et définissons que N… est saint, nous l’inscrivons au catalogue des saints, et ordonnons que l’Église universelle honore sa mémoire d’un culte pieux… Que personne ne se permette de déchirer cette page de notre définition ; qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu Tout-Puissant.’’ Une telle sentence est nécessairement infaillible, car il ne se peut que l’Église entière soit astreinte par son chef à honorer un damné ni un homme inexistant. » (Cf. R.P. Auguste-Alexis Goupil, « L’Église est infaillible dans la canonisation des saints », in La Règle de la Foi 1941). Saint Thomas d'Aquin, le docteur angélique : « Dans Quodlib. IX, a. 1, 6 St. Thomas affirme : ‘‘Puisque les honneurs que nous rendons aux saints sont dans un certain sens une profession de foi, c.-à-d. une croyance en la gloire des Saints, nous devons pieusement croire qu’en cette matière également l’Eglise n’est pas sujette à l’erreur’’.» (Catholic Encyclopedia, Vol. 2, Béatification, 1907, p. 366). Quant au concile de Vatican I, Pie IX précise  : « Nous enseignons que c'est une dogme révélé par Dieu : lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l'Eglise, il jouit, en vertu de l'assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Eglise lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Eglise. Si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition qu'il soit anathème. » (Concile Vatican I, 1870, Sess. 4, chap.4).

5. Le 5 janvier 1895, Mélanie, écrivait : “En vérité, les catho­liques, sans parler des autres, aident merveilleusement à composer, à préparer le règne de l’Antéchrist ; les Lucifériens n’ont pas à combattre beaucoup, pour former ce régi­ment d’endémoniés : tout ce mal se fait paisiblement... ” (Cf. Documents pour servir à l’his­toire réelle de la Salette, Résiac, 1978).

6. Cf. Le Mystère d’iniquité, Enquête théologique,historique et canonique, n.d., p. 16.

7. Pour parvenir à  leurs fins, selon le scénario « complotiste », les forces séditieuses, par de multiples manœuvres obscures, auraient réussi à s’emparer du pouvoir et à prendre, à Rome, la tête du Vatican. Pourtant lorsqu’on se penche sur la littérature sédévacantiste, si les descriptions de la sédition abondent (Rampolla le franc-maçon, Roncalli le moderniste, Montini le démocrate onusien, Wojtyla l’oeucuméniste, Ratzinger nourri de philosophie hégélienne, etc.) – l’ouvrage le plus documenté est l’un des plus complets sur le sujet est « L’Eglise éclipsée » , préfacé en 1997 par le Rd Père Vinson – il n’est jamais expliqué pourquoi l’hypothèse d’une prétendue « éclipse de l’Eglise » a pu se réaliser. Il est d’ailleurs frappant sur ce point de constater que le principal libelle sédévacantiste largement diffusé « Le Mystère d’iniquité » rédigé par un collectif d’auteurs, est singulièrement muet sur les causes, la PARTIE 3 : «ENQUÊTE HISTORIQUE : INFILTRATIONS ANCIENNES ET MODERNES » (pp. 68-71), expose des faits, les uns après les autres en une longue litanie, mais ne donne aucune explication sur les causes.

8. catholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménismeOn ne saurait oublier, malheureusement, que le pape Pie XI, qui condamna l’Action Française encatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme 1926, à la même période dans le cadre du conflit des « Cristeros », eut des décisions désastreuses au Mexique. En effet les catholiques qui s’étaient rebellés contre le Pouvoir politique persécuteur des chrétiens (fermeture des lieux de culte et des écoles catholiques, interdiction des ordres religieux, blasphèmes, outrages, etc.), et en passant tueur de prêtres (des 4 500 prêtres avant la rébellion, seuls 334 resteront officiellement en 1934), étaient pourtant sur le point de l’emporter. Après avoir, par obéissance au pape « infaillible » en son Magistère ordinaire, sabordé leurs ligues de résistance et déposé les armes, ces catholiques fidèles – des paysans pour la plupart – seront systématiquement éliminés de façon méthodique et sans pitié par l’armée fédérale dirigée par un gouvernement maçonnique profondément anticatholique. C’est pourtant avec ce gouvernement athée que Pie XI négocia, sans en avertir les Cristeros, au nom des principes de la politique du ralliement devenue la ligne officielle de l’Eglise depuis Léon XIII. Le clergé, aux ordres du pape, considéré comme « infaillible » en son Magistère ordinaire, cessa alors tout soutien aux rebelles, allant même jusqu’à les menacer d’excommunication s’ils n’obéissaient pas ! La conséquence d’une telle décision, fut qu’ils moururent tous en martyrs de la foi – 5000 périront ainsi après la fin officielle de la guerre, assassinés – au cri de « Viva Cristo Rey » / « Vive le Christ Roi ».

9. Comme l’écrivit fort justement l’abbé Curzio Nitoglia, lors des polémiques qui suivirent les déclarations de Mr Richard Williamson, en janvier 2009 : « L'Holocauste a été le fer de lance de la nouvelle doctrine du concile Vatican II sur le déicide ("Nostra Aetate"), de la réforme de Paul VI de la prière de vendredi Saint (1970), de la théorie de "l'Alliance ancienne jamais révoquée" de Jean Paul II à Magonza (1981). De plus la théologie du "silence de Dieu" est née précisément grâce aux réflexions sur l’Holocauste. Certains théologiens (suivant les traces de Hans Jonas et Jean Baptiste Metz) nièrent la Providence, la Bonté de Dieu et mirent en doute son existence même, en arguant du fait que Dieu aurait autorisé l'Holocauste. L'Holocauste est donc devenu pour le judaïsme talmudique une métahistoire absolue, un acte sacrificatoire à valeur salvifique. Après la destruction du Temple (70 ap JC.), l'exégèse rabbinique a remplacé la Foi mosaïque dans le Messie personnel par celle du "messie collectif" qui est le peuple juif. Le Christianisme ne peut donc pas accepter cette sacralisation de l'Holocauste juif, sous peine de renier sa propre foi : l'unique Holocauste est le Sacrifice du Christ. Admettre un autre "Holocauste" salvifique et métahistorique à côté de celui de Jésus, serait un acte d'apostasie. Malheureusement la nouvelle théologie dirigeant le Concile Vatican II a mis le pied dans la mouvance catholique progressiste, nous espérons que la Tradition catholique ne soit pas polluée par elle. C'est par conséquent le devoir du Pasteur d'en admonester les fidèles. » (Don Curzio Nitoglia, 28 Janvier 2009).

10. Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957. Le cardinal Journet, cardinal-diacre de S. Maria in Portico Campitelli, rappelle : « Le Christ, écrit saint Paul, « est la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église, lui qui est le principe, le premier-né d’entre les morts, (il fallait qu’il obtînt en tout la primauté), car Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col.,18-20). » (Ibid.).

11 Que Jean XXIII, en tant que théologien privé, ait adhéré à des conceptions modernistes est une évidence. Plus contestable en revanche, les affirmations, parfois assez fantaisistes, concernant les hypothétiques appartenances d’Angelo Roncalli, futur Jean XXIII avec les sociétés secrètes avant l’accession à son pontificat. Rien ne semble pouvoir être formellement démontré, le témoignage de Jaime Ayala Ponce, qui a publié en trois volumes, un ouvrage intitulé « Introduccion a la francmasoneria », citant Pier Capri, journaliste et essayiste italien rédacteur d’ouvrages, pas très sérieux, traitant des thèmes maçonniques, ne présente aucune garantie de fiabilité, et s’apparente à du pur roman-fictioncatholicisme,christianisme,conclave,conclavisme,culture,curie,curie romaine,droit canon,droit canonique,droit divin,eglise,eglise catholique,foi,hérésiarques,hérésie,histoire,la question,liturgie,luthéranisme,luther,messe,papauté,pape,pie xii,pontife,pontife romain,religion,rome,saint siège,schismatique,schisme,société,tradition,vatican,vatican ii,franc-maçonnerie,libéralisme,œucuménisme issu de l’imagination fertile d’un auteur qui n’apporte aucune source vérifiable à ses allégations, et prend visiblement de grandes libertés avec les faits : «En 1935, Angelo Roncalli, archevêque de Mesembria est délégué apostolique en Turquie. Pour lui la vie n’est pas facile. C’est la guerre; comme d’autres prêtres ou religieux, il doit porter des vêtements de laïc. C’est précisément à cette époque qu’il est invité à rentrer dans une société héritière des enseignements Rose-Croix à qui Louis Claude de Saint-Martin, le comte de Saint Germain et le comte de Cagliostro donnèrent tant de force ... c’est lors d’une des séances dans une loge qu’Angelo Roncalli tombe en transe mystique et c’est précisément le moment où il énonce ses fameuses prophéties...». (Cf. Pier Carpi, Les prophéties du pape Jean XXIII, J’ai Lu, 1978). Notons au passage, que le théosophe français Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), n’a jamais été Rose-Croix, que Giuseppe Balsamo (1743-1795), dit « Cagliostro », qui fut impliqué dans l’affaire du Collier de la reine, désigné comme le « Grand Cophte » en s'étant rendu célèbre par la diffusion d'un rite maçonnique « égyptien » aux origines incertaines, ne le fut sans doute pas lui non plus, et que le célèbre comte de Saint-Germain (1707-1784), curieux voyageur spécialisé dans le commerce des teintures, le flou le plus total concernant sa vie n’autorise pas à des affirmations rapides. On s’étonne donc que certains milieux, prêtent une quelconque validité à des écrits de ce type, édités dans des collections « grand public », relativement peu regardantes avec les critères historiques universitaires. Quant au témoignage, tout aussi invérifiable, de l’ex-Père Malachi Brendan Martin (1921-1999) ancien prêtre jésuite, qui fut le secrétaire du cardinal Augustin Bea (1881-1958), relevé de ses vœux de religion à sa demande par Paul VI en 1964, et quittant l'ordre jésuite pour devenir écrivain, il relève des mêmes suppositions gratuites cette fois-ci, évoquant dans un entretien en septembre 1996 (cf. L’Église est éclipsée, op.cit., p. 19), une réception maçonnique d’Angelo Roncalli, alors nonce apostolique à Paris, soi-disant par Vincent Auriol (1884-1966) qui devint Président de la République en 1947. Ce qui est vrai et tout à fait réel, c’est que le futur Jean XXIII, fut nommé à Paris le 22 décembre 1944, en remplacement de l’ancien nonce Mgr Valerio Valeri (1883-1963), favorable au Régime de Vichy et au clergé qui avait soutenu le Maréchal Pétain. Il fit preuve pendant cette période, d’un talent d’habile négociateur, se montrant aimable et débonnaire à l’égard du Gouvernement de la République, observateur tolérant envers les « nouvelles initiatives pastorales » du clergé français très à gauche, bienveillant vis-à-vis de l’engagement des prêtres ouvriers. C’est ainsi qu’il fut créé cardinal en 1953, et reçut sa barrette du Président Vincent Auriol qui en avait fait la demande, au titre d'un ancien privilège des souverains français. C’est donc une personnalité hautement progressiste, rompue aux négociations diplomatiques avec les autorités laïques, qui devint pape le 28 octobre 1958.

12. C'est dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin (354-430), Père et docteur de l'Eglise, développa le plus complètement l'exposé de sa doctrine des « deux Cités », qui devint l'une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne : « Comme Adam était le père de ces deux sortes d’hommes, tant de ceux qui appartiennent à la cité de la terre que de ceux qui composent la Cité du ciel, après la mort d’Abel, qui figurait un grand mystère (ce mystère est sans doute la mort du Christ), il y eut deux chefs de chaque cité, Caïn et Seth, dans la postérité de qui l’on voit paraître des marques plus évidentes de ces deux cités. En effet, Caïn engendra Enoch et bâtit une cité de son nom, laquelle n’était pas étrangère ici-bas, mais citoyenne du monde, et mettait son bonheur dans la possession paisible des biens temporels. Or, Caïn veut dire Possession, d’où vient que quand il fut né, son père ou sa mère dit: « J’ai acquis 5 un homme parla grâce de Dieu » (Gen. VI, 1.); et Enoch signifie Dédicace, à cause que la cité de la terre est dédiée en ce monde même où elle est fondée, parce que dès ce monde elle atteint le but de ses désirs et de ses espérances. Seth, au contraire, veut dire Résurrection, et Enos, son fils, signifie Homme, non comme Adam qui, en hébreu, est un nom commun à l’homme et à la femme, suivant cette parole de l’Ecriture : «Il les créa homme et femme, et les bénit et les nomma Adam » (Gen. V, 2).(…) Or, comme Caïn, fondateur de la cité de la terre, et son fils Enoch, qui nomma cette cité, marquent par leurs noms, dont l’un signifie possession et l’autre dédicace, que cette même cité a un commencement et une fin et qu’elle borne ses espérances à ce monde-ci, de même Seth, qui signifie résurrection, étant le père d’une postérité dont la généalogie est rapportée à part, il est bon de voir ce que l’Histoire sainte dit de son fils. »(St. Augustin, La Cité de Dieu, L. XV, Ch. XVII, « Des deux chefs de l’une et l’autre cité issue du même père. »).

dimanche, 11 octobre 2009

L’apostasie du dialogue interreligieux !

ou  L’Eglise et les religions non-chrétiennes

 

 

 

 

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Une terrible lame de fond au sein de l’Eglise d'après Vatican II

par les vertus du dialogue interreligieux,

 se dirige vers la reconnaissance officielle

de l'idolâtrie et du pluralisme spirituel.

 

 

« Vous serez haïs de toutes les nations

à cause de mon Nom. »

(Matthieu 24, 9).

 

« Celui qui ne croit pas est déjà jugé. »

(Jean 3, 18),

 

 

 

alien-queen-kali-cobra-sex-death1.gifLe débat théologique de nos jours, quittant peu à peu la sphère sociale et politique, sphère qui futbabel2-thumb.jpg  dominante au XXe siècle en raison de la faveur dont bénéficièrent les thèses néo-marxistes au sein de la théologie dite de la « libération » et des divers courants qui s’en inspirèrent ou qui voisinèrent, avec plus ou moins de distance, avec ses principaux thèmes, ce débat donc semble s’être déplacé, mondialisation oblige, sur le terrain plus spécifiquement religieux et se concentrer sur la question de la place et du rôle effectif du christianisme vis-à-vis des autres traditions de l’humanité.

 

C’est à partir de la conviction que plus aucune religion, à l’intérieur d’une société fondée sur les échanges et les relations multipliées entre les peuples de la planète, ne peut se penser comme étant seule détentrice de la vérité, que certains théologiens contemporains tentent de réorienter l’ancien discours apologétique classique en lui faisant prendre un virage radical afin d’établir une sorte d’équivalence entre le christianisme et les autres traditions religieuses qui devraient tous bénéficier d’un égal respect sous prétexte que Dieu souhaita établir une « humanité plurielle ». Nous allons voir en quoi cette thèse fallacieuse, représente l’une des principales menaces spirituelles des temps à venir.

 

 

I.                   Le relativisme

 

frontcover.jpgOn ne s’étonne plus aujourd’hui dans les milieux conciliaires, qu’un théologien anglais comme John Hick, dans sa logique9782204080279.gif ultra relativiste, en vienne à soutenir que le christianisme n’est qu’une forme d’expression parmi bien d’autres d’un identique mystère, une réponse localisée de la « même Réalité divine, qui a surgi à des moments différents et dans des cultures différentes de l'histoire de notre monde ». Chez d’autres, parmi lesquels on peut citer : Claude Basset, Dominique Cerbelaud, Jacques Dupuis [1], Claude Geffré [2], Pierre Grelot, Raimondo Panikkar, Edward Schillebeeckx ou encore Charles Taylor, on sent de même, derrière les délicates précautions dont on s’entoure pour ne point heurter trop frontalement les fondements de la vieille théologie, cherchant à donner, dans des textes se signalant par leur intensif usage de la circonvolution argumentaire des signes répétés d’orthodoxie en ne franchissant pas trop vite la ligne rouge qui consisterait à ne plus reconnaître en Jésus-Christ l’unique Sauveur de l’humanité, une tendance, pour ne pas dire une lame de fond, se dirigeant inexorablement vers l’établissement, par les vertus du dialogue interreligieux, d’un pluralisme spirituel dans lequel sont appelées à cohabiter, en un climat irénique, l’ensemble des traditions d’un monde pluriel.

 

De nombreux ouvrages depuis plusieurs années défendent avec enthousiasme les thèses caractéristiques du dialogue interreligieux, et les mêmes arguments, à travers l’ensemble de cette littérature à visée théologique, font l’objet de longs développements prenant souvent la forme de vibrantes plaidoiries en faveur de l’ouverture en direction des « lumières » présentes dans les religions non-chrétiennes.

 

_wsb_391x484_asissiII.jpgSi se sont principalement distingués dans cet exercice John Hick déjà cité, signalons également un livre de  Gérard Leroy, qui fut un temps le Secrétaire Général de la section française de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, livre préfacé par le dominicain Claude Geffré et publié en 2002 aux Editions Salvator sous le titre  : Le salut au-delà des frontières, représentatif de l’actuel courant de pensée évoqué, offrant un parfait résumé de ses principales positions caractéristiques, les exposant avec un style clair et un évident souci de la mise en conformité des thèses contemporaines et des principales affirmations du christianisme, non sans postuler, au détour de certaines pages, des propositions pour le moins surprenantes relativement représentatives des grandes lignes soutenues, avec quelques nuances selon les auteurs, par les partisans de l’ouverture à l’égard des religions non-chrétiennes, ce qui nous donnera l’occasion d’examiner les dangereuses dérives de l’actuel dialogue interreligieux.

 

 

II. Signification de la diversité religieuse

 

 

arton209.jpgD’entrée Claude Geffré, visiblement emporté par un certain optimisme peu conforme à l'enseignement deimage010.jpg l'Ecriture, ne se souvenant plus de la raison qui conduisit l’Eternel à noyer toute chair sur la terre lors du Déluge et à disperser et confondre l'humanité après l'épisode de la Tour de Babel, faisant qu'aujourd'hui encore les hommes soient divisés en nations distinctes, en  traditions et langues différentes, considère que le miracle de la Pentecôte, alors que celui-ci eut pour mission, certes de réunir de nouveau les créatures quittant les erreurs de leurs fausses croyances idolâtres et les égarements des religions païennes qu'ils s'étaient forgés, mais en un peuple réconcilié et sanctifié « par » et « dans » le Christ : « (...) atteste  que dès l'origine, le rêve de Dieu en créant l'homme est d'écrire une histoire où une humanité plurielle a pour vocation de bénir le nom de Dieu dans l'infinie diversité des cultures et des religions » [3], allant jusqu'à prétendre que cette diversité, qui est positivement la marque distinctive du châtiment infligé par l'Eternel à une humanité insoumise et révoltée : «(...) correspond à un mystérieux dessein de Dieu » [4].

 

 

 

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Selon les vues hérétiques de Claude Geffré :

« le rêve de Dieu est d'écrire une histoire où une humanité plurielle

a pour vocation de bénir le nom de Dieu

dans l'infinie diversité des cultures et des religions. »

 

 

 

image003-full.jpgOn mesure mieux ce que cette idée, c'est-à-dire qu'il puisse résider derrière la diversité des religions un « unique dessein debrahma.jpg Dieu », outre qu'elle soit scandaleusement fausse et inexacte sur le plan de la vérité doctrinale car l'injonction de Genèse I, 28 : « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre », faite à Adam avant la Chute, et la bénédiction post-diluvienne : « Et Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Fructifiez et multipliez et remplissez la terre » (Genèse 9, 1), n'ont jamais été une invitation à la diversité religieuse, bien au contraire, peut avoir de redoutable en matière de foi, et en quoi elle est de nature à aisément conduire à un effectif relativisme aux désastreuses conséquences, car elle est tout simplement négatrice et oublieuse du fait que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas dans l'état qui était originellement le sien, monde abîmé par le péché d'Adam et maudit à cause de lui : « Maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras en travaillant péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces... » (Genèse 3, 17-18), puis souillé par le crime de Caïn, noyé lors du Déluge et séparé en trois parties (les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet, issus de la même famille, donnent naissance, pour l'un aux ancêtres d'Israël, pour le second aux hommes réprouvés ennemis du peuple de Dieu, et le troisième aux gentils [5]), et enfin divisé en langues multiples après Babel (Genèse 11, 1-9), d'où ce rappel formel des Ecritures : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » (1 Jean 2,15) ; « Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).

 

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« Tous les dieux des peuples sont des idoles ! »
(Psaume 96, 5)

 

crane.jpgAinsi affirmer comme le fait, à la suite de Claude Geffré, Gérard Leroy: «... le pluralisme de principe correspond à un dessein de Dieu » [6], participe d'une profonde erreur spirituelle et d'un réel refus d'admettre ce que nous dit la Révélation, sachant que l'humanité noachide était « une » jusqu'à l'épisode de Babel, bien que répartie en trois ensembles formant une même famille, c'est-à-dire constituant un « seul peuple » ayant la même langue, participant de la même tradition et communiant de la même religion : « Et toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles. (...) Et l'Eternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'Eternel dit : Voici, c'est un seul peuple, et ils n'ont, eux tous, qu'un seul langage, et ils ont commencé à faire ceci ; et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu'ils pensent faire. Allons, descendons, et confondons là leur langage, afin qu'ils n'entendent pas le langage l'un de l'autre. Et l'Eternel les dispersa de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on appela son nom Babel, car là l'Eternel confondit le langage de toute la terre ; et de là l'Eternel les dispersa sur la face de toute la terre. » (Genèse 11, 1 ; 5-9).

 

III. La multiplicité : conséquence du châtiment divin 

 

apocalypto.gifLa multiplicité est donc bien, loin des gratuites affirmations des modernes avocats du dialogue interreligieux et malgré leurs peu convaincants arguments, une conséquence directe du châtiment divin : « le changement et la multiplication des langues ont été une peine du péché » [7], un douloureux effet de l'entreprise babélienne qui ne verra sa résolution qu'à la fin des temps seulement où l'Eternel, par son action, rassemblera en une seule nation et une seule langue tous les peuples, il importe de le signifier aux chantres du pluralisme éternel, faisant une nouvelle terre et de nouveaux cieux pour une humanité également nouvelle : «Le temps est venu de rassembler toutes les nations et les langues ; et elles viendront et verront ma gloire. (...) Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je fais, subsisteront devant moi, dit l'Eternel, ainsi subsisteront votre semence et votre nom » (Isaïe 66, 18 ; 22) ; « Car alors, je changerai la langue des peuples en une langue purifiée, pour qu’ils invoquent tous le Nom de l’Éternel pour le servir d’un seul cœur.» (Sophonie 3, 9).

