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mercredi, 24 septembre 2008

L’ESOTERISME CHIITE, par RESTIF

 

 

 

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Imam Ali

 

 

Ce que l’Islam à  de plus haut se trouve sans doute être l’ésotérisme chiite, ésotérisme lumineux dont Henri Corbin (1903-1978), élève d’Etienne Gilson et Jean Baruzi, également de Louis Massignon qui lui révèle la « théosophie orientale » de Sohravardi ce qui orientera définitivement sa vocation philosophique, alors qu’après plusieurs séjours en Allemagne, il publie en 1937 la première traduction française d'Heidegger sous le titre « Qu'est-ce que la métaphysique ? », plus tard attaché à l'Institut français d'Istanbul (1939 à 1945), où il sera chargé de fonder le département d'iranologie à l'Institut français de Téhéran, fondant la « Bibliothèque iranienne » où seront publiés les classiques de cette tradition oubliée, ésotérisme donc, dont il a magnifiquement parlé dans les quatre volumes de son monumental « En Islam iranien ».

Nous sommes finalement ici en pays de connaissance. Les grands mystiques persans usent du langage d’un Louis-Claude de Saint-Martin,  et plus encore d’un Jacob Boehme. Henri Corbin a pris  vingt ans de sa vie pour donner un ordre à ce qui lui fut le plus cher, à ce qu’il connût mieux qu’homme au monde (les érudits persans étaient émerveillés par Corbin).
Il écrit dans le livre " Le Chiisme et Iran" : « Cela présuppose que l’on admette l’existence d’univers spirituels permanents, posant à l’homme une interrogation permanente, lui  adressant une invite permanente. On ne peut l’admettre, certes, sans avoir vaincu le "réflexe agnostique" spontané chez l’homme  occidental de nos jours. A qui n’a pas vaincu  ce réflexe il ne reste plus qu’à confondre philosophie et sociologie de la philosophie. Il y a un abyme entre l’une et l’autre ».

 

 

 

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Les douze Imams, de l'admiration des Chiites :

Imam Ali (599-661)
Imam Hassan (624-670)
Imam Hussein (625-680)
Imam Zeyn-el Abidin (659-719)
Imam Bakir (677-733)
Imam Djafer Sâdik (699-765)
Imam Moussa Kazim (745-799)
Imam Riza (765 -818)
Imam Taki (811-835)
Imam Naki (829-868)
Imam Hassan el Askeri (846-874)
Imam Mehdi (870-878)

 


Bien sûr, Corbin use du terme « philosophie » en son sens premier, recherche de la « Sophia », on est loin de Hegel et de Kant, ce qui nous démontre que l’Histoire et la géographie (entres autres facteurs) contribuent à forger des différences essentielles. Ainsi,  on peut se demander si La Perse, d'où provient le principal peuple chiite - n’a pas amené à l’Islam son génie si particulier, celui qui nous avait déjà donné ce dualisme d’où devait surgir le manichéisme si influent sur certaines théories gnostiques, puis Zoroastre enfin le Démon, puisque la très grande majorité - religieux compris quand ils sont savants - des spécialistes des deux testaments et de la figure diabolique s’accordent à reconnaître dans le Satan de Paul et de l’Evangile l’Ahriman iranien (sa très forte influence disons), alors que celui de l’Ancien Testament est l’outil de Dieu, pas son ennemi (cf. le Livre de Job et d ‘autres épisodes où le texte dit « Dieu envoya un Satan »).

Hélas, les croyants refusent trop souvent dans ces cas là d’écouter même les sévères pères dominicains qui marchent la main dans la main avec leurs collègues protestants et agnostiques - les textes sont là et on voit combien est différent le Satan juif et l’être d’iniquité de saint Paul, le « Prince de ce Monde » de l’Evangile, tentateur de Notre Seigneur. Reste évidemment le serpent de la Genèse « le plus rusé de tous les animaux » dans lequel il est bien difficile de ne pas reconnaître « notre » Satan et qui ici intervient bien comme un ennemi du projet divin.

Nos chercheurs n’ont pas d’explications à cela, mais ils ont raison sur les autres apparitions de l’Adversaire dans l’Ancien Testament (je ne dis pas que d'autres pensées soient inconcevables : de toute manière le diable n'est pas le plus petit mystère de la Bible et de la théologie chrétienne!).

 

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Henri Corbin (1903-1978)

 

 

Tout ceci pour dire que la civilisation Perse à toujours eu un génie singulier, que nous lui devons énormément et qu’il n’est donc pas tellement étonnant que le plus grand mysticisme islamique, son ésotérisme le plus riche ne soit pas arabe ( le plus riche et le plus ouvert si on en croit ces textes « soufis-shiite » ou des chrétiens interviennent (cf. « Le livre du dedans », Rûmi) et discutent avec la petite assemblée des initiés - certains disent que les Templiers avaient de fraternelles accointances avec certains surgeons soufis… on retrouve d’ailleurs le Graal -La lumière de gloire et le Saint Graal, Henri Corbin, en islam iranien, t.2, chap.IV) et même une chevalerie mystique, lire le Futuwa. D’après Corbin le véritable ésotérisme iranien n’a RIEN de prosélyte, bien au contraire… Et comme tous les gens sérieux il est infiniment discret

 

 

 

 

 

22:43 Publié dans Sédévacantisme | Lien permanent | Commentaires (113) | Tags : islam, musulman, religion, spiritualité, religions |  Imprimer | | | | | Pin it!

mardi, 16 septembre 2008

Les Pensées de Pascal sur France Culture

 

 

 

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A écouter 

5 émissions sur




par

Raphaël Enthoven









A douze ans, Pascal découvre tout seul que la somme des angles d'un triangle est égale à deux angles droits.
À seize ans, il rédige un Essai sur les coniques.
À dix-neuf ans, pour aider son père dans son travail de comptabilité fiscale, il invente la calculatrice, la "Pascaline", qui additionne, soustrait, multiplie et divise, grâce à un système composé de six roues à dix dents.
En 1648, Pascal confirme la réalité du vide et de la pression atmosphérique, avant d’établir la théorie générale de l'équilibre des liqueurs.
Pascal participe également à l'assèchement des marais poitevins, crée les premiers transports en commun - des lignes de carrosses à cinq sols qui circulent dans Paris. Puis il invente la presse hydraulique, clarifie le calcul infinitésimal, et fonde avec Fermat le calcul des probabilités.
Qui, mieux que lui, pouvait dire que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » ?


Gérard Ferreyrolles professeur de littérature française à l'université Paris-Sorbonne sera l'invité de cette émission.

