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jeudi, 25 juin 2009

COMMENT PEUT-ON ÊTRE CHRÉTIEN ?

Le caractère divin de la Révélation

 

 

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Ehye asher Ehye

"Je Suis qui Je suis"

[Exode 3, 14]

 

 

 

 

 

arton55-5ada7.jpgIl y aurait beaucoup à dire à propos des positions, relativement caractéristiques des analyses que l’on peut rencontrer, il faut l’avouer largement répandues et qui bénéficient d’une importante publicité dans de nombreux ouvrages et médias hostiles au christianisme, et dont les prolégomènes critiques sont, comme toujours, dirigés tout d’abord à l’encontre de la racine mosaïque de la Révélation. Ainsi, pour faire justice des trop rapides conclusions qui firent et font encore les beaux jours d’un néo-paganisme folklorique, et tordre le coup à nombre absurdités énoncées avec une incroyable légèreté, il importe, d’autant en une période où les thèses de la Nouvelle Droite ont largement montré leur limite, de constater de façon rigoureuse la fausseté des positions dont s’était fait le chantre Alain de Benoist et que défendait le GRECE , positions qui relevaient toutes de vieilles lunes antichrétiennes qui ont leurs sources chez des auteurs matérialistes et athées, de Renan à Louis Rougier en passant par Celse , Nietzsche et Harnack, sans oublier le plus qu’hétérodoxe Julius Evola, dont on retiendra cependant cette pertinente remarque à l’endroit des néo-païens non conscients de leur propre héritage : «L'action juive a été possible seulement parce que dans l'humanité non-juive s'étaient développés des processus de dégénérescence et de désagrégation : l'élément juif s'est greffé à ces processus, avec l'esprit, les instincts et les méthodes qui lui sont propres, il les a accélérés jusqu'à l'exaspération, les conduisant là où, seuls, ils ne seraient pas parvenus aussi rapidement. » [1]

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Julius Evola (1898-1974)

«L'action juive a été possible

seulement parce que dans l'humanité non-juive

se sont développés des processus de dégénérescence et de désagrégation . »

 

C’est pourquoi pour faire suite, en cette période estivale propice à la méditation, à notre première étude : « Pourquoi n’est-il plus possible d’être païen ? », il nous semble intéressant de reprendre, face aux questions suscitées par notre premier texte, l’interrogation du fait chrétien, en se penchant, partant des origines mosaïques jusqu’à nous, sur l’ensemble de la perspective historique et spirituelle de la Révélation, afin de mettre en lumière sa cohérence et ses critères de crédibilité sur le plan religieux, qui démontrent, au final, la parfaite vérité et la fonction salvatrice du christianisme.

Cette étude, nécessairement développée, se déploiera en trois volets qui seront publiés successivement :

I. Origine divine de la Révélation mosaïque

II. Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe

III. L’Ordre chrétien.

 

 

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I. Origine divine de la Révélation mosaïque

 

a) – Origine des hébreux

Il faut donc commencer par la première des nombreuses affirmations, un rien rapides et réductionnistes, qui se fondent sur la thèse bien connue du caractère construit, politique et non originel du monothéisme hébreux, qui plus est issu d’une source hétérogène malsaine et hétéroclite expliquant la permanence de sa nocivité à travers l’Histoire : « Le judaïsme [est depuis l’origine] une force destructrice pour toute race ou culture. […] eux-mêmes sans race, les Juifs deviennent alors l'anti-race; eux-mêmes sans nation, ils deviennent l'anti-nation..» [2]

On dira, pour être gentil, que c’est une entrée en matière singulièrement osée ! Comment ? le judaïsme primitif aurait été un mouvement révolutionnaire nihiliste ! Quelle vision étroite et si peu conforme à la réalité du fait mosaïque sur le plan historique, alors que les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les hautes terres de Canaan (vers Béthel et Silo) ont permis d'établir la présence, à partir de -1200, de petites communautés de nomades qui se sédentarisent, probablement pour cultiver leurs céréales. Communautés qui ne sont en rien formées par d’anciens esclaves des égyptiens [3].

Et alors qu’à ce jour aucune trace archéologique de Moïse ni d'allusion à son existence antérieurement au récit biblique n'a été retrouvée, ni en Égypte, ni en Palestine, mais que l'on connaît les principaux notables de l'entourage des pharaons du Nouvel Empire, et surtout, élément fondamental, que l’on sait que l’identification faite jusqu’à présent par les érudits des « Apirou » aux Hébreux, et ce jusque tout récemment, est totalement fautive, entraînant des interprétations absolument erronées, dont l’idée évolienne d’un peuple non national est redevable. [4]

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Les Hébreux sont groupés en familles, en clans,

qui gardent leur identité et leurs traditions propres.

 

La tradition biblique reste notre seule source de renseignements, qui nous présente donc les Hébreux de l'époque patriarcale comme des « étrangers » (gérim), non par eux-mêmes, mais uniquement par rapport aux populations locales qu’ils rencontrent, des pasteurs semi-nomades en voie de sédentarisation, à la recherche de pâturages. Ils vivent en autarcie et refusent de se marier « avec les filles des Cananéens ». Ils sont groupés en familles élargies (bêyt'âb) ou en clan (mishpâhâh), qui gardent leur identité et leurs traditions propres (culte du Dieu de leurs pères). Rien à voir, comme on le constate, avec un peuple esclave vivant de rapines et profitant du produit du travail des peuples qu’ils soumettent. Rappelons d’ailleurs qu’après une errance, ils revinrent en Canaan, occupée par les Philistins, et par la victoire de David, roi d'Israël, contre Goliath, champion des Philistins, ils gagnent la terre de Canaan. C'est le début des royaumes, celui de Salomon de 970 à 930 avant J.-C., avec pour capitale Jérusalem, où Salomon fait bâtir un temple renfermant l'arche d'Alliance, puis sa division en deux avec le royaume de Juda qui survécut jusqu'en 587 avant J.-C., et celui d'Israël jusqu'en 722 avant J.-C. Victime de sa division, paradoxalement, c’est le peuple hébreu affaibli qui subit plusieurs invasions étrangères, perse, grecque et romaine, dont la dernière dirigée par Titus en 70 de notre ère provoqua la seconde Diaspora.

b) – La fable de la source égyptienne du monothéisme hébreux

 

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Nicolas Poussin.

La Fille du Pharaon trouve Moïse au bord du Nil (1638)

 

Deuxième élément significatif, sans même s’appuyer sur les textes bibliques dont on pourra toujours rétorquer qu’ils sont l’œuvre d’une habile construction tardive due à Esdras, il y a dans l’affirmation portant sur la prétendue origine égyptienne du monothéisme hébreu, une considérable méprise initiale qu’il importe de réfuter. On le sait, reprenant les thèses de Gressmann, Jean Astruc, Eduard Meyer, Yahuda et Sellin, Freud, en 1939, émit l'hypothèse que Moïse était un haut militaire, proche d'Akhenaton et acquis à ses idées monothéistes. Il dut s'enfuir lors de l'effondrement de la religion d'Aton en emmenant avec lui un groupe de Sémites qu'il avait soumis lors d'une de ses campagnes contre ces « habirous », parfois appelés « Israal » ou Hyskos dans les textes égyptiens. Voici pour Freud quelle fut la réalité de l'Exode : « Moïse essaya de convertir ces hébreux à la religion d'Aton, mais ce peuple avait « la nuque raide » et ne manquait aucune occasion de se tourner vers d'autres dieux : Baal, veaux d'or, Astarté (Ishtar en Akkadien) Tammuz (Dumuzi) etc. » [5]

freud.jpgOr, il apparaît que les choses se sont passées fort différemment, car la thèse égyptienne, si populaire de nos jours, ayant reçu une sorte de vérité « analytique » avec le « Moïse » de Sigmund Freud, est un roman amusant, mais qui est loin, pour le moins, de répondre aux critères historiographiques sérieux. Ainsi, élément immédiat qu’il nous faut définitivement purger. Moïse, et le monothéisme hébreu, ne sont en rien redevables à la religion égyptienne. En effet, pour nombre de critiques, Moïse aurait recueilli l'héritage de la religion amarnienne. Cette thèse est absurde au plus haut degré puisque plus de cent cinquante ans avaient déjà passé lors de la Révélation mosaïque [6]. Le culte d'Aton avait été banni et tout ce qui a pu être dit de sa possible survie clandestine, nous le savons, est pure spéculation depuis l’excellent ouvrage de Marianna Simon : « La philosophie de la religions dans l'œuvre de Schleiermacher », Vrin, 1974. Il était d'ailleurs loin de correspondre au monothéisme biblique aniconique, puisque sa représentation sous forme de disque dispensant ses bienfaits au moyen de ses rayons pourvus de « petites mains ouvertes » était en contradiction flagrante avec le second commandement (“ Tu ne te feras aucune image de ce qui est dans les cieux en haut ” Exode 20,4). Akhenaton lui-même ne différait guère des autres pharaons qui se disaient divins puisqu'il se croyait l'incarnation d'Aton et avait même des prêtres de son culte. Chaque matin, le disque solaire était censé enfanter au moyen de ses rayons sa propre image en la personne royale. Cependant, à la différence du Dieu biblique, ce nouveau dieu égyptien ne parle pas aux hommes et n'a pas d'exigence éthique. Quelle que soit l'historicité attribuée au personnage de Moïse, dont on ne voit pas pourquoi il ne serait pas considéré comme réel sur le plan religieux, la religion dont il est le fondateur apparaît au demeurant beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

Le prêtre égyptien Manéthon ne s'y était pas trompé en rédigeant au IIIème siècle av. une sorte de contre récit de l'Exode, plein de ressentiment. Si l'Egypte est si présente dans l'Exode, c'est, comme l'écrit Jan Assmann, professeur d'égyptologie à l'université de Heidelberg, que : “le monothéisme mosaïque est une contre-religion explicite qui ne peut s'auto-définir qu'à partir de son contre-modèle ”. [7]

c) – L’originalité de la Révélation

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Pour Spinoza (1632-1677),
ce qu'on appelle "révélation", "prophétie", ou "miracle"
ne sont rien d'autres que des évènements naturels
que les plus crédulent (les prophètes y compris)
interprètent malencontreusement comme les signes d'un Dieu.

Seconde absurdité, l’idée d’une compilation d’éléments adventices qui verrait la Torah être une habile et ingénieuse compilation, une sorte de symbiose réussie d'éléments pré-judaïques provenant d'autres cultures et participant de diverses mythologies (ougaritique, egyptienne, et suméro-babylonienne,, etc.). Jan Assmann, dans l’ouvrage déjà cité, retrace suffisamment l'entreprise de « déconstruction » qu'ont opérée, entre autres, John Spencer (1630-1693), Spinoza, et Freud, qui ont tous œuvré, selon des modalités différentes, à la réhabilitation de la religion égyptienne, entreprise qui aujourd’hui fait les beaux jours de tous les adversaires du christianisme, mais qui, hélas ! repose sur des affirmations fantaisistes.

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La religion dont  Moïse est le fondateur

est beaucoup plus anti-égyptienne qu'égyptienne !

