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samedi, 14 mars 2009

Benoît XVI : Dieu disparaît de l’horizon des hommes !

 

 

 

 

 

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« La théologie et la philosophie de l'Histoire

naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes...

L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique

[s'inscrit dans] la théologie occidentale. »

(Benoît XVI)

 

 

 

 

 

 

Certains s’étonnent des lignes de Benoît XVI dans sa récente « Lettre » envoyée aux Evêques, qui fait suite aux troubles suscités par la levée de l’excommunication des prélats consacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Rappelons les propos qui provoquent un étonnement, d’ailleurs beaucoup plus feint que réel, chez quelques catholiques conciliaires : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein. Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. » (Benoît XVI, Lettre aux Evêques de l’Eglise catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre, jeudi 12 mars 2009).

 

C’est pourquoi, afin de rappeler quelques vérités essentielles défendues par Benoît XVI, nous publions un texte, passé quelque peu inaperçu, à savoir l'intervention du pape l’année dernière au synode des évêques sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", en octobre 2008, texte dans lequel il expose clairement les raisons de la disparition de Dieu de l’horizon des hommes, conséquence, pour Joseph Ratzinger, d’une « herméneutique philosophique profane [qui] s’affirme et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire. » Cette herméneutique profane est négatrice de l’action de Dieu dans l’Histoire, mais aussi de sa présence, aboutissant inévitablement à une culture athée qui a évacué, non seulement l’idée de Dieu sur le plan philosophique, mais également la possibilité même de sa présence mystérieuse au sein du devenir de ce monde.

Comme le soulignait Benoît XVI lors d’une autre intervention : « Rappelons-nous la parole de Jésus qui continue cette parole du Psaume:  "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point". Humainement parlant, la parole, notre parole humaine, n'est presque rien dans la réalité, à peine un souffle. A peine prononcée, elle disparaît. Comme si elle n'était rien. Mais la parole humaine a déjà une force incroyable. Ce sont les mots qui créent ensuite l'histoire, ce sont les mots qui donnent forme aux pensées, les pensées desquelles viennent la parole. C'est la parole qui forme l'histoire, la réalité. »

 


 

 

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Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea en 1221, mort à Lyon le 15 juillet 1274,
plus connu sous le nom de saint Bonaventure

 

théologie de l'histoire.JPGOn oublie trop facilement que Joseph Ratzinger est d’abord et avant tout un théologien travaillant sur l’histoire de la Révélation, et la place de dieu au sein de l’Histoire. Sa théologie, inspirée de saint Augustin et saint Bonaventure [1], est à la recherche d’un accomplissement complet du divin dans l’histoire humaine, déclarant, à la suite de Bonaventure, souhaiter le déploiement illimité, dans l’Histoire, des interprétations de l’Écriture par la théologie. Dans sa thèse de jeunesse, Joseph Ratzinger a posé les racines de sa compréhension de l’Histoire, de l’Écriture, de la Tradition, et de son refus d’une actualisation du catholicisme dans la modernité qui entendrait « consoner » avec les aspirations eschatologiques temporelles (les fruits infinis du progrès matériel, technologique, scientifique et moral) portées par cette même modernité. Comme l’écrit Philippe Levillain : « Benoît XVI […] explique – et il raconte aussi – comment il faut lire l’histoire du salut établie en Europe, de la Terre Sainte aux confins de la terre, la vocation missionnaire restant au cœur du christianisme. […] Faire de la théologie un personnage historique fondamental pour l’avenir du christianisme, telle est l’empreinte que veut laisser Benoît XVI, premier pape élu du XXIe siècle » (P. Levillain, Le moment Benoît XVI, Fayard, 2008, p. 273).


