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samedi, 28 mars 2009

La sorcellerie africaine est d'essence satanique !

 

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"Aujourd'hui, il vous revient (...) de présenter le Christ ressuscité.

Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits,

des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés..."

(Benoît XVI)

 

A l’occasion de son voyage en Afrique, Benoît XVI à Luanda, en l'église São Paulo où il a célébré une messe destinée aux évêques, prêtres, religieux, responsables des mouvements ecclésiastiques et des catéchistes d'Angola de la Conférence Episcopale d'Angola et São Tomé, a exhorté avec force les catholiques angolais à renoncer à la sorcellerie et à ramener au bercail « les brebis égarées » parties grossir les rangs des sectes évangéliques qui prolifèrent dans cette ancienne colonie portugaise d'Afrique centrale.

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« Tant d'entre eux vivent dans la crainte des esprits,

de pouvoirs pernicieux et menaçants.»

 

Plus largement dans son homélie, il a invité son auditoire à tendre la main à ceux qui continuent de croire à la sorcellerie et aux fétiches : « Tant d'entre eux vivent dans la crainte des esprits, de pouvoirs pernicieux et menaçants. Dans leur aveuglement, ils arrivent même à condamner les enfants des rues et les anciens en les traitant de féticheurs », a dit le Saint-Père, pour qui les chrétiens ne commettront pas d'injustices s'ils se montrent en Christ. « Aujourd'hui, il vous revient (...) de présenter le Christ ressuscité à vos concitoyens. Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés », a-t-il dit dans son homélie [1].

Le chef de l'Eglise catholique a également critiqué l'idée selon laquelle l'évangélisation constitue une atteinte à l'identité des peuples non chrétiens : « Quelqu'un objectera : Pourquoi ne les laissons-nous pas en paix ? Ceux-ci ont leur vérité et nous la nôtre », a-t-il commenté. « Mais si nous sommes convaincus qu'une vie non chrétienne est "inachevée", "nous ne faisons d'injustice à personne si nous lui présentons le Christ et lui donnons la possibilité de trouver de cette façon, non seulement sa véritable authenticité, mais aussi la joie d'avoir trouvé la vie. »

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"...des albinos sont régulièrement

tués et découpés pour des rituels traditionnels."


Ces déclarations du Saint Père, sont d’une extraordinaire pertinence, car en effet, dans cette Afrique tant civilisée aux dires de certains humanistes utopiques qui voient elle une lointaine image de l’Eden, des albinos sont régulièrement tués et découpés pour des rituels traditionnels, les populations vivent tremblantes et craintives, courbées sous la peur des pouvoirs des sorciers , ensorceleurs et féticheurs, qui se livrent à des cultes démoniaques dans lesquels on fait appel à des esprits ténébreux afin d’attenter à la vie, de projeter des maléfices, de pervertir les consciences.

 

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«  Fuyez le culte des idoles ! »

(1 Corinthiens 10, 14)

 

Il faut souligner que les sorciers, en général de vielles personnes mais communiquant leur pouvoir à leur enfants ou petits enfants, dans les villages ou les villes, projettent leurs maléfices sur des personnes, dont le but est de briser la vie. De la sorte, tuer, rendre misérable, stérile, provoquer des accidents, des échecs sur le plan scolaire, spirituel ou financier, entraîner à la prostitution tels sont les activités « traditionnelles » et précieusement « culturelles » auxquelles se livrent les suppôts de Satan en ces contrées encore foncièrement idolâtres.

Il faut oser le dire, l'Afrique souffre horriblement de sa religion ancestrale, de ses cultes animistes, de son polythéisme, de son Vaudou [2], qui conduisent des populations entières à adorer les bois, les eaux, réaliser des sacrifices animaux ou parfois humains pour de l'argent ou pour pouvoir enfanter d’un garçon, gagner un procès, et parvenir à mille autres succès. Tout cela est terrible et épouvantable. Utilisant la suggestion et l’obsession, on arrive à convaincre, au simple prétexte d’avoir consommé des viandes en rêve avec des personnes de façon inhabituelle, que l’individu est perdu, sous l’influence définitive des forces maléfiques. D’ailleurs, les sorciers, qui prétendent prendre l’aspect de serpents, de chiens, de corbeaux, etc., exercent un pouvoir terrifiant sur l’ensemble des peuples de ses régions, et les soumettent, souvent par l’intermédiaire de drogues et substances hallucinogènes tendant à « zombifier », à leurs infectes volontés [3].

 

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« Nous sommes convaincus qu'une vie non chrétienne est inachevée...»

 

Ainsi les interventions du Pape, en ces questions hautement problématiques, sont on ne peut plus fondées, d’autant qu’elles viennent contredire les folies des thèses au sujet de la nécessaire inculturation mise en vigueur après Vatican II, ou l’on assista, avec effarement, à la combinaison des croyances et pratiques de l’Église catholique romaine et des traditions, croyances et pratiques religieuses ouest-africaines ce qui aura directement contribué à l’émergence délirante du pire syncrétisme religieux que l’on remarque à présent en Amérique latine, avec des pratiques démoniques, entre autres, comme le Vaudou, l’Obeah, le Candomblé ou la Santeria.

Comme l’a rappelé avec justesse lors de son voyage en France Benoît XVI à l’occasion de son homélie aux invalides : « La première Lettre de saint Paul, adressée aux Corinthiens, nous fait découvrir à quel point les conseils donnés par l’Apôtre restent d’actualité : « Fuyez le culte des idoles » (1 Co 10, 14), écrit-il à une communauté très marquée par le paganisme et partagée entre l’adhésion à la nouveauté de l’Évangile et l’observance de vieilles pratiques héritées de ses ancêtres. Fuir les idoles, cela voulait dire alors, cesser d’honorer les divinités de l’Olympe et de leur offrir des sacrifices sanglants.

Fuir les idoles, c’était se mettre à l’école des prophètes de l’Ancien Testament qui dénonçaient la tendance humaine à se forger de fausses représentations de Dieu. Comme le dit le Psaume 113 à propos des statues des idoles, elles ne sont qu’« or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas » (4-5). Hormis le peuple d’Israël, qui avait reçu la révélation du Dieu unique, le monde antique était asservi au culte des idoles. Très présentes à Corinthe, les erreurs du paganisme devaient être dénoncées, car elles constituaient une puissante aliénation et détournaient l’homme de sa véritable destinée. Elles l’empêchaient de reconnaître que le Christ est le seul Sauveur, le seul qui indique à l’homme le chemin vers Dieu. »

 

Notes.

[1] Selon des statistiques officielles, 55% de la population angolaise est catholique et 25% se réfère à des croyances traditionnelles. Certaines sectes, liées aux immigrants congolais, selon les médias d'Etat, pratiquent des sacrifices humains et s'en prennent aux enfants accusés de sorcellerie. L'année dernière à Luanda, 40 jeunes, dont des bébés, ont ainsi été retrouvés prisonniers dans des locaux de l'Eglise évangélique des guérisons traditionnelles, où ils avaient subi des sévices.

[2] Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Adja (dont les fons, les Gouns, les Ewe... et dans une certaine mesure les Yoruba ...) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria..) Le Vaudou est l'adaptation par le Fon d'un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

[3] Denis Allan, anthropologue diplômé de Harvard, de retour à Boston après un long séjour en Amazonie, a pu étudier et expérimenter les drogues utilisées par les chamanes et les sorciers vaudous pour zombifier leurs victimes.

12:09 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : satanisme, sorcellerie, magie, afique, vaudou, ésotérisme, paganisme, syncrétisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

mercredi, 25 mars 2009

Le préservatif : la grotesque et ridicule icône de la culture de mort !

