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lundi, 15 juin 2009

LE DALAI LAMA SOUTIENT LES ADVERSAIRES DE LA CORRIDA !

Tartuffe ou l’imposture faite reine

 

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« Lorsqu'on récite certains mantras en tuant un animal,

pensent les tibétains, 

sa conscience est libérée vers une sorte de paradis... » 

 Le dalaï lama, chef du « lamaïsme », religion illusoire et scandaleuse qui conserve, malgré sa toxicité un mode de domination féodal à l’obscurantisme violent et oppressif, représentée dans les films d’Hollywood, comme une religion humaine, douce et aimable, qui prône la paix et la compassion, religion qui a réalisé la plus caricaturale et criante des confusions par l'amalgame constitué entre les croyances magiques des chamanismes asiatiques, aboutissant aux diverses formes, ou « voies » dites du « Grand Véhicule » (Mahayana), dont le tantrisme semble réunir et faire la synthèse des aspects les plus caricaturaux (divinités courroucées, techniques invocatoires, pratiques superstitieuses, sacralisation de la sexualité, consommation de sécrétions organiques,  etc.), s’est cru autorisé, en juillet 2008, à se prononcer au sujet de la corrida. 

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Ceci est d’autant plus grotesque, que le bouddhisme tibétain et son versant zen qui recrutent des contingents de naïfs en Occident, se signalent par quelques traits plutôt saisissants, très éloignés des images d’Epinal véhiculées par le cinéma et la publicité :

- 1) Des populations ployant depuis des siècles de bouddhisme actif sous le joug des superstitions les plus obscurantistes.
- 2) Un clergé dévoyé et pervers, exploitant et régnant sur des peuples réduits au servage le plus honteux.
- 3) Une attitude belliqueuse et violente d’une rare sauvagerie guerrière s’étant manifestée chez ceux qui faisaient profession d’être des maîtres de la non-violence et de la compassion (les diatribes enfiévrées proférées par les maîtres zen, D.T. Suzuki et Kodo Sawaki, en tête, sont exemplaires à cet égard).
- 4) Des pratiques magiques sacralisant, au nom du Bouddha, l’orgie, la consommation de matières organiques humaines, l’anthropophagie, le crime rituel, etc., ont été répandues et instituées par les différentes écoles bouddhiques jusqu’à en faire des méthodes libératrices.

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«  Oui, nous savons que nous devrions être végétariens,

mais c’est difficile au Tibet ! »

 

Voici donc le message du dalaï lama, qui n’est pas végétarien, suite à une requête personnelle envoyée par  Christophe Leprêtre à Dharamsala en Inde, sur la recommandation de Matthieu Ricard, afin de l’inviter à s’exprimer au sujet de la corrida :

Message de soutien de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Comité Radicalement Anti-Corrida (CRAC)  

« Aujourd’hui, alors qu’on assiste à une montée en puissance de la reconnaissance des Droits de l’Homme, il y a, au niveau mondial, une prise de conscience de plus en plus grande d’un besoin pour une protection, non seulement de l’environnement, mais aussi des animaux et une prise en compte de leurs droits.

Malheureusement, il y a encore des gens qui, non seulement n’acceptent pas cette idée, mais qui considèrent que c’est un plaisir de chasser et de combattre des animaux avec à la clef, la mort douloureuse de ces animaux. Cela semble en contradiction avec l’esprit d’équanimité qui est en train de se développer de nos jours dans les sociétés.

Je suis intimement persuadé que les êtres humains sont par nature fondamentalement bons, et je pense que nous devrions non seulement maintenir des relations affables et paisibles avec nos congénères mais qu’il est très important d’étendre la même sorte de sollicitude à l’environnement et aux animaux qui vivent naturellement en harmonie avec ce dernier. Quand j’étais adolescent, étudiant le Bouddhisme au Tibet, on m’a inculqué qu’il était important d’adopter un comportement consistant à se soucier d’autrui.

Une telle pratique de la non-violence s’applique à tous les êtres sensibles, à tout être vivant qui possède un esprit comme nous le reconnaissons dans le Bouddhisme. Et là où il y a un esprit, il y a des sensations telles que la peine, le plaisir et la joie. Aucun être sensible ne cherche la souffrance, bien au contraire, tous recherchent le bonheur. Comme nous partageons avec eux ces mêmes sensations de base, nous, en tant qu’êtres humains rationnels, avons l’obligation de contribuer, dans toute la mesure du possible, au bonheur des autres espèces et de faire de notre mieux pour soulager leurs peurs et leurs souffrances.

