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dimanche, 13 septembre 2009

René Guénon et le ténébreux « Roi du Monde »

 

ou le caractère sinistre d’une très classique

 théorie occultiste

 

 

 

rene-guenon-1925.jpg

 

Catholique apostat et ésotériste antichrétien,

René Guénon, avec le "Roi du Monde",

réutilise un mythe puisé chez les occultistes du XIXe siècle.

 

 

 

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« Le Roi du Monde

est en rapport avec les pensées

de tous ceux qui dirigent

la destinée de l’humanité… »

 

 

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 Dans « La Mission des Juifs » (1884)

l'occultiste Saint-Yves d’Alveydre, théoricien de la Synarchie,

 résumait l'Histoire avec une division en quatre âges

dont le dernier : le Kali Yuga

ramenait à l'âge d'or.

 

 

 

 

arton43-0552d.jpgLa  figure du « Roi du Monde », dont René Guénon (1886-1951), catholique apostat et ésotériste antichrétien, se9782070230082.gif fit l’avocat, est plus que discutable, ceci en raison de la grande opacité qui règne sur cette appellation à l’assonance inquiétante, et dont tout indique que nous sommes ici en présence d'un mythe douteux, puisé chez les occultistes du XIXe siècle.

 

Guénon formula la théorie du Roi du monde, car cette théorie réalisait la perfection d’une conception ‘‘administrative’’ de l’unité des religions. Toutes les religions, selon Guénon, sont des modifications secondaires d’une « Tradition primordiale » dont le dépôt est confié à un personnage mystérieux, le « Roi du monde », entouré de tout un ensemble de ‘‘fonctionnaires’’ sacrés qui assurent les relations du « Centre primordial », situé quelque part, sous terre, en Asie, avec les diverses formes traditionnelles.

 

I. Sources occultistes de Guénon

 

 

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Tout ce qui se trouve dans les ouvrages de Guénon,

est en réalité ce qui faisait l’essentiel

des thèses de l’occultisme.

 

 

 

 

SYAJuifs.JPGIl y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur cette thèse suspecte et ridicule propagée par les occultistes, et on est frappé par la réutilisation massiveFabreOlivet.jpg que fit Guénon des connaissances exposées chez Fabre d'Olivet (1767-1825) ainsi que celles présentées dans le ‘‘Peuple primitif’’ de Frédéric de Rougemont qui constitua pour lui une vraie mine et une riche documentation y puisant ses principales idées, en particulier celle de l'existence d'une « Tradition universelle » à la source de toutes les traditions, les notions de symbolisme, de Roi du Monde et de « Centre », les ternaires, le son originel OM, les religions asiatiques, les cycles cosmiques, etc.

 

saint-yves-alveydre.jpgPar ailleurs, Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909), autre occultiste célèbre, qui se trouve à la limite entre ceux que Guénon a lus et ceux qu'il a connus [1], dans « La Mission des Juifs » (1884) résumait l'histoire de la connaissance depuis le déluge dans le cadre d'un Kalpa 4.320.000.000 d'années, multiple des 432.000 ans du Manvantara avec une division en quatre âges dont le dernier : Kali Yuga ramenait l'âge d'or. « La Mission de l'Inde », parue en 1910 après la mort de Saint-Yves, développait le thème du centre spirituel de l'humanité :

 

-          « "l'Agartha", son organisation en différents cercles autour du Brahmatma, du Mahatma et du Mahanga (...) ce que Guénon reprit dans le Roi du Monde. L'ouvrage a été utilisé dans : Orient et Occident, La Crise du Monde moderne et l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues. (...)» [2]

 

On le constate, ce qui se retrouvera intégralement, quelques décennies plus tard, dans les ouvrages de Guénon, est en réalité tout ce qui faisait l’essentiel du discours classique de l’occultisme.

 

II. Recyclage des thèmes occultistes

 

 

Ce sont donc chez de vieux thèmes occultistes, que Guénon au début du XXe siècle, sous prétexte d’y "mettre de l’ordre", cherchera de fragiles éléments de crédibilité, en prenant fait et cause pour le témoignage recueilli par Ferdinand Ossendowski (1876-1945) qui fit publier un ouvrage, Bêtes, hommes et dieux (1924), dans lequel il relatait certains propos entendus à l'occasion d'un voyage qui le conduisit en Mongolie, propos assurant, accompagnés par des éléments plus ou moins tangibles, la réalité de l'existence de cette bien étrange figure royale.

 

 

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Ferdinand Ossendowski (1876-1945)

 

beteshommesdieux.jpgFerdinand Ossendowsky  rapporta dans son livre, Bêtes, hommes et dieux, les éléments légendaires circulant en Asie parmi les populations autour de l’existence du « Roi du Monde », et considérait que cette figure servait surtout des raisons d'ordre politique, comme il le déclarera, à la surprise des auditeurs, sans nul détour lors de la table ronde réunie en juillet 1924 par Frédéric Lefèvre, rédacteur en chef des Nouvelles littéraires, en présence de l'orientaliste René Grousset (1885-1952), de Jacques Maritain (1882-1973) et de René Guénon en personne : « Aucune nation de l'Asie, dira-t-il, n'étant assez forte pour soutenir temporellement l'impérialisme de la religion jaune, cette fonction a été dévolue à une humanité souterraine et à son chef (...) en attendant le nouveau Gengis-Khan. »

 

En revanche Guénon, imbibé de fables occultistes, contre toute vraisemblance, prit fait et cause pour la véracité de cette thèse, et s'opposera à  l'avis partagé à la fois par Ossendowsky et René Grousset, soutenant : « L'idée du Roi du Monde remonte en Asie à une haute antiquité et elle a toujours eu un rôle important dans la tradition hindoue et shivaïte qui forme le fond du bouddhisme tibétain. » 

 

III. Désorientation spirituelle de Guénon

 

 

35.jpg

 

 

Selon l'occultiste René Guénon, la Charité

est "un élément sentimental secondaire" !