 

Ainsi, dans la droite ligne de l’obsolète critique radicale redevable aux faibles lumières de la philologie, l’exemple le plus comique en date est le récent volume de compilations des très modernistes héritiers de Renan : « Ce que la Bible doit à l'Egypte de Eliot Braun », André Lemaire, Pierre Grelot, Thomas Römer, Bayard Centurion, 2008, sorte de re-sucé médiocre des déjà anciens opus de L'année 1902 : Adolf Harnack, L'essence du christianisme, et, L'Évangile et l'Église d'Alfred Loisy. Cette critique pouvant également être faite au grotesque roman de science-fiction « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux » dont l’éditeur nous dit gentment que ses auteurs Messod et Roger Sabbah, « accumulent éléments et preuves aux fins d'authentifier leur découverte », alors même que les dits « auteurs », qui donnent souvent l'impression de s'appuyer sur des raisonnements scientifiques, ne connaissent pas la langue égyptienne ancienne, ni le fonctionnement et l'origine de l'écriture hiéroglyphique établissant entre langues et écritures hébraïques et égyptiennes des parallèles complètement fallacieux, basés sur des faux syllogismes : on pourrait prouver de la même façon que les mayas sont des descendants des égyptiens parce qu'ils construisaient aussi des pyramides. Les équations entre les noms des rois égyptiens de la XIXe dynastie et les noms bibliques Moïse et Josué sont tout aussi invraisemblables et contraires à toutes les règles de la phonétique historique. [8]

Mais pourquoi ces braves gens se trompent radicalement ? Tout simplement parce que la réforme religieuse d'Akhénaton n'a absolument rien de monothéiste ! C'est une pure légende, car la religion égyptienne était tout au plus hénothéiste, mais très loin d’un authentique monothéisme. Depuis la plus haute antiquité, un hymne à Osiris, Râ, Ptah, Isis, Hathor ou même des divinités plus obscures (Mereretseger, Renenoutet) présentaient systématiquement la divinité comme « unique » au sens de différente des autres, mais pas plus. Aton émerge par exemple comme divinité à l'époque du grand-père d'Amenhotep IV, Thoutmosis IV, sous Amenhotep III. Il fut particulièrement mis à l'honneur (surtout à partir du premier jubilé), mais son nom même interdit toute interprétation monothéiste : dans sa première version, il intègre les noms de Horakhty et Shou, dans sa seconde version celui de . Il donc évident que nous avons affaire à une construction divine typiquement égyptienne, un balancement entre le un et le multiple ou l'un et l'autre ne s'excluent pas, mais en aucun cas une manifestation du Dieu Un à l’exclusion des autres qui seraient écartés de l’attribut divin.

d) – Le Dieu de la Révélation biblique est en rupture avec tous les autres dieux

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Le premier monothéisme authentique,

sur la scène de l’Histoire de l’humanité,

est bien celui des Hébreux

A ce titre, le premier monothéisme authentique, sur la scène de l’Histoire de l’humanité, est donc bien celui des Hébreux. Qu’il émerge lentement, en étant entouré de cultes, de traditions étrangères au mosaïsme, qu’est-ce que cela a de nouveau ? Rien ! la Bible elle-même nous en parle et évoque les dieux étrangers qui étaient parfois l’objet d’un culte parmi les hébreux. Comment imaginer d’ailleurs, l’apparition d’une religion sans qu’elle soit entourée d’éléments externes ? Il n’y a donc en cela aucun point extraordinaire ni de choquant. D’ailleurs dans la Bible, la question se pose autrement. La Bible n'est pas une histoire d'Israël alors qu'elle la suppose. C'est le témoin, religieux et révélé, des institutions vécues par Israël au milieu des nations; elles lui donnent son identité propre de peuple de Dieu.

Il y a, dans la Torah et les prophètes, quatre « strates » où des codes correspondent à des récits. Dans la plus ancienne strate le Dieu est, national et dynastique, mais la dynastie élue est celle de Juda (Genèse 49, 10), un cadet d'entre les fils de Jacob ; La seconde strate est prophétique ; La troisième strate est deutéronomique, marquée par la sagesse et la monition sapientiale (Deutéronome 4, 6–10), elle insère le Deutéronome dans l'histoire deutéronomique. La quatrième est sacerdotale, postexilique, Israël ayant perdu son autonomie politique; elle insiste sur le rôle d'Aaron auprès de Moïse et distingue — comme Ezéchiel (ch. 45) — le prince et le prêtre, le sacré et le profane, la religion vraie. De ce fait la simple chronologie des évènements, que nous transmettent l’épigraphie, l’archéologie et les traditions historiographiques, s’imposant à nous comme une méthode spécifique dont la validité pourrait être largement remise en question dans la mesure où le recours à la critique historiographique s’agissant d’un problème de foi soulève de nombreux débats, puisque aux tenants d’une analyse synchronique des textes, considérés au mépris des antiques usages rédactionnels religieux dans leur état final d’élaboration, s’opposent ceux d’une analyse diachronique et profane visant à distinguer, dater et identifier les auteurs au mépris des anciens usages, n’est pas satisfaisante pour comprendre l’originalité du monothéisme hébreu.

Si l’on affirme, comme les livres actuels, que vers - 1300 les Hébreux sont venus de Mésopotamie, où ils étaient sédentaires depuis un millénaire, et apparaissent en Palestine, puis en Égypte, que -1250 correspond à l’Exode biblique, la date de -1225 proposée comme fondation du monothéisme par Moïse, après la Révélation sur le Mont Sinaï du décalogue est bien un événement considérable pour un peuple qui avait derrière lui près d’un millénaire et demi d’existence. Abraham, qui, par ses origines, est l’héritier de cette civilisation mésopotamienne et de ses croyances, apparaît en rupture avec elle. Ce qui lui est demandé c’est justement de quitter “son pays, sa terre natale, sa famille” (Genèse XII). Selon l’exégète juif du Ier siècle, Philon d’Alexandrie, l’acte le plus important de la vie d’Abraham est précisément d’avoir symboliquement quitté Haran, le lieu de toutes les illusions produites par les sensations pour s’élever vers l’intelligible ; l’acte fondateur d’Abraham consiste à rompre avec le lieu des origines Ainsi, unique religion monothéiste dans le monde antique polythéiste, le mosaïsme biblique, qui hérite de l’acte d’Abraham, incarne bien un caractère spécifique et original au sein des autres peuples.

e) – « Monothéisme » n’est pas un terme théologique

Il n’y a donc que peu d’originalité et beaucoup d’illusions très classiques dans l’assertion d’Alain de Benoist, très voltairienne et conforme aux auteurs antichrétiens depuis des siècles, écrivant : «A l'origine, le monothéisme n'est qu'une monolâtrie : pour les premiers Hébreux, Yahvé n'est qu'un dieu national, au côté des dieux protecteurs des peuples… » [Intolérance et religion, Nouvelle Rebue d’Histoire] Ceci, alors même que tout nous montre le contraire, et surtout, ce qui est à souligner mais que personne ne sait vraiment lorsqu’on parle de ces sujets, que [Monothéisme] n'est pas un terme théologique !

Il n'est même pas un terme du grec classique. C’est pourquoi il n'y a pas d'entrée [Monothéisme] dans le Dictionnaire de Théologie catholique de A. Vacant, E. Mangenot, E. Amann (ni dans son supplément), ni dans le Dictionnaire théologique de L. Bouyer. Il y en a qu’une oui, mais dans le très discutable Dictionnaire critique de théologie de J.Y. Lacoste, où l’on nous dit pour la énième foi : « l’'unicité de Dieu est proclamée dans l'Hymne à Aton d'Aménophis IV et supposée par certains scribes de Babylonie qui considèrent les dieux comme les membres de Marduk » ! Merci, on connaît la chanson et la vieille rengaine archi-rebouillie qui, comme le mythe de l’évolution darwinienne, est en passe de figurer bientôt en bonne place au Musée des reliques de la pensée matérialiste athée.

Conclusion

Dès lors, si l’on considère avec les chercheurs un peu plus sérieux l’originalité, non pas du monothéisme, mais de la Révélation du Dieu unique des hébreux, il n’y a aucune difficulté à admettre, cette fois-ci selon un point de vue chrétien, c’est-à-dire religieux, que la tradition juive, et non le « monothéisme », mais la Révélation du Dieu véritable, fut la première croyance humaine, d’une humanité représentée par Adam qui savait, originairement, qu'il n'y avait qu'un Dieu. Le polythéisme naissant, quelques générations plus tard, fait donc suite à une dégénérescence tragique aboutissant à une idolâtrie qui eut pour effet de voir se répandre les cultes divers, qui iront jusqu’à l'emporter ensuite sur le culte originel, étant une infidélité au Dieu originel. A ce titre, Abraham redécouvrira sous la figure de la fidélité au Dieu véritable, ce que l’on nomme sur le plan historiographique, mais non théologique, le « monothéisme » ; Dieu, le vrai Dieu, Se révélant à lui et contractant une Alliance qu'il renouvellera avec son fils Isaac puis son petit-fils Jacob. Plus tard, c’est donc Moïse qui annoncera au peuple qu'il doit sortir d'Égypte, conformément à l'Alliance faite avec Abraham, Dieu se présentant à lui, en se dévoilant, plus encore qu’à Abraham, comme celui qui Est (Ehye asher Ehye, "Je Suis qui Je suis »[Exode 3, 14] ).

Flavius Josèphe (37–100), né et élevé à Jérusalem, est donc autorisé à dire de Moïse, dans une formule qui résume toute la religion révélée de la Bible : “Moïse montra que Dieu est unique, incréé, éternellement immuable plus beau que toute forme mortelle, connaissable pour nous par sa puissance, mais inconnaissable en son essence.” (Contre Apion II, 167).

Notes.

[1] J. Evola, Il mito del sangue, Hoepli, 1942.

[2] Ibid. Le texte se poursuit ainsi : « Mommsen écrivait : «Déjà dans le monde antique, le judaïsme fut un ferment de cosmopolitisme et de décomposition nationale». Substance insaisissable, fuyante et sans patrie à l'intérieur de toute patrie, Wolf voit dans l'élément hébraïque le principe même de l'anti-race, de l'anti-tradition, de l'anti-culture : non pas l'antithèse d'une culture particulière, mais l'antithèse de toute culture racialement et nationalement déterminée. Dans le composé juif, la part désertique ou orientaloïde renforce cette influence : par leur esprit nomade, apatride, les Juifs auraient injecté dans différents peuples -- en commençant par les Romains -- le virus de l'anti-nationalisme, de l'universalisme, de l'internationalisme culturel. Ils exercent une action incessante de corrosion contre tout ce qui est différencié, qualitatif, lié au sang et à la tradition. »

[3] Dans l’article Wikipédia « Données archéologiques sur les premiers Israélites » , on apprend : « Dès le début, le développement est beaucoup plus rapide dans la moitié nord, plus arrosée et traversée par les voies de communication, que dans la moitié sud, sèche et peu accessible. Les premiers Israélites sont d'origine indigène, ce sont des Cananéens1 (voir les remarques de Pierre de Miroschedji à ce sujet. Une chose les distingue toutefois : contrairement à leurs voisins, les premiers Israélites n'élèvent pas de porc et ne mangent pas de viande de porc, ce qui permet à l'archéologie de les suivre à la trace, par l'analyse des déchets (os). La forme ovale des installations est très caractéristique. » Mais le plus intéressant, qui rend très peu crédible la thèse d’un peuple esclave : « « Il n'existe aucune trace des Hébreux de la Bible dans l'archéologie égyptienne. Aucune trace archéologique ne permet d'affirmer que les Hébreux aient été esclaves en Égypte, ni qu'ils aient massivement quitté l'Égypte en traversant le Sinaï. Au contraire, les fouilles en Égypte montrent que l'esclavage n'existait pas : les ouvriers de Deir el-Médineh, bâtisseurs de la vallée des rois n'étaient pas des esclaves, mais des petits fonctionnaires bénéficiant d'un logement individuel. Les 20 000 ouvriers bâtisseurs de la pyramide de Khéphren n'avaient rien d'esclaves et étaient bien traités. Le dessin relevés par Champollion dans la tombe de Rekhmirê montre déjà que les travaux de construction sont faits par des ouvriers et que les travailleurs sémites, lorsqu'il y en a (attention, il ne s'agit pas alors d'Hébreux mais de Sémites), sont traités sur un pied d'égalité. Christiane Desroche Noblecourt, médaille d'or du CNRS, souligne ce point depuis l'exposition Toutânkhamon dont elle était l'organisatrice, à Paris en 1967, sans parvenir à le faire prendre en compte par le grand public. »

[4] « Lorsqu'on découvrit les premiers textes mentionnant les Apirou dans la correspondance d'un roi de Canaan avec un pharaon égyptien, certains opérèrent rapidement le rapprochement avec le terme biblique `bry (dérivé de עבר), autrement dit les « Hébreux », et pensèrent que ces lettres constituaient une preuve extra-biblique de l'invasion de Canaan menée par Josué. Néanmoins, après de nombreuses recherches, cette hypothèse est maintenant largement abandonnée. Les personnes faisant partie des groupes d'Apirou portent, en effet, des noms d'origine variée ne permettant pas de supposer une appartenance ethnique unique. De plus, des fouilles sur les hautes terres de Canaan laissent notamment supposer que les premiers Israélites n'apparaissent qu'à partir de -1200. » [Cf. Jean-Marie Durand, Assyriologie, Cours au Collège de France, 2005]

[5] S. Freud, Moïse et le monothéisme, 1939.