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Benoît XVI s’oppose de toutes ses forces par ses récentes déclarations à la culture de mort, dont le préservatif est devenu l’emblème, le symbole intouchable, l’icône grotesque par excellence, au point de susciter des réactions délirantes de toutes parts. En effet, une civilisation entière semble aujourd’hui s’identifier à un objet en plastique distribué scandaleusement de façon indistincte, depuis les grand-mères depuis longtemps ménopausées jusqu’aux jeunes enfants pré-pubères, à la sortie des écoles et des églises, telles d'innocentes pastilles à la menthe, objet qui ne protège ni du vice, ni de la perversion des mœurs, ni de la désorientation spirituelle, ni de la ruine de l’âme.


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Les préservatifs sous forme de chrysanthèmes

sur le tombe de la civilisation


Qu’un pape rappelle les exigences de l’Evangile qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? Qu’un souverain pontife, affirme que la solution n’est pas le laxisme en matière sexuelle, en encourageant des soi-disant « relations protégées » (qui sont d’ailleurs parfois refusées par les homosexuels eux-mêmes ), alors qu’elles ne protégent en réalité en rien le devenir spirituel de l’esprit de l’homme qui possède son authentique vocation dans la sainteté, en quoi cela est-il étonnant ?

 

En réalité, ce que beaucoup, y compris parmi les chrétiens et non des moindres, ne comprennent pas, c’est que par sa mission confiée à elle par le Christ, l'Eglise n'a pas à se trouver en phase avec « le monde ». La raison d'être de l'Eglise est au contraire d’être un signe de contradiction, d'éclairer le monde, d'être la « lumière du monde », en ne ménageant ni ses critiques, ni ses vigoureux rappels de la Loi Divine. Le monde, vit dans les ténèbres, il a pour Prince Satan et se trouve sous la domination de ses légions. Ses valeurs sont des valeurs ténébreuses qui ne peuvent que le conduire à refuser les lumières de l'Eglise qui est logiquement qualifiée d'obscurantiste, car ici-bas tout est inversé, rien n’est à sa place ; comme le disait Joseph de Maistre, l’ordre de la nature, depuis la Chute, est une « contre-nature ». Il est donc important, en ces instants, de méditer les Paroles de Jésus, qui projettent sur ces sujets, un éclairage surnaturel et nous montrent la perspective véritable du chrétien en ce monde : « Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Qui croit en Lui n'est pas jugé, qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils Unique de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière afin qu'il soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jean 3, 17-22)

 

 

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"Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille..."

 

En raison de son intérêt, nous reproduisons l’entretien réalisé avec Dominique Morin , malade du sida, qui remercie le Pape d’avoir brisé un tabou., réagissant à la polémique actuelle et expliquant pourquoi le préservatif répond à une absurde logique.

 

 Avez-vous jugé scandaleux les propos récents de Benoît XVI ?


Ce que je trouve scandaleux, ce sont ces choeurs de vierges effarouchées. Qu’a dit Benoît XVI ? L’homme ne peut se résigner à vivre des comportements sexuels à risque (vagabondage sexuel ou homosexualité), ni la société fonder une prévention du sida sur l’échec. Il a rappelé que l’homme est doté d’une raison, d’une liberté, et qu’il est capable de poser des actes. La réponse à donner au sida est dans ses moyens de propagation. Le seul moyen sûr d’endiguer le risque est d’éviter les comportements à risque. C’est du simple bon sens, mais ce n’est pas le mieux partagé à l’heure actuelle ! Alors je dis merci au Pape d’avoir brisé un tabou.

Benoît XVI ne nous transmet pas une théorie qu’il vient d’inventer. Il ne fait que rappeler ce que prône l’Eglise, basée sur la Révélation. Dans l’Ancien Testament déjà est écrit "je te montrerai le chemin de la vie et de la mort. Tu choisiras la vie". Comme Dieu, l’Eglise croit en nous. Elle croit l’homme capable de poser des choix. Ces choix font sortir d’une logique fataliste qui fait de l’homme l’esclave de ses pulsions.


 N’est-ce pas rendre service aux jeunes que de leur recommander le port d’un préservatif ?


Je témoigne dans les écoles depuis quinze ans. Aujourd’hui, les jeunes pensent qu’une sexualité pulsionnelle, instinctive, est leur seul horizon. Or, derrière leur demande "Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille" se cache une aspiration profonde, le désir d’aimer sans savoir comment s’y prendre. Dire qu’un jeune est obligé d’avoir des relations sexuelles pour se découvrir et apprendre à aimer correspond à la logique freudienne, qui est fausse. Pour des catholiques, faire de Freud un docteur de l’Eglise en dit long sur leur vision de l’homme !

Il existe une autre voie que celle de la pornographie, la masturbation, les relations instables. Oublier de leur dire cette vérité revient à leur mentir. Celui qui leur dit d’utiliser un préservatif se lave les mains et s’offre une bonne conscience à peu de frais. Le jeune se retrouve face aux limites du moyen et de relations sans confiance. Le préservatif est un leurre et une escroquerie !

 

 Vous êtes vous même porteur du HIV. Quel a été votre parcours ?


Dans les années 80, je vivais dans la délinquance, la drogue, le sexe, et la violence politique. En 1986, j’ai commencé à me convertir. Je n’en pouvais plus de toute cette violence. Par la pratique religieuse, j’ai découvert une joie que je ne connaissais pas. J’ai décidé de me confesser, persuadé de me faire jeter ! Or j’ai rencontré la miséricorde de Dieu, à travers le sourire bienveillant du prêtre et son absolution. Puis j’ai découvert en 1993 que j’étais infecté du sida, en phase 4. J’étais fichu.


 Vous parlez de politique de prévention, comme le Saint-Père. Ce discours peut-il tenir face à un séropositif ?


Il existe bien sûr des cas d’exception, mais une morale ne se détermine pas en fonction d’un échec ni d’un mal. Jamais l’Eglise n’a dit d’aller s’infecter sans préservatif. Certaines pulsions sont parfois si fortes, notamment chez les homosexuels, que la personne n’est pas toujours capable, malgré ses efforts, d’y résister. Dans ce cas-là, bien sûr, le prêtre invite à ne pas en plus propager la mort.


 Comment avez-vous tenu ce pari de la chasteté ?


Je n’ai pas eu de relations sexuelles depuis 29 ans et c’est pour moi le seul moyen complètement sûr de ne pas transmettre le virus. Je ne suis pas meilleur que les autres malades. Ma conversion m’a fait changer de perspective sur moi, mon corps, ma relation aux autres. La prière et les sacrements m’ont donné les grâces nécessaires pour déraciner en moi des habitudes et combattre ma faiblesse. J’ai appris à me "domestiquer". J’ai aussi découvert des relations chastes avec des filles. L’abstinence sexuelle est parfois difficile, mais le plaisir dont cela me prive ne me manque pas tellement, au regard de la vie apaisée que je connais aujourd’hui.


 Vous êtes-vous senti condamné par l’Eglise ?


Jamais je ne me suis senti rejeté par l’Eglise, au contraire. Elle m’a ouvert ses portes, elle m’a accueilli comme j’étais, là où j’en étais. Je me suis senti aimé. Car l’Eglise distingue la personne de ses actes. Avant ma conversion, je me sentais condamné par les propos de l’Eglise, parce que je croyais faire corps avec mes actes. Je croyais que lorsque l’Eglise condamnait tel acte, elle condamnait l’homme. Or, "la vengeance de Dieu, c’est de pardonner", comme disait Pagnol. Dieu ne sait qu’aimer. Il couvre d’un amour de prédilection les malades du sida.

