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jeudi, 27 août 2009

Qu’est-ce que la «Tradition» ?

 

Eclaircissement au sujet des éléments spirituels,

historiques et religieux,

 constitutifs de la sainte Tradition chrétienne

 

 

 

 

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Abel offrant à l'Eternel son sacrifice 

 

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Dès l’origine il n'y a pas une Tradition,
mais deux « traditions », deux cultes,
ce qui signifie deux religions,
l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme,
l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances
en Dieu seul et en sa Divine Providence.
TomasoOrnateCrucifix30ES586.jpg

borella-guenon.jpgBénéficiant d’un usage devenu quasi classique, en particulier grâce aux efforts de l’ésotériste René Guénon (1886-1951)  [1], bien que sa place est, comme il se doit, éminente chez les catholiques fidèles à l’enseignement de l’Eglise, on constate pourtant, avec regrets, qu’aucune expression, aucun mot, aucune appellation ne donne lieu aujourd’hui à plus de contresens, d’affirmations erronées et d’incompréhensions que celui de « Tradition ». Il  faut reconnaître que son emploi, souvent de manière inexacte et inflationniste, à présent si courant en divers milieux, ne favorise guère la clarté du sujet, et une somme conséquente d’absurdités gigantesques constitue, hélas ! son environnement sémantique habituel caractéristique.

 

Alors même que rien ne serait plus essentiel que de pouvoir préciser ce que signifie la Tradition en nos temps siimage001.jpg troublés et confus, il semble, paradoxalement, que l’on s’ingénie très souvent, par méconnaissance, ignorance, bêtise ou malveillance volontaire, qui sont allées jusqu’à tendre dernièrement à inférer au catholicisme traditionnel, par l’effet d’une profonde stupidité, son attitude de déférent respect vis-à-vis de l’apport des siècles et l’autorité du Magistère à une soumission mahométane face à la lettre du Coran, à rendre plus obscur encore ce qui devrait pourtant s’imposer à tous comme une évidence. De ce fait, les ambiguïtés successives s’accumulant d’une manière inquiétante, il nous apparaît donc nécessaire, en réaction face à cette situation, de dégager les grands principes qui président à l’essence de ce mot, et mettre en lumière les principaux fondements qui le sous-tendent.     

 

 

I. Sens étymologique et ecclésial du mot

 

murillo22.jpgAu sens étymologique, le mot Tradition est formé de « trans » (à travers) et de « dare » (donner). Il signifie donc littéralement : « Ce qui est donné par transfert ». Ainsi la seule idée qui est réellement incluse dans ses radicaux constitutifs est celle de translation, de livraison, de transmission, de passation, de transport, de legs. Le sens étymologique ne fait aucune allusion à la nature de ce qui est transmis. En somme, il désigne un véhicule dont il ignore le chargement. Il se contente de définir un certain mode d’acquisition des connaissances sans dire en quoi elles consistent. Il indique seulement comment on les reçoit. Mais quel est ce mode de réception ? C’est l’héritage. Ainsi, la Tradition, au sens étymologique, c’est le « legs du passé ».

 

Toutefois, dans la terminologie ecclésiastique, le mot Tradition ne s’applique plus à tout l’héritage du passé sans distinction de contenu. Il est réservé exclusivement à la partie de la Révélation divine qui n’a pas été consignée par écrit et qui s’est transmise oralement.

 

Toute Révélation en effet, peut laisser deux sortes de traces : une trace écrite qui vient s’ajouter à celles qui ont déjà éré consignées et qui formeront avec elle l’Ecriture Sainte, mais également une trace orale qui s’ajoute à la Tradition, car on recherchera et on recueillera évidemment les moindres vestiges des précieuses paroles divines. La reconnaissance de la Tradition comme deuxième source de la Révélation (la première étant l’Ecriture) est une caractéristique de l’Eglise catholique (et dans une mesure moindre de l’Eglise orthodoxe). Les écoles protestantes sont partagées sur ce chapitre ; les unes admettent une certaine tradition mais la limitent à quelques textes ; la majorité est hostile à la notion même de « tradition », à laquelle elle oppose l’adage ‘‘Sola Scriptura ’’.

 

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La Tradition chrétienne

ne se rattache pas à un ensemble de mythes

communs avec le reste de l ‘humanité,

mais est liée à une « Révélation ».

 

 

 

 

murillostaug.jpgAussi, est-il bon de donner quelques preuves de l’ancienneté de cette reconnaissance de la Tradition Apostolique, telle queGregorythegreat222.jpg l’entend l’Eglise catholique, ce que  Saint Augustin résume de cette façon : « Il y a beaucoup de choses auxquelles l’Eglise est fermement attachée et que l’on est autorisé, par conséquent, à regarder comme ordonnées par les Apôtres, bien qu’elles ne nous aient pas été transmises par écrit. » (De Bapt. V, 23-31). En effet, l'Eglise considère, à juste titre, puisqu’elle est l’assemblée fondée par le Christ qui bénéficie constamment de sa grâce, que la vérité chrétienne est donnée à la fois par la Bible et la Tradition qui trouve son expression normative dans les déclarations du Magistère. C’est ce que rappela avec fermeté le Concile de Trente:  « Le sacro-saint Synode oecuménique et général de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, constamment conscient du fait qu'il faut supprimer l'erreur pour préserver l'Evangile dans sa pureté au sein de l'Eglise, Evangile qui fut antérieurement promis par les prophètes dans l'Ecriture Sainte, entrevoyant clairement cette vérité et discipline qui, ayant été reçue par les apôtres de la bouche du Christ même ou communiquée à eux par la dictée du Saint-Esprit, suivant l'exemple des Pères, reçoit avec un égal sentiment de piété et d'honneur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont le même Dieu est l'auteur, ainsi que lesdites traditions, qu'elles concernent la foi ou les moeurs, comme ayant été dictées soit par la bouche même du Christ, soit par le Saint-Esprit, et préservées dans l'Eglise Catholique par une succession ininterrompue. » [Concile de Trente, 1545-1563, Session 4].

 

abraham_sacrifice.jpgDe la sorte, il convient de le souligner, le caractère original de la Tradition chrétienne vient du fait qu’elle ne se rattache pas à une terre, à unbaptism-Murrillo.jpg héritage symbolique particulier, à un ensemble de coutumes ou de mythes qui seraient communs avec le reste de l ‘humanité, mais est liée et dépendante d’une « Révélation » et d’un culte, transmis non par une civilisation, mais par une lignée, une descendance qui est celle des Patriarches, des Justes et des Prophètes aboutissant au Messie, par le mystère de l’Incarnation du Christ Jésus

 

Ainsi l’Eglise, société surnaturelle fondée par le Christ, est donc la gardienne de !’Écriture et de la Tradition qui sont les deux sources principales de la Révélation. C’est pourquoi, il est certain que si l’on donne une définition confuse de la Tradition, on fait de l’Eglise la gardienne d’une Révélation elle-même confuse. Il est, dès lors, plus que vital de bien comprendre ce que l’on doit entendre sous le nom de Tradition.

 

 

 

II. Qu’entend-t-on par « Révélation divine » ?

 

 

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 S’il est au monde, aujourd’hui,

une religion capable précisément de parler de la Tradition

et d’en présenter le contenu,

c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres !

 

 

wgart_-art-d-domenich-adam_eve.jpgLa Révélation divine s’est manifestée en trois grandes phases. Il y eut d’abord une Révélation primitive qui fut reçueJGAG_402_23HLZ4ICDHT6_small.jpg par les Patriarches mais qui n’engendra aucune Écriture, puis une seconde Révélation qui donna naissance à l’Ancien Testament et, enfin, une troisième Révélation, celle du Messie, qui engendra le Nouveau Testament avec lequel la Révélation publique est close.

 

Chaque phase a vu apparaître une forme particulière de Tradition qui a véhiculé la partie non écrite de la Révélation et que l’Eglise, sous sa forme du moment, s’est attachée à conserver. En effet, tous les historiens de la Religion sont d'accord pour affirmer que l’Eglise, bien que sous des formes différentes, remonte aux toutes premières origines de l’humanité, donc au temps des toutes premières Révélations.

