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mercredi, 03 juin 2009

L’Eglise catholique et la Corrida

 

La tauromachie et sa relation à la religion

 

 

 

 


« Je crois à la vertu purificatrice de la corrida.

Je crois à cette fonction que le Grecs appelaient la catharsis,

qui nous lave de nos pulsions, de nos violences intérieures. »

Mgr Bruguès,

Secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique

 

 

 

n094901MatadorL.jpg
Image corrida note.JPG

 

 

 

Effigie de la Vierge de la Charité dans sa Solitude

(Virgen de la Caridad en su Soledad).

 

Chapelle de la confrérie du Baratillo de Séville

qui fait procession le Mercredi Saint ("hace su estancion de penitencia")

liée au monde taurin et au quartier des arènes, l'Arenal.

 

 

 

matador-3.jpgLa corrida, perçue par les uns comme un « art noble » et par les autres comme une tuerie barbare, déchaîne les passions. Cela n’est pas nouveau, ses détracteurs et ses défenseurs s’opposent depuis le XVIe siècle. Toutefois, s’il semble à première vue difficile de trancher à l’intérieur d’un débat délicat où les opinions s’affrontent avec une vigueur extraordinaire, nous déclarons simplement, par delà les aspects purement spectaculaires de l’art tauromachique, que le décorum, les éléments quasi sacrés qui entourent la corrida (vêtements de lumière, sens du sacrifice, dévotion et sentiment religieux, etc.), sont un motif de nature à susciter respect et sympathie à l’égard de cette tradition singulière qui à tissé au fil des siècles des liens très étroits avec le catholicisme.

 

En effet, le temps de la corrida, celui de la féria, c’est-à-dire de la « fête », que cette dernière soit cause des corridas ou lam7.jpg corrida cause de la fête, est indissociable et toujours lié au domaine religieux de par les saints ou le temps liturgique auxquels sont associées les grandes réunions taurines : San Isidro à Madrid, Semaine Sainte à Séville, San Firmin à Pampelune [1], le Toro de la Vega à Tordesillas en l’honneur de la Vierge de la Peña [2], le Corpus Christi à Tolède, Pentecôte à Nîmes, etc., ceci, alors que paradoxalement, l’Eglise s’est parfois opposée aux jeux taurins qu’elle considérait comme des réminiscences directes des antiques jeux du cirque, sachant que ces dites « férias » étaient souvent l’occasion de débordements en divers domaines (alcool, sexualité, argent, etc.), dans un climat d’immense liesse populaire qui rappelait très clairement le monde du paganisme. C’est d’ailleurs l’un des rares domaines où, au-delà des Pyrénées, la pourtant si écoutée et révérée Eglise catholique espagnole, resta absolument impuissante à imposer certaines de ses volontés.

 

taureaux »

I. Rappel historique

 

 

Estocade.JPG
Les premiers jeux taurins,
sont sans doute une survivance des sacrifices d'animaux
pratiqués dans les cultures primitives

 

Un rapide examen des données historiques nous fournit des renseignements intéressants, puisqu’en l’absence de sources fiables, de nombreuses thèses perdurent s’agissant de l’origine de la corrida. Ce que l’on peut affirmer, c’est que les premiers jeux taurins, sont sans doute une survivance des sacrifices d'animaux pratiqués dans les cultures primitives, et apparaissent tout d’abord probablement à Rome [3], puis ne resurgissent vraiment dans le sud de l’Europe que vers les XIe ou XIIe siècles, dans un contexte précis : la noblesse guerroyant à cheval y voyait une excellente possibilité de s'entraîner. Le Comte de Las Navas (1855-1935) considérait que l’origine de la corrida était intimement liée avec les premiers temps de l'humanité, faisant référence aux chasses préhistoriques de l'aurochs pour expliquer la survivance des jeux taurins en Espagne. Ces jeux, en ce pays, s’imposèrent d’ailleurs peu à peu en divers lieux et en de nombreuses occasions (fêtes pour célébrer la venue d'un personnage important, canonisation d'un saint, consécration d’un évêque, etc.). On aménageait, pour la circonstance la plaza del toro avec des gradins de bois et la population s’y retrouvait pour communier au spectacle de bravoure de quelques téméraires audacieux, qui venaient défier des bêtes sauvages possédant une énergie exceptionnelle.

 

II. La bénédiction de l’Eglise catholique

 

catalina.JPGLe clergé catholique espagnol, qui constatera l’engouement pour ces fêtes et qui s’interrogea sur la manière d’en circonscrire les tendances excessives, fera mieux à l’époque que soutenir les traditions taurines, il ira jusqu’à les bénir et leur conférer, intelligemment, un caractère religieux qu’elles ont encore conservé. On trouve, par exemple, dans un livre de la Société du Saint Sacrement de l’église paroissiale de Saint Pierre de Valladolid, un texte expliquant que cette Société offrira régulièrement « des jeux taurins ». Des Tiers Ordres, pour marquer les réjouissances liées à leur fondation, organisèrent des fêtes où l’on se livrait à la corrida ; certaines Confréries, comme Notre Dame de Sabor à Caceres, n’admettaient en leur sein que des « chevaliers courant les taureaux ». Lors de la béatification de sainte Thérèse d’Avila, en 1614, on organise trente courses lors desquelles cent taureaux sont mis à mort. Il en va de même lors de la canonisation de saint Ignace de Loyola, de saint François Xavier, de saint Isidore le Laboureur en 1622, de saint Thomas de Villeneuve en 1654.

 

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Notre Dame des Sept Douleurs

 

Les liens entre l’Eglise et la corrida vont donc se resserrer étroitement, et l’on verra même éclore ce que l’on pourrait appeler  « les miraclesmater01.jpg taurins » : Baltasar de Fuensalida en 1612 à Tolède, désarçonné par un taureau lors d’une corrida, invoque Notre Dame de l’Espérance pendant qu’il est encorné et guérit de ses blessures. Saint Pierre Regalado, patron de Valladolid, arrête un taureau furieux par son regard. Sainte Thérèse d’Avila elle-même, apaise deux taureaux qui viennent à ses pieds et qu’elle caresse.

 

De leur côté, les très catholiques monarques espagnols n’étaient pas reste, et semblaient eux aussi apprécier ces pratiques. C'est ainsi que l'Empereur Charles-Quint (1500-1558) fut si heureux de la naissance de son premier enfant qu'il descendit dans l'arène de Valladolid pour y combattre et tuer un taureau sauvage. De ce fait, les corridas sous Charles II, au XVIIe siècle, deviendront un vrai phénomène de société. Les conquérants espagnols introduisirent même les jeux taurins en Amérique Centrale et du Sud. En 1529 le conquistador Cortes y importe les taureaux, et plus encore qu'en Espagne, la tauromachie aura le soutien de l'Eglise. Les Indiens l'appréciaient et considéraient qu’il y avait là un équivalent de leurs rites. Ainsi, dans les territoires conquis par les espagnols au nouveau monde, les capucins élèvent des taureaux et possèdent, comme à Caracas, des arènes où, à l’occasion de chaque fêtes religieuses, se déroulent  des corridas qui servent à financer la construction d’églises, de chapelles ou de monastères. C’est ainsi que fut édifiée l’église de Castillo de Chapultepec en 1788, ainsi que celle de Guadalupe en 1808. De même en Italie, séduit par cette vogue, César Borgia, fils du pape Alexandre VI, réintroduit la corrida  qui avait été en vigueur à Rome jusqu’à Léon X (1521), pour la mettre au programme de ses divertissements favoris. Seule l’accession au trône d’Espagne d’un français, Philippe d'Anjou, le petit fils de Louis XIV, fera que l’on interdise un court temps aux seigneurs d'y participer, d'autant que les corridas de l'époque étaient bien plus dangereuses pour les hommes que celles d'aujourd'hui, et n’étaient pas sans risque pour les spectateurs, Francisco Goya, ayant représenté un accident survenu au cours d’une de ces fêtes, et entraîné la mort de l’alcalade de Torrejón. Symbole du lien étroit entre clergé et corrida, en 1761, un prêtre de la Rota (Province de Cadix) constitue un élevage qu’il cède à une confrérie trente ans plus tard. On vit même des moines se faire toréros à l’époque de pépé Hillo.

 

III. L’Eglise et le développement de l’art taurin

 

Toro-2.jpgC’est d’ailleurs à un ecclésiastique, Don Gregorio de Tapia y Salcedo, que se codifie avec en 1643, la publication du Traité d’équitation et diverses règles pour toréer, la tauromachie à cheval réservée à la noblesse.

Par ailleurs, le célèbre taureau de Miura, aux caractéristiques exceptionnelles, qui est encore de nos jours le prince des arènes, fut formé au départ par un prêtre, Marcelino Bernaldo de Quiros, curé de Rota, qui croisa les vaches andalouses des pères dominicains du couvent de San Jacinto, avec des toros navarais, race qui provient elle-même des moines de la Très Sainte Trinité de Carmona.

Les spectacles taurins vont donc devenir un élément central des festivités en Espagne, et se dérouleront de plus en plus sur les places publiques afin de célébrer victoires, fêtes patronales ou événements religieux. Ceci fera émerger une tauromachie pédestre et populaire, très peu réglementée, pratiquée lors des fêtes religieuses, avant que, de 1730 à 1750, la corrida ne se codifie, faisant apparaître les trois « tercios » et surtout les passes à l'aide de la muleta. Les premières arènes permanentes sont édifiées, et de semi-sauvage, le taureau devient domestique et connaît les premières sélections génétiques pour en faire un combattant adéquat, sachant que les élevages sont tenus par des religieux (Dominicains, Chartreux), même si à terme, les élevages laïcs imposeront la suprématie du taureau andalou.

 

 

Corrida XVIIIe.JPG
Francisco Goya (1746-1828) - Tauromachie

 

 

IV. Saint Pie V et la bulle « De Salute Gregi Dominici »

 

Toutefois, devant l’engouement excessif du peuple pour l’art taurin, en 1567, saint Pie V promulguait la bulle « De Salute Gregi Dominici » qui condamnait sans appel les jeux taurins. Il était même question de les abolir et de priver de sépulture chrétienne ceux qui trouveraient la mort dans les combats contre les taureaux.

 

Les termes de la bulle papale étaient extrêmement clairs :

 

« 1-En de nombreuses villes et autres lieux, on ne cesse d'organiser des spectacles privés ou publics consistant en courses de taureaux ou d'autres animaux sauvages, destinés à faire exhibition de force et d'audace, courses qui occasionnent fréquemment des accidents mortels, des mutilations et sont un danger pour les âmes.

2- Pour Nous, donc, considérant que ces spectacles où taureaux et bêtes sauvages sont poursuivis au cirque ou sur la place publique sont contraires à la piété et à la charité chrétienne, et désireux d'abolir ces sanglants et honteux spectacles dignes des démons et non des hommes et d'assurer avec l'aide divine, dans la mesure du possible, le salut des âmes, à tous et à chacun des princes chrétiens, revêtus de n'importe quelle dignité, aussi bien ecclésiastiques que profane, même impériale ou royale, quels que soient leurs titres et quelles que soient la communauté ou la république auxquelles ils appartiennent, Nous défendons et interdisons, en vertu de la présente Constitution à jamais valable, sous peine d'excommunication et d'anathème encourus ipso facto, de permettre qu'aient lieu dans leurs provinces, cités, terres, châteaux forts et localités des spectacles de ce genre où l'on donne la chasse à des taureaux et à d'autres bêtes sauvages. Nous interdisons également aux soldats et aux autres personnes de se mesurer, à pied ou à cheval, dans ce genre de spectacle, avec les taureaux et les bêtes sauvages.

3- Si quelqu'un vient à y trouver la mort, que la sépulture ecclésiastique lui soit refusée.

4- Nous interdisons également sous peine d'excommunication aux clercs, aussi bien réguliers que séculiers, pourvus de bénéfices ecclésiastiques ou engagés dans les Ordres sacrés, d'assister à ces spectacle. » [4]

 

vierge des toreros.jpg

La religion catholique et la tauromachie on réalisé une rencontre

faisant que l’art taurin et les pratiques de l’Eglise

sont devenues indissociables

 

Philippe II, conscient de la passion de son peuple pour la tauromachie, ne fera ni enregistrer ni publier cette bulle en Espagne, et négociera avec le successeur de saint Pie V, Grégoire XIII, qui décida finalement de lever l’interdiction pour les laïcs, bien qu ‘en 1583, Sixte V rétablira les sanctions, que lèvera de nouveau définitivement le pape Clément VII en 1596. Ainsi en Espagne, comme en France, la religion catholique et la tauromachie, même si en 1489 Tomàs de Torquemada avait condamné la corrida comme « spectacle immoral et barbare, inique et cruel », opéraient une rencontre originale, qui allait faire que l’art taurin et les pratiques de l’Eglise deviendraient indissociables Si la corrida fut un temps interdite par les autorités libérales en Espagne à la fin du XVIIIe siècle, elle est de nouveau autorisée par Ferdinand VII (1813-1833) dès 1814, l’inscrivant dans sa politique de réaction conservatrice aux idées des Lumières et de la Révolution française, qui rétablie également la Sainte Inquisition, rappelle les Jésuites et supprime la franc-maçonnerie.  Ferdinand VII, roi très catholique, créera même en 1830 une école de tauromachie, dont il confiera la charge à Pedro Romero, instituant une véritable culture tauromachique, indissociablement unie, protégée et bénie par l'Eglise. On vit donc s’adjoindre de façon permanente aux arènes, des chapelles, où des messes étaient célébrées avant les corridas, les toreros revêtus de leur habit de lumière, effectuant leurs dévotions, priant leurs saints tutélaires, et faisant plusieurs fois sur eux le signe de la Croix avant de pénétrer dans l'amphithéâtre, alors même que des prêtres étaient affectés aux lieux de cultes construits à l’intérieur des arènes.

 

 

V. Situation actuelle de la corrida dans un monde déchristianisé et anti-traditionnel

 

 

 

manolete2.JPG

 

Manuel Laureano Rodríguez Sánchez dit « Manolete »

(1917-1947)

 

Blessé à mort dans les arènes à Linares par le taureau « Islero »

il repose au cimetière San Agustín de Cordoue.

 

 

33.jpgAlors qu’il n’y a pas à présent en Espagne, dans un monde de plus en plus déchristianisé, une procession de reliques ou une fête religieuse qui ne soit suivie ou précédée de corridas, qu’il existe des Confréries religieuses de toreros qui portent pendant la Semaine Sainte la Vierge de la Solitude, de la Merci, de la Rosée ou des Douleurs, qu’un élevage très réputé de taureaux, près de Salamanque, a été créé par le curé de Valverde, que dans la plupart des plazas, qui possèdent une chapelle attenante, les toreros sont bénis, comme à Nîmes, par un « aumônier » des arènes, de voir s’élever avec une rare virulence hystérique contre la tauromachie, tout ce que le monde actuel compte comme personnalités anti-traditionnelles les plus représentatives (Michel Onfray, Cabu, Michel Drucker, Cavanna, Mgr Gaillot, Renaud, etc.), au nom d’une étrange conception de la morale et de la vertu, traduisant une inexplicable haine qui ressemble beaucoup, jusqu’à s’y méprendre, à un net rejet du sacré.

 

 

 

p37_Ferias1.jpg
« Loin d’être empreint de cruauté, le geste de toréer,
d’oser affronter un taureau et un public,
en vérité, me semble une expression symbolique très belle de cette foi dangereuse
qu’il faut pour vivre en homme et qui n’est d’abord religieuse même si elle peut l’être aussi.»
Père Jacques Teissier, aumônier aux arènes de Nîmes, 2004.

 

On pourra ainsi aimablement sourire de voir par exemple un pasteur canadien, totalement ignorant de la réalité de la tauromachie, venir tancer l’aumônier des arènes de Nîmes, en des termes ridicules, ou encore écouter les arguments des anti-corridas, qui ne brillent pas par leur niveau, dans lesquels on retrouve toutes les vieilles ficelles de l’émotionnel contemporain accompagnées des classiques clichés de la sensibilité naïve, s’appuyant sur la starisation des avocats de l’abolition et la grosse artillerie médiatique larmoyante, tout ceci soutenu par la petite musique gauchisante et moderniste bien connue, à laquelle rien ne manque pour mettre en chanson la classique mélopée des refrains anti-traditionnels.

 

Le plus absurde est donc d’entendre les adversaires de la corrida, alors même que tous, majoritairement l’âme sereine, consomment, ou laissent consommer, allègrement et fort silencieusement, de la viande industrielle où les animaux sont indignement traités, portent des chaussures en cuir, engloutissent en une année leur poids en viande et charcuterie, ingurgitent des poulets préalablement plumés vifs, des grenouilles dont on prélève les cuisses vivantes, des homards ébouillantés, etc., pousser contre la « barbarie » de la corrida afin de criminaliser à grand bruit et manifestations aux goûts discutables, une pratique qui ne relève ni de l’industrie alimentaire, ni de l’expérimentation médicale, mais d’un rituel qui n’est évidemment pas du « sadisme » ni la satisfaction stupide d’un plaisir sanguinaire devant la souffrance d’une bête, mais représente une des dernières manifestations occidentales encore vivantes, qui conserve un lien profond et privilégié avec la religion, exprimant la confrontation éternelle de l’homme face à la puissance indomptée et nocturne de la nature, symbolisée par le taureau, en un acte tragique pénétré d’une inquiétante beauté, où transparaît, « dans la lumière » des arènes, l’essence sacrificielle de la vie.

 

 

Notes.

 

[1] Le célèbre lâché de taureaux, ou « encierro », représente l'évènement le plus important et célèbre de la féria San Fermin tant prisée par Hemingway. Les encierros ont lieu tous les jour et consistent en une course de taureaux sur une des rues de la ville menant aux arènes où des centaines d'hommes courent devant ces taureaux ! Chaque après-midi, des corridas ont lieu et des parades sont organisées à travers les rues de la ville. Le 7 juillet, une procession, dont les origines remontent au 13ème siècle, attire la foule en l'honneur de Saint Firmin. Fête annuelle depuis 1591, la longue semaine de festivités célèbre Saint Firmin, patron de la Navarre, rappelle qu’au IIIe siècle, quand Pampelune faisait partie de l'Empire Romain, Saint Firmin fut converti à la chrétienté par un évêque français : Saint Saturnin venu à Pampelune prêcher l’Evangile. Saint Firmin voyagea ensuite en France pour y étudier et devenir lui-même évêque.

[2] Le Toro de la Vega est une fête importante qui commence le 8 septembre de chaque année en l'honneur de la Vierge de la Peña (rocher en espagnol) dont l'ermitage se trouve de l'autre coté de la rivière, à Tordesillas localité située à 25 km au sud-ouest de la ville de Valladolid. Le samedi soir, tous les peñas (associations) parcourent la ville avec leur fanfare et une lanterne dont la plus belle reçoit un prix chaque année. Cette manifestation rappelle les rondes de garde sur les anciennes murailles. S'ensuivent plusieurs jours de fêtes qui culminent le mardi suivant avec le Tournoi du taureau de la Vallée. Le taureau est alors défié par des hommes à pied ou à cheval, dans un rituel qui a ses propres règles et qui est unique en Espagne.

 

[3] l'Histoire semble démontrer que les premières courses de taureaux organisées suivant un certain rituel se sont déroulées à l'époque de la Rome impériale. Elles faisaient partie des jeux du cirque qui comprenaient plusieurs genres. On les trouvait plus exactement parmi les "venationes", autrement dit "les chasses". (Cf. Les Tauromachies européennes. La forme et l’histoire, une approche anthropologique, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1998).

 

[4] La bulle De Salute Gregi Dominici se poursuit ainsi :

 

« 5- Quant aux obligations, serments et voeux, sans exception, faits jusqu'à présent ou promis pour l'avenir par n'importe quelles personnes, par l'Université ou le Collège, concernant ces sortes de chasse de taureaux, même lorsqu'elles ont lieu, par suite d'une fausse piété, en l'honneur des saints ou à l'occasion d'une solennité ou fête ecclésiastique quelconque, qu'il faut au contraire honorer et célébrer par des louanges, des réjouissances spirituelles et des oeuvres pies et non par ce genre de spectacles, Nous les interdisons absolument, les cassons et les annulons et, suivant les cas, jugeons et proclamons à jamais qu'on doit les considérer comme sans effet et non avenus.

