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samedi, 15 août 2009

Wagner : « Le Judaïsme dans la musique »

 

“Das Judenthum in der Musik”

 

ou Wagner et les Juifs

 

 

 

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« Le judaïsme est la néfaste conscience

de notre civilisation moderne. »

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wagner_breker.jpgLa question des convictions anti-judaïques de Wagner, que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier d‘opinions antisémites sans doute à juste titre, a donné lieu à suffisamment de recherches, d’analyses et d’études diverses, souvent passionnelles et passionnées, pour que nous croyons intéressant de nous y pencher, afin de savoir exactement qu’elles furent les idées défendues par Wagner en ce domaine controversé. On sait, également, qu’il y eut une nette divergence entre Nietzsche et Wagner sur ce sujet, l’auteur de Zarathoustra proclamant, à qui voulait l’entendre : « Je mène une guerre impitoyable à l'antisémitisme, - il est une des aberrations les plus maladives de l'auto-contemplation hébétée et bien peu justifiée du Reich allemand... » [1]. Au contraire, pour Wagner, les musiciens juifs présentaient à ses yeux le grave défaut de ne pas être en relation avec « l'esprit authentique du peuple allemand », leur musique, ainsi, ne pouvait être qu’artificielle et sans profondeur.

 

I. Wagner et les Juifs

 

Cependant, indépendamment de ses déclarations publiques contre l'influence juive dans la musique, Wagner a gardé de nombreux amis juifs,175px-Hermann_Levi.jpg même dans la dernière période de sa vie. Dans son autobiographie écrite entre 1865 et 1870, il affirme par exemple que sa relation avec le Juif Samuel Lehrs, qu'il avait connu à Paris dans le début des années 1840, est une « des plus magnifiques amitiés de sa vie ». Par ailleurs, le plus représentatif d'entre les amis juifs de Wagner, fut sans doute le chef d'orchestre Herman Lévi, Juif pratiquant que Wagner désigna pour diriger la première représentation de Parsifal ! Le compositeur souhaita d'abord que Levi se fît baptiser, sans doute en raison du contenu religieux de l’opéra, mais renonça finalement à cette exigence. Levi, qui maintint des relations très amicales avec Wagner fut même, immense honneur, sollicité à ses funérailles pour porter son cercueil.

 

La question est donc complexe, et exige d’être abordée avec grande prudence, afin d’éviter des jugements trop catégoriques et inexacts. Toutefois, il est indéniables que les opinions de Wagner sont tranchées et ne manquent pas de susciter une certaine gène, y compris chez les plus inconditionnels fidèles du compositeur. Pourtant, il apparaît évident que ce sujet, fut l’un de ceux qui tinrent le plus à cœur de Wagner, et il est difficile de prétendre pénétrer toutes les arcanes de l’œuvre sans posséder un minimum de clés référentielles sur cet aspect des choses.

 

II. Histoire d’un texte sulfureux

 

Richard+Wagner+RichardWagner.gifC’est par un texte célèbre, publié tout d’abord en 1850 dans le Neue Zeitschrift für Musik sous le pseudonyme de K. Freigedank ("Libre-penseur"), que Wagner synthétisa ses convictions anti-juives, sans pour autant les revendiquer trop ostensiblement dans un premier temps. Toutefois, la réédition de la brochure polémique en 1869, marquera le début d'une série ininterrompue d'essais et d’articles dans des journaux, essais et articles écrits par Wagner exprimant ses sentiments anti-juifs qui parurent les années suivantes, y compris l'année même de sa mort en 1883, et qui tous critiquaient avec force, soit des juifs connus dans le monde de l’art et de la musique soit, plus globalement, les Juifs dans leur ensemble.

 

De la sorte, le texte de Richard Wagner que nous publions : “Das Judenthum in der Musik”, littéralement « La judéité dans la musique », et qui fut traduit en français par « Le judaïsme dans la musique », est loin d’être un texte isolé ; des textes antijuifs Wagner en fit paraître constamment et régulièrement.