 

 

TIgya083blog.jpgMaritain, de son côté, avec un très pertinent sens théologique, ayant peu de sympathie pour les fables orientales, se contentera de signaler toutsymboles.jpg d’abord qu'il y avait dans cette appellation, une malheureuse assonance avec ce que nous apprend l'Evangile lorsqu'il affirme : « le prince de ce monde est déjà jugé » (Jean 16, 11) ; il réagira cependant vivement, à juste titre, s’agissant d’une possibilité d’enrichissement ou « d’alliance » de la pensée chrétienne par l’Orient, par ces mots qui provoqueront un très instructif dialogue avec Guénon qui identifiera dans ses propos la « Charité » en tant qu’amour de Dieu, à « un élément sentimental…secondaire » :

 

- J. Maritain : ‘‘…l’alliance en question ne serait pour elle qu’une inadmissible subordination et la ruine de la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, entre la nature et la grâce. La théologie, appuyée sur les principes révélés de la foi, est la science suprême…’’.

 

- R. Guénon : ‘‘Non pas, elle n’est qu’une détermination de la métaphysique, je parle de la véritable et authentique métaphysique. Celle-ci va bien au-delà.’’

 

- J. Maritain : ‘‘Nulle science ne va au-delà de la foi révélée. De plus, la sagesse hindoue n’ignore-t-elle pas de façon complète, non seulement l’ordre de la moralité proprement dite, - ce que nous appelons mérite, péché, etc. – mais aussi l’ordre de la charité ?’’

-           

- F. Ossendowski : ‘‘Le peuple mongol est honnête, pacifique, profondément estimable ; il pratique l’hospitalité. Mais il n’y a en effet aucune place dans la religion jaune pour la charité au sens d’amour de Dieu.’’

 

- R. Guénon : ‘‘C’est là un élément sentimental et par conséquent secondaire.’’

 

J. Maritain : ‘‘Allons donc ! C’est une vertu toute spirituelle et toute surnaturelle. ‘‘Dieu est charité’’. C’est par elle seule que l’homme atteint la perfection, c’est par elle aussi, et par le don de sagesse qui en est inséparable, qu’a lieu la véritable contemplation. C’est par elle seule que l’Esprit peut régner parmi les hommes. Voilà le point capital sur lequel nul accord n’est possible avec l’intellectualisme absolu et l’ésotérisme hindous.’’ »

 

IV. Le Roi du Monde : figure ténébreuse !

 

 

Belphegor.jpg

 

"...Du cercueil commencent à sortir des banderoles

transparentes de lumière à peine visibles."

 

 

On le voit, Guénon professe des positions inacceptables du point de vue chrétien, et sa vision des plus hauts mystères de la Foi, est profondément obscurcie. Mais pour ce faire une idée de ce à quoi prête foi René Guénon, il est bon de connaître, pour notre édification, ce que rapporte exactement Ossendowski dans son texte, souvent évoqué, mais peu cité, où l’on découvre un Roi du Monde bien peu engageant, se livrant à des opérations spirites avec son prédécesseur afin de « guider » (sic) les puissants de la terre :

 

 

- « Le Roi du Monde parle longtemps, puis s’approche du cercueil, en étendant la main. Les flammes brillent plus éclatantes ; les raiessceau_theosophique_s.jpg de feu sur le mur s’éteignent et reparaissent, s’entrelacent, formant des signes mystérieux de l’alphabet vatannan. Du cercueil commencent à sortir des banderoles transparentes de lumière à peine visibles.

 

Ce sont les pensées de son prédécesseur. Bientôt le Roi du Monde est entouré d’une auréole de cette lumière et les lettres de feu écrivent, écrivent sans cesse sur les parois les désirs et les ordres de Dieu.

 

A ce moment le Roi du Monde est en rapport avec les pensées de tous ceux qui dirigent la destinée de l’humanité : les rois, les tsars, les khans, les chefs-guerriers, les grands-prêtres, les savants, les hommes puissants.

 

Il connaît leurs intentions et leurs idées. Si elles plaisent à Dieu, le Roi du Monde les favorisera de son aide invisible ; si elles déplaisent à Dieu, le Roi provoquera leur échec. Ce pouvoir est donné à Agharti par la science mystérieuse d’Om, mot par lequel nous commençons toutes nos prières. (…).» [3].

 

 

 

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"Le Roi du Monde parle longtemps,
puis s’approche du cercueil, en étendant la main..."

