jeudi, 14 mai 2009
L’ordre naturel ou l’éloge de la vie simple
La philosophie des « Alpes »
dans la pensée de Albert de Haller
par Hadrien


« Forêts, dont les noirs sapins n’entrouvrent point leurs branches à la lumière,
où dans chaque retraite se peint la nuit du tombeau ;
sources, qui fuyez lentement,
soyez pour moi une image de l’éternité. »
(Albert de Haller, l’Eternité)
Un aveu du caractère heureux et simple de la vie sous l’Ancien Régime, à une époque où la logique productiviste du libéralisme industriel bourgeois ne s’était pas encore imposée à l’ensemble des hommes, nous est fourni par Albert de Haller, (1708-1777) [1], ou Albrecht von Haller, médecin, savant, philosophe, théologien, poète et homme politique, qui publia en 1732 un poème intitulé Die Alpen - « Les Alpes » -livre qui eut un succès considérable. Dans cet ouvrage, montrant l’harmonie sereine de la société d’Ancien Régime, il établit les bases d’une critique radicale politique, sociale et morale d’un monde corrompu et en pleine décadence, il propose la sortie de ce monde artificiel et étouffant et fait du rapport à l’ordre de la Nature voulu par Dieu une libération. En effet, la Nature que nous présente Albert de Haller est celle, encore intacte, d’avant la corruption révolutionnaire, « une Nature qui est doublement naturelle : comme culture humaine et comme nature physique » [2].
Albert de Haller (1708-177)
Dans cette Nature, incarnée par les lacs et les montagnes, les bergers et les troupeaux, les paysans sont de vrais philosophes, le peuple est heureux dans la simplicité et est paré de toutes les qualités morales, la vie est apaisée et tranquille. Dans les fermes, de pieuses femmes, dont Huysmans peignit avec beaucoup d’amour le charme sous le portrait de Madame Bavoil dans son roman La Cathédrale, savaient utiliser les herbes médicinales, cuisiner d’excellents plats, cultiver les jardins et faire prier les enfants.

Madame Bavoil savait utiliser les herbes médicinales,
cuisiner d’excellents plats, cultiver les jardins
et faire prier les enfants
Ainsi, opposant la vie saine et naturelle des montagnards aux mœurs dépravées des citadins et critiquant, comme Béat Louis de Muralt, les influences françaises, il développe une pensée en rupture avec les germes du matérialisme des Lumières, dans des textes sur la fragilité de la raison, la superstition du progrès et le malheur de l'incroyance, se penchant en outre sur l'origine du mal, et sur la question de l'éternité (Über Vernunft, Aberglauben und Unglauben, 1729; Über den Ursprung des Übels, 1734; Unvollkommenes Gedicht über die Ewigkeit, 1736). Il n’hésite pas à mettre en doute l’idéologie perverse des « Lumières », refusant catégoriquement les vérités admises par les penseurs révolutionnaires, cherchant des réponses dans la nature, dont l'harmonie prouve à ses yeux l'existence du Créateur.
S'opposant totalement par son approche théorique et philosophique, et plus généralement par la vie traditionnelle qu'il mène, à Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) qui s'impose à l'inverse comme un matérialiste étroit et sectaire [3], Albert de Haller prône concrètement la « vie simple » dont il fait un éloge convaincant, peignant les paysages des Alpes en les donnant comme exemple de ce que devrait être, normalement, l’existence des hommes.

« Quand les premiers rayons du soleil
Dorent les pointes des rochers,
Et qu'un de ses regards brillants
Dissipe les brouillards,
On découvre du sommet d'une montagne,
Avec un plaisir toujours nouveau,
Le spectacle le plus superbe
de la nature.»
La montagne symbolise pour Haller, la proximité de l'homme avec Dieu. Elle s'élève au-dessus de la réalité quotidienne pour se rapprocher des cieux. Si le sommet perdu dans une couronne de nuages aiguise l'imagination, il est également le générateur d'eau assurant la fertilité de la vallée. La chrétienté ne représente-t-elle pas le Juge des vivants et des morts à la fin des temps trônant sur les nuées, alors que toutes les montagnes sont aplanies.
Face aux conceptions catholiques d'un monde soumis à l'ordre divin, s’opposait le mouvement des Lumières dont se faisaient en France les chantres, Rousseau, Voltaire et Diderot, qui mettaient en contradiction l'autonomie de la raison et la mise en valeur des dispositions intellectuelles de l'homme, aux lois de Dieu. C’est pourquoi, l'anthropologie de Albert de Haller, (suivi en cela par Charles Bonnet ou encore Johann Jakob Scheuchzer), fidèle à l’enseignement de l’Eglise, défendait le nécessaire respect des principes qui jusqu’alors avaient présidé à l’équilibre des sociétés humaines.
Or il est intéressant de constater, que de Kant à Lukács en passant par les thèses de Marx sur Feuerbach, la philosophie de l'Histoire n'a cessé de critiquer l'anthropologie, et la pensée révolutionnaire se distingue d’ailleurs, dans sa négation de l’homme réel dont sut nous parler Joseph de Maistre, par une négation redoutablement assassine des fondements de la pensée anthropologique. La grossière caricature au XXe siècle, chez Sartre et d'autres qui tentèrent de donner une pseudo assise anthropologique au matérialisme historique, puis chez l'ethnologue Claude Lévi-Strauss qui élabora une anthropologie qui aboutira à la théorisation des ridicules « structures mentales » dont se sont depuis fait une spécialité les apprentis sociologues de tous poils, est loin de correspondre à la richesse de la réflexion engagée par les penseurs contre-révolutionnaires [4].
En tant que synthèse interdisciplinaire entre l'Histoire, la religion, les coutumes et le travail, l’anthropologie a renouvelé les interrogations et conduit à des découvertes dans plusieurs domaines qui regardent tout le champ existentiel de l’homme. L'anthropologie s'étendra ainsi, sous l’impulsion de plusieurs chercheurs chrétiens, à l'étude de la culture humaine, aboutissant à une anthropologie culturelle qui explicita le rapport entre l'évolution des sociétés rurales et la « nature humaine éternelle » [5].
Devoir naturel, travail naturel, droit naturel : voilà les idées exactes et précises, qui sont bien faciles à saisir, et qui doivent présider à l’organisation des communautés humaines. La Révolution, c’est donc bien « la révolte érigée en principe et en droit, contre l’ordre social, en réalité contre l’ordre naturel et surnaturel établi par Dieu, créateur et rédempteur. Cette révolte, l’homme ne l’appelle pas péché, désordre, mais « Droit de l’homme » contre Dieu, correction de l’injustice de Dieu dans le monde. Le monde n’a pas besoin de Dieu pour connaître la justice. L’homme révolté y suffira. »
La doctrine sociale de l’Eglise, qui constitue l’objet de plusieurs grandes encycliques : Rerum Novarum, Mater et Magistra, Populorum progressio, Laborem Exercens, Sollicitudo rei socialis et Centesimus Annus, s’appuyant sur la pensée des auteurs hostiles aux vues de la Révolution, avec justesse affirme que la société n’est pas une masse informe d’individus, mais un organisme fondé sur la complémentarité et la solidarité. Ainsi les anciennes corporations unissaient les hommes exerçant la même profession pour la défense de leurs intérêts communs [6]. De la sorte, avant même que le terme ne fut inventé, la spiritualité chrétienne insistera sur la simplicité volontaire, l’attachement aux valeurs essentielles, le partage et l’échange. Cela signifie qu’il y a effectivement une écologie spirituelle, et qu’il est possible de véritablement promouvoir un ordre social respectueux des lois de l’Evangile. La société organique, qui respecte la famille, le travail et la religion, est garante de l’équilibre des hommes ; c’est l’oubli de l’ordre naturel qui conduit aujourd’hui un monde aveuglé par les mirages de la surconsommation, vers l’abîme et la destruction dans lequel on précipite malheureusement la création de Dieu.