[6] Cf. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Robert Laffont, 1996.

[7] J. Assmann, Moïse l'Egyptien :Un essai d'histoire de la mémoire, Flammarion, 2003.

[8] Lire l’analyse critique effectuée par Avraham Malthete, Epigraphiste-Paléographe, Spécialiste du texte biblique, universitaire et scientifique, du livre « Les Secrets de l'Exode : l'origine égyptienne des Hébreux ».

10:53 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, histoire, histoire sainte, reflexion |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 18 juin 2009

Antispécisme : le visage monstrueux de la cause animale !

 

ou les aspects cachés d'une théorie scandaleuse

 

 

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« Dieu a confié les animaux à la gérance

de celui qu’Il a créé à son image.

Il est donc légitime

de se servir des animaux pour la nourriture,

on peut les domestiquer

pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et ses loisirs. »

 

 

 

 

L’antispécisme, théorie édifiée par Peter Singer relayée en France par les Cahiers antispécistes, est une monstruosité philosophique et une abjection conceptuelle absolument infecte, à l’origine de la plupart des slogans des militants anti-corridas, même si la plupart des naïfs qui sont enrôlés dans les associations de lutte contre la tauromachie l’ignorent, slogans qui sont caractéristiques de cette mouvance : « Refusons la torture ! »- « Non à la souffrance gratuite ! » « Assez de barbarie ! » , etc. L’antispécisme, théorie ouvertement matérialiste, considère en effet à la base que la notion « d'être humain », du moins telle que nous la concevons en conférant une dignité particulière à la personne créée à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 26), est une abstraction absurde d'origine religieuse, le reliquat d’une superstition biblique obsolète et dépassée.

 

 

A l’aide d’une mise en scène au goût douteux, on pouvait lire récemment sur une affichette antispéciste : « Humain ou animal quelle différence ? c’est la même souffrance. » Or, la différence est considérable de l’homme à l’animal. Ne pas le reconnaître présente un immense danger qu’il ne faut surtout pas mésestimer. C’est ce qu’explique très bien Camille Loty Malebranche, dans un article intitulé « De la zoocratie idéologique contemporaine... » : « (…) La déhiérarchisation des espèces humaine et animalières comporte un risque sérieux d’animalisation de l’homme. Une dénaturation amenuisante de l’humain. De la réclame pour nourriture santé et minceur à l’adresse des chiens et des chats à la sexualité humano-animale exponentielle sur le web, nous en sommes arrivés à une inversion du spécisme ancien jugé essentialiste et discriminatoire notamment par Peter Singer, nous sommes dans la pire crise du sens qui soit, la désignification ontologique devenue chose théorique totalement excentrique d’un occident en mal de substitution d’un sens et d’une justice que la société refuse et qui voit certains intellos se rabattre sur l’extrême insensé ironiquement intronisé comme valeur et morale. » De son côté Réflexes, qui n’est pourtant pas l'une de nos lectures favorites, résume correctement le problème : « le but avoué ou inavoué de tout antispéciste est de supprimer de la surface de la terre toute idée de souffrance, de mise à mort, volontaire ou non, sans préoccupation d’espèce. » Or cette idée est absurde dans la mesure où la souffrance, comme la mort, sont intrinsèquement liées à la vie. C’est une loi intangible du vivant.

 

I – Opposition à la pensée chrétienne

 

 

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« Soyez féconds, multipliez,
emplissez la terre et soumettez-la.»
(Genèse 1, 28).

 


Ceci explique pourquoi les antispécistes
réservent leurs critiques les plus virulentes à la culture judéo-chrétienne, puisque le dogme biblique bien connu, selon lequel l'Homme, et lui seul, fut créé à l'image de Dieu, est en contradiction directe avec la doctrine antispéciste de l'égalité en dignité des espèces. Pour le chrétien, les autres espèces ont été créées par Dieu bien sûr, mais dans un but précis : pour servir l'Homme [1]. Ainsi même si les animaux méritent le respect que leur confère le statut de créatures de Dieu, ils restent inférieurs à l’homme et n'ont pas droit au Salut, ni donc aux Sacrements. La Bible s’ouvrant par l’injonction divine faite à l’homme de « remplir la terre et la soumettre » [Genèse 1, 28]. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique stipule donc logiquement : « Dieu a confié les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image. Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et ses loisirs. Si elles restent dans des limites raisonnables, les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement recevables, puisqu’elles contribuent à soigner ou épargner des vies humaines. » [2]

 

 

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Si les animaux méritent le respect

que leur confère le statut de créatures de Dieu,

ils restent inférieurs à l’homme et n'ont pas droit au Salut,

ni donc aux Sacrements.

 

 

 

bentham.jpgMais Peter Singer, Philosophe, spécialiste de bioéthique, libéral de gauche, connaissant bien le marxisme, utilisant pour base conceptuelle de ses travaux la pensée utilitariste de Jeremy Bentham [3] provoque depuis quelques années une petite révolution dans la conception chrétienne classique. En effet, en affirmant que ce qui compte ce n'est pas que l'animal ne parle ni ne raisonne à l'égal de l'homme, mais qu'il souffre tout comme lui, il en arrive à postuler un droit à une reconnaissance en tant qu'être sensible et donc à un arsenal juridique de droits sensés protéger les animaux. « Le spécisme, affirme une brochure, est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certain-e-s au bénéfices d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier ». On mesure le caractère plus qu’inquiétant d’une telle position, qui constitue artificiellement une égalité entre animal et homme, et surtout refuse qu’il soit établi une distinction entre les espèces en l’assimilant follement au racisme.

 

II - Une infâme doctrine justifiant l'infanticide, l’avortement, l’euthanasie et l’eugénisme

 

 

peter-singer.jpgD’ailleurs dans son langage, lorsque Singer parle « d’animal », il entend toutes les espèces y compris celle de « l'animal humain » (sic) ! Choquééthique animale.jpg par l'exploitation animale, Singer cherche à l'analyser dans le cadre de son matérialisme. Il trouve l'idée de vie trop idéaliste, et souhaite la remplacer par quelque chose de plus concret : la souffrance. L'individu animal n'a pas droit à la vie, mais le droit de ne pas souffrir. C'est la fameuse maxime de Bentham : « La question n'est pas : peuvent ils raisonner ? ni peuvent ils parler, penser ? mais : peuvent ils souffrir ? ». De ces prémisses, Singer déduit qu'il est condamnable de manger des animaux qui peuvent souffrir, plus encore de se livrer à des rites sanguinaires au prétexte de traditions culturelles. « Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur - de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces. » [4] Mais là où les choses deviennent extrêmement graves, c’est que non seulement Singer ose affirmer que toutes les espèces animales méritent une égale considération, ce qui est déjà passablement inacceptable du point de vue d’un sain anthropocentrisme chrétien, mais il ose scandaleusement écarter de cette égalité, écoutons bien : « le nourrisson de moins d'un mois, les  malades mentaux,  les idiots, les handicapés sans parler du fœtus » ! A tous ceux-là, il n'accorde pas le statut de personne car ils ne se considèrent pas eux-mêmes comme ayant un futur donc, comme des animaux non à même de ressentir la souffrance et le plaisir, on peut dès lors les supprimer sans commettre une faute morale... L'infanticide, l’avortement, l’euthanasie et l’eugénisme sont ainsi joyeusement justifiés au nom de l’antispécisme !

 

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« Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison –

hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur –

de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité

de considération des intérêts aux membres des autres espèces. »

(Peter Singer, Animal Liberation, 1975)

 


D’ailleurs n'a-t-il pas comparé « nouveaux-nés, handicapés et animaux », et trouvé que ces derniers étaient supérieurs aux premiers ! Il n’hésite pas à déclarer, sans aucune difficulté, qu’il est pour l'euthanasie à l’égard des handicapés, puisqu'ils sont « inférieurs aux animaux » ! Il écrit : « Je pense qu'un chimpanzé a certainement plus conscience de lui-même qu'un nouveau-né. Il y a des circonstances dans lesquelles tuer un nouveau-né n'est pas mauvais, alors que tuer un chimpanzé l'est. » [5] Voilà ce qui se cache derrière les thèses des avocats de la cause animale, et celles des gentils opposants à la corrida que l’on voit apparaître lors des férias, voilà l’hideuse et épouvantable doctrine, proposant tranquillement le meurtre des nouveaux-nés, qui sous-tend les actions, en apparence sympathiques, des anti-corridas !

 

 

III- Libération animale ou disparition des espèces ?


L’infâme démonstration de Singer, dont on vient de voir à quoi elle conduit, s'inscrit dans un large courant de critique des notions de conscience et d' ordre naturel, sur une base matérialiste et athée. Elle est un point de passage obligé de la démonstration sur l'égalité animale - concept partagé par de nombreux biologistes, à l'instar de Stephen Jay Gould - dans la mesure où l' argument de la conscience est un élément central de l'anthropocentrisme il est systématiquement étendu à l’ensemble des espèces, sans que lui soit appliqué le moindre critère de différenciation. On évoque à grands cris, voire même par des attentats terroristes parfois [6] les droits à la libération des animaux, l'humain devant cesser toute activité comme les corridas, les zoos, la chasse, mais aussi l'expérimentation scientifique et l'alimentation carnée, alors que parler de « libération » pour un animal de ferme est passablement ridicule. Les animaux de ferme sont le fruit de centaines ou de milliers d'années de sélection génétique par l'humain ; ils sont incapables de vivre par eux-mêmes, leur existence est totalement dépendante de la tutelle de l'humain. Mais comme les partisans de la libération animale prônent le végétarisme et le végétalisme, ils ne visent pas à libérer l'animal de ferme, ni d’élevage, dont le fameux taureau de combat qui ne tient son existence que de la corrida, mais à le faire disparaître !


