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vendredi, 28 mai 2010

L’essence religieuse de la Question Juive

 

 

Eclaircissements au sujet du problème Juif :

l’antijudaïsme théologique de La Croix au XIXe

 

 

 

 

 

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« La question de l’antijudaïsme est toute religieuse,

car le mystère de l'aveuglement de la Synagogue

est un phénomène religieux. »

 

 

La Croix.jpgC’est en 1890, en août précisément, que le journal La Croix, fondé par les Assomptionnistes, seEdouard Drumont.jpg proclamera « le journal catholique le plus antijuif de France, celui qui porte le Christ, signe d’horreur aux Juifs. » Si les critiques à l’encontre de « l’argent Juif », des « usuriers Juifs », du « Juif libéral et capitaliste », ne manquèrent pas sous la plume des rédacteurs, toutefois La Croix se distinguera nettement de la presse antisémite de l’époque incarnée par Edouard Drumont et « La Libre Parole », par une attitude toute religieuse, plaçant le problème au niveau qui doit être le sien, à savoir celui d’une dénonciation, en raison de son hostilité au Christ, du caractère profondément dissolvant et révolutionnaire des activités judaïques et de la pensée juive à l’intérieur de la société chrétienne.

 

 

Joseph de Maistre.jpgL’attitude nuisible du judaïsme synagogal avait déjà été notée, non sans une certaine acuité par Joseph de Maistre, lui qui, parmi les auteurs contre-révolutionnaires, fut le premier à s’exprimer sur le sujet, déclarant avec une certaine sévérité : « Les juifs méritent une attention particulière de la part de tous les gouvernements, il ne faut pas être étonné si le grand ennemi de l'Europe les favorise d'une manière si visible.Tout porte à croire que leur argent, leur haine et leurs talents sont au service des grands conjurés. Le plus grand et le plus funeste talent de cette secte maudite, qui se sert de tout pour arriver à ses fins, a été depuis son origine de se servir des princes mêmes pour les perdre. » [1] L’ennemi de la chrétienté, en l’espèce la Synagogue, est donc selon Maistre, liée à l’esprit satanique de la Révolution qui enrôle tous ceux qui s’opposent à l’Eglise et au règne social de Jésus-Christ.[2] La question, qui est ainsi posée à la chrétienté par le judaïsme, comme nous allons nous en apercevoir, est donc de nature étroitement et strictement spirituelle.

 

 

 

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« Le Juif est l’ennemi du Messie et de ses disciples. »

 

 

 

I. L’antijudaïsme catholique

 

La France Juive.jpgDe la sorte, pour le catholicisme, et ceci le distingue nettement de l’antisémitisme - à propos duquel nous avons dit qu'il était impossible pour un chrétien - le problème Juif est un problème essentiellement religieux et non racial. Les rédacteurs de La Croix ne le cachaient pas : « Nous croyons que la question est toute religieuse, car le mystère de la conservation de la race juive au milieu du monde est un phénomène religieux. (…) La question du Christ et du peuple déicide domine de très haut toute cette affaire. » [3] Et cette question était, et reste, effectivement toute religieuse - uniquement religieuse - là est le fond essentiel du problème, pas ailleurs, c’est-à-dire, pour être bien clair, qu’il n’est aucun cas plan racial ou biologique [4]. Pierre Sorlin, dans son ouvrage très documenté, La Croix et les Juifs, exposa la conception catholique du problème Juif avec clarté : « Cette affirmation est l’une des plus constantes à La Croix. Pendant vingt ans, la Bonne Presse ne cessa de rappeler qu’il existe un problème parce qu’Israël est le ‘‘peuple déicide.’’ » [5] 


Tout l’argumentaire des Pères Assomptionnistes fut donc centré sur cet aspect religieux de la question juive, ce qui en faisait bien l’expression d’un antijudaïsme théologique, et non, comme certains l’écrivent trop vite, d’un « antisémitisme » : « Le peuple déicide s’est séparé des bon anges. Le déicide est, en quelque sorte, la marque de rupture. Dieu avait choisi un peuple pour répandre son Nom, et donner naissance à un Sauveur. Il avait gratifié ce peuple de qualités particulières, et spécialement d’une grande force de résistance à l’adversité. Pour lui permettre de survivre, il avait lui-même rédigé un code destiné à le protéger. (…) Déçus par la pauvreté du Christ, les Juifs le tuèrent et conçurent contre ses disciples une haine inexpiable. » (La Croix, 9 septembre 1896.) 

 

La Croix Image note.jpg

 

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L’argumentaire des Assomptionnistes est centré

sur l’aspect religieux de la question juive.

 


II. L’Eglise : le vrai Israël !

 

Coeur du Christ.jpgTrois phases, dit Pierre Sorlin, suffisent au P. Bailly pour résumer ce credo que soutenait alors la Bonne Presse : « Un peuple de Dieu a été formé pour donner à l’Univers un Dieu sauveur. Ce peuple de Dieu s’est divisé radicalement quand Notre-Seigneur fut mis sur la Croix. Une partie est devenue l’Eglise ; une autre partie est devenue le peuple déicide. » (La Croix, 19 décembre 1891.) Dès lors, le grief principal qui servira de fil conducteur à La Croix, sera  défini en une phrase brève, mais décisive : « Le Juif est l’ennemi du Messie et de ses disciples. » (La Croix, juin 1881).

 

 

 

 

 

 

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« Le crucifix est un objet d’horreur aux Juifs. (…)

Les Juifs assouvissent leur haine vigoureuse de l’Eglise …

ils déchristianisent et pillent le pays. »

 

 

Jésus sur la Croix.jpgLe thème, amplifié, développé et enrichi, devient une constante régulière dans les pages de La Croix : « Le crucifix est un objet d’horreur aux Juifs. (…) Les Juifs assouvissent leur haine vigoureuse de l’Eglise. Ils déchristianisent et pillent le pays. » (La Croix, 16 avril, 10 novembre 1889 ; 25 octobre 1890.)

 

Plus encore, est montrée, et dénoncée, l’entreprise destructrice des Juifs dont l’objet premier porte sur une détestation radicale de l’Eglise : « Il n’y a qu’une chose dont le Juif ne puisse pas dire : ‘‘J’en serai le maître’’. C’est l’Eglise. Aussi tout ce qui touche l’Eglise lui fait horreur et si un Etat conserve ce germe de liberté, l’Eglise de Dieu, il recule et dirige toute sa haine contre cette puissance. [Les Juifs] sont les organisateurs de la persécution contre les catholiques ; ils poursuivent leur lutte habile et haineuse contre la civilisation chrétienne ; espèrent détruire la société chrétienne. » (La Croix, 17 avril 1897 ; 15 février 1898 ; 7 décembre 1897). 

 

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« Les Juifs poursuivent leur lutte habile et haineuse

contre la civilisation chrétienne. »

 


III. Le projet Juif

 

antijudaïsme chrétien.jpgUne explication est fournie par les prêtres rédacteurs de La Croix à leurs lecteurs catholiques, afin de leur faire comprendre pourquoi les Juifs manifestent une telle haine vis-à-vis du christianisme : « La persévérance avec laquelle la race ennemie du Christ s’acharne sur les baptisés est facile à expliquer : elle témoigne de l’endurcissement des Israélites qui, pour ne pas reconnaître leur erreur, veulent faire disparaître ceux qui détiennent la Vérité. » (La Croix, 7 décembre 1897). Une fois encore, les Assomptionnistes de La Croix, présenteront nettement une attitude théologique dans leur antijudaïsme. Ils le déclarent de manière très claire, ce qu’ils réaffirmeront à plusieurs reprises : « Nous semblons parfois avoir, dans ce journal, la haine des Juifs, et cependant nous n’avons de haine que pour le crime qu’ils perpétuent à travers les siècles, le déicide. » (La Croix, 28 octobre 1897).

 

Ce refus, qui est tout autant de la haine que du rejet de la sainte religion chrétienne, aura, et a eu à travers l’Histoire, des conséquences terribles. Mais il en est une surtout de conséquence, insoupçonnée, que cette hostilité à l’égard de l’Evangile et de l’Eglise, a provoquée, comme le dit fort bien La Croix  : « Les Juifs renient l’Evangile et par là retardent la libération du genre humain. La vie chrétienne est faite de renoncement : voilà ce que n’accepte pas le Juif, rivé à son or ; il est d’ailleurs caractéristique qu’Israël, sous prétexte de laïcisation, attaque surtout les ordres religieux : ‘‘l’arme du moine, c’est le don de soi, c’est le sang toujours offert’’ ; l’arme souveraine du Juif, c’est l’or… » (La Croix, 22 novembre 1894.) 

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« Les Juifs en refusant l’Evangile,

retardent la libération du genre humain. »

 

 

a)       Le déicide

 

Le coeur sacré de Jésus.jpgRetarder la libération du genre humain, voilà bien ce que provoque ce rejet violent, brutal et catégorique de l’Evangile de la part des Juifs ; tragique situation qui conserve dans la prison de ce monde, de façon cruelle et douloureuse, les âmes qui aspirent avec toute leur ardeur sincère, pouvoir un jour goûter aux consolations de la Rédemption.

 

L’Eglise réprouve donc la Synagogue pour ses péchés mais ne veut pas la détruire : « Le nom de Juif soulève au fond des cœurs une horreur instinctive ; les Juifs inspirent le mépris et le dégoût, le baptisé, qui ne doit point persécuter les Juifs, doit éprouver et éprouve au fond un sentiment de répulsion pour le peuple déicide. » (La Croix, 2 juillet 1884.) Et il est vrai que le souvenir de la douloureuse Passion du Sauveur reste, de façon indélébile, lié au Juif : « Au Calvaire le Juif déicide a dit le premier : ‘‘Tuons-le’’ et il a transmis cet parole comme un héritage à ses enfants. » (La Croix, 6 juillet 1883). La responsabilité des Juifs, dans ce triste événement, n’est pas niable : « Les israélites ont consommé leur propre malheur, ils se sont exclus du droit commun et portent la responsabilité du mouvement de recul qu’un catholique esquisse en leur présence. » [6]

 

b)       Le rejet du judaïsme

 

La Croix va donc insister dans ses colonnes sur le caractère réprouvé du judaïsme, et en faire l’un des thèmes principaux de son discours. C’est ce que va exprimer, en des termes assez durs, Tardif de Moidrey : « Ce n’est pas Israël qui s’est retranché de l’humanité, c’est Dieu qui l’en a exclu. Le judaïsme est une religion maudite car le Juif porte sur ses épaules la malédiction divine (…) Le Juif est déchu depuis le jour du déicide et de la malédiction » [7] Face à une telle radicale et sévère condamnation, le Père Bailly expose l’attitude à avoir envers les Juifs : « On doit, certes, beaucoup de charité aux Juifs, et les papes en ont donné l’exemple, mais les admettre dans la société chrétienne, c’est déclarer que le déicide dont ils portent la malédiction perpétuelle ne touche plus notre génération…Oui, ils sont maudits si nous sommes chrétiens. » [8]

 

 

IV. Le talmudisme synagogal

 

 portrait du juif.jpg

 

« Le judaïsme est devenu un antichristianisme. »

 

 

 

 

kabbale-copie-1.jpgLes rédacteurs de La Croix vont, lorsque les positions critiques essentielles furent exprimées par leurs soins à un lectoratAbraham le juif.jpg catholique qui découvraient les analyses doctrinales de l’antijudaïsme, centrer leur propos sur une dénonciation des positions juives, telles qu’on les trouve dans le Talmud. Ceci amènera une série d’articles dont la conclusion peut se résumer ainsi : « Il faut être très aveugle et fort laïcisé pour ne pas comprendre que le peuple de Dieu, façonné afin de préparer le Christ, ayant été maudit, s’est retourné pour accomplir contre le Sauveur une mission opposée. On sera obligé de reconnaître qu’aucune société ne peut vivre avec cet élément destructeur. Le judaïsme est devenu une sorte d’antichristianisme. » (La Croix, 10 décembre 1897.) 

 

Le verdict de La Croix est donc simple, mais cependant très inquiétant: « A partir de ce moment, le peuple déicide se prosternant devant le Talmuld et la Kabbale, rendit un culte officiel bien que secret à celui que Jésus-Christ appelle ‘‘Le Prince de ce monde’’. Dès lors les Juifs se constituèrent en une société secrète gouvernée par un chef occulte, société des Fils de la Veuve. C’est Jérusalem privée de son Temple. Les Fils de la Veuve, ce sont les Juifs dispersés dans le monde, mais se reconnaissant aux signes kabbalistiques…Le but de cette société est de détruire le royaume de Jésus-Christ. » [9]

 

Rabbin.jpgAu printemps 1898, la revue théorique de La Croix, « Les Questions actuelles », fera une présentation générale du Talmud en parlant de ce dernier comme d’un « code civil et religieux des Juifs, faisant que les israélites, incapables aujourd’hui de lire la Bible, puisent dans le Talmud la majeure partie de leurs observances. » [10] Et cette présentation est suivie d’une mise en lumière des lois talmudiques qui a de quoi inquiéter : « Le Talmud préconise que le non-Juif, qui n’est pas complètement homme, n’a pas de droits ; qu’on peut le voler, le tromper (…). Le Juif talmudiste, fanatisé par les rabbins, croit plaire à Dieu en volant, en persécutant les baptisés ; il est l’instrument du mal, se protéger contre ses atteintes est un réflexe de légitime défense. » [11]

 

Il est ainsi affirmé avec force par les Pères Assomptionnistes, en une forme de solennelle sentence : « La Croix qui se dresse toujours comme une protestation sanglante contre le peuple déicide, doit faire éclater la vérité que d’autres étouffent. »

 

V. La nécessaire conversion des Juifs

 

Jésue et Marie.jpgToutefois, malgré ces nombreux griefs suscitant un légitime effroi, La Croix se distinguera néanmoins de l’antisémitisme de son époque par une attitude conforme à la loi de l’Eglise : un israélite peut, s’il le désire en recevant le baptême, cesser d’être Juif ! Et certains le firent et fort bien, devenant même prêtres, voire évêques, comme les frères Augustin et Joseph Lémann, d’ailleurs si remarquables de piété, de fidélité et d’engagement traditionnel à l’égard de la religion chrétienne, qu’ils firent l’admiration de leurs contemporains.

 

Le journal catholique, voulut préciser sa pensée afin de se distinguer et montrer la spécificité de l’antijudaïsme par rapport à l’antisémitisme : « Le Juif naît avec une double tâche originelle : celle d’Adam d’abord, il n’est pas baptisé ; celle de Caïphe ensuite : la haine du Christ. En ce sens le Juif est le plus déshérité des humains ; à la tare originelle, il ajoute cette marque spécifique qu’est la malédiction ; il existe un abîme entre les chrétiens lavés et sacrés par le sang de Jésus-Christ et les Juifs maudits. Vous pouvez donner des dignités, couvrir d’honneur le Juif, aussi longtemps qu’il n’aura pas quitté sa religion, il restera le maudit de la société chrétienne. » (La Croix, 2 juillet 1884). Pourtant, le Juif demeure malgré cette tâche, l’héritier de la Promesse messianique. De ce fait l’Eglise le regarde, dans sa grande miséricorde, comme un égaré, un infidèle, mais voit en lui le représentant d’un peuple qui fut aimé et élu de Dieu. Et, ce regard, constamment l’Eglise l’a eu à l’égard des Juifs, au point même où, comme le proclame avec force La Croix : « Le Juif est aveugle parce qu’il persiste à se tenir dans l’ombre ; s’il renonçait à son erreur, Dieu l’accueillerait avec joie. » [12]

 

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"La conversion promise des Juifs 

est la seule solution définitive de la question juive."

 

De là se dégagent deux principes caractéristiques propres à l’antijudaïsme catholique :

 

- Les chrétiens ont le devoir de s’attacher à convertir les Juifs. C’est ce que  fit La Croix qui demanda expressément au peuple déicide de se convertir, invitant les catholiques à faire un effort particulier pour cela : « On devrait prier pour la conversion des Juifs ; voilà l’œuvre par excellence. La conversion promise des Juifs sera la seule solution définitive de la question juive. » [13]

- Le baptême est suffisant pour enlever toutes les tâches : « Que l’israélite renonce à la foi juive, qu’il revienne au christianisme et aussitôt il efface le signe de malédiction de son âme et de son front. La conversion seule et non le code civil peut effacer la malédiction. Les Juifs convertis qui se rangent sincèrement sous la bannière du Christ, rentrent dans la nation choisie. » (La Croix, 6 novembre 1894 – 2 janvier 1897).

 

On le voit, et d’ailleurs Sorlin le fait remarquer : « La Croix se sépare radicalement de la majorité des antisémites français qui, de Drumont à Jules Guérin, voient dans les défauts de la race sémite le fondement de la question juive et n’attachent aucune importance au baptême. Les Assomptionnistes prennent le parti des Juifs baptisé qui, à leur sens, n’ont rien gardé d’Israël.» [14]

 

Et cela va même plus loin puisque, et c’est un sentiment partagé par beaucoup de catholiques, lorsque les Juifs sont convertis ils deviennent les meilleurs des catholiques : « Les Juifs convertis, par le seul fait de leur conversion, cessent d’être un peuple à part (…) Lorsqu’ils veulent renoncer à ce crime [le déicide], nous les embrassons avec amour et leur restituons tous les privilèges de bénédictions qu’ils ont reçus pour préparer le règne du Messie. » (La Croix, 28 octobre 1897).

 

VI. Israël et l’avènement de l’Antéchrist

 

lucifer.jpgOn le constate, le propre de l’antijudaïsme, s’il n’épargne pas ses violentes critiques à l’égard du Juif talmudique, enténébré par les brouillards de la Synagogue, est convaincu que le retour à la Vérité de l’enfant d’Israël est une bénédiction salvatrice pour lui et pour l’Eglise. A ce titre, lors de la Parousie finale signale La Croix : « les nations infidèles acclameront le Sauveur, et les plus ardents seront les Juifs. » (La Croix, 29 janvier 1892).

 

Ceci participe d’ailleurs de cette conviction, profondément inscrite dans les principes catholiques : « Les Juifs sont les restes du peuple choisi qui doit se convertir aux derniers jours ; l’univers connaît un grand conflit qui ne finira qu’avec le monde, par la conversion d’Israël dispersé. » (La Croix, 28 février 1890). Les idées de La Croix sont comparables à ce que dit saint Paul (« tout Israël sera sauvé » Romains XI, 26), à ce qu’écrit également l’abbé Joseph Lémann dans son Histoire complète de l’idée messianique (1909), à savoir que le retour en Terre Sainte des Juifs, c’est-à-dire dans l’Eglise, est un signe de joie et d’allégresse pour le monde entier.

 

Toutefois, un point est à noter - conforme à l’Ecriture et comme il nous fut donner de le dire dans Le Chef des Juifs : l’Antéchrist - avant de se convertir les Juifs établiront le règne de l’Antéchrist : « Les Juifs proclameront un jour un faux Christ qu’ils reconnaîtront après avoir repoussé le vrai Christ, et celui-là sera l’Antéchrist, qui dominera le monde et règnera à Jérusalem. Toute l’histoire se déroule pour préparer ce grand drame historique dont nous sommes les acteurs et dans le drame du monde, le Juif jouera, jusqu’à la fin des temps, un rôle principal. La conversion du Juif, c’est-à-dire la fin de la lutte, sera le signe de la fin du monde. » (La Croix, 12 décembre 1883).

 

 

bête de l'apocalypse.jpg

 

 

L’Antéchrist dominera le monde

et règnera à Jérusalem !

 

 

Les descriptions de cet avènement terrible sont ainsi exprimées par les prêtres de La Croix : « Les Juifs déclarent que Jésus a trompé l’attente parce qu’il n’a pas eu de puissance temporelle ; à la place de ce Christ divin, ils veulent un Christ terrestre qui aura tout ce qui a manqué à Jésus, soumettre la terre et posséder l’or. (…) Le peuple de Dieu fut conservé autrefois afin que, par lui, la terre entière fût préparée au Christ, le peuple déicide sera à son tour conservé au milieu des nations afin de préparer le règne de l’Antéchrist. Le peuple Juif, c’est le tronc destiné à fournir ce grand ennemi du Christ annoncé pour le combat suprême et pour la victoire définitive. Nous n’avons pas le droit d’ignorer aujourd’hui que le Juif a la mission de faire le règne de cet Antéchrist. Le peuple déicide, qui s’est séparé des bons anges, est conservé providentiellement pour donner cet Antéchrist. Ensuite le Juif se convertira. La nation de l’Antéchrist est la menace suspendue sur le monde, comme le peuple du Christ est l’espérance de la Terre. » (La Croix, 29 novembre 1894).

 

Conclusion

 

 

Le Christ.jpgNous le voyons, suite à ces précisions fondamentales qui nous permettent d’accéder à une compréhension élargie et approfondie du problème posé par le judaïsme depuis plus de vingt siècles, la question Juive est une question d’essence spécifiquement religieuse. C’est « La Question » la plus impressionnante, inquiétante et extraordinaire qui soit, puisqu’elle touche aux événements qui conduisirent à la terrible Passion de Jésus-Christ, et à ceux qui accompagneront la fin des temps.

 

Dieu a confié à Israël une tâche magnifique, et Satan une mission abominable. Tout le problème Juif, l’unique question juive se résume à ce commandement double et totalement contradictoire, qui ne peut se traiter, se penser et se régler, que sur un mode exclusivement et étroitement religieux.

 

Tout autre tentative, tout essai ou volonté de trouver une solution à la difficulté que représentent la place et le rôle du peuple d’Israël à l’intérieur de l’Histoire, qui ne prendrait pas en compte la dimension authentique de ce problème, se heurterait fatalement comme cela est arrivé d’innombrables fois au cours des siècles, et arrivera de nouveau de façon inévitable, à la force d’un mur formidable. Ce mur, déconcertant et quasi surnaturel, est une représentation  symbolique de celui qui soutenait le Temple de Jérusalem, et  s’il est aujourd’hui de nature spirituelle puisque l’ancien Temple est détruit, il convient  que soit forger un outil particulier pour le tailler afin d’en faire la base de l’édifice consacré à la gloire de Dieu et non de Satan, et cet outil, seul adapté à cette tâche sacrée, a pour nom : la théologie !

 

 

Notes.

 

1. Maistre, J. (de), Quatre chapitres inédits sur la Russie, Chap. IVe « l’Illuminisme », Vaton, 1859.

2. C’est ce qu’écrivait l’abbé Goudet : « Le Tout-Puissant se sert de la Révolution pour broyer les Nations infidèles à leur mission et refaire le monde sur un plus vaste plan. […] Avec l’ère de la Révolution s’ouvre la période d’Apostasie proprement dite annoncée par saint Paul… » (Goudet, A., Mission des Juifs, Chap. VI, 1854.)

3. Bailly, P.,  La Croix, 28 mai 1890.

4. Dieu a désavoué ceux qui ont renié son Fils unique et consubstantiel, “vrai Dieu né du vrai Dieu”, il a donc rompu son Alliance avec eux. Par conséquent, Il a ainsi constaté la stérilité du Judaïsme pharisaïque et rabbinique, qui est aujourd’hui enseigné dans les synagogues, judaïsme qui a tué son Fils, le condamne, le désapprouve, et le “maudit”. De ce fait, il n’y a absolument aucune « fidélité » des descendants d’Abraham à l’égard de Dieu, si ce n’est celle des Juifs qui répondirent à l’attente messianique, c’est-à-dire les Apôtres, les premiers convertis de l’Eglise de Jérusalem. Pour ces Juifs, devenus chrétiens, il ne saurait leur être reproché quoi que ce soit ; ils sont de parfaits chrétiens, membres de l’Eglise, membres du Corps mystique du Christ. Là est la grande différence d’avec l’antisémitisme raciste et biologique, qui s’oppose aux Juifs en raison de leur origine ethnique, ce qui est absolument inacceptable pour la doctrine catholique qui ne reconnaît plus en Jésus-Christ, ni Juifs ni païens, mais seulement des âmes consacrées, par l’eau, le sel et l’Esprit, toutes absolument appelées, par grâce, à la vie divine sans distinction mondaine d’aucune sorte.

5. Sorlin, P., La Croix et les Juifs, Grasset, 1967, p. 132.

6. Ibid., p. 136.

7. Tardif de Moidrey, Microbes, in La Croix, 19 mai 1896.

8. Bailly, P., La Croix, 6 novembre 1894.

9. La Croix, Supplément : « Le complot Juif », 29 mars 1898. On notera que, malgré ses vives critiques dirigées contre le judaïsme talmudique, lorsqu’une campagne d’opinion qui avait la bienveillance de la République vers 1893, venue d’Allemagne, qui n’est pas si éloignée que cela des problèmes contemporains relatifs au port du voile islamique dans les lieux publics en France, voulut interdire l’abattage rituel des animaux tel que le pratiquaient les Juifs, campagne des milieux antisémites relayée par la Société protectrice des animaux, La Croix, à la surprise générale, défendra la Synagogue et son droit religieux à consommer sa viande selon les prescriptions bibliques, au nom des droits sacrés de chaque communauté à pratiquer son culte selon ses usages, droits que l’Eglise, depuis des siècles, a toujours scrupuleusement respectés. 

10. Les Questions actuelles, « Le péril Juif », avril 1898.

11. Ibid., « Mystères talmudiques », juillet 1882.

12. Les Questions actuelles, « Les principes de [l’antijudaïsme] chrétien », 16 février 1897.

13. Question juive, cf. Une Croix pour la conversion d’Israël, 29 septembre 1897.

14. Sorlin, P., op. cit., p. 148. Contrairement à La Croix, dont ils se distinguent nettement et en critiquent les positions jugées trop religieuses, les journaux antisémites clament que le Juif est par essence perverti, et que cette perversion, selon eux constitutive de la race d’Israël, le baptême catholique n’y change strictement rien. (Cf. Drumont, E., La France juive devant l’opinion, 1886, pp. 31-32 ; Guérin, J., Les trafiquants de l’antisémitisme, 1905, pp. 3-4.)

vendredi, 12 mars 2010

L'antijudaïsme chrétien

ou

 

L’histoire de la réaction

contre la conjuration anticatholique en Europe

 

Pie IX.jpg
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« Les tempêtes qui assaillent l'Eglise 

sont les mêmes que celles subies à ses origines;

elles étaient alors provoquées par les Gentils,

par les gnostiques et par les Juifs

et les Juifs y sont aussi présentement. » 

 

- Sa Sainteté Pie IX, Discours, le 12 février 1874  -

  

 

 

Pape Pie IX.jpgSi saint Pie X pouvaient s’appuyer sur les textes des docteurs de l’Eglise, dans lesquels apparaît clairement une ferme dénonciation des erreurs judaïques, et ceux de l’Ecriture sainte elle-même (s. Jean, s. Pierre et s. Paul se distinguent par leurs propos sévères), jusqu’à s. Jérôme, s. Augustin, s. Jean Chrysostome, en passant par s. Bernard, s. Thomas d’Aquin et s. Dominique, étrangement, dans les écrits des auteurs chrétiens précédant le milieu du XIXe siècle, le problème Juif, et celui du judaïsme plus globalement, n’occupera plus une place éminente et centrale dans les ouvrages, comme cela avait été le cas auparavant.