 

Puisque nous voulons définir la Tradition, nous devons donc nécessairement en saisir la chaîne dès le début et nous demander : dans quelles conditions précises  elle a pu ou non parvenir jusque nous ? De l’avis général des docteurs de l’Eglise, la Révélation faite par Dieu à Adam et aux patriarches qui lui ont succédée comportait quatre composantes essentielles : un Dieu, une Loi, un Culte et une Prophétie :

 

+ Un Dieu - Le Dieu de la Tradition est personnel, créateur et unique. Il est personnel, on peut avoir avec Lui un commerce ; Il n’est ni une force aveugle, ni une entité abstraite ; la religion primitive n’est pas panthéiste. Dieu est créateur ; Il n’a aucune force indépendante au-dessus de Lui ; Il est souverain maître de tout, donc créateur de tout. Dieu est unique ; il n’y a pas d’autre dieu que Lui ; la relation primitive n’est pas non plus polythéiste.

 

+ Une Loi - Elle est tacite ; c’est la règle de conduite mise au cœur de l’homme ; c’est la voix de la conscience ; c’est la loi naturelle ; elle n’est donc pas positivement révélée ; mais quand Caïn la transgresse, Dieu la rappelle explicitement ; elle est d’ailleurs complétée par des prescriptions diverses, comme par exemple le précepte de procréation.

 

+ Un Culte - La loi du sacrifice est universelle ; elle consiste à confesser devant Dieu son propre néant ; tel est le fondement du culte ; de non-sanglant qu’il était avant la chute, il est devenu sanglant depuis, puisqu’il s’y est ajouté la nécessité de l’expiation ; Abel a compris cela et non Caïn. Le culte de Caïn est une offrande d’action de grâce, c’est désormais insuffisant ; il n’est pas accepté par Dieu. Le sacrifice d’Abel est expiatoire et il va donc entrer dans la tradition divine comme ayant été accepté par Dieu.

 

+  Une Prophétie - On l’appelle le « Protévangile » ; en voici le texte. Dieu s’adresse au serpent après l’épisode de la tentation originelle. Le Protévangile est la pièce maîtresse de la Tradition primitive  : «Je mettrai des inimitiés (au pluriel dans le texte : inimicitias) entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; elle te brisera la tête et tu la mordras au talon.» (Genèse, III, 15).

 

III. Division en deux formes distinctes de la Tradition

 

baphomet11.gifAujourd’hui, cette prophétie s’est réalisée en partie ; nous savons que la postérité de la femme c’est le Christ et nousGreco_Annonciation.jpg en déduisons que la postérité du serpent, c’est l’Antéchrist. Dans les temps anciens, elle alimenta les méditations des hommes qui « marchaient avec Dieu », parce qu’elle résume l’histoire du monde ; beaucoup d’exégètes disent que cette prophétie a été donnée par Dieu pour soutenir l’espérance des premiers hommes, car elle formule l’espérance de la Rédemption. Les « hommes justes, il va sans dire, étaient de la sorte en attente impatiente de ce « brisement de tête » et de cette « morsure au talon ».

 

Le problème, c'est que les deux traditions portent le même nom (tradition), mais n’ont pas du tout le même contenu. Il faut impérativement pour dénouer cette difficulté, discerner entre les deux traditions, laquelle contient véritablement la "Tradition primitive" et laquelle est un rameau dévié.

 

La Tradition première, qui donc contenait oralement toute la Révélation, a été l’objet de très graves altérations. Il s’y est mêlé des traditions profanes, non révélées qui par conséquent ont fini par envahir, étouffer et effacer toute trace de vraie Tradition, c’est-à-dire de la Révélation divine. D'ailleurs l’Histoire de la Religion sur la terre, jusqu’à Abraham, n’est autre chose que celle des altérations successives de la Tradition primitive.

 

Ceci explique pourquoi s’il est au monde, aujourd’hui, une religion capable précisément de parler de la Tradition et d’en présenter le contenu, c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres. Quand Guénon dit : «Le christianisme a oublié la Tradition, c’est l'Inde qui l’a conservée», il se trompe [2]. C’est exactement le contraire, en réalité. Toutes les religions païennes (et pas seulement l’hindouisme), ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels avant Abraham et avant l’Ecriture. Elles ne possèdent donc, de la Tradition, que la version babélienne dont, justement, Dieu n’a pas voulu.

 

IV. Altération de la Tradition

 

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Toutes les religions païennes

ne possèdent de la Tradition,

que la version babélienne dont Dieu n’a pas voulu.

 

 

 

langues_babel.jpgLe corollaire obligé de la confusion et de la dispersion babélienne, c’est la vocation d’Abraham. Il n’y a plus d’autrenandi_the_mount_of_lord_shiva_eu55.jpg moyen, pour perpétuer la Vraie Religion, que de constituer un « peuple-citadelle » qui en soit le gardien. Mais de quoi ce peuple serait-il le gardien, s’il n’y a plus rien à garder ? Or, à la période du Déluge, l’apostasie était devenue générale et irréversible, il n’y avait donc plus rien à garder. Il fallait donc que Dieu reconstitue la Tradition première (ou sacerdotale primitive) ; il lui fallait procéder à une nouvelle Révélation qui serait la répétition de la première, il fallait tout refaire de rien.

 

Patiemment Dieu, comme nous le savons, de nouveau, se révèlera à Abraham, Isaac et Jacob, en vue de reconstituer la Tradition première qui était perdue.

 

C’est donc Moïse, après l’élection d’Abraham, qui sera chargé de recueillir la Révélation nouvelle par laquelle Dieu reconstituait la Tradition primitive oubliée. Mais, cette fois, la Révélation fut consignée par écrit : c’est l’Ecriture Sainte. En même temps, une organisation sacerdotale est créée, qui veillera entre autres fonctions, à la conservation littérale de l’Ecriture. Et les générations futures n’auront qu’à se louer de la rigueur avec laquelle cette conservation sera réalisée. Nous connaissons donc aujourd’hui la Tradition Patriarcale, non pas directement et oralement, mais par l’Ecriture.

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Ceux qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme les hindous,

les bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc.,

ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel,

c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ;

la partie qui est sans valeur pour le Salut.

 

 

 

Comment savons-nous ce que Dieu a dit à Adam, puis à Noé ? Ce n’est certes pas par la Tradition puisqu’elle a été altérée et même oubliée. C’est pas l’Ecriture. Ceux donc qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme c’est le cas des hindous, bouddhistes, taoistes, polythéistes, etc., ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel, c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ; la partie qui est sans valeur pour le Salut ; c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ignorent le Salut et qu’ils le remplacent par la « délivrance », terminologie si prisée par René Guénon.

 

V. La Tradition est double

 

shiva-ganesh-bronze-AT-B-147.jpgOr, il n'est pas indifférent de noter que si n'est quasiment jamais fait mention de la tradition hébraïque dans les écrits delcf_02.jpg Guénon ou de manière passablement anecdotique, c'est qu'il la considère comme relativement périphérique et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale, ce qui n'est pas sans poser d'immenses et quasi insolubles problèmes théoriques puisque le judaïsme, ou plus exactement « l'Histoire Sainte » dont il est le témoin et le dépositaire de par une élection toute spéciale (« Histoire Sainte » à l'intérieur de laquelle est placé l'ensemble des bases de la foi chrétienne puisque s'inscrivant dans le plan général de la Rédemption), se veut et se présente comme dévoilant et expliquant l'histoire générale de l'humanité depuis le comment de la Création et le début des temps, possédant un dépôt d'une valeur et d'une éminence de Vérité à nulle autre comparable.

 

Dans ce cas il convient donc de savoir, question essentielle, laquelle des deux traditions, l'orientale ou, la judéo-chrétienne, est vraiment « originelle », "Primordiale", et quelle est celle qui n'est qu'un « rameau détaché » d'un tronc authentiquement primitif ?