6- Nous ordonnons à tous les princes, comtes et barons feudataires de la Sainte Eglise Romaine, sous peine de la privation de leurs fiefs qu'ils ont reçus de l'Eglise elle-même, et Nous exhortons dans le Seigneur les autres princes et seigneurs chrétiens et leur ordonnons en vertu de la sainte obéissance par respect et pour l'honneur du saint Nom de Dieu, d'observer strictement toutes les choses prescrites ci-dessus, en leur promettant une magnifique récompense de Dieu en retour d'une si bonne oeuvre.

7- Nous ordonnons, en outre, à tous nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques et évêques, et aux autres ordinaires des lieux, en vertu de la sainte obéissance, sous peine de jugement divin et de la condamnation à l'éternelle malédiction, de publier suffisamment dans leurs villes et diocèses respectifs la présente lettre et de faire observer les dites prescriptions également sous les peines et censures ecclésiastiques. » [Bullarium Romanum, Titre VII, La Documentation catholique, 1935].

 

 

Bibliographie :

 

Corridas : d’or et de sang, Marine de Tilly, éditions du Rocher, 2008.

Ethique et esthétique de la corrida, numéro spécial de la Revue critique, Editions de Minuit, 2007.

Philosophie de la corrida de Francis Wolff, Histoire de la Pensée, Fayard, 2007.

Histoire de la corrida en Europe du XVIIIe au XXIe siècle, Élisabeth Hardouin- Fugier, Connaissances et savoirs, 2005.

Michel Leiris, l’écrivain matador, Annie Maillis, L’Harmattan, 2000.

Sang et lumière, Joseph Peyré, Grasset, 1935.

Mort dans l'après-midi , Ernest Hemingway, Gallimard, 1932.

Les Bestiaires, Henry de Montherlant, 1926.

 

 

 

 

16:25 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (127) | Tags : corrida, religion, catholicisme, analyse, tradition, terre, scandale |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

"mais représente une des dernières manifestations occidentales encore vivantes, profondément liée à la religion, exprimant la confrontation éternelle de l’homme face à la puissance indomptée et nocturne de la nature, symbolisée par le taureau en un acte tragique emprunt d’une inquiétante beauté, où transparaît « dans la lumière » l’essence sacrificielle de la vie"

Zacharias, à lire la perfection littéraire, intellectuelle et spirituelle de votre note, les larmes me viennent aux yeux . Je voulais depuis longtemps écrire une note sur la corrida pour l'Encyclopédie du Souterrain, mais vous rendez tout effort inutile . Être vigileant sur vos publications est décidément récompensé, et faire voir une fois de plus que nous sommes un temps de renaissance de la puissance visible du Sacré, d'abord dans la pensée, et dans la tradition chrétienne propre à l'Occident . Parfois elle a été tellement vidée de sa sève ces quarantes dernières années, que moi-même je choisi des citations étrangères qui sont plus percutantes pour notre âge, tout en sachant ne rien dire d'autre que la spiritualité chrétienne traditionnelle, par exemple l'exercice spirituel de la mort et de la passion . Alors faites là revivre en sa grandeur, couleur et formes, comme les ors de l'ancienne Espagne des Rois Catholiques : c'est un délice et un défi pour l'âge.
Merci encore!

Écrit par : LancelotVlad | mercredi, 03 juin 2009

@ LancelotVlad. Je suis comme vous. Je viens comme d'habitude voir ce qu'il y a de nouveau sur La Question en ouvrant mon PC après le travail, et là, vlan ! je reçois en pleine figure cette note sur la corrida de Zacharias qui me boulverse également pour les mêmes raisons que vous venez d'exprimer. Et puis à titre personnel, je retrouve mon enfance, ma famille, mon église, avant que mes parents ne viennent travailler dans le Nord en France dans les années 60. J'imagine les polémiques qu'il va y avoir après un tel article qu'il fallait oser écrire ; mais rien que pour l'émotion je me joins humblement à vos remerciements.

Écrit par : Ruben Garcia | mercredi, 03 juin 2009

Ah ! l'Espagne catholique et royale !

España ! Grande ! España! Libre! Arriba España !

Écrit par : Sacrosanctum | mercredi, 03 juin 2009

La corrida existe depuis l'Antiquité. Une peinture rupestre mise au jour à Cnossos en Crète, datant de 1400 av. J.-C., représente des hommes et des femmes acrobates affrontant un taureau, saisissant ses cornes alors qu'il charge et sautant sur son dos.

Écrit par : Agulher | mercredi, 03 juin 2009

Le R.P. Bruguès, cité dans cet article comme défenseur de la corrida, est représentant officiel de l'Église catholique au Comité Consultatif National d'Éthique pour les Sciences de la Vie, il fut ancien prédicateur à Notre Dame de Paris au titre d'Évêque d'Angers.
C'est un Dominicain d'origine espagnole. On voit donc qu'au sein de l'Église catholique, l'apologie de la cruauté n'empêche nullement de faire carrière !

Écrit par : jplorret | mercredi, 03 juin 2009

La religion catholique éduque-t-elle les masses pour leur salut ou bien les enfonce-t-elle dans l'ignorance et la stupidité ?

Écrit par : Xory | mercredi, 03 juin 2009

Voici la réponse de Mgr Derumeaux, lorsque questionné au sujet de la caution de l'Eglise à l'égard de la tauromachie :

« Pour civiliser ces coutumes, l'effort de l'Église a porté sur l'observance d'un rituel qui vise à transformer des traditions barbares en une fête populaire. Cette tentative - qui paraît couronnée de succès - semble plus réaliste que l'espoir d'extirper par décret des traditions plus que séculaires, inscrites dans la mémoire de certains peuples méditerranéens.»

Écrit par : Jean de Védas | mercredi, 03 juin 2009

Arlette Laguiller, ancienne porte-parole de Lutte ouvrière fut l'une des seules à avoir clairement pris position pour l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 521-I du Code pénal, qui légalise le massacre des taureaux dans l'arène.

Écrit par : vegetarism.sky | mercredi, 03 juin 2009

Déclaration du Père Dominicain Pierre-Etienne Veiller :

- « la corrida est un combat de l'homme face à la bête et à sa bestialité. Il doit tuer le péché et l'animalité qui est en lui pour en faire ressurgir l'humanité ».


« Le Midi Libre », 2 juin 2003.

Écrit par : Celias | mercredi, 03 juin 2009

On dit Guénon, on fait sortir tous les Ben Dupont.
Maintenant, on sait que l'on dit corrida et c'est la ruée des végétariens, des bio, des sensibles des boyaux de la tête.

Zacharias, ne dites rien sur les bébés phoques car vous aurez les insultes de Bri. Bar.

Écrit par : La Fouine | mercredi, 03 juin 2009

@ La Fouine. A mon avis, avec cette note sur la corrida, sujet sensible s'il en est... c'est que le début. Préparez-vous à de joyeuses soirées !

Écrit par : Falk | mercredi, 03 juin 2009

Pas de problème Falk, je peux tout supporter sur "La Question".
Par contre, les chants tibétains ....!!!!

Écrit par : La Fouine | mercredi, 03 juin 2009

On a inventé la passe dite "Sainte Véronique" pour cautionner la corrida ! C'est lamentable et indigne de vrais et bons chrétiens, et l'Eglise ne dit toujours rien !

Écrit par : Vincent | mercredi, 03 juin 2009

Zacharias vous écrivez : "Au Tournoi du taureau de la Valléeà Tordesillas le taureau est défié par des hommes à pied ou à cheval, dans un rituel qui a ses propres règles et qui est unique en Espagne."
Or, ce qui est surtout unique dans la ville de Tordesillas en Espagne, c'est qu'on tue lamentablement et avec une cruauté inouïe un pauvre taureau le 8 septembre de chaque année et cela soi-disant pour honorer la Sainte Vierge !

Écrit par : Clara | mercredi, 03 juin 2009

@ Zacharias. Vous prétendez, influencé par Montherlant, que la corrida est comparable à un sacrifice rituel. La notion de sacrifice implique la consommation communautaire en général festive de la viande. Or, la viande du taureau de corrida est immédiatement dispersée dans le commerce local comme viande de basse qualité considérée même comme une viande d'abattage très vulgaire parce que l'animal était "stressé" selon les normes du JO (5 juin 1974). Tout cela nous éloigne complètement de l'idée d'une consommation inspirée par la recherche d'une prétendue dimension religieuse que vous nous assurez de façon éloquente être présente dans la corrida, mais qui est en réalité une illusion.

Écrit par : S. Meijas | mercredi, 03 juin 2009

@ S. Meijas. On différencie généralement, l'auriez-vous oublié, les rites magiques des rites religieux, la fonction des premiers étant de mobiliser d’eux-mêmes des forces surnaturelles, les derniers d’incliner la volonté des dieux ou de Dieu.

Le sacrifice est un rite religieux par excellence. Il interpose une victime entre le monde sacré et le monde profane pour les mettre en contact l’un avec l’autre. Et il est surtout rachat, car on donne quelque chose de ce qui nous est donné pour atteindre la puissance sacrée. Il peut être combiné avec la communion de la chair sacrifiée quand la victime consacrée et immolée est partagée entre les membres du groupe. Mais la chair peut, et même ne doit pas être consommée si la victime n'est pas consacrée - et c'est bien le cas de la corrida qui reste un art, pas une messe.

Si elle était une messe, on ne serait plus en présence d'un taureau mais d'un "dieu victime" faisant le lien entre le monde humain et le monde divin.

La corrida en tant que rite non religieux unit synthétiquement les principes qui s’opposaient dans le tabou de l’impureté et la pratique magique, mais suppose une symbolisation complexe qui n'aboutit pas à la consécration...sauf celle, éventuelle, du toréro par le public, lors d'une belle faena.

Écrit par : Onafha | jeudi, 04 juin 2009

Est-il encore nécessaire de rappeler, que ce qui différencie notre religion monothéïste des deux autres, c'est qu'après la Passion et la CRUCIFIXION de NOTRE Seigneur Jésus CHRIST, tout rite sacrificiel animal, en milieu CHRETIEN, est un SACRILEGE !

Écrit par : Isonomia | jeudi, 04 juin 2009

@ Isonomia. La corrida n'est pas un culte religieux, mais un rite qui relève du sacré. Ce n'est pas la même chose. Le taureau n'est pas sacrifié dans une perspective expiatoire ou propitiatoire, mais dans le cadre d'un art du combat où doit s'exprimer la maîtrise des forces telluriques, qui n'a pas de vocation sacrificielle au sens d'un rite mystérique.

Tous les chrétiens qui aiment, ou assistent aux corridas, et il y en a beaucoup, vont à l'église entendre la messe le dimanche à 11h et y reçoivent pieusement le Corps du Christ, puis se rendent aux arènes à "las cinco de la tarde" pour y applaudir les artistes de la vie et de la mort dans leurs habits de lumière. Je vous assure qu'ils ne confondent, ni l'heure, ni le lieu, ni ce qu'ils voient.

Écrit par : Sacrosanctum | jeudi, 04 juin 2009

En hommage au torero Ignacio Sanchez Mejias, ami du poère Federico García Lorca (1898-1936), mort à "las cinco de la tarde", ces lignes magnifiques !


Llanto por

La cogida y la muerte

A mi querida amiga Encarnación López Júlvez


A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.


Traduction :



Le coup de corne et la mort



A cinq heures du soir.

Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n'était que mort,rien que mort
à cinq heures du soir.



La suite : http://www.pierdelune.com/lorca6.htm

Écrit par : Falk | jeudi, 04 juin 2009

Garcia Lorca, génial ! il aura donc fallu attendre cette superbe note sur la Corrida pour le voir apparaître sur La Question.

Un jour, moi aussi, en me plongeant dans la littérature (la vraie, autre que celle des bourrins médiatiques qui sert de repoussoir aujourd'hui)à savoir : Michel Leiris, José Bergamin, Fernando Quiñones, Camillo José Cela ou encore Miguel de Unamuno), j'ai compris ce qu'était la fascination pour cet animal superbe qu'est le taureau, et donc ce que pouvait être l'amour passionnel pour la tauromachie.

Écrit par : Valence | jeudi, 04 juin 2009

La corrida n'est que torture, cruauté, douleur... et non un art! Les arènes sont des endroits désertés par l'ethique et la morale. Il n'y'a que l'odeur de la mort et la lâcheté humaine qui y règnent. La corrida est un combat truqué. Le matador est un TORTIONNAIRE qui se croit tout puissant et tout permis. En réalité, ce n'est qu'un lâche et c'est intolérable de porter cette faiblesse sur un animal en le torturant! Allez voir un animal innocent et complètement affolé par les cris d'une foule en délire, pas de quoi être fier. C'est une industrie horrible et il faut l'abolir! CORRIDA BASTA!

Écrit par : Dgujil | jeudi, 04 juin 2009

La barbarie avec comme excuse "la tradition" ; elle est belle la tradition!!!!!!

Écrit par : moona | jeudi, 04 juin 2009

La corrida, un art ?! A oui c'est vrai j'oublie l'art du bourreau ou l'art du boucher, comment savoir tuer, dépecer, mais avant : savoir où ça fait mal, mais pas trop au début puis faire progresser la douleur mais pas trop vite, les gens ont payé, il faut faire durer la bête, il faut s'y connaitre, torturer car c'est là que c'est tout un ART !!!

Écrit par : Rakamlerouge | jeudi, 04 juin 2009

C'est une honte de défendre la corrida au nom de la Religion Catholique !
Je suis catholique et je sais que JESUS ETAIT CONTRE LES EFFUSIONS DE SANG ANIMAL OU HUMAIN !
Avez-vous oublié les martyrs dans l'arène ?
Comment pouvez-vous parler au nom d'une religion pour des faits aussi dégoûtants ? Parlez donc EN VOTRE NOM PAS ET PAS AU NOM DES CATHOLIQUES !
Les curés et l'Eglise doivent représenter le dernier recours de douceur et de compassion sur cette Terre !
Vous me faites HONTE !
Si vous parlez ainsi, c'st que vous n'avez RIEN COMPRIS AU MESSAGE DES EVANGILES !

Écrit par : MONICA | jeudi, 04 juin 2009

@ MONICA. Un élément semble vous avoir échappé dans cette note, c'est que la rencontre, qu'on le veuille ou non, entre l'Eglise et les jeux taurins s'est réalisée dans l'Histoire, et cette rencontre a produit une culture, un art et une tradition encore vivante.

Le clergé catholique espagnol à l'époque de l'émergence de la corrida, entre les XVIe et XVIIe siècles, a constaté l’engouement pour ces fêtes et s’est interrogé sur la façon de conférer un caractère religieux à ses jeux sanglants issus du paganisme. Ce caractère religieux la Corrida l'a conservé par bonheur, et c'est en cela qu'elle relève de la Tradition catholique qui a toujours ainsi procédé, c'est-à-dire en christianisant ce qui pouvait l'être des anciennes cultures ancestrales.

Alors, oui, bien sûr, dans la corrida le spectacle de la mort du taureau est violent, le sang versé est choquant, la position de victime condamnée de la bête terrible. Mais ne croyez-vous pas que dans un monde vidé de sens où les enfants imaginent que le poisson est carré en raison des surgelés, que le boeuf se résume pour eux aux tranches de hamburgers, et où une population se satisfait d'ingurgiter des poulets élevés en batterie, il n'est pas fondamental que soit montrée brutalement ce que signifie l'animalité, et ritualisée la mort, plutôt que de la cacher honteusement dans les abattoirs industriels ?

Quant au prétendu refus de Jésus de verser le sang animal, n'oubliez pas que le Christ lors de son séjour sur cette terre mangea de l'agneau immolé de façon rituelle selon le mode kasher (l'animal est égorgé vivant puis vidé de son sang et agonise dans des souffrances atroces pendant de longues minutes) à chaque Pâque juive, sans compter les divers repas festifs auxquels il assista sans doute avec ses parents.

De la sorte, ne vous aveuglez donc pas sur ce que nous enseignent les évangiles par une sensiblerie superficielle, et considérez plutôt en quoi, si vous êtes catholique, la tradition tauromachique est devenue aujourd'hui, alors que le monde se déchristianise à grande vitesse, un élément particulièrement essentiel dans la conservation de notre tradition religieuse.

Écrit par : Zacharias | jeudi, 04 juin 2009

Zacharias vous faites, non sans raison, allusion à la viande kasher qui présente des éléments tout aussi criticables que la corrida, puisque les animaux y sont torturés avant de recevoir la mort, l'abattage rituel (shehita), auquel la Torah fait allusion de façon implicite, ayant principalement pour but de vider entièrement la bête de son sang.

La shehita consiste entre autres à trancher la veine jugulaire, l'artère carotide, l'œsophage et la trachée d'un seul geste continu au moyen d'un couteau effilé ne présentant aucune encoche.

Le plus grave porte sur le fait que pour que sa viande soit "casher", l'animal doit être abattu sans étourdissement préalable. Or, cet étourdissement est obligatoire dans l'union européenne pour diminuer la souffrance de l'animal.

La viande casher devrait donc, a priori, être interdite par la législation européenne. Cependant, dans un souci de tolérance vis-à-vis des groupes religieux, les pays ont mis en place un régime de dérogation pour ce qu'ils appellent l'abattage rituel : Directive 93/119/CE de la Communauté Européenne.

Écrit par : Lozère | jeudi, 04 juin 2009

Jésus étant Juif circoncis, les repas qu'il prit en ce monde étaient conformes aux écritures et soumis aux contraintes religieuses données par les lois de Moïse. Ces instructions précises que l'on nomme les lois cachères juives. On devrait donc vider la viande de son sang. La viande la plus répandue, à l'exclusion du porc évidemment, était sans contredit le mouton d’élevage. Mais le bœuf, le veau et le poisson étaient aussi très appréciés. Les oiseaux de chasse tels que pigeons, cailles et perdrix étaient fort populaires, et on y pratiquait même, queques uns seront étonnés, le gavage d’oies et de canards !

Écrit par : Hire | jeudi, 04 juin 2009

La pratique du cacheroute vient de cette prescription : "Vous ne mangerez rien avec du sang" (Lévitique XIX, 26). Que l'on retrouve également dans un autre passage des Ecritures : "Tiens ferme à ne pas manger avec le sang, car le sang, c'est l'âme, et tu ne dois pas manger l'âme avec la chair. Tu ne le mangeras pas afin qu'il t'arrive du bonheur, ainsi qu'à tes fils après toi, parce que tu auras fait ce qui est droit à Mes yeux." (Deutéronome, XII, 23 et 25).

Écrit par : Sulpice | jeudi, 04 juin 2009

Zacharias écrit un article sur la corrida, et alors quoi de choquant chez cet intégriste augustinien ? on a bien vu les "pieux solitaires" de Port Royal au XVIIe siècle, clouer un chien sur une planche et l'ouvrir pour voir comment cela marchait à l'intérieur...

Écrit par : Y. Guillet | jeudi, 04 juin 2009

Pourquoi les milieux antis corrida, si actifs contre la tradition taurine, s'excitent-ils tant sur la tauromachie, sa culture, ses coutumes, etc., et presque rien, juste quelques discrètes questions de temps à autre en rubrique religion, sur l'abattage des animaux par les Juifs ou les musulmans ?

Pourquoi ne traitent-ils pas les juifs et les musulmans de barbares, d'assoiffés de sang, de tortionnaires, de bourreaux, etc ? Il semble bien qu'il y ait finalement, à y rgarder d'un peu plus près, chez tous ces adversaires enragés de la corrida, un fort sentiment de rejet de la tradition chrétienne.

Écrit par : Serrus | jeudi, 04 juin 2009

"Vous ne mangerez rien avec du sang" (Lévitique XIX, 26)

3 vidéos terrifiantes



http://www.youtube.com/watch?v=4HZnQmc3U9I


http://www.youtube.com/watch?v=VAU9DD24uUk


http://www.youtube.com/watch?v=-BKOAZcmc_Y

Écrit par : Georges T | jeudi, 04 juin 2009

Vous me coupez l'herbe sous les pieds, Serrus!
Je viens de mettre un commentaire avec 3 vidéos insoutenables, j'espère qu'il va passer?!!!

Écrit par : Georges T | jeudi, 04 juin 2009

Voici l'explication en détail, de ce qu'est l'abattage rituel des animaux selon les juifs et les musulmans.

On aimerait voir et entendre les antis-corridas s'élever contre ces coutumes barbares et scandaleuses.



L’ABATTAGE RITUEL JUIF ET MUSULMAN DANS LES ABATTOIRS FRANÇAIS


http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54289

Écrit par : Sacrosanctum | jeudi, 04 juin 2009

Vous voulez justifier la barbarie de la corrida par le crime de l'abattage rituel !