 

 Beaucoup accusent l’Eglise aujourd’hui...


C’est oublier que l’Eglise fut la première à se soucier des sidéens. Dès les années 80, aux Etats-Unis, le Cardinal O’Connor a ouvert un service spécial pour les accueillir, alors qu’on ignorait encore les risques de contamination. Mère Teresa est venue créer le premier centre "The gift of love" à New-York, dédié aux malades du sida. Il en existe plusieurs aujourd’hui, à travers le monde.

L’Eglise veut le bonheur de l’homme. Le Pape tient son rôle de père, de pédagogue, lorsqu’il rappelle que l’homme est destiné à aimer en vérité, et non dans le mensonge, dans la peur et le risque de la mort. Il nous montre un chemin exigeant, sans chercher à plaire ni à séduire. Le sida se propage par le multi partenariat. Le seul moyen de l’endiguer est de revenir à la racine de l’amour. Chacun aspire à l’amour vrai, fondé sur la confiance. Voilà le véritable enfer : non pas être puni des conséquences de son péché, mais avoir peur d’aimer.

 

Sources :


Famille chrétienne

Dominique Morin

22:38 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (103) | Tags : préservatif, société, actualités, pape, afrique, homosexualité, médias |  Imprimer | | | | | Pin it!

jeudi, 19 mars 2009

Pourquoi n’est-il plus possible d’être païen ?

 

Le GRECE et l'illusion païenne

 

 

ou les erreurs théoriques d'Alain de Benoist

et de  la Nouvelle Droite

 

 

 

 

 

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Velasquez,

Apollon dans la forge de Vulcain, 1630.

 

« …jamais, sur ces questions, le vouloir ne peut avoir de prise »

 

 

 

nouvelle école.jpgAlain de Benoist dans « Comment peut-on être païen », (Albin Michel, 1981), voulut, il y a déjà plusieurs décennies, proposer une alternative au christianisme. Or, on le sait, mais on l'oublie trop souvent, ce sont les principes situés à la racine même des choses qui fondent véritablement les idées génériques placées à l'origine des différentes conceptions du monde qui se sont imposées, et non pas les vues romantiques à l'égard de réalités anciennes idéalisées. Ainsi, ce qui différencia radicalement le paganisme du christianisme (termes qui, rappelons-le, concrètement aujourd'hui ne qualifient plus en Europe aucune réalité religieuse distincte puisque, que cela plaise ou non, l'Histoire a conjugué non sans quelques difficultés il est vrai, ces deux dénominations en un seul destin), porte sur une divergence majeure qui ne se situa pas uniquement entre polythéisme et monothéisme contrairement à ce que soutient Alain de Benoist [1] et dont se fit l'avocat fervent le GRECE, mais, de façon irréconciliable, se fondait sur une nette divergence au sujet de la notion de "création".

 

En effet, ce qui spécifie, et sépare de manière catégorique le paganisme de la pensée biblique c'est leur analyse divergente au sujet de l'origine du monde, de l'origine de « l'être » pour employer la terminologie philosophique bien connue. Si pour les païens le monde est, de toute éternité, incréé et suffisant ontologiquement, en revanche, la pensée hébraïque considère le monde comme résultant d'une création "à partir de rien", doctrine que la Bible place en tête de son introduction puisque le premier de ses versets nous dit, "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre" , [2]. Les points de vue, les concepts païens et hébreux sont irréductibles, radicalement hétérogènes, il y a une incompatibilité foncière entre les deux approches de la question de l'existence du monde ; c'est sur ce point que se trouve la véritable ligne de partage des eaux, la césure entre pensée hébraïque et pensée païenne. C'est sur ce point, et non pas sur l'allégeance exprimée à telle ou telle figure divine, à telle ou telle divinité tutélaire, dans l'attachement à Zeus l'olympien ou à l’Osiris égyptien, que se situe la véritable divergence foncière.

 

 

 

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Mithra

 

«Bien souvent, le désir d'un redéploiement d'un paganisme réel,

tend à laisser penser, qu'il serait nécessaire de refaire surgir de nouveau les anciens mythes. »

 

 

Problème de la pensée religieuse.

 

On ne saurait donc trop insister sur ce que pourrait avoir d'illusoire l'idée, pour fonder une alternative nouvelle, qui consisterait à se rattacher à un paganisme affectif et dévotionnel, dans lequel seraient mis en concurrence et en opposition les dieux qualifiés "d'historiques", et le Dieu dit "unique" de la Révélation biblique. C'est, hélas, sur cette opposition, que se développa (et se développe parfois encore dans les courants issus de la Nouvelle Droite) une sorte de vague religiosité païenne, dans laquelle est caressé l'espoir hypothétique d'un retour des dieux. Or jamais, sur ces questions, le vouloir ne peut avoir de prise, "il n'est pas possible de faire être par la volonté ou la parole les choses elles-mêmes" [3]. Bien souvent, le désir d'un redéploiement d'un paganisme réel, tend à laisser penser, qu'il serait nécessaire de refaire surgir de nouveau les anciens mythes. Or, ou bien ce qui est mort est mort, et de la mort rien ne peut renaître, ou bien en réalité rien n'est jamais mort (les dieux en principe ne meurent pas) et donc rien n'a jamais disparu, mais se trouve dissimulé sous d'autres appellations.

 

 

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Heidegger (1889-1976)

 

"Ce n'est qu'à partir de la Vérité de l'être que se laisse penser l'essence du Sacré"

 

 

Le plus étrange dans l'examen de cette question religieuse, c'est que le paganisme finissant, nous montre une religiosité que l'on peut qualifier sans peine de préparatoire à l'avènement du christianisme, ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes. En effet, si nous regardons l'Histoire avec attention, nous voyons que lorsque l'empereur Julien (361-363), tenta d'instaurer contre le christianisme triomphant, une religion à ses yeux plus conforme aux traditions gréco-romaines, il exprima sa doctrine en des termes, qui concilièrent le Sol Invictus et Attis : " Un Être suprême, unique, éternel anime et régit l'organisme universel, mais notre intellect seul en conçoit l'existence. Il a engendré de toute éternité le Soleil, dont le trône rayonne au milieu du ciel. C'est ce second démiurge qui, de sa substance éminemment intelligente, procrée les autres dieux" [4]. Ne serait-il donc pas permis de se demander sérieusement, dans quelle mesure, l'évolution des religions grecque et romaine n'a pas favorisé le triomphe du christianisme ?

 

Allons même plus loin. Si l'on étudie les choses avec réalisme, ne constate-t-on pas que dès Hésiode, qu'on le veuille ou non, la réflexion strictement religieuse des Grecs commence à ouvrir un chemin vers le monothéisme, et tente de fonder la morale sur la religion ? A Rome, la conception du Jupiter archaïque, arbitre souverain et garant de la bonne foi, atteste une orientation dans le même sens, plus instinctive certes, mais non moins évidente. Et sans doute, l'entrée massive des éléments néo-platoniciens et orientaux dans la religion et la pensée hellénico-romaine rapproche plus encore Athènes et Rome du christianisme futur, en fournissant un aliment mystique au désarroi du peuple, en répandant la notion de salut, en imposant, confusément certes mais profondément, la conception d'un hénothéisme qui n'est pas éloigné, dans le stoïcisme, du monothéisme. De ce fait il est intéressant de voir que le mouvement religieux qui portait les esprits à l'époque impériale fut, dans son ensemble, plus que favorable à la pénétration du christianisme dans l'Empire.