 

 

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S’il n'est quasiment jamais fait mention

de la tradition hébraïque dans les écrits de Guénon,

c'est qu'il la considère comme relativement périphérique

et non centrale vis-à-vis de la tradition orientale…

 

 

 

cain-murdering-abel-vampire-art.jpgDès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions,image003-full.jpg l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence. La suite des événements n’aura de cesse de confirmer ce constant antagonisme, cette rivalité et séparation entre deux « voies » dissemblables que tout va en permanence opposer, les rendant rigoureusement étrangères et inconciliables.

 

Il n'est pas indifférent de relever l’analyse pertinente de saint Augustin (324-385) au sujet de ces « deux postérités » engendrant deux traditions et donc deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables [3].

 

VI. La tradition mensongère

 

FrancMa1.jpgOn comprend mieux pourquoi, du fait qu'ils appartienent à la tradition déviée et pervertie qui a la haine de Dieu et de ses lois, les ennemis de l’Eglise attaquent toutes les institutions, matérielles et spirituelles : dogme, hiérarchie, sacrements, implantation territoriale, tout ce qui incarne la réalité de la présence de la société spirituelle fondée par Jésus-Christ, société qui est en horreur à Satan et à ceux qui lui sont, consciemment ou inconsciemment, soumis. La Tradition que protège l’Eglise est, comme il est aisé de le concevoir, l’objet d’attaques particulières animées par une féroce hostilité.

 

D’autres, plus perfidement, faussement catholiques, défendent une tradition mouvante, évolutive, changeante, alors que du point de vue dogmatique, la Tradition ne possède pas de véritable variabilité, car le changement ne peut avoir lieu que dans le sens de l’enrichissement : un enrichissement c’est-à-dire un processus qui ne comporte par d’éliminations. Quand une notion aura été une fois réputée traditionnelle par les autorités de droit avec les preuves d’apostolicité qui s’imposent, personne ne lui retirera plus jamais sa traditionnalité. Il s’agit donc d’un épanouissement de la même nature que celui du dogme avec lequel d’ailleurs il chevauche. Il n’y a pas d’épanouissement sans stabilité. Certains, qualifient donc la Tradition de « vivante », la soumettant à un processus naturel vital, c’est-à-dire à une alternance d’assimilations et d’éliminations, les unes provoquant les autres, tolérant d’elle qu’elle se débarrasse périodiquement d’un certain nombre d’éléments qui « ont fait leur temps » et qui seront remplacés par les nouveaux [4]. Voilà la Tradition devenue évolutive et le tour est joué. Il ne s’agira plus d’un épanouissement mais d’un tourbillon !

 

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L’Eglise est gardienne d’une Tradition

antagoniste de celle de Babel.

C’est même un des traits particuliers de l’Eglise,

que d’avoir été maintenue séparée

de la souche des fausses religions païennes.

 

 

evola.jpgRedisons avec force, que la Tradition des Apôtres forme, avec celle des Patriarches, un ensemble homogène qui constitue811-1.jpg précisément cette vraie « Tradition » dont l’Eglise est la détentrice.

 

Parallèlement à ce courant orthodoxe, il s’est créé un autre courant que l’on devrait appeler « pseudotraditionnel » et qui en diffère, évidemment, dans son contenu et dans son mode de constitution.

 

Le contenu de la « pseudo-tradition » n’est pas homogène ; il est composite. Il est fait de trois constituants, mêlés plus ou moins intimement. On y trouve des vestiges déformés de la Révélation Divine, comme par exemple les conceptions panthéistes et païennes. On y trouve des élucubrations humanitaires comme celles de la Tour de Babel. Et l’on y trouve des produits de la fausse mystique, c’est-à-dire de la mystique démoniaque qui est la source de la mythologie polythéiste.

 

 

02.jpgBref, cette pseudo-tradition véhicule, mêlées ensemble, toutes les productions de la religiosité naturelle. Quant à son mode de constitution, on peut dire que la pseudo-tradition est dans son droit quand elle prétend à la même ancienneté que la Vraie.

 

Elles ont toutes les deux le même point de départ qui est le jugement de Dieu sur les sacrifices d’Abel et de Caïn. La pseudo-tradition est aujourd’hui défendue, sous le nom de « tradition ésotérique », par des penseurs qui en font la source commune  fondée pour les religions non-chrétiennes.

 

Mais elle est sans fondement pour l’Eglise laquelle est gardienne d’une Tradition essentiellement antagoniste de celle-là. C’est même un des traits particuliers de l’Eglise, à toutes les époques, que d’avoir été maintenue séparée de la souche commune des fausses religions.

 

 

VII. La fallacieuse idée de l’évolution de la Tradition 

 

maistrecolour.jpgS’il était absolument nécessaire de rappeler ces définitions, c’est que nous assistons à une manœuvre qui tend à dénaturer et à transformer la vraie Tradition, en lui faisant perdre sa rigueur et en la rendant évolutive afin d’y introduire des éléments notionnels hétérodoxes.

 

Le christianisme, pensait Joseph de Maistre (1753-1821), sous-entendant évidemment le catholicisme, est le couronnement des religions, « La Religion » par définition, celle qui conduit à son maximum de profondeur l’exigence métaphysique universelle, celle qui recèle les mystères religieux ineffables malheureusement oubliés, celle qui « révèle Dieu à l’homme » [5].

 

 

De ce fait, la Vérité ne change pas, son expression, les modes de sa formulation peuvent sensiblement varier avec les époques, mais rien, absolument rien ne peut être modifié de l’essence sacrée et éternelle du saint et vénérable dépôt de la Foi, c’est pourquoi le Saint-Office le 3 juillet 1907, par le Décret Lamentabili, réprouva et condamna comme erronée, fallacieuse et hérétique la proposition : « La vérité n’est pas plus immuable que l’homme, elle évolue avec lui, en lui et par lui. » [6]

 

Pie_IX15.jpg

 

"Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs
et les vengeurs de l'auguste religion catholique,
ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner
toutes les hérésies et les erreurs contraires notre Foi divine,
à la doctrine de l'Église Catholique."

 

 

image-1.jpgSouvenons-nous de ce qu’écrivait Pie IX dans l’encyclique Quanta cura, déclarant en préambule, alors que les pernicieuses idées révolutionnaire menaçaient la Tradition de l’Eglise, en attaquant ses fondements, niant son authenticité et lançant les pires attaques à son encontre soutenant le caractère évolutif et progressif des dogmes et de la Foi :

 

- « Nos Prédécesseurs se montrèrent les défenseurs et les vengeurs de l'auguste religion catholique, de la vérité et de la justice : soucieux, avant tout, du salut des âmes, ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine de l'Église Catholique, à l'honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes, ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé l'Église et la Cité. C'est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d'hommes iniques, qui projettent l'écume de leurs désordres comme les vagues d'une mer en furie et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption : ébranler les fondements de la religion catholique […] corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l'entraîner dans les pièges de l'erreur, et enfin l'arracher du sein de l'Église catholique, voilà le sens de tous leurs efforts. » [7]

 

Il poursuivait ainsi :

 

« Ne cessez jamais d'inculquer aux fidèles que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa doctrine et de sa pratique, et « qu’heureux est le peuple dont Dieu est le Seigneur » (Psaume 143). Enseignez que « l'autorité repose sur le fondement de la Foi Catholique » (Saint Célestin, Lettre 22 au Synode d'Éphèse) et « qu'il n'y a rien de plus mortel, rien qui nous précipite autant dans le malheur, nous expose autant à tous les dangers, que de penser qu'il nous peut suffire d'avoir reçu le libre arbitre en naissant ; sans avoir à rien demander de plus à Dieu ; c'est-à-dire, qu'oubliant notre Créateur, nous renions son pouvoir sur nous pour manifester notre liberté. » (Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile Épiscopal de Carthage). N'omettez pas non plus d'enseigner que « le pouvoir de gouverner est conféré non pour le seul gouvernement de ce monde, mais avant tout pour la protection de l'Église » (Saint Léon, Lettre 156). »  [8]

 

Conclusion

 

 

murillo-2.jpgCeci explique pourquoi, alors que l'objet de la foi catholique s'appuie uniquement sur le dépôt contenu dans l'Ecriture et la Tradition confiée à l'interprétation de la Sainte Eglise, c'est positivement le péché des athées, c’est-à-dire l’orgueil, qui volontairement rejettent Dieu parce qu'ils ne veulent pas de maître [9], soutiennent sous couvert d’une chimérique évolution,  que le respect de la Tradition est une soumission mahométane chez ceux qui l’observent, et reproduisent ainsi sans s’en rendre compte par leur stupide attitude, équivalemment, le péché de Lucifer qui, voulant être autonome, refusa de se soumettre à Dieu.