C’est pourquoi je suis heureux d’apporter mon soutien à cette association française qui lutte contre la corrida. » [1]

On pourrait rétorquer au dalaï lama, que mettre sur un pied d’égalité conscience humaine et conscience animale, est sans doute une grave erreur et qu’il évident que ce type de position représente une dérive périlleuse car de l’homme à l’animal rien n’est comparable, cette différence de « nature » ayant été signalée par Bergson : - « Radicale est la différence entre la conscience de l'animal, même le plus intelligent, et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose ; elle est coextensive à la frange d'action possible qui entoure l'action réelle : conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. Enfermé dans les habitudes de l'espèce, il arrive sans doute à les élargir par son initiative individuelle ; mais il n'échappe à l'automatisme que pour un instant, juste le temps de créer un automatisme nouveau : les portes de sa prison se referment aussitôt ouvertes ; en tirant sur sa chaîne il ne réussit qu'à l'allonger. Avec l'homme, la conscience brise la chaîne. Chez l'homme, et chez l'homme seulement, elle se libère. » [3]

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Mais le plus surprenant est de voir le Tartuffe du Tibet à l’éternel sourire, dirigeant un bouddhisme lamaïste mêlé de pratiques tantriques et magiques, pénétrées de sorcellerie et de grossières superstitions, décrété religion d'Etat, conservant des éléments de l’ancienne religion chamanique où, dans certains rituels funéraires, le corps du défunt est démembré, puis broyé et distribué aux vautours, qui pratique le « kalachakra Tantra » (La Roue du Temps), qui est l’un des textes les plus sacrés de la religion tibétaine, Tantra fondamental du vajrayana dans lequel on explique comme préparer  les « Cinq ingrédients spirituels » dont la composition est la suivante : «  matière fécales, urine, sperme, sang menstruel, mélangés à la chair humaine » [2], qui honore des dākinīs [3] carnivores et guerrières, réclamant des sacrifices animaux, s’estimer suffisamment légitime pour venir condamner la corrida !

yak-ad39a.jpgOn le voit, l’hypocrisie de ce bouddhisme qui prétend donner des leçons est sans borne, d’autant qu’au cours de la période védique deyak.jpg l'hindouisme, les prêtres offraient des humains, des animaux en sacrifice, que les anciens Chinois faisaient de même, et que si le Bouddha s’opposa à ces pratiques, aujourd’hui les bouddhistes tibétains mangent et consomment énormément de viande, et se contentent de dire « oui, nous savons que nous devrions être végétariens, mais c’est difficile au Tibet » (certains lamas tibétains vont même jusqu’à dire, poussant l’ironie assez loin, que si l’on chante certains « mantras en tuant un animal, sa conscience est libérée vers une sorte de paradis » , et d’autres que le fait que la chair de l’animal passe à travers leur système garanti « la libération de l’animal » ! ). De leur côté, les bouddhistes thaïlandais et birmans mangent encore plus de viande, tout comme ceux de Sri Lanka, et de la sorte les grands principes dans lesquels se drape le dalaï lama pour condamner la corrida : « je pense que nous devrions maintenir des relations affables et paisibles avec nos congénères […] et étendre la même sorte de sollicitude aux animaux », relèvent donc, à l’évidence, de la plus haute plaisanterie !

 Notes.

[1] Voici l’original du message :

Dear Christophe Lepretre,

Please reer to your letter dated July 5, 2008.

His Holiness has already issued anti bullfight campaign and I am copying it below. You are most welcome to use it.

With best wishes,

Ngawang Gyaltsen

“Today, together with a growing appreciation of the importance of human rights there is a greater awareness worldwide of the need for the protection not only of the environment, but also of animals and their rights. Unfortunately, there continue to be those who feel it is not only acceptable, but also a pleasure, to hunt or fight with animals, resulting in the painful deaths of those animals. This seems to contradict the general spirit of egalitarianism growing in most societies today. I deeply believe that human beings are basically gentle by nature and I feel that we should not only maintain gentle and peaceful relations with our fellow human beings but that it is also very important to extend the same kind of attitude towards the environment and the animals who naturally live in harmony with it. As a boy studying Buddhism in Tibet, I was taught the importance of a caring attitude towards others. Such a practice of non-violence applies to all sentient beings - any living thing that has a mind. Where there is a mind, there are feelings such as pain, pleasure and joy. No sentient beings want pain, instead all want happiness. Since we all share these feelings at some basic level, we as rational human beings have an obligation to contribute in whatever way we can to the happiness of other species and try our best to relieve their fears and sufferings.”

 

[2] Nous ferons remarquer que ces cinq ingrédients « spirituels » entrent dans la composition des fameuses pilules de « nectar » que divers lamas tantriques distribuent à leurs meilleurs élèves pour les récompenser de leurs efforts.

