jeudi, 19 mars 2009
Pourquoi n’est-il plus possible d’être païen ?
Le GRECE et l'illusion païenne
ou les erreurs théoriques d'Alain de Benoist
et de la Nouvelle Droite
Par Zak


Velasquez,
Apollon dans la forge de Vulcain, 1630.
« …jamais, sur ces questions, le vouloir ne peut avoir de prise »
Alain de Benoist dans « Comment peut-on être païen », (Albin Michel, 1981), voulut, il y a déjà plusieurs décennies, proposer une alternative au christianisme. Or, on le sait, mais on l'oublie trop souvent, ce sont les principes situés à la racine même des choses qui fondent véritablement les idées génériques placées à l'origine des différentes conceptions du monde qui se sont imposées, et non pas les vues romantiques à l'égard de réalités anciennes idéalisées. Ainsi, ce qui différencia radicalement le paganisme du christianisme (termes qui, rappelons-le, concrètement aujourd'hui ne qualifient plus en Europe aucune réalité religieuse distincte puisque, que cela plaise ou non, l'Histoire a conjugué non sans quelques difficultés il est vrai, ces deux dénominations en un seul destin), porte sur une divergence majeure qui ne se situa pas uniquement entre polythéisme et monothéisme contrairement à ce que soutient Alain de Benoist [1] et dont se fit l'avocat fervent le GRECE, mais, de façon irréconciliable, se fondait sur une nette divergence au sujet de la notion de "création".
En effet, ce qui spécifie, et sépare de manière catégorique le paganisme de la pensée biblique c'est leur analyse divergente au sujet de l'origine du monde, de l'origine de « l'être » pour employer la terminologie philosophique bien connue. Si pour les païens le monde est, de toute éternité, incréé et suffisant ontologiquement, en revanche, la pensée hébraïque considère le monde comme résultant d'une création "à partir de rien", doctrine que la Bible place en tête de son introduction puisque le premier de ses versets nous dit, "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre" , [2]. Les points de vue, les concepts païens et hébreux sont irréductibles, radicalement hétérogènes, il y a une incompatibilité foncière entre les deux approches de la question de l'existence du monde ; c'est sur ce point que se trouve la véritable ligne de partage des eaux, la césure entre pensée hébraïque et pensée païenne. C'est sur ce point, et non pas sur l'allégeance exprimée à telle ou telle figure divine, à telle ou telle divinité tutélaire, dans l'attachement à Zeus l'olympien ou à l’Osiris égyptien, que se situe la véritable divergence foncière.

Mithra
«Bien souvent, le désir d'un redéploiement d'un paganisme réel,
tend à laisser penser, qu'il serait nécessaire de refaire surgir de nouveau les anciens mythes. »
Problème de la pensée religieuse.
On ne saurait donc trop insister sur ce que pourrait avoir d'illusoire l'idée, pour fonder une alternative nouvelle, qui consisterait à se rattacher à un paganisme affectif et dévotionnel, dans lequel seraient mis en concurrence et en opposition les dieux qualifiés "d'historiques", et le Dieu dit "unique" de la Révélation biblique. C'est, hélas, sur cette opposition, que se développa (et se développe parfois encore dans les courants issus de la Nouvelle Droite) une sorte de vague religiosité païenne, dans laquelle est caressé l'espoir hypothétique d'un retour des dieux. Or jamais, sur ces questions, le vouloir ne peut avoir de prise, "il n'est pas possible de faire être par la volonté ou la parole les choses elles-mêmes" [3]. Bien souvent, le désir d'un redéploiement d'un paganisme réel, tend à laisser penser, qu'il serait nécessaire de refaire surgir de nouveau les anciens mythes. Or, ou bien ce qui est mort est mort, et de la mort rien ne peut renaître, ou bien en réalité rien n'est jamais mort (les dieux en principe ne meurent pas) et donc rien n'a jamais disparu, mais se trouve dissimulé sous d'autres appellations.
Heidegger (1889-1976)
"Ce n'est qu'à partir de la Vérité de l'être que se laisse penser l'essence du Sacré"
Le plus étrange dans l'examen de cette question religieuse, c'est que le paganisme finissant, nous montre une religiosité que l'on peut qualifier sans peine de préparatoire à l'avènement du christianisme, ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes. En effet, si nous regardons l'Histoire avec attention, nous voyons que lorsque l'empereur Julien (361-363), tenta d'instaurer contre le christianisme triomphant, une religion à ses yeux plus conforme aux traditions gréco-romaines, il exprima sa doctrine en des termes, qui concilièrent le Sol Invictus et Attis : " Un Être suprême, unique, éternel anime et régit l'organisme universel, mais notre intellect seul en conçoit l'existence. Il a engendré de toute éternité le Soleil, dont le trône rayonne au milieu du ciel. C'est ce second démiurge qui, de sa substance éminemment intelligente, procrée les autres dieux" [4]. Ne serait-il donc pas permis de se demander sérieusement, dans quelle mesure, l'évolution des religions grecque et romaine n'a pas favorisé le triomphe du christianisme ?
Allons même plus loin. Si l'on étudie les choses avec réalisme, ne constate-t-on pas que dès Hésiode, qu'on le veuille ou non, la réflexion strictement religieuse des Grecs commence à ouvrir un chemin vers le monothéisme, et tente de fonder la morale sur la religion ? A Rome, la conception du Jupiter archaïque, arbitre souverain et garant de la bonne foi, atteste une orientation dans le même sens, plus instinctive certes, mais non moins évidente. Et sans doute, l'entrée massive des éléments néo-platoniciens et orientaux dans la religion et la pensée hellénico-romaine rapproche plus encore Athènes et Rome du christianisme futur, en fournissant un aliment mystique au désarroi du peuple, en répandant la notion de salut, en imposant, confusément certes mais profondément, la conception d'un hénothéisme qui n'est pas éloigné, dans le stoïcisme, du monothéisme. De ce fait il est intéressant de voir que le mouvement religieux qui portait les esprits à l'époque impériale fut, dans son ensemble, plus que favorable à la pénétration du christianisme dans l'Empire.

"La réflexion strictement religieuse des Grecs
commence à ouvrir un chemin vers le monothéisme..."
Ce constat, doit de la sorte nous porter à entreprendre une réflexion plus précise au sujet de la facilité avec laquelle le christianisme prit greffe sur le paganisme. Ceci n'est pas anodin et, disons le clairement, jamais une religion étrangère n'aurait pu triompher si ne s'étaient pas trouvés des éléments communs à l'intérieur même du système religieux antérieur. Il n'existe absolument aucun exemple historique d'une religion s'imposant sans violence à un système étranger à elle-même, ou plutôt disons, qu'il n'existe qu'un seul exemple historique : le triomphe du christianisme à Rome sous Constantin - voyons pourquoi.
