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jeudi, 28 mai 2009

Le saint temps des pèlerinages et des processions

Une tradition combattue par la Révolution française

 

 

   

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Toute procession, si minime soit-elle, relève,

suppose, une volonté intérieure de conversion

et de recherche de l'essentiel au coeur de nos vies  

 

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procession.jpgEn cette période du temps liturgique, on constate que se conserve heureusement, en particulier dans les campagnes mais pas seulement puisque Pentecôte est le moment par excellence de son expression lors de l’habituel Pèlerinage de Chartres, une tradition ancestrale que la Révolution française voulut abolir et qui suscite parfois chez nos contemporains de l’étonnement, mais qui pourtant demeure inscrite au cœur même de notre vie religieuse et fut sauvée de haute lutte, à savoir la pieuse marche des pèlerins à travers les champs et les campagnes pour se rendre dans les sanctuaires vénérés.

 

Comme la plupart des rites, les pèlerinages et les processions participent d’une relation qui relève de la sainte mémoire avec les lieux, les saints et les monuments, et rythment harmonieusement la succession des mois et des saisons au sein de l’année. C’est pourtant cet immémorial ordre des choses que l’on voulut détruire avec une rage démentielle, et qui réussira à survivre à la folie antichrétienne de la République, mais qu’une modernité impie, héritière des idées destructrice de 1789, corruptrice par sa haine des éléments essentiels de la vie spirituelle, serait toutefois en passe de faire disparaître si ne se maintenait pas chez certains, une ferme volonté de perpétuer et poursuivre l’antique dévotion catholique.

 

 

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Partir en pèlerinage n'est pas un acte liturgique comme un autre

 

 

I. Nature du pèlerinage

 

Il existe des processions dans pratiquement tous les rites religieux, de l'Antiquité à nos jours. Comme l’écrit Myriam Fertet-Boudriot : « Les pèlerinages sont des activités rituelles qui nous poussent à nous rendre sur des lieux de dévotions. Ils comportent de nombreuses processions rituelles en rapport avec ce que l’on appelle la « piété populaire » : processions en l'honneur des saints, processions mariales, processions aux flambeaux, chemins de croix, etc. On songe par exemple aux processions qui couronnent en beaucoup d’endroits les fêtes de l'Assomption. Partir en pèlerinage n'est pas d’abord un acte liturgique comme un autre, c'est, plus profondément, l’acceptation d’un départ. Partir, c'est se mettre en mouvement vers des lieux qui ont pour nous une signification spirituelle. Toute procession, si minime soit-elle, relève, au fond, de la démarche du pèlerinage. Elle suppose une volonté intérieure de conversion et de recherche de l'essentiel au coeur de nos vies. » [1]

 

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La tradition des Pardons en Bretagne

Le pèlerinage et la procession constituent donc une des composantes fondamentales de la piété catholique. La montée du protestantisme avec sa tendance vers une spiritualité plus intériorisée sembla menacer ces manifestations extérieures de la foi, puisqu’aux yeux de certains théologiens, le pèlerinage faisait au contraire obstacle au contact avec le divin par un inutile, pour ne pas dire impur détour via le monde du sensible. Telle fut, par exemple, l’attitude de la Réforme face aux pèlerinages catholiques du XVIe siècle [2].

II. Le rappel du Concile de Trente

Or, le Concile de Trente (1545-1563) préconisera au contraire la vénération de la Vierge et des saints à travers les images [3] et les reliques ou par le biais des pèlerinages. Ainsi la pratique religieuse populaire insuffla une nouvelle vie aux nombreux lieux de pèlerinages marials, ce qui allait profondément marquer la piété jusqu'au siècle des Lumières. Par exemple, vers 1552, saint Philippe Neri, (1515-1594) ordonné prêtre, proposa à tous un usage qui lui était familier, celui de visiter en deux jours, soit treize heures de marche, Saint-Jean-de-Latran (qui rappelait le patriarcat de Rome) et les quatre basiliques patriarcales, en un tour du monde idéal, ainsi impliqué dans un pèlerinage pénitentiel ; avec deux étapes supplémentaires : Saint-Sébastien, très cher au cœur de Philippe, et Sainte-Croix.[4]

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De Saint-Pierre à Saint-Paul
on méditait sur la sueur de sang au jardin des Oliviers
et sur la marche de Jésus vers la maison du grand prêtre

ignatius_loyola.jpgToutefois, l'époque de la Contre-Réforme catholique et le renouveau ecclésial qui avaient suivi le Concile de Trente, portent surtout l'empreinte de la spiritualité d'Ignace de Loyola (+1556) [5], le fondateur de la Compagnie de Jésus, dont la vision allait durablement influencer la culture religieuse du XVIIIe siècle. Tout ce dont les Réformés s'étaient défait avec incompréhension et ardeur aveugle, parce que cela choquait leur spiritualité ou leur idéal de pureté, Ignace l'enseigna en le replaçant dans le contexte plus vaste du mystère de l'Incarnation. Son activité et son influence étaient marquées de son acceptation évidente des aspects visibles de l'Église du Christ. Selon lui les cérémonies liturgiques, la décoration picturale et l'ornementation des églises, les pèlerinages et les processions constituaient le côté visible de l'Église. Ignace insistait de ce fait pour que l'on ne parlât pas uniquement de la foi, mais également de la contribution humaine sur le plan du salut. A plus d'une occasion il se référa à la vieille doctrine de l'Église qui tient compte à la fois de Dieu et de la personne humaine, de la grâce divine et de la nature. Il ne visait pas la restauration de l'Église primitive, mais sa renaissance intérieure et son renouvellement dans un esprit religieux et ecclésial.

III. Le temps de la Révolution satanique

Mais la menace la plus grave qui s'abattit sur ces bienfaisantes dévotions, fut celle de la Révolution française, qui chercha à définitivement supprimer ce qui existait depuis des siècles, interdisant sur l’ensemble du territoire et dans les plus minuscules recoins du pays toutes les activités religieuses publiques qui, selon les fous qui s’étaient emparés du pouvoir politique, « menaçaient » le nouvel ordre laïque et républicain, brisant les statues, brûlant les vierges noires qui étaient vénérées depuis des siècles par les populations. Ainsi, la période révolutionnaire marqua la fin des grands pèlerinages populaires, et l’abbaye du Mont Saint Michel, par exemple, sera transformée en prison dès 1793, et le restera jusqu’en 1863.

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L'imitation parfaite de Jésus passe par l'invocation de Marie

Il faudra donc attendre la fin de l’orage révolutionnaire, alors que les sanctuaires avaient été dévastés, les chapelles incendiées ou transformées, dans le meilleur des cas, en greniers ou prisons, le clergé assassiné et dispersé par la Convention, pour qu’émergent de nouveau les pèlerinages et les processions. De la sorte, la dévotion aux anciens sanctuaires qui se manifesta lentement au début du XIXe siècle, après les sombres années où Satan régnait en maître sur la France, sera de nouveau autorisée officiellement en 1821 sous Louis XVIII, et à Chartres c’est par un grand pèlerinage en 1873, puis un autre en 1876, que resurgit enfin de la parenthèse révolutionnaire le grand élan dévotionnel qui subsiste encore magnifiquement de nos jours. Enfin Mgr Lagrange institua les pèlerinages diocésains, dont le premier eut lieu en 1891.

Notes

[1] Myriam Fertet-Boudriot, Processions, Union Sainte Cécile – Strasbourg, Caecilia 4/2003.

[2] Il faut reconnaître que née de la vénération des tombeaux des martyrs, la multiplication des reliques donna lieu à quelques abus manifestes et les critiques, notamment de Calvin qui en 1543 dans le Traité des reliques dénonça la multiplication des mêmes objets dans des endroits différents (14 clous de la Croix, 4 couronnes d'épines), n’étaient pas toutes infondées. En effet si au début, les églises comptant des martyrs envoyaient gratuitement des reliques à celles qui n'en avaient pas. Les besoins augmentant, les églises occidentales enverront à Rome, du VIe au IXe s., des centaines de pèlerins qui achèteront les ossements (de chrétiens anonymes ou sans notoriété), retrouvés en masse dans les catacombes. Ainsi, après le IXe s., on exigea de plus en plus de reliques de saints célèbres (ossements ou autres souvenirs). Les croisades provoquent un nouvel afflux de reliques et un trafic florissant. A l'abbaye bénédictine de Corbie (Somme), on trouvait ainsi des reliques de Jésus (sang, cheveux, morceaux de son cordon ombilical, de la crèche, de sa serviette d'enfant, de sa croix, de son tombeau et de ses vêtements, des pains multipliés au désert) ; de la Vierge (gouttes de son lait, cheveux, morceaux de son manteau et de son voile ; 1 morceau de voile est conservé à St-Jacques de Compiègne) ; de St Pierre (cheveux et barbe, fragments de sa croix, sandales, table, poussière de son tombeau) ; de Marie-Madeleine (cheveux et parfums) ; de Zacharie, père de Jean Baptiste (os) ; de Jean Baptiste (vêtements) ; de Noé (poils de barbe) ; des Rois mages rapportées à Cologne par Frédéric Ier Barberousse en 1164. Selon Jacques Collin de Plancy (1793-1881) [Dictionnaire des reliques, 1821-22], les ossements dispersés dans les églises permettraient de reconstituer les squelettes de plusieurs centaines de milliers de saints. (On a recensé par exemple pour St Blaise 8 bras, St Pierre 32 doigts, St Matthieu 11 jambes, St Léger 10 têtes, St Étienne 8 têtes. Le corps de St Antoine de Padoue est à Padoue avec un bras supplémentaire à Lisbonne et un autre à Venise. Ste Agnès a 3 corps : à Rome, Monresa (Catalogne) et Utrecht, 1 tête à Rouen et des os à Anvers et Bruxelles. Lazare : Marseille, Avallon, Autun prétendaient avoir son corps. De Judas (qui n'était pas un saint), on présenta des reliques à Florence, St-Denis et Aix-en-Provence (les deniers contre lesquels il vendit le Christ), à Rome (sa lanterne et sa tasse), à Amras (un morceau de la corde avec laquelle il se pendit), etc.

[3] Pour reprendre le raisonnement de Jean de Damas (8e siècle), c'est par le truchement de l'image qu'on vénère l'original, c'est-à-dire la Vierge ou les saints à qui l'on adresse prières, invocations et actions de grâce. « L'être humain à la recherche du sens ultime est en même temps en partance vers des figures concrètes qui lui illustrent ce sens de façon visible et palpable. Bien sûr, le mystère reste toujours plus grand que sa représentation. Il nous est impossible de confirmer le divin dans une quelconque matière terrestre, mais nous découvrons que le Verbe incarné nous est devenu plus humain que s'il était resté à jamais l'éternel Souverain à l'horizon le plus éloigné de notre entendement. » (Mgr. Klaus Hemmerle, Aix-la-Chapelle).