 

On l’évoque certes, mais de façon quasi auxiliaire et périphérique. Il n’est pas situé, ou présenté, comme cela adviendra plus tard, au centre des dangers encourus par la civilisation occidentale. Il faudra le traumatisme violent et terrifiant de la Révolution française, qui s’étendit à toute l’Europe en peu de temps, ayant pour conséquence l’abandon des lois protectrices dont s’étaient dotés les Etats chrétiens et l’entrée massive des Juifs dans la société, notamment en France, pour que s’impose l’idée d’une conjuration ourdie depuis fort longtemps, et qu’apparaisse de manière centrale le thème d’une volonté très lointaine de la Synagogue d’abattre la chrétienté. 

 

 

I - Joseph de Maistre : précurseur de l’antijudaïsme catholique

 

Joseph de Maistre.jpgL’un des plus grands analystes de la Révolution et de ses causes, Joseph de Maistre, a parfaitement théorisé la nature de cet événement saisissant, le définissant comme étant : « Satanique dans son essence, satanique parce que rebelle à l’autorité, c’est-à-dire à Dieu. » [1]. L’unique alternative possible, pour Maistre, face à un monde ruiné et détruit, déchu de sa souveraineté, était le recours à la papauté : si “la Révolution est l’erreur”, dira-t-il, si elle “est satanique dans son essence, elle ne peut donc être tuée que par la papauté, qui est la vérité, puisqu’elle est le Christ en terre”. Il faut donc réunir à nouveau l’Eglise et l’Etat, le trône et l’autel.

 

Ce qui est tout à fait extraordinaire avec Joseph de Maistre, c’est qu’il fut sans doute le premier, parmi les penseurs contre-révolutionnaires (Bonald, Lamennais, Blanc de Saint-Bonnet, etc.), à un moment où aucun auteur ne soulevait ce problème, à dénoncer la menace judaïque, exposant longuement dans ses écrits, la nécessité pour les Etats chrétiens de maîtriser les fils d’Israël afin d’éviter qu’ils ne parviennent, par leurs manœuvres et funestes industries, à corrompre les fondements de l’ordre social chrétien.

Lamennais.jpg

Hugues-Félicité Robert de Lamennais (1782-1854),

disciple de Joseph de Maistre et contre-révolutionnaire

dans les premiers temps de son activité doctrinale.

 

 

 

Augustin_Barruel.pngD’ailleurs, dans son étude, G. Miccoli, sur lequel s’est appuyé l’abbé Curzio Nitoglia lors de son examen approfondi ettapis maître.gif remarquable du sujet : « Contre-révolution et judéo-maçonnerie » [2], affirme : “Dans la conspiration des sophistes, des philosophes, des impies, des francs-maçons dépositaires du secret suprême de la secte, des jacobins, telle qu’elle est reconstruite et racontée par Barruel [Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme, Londres 1797-98], les Juifs n’ont pas de part. Tout comme ils ne figurent pas dans les autres analyses contemporaines qui décrivent et découvrent les caractères de la “révolution”: cela vaut pour toutes Les Considérations sur la France [1797] de Joseph de Maistre… La polémique antimaçonnique qui fit rage parmi les émigrés français ne connaît pas trace des Juifs, sinon pour dénoncer les faveurs qui leur furent concédées. La liste des conspirateurs qui ont comploté pendant des décennies contre le trône et l’autel devient le lieu commun de toute une presse d’actualité secondaire : elle ignore les Juifs.” [3] Ainsi que le fait voir l’abbé Nitoglia : « Le Judaïsme est encore totalement absent dans l’excellent travail, en douze volumes, que Mgr Jean-Joseph Gaume dédie à La Révolution, entre 1856 et 1858. Il y approfondit le problème du césarisme ou gibelinisme, comme retour de la philosophie politique païenne, qui en niant la subordination du Souverain temporel au Pape est source de la Révolution ou de désordre, de l’Humanisme et de la Renaissance comme étapes fondamentales du réveil de l’esprit païen, non seulement dans le domaine politique mais également dans celui des tendances et passions humaines, qui portera au Protestantisme et à la Révolution française. » (J. Gaume, La Révolution. Recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe depuis la Renaissance jusqu’à nos jours, Paris, 1856-1858.) » [4]

 

II -  Les contre-révolutionnaires anti-judaïques

 

Cependant très vite, en raison d’évènements inquiétants, dont l’accroissement de la population juive et l’entrée des israélites dans les divers rouages de la société civile à la faveur de l’abandon des anciennes législations protectrices [5], le thème va s’imposer de façon constante et régulière, au point de devenir, ceci en conformité avec les orientations du Saint-siège, l’élément principal de la critique contre-révolutionnaire, qui regardera désormais le Judaïsme comme la cause principale des désordres du temps.

 

 Joseph Lemann.gifParmi les auteurs qui, au XIXe siècle, dénoncèrent le rôle nocif exercé par la Synagogue, il faut citer Mgr Léon Meurin s.j., expert en hébreu et en sanscrit (évêque in partibus d’Ascalona, puis archevêque titulaire de Nisibi et évêque résident de Port-Louis), qui publia  La franc-maçonnerie synagogue de Satan (1893), les abbés, puis évêques, Joseph et Augustin Lemann, et bien sûr Gougenot des Mousseaux avec son ouvrage : Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens (1869). On notera toutefois que dès 1830, un abbé italien, Luigi Chiarini [6], enseignant d’Antiquités Orientales à Varsovie,  publiait à Paris un ouvrage en deux volumes, intitulé “Théorie du Judaïsme” dans lequel il révélait le visage authentique du Judaïsme talmudique (c’est sur cet ouvrage que s’appuyèrent Giuseppe Oreglia et Gougenot des Mousseaux).

 

Le Judaïsme devenait sous la plume de ces auteurs, le symbole de la nouvelle civilisation sécularisée qui avait apostasié, précisément parce que par formée par l’Eglise, après de longues années de conjuration antichrétienne et de complot : « La conspiration antichrétienne devenait ainsi l’œuvre éminente des Juifs pour abattre l’Eglise du Christ et les porter à la domination du monde. » [7]

 

III -  Les déclarations anti-judaïques de Pie IX

 

Ce qui est intéressant pour notre sujet, c’est de voir que l’ensemble des études effectuées par les penseurs contre-révolutionnaires, vont être accueillies avec attention par Rome, au point même que les thèses qui avaient été publiées sous forme d’ouvrages destinés à un large public, vont se retrouver, quasi intégralement, sous la plume des papes.

 

Saint Michel archange.jpgA cet égard, les discours de Pie IX, après 1870, sont tout à fait significatifs. En effet, Pie IX ne manquera pas de prononcer des paroles très dures, et éminemment explicites, contre les Juifs, dont on sait qu’ils prirent la tête, ou furent à l’origine tout au moins, de tous les actes révolutionnaires de brigandage visant à abattre l’Eglise. Le Saint Père ira jusqu’à qualifier les Juifs d’un terme très sévère, surtout dans la bouche d’un pape, puisqu’il les nommera des “chiens” : « Ils sont devenus tels de “fils” qu’ils étaient, pour leur dureté et incrédulité, et de ces chiens - ajoute le pontife - il y en a malheureusement trop aujourd’hui à Rome, et nous les entendons aboyer par toutes les rues, et ils nous harcèlent partout. » [8] 

 

 

 

 

 

 

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Le pape Pie IX déclara que les Juifs
représentaient aujourd'hui la "Synagogue de Satan"

 

 

 

a) Etsi multa luctuosa

 

Pius IX.jpgMais le pape ne s’arrête pas à ces paroles d’une impressionnante dureté, il poursuit ainsi, au moment où la presse anticléricale laissait publier d’authentiques ordures à l’encontre de l’Eglise catholique : « Les juifs sont des “bœufs”, qui ne connaissent pas Dieu, et écrivent des blasphèmes et des obscénités dans les journaux, mais viendra un jour, terrible jour de la vengeance divine, où ils devront rendre compte des iniquités qu’ils ont commises. » [9]

 

On le constate, les déclarations pontificales sont, à cette époque qui venait de subir les outrages scandaleux de l’esprit révolutionnaire au point de menacer le Vatican et de mettre en péril l’Eglise, très éloignées du discours politiquement correct et des ellipses stylistiques [10]. Pie IX exposera  ainsi, avec une solide intransigeance, les responsabilités des milieux judaïques, et ne craindra pas de désigner, avec une force extraordinaire, le danger pour la civilisation chrétienne que représente l’esprit judaïque et les Juifs en général : « Peuple dur et déloyal, comme on voit aussi dans ses descendants, qui faisait de continuelles promesses à Dieu et ne les maintenait jamais. » [11]

 

Il faut dire que jamais dans l’Histoire, on avait assisté à un tel déchaînement de haine envers la sainte Eglise de Jésus-Christ, et depuis 1789, c’était comme si une fièvre folle de détestation des prêtres, des religieux et de l’ensemble du clergé, s’était emparée des consciences. Les partis républicains mettaient tout en œuvre pour détruire le christianisme, et l’on voyait nettement qui était à l’origine de ces idées funestes qui à présent oeuvraient à transformer la chrétienté en une société désacralisée et apostate.

 

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- Jésus tombe pour la première fois -

Ve Station

 

« En cette circonstance le Seigneur ne permit pas qu’un Juif l’aidât.

Cette nation était déjà réprouvée, et dure dans la réprobation, (...)

Jésus-Christ voulut plutôt être aidé par un païen,

donnant ainsi une preuve qu’à la nation juive dépravée

d’autres nations se substitueraient pour connaître et suivre Jésus-Christ. »

 

 

 

C’est pourquoi, le 23 mars 1873, Pie IX, faisant référence à Simon le Cyrénéen, revint dans une déclaration officielle sur la réprobation dont les Juifs étaient l’objet : « En cette circonstance le Seigneur ne permit pas qu’un Juif l’aidât. Cette nation était déjà réprouvée, et dure dans la réprobation, (...) Jésus-Christ voulut plutôt être aidé par un païen, donnant ainsi une preuve de ce qui avait été prédit, c’est-à-dire qu’à la nation juive dépravée d’autres nations se substitueraient pour connaître et suivre Jésus-Christ. » [12]. Puis une nouvelle fois, dans un discours daté du 12 février 1874 destiné aux curés de Rome, le pape Pie IX, établira un parallèle entre la situation que traversait l’Eglise romaine et celle qu’elle avait connue lors des premiers siècles : « Les tempêtes qui l’assaillent sont les mêmes que celles subies à ses origines; elles étaient alors provoquées par les Gentils, par les gnostiques et par les Juifs et les Juifs y sont aussi présentement. » [13]

 

b) La  Synagogue de Satan''

 

Ce n’est donc pas pour rien, ni sans de justes motifs que Pie IX, voulant conférer une image correspondant à ce qui animait l’esprit pervers despreteur-juif-anglais.jpg complots judaïques contre Rome, recourut dans sa lettre Encyclique Etsi multa luctuosa (1873), à la figure de la “Synagogue de Satan”, pour désigner les ennemis de l’Eglise, incluant sous cette expression, tous ceux qui, de près ou de loin, travaillaient sans relâche à ruiner la civilisation chrétienne. [14]  On le comprend donc aisément, lorsque Rome eut perçu distinctement les causes réelles de la tragédie révolutionnaire, elle n’hésita pas à désigner clairement les responsables du vertige destructeur qui s’était emparé de l’Europe, en l’occurrence les Juifs. Ainsi, La Civiltà Cattolica, fondée en 1850, intervint dès 1858 sur la question juive. Environ dix ans après, en 1869, Gougenot des Mousseaux exposa amplement, dans Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, les mécanismes qui pourraient détruire la chrétienté. Pie IX, en 1870, entrevit dans le Judaïsme la cause première de la Révolution, puis Léon XIII, plus encore, désigna les Juifs comme étant le moteur principal de la corruption contemporaine.

 

 IV – Les Juifs : agents de la révolution

 

kabbale-copie-1.jpgLes abbés Joseph et Augustin Lémann comprirent également, eux qui venaient par le sang de la souche d’Israël, qu’ilmenorah.jpg fallait absolument préserver la chrétienté du péril Juif, et qu’accorder aux Juifs l’égalité des droits civils représentait un terrifiant danger pour le devenir de la société : « Nous connaissons les tendances de notre nation; ses bonnes comme ses mauvaises qualités. (…) Le suprême danger de Rome... ce ne sont pas les hommes de la Révolution, ils passeront. Le suprême danger de Rome c’est vous, ô messieurs, qui ne passez pas. Armés du droit, avec votre habileté… et votre puissance, avant que le siècle n’arrive à sa fin, vous serez les maîtres... » [15]

 

Les Juifs, comme l’on démontré Joseph et Augustin Lémann, furent les avocats absolus de la Révolution et de la laïcisation de l’Europe, les Etats modernes et la Synagogue pharisaïque, ayant en commun un identique refus du Règne Social du Christ et de son Eglise. Les nouvelles lois de la société, au fond, étaient très anciennes : elles participaient du même rejet obstiné de Jésus-Christ, tel que l’avait désiré le Sanhédrin et la majeure partie du peuple Juif. Cette analyse s’appuie sur la “théologie de l’Histoire” propre à l’Eglise. Mgr Delassus  écrit à ce sujet : « Le Calvaire a séparé en deux la race juive: d’une part, les disciples qui ont appelé à eux et se sont incorporé tous les chrétiens; de l’autre, les bourreaux, sur la tête desquels, selon leur vœu, est retombé le sang du Juste, les vouant à une malédiction qui durera autant que leur rébellion. » [16]  

 

 

V -  Le sionisme : héritier de l’idée révolutionnaire juive

etoile_david.gifIl est d’ailleurs à noter, pour aller au bout de notre examen de la question, que le mouvement national Juif qui apparaîtra au XIXe siècle, à savoirancien-temple-jerusalem.jpg le sionisme, fondé lors de ses trois premiers congrès constitutifs à Bâle, en août 1897, août 1898 et août 1899, par des hommes imprégnés de laïcisme, de conceptions révolutionnaires, républicaines et athées, voulut imposer cette idée saugrenue et impie que la venue de Jésus-Christ n’avait modifié en rien la situation pour le peuple d’Israël, et qu’il restait, malgré son crime, sa réprobation et l’exil, propriétaire de la Terre sainte. Les Archives israélites, organe le plus important du judaïsme français à l’époque, dira ceci, montrant bien en quoi le sionisme se positionnait en contradiction directe d’avec l’Eglise : «.La reconstitution de la nationalité juive, nous l'avons dit et nous ne cesserons de le redire, est d'ordre providentiel….Quand l'heure de la patrie juive, devenue la patrie de toute l'humanité, sonnera, quand il faudra battre le rappel de tous les dispersés d'Israël, le souverain Maître de l'univers suscitera les agents de ce mouvement de ralliement… » [17]

              Or, cette idée était, et reste une chimère, une vision illusoire, comme le soulignera Joseph Lémann :

- « [C’est une] chimère, encore une fois, d'attendre la restauration matérielle d'un État juif à Jérusalem. Il ne faut pas transporter à une nouvelle Jérusalem terrestre les promesses qui appartiennent à l'Église de Jésus-Christ. Cette Jérusalem à laquelle les Juifs seront ramenés un jour de l'Orient et de l'Occident, et vers laquelle tous les peuples accourront avec eux, n'est point une Jérusalem matérielle, qui jamais ne pourrait être assez vaste pour contenir une si grande multitude dans son sein ; c'est l'Église même de Jésus-Christ, qui, comme l'annonce Zacharie dans une autre prophétie, est comparée à une ‘‘ville sans murs’’ (Zacharie II, 4-5), parce qu'elle est ouverte à tous, et qu'il n'y a point de multitude, si grande qu'elle puisse être, que l'Église ne Puisse contenir dans son Sein. » [18]

On comprend mieux pourquoi, le projet national Juif, élaboré par les sionistes au XIXe siècle, participe d’une intention forgée à la même période où Rome tremblait sous les coups de la Révolution, où le pape était enfermé comme un prisonnier dans le Vatican. Il participe donc, précisément, d’un objectif antichrétien en ce sens qu’il souhaitât faire comme si le Christ n’avait pas changé la Loi et aboli, en en modifiant le sens et la lecture, les promesses. En un mot, du point de vue catholique, du point de vue même de Dieu, le sionisme et son ambition de reconstitution d’un Royaume Juif en Israël représentait et représente toujours, concrètement, l’ignoble négation de la Croix et du Golgotha !

Conclusion

 

 

Saint_Thomas,_Fontaine_de_la_Sagesse,_Antoine_Nicolas,_v__1648.jpg

 "Synagogue ! Reviens et quitte l’erreur de ton intelligence,

reviens et quitte ton sens charnel ! Reviens en adhérant à la vérité ! "

- S. Thomas d'Aquin -

 

antijudaïsme synagogue.jpgAinsi, il n’est pas vrai - et c’est ce sur quoi voulurent insister les auteurs contre-révolutionnaires qui étaient effrayés par les fruits pervers que la Révolution venait de produire, discours repris, et même parfois amplifié par le Magistère ecclésiastique qui s’appuya également sur les pères de l’Eglise et ses principaux docteurs et théologiens - que les agents de la révolution aient changé. Non, après le déicide, l’agent principal, l’agent invisible et actif, le suppôt privilégié de Satan, fut et reste, insisteront tous les auteurs catholiques au XIXe siècle, le Judaïsme talmudique, qui voulut, pendant des siècles, détruire l’Eglise et la chrétienté, comme il a tué Jésus-Christ.

Tant qu’il ne se convertira pas au christianisme, tant que cet agent ténébreux travaillera à mettre en œuvre son projet criminel, le risque sera grand pour la civilisation chrétienne et la menace très importante pour elle. Dans l’Expositio in Cantica Canticorum, attribuée à s. Thomas d’Aquin, on trouve cette phrase : « Synagogue ! Reviens et quitte l’erreur de ton intelligence, reviens et quitte ton sens charnel ! Reviens en adhérant à la vérité ! Jerusalem, Jerusalem, revertere ad Dominum Deum tuum ! »

Espérons et prions effectivement pour que ce retour, le seul vrai et authentique « Retour » qui soit, advienne au plus vite. Et alors, quand il sera entièrement accompli par la grâce du Ciel, un cantique nouveau remontera dans l’âme des fils d’Israël, mais un cantique désormais pur et décanté, qui passera pour l’éternité du cœur aux lèvres afin de louer et glorifier Jésus-Christ !

 

Notes

 

1. J. de Maistre, Considérations sur la France, Lyon 1884, p. 67.

2. C. Nitoglia (abbé), Contre-révolution et judéo-maçonnerie, Sodalitium, n° 50, juin-juillet 2000,  pp. 5-16.

3. G. Miccoli, Santa Sede, questione ebraica e antisemitismo, in Storia d’Italia, Annali vol. 11 bis, Gli ebrei in Italia, Einaudi, Torino 1997, p. 1388.

4. C. Nitoglia (abbé), op. cit., p. 5.

5. Cf. Le Chef des Juifs : l’Antéchrist, ch. II. « La croissance non « miraculeuse » de la race Juive au XIXe siècle en Europe », La Question, 2009, pp. 18-25. 

6. Notice biographique selon deux encyclopédies : [Luigi Chiarini] : “(1789-1832), prêtre italien, orientaliste et écrivain antisémite. Invité à venir de Toscane en Pologne, Chiarini obtint la chaire de Langues Orientales à l’Université de Varsovie grâce à la protection de Potocki, ministre de l’éducation. En 1826, il devient membre du Jewish Commitee dont les membres sont nommés par le gouvernement. Dans sa Théorie du Judaïsme (1830), Chiarini calomnia le Talmud et le rabbinat et tenta de raviver la diffamation du sang [meurtre rituel]. Il considérait que l’Etat devait aider les Juifs à se libérer eux-mêmes de l’influence du Talmud. Il commença une traduction française du Talmud de Babylone, avec l’appui du Tsar Nicolas Ier, dont deux volumes ont été publiés (1831). Chiarini fut contraint d’abandonner son projet à cause de l’insurrection polonaise. Ses autres travaux sont une grammaire d’Hébreu en Latin; un dictionnaire Hébreu-Latin, et un article: Dei funerarii degli ebrei polacchi (Bologne 1826)”. (Cf. Encyclopedia Judaica, Gerusalemme s. d., vol 5, pp. 409-410). [Luigi Chiarini] : “né a Montepulciano le 26 avril 1789, mort à Varsovie le 28 février 1832... Il publia Théorie du Judaïsme (1830)... ce livre est divisé en trois parties: dans la 1re, il établit les difficultés pour connaître le vrai visage du Judaïsme, dans la 2e, il explique la théorie du Judaïsme, dans la 3e, il traite de la réforme du Judaïsme et examine en détail les moyens de supprimer ses éléments “pernicieux”. En résumé, Chiarini s’efforce de prouver que les prétendus maux du Judaïsme trouvent leur origine principalement dans les enseignements soi-disant antisociaux et nuisibles du Talmud. Il soutient que l’Etat devrait aider les Juifs à se libérer eux-mêmes de l’influence du Talmud, et qu’ils devraient retourner à la simple foi mosaïque. Ce but peut être atteint de deux manières: d’abord par la fondation d’écoles où l’on donne l’enseignement de la Bible et où l’on étudie la grammaire hébraïque; ensuite par une traduction française du Talmud de Babylone avec des notes d’explication et des réfutations”. (Cf. The Jewish Encyclopedia, New York - London 1905-1912, IV vol., pp. 21-22.)

7. G. Miccoli, op. cit., p. 1394.

8. Ibid., Discorsi del Sommo Pontefice Pio IX pronunziati in Vaticano ai fedeli di Roma e dell’orbe dal principio della sua prigionia fino al presente, Roma 1874-1878, pp. 1404-1405.

9. Ibid., p. 1405.

10. Alors que Pie IX avait commencé son pontificat, en juin 1846, par une conception plutôt libérale de l’autorité pontificale, les événements qui vont survenir, peu après son accession au trône de Pierre, vont modifier du tout au tout son état d’esprit. En effet, le 15 novembre 1848, le chef du gouvernement du Saint Siège, Pellegrino Rossi était assassiné par les révolutionnaires italiens, les insurgés proclamant la République romaine. Le 24 novembre, Pie IX quitte de nuit dans la voiture à cheval du duc d'Harcourt son palais du Quirinal, après que les partisans de Giuseppe Mazzini eurent attaqué le palais tuant Mgr Palma. Il se réfugie à Gaète, dans le Royaume des Deux-Siciles. Il lance alors un appel aux puissances européennes pour retrouver son trône. La France intervient en sa faveur. Le général Oudinot s'empare de Rome à la bataille du Janicule le 30 juin 1849 et chasse les révolutionnaires en juillet. De retour à Rome, le 12 avril 1850, Pie IX mène dès lors une politique de répression contre les idées républicaines. Un nouveau secrétaire d’État, le cardinal Giacomo Antonelli, est nommé, renouant avec la politique conservatrice de Grégoire XVI. Quelques années plus tard, la prise de Rome, le 20 septembre 1870 par les troupes piémontaises, constitue un aboutissement à l’unification de la péninsule en faisant de la cité du pape la nouvelle capitale du royaume d’Italie, une loi des Garanties, votée le 15 mai 1871, accorde au Saint Siège une simple extraterritorialité sur quelques palais et le droit de souveraineté uniquement sur sa cité du Vatican. Le pape Pie IX se considère désormais comme prisonnier à l’intérieur du palais du Vatican. Dans l’Église, l’émotion est grande. En France, la politique italienne de Napoléon III suscite l’indignation des catholiques pour qui le pouvoir temporel du pape garantissait son indépendance spirituelle. Pie IX apparaît alors comme « le pape-martyr ». Il ne se fait pas faute, dans sa Lettre pastorale Etsi Multa Luctuosa, de dénoncer en des termes vigoureux l’action des révolutionnaires, et de désigner ceux qui en sont les animateurs secrets, soit la judéo-maçonnerie : « Les lugubres attentats qui se poursuivent et se consomment sous les yeux même du successeur de Pierre, sont naturellement le premier objet de ses plaintes. Les choses en sont venues à ce point, que la mort semble préférable à une vie si violemment et si constamment agitée, et que, les yeux levés au ciel, nous sommes parfois contraint de nous écrier : ‘‘Il nous vaut mieux mourir qui d’assister ainsi à la destruction des choses saintes’’ (I Macchab., III, 59). Pas un jour, en effet, ne s’est écoulé depuis l’invasion de la ville sainte, sans que quelque nouvelle blessure fût portée au coeur déjà si ulcéré de Pie IX. L’expulsion et la spoliation des religieux de l’un et l’autre sexe ravivent et augmentent chaque matin les plaies de la veille. Toucher à cette portion choisie du troupeau, c’est toucher le pasteur à la prunelle de l’oeil. Si, conformément à la parole du grand Antoine rapportée par son historien saint Athanase, le diable, qui est l’ennemi de tous les chrétiens, ne peut en aucune façon supporter les moines animés de l’esprit de leur saint état et les épouses virginales du Christ, en retour, l’Église a pour eux et pour elles des tendresses toutes spéciales. N’est-ce point d’ailleurs une énormité flagrante que l’observation des conseils évangéliques soit désormais proscrite dans la capitale du christianisme, c’est-à-dire dans le lieu du monde où les vertus chrétiennes DOIVENT s’épanouir le plus librement et arriver à leur développement le plus vigoureux ? […] La guerre ainsi allumée contre l’Église dans toutes les parties du monde, est excitée et alimentée, en plus d’un pays, par les sociétés secrètes, le saint-père recommande aux pasteurs des peuples d’avoir sous les yeux et de rappeler aux fidèles les condamnations dont ces sociétés ont été frappées par le siége apostolique. Plût à Dieu que cette voix des sentinelles de l’ordre comme de la vérité eût été entendue avant que le mal eût pris tous ses développements ! Que de malheurs, que de larmes, que de ruines, que de sang eussent été épargnés au genre humain ! Faut-il donc désormais désespérer des choses, et les enfants de Dieu doivent-ils se résigner à ne plus traverser les sentiers de l’Église militante qu’à travers le deuil et l’humiliation ? La religion ne comptera-t-elle plus de jours propices sur la terre, et la fille du ciel s’apprête-t-elle à secouer la poussière de ses pieds sur un monde dont la corruption ne peut plus être lavée que par la flamme ? Le vicaire de Jésus-Christ nourrit et inspire des espoirs meilleurs. » (Pie IX, Lettre pastorale Etsi Multa Luctuosa, 21 nov. 1873).