 

Benoît XVI s’oppose donc frontalement, et par son discours et ses décisions, ce qui dérange profondément les progessistes, à la modernité dont la marque constituante est une désacralisation absolue et radicale du monde et des sociétés ; en affirmant la primauté du spirituel et le caractère fondateur de la Révélation à l’intérieur de l’Histoire des hommes, dont Dieu, par une attitude destructrice qui fait suite à une dérive théologique et exégétique considérable qui s’est abattue sur la catholicité jusqu’à la vider de sa substance, est la première victime, Joseph Ratzinger est en parfait accord avec ce qu’il écrivait dans son essai portant sur la théologie de l’Histoire chez saint Bonaventure  : « La théologie et la philosophie de l'Histoire naissent surtout pendant les crises de l'histoire des hommes... L'essai de penser I'Histoire d'une façon théologique [s'inscrit dans] la théologie occidentale. La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, est en opposition à l'aristotélisme et à Saint Thomas, sans négliger l'enracinement de l'œuvre dans l'univers spirituel auquel elle appartenait. Ainsi, saint Bonaventure, représentant d'une conception de l'Histoire qui évite la tentation millénariste tout en lui redonnant son dynamisme d'attente, nous éclaire quant au rapport de l'Europe à ses sources ….» (J. Ratzinger, La théologie de l'Histoire de saint Bonaventure, PUF, 2007).


 

Note.


 

[1] Giovanni da Fidanza, né à Bagnorea (actuelle Bagnoregio, près de Viterbe, Italie) en 1217-1218 ou 1221, mort à Lyon dans la nuit du 14 et 15 juillet 1274, plus connu sous le nom de Bonaventure (qui est dû à une petite légende) qu’il prit lors de son entrée dans les ordres. Il fut ministre général de l'Ordre franciscain et est à présent Docteur de l'Eglise, connu sous le titre : Docteur séraphique, de par son commentaire de l'expérience de saint François d'Assise avec le Séraphin.

 

L’œuvre complète de saint Bonaventure a été publiée, en 10 volumes in-folio, entre 1882 et 1910par le Collège d'études médiévales des Franciscains de Quaracchi (Florence).

 

* Livres d'exégèse :

- Commentaires du Livre de la Sagesse
- Commentaire de l'Evangile selon Luc
- Conférences sur l'Évangile de Jean.

* Livres de spiritualité :

- Les Trois voies de la Vie spirituelle
- L'Itinéraire de l'âme vers Dieu (oeuvre qui est en quelque sorte une phénoménologie de l'Esprit)
- L'Arbre de vie
- Le Soliloquium

* Commentaire sur les 4 Livres du Maître des sentences de Pierre Lombard
* Vie de saint François
* Un compendium de Théologie : Le Breviloquium (son oeuvre essentielle)
* De très nombreux sermons
* Une synthèse de théologie spirituelle Les Conférences sur l'Hexaemeron.


 

Bibliographie



* Étienne Gilson, La philosophie de saint Bonaventure, Paris : Vrin 1953 (indispensable, bien que Gilson soit revenu, à la fin de sa carrière, sur le fait qu'il soit possible de tirer une philosophie chez saint Bonaventure).
* Joseph Ratzinger, La théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Paris : PUF 1988 (la thèse de doctorat de notre saint Père Benoit XVI)
* Emmanuel Falque, Saint Bonaventure ou l'entrée de Dieu en théologie, éditions VRIN, 2000. (une excellente lecture phénoménologique de saint Bonaventure. Où il est montré, entre autre, que saint Bonaventure ne fait pas rentrer Dieu en philosophie (onto-théologie dénoncée par Heidegger), mais qu'il rentre directement en théologie).

Les points de conflits avec saint Thomas D'Aquin

Le franciscain Guillaume de La Mare rédige un Correctoire de Frère Thomas (en 1279) qui recense tous les points de conflits entre Thomas d’Aquin et les Franciscains. Bien que les deux immenses penseurs se soient beaucoup côtoyés, certains points conflictuels surgissent entre eux : il convient de les présenter.