[4] « Philippe et ses fidèles se retrouvaient à Santa Maria della Vallicella, pour ainsi dire chez Philippe. De là, ils se rendaient à Saint-Pierre, et c’était une étape préparatoire, qui rappelait le parcours du cénacle à Gethsémani. À Saint-Pierre commençait le chemin proprement dit : de Saint-Pierre à Saint-Paul on méditait sur la sueur de sang au jardin des Oliviers et sur la marche de Jésus vers la maison du grand prêtre ; de Saint-Paul à Saint-Sébastien on méditait sur le parcours de Jésus de la maison du grand prêtre à celle du chef du sanhédrin et sur la flagellation ; de Saint-Sébastien jusqu’à la halte-rafraîchissement, on méditait le parcours de la maison de Caïphe au prétoire de Pilate et le couronnement d’épines ; de la pause à Saint-Jean, la Passion ; de Saint-Jean à Sainte-Croix, le parcours du prétoire de Pilate au palais d’Hérode ; de Sainte-Croix à Saint-Laurent, celui du palais d’Hérode au prétoire de Pilate et la condamnation à mort ; de Saint-Laurent à Sainte-Marie-Majeure, le parcours du prétoire de Pilate au calvaire et l’ultime effusion de sang. » [Cf. Les sept églises : un parcours symbolique ]

[5] Ainsi dans son autobiographie, récit de sa vie jusqu'en 1538, saint Ignace se désigne à plusieurs reprises comme pèlerin. Selon sa propre conception, ce qualificatif ne s'applique pas seulement au pèlerin en Terre sainte qu'il fut réellement, mais aussi à celui qui considérait à juste titre son cheminement vers Dieu comme le grand pèlerinage de sa vie. Sa disponibilité croissante pour être à l'écoute de Dieu et pour se laisser guider par lui traverse comme un fil rouge toutes les péripéties et les difficultés de son existence. Or, son livret d'exercices spirituels nous renseigne sur l'importance que l'invocation de Marie a revêtue aux moments décisifs de son existence. Dans la spiritualité ignatienne, l'imitation parfaite de Jésus passe par l'invocation de Marie.

07:30 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (60) | Tags : catholicisme, foi, christianisme, république, histoire |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

"Profitons de ce saint temps" disait en effet saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui est né en 1673 à Montfort-sur-Meu.

Ce saint, qui fit tant pour développer les pèlerinages et les processions, fut de ces grands prédicateurs populaires qui réveillent le sentiment religieux dans les foules par les exercices de piété et font des conversions.

Ordonné prêtre en 1700, il fonde en 1703, avec Marie-Louise Trichet, la congrégation des Filles de la Sagesse dévouée à l’enseignement des enfants pauvres. Louis-Marie Grignion de Montfort mène également une inlassable prédication itinérante en Bretagne, en Anjou, au Poitou, en Normandie et en Saintonge qui porte beaucoup de fruits.

Saint Louis-Marie nous a laissé un grand nombre de cantiques populaires et un « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge », écrit vers 1710 et découvert par hasard en 1842.

Écrit par : Sulpice | jeudi, 28 mai 2009

Cette haine contre les pèlerinages est significative de la part de la République laïque, criminelle et franc-maçonne, dont les effets furent catastrophiques sur les âmes, haine fondée sur la haine de Dieu.

Il faudra pour que la France retrouve ses racines chrétiennes pour renaître et que de nouveau elle s'agenouille autour des autels et fasse réparation de ses fautes dans des grandes manifestations de piété collective.

Écrit par : Multiplices inter | jeudi, 28 mai 2009

Belle idée que cette note sur les processions. La Bretagne est en effet le pays des Pardons. Depuis des temps immémoriaux, chaque année les hommes se rassemblent autour des six mille chapelles qui maillent le paysage et la culture de la Bretagne.

Défiant les modes, ils y célèbrent huit cents saints légendaires dotés de pouvoirs mystérieux et avec lesquels ils entretiennent des relations bien particulières. Le Pardon breton mélange la fête religieuse et le culte. Les Pardonneurs se prêtent à des rites et à des pratiques que l'église a parfois mais en vain tenté d'interdire au cours des derniers siècles : triple circumambulation autour du sanctuaire, baiser des statues et des reliques, ablution aux fontaines, accolement de mégalithes, embrasement de bûchers, offrandes et invocations, chants et danses, jeux...

Dans la Bretagne du XXIe siècle, plusieurs milliers de pardons rassemblent à la belle saison des centaines de milliers de Bretons qui perpétuent une tradition millénaire. La particularité du Pardon est de participer à une double culture - chrétienne et celtique - de se rattacher à un espace - la paroisse - et à un temps - la fête du saint - qui s'enracinent dans un passé à la fois mythique et historique.

Écrit par : François Gonseth | jeudi, 28 mai 2009

Cela ne m'étonne pas de vous Zacharias, connaissant votre penchant augustinien, de vous voir citer le "Traité des reliques" de Calvin, ce qui m'est plutôt sympathique pour tout vous dire, même si ensuite je suis beaucoup plus réservé à propos de votre visible admiration à l'égard de la piété populaire, certes respectable et touchante, mais qui véhicule, escusez-moi d'avoir à le souligner, une masse importante de vieilles superstitions.

Je rappelle ue le Traité des reliques se divise en deux parties très distinctes. D'une part, l'introduction, la conclusion et plusieurs passages du développement s'attachent à expliquer que les reliques sont des « mensonges », d'autre part, le corps du texte est pour sa part constitué d'une longue liste de reliques, avec des indications sur leur localisation.

Dans la partie consacrée à détourner le fidèle de vouer un culte aux reliques, Calvin met en avant plusieurs arguments.

Tout d'abord, dit-il, il faut préférer la parole du Christ à ses « chemises » ou à ses « souliers », car le transfert de l'honneur de Dieu conduit à l'idolâtrie, la plupart des reliques ne sont pas attestées par la Bible, et n'ont pas pu résister aux différentes destructions de Jérusalem (table de la Cène, à Rome). Elles ont été créées postérieurement au Ier siècle et sont donc fausses (le bras de saint Antoine, à Genève), ou anachroniques (les dés des soldats romains), ou encore contradictoires (les trois prépuces du Christ, à Rome, Charroux et Hildesheim). De plus, les reliques ne peuvent que susciter des querelles entre les chrétiens d'Occident (la croix apparue à Constantin se trouverait à Brescia ou à Cortonne), mais aussi avec les Églises d'Orient (dont les avis sur les corps saints sont plus sûrs que les hypothèses formulées en Europe). Enfin, il existe un risque incompressible de faire de tout objet une relique (adorer le vêtement d'un brigand, l'os d'un chien, ou la bague d'une paillarde), ou de vénérer les instruments de la passion (la lance, les clous, les épines, mais aussi les pierres de saint Étienne ou les flèches de saint Sébastien).

La deuxième partie de l'ouvrage consiste en un vaste panorama des reliques vénérées dans l'Europe catholique au XVIe siècle. Calvin reconnaît qu'il s'agit d'une gigantesque « forêt » dont on risque de ne pas pouvoir sortir ; c'est pourquoi il procède par méthode. D'abord le Christ : ses dents, ses cheveux, son sang, son berceau, la colonne sur laquelle il s'appuyait lors de la dispute au Temple, les hydries (cruches) de Cana, le pain, la croix, le suaire, les deniers de Judas, enfin les crucifix dont la barbe pousse ou dont les yeux pleurent.
Ensuite la Vierge : ses os, ses cheveux, son lait, sa chemise, sa ceinture, sa pantoufle, ses peignes. Calvin aborde ensuite les saints entourant Jésus : saint Jean Baptiste et les morceaux de sa tête, sa mâchoire, son oreille, son doigt ; saint Pierre et son corps, sa tête, ses dents, sa cervelle, sa chaire épiscopale ; saint Paul et son corps, son épaule, ses os, la chaîne avec laquelle il fut attaché. Calvin consacre enfin des passages plus courts à la mention des reliques d'autres saints : Thomas, Denis, Etienne, Laurent, Gervais, Protais, Pétronelle, Hélène, Hilaire, Honorat, Symphorien, etc. Plusieurs d'entre eux comptent tellement de reliques que l'on pourrait reconstituer, selon Calvin, plusieurs corps humains : André, les deux Jacques, Philippe, Simon, Anne, Lazare, Madeleine, Sébastien, Antoine, etc.

J'aime donc en particulier une formule de Calvin qui me semble assez juste : « Au lieu de chercher Jésus-Christ en sa parole, en ses sacrements et en ses grâces spirituelles, le monde, selon sa coutume, s'est amusé à ses robes, chemises et drapeaux. »

Écrit par : Moria | jeudi, 28 mai 2009

Il faut lire absolument Moria, l'étude très complète de l'Assemblée Plénière de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements réalisée en décembre 2001, qui lui fixe des règles strictes tout en insistant sur le caractère recommandable, légitime et bénéfique de la piété populaire :


"Au cours de cette période consécutive au renouveau conciliaire, la situation de la piété populaire chrétienne se présente de manières diverses en fonction des pays et des traditions locales. On note des attitudes contrastées, parmi lesquelles, il convient de citer: l’abandon manifeste et hâtif de formes de piété héritées du passé, qui a pour effet de laisser des vides qu’il est souvent impossible de combler; l’attachement à des formes imparfaites ou erronées de dévotion, qui éloignent les fidèles de la révélation biblique authentique et qui entrent en concurrence avec l’économie sacramentelle; des critiques injustifiées à l’encontre de la piété du peuple des humbles au nom d’une prétendue "pureté" de la foi; l’exigence de sauvegarder les richesses de la piété populaire, qui est l’expression d’un sentiment religieux profond et mûr des croyants dans un espace et à une époque déterminés; le besoin d’une purification des équivoques et la nécessité de se prémunir contre les dangers du syncrétisme; la vitalité renouvelée de la religiosité populaire, qui exprime une résistance et une réaction envers une certaine culture technologico-pragmatique et l’utilitarisme économique; un manque d’intérêt envers la piété populaire, qui n’a cessé de croître, et qui est dû aux idéologies de la sécularisation et à l’agression des "sectes" qui lui sont hostiles.

[...]