Les Alpes
(1723)
Albrecht von Haller
(extrait)
Traduction de
Vicenz Bernhard von Tscharner
« Quand les premiers rayons du soleil
Dorent les pointes des rochers,
Et qu'un de ses regards brillants
Dissipe les brouillards,
On découvre du sommet d'une montagne,
Avec un plaisir toujours nouveau,
Le spectacle le plus superbe
de la nature.
Le théâtre d'un monde entier s'y présente
dans un instant, au travers des vapeurs
transparentes d'un nuage léger. (...)
Près d'elle une alpe vaste et fertile
se couvre de pâturages abondants;
sa pente insensible brille
de l'éclat des blés qui mûrissent,
et ses coteaux sont couverts
de cent troupeaux. »
Notes.
[1] Bibliographie :
-C. Siegrist, Albrecht von Haller, 1967
-H. Balmer, Albrecht von Haller, 1977
-S. Valceschini, Albert de Haller, vice-gouverneur d'Aigle en 1762-1763, 1977
-M.T. Monti, éd., Catalogo del fondo Haller, 1983-1990
-O. Sonntag, éd., The Correspondence between Albrecht von Haller and Charles Bonnet, 1983
-F.R. Kempf, Albrecht von Hallers Ruhm als Dichter, 1986
-M.T. Monti, Congettura ed esperienza nella fisiologia di Haller, 1990
-O. Sonntag, éd., The Correspondence between Albrecht von Haller and Horace-Bénédict de Saussure, 1990
-U. Boschung, éd., Albrecht von Haller in Göttingen: 1736-1753, 1994
-U. Boschung et al., éd., Repertorium zu Albrecht von Hallers Korrespondenz 1724-1777, 2 vol., 2002
-H. Steinke, C. Profos, éd., Bibliographia Halleriana, 2003
-H. Steinke, Irritating Experiments, 2005
-M. Stuber et al., éd. Hallers Netz. Ein europäischer Gelehrtenbriefwechsel zur Zeit der Aufklärung, 2005
[2] Haller a entrepris son premier voyage dans les Alpes en juillet et août 1728 alors qu'il se trouvait à Bâle pour assister aux cours du mathématicien Jean Bernoulli (1667-1748). Haller avait suivi sa formation universitaire à Tubingen et à Leyde de mars 1723 à juillet 1727, puis avait séjourné pendant environ un mois en Angleterre et avait passé l'automne et l'hiver à Paris avant d'arriver à Bâle au printemps 1728. Si, durant ces années de formation à l'étranger, il s'est surtout consacré à l'anatomie, son intérêt pour l'étude des plantes s'est accru pendant son séjour bâlois. Dans la préface de sa seconde flore de Suisse, l'Historia stirpium publiée en 1768, soit quarante ans après son premier voyage dans les Alpes, il donne une liste de ses voyages botaniques au début de laquelle il explique qu'il a commencé à s'intéresser à l'étude des plantes afin de se procurer de l'exercice physique : « C'est à Bâle qu'au printemps 1728 je commençai à m'occuper des plantes. Je me destinais à l'importante science de la médecine ; j'aimais les livres et la vie sédentaire : je ne me dissimulais point que si je me livrais à des études non interrompues, ma santé n'en souffrît beaucoup; je réfléchis donc aux moyens de secouer cette paresse littéraire, et je n'y trouvai pas de meilleur remède que l'étude de la botanique, qui me forcerait à faire de l'exercice. »
[3] La Mettrie dédicacera d'ailleurs ironiquement à Albert de Haller son ouvrage L'Homme-Machine, dédicace que Haller refusa dans deux lettres de récusation, dont une parut dans le Journal des Savants en mai 1749.
[4] Paradoxalement, la pensée structuraliste contemporaine a assimilé la réflexion sur le sacré et le profane qui provient des sciences des religions (G.-L. Müller). Il est vrai que la sociologie naissante avait, à l’égard du christianisme, une position ambiguë : il est aisé de reconnaître dans la définition durkheimienne de la religion comme « administration du sacré » et comme ensemble de « croyances obligatoires » une influence même de l’Eglise. Cependant, quant à soutenir que les grilles d’analyses sociologiques faisant appel à la notion de structure relèvent de la théologie, il n’y a que quelques aimables plaisantins peu sérieux pour se donner l’illusion d’y croire.
[5] Dans le sillage de Haller, une chaire d'anthropologie physique s'ouvrit à Zurich en 1899. Dans sa leçon inaugurale, Rudolf Martin définira l'anthropologie comme un inventaire systématique de toutes les variations humaines dans l'espace (morphologie raciale, génétique) et dans le temps (primatologie, histoire de l'évolution); il ancra ainsi sa discipline dans la biologie; il la dota d'instruments de mesure et de méthodes précises: son manuel de 1914 fit école. Il eut pour successeur Otto Schlaginhaufen, qui fit procéder sur des recrues à des séries de mensurations, présentées dans des publications où les affinités de cette anthropologie-là avec la biologie raciale et l'eugénisme apparaissent de façon explicite. Schlaginhaufen joua un rôle déterminant dans la création de la Société suisse d'anthropologie et d'ethnologie (1920) et de la Fondation Julius-Klaus pour la recherche génétique, l'anthropologie sociale et l'hygiène raciale (1921). Son successeur, Adolf Hans Schultz, est l'un des fondateurs de la primatologie, branche qu'il développa à la faculté des sciences de l'université de Zurich en l'élargissant en direction d'autres domaines comme l'histoire de l'évolution, la biologie des populations, la croissance et la génétique humaines.
[6] Dans la société traditionnelle, les classes ne sont pas antagonistes, mais naturellement complémentaires. La loi Le Chapelier (14 juin 1791) en interdisant les associations, tua les corporations qui avaient été l’instrument de la paix sociale depuis le Moyen Age ; cette loi était le fruit de l’individualisme libéral, mais au lieu de " libérer" les ouvriers, elle les écrasa.
15:40 Écrit par . dans De la nature | Lien permanent | Commentaires (61) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Antoine la Croix de Berny | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : Falk | jeudi, 14 mai 2009
Sans oublier qu'un séjour à la montagne est toujours le remède idéal dans de nombreux cas desespérés...sur le plan spirituel évidemment.
Écrit par : Dan | jeudi, 14 mai 2009
"...chaque colline et chaque montagne sera aplanie ...." (Apocalypse 21, 4) Ce qui répond d'ailleurs à la sentence de Zacharie : « II n'y a pas de grande montagne qui ne puisse être aplanie » (Zacharie 4,7).
Écrit par : Sulpice | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : LancelotVlad | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : Lozère | jeudi, 14 mai 2009
Bientôt, tu communieras délicieusement avec les choses et avec les êtres : Ceux que tu aimes t'aimeront, ils te donneront une part de leur puissance, ils te révéleront leurs secrets. Tu connaîtras la paix du cœur et les joies de l'intelligence, soit que tu frémisses d’un bonheur inouï en regardant l'aurore éveiller la forêt, parce que ton cœur multiplie sa joie des chants d'allégresse de l'oiseau et de l'élan des fleurs vers la lumière, soit que tu découvres, dans la sérénité des méditations, les ressorts cachés qui font mouvoir le monde.
Sois simple, pur, confiant et bon comme un disciple du Christ ; comprends la nature pour t'efforcer de la suivre ou de l'imiter ; marche vers la vérité comme un enfant vers sa mère, sans t'embarrasser de systèmes préconçus, de préjugés et de fausses croyances - ainsi tu seras un chrétien authentique..."