 

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"La réflexion strictement religieuse des Grecs

commence à ouvrir un chemin vers le monothéisme..."

 

 

Ce constat, doit de la sorte nous porter à entreprendre une réflexion plus précise au sujet de la facilité avec laquelle le christianisme prit greffe sur le paganisme. Ceci n'est pas anodin et, disons le clairement, jamais une religion étrangère n'aurait pu triompher si ne s'étaient pas trouvés des éléments communs à l'intérieur même du système religieux antérieur. Il n'existe absolument aucun exemple historique d'une religion s'imposant sans violence à un système étranger à elle-même, ou plutôt disons, qu'il n'existe qu'un seul exemple historique : le triomphe du christianisme à Rome sous Constantin - voyons pourquoi.

 

Les causes de ce triomphe peuvent se résumer en quelques lignes significatives. Les cultes avaient en réalité, avec la nouvelle religion de nombreux traits identiques : la monolâtrie de fait qu'ils proclamaient, le souci de l'ascèse morale et spirituelle. Autant l'admettre, quel que soit le degré d'élévation de tous ces cultes, ils répondaient tous aux mêmes besoins par les mêmes moyens. Fondés sur les notions de mort et de résurrection, de naissance nouvelle et de filiation divine, d'illumination et de rédemption, de divinisation et d'immortalité personnelles, ils prétendaient assurer aux fidèles le contact direct ave la divinité, et l'espoir d'une survie bienheureuse.

 

Ils témoignaient en outre, par le biais d'une dévotion dirigée sur un seul dieu, d'une aspiration au monothéisme très prononcée. A l'intérieur de chaque "secte", le dieu sauveur était conçu comme supérieur à toutes les autres divinités et tendait à les éclipser. Mais il y a plus, les analogies de fond et de forme qui existaient entre tous les cultes conduisirent à penser que sous les noms d'Attis, de Mithra, etc., le même Dieu se manifestait, qu'on le considère comme le Dieu "véritable", ou comme un simple intermédiaire important peu. Ceci explique pourquoi les tentatives prématurées d'Elagabal recevront de fait, leur consécration officielle grâce à Aurélien (270-275), qui sut habilement réaliser le syncrétisme devenu inévitable. D'ailleurs, il choisit pour divinité suprême Sol Invictus, dans lequel les fidèles des diverses sectes pouvaient reconnaître aussi bien Baals, qu'Attis, Osiris, Bacchus ou Mithra. Sol Invictus présentait d'autre part, l'avantage d'être assimilable à Apollon, et également à une vieille divinité romaine, Sol Indiges, dont l'origine remontait au temps mythique de la fondation de la cité. Sur cette lancée, Aurélien compléta son entreprise en faisant admettre définitivement la divinité de l'empereur vivant, considéré comme incarnation de Dieu sur la terre. En réalité la seule doctrine qui se heurta à l'antipathie du pouvoir, fut le stoïcisme qui, jusqu'à l'avènement de Marc-Aurèle, servit de refuge hautain à l'opposition.

 

Le christianisme, de son coté, héritant du judaïsme l'intransigeance des Macchabées, mit en pratique la parole du Christ : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" [5]. Sujets loyaux de l'Empire, les chrétiens refusèrent d'encenser les dieux, et de reconnaître la divinité d'un homme, fût-il l'Empereur. Leur crime aux yeux de l'Etat, fut politique et non religieux ; ou plutôt, il ne fut religieux que parce que leur attitude manifestait fermement leur volonté de conserver leur foi à l'abri des contaminations du syncrétisme. En fait, l'Empire eût été prêt à accueillir le christianisme comme les autres religions, cela est si vrai, que c'est au nom même du syncrétisme et de l'intérêt de l'Etat que fut proclamée, en 313, l'égalité de la religion chrétienne avec la religion officielle par le rescrit de Licinius : "Nous avons cru, est-il dit, devoir donner le premier rang en ce qui concerne le culte de la divinité, en accordant aux chrétiens comme à tous, la libre faculté de suivre la religion qu'ils voudraient, afin que tout ce qu'il y a de divinité au ciel pût nous être favorable et propice, à nous et à tous ceux, qui sont sous notre autorité" [6].

 

Le testament religieux du paganisme gréco-romain finissant, n'était donc pas étranger au christianisme naissant, et les Pères de l'Eglise ne s'y sont pas trompés, qui ont vu en lui l'une des voies préparatoires que Dieu proposa aux hommes pour découvrir son visage [7].

 

Que l'on n'imagine pas, en désespoir de cause, trouver dans le paganisme celto-germanique un "recours", qui représenterait, selon une certaine vision, un meilleur garant comparativement à l'héritage gréco-latin, car la tradition nordique présente les mêmes aspects que sa soeur du sud. Les incessantes luttes fratricides entre les chefs tribaux dépourvus de toute conscience historique, la lente mais réelle disparition progressive de la classe sacerdotale (Godis), le processus intellectuel que représente l'idée d'une procession du divin d'un centre pur et inaltérable vers le dehors par une série d'hypostases et de démiurges, le sens du péché consistant dans l'éloignement du monde de son sens divin, le passage de l'expérience de la vie à l'abstraction de l'être, font que l'on retrouve ici les mêmes et identiques facteurs d'une lente progression vers le Dieu unique ou vers l'Etre, confirmant bien l'affirmation de Heidegger, à savoir que "ce n'est qu'à partir de la Vérité de l'être que se laisse penser l'essence du Sacré" [8], la région de l'être étant identique à la région du sacré, : "le Sacré, seul espace essentiel de la divinité qui à son tour accorde seule la dimension pour les dieux, ne vient à l'éclat du paraître que lorsque au préalable et dans une longue préparation, l'être s'est éclairci et a été expérimenté dans sa vérité" [9].

 

 

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Titien
Le couronnement d
’épines, 1542

 

« Un Être suprême, unique, éternel anime et régit l'organisme universel,

mais notre intellect seul en conçoit l'existence. »

 

Que nous enseignent ces éléments ? Tout simplement que l’on ne peut échapper au monothéisme en cherchant à savoir "comment être païen", comme beaucoup l'ont cru et, l'imaginent naïvement encore à la suite d'Alain de Benoist. Lié à un substrat traditionnel, le sens religieux ne peut se voir dépouiller des bases métaphysiques qui le précédèrent, or l'avènement du christianisme est le plus bel exemple de cette continuité métaphysique entre les fondements du paganisme qui préparèrent concrètement l’avènement du christianisme. Pascal voyait dans les lois païennes une imitation des lois de Moïse [Fr. 691-451 et 694-454]. La continuité est donc parfaite et c’est pourquoi les Provinciales firent dériver les lois françaises des lois païennes et les Pensées dériver les lois païennes des lois bibliques : autant dire qu’elles participent toutes, à des degrés divers, du même et essentiel Principe.

La religion même des païens, même si « les païens ne connaissent point Dieu » [Fr. 321-289 ] pour Pascal, et il pense à certains païens et à Épictète en particulier  – ont au contraire « connu Dieu », lui donnant de dire à le suite de saint Augustin : « quod curiositate cognoverunt » [Sermon 141, 2].

