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jeudi, 09 juillet 2009

L’Ordre chrétien

 

3e et dernière Partie de :

« Comment peut-on être chrétien ? »

 

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L'Empereur Constantin 1er dit le "Grand"

(vers 275 à 337 après J.-C.)

C'est l’Évêque Eusèbe de Césarée qui conféra son titre « Le Grand »,

à l'empereur Constantin,

honneur qu’aucun autre empereur romain n’avait reçu avant lui.

 

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Saint Ambroise convertissant l’empereur Théodose

Toile de Pierre Subleyras, 1745

 

 

 

 

 

 

 

Les esclaves pour certains, mais non la majorité, passés au christianisme, lassés par les folies de leurs maîtres romains, n’étaient pas les seuls à être opposés à Rome comme cherche à le faire croire une propagande antichrétienne, il existait des citoyens romains, décidés à manifester leur réprobation et qui devinrent chrétiens par amour de l’Evangile. Parmi eux de véritables savants, tel Marcion de Sinope sur la Mer Noire, qui cherchaient à préciser ce que l'on pourrait appeler une nouvelle théologie du Salut, non par opposition au polythéisme romain, mais en continuité de la perspective spirituelle de l’hénothéisme mystérique que l'entrée massive des éléments néo-platoniciens et orientaux dans la religion et la pensée romaine rapproche plus encore du christianisme, en fournissant un aliment mystique au désarroi du peuple, en répandant la notion de délivrance.

 

a) Christianisme et philosophie

 

justin_martyr2.jpgEn quelques années, les empereurs se succédèrent les uns aux autres dans des circonstances ténébreuses, au moment où la croyance chrétienne s'affirmait comme une espérance d'un nouvel ordre du monde. Rome, qui vivait une inexorable décadence politique, morale et religieuse, devient alors pour Justin, le premier à faire la jonction entre l’Evangile et la philosophie, l’incarnation cette idée que la venue des Sages, avant le Christ, participait déjà du Verbe de Dieu. Par conséquent, pour Justin et les premiers philosophes convertis au Christ, tous ceux qui avaient vécu selon le Logos parmi les barbares, étaient des chrétiens avant la lettre. Pour Justin, la Révélation des Écritures est le prolongement de la révélation naturelle. C’est cette attitude conciliatrice qui finit par s’imposer finalement et aboutir à une synthèse, celle de la pensée grecque et de l’esprit chrétien. Cette synthèse, que défendra Lucien d'Antioche, Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et surtout Jean Chrysostome et l’école d’Alexandrie qu’on peut nommer philosophie chrétienne, a pour caractère essentiel d’aboutir à une forme d’authentique horizon spirituel chrétien : « Il n’existe pas, dit saint Justin martyr, un peuple, soit grec ou barbare, ou de toute autre race d’hommes, quelles que soient leurs dénominations ou leurs mœurs distinctives, quelle que puisse être leur ignorance des arts ou de l’agriculture, soit qu’ils habitent sous des tentes, ou qu’ils errent dans des chariots couverts, chez lesquels on n’ait offert au nom de Jésus crucifié, des prières au père et au créateur de toutes choses » [1].

 

Selon Clément d'Alexandrie : « la foi est greffée sur l’arbre de la philosophie, et quand le vaccin est parfait, alors le bourgeon de la foi seclément.jpg substitue à celui de l’arbre, il grandit dans l’arbre et fait que celui-ci porte des fruits ». Pour réaliser ce projet, Clément décide de se servir de notions philosophiques pour interpréter la Bible. La philosophie grecque, au service de la démarche herméneutique, permet le passage de la foi à la connaissance. Sur un plan plus général, les chrétiens étaient nombreux dans les armées. Non seulement les empereurs Dioclétien et Constance, favorables à leur religion, mais Hercule et Galère acceptaient leur présence, sans exiger d’eux aucun acte d’idolâtrie. De leur côté, les fidèles accordaient sans répugnance le service militaire, et se dévouaient sincèrement aux aigles romaines. Par ailleurs, la Septante est définitivement acceptée, et devient le premier livre chrétien par référence. La préhistoire chrétienne se termine sur cette appropriation définitive de l’héritage du mosaïsme originel, facilitée par la disparition en 135 de tout Etat juif après l'échec de la révolte de Bar Kochba. Jérusalem s'appelle désormais Aélia Capitolina ; les rabbis judéens de Palestine pour leur part abandonnèrent cette écriture grecque alexandrine, qui pour eux n'avait jamais fait partie de leurs Livres Sacrés, et les philosophe chrétiens élaborent la pensée de la nouvelle Rome.

