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mardi, 08 mai 2007

Christianisme et Politique

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Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir;

avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,

temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,

où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant,

où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues;

avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne;

avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité.

Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences.

L'Ecclésiaste s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité.

Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître.

Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un grand nombre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps.

Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.

Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

Ecclésiaste 12


11:50 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, elections présidentielle, sarkosy, littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

lundi, 07 mai 2007

Christianisme et Politique


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Benoît Fulbert

 

 

 

À une époque où l’esprit démocratique a pénétré partout, nous ne devons pas oublier que les chrétiens sont exhortés à "honorer le roi" (1 Pierre 2:17). D’ailleurs qui était sur le trône lorsque l’apôtre Pierre écrivit cette exhortation ? Certainement pas un bon souverain ! C’était Néron, un des pires tyrans que le monde ait jamais connu. Un homme qui avait fait tuer sa mère et sa femme, qui était l’incarnation du vice et de la cruauté, portait la couronne impériale. Mais les chrétiens n’étaient pas appelés à collaborer à quelque mouvement que ce soit pour tenter de renverser l’empereur, ou pour chercher à instituer un meilleur gouvernement. Ils devaient persévérer dans l’obéissance et supporter des afflictions jusqu’à souffrir injustement, de plus, ils devaient honorer le roi à cause de sa position (1 Pierre 2:13-17) : " Toute autorité est ordonnée de Dieu " (Rom. 13:1).

Certains chrétiens voient les choses autrement. Ils pensent qu’ils doivent faire tout ce qui leur est possible pour donner une dimension morale à la vie publique, une dimension d’honnêteté. Ceux qui parlent ainsi devraient considérer le cas de Lot. C’était un homme juste (2 Pierre 2:7). Mais il a commis une grave erreur. Après s’être établi dans la ville de Sodome, il y a accepté une position d’autorité. Nous le voyons assis à la porte de la ville, lieu où siégeaient les magistrats (Gen. 19:1). Il soupirait après la justice dans cette atmosphère malsaine de Sodome. Mais ses efforts se sont soldés par un échec total. Son témoignage a été vain, ses mises en garde ont été ignorées et la destruction de la ville en a fait un fugitif ruiné qui finit misérablement ses jours dans une grotte. Quelle leçon !

D’aucuns pourraient encore demander : N’est-il pas juste d’essayer d’élire l’homme […la femme] le [la] plus compétent [e], les meilleurs candidats au Parlement ? N’est-ce pas ainsi que de meilleures lois passeraient, et que le pays serait mieux dirigé ?  On pourrait penser qu’il en est ainsi, mais c’est souvent le contraire qui arrive.

Il est, à ce titre, remarquable de voir que quand le temps fut venu pour que Dieu établisse un homme pour gouverner le monde entier, il choisit un homme violent et tyrannique tel que Nebucadnetsar. Cet homme fut le chef du premier grand empire des " nations ", quand Israël fut déchu de la faveur de Dieu à cause de sa désobéissance. Au lieu de le laisser sous la domination de rois de la lignée de David, Dieu livra son peuple entre les mains des Gentils, sous l’autorité de Nebucadnetsar, la "tête d’or" de Daniel 2. Dieu est au-dessus de tout et il peut accomplir sa volonté aussi bien par des hommes méchants que par des hommes bons. Que les chrétiens s’occupent donc des choses qui concernent leur Maître et qu’ils laissent le monde s’occuper des choses qui concernent son maître !

*

Jésus n’avait aucun commentaire à apporter sur la politique de son époque, sa mission parmi les hommes consistait à rappeler les droits de Dieu au cœur et à la conscience de ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi, en montrant une pièce de monnaie destinée à payer le tribut impérial, il demanda : "De qui est cette image et cette inscription ? - De César", répondirent-ils. Alors il leur dit : "Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu" (Matthieu 22:21). Cette réponse a certainement suscité des murmures dans le parti des pharisiens. "Quelle absence de patriotisme !" ont-ils pu penser. "Pourquoi n’a-t-il pas invité les gens à combattre pour la liberté et à résister à la tyrannie ?" Il n’est pas possible de rappeler cet incident sans voir que le Seigneur Jésus a délibérément refusé de prendre position quant à une question politique.