Il est plus élégant d'appeler à « libérer » les animaux plutôt qu'à les faire disparaître, mais cela relève d'une immonde escroquerie intellectuelle, car en fait cette pensée conduit à la disparition objective de certaines espèces. Ceci explique pourquoi l’action des anti-corridas est en réalité une action de mort sur le plan concret, soutenue sur le plan théorique par une doctrine nihiliste et mortifère !
On comprend mieux pourquoi, sachant le danger diabolique et antichrétien qui se cache derrière ces théorie animales, lors de l'Assemblée des évêques à Glosar, en l'an 1051, « plusieurs hérétiques ont été condamnés à mort en raison de leur refus de tuer des poules » , car si l’ordre naturel et son mode propre de vie a été voulu par Dieu, s’y opposer représente une révolte contre les lois divines.

 

IV. Révolte contre l’ordre naturel

 

D’ailleurs, et cela n’a rien d’extraordinaire, les antispécistes ne cachent pas qu'ils désapprouvent ouvertement l'ordre naturel, car il est structurellement inégalitaire et cruel, ils veulent détruire la hiérarchie des créatures qui place l’homme, en tant que sommet de la création, avant l’animal. En théorie pour ces insensés démentiels, il s'agit de ne pas faire aux animaux ce que l'on refuse de faire aux humains, en pratique, se qu’ils se gardent de dire trop ouvertement mais qui est pourtant bien réel, il s’agira de faire subir sous peu aux humains, grâce aux directives des administrations, bien pire qu’aux animaux – en clair, au nom de la volonté de la disparition de la souffrance, on pratiquera demain dans cette société hygiénique et aseptisée, l’avortement, l’eugénisme et l’euthanasie, allègrement et en toute bonne conscience antispéciste !

 

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« Dieu créa l'homme à son image,

à l'image de Dieu il le créa,

homme et femme il les créa. »

(Genèse 1, 27).

 

 

L’anthropologie catholique, qui voit en l’homme le gérant de la création, nous évite, heureusement, la regrettable et dangereuse confusion à laquelle parviennent les tenants de la « libération animale » : anéantir l’homme et le réduire concrètement au rang d’un animal au prétexte de la non discrimination entre les espèces. Rien n’est donc plus ridicule et stupide que l’affirmation selon laquelle les défenseurs des animaux sont « plus humains », plus ouverts aux malheurs de leurs prochains, dont les animaux font partie : il y a là en effet une extension abusive de l’usage d’un mot que la Bible réserve à l’homme. La pointe de l’enseignement de Jésus est justement d’affirmer ceci : même abîmé ou défiguré, un homme restera toujours un homme, un frère dont je suis responsable et dont j’ai à me faire « le prochain » au titre d’une commune origine, l’un et l’autre créés à l’image de Dieu, et d’une commune vocation à partager la vie même de Dieu dans son Royaume.

 

Dans le contexte du « commencement» biblique où la vérité révélée sur l'homme comme « image et ressemblance de Dieu» constitue la base immuable de toute l'anthropologie chrétienne. « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa» (Gn 1, 27). Ce passage concis contient les vérités fondamentales de l'anthropologie: l'homme est le sommet de tout l'ordre de la création dans le monde visible; le genre humain, qui commence au moment où l'homme et la femme sont appelés à l'existence, couronne toute l'oeuvre de la création; tous les deux sont des êtres humains, l'homme et la femme à un degré égal tous les deux créés à l'image de Dieu. Cette image, cette ressemblance avec Dieu, qui est essentielle à l'être humain, est transmise par l'homme et la femme, comme époux et parents, à leurs descendants: «Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la» (Gn 1, 28). Le Créateur confie la «domination» de la terre au genre humain, à toutes les personnes, à tous les hommes et à toutes les femmes, qui puisent leur dignité et leur vocation dans leur «origine» commune. De la sorte, la vérité sur le caractère personnel de l'être humain ressort de la description biblique. L'homme est une personne, et cela dans la même mesure pour l'homme et pour la femme, car tous les deux ont été créés à l'image et à la ressemblance du Dieu personnel. Ce qui rend l'homme semblable à Dieu, c'est le fait que, contrairement au monde des créatures vivantes, y compris les êtres doués de sens (animalia), l'homme est aussi un être raisonnable (animal rationale), possédant, et lui seul dans le règne du vivant, une âme immortelle. Grâce à cette propriété, l'homme et la femme peuvent «dominer» les autres créatures du monde visible (cf. Gn 1, 28), et sont appelés à une vie surnaturelle, puisque les hommes rassemblés et réunis en Jésus-Christ deviendront « participants de la nature divine » (2 Pierre 1 ; 3) : ils seront déifiés. L’homme « deviendra par grâce ce que Dieu est par nature ».

 

 

Conclusion

 

On évitera donc impérativement le ridicule anthropomorphisme qui consiste à prêter aux animaux des sentiments ou raisonnements humains et à parler de la mort d’un chat ou d’un chien - même s’il s’agit d’un sympathique compagnon de notre vie quotidienne - comme s’il s’agissait de notre voisin ou de notre grand-mère ! A trop confondre l’homme et l’animal avec de faux bons sentiments, on en vient déjà à regarder l’animal comme un homme grâce à une propagande délirante, mais il y a fort à parier que tout cela nous conduise très vite, à force de toujours pousser trop loin l’inversion des valeurs, à positivement considérer les hommes comme de simples animaux.

 

 

 

Notes.

 

[1] Secrétariat Général de la Conférence Episcopale d’Allemagne : La responsabilité de l’homme à l’égard de l’animal. Positions, réflexions, suggestions, document de travail en date du 4 octobre 1993.

 

[2] CEC, no. 2417.

 

[3] Selon la conception utilitariste de Bentham, envisager l'animal comme un sujet est la source de l'éthique. Ceci débouche donc chez lui trois grands sujets de préoccupation : la critique matérialiste des théories de la conscience, l'égalité de considération entre les espèces animales, et le droit à l'euthanasie. C'est dans son livre « Question d'éthique pratique » qu'il expose le plus clairement cette triple préoccupation et les connections qu'il trouve entre elles. Dans ce cadre s’intègre le Projet Grands singes anthropoïdes, présentés dans les Cahiers antispécistes lyonnais de septembre 1993, qui partant du fait que les humains débiles profonds ont des capacités égales voire inférieures à celles des gorilles et autres orangs-outangs, propose une nouvelle déclaration des droits, non de l’homme, mais de la « communauté des égaux », qui regroupe l’homme et un certains nombre de singes. Cette déclaration propose avec le plus grand sérieux, par exemple, que les singes vivent en liberté parmi nous, qu’ils puissent bénéficier d’une aide judiciaire en cas de litige avec un humain (ou un autre singe). Sans commentaire.

 

[4] Peter Singer, Animal Liberation, 1975.

 

[5] Ibid.

 

(6] Certains militants réalisent de façon concrète la libération des animaux, en évacuant ceux-ci des élevages et des laboratoires, et en menant des actions terroristes contre les organisations les plus impliquées dans les cruautés envers animaux. Ces actes sont devenus assez courants au Royaume Uni et aux Etats Unis, ils concernent désormais aussi l'Europe du nord et une partie de l'Europe continentale (au total, plus de 20 pays). La France n'est pas encore vraiment touchée. Les attentats sont généralement le fait de l'Animal Liberation Front (ALF). Ce mouvement est apparu en Angleterre durant les années 70, à partir de membres issus de la Hunt Saboteur Association. Il est composé de petites cellules (une demi-douzaine de personnes, parfois moins) indépendantes, le noyau de l'ALF étant utilisé uniquement pour la revendication des attentats, la diffusion des méthodes, et la suggestion d'objectifs.

 

[7] G. von Hoensbroech, Das Papstthum in seiner sozialkulturellen Wirksamkeit, 1904, p.35.

14:44 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (80) | Tags : philosophie, reflexion, catholicisme, christianisme, analyse |  Imprimer | | | | | Pin it!

lundi, 15 juin 2009

LE DALAI LAMA SOUTIENT LES ADVERSAIRES DE LA CORRIDA !

Tartuffe ou l’imposture faite reine

 

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« Lorsqu'on récite certains mantras en tuant un animal,

pensent les tibétains, 

sa conscience est libérée vers une sorte de paradis... » 

 Le dalaï lama, chef du « lamaïsme », religion illusoire et scandaleuse qui conserve, malgré sa toxicité un mode de domination féodal à l’obscurantisme violent et oppressif, représentée dans les films d’Hollywood, comme une religion humaine, douce et aimable, qui prône la paix et la compassion, religion qui a réalisé la plus caricaturale et criante des confusions par l'amalgame constitué entre les croyances magiques des chamanismes asiatiques, aboutissant aux diverses formes, ou « voies » dites du « Grand Véhicule » (Mahayana), dont le tantrisme semble réunir et faire la synthèse des aspects les plus caricaturaux (divinités courroucées, techniques invocatoires, pratiques superstitieuses, sacralisation de la sexualité, consommation de sécrétions organiques,  etc.), s’est cru autorisé, en juillet 2008, à se prononcer au sujet de la corrida. 

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Ceci est d’autant plus grotesque, que le bouddhisme tibétain et son versant zen qui recrutent des contingents de naïfs en Occident, se signalent par quelques traits plutôt saisissants, très éloignés des images d’Epinal véhiculées par le cinéma et la publicité :

- 1) Des populations ployant depuis des siècles de bouddhisme actif sous le joug des superstitions les plus obscurantistes.
- 2) Un clergé dévoyé et pervers, exploitant et régnant sur des peuples réduits au servage le plus honteux.
- 3) Une attitude belliqueuse et violente d’une rare sauvagerie guerrière s’étant manifestée chez ceux qui faisaient profession d’être des maîtres de la non-violence et de la compassion (les diatribes enfiévrées proférées par les maîtres zen, D.T. Suzuki et Kodo Sawaki, en tête, sont exemplaires à cet égard).
- 4) Des pratiques magiques sacralisant, au nom du Bouddha, l’orgie, la consommation de matières organiques humaines, l’anthropophagie, le crime rituel, etc., ont été répandues et instituées par les différentes écoles bouddhiques jusqu’à en faire des méthodes libératrices.

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«  Oui, nous savons que nous devrions être végétariens,

mais c’est difficile au Tibet ! »

 

Voici donc le message du dalaï lama, qui n’est pas végétarien, suite à une requête personnelle envoyée par  Christophe Leprêtre à Dharamsala en Inde, sur la recommandation de Matthieu Ricard, afin de l’inviter à s’exprimer au sujet de la corrida :

Message de soutien de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Comité Radicalement Anti-Corrida (CRAC)  

« Aujourd’hui, alors qu’on assiste à une montée en puissance de la reconnaissance des Droits de l’Homme, il y a, au niveau mondial, une prise de conscience de plus en plus grande d’un besoin pour une protection, non seulement de l’environnement, mais aussi des animaux et une prise en compte de leurs droits.

Malheureusement, il y a encore des gens qui, non seulement n’acceptent pas cette idée, mais qui considèrent que c’est un plaisir de chasser et de combattre des animaux avec à la clef, la mort douloureuse de ces animaux. Cela semble en contradiction avec l’esprit d’équanimité qui est en train de se développer de nos jours dans les sociétés.

Je suis intimement persuadé que les êtres humains sont par nature fondamentalement bons, et je pense que nous devrions non seulement maintenir des relations affables et paisibles avec nos congénères mais qu’il est très important d’étendre la même sorte de sollicitude à l’environnement et aux animaux qui vivent naturellement en harmonie avec ce dernier. Quand j’étais adolescent, étudiant le Bouddhisme au Tibet, on m’a inculqué qu’il était important d’adopter un comportement consistant à se soucier d’autrui.