La piété populaire, définie très justement comme un "vrai trésor du Peuple de Dieu", "traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et de sacrifice jusqu’à l’héroïsme, lorsqu’il s’agit de manifester la foi. Elle comporte un sens aigu d’attributs profonds de Dieu: la paternité, la providence, la présence amoureuse et constante. Elle engendre des attitudes intérieures rarement observées ailleurs au même degré: patience, sens de la croix dans la vie quotidienne, détachement, ouverture aux autres dévotions".
Les réalités désignées par la locution "religiosité populaire" renvoient à une expérience universelle: une certaine dimension religieuse est toujours présente dans le cœur de chaque personne, comme dans la culture de chaque peuple, en particulier dans le cadre de ses manifestations collectives. De fait, chaque peuple tend à exprimer sa propre vision totalisante de la transcendance, ainsi que sa conception de la nature, de la société et de l’histoire en se servant des médiations cultuelles, et il réalise ainsi une synthèse particulière qui a une dimension humaine et spirituelle de grande valeur.

La religiosité populaire ne concerne pas uniquement la révélation chrétienne. En effet, en de nombreuses régions, où vivent des sociétés imprégnées d’éléments chrétiens selon des modes différents et variables, jaillit une sorte de "catholicisme populaire", où coexistent, d’une manière plus ou moins harmonieuse, divers éléments provenant du sens religieux de la vie, de la culture propre du peuple et de la révélation chrétienne."

DIRECTOIRE SUR LA PIÉTÉ POPULAIRE ET LA LITURGIE
PRINCIPES ET ORIENTATIONS
Assemblée Plénière de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (21 septembre 2001)

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20020513_vers-direttorio_fr.html

Écrit par : Lapide | jeudi, 28 mai 2009

@ Moria. L'Eglise n'a pas attendu Calvin pour savoir qu'il y avait des abus avec le trafic des reliques. Au début du XIIe siècle, le moine Guibert de Nogent (né en 1053) qui fut d’abord moine à Saint-Germer-de-Fly (Oise) puis moine de Nogent-sous-Coucy (Aisne) de 1104 à 1125, doté d’une solide instruction, dans son Traité des reliques, critique déjà vivement le culte des reliques tel qu’il est pratiqué à son époque.

A la différence de Calvin, il n’est pas hérétique, son ouvrage n’est pas condamné puisqu'il n’est pas destiné à sortir des monastères, ce qui prouve que son raisonnement est parfaitement admissible et que l’Eglise n’est pas dupe.

En 1896, dans un article qui n’a pas vieilli, Abel Lefranc analyse cette œuvre qu’il replace dans son contexte. Il tend à prouver que nos ancêtres du Moyen Age n’étaient pas plus crédules que nous, tout en soulignant que la piété populaire a besoin de merveilleux, ce fameux « rêve » auquel s’accrochent aujourd’hui tant de pèlerins de Compostelle.

Si Guibert détruit un certain nombre de croyances, il n’oublie pas d’affirmer « que ceux qui vénèrent de bonne foi les reliques d'un saint pour celles d'un autre ne pèchent point, et que la prière adressée à une âme donnée à tort comme sainte est susceptible d'être agréée de Dieu, pourvu qu'elle parte d'un cœur simple et fervent. »

Des reliquaires ont disparu en quantités impressionnantes, surtout au moment des guerres de Religion et à la Révolution. Ceux qui subsistent, souvent privés de leurs reliques, ont perdu toute signification en entrant dans des musées. D’autres, plus modestes, ont été remisés trop vite dans la poussière des placards de sacristie. Ce sont souvent ceux qui ont été refaits au XIXe siècle pour combler la piété populaire lassée de tant de destructions et toujours aussi avide de merveilleux.

Toutes les reliques survivantes méritent d’être remises en honneur. Tout comme au XIIe siècle, elles sont un support à la prière et sont, par les fêtes qu’elles occasionnent, un ciment des communautés paroissiales.

Écrit par : Silvère | jeudi, 28 mai 2009

Au Moyen Âge, il y eut jusqu'à quinze saints prépuces conservés dans diverses villes européennes, et généralement mêlés à des collections de reliques du même genre : dents de laits de l'Enfant Jésus, saint ombilic.

La première trace d'une relique du saint prépuce est celle qui aurait été donnée au pape Léon III par Charlemagne lors de son couronnement, le 25 décembre 800. Plusieurs saints prépuces, comme tant d'autres reliques, ont été détruits pendant la Révolution française, mais il reste en France au moins ceux de Conques et de Vebret, et en Belgique celui d'Anvers dont la confrérie est toujours en activité.

Écrit par : Gheerbrant | jeudi, 28 mai 2009

En fait il faut savoir qu'on divise les reliques en trois classes les reliques insignes, les notables et les minimes :


- Les reliques insignes sont le corps entier ou un membre entier, comme la tête, le bras, une jambe, ou la partie du corps sur laquelle le martyr a souffert.

- Une relique notable est une partie entière du corps, qui n'est pas un membre, comme un doigt, une côte, un fragment considérable d'une partie importante de la tête, par exemple d'une des mâchoires.

- On appelle reliques minimes celles qui ne consistent qu'en petits fragments : telles sont, par exemple, les reliques contenues dans des médaillons ou autres petits reliquaires propres à être suspendus au cou des personnes dévotes sans oublier qu'on donne aussi le nom de reliques aux objets qui ont été à l'usage d'un saint, comme les vêtements qu'il a portés, les instruments de son supplice.

Écrit par : Roncesvalles | vendredi, 29 mai 2009

On vénère en France trois têtes de saint Jean-Baptiste, l'une d'elles se trouve en la cathédrale d'Amiens.

Écrit par : Aloïs | vendredi, 29 mai 2009

Pourtant, tous les grands spirituels reconnus ont affirmé l’importance des reliques comme signes visibles de la vie divine. Mais pour en prendre conscience, il faut ouvrir sa sensibilité subtile et religieuse.

Mais les « intellectuels » de tout acabit qui ont proliféré avec une mentalité spécifique à partir du XVIIIè siècle refusent de prendre en compte les besoins réels de l'âme.

c'est pourquoi la culture pour la culture est une impasse, car il n’y a pas d’orientation vers une transcendance. Le fruit en est l’absence de bienfaits durables et l’émoussement de la sensibilité et de l’intellect qu’on tient à mettre en avant.

Écrit par : Klavelle | vendredi, 29 mai 2009

L'analyse intellectuelle de Moria n'est pas dénuée de sens.
Toutefois, n'oublions pas que tout le monde n'a pas accès à la lecture des Saintes Ecritures ou à la concentration nécessaire à l'écoute de la Parole.
Ainsi la vue d'une icône par exemple ou "l'adoration des reliques" est une des aides nécessaires à l'homme pour vivre la "Présence Divine".
La superstition inhérente à ce genre de pratique n'est qu'une déviation entrainant la confusion entre "l'objet" symbole du divin et le divin lui même.

Écrit par : La Fouine | vendredi, 29 mai 2009

@ La Fouine. Vous avez parfaitement raison "la vue d'une icône par exemple - ou d'une statue :-) - "l'adoration des reliques" est une des aides nécessaires à l'homme pour vivre la "Présence Divine", ceci pour la simple est bonne raison que l'on est des êtres de chair, c'est-à-dire incarnés, et qu'il nous faut nécessairement en raison de nos faiblesses un support visible pour notre foi.

Même les Réformés les plus sévères comme les calvinistes, mais ce n'est pas une critique (attention à ce que l'on dit puisque Moria veille maintenant qu'il a déplacé son paquetage sur La Question^^), ont une attitude un peu comparable si l'on y réfléchit bien, qui s'est transposée sur la Bible en tant qu'objet que l'on vénère, porte sur soi, met en évidence dans les maisons, serre entre ses mains pour prier, etc.

Écrit par : Hire | vendredi, 29 mai 2009

C'est exact Hire, il existe chez les Réformés de toutes tendances, pour lesquels la lecture et le commentaire de la Bible sont le cœur du culte Protestant, une piété familiale et personnelle qui passe très souvent par une vénération religieuse, fondée sur la confiance dans le pouvoir propre de la Bible en tant que livre sacré inspiré de Dieu, qui posséderait divers pouvoirs.

Ainsi le rapport à la Bible dans ses milieux, non pas sur le seul plan de l'écriture, mais de l'objet en lui-même, n'est donc pas loin de se rapprocher de ce que sont les images pieuses ou les reliques chez les catholiques.

La Bible par exemple protègerait du diable, assurerait une protection contre les embûches du démon, serait une source de bénédiction, d'inspiration, etc. Donc finalement un comportement assez voisin, on le constate aisément, des attitudes orthodoxes ou catholiques avec les objets de piété tant décriés par les Protestants.

Écrit par : Falk | vendredi, 29 mai 2009

@ Falk.

Savez-vous que dans ce registre, une certaine méthode superstitieuse d'interprétation, ou plus exactement d'interrogation de la Bible chez les Réformés en ouvrant et lisant un passage du texte au hasard, s'apparente à ce que l'on pourrat nommer de la "bibliomancie", c'est-à-dire pouvant être assimilable à un quasi art divinatoire utilisant la Bible pour résoudre une situation, recevoir une lumière sur un problème, une question irrésolue, traiter une difficulté, une maladie, une angoisse, etc.

Si ce n'est pas là faire de la voyance (qui consiste rappelons-le à éclairer les situations, prédire l'avenir et interpréter les pensées, ce qui est formellement interdit par la Bible), ça y ressemble beaucoup non ?

Écrit par : Serrus | vendredi, 29 mai 2009

Oui, ce n'est pas le moindre des paradoxes, que de voir les attitudes qualifiées de superstitieuses chez les catholiques, que l'on monque ouvertement pour leur attachement religieux aux cierges, cloches, eau bénite, neuvaines, statues, etc., refaire surface avec grande vigueur, sous couvert d'une religion uniquement fondée sur le triduum sacré : "sola fide, sola scriptura, sola gracia", sous un aspect relativement inattendu.

Cela dit, eu égard à l'immense besoin de consolation et de pacification de l'âme chez les hommes sur cette terre, c'est plutôt compréhensible. Nous ne sommes pas des anges, il nous faut donc des essences spirituelles concrètes pour exprimer et vivre notre foi.

Écrit par : Falk | vendredi, 29 mai 2009

Il y a du bon, du moins bon et du très mauvais dans la déclaration de l'Assemblée Plénière de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements réalisée en décembre 2001.

Du bon :

- "La piété populaire, définie très justement comme un "vrai trésor du Peuple de Dieu", "traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et de sacrifice jusqu’à l’héroïsme, lorsqu’il s’agit de manifester la foi."

Tout ceci est évident et méritait d'être rappelé afin de conférer une légitimité à des formes de dévotion que Vatican II et ses émules modernistes avaient combattues.