Les causes de ce triomphe peuvent se résumer en quelques lignes significatives. Les cultes avaient en réalité, avec la nouvelle religion de nombreux traits identiques : la monolâtrie de fait qu'ils proclamaient, le souci de l'ascèse morale et spirituelle. Autant l'admettre, quel que soit le degré d'élévation de tous ces cultes, ils répondaient tous aux mêmes besoins par les mêmes moyens. Fondés sur les notions de mort et de résurrection, de naissance nouvelle et de filiation divine, d'illumination et de rédemption, de divinisation et d'immortalité personnelles, ils prétendaient assurer aux fidèles le contact direct ave la divinité, et l'espoir d'une survie bienheureuse.
Ils témoignaient en outre, par le biais d'une dévotion dirigée sur un seul dieu, d'une aspiration au monothéisme très prononcée. A l'intérieur de chaque "secte", le dieu sauveur était conçu comme supérieur à toutes les autres divinités et tendait à les éclipser. Mais il y a plus, les analogies de fond et de forme qui existaient entre tous les cultes conduisirent à penser que sous les noms d'Attis, de Mithra, etc., le même Dieu se manifestait, qu'on le considère comme le Dieu "véritable", ou comme un simple intermédiaire important peu. Ceci explique pourquoi les tentatives prématurées d'Elagabal recevront de fait, leur consécration officielle grâce à Aurélien (270-275), qui sut habilement réaliser le syncrétisme devenu inévitable. D'ailleurs, il choisit pour divinité suprême Sol Invictus, dans lequel les fidèles des diverses sectes pouvaient reconnaître aussi bien Baals, qu'Attis, Osiris, Bacchus ou Mithra. Sol Invictus présentait d'autre part, l'avantage d'être assimilable à Apollon, et également à une vieille divinité romaine, Sol Indiges, dont l'origine remontait au temps mythique de la fondation de la cité. Sur cette lancée, Aurélien compléta son entreprise en faisant admettre définitivement la divinité de l'empereur vivant, considéré comme incarnation de Dieu sur la terre. En réalité la seule doctrine qui se heurta à l'antipathie du pouvoir, fut le stoïcisme qui, jusqu'à l'avènement de Marc-Aurèle, servit de refuge hautain à l'opposition.
Le christianisme, de son coté, héritant du judaïsme l'intransigeance des Macchabées, mit en pratique la parole du Christ : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" [5]. Sujets loyaux de l'Empire, les chrétiens refusèrent d'encenser les dieux, et de reconnaître la divinité d'un homme, fût-il l'Empereur. Leur crime aux yeux de l'Etat, fut politique et non religieux ; ou plutôt, il ne fut religieux que parce que leur attitude manifestait fermement leur volonté de conserver leur foi à l'abri des contaminations du syncrétisme. En fait, l'Empire eût été prêt à accueillir le christianisme comme les autres religions, cela est si vrai, que c'est au nom même du syncrétisme et de l'intérêt de l'Etat que fut proclamée, en 313, l'égalité de la religion chrétienne avec la religion officielle par le rescrit de Licinius : "Nous avons cru, est-il dit, devoir donner le premier rang en ce qui concerne le culte de la divinité, en accordant aux chrétiens comme à tous, la libre faculté de suivre la religion qu'ils voudraient, afin que tout ce qu'il y a de divinité au ciel pût nous être favorable et propice, à nous et à tous ceux, qui sont sous notre autorité" [6].
Le testament religieux du paganisme gréco-romain finissant, n'était donc pas étranger au christianisme naissant, et les Pères de l'Eglise ne s'y sont pas trompés, qui ont vu en lui l'une des voies préparatoires que Dieu proposa aux hommes pour découvrir son visage [7].
Que l'on n'imagine pas, en désespoir de cause, trouver dans le paganisme celto-germanique un "recours", qui représenterait, selon une certaine vision, un meilleur garant comparativement à l'héritage gréco-latin, car la tradition nordique présente les mêmes aspects que sa soeur du sud. Les incessantes luttes fratricides entre les chefs tribaux dépourvus de toute conscience historique, la lente mais réelle disparition progressive de la classe sacerdotale (Godis), le processus intellectuel que représente l'idée d'une procession du divin d'un centre pur et inaltérable vers le dehors par une série d'hypostases et de démiurges, le sens du péché consistant dans l'éloignement du monde de son sens divin, le passage de l'expérience de la vie à l'abstraction de l'être, font que l'on retrouve ici les mêmes et identiques facteurs d'une lente progression vers le Dieu unique ou vers l'Etre, confirmant bien l'affirmation de Heidegger, à savoir que "ce n'est qu'à partir de la Vérité de l'être que se laisse penser l'essence du Sacré" [8], la région de l'être étant identique à la région du sacré, : "le Sacré, seul espace essentiel de la divinité qui à son tour accorde seule la dimension pour les dieux, ne vient à l'éclat du paraître que lorsque au préalable et dans une longue préparation, l'être s'est éclairci et a été expérimenté dans sa vérité" [9].
Titien
Le couronnement d’épines, 1542
« Un Être suprême, unique, éternel anime et régit l'organisme universel,
mais notre intellect seul en conçoit l'existence. »
Que nous enseignent ces éléments ? Tout simplement que l’on ne peut échapper au monothéisme en cherchant à savoir "comment être païen", comme beaucoup l'ont cru et, l'imaginent naïvement encore à la suite d'Alain de Benoist. Lié à un substrat traditionnel, le sens religieux ne peut se voir dépouiller des bases métaphysiques qui le précédèrent, or l'avènement du christianisme est le plus bel exemple de cette continuité métaphysique entre les fondements du paganisme qui préparèrent concrètement l’avènement du christianisme. Pascal voyait dans les lois païennes une imitation des lois de Moïse [Fr. 691-451 et 694-454]. La continuité est donc parfaite et c’est pourquoi les Provinciales firent dériver les lois françaises des lois païennes et les Pensées dériver les lois païennes des lois bibliques : autant dire qu’elles participent toutes, à des degrés divers, du même et essentiel Principe.
La religion même des païens, même si « les païens ne connaissent point Dieu » [Fr. 321-289 ] pour Pascal, et il pense à certains païens et à Épictète en particulier – ont au contraire « connu Dieu », lui donnant de dire à le suite de saint Augustin : « quod curiositate cognoverunt » [Sermon 141, 2].