Une telle pratique de la non-violence s’applique à tous les êtres sensibles, à tout être vivant qui possède un esprit comme nous le reconnaissons dans le Bouddhisme. Et là où il y a un esprit, il y a des sensations telles que la peine, le plaisir et la joie. Aucun être sensible ne cherche la souffrance, bien au contraire, tous recherchent le bonheur. Comme nous partageons avec eux ces mêmes sensations de base, nous, en tant qu’êtres humains rationnels, avons l’obligation de contribuer, dans toute la mesure du possible, au bonheur des autres espèces et de faire de notre mieux pour soulager leurs peurs et leurs souffrances.

C’est pourquoi je suis heureux d’apporter mon soutien à cette association française qui lutte contre la corrida. » [1]

On pourrait rétorquer au dalaï lama, que mettre sur un pied d’égalité conscience humaine et conscience animale, est sans doute une grave erreur et qu’il évident que ce type de position représente une dérive périlleuse car de l’homme à l’animal rien n’est comparable, cette différence de « nature » ayant été signalée par Bergson : - « Radicale est la différence entre la conscience de l'animal, même le plus intelligent, et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose ; elle est coextensive à la frange d'action possible qui entoure l'action réelle : conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. Enfermé dans les habitudes de l'espèce, il arrive sans doute à les élargir par son initiative individuelle ; mais il n'échappe à l'automatisme que pour un instant, juste le temps de créer un automatisme nouveau : les portes de sa prison se referment aussitôt ouvertes ; en tirant sur sa chaîne il ne réussit qu'à l'allonger. Avec l'homme, la conscience brise la chaîne. Chez l'homme, et chez l'homme seulement, elle se libère. » [3]

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Mais le plus surprenant est de voir le Tartuffe du Tibet à l’éternel sourire, dirigeant un bouddhisme lamaïste mêlé de pratiques tantriques et magiques, pénétrées de sorcellerie et de grossières superstitions, décrété religion d'Etat, conservant des éléments de l’ancienne religion chamanique où, dans certains rituels funéraires, le corps du défunt est démembré, puis broyé et distribué aux vautours, qui pratique le « kalachakra Tantra » (La Roue du Temps), qui est l’un des textes les plus sacrés de la religion tibétaine, Tantra fondamental du vajrayana dans lequel on explique comme préparer  les « Cinq ingrédients spirituels » dont la composition est la suivante : «  matière fécales, urine, sperme, sang menstruel, mélangés à la chair humaine » [2], qui honore des dākinīs [3] carnivores et guerrières, réclamant des sacrifices animaux, s’estimer suffisamment légitime pour venir condamner la corrida !

yak-ad39a.jpgOn le voit, l’hypocrisie de ce bouddhisme qui prétend donner des leçons est sans borne, d’autant qu’au cours de la période védique deyak.jpg l'hindouisme, les prêtres offraient des humains, des animaux en sacrifice, que les anciens Chinois faisaient de même, et que si le Bouddha s’opposa à ces pratiques, aujourd’hui les bouddhistes tibétains mangent et consomment énormément de viande, et se contentent de dire « oui, nous savons que nous devrions être végétariens, mais c’est difficile au Tibet » (certains lamas tibétains vont même jusqu’à dire, poussant l’ironie assez loin, que si l’on chante certains « mantras en tuant un animal, sa conscience est libérée vers une sorte de paradis » , et d’autres que le fait que la chair de l’animal passe à travers leur système garanti « la libération de l’animal » ! ). De leur côté, les bouddhistes thaïlandais et birmans mangent encore plus de viande, tout comme ceux de Sri Lanka, et de la sorte les grands principes dans lesquels se drape le dalaï lama pour condamner la corrida : « je pense que nous devrions maintenir des relations affables et paisibles avec nos congénères […] et étendre la même sorte de sollicitude aux animaux », relèvent donc, à l’évidence, de la plus haute plaisanterie !

 Notes.

[1] Voici l’original du message :

Dear Christophe Lepretre,

Please reer to your letter dated July 5, 2008.

His Holiness has already issued anti bullfight campaign and I am copying it below. You are most welcome to use it.

With best wishes,

Ngawang Gyaltsen

“Today, together with a growing appreciation of the importance of human rights there is a greater awareness worldwide of the need for the protection not only of the environment, but also of animals and their rights. Unfortunately, there continue to be those who feel it is not only acceptable, but also a pleasure, to hunt or fight with animals, resulting in the painful deaths of those animals. This seems to contradict the general spirit of egalitarianism growing in most societies today. I deeply believe that human beings are basically gentle by nature and I feel that we should not only maintain gentle and peaceful relations with our fellow human beings but that it is also very important to extend the same kind of attitude towards the environment and the animals who naturally live in harmony with it. As a boy studying Buddhism in Tibet, I was taught the importance of a caring attitude towards others. Such a practice of non-violence applies to all sentient beings - any living thing that has a mind. Where there is a mind, there are feelings such as pain, pleasure and joy. No sentient beings want pain, instead all want happiness. Since we all share these feelings at some basic level, we as rational human beings have an obligation to contribute in whatever way we can to the happiness of other species and try our best to relieve their fears and sufferings.”

 

[2] Nous ferons remarquer que ces cinq ingrédients « spirituels » entrent dans la composition des fameuses pilules de « nectar » que divers lamas tantriques distribuent à leurs meilleurs élèves pour les récompenser de leurs efforts.

[3] Henri Bergson, L'évolution créatrice, P.U.F., 1995, p. 265.

[3] Les dākinīs sont des personnages composites dans lesquels on entrevoit la silhouette de divinités de cultes antérieurs au tantrisme ou au bouddhisme, d'esprits de la nature, de sorcières ou démons féminins indiens ou himalayens. Dans le bouddhisme tibétain, elles peuvent être des déités mondaines subjuguées, des formes féminines et courroucées de bodhisattvas ou de bouddhas, ou encore des personnalités historiques ou légendaires, compagnes de mahāsiddhas ou mahasiddhas elles-mêmes. Khandro est un titre honorifique pour les yoginīs ou les nonnes

18:02 Publié dans Tartufferie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : corrida, bouddhisme, tibet, tradition, sagesse |  Imprimer | | | | | Pin it!

vendredi, 12 juin 2009

L’écologie spirituelle radicale

ou la contre-révolution conservatrice

 

 

 

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 L’écologie, à la faveur du succès électoral de la liste « Europe écologie », conduite par Daniel Cohn-Bendit lors du dernier scrutin européen, quelle que soit la valeur réelle du personnage, montre qu’il y a une prise de conscience montante de la population vis-à-vis du devenir de la planète. Cela n’est pas mauvais en soi, et représente même un certain avertissement, quoique timide, que quelque chose est en train de changer peu à peu dans l’esprit de la population, qu’une troisième voie alternative au délire consumériste de la société libérale s’impose comme étant inéluctable. Evidemment, la large diffusion du documentaire « Home », à la veille du scrutin des élections européennes, a sans aucun doute contribué au succès d'Europe écologie. Toutefois, cette explication un peu courte, masque le profond malaise que traverse notre civilisation.

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Certes ceci n’est pas nouveau, dès 1931, Oswald Spengler (1880-1936) avait déjà dit, non sans quelques raisons, que la « civilisation occidentale » produisait « un monde artificiel [qui] pénétrait le monde naturel et l’empoisonnait : « La Civilisation est elle-même devenue une machine, faisant ou essayant de tout faire mécaniquement. Nous ne pensons plus désormais qu’en termes de “chevaux-vapeur”. Nous ne pouvons regarder une cascade sans la transformer mentalement en énergie électrique »  [1]. 

I. La terre est malade

 

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 Le productivisme industriel,

est en train de dévorer toute la création avec ses dents de fer.

  

Tout le monde en convient, la terre est malade, elle souffre et meurt sous les traitements qu’on lui fait subir, elle agonise de la violence qu’on lui inflige, elle se corrompt sous les coups répétés et réitérés d’une industrie monstrueusement mortifère. Il est donc temps de se réveiller, afin que nos enfants puissent, demain, et avant qu’il ne soit trop tard, toujours entendre battre le cœur de la terre !  En effet, interrogeons-nous. Qu’est devenue la vie de l’homme aujourd’hui ? lui qui voit couler à présent, à grande vitesse et tristement ses sombres heures, domestiqué dans les enfers urbains, parqué dans des habitations qui sont une insulte à l’architecture, soumis à des cadences de travail délirantes, devenant fou en s’enfermant dans des moyens de transport insensés, bruyants, dangereux et polluants. Sans même parler de faits évidents, comme le réchauffement climatique qui n’est pas un leurre [2]  Pollution, espèces en voie de disparition, réchauffement climatique, CO2, couche d’ozone, appauvrissement des ressources d’eau douce, montée des eaux, fonte des glaciers, industrialisation frénétique, urbanisation sauvage, sommes-nous donc certains de rester passifs devant la destruction par une humanité désorientée, de ce que Dieu nous a confié, à savoir la terre qui est notre mère commune. Loin du discours idéologique d’un mouvement Vert qui draine les pires égarements politiques,  nous savons cependant que nous n’avons plus que quelques dizaines d’années en réserve de pétrole, de gaz ou d’uranium, seul le charbon est plus abondant mais il est plus difficile à utiliser et très polluant. Que faire ?

 

II. Réveil de la conscience

 

Un élément peut surprendre. Le monde catholique ne se sensibilise que très lentement. « L’Église s’est beaucoup mobilisée pour le respect de lamun00.jpg vie humaine de la conception à la mort naturelle. On peut répéter cette conviction, mais à condition qu’il y ait encore une vie humaine ! » plaide Jean-Marie Pelt, pour qui « la protection de la vie tout court est une priorité absolue ». Pourtant, comme le signale Patrice de Plunkett, auteur de «  L’écologie, de la Bible à nos jours - Pour en finir avec les idées reçues »  : le réchauffement climatique fut prédit dès 1880 par l’abbé Stoppani (géologue de l’Académie royale des sciences de Milan), et en 1900 par Arrhenius (Suédois, prix Nobel de chimie). Le souci de l’environnement, des conditions de vie fut une idée que l’on retrouve déjà chez René de La Tour du Pin ,  Frédéric Le Play, ou encore Albert de Mun. Mais l’écologie naît véritablement, même si le courant de la Révolution conservatrice en Allemagne avant-guerre se signala par ses positions novatrices en la matière, qu'à la fin des années 1960, quand l’opinion prend conscience des effets du productivisme industriel sans frein. Vers 1970, on voit naître l’écologie « politique », qui veut amener les gouvernements à prendre en compte la responsabilité de l’homme envers la nature. C’est bien plus qu’un « souci de l’environnement » : il s’agit de réinventer le politique pour qu’il soit à la hauteur des défis de l’avenir. »  Néanmoins ce mélange débouche sur une position qui ne répond pas aux véritables défis, elle en vient à faire de l’écologie un parti, alors que l’écologie est une voie conservatrice alternative.

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La Tradition est révolutionnaire, elle est le seul véritable progrès,

concret et durable, le seul développement intégral qui soit,

car rien ne pousse longtemps sans racines.