 

Comme nos premiers parents qui, désirant être comme des dieux, voulurent connaître par eux-mêmes le bien et le mal,adam_eve_garden.jpg les hérétiques refusent de s’incliner devant l'autorité du Magistère et des actes de l'Eglise établie par Dieu, et rejettent ceux qui, pieusement, révèrent les déclarations de la sainte institution. Il est intéressant de noter que c'est également l’attitude des rationalistes, scientistes et autres modernes esprits qui, fiers de leur raison, ne veulent pas la soumettre à la Foi. C'est aussi le péché de certains faux chrétiens trop orgueilleux pour accepter l'interprétation traditionnelle des dogmes, les atténuent, les relativisent, les discutent et les déforment pour les harmoniser avec leurs médiocres exigences.


Un grand nombre tombent ainsi implicitement dans ce terrible et repoussant défaut, en agissant comme si les dons naturels et surnaturels dont Dieu les a gratifiés, étaient complètement leurs. Sans doute reconnaissent-ils parfois, du moins en théorie, que Dieu est leur premier principe ; mais en pratique, ils s'estiment démesurément comme si ils étaient eux-mêmes les auteurs des qualités qui sont en eux en ratiocinant, bavardant à l’excès, pérorant, jacassant, interprétant, tenant des propos superficiels et tordant les principes éternels de la Foi.  

 
Ils se complaisent ainsi indécemment dans leurs piètres qualités et leurs misérables mérites, comme s'ils en étaient les seuls auteurs, ignorant l’avertissement sage de Bossuet :

 

« L'âme se voyant belle s'est délectée en elle-même,

et s'est endormie dans la contemplation de son excellence :

elle a cessé un moment de se rapporter à Dieu : elle a oublié sa dépendance ;

elle s’est premièrement arrêtée et ensuite livrée à elle-même.

Mais en cherchant d'être libre

jusqu'à s'affranchir de Dieu et des lois de la justice,

l'homme est devenu captif de son péché » [10].

 

Notes.

 

 

[1] guenon.jpgRené Guénon a bénéficié d’un parcours initiatique et maçonnique plus que substantiel. Reçu le 25 octobre 1907 au sein de la Logezoom_B2-538.jpg Humanidad n° 240, ainsi que, le même jour, dans le Chapitre et Temple « I.N.R.I. » du Rite Primitif et Originel Swedenborgien, il se vit remettre des mains de Theodor Reuss (1855-1923) le cordon noir de Kadosh. Puis après avoir été élevé à la maîtrise, le 10 avril 1908, non sans suivre en parallèle une démarche Martiniste (c’est Phaneg, de son vrai nom Georges Descomiers (1867-1945), qui le fera Supérieur Inconnu lui donnant une chartre de délégué général pour le Loir-et-Cher) qui s'acheva par sa consécration épiscopale par Fabre des Essarts (1848-1917) sous le nom de « Palingenesius d’Alexandrie », en tant qu'évêque de l'église gnostique fondée par Jules Doinel (1842-1902), n’hésitant pas à s’engager dans la création d'un Ordre Rénové du Temple. En 1912 ’il sera accepté comme maître maçon dans la Loge Thébah travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté sous les auspices de la Grande Loge de France, Loge qu’il fréquentera régulièrement jusqu’en 1917, où il s’éloignera de France pour enseigner comme professeur de philosophie à Sétif en Algérie.

 

 

[2] visites_5eC_inde_shiva1.jpgPour René Guénon, l'essence de la Tradition primordiale se retrouve de façon privilégiée dans la tradition hindoue qui est détentrice d'une source directe d'une incomparable pureté à l'égard des fondements premiers de la « Science Sacrée » d'origine non-humaine selon-lui, plaçant les autres traditions dans une sorte de situation de dépendance à son égard, comme il le déclare de manière catégorique et stupéfiante en affirmant La situation vraie de l’Occident par rapport à l’Orient n’est, au fond, que celle d’un rameau détaché du tronc .» (R. Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, 1è partie, chapitre 1.)

 

 

 

 

 

 

[3] C'est sans doute dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin, Père et docteur de l'Eglise, développera le plus complètement l'exposé de sa doctrine qui deviendra l'une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne en Occident.

 

[4] nave-VaticanII1.JPGLa grande argumentation des hautes instances vaticanes lors du dernier concile, était de poser un principe fallacieux, mais qui semblait quiJean-XXIII_Discours-ouverture.jpg aller de soi, à savoir que la quintessence de la Tradition, dans l’Église, était d’évoluer et de s’adapter toujours et toujours... sans doute comme les volutes de la fumée dans le vent de l’histoire ! Reconnaissons toutefois, malgré l’état d’esprit moderniste de certains passages contestables, l’excellence de ces lignes de la Constitution Dogmatique Dei Verbum : « La sainte Tradition et la Sainte Ecriture sont reliées et communiquent  étroitement entre elles, car toutes deux jaillissant d'une source divine identique, ne forment pour ainsi dire qu'un tout et tendent à une même fin… La sainte Tradition, porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l'Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs... La sainte Tradition et la Sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise. » (Constitution Dogmatique Dei Verbum, § 9,v.10).

 

[5] J. de  Maistre, Du Pape, liv. III, ch. I.

 

[6] « Veritas non est immutabilis plus quam ipse homo, quippe quae cum ipso, in ipso et per ipsum evolvitur ». DENZINGER, n° 2058,  Décret Lamentabili, 3 juillet 1907. L’Encyclique Pascendi dominici gregis parut deux mois plus tard, le 8 septembre 1907 ; elle condamnait le modernisme comme le renouvellement de nombreuses hérésies. Elle repoussait sa conception de l’expérience religieuse substituée à ces preuves, conception dans laquelle se confondent l’ordre de la nature et celui de la grâce.

 

[7] Quanta cura, Lettre encyclique de sa sainteté le Pape Pie IX, 8 décembre 1864.

 

[8] Ibid.

 

[9] C’est d'eux que parle le Psalmiste quand il dit : « L'insensé a dit en son cœur : il n’y a pas de Dieu » (Ps. XIII, 1).

 

[10] Bossuet, Traité de la concupiscence, ch. XI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

00:41 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : religions, tradition, histoire sainte, eglise |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Voilà une clarification essentielle : "La Tradition chrétienne ne se rattache pas à un ensemble de mythes communs avec le reste de l‘humanité, mais est liée à une « Révélation »." C'est ce type de rappel qui est de nature à écarter bien des idées absurdes.

Écrit par : Sulpice | jeudi, 27 août 2009

Je voudrais revenir sur cette question d'évolution de la Tradition, principe erroné selon vous. Admettons que celle-ci fonctionne par enrichissement successif, au fur et à mesure que les dons de l'Esprit affinent la connaissance théologique de l'Eglise. N'en demeure pas moins qu'existent des points d'inflexion majeurs, en particulier lors des conciles, qui modifient de façon parfois radicale (pensons à Trente) des pans entiers de la liturgie, du catéchisme et du fonctionnement interne de l'Eglise. Cela ne veut pas dire que la façon dont les choses se faisaient, s'enseignaient ou se pratiquaient avant le point d'inflexion était fausse (elle était au contraire, vraie) - mais qu'à partir de ce point, cette façon devient obsolète sur certains aspects.

Voici une autre façon d'évoluer, sans condamner ni répudier ce qui fut avant.

C'est peut-être ainsi que l'on verra mieux pourquoi la Tradition chrétienne et son respect, ne se confondent en rien avec le mahométanisme qui dans sa version la plus pure et dynamique va jusqu'à tenter de reproduire comment le prophète fondateur était coiffé et comment il prenait ses repas.