11. Discorsi del Sommo Pontefice Pio IX, op. cit., p. 1405.

12. Discorsi di Pio IX, vol. II, p. 294. On remarque que la position de Pie IX est absolument contredite par ce qui est affirmé, de façon fallacieuse, par le Concile Vatican II dans Nostra Ætate : “Les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture”.

13. Ibid.,  vol. III, p. 149.

14. Etsi multa luctuosa, Encyclique du 21 nov. 1873. Cf. aussi la Lettre de 1865, de Pie IX à Mgr Darboy, archevêque de Paris, in La Documentation catholique, t. VI, juillet-décembre 1921, p. 139.

15. A. et J. Lémann (abbés), Lettre aux Israélites dispersés, sur la conduite de leurs coreligionnaires de Rome durant la captivité de Pie IX au Vatican, Roma 1873.

16. H. Delassus (Mgr), La conjuration antichrétienne. Le temple maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Eglise Catholique, t. III, 1910, p. 1117.

17.Archives Israéliennes, 2 septembre 1897.

18. J. Lémann, (abbé), L’Avenir de Jérusalem, IIe Part., ch. II, 1901.

 

 

 

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Révélation sur les sources cachées

de Vincent Morlier !

 

 

Un aimable correspondant, ayant suivi avec attention le débat qui nous opposa ces derniers mois à Vincent Morlierdébat qui vient de s’achever par sa piteuse déroute, ses arguments ayant été systématiquement contredits, brisés et réduits à néant un à un, alors qu’il était venu défendre avec véhémence sur La Question la thèse absurde du sionisme chrétien - nous a fait remarquer, fort justement, ce dont nous le remercions très vivement, que les idées erronées, téméraires, blasphématoires et hérétiques défendues aujourd’hui par Vincent Morlier, avaient été en réalité déjà exprimées par Hubert Le Caron dans un ouvrage publié sous le titre : « Dieu est-il antisémite ? l'infiltration judaïque dans l'Eglise conciliaire, Fideliter, 1987, ouvrage dans lequel il écrivait ceci, qui n’est pas sans nous rappeler certaines divagations délirantes qui nous sont à présent bien connues, et qui ont sans doute été discrètement « empruntées » à Le Caron, comme on peut le constater :   

 

« J'ai exposé dans le "Mystère d'Israël" que le rassemblement d'Israël sur la terre de ses ancêtres, après deux mille ans de dispersion, était un fait unique dans l'histoire de l'humanité et un signe des temps. Ce fait miraculeux avait été annoncé par les prophètes d'Israël, spécialement par Ezéchiel, par Notre Seigneur lui-même et par l'Apôtre saint Paul. (…)

 [La] conversion d'Israël marquera le terme "de la fin du temps des nations" annoncée par le Seigneur lui-même quand il montait à Jérusalem pour y subir sa passion. Cette fin du temps des nations qui a commencé en 1967 avec la reconquête de Jérusalem par les Juifs (guerre des Six Jours) et qui correspond à la période du rassemblement doit finalement aboutir à la conversion, comme cela a été prophétisé par Ezéchiel (Chap. XXXVII):

Voici que je vais ouvrir vos tombeaux

et je vous ferai remonter hors de vos tombeaux

O mon peuple et je vous ramènerai

sur la terre d'Israël. (Rassemblement)

Je mettrai mon esprit en vous (conversion)

et vous vivrez (de la vie de la foi).

            Si la prochaine période de l'histoire de l'humanité, après les convulsions du monde actuel fondé sur l'orgueil de l'homme, est celle du triomphe du Coeur Immaculé de Marie et du Sacré Coeur, triomphe annoncé par la Vierge elle-même, (rue du Bac, à Pellevoisin et à Fatima), il est très probable que la mère de Dieu convertira ceux de son peuple qui constituent la véritable postérité d'Abraham.

            D'ailleurs, nous l'avons dit, l'heure de la fin des temps des nations, c'est-à-dire du privilège religieux des nations sur Israël a sonné lors de la reconquête de Jérusalem par les Juifs en 1967.

            Il est à remarquer que le rassemblement d'Israël et la reconquête de Jérusalem se sont effectués dans un laps de temps assez réduit puisque la déclaration Balfour autorisant les Juifs à retourner en Terre sainte date de 1917. La deuxième phase, c'est-à-dire la conversion ne devrait plus maintenant tellement tarder»

 

[H. Le Caron, Dieu est-il antisémite ? Ed. Fideliter, 1987, pp. 174 ; 184-185.]

 

Ce discours inexact, mais qui a au moins pour lui, chez Hubert Le Caron, d’être original, présentant fautivement la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 - qui visait à l'établissement d'un foyer national juif en Palestine - comme étant la réalisation des Prophéties, participe d’une terrible confusion et d’une incompréhension totale du sens spirituel des Ecritures, au profit d’une conception littéraliste, charnelle et judaïsée que nous avons longuement dénoncée.

Mais le plus grave, ou plus exactement « tragique » dans ces fredaines illusoires, vient surtout du fait qu’elles entraînent certains chrétiens déraisonnables à encourager le sionisme, sous prétexte qu’il serait d’essence divine. Or, s’il est évident que le sionisme, loin d’être divin, est une entreprise satanique, comme il le fut démontré dans Le Chef des Juifs : l’Antéchrist !, on imagine, non sans trembler, ce à quoi seront appelés à se convertir les Juifs qui se sont emparés militairement de la Terre sainte, avec l’intention d’y rebâtir un troisième Temple à l’intérieur duquel il ne pourront rendre un culte, l’Ancienne Loi ayant été définitivement renversée par Jésus-Christ et remplacée par la Nouvelle Alliance, qu’à l’Antéchrist !

 

Beaucoup de naïfs, catholiques ou non, qui ont été tristement bernés par les nuisibles mensonges du sionisme, risquent donc à terme, de tomber de très haut, en s’apercevant que leur action qu’ils croyaient juste était en réalité perverse et ténébreuse, et se trouvait dirigée invisiblement et de main de maître, par le « Très-Bas » !

 

vendredi, 05 février 2010

Israël : la « Synagogue de Satan ! »

ou la nature perverse du judaïsme après Jésus-Christ

 

 

 

 

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 La Synagogue s’est constituée une religion charnelle

dénuée de tout caractère sacré,

se transformant en une secte dirigée par l’esprit démoniaque.  

 

 

  

judaisme.gifLes Juifs, en rejetant Jésus-Christ, ont trahi honteusement Dieu, ils ont failli aux Promesses, ils sont passés du côté du Diable et accomplissent ses œuvres depuis cette date. Ainsi donc, pour les chrétiens c’est le judaïsme actuel qui est infidèle à l’Ancien Testament, et s’il y a bien un “petit reste” fidèle qui, en entrant dans l’Église chrétienne garantit la continuité de l’Alliance entre l’Ancienne et la Nouvelle, la masse des Juifs, l’Israël actuel, est entre les mains de l’adversaire de Dieu, soumis aux vues perverses du Diable, sous la dépendance « spirituelle » de l’ennemi.

 

L’Eglise enseigne que le judaïsme post-biblique est réprouvé, désapprouvé, rejeté par Dieu, autrement dit, tant qu’il demeure dans le refus obstiné du Christ, il n’est pas uni spirituellement à Dieu, il ne Lui est pas cher, il n’est pas en grâce de Dieu, il est l’objet d’une répulsion distante de la part de l’Eternel, il représente une assemblée, une Synagogue, dont le Chef est Satan !

 

I. La corruption de la Synagogue

 

 

juifs-synagogue-228481.jpgDieu, rompant son Alliance, a désavoué ceux qui ont renié son Fils unique et consubstantiel, “vrai Dieu né du vrai374_ALTEREBESmall.jpg Dieu”. Par conséquent, Il a ainsi constaté la stérilité du Judaïsme pharisaïque et rabbinique, qui a tué les Prophètes et son Fils, et le condamne, le désapprouve, et le “maudit”. De cet fait, il n’y a absolument aucune « fidélité » des descendants d’Abraham, comme l’écrit Vatican II [1], si ce n’est celles des Juifs qui eux furent fidèles à l’attente messianique, c’est-à-dire les Apôtres, les premiers convertis de l’Eglise de Jérusalem. Mais évoquer la prétendue fidélité des Juifs qui rejetèrent le Christ, en voulant s’appuyer sur saint Paul, c’est faire allusion, bien plutôt, à une « infidélité ». Ce n’est pas du tout la même chose !

 

Bossuet explique très bien la corruption subie par la Synagogue qui a interprété fautivement les textes de l’Ecriture, s’est constituée une religion charnelle, dénuée de tout caractère saint et sacré, se transformant en une secte dirigée par l’esprit démoniaque   :

 

-          « L'exégèse satanique est entachée d'applications erronées, d'additions arbitraires, de suppressions audacieuses. Eh bien, C’est en communiquant aux docteurs de la Synagogue cette manière d’interpréter l’Ecriture que Satan va contribuer à établir au sein du peuple Juif l’erreur du Messie conquérant. (…) Ainsi en va-t-il d’un grand nombre de rabbins et de scribes ; inspirés par Satan, ils tortureront et corrompront les plus importantes prophéties messianiques. Ce ne sera plus le Christ des Prophètes qui deviendra l'objet de leur attente, mais un Christ défiguré. Outre la participation de Satan, l'action humaine et des événements politiques contribueront à l'introduction et à l'affermissement des ténèbres. Les Juifs commenceront non point à oublier le Dieu de leurs pères, mais à mêler dans leur religion des superstitions indignes.» [2]

 

De ce fait, le judaïsme actuel, celui qui est enseigné dans la Synagogue, est donc une doctrine dévoyée placée entre les mains de l’adversaire desanhédrin.jpg Dieu et travaille, objectivement, contre l’Eglise, dont il est l’adversaire résolu. Cette transformation s’est opérée à un instant précis dans l’Histoire : au moment de l’arrestation du Christ. A partir de cet instant, les événements tragiques qui allaient suivre, ne pouvaient qu’entraîner pour la Synagogue, la perte de ses prérogatives et aboutir à sa transformation en une institution malfaisante et sinistre, ainsi que nous le décrit Augustin Lemann en des lignes saisissantes : 

 

-          « Lors de l’assemblée du Sanhédrin, à une interpellation faite à Jésus-Christ par le Grand Prêtre Caïphe, la Synagogue tombe dans l’erreur (…). Aussi la Synagogue enseignante ayant, sous ce rapport, gravement manqué à son devoir, par une négligence  coupable, méritera-t-elle d’être privée de l’assistance divine. Livrée à son propre esprit, elle retombera dans l’erreur en méconnaissant Jésus-Christ et en condamnant dans sa divine personne le Messie souffrant. » [3]

 

aum_photo_judaisme.jpgLa Synagogue a donc, historiquement, poussé les Juifs puis les païens à combattre sans relâche les chrétiens, et depuis les débuts de l’Eglise elle n’a eu de cesse de vouloir la perte du christianisme, la destruction de la sainte religion du Christ. Aujourd’hui, alors qu’Israël pourrait être une source de bénédiction pour le monde, enivré par son vertige national, il répand une atmosphère de guerre et s’impose aux nations avec une rageuse férocité qui conduira, fatalement, vers une situation terrible. C’est ce que résumait déjà il y a plusieurs décennies Mgr Louis Meurin, avec une impressionnante précision, exposant de façon remarquable l’œuvre mortifère à laquelle se consacre désormais la Synagogue qui fédère, hélas ! derrière elle beaucoup d’âme puissamment trompées par ses erreurs :

 

-          « L'enfer a déchaîné les erreurs funestes du Paganisme autrefois vaincu ; il a appelé sous son drapeau la haine antique de la Synagogue déchue et l'audace exaspérée du peuple déicide... il a enrôlé dans son armée toutes les passions violentes de l'humanité viciée (...). Toutes ces forces, l'Enfer les a organisées et les dirige contre l'Église de Christ (...). Le Paganisme, le Judaïsme, l'apostasie, les vices et les passions, sous la suprême direction de Lucifer, montent ensemble à l'assaut de l'Église (...). L'Épouse du Sauveur est accoutumée à vaincre par la souffrance. Le peuple d'Israël, qu'il est grand et majestueux tant qu'il marche avec le Seigneur, mais qu'il est terrible et horrible dans sa haine contre son Messie qu'il a méconnu et tué sur la Croix ! S'il voulait seulement s'élever du sens matériel de ses Livres saints au sens spirituel, il serait sauvé.... Mais il ne le veut pas. Son aveuglement est volontaire... l'orgueil en est l'explication. (...) L'orgueil d'une grande intelligence préfère mille fois souffrir que de s'abaisser et reconnaître son erreur. Aussitôt qu'il s'humilie devant Dieu, le Juif voit : "il tombe de ses yeux comme des écailles" (Actes IX, 18)...Pourquoi donc les Juifs ne voient-ils pas la vérité ? Pourquoi - orgueilleusement – la cherchent-ils dans une Cabale foncièrement antirationnelle et ouvertement satanique ? N'espérez pas, ô Juifs, pouvoir échapper à la calamité qui vous menace encore une fois ! Votre nation déicide est dans ce moment arrivée à une de ces apogées de pouvoir... qui doit aboutir, comme toujours, à un grand malheur national. Le jour qui vous écrasera sera la veille d'une expansion vitale de l'Église, votre victime, telle que l'Histoire n'en a jamais vue. Vos prophètes le lui ont promis ! » [4]

 

 

II. Le sionisme est inspiré par la Synagogue antichrétienne

               

étoile david.jpgDès lors l’espérance sioniste, en développant un arsenal militaire et constituant des armées, en souhaitant se rendreHerzl.jpg en Israël après des siècles de diaspora, alors qu’Israël est rejeté de Dieu et collabore avec Satan, cachant pour certains l’idée d’une réédification du Temple afin de hâter le retour du Messie, est une aberration anti-scripturaire et blasphématoire, dont on perçoit fort bien qu’elle est inspirée par les rabbins pervertis de la Synagogue antichrétienne. Soutenir un tel projet criminel, est donc un scandale absolu, et pour un chrétien une apostasie ! Si, pour la majorité des évangélistes réformés, et la majorité des naïfs des différentes églises non apostoliques dépourvus de théologie, le fait d’un retour des Juifs en Israël est regardé comme une juste rétribution après des siècles d’exil, pour les Juifs, c’est très clair, l’idée nationale d’un retour en Terre sainte correspond, sans ambiguïté aucune, au rétablissement du Royaume et à la réédification du Temple afin d’hâter la venue d’un Messie national qui n’est autre que l’Antéchrist.

 

Pour un chrétien, se faire l’avocat d’un tel projet fou, et qui va, de toute évidence, provoquer des ravages plus encore importants qu’il n’en a déjà générés, est une attitude apostate et insensée, le témoignage d’une radicale désorientation, purement et simplement.

Redisons-le : l’idée nationale de la Synagogue, qui a trouvé dans le sionisme son mode de réalisation, est synonyme d’attente d’un Messie charnel et mondain qui assurera le triomphe des Juifs, détruisant ce qui en fait obstacle, la religion chrétienne ! On est très loin d’un projet manifestant une volonté divine, un projet béni par Dieu. Le projet sioniste dissimule en fait un secret désir, que réalise l’espérance messianique, dominer les royaumes de la terre pour y instaurer un pouvoir de domination infernal.

 

III. L’Eglise condamne le sionisme

 

Pie X.jpg
"Les Juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur
nous ne pourrons donc pas reconnaître le peuple juif :
‘‘Non Possumus’’. »
(Saint Pie X, 25 janvier 1904, Cité du Vatican)

 

 Merry del Val.jpgSaint Pie X ce pape si sage et si pieux que l’Eglise à canonisé et qu’elle demande d’honorer avec respect et dévotion, ne reconnut pas dans le sionisme la main de Dieu. En effet, saint Pie X ne sentit point cette présence de Dieu dans le sionisme car il en était formellement dépourvu, puisque le caractère authentique de ce mouvement fut d’être dirigé par l’adversaire de Dieu, afin de se constituer une cité dans la Jérusalem d’en bas grâce à la réunion charnelle et violente de la nation Juive, pour s’y faire adorer et abattre la chrétienté. L’attitude de saint Pie X vis-à-vis du projet politique de Theodor Herzl, avait été longuement mûrie et étudiée avec un conseiller très proche du saint Père, Mgr Rafael Merry del Val (1865-1930) [5], qui fut en réalité très impliqué dans cette décision conçue comme une authentique expression de la doctrine de l’Eglise en la matière. Herzl, le théoricien du sionisme avait exposé ses thèses dans son livre « Der Judenstaat, l’Etat des Juifs » en 1896, il fut ensuite élu président de l’Organisation sioniste mondiale qui se donnait pour programme la reconstitution d’un foyer national sur la terre d’Israël. Dans son livre, « Altneuland », « Terre ancienne, terre nouvelle », en hébreu, «Tel Aviv», il s’était livré à une description « utopique » de l’Etat nouveau qu’il envisageait d’édifier selon le slogan du Mouvement sioniste : « Si vous le voulez, ce ne sera pas une légende… »

 

Ainsi, en réaction à Herzl, venu chercher au Vatican un appui catholique pour légitimer le sionisme naissant, le « Non Possumus » qu’exprima saint Pie X, était tout à la fois une volonté de ne point encourager cette aventure dangereuse et impie, mais surtout de manifester la pensée de l’Eglise à l’égard du projet sioniste. Ainsi, Herzl, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, arrivant à Rome s'entretiendra, non pas directement avec saint Pie X, mais avec le Cardinal Merry Del Val, alors Secrétaire d'Etat du Vatican, puis avec le Pape. C’est donc à l'un et à l'autre, que Théodore Herzl exposa son plan de la création d'un Etat Juif en Terre sainte, et c’est à l'un et à l'autre, qu’il demandera pour la réalisation de son programme le concours et les secours de l'Eglise. Le pape et le Secrétaire d'Etat écoutèrent Herzl avec attention, et l'un et l'autre lui dirent fermement : « Non Possumus », saint Pie X ajoutant avec force, qu’il faudrait d'abord que les Juifs reconnaissent Jésus afin que l'Eglise puisse reconnaître comme authentique le Retour en Israël.

 

 jesus.jpgLe pape ne se trompait pas dans sa déclaration, car en sa qualité de Vicaire de Jésus-Christ sur la terre et défenseur de l'Eglise, il avait pour rôle de maintenir intacte la foi et la doctrine catholique. Et sa déclaration, qui conserve une autorité vénérable, fut sans appel. Le sionisme, plan forgé par des hommes impies qui rejetaient Jésus-Christ, n’était pas voulu par Dieu. L’Eglise ne pouvait donc que dissuader quiconque de soutenir, appuyer ou pire s’engager dans ce piège terrible, sous peine de commettre un péché grave. Cette position, qui honore l’Eglise et montre le caractère inspiré de son jugement, reste de façon inchangée, intacte et invariante, celle de la Tradition catholique :

 

-          « Nous ne pourrons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pourrons jamais les y encourager. Le sol de Jérusalem n’a pas toujours été sacré, mais il a été sanctifié par la vie de Jésus. Les Juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur et nous ne pourrons donc pas reconnaître le peuple juif. ‘‘Non Possumus’’. » (Saint Pie X, 25 janvier 1904, Cité du Vatican).

 

Et saint Pie X, pour effectuer du haut de son immense autorité cette déclaration officielle qui scellait clairement la position de l’Eglise, pouvaient s’appuyer sur les textes des docteurs de l’Eglise dans lesquels apparaît clairement une dénonciation des erreurs judaïques, et ce de l’Ecriture sainte elle-même (s. Jean, s. Pierre et s. Paul), jusqu’à s. Jérôme, s. Augustin, en passant par s. Bernard, s. Thomas d’Aquin, s. Dominique, etc., et la nécessité pour les Juifs de se convertir avant de pouvoir retourner dans la Terre sainte véritable qui les attend : l’Eglise ! 

 

IV. Les Juifs ont « pour père le Diable ! »

 

Menorah (1).pngContrairement à ce que laisse croire Vatican II, l’Alliance ancienne est à présent morte, déchue, finie, défunte. Cette mort a été même prédite et annoncée par Dieu : «Voici, des jours viennent, dit l’Éternel, et j’établirai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une Nouvelle Alliance, non selon l’Alliance que je fis avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, mon alliance qu’ils ont rompue, quoique je les eusse épousés...» (Jérémie XXXI, 31-34). Ce passage capital, cité in extenso dans l’épître aux Hébreux chapitre VIII, met l’accent sur le fait que la Nouvelle Alliance est établie sur une tout autre base que l’Ancienne. D’abord, c’est une Alliance à un seul contractant, comme celle que Dieu avait faite avec Abraham. Mais elle va plus loin. Elle est fondée sur l’oeuvre de Dieu lui-même dans les coeurs : «Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, et je l’écrirai sur leur coeur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple» (Jérémie XXXI, 33).

 

L’Ancienne Alliance était donc basée sur la coopération des hommes. Moïse reçut la déclaration de Dieu, contenant les conditions du pacte.Priest_prepares_the_Menorah_3.jpg Mais l’Alliance n’était pas inconditionnelle (Deutéronome XI, 1-28), elle était soumise à l’obéissance du peuple d’Israël: “Je mets devant vous une bénédiction et une malédiction: la bénédiction, si vous obéissez aux commandements de Dieu... la malédiction, si vous n’obéissez pas” (Deutéronome XI, 28). C’est très clair. Le maintien de l’Alliance, comme il apparaît formellement, dépendait du comportement d’Israël, et Dieu menaça plusieurs fois de la rompre à cause des infidélités des Juifs qu’il voudrait détruire (Deutéronome XXVIII; Lévitique XXVI, 14 ss.; Jérémie XXVI, 4-6; Osée VII, 8 et IX, 6). Après la mort du Christ, le pardon de Dieu ne fut pas accordé à tout Israël, mais seulement à “un petit reste” fidèle au Christ et à Moïse, la majorité des Juifs resta sous la colère, et y demeure jusqu’à aujourd’hui.

 

À la suite de l’infidélité de l’ensemble du peuple d’Israël envers le Christ et l’Ancien Testament qui L’annonçait, le pardon de Dieu se restreint à “un petit reste”. En revanche, les Juifs infidèles à Dieu, recevront de la part de Jésus une sentence extraordinairement sévère :

 

-          « Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. » (Jean VIII, 44).

 

 

Ce n’est donc pas une rupture du plan de Dieu, mais une modification profonde, radicale de l’Alliance primitive prévue dès l’origine, dans l’Alliance nouvelle et définitive, qui donnera au “petit reste” des juifs fidèles au Messie un “cœur nouveau” et s’ouvrira à l’humanité entière. Jésus n’a pas instauré une nouvelle religion, il a enseigné que Dieu voulait le salut de toute l’humanité et que la venue du Messie était la condition de ce salut. La communauté chrétienne est restée fidèle à la Tradition vétérotestamentaire, en reconnaissant en Jésus le « Christ » annoncé par les Prophètes.

 

Sans cette reconnaissance, nul retour n’est envisageable sur une terre qui n’est plus l’héritage d’un peuple infidèle et qui a désobéi, d’un peuple qui a trahi Dieu dans la relation qui avait été instituée. Dès lors vouloir réintégrer une terre en faisant comme si le Christ n’était pas venu et n’avait pas modifié le sens des promesses, est une impiété scandaleuse.

 

 

V. La restauration d’Israël est une chimère

flag-1998.jpgSaint Pie X avait parfaitement perçu en quoi consistait l’erreur fondamental du sionisme, mouvement  fondé lors de ses trois premiers congrèsmontefiore2.jpg constitutifs à Bâle, en août 1897, août 1898 et août 1899 par des hommes imprégnés de laïcisme, de conceptions révolutionnaires, républicaines et athées,  soit de vouloir imposer cette idée saugrenue, et impie, que la venue de Jésus-Christ n’a modifié en rien la situation pour le peuple Juif, et qu’il reste, malgré son crime, sa réprobation et l’exil, propriétaire de la Terre sainte. Les Archives israélites, organe le plus important du judaïsme français publièrent d’ailleurs ceci confirmant cette opinion inacceptable : «... La reconstitution de la nationalité juive, nous l'avons dit et nous ne cesserons de le redire, est d'ordre providentiel….Quand l'heure de la patrie juive, devenue la patrie de toute l'humanité, sonnera, quand il faudra battre le rappel de tous les dispersés d'Israël, le souverain Maître de l'univers suscitera les agents de ce mouvement de ralliement… » [6]

              Or, cette idée est une chimère, une vision illusoire, comme le dit Joseph Lémann :

         - « Chimère, encore une fois, d'attendre la restauration matérielle d'un État juif à Jérusalem. Il ne faut pas transporter à une nouvelle Jérusalem terrestre les promesses qui appartiennent à l'Église de Jésus-Christ. Cette Jérusalem à laquelle les Juifs seront ramenés un jour de l'Orient et de l'Occident, et vers laquelle tous les peuples accourront avec eux, n'est point une Jérusalem matérielle, qui jamais ne pourrait être assez vaste pour contenir une si grande multitude dans son sein ; c'est l'Église même de Jésus-Christ.» [7]

             En un mot, du point de vue catholique, du point de vue de saint Pie X et de tous les papes, du point de vue des docteurs de l’Eglise, du point de vue même de Dieu, le sionisme et son ambition de reconstitution d’un Royaume Juif en Israël est, concrètement, l’ignoble négation de la Croix et du Gologotha !

 

Conclusion

 

Depuis la Croix, les promesses ne s’appliquent plus car l’Alliance a été révoquée, et nul ne progresse dans cette ancienne relation contrairement à ce que déclare fautivement l’Eglise conciliaire [8], car qui est exclu d’une Alliance ne peut y poursuivre un lien, ou alors cela signifierait, ce qui est absurde, que le judaïsme actuel maintiendrait l’Alliance avec Dieu, ce qui n’a aucun sens puisque l’Ancienne Alliance est devenue caduque, comme le déclare saint Paul dans l’épître aux Hébreux. Mais le drame, car s’en est un, c’est que cette rupture s’est transformée en une nouvelle alliance pour celui qui fut le peuple élu, une alliance avec les forces de l’enfer, faisant de la Synagogue, pour le reste des siècles, une puissance ténébreuse en lutte contre le christianisme.

