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vendredi, 22 mai 2009

Le retour sacré à la terre !

 

La vérité de la terre

selon la pensé des physiocrates français :

François Quesnay et Le Mercier de La Rivière de Saint-Médard

 

 

 

 

 

Désirée 1.jpg

 

La_faneuse 4.jpg

 

« Travaille la terre elle ne ment pas
Ce qu'elle doit faire elle le fera… »

  

«  L'agriculture est la mère et la nourrice des autres arts. »

 (Xénophon, Economique).

 

 

 

travaux des champs 14.jpgLe patrimoine rural, legs des générations qui ont façonné les paysages et les cultures locales, constitutif de l’identité de nos territoires, est gravement menacé par l’évolution économique et sociale accélérée par la mondialisation.

Pourtant, si l’on y réfléchit un court instant, la seule activité réellement productive en ce monde, depuis les origines, est l'agriculture, car la terre seule, concrètement, multiplie les biens : une graine semée produit naturellement et sans effort plusieurs graines, les animaux nous fournissent divers produits (lait, œufs, etc.) de façon directe, la terre laisse ainsi un produit fécond et dont est absente toute négativité. L'industrie et le commerce, en comparaison, sont des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par la terre, l’élevage ou l'agriculture.

 

C’est pourquoi, si, au milieu du XXe siècle, la référence à la terre a subi en Europe une longue et étonnante éclipse au bénéfice de notions abstraites, faisant que les hommes sont devenus tragiquement étrangers à leurs racines, il est grand temps que s’opère un retour aux valeurs ancestrales du travail, aux identités régionales, à l’attachement au terroir, et ce ne doit pas être ce retour qui doit surprendre mais davantage l’effacement qui l’avait précédé, car le cadre rural est historiquement lié à la naissance de la vie et demeure l’espace premier de son éclosion et de son activité réelle.

 

travaux des champs 3.jpg

 

 

« Il n'est nul art au monde

auquel soit requis une plus grande philosophie

que l'agriculture. »

 

Bernard Palissy (1510-1590)

 

 

 

L’humanité ne connaît plus la nature, elle s’est coupée tragiquement du sol nourricier.  « A présent, déclare Pierre Rabhi dans son livre le millet_goose_girl.jpg« Recours à la terre » l'impasse majeure se confirme entre un monde industriel frappé de récession, et des campagnes vidées de leurs intendants et de leur substance. Après l'orgie productiviste, après le rêve du surhomme, le déclin est là : il se traduit par un bilan négatif si l'on considère l'état de l'ensemble de l'humanité et de la biosphère. Il se traduit surtout par la perte du sens. La tête chercheuse ne sait plus le chemin, et le parcours réalisé est ensemencé d'insatisfaction, d'exclusion, de famines, de guerres, de frustrations. L'avenir est à inventer, à repenser, mais sur quels principes ? Nous sommes de ceux qui ont été depuis longtemps, et qui sont encore plus que jamais convaincus que la terre sera l'un des grands recours pour demain, au Nord comme au Sud.

Cet être silencieux dont nous sommes l'une des expressions vivantes recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité, sans idolâtrie, sensiblerie ni outrance, les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences. Sans renoncer aux acquis positifs de la modernité et de la science, il nous faudra retrouver peut-être un peu du sentiment de nos ancêtres, pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées. » [1]

 

 

Comme le disait une agréable chanson du temps jadis :

 

« Travaille la terre
Elle ne ment pas
Ce qu'elle doit faire
Elle le fera
Rends lui sans colère
Ton cœur et tes bras

Chaque fois que l'homme se rue
Vers un avenir incertain
C'est encore la vieille charrue
Qui lui retrace son chemin
Espérons, la terre est fidèle
…»

 

Oui, dit à juste titre cette chanson, « la terre ne ment pas, ce qu’elle doit faire elle le fera », elle le fera par elle-même, en raison des ressources propres qui sont les siennes, en fonction de ses dons immanents qui lui ont été donnés par le Créateur.

 

I.  La terre source de toute richesse 

 

Quesnay_Portrait.jpg

François Quesnay (1694-1774)

 

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« Les transgressions des lois naturelles

sont les causes les plus étendues & les plus ordinaires

des maux physiques qui affligent les hommes »

 

 

quesnay1.jpgToutefois, loin d’être une idée nouvelle, cette volonté d’un retour aux principes simples et sains de la terre, fut déjà celle de François Quesnay (1694-1774), médecin du roi, fondateur d’une des premières écoles en économie, l'école des Physiocrates. Quesnay établira, dans son célèbre « Tableau économique » que la circulation des biens dans la société est comparable à la circulation du sang dans le corps, concevant chaque classe de la société comme un organe du corps social et montrant comment chacune de ces classes dépend des autres à travers l'interdépendance des activités économiques, les relations qui s'établissent dans la production et la répartition..

 

De la sorte pour Quesnay,  « la seule classe productive véritable, est celle composée par les fermiers, classe qui est la seule à pouvoir fournir un produit net, c'est-à-dire capable de multiplier les produits » [2]. En comparaison, la classe stérile, est composée de tous les citoyens occupés à d'autres travaux que ceux de l'agriculture, capable uniquement de transformer les biens sans les multiplier, ainsi que la classe des propriétaires terriens, dont la seule fonction est de dépenser la part du revenu qui est due, sans produire aucun bien. 

 

 

travaux des champs 15.jpg 

 

« La seule classe productive véritable,

est celle composée par les fermiers »

 

 

François Quesnay explique très bien, dans ses « Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société » (1765)   que le mal qui ronge les hommes, provient d’un mauvais usage qu’ils font de la liberté :

 

- « …une cause du mal physique & du mal moral, c'est le mauvais usage de la liberté des hommes. La liberté, cet attribut constitutif de l'homme, & que l'homme voudrait étendre au-delà de ses bornes, paraît à l'homme n'avoir jamais tort ; s'il se nuit à lui-même par le mauvais usage de sa liberté, il se plaint de l'Auteur de sa liberté, lorsqu'il voudrait être encore plus libre ; il ne s'aperçoit pas qu'il est lui-même en contradiction avec lui-même. Qu'il reconnaisse donc ses extravagances ; qu'il apprenne à faire bon usage de cette liberté, qui lui est si chère ; qu'il bannisse l'ignorance, qui est la principale source des maux qu'il se cause par l'exercice de sa liberté. Il est de sa nature d'être libre et intelligent, quoique quelquefois il ne soit ni l'un ni l'autre. Par l'exercice de sa liberté, il peut faire de mauvais choix; par son intelligence, & par des secours surnaturels, il peut parvenir aux meilleurs choix, & se conduire avec sagesse, autant que le lui permet l'ordre des lois physiques qui constituent l'Univers. Le bien physique & le mal physique, le bien moral & le mal moral ont donc évidemment leur origine dans les lois naturelles. Tout a son essence immuable, & les propriétés inséparables de  son essence. » [3]

  

 

II. La terre est notre mère commune

 

 

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« la terre est la source de toute richesse ».

 

 

 

 De son côté, dans le projet politique qu’il élabora, Pierre-Paul Le Mercier de La Rivière de Saint-Médard (1719-1792), rattaché également aux physiocrates présente dans son ouvrage principal, « L’ordre naturel et essentiel des sociétés politiques » (1767)  qui, bien que séparant ordre naturel et surnaturel, énonce quelques sages principes, dont celui, premier et fondamental qui affirme : « la terre est la source de toute richesse ».

 

Le propos de Le Mercier de La Rivière de Saint-Médard dans son livre consiste ainsi à faire connaître la révélation qu’il a eue de l’ordre naturel et essentiel des sociétés politiques. Très éloigné du rationalisme sensible du XVIIIe siècle, le ton de Le Mercier est prophétique parlant de l’ordre naturel avec des accents théologiques affirmant que l’ordre naturel n’est rien d’autre que l’ouvrage de Dieu :

 

- « Plein de cette idée, et persuadé que cette lumière divine qui habite en nous, ne nous est pas donnée sans un objet, j’en ai conclu qu’il fallait que cet objet fût de nous mettre en état de connaître l’ordre sur lequel nous devons régler notre façon d’exister pour être heureux. Delà, passant à la recherche et à l’examen de cet ordre, j’ai reconnu que notre état naturel est de vivre en société ; que nos jouissances les plus précieuses ne peuvent se trouver qu’en société ; que la réunion des hommes en société, et des hommes heureux par cette réunion, est dans les vues du Créateur ; qu’ainsi nous devions regarder la société comme étant l’ouvrage de Dieu même et les lois constitutives de l’ordre social comme faisant partie des lois générales et immuables de la création. Mes recherches sur ce point m’ont fait passer du doute à l’évidence : elles m’ont convaincu qu’il existe un ordre naturel pour le gouvernement des hommes réunis en société… Plus j’ai voulu combattre cette évidence et plus je l’ai rendue victorieuse pour moi : plût au ciel que je puisse la démontrer aux autres comme je la sens, comme je la vois ; plût au Ciel qu’elle fût universellement répandue. » [4]

 

 

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« La société est l’ouvrage de Dieu même

et les lois constitutives de l’ordre social

font partie des lois générales et immuables de la création. »

 

 

 

 II.  Simplicité de la vérité naturelle

 

La vérité est donc simple : la terre, qui est notre mère commune, a la capacité de nourrir tous les hommes, femmes et enfants de monde. La Terre est la source, ou la matière féconde, d'où l'on tire la richesse. De la sorte, le travail de l'homme dépend de la matière, c’est-à-dire de la terre qui le produit, et la richesse en elle-même, n'est pas autre chose que la nourriture, les maisons, les forêts et les champs, les animaux et les êtres qui peuplent la vie. La Terre produit de l'herbe, des racines, des grains (blé, orge, avoine, maïs, etc.), du lin, du coton, du chanvre, des arbrisseaux et bois de plusieurs espèces, avec des fruits, des écorces et feuillages de diverses sortes, comme celles des Meuniers pour les Vers à soie ; elle produit des Mines et Minéraux. Le travail de l'homme donne la forme de richesse à tout cela. Les Rivières et les Mers fournissent des Poissons, pour la nourriture de l'homme, et plusieurs autres choses. Mais ces Mers et ces Rivières appartiennent aux Terres adjacentes, et c’est le travail de l'homme qui en tire le poisson, et autres avantages concrets.

 

La devise des moines bénédictins « Ora et Labora » s’applique ainsi à toute vie chrétienne : le travail doit être ordonné à la prière, mais la nature même du travail intervient dans la qualité de cette prière. Toute activité n’est pas propice à la prière, et la terre seule est donatrice de vérité. A ce titre, c’est sans doute l’auteur « d’Amori et Dolori sacrum » (1903), Maurice Barrès (1862-1923), qui sut le mieux résumer l’importance de ce que nous devons à l’héritage de la terre, à ceux qui l’ont travaillée et la travaillent encore : «C'est là que notre race acquit le meilleur d'elle-même. Là, chaque pierre façonnée, les noms mêmes des lieux et la physionomie laissée aux paysans par des efforts séculaires nous aideront à suivre le développement de la nation qui nous a transmis son esprit. En faisant sonner les dalles de ces églises où les vieux gisants sont mes pères, je réveille des morts dans ma conscience (...) Chaque individu possède la puissance de vibrer à tous les battements dont le cœur de ses parents fut agité au long des siècles. » 

 

travaux des champs 11.jpg

 

 

Le sel de Guérande, le culte des saints,

et plus largement les fontaines, fours à pain etc.,

tout cela fait partie intégrante de notre patrimoine et de notre vie.

 

 

En effet, à travers son patrimoine rural, c'est toute l'originalité du territoire français qui a été façonné, et ce par une longue histoire et des conditions naturelles que distribua généreusement la Providence. C’est une joie toujours renouvelée de pouvoir observer dans le détail la multiplicité des styles de vies, des coutumes, transmis au fil des générations, qui permirent qu'abriter les familles et les biens, proposant des cultures et des traditions fascinantes. Tout a sa place dans la tradition de la terre : l’Histoire, les arts, la culture, les techniques, les savoir-faire, l’agriculture, les produits de terroir, la faune et la flore ou encore l’architecture, les paysages naturels et construits. Ces véritables marques d’appartenance témoignent des relations particulières instaurées depuis des siècles par une communauté avec son territoire. C’est ainsi que le sel de Guérande, les usoirs de Lorraine, les chapeliers de Chazelles, le culte des saints, les arts de la table, mais aussi plus largement les fontaines, lavoirs, murs en pierre sèche, passerelles, architecture en terre, fours à pain, ponts, pigeonniers, etc., tout ce qui relève des coutumes et de la culture locale, en particulier les traditions orales, tout cela fait partie intégrante de notre patrimoine et de notre vie, bien plus qu’on ne l’imagine, et fonde, dans son essence la plus intime, notre identité véritable.