Écrit par : Aquinus | jeudi, 27 août 2009

Le problème délicat de "l'évolution" porte bien, comme dit cette note, sur la "manœuvre" qui tend à dénaturer et à transformer la vraie Tradition, en lui faisant perdre sa rigueur afin d’y introduire des éléments notionnels hétérodoxes". C'est là le sens de l'évolution voulue et souhaitée lors du dernier Concile. La révolution opérée il y a 40 ans dans les locaux du Vatican et les Lieux Saints de la Basilique Saint Pierre, est la plus grave et la plus universelle jamais réalisée dans les structures ecclésiastiques. Les enrichissements successifs, et légitimes, n'ont jamais eu, comme ceux opérés à Trente, pour fonction d'évacuer les anciennes conceptions dogmatiques. Or, c'est bien ce qui est advenu pour Vatican II qui rompt radicalement avec l'héritage antérieur.

Il n'est donc pas niable, que l'idée de ce qu'est la Tradition pour l'Eglise, fut totalement oubliée par les pères, et l'on substitua une conception révolutionnaire, évolutionniste. C'est ce que dira clairement le Cardinal Congar : « Le concile, c’est 1789 dans l’Église. On ne peut nier que la déclaration sur la liberté religieuse dit matériellement autre chose que le Syllabus de 1864 et même à peu près le contraire….Il est clair que le décret sur l’œcuménisme diffère sur plusieurs points avec l’encyclique de Pie IX « MORTALIUM ANIMOS ».

Là est le vrai problème. L'Eglise peut et doit entreprendre des réformes lorsque cela est nécessaire. Mais l'action du dernier Concile participe d'une tout autre perspective. Il n'est donc pas mahométan d'en appeler à la Tradition contre l'évolution corruptrice de la Foi.

Écrit par : Lozère | jeudi, 27 août 2009

Je ne suis pas un spécialiste très loin de là, mais il me semble que sur bien des points (peut-être pas des points de dogme, il est vrai) les changements pratiques advenus suite au Concile de Trente furent largement plus importants que ceux qui firent suite à Vatican II. A la longue, la contre-réforme tridentine a pourtant fini par faire corps avec la Tradition éternelle de l'Eglise de Dieu.

Je veux bien qu'il y eut présent dans l'Eglise et au dernier concile, des tenants de l'hérésie moderniste (ou évolutive si l'on s'en tient à la définition de Zacharias). De là à dire que l'idée de Tradition fut totalement oubliée par les Pères, c'est je pense une ânerie.

La Tradition change au fut et à mesure que souffle l'Esprit, non pas dans le sens divin qu'elle indique ni dans les buts qu'elle se donne, mais dans les moyens. Conserver l'essentiel tout en évolulant, savoir changer tout en étant toujours absolument respectée. Voici ce qui lui donne son unicité, et donc aussi son universalité.

Écrit par : Aquinus | jeudi, 27 août 2009

Vous savez Aquinus, si le Concile avait eu ce caractère évident de continuité, comme celui de Trente, cela se constaterait immédiatement à ses fruits (très différents de ceux de la Contre-Réforme il va sans dire...).

Comment expliquer les 40 000 prêtres défroqués dans les années qui suivirent le Concile, l'effondrement des vocations, la catastrophe liturgique, la perte des fondements de la foi chez les catholiques eux-mêmes, la laïcisation des institutions religieuses, le retour à l'état des civils des religieuses et religieux, etc., autrement que par l'effet d'une totale désorientation doctrinale ?

Connaissez-vous cette réflexion du Cardinal Suenens : « On pourrait faire une liste impressionnante des thèses enseignées à Rome avant le concile comme seules valables et qui furent éliminées par les Pères conciliaires ». Cela fait comprendre beaucoup de choses.

Écrit par : Lozère | jeudi, 27 août 2009

Jugement peut-être hâtif, Lozère. Je partage assez largement les ravages qui ont fait suite au Concile Vatican II, notamment dans la perte du sens sacré et l'avilissement fréquent de la liturgie.

Mais le catholicisme en France en tous cas, était en chute libre depuis bien avant le concile. D'une façon ou d'une autre ces ravages avaient déjà commencé et les défroqués auraient eu lieu quand même j'en suis convaincu. Si la France n'est plus une nation catholique ça n'est certainement pas au Concile Vatican II qu'elle le doit, mais à l'apostasie graduelle d'une large partie de son peuple.

Sortons de la France et de l'Europe, et examinons l'Eglise à l'échelle du monde; le concile Vatican II qui a tenté de relancer l'évangélisation a-t-il échoué? je ne le pense pas. Les papes Jean-Paul II ou Benoit XVI sont-ils des papes repoussoirs qui n'ont contribué à amener aucune âme à Dieu, ni fortifié des principes moraux chez nombre qui doutaient? non c'est même l'inverse.

Les fruits du concile existent donc: dans le monde, une catholicité fortifiée et dynamique. En Europe occidentale, très paradoxalement, une mise à nu de notre statut minoritaire et une fusion obligatoire à l'avenir entre les différents courants spirituels de ceux qui sont mlagré tout restés fidèles à Dieu, fusion dont les "traditionalistes" promettent d'être l'un des moteurs essentiels. Enfin, il y a indéniablement rapprochement entre chrétiens; ça semble évident aujourd'hui où toutes nos confessions semblent broyées, partout, entre l'hérésie islamique et l'hérésie moderniste. Mais reconnaissons la patte divine dans le fait qu'encore une fois, l'Eglise ait précédé ce qui semble aujourd'hui évident (géo)-politiquement.

Écrit par : Aquinus | jeudi, 27 août 2009

Zacharias - votre texte, qui aborde de façon détaillée la nature de la Tradition est, en quelques heures seulement, devenu une brochure :

http://es.calameo.com/read/000027399ebf8065948d7




Bientôt en librairie ?

Écrit par : Falk | jeudi, 27 août 2009

@ Aquinus,


Oui, le monde était déjà profondément miné, mais les défenseurs à tout prix du “concile de notre siècle” se gardent bien de dire qu’il en a toujours été ainsi.

Ce fut toujours à cause des crises qui secouaient l’Eglise et menaçaient de tout emporter, que les Evêques catholiques se sont réunis dans le passé, en vue de prendre les mesures nécessaires pour y mettre un terme.

Et, non seulement, les conciles antérieurs ont chaque fois résorbé les crises qui avaient motivé leur convocation, mais de plus, ils ont toujours manifesté la vitalité surnaturelle incomparable de l’Eglise.

Pour ne parler que de celui de Trente, que vous évoquez, ou du premier du Vatican, que d’ordres religieux nouveaux se fondèrent alors ! Dans les ordres religieux qui existaient déjà, que de réformes salutaires ! Que de fruits de sainteté ont mûri dans les deux clergés, réguliers et séculier, et jusque chez les laïcs de tous les milieux ! Et à ces fruits de sainteté, le peuple chrétien reconnaissait que ces grandes assises ecclésiales s’étaient vraiment tenues sous la conduite du Saint-Esprit, Esprit de Jésus, Esprit de Sainteté.

Avec Vatican II, nous avons eu un effet contraire. La décomposition du monde moderne a été accélérée et a gagné les gens d’Eglise au point que Paul VI lui-même s’est vu obligé de déclarer, au cours de l’audience du 15 juillet 1970, « Un second aspect qui, aujourd’hui, retient l’attention de tous, c’est la situation présente de l’Eglise comparée avec celle d’avant le concile… Dans beaucoup de domaines, jusqu’à maintenant, le concile ne nous a pas donné la tranquillité désirée, il a plutôt suscité des troubles et des problèmes ».

Cette déclaration, faites un peu moins de cinq ans après Vatican II par le témoin le plus autorisé, est l’aveu d’un échec retentissant.

Écrit par : Lapide | jeudi, 27 août 2009

Je ne sais si mon jugement est légèrement « hâtif » Aquinus, et peut-être l’est-il. Bien sûr, pour être un minimum objectif, les papes firent ce qu’ils purent, certainement, après avoir pousser à la réforme dans un premier temps pour, dégrisés et effrayés, freiner les abus.