 

ct00101.jpgGuénon souscrivit sans aucune réserve aux assertions rapportées par Ossendowski, et devint le vigoureux propagandiste de cette thèse qui lui permettait de trouver quelques arguments supplémentaires allant dans le sens de ses vues au sujet de la présence d'un « Centre » situé dans une zone géographique inconnue, « Centre » détenteur des éléments cachés de la « Tradition primordiale », éléments conservés entre les mains d'un monarque régnant mystérieusement, par l'effet d'une autorité supérieure d'origine « non-humaine » en tant que « Roi du Monde » .

 

Sa plume se fait même étonnement vibrante, et il va, dans le « Roi du Monde », jusqu’à avaliser sans pouvoir s’appuyer sur aucune preuve tangible, la véracité de ce qu’avance Ossendowski avec une rare ardeur :  « M. Ossendowski dit parfois des choses qui n’ont pas leur équivalent dans la Mission de l’Inde, et qui sont de celles qu’il n’a certainement pas pu inventer de toutes pièces. »

  

Conclusion

 

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 Jacques Maritain dira de la doctrine de Guénon

qu'elle est :

« Un spécieux mirage qui mène la raison à l'absurde,

l'âme à la seconde mort ! »

 

 

Dorje.jpgPour comprendre le processus intellectuel qui amena Guénon à soutenir de telles aberrants délires, il suffit simplement de considérer que, dans l'esprit de Guénon, les restes de la « Tradition primordiale », bien que voilés, n'ont jamais cessé de perdurer et ont été préservés au sein de l'Agarttha, mythique cité invisible, endroit où réside le « Roi du Monde ».

 

Si les enjeux spirituels n'étaient pas d'une importance si déterminante, on pourrait, éventuellement, sourire à ces rêves quelque peu naïfs, porteurs d'un onirisme mythologique enfantin et imaginatif. Mais le caractère propre de ces affirmations amène, ceux qui y donnent leur consentement, à soutenir de telles aberrations au niveau de la foi et des fondements de la Révélation, qu'il faut se garder d'une trop grande bienveillance à leur sujet sous peine de se trouver en présence de convictions inacceptables, foncièrement négatrices des vérités de l'Ecriture.

 

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Le Roi du Monde est l'irréductible adversaire de l'Eternel

 

Que la terre pût posséder un « Roi du Monde », ou plus exactement un « Prince », tout nous le confirme puisque nous trouvons sa noire présence à tous les moments de la Révélation [3]. Mais que ce peu fréquentable monarque, irréductible adversaire de l'Eternel selon l’Ecriture, soit pourvu des attributs sacrés de la dignité sacerdotale, est une autre affaire, et l'on ne peut que convenir que c’est sans doute par l’effet de sortilèges maléfiques, que Guénon, profondément désorienté spirituellement, souhaita lui conférer un tel degré de reconnaissance sur le plan traditionnel. 

 

Jacques Maritain, qui établira rapidement la nature antichrétienne de la pensée de Guénon, définira solennellement la pseudo-connaissance ésotérique de Guénon qui voulait en faire l'herméneutique générale de la Tradition, comme :  "un spécieux mirage qui mène la raison à l'absurde, et l'âme à la seconde mort !" [5] On conviendra, à la lumière de ce qui vient d'être exposé s'agissant de la nature du "Roi du Monde", qu'il ne se trompait pas !

 

 

 

Notes.

 

1. S'il ne le rencontra pas lui-même, il fréquenta jusqu'à sa mort en 1921 un de ses disciples les plus remarquables Charles Barlet (1838-1921).

 

2. Cf. J.-P. Laurant, Le sens caché dans l'œuvre de René Guénon, ch. II. ‘‘Sept ans d'occultisme’’, 'Age d'Homme, 1975, pp. 27-41.

 

3.  F. Ossendowski, Bêtes, hommes et dieux, 1924, ch. 47 & 48.

 

4. Ce « Prince », ce « Roi du Monde », de son vrai nom Satan, est « plein de sagesse et parfait en beauté » (Ezéchiel 28, 12), il est capable de se dissimuler sous les traits d'un « ange de lumière » (2 Corinthiens 11, 14). Dominant sur tout ce qui existe, il est bien le « dieu », l'effectif « Roi du monde » des êtres trompés, et c'est pourquoi, à son tour, saint Jacques nous prévient : « Ne savez-vous pas que l'amitié du monde est inimitié contre Dieu ?  Quiconque voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).

 

5. J. Maritain, Les Degrés du Savoir, 1932.

 

19:25 Publié dans Esotérisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : religion, occultisme, christianisme, catholicisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Quel aveu et preuve de la part de Guénon de son éloignement impressionnant des principes chrétiens par cette déclaration à Maritain : "La Charité est un élément sentimental et par conséquent secondaire."

J'ignorais cet entretien entre Maritain et Guénon, ayant d'ailleurs entendu dire que Maritain avait demandé à Rome la mise à l'index des oeuvres de Guénon ce qui me semblait excessif. Mais là, je l'avoue, j'en reste vraiment stupéfait !

Écrit par : Hacquinières | dimanche, 13 septembre 2009

Mais comment René Guénon, qui n'était tout de même pas un sot, a-t-il pu conférer un crédit à des thèses aussi ridicules et fantaisistes ?

Écrit par : Ambroise | dimanche, 13 septembre 2009

L'analyse de Maritain est exemplaire lorsqu'il rejette l'idée d'une alliance doctrinale du catholicisme avec les religions orientales :

"l’alliance en question ne serait [pour la religion chrétienne] qu’une inadmissible subordination et la ruine de la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, entre la nature et la grâce."