 

 

 

 

Notes.

 

 

[1] P. Rabhi, Le Recours à la terre, Terre du Ciel, 2002.

 

[2] F. Quesnay, Analyse de la formule arithmétique du Tableau Economique de la distribution des dépenses annuelles d'une Nation agricole, 1766 in le Journal de l'agriculture, du commerce et des finances

 

[3] F. Quesnay, Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société, 1765. François Quesnay écrit de même dans son ouvrage : « Dans l'état de pure nature, les choses propres à la jouissance des hommes se réduisent à celles que la nature produit spontanément, & chaque homme ne peut s'en procurer quelque portion que par son travail, c'est-à-dire, par ses recherches. D'où il s'ensuit, 1°. que son droit à tout est une chimère ; 2°. que la portion de choses dont il jouit dans l'état de pure nature s'obtient par le travail ; 3°. que son droit aux choses propres à sa jouissance doit être considéré dans l'ordre de la nature & dans l'ordre de la Justice ; 4°. que dans l'état de pure nature, les hommes pressés de satisfaire à leurs besoins, chacun par ses recherches, ne perdront pas leur temps à se livrer inutilement entre eux une guerre qui n'apporterait que de l'obstacle à leurs occupations nécessaires pour pouvoir à leur subsistance  ; 5°. que le droit naturel compris dans l'ordre de la nature & dans l'ordre de la justice, s'étend à tous les états dans lesquels les hommes peuvent se trouver respectivement les uns aux autres. »

 

[4] P.-P., Le Mercier de La Rivière L’ordre naturel et essentiel des sociétés politiques, Discours préliminaire, 1767,  p. 11.

 

 

10:46 Publié dans Philosophie politique | Lien permanent | Commentaires (86) | Tags : agriculture, terre, tradition, écologie, physiocratie, économie, culture |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Il y a un petit côté Tolstoï dans votre note et dans cet idéal paysan et rural. Superbe !

Voici comment son fils, le Comte Léon L. Tolstoï, comprend et résume les idées de son père :

"Toute la vie moderne dite civilisée, l'industrie, les villes, le commerce, est basée sur le mensonge et l'hypocrisie. La religion, l'État, la famille, la science, l'éducation, etc..., tout cela doit être réformé complètement. Devant cette découverte morale de Léon Tolstoï, il ne nous reste qu'une chose à faire : suivre les préceptes du véritable christianisme, c'est-à-dire vivre une vraie vie religieuse et spirituelle, qui seule peut tout débrouiller et tout perfectionner par la révolution de l'âme dans chaque individu.
- Dans la perfection personnelle, dans l'amour pour son prochain, dans cette foi chrétienne réside notre salut et le salut du monde."

Écrit par : Quadrige | vendredi, 22 mai 2009

Témoignage :

"Dans le château seigneurial des princes Volkonsky, qui passa ensuite à la famille des Tolstoï, le poète de La Guerre et la Paix habitait une chambre très simplement meublée. Au mur était suspendue une scie et, dans le coin, posées contre le mur, il y avait une faux et une hache de charpentier. A l'étage supérieur, tels des gardiens figés des vieilles traditions, étaient suspendus les portraits de toute une série de générations d'ancêtres. Quel symbole !

Dans l'âme du maître de la maison, nous trouvons également ces deux étages superposés, dans l'ordre inverse. Tandis que, dans les régions supérieures de la conscience, la philosophie de la simplicité et de la fusion avec le peuple a bâti son nid, d'en bas, là où plongent les racines des sentiments, des passions et de la volonté, nous saluent toute une longue galerie d'ancêtres féodaux.

Dans la colère du repentir, Tolstoï s'est détourné de l'art menteur et vain, qui pratique un culte idolâtre avec les sympathies artificiellement développées de la ville et cultive leurs préjugés de caste à l'aide du mensonge de la fausse bonté.

Dans son dernier grand ouvrage, Résurrection, c'est précisément le propriétaire foncier russe, riche d'ancêtres, qu'il place au centre de son attention artistique, l'entourant soigneusement du tissu doré des relations, habitudes et souvenirs, comme s'il n'existait rien de beau et d'important sur la terre en dehors de ce monde "vrai " et "rural". Du domaine seigneurial, un chemin droit et court conduit à la maison du paysan. Ce chemin, Tolstoï, le poète, l'a souvent parcouru avec amour, avant que Tolstoï, le moraliste, en ait fait le seul chemin du salut."

Écrit par : Wendrock | vendredi, 22 mai 2009

Saine philosophie : "« …une cause du mal physique & du mal moral, c'est le mauvais usage de la liberté des hommes."

Écrit par : Hire | vendredi, 22 mai 2009

Il y a dans les notes d'Hadrien une atmosphère vraiment spéciale - il faut dire que les thèmes picturaux utilisés ici traitant de la nature donnent de magnifiques tableaux.

Bon cela dit, la pensée de François Quesnay, qui fut médecin de Louis XV, méritait d'être remise au goût du jour. Excellente initiative.

Écrit par : Lozère | vendredi, 22 mai 2009

L'agréable chanson du temps jadis, clin d'oeil sympathique Hadrien, dont le refrain disait :

"Travaille la terre
Elle ne ment pas
Ce qu'elle doit faire
Elle le fera
Rends lui sans colère
Ton cœur et tes bras"

Est extraite d'un discours d'un grand homme d'Etat français dont le 19 novembre 1940, le primat des Gaules, le cardinal Gerlier, put dire à la Primatiale Saint-Jean de Lyon, en présence du maréchal : « Car Pétain, c'est la France et la France, aujourd'hui, c'est Pétain ! » :

"La terre ne ment pas. Elle demeure votre recours, elle est la Patrie elle-même."

25 Juin 1940

Écrit par : Falk | vendredi, 22 mai 2009

La terre ne ment pas
Paroles de Lucien Boyer - Musique de Henry Verdun - 1941

Un sous entendu très lourd, vis à vis de tout ceux qui on menti avant, tous les politiciens de la 3ème république, peut-être même une allusion à ces Français Libres qui parlent sans cesse à la radio de Londres.


Pour oublier le mauvais songe
Mon gars rentre chez tes parents
Sans toi vois-tu, l'ennui nous ronge
Viens chez nous cultiver les champs
Contre le sort point de révolte
Pousse le soc, sème le grain
Et lorsque viendra la récolte
L'orgueil calmera ton chagrin

Refrain:
Travaille la terre
Elle ne ment pas
Ce qu'elle doit faire
Elle le fera
Rends lui sans colère
Ton cœur et tes bas
Travaille, travaille
La terre ne ment pas

Ne court plus après l'aventure
Tu n'y trouverais pas l'oubli
Car la souffrance n'est moins dure
Qu'après le labour accompli
Puisqu'ici bas chacun souhaite
Un tendre amour tranquille et sûr
Fais ton nid comme l'alouette
Parmi les parfums du blé mûr

Refrain

Chaque fois que l'homme se rue
Vers un avenir incertain
C'est encore la vieille charrue
Qui lui retrace son chemin
Espérons, la terre est fidèle
Aimons la comme une maman
Elle nous pardonne et c'est elle
Qui nous protège maintenant

Dernier refrain
Travaille, travaille
Elle te paiera
Le cœur d'une mère
N'est jamais ingrat
Rends lui pour lui plaire
Ton cœur et tes bras
Travaille, travaille
La terre ne ment pas



http://bmarcore.club.fr/mil/mil240.html

Écrit par : Innocent | vendredi, 22 mai 2009

Merci, merci, merci!
C'est superbe.
Hélas, il y a comme un goût amer. Quelque chose de perdu qui ne reviendra pas. Mais foin de sentimentalisme. Retroussons nos manches.
Que de questions à poser!
Que faire, quand on a pas son lopin de terre?
Comment faire, par quoi commencer?
On s'y perd un peu.

Écrit par : Marguerite-Marie | vendredi, 22 mai 2009

Le 25 juin 1940, quelques jours après l'armistice, Philippe Pétain, porté à la tête du gouvernement français, précise dans un discours radiodiffusé son analyse des causes de la défaite et appelle les Français au redressement national :

- « Je n'ai placé hors du sol de France ni ma personne ni mon espoir. Je n'ai jamais été moins soucieux de nos colonies que de la métropole. L'armistice sauvegarde le lien qui l'unit à elles ; la France a le droit de compter sur leur loyauté.

C'est vers l'avenir que désormais nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence.

Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses.

Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'État qui ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.

Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie. Français, vous l'accomplirez et vous verrez, je vous le jure, une France neuve sortir de votre ferveur. »

Philippe Pétain, « Appel du 25 juin 1940 », cité in « Philippe Pétain, Discours aux Français », édition établie par J.-C. Barbas, Paris, Albin Michel, 1989, pp.63-66.

Écrit par : Resoncevalles | vendredi, 22 mai 2009

Ce que l'on sait moins, c'est que ce discours de Pétain du 25 juin 1940 est de la main de l'écrivain, aujourd'hui un peu oublié, Emmanuel Berl (né le 2 août 1892 au Vésinet dans les Yvelines et décédé le 21 septembre 1976 à Paris et inhumé au cimetière du Montparnasse).

Il était marié à la chanteuse et compositrice Mireille (elle l'avait surnommé « Théodore »). Il était aussi le cousin de Lisette de Brinon...


Oeuvres :

Méditation sur un amour défunt (1925)
Mort de la pensée bourgeoise (1929)
Le Bourgeois et l'Amour (1931)
Sylvia (1952)
Présence des morts (Gallimard, 1956)
Rachel et autres grâces (1965)
Trois Faces du sacré (1971)

Écrit par : Dan | vendredi, 22 mai 2009

@ Marguerite-Marie. "Que faire, quand on a pas son lopin de terre?
Comment faire, par quoi commencer?"

Très simple : Cassez votre télé, désabonnez-vous sur le champ des journaux qui encombrent inutilement votre boîte et bousillent les forêts, allez à la messe (s. Pie V) au plus près de chez vous et priez Dieu qu'il vous donne de pouvoir accorder votre vie à vos idées. Enfin n'oubliez-pas, il y a aussi des espaces verts dans les villes. Cultivez la compagnie des arbres, des fleurs et de la verdure. La terre ne ment pas !

Écrit par : Hadrien | vendredi, 22 mai 2009

C'est vraiment le printemps sur La Question grâce à Hadrien ! Vive le retour à la terre ...et le recours aux forêts !!

Écrit par : Klavelle | vendredi, 22 mai 2009

"La doctrine des forêts est antique comme l’histoire des hommes, et même plus vieille qu’elle. Elle se trouve déjà dans les témoignages vénérables que nous ne savons encore lire qu’en partie, dans les caractères gravés sur la pierre. Elle donne leur grand thème aux contes, aux légendes, aux textes sacrés et aux mystères… Toujours et en tous lieux, chacun sait désormais que des centres de forces originelles sont contenus dans le paysage changeant, sous l’apparence passagère des sources de richesse, des pouvoirs cosmiques. Ce savoir-là ne constitue pas seulement, pour les Églises, un fondement symbolique et sacramentel [...] Il vise essentiellement le même mystère, patent pour quiconque a reçu, ne fût-ce qu’une fois dans sa vie, l’initiation: qu’on le conçoive comme l’idée, la monade originelle, la chose en soi, l’existence dans le présent en touchant l’être..."

Traité du rebelle, Ernst Jünger, Christian Bourgois 1981.

Écrit par : Hatsarm | vendredi, 22 mai 2009

Sages conseils Hadrien que je suit déjà puisque j'ai remplacé la télé par internet^^

Là vous parlez de la nature pour l'agréement, or il est question ici de la nature que l'on travaille. Quand je parle de faire c'est l'idée de passer de la consommation à l'acte, et ça c'est impossible en ville, même si certaines idées comme les jardins partagés se développent.