 

Dans un essai tardif, Qu'est-ce qui est allemand ? (1879), il écrivait sur le thème qui nous occupe : « Les Juifs [tiennent] le travail intellectuel allemand entre leurs mains. Nous pouvons ainsi constater un odieux travestissement de l'esprit allemand, présenté aujourd'hui à ce peuple comme étant sa prétendue ressemblance. Il est à craindre qu'avant longtemps la nation prenne ce simulacre pour le reflet de son image. Alors, quelques-unes des plus belles dispositions de la race humaine s'éteindraient, peut-être à tout jamais. »

 

III. Un antijudaïsme constant

 

On le voit, alors même qu’il déclare avoir lutté dans sa jeunesse pour l’émancipation des Juifs, non sans éprouver une « involontaire aversion à leur égard »,, les idées de Wagner, ni ne changèrent, ni s’atténuèrent avec le temps, bien au contraire, et l’on peut même dire, qu’elles prirent un aspect plus déterminé, plus profond, au point qu’antijudaïsme et Wagner, finirent peu à peu, à ne former non sans quelques raisons dans l’esprit du grand public qu’une identique chose.

 

 

reichssymorch.gif

 

-3_3_Winifred_Wieland_et_Wolfang_pere_de_Gottfried_en_compagnie_de_Hitler_a_Bayreuth_juin_1940-ad96f.jpgIl faut d’ailleurs rajouter à cela, ce qui n’arrangea pas la vision que le public se fit de l’œuvre de Wagner, qu’à la mort deHitler_et_les_freres_Wagner-2.jpg Cosima et Siegfried Wagner en 1930, la responsabilité du festival de Bayreuth et de la villa Wahnfried échut à la veuve de ce dernier, Winifred Wagner, amie personnelle d'Adolf Hitler [2]. Or Hitler était un zélateur inconditionnel de la musique de Wagner, et il contribua à conférer une lecture national-socialiste aux principaux thèmes germaniques qui jalonnent l’œuvre, au point que plusieurs des grandes ouvertures servirent aux messes politiques organisées en l’honneur du IIIe Reich.

 

Wagner reproche principalement aux Juifs, avec parfois des accents authentiquement racistes et des arguments biologiques, d’être étrangers à la culture européenne, d’être restés à l’écart de ce qu’elle représente véritablement : « Pour le Juif, toute la civilisation et tout l'art européens sont restés choses étrangères, car il n'a pas plus participé à la formation de la première qu'au développement du deuxième et il est le plus souvent resté un spectateur froid, sinon hostile ». La conviction que ne cesse de reprendre et distiller sous divers modes Wagner, peut se résumer à cette phrase : « Ce qui caractérisera donc le mieux les créations artistiques juives et cela jusqu'à la trivialité et au ridicule, sera un cachet de froideur et d'insensibilité et par conséquent, la période historique de la musique juive de notre société peut être considérée comme celle de la stérilité complète et du déséquilibre », montrant que derrière la féroce critique du Juif, se cache surtout chez Wagner une volonté de démontrer qu’il n’y a pas et ne peut y avoir d’art juif proprement dit, et que pour le reste, les juifs se contentent d’imiter maladroitement ce qu’ils ont découvert comme étant l’essence de l’Art européen.

 

 

 

Présentation du

« Judaïsme dans la musique »

 

 

portrait.jpgL’essai de Richard Wagner, “Das Judenthum in der Musik”, cas unique dans l’histoire de la musique, attaque les Juifs en général et plus particulièrement les compositeurs Giacomo Meyerbeer et Felix Mendelssohn Bartholdy avec une rare férocité. Il explique en quoi le monde des lettres et des arts est tombé entre des mains selon lui impures, qui corrompent l’essence de la pensée, il développe une thèse extrêmement radicale : « Il n'existe pas d'art juif, par conséquent point non plus de vie créatrice d'art chez les juifs ». La conviction de Wagner est que « Pour un musicien juif, il ne peut donc exister qu'une seule source d'art populaire juif : celui qui a cours dans les synagogues et qui a pour thème le culte de Jéhovah. »

 

On retiendra également, que sa critique de Mendelssohn lui donne l’occasion de louer le génie musical de Beethoven, incomparablement supérieur selon lui à Bach. Il en profite immédiatement après, pour souligner ce qui correspond à la fois à un constat et une terrible et désolante situation pour la musique : « Il était impossible aux Juifs de s'emparer de [la musique] avant que celui-ci fût devenu une chose sans vie ; aussi longtemps que la musique possédait en soi une vie organique intense, c'est-à-dire jusqu'à Mozart et Beethoven, nous ne trouvions pas trace de Juifs dans la musique. Ce n'est que lorsque la vie organique de celle-ci périclita, que les éléments extérieurs prirent suffisamment d'empire pour s'en rendre maîtres et la décomposer. La chair d'un tel cadavre, grouillant de vers, peut se dissoudre, mais il n'est personne qui puisse pour autant le considérer comme une chose vivante. »