Écrit par : jplorret | vendredi, 05 juin 2009

la corrida es una barbaridad

Écrit par : José Leon | vendredi, 05 juin 2009

A signaler que la revue Critique, que créa et dirigea Georges Bataille, grand amateur de dramaturgie tauromachique, publie les actes d’un colloque, « Ethique et esthétique de la corrida », qui se tint en décembre 2005 à l’Ecole normale supérieure, sous la direction de Jean-Loup Bourget et Francis Wolff, auteur d’une récente Philosophie de la corrida (Fayard).


Critique n° 723-724 : éthique et esthétique de la corrida.

Présentation :

Dès sa naissance, la corrida a inspiré artistes, poètes et théoriciens. La revue fondée par Georges Bataille devait tôt ou tard lui consacrer un numéro spécial. Car la pauvreté de la pensée qui se répand sur la corrida est indigne de son histoire et de ses effets - esthétiques et éthiques. Parce qu'elle n'est ni un sport, ni un jeu, ni un sacrifice, qu'elle est plus qu'un spectacle et moins qu'un rite, qu'elle n'est pas tout à fait un art ni vraiment un combat, elle emprunte à toutes ces pratiques, qui sont la culture même, et en fait un tout original en les poussant hors d'elles-mêmes. Elle rend la tragédie réelle, parce qu'on y meurt tout de bon, mais rend la lutte à mort théâtrale parce qu'on y joue sa vie en costumes de lumière. D'un jeu, elle fait un art parce qu'elle n'a d'autre finalité que son acte...


http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&livre_id=2543

Écrit par : Quadrige | vendredi, 05 juin 2009

Plusieurs centaines d'opposants à la corrida, à demi nus et le corps recouvert de peinture rouge figurant du sang, ont réclamé, dimanche 24 mai, l'abolition de ce spectacle devant les grandes arènes de Las Ventas, à Madrid.



http://www.lemonde.fr/planete/video/2009/05/25/tout-nus-contre-la-corrida_1197495_3244.html

Écrit par : Xavier | vendredi, 05 juin 2009

Dieu parla encore à Noé et à ses fils avec lui, en disant : "voici, j´établis mon alliance avec vous et avec votre postérité après vous; avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, tant les oiseaux que le bétail et tous les animaux de la terre, soit avec tous ceux qui sont sortis de l´arche, soit avec tous les animaux de la terre"
(Genèse 9,8-11)

Prête l´oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe !
Qu´ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices ? dit l´Eternel,
Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux;
Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.
(Esaïe 1,11)

Vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous et purifiez-vous,
Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions;
Cessez de faire le mal.
Apprenez à faire le bien, recherchez la justice...
(Esaïe 1,15-17)

Écrit par : Méraut | vendredi, 05 juin 2009

@ Méraut. Il a déjà été dit plus haut par Sacrosanctum que la Corrida n'est absolument pas un "culte religieux", mais un rite qui est rattaché au sacré possèdant des liens, tissés par l'Histoire principalement en Espagne et dans le sud de la France ainsi qu'il est expliqué sur cette page, avec l'Eglise catholique.

Le taureau n'est pas "sacrifié" à Dieu dans les arènes, mais mis à mort dans le cadre d'un art ayant ses codes, ses lois et ses règles propres, "art" qui est celui de la tauromachie, et qui n'est pas d'un culte de l'Eglise.

Ainsi vos citations, tirées de l'Ecriture, si elles condamnent le culte judaïque de l'Ancien Temple, comme tous les rites qui seraient basés sur le sacrifice d'un animal pour se rendre favorable le Ciel, d'autant plus après la venue du Christ en ce monde, ne peuvent s'appliquer à ce qu'est, dans sa réalité présente, la Corrida.

Je rappele à votre intention, un extrait de la judicieuse remarque de Sacrosanctum :

"Tous les chrétiens qui aiment, ou assistent aux corridas, et il y en a beaucoup, vont à l'église entendre la messe le dimanche à 11h et y reçoivent pieusement le Corps du Christ, puis se rendent aux arènes à "las cinco de la tarde" pour y applaudir les artistes de la vie et de la mort dans leurs habits de lumière. Je vous assure qu'ils ne confondent, ni l'heure, ni le lieu, ni ce qu'ils voient."

Ecrit par : Sacrosanctum | jeudi, 04 juin 2009

Écrit par : Falk | vendredi, 05 juin 2009

Pour mettre fin à cette barbarie que l'on veut faire passer ici pour un art et une tradition, nous vous demandons de ne pas aller voir ce spectacle de mort. Pas même une seule fois.

Nous vous demandons aussi de ne pas passer ou séjourner dans les villes organisatrices de corridas, de ne pas entrer dans les boutiques qui font la publicité en faveur des corridas.
Si vous aimez sincèrement les animaux, et que vous visitiez, le midi de la France, superbe région où il fait bon vivre, n'aidez pas cette très petite minorité de Français qui souille si atrocement notre sol.

Au nom de la vie, merci.

Écrit par : One Voice | vendredi, 05 juin 2009

One Voice, il s'agit bien d'une tradition que cela vous plaise ou non, car la tauromachie est inscrite au coeur même de la civilisation en Europe. La corrida vous révulse car vous n'avez plus la force d'affronter et voir la réalité de la mort en face. Vous voulez cacher ce que vous ne comprenez pas ou ce que vous refusez.

L'essence de la vie est tragique et la corrida en manifeste la vérité.

- « Depuis des millénaires, l′homme affronte le taureau dans une guerre sans merci. Quoiqu’il n’ait jamais cessé de le traquer tout au long de son histoire, le taureau est cependant devenu pour lui autre chose qu’un simple gibier. Il apparaît dès l’aube de la civilisation comme un objet d’adoration, inspirant des dessins, des sculptures, comme un objet de sacrifice aussi, autour duquel s’élaborèrent une mythologie et une théologie ».

J.R. Conrad, Le culte du taureau de la préhistoire aux corridas espagnoles, 1961

Écrit par : Hire | vendredi, 05 juin 2009

La corrida est l'esthétisation de la violence brute.

Définitivement, c'est la nudité des sentiments les plus vils qui se montre au regard de la civilisation !

Écrit par : Barbares ! | vendredi, 05 juin 2009

Une tradition qui tue n'est que du sadisme déguisé, elle doit donc être abolie !!!!!!!!!!!!!

Écrit par : actionanticorrida | vendredi, 05 juin 2009

L'église catholique faisant l'apologie de la corrida....c'est plus qu'abjecte. Quand on lit la Sainte Inquisition, on constate que l'église est capable de beaucoup de cruauté.
Tuer un homme est un crime, tuer un pauvre taureau de façon si barbare est de l'Art....cherchez l'erreur.
Un aficionados ma rétorqué : Viva la muerta. Il était à bout d'arguments le pauvre bougre. C'est tout dire !
Les catholiques sont-ils tous amateurs de corridas ?
En Espagne, le droit des animaux est au coeur des débats des législateurs et des défenseurs des animaux dans de nombreuses grandes villes européennes. Girone, en Catalogne a été la première à mettre noir sur blanc ces droits. J'espère qu'avec toutes les voix qui s'élèvent pour le respect envers les animaux, la France suivra et vite.

Écrit par : FAUCHEUX | vendredi, 05 juin 2009

Ce qui est bien avec les adversaires de la corrida, c'est le caractère développé, argumenté et fort riche de leurs analyses philosophiques. Il y a là des sommets sur le plan théorique qui donnent parfois le vertige.

Mon cher Hire, pourquoi vous fatiguer à citer Conrad, soyez plus simple pour une fois, évoquez Spirou ou Pif le chien, on sera plus près du niveau argumentaire de l'ensemble des déclarations enfiévrées qui se précipitent sur La Question à l'occasion de cette note sur la corrida pour nous dire combien la tauromachie est un crime et une barbarie.

Ces joyeux plaisantins, je l'espère, sont tous de purs et stricts végétaliens marchant pieds nus, habillés par le vent, se chauffant au bois dans leurs habitations forestières évidemment dépourvues d'eau courante et d'électricité.

Écrit par : Falk | vendredi, 05 juin 2009

@ FAUCHEUX. Vous dites : "L'église catholique faisant l'apologie de la corrida....c'est plus qu'abjecte.Tuer un homme est un crime, tuer un pauvre taureau de façon si barbare est de l'Art." Dois-je comprendre que vous établissez une similitude entre un taureau et un homme ? N'avez-vous pas la nette impression que nous sommes dans des domaines sensiblement différents ?

Il y a dans votre raisonnement la même erreur classique que l'on retrouve de partout : tuer un animal en le faisant souffrir est une barbarie. Mais vous faites là une erreur fondamentale, l'animal n'est pas un homme, sa conscience de la mort n'existe pas. La mort chez lui ne participe pas d'un questionnement angoissant, mais d'une donnée brutale et impérative qui s'impose à lui.

Ainsi, à force d'anthropomorphisme qui a pour effet de transposer sur l'animal vos propres sentiments, vous en arrivez à ne plus comprendre ce qui s'exprime dans la tauromachie. Dès lors vous réagissez de façon affective et applaudissez à ce qui conduira, paradoxalement, à la disparition de la race taurine de combat qui ne survit et est élevée en Andalousie qu'en raison, précisément, de la corrida !

Écrit par : Hire | vendredi, 05 juin 2009

Vouloir imposer par des moyens légaux, avec l'aide de Bruxelles, la suppression de la corrida, c'est nier la valeur et détruire une partie de la culture du sud de la France et de l'Espagne, c'est imposer à d'autres ses propres systèmes de valeur. On appelerait cela du néo-colonialisme et de l'ethnocentrisme si cela ne se passait pas entre français...

Toutefois, cette campagne pose une question intéressante, celle de la place de la violence et de la mort dans notre société. L'évolution générale est celle d'un refus de la mort et de la violence, qu'il faut supprimer, ou à défaut masquer. Les militants de la SPA sont en plein dans cette logique, leur campagne étant axée sur cette question de la violence faite aux animaux et de leur mise à mort. Ils jugent l'existence de telles pratiques inacceptables, et sont encore plus outrés qu'elles fassent l'objet d'un spectacle et d'une mise en scène. Le véritable débat est là : Doit on occulter totalement la violence et la mort, sachant que l'on ne pourra jamais les supprimer ?

La corrida est justement un spectacle qui met en scène la violence et la mort, mais en les canalisant en les encadrant, en leur donnant un sens et quelque part en les exorcisant. Ces rituels sont absolument nécessaires, pour nous rappeler que la violence existe, qu'elle est au plus profond de nous, au coeur de notre part animale. Il faut la connaitre pour être préparés à la vivre, à y faire face, car c'est inévitable.

Écrit par : Samuel | vendredi, 05 juin 2009

Soyeux franc FAUCHEUX, regardez ces vidéos et donnez-moi votre avis!


http://www.youtube.com/watch?v=eg9zRq_eRUI

http://www.l214.com/abattoir_alsace


http://www.youtube.com/watch?v=ZybJoUwztuY


http://terresacree.org/concentr.htm

Écrit par : Georges T | vendredi, 05 juin 2009

Elevées dans des conditions dont rêverait n'importe quel autre animal, les races taurines sélectionnées depuis des siècles et développées historiquement par les moines, pour les corrida, n'auraient aucun intérêt pour l'homme sans les férias et il est fort probable qu'elles disparaîtraient très rapidement.

Résultat, sans s'en rendre compte, ces imbéciles d'antis-corrida se font les actifs artisans de la disparition d'un animal qu'ils prétendent défendre au nom d'une sensibilité naïve et enfantine.

Bel exemple d'une civilisation malade et féminisée, de plus en plus vidée de son essence, incapable d'affronter la mort et la souffrance, qu'elle n'accepte qu'à la télévision ou derrière les écrans.

Tout ceci est assez représentatif de l'état lamentable des mentalités en Europe aujourd'hui.

Écrit par : Damastès | vendredi, 05 juin 2009

La mort n'est pas un spectacle. La mort n'est pas un jeu !!!

Écrit par : jplorret | vendredi, 05 juin 2009

La race de toro de lidia (ou taureau de combat) est une race bovine espagnole qui n'existe, effectivement, qu'en raison de la corrida, et qui disparaîtrait si la corrida venait à être interdite en France et en Espagne.

Il appartient au rameau ibérique et est élevé principalement que pour la tauromachie, originaire des régions du sud de l'Espagne (Andalousie, Estrémadure) ou de Castille (Salamanque).

On compte près de 180 000 individus. Tous sont inscrits au registre généalogique. C'est une race élevée dans la péninsule Ibérique et exportée en Amérique latine, dans les pays ayant une tradition tauromachique. En France, elle a été introduite au XIXe siècle en Camargue sous le nom de Brava.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Toro_de_lidia

Écrit par : Damastès | vendredi, 05 juin 2009

Quand bien même elle devrait disparaître ! Déjà il ne faut pas confondre "race" et "espèce". On peut regretter la disparition d'une race animale mais ce n'est pas aussi grave que le sont les disparitions d'espèces.

D'ailleurs le processus est différent. Peut-être l'espèce humaine se sera-t-elle fondue en une seule race dans quelques générations... Est-ce si grave ? De plus si c'est là une nécessité pour supprimer la souffrance il n'y a pas à hésiter !

Écrit par : Croa | vendredi, 05 juin 2009

Superbe aveu ! incroyable confession ! L'espèce des taureaux de combat peut disparaître, être définitivement anéantie, pourvu que cesse la souffrance et soient interdites les corridas !

Votre pensée, folle et désorientée, est une pensée de mort !

Vous en arrivez, dans votre délire, à préférer la mort plutôt que d'admettre la réalité de la vie qui est faite de lumière et de nuit, de joie et de tristesse, de bonheur et de souffrance. Refusant l'un des termes de la dialectique du vivant, vous sombrez tragiquement dans une voie funeste et mortifère, négatrice du réel.

Votre vision est aussi fausse que dangereuse.

Je lis sous votre plume :

- "l'espèce humaine se sera-t-elle fondue en une seule race dans quelques générations... Est-ce si grave ?"

Or dans ces lignes qui méritent de passer à la postérité, non seulement vous vous dévoilez, plus même que l'on ne pouvait l'imaginer et l'espérer, comme des dingues ; votre pensée surgit dans toute sa nocivité active dans sa haine des hommes, des cultures et des patrimoines, qu'ils soient régionaux, charnels et humains.

Vous en concluez :

"De plus si c'est là une nécessité pour supprimer la souffrance il n'y a pas à hésiter !"

Oui, vous avez raison, pour supprimer la souffrance il faut supprimer les hommes, les taureaux et tout ce qui possède un souffle d'existence - supprimons tout cela, supprimons la Vie il n'y aura plus de souffrance !!

Tout cela est affligeant et terriblement idiot.

Écrit par : Falk | vendredi, 05 juin 2009

L'homme moderne veut avant tout un monde dénué de vie, où ne transparaît ni mouvement, ni instinct, ni vitalité. Où les enfants sortent des éprouvettes, la viande des emballages en plastique ; où rien n'a d'existence que dans les rayons des supermarchés.

L'homme moderne mange de la viande d'animaux abattus dans des conditions atroces, mais cela l'indiffère, il ne le voit pas ; il ne veut pas le voir, ne veut pas le savoir, mais la corrida elle, qui est festive, rituelle, artistique et sacrale, doit être interdite.

En fait, la corrida le dérange et le rend fou de rage car elle représente tout ce qui lui manque profondément : authenticité, animalité, courage, audace, énergie, religion, foi et honneur.

L'homme moderne est un sectateur de l'aveuglement suicidaire, un dévot de la mort, un inverti maladif mais qui souhaite par les lois et dirctives, tout réduire à sa vision négatrice et mortifère. La modernité, c'est la dictature du rien.

Écrit par : Stanislas | vendredi, 05 juin 2009

L'homme moderne avorte

http://abimopectore.over-blog.com/article-10681750.html

Écrit par : Marguerite-Marie | samedi, 06 juin 2009

C'est vrai ça, où sont-ils les antis-corrida lorsqu'il faut lutter contre l'avortement ? on ne les entend pas beaucoup sur le sujet !

Écrit par : Verdine | samedi, 06 juin 2009

A l'heure où la violence des anti-corridas (parmi lesquels nous retrouvons le bobo gaucho-écolo Renaud) se déchaine pour faire disparaitre une pratique traditionnelle et laisser encore un peu plus de place aux débilités et vulgarités modernes, l'analyse subversive d'Alain Soral (tirée de Socrate à Saint-Tropez) remet les pendules à l'heure :


"Comme je vis dans le Sud-Ouest, par curiosité, souci d'intégration et respect, je suis allé voir une corrida.

Un petit homme habillé en femme, sans aucune marque de sponsor, face à une bête sauvage.

Un petit homme en chaussettes roses tout brodé d'or, d'abord faire face par son courage et son sang-froid à une paire de cornes propulsée par 450 kg de muscles, puis peu à peu la dominer par sa technique apprise. Une lutte culture contre nature conclue par le triomphe de l'homme et la mise à mort de la bête; un brave taureau élevé au grand air avec infiniment de soin dans ce seul but; destin dont peut rêver n'importe quel boeuf voué à l'abattage industriel.

Exaltation de l'intelligence qu'est la maitrise technique face à la force inorganisée qui se révèle aussi esthétique. Une danse avec la mort autour de laquelle communie en musique un public respectueux du beau geste. Un rituel codifié qui nous raconte l'histoire exemplaire d'un animal fragile, mais doué d'apprentissage, parvenant à se hisser au sommet de la nature par sa volonté et son esprit, pour y faire la découverte ultime de la beauté; soit, derrière la brutalité apparente, le sang et la mort, l'allégorie de notre humanité.

Un spectacle finalement bien moins déprimant que les grognements de ces hordes de veaux pataugeant dans la boue, ces ravers nordiques avinés et drogués trépignant sur des rythmes binaires abrutissants de samples en boucles, mus par le désir pulsionnel de fusion régressive dans la mère-matrice originaire.

Ces barbares du Nord, éternels ravageurs de cultures raffinées du Sud qui prétendent - olé ! c'est un comble - faire interdire la corrida au nom de l'uniformité européenne."


Alain Soral, Editions Blanche - 2003

Écrit par : Kamo | samedi, 06 juin 2009

La modernité se caractérise par un rejet absolu du mythe et du religieux. Elle est liée à une pensée qui s'est défait, à la faveur d'épisodes tragiques de l'Histoire, de la tutelle de la tradition.
La modernité a fait table rase de la tradition aboutissant à son effet direct : le désenchantement du monde dont parla Max Weber qui vut le premier ce que signifie "le malaise de la civilisation", où l'homme se retrouve devant un monde vidé de sens, et stérile. Car le monde en effet, comme le savaient les anciennes sociétés, perd tout son sens et sa vérité dès lors qu'il n'est plus mis en rapport avec un « arrière monde », c'est à dire avec une réalité au delà de notre expérience.

Jadis, alors que l'équilibre régnait encore au sein des sociétés rurales, le monde sacré se caractérisait par une opposition toujours équilibrée et gérée avec intelligence, du sacré et du profane, il mettait au dessus de tout raisonnement les récits traditionnels qui définissaient ce qui était sacré et ce qui ne l'était pas et établissait un monde ordonné selon la hiérarchie des valeurs et des coutumes, sous l'autorité de la religion.

L'homme moderne, (la haine de la corrida est à cet égard un exemple significatif car il est intéressant de voir un tel acharnement à mettre fin à cette culture tant du côté des bobos français ques des espagnols), peut-il encore vivre dans un monde sacré, depuis que l'existence l'a accoutumé à ne voir de réalité que dans le monde profane ?

La question, alors même qu'elle est évidemment négative pour la majorité d'une population vidée de son essence qui refuse et lutte pour que disparaisse le moindre élément de référence à un monde disparu, est de savoir s'il peut, ce dit "homme moderne", s'il est encore capable de faire encore l'expérience du sacré ? De la réponse dépendra la forme de notre futur immédiat, et surtout ce que sera notre destin.

Écrit par : Hadrien | samedi, 06 juin 2009

@ Hadrien. Bien de votre avis. Je ne sais pas si vous avez fait attention, mais un élément a attiré mon attention lorsque j'ai regardé ces vidéos des opposants à la corrida. Le public semble plutôt jeune, principalement composé d'étudiants, de jeunes travailleurs et de bobos qui tentent de prolonger une éternelle adolescence. La population moyenne des manifs estudiantines ou alter-mondialistes en quelque sorte.

Mais ce qui est intéressant, puisque ces braves gens ont eu l'idée saugrenue de s'exhiber sur les places des villes taurines dévêtus, c'est de constater le nombre de personnes parmi eux portant des piercings, qui est une pratique souvent douloureuse de la perforation du corps, ou des tatouages, des scarifications, etc.