Écrit par : Marguerite-Marie | vendredi, 22 mai 2009

@ Marguerite-Marie. La ville est un cimetière de la nature, mais elle abrite souvent une mosaïque de micro-habitats pleins de vie : vieux arbres, pelouses, buissons et petits cours d'eau. La nature en ville, c’est la pluie, le soleil, les arbres (certes l’espace consacré y est limité), c’est l’eau des rivières, ce sont les jardins et ce n'est pas rien.

Maintenant, comment s'y prendre pour engager une relation véritable avec la terre ? Suivez l'exemple de nos mères et grands-mères : commencez par cultiver quelques plantes chez vous sur le balcon, ou dans le salon ; vous verrez ça changera déjà pas mal de choses dans votre relation à la vie ;-)

Écrit par : Xavier | vendredi, 22 mai 2009

Quelle juste et profonde réflexion de la part de Pierre-Paul Le Mercier de La Rivière de Saint-Médard : "...cette lumière divine qui habite en nous, ne nous est pas donnée sans un objet, j’en ai conclu qu’il fallait que cet objet fût de nous mettre en état de connaître l’ordre sur lequel nous devons régler notre façon d’exister pour être heureux..."

Écrit par : Sulpice | vendredi, 22 mai 2009

Ah ! le joli mois de mai que nous présente Hadrien. Sous l’Ancien Régime, il était de coutume de planter un « mai » ou Arbre de mai en l’honneur de quelqu’un ou d'un événement. Le comté de Nice voyait filles et garçons « virer le mai » au son du fifre et du tambour, c’est-à-dire danser les rondes de mai autour de l’arbre de mai planté sur la place du village...et c'est en 1941, sous le gouvernement de Vichy (excellent pour la digestion) que le 1er mai devient jour chômé de la fête du travail !

Écrit par : Alexandre | vendredi, 22 mai 2009

Voici l'entrée en matière de cette chanson sur le lien donné par Innocent :

"Une chanson Pétainiste par excellence. Le Maréchal aurait dit dans un de ses discours "... la terre qui elle, ne ment pas...". Un sous entendu très lourd, vis à vis de tout ceux qui on menti avant, tous les politiciens de la 3ème république, peut-être même une allusion à ces Français Libres qui parlent sans cesse à la radio de Londres. Cette chanson est l'illustration sonore des propos du Maréchal. Travaillons la terre pour préparer l'avenir, tous ceux qui vous diront le contraire ne sont que de dangereux aventuriers... "
Mon cher Dan,
Vous qui tenez à me cantonner dans une organisation ou église quelconque je vous dirai que j'apprécie les participants de la Question car leurs connaissances et analyses diverses me font croire que j'ai affaire à des gens sérieux et des chrétiens militants (ce que nous manquons certainement dans notre société).
Il est de bon ton ici d'être royaliste, soit, bien que cette forme me semble bien en dessous de la théocratie qui demeure utopie car le Christ Lui Même a signifié son rejet de la politique aux apôtres.
Il est aussi de bon ton d'être catholique traditionaliste de St. Pie V, soit, leur théologie me semble sans erreur mais personnellement, je suis incapable de les suivre sociologiquement ou sur leur moralisme (mais cela n'est que personnel et ne présente donc aucune vérité absolue).
L'atmosphère agricole et printanière (et bien sûr bien plus encore) d'Hadrien n'est pas fait pour me déplaire, bien au contraire.
Mais, s'il faut maintenant louer Pétain qui prône un retour à la terre alors que l'ennemi s'empare du pays, là je me dis que cet effort m'est impossible même en me tournant les boyaux de la tête dans tous les sens !
Je n'ai jamais eu la fibre patriote mais quand même, je rend hommage, pour ma part, "à ces Français Libres qui parlent sans cesse à la radio de Londres. "
Tout le monde a l'air de se plaindre d'une islamisation de l'Europe mais j'ose espérer que l'on ne nous donnera pas le guide "Clause" pour contre attaquer si le jour vient où l'on doive se battre !
Vous allez me dire que Pétain était chrétien mais De Gaulle aussi!
Je voulais juste vous faire part de quelques états d'âme, ce qui ne sert à rien vu les arguments contraires qui vont pleuvoir mais cela ne fait rien car il est bon aussi de ne pas suivre le troupeau que pour être apprécié!
Je finirai par dire un commentaire de Mickael Haneke qui, pour je ne sais quelle raison, résume à mes yeux ma pensée :
"Si on pense savoir ce qui est juste, on devient très vite inhumain"
Mon cher Dan, rien de tout cela ne s'applique à vous mais j'ai préféré vous citer de façon à modérer mes propos car les quelques échanges que nous avons eus m'ont toujours réjoui.

Écrit par : La Fouine | vendredi, 22 mai 2009

L'agriculture, c'est la naissance d'une civilisation de "producteurs"; c'est aussi une formidable école morale. Apprendre que toute nourriture, toute bouchée de pain a nécessité en amont un travail et une souffrance considérables:

http://ethnocide.blogspot.com/2009/04/toute-une-annee-pour-un-morceau-de-pain.html

Rien à voir avec l'obsession consumériste de nos contemporains, typique des sociétés de "prédateurs", celles qui ne produisent rien et vivent aux dépends des autres. Celles où ce n'est plus la lien à la Terre et les traditions qui priment mais le déracinement, la fluidité. Les brebis sont devenues sauterelles.

Écrit par : Vertumne | vendredi, 22 mai 2009

@ La Fouine. Attention, il faut rendre cette justice à Hadrien, je pense que dans son texte il ne s'agit que d'un clin d'oeil un rien teinté d'humour.
Sa phrase le montre nettement : "Comme le disait une agréable chanson du temps jadis : « Travaille la terre elle ne ment pas"...Nos amis ont vite découvert l'origine et l'époque de création de cette chanson dont il n'existe plus aucun enregistrement. Il y avait comme un petit jeu de piste dans lequel chacun verra ce qu'il veut voir.

La note fort intéressante, quant à elle, porte plus sérieusement sur la doctrine des Physiocrates, qui, paradoxalement, fit l'admitation de Diderot et d'Alembert qui leur ouvrirent les pages de l'Encyclopédie, doctrine que d'aucuns regardent même comme inspiratrice du libéralisme en économie puisque qu'Adam Smith se passionna pour les thèses de Quesnay.

Vous voyez donc que tout est affaire d'interptétation.

Et puis sachant qu'en France tout se termine par des chansons, chantons ensemble avec l'ex parolier du Maréchal, c'est-à-dire le "Théodore" de Mireille, elle qui découvrit dans son amusant "petit conservatoire" Antoine et Polnareff :

"Puisqu'ici bas chacun souhaite
Un tendre amour tranquille et sûr
Fais ton nid comme l'alouette
Parmi les parfums du blé mûr"

C'est un peu baba cool finalement ces paroles, vous trouvez pas ? Avec des guitares électriques et un harmonica, ça pourrait être un couplet de Neil Young période Harvest ;-)

Écrit par : Dan | samedi, 23 mai 2009

@ Vertumne. Tout à fait d'accord avec vous : "Apprendre que toute nourriture, toute bouchée de pain a nécessité en amont un travail", c'est sans doute là un des éléments qui manque le plus à nos temps actuels qui cultivent la terrible "déréalisation de l'être".

Écrit par : Célestin | samedi, 23 mai 2009

Vision exacte et juste : "Tout a sa place dans la tradition de la terre : le sel de Guérande, les usoirs de Lorraine, les chapeliers de Chazelles, le culte des saints, les arts de la table, mais aussi plus largement les fontaines, lavoirs, murs en pierre sèche, passerelles, architecture en terre, fours à pain, ponts, pigeonniers, etc."
Voilà un principe que l'on aimerait voir être beaucoup plus mis en valeur chez les pseudos écolos...

Écrit par : Flore | samedi, 23 mai 2009

Il y a des vérités simples qui sont bonnes à dire et à redire, tant on à l'impression parfois que l'on vit dans un monde de fous : "la terre, qui est notre mère commune, a la capacité de nourrir tous les hommes, femmes et enfants de monde." Bravo Hadrien !

Écrit par : Benoît | samedi, 23 mai 2009

Excellente idée de la part d'Hadrien, de citer Pierre Rabhi, qui n'est pourtant pas vraiment un réac, mais qui a une très bonne analyse : "Sans renoncer aux acquis positifs de la modernité et de la science, il nous faudra retrouver peut-être un peu du sentiment de nos ancêtres, pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées."

Écrit par : Celias | samedi, 23 mai 2009

Commentaire pour répondre à Benoît

Je vais souvent dans des marchés écolos et je suis toujours frappée par leur absence de réflexion concernant certains domaines de l'existence qui sont eux aussi amenés à disparaître.
Les écolos sont les apôtres du déracinement;
Les femmes sont féministes et assez agressives concernant la vie traditionnelle; ils ne conçoivent pas que nous puissions être catholique et avoir une réflexion sur ce domaine qu'ils considèrent comme leur chasse gardée !

Je dois dire que je suis très admirative du travail qui est fait sur ce blog, tant au niveau de l'esthétique que des thèmes abordés.


PS J'aime beaucoup le comédien Jacques Dufilho qui cultivait la terre à l'ancienne




http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Dufilho

Écrit par : Marguerite-Marie | samedi, 23 mai 2009

Une église profanée est un arbre qui tombe! Qui s'en émeut?



http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/pillage-et-profanations-d%C3%A9glises.html

Écrit par : Romaric | samedi, 23 mai 2009

Allez, un petit coup de châpeau à Mireille :

Mireille Hartuch est née à Paris, en 1906, dans une famille modeste de juifs émigrés. Sa mère, d’origine britannique, est musicienne et Mireille apprend très tôt le piano. Dès 16 ans elle compose des mélodies et en 1928 rencontre un jeune avocat, écrivain à ses heures, Jean Nohain, avec qui elle compose une volumineuse opérette, "Fouchtra", refusée partout. Elle part aux Etats-Unis, où elle participe à des spectacles à Broadway.

En 1955, le Petit Conservatoire est créé par Mireille dans des studios de radio, rue de l'Université à Paris. C'est la première tentative d'enseignement organisée de la chanson. Mireille se transforme définitivement en professeur et passe au vitriol les présumées futures vedettes. Les cours sont enregistrés et diffusés pour la première fois le 18 mai 1955, avec pour parrain Jean Cocteau qui, en voisin vient rassurer une Mireille émue comme une débutante, et lui remettre un dessin qui devient le sigle du Petit Conservatoire de la chanson. Le premier élève s’appellera Ricet-Barrier. Bien d’autres suivront : Hugues Aufray, Françoise Hardy, Alice Dona, Jean-Jacques Debout, Pascal Sevran, Yves Duteil, Sylvie Joly, Hervé Christiani, Danièle Évenou, Colette Magny, Sapho, Sabine Paturel, Sophie Forte, Daniel Prévost, Philippe Castelli...

En 1975, l'ORTF met fin à l'émission. Oubliée des médias, Mireille continue coûte que coûte à faire vivre son Petit Conservatoire. D'abord rue Bertin-Poirée, puis square Rapp et enfin au 69 rue Boissière dans une salle de la paroisse Saint-Honoré d'Eylau. Le sèlèves versaient 60 francs par mois pour suivre les cours; argent qui servait à payer le pianiste, la secrétaire et la location de la salle. Mireille abandonne ses élèves six mois avant son décès en 1996, pour leur donner la plus grande de ses leçons : un récital à presque 90 ans au Théâtre de Chaillot.


Source : http://boomer-cafe.net/version2/index.php/Radiotelevision-des-annees-50/Mireille-et-le-Petit-Conservatoire-de-la-Chanson.html

Écrit par : Guilleton | samedi, 23 mai 2009

Louis-Albert Revah, normalien et philosophe, a consacré une biographie à Emmanuel Berl, sous le titre Berl, Une vie (Grasset, 2003). Il y souligne que certains, dont Modiano, qui ont eu le privilège de connaître Berl « semblent autant ou plus que par l'œuvre avoir été séduits par l'homme, d’une intelligence aiguë, brillant causeur comme il ne s'en fait plus, familier de Bergson, Proust, Gallimard, Drieu la Rochelle, Aragon, Breton, Malraux, Cocteau, Colette, entre autres, et dont la mémoire se confondait avec celle du XXe siècle ».