Mais qu’avons-nous constaté après le Concile ? Un renouveau de la Foi, l’esprit missionnaire, la fondation d’Ordres, des conversions massives, une recrudescence de l’exigence morale comme vous le supposez curieusement ? Non, c’est tout le contraire qui s’est produit, soit un bouleversement général incroyable porté par un vent de folie surprenant, ceci sous-tendu, et symboliquement manifesté, par une destruction massive et généralisée de la liturgie et, ne l’oubliez-pas, des églises elles-mêmes.

Autels majeurs, souvent des chefs-d’oeuves sur le plan artistique, dynamités, détruits, réduits en poussière pour y mettre des tables en bois, d’hideux blocs de béton afin de célébrer selon le nouvel Ordo.
A ce propos, croyez-vous sincèrement que sans la réforme liturgique (Le 3 avril 1969 est publié le nouveau Missel romain, dont l’usage, ainsi que celui du nouveau lectionnaire dominical, devient obligatoire en France au 1er janvier 1970), on ait procédé à un carnage iconoclaste de nos églises qui dépasse parfois en conséquences les folies de la Révolution ?

D’ailleurs, il suffit pour se convaincre de la réalité de ce que j’expose, et que tous les témoins de cette époque peuvent aisément confirmer, d’écouter celui qui était alors le cardinal Ratzinger constatant que Jean XXIII et Paul VI se sont lourdement trompés en ce qui concerne les «fruits du concile, « cruellement opposés » à leur attente.(Entretien sur la foi, p. 30 ).

En ouvrant le concile écrit-il, le 11 octobre 1962, Jean XXIII avait en effet déclaré : « Notre Sainte Mère l’Eglise est dans la joie » et à la fin de son discours : « Le Concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Eglise et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos coeurs de douceur… » En fait d’aurore, celle du concile a surpris le pape : dès l’ouverture (13 octobre 1962), sur intervention révolutionnaire du cardinal Liénart qui prit la parole de force, l’élection des membres des commissions fut remise en question : l’autodestruction s’annonçait. Les schémas à discuter, préparés de longue date, sous l’autorité de Jean XXIII, avec de multiples consultations, furent ensuite écartés en quasi-totalité : l’autodestruction se précisait.

Je vous l’accorde, les fidèles n’ont guère lu les textes, mais ont forcément constaté les effets les plus apparents des réformes d’importances variées issues du concile… On ne sait que choisir ; par exemple, l’abandon de la soutane puis de tout habit ecclésiastique, l’abandon du latin, le retournement des autels face au peuple, la mise à l’écart du tabernacle6, le tutoiement de Dieu, la communion debout et dans la main, les absolutions collectives, les concélébrations, le jeûne très réduit, les catéchismes sélectifs, sans parler des baptêmes et des mariages par étapes ! etc., etc. Pouvez soutenir que cela serait survenu malgré le Concile ? Evidemment non, vous le savez-bien.

Par ailleurs, en tant que catholiques de tradition, qu’apprenions-nous à cette période, que des milliers de prêtres abandonnaient leur ministère, souvent pour se marier, nous constations de multiples irrégularités et abus pratiques, y compris des prières universelles politisées, on voyait certains évêques devenir compagnons de route des communistes, et des oeuvres d’Eglise financer la révolution marxiste dans le monde !

Voudriez-vous dès lors soutenir, après cela, que Vatican II est dans la continuité et l’évolution de la tradition de l’Eglise ? Allons, soyons sérieux.

Tout cela s’est produit, pour notre plus grande stupéfaction, avec une précipitation jamais vue dans l’Eglise et une volonté de rupture clairement revendiquée qui montraient bien qu’il s’agissait d’une authentique révolution.

Écrit par : Lozère | jeudi, 27 août 2009

Le débat, à propos de la nature et des fruits empoisonnés de Vatican II, qui a largement fait l'objet de longs exposés sur La Question
http://www.la-question.net/archive/2008/04/19/d2bb8633e39b52be2d812eb1b18acd2d.html

est évidemment très intéressant, mais il me semble que le texte de Zacharias touche à un sujet plus vaste encore, à savoir la substance interne de ce qu'on désigne sous le nom de "Tradition", terme qui a fait l'objet d'intreprétations malveillantes et ridicules, au point d'imaginer une similarité entre la soumission mahométane devant le Coran et le respect catholique des actes séculaires du Magistère.

Ainsi nous découvrons affirmé : "Dès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions, l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence."

Cette thèse, qui est évidemment celle de s. Augustin dans la Cité de Dieu, est du plus haut intérêt sur le plan métaphysique, car elle permet de passer au crible d'une analyse très efficace l'ensemble des événements qui se sont produits au cours de l'Histoire. On s'aperçoit alors, que l'esprit traditionnel, tant décrié chez certains partisans de l'évolution du dogme, participe au final, et profondément, tout simplement d'une pure et intègre fidélité à la Tradition divine primitive.

Écrit par : Quadrige | jeudi, 27 août 2009

@ Falk - Merci pour l'info !

Je viens de tirer un exemplaire du texte sous la forme de cette brochure - http://es.calameo.com/read/000027399ebf8065948d7

C'est une excellente initiative pour permettre la diffusion des idées catholiques et contribuer au rayonnement et à la défense de la Tradition !

Écrit par : Antoine La Croix de Berny | jeudi, 27 août 2009

« Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce Concile, que celui-ci, tournant le dos à la Tradition et rompant avec l’Église du passé, est un Concile schismatique. »



Mgr Marcel Lefebvre, le 4 août 1976


http://www.la-question.net/archive/2009/02/09/abbe-franz-schmidberger-aucun-chretien-veritable-ne-peut-etr.html

Écrit par : Moria | vendredi, 28 août 2009

Ce Concile, ce que tout observateur un peu honnête renseigné sur les questions religieuses sait de façon certaine, fut le triomphe du courant libéral et des idées modernistes qui attendaient dans l'ombre l'heure de leur triomphe depuis des années. Il représente une entreprise de subversion doctrinale et idéologique comme jamais l'Eglise n'en avait connue dans son histoire.

Le Concile est porteur de tellement d'idées fausses que l'on peine m$ême à en dresser la liste complète : proclamation de la liberté religieuse, statut nouveau des religions non-chrétiennes dans le plan du Salut, exaltation de l'homme, etc. Ainsi, il représente une désorientation catastrophique qui correspond à un abandon de la doctrine catholique.

Son souhait, celui qu'il proclama, fut celui d'une "nouvelle Pentecôte", d'une ère nouvelle pour le monde et l'Eglise - on sait ce qu'il est advenu de ces thèses optimistes... Son idée, terriblement naïve, participa des principes les plus absurdes concernant l'évolution, le progrés, l'ouverture au monde, etc. On s'imagina pouvoir changer du tout au tout la liturgie, remodeler, refondre la doctrine catholique pour qu'elle "s'adapte" aux exigences du temps.

Or, on oublia malheureusement, mais cela était regardé à l'époque dominée par les thèses en vogue de la dialectique néo-marxiste, comme du fixisme passéiste et réactionnaire, que la Vérité catholique n'est pas modifiable en fonction des climats idéologiques des temps qui passent, qu'elle n'est pas évolutive, qu'elle n'est pas confiée aux évêques pour être changée : "L'Esprit-Saint n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler par son inspiration une nouvelle doctrine, mis pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le Dépôt de la Foi." (Constitution pastor Aeternus, Vat.I, Sess.IV Ch. IV, Dz. 1836)


Verdict - comme le vit fort bien Mgr Lefebvre : Vatican II est un concile hérétique et schismatique !

Écrit par : Serrus | vendredi, 28 août 2009

@ Lozère - Juste une légère précision ; si 40 000 prêtres ont défroqué dans les années qui suivirent immédiatement Vatican II, à présent le nombre est évalué à 70 000 !

En effet, selon les sources récentes de la Curie, on dénombre 70 000 prêtres qui se sont mariés depuis le Concile (Réunion de Castelgandolfo, septembre-octobre 1985).