Le paganisme possède de la sorte, indéniablement, un caractère de « semences du Verbe » (semina verbi) ou de « préparation au Christ » (propedeutica Christi). Les racines de l’Église de Dieu s’inscrivent donc profondément dans l’héritage antique, elles sont, comme saint Augustin l’a si bien compris, «jam ab Abel justo» : «L’Église n’était pas absente des débuts du genre humain» (Enar. in Ps. 118, 29, 9), thème qui sera repris par Grégoire le Grand, sachant que Prosper d’Aquitaine, contemporain d’Augustin, n’hésita pas à écrire que ce que la Loi et les prophètes réalisaient en Israël s’était toujours accompli pour l’ensemble des nations grâce à d’autres moyens (De vocatione omnium gentium, II, 53) : « Pourrait-on mettre en doute que tous les hommes, quelle que soit leur nation ou leur époque, qui ont pu plaire à Dieu, aient été distingués par l’esprit de la grâce divine ? Certes, autrefois, elle a été plus parcimonieuse et plus cachée ; néanmoins elle ne s’est refusée à aucune époque, toujours la même en efficacité mais différente en quantité, selon un des­sein immuable mais des modalités diverses. » [Trad. Les Pères dans la foi, Paris, 1993, II, p. 95]

La pensée de saint Augustin, rejoignait parfaitement celle de Justin, avec ses Semina Verbi,, affirmant que, dans le paganisme, des hommes étaient mystérieusement illuminés par le Verbe de Dieu. C’est ce que redira Léon le Grand :

« Ce qu’apporte l’Incarnation concernait le passé autant que le futur et aucun âge,

si reculé soit-il, ne fut privé du sacrement du Salut humain.»

(Sermon 3 sur la Nativité, nº 4).

 

 

Notes.

 

 

 

[1] On est surpris aujourd'hui, grâce aux recherches récentes, de voir à quel point cette distinction qui semblait fondatrice il y a peu de temps encore, n'obéit en réalité qu'à une convention de langage, tant il apparaît en effet, que les tendances monothéistes ou hénothéistes ont travaillé en profondeur la pensée païenne (Mésopotamie, Egypte, Iran, Grèce, Rome), et influencèrent très fortement la religion originaire des hébreux en l'orientant vers un pur monothéisme, tant est si bien que Nilsson écrit : "le monothéisme païen a bien préparé le terrain du christianisme". (cf. Lumière sur le paganisme Antique, A. Neyton, Ed. Letouzey, 1995). A ce titre, la thèse d’Alain de Benoist qui en critique néanmoins les effets, soit d’une distinction entre christianisme et paganisme portant sur la notion de création, est bien résumée dans les lignes suivantes : « En s'implantant en Europe, au sein d'une culture qui, lorsqu'il apparut, avait déjà derrière elle deux ou trois mille ans d'existence, le christianisme a puissamment contribué à la transformer. Il apportait en effet avec lui des nouveautés inouïes. D'abord l'idée dune humanité une, composée d'individus égaux pour l'essentiel, car tous dotés d'une âme en égale relation avec Dieu. Puis la distinction, empruntée aux Hébreux, entre un être incréé, nécessaire et parfait, et un être créé, contingent et imparfait. Posés comme radicalement distincts, le monde et Dieu devaient dès lors être pensés séparément. Le monde perdait du même coup son autosuffisance et sa qualité d'être: non seulement il n'était plus intrinsèquement le lieu du divin mais, étant imparfait, il pouvait légitimement être arraisonné dans l'espoir d'être rendu meilleur. Désacralisé, l'existant tel qu'il est, le Tout-Un (hen kai pan) se trouvait assujetti à un devoir-être. S'y ajoutait la notion d'un salut qui, comme le disait Théophile d'Antioche, ne pouvait plus reposer sur le rite, mais jouait avant tout un rôle de compensation: consoler l'individu de son appartenance à ce monde imparfait. S'y ajoutait encore une conception de l'histoire comme création continuée et finalisée, c'est-à-dire comme système irréversiblement orienté vers le futur. Et enfin l'idée de péché, bien distincte de celle de faute ou d'erreur, assortie de celle d'une corruption originelle, héréditaire. Ces idées nouvelles ont contribué à faire de l'Occident ce qu'il est progressivement devenu: un monde étranger à lui-méme. Dès la fin du II et le début du III siècle, toute une "Aufklärung chrétienne" s'est en outre développée sur la base d'une théologie du Logos, introduisant dans la religion un principe de rationalité éthique et d'émancipation qui allait créer les circonstances de l'éclosion de la modernité. » (Le Christianisme, Nouvelle Ecole, n° 52)

 

[2] ( Gen., I, 1), Bible de Jérusalem, DDB, 1990.

 

[3] Aristote, Organon, V, Les Topiques, Vrin, 1987.

 

[4] P. de La Briolle, La Réaction païenne, vol II, 1934.

 

[5] Le Nouveau Testament, T. B. S., 1988.

 

[6] P. Grimal, La civilisation romaine, Arthaud, 1960.

 

[7] Saint-Cyran, La Somme des fautes et faussetés capitales contenues en la Somme théologique du P. François Garasse, 1626. C’est dans ce gros ouvrage, qui en un seul volume assemble quatre tomes, que Saint-Cyran reproche à Garasse d’avoir « perverti les principales maximes de l’éthique, de l’économique, de la politique, non seulement de ceux qu’on a nommés sages parmi les païens, mais aussi des chrétiens ».

 

[8] M. Heidegger, Lettre sur l'humanisme, Aubier, 1980.

 

[9] Ibidem.

 

 

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samedi, 14 mars 2009

Benoît XVI : Dieu disparaît de l’horizon des hommes !

 

 

 

 

 

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« La théologie et la philosophie de l'Histoire

naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes...

L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique

[s'inscrit dans] la théologie occidentale. »

(Benoît XVI)

 

 

 

 

 

 

Certains s’étonnent des lignes de Benoît XVI dans sa récente « Lettre » envoyée aux Evêques, qui fait suite aux troubles suscités par la levée de l’excommunication des prélats consacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Rappelons les propos qui provoquent un étonnement, d’ailleurs beaucoup plus feint que réel, chez quelques catholiques conciliaires : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein. Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. » (Benoît XVI, Lettre aux Evêques de l’Eglise catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre, jeudi 12 mars 2009).

 

C’est pourquoi, afin de rappeler quelques vérités essentielles défendues par Benoît XVI, nous publions un texte, passé quelque peu inaperçu, à savoir l'intervention du pape l’année dernière au synode des évêques sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", en octobre 2008, texte dans lequel il expose clairement les raisons de la disparition de Dieu de l’horizon des hommes, conséquence, pour Joseph Ratzinger, d’une « herméneutique philosophique profane [qui] s’affirme et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire. » Cette herméneutique profane est négatrice de l’action de Dieu dans l’Histoire, mais aussi de sa présence, aboutissant inévitablement à une culture athée qui a évacué, non seulement l’idée de Dieu sur le plan philosophique, mais également la possibilité même de sa présence mystérieuse au sein du devenir de ce monde.