Précédemment, Jésus aurait eu l’occasion de prendre le commandement d’une foule enthousiaste prête à défendre l’indépendance de la Galilée, la province du nord de la Palestine. Les gens avaient été tellement impressionnés par la puissance du Messie, quand il avait nourri une grande foule avec quelques pains et quelques poissons, qu’ils étaient décidés à faire de lui leur roi (Jean 6:15). Mais ce n’était pas dans ce but qu’il était venu sur la terre. Il n’avait aucun désir d’être entraîné dans un tel mouvement et il se retira dans un lieu désert. Il n’était pas un homme politique. Son dessein était de servir Dieu et de sauver les hommes.

À une autre occasion, on demande au Seigneur de jouer le rôle d’arbitre, à la suite d’une querelle. Qu’aurions-nous fait en pareille circonstance ? Aurions-nous pensé que c’était là une excellente occasion de rendre la justice et de faire ainsi une bonne oeuvre parmi les hommes ? Aurions-nous accepté de jouer ce rôle ? Remarquons bien que notre Maître ne l’a pas fait. "Homme - dit-il - qui est-ce qui m’a établi sur vous pour être votre juge et pour faire vos partages ?" (Luc 12:14). Sa tâche était tout autre et de loin plus importante.

Quelqu’un demandera peut-être : "Un arbitrage est-il une mauvaise chose ?" Évidemment non. Un arbitrage vaut mieux qu’une querelle. Il est préférable que le monde règle ses conflits par le dialogue plutôt que par la guerre. Mais ce qui est frappant, c’est que le Seigneur Jésus a laissé le soin de ce genre d’affaires à d’autres. Il n’a pas condamné l’arbitrage, mais il n’y a pas pris part lui-même. Cela faisait partie d’une catégorie de choses qui n’entrait pas dans ce qu’il avait appelé "les affaires de mon Père". Et le chemin du divin Maître est sans aucun doute celui que tout disciple doit suivre. Ainsi, le chrétien dépend d’un souverain dont le royaume n’est pas de ce monde mais à qui la domination selon Dieu appartient. Il est vrai que ses ennemis ne sont pas encore "mis sous ses pieds" et que, jusqu’à ce moment, le monde est livré à l’influence de l’ennemi vaincu : l’esprit de révolte a conduit l’homme à préférer ce prince dépouillé et jugé à Jésus-Christ ! Mais la justice de Dieu a fait Seigneur et Christ Celui que le monde a crucifié. Son Esprit le proclame tel. Un jour proche, le Seigneur fera valoir ses droits, à la gloire de Dieu : "il a reçu autorité de juger, parce qu’il est fils de l’homme" (Jean 5:27). Le croyant qui veut chercher à améliorer le monde et son fonctionnement et son organisation se heurte donc nécessairement au fait que la politique ne cherche qu’à faire ce qui plait aux hommes et non pas au Seigneur, et les principes divins sont entièrement mis de côté.

Notre part, en L’attendant, est de reconnaître ces droits au sein d’un monde qui les récuse, et de nous approcher par Lui de Dieu auquel nous sommes soumis (Jacques 4:7) comme au Père des esprits (Héb. 12:9).



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Questions sur le monde

 

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Nous vous signalons que

 

Patrick Ferner

 

vient de mettre en ligne sur son blog la note  suivante




Alexis de TOCQUEVILLE : Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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dimanche, 21 janvier 2007

ETERNELLE MEMOIRE !

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A la Sainte et Pieuse Mémoire du Roi Louis XVI
exécuté
le
21 janvier 1793
Requiem à la mémoire de Louis XVI
Luigi Cherubini
( 1760-1842)





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vendredi, 19 janvier 2007

Une France bien peu catholique!

 
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Les deux phrases lapidaires inscrites sur la couverture de notre confrère Le Monde des religions résument à elles seules les données d'un sondage qu'il publie sur les Français et le catholicisme. "Seul un Français sur deux se déclare encore catholique. Seul un catholique sur deux croit encore en Dieu". La seconde position aurait un air ubuesque si l'on ne comprenait immédiatement que la dénomination catholique se rapporte plus à une culture, un héritage patrimonial
qu'à une foi réfléchie à assumer en rapport avec un donné dogmatique qui lui confère sa cohérence... Le directeur de la publication insiste à dessein sur ce point : "Non seulement un catholique sur deux ne croit pas ou doute de l'existence de Dieu mais, parmi ceux qui affirment croire, seulement 18% croient en un Dieu personnel (ce qui est pourtant un des fondements du christianisme), tandis que 79% croient une force ou une énergie". Impossible de mettre en doute ce diagnostic de Frédéric Lenoir, qui a quelque chose d'accablant. Nous découvrons en effet - et pourtant nous devrions le savoir depuis longtemps - que la cause essentielle de décrochage de la population française n'a qu'une seule explication :l'ignorance, une ignorance crasse, on dirait presque satisfaite d'elle-même, puisqu'elle croit savoir ce qu'elle ignore, persuadée sans doute qu'elle est portée par une modernité qui rend obsolètes les croyances anciennes et inutile tout effort sérieux de se renseigner là où on est susceptible de recevoir une information fiable. On aurait tort de croire que cette situation est inédite. C'était approximativement celle que Chateaubriand décrit dans le préambule de son Génie du christianisme :
 