Par ailleurs selon certains chiffres, situation qui inquiète le Vatican, les prêtres en rupture de ban, c'est-à-dire en situation plus ou moins régulière partageant leurs vies avec des compagnes et ayant des enfants, seraient près de 120 000 dans le monde !

http://www.lefigaro.fr/france/20061117.FIG000000051_benot_xvi_se_preoccupe_des_pretres_maries.html

Écrit par : Valence | vendredi, 28 août 2009

Je crois que Zacharias, dans sa note [4] disant, tout en critiquant l'idée d'évolution : "Reconnaissons toutefois, malgré l’état d’esprit moderniste de certains passages contestables, l’excellence de [certaines] lignes de la Constitution Dogmatique Dei Verbum, rejoint la position de Mgr Lefebvre qui disait : "Ce qui est conforme à l’enseignement pérenne nous l’acceptons, ce qui est ambigu nous le recevons selon cet enseignement pérenne, ce qui est opposé nous le rejetons".

Écrit par : Celias | vendredi, 28 août 2009

A propos de l'herméneutique de continuité, qui est bien sûr une vaste plaisanterie, voilà un aveu intéressant :

"Il est évident que le Novus Ordo ne veut plus représenter la foi de Trente." (Cardinaux Ottaviani & Bacci).

Ainsi s'exprimèrent les théologiens et liturgistes qui écrivirent le célèbre Bref examen critique du Novus Ordo Missæ. CQFD...

Écrit par : Falk | vendredi, 28 août 2009

Très intéresant de regarder qui furent les principaux acteurs de Vatican II, et d'observer leurs parcours personnels, afin de comprendre ce que repésente, en tant que boulerversement complet et radical des principes de l'ancienne religion, le Concile :

- Cardinal Congar: condamné par Pie XII en 1950 pour son livre « Vraie et fausse réforme de l’Église ». Lors de Vatican II, il deviendra l'un des experts les plus influants, se distinguant en se faisant l'un des champions de l’œcuménisme.

- Courtez Murray, prêtre : condamné par le Saint Office dans les années '50 pour sa thèse sur la liberté religieuse. Lors de Vatican II, il fut le principal collaborateur pour la rédaction de la déclaration Nostra Aetate sur la liberté religieuse.

- Henri De Lubac : condamné par Pie XII pour son livre « Surnaturel ». Lors de Vatican II, il participe à la rédaction du décret Gaudium et Spes, et y fait pénétrer toutes ses thèses fautives.

Et la liste, montrant ce que fut du point de vue de sa nature subversive Vatican II, pourrait encore largement s’allonger..

Écrit par : Sylvain M. | vendredi, 28 août 2009

Tous les conciles dogmatiques nous ont donné l’expression exacte de la Tradition, l’expression exacte de ce que les Apôtres ont enseigné. C’est irréformable.

On ne peut plus changer les décrets du concile de Trente, parce qu’ils sont infaillibles, écrits et donnés par un acte officiel de l’Eglise, à la différence de Vatican II, dont les propositions ne sont pas infaillibles, parce que les papes n’ont pas voulu engager leur infaillibilité. Nul ne peut donc vous dire : "Vous vous accrochez au passé, vous en êtes restés au concile de Trente." Parce que le concile de Trente, ce n’est pas le passé ! La Tradition est revêtue d’un caractère intemporel, adapté à tous les temps et à tous les lieux.

Écrit par : Hacquinières | vendredi, 28 août 2009

"L'idée d'aller vers le monde en lui adoucissant et amollissant ce qui est amer et dur, c'est une capitulation, ce n'est pas une habileté. La vérité maintient dans leur plénitude ses droits austères, même sur ce terrain."

Cardinal Siri, Lettre pastorale, 1959.

http://www.icrsp.org/Album-Photos/Cardinal-Siri/Portraits-Siri.htm

Écrit par : Grégoire | samedi, 29 août 2009

Je me posais depuis un certain temps la question de savoir quelle place occupaient exactement les Juifs aujourd'hui par rapport au christianisme. J'ai remarqué dans les paroisses conciliaires que je fréquente un constant philojudaïsme qui parfois va jusqu'à des révérences indécentes à l'égard des Juifs. Tout cela m'a toujours laissé perplexe.

Or, en consultant les archives de La Question, je suis tombé sur un passage dans le fil fil "l'Antijudaïsme théologique de l'Eglise catholique" qui répond à mes interrogations.

Je me permets d'en citer un extrait :

Le judaïsme actuel qui nie la divinité du Christ, ce sur quoi est fondée l’essence de la religion chrétienne, et Le considère comme un menteur, un usurpateur, un blasphémateur, pour tout dire une idole méritant la mort, ce pour quoi il l’a crucifié, a été incorporé à la Commission pour les rapports avec les chrétiens (comme si le christianisme était un rameau du judaïsme actuel ou post-biblique, ou si le judaïsme talmudique rendait vrai le christianisme, quod repugnat); alors que l’Islam, qui nie la divinité du Christ mais Le respecte comme prophète, est considéré, avec raison, comme non-chrétien. En conséquence cela revient à affirmer que sa distance avec le christianisme est plus importante que celle du judaïsme, alors que le judaïsme post-chrétien et tout aussi hérétique, hostile et ennemi du christianisme.

En 1980, Jean-Paul II, à Mayence en Allemagne, a appelé les juifs «le peuple de l’Ancienne Alliance jamais révoquée»; cette expression - explique le P. Paul Beauchamp s.j. - était déjà présupposée «dans la liturgie nouvelle (version française officielle) du Vendredi-Saint, avec l’oraison implorant Dieu que les juifs “progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son alliance”.
Or, qui est exclu d’une alliance ne peut y progresser, cela est illogique, ou alors cela signifie que le judaïsme actuel maintiendrait l’Alliance avec Dieu, ce qui n’a pas de sens si l’Ancienne Alliance est devenue caduque comme le dit saint Paul dans l’épître aux Hébreux. !

Ecrit par : Zacharias | mercredi, 15 avril 2009

http://www.la-question.net/archive/2009/01/28/l-antijudaisme-theologique-de-l-eglise-catholique.html

Écrit par : Damien | dimanche, 30 août 2009

Quel bonheur cette magistrale mise au point de Zacharias sur ce thème si incompris de la Tradition.
Si elle n'est pas confondue avec les us et coutumes, elle représente aux yeux de certains un label d'authenticité de toutes les manifestations religieuses ou métaphysique (surtout depuis Guénon).
Là, tout devient simple : une tradition (la seule acceptée de Dieu) issue d'Abel et les autres de Caïn.
Le classement est ainsi vite réalisée entre les traditions dans lesquelles l'homme croit réintégrer la Divinité par lui même et celle où un sacrifice expiatoire est nécessaire.
Quitte à déplaire au "religieusement correct", nous nous apercevons que toutes les religions pré-chrétiennes sont dans la vraie Tradition lorsqu'elles annoncent le Sauveur (et il n'y en a pas deux !!) et les post-chrétiennes évidemment fausses car le même Dieu ne peut pas donner son Fils Unique et le renier ensuite.
Merci Zacharias pour avoir largement clarifié ce sujet si mal compris.

Écrit par : La Fouine | lundi, 31 août 2009

@ Damien,


Oui, à présent, et cette question sensible est très importante car elle est toujours l'occasion de tragiques confusions chez les chrétiens trop rapides à conférer une aura de sainteté aux dévots de la synagogue, d'autant depuis Vatican II et ses louanges adressées aux Juifs, le peuple hébreu, l’Israël charnel, comme il a été dit dans une autre note : "n’est plus qu’une réalité naturelle désacralisée dont la filiation divine a cessé sachant qu’il n’y rien qui puisse suggérer l’idée d’une prérogative quelconque d’Israël comme peuple de Dieu depuis l’instauration de la Loi nouvelle."


http://www.la-question.net/archive/2009/02/07/le-peuple-deicide.html

Écrit par : Serrus | mardi, 01 septembre 2009

@ La Fouine

Vous avez raison "tout devient simple : une tradition (la seule acceptée de Dieu) issue d'Abel et les autres de Caïn", c'est d'ailleurs ce que j'ai tenté de souligner plus haut.