Excellent résumé des dangers encourus par les séductions du syncrétisme.

Quant à ce qu'il rajoute, c'est un rappel fondamental ! la théologie ne peut être subordonnée à la métaphysique comme le souhaitait Guénon. Cela conduirait à la ruine de l'autorité ecclésiale et à la soumission immédiate de la Révélation scripturaire aux facultés logiques et déductives ; une régression faramineuse des critères d'autorité :

"La théologie, appuyée sur les principes révélés de la foi, est la science suprême…’’.

Écrit par : Sulpice | dimanche, 13 septembre 2009

"Malheurs à vous docteurs de la loi, parce que vous avez enlevez la clef de la gnose" Jésus-Christ.

A méditer...

Écrit par : Patrice | dimanche, 13 septembre 2009

@ Ambroise. Si Guénon était un parfait sot ! Jamais il ne se démarqua de son adhésion aux thèses occultistes qu'il prétendait réformer, même après son "installation" en islam au Caire. Sa gnose n'est en réalité qu'une reformulation, à nouveaux frais, de l'occultisme du XIXe.

Écrit par : Serrus | lundi, 14 septembre 2009

René Guénon: gnostique, islamique,avec son ami Julius Evola un des idoles de la droite antichrétienne et anticatholique aussi.

Écrit par : Jos | mardi, 15 septembre 2009

"Ne crains rien,
Je régnerai malgré mes ennemis
et tous ceux qui s'y voudront opposer!"
Sacré-Cœur à Paray-le-Monial, juin 1675.
Le vrai Roi de l'univers, c'est le Seigneur.

Écrit par : Jean-Marie MATHIEU | mardi, 15 septembre 2009

la «synarchie» alveydrienne se coule dans la mouvance des courants utopiques qui fleurissaient notamment en Angleterre aux XVIe et XVIIe siècles et qui n’est pas étrangère à la fondation de la franc-maçonnerie en ses sources traditionnelles et initiatiques. Par sa recherche d’une société idéale, la franc-maçonnerie, elle-même, constitue une utopie.

On sait que, plus récemment, entre les deux guerres, ce concept fut repris et réactivé par des comploteurs français désireux de renverser la République ; certains de ces synarques hantèrent les allées de l’État vichyste durant l’occupation.

À la sortie des presses, Saint-Yves détruisit tous les exemplaires de son ouvrage "La Synarchie", sauf un. En 1910, un an après sa mort, les «Amis de Saint-Yves» retrouvèrent cet exemplaire et en assurèrent la publication. Le titre complet de cet ouvrage est : « Mission de l’Inde en Europe, la question du Mahatma et sa solution». On voit donc à quel point Guénon puisa certaines de ses idées à propos du rôle et de la suprématie de l'Orient chez Saint-Yves d'Alveydre.

Écrit par : Arpaschad | mercredi, 16 septembre 2009

Cette idée saugrenue de "Roi du Monde", est une fantaisie qui montre, s'il en était encore besoin, le caractère peu sérieux des thèses de René Guénon.

Écrit par : Antoine La Croix de Berny | mercredi, 16 septembre 2009

La "Mission des Juifs", est un texte où sont nettement mises à jour les visions occultites de Saint-Yves d'Alveydre. Le livre est divisée en vingt-deux chapitres. Les quatre premiers forment un tout spécial traitant des principes généraux de l'Univers et de la connaissance qu'en avaient tous les peuples anciens ; les dix-huit derniers retracent l'histoire de l'humanité à travers plus de huit mille six cents ans, montrant que la loi sociale doit être définie par une "synarchie", instrument capable de diagnostiquer sûrement la résistance vitale d'une race, d'une nation et même d'une société.

Ce que Saint-Yves veut montrer, c'est que le principe de direction et domination de la loi sociale (la "synarchie") a été connu dès la plus haute antiquité, dès la "race rouge", et qu'il a été transmis dans les sanctuaires d'âge en âge jusqu'aux Egyptiens. De là, Moïse a choisi un peuple pour en transmettre la formule à travers les siècles, et Jésus une race pour la réaliser. De là le nom de Loi sociale Judéo-Chrétienne pour la "synarchie".

On notera par ailleurs, la profonde hostilité de Saint-Yves d'Alveydre pour la papauté et l'Eglise romaine, attitude qui se retrouvera évidemment ensuite chez son disciple Guénon.

Écrit par : Serrus | mercredi, 16 septembre 2009

Saint-Yves avait dédié la Mission de l'Inde " au Souverain Pontife qui porte la Tiare aux sept couronnes, au "Brahatmah" actuel de l'antique Paradisa Métropolitaine du Cycle de l'Agneau et du Bélier...c'est-à-dire au "Roi du Monde" guénonien !

Écrit par : Wendrock | mercredi, 16 septembre 2009

Peut-on savoir de qui est le tableau préent au début de l'article ?

De Blake ?

Écrit par : Xavier | mercredi, 16 septembre 2009

Il s'agit effectivement de William Blake (1757-1827), le génial et talentueux peintre visionnaire anglais (enfant il vit dans son jardin un arbre empli d'anges, un autre jour c'est Ezéchiel qu'il rencontre).