1) Querelle sur le commencement du monde et son éternité. (proposition 6)
Pour Aristote, et tous les Grecs, le monde n’est pas une création, mais seulement un changement (cf. le démuirge de Platon dans le Timée). Dieu n’est qu’auteur et principe.

Saint Thomas, lui, ne tranche pas cette question : il dit que c’est impossible à déterminer philosophiquement.

2) Querelle de l’hylémorphisme (proposition 28)
Saint Thomas a osé affirmer l’unité de l’être humain, unité substancielle d’âme et de corps : l’homme est un corps. Cela dépasse la conception néo-platonicienne en vigueur chez tous les théologiens.

3) La vision Béatifique (propostion 49)
La Béatitude ne consiste plus en un acte de la volonté, mais en un acte de l’intelligence (Somme théologique, Ia, IIae, art. 4, qu. 3.)  En effet, si l’homme est définit comme un animal raisonnable, la béatitude ne peut consister qu’en ce qui caractérise l’homme en propre.
La volonté représente un manque : on veut parce qu’on a pas. Or la béatitude est une possession qui consiste en l’identification du connu (Dieu) au connaissant (l’homme).
Ce conflit illustre les problèmes des statuts de l'affect et de l'intelligence.

4) Le rapport à l'Ecriture sainte
La raison est le propre de l'homme : il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas connaître Dieu. La raison créé représente la théologie naturelle. Pas cette question chez Bonaventure

 


 

 

 

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« On propose des interprétations qui nient la présence réelle de Dieu dans l’histoire »

 

Transcription intégrale de l'intervention du pape au synode des évêques

sur "La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise", mardi 14 octobre 2008



par Benoît XVI

 



Chers frères et soeurs, en travaillant à mon livre sur Jésus, j’ai eu largement l’occasion de voir tout le profit que l’on peut tirer de l'exégèse moderne, mais aussi d’en percevoir les problèmes et les risques.

La [constitution conciliaire] "Dei Verbum" 12 donne deux indications méthodologiques pour un travail d’exégèse adéquat. En premier lieu, elle confirme la nécessité d’utiliser la méthode historico-critique, dont elle décrit rapidement les éléments essentiels. Cette nécessité est la conséquence du principe chrétien formulé en Jean 1, 14: "Verbum caro factum est". Le fait historique est une dimension constitutive de la foi chrétienne. L’histoire du salut n’est pas une mythologie, mais une histoire vraie et il faut donc l’étudier selon les méthodes de la recherche historique sérieuse.

Mais cette histoire a une autre dimension, celle de l'action divine. C’est pourquoi "Dei Verbum" parle d’un second niveau méthodologique nécessaire pour bien interpréter des paroles qui sont à la fois des paroles humaines et la Parole de Dieu. Le Concile dit – appliquant en cela une règle fondamentale pour toute interprétation d’un texte littéraire – qu’il faut interpréter la Sainte Ecriture dans l’esprit même où elle a été écrite et il indique en conséquence trois éléments méthodologiques fondamentaux qui permettent de tenir compte de la dimension divine, pneumatologique de la Bible. Il faut donc: 1) interpréter le texte en ayant présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; aujourd’hui on appelle cela l’exégèse canonique, une expression qui n’avait pas encore été créée à l’époque du Concile, mais le Concile dit la même chose: il faut avoir présente à l’esprit l'unité de toute la Sainte Ecriture; 2) il faut aussi tenir compte de la tradition vivante de toute l’Eglise et enfin 3) il faut respecter l'analogie de la foi.


Ce n’est que lorsque les deux niveaux méthodologiques - historico-critique et théologique - sont respectés que l’on peut parler d’une exégèse théologique, d’une exégèse adaptée à ce Livre. Alors que, au premier niveau, l'exégèse académique actuelle travaille à un très haut niveau et nous aide vraiment, on ne peut en dire autant pour l’autre niveau. On constate souvent que ce second niveau, celui que constituent les trois éléments théologiques indiqués par "Dei Verbum", est presque absent, avec des conséquences plutôt graves.