Comme l’écrit fort justement Georges Feltin-Tracol dans  «L’écologie : une troisième voie identitaire ? » : 

- « Tout peuple, toute civilisation naît, s’épanouit et meurt dans un espace bien précis, dans un terreau particulier différent de tous les autres. Le sol, fécondé par la psyché commune - l’égrégore chère aux ésotéristes, est la matrice des haute civilisations. La notion de biotope s’applique aussi aux communautés humaines parce que, en relation permanente avec un paysage spécifique, elles fondent toutes une existence collective. Cette existence particulière se symbolise par une gastronomie, un habillement, un habitat, des mœurs qui constituent un art de vivre original imprégné des génies du lieu. Attenter à l’intégrité de leur milieu naturel revient automatiquement à les agresser. Les Anciens appellent la symbiose existant entre les civilisations et le cosmos qui les entoure : l’harmonie. L’histoire est, hélas !, pleine des outrages faits par l’Occidental à la biosphère/culturosphère dont l’anéantissement de peuples entiers en constitue l’illustration la plus évidente. Au-delà du strict aspect environnemental, la destruction méthodique des paysages bouleverse à jamais la vie, les structures sociales et l’imaginaire des autochtones qu’ils soient d’Amazonie (voir le film de John Boorman, la Forêt d’émeraudes) d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Europe. La défense des peuples passe donc par la défense de l’endroit où ils vivent. » [3] 

044.jpgPaul Claudel sut dire également quelques sévères vérités des , « qui n’est selon-lui ni secte, ni songe, son domaine est le réalisme et le bien commun, sous une forme nouvelle (…) offrant un terrain de dialogue et d’action entre croyants et incroyants, proposant un art de vivre dont le « code génétique » est proche des Évangiles », avec une rare énergie, ce qu’était les fautes de la civilisation moderne, parlant ainsi des Etats-Unis : « La même gabegie criminelle a présidé à l’exploitation des ressources naturelles et animales, des castors, des troupeaux de bisons, des vols de canards et de pigeons sauvages radicalement exterminés, des pêcheries empoisonnées par les égouts, par les usines et par le mazout, des réservoirs de gaz naturel et de pétrole livrés sans aucun contrôle aux pirateries du premier occupant… » [4] Critiquant fermement le libéralisme capitaliste Claudel rajoutait : « Le principe de notre civilisation, c’est le numéraire, l’alchimie maudite qui volatilise toute chose et transforme en une inscription servile, sur le front de l’homme, le nom de Dieu. Autrefois, l’argent n’était qu’un appoint. Aujourd’hui, c’est l’élément universel en qui tout existe et vaut » [5]. Rappelant les devoirs de l’homme envers la nature : « Tout ce que Dieu nous donne, il y a un devoir, un ordre, un art de le ménager, pour que nous gardions cela qui n’est à nous que pour que nous ayons un moyen de payer à Dieu redevance. Il ne s’agit pas de violenter la terre […] mais de l’interroger avec douceur, et de lui suggérer le vin et l’huile ». [6] L'encyclique Centesimus annus réaffirmera à ce titre : « Seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ». C'est en répondant à cette consigne, qui lui a été adressée par le Créateur, que l'homme, avec ses semblables, peut donner vie à un monde de paix. En plus de l'écologie de la nature, il y a donc une « écologie » que nous pourrions appeler « humaine », qui requiert parfois une « écologie sociale ». Et cela implique pour l'humanité, si la paix lui tient à coeur, d'avoir toujours plus présents à l'esprit les liens qui existent entre l'écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l'écologie humaine. L'expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l'environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. L'une et l'autre présupposent la paix avec Dieu. La poésie-prière de saint François, connue aussi comme « le Cantique de Frère Soleil », constitue un exemple admirable - toujours actuel - de cette écologie multiforme de la paix. » [7]

 

III. Pour une écologie spirituelle

 

 De ce fait, comme le rappelle très pertinemment Falk van Gaver : « Qu'est-ce donc que l'écologie intégrale ? C'est une écologie catholique au sens le plus plénier du terme. C'est avant tout reconnaître et proclamer l'aspect intrinsèquement écologique - et ce bien avant que le terme « écologie » n'existe - de la religion. Une écologie intégrale, c'est une écologie complète, une écologie à la fois humaine et naturelle, temporelle et spirituelle. On en trouve de nombreux axes dans le Magistère, dans les écrits des papes, mais aussi le Catéchisme et dans la Doctrine sociale de l'Église, ainsi que dans toute la Tradition chrétienne à travers les siècles, chez tous les grands saints d'Orient et d'Occident de deux mille ans de christianisme.

 

 

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Aucun salut ni réenchantement du monde
ne se fera sans une reprise de tradition

On en trouve des bases sûres dans toute la Bible, à commencer par la Genèse bien sûr, mais aussi les Psaumes, les Proverbes, la Sagesse, et le Nouveau Testament évidemment : les Evangiles, les Epîtres, l'Apocalypse…La question écologique est, le mot en moins, centralement présente dans la religion biblique, dans toute sa pensée comme dans tous ses rites, dans toute sa liturgie et toutes ses pratiques. […] Après l'immense et permanente rupture de tradition, rupture de transmission, interruption permanente de transmission, révolution permanente qui est le fondement même de la dynamique des derniers siècles que l'on a appelé « modernité », nous savons qu'aucun salut ni réenchantement du monde ne se fera sans une reprise de tradition. (…) Mais cette arche de salut ne doit pas oublier la nature, fondement de toute culture. La culture hors-sol qui constitue sur tous les plans la base de notre civilisation moderne montre ses limites. La reprise de tradition doit s'effectuer sur tous les plans, il faut l'étendre à tous les aspects de la vie, notamment économiques et écologiques. Une reprise de tradition n'est pas un retour en arrière, une copie du passé, mais une continuation inventive des méthodes qui ont fait leur preuve à travers siècles. L'agriculture biologique et l'architecture écologique sont de bons exemples, même si encore trop minoritaires, de ce qu'une reprise de tradition peut avoir de bon et de fécond. Cette reprise de tradition, multiforme et créative, est la seule véritable révolution - au sens étymologique ainsi que l'entendait Péguy : « seule la tradition est révolutionnaire… » - et le seul véritable progrès, concret et durable, le seul développement intégral qui soit. Car rien ne pousse longtemps sans racines. » Nous avons besoin d’être reliés à une source d’énergie pour vivre (alimentation, respiration….) et nos appareils font de même (électricité, gaz, pétrole….) L’analogie est que sur le plan spirituel, nous avons aussi besoin d’être reliés, de nous connecter à une source pour faire le plein. Cette source est d’origine transcendante, c’est l’essence de la Tradition.

IV.  La contre-révolution conservatrice 

Aujourd’hui le monde se meurt faute d’avoir su conserver un lien réel et vivant avec la terre. D’ailleurs les habitations modernes ont placé au cœur des maisons la boîte à image, là où, lorsque la société était encore humaine, se trouvait la cheminée, l’âtre qui, comme il fut publié ailleurs,  dans ce qu’on nommait jadis la « chambre à feu » était le cœur de la vie domestique : on s’y chauffait, on y faisait la cuisine, et les vieillards y attendaient, non comme aujourd’hui parqués dans des maisons, baptisées pudiquement de « retraite », en fait concrètement de sinistres « mouroirs» (sic) où ils végètent abandonnés de tous en raison des conditions existentielles « paradisiaques » du monde moderne, mais entourés de leurs proches, tranquillement la mort avec l’assurance de rejoindre, lorsque leur heure dernière arrivait, leur vraie demeure qui est au Ciel.  C’est pourquoi, « outre le soutien apporté aux mouvements régionalistes, il paraît indispensable d’assurer la défense culturelle et politique des terroirs, ou, si l’on préfère, des pays, dans son acception première. La protection de la paysannerie et, plus largement, de la ruralité n’est point une action vaine. En effet, « il n y a pas de mariage de l’homme et de la nature, de société différente parce qu’enracinée en son lieu, sans campagne où des paysans pratiquent l’agriculture. [...] Car le paysage n’est pas un spectacle, mais un signe. Signe de vie, d’une certaine façon de cultiver, de sentir et de penser ici sur terre. La lutte en faveur des identités et de l’environnement passe nécessairement par la renaissance du monde rural.  J’appartiens de tout mon être, remarque Georges Bernanos, de toutes mes fibres, à une vieille civilisation sacerdotale, paysanne et militaire » [8] C’est pourquoi, au moment où l’écologie politique est une autre forme du triste spectacle politicien, il nous faut revenir au combat de la terre, « aux identités culturelles, au dépassement de la Technique et à la transmission du legs ». L’écologie que nous souhaitons, doit être contre-révolutionnaire et conservatrice, source d’enracinements et de régénération des communautés organiques.  Telle sera la véritable révolution écologique conservatrice, à la fois conservatrice en ce qu'elle déplore et critique du même geste le déclin de la civilisation et les effets de la modernité aveugle à elle-même, et en même temps révolutionnaire car sa critique s'énonce d'un point de vue radical et contre-révolutionnaire antilibéral capable de balayer la forme décadente d'une société malade et agonisante. La contestation révolutionnaire-conservatrice doit désormais œuvrer pour inventer un ordre spirituel nouveau, d'où puisse renaître, s’il se peut encore, la civilisation sur son déclin. Ainsi que le déclarait Eugen Rosenstock : « Pour continuer à vivre, aller de l’avant, nous devons recourir à ce qui avait avant la césure religieuse.

Or, ce qu’il y avait avant la césure religieuse, c’est-à-dire la déchristianisation, porte un nom, un nom  conféré par Carl Schmitt  :

‘‘Ordo romanus aeternum’’ ! [9]

Notes

 

[1] Oswald Spengler, L’Homme et la Technique, Gallimard, 1958, p. 143.

 

[2] La banquise disparaît et si nous ne faisons rien dans une vingtaine d'année il n'y aura plus de glace au pôle Nord ! Chaque année c'est l'équivalent de la surface de la France qui s’évapore. Entre 2000 et 2008 un tiers de la surface a disparu ! Son épaisseur se réduit également d'année en année, celle ci est passée d'une moyenne de 3.5 mètres en 1960 à seulement 2 mètres en 2008. La température a augmenté au pôle de 4° au 20e siècle,quand sur le reste du globe la température a augmenté de 0.6 °.Avec tout ces éléments qui peut nier le réchauffement climatique ? Qui peut rester indifférent devant une telle menace ?  

 

[3] G. Feltin-Tracol, L’écologie : une troisième voie identitaire ? Europe Maxima, 2005.

 

[4] P. Claudel, Contacts et circonstances, 1940.


[5] P. Claudel, Au milieu, op. cit.


[6] P. Claudel, Présence et prophétie, 1942.

 

 

[7] Le Catéchisme de l’Eglise catholique est très riche en recommandations concernant l’ordre naturel, et le respect de la terre :

 

 -   « Chaque créature possède sa bonté et sa perfection propres. Pour chacune des œuvres des 'six jours' il est dit : « Et Dieu vit que cela était bon. » C'est en vertu de la création même que toutes les choses sont établies selon leur consistance, leur vérité, leur excellence propre avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques. Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et de la bonté infinies de Dieu. C'est pour cela que l'homme doit respecter la bonté propre de chaque créature pour éviter un usage désordonné des choses, qui méprise le Créateur et entraîne des conséquences néfastes pour les hommes et pour leur environnement.

-    « Le soleil et la lune, le cèdre et la petite fleur, l'aigle et le moineau : le spectacle de leurs diversités et inégalités signifie qu'aucune des créatures ne se suffit à elle-même.

-     « L'homme, dans l'usage qu'il en fait, ne doit jamais tenir les choses qu'il possède légitimement comme n'appartenant qu'à lui, mais les regarder comme communes : en ce sens qu'elles puissent profiter non seulement à lui, mais aux autres.