Alphonse de Chateaubriant
Écrit par : Aloïs | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : LMD | jeudi, 14 mai 2009
Énumérons plus particulièrement quelques-uns des problèmes créés par l'exploitation de la nature :
- la dégradation de la santé de la nature : pollution de la terre, de l'eau, de l'air; extermination déjà intervenue de bien des formes de vie végétale et animale, jusqu'au dépérissement des forêts ;
- la barbarie objective de l'homme dans le traitement des animaux d'élevage destinés à l'alimentation et dans certaines expérimentations notoirement inutiles sur animaux ;
- la violence entre les hommes : la loi du profit produit des laissés pour compte (ceux qui ne sont pas rentables sur le marché de la production, des handicapés de toutes catégories aux chômeurs comme aux enfants non désirés) ;
- l'exploitation, sans contre-partie équitable, de matières premières et de richesses des pays du tiers monde ;
- la concentration de la puissance dans des centres de production et de décision concurrents (sociétés multinationales, blocs politiques...), mûs à la fois par la volonté de puissance et par la peur. Il en résulte une grande fragilité des peuples et des continents, une grande fragilité de la paix.
Tous ces problèmes sont liés entre eux, tout s'enchaîne. La violence contre la nature entraîne la violence contre l'homme. L'attitude des hommes au plan économique est dominée par la volonté de puissance. C'est toute la manière d'être de l'homme, tout son comportement, et pas seulement sa santé physique, qui est en cause.
Ne pas respecter la nature et ne pas respecter l'homme sont liés. Il faut ajouter : Ne pas respecter la nature et l'homme c'est également se détourner de Dieu. Aussi sommes nous aujourd'hui, en tant qu'humanité et en tant qu'individus, appelés à une véritable conversion, à un changement de mentalité qui veut s'inscrire dans les coeurs et dans les réalités. C'est parce qu'il croit en Dieu, créateur, et qu'il se sait responsable devant Dieu de la bonne gestion de sa création que le chrétien ne peut être un exploiteur de la nature, insensible aux conséquences écologiques de son exploitation. C'est parce qu'il est témoin de l'évangile d'amour du prochain et qu'il se sait solidaire de tous les êtres de la planète, aujourd'hui et demain, qu'il ne peut utiliser la nature à son profit exclusif et l'exploiter de façon égoïste. La marche est commencée pour tous ceux qui sont conscients de la problématique écologique ; il est essentiel de la poursuivre, de l'étendre et de l'assurer.
Écrit par : G. Siegwalt | jeudi, 14 mai 2009
Vous seriez étonné de découvrir cette étroite convergence concernant le rapport à la nature dans la correspondance échangée entre Albert de Haller et Carlo Allioni (cf.Stefan Haechler, Univ. de Berne, Institut d’histoire : Deux réseaux de correspondance en interaction. La correspondance entre Albert de Haller (1708-1777) et Carlo Allioni (1728-1804)].
Par ailleurs, il est évident qu'avec l’anglican Edmund Burke (1729-1797) et le luthérien allemand Friedrich Julius Stahl (1801-1876), le néerlandais Guillaume Groen van Prinsterer, Albert de Haller fut également l'un des meilleurs et plus pertinents critiques protestants de la Révolution française.
Pour ce qui concerne Guillaume Groen Prinsterer, puisque la note développe ce qu'il faut savoir de Haller, voilà ce que nous pouvons lire : "Figure prophétique singulièrement attachante et longtemps solitaire, Groen a défini, décrit et combattu la grande religion des temps modernes qu’est l’humanisme (l’homme rendant un culte idolâtrique à l’Homme). Pour lui, la Révolution française, en son esprit profond, s’inscrit dans la continuité de la (prétendue) Renaissance des XVème et XVIème siècles et des (prétendues) Lumières du XVIIIème siècle, avec leur rejet de la Parole de Dieu, leur rejet du Seigneur Créateur et Sauveur, Père, Fils et Saint-Esprit, et leur exaltation de l’Homme divinisé et prétendument autonome, de sa raison et/ou de ses sentiments. Groen a démontré quel est le choix inéluctable devant lequel, hommes et nations, nous sommes placés : Révolution ou Réformation. Il a démontré l’actualité de l’exhortation biblique et divine : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir » (Josué 24:15)." [la Revue Réformée, n° 155-1988/3 : Un Critique Réformé de la Révolution Française : Guillaume Groen van Prinsterer].
Lisons Groen d'ailleurs, et nous verrons qu'il y a chez lui des accents plus que communs avec le très catholique Joseph de Maistre :
« Depuis cette horrible Révolution Française un nouvel esprit diabolique s’est emparé d’une grande partie de l’humanité. L’athéisme, dressant sa tête insolente et orgueilleuse..., on ne peut s’empêcher de penser que les prophéties de l’Ecriture se réalisent. Examinons ce que l’Ecriture dit sur l’athéisme des derniers temps... Saint Paul s’adressant aux Thessaloniciens : ’Auparavant doit venir l’apostasie et se révéler l’Homme impie, l’Être perdu, l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom ou le culte de Dieu... L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» [Bernard Zylstra in » Who was Groen ?, 1950].
Intéressant non ?
Ainsi donc, il est tout à fait indiqué et cohérent d'écrire : "l'anthropologie de Albert de Haller, (suivi en cela par Charles Bonnet ou encore Johann Jakob Scheuchzer), fidèle à l’enseignement de l’Eglise, défendait le nécessaire respect des principes qui jusqu’alors avaient présidé à l’équilibre des sociétés humaines."
Écrit par : Hadrien | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : Lapide | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : C. Kintzler | jeudi, 14 mai 2009
C'est, en effet, surtout auprès des Lumières que les artisans de la Révolution devaient puiser leurs idées. Au motif de base de la Révélation biblique, «création-chute-rédemption», ils opposaient celui de l'humanisme ambiant: nature-. autonomie.
Écrit par : Hadrien | jeudi, 14 mai 2009
Voici sa conclusion :
"Groen montre que lorsque Dieu et sa Parole sont reniés, la morale est bientôt jetée par-dessus bord : une fois que le principe de la Révolution est adopté, il suit, comme la nuit après le jour, que la morale, la foi, le droit et la justice sont balayés pour être remplacés par leurs contre-façons humanistes. Il ne sert à rien, dit Groen, de blâmer les révolutionnaires pour leurs excès lorsqu'en même temps on applaudit à leurs principes. Et il démontre que la Révolution ne peut manquer de persécuter les chrétiens parce que, du point de vue du philosophe et politicien révolutionnaire, la Révélation et la Foi chrétiennes ne sont pas seulement ridicules mais nocives.
Nous commençons à goûter les fruits catastrophiques de l'esprit de Révolution. Mais l'humanisme, le culte que l'homme se rend à luimême, touche par là à sa fin. L'heure de la Reconstruction chrétienne sonne déjà."
http://vbru.club.fr/src/divers/divers/courthial_groen.html
Écrit par : Hadrien | jeudi, 14 mai 2009
Vous prêchez un converti, et naturellement je n'ai rien à objecter à votre commentaire. Néanmoins, votre tournure était problématique.
> G. Siegwalt :
A peine remis du choc infligé par Hadrien, allez-vous m'en infliger un autre ? En d'autres termes, êtes-vous LE Gérard Siegwalt, publié au Cerf (et néanmoins protestant) ?
> C. Kintzler :
Bonnes remarques. Une partie non négligeable du clergé anglican est également hostile, quoique discrètement, à la Maçonnerie. On pourrait toutefois se demander si la réputation relativement conservatrice de la Maçonnerie britannique (fortement identifiée à la Police ainsi qu'aux "Services") ne serait pas, par hasard, la cause - paradoxale vue de France - de cette allergie. Par ailleurs - et au point où j'en suis, plus rien ne m'étonnerait - êtes-vous LA Catherine Kintzler, philosophe et experte ès laïcité ?