Extrait :

"Emmanuel Berl ne croyait pas à l'existence d'une identité personnelle et il affirmait la discontinuité totale des différents états du moi, dans l'espace comme dans le temps. Ce credo, inscrit dans nombre de ses livres, répété encore devant deux interlocuteurs de marque, et qui laisse un Jean d'Ormesson quelque peu sceptique, semble validé par la destinée posthume de l'écrivain. Pour un certain nombre de nos contemporains, de tous âges et de toutes conditions, Berl est “ un auteur rare et secret ” dont Sylvia, Présence des morts, Rachel et autres Grâces, par leur concision voltairienne qui n'exclut pas l'acuité psychologique ni la profondeur mystique, les reposent peut-être ou qui sait les dispensent des méandres proustiens (pour Jacques Lecarme, Berl est le “ Proust de l'autobiographie ”).

La suite : http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_revah.htm

Écrit par : Jude | samedi, 23 mai 2009

Je suis allé lire votre note du 29 avril Vertumne. Oui, comme il est écrit par Pierre-Jean Luccioni qui rend compte du témoignage de Joachim Acquaviva : "...il fallait manger et chacun mettait du coeur à l'ouvrage pour accomplir cette tâche collective. Aujourd'hui, il est facile d'acheter un kilo de farine dans une épicerie, mais de notre temps on devait travailler toute une année pour avoir un morceau de pain..."

La philosophie réaliste c'est ça aussi, le retour à la vérité et le sens de la valeur des choses. Et on en aurait bien besoin aujourd'hui. Félicitations !

Écrit par : Jean de Berny | samedi, 23 mai 2009

La physiocratie signifie le « gouvernement de la nature » (du grec « fisio », nature, et « kratos », nature). Les hommes doivent se soumettre à ces lois, vivant dans une société qui restait essentiellement rurale, les physiocrates estimaient donc que seule la nature, et donc les paysans, produisaient de la richesse. Le nom de Physiocratie a été donné par le premier éditeur, Du Pont de Nemours, à la collection de ces ouvrages, d'après le caractère du principe imposé par Quesnay à la théorie de la production (la nature, le sol); Quesnay fut le fondateur; mais beaucoup de matériaux préexistaient, qu'il a seulement rassemblés et combinés. La tradition de la vague pensée économique française, depuis le siècle précédent, n'avait pas cessé d'être en faveur de l'agriculture et du travail de la terre; et si quelque système s'était ébauché dans les oeuvres de Vauban et de Boisguillebert, le plus clair qui en apparaissait, c'est que l'intérêt de l'agriculture est supérieur à tous les autres, et que la terre contient en elle tous les secrets du bonheur des peuples.

Écrit par : Valence | samedi, 23 mai 2009

On aurait pu éviter la récupération par le courant libéral des la physiocratie, si l'on avait insisté, comme le fait Hadrien dans sa note, sur le fait que la confiance en la nature des Physiocrates relève de l’intuition qu'il existe en mode immanent un ordre économique spontané et optimal. Ainsi, faisant de cette prescience quasi religieuse une théorie, les physiocrates attribuèrent cet « ordre naturel » à la Providence divine dont il convient, impérativement, de respecter les lois par une morale sage et droite.

Écrit par : Serrus | samedi, 23 mai 2009

Avec le temps, les disciples de Quesnay s'éloigneront de la méthode du maître et créeront une science déductive faussée, car non empiriste et réaliste, en partant de la notion "a priori" de l'ordre naturel.

Un d'entre eux, Le Trosne ira jusqu'à affirmer que les faits eux-mêmes doivent être jugés d'après les principes : « En vain voudrait-on dire que l'expérience qui est un résultat de faits, peut servir de guide, encore faut-il avoir des principes auxquels on puisse la comparer, et apprécier ses effets ». Le Mercier de la Rivière, dira presqu'à la veille de la Révolution : « Pour établir l'ordre public sur ses véritables bases, il faut écarter les faits, ne consulter que la raison des choses, cette chaîne de vérités éternelles, à la pratique desquelles est attaché le bonheur de l'humanité ».

Ainsi on voit à quel point les épigones de la physiocratie se sont peu à peu éloignés grandement des procédés méthodologiques du fondateur de la doctrine.

On peut se demander s'il n'y a pas là un rapport direct avec ce fait que la doctrine physiocratique — non seulement dans sa partie économique, mais encore dans sa partie politique - a subi de profondes modifications au cours de son développement presque semi-séculaire. Chez Quesnay, elle se présente avec les caractères d'une déduction logique de ce principe primordial qu'il existe des lois immuables, liées à la nature réelle de la reproduction et de la circulation des richesses, des lois qui régissent la vie politique des peuples en général et des peuples agricoles en particulier.

L'autorité souveraine est appelée seulement à faire valoir ces lois naturelles qui lui sont indiquées par l'opinion publique et,par son organe, la presse libre. Tout ce qui porte un caractère de parti, tout ce qui constitue la représentation des intérêts particuliers, des intérêts d'une caste ou d'une classe, empêche de reconnaître les lois naturelles qui gouvernent la politique et ont des racines profondes dans l'Economie.

C'est pour cette raison que la monarchie légale est préférable à la monarchie élective. Le monarque peut et doit consulter le cercle étroit des véritables hommes d'Etat qui connaissent les lois immuables de l'Economie, mais il faut qu'il évite ceux qui représentent des intérêts particuliers, et, par conséquent, toutes sortes de Chambres représentatives et d'Etats généraux.

Telle est la doctrine politique des physiocrates dans toute sa pureté. Au fur et à mesure que se déroulaient les événements et que l'on s'approchait de la Révolution, les disciples de Quesnay subirent l'influence d'autres mouvements de la pensée sociale et politique qui se développaient parallèlement à la physiocratie. Aussi étaient-ils prêts à soumettre le pouvoir monarchique au contrôle de la haute magistrature, chargée de veiller à ce que les lois nouvelles fussent conformes aux principes imuables du droit naturel, fondé sur des bases économiques...et l'on sait, malheureusement, ce qui arriva.

Écrit par : Lillium | samedi, 23 mai 2009

Dédicace spéciale pour La Fouine :

http://www.youtube.com/watch?v=Eh44QPT1mPE

Écrit par : Ghijd | samedi, 23 mai 2009

Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que le retour à la terre des hyppies, Lanza del Vasto etc... soit tombé à l'eau.


Ghijd ça nous rajeunit pas tout ça!
moi c'est ici
http://www.youtube.com/watch?v=j79wjIB46A0&feature=related

Écrit par : JP | samedi, 23 mai 2009

Très beau cet article. je constate que le choix des images se porte essentiellement sur les femmes. Est-ce voulu?

Écrit par : Manon | samedi, 23 mai 2009

@ Hadrien: toujours passionnants vos articles, et magnifiquement illustrés.

@ Célestin & @ Jean de Berny: merci à vous! Cet ouvrage de Pierre-Jean Luccioni est une véritable mine d'or sur les arts et traditions populaires de Corse. Tout un pan de cette culture est en train de disparaître, tué par le consumérisme athée contemporain. A la lecture du livre, on constate que nos anciens, travailleurs acharnés et respectueux de leur cadre de vie savaient aussi parfaitement tirer parti de la moindre ressource disponible. Rien à voir avec notre société de gaspillage! Courageux, durs à la tâche, très pieux, sérieux et sobres, ces hommes n'auraient pas déparé parmi les anciens Romains.

Merci à la Question d'avoir publié un lien permanent.

Écrit par : Vertumne | samedi, 23 mai 2009

Tout à fait exact Lillium, les physiocrates auraient pu éviter d'être récupérés par les penseurs libéraux, si, comme vous le dites, "avec le temps, les disciples de Quesnay ne s'étaient pas éloignés de la méthode du maître en créant une science déductive faussée". Ce n'est donc pas une mince idée de la part d'Hadrien, et même une intuition singulièrement pertinente, que d'en revenir aux fondements premiers de la pensée de François Quesnay. Il y a vraiment de quoi faire sur le plan de la réflexion économique, politique et spirituelle, avec une telle invitation à reprendre, à nouveaux frais, les thèses des physiocrates, sur le plan théorique.

Écrit par : Quadrige | dimanche, 24 mai 2009

je constate que le choix des images se porte essentiellement sur les femmes. Est-ce voulu?

Hadrien pense peut-être, (je m'avance), que les femmes, (certaines!!) ont encore en elles la volonté de donner la vie.

Vertumne ce que vous dites est très bien
"tirer parti de la moindre ressource disponible". Je vois tant de gens se plaindre qu'ils n'ont rien, alors que leur maison est pleine de tout et de rien.
Avec un petit rien on peu faire tant de choses.

Écrit par : Marguerite-Marie | dimanche, 24 mai 2009

@ Marguerite-Marie: en effet, les anciens de mon village achetaient uniquement ce qu'ils n'arrivaient pas à produire eux-mêmes. Cet esprit de parcimonie a été depuis peu supplanté par le veau d'or du pouvoir d'achat et de la consommation. De "la terre qui ne ment pas" à "je serai le président du pouvoir d'achat", le gadin qualitatif est effrayant. Cela avilit l'esprit humain et lui fait croire que le bonheur réside seulement dans une accumulation de gadgets, provoquant névroses, stress, et parfois suicide pour les plus fragiles.
On en arrive à des énormités comme celle énoncée récemment par Jacques Séguéla: "si à 50 ans on n'a pas une Rolex, c'est qu'on a raté sa vie". Tout est dit: bling-bling, marques et vulgarité.

Écrit par : Vertumne | dimanche, 24 mai 2009

Le retour sacré à la terre !

C'est beau comme un chant païen. Comme un chant pétainiste !

Écrit par : Nebo | lundi, 25 mai 2009

Ou de Neil Young Nebo. Keep cool ; are you ready for the Country because it's time to go ;-)


http://www.youtube.com/watch?v=gHKn9wqfSSg

Écrit par : Dan | lundi, 25 mai 2009

@ Marguerite-Marie. Non rien de voulu dans le choix des illustrations, mais il se trouve que le thème des femmes aux champs fut l’un des éléments d’inspiration les plus prisés par certains courant de peinture au XIXe et début XXe, d’où cette présence. Cependant, je vous le promets sur la prochaine note on fera apparaître des hommes ; toutefois cette présence féminine dans sa relation à la terre est tellement superbe sur le plan artistique qu’il était intéressant de la présenter, d’autant que ces œuvres sont aujourd’hui largement oubliées et reléguées dans les greniers. Il était donc bon de les sortir du stupide ghetto dans lequel l’intelligentsia culturelle, qui brûle avec dévotion des encens sur l’autel de l’art contemporain, les confine volontairement. Cela dit, vous avez parfaitement raison, les femmes de par leur relation privilégiée à la vie, même celles qui n’en sont que très faiblement conscientes, conservent un lien unique avec l’ordre naturel, et c’est là un point très important à ne pas négliger lorsqu’on se penche sur les sujets que nous abordons.

@ Vertumne. Merci pour votre petit mot. J’ai également pris grand plaisir à lire votre note portant sur le livre magnifique de Pierre Jean Luccioni, Tempi fà, arts et traditions populaires de la Corse. C’est vraiment le genre de bouquin événement qui résume plus de trente ans d’activité de Luccioni au service de la culture Corse, afin de recueillir, avec une extraordinaire patiente qui force l’admiration et un souci remarquable du moindre détail, les savoir-faire populaires de la vie rurale. Une mine exceptionnelle de renseignements, anecdotes, illustrations, etc. A mettre impérativement dans les bibliothèques à côté du Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, publié chez Armand Colin en 1949, et d’un numéro assez documenté des Cahiers d’anthropologie, « De l’invention à l’enjeu, le patrimoine corse : 100 ans d’objets corses dans les collections du Musée national des Arts et Traditions populaires », Cahier d’anthropologie, n° 4, 1997, Corte, Musée de la Corse. Pour le reste, je souscris totalement à votre analyse : « l’ esprit de parcimonie a été supplanté par le veau d'or du pouvoir d'achat et de la consommation (…) le gadin qualitatif est effrayant », et risque de l’être peut-être plus encore dans les temps qui s’annoncent. Effrayant et terriblement angoissant pour ce qui concerne le devenir de notre civilisation.