Le paganisme possède de la sorte, indéniablement, un caractère de « semences du Verbe » (semina verbi) ou de « préparation au Christ » (propedeutica Christi). Les racines de l’Église de Dieu s’inscrivent donc profondément dans l’héritage antique, elles sont, comme saint Augustin l’a si bien compris, «jam ab Abel justo» : «L’Église n’était pas absente des débuts du genre humain» (Enar. in Ps. 118, 29, 9), thème qui sera repris par Grégoire le Grand, sachant que Prosper d’Aquitaine, contemporain d’Augustin, n’hésita pas à écrire que ce que la Loi et les prophètes réalisaient en Israël s’était toujours accompli pour l’ensemble des nations grâce à d’autres moyens (De vocatione omnium gentium, II, 53) : « Pourrait-on mettre en doute que tous les hommes, quelle que soit leur nation ou leur époque, qui ont pu plaire à Dieu, aient été distingués par l’esprit de la grâce divine ? Certes, autrefois, elle a été plus parcimonieuse et plus cachée ; néanmoins elle ne s’est refusée à aucune époque, toujours la même en efficacité mais différente en quantité, selon un dessein immuable mais des modalités diverses. » [Trad. Les Pères dans la foi, Paris, 1993, II, p. 95]
La pensée de saint Augustin, rejoignait parfaitement celle de Justin, avec ses Semina Verbi,, affirmant que, dans le paganisme, des hommes étaient mystérieusement illuminés par le Verbe de Dieu. C’est ce que redira Léon le Grand :
« Ce qu’apporte l’Incarnation concernait le passé autant que le futur et aucun âge,
si reculé soit-il, ne fut privé du sacrement du Salut humain.»
(Sermon 3 sur la Nativité, nº 4).
Notes.
[1] On est surpris aujourd'hui, grâce aux recherches récentes, de voir à quel point cette distinction qui semblait fondatrice il y a peu de temps encore, n'obéit en réalité qu'à une convention de langage, tant il apparaît en effet, que les tendances monothéistes ou hénothéistes ont travaillé en profondeur la pensée païenne (Mésopotamie, Egypte, Iran, Grèce, Rome), et influencèrent très fortement la religion originaire des hébreux en l'orientant vers un pur monothéisme, tant est si bien que Nilsson écrit : "le monothéisme païen a bien préparé le terrain du christianisme". (cf. Lumière sur le paganisme Antique, A. Neyton, Ed. Letouzey, 1995). A ce titre, la thèse d’Alain de Benoist qui en critique néanmoins les effets, soit d’une distinction entre christianisme et paganisme portant sur la notion de création, est bien résumée dans les lignes suivantes : « En s'implantant en Europe, au sein d'une culture qui, lorsqu'il apparut, avait déjà derrière elle deux ou trois mille ans d'existence, le christianisme a puissamment contribué à la transformer. Il apportait en effet avec lui des nouveautés inouïes. D'abord l'idée dune humanité une, composée d'individus égaux pour l'essentiel, car tous dotés d'une âme en égale relation avec Dieu. Puis la distinction, empruntée aux Hébreux, entre un être incréé, nécessaire et parfait, et un être créé, contingent et imparfait. Posés comme radicalement distincts, le monde et Dieu devaient dès lors être pensés séparément. Le monde perdait du même coup son autosuffisance et sa qualité d'être: non seulement il n'était plus intrinsèquement le lieu du divin mais, étant imparfait, il pouvait légitimement être arraisonné dans l'espoir d'être rendu meilleur. Désacralisé, l'existant tel qu'il est, le Tout-Un (hen kai pan) se trouvait assujetti à un devoir-être. S'y ajoutait la notion d'un salut qui, comme le disait Théophile d'Antioche, ne pouvait plus reposer sur le rite, mais jouait avant tout un rôle de compensation: consoler l'individu de son appartenance à ce monde imparfait. S'y ajoutait encore une conception de l'histoire comme création continuée et finalisée, c'est-à-dire comme système irréversiblement orienté vers le futur. Et enfin l'idée de péché, bien distincte de celle de faute ou d'erreur, assortie de celle d'une corruption originelle, héréditaire. Ces idées nouvelles ont contribué à faire de l'Occident ce qu'il est progressivement devenu: un monde étranger à lui-méme. Dès la fin du II et le début du III siècle, toute une "Aufklärung chrétienne" s'est en outre développée sur la base d'une théologie du Logos, introduisant dans la religion un principe de rationalité éthique et d'émancipation qui allait créer les circonstances de l'éclosion de la modernité. » (Le Christianisme, Nouvelle Ecole, n° 52)
[2] ( Gen., I, 1), Bible de Jérusalem, DDB, 1990.
[3] Aristote, Organon, V, Les Topiques, Vrin, 1987.
[4] P. de La Briolle, La Réaction païenne, vol II, 1934.
[5] Le Nouveau Testament, T. B. S., 1988.
[6] P. Grimal, La civilisation romaine, Arthaud, 1960.
[7] Saint-Cyran, La Somme des fautes et faussetés capitales contenues en la Somme théologique du P. François Garasse, 1626. C’est dans ce gros ouvrage, qui en un seul volume assemble quatre tomes, que Saint-Cyran reproche à Garasse d’avoir « perverti les principales maximes de l’éthique, de l’économique, de la politique, non seulement de ceux qu’on a nommés sages parmi les païens, mais aussi des chrétiens ».
[8] M. Heidegger, Lettre sur l'humanisme, Aubier, 1980.
[9] Ibidem.
09:35 Ecrit par . dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Par ailleurs, pour ce qui concerne son bouquin, voici ce que dit de Benoist : "Le livre, pourtant, ne tenait qu'une partie de ses promesses. Son objectif, en effet, était moins de répondre à la question posée dans le titre que de faire apparaître clairement les points d'opposition essentiels entre le paganisme et le
christianisme. Sur le fond, je pense que c'est un texte qui vaut toujours aujourd'hui.Les seules pages que je réécrirais différemment seraient celles que je trouve aujourd'hui rédigées dans une perspective un peu trop « nietzschéenne ». L'ouvrage que j'ai publié cinq ans plus tard, en collaboration avec Thomas Molnar, aux éditions de la Table ronde : L'éclipse du sacré, me paraît de ce point de vue plus satisfaisant."
Toutefois, je vous rejoins, la grande limite d'Alain de Benoist est d'imaginer pouvoir penser la perspective métaphysique aujourd'hui par delà le christianisme, en considérant le christianisme comme étranger à l'âme européenne : "L'essentiel pour un païen n'est donc pas de penser « contre le christianisme », ce qui reviendrait à se définir négativement par rapport à lui, et donc à rester encore chrétien en quelque façon, mais à penser en dehors de lui, en dehors des catégories qu'il a créées, catégories dont on est encore tributaire quand on se contente de les renverser."
Entretien avec Alain de Benoist sur le paganisme http://www.alaindebenoist.com/pdf/entretien_sur_le_paganisme.pdf
Ecrit par : Radek | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Dan | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Falk | jeudi, 19 mars 2009
http://www.lepost.fr/article/2008/10/22/1294898_la-crise-financiere-evoquee-et-critiquee-par-alain-de-benoist.html
Ecrit par : Henri | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Karl | jeudi, 19 mars 2009
http://es.geocities.com/sucellus23/767.htm
Ecrit par : Cellus | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Dan | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Lozère | jeudi, 19 mars 2009
C'est dire que le paganisme, loin de se caractériser par un refus de la spiritualité ou un rejet du sacré, consiste au contraire dans le choix (et la réappropriation) d'une autre spiritualité, d'une autre forme de sacré. Loin de se confondre avec l'athéisme ou l'agnosticisme, il pose, entre l'homme et l'univers, une relation fondamentalement religieuse - et d'une spiritualité qui nous apparaît comme beaucoup plus intense, plus grave, plus forte que celle dont le monothéisme judéo-chrétien se réclame. Loin de désacraliser le monde, il le sacralise au sens propre, il le tient pour sacré […]."