Ce que propose Zacharias dans ce texte est d'interroger le concept même de Tradition en démontrant que le problème n'est pas de savoir ce qui est ou n'est pas traditionnel, mais participe de cela seul qui peut être nommé "Tradition", à savoir l'héritage spirituel qui fut distingué et a été préservé à travers les âges, afin de conserver la filiation spirituelle d'Abel.

Résultat, on constate que le mot Tradition doit se dire au pluriel, car il y en a deux, non moins anciennes, mais cependant très différentes : "Dès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions, l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence."

On comprend beaucoup mieux, avec cette mise à jour théorique, les enjeux véritable du combat qui oppose depuis toujours les ténèbres à la Lumière.

Écrit par : Quadrige | mardi, 01 septembre 2009

Entièrement d'accord Quadrige et bien mieux dit que moi.

Écrit par : La Fouine | mardi, 01 septembre 2009

Et en plus de tout cela, Quadrige, la Tradition Primordiale est remise à sa place, sous Caïn sans hésitation. Un certain Tourniac a tout tenté pour insérer la Tradition Révélée dans la Tradition primordiale. Il n'a pas compris que Notre Seigneur devenait ainsi un Avatar comme les autres et que l'on pouvait ainsi le comparer à Mohamed, Bouddha et autres consorts! On retrouvait aussi un age d'or après la faute, une conception cyclique du temps, etc ....
Ainsi, ce brave Guénon enfermait les consciences dans cette pseudo tradition afin de les ramener à cette (pseudo!) tradition eschatologique qu'était l'Islam à ses yeux.
Pourtant, en s'en remettant aux préceptes Divins, nous sommes fils d'Adam, d'Abel, de Seth, de Noé et enfin les fils LEGITIMES d'Abraham.
Qui doit profiter de l'Héritage, les fils légitimes ou les fils de la maîtresse ?
Ah, que tout cela devient facile dès lors que nous sortons du "religieusement correct" de l'unité transcendante pour rejoindre la vérirable Eglise; celle qui rasszemble les vrais adptes de Notre Seigneur !

Écrit par : La Fouine | mercredi, 02 septembre 2009

Je n'ai pas vraiment lu les ouvrages de ce Tourniac dont vous me parlez. Je sais simplement, pour être tombé parfois sur certains articles (assez osés et délirants au demeurant), qu'il se présentait comme un disciple de Guénon, ce qui pour un chrétien est toujours un signe de suspicion s'agissant de l'orthodoxie de la foi.

Car s'il est une chose évidente aujourd'hui, c'est qu'on ne peut être à la fois guénonien et chrétien. Là c'est incompatible radicalement ! Comment faire tenir ensemble la doctrine des cycles, le Roi du monde, les fables sur l'Aggartha, les castes, etc., et la Révélation ? C'est ubuesque. Et ceux qui s'y sont risqués en prêtant une oreille complaisante aux salades occultistes de Guénon on perdu la foi.

Écrit par : Quadrige | mercredi, 02 septembre 2009

vous perdez pied avec la réalité,preuve de votre souffrance.

Ce qui vous trouble avec René Guénon,c'est qu'il disait que seul le Christianisme sauverait l'Europe . Or aujourd'hui,vu les carnages déviants de l'Eglise,c'est l'Islam le dernier rempart. Car dans la Vérité,point de mensonges,point de laxisme,point d'offrandes au diable moderniste

Puissiez-vous y parvenir !

Bien à vous

Écrit par : le Pauvre | vendredi, 04 septembre 2009

@ le Pauvre


Eh bien ! votre petit commentaire à au moins le mérite d'être clair, et montre le degré fantastique d'égarement auquel conduit la doctrine guénonienne.

Figure-vous que Guénon n'a jamais été sérieux lorsqu'il parlait du christianisme, ou plus exactement du catholicisme, comme unique chance de redréssement pour l'Europe. En son for interne il était depuis longtemps passé aux thèses occultistes et ésotériques, considérant que plus rien n'était possible en Occident dans la mesure où les voies qui conduisaient au Centre, étaient fermées depuis le XIIIe siècle. Pour lui, le seul salut aujourd'hui, là vous avez raison, était l'islam.

La question est donc de savoir si cette thèse est recevable pour un chrétien ? car s'il faut se faire musulman pour rester guénonien, autant vous dire que je préfère largement cesser d'être guénonien afin de rester chrétien !

Écrit par : Quadrige | vendredi, 04 septembre 2009

@ Quadrige,


Vous voyez juste. Si Guénon était si peu convaincu d'un possible redressement traditionnel de l'Europe par le catholicisme, c'est qu'il eut toujours une conception minorante du christianisme.

En effet, on constate à la lecture attentive de ses ouvrages, qu'il arrête de façon limitative et volontaire, à seulement trois composants : islam, taoïsme et hindouisme, les sources de la "Tradition primordiale". Il ne mentionne absolument jamais la source hébraïque, ou de façon très auxiliaire et marginale. Or, précisément, la Sainte Ecriture, du moins si l'on se dit chrétien, est dépositaire d’une "Tradition primitive", ou plus exactement d'une "Révélation" de nature divine qui est non seulement la plus ancienne mais celle qui est sainte et sacrée, l'autre n'étant qu'un rameau dérivé et corrompu après Babel et la confusion des langues.

Si Guénon ni ne se réfère, ni ne mentionne cet héritage religieux biblique, c’est qu’il ne le considère pas comme faisant partie à titre plénier et véritable des sources de la tradition qui a cours en Orient ; il n'est pour lui qu'une branche finalement relativement éloignée d'un tronc originel largement plus pur et supérieur en antériorité et respect que conserve l'Inde.

De la sorte, nous sommes donc en présence de deux traditions : celle de l’Orient et celle du judéo-christianisme.

Une question mérite donc d'être posée très clairement si l'on veut aller au bout de ce problème extrêmement sérieux qu'il faut se garder de prendre à la légère sur le plan religieux :

* Laquelle des deux traditions est la plus ancienne et la plus authentique ?

- C’est celle de l’Orient, affirme avec force Guénon : « La situation vraie de l’Occident par rapport à l’Orient n’est, au fond, que celle d’un rameau détaché du tronc ». [cf. Introduction à l’Etude des doctrines hindouistes , 1e partie, chapitre 1.] D’après lui, le tronc ancien, authentique, c’est évidemment la tradition orientale ; le "rameau détaché", c’est celle de l’Occident, c’est-à-dire la tradition judéo-chrétienne.

Nous sommes donc en face d'une position, avec René Guénon, qui pratique un renversement complet des niveaux d'autorité et de vérité. L'Inde des idoles et du paganisme devenant, par un effet surprenant dû à l'esprit ténébreux du soufi cairote, la mère de et la dépositaire de l'authentique Tradition, faisant des Patriarches, de Seth jusqu'à Abraham, des représentants mineurs et localisés de la Tradition primordiale.

Quand Guénon affirme que c’est l'Inde qui a conservé la Tradition, il se trompe. C’est exactement le contraire, car en réalité toutes les religions païennes ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels révélés avant Abraham. Elles ne possèdent donc de la Tradition que les formes babéliennes dégradées.

La supériorité de la tradition païenne hindoue sur la Tradition chrétienne, au prétexte absurde d'un lien plus étroit avec la Tradition originelle est une affirmation dénuée de tout fondement, mais elle fut répétée et soutenue pendant tant d'années par les milieux guénoniens, qu'il est devenu habituel de l'admettre chez certains traditionalistes abusés.

On voit ainsi à quel point l'idée de "Tradition" est singulièrement faussée et déviée dans les écrits de Guénon, et combien il importe de nous défaire au plus vite et repousser ses théories mensongères, incompatibles avec la Foi de l'Evangile, et dont le résultat spirituel, on n'y insistera jamais assez, est terriblement dévastateur sur les âmes qui se laissent séduire par ces thèses occultistes antichrétiennes.

Écrit par : Zacharias | samedi, 03 octobre 2009

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