La première conséquence de l'absence de ce second niveau méthodologique est que la Bible n’est plus qu’un livre du passé: on peut en tirer des conséquences morales, y apprendre l’histoire, mais le Livre en tant que tel ne parle que du passé et l'exégèse n’est plus vraiment théologique, elle devient histoire pure, histoire de la littérature. C’est la première conséquence: la Bible reste dans le passé, elle ne parle que du passé.

Il y a une seconde conséquence, encore plus grave: quand l'herméneutique de la foi indiquée par "Dei Verbum" disparaît, un autre type d’herméneutique apparaît nécessairement, une herméneutique sécularisée, positiviste, dont la clé fondamentale est la conviction que le Divin n’apparaît pas dans l’histoire humaine. Selon cette herméneutique, quand il semble qu’il y ait un élément divin, il faut expliquer d’où vient cette impression et réduire le tout à l'élément humain.


Il en résulte que l’on propose des interprétations qui nient l’historicité des éléments divins. Aujourd’hui, ce que l’on appelle le "mainstream" de l'exégèse en Allemagne nie, par exemple, que le Seigneur ait institué la Sainte Eucharistie et affirme que le corps de Jésus serait resté dans le tombeau. La Résurrection ne serait pas un événement historique mais une vision théologique. C’est le résultat de l’absence d’une herméneutique de la foi: une herméneutique philosophique profane s’affirme alors et nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l’histoire.


La conséquence de l'absence du second niveau méthodologique est qu’un profond fossé méthodologique s’est creusé entre l’exégèse scientifique et la "Lectio divina". C’est précisément de là que naît parfois une forme de perplexité, y compris dans la préparation des homélies. Quand l'exégèse n’est pas de la théologie, la Sainte Ecriture ne peut être l'âme de la théologie et, réciproquement, quand la théologie n’est pas essentiellement interprétation de la Sainte Ecriture dans l’Eglise, cette théologie n’a plus de base.


Il est donc absolument nécessaire, pour la vie et la mission de l’Eglise, pour l’avenir de la foi, de dépasser ce dualisme entre exégèse et théologie. La théologie biblique et la théologie systématique sont deux dimensions d’une unique réalité, que nous appelons théologie.

 

Je crois donc souhaitable que l’une des propositions [du synode] parle de la nécessité de tenir compte, dans l’exégèse, des deux niveaux méthodologiques qu’indique "Dei Verbum" 12, là où il est question de la nécessité de développer une exégèse non seulement historique, mais aussi théologique. Il faudra donc élargir en ce sens la formation des futurs exégètes, pour ouvrir vraiment les trésors de la Sainte Ecriture au monde d’aujourd’hui et à nous tous.




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 


19.10.2008


 

 

 

Commentaires

Il faut une bonne dose d'hypocrisie janséniste pour faire comme Benoît XVI de l'attentisme un dynamisme.

Du reste, dans sa tentative d'eschatologie inspirée de saint Augustin et Bonaventure, Joseph Ratzinger a un prédécesseur illustre en la personne de G.W.F. Hegel, théologien laïc qui a inspiré le philosophe nazi Heidegger.

La théologie de Benoît XVI est du reste compromise ouvertement avec des philosophies, celles d'Horkheimer et d'Adorno, suiveurs de Hegel, des théologies dont le satanisme est facilement décelable. C'est à ce titre que Benoît XVI a été félicité dans la sinistre revue française "Les Temps modernes", qui en fait de "modernité" se complaît dans l'archaïsme judéo-boche.
En ce qui concerne Mgr Fellay, tout développement est inutile : on peut parler de pur crétinisme.