Auteur de "Pascal et la raison du politique" (PUF, 1984), "Les reines du monde. L'imagination et la coutume chez Pascal" (Champion, 1995) il dirige la revue "Les Amis de Bossuet" et vient de publier, en collaboration, un Bossuet aux Presses de l'université Paris-Sorbonne (septembre 2008).

 

 

 




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Vue de l'abbaye de Port-Royal des Champs, (d'après Madeleine Hortemels).

 

 

‘‘Port-Royal et la tradition chrétienne d’Orient’’

 

 

 

Icône de saint Augustin

 

 

Par ailleurs, un colloque sur "Port-Royal et la tradition chrétienne d'Orient" se déroulera au couvent dominicain de Montpellier du 25 au 27 septembre prochain.

Présentation: "Le mouvement de Port-Royal a en effet favorisé le retour aux sources patristiques et le respect de la Tradition chers aux Églises d’Orient. Les Messieurs se sont intéressés aux Pères grecs alors souvent méconnus, et ils ont su les concilier avec leur vénération pour saint Augustin. Se laissent deviner des analyses proches, autant que d’importantes différences que ce colloque voudrait explorer."


Plusieurs orthodoxes participeront à ce colloque, notamment l'archimandrite Placide (Deseille), Michel Stavrou, Jean-Marie Gourvil. Des intervenants russes seront également présents. Pour plus d'informations et le programme, voir le document joint.

 

 

 

 

lundi, 18 août 2008

L’ILLUSION BOUDDHISTE

 

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Le dalaï-lama et l'épouse du président de la République française Carla Bruni-Sarkozy
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Derrière l’éternel sourire de façade du dalaï-lama qui prône le dialogue entre les religions, se cache en réalité un chef temporel et spirituel intransigeant qui n’hésite pas, par exemple, à exclure violemment les pratiquants de Dordjé Shougdèn de la communauté bouddhiste tibétaine, et interdire une pratique pourtant ancestrale.

 

Maville.com

Shugdensociety

Controverse Dalai Lama

 

 

 

 

 

ECLAIRCISSEMENTS

AU SUJET DE L'UNE DES PLUS INSIDIEUSES ET MENSONGERES TROMPERIES

SPIRITUELLES DE L'HISTOIRE

 

Les grandes trompettes médiatiques et les politiciens démagogues, à la faveur de l’intérêt suscité par les jeux « olympiques » du cirque en Chine et le délicat problème de la question tibétaine qui s’en trouve par écho ravivée, ont repris du service pour de nouveau tresser des couronnes à la gloire de la religion à la mode : le bouddhisme.

Ainsi l’on peut voir, à l’occasion de son séjour en France, outre les habituels professionnels de la cuisine électorale s'empressant de lui offrir leurs bras hypocritement charitables, des milliers de dévots occidentaux égarés dans un exotisme de pacotille, se prosterner en d’incroyables courbettes déférentes au passage du dalaï-lama, le tout sous l’œil complaisant des caméras et des journaux qui se font un grand plaisir de conférer une incroyable publicité à cette vague d’enthousiasme à l’égard du chef temporel en exil du Tibet.

Il est vrai, le cinéma a installé par l’intermédiaire de films fantaisistes plus proches de la série des « Sissi impératrice » du point de la véracité historique que de l’étude sérieuse, une vision absurde, totalement inexacte de la réalité effective de la religion tibétaine, ce qui a créé un engouement extraordinaire pour cette dernière au sein des populations occidentales en perte de repères. Citons parmi les plus connus : «Little Bouddha » du célèbre réalisateur Bernardo Bertolucci, résumant la vie de Siddhârta Gautama et de trois jeunes enfants, réincarnations du Bouddha, «Himalaya », « Seven Years in Tibet » (Sept ans au Tibet), mettant en scène Brad Pitt, ou encore « Kundun », réalisé par Martin Scorsese et traitant de la vie du  dalaï-lama, sans oublier les reportages sur le Dolpo, le Zanskar persistant à donner un visage idyllique du bouddhisme, alors que la religion tibétaine est un grossier amalgame de superstitions chamaniques, de cultes destinés aux esprits appartenant au riche panthéon des divinités courroucées que l’on peut légitimement définir comme relevant de la pure idolâtrie, tout ceci agrémenté et enrobé de discours empruntés aux docteurs du bouddhisme tardif, faisant vivre dans la crainte et dans de grotesques marchandages permanents, une population craintive et soumise.


Ainsi cette religion que l’on  devrait désigner du terme de « lamaïsme », conservant un mode de domination féodal à l’obscurantisme violent et oppressif, est représentée dans les films d’Hollywood, comme une religion humaine, douce et aimable, qui prône la paix et la compassion. On ne doit pas négliger également, dans cet engouement naïf à l’égard de la religion tibétaine, la vie privée des acteurs et actrices s’étalant dans les colonnes des journaux spécialisés, le plus démonstratif étant l’acteur Steven Seagal, qui conduira le chef suprême de l'école Nyingma à déclarer que Steven Seagal était la réincarnation d'un lama du XVe siècle ! Mais il faut relever de même que RICHARD GERE, qui fait écrire des livres faisant l'apologie du bouddhisme, a fondé la Maison du Tibet à New York avec ROBERT THURMAN, père de l'actrice Uma Thurman.
Toute cette authentique « propagande bouddhiste » permanente, a donc pénétré avec une étonnante facilité le monde occidental, ce qui n'est d’ailleurs pas le fruit d’un simple hasard, puisque cela permet d’encourager à dessein un bouddhisme de "confort" s’adaptant à merveille avec une mentalité singulièrement individualiste et hédoniste, qui trouve dans cette religion corrompue et laxiste, de nombreuses convergences avec ses propres conceptions ulra-modernes.
Tout cela serait évidemment du dernier ridicule si cette plaisanterie spirituelle ne cachait de plus, en réalité, l’une des plus grossières tromperies de l’Histoire qui, sous prétexte de libération, se révèle être une terrible entreprise d’asservissement et de dévoiement des êtres. Certes quoi de plus louable, de plus respectable, d'éminemment précieux pour les hommes en quête de liberté, soucieux de se dégager du piège infernal dans lequel la vie les a plongé, que de chercher à s’extraire des filets de l’illusion mondaine en se tournant vers des méthodes et  des techniques dites "enseignées" par le Bouddha capables de conduire à l’Eveil ?

 

 

 

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Pratiquants occidentaux de la congrégation religieuse Dashang Kagyu Vajradhara  Ling (Normandie)

 

 

 

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22:52 Publié dans Réflexion, Tartufferie | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : dalaï-lama, bouddhisme, bouddhistes, tibet, spiritualité, religion, chine |  Imprimer | | | | | Pin it!

vendredi, 08 août 2008

Quelle vanité que la peinture!