 

 

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La multiplicité est une conséquence directe

du châtiment divin :

 

 "Les choses que les nations sacrifient

elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu"

 

 

YoniYogini_8.jpgC'est donc toujours la même faute qui est reproduite, la constante minimisation des traces du péché, pour ne pasMaha KALI.jpg dire le refus obstiné d'admettre que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas du tout celui qui fut voulu par Dieu, ce dernier, rappelons-le au moment de l'injonction divine : « soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre », ne connaissait originellement ni le péché, ni la mort, ni la maladie, ni la division, ni le crime, ceci expliquant pourquoi la réalité existentielle que nous subissons pour notre pénible honte, résultant d'un dégradation survenue à la suite des actes malsains, répétés et reproduits de génération en génération, d'une humanité insoumise, est à présent dans un état de profonde corruption, ainsi que le martèle avec une souveraine lucidité l'apôtre Paul face à l'hédoniste aveuglement des païens : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant ; et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes attendant l'adoption, la délivrance de nos corps. » (Romains 8, 22-23).

 

IV. Oubli de ce que représente l’élection d’Abraham

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« C'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence.
Il ne dit pas : ''et aux semences'' comme parlant de plusieurs ;
mais comme parlant d'un seul : - qui est le Christ. »
(Galates 3, 16)

 

Dès lors, chercher à faire correspondre la tentative de Dieu de préserver le dépôt de la sainte Tradition au milieu de la grande confusionelijah_baal.jpg religieuse qui fit suite à l'épisode de Babel, en se constituant en Abraham un peuple, qui fut positivement séparé, « extrait » de la perversion spirituelle générale : « Tu les as mis à part en les séparant de tous les peuples de la terre pour être ton héritage » (I Rois 8, 53), peuple choisi et élu, est en complète opposition avec le sens de cette action providentielle qui ne vise pas le moins du monde à bénir la « diversité » du mal triomphant malheureusement dans les nations idolâtres : « Tous les dieux des peuples sont des idoles » (Psaume 96, 5), mais à détacher de la tradition dévoyée un petit nombre d'hommes, un résidu fidèle à la vraie religion : « La race d'Israël se sépara de tous les fils de l'étranger » (Néhémie 9, 2), qui représentera, tout en la préservant et en la faisant vivre, la Tradition authentique, dépositaire, et elle seule, des promesses de la grâce selon ce que nous dit Paul dans ce passage de l'Epître aux Galates expliquant le sens du choix d'Abraham dans le chapitre 12 du livre de la Genèse : « Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : ''et aux semences'' comme parlant de plusieurs ; mais comme parlant d'un seul : - qui est le Christ. » (Galates 3, 16).

 

JosiahKillBaalWorshippers-e.jpgQuelle est la raison du don de cette loi  à Abraham en vue de la réalisation de la promesse, loi qui surgit comme unhazor_baal_mask.jpg apport inattendu dans l'Histoire ? Est-ce pour se féliciter de la dispersion, de la division spirituelle et des  extravagantes folies religieuses qui se développèrent alors, est-ce pour bénir les idoles de marbre, de bois et d'or que se fabriquèrent les peuples : « Les idoles des nations sont de l'argent et de l'or, ouvrage de mains d'homme: Elles ont une bouche, et ne parlent pas ; elles ont des yeux, et ne voient pas ; elles ont des oreilles, et n'entendent pas ; il n'y a pas non plus de respiration dans leur bouche. Ceux qui les ont faites, tous ceux qui se confient en elles sont comme elles » (Psaume 135, 15-18), s'extasier devant les cultes orgiaques, les célébrations criminelles dans lesquelles se pratiquaient d'épouvantables sacrifices humains, les danses licencieuses, la prostitution sacrée, les rites de démence extatique utilisant souvent des psychotropes et des  substances hallucinogènes, sans parler de ceux dédiés à l'exaltation des forces génitrices adorant, comme aujourd'hui encore en Inde, le phallus (linga) ou la vulve (yoni), rites qui font l'admiration des béats dévots guénoniens de la Tradition primordiale ? Non ! Si cette loi fut instituée : « Elle a été ajoutée à cause de la transgression...» (Galates 3, 19), cette précision nous signifiant le degré extrême de dépravation morale et de désorientation religieuse atteint par les descendants des constructeurs de Babel, réponse d'ailleurs suffisant amplement à notre instruction, puisque, on en conviendra aisément, on ne peut être plus clair au sujet du rejet par l'Eternel de la transgression qui fit suite à la confusion babélienne. 

 

 

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Babel représente le remplacement de l'autel sacrificiel

par la construction d'un édifice profane

dirigé en vue de l'exaltation de l'homme.

 

 

 

nhs1-63b5e.jpgComment dès lors ne pas sursauter devant l'affirmation suivante : « Que les gens de Babel se donnent un nombaphomet-mendes3.jpg n'est pas en soi une faute », sachant ce qu'il y a de foncièrement dévié et pervers dans cet acte coupable. En effet, si les détails matériels de la construction de la Tour ont un intérêt relatif : «Etant partis d’Orient, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Sennaar et ils s’y établirent. Ils se dirent entre eux, Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. Et ils se servirent de briques au lieu de pierres et de bitume au lieu de ciment»(Genèse 11, 2-3), l’essentiel se trouve dans cette volonté, exprimée au verset suivant, de se doter d'un nom, le texte sacré indique d’ailleurs que cela fut fait car les constructeurs se dirent entre eux : « de peur que nous ne soyons dispersés sur la surface de toute la terre », ce qui nous fait positivement connaître l'effectif projet de Babel, à savoir fonder une « unité », non pas en s'appuyant sur un nom conféré et donné par l'Eternel, mais forgé, constitué, élaboré par l'œuvre des hommes, de se bâtir une religion selon leur cœur, pour leur propre usage, sans ce soucier des lois divines. Nom naturel et impie représentant, symboliquement, un plan purement terrestre, une volonté de placer l'homme au centre de l'univers en y délogeant Dieu, selon une perspective de conquête qui, bien que religieuse, se voulut libérée des contraintes et principes de la Révélation puisqu'il n'y était plus question de glorifier le « Nom » de celui auquel Noé offrit son holocauste à la sortie de l'Arche, ni de lui célébrer le culte expiatoire que le Juste Abel fit monter vers le Ciel dans les premiers temps de l'humanité, car à Babel fut totalement absent le rappel du culte primitif, l'érection de l'autel du sacrifice étant changée en la construction d'un édifice d'essence absolument profane dirigé uniquement en vue de l'exaltation de l'homme : une « Tour », lors de la construction de laquelle aura été mise de côté la lutte entre les deux postérités antagonistes, celle d'Abel et celle de Caïn, en une recherche mensongère, car artificielle, d'une unité perverse consistant en l'oubli de la postérité abélienne ayant pour finalité, en une étonnante modernité d'intention fort voisine de nos rêves contemporains chantant, en des accents témoignant d'un angélisme utopique, les vertus de la diversité et du pluralisme travaillant à l'œcuménique édification de la Cité de la terre, dont on sait cependant qu'elle est gouvernée et dominée par le Prince de ce monde, comme lui-même en fit l'inquiétant aveu à Jésus lorsque ce dernier fut tenté dans le désert : « Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes ; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux. » (Luc 4, 6). 

 

V. Une tragique erreur d’interprétation

 

De la sorte présenter le chapitre 12 de la Genèse où, après que l'Eternel eut fait cesser l'œuvre des constructeurs de Babel en confondant la langue des hommes Abraham sera séparé et isolé de la corruption générale par Dieu pour devenir l'unique dépositaire du sceau de l'élection divine, non pas comme une décision faisant suite à une sanction, mais comme une récompense, est un inacceptable et manifeste contresens : « (...) l'arrêt de la construction n'est pas une punition. L'intervention de Dieu traduit sa volonté sur la création : il a voulu faire exister l'homme libre ; la portée de l'effet de la bénédiction d'Abraham recouvre le monde des nations » [8].

 

ABRAXAS.gifEn  effet, Babel eut pour conséquence, outre de voir les hommes se bâtir une unité factice selon un « nom » impie créédyn006_original_300_400_pjpeg_2511639_97ab5934347abfdd1af6ad0cfb8aa098.jpg pour la circonstance, mais également, sous l'influence perverse du tentateur, de se constituer des dieux répondant à leurs désirs déviés et passions malsaines, divinisant pour cela, avec une imagination fiévreuse, les puissances de la nature dont les créatures deviendront le jouet constant tout au long de l'histoire. N'ayant plus une relation droite, fidèle et authentique avec Dieu, perdant de par leur inconduite leur juste connaissance de la Vérité, les hommes se sont précipités avec empressement dans toutes les erreurs les plus ténébreuses, se fabriquant, par des rêves futiles, une multitude de dieux incarnant l'ensemble des caractères de l'humanité, du plus élevé au plus vil, en les portant à un invraisemblable degré de sublimation. Entretenant de la sorte une relation de crainte vis-à-vis de ce fantastique panthéon baroque, mélangeant formes animales et humaines qui donneront des dieux aux visages grotesques et inquiétants, les fils d'Adam se mettront à trembler devant les entités qu'ils se seront construits essayant d'apaiser, par des cultes souvent sanglants et de rigoureuses et sauvages célébrations, l'irrationnelle colère de ces imaginaires divinités qui leur inspireront peur et effroi. C'est cette triste situation qui expliquera l'intervention de Dieu, puisque ayant réduit tout d'abord une première fois la durée de la vie des hommes lors du Déluge, une seconde fois encore il la divisera de moitié à Babel, partageant ensuite la terre au temps de Phaleg (Genèse 10, 25) assignant à chaque peuple une place particulière : « Quant le Très-haut partageait l'héritage aux nations, quand il séparait les fils d'Adam, il établit les limites des  peuples selon le nombre des fils d'Israël. » (Deutéronome 32, 8).

 

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 Il n’y a jamais eu chez Dieu la volonté

d'établir un pluralisme religieux,

qui n'est que le fruit de la corruption spirituelle

qui fit suite à la division imposée après Babel.

 

 

 

A-Messaline-priape.jpgPostuler de la part de l'Eternel, de par une  aberrante supposition, un souhait de voir se constituer une humanité plurielle, n'hésitant pas à787299706.jpg considérer cette option prétendument « théologique », « hypothèse herméneutique d'un pluralisme de droit », comme participant d'une question légitime : « Le récit de la Tour de Babel ne nous incite-t-il pas à nous poser la question de l'affirmation d'un retour à l'origine de la nature même de la création qui serait, selon la volonté de l'Auteur divin, multiple ? » [9], est une thèse absolument opposée à l'enseignement de l'Ecriture. C'est pourquoi il est totalement contraire à la vérité de soutenir que : « l'Esprit de Dieu à la Pentecôte (...) consacre la diversité des nations (...) il apparaîtra que la négativité de cette confusion des langues se sera complètement retournée en positivité. Elle aura donné à l'humanité la possibilité d'expliciter toutes les potentialités que le Créateur avait mises en elle. (...) ne faut-il pas voir dans la confusion des langues la volonté divine de ramener les hommes à la condition de créature comme condition multiple ? » [10]. Reproduisant la fausseté de son postulat, à savoir qu'il y aurait eu une volonté positive chez Dieu d'établir un  pluralisme religieux alors que celui-ci, hélas ! n'est que la conséquence de la corruption spirituelle qui fit suite à la division imposée aux hommes en forme de châtiment pour briser leur coupable rêve prométhéen, division qui est une sanction, une réponse directe au projet criminel forgé par les constructeurs de l'édifice orgueilleux qui devait atteindre le ciel, et apparaît  clairement comme une conséquence de la désastreuse entreprise babélienne qui brisa l'antique unité que l'Eternel constitua originellement, Gérard Leroy en arrive même à proposer une renoncement à la vocation des chrétiens à annoncer l'Evangile et convertir les nations : « S'il y a pluralité des voies qu'aurait voulu Dieu pour aller à Lui, comment penser cette pluralité des voies vers Dieu sans brader la foi chrétienne ? (...) Cette difficulté spécifiquement chrétienne engage les chrétiens à dépasser deux inclinations : celle, paresseuse, qui nous porte à exclure les autres religions, et l'autre, prédatrice, qui voudrait les inclure, comme on assemblerait des tables gigognes. Il nous faut renoncer à certaines attitudes, pour se tenir à la place qui est la nôtre. L'initiative de la relation de Dieu à l'homme vient nécessairement de Dieu. Cessons donc de nous faire aiguilleurs du ciel ! » [11].

 

 

V. Une position « démissionnaire »

 

La conclusion d'un tel stupéfiant discours ne peut que logiquement s'achever qu'en un bien triste  aveu « démissionnaire » : « Le christianisme asaint_jean_baptiste_de_la_conception_r_formateur.jpg revendiqué une place centrale dans la cosmologie des religions (...) il nous faut abandonner cette place centrale. Celle-ci ne revient pas plus à une religion qu'à une autre. La place du centre revient au  Mystère de Dieu. C'est le seul soleil autour duquel doivent tourner les religions, y compris le christianisme. (...) Les paroles que nous prononçons ne sont pas la vérité en soi. Le christianisme n'est pas le Christ. Le christianisme témoigne d'une vérité qui le dépasse ; il est mû par Celui auquel il croit et qu'il a mission d'annoncer, non de s'approprier. Il ne revient donc pas au christianisme de rejeter ou d'inclure. » [12].

 

La pénible distinction assenée quasiment à chaque page, traversant tout l'exposé de Gérard Leroy, entre le christianisme et le Christ, alors que n'est jamais précisé ce que l'on entend par l'appellation « christianisme » (est-ce le catholicisme, les diverses églises issues de la Réforme, l'orthodoxie ?), revient comme une lassante réitération du même ahurissant refrain : « La grâce est christique, mais n'est pas pour autant le monopole du christianisme. (...) Il ne revient donc à personne, pas plus à une Eglise qu'à toute autre communauté de s'arroger le droit de répartition de la grâce et donc de s'arroger en quelque sorte le monopole de la distribution ! (...) Nous avons à éviter l'identification du christianisme et du Christ. » [13].

 

De tels propos sont évidemment choquants, mais au fond qu’y a-t-il de si extraordinaire en eux lorsqu’on sait qu’il est écrit dans Notra Aetate :  « L'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions [religions païennes, ou orientales, " liées au progrès de la culture ", comme l'hindouisme et le bouddhisme]. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes... » Or, tous les spécialistes de ces religions affirment que cette vue est fausse. En réalité, « derrière leurs formes brillantes », évoquées par la Déclaration conciliaire, subsiste un paganisme fondamental, ou plutôt une absence de Dieu, qui rend impossible toute autre solution que celle de la conversion. Or, c'est précisément le contraire d'un appel à la conversion que leur adresse le Concile quand il exhorte les fidèles catholiques « pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d'autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent en eux. » Et l’on pourrait poursuivre de même encore longtemps.

 

 

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L’idée d’une herméneutique de la continuité

est absurde !

 Vatican II incarne une rupture radicale

d’avec l’ancienne doctrine de l’Eglise.

Paul-VI_ONU.jpgIl faut donc admettre que l’idée d’une herméneutique de la continuité est une absurdité, car Vatican II incarna une rupture radicale d’avec l’ancienne doctrine de l’Eglise. Et il faudrait passer par une critique honnête et objective, mais aussi un rejet salvateur des thèses modernistes erronées qui se sont, hélas ! infiltrées dans les actes du Magistère. Reconnaissons toutefois que les termes de la Déclaration Domine Iesus,  sont d’une saine fermeté et nous croyons nécessaire de les porter à la connaissance du lecteur, pensant qu’ils sont de nature à poser d’essentiels principes sur des points fondamentaux touchant à la substance même de la foi : “La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique. Ces théories s'appuient sur certains présupposés de nature philosophique ou théologique qui rendent difficiles la compréhension et l'accueil de la vérité révélée. On en signalera quelques-uns : (...) l'attitude relativiste vis-à-vis de la vérité, entraînant que ce qui est vrai pour certains ne le serait pas pour d'autres; l'opposition radicale qu'on établit entre la mentalité logique occidentale et la mentalité symbolique orientale ; (...) la difficulté à percevoir et comprendre dans l'histoire la présence d'événements définitifs et eschatologiques; la privation de sa dimension métaphysique de l'incarnation historique du Logos éternel et sa réduction à une simple apparition de Dieu dans l'histoire; l'éclectisme qui, dans la recherche théologique, prend des idées dans différents contextes philosophiques et religieux, sans se soucier ni de leur cohérence systématique ni de leur compatibilité avec la vérité chrétienne (...). Sur la base de ces présupposés adoptés sans uniformité, comme des affirmations pour certains, comme des hypothèses pour d'autres, des propositions théologiques sont élaborées qui font perdre leur caractère de vérité absolue et d'universalité salvifique à la révélation chrétienne et au mystère de Jésus-Christ et de l'Église, ou y jettent au moins une ombre de doute et d'incertitude. Pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète. On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6). (...) L'économie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ (cf. 1 Tm 6,14 et Tt 2,13) ». [14]

Conclusion

 

christ_cross_xir201642_hi.jpgNous sommes donc inévitablement amenés à nous demander, qu'est-ce qu'un christianisme sans le Christ, qu'est-ce que desfrancois-xavier.jpg chrétiens sans l’assurance qu'ils sont héritiers des promesses du Salut et de la Grâce ? Tout ce discours donne ainsi la fâcheuse impression d'un profond oubli de ce qui fut confié comme devoir aux apôtres et à l'Eglise primitive : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28, 19s.) ; « Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16, 15-16.).Oui, Dieu aime les hommes, mais rachetés par son Fils, sanctifiés par sa grâce à la condition qu’ils croient en son « Nom » et qu'ils confessent leurs péchés : « Afin que la bénédiction d'Abraham parvînt aux nations dans le Christ Jésus, afin que nous reçussions par la foi l'Esprit de la promesse. »(Galates 3, 14). Alors effectivement, par Jésus-Christ, par la sainte vertu de son sacrifice qui nous vaudra de bénéficier de la salvatrice puissance de la Rédemption, les peuples, s'ils se convertissent et font pénitence, ne seront plus coupés, divisés, plongés dans les ténèbres de l'impiété, prisonniers de leurs inexactes religions aux croyances faussées, non plus séparés du Ciel mais unis au Père, pleinement « héritiers » des promesses faites à Abraham : « Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d'Abraham, héritiers selon la promesse. » (Galates 3, 29).

 

 

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Les peuples, s'ils se convertissent,

ne seront plus dans les ténèbres de l'impiété,

prisonniers de leurs inexactes religions

aux croyances faussées.

 

jacques_marquette.jpgLes avocats du dialogue interreligieux préfèrent positivement, à la proclamation du seul salut en Jésus-Christ, und%25E9part_1861.jpg « nouveau paradigme » obligeant à une révision des positions traditionnelles sous prétexte de la reconnaissance d’une multi-religiosité diversifiée. Il n’est pourtant pas possible de postuler qu’un non-chrétien puisse se sauver « par » sa religion, cette dernière ne possédant pas, par définition, les fruits précieux que constituent les enseignements de la Révélation dispensateurs des dons surnaturels de la grâce, nous remémorant qu’il y a peu, l’Eglise, par la plume de Pie IX signant le Syllabus le 8 décembre 1864, réprouvait fermement et rejetait catégoriquement l’opinion suivante la regardant comme une erreur condamnable, apostate, blasphématoire, contraire à la foi de l’Evangile : « Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. » [15]

Saint Paul avait pourtant mis fermement en garde : « Les choses que les nations sacrifient elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu : or je ne veux pas que vous ayez communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons. » (I Corinthiens 10, 20-21). Il importe donc que les partisans du pluralisme  religieux, profondément désorientés qui ont perdu leur sensus fidei, se remémorent le solennel et très ferme avertissement de l’Evangile : « Il n'y a qu'un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est livré en rédemption pour tous » (1 Timothée 2, 4-6); « et il n'existe de salut en aucun autre .» (Actes 4, 12).

 

 

 

 

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« Faites pénitence et croyez à l'Evangile.»

(Marc 1, 15)

 

Notes.

 

[1] Le jésuite Jacques Dupuis (qui séjourna en Inde de 1948 à 1984) soutient des positions plutôt aventureuses dans son ouvrage paru en 1997 : Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, ce qui amena, après examen, dans une Notification solennelle rédigée en 1999, celui qui était à l’époque Préfet de la « Congrégation pour la doctrine de la foi », à savoir le cardinal Joseph Ratzinger, à déclarer : «  (…) dans le livre sont contenues de graves ambiguïtés et des difficultés sur des points doctrinaux importants qui peuvent conduire le lecteur à des opinions erronées ou dangereuses. Ces points concernent l’interprétation de la médiation salvifique unique et universelle de Jésus Christ, l’unicité et la plénitude de la Révélation dans le Christ, l’action salvifique de l’Esprit Saint, l’ordination de tous les hommes à l’Eglise, la valeur et la signification de la fonction salvifique des religions. » (Notification sur le livre du P. Jacques Dupuis, s.j., «Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux», 1999) Cette heureuse Notification présente le mérite de réaffirmer ce sur quoi la Déclaration Domine Iesus avait déjà fermement insisté  : S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des moyens de salut. (Déclaration Domine Iesus, 2000).

 

[2] L’audace du dominicain Claude Geffré va assez loin comme on peut le constater : « Il semble que le seul moyen de désabsolutiser le christianisme comme religion universelle de salut et de prendre au sérieux la portée salutaire des autres religions soit de remettre en question l’universalité du salut en Jésus Christ. Et puisque c’est en tant même que Verbe fait chair que Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, on interprétera le langage de l’incarnation comme un langage métaphorique pour désigner l’ouverture exceptionnelle de Jésus à Dieu. (…) puisque Dieu travaille au salut de tous les hommes à travers d’autres médiations que le Christ, il faut renoncer à considérer le Christ comme la cause exclusive et constitutive du salut de tous les hommes. » (Claude Geffré, o.p.  La prétention du christianisme à l'universel: Implications missiologiques, Rome,18 octobre 2000). C’est pourquoi, Rome a exprimé de profondes et sévères critiques vis-à-vis de ses positions, ce qui s’est traduit par une mesure significative, bien que fort timide tout de même : « La récente mésaventure survenue à Claude Geffré, l’un des théologiens français les plus reconnus au niveau international, met une fois de plus en évidence la véritable mise sous tutelle de la théologie catholique par les instances disciplinaires de l’Église romaine. Deux jours avant de s’envoler pour la République démocratique du Congo, où il devait recevoir un doctorat honoris causa de la faculté de théologie de Kinshasa, ce dominicain spécialiste du dialogue des religions s’est vu conseiller par le doyen de cette faculté de rester à Paris. La Congrégation romaine pour l’Éducation catholique, dont le préfet, le cardinal polonais Zénon Grocholewski, présidait justement à Kinshasa un colloque sur « la théologie et l’avenir des sociétés », s’opposait en effet à ce que le théologien reçoive ce diplôme honorifique. » (Cf. Le Monde, 9 mai 2007).