@ Lillium et Quadrige. Finement jugé. Telle était bien mon intention, montrer que les fondements théoriques initiaux de la pensée des Physiocrates pouvaient être revendiqués dans le cadre d’un réexamen des données contemporaines au sujet de la situation économique et culturelle. De la sorte, si les disciples de Quesnay subirent l'influence d'autres mouvements, en particuliers libéraux, de la pensée sociale et politique qui se développaient parallèlement à la physiocratie à l’époque, il n’était pas impossible, et même souhaitable, d’imaginer la possible rencontre avec d’autres tendances, permettant une mise en perspective traditionnelle et spirituelle de la physiocratie. Modestement, il m’apparaît, à lire vos commentaires sympathiques, alors même que je craignais de surprendre quelques uns d’entre vous, que l’essai semble assez bien réussi.

Écrit par : Hadrien | lundi, 25 mai 2009

@ Hadrien. Grâce à vous, ceci étant ma première contribution en ces lieux, le climat devient champêtre sur La Question, et ce n'est pas désagréqable du tout.

J'ai tenté vainement hier soir, il faut bien le constater, de faire valoir doucement en un autre endroit qui se vide peu à peu d'intérêt en ressemblant de plus en plus à la Pravda, endroit que vous avez quitté volontairement [ http://ilikeyourstyle.net/2009/04/20/de-la-securite-alimentaire-au-xvieme-siecle/#comment-64632 ], la valeur de vos analyses et le caractère absolument déplacé de l'attitude que l'on crut bon d'avoir à votre égard. Peine perdue. Mais cela n'a aucune importance finalement, vous nous invitez à présent à partager vos intéressantes réflexions dans des formats qui conviennent beaucoup mieux à votre pensée, et l'on en vient à considérer que les récents épisodes évoqués ont peut-être eu du bon...

Écrit par : Moria | lundi, 25 mai 2009

Moria, quelle bonne surprise !!! c'est un authentique plaisir de voir de nouveau un illustre contributeur d'ilys franchir avec audace la frontière pour contribuer chez "Zock et la Chaponières" (sic ! )^^

Grâce à Hadrien, et avec le rythme que ça prend, il va bientôt se former un "Comité" des ex-ilysens en exil sur La Question ;-)

Plus sérieusement, j'avais pris l'initiative de rendre compte, il y a quelques semaines, d'un comm très pertinent de votre part portant sur l'essentialisation maistrienne du mal.

http://ilikeyourstyle.net/2009/05/01/la-republique/#comment-65235

Je suis donc très heureux à l'idée de vous lire sur La Question...si le coeur vous en dit.

Écrit par : Falk | lundi, 25 mai 2009

@ Falk. Merci pour votre petit mot d'accueil, et le relai de ma modeste contribution au sujet de la place du mal dans la pensée de Joseph de Maistre.

Et, pour être franc, je crois bien, si le climat se maintient, que le coeur pourrait me dire volontiers !

Écrit par : Moria | lundi, 25 mai 2009

Le retour sacré à la terre !

C'est beau comme un chant païen. Comme un chant pétainiste !

Si ce n'était pas signé Nebo, je croirais lire un gôchiste!

Écrit par : Jethro Tull | lundi, 25 mai 2009

A ce propos à recommander de Jethro Tull, l'excellent album basé sur des légendes du folklore britannique, "Songs From The Wood", médiéval, rustique, humant bon la terre ! L'album contient une quantité impressionnante de chef-d'oeuvres, à classer parmi les meilleurs pièces de leur répertoire.

http://www.youtube.com/watch?v=KgUw6t3b6oE

Écrit par : Radek | lundi, 25 mai 2009

Radek, Hadrien nous ouvre de sacrée porte!
savez-vous que Jethro Tull (1674 - 1741)avant d'être un groupe de musique progressif développa un système pour semer le grain plus efficacement.Pas mal non!

Hadrien connaissez-vous ce système La révolution agricole?
J'ai le nette impression que tout nos problèmes viennent de là

Écrit par : Jethro Tull | lundi, 25 mai 2009

Il est vrai que par sa note Hadrien ouvre de nombreux horizons. Cette découverte de qui fut au XVIIIe siècle Jethro Tull est plutôt amusante :



L’agronome anglais Jethro Tull, Jethro Tull est un pionnier anglais en agronomie né en 1674 à Basildon et mort le 21 février 1741 à Shalbourne. Il a transformé les pratiques agricoles en inventant et en améliorant plusieurs concepts, le fait le plus notoire étant son invention en 1701 du semoir alors qu'il vivait à Crowmarsh Gifford. Avant ce système mécanique, les graines étaient répandues sur le sol à la main et germaient à sa surface. La machine de Tull améliorait considérablement ce principe en creusant un trou à une profondeur spécifique, en y déposant une graine et en recouvrant le tout à la fin de l'opération. Le semoir pouvait traiter trois rangées à la fois. Le résultat immédiat fut une augmentation du taux de germination, et une récolte accrue (d'un facteur pouvant aller jusqu'à 800%).

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jethro_Tull_(agronome)

Le Semoir de Jethro Tull :


Le premier outil de labourage fut le bâton à fouir en forme de croc, souvent réalisé en bois de cervidé. Amélioré et muni de manches, il deviendra l'araire, forme primitive de la charrue. C'est vers 2800 av. JC que l'on voit apparaître dans l'écriture cunéiforme et dans les hiéroglyphes les termes de "bêche" et de "charrue". Les Grecs puis les Romains la dotèrent d'un sep horizontal et d'un soc métallique. Vers 1500 au Proche-Orient, on ajoute un semoir à la charrue.

Inventé par le fermier et agronome anglais Jethro Tull en 1701, le semoir est la première machine agricole moderne. Il permet de répandre les semences avec régularité.


http://www.ornex.fr/site/histoire/Semoir%20Chevallier.htm

Écrit par : Falk | lundi, 25 mai 2009

En effet Falk, Tull pensait que l'utilisation d'engrais n'était pas nécessaire "et que les plantes trouvaient suffisamment de nutriments dans le sol, si celui-ci était correctement utilisé."

En outre, Il prônait : "la pulvérisation et la dispersion de la terre au lieu d'un enrichissement avec du fumier qui apportait des mauvaises herbes. Une fois dispersée en une fine couche, la terre devait théoriquement libérer ses nutriments."

Or c'est précisément là l'intuition de la nouvelle agriculture naturelle nommée "permaculture".
En France, de nombreux essais ont été réalisés. Les plus célèbres sont ceux de Marc Bonfils et d'Emilia Hazelip. Plus récemment, le potager de Jean-Marie Lespinasse a démontré que l'agriculture naturelle pouvait se montrer aussi efficace que des méthodes agricoles plus conventionnelles. [Jean-Marie Lespinasse : "Le jardin naturel", Éditions du Rouergue, Rodez, 2006].

http://itan.site.voila.fr/

Écrit par : Hadrien | lundi, 25 mai 2009

Hadrien, votre amie Madame Bavoil m'a fait découvrir la permaculture sur ce lien

http://madamebavoil.hautetfort.com/archive/2009/05/01/madame-bavoil-se-passionne-pour-la-permaculture.html

A ce propos, tout en lisant la note de Vertumne
http://ethnocide.blogspot.com/2009/04/toute-une-annee-pour-un-morceau-de-pain.html
je me demandait pourquoi l'homme s'est-il évertué au cours des siècles à s'épuiser, à travailler comme un forcené alors qu'il y avait d'autres moyens de faire, comme nous le fait découvrir le livre passionnant de Fukuoka "la révolution d'un seul brin de paille" que je viens d'acheter.
Serait-ce à cause de cette phrase de la Bible:
Tu travailleras à la sueur de ton front.

Écrit par : Marguerite-Marie | lundi, 25 mai 2009

Ce livre est génial!
d'ailleurs Fukuoka répond en partie à votre question.

Écrit par : Jethro Tull | lundi, 25 mai 2009

Hadrien, voici un lien qui ne sera pas pour vous déplaire avec un petit clin d'oeil aux amoureux de musique progressive


http://www.er.uqam.ca/nobel/m114524/revagricole.htm

http://www.youtube.com/watch?v=QqZmtq5LhFo

Écrit par : JP | lundi, 25 mai 2009

Arrêtez je vais prendre la grosse tête ^^^^

Écrit par : Jethro Tull | lundi, 25 mai 2009

Tout à fait!

Une église profanée est un arbre qui tombe:


http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/pillage-et-profanations-d%C3%A9glises.html

Écrit par : Romaric | lundi, 25 mai 2009

Pour ceux qui connaissent pas la permaculture ce lien est pas mal

http://www.vegeculture.net/

Écrit par : Jethro Tull | lundi, 25 mai 2009

@ JP. Mieux vaut les versions originales, période 1969-1972 :

http://www.youtube.com/watch?v=DZ8eFCylIj0&feature=related

Écrit par : Radek | lundi, 25 mai 2009

@ Marguerite-Marie. Ce n'est pas, même si cela peut l'expliquer en partie, à cause de la phrase de la Bible, mais en raison des conditions de vie extrêmement dures. Lire de Georges Duby, "L’économie rurale et la vie des campagnes dans l’Occident médiéval", où l'on voit qu'après les grandes invasions et l'effondrement de l'ancien empire romain d'occident, les épidémies et la peste ont frappé l'Europe et drétruit le tissu social et culturel. Ce sont les réseaux de monastères qui permettront ensuite de diffuser les techniques agricoles à toute l'Europe.

Comme l'écrit Duby : "Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne. L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
Les rendements s'améliorent grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue. La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes. Entre le VIIème et le XIVème siècle, la population européenne triple. La cause n’est pas tant une natalité plus forte qu’une mortalité moins élevée : les ravages des invasions disparaissent, la sécurité est mieux assurée, les risques de famines diminuent."

Ainsi, durant le XIème siècle, un cercle vertueux semble s’installer : les hommes, plus nombreux, ont besoin de plus de nourriture, la superficie des terres cultivées augmentent, les progrès techniques (charrue dissymétrique, versoir, moulins à eaux) améliorent les rendements, augmentant sensiblement la fréquence et la quantité des récoltes.

Ce progrès économique s’accompagnera d’un développement culturel et social réel dont va profiter l'Université. "La tradition écrite s’installe progressivement, de nombreuses chartres sont rédigées allouant de nouvelles « libertés » aux corps de métiers présents. Le renouveau culturel est principalement véhiculé par les hommes d’Eglise. Le clerc est l’intellectuel par excellence, celui qui avait besoin de faire des études pour remplir sa fonction. Cette élite étudie les combinaisons des proportions, le sens des nombres et des symboles cachés dans la composition des monuments. On trouve d’ailleurs, parmi eux, une proportion importante des premiers maîtres d’œuvres, sculpteurs et peintres renommés. Les interactions avec les cultures voisines ou passées sont constantes (lecture des oeuvres grecques). A Arezzo, le moine Guy pose les bases de la notation musicale actuelle. Les sciences profanes sont enseignées et divisées entre le trivium ( grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium (arithmétique, géométrie, musique, astronomie)."

Pour progresser, l’homme dispose de l’héritage des anciens. Bernard de Chartes disait : « Nous sommes des nains assis sur des épaules de géant. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux ».

Pour les chrétiens de l’époque, la Révélation est certes supérieure à toute contestation mais la raison ne doit pas abdiquer; la foi a besoin d’elle et de leur collaboration surgirent les grandes réalisations de l'époque.

En fait, le développement de l'agriculture et la satisfaction des besoins élémentaires sur le plan des vivres, a rendu possible l'émergence de la civilisation chrétienne médiévale.

Écrit par : Lapide | lundi, 25 mai 2009

@ Marguerite-Marie et Lapide.