Écrit par : LMD | jeudi, 14 mai 2009
Enfin tout cela nous éloigne un peu de notre sujet.
Savez-vous donc, à ce titre, pour revenir aux questions soulevées par la note d'Hadrien, que l'Eglise anglicane, alors même qu'en Angleterre, des liens particulièrement étroits ont toujours existé entre l'Eglise anglicane et la Grande Loge d'Angleterre, qui compte d'ailleurs dans ses rangs de nombreux ecclésiastiques, l'une et l'autre ayant un seul et même chef protocolaire en la personne du souverain lui-même, qu'à la suite du livre du Révérend méthodiste C. Penney Hunt : "The menace of Freemasonry to the christian faith" (1930), faisant écho à l'étude intitulée "Darkness visible" que le Révérend Walton Hannah publia en 1952 dans lequel il affirmait : "Je suis fermement convaincu que pour un chrétien, s'engager dans une organisation religieuse, ou quasi religieuse, dont les prières et la croyance en Dieu excluent délibérément le nom de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est une apostasie, écrivait-il en guise d'introduction", et enfin du livre remarquablement documenté que Stephen Knight fit paraître en 1983 intitulé sobrement : "The brotherhood", ce dernier ouvrage ayant eu un réel retentissement en Angleterre, qu'en juin 1986, une commission de l'Eglise anglicane élabora un premier rapport intitulé : "Freemasonry and Christianity are they incompatible ?"
Suite à quoi le Synode général de l'Eglise anglicane dût lui-même reconnaître, par 394 voix contre 52, d'une part que certains rites maçonniques sont hérétiques et blasphématoires, et d'autre part que l'appartenance à la franc-maçonnerie régulière est incompatible avec la foi chrétienne (déclaration du 13 juillet 1987) !
Surprenant n'est-ce pas ?
Écrit par : C. Kintzler | jeudi, 14 mai 2009
Ceci sous votre plume, me rappelle furieusement, mais très agréablement soyez sans crainte, un élégant et très aimable compagnon de conversation avec lequel parfois il m'arrivait, bien qu'ayant quelques légères mais non fondamentales divergences avec lui, de m'entretenir sous d'autres cieux :
"Vous prêchez un converti..."
S'il s'agissait d'une méprise, je vous prie par avance, évidemment, de pardonner mon audace ;-)
Écrit par : Hadrien | jeudi, 14 mai 2009
Hadrien, vous finirez par rendre sympathiques en ces lieux pourtant réputés pour leur catholicisme intransigeant, quelques docteurs schismatiques...
Écrit par : Lozère | jeudi, 14 mai 2009
Moi qui pensais la tournure banalissime... J'espère ne pas devoir de droits d'auteur à votre mystérieux correspondant, tout de même?
> C. Kintzler :
Merci de ces remarques. Expertise impressionnante sur un sujet (la critique protestante de la Maçonnerie) pointu. Sinon, émigration post-défaite de 1870, j'imagine ?
Écrit par : LMD | jeudi, 14 mai 2009
«Ici règne la raison, guidée par la nature »
Die Alpen d'Albrecht von Haller (1729)
"Von Haller a vécu à l'époque baroque, qui accordait une grande importance au caractère artificiel, dans un monde qui défrichait et domestiquait la nature. L'artificialité s'y manifestait par des haies
régulières, des fontaines et des allées tirées au cordeau.
Le poème Die Alpen a germé lors d'un voyage dans les Alpes réalisé par von Haller en 1728. Il y décrit un paysage sain, pur et primitif. Les Alpes sont raisonnables et modestes. N'engendrant que
l«utile» et l«essentiel», elles ne suscitent ni luxe ni jalousie.
Von Haller décrit les Alpes comme un antimodèle de monde négatif, corrompu et artificiel. Il y voit un monde idéal, où les idées peuvent s'épanouir.
Dans ce cadre idéal, une humanité simple et authentique vit en accord avec Dieu et avec la nature. Von Haller dépeint les habitants des Alpes comme s'ils participaient à une fête pastorale. Il tire des
parallèles avec les fêtes paysannes décrites par le poète latin Virgile dans ses Georgica1. Par ses comparaisons implicites avec les peuples naturels des Antiques mis en scène par Virgile, von Haller confère une dimension mythique à son peuple alpin idéal. Et de l'idéal initial se dégage un tableau encadré de mythes."
http://www.alpinesmuseum.ch/files/handzettel_23_f.pdf
Écrit par : Cornelius | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : C. Kintzler | jeudi, 14 mai 2009
Écrit par : Hadrien | jeudi, 14 mai 2009
A la question "est-ce un péché de recevoir une usure pour de l'argent prêté?", Thomas d'Aquin répondait par l'affirmative. Usure étant ici synonyme d'intérêt. Il appuyait son raisonnement sur une conception de l'argent, empruntée à Aristote, pour qui l'argent ne peut, par nature, faire des petits. Moyen d'échange et mesure de la valeur, l'argent n'a pas en soi d'utilité. Il est consommé dans l'acte de son utilisation, comme le vin, contrairement, par exemple, à une maison, pour laquelle on peut réclamer un loyer.
Or on ne peut réclamer un loyer pour l'utilisation du vin. De la même manière, faire payer pour l'utilisation de l'argent est illégitime; c'est faire payer pour quelque chose qui n'existe pas. Keynes reprendra en partie cette idée et l'opposera à la conception classique en vertu de laquelle l'intérêt est la récompense de l'abstinence, de la non-consommation; pour Keynes, c'est la récompense de la renonciation à la liquidité. Il écrit, à propos des thèses des scolastiques que "cette doctrine (...) mérite d'être réhabilitée et considérée avec égards ; les taux d'intérêt élevés sont une bonne partie des problèmes du capitalisme" (Keynes, Théorie générale, éd. Payot, 1982, page 346).
Écrit par : Valence | jeudi, 14 mai 2009
On sait en effet que tout l'effort de Heidegger de "penser plus initialement" repose sur une contestation fondamentale des sciences. "La raison de cet état de choses", écrit-il, "est que la science ne pense pas. Elle ne pense pas parce qu'avec l'ordre de sa méthode et de ses moyens, il lui est tout à fait impossible de jamais penser, à savoir penser à la manière des penseurs."
La science et la technique commencent selon Heidegger par poser des univers d'objets à traquer - elles constituent un "arraisonnement" du monde ; elles mettent l'univers en demeure de répondre.
La pensée de Heidegger, ce en quoi elle est foncièrement contre-révolutionnaire ainsi que le soulignait Zak dans sa note portant sur "la métaphysique de la virtualité", est une préparation à la sortie hors des sciences. "Penser au milieu des sciences, cela signifie : passer devant elles" disait Heidegger.
Écrit par : Radek | jeudi, 14 mai 2009
http://www.la-question.net/archive/2008/11/17/e740888535ef3411c4640d50a9c49d78.html
L'être de l'exister est donc devenu aujourd'hui insaisissable, car ce qui est relatif, produit, dépendant, soumis, dominé, n'est plus véritablement. L'homme n'est à présent nulle part. L'expérience authentique sur le plan métaphysique est donc de réaliser notre dénuement comme disait Bataille, non sans pertinence : "Je saisis en sombrant que la seule vérité de l'homme, enfin entrevue, est d'être une supplication sans réponse" [G. Bataille, L'Expérience intérieure, Gallimard, 1943, p. 25].