Le titre du tableau :

Le Grand Dragon Rouge et la femme aux habits de Soleil.

Titre original :

"The Great Rad Dragon and the Woman Clothed with the Sun".
(1806-1809)
34.3 x 42 cm
Brooklyn Museum, New York.


Il était judicieux de faire figurer cette toile en tête de cette note de Zacharias portant sur le "Roi du Monde", car le thème du Dragon est directement emprunté à l'Apocalypse dont il symbolise la bête :

"Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l'enfantement. Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d'un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s'apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu'auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s'enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu'elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours."

(Apocalypse 12 1-6)



http://www.youtube.com/watch?v=IHZB1v77egE


Poète remarquable, son hymne Jérusalem est toujours chanté en Angleterre par les écoliers :


"O Imagination Humaine,O Corps Divin que j'ai crucifié,
Je me suis détourné de Toi et j'ai arpenté les Déserts
de la Loi Morale:
Là Babylone a été bâtie sur le Désert! Fondée sur la
Désolation Humaine,
O Babylone, ton Gardien veille sur toi toute la nuit,
Ton Juge sévère tout le jour te justifie, O Babylone
Et ton goût des ruines en t'offrant tout ce que ton
coeur désire,
Mais Albion est abandonné au Potier et ses fils au
Constructeur
qui rebâtiront Babylone parce qu'ils ont meurtri
Jerusalem."


Une exposition vient de lui être récemment consacrée au Petit Palais à Paris :

http://www.republique-des-lettres.fr/10726-william-blake.php

http://www.dailymotion.com/video/x8zgv0_william-blake-le-genie-visionnaire_creation

Pour aller plus loin :

http://www.blakearchive.org/blake/

Écrit par : Radek | jeudi, 17 septembre 2009

Très chers commentateurs.
Pour descendre Guénon,il faut être beaucoup plus sérieux dans sa lecture et surtout dans sa critique. Qu'on le veuille ou non , la métaphysique ( celle qui aborde la question du NON-ETRE ) est bien au delà du discours religieux ou théologique. L'ésotérisme, tel qu'il exposé par Guénon, n'a rien à voir avec l'occultisme occidental particulièrement celui développé par les auteurs du XIX et XX siècle. Soyons sérieux et que la probité intelectuelle soit celle qui oriente nos analyses. ADAM

Écrit par : adam | vendredi, 02 octobre 2009

@ adam,


Vous nous proposez le type d'argument classique et archi-recuit des guénoniens, à savoir que la métaphysique est au-delà de la théologie et autorise un point de vue plus profond (sous-entendu ésotérique). C’est ce discours que reproduisent les fidèles disciples de Guénon lorsqu’ils sont rendus soudainement muets et hébétés face au patent égarement spirituel de leur triste maître à penser, se réfugiant dans un abris théorique encore plus fragile que les fables débitées sur l’Agarttha, le Roi du Monde ou la loi des cycles..

En effet, on voudrait de toute force, passant très rapidement sur les dérives de Guénon et ses positions théoriques absurdes, positivement occultistes est-il nécessaire d’y insister encore une fois car reprenant les thèmes principaux de toute la littérature occultiste du XIXe, nous faire admettre que la métaphysique dont se revendique l’auteur des « Etats multiples de l’être » est le domaine supérieur de la connaissance par excellence.

Or, la métaphysique de Guénon, qui est une reproduction plus ou moins fidèle des positions du non-dualisme moniste du penseur indien Shankara, n’a rien de très originale car délayant à grandes eaux maladroites les vieux refrains de l’hindouisme, et se signale surtout, unique singularité dette glose indigeste, par sa prétention à vouloir imposer son autorité à la théologie chrétienne.

Et sous quel prétexte s'il vous plaît ? Parce que Guénon affirme, farce suprême, qu’elle conduirait à la « libération », alors que la théologie ne concernerait que le « salut »...

Voilà un tour de passe-passe théorique miteux et grossier exécuté par un habile illusionniste littéraire du nom de Guénon, qui est toutefois parvenu à hypnotiser de nombreuses consciences chrétiennes !

Pourquoi le mécanisme de cette plaisanterie théorique est aisément mis à jour ? Tout simplement en raison du fait que l’idée qu’une « délivrance » puisse être obtenue par une créature héritière de la faute d’Adam sans le Christ, est une ruse évidente de l’orgueil inspirée par Satan, car depuis la chute plus AUCUN homme n’est digne ni capable d’approcher Dieu tant il est défiguré, corrompu et dégradé par ses péchés. Il est donc assez comique de voir Guénon réduire le Salut à une vague consolation confortable pour des âmes dévotes, alors que les authentiques esprits audacieux, selon-lui, regarderaient le « Paradis comme une prison », puisque le Salut reçu par Jésus-Christ est donateur de la vie éternelle, non pas dans un maintien de l’état individuel comme le soutient scandaleusement de façon mensongère l’ignorantin Guénon [cf. "Salut et Délivrance", in Initiation et réalisation spirituelle, ch. VIII - on notera que Guénon écrit dans son article "Délivrance" avec une majuscule et "salut" en minuscule...], qui ne se plongea jamais sérieusement dans la lecture des Pères de l’Eglise [après l'affirmation de balivernes risibles lorsqu'on sait ce qu'est en tant gymnastique intelligente le Yoga : "Quand les mystiques parlent d'union à Dieu, ce qu'ils entendent par là n'est certainement en aucune façon assimilable au Yoga", il témoigne de sa totale ignorance du mysticisme chrétien : "Les mystiques n'ont jamais conçu même la possibilité de l'Identité Suprême"], mais ouvrant sur une participation directe à la Vie Divine essentielle ( II Pierre 1, 4)