Alain de Benoist, Comment peut-on être païen ?
Ecrit par : Le paganisme aujourd'hui | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Hadrien | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Falk | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Arpacschad | jeudi, 19 mars 2009
Ecrit par : Maxime | vendredi, 20 mars 2009
Ecrit par : Nebo | vendredi, 20 mars 2009
Ecrit par : Lozère | samedi, 21 mars 2009
http://www.la-question.net/archive/2009/02/20/l-islam-une-heresie-blasphematoire.html
Ecrit par : Dan | samedi, 21 mars 2009
Ecrit par : Hire | samedi, 21 mars 2009
http://www.hansgruener.de/pictures/hermannsborn/7809_02.jpg
Ecrit par : Falk | samedi, 21 mars 2009
Ecrit par : Hadrien | samedi, 21 mars 2009
Ecrit par : Falk | samedi, 21 mars 2009
Ecrit par : Dan | samedi, 21 mars 2009
Ecrit par : Hire | samedi, 21 mars 2009
"Meine Ehre heißt Treue" !
Ecrit par : Dan | samedi, 21 mars 2009
L'emblème du GRECE est un très vieux motif d'entrelacs, que l'on retrouve sur des gravures, des bijoux, des monuments, des manuscrits et des tableaux de plusieurs pays européens. On l'observe par exemple sur de nombreuses croix irlandaises, notamment celles de Kells (Meath), de Muiredach à Monasterboice (Louth) et de Durrow (Offaly). On le retrouve également en Italie, dessiné avec une parfaite netteté sur plusieurs monuments construits par les Lombards entre les IXe et XIIe siècles, en particulier sur la cathédrale d'Aquileia, l'église Santa Eufenia à Grado et l'église Santa Sabia à Rome, ainsi que sur une pierre gravée qui figure aujourd'hui au Musée archéologique de Split (Croatie). Le motif figure également sur des constructions plus récentes, comme les frises de l'église protestante allemande de la rue Blanche, à Paris (1897).
http://www.grece-fr.net/activites/_activites.php
Ecrit par : Hadrien | samedi, 21 mars 2009
D'ailleurs l'historien du catholicisme moderne et contemporain, Régis Ladous, auteur de travaux variés, notamment sur l'histoire politique et religieuse des sciences (Des Nobels au Vatican : la fondation de l'académie pontificale des sciences ou encore Darwin, Marx, Engels, Lyssenko et les autres), mais aussi d'un abrégé sur le spiritisme aux éditions dominicaines du Cerf, et des entretiens - en compagnie de son collègue Jean-Dominique Durand - avec le célèbre historien catholique de droite René Rémond, qui plus récemment, en tant que spécialiste de la Russie, qui a publié aux éditions L'Age d'Homme une étude sur la communauté mystique orthodoxe de Nicolas Népluyev (1997), sujet auquel il avait déjà consacré un article dans Politica Hermetica, revue consacrée à l'étude des liens entre ésotérisme et politique, co-auteur, toujours avec Jean-Dominique Durand, d'une longue interview avec Andrea Riccardi, président de la communauté catholique œcuménique Sant'Egidio, dans laquelle celui-ci appelle au dialogue interreligieux le plus large, admet nettement et ouvertement qu'un dialogue de l'Église avec les nazis aurait été salutaire pour le devenir historique de l'Europe.
Ecrit par : Serrus | samedi, 21 mars 2009
Pas étonnant dans ce cas qu'on ait retrouvé dans ce mouvement un grand nombre d'athées plus préoccupés par l'action politique que par une vraie recherche spirituelle, on peut dire la même chose aujourd'hui d'un certain islam.
Ecrit par : Fabien | mardi, 24 mars 2009
Cela dit, même dans son versant authentique et sincère, avec une foi effective envers les dieux ancestraux, il est clair que le paganisme ne peut plus être réponse aujourd'hui après l'avènement du christianisme.
Ecrit par : Hadrien | mardi, 24 mars 2009
Je lis avec attention les contributions et les citations de ce blog depuis que deux questions se posent, la question juive et la question de la fraternité St Pie X . Et ces deux questions se sont rejointes dans une affaire digne de ces temps étranges et difficiles, l'affaire des propos de Mgr Williamson . Voici une nouvelle question, la question païenne .
Il me semble que cette question permet une synthèse des questions précédentes, que je me permettrais de résumer sous la forme suivante : la question est celle de la relation . Pour commencer de manière provocante, s'il s'agit de poser la relation en terme d'ami ou ennemi, il s'agit d'une question d'abord politique, avec le caractère subordonné et pragmatique que cela suppose . La relation entre le traditionnalisme catholique et l'Eglise instituée ; entre le christianisme catholique et les autres « religions »d'une part, qu'elles soient juive, musulmane, ou païenne- notez que poser ainsi la question ne préjuge pas que la réponse soit unique . Et la relation non seulement avec le GRECE, mais au delà avec le néo-paganisme révolutionnaire, avec l'héritage nazi .
Relisez les derniers mois de ce blog, et je pense que vous verrez la raison de ce propos . L'unité de concept n'est peut être pas unité de pensée, n'est peut être qu'homonymie forcée . Je pense que dans une perspective politique, en tout cas, cela ne peut être insignifiant .
On ne peut admettre que chacun puisse, selon sa perspective bornée, son désir et sa fantaisie, créer sa religion, ses croyances, selon la perspective libérale de la laïcité, sans abandonner toute perspective de vérité et de logos commun, sans en même temps penser la radicale séparation des croyances, purement fictives, d'avec l'être . Mais alors cette liberté de choix des croyances est un choix de vide : on ne peut choisir que l'erreur . La liberté de religion laïque est celle d'une religion sans présence réelle, allant d'exténuation en exténuation, un pur néant . Il paraît impossible de vouloir une pleine restauration de l'ouverture humaine au Suprême, sans lutter contre les conceptions modernes de la pluralité religieuse .