 

[3] G. Leroy, Le salut au-delà des frontières, Edts Salvator, 2002, p. 5.

 

[4] Ibid., p. 6.

 

[5] Les desseins, c’est-à-dire les plans de Dieu à l’égard des hommes, selon l’enseignement des saintes Ecritures, concernent trois groupes, trois ensembles constitutifs bien distincts très nettement désignés dans le texte sacré : Israël, les nations et l’Eglise (ou l’Assemblée, le « corps mystique » constitué par tous les croyants qui ont foi en Jésus-Christ). Si l’humanité, dans la période allant d’Adam à Noé, est une unique famille absolument homogène formée par l’harmonieuse succession des patriarches, d’où sont nom « d’époque patriarcale », qui voit Adam donner le jour à Seth, qui engendra Enosh, qui engendra Kénan, qui engendra Mahalaleël, qui engendra Jéred, qui engendra Hénoch, qui engendra Methushélah, qui engendra Lémec, qui engendra Noé, qui lui-même engendra Sem, Cham et Japhet, l’histoire proprement dite des « nations », soit celle correspondant à une certaine diversité concrètement établie sur la terre s’ouvre, à proprement parler, après le déluge : « Ce sont là les familles des fils de Noé, selon leurs générations, dans leurs nations ; et c’est d’eux qu’est venue la répartition des nations sur la terre après le déluge. » (Genèse 10, 32). C’est d’ailleurs à cette répartition que se rapporte le passage du livre du Deutéronome : « Quand le Très-Haut partageait l’héritage aux nations, quand il séparait les fils d’Adam, il établit les limites des peuples selon le nombre des fils d’Israël ». (Deutéronome 32, 8).

 

[6] G. Leroy, op. cit., p. 38.

 

[7] St. Augustin, La Cité de Dieu, Liv. XVI, ch XI.

 

[8] G. Leroy, op. cit., pp. 50-52.

 

[9] Ibid., p. 70.

 

[10] Ibid., pp.64-65.

 

[11] Ibid., pp. 177-178.

 

[12] Ibid., pp. 177-178.

 

[13] Ibid., pp. 177-178.

 

[14] Déclaration Domine Iesus, 2000.

[15] Pie IX, Syllabus, § III, XVI-XVII, Rome, 8 décembre 1864.

10:04 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : église catholique, paganisme, hérésie, christianisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

dimanche, 13 septembre 2009

René Guénon et le ténébreux « Roi du Monde »

 

ou le caractère sinistre d’une très classique

 théorie occultiste

 

 

 

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Catholique apostat et ésotériste antichrétien,

René Guénon, avec le "Roi du Monde",

réutilise un mythe puisé chez les occultistes du XIXe siècle.

 

 

 

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« Le Roi du Monde

est en rapport avec les pensées

de tous ceux qui dirigent

la destinée de l’humanité… »

 

 

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 Dans « La Mission des Juifs » (1884)

l'occultiste Saint-Yves d’Alveydre, théoricien de la Synarchie,

 résumait l'Histoire avec une division en quatre âges

dont le dernier : le Kali Yuga

ramenait à l'âge d'or.

 

 

 

 

arton43-0552d.jpgLa  figure du « Roi du Monde », dont René Guénon (1886-1951), catholique apostat et ésotériste antichrétien, se9782070230082.gif fit l’avocat, est plus que discutable, ceci en raison de la grande opacité qui règne sur cette appellation à l’assonance inquiétante, et dont tout indique que nous sommes ici en présence d'un mythe douteux, puisé chez les occultistes du XIXe siècle.

 

Guénon formula la théorie du Roi du monde, car cette théorie réalisait la perfection d’une conception ‘‘administrative’’ de l’unité des religions. Toutes les religions, selon Guénon, sont des modifications secondaires d’une « Tradition primordiale » dont le dépôt est confié à un personnage mystérieux, le « Roi du monde », entouré de tout un ensemble de ‘‘fonctionnaires’’ sacrés qui assurent les relations du « Centre primordial », situé quelque part, sous terre, en Asie, avec les diverses formes traditionnelles.

 

I. Sources occultistes de Guénon

 

 

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Tout ce qui se trouve dans les ouvrages de Guénon,

est en réalité ce qui faisait l’essentiel

des thèses de l’occultisme.

 

 

 

 

SYAJuifs.JPGIl y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur cette thèse suspecte et ridicule propagée par les occultistes, et on est frappé par la réutilisation massiveFabreOlivet.jpg que fit Guénon des connaissances exposées chez Fabre d'Olivet (1767-1825) ainsi que celles présentées dans le ‘‘Peuple primitif’’ de Frédéric de Rougemont qui constitua pour lui une vraie mine et une riche documentation y puisant ses principales idées, en particulier celle de l'existence d'une « Tradition universelle » à la source de toutes les traditions, les notions de symbolisme, de Roi du Monde et de « Centre », les ternaires, le son originel OM, les religions asiatiques, les cycles cosmiques, etc.

 

saint-yves-alveydre.jpgPar ailleurs, Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909), autre occultiste célèbre, qui se trouve à la limite entre ceux que Guénon a lus et ceux qu'il a connus [1], dans « La Mission des Juifs » (1884) résumait l'histoire de la connaissance depuis le déluge dans le cadre d'un Kalpa 4.320.000.000 d'années, multiple des 432.000 ans du Manvantara avec une division en quatre âges dont le dernier : Kali Yuga ramenait l'âge d'or. « La Mission de l'Inde », parue en 1910 après la mort de Saint-Yves, développait le thème du centre spirituel de l'humanité :

 

-          « "l'Agartha", son organisation en différents cercles autour du Brahmatma, du Mahatma et du Mahanga (...) ce que Guénon reprit dans le Roi du Monde. L'ouvrage a été utilisé dans : Orient et Occident, La Crise du Monde moderne et l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues. (...)» [2]

 

On le constate, ce qui se retrouvera intégralement, quelques décennies plus tard, dans les ouvrages de Guénon, est en réalité tout ce qui faisait l’essentiel du discours classique de l’occultisme.

 

II. Recyclage des thèmes occultistes

 

 

Ce sont donc chez de vieux thèmes occultistes, que Guénon au début du XXe siècle, sous prétexte d’y "mettre de l’ordre", cherchera de fragiles éléments de crédibilité, en prenant fait et cause pour le témoignage recueilli par Ferdinand Ossendowski (1876-1945) qui fit publier un ouvrage, Bêtes, hommes et dieux (1924), dans lequel il relatait certains propos entendus à l'occasion d'un voyage qui le conduisit en Mongolie, propos assurant, accompagnés par des éléments plus ou moins tangibles, la réalité de l'existence de cette bien étrange figure royale.

 

 

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Ferdinand Ossendowski (1876-1945)

 

beteshommesdieux.jpgFerdinand Ossendowsky  rapporta dans son livre, Bêtes, hommes et dieux, les éléments légendaires circulant en Asie parmi les populations autour de l’existence du « Roi du Monde », et considérait que cette figure servait surtout des raisons d'ordre politique, comme il le déclarera, à la surprise des auditeurs, sans nul détour lors de la table ronde réunie en juillet 1924 par Frédéric Lefèvre, rédacteur en chef des Nouvelles littéraires, en présence de l'orientaliste René Grousset (1885-1952), de Jacques Maritain (1882-1973) et de René Guénon en personne : « Aucune nation de l'Asie, dira-t-il, n'étant assez forte pour soutenir temporellement l'impérialisme de la religion jaune, cette fonction a été dévolue à une humanité souterraine et à son chef (...) en attendant le nouveau Gengis-Khan. »

 

En revanche Guénon, imbibé de fables occultistes, contre toute vraisemblance, prit fait et cause pour la véracité de cette thèse, et s'opposera à  l'avis partagé à la fois par Ossendowsky et René Grousset, soutenant : « L'idée du Roi du Monde remonte en Asie à une haute antiquité et elle a toujours eu un rôle important dans la tradition hindoue et shivaïte qui forme le fond du bouddhisme tibétain. » 

 

III. Désorientation spirituelle de Guénon

 

 

35.jpg

 

 

Selon l'occultiste René Guénon, la Charité

est "un élément sentimental secondaire" !

 

 

TIgya083blog.jpgMaritain, de son côté, avec un très pertinent sens théologique, ayant peu de sympathie pour les fables orientales, se contentera de signaler toutsymboles.jpg d’abord qu'il y avait dans cette appellation, une malheureuse assonance avec ce que nous apprend l'Evangile lorsqu'il affirme : « le prince de ce monde est déjà jugé » (Jean 16, 11) ; il réagira cependant vivement, à juste titre, s’agissant d’une possibilité d’enrichissement ou « d’alliance » de la pensée chrétienne par l’Orient, par ces mots qui provoqueront un très instructif dialogue avec Guénon qui identifiera dans ses propos la « Charité » en tant qu’amour de Dieu, à « un élément sentimental…secondaire » :

 

- J. Maritain : ‘‘…l’alliance en question ne serait pour elle qu’une inadmissible subordination et la ruine de la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, entre la nature et la grâce. La théologie, appuyée sur les principes révélés de la foi, est la science suprême…’’.

 

- R. Guénon : ‘‘Non pas, elle n’est qu’une détermination de la métaphysique, je parle de la véritable et authentique métaphysique. Celle-ci va bien au-delà.’’

 

- J. Maritain : ‘‘Nulle science ne va au-delà de la foi révélée. De plus, la sagesse hindoue n’ignore-t-elle pas de façon complète, non seulement l’ordre de la moralité proprement dite, - ce que nous appelons mérite, péché, etc. – mais aussi l’ordre de la charité ?’’

-           

- F. Ossendowski : ‘‘Le peuple mongol est honnête, pacifique, profondément estimable ; il pratique l’hospitalité. Mais il n’y a en effet aucune place dans la religion jaune pour la charité au sens d’amour de Dieu.’’

 

- R. Guénon : ‘‘C’est là un élément sentimental et par conséquent secondaire.’’

 

J. Maritain : ‘‘Allons donc ! C’est une vertu toute spirituelle et toute surnaturelle. ‘‘Dieu est charité’’. C’est par elle seule que l’homme atteint la perfection, c’est par elle aussi, et par le don de sagesse qui en est inséparable, qu’a lieu la véritable contemplation. C’est par elle seule que l’Esprit peut régner parmi les hommes. Voilà le point capital sur lequel nul accord n’est possible avec l’intellectualisme absolu et l’ésotérisme hindous.’’ »

 

IV. Le Roi du Monde : figure ténébreuse !

 

 

Belphegor.jpg

 

"...Du cercueil commencent à sortir des banderoles

transparentes de lumière à peine visibles."

 

 

On le voit, Guénon professe des positions inacceptables du point de vue chrétien, et sa vision des plus hauts mystères de la Foi, est profondément obscurcie. Mais pour ce faire une idée de ce à quoi prête foi René Guénon, il est bon de connaître, pour notre édification, ce que rapporte exactement Ossendowski dans son texte, souvent évoqué, mais peu cité, où l’on découvre un Roi du Monde bien peu engageant, se livrant à des opérations spirites avec son prédécesseur afin de « guider » (sic) les puissants de la terre :

 

 

- « Le Roi du Monde parle longtemps, puis s’approche du cercueil, en étendant la main. Les flammes brillent plus éclatantes ; les raiessceau_theosophique_s.jpg de feu sur le mur s’éteignent et reparaissent, s’entrelacent, formant des signes mystérieux de l’alphabet vatannan. Du cercueil commencent à sortir des banderoles transparentes de lumière à peine visibles.

 

Ce sont les pensées de son prédécesseur. Bientôt le Roi du Monde est entouré d’une auréole de cette lumière et les lettres de feu écrivent, écrivent sans cesse sur les parois les désirs et les ordres de Dieu.

 

A ce moment le Roi du Monde est en rapport avec les pensées de tous ceux qui dirigent la destinée de l’humanité : les rois, les tsars, les khans, les chefs-guerriers, les grands-prêtres, les savants, les hommes puissants.

 

Il connaît leurs intentions et leurs idées. Si elles plaisent à Dieu, le Roi du Monde les favorisera de son aide invisible ; si elles déplaisent à Dieu, le Roi provoquera leur échec. Ce pouvoir est donné à Agharti par la science mystérieuse d’Om, mot par lequel nous commençons toutes nos prières. (…).» [3].

 

 

 

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"Le Roi du Monde parle longtemps,
puis s’approche du cercueil, en étendant la main..."

 

ct00101.jpgGuénon souscrivit sans aucune réserve aux assertions rapportées par Ossendowski, et devint le vigoureux propagandiste de cette thèse qui lui permettait de trouver quelques arguments supplémentaires allant dans le sens de ses vues au sujet de la présence d'un « Centre » situé dans une zone géographique inconnue, « Centre » détenteur des éléments cachés de la « Tradition primordiale », éléments conservés entre les mains d'un monarque régnant mystérieusement, par l'effet d'une autorité supérieure d'origine « non-humaine » en tant que « Roi du Monde » .

 

Sa plume se fait même étonnement vibrante, et il va, dans le « Roi du Monde », jusqu’à avaliser sans pouvoir s’appuyer sur aucune preuve tangible, la véracité de ce qu’avance Ossendowski avec une rare ardeur :  « M. Ossendowski dit parfois des choses qui n’ont pas leur équivalent dans la Mission de l’Inde, et qui sont de celles qu’il n’a certainement pas pu inventer de toutes pièces. »

  

Conclusion

 

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 Jacques Maritain dira de la doctrine de Guénon

qu'elle est :

« Un spécieux mirage qui mène la raison à l'absurde,

l'âme à la seconde mort ! »

 

 

Dorje.jpgPour comprendre le processus intellectuel qui amena Guénon à soutenir de telles aberrants délires, il suffit simplement de considérer que, dans l'esprit de Guénon, les restes de la « Tradition primordiale », bien que voilés, n'ont jamais cessé de perdurer et ont été préservés au sein de l'Agarttha, mythique cité invisible, endroit où réside le « Roi du Monde ».

 

Si les enjeux spirituels n'étaient pas d'une importance si déterminante, on pourrait, éventuellement, sourire à ces rêves quelque peu naïfs, porteurs d'un onirisme mythologique enfantin et imaginatif. Mais le caractère propre de ces affirmations amène, ceux qui y donnent leur consentement, à soutenir de telles aberrations au niveau de la foi et des fondements de la Révélation, qu'il faut se garder d'une trop grande bienveillance à leur sujet sous peine de se trouver en présence de convictions inacceptables, foncièrement négatrices des vérités de l'Ecriture.

 

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Le Roi du Monde est l'irréductible adversaire de l'Eternel

 

Que la terre pût posséder un « Roi du Monde », ou plus exactement un « Prince », tout nous le confirme puisque nous trouvons sa noire présence à tous les moments de la Révélation [3]. Mais que ce peu fréquentable monarque, irréductible adversaire de l'Eternel selon l’Ecriture, soit pourvu des attributs sacrés de la dignité sacerdotale, est une autre affaire, et l'on ne peut que convenir que c’est sans doute par l’effet de sortilèges maléfiques, que Guénon, profondément désorienté spirituellement, souhaita lui conférer un tel degré de reconnaissance sur le plan traditionnel. 

 

Jacques Maritain, qui établira rapidement la nature antichrétienne de la pensée de Guénon, définira solennellement la pseudo-connaissance ésotérique de Guénon qui voulait en faire l'herméneutique générale de la Tradition, comme :  "un spécieux mirage qui mène la raison à l'absurde, et l'âme à la seconde mort !" [5] On conviendra, à la lumière de ce qui vient d'être exposé s'agissant de la nature du "Roi du Monde", qu'il ne se trompait pas !

 

 

 

Notes.

 

1. S'il ne le rencontra pas lui-même, il fréquenta jusqu'à sa mort en 1921 un de ses disciples les plus remarquables Charles Barlet (1838-1921).

 

2. Cf. J.-P. Laurant, Le sens caché dans l'œuvre de René Guénon, ch. II. ‘‘Sept ans d'occultisme’’, 'Age d'Homme, 1975, pp. 27-41.

 

3.  F. Ossendowski, Bêtes, hommes et dieux, 1924, ch. 47 & 48.

 

4. Ce « Prince », ce « Roi du Monde », de son vrai nom Satan, est « plein de sagesse et parfait en beauté » (Ezéchiel 28, 12), il est capable de se dissimuler sous les traits d'un « ange de lumière » (2 Corinthiens 11, 14). Dominant sur tout ce qui existe, il est bien le « dieu », l'effectif « Roi du monde » des êtres trompés, et c'est pourquoi, à son tour, saint Jacques nous prévient : « Ne savez-vous pas que l'amitié du monde est inimitié contre Dieu ?  Quiconque voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).

 

5. J. Maritain, Les Degrés du Savoir, 1932.

 

19:25 Publié dans Esotérisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : religion, occultisme, christianisme, catholicisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

dimanche, 09 août 2009

Wagner et la mystique de Parsifal

" L E   C A S   N I E T Z S C H E "

 

ou

la haine antireligieuse de l’auteur de Zarathoustra,

contre le génie spirituel de Parsifal

 

wagner1850.jpg

« Nous reconnaissons le principe de la déchéance de l’humanité

et par suite la nécessité de sa régénération;

nous croyons à la possibilité de cette régénération

et nous nous vouons à son accomplissement . »

 

(Richard Wagner)

 

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richard-wagner1.jpgOn sait que Nietzsche (1844-1900), à la philosophie démentielle et que l’on fera difficilement passer pour un chrétien, était fortement dérangé dans ses jugements et troublé dans ses analyses, la démonstration de son déséquilibre dans la note « Nietzsche : une idole crépusculaire ! », confirmant largement, s’il en était encore besoin, le caractère peu sérieux et souvent grotesque et chimérique de sa pensée. Toutefois, il est encore un domaine où l'étrange visionnaire de Sils Maria se distingua piteusement par ses positions antichrétiennes aberrantes :  la musique de Wagner.

Certes Nietzsche, bon pianiste, savait à 12 ans interpréter, dit-on, les sonates de Beethoven (opus 7, 26 et 49), ceci aprèsnie.jpg deux ans de piano seulement, sa productivité musicale ensuite devenant intense, composant des pièces pour piano et des oratorios, ainsi que des quatuors et des Lieder, improvisant avec aisance, jouant parfois, au soir de sa vie, du matin au soir la réduction pour piano de Tristan au point d’étourdir les oreilles de sa sœur [1]. Mais s’il est cependant un témoignage probant de son incompétence sur le plan des idées musicales et de son parti-pris antireligieux, c’est bien dans sa relation à Wagner qu’il apparaît le plus nettement.

 

 

image note.jpg

Wagner affirme que l'art ne fait qu’un avec la religion,

il est indissolublement uni à la religion,

puisque devant nous conduire à la vie éternelle.

 

I. Début de la relation

illus-088.jpgNietzsche eut tout d’abord une intense et vive passion pour Richard Wagner (1813-1883), qu'il admira un temps infiniment. Lorsque Nietzsche lui rendit sa première visite, en 1869, Wagner avait déjà 56 ans, il était célèbre, et vivait dans une demeure cossue au bord du lac des Quatre-Cantons, à Tiebschen, avec la belle Cosima, la fille de Liszt, qu'il venait d'enlever au compositeur Hans von Bülow. Nietzsche fut immédiatement fasciné par le couple, il ne pensait qu'à eux, ne vivait et n'écrivait que pour eux (Richard Wagner à Bayreuth, 1876).

Dès lors, après cette période d’entente parfaite, on à tendance à présenter parfois leur brouille comme l'effet de divergences philosophiques, voire politiques. Certains écrivent : « Nietzsche n'aurait pas, à la longue, supporté l'antisémitisme et le nationalisme de Wagner. Nietzsche a toujours pensé que la musique lyrique de Wagner, réveillant les anciens mythes germaniques, viendraient pour ainsi dire illustrer sa philosophie, tandis que le compositeur voyait dans les efforts intellectuels de ce brillant jeune homme une simple justification de ses propres talents. » [2] En réalité, le motif de la rupture est tout autre. Nietzsche, bien sûr, ne cessa de débattre avec Wagner, et cela ne s’arrêtera pas même après leur séparation, puisque lorsqu'on lit les Fragments posthumes, on constate que de manière permanente Nietzsche revient sur Wagner. Wagner l’obsède, Wagner est présent continuellement dans son esprit, Wagner hante la pensée de l’auteur de Zarathoustra.

II. Motif de la rupture

Quel est donc le grief principal, le reproche le plus important et furieux que Nietzsche fait à Wagner ? Eh bien, tout simplement, chose horrible à, ses yeux : Wagner était devenu chrétien ! Wagner était redevenu croyant et pieux ! Abomination et catastrophe pour Nietzsche qui, dès lors, s’imagine seul, dans sa démence, à essayer de renverser tout l'édifice funeste du christianisme : «Car je porte sur mes épaules le destin de l'humanité» écrit-il dans Ecce Homo [3].

En effet, le pauvre Nietzsche, naïvement, s’était vu le penseur inspirant la nouvelle philosophie pour un public à qui il fallait «des oreilles nouvelles pour une musique nouvelle», et Wagner, à ses côtés, comme le musicien apte à faire vibrer les âmes par une musique incarnant les valeurs nouvelles qu’il prophétisait.

Dommage pour lui, Wagner redécouvre les vérités de l’Evangile, il se met à genoux devant le Christ et affirme son attachement à la Foi. Le rêve de Nietzsche s’écroule. Son scénario s’évapore comme la neige de Sils Maria au soleil.

Ainsi, à partir de 1875-1876 (4e Considération intempestive : Richard Wagner à Bayreuth) les réserves de Nietzsche deviennent grotesques. Il se met à reprocher de façon burlesque à Wagner, pêle-mêle, « l'atmosphère de kermesse de Bayreuth, son adhésion à l'Allemagne de l'Empire, corruptrice de la civilisation, etc. ». Comme toujours Nietzsche ne fait pas dans la nuance, emporté par son délire, il est aveuglé et ne comprend plus rien à l’art, immense et magnifique, de Wagner.

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Nietzsche reproche à Wagner
« l'atmosphère de kermesse de Bayreuth,
son adhésion à l'Allemagne de l'Empire, corruptrice de la civilisation, etc.

III. Délire abject de Nietzsche contre Wagner

Qu’écrit Nietzsche contre Wagner ? Rien d’autre que les propos d’un fou, d’un délirant qui n’a plus du tout sa raison.