-     « La domination accordée par le Créateur à l'homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n'est pas absolue; elle est mesurée par le souci de la qualité de la vie du prochain, y compris des générations à venir; elle exige un respect religieux de l'intégrité de la création. »

 

[8] B. Charbonneau, Sauver nos régions, Écologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1992, pp. 26-27.

 

[9] Carl Schmit, Römischer Katholizismus und politische Form (1923), lance en quelque sorte un double appel: à la forme qui est essentiellement en Europe ro­maine et catholique, c’est-à-dire universelle en tant qu’impériale, et à la Terre, socle incontournable de toute action politique, contre l’économisme mouvant et hyper-mobile, contre l’idéologie sans socle qu’est le bolchevisme, allié objectif de l’économisme anglo-saxon.

 

 

 

 

 

11:02 Publié dans De la nature | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : ecologie, politique, pollution, religion, spiritualité |  Imprimer | | | | | Pin it!

mercredi, 03 juin 2009

L’Eglise catholique et la Corrida

 

La tauromachie et sa relation à la religion

 

 

 

 


« Je crois à la vertu purificatrice de la corrida.

Je crois à cette fonction que le Grecs appelaient la catharsis,

qui nous lave de nos pulsions, de nos violences intérieures. »

Mgr Bruguès,

Secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique

 

 

 

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Effigie de la Vierge de la Charité dans sa Solitude

(Virgen de la Caridad en su Soledad).

 

Chapelle de la confrérie du Baratillo de Séville

qui fait procession le Mercredi Saint ("hace su estancion de penitencia")

liée au monde taurin et au quartier des arènes, l'Arenal.

 

 

 

matador-3.jpgLa corrida, perçue par les uns comme un « art noble » et par les autres comme une tuerie barbare, déchaîne les passions. Cela n’est pas nouveau, ses détracteurs et ses défenseurs s’opposent depuis le XVIe siècle. Toutefois, s’il semble à première vue difficile de trancher à l’intérieur d’un débat délicat où les opinions s’affrontent avec une vigueur extraordinaire, nous déclarons simplement, par delà les aspects purement spectaculaires de l’art tauromachique, que le décorum, les éléments quasi sacrés qui entourent la corrida (vêtements de lumière, sens du sacrifice, dévotion et sentiment religieux, etc.), sont un motif de nature à susciter respect et sympathie à l’égard de cette tradition singulière qui à tissé au fil des siècles des liens très étroits avec le catholicisme.

 

En effet, le temps de la corrida, celui de la féria, c’est-à-dire de la « fête », que cette dernière soit cause des corridas ou lam7.jpg corrida cause de la fête, est indissociable et toujours lié au domaine religieux de par les saints ou le temps liturgique auxquels sont associées les grandes réunions taurines : San Isidro à Madrid, Semaine Sainte à Séville, San Firmin à Pampelune [1], le Toro de la Vega à Tordesillas en l’honneur de la Vierge de la Peña [2], le Corpus Christi à Tolède, Pentecôte à Nîmes, etc., ceci, alors que paradoxalement, l’Eglise s’est parfois opposée aux jeux taurins qu’elle considérait comme des réminiscences directes des antiques jeux du cirque, sachant que ces dites « férias » étaient souvent l’occasion de débordements en divers domaines (alcool, sexualité, argent, etc.), dans un climat d’immense liesse populaire qui rappelait très clairement le monde du paganisme. C’est d’ailleurs l’un des rares domaines où, au-delà des Pyrénées, la pourtant si écoutée et révérée Eglise catholique espagnole, resta absolument impuissante à imposer certaines de ses volontés.

 

taureaux »

I. Rappel historique

 

 

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Les premiers jeux taurins,
sont sans doute une survivance des sacrifices d'animaux
pratiqués dans les cultures primitives

 

Un rapide examen des données historiques nous fournit des renseignements intéressants, puisqu’en l’absence de sources fiables, de nombreuses thèses perdurent s’agissant de l’origine de la corrida. Ce que l’on peut affirmer, c’est que les premiers jeux taurins, sont sans doute une survivance des sacrifices d'animaux pratiqués dans les cultures primitives, et apparaissent tout d’abord probablement à Rome [3], puis ne resurgissent vraiment dans le sud de l’Europe que vers les XIe ou XIIe siècles, dans un contexte précis : la noblesse guerroyant à cheval y voyait une excellente possibilité de s'entraîner. Le Comte de Las Navas (1855-1935) considérait que l’origine de la corrida était intimement liée avec les premiers temps de l'humanité, faisant référence aux chasses préhistoriques de l'aurochs pour expliquer la survivance des jeux taurins en Espagne. Ces jeux, en ce pays, s’imposèrent d’ailleurs peu à peu en divers lieux et en de nombreuses occasions (fêtes pour célébrer la venue d'un personnage important, canonisation d'un saint, consécration d’un évêque, etc.). On aménageait, pour la circonstance la plaza del toro avec des gradins de bois et la population s’y retrouvait pour communier au spectacle de bravoure de quelques téméraires audacieux, qui venaient défier des bêtes sauvages possédant une énergie exceptionnelle.

 

II. La bénédiction de l’Eglise catholique

 

catalina.JPGLe clergé catholique espagnol, qui constatera l’engouement pour ces fêtes et qui s’interrogea sur la manière d’en circonscrire les tendances excessives, fera mieux à l’époque que soutenir les traditions taurines, il ira jusqu’à les bénir et leur conférer, intelligemment, un caractère religieux qu’elles ont encore conservé. On trouve, par exemple, dans un livre de la Société du Saint Sacrement de l’église paroissiale de Saint Pierre de Valladolid, un texte expliquant que cette Société offrira régulièrement « des jeux taurins ». Des Tiers Ordres, pour marquer les réjouissances liées à leur fondation, organisèrent des fêtes où l’on se livrait à la corrida ; certaines Confréries, comme Notre Dame de Sabor à Caceres, n’admettaient en leur sein que des « chevaliers courant les taureaux ». Lors de la béatification de sainte Thérèse d’Avila, en 1614, on organise trente courses lors desquelles cent taureaux sont mis à mort. Il en va de même lors de la canonisation de saint Ignace de Loyola, de saint François Xavier, de saint Isidore le Laboureur en 1622, de saint Thomas de Villeneuve en 1654.

 

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Notre Dame des Sept Douleurs

 

Les liens entre l’Eglise et la corrida vont donc se resserrer étroitement, et l’on verra même éclore ce que l’on pourrait appeler  « les miraclesmater01.jpg taurins » : Baltasar de Fuensalida en 1612 à Tolède, désarçonné par un taureau lors d’une corrida, invoque Notre Dame de l’Espérance pendant qu’il est encorné et guérit de ses blessures. Saint Pierre Regalado, patron de Valladolid, arrête un taureau furieux par son regard. Sainte Thérèse d’Avila elle-même, apaise deux taureaux qui viennent à ses pieds et qu’elle caresse.

 

De leur côté, les très catholiques monarques espagnols n’étaient pas reste, et semblaient eux aussi apprécier ces pratiques. C'est ainsi que l'Empereur Charles-Quint (1500-1558) fut si heureux de la naissance de son premier enfant qu'il descendit dans l'arène de Valladolid pour y combattre et tuer un taureau sauvage. De ce fait, les corridas sous Charles II, au XVIIe siècle, deviendront un vrai phénomène de société. Les conquérants espagnols introduisirent même les jeux taurins en Amérique Centrale et du Sud. En 1529 le conquistador Cortes y importe les taureaux, et plus encore qu'en Espagne, la tauromachie aura le soutien de l'Eglise. Les Indiens l'appréciaient et considéraient qu’il y avait là un équivalent de leurs rites. Ainsi, dans les territoires conquis par les espagnols au nouveau monde, les capucins élèvent des taureaux et possèdent, comme à Caracas, des arènes où, à l’occasion de chaque fêtes religieuses, se déroulent  des corridas qui servent à financer la construction d’églises, de chapelles ou de monastères. C’est ainsi que fut édifiée l’église de Castillo de Chapultepec en 1788, ainsi que celle de Guadalupe en 1808. De même en Italie, séduit par cette vogue, César Borgia, fils du pape Alexandre VI, réintroduit la corrida  qui avait été en vigueur à Rome jusqu’à Léon X (1521), pour la mettre au programme de ses divertissements favoris. Seule l’accession au trône d’Espagne d’un français, Philippe d'Anjou, le petit fils de Louis XIV, fera que l’on interdise un court temps aux seigneurs d'y participer, d'autant que les corridas de l'époque étaient bien plus dangereuses pour les hommes que celles d'aujourd'hui, et n’étaient pas sans risque pour les spectateurs, Francisco Goya, ayant représenté un accident survenu au cours d’une de ces fêtes, et entraîné la mort de l’alcalade de Torrejón. Symbole du lien étroit entre clergé et corrida, en 1761, un prêtre de la Rota (Province de Cadix) constitue un élevage qu’il cède à une confrérie trente ans plus tard. On vit même des moines se faire toréros à l’époque de pépé Hillo.

 

III. L’Eglise et le développement de l’art taurin

 

Toro-2.jpgC’est d’ailleurs à un ecclésiastique, Don Gregorio de Tapia y Salcedo, que se codifie avec en 1643, la publication du Traité d’équitation et diverses règles pour toréer, la tauromachie à cheval réservée à la noblesse.

Par ailleurs, le célèbre taureau de Miura, aux caractéristiques exceptionnelles, qui est encore de nos jours le prince des arènes, fut formé au départ par un prêtre, Marcelino Bernaldo de Quiros, curé de Rota, qui croisa les vaches andalouses des pères dominicains du couvent de San Jacinto, avec des toros navarais, race qui provient elle-même des moines de la Très Sainte Trinité de Carmona.

Les spectacles taurins vont donc devenir un élément central des festivités en Espagne, et se dérouleront de plus en plus sur les places publiques afin de célébrer victoires, fêtes patronales ou événements religieux. Ceci fera émerger une tauromachie pédestre et populaire, très peu réglementée, pratiquée lors des fêtes religieuses, avant que, de 1730 à 1750, la corrida ne se codifie, faisant apparaître les trois « tercios » et surtout les passes à l'aide de la muleta. Les premières arènes permanentes sont édifiées, et de semi-sauvage, le taureau devient domestique et connaît les premières sélections génétiques pour en faire un combattant adéquat, sachant que les élevages sont tenus par des religieux (Dominicains, Chartreux), même si à terme, les élevages laïcs imposeront la suprématie du taureau andalou.

 

 

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Francisco Goya (1746-1828) - Tauromachie

 

 

IV. Saint Pie V et la bulle « De Salute Gregi Dominici »

 

Toutefois, devant l’engouement excessif du peuple pour l’art taurin, en 1567, saint Pie V promulguait la bulle « De Salute Gregi Dominici » qui condamnait sans appel les jeux taurins. Il était même question de les abolir et de priver de sépulture chrétienne ceux qui trouveraient la mort dans les combats contre les taureaux.

 

Les termes de la bulle papale étaient extrêmement clairs :

 

« 1-En de nombreuses villes et autres lieux, on ne cesse d'organiser des spectacles privés ou publics consistant en courses de taureaux ou d'autres animaux sauvages, destinés à faire exhibition de force et d'audace, courses qui occasionnent fréquemment des accidents mortels, des mutilations et sont un danger pour les âmes.