Il nous faut donc endurer, de par les conséquences d'un monde devenu fou et furieusement athée, le mouvement inexorable du non-savoir, du non-pouvoir ; dans une civilisation vidée de sens et dont le sacré et la religion sont absents, l'être, le "Dasein" pour reprendre l'expression heideggerienne, n'est plus rien, n'a plus de lien transcendant auquel il puisse se rattacher, si ce n'est dans la sphère privée de son morne subjectivisme.
Ce qui signifie clairement, que l'existence, depuis la Révolution et son infâme volonté criminelle de déchristianisation, est soumise à la limite radicalement, foncièrement. Qu'il n'y a plus la possibilité religieuse pour les hommes de comprendre le mystère existentiel ; rien à conquérir, rien à dépasser, car l'Être ne peut plus jamais être atteint.
Sans accès possible, l'Être est présent dans son absence et absent en tant que présent. Lorsque Heidegger écrit, que "l'essence du Dasein consiste en son existence"[M. Heidegger, L'Être et le Temps, Gallimard, 1964, p. 42], il faut laisser de côté le sens qu'a ce mot dans la philosophie classique : acte premier qui situe un être hors du néant, hors de ses causes, et le comprendre comme cette possibilité qui caractérise l'homme d'expérimenter une ouverture (non-lieu) où il doit se soumettre dans le dépouillement de toute chose, lieu "dans l'ouverture duquel l'Être lui-même se dénonce et se cèle, s'accorde et se dérobe" [M. Heidegger, Qu'est-ce que la métaphysique? Questions, I, Gallimard, 1989, p. 33].
La note d'Hadrien se fondant sur Albert de Haller auteur de poèmes remarquables rassemblés sous le titre Versuch Schweizerischer Gedichten (1732, 111777; trad. franç. dès 1752), qui eurent un grand retentissement dans la littérature allemande de la première moitié du XVIIIe s. évoquant le monde alpestre qui représente un contraste saisissant face aux "mœurs corrompues" de la ville (Die verdorbenen Sitten, 1731) et d'avec "l'homme selon le monde" (Der Mann nach der Welt, 1733), Hadrien que je félicite au passage en raison de sa capacité à nous délivrer quelques agréables rayons d'une bienheureuse lumière bucolique, champêtre et "alpine", possède donc l'avantage singulier, par delà son aspect poétique très agréable, de nous faire toucher du doigt des éléments essentiels sur le plan métaphysique.
Écrit par : Zak | vendredi, 15 mai 2009
Sur l’Éternité
"[Forêts], redoutable océan de l’austère éternité ! antique berceau des mondes et des temps, et des temps et des mondes sépulcre sans mesure ; royaume immuable du présent ! la cendre du passé est pour toi un germe d’avenir. Infini, qui est-ce qui t’échappe !
Les mondes sont pour toi comme des jours, et les hommes comme des moments. Peut-être maintenant des milliers de soleils circulent, et des milliers s’arrêtent ; que t’importe ?
Semblable à une horloge animée par un poids, un soleil lancé par la force de Dieu roule pour marquer une heure. Son mouvement s’éteint, et en voilà un second qui s’éveille. Toi tu demeures, et ne les comptes pas.
La tranquille majesté des étoiles qui semblent pour nous les bornes invariables du firmament, se flétrit devant toi commue l’herbe desséchée par le soleil d’été. Comme les fleurs, jeunes à midi, vieilles et fanées avant le soir, tu vois passer tes constellations.
Quand l’existence naissante luttait contre le néant, et que le monde s’élançait ébauché de l’abîme ; avant que la pesanteur eût appris aux corps à tomber ; avant que sur la nuit de l’antique chaos les premiers flots de la lumière eussent commencé à se répandre, tu étais déjà aussi loin de ta source qu’à présent.
Et quand un second chaos engloutira les mondes, quand il ne restera de l’univers que la place, quand de nouveaux cieux, éclairés par d’autres astres auront achevé leur course, tu seras aussi jeune qu’à présent ; tu seras également loin de mourir, tu auras encore un avenir aussi illimité qu’aujourd’hui.
L’essor rapide de la pensée, près duquel le temps, le son, le vent, la lumière même, n’ont que de lentes ailes, se fatigue à vouloir t’atteindre, et ne peut espérer une barrière qui l’arrête.
En vain, j’entasserai des milliers de montagnes ; en vain je roulerai siècles sur siècles, mondes sur mondes ; quand je serai monté aux confins de l’infini, si de cette formidable hauteur je veux te chercher, en dépit des vertiges, il faudra reconnaître que toute cette puissance des nombres, mille fois multipliés, n’est encore, n’est pas même une portion de toi-même.
Je l’efface, et tu restes devant moi tout entière."
Albert de HALLER.
Traduit de l’allemand par Jules Le Fèvre-Deumier.
Paru dans Leçons de littérature allemande,Jules Le Fèvre-Deumier.
Écrit par : Quadrige | vendredi, 15 mai 2009
Un autre auteur à chanter le mystère des forêts, il s'agit de Chateaubriand, évidemmentl'une des figures majeures du romantisme français.
La Forêt
François-René de CHATEAUBRIAND
"Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !...
Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière,
Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D'autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts."
In, recueil : Tableaux de la nature.
Écrit par : Ophélie | vendredi, 15 mai 2009
"...elle avait des lunettes en vigie sur le bout de son nez et elle baisait, une à une, des images de piété insérées dans un livre vêtu de drap noir. Elle l’avait invité à s’asseoir puis, fermant le volume et remontant ses lunettes, elle avait pris part à la conversation et il était sorti de cette chambre, abasourdi par cette personne qui appelait l’abbé " père " et parlait, très simplement, ainsi que d’une chose naturelle, de son commerce avec Jésus et avec les Saints ; elle paraissait vivre en parfaite amitié avec eux, en causait ainsi que de compagnons avec lesquels on bavarde sans aucune gêne.
Puis la physionomie de cette femme, que le prêtre lui présenta sous le nom de Mme Céleste Bavoil, était pour le moins étrange. Elle était maigre, élancée et néanmoins petite. De profil, avec le nez busqué, la bouche dure, elle avait le masque désempâté d’un César mort, mais de face, la rigidité du profil s’émoussait dans une familiarité de paysanne, se fondait dans une mansuétude de placide nonne, en complet désaccord avec la solennelle énergie des traits.
Ce qu’il pouvait constater aussi, c’est qu’elle était très complaisante pour lui ; dès sa rentrée de la Trappe, elle l’avait, de toutes les manières, aidé, lui raccordant le moral quand elle le voyait triste, allant, malgré ses protestations, passer en revue ses vêtements lorsqu’elle soupçonnait qu’il y avait des sutures à opérer, des boutons à coudre.
[...]
Cette intimité était devenue encore plus complète, depuis l’existence mitoyenne qu’ils avaient, tous les trois, menée en voyage, alors que Durtal les avait, sur leurs instances, accompagnés à La Salette..."
Écrit par : Sulpice | vendredi, 15 mai 2009
Écrit par : Falk | vendredi, 15 mai 2009
C'est un mont pelé qui fait plutôt peur lorsque l'automne approche, où le vent souffle toujours, avec des grandes ombres faites par les nuages.Pas très engageant tout ça!
Écrit par : Brigitte Jean | vendredi, 15 mai 2009
Pour exemple les quakers,amish, darbistes etc.
Écrit par : JP | vendredi, 15 mai 2009
Écrit par : Grégoire | vendredi, 15 mai 2009
Écrit par : JP | vendredi, 15 mai 2009
Le message de la Vierge est intéressant (surtout le "non tronqué").
Une seule petite critique, la foule.
Écrit par : JR | vendredi, 15 mai 2009
Albert de Haller prône concrètement la « vie simple »
je me demande si le mot simplicité est employé dans le même sens aujourd'hui; d'ailleurs peut-on vivre cette simplicité en ville. J'en doute!