Jugeons plutôt :

- « L’artiste de la décadence — voilà le mot. Et ici je commence à parler sérieusement. Je suis loin de demeurer spectateur inoffensif, quand ce décadent nous ruine la santé — et, avec la santé, la musique ? D’ailleurs, Wagner est-il vraiment un homme ? N’est-il pas plutôt une maladie ? Il rend malade tout ce qu’il touche,il a rendu la musique malade.Un décadent typique qui se sent nécessaire avec son goût corrompu, dont il a la prétention de faire un goût supérieur, qui parvient à faire valoir sa corruption, comme une loi, comme un progrès, comme un accomplissement. Et l’on ne se met pas en défense. Sa puissance de séduction atteint au prodige, l’encens fume autour de lui, les erreurs qui portent sur lui s’appellent « évangile » — il n’y a pas que les pauvres d’esprit qui se sont laissé persuader ! » [4]

La charge de Nietzsche, qui sera bientôt interné, se poursuit avec une rare férocité :

- « L’art de Wagner est malade. Les problèmes qu’il porte à la scène — purs problèmes d’hystérie —, ce qu’il y a de convulsif dans ses passions, sa sensibilité irritée, son goût qui réclamait toujours des épices plus fortes, son instabilité qu’il travestit en principe, et particulièrement le choix de ses héros et de ses héroïnes, ceux-ci considérés comme types physiologiques (— une galerie de malades ! —) : tout cela réuni nous présente un tableau pathologique qui ne laisse aucun doute : Wagner est un névrosé. Rien n’est peut-être aujourd’hui plus connu, rien en tous les cas mieux étudié que le caractère protéiforme de la dégénérescence qui se chrysalide ici en un art et en un artiste. Nos médecins et nos physiologistes ont en Wagner leur cas le plus intéressant, tout au moins un cas très complet. Précisément parce que rien n’est plus moderne que cette maladie générale de tout l’organisme, cette décrépitude et cette surexcitation de toute la mécanique nerveuse, Wagner est l’artiste moderne par excellence, le Cagliostro de la modernité. En son art se trouve mêlé de la façon la plus séduisante ce qui est aujourd’hui le plus nécessaire à tout le monde, — les trois grands stimulants des épuisés, la brutalité, l’artificiel, et l’innocence (l’idiotie). » [5]

Comme on le voit, le malade mental qui finira ses jours dans l’hébétude et la prostration, n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Et cela continue de plus belle encore :

- « Wagner est une grande calamité pour la musique. Il a deviné en elle un moyen pour exciter les nerfs fatigués, — c’est ainsi qu’il a rendu la musique malade. Son génie de l’invention se surpasse dans l’art d’aiguillonner les plus épuisés, de rappeler à la vie les demi-morts. Il est passé maître dans l’art des passes hypnotiques, il renverse comme des taureaux les plus forts. Le succès de Wagner — son succès sur les nerfs et par conséquent sur les femmes — a fait de tous les ambitieux du monde musical des disciples de son art occulte. Et non pas seulement les ambitieux, mais aussi les malins... De nos jours on ne fait de l’argent qu’avec de la musique malade ; nos grands théâtres vivent de Wagner.[…]

- S’il y a quelque chose d’intéressant dans Wagner, c’est assurément la logique avec laquelle un vice physiologique se transforme en pratique, et en procédé, en innovation dans les principes en crise du goût, allant pas à pas, de conclusion en conclusion […].

- Wagner était-il d’ailleurs un musicien ? Il était en tous les cas, plus encore, autre chose : un incomparable histrion, le plus grand des mimes, le génie de théâtre le plus étonnant que les Allemands aient jamais possédé, notre talent scénique par excellence. La place de Wagner est ailleurs que dans l’histoire de la musique […].

- Que signifie-t-il malgré cela dans cette histoire ? L’avènement du comédien dans la musique : événement capital qui donne à penser et peut-être aussi à craindre.» [6]

Inutile d’y insister, la haine rageuse du dérangé mental, la mauvaise foi pathologique, la méchanceté basse et vulgaire, montrent, nietzsche.jpgincontestablement, la valeur ridicule des propos de Nietzsche à l’encontre de Wagner. Le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’il y ait eu, et qu’il y ait encore, des auteurs pour conférer un minimum de crédit aux stupidités de Nietzsche, dont, en premier lieu aujourd’hui, mais cela n’est pas surprenant, le ridicule Michel Onfray, qui gratifiait, il y a quelques mois à peine, ses auditeurs de l’Université populaire de Caen, d’une charge antiwagnérienne des plus nauséabondes [7].

IV. L’étonnant parcours de Wagner

wagner_willich.jpgOr, on ne comprend rien à Wagner, si l’on ne voit pas l’extraordinaire parcours intellectuel qu’il effectua en quelques années. Dans ses plus jeunes années il fut un révolutionnaire authentique. Dans sa première autobiographie (écrite quand il n’avait pas trente ans), contant ses souvenirs de la révolution de 1830, il écrit : « Du coup, me voici révolutionnaire et parvenu à la conviction que tout homme tant soit peu ambitieux ne devait s’occuper que de politique. » C’est l’époque où au Vaterlandsverein de Dresde (le 14 juin 1848), il prononce un discours dans lequel il expose ses idées subversives : « suppression des privilèges de la noblesse, armement du peuple, abolition de l’argent, etc. Toutefois, il écrit étrangement un drame : Jésus de Nazareth, un prétexte à développer ses propres idées sur la supériorité de la loi d’amour, tout en prenant une part personnelle au soulèvement révolutionnaire qui agite la ville de Dresde dans les premiers jours de mai 1849, en se liant intimement avec Roeckel, l’un des chefs du parti libéral, et l’anarchiste Bakounine.

En exil, marqué par Feuerbach, il emploie les premiers mois de son séjour en Suisse à la composition d’écrits théoriques sur l’art [8]. Comme on l’écrit : « La productions de sa première période attestaient une curieuse tendance mystique, tour à tour idéaliste et pessimiste, dont la signification exacte reste un peu indécise (…) il glorifie la nature, la vie, l’amour, marque une hostilité très accentuée contre les idées ascétiques et chrétiennes, professant que Dieu n’est que l’homme idéalisé par la croyance populaire, que la vraie religion est le culte de l’humanité, que l’homme n’a d’autre fin que lui-même, d’autre loi que le besoin; mais la révolution viendra et régénérera le monde, inaugurant pour l’humanité, dès cette vie terrestre, une vie de haute félicité. » [9]

Wagner écrivit ensuite le poème de L’Anneau du Nibelung, drame philosophique qui révèlera une tendance nouvelle, car ayant lu pour la première fois, en 1854, Le Monde comme volonté et représentation de Schopenhauer, il y reconnait l’expression la plus complète de sa propre pensée, acceptant toutes les conséquences de cette doctrine, en concluant à la nécessité, pour l’homme, d’abjurer tout désir temporel, et enseignant que l’humanité ne peut arriver à la rédemption, à la félicité, que par la voie douloureuse du renoncement.

 

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L’homme, dira Wagner : « s’élève aux vérités supérieures par l’intuition »,

l’art a donc l’ultime et principale mission

de représenter à l’aide de symboles les vérités de l’esprit.

 

V. L’évolution spirituelle vers le christianisme

lohengrins_ankunft.jpgWagner à cet instant, pense qu’est absolument acquise l’idée de la perversion du monde, où règne sans partage le vouloir-vivre égoïste, la haine de l’autre, le narcissisme prétentieux et le mépris. La seule possibilité de régénération de l’homme, passe ainsi pour lui, par une conversion de la volonté et une acceptation du renoncement. On imagine la réaction de Nietzsche à de telles idées ! L’auteur du Zararhoustra y voit une trahison des idéaux fondés sur le rejet du Ciel et des arrières-mondes abstraits.

Pour Wagner, si l’on veut réaliser cette régénération, il convient de s’alimenter correctement en évitant les poisons que sont l’alcool et la viande. Il se met à l’alimentation végétale, modère sa vie et son emploi du temps, établit un environnement de silence et de quiétude propice à l’intériorité et à la méditation. Il affirme à cette époque, ce qui lui sera beaucoup reproché, qu’une cause principale de la dégénérescence des sociétés provient de l’impureté causée par le mélange des races, faisant le procès des juifs fauteurs de troubles, œuvrant au métissage et incarnation de l’appétit de lucre, du vouloir-vivre égoïste, et proclame solennellement la prédestination du peuple allemand.

Il s’élève avec force proteste contre les doctrines matérialistes, évolutionnistes et scientifiques, refusant que la science soit une forme de l’authentique connaissance. L’homme, dira-t-il, « s’élève aux vérités supérieures par l’intuition »; l’art pour lui a donc l’ultime et principale mission de représenter à l’aide de symboles les vérités de l’esprit, ayant pour principe une moralité supérieure, car l’art, écrit-il, ne fait qu’un avec la religion, il est, dans une perspective spirituelle, indissolublement uni à la religion, puisque devant nous soutenir vers les domaines transcendants de la vie éternelle.

 

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Ferdinand Leeke (1859-1925)

Parsifal à la recherche du saint Graal

 

VI. Parsifal ou la conversion au Christ !

parzival01.jpgC’est alors que, franchissant le pas, Wagner s’ouvre définitivement à la foi religieuse, proclamant la vérité de la Rédemption par le sacrifice volontaire de Jésus, Incarnation vivante de l’amour infini donateur de la régénération salvatrice de l’humanité. Voulant traduire ses nouvelles convictions en musique, Wagner écrit alors Parsifal, empruntant à la légende du saint Graal le sujet central de l’opéra, sujet dont il avait déjà tiré Lohengrin. Son héros a le cœur pur, s’élevant peu à peu par l’intuition spirituelle à la suprême sagesse. Auprès de lui apparaîtra Kundry, l’ancienne pécheresse libérée de la malédiction par le repentir.

L’action se déroule au sein de la confrérie des chevaliers du Graal, gardiens du Calice dans lequel tomba le précieux sang du Crucifié. Les deux scènes du temple, dans lesquelles est représentée la cérémonie du sacrifice, ont été réalisées par l’artiste, au triple point de vue de la représentation dramatique, plastique et musicale, avec une sublimité à laquelle l’art ne semble pas avoir précédemment atteint. L’enchantement du vendredi saint, épisode par lequel Wagner reçut l’inspiration première de l’œuvre, est un des plus beaux passages de tout l’histoire de l’art dramatique.

Parsifal fut représenté pour la première fois à Bayreuth le 26 juillet 1882. Le succès des représentations de cette seconde série fut bien plus grand que celui des représentations de L’Anneau du Nibelung, et put faire concevoir de meilleures espérances pour l’avenir de l’œuvre de Bayreuth. Wagner s’occupait d’en organiser une nouvelle série pour l’année suivante, quand il mourut subitement à Venise le 13 février 1883, des atteintes d’une maladie du cœur. Il avait commencé deux jours avant sa mort un nouvel ouvrage philosophique, Sur le féminin dans l’homme. Son corps, ramené en Allemagne, fut inhumé à Bayreuth, dans le parc même de la Wahnfried.


Conclusion : la haine ignoble de Nietzsche envers Parsifal

graal_dante_rosseti.jpgNietzche a violemment critiqué Wagner et son œuvre en raison de son antichristianisme forcené. Il regarda comme unwagner_370.jpg véritable blasphème l’ambition chrétienne et spirituelle du Parsifal [11] dont l'action est un écoulement irrépressible qui tend vers le miracle du Salut. Tout l'opéra se déroule ainsi jusqu'à sa conclusion : de la malédiction au pardon. De l'ombre à la lumière. La profonde unité du drame de Parsifal fait entendre et voir comme des réminiscences, les aspects les plus sacrés du rituel chrétien de la Cène, où il s'agit moins de transférer l'action liturgique sur la scène que de donner forme aux mystères de la Foi et d'activer lyriquement leur signification profonde, magnifiant par la présence incessante des thèmes splendides de l’orchestre.

Dans le Parsifal, mythe germanique et mythe chrétien se mêlent pour n'en former qu'un seul dans la vaste imagination magnifique de Wagner.  Le génie du compositeur fut d'ouvrir son drame et sa signification profonde vers la mystique pure. Ainsi, Parsifal comme la Tétralogie dépasse toutes les toutes les époques, puisqu’il se fonde dans le cycle de la Rédemption des âmes par le Christ.

Telle est la raison de la haine féroce que déversa indignement Nietzsche à l’encontre du génie de Wagner qui ira, par mauvaise foi éhontée, jusqu’à lui préférer le Carmen de Bizet et ses espagnolades. Telle est encore, celle de tous les critiques antichrétiens qui détestent violemment Wagner, précisément pour la sublime beauté de sa mystique et de son incomparable musique.

 

Parsifal_vor_der_Gralsburg.jpg
Hans Werner Schmidt (1859–1950)
"Parsifal devant le château du Saint Graal"
Dans le Parsifal,
mythe germanique et mythe chrétien se mêlent
pour n'en former qu'un seul

Wagner reste et restera pour la postérité le compositeur inégalé qui alla jusqu’au sublime sur le plan de la création artistique, au moment où Nietzsche, de façon misérable, aveuglé par son antichristianisme viscéral, éructait des odieux blasphèmes contre le saint calice du Christ :

- « Ce furent des malades et des décrépits qui méprisèrent le corps et la terre, qui inventèrent les choses célestes et les gouttes du sang rédempteur (…) Ils voulaient se sauver de leur misère et les étoiles leur semblaient trop lointaines. Alors ils se mirent à soupirer : Hélas ! que n’y a-t-il des voies célestes pour que nous puissions nous glisser dans un autre Etre, et dans un autre bonheur ! » – Alors ils inventèrent leurs artifices et leurs petites boissons sanglantes ! » [12]

Inutile de souligner, écartant avec dégoût ces honteuses phrases de Nietzsche, qui lui furent sans doute dictées par la folie démoniaque qui s’était emparée de son esprit malade, que notre profond et infini respect va entièrement aux magnifiques paroles du Parsifal, et notre complète admiration, à son aspiration religieuse et mystique :

« Le Graal est la Coupe, la Coupe elle-même,

que Notre Seigneur offrit lors de la dernière Cène aux siens.

Cette Coupe représente le Calice de la fleur qui contient la semence.

Elle est l'emblème de la pureté,

le haut idéal auquel nous devons aspirer. »

 

 

 

parsifal_jwilhelm-hauschid_j.jpg

« Celui qui vaincra,

j'en ferai un pilier dans le Temple de mon Dieu

et il n'en sortira plus. »

(Apocalypse 3,12)

 

 

Notes.

[1] On apprend selon Paul Janz, auteur du catalogue des œuvres musicales de Nietzsche :


- « Après ses années de lycée il produit plusieurs ébauches : « d'un requiem (sans doute inspiré de Mozart), d'une messe, d'un oratorio de Noël, d'un très beau miserere qu'il a dû composer sous l'influence de Palestrina. Il y a de très belles pièces pour piano, une quinzaine de lieder, des ébauches symphoniques qui, allant bien au-delà de ce qu'on faisait de son temps, annoncent Richard Strauss. Nietzsche travaillait des impressions qu'il recueillait à l'écoute des autres, comme s'il discutait avec ceux qui pouvaient sentir comme lui. Ainsi, avec Beethoven ou Chopin. La plupart de ses compositions musicales datent de ses années d'études, avant donc ses années de philosophe. Ses premières compositions épousent le style romantique de son temps ; elles témoignent de l'influence de Schumann. Plus tard, dans cette grande composition qu'est la Fantaisie pour piano, Nietzsche cite tout à fait consciemment le Siegfried-Idyll de Wagner. Si Nietzsche est un musicien romantique, comme philosophe, il cherche à surmonter le romantisme. Être resté romantique, c'est un des reproches qu'il adresse à Wagner. Nietzsche refusait le type de développement que l'on trouve chez Wagner. Il leur préférait des morceaux plus ciselés, parfaits, fermés sur eux-mêmes et bien identifiés comme on en trouve dans les opéras de Mozart, dans la Carmen de Bizet ou chez Liszt. Nietzsche s'est essayé à de grandes compositions, qui ne sont pas du tout influencées par Wagner. On a un amusant morceau pour piano, qui se développe pour brusquement se transformer en une sonate de Beethoven, qu'il appréciait particulièrement et qu'il a beaucoup joué, avec Chopin. » (cf. P. Janz, Nietzsche et la musique, Magazine littéraire n° 298 - avril 1992).

[2] L. Ferry, Nietzsche, entre sagesse et folie, Le Point n°1352. « Wagner aimait vraiment Nietzsche, mais maladroitement. Un jour, il lui fait un compliment qui se veut charmant, assurant qu'il le place dans son cœur « entre femmes et chiens ! » Et une autre fois, il lui déclare : « Vous pouvez beaucoup pour moi : vous pouvez prendre sur vous toute une moitié de la tache que le destin m'assigne. Et, ce faisant, peut-être accomplirez-vous toute votre destinée. »

[3] F. Nietzsche, Le Cas Wagner : un problème pour musiciens, 1888.

[4] F. Nietzsche, Ibidem, § 5.

[5] Ibid.

[6] Ibid. § 7 ; 8 & 11.

[7] Paragraphe significatif du septième chapitre « Humain trop humain », donné par Michel Onfray le lundi 23 mars 2009 - (F. Nietzsche #4) « Le moment œdipien » - Cours n° 142  :

a. L’esprit libre affirme :

1. Que Dieu est une invention : Wagner y recourt comme à un secours.

2. Qu’il faut s’affranchir du passé, de la tradition : Wagner y revient et apprécie le rite (la messe).

3. Qu’il faut être par delà bien et mal : Wagner revendique le bien et le mal chrétien haine de soi, idéal ascétique, haine du monde, etc.

4. Qu’il faut se déterminer soi-même : Wagner s’appuie sur les Evangiles.

5. Qu’il faut vouloir la santé : Wagner célèbre les « vertus qui rapetissent », Valeurs décadentes, nihilistes.

6. Qu’il faut dépasser le nihilisme : Wagner s’y complait et en organise le culte.

7. Qu’il faut triompher des superstitions religieuses : Wagner restaure la bimbeloterie du christianisme médiéval, Graal, sang du Christ…

Etc., etc., etc.

[8] Il écrivit et publia coup sur coup : L’Art et la Révolution (1849), L’Artiste de l’avenir (1849), L’Oeuvre d’art de l’avenir (1849), L’Art et le Climat (1850), Le Judaïsme dans la musique (1850), L’État et la Religion (1850), Opéra et Drame (1851), Communication à mes amis (1851), puis entreprit la composition de sa tétralogie : L’Anneau du Nibelung.

[9] Article [Richard Wagner] de: La grande encyclopédie: inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome trente et unième (Thermophyle-Zyrmi). Réalisée par une société de savants et de gens de lettres. Sous la direction de MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus... [et al.]. Paris, Société anonyme de la Grande Encyclopédie, p. 1161-1168.

[10] Comme certains le définissent : « Optimiste en 1848, pessimiste en 1854, il finit dans sa glorieuse vieillesse par concilier en une formule originale son optimisme et son pessimisme, par fonder sur la conscience de la souffrance universelle l’espoir d’une rédemption future de l’humanité » (Lichtenberger). Lui-même a résumé sa tendance en ces termes dans un écrit de 1880 ». Wagner soutient : « Nous reconnaissons le principe de la déchéance de l’humanité et par suite la nécessité de sa régénération; nous croyons à la possibilité de cette régénération et nous nous vouons à son accomplissement en toute façon. » Sous l’empire de ces idées, il publia un grand nombre d’opuscules dont voici les principaux titres : Moderne (1878); Pouvons-nous espérer? (1879); Lettre ouverte à M. Ernst de Weber (contre la vivisection) (1879); Religion et Art (ouvrage important) (1880); À quoi sert cette connaissance? (1880); Connais-toi toi-même (1881); Introduction à l’ouvrage de Gobineau : Jugement sur l’état actuel du monde (1881); Héroïsme et Christianisme (1881).

[11] Voici la nature des propos de Nietzsche, qui se passent de commentaire, à l’encontre du Parsifal de Wagner : « Parsifal est une œuvre de rancune, de vengeance, empoisonneuse secrète qui s'attaque aux principes de la vie, une œuvre mauvaise. — Prêcher la chasteté est une œuvre mauvaise. — Prêcher la chasteté est une provocation à la contre-nature. Je méprise quiconque ne ressent pas Parsifal comme un attentat contre la morale. » (Cf. Nietzsche contre Wagner, 1877).

[12] F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1re partie, Des hallucinés de l’arrière-monde’’, 1883.

 

09:58 Publié dans De la musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : musique classique, philosophie, christianisme, blasphème |  Imprimer | | | | | Pin it!

mardi, 04 août 2009

Nietzsche : une idole crépusculaire !

ou Alain de Benoist

face aux indigentes critiques d’un nietzschéen d’opérette

par Zak

philosophie,christianisme,reflexion,religion


 

On est saisi de stupeur devant la pensée délirante

de Nietzsche,

qui sombra définitivement dans l’aliénation mentale.

 

 

 

alain-de-benoist.jpgPour une fois, et alors même que nous avons clairement souligné la limite que représente pour nous l’idée d’un recours au paganisme qui serait oublieux des vérités spirituelles qui se sont imposées à la faveur de l’Histoire, toutefois, nous rejoignons entièrement Alain de Benoist dans sa reconnaissance de la supériorité métaphysique de Heidegger (1889-1976) par rapport à Nietzsche (1844-1900), comme il eut l'occasion de le déclarer fort nettement parfois, ce qui lui a valu, récemment, quelques mauvaises flèches, assez basses et vulgaires, d’Olivier Meyer, auteur d’un médiocre guide des citations de Nietzsche et responsable d’un blog pompeusement intitulé «Nietzsche académie», dont le but affiché, à l’insondable bêtise voltairienne, est : « écrasons l’infâme » !

Alors même que l’auteur de « Vue de droite » (1977), sans méfiance, s’était plié aimablement aux questions posées par Olivier Meyer, qui s’amuse, ridiculement, à proposer sur le net un « test du surhomme », et dont la 4e de couverture de son pitoyable guide est accompagnée de ces phrases qui prêtent à rire : « Dieu est mort. Libre à nous de devenir surhumains. Qui veut devenir surhumain ? Qui veut apprendre à maîtriser son éclair ? Les citations de Nietzsche réunies dans ce guide sont tirées de son œuvre complète et constituent de véritables tables des lois des Hyperboréens. La foudre surhumaine est entre vos mains…que vive le Surhomme » [1], l’ignorantin, qui prétend remettre à l’endroit les idées « avancées par Alain de Benoit » (sic !), considérant, rien moins, de son « devoir philosophique d’accoucher les esprits de la vérité en pratiquant le débat d’idées » [2], ose écrire ces énormes balivernes qui exsudent la mauvaise digestion adolescente et acnéique d’Ainsi parlait Zarathoustra : « Nietzsche serait prisonnier de la valeur, j’y vois plutôt la marque de son sceau aristocratique qui se traduit comme vous l’avez souligné par un certain pathos de la distance. Il resterait ainsi encore dans la métaphysique, je ne pense pas, car cette valeur n’est plus idéelle mais réelle, incarnée dans une philosophie organique dont le visage est celui de Dionysos, le dieu très biologique de la vigne et du vin, celui de l’Eternel retour. On est très loin de concepts philosophiques abstraits et abscons, de galimatias « philosophars »… »

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Olivier Meyer, est responsable d’un blog
pompeusement intitulé « Nietzsche académie »,
dont le but affiché est : « écrasons l’infâme » !
 