 

Christ en Croix.jpg

 Depuis la Croix, les promesses faites aux Juifs ne s’appliquent plus,

car l’Alliance a été révoquée.

 

 

Ce n’est donc pas pour rien, ni sans de justes motifs, que Pie IX, voulant conférer une image correspondant à ce qui animait l’esprit pervers des complots judaïques contre Rome, recourut dans sa lettre Encyclique Etsi multa luctuosa (1873), à la figure de la “Synagogue de Satan”, pour désigner les ennemis de l’Eglise, incluant sous cette expression, tous ceux qui, de près ou de loin, et en particulier les Juifs, travaillaient sans relâche à ruiner la civilisation chrétienne. [9]

 

Pie IX.jpgOn le comprend donc aisément, lorsque Rome, qui ne cultive pas un antijudaïsme pour d’inexistants motifs, eut perçu distinctement les causes réelles des immenses tragédies révolutionnaires qui bouleversèrent les Etats chrétiens depuis et qui faillirent, au XVIIIe siècle, réduire l’Eglise à une ruine en martyrisant son clergé, brûlant ses monastères, détruisant ses édifices sacrés, elle n’hésita pas à désigner, clairement, les responsables du vertige satanique qui s’était emparé de l’Europe, en l’occurrence les Juifs. Ainsi, La Civiltà Cattolica, fondée en 1850, intervint dès 1858 sur la question juive. Environ dix ans après, en 1869, Gougenot des Mousseaux exposa amplement, dans Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, les mécanismes qui oeuvraient à mettre en miettes la chrétienté, et Pie IX, en 1870, entrevit justement dans le Judaïsme la cause première de la Révolution [10], suivi en cela par Léon XIII, qui désigna les Juifs comme étant le moteur principal de la corruption contemporaine.

 

 

Israël est donc bien devenu, depuis l’arrestation du Christ, la Synagogue qui travaille à abattre l’ordre chrétien afin d’y substituer une loi impie, une assemblée ayant en répulsion et abomination Jésus-Christ et son Eglise, et à qui Notre Seigneur a donné pour nom : « LA SYNAGOGUE DE SATAN. »

 

On comprend de la sorte mieux pourquoi, dans l’Expositio in Cantica Canticorum, attribuée à s. Thomas d’Aquin, on trouve cette phrase en forme de prière tant les œuvres de cette Synagogue de Satan sont néfastes :

 

-          « Synagogue ! Reviens et quitte l’erreur de ton intelligence, reviens et quitte ton sens charnel ! Reviens en adhérant à la vérité ! Jerusalem, Jerusalem, revertere ad Dominum Deum tuum ! »

 

 

Notes.

 

 

1. L’Ancienne Alliance, a été rejetée car considérée comme inutile par Dieu (Epître aux Hébreux VIII-XI), de même que la Synagogue talmudique (que l’Apocalypse de st Jean appelle à deux reprises Synagogue de Satan - II, 9 ; III, 9 - ), après le meurtre du Christ, a été désapprouvée par Dieu qui a constaté son infidélité au pacte conclu par Lui avec Abraham et l’a répudiée pour conclure une Nouvelle Alliance avec le “petit reste” d’Israël fidèle au Christ et à Moïse, et avec tous les Gentils prêts à accueillir l’Évangile lesquels, en très grande partie, ont correspondu au don de Dieu, alors qu’une grande partie, endurcie et orgueilleuse, l’a refusé, pour s’adorer narcissiquement, nationalement et racialement elle-même, au moyen d’idoles qu’elle s’est construite en guise de miroir. Saint Paul dans l’Epître aux Romains dit que l’appel de Dieu, selon la Vulgate, ne change pas (“Ego sum Dominus et non mutor”), il ne soutient pas qu’il est sans repentance, terme qui a une toute autre signification et qui fut introduit arbitrairement par les pères conciliaires. Le peuple d’Israël qui, durant la vie de Jésus, n’a pas répondu à l’appel et au don de Dieu, en tuant le Christ, s’est tragiquement coupé de l’Alliance. C’est pourquoi, est cher à Dieu, c’est-à-dire demeure en grâce de Dieu, seul “le petit reste” de ceux qui ont accepté le Messie, Jésus-Christ venu parmi les hommes pour les sauver, et qui est aujourd’hui dans l’Eglise. Les autres, les Juifs de la Synagogue, sont réprouvés et rejetés par Dieu, ils ont pour Père le Diable dont ils veulent accomplir les désirs (Jean VIII, 44), ils sont donc, concrètement, des fidèles de Satan.

 

2. Bossuet, Discours sur l'Histoire universelle, part. II, ch. 17.

 

3. A.. Lemman, Histoire complète de l'idée messianique, 1909, pp. 165 ; 326.

 

4. L. Meurin, (Mgr),  La franc-maçonnerie synagogue de Satan, Bureau de la bibliothèque du clergé, 1893, pp. 414 - 415.

 

5. Rafael Merry del Val est né à Londres le 10 octobre 1865. Il fit ses études à Londres et en Belgique et ressentit très tôt le désir d’être prêtre. En 1885, sur ordre du pape Léon XIII il entra à L’Académie des nobles ecclésiastiques, établissement qui forme à Rome les futurs cadres de la diplomatie vaticane. Il obtint deux doctorats (philosophie et théologie) à l'Université pontificale grégorienne, ainsi qu'une licence de droit canonique. Léon XIII, qui l'avait vite distingué, le nomma camérier secret surnuméraire dès l'âge de 22 ans bien qu'il fût encore séminariste et donc pas ordonné prêtre, ce qui lui donna droit au titre de "Monsignor"et d'agrémenter sa soutane de violet. Le pape confia au nouveau Mgr Merry del Val, polyglotte européen accompli, diverses missions de représentation. Le 30 décembre 1888, il fut ordonné prêtre par le cardinal Lucido Parocchi, vicaire gérant de Rome et commença une carrière dans la diplomatie pontificale. En novembre 1903, il fut créé cardinal prêtre au titre de Sainte-Praxède et nommé secrétaire d'État en titre, cumulant cette fonction avec celles de préfet de la Congrégation de Lorette et des Palais Apostoliques. À l’âge de 38 ans, il était le plus jeune secrétaire d'État et cardinal de l'Église contemporaine. Il occupa ces fonctions jusqu'à la mort du pape Pie X, qu'il servit pendant tout son pontificat avec une ferveur et un zèle exceptionnels. Redoutable diplomate et conservateur anti-moderniste intransigeant (comme les cardinaux Louis Billot et Gaetano de Laï et tout l'entourage du pape Pie X), Merry del Val traqua les modernistes avec un acharnement implacable. (Cf. Girolamo Dal Gal, Il cardinale Merry del Val, segretario di Stato del Beato Pio X, éd. Paoline, 1953.) Par ailleurs, fait moins connu mais significatif, c’est à Merry del Val que l’on doit le maintien de l’oraison du Vendredi saint portant sur les Juifs jusqu’à la funeste période moderne. En effet, alors que l’exorde de l’oraison prononcée dans la liturgie catholique lors de la prière du Vendredi saint, introduite dès le VIIe siècle, que Jean XXIII crut bon de supprimer en 1959, stipulait : “Oremus et pro perfidis Judaeis”, la révision de l’oraison fut à l’ordre du jour pendant l’entre-deux-guerres, en particulier après la création à Rome, le 24 février 1926, de l’Opus sacerdotale Amici Israel, destinée à donner à la politique du Saint-Siège une orientation plus favorable au peuple juif. Il était question notamment, on voit que les choses ne datent pas d’hier, de « propager les idéaux du sionisme parmi les catholiques» tout en les encourageant à un « apostolat fondé sur l'amour et la charité». Cela impliquait la conversion des Juifs, selon la tradition catholique et conformément à la prière Oremus, mais dans une optique différente, définie par le pape Pie XI lors de l'Année sainte 1925. Dès sa deuxième année d’existence, l'Opus sacerdotale réunissait 19 cardinaux, 300 évêques et environ 3 000 prêtres. La première mission de l’association consista à faire supprimer le mot perfidis dans la prière du Vendredi saint. Le pape Pie XI, qui travaillait volontiers en accord avec le grand-rabbin de Milan demanda à la Congrégation des rites d’élaborer une réforme en ce sens. Il chargea l'abbé bénédictin Ildefonso Schuster, lui-même partisan de cette réforme, de suivre le dossier. La Curie lui opposa cependant une fin de non-recevoir, celle-ci étant assortie d’un refus sans appel du cardinal Merry del Val, en son rang de préfet du Saint-Office, au motif qu’il s’agissait de transformer une prière « inspirée et sanctifiée » par les siècles et exprimant : « la répugnance pour la rébellion et la trahison du peuple élu, perfide et déicide (Cf. H. Wolf, Pro perfidis Judaeis, Die Amici Israel und ihr Antrag auf eine Reform der Karfreitagsfürbitte für die Juden (1928). in Historische Zeitschrift, CCLXXIX (2004), p. 612-658.)

 

6. Archives Israéliennes, 2 septembre 1897.

 

7. J. Lemann, (abbé), L’Avenir de Jérusalem, IIe Part., ch. II, 1901.

 

8. Vatican II par la déclaration Nostra Aetate § IV – va jusqu’à soutenir que les juifs qui ne croient pas en Jésus sont inclus également dans le plan du Salut [en 1980, Jean-Paul II à Mayence en Allemagne, a appelé les Juifs, en contradiction complète avec s. Paul et l’Ecriture : «le peuple de l’Ancienne Alliance jamais révoquée»; expression fautive et inexacte qui était déjà présupposée dans la liturgie nouvelle (version française officielle) du Vendredi-Saint, avec l’oraison implorant Dieu que les juifs “progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son alliance”] : «.L'Église a toujours également devant les yeux les paroles de l'apôtre Paul au sujet des siens «à qui appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses qui ont été faites aux Patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ» [Rm 9, 4-5], le fils de la Vierge Marie... Les juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits. Cependant ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les juifs vivant alors, ni aux juifs de notre temps...».Or, il y a eu, depuis le Christ, substitution de l’Église à la Synagogue, Synagogue talmudique que l’Apocalypse de st Jean appelle à deux reprises Synagogue de Satan et qui fut rejetée par Dieu (Apocalypse. 2, 9 ; 3, 9) en raison de son infidélité, et répudiée au profit de l’Eglise (Jésus dit aux pharisiens qui niaient sa divinité, c’est-à-dire au judaïsme rabbinique et postbiblique antichrétien, que leur père selon la génération charnelle était certes Abraham, mais que selon l’esprit leur père était le diable (Jean VIII, 31-47). D’ailleurs s. Ambroise, évêque de Milan, qui accueillit s. Augustin auprès de lui, disait de la Synagogue qu'elle est un «lieu de perfidie, une maison d'impiété, un ramassage de folie ; elle est condamnée par Dieu même », s. Bernard la désigne ainsi : « infortunée est la Synagogue des perfides... » (IVe Sermon des Rameaux). Voir également : s. Jean Chrysostome, Commentaire sur l’Évangile selon St Jean, Homélie LIV, 1; saint Augustin, Commentaire sur Jean, Discours XLII, 1; saint Thomas D’Aquin, Commentaire sur St Jean, VIII, Lectio IV, 1201.

 

9. Etsi multa luctuosa, Encyclique du 21 nov. 1873. Cf. Lettre de 1865, de Pie IX à Mgr Darboy, archevêque de Paris, in La Documentation catholique, t. VI, juillet-décembre 1921, p. 139.

 

10. Pie IX ne se fait pas faute, dans sa Lettre pastorale Etsi Multa Luctuosa, de dénoncer en des termes très vigoureux l’action des révolutionnaires, et de désigner ceux qui en sont les animateurs secrets, soit la judéo-maçonnerie : « Les lugubres attentats qui se poursuivent et se consomment sous les yeux même du successeur de Pierre, sont naturellement le premier objet de ses plaintes. Les choses en sont venues à ce point, que la mort semble préférable à une vie si violemment et si constamment agitée, et que, les yeux levés au ciel, nous sommes parfois contraint de nous écrier : ‘‘Il nous vaut mieux mourir qui d’assister ainsi à la destruction des choses saintes’’ (I Macchab., III, 59) […] La guerre ainsi allumée contre l’Église dans toutes les parties du monde, est excitée et alimentée, en plus d’un pays, par les sociétés secrètes, le saint-père recommande aux pasteurs des peuples d’avoir sous les yeux et de rappeler aux fidèles les condamnations dont ces sociétés ont été frappées par le siége apostolique. Plût à Dieu que cette voix des sentinelles de l’ordre comme de la vérité eût été entendue avant que le mal eût pris tous ses développements ! » (Pie IX, Lettre pastorale Etsi Multa Luctuosa, 21 nov. 1873).

  

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Nouvelle et définitive condamnation

des thèses sionistes de Vincent Morlier :

hérésiarque, blasphémateur,

insulteur de la papauté et de l’Eglise !

 

 

 

Nous avons réfuté, dans nos précédents textes (« Le caractère satanique du sionisme ! » ; « Le Chef des Juifs : l’Antéchrist ! ») point par point, la thèse sioniste, sotte, inexacte et blasphématoire de Vincent Morlier, mettant en lumière les incohérences de son raisonnement et les aberrants motifs qui le conduisaient à soutenir une position qui conjugue, allègrement, le profond entêtement quant à ce qu’il en est de la réalité du « Retour » prétendument d’origine divine en Terre sainte des Juifs, et surtout une notable sympathie vis-à-vis des théories réformées évangéliques, faisant, qu’après avoir attentivement examiné sa pensée, nous en avons condamné, fermement et sévèrement, les conclusions

 

Nous avons pourtant reçu récemment, de Vincent Morlier, un nouveau texte qui se veut une contestation de nos critiques antérieures, texte s’intitulant : « Complément de réfutation de la thèse antisioniste exposée par ‘‘Zacharias’’ ». On y trouve rien de bien différent, sur le plan argumentaire, de ce que soutenait déjà Morlier auparavant, puisqu’il persiste à considérer le sionisme comme un fait divin. De la sorte, de manière à faire connaître ses analyses exprimées avec le style curieux qui les caractérise, et respecter les engagements que nous avions pris, nous mettons ci-dessous à disposition en fichier pdf téléchargeable son ultime pensum, évidemment accompagné d’une nouvelle condamnation de notre part, également téléchargeable : « Israël : la ‘‘Synagogue de Satan’’ »

 

Toutefois, nous avertissons nos lecteurs que notre texte aura cette fois-ci un caractère définitif, car Vincent Morlier, participant d’un évident anticatholicisme, s’imagine libre d’utiliser un langage ordurier pour invectiver les papes et l’Eglise, « signe » troublant d’ailleurs, de son évidente désorientation coupable. Si nous ne cachons pas notre totale indignation devant de tels propos scandaleux, et s’il nous fallut, non sans nausée, les supporter un temps pour aller au bout de la purge qu’il convenait de réaliser des profondes désorientations de Vincent Morlier, cependant, ce triste personnage s’étant autorisé à des formulations singulièrement déplacées dans son dernier texte, celles-ci nous font comprendre, certes que l’aveuglement chez lui a atteint un point irréversible, mais surtout que la frontière à ne pas dépasser a été cette fois-ci largement franchie. De ce fait, cette troisième réponse sera la dernière, et constitue donc un jugement qui met un point final et définitif au débat !

 

 

 

 Israël :la "Synagogue de Satan!".pdf

 

Complément de Réfutation de la thèse antisioniste de ''Zacharias''.pdf

 

 

 

02:04 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (58) | Tags : judaïsme, juifs, israël, église catholique, théologie, philosophie, histoire, métaphysique |  Imprimer | | | | | Pin it!

samedi, 19 décembre 2009

Joseph de Maistre et les Juifs

L’antijudaïsme contre-révolutionnaire

 

 

 

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« L'Histoire est une conspiration permanente contre la vérité. »

Joseph de Maistre

 

 

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"Les Juifs qui s'en tenaient à l'écorce avait toute raison,

jusqu'à l'événement,

de croire au règne temporel du Messie;

il se trompent néanmoins, depuis..."

 

 

blason.jpgJoseph de Maistre (1753-1821), catholique ultramontain, ambassadeur de la couronne de Savoie auprès du Tsar, qui sut mettre en lumière la doctrine du « providentialisme » en politique, a souvent attiré l'attention de ses lecteurs sur le rôle nocif des Juifs, rôle très important qu’ils eurent dans la révolution actuelle, et l’avènement des « Lumières ». Il dénonça avec force et véhémence les fruits corrompus, l’action malsaine et les intentions troubles des milieux néo-judaïques travaillant à détruire les forces vives des nations chrétiennes, au point même qu’il loua les efforts de l’Inquisition espagnole dans son action afin de circonscrire leur influence.

 

La vision de Joseph de Maistre, sur ce sujet, est peu connue, très rares sont les articles, pour ne pas dire inexistants, qui en traitent. Il est donc surprenant de voir certains se revendiquer, avec une étonnante légèreté, de la pensée de Maistre pour justifier des vues contestables touchant aux questions géopolitiques contemporaines, et singulièrement par rapport au sionisme [1]. On se penchera ainsi avec intérêt sur les textes dont nous disposons, afin de se former une idée précise des positions maistriennes en la matière, d’autant que ces dites positions participent d’une meilleure compréhension de la doctrine du comte chambérien et de ses profondes convictions, aussi bien religieuses que politiques, sachant que pour lui, il ne saurait y avoir de politique contre-révolutionnaire authentique que religieuse.

 

I. Les bases de l’antijudaïsme maistrien

 

Maistre exposa sa doctrine politico-religieuse en de nombreux ouvrages qui constituent, aujourd’hui encore, une source fondamentale pour la pensée contre-révolutionnaire au sein de laquelle on doit citer, en tant que disciples directs de l’auteur des Soirées de st. Pétersbourg,  Louis de Bonald, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Donoso-Cortés, Mgr Gaume ou Louis Veuillot. Ces penseurs participent tous d’une vision catholique traditionnelle qui reprend les grands thèmes définissant les critères du pouvoir légitime, et réaffirment la nécessaire domination spirituelle de l’Eglise sur les sociétés afin que ne s’infiltrent pas en elles les germes corrupteurs capables de les détruire.

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"Le Juif converti au Christianisme,

boit le même sang qu'il a versé (sur le Calvaire). »

J. de Maistre (Eclaircissement sur les sacrifices)

 

 

Ainsi, les cadres protecteurs qui participèrent des principes qui présidèrent à la défense de la chrétienté pendant des siècles, ont été longuement expliqués et défendus par Maistre et ses disciples, afin que leurs contemporains comprennent en quoi, la disparition des barrières salutaires qui avaient empêché les Juifs de s’infiltrer dans le tissu organique de la vie sociale, a eu des conséquences terrifiantes et entraîna la ruine de l’ordre chrétien.

 

LouisXVI.jpgRappelons que le 28 septembre 1791, l'Assemblée constituante, dans l'ivresse de son omnipotence, décréta l'émancipation des juifs, et les admit à l'exercice de tous les droits civils et politiques des citoyens français. Cette initiative s'imposa successivement, non sans résistance, d'abord à tous les états catholiques, puis aux états protestants et schismatiques, même dans les pays turcs et arabes. Partout en Europe l'émancipation des juifs s'accomplit, à un rythme propre à chaque région, mais d'une manière identique. En effet, après des siècles de séparation où les ghettos avaient tracé une frontière salutaire, les israélites et les chrétiens se retrouvèrent à marche forcée mêlés dans la même vie sociale par une fraternité imposée par l’esprit satanique de la Révolution.[2]

 

II. L’avocat des lois antijuives l’Inquisition

 

Juif rouelle.jpgA ce titre, que soutint le prétendu « philosémite » Maistre, s’agissant des lois contraignantes dont les Etats catholiques s’entourèrent par le passé ?  Rien qui ne soit conforme à l’esprit régulateur de l’ancienne législation anti-juive, dont un exemple nous est fourni par saint Thomas lui-même dans sa déclaration de la Somme Théologique : «Les juifs soient voués à la servitude perpétuelle par leur propre faute (…) les Juifs ne peuvent conserver les biens qu’ils ont extorqués aux autres par voie usuraire (…) les juifs de l’un et l’autre sexe doivent se distinguer par le vêtement qu’ils portent dans toute province chrétienne et en tout temps. C’est aussi ce que leur demande la Loi, qui leur enjoint de porter des franges aux coins de leurs vêtements, grâce auxquelles ils se distingueront des autres. » [3] 

 

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 Charles VI, en 1394, expulsa les Juifs de France

 

 

Disputation2.jpgLes positions de saint Thomas n’ont-elles-mêmes rien d’exceptionnel, et sont en parfait accord avec les dispositions dont s’entourèrent les Roissaint_louis.jpg de France. En effet, en 1215 le Concile de Latran imposait le port de la rouelle qui deviendra obligatoire en 1269, à la fin du règne de saint Louis, qui organisa même en 1240, à l'instigation de sa mère Blanche de Castille la première « disputatio » au sujet du Talmud entre des rabbins, dont Yehiel de Paris, et des ecclésiastiques, qui se conclut par la condamnation du Talmud dont les exemplaires seront brûlés publiquement en place de Grève à Paris en 1242. En juillet 1306, Philippe le Bel expulsa les juifs de France, en confisquant leurs biens et possessions. Après plusieurs rappels, les Juifs furent de nouveau expulsés en 1394 sous Charles VI.  Il fallut attendre la fin du XVIIe siècle, pour que les Juifs reçoivent de nouveau le droit de circuler et de commercer dans le royaume de France. En 1776 ces mesures seront généralisées par des lettres patentes de Louis XVI autorisant les Juifs portugais et les Juifs du Pape à commercer à condition de se faire immatriculer auprès des juges locaux.

 

Ainsi donc, Maistre, qui vit ce que la Révolution put provoquer en France comme dégâts considérables, revint sur les dispositions qui avaient été celles des Etats catholiques, et en particulier les bienfaits que produisirent les lois antijuives de l’Inquisition en Espagne, et les justifia en écrivant :

 

- « Le judaïsme avait jeté de si profondes racines en Europe, qu’il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale. » [4]

 

Il rajoute d’ailleurs, toujours dans le même texte :

 

« Les Juifs étaient à peu près maîtres de l'Espagne; la haine réciproque était portée à l'excès; les Cortès demandèrent contre eux des mesures sévères. En 1391, ils se soulevèrent, et l'on en fit un grand carnage. Le danger croissant tous les jours, Ferdinand-le-catholique n'imagina, pour sauver l'Espagne, rien de mieux que l'Inquisition. Isabelle y répugna d'abord, mais enfin son époux l'emporta, et Sixte IV expédia les bulles d'institution, en l'année 1478. » [5]

 

Nous sommes donc très loin d’un philosémitisme dont Maistre serait le propagateur. Bien au contraire, Maistre souligne le caractère vital pour le société de se protéger contre les Juifs et leurs activités corruptrices.

 

 

III.  Justification de l’exil des Juifs

 

Cependant, loin de s’en arrêter à une défense de la législation des Etats d’Ancien Régime, Maistre  développera tout un discours mettant en lumière les raisons spirituelles qui expliquent pourquoi les Juifs, non seulement ne peuvent prétendent à un statut comparable à celui des chrétiens, mais surtout ce qui en fait un peuple à part à l’intérieur des nations en raison de leur place singulière à l’intérieur du plan divin.

Maistre ainsi, se félicitera de ce que les Juifs furent dispersés sur la surface de la terre avant et après la destruction du Temple de Jérusalem car, selon lui, cette dispersion qui semble être un état dans lequel doivent subsister les Juifs pendant les siècles, favorise le rayonnement et la diffusion de l’Ecriture Sainte et prépara les hommes à la réception de l’Evangile.

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 La déstruction du Temple de Jérusalem

 

 

Voici ce qu’il écrit :

 

- « La dispersion des Juifs dans les différentes parties du monde, a fait connaître de tout côté la loi mosaïque, qui devenait ainsi une introduction au christianisme. […] Tout en un mot justifiait le discours de Tobie à ses frères : ‘’Dieu vous a dispersés parmi les nations qui ne le connaissent pas, afin que vous leur fassiez connaître ses merveilles afin, que vous leur appreniez qu’il est le seul Dieu et le seul tout-puissant.’’ » [6]

 

juifs-synagogue-228481.jpgCette vision des choses permet de mieux comprendre en quoi la dispersion, très tôt advenue pour les Juifs avant même les premiers temps du christianisme,  a pu répondre à une volonté de Dieu, et que s’y opposer pour le peuple de la Bible, en s’imaginant être libre d’user de méthodes mondaines pour parvenir à rebâtir une nation Juive, est une faute très grave à l’égard de Dieu.

 

Maistre nous explique d’ailleurs que les gouvernements, avertis du danger que pouvait représenter la présence d’une forte communauté Juive chez les chrétiens, jugèrent nécessaire d’interdire toute activité prosélyte chez es membres de la synagogue, de manière à ce qu’ils ne corrompt pas les âmes. L’Eglise insistait surtout, afin que l’on prévienne la possibilité du retour à leur ancienne croyance des Juifs fraichement convertis :

- « A l’égard des Juifs en particulier, personne ne l'ignore ou ne doit l'ignorer, l'Inquisition ne poursuivait réellement que le Chrétien judaïsant, le Juif relaps, c'est-à-dire le Juif qui retournait au Judaïsme après avoir solennellement adopté la religion chrétienne, et le prédicateur du Judaïsme. Le Chrétien ou le Juif converti qui voulaient judaïser étaient bien les maîtres de sortir d'Espagne, et, en y demeurant, ils savaient à quoi ils s'exposaient, ainsi que le Juif qui osait entreprendre de séduire un Chrétien. Nul n'a droit de se plaindre de la loi qui est faite pour tous. » [7]

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Cette loi était celle établie par la Sainte Inquisition, c’était la loi de l’Eglise, la loi des nations chrétiennes, une loi bienfaisante qui protégea pendant des siècles la société du venin judaïque, et veilla également à ce que les Juifs ne fussent l’objet de mauvais traitements déplacés. En effet, les Juifs étaient considérés comme une nation, non comme une secte hérétique, et à ce titre étaient autorisés à garder leurs lois, leurs coutumes,  leur langue sacrée. Ils étaient traités comme des pèlerins dans la cité (peregrini sine civitate). Toutefois les Juifs ne pouvaient pas, dans les États chrétiens, où tous professaient la même religion, prétendre à l'exercice des droits politiques et à ceux des droits civils qui leur étaient assimilés.