Du moins bon :

- "Les réalités désignées par la locution "religiosité populaire" renvoient à une expérience universelle: une certaine dimension religieuse est toujours présente dans le cœur de chaque personne, comme dans la culture de chaque peuple, en particulier dans le cadre de ses manifestations collectives."

C'est vrai, mais toute forme de dévotion populaire chez les peuples ne renvoie pas automatiquement à un culte saint, souvent même c'est tout le contraire en raison des scories de l'idolâtrie, et le qualificatif de "dimension religieuse" est beaucoup trop vague - les démons eux ausi sont des esprits.

Du mauvais :


- "De fait, chaque peuple tend à exprimer sa propre vision totalisante de la transcendance, ainsi que sa conception de la nature, de la société et de l’histoire en se servant des médiations cultuelles, et il réalise ainsi une synthèse particulière qui a une dimension humaine et spirituelle de grande valeur. La religiosité populaire ne concerne pas uniquement la révélation chrétienne. En effet, en de nombreuses régions, où vivent des sociétés imprégnées d’éléments chrétiens selon des modes différents et variables, jaillit une sorte de "catholicisme populaire", où coexistent, d’une manière plus ou moins harmonieuse, divers éléments provenant du sens religieux de la vie, de la culture propre du peuple et de la révélation chrétienne."

Alors-là c'est carrément la porte ouverte directement au syncrétisme, et le feu vert conféré follement aux pires déviations magiques et superstitieuses, en particulier chez les peuples nouvellement chrétiens où les traditions ancestrales sont encore très actives, comme en Afrique ou en Asie. Comment s'étonner ensuite des fantastiques progrès de la sorcellerie, du constant pouvoir du culte des esprits et de la domination durable des anciennes croyances sur les baptisés. Cela n'a aucun sens !

Écrit par : Synésius | vendredi, 29 mai 2009

Je ne veux pas être désagréable avec vous, d'autant que le climat actuel me convient, mais je me dois tout de même de rappeler à votre docte assemblée, que vers 1190, le pape Innocent III se plaignit en France de l'essor des nouveaux prédicateurs qui utilisaient la Bible, et il écrivit des lettres à l'évêque du diocèse de Metz au sujet "du mal que cela lui causait" (sic).

Plus tard Innocent III confia le soin de rechercher le véritable auteur de la traduction susmentionnée, et de rappeler par des exhortations et des châtiments ceux qui s'éloignaient de la "bonne voie respectant la non lecture du livre de la Révélation" (re-sic). Mais l'opposition ne s'arrêta pas là. Trente ans plus tard, en 1229, le concile de Toulouse publiait le canon suivant : "Nous prohibons aussi qu'on permette aux laïcs d'avoir ces livres de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament, à moins que quelqu'un ne désire par dévotion posséder un psautier ou un bréviaire pour le Service divin, ou les heures de la bienheureuse Vierge. Mais nous leur défendons très expressément d'avoir en langue vulgaire même les livres ci-dessus". (re-re-sic)

Ces décrets et ces bulles furent suivis, durant plus de 500 ans, d'innombrables supplices où le sang des saints "coula comme de l'eau". On peut donc comprendre l'attachement justifié des Réformés à l'égard de la Sainte Bible, et leur amour du Livre sacré, lorsqu'on mesure les efforts incroyables qu'il fallut faire à des générations d'entre eux pour que certains puissent non seulement accéder au texte, mais en plus puissent le lire sans risquer immédiatement la mort.

Cela dit pour être honnête, je souligne cependant, étant un réformé contre-révolutionnaire, que si le déluge des anathèmes prononcés par Rome contre la Bible en langue vulgaire s'arrêta par miracle au pied des cimes glacées des Alpes et épargna en partie la Savoie et surtout la Suisse, il en fut de même ainsi aux pieds vénérables du trône de France.

En effet, beaucoup de rois de France employèrent leur pouvoir absolu pour la préservation du droit de lire la Bible. Ainsi, la cour de France fut un second asile, après Genève, pour la conservation de la Bible en langue vulgaire. En effet, Charlemagne, et plus tard Saint Louis, se sont occupés de faire traduire la Bible dans leur propre langue. Louis le Débonnaire suivit son père dans la même voie. Il était si versé dans la science des Saintes Écritures, aux dires d'un de ses biographes, "qu'il en savait le sens littéral, le sens moral, et le sens analogique".

L'attachement à la Bible passa de la famille des Carolingiens à celle des Capétiens. L'un des fondateurs de cette dernière dynastie, Robert le Pieux, avoua devant certaines difficultés, dans ses conversations ordinaires, qu'il aimerait mieux être privé de la couronne que d'être privé de la lecture de la Bible !

De même, Charles V prit la Bible sous son haut patronage et fit imprimer une version complète en deux volumes, à Paris vers l'an 1487. Mais l'Église, craignant probablement que son autorité souvent abusive fût remise en cause, et incapable de comprendre qu'on pût désirer s'abreuver aux sources pures de la doctrine chrétienne et de la foi, s'acharnera souvent avec une cruauté révoltante. Il y avait péril de mort pour quiconque donnait franchement gain de cause aux textes originaux. C'est pourquoi Calvin fit imprimer à Genève une édition de la Bible portant un glaive sur le feuillet de titre, d'où son nom de "Bible de l'épée". Calvin condamna cependant l'édition d'une Bible en latin et français par Sébastien Castalion en 1559, car Castalion était disciple de Michel Servet. Une révision assez profonde de la Bible de Genève eut lieu en 1588 par plusieurs collaborateurs, dont les plus importants furent Bertrand et de Bèze. Elle fut imprimée dans plusieurs villes de France, revue plusieurs fois, et le texte de 1712 fut paraît-t-il le plus pur

La Bible française eut aussi, ce que l'on sait moins, des princes parmi ses défenseurs. Citons Marguerite de Navarre, qui, pour avoir pris la défense du saint livre, fut publiquement menacée d'être enfermée dans un sac et jetée dans la Seine. Et des propos menaçants furent tenus aussi contre François 1er. Toutefois les rois jusqu'à Louis XVI, par l'effet d'une grâce spéciale, protégèrent la Sainte Ecriture au sein du Royaume de France.

Écrit par : Moria | vendredi, 29 mai 2009

@ Moria.

Ce que vous dites, concernant la lutte acharnée des Réformés afin de pouvoir accéder au texte de l'Ecriture n'est pas faux. Et nous devons reconnaître, votre présence en témoigne, que l'on peut être protestant et contre-révolutionnaire, avec en partage entre nous certaines vues communes au sujet de l'essence corrompue qui travaille intérieurement ce monde.

J'attire toutefois votre attention, dans le cadre du rappel historique que vous venez d'effectuer, sur la place importante, pourtant omise dans votre bref exposé, occupée par la Bible de l'histoire catholique : celle de de Sacy.

En effet, les Écritures grecques parurent à Mons en 1667. Les trois principaux rédacteurs furent : Lemaistre, de Sacy et Arnould. Ils étaient du collège de Port-Royal. Antoine de Sacy commença cette traduction, mais sa mort arrêta ce travail qui fut repris par son frère Isaac. La plupart des solitaires de Port-Royal, y compris Pascal, collaborèrent à ce travail. Les principaux traducteurs furent, d'après une note manuscrite de Jean Racine, Isaac Lemaistre, son frère Antoine, Arnauld, Nicole, et le duc de Luynes. La part principale revient aux deux premiers, qui étaient tous les deux descendants des huguenots, à Antoine Lemaistre, et surtout à Isaac Lemaistre, dit de Sacy.

C'est presque dans le maquis que de Sacy finit sa traduction. Il était harcelé de tous côtés, mais l'amour qu'il avait de la Bible était le plus fort. Le jour où de Sacy se rendit au lieu de réunion le 15 mai 1666, pour examiner la préface du Nouveau Testament, il fut arrêté en chemin et conduit à la Bastille. Ses amis réussirent à rassembler tous ses écrits et ce Nouveau Testament fut publié à Amsterdam, mais en portant le nom d'un libraire français. On y lisait une permission de l'archevêque de Cambrai, de l'évêque de Namur et du roi d'Espagne Charles II. Elle fut si favorablement accueillie, qu'il s'en vendit jusqu'à 5000 exemplaires en quelques mois. Le 12 avril 1633, il s'en était déjà vendu 40.000 exemplaires. Et Louis XIV en fit imprimer à lui seul 20.000 exemplaires.

Les ennemis de la Bible ne purent rien faire, non plus proscrire l'Ancien Testament que de Sacy traduisit à la Bastille, d'où il sortit le 1er novembre 1668. L'impression de la Bible entière fut terminée en 1696. Richard Simon voulut s'opposer au Nouveau Testament de Port-Royal en proposant une nouvelle traduction, mais il échoua. Cette Bible est donc, dans une langue à la pureté incomparable, un monument de fidélité et de science de l'écriture [L'initiative de la traduction de la Vulgate, les quatre Évangiles et de l'Apocalypse, vient du frère de Louis-Isaac, l'avocat Antoine Le Maistre], et fut utilisée comme base pour la publication de nombreuses éditions de la Bible dès la fin du XVIIIe et pendant tout le XIXe.

A signaler une nouvelle traduction de la Bible de Sacy, publiée à Mons en 1667, qui prendra pour cela le nom de "Nouveau Testament de Mons". Elle est présentée en 2 volumes in-octavo, avec, selon son sous-titre : "des explications du sens littéral et du sens spirituel, tirées des Saints Pères". Par ailleurs, ce qui n'est pas à négliger, une nouvelle version, corrigée par Beaubrun, fut publiée à Paris en 1717 en 3 volumes in-folio, avec un quatrième volume contenant les livres apocryphes de l'Ancien Testament, les écrits des temps apostoliques, les préfaces de Saint-Jérôme, et des dissertations sur différentes matières bibliques.

Vous le voyez, si l'attachement à l'Ecriture Sainte caractérise évidemment, nul ne le conteste d'ailleurs puisque certains mirent plus haut en lumière certaines attitudes de dévotion légèrement outrées au regard de la rigueur calviniste vis-à-vis de la Bible en tant qu'objet, les identifiant ces dites pratiques (mais n'est-ce pas un compliment finalement si l'on y songe sous la plume de ces Messieurs ?) aux formes que peut prendre parfois la piété populaire, il en est de même pour le courant catholique augustinien au XVIIe siècle, tout autant convaincu que les Réformés d'une nécessaire approche directe du texte saint et de sa diffusion générale auprès des chrétiens afin de contribuer au salut des âmes.