 
 
 

I. L’erreur fondamentale de Nietzsche

Alain de Benoist écrit, à juste titre : « …c’est à Heidegger que j’ai fini par donner la première place. J’ai en effet été sensible à la critique faite par ce dernier de la philosophie de Nietzsche. Heidegger opère une distinction rigoureuse, qui a pour moi été décisive, entre ontologie et métaphysique. Il montre que, chez Nietzsche, la Volonté de Puissance – en réalité, Volonté vers (zur) la Puissance – est en péril de devenir simple volonté de volonté. Comme Nietzsche, Heidegger accorde une importance considérable à la question du nihilisme, mais il montre aussi que, face au nihilisme, la tâche la plus urgente n’est pas tant de substituer des valeurs à d’autres valeurs, fussent-elles opposées, mais de sortir de l’univers de la valeur, qui est une mutilation de l’Etre. Sa conclusion est que Nietzsche, dans la mesure où il demeure prisonnier de l’univers de la valeur, reste encore dans la métaphysique. » Il poursuit : « Enfin, sur la question de la vérité, question nietzschéenne par excellence, ce que déduit Heidegger d’une méditation sur la notion grecque d’aléthéia, me paraît d’une profondeur inégalée. » [3]

Heidegger.jpg
Pour Heidegger la pensée de Nietzsche est celle par laquelle
les temps modernes « parviennent à leur physionomie propre », à leur achèvement.
 
 

HEI NI.jpgOr, tout cela est parfaitement exact ! Car ce que démontre Heidegger dans son étude sur Nietzsche [4], c’est que celui qui se voulut, non sans une dimension démesurée, à l’origine d’un renouveau sur le plan philosophique, fut en réalité le sinistre fossoyeur de la métaphysique occidentale. En effet, en conférant à la notion de « valeur » une dimension extraordinairement boursouflée, il contribua, plus que quiconque avant lui, à l’effacement complet et tragique de l’idée de l’Être, s’inscrivant dans une tradition qui résulte de l'oubli et même, plus encore, de l'abandon de l'Être.

C’est ainsi que dans la volonté de puissance, où culmine de façon inquiétante la prétention du sujet à «arraisonner» l’étant selon les outils mortifères et aveugles de la technique, s’est, hélas ! effacée l’interrogation fondamentale au profit d’un appétit inconséquent et grégaire par lequel s’exprime ce qui en l’homme est le plus éloigné de ce qui peut s’ouvrir au mystère du « rien de ce qui est ». De même, par l’apologie du surhomme, qui prodigue une fallacieuse énergie aux pauvres ambitions mortelles du sujet, se figèrent drastiquement les pires illusions aberrantes concernant le rêve d’un arraisonnement du monde à la force des bras. Enfin, pénétré de tous les préjugés les plus éculés qui véhiculent la véritable perte de ce qui est à penser, soit « l’impensé de la tradition métaphysique », la philosophie nietzschéenne appartient, à un niveau rarement égalé avant elle, à la triste histoire de «l’oubli de l’être», essence d’un stérile devenir métaphysique.

Comme le souligna Heidegger, à propos de ce qu’est l’ontologie en son essence, totalement incomprise au travers de la pensée philosophique, et inaccessible à Nietzsche qui ne sut jamais dépasser l’horizon humain trop humain : “L’histoire de l’Etre n’est ni l’histoire de l’homme et d’une humanité, ni l’histoire du rapport humain à l’étant et à l’Etre. L’histoire de l’Etre est l’être même, et rien que celui-ci. Toutefois, parce que l’Etre, pour fonder sa vérité dans l’étant, revendique l’être humain, l’homme demeure impliqué dans l’histoire de l’Être, jamais autrement que selon la manière dont il assume son essence à partir du rapport à l’être et conformément à ce rapport, - selon la manière aussi dont il la perd, la transgresse, la sacrifie, la motive ou la gaspille. Le fait que l’homme n’appartient à l’histoire de l’Etre que dans la sphère de son essence déterminée par la revendication de l’Etre et non pas eu égard à sa façon de se manifester, d’agir et de produire, de réaliser à l’intérieur de l’étant, voilà qui signifie une restriction particulière. Elle peut se révéler en tant qu’un signe d’élection, aussi souvent que l’Etre donne à savoir ce qui vient en son propre, quand il est permis à l’homme de risquer son essence, que la primauté de l’étant a immergée dans l’oubli.” [5]

Cette donation, en mode subtil, de l’Etre, Nietzsche ne sut ni la percevoir ni la pressentir, elle lui resta, pour son malheur et celui de ses lecteurs, inconnue, aboutissant à une cécité métaphysique qui bloqua la perspective du philosophe au marteau au domaine de l’étant d’une façon rédhibitoire et définitive.

II. Nietzsche : « le plus débridé des néo-platoniciens »

nietzsche1864.jpgHeidegger, à la surprise générale dans ses séminaires commencés en 1936, dira de Nietzsche qu'il fut le « plus débridé des platoniciens ». Pourquoi cette curieuse affirmation ? Tout simplement parce que le renversement de Platon auquel voulut se livrer Nietzsche, sera en fait pour lui, à son total insu, la meilleure manière de rester entièrement platonicien. Comme le vit très bien Jean Beaufret, le prétendu renversement (Umkehrung) de Platon, équivaut-il à un dépassement (Überwindung) ? N’est-il pas plus juste de l’interpréter comme un accomplissement(Vollendung) de ce même Platon ? « En d'autres termes, décrire le monde sensible comme le «monde vrai », et le monde suprasensible comme fiction mensongère, cela suffit-il à sortir du platonisme ? Le retournement nietzschéen du platonisme, ne répond-il pas à son tour, dans le platonisme, à quelque chose du platonisme qui devient d'autant plus visible à la lumière de son retournement ? » [6]

La réponse est évidemment positive. Car Nietzsche, loin de sortir de Platon le réintroduit avec une force inouïe dans le02_platon.jpg ciel des idées, puisque, comme le précise Heidegger, et le souligne Alain de Benoist, « s'opposer à quelque chose implique presque inéluctablement de participer de cela même à quoi l’on s’oppose, le « renversement » de Platon auquel procède Nietzsche a comme caractéristique majeure de conserver des schémas conceptuels ou des inspirations fondamentales propres à ce qu’il entend renverser.» [7].

L’entreprise de Nietzsche, basée sur le renversement de toutes les valeurs (le sous-titre La Volonté de puissance est : « Essai d'une transvaluation de toutes les valeurs ») , aboutit au final à une méprise absolue, un échec patent car le primat de la « valeur » est une dérive de la modernité, un vieux retour manqué de l'agathon platonicien, qui, au lieu de placer le bien en soi dans l’abstraction, le ramène au monde d’ici-bas en considérant qu’il s’agit d’une œuvre révolutionnaire, alors qu’il y a là, la caricature grossière d’une mauvaise transposition platonicienne.

III. Nietzsche : le mortifère avocat du subjectivisme moderne

Mais la plus redoutable conséquence du primat nietzschéen de la valeur, est l'émergence de ce que Heidegger appelle la métaphysique de la subjectivité, transformant l’homme ancien et traditionnel, ouvert à la dimension transcendante, en pauvre « sujet » réduit à son seul horizon individuel, faisant — comme le dit Heidegger, que l'homme « en tant que subjectum s'organise et pourvoit à sa sécurité eu égard à son installation dans la totalité de l'étant.» [8] En termes clairs, l’individu, ce qui caractérise bien l’infecte modèle qui s’est imposé dans la modernité, en raison de cet enfermement sur lui-même, devient le référent absolu d’une médiocre vérité, celle de ses instincts immédiats et de ses appétits sensibles ; en guise de « surhomme », l’homme occidental en est la hideuse figure type., devenu le narcisse efféminé et inverti, lâche et craintif, complaisant et satisfait, qui triomphe et prospère avec une joie palpable aujourd’hui au sein du système de consommation.

 

En guise de « surhomme » soucieux de son corps,

l’homme occidental est devenu la hideuse figure

du narcisse efféminé.

 

 

L’appel à la glorification du corps, au rejet des arrières mondes pour vivre libre et jouir en étant libéré de toutes contraintes, est devenu, passant des pages du Zarathoustra à la réalité concrète de tous les jours, le discours dominant d’une société vidée de sens, tournée fébrilement vers l’exaltation systématique et pathétique du moi. Le plat dévot de la glose nietzschéenne, ne craint pas d’écrire : « le nietzschéisme (…) c’est aussi une sagesse de la folie, celle du Surhomme, l’homme transmuté par l’expérience victorieuse de l’Eternel retour », continuant ainsi la récitation de son catéchisme auquel il semble ne rien comprendre, mais qui a le mérite de rendre plus évidente son indigente pensée : « Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra ne cache pas son intention de créer une nouvelle espèce, ses enfants comme il les appelle, qui vivront sur les îles bienheureuses, plus haut plus beaux plus forts, carrés de la tête aux pieds… Nietzsche (…) professe un eugénisme à peine voilé (…) … Dès lors qui peut dire que le surhomme de Nietzsche n’aurait pas recours aux biotechnologies pour améliorer le type homme, surtout si « l’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme »... J’entends bien qu’il ne s’agit pas d’un matérialisme biologique, mais tout de même, si l’on met cette idée en rapport avec la pensée du corps qu’il développe par ailleurs… corps et esprit ne faisant plus qu’un… il me semble difficile de soutenir que le nietzschéisme est un spiritualisme, surtout quand on se choisit comme dieu tutélaire Dionysos le dieu de l’incarnation, de la deuxième naissance, celle de la cuisse de Jupiter, véritable incubateur biotechnologique avant l’heure…. » [9]

IV. Nietzsche : un penseur égaré

La pensée de Nietzsche, qui se fonde sur le renversement des valeurs et qui ne parvient pas à atteindre le « commencement », loin de s’opposer au nihilisme elle en est l’expression la plus achevée. Nietzsche, dénué de compréhension à l’égard de l’authentique métaphysique [10], est le penseur de la modernité accomplie, il est le type même du penseur moderne, perdu et égaré, il est l’emblème même de la désorientation contemporaine, ce qui fit dire à Heidegger que la pensée de Nietzsche est celle par laquelle les temps modernes « parviennent à leur physionomie propre » [11], à leur achèvement.

Nietzsche_Olde_11.jpg
 
« Ce que je redoute,
ce n’est pas l’être épouvantable qui se tient derrière ma chaise,
c’est sa voix : Non pas les mots, mais le ton inarticulé, inhumain de cet être.
Si encore il parlait comme parlent les hommes »
 
 

Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater que Nietzsche s’est absolument trompé en tout : sur le bouddhisme, sur le christianisme, sur l’islam. Sur Le bouddhisme, dont on sait aujourd’hui qu’il participa à toutes les entreprises guerrières les plus féroces de l’Asie, il énonce des stupidités gigantesques : « La première condition pour le bouddhisme est un climat très doux, une grande douceur et une grande libéralité dans les mœurs. Pas de militarisme (…) On veut comme but suprême la sérénité, le silence, l’absence de désirs et on atteint son but. Le bouddhisme n’est pas une religion où l’on aspire seulement à la perfection : la perfection est le cas normal. (…) Le bouddhisme est une religion pour des hommes tardifs, pour des races devenues bonnes, douces, supraspirituelles, etc.» [12] A l’époque où Nietzsche écrit ce texte (1888), le bouddhisme militarisé fait des ravages au Japon et en Corée, et au Tibet, aidé par la magie noire et la sorcellerie, il exerce une tyrannie barbare depuis des siècles, où le servage, la corruption et le crime dominent [13]

D’autre part, sa haine morbide du christianisme, qui se distingua par la douceur de mœurs des premiers chrétiens, leur intelligence spirituelle, leur bonté et droiture, qui répandit dans le monde païen la lumière du pardon, lui fait écrire des absurdités grotesques : « On fait bien de mettre des gants, quand on lit le Nouveau Testament. Le voisinage de tant de malpropreté y oblige presque. Nous fréquenterions des « premiers chrétiens » tout aussi peu que des juifs polonais : ce n’est pas qu’on ait même besoin de leur reprocher la moindre des choses... Tous les deux ne sentent pas bon. — J’ai cherché en vain dans l’Évangile ne fût-ce qu’un seul trait sympathique ; rien ne s’y trouve qui soit libre, bon, ouvert, loyal. L’humanité n’y a pas encore fait son premier commencement, — les instincts de propreté manquent... Il n’y a que de mauvais instincts dans le Nouveau Testament, il n’y a pas même le courage de ces mauvais instincts. Tout y est lâcheté, yeux fermés, duperie volontaire. N’importe quel livre devient propre quand on vient de lire le Nouveau Testament. » [14]

Quant à l’islam, dont la seule grandeur fut le pillage, la razzia, le vol, semer la terreur, asservir les peuples et chasser les "infidèles", il inspire ce type d’émoi indigne à l’auteur de Par delà le bien et le mal : « Le christianisme (…) nous a frustrés de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) – Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière…Guerre à mort avec Rome ! Paix et amitié avec l'Islam !... » [15]

Conclusion : un malade mental nommé Nietzsche !

Nietzsche.jpgOn est ainsi, à la lecture, saisi de stupeur devant la pensée délirante de celui qui provoque les pamoisons naïves de l’aquarelliste Olivier Meyer, et en suscita bien d’autres, plus relevées encore, chez de nombreux auteurs contemporains, éblouis par les folies de leur piteux maître à penser (Derrida, Deleuze, Foucault, Sollers, Onfray, etc.)

Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que grâce à la volumineuse correspondance qu’il a entretenue, nous savons que Nietzsche, qui souffrait de migraines depuis l’âge de 12 ans, était atteint d’une psychose maniacodépressive qui en fit l’objet constant d’hallucinations auditives : « Ce que je redoute, ce n’est pas l’être épouvantable qui se tient derrière ma chaise, c’est sa voix : Non pas les mots, mais le ton inarticulé, inhumain de cet être. Si encore il parlait comme parlent les hommes » (automne 68), ou visuelles : « A l’instant où je levais le regard, il me sembla, dans une vision rapide comme l’éclair, voir près de ma table, un homme pâle profondément incliné. L’instant d’après, alors que l’œil cherchait à saisir cet objet avec plus d’acuité, j’aperçois à quelques pas de ma table un chat.(…) Je vois un arbre et je le prends pour un enfant. Je vois très distinctement les traits d’un visage dans une conversation mais c’est moi qui les imagine avec une telle acuité. » Par ailleurs, victime de phobie aux sons, aux bruits, à la lumière (le soir lorsqu’il écrivait, il recouvrait sa lampe de bureau d’une étoffe rouge), d’hyperesthésie affective, objet d’anxiété permanente avec un énorme sentiment de culpabilité (tant dans les phases mélancoliques que dans les phases hypomaniaques), traversé par des crises d’angoisses déclenchées par tout motif émotionnel, même par un événement heureux (départ en voyage, visite d’un ami…), tel était, dans sa réalité, l’état du brillant penseur du renversement de toutes les valeurs, le chantre de l’énergie vitale et de la volonté de puissance !

D'ailleurs l’exposé de la totale démence de Nietzsche,  par Jean Montenot, est absolument éloquent et démonstratif : «  Un homme décrétant de son propre chef qu'il faudra désormais mesurer le temps à partir du 30 septembre 1888, date, selon lui, du dernier jour du christianisme; un homme qui signe ses lettres «Dionysos» ou «le Crucifié», qui intitule les chapitres de son ultime autobiographie, Ecce Homo : «Pourquoi je suis si sage?», «Pourquoi je suis si avisé?», «Pourquoi j'écris de si bons livres?», etc. - ne peut être qu'un détraqué, un toqué! Il est aisé de relever dans l'oeuvre ou dans les témoignages des contemporains les signes précurseurs de la catastrophe finale, voire de montrer que la folie de Nietzsche vient de loin.. (…) Dans un brouillon de lettre à Peter Gast, daté du 30 décembre, il se déclare princeps Taurinorum (prince des Turinois), nomme Victor Buonaparte sur le trône de France, le journaliste Jean Bourdeau «ambassadeur à sa propre cour» et se livre à quelques autres facéties de ce genre, notamment une savoureuse proclamation aux cours européennes, les appelant à « anéantir la dynastie des Hohenzollern, ce nid d'idiots et de criminels écarlates». Il écrit à Strindberg qu'il a «convoqué à Rome une assemblée de Princes» pour les faire fusiller. » [16] 

 

En toute logique, après une existence heurtée et maladive pendant laquelle il produisit de nombreux ouvrages dans lesquels il se voyait le prophète d’une nouvelle ère pour la philosophie et le monde (quelques jours avant de sombrer dans la folie il écrit à M. Brandès, à M. Bourdeau, pour leur signifier que, « nouveau Christ », il avait « une seconde fois sauvé le monde » [17]), Nietzsche, en janvier 1889, comme il était prévisible, perdit définitivement la raison, et passa les 11 dernières années de son existence dans un état d’aliénation mentale, véritable effondrement conduisant lentement à une irréversible déchéance, puis à la mort [18].

 

 

Lorsqu’on sait que l’une des dernières pensées de Nietzsche, alors que la folie, réelle ou simulée, s’était déjà emparée de son esprit, est celle-ci : « J'ai mangé le rouleau qui contenait Dieu. Mes selles en sont témoins... » (Ich habe die Schrift-Rolle die Gott enthielt gegessen. Meine Exkremente können das bezeugen...) [19], on comprendra la valeur réelle qu’il faut conférer à la philosophie désorientée de celui qui est bien, comme le comprit parfaitement Heidegger, l’exemple le plus achevé du nihilisme accompli.

 

 

Effectivement, comme on le constate dans ce cri final et pathétique de sa philosophie, et ainsi que le disait le nietzschéen dévot Olivier Meyer  : « [La valeur défendue par Nietzsche] n’est plus idéelle mais réelle, incarnée dans une philosophie organique… », le problème, c’est que la  substance de cette philosophie organique, en guise de « dieu très biologique » (sic), se réduit ultimement, et c’est là une façon tout de même assez originale d’en témoigner concrètement, à la matière fécale. De la sorte, Olivier Meyer avait donc au moins raison sur un point : « [avec Nietzsche ] on est très loin de concepts philosophiques abstraits et abscons, de galimatias ‘‘philosophars’’… », mais on peut toutefois se demander si cet amour de la « matière vivante » n’est trop exagéré, et surtout s'il n’en fait pas un peu trop pour nous prouver sa haine des arrières mondes et de l’abstraction…

 

Notes.

[1] Olivier Meyer, Nietzsche, guide des citations, Pardès, 2005.

[2] Olivier Meyer dit comiquement à Alain de Benoist : « Vous avouez un penchant heideggerien. Bien vous en fasse, personnellement à l’instar de Nietzsche, je me méfie des gens à système, fût-il ontologique… »

[3] Nous sommes cependant un peu moins enthousiaste que de Benoist lorsqu’il soutient, s’agissant de l’œuvre de Nietzsche : « on est d’autant moins excusable de s’en tenir à la lecture des œuvres les plus connues que l’on dispose aujourd’hui en France d’une excellente traduction de l’édition Colli-Montinari, qui a notamment l’immense mérite de proposer l’intégralité des fragments posthumes », car loin de constituer l’aboutissement éditorial de Nietzsche, l’édition de Colli et Montinari, « qui ne peut être prise pour l’herméneutique plenitudo temporum annoncée par les interprètes impatients de se débarrasser des problèmes inquiétants inhérents à la lecture de l’œuvre nietzschéenne », présente de nombreux défauts passablement désagréables. (Cf. Domenico Losurdo, « Les lunettes et le parapluie de Nietzsche », in Noesis, N°10 | 2006)

[4] Heidegger consacrera en tout six séminaires à l'étude de l’œuvre Nietzsche, qui s’étendront de 1936 à 1942, et qui furent ensuite recueillis en deux tomes, Nietzsche I et Nietzsche II. En 1943, il prononça la conférence « Le mot de Nietzsche, Dieu est mort », reprise dans les Chemins, puis en 1953, la conférence « Qui est le Zarathoustra de Nietzsche ? », reprise dans les Essais et conférences.

[5] M. Heidegger, Nietzsche, vol. 2, ch. X, La remémoration dans la métaphysique, trad. Pierre Klossowski, Gallimard, 1990, p. 398.

[6] J. Beaufret, Dialogue avec Heidegger, vol. 2, Philosophie moderne, Minuit, 1973, p. 195.

[7] A. de Benoist, Heidegger critique de Nietzsche, Volonté de puissance et métaphysique de la subjectivité, Nouvelle Ecole, 2005, p. 125.

[8] Martin Heidegger, Nietzsche, op. cit., p. 23.

[9] O. Meyer, Commentaire, publié le 29/01/2009.

 

[10] Heidegger écrit : « Ni Nietzsche, ni aucun penseur avant lui [...], ne parviennent à l'initial commencement ; tous, de prime abord, ne voient ce commencement que sous le jour de ce qui, déjà, n'est plus qu'une désertion par rapport au commencement, une manière de couper court à celui-ci : sous le jour de la philosophie platonicienne. » (M. Heidegger, Nietzsche, op. cit., vol. 1,p. 363.)

[11] S. Vietta, Heidegger, critique du national-socialisme et de la technique, Pardès,1993, p. 102.

[12] F. Nietzsche, L’Antéchrist, § 21 & 22.

[13] Yuan Sha, Le système de servage féodal au Tibet, Centre d'Etudes Himalayennes du C.N.R.S (CEH), 2002.

[14] L’Antéchrist, § 46.

[15] Ibid., § 60.

[16] J. Montenot, Lire, février 2009.

[17] Cf. Remy de Gourmont, La Mort de Nietzsche, Épilogues. Deuxième série. 1899-1901. Réflexions sur la vie, Mercure de France, 1923, p. 191.

[18] Ludwig Binswanger (1852-1929), qui s’occupa de Nietzsche lors de son internement, parle de lui comme subsistant dans un état végétatif( Cf. E. F. Podach, L’Effondrement de Nietzsche, Gallimard, 1978, et J. Roger, Le Syndrome de Nietzsche, Ed. Odile Jacob, 1999.)

[19] Cf. J. Gok, Mort parce que bête, Parcs ed., 2001.

 
 
 

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jeudi, 09 juillet 2009

L’Ordre chrétien

 

3e et dernière Partie de :

« Comment peut-on être chrétien ? »

 

news_konstantin1_xl.jpg
L'Empereur Constantin 1er dit le "Grand"

(vers 275 à 337 après J.-C.)