Lorsqu'Adam a fauté en mangeant de l'arbre du bien et du mal il a commis un acte qui eut deux conséquences : d'un coté il est devenu "Kéélokim" (c'est-à-dire comme Dieu) puisque le Serpent a promis "vous serez comme Dieu", et ceci s'est réalisé d'une certaine manière par la connaissance reçue, mais d'autre part il a régressé dans la mesure où cette certaine élévation a résulté d'un acte matériel de "consommation".

Autrement dit, d'un coté Adam a progressé dans la connaissance et le libre arbitre mais a régressé du fait de l'appétit qui y est désormais associé. Ainsi de manière tangible ne voit-on pas que l'homme désire au plus profond de lui même décider ? Le summum de la réussite sociale n'est il pas de compter parmi les décideurs ? L'essence du mauvais penchant chez l'Homme résulte de cette faute originelle et se résume de ce fait à la volonté d'indépendance vis à vis de son Créateur, le désir profond qui pousse l'Homme a décider lui même de ses actes étant incompatible avec la soumission à l'Eternel.

Or, le travail, devenant la conséquence de la faute : "tu gagneras ton pain....", intervenant comme une purification de la faute ne pouvait alors n'être que de deux natures : d'une part l'action individuelle de soumission à Dieu du point de vue de l'âme, et d'autre part le passage par la servitude sur le plan des biens matériels comme le montre ce très beau vitrail médiéval : http://www.moyenageenlumiere.com/image/index.cfm?id=102

L'aboutissement de cette loi d'airain du travail, fut d'astreindre l'humanité à des charges d'expiation conduisant les hommes à être régénérés par la pénitence, et purifiés par l'effort - étant donc, sur le plan historique et eschatologique, lavés par le négatif.

Écrit par : Moria | mardi, 26 mai 2009

Dans un sens l'agriculture moderne a voulu libérer l'homme de cette servitude, et paradoxalement elle l'a soumis à pire.

Écrit par : Jethro Tull | mardi, 26 mai 2009

Vous êtes gestionnaire du patrimoine Bouguereau ?

Écrit par : fromageplus | mardi, 26 mai 2009

@ fomageplus. Une vraie rente viagère pour Hadrien visiblement ;-)

Écrit par : Falk | mardi, 26 mai 2009

Du coup, ça m'a coupé l'envie de lire l'article !

Écrit par : fromageplus | mardi, 26 mai 2009

Pourquoi? Vous n'aimez pas ce peintre?

Écrit par : Jethro Tull | mardi, 26 mai 2009

Je vous fait profiter d'un petit débat sur ilys, où dame xp, grande spécialiste du lessivage en douce de comms, souhaite qu'on rappelle à sa fragile mémoire la teneur de certains échanges, alors-même qu'elle vient de banir mon ip. Rien que de très logique chez cette femme de ménage ridicule :



@ XP. Vous souhaitez les grandes lignes. Les voici de mémoire.

Vous prétendiez la bouche en coeur, alors que Franck insistait sur le risque de dégringolade d'ilys en raison de vos méthodes http://ilikeyourstyle.net/2009/05/21/tout-en-carton/#comment-66050, n'avoir jamais été injuste envers un contributeur, n'avoir réalisé aucun spam, ni carviardé, etc.

Ce sur quoi je vous faisais remarquer que tout dernièrement, la façon dont vous vous êtes conduit avec Hadrien, indigne entre parenthèses, nous fournissait plus d'exemples qu'il en était besoin de vos délires comportementaux.

Parmi des dizaines :

Spam : http://ilikeyourstyle.net/2009/04/20/de-la-securite-alimentaire-au-xvieme-siecle/#comment-64436

Insulte en dessous de la ceinture : http://ilikeyourstyle.net/2009/04/20/de-la-securite-alimentaire-au-xvieme-siecle/#comment-64440

Rajoutant de plus, qu'Hadrien, qui fut toujours courtois et contribua de façon souvent intéressante, en particulier avec denis l. ou Restif (plus inspiré qu'aujourd'hui), à propos du "Salut par les Juifs", n'avait pas été viré, mais qu'il avait de lui-même élégamment, tiré sa révérence :
http://ilikeyourstyle.net/2009/04/20/de-la-securite-alimentaire-au-xvieme-siecle/#comment-64632

Je vous précisais, bien que vous le sachiez, qu'il exerce à présent son talent sur La Question (dont l'évocation du seul nom provoque chez vous des crises irrationnelles inexpliquées de par l'effet d'une véritable fixette obsessionnelle sur Zak, et que si vous vouliez organiser l'exode d'une part de certains habitués d'ilys vers là-bas on ne s'y prendrait pas autrement, ce qui se constate aisément : http://www.la-question.net/

Tout ceci est certes rapidement résumé, alors que notre échange aigre-doux se poursuivit jusqu’en soirée, mais surtout provoqua chez vous une si grande joie, que vous n'avez pas hésité à blanchir en douce, et discrètement lundi matin, toute notre conversation. Ce genre de méthode soviétique mon vieux, si elle amuse quelques uns, moi je ne l'accepte pas. Soit vous êtes apte à discuter, soit il faut vous reconvertir rapidement dans une autre branche que la tenue d'un blog. En ce qui me concerne, vos facéties de gamin, qui provoquent chez moi un rire mesuré, démontrent à l’évidence votre totale inaptitude au dialogue.

Écrit par : Moria | mardi, 26 mai 2009

Moria vous débarquez mon vieux!
ça fait depuis des mois que ça dure, j'ai lu tout au début des insultes sur ce blog qui feraient rougir de honte ceux qui sont en train de le défendre.
Ce type est franchemment cinglé.

Je propose qu'on donne le premier prix des Gérard de la réacosphère à Restif.

Écrit par : JP | mardi, 26 mai 2009

@ Moria. Vous avez raison, grand numéro de comiques troupiers pour Restif et Nebo qui font une admirable paire d'imbéciles.

Pour ce qui est de XP, le bénéficiaire de l'AAH sous curatelle, qu'il soit également obligé, se déguisant en femme, de faire des ménages sur ilys pour subsister, rien que de très normal. Tout ceci est bien en rapport avec ses dons naturels ménagers ;-)

Écrit par : Falk | mardi, 26 mai 2009

Mouais!
Avec Moria y'en a un qui a été censuré parce qu'il croyait que le fameux XP était le gérant de Ilys????

Écrit par : Thot | mardi, 26 mai 2009

Falk, Jethro,
Bouguereau c'est quand même la quintessence de l'esthétique prout-prout. Ca possède son charme, pourvu qu'on aime les choses sucrées, confortables, gentilles. Ca ravit les gens qui aiment que la peinture soit avant tout "ressemblante". Techniquement c'est irréprochable, ah ça oui ! car c'est ce qui fait le talent de Bouguereau, mais c'est d'une mièvrerie consommée. Je crois me souvenir que le peintre utilisait la photographie pour disposer d'un stock de "personnages" qu'il faisait poser dans son atelier, et qu'il redessinait et recomposait dans ses tableaux. Comme des "calques" qu'il collait ça et là pour garnir son cadre, en les habillant à sa guise pour servir le sujet. D'ailleurs les décors de Bouguereau sont exactement similaires aux décors que les photographes de la même époque utilisaient en arrière-plan de leurs portraits.
Donc, je n'ai rien contre Bouguereau en tant que tel, simplement je crois que l'utiliser en illustration de cet article est un contre-sens. Bouguereau représente une vision photogénique, folklorique [au sens péjoratif], et romantique de la vie rurale.

Écrit par : fromageplus | mardi, 26 mai 2009

@ fromageplus.

Quelques corrections. Tout d'abord le naturalisme au XIXe siècle fait suite au réalisme en accordant de façon remarquable et exceptionnelle une importance primordiale au motif du paysage, et par écho direct, au monde paysan, plutôt qu'aux scènes historiques, ce qui est très intéressant, car modifiant radicalement une conception de l'art pictural pour l'orienter vers un regard attentif de la vie des campagnes et du travail des hommes. Une sorte de première révolution conceptuelle sur le plan historique qu'il convient de signaler et d'honorer comme il se doit, d'autant dans les textes où je défends la valeur de la terre.

Par ailleurs, aux côtés de Bouguereau, dont l'art ne se réduit pas au "sucre au confort à la gentillesse et à la mièvrerie consommée", se trouveront des noms illustrent, comme Millet Julien Dupré ou encore Jules Breton. Mais, si Bouguereau fut bien injustement déconsidéré peu après sa mort, ce qui reste un cliché tenace et profondément idiot, on oublie un peu vite que Salvador Dali le considérera, à juste raison, comme un pur génie, manifestant son admiration absolue pour son art, allant jusqu'à exposer dans son musée de Figueras, outre des pièces dans sa collection privée http://www.paintingiant.com/paintings/salvador-dali-explosion-of-mystical-faith-in-a-cathedral.html du Greco, Marià Fortuny, Modest Urgell, Ernest Meissonier, Marcel Duchamp, mais surtout de Bouguereau qu'il achetait intensément dès qu'il le pouvait !
Ainsi, au début du XXIe siècle les critiques, revenus des clichés simplistes http://rosesdedecembre.blogspot.com/2006/01/william-bouguereau.html / http://bourgogne.darkbb.com/peintres-dessinateurs-f88/william-bouguereau-t1160.htm , voient à présent en Bouguereau un des plus grands peintres français du XIXe siècle, comme en témoigne l'organisation en 2007 par le Philbrook Museum of Art d'une exposition entière qui lui fut consacrée. http://www.artcyclopedia.com/artists/bouguereau_adolphe_william.html

Enfin, je vous précise que les illustrations de cette note ne sont pas toutes, loin de là même, de Bouguereau ;-)

Et c'est d'ailleurs un artiste de premier ordre qui figure en tête d'article, élève de Jacques-Louis David, se situant entre l’académisme et l’influence naissante et grandissante des écoles romantiques de Barbizon et des impressionnistes, réalisant, outre des peintures réalistes de la campagne et de la vie paysanne, principalement des grandes fresques religieuses à la beauté incomparable dans diverses églises de Paris (la Trinité, Sainte Clotilde, Saint Pierre du Gros Cailloux), que vous devriez d'ailleurs allé voir impérativement, ainsi qu'à la Basilique de Saint-Quentin : Désiré-François Laugée - "A l’approche du grain". http://www.georges-laugee.com/oeuvre-124-247-a-l-approche-du-grain.html

Écrit par : Hadrien | mardi, 26 mai 2009

@ Hadrien: c'est exact, avec un ouvrage comme Tempi Fà c'est tout un pan de notre civilisation qui est archivé et mis à la disposition des générations futures. Qui sait si avec les bouleversements économiques et sociaux actuels de tels savoirs ne retrouveront pas la première place ? Notre société contemporaine, si ramifiée économiquement et atomisée humainement se pense supérieure à ses aïeules, peine à donner un sens à l'existence de tout un chacun. Dit autrement, elle est totalement désarmée pour traiter les problèmes spirituels des êtres humains, d'où la poussée de toutes sortes de sectes et de religions exotiques venues combler le vide laissé par la déchristianisation et la déspiritualisation.

Écrit par : Vertumne | mardi, 26 mai 2009

En 2001, Fred Ross, président du Art Renewal Center qui promeut la réhabilitation de Bouguereau, fustige ce qu'il estime être une «propagande » du modernisme ayant conduit, selon lui, au « système de pensée le plus oppressif et restrictif de toute l'histoire de l'art».

Il édite un catalogue raisonné de l'œuvre peinte de Bouguereau écrit par Damien Bartoli.

http://www.arc-store.com/wibocara.html

Écrit par : Louis | mardi, 26 mai 2009

Ce n'est pas le moindre effet de la bêtise française et de l'étroitesse du conformisme en art, que de constater que les oeuvres principales de tout ce courant de peinture réaliste sont à présent entre les mains des grands musées américains, ou de collectionneurs privés dans ce même pays.

Il est à noter par ailleurs que le réalisme donna de façon très nouvelle et audacieuse, en rupture avec les poncifs du genre héroïque ou historique, ses lettres de noblesse à des sujets jusqu’ici considérés de second rang par les peintres académiques. Et c'est précisément une des qualités de cette note, parmi beaucoup d'autres, que de remettre comme il se doit à l'honneur ces peintres injustement oubliés.