Écrit par : Lapinos | samedi, 14 mars 2009

Aujourd’hui, c’est de l’abîme des charniers du XXe siècle que les croyants en appellent à Dieu, un dieu las qui semble bien renvoyer l’homme à l’homme. Il faut la médiation d’un autre pour revitaliser selon l’esprit le regard de l’homme sur l’homme. Le Dieu (ou les dieux) des religions monothéistes se serait-il épuisé à jouer en vain ce rôle de médiateur ?

Écrit par : Gabriel | mercredi, 18 mars 2009

Dans la religion chrétienne Jésus dit que "Dieu n’interviendra plus après lui comme il le faisait auparavant" parceque par Jésus il est donné l’esprit Saint. Le lien d’Amour qui relie les gens. Donc pour le chrétien la non ingérance de Dieu est un fait. Car en effet l’intervention du créateur nous priverait de nos libertés. Et le chrétien n’a pas donc de problème avec les complaintes des hommes qui sont contre cette nouvelle liberté.

Écrit par : Klavelle | mercredi, 18 mars 2009

Vivre "comme si Dieu existait" – que l’on croie ou non en Lui – c’est la proposition paradoxale lancée par Benoît XVI à la culture et aux hommes d'aujourd’hui.

Écrit par : Laplace | mercredi, 18 mars 2009

Un livre vraiment important, déjà publié en Allemagne, est sorti en Italie. Son auteur est un philosophe chrétien de première grandeur, Robert Spaemann. Le titre italien est "La diceria immortale", le titre original allemand "Das unsterbliche Gerücht". Un titre que l’auteur explique de la manière suivante:

"Qu’il existe un être qui, dans notre langue, s’appelle 'Dieu', c’est une vieille rumeur que l’on n’arrive pas à réduire au silence. Cet être ne fait pas partie de ce qui existe dans le monde. Il devrait plutôt être la cause et l’origine de l’univers. Mais la rumeur indique que cette origine a laissé dans le monde des traces et des références. C’est la seule raison pour laquelle on peut faire des affirmations si diverses sur Dieu".

Le livre, édité en Italie par Cantagalli, est le premier d’une collection intitulée – pas par hasard – "Come se Dio fosse", comme si Dieu existait.

Cette proposition, Joseph Ratzinger l’a formulée pour la première fois, en théologien mais aussi en philosophe, dans son mémorable discours du 1er avril 2005 à Subiaco, dernière conférence publique avant d'être élu pape.

Voici comment il l’avait exposée:

"A l’époque des Lumières, on a tenté de comprendre et définir les normes morales essentielles en disant qu’elles seraient valables 'etsi Deus non daretur', même si Dieu n’existait pas. Face à l’opposition entre confessions et à la crise menaçante de l’image de Dieu, on a essayé de maintenir les valeurs essentielles de la morale hors des contradictions et de leur chercher une évidence qui les rende indépendantes des nombreuses divisions et incertitudes des diverses philosophies et confessions. C’est comme cela que l’on a voulu assurer les bases de la cohabitation et, plus généralement, celles de l’humanité. A cette époque, cela paraissait possible, dans la mesure où la plupart des grandes convictions de fond créées par le christianisme résistaient et semblaient indéniables. Mais il n’en est plus ainsi. La recherche d’une telle certitude rassurante, qui puisse rester incontestée au-delà de toutes les différences, a échoué. Même l’effort vraiment grandiose de Kant n’a pas pu créer la nécessaire certitude partagée. Kant avait nié que Dieu puisse être connaissable dans le cadre de la raison pure, tout en présentant Dieu, la liberté et l’immortalité comme des postulats de la raison pratique, sans laquelle, pour être cohérent, aucun comportement moral ne lui paraissait possible. La situation actuelle du monde ne nous fait-elle pas penser de nouveau qu’il pourrait avoir raison? Je voudrais le dire autrement: la tentative, portée à l’extrême, de modeler les choses humaines en faisant tout à fait abstraction de Dieu nous conduit de plus en plus au bord du gouffre, vers la mise de côté totale de l’homme. Il faudrait alors renverser l’axiome des philosophes des Lumières et dire: même ceux qui ne parviennent pas à trouver le chemin de l’acceptation de Dieu devraient en tout cas chercher à vivre et à mener leur vie 'veluti si Deus daretur', comme si Dieu existait. C’est le conseil que Pascal donnait déjà à ses amis incroyants; c’est celui que nous voudrions donner, aujourd’hui aussi, à nos amis incroyants. Ainsi personne n’est limité dans sa liberté, mais toutes nos affaires trouvent un soutien et un critère dont elles ont un besoin urgent".