C'est l’Évêque Eusèbe de Césarée qui conféra son titre « Le Grand »,

à l'empereur Constantin,

honneur qu’aucun autre empereur romain n’avait reçu avant lui.

 

-St_Ambrose_Converting_Theodosius.jpg

Saint Ambroise convertissant l’empereur Théodose

Toile de Pierre Subleyras, 1745

 

 

 

 

 

 

 

Les esclaves pour certains, mais non la majorité, passés au christianisme, lassés par les folies de leurs maîtres romains, n’étaient pas les seuls à être opposés à Rome comme cherche à le faire croire une propagande antichrétienne, il existait des citoyens romains, décidés à manifester leur réprobation et qui devinrent chrétiens par amour de l’Evangile. Parmi eux de véritables savants, tel Marcion de Sinope sur la Mer Noire, qui cherchaient à préciser ce que l'on pourrait appeler une nouvelle théologie du Salut, non par opposition au polythéisme romain, mais en continuité de la perspective spirituelle de l’hénothéisme mystérique que l'entrée massive des éléments néo-platoniciens et orientaux dans la religion et la pensée romaine rapproche plus encore du christianisme, en fournissant un aliment mystique au désarroi du peuple, en répandant la notion de délivrance.

 

a) Christianisme et philosophie

 

justin_martyr2.jpgEn quelques années, les empereurs se succédèrent les uns aux autres dans des circonstances ténébreuses, au moment où la croyance chrétienne s'affirmait comme une espérance d'un nouvel ordre du monde. Rome, qui vivait une inexorable décadence politique, morale et religieuse, devient alors pour Justin, le premier à faire la jonction entre l’Evangile et la philosophie, l’incarnation cette idée que la venue des Sages, avant le Christ, participait déjà du Verbe de Dieu. Par conséquent, pour Justin et les premiers philosophes convertis au Christ, tous ceux qui avaient vécu selon le Logos parmi les barbares, étaient des chrétiens avant la lettre. Pour Justin, la Révélation des Écritures est le prolongement de la révélation naturelle. C’est cette attitude conciliatrice qui finit par s’imposer finalement et aboutir à une synthèse, celle de la pensée grecque et de l’esprit chrétien. Cette synthèse, que défendra Lucien d'Antioche, Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et surtout Jean Chrysostome et l’école d’Alexandrie qu’on peut nommer philosophie chrétienne, a pour caractère essentiel d’aboutir à une forme d’authentique horizon spirituel chrétien : « Il n’existe pas, dit saint Justin martyr, un peuple, soit grec ou barbare, ou de toute autre race d’hommes, quelles que soient leurs dénominations ou leurs mœurs distinctives, quelle que puisse être leur ignorance des arts ou de l’agriculture, soit qu’ils habitent sous des tentes, ou qu’ils errent dans des chariots couverts, chez lesquels on n’ait offert au nom de Jésus crucifié, des prières au père et au créateur de toutes choses » [1].

 

Selon Clément d'Alexandrie : « la foi est greffée sur l’arbre de la philosophie, et quand le vaccin est parfait, alors le bourgeon de la foi seclément.jpg substitue à celui de l’arbre, il grandit dans l’arbre et fait que celui-ci porte des fruits ». Pour réaliser ce projet, Clément décide de se servir de notions philosophiques pour interpréter la Bible. La philosophie grecque, au service de la démarche herméneutique, permet le passage de la foi à la connaissance. Sur un plan plus général, les chrétiens étaient nombreux dans les armées. Non seulement les empereurs Dioclétien et Constance, favorables à leur religion, mais Hercule et Galère acceptaient leur présence, sans exiger d’eux aucun acte d’idolâtrie. De leur côté, les fidèles accordaient sans répugnance le service militaire, et se dévouaient sincèrement aux aigles romaines. Par ailleurs, la Septante est définitivement acceptée, et devient le premier livre chrétien par référence. La préhistoire chrétienne se termine sur cette appropriation définitive de l’héritage du mosaïsme originel, facilitée par la disparition en 135 de tout Etat juif après l'échec de la révolte de Bar Kochba. Jérusalem s'appelle désormais Aélia Capitolina ; les rabbis judéens de Palestine pour leur part abandonnèrent cette écriture grecque alexandrine, qui pour eux n'avait jamais fait partie de leurs Livres Sacrés, et les philosophe chrétiens élaborent la pensée de la nouvelle Rome.

 

b) Le christianisme comme réponse à l’anarchie et à la décadence de Rome

 

Avant même la conversion de l’empereur Constantin, Rome accueille avec empressement le christianisme, comme si la nouvelle religion avait été prévue pour répondre à la situation tragique dans laquelle, chaque jour de plus en plus, s’enfonçait l’Empire. Comme on le sait à présent, il ne faut pas s'émerveiller devant le « triomphe du christianisme » car l'idée d'une religion constituée gagnant l'Empire dans le cadre d'un immense effort de conversion est un mythe. Le catholicisme n'a pas conquis la société du Bas-Empire : il a été sécrété par elle, il en est le produit, tout comme la morale et l'art de cette époque. En fin de compte, le christianisme n'est pas un concept historique opératoire » [2] Le christianisme prend greffe sur le paganisme, car en réalité il n’est pas étranger aux éléments qui se trouvaient à l'intérieur même du système religieux antérieur, aboutissant à une sorte de substitution/continuité d’une stupéfiante facilité.

 

nietzsche1864.jpgOn est très loin des rêves erronés de Nietzsche, nourri par la propagande de l’école critique radicale allemande, on est à des kilomètres des idées fumeuses d’un christianisme « bolchevisme de l’antiquité », bien au contraire même ! Car c’est le christianisme, et lui seul, qui va sauver les derniers reliquats de l’Empire, en conserver l’essence face à la désorientation des empereurs fous. Selon Nietzsche, le christianisme a finalement plongé Europe dans l'abîme, s’imposant sans qu’il y ait une saine réaction contre lui [3]. Or, rien n’est plus faux, plus inexact, plus absurde !

Comment qualifier la politique religieuse d’Élagabal ? Empereur fou dévot du dieu Baal qui ouvrit Rome aux étrangers,heliogabale.jpg on viole, on tue dans ces banquets démentiels, les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables même, devant une assemblée entrée en transe au son des flûtes et des tambourins. Il viola une Vestale, prêtresse du culte romain de Vesta. Initié aux mystères de Cybèle, il reçoit le taurobole : le nouvel adepte, placé au fond d’une fosse, se baigne dans le sang d’un taureau que l’on égorge au dessus de lui. On lui prête des sacrifices humains d’enfants, chose est plausible, quant on sait qu’au cours du siège de Carthage, bien plus tôt, les auteurs romains rapportent qu’on sacrifiait à un gigantesque Baal creux dans lequel brûlait un brasier, des dizaines d’enfants encapuchonnés : le culte de Baal nécessitait ces horreurs, et pour dépravé que soit le culte au troisième siècle, il a pu garder ses aspect originels. Elagabal, souhaitait restaurer l'unité de l'empire par un culte unique, en tant que pontifex maximus d'une divinité suprême, sa personne devenant inviolable, en ayant  l'intention de transférer dans son temple du Soleil de Rome « les religions des Juifs, des samaritains et les rites chrétiens, afin que le clergé d'Héliogabale détienne les mystères de tous les cultes ». Curieuse attitude païenne. Le tout, nous le savons, s’est achevé par l’envahissement d’une foule furibarde dans son palais, qui fit un carnage où les favoris et les mignons de l'empereur furent d'abord littéralement dépecés, émasculés, empalés ("afin que leur mort fût en conformité avec leur vie", dit l’historien), avant que l’empereur lui-même ne fusse massacré dans ses latrines, son corps traîné à travers les rues de Rome, la populace jetant le cadavre aux égouts, puis, comme les conduits étaient trop étroits, l'impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre (11 mars 222).

 

decadence2.jpg
On viole, on tue dans les banquets d'Elagabal,
les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables ,
devant une assemblée en transe au son des flûtes et des tambourins.

 

 

 

c) La Croix triomphante !

Voilà le spectacle de la Rome finissante, voilà l’état réel des derniers soubresauts d’un paganisme moribond et agonisant, et il faut la sotte admiration naïve d’un Alain de Benoist pour oser écrire : « L’imperium est alors l’outil d’une conception du monde qui se réalise sous la forme d’un vaste projet. Grâce à lui la pax romana règne dans un monde ordonné » [4], alors même que l’empire s’écroule en raison de ses propres folies, qu’il est la proie des cultes mystériques des religions orientales : culte phrygien de Cybèle et d’Attis, culte égyptien d’Isis et de Sérapis, culte syrien d’Adonis, culte persan de Mithra, etc. Ainsi que l’écrit Gibbon, d’une façon objective : « La sagesse de la Providence daigne souvent employer les circonstances générales où se trouve le genre humain, comme des instruments propres à l’exécution de ses vues, il peut aussi nous être permis de demander, avec toute la soumission convenable, non pas quelle fut la cause première des progrès rapides de l’Église chrétienne, mais quelles en ont été les causes secondes. Les cinq suivantes paraissent être celles qui ont favorisé son établissement de la manière la plus efficace. 1° Le zèle inflexible des chrétiens ; 2° La doctrine d’une vie future, perfectionnée et accompagnée de tout ce qui pouvait donner du poids et de la force à cette vérité importante. 3° Le don des miracles attribué à l’Église primitive. 4° La morale pure et austère des fidèles. 5° L’union et la discipline de la république chrétienne, qui forma par degrés, dans le sein de l’empire romain, un État libre, dont la force devenait de jour en jour plus considérable. » [5].

paul_rubens_1622_labarum.jpg

"Tous nos peuples doivent se rallier

à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre."

 

L’ordre que Rome n’était plus en mesure de produire, lui était à présent offert, donné et conféré par la religion chrétienne, Rome qui sombrait dans la dégénérescence et la licence effrénée, recevait de la part des chrétiens l’image d’une droite moralité, telles sont les causes qui ont assuré les succès du christianisme dans l’empire romain, telles sont les causes qui conduisirent à l’adoption par Constantin, du christianisme comme religion d’Etat en 313. L’église constantinienne produira le catholicisme tel que nous le connaissons, lorsqu’en 378 l’évêque de Rome Damase obtint de Gratien, empereur chrétien, que le bras séculier de l’Etat soit mis au service de l’Eglise. Théodose décrètera même, par un édit daté du 28 février 380, dit Edit de Thessalonique :

- « Tous nos peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre, à celle que professe le pontife Damasse et l’évêque d’Alexandrie en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie.. » [6]

Henri Pirenne (1862-1935) a ainsi parfaitement montré que l'Empire, adoptant le christianisme avec Constantin, continua d'exister grâce à la religion et ses institutions, dont le monachisme qui couvrit l’Europe et développa techniques forestières, hydrauliques, l’agriculture, l’écriture, etc., sous une forme autre, jusqu'au temps de l'ascension du Royaume Franc en Europe qui est concrètement une suite de l'Empire romain, faisant que le couronnement de Charlemagne, en tant que premier empereur romain germanique est une continuation directe de l'État impérial. D’ailleurs l’historien contemporain Michael Grant aujourd’hui, souscrit à cette théorie, et considère la victoire de Charles Martel à la bataille de Poitiers stoppant l'ère de la conquête islamique et sauvant l'Europe, comme un évènement macro-historique dans l'histoire de l’Empire.

Il n’y a donc pas, selon l’expression ridicule de Nietzsche afin de connaître l’essence du christianisme : « …l’origine du christianisme ? Le premier point pour arriver à la solution de ce problème s’énonce ainsi : On ne peut comprendre le christianisme qu’en le considérant sur le terrain où il a grandi, — il n’est point un mouvement de réaction contre l’instinct sémitique, il en est la conséquence même, une conclusion de plus dans sa terrifiante logique » [7], car on est vraiment, dans le cadre du christianisme européen, fort loin de ça, et on se demande si ce n’est pas confondre à plaisir, les délires de l’esprit de la révolution qu’incarne la désorientation de Rome et ses suites, et la véritable Tradition chrétienne ; s’il n’y a pas un jeu polémique chez l’avocat de la philosophie du marteau, qui volontairement tente de superposer une attitude, qui n’est redevable qu’à des idées syncrétiques délirantes des derniers empereurs païens, au christianisme lui-même. Cela est certes amusant un instant sur le plan littéraire, poétique et polémique, mais n’a strictement aucun sens du point de vue de la réalité, est aucune validité théorique.

 

 

IMG_GD.jpg

 

En 312, Constantin bat Maxence sur le Pont Milvius près de Rome.

s'assurant ainsi le commandement suprême de l'Empire Romain

Le soir avant la bataille, il avait eu la vision céleste de la Croix lumineuse

avec la devise :

« In Hoc Signo Vinces » (par ce signe tu vaincras).

Durant la nuit, il décora de la Croix les vexilles de ses soldats.

 

 

 

En fait, une religion humble et pure incorpora, avec l’aide des empereurs chrétiens, sans effort les racines de l’ancienne Rome. Elle put croître dans l’esprit des hommes, au milieu du silence et de l’obscurité, tirant de l’opposition une nouvelle vigueur, et arbora enfin sur les ruines du Capitole la bannière triomphante de la Croix. Son influence ne se borne pas à la durée ni aux limites de l’empire ; cette religion est encore celle des nations de l’Europe qui ont surpassé tous les autres peuples de l’univers dans les arts, dans les sciences, aussi bien que dans les armes : le zèle et l’industrie des Européens ont porté le christianisme sur les rivages les plus reculés. Il ne s’agit pas de se poser la question de savoir si « un retour au polythéisme est possible, ou indiqué », ni même de s’interroger pour savoir « si l'extirpation du mosaïsme peut s'opérer sur la base de la fondation d'un ordre de l'être » afin qu’un improbable panthéisme, soudé autour d’une « nouvelle communauté émerge du sol d’Europe, car en ces questions, le vouloir ne peut avoir aucune sorte prise, comme le soulignait le vieil Heidegger à juste raison : « il n'est pas possible de faire être par la volonté ou la parole les choses elles-mêmes » [8].

 

Conclusion

 

Le désir d'un redéploiement du paganisme pousse à imaginer naïvement qu'il est possible par la volonté de refaire surgir de nouveau les anciens dieux, ou une approche « panthéiste » plus conforme à l’essence spirituelle de l’Europe. Or, rien n'a jamais disparu, mais se trouve dissimulé sous d'autres appellations, rien ne meurt en ces domaines mais se voit conférer d’autres visages. En revanche, rien ne serait plus grave, et ne le fut, que de sombrer, par une incompréhension tragique dont fut victime la Nouvelle Droite et ses principaux animateurs, dans un antichristianisme réactif systématique, car sous couvert de retrouver les anciens dieux, il sont allés jusqu’à avaliser les thèses des aveugles idéologues du XIXe, enténébrés par les théories matérialistes et athées de la critique du christianisme, aboutissant à ceci qui se passe de commentaire :

 

- « Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. «Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.». [9]

 

Voilà où mène, logiquement le néo-paganisme antichrétien folklorique, à affirmer que « les croisés combattirent quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière » ! Ce genre de prosternation, même au nom de la religion ancestrale de l’Europe, est inacceptable. Et l’on sait parfaitement où sont, et ce que récitent et comment s'inclinent face contre terre aujourd’hui nombre d’anciens évoliens, nietzschéens et guénoniens convaincus, pour refuser catégoriquement cette sinistre éventualité.

 

Quant à l’ultime cri de l’Antéchrist, sous prétexte de joies solsticiales où l’on vomit avec exaltation la religion du désert et l’on chante celle, solaire, des forêts, nous savons à présent suffisamment ce qu’il signifie, et en quoi il doit être fermement combattu : « Guerre à outrance avec Rome ! Paix et amitié avec l’Islam.». Ainsi, nous ne pouvons que refuser avec force cette fallacieuse Paix et cette ignoble Guerre !

 

Contre l’hérésie de l’Islam, portée et soutenue par le néo-paganisme nietzschéen,

haut les épées pour le Christ et la Croix

au nom de la Rome éternelle et catholique !

 

Ad Majorem Dei Gloriam !

 

labarum_cross.jpg

 

 

Notes.

 

[1] Saint Justin martyr, Dialog. cum Tryphon, p. 341.

 

[2] A propos du triomphe du christianisme, Dialogues d'histoire ancienne , 1988, vol. 81, no14.

[3] On se souvient à cet égard du passage de l’Antéchrist : « Que les fortes races du nord de l’Europe n’aient pas repoussé le Dieu chrétien, ne fait vraiment pas honneur à leur don religieux, pour ne pas parler de leur goût. Ils auraient dû en finir de ce produit de la décadence maladive et débile. Voilà pourquoi repose sur eux une malédiction : ils ont absorbé, dans tous leurs instincts, la maladie, la vieillesse, la contradiction, depuis lors ils n’ont plus créé de Dieu ! Deux mille ans presque, et pas un seul nouveau Dieu ! Hélas, il subsiste toujours, comme un ultimatum et un maximum de la force créatrice du divin, du creator spiritus dans l’homme, ce pitoyable Dieu du monotono-théisme chrétien ! Cet édifice de décombres né de zéro, de notions et de contradictions, où tous les instincts de décadence, toutes les lâchetés et toutes les fatigues de l’âme trouvent leur sanction ! »

[4] A. de Benoist, Introduction in L. Rougier, Le conflit du christianisme primitif et de la civilisation antique, Copernic, 1977, p. 28.

[5] E. Gibbon, Histoire de la Décadence et de la Chute de l'Empire romain, 1765.

[6] Voici le texte complet de l’édit d Thessalonique : « Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant - et qu'il est clair que suivent le pontife Damase Ier et l'évêque d'Alexandrie, Pierre, homme d'une sainteté apostolique : c'est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste. Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »

[7] F. Nietzsche, L’Antéchrist, 1895.

[8] Heidegger, Lettre sur l’humanisme, Aubier, 1980.

[9] L’Antéchrist, op. cit.

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jeudi, 02 juillet 2009

Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe

IIe Partie de :

« Comment peut-on être chrétien ? »

 

 

 

 

 

trinite greco I.jpg

Le Greco, La Trinité, 1577,

partie du retable du grand autel de l'église Santo Domingo el Antiguo à Tolède

qui comporte sept toiles et cinq sculptures enchâssées

dans une structure architectonique ornée de colonnes et frontons.

 

 

 

 

 


Les vives critiques formulées contre le christianisme, venant des milieux païens, portent sur quelques points que l’on retrouve sous la plume de tous les auteurs qui eurent à s’exprimer sur le sujet. La tradition chrétienne serait l'expression de la dégradation cyclique, un élément de la décadence de l'Occident et la forme caractérisée de la « subversion » de l'esprit oriental, disons de la mentalité « sémitique » pour être clair, qui vint corrompre le paganisme antique.

 

Ces considérations, limites aberrantes, à propos du christianisme, ont pourtant encore beaucoup de faveur, et en raison de leur simplicité, emportent souvent l’adhésion des esprits, d’autant chez les plus jeunes avides d’explications simples et catégoriques. Or, tout cela, non seulement est absolument faux comme nous allons le voir, mais de plus exhume de loin les vieilles ritournelles maladroites mâtinées, pour faire bref, d’une bonne couche de Nietzsche, d’un gros vernis de Renan et de l’école critique allemande, et d’une dose importante d’Evola.

 

a) l’antijudaïsme originel du christianisme

 

 

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Le christianisme, pour Nietzsche aurait donc été une secte juive, professant une religion d’esclave visant à subvertir la société païenne ? L’auteur de l’Antéchrist parle d’un christianisme qui serait un poison pour la culture occidentale et une perversion. Dans un passage enlevé il écrit :

 

- « Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué, il a fait un idéal de l’opposition envers les instincts de conservation de la vie forte, il a gâté même la raison des natures les plus intellectuellement fortes en enseignant que les valeurs supérieures de l’intellectualité ne sont que péchés, égarements et tentations. Le plus lamentable exemple, c’est la corruption de Pascal qui croyait à la perversion de sa raison par le péché originel, tandis qu’elle n’était pervertie que par son christianisme ! » [1]

 

Le plus surprenant c’est qu’avec une telle idéologie pour faible destinée aux esclaves on aurait révolutionné la Rome antique ? Or, avec une présentation de ce type, on peut sans crainte soutenir que les premiers chrétiens furent d'extraodinaires magiciens pour réaliser une pareille opération de renversement !

 

En réalité, la religion chrétienne ne fut pas, comme on le dit faussement, une « secte juive », car il existait plusieurs sortes de judaïsmes dans l’antiquité (Sadducéens, Pharisiens, Esséniens, Zélotes, Minim, etc. ), dont le christianisme naissant n’est en aucune mesure comparable, puisqu'il fut même en opposition frontale et directe avec tous les courants du judaïsme. L'affirmation, inexacte évidemment, d'un judéo-christianisme antique cherchant à transformer tout païen en un juif selon la religion, est l’une des plus grosses farces jamais proférées, sachant l'antijudaïsme foncier de la primitive l'Eglise et l’hostilité radicale des juifs à l’égard des chrétiens qui firent l’objet d’un chasse visant à les détruire et les mettre à mort. Souvenons-nous d’un fait, le christianisme, s’il est tout d’abord incarné par des juifs puisque les apôtres sont juifs, les premiers convertis de la Pentecôte sont majoritairement juifs, etc., échappe très vite au cercle étroit des membres historiques grâce à l’activité d’un citoyen romain, juif de naissance : Paul de Tarse.

 

 

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Saint Paul écrivant ses épîtres

 

 

st%20paul.jpgLa grande révolution de Paul consistera à déclarer que la foi, c’est-à-dire la foi en Jésus-Christ, passe avant la loi mosaïque et ceux qui partageront son point de vue, soit l’ensemble des premiers chrétiens, dès la fin du Ier siècle, vont se distinguer par ses prises de position anti-juives très fermes. Il s’opposeront avec une rare énergie :

 

* Au judaïsme rabbinique issu de l’école de Jamnia apparue après la destruction du Second Temple en 70 (lequel rejettera au alentour de l’an 90 par la rédaction du canon de la Bible juive les autres mouvements nés du judaïsme n’observant pas strictement la Halakha pour déclarer qu’ils sont des hérésies, le judaïsme rabbinique étant dès lors reconnu, et jusqu’à aujourd’hui, comme la norme du judaïsme.

 

* Aux judéo-chrétiens, qui vont donner naissance à l’ébionnisme et aux autres courants comme l’elkasaïsme, violemment attaqué et combattu par les Pères de l’Eglise (Origène, Irénée, etc.).