 

 

 

 

 

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" Quelle vanité que la peinture, qui attire l'admiration

par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux!"

(Pascal, Pensées)


 

 

 

200px-Angélique_Arnauld.jpgLes port-royalistes se sont beaucoup méfiés de l'art, soupçonné d'avoir pour fin la seule séduction des sens: "plus on donne aux sens, plus on ôte à l'esprit", disait Mère Angélique, et la peinture donne beaucoup aux sens, risquant ainsi d'arrêter sur la créature un regard qui ne doit porter que sur le Créateur. De plus, l'art menace de tromper, puisqu'il offre des simulacres sans consistance d'objets eux-mêmes de peu d'importance. L'art risque ainsi de détourner du dépouillement intérieur auquel oblige, aux yeux des augustiniens, la religion chrétienne. L'art est donc rangée au rang des "vanités humaines", c'est-à-dire de toutes les activités humaines qui ne sont qu'autant de pièges par lequel le diable espère nous prendre

Or, le moindre paradoxe n'est pas que la peinture, pourtant elle-même vanité, va se complaire, à l'époque baroque, à représenter la vanité, voire à mettre en abyme sa propre vanité, dans des représentations picturales

Le genre de la vanité est à la mode au XVIIe Siècle : inventé vers 1600, sous-genre de la nature morte, ils offrent des représentations des plaisirs du monde (nourriture, musique, jeux de carte, fleurs, bijoux, perruques), ou de la culture humaniste (livres ouverts, reliures, globes terrestres), au milieu desquels trône un crâne ou un sablier dont la fonction symbolique est de nous prévenir que nous sommes mortels, que les plaisirs et la science n’ont qu’un temps, et que tout s’achèvera pour nous dans la cendre du tombeau – memento mori. Elles figurent ainsi la leçon de l’Ecclésiaste : Vanitas vanitatum et omnia vanitas – richesses, plaisirs, devront céder devant l’inévitable triomphe de la mort, aussi convient-il de songer au salut surnaturel de notre âme, telle est la leçon chrétienne de ces tableaux de Vanités.

Philippe de Champaigne, qu'on considère comme le peintre de Port-Royal, a lui aussi peint une vanité. Elle est à la fois parfaitement conventionnelle, et absolument originale et révélatrice de la spiritualité de Port-Royal. Chez Champaigne en effet, on retrouve bien le crâne, figure emblématique de la mort, et condition du genre de la vanité, ainsi que le vase à la tulipe et le sablier, ces objets symbolisant la fuite du temps ou le dépérissement des biens terrestres. Mais ces objets ne sont pas représentés sur le mode du bric-à-brac hétéroclite et joyeux qu’affectionnaient les peintres de vanité, qui usent parfois de ce genre pour peindre avec un délice non dissimulé et quelque peu paradoxal dans ce contexte les joies de la vie terrestre et matérielle.

Rien ici n'est propre à allécher les sens et à détourner le spectateur de la méditation sur la mort qui compose le sujet du poème: les trois objets, isolés, posés sur une table d’autel, apparaissent sur un fond sombre qui souligne leur évidence terrible et l’inéluctable destin de chaque être humain. Dans cette image austère et qui se donne d’emblée comme d’inspiration religieuse, l’homme se trouve confronté à la brutalité d’un memento mori sans les adoucissements, les édulcorations ou les séductions habituelles à ce genre de peinture. Rien ne détourne d'une contemplation qui confine à la prière : on ne saurait mieux souligner combien le peintre refuse toutes les alléchantes séductions du monde, qui ne sont qu’autant de « divertissements » qui ne servent qu’à nous faire oublier notre vraie condition mortelle. Cette peinture au chromatisme sobre et d’où s’est retiré tout charme pictural fonctionne comme une invitation à faire l’expérience totale du dépouillement.

 

 

 

Source

 

Illustration

Philippe de Champaigne (1602-1674)
La Vanité ou Allégorie de la vie humaine, 1646

Huile sur toile - 28,8 x 37,5 cm
Le Mans, Musée de Tessé
Photo : RMN / Bulloz


 

 

 

 

 

 

15:55 Publié dans De l'art, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : littérature, arts, peinture |  Imprimer | | | | | Pin it!

mercredi, 06 août 2008

Hommage à la mémoire de Soljenitsine: grande figure chrétienne et contre-révolutionnaire.


Александр Исаевич Солженицын

11 décembre 1918 - 3 août 2008


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Une existence placée sous le signe du repentir




Martyr ou prophète à l'appel de la vérité,

Soljenitsyne avait placé son existence au service de la littérature

 

 

 

 

Ce jour, Aleksandr Issaïevitch entre pleinement dans la lumière du royaume. L'empire des ombres, il y avait goûté, en avait traversé le néant, lui avait dit adieu et en était revenu, vivant, il y a déjà bien longtemps, au mitan du plus inhumain des siècles.

Un peu plus tôt, Hegel, Marx, Nietzsche, Freud, l'Allemagne philosophique devant qui avait abdiqué l'esprit de l'Europe avaient proclamé la mort de Dieu. Les campagnes russes, bientôt celles de Chine, de Pologne, de Cuba, d'Angola, du Cambodge, entérinaient la mort de l'homme.

Avec son catéchisme manichéen, ses temples manufacturiers, ses rites bellicistes et ses pontifes haineux, une gnose barbare prétendait au rang de religion universelle. Les charniers, qu'elle dressait par milliers pour des millions de victimes, lui tenaient lieu d'ex-voto. Et les intellectuels, au service du parti du progrès, de chiens de garde. Silence, on tue. Ce fut alors que, parmi des râles étouffés, des noms effacés, des cadavres amoncelés, se leva une voix. Des décombres de l'Histoire monta un chant. Une nouvelle Odyssée. La sienne. La leur. La nôtre. Parce que payée du prix eucharistique du sang.

«J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous mon bras» (Le Chêne et le Veau).

Les icônes de Rostov, de Moscou, de Riazan, ayant échappé à la destruction communiste, montrent ainsi Jean, le baptiste et précurseur, après sa décollation, métamorphosé en ange du Jugement, précédant la descente du Christ aux Enfers, lui ouvrant la voie, annonçant la proche résurrection du Verbe. Puissance de l'impuissance de Soljenitsyne, écrivain, parce que martyr ou encore prophète, se sachant soumis à une parole plus grande que la sienne, ayant éprouvé jusque dans sa chair que le désir d'immortalité que parodie la littérature s'accomplit dans l'humilité.