[3] Henri Bergson, L'évolution créatrice, P.U.F., 1995, p. 265.

[3] Les dākinīs sont des personnages composites dans lesquels on entrevoit la silhouette de divinités de cultes antérieurs au tantrisme ou au bouddhisme, d'esprits de la nature, de sorcières ou démons féminins indiens ou himalayens. Dans le bouddhisme tibétain, elles peuvent être des déités mondaines subjuguées, des formes féminines et courroucées de bodhisattvas ou de bouddhas, ou encore des personnalités historiques ou légendaires, compagnes de mahāsiddhas ou mahasiddhas elles-mêmes. Khandro est un titre honorifique pour les yoginīs ou les nonnes

18:02 Publié dans Tartufferie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : corrida, bouddhisme, tibet, tradition, sagesse |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

"Je suis intimement persuadé que les êtres humains sont par nature fondamentalement bons [...]"

C'est beau comme du Rousseau! Bienvenue chez les Bisounours!

Écrit par : Ronin | lundi, 15 juin 2009

@ Ronin. Il y a une autre perle savoureuse chez Orangina qui rentre dans une logique assez amusante : "en tant qu’êtres humains rationnels...", là c'est beau comme du Descartes !

Écrit par : Falk | lundi, 15 juin 2009

@ La Fouine ! je vous interdis de venir vous promener sur cette note ; les « Cinq ingrédients spirituels » ne vous sont pas recommandés, vous le savez très bien - n'insistez pas.

Écrit par : Dan | lundi, 15 juin 2009

@ Dan. Vous êtes trop sévère avec notre ami La Fouine, car les lamas tantriques distribuent à leurs meilleurs élèves pour les féliciter de leurs efforts les fameuses pilules de « nectar ». Or La Fouine fut un très bon élève de La Question tout au long de cette année, ayant même survécu à une note sur les Illuminatis et aux multiples articles pendant plusieurs mois relatifs la levée de l'excommunication des évêques traditionalistes sacrés par Mgr Lefebvre. Il mérite donc une petite récompense !

Écrit par : Resoncevalles | lundi, 15 juin 2009

« Oui, nous savons que nous devrions être végétariens, mais c’est difficile en Andalousie ! », vient de déclarer Julián López Escobar dit « El Juli » à Madrid, à l'issue de la corrida où il tua 6 toros.

http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Juli

Écrit par : José Antonio | lundi, 15 juin 2009

Une seule question, significative, me traverse l'esprit à l'instant en lisant cette nouvelle note de Zacharias qyui est allé dénicher ce message du dalaï lama au FRAC : quel est le plus grand danger pour la France, l'islam ou le bouddhisme tisane des bobos anti-corridas ?

Écrit par : Moria | lundi, 15 juin 2009

Resoncevalles,
Merci pour votre sollicitude mais croyez moi "La Question" est loin de m'affaiblir et même si je ne partage pas tout, je suis heureux de constater qu'il existe de véritables chrétiens prêts à défendre la cause.
Il y a aussi malheureusement ce détestable docteur qui me persécute avec ses pilules exécrables et excessivement jaloux de ce Dalaï Lama qui refuse de lui vendre la recette.
Quant à la note de Zacharias, elle me sidère. En effet j'imagine le visage de mes amis espagnols devant le torchon de sa sainteté bouddhique. Comme disait Coluche : il y a des gens qui s'autorisent à penser dans des milieux autorisés.
Mais à y regarder de plus près, il y a un lien avec tout cela. La sensiblerie, le bio, le végétarisme, le bouddhisme, etc .....
Tout ce beau monde nous construit, à notre insu, le magnifique "politiquemment correct" qui fait le bonheur de nos "Bobos" écolos!

Écrit par : La Fouine | lundi, 15 juin 2009

@ La Fouine. Ce médecin doit être dénoncé à ses autorités de tutelle. Il n'est pas admissible que vous soyez l'objet de pressions inacceptables de la part de ce triste individu, qui plus est psychiatre et psychanalyste de renom, qui, tout le monde le sait à présent, s'amuse à lire à l'envers nos messages et repère à grande vitesse nos vices cachés.

D'autre part, pour vos amis espagnols, je ne sais s'ils connaissent le petit message sympathique du dalaï lama que vient de découvrir Zacharias, mais il y a fort à parier qu'ils seraient ravis d'en apprendre l'existence, afin de d'inviter sa Sainteté lors de son prochain voyage à Madrid, à prêter sa robe rouge pour en faire une jolie muleta lors d'une prochaine corrida !