Écrit par : Giblin | mercredi, 18 mars 2009

PS.

"Avec la disparition de l’idée de Dieu disparaît aussi celle d’un monde vrai"

"L’histoire des arguments en faveur de l’existence de Dieu est immense. Il y a toujours eu des hommes qui ont cherché à s’assurer du bien-fondé de leur foi. [...] Les preuves classiques de l’existence de Dieu cherchaient à montrer qu’il est vrai que Dieu existe. Elles présupposaient que la vérité existe et que le monde est doté de structures compréhensibles, accessibles à la pensée, qui trouvent leur fondement dans l’origine divine du monde. Elle nous sont directement accessibles et donc capables de nous mener à ce fondement.

Ce présupposé est contesté à partir de Hume et surtout par Nietzsche. [...] L'œuvre entière de Nietzsche peut être lue comme une paraphrase de la formule lapidaire de Hume: " We never really advance a step beyond ourselves ", en réalité, jamais nous n’avançons d’un pas au-delà de nous-mêmes [...] Nietzsche écrit que "nous aussi, philosophes des Lumières, libres penseurs du XIXe siècle, nous empruntons encore notre feu à la foi chrétienne – qui fut aussi la foi de Platon – qui admettait que Dieu est la vérité et que la vérité est divine". Mais justement cette pensée est pour Nietzsche une auto-illusion. Il n’y a pas de vérité. Il n’y a que des réactions utiles ou nuisibles. "Nous ne devons pas nous imaginer que le monde nous montre un visage lisible", disent Michel Foucault et Richard Rorty. [...] Avec la disparition de l’idée de Dieu disparaît aussi celle d’un monde vrai. [...]

Le néo-pragmatiste Rorty remplace la connaissance par l’espérance d’un monde meilleur, où l’on ne peut même plus dire en quoi cette espérance devrait consister. [...] En conséquence de quoi Rorty n’accepte même plus le reproche de parler de façon obscure et contradictoire. En fait, dans le cadre d’une pensée qui se sent obligée non plus à la vérité mais au succès, on ne peut même plus dire clairement en quoi devrait consister ce succès. Des pensées obscures peuvent être plus efficaces que des pensées claires. La nouvelle situation est caractérisée par le fait que nous décidons "uno actu", par notre pure volonté, si nous devons penser un absolu, penser cet absolu comme Dieu, reconnaître quelque chose comme une vérité non relative à nous-mêmes; et enfin si nous devons nous considérer comme autorisés à nous percevoir en tant qu’êtres capables de vérité, autrement dit en tant que personnes. [...]

Chez Nietzsche la "voie moderne", c’est-à-dire le nominalisme, parvient à la plénitude et à la pleine conscience de soi. [...] Donc dans cette situation, les arguments pour penser l’absolu comme Dieu ne peuvent être que des arguments "ad hominem". [...] Si nous ne le voulons pas, il n’y a aucun argument qui puisse nous convaincre de l’existence de Dieu. [...]