 

 

 

«En taisant le vice, nous le semons»

 

 

De ce tournant, à la fois retournement, conversion, ravissement au milieu du chemin de sa vie, devait découler, rare et secrète, la coïncidence en lui de la destinée et de l'œuvre. C'est qu'à rebours de toutes les repentances du monde, l'appel de la vérité avait placé son existence sous le signe radical du repentir. «En taisant le vice, en l'enfonçant dans notre corps, nous le semons» (L'Archipel du Goulag). Le mal ne tient que dans la clandestinité. Il n'est de damnation que celle, volontaire, du mensonge consenti. Et la leçon ne devait pas valoir que pour l'indicible horreur de l'Est. Elle allait s'appliquer au stupide bonheur de l'Ouest, à la bête idolâtrie de l'Occident confondant les biens et le Bien, l'argent et l'ordre, la jouissance et l'honneur.

Impardonnable. Tout comme était impardonnable sa volonté de vivre russe, de penser russe, de parler et d'écrire russe. Aussi, dès qu'il apparut, pour la première fois, comme en chair et en os, incarné, trop incarné, sur l'écran d'«Apostrophes», en 1975, réveilla-t-il la sarabande des énergumènes, adeptes du compromis et maîtres en manipulations… Menteur, réactionnaire, nationaliste, slavophile, tsariste, grand-russe et, au besoin… fasciste, antisémite… Ce fut pourtant Raymond Aron qui, dans ces mêmes colonnes, pressentant la nature biblique du mystère, retrouva l'évidence théologale en osant parler d'un visage illuminé par «un message de charité, de foi et d'espérance».

Combien furent-ils alors, et depuis, à comprendre l'unique vocation de Soljenitsyne ? L'élection qui l'avait saisi, dont il s'était saisi ? Ils se comptent sur les doigts d'une main en France Claude Durand bien sûr, Nikita Struve, Georges Nivat, Olivier Clément… Ce sont eux qui ont escorté l'œuvre, trop méconnue encore, alors que nos enfants, et les enfants de nos enfants, apprendront à lire le XXe siècle dans La Roue rouge.

Mais ce jour, comme pour Dostoïevski, il y a cent ans et plus, c'est ce peuple de Russie, absurde, saint et insensé, plein de péchés, à la démesure de ses piétés, qui fait honte au monde entier et que le monde entier envie, ce sont les pauvres, les humbles, les infirmes, les idiots, les ivrognes, venus des quatre coins de la terre russe, qui accourent en psalmodiant «Mémoire éternelle» pour embrasser et bénir la dépouille mortelle de celui-là seul qui sut les consoler en acceptant, pour lui-même, ici-bas, le lot de l'inconsolation. Et, avec eux, marchant à leurs côtés, invisibles mais présents, tous les morts sans sépulture du goulag, jetés dans la fosse, abandonnés à l'abîme, et ce jour, définitivement sauvés de l'oubli, entrant enfin, à la suite d'Aleksandr Issaïevitch, en sa compagnie, dans la paix du Père céleste.

 

Jean-François Colosimo

 


Source

LE FIGARO.fr






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samedi, 05 juillet 2008

Echange entre l'Abbé G. de Tanouärn et Zacharias

 
 
 
 
 
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Un échange très intéressant s'est engagé entre l'Abbé G. de Tanouärn membre de l' Institut du Bon-Pasteur (IBP) érigé de droit pontifical par Benoit XVI, directeur du Centre Saint-Paul et de la revue "Objections"et Zacharias, suite à la mise en ligne sur le blog de l'Abbé 
 
 
 
 
 
d'un texte intitulé :
 
 
"Rome et la chair : traits du génie romain"
 
 
 
échange dans lequel est abordée, dans un climat serein et avec beaucoup d'intelligence, la question de la chair, d'une manière profonde et argumentée de nature à éclairer bien des points abordés sur "La Question".

Merci à M. l'Abbé de Tanouärn qui, le 31 août dernier a soutenu avec succès une thèse de doctorat en philosophie à l'Université Lyon III portant sur « les Prodiges de l'Analogie », une synthèse de la pensée du Cardinal Cajétan, et à Zacharias pour la qualité de leurs lumières respectives qui contribuent grandement à la clarté de notre débat.
 
 


12:06 Publié dans Messages | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : abbé g. de tanouärn, zacharias, religion, catholicisme, foi, spiritualité |  Imprimer | | | | | Pin it!

lundi, 12 mai 2008

Mgr Di Falco transforme en mascarade les cérémonies de Notre-Dame du Laus

  
 
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 A Notre Dame du Laus, du jeudi de l’Ascension 2008 jusqu’au dimanche 4 mai, Mgr Jean-Michel Di Falco évêque de Gap et d'Embrun, accueillait, en présence de nombreuses personnalités religieuses, dont Mgr Fortunato Baldelli, Nonce apostolique de France, une nuée d’ecclésiastiques mitrés, au milieu desquels on pu distinguer Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, et Jean-Pierre Foucault l’animateur télé bien connu, tous réunis pour assister à la cérémonie de reconnaissance par l’Eglise du caractère surnaturel des apparitions dont bénéficia la bienheureuse Benoîte Rencurel à compter de 1664.
Depuis plusieurs mois déjà, au prétexte de conférer un certain écho à l’événement, Mgr Di Falco, ancien porte parole de l’épiscopat français que l’on sait expert depuis longtemps dans l’art de la communication, avait eu la ridicule idée d’associer la date des premières apparitions à une marque de bière, s’amusant, avec une délicatesse contestable, à jouer sur la correspondance des désignations des dates pour concourir à la popularité des manifestations qui devaient entourer la célébration des messages conférés par la Vierge à la jeune Benoîte au Laus.


 
 

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Hubert Falco en compagnie de Jean-Claude Gaudin, Jean-Pierre Foucault

et des personnalités politiques des départements alpins.


 

On ne sait si ce navrant artifice publicitaire, ravalant au niveau d’une bonne mousse les mystères spirituels de la voyante eut l’effet escompté ? Ce qui est certain c’est que cette initiative peu heureuse, plaça sous des auspices assez discutables  les festivités annoncées et réduisit, dans les médias, l’image de ce qui se préparait à un vulgaire rassemblement d’adorateurs de la barrique et du tonneau comparable à de basses beuveries bavaroises.
Mais, comme s’il s’agissait d’en rajouter plus encore dans la caricature grossière, l’évêque de Gap qui apparemment ne recule devant aucun renoncement lorsqu’il est question de s’agenouiller devant les impératifs de la mode ambiante, ne trouva rien de mieux que de convier à débattre dans son évêché qu’il confond avec un estaminet, à l’occasion des cérémonies religieuses, trois « personnalités » du microcosme éditorial et journalistique afin qu’elles puissent s’exprimer sur la signification des messages de la Vierge et débattre sur la notion de « réconciliation », thème cuit et recuit qui toujours est servi aux mollassonnes ouailles catholiques lorsqu’on veut les engager à « cheminer ensemble en église ».