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Seuls les chrétiens, logiquement, pouvaient participer activement à la société chrétienne. Ce sont donc ces lois, précisément, que défend et justifie vigoureusement Joseph de Maistre dans ses Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole.

IV. Le sens spirituel de l’Ecriture selon Maistre

m006_LemannBrothers.jpgLa position de Joseph de Maistre, sera reprise et développée ensuite, par tout le courant de l’antijudaïsme  religieux contre-révolutionnaire, courant au sein duquel se signalent Gougenot des Mousseaux, Eude de Mirville, ainsi que Joseph et Augustin Lemann, qui tous considèrent qu’ils est nécessaire, à la fois de circonscrire l’influence juive, et d’autre part de fixer des limites étroites à l’interprétation de l’Ecriture afin de protéger les fidèles des dangers contenus dans une approche littérale du texte sacré, qui confère un sens trop charnel et temporel à des prophéties qui faisaient l’orgueil des Juifs.

 

G. Gogordan dans son ouvrage sur Maistre précisait sur ce point : « C'est parmi les protestants, appuyés par les Juifs, que  se recrutent ces illuminés qui croient pouvoir se contenter des lumières de leur raison, qui conspirent contre l'ordre du monde tel que Dieu l'a établi. » [8] 

 

 

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 S.S. Léon XII

 

Or, la contestation de cet ordre du monde établi par Dieu, mis à mal par les révolutionnaires en cette époque propice à tous les bouleversements, c’est dans l’Ecriture que beaucoup d’esprits aventureux puisaient l’inspiration de leurs menées subversives et contestataires. On voit mieux ce qui poussa, en 1819, Joseph de Maistre à se faire l'avocat de l'absolutisme romain dans son ouvrage Du Pape. C’est cette même année d’ailleurs, que Pie VII rétablira les jésuites qui redevinrent le principal ordre religieux, de même que l'Inquisition fut remise en vigueur dans plusieurs pays d’Europe. On vit alors la Congrégation de l'Index sévir contre tous les ouvrages progressistes, et les sociétés bibliques, nouvellement créées par les réformés alliés des Juifs, furent qualifiées d'instruments diaboliques et de pestes par les papes Pie VII et Léon XII, ce dernier proclamant  dans la lettre apostolique « Dirae Librorum (1827) : « au terrible torrent de boue constitué par les livres sortis de l'officine ténébreuse des impies, sans autre but, sous leur forme éloquente et leur sel perfide, que de corrompre la foi et les mœurs et d'enseigner le péché, le meilleur remède, on en peut être assuré, est de leur opposer des écrits salutaires et de les répandre. » [9]

 

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S.S. Pie VII

 

Il n’y a donc rien d’étrange à trouver ces lignes sous la plume de Maistre :

 

 « L’Ecriture peut parfois devenir « un poison », lorsqu’elle est lue sans notes et sans explications par une intelligence individuelle insuffisamment éclairée. C’est pour cela que l’Eglise a pour rôle d’interpréter et de mettre à la portée des fidèles la Parole écrite. C’est pour cela qu’il faut toujours en revenir « à l’autorité ». Car chacun, savant ou peuple, doit trouver dans le dogme ce qui lui est nécessaire pour sa vie intérieure. » [10]

 

saint_augustin2_small.jpgDe la sorte, de manière à juguler les folies prophétiques, il apparut nécessaire à Maistre d’insister sur une interprétation allégorique des textes sacrés afin de se libérer des vertiges judéo-protestants qui infectés les têtes chrétiennes au début du XIXe siècle.  « Tout est mystère, disait-il, dans les deux Testaments. Toute l’Antiquité ecclésiastique nous laisse entrevoir des vérités cachées sous l’écorce des allégories. » [11] Il invoquait l’autorité des Pères de l’Eglise et théologiens, considérant comme l’un des objets les plus élevés de l’intelligence l’exégèse spirituelle des Ecritures dont la lettre tue, comme elles nous le disent elles-mêmes, mais dont l’esprit vivifie. [12] Il jugeait évident « qu’il a plu à Dieu tantôt de laisser parler l’homme comme il voulait, suivant les idées régnantes à telle ou telle époque, et tantôt de cacher sous des formes en apparence simples et quelquefois grossières, de hauts mystères qui ne sont pas faits pour tous les yeux.» [13]

 

L’erreur des protestants est  donc d’exclure la Tradition et de s’en tenir à l’Ecriture ; comme si Dieu avait pu ou voulu changer la nature des choses et communiquer à l’Ecriture une vie qu’elle n’a pas ; comme si l’Ecriture pouvait jamais devenir « parole, c’est-à-dire vie », à moins d’être vivifiée par la Parole éternellement vivante.

 

Il serait certainement abusif de ne donner qu’une valeur symbolique à toutes les données de la Révélation, soutient Maistre, mais on ne peut la bien comprendre si l’on s’arrête toujours à la lettre en négligeant les allégories sacrées, si l’on ne casse jamais « l’écorce », avec toute la prudence nécessaire et en se résignant à ignorer malgré tout bien des choses. De même on ne peut comprendre bien des usages pieux, des légendes et des récits, et l’on risquera même de s’en scandaliser, si l’on ne reconnaît en eux les symboles d’une vérité cachée. : « C’est la vérité dramatique qui a sa valeur indépendamment de la vérité littérale, et qui n’y gagnerait même rien.» [14] L’Ecriture poursuit Maistre : « est un hiéroglyphe, et il ne s’agit que de savoir lire. » [15]

 

 

V. Attente de la conversion des Juifs

 

Alors, toute l’approche du problème juif, tel que pensé par Maistre, s’éclaircit. La « Question Juive », au sens de l’interrogation séculaire que constitue la présence de ce peuple dans l’Histoire du monde, trouve, par cette approche religieuse, une résolution simple, sage, et pour tout dire chrétienne.

 

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La redécouverte de la doctrine antilibérale nous fait mieux comprendre la globalité du problème juif, et l’inclut dans une perspective essentiellement eschatologique, mais conforme à la doctrine traditionnelle de l’Eglise qui, depuis toujours, indique ce qu’exprime remarquablement un disciple de Joseph de Maistre, Mgr Augustin Leman :

 

- « Le rétablissement des Juifs, à l'époque de leur conversion, ne sera point un rétablissement politique temporel, mais un rétablissement spirituel. La terre où ils seront ramenés ne sera point ce coin de terre situé entre deux mers, la Palestine, mais l'Église même de Jésus-Christ répandue dans le monde entier. Le seul royaume qui soit annoncé et promis l'Évangile n'en connaît point d'autre. Jean-Baptiste a été le précurseur du premier avènement de Jésus-Christ, pour annoncer que le royaume des cieux allait commencer de se former sur la terre. Le prophète Élie sera le précurseur du second avènement du Fils de Dieu, pour annoncer que le royaume des cieux va recevoir son entière consommation dans l'éternité bienheureuse. Entre ces deux annonces il n'en existe pas d'autre relative à un royaume ou État juif qui reparaîtrait à Jérusalem. À l'ancienne interrogation des Apôtres : Maître, est-ce maintenant que vous rétablirez le royaume d'Israël, l'Église instruite par les Écritures peut donc faire suivre la réponse du Sauveur de ce commentaire « Le royaume temporel d'Israël a disparu, disparu pour toujours. C'est à un royaume spirituel qu'il a fait place, au royaume des Cieux ou l'Église, lequel royaume ira toujours grandissant, s'épanouissant, jusqu'à sa consommation ou achèvement dans l'éternité bienheureuse. » [16]

 

 

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On le voit, les thèses de Joseph de Maistre, loin de participer d’un quelconque encouragement aux aventures modernes qui eurent pour conséquence le rétablissement, par des moyens inacceptables, d’un Etat Juif en Terre sainte, nous portent plutôt à considérer que la Terre, la « Terre sainte » où les Juifs doivent être ramenés à la « fin des temps » au moment de leur conversion attendue, n’est point la Palestine, mais l’Église répandue dans le monde entier qui est l’authentique Jérusalem, et vers Jésus-Christ qui est le véritable Israël !

 

Conclusion

 

Synagogue aveugle.jpgLa critique de la lecture charnelle des prophéties, en raison de l’aveuglement auquel elle porte en rendant incompréhensible le sens réel de l’Ecriture, est donc assez vigoureuse de la part de Maistre :

 

- L'Hébreu qui accomplissait la loi n'était-il pas en sûreté de conscience ? Je vous citerais, s'il le fallait, je ne sais combien de passages de la Bible, qui promettent au sacrifice judaïque et au trône de David une durée égale à celle du soleil. Le Juif qui s'en tenait à l'écorce avait toute raison, jusqu'à l'événement, de croire au règne temporel du Messie; il se trompait néanmoins, comme on le vit depuis… » [17]

 

Cet aveuglement, cette fermeture au sens véritable des Ecritures pour n’en regarder que l’aspect charnel et vénal, est d’ailleurs à la source de l’action coupable des Juifs dans la société chrétienne, qu’ils méprisent et dont ils souhaitent la perte, et ont rendu nécessaires les dispositions prises par l’Inquisition pour protéger les Etats des menées subversives judaïques.

 

C’est ce que met en lumière Maistre, en des formules relativement saisissantes, lorsqu’il justifie les interrogatoires inquisitoriaux qui portaient sur la présence, ou non, de sang Juif chez les accusés :  

 

- « On s'étonne de voir les inquisiteurs accabler de questions un accusé, pour savoir s'il y avait dans sa généalogie quelque goutte de sang juif ou mahométan. Qu'importe ? ne manquera pas de dire la légèreté, qu'importe de savoir quel était l'aïeul ou le bisaïeul d'un accusé ? - Il importait beaucoup alors, parce que ces deux races proscrites, ayant encore une foule de liaisons de parenté dans l'Etat, devaient nécessairement trembler ou faire trembler. » [18]

 

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L'Inquisition devait effrayer l'imagination,

en montrant sans cesse l'anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme

 

 

Ces lignes pourraient paraître excessives. Pourtant Maistre n’en reste pas là, il pousse beaucoup plus loin la justification de pareilles pratiques. Pour quelles raisons ?

 

Tout simplement parce que selon lui, l’irréductible haine des Juifs envers la chrétienté ne devait à aucun moment être oubliée par le législateurs chrétien, sous peine de voir les nocives entreprises judaïques désagréger le tissu social et saper définitivement les fondements de l’Etat. Que devait faire l’autorité face à une telle menace ? Inspirer la crainte et faire trembler les membres de la Synagogue. Il n’y avait pas d’autres moyens :

- « Il fallait donc effrayer l'imagination, en montrant sans cesse l'anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme. C'est une grande erreur de croire que, pour se défaire d'un ennemi puissant, il suffit de l'arrêter : on n'a rien fait si on ne l'oblige de reculer. »  [19]

 

Les paroles de Maistre sont d’une force impressionnante ! Et l’on constate une fermeté rigoureuse en elles, puisque déclarer qu’il fallait « effrayer l’imagination » en « montrant l’anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme » est, pour le moins, d’une rare exigence. Mais cela est consécutif à une loi naturelle commune, à savoir qu’il ne suffit pas pour vaincre un ennemi redoutable de le neutraliser, encore faut-il le contraindre à battre en retraite, à fuir ou déposer docilement les armes.

 

La législation antijuive qu’imposa l’Inquisition, fut quasi dictée par la situation qui s’était peu à peu établie, et Maistre n’hésite pas à dire :

 

- « Les richesses des judaïsants, leur influence, leurs alliances avec les familles les plus illustres de la monarchie, les rendaient infiniment redoutables : c'était véritablement une nation renfermée dans une autre. » [20]

 

L’enjeu pour Maistre se résume donc à cette équation évidente : « chrétienté ou barbarie ». C’est soit l’une, soit l’autre. Il n’y a pas de choix, pas de terme médian, de compromis possible :

 

- « Il s'agissait de savoir s'il y aurait encore une nation espagnole ; si le Judaïsme et l'Islamisme se partageraient ces riches provinces; si la superstition, le despotisme et la barbarie remporteraient encore cette épouvantable victoire sur le genre humain. » [21]

 

La conservation du genre humain, en le protégeant de la perfidie judaïque, tel fut l’objet constant des anciennes législations dont Maistre, dans ses écrits, n’eut de cesse de louer le caractère bienfaisant, protecteur et utile pour les chrétiens. On mesure donc, après avoir examiné les textes et exposé les positions de Joseph de Maistre à l’égard des Juifs, à quel point on est éloigné de l’image que certains ont cherché à établir de lui, allant jusqu’à le qualifier de « philosémite » dans des discours plus que légers et fantaisistes, ce qui est non seulement bien éloigné de la réalité, mais surtout en contradiction totale d’avec sa doctrine et l’ensemble ses analyses au sujet de la « Question Juive ».

 

 

 

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Notes.

1. Dantec_portrait.jpgL’exemple frappant des propos fantaisistes de Maurice G. Dantec, est sur ce point caractéristique du détournement exercé sur Maistre par des littérateurs singulièrement ignorants. En effet, comment ne pas sursauter, avec grand étonnement, à la lecture d’une déclaration de cette nature : « Notre tradition (méta)nationaliste, européenne, et chrétienne vient de Joseph de Maistre, PHILOSÉMITE bien connu. Et je ne parle pas de Bloy, Boutang, Abellio et bien d’autres : c’est cela être un Chrétien-Sioniste. » (M. Dantec, Je suis sioniste, et je le dis, Propos recueillis par François Medioni, pour Guysen News, Février 2004.) Il y aurait d’ailleurs fort à dire sur Maurice Dantec, dont un rapide examen des écrits fait apparaître des approximations équivalentes - dont une contrevérité exégétique, historique, religieuse et prophétique : « La Terre d’Israël a été donnée pour l’ÉTERNITÉ au Peuple d’Abraham. C’est ainsi. C’est écrit » (Jérusalem Post, édition française, 2005) - qui parsèment une prose parfois sous-tendue par des idées traditionnelles, voire respectables, en particulier touchant à sa démarche de conversion réalisée sous l’influence de la lecture de Léon Bloy (cf. American Black Box, le théâtre des opérations, 2002-2006, Albin-Michel, 2007, pp. 188-191), et des conceptions délirantes, notamment touchant à la nécessaire « refondation du christianisme après Auschwitz » (Ibid., p. 125), l’espérance que « Jérusalem redevienne la Capitale du monde sous la protection de l’Etat Juif » (Ibid., p. 187), ou encore que « Jéricho,  Nazareth et Bethléem appartiennent à Israël » (id., p. 237), poursuivant ainsi dans une revendication qui reprend les prétentions les plus absurdes, et surtout foncièrement anti-scripturaires, des rabbins sionistes partisans de l’Eretz Israël.

 

arton85-e5ddf.jpgPuisque nous y sommes, une remarque de forme, mais néanmoins importante. On se demande comment Gallimard a pu laisser passer dans plusieurs pages de Dantec, la transcription fautive « de Maistre » ou pire « De Maistre », ceci un nombre considérable de fois [ex. « De Maistre n’était pas français… » ; « De Maistre sait… » ; « De Maistre plaidait… » ; « de Maistre sait… » (bis) ; « de Maistre prévoit … » ; « de Maistre note… » ; « Comme le dit de Maistre… »  (cf., Le théâtre des opérations, Laboratoire de catastrophe générale,  2000-2001, Gallimard, 2001,  pp. 146-147)], alors qu’il faut écrire « Maistre » dans la phrase, sans faire précéder le nom du « de » nobiliaire, du point de vue des règles en usage. En effet, la particule onomastique n’apparaît que lorsque le nom est précédé d’un prénom, d’un titre ou d'une dénomination (monsieur, madame, marquis, abbé, général, etc.), et surtout ne prend jamais de majuscule. Sans doute une négligence des correcteurs…que l’on pensait plus attentifs dans la prestigieuse maison qui édita jusqu’en 1919 la Nouvelle Revue Française.

 

 

2. Un Juif, M. Cahen, s’écria : « Le Messie est venu pour nous le 28 février 1790, avec la Déclaration des droits de l'homme » (Archives Israélites, oct. 1847, p. 801). D’ailleurs, cette intégration républicaine « messianique » au sein de la société française ira même jusqu’à ce que le gouvernement de 1830 donne à la synagogue un élan qui ne s'est plus arrêté, puisque l’un de ses premiers actes, le 8 février 1831, fut de placer les rabbins sur la même ligne que les ministres du culte catholique, et de leur assigner un traitement sur le trésor public, innovation qui créa une espèce de clergé israélite au point de vue légal à l’intérieur de la France anciennement chrétienne.

 

3. Voici le texte dont sont tirées les citations : « Votre excellence demandait donc pour commencer s’il vous était permis, à un quelconque moment, de lever des impôts sur les Juifs. Voici quelle réponse on peut donner à cette question, ainsi formulée dans l’absolu : quoique les juifs soient voués à la servitude perpétuelle par leur propre faute et que les seigneurs puissent prendre leurs biens fonciers comme leur appartenant (ainsi que l’affirme le Droit Décretales, V, tit. 6, c. 13) nous devons toutefois nous « conduire honorablement même envers ceux du dehors » (1 Th 4, 12)(...) D’après ce que j’ai pu voir dans la suite de vos demandes, il me semble que votre hésitation provient essentiellement de ce que les Juifs qui sont sur vos terres paraissent n’avoir rien d’autre que ce qu’ils ont acquis par le vice d’usure. C’est pourquoi vous avez raison de demander s’il est permis d’exiger quelque chose d’eux, étant donné que des biens ainsi acquis de façon illicite doivent être restitués. Sur ce point, voici quelle réponse paraît devoir être formulée : puisque les Juifs ne peuvent conserver les biens qu’ils ont extorqués aux autres par voie usuraire, il s’ensuit que, si vous les avez reçus d’eux, vous ne pouvez pas non plus les conserver, sauf peut-être si ces biens vous ont été extorqués, à vous ou à vos prédécesseurs.(...) Il me semble également qu’un Juif ou n’importe quel usurier devrait être frappé d’une amende plus lourde que qui que ce soit d’autre pour un crime équivalent, d’autant plus lourde que l’argent qui lui est retiré lui appartient moins. On peut également ajouter d’autres peines aux amendes en argent, de peur que l’on ne pense que la simple restitution de ce qui est dû aux autres suffise pour la peine. (...) mieux vaudrait contraindre les juifs à travailler pour gagner leur propre subsistance (comme le font les princes italiens) plutôt que de les laisser s’enrichir par le prêt à intérêt en menant une vie oisive. Enfin, vous voulez savoir s’il est bon que les juifs de votre province soient obligés de porter un signe qui les distingue des chrétiens. La réponse est facile : le Concile statue que les juifs de l’un et l’autre sexe doivent se distinguer par le vêtement qu’ils portent dans toute province chrétienne et en tout temps. C’est aussi ce que leur demande la Loi, qui leur enjoint de porter des franges aux coins de leurs vêtements, grâce auxquelles ils se distingueront des autres. » (Nb 15, 38 et Dt 22, 12). [Somme Théologique Q -21- Le gouvernement des juifs]

 

4. J. de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole (1815).

5. Ibid.

6. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, « Entretien IX. » Œuvres complètes, tome V, Vitte, Lyon, 1892, p. 143,

7. Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole, op. cit.

8. G. Gogordan, Le comte Joseph de Maistre, Hachette, 1894.

 

9. Lettre apostolique « Dirae Librorum », 26 juin 1827.

 

10. J. de Maistre, Soirées, 11e Entretien, & Mélanges, B, (inédit), 3 oct. 1797.

11. Ibid.

12. Saint Paul (Galates, IV) déclare d’ailleurs clairement que certains passages de l’Ecriture, les deux femmes d’Abraham par exemple, « ont un sens allégorique ». Cf. aussi le Psaume LXXVII.

 

13. Soirées, ibid. De même saint Augustin, (Contra Manicheo., 1. I, ch. II), dit qu’on ne peut prendre à la lettre le texte des trois premiers chapitres de la Genèse sans attribuer à Dieu des choses indignes de lui, et qu’il faut avoir recours à l’allégorie.

 

14. Lettre du 16 oct. 1814, OC, t. XII, p. 459.

 

15. J. de Maistre, Principe Générateur des Constitutions politiques, § 30 & 31.

 

16. A. Lemann, L’Avenir de Jérusalem, espérance et chimères, Librairie Ch. Poussielgue, 1901. Citant, sans en comprendre une ligne le prophète Ezéchiel, les sionistes oublient que la réprobation d’Israël est mystérieusement permise jusqu’à ce qu’Israël accepte le Messie et rejoigne l’Eglise. Saint Paul le dit nettement : « … alors  tout Israël sera sauvé. » (Romains XI, 25). Jusqu’à ce que cela arrive, jusqu’à ce que les Juifs reconnaissent le Christ comme le Fils de Dieu, le sionisme ne présentant pas, pour le moins, des marques particulières d’une conversion de cet ordre, l’idée d’une nation Juive obtenue par les moyens vils et dévoyés qui sont l’apanages de tous les Etats, est une ignoble monstruosité politique certes, mais surtout une ignominie impie et blasphématoire sur le plan théologique.

17. J. de Maistre, Soirées, 11e Entretien.

18. Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole, op. cit.

 

19. Ibid.

 

20. Ibid.

 

21. Ibid.

 

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dimanche, 29 novembre 2009

Le Chef des Juifs : l’Antéchrist !

Le ténébreux secret du projet sioniste

 

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« L'Antéchrist n'est pas plus que le Messie

une fable, un mythe, un symbole… »

 

 

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« La croyance au Messie vengeur est prodigieusement enracinée

dans les entrailles de la nation Juive d'un bout à l'autre de la terre.

Elle est la base de la religion judaïque.»

 

 

3105g.jpgLa religion Juive, c’est-à-dire le judaïsme rabbinique et talmudique qui déteste Jésus-Christ et exècre son Eglise, n’a qu’un seul objet, n’est fondée que sur un seul principe : l’idée nationale ! De ce fait, le sionisme, doctrine nationale s’il en est qui a vu l’accomplissement de son plan au XXe siècle, n’est que la traduction, l’accomplissement d’un dessein judaïque absolument contraire au plan divin puisqu’il s’oppose à ce que Dieu souhaita pour les Juifs.

Mais le plus inquiétant, que l’on ignore, c’est que l’idée nationale, qui a trouvé dans le sionisme son mode de réalisation, est synonyme d’attente d’un Messie qui a pour objectif  d’assurer le triomphe mondain des Juifs, détruisant ce qui en fait obstacle, la religion chrétienne. On est donc effectivement très loin, dans ce Retour en Terre sainte des Juifs, d’un « miracle » manifestant une volonté divine, un projet béni par Dieu. L’espérance messianique dissimule en fait un secret désir, dominer les royaumes de la terre. De la sorte, le Messie judaïque, dont la venue est liée à la reconstruction de la nation Juive est, et il faut avoir le courage et le devoir catholique de le dire : l’Antéchrist !

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La réponse de saint Pie X au sionisme,

fut sans appel :

« Non possumus ! »

L’idée nationale sioniste et son secret

double_triangle_of_solomon.gifEn effet, un triomphateur qui garantirait le pouvoir sur les nations, tel est le visage du Messie attendu par les Juifs ? On estbaphomet666.jpg là face à un plan qui nous éloigne de façon impressionnante des intentions de Dieu pour son peuple, et l’on assiste, épouvantés, à l’exécution d’une intention plus que redoutable pour la chrétienté . Pourtant ceci est conforme en tous points aux analyses des Pères de l’Eglise, aux docteurs et théologiens, à ce qu’ont pensé les papes. C’est également ce qu’expliqua Henri Gougenot des Mousseaux, (1805-1876), monarchiste légitimiste, gentilhomme à la chambre du roi Charles X, fait Chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire-le-Grand par Grégoire XVI en gratitude pour ses écrits, honoré de la croix de commandeur de l'ordre pontifical de Pie IX,  qui rédigea  un texte en 1869, Le Juif, le Judaïsme et la Judaïsation des peuples chrétiens, afin de mettre en garde les nations chrétiennes contre une menace terrifiante et épouvantable qui est très éloignée, mais alors vraiment, des rêves chimériques et des illusions nocives des sionistes et de ce qui en sont devenus, par aveuglement, les alliés :

« L'objet de la mission de ce Messie, ce sera de délivrer Israël dispersé, de l'affranchir de la captivité dans laquelle le forcent à gémir les nations, « et de le ramener dans la Terre sainte après avoir défait Gog et Magog. » Au peuple élu de réédifier et Jérusalem et son temple ; à lui de rétablir et de consolider « un règne temporel dont la durée sera celle du monde... Toutes les nations alors « seront assujetties aux Juifs, et les Juifs disposeront à leur gré des individus qui les composent et de leurs biens. » (…) Telle est, pour les Juifs, l'une des images de la félicité promise sous le Messie qu'ils attendent ! » [1]

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« Toute la religion juive est fondée

SUR L'IDÉE NATIONALE »

L’idée nationale, dont le premier temps après qu’elle ait été édifiée, ce qui est bien le cas aujourd’hui puisque les Juifs, poussés et aidés par une puissance satanique se sont emparés de Jérusalem par les armes, est positivement basée sur l’attente d’un Messie vengeur :

« La croyance au Messie vengeur est vivace, et prodigieusement enracinée dans les entrailles de la nation d'un bout à l'autre de la terre. Elle est la base de la religion judaïque ; elle est la dernière consolation du Juif. Toute la religion juive est fondée SUR L'IDÉE NATIONALE ; il n'est pas une aspiration, pas une pulsation qui ne soit vers LA PATRIE… »  [2]

 

 

L’attente du Messie vengeur !

 

 

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sera fait Chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire-le-Grand
par Grégoire XVI en gratitude pour ses écrits antijudaïques.

 

mihc3a1lyzichylucifer1887.jpgCe Messie vengeur, Messie Juif qui fonde toute l’espérance du rétablissement national de l’Etat d’Israël en Palestine, territoire conquis par le crime, la spoliation et les attentats, n’est autre, du point de vue scripturaire, que l’abominable figure de la Bête de l’Apocalypse, le séducteur capable de tromper et d’aveugler, même les chrétiens, en se faisant passer pour un envoyé du Seigneur :

 

 « En effet, si peu que les saintes Écritures ne soient point aux yeux du chrétien un radotage absurde et suranné ; si peu que demeure en lui cette croyance indispensable à la civilisation des sociétés humaines : que l'Église ne peut ni mentir ni se tromper ; songeons que l'Antéchrist n'est pas plus que le Messie une fable, un mythe, un symbole ; rappelons- nous que son règne, terrible et fécond en révolutions inouïes, en prodiges de toutes sortes, est une réalité future, ce qui équivaut à dire un fait nécessairement en voie de formation, en train de nous arriver par les routes que, jour à jour, les événements lui construisent. Mais gardons-nous, en même temps, d'oublier que ce personnage est un dominateur tellement semblable à celui que les Juifs attendent, qu'il sera difficile, impossible à ces aveugles de ne s'y point tromper ; car il porte en lui la réunion, la synthèse parfaite de toutes les aspirations anticatholiques que dix-huit siècles de judaïsme attribuent au libérateur futur de Juda. » [3]

 

 

Tout ceci est, hélas ! prodigieusement prophétique !