Écrit par : Zacharias | samedi, 30 mai 2009

Le pèlerinage est une vieille pratique païenne reprise par l'Eglise. Dans la Grèce antique existaient aussi des lieux de pèlerinage populaires où rayonnaient les lieux sacrés de Delphes par exemple où Apollon rassemblait les Hellènes autour de son oracle, et d'Épidaure, sanctuaire du dieu guérisseur Asclépios (Esculape). Éphèse, sur la mer Égée, consacrait à Artémis un temple qui compta parmi les Sept Merveilles du monde, tandis que, plus à l'est, la Palestine des Hébreux s'honorait des tombeaux des patriarches (notamment celui d'Abraham, près d'Hébron) et rassemblait ses tribus à Sichem et à Jérusalem, autour du Temple de Salomon.

Dès les premiers siècles de la chrétienté va se constituer un triangle spirituel qui a pour sommets Rome, la cité de saint Pierre, et, aux confins orientaux et occidentaux du christianisme, Jérusalem et Compostelle, cité qui, selon une légende, fut la dernière demeure de l'apôtre saint Jacques. À l'intérieur et aux alentours de ce triangle de spiritualité, les lieux de pèlerinage mineurs vont se multiplier comme autant d'étapes sur les voies royales des cités saintes.

Dès la plus haute Antiquité païenne, les lieux de pèlerinage furent souvent liés à un puits ou à une source dispensateurs de vie. Ils étaient aussi associés aux sources du pouvoir surnaturel, aux montagnes proches du ciel, à l'image de la Grève avec l'Olympe où demeurent les dieux. Il s'agit bien souvent de sites grandioses ou inquiétants, comme les grottes, qui semblent être la porte d'un monde souterrain où règnent les puissances invisibles.

D'autre part, le pèlerinage, sous presque toutes les latitudes, comporte un caractère festif. Dès la plus haute Antiquité les pèlerinages semblent bien avoir été accomplis en parallèle avec des festivités traditionnelles, le plus souvent liées à des rites agraires. Ainsi les grands rassemblements pieux de Jérusalem mentionnés dans divers chapitres de la Bible — la fête des pains azymes notamment — sont-ils en correspondance évidente avec un culte lié au calendrier agricole. Il en est de même en Inde, à Puri ou à Chidambaram. Tout se passe comme s'il y avait survivance de rituels appartenant aux cultures paysannes primitives.

Écrit par : Romain | samedi, 30 mai 2009

L'étymologie du terme pèlerin fait de ce dernier un individu “en partance”. C'est, en somme, un “être de passage”. Car celui qui accomplit physiquement et spirituellement une démarche pèlerine s'éloigne vers un ailleurs — le lieu saint — où il va rompre avec ses habitudes de comportement et de pensée.

Le simple fait de quitter son village natal ou son pays pour braver les difficultés et les dangers de la route vers le lieu sacré place déjà le pèlerin dans l'univers de la sainteté. L'individu qui part pour Lourdes ou pour Compostelle est un voyageur en état de grâce.

Écrit par : Maristella | samedi, 30 mai 2009

Si le pèlerinage est une ancienne pratique païenne reprise par l'Eglise, il faudrait en rajouter des dizaines : l'encens, l'usage des vêtements liturgiques, les bougies, les onctions, etc. Sans culture gréco-romaine, autrement dit sans culture païenne, le catholicisme et même des pans entiers des Evangiles restent incompréhensibles.

Prenons un petit exemple : l'éponge vinaigrée qu'un soldat romain tend au Christ sur la croix. Curieux, n'est-ce pas, cette histoire de vinaigre ? Sadique même, à première vue. Les spécialistes de l'armée romaine vous diront qu'il s'agissait en fait de vin aigrelet, la piquette du paquetage du soldat romain, sa boisson règlementaire, ce qu'il avait pour se désaltérer. Le Romain s'est donc montré charitable. De même, cet épisode clef du récit de la Passion qu'est la rencontre avec Pilate ne présuppose-t-il pas en arrière-plan toute la tradition des philosophes grecs ?

Écrit par : Lozère | samedi, 30 mai 2009

Il faut lire l'œuvre de l'ethnologue Gavriil Ksenofontov, exécuté sous Staline (Chamanisme et Christianisme, 1929), ou à tous ces saints "populaires" aujourd'hui rélégués avec condescendance du côté du folklore par l'Eglise de Vatican II, et qui sont pourtant parfaitement et dignement catholiques, ne sont-ils pas les meilleurs antidotes contre les hérésies modernes ?

Pour moi, je peux me tromper, mais je crois aux Madones qui pleurent et aux crucifix qui gouttent le sang. Et j'ai grande dévotion pour saint Georges, sainte Marguerite, sainte Catherine philosophe, sainte Agnès romaine, et bien d'autres. Certes, ce n'est pas judaïque et donc non scripturaire comme dirait les Réformés, mais je ne vois pas pourquoi ce serait risible ou de moindre valeur puisque c'est authentiquement catholique.

Et puis surtout, surtout, qu'est-ce que Rome ? Qu'est-ce qui fonde l'autorité du Souverain Pontife ? le Pontifex maximus ? C'était le titre le plus élevé de la religion romaine ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Pontifex_maximus

Écrit par : Enée | samedi, 30 mai 2009

À propos du déclin des pèlerinages au XVIIIè et au XIXè siècle, on se reportera utilement à cette page

http://www.villemagne.net/site_fr/rome-jubile-affluence-inegale.php

qui montre les statistiques des pèlerins à Rome au cours des siècles, tels qu'ils ont été enregistrés à la basilique de la Trinité-des-Monts à Rome : grosse chute après le pic du XVIIe siècle correspondant à la Contre-Réforme.

Par ailleurs ce site présente une histoire des pèlerinages en Terre sainte et à Rome, avec de très nombreux témoignages de pèlerins depuis les premiers siècles de la chrétienté :

http://www.villemagne.net/site_fr/jerusalem-histoire.php
http://www.villemagne.net/site_fr/rome-origine-du-pelerinage-romain.php

Écrit par : Cesco | dimanche, 31 mai 2009

@ Enée. Très juste cette similitude, par héritage du, Souverain Pontife et du Pontifex maximus. A lire [Perceptions chrétiennes du pontificat païen
(fin 2ème s.-5ème s.) représentations chrétiennes du pontificat, Folia Electronica Classica (Louvain-la-Neuve) - Numéro 2 - juillet-décembre 2001] disponible en ligne : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/02/pontificat.html

La question, ou plus exactement l'explication de la reprise de ce titre, porte en effet sur de la conversion en masse des prêtres païens à la nouvelle religion.

Extrait :

"Les auteurs chrétiens ont eu l'attention attirée par des ressemblances entre les composantes de leur religion et celles des religions polythéistes. Tantôt, ils notent simplement ces similitudes, tantôt ils cherchent à les expliquer ; dans les deux cas, ils posent le plus souvent un jugement de valeur sur la réalité païenne envisagée. Le pontificat figure dans quelques passages où sont comparés des realia païens et chrétiens. Certains de ces rapprochements sont avant tout destinés à mettre en lumière la supériorité du christianisme.

[...]

Prudence n'a pas manqué de se réjouir de la conversion au christianisme de prêtres romains. Après avoir évoqué la conversion de sénateurs autrefois luperques ou flamines, l'auteur poursuit : « Le pontife, autrefois orné de bandelettes sacrées, vient de recevoir le signe de la croix, et dans ton sanctuaire, ô Laurent, entre la vestale Claudia ». Dans une lettre écrite en 400, Jérôme, quant à lui, évoque le pontife Albinus, écoutant sa petite-fille, assise sur ses genoux, chanter des alleluias ; ceci ne peut, selon l'auteur, que conduire ce grand-père à la conversion.

[...]


Au début du 5ème siècle, les pratiques dérivant des livres pontificaux sont considérées comme ayant plu à Dieu, avant qu'elles n'aient été interdites. Des rites licites semblent correspondre à des sacrifices qui seraient approuvés par les pontifes, toujours considérés comme garants des cultes.

Vers la même époque à Carthage, dans le temple de Caelestis transformé en église, certains fidèles interprètent en clé prophétique la mention de la dédicace du temple par le pontife Aurelius.

Ce dernier semble ici interprété plus comme un « précurseur » établi par Dieu que comme le prêtre d'une religion adverse.

Remarquons enfin que la reprise même du terme pontifex par les chrétiens pour désigner leur évêque indique clairement que ce mot n'était pas entaché pour eux d'une connotation exclusivement négative."

Écrit par : Lapide | lundi, 01 juin 2009

On trouve souvent des pièces de monnaie dans les bassins devant les églises à Rome ou dans les lieux de pèlerinage (Lourdes, Fatima, Compostelle, etc.), or dès l'Antiquité, on déposait des offrandes, notamment des pièces de monnaie dans les sources, fontaines, bassins, puits, ... Chaque source était associée à une divinité, parfois modeste, une nymphe par exemple, mais aussi parfois plus importante, telle que Mercure, Minerve. On prêtait même à certaines de ces sources, à tort ou à raison, des vertus curatives, ce qui amenait des pèlerins à y déposer encore plus d'offrandes. Déposer des pièces dans une source, un bassin ou une fontaine revenait en fait à honorer la divinité associée spécifiquement à chacune de ces sources.

A la fin de l'Antiquité, le Christianisme s'étant progressivement substitué aux cultes païens il n'a pas effacé les pratiques païennes ; d'ailleurs l'église chrétienne s'est souvent contentée de substituer des cultes chrétiens aux cultes païens ; ainsi de nombreuses sources sont-elles actuellement encore associées à un saint ou une sainte qui n'est autre qu'une ancienne divinité païenne dont on a christianisé l'apparence. Le rite du dépôt monétaire demeure donc même si les principes religieux ont changé entre temps.