Un débat pas très « catholique » entre des intervenants aux idées contestables

 


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Monseigneur Di Falco ouvre le débat et présente les conférenciers.
 
 Photo Ray Bardin
 

Les trois personnages retenus, tels de lointains vestiges dévalués, grimaçants et faisandés des mousquetaires d’Alexandre Dumas, n’étaient autre que Marek Halter, Marcel Rufo et Fabrice Hadjadj, ce dernier étant décidément, sinon amateur de cervoises fraîches, constamment à l’affût de la moindre occasion dans les milieux conciliaires pour distribuer ses aberrations charnelles.
Nous ne nous arrêterons que brièvement sur le cas de Marcel Rufo, étrange pédopsychiatre grand habitué des plateaux télévisés, aficionado exalté qui s’est déclaré, dans un souci d’éduquer la jeunesse et de lui donner de saines distractions, contre l'interdiction des corridas aux moins de 16 ans,  laprovence.com  le plus savoureux, étant cependant ses positions touchant à la question de l’homosexualité chez les adolescents, dont il affirme « ne pas en faire un fromage ». Tout cela n’est donc pas très rassurant.

Toutefois Rufo, malgré ses positions absurdes, est loin des francs délires de Marek Halter auteur d’un blasphématoire et ignoble ouvrage sur Marie, roman dans lequel il s’est plu à imaginer qui avait pu être celle qu’il nomme volontairement « Miryem de Nazareth » et qu’il naturalise au maximum, échafaudant des hypothèses grotesques, supposant même qu’elle eut des liens avec le criminel Barabbas !
Mais par delà ses médiocres dons d’écrivain, le pitoyable Marek Halter qui ne rate jamais un moyen de faire parler de lui, s’est toutefois transformé récemment, ce qui est plus grave et que ne doit point ignorer Di Falco, en avocat de la Syrie, dont le régime est mis en cause dans les actes terroristes qui continuent à se dérouler au Liban et en Irak, et est impliqué dans la mort de Rafik Hariri ancien premier ministre du Liban. Le démentiel Marek Halter invité au Laus, faiblement inspiré, vante aujourd’hui le dialogue avec Bachar El-Assad et Khaled Mechal le leader du Hamas palestinien installé à Damas. Allant jusqu’à affirmer aux différentes rédactions qu'il avait contactées avant son voyage, qu'il était missionné par Nicolas Sarkozy !  rue89.com

On s’amusera par ailleurs du fait qu’Alain Carignon, le tristement célèbre ex-maire de Grenoble qui fit un séjour en prison à Lyon pour avoir confondu ses intérêts personnels et ceux de la ville dont il était le premier magistrat, sur son blog, se vante d'avoir, entre autre, le soutien de Marek Halter. Tout un symbole ! Mais il est vrai que l'auteur des « mémoires d'Abraham » n'en est plus à une provocation près pour faire parler de lui, puisqu’il se targuait il n’y a pas si longtemps d'avoir "fait" le mariage d'Arafat.

Enfin dernier  olibrius de ce malsain trio invité au Laus, le prétendu catholique Fabrice Hadjadj qui collectionne, dans un plan média finement rodé, colloques, interviews et articles dans les magazines de ses amis, venu distribuer sa contestable marchandise naturaliste qui ouvrit son petit laïus par une expression totalement déplacée qui ne lui fit pas craindre de désigner la Vierge du Ciel qui s’est montrée à Benoîte sous le nom de « juive » :  « Si nous sommes ici réunis ce soir, c’est parce qu’en mai 1664, il y a 344 ans, une juive, la Fille de Sion, a commencé d’apparaître à une petite bergère de France âgée de seize printemps », puis poursuivre par des comparaisons hasardeuses signalant sa nette désorientation :  « Votre péché est la matière première du Royaume », pour finir par un authentique folie théologique des plus scabreuses, se risquant à des hypothèses dont il ne mesure pas la témérité audacieuse et qui lui aurait valu, il y a quelques siècles, une correction appuyée en place publique :  « Marie, la Vierge Immaculée (…) sait en son cœur que sans cette grâce préventrice (sic !) venue de la Croix de son Fils, elle aurait été, non plus la Fille de Sion, mais la Grande Prostituée de Babylone ».

Sachant, comme le répète Alexandre Dumas, que les trois mousquetaires étaient quatre, il manquait cependant pour parfaire cette repoussante galerie d’hideux portraits le quatrième larron de cette pénible farce, qui ne fut autre que le modérateur des stupides ébats des brasseurs de houblon cathodique en la personne du démocrate chrétien de service, revenu de ses amours pour le paganisme ethno-différentialiste de Nouvelle Ecole, à savoir Patrice de Plunkett, qui, s’il anima les échanges avec la même rigueur zélée qu’il met à gérer son blog, dut donner à cette rencontre une saveur originale relativement détestable par sa partialité. 
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  Ouverture de la cérémonie au Laus dimanche 4 mai 2008


En définitive, on ne peut que rester profondément atterré par tant de sacrilèges distribués par des coquins avérés qui bénéficient de la catastrophique désorientation de l’Eglise pour faire commerce prospère de leur infect venin, se drapant sous les plis d’une prétendue spiritualité de façade qui n’est rien d’autre qu’un fallacieux vernis mis au service de noires semences naturalistes totalement éloignées de la pensée chrétienne traditionnelle, et ce, avec la complicité active d’un évêque en mal de publicité qui avait pourtant pour rôle de proclamer le caractère surnaturel des événements survenus au Laus et la mission de déclarer au nom de Rome :

« Je reconnais l'origine surnaturelle des apparitions et des faits vécus et relatés par la jeune bergère Benoîte Rencurel, survenus entre 1664 et 1718, au sanctuaire du Laus, et j'encourage les fidèles à venir prier et à se ressourcer spirituellement en ce sanctuaire ».