Pour autant, il n'appartient pas au spirituel d'utiliser la force en matière de foi .L'erreur n'a aucun droit, c'est incontestable, mais l'homme pécheur peut se tromper . L'erreur n'a aucun droit, mais l'âme et l'esprit en ont, et plus que la chair . C'est même manquer de confiance dans la puissance de la Vérité, que de vouloir utiliser les moyens inférieurs de la coercition en première intention . Cet usage en outre renforce la puissance matérielle, et ne saurait l'affaiblir . La foi affichée, et loin de ce qui se passe « dans le secret »devient alors le moyen de l'exaltation de la force, et du lucre des républiques bourgeoises, voyez l'exemple de 1204, sans évoquer des exemples plus contemporains . Là où n'a pas valu la bénédiction, vaudra le bâton, a dit St Dominique . Mais la bénédiction a-telle été faite, et bien faite ? La bénédiction, je le rappelle, la plus haute, est la contemplation, et non l'enseignement . L'oeuvre de Charles de Foucauld à ce titre mérite d'être citée . Le célèbre dialogue entre St François et le Sultan d'Egypte, où le Sultan demanda au saint de prier pour lui, me paraît être le plus haut exemple, plutôt que la condamnation par trop abrupte de multitude d'hommes à travers leur foi, qui n'est pas entaché de malignité volontaire individuelle .
Il existe une différence profonde entre les discours anti-religieux des « rationalistes » modernes, qui sont stupides, et ne méritent pas que l'on s'y arrête ; et la question de la légitimité des traditions religieuses . Cette question ne peut se passer d'une lecture approfondie des textes sacrés, et d'une connaissance exacte, et j'ajouterais bienveillante, de ces traditions . La pluralité des traditions parmi les hommes mérite une réflexion sur le récit de Babel, et je l'ai déjà signalé ici, la nature et la portée de l'Alliance Adamique, et de l'Alliance Noachique . Que beaucoup de traditions soit plus ou moins dégénérées, ne doit pas faire condamner la source, la racine, mais les pousses dégénérées qui seront coupées et brulées . On doit distinguer le christianisme de courants modernes qui s'en réclament ; on doit distinguer l'Islam de l'islamisme .
Comme Jean Borella, je pense que la thèse d'une destination infernale générale des peuples et des hommes ignorants du Christ explicite est un manque de confiance en Dieu . N'y avait-il pas des justes à Sodome et Gomorrhe? Jonas ne fut-il pas déçu de son désir de voir la grande ville détruite ? L'homme qui a des yeux et des oreilles reçoit de Lui grâces sur grâces . La sybille n'at-elle pas prophétisé le Christ ? Port Royal posait la nécessaire éternité de la religion chrétienne . Le Christ, vrai homme et vrai Dieu participe à l'histoire par l'humanité, mais est par essence éternité, toujours déjà présente . « Avant qu'Abraham fut, je suis » . Par analogie au Christ, tout ce qui est dans le monde est aussi en Dieu . C'est pourquoi une partie de propos excessifs, et je pense relevant d'opinions improbables, sur les « autres religions » que j'ai pu lire, me paraît aussi, et pas seulement le paganisme, relever de ces sublimes propos que rappelle Zak :
La pensée de saint Augustin, rejoignait parfaitement celle de Justin, avec ses Semina Verbi,, affirmant que, dans le paganisme, des hommes étaient mystérieusement illuminés par le Verbe de Dieu. C’est ce que redira Léon le Grand :
« Ce qu’apporte l’Incarnation concernait le passé autant que le futur et aucun âge,
si reculé soit-il, ne fut privé du sacrement du Salut humain.»
(Sermon 3 sur la Nativité, nº 4).
Selon Scot Erigène, tout participe à l'éternité selon la thèse de l'éternité des idées divines . C'est pourquoi je placerais la distinction entre « paganisme » et christianisme non entre la création ex-nihilo et l'éternité du monde, car, selon l'Ecclésiaste, « Dieu retrouve ce qui est perdu »-en clair, le monde est éternel . En Dieu, non par lui même- mais entre la finitude, la dépendance du monde, son caractère hiérarchique au sens propre, et l'affirmation d'un monde et d'un homme autosuffisants, autonomes, tirant d'eux même leurs lois et leurs fins, ce qui est le sens de la « révolte » de Satan, et de l'homme .
Aristote par exemple, avec la thèse du premier moteur immobile, pense un monde dépendant ; et ce caractère l'a rendu susceptible d'être assimilé par une puissante intelligence chrétienne . Là dessus je me sens, une fois de plus, en plein accord spirituel avec le texte de Zak et je n'ai pas à ajouter . Je dirais même que les figures de cette contribution ne sont pas sans évoquer la « lettre à un religieux » de Simone Weil . La compréhension intime de la religiosité païenne a pu être une voie, pour une intellectuelle engagée à gauche, pour s'acheminer vers la foi ; et je ne doute pas que le caractère fragmentaire et mêlé de cette foi en construction eut été promis à un murissement pleinement orthodoxe .
Qu'est ce que le christianisme vis à vis du paganisme ? Non seulement les Grecs où les Romains ont pu, sous l'illustre paternité de Denys l'Aéropagite, se convertir, mais de manière encore plus caractéristique, ce fut le cas des Celtes . Avec St Patrick en Irlande, il est hors de doute que ce fut la haute hiérarchie druidique qui se convertit, et que les moines Irlandais du haut moyen âge sont les descendants directs de la classe sacerdotale celtique . Pour ces hommes, l'Ancienne Loi, l'Ancienne Alliance était leur ancienne religion . La conversion au christianisme n'a pas été l'abolition de l'Ancienne Loi, mais son accomplissement . Que toute chose soit en puissance une théophanie, une présence divine, cet émerveillement païen, n'a nullement été détruit par la conversion . Le mouvement global de l'Occident a désenchanté le monde, mais le désenchantement n'est le propre du christianisme que dans une conception déjà désenchantée du monde, une lecture erronée . La splendeur de Denys, ou de St Bonaventure, est tout sauf désenchantée .
Le christianisme est le principe et l'ordonnancement analogique de l'ouverture aux autres mondes pour ceux qui se convertissent, qui accomplissent leur foi, et la brûlent ; le christianisme chinois, grec, latin, celtique, africain, n'a jamais été l'anéantissement de la civilisation la plus haute de ces peuples, écho du Verbe éternel ; elle encore une fois l'acomplissement, la réunion, l'épreuve du feu, le criblage des grains, le tissage avec ce que cela implique de dépassement, de renoncement, mais aussi de fidélité : « vos pères ont adoré dans cette montagne... ». La conversion d'un peuple, d'un Univers symbolique, d'un homme ne sont pas des choses simples qui se laissent aisément décrire . C'est le sens le plus profond, et puissant, du mot catholique . Cette Eglise doit être pour les peuples comme le Ciel, comme le manteau de Marie, qui s'offre comme abri spirituel à tous les hommes, à la multitude – et seulement là, il sera permis au saint de secouer la poussière de ses pieds, de lancer la première pierre .
Le reproche fait au christianisme par les néo-païens est un contre-sens . La dé-symbolisation du monde a commencé avec l'exténuation de la pleine compréhension du mystère, de la lumière cachée dans le mystère de la religion chrétienne . Cette lumière a été mise sous le boisseau par des doctes, qui faute d'accéder au Royaume, ont voulu en priver tous les hommes, en le déclarant impossible, ne serait-ce qu'avec Kant, qui est l'aboutissement d'une lente dérive métaphysique . Et il n'y a pas, aujourd'hui en Europe, d'autre socle d'une restauration de la pleine civilisation, que le christianisme .