Écrit par : Falk | lundi, 15 juin 2009

@ Moria. Pour ce qui concerne le plus grand danger, je pense que le bouddhisme tisane des bobos est peut-être plus à craindre (non pas dans sa forme visible qui ne concerne que l'individualité narcissique d'une population urbaine désorientée et de quelques babas en Ardèche ou d'un groupe d'assidus aux stages proposés par les monastères tibétains), que l'islam qui suscitera à terme, du moins je l'espère une réaction dans la population.
En revanche l'état d'esprit "zen, tibéto, new-âge", prépare toutes les conditions de lessivage des consciences pour viennent s'installer chez nous les pires dangers sur le plan religieux, et donc l'islam. A ce titre, par leur lent travail préparatoire, les bonzes sont, objectivement, les meilleurs alliés des barbus.

Écrit par : Lozère | lundi, 15 juin 2009

« Lorsqu'on récite certains mantras en tuant un animal,pensent les tibétains, sa conscience est libérée vers une sorte de paradis... » Mais les espagnols, peuple spirituel s'il en est héritier d'une longue tradition religieuse, possèdent eux aussi un mantra : "Olé" !

Écrit par : Damastès | lundi, 15 juin 2009

"là où il y a un esprit, il y a des sensations telles que la peine, le plaisir et la joie" affirme un peu rapidement le dalaï lama.

Mais les investigations sur le soi-disant "esprit animal" obligent à se poser la question de la définition de la pensée, de ses rapports avec la conscience et le langage. En réalité, le concept de pensée renvoie à des phénomènes différents : penser au sens d'avoir des représentations mentales (croyances, désirs, etc.) n'est pas penser au sens de réfléchir ou de délibérer avec soi-même.

C'est pourquoi les anthropologues doivent distinguer entre ce qui relève de la sphère des représentations mentales, laquelle obéit à des mécanismes innés, et ce qui relève du domaine de la pensée consciente et linguistiquement exprimée, laquelle est pour une large part culturellement constituée. Or seul l'homme est capable de pensé consciente.

Écrit par : Agulher | mardi, 16 juin 2009

@ Agulher, Rappel nécessaire, même si la tendance générale largement partagée aujourd'hui dans l'opinion, (d'où le caractère choquant et scandaleux de la Corrida pour nos contemporains), est de reconnaître une pensée animale :

"Il faut absolument proscrire un sens beaucoup
plus large, et certainement un peu abusif, dans lequel
on appellerait pensée tout ce qui a une tendance à la conscience."

J. Lachelier in Vocabulaire de la Philosophie de
A. Lalande. (Observation à l'article "pensée").

Écrit par : Xory | mercredi, 17 juin 2009

Florence Burgat, dans son ouvrage "Liberté et inquiétude
de la vie animale", Éditions Kimé, 2006, dénonce les oppositions « âme/corps, nature/culture, intelligence/instinct […] qui forment un véritable dispositif dont la finalité est la production de ce que l'on peut appeler l'indigence ontologique de l'animal » (p. 25).

« Le concept d'animalité ainsi construit ne vise en rien […] à penser l'être animal, mais à produire un modèle d'abjection » (p. 40) dit-elle. Il s'agit si peu de bâtir un savoir sur les animaux réels que ce même « modèle d'abjection » a pu être appliqué à des groupes humains (les femmes, les Noirs, les sauvages6…).

Eux aussi ont été décrits comme englués dans une nature dont l'humanité véritable a réussi à s'arracher. « L'animalisation » ou la « naturalisation » est avant tout un procédé de flétrissure.

Il rabaisse ceux qui en font l'objet ; il les désigne comme privés de ce qui rend un individu digne de respect, et méritant de ce fait d'être protégé par des droits. Le processus de « naturalisation » sert in fine à exclure les « animalisés » du cercle de la considération morale. Ne leur est pas reconnue cette précieuse dignité qui conditionne le bénéfice du droit à ne pas être traité comme un simple moyen au service des buts d'autrui. Ils sont relégués au rang des choses.

Écrit par : vegetarism.sky | mercredi, 17 juin 2009

Cette Florence Burgat est une partisane de l'antispécisme sans trop le crier à haute voie. Le discours est construit pour faire passer le discours de façon assez soft. En apparence donc, dans l'ouvrage de Florence Burgat, rien de scandaleux ni de criminel - on y rencontre plein de bonnes intentions. Mais derrière le masque de l'amour des animaux, et la volonté de faire sauter la barrière entre conscience animale et humaine, se cache, comme nous le savons, un projet redoutable et extrêment menaçant pour l'homme.