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PS. Moria vous avez avec pertinence hier soir posé d'excellentes questions,http://ilikeyourstyle.net/2009/05/21/tout-en-carton/#comment-66197 évidemment restées sans réponse car comment justifier une telle navrante attitude, même si je puis vous assurer en toute amitié, que tous vos efforts seront absolument inutiles et ne serviront strictement à rien.

En effet nous connaissons parfaitement ce cas ici, et depuis longtemps, cas qui fut finement analysé par Dan lors des divers épisodes de ce qui est en passe de devenir "l'affaire Hadrien" :

http://www.la-question.net/archive/2009/04/21/l-ancien-regime-et-ses-bienfaits.html

Écrit par : Radek | mercredi, 27 mai 2009

Mon compliment préféré à l'endroit d'Hadrien, (please Dan n'y voyait aucune tendance secrète chez moi ;-)) est cette splendide déclaration d'XP qui, comme il est maintenant connu, n'insulte évidemment jamais personne, ni ne manipule grossièrement, ou même ne blanchit les comms déjà publiés depuis plusieurs heures ou jours (ce qui vaut sur wiki, cela dit en passant, un banissement immédiat) lorsqu'il est en grande difficulté en présence d'un contradicteur qui pose des questions un peu trop dérangeantes, suite à un commentaire plus qu'intelligent de notre ami :

"je pisse au cul de cette petite frappe."

Écrit par : Falk | mercredi, 27 mai 2009

@ Vertumne. Vous touchez du doigt un point fort intéressant, à savoir la fragilité d'une société devenue impuissante devant la montée en son sein des mouvements sectaires et des néos spiritualités, en particulier orientales, en raison de la déchristianisation et de la perte tragique des repères sur le plan spirituel, sachant que, quelques chiffres suffiront à nous faire réfléchir : 10 % seulement des personnes entre 18-34 ans, consultées en France, déclarent que la religion a de l'importance pour elles, faisant qu'en moins de 40 ans, 20 millions de personnes ont perdu tout savoir en ce qui pourrait donner un sens à la vie. Ainsi en 1998, l'INSE a démontré que l'absence de sens religieux des Français a passé de 22 à 25 % entre 1987 et 1996, et notons enfin que dans le catholicisme, les ordinations de prêtres en France, ont passé de 1 760 par an en 1948 à 128 en 1996...sans commentaire

C'est donc un phènomène extrêmement grave qui porte atteinte avec une violence corruptice redoutable à l'essence du tissu organique humain et spirituel de nos terres, et qui pourrait avoir des conséquences dramatiques à très court terme, créant des polpulations zombifiées, désorientées, ouvertes à n'importe quel vent de folie, et surtout ultra instrumentables pour le plus grand profit des mercanti de toutes espèces qui se frottent déjà les mains de la situation, et surtout encaissent avec une joie non dissimulée les royalties qui proviennent directement de ce décervelage massif.

Écrit par : Hadrien | mercredi, 27 mai 2009

Hadrien,
Rhaaa ne vous vexez pas, Bouguereau possède un talent certain, sans lequel il ne serait pas une référence aujourd'hui, et Dali – que j'aime vraiment de plus en plus – l'admirait en ce qu'il incarnait une sorte de perfection ultra-réaliste dans sa technique, doublée d'un goût revendiqué de l'artifice en réaction au naturalisme misérabiliste ou rousseauiste. Je confesse avoir une certaine tendresse pour Bouguereau, mais je maintiens que ses visions champêtres sont des visions d'atelier, ses paysannes sont des modèles déguisés, ses paysages sont des décors. On est loin des "mangeurs de pomme de terre" de Van Gogh, par exemple !

Écrit par : fromageplus | mercredi, 27 mai 2009

@ fromageplus. Non rassurez-vous pas de vexation, mais je trouve qu'il y avait un petit côté vieux clichés éculés contre le réalisme en peinture, entendus depuis des décennies sous la plume des dévots de l'art contemporain, dans votre premier comm à propos de Bouguereau. Heureusement ce n'est plus le cas pour le suivant ;-)

Et puis ce qui est amusant c'est que si l'idée de tableaux fabriqués en atelier (à partir de photos tout de même), vaut peut-être pour Bouguereau, ce n'est pas du tout le cas pour mon petit préféré qui symboliquement représente et ouvre cette note, à savoir Désiré-François Laugée.

Là c'est plus du tout la même chose, c'est du sublime, à faire pleurer les pierres devant tant de beauté simple et pure, une atmosphère magnifique emblématique des valeurs authentiques de la terre de quelqu'un qui s'installait dans les champs des journées entières pour étudier ses sujets.
Enfin, ce qui ne gâche rien, ou explique plus exactement cela, un chrétien à la piété immense qui s'illustra par la réalisation de fresques à tomber à la renverse comme la mort de Saint Denis l’Aréopagite réalisée en 1876 dans l’église de la Trinité à Paris qui suscita l'admiration générale, y compris de l'exigeant Puvis de Chavannes.

http://www.desire-laugee.com/oeuvre-117-218-mort-de-saint-denis-l-areopagite.html

Écrit par : Hadrien | mercredi, 27 mai 2009

@ Vertumne & Hadrien.

L'abandon des fondements chrétiens séculaires modifie, sans que l'on y songe, le droit lui-même insidieusement. On soutient le coupable souvent mieux que la victime! La faute est constamment relativisée.

Et bien d'autres facettes plus ou moins visibles sont des conséquences de ce laxisme dû à l'affaiblissement de l'influence chrétienne, remplacée par un matérialisme plus ou moins intéressé.

Ainsi, privés de l'espérance donnée par les valeurs spirituelles, nos contemporains n'ont plus que celle décrite par l'Écriture "mangeons et buvons, car demain nous mourrons". C'est un cycle sans fin de convoitises, et une soif de plaisirs jamais assouvis. Non, le vide laissé par le reflux de la foi chrétienne ne peut être comblé par le matérialisme!

Notre Occident si fier de son rationalisme (sa nouvelle religion), et qui se pensait naïvement affranchi des "obscurantismes", est marqué maintenant par un essor considérable de "nouvelles" croyances : sectes, superstitions, religions orientales ou ésotériques, voyance, astrologie, etc. etc. C'est un vrai supermarché où chacun peut se servir - en payant cher! - selon ses envies du moment! Sans parler naturellement de la généralisation et de la libéralisation progressive des drogues les plus diverses.

C'est pourquoi le rejet du christianisme n'est pas seulement celui d'une religion, c'est celui des fondements même d'une société qui a des siècles d'histoire; certes avec ses aléas, ses reculs, ses lenteurs, ses soubresauts... mais qui avait construit une véritable identité.

Couper nos racines, c'est retourner aux pires aberrations plus vite que nous ne l'imaginons. Et notre technologie avancée ne nous préservera pas de l'écroulement... Ce sont des convictions morales et spirituelles qui seules forgent une civilisation.

Écrit par : Lozère | mercredi, 27 mai 2009

Intéressante réflexion à propos du réalisme en peinture. Une indication concernant le terme même de réalisme, pourrait nous donner une piste au sujet de la source qui fut à l'origine de ce courant :


"Les auteurs du XIXe siècle, responsables de la revalorisation de la peinture hollandaise, ne se contentent pas de la considérer comme le produit d'un peuple, d'un lieu, d'un temps ; ils pensent en outre que cette peinture reflète fidèlement le monde environnant, qu'elle est, en d'autres tremes, "réaliste", voire "naturaliste" [...] Du reste, le terme "réalisme" lui-même est employé pour la première fois en France dans son sens actuel en 1835, pour désigner non les oeuvres romanesques du XIXe siècle mais, justement, la peinture hollandaise du XVIIe siècle dont la "vérité humaine" était censée s'opposer à "l'idéalité poétique" de la peinture italienne..."

Tzvetan Todorv, Eloge du quotidien - Essai sur la peinture hollandaise du XVIIe siècle.

Écrit par : Quadrige | mercredi, 27 mai 2009

@Vertumne


Qui sait si avec les bouleversements économiques et sociaux actuels de tels savoirs ne retrouveront pas la première place ?

Vertumne je crois que l'on peut étendre votre réflexion à l'ensemble des actes quotidiens. Tout les savoirs se perdent, le savoir-faire féminin en particulier!
Imaginez, les grands-mères avaient des cours d'art ménager à l'école!!
Tout était racommodé, les draps retournés quand ils étaient usés au centre, les pantalons des hommes avaient des faux ourlets pour les consolider contre l'usure, les torchons à vaisselle étaient confectionnés dans les vieux draps...
Certains pensent que nous sommes nostalgiques du bon vieux temps, ils se trompent, plutôt elles se trompent. A mon avis le retour de bâton va être sévère et l'on peut légitimmement se faire du souci pour les nouvelles générations qui ne savent rien faire de leur dix doigts...

Écrit par : Marguerite-Marie | mercredi, 27 mai 2009

Bon d’accord je sais à présent que cela ne sert strictement à rien du tout, mais j’ai voulu encore hier soir, (que voulez-vous les vieilles habitudes…) contribuer un peu sur ilys pour y apporter quelques arguments, en complément d’un échange qui s’était engagé entre un certain Satrape et XP. Je vous passe les détails de cette histoire dont vous supposez évidemment déjà la conclusion réalisée par la grande lessiveuse maison : censure, lessivage, ip bloqué, etc.

Mais plus intéressant ce matin, allant voir, pour me détendre un peu au bureau, ce qui se passait là-bas je tombe sur ce comm

38Thot Le 02/06/09 à 10:55

La source du concept des CAB est un noeud névrotique.
On ne fonde pas un système de pensée sur la névrose.
http://ilikeyourstyle.net/2009/05/31/penseur-anti-liberal/#comment-66447

Voici donc ce que j’ai répondu à ce Thot en remerciement (réponse qui risque de rapido passer à la vidange express de la femme de ménage besogneuse en mi-temps thérapeutique sur ilys), car il vient de m’apporter une lumière qui me fait comprendre pas mal d’évènements antérieurs.

Vous me direz si je me trompe :


41 Moria Le 02/06/09 à 11:3

@ Thot. Merci. Vous m'éclairez grandement. Vous venez de mettre le doigt sur un élément que je soupçonnais sans pouvoir l'admettre vraiment. Mais il faut dire que dès la fois, après avoir contribué ici depuis des mois sans un seul problème, où j'ai clairement dit mon refus d'une attitude inacceptable à l'égard, d'abord d'Hadrien, puis de La Question, le comportement que l'on sait d'XP et sur lequel il est inutile d'épiloguer trois heures, apparut à l'instant même.
Dès lors vous venez de sans doute de tout résumer en une seule phrase quasi définitive : "La source du concept des CAB est un noeud névrotique. Or, on ne fonde pas un système de pensée sur la névrose." Tout est dit !

Écrit par : Moria | mardi, 02 juin 2009

@ Moria. Tout ceci est bien gentil, mais représente une pure perte de temps. Comment vous faire comprendre une bonne fois pour toutes que XP, qui fait, en tant que femme de ménage, la lessive sur ilys jusqu'à s'en abimer les mains, et que l'on connaît fort bien ici pour l'avoir eu comme pensionnaire quasi permanent pendant des mois sur le "Néant des guerres guénoniennes", à une époque où la fréquentation des cab^^ lui était agréable, ni ne cherche, ni n'est apte à la discussion.

Il est habité par un obsession compulsive qui relève du traitement courant des affections psychiques.

Nous sommes donc en présence d'un pur délire fantaisiste, proche, en raison de signes évidents, de ce que Dan a parfaitement éclairé, à savoir d'une typologie névrotique classique sur le plan psychiatrique. Relisez à ce sujet, pour vous distraire, les différents épisodes d'insultes, censures, spams, grossièretés avec Hadrien, ou encore avec Franck - puis aujourd'hui vous, Satrape et Thot, etc., etc., et avec bien d'autres demain encore si cela leur chante d'allez s'amuser avec cette triste marionnette.

Il est ainsi inutile de vouloir lui faire entendre quelques arguments, aussi sages, intelligents et raisonnés soient-ils, puisque vous êtes face à un individu qui ne pense pas mais réagit par réflexe, qui est dominé par des mouvements qui s'imposent à lui et ont autorité sur sa pensée. Résultat vous vous fatiguerez et butterez éternellement contre un mur qui n'est autre que celui de sa fragilité mentale.