2- Pour Nous, donc, considérant que ces spectacles où taureaux et bêtes sauvages sont poursuivis au cirque ou sur la place publique sont contraires à la piété et à la charité chrétienne, et désireux d'abolir ces sanglants et honteux spectacles dignes des démons et non des hommes et d'assurer avec l'aide divine, dans la mesure du possible, le salut des âmes, à tous et à chacun des princes chrétiens, revêtus de n'importe quelle dignité, aussi bien ecclésiastiques que profane, même impériale ou royale, quels que soient leurs titres et quelles que soient la communauté ou la république auxquelles ils appartiennent, Nous défendons et interdisons, en vertu de la présente Constitution à jamais valable, sous peine d'excommunication et d'anathème encourus ipso facto, de permettre qu'aient lieu dans leurs provinces, cités, terres, châteaux forts et localités des spectacles de ce genre où l'on donne la chasse à des taureaux et à d'autres bêtes sauvages. Nous interdisons également aux soldats et aux autres personnes de se mesurer, à pied ou à cheval, dans ce genre de spectacle, avec les taureaux et les bêtes sauvages.

3- Si quelqu'un vient à y trouver la mort, que la sépulture ecclésiastique lui soit refusée.

4- Nous interdisons également sous peine d'excommunication aux clercs, aussi bien réguliers que séculiers, pourvus de bénéfices ecclésiastiques ou engagés dans les Ordres sacrés, d'assister à ces spectacle. » [4]

 

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La religion catholique et la tauromachie on réalisé une rencontre

faisant que l’art taurin et les pratiques de l’Eglise

sont devenues indissociables

 

Philippe II, conscient de la passion de son peuple pour la tauromachie, ne fera ni enregistrer ni publier cette bulle en Espagne, et négociera avec le successeur de saint Pie V, Grégoire XIII, qui décida finalement de lever l’interdiction pour les laïcs, bien qu ‘en 1583, Sixte V rétablira les sanctions, que lèvera de nouveau définitivement le pape Clément VII en 1596. Ainsi en Espagne, comme en France, la religion catholique et la tauromachie, même si en 1489 Tomàs de Torquemada avait condamné la corrida comme « spectacle immoral et barbare, inique et cruel », opéraient une rencontre originale, qui allait faire que l’art taurin et les pratiques de l’Eglise deviendraient indissociables Si la corrida fut un temps interdite par les autorités libérales en Espagne à la fin du XVIIIe siècle, elle est de nouveau autorisée par Ferdinand VII (1813-1833) dès 1814, l’inscrivant dans sa politique de réaction conservatrice aux idées des Lumières et de la Révolution française, qui rétablie également la Sainte Inquisition, rappelle les Jésuites et supprime la franc-maçonnerie.  Ferdinand VII, roi très catholique, créera même en 1830 une école de tauromachie, dont il confiera la charge à Pedro Romero, instituant une véritable culture tauromachique, indissociablement unie, protégée et bénie par l'Eglise. On vit donc s’adjoindre de façon permanente aux arènes, des chapelles, où des messes étaient célébrées avant les corridas, les toreros revêtus de leur habit de lumière, effectuant leurs dévotions, priant leurs saints tutélaires, et faisant plusieurs fois sur eux le signe de la Croix avant de pénétrer dans l'amphithéâtre, alors même que des prêtres étaient affectés aux lieux de cultes construits à l’intérieur des arènes.

 

 

V. Situation actuelle de la corrida dans un monde déchristianisé et anti-traditionnel

 

 

 

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Manuel Laureano Rodríguez Sánchez dit « Manolete »

(1917-1947)

 

Blessé à mort dans les arènes à Linares par le taureau « Islero »

il repose au cimetière San Agustín de Cordoue.

 

 

33.jpgAlors qu’il n’y a pas à présent en Espagne, dans un monde de plus en plus déchristianisé, une procession de reliques ou une fête religieuse qui ne soit suivie ou précédée de corridas, qu’il existe des Confréries religieuses de toreros qui portent pendant la Semaine Sainte la Vierge de la Solitude, de la Merci, de la Rosée ou des Douleurs, qu’un élevage très réputé de taureaux, près de Salamanque, a été créé par le curé de Valverde, que dans la plupart des plazas, qui possèdent une chapelle attenante, les toreros sont bénis, comme à Nîmes, par un « aumônier » des arènes, de voir s’élever avec une rare virulence hystérique contre la tauromachie, tout ce que le monde actuel compte comme personnalités anti-traditionnelles les plus représentatives (Michel Onfray, Cabu, Michel Drucker, Cavanna, Mgr Gaillot, Renaud, etc.), au nom d’une étrange conception de la morale et de la vertu, traduisant une inexplicable haine qui ressemble beaucoup, jusqu’à s’y méprendre, à un net rejet du sacré.

 

 

 

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« Loin d’être empreint de cruauté, le geste de toréer,
d’oser affronter un taureau et un public,
en vérité, me semble une expression symbolique très belle de cette foi dangereuse
qu’il faut pour vivre en homme et qui n’est d’abord religieuse même si elle peut l’être aussi.»
Père Jacques Teissier, aumônier aux arènes de Nîmes, 2004.

 

On pourra ainsi aimablement sourire de voir par exemple un pasteur canadien, totalement ignorant de la réalité de la tauromachie, venir tancer l’aumônier des arènes de Nîmes, en des termes ridicules, ou encore écouter les arguments des anti-corridas, qui ne brillent pas par leur niveau, dans lesquels on retrouve toutes les vieilles ficelles de l’émotionnel contemporain accompagnées des classiques clichés de la sensibilité naïve, s’appuyant sur la starisation des avocats de l’abolition et la grosse artillerie médiatique larmoyante, tout ceci soutenu par la petite musique gauchisante et moderniste bien connue, à laquelle rien ne manque pour mettre en chanson la classique mélopée des refrains anti-traditionnels.

 

Le plus absurde est donc d’entendre les adversaires de la corrida, alors même que tous, majoritairement l’âme sereine, consomment, ou laissent consommer, allègrement et fort silencieusement, de la viande industrielle où les animaux sont indignement traités, portent des chaussures en cuir, engloutissent en une année leur poids en viande et charcuterie, ingurgitent des poulets préalablement plumés vifs, des grenouilles dont on prélève les cuisses vivantes, des homards ébouillantés, etc., pousser contre la « barbarie » de la corrida afin de criminaliser à grand bruit et manifestations aux goûts discutables, une pratique qui ne relève ni de l’industrie alimentaire, ni de l’expérimentation médicale, mais d’un rituel qui n’est évidemment pas du « sadisme » ni la satisfaction stupide d’un plaisir sanguinaire devant la souffrance d’une bête, mais représente une des dernières manifestations occidentales encore vivantes, qui conserve un lien profond et privilégié avec la religion, exprimant la confrontation éternelle de l’homme face à la puissance indomptée et nocturne de la nature, symbolisée par le taureau, en un acte tragique pénétré d’une inquiétante beauté, où transparaît, « dans la lumière » des arènes, l’essence sacrificielle de la vie.

 

 

Notes.

 

[1] Le célèbre lâché de taureaux, ou « encierro », représente l'évènement le plus important et célèbre de la féria San Fermin tant prisée par Hemingway. Les encierros ont lieu tous les jour et consistent en une course de taureaux sur une des rues de la ville menant aux arènes où des centaines d'hommes courent devant ces taureaux ! Chaque après-midi, des corridas ont lieu et des parades sont organisées à travers les rues de la ville. Le 7 juillet, une procession, dont les origines remontent au 13ème siècle, attire la foule en l'honneur de Saint Firmin. Fête annuelle depuis 1591, la longue semaine de festivités célèbre Saint Firmin, patron de la Navarre, rappelle qu’au IIIe siècle, quand Pampelune faisait partie de l'Empire Romain, Saint Firmin fut converti à la chrétienté par un évêque français : Saint Saturnin venu à Pampelune prêcher l’Evangile. Saint Firmin voyagea ensuite en France pour y étudier et devenir lui-même évêque.

[2] Le Toro de la Vega est une fête importante qui commence le 8 septembre de chaque année en l'honneur de la Vierge de la Peña (rocher en espagnol) dont l'ermitage se trouve de l'autre coté de la rivière, à Tordesillas localité située à 25 km au sud-ouest de la ville de Valladolid. Le samedi soir, tous les peñas (associations) parcourent la ville avec leur fanfare et une lanterne dont la plus belle reçoit un prix chaque année. Cette manifestation rappelle les rondes de garde sur les anciennes murailles. S'ensuivent plusieurs jours de fêtes qui culminent le mardi suivant avec le Tournoi du taureau de la Vallée. Le taureau est alors défié par des hommes à pied ou à cheval, dans un rituel qui a ses propres règles et qui est unique en Espagne.

 

[3] l'Histoire semble démontrer que les premières courses de taureaux organisées suivant un certain rituel se sont déroulées à l'époque de la Rome impériale. Elles faisaient partie des jeux du cirque qui comprenaient plusieurs genres. On les trouvait plus exactement parmi les "venationes", autrement dit "les chasses". (Cf. Les Tauromachies européennes. La forme et l’histoire, une approche anthropologique, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1998).

 

[4] La bulle De Salute Gregi Dominici se poursuit ainsi :

 

« 5- Quant aux obligations, serments et voeux, sans exception, faits jusqu'à présent ou promis pour l'avenir par n'importe quelles personnes, par l'Université ou le Collège, concernant ces sortes de chasse de taureaux, même lorsqu'elles ont lieu, par suite d'une fausse piété, en l'honneur des saints ou à l'occasion d'une solennité ou fête ecclésiastique quelconque, qu'il faut au contraire honorer et célébrer par des louanges, des réjouissances spirituelles et des oeuvres pies et non par ce genre de spectacles, Nous les interdisons absolument, les cassons et les annulons et, suivant les cas, jugeons et proclamons à jamais qu'on doit les considérer comme sans effet et non avenus.

6- Nous ordonnons à tous les princes, comtes et barons feudataires de la Sainte Eglise Romaine, sous peine de la privation de leurs fiefs qu'ils ont reçus de l'Eglise elle-même, et Nous exhortons dans le Seigneur les autres princes et seigneurs chrétiens et leur ordonnons en vertu de la sainte obéissance par respect et pour l'honneur du saint Nom de Dieu, d'observer strictement toutes les choses prescrites ci-dessus, en leur promettant une magnifique récompense de Dieu en retour d'une si bonne oeuvre.

7- Nous ordonnons, en outre, à tous nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques et évêques, et aux autres ordinaires des lieux, en vertu de la sainte obéissance, sous peine de jugement divin et de la condamnation à l'éternelle malédiction, de publier suffisamment dans leurs villes et diocèses respectifs la présente lettre et de faire observer les dites prescriptions également sous les peines et censures ecclésiastiques. » [Bullarium Romanum, Titre VII, La Documentation catholique, 1935].

 

 

Bibliographie :

 

Corridas : d’or et de sang, Marine de Tilly, éditions du Rocher, 2008.

Ethique et esthétique de la corrida, numéro spécial de la Revue critique, Editions de Minuit, 2007.

Philosophie de la corrida de Francis Wolff, Histoire de la Pensée, Fayard, 2007.

Histoire de la corrida en Europe du XVIIIe au XXIe siècle, Élisabeth Hardouin- Fugier, Connaissances et savoirs, 2005.

Michel Leiris, l’écrivain matador, Annie Maillis, L’Harmattan, 2000.

Sang et lumière, Joseph Peyré, Grasset, 1935.

Mort dans l'après-midi , Ernest Hemingway, Gallimard, 1932.

Les Bestiaires, Henry de Montherlant, 1926.

 

 

 

 

16:25 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (127) | Tags : corrida, religion, catholicisme, analyse, tradition, terre, scandale |  Imprimer | | | | | Pin it!