Écrit par : Brigitte Jean | vendredi, 15 mai 2009
Ce qui n'étonnera personne ici.
Ceci étant dit, tout n'est pas à jeter chez les orientaux; j'ai trouvé une petite note sur le blog cité par Hadrien sur Masanobu Fukuoka "la révolution d'un seul brin de paille "
http://madamebavoil.hautetfort.com/archive/2009/05/07/madame-bavoil-est-comme-monsieur-masanobu-fukuoka.html
Fukuoka explique très bien à l'échelle du Japon ce qu'avait si justement pressenti tout ceux qui ont fait une critique radicale de la modernité, avec les désastres que l'on sait. (Ce livre a été écrit en 1975).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Masanobu_Fukuoka
Écrit par : Antoine | vendredi, 15 mai 2009
Quand une idée est à la mode on peut se méfier croyez-moi!
Et la frugalité sauva le monde
http://www.telerama.fr/idees/et-la-frugalite-sauva-le-monde,42499.php
Écrit par : Un Gaulois compliqué | vendredi, 15 mai 2009
Cet extrait est exactement ce que je voulais écrire hier soir devant ma page désespérément blanche :
"L'être de l'exister est donc devenu aujourd'hui insaisissable, car ce qui est relatif, produit, dépendant, soumis, dominé, n'est plus véritablement. L'homme n'est à présent nulle part. L'expérience authentique sur le plan métaphysique est donc de réaliser notre dénuement comme disait Bataille, non sans pertinence : "Je saisis en sombrant que la seule vérité de l'homme, enfin entrevue, est d'être une supplication sans réponse" [G. Bataille, L'Expérience intérieure, Gallimard, 1943, p. 25].
Il nous faut donc endurer, de par les conséquences d'un monde devenu fou et furieusement athée, le mouvement inexorable du non-savoir, du non-pouvoir ; dans une civilisation vidée de sens et dont le sacré et la religion sont absents, l'être, le "Dasein" pour reprendre l'expression heideggerienne, n'est plus rien, n'a plus de lien transcendant auquel il puisse se rattacher, si ce n'est dans la sphère privée de son morne subjectivisme."
Écrit par : Rancé | samedi, 16 mai 2009
Bravo en tout cas pour cet article Hadrien.
Écrit par : Vertumne | samedi, 16 mai 2009
Écrit par : Kairos | dimanche, 17 mai 2009
http://veritas-catholic.blogspot.com/2006/08/la-salette-secrets.html
Écrit par : Sylvain M. | dimanche, 17 mai 2009
Le Message de Notre Dame de La Salette
Lors de son apparition, la Vierge Marie a confié à Maximin et Mélanie ensemble un Message à destination de "tout son peuple". L’Evêque de Grenoble l’a authentifié par mandement le 19 septembre 1851.
"Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle.
Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de la prier sans cesse. Pour vous autres, vous n’en faites pas cas ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres.
Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils.
Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.
Si la récolte se gâte, ce n’est rien qu’à cause de vous autres. Je vous l’avais fait voir l’an dernier par les pommes de terre, vous n’en avez pas fait cas. C’est au contraire : quand vous en trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils au milieu. Elles vont continuer, et cette année, pour la Noël, il n’y en aura plus.
(Jusqu’ici la Belle Dame a parlé en français. Elle prévient une question de Mélanie et termine son discours en patois)
Vous ne comprenez pas, mes enfants ! Je vais vous le dire autrement. Si la recolta se gasta...
Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer. Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront et ce qui viendra tombera tout en poussière quand on le battra. Il viendra une grande famine.
Avant que la famine vienne, les petits enfants au-dessous de 7 ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront.
Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront vides, les raisins pourriront.
(A ce moment Mélanie voit que la Belle Dame dit quelques mots à Maximin, mais elle n’entend pas. Puis c’est au tour de Maximin de comprendre qu’elle dit quelques mots à Mélanie qu’il n’entend pas non plus. Puis elle poursuit.)
S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.
Faites-vous bien votre prière, mes enfants ?
- Pas guère, Madame.
- Ah ! Mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin, ne diriez-vous qu’un Pater et un Ave Maria quand vous ne pourrez pas mieux faire. Et quand vous pourrez mieux faire, il faut en dire davantage.
L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe. Les autres travaillent le dimanche tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion.
Le Carême, ils vont à la boucherie, comme les chiens.
- N’avez-vous jamais vu du blé gâté, mes enfants ?
- Non Madame !
- Mais vous, Maximin, mon enfant, vous devez bien en avoir vu une fois, au Coin, avec votre père. Le maître du champ dit à votre père de venir voir son blé gâté. Vous y êtes allés. Votre père prit deux ou trois épis dans sa main, les froissa et ils tombèrent tous en poussière. En vous en retournant, quand vous n’étiez plus qu’à une demi-heure de Corps, votre père vous donna un morceau de pain en vous disant : "Tiens, mon petit, mange encore du pain cette année, car je ne sais pas qui va en manger l’an qui vient si le blé continue comme ça".
- Ah ! Oui, Madame. Je m’en rappelle à présent. Je ne m’en rappelais pas tout à l’heure.
Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple !
Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple !"
Écrit par : Sylvain M. | dimanche, 17 mai 2009
Texte du secret de La Salette
écrit et daté par Mélanie à Castellamare, le 21 novembre 1878
Nihil obstat et Imprimatur Datum Lycii ex Curia Episcopi, die 15 nov. 1879.
Carmelus Archus Cosma. Vicarius Generalis.
- Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas toujours secret ; vous
pourrez le publier en 1858.
Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvais vie, par leurs irrévérences et leur impiété à célébrer les Saints Mystères, par l'amour de l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d'impureté.
Oui, les prêtes demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leurs têtes. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu, lesquelles, par leurs infidélités et leur mauvaise vie, crucifient de nouveau mon Fils !
Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent vengeance, et voilà que la vengeance est à leurs portes, car il ne se trouve plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il n'y a plus d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne d'offrir la Victime sans tache à l'Éternel en faveur du monde.
Dieu va frapper d'une manière sans exemple.
Malheur aux habitants de la terre ! Dieu va épuiser sa colère, et personne ne pourra se soustraire à tant de maux réunis.
Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence, et le démon a obscurci leurs intelligences ; ils sont devenus ces étoiles errantes que le vieux diable traînera avec sa queue pour les faire périr.
- Dieu permettra au vieux serpent de mettre des divisions parmi les régnants, dans toutes les sociétés et dans toutes les famille ; on souffrira des peines physiques et morales : Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et enverra des châtiments qui se succéderont pendant plus de trente-cinq ans.
- La société est à la veille des fléaux les plus terribles et des plus grands événements ; on doit s'attendre à être gouverné par une verge de fer et à boire le calice de la colère divine.
Suite :
http://jesusmarie.free.fr/apparitions_salette_secret.html
Écrit par : Sylvain M. | dimanche, 17 mai 2009
Notre-Dame de la Salette, dans le département du Dauphiné, est un site unique à 1800 m d'altitude... Depuis l'apparition, des millions de pèlerins gravissent la montagne à la beauté âpre et prenante, lieu de pèlerinage, espace de prière et de réflexion. En hiver ce lieu bénéficie de la période la plus ensoleillé de l'année.
En lisière du Parc national des Ecrins, haut lieu de l'alpinisme français et européen avec la Barre des Ecrins (4102 m), le Pelvoux (3943 m), les Ailefroide (3954 m)… il occupe un replat entre le Mont Planeau et les pentes du Gargas et du Chamoux.