Sachant cela, on voit très bien en quoi la « délivrance » proposée par la métaphysique de Guénon, est en fait une voie authentique de perdition pour l’âme, voie dans laquelle le Christ est écarté et oublié, et qui l’entraîne inexorablement et à grande vitesse dans les bras du démon. Aucun plan d’autoréalisation sans le Christ, comme l’enseignent les métaphysiques humaines naturelles orientées vers la poursuite de la « délivrance », n’est exécutable pour l’homme abîmé par la chute.

On voit donc mieux en quoi, cette métaphysique de Guénon est à mille lieues de la Révélation. Chez Guénon qui s’éloigna de sa tradition religieuse faute d’en comprendre le mystère de grâce et de Vérité, Moïse, les prophètes bibliques, le message du Christ sont lus à l’envers, et lorsque le "Verbe principe" est évoqué, il sert à étayer des positions doctrinales intemporelles dont l’enjeu est moins la « Vérité », que l’hégémonie de la Tradition primordiale sur le christianisme.

Les sophistes anciens faisaient de l’homme la mesure de l’Etre, Guénon, en plein XXe siècle, recyclant le bazar mythologique occultiste, y rajoutera à son sommet une métaphysique moniste orientale qui se présente sous des traits enviables, mais dont la nature réelle est d’être une redoutable une entreprise de perdition et de désorientation antichrétienne.

La théologie, infiniment supérieure à la métaphysique qui ne s’appuie que sur les facultés limitées et obscurcies de l’homme, montre que la foi repose sur le témoignage, celui des Patriarches, des Apôtres et de Jésus. L’accepter, c’est consentir à se soustraire au mensonge orgueilleux d’idées enivrantes qui précipitent dans les « ténèbres extérieures » et conduisent à la « seconde mort » comme l’écrivait Jacques Maritain.

Seule la théologie donne d’entrer dans l’univers de l’Inconnaissable, de participer de la Vérité révélée par la grâce libératrice de Dieu. Elle échappe aux forces impersonnelles et sa « fonction » et de nous ouvrir à la singularité de notre relation avec le Créateur.

Pour le chrétien, pour tout âme marquée par le péché originel vivant en ce monde, l’unique « délivrance » de l’homme, c’est le Christ !

Écrit par : Zacharias | samedi, 03 octobre 2009

Jacques Maritain sollicitera le Saint-Siège pour que les ouvrages de René Guénon soient mis à l'index mais se verra opposer un refus. René Guénon n'est nullement anti-chrétien mais partisan de l'unité transcendantale des religions. Le Roi du Monde ne correspond pas à cette image diabolique et naïve ( lire et exposer son ouvrage)

Écrit par : christian | jeudi, 22 octobre 2009

Bonsoir: Je me permets d'ajouter que René Guénon fut soutenu au sein de la hiérarchie Catholique par les Cardinaux Tisserant et Danièlou, deux hautes figures.

Écrit par : Christian | jeudi, 22 octobre 2009

"René Guénon n'est nullement anti-chrétien mais partisan de l'unité transcendantale des religions".

A partir du moment, où on croit à autre chose qu'à l'enseignement du Christ, on est fatalement antichrétien :

"Celui qui n'est pas avec moi est contre moi et qui n'assemble pas avec moi disperse" (Matthieu, 12, 30)

Écrit par : Thaddée | vendredi, 23 octobre 2009

Je serai intéressé de connaître la source d'où provient l'extrait de l'entretien entre J. Maritain, R. Guénon et Ossendowski, et si on peut le trouver dans son intégralité publié ou enregistré?
Merci pour votre aide.

Écrit par : C.T. Daynès | samedi, 27 mars 2010

Il n'existe aucune source, AUCUNE, pour cet entretien ! ! !

Ce n'est là qu'im-pure fantasme intellectuel ! ! !

Écrit par : Souleymane | mercredi, 18 août 2010

Cet entretien, dans lequel se ridiculisa René Guénon - et l’on comprend que les guénoniens n’en fassent pas trop de publicité - est pourtant bien réel et provient d’une table ronde réunie en juillet 1924 par Frédéric Lefèvre, rédacteur en chef des Nouvelles littéraires, en présence de l'orientaliste René Grousset (1885-1952) et de Jacques Maritain (1882-1973).

Prêtant une foi naïve aux assertions imaginaires et fantaisistes de Ferdinand Ossendowski (1876-1945), un polonais plus que trouble qui se fit une spécialité dans la publication de récits de voyage (espion de l’amiral Koltchak il effectua pour son compte jusqu’en 1920 des missions de renseignement), qui rapportait dans son livre, "Bêtes, hommes et dieux", les éléments légendaires circulant en Asie parmi les populations autour de l’existence du « Roi du Monde », René Guénon déclara ce jour là stupidement : « Aucune nation de l'Asie, n'étant assez forte pour soutenir temporellement l'impérialisme de la religion jaune, cette fonction a été dévolue à une humanité souterraine et à son chef (...) en attendant le nouveau Gengis-Khan. »

http://www.moncelon.com/roidumonde3.htm

http://www.moncelon.com/roidumonde1.htm


Voilà le niveau de sérieux de celui qui se disait missionné pour témoigner en Occident de la réalité de la Tradition primordiale !