Ce qui devait être un grand moment de recueillement et de prière, de ferveur et de ressourcement intérieur pour des milliers de pèlerins venus pieusement s’incliner au sanctuaire du Laus, a donc donné le regrettable spectacle d’une mascarade caricaturale nous faisant mieux comprendre pourquoi, afin de masquer à la hâte les terribles responsabilités d’une Eglise conciliaire par rapport à la perte radicale de la foi, on s’évertue vainement à désigner comme étant la cause des difficultés de Benoîte Rencurel un clergé dont on nous dit, ultime tarte à la crème ridicule, qu’il fut marqué au XVIIe siècle par le « jansénisme », alors même que tout démontre et nous fait voir que se cache derrière cette inexacte explication qui ne trompe que les naïfs crédules une impressionnante, vertigineuse et catastrophique dérive spirituelle du catholicisme moderne.
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dimanche, 20 avril 2008

LES "SCANDALEUSES BEATITUDES" DE L’EGLISE MODERNE

ou

la désorientation naturaliste et panthéiste du catholicisme conciliaire

 
 

 

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" NOUS AUSSI, PLUS QUE QUICONQUE NOUS AVONS LE CULTE DE L'HOMME. "

(Paul VI, Discours de clôture du Concile, 7 décembre 1965)

 

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«La fumée de Satan s’était répandue dans le Temple de Dieu
à la suite du Concile Vatican II.
On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église.
Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête,
les ténèbres, la recherche, l’incertitude ».
 
(Paul VI, Homélie du 29 juin 1972).

 

« Ne vous laissez par séduire ; on ne se moque pas de Dieu
Ce qu’un homme sème, il le récoltera.
Qui sème dans la chair, récoltera de sa chair la corruption ;
Qui sème dans l’Esprit, récoltera de l’Esprit la vie éternelle. »
(Galates 6, 7-8)

« Je suis par la chair esclave du péché. »
(Romains 7, 25)



De grands cris semblent retentir à présent dans toute la catholicité moderne : « Qu'est-ce que l'amour ? le plaisir ? l'orgasme ? Comment faire jouir par l’art des caresses intimes ?  Que dit véritablement la Bible sur les relations sexuelles? Les fameux ‘‘tabous judéo-chrétiens’’ existent-ils vraiment ? Comment le plaisir sexuel peut-il être ‘‘sacré’’ ? Que doit-on penser de la masturbation et de la fellation ? » Ainsi, n’est-il plus rare de trouver des propos jadis destinés aux lecteurs des ouvrages licencieux et des revues pornographiques sous la plume de très nombreux auteurs prétendument « catholiques », visiblement emportés par une étrange fièvre charnelle qui a gagné le banc et l’arrière banc de l’Eglise conciliaire.

La « sexualité est une merveille » clament sur papier glacé de navrants magazines étiquetés « bonne presse » généreusement distribués par les chaisières, et d’ailleurs aujourd’hui, rajoutent en chœur d’autres voix, souvent des dames du catéchisme troublées par d’anciennes émotions sensuelles refoulées, on devrait avoir la liberté de pouvoir s'exprimer entièrement en ce qui concerne les désirs du corps. Les vieux tabous et les phobies puritaines qui ont été placés sur le sexe, s’exclament enfin de nombreux clercs, non sans une sourde excitation aisément perceptible derrière un air d’impressionnante autorité, sont erronés, la liberté du plaisir est « normale », naturelle, c’est une chose qui ne doit plus poser de problèmes pour personne, il faut en finir avec une religion culpabilisante – si Dieu nous a donné des organes c’est pour s’en servir !
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"L'union des corps par amour est la plus belle prière..."
 
 
 
Il est même devenu courant de constater que l’on explique aux jeunes couples, avec un extraordinaire sérieux et un soupçon de complicité, que le mariage chrétien ne doit plus se limiter à la procréation ; le désir, la jouissance, l’érotisme participent de sa fécondité. On explique même que « la religion chrétienne peut porter le plaisir sexuel jusqu'à des « bonheurs réciproques que l'on n'atteint pas autrement », sous prétexte que la vraie foi embrasse tout l'être humain », s’appuyant, non sans établir des comparaisons invraisemblables, sur le fait que « ce qu'apporte la liturgie (l'offrande de soi et l'accueil de l'Autre), la sexualité l'apporte aussi. » Il n’est plus rare de trouver parfois des déclarations du type : « l'union conjugale est une liturgie ». Par exemple un prêtre nous explique : « dans mon accueil des couples dans le cycle de la préparation au mariage, j'ai été plus explicite. Je leur ai fait découvrir que l'union des corps par amour est la plus belle prière commune que peut faire un couple, car “il y a plus de joie, dit Jésus, à donner qu'à recevoir”. Ainsi ils louent le Seigneur dans leur plaisir. C'était une bonne nouvelle pour eux. » On veut bien le croire…
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"Ainsi ils louent le Seigneur dans leur plaisir... »

 

 

De la sorte on ne s’étonne plus du tout, ou presque, qu’avec une extravagante ardeur, un sexologue catholique comme Olivier Florant, expert dans l’art de réveiller les libidos endormies, nous invite dans un récent ouvrage, rien moins, qu’à célébrer une « liturgie de l’orgasme » qui nous permettra de ne pas « gâcher notre plaisir », puisque ce dernier est, nous dit-il, « sacré et ouvre des horizons qui bouleversent ». [1]


On l’aura compris, les grandes orgues de la « bonne nouvelle orgasmique » soufflent de tous leurs tuyaux, mais ce qui est surtout bouleversant dans ces propos incroyables, flattant, comme cela ne s’était jamais vu dans l’Eglise, les appétits des sens et la concupiscence charnelle qui n’en demandaient pas tant. Nous assistons donc, un peu surpris et inquiets, à la manifestation quasi officielle de la désorientation totale sur le plan spirituel qui s’est imposée en quelques années avec une folle rapidité, sachant qu’en ces domaines les vertiges de la chair possèdent une capacité foudroyante d’entraînement que traduisent d’ailleurs, chacun selon leurs dons particuliers, d’affligeants propos véhiculés par les innombrables opuscules qui sont distribués actuellement dans toutes les sacristies. Le dernier en date des ouvrages participant du nouvel élan hédoniste en milieu catholique, qui emporta l’admiration émue des abonnés à « Télérama » à la « Vie » ou « Famille Chrétienne » et « Le Pèlerin », n’est autre d’ailleurs que les ultimes révélations de ce bon abbé Pierre qui, dans un livre qu'il publia sous le titre de – « Mon Dieu, pourquoi ? » , déclara à 93 ans, certes qu'il n'était pas hostile au mariage des prêtres détail presque mineur, mais laissa surtout entendre qu'il avait lui-même eu des relations sexuelles avec des femmes.

Une question ne peut toutefois que surgir en nous devant ce raz-de-marée, que dis-je ce tsunami de libido débridée : d’où provient cet état d’esprit si peu conforme à la tradition spirituelle de l’Eglise qui cependant, s’est lentement imposé et est devenu aujourd’hui le discours dominant au point de s’être largement généralisé?