Or, David LE BRETON, dans "L'identité à fleur de peau : Tatouage et piercing, nouvelles formes de rappropriation du corps face au monde", 2000, parle de de "rite de passage auto-imposé", Jesse SINGLETON, Piercing and the Modern Primitive, 1997, nous dit que cette mode est très répandu dans le milieu gai ou lesbien, analyse confirmée par les déclarations de professionnels qui considèrent leur pratique comme une cérémonie et se donnent le rôle d'officiant d'un rituel convenu entre des partenaires sexuels souvent déviants...

On nous dit : "La douleur fait partie de l'expérience du piercing et en est parfois le but principal pour pouvoir atteindre un état de conscience élevé. Elle est toujours présente dans la prise de décision et peut influencer le choix du type de piercing (le piercing du capuchon du clitoris, celui des seins, etc.). Deux attitudes face à cette douleur peuvent être perçues : la première (la plus courante) est une attitude de résignation que l'on pourrait exprimer par cette phrase : "Je subirai la douleur parce que je veux ce piercing, c'est en quelque sorte le prix à payer" ; et la seconde est plutôt une attitude de recherche : "Je veux la douleur et le piercing". [...] Dans les deux cas, douleur acceptée ou douleur recherchée, on note une grande fierté dans les témoignages pour avoir franchi cette étape de la douleur. Un des pionniers des études sexologiques, le genevois Georges ABRAHAM, déclare en parlant des femmes ayant un piercing qu'elles lui disent souvent : "Vous ne pouvez pas imaginer la force que cela vous donne, que de parvenir à maîtriser une douleur voulue" (Renata LIBAL, "Nombrils, tatouages, strings and Cie", L'Hebdo n°29, 1999). La douleur, comme l'amélioration de la sexualité, est un thème sous-jacent et récurrent, elle est inévitable et importante."

Ainsi, il apparait que nombre des manifestants soient en réalité des adeptes de l'auto-mutilation pour se procurer des plaisirs nouveaux...alors même qu'ils s'opposent à la corrida et à la tauromachie au nom du refus de la souffrance. Il y a donc, dans ce rejet de la corrida, à bien y réfléchir, l'expression d'une volonté destructrice et nihiliste d'une population désaxée et dénuée de plus en plus de repères, qui refuse avec force la présence d'éléments traditionnels au sein de la société qui sont pour elle insuportables car témoignant, avec une certaine brutalité, de son terrible éloignement des valeurs originelles et de sa propre perdition.

Écrit par : Falk | samedi, 06 juin 2009

Additif :

Malgré le grand nombre de risques et de complications, le piercing est pratiqué, dans les cultures occidentales, par toujours plus de personnes. Les motivations pour le piercing sont hétérogènes et vont de l'effet de mode dû à une pression de groupe jusqu'à l'acte thérapeutique, visant à surmonter des événements traumatiques. L'individu adresse, selon la localisation de son piercing, par sa décoration corporelle une déclaration extrovertie, publique et en même temps introvertie, privée à la société qu'il/elle considère comme "mainstream" (entendant par là les individus non-piercés de cette société).

http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol14/n4/piercing-fr.html

Écrit par : Falk | samedi, 06 juin 2009

@ Falk. Non j'avoue ne pas avoir prêté attention à cet aspect de la question ;-) Mais votre remarque n'est pas dénuée d'intérêt, ni de vérité.

Je peux même la confirmer pour avoir, l'an dernier à l'occasion d'un voyage, croisé à Barcelone une manif bruyante et expressive d'opposants à la corrida qui étaient assez semblables, dans leur majorité, à ce que vous décrivez sur le plan des signes distinctifs de la tribu anarcho-végétaro-altermondialiste.

Ceci dit, on pourrait appliquer votre analyse à une frange relativement importante de la jeunesse en Espagne, particulièrement désorientée et aspirée de façon impressionnante par tous les pièges les plus grossiers de la modernité.

Je rajoute enfin, découvrant cette note de Zacharias après quelques jours d'absence, qu'il ne faut pas minimiser dans les motivations des adversaires de la corrida, la force des thèses antispécistes, introduites en 1970 par le britannique Richard Ryder et reprises en 1975 par le philosophe utilitariste Peter Singer, qui affirment que le critère de l'espèce n'est pas, en soi, moralement pertinent pour décider de la manière dont il doit traiter les autres espèces, ni déterminer les droits qu'on doit lui accorder, etc. De ce fait l'antispécisme s'oppose, parfois de façon ultra violente et radicale (les pays du Nord de l'Europe sont très en pointe sur le sujet), à l'exploitation et la maltraitance des espèces animales de la part des humains.

Écrit par : Hadrien | samedi, 06 juin 2009

PS. De Peter Singer, publié en 1993, lire "Le Mouvement de libération animale : sa philosophie, ses réalisations, son avenir" (The Animal Liberation Movement). Texte fondateur du mouvement antispéciste, qui remet en cause la domination de l’homme sur les animaux non humains en se basant notamment sur ce principe : La question n’est pas "peuvent-ils raisonner ?" ni "peuvent-ils parler ?" mais "peuvent-ils souffrir ?".



http://infokiosques.net/spip.php?article133

Écrit par : Hadrien | samedi, 06 juin 2009

@ Hadrien - Je ne sais pas quelle est votre position au milieu de ces êtres aveuglés, mais je veux vous remercier sincèrement. Car vous êtes le premier sur ce fil a parler des droits des animaux et replacer le débat au niveau qu'il doit avoir. Soit celui de la condition animale horriblement méprisée. En plus vous faites référence à l'ouvrage important de Peter Singer, en donnant même le lien pour lire son ouvrage. Félicitations !

Écrit par : Croa | samedi, 06 juin 2009

L'ANIMAL N'EST PAS UN OBJET !!!


"Nous le savons la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre."
(Chef Sealth, Discours de 1854)

Écrit par : Zyzomys | samedi, 06 juin 2009

Article tombant à point nommé, au moment même où l'Europe tente de se choisir un animal symbolique.

http://etoile.touteleurope.fr/index.php/post/2009/01/09/La-tribune-cherche-un-animal-pour-incarner-lEurope

Et pour l'instant le mieux placé dans la course serait...le taureau! Il faut dire que cet animal est omniprésent dans notre imaginaire. Que l'on pense l'histoire même de la princesse Europe (enlevée par Zeus déguisé en taureau), aux glyphes de Lascaux, au Minotaure, à l'héraldique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bos_taurus#H.C3.A9raldique), à la corrida, au boeuf de la Crèche, etc.

Dans le Meilleur des Mondes qu'on nous prépare, il n'y aura plus de corrida puisque le monde lui même sera devenu un gigantesque abattoir bureaucratique, du berceau à la tombe. Ceux qui s'opposent à la corrida sont en général de fervents partisans de l'avortement et de l'euthanasie. Combattre de façon rituelle (au risque de la vie du matador!) un taureau est selon eux un acte abject, par contre arracher au crochet en acier ou à l'aspirateur un bébé vivant du ventre de sa mère pour le balancer à la poubelle est un "choix de vie"! Pauvre humanité...

Écrit par : Vertumne | samedi, 06 juin 2009

@ Vertumne. Proposition adoptée ! Le Taureau ferait un formidable symbole pour l'Europe. Et puis cela montrerait l'amour de notre continent pour l'animal sacré par excellence, lié de façon intime aux cultures originelles de notre continent. Enfin, en pleine lutte anti-corrida des fous acharnés à sa disparition, il n'y aurait pas de plus magnifique réponse spirituelle que l'on puisse donner !

Écrit par : Quadrige | samedi, 06 juin 2009

@ Zyzomys. Vous êtes bien gentil, mais je n'ai aucune sympathie particulière pour l'antispécisme, dont j'ai simplement signalé la place et le rôle dans le curieux combat que vous menez avec vos amis contre la corrida, théorie qui professe une nette et inquiétante hostilité à l'égard du christianisme, refusant l'idée fondatrice de la Genèse, à savoir que "l'homme fut créé à l'image de Dieu". On trouve dans ces thèses discutables, une tendance très dangereuse visant à conférer à l'animal, parlant et s'exprimant pour lui, une place qui n'est pas la sienne au sein de la nature, aboutissant à une haine de l'homme et de ses traditions absolument inacceptable. Marcel Gauchet disait justement à ce propos, faisant allusion aux attitudes souvent excessives des défenseurs acharnés des droits des animaux : "l'amour de la nature dissimule mal (parfois) la haine des hommes" (le Débat n°60 août 1990). Je pense qu'il avait raison.

@ Vertumne. Je rejoins Quadrige, votre idée est superbe. Vous avez mon vote ;-) Autrement, pour être allé, après une absence de plusieurs jours, rapidement voir les échanges qui se sont déroulés sur votre excellente note "Le communautarisme catholique fait peur aux intégristes laïcards", je tenais à vous témoigner (discrètement) de ma vive admiration pour le beau témoignage que vous nous donnez d'un engagement chrétien attentif aux racines et non oublieux des origines, mais également conscient de ce que représente dans l'Histoire la venue de l'Evangile en terre d'Europe et de son sens singulier sur le plan spirituel et eschatologique.

Écrit par : Hadrien | samedi, 06 juin 2009

Symboliquement, sur les représentations de nos églises - Luc qui ouvre son évangile par un sacrifice offert au temple de Jérusalem, est représenté par bœuf ou le taureau, animal de sacrifice, qui lui revient donc directement.(Lc 1,5)

Écrit par : Serrus | samedi, 06 juin 2009

L’antispécisme, qui est une monstruosité philosophique et une abjection théorique infecte, n’est pas étonnant à voir apparaître dans une note sur la corrida ; on peut même être surpris qu’il ne soit pas intervenu dans le débat plus tôt, du moins ouvertement et sous son nom, car la plupart des slogans des militants anti-corridas (même si la plupart des naïfs et des gogos qui sont enrôlés dans les associations de lutte contre la tauromachie l’ignorent) sont caractéristiques de cette mouvance. L’antispécisme est en effet une théorie ouvertement matérialiste qui considère à la base que la notion « d'être humain », du moins telle que nous la concevons en conférant une dignité particulière à la personne, est une abstraction absurde d'origine religieuse, le reliquat d’une superstition biblique.

Ceci explique pourquoi les antispécistes réservent leurs critiques les plus virulentes à la culture judéo-chrétienne, puisque le dogme biblique bien connu, selon lequel l'Homme, et lui seul, fut créé à l'image de Dieu, est en contradiction directe avec la doctrine antispéciste de l'égalité en dignité des espèces. Pour le chrétien, les autres espèces ont été créées par Dieu bien sûr, mais dans un but précis : pour servir à l'Homme [Secrétariat Général de la Conférence Episcopale d’Allemagne : La responsabilité de l’homme à l’égard de l’animal. Positions, réflexions, suggestions", document de travail en date du 4 octobre 1993]. Ainsi même si les animaux méritent le respect que leur confère le statut de créatures de Dieu, ils restent inférieurs à l’homme et n'ont pas droit au Salut, ni donc aux Sacrements. La Bible s’ouvrant par l’injonction divine faite à l’homme de « remplir la terre et la soumettre » [Genèse 1, 28], le Catéchisme de l’Eglise Catholique stipule donc logiquement : « Dieu a confié les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image. Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et ses loisirs. Si elles restent dans des limites raisonnables, les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement recevables, puisqu’elles contribuent à soigner ou épargner des vies humaines. » [no. 2417]

Mais Peter Singer Philosophe, spécialiste de bioéthique, libéral de gauche, connaissant bien le marxisme, utilisant pour base conceptuelle de ses travaux la pensée utilitariste de Bentham (selon la conception utilitariste de Bentham, envisager l'animal comme un sujet est la source de l'éthique. Ceci débouche donc chez lui trois grands sujets de préoccupation : la critique matérialiste des théories de la conscience, l'égalité de considération entre les espèces animales, et le droit à l'euthanasie. C'est dans son livre « Question d'éthique pratique » qu'il expose le plus clairement cette triple préoccupation et les connections qu'il trouve entre elles), provoque depuis quelques années une petite révolution dans la conception chrétienne classique. En effet, en affirmant que ce qui compte ce n'est pas que l'animal ne parle ni ne raisonne à l'égal de l'homme, mais qu'il souffre tout comme lui, il en arrive à postuler un droit à une reconnaissance en tant qu'être sensible et donc à un arsenal juridique de droits sensés protéger les animaux.

D’ailleurs dans son langage, lorsque Singer parle « d’animal », il entend toutes les espèces y compris celle de « l'animal humain » (sic) ! Choqué par l'exploitation animale, Singer cherche à l'analyser dans le cadre de son matérialisme. Il trouve l'idée de vie trop idéaliste, et souhaite la remplacer par quelque chose de plus concret : la souffrance. L'individu animal n'a pas droit à la vie, mais le droit de ne pas souffrir. C'est a fameuse maxime de Bentham : « La question n'est pas : peuvent raisonner ? ni peuvent ils parler penser ? mais : peuvent ils souffrir ? ». De ces prémisses, Singer déduit qu'il est condamnable de manger des animaux qui peuvent souffrir, plus encore de se livrer à des rites sanguinaires au prétexte de traditions culturelles. « Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur - de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces. » [Peter Singer, Animal Liberation, 1975]
Mais là où les choses deviennent extrêmement graves, c’est que non seulement Singer ose affirmer que toutes les espèces animales méritent une égale considération, ce qui est déjà passablement inacceptable du point de vue d’un sain anthropocentristes chrétien, mais il ose scandaleusement écarter de cette égalité, écoutons bien : « le nourrisson de moins d'un mois" (!), les malades mentaux, "les idiots", les handicapés sans parler du fœtus » ! . A tous ceux-là, il n'accorde pas le statut de personne car ils ne se considèrent pas eux-mêmes comme ayant un futur donc, comme des animaux non à même de ressentir la souffrance et le plaisir, on peut dès lors les supprimer sans commettre une faute morale... L'infanticide, l’avortement, l’euthanasie et l’eugénisme sont ainsi joyeusement justifiés au nom de l’antispécisme !

D’ailleurs n'a-t-il pas comparé « nouveaux-nés, handicapés et animaux », et trouvé que ces derniers étaient supérieurs aux premiers ! Il n’hésite pas à déclarer, sans aucune difficulté, qu’il est pour l'euthanasie à l’égard des handicapés, puisqu'ils sont « inférieurs aux animaux » ! Il écrit : « Je pense qu'un chimpanzé a certainement plus conscience de lui-même qu'un nouveau-né. Il y a des circonstances dans lesquelles tuer un nouveau-né n'est pas mauvais, alors que tuer un chimpanzé l'est. » [Peter Singer, La Libération animale de, Grasset, 1993]

Voilà ce qui se cache derrière les thèses des opposants à la corrida, voilà l’hideuse et épouvantable doctrine, proposant tranquillement le meurtre des nouveaux-nés, qui sous-tend les actions des anti-corridas !

L’infâme démonstration de Singer, dont on vient de voir à quoi elle conduit, s'inscrit dans un large courant de critique des notions de conscience et d' ordre naturel, sur une base matérialiste et athée. Elle est un point de passage obligé de la démonstration sur l'égalité animale - concept partagé par de nombreux biologistes, à l'instar de Stephen Jay Gould - dans la mesure où l' argument de la conscience est un élément central de l'anthropocentrisme il est systématiquement étendu à l’ensemble des espèces, sans que lui soit appliqué le moindre critère de différenciation. On évoque à grands cris, voire même par des attentats terroristes parfois [*] les droits à la libération des animaux, l'humain devant cesser toute activité comme les corridas, les zoos, la chasse, mais aussi l'expérimentation scientifique et l'alimentation carnée, alors que parler de "libération" pour un animal de ferme est passablement ridicule. Les animaux de ferme sont le fruit de centaines ou de milliers d'années de sélection génétique par l'humain ; ils sont incapables de vivre par eux-mêmes, leur existence est totalement dépendante de la tutelle de l'humain. Mais comme les partisans de la libération animale prônent le végétarisme et le végétalisme, ils ne visent pas à libérer l'animal de ferme, ni d’élevage, dont le fameux taureau de combat dont on a vu qu’il ne tient son existence que de la corrida, mais à le faire disparaître.

Il est plus élégant d'appeler à "libérer" les animaux plutôt qu'à les faire disparaître, mais cela relève d'une immonde escroquerie intellectuelle, car en fait cette pensée conduit à la disparition objective de certaines espèces. L’action des anti-corridas est en réalité une action de mort sur le plan concret, soutenue sur le plan théorique par une doctrine nihiliste et mortifère ! On comprend mieux pourquoi, sachant le danger diabolique et antichrétien qui se cache derrière ces théorie animales, lors de l'Assemblée des évêques à Glosar, en l'an 1051, « plusieurs hérétiques ont été condamnés à mort en raison de leur refus de tuer des poules. » (G. von Hoensbroech, Das Papstthum in seiner sozialkulturellen Wirksamkeit, 1904, p.35], car si l’ordre naturel et son mode propre de vie a été voulu par Dieu, s’y opposer représente une révolte contre les lois divines.

D’ailleurs, et cela n’a rien d’extraordinaire, les antispécistes ne cachent pas qu'ils désapprouvent ouvertement l'ordre naturel, car il est structurellement inégalitaire et cruel, ils veulent détruire la hiérarchie des créatures qui place l’homme, en tant que sommet de la création, avant l’animal. En théorie pour ces fous criminels, il s'agit de ne pas faire aux animaux ce que l'on refuse de faire aux humains, en pratique, se qu’ils se gardent de dire trop ouvertement mais qui est pourtant bien réel, il s’agira de faire subir sous peu aux humains, grâce aux directives des administrations, bien pire qu’aux animaux – en clair, au nom de la volonté de la disparition de la souffrance, on pratiquera demain dans cette société hygiénique et aseptisée, l’avortement, l’eugénisme et l’euthanasie, allègrement et en toute bonne conscience antispéciste ! L’anthropologie catholique, qui voit en l’homme le gérant de la création, nous évite, heureusement, la regrettable et dangereuse confusion à laquelle parviennent les tenants de la « libération animale » : anéantir l’homme et le réduire concrètement au rang d’un animal au prétexte de la non discrimination entre les espèces.

Rien n’est donc plus ridicule et stupide que l’affirmation selon laquelle les défenseurs des animaux sont « plus humains », plus ouverts aux malheurs de leurs prochains, dont les animaux font partie : il y a là en effet une extension abusive de l’usage d’un mot que la Bible réserve à l’homme. La pointe de l’enseignement de Jésus est justement d’affirmer ceci : même abîmé ou défiguré, un homme restera toujours un homme, un frère dont je suis responsable et dont j’ai à me faire « le prochain » au titre d’une commune origine, l’un et l’autre créés à l’image de Dieu, et d’une commune vocation à partager la vie même de Dieu dans son Royaume.

On évitera donc impérativement le ridicule anthropomorphisme qui consiste à prêter aux animaux des sentiments ou raisonnements humains et à parler de la mort d’un chat ou d’un chien - même s’il s’agit d’un sympathique compagnon de notre vie quotidienne - comme s’il s’agissait de notre voisin ou de notre grand-mère ! A trop confondre l’homme et l’animal avec de faux bons sentiments, on en vient déjà à regarder l’animal comme un homme grâce à une propagande délirante, mais il y a fort à parier que tout cela nous conduise très vite, à force de toujours pousser trop loin l’inversion des valeurs, à positivement considérer les hommes comme de simples animaux.




[*] Certains militants réalisent de façon concrète la libération des animaux, en évacuant ceux-ci des élevages et des laboratoires, et en menant des actions terroristes contre les organisations les plus impliquées dans les cruautés envers animaux. Ces actes sont devenus assez courants au Royaume Uni et aux Etats Unis, ils concernent désormais aussi l'Europe du nord et une partie de l'Europe continentale (au total, plus de 20 pays). La France n'est pas encore vraiment touchée. Les attentats sont généralement le fait de l'Animal Liberation Front (ALF). Ce mouvement est apparu en Angleterre durant les années 70, à partir de membres issus de la Hunt Saboteur Association. Il est composé de petites cellules (une demi-douzaine de personnes, parfois moins) indépendantes, le noyau de l'ALF étant utilisé uniquement pour la revendication des attentats, la diffusion des méthodes, et la suggestion d'objectifs.

Écrit par : Zak | samedi, 06 juin 2009

@ Quadrige: voilà un référendum qui serait bien plus utile que celui que nos technocrates nous soumettent régulièrement (pour les bafouer ouvertement par la suite).