Signalons d'ailleurs, puisque l’occasion nous est donnée, que l'expérience de cette table ronde servit beaucoup à Guénon lors de la rédaction de son célèbre livre « Le Roi du monde » (1927), et lui permit d’écrire les pages que nous savons sur la personnalité du Bogdo-Khan, et surtout se faire risiblement l’avocat éperdu des billevesées d’Ossendowski :

« M. Ossendowski dit parfois des choses qui n'ont pas leur équivalent dans la Mission de l'Inde, et qui sont de celles qu'il n'a certainement pas pu inventer de toutes pièces, d'autant plus que, bien plus préoccupé de politique que d'idées et de doctrines, et ignorant de tout ce qui touche à l'ésotérisme, il a été manifestement incapable d'en saisir lui-même la portée exacte. Telle est, par exemple, l'histoire d'une «pierre noire» envoyée jadis par le «Roi du Monde» au Dalaï-Lama, puis transportée à Ourga, en Mongolie, et qui disparut il y a environ cent ans ; or, dans de nombreuses traditions, les «pierres noires» jouent un rôle important, depuis celle qui était le symbole de Cybèle jusqu'à celle qui est enchâssée dans la Kaabah de La Mecque. Voici un autre exemple: le Bogdo- Khan ou «Bouddha vivant», qui réside à Ourga, conserve, entre autres choses précieuses, l'anneau de Gengis-Khan, sur lequel est gravé un swastika, et une plaque de cuivre portant le sceau du «Roi du Monde»; il semble que M. Ossendowski n'ait pu voir que le premier de ces deux objets, mais il lui aurait été assez difficile d'imaginer l'existence du second: n'aurait-il pas dû lui venir naturellement à l'esprit de parler ici d'une plaque d'or ? » (Le Roi du Monde, Chapitre premier, Notions sur l’Agarttha en Occident).


En revanche, et fort heureusement, Jacques Maritain, avec un pertinent sens théologique, signalera tout d’abord qu'il y avait dans cette appellation, une malheureuse assonance avec ce que nous apprend l'Evangile lorsqu'il affirme : « le prince de ce monde est déjà jugé » (Jean 16, 11) et réagira vivement, à juste titre, s’agissant d’une possibilité d’enrichissement ou « d’alliance » de la pensée chrétienne par l’Orient, par ces mots qui provoqueront un très instructif dialogue avec Guénon qui identifiera dans ses propos la « Charité » en tant qu’amour de Dieu, à « un élément sentimental…secondaire » : ‘‘…l’alliance en question ne serait pour elle qu’une inadmissible subordination et la ruine de la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, entre la nature et la grâce. La théologie, appuyée sur les principes révélés de la foi, est la science suprême…’’


Nous avons évidemment conscience que la mise en lumière, effectuée par nos soins, des incroyables absurdités proférées par Guénon sur le ton de l'autorité incontestable, puissent déranger un certain nombre de naïfs dévots du Maître cairote, mais il est pourtant nécessaire d'en finir avec la pensée chimérique, quoique cependant puissamment antichrétienne, d'un des plus néfastes occultistes du XXe siècle.

Écrit par : Zacharias | vendredi, 20 août 2010

Bonjour,

Que d'inepties, incomprehensions et travestissements dans cet "article" !
Passons car la polémique n'amène rien de bon. Juste une rectification quand même : René Guénon ne pouvait pas être anti chrétiens ni anti quoique ce soit d'ailleurs car musulman. L'Islam recommande le bon comportement avec les juifs et les chrétiens. Reconnaissant les gens du Livre à leur piété. D'autre part, comme soufi ayant pour formule principale la répétition de "La-ilâha-illa llâh" (Il n'y a de Dieu que Dieu) la dualité était absente de son coeur ...
Pour votre information et non pour vous convaincre vous aurez avantage à lire cet article sur le Roi du Monde :

http://avecreneguenon.com/2010/07/25/a-propos-du-roi-du-monde-2/

A vous lire ...

www.avecreneguenon.com

Écrit par : rené guénon | samedi, 11 septembre 2010

Bonjour, j'aurais voulu en savoir un peu plus sur la relation Maritain/Guénon, notamment au niveau de l'intuition intellectuelle. Les deux auteurs ont-ils comparé leur intuitions respéctives..? sont-elles formellemnt identiques, et ( en dépit d'un énoncitaif différent) donc, s'agit-il, pour Guénon d'une intuition de type bergsonnienne, donc eckartienne via Fichte et Schleiermacher?
Merci

Écrit par : Jsh | mercredi, 27 octobre 2010

Jsh,




Jacques Maritain, est l’un des principaux critiques de l’œuvre guénonnienne, et a dénoncé, à juste titre, les éléments doctrinaux faussés et dangereux présents dans la pensée de René Guénon.