Blotti au creux de la montagne, le Sanctuaire domine souvent une mer de nuages. Le panorama, exceptionnel, s'ouvre sur le massif du Dévoluy dominé par la grande tête de l'Obiou ; dans le fond, le lac du Sautet, le plateau de Pellafol et sur la droite, au loin le Mont Aiguille (massif du Vercors).
La Salette est donc bien dans les alpes ;-)
Écrit par : Hire | dimanche, 17 mai 2009
et, très sincèrement, je signe volontiers des deux mains, pour ce qui me concerne, votre profession de foi que je m'autorise à reproduire ici pour l'instruction des habitués de La Question, qui ne devraient pas y être insensibles je pense :
"Pour quoi combattons nous ?
Pour l'amour de ce qui est beau, noble et pur.
Pour notre terre.
Pour nos enfants.
Pour l'honneur.
Pour ne pas mourir.
Pour l'Europe, notre mère à la couronne étoilée.
Pour les menhirs de Filitosa.
Pour les églises gothiques.
Pour Dieu.
Pour les blancs flocons de Norvège.
Pour les Thermopyles.
Pour le vin de Sartène.
Pour les cigognes d'Alsace.
Pour la mémoire.
Pour le son des cloches.
Pour les bals d'été.
Pour ce maquis si odorant.
Pour nos petits vieux.
Pour ces froids matins.
Pour l'aigle royal.
Pour leur résister.
Pour ne jamais oublier que nous devrons toujours combattre."
http://ethnocide.blogspot.com/2008/04/pour-quoi-combattons-nous.html
Écrit par : Hadrien | dimanche, 17 mai 2009
IdC, sans vous commander, notre ami Vertumne, dont le blog est intitulé "Ethnocide", mériterait sans aucun doute de figurer dans les liens de La Question...
Écrit par : Falk | dimanche, 17 mai 2009
Hadrien, vous voilà donc en parfait accord avec Julius Evola :
"Tout dans la vie moderne vise à étouffer le sens héroïque de la vie. Tout tend à la mécanisation, à l'embourgeoisement, à la grégarisation systématique et prudente d'êtres insatiables et dont aucun ne se suffit à lui-même...
le spectacle de la montagne constitue en lui-même une expérience sans pareille, unique et impressionnante... Des plaques de neige apparaissent ça et là, tantôt aveuglantes, tantôt délicates, dotées de la transparence et de l'éclat du quartz. Plus au fond, il y a un glacier...C'est vraiment quelque chose de frappant qui laisse dans l'âme une sensation indicible et indélébile de grandeur. Et, pendant la nuit, quel silence absolu - quel ciel pur, si puissant, si éblouissant, si sublime!"
[ J. Evola, Méditations du haut des cimes ]
Écrit par : Guelfe | lundi, 18 mai 2009
En 1973, après l'avoir proposé à Julius Evola et avoir obtenu son consentement, Renato del Ponte réunit sous le titre de "Meditazioni delle vette" (au départ, l'ouvrage devait s'intituler "Ghiacci e spirito") quinze de ses articles sur la montagne parus dans diverses revues entre 1930 et 1942. Le recueil fut publié au début de 1974 par Edizioni del Tridente, quelques mois avant la disparition de l'auteur. Epuisé rapidement, Edizioni del Tridente en publia une seconde édition, augmentée de trois textes retrouvés entre-temps, en 1979 ; puis, en 1986, une troisième, revue et augmentée d'un nouvel essai de 1927 ainsi que d'un extrait d'un chapitre des deux premières éditions de "Rivolta contro il mondo moderno" de 1931 et 1951, qui fut supprimé dans l'édition définitive de 1969 : "L'"altezza"" (traduction française : "La hauteur", Kalki, 1987). La quatrième édition, publiée par SeaR en 1997, comprend ces vingt textes. A ceux-ci sont venus s'ajouter, dans la cinquième édition (Edizioni Mediterranee, 2005), trois articles, ce qui porte donc leur total à vingt-trois.
La première édition française ("Méditations du haut des cimes", Guy-Trédaniel-Pardès, Paris-Puiseaux, 1986), fondée sur la deuxième édition italienne, est composée de dix-huit textes. La deuxième édition française (à paraître dans les jours prochains, dans une nouvelle traduction, chez les Editions du Lore) en comprend vingt-trois. Parmi les cinq textes supplémentaires, "Là où règne le démon des cimes" (Il lavoro d'Italia, 16 septembre 1927) revêt une importance particulière. Il s'agit en effet du premier écrit publié par Julius Evola sur la montagne
L'alpinisme fut pour lui la contrepartie concrète et pratique de sa prédilection pour les hauteurs spirituelles, la traduction parfaite, dans un milieu naturel extrême, de l'oeuvre d'autotranscendance active, héroïque, dont il parle dans toute son oeuvre. Pour lui, ce type d'expérience représenta, au-delà d'un exercice physique, d'un simple sport, une réaction salutaire et efficace contre les aspects négatifs du monde moderne, et, par là même, la possibilité d'un dépassement des limites de la condition humaine et la voie d'une réalisation intérieure.
Écrit par : Roncesvalles | lundi, 18 mai 2009
Écrit par : Cornelius | lundi, 18 mai 2009
http://www.claremontmckenna.edu/hist/jpetropoulos/ironguard/history.htm
Écrit par : Enaïda | lundi, 18 mai 2009
Le discours nationaliste et les méthodes d’action lui ont valu, tant de la part des contemporains que des historiens de la période ultérieurement, l’étiquette de « fasciste ». Pourtant parmi ses adeptes, nombre de jeunes intellectuels de l’entre-deux-guerres, s’auto-désignant comme la « Jeune génération », dont les plus connus restent à présent Mircea Eliade (historien des religions), Emil Cioran (philosophe) ou Constantion Noica (philosophe), lui ont voué une admiration sans bornes.
Écrit par : Jean de Védas | lundi, 18 mai 2009
Écrit par : Séraphi | lundi, 18 mai 2009
Heinen la résume comme suit :
- "L'oeil humain n'a pas été créé pour ne regarder que le soleil. Nous ne pouvons pas éduquer nos jeunes gens pour n'être que de purs savants; nous aurions pour résultat une catégorie sociale de demi-cultivés ridicules, avançant des prétentions irréalisables [...]. La raison pure dissout tout, remet en question les structures traditionnelles et met ainsi en danger l'intégration sociale [...]. Sans religion, les gens simples du peuple perdent leur retenue morale, la haine sociale et l'envie "ron-gent des trous" dans la vie spirituelle de la na-tion". [cf. Armin HEINEN, Die Legion "Erzengel Michael" in Rumänien. Soziale Bewegung und politische Organisation. Ein Beitrag zum Problem des internationalen Faschismus, R. Oldenbourg Verlag, München, 1986, p. 87]
Popovici estimait que tous les maux du monde moderne sont réunis dans la démocratie. Par le fait qu'elle hisse les intérêts matériels de la plèbe insatiable et égalitariste au rang de source des décisions politiques, nous voyons nécessairement naître un monde de démagogie, de lutte des classes, orienté seulement vers la satisfaction des intérêts particuliers et éphémères. La ville moderne reflète d'ores et déjà, pour Popovici, cet-te dégénérescence des m¦urs politiques.
A la décadence de la Roumanie de la fin du XIXième siècle, les nationalistes opposent, nous ex-plique Heinen [op. cit, p. 89], la grandeur nationale des XVième et XVIième siècles ou évoquent les Da-ces. Les nationalistes roumains préféraient d'office tout ce qui s'était passé avant 1800, les époques de simplicité patriarcale, où règnait une solidarité naturelle entre paysans, boyards et lettrés.
Toutefois, l'assaut des m¦urs occidentales délétères, la pénétration en Roumanie d'éléments étrangers a ruiné définitivement cette harmonie.