 

Pour mieux comprendre la haine des juifs à l’égard des chrétiens retenons que les saducéens (les représentants des familles aristocratiques juives de Jérusalem) mit la main sur les apôtres et les jeta dans la prison publique, devant le Sanhédrin, ils furent flagellés (Actes 6, 7) en présence de Saül (le futur Paul) le diacre Etienne est sommairement jugé et lapidé pour cause de blasphème, en Actes 12 Le roi Hérode Agrippa-1er fait mourir Jacques, le frère de Jean, par l'épée et voyant que cela était agréable aux juifs il fit également arrêter Pierre. Un ange délivrera Pierre de sa prison. Pour se venger le roi Agrippa fera supplicier les gardes. En Actes 16 Paul et son compagnon Silas sont battus de verges à Philippes en Macédoine. Témoignage de Paul aux Corinthiens (II Cor. 11 – 24ss ) :

 

- « J'ai été souvent en danger de mort : cinq fois battus des 39 coups de fouets par les juifs ; trois fois, j'ai été battu de verges, une fois, j'ai été lapidé de pierres ; exposé à de nombreuses veilles, à la faim, à la soif, au froid et à la nudité... » Puis en Actes 21 Paul est frappé par les juifs dans le temple de Jérusalem. Un tribun romain le fait enchaîner pour le soustraire à la fureur des juifs qui l'accusaient d'avoir introduit ses amis grecs non juifs (mais récemment baptisés) dans l'enceinte sacrée du temple. En Actes 22 le tribun ordonne que Paul soit soumis à la question par le fouet pour connaître le motif qui a contrarié les juifs. Sous la protection romaine il sera conduit au quartier général romain de Césarée où il sera mis en prison pendant deux ans, avant de partir à Rome pour y être jugé.

 

b) Le christianisme ennemi du judaïsme

 

 

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La haine des juifs à l’égard des chrétiens
est à la source des toutes premières persécutions de la l'Eglise

 

Loin donc d’apparaître comme un secte juive, le christianisme primitif se distingue de tout élément juif avec une vigueur étonnante, qui va jusqu’à surprendre non seulement les observateurs, mais aussi les chrétiens eux-mêmes. Il faudra la mauvaise foi, l’ignorance et l’intention malveillante de Celse pour écrire :

 

« …une race nouvelle d'hommes nés d'hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d'infamie, mais se faisant gloire de l'exécration commune : ce sont les chrétiens (...). »

 

Toutefois, ce qui est intéressant provient de la suite : «  Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d'eux pour le fils de Dieu et il est l'auteur de leur nouvelle doctrine (...). » [2]

 

Lit-on clairement ? la phrase n’est pas anodine chez l’adversaire du christianisme : «les chrétiens ont trouvé parmi les juifs » . Les chrétiens ne seraient-ils donc pas les juifs qu’on nous présente pour avoir trouvé « chez les juifs » leur doctrine ? Ne sont-ils pas la secte juive que l’on veut de toute force nous faire admettre ?

 

De la sorte, plus qu’utile à notre réflexion la déclaration suivante : « Nous ne sommes que d'hier et nous avons déjà conquis la terre » dit le philosophe Tertullien au IIe siècle. Les chrétiens, sont donc d'abord une petite minorité de disciples de Jésus qui se développe à l'ouest de l´Empire romain en Occident, mais qui très vite s’ouvre, non pas aux esclaves exclusivement, juifs de préférence, mais aux gentils, c’est-à-dire aux non juifs qui forment très vite la majorité des membres au point que les communautés chrétiennes prennent le nom d’« Églises » (du grec Ekklèsia = assemblée). Ces communautés sont dotées d’un conseil, avec à sa tête un « évêque » (du grec épiskopos = surveillant) ou « presbytre » (du grec « presbyteros » = ancien).

 

c) Dégénérescence totale de Rome

 

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Caligula - fils de Germanicus
confère à son cheval le titre de "Consul".

Dans le climat d'anarchie de cette période, Caïus Caligula - fils de Germanicus succède à Tibère, il est épileptique depuis son enfance, cette maladie va s'aggraver dès la première année de règne et lui provoquer une folie grandissante allant jusqu'à la démence (il va ordonner la mort d'une multitude de citoyens et de sénateurs comme le fils de Drusus, Silanus, le sinistre préfet Macro etc ... il ruine les finances et les contribuables en ordonnant des choses invraisemblables : comme l'enlèvement, puis leur remise en place de différentes collines de Rome... il fait couper la langue à des spectateurs du cirque et les jette aux fauves dans l'arène parce qu'on manque de victimes ; il fait prisonnier ses propres soldats et nomme son cheval "consul" en le couvrant de pierres précieuses.

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On enchaînera les chrétiens par milliers
et on les jettera vivants dans l'arène
pour servir de nourriture aux fauves et pour amuser la foule

Claude fils de Drusus et neveu de Tibère lui succède, succombe au charme de sa nièce Agrippine qui vient de fêter ses 32 ans. La nouvelle impératrice obtient de César-Claude les fiançailles et le mariage de Néron (son fils d'un premier mariage) avec Octavie - la fille légitime de Claude. Agrippine empoisonnera Claude avec des champignons au moment où celui-ci s'aperçoit que l'impératrice est entrain d'évincer Britannicus du trône pour favoriser Néron. Mais Claude tarde trop à mourir, Agrippine (qui est aussi la soeur de Caligula) le fera achever par son médecin en 54. Néron Il est à peine âgé de 17 ans lorsqu'il devient empereur. D'abord il écarte définitivement Britannicus en le faisant empoisonner lors d'un festin public, puis il essaiera de tuer sa mère en lui faisant prendre un bateau qui sombrera corps et biens en haute Mer, personne n'échappera à la noyade sauf la Reine-Mère impératrice qui par miracle a été recueillie par un bateau de pêcheurs... Comme un fantôme elle réapparaît devant son fils horrifié en lui disant : « tout le monde est mort mais grâce aux dieux j'ai survécue ! » Court répit car elle mourra assassinée sur ordre impérial en l'an 59. Puis Néron répudiera Octavie sa première épouse et lui fera trancher la tête, pour l'offrir à « Poppée sa nouvelle épouse... » Le 19 Juillet de l'an 64 : Rome brûlera dans un immense brasier qui durera 6 jours et 7 nuits. La colère du peuple gronde. On cherche des coupables... Néron est soulagé lorsqu'on accusera les chrétiens d'avoir mis le feu dans les divers quartiers de Rome. On les enchaînera par milliers et on les jettera vivants dans l'arène du cirque pour servir de nourriture à des fauves affamés pour amuser la foule, parfois pour les punir d'avoir mis le feu à Rome, on les attache à des croix après les avoir enduits de bitume et de matières inflammables. Ils brûlent alors comme de véritables torches vivantes et malgré leurs souffrances ces malheureux rendent l'âme en chantant ensemble des hymnes à leur Dieu.

En peu de temps, Rome fera mourir deux chefs chrétiens : saint Pierre, qui demande à être crucifié la tête en bas, parce qu'il s'estime indigne de mourir dans la même position que son maître, et saint Paul qui exige l'application de la loi romaine, car Paul en vertu de sa double citoyenneté, demande à mourir décapité. On raconte qu'à la place où on l'exécuta, sa tête rebondit trois fois sur la terre faisant jaillir une source à l'endroit que les premiers chrétiens appelleront désormais : l'endroit des « trois fontaines ». On transporta son corps dans un caveau sur la via Ostia où s'élève aujourd'hui la basilique : Saint Paul Hors-les-murs.

Que disait Nietzsche au fait ? ceci :

- « Le petit mouvement insurrectionnel, baptisé au nom de Jésus de Nazareth, est une répétition de l’instinct juif […] Ce saint anarchiste qui appelait le plus bas peuple, les réprouvés et les pécheurs, les Tchândâla du judaïsme, à la résistance contre l’ordre établi, avec un langage qui, main­tenant encore, mènerait en Sibérie […] — L' « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancune les plus basses, cet explosif de l'idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l'ordre social — c'est la dynamite chrétienne… Jésus [est] un révolté contre l’ordre établi. » [3]

Mais de Quel ordre établi parle-t-on  ? de l’ordre de Rome en pleine décomposition, aux empereurs fous et dégénérés. Peut-être celui des tribus barbares du Nord en lutte perpétuelle ? Sans Etat, dénuées de sens historique ? Allons, un peu de sérieux voyons !

 

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Rome, alors que les chrétiens sont persécutés,

sombre dans le chaos,

les institutions sont méprisées, les lois bafouées,

l’Etat corrompu, les mœurs immondes.

 

empereur.jpgDe ce fait suivons l’Histoire que semblent ignorer les auteurs qui se sont exprimés contre le christianisme. Avant de s'ouvrir les veines dans un banquet le poète et philosophe Pétrone professeur de Néron lui écrit pour lui dire ce qu’il pense de sa conduite ... L'empereur fera raser tout ce qu'il lui a appartenu ! Néron part en Grèce aux jeux olympiques où il tombe amoureux de Sporus un jeune blond qu'il a fait castrer. A Delphes, Néron va consulter l'oracle qui lui dit : "Méfie-toi de la 73è année !" Nous sommes en l'année 66 et Néron viens juste d'avoir 29 ans, il pense qu'il a largement le temps... Mais le danger vient d'Espagne où le Général gouverneur Galba vient de fêter ses 73 ans et c'est précisément lui, qui en l'absence de Néron conduit le peuple à la révolte. Le 10 juin 68 Néron qui est rentré précipitamment à Rome refuse de combattre Galba. Il cherche refuge dans une cachette et s'enfonce un couteau dans la gorge.

En l'espace de douze mois, quatre empereurs vont se succéder sur le trône impérial :

 

* Galba (68 - 69) qui vient d'être reconnu empereur de Rome par le sénat, mais parce qu'il avait déclaré le jeune Pison comme son successeur, son rival Othon les fit tous deux massacrer par la garde prétorienne à titre de représailles puis il s'empara du pouvoir.

* Othon (69) fut reconnu empereur dans tout l'empire sauf en Germanie où les légions proclamèrent Vittelius empereur. Ecrasé à Bédriac, il se suicida.

* Vittellius (69) après la mort d'Othon marche sur Rome. N'ayant pu imposer son autorité, les légions d'Orient proclameront Vespasien empereur en juillet 69 Vittelius fut battu en Octobre à Crémone, par la suite le peuple de Rome l'égorgea sur le forum .

* Vespasien (69 à 79) Fils d'un publicain.

 

Rome, à cause d’elle-même, sombre dans le chaos, les institutions sont méprisées, les lois bafouées, l’Etat corrompu, les mœurs immondes, le crime, la trahison, l’ignominie, triomphent de façon ignoble. La licence généralisée, l’immoralité des fonctionnaires et l'attrait populaire pour le cirque et le jeu, couronnent ce triste tableau.

 

Rome, en raison de ses propres égarements, n'est qu'un long et irrémédiable déclin.

 

d) Rome ou la révolte contre l’être

 

On aime ainsi entendre énoncer naïvement : «— Une religion comme le christianisme […] à bon droit, l’ennemie mortelle de la « sagesse du monde » [...] approuve tous les moyens pour empoisonner, calomnier, décrier la discipline de l’esprit, la pureté et la sévérité dans les affaires de conscience de l’esprit, la noble froideur, la noble liberté de l’esprit […] Le christianisme a besoin de la mala­die ; rendre malade, voilà la véritable pensée de derrière la tête de tout le système de salut de l’Église. Et l’Église elle-même, n’est-elle pas la maison d’aliénés catho­lique comme dernier idéal ? — La terre tout entière une maison d’aliénés ? — L’homme religieux comme le veut l’Église est un décadent type. » [4]

Le problème, c’est que le terrible portrait établi par Nietzsche, est en réalité celui de la Rome païenne dégénérée dont les crises successives au travers des siècles montrent les germes internes destructifs de l'Empire Romain, et son incapacité à se réformer. « Les Romains se distinguaient par leur vulgarité, ils considéraient la prostitution comme du sexe pur, et se moquaient éperdument de l’éducation des filles. Le Romain avait également pris l’habitude de désigner les prostituées par des noms divers. Les « meretrices » étaient celles qui vendaient leur corps la nuit seulement, tandis que les « prostibulae » pratiquaient leur honteux métier nuit et jour. Evidemment la vulgarité des Romains ne se limitaient pas aux femmes, car on trouvait également la prostitution masculine, elle était infiniment plus débauchée que son homologue féminine, où des hommes dès leur plus jeune âge étaient voués à une existence malheureuse. Souvent on les rendait eunuques, pire on pratiquait la castration totale, car les clients désiraient voir les charmes féminins chez l’homme. Le phénomène de pédérastie n’était pas à ignorer, vu le nombre impressionnant de jeunes adolescents, quant à l’homosexualité c’était un divertissement largement répandu. » [5]

La  « rébellion perverse contre l’unité de l’être », est bien plutôt l’un des vices fonciers de l’Empire. Le mythe de l'âge d'or d’une Rome, fière, droite, pure que le christianisme aurait pervertie de l’intérieur, relève d’une naïve idéalisation du passé car était généralisé, du fait de l’Empire, le relâchement des mœurs, l’homosexualité, l'argent corrupteur, la vie urbaine, la dégradation des spectacles du Cirque. Tout ceci, non imputable aux chrétiens, largement décrit par des auteurs comme : Cicéron, Horace, Pétrone, Properce, Quintilien, Salluste, Sénèque, Tacite, Tibulle, Virgile, avant que saint Augustin, Tertullien ne viennent se joindre à la longue liste des observateurs de la décadence romaine, et dont le dernier en date, que je choisis volontairement pour son faible amour du christianisme, vienne achever le triste tableau de la Rome ruinée par ses tares : « La faiblesse des empereurs, les factions de leurs ministres et de leurs eunuques, la haine que l’ancienne religion de l’empire portait à la nouvelle, les querelles sanglantes, les disputes substituées au maniement des armes, et la mollesse à la valeur; tout appelait ces mêmes barbares qui n’avaient pu vaincre la république guerrière, et qui accablèrent Rome languissante, sous des empereurs cruels, efféminés, et dévots. » [6]

Conclusion

On retiendra que malgré son antichristianisme instinctif, Julius Evola, qui avait un minimum le sens de l’Histoire et n’oubliait pas le rôle utile que joua le catholicisme à travers les siècles écrivit ces quelques lignes très pertinentes : « N'oublions pas que le catholicisme peut remplir une fonction de « barrage », car il est porteur d'une doctrine de la transcendance : aussi peut-il, dans une certaine mesure, empêcher que la mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas ne dépassent un certain seuil. » [7] Cette mystique de l'immanence et la subversion prévaricatrice venue d'en-bas, étaient incarnées concrètement non par le christianisme aux premiers siècles de notre ère, mais par la Rome finissante et le paganisme moribond, et c’est contre ces terribles fléaux redoutables que s’élevèrent avec une force admirable les disciples du Christ nous épargnant, sur le plan de la civilisation en Europe, dès l’émergence de l’Eglise, une effroyable chute définitive dans le chaos et l’abîme.

Comme l'écrira saint Augustin : « De même la tribulation est venue fondre sur Rome, pour purifier et délivrer l'homme juste, et pour y frapper l'impie du châtiment qu'il méritait, soit que la mort l'ait précipité dans le gouffre des souffrances éternelles, soit que dans la vie qui lui était conservée il n'ait trouvé qu'une occasion de blasphémer avec plus d'audace, soit enfin que Dieu, dans son infinie miséricorde, ait voulu purifier dans la pénitence ceux qu'il prédestinait à jouir du bonheur du ciel. » [8]

Ainsi, écoutons l'historien nous brosser le portrait de la décadence romaine, avant que le christianisme, fort heureusement, ne triomphe enfin de la corruption, pour le salut et le plus grand bien de l'Europe :

- « Où en étaient les mœurs de Rome dans siècle où le génie chrétien éclata avec tant de sève et d'élan ? Qu'étaient devenus les descendants de ces anciens Romains si sobres , si pauvres, si désintéressés ? Dans ces abîmes de décadence on ne trouve plus trace de délicatesse, d'honneur, de vertu; la frivolité, l'indolence et l'ignominie remplissaient les jours de ces patriciens qui traînaient de grands noms. Avec le fruit des rapines ou des honteuses manœuvres, ils donnaient libre carrière à leurs appétits, à leurs vices; ils épuisaient toutes les joies brutales. La gloutonnerie et l'extravagance marquaient leurs festins; lorsqu'il leur prenait fantaisie d'inviter des étrangers à leur table, ce n'était ni le mérite ni la bonne renommée qui inspiraient leur choix; ils préféraient les joueurs de dés et les libertins. Rien n'était digne d'admiration que l'abondance et la variété des viandes : ce qu'on mangeait donnait de la gloire. Quelquefois, au milieu d'un festin, on demandait des balances pour peser les poissons, les oiseaux, les loirs, devant lesquels les convives s'étaient extasiés. Trente secrétaires avaient mission de compter les services. [9].

 

Des maisons, jadis célèbres par le goût des sérieuses études, ne connaissaient plus que les bavardages de l'oisiveté et les molles harmonies. On entendait les orgues hydrauliques à côté des bibliothèques fermées comme des tombeaux. Des lyres, grandes comme des chariots [10], des flûtes, tout l'attirail des histrions, voilà ce qui frappait les regards dans ces palais. Au lieu d'un philosophe, on trouvait un chanteur; au lieu d'un orateur, un baladin. Impitoyables pour les moindres détails de leur service, ces maîtres dégénérés condamnaient à trois cents coups d'étrivières l'esclave coupable de n'avoir pas apporté de l'eau chaude assez promptement; ils se montraient fort indulgents s'il s'agissait d'un meurtre commis par un de leurs esclaves. Des mouches se posaient-elles sur les franges de soie de leurs éventails dorés; un faible rayon de soleil pénétrait-il par un petit trou de leurs ombrelles, ils se plaignaient de n'être pas nés chez les Cimmériens.

 

Lorsqu'ils sortaient de leurs demeures, ils portaient des bagues et des bijoux, d'éclatantes robes de soie, un manteau agrafé autour du cou qu'ils secouaient de temps en temps pour laisser voir toutes les splendides variétés de leur vêtement; une bruyante foule d'esclaves les suivaient. Ils aimaient à parcourir Rome en grande cavalcade, ébranlant le pavé sous les pas de leurs chevaux rapides, précédés des plus bas officiers de leur maison et des oisifs de la rue, et suivis de leurs eunuques, jeunes et vieux, dont le livide visage était horrible à voir. Souvent un de ces patriciens, entrant dans les bains accompagné de cinquante domestiques, demandait, d'un ton menaçant, où donc ils étaient, et si tout à coup il apprenait qu'il y eût là quelque courtisane, eût-elle vieilli dans la débauche, il courait lui porter des hommages et l'exaltait, dit l'historien, comme les Parthes exaltaient Sémiramis, les Egyptiens Cléopâtre, les Cariens Artémise , les Palmyréens Zénobie.

 

L'histoire contemporaine ne nous a pas laissé ignorer les moeurs du peuple, de ce peuple-roi qui manquait de chaussures. Le vin, les dés, la débauche, les spectacles, le grand cirque, voilà les joies, les passe-temps, les travaux des citoyens. Ces groupes d'oisifs en querelle remplissaient les rues, les places et les carrefours. Quelques-uns, se faisant écouter par l'autorité de la vieillesse, déclaraient la république en péril si tel conducteur de char ne sortait pas le premier des barrières et ne rasait pas la borne la grande, l'ardente affaire qui préoccupait le plus la multitude, c'étaient les jeux du cirque. Ammien Marcellin avait vu les citoyens à jeun, attirés par l'odeur des viandes et les cris des femmes, semblables aux cris des paons affamés, s'avancer dans les salles sur la pointe des pieds et se ronger les doigts en attendant que les plats fussent refroidis. Le soleil de la majesté romaine ne se couchait pas dans la gloire. » [11]

 

Notes.

[1] F. Nietzsche, L’Antéchrist, Imprécation contre le christianisme, (Der Antichrist. Fluch auf das Christentum), 1895.

[2] Le Discours vrai, in Louis Rougier, "Celse contre les chrétiens", Editions du siècle, 1925.

[3] F. Nietzsche, L’Antéchrist, op. cit.

[4] Ibid.

[5] B. SIMONETTA – R. RIVA, Le tessere erotiche romane (SPINTRIAE), Lugano, Editore Franco Chiesa, 1981 ; C. SALLES, Les bas-fonds de l’Antiquité, Paris, Edition Robert Laffont, 1982.

[6] Voltaire,  Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, in Philosophie de l’histoire, vol. in-8°, 1765.

[7] J. Evola, Bibliografia fascista, n.2/1936.

[8] S. Augustin, De la ruine de Rome, in Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois sous la direction de M. Raulx, Bar-Le Duc, 1869, Tome XII. P. 339-344.

[9] Ammien Marcellin, livre XXVIII.

[10] Lyrae ad speciem carpentorum ingentes, Ammien Marcellin, livre XVI.

[11] M. Poujoulat, Histoire de saint Augustin, 1864.

01:25 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, catholicisme, église, paganisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 25 juin 2009

COMMENT PEUT-ON ÊTRE CHRÉTIEN ?

Le caractère divin de la Révélation

 

 

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Ehye asher Ehye

"Je Suis qui Je suis"

[Exode 3, 14]

 

 

 

 

 

arton55-5ada7.jpgIl y aurait beaucoup à dire à propos des positions, relativement caractéristiques des analyses que l’on peut rencontrer, il faut l’avouer largement répandues et qui bénéficient d’une importante publicité dans de nombreux ouvrages et médias hostiles au christianisme, et dont les prolégomènes critiques sont, comme toujours, dirigés tout d’abord à l’encontre de la racine mosaïque de la Révélation. Ainsi, pour faire justice des trop rapides conclusions qui firent et font encore les beaux jours d’un néo-paganisme folklorique, et tordre le coup à nombre absurdités énoncées avec une incroyable légèreté, il importe, d’autant en une période où les thèses de la Nouvelle Droite ont largement montré leur limite, de constater de façon rigoureuse la fausseté des positions dont s’était fait le chantre Alain de Benoist et que défendait le GRECE , positions qui relevaient toutes de vieilles lunes antichrétiennes qui ont leurs sources chez des auteurs matérialistes et athées, de Renan à Louis Rougier en passant par Celse , Nietzsche et Harnack, sans oublier le plus qu’hétérodoxe Julius Evola, dont on retiendra cependant cette pertinente remarque à l’endroit des néo-païens non conscients de leur propre héritage : «L'action juive a été possible seulement parce que dans l'humanité non-juive s'étaient développés des processus de dégénérescence et de désagrégation : l'élément juif s'est greffé à ces processus, avec l'esprit, les instincts et les méthodes qui lui sont propres, il les a accélérés jusqu'à l'exaspération, les conduisant là où, seuls, ils ne seraient pas parvenus aussi rapidement. » [1]

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Julius Evola (1898-1974)

«L'action juive a été possible

seulement parce que dans l'humanité non-juive

se sont développés des processus de dégénérescence et de désagrégation . »

 

C’est pourquoi pour faire suite, en cette période estivale propice à la méditation, à notre première étude : « Pourquoi n’est-il plus possible d’être païen ? », il nous semble intéressant de reprendre, face aux questions suscitées par notre premier texte, l’interrogation du fait chrétien, en se penchant, partant des origines mosaïques jusqu’à nous, sur l’ensemble de la perspective historique et spirituelle de la Révélation, afin de mettre en lumière sa cohérence et ses critères de crédibilité sur le plan religieux, qui démontrent, au final, la parfaite vérité et la fonction salvatrice du christianisme.