Écrit par : Jean de Védas | lundi, 01 juin 2009

Article de Tomislav Sunic sur le sujet "Marx, Moise et les païens dans la cité laïque" :

"Le contenu païen fut supprimé, mais la structure païenne demeura à peu près la même. Sous le manteau et l’auréole des saints chrétiens, le christianisme créa bientôt son propre panthéon de déités. De plus, même le message du Christ prit un sens particulier selon le lieu, l’époque historique, et le génie local de chaque peuple européen. Au Portugal, le catholicisme ne se manifeste pas de la même façon qu’au Mozambique ; et les Polonais ruraux continuent à vénérer de nombreuses déités slaves anciennes qui sont étroitement incorporées dans la liturgie catholique romaine. Dans toute l’Europe contemporaine, l’empreinte ineffaçable des croyances polythéistes continue à ressurgir. La célébration de Noël représente l’un des exemples les plus frappants de la ténacité des vestiges païens. De plus, beaucoup d’anciens temples et lieux de culte païens ont été transformés en lieux sacrés de l’Eglise catholique. Lourdes en France, Medjugordje en Croatie, les rivières et les montagnes sacrées ne sont-ils pas l’indication de l’empreinte de l’Europe païenne préchrétienne ? Le culte de la déesse mère, autrefois intensément pratiqué par les Celtes, particulièrement près des rivières, peut encore être observé aujourd’hui en France où de nombreuses petites chapelles sont construites près des fontaines et des sources. Et finalement, qui pourrait contester le fait que nous sommes tous les fils spirituels des Grecs et des Latins païens ? Les penseurs comme Virgile, Tacite et Héraclite sont aussi modernes aujourd’hui qu’ils l’étaient à l’aube de la civilisation européenne."


http://www.voxnr.com/cc/ds_alternativesr/EkkpZEVlVVwHzKpjum.shtml

Écrit par : Wendrock | lundi, 01 juin 2009

Né dans un cadre judaïque – qui était alors néanmoins soumis à l’Empire païen de Rome – qui préfigurait la Croix, le christianisme ne fournit pas moins aux Païens un aboutissement civilisateur de leurs visions mythiques, en leur offrant le Christ à la fois comme synthèse divine de ces mythes, comme révélation et comme résolution de leur problématique violente.

C’est pourquoi il est aisé, en grattant un peu le verni chrétien, de retrouver le substrat païen dans les rites et croyances européennes. Dès lors, les « néo-païens » et leurs exégèses distanciées doivent plus qu’il n’y parait aux deux mille ans de théologie chrétienne – même s'ils parlent de « récupération » et de « détournement » de leur culture et de leurs cultes par l’Eglise, ramenant très rapidement les deux millénaires d’Europe chrétienne à un simple épisode historique accidentel, comme une parenthèse incongrue, dont l’Europe aurait pu, et même dû, se passer, il faut au contraire y voir plutôt une évolution positive apportant un nouveau sens moral plus structurant et transcendant à des mythologies chaotiques et souvent confuses.

Écrit par : Arpacschad | lundi, 01 juin 2009

@ Arpacshad. Savez-vous qu'en Angleterre, le pape Grégoire conseilla explicitement aux évangélistes qui prêchainent là-bas de récupérer les lieux de culte païens !

Et il en fut de même en Gaule et en Germanie et dans le monde scandinave.

Par exemple on construisit une église sur le temple d’Uppsala en Suède. Et Balder, l’Apollon nordique, solaire et blanc, servit de représentation au Christ, et ce malgré quelques autres païens qui lui opposaient le Raudhr Thorr (Thor le rouge). Le dieu païen fut récupéré chez certains peuples européens pour désigner le dieu chrétien. Ainsi le Dievas lituanien « passa au christianisme », comme le firent le dieu albanais Zot et le dieu tchétchène Diala.


En réalité, cette attitude provient du fait que du côté chrétien, on a toujours reconnu aux religions ancestrales un caractère de « semences du Verbe » (semina verbi) de « préparation au Christ » (propedeutica Christi).

Écrit par : Lapide | lundi, 01 juin 2009

Une synthèse classique en français de cette théorie des « semences du Verbe » (semina verbi)qui sont une « préparation au Christ » (propedeutica Christi), se trouve dans Lemonnyer, A., o. p., [La Révélation primitive, Librairie Victor Lecoffre, 1914]. En dépit de la manière de présenter l’ouvrage de la page frontispice, ce livre n’était pourtant pas de A. Lemonnyer, mais une traduction du grand ethnologue et linguiste Wilhelm Schmidt (1868-1954), de la société des missionnaires du Verbe Divin.

Selon la théorie du père Schmidt sur la révélation primitive, la révélation biblique de la Genèse a été transmise à tous les peuples du fait que nous sommes tous fils et filles d’Adam et d’Ève. On peut donc en trouver des traces dans toutes les cultures des peuples.

Ainsi, Dieu s’est révélé à tous et de différentes manières, en particulier dans leurs cultures, parce qu’il a toujours été présent à tous et chacun des groupes humains depuis le commencement de leur existence.

André Seumois, o.m.i., a encore défendu en 1981 cette théorie de la Révélation primitive dans sa Théologie missionnaire [Rome, Urbaniana University Press, 1981, vol. III, p. 43-68] ; voir aussi la traduction italienne de cette œuvre: [Teologia Missionaria, Bologna, EDB, 1993, p. 139-152], en la proposant comme un «problème théologique» plutôt qu’ethnologique et historique (p. 52-53).

Écrit par : Synésius | lundi, 01 juin 2009

@ Lapide. Ce que vous dites est tout a fait exact. Je fus moi-même surpis par exemple, non pas le fait car il est assez courant et classique en Italie, mais par l'appellation du lieu, lors d'un pèlerinage à Assise il y a quelques années, de découvrir une étrange basilique, fort belle au demeurant, mais au nom rare bien qu'explicite : "Santa Maria sopra Minerva".

Cette église est un ancien temple érigé au Ie siècle av. J.-C. du temps d'Auguste, sur la place à l'époque dite du "forum", aujourd'hui Piazza del Comune, temple initialement dédié à Hercule par les quatorvirates Gneus Cesius et Titus Cesius Priscus, puis dédié ensuite à Minerve lors de l'érection d'une statue de femme, et enfin consacré à Marie par Paul III, qui décida la restauration du temple en une église dédiée à la Vierge nommée Santa Maria sopra Minerva pour garder la trace de ses origines, en conservant les colonnes corinthiennes et le pronaos.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_de_Minerve_(Assise)

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Arpacschad,
Tout à fait, l'évolution est positive. Le Christ est venu sauver l'humanité mais on peut dire aussi que cette humanité, peut être inconsciemment, était en attente du Messie.
Depuis la chute, en attente du Nouvel Adam, ces sociétés païennes possèdent donc obligatoirement cetains rites et croyances facilement transposables. C'est ce qui fait remonter notre Tradition Chrétienne à la source de la création. N'en déplaise à l'abominable tradition primordiale proposée par un chrétien qui a vu la fin de l'humanité, comme sa propre fin, dans une religion post chrétienne.

Écrit par : La Fouine | lundi, 01 juin 2009

Si j'avais lu les trois commentaires précédents, je n'aurais pas fait le mien. Vous le dites beaucoup mieux.

Écrit par : La Fouine | lundi, 01 juin 2009

@ La Fouine. Mais non, toutes les contributions sont les bienvenues dans la mesure où elles apportent des lumières différentes et souvent complémentaires sur le sujet.

Ce que vous dites par exemple à propos du fait que la Tradition Chrétienne remonte à la source de la création est exact. Je reste toutefois plus que dubitatif sur l'honorable qualification de "chrétien" que vous accordez généreusement dans l'allusion que vous faites s'agissant j'imagine, d'un certain soufi du Caire qui fut connu, en français, sous le nom de René Guénon, puis devint, par une opération ésotérique qui s'appelle tout simplement la récitation de la shaada, Abdel Wahid Yahia pour les intimes, qui se fit l'avocat fervent d'une fumeuse "tradition primordiale" post diluvienne, dont l'Islam aujourd'hui aurait pour fonction de réunir toutes les branches en son sein de par son prétendu rôle eschatologique. Du grand délire, vous avez raison.

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Tout à fait d'accord Falk mais je voulais dire qu'il était né chrétien à Blois. Une chose est certaine, c'est qu'il n'y a jamais rien compris et d'une certaine mesure il a même haï la chrétienté.
Comme vous, c'est le dernier des êtres que je qualifierai de chrétien !!

Écrit par : La Fouine | lundi, 01 juin 2009

Petite aide pour ceux qui souhaitent faire comme le soufi Guénon et devenir musulmans en récitant la shahada :

"Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mohammed est Son messager".

http://www.islam-guide.com/fr/ch3-6.htm

Et si tu veux réciter la shahada, et croire sincérement avec ton coeur, prononce la formule en arabe, c'est encore mieux :

"Achadou an la ilaha illaLâh wa achadou anna Muhammad racouloulâh !"

Si tu n'arrives pas à prononcer Muhammad, tu peux dire Abou l Gacim.

Prononcer la shahada fait rentrer dans la communauté musulmane, donc aprés avoir récité la shahada, tu es musulman !


Mais ensuite il faut réciter et faire les prières, pour ça tu peux télécherger un logiciel :

http://www.islamicfinder.org/athanDownload.php

Écrit par : Kitab | lundi, 01 juin 2009

Tiens un troll prosélyte musulman...

Ami lecteur, si tu souhaites faire tes besoins en imitation du Beau Modèle (le Faux Prophète Mahomet) voici la marche à suivre d'après les Hadiths:

Pour la grosse commission:

“ On a dit à Salman :
- Votre Prophète vous a tout appris, même en ce qui concerne les excréments.
Il répondit :
- Oui. Il a nous a interdit de faire face à la Qibla au moment de déféquer ou d’uriner et de nous nettoyer
avec la main droite, avec moins de trois pierres ou avec du crottin ou un os. ” (récit de Salman al Farsi,
Dawud I 7)"

Pour la petite commission:

“ Un jour, je me trouvais avec l’apôtre de Dieu. Il voulait uriner. Alors il alla sur un sol meuble au pied
d’un mur et urina. Il dit alors :
- Si quelqu’un veut uriner, il devra chercher un endroit comme celui-ci pour uriner. ” (récit d’Abu
Musa, Dawud I 5)"

Magnifique!

Écrit par : Vertumne | lundi, 01 juin 2009

Votre éclairage complémentaire Vertumne, aura peut-être fourni, j'en suis certain, une aide précieuse aux apprentis muzz qui pourraient passer par ici, et qui sauront vous en être profondément reconnaissants.

Il importe en effet de toujours être capable de s'orienter (au sens propre et figuré) et, grâce à cet enseignement digne de la plus haute métaphysique abstraite s'il faut en croire Guénon qui n'hésitait pas à soutenir que "l'Islam, en tant que soumission active à l'ordre cosmique, est intemporel et métaphysique - l’islam proclame la nature pure et originelle de l’homme, et il invite celui-ci à restaurer son harmonie originelle avec le monde divin", être en mesure de savoir comment se torcher avec "la main droite, moins de trois pierres ou même un os" !

C'est ce qui s'appelle une religion complète selon les critères guénoniens, possédant un code social et non dénuée, contrairement au christianisme, de sa dimension ésotérique...