@ Hadrien: merci l'ami! La haine rabique de certains athées/païens envers le catholicisme s'est révélée crument à la suite de la publication de cet article. Ce que ces gens ne comprennent pas c'est que notre catholicisme n'a pas détruit le paganisme, il l'a naturellement absorbé et sublimé, comme nous l'a montré Zak. Donc, en s'attaquant au catholicisme, à ses aspects merveilleux et surnaturels, ils s'attaquent indirectement au vrai paganisme, celui qui a été transmis de génération en génération depuis la Préhistoire. In fine, ils ne visent pas à défendre l'Europe mais à détruire sa seule religion autochtone encore vivante!
Un païen plus fin et intelligent comme Guillaume Faye l'a bien compris, en signant une sorte de pacte de non agression avec le catholicisme. Mais pour les suiveurs d'Alain de Benoist ("le christianisme est le bolchévisme de l'Antiquité [sic]") qu'attendre d'autre ?

Écrit par : Vertumne | dimanche, 07 juin 2009

Merci pour ce document qui est bien construit.

Écrit par : Jonathan.f | dimanche, 07 juin 2009

@ Vertumne. Vous avez parfaitement perçu le piège radical de la ND, versus Alain de Benoist et un certain nombre d'autres de ses amis, en particulier dans leur critique du catholicisme qui, indirectement, est une attaque contre le dit "paganisme" littéraire et imaginaire que ces athées catégoriques aveuglés par une curieuse haine de l'Eglise que leurs ancêtres installèrent et édifièrent en terre d'Europe et qui protégea le continent pendant des siècles des hordres ottomanes et sarrasines (d'ailleurs sans la barrière de la religion le brassage ethnique serait une réalité depuis des siècles), prétendent défendre.

Bon rappel des positions intéressantes du très pertinent et plutôt surprenant Guillaume Faye, que j'ai bien connu un temps (les années passent...), et dont l'évocation du nom me rappelle quelques amusants épisodes. A signaler, ayant été du voyage à l'époque, un Colloque en Italie avec les animateurs du groupe milanais Orion, Synergie Européenne de Steuckers, le Cercle philosophique Hélios, etc., où des thèses sur le paganisme et le christianisme furent exprimées par un ou deux intervenants, très proches des positions actuelles de Zak qui à ce propos, je l'espère vivement, nous prépare une suite à sa première note : "Pourquoi n'est-il plus possible d'être païen".

Écrit par : Hire | dimanche, 07 juin 2009

Extrait des positions de Guillaume Faye qu'il synthétisa sous le terme "d'archéofuturisme"

La « Convergence des catastrophes »

"Jadis, maintes civilisations se sont écroulées, mais il s'agissait de désastres régionaux qui ne concernaient pas toute l'humanité. Aujourd'hui, pour la première fois dans l'Histoire, une civilisation mondiale, extension planétaire de la civilisation occidentale, est menacée par des lignes convergentes de catastrophes qui résultent de l'application de ses propres projets idéologiques. Une série d'enchaînements dramaturgiques convergent vers un point fatidique, que j'estime au début du 21ème siècle, entre 2010 et 2020, pour précipiter ans le chaos le monde que nous connaissons, avec l'ampleur d'un séisme civilisationnel. Les «lignes de catastrophes» concernent l'écologie, la démographie, l'économie, la religion, l'épidémiologie et la géopolitique.

La civilisation actuelle ne peut pas durer. Ses fondements sont contraires au réel. Elle se heurte, non pas à des contradictions idéologiques -- qui sont toujours surmontables -- mais pour la première fois, à un mur physique. La vieille croyance aux miracles de l'égalitarisme et de la philosophie du progrès, qui sous-entendait que l'on pouvait obtenir toujours plus, le beurre et l'argent du beurre, a fait long feu. Cette idéologie angélique a débouché sur un monde de moins en moins viable.

[...]

Le problème n'est donc plus de savoir si la civilisation planétaire érigée par la modernité égalitaire va s'effondrer, mais quand. Nous sommes donc en situation d'état d'urgence (l'Ernstfall dont parlait Carl Schmitt en expliquant que l'égalitarisme libéral n'avait jamais compris ni intégré cette notion capitale, puisqu'il pense le monde de manière providentielle et miraculeuse, dominé par la ligne ascendante du progrès-développement). La modernité et l'égalitarisme n'ont jamais envisagé leur fin, jamais reconnu leurs erreurs, jamais su que les civilisations étaient mortelles. Pour la première fois, il y a une certitude: un ordre global de civilisation est menacé d'effondrement parce que fondé sur un paradoxal et bâtard matérialisme idéaliste. On demande une nouvelle vision du monde pour la civilisation de l'après-catastrophe.

C'est au bord du gouffre que les populations européennes réagiront à ce qui leur arrive. Quand l'hédonisme économique sera brisé. Il ne faut pas attendre de solutions efficaces avant une catastrophe prévisible. C'est le consumérisme, le confort, les innombrables «commodités» de la société de consommation, l'ahurissement de la société du spectacle, qui ont brisé les ressorts de la résistance. Affaiblissement par une mollesse de vie, un individualisme débridé, et par des rêves audiovisuels et publicitaires d'une existence et d'expériences oniriques et virtuelles...Cette société a provoqué un affaiblissement anthropologique global, où toutes les défenses immunitaires s'effondrent. Le remède n'en sera que plus fort et douloureux. Nous nous avançons vers une Révolution à coté de laquelle la Révolution russe n'aura été qu'un petit chahut."

G. Faye, l'Archéofuturisme, 1998.


http://foster.20megsfree.com/481.htm

Écrit par : Hire | dimanche, 07 juin 2009

Je pense que vous n'avez aucune connaissance de ce qui est vraiment sacré : La Vie quelle qu'elle soit !
L'Eglise catholique n'est en rien sacrée, ni elle ni ses dogmes et rituels copiés en droite ligne des rites summériens;
Vous vous étourdissez de mots sans en comprendre la profondeur, au même titre que les habits de lumière et tout ce qui concerne cet Art, il s'agit bien d'un Art je le reconnais, mais un art diabolique et destructeur; en être encore à mesurer sa vaillance et son courage à un animal mérite cependant quelques égards....si l'homme était nu et sans aucune arme,
Je ne suis pas de taille à contrer certaines élucubrations ovationnelles aussi je cite l'article d'un ami : Michel TARRIER :

Corrida à Arles (France) en septembre 2004
crédit : Jérôme Lescure, CRAC Après avoir voué toute sa vie à la corrida et avoir tué plus de 500 taureaux au cours de sa carrière, Chiquilín, alias Rafael Jiménez González, torero de Cordoue, est en plein repentir et parle de l'amour dont peuvent témoigner nos amis « les bêtes ».

« Désormais, je ne puis supporter d’assister à une mise à mort, les animaux ressentent la douleur et souffrent comme nous, les taureaux nous regardent comme avec un air de gentillesse. Maintenant j’ai pitié d’eux et je ne serai plus capable de tuer un taureau. Il m’en a coûté de porter mes dernières estocades quand j’ai compris la bonté de l’animal. Une fois, un taureau qui me tenait au sol, me regarda puis m’épargna. J’ai vu des taureaux pleurer. C’est une chienne que j’ai depuis huit ans et qui m’a incité à un nouveau regard vis-à-vis des animaux. Avant, j’allais à la chasse très souvent, mais maintenant je suis incapable de tuer une mouche. L’autre jour, un grillon m’a empêché de dormir une partie de la nuit, jusqu’à ce que je me lève et le découvre dans un pot de fleur. Je l’ai observé et je l’ai sorti. Il s’est passé quelque chose de très curieux dans mon rapport avec tous les animaux. » (D’après un article dans le journal espagnol ABC du 28 octobre 2007)
La tauromachie : une barbarie festive
« Il m’a toujours semblé que lorsque le taureau était tué, une part même d’humanité périssait avec l’animal. » Angelo Rinaldi

La puissance du taureau a toujours fasciné l'homme et bien des cultures ont sublimé le sacrifice du noble animal, mi-bœuf, mi-fauve, selon des rites collectifs ou initiatiques. Transfuge contemporain des jeux du cirque, la corrida moderne doit ses fondements aux divertissements taurins médiévaux, organisés pour divertir la noblesse espagnole. Bien qu’en appelant à des critères strictement païens, cette boucherie sanguinaire fait bon ménage avec le christianisme affiché par l’Espagne la plus conservatrice.

De nos jours, on compte un torero tué pour 33 000 taureaux. Le risque de périr dans l’arène est donc quasiment nul pour le bourreau. À titre d’exemple comparatif, l’éventualité pour un patient de succomber à une anesthésie générale est de 1 pour 8000… Le taureau, quant à lui, n’a aucune chance, c’est clair. En Espagne, un cachet de 200 000 euros n’est pas exceptionnel pour un torero de renom. Depuis le XVIIIe siècle, et pour des millions taureaux mis à mort, les chiffres de la nécrologie tauromachique ne révèlent que 55 matadors, 111 novilleros, 59 picadors et 120 bandilleros tués dans l’arène. Quant au cheval, compagnon d’infortune du taureau, le caparaçon ne protégeant pas l’abdomen, il fini souvent éventré. Les yeux bandés, entre un mors sévère et des éperons acérés, la plus belle « conquête » de l’homme (l’expression révèle l’état d’esprit !) supporte un purgatoire. Ces chiffres tant disparates sont expliqués tant par le formatage des animaux, que par le panel de manigances qui président au combat. Vierge de toute intervention dans son patrimoine génétique, le taureau sauvage pèse plus de 600 kg et sa puissance le rend inabordable. Dès la fin du XIXe siècle, des élevages spécialisés parviennent à produire une race plus inoffensive et ne pesant que 400 kg. L’apprentissage au combat consiste à faire endurer au jeune animal une série de tests sélectifs et souvent cruels. Les taureaux « recalés » deviendront souffre-douleur pour l’entraînement des candidats matadors, ou prendront le chemin des fêtes populaires barbares. Les plus dignes subiront la préparation cosmétique susceptible d’épargner les hommes qui feront semblant de les affronter. Tout d’abord, le rite de l’afeitado qui veut que l’on scie 5 à 10 cm de corne. La mutilation qui dure une demi-heure consiste à repousser la matière innervée (telle celle d’une dent) vers sa racine et à reconstituer la pointe en résine synthétique qui sera poncée, puis vernie. Les sabots sont limés et incisés afin d’y encastrer entre les onglons des coins de bois. Le « grand jour » du combat arrivé, les yeux du taureau sont enduits de vaseline afin de lui faire perdre le sens de l’orientation, puis on lui administre tranquillisants, paralysants et hypnotisants. La brûlure causée par l’essence de térébenthine dont on enduit ses pattes fait qu’il n’aura de cesse de s’agiter. Des aiguilles dans les testicules l’empêcheront de se coucher, du coton au fond des narines lui rendra la respiration pénible, on lui inflige des coups de planche sur l’échine et les reins, plusieurs dizaines de fois on lui bombarde les reins de sacs de sable de 100 kg. Le reste n’est plus que l’épouvantable torture qui pendant vingt minutes va mettre en émoi les pires instincts d’un public aussi fat que de mauvaise éducation.

La fanfare fait retentir son minable paso doble, la cuadrilla des « poupées aux costumes de papier » (Francis Cabrel) fait crânement son entrée dans les arènes, « Un peu de sable du soleil et des planches / Un peu de sang pour faire un peu de boue. » (Jacques Brel), le spectacle affligeant peut commencer ! Le protocole est quasiment toujours le même : les peones affolent, essoufflent et fatiguent l’animal. Les deux picadors le lardent de leurs longues piques plantées entre les quatrième et septième vertèbres dorsales, afin de toucher les muscles du cou, puis entre les quatrième et sixième vertèbres cervicales pour sectionner les ligaments de la nuque. Chaque pique pénètre à 15 cm jusqu’à huit fois de suite. C’est un travail d’artiste-boucher… L’animal gardant la tête baissée donne une impression de bravoure et les spectateurs l’imaginent prêt à charger, alors qu’il est déjà à moitié décapité. Arrivent ces harpons de 5 cm que sont les banderilles. L’objectif est de laisser le sang s’évacuer et d’empêcher une hémorragie interne mettant une fin précoce au « beau » spectacle. Quand les trois paires de banderilles sont plantées et que le bain de sang est à son comble, arrive le tercio, le dernier acte, celui de la mort du loyal animal. Une faena de muleta habile et raffinée annonce la mort prochaine. Avec des poses efféminées que l’Église réprouve (!), le matador porte l’estocade. Le premier coup est la plupart du temps raté et l’épée mal plantée dans le garrot ne fait que transpercer un poumon ou ressort par les flancs. Les taureaux peuvent recevoir jusqu’à dix coups d’épées avant de « mordre la poussière ». Un peon lui assénera le coup de grâce, un poignard planté dans la nuque sectionnant la moelle épinière. Encore secoué de spasmes, le corps du taureau est tiré par un attelage, précédé d’un tour de piste en cas de corrida « réussie ». Sous une pluie de fleurs, la « danseuse » exhibe fièrement les oreilles et la queue coupées. En transes, le public d’aficionados est en complet délire. Le raffinement de l’ « humanerie » est à son apogée. Six taureaux se succèdent ainsi lors de chaque lidia (corrida). « Ah! / Est-ce qu'en tombant à terre / Les toros rêvent d'un enfer / Où brûleraient hommes et toreros défunts ? » (Jacques Brel).

Écrit par : Mayla | dimanche, 07 juin 2009

Dans les années 1960, il y avait en Espagne 400 corridas par an. Leur nombre actuel évolue autour de 1 600 ! Ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un spectacle franquiste, à savoir instrumentalisé par le dictateur pour amuser les foules frustrées, ont eu tout faux. La barbarie la plus primitive triomphe encore dans la jeune démocratie et les citoyens libres d’aujourd’hui n’ont rien gagné en dignité et en conscience par rapport aux sujets opprimés d’hier. Mais il est rapporté qu’aujourd’hui seul un quart de la population espagnole resterait fidèle à l’innommable fête. La majorité des Ministres du gouvernement Zapatero serait disposée à édulcorer la « fête nationale » en interdisant la mise à mort par estocade en public. L’Espagne suivrait alors l’exemple du Portugal où, au terme de la corrida, le taureau est tué hors plaza. On baisse d’un cran dans l’horreur. Le combat du gouvernement socialiste en faveur du statut des animaux, depuis si longtemps persécutés dans ce pays, s’est déjà illustré par l’adhésion, non transformée, au projet Grands singes, par la prohibition des combats de coqs et de chiens, par le durcissement des peines de prison à l’encontre des bourreaux d’animaux. La tradition taurine n’est pas partout dans la Péninsule aussi bien ancrée : Barcelone s’est autoproclamée ville antitaurine depuis 2004. Mais les Catalans sont-ils Espagnols ? Moins que les Nîmois, semble t’il !
La France ne compte guère plus de 5 000 énergumènes amateurs de corrida, essentiellement dans les villes dites taurines du Sud-Ouest, là où, selon Claude Nougaro, l’Espagne « pousse un peu sa corne ». Bien qu’interdite par la Loi Grammont depuis 1850, pour combler le déficit de ses activités coupables, la filière « tauro-machiste » profiterait indûment des subventions agricoles européennes à destination des bovins mâles et des vaches allaitantes. Les élevages français de taureaux destinés aux corridas présentant l’avantage de ne pas être identifiés comme tels, l’estimation des subventions ainsi « détournées » n’est pas facile à calculer. Selon l’Anti Bullfighting Committee Belgium, elle atteindrait 2 millions d’euros.

Tout un art sacré !

Écrit par : Mayla | dimanche, 07 juin 2009

@ Mayla.

Les arguments à charge que vous produisez sont bien connus, on pourrait ergoter des heures sur la vérité des assertions s'agissant des "préparations" spéciales qui seraient exercées à l'égard des taureaux avant les corridas. Si des attitudes criticables ont été signalées dans certains plazas isolées du circuit principal, on sait aujourd'hui que de telles pratiques sont impensables dans les grandes arènes espagnoles et françaises, objet d'une surveillance sanitaire plus que drastique.

Ainsi, tout ce discours ultra usé sur une soi disante préparation du taureau, est traversé par de nombreuse contradictions qui en arrivent, à force d'une lassante répétition, à faire rire : tantôt pour les anti-corridas on excite le taureau avant la corrida en lui limant les cornes, trafiquant les sabots, introduisant des clous dans les parties génitales, tantôt on l'affaiblit par des anesthésiant, des purges, etc.

Il semble apparemment que les adversaires manquent d'arguments et finalement en sont réduits à les inventer.

On retiendra que tous les animaux sont accompagnés d'un certificat sanitaire délivré par un vétérinaire officiel, de plus, les viandes issues de ces animaux sont livrées à la consommation, et l'on se demande comment cela pourrait avoir lieu avec les traitements chimiques que vous supposez. Je vous signale par ailleurs, qu'à l'issue de la corrida, les animaux toréés doivent être expédiés à l'abattoir pour y subir une inspection post-mortem, accompagnés du certificat sanitaire établi par les autorités, certificat vétérinaire d'information (CVI) qui atteste de la réalisation sur le lieu de la corrida d'une inspection ante mortem par un vétérinaire sanitaire conformément à l'AM du 9 juin 2000 mofifié par l'AM du 4 février 2002.

Voici, pour votre gouverne, les dispositions relatives à l’état sanitaire des taureaux de combat auxquelles vous pourrez vous référer :

Arrêté Ministériel du 17 mars 1992
Arrêté Préfectoral des Landes du 30 juin 1993
Arrêté Ministériel du 9 juin 1994
Arrêté Ministériel NOR AGRG0001080A du 9 juin 2000
Arrêté Ministériel NOR AGRG 0001081A du 9 juin 2000
Arrêté Ministériel NOR AGRG 0001082A du 9 Juin 2000
Arrêté Ministériel NOR AGRG0002657A du 20 décembre 2000
Avis de l’AFSSA du 12 mai 2000 , 17 mai 2000 , 1 juin 2001 ,14 décembre 2000
Arrêté Ministériel du 14 aout 2001.

http://anda.aficionados.free.fr/SJTC1.html

Ces fables, inlassablement difusées par vous et vos amis, concernant l'état des taureaux, étant écartées, rappelons ensuite quelques vérités :


- Les forces à l’état brut des deux protagonistes sont effectivement inégales, mais pas dans le sens que vous affirmez, car avec ses 70 kg, le torero pèse très peu, même avec son arme, devant les 450 kg et à l’instinct de l’animal, d'ailleurs si la cornada est crainte, c'est qu'il y a lieu de s'en inquiéter car le risque de blessure pour le torero est constant. Une équipe médicale composée de chirurgiens, d'anesthésistes, de médecins urgentistes, ainsi que d'infirmières, est présente en permanence pendant le spectacle puisque le torero blessé présente un pronostic vital et fonctionnel extrêmement menacé.

http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VKG-4NP9KD4-1&_user=10&_rdoc=1&_fmt=&_orig=search&_sort=d&view=c&_acct=C000050221&_version=1&_urlVersion=0&_userid=10&md5=8042f6036ae062d877edecb5114d198e

- La force du torero, c’est sa capacité à vaincre sa peur et dominer son instinct de fuite pour dominer l’animal, avec tout l’art qu’il peut y mettre On invitera ceux qui en doutent à s’en rendre compte par eux même (pas à la télévision, en réel). Voilà le sens que donnent à la corrida les aficionados. Un simple spectacle taurin sans combat ou un simulacre de combat avec comme issue la mise à mort de l'animal serait effectivement très choquant, et se passerait dans des arènes totalement vides.

- La corrida ne saurait donc se résumer en un spectacle, appellation qui a pour vertu le politiquement correct, mais trop réductrice et par conséquent fausse ou trompeuse en l’occurrence, car il s'agit bien d'un "art" avec ses règles qui relève bien d'une authentique "Tradition". Il ne peut être question de la situer à mi chemin d’un numéro de dresseur d’ours (où l’animal est domestiqué, habitué à l’homme et entraîné), et du combat truqué de catch (qui eux sont des spectacles).

- L’animal est, et reste sauvage, ses contacts avec l’homme sont pour ainsi dire inexistants avant le début de la course. Il est encore moins dressé, et nous faire croire que des manips’ génétiques pourraient le rendre docile (pourquoi pas capable de jouer un numéro de claquettes devant un public hilare), il ne faut pas exagérer.

- Ce que valorise au contraire le monde de la corrida, c’est la bravoure, c’est à dire l’instinct de combat de l’animal. Les sélections existent biens dans les ganaderias, pour maintenir les propriétés de la caste (en espérant que le veau hérite du meilleur de ses géniteurs). On fait exactement la même chose avec les vaches laitières, les chevaux de courses (combien de petits Ourasi) etc.