Les origines de la crise de l’Eglise conciliaire


Pour pouvoir répondre à cette interrogation, il faut savoir qu’il y a une quarantaine d’années, sous prétexte de soigner la névrose chrétienne - c’était l’époque de la révolution conciliaire et du triomphe des vues de l’abbé Marc Oraison - on a envoyé des centaines et des centaines de religieuses, ainsi que des moines et des prêtres, en psychanalyse, en thérapie corporelle, en stage de découverte de l’autre par le toucher, etc., conduisant la plupart, après s’être brutalement « réconciliés avec eux-mêmes » en donnant libre cours à leurs fantasmes inavoués et secrets désirs, à défroquer, à vivre des expériences sexuelles soi-disant « refondatrices ». Cependant, comme il était prévisible, on a rapidement vu tous ces êtres, dégrisés après des périodes plus ou moins longues de dévergondage, s’avouer littéralement cisaillés, mortifiés, fichus sur le plan psychique et spirituel pour le restant de leurs jours, à cause d’absurdes notions qui faisaient l’apologie de la liberté sexuelle décomplexée, notions importées du cerveau malade d’une foule d’analystes spécialistes en sexologie. Le  plus grave, c’est lorsque l’on sait que cet hallucinant travail destructeur, que l’Eglise moderne a laissé faire dans sa folie avec une coupable complaisance,  provient  d’ouvrages et de méthodes directement inspirés des théories du célèbre Alfred Kinsey (1894-1956) auteur du non moins fameux  « Rapport sur la sexualité masculine » (1948) et du  « Rapport sur la sexualité féminine » (1953), ancien entomologiste devenu subitement sexologue, père de famille pédophile, sadomasochiste, fraudeur scientifique, machiste, raciste, antisémite et haineusement antichrétien qui, en banalisant toutes les turpitudes sexuelles pour justifier les siennes, a imposé à nos sociétés de nouvelles visions de la sexualité humaine fondées sur l’idée d’une nécessaire destruction des anciennes normes morales [2].

 

Ces mêmes « folles visions » libératrices explique également pourquoi il ne fut pas rare de voir dans les séminaires, dans les années 60-70, toujours sous l’influence des théories de Kinsey « qui a enfin libéré l’humanité des tabous d’un autre âge » (sic !), des cours « d’instruction sexuelle » dispensés aux futurs prêtres, cours qui furent consacrés à conférer une « éducation nouvelle » à ces élèves dociles qui se destinaient originellement au sacerdoce, dans le but de les aider à se former une conception moins répressive du corps et les rendre capables de se dégager d’une étroite pudibonderie ridicule en se défaisant de leurs « préjugés » obscurantistes. On n’eut de cesse de les encourager à être moins sévères face aux plaisirs sexuels, et d’en finir avec la morale castratrice. De la sorte nos jeunes séminaristes, dont les cheveux et les barbes s’étaient rapidement mis à pousser, convertis aux vertus bénéfiques du déhanchement rock’n roll et aux miraculeux pouvoir de conversion des coeurs de la minijupe, se rendirent, avec un enthousiasme certain et une guillerette excitation,  en escapades sur les plages, les dancings, les concerts de pop music et les usines,  etc., afin d’y rencontrer le « peuple de Dieu », et de marcher avec lui vers une « nouvelle Pentecôte ».

 

Or ce bel élan « pneumatique » riche en « partages libres entre frères et soeurs » sous-tendu par une intense  «communion d’amour avec l’Univers » et une bonne dose de « solidarité prolétarienne », au moment où Johnny chantait sur RTL « Jésus-Christ est un hippie » et que David Berg, plus connu sous le nom de Moïse David, constituait aux Etats-Unis la secte des « Children’s of God » [3], se révèlera être, après quelques années de grande confusion, aidé en cela par l’effondrement du communisme, la récupération des comportements « déviants » par la société de consommation, le triomphe de l’argent roi, le tout télévision et la génération Sida, comme un rêve profondément trompeur et singulièrement illusoire.
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Le « vent de folie » de Vatican II

 

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12:16 Publié dans Du mal, Polémique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (566) | Tags : littérature, église, foi, catholicisme, christianisme, benoît xvii |  Imprimer | | | | | Pin it!

vendredi, 04 avril 2008

Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj

 

 
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"Les ébats lubriques de deux corrupteurs de la foi"

  

 

 

 

             Le débat annoncé entre Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj qui avait suscité quelques préalables et légitimes réactions en ces lieux, que l’on peut à présent écouter sur le blog de la revue «LES EPEES»  pour s’en faire une idée, s’est donc bien déroulé (clin d’œil de l’histoire rue Pierre Nicole (1625-1695) logicien et pédagogue de Port-Royal !) comme il était prévisible, à savoir en se transformant en  une lamentable et pénible séance d’étalage successif de lieux communs, de niaiseries recuites et, surtout, témoignant de la patente et éclatante manifestation chez les deux ignobles et clownesques plumitifs admirateurs de la « dignité de la chair », de leur vertigineuse incompréhension de la théologie dogmatique et principalement de leur misérable ignorance des vérités les plus fondamentales du christianisme.

            Sollers, comme il apparaît évidemment nettement à l’écoute des échanges, en renard ultra habitué et rompu au petit jeu spectaculaire qu’il maîtrise depuis des années, se sera emparé sans tarder du micro avec une visible délectation pour ne quasiment plus le lâcher de la soirée, ne laissant que quelques miettes au pauvre Hadjadj, réduit tristement, avec sa voix fluette, à l’état d’un figurant de seconde zone ou d’un pitoyable faire-valoir, se faisant même parfois vertement apostropher par la diva (« Hadjadj La France n’existe plus » !).

 

            Le plus significatif n’est toutefois pas dans cette prévisible distribution des rôles, mais se trouve principalement dans les scandaleuses déclarations de la diva libidineuse de chez Gallimard, modestement «le seul à avoir lu la Bible ou saint Augustin ! », qui osa dire tout le mal qu’il pensait de la morale et du christianisme, réitérant, au nom du catholicisme, ses multiples et puants blasphèmes vomitifs qui se donnent à lire un peu de partout, sans que cela, étonnamment, ne suscite la moindre petite réaction indignée de quiconque, c’est-à-dire ni de Hadjadj sans doute encore perdu dans la contemplation des parties honteuses, ni d’un public en apparence soumis et consentant, ni même des organisateurs prétendument royalistes et catholiques, visiblement totalement muets.