 

Ainsi, une seule solution permettrait de redonner la vie au corps musical vidé de son énergie et de sa vérité, que le Juif cesse d’être Juif : « …devenir homme, correspond pour le Juif à ne plus être Juif. Pour atteindre [ce but], il faut peiner ; Prenez part, en toute loyauté, à cette œuvre rédemptrice et nous serons alors unis et tous pareils. Mais songez bien qu'une seule chose peut vous conjurer de la malédiction qui pèse sur vous : la rédemption d'Ahasvérus : l'anéantissement. » [3]

 

On le constate, les thèses sont sans concession, et méritent un examen attentif afin de mieux connaître ce que pensait Wagner qui se révèle à la fois plus radical, plus purement antisémite et irrationnel qu’on ne l’imaginait, et parfois plus généreux, voire même carrément ouvert à certaines possibilités pour les Juifs : « Nous avons souhaité qu'il se crée un jour un royaume juif à Jérusalem… »

 

Il est donc instructif, alors que ce texte célèbre objet de tant de commentaires, publié deux fois pendant la période nazie (Berlin en 1934, puis Leipzig en 1939), a été soigneusement et volontairement omis pour les raisons que l’on imagine lors de l’édition des « Œuvres Complètes » en allemand de Wagner en 1983, et reste difficilement accessible en français, en étant donc largement méconnu de la plupart de ceux qui s’intéressent à la pensée de Wagner et par écho, tant leur relation fut importante dans la vie de l’un et de l’autre, de Nietzsche.

 

Soucieux donc, de contribuer à une meilleure connaissance de Wagner, nous pensons utile de mettre à disposition du lecteur contemporain ce texte objet de tant de fantasmes et de multiples interprétations, texte souvent évoqué mais quasiment jamais cité, lecteur contemporain que nous croyons capable de lire, nous semble-t-il, instruit par l’Histoire, et de juger de la validité avec toute la distance nécessaire et la prudence qu’il convient, des conceptions de Wagner au sujet de l’Art.

 

Notes.

 

[1] Nietzsche, Fragments posthumes, XIV, 24 [1], 6.

 

[2] Hitler déclara un jour : « Le national-socialisme n'a qu'un seul prédécesseur légitime : Richard Wagner. »

 

[3] Allusion au mythe du juif errant, qui ne pouvait mourir car ayant perdu jusqu’à la faculté de disparaître. C’est un moine bénédictin, Matthieu Pâris, qui relatera le récit d'un évêque arménien en visite au monastère de s. Alban, où le personnage est assimilé au juif Cartaphilus. La légende devint populaire en Europe à la fin de la période médiévale, et le juif errant reçut le prénom d'Ahaswerus (ou Ahasvérus).

 

 

 

Wagner_Das_Judenthum_in_der_Musik_1869.jpg

 

 

RICHARD WAGNER

 



«
LE JUDAÏSME

DANS

LA MUSIQUE »

Traduction de B. de TREVES

 

 

 

 

“Das Judenthum in der Musik”.pdf 

 

01:05 Publié dans De la musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : musique classique, antisémitisme, philosophie |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Et pourtant, il semble bien que le Maitre lui-meme...

http://www.revolve.com.au/polemic/wagner.html

Écrit par : Mathieu | jeudi, 20 août 2009

Lettre de Charles Baudelaire

à Richard Wagner




Cette lettre fut écrite par Baudelaire quelques jours après les trois concerts donnés par Wagner à la Salle Ventadour,