Lorsque la pensée de la vérité disparaît celle de la réalité disparaît aussi. Quand on dit et pense ce qui est, c’est structuré d’une manière inévitablement temporelle. On ne peut pas penser quelque chose comme réel sans le penser dans le présent, c’est-à-dire comme réel "maintenant". Quelque chose qui n’a jamais été que passé ou qui ne sera que futur, ça n’a jamais existé et ça n’existera jamais. Ce qui est maintenant a été futur avant et sera passé ensuite. Le "futurum exactum", le futur antérieur, est inséparable du présent. Dire d’un événement actuel que dans l’avenir il n’aura plus eu lieu, revient à dire que, en réalité, il n’a même pas lieu maintenant. En ce sens tout le réel est éternel. Il ne pourra pas y avoir un moment où il ne sera plus vrai que quelqu’un a ressenti une douleur ou une joie qu’il ressent maintenant. Et cette réalité passée fait absolument abstraction du fait que nous nous en souvenons.

Mais quel est le statut ontologique de cette transformation en passé si toutes les traces sont effacées, s’il ne doit plus y avoir d’univers? Le passé est toujours le passé d’un présent; qu’en sera-t-il du passé s’il n’y a plus aucun présent? L’inévitabilité du "futurum exactum" implique donc l’inévitabilité de penser un "lieu" où tout ce qui arrive est conservé pour toujours. Sans quoi il faudrait accepter l’idée absurde que, un jour, ce qui est maintenant n’aura plus été; et par conséquent le présent lui-même n’est pas réel: une pensée que seul le bouddhisme tend à soutenir. La conséquence du bouddhisme est la négation de la vie.

Nietzsche a réfléchi comme personne avant lui aux conséquences de l’athéisme, avec l'intention de parcourir non pas la route de la négation de la vie, mais celle de l’affirmation de la vie. [...] La conséquence la plus catastrophique lui semblait être que l’homme perde ce à quoi tend son auto-transcendance. En fait, Nietzsche considérait que le plus grand acquis du christianisme était qu’il enseignait l’amour de l’homme par amour de Dieu: "le sentiment le plus noble et le plus haut que les hommes aient atteint jusqu’à présent". Le surhomme et l’idée d’un éternel retour se substituaient à l’idée de Dieu. En fait, Nietzsche voyait avec clarté qui, sinon, déterminerait à l’avenir le visage de la terre: les "derniers hommes", qui croient avoir inventé le bonheur et se moquent de l’"amour", de la "création", de la "nostalgie" et de l’"étoile". Uniquement occupés à manigancer leur luxure, ils considèrent comme un fou tout dissident qui tient sérieusement à quelque chose, comme par exemple à la "vérité".

L’héroïque nihilisme de Nietzsche s’est montré impuissant, comme il le craignait lui-même, face aux "derniers hommes". [...] Le nihilisme banal du dernier homme est aujourd’hui propagé, entre autres, par Richard Rorty. L’homme qui a abandonné la vérité en même temps que l’idée de Dieu ne connaît plus maintenant que ses propres états subjectifs. Son rapport avec la réalité n’est pas représentatif, mais seulement causal. Il veut se concevoir lui-même comme une bête rusée. A une bête de ce genre on ne donne pas la connaissance de Dieu. [...]

Mais si nous voulons penser le réel comme réel, nous devons penser Dieu. "Je crains que nous ne puissions nous libérer de Dieu tant que nous croirons à la grammaire", écrit Nietzsche. Il aurait aussi pu ajouter: "... tant que nous continuerons à nous penser comme réels". Un argument "ad hominem".

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Robert Spaemann, "La diceria immortale", Cantagalli, Sienne, 2008.

Écrit par : Giblin | mercredi, 18 mars 2009

@ Lapinos

L'organisation des soins psychiatriques, apportés par des structures publiques, repose sur des territoires géographiques appelés « secteur psychiatriques ».

Pour Paris, chaque arrondissement correspond à un à trois secteurs psychiatriques.

Les habitants de chacun de ces territoires sont assurés de disposer de soins de proximité et d'un service d'hospitalisation sous la responsabilité d'une même équipe médicale et infirmière.