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Ce que je trouve formidable avec Guénon, c'est que dès que son nom est évoqué, les trolls soufis apparaissent à grande vitesse, comme si le souvenir de la fessée qu'ils ont prise sur la note "le néant des guerres guénoniennes", leur avait laissé une envie d'en reprendre une. Un peu masos finalement ces oiseaux.

Écrit par : Hire | lundi, 01 juin 2009

Vertumne, Oh non ! vous êtes trop dur !
Après des années de luttes de notre part pour être bon chrétien sans le réussir, notre fada nous apprend comment trahir notre Seigneur en répétant une petite phrase.
Vraiment, c'est tentant ! Surtout, cette magnifique religion possède une loterie où en ne respectant pas un commandement (Tu ne tueras point), on peut gagner 70 vierges; ce qui n'est pas négligeable.
De plus, vous et moi, sommes complètement incompétents devant une cuvette de WC car rien dans les Évangiles ne nous a initié aux bonnes manières dans ces endroits.

Écrit par : La Fouine | lundi, 01 juin 2009

@ Hire. Comment, vous découvrez seulement maintenant leur côté pervers aux soufis guénoniens ? Ne me dites pas que vous ne l'aviez pas perçu depuis longtemps. Cessez donc de faire l'innocent, ça ne va pas avec votre teint de vieux croisé tout juste revenu de Terre Sainte.

@ La Fouine. Encore une de vos bonnes idées, que de faire au petit matin, en guise de gymnastique de confort le lundi de Pentecôte (...on comprend pourquoi le gouvernement ne le regarde plus comme un jour férié), la danse du scalp autour du cadavre du soufi du Caire.

Pour votre peine, vous vous inscrirez immédiatement au prochain stage de l'Institut Karma Ling, où, après le déjeuner du dimanche, vous suivrez le programme ci-dessous (attention La Question désignera des espions pour vous surveiller):


14h30 II) Perspectives traditionnelles : le temps qualifié
14h30-15h30 Dharma par Sofia Stril-Rever
15h30-16h30 Islam par Eric Geoffroy

16h30 Thé

17h30-18h30 Ateliers

1 - Groupe des thérapies de l’âme
2 - Groupe de lecture autour de l’œuvre de René Guénon
3 - Présentation des activités des scouts musulmans de France


18h30-19h45 Méditation

20h Dîner

21h-22h30 Chants Soufi

Dans la lignée des Cheikhs de la Nahda (renaissance arabe) Aïsha Redouane et Habib Yammine présentent les poèmes écrits en lettres de lumière sur l’amour et l’ivresse divin des grand maîtres de la tradition soufie.

Les inscriptions se font à l’accueil de l’Institut Karma ling Email : karmaling@karmaling.org


Bon, cela dit, ne poussez tout de même pas le zèle a vouloir expérimenter, avec ou sans l'aide des pilules dharmiques, "l’amour et l’ivresse divin des grand maîtres de la tradition soufie", avec quelques jeunes stagiaires extatiques en mal de consolations ;-)

Écrit par : Dan | lundi, 01 juin 2009

PS. Au fait M. Kitab, soyez gentil de bien vouloir directement proposer vos services de missionnaire guénonien aux adeptes du tantrisme tibétain lors du prochain Colloque de l'Institut Karma Ling, dont j'ai d'ailleurs oublié de donner les conditions d'inscription (La Fouine ne vous souciez de rien, votre bulletin a déjà été envoyé accompagné d'un chèque couvrant vos frais de séjour - pour le déplacement, évidemment comme pendant votre jeunesse, vous voyagerez en stop, c'est toujours l'occasion de rencontres surprenantes ! grand veinard !)

Participation à la rencontre :

- 2 jours : 70 € - Tarif réduit (étudiants et chômeurs) : 50 €
- 1 jour : 40 € - Tarif réduit (étudiants et chômeurs) : 30 €

Les inscriptions se font à l’accueil de l’Institut Karma ling
Adresse : Hameau de Saint Hugon (Savoie) Institut Karma Ling, F 73110 Arvillard, EU Tel : 04 79 25 78 00 - Email : karmaling@karmaling.org

Écrit par : Dan | lundi, 01 juin 2009

Lorsqu'on pense, je sais bien que tout cela a été dit et redit, mais enfin ! que Guénon, réformé pour raison de santé, se tourne vers les milieux occultistes, est sacré évêque gnostique sous le nom de Palingénius, assume aussitôt la direction du nouvel organe de l'Eglise gnostique de France La Gnose où il ébauche ses principaux ouvrages, alors qu'exactement au même moment il suit le cours du très traditionaliste Mgr Lacroix « le Catholicisme pendant la Révolution » à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes ! Il y a de quoi rêver !

Écrit par : Lozère | lundi, 01 juin 2009

Oui, mais ce n'est pas fini, car en 1910 il fait la connaissaince de Ivan Angueli, initié au soufisme par le sheikh Abder Rahmân Elish El-Kébir, qui lui transmet le sceau de ce dernier en 1912 en le recevant comme musulman et l'initie sous sous le nom de sheikh Wahed Yahia, alors qu'il est fait maçon à la loge Thebah placée sous l'obédience de la Grande Loge de France, mais épouse aussi religieusement à l'église, mademoiselle Berthe Loury, assistante de madame veuve Duru à l'école libre de Montalivault, puis collabore à l'organe néo-thomiste la Revue de philosophie placée sous la direction du père Peilaube s.m.l. préparant sa ouvrage de dénonciation de L'Erreur spirite (1923), et arrive à se faire recruter comme professeur de philosophie à l'école des Francs-Bourgeois dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes !

Conclusion. Si Guénon fut vraiment initié en un domaine, c'est celui de la dissimulation, de la manoeuvre et de la tromperie.

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

J'aime votre sollicitude à mon égard, Dan.

"ça soufi" maintenant vos propositions de pilules dharmiques !

Vous avez raison, il faut envoyer notre troll chez les bouddhistes guénolâtres.

Je suis, comme Hire, stupéfait du fait que rien que de citer R. Guénon, un Ben Dupont apparait avec sa panoplie musulmane comme un clown sort de sa boite. C'est à croire qu'ils font les 3-8 sur le blog.

Dan, à quel prix, vous me les faites ces pilules ? !

Écrit par : La Fouine | lundi, 01 juin 2009

Ce que je trouve démentiel dans le Colloque de Karma Ling, c'est le programme des ateliers.

17h30-18h30 Ateliers :

1 - Groupe des thérapies de l’âme
2 - Groupe de lecture autour de l’œuvre de René Guénon
3 - Présentation des activités des scouts musulmans de France

Thérapie de l'âme, suivie d'une lecture de Guénon puis d'une présentation des scouts musulmans. Mais ils veulent tuer tous les stagiaires, c'est pas possible !

Et c'est dans ce b*** organisé, Dan, que vous voulez expédier notre ami La Fouine. Mais je vous fais illico presto un courrier au Conseil de l'Ordre moi ; elle est belle la médecine dans ce pays !

Écrit par : Fs | lundi, 01 juin 2009

@ Fs. Mais non, ce n'est pas là que se cache la pire des sanctions imaginées par l'infernal Dr Dan. En réalité, le vice suprême, consistera à infliger à La Fouine, pour avoir dit du mal de Guénon, l'audition de 21h à 22h30 de Chants Soufis dans la lignée des Cheikhs de la Nahda, Aïsha Redouane et Habib Yammine, mettant en musique les poèmes des grand maîtres de la tradition soufie.

Là, je vous assure que ça va faire mal, très mal même.

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Nous venons d'apprendre le décès de notre ami La Fouine. L'enquête préliminaire annonce une mort par suicide imposé par un médecin new age et son ami F...
Ces immondes individus voulaient l'inscrire à des programmes qu'aucun être humain normalement constitué ne peut supporter.

Écrit par : La Fouine 2 | lundi, 01 juin 2009

@ La Fouine. Je vous l'ai déjà dit, je ne veux pas vous vendre ces comprimés célestes, vous êtes trop gourmand. Je vous en prie, soyez raisonnable maintenant, n'insistez plus !

Écrit par : Dan | lundi, 01 juin 2009

Pas d'inquiétude, notre ami La Fouine ne peut se suicider, lui qui sut goûter en son jeune temps la philosophie du carpe diem. Ainsi, cela ne fait aucun doute, ce La Fouine 2 est un fantôme.

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Je ne sais pas si c'est le souffle de l'Esprit Saint qui vous agite après les fêtes de la Pentecôte, mais il y a une curieuse atmosphère sur La Question ce soir. Le fait est que la conjugaison du parcours personnel de René Guénon, encore regardé, ce qui n'est pas comme un maître par certains fous délirants, avec le programme totalement incroyable de l'Institut Karma Ling, a de quoi rendre dingue.

Écrit par : Urbis | lundi, 01 juin 2009

@ Falk: oui, une religion fort complète, dans laquelle toute prescription a un sens, souvent très profond. D'ailleurs, pour satisfaire la curiosité des lecteurs de la Question, je vais expliquer pourquoi un bon mizilmon ne peut s'essuyer le derrière (de la main gauche toujours!) avec du "crottin ou un os". C'est vrai quoi, pourquoi jeter l'opprobre sur le crottin et les os ? Eh bien parce que ces matières constituent "la nourriture des Djinns" pardi!

Pour preuve:

"Une délégation de djinns vint voir le Prophète et dit :
- Ô Mahomet, interdis ta communauté de se nettoyer avec un os, du crottin ou du charbon, parce que
c’est ce que Allah nous a donné comme aliments.
Alors le Prophète interdit de faire cela. ” (récit de Abdullah ibn Masud, Dawud I 39)"

@ La Fouine: oui faites gaffe! Il suffit d'une erreur d'inattention: confondre sa gauche et sa droite, saisir un fémur de chameau traînant dans les latrines, ou bien une poignée de fumier du sac accolé à la cuvette des WC pour vous retrouver privé de vos 70 vierges! Allah est miséricordieux mais ne pardonnera pas ceux qui privent les djinns de leur petit dèj'. Vous voilà averti.

Une preuve de plus que cette religion lamentable dérive d'un esprit humain pervers et étriqué et nullement de Dieu.

Écrit par : Vertumne | lundi, 01 juin 2009

@ Vertumne. Merci beaucoup ! voilà qui explique tout. Maintenant je comprends, grâce à vous, le sens caché de ces sentences mystérieuses, et la raison métaphysique de ces precriptions surprenantes, dont on admettra aisément qu'elles touchent sans doute aux sommets vertigineux de la pensée humaine et qui nous furent enfin révélées par la science de Guénon.

Guénon, ne l'oublions pas, dont le rôle et la "fonction" consistèrent principalement dans le don des lumières spirituelles qui nous faisaient défaut, et qui nous révéla, à nous pauvres chrétiens dépourvus d'une science véritable, les arcanes de l'authentique voie de délivrance.