Cette étude, nécessairement développée, se déploiera en trois volets qui seront publiés successivement :

I. Origine divine de la Révélation mosaïque

II. Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe

III. L’Ordre chrétien.

 

 

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I. Origine divine de la Révélation mosaïque

 

a) – Origine des hébreux

Il faut donc commencer par la première des nombreuses affirmations, un rien rapides et réductionnistes, qui se fondent sur la thèse bien connue du caractère construit, politique et non originel du monothéisme hébreux, qui plus est issu d’une source hétérogène malsaine et hétéroclite expliquant la permanence de sa nocivité à travers l’Histoire : « Le judaïsme [est depuis l’origine] une force destructrice pour toute race ou culture. […] eux-mêmes sans race, les Juifs deviennent alors l'anti-race; eux-mêmes sans nation, ils deviennent l'anti-nation..» [2]

On dira, pour être gentil, que c’est une entrée en matière singulièrement osée ! Comment ? le judaïsme primitif aurait été un mouvement révolutionnaire nihiliste ! Quelle vision étroite et si peu conforme à la réalité du fait mosaïque sur le plan historique, alors que les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les hautes terres de Canaan (vers Béthel et Silo) ont permis d'établir la présence, à partir de -1200, de petites communautés de nomades qui se sédentarisent, probablement pour cultiver leurs céréales. Communautés qui ne sont en rien formées par d’anciens esclaves des égyptiens [3].

Et alors qu’à ce jour aucune trace archéologique de Moïse ni d'allusion à son existence antérieurement au récit biblique n'a été retrouvée, ni en Égypte, ni en Palestine, mais que l'on connaît les principaux notables de l'entourage des pharaons du Nouvel Empire, et surtout, élément fondamental, que l’on sait que l’identification faite jusqu’à présent par les érudits des « Apirou » aux Hébreux, et ce jusque tout récemment, est totalement fautive, entraînant des interprétations absolument erronées, dont l’idée évolienne d’un peuple non national est redevable. [4]

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Les Hébreux sont groupés en familles, en clans,

qui gardent leur identité et leurs traditions propres.

 

La tradition biblique reste notre seule source de renseignements, qui nous présente donc les Hébreux de l'époque patriarcale comme des « étrangers » (gérim), non par eux-mêmes, mais uniquement par rapport aux populations locales qu’ils rencontrent, des pasteurs semi-nomades en voie de sédentarisation, à la recherche de pâturages. Ils vivent en autarcie et refusent de se marier « avec les filles des Cananéens ». Ils sont groupés en familles élargies (bêyt'âb) ou en clan (mishpâhâh), qui gardent leur identité et leurs traditions propres (culte du Dieu de leurs pères). Rien à voir, comme on le constate, avec un peuple esclave vivant de rapines et profitant du produit du travail des peuples qu’ils soumettent. Rappelons d’ailleurs qu’après une errance, ils revinrent en Canaan, occupée par les Philistins, et par la victoire de David, roi d'Israël, contre Goliath, champion des Philistins, ils gagnent la terre de Canaan. C'est le début des royaumes, celui de Salomon de 970 à 930 avant J.-C., avec pour capitale Jérusalem, où Salomon fait bâtir un temple renfermant l'arche d'Alliance, puis sa division en deux avec le royaume de Juda qui survécut jusqu'en 587 avant J.-C., et celui d'Israël jusqu'en 722 avant J.-C. Victime de sa division, paradoxalement, c’est le peuple hébreu affaibli qui subit plusieurs invasions étrangères, perse, grecque et romaine, dont la dernière dirigée par Titus en 70 de notre ère provoqua la seconde Diaspora.

b) – La fable de la source égyptienne du monothéisme hébreux

 

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Nicolas Poussin.

La Fille du Pharaon trouve Moïse au bord du Nil (1638)

 

Deuxième élément significatif, sans même s’appuyer sur les textes bibliques dont on pourra toujours rétorquer qu’ils sont l’œuvre d’une habile construction tardive due à Esdras, il y a dans l’affirmation portant sur la prétendue origine égyptienne du monothéisme hébreu, une considérable méprise initiale qu’il importe de réfuter. On le sait, reprenant les thèses de Gressmann, Jean Astruc, Eduard Meyer, Yahuda et Sellin, Freud, en 1939, émit l'hypothèse que Moïse était un haut militaire, proche d'Akhenaton et acquis à ses idées monothéistes. Il dut s'enfuir lors de l'effondrement de la religion d'Aton en emmenant avec lui un groupe de Sémites qu'il avait soumis lors d'une de ses campagnes contre ces « habirous », parfois appelés « Israal » ou Hyskos dans les textes égyptiens. Voici pour Freud quelle fut la réalité de l'Exode : « Moïse essaya de convertir ces hébreux à la religion d'Aton, mais ce peuple avait « la nuque raide » et ne manquait aucune occasion de se tourner vers d'autres dieux : Baal, veaux d'or, Astarté (Ishtar en Akkadien) Tammuz (Dumuzi) etc. » [5]

freud.jpgOr, il apparaît que les choses se sont passées fort différemment, car la thèse égyptienne, si populaire de nos jours, ayant reçu une sorte de vérité « analytique » avec le « Moïse » de Sigmund Freud, est un roman amusant, mais qui est loin, pour le moins, de répondre aux critères historiographiques sérieux. Ainsi, élément immédiat qu’il nous faut définitivement purger. Moïse, et le monothéisme hébreu, ne sont en rien redevables à la religion égyptienne. En effet, pour nombre de critiques, Moïse aurait recueilli l'héritage de la religion amarnienne. Cette thèse est absurde au plus haut degré puisque plus de cent cinquante ans avaient déjà passé lors de la Révélation mosaïque [6]. Le culte d'Aton avait été banni et tout ce qui a pu être dit de sa possible survie clandestine, nous le savons, est pure spéculation depuis l’excellent ouvrage de Marianna Simon : « La philosophie de la religions dans l'œuvre de Schleiermacher », Vrin, 1974. Il était d'ailleurs loin de correspondre au monothéisme biblique aniconique, puisque sa représentation sous forme de disque dispensant ses bienfaits au moyen de ses rayons pourvus de « petites mains ouvertes » était en contradiction flagrante avec le second commandement (“ Tu ne te feras aucune image de ce qui est dans les cieux en haut ” Exode 20,4). Akhenaton lui-même ne différait guère des autres pharaons qui se disaient divins puisqu'il se croyait l'incarnation d'Aton et avait même des prêtres de son culte. Chaque matin, le disque solaire était censé enfanter au moyen de ses rayons sa propre image en la personne royale. Cependant, à la différence du Dieu biblique, ce nouveau dieu égyptien ne parle pas aux hommes et n'a pas d'exigence éthique. Quelle que soit l'historicité attribuée au personnage de Moïse, dont on ne voit pas pourquoi il ne serait pas considéré comme réel sur le plan religieux, la religion dont il est le fondateur apparaît au demeurant beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

Le prêtre égyptien Manéthon ne s'y était pas trompé en rédigeant au IIIème siècle av. une sorte de contre récit de l'Exode, plein de ressentiment. Si l'Egypte est si présente dans l'Exode, c'est, comme l'écrit Jan Assmann, professeur d'égyptologie à l'université de Heidelberg, que : “le monothéisme mosaïque est une contre-religion explicite qui ne peut s'auto-définir qu'à partir de son contre-modèle ”. [7]

c) – L’originalité de la Révélation

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Pour Spinoza (1632-1677),
ce qu'on appelle "révélation", "prophétie", ou "miracle"
ne sont rien d'autres que des évènements naturels
que les plus crédulent (les prophètes y compris)
interprètent malencontreusement comme les signes d'un Dieu.

Seconde absurdité, l’idée d’une compilation d’éléments adventices qui verrait la Torah être une habile et ingénieuse compilation, une sorte de symbiose réussie d'éléments pré-judaïques provenant d'autres cultures et participant de diverses mythologies (ougaritique, egyptienne, et suméro-babylonienne,, etc.). Jan Assmann, dans l’ouvrage déjà cité, retrace suffisamment l'entreprise de « déconstruction » qu'ont opérée, entre autres, John Spencer (1630-1693), Spinoza, et Freud, qui ont tous œuvré, selon des modalités différentes, à la réhabilitation de la religion égyptienne, entreprise qui aujourd’hui fait les beaux jours de tous les adversaires du christianisme, mais qui, hélas ! repose sur des affirmations fantaisistes.

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La religion dont  Moïse est le fondateur

est beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

 

Ainsi, dans la droite ligne de l’obsolète critique radicale redevable aux faibles lumières de la philologie, l’exemple le plus comique en date est le récent volume de compilations des très modernistes héritiers de Renan : « Ce que la Bible doit à l'Egypte de Eliot Braun », André Lemaire, Pierre Grelot, Thomas Römer, Bayard Centurion, 2008, sorte de re-sucé médiocre des déjà anciens opus de L'année 1902 : Adolf Harnack, L'essence du christianisme, et, L'Évangile et l'Église d'Alfred Loisy. Cette critique pouvant également être faite au grotesque roman de science-fiction « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux » dont l’éditeur nous dit gentment que ses auteurs Messod et Roger Sabbah, « accumulent éléments et preuves aux fins d'authentifier leur découverte », alors même que les dits « auteurs », qui donnent souvent l'impression de s'appuyer sur des raisonnements scientifiques, ne connaissent pas la langue égyptienne ancienne, ni le fonctionnement et l'origine de l'écriture hiéroglyphique établissant entre langues et écritures hébraïques et égyptiennes des parallèles complètement fallacieux, basés sur des faux syllogismes : on pourrait prouver de la même façon que les mayas sont des descendants des égyptiens parce qu'ils construisaient aussi des pyramides. Les équations entre les noms des rois égyptiens de la XIXe dynastie et les noms bibliques Moïse et Josué sont tout aussi invraisemblables et contraires à toutes les règles de la phonétique historique. [8]

Mais pourquoi ces braves gens se trompent radicalement ? Tout simplement parce que la réforme religieuse d'Akhénaton n'a absolument rien de monothéiste ! C'est une pure légende, car la religion égyptienne était tout au plus hénothéiste, mais très loin d’un authentique monothéisme. Depuis la plus haute antiquité, un hymne à Osiris, Râ, Ptah, Isis, Hathor ou même des divinités plus obscures (Mereretseger, Renenoutet) présentaient systématiquement la divinité comme « unique » au sens de différente des autres, mais pas plus. Aton émerge par exemple comme divinité à l'époque du grand-père d'Amenhotep IV, Thoutmosis IV, sous Amenhotep III. Il fut particulièrement mis à l'honneur (surtout à partir du premier jubilé), mais son nom même interdit toute interprétation monothéiste : dans sa première version, il intègre les noms de Horakhty et Shou, dans sa seconde version celui de . Il donc évident que nous avons affaire à une construction divine typiquement égyptienne, un balancement entre le un et le multiple ou l'un et l'autre ne s'excluent pas, mais en aucun cas une manifestation du Dieu Un à l’exclusion des autres qui seraient écartés de l’attribut divin.

d) – Le Dieu de la Révélation biblique est en rupture avec tous les autres dieux

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Le premier monothéisme authentique,

sur la scène de l’Histoire de l’humanité,

est bien celui des Hébreux

A ce titre, le premier monothéisme authentique, sur la scène de l’Histoire de l’humanité, est donc bien celui des Hébreux. Qu’il émerge lentement, en étant entouré de cultes, de traditions étrangères au mosaïsme, qu’est-ce que cela a de nouveau ? Rien ! la Bible elle-même nous en parle et évoque les dieux étrangers qui étaient parfois l’objet d’un culte parmi les hébreux. Comment imaginer d’ailleurs, l’apparition d’une religion sans qu’elle soit entourée d’éléments externes ? Il n’y a donc en cela aucun point extraordinaire ni de choquant. D’ailleurs dans la Bible, la question se pose autrement. La Bible n'est pas une histoire d'Israël alors qu'elle la suppose. C'est le témoin, religieux et révélé, des institutions vécues par Israël au milieu des nations; elles lui donnent son identité propre de peuple de Dieu.

Il y a, dans la Torah et les prophètes, quatre « strates » où des codes correspondent à des récits. Dans la plus ancienne strate le Dieu est, national et dynastique, mais la dynastie élue est celle de Juda (Genèse 49, 10), un cadet d'entre les fils de Jacob ; La seconde strate est prophétique ; La troisième strate est deutéronomique, marquée par la sagesse et la monition sapientiale (Deutéronome 4, 6–10), elle insère le Deutéronome dans l'histoire deutéronomique. La quatrième est sacerdotale, postexilique, Israël ayant perdu son autonomie politique; elle insiste sur le rôle d'Aaron auprès de Moïse et distingue — comme Ezéchiel (ch. 45) — le prince et le prêtre, le sacré et le profane, la religion vraie. De ce fait la simple chronologie des évènements, que nous transmettent l’épigraphie, l’archéologie et les traditions historiographiques, s’imposant à nous comme une méthode spécifique dont la validité pourrait être largement remise en question dans la mesure où le recours à la critique historiographique s’agissant d’un problème de foi soulève de nombreux débats, puisque aux tenants d’une analyse synchronique des textes, considérés au mépris des antiques usages rédactionnels religieux dans leur état final d’élaboration, s’opposent ceux d’une analyse diachronique et profane visant à distinguer, dater et identifier les auteurs au mépris des anciens usages, n’est pas satisfaisante pour comprendre l’originalité du monothéisme hébreu.

Si l’on affirme, comme les livres actuels, que vers - 1300 les Hébreux sont venus de Mésopotamie, où ils étaient sédentaires depuis un millénaire, et apparaissent en Palestine, puis en Égypte, que -1250 correspond à l’Exode biblique, la date de -1225 proposée comme fondation du monothéisme par Moïse, après la Révélation sur le Mont Sinaï du décalogue est bien un événement considérable pour un peuple qui avait derrière lui près d’un millénaire et demi d’existence. Abraham, qui, par ses origines, est l’héritier de cette civilisation mésopotamienne et de ses croyances, apparaît en rupture avec elle. Ce qui lui est demandé c’est justement de quitter “son pays, sa terre natale, sa famille” (Genèse XII). Selon l’exégète juif du Ier siècle, Philon d’Alexandrie, l’acte le plus important de la vie d’Abraham est précisément d’avoir symboliquement quitté Haran, le lieu de toutes les illusions produites par les sensations pour s’élever vers l’intelligible ; l’acte fondateur d’Abraham consiste à rompre avec le lieu des origines Ainsi, unique religion monothéiste dans le monde antique polythéiste, le mosaïsme biblique, qui hérite de l’acte d’Abraham, incarne bien un caractère spécifique et original au sein des autres peuples.

e) – « Monothéisme » n’est pas un terme théologique

Il n’y a donc que peu d’originalité et beaucoup d’illusions très classiques dans l’assertion d’Alain de Benoist, très voltairienne et conforme aux auteurs antichrétiens depuis des siècles, écrivant : «A l'origine, le monothéisme n'est qu'une monolâtrie : pour les premiers Hébreux, Yahvé n'est qu'un dieu national, au côté des dieux protecteurs des peuples… » [Intolérance et religion, Nouvelle Rebue d’Histoire] Ceci, alors même que tout nous montre le contraire, et surtout, ce qui est à souligner mais que personne ne sait vraiment lorsqu’on parle de ces sujets, que [Monothéisme] n'est pas un terme théologique !

Il n'est même pas un terme du grec classique. C’est pourquoi il n'y a pas d'entrée [Monothéisme] dans le Dictionnaire de Théologie catholique de A. Vacant, E. Mangenot, E. Amann (ni dans son supplément), ni dans le Dictionnaire théologique de L. Bouyer. Il y en a qu’une oui, mais dans le très discutable Dictionnaire critique de théologie de J.Y. Lacoste, où l’on nous dit pour la énième foi : « l’'unicité de Dieu est proclamée dans l'Hymne à Aton d'Aménophis IV et supposée par certains scribes de Babylonie qui considèrent les dieux comme les membres de Marduk » ! Merci, on connaît la chanson et la vieille rengaine archi-rebouillie qui, comme le mythe de l’évolution darwinienne, est en passe de figurer bientôt en bonne place au Musée des reliques de la pensée matérialiste athée.

Conclusion

Dès lors, si l’on considère avec les chercheurs un peu plus sérieux l’originalité, non pas du monothéisme, mais de la Révélation du Dieu unique des hébreux, il n’y a aucune difficulté à admettre, cette fois-ci selon un point de vue chrétien, c’est-à-dire religieux, que la tradition juive, et non le « monothéisme », mais la Révélation du Dieu véritable, fut la première croyance humaine, d’une humanité représentée par Adam qui savait, originairement, qu'il n'y avait qu'un Dieu. Le polythéisme naissant, quelques générations plus tard, fait donc suite à une dégénérescence tragique aboutissant à une idolâtrie qui eut pour effet de voir se répandre les cultes divers, qui iront jusqu’à l'emporter ensuite sur le culte originel, étant une infidélité au Dieu originel. A ce titre, Abraham redécouvrira sous la figure de la fidélité au Dieu véritable, ce que l’on nomme sur le plan historiographique, mais non théologique, le « monothéisme » ; Dieu, le vrai Dieu, Se révélant à lui et contractant une Alliance qu'il renouvellera avec son fils Isaac puis son petit-fils Jacob. Plus tard, c’est donc Moïse qui annoncera au peuple qu'il doit sortir d'Égypte, conformément à l'Alliance faite avec Abraham, Dieu se présentant à lui, en se dévoilant, plus encore qu’à Abraham, comme celui qui Est (Ehye asher Ehye, "Je Suis qui Je suis »[Exode 3, 14] ).

Flavius Josèphe (37–100), né et élevé à Jérusalem, est donc autorisé à dire de Moïse, dans une formule qui résume toute la religion révélée de la Bible : “Moïse montra que Dieu est unique, incréé, éternellement immuable plus beau que toute forme mortelle, connaissable pour nous par sa puissance, mais inconnaissable en son essence.” (Contre Apion II, 167).

Notes.

[1] J. Evola, Il mito del sangue, Hoepli, 1942.

[2] Ibid. Le texte se poursuit ainsi : « Mommsen écrivait : «Déjà dans le monde antique, le judaïsme fut un ferment de cosmopolitisme et de décomposition nationale». Substance insaisissable, fuyante et sans patrie à l'intérieur de toute patrie, Wolf voit dans l'élément hébraïque le principe même de l'anti-race, de l'anti-tradition, de l'anti-culture : non pas l'antithèse d'une culture particulière, mais l'antithèse de toute culture racialement et nationalement déterminée. Dans le composé juif, la part désertique ou orientaloïde renforce cette influence : par leur esprit nomade, apatride, les Juifs auraient injecté dans différents peuples -- en commençant par les Romains -- le virus de l'anti-nationalisme, de l'universalisme, de l'internationalisme culturel. Ils exercent une action incessante de corrosion contre tout ce qui est différencié, qualitatif, lié au sang et à la tradition. »

[3] Dans l’article Wikipédia « Données archéologiques sur les premiers Israélites » , on apprend : « Dès le début, le développement est beaucoup plus rapide dans la moitié nord, plus arrosée et traversée par les voies de communication, que dans la moitié sud, sèche et peu accessible. Les premiers Israélites sont d'origine indigène, ce sont des Cananéens1 (voir les remarques de Pierre de Miroschedji à ce sujet. Une chose les distingue toutefois : contrairement à leurs voisins, les premiers Israélites n'élèvent pas de porc et ne mangent pas de viande de porc, ce qui permet à l'archéologie de les suivre à la trace, par l'analyse des déchets (os). La forme ovale des installations est très caractéristique. » Mais le plus intéressant, qui rend très peu crédible la thèse d’un peuple esclave : « « Il n'existe aucune trace des Hébreux de la Bible dans l'archéologie égyptienne. Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux aient été esclaves en Égypte, ni qu'ils aient massivement quitté l'Égypte en traversant le Sinaï. Au contraire, les fouilles en Égypte montrent que l'esclavage n'existait pas : les ouvriers de Deir el-Médineh, bâtisseurs de la vallée des rois n'étaient pas des esclaves, mais des petits fonctionnaires bénéficiant d'un logement individuel. Les 20 000 ouvriers bâtisseurs de la pyramide de Khéphren n'avaient rien d'esclaves et étaient bien traités. Le dessin relevés par Champollion dans la tombe de Rekhmirê montre déjà que les travaux de construction sont faits par des ouvriers et que les travailleurs sémites, lorsqu'il y en a (attention, il ne s'agit pas alors d'Hébreux mais de Sémites), sont traités sur un pied d'égalité. Christiane Desroche Noblecourt, médaille d'or du CNRS, souligne ce point depuis l'exposition Toutânkhamon dont elle était l'organisatrice, à Paris en 1967, sans parvenir à le faire prendre en compte par le grand public. »

[4] « Lorsqu'on découvrit les premiers textes mentionnant les Apirou dans la correspondance d'un roi de Canaan avec un pharaon égyptien, certains opérèrent rapidement le rapprochement avec le terme biblique `bry (dérivé de עבר), autrement dit les « Hébreux », et pensèrent que ces lettres constituaient une preuve extra-biblique de l'invasion de Canaan menée par Josué. Néanmoins, après de nombreuses recherches, cette hypothèse est maintenant largement abandonnée. Les personnes faisant partie des groupes d'Apirou portent, en effet, des noms d'origine variée ne permettant pas de supposer une appartenance ethnique unique. De plus, des fouilles sur les hautes terres de Canaan laissent notamment supposer que les premiers Israélites n'apparaissent qu'à partir de -1200. » [Cf. Jean-Marie Durand, Assyriologie, Cours au Collège de France, 2005]

[5] S. Freud, Moïse et le monothéisme, 1939.

[6] Cf. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Robert Laffont, 1996.

[7] J. Assmann, Moïse l'Egyptien :Un essai d'histoire de la mémoire, Flammarion, 2003.

[8] Lire l’analyse critique effectuée par Avraham Malthete, Epigraphiste-Paléographe, Spécialiste du texte biblique, universitaire et scientifique, du livre « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux ».

10:53 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, histoire, histoire sainte, reflexion |  Imprimer | | | | | Pin it!