 
 
 
 
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"Partout on voyait des restes d'Eglises et de monastères que l'on achevait de démolir ; c'était même une sorte d'amusement d'aller se promener dans ces ruines".
 
 
 
 
 
 
Sans doute, ces ruines sont-elles aujourd'hui morales, mais le paysage intérieur qu'elles dessinent reflète une même désolation... Chateaubriand devait rappeler, au début du dix-neuvième siècle, ce qu'était le christianisme et son héritage civilisateur. L'éradication antichrétienne avait produit l'amnésie. Une amnésie que l'on retrouve aujourd'hui et que l'on s'efforce d'expliquer à grands coups de sociologie péremptoire : modernité, individualisme, repli du religieux sur la vie privée. Tout cela pèse peu au regard du champ de démolition où se produit le naufrage de la foi. C'est l'abandon de la ferveur première qui est à l'origine d'un processus hélas inexorable. On feint de croire que la France (et toute l'Europe anciennement chrétienne) vivent sereinement dans la postmodernité heureuse del'après-christianisme. C'est une sottise. Le suicide démographique de notre continent est consécutif au ralliement à une philosophie indifférente à la vie et à la transmission. Heureusement, d'autres continents, pourtant moins favorisés, ont conservé intact un goût d'avenir. La foi y est moins dédaignée que chez nous. Et de plus en plus nombreuses sont les populations venues d'ailleurs pour prendre la place d'une civilisation fourbue et sans espérance.

 
Gérard LECLERC
 
 
 

Source:

La lettre de France Catholique

 

Illustration:

Eglise Saint Eloi 

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jeudi, 18 janvier 2007

Du répit pour la planète!

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"Mais le chemin ne nous parle qu'aussi longtemps que des hommes, nés dans l'air qui l'environne, ont pouvoir de l'entendre. Ils sont les servants de leur origine, mais non les esclaves de l'artifice. C'est en vain que l'homme par ses plans s'efforce d'imposer un ordre à la terre, s'il n'est pas ordonné lui-même à l'appel du chemin. Le danger menace, que les hommes d'aujourd'hui n'aient plus d'oreille pour lui. Seul leur parvient encore le vacarme des machines, qu'ils ne sont pas loin de prendre pour la voix même de Dieu. Ainsi l'homme se disperse et n'a plus de chemin. À qui se disperse le Simple paraît monotone. La monotonie rebute. Les rebutés autour d'eux ne voient plus qu'uniformité. Le Simple s'est évanoui. Sa puissance silencieuse est épuisée."



Le chemin de campagne

Martin Heidegger

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 01 janvier 2007

Voeu pour la France

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" La France n’est pas une nation comme les autres.
 
C’est la seule dont Dieu ait besoin, a dit de Maistre,
 
qui fut quelquefois prophète.
 
Il y aura toujours en elle, quoi qu’on fasse,
 
un principe de vie souveraine que rien ne saurait
 
détruire."
 
 
 
Léon Bloy
Journal, 15 août 1894.
 
 
 
 
 
 

00:25 Publié dans Fêtes | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : Politique, Ségolène, UMP, PS, UDF, Sarkozy, Identitaire |  Imprimer | | | | | Pin it!

dimanche, 31 décembre 2006

Voeu

 

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 Qu'il revienne!
 
Avec son coeur immense, avec son coeur de flamme, son âme de pauvre et son sourire.
 
Qu'il  revienne !
 
Et le Coeur Immaculé de Marie triomphera ! 
 