Écrit par : Falk | mardi, 02 juin 2009

Falk je ne possède pas encore votre sagesse, et j'avais jugé nécessaire de soutenir sur le fil d'ilys, non pas Moria, mais Thot, par une analyse de la situation. Evidemment, mais comment pouvait-il en être autrement, mon commentaire a été censuré au prétexte qu'il représentait un "trollage" destiné à : "vider une rancoeur et régler un compte avec XP de manière obsessionnelle" (sic !).

http://ilikeyourstyle.net/2009/05/31/penseur-anti-liberal/#comment-66465

C'est bien mal comprendre le sens de mon message, moi qui n'ai aucun compte à régler ni de rancoeur particulière, et surtout éviter de se poser la question des motivations qui provoquent les permanents délires chez XP et ses comportements positivement obsessionnels. Mais j'en conviens avec vous, tout cela représente une pure perte de temps et il sera sans doute beaucoup plus utile dorénavant de se pencher sur des sujets plus sérieux.

Néanmoins, voici pour information, le comm évoqué qui a été supprimé :



@ XP.

Non, Thot n’explique pas, il démontre, exemple à l’appui, qui ont pris divers visages ou noms ces derniers temps (Hadrien, Franck, Moria,, etc. ), que ce qui chez vous prétend être une position idéologique contre les CAB, relève en fait de la plus grossière névrose irrésolue.

Personne ne ramène à l’individu dans cette affaire si ce n’est vous-même systématiquement qui, lorsque le nom magique « La Question » apparaît, devenez complètement dingue, et vous livrez avec frénésie à la censure, et à la lessive. On sent de façon très claire le besoin de faire disparaître le problème, attitude qui est évidemment assimilable à la névrose, vieille notion XP, non pas moderne, mais ancienne comme le monde.

Le mot, doit-on vous le rappeler, fut inventé par William Cullen en 1769, et s’il est dérivé du grec neuron (nerf-neuro), c’est que dès l’Antiquité la philosophie et la médecine se sont liguées pour découvrir une science de l’âme que l’on appelle science de l’inconscient, née à l'époque des philosophes, notamment avec Platon, qui en parla dans ses différents écrits. Rien de très moderne en cela vous voyez, c’est pourquoi White écrit : « les œuvres capitales sont d'ordinaire le point d'aboutissement d'un processus culturel s'étendant sur plusieurs siècles. ». Et si dès lors c'est à Freud que l'on doit la définition actuelle de l'inconscient en médecine à travers ses topiques, bien avant lui, beaucoup jusqu'aux Allemands, en ont parlé, et il n’est pas superflu aujourd’hui d’aller se faire soigner lorsqu’on est affecté d’une pathologie qui ne cesse de surgir et se révéler derrière la moindre de vos phrases.

En nier même la réalité comme vous le faites, est souvent même le meilleur signe de sa présence effective, car cette fuite est caractéristique de celui qui craint d’être dévoilé.

Attitude de fuite qui se retrouve y compris dans vos positions :

* On vous demande que recouvre le concept de CAB – silence avoisinant le néant suivi de la phrase mécanique : j’ai déjà expliqué ça depuis longtemps.

* On vous prie de revoir votre conception singulièrement faussée de Tradition – délire puissant sur ceux qui ne seraient pas chrétiens selon vos critères fantaisistes.

* Certains vous disent qu’ils ne sont pas d’accord avec vous – insultes, grossièretés, censure.

* D’autres encore vous signalent que vos comportements ne sont pas acceptables – censure de nouveau, insultes encore une fois, etc.

Outre que l’on ne saurait mieux caricaturer l’idée même de liberté, et piétiner les fondements du libéralisme, vous donnez un spectacle plutôt attristant sur ce blog qui commence à lasser.

Ainsi la fable de Swift, que vous croyez instructive, est surtout cruelle pour vous, car ce cher Jonathan eut tout de même soin de mettre en garde sur ce que l’on imaginait être et croyait à propos de notre petite personne, précisant : «Les lois de notre esprit [sous-entendu la conscience de ce que nous sommes ] sont semblables aux toiles d'araignées, qui attrapent les petites mouches, mais laissent passer guêpes et frelons. » (Essai critique sur les facultés de l'esprit). Par ailleurs, mais vous deviez l’ignorer, Swift souffrira toute sa vie d'une maladie se signalant par un bruit permanent dans les oreilles qui conduit à la surdité, bruits que l’on désigne sous le nom d’acouphènes. Ces troubles, qui le rendront fou, ne prendront fin qu'à sa mort en 1745, et l'argent qu'il laissa fut employé à la fondation d'un hôpital soignant les maladies mentales, le St. Patrick’s Hospital for Imbeciles, crée en 1757.

Vous également êtes bien dans une toile, par votre activité fébrile sur celle-ci, qui est en fait une authentique toile d’araignée dans laquelle vous vous engluez lentement, toile qui vous a mis à nu plus que vous ne pouvez l’imaginer sur le plan analytique selon ce qu’en dit Alessandro Baricco dans Les Châteaux de la colère : « La toile d'araignée qu'était son âme [était] un piège pour ces étranges mouches [qu’étaient] ses idées ».

Cette toile fonctionnera effectivement comme un piège en se refermant à terme sur vous, piège qui, avant d’être mortel, sera un chemin direct qui vous conduira sous escorte vers l’équivalent, au plus près de chez vous, du "St. Patrick’s Hospital for Imbeciles".

Écrit par : Farel | mardi, 02 juin 2009

Faire le panégyrique de la paysannerie virgilienne, agrémenté de tableaux bucoliques, c'est bien , c'est beau, c'est gentil, mais cela ne suffit pas pour nourrir le monde... Le travail de la terre , c'est dur, c'est épuisant, c'est aléatoire, c'est toujours à recommencer...
Ce qui est le plus étonnant c'est la dérive intellectuelle des glossateurs des commentaires, qui oublient à peu prés tous le fond de la question... et se perdent en discussions picrocholines... c'est un peu un raccourci du monde de merde ou nous vivons , ou tout est manipulé par la communication et ou la vérité se fait de plus en plus rare... !!
J'ai 75ans , j'ai vécu mon enfance et mon adolescence dans une famille de cinq personnes ou nous produisions la presque totalité de notre nourriture, en travaillant la terre à la main , sans aucun engrais chimique.... Ah, c'était bien, c'était bon, c'était bio, mais quel boulot, sans fin, crevant, toujours à recommencer... Quand les premiers super-marchés ont ouvert leurs portes dans les années 50, et que les gens du peuple ont constaté qu'il était facile et pas cher d'acheter des carottes ou des pommes, les jardins familiaux ont disparu en quelques années....Personne n'a obligé les gens du peuple à basculer dans la facilité, mais la facilité est un aimant irrésistible, et aujourd'hui le peuple n'est pas disposé à revenir en arrière.... ce ne sont pas quelques " scientifiques " ou quelques cinéastes milliardaires qui feront revenir les gens en arrière, en leur prédisanrt les pires calamités... Jean de patmos a prophétisé la'apocalypse il y a 2000 ans, et depuis on attend....
Et franchement, je ne vois pas les jeunes hominidés du XXI me siècle accepter de vivre plus simplement et de retourner gratouiller la terre.... l'évolution est ce qu'elle est, la seule solution pour les hommes est de s'adapter, voir l'avenir comme un kaléidoxcope du mode de vie de nos aïeux, c'est une rigolade, avoir l'espérance dans l'avenir, c'est croire que nos descendants s'adapteront et inventeront des nouveaux modes de vie.. Et surtout qu'ils auront la capacité de réinventer une civilisation animée par une foi spirituelle...
Nota: j'ai 75 berges, ne croit pas du tout aux idéologies écologistes, pourtant je suis le seul dans l'avenue à faire toutes mes courses en vélo, le seul à avoir planté des arbres fruitiers dans mon terrain, le seul à avoir installé un composteur, le seul à boire de l'eau du robinet... Pourtant les 177 propriétaires de maison se disent écologistes à 100 % et connaissent par coeur tous les préceptes du fumeux " développement durable "... !! On rejpoint là les déclarations des glossateurs des commentaires.

A voir éventuellement
http://pagesperso-orange.fr/becassinetravail/La%20crise%201.htm

Écrit par : maudub | jeudi, 18 juin 2009

@ maudub. Eh oui ! c'est un blog, donc on discute, on s'amuse aussi avec les mots, on se lance dans de grandes déclarations définitives, on y bricole les virgules et on fait briller les adjectifs. C'est le lot de tout ce petit monde du débat virtuel, quelles que soient les idées des uns ou des autres.
A ce propos, pour revenir aux idées, je crois que la grande intuition d'Hadrien, n'est pas de proposer pas me semble-t-il un retour général à la terre, mais d'en revenir à un nouveau rapport à elle, plus juste, plus essentiel qui permette de fonder et préserver notre identité.

Relisez son intéressante conclusion :

- "A travers son patrimoine rural, c'est toute l'originalité du territoire français qui a été façonné, et ce par une longue histoire et des conditions naturelles que distribua généreusement la Providence. (...) Tout a sa place dans la tradition de la terre : l’Histoire, les arts, la culture, les techniques, les savoir-faire, l’agriculture, les produits de terroir, la faune et la flore ou encore l’architecture, les paysages naturels et construits. Ces véritables marques d’appartenance témoignent des relations particulières instaurées depuis des siècles par une communauté avec son territoire (...) tout cela fait partie intégrante de notre patrimoine et de notre vie, bien plus qu’on ne l’imagine, et fonde, dans son essence la plus intime, notre identité véritable."

L'enjeu est donc clair. La dissolution des racines par la grande lessiveuse mondiale, ou la préservation de l'héritage afin d'assurer notre futur. Pour vous qui avez connu ce qu'était la vie jadis, sa rudesse mais aussi sa joie, je pense que cette invitation devrait vous toucher, d'autant que ces thèses auront une implication directe sur l'existence de vos petits-enfants.

Écrit par : Lozère | vendredi, 19 juin 2009

Exact Lozère, l'idée d'Hardien est un recours à la terre, pas un retour. Toute la différence est dans cette nuance. voilà le résumé du film au scénario excellent :


- "Nous sommes de ceux qui ont été depuis longtemps, et qui sont encore plus que jamais convaincus que la terre sera l'un des grands recours pour demain, au Nord comme au Sud. Cet être silencieux dont nous sommes l'une des expressions vivantes recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies.

Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité, sans idolâtrie, sensiblerie ni outrance, les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences.

Sans renoncer aux acquis positifs de la modernité et de la science, il nous faudra retrouver peut-être un peu du sentiment de nos ancêtres, pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées."

Écrit par : Silvère | mardi, 23 juin 2009

Bonjour,
Je me suis mis à la terre après une thèse de droit consacrée aux fondements chrétiens du droit français. Aujourd'hui je suis un petit maraîcher bio qui vend ses produits dans le point de vente aménagé à côté de la ferme dans les Yvelines. J'ai également restauré l'ancien four de la ferme. Les mercredis et samedis je chauffe le four en y allumant des fagots, puis j'enfourne une quarantaine de pains que je vends ensuite au point de vente, en même temps que les légumes. Ce faisant, j'ai l'impression de répondre à un besoin impératif, une nécessité impérieuse. Dieu seul sait pourquoi je me retrouve à travailler la terre et à fabriquer du pain alors que je m'imaginait "intellectuel". Par contre, lorsque je me penche sur mes plants, ou que je met la main à la pâte, j'ai l'impression de faire l'action juste. Quelqu'un m'a dis un jour que l'homme pécheur était celui qui avait manqué sa cible. Lorsque je "condéscend" à me rapprocher des plantes et des choses simples, je me sens à ma place; c'est donc comme une ascèse pour moi, un chemin de purification. C'est aussi un chemin vers le Christ. Le Christ dans la Terre? Pour qu'Il règne sur la terre de France, n'a-t-on pas besoin de Le redécouvrir dans les entrailles de cette terre de nos ancêtres, et dans les gestes les plus simples de la vie? Je serais heureux de faire connaissance avec toute personne sensible à cette démarche, et désirant en savoir plus.

Écrit par : Jean | dimanche, 06 septembre 2009

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