 

            Ainsi l’ignoble auteur de « Guerres secrètes », qui parle en ex-maoïste situationniste expert habille du détournement sémantique non pas de «Contre-réforme » mais de « Révolution catholique », terme repris platement et craintivement par Hadjadj et le modérateur d'un soir de sorte de ne point courroucer l’idole, pour faire référence au mouvement qui initia l’élan du baroque en Italie, proclama en vociférant au milieu d’une assistance constituée principalement et normalement de baptisés qui ne semblent pas s’être offusqués outre mesure de ses charges :

 

- « Le christianisme est une erreur, le christianisme est une névrose ».

 - « Le christianisme j’en ai rien à faire ».



            Le sensuel histrion du quartier saint-Germain, qui était dans une apparente forme, tout à sa joie érotique fiévreuse, ne supportant ni la morale, ni le christianisme, ni le dolorisme, exaltant avec une emphatique jubilation son amour éperdu des sens, se vit même comparé à cet instant par Hadjadj, on n’est pas l’une des personnalités préférées des catholiques modernes pour rien, à un «vigoureux prêcheur » ! On croit rêver ! et il n’est plus nécessaire à entendre cela de se demander comment le catholicisme a pu tomber si bas et chercher à expliquer une si navrante démission générale dans ce pays, ce qui d’ailleurs, soit dit en passant, est assez révélateur de l’état de décomposition générale de l’Eglise en France en matière de foi.

 

             Mais le meilleur était à venir puisque, au détour de lamentables propos, Sollers évoquera Rodrigo Borgia (1431-1503) devenu pape, en achetant sans doute les votes qui le firent accéder au trône de Pierre, sous le nom d’Alexandre VI, criminel scélérat couvert de maîtresses, incestueux, bisexuel, neveu et fils adoptif du pape Calixte III (Alphonse de Borgia), nommé cardinal à vingt-cinq ans, entretenant une liaison avec Vanozza Catanei, une jeune patricienne romaine non avare de ses charmes et de son entrejambe qui lui donna quatre enfants naturels, et dont les seuls titres de gloire fut de couvrir le Vatican de nudités païennes déguisées sous les traits de saintes ou de l'image de la Vierge, qui contribuaient à son excitation sexuelle et de décors à ses orgies et partouzes frénétiques, nudités peintes par Raphaël et Michel Ange qui ont leur place non dans un lieu de culte mais dans les lupanars.

 

             Cette attention sur ce pape représentatif de ce que l’Eglise a pu générer de plus absolument contraire à la foi est à l’origine de l’aveu magistral de Sollers en ce débat, qui en dit long sur ce qu’est la réalité et la valeur de son attachement au catholicisme :    

 
- « Alexandre VI – magnifique le meilleur ! »

 
            Si l’on n’en finirait plus de dérouler la longue liste des ordures proférées en une soirée par l’indigne Sollers, ce qui alerta même un instant tardivement Hadjadj, vraiment longuet à la réaction, qui commença enfin à s’apercevoir que le discours du rigolo allait peut-être non seulement un peu loin mais pourrait, à terme, nuire à son avantageuse réputation d’écrivain catholique choyé de la bonne presse, osa timidement lui rappeler que le Christ était cependant venu, non pas pour s’égayer avec les prostituées et passer des bons moments avec Marie-Madeleine mais pour nous racheter du péché.

 

            L’ire colérique de la décadente idole des salons parisiens fut mise alors à son comble, et l’admirateur de Casanova se fendit d’une analyse à la hauteur de son insondable dévergondage intellectuel et de sa scabreuse désorientation morale :  

 

-  « C’est le clergé qui a besoin du péché ».

 

           Que croyez-vous qu’il arriva ? Que l’on prit immédiatement le malandrin insulteur des prêtres et de ceux qui se vouèrent depuis des siècles à la conversion des âmes par la peau des fesses pour le jeter manu militari sur la pavé parisien afin qu’il serve de litière aux excréments canins ? Non ! Cette ultime sécrétion faisandée sortie du cerveau malade de Sollers suscita devinez quoi ? Les applaudissements du public !!

 

            La conclusion de cette infâme sauterie revint à Hadjadj qui, pour ne pas donner l’impression d’être en reste sur le plan des audacieuses déclarations définitives laissa ainsi tomber de ses pieuses lèvres émues et de sa «masse essoufflée » ce qui lui sert depuis toujours de viatique permanent :

 

-  « La chair a une dignité divine ».

 

            Signalons toutefois, que l’honneur de cette pantalonnade grotesque revient peut-être à une dame qui dignement, à la fin, se leva tout de même pour signaler sa surprise de ne point avoir entendu, alors que les deux andouilles littéraires n’en finissaient pas de proférer de monstrueuses hérésies en s’appuyant sur le mystère de l’Incarnation et de la Résurrection qu’ils interprètent et tordent à leur fantaisie pour en faire surgir les plus dégoûtantes aberrations, la place centrale tenue par la Croix (à laquelle "il ne faut pas rester" s’époumona à la seconde Sollers qui à la vue du gibet du Golgotha tremblait d’une crainte qui n’est pas sans rappeler celle des démons !) au sein de la religion chrétienne et son rôle dans l’économie du Salut.

 
           Merci Madame pour la leçon de christianisme que vous avez donnée à cette assemblée apostate !
 
 
 

           Que n’avez-vous eu la présence d’esprit cependant, au moment où Sollers venait, ce qu'il convient de noter impérativement car si révélateur de ce qui fonde en réalité secrètement tout ce discours sur la dignité de la chair, de publiquement dévoiler dans l'indifférence générale la source perverse de sa pensée en se référant positivement à « l’évangile de Philippe » (IVe s.) écrit gnostique provenant de la bibliothèque de Nag Hammadi qui fait une place considérable à l'importance de la consommation charnelle, l’union entre l'homme et la femme étant dans ce texte hérétique scandaleusement comparée au « Saint des Saints »,  de citer ce passage de « La Cité de Dieu » de saint Augustin que les deux larrons osèrent même mêler à leur insane dialogue copulatoire :

 

-         « C’est par là foi qu’on approche de Dieu, et il est certain que la foi appartient au coeur et non au corps. Mais comme nous ignorons jusqu’à quel degré de perfection doit être élevé le ''corps spirituel des bienheureux'', car nous parlons d’une chose dont nous n’avons point d’expérience et sur laquelle l’Ecriture ne se déclare pas formellement, il faut de toute nécessité qu’il nous arrive ce qu’on lit dans la Sagesse: ‘‘Les pensées des hommes sont chancelantes et leur prévoyance est incertaine’’. »

 

(S. Augustin, La Cité de Dieu, Liv. XXII).