 

b) Le christianisme comme réponse à l’anarchie et à la décadence de Rome

 

Avant même la conversion de l’empereur Constantin, Rome accueille avec empressement le christianisme, comme si la nouvelle religion avait été prévue pour répondre à la situation tragique dans laquelle, chaque jour de plus en plus, s’enfonçait l’Empire. Comme on le sait à présent, il ne faut pas s'émerveiller devant le « triomphe du christianisme » car l'idée d'une religion constituée gagnant l'Empire dans le cadre d'un immense effort de conversion est un mythe. Le catholicisme n'a pas conquis la société du Bas-Empire : il a été sécrété par elle, il en est le produit, tout comme la morale et l'art de cette époque. En fin de compte, le christianisme n'est pas un concept historique opératoire » [2] Le christianisme prend greffe sur le paganisme, car en réalité il n’est pas étranger aux éléments qui se trouvaient à l'intérieur même du système religieux antérieur, aboutissant à une sorte de substitution/continuité d’une stupéfiante facilité.

 

nietzsche1864.jpgOn est très loin des rêves erronés de Nietzsche, nourri par la propagande de l’école critique radicale allemande, on est à des kilomètres des idées fumeuses d’un christianisme « bolchevisme de l’antiquité », bien au contraire même ! Car c’est le christianisme, et lui seul, qui va sauver les derniers reliquats de l’Empire, en conserver l’essence face à la désorientation des empereurs fous. Selon Nietzsche, le christianisme a finalement plongé Europe dans l'abîme, s’imposant sans qu’il y ait une saine réaction contre lui [3]. Or, rien n’est plus faux, plus inexact, plus absurde !

Comment qualifier la politique religieuse d’Élagabal ? Empereur fou dévot du dieu Baal qui ouvrit Rome aux étrangers,heliogabale.jpg on viole, on tue dans ces banquets démentiels, les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables même, devant une assemblée entrée en transe au son des flûtes et des tambourins. Il viola une Vestale, prêtresse du culte romain de Vesta. Initié aux mystères de Cybèle, il reçoit le taurobole : le nouvel adepte, placé au fond d’une fosse, se baigne dans le sang d’un taureau que l’on égorge au dessus de lui. On lui prête des sacrifices humains d’enfants, chose est plausible, quant on sait qu’au cours du siège de Carthage, bien plus tôt, les auteurs romains rapportent qu’on sacrifiait à un gigantesque Baal creux dans lequel brûlait un brasier, des dizaines d’enfants encapuchonnés : le culte de Baal nécessitait ces horreurs, et pour dépravé que soit le culte au troisième siècle, il a pu garder ses aspect originels. Elagabal, souhaitait restaurer l'unité de l'empire par un culte unique, en tant que pontifex maximus d'une divinité suprême, sa personne devenant inviolable, en ayant  l'intention de transférer dans son temple du Soleil de Rome « les religions des Juifs, des samaritains et les rites chrétiens, afin que le clergé d'Héliogabale détienne les mystères de tous les cultes ». Curieuse attitude païenne. Le tout, nous le savons, s’est achevé par l’envahissement d’une foule furibarde dans son palais, qui fit un carnage où les favoris et les mignons de l'empereur furent d'abord littéralement dépecés, émasculés, empalés ("afin que leur mort fût en conformité avec leur vie", dit l’historien), avant que l’empereur lui-même ne fusse massacré dans ses latrines, son corps traîné à travers les rues de Rome, la populace jetant le cadavre aux égouts, puis, comme les conduits étaient trop étroits, l'impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre (11 mars 222).

 

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On viole, on tue dans les banquets d'Elagabal,
les convives qui n’amusent plus l’empereur sont immolés sur les tables ,
devant une assemblée en transe au son des flûtes et des tambourins.

 

 

 

c) La Croix triomphante !

Voilà le spectacle de la Rome finissante, voilà l’état réel des derniers soubresauts d’un paganisme moribond et agonisant, et il faut la sotte admiration naïve d’un Alain de Benoist pour oser écrire : « L’imperium est alors l’outil d’une conception du monde qui se réalise sous la forme d’un vaste projet. Grâce à lui la pax romana règne dans un monde ordonné » [4], alors même que l’empire s’écroule en raison de ses propres folies, qu’il est la proie des cultes mystériques des religions orientales : culte phrygien de Cybèle et d’Attis, culte égyptien d’Isis et de Sérapis, culte syrien d’Adonis, culte persan de Mithra, etc. Ainsi que l’écrit Gibbon, d’une façon objective : « La sagesse de la Providence daigne souvent employer les circonstances générales où se trouve le genre humain, comme des instruments propres à l’exécution de ses vues, il peut aussi nous être permis de demander, avec toute la soumission convenable, non pas quelle fut la cause première des progrès rapides de l’Église chrétienne, mais quelles en ont été les causes secondes. Les cinq suivantes paraissent être celles qui ont favorisé son établissement de la manière la plus efficace. 1° Le zèle inflexible des chrétiens ; 2° La doctrine d’une vie future, perfectionnée et accompagnée de tout ce qui pouvait donner du poids et de la force à cette vérité importante. 3° Le don des miracles attribué à l’Église primitive. 4° La morale pure et austère des fidèles. 5° L’union et la discipline de la république chrétienne, qui forma par degrés, dans le sein de l’empire romain, un État libre, dont la force devenait de jour en jour plus considérable. » [5].