- Le taureau d’arène meurt en combattant, dignement. Ce n’est pas le cas des animaux qui passent par l’abattoir. Dans le box et les couloirs les menant à une mort certaine au couteau, les animaux sentent la mort et subissent un stress beaucoup plus profond qu'un taureau de corrida.


De ce fait, ce qui est clair, c'est que dans une société de plus en plus éloignée de ses racines rurales et qui ne sait plus quoi inventer pour calmer son angoisse de la mort, la tauromachie fait tache, elle est trop concrète, elle montre la mort trop nettement, de façon trop directe, sans voile. Le projet de société que vous défendez est terrible, un monde aseptisé, où la mort sera cachée et dissimulée mais le sexe affiché de partout, l'homme domestiqué, l'avortement banalisé, l'euthanasie légalisé, mais vous semblez ne pas en être conscient(e).

Teminons par la première de vos affirmations, qui fonde toute la suite de votre discours : "les animaux ressentent la douleur et souffrent comme nous", et faisons pour conclure justice de cette absurdité.

Non Mayla ! l'animal ne possède pas une conscience comparable à celle de l'homme et il ne peut être établie une comparaison, qui n'est pas raison, entre la conscience animale et humaine. Ce piège anthropomorphique dans lequel vous tombez, et se précipitent les naïfs qui se dressent de façon pavlovienne contre l'art taurin lors des férias, et en réalité une mauvaise nouvelle pour l'humanité ; a force de conférer à l'animal une dignité est des droits qui n'appartiennent qu'à l'espèce humaine, on en vient à transférer les critères de l'humanité aux animaux et les critères de l'animalité à l'homme.

Continuez ainsi, vous vous réveillerez bientôt dans une société singulièrement désacralisée, inodore, incolore, vidée de son essence, de ses traditions, de son rapport à la vie et à la mort, de son lien à la nature et aux animaux - si ce n'est cette caricature de lien que l'on créé avec les joujoux domestiques promenés par une population urbaine sur les trottoirs et auxquels on prête des sentiments dont ils sont dépourvus - pour tout dire, cette société aura une coloration évidente grâce aux efforts que vous aurez fournis pour la bâtir, elle sera profondément et définitivement : INHUMAINE !


Ainsi comme vous le disiez, la corrida est bien :

"Tout un art sacré" !

Puisqu'elle est encore une ultime image sublimée et symbolique de l'expérience spirituelle fondatrice de ce qui relève, depuis les origines, du vrai et de l'essentiel en l'homme : courage, audace, bravoure, sens de la transcendance et respect du religieux - tout ce qui, en somme, est devenu étranger et insupportable à l'homme moderne !

Écrit par : Damastès | dimanche, 07 juin 2009

De ce fait, ce qui est clair, c'est que dans une société de plus en plus éloignée de ses racines rurales et qui ne sait plus quoi inventer pour calmer son angoisse de la mort, la tauromachie fait tache, elle est trop concrète, elle montre la mort trop nettement, de façon trop directe, sans voile. Le projet de société que vous défendez est terrible, un monde aseptisé, où la mort sera cachée et dissimulée mais le sexe affiché de partout, l'homme domestiqué, l'avortement banalisé, l'euthanasie légalisé, mais vous semblez ne pas en être conscient(e).

Rien dans les quelques mots que j'ai écrit ne vous permet d'affirmer ce que je retranscris de vous ci-dessus; vous semblez carricaturer aisément et mal ceux qui ont une autre optique que la vôtre; votre vision les jette pêle-mêle dans un sombre fourre-tout.

Vous paraissez bien sûr de vous pour ce qui concerne la conscience d'êtres différents, en l'occurence les animaux, seriez-vous dans le secret des dieux ?
Je ne pense pas me tromper si je suppose que vos affirmations émanent et sont soutenues par l'acceptation de lectures religieuses, non ?

Pour reprendre ce que nous savons tous : nous sommes au 21ème siècle etc etc, j'aimerais que vous preniez un peu de temps pour m'expliquer comment il se fait que par sa technologie, découvertes et tant d'autres avançées extra-ordinaires par rapport, ne serait-ce qu'aux siècles derniers l'esprit de l'homme ne parvient toujours pas à s'affranchir de dogmes, de rituels, de coutumes datant de plusieurs milliers d'années ? dont les sacrifices de sang;
Pourquoi à ce moment là ne pas garder toutes les coutumes et bien sûr je ne vous les détaillerai pas, certaines sont encore en vigueur à ce jour au nom de religion ou de sacré...
Enfin que considérez vous comme "sacré" ?
Le spirituel n'est pas nécessairement religieux ni sacré je dirai que pour moi il n'est pas (plus) religieux .
Ce qui me dérange c'est la souffrance de l'autre, gratuite et vouée à un égrégore qui s'en nourrit comme Moloch; c'est pour moi abreuver les plus bas instincts de l'être humain et donc le maintenir dans des ondes lourdes et négatives, ce qui est contraire à son évolution; Aussi beaux soient les décorums et les acteurs....

Écrit par : Mayla | lundi, 08 juin 2009

@ Mayla.

Je constate que vous répondez en évitant prudemment de revenir sur la question de la corrida où vous venez de recevoir un démenti formel à l’ensemble des assertions inexactes que vous souteniez pourtant avec un bel enthousiasme lors de votre premier post.

Passons, il est heureux que vous puissiez revenir à la raison, au moins sur les énormes absurdités véhiculées par les milieux anti-corridas, dont la plus faramineuse, je vous le rappelle en passant, est tout de même de militer objectivement pour la disparition concrète de la race taurine qu’ils prétendent défendre, sachant que cette race n’existe que pour les courses de combat qui est son unique raison d’être. Conséquence, si demain il venait, par une folle directive des Etats Français et Espagnol, sous la pression des opinions publiques abusées par vous et vos amis, à ce que les corridas soient interdites, la race des taureaux de lidia (ou taureau de combat) race bovine espagnole qui n'existe qu'en raison de la corrida, disparaîtrait.

Bravo pour votre amour des animaux !

Revenons à vos considérations. Vous écrivez :

- « Vous paraissez bien sûr de vous pour ce qui concerne la conscience d'êtres différents, en l'occurence les animaux, seriez-vous dans le secret des dieux ?Je ne pense pas me tromper si je suppose que vos affirmations émanent et sont soutenues par l'acceptation de lectures religieuses, non ? »

Je vais vous étonner, mais, considérations religieuses mises à part, il n’y a pas beaucoup de difficultés à soutenir que la conscience animale, et la conscience humaine sont deux univers radicalement différents. Le langage, la mémoire, l’intelligence, l’anticipation des actes, l’angoisse de la mort, la réflexion devant les grands problèmes existentiels, l’art, la religion, etc., inutile même d’en rajouter, il y a un abîme infranchissable entre l’homme et l’animal. La grande erreur des défenseurs de la cause animale est donc de projeter naïvement des sentiments, des pensées, des conceptions sur l’animal qui n’appartiennent qu’à l’homme. Ce qui a été dit de la folie de l’antispécisme par Zak, antispécisme dont les thèses traversent nettement la plupart des slogans des anti-corridas, est assez juste sur le sujet. Le risque est grand de réduire l’homme au rang d’un animal avec de tels positions délirantes.

C’est d’ailleurs à propos de cette différence de « nature » entre l’animal et l’homme qu’insista le philosophe Bergson :

- « Comment n'être pas frappé du fait que l'homme est capable d'apprendre n'importe quel exercice, de fabriquer n'importe quel objet, enfin d'acquérir n'importe quelle habitude motrice, alors que la faculté de combiner des mouvements nouveaux est strictement limitée chez l'animal le mieux doué, même chez le singe ? La caractéristique cérébrale de l'homme est là. Le cerveau humain est fait, comme tout cerveau, pour monter des mécanismes moteurs et pour nous laisser choisir parmi eux, à un instant quelconque, celui que nous mettrons en mouvement par un jeu de déclic. Mais il diffère des autres cerveaux en ce que le nombre des mécanismes qu'il peut monter, et par conséquent le nombre des déclics entre lesquels il donne le choix, est indéfini. Or, du limité à l'illimité il y a toute la distance du fermé à l'ouvert. Ce n'est pas une différence de degré, mais de nature. »

Il poursuivait en disant, cette fois-ci à propos de la conscience :

- « Radicale aussi, par conséquent, est la différence entre la conscience de l'animal, même le plus intelligent, et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose ; elle est coextensive à la frange d'action possible qui entoure l'action réelle : conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. Enfermé dans les habitudes de l'espèce, il arrive sans doute à les élargir par son initiative individuelle ; mais il n'échappe à l'automatisme que pour un instant, juste le temps de créer un automatisme nouveau : les portes de sa prison se referment aussitôt ouvertes ; en tirant sur sa chaîne il ne réussit qu'à l'allonger. Avec l'homme, la conscience brise la chaîne. Chez l'homme, et chez l'homme seulement, elle se libère. »

Henri Bergson, L'évolution créatrice, P.U.F., 1995, p. 264-265.

Mais continuons. Vous avez assorti votre commentaire de l’interrogation suivante :

« … j'aimerais que vous preniez un peu de temps pour m'expliquer comment il se fait que par sa technologie, découvertes et tant d'autres avançées extra-ordinaires…l'esprit de l'homme ne parvient toujours pas à s'affranchir de dogmes, de rituels, de coutumes datant de plusieurs milliers d'années ? dont les sacrifices de sang…»
Je vais essayer, tout en prenant tout de même le moins temps possible, de vous dire pourquoi la « technologie et les découvertes extraordinaires », ne sont pas en mesure de mettre fin aux « rituels, dogmes et coutumes ».

Tout simplement parce que l’homme, à la différence des animaux, est dans un rapport au monde non immédiat, il pense sa présence comme problématique. Il est porteur en lui d’une aspiration à l’infini, à l’Absolu. Il interroge son être et les choses qui l’environnent, et se demande quel est le sens de cette situation. L’homme est donc, ontologiquement, dans la question et la quête. Du coup, l’homme et les sociétés auxquelles il appartient, génèrent des symboles, des mythes, qui sont comme une possibilité analytique du réel. La violence n’est pas absente de cette recherche qui, avec la mort, est fédératrice de ce rapport à la question. Le rite contribuant à la structuration des lois sacrales. Rituel, culte, mysticisme, communion, ces quatre grandes manifestations du transcendant dans l'histoire de l'humanité, sous l'angle collectif pour trois d'entre elles, le mysticisme concernant l'union intime de l'âme avec Dieu, sont des éléments indissociables de ce qu’est l’homme, et sa science, aussi poussée soit-elle, ne peut mettre fin à cette dimension transcendante qui prend forme dans la religion, les rituels et les dogmes, sachant que la science, comme disait le philosophe allemand Heidegger, ne pense pas, elle résout des problèmes, mais ne dit rien du pourquoi de la question originelle qui fait que l’homme, sans cesse, cherche un au-delà de lui-même, un dépassement, un vertige immense à la dimension de l’Absolu.

Vous me demandez : « que considérez vous comme "sacré" ? »
Je vous réponds volontiers : "Le sacré est ce qui donne la vie et ce qui la ravit". Cette phrase de Roger Caillois donne toute la dimension du sacré. Phénomène à la fois existentiel et surnaturel, il justifie la possibilité d’une simple expérience liée au quotidien comme il est lieu de la mystique la plus élevée. L'homme ne s'accomplit que dans la juste référence à l'Absolu. Le sacré désigne primordialement l'Absolu lui-même et, par voie de conséquence, les médiations grâce auxquelles celui-ci entre en rapport avec les hommes. Ces médiations doivent être dignes de l'Absolu qui s'y montre et de la dignité humaine qui s'y engage, elles mettent en oeuvre toutes les ressources de l'humain, en particulier la richesse de l'ordre symbolique.

C’est pourquoi la corrida, pour revenir à notre sujet, a trouvé un lien aussi intime avec la religion catholique, en raison de la place qui y est faite à la mort certes, mais aussi de par les multiples référents qui relèvent du temps liturgiques et de la relation de l’homme à la ritualisation de sa place dans l’ordre divin.

De la sorte, contrairement à ce que vous affirmez, il faut soutenir : « le spirituel est nécessairement religieux et sacré »! Je peux concevoir que vous soyez dérangé (e) par la souffrance de l’autre, mais sachez qu’elle n’est jamais gratuite dans le cadre des activités ritualisées en climat chrétien, dont la corrida – où, loin de s’y abreuver des plus bas instincts, l’homme y est porté, si l’on est attentif à cet aspect des choses, vers un immense respect à l’égard de la bête sacrifiée - et c’est pour ça que les décorums rappellent étrangement ceux de l’Eglise et de la religion, car la faena, glissez-vous ceci dans un coin secret de votre esprit : est une forme sublimée de la prière.

Écrit par : Damastès | lundi, 08 juin 2009

Je relirai avec plus d'attention vos explications, cependant, bien que ne possédant pas toutes vos connaissances, votre savoir, j'avance sans hésiter que tout ceci m'apparaît on ne peut plus conditionné;
conditionné par la culture, la religion, les auteurs que vous citez, tout est repris comme un mémoire sans apport de votre part en tant qu'être libre de toute pensée ou savoir extérieur à vous-même.
Vous ne m'en voudrez pas j'espère si toute cette émotion que l'on peut ressentir à vous lire donc à y adhérer, loin de m'atteindre me laisse sceptique; possible que si ma naissance, mon éducation m'avaient placées dans les conditons voulues ma réticence à vous suivre aurait été moindre, mais relevez bien que je parle de conditions et non du libre arbitre tellement nécessaire;car nous sommes tous conditionnés en prendre conscience et le reconnaître ne permet pas nécessairement de s'en dégager, encore faut-t'il le vouloir.
J'aurai aimé que vous conceviez qu'il soit possible d'avoir une vision de la corrida indemn de tout le ressenti et des émotions telle que vous la concevez, sans pour autant taxer les anti-corrida de tous les maux et défauts cités à diverses reprises dans les commentaires.
La vérité n'appartient à personne et chacun ne peut la conçevoir qu'au travers du prisme de son individualité.
Au plaisir de vous avoir lu

Écrit par : Mayla | mardi, 09 juin 2009

J'ai tendance à être plutôt de votre côté Mayla, pourtant vous et tout les antis-corridas ne répondent jamais quand on leur oppose l'argument de la boucherie qu'est un avortement. Ce n'est pas très courageux non?
Et vous qu'en pensez-vous?

Écrit par : Pied Léger | mardi, 09 juin 2009

Mayla,
Vous dites que Damastes n'agit que par application de sa culture et autres. Qu'est ce que la liberté de penser ou un savoir extérieur à soi même ? Vous ne savez absolument pas comment Damastes établit ses idées pour les ordonner et les produire.
Nous sommes ici dans un échange argumentaire et chacun se positionne. Les arguments des uns et des autres constitue ce dossier sur la tauromachie et ne changera pas le cours du monde ni celui des corridas.
Pour ma part, si je laisse aller ma sentimentalité, je ne suis pas loin de partager votre point de vue mais quand je vois se dérouler une corrida, je suis complètement "accroché" à ce spectacle et j'ai l'impression d'assister à quelque chose de "grand".
Les arguments apportés par Zacharias ne font qu'apporter une dimension intellectuelle à ce que je pressentais intuitivement dans cet art. Tous les ingrédients de la vie sont présents : le courage, la force, la bestialité, la souffrance, la mort, etc.... et si l'on n'a pas une vision "Walt Disney" de notre passage sur terre, ce spectacle nous touche dans nos plus profonds ressentis.
Vous dites que la vérité n'appartient à personne, certes, mais il n'y a qu'une seule Vérité que nous pouvons et essayons de mettre en évidence sur des thématiques diverses.
Vous êtes touché par ce spectacle sanguinolent qui heurte votre sensibilité. Est ce une raison valable pour empêcher ceux qui y voient autre chose d'y trouver ce que vous n'y trouvez pas?
La chasse ne m'intéresse pas et je ne comprend pas à première vue ce qui peut passionner quelqu'un à envoyer une balle dans une pauvre bête. Pourtant, pour y avoir participer un brève instant de ma vie, je me suis aperçu que la chasse entrainait la cohésion d'un groupe, la dernière des activités unissant un village.
Ai-je le droit d'interdire tout cela parce que la chasse ne m'intéresse pas?
Vous avez le droit à votre point de vue, Mayla mais pour quoi l'imposer à toute l'Europe?
Que savez vous ce qui se passe dans la tête d'un bovin quand il meut dans une arène. Est ce moins digne que les abattoirs ? Allez y et vous verrez.
A travers tous les arguments des anti-corridas, je me suis positionné dans l'autre bord car j'ai senti que la sensiblerie cachait une anti tradition en général et une anti chrétienté en particulier.
Pourquoi, tous ce gens ne se soulèvent ils pas devant tout le reste : une religion qui prône dans son livre saint la tuerie des juifs et des chrétiens. C'est quand même plus horrible que les quelques taureaux sacrifiés au théâtre de la vie et de la mort!
Mais là, le politiquement correct (que je vomis de jour en jour) vous parle de respect des religions, d'unité transcendante des traditions, etc .....
Oui, Mayla notre culture, nos livres et notre éducation font de nous des individus "christo-centriques" ayant choisi cette "vérité là" comme "LA VERITE"
Au plaisir de vous avoir lu

Écrit par : La Fouine | mardi, 09 juin 2009

@ Mayla

Vous me dites que mes propos vous semblent "on ne peut plus conditionnés, par la culture, la religion, sans apport de [ma] part en tant qu'être libre de toute pensée ou savoir extérieur à vous-même."

Pardonnez-moi, mais je ne sais pas bien ce que peut être un être "libre de toute pensée ou savoir extérieurs à lui-même" ? Quelle étrange vision de l'homme, produit d'une civilisation, d'une culture, d'une région, d'une hérédité, d'une tradition, qui ont contribué à faire de lui ce qu'il est. Croyez-vous à la génération spontanée ?

Pourquoi d'ailleurs considérer que le riche apport des siècles qui nous fonde et nous détermine, même s'il n'est pas interdit de le questionner et le mettre à distance parfois, nous empêche de penser ?
C'est absurde.

Vous avez une conception très moderne de la liberté et de l'être, comme si nous étions des étrangers au tissu humain et historique dans lequel nous sommes placés. Il y a là une sorte d'étrange schizophrénie qui, je vous le signale avec sympathie, se caractérise par cette perte de contact avec la réalité qui semble caractériser vos propos.

Vous me dites : "J'aurai aimé que vous conceviez qu'il soit possible d'avoir une vision de la corrida indemn de tout le ressenti et des émotions telle que vous la concevez, sans pour autant taxer les anti-corrida de tous les maux", mais ça je vous l'accorde volontiers Mayla !

Ce que je refuse, ce sont les critiques imbéciles de militants anti-corridas qui ignorent tout de la réalité vivante de cette tradition, et qui, avec leur seul moteur émotif (alors qu'on les entend si peu généralement sur d'autres sujets beaucoup plus douloureux), veulent en faire interdire la pratique en criminalisant un monde qu'ils méconnaissent totalement, ce qui aurait pour conséquence paradoxalement, comme quoi les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions, de faire disparaitre à court terme la magnifique race de taureaux qu'ils prétendent défendre.

Avoir une pensée Mayla, c'est aussi la mettre au service du réel et en interroger les données objectives - le rêve, la sensibilité, les bonnes intentions, le monde tout bleu et rose, l'amour et la tendresse - bien sûr que cela est admissible et chacun a le droit de se réfugier dans le monde qu'il souhaite. Mais venir, au nom de pseudos valeurs très artificielles (et dont certaines plus que dangereuses comme l'antispécisme) qui permettent de manipuler pas mal de naïfs souvent une population urbaine, jeune et sans contact avec la terre, abattre un patrimoine culturel, religieux, animal et humain, là non, on se doit de réagir et de dire ça suffit !

Écrit par : Damastès | mardi, 09 juin 2009

Eh bien moi, tout simplement, même si je n'ai jamais vu de corrida, il faut dire qu'à Roubaix c'est pas vraiment une tradition... je trouve que cette note est belle, et je voudrais qu'elle reste longtemps car elle me met du soleil dans le salon. Olé !

Écrit par : Julien | mardi, 09 juin 2009

@ Au fait La Fouine, merci pour votre petit mot ! et bien d'accord avec vous sur le constat, et l'excellent résumé que vous faites des actions délirantes des anti-corridas : "la sensiblerie cache une anti tradition".