Il me semble que ce sont ces convictions qui me rendent si proche et si éloigné à la fois des néo-païens-je suis un païen converti, et je n'ai pas l'impression de me renier . L'invocation des valeurs païennes, indépendantes de l'existence des dieux, me semble en outre contradictoire avec la dénonciation de la métaphysique de la subjectivité . La valeur ne naît que si l'on reconnaît à l'homme la puissance d'accorder aux étants leur place hiérarchique, par la loi du désir ou par la morale humaine, l'ensemble des jugements de valeurs . Hors de la métaphysique de la subjectivité, la valeur d'un étant n'est autre que son être, qui se détermine par sa place dans un cosmos ; ou encore, par une deuxième possibilité offerte au spirituel, de voir que tout étant hors l'Être est un pur néant, entre Héraclite et Parménide . Hors de la métaphysique de la subjectivité, l'enseignement d'un dieu inexistant ne peut être . La voie de la négation ontologique est une et même avec la voie de la dé-symbolisation, du recul de la présence réelle, voyez les controverses sur les espèces consacrées et leur évolution, très caractéristique de ce lien . Les thèses néo-païennes les plus classiques sont infiltrées puissament et héritières de pensées modernes, finalement matérialistes .
Avec le recul, le courant de la révolution conservatrice se retrouve en France du moins avec les mêmes paradoxes que dans la première moitié du XX ème siècle, quand les figures les plus éminentes, des personnalités puissantes, Barrès comme Maurras, étaient en leur for intime des nihilistes, profondéments imprégnés par le positivisme . Je peux aisément argumenter ce que j'affirme, mais ce n'est pas le lieu . Alain de Benoist, il faut le dire, est d'ailleurs très au dessus de Barrès comme philosophe . De plus la stratégie choisie par le GRECE est encore aujourd'hui une référence, même si elle peut se discuter.
La tentation enfin, est la fascination qu'éprouvèrent tant d'hommes nobles pour l'affirmation néo-païenne la plus puissante de l'histoire de l'Europe, la tentation nazie, qui se lit dans certains commentaires, voire au delà, et dans l'affaire Williamson . L'immense courant spirituel de révolte né à la fin du XIXème siècle, puissament continué dans les années Trente, a été aspiré par ce trou noir, cette formidable puissance de fascination, qui a ébranlé un instant même un Heidegger, et associé à des crimes infâmes, non pour des raisons de moralité modernes, mais pour les raisons les plus évidentes de l'Écriture Sainte . Les drames actuels de la Terre Sainte comme héritage de ces infamies . Quant à l'idéologie, elle est un matérialisme, une variante de l'entéléchie générale du Système, quelque chose d'étranger à toute tradition spirituelle . La révolte spirituelle contre le monde moderne se relève à peine de la destruction, de l'humiliation, de la souillure subie par cette profanation, terriblement habile .
Sans préjudice de l'avenir, je suis convaincu que le renouveau de la lutte contre le Système moderne passe par l'abandon de ces fascinations équivoques pour des idéologies à la fois très opposées à des aspects du libéralisme, et très dépendantes de lui, admiratrices et organisatrices de la puissance technicienne bien au delà de tout aspect restaurateur . Rebâtir le lien qui fit vaciller le Système me semble à ce prix, qui pour notre génération ne parait plus élevé. Ajoutons qu'Heidegger lui même a commencé cette critique, comme Alain de Benoist l'a bien saisi, dans son étude de Nietzsche . L'abandon de ces idéologies n'est pas le mépris des hommes nobles qui ont combattu, y compris dans des causes que l'on discute . Combattre parce qu'il faut combattre n'est pas une notion inconnue des peuples .
Alors au plaisir de vous lire , Zak, et vous tous.
Ecrit par : LancelotVlad | mercredi, 25 mars 2009
Nous sommes effectivement un certain nombre revenus de diverses aventures dont, puisqu'elle est évoquée dans ce fil, celle du paganisme gréciste, et avons entrepris un réexamen complet des perspectives actuelles afin de parvenir à une compréhension plus approfondie des données historiques sur le plan ontologique, à la la lumière des analyses de Heidegger, Maistre, Blanc de Saint-Bonnet, etc.
La vision de La Question, malgré les nuances naturelles perceptibles selon les contributeurs, rassemble cependant de façon très claire ceux qui se sentent en rupture frontale d'avec le monde moderne et ses non-valeurs moisies, tout en comprenant que la perspective "historiale" de l'Europe, comme du monde, ne peut sérieusement s'envisager en dehors de la Tradition chrétienne et de son héritage sacré que nie, combat et refuse, précisément, le modernisme catholique qui s'imposa scandaleusement lors du Concile Vatican II.
Vous avez donc parfaitement raison d'affirmer que "le renouveau de la lutte contre le Système moderne passe par l'abandon des fascinations équivoques pour les idéologies", et c'est bien pourquoi il faut en dénoncer le caractère inexact, incomplet, faux et limité, tout en ne sombrant pas dans l'idéologie du refus des extrêmes dont s'est fait une spécialité toutes les tendances faisandées de l'arc républicain, ultime piège d'un système en quête de légitimité.
Le chemin à trouver passe de la sorte, sans minimiser l'oeuvre de dénonciation des situations présentes (ce à quoi peuvent servir des outils comme ceux des blogs), par une entreprise de réarmement spirituel, de pratique active de la prière et de la contemplation en vue de la fondation d'un nouveau paradigme authentiquement fidèle à la mission supérieure confiée par le Christ à ses disciples :
- "Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné." (Marc 16 :15)
Je vous ferais simplement une nuance, légère mais non négligeable dans votre message. Vous dites "la pluralité des traditions parmi les hommes mérite une réflexion sur le récit de Babel (...) Que beaucoup de traditions soit plus ou moins dégénérées, ne doit pas faire condamner la source, la racine, mais les pousses dégénérées qui seront coupées et brulées . On doit distinguer le christianisme de courants modernes qui s'en réclament ; on doit distinguer l'Islam de l'islamisme." Tout cela est juste, et nous reconnaissons volontiers, avec saint Augustin, qui est en honneur ici comme vous le savez, l'essence primitive de la source commune à toutes les traditions, à cette différence près qu'il convient néanmoins de distinguer ce qui dans les traditions relève justement de cette dite source première et de ce qui appartient, hélas ! à la dégénérescence survenue après Babel et qui a positivement prit pour nom l'idolâtrie et doit de ce fait être rejetée avec force. Quant à l'islam, je dois vous avouer avoir beaucoup de peine à distinguer en cette religion une origine acceptable, autre que l'hérésie chrétienne la plus grossière et la plus bassement hostile aux évangiles.
Mais par delà cette dernière remarque, sachez, me faisant l'expression de bien d'autres j'en suis certain, que nous somme également heureux comme toujours de vous lire et de vous savoir en quête comme nous d'une voie exigeante de transcendance sur le plan métaphysique.