Vendredi, l7 février 1860

Monsieur,

Je me suis toujours figuré que si accoutumé à la gloire que fut un grand artiste, il n'était pas insensible à un compliment sincère, quand ce compliment était comme un cri de reconnais­sance, et enfin que ce cri pouvait avoir une valeur d'un genre singulier, quand il venait d'un français, c'est-à-dire d'un homme peu fait pour l'enthousiasme et né dans un pays où l'on ne s’ entend guères plus à la poésie et à la peinture qu'à la musique. Avant tout, je veux vous dire que je vous dois la plus grande jouissance musicale que j'aie jamais éprouvée. Je suis d'un âge où on ne s'amuse plus guères à écrire aux hommes célèbres, et j'aurais hésité longtemps encore à vous témoigner par lettre mon admiration, si tous les jours mes yeux ne tombaient sur des articles indignes, ridicules, ou on fait tous les efforts possibles pour diffamer votre génie. Vous n'êtes pas le premier homme, Monsieur, à l’occasion duquel j'ai eu à souffrir et à rougir de mon pays. Enfin l'indignation m'a poussé à vous témoigner ma reconnaissance; je me suis dit: Je veux être distingué de tous ces imbéciles.

La première fois que je suis allé aux Italiens, pour entendre vos ouvrages, j'étais assez mal disposé, et même, je l'avouerai, plein de mauvais préjugés; mais je suis excusable; j'ai été si souvent dupe; j'ai entendu tant de musique de charlatans à grandes prétentions. Par vous j'ai été vaincu tout de suite. Ce que j'ai éprouvé est indescriptible, et si vous daignez ne pas rire, j'essaierai de vous le traduire. D'abord il m'a semblé que je connaissais cette musique, et plus tard en y réfléchissant, j'ai compris d'où venait ce mirage; il me semblait que cette musique était la mienne, et je la reconnaissais comme tout homme reconnaît les choses qu'il est destiné à aimer. Pour tout autre que pour un homme d'esprit, cette phrase serait immensément ridicule, surtout écrite par quelqu'un qui, comme moi, ne sait pas la musique, et dont toute l'éducation se borne à avoir entendu (avec grand plaisir, il est vrai) quelques beaux morceaux de Weber et de Beethoven.

Ensuite le caractère qui m'a principalement frappé, ç'a été la grandeur. Cela représente le grand, et cela pousse au grand. J'ai retrouvé partout dans vos ouvrages la solennité des grands bruits, des grands aspects de la Nature, et la solennité des grandes passions de l'homme. On se sent tout de suite enlevé et subjugué. L'un des morceaux les plus étranges et qui m'ont apporté une sensation musicale nouvelle est celui qui est destiné à peindre une extase religieuse. L'effet produit par l'Introduction des invités et par la Fête nuptiale est immense J'ai senti toute la majesté d'une vie plus large que la nôtre. Autre chose encore : j'ai éprouvé souvent un sentiment d'une nature assez bizarre, c'est l'orgueil et la jouissance de comprendre, de me laisser pénétrer, envahir, volupté vraiment sensuelle, et qui ressemble à celle de monter dans l'air ou de rouler sur la mer. Et la musique en même temps respirait quelquefois l'orgueil de la vie. Généralement ces profondes harmonies me paraissaient ressembler à ces excitants qui accélèrent le pouls de l'imagina­tion. Enfin, j'ai éprouvé aussi, et je vous supplie de ne pas rire, des sensations qui dérivent probablement de la tournure de mon esprit et de mes préoccupations fréquentes. Il y a partout quelque chose d'enlevé et d'enlevant, quelque chose aspirant à monter plus haut, quelque chose d'excessif et de superlatif. Par exemple, pour me servir de comparaisons empruntées à la peinture, je suppose devant mes yeux une vaste étendue d'un rouge sombre. Si ce rouge représente la passion, je le vois arriver graduellement, par toutes les transitions de rouge et de rose, à l'incandescence de la fournaise. Il semblerait difficile, impossible même d'arriver à quelque chose de plus ardent; et cependant une dernière fusée vient tracer un sillon plus blanc sur le blanc qui lui sert de fond. Ce sera, si vous voulez, le cri suprême de l'âme montée à son paroxysme.

J'avais commencé à écrire quelques méditations sur les morceaux de Tannhäuser et de Lohengrin que nous avons entendus; mais j'ai reconnu l'impossibilité de tout dire.