Écrit par : Damastès | mardi, 09 juin 2009

La corrida sera un jour ou l’autre abandonnée comme une survivance barbare d’un autre âge. Tous les sondages montrent que la grande majorité des européens lui sont hostiles. Il est vraiment dommage que l’Eglise ait abandonné le rejet clair de la tauromachie pour une attitude ambiguë !

Écrit par : Hermine | mardi, 09 juin 2009

Bravo Hermine, clap clap. Devant vos arguments digne de pousser un aficionado devant son confesseur avant de se repentir, je reste admiratif.
Quand je lis le commentaire de Damastès, d'un argumentaire excellent (et ce n'est pas pour rendre son compliment !) et la c******** de votre réponse, il me vient une bonne réplique des tontons flingueurs :
"Les cons, ça ose tout, et c'est même à ça qu'on les reconnait".
Au juste, n'auriez vous voté "Europe Ecologie" ?

Écrit par : La Fouine | mardi, 09 juin 2009

Je manque de temps pour reprendre un à un chacun de vos arguments, mais je le ferai; un point qui me tient à coeur et que vous évoquez c'est l'avortement; si je pense que chaque cas posé mérite une grande attention et uniquement par l'intéressée qui doit prendre en considération beaucoup de vecteurs que je n'ai aucun droit de discuter et ce à quel titre que ce soit c'est contre la souffrance gratuite imposée au foetus et les conditions de sa disparition tel un déchet d'abattoir que je me révolte. Il ne m'appartient pas d'être pour ou contre ni de me réfugier pour celà auprès d'instances dont je ne reconnais pas la légitimité, mais la vie pour moi est sacrée, toute vie sans vouloir faire aucun amalgame tel le spécisme.
J'ajouterai : Qu'est-ce que la pensée ?

Écrit par : Mayla | mardi, 09 juin 2009

"La Corrida c'est une liturgie"


(Interview – de l´aumônier des arènes, paru le jeudi 20 mai 1999 dans «La semaine de Nîmes»)


Un prêtre dans les arènes, lieu antique du martyr des chrétiens ? Maurice Archet, aumônier des arènes de Nîmes depuis 20 ans et ancien vicaire à la ZUP, mêle pourtant avec délice aficion et foi.

La semaine : Quel est votre rôle ?

Maurice Archet : Il y a des aumôniers dans toutes les grandes arènes : nous nous sommes d´ailleurs rencontrés pendant la Primavera à Nîmes. Notre rôle est d´être là quand les toreros arrivent à la chapelle… et s´il survenait un événement dramatique.

L.S. : Vous arrivez deux heures avant la corrida, que se passe-t-il alors ?

M.A. : Les toreros viennent dans la chapelle. Ils restent là pour un petit moment de silence, de réflexion, de solitude, de prière aussi : les toreros sont en général très religieux et les Espagnols sont parmi les plus démonstratifs. Ils peuvent aussi écrire quelques phrases sur notre livre d´or. Puis c´est le reste de la cuadrilla qui pénètre dans la chapelle, à tour de rôle. C´est alors que le dialogue peut s´engager avec le torero s´il le désire.

L.S. : Vous a-t-on fait des demandes très particulières ?

M.A. : Il y a deux ou trois ans pendant la feria, un torero m´a demandé de recevoir le sacrement de la réconciliation… Ce qui est l´équivalent de la confession. La corrida est un moment de vérité où les toreros sont renvoyés à eux-mêmes… Et ils veulent parfois en profiter pour faire la paix avec leur conscience.

L.S. : Tauromachie, religion, n´y a t-il pas mélange des genres ?

M.A. : Le culte du taureau est pré-chrétien… Mais petit à petit, l´Espagne aidant, tout ça s´est mélangé. D´ailleurs une corrida se déroule en plusieurs étapes bien précises et parle de la vie et de la mort… comme une liturgie.

L.S. : Ce n´est pas trop difficile d´expliquer votre rôle à vos collègues du Nord de la France ?

M.A. : C´est vrai qu´il y a un moment de recul… Il y a les prêtres pro-corrida et les anti-corrida. Mais je n´ai pas de problèmes avec ma hiérarchie : l´évêque de Nîmes vient régulièrement aux arènes… et il est ravi.

Écrit par : Lozère | mardi, 09 juin 2009

« Un taureau qui meurt dans une corrida a finalement eu droit à une vie bien meilleure que la malheureuse vache ou le malheureux bœuf qui est resté durant toute sa vie bourré d’amphétamines ou d’antidépresseurs par l’élevage en batterie. »

Noël Mamère - Ancien candidat Vert à la présidentielle.
Magazine “De l’Air”, mars / avril 2002.

Écrit par : Val Fleury | mardi, 09 juin 2009

Monseigneur Cadilhac déclara en 1992 à la revue "Corrida" :

- Question : Est-ce un sadisme ou un art ?

- Réponse de Mgr Cadilhac :

" A mes yeux il n'y a aucun inconvénient à ce qu'un chrétien aille à la, corrida. La preuve ... c'est que j'y vais. (...) Actuellement l'Eglise n'éprouve pas le besoin de prendre position pou ou contre. Un animal reste un animal. (...) Chacun de nous porte en soi des instincts de cruauté : tout dépend de la façon qu'a chacun de vivre la corrida.

Ce que je trouve de très beau dans la corrida, c'est que l'homme cherche à dominer la bête, à maîtriser la nature. Cela a toujours été la vocation de l'homme telle que Dieu le veut. Tout cela me semble aller dans le sens de la grandeur de l'homme.

Depuis que je suis à Nîmes, je vais aux corridas car c'est une passion qui ne se discute pas.

En matière de tauromachie l'Espagne fait encore la loi. Il faut donc que les jeunes français, ceux qui veulent devenir toréadors aillent en Espagne. Chez nous il y a trop peu de possibilités. On a tout de même fait des progrès en France."

Écrit par : Lozère | mardi, 09 juin 2009

Félicitations pour cette note documentée et très sérieuse, enfin un avis qui sort des continuelles critiques distribuées par ceux qui ignorent tout de l'art taurin.
En Camargue chez nous, plus que partout ailleurs en France, le taureau est roi. Présent dans nos marais depuis l'Antiquité, il fait partie de notre quotidien. C'est autour de lui que vivent nos traditions et notre culture, qu'il s'agisse du taureau camarguais, véritable héros de la course camarguaise ou du toro brave issu de la race espagnole qui combat dans l'arène. La tauromachie espagnole est apparue en France en 1701. La restauration des arènes arlésiennes à partir de 1825 a permis d'organiser la course libre ou course camarguaise. La première corrida dans les arènes a eu lieu en 1830.

Écrit par : Mistral | mercredi, 10 juin 2009

Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanité qui recule, c'est dans les noirs bas-fonds de l'être que l'on trouve ces instincts cruels et tortionnaires.

Écrit par : Zyzomys | mercredi, 10 juin 2009

Un lien renvoyant à un travail fait par le journal El Mundo qui explique schémas très clairs à l'appui tout ce qu'il faut savoir au sujet de la corrida: http://www.el-mundo.es/Toros/Artetoreo/1.Laplaza/PLaplaza.html

De nombreux liens sur une page d'un site personnel : Toros y flamenco

Un site en français avec une présentation sommaire de la corrida: http://www.1voyage.com/espagne/corrida-espagne.htm

Pour un travail plus complet, toujours en français: http://www.corridas.net/ avec de nombreuses explications et de nombreux reportages.

Un lien vers des photos de tableaux de Picasso sur le thème de la corrida (avec possibilité d'agrandissement): http://www.insecula.com/salle/MS01623.html

Un lien vers le tableau "La corrida" de Bernard Buffet: http://www.museebernardbuffet.com/6170/buffet617012.html

Écrit par : PATRIMONIO HISTÓRICO | mercredi, 10 juin 2009

Sur le site de La Consejería de Educación en Reino Unido un document "prêt à l'emploi" sur les fêtes espagnoles avec un exercice d'application.

Sur le site: elenet.org rubrique "fiestas" plusieurs activités sont proposées (Fiesta de San Juan, San Fermines,Feria de San Fernando
Carnavales Cádiz,Navidad en España)

Fiestas del Pilar : un reportage de TVE http://www.ac-rouen.fr/colleges/langlois/espagnol/pilar/pilar.avi

Écrit par : Reino Unido | mercredi, 10 juin 2009

Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanité qui recule, c'est dans les noirs bas-fonds de l'être que l'on trouve ces instincts cruels et tortionnaires.

Ecrit par : Zyzomys | mercredi, 10 juin 2009

Encore un argument imparable !!!!!!!!!!!!!

Écrit par : La Fouine | mercredi, 10 juin 2009

Eh oui La Fouine, si la dialectique pouvait, il y a quelques années encore, casser des briques, aujourd'hui les arguments des anti-corridas ne cassent pas trois pattes à un canard, il faut bien le constater.

Bon, car je les vois venir de loin et pour ne pas avoir de problèmes avec les écolos défenseurs de la cause animale, sachant que le canard constitue environ 60% du tableau de chasse annuel en France (les chasses pratiquées sont la chasse à l'affût, la chasse à l'appelant avec canard éjointé ou appeau et maquette, bien que l'éjointage soit cependant interdit en Europe depuis 2005), je signale que le terme « canard » est un terme générique qui désigne des espèces qui ne portent pas nécessairement un nom vernaculaire contenant le terme canard.

En effet, certaines espèces qualifiées de canard sont désignées par des noms vernaculaires comportant des termes comme sarcelles, tadornes, brassemers. Ces animaux appartiennent soit à la sous-famille des anatinae ou celle des Tadorninae. Le canard le plus connu du public est donc le canard colvert.

Ainsi, comme disent les jeunes aujourd'hui, conseillons aux anti-corridas, en raison de leur amour des animaux, de faire le "canard"...

Écrit par : Falk | mercredi, 10 juin 2009

« Seront punis d'une amende de 5 à 15 F et pourront l'être d'un à 5 jours de prison ceux qui auront exercé publiquement et abusivement de mauvais traitements envers les animaux domestiques. La peine de la prison sera toujours applicable en cas de récidive. L'article 483 du Code pénal sera toujours applicable. »
— Loi Grammont, 2 juillet 1850

Écrit par : Henderson | jeudi, 11 juin 2009

"Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison — hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur — de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces."

Peter Singer, La Libération animale.

Écrit par : Henderson | jeudi, 11 juin 2009

Le philosophe anglais Jeremy Bentham, déclarait que la souffrance des animaux est aussi réelle et moralement importante que la souffrance humaine, il soutiendra donc :

« Le jour viendra où le reste de la création animale acquerra ces droits qui n'auraient jamais dû leur être refusés si ce n'est de la main de la tyrannie ». (Bentham, Jeremy, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1789 - Adamant Media Corporation, 2005.)

Bentham considérait que la faculté de souffrir, et non la faculté de raisonner, devait être le critère pour évaluer le traitement juste des autres êtres. Si la capacité à raisonner en était le critère, plusieurs êtres humains, en comptant les bébés et les personnes handicapées, seraient traitées comme s'ils étaient des choses.

Écrit par : Angus | jeudi, 11 juin 2009

Déclaration Universelle des Droits de l'Animal

Proclamée solennellement le 15 octobre 1978 à la Maison de l'UNESCO à Paris. Elle constitue une prise de position philosophique sur les rapports qui doivent désormais s'instaurer entre l'espèce humaine et les autres espèces animales. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989, a été rendu public en 1990.


Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s'étant différenciés au cours de l'évolution des espèces,
Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d'un système nerveux possède des droits particuliers,
Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l'homme à commettre des crimes envers les animaux,
Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l'espèce humaine du droit à l'existence des autres espèces animales,
Considérant que le respect des animaux par l'homme est inséparable du respect des hommes entre eux,

IL EST PROCLAME CE QUI SUIT :

Article premier
Tous les animaux ont des droits égaux à l'existence dans le cadre des équilibres biologiques.
Cette égalité n'occulte pas la diversité des espèces et des individus.

Article 2

Toute vie animale a droit au respect.

Article 3

Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
Si la mise à mort d'un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d'angoisse.

L'animal mort doit être traité avec décence.


http://www.oaba.fr/html/Droits_de_lanimal/Droits_de_lanimal.htm

Écrit par : ROC | jeudi, 11 juin 2009

Article 4

L'animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s'y reproduire.
La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l'animal sauvage à d'autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.
Article 5

L'animal que l'homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.
Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.
Toutes les formes d'élevage et d'utilisation de l'animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l'espèce.
Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.
Article 6

L'expérimentation sur l'animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l'animal.
Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.
Article 7

Tout acte impliquant sans nécessité la mort d'un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.

Article 8

Tout acte compromettant la survie d'une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c'est à dire un crime contre l'espèce.
Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.
Article 9

La personnalité juridique de l'animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.
La défense et la sauvegarde de l'animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.
Article 10

L'éducation et l'instruction publique doivent conduire l'homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.

La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l'Unesco.

Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989, a été rendu public en 1990.

Écrit par : ROC | jeudi, 11 juin 2009

Falk,
Attention, vos délires viennent de réveiller deux ou trois défenseurs du canard que vous avez offensé et mal traité !!!!!

Écrit par : La Fouine | jeudi, 11 juin 2009

Pas possible ! mais c'est bien vrai La Fouine, on parle des canards hier soir, tranquillement, comme pour plaisanter entre chasseurs, et voilà que pendant la nuit une bande d'oiseaux aquatiques au bec caractéristique, viennent se précipiter sauvagement sur La Question pour y faire entendre leur cancanage.

Car, oui La Fouine, le canard cancane, ce n'est pas une plaisanterie, écoutez-ça :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/a/a4/Canard.mp3

D'ailleurs, selon une Légende urbaine, on dit que le cri du canard ne produit pas d'écho, phénomène qui n'aurait pas d'explication à ce jour. Or, grâce à cet article sur la corrida, nous venons de faire la démontration incontestable (Dan, je vous prie de bien vouloir sur l'heure contacter la faculté pour que notre expérience soit dûment établie), que cette assertion est entièrement fausse, le cri du canard produit bel et bien de l'écho ^^ !

Écrit par : Falk | jeudi, 11 juin 2009

Belle démonstration Falk, qui sera certainement publiée dans une revue scientifique genre Science et Vie (des animaux).
Nos amis anti-corrida n'en démordent pas, un taureau préfère l'abattoir à l'arène.
Comme quoi la sensiblerie à deux balles permet de percevoir la psychologie interne des animaux !

Écrit par : La Fouine | jeudi, 11 juin 2009

Etonnante attitude des anti-corridas, qui n'est pas loin de la grossière tartuferie.

on n'objecte rien aux abattoirs, pas de manifestations bruyantes, pas de pétitions, pas de lettres aux députés, alors que le sort des animaux élevés et tués de façon industrielle est absolument effrayant.

En revanche la corrida, qui permet le maintien d'une race de taureau qui n'existerait plus depuis longtemps, qui offre à ces bêtes une existence libre, heureuse et sauvage pendant plusieurs années, est une monstruosité. Voilà un mystère difficile à comprendre, si ce n'est celle, dévoilée ici, à savoir une haine viscérale et irrationnelle de tout ce qui relève de la tradition, et en particulier la tradition catholique.

Écrit par : Roncesvalles | jeudi, 11 juin 2009

@ Roncesvalles, La Fouine, Falk.

Cette grossière tartuferie se double en plus d'un aveuglement rare chez les ignorants défenseurs de la prétendue "cause animale".

En effet, non seulement c'est la race des taureaux de combat qui disparaitrait en peu de temps si la corrida venait à cesser, mais de plus, c'est l'ensemble de l'écosystème lié à l'élevage taurin également, qui représente tout de même 400 000 hectares en Espagne et presque autant dans les marais de Camargue sous contrôle du Parc Régional, dans les garrigues languedociennes, les collines gersoises ou le piémont pyrénéen, qui se verait très rapidement détruit, ou mieux encore, transformé rapidement, surtout du côté espagnol où la convoitise des espaces est très élevée, en parkings, autoroutes, immeubles, supermarchés, etc.

On le constate, la bêtise des anti-corridas dans l'absurde combat dont ils se croient investis, n'a pas de limite...

Écrit par : Damastès | jeudi, 11 juin 2009

Vous savez Damastès, la tartuferie et l'aveuglement font souvent très bon ménage chez les ignorants ! De ce fait, rien d'exceptionnel en cela chez les anti-corridas.

On peut simplement dire, imaginant le spectacle plutôt pénible, quoique hilarant, que représentent leurs parades braillardes régulières vers chez vous à Arles (j'espère que vous habitez loin des arènes...), qu'ils sont assez représentatifs d'un entêtement borné plutôt sévère.

Écrit par : Falk | vendredi, 12 juin 2009

Belle démonstration Falk, qui sera certainement publiée dans une revue scientifique genre Science et Vie (des animaux).
Nos amis anti-corrida n'en démordent pas, un taureau préfère l'abattoir à l'arène.
Comme quoi la sensiblerie à deux balles permet de percevoir la psychologie interne des animaux !

Ecrit par : La Fouine | jeudi, 11 juin 2009

Etonnante attitude des anti-corridas, qui n'est pas loin de la grossière tartuferie.

on n'objecte rien aux abattoirs, pas de manifestations bruyantes, pas de pétitions, pas de lettres aux députés, alors que le sort des animaux élevés et tués de façon industrielle est absolument effrayant.

En revanche la corrida, qui permet le maintien d'une race de taureau qui n'existerait plus depuis longtemps, qui offre à ces bêtes une existence libre, heureuse et sauvage pendant plusieurs années, est une monstruosité. Voilà un mystère difficile à comprendre, si ce n'est celle, dévoilée ici, à savoir une haine viscérale et irrationnelle de tout ce qui relève de la tradition, et en particulier la tradition catholique.

Ecrit par : Roncesvalles | jeudi, 11 juin 2009

@ Roncesvalles, La Fouine, Falk.

Cette grossière tartuferie se double en plus d'un aveuglement rare chez les ignorants défenseurs de la prétendue "cause animale".


Faux Messieurs ! archi faux ! vous prenez vos désirs pour des réalités; Si les associations anti-corrida n'évoquent pas les abattoirs (il faudrait que je vérifie...) je peux vous affirmer que les dénonciations pour cause de maltraitance concernant le bétail quant aux conditions d'élevage de leur conditions de transport dans des conditions scandaleuses et ce qui se passe réellement dans les abattoirs est tout autant sinon plus actif que les remises en question de la corrida.
Pour ce qui serait de ma soit-disant schizophrénie et mon petit nuage rose, je rappelle que beaucoup de femmes dont je suis assument des travaux de toutes nature obligeant à des qualités toutes masculines et en milieu hostile sans aucune condition de luxe et par tous les temps.
Une chose cependant me frappe et je pense que c'est là le noeud de nos divergences, surtout de nos facultés respectives à appréhender les sujets tel La Corrida.
Depuis plusieurs millénaires, l'élaboration de notre monde, c'est à dire les cultures, les religions, les rites tout enfin et jusqu'à ce jour, tout a été pensé, édifié, codifié, légiféré, ordonné par le Principe Masculin et lui seul, reléguantn négligeant totalement le principe féminin.
Ces deux principes sont opposés mais complémentaires, les hommes en ont fait un succédané, allant jusqu'à le renier, créant ainsi une profond déséquilibre dont ne parvient pas à se remettre notre civilisation et qui est cause de la situation actuelle de notre civilisation. Tout est pensé, organisé en fonction de ce principe masculin.
L'homme qui se déifie et se croit supérieur aux autres animaux (oui nous sommes faits comme eux de chair, d'os et de sang) est la seule espèce à brutaliser ses femelles, à les tuer, voir les martyriser.souvent la religion n'y est pas étrangère....
Au principe masculin est dévolu des qualités de force, de destruction
Au principe féminin les rôle de douceur, de créativité.
On peut remarquer que la plupart des personnes qui défendent la cause animale sont principalement des femmes.
Nous savons également que nos cerveaux fonctionnent de façon différente, ainsi que nos perceptions, pôles magnétiques et électiques différents, il est donc logique que nous ne puissions pas nous entendre, pas plus sur la tauromachie que sur beaucoup d'autres sujets.

Écrit par : Mayla | vendredi, 12 juin 2009

Je vois que Mayla tente d'apporter quelques arguments aux pauvres commentaires des anti-corridas mais cela tourne vite à un féminisme post "soixante huitard".
En plus de transformer ces fiers taureaux espagnols en bœufs d'étal, elle tente de transformer la gente masculine en "taureaux châtrés" !