Comme le soulignait Benoît XVI lors d’une autre intervention : « Rappelons-nous la parole de Jésus qui continue cette parole du Psaume:  "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point". Humainement parlant, la parole, notre parole humaine, n'est presque rien dans la réalité, à peine un souffle. A peine prononcée, elle disparaît. Comme si elle n'était rien. Mais la parole humaine a déjà une force incroyable. Ce sont les mots qui créent ensuite l'histoire, ce sont les mots qui donnent forme aux pensées, les pensées desquelles viennent la parole. C'est la parole qui forme l'histoire, la réalité. »

 


 

 

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Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea en 1221, mort à Lyon le 15 juillet 1274,
plus connu sous le nom de saint Bonaventure

 

théologie de l'histoire.JPGOn oublie trop facilement que Joseph Ratzinger est d’abord et avant tout un théologien travaillant sur l’histoire de la Révélation, et la place de dieu au sein de l’Histoire. Sa théologie, inspirée de saint Augustin et saint Bonaventure [1], est à la recherche d’un accomplissement complet du divin dans l’histoire humaine, déclarant, à la suite de Bonaventure, souhaiter le déploiement illimité, dans l’Histoire, des interprétations de l’Écriture par la théologie. Dans sa thèse de jeunesse, Joseph Ratzinger a posé les racines de sa compréhension de l’Histoire, de l’Écriture, de la Tradition, et de son refus d’une actualisation du catholicisme dans la modernité qui entendrait « consoner » avec les aspirations eschatologiques temporelles (les fruits infinis du progrès matériel, technologique, scientifique et moral) portées par cette même modernité. Comme l’écrit Philippe Levillain : « Benoît XVI […] explique – et il raconte aussi – comment il faut lire l’histoire du salut établie en Europe, de la Terre Sainte aux confins de la terre, la vocation missionnaire restant au cœur du christianisme. […] Faire de la théologie un personnage historique fondamental pour l’avenir du christianisme, telle est l’empreinte que veut laisser Benoît XVI, premier pape élu du XXIe siècle » (P. Levillain, Le moment Benoît XVI, Fayard, 2008, p. 273).


 

Benoît XVI s’oppose donc frontalement, et par son discours et ses décisions, ce qui dérange profondément les progessistes, à la modernité dont la marque constituante est une désacralisation absolue et radicale du monde et des sociétés ; en affirmant la primauté du spirituel et le caractère fondateur de la Révélation à l’intérieur de l’Histoire des hommes, dont Dieu, par une attitude destructrice qui fait suite à une dérive théologique et exégétique considérable qui s’est abattue sur la catholicité jusqu’à la vider de sa substance, est la première victime, Joseph Ratzinger est en parfait accord avec ce qu’il écrivait dans son essai portant sur la théologie de l’Histoire chez saint Bonaventure  : « La théologie et la philosophie de l'Histoire naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes... L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique [s'inscrit dans] la théologie occidentale. La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, est en opposition à l'aristotélisme et à Saint Thomas, sans négliger l'enracinement de l'œuvre dans l'univers spirituel auquel elle appartenait. Ainsi, saint Bonaventure, représentant d'une conception de l'Histoire qui évite la tentation millénariste tout en lui redonnant son dynamisme d'attente, nous éclaire quant au rapport de l'Europe à ses sources ….» (J. Ratzinger, La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, PUF, 2007).


 

Note.


 

[1] Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, mort à Lyon dans la nuit du 14 et 15 juillet 1274, plus connu sous le nom de Bonaventure (qui est dû à une petite légende) qu’il prit lors de son entrée dans les ordres. Il fut ministre général de l'Ordre franciscain et est à présent Docteur de l'Eglise, connu sous le titre : Docteur séraphique, de par son commentaire de l'expérience de saint François d'Assise avec le Séraphin.

 

L’œuvre complète de saint Bonaventure a été publiée, en 10 volumes in-folio, entre 1882 et 1910par le Collège d'études médiévales des Franciscains de Quaracchi (Florence).

 

* Livres d'exégèse :

- Commentaires du Livre de la Sagesse
- Commentaire de l'Evangile selon Luc
- Conférences sur l'Évangile de Jean.

* Livres de spiritualité :

- Les Trois voies de la Vie spirituelle
- L'Itinéraire de l'âme vers Dieu (oeuvre qui est en quelque sorte une phénoménologie de l'Esprit)
- L'Arbre de vie
- Le Soliloquium

* Commentaire sur les 4 Livres du Maître des sentences de Pierre Lombard
* Vie de saint François
* Un compendium de Théologie : Le Breviloquium (son oeuvre essentielle)
* De très nombreux sermons
* Une synthèse de théologie spirituelle Les Conférences sur l'Hexaemeron.


 

Bibliographie



* Étienne Gilson, La philosophie de saint Bonaventure, Paris : Vrin 1953 (indispensable, bien que Gilson soit revenu, à la fin de sa carrière, sur le fait qu'il soit possible de tirer une philosophie chez saint Bonaventure).
* Joseph Ratzinger, La théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Paris : PUF 1988 (la thèse de doctorat de notre saint Père Benoit XVI)
* Emmanuel Falque, Saint Bonaventure ou l'entrée de Dieu en théologie, éditions VRIN, 2000. (une excellente lecture phénoménologique de saint Bonaventure. Où il est montré, entre autre, que saint Bonaventure ne fait pas rentrer Dieu en philosophie (onto-théologie dénoncée par Heidegger), mais qu'il rentre directement en théologie).

Les points de conflits avec saint Thomas D'Aquin

Le franciscain Guillaume de La Mare rédige un Correctoire de Frère Thomas (en 1279) qui recense tous les points de conflits entre Thomas d’Aquin et les Franciscains. Bien que les deux immenses penseurs se soient beaucoup côtoyés, certains points conflictuels surgissent entre eux : il convient de les présenter.

1) Querelle sur le commencement du monde et son éternité. (proposition 6)
Pour Aristote, et tous les Grecs, le monde n’est pas une création, mais seulement un changement (cf. le démuirge de Platon dans le Timée). Dieu n’est qu’auteur et principe.

Saint Thomas, lui, ne tranche pas cette question : il dit que c’est impossible à déterminer philosophiquement.

2) Querelle de l’hylémorphisme (proposition 28)
Saint Thomas a osé affirmer l’unité de l’être humain, unité substancielle d’âme et de corps : l’homme est un corps. Cela dépasse la conception néo-platonicienne en vigueur chez tous les théologiens.

3) La vision Béatifique (propostion 49)
La Béatitude ne consiste plus en un acte de la volonté, mais en un acte de l’intelligence (Somme théologique, Ia, IIae, art. 4, qu. 3.)  En effet, si l’homme est définit comme un animal raisonnable, la béatitude ne peut consister qu’en ce qui caractérise l’homme en propre.
La volonté représente un manque : on veut parce qu’on a pas. Or la béatitude est une possession qui consiste en l’identification du connu (Dieu) au connaissant (l’homme).
Ce conflit illustre les problèmes des statuts de l'affect et de l'intelligence.

4) Le rapport à l'Ecriture sainte
La raison est le propre de l'homme : il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas connaître Dieu. La raison créé représente la théologie naturelle. Pas cette question chez Bonaventure

 


 

 

 

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« On propose des interprétations qui nient la présence réelle de Dieu dans l’histoire »

 

Transcription intégrale de l'intervention du pape au synode des évêques

sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", mardi 14 octobre 2008



par Benoît XVI

 



Chers frères et soeurs, en travaillant à mon livre sur Jésus, j’ai eu largement l’occasion de voir tout le profit que l’on peut tirer de l'exégèse moderne, mais aussi d’en percevoir les problèmes et les risques.

La [constitution conciliaire] "Dei Verbum" 12 donne deux indications méthodologiques pour un travail d’exégèse adéquat. En premier lieu, elle confirme la nécessité d’utiliser la méthode historico-critique, dont elle décrit rapidement les éléments essentiels. Cette nécessité est la conséquence du principe chrétien formulé en Jean 1, 14: "Verbum caro factum est". Le fait historique est une dimension constitutive de la foi chrétienne. L’histoire du salut n’est pas une mythologie, mais une histoire vraie et il faut donc l’étudier selon les méthodes de la recherche historique sérieuse.