 

De ce fait, il convient d’en être conscient, la reconstruction nationale d’Israël, obtenue par des moyens ténébreux, prépare, œuvre et travaille à l’arrivée prochaine, au cas où elle n’aurait pas déjà eu lieu, du Messie vengeur attendu par les Juifs, c’est-à-dire de celui qui doit en devenir le chef : l’Antéchrist !

 

 

 

Notes.

 

1. H.-R. Gougenot des Mousseaux, Le Juif, le Judaïsme et la Judaïsation des peuples chrétiens, Plon, 1869, p. 471.

 

2. Ibid., p. 476.

 

3. Ibid., p. 485.

 

 

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Le Chef des Juifs :

l'Antéchrist !

  

Condamnation en hérésie des thèses sionistes

de Vincent Morlier

pour millénarisme, littéralisme protestant

et

obstination anti-catholique

 

 

 

 

Le texte qui suit est un complément bien plus développé à notre première démonstration des erreurs contenues dans l’essai de Vincent Morlier : La Résurrection nationale d’Israël : signe eschatologique, qui fait plus encore la lumière sur les erreurs et les faussetés des positions sionistes chrétiennes qui, aujourd’hui, alors qu’elles étaient plus particulièrement communes aux protestants évangéliques, en arrivent à infecter, avec parfois une certaine efficacité, les milieux catholiques.

 

Le sionisme, comme le montra justement Mgr Augustin Lemann et le chevalier Henri Goussot des Mousseaux, aux côtés de beaucoup d’autres théologiens ou docteurs par le passé, est une révolte contre Dieu, un péché grave, une menace terrifiante pour l’équilibre et la paix dans le monde, et il importe de dénoncer sans concession une attitude impie qui, s’opposant aux déclarations positives de plusieurs Vicaires du Christ, dont Benoît XV et saint Pie X, insulte indignement la position de la Tradition catholique !

 

Mais par delà ce nécessaire redressement des erreurs des positions des sionistes chrétiens, il importait surtout de révéler le secret dessein, la nature réelle de ce projet, ce que cache  et dissimule véritablement la volonté de réédification d’un Etat national en Terre sainte.

 

C’est ce que l’on découvre, non sans stupeur, à la lecture de ce texte fondamental, mis ici à disposition :

 

 

 

 

LE CHEF DES JUIFS L'ANTECHRIST !.pdf

 

 

03:28 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (64) | Tags : sionisme, israël, église catholique, judaïsme, juifs, christianismr |  Imprimer | | | | | Pin it!

samedi, 07 novembre 2009

Le Sionisme et l’Antéchrist

ou le sens véritable du "retour" des Juifs en Israël

 

 

 

 

 

 

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« L'Antéchrist établira le principal siège de son empire à Jérusalem,

afin de s'asseoir dans le Temple de Jérusalem

relevé par lui et s'y faire, adorer ! »

 

 

 

 

herzl.jpgUn « fait » semble être déterminant pour certains sionistes chrétiens : les Juifs sont de retour en Israël ! A partirChristianZionistLogo.jpg de là ils induisent, fautivement, une essence à ce fait, non en fonction de sa nature véritable, mais par la seule vertu de sa positivité concrète.

 

Développant un raisonnement sophistique, que l'Eglise condamna toujours,  singulièrement fallacieux et grandement insoutenable pour plusieurs raisons convergentes : si les Juifs sont de retour en Palestine c’est que les Temps sont advenus, donc nous assistons à l’accomplissement de l’Histoire divine, donc le sionisme est d’essence divine. CQFD.

 

Or, on ne peut faire mieux dans l’absurde !

 

- 1°) Tout d’abord c’est faire totalement l’impasse sur les conditions de la réalisation de ce fait. Les Juifs ne se sont pas retrouvés par hasard de nouveau sur cette terre, ni par l’effet d’une intervention de Dieu. Les conditions de ce retour en 1948 sont absolument criminelles, injustifiables et scandaleuses.

 

- 2°) le Retour n’est pas de l'ordre du miracle, ce « mouvement », ne relève pas d’une origine divine ! Il sont, conjointement, une entreprise de brigandage et de terrorisme de haut niveau qu’il serait fastidieux de décrire en son ensemble, et la conséquence d’un immoralisme frappé de l’Étoile de David.

 

Certes Notre Seigneur dans les Ecritures parle du retour en Terre Sainte des Juifs (Luc XXI, 24), bien qu'il convienne de voir ce qu’il faut entendre par là, mais jamais d’un retour obtenu dans les horribles conditions qui accompagnèrent le mouvement sioniste !

 

Nous sommes là en présence d’une histoire, caricaturale, parodique, immorale, antéchrist et, autant dire le mot : satanique !

 

Jamais en effet, l’élection du peuple Juif ne lui donne pour mission de devoir reconquérir, comme une sorte de profanation incroyable, la TerreZionism2.jpg Sainte par les armes, l’occupation militaire et l’oppression criminelle des peuples de la région. On ne peut trouver à tout ceci aucune justification théologique et aucune trace dans l’Ecriture.

 

Ce qui est donc certain, c’est qu’il n’y a aucune dimension spirituelle et divine dans le projet sioniste. Ni dans son intention (vision matérialiste, athée, laïque, raciale), ni dans ses méthodes scandaleuses (meurtres, attentats, violences, oppressions, spoliations, humiliations, etc.). Dieu, fut et est totalement absent du plan actuel d’occupation de la Palestine par les Juifs.

 

Le « Fait » de leur présence, qui donne d’amusantes extases de fin de l’Histoire aux sionistes chrétiens, est la conséquence des pires exactions commises par des voyous et des assassins !

 

Rien de divin là-dedans, bien au contraire !

 

Rien qui ne corresponde à ce « retour », dont nous allons voir de quelle façon il faut l’entendre, qui serait le signal de la "fin des temps".

 

C’est ce qu’expliquait Mgr Dadolle en 1901, Recteur des facultés catholiques, face aux premières manifestations du projet sioniste à Bâle :

 

- «  Le rêve des propagateurs du mouvement sioniste prétend s'appuyer sur des prophéties; il suppose par conséquent une sorte de foi, sans doute faussée (…)   mais le problème se pose : Oui ou non, les prophéties de l'un et de l'autre Testament autorisent-elles l'espérance d'une restauration d'Israël dans une patrie juive ? d'une restauration de Jérusalem dans la dignité de capitale d'un royaume juif ? enfin d'une restauration de l'ancien Temple, soit pour être consacré au Christ, en hommage de réparation, soit pour être le théâtre et l'objet d'une suprême profanation ? (…) il y a dans l'écriture des deux Testaments, un enseignement parfaitement explicite et clair, selon lequel le Christ est la fin de la Loi. L'avènement du Messie a mis un point final à l'histoire vivante des institutions judaïques, de telle sorte que de celles-ci rien ne doit revivre, ni le Temple, ni la Cité sainte, pas plus que la liturgie de la vieille Synagogue. C'est pourquoi la conversion des Juifs, généralement attendue pour la fin des temps, n'aura point pour suite et pour récompense leur réintégration dans la terre des tribus. »

 

 

Voilà le problème clairement posé : la fin des temps attendue, qui a pour corollaire la conversion des Juifs, ne l’oublions pas assez peu évidente cependant aujourd’hui, n'aura point pour suite, et pour récompense, leur réintégration dans leur terre !

 

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 Joseph et Augustin Lemann

 

 

A  partir de là, sachant que les Juifs infidèles n’ont pas à réintégrer leur terre, mais autre chose de bien supérieur compris sous cette appellation, on perçoit immédiatement que la thèse du sionisme chrétien s’effondre toute seule, pitoyablement, comme un fragile château de cartes renversé par le souffle du sens véritable des prophéties.

 

 

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 « Le mode d'interprétation des exégètes que nous combattons

n'est pas autre chose, en effet, que le renouvellement de l'erreur juive,

s'en tenant uniquement à la lettre des prophéties

et repoussant systématiquement le sens caché sous la lettre,

sens relatif à la libération spirituelle, au royaume spirituel, par le Messie. »

 

Augustin Lemann, l'Avenir de Jérusalem.

 

 

 

Ce sens véritable des prophéties Mgr Augustin Lemann l’expliqua longuement dans un ouvrage remarquable publié en 1901 : L’Avenir de Jérusalem. C’est cette position traditionnelle, conforme à celle des Pères de l’Eglise, qui est contestée par les modernes sionistes chrétiens embrumés par les positions des réformés évangéliques et leur interprétation littéraliste des Ecritures.

 

Afin de rendre justice aux thèses de la Tradition catholique, nous avons répondu, par un écrit synthétique, à l’Essai de M. Vincent Morlier, visiblement gagné par les thèses millénaristes des protestants évangéliques : La Résurrection nationale d'Israël, signe eschatologique, par un texte que nous mettons à la disposition des lecteurs de La Question :

 

 

 

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Le Caractère satanique du Sionisme !

 

 

 

Le Caractère Satanique du Sionisme.pdf 

 

 

Réponse de M. Vincent Morlier

 

 

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M. Vincent Morlier nous a, enfin, fait parvenir l’intégralité de son texte : « La Résurrection d’Israël, signe eschatologique », ainsi qu’une « Réfutation de la Réponse de Zacharias ». De manière à contribuer à l’enrichissement du débat, et afin que chacun puisse accéder à ces éléments qui précisent mieux encore les positions pro-sionistes de Vincent Morlier, et comme il lui fut déclaré, nous mettons ci-dessous à la disposition des lecteurs de La Question, les deux textes, en format pdf. Une réponse sera évidemment effectuée, dans le cadre d’une nouvelle note en préparation de Zacharias, dont le titre, déjà arrêté, est :  « Le chef des Juifs : l’Antéchrist ! »

 

 

La Résurrection nationale d'Israël - V. Morlier.pdf

 

Réfutation de la Réponse de Zacharias.pdf

 

 

 

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samedi, 31 octobre 2009

La politique « religieuse » de La Question !

Eclaircissements à propos du

 traditionalisme catholique contre-révolutionnaire

 

 

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"Il faut que la religion refasse la monarchie..."
(Joseph de Maistre)
 
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Sépulture de saint Pie V

 

 

 

« Tenons toujours nos yeux fixés sur le monde invisible qui expliquera tout. »

(J. de Maistre, Soirées de St. Petersbourg, VIIe entretien)

 

 

 

 

index_20.jpgCertains, cherchant à mieux comprendre nos convictions, ou nous découvrant récemment par le biais du455px-Jmaistre[1].jpg blog « La Question Actualités », nous demandent, curieux et intrigués, même si nous avons pris soin de déclarer clairement quelles sont nos « Orientations », de préciser plus nettement nos positions sur le plan politique, et attendent sans doute de nous, que nous donnions des indications relatives à nos sympathies en correspondance avec les aspects spécifiques du champ idéologique contemporain.

 

Même si, évidemment, notre culture contre-révolutionnaire nous fait nous sentir proches de divers penseurs comme Bossuet, Joseph de Maistre, Blanc de Saint-Bonnet, le Cardinal Pitra, Bernardi et Donosos Cortès, ou de courants réactionnaires catholiques d’hier ou d’aujourd’hui [1], toutefois, autant le dire d’un mot : c’est ne rien comprendre à notre vision de l’Histoire que de vouloir nous mettre en référence directe vis-à-vis de tel ou tel parti républicain, ou mouvement s’inscrivant à l’intérieur du jeu électoral, puisque pour nous il ne saurait y avoir de politique véritable que religieuse !

 

I. Le drame métaphysique originel

 

Bossuet.jpgEn effet, la caractéristique propre du monde moderne, son aspect tragique aboutissant à la destruction des vestiges matériels, ou institutionnels, de la Tradition, est, en premier lieu, la négation de la Sainte Religion chrétienne [2]. Et ceci s’explique du fait que la situation tragique de ce monde relève d’un drame métaphysique qui survint des suites du péché originel, péché qui se reproduit chaque fois que l’on foule aux pieds les principes divins (Révolution de 1789 [3], Révolution bolchevique, Vatican II). Dès lors, chercher un remède ici-bas à un déséquilibre de nature ontologique sans faire intervenir la dimension surnaturelle au sein de laquelle est placé ce combat éternel que se livrent les ténèbres et la Lumière, est une grave erreur.

 

C’est pourquoi, seul nous importe le rétablissement de l’Etat chrétien incarnant la loi de Dieu sur cette terre, et des forces légitimes qui s’imposeront capables d’en assurer le maintien, de sorte que la Sainte Religion chrétienne retrouve la plénitude de ses droits et de son autorité dans la cité des hommes.

 

Si nous en croyons Joseph de Maistre, il y a une raison à la situation contemporaine, puisqu'il écrit : « Il n'y a aucune loi sensible qui n'aitvision.jpg derrière elle une loi spirituelle (...) Dans ce monde que nous voyons tout se rapporte à un autre monde que nous ne voyons pas. Le monde est un simple assemblage d'apparences, dont le moindre phénomène cache une autre réalité. » [4] Ainsi, pour le comte savoyard, ce qui se déroule dans l'ordre humain, les faits qui se signalent en ce monde abîmé par la Chute, sont des véritables « pierres d'attente », dont nous ne pouvons comprendre le sens authentique qu'à la lumière de l'enseignement divin. Souvenons-nous de cette phrase magnifique des Soirées de St. Petersbourg par laquelle Maistre déclare : « Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement (…) Il n'y a rien de si visible que les liens des deux mondes ; on pourrait même dire, rigoureusement parlant, qu'il n'y a qu'un monde, car la matière n'est rien. » [5]

 

En ce sens, les modifications qui interviennent dans le réel, les changements qui surviennent en renversant l'Ordre ancien, les faits les plus anodins, en apparence, comme, à l’extrême, l’écroulement de la civilisation et la disparition des saintes institutions, tout cela participe, « de près ou de loin à quelque œuvre secrète qui s'opère dans le monde à notre insu. »

 

 

II. La défense de la Tradition

 

On a pu parler, avec plus ou moins de raison, du « catholicisme foncier » de Joseph de Maistre, tant ses divers propos en matière religieuse furent considérés, et continuent le plus généralement d’être regardés, comme des exemples caractéristiques d’un traditionalisme furieux et véhément.

 

2Ingres.jpgIl faut ici faire intervenir une notion centrale chez Maistre, celle de Tradition. En effet, Maistre considère que le mondesavoie_blason.jpg doit se conformer aux enseignements de la Révélation divine, unique fondement des lois. Il écrit : « On ne peut attaquer une vérité théologique sans attaquer une loi du monde » [6] c’est pourquoi le Pape, le « Pontife romain », garant du dogme et de la Tradition, est l’arbitre suprême, celui qui, au-dessus des Rois et des Princes, veille au respect du droit et œuvre pour la paix universelle. « L’infaillibilité dans l’ordre spirituel et la souveraineté dans l’ordre temporel sont deux mots parfaitement synonymes » écrit Maistre. Par ailleurs infaillibilité et souveraineté ne vont pas l'un sans l'autre, se sont deux principes parfaitement identiques et équivalents. De toute manière, raisonnablement, l’autorité transmise par Jésus à Pierre ne saurait faire l’objet d’une remise en question, car qui serait assez sot ou insensé pour contester la Parole du Seigneur. Toute l’histoire depuis des siècles plaide largement en faveur de la suprématie pontificale et nous montre, dans tous les domaines où elle exerça son ministère, son attention scrupuleuse au respect de la loi divine et sa formidable capacité à réaliser l’unité.         

 

Il est incontestable que la position de Maistre ne souffre aucune ambiguïté s’agissant du gouvernement temporel du pouvoir ecclésiastique, dans lequel il voit le modèle le plus parfait qui fut jamais donné aux hommes, et qui, d’autre part, considérable avantage, bénéficie du point de vue surnaturel du dépôt de la Révélation confié par le Christ lui-même à l’apôtre Pierre, l’Evêque de Rome, « L’Origine de l’unité sacerdotale » selon saint Cyprien, « Patriarche universel », pour saint Léon, « Souverain Prêtre » d’après le concile de Chalcédoine, ce qui lui confère non en tant qu’homme mais en tant que « Vicaire de Jésus-Christ » comme  dit saint Jérome, l’infaillibilité en matière théologique.

 

III. Le combat pour l’Ordre catholique

 

 

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Soutenez toutes les grandes institutions approuvées par l’Eglise,

comme la chevalerie, les ordres religieux,

contemplatifs, missionnaires, militaires et hospitaliers,.

 

 

Ces analyses vont être à l’origine d’un certain nombre de positions pour le moins tranchées concernant les institutions religieuses catholiques, qui feront souvent l’objet d’importantes incompréhensions et de nombreux contresens de la part des lecteurs de Joseph de Maistre. On conviendra cependant sans peine avec notre auteur que « l’Unité transcendante » à laquelle aspirent les hommes, doit être préparée et préfigurée ici-bas par une bénéfique unité du pouvoir, et une bienfaisante et souveraine harmonie exercée par l’autorité suprême du sacerdoce.

 

a) Les bienfaits de l’Inquisition

 

Greco-portrait_cardinal-1600.jpgLes lois du Ciel trouvent inévitablement une nécessaire transposition dans les formes temporelles qui, normalement, travaillent à incarner les bienheureux et universels principes régulateurs, faute de quoi il s’en suit toujours un trouble et une désorganisation spirituelle et sociale que nul ne peut plus contrôler et qui inévitablement conduit les peuples et les nations à la ruine pure et simple. On est donc obligé de regarder de cette manière la fonction régulatrice confiée à la Sainte Inquisition, établie légalement par la bulle Ille humani generis de Grégoire IX, le 25 avril 1233, institution qui avait pour mission de prévenir, dans une période profondément troublée, le développement des germes de la division et de la confusion qui menaçaient intérieurement la chrétienté, ainsi que de la protéger du Judaïsme et du Mahométisme.

 

 

 

Croix inquisition.jpgJoseph de Maistre s’exprime de la sorte sur cette question : « Le Judaïsme avait jeté de si profondes racines eninquisition2.jpg Europe, qu’il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale. (...) Le Mahométisme augmentait prodigieusement le danger ; l’arbre avait été renversé en Espagne, mais les racines vivaient. Il s’agissait de savoir s’il y aurait encore une nation espagnole ; si le Judaïsme et l’Islamisme se partageraient ces riches provinces ; si la superstition, le despotisme et la barbarie remporteraient encore cette épouvantable victoire sur le genre humain. » [7] Il est donc démontré que l’Inquisition fut créée pour mettre fin au chaos, pour rétablir la paix et la sérénité, c’est pourquoi nous dit-il : « L’Inquisition est, de sa nature, bonne, douce et conservatrice : c’est le caractère universel et ineffaçable de toute institution ecclésiastique, vous le voyez à Rome et vous le verrez partout où l’Eglise commandera. » [8]

 

C’est uniquement pour prévenir la propagation du mal qui, assurément, aurait semé les troubles les plus redoutables, que le tribunal de la Sainte Inquisition dut intervenir avec sévérité et fermeté. En se faisant l’ardent avocat de l’Inquisition, Maistre n’ignore pas qu’il va brutalement à l’encontre des idées reçues et de l’esprit anti-religieux de son temps. Mais il croit de son devoir de réaffirmer le vrai, de démontrer, avec la force convaincante d’incontestables arguments,  la supériorité et l’évidente sagesse du pouvoir ecclésial sur toute autre forme de pouvoir humain, la tempérance ainsi que la constante union qu’il est seul en mesure de réaliser des vertus de miséricorde et de justice ; « MISERICORDIA ET JUSTICIA » étant d’ailleurs la devise figurant sur les bannières du tribunal de la Sainte Inquisition.

 

Maistre conclut de la sorte son argumentaire :

 

- « Toutes les fois que vous verrez une grande institution ou une grande entreprise approuvée (...) par l’Eglise, comme la chevalerie, les ordres religieux, mendiants, enseignants, contemplatifs, missionnaires, militaires, hospitaliers, etc.; les indulgences générales, les croisades, les missions, l’Inquisition, etc.; approuvez tout sans balancer, et bientôt l’examen philosophique récompensera votre confiance, en vous présentant une démonstration complète du mérite de toutes ces choses. »

 

b) Rôle fondamental de la papauté

 

 

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Le Pape est le seul qui possède encore l’autorité nécessaire capable de restaurer,

dans une Europe livrée au chaos, l’unité du Saint Empire.

 

 

 

armoiries1.gifPar ailleurs, l’attachement de Maistre à l’institution de la papauté, à « L’Héritier des Apôtres » comme le souligne saintPiusV.jpg Bernard,  relève d’une idée, certes non directement explicite, quoique toutefois fort précise qui transparaît sous chaque ligne de son Traité, que l'on peut résumer de la manière suivante  : le Pape est le seul qui possède encore l’autorité nécessaire capable de restaurer, dans une Europe livrée au chaos des égoïsmes nationaux et au venin révolutionnaire, l’unité du Saint Empire.  Le Traité « Du Pape » consigne cette inattendue mais cohérente dévolution. L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire, ne demeurait que le Sacerdoce Suprême pour se voir dévolu l’archétype éternel du Saint Empire. 

 

Ainsi l’insistance sur l’infaillibilité, source de toute souveraineté légitime, qui fait l’objet d’un important développement dans le livre au point que cette notion suscita même quelques réserves à Rome et le prudent silence de Pie VII, avant d'être cependant adoptée par le Concile de Vatican I en 1870, n’a pas d’autre objet que d’asseoir l’incontestable autorité du Pontife romain par dessus toutes les autres formes de souverainetés.

 

IV. Le rétablissement du Saint Empire

 

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Le Pape est le seul garant d’un possible retour

de l’unité politique et spirituelle en Europe.

 

 

SPio-V_LBALDI-1.jpgMaistre est sur cette question très clair : « Le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant, le180PX-~1.JPG grand Démiurge de la civilisation universelle. » [9] Le Pape est donc le seul garant, de par l’évidente supériorité de sa fonction,  d’un possible retour sur le continent de l’unité politique et spirituelle. Il incarne l’espoir d’une restauration véritable de l’ordre traditionnel, entre ses mains sacrées repose l’ultime possibilité d’un redressement futur du Saint Empire. Il est, à juste titre, significatif que la phrase de l’épigraphe qui figure sur la page de garde du livre « Du Pape », ne soit pas celle d’un père de l’Eglise où d’un pieux auteur, mais paradoxalement extraite du poème homérique  « l’Iliade », phrase révélant nettement la pensée intérieure du comte savoyard, indiquant sans détour : « Trop de chefs vous nuiraient ; qu’un seul homme ait l’Empire » (Homère, Iliade, II v. 204 sq.)

 

Le catholicisme de Joseph de Maistre est donc, comme nous le voyons, traversé par une vision qui emprunte autant au politique qu'au spirituel, ou, plus exactement, qui est d'autant plus politique qu'elle est spirituelle, puisque pour lui, et ceci ne doit jamais être perdu de vue lorsque l'on aborde la pensée maistrienne, les deux domaines s'interpénètrent intimement, sont étroitement liés et imbriqués, le Ciel se manifestant en permanence par des interventions qui nous sont le plus souvent incompréhensibles au sein de l'histoire humaine. Si l'autorité céleste est source de toute souveraineté ici-bas, il en résulte que l'origine divine du droit, qui fonde et donne sa légitimité à la doctrine de l'infaillibilité, est en réalité la question de la Vérité originelle dont la Sainte Eglise Universelle, par Jésus-Christ, est l'humble dépositaire et son Chef visible, le « Prince des Evêques », le très soumis et très fidèle serviteur [10].

 

philippelebel.jpgN'oublions pas que si la France, par son peuple, est en état de « péché mortel » depuis l'horrible crime du 21 janvier 1793 qui lui fit mettre àabb4.jpg mort celui que le Ciel lui avait donné comme Roi, la Royauté est elle-même en position de rébellion vis-à-vis de Dieu depuis le refus par Philippe le Bel de se soumettre aux injonctions de Boniface VIII qui, conscient des lois principielles qui devaient s'imposaient dans toute la chrétienté pour en préserver l'unité, fit publier en 1302 la bulle Unam Sanctam dans laquelle il précisait la fameuse théorie dite des « deux glaives » en déclarant : « Dans l'Eglise il y a deux glaives, le spirituel et le temporel. L'un de ces glaives doit être soumis à l'autre, l'autorité temporelle doit s'incliner devant l'autorité spirituelle. » La décision de Philippe le Bel aura des conséquences importantes, puisqu'en revendiquant une totale indépendance à l'intérieur de son royaume, et rentrant de ce fait en conflit ouvert avec la Papauté, il sera à l'origine de l'affaiblissement du Saint Siège en Europe et du morcellement de l'empire chrétien, car, à son néfaste exemple, chaque souverain, dans ses Etats, allait exiger désormais une identique indépendance, se réclamant de l'autonomie du pouvoir temporel à l'égard du pouvoir spirituel, attitude dont nous subissons encore directement les effets, et qui a pris, dans les sociétés modernes, une ampleur vertigineuse puisqu’à présent c’est chaque individu qui réclame, rageusement, à titre personnel, une totale indépendance qui n’est en fait que la parfaite continuité de l’originel et lointain esprit « d’insoumission ». 

 

Conclusion

 

Sachons que l'avenir ne sera en définitive que ce que Dieu voudra qu'il soit, ou ce qu'il fera être par l'action de sa Providence. Rien ne sert de s'épuiser dans des formules politiques ou idéologiques qui n’intègrent pas le religieux et le spirituel dans leurs courtes vues, car contre les spectres d'un monde, depuis la Chute, tombé aux mains de l'adversaire, livré aux puissances du négatif et de la mort, ll n’est aucun combat qui puisse se gagner sans être appuyé par les forces de la Divine Providence

  

Ainsi, si nous désirons sortir de ce piège, nous extraire du conditionnement individualiste, libéral, athée et matérialiste que nous impose une société malade, profondément dominée par l’argent dispensant une culture de mort ; si nous aspirons à nous libérer de la spiritualité « parodique » avec son syncrétisme dévoyé, nous défendre contre l’affolant envahissement du psychisme déréglé, il nous faut, impérativement, nous ouvrir à un autre ordre de réalité, nous disposer à devenir singulièrement attentifs aux vérités surnaturelles, à briser l'enfermement stérile dans lequel nous précipite un monde dégradé, fracturé, agonisant sous le poids de sa gigantesque erreur, s'éloignant, inexorablement, et de plus en plus rapidement, de son Principe, et accueillir, avec respect et dévotion, les semences de l'Esprit porteuses de la Vérité de l’Evangile.