Écrit par : La Fouine | dimanche, 14 juin 2009

@ Mayla. L'argument de "la corrida c'est pour les machos" est faiblement acceptable pour deux bonnes raisons. D'abord parce qu'il y a beaucoup de femmes qui assistent aux corridas dans les arènes, ensuite parce qu'il y a même des femmes toreros.

Exemple français : Marie Sara !

Article wiki :

Marie Sara, de son vrai nom Marie Bourseiller, est une torero française née à Boulogne-Billancourt le 27 juin 1964.

Depuis l'âge de 16 ans, Marie Bourseiller veut être torero. Enfant de la balle, ses parents sont comédiens. De véritables handicaps dans un monde non seulement masculin, mais aussi réservé aux enfants du pays. Mais rien ni personne ne peut briser ses rêves. Passée professionnelle avec l'aide de Simon Casas et Manuel Vidrie, elle est devenue une des rares femmes toreros à cheval françaises.

En 1995, elle se marie avec Henri Leconte avec qui elle aura une fille : Sara Luna. Ils se séparent 10 ans plus tard. Elle vit depuis avec Christophe Lambert, publicitaire de renom et conseiller en communication politique.

Elle est par ailleurs la demi-sœur de Christophe Bourseiller.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Sara

Écrit par : Valence | dimanche, 14 juin 2009

A signaler dans ce registre, Consuelo Cintrón Verril dite « Conchita Cintrón », née le 9 août 1922 à Antofagasta (Chili), décédée le 17 février 2009 à Lisbonne, (Portugal), qui fut une rejoneadora péruvienne. Conchita Cintrón est restée dans l'histoire de la tauromachie comme la première femme rejoneadora. Elle grandit au Pérou, aux cotés d'un père portoricain, Francisco Cintrón Ramos, et d'une mère américaine d'origine irlandaise, Kathleen Mc Carthy. À l'âge de douze ans, à Lima, elle rencontre son futur mentor, le rejoneador portugais Ruy da Camara ; il dirigera toute sa carrière. Elle débute comme torero à pied en janvier 1936 aux arènes d'Acho, à l'âge de treize ans. Elle torée d'abord dans la plupart des pays taurins d'Amérique latine, puis conquiert le Mexique où elle participe à 211 corridas de 1939 à 1943, tuant à pied 401 toros.

Écrit par : José Antonio | dimanche, 14 juin 2009

Mon Dieu, des femmes toreros ! Pas de chance Mayla, encore un argument qui tombe. Mais soyez heureuse, leurs maris font la vaisselle !

Écrit par : La Fouine | dimanche, 14 juin 2009

@ Mayla. Ecoutez plutôt ce que dit Marie Sara, très instructif.


Marie Sara : "La corrida, c’est un art de vivre et une culture !"


Les arguments des « anti » sont toujours les mêmes : barbarie, boucherie, cruauté, violence… Je les entends et j’essaye de les respecter. Cependant, j’aimerais bien que ces gens-là aient une vision plus globale et surtout plus culturelle de la tauromachie.

La corrida, pour nous en tous les cas, c’est un art. Ce sont des lumières sublimes, des couleurs magnifiques, des chorégraphies pleines de grâce, de la musique. Une féria, c’est une fête, une communion, une ambiance extraordinaire qui ne peut laisser indifférent.

La corrida, c’est un art de vivre et une culture. Et la culture, qu’elle plaise ou non, il convient de la respecter.

Les « anti » ne parlent que du sort réservé au taureau. A cela je voudrais répondre ceci :

Tout d’abord l’animal mourra un jour ou l’autre, c’est une chose certaine. Comme les vaches, les bœufs, les poulets, que sais-je encore… Depuis que l’homme est homme, il est carnivore.

Ensuite, il faut bien comprendre que nul ne respecte davantage l’animal que le torero lui-même. Il a grandi et vécu avec lui et il l’aime profondément. Aujourd’hui, je suis donc devenue éleveuse et je peux certifier que je m’occupe de mon troupeau avec infiniment de soin et d’attention.

Cela en fera sourire certains mais c’est pourtant exact. A telle enseigne qu’il n’est pas rare que certaines bêtes -jugées particulièrement braves- soient épargnées. De cela on ne parle jamais et pourtant… Un torero n’est pas un bourreau ni un sadique qui va s’acharner sur la bête. Ainsi, rien n’est plus terrible pour l’homme que de manquer sa mise à mort. Une mise à mort dont je tiens à préciser que -réalisée dans les règles de l’art- elle tue instantanément l’animal. Donc pas de souffrance.

Il y a un très profond respect qui lie le torero à la bête. Et ce ne sont pas des mots mais la réalité de l’arène.

Caricaturer la corrida en « jeux du cirque » est aussi simpliste que de la résumer à une vulgaire « boucherie ». Au risque de me répéter, je tiens à dire que tout cela est infiniment plus subtil et riche que cela. Ce n’est d’ailleurs assurément pas un hasard si tant d’écrivains, de cinéastes ou encore d’intellectuels de renom lui consacrèrent des œuvres magnifiques qui, aujourd’hui encore, font référence. Pas un hasard non plus si -malgré toutes les pressions- les ferias affichent toutes complet aujourd’hui et que la fascination du public ne se dément pas.

Qu’on n’approuve pas la corrida est une chose que j’entends et respecte.

J’aimerais simplement que certains fassent un peu plus d’efforts pour comprendre et accepter cette culture qui est la nôtre. Dans sa globalité et son histoire. Et pas uniquement par le petit bout de la lorgnette. Ce n’est pas un plaidoyer que j’accomplis ici, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Mes mots sont uniquement ceux d’une femme qui a eu la chance et le bonheur d’entrer dans cette grande et noble famille de la tauromachie.

Écrit par : Damastès | dimanche, 14 juin 2009

Très bel article intitulé :

"Dans l’arène, le frère de lumière Vainc le tyran"
Aperçus sur la symbolisme de la féria
Par Pascal Treffainguy


"Comme l’homme Jésus doit mourir au bout du chemin de Pâques qui le mène à la croix, pour que le peuple juif retrouve le divin dans une nouvelle Jérusalem, ou se perde sur les routes de la diaspora et de l’holocauste aux dieux païens, le taureau, bestial, désir surgi de nos terres intérieures, doit franchir l’extrémité du corridor et mourir sous la dague, cachée sous la mulette, de l’homme de lumière.

Nul veau d’or dans ce rite ressuscité de l’ère du Taureau (de -4.000 à -2.000 avant notre ère), dans cette marche de la grande année de 16.000 ans, dans laquelle s’élance l’humanité pour vivre la spirale de sa destinée. N’y retrouve t-on pas le récit des victimes de NDE, de mort imminente ? Ces témoignages de retour de l’au-delà dont les auteurs, bouleversés, racontent les expériences de tunnel et de lumière à son extrémité qu’ils ont vécues. De cette catharsis, tous affirment être renés, d’une renaissance prophétisée par le Grand Prêtre du Temple à propos de Jésus : « Ne faut-il pas qu’un meurt pour que tous vivent ? ». Et c’est ce qu’offre la féria, mourir à l’hiver, aux ténèbres, à l’ancien, aux doutes pour que renaisse dans la foi la lumière des beaux jours et l’espérance des récoltes à venir."


La suite ici :

http://www.lespacearcenciel.com/feria-darles-corrida.html

Écrit par : Quadrige | lundi, 15 juin 2009

C'est bien triste que vous refusiez de comprendre ce que j'écris et qui n'a strictement rien à voir avec le féminisme...Il est toujours nécessaire n'est-ce pas de réduire ou de vouloir ridiculiser de façon aussi éculée;
Que des femmes pratiquent la Corrida est un argument qui ne tient pas la route puisque ayant baigné dedans et on sait parfaitement qu'il y a une partie masculine chez les femmes et l'inverse chez les hommes, vous prouvez seulement que vous pensez et argumentez comme des hommes que vous êtes et là tout comme vous restez des hommes, je reste une femme consciente malgré tout et à cause de ça de ne pas penser comme un homme.
il ne suffit pas d'être une femme pour agir et penser comme tel puisque tout comme je l'ai précisé depuis la naissance tout est orchestré par les valeurs et défauts masculins; est-ce si compliqué à comprendre ? Très certainement, et autant de votre part que de la mienne
Que Marie Sara et d'autres femmes en fassent l'éloge est on ne peut plus normal, le contraire serait plus qu'étonnant non ? On voit des femmes dans beaucoup de métiers qui ne sont pas précisément la révélation féminine...Il y a même des catcheuses et d'autres qui font de l'épaulé-jeté...
Je note qu'elle utilise le mot "fascination" très justement ; Certains sont même hypnotisés... ou se sentent transportés... preuves qu'ils n'ont plus toutes leurs facultés. en tout cas pas celles dictées par la raison et ça n'est pas parce que toute cette énergie est portée par une foule qu'elle se justifie en prenant appui sur ou par la religion. La foule était la même dans les cirques romains, elle est la même dans les révolutions, aveugle, irresponsable, même si celle des corridas dans les arènes tempère un peu ses ardeurs.
La difficulté c'est justement de lier la corrida à la religion, au sublime, rendant le débat pratiquement impossible puisqu'on risque de s'attaquer également au sacré; Sacrés armure! C'est vrai qu'on bénit également les canons et qu'elle considérait encore il y a peu les indigènes comme étant sans âme, et leurs martyrs aussi anodins que ceux d'un animal, sans oublier que la femme elle non plus n'avait pas d'âme... Amen
D'autres cultures pour atteindre le sacré n'ont pas besoin d'éléments extérieurs, ni de rapports sacrificiels avec un animal;
Il y a bien d'autres aspects de cette culture en dehors de la corrida qui ne sont pas dûs à la subtilité et au respect de l'animal,
A Malaga, un homme de radio spécialisé dans la musique andalouse m'a raconté avec force vantardise qu'il avait coupé l'oreille de sa femme parce qu'il avait cru.... et qu'il l'avait fait sur une de ses petites amies et que c'est normal! Ca vous laisse perplexe quand même,
Je n'ai pas rêvé non plus ce que j'ai vu lors de férias, il n'y a pas que les sévillanas pour touristes! : les chêvres, les poules à qui on doit arracher la tête, les chats noirs, les lévriers de chasse, les chevaux qui meurent d'épuisement, etc etc...Pas trouvé les rituels pour tout ça !
Ne doutant pas que vos esprits masculins -et pseudo féminins- ne trouvent quelques arguments supplémentaires à tout ce que je ne peux m'empêcher de considérer comme autant d'effets oratoires sans les effets de manche, je vous laisse à vos ivresses, souhaitant malgré tout que vos sublimes finissent par tomber dans l'abîme.
Très Cordialement

Écrit par : Mayla | lundi, 15 juin 2009

@ Mayla. Je ne sais pas si, refusant la valeur des props de Marie Sara, ou d'autres femmes exerçant des activités au sein du milieu taurin, parce que non féminines à vos yeux, on résoudra vraiment le problème de fond, à savoir si la corrida possède, ou non, un élément qui en fait autre chose que de la simple barbarie gratuire, ou un exercice de cruauté.
Pour avoir grandi dans cet environnement, je peux vous assurer que l'amour du taureau (que l'on écrit plutôt "toro" près de chez moi en Arles) est immense. Son respect considérable. Personne n'aurait l'idée de massacrer une bête, élevée, protégée pendant des années, pour se faire plaisir, c'est ridicule.
Maintenant que pendant les férias il y ait des dingues qui s'amusent à faire n'importe quoi, picolent un max, je suis d'accord. Pour vous faire un aveu, autant j'aime la San Isidro à Madrid que la San Firmin à Pampelune et l'atmosphère des encierros en semaine (pourtant je vous fais remarquer que l'on n'y tue pas les taureaux puisque le jeu consiste à courir assez vite afin de les éviter entre les barrières - et là il y a des morts et des blessés chaque année) m'a toujours laissé un peu dubitatif, malgré l'intérêt des corridas qui suivent le dimanche.
Vous voyez donc qu'un dialogue, aussi minime soit-il, est possible. Il ne s'agit pas d'effets oratoires, mais de comprendre Mayla, que la corrida est certes une tradition, mais aussi la garantie de la survie d'un monde menacé, et du maintien d'une race de taureau magnifique qui n'a de sens que parce que la corrida existe, et que vous ne voudriez-pas, du moins j'imagine, voir disparaître ?

Écrit par : Damastès | lundi, 15 juin 2009

Je comprend et conçois parfaitement Damastès qu'il soit angoissant, voir révoltant de vivre avec la critique et la peur de voir disparaître tout un pan de ce qui fait partie d'une façon de vivre quasi quotidienne, et beaucoup plus, mais la corrida a beau se trouver épaulée par "la religion" et cette magnifique race de toro (je les connais car il y a un élevage à 1 km de chez moi et je m'arrête souvent pour les observer) tout sans exception naît grandi jusqu'à son apogée et meurt; il n'y a pas d'autre loi sur notre petite planète; vous parlez des jeux où l'animal n'est pas exécuté et sans y avoir assisté (seulement de loin) autrement qu'en films de passionnés, ne serait-t'il pas souhaitable que toute ces énergies soient dépensées dans des domaines (peut-être à trouver et innover)plus enrichissants mentalement et intellectuellement (voir physiquement ou tout ensemble) au service de l'être humain ?
Cette race de toros peut être décimée rapidement malgré tous les soins qui lui sont apportés et celà du jour au lendemain, qu'est-ce qu'on fait sans toros ? Qu'y a-t'il comme remplacement immédiat à servir à la foule aux passionnés ? Quel autre genre de spectacle sacrificiel et divin ? Je ne pense pas que l'autorisation de l'Eglise ait été aussi intellege que celà, un calcul tout au plus, peut-être dans le dernier optique que je signale : vers quoi va se tourner le peuple la foule qui a besoin de se décharger, d'exulter? Je pense que l'Eglise n'a pas eu le courage nécessaire à l'époque (face aux élites de l'époque qu'il fallait ménager) et que sa "bienveillance" n'a fait que reporter le problème aux siècles suivants. Qu'en pensez-vous ?

Écrit par : MAYLA | mercredi, 24 juin 2009

Mayla, J'entends bien votre discours, mais c'est précisément ce à quoi je me refuse, à savoir qu'une culture, une tradition, des hommes, des coutumes, des animaux, disparaissent parce que le spectacle taurin est devenu trop difficile à supporter pour des consciences urbaines fragiles, habituées à consommer ses aliments sans voir tout ce qui précède et constitue l'existence animale sur le plan concret.
Les esprits de nos jours préfèrent l'hypocrisie plutôt que d'admettre que la vie est parfois dure, que la relation de l'homme au toro (merci pour l'avoir écrit ainsi !)est faite d'amour et de combat. Et ces toros, croyez-moi, ils sont aimés, admirés, et traités avec infiniment de respect par ceux qui s'en occupent.
On imagine mal l'investissement en temps et en énergie, la passion énorme que nécessite l'élevage. Il en va de même pour toute une population qui depuis des décennies a fondé toute son activité sur la culture taurine.
C'est pourquoi je trouve remarquable, ici fort bien décrit dans cette note de Zacharias, le lien qui s'est peu à peu constitué entre l'Eglise, les fêtes locales et le toro, lien qui n'est pas un pur calcul stratégique mais qui a surgi naturellement dans l'histoire du fait des populations et de leur mode de vie.
Ce mode de vie est est un monde coloré, chaleureux ; plein de sons, de chants, de couleurs, de joie et d'amitié entre les hommes, tout ce que la civilisation contemporaine a oublié, mais que nous refusons de voir s'évanouir sur l'autel de la modernité triomphante.

Écrit par : Damastès | mercredi, 24 juin 2009

La corrida est un spectacle païen !
Le combat contre la souffrance animale est un combat respectable !

Écrit par : Francine | samedi, 22 mai 2010

@ Francine


Ce sont les moines qui ont élevé depuis des siècles les taureaux de combat, qui ont perfectionné les races taurines, qui ont soutenu et encouragé la corrida. Tous les saints espagnols sont fêtés à l'occasion d'immenses corridas (san Isido, san Firmin, san Juan etc.).
Lors de la canonisation de sainte Thérèse d'Avila l'Eglise célébra cet événement en faisant donner des dizaines de corrida dans toute la castille, région de naissance de la madre.

Non, comme il a été dit ici, la corrida n'est pas un spectacle, mais est liée à l'Eglise, et reste intime de toutes les festivités religieuses ibériques.

Écrit par : Serrus | mardi, 25 mai 2010

ego, ego, quand nous buvons ton calice, l'ignorance nous fait jouir !

j'habite près des arènes de Bayonne et connais bien ce que la corrida représente comme lâcheté cruelle et magouilles mafieuses...

Écrit par : carlos | samedi, 24 juillet 2010

Les pires ennemis de la Corrida ne sont peut-être pas les gauchistes ignares, mais les marchands et magouilleurs de toutes obédiences.

Expliquer le caractère profondément humain et purificateur de la Corrida parait impossible à réaliser face à des estomacs sur pattes qui se gavent de Ben Mac Do, Ben Mac Do alimentés par des usines à bovins autrement plus cruelles et inhumaines qu'une saine Corrida.

Mais que voulez-vous ... On a si souvent dit que les Français étaient de veaux, qu'à force, ils ont fini par le croire. Alors quand ils voient une Corrida, ils ont peut-être l'impression que le taureau est un des leurs ! Quel drôle de monde nous concoctent ce genre de personnages ?

Écrit par : Ximénes | samedi, 06 août 2011

c'est extrêmement courant,cette manière de justifier l'abjection par d'autres abjections.Cela s'appelle la rationalisation.Ceux qui ne supportent pas le supplice d'un animal ne supportent pas plus les abattoirs ou le fait d'ebouillanter les homards.Ceux qui continuent à manger des animaux ou à porter du cuir ne sont pas conscients de la monstruosité des abattoirs,destransports,des élevages.Mais sûrement deviendraient ils végéta(l)iens ou vegan s'ils voyaient les conditions de vie et de mort des animaux.En revanche,payer sa place pour voir agonir,supplicier un pauvre herbivore relève d'une perversité morbide et inexcusable.Ne pas faire à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse,reste le principe à respecter à tout prix,autrui étant le taureau.Etendre sa compassion à tous les vivants me semble être tellement naturel que je comprends difficilement ceux qui usent de métaphores pour justifier l'inqualifiable

Écrit par : alice | dimanche, 13 novembre 2011

Le pire quand même dans la dénonciation de la corrida - dont tous les arguments tombent un à un quand on lit des livres intelligents comme ceux de Francis Wolff -, c'est qu'elle sert TRÈS souvent à alimenter la légende noire de l'Espagne (dont on connaît toutes les supercheries et les exagérations) et à finir par tenter de discréditer tout un pays.

Je suis frappé de voir que, dans les commentaires anti-corrida que l'on peut lire çà et là sur Internet, il y a souvent des commentaires injurieux envers toute la nation espagnole (j'ai encore lu récemment un commentaire sur Youtube qui disait que la corrida n'était même pas surprenante chez des "Espagnols irrécupérables").

Et que dire de ceux qui s'extasient devant la récente décision catalane concernant la corrida sans en connaître les tenants et les aboutissants, plus politiques qu'écologiques.

Entre l'ignorance et la xénophobie assumée, le cœur des anti-corridas balance donc.

Écrit par : Hey | samedi, 28 juillet 2012

Un anti corrida est plus proche de l'enseignement du Christ qu'un soi disant " fervent catholique " dans une arène...

Écrit par : Jean | jeudi, 07 novembre 2013

Bonjour,

Analyste jungienne écrivaine, je souhaite vous informer de la parution de mon livre résolument anticorrida : Ni art ni culture, aux éditions Astobelarra.

Présenté sur mon site.

Bien à vous,

Isabelle Nail

Écrit par : Isabelle Nail | mercredi, 30 juillet 2014

La corrida c'est une survivance du paganisme et rien d'autre. Depuis le sacrifice sur la Croix de notre Seigneur, tous les sacrifices d'animaux sont une négation du fondement de la religion chrétienne !

Tous ceux qui mettent beaucoup de zèle à condamner l'apostat R. Guenon, j'aimerais bien leur voir appliquer le même zèle pour condamner toute survivance du paganisme, dans ses formes dégénérées... Ce n'est pas parce que certains prélats catholiques ont bénis les toréadors avant leur combat, qu'ils sont dans le vrai et le juste. Il me semble pourtant que Saint-Pie V a écrit une bulle pertinente sur le sujet! Alors, tous les tradis qui se réclament de l'ancienne messe, justement de Saint-Pie, devraient aussi s'inspirer de ses bulles.

A bon entendeur, salut !

Écrit par : Marie | jeudi, 07 août 2014

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