Mais cette histoire a une autre dimension, celle de l'action divine. C’est pourquoi "Dei Verbum" parle d’un second niveau méthodologique nécessaire pour bien interpréter des paroles qui sont à la fois des paroles humaines et la Parole de Dieu. Le Concile dit – appliquant en cela une règle fondamentale pour toute interprétation d’un texte littéraire – qu’il faut interpréter la Sainte Ecriture dans l’esprit même où elle a été écrite et il indique en conséquence trois éléments méthodologiques fondamentaux qui permettent de tenir compte de la dimension divine, pneumatologique de la Bible. Il faut donc: 1) interpréter le texte en ayant présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; aujourd’hui on appelle cela l’exégèse canonique, une expression qui n’avait pas encore été créée à l’époque du Concile, mais le Concile dit la même chose: il faut avoir présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; 2) il faut aussi tenir compte de la tradition vivante de toute l’Eglise et enfin 3) il faut respecter l'analogie de la foi.


Ce n’est que lorsque les deux niveaux méthodologiques - historico-critique et théologique - sont respectés que l’on peut parler d’une exégèse théologique, d’une exégèse adaptée à ce Livre. Alors que, au premier niveau, l'exégèse académique actuelle travaille à un très haut niveau et nous aide vraiment, on ne peut en dire autant pour l’autre niveau. On constate souvent que ce second niveau, celui que constituent les trois éléments théologiques indiqués par "Dei Verbum", est presque absent, avec des conséquences plutôt graves.

La première conséquence de l'absence de ce second niveau méthodologique est que la Bible n’est plus qu’un livre du passé: on peut en tirer des conséquences morales, y apprendre l’histoire, mais le Livre en tant que tel ne parle que du passé et l'exégèse n’est plus vraiment théologique, elle devient histoire pure, histoire de la littérature. C’est la première conséquence: la Bible reste dans le passé, elle ne parle que du passé.

Il y a une seconde conséquence, encore plus grave: quand l'herméneutique de la foi indiquée par "Dei Verbum" disparaît, un autre type d’herméneutique apparaît nécessairement, une herméneutique sécularisée, positiviste, dont la clé fondamentale est la conviction que le Divin n’apparaît pas dans l’histoire humaine. Selon cette herméneutique, quand il semble qu’il y ait un élément divin, il faut expliquer d’où vient cette impression et réduire le tout à l'élément humain.


Il en résulte que l’on propose des interprétations qui nient l’historicité des éléments divins. Aujourd’hui, ce que l’on appelle le "mainstream" de l'exégèse en Allemagne nie, par exemple, que le Seigneur ait institué la Sainte Eucharistie et affirme que le corps de Jésus serait resté dans le tombeau. La Résurrection ne serait pas un événement historique mais une vision théologique. C’est le résultat de l’absence d’une herméneutique de la foi: une herméneutique philosophique profane s’affirme alors et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire.


La conséquence de l'absence du second niveau méthodologique est qu’un profond fossé méthodologique s’est creusé entre l’exégèse scientifique et la "Lectio divina". C’est précisément de là que naît parfois une forme de perplexité, y compris dans la préparation des homélies. Quand l'exégèse n’est pas de la théologie, la Sainte Ecriture ne peut être l'âme de la théologie et, réciproquement, quand la théologie n’est pas essentiellement interprétation de la Sainte Ecriture dans l’Eglise, cette théologie n’a plus de base.


Il est donc absolument nécessaire, pour la vie et la mission de l’Eglise, pour l’avenir de la foi, de dépasser ce dualisme entre exégèse et théologie. La théologie biblique et la théologie systématique sont deux dimensions d’une unique réalité, que nous appelons théologie.

 

Je crois donc souhaitable que l’une des propositions [du synode] parle de la nécessité de tenir compte, dans l’exégèse, des deux niveaux méthodologiques qu’indique "Dei Verbum" 12, là où il est question de la nécessité de développer une exégèse non seulement historique, mais aussi théologique. Il faudra donc élargir en ce sens la formation des futurs exégètes, pour ouvrir vraiment les trésors de la Sainte Ecriture au monde d’aujourd’hui et à nous tous.




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 


19.10.2008


 

 

 

vendredi, 13 mars 2009

Mgr Fellay répond à Benoît XVI

 

 

Suite à la publication par Benoît XVI d’une lettre aux Evêques de l’Eglise, Mgr Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, vient de diffuser un communiqué en réponse aux déclarations du Saint Père dans lequel il le remercie de replacer le débat au niveau qui aurait toujours dû être le sien.

Toutefois Mgr Fellay, souligne à juste titre, que « l’Eglise traverse, en effet, une crise majeure qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. » De la sorte, et avec justesse, le Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X insiste sur le fait que les traditionalistes, loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, considèrent précisément le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition, que les prédécesseurs de Benoît XVI dans la charge qu’il exerce, voulurent à grande force, oublier et chasser définitivement de l’Eglise catholique

 

 

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"Nous remercions vivement le Saint Père

d’avoir replacé le débat à la hauteur où il doit se tenir,

celle de la foi"

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Communiqué du Supérieur Général

de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

 

 

Le 12 mars 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde

Le pape Benoît XVI a adressé une Lettre aux évêques de l’Eglise catholique, en date du 10 mars 2009, dans laquelle il leur fait savoir les intentions qui l’ont guidé dans ce pas important que constitue le Décret du 21 janvier 2009.

Après le récent « déchaînement d’un flot de protestations », nous remercions vivement le Saint Père d’avoir replacé le débat à la hauteur où il doit se tenir, celle de la foi. Nous partageons pleinement son souci prioritaire de la prédication « à notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter ». 

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« L’Eglise traverse une crise majeure

qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. »

 

L’Eglise traverse, en effet, une crise majeure qui ne pourra être résolue que par un retour intégral à la pureté de la foi. Avec saint Athanase, nous professons que « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique : celui qui ne la garde pas intègre et inviolée ira, sans aucun doute, à sa perte éternelle » (Symbole Quicumque).

Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme « ce qui a été cru toujours, partout et par tous » (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène. C’est ainsi que nous pourrons contribuer efficacement à l’évangélisation demandée par le Sauveur. (cf. Matthieu 28,19-20)

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X assure Benoît XVI de sa volonté d’aborder les entretiens doctrinaux reconnus comme « nécessaires » par le Décret du 21 janvier, avec le désir de servir la Vérité révélée qui est la première charité à manifester à l’égard de tous les hommes, chrétiens ou pas. Elle l’assure de sa prière afin que sa foi ne défaille pas et qu’il puisse confirmer tous ses frères. (cf. Luc 22,32)

Nous plaçons ces entretiens doctrinaux sous la protection de Notre Dame de Toute Confiance, avec l’assurance qu’elle nous obtiendra la grâce de transmettre fidèlement ce que nous avons reçu, « tradidi quod et accepi » (I Cor. 15,3).



Menzingen, le 12 mars 2009

+ Bernard Fellay

 

 

jeudi, 12 mars 2009

LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

 

 

 

 

Nous publions in extenso, en raison de son importance et de son caractère exceptionnel, la lettre que le pape vient de faire parvenir à l’ensemble des évêques de l’Eglise, dans laquelle il s’explique sur sa décision de lever l'excommunication des prélats consacrés par Mgr Lefebvre en 1988.

 

Le pape ne cache pas avoir été durement blessé par la «véhémence» de la polémique suscitée par cette mesure, se disant d’ailleurs profondément choqué par le fait que certains catholiques « aient pensé devoir l’offenser avec une hostilité prête à se manifester », alors même que le Vatican ignorait les déclarations négationnistes de Mgr Richard Williamson au moment de la décision.