 
 
 
 
 

10:00 Publié dans Fêtes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Sexualité, Politique, Amour, Art contemporain, Peinture, Blabla de fille |  Imprimer | | | | | Pin it!

mardi, 26 décembre 2006

Message de Noël de Benoît XVI

 
 
 
 
 
"Dans le monde un enfant est né: Dieu, notre Sauveur !» Cette nuit, une fois encore, nous avons entendu dans nos églises cette annonce qui, malgré la suite des siècles, conserve intacte sa fraîcheur. C’est une annonce venue du ciel, qui invite à ne pas craindre parce qu’a jailli «une grande joie pour tout le peuple» (Lc 2, 10). C’est une annonce d’espérance parce qu’elle fait savoir que, une nuit, il y a plus de deux mille ans, «est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur» (Lc 2, 11). Aux bergers qui se trouvaient alors sur la colline de Bethléem, comme à nous aujourd’hui, habitants de notre terre, l’Ange de Noël répète: «Le Sauveur est né; il est né pour vous ! Venez, venez l’adorer» !

Mais, pour l’homme du troisième millénaire, un «Sauveur» a-t-il encore une valeur et un sens ? Un «Sauveur» est-il encore nécessaire pour l’homme qui a rejoint la Lune et Mars, et qui se prépare à conquérir l’univers; pour l’homme qui recherche sans limites les secrets de la nature et qui réussit même à déchiffrer les codes prodigieux du génome humain ? A-t-il besoin d’un Sauveur l’homme qui a inventé la communication interactive, qui navigue sur l’océan virtuel d’internet et qui, grâce aux technologies les plus modernes et les plus avancées des mass média, a fait désormais de la terre, cette grande maison commune, un petit village global ? L’homme du vingt et unième siècle se présente comme l’artisan de son destin, sûr de lui et autosuffisant, comme l’auteur enthousiaste d’indiscutables succès.

Cela semble être ainsi, mais ce n’est pas le cas. En ce temps d’abondance et de consommation effrénée, on meurt encore de faim et de soif, de maladie et de pauvreté. Il y a aussi l’être humain réduit en esclavage, exploité et offensé dans sa dignité; celui qui est victime de la haine raciale et religieuse, et qui, dans la libre profession de sa foi, est entravé par des intolérances et des discriminations, par des ingérences politiques et des pressions physiques ou morales. Il y a celui qui voit son corps et le corps de ses proches, tout particulièrement des enfants, mutilés par l’utilisation des armes, par le terrorisme et par toute sorte de violence, à une époque où tous invoquent et revendiquent le progrès, la solidarité et la paix pour tous. Et que dire de la personne qui, privée d’espérance, est contrainte de laisser sa maison et sa patrie, pour chercher ailleurs des conditions de vie dignes de l’homme ? Que faire pour aider la personne qui, trompée par des prophètes de bonheur facile, celle qui, fragile sur le plan relationnel et incapable d’assumer des responsabilités stables pour sa vie présente et pour son avenir, en arrive à marcher dans le tunnel de la solitude et finit souvent esclave de l’alcool ou de la drogue? Que penser de celle qui choisit la mort en croyant chanter un hymne à la vie ?

Comment ne pas voir que c’est justement du fond de l’humanité avide de jouissance et désespérée que s’élève u n cri déchirant d’appel à l’aide ? C’est Noël: aujourd’hui dans notre monde entre «la vraie Lumière, qui éclaire tout homme» (Jn 1, 9). «Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous» (1, 14), proclame l’évangéliste Jean. Aujourd’hui, oui aujourd’hui, le Christ vient à nouveau «chez les siens» et, à celui qui l’accueille, il donne «le pouvoir de devenir enfant de Dieu»; il nous est ainsi donné de voir la gloire divine et de partager la joie de l’Amour, qui s’est fait chair pour nous à Bethléem. Aujourd’hui, encore aujourd’hui, «notre Sauveur est né dans le monde», parce qu’il sait que nous avons besoin de lui. Malgré les nombreuses formes de progrès, l’être humain est resté ce qu’il est depuis toujours : une liberté tendue entre bien et mal, entre vie et mort. C’est précisément là, au plus intime de lui-même, dans ce que la Bible nomme le «cœur», qu’il a toujours besoin d’être «sauvé». Et, à notre époque post moderne, il a peut-être encore plus besoin d’un Sauveur, parce que la société dans laquelle il vit est devenue plus complexe et que les menaces qui pèsent sur son intégrité personnelle et morale sont devenues plus insidieuses. Qui peut le défendre sinon Celui qui l’aime au point de sacrifier son Fils unique sur la croix comme Sauveur du monde ?