Et ne croyez pas que j'exagère dans ces affirmations car, en effet, tel est présenté le Shaykh ‘Abd-al-Wâhid Yahyâ.

Ecoutez bien :

- "René Guénon est l’un des premiers intellectuels européens musulmans à avoir redonné à des Occidentaux la possibilité d’une réelle “délivrance de l’erreur”."

Pas mal non ? Et ce n'est pas fini, car le plus important, qui explique pourquoi aujourd'hui un aimable rigolo comme Kitab, demain des dizaines de Mohamed Dupont guénoniens, viendront nous expliquer pourquoi l'islam est supérieur au christianisme est incarne le couronnement religieux de cette fin de cycle :


- "Grâce à la fonction providentielle du Shaykh ‘Abd-al-Wâhid Yahyâ (René Guénon), l’Occident moderne peut accéder de nouveau à la conscience de la réalité du dépôt sacrée de la Tradition primordiale, ce dîn qayyim dont parle le Coran..."

Isâ Abd al-Haqq Benassi, Un soufi d'Occident René Guénon, Institut des Hautes Etudes Islamiques.

http://www.ihei-asso.org/index.html

http://www.ihei-asso.org/docshtml/UnsoufidOccident.html


C'est de cela que ces tristes sires, perdus dans les fumées de leurs doctrines orientales, persuadés de leur vérité coranique stipulant qu'il ne subsiste plus de tradition réelle (ou complète ce qui revient au même dans leur pensée), en Occident, souhaitent nous convaincre. On voit ainsi à quel point le nécessaire réarmement spirituel chrétien des esprits est fondamental, et ne relève pas d'une sorte de romantisme folklorique qui, par passéisme, préfère les dentelles, l'encens et le latin aux molles atmosphères des églises modernes, car il en va, sur le plan de la perspective existentielle, de notre devenir historique.

Écrit par : Falk | lundi, 01 juin 2009

Rien n'est plus instructif Falk, que de voir ces musulmans guénoniens, prétendre, avec une incroyable candeur, que leur activité a pour but de combler : "...la méconnaissance des fondements et des pratiques de l’islam, par les sociétés occidentales, origine de la méfiance que les occidentaux montrent à l’égard d’une Tradition dont l’origine est pourtant commune au judaïsme et au christianisme."

http://www.ihei-asso.org/docshtml/presentationIHEI.html


L'organigramme de l'Institut des Hautes Etudes Islamiques est d'ailleurs instructif, réunissant une splendide brochette de guénoniens convaincus et militants : Shaykh Abd-al-Wâhid PALLAVICINI ; Abd-al-Karîm Patrick TURNLEY ; Abd-al-Haqq Ismaïl Bruno GUIDERDONI, etc.


http://www.ihei-asso.org/docshtml/Organigramme.html

Écrit par : Quadrige | lundi, 01 juin 2009

Chers amis, vous avez laissé passer un truc incroyable dans le programme de l'Institut Karma-Ling, où notre médecin Dan, par un acte de charité bienfaisante, voulait expédier La Fouine.

En effet, lisez ceci prévu le dimanche en après-midi :

- 14h30-15h30 Dharma par Sofia Stril-Rever.

Cela vous semble anodin n'est-ce pas ? une énième communication sur le dharma chez les bouddhistes, pas de quoi se rouler par terre. Mais savez-vous qui est l'aimable intervenante dénommée : Sofia Stril-Rever ?

Vous ne voyez pas ?


Eh bien il s'agit de la très bouddhiste nièce de Soeur Emmanuelle !!

http://www.buddhaline.net/IMG/jpg/Senat_090304_7.jpg

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/2/2/9782355360220.jpg


C'est ce qu'avait révélé Zacharias (à qui je dois cette information), à l'époque de la publication, après sa disparition, des très croustillantes et médiatiques "Confessions" de Soeur Emmanuelle, écrivant alors :

"Beaucoup cependant ignorent le rôle singulier qu’exerça auprès de Soeur Emmanuelle sa nièce, Sofia Stril-Rever, écrivain et traductrice, sanskritiste, diplômée d’Etudes indiennes de l’Université Paris III, ayant reçu une formation traditionnelle auprès de pandits indiens, et à l’Université Bouddhiste de Sarnath (Inde) auprès de maîtres spirituels tibétains, s’étant spécialisée dans la traduction des textes racines de la tradition du Tantra Kalachakra, tradition extrêmement sexualisée et problématique, propre au bouddhisme tibétain. Sofia Stril-Rever a ainsi co-signé plusieurs livres avec sa tante (" 365 Méditations de Soeur Emmanuelle " ; " Mille et Un bonheurs : Méditations de Soeur Emmanuelle " ; " La folie d'amour : Entretiens avec Soeur Emmanuelle " ; " Mon Testament spirituel ", déclarant qu’elle a trouvé en Inde sa terre spirituelle.
Intime de sœur Emmanuelle dont elle a recueilli les propos dans " La Folie d'amour " qui est tout un programme assez fantaisiste baignant dans un idéalisme post hippie, Sofia affirme que sa rencontre avec le Dalaï-lama l'a libérée des formes de la croyance, lui révélant la transparence du cœur dans le partage spirituel."


La suite, ultra intéressante, ici :

http://www.la-question.net/archive/2008/11/01/sœur-emmanuelle-les-perverses-influences-d-une-vieille-none.html

Écrit par : Serrus | mardi, 02 juin 2009

Il est intéressant de se souvenir que l'idée de pèlerinage a pris un sens particulier en Occident avec l'objectif de se rendre en Terre sainte, destination lointaine pour l'époque qui deviendra aussi le lieu d'habitation permanent des nombreux chrétiens. Ceci explique la présence de trois patriarches à Jérusalem : grec, latin, arménien. Ils ont juridiction sur l'Église locale et veillent sur les lieux saints et sur les pèlerins. Il y a en outre une custodie de Terre sainte (franciscains), qui remonte au temps de saint François d'Assise et qui veille sur la plupart des lieux saints dont la propriété appartient à l'Église catholique.

Écrit par : Lapide | mardi, 02 juin 2009

D'ailleurs, pour mieux comprendre l'origine et le sens de la liturgie chrétienne, il est important d'étudier la liturgie chrétienne de Jérusalem qui se forme au IVe siècle et disparaît de l’usage normatif vers le XIIe siècle. En amont l’influence du judaïsme en fait un sujet d’étude intéressant pour comprendre l’origine d’institutions chrétiennes aussi centrales que la messe ou la fête de Pâques.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rite_de_l%27%C3%89glise_de_J%C3%A9rusalem#Mercredis_et_vendredis.2C_jours_de_station

Écrit par : Lapide | mardi, 02 juin 2009

le latin peregrinatio d'où "pèlerinage signifie clairement : "voyager pour vivre comme un étranger ".

"La "peregrinatio" consiste à abandonner, pour des raisons spirituelles, son propre milieu avec toutes ses relations sociales et familiales, pour vivre dans un autre pays, comme étranger. C'est le fait de se défaire de toute attache matérielle à un lieu, une maison, un foyer, pour devenir étranger, sans aucune résidence permanente ici-bas, afin d'arriver à un grand détachement intérieur et à la pureté et pauvreté du cœur. Cette tradition s'enracine tout d'abord dans le récit de la vocation d'Abraham en Genèse 12 ("Quitte ton pays et la maison de tes pères, et va dans un lieu que je te montrerai"). Elle se nourrit de toute la spiritualité de l'Exode et du Désert, et aussi de celle de l'Exil, tout comme elle s'enrichira de la mystique de la "recherche", s'inspirant de la quête de l'époux dans le Cantique des Cantiques. On retrouvera la même mystique de la "quête" plus tard dans la légende de la Quête du Graal.

Ce détachement s'enracine dans l'enseignement de l'Écriture que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente, mais que notre véritable demeure est dans les cieux. C'est aussi une réponse à l'appel du Christ à tout laisser pour le suivre. (Mat 16,24).

Comme attitude spirituelle, ce détachement est essentielle à toute forme de vie monastique. Certaines traditions monastiques l'ont exprimé dans une perigrinatio physique. Les grecs avaient pour cela un mot : xeniteía, qu'Antoine Guillaumont traduit par "dépaysement"." [Antoine GUILLAUMONT, "Le dépaysement comme forme d'ascèse dans le monachisme ancien" in École pratique des Hautes Études, Ve section, Sciences religieuses, Annuaire 1968-69, 76, Paris 1968, 32.]

Écrit par : Synésius | mardi, 02 juin 2009

@ Synésius. Je découvre par vous qu'en Occident, peu après Benoît, cette tradition de la peregrinatio fleurit d'une façon toute particulière dans les régions celtiques : "Le moine irlandais réalise et exprime son détachement de tout ce qui est matériel et temporel, en s'adonnant à la peregrinatio. Ce sera souvent le dépaysement vers une île pas très loin de la côte; puis ce sera l'exil vers les autres îles britanniques, puis vers le continent. On sait comment ces moines, souvent beaucoup plus cultivés que les régions où ils émigraient, devinrent sans l'avoir recherché, des évangélisateurs, des fondateurs d'églises, et laissèrent sur leurs traces de nombreux centres de culture et de vie spirituelle intense." Pas mal du tout.

La suite ne manque pas d'intérêt non plus : "Dans la tradition bénédictine et plus tard dans la tradition cistercienne, cette spiritualité du déracinement, du détachement, du renoncement à toute attache et à toute propriété sera intégrée dans une vision spirituelle qui intègre aussi la notion de stabilité. C'est la tradition dans laquelle nous nous situons."

Incontestablement, cet équilibre entre voyage spirituel vers la patrie céleste et stabilité géographique, caractérise le monachisme chrétien.

Écrit par : Antonin | mardi, 02 juin 2009

C'est bien un mystère alors, comme il est dit, que les "pèlerinages et les processions participent d’une relation qui relève de la sainte mémoire avec les lieux, et rythment harmonieusement la succession des mois et des saisons au sein de l’année", que l'on ait voulu abattre et détruire ces traditions douces et bienfaisantes pour les hommes. Comme si cet ordre ancien des choses, avait provoqué un sentiment de haine. Bien évidemment l'hostilité à la religion est toujours la marque d'une force négative, mais parfois on se demande si derrière cette terrible volonté de destruction ne se cachait pas également une aspiration à la mort, une sorte d'attirance malsaine vers le suicide qui se serait, par l'effet d'une folie inexpliquée et inexplicable, emparé de l'esprit ?

Écrit par : Jude | mercredi, 03 juin 2009

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