Écrit par : Falk | mercredi, 17 juin 2009

Derrière tout cet anthropomorphisme à l'égard des animaux se cache un profond désarroi : on voit depuis des années la croissance dans nos sociétés urbaines des animaux de compagnie, afin de compenser pour leurs maîtres toutes leurs frustrations affectives. Autant dire qu'ils ne sont pas, à quelques exceptions près, guidés par l'amour des animaux, la preuve : quand ils partent en vacances, ils oublient leurs névroses, ils n'ont plus besoin de leur compagnon, et ils l'abandonnent sur une aire d'autoroute ; la SPA ne va pas chômer cet été.

Écrit par : Ronin | jeudi, 18 juin 2009

@ Falk. Florence Burgat rappelle cependant que les anti-corridas feraient bien de manifester aussi devant les abattoirs ou les supermarchés puisque la situation est dramatique, car dans son bouquin "L'animal dans les pratiques de consommation", Que sais-je ? (P.U.F.), elle révèle :

1) Que les méthodes d'élevage sont de plus en plus intensives, avec la détresse qui en résulte manifestée par la maladie ou les comportements aberrants (cannibalisme, stéréotypies, crises de panique...)

2) Que le transport, en principe réglementé, les enquêtes de terrain montrent que « bien souvent les besoins les plus fondamentaux tels que l'abreuvement, la nourriture, le repos, ne sont pas assurés. Beaucoup d'animaux arrivent blessés, malades, certains sont morts : moins de 20% des transports s'effectueraient à peu près correctement » (p. 24). La population concernée est énorme : 224 millions d'animaux vivants sont importés chaque année par la Communauté Européenne en provenance de pays tiers ; 3,21 millions de bovins ont circulé en 1992 entre pays de la C.E ainsi que 9 millions de porcs et 4,83 millions d'ovins et caprins (p. 33-34).

3) La mise à mort enfin, à travers le recensement des techniques employées. F. Burgat retrace l'histoire de l'abattage au cours des siècles en France, avec le passage progressif des tueries particulières installées au coeur des cités, aux abattoirs modernes, relégués aux périphéries des villes, où la violence n'est plus exposée aux yeux de tous ; l'histoire aussi de la lente mise en place d'une réglementation imposant d'étourdir les animaux avant de les égorger. Si l'agonie s'abrège (avec de notables exceptions), les chiffres fournis dans la troisième partie ne laissent place à aucun optimisme. La consommation carnée croît plus vite que la population humaine, témoin ou symbole de l'élévation du niveau de vie. La production mondiale de viande (en tonnes) augmente de 71% entre 1970 et 1990, le nombre d'animaux tués bien davantage puisque ce sont les espèces de petite taille qui connaissent la croissance la plus forte (+ 137% pour le tonnage de viande de volaille).

Enfin en France, le nombre d'animaux abattus (nombre d'individus toutes espèces confondues) passe de 815 millions en 1983 à 955 millions en 1991. Exception remarquable : le nombre d'équidés tués chute de moitié sur la période (96 000 en 1983, 48 000 en 1991), sous la pression conjointe de trois facteurs : l'image d'animal-compagnon dont jouit le cheval, la faiblesse des intérêts économiques en jeu (les producteurs nationaux ne satisfont que 15% de la consommation française), et les campagnes menées par la défense animale, révélant l'atrocité du transport des chevaux importés d'Europe de l'est.

Écrit par : vegetarism.sky | vendredi, 19 juin 2009

@ vegetarism.sky - Vous me dites : "Florence Burgat rappelle cependant que les anti-corridas feraient bien de manifester aussi devant les abattoirs ou les supermarchés puisque la situation est dramatique". Parfait. Alors qu'attendent nos amis (hum, c'est une façon de parler...), empressés de se mettre en scène devant les arènes en France et en Espagne dans des attitudes plus que ridicules et grotesques, pour se précipiter immédiatement en cortège chaque jour devant les principaux abattoirs des grandes villes occidentales pour y manifester leur ferme et vigoureuse réprobation ?

Embarassant n'est-ce pas, cette indignation à plusieurs vitesses ?

Serait-ce une basse question de communication ? Mais cela aurait un côté un peu choquant. Ou, au contraire, le choix volontaire et réfléchi de viser plus précisément un héritage bien trop réprésentatif du maintien d'une certaine tradition qui leur est insupportable ? Mais en ce cas l'indignation serait forcée et relèverait de l'hypocrisie - ce qui finalement est bien le cas des amusants militants qui s'amusent à la belle saison à venir se distinguer ridiculement lors des courses de taureaux. C'est même devenu avec le temps, paradoxalement, un élément indispensable du spectacle...

Écrit par : Falk | lundi, 22 juin 2009

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