«Salvator noster», le Christ est aussi le Sauveur de l’homme d’aujourd’hui. Qui fera entendre en tout point de la Terre, de manière crédible, ce message d’espérance? Qui s’emploiera pour que soit reconnu, protégé et promu le bien intégral de la personne humaine, qui est une condition de la paix, respectant tout homme et toute femme dans sa dignité? Qui aidera à comprendre que, avec de la bonne volonté, du bon sens et de la modération, il est possible d’éviter que les contentieux se durcissent et, qu’il est même possible de les résoudre par des solutions équitables? Avec une forte appréhension, je pense, en ce jour de fête, à la région du Moyen-Orient, marquée par d’innombrables et graves crises et conflits, et je souhaite qu’elle s’ouvre à des perspectives de paix juste et durable, dans le respect des droits inaliénables des peuples qui la composent. Je mets entre les mains de l’Enfant divin de Bethléem les signaux de reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, dont nous avons été témoins ces jours-ci, et l’espérance d’autres développements réconfortants. J’ai confiance que, après tant de victimes, de destructions et d’incertitudes, survive et progresse un Liban démocratique, ouvert aux autres, dans le dialogue entre les cultures et entre les religi ons. Je lance un appel à tous ceux qui ont entre les mains les destinées de l’Irak, pour que cesse la violence atroce qui ensanglante le pays et que soit assurée à chacun de ses habitants une existence normale. J’invoque Dieu pour qu’au Sri Lanka soit écouté, dans les zones en conflit, le désir des populations d’avoir un avenir de fraternité et de solidarité; pour qu’au Darfour et partout en Afrique il soit mis fin aux conflits fratricides et que soient rapidement cicatrisées les blessures ouvertes dans la chair de ce Continent, et que se consolident les processus de réconciliation, de démocratie et de développement. Que l’Enfant divin, Prince de la paix, permette que s’éteignent les foyers de tension qui rendent incertain l’avenir d’autres parties du monde, en Europe comme en Amérique latine.

«Salvator noster» : telle est notre espérance; telle est l’annonce que l’Église fait retentir aussi en ce jour de Noël. Par l’Incarnation, rappelle le Concile Vatican II, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme (cf. Gaudium et spes, n. 22). C’est pourquoi la Naissance de la Tête est aussi la naissance du corps, comme le notait le Pape saint Léon le Grand. À Bethléem est né le peuple chrétien, corps mystique du Christ dans lequel tout membre est intimement uni aux autres dans une totale solidarité. Notre Sauveur est né pour tous. Nous devons le proclamer non seulement en paroles, mais aussi par toute notre vie, donnant au monde le témoignage de communautés unies et ouvertes, dans lesquelles règnent la fraternité et le pardon, l’accueil et le service mutuel, la vérité, la justice et l’amour.

Communauté sauvée par le Christ. Telle est la vraie nature de l’Église, qui se nourrit de sa Parole et de son Corps eucharistique. C’est seulement en redécouvrant le don reçu que l’Église peut témoigner du Christ Sauveur à tous les hommes; elle le fait avec enthousiasme et passion, dans le plein respect de chaque tradition culturelle et religieuse; elle le fait avec joie, sachant que Celui qu’elle annonce n’enlève rien de ce qui est authentiquement humain, mais qu’il le porte à son accomplissement. En vérité, le Christ ne vient détruire que le mal, que le péché; le reste, tout le reste, il l’élève et le porte à la perfection. Le Christ ne nous sauve pas de notre humanité, mais il nous sauve à travers elle, il ne nous sauve pas du monde, mais il est venu dans le monde pour que le monde soit sauvé par lui (cf. Jn 3, 17).

Chers frères et sœurs, où que vous soyez, que ce message de joie et d’espérance vous rejoigne : Dieu s’est fait homme en Jésus Christ, il est né de la Vierge Marie et il renaît aujourd’hui dans l’Église. C ’est lui qui porte à tous l’amour du Père céleste. C’est lui le Sauveur du monde! N’ayez pas peur, ouvrez-lui votre cœur, accueillez-le, pour que son Règne d’amour et de paix devienne l’héritage commun de tous. Joyeux Noël !"
 
 
 
 

21:15 Publié dans Fêtes, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Blabla de filles, Femmes, Art, Poésie, Littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!