Ecrit par : Serrus | mercredi, 25 mars 2009
Ecrit par : LancelotVlad | jeudi, 26 mars 2009
http://talvera.hautetfort.com/archive/2009/02/18/amadou-hampate-ba.html
Ecrit par : LancelotVlad | jeudi, 26 mars 2009
Ecrit par : Hire | samedi, 28 mars 2009
Je me sert de cette voie pour vous écrire : je n'arrive plus à lire les notes de ce blog, je ne vois que le titre, et , et rien d'autre!
A l'aide! Que faire?
Ecrit par : LancelotVlad | lundi, 30 mars 2009
Ecrit par : Khilmi | mardi, 31 mars 2009
Le problème dont je parle, je l'ai observé depuis au moins sept postes et trois lieux différents...mais je suis très content car il semble réglé. J'ai pu tout enregistrer, ouf!
@Hire
Je ne discuterais pas le caractère syncrétique d'Hampâté Ba...mais le Vaudou, c'est une spécificité haïtienne qui n'a rien à voir avec les Peuls d'Afrique de l'Ouest : quand je parlais de connaissance sûre . Sachez que plus encore que le Vaudou, on compte dans cette région caraïbe un culte particulièrement ténébreux, la Santeria.
@Serrus
Suite à votre réponse j'ai commencé à écrire pour agedefer.blogspot.com un texte précisant la position de l'Islam à mes yeux dans une perspective providentielle, qui est celle de la totalité déployée, et dans une perspective politique légitime ; mais c'est tellement long qu'il ne sortira que longtemps après...la pensée n'est pas actuelle! Alors je vous le re-signalerais.
A bientôt à tous!
Ecrit par : LancelotVlad | dimanche, 05 avril 2009
* attention aux généralisations hâtives: "la majorité des Africains"!
* l'auteur a-t-il lu "toute" l'œuvre d'Amadou Hampâté BÂ ?
* où y serait-il question du "vaudou" ?
* comment définirait-il le "vaudou"?
* qu'entend l'auteur par "religion archaïque" ?
* sait-il qu'il y a plusieurs "religions traditionnelles" en Afrique noire?
* dans ce "syncrétisme", l'auteur n'a-t-il pas oublié d'intégrer le christianisme que connaissait assez bien le sage peul de Marcory ?
Enfin, une dernière question: Jean de BEAUCE, maître d'œuvre de la slpendide cathédrale de Chartres, était-il "syncrétiste"? Si non, peut-on expliquer pourquoi?
Merci d'avance pour les précisions.
Jean-Marie MATHIEU
Ecrit par : Jean-Marie MATHIEU | mardi, 26 mai 2009
Toutefois, même si vous avez raison de mettre en garde contre les "généralisations hâtives" puisque beaucoup d'africains, fort heureusement, sont authentiquement et très nettement chrétiens en étant dénués de toute tendance syncrétique, néanmoins il n'est pas outre mesure abusif et exagéré d'écrire, pour peu que l'on connaisse la réalité de ce continent : "la majorité des Africains sont syncrétistes, mélangeant,vaudou, religion archaïque et [islam ou christianisme]".
En effet, si l'on s'en tient à l'examen général de la situation des populations en Afrique sur le plan de leurs rapports, complexes, tendus et multiformes, avec les croyances ancestrales, les cultes animistes et le polythéisme, il est clair que malgré le développement de l’instruction et la diffusion du savoir, la croyance dans la sorcellerie, avec les conséquences desastreuses que l'on sait, reste, malheureusement, très tenace.
Voyez la note, revenant sur la nécessaire mise en garde de Benoît XVI lors de son voyage en Afrique, sur ce sujet :
http://www.la-question.net/archive/2009/03/22/l-essence-satanique-de-la-sorcellerie-africaine.html#comments
Ecrit par : Falk | mardi, 26 mai 2009
"Je ne discuterais pas le caractère syncrétique d'Hampâté Ba...mais le Vaudou, c'est une spécificité haïtienne qui n'a rien à voir avec les Peuls d'Afrique de l'Ouest : quand je parlais de connaissance sûre . Sachez que plus encore que le Vaudou, on compte dans cette région caraïbe un culte particulièrement ténébreux, la Santeria."
Hampâté Ba n'a rien à voir avec le Vaudou, c'est un auteur de très haut niveau spirituel, et l'auteur a bien raison de poser les questions qu'il pose, et je souscrit globalement à sa remarque : il y a malentendu . Réponse apportée.
Ecrit par : LancelotVlad | mercredi, 27 mai 2009
D'autant que l'on voit mal comment nier, sans pour autant passer sous silence les chrétiens sincèrement engagés dans un respect des critères de la Révélation, et pour peu que l'on connaisse la réalité en ces domaines de ce continent, que la majorité des Africains sont syncrétistes, mélangeant avec un art qui leur appartient en propre,vaudou, religion archaïque, polythéisme et, au choix pour ce qui est des deux religions monothéistes en forte présence là-bas : islam ou christianisme.
Ecrit par : Falk | mercredi, 27 mai 2009
Ainsi, la messe a été profondément trempée dans la pensée païenne aussi bien que le drame grec. Il écrit : « l’esprit grec, mourant, est venu transmigrer sa vie dans la théologie et la liturgie de l’église ; la langue grecque, ayant régné pendant des siècles sur la philosophie, est devenue le véhicule de la littérature et du rituel chrétiens ; les mystères grecs sont passé dans l’impressionnant mystère de la messe. »
En effet, la messe catholique qui s’est développée fut marquée par les sources païennes. Les chrétiens ont emprunté aux cultes païens qu'ils connaissaient puisqu'ils les avaient pratiqués, les vêtements de cérémonie des prêtres antiques, l’utilisation de l’encens et l’eau sainte dans les rites de purification, la lumière des bougies dans le culte, l’architecture de la basilique romaine pour leurs bâtiments d’église, la loi de Rome comme base de « loi canonique, » le titre Pontifex Maximus pour l’évêque principal, et les codes rituels pour la messe catholique.
Mais tout cela était normal, faisant que pour être païen aujourd'hui, c'est-à-dire se trouver en présence d'une transmission véritable et communier aux sources religieuses ancestrales européennes, il faut être catholique.