Écrit par : Arpacschad | lundi, 18 mai 2009
Si en France Alphonse de Chateaubriant représente une figure emblématique et attachante de cette tendance, des mouvements chrétiens s’enthousiasmèrent également pour le mouvement völkisch en Allemagne avant-guerre. Ainsi, Artur Dinter, profondément engagé dans le mouvement völkisch, propagandiste et écrivain, créa en 1927 la "Geistchristliche Religionsgemeinschaft", précurseur de l’« organisation pour l’État populaire national-socialiste pour les Chrétiens », renommée en 1934 « Deutsche Volkskirche » (église populaire allemande).
Écrit par : Wendrock | lundi, 18 mai 2009
"Cette quête des racines de « l’âme allemande » (deutsche Volksseele) amène les Völkischen à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960.
Défenseurs de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque. Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les Völkischen ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l'État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales."
http://fr.metapedia.org/wiki/V%C3%B6lkisch
Écrit par : Dan | lundi, 18 mai 2009
1°) "Nous ne pouvons pas éduquer nos jeunes gens pour n'être que de purs savants; nous aurions pour résultat une catégorie sociale de demi-cultivés ridicules, avançant des prétentions irréalisables [...]."
- Or c'est exactement à ce quoi conduit notre système éducatif aujourd'hui, la fabrication d'une foule de demi-cultivés ridicules, égoïstes, égocentriques, prétentieux et cons comme leurs pieds.
2°) "La raison pure dissout tout, remet en question les structures traditionnelles et met ainsi en danger l'intégration sociale [...]."
- Idem que premièrement ; l'illusion de tout comprendre par la science ou la pseudo analyse, aboutit à dissoudre le sentiment religieux et l'humilité devant le mystère : résultat des millions d'imbéciles satisfaits d'eux-mêmes discutent sans s'écouter, sur les blogs où les cafés, dans un tintamare dénué d'intérêt.
3°) "Sans religion, les gens simples du peuple perdent leur retenue morale ; la haine sociale et l'envie "[forgent] des trous" dans la vie spirituelle de la nation."
Le constat, d'une justesse parfaite, est sans appel car d'une rare lucidité, il n'y a qu'à regarder l'état lamentable de la société occidentale. Dénuées de religion, les nations européennes sont précipitées à grande vitesse directement dans le néant où elles disparaîtront logiquement sous peu si n'intervient pas une "réaction" salutaire.
Écrit par : Falk | lundi, 18 mai 2009
Pour l'amour de ce qui est beau, noble et pur.
Pour notre terre.
Pour nos enfants.
Pour l'honneur.
Pour ne pas mourir.
Pour l'Europe, notre mère à la couronne étoilée.
Pour les menhirs de Filitosa.
Pour les églises gothiques.
Pour Dieu.
Pour les blancs flocons de Norvège.
Pour les Thermopyles.
Pour le vin de Sartène.
Pour les cigognes d'Alsace.
Pour la mémoire.
Pour le son des cloches.
Pour les bals d'été.
Pour ce maquis si odorant.
Pour nos petits vieux.
Pour ces froids matins.
Pour l'aigle royal.
Pour leur résister.
Tout cela n' pas l'air de plaire à tout le monde; E-DEO est hacké pour la deuxième fois!!
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/05/edeo-encore-hack%C3%A9.html#comments
Écrit par : JP | lundi, 18 mai 2009
Au fait, la vie simple?
Pouvez-vous m'en dire quelques mots? .))
Écrit par : Brigitte Jean | lundi, 18 mai 2009
« Le chemin de la sainteté est un et invariable. Nous trouvons Dieu et nous Le servons dans la mesure où nous savons renoncer à nous-mêmes et nous oublier. » Père Martial Maciel, LC, lettre du 20 novembre 1953
L’acquisition de cette vertu n’est pas facile, mais le fruit d’un travail spirituel constant. Je vous signale que le Saint-Père Benoît XVI, le 18 février 2009 au cours de l'audience générale tenue Place St. Pierre en présence de 15.000 personnes, a tracé un portrait de Bède le vénérable, un saint anglais né vers 672 en Northumbrie qui se distingue par son examen de la "simplicité volobtaire". Il a cité certaines œuvres de Bède le vénérable comme sa Grande Chronique dont la chronologie servit de base à un calendrier universel, ou son Histoire ecclésiastique des peuples angles, qui fit de lui le père de l'historiographie anglaise.
je cite le discours de Benoît XVI : "Grâce à sa façon de faire la théologie en mêlant la Bible, la liturgie et l'histoire, Bède transmet en effet un message actuel pour les divers « états de vie » : aux experts (doctores ac doctrices), il rappelle deux devoirs essentiels : sonder les merveilles de la Parole de Dieu pour les présenter sous une forme attrayante aux fidèles ; exposer les vérités dogmatiques en évitant les complications hérétiques et en s'en tenant à la « simplicité catholique », avec l'attitude des petits et des humbles auxquels Dieu se complaît de révéler les mystères du royaume.
L'Eglise dont Bède fit le portrait se caractérisait par sa catholicité, sa fidélité à la tradition et son ouverture au monde, mais aussi par sa "recherche de l'unité dans la diversité, par son apostolicité et sa romanité. C'est pourquoi Bède considéra-t-il capital de convaincre les diverses Eglises celtiques irlandaises et pictes de célébrer ensemble Pâques selon le calendrier romain".
Bède fut aussi un "maître de premier ordre en théologie liturgique". Ses homélies habituèrent "les fidèles à célébrer dans la joie les mystères de la foi et de la vivre de manière cohérente dans l'attente de leur dévoilement final avec le retour du Seigneur. Grâce à un travail théologique intégrant Bible, liturgie et histoire, l'œuvre de Bède contient un message encore actuel pour les divers faciès de la vie chrétienne. Ainsi rappelle-t-il aux chercheurs leurs deux principaux devoirs, étudier les merveilles de la Parole de manière à les rendre attrayantes aux fidèles, et puis exposer les vérités dogmatiques hors de toute complication hérétique, en s'en tenant à la simplicité catholique qui est la vertu des petits et des humbles auxquels il plaît à dieu de révéler les mystères du Royaume".
Selon l'enseignement de Bède, les pasteurs "doivent se consacrer avant tout à la prédication, qui ne doit pas se limiter aux sermons mais recourir à la vie des saints et aux images religieuses, aux processions et aux pèlerinages". Les personnes consacrées doivent s'occuper de l'apostolat, "en collaborant à l'action pastorale des évêques en faveur des jeunes communautés et en s'engageant dans l'évangélisation". Pour le saint érudit le Christ attend "une Eglise active qui défriche de nouveaux terrains de culture, qui insère l'Evangile dans le tissu social et dans les institutions culturelles".
Il encourageait aussi "les laïcs à l'assiduité dans la formation religieuse et leur expliquait comment prier de manière constante en faisant de leurs actions une offrande spirituelle en union avec le Christ". L'œuvre de Bède le vénérable, qui mourut en mai 735, contribua fortement à la construction de l'Europe chrétienne."
Bel exposé sur la valeur de la simplicité catholique n'est-ce pas ?
Écrit par : Hire | mardi, 19 mai 2009
Écrit par : Serrus | lundi, 25 mai 2009
Entre 1927 et 1932, son équipe examine en détail la morphologie de plus de 35000 recrues de l’armée suisse, dans une quête de la pureté raciale afin d'établir les bases de la catégorie de l’«Homo Alpinus Helveticus». [Urs Peter Weilenmann: Der Anthropologe Otto Schlaginhaufen, 1879–1973. Juris Druck + Verlag, Zürich 1990]
http://d-nb.info/gnd/118945149
Écrit par : Wendrock | mercredi, 27 mai 2009
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