 

Le pape souligne dans ce courrier : « Le fait que le cas de Williamson se soit superposé à la levée de l'excommunication a été une mésaventure imprévisible. Mon petit geste de miséricorde envers les quatre évêques a été déformé. » Benoît XVI consacre ainsi l'essentiel de ses lignes à justifier la levée de l'excommunication, précisant que sa décision ne donnera pas de pouvoir aux quatre évêques au sein de l'Eglise, mais qu'il ne peut abandonner les fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. L'unité de l'Eglise, conclut-il, n'a pas de prix.


 

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LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI

AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

 

 

au sujet de la levée de l’excommunication

des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre


 

 

Chers Confrères dans le ministère épiscopal !

 

 

La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps.

 

Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait. Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent.

 

C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.

 

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel.

 

Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations.

 


 

 

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« J’ai été peiné du fait que même des catholiques,

qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était,

aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester… »

 


 

 

 

J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester. C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.

 

Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L’excommunication touche des personnes, non des institutions.

 

 


 

 

 

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« La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition :

inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. »

 


 

 

Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape. C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour.

 

Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal.


 

 

 

 

« …tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies,

la Fraternité [Sacerdotale S.Pie X] n’a aucun statut canonique dans l’Église,

et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique –

n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église. »


 

 

Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.

 

À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale " Ecclesia Dei " – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes.

 


 

 

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« Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église… »

 


 

 

 

Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.

 

J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes.

 

Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début. Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle :

 

- « Toi… affermis tes frères » (Lc 22, 32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15).

 

À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.

 

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu. C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’oecuménisme – est inclus dans la priorité suprême. À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour "jusqu’au bout" doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus caritas est.

 

Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui "a quelque chose contre toi" (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ?

 

La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ?

 


 

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« Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres,

215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires,

117 frères, 164 soeurs et des milliers de fidèles

peut-elle nous laisser totalement indifférents ? »

 


 

 

 

Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 soeurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations.

 

Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

 

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des coeurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.

 

Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : "Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !"

 

J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce "mordre et dévorer" existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance.

 

De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités.

 

Je voudrais ainsi remercier de tout coeur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre.

 

Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C’est un souhait qui jaillit spontanément du coeur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.

 

Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis Vôtre dans le Seigneur

 

BENEDICTUS PP. XVI

Du Vatican, le 10 mars 2009

 

 


17:43 Publié dans Benoît XVI | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : mgr williamson, antisémitisme, antijudaïsme, holocauste, shoah, catholicisme, modernisme |  Imprimer | | | | | Pin it!

lundi, 02 mars 2009

Mgr Fellay : Il y a un esprit dangereux qui parcourt tout Vatican II !

 

 

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Mgr Bernard Fellay,

le supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

 

 

"Faire de la reconnaissance du concile une condition préalable,

c'est mettre la charrue avant les boeufs."

 

"l'Eglise se doit d'être une mère responsable

qui éclaire et guide nos intelligences bornées et souvent enténébrées."

 

 

 

 

Alors que les évêques allemands invitaient récemment les quatre évêques ordonnés sans mandat pontifical par Mgr Lefebvre en 1988, dont Benoît XVI vient de lever l'excommunication, à reconnaître officiellement le Concile Vatican II, en particulier la déclaration ‘'Nostra Aetate’’ sur les relations avec le judaïsme et les religions non chrétiennes, Mgr Fellay, très clairement, a répondu dans un entretien, outre qu’il y avait un esprit dangereux qui parcourait le Concile Vatican II que c'était « mettre la charrue avant les bœufs».

 

 

 

Rome pose donc aujourd’hui comme condition à l’intégration des disciples de Mgr Lefebvre la «pleine reconnaissance du concile Vatican II», ainsi que «du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI lui-même». Or la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, souhaite, à juste titre et pour des motifs sérieux, rester fidèle à ses positions intangibles au sujet de Vatican II, afin d’œuvrer à la «restauration de la tradition».

 

 

 

 

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Mgr Bernard Fellay, lors de sa consécration épiscopale par Mgr Lefebvre en juin 1988

 

 

 

 

Entretien accordé au quotidien Suisse Le Courrier du supérieur de FSSPX Mgr Bernard Fellay :



- Le Courrier - La condition posée par Rome à une réintégration de la Fraternité dans l'Eglise est la reconnaissance du concile Vatican II. La Fraternité est- elle prête à franchir ce pas?


- Mgr Fellay -  Non. Le Vatican a reconnu la nécessité d'entretiens préalables afin de traiter des questions de fond provenant justement du concile Vatican II. Faire de la reconnaissance du concile une condition préalable, c'est mettre la charrue avant les boeufs.

 

 

 

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"Les fruits du concile ont été de vider les séminaires,

les noviciats et les églises..."

 

 

 


- Vous avez déclaré vouloir, dans les entretiens avec les autorités romaines en vue d'une réintégration, parvenir à une restauration solide de l'Eglise. Votre espoir est-il donc que l'Eglise revienne sur les acquis de Vatican II ?


- Oui, car ces acquis sont de pures pertes: les fruits du concile ont été de vider les séminaires, les noviciats et les églises. Des milliers de prêtres ont abandonné leur sacerdoce et des millions de fidèles ont cessé de pratiquer ou se sont tournés vers les sectes. La croyance des fidèles a été dénaturée. Vraiment, ce sont de drôles d'acquis ! 

 

- A ce propos, la fraternité est-elle toujours hostile à la liberté de conscience en matière de religion, à l'oecuménisme et au dialogue interreligieux?

- Il est bien évident que l'adhésion à une religion nécessite un acte libre. Et donc bien souvent lorsque l'on dit que la fraternité est contre la liberté de conscience en matière de religion, on prête à la fraternité une théorie qu'elle n'a pas. La conscience est l'ultime jugement sur la bonté de notre action. Et dans ce sens nul ne peut agir contre sa conscience sans pécher. Reste que la conscience n'est pas un absolu, qu'elle dépend du bien et du vrai objectifs et que tout homme a par conséquent le devoir de former, d'éduquer droitement sa conscience. C'est ainsi que l'Eglise se doit d'être une mère responsable qui éclaire et guide nos intelligences bornées et souvent enténébrées. En ce qui concerne l'oecuménisme ou le dialogue interreligieux, tout dépend de ce que l'on met sous ces mots. Il règne une grande confusion dans les esprits à ce sujet. Bien évidemment, comme tout être humain et pour le bien de la société, nous souhaitons vivre en paix avec tous les hommes, nos semblables. Sur le plan religieux, nous souhaitons répondre ardemment au désir de Notre Seigneur: «Que tous soient un», afin qu'il n'y ait plus «qu'un seul troupeau, un seul pasteur...» Si par oecuménisme, on entend la poursuite de ce but très noble, nous sommes évidemment pour. Si par contre on y voit un chemin qui ne cherche pas cette unité fondamentale, unité qui passe forcément par un regard de vérité – ce dont l'Eglise catholique se dit encore aujourd'hui le seul possesseur dans son intégralité ! – alors nous protestons.

En fait, on voit qu'actuellement l'oecuménisme en reste à un niveau très superficiel d'entente et de vie en société, mais sans aller au fond des choses.

- De quel statut au sein de l'Eglise la fraternité pourrait-elle bénéficier?

- On verra cela si les discussions doctrinales débouchent sur quelque chose de positif. Ce que Dieu veuille !

Richars Armanios in Le Courrier,  Jeudi 26 Février 2009.

 

14:45 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : vatican ii, église catholique, schisme, excommunication, concile, hérésie |  Imprimer | | | | | Pin it!