 

Il est donc évident que ce ne peut être que par la prière et la « réconciliation », sachant que le pouvoir est d'essence transcendante car il relève, positivement, d'une « histoire divine », qu'apparaîtront les conditions de la contre-révolution, car « c'est au nom du DIEU TRES GRAND ET TRES BON, à la suite des hommes qu'il aime et qu'il inspire, et sous l'influence de son pouvoir créateur, que vous reviendrez à votre ancienne constitution, et qu'un Roi vous donnera la seule chose que vous devriez désirer sagement, la liberté par le Monarque. » [11] C'est pourquoi, avant toute idée de restauration d'un pouvoir légitime, il faut d'abord, et en premier lieu, que s'établissent une réforme radicale, une conversion, un retour aux bases théologiques et morales de la tradition chrétienne ; comme le dira avec fermeté Maistre dans une lettre au vicomte de Bonald (1754-1840) : « Il faut que la religion refasse la monarchie ; et c'est ce qui arrivera malgré les apparences contraires. » [12]

 

 

       

Notes.

 

1. 466517bandera_falange.gifA titre d’exemples, des mouvements religieux et politiques de la période contemporaine, comme la Phalange en Espagne ou la Garde decorneliu_zelea_codreanu.jpg Fer en Roumanie avec les hautes figures attachantes que sont José Antonio Primo de Rivera (1903-1936) ou Corneliu Codreanu (1899-1938) ont, de toute évidence, notre sympathie.

 

2. Comment ne pas rappeler, à ce sujet, l'épisode grotesque qui, sous la Révolution, fut assez représentatif de cette caricature tragi-comique du sacré, et que la mémoire retiendra comme l'exemple caractéristique de la déviation du religieux. En effet, au moment où l'on envoyait à la guillotine les prêtres réfractaires, Chaumette (1763-1794) et la Convention eurent l'idée de célébrer un culte public à la déesse Raison qui se déroula à Paris, le 10 novembre 1793. Ce jour là, on exhiba dans les rues de la capitale sur un trône porté par plusieurs hommes, une jeune personne du nom de Mlle Thérèse-Angélique Aubry, étudiante à l'Académie royale de musique, prêtant sa plaisante silhouette pour la circonstance à cette ridicule mascarade. Préalablement à Notre Dame, les adorateurs de la déesse, représentés par des enfants des deux sexes vêtus de blanc, avaient apporté devant la jeune créature de l'Académie des parfums pour qu'ils se consument à ses pieds, et de séduisantes vestales, recrutées dans différents conservatoires, couronnées de fleurs et les reins entourés d'une ceinture tricolore, esquissaient au même instant une danse éthérée autour de l'auguste divinité. Cette dernière, hiératique, demeurait immobile dans ses voilages blancs, un bonnet phrygien rouge lui servant de diadème, alors que de larges rubans couleur de pourpre entouraient sa taille ; recouverte d'un long manteau bleu, et une pique placée dans sa main droite, la déesse recevait ainsi le vibrant hommage de la population dans le cœur de la cathédrale, à la même place qu'occupait jusqu'alors, et depuis le XIIIe siècle, la Reine du Ciel, la Vierge Marie, Mère du Sauveur. A intervalles réguliers les servantes de la déesse Raison, assises sur des sièges de verdure, tendaient leurs bras vers le trône, puis, deux par deux, venaient profondément s'incliner en se croisant, dans une sorte de vaporeuse chorégraphie, alors même qu'un chœur de chant déclamait : « Descends, ô Liberté, fille de la nature.... » Enfin, au terme de cette cérémonie « inspirée »,  la divinité se leva et, saluant la foule qui l'acclamait à tout rompre, regagna à pas lents le Temple de carton-pâte qui lui avait été édifié et qui se trouvait derrière elle, c'est-à-dire exactement devant le maître autel de la vénérable cathédrale qu'il dissimulait complètement à la vue. L'enthousiasme fut si grand, que l'on décida de porter en triomphe l'idole jusqu'à la Convention, mettant un comble à cette cérémonie antireligieuse, et l'on vit défiler dans les rues de Paris, en une effarante procession, les ballerines suivies par des tambours, entourant le trône sacré, le tout accompagné par une troupe de sans-culottes qui avait hissé en haut de longues perches, comme un trophée, la chape d'or et la mitre de l'archevêque, escortant la nouvelle Isis portée à dos d'hommes. Arrivant, dans un chaos indescriptible, dans la salle des Tuileries ou siégeait l'Assemblée, la populace, les musiciens, le corps de ballet envahirent le lieu et firent une bruyante apparition. Ce fut Chaumette qui conduisit la déesse en la présentant aux élus de la Nation la désignant avec emphase comme le « chef d'œuvre de la nature », puis, alors que le président Laloy donnait l'accolade au nom du peuple français à la belle créature, les fanfares et les chants se faisaient de nouveau entendre. Tous voulurent l'embrasser, et la représentation nationale dans son ensemble décida de lui servir d'escorte afin de la reconduire dans son Temple ; redescendant de la tribune au bras du président, elle remonta sur son pavois, et, une nouvelle fois, l'impie cortège, grossi des membres de la Convention, acclamé par une foule immense, reprit le chemin de la cathédrale Notre-Dame où la fête se poursuivit fort tardivement dans la nuit.    

 

3. On se reportera, à propos de cette « religiosité laïque », de cette « religion civile » qu’adopta la République en faisant siennes les thèses de l’auteur du Contrat social, au livre de Ghislain Waterlot : Rousseau, Religion et politique, PUF, 2004.

 

4. J. de Maistre, Les Soirées de St. Petersbourg, Xe Entretien, t. II, Trédaniel, 1980, p. 179 ss.

   

5. Ibid., p. 177.

 

6. J. de Maistre,  Du Pape, I, chap. I.

 

7. J. de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, Première lettre, 1815.

 

8. Ibid. Il faut purger les esprits de cette image, propagée par le dix-huitième siècle et un détestable esprit voltairien, soutenant que « des prêtres pouvaient condamner un homme à mort. (...) qui ne sait qu’il est défendu au prêtre d’être chirurgien, de peur que sa main consacrée ne verse le sang de l’homme, même pour le guérir ? (...) Jamais le prêtre n’éleva d’échafaud ; il y monte seulement comme martyr ou comme consolateur ; il ne prêche que miséricorde et clémence ; et sur tous les points du globe, il n’a versé d’autre sang que le sien. » (Lettres à un gentilhomme russe, op. cit.) L’Eglise s’est bornée à livrer les fautifs au bras séculier, qui, et  lui seul, prononça et exécuta les sentences. Lorsque l’Eglise gouverna, comme ce fut le cas dans certaines souverainetés ecclésiastiques, elle se distingua toujours par sa clémence et sa mansuétude, ceci est à ce point vrai qu’un proverbe est devenu courant en Allemagne : « Unterm Krummstabe is gut whonen. » (Il est bon de vivre sous la crosse.) Que dire rajoute d’ailleurs Maistre du gouvernement de Rome, célèbre pour sa douceur, « nulle part on ne trouve un régime plus parternel, (...) une tolérance plus parfaite. Rome est peut-être le seul lieu d’Europe où le juif ne soit ni maltraité, ni humilié. » (Ibid.) L’exemple le plus frappant que nous donne l’histoire vient des Templiers eux-mêmes qui « demandèrent expressément d’être jugés par le tribunal de l’Inquisition ; car ils savaient bien que s’ils obtenaient de tels juges, ils ne pouvaient plus être condamnés à mort. » (Ibid.)

 

9. Du Pape, livre premier, ch. II.   

 

10. On aura sans doute entendu dire, en quelques occasions, que Maistre fut le chantre de la « politique expérimentale ». Or, s’il fit publier en 1793 ses Lettres d'un royaliste savosien, dans lesquelles, ulcéré par les effets de la Révolution, il défendra, par un argumentaire raisonné de grande qualité, la supériorité de la royauté par rapport à tous les autres régimes, il s'apercevra assez rapidement de son erreur et comprendra que le devenir des sociétés humaines ne relève pas de l'intelligence naturelle, n'obéit pas aux injonctions des arguments les mieux fondés et des déductions les plus justes. La valeur de l'expérience, la logique empirique et la force de la démonstration en ces domaines, on peut le regretter, ne comptent absolument pas ; le monde est agi par des forces d'une « autre » nature, il est soumis à des lois obscures inaccessibles à l'entendement classique et est donc guidé, entraîné malgré lui, vers des destinations imprévisibles. Maistre fut d'ailleurs tellement meurtri par sa manifeste et criante incompréhension, par la fausseté de ses vues, par ce qu'il nommera, avec une certaine rage, le « fruit de l'ignorance », qu'il décidera, de manière symbolique et dans un geste témoignant d'un profond rejet de ce qu'il avait écrit et des thèses qu'il avait, dans sa grande naïveté, défendues, de réduire en cendres, en le livrant au pouvoir des flammes, le manuscrit original de ses Lettres d'un royaliste savoisien. Il notera dans son journal, à la date du 6 février 1798 : « Avant de partir de Turin, j’ai brûlé le manuscrit de mes Lettres savoisiennes composées à une époque où je n’avais pas la moindre illumination (souligné par Maistre) sur la Révolution française ou pour mieux dire européenne. Malgré les vues droites qui les ont dictées, je les ai prises en aversion comme un fruit de l’ignorance. »

 

11. J. de Maistre, Considérations sur la France, chap. X, in Ecrits sur la Révolution, PUF, 1989, p. 179.

 

12. J. de Maistre, Lettre à L. A. Bonald, 16 juin 1807.

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vendredi, 23 octobre 2009

L’antijudaïsme philosophique

La « Question Juive » de Marx et la mise en lumière de

l’essence judaïque du capitalisme

par Radek

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« L'Argent est le dieu jaloux d'Israël

devant qui nul autre dieu ne doit subsister. »

(Karl Marx)

 

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L'évolution du rapace au financier

 

Karl Marx, auteur que l’on ne présente plus, âgé de 25 ans, promu récemment docteur en philosophie, rédigea un article qui parutMarx II.jpg en février 1844 dans l’unique numéro d’une revue qu’il avait tout juste contribué à fonder à Paris, Deutsch-Französische Jahrbücher. Son titre ? Zur Judenfrage « A propos de la Question Juive » – et non « La Question Juive », comme on s’est accoutumé à l’indiquer en France, texte qui était d’ailleurs une réponse au livre éponyme de Bruno Bauer [1].

L’originalité de Marx, dans ce texte polémique, venait du fait qu’il percevait non seulement le judaïsme comme une forme d’obscurantisme religieux, ce qu’il dénonça très violemment en de nombreuses occasions, mais qu’il allait jusqu’à le présenter comme étant, concrètement, une vivante métaphore du capitalisme moderne ; sa source ontologique, son origine véritable, son agent actif délétère. Pour Marx, si la société voulait se libérer de la domination capitaliste, il lui fallait d’abord s’émanciper du judaïsme et de l’esprit Juif.

I. Marx antisémite ?

zimmermann_propagandafilm_html_m4939d860.jpgContrairement à Bruno Bauer, Marx, avec une pertinence supérieure d’autant qu’il connaissait bien son sujet, définissait lesbruno4.jpg Juifs par leur religion qu'il identifiait avec le culte pratique de l'argent : « Le monothéisme du juif est donc en réalité le polythéisme des besoins multiples », il ajoutait : « L'Argent est le dieu jaloux d'Israël devant qui nul autre dieu ne doit subsister. [...] Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l'utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L'argent. Eh bien, en s'émancipant du trafic et de l'argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l'époque actuelle s'émanciperait elle-même.» [2]

 

 

 

 

 

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« La nationalité chimérique du Juif

est la nationalité du commerçant, de l'homme d'argent. »

 

 

 

LIBRE PAROLE ILLUSTREE 71-1.jpgPour lui, judaïsme et bourgeoisie étaient donc équivalents, d'où découlera le devoir politique selon-lui, de supprimer le judaïsme pour supprimer la société bourgeoise. Sa critique est pour le moins radicale :

 

- « Le dieu des Juifs s'est sécularisé et est devenu le dieu mondial. Le change, voilà le vrai dieu du Juif. Sonren.jpg dieu n'est qu'une traite illusoire. (…) L'idée que, sous l'empire de la propriété privée et de l'argent, on se fait de la nature, est le mépris réel, l'abaissement effectif de la religion, qui existe bien dans la religion juive, mais n'y existe que dans l'imagination. C'est dans ce sens que Thomas Münzer déclare insupportable e que toute créature soit transformée en propriété, les poissons dans l'eau, les oiseaux dans l'air, les plan­tes sur le sol : la créature doit elle aussi devenir libre

Ce qui est contenu sous une forme abstraite dans la religion juive, le mépris de la théorie, de l'art, de l'histoire, de l'homme considéré comme son propre but, c'est le point de vue réel et conscient, la vertu de l'homme d'argent. Et même les rapports entre l'homme et la femme deviennent un objet de commerce ! La femme devient l'ob­jet d'un trafic. La nationalité chimérique du Juif est la nationalité du commerçant, de l'homme d'argent. » [3]

Marx aurait ainsi, d’après certaines interprétations, écrit un pamphlet non pas simplement antijudaïque mais antisémite qui devait peser lourdement sur les théories des mouvements révolutionnaires face aux Juifs.

Ainsi, de l’Histoire de l’antisémitisme de Léon Poliakov, en 1951 [4], au Marx de Jean Ellenstein, en 1981 [5], et à la Géographie de l’espoir de Pierre Birnbaum, en 2004 [6], Karl Marx, l’auteur du Capital fut désigné comme « antisémite ». Ce petit-fils de rabbin, fils d’un converti au protestantisme et lui-même baptisé protestant par son père en 1824, se serait empêtré dans la « haine de soi ». Robert Misrahi, dans un Marx et la Question Juive, en 1972, avait été jusqu’à l’accuser d’avoir écrit « un des ouvrages les plus antisémites du XIXe siècle », où serait même lancé, suggérait-il, un « appel au génocide » [7]. Qu’en est-il réellement, que soutint et défendit véritablement Marx dans cet ouvrage ?

II. L’antisémitisme philosophique en Allemagne

 

14-05.jpgW. Marr, dans un pamphlet qui eut un certain retentissement, même en France : « La victoire du Judaïsme sur le Germanisme »,Feuerbach.jpg déclarait : « l'Allemagne était la proie d'une race conquérante, celle des Juifs, race possédant tout et voulant judaïser l'Allemagne, comme la France d'ailleurs », il concluait en disant « la Germanie est perdue ». [8] Max Stirner, anarcho-individualiste à la radicalité plus encore brutale, écrivait des Juifs : « Ces enfants vieillottement sages de l'antiquité, n'ont pas dépassé l'état d'âme nègre. Malgré toute la subtilité et toute la force de leur sagacité et de leur intelligence qui se rend Maîtresse des choses avec un facile effort et les contraint à servir l'homme, ils ne peuvent découvrir l'esprit qui consiste à tenir les choses pour non avenues. » [9]

 

Une autre forme de l'antisémitisme philosophique se retrouve chez Duhring qui, en plusieurs traités, pamphlets et livres, attaquait l'esprit sémitique et la conception sémite du divin et de la morale, qu'il opposait à la conception des peuples du Nord. Poussant logiquement jusqu'au bout les conséquences de ses prémisses, et non sans quelques exagérations et inexactitudes, il attaquait injustement le christianisme qui était pour lui la dernière manifestation de l'esprit sémitique : « Le christianisme, disait-il, n'a surtout aucune morale pratique qui, non susceptible de double interprétation, serait utilisable et saine. Par conséquent, les peuples n'en auront fini avec l'esprit sémitique que lorsqu'ils auront chassé de leur esprit ce deuxième aspect actuel de l'hébraïsme. »

 

Nous le voyons, c’est donc l’ensemble de la philosophie allemande qui combattait à l’époque l'esprit juif qu'elle considérait comme essentiellement différent de l'esprit germanique et qui figurait pour elle le passé en opposition avec les idées du présent. Tandis que « l'Esprit » se réalisait dans l'histoire du monde, tandis qu'il marchait, les Juifs restaient à un stade inférieur, le mercantilisme usurier. Telle était la pensée de Hegel et celle de ses disciples de gauche, Feuerbach et Arnold Ruge. [11]

 

III. Schopenhauer et le foetor judaïcus

 

Schopenhauer.jpgSchopenhauer, de son côté, ne modérait pas sa plume et refusait aux Juifs les droits politiques, parce qu'ils « sont et restent un peuple étranger » [11]. Il allait jusqu’à parler à leur sujet de « puanteur juive » ! Il écrit : « Il faut vraiment être bouché, avoir été endormi comme au chloroforme par le foetor judaïcus pour méconnaître celte vérité : que dans l'homme et la bête, c'est le principal, l'essentiel qui est identique, que ce qui les distingue, ce n'est pas l'élément premier en eux, le principe, l'archée, l'essence intime, le fond même des deux réalités phénoménales, car ce fond, c'est en l'un comme en l'autre la volonté de l'individu; mais qu'au contraire, cette distinction, c'est dans l'élément secondaire qu'il faut la chercher, dans l'intelligence, dans le degré de la faculté de connaître chez l'homme, accrue qu'elle est du pouvoir d'abstraire, qu'on nomme Raison, elle s'élève incomparablement plus haut; et pourtant, cette supériorité ne tient qu'à un plus ample développement du cerveau, à une différence dans une seule partie du corps, et encore, cette différence n'est que de quantité. » [12]

 

Ailleurs, allant plus loin, il explique, en raison de son pessimisme athée : « Un Dieu comme ce Johavah (sic), qui animi causa, pour son bon plaisir et de gaîté de cœur produit ce monde de misère et de lamentations et qui encore s'en félicite, voilà qui est trop. Considérons donc à ce point de vue la religion des Juifs comme la dernière parmi les doctrines religieuses des peuples civilisés, ce qui concorde parfaitement avec ce fait qu'elle est aussi la seule qui n'ait absolument aucune trace d'immortalité. » [13]

III. L’essence judaïque de la société selon Marx

180_193_org_upload_wikimedia_org__2Fwikipedia__2Fcommons__2Fthumb__2F9__2F94__2FAntisemiticroths_jpg__2F180px-Antisemiticroths_jpg.jpg

« L’émancipation sociale du juif,

c’est l’émancipation de la société du judaïsme. »

 

1818%20YoungerMarx.jpgMarx, beaucoup plus froidement, et avec une distance analytique qui caractérisera ses ouvrages futurs, décrivait lagws_rothschild_01-775580.jpg situation du Juif en Europe à son époque. Il est enfermé dira-t-il, dans « le trafic » et « l’argent », suscitant de par son comportement bassement vénal une inévitable caricature sociale du « judaïsme ». Vu sa place dans la société bourgeoise, le Juif incarne donc l’essence judaïque de cette société, il montre en quoi l’ensemble du système capitaliste libéral est une construction qui ne s’explique, et ne trouve d’explication que par le « judaïsme ». La société contemporaine pour Marx est une monstruosité car elle vit courbée devant le dieu Mammon, elle est érigée sous « l’empire de la propriété privée et de l’argent ».

Alexis Lacroix soutient, s’interrogeant sur le texte de Marx : « L’humanisme réel » déployé dans « La Question juive » est révolutionnaire dans ce sens qu’il fusionne une promesse d’émancipation de l’humanité avec un programme d’éradication du judaïsme – c’est-à-dire du juif dans son identité. Non pas que Marx sous-entende que, par soi, la « suppression » du juif entraînerait la fin du capitalisme. Mais un impensé organiciste anime secrètement ses diatribes : à ses yeux, protéger la communauté, c’est d’abord la protéger du juif, puisque le juif est le premier responsable du capitalisme qui la corrompt. » [14] Lacroix, relaye volontairement la thèse contemporaine selon laquelle toute critique du judaïsme est de l’antisémitisme. Ce n’est pas nouveau : le philosophe américain Dagobert Runes publiait en 1960 le texte de Marx en l’intitulant : A world without Jews (Un monde sans Juifs) de manière à faire croire que Marx était un adepte de la « solution finale ». [15]

Conclusion

LA FEUILLE 7.jpgCe discours, qui ne brille pas par son intelligence, s’empêche, concrètement, de voir ce que dénonçait exactement Marx, ce qu’il mettait en lumière dans « La Question Juive », à la suite de Schopenhauer, Hegel et Feuerbach, à savoir qu’il y a un problème interne au judaïsme qui fait de sa présence au sein de la société un facteur de corruption, puisque participant au développement non contrôlé de l’argent et des puissances usurières qui en arrivent à dominer tous les secteurs de la vie sociale.

C’est ce qu’il décrit en des lignes relativement explicites dans « La Question Juive » :

- « La ténacité du Juif, nous l'expliquons non par sa religion, mais plutôt par le fondement humain de sa religion, le besoin pratique, l'égoïsme.

 

C'est parce que l'essence véritable du Juif s'est réalisée, sécularisée d'une manière générale dans la société bourgeoise, que laLa feuille3.jpg société bourgeoise n'a pu convaincre le Juif de l'irréalité de son essence religieuse qui n'est précisément que la conception idéale du besoin pratique. Aussi ce n'est pas seulement dans le Pentateuque et dans le Talmud, mais dans la société actuelle que nous trouvons l'essence du Juif de nos jours, non pas une essence abstraite, mais une essence hautement empirique, non pas en tant que limitation sociale du Juif, mais en tant que limitation juive de la société. Dès que la société parvient à supprimer l'essence empirique du judaïsme, le trafic de ses conditions, le Juif est devenu impossible, parce que sa conscience n'a plus d'objet, parce que la base subjective du judaïsme, le besoin pratique, s'est humanisée, parce que le conflit a été supprimé entre l'existence individuelle et sensible de l'homme et son essence générique.

 

[...]

 

Nous reconnaissons donc dans le judaïsme un élément antisocial général et actuel qui, par le développement historique auquel les Juifs ont, sous ce mauvais rapport, activement participé, a été poussé à son point culminant du temps présent, à une hauteur où il ne peut que se désagréger nécessairement.

 

Dans sa dernière signification, l'émancipation juive consiste à émanciper l'huma­nité du judaïsme. » [16]

S’appuyant sur ce raisonnement, où les conditions mêmes qui pourraient entraîner la libération de la société sont nettement indiquées, la conclusion de Marx sera logiquement sans appel : « L’émancipation sociale du juif, c’est l’émancipation de la société du judaïsme. »

 

Notes.

1. En 1843, Bruno Bauer, qui venait de perdre son enseignement à l’université de Bonn en raison de ses diatribes antireligieuses, publia deux livres : La Question Juive, et L’Aptitude des juifs et des chrétiens d’aujourd’hui à devenir libres. Il s’y interrogeait sur les prétentions des juifs d’Allemagne à revendiquer leur émancipation politique.

2. K. Marx, La Question Juive, 10/18, 1968.

3. Ibid.

4. Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, réédition en 2 volumes, coll. « Pluriel/Hachette », 1981.

5. Jean Ellenstein, Marx, Fayard, 1981.

6. Pierre Birnbaum, Géographie de l’espoir. L’exil, les Lumières, la désassimilation, Gallimard, 2004.

7. Robert Misrahi, Marx et la question juive, Gallimard, 1972.

8. W. Marr, Der sieg das Judenthum uber das Germanthum, Berne, 1879.

9. M. Stirner, Der Einzige und sein Eigenthum, 1882.

10. L. Feuerbach, L'essence du christianisme ; Arnold Ruge, Zwei Yahre.

11. A. Schopenhauer, Ethique, droit et politique,

12. A. Schopenhauer, Fondement de la morale, trad. d'Auguste Burdeau [1879], introd. et notes d'Alain Roger, Le Livre de poche, 1991, p. 194 sqq.

13. A. Schopenhauer, Parerga und Paralipomena, t. Il, chap. XII, 1874, p. 312.

14. Alexis Lacroix, Le Socialisme des imbéciles, La Table ronde, 2005.

15. H. Draper, Karl Marx’s theory of revolution, v. 1, 1977.

16. K. Marx, La Question Juive, op. cit.

 

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LA QUESTION JUIVE

 

Nous mettons à la disposition des lecteurs le dernier chapitre de conclusion de « La Question Juive » (1844), texte peu connu et rarement édité, pour les raisons que l’on imagine aisément, que Marx écrivit afin de proposer une solution à la résolution du problème posé par la présence du judaïsme à l’intérieur des sociétés modernes.

Marx n’hésite pas à mettre en relation l’aliénation et la domestication des peuples et des nations par les puissances mercantiles et usurières, et ce qu’il nommait clairement comme étant la domination universelle de « l’esprit Juif ».

On notera que ce dernier chapitre s’intitule : « la capacité des juifs et des chrétiens actuels de devenir libres ». Pour Marx, cette capacité à recouvrer la liberté passait par un unique remède qu’il n’est pas inutile de rappeler : « émanciper l’humanité du judaïsme ».

 

LA QUESTION JUIVE.pdf

 

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vendredi, 16 octobre 2009

La Sainte Inquisition : une institution nécessaire !

 

‘‘ R e c e d a n t  +  T e n e b r a e  +  P e c c a t i ’’

 

 

  

jean_paul_laurens_pape_et_inquisiteur_1882_mba_bordeaux.jpg

 

Ce Tribunal est doux et miséricordieux,

il combat le péché pour le bien des âmes,

et s’il s’entoure d’un appareil apte à frapper l’imagination,

c’est surtout pour éviter d’user de violence envers le pécheur.

 

 

 

60697_1.jpgLe télescopage de deux évènements, l’un scandaleux, soit les frasques immondes d’un ministre de la Culture etafmi.jpg de la Communication adepte du tourisme sexuel et amateur de prostitués masculins asiatiques, et la sortie en salle d’un film grotesque baptisé « Rose & Noir », film ridicule charriant à grandes eaux maladroites tous les poncifs d’une pestilentielle infra-culture dominante antichrétienne (mélange ethnique, homosexualité, haine de l’Eglise, etc.), est de nature à susciter une profitable réflexion sur ce qu’il faudrait entreprendre pour que s’engage un possible recul des ténèbres actuelles dans lesquelles s’enfonce un monde en perdition, ténèbres infectes qui sont en fait, concrètement, celles du péché  !