Ainsi je pourrais continuer cette lettre interminablement Si vous avez pu me lire, je vous en remercie. Il ne me reste plus qu'à ajouter que quelques mots. Depuis le jour où j'ai entendu votre musique, je me dis sans cesse, surtout dans les mauvaises heures: Si, au moins, je pouvais entendre ce soir un peu de Wagner! Il y a sans doute d'autres hommes faits comme moi. En somme vous avez dû être satisfait du public dont l'instinct a été bien supérieur à la mauvaise science des journalistes. Pourquoi ne donneriez-vous pas quelques concerts encore en y ajoutant des morceaux nouveaux? Vous nous avez fait connaître un avant-goût de jouissances nouvelles; avez-vous le droit de nous priver du reste? Une fois encore, Monsieur, je vous remercie; vous m'avez rappelé à moi-même et au grand, dans de mauvaises heures.

CH. BAUDELAIRE.

Je n 'ajoute pas mon adresse, parce que vous croiriez peut-être que j'ai quelque chose à vous demander.

Écrit par : Charles | jeudi, 20 août 2009

@ Mathieu


L'idée d'un Wagner d'ascendance juive savez-vous d'où elle provient ? De Nietzsche !


Lisez plutôt :

"Wagner était-il même allemand ? On a quelque raison de se le demander. Il est difficile de discerner en lui un seul trait allemand. Lui qui ne cessait d’apprendre, il a appris notamment à imiter bien des particularités allemandes, mais c’est tout. Son génie même contredit tout ce qu’on a, jusqu’à présent, considéré comme typiquement allemand, pour ne pas parler des musiciens allemands. Son père était un comédien du nom de Geyer [Vautour] – un « Geyer », c’est déjà presque un « Adler » [Aigle]… Ce qui circule aujourd’hui sous le nom de « Vie de Wagner » est fable convenue, si ce n’est pire » [Friedrich Nietzsche, Le Cas Wagner in Œuvres philosophiques complètes t.VIII, Gallimard, 1974, p. 46.]


Pas mal, n'est-ce pas, et assez bas et vulgaire ?

Ainsi lorsque le philosémite Nietzsche veut attaquer son ancien ami, il se souvient des vieilles recettes...



Poliakov, qui n'était pas vraiment un wagnérien convaincu, a repris la thèse à son compte :

- « On ne saura jamais s’il était le fils du fonctionnaire saxon Karl Wagner ou celui de l’acteur Ludwig Geyer, dont il porta le nom jusqu’à l’âge de quatorze ans ; et encore moins saura-t-on si ce dernier était d’origine juive – ainsi qu’on l’a souvent prétendu – au point que, du vivant du compositeur, les humoristes viennois le qualifiaient de « grand rabbin de Bayreuth ». […] Il est certain que Wagner penchait vers l’« hypothèse Geyer » et se croyait donc fils adultérin. Croyait-il, au surplus, que Geyer était Juif ? Cela paraît également vraisemblable » [Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, tome III, de Voltaire à Wagner, Calmann-Lévy, 1968, p. 441].

Tout cela est assez pitoyable, est relève de la calomnie.

Écrit par : Radek | jeudi, 20 août 2009

La légende, colportée misérablement par Nietzsche, qui une fois encore montre sa bassesse et sa médiocrité dans cette histoire, d'un Wagner d'origine juive est une totale absurdité.


Que Richard Wagner ait d'abord noté dans son autobiographie, Ma Vie, qu'il était le fils de Ludwig Geyer, avant de corriger, cela peut aisément s'expliquer par le fait que son père biologique lui était un parfait inconnu, tandis que celui qui l'avait élevé et l'avait énormément influencé était Ludwig Geyer. De là à penser que Richard Wagner lui-même s'imaginait être le fils de l'acteur, il lui suffisait de regarder Albert, avec lequel il restera en relation toute sa vie, pour se convaincre du contraire...

LUMIERES SUR UNE LEGENDE :

http://richardwagner.free.fr/biorwlegende.htm

Écrit par : Lozère | jeudi, 20 août 2009

Qui était Betty Bürkel, premier témoin de l'agonie du compositeur ?
Qui avait préparé la soupe qu'elle lui servit ce mardi 13 février 1883 ?