Ecrit par : Thausen | mardi, 02 juin 2009
Ecrit par : Jean-Marie MATHIEU | vendredi, 05 juin 2009
Il me semble qu'ensuite, l'impérialisme romain a unifié dans un même ensemble politique et culturel - tout au moins au niveau des élites, de très nombreuses populations - très différentes, transformant Rome en cité cosmopolite, en chaudron pour ainsi dire libéral (les romains étant connus pour leur 'pragmatisme' et in fine leur tolérance, tant que leurs formes et leurs intérêts pécuniers étaient respectés) de cultes et de philosophies en tous genres, érodant progressivement la crédibilité de la religion traditionnelle, tout en aliénant plus généralement les personnes en leur imposant, à leur tour, un "déraçinement à domicile" (promenez-vous dans le 93 si vous voulez y gouter aujourd'hui). Dans ce cadre propice, et prenant appui sur la diaspora juive présente dans nombre des cités de l'empire, une section du mouvement juif, à la fois suffisament assimilé pour bien connaître la gréco-romanité, et suffisament endoctriné dans le judaïsme pour rester habitée des motivations du mouvement, s'est engagé dans une entreprise massive de prosélytisme, privilégiant pour se faire un judaïsme light, ainsi que concentré sur la tendance masochiste, avec la figure du Christ suicidé, et la mobilisation des miséreux, de tous les mécontents de l'ordre établi, cad en appellant à tous les instincts de rébellion, de ressentiment, contre les organisations de la souveraineté des peuples et des Etats.
Plus tard encore, un écho compensatoire naitra, lui une forme de mosaïsme que je qualifierais de hard, & d'à dominante sadique. Une nouvelle variante qui vient à point nommé, maintenant que l'essence du christianisme a finalement plongé Europe dans l'abîme, débarquer chez nous, sans que pas grand monde ne songe à y mettre un frein.
Pour récapituler et développer un peu, pour moi, l'essence du mosaïsme, ou de l'abrahamisme (viz. Abram "l'immigré", déjà) peut être saisie par les attributs suivants : paranoïa mégalomaniaque, sado-masochisme martyrocrate, catastrophisme messianique, égalitarisme interne et suprématisme externe, pulsions génocidaires, visée hégémonique, haine iconoclaste de la culture... Le tout ayant pour principe une rebellion perverse contre l'unité de l'être. Un dissociationisme ontologique.
Selon cette grille de lecture, le judaïsme, le christianisme, l'islam, le jacobinisme, le communisme, le nazisme, et aujourd'hui le droit-de-l'hommo-tiers-mondisme, ne font, entre autres formes moins importantes, in fine, qu'un seul et même mouvement, que l'on pourrait aussi appeller révolution, ou totalitarisme. Et que je place personnellement sous le sceau de l'entropie.
A partir de là, les arguments selon lesquels le christianisme aurait en Europe pris la relève du polythéisme, et intégré nombre de ces aspects, alors qu'il n'était plus en mesure de s'actualiser, peuvent être tout à fait exacts jusqu'à un certain point. Je crois à quelque chose comme l'évolution des stages proposée par Auguste Comte, et il m'apparaît raisonnable de considérer que le monothéisme soit devenu plus à même de servir les hommes que le polythéisme, pendant un temps. D'ailleurs, en passant, le polythéisme des panthéons grecs, romains, et autres, tels qu'on se les représentent courrament n'est pas la seule forme religieuse à avoir existé. Par exemple, chez les Grecs, a précédé une vision selon laquelle la Moira (Necessité, ou Destinée) dominait le vaste monde, et n'était secondée que de très loin par les daïmons, les esprits territoriaux & élémentaux. Viz. notamment le bouquin de Cornford :
http://www.amazon.com/Religion-Philosophy-Francis-MacDonald-Cornford/dp/0691020760
Bref, je dirais que plutôt que le christianisme ayant été l'accomplissement naturel des évolutions du paganisme, le christianisme a su manoeuvrer, dans le contexte d'une crise du paganisme liée principalement à la dissociation de la religion traditionnelle et de la philosophie d'une côté, et au fatras cosmopolite de l'autre, pour se répandre et s'imposer. Sa structure organisationnelle n'a certainement pas eu un faible rôle dans son succès, aussi.
Mais se taper le mosaïsme pour sortir d'une crise du paganisme, ça a sans douté été fort cher payer. Aujourd'hui, on nous présente cette facture ; la chute finale de notre monde est imminente.
Je ne pense pas qu'un retour au polythéisme soit possible, ou indiqué. Par contre, je pense que l'extirpation du mosaïsme peut s'opérer sur la base de la fondation d'un ordre de l'être. Une forme d'ontologie fondamentale, ainsi qu'appliquée. Sur une mise à terme du divorce (initié notamment dans le mythe de Moïse, divisant son héritage de pouvoir entre Josué pour le politique, et Aaron pour le religieux) entre temporel et spirituel. Il s'agit de fonder une nouvelle communauté autour des noms de santé, science, et mystique. Une communauté dont la doctrine s'apparenterait au - s'il faut un seul mot pour désigner une chose de surcroît déjà connue - panthéisme.
Ecrit par : Alceste | dimanche, 07 juin 2009
"COMMENT PEUT-ON ETRE CHRETIEN ?"
I. Origine divine de la Révélation mosaïque
II. Le rôle providentiel du christianisme pour l'Europe
III. L’Ordre chrétien.
http://www.la-question.net/archive/2009/06/23/comment-peut-on-etre-chretien1.html#comments
Nous ne retiendons, pour ce commentaire, que notre conclusion, le reste étant à lire dans "COMMENT PEUT-ON ETRE CHRETIEN ?" :
Rien ne serait plus grave, et ne le fut, que de sombrer, par une incompréhension tragique dont a été victime la Nouvelle Droite et ses principaux animateurs, dans un antichristianisme réactif systématique, car sous couvert de retrouver les anciens dieux, il sont allés jusqu’à avaliser les thèses des aveugles idéologues du XIXe, enténébrés par les théories nominalistes, matérialistes et athées de la critique du christianisme (Harnack, Loisy, Renan, Friedrich Strauss, Bauer, Alfaric, Reinach, Rougier, etc.) aboutissant à ceci qui se passe de commentaire :
« Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) - Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière [...] En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. «Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.». [L’Antéchrist (1888), Friedrich Nietzsche, éd. Gallimard, 2006, p. 85.]
Voilà où mène, logiquement le néo-paganisme antichrétien folklorique, à affirmer que « les croisés combattirent quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière » !
Pour ce genre de prosternation Alceste, désolé, mais ne comptez pas sur moi, même au nom de la religion ancestrale de l’Europe. Je sais trop, où sont, de quelle façon s'inclinent et ce que récitent aujourd’hui nombre d’anciens amis évoliens liés à la ND, pour refuser catégoriquement cette sinistre éventualité.
Quant à l’ultime cri de la philosophie du marteau, sous prétexte de jolis solstices où l’on vomit avec exaltation la religion du désert et l’on chante celle, solaire, des forêts, on sait à présent suffisamment ce qu’il signifie, et en quoi il doit être fermement combattu :
- « Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam.»
Ainsi, non merci trois fois, dix fois, mille fois pour cette fallacieuse Paix et cette ignoble Guerre !
Ad Majorem Dei Gloriam ! pour le Christ et la Croix au nom de la Rome éternelle !
Ecrit par : Zak | jeudi, 25 juin 2009
Ecrit par : Nemo | vendredi, 03 juillet 2009
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