 

 

inquisition_p50.jpgEn effet, les vomissures abjectes qui s’exposent à la « une » des journaux, radios et télévisions, ne sont pas sans devoir nous pousser à entreprendre une interrogation approfondie à propos de la place fantastique prise par ces dites « ténèbres du péché » au sein de la cité d’aujourd’hui. A ce titre, ce n’est sans doute pas pour rien que sous l’Ancien Régime, à l’intérieur duquel la séparation fatale entre le religieux et le politique n’était pas encore advenue, on n’hésitait pas à livrer au Tribunal de l’Inquisition et soumettre à « La Question » quiconque pouvait être suspect de répandre les germes fétides de la corruption à l’intérieur de la société. Rappelons que le châtiment pour le coupable consistait le plus souvent en une mise au « pilori », devenant ainsi par dérision, l’objet de la honte publique - le fautif, sous un accoutrement grotesque étant flétri par les rires, les quolibets et les sarcasmes du peuple. Telle était la raison de la tenue de l’hérésiarque, rendue célèbre par Goya, avec laquelle étaient justement exhibés les pécheurs.

 

I. Les bienfaits de la Sainte Inquisition

 

 

inquisiteur.jpgJoseph de Maistre (1753-1821), le génial penseur de la contre-révolution catholique, à une époque de décadence quipreview_small.jpg accouchera du fruit empoisonné de la Révolution de 1789, le XVIIIe siècle, époque pervertie pas si éloignée de la nôtre du point de vue moral qui, de plus en plus, n’en comprenait plus le rôle, l’importance et la nécessité, exposa clairement les avantages des châtiments inquisitoriaux, et la place fondamentale du Tribunal de la Sainte Inquisition :

 

- « […] Il n’y a rien de si juste, de si docte, de si incorruptible que les grands tribunaux espagnols de la sainte Inquisition, et si, à ce caractère général, on ajoute encore celui du sacerdoce catholique, on se convaincra, avant toute expérience, qu’il ne peut y avoir dans l’univers rien de plus calme, de plus circonspect, de plus humain par nature que le Tribunal de l’Inquisition. » [1]

 

 

goya_inquisition.jpg

 

On ne devrait pas hésiter à livrer au Tribunal de l’Inquisition

et soumettre à « La Question » ceux qui répandent

les germes fétides de la corruption à l’intérieur de la société !

 

 

 

Pourquoi n’y a-t-il rien de plus calme, de plus humain par nature que ce saint Tribunal ? Maistre nous l’explique :

 

- « Dans ce tribunal établi pour effrayer l’imagination, et qui devait être nécessairement environné de formes mystérieuses et sévères pour produire l’effet qu’en attendait le législateur, le principe religieux conserve néanmoins toujours son caractère ineffaçable. Au milieu même de l’appareil des supplices, il est doux et miséricordieux, et parce que le sacerdoce entre dans ce Tribunal, ce Tribunal ne doit ressembler à aucun autre. En effet, il porte dans ses bannières la devise nécessairement inconnue à tous les tribunaux du monde : ‘‘MISERICORDIA ET JUSTITIA’’. » [2]

 

Oui, ce Tribunal est doux et miséricordieux, il combat le péché pour le bien des âmes, et s’il s’entoure d’un appareil apte à frapper l’imagination, c’est surtout pour éviter d’user de violence envers le pécheur. Le comte chambérien poursuit :

 

 

- « La miséricorde siège donc avec la justice et la précède même: l’accusé traduit devant ce tribunal est libre de confesser sa faute, d’en demander pardon, et de se soumettre à des expiations religieuses. Dès ce moment le délit se change en péché, et le supplice en pénitence. Le coupable jeûne, prie, se mortifie. Au lieu de marcher au supplice, il récite des psaumes, il confesse ses péchés, il entend la messe, on l’exerce, on l’absout, on le rend à sa famille et à la société. » [3]

 

Ce traitement conféré par la Sainte Inquisition, n’était-il pas préférable à cet étalage impudique des crimes auquel on assiste de nos jours ? Le repentir sincère du coupable, entendant la messe, rendu à sa famille après s’être purgé de ses péchés, n’était-il pas un signe exemplaire de la miséricorde de l’Eglise et un témoignage frappant de ce que pouvait faire le Ciel pour laver l’âme du pécheur ?

 

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Le martyr de l’Inquisiteur, saint Pedro de Arbués,

assassiné par les Juifs en 1485 alors qu'il était en prière,

canonisé par le pape Pie IX en 1867.

 

 

 

 

II. Tragique corruption de la signification du péché

 

192-Torquemada_preview.jpgCertes, on considèrera que les temps sont révolus pour de telles pratiques, qui ont pourtant fait leurs preuves, et qu’il6270.jpg convient en notre siècle d’impunité généralisée, de juger sévèrement les obscurs contrevenants, de punir de façon inflexible « les petits, les sans grades, les oubliés de la vie » [4], et d’absoudre les puissants, donnant un spectacle révoltant qui encourage à la ruse, au mensonge, à la tromperie, à la dissimulation et conduit au mépris définitif de l’autorité. Comprenne qui pourra ?

 

Ce qui nous importe, par delà ces évidentes disparités du lamentable désordre laïc et républicain, c’est le constat que l’on peut établir, au regard de la hideuse peinture que la société moderne donne d’elle-même et place sous nos yeux étonnés, à savoir que le péché est devenu un état de normalité ! La faute est à présent admise et regardée comme participant d’un ordre habituel. Or, le péché, le monde l’oublie volontairement, est intrinsèquement lié au règne des ténèbres. Il est le signe de la domination de l’infection corporelle, psychique et spirituelle. Il est la marque de l’Adversaire ; sa signature directe !

 

Mais ces ténèbres du péché, demanderont certains, quelles sont-elles véritablement ? Que sont réellement ces marques de la réprobation et du mal ? Comment distinguer et purger socialement les affres de la décadence des mœurs, éradiquer les vices et mettre fin, ou du moins sérieusement limiter l’exploitation industrielle des émois et des palpitations irrationnelles de la chair ? Disposons-nous effectivement d’une analyse capable d’éclairer les cœurs et les intelligences sur ces sujets fondamentaux, autre que celle proposée par l’Eglise ?

 

Evidemment, d’innombrables ouvrages emplissent, jusqu’à les saturer, les rayons des bibliothèques, et l’interrogation, placée à la racine matinale de la pensée, ne cesse de traverser l’esprit des penseurs depuis l’aube des temps, en particulier s’agissant du mal et de son traitement. Cependant, hélas ! nous assistons de plus en plus aujourd’hui à une hideuse transformation juridique, comportementale, littéraire et même religieuse sous l’influence des normes empuanties du monde qui se sont introduites à Rome sous la force de l’esprit de Vatican II, de l’authentique doctrine du péché.

 

Schopenhauer.jpgLes études, les thèses, les ouvrages publiés depuis plusieurs décennies, tendent vers une sorte de verbiage superficielnietzsche.jpg dénué de substance essentielle, transformant la pensée en de mauvais romans pour kiosque de gare. Dans la sphère non religieuse, on ne compte plus en philosophie, chez les auteurs à la mode, les pénultièmes dissertations sur Spinoza, Schopenhauer, l’inévitable Nietzsche, Sartre, Ricoeur, Deleuze, Lévinas, etc., toujours et encore ressassant les mêmes sempiternelles banales balivernes, dont l’unique objet est de peindre les émois, les doutes et les petites peines existentielles, des éternels étudiants assistés, narcissiques victimes consentantes de la modernité.

 

La religion, sachant qu’il n’y en a qu’une qui puisse revendiquer cette dénomination, à savoir la sainte religion chrétienne (héritière de la Révélation primitive et du mosaïsme biblique elle seule reçoit son origine d’une source pure et divine faisant d’elle la Tradition au sens authentique et surtout générique du terme), reste donc le domaine, alors que l’ensemble de la réalité sociale, économique et politique, est soumise à une terrible réification, encore en mesure d’autoriser une réflexion essentielle sur l’homme, soit celle de son rapport au religieux.

 

Toutefois elle aussi, par l’effet des mouvements de mode et de la fluctuation des tendances, est devenue l’objet des esthètes oisifs et des vanités bavardes désoeuvrées qui peuplent les salons où flottent surtout en guise de pieuse odeur, avec insistance, non l’encens avec lequel on devrait honorer le Créateur dans le secret des chapelles, mais celle du de tabac froid et de la morne non-pensée. Elle est devenue « tendance », fait vendre des livres, et l’on porte le catholicisme en ville chez certains très mauvais scribouillards qui ont pour noms Sollers, Hadjadj, Dantec, etc., comme une marque de puant snobisme.

 

III. Le nécessaire retour au catholicisme de combat

 

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Le cardinal Fernando Nino de Guevara

(Greco)

 

Grand inquisiteur puis archevêque de Séville.

 

 

473px-El_caballero_de_la_mano_en_el_pecho_(2008).jpgIl est donc vital de mettre en œuvre une démarche nouvelle, d’effectuer, en rompant avec les schémas obsolètes de la modernité, une reprise ontologique du domaine sacré, non par une nouvelle « pause » mondaine à la futilité passagère, mais par une étude attentive des pervers fondements de l’exécrable monde héritier des fruits mortifères de la Révolution. L’installation de la corruption généralisée que nous connaissons : effondrement des valeurs, dégradation des mœurs, perte du sens de la religion, négation du caractère sacré de l’enfant, etc. Tout cela représente un tel naufrage, qu’il faut, à l’évidence, un certain équilibre pour éviter d’être saisi par un puissant vertige, mais surtout une authentique virilité spirituelle pour réagir en Chevalier chrétien ! [5]

 

Ce n’est pas pour rien que l’ultime modèle dont s’est doté ce système satanique pour conduire son œuvre de perdition généralisée, est le libéralisme qui étend avec une efficacité redoutable son règne sur l’ensemble de la planète [6]. Sans que l’on n’y prenne garde et quasi invisiblement alors que beaucoup l’ignorent (le marxisme, frère jumeau du libéralisme en tant que système politique a quasi disparu, ou est en voie de disparition), l’idéologie libérale s’est généralisée au sein d’un monde qui ne pense qu’en termes d’évolution, de devenir, de plaisir, de jouissance, de légèreté des mœurs, de satisfaction immédiate, de frénésie licencieuse.

 

a) L’enfer du libéralisme

 

Pour la société libérale, l’individu, détaché et coupé de son « être historique », est le sujet-objet vivant, enchaîné à la nécessité techno-industrielle, financière et consumériste, devenant une abstraction, un rouage finalisé du mécanisme mondial de production et de valorisation. Le devenir technique et monétaire du monde, a arraché, et arrachera l'homme à toute assise stable, le réduira au simple rang d'objet, plongé de gré ou de force dans le mouvement historique du devenir spéculatif, technique et hédoniste.

 

L'humanité, il est vrai, se meurt depuis toujours, ou du moins depuis la Chute, dans le fétichisme qui constitue son mode aliéné d'existence et de conscience. Les objets de la production, s'opposent donc fatalement à l'homme comme un être étranger, comme une puissance indépendante, et il est donc vital que la réflexion critique, qui est une tâche de la métaphysique comme de la philosophie véritable, puisse partir, en mettant à la question la conception libérale de l’homme, de l'existant, de « l'être-là » (Dasein), rivé et jeté au monde, qui sans l’apport de la Révélation, serait dans une situation de délaissement moral absolument total et tragique.

 

b) Sagesse d la société traditionnelle d’Ancien Régime

 

La société traditionnelle n’était donc pas pour rien profondément religieuse, car l’essence de l’homme, faute d’une raison suffisante et d’un discernement des causes, ne peut se penser, se comprendre, s’interpréter, que par l’entremise de la Révélation qui est à la fois un don et une grâce. On perçoit ainsi pourquoi, souhaitant abattre la civilisation d’Ancien Régime, la modernité s’est tout d’abord, et en priorité, attaquée à la religion ; le laïcisme et la déchristianisation devenant le cri de guerre d’un monde désireux d’en finir avec les anciens cadres spirituels.

 

C’est pourquoi, toute tentative de dénonciation des valeurs erronées de la modernité, comme d’une remise en lumière des vérités du christianisme, doit et ne peut passer, que par une dénonciation des conceptions démiurgiques du libéralisme.

 

IV. En finir avec l’humanisme athée

 

Feuerbach.jpgOn trouve la meilleure formulation de la conception matérialiste qui peu à peu s’est imposée, chez Feuerbach (1804-1872) qui affirma : « le secret de la théologie c'est l'anthropologie » [7]. Le pari de l'athéisme humaniste porta de ce fait sur l'homme, et sur l'homme uniquement, car dans cette conception il était impossible de pouvoir accéder à Dieu. Ainsi l'humanisme feuerbachien s’est placé au sein d'une problématique nominaliste qui ne cessa de préoccuper la théologie protestante, soit la question du « pro me, pro nobis » de Luther, d’un Dieu existant que pour autant qu'il existe pour nous. Les théologiens protestants, et à leur suite les théologiens modernistes catholiques qui imposèrent leurs thèses lors du dernier concile, se sentiront d'autant plus attirés par l'humanisme feuerbachien que celui-ci se situera dans une sorte de prolongement de Luther, voilà pourquoi Hans Ehrenberg, Karl Heim et Karl Barth lui reconnaissent aujourd'hui d'avoir posé le problème religieux au niveau où il doit se situer pour eux, c'est-à-dire ni au niveau historique, ni au niveau philosophique ou métaphysique, ni théologique, mais au niveau des aspirations humaines.

 

Feuerbach lui-même soulignera que sa tentative de transformer la théologie en anthropologie (c'est-à-dire de redécouvrir l'homme sous lesLuther.jpg revêtements de la divinité), rejoignait les efforts de la théologie luthérienne : « Le mode religieux ou pratique de cette humanisation fut le protestantisme, dit-il, seul Le Dieu qui est homme, le Dieu humain, le Christ, est le Dieu du protestantisme. Le protestantisme ne se préoccupe plus, comme le catholicisme, de ce qu'est Dieu en lui-même, mais seulement de ce qu'il est pour l'homme ; aussi n'a-t-il plus de tendance spéculative ou contemplative, comme le catholicisme ; il n'est plus théologie - il n'est que christologie, c'est-à-dire anthropologie religieuse ». [8]

 

Or cette œuvre de la nature, précisément, est pour la pensée moderne, dissimulée par le discours religieux, qui s'oppose fatalement à l'homme comme un être étranger, comme une puissance indépendante, d’où la célèbre formule de Marx : « la religion c'est l'opium du peuple » [9]. Brutale affirmation qui donna lieu à de nombreuses, et souvent inexactes interprétations. Pour Marx, dont finalement l’athéisme contemporain est largement redevable, l'essence d'une critique du fait religieux s'enracine dans une volonté d’émancipation de l’homme. Emancipation de ses besoins afin de parvenir, car il ne peut en être autrement, à une satisfaction de ses désirs les plus secrets.

 

V. Les fruits pervers de la liberté

 

inquisition-01.jpgCette émancipation, après deux siècles d’éloignement à l’égard de la religion, nous en mesurons à présent les terribles effets. Ainsi donc, commedamned_inquisition_hi.jpg nous le savons, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère depuis que l’humanité, incapable de se diriger de par une dégradation de ses facultés, est victime de ses passions et soumise à ses vices. Il faut, dès lors, que s’impose à tous un ordre, un Ordre qui soit d’Eglise car elle seule possède une essence divine, les hommes étant incapables de forger par eux-mêmes une loi qui soit juste, bonne et raisonnable.

 

Dans ces conditions, s'il ne peut y avoir de politique naturelle fondée en raison, s'il n'est pas possible d'instaurer une organisation de la société basée sur l'enseignement conféré par les lumières de l'intelligence que faut-il faire ? Tout simplement convenir, sans délai, de l'incapacité des moyens humains, des projets collectifs, des ambitions temporelles car, « aucune institution n'est solide ni durable si elle ne repose que sur la force humaine : l'histoire et le raisonnement se réunissent pour démontrer que les racines de toute grande institution sont placées hors de ce monde... Les souverainetés surtout n'ont de force, d'unité et de stabilité qu'en proportion qu'elles sont divinisées par la religion. » [10] Insupportable affirmation ? Inacceptable humiliation des facultés ? Mépris des causes secondes ? Dépréciation scandaleuse des possibilités contenues en l'homme ? Oui ! sans aucun doute. Car la force des souverainetés, la puissance du pouvoir, ne proviennent que d'en Haut, « ... cette force, c'est le Nom sur lequel les institutions reposent ; car rien n'est que par Celui qui est. » [11]

 

Le monde moderne accélère sa course démentielle vers une désorientation de plus en plus marquée et évidente, une société profane et apostate à l’égarement nauséabond, à présent dépourvue et vidée de toute dimension sacrée depuis la terrible Révolution satanique et antichrétienne de 1789, se précipite vers un abîme qui prend le visage de l’ignoble décadence contemporaine, le siècle étant entièrement livré aux mains des puissances de l’Enfer.

 

Conclusion

Théocratie.jpg
 
"Toutes les fois que vous verrez une grande institution,

approuvez tout sans balancer,

et bientôt l’examen philosophique récompensera votre confiance,

en vous présentant une démonstration complète

du mérite de toutes ces choses."

 

 

PiusV.jpgLa Tradition catholique n’est pas de l’archéologie, les chrétiens doivent avoir l’esprit tourné vers le futur, tout en sachantjoseph_hd.jpg qu’une force lancée en avant avec courage doit prendre appui sur un socle antérieur solide. Ce socle, c’est la Tradition ! “Que m’importe le passé en tant que passé, s’écriait Gustave Thibon, ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d’une tradition, c’est surtout à l’avenir que je pense ? Quand je vois pourrir une racine, j’ai pitié des fleurs qui demain sécheront faute de sève.” Telles sont donc les raisons de maintenir et défendre ardemment les éléments de la Tradition.

C’est pourquoi, à la faveur de la contre-révolution qui s’impose, réveillons les institutions salutaires, espérons, avant qu’il ne soit trop tard, pour que l’Histoire accorde un temps de redressement après les périodes ténébreuses que nous traversons. Prions pour le retour de la Sainte Inquisition !

Ecoutons, en conclusion, les précieux conseils de Joseph de Maistre, conseils qui peuvent nous être très utiles dans cette œuvre salvatrice de contre-révolution catholique que nous devons entreprendre pour sauver la France :

 

« L’Inquisition est en soi une institution salutaire,

qui a rendu les services les plus importants,

et qui a été ridiculement et honteusement calomniée

par le fanatisme sectaire et philosophique […]

je ne conseillerais jamais à une nation de changer ses institutions antiques,

qui sont toujours fondées sur de profondes raisons,

et qui ne sont presque jamais remplacées par quelque chose d’aussi bon.

 

Rien ne marche au hasard, rien n’existe sans raison.

L’homme qui détruit n’est qu’un enfant vigoureux qui fait pitié.

 

Toutes les fois que vous verrez une grande institution ou une grande entreprise

approuvée par les nations,

mais surtout par l’Église, comme la chevalerie, par exemple, les ordres religieux,

mendiants, enseignants, contemplatifs, missionnaires, militaires, hospitaliers, etc.;

les indulgences générales, les croisades, les missions, l’Inquisition, etc.;

approuvez tout sans balancer,

et bientôt l’examen philosophique récompensera votre confiance,

en vous présentant une démonstration complète du mérite de toutes ces choses.

Je vous l’ai dit plus haut, Monsieur, et rien n’est plus vrai :

la violence ne peut être repoussée que par la violence ». [12]

 

 

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+

 

« MISERICORDIA ET JUSTITIA »

 

 

180px-PeterArbues.jpg

 

Saint Pedro de Arbués (1441-1485)

 

Inquisiteur provincial pour le royaume d'Aragon

avec la couronne et la palme du martyr.

 

 

Notes.

 

1. Joseph de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, 1815.

 

2. Ibid.

 

3. Ibid.

 

4. N. Sarkozy, Discours au soir de son élection présidentielle, mai 2007.

 

5. On pourra être saisi d’écoeurement à la lecture d’un éditorial intitulé : "Eviter Massada" dans la très conciliaire revue La Nef du très couard Jacques de Guillebon, lorsqu’à l’initiative de jeunes volontés s’était constitué il y a quelques mois un mouvement visant à s’opposer, par la force si besoin, aux actions des immondes crapules d’Act Up qui voulaient salir la Papauté suite aux déclarations de Benoît XVI.

6. En tant que doctrine constituée, le libéralisme a été radicalement censuré et condamné par l’Eglise, qui l’a qualifié sous les termes de « rationalisme » et de « naturalisme » - la condamnation la plus explicite de cette hérésie figure dans la Constitution « De Fide » du Concile de Vatican I, en 1870.

7. L. Feuerbach, L'Essence du Christianisme, FM/Fondations, 1982.

 

8. Ibid.

 

9. K. Marx, Contribution à la Critique de la Philosophie du Droit de Hegel, Molitor, 1976. La véritable accusation portée contre la religion par Marx, estmarx.gif que l'homme de par l'emprise du concept religieux aliène, oublie son rôle dans l'oeuvre historique de son émergence sur la scène de l'Histoire. En ce sens il n'y a pas de séparation entre la pensée du jeune Marx et l'auteur du Capital, car entre le philosophe et l'économiste politique continue d'agir la critique historique, voilà pourquoi le matérialisme chez Marx présente une spécificité originale le rendant extrêmement différent de l'humanisme athée. Cette originalité distingue le matérialisme historique, en tant que conception et compréhension du développement de l'homme dans l'Histoire comme moteur de son propre devenir, de toute forme classique de la critique antireligieuse. La religion chez Marx est ainsi critiquée, sous un aspect peu connu, elle est accusée de séparer, de masquer l'essence créatrice de l'homme, d'organiser le « mensonge » social et historique. Dès 1844, Marx établira d'ailleurs une relation entre le « trafic », la fraude et la religion ; il met à jour, comme Nietzsche, une filiation sur ce point entre le judaïsme et le christianisme : « le fondement socio-économique du judaïsme est le commerce et l'usure, le culte temporel des juifs -le trafic- et leur dieu temporel l'argent- sont des projections fétichistes (...) la religion judaïque est la forme spiritualisée du commerce, en ce sens le christianisme est la pensée sublime du judaïsme, le judaïsme est la mise en pratique du christianisme » (K. Marx, La Question Juive, Aubier Montaigne, 1971.) Le christianisme, selon Marx, achève de séparer l'homme de l'homme, de masquer le véritable procès de son auto-émergence créatrice dans l'histoire, voilà pourquoi :  « la religion est la réalisation fantastique de l'essence humaine, parce que l'essence humaine c'est de ne pas avoir d'essence » (K. Marx, Manuscrits de 1844, Ed. Sociales, 1962.) La religion voile l'historicité fondamentale de l'être humain, voile le fait qu'il se crée, qu'il se forme, qu'il se produit par son action créatrice, qu'il constitue son « monde », en édifiant le monde. L'homme dans son action, dans sa praxis créatrice connaît les choses en agissant, il agit sur elles, il les transforme ; et sa connaissance « réfléchit », tel le miroir de Nicolas de Cuse, les principes créateurs de sa pensée. L'homme connaît le monde en créant son monde humain : en se créant. Pour Marx la « matière » est impliquée dans l'activité sensible, productrice et transformatrice de la praxis. Tant que le matérialisme se réduit à l'affirmation de la chose isolée (ce caillou, cet arbre etc...), il les comprend abstraitement, le matérialisme historique de Marx retrouve l'unité vivante de la relation, du nexus, dépassant en cela le vieux matérialisme et l'idéalisme religieux. En réalité Marx cherchera à rendre à la pensée sa force active celle qu'elle avait avant la séparation de la conscience et du travail, lorsqu'elle était directement liée à la pratique. « L'acte qui posa la pensée humaine et sépara l'homme de l'animal et de la nature fut un acte pleinement créateur, bien qu'il ait abouti à la scission interne de la réalité humaine. Il s'agit de retrouver, à un niveau supérieur, cette puissance créatrice totale » (H. Lefebvre, Le Matérialisme Dialectique, PUF, 1962.) En édifiant son système philosophique, Marx critiquera toutes les théories matérialistes antérieures qui n'ont pas saisi dans la réalité extérieure la matérialisation de l'activité humaine : « le principal défaut des matérialistes (et surtout Feuerbach), dit Marx, a toujours été de ne voir dans l'objet, dans la réalité, qu'une perception des sens et non ce qu'il contenait de réalité humaine, sensible. Si Feuerbach admet bien que les objets matériels soient distincts des objets de la pensée, il ne comprend pas ce que l'activité humaine a, en elle-même, d'objectif » (K. Marx, L'Idéologie Allemande ).

 

10. J. de Maistre, Réflexion sur le protestantisme dans ses rapports avec la Souveraineté.

 

11. J. de Maistre, Considérations sur la France, chap. V.

 

12. 01.jpgJ. de Maistre, op. cit. La suite de cette Lettre sur l’Inquisition est intéressante, décrivant exactement la manière dont les esprits sont pervertis : « On y pensera au milieu du siècle le plus irreligieux, lorsque personne ne songe à faire des fondations, et que tous les souverains semblent se concerter pour spolier l’Église au lieu de l’enrichir. C’est ainsi que la souveraineté est la dupe éternelle des novateurs, et que les nations se jettent dans l’abîme, en croyant atteindre une amélioration imaginaire, tandis qu’elles ne font que satisfaire les vues intéressées et personnelles de ces hommes téméraires et pervers. La moitié de l’Europe changera de religion pour donner une femme à un prêtre libertin, ou de l’argent à des princes dissipateurs; et cependant le monde ne retentira que des abus de l’Église, de la nécessité d’une réforme et de la pure parole de Dieu. On fera de même des phrases magnifiques contre l’Inquisition, mais cependant les avocats de l’humanité, de la liberté, de la science, de la perfectibilité, etc., ne demandent, dans le fond, pour eux et leurs amis, que la liberté de faire et d’écrire ce qui leur plaît. Des nobles, des riches, des hommes sages de toutes les classes, qui ont tout à perdre et rien à gagner au renversement de l’ordre, séduits par les enchanteurs modernes, s’allient avec ceux dont le plus grand intérêt est de le renverser. Inexplicables complices d’une conjuration dirigée contre eux-mêmes, ils demandent à grands cris pour les coupables la liberté dont ceux-ci ont besoin pour réussir. On les entendra hurler contre les lois pénales, eux en faveur de qui elles sont faites, et qui abhorrent jusqu’à l’ombre des crimes qu’elles menacent. C’est un délire dont il faut être témoin pour le croire, et qu’on voit encore sans le comprendre. » (Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, Lettre VI.)

 

 

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