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"Tous nos peuples doivent se rallier

à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre."

 

L’ordre que Rome n’était plus en mesure de produire, lui était à présent offert, donné et conféré par la religion chrétienne, Rome qui sombrait dans la dégénérescence et la licence effrénée, recevait de la part des chrétiens l’image d’une droite moralité, telles sont les causes qui ont assuré les succès du christianisme dans l’empire romain, telles sont les causes qui conduisirent à l’adoption par Constantin, du christianisme comme religion d’Etat en 313. L’église constantinienne produira le catholicisme tel que nous le connaissons, lorsqu’en 378 l’évêque de Rome Damase obtint de Gratien, empereur chrétien, que le bras séculier de l’Etat soit mis au service de l’Eglise. Théodose décrètera même, par un édit daté du 28 février 380, dit Edit de Thessalonique :

- « Tous nos peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’Apôtre Pierre, à celle que professe le pontife Damasse et l’évêque d’Alexandrie en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie.. » [6]

Henri Pirenne (1862-1935) a ainsi parfaitement montré que l'Empire, adoptant le christianisme avec Constantin, continua d'exister grâce à la religion et ses institutions, dont le monachisme qui couvrit l’Europe et développa techniques forestières, hydrauliques, l’agriculture, l’écriture, etc., sous une forme autre, jusqu'au temps de l'ascension du Royaume Franc en Europe qui est concrètement une suite de l'Empire romain, faisant que le couronnement de Charlemagne, en tant que premier empereur romain germanique est une continuation directe de l'État impérial. D’ailleurs l’historien contemporain Michael Grant aujourd’hui, souscrit à cette théorie, et considère la victoire de Charles Martel à la bataille de Poitiers stoppant l'ère de la conquête islamique et sauvant l'Europe, comme un évènement macro-historique dans l'histoire de l’Empire.

Il n’y a donc pas, selon l’expression ridicule de Nietzsche afin de connaître l’essence du christianisme : « …l’origine du christianisme ? Le premier point pour arriver à la solution de ce problème s’énonce ainsi : On ne peut comprendre le christianisme qu’en le considérant sur le terrain où il a grandi, — il n’est point un mouvement de réaction contre l’instinct sémitique, il en est la conséquence même, une conclusion de plus dans sa terrifiante logique » [7], car on est vraiment, dans le cadre du christianisme européen, fort loin de ça, et on se demande si ce n’est pas confondre à plaisir, les délires de l’esprit de la révolution qu’incarne la désorientation de Rome et ses suites, et la véritable Tradition chrétienne ; s’il n’y a pas un jeu polémique chez l’avocat de la philosophie du marteau, qui volontairement tente de superposer une attitude, qui n’est redevable qu’à des idées syncrétiques délirantes des derniers empereurs païens, au christianisme lui-même. Cela est certes amusant un instant sur le plan littéraire, poétique et polémique, mais n’a strictement aucun sens du point de vue de la réalité, est aucune validité théorique.

 

 

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En 312, Constantin bat Maxence sur le Pont Milvius près de Rome.

s'assurant ainsi le commandement suprême de l'Empire Romain

Le soir avant la bataille, il avait eu la vision céleste de la Croix lumineuse

avec la devise :

« In Hoc Signo Vinces » (par ce signe tu vaincras).

Durant la nuit, il décora de la Croix les vexilles de ses soldats.

 

 

 

En fait, une religion humble et pure incorpora, avec l’aide des empereurs chrétiens, sans effort les racines de l’ancienne Rome. Elle put croître dans l’esprit des hommes, au milieu du silence et de l’obscurité, tirant de l’opposition une nouvelle vigueur, et arbora enfin sur les ruines du Capitole la bannière triomphante de la Croix. Son influence ne se borne pas à la durée ni aux limites de l’empire ; cette religion est encore celle des nations de l’Europe qui ont surpassé tous les autres peuples de l’univers dans les arts, dans les sciences, aussi bien que dans les armes : le zèle et l’industrie des Européens ont porté le christianisme sur les rivages les plus reculés. Il ne s’agit pas de se poser la question de savoir si « un retour au polythéisme est possible, ou indiqué », ni même de s’interroger pour savoir « si l'extirpation du mosaïsme peut s'opérer sur la base de la fondation d'un ordre de l'être » afin qu’un improbable panthéisme, soudé autour d’une « nouvelle communauté émerge du sol d’Europe, car en ces questions, le vouloir ne peut avoir aucune sorte prise, comme le soulignait le vieil Heidegger à juste raison : « il n'est pas possible de faire être par la volonté ou la parole les choses elles-mêmes » [8].