"The servant brought in a plate of soup and retired. All seemed quiet for some time. Then suddenly a hurried pacing up and down the room was heard. The footsteps ceased a sharp cough, checked. Betty threw down her work, walked on tip-toe to the door, and listened with all her ears. She heard one deep groan ; she stood for a moment divided between a resolve to call Cosima or break through her master's orders and go into his room at once. The suspense was soon over. " Betty !" It was Wagner's voice, very faint. Betty niched in. Wagner was leaning back on his sofa, his fur coat was half off, his feet rested on a footstool. His face was fearfully changed his features cadaverous and drawn down with pain evidently ; with the utmost difficulty he contrived to murmur, but almost inaudibly, " Call my wife and the doctor." He never spoke again."

My musical memories (1884)
Haweis, Hugh Reginald, (1839-1901)
New York, Funk & Wagnalls

Écrit par : Passaimp | vendredi, 21 août 2009

"Jamais spectacle comparable, miroir aussi géant de la science, de l'âme et de l'histoire ne fut offert aux regards et à l'intelligence de l'homme. Le même symbolisme embrasse jusqu'à la musique qui se fait entendre alors dans l'immense vaisseau et de qui les sept tons grégoriens figurent les sept vertus théologales [sic] et les sept âges du monde.

On peut dire qu'une représentation de Wagner à Bayreuth (...) est peu de chose auprès de la célébration de la grand'messe dans la cathédrale de Chartres.

Sans doute ceux-là seuls qui ont étudié l'art religieux du Moyen Âge sont capables d'analyser complètement la beauté d'un tel spectacle."

Marcel PROUST, "En mémoire des églises assassinées"

Écrit par : Jean-Marie MATHIEU | vendredi, 28 août 2009

Certes, de toute façon rien n'est équivalent à la Messe. Cela dit, lorsqu'en 1894 Marcel Proust écoute pour la première fois Lohengrin de Wagner il est enthousiaste. Dès lors son wagnérisme prend un caractère déterminé. Proust dira que "c'est un signe de passion de la musique que d'aimer Wagner".

De plus, ce qui est significatif, dans La Prisonnière, Proust raille avec une certaine ironie le texte de Nietzsche "Le Cas Wagner" :

"Je n'avais, à admirer le maître de Bayreuth, aucun des scrupules de ceux à qui, comme à Nietzsche, le devoir dicte de fuir dans l'art comme dans la vie la beauté qui les tente, qui s'arrachent à Tristan comme ils renient Parsifal et, par ascétisme spirituel, de mortification en mortification, parviennent, en suivant le plus sanglant des chemins de croix, à s'élever jusqu'à la pure connaissance et à l'adoration parfaite du Postillon de Longjumeau."


La Prisonnière, 1925.

Écrit par : Radek | vendredi, 28 août 2009

"À cause de la circoncision du huitième jour, les Juifs ont leur glande génitale interne hypotrophiée. Cela fera donc des thyroïdiens comme beaucoup d'acteurs, certains artistes, mais à un niveau très banal; car il n'y a pas de grands artistes juifs: il n'y a pas de CHOPIN, il n'y a pas de BEETHOVEN, il n'y a pas de BACH juifs, parce que justement ces gens-là ont une puissance interstitielle que les Juifs n'ont pas."
Roger Dommergue POLACCO de MENASCE, "Entretien avec le Pr R.D. POLACCO de MENASCE: un Juif parle" ( sur Dailymotion )

Écrit par : Jean-Marie MATHIEU | samedi, 29 août 2009

Un veritable plaisir passé a lire cette article, je vous en remercie chaudement !!!

Écrit par : Argent Facile | vendredi, 09 août 2013

Je pense que c'est parce que Richard Wagner avait des origines juives, qu'il refoulait violemment, qu'il a écrit cet essai contre le judaïsme dans la musique.
D'ailleurs comment aurait-il pu d'écrire si bien l'atmosphère sonore qui régnait dans les synagogues, s'il ne les avait fréquentées ?
De plus il crée une scission entre les juifs de base et les juifs cultives, qui eux seuls ont une chance en se faisant baptiser d'accéder à l'art musical germanique.
Étrange par ailleurs que le compositeur d'une musique si sublime se complaise a critiquer les juifs et à porter aux nues " Beethoven" a qui apparemment il ne doit rien sinon l'inspiration.
N'oublions pas que Beethoven a mis des années à composer la Missa Solemnis, pour finalement environ 1 h 30 de musique.
Qu'est il advenu de ses essais ?
Ils n'auront certainement pas été perdus perdus pour tout le monde.

Écrit par : Pierre jacquart | lundi, 19 janvier 2015

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