L’intuition intellectuelle de Guénon est éloignée de l'intuition étudiée en philosophie (qu'elle soit celle exposée par Fichte, Schleiermacher ou Bergson), puisque selon René Guénon, « l'intuition intellectuelle » relève de la connaissance métaphysique au sens plénier et n'en est pas un mode, ou une méthode, mais représente son actualité effective : « la faculté dont nous parlons ici est l'intuition intellectuelle, dont la philosophie moderne a nié l'existence parce qu'elle ne l'a comprenait pas, à moins qu'elle n'ait préféré l'ignorer purement et simplement ; on peut encore la désigner comme l'intellect pur, suivant en cela l'exemple d'Aristote et de ses continuateurs scolastiques, pour qui l'intellect est en effet ce qui possède immédiatement la connaissance des principes. » (R. Guénon, Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, Ed. Trédaniel, 1997, p. 102). Citant le second livre des « Deniers Analytiques » d'Aristote, Guénon assoit sa démonstration par la phrase du stagirite : « l'intellect est plus vrai que la science », ce qui revient à dire que « rien n'est plus vrai que l'intellect », son authenticité découlant donc de l'immédiateté de son opération dans la mesure où, non différencié de son objet, l'intellect pur ne ferait en réalité qu'un avec la vérité elle-même, toujours selon Guénon.

Cependant, en fin analyste qui comprit très vite l’impasse guénonienne et l’impossibilité de sa vision pour un chrétien, Jacques Maritain considère, ce en quoi il s’oppose à Guénon, que l'expérience métaphysique proposée par le stagirite reste très inférieure à l’approche révélée. Maritain était en effet persuadé qu'Aristote n'avait pas eu « formellement et en pleine lumière l'intuition de l'être » (Approches sans entraves, pp. 279-283).

Reliant, dans l'Être Premier, la cause propre et la cause ultime, Maritain posera dès lors une conclusion que l'on peut ainsi résumer : La métaphysique d'Aristote est incomplète, et par là-même celle de Guénon, car elles ne peuvent remonter à l'Être Premier s'arrêtant au Premier Moteur, leur Métaphysique ne comportant aucune expérience de contemplation effective. Maritain affirmait par exemple qu'Aristote pense l'esse « à la manière d'un quid ou d'une essence », alors que saint Thomas seul fut capable de dégager l'esse des essences.

Maritain saisissait l'acte comme principe au niveau de l'être, et en fera une utilisation critique en l'identifiant à un transcendental certes, mais niant qu'il puisse y avoir une contemplation du Noûs, puisque Maritain ne reconnaît, en parfait chrétien, qu'une union à Dieu par grâce, distinguant nettement la « mystique naturelle » des voies orientales de réalisation que ne dépassera jamais Guénon, de la « mystique surnaturelle » qui seule se trouve à l’intérieur du christianisme.

Maritain insistera ainsi avec force sur le fait que les "mystiques naturelles" sont très différentes, en raison de leur caractère incomplet, limité, pélagien et méconnaissant l’œuvre de la grâce, de l'unique mystique authentique et plénière, comme l’enseigne la Doctrina sacra, c’est-à-dire la « mystique surnaturelle » dispensée uniquement par la sainte religion chrétienne.

Écrit par : Zacharias | jeudi, 28 octobre 2010

On fait à René Guénon un très mauvais procès.
Il précise lui-même dans son ouvrage qu'il ne faut pas confondre le prince de ce monde dénoncé par le Christ avec le roi du monde qui fait l'objet de son étude. Opérer un amalgame relève donc de la mauvaise foi.
Par ailleurs, l'œuvre de Guénon contient des exposés métaphysiques d'une rare clarté. Ils me sont dès l'abord apparu comme l'expression d'une évidence intellectuelle dont l'enseignement chrétien ne donne pas d'exemple récent. Les Etats multiple de l'Etre ou le Symbolisme de la croix m'ont profondément convaincu de ce que la vérité avait un caractère universel et ne se cantonnait aucunement aux élucubrations des théologiens chrétiens si souvent partielles et même partiales. Ils m'ont incité à méditer Saint Siméon le Nouveau théologien, Denis l'Aréopagite ou Maître Eckhart
A mes yeux, l'échec du message chrétien dans le monde moderne tient à son caractère incomplet et tronqué. Dieu y est présenté comme "quelqu'un", c'est à dire comme "un parmi d'autres" ce qui est une insondable bêtise s'agissant de l'Infini. Cette déviance présente si souvent Dieu comme un être jaloux de ses prérogatives, provient sans doute d'une lecture mal éclairée de la Bible qui autoritaire, colérique et même puérile. Comment y croire? Celui que nous proposent Guénon et la métaphysique traditionnelle est autrement véritable et crédible.
Quant à l'Amour, il faut bien voir qu'il constitue avec la Connaissance un des deux moyens d'accéder au Divin. Le feu, symbole de l'Esprit Saint, diffuse à la fois lumière (Connaissance) et chaleur (Amour). Guénon ne m'aurait certes pas contredit sur ce point.
Loin de m'éloigner de la foi chrétienne, ses écrits m'ont fourni une grille de lecture sur ce qu'enseigne l'Eglise. Sans cette grille, il y a bien longtemps que je me serais détourné d'elle car elle mélange hélas tant de naïvetés et de contre-vérités à son enseignement qu'il y aurait de quoi s'y perdre si des esprits éclairés ne nous guidaient.

Dominique De Wolf

Écrit par : Dominique De Wolf | mardi, 18 mars 2014

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