 

Conclusion

 

Le désir d'un redéploiement du paganisme pousse à imaginer naïvement qu'il est possible par la volonté de refaire surgir de nouveau les anciens dieux, ou une approche « panthéiste » plus conforme à l’essence spirituelle de l’Europe. Or, rien n'a jamais disparu, mais se trouve dissimulé sous d'autres appellations, rien ne meurt en ces domaines mais se voit conférer d’autres visages. En revanche, rien ne serait plus grave, et ne le fut, que de sombrer, par une incompréhension tragique dont fut victime la Nouvelle Droite et ses principaux animateurs, dans un antichristianisme réactif systématique, car sous couvert de retrouver les anciens dieux, il sont allés jusqu’à avaliser les thèses des aveugles idéologues du XIXe, enténébrés par les théories matérialistes et athées de la critique du christianisme, aboutissant à ceci qui se passe de commentaire :

 

- « Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. «Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.». [9]

 

Voilà où mène, logiquement le néo-paganisme antichrétien folklorique, à affirmer que « les croisés combattirent quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière » ! Ce genre de prosternation, même au nom de la religion ancestrale de l’Europe, est inacceptable. Et l’on sait parfaitement où sont, et ce que récitent et comment s'inclinent face contre terre aujourd’hui nombre d’anciens évoliens, nietzschéens et guénoniens convaincus, pour refuser catégoriquement cette sinistre éventualité.

 

Quant à l’ultime cri de l’Antéchrist, sous prétexte de joies solsticiales où l’on vomit avec exaltation la religion du désert et l’on chante celle, solaire, des forêts, nous savons à présent suffisamment ce qu’il signifie, et en quoi il doit être fermement combattu : « Guerre à outrance avec Rome ! Paix et amitié avec l’Islam.». Ainsi, nous ne pouvons que refuser avec force cette fallacieuse Paix et cette ignoble Guerre !

 

Contre l’hérésie de l’Islam, portée et soutenue par le néo-paganisme nietzschéen,

haut les épées pour le Christ et la Croix

au nom de la Rome éternelle et catholique !

 

Ad Majorem Dei Gloriam !

 

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Notes.

 

[1] Saint Justin martyr, Dialog. cum Tryphon, p. 341.

 

[2] A propos du triomphe du christianisme, Dialogues d'histoire ancienne , 1988, vol. 81, no14.

[3] On se souvient à cet égard du passage de l’Antéchrist : « Que les fortes races du nord de l’Europe n’aient pas repoussé le Dieu chrétien, ne fait vraiment pas honneur à leur don religieux, pour ne pas parler de leur goût. Ils auraient dû en finir de ce produit de la décadence maladive et débile. Voilà pourquoi repose sur eux une malédiction : ils ont absorbé, dans tous leurs instincts, la maladie, la vieillesse, la contradiction, depuis lors ils n’ont plus créé de Dieu ! Deux mille ans presque, et pas un seul nouveau Dieu ! Hélas, il subsiste toujours, comme un ultimatum et un maximum de la force créatrice du divin, du creator spiritus dans l’homme, ce pitoyable Dieu du monotono-théisme chrétien ! Cet édifice de décombres né de zéro, de notions et de contradictions, où tous les instincts de décadence, toutes les lâchetés et toutes les fatigues de l’âme trouvent leur sanction ! »

[4] A. de Benoist, Introduction in L. Rougier, Le conflit du christianisme primitif et de la civilisation antique, Copernic, 1977, p. 28.

[5] E. Gibbon, Histoire de la Décadence et de la Chute de l'Empire romain, 1765.

[6] Voici le texte complet de l’édit d Thessalonique : « Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant - et qu'il est clair que suivent le pontife Damase Ier et l'évêque d'Alexandrie, Pierre, homme d'une sainteté apostolique : c'est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l'unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste. Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »

[7] F. Nietzsche, L’Antéchrist, 1895.

[8] Heidegger, Lettre sur l’humanisme, Aubier, 1980.

[9] L’Antéchrist, op. cit.

00:05 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, paganisme, christianisme, catholicisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

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