Les arrondissements qui dépendent de l'hôpital Sainte-Anne et des structures de proximité sont les suivants :

5ème arrondissement de Paris
6ème arrondissement de Paris
14ème arrondissement de Paris
15ème arrondissement de Paris
16ème arrondissement de Paris
Les urgences psychiatriques pour ces arrondissements sont assurées au sein des services d'urgence des hôpitaux suivants :

Hôpital Cochin,
HEGP,
l'hôpital Ambroise Paré,
l’hôpital Saint-Joseph
et à l'hôpital Sainte-Anne même, le centre psychiatrique d'orientation et d'accueil (CPOA).
Parallèlement, des soins spécialisés sont apportés par deux services universitaires et par un service d’addictologie.


http://www.ch-sainte-anne.fr/site/soins/soinsPsy/presentation.html

Écrit par : Falk | mercredi, 18 mars 2009

Judicieuse idée Falk de rappeler les lieux dans lesquels Lapinos, qui a un problème déjà depuis longtemps signalé avec l'utilisation du terme "jansénisme", peut trouver de l'aide en région parisienne. Vous auriez pu cependant étendre l'information, par l'effet d'une douce charité prévenante qui en cette période de carême doit présider aux actes d'un chrétien, au territoire national dans le cas éventuel où l'hallucinant spécimen d'Oryctolagus cuniculus frappé de démence sous l'effet visible du poxvirus bien connu sous le nom de "myxome de Sanarelli" qui provoque, comme le savent les spécialistes, un gonflement inquiétant de la tête, s'éloignerait par imprudence un instant du terrier de son arrondissement.

Écrit par : Zak | mercredi, 18 mars 2009

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP), interrogé mercredi par France Culture sur les propos de Benoît XVI contre le préservatif, a estimé que "ce pape commence à poser un vrai problème", car vivant "dans une situation d'autisme total".

De religion catholique "parce que je suis né dedans" et parce que "je suis attaché aux valeurs chrétiennes", le maire de Bordeaux a assuré: "ce pape commence à poser un vrai problème". Il a cité la réintégration d'evêques "dont l'un est l'apôtre - si j'ose dire - du négationnisme", l'excommunication au Brésil et l'affaire du préservatif.

Au Brésil, "qu'une gamine de neuf ans qui a été violée, dont la vie est en danger, soit - sinon elle-même - du moins ses parents et le médecin qui l'a aidée à avorter excommuniée, c'est une absence de charité crhétienne extraordinaire", a poursuivi l'ancien chef de gouvernement.
Lire aussi

1. Cohn-Bendit: "il y en a assez maintenant de ce pape"
2. Préservatif: le pape n'a fait qu'exprimer "l'idéal" de fidélité des catholiques selon Di Falco
3. Sida: en route pour l'Afrique, le pape conteste l'efficacité du préservatif

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"Aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c'est d'abord une contreverité et c'est inacceptabe pour les populations africaines et pour tout le monde", a-t-il poursuivi. "Il y a un vrai problème", "je sens autour de moi un malaise profond", a ajouté M. Juppé, qui a "l'impression" que le pape "vit dans une situation d'autisme total".

Écrit par : Juppé (UMP): "ce pape commence à poser un vrai problème" | mercredi, 18 mars 2009

Décidément, on se demande qui est autiste dans tout ça?

Écrit par : Alain | mercredi, 18 mars 2009

A lire, dans les nouvelles entrées du "dictionnaire" Consanguin, cette amusante définition finalement assez pertinente qui s'applique à merveille aux bavards néo-cons qui s'agitent parfois stérilement sur certains sites.

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Primotraditionnaliste : se dit d'un consanguin dantequidolâtre qui souhaite se démarquer des nobles intégristes de Saint Nicolas du Chardonnet, en teintant sa propre Réaction d'un peu de mythologie hindouiste et de symbolisme extrême-oriental. Mais le primotraditionnaliste ne s'en réjouit pas moins dès qu'un musulman meurt quelque part dans le monde. Il se prétend "juif par le père (si)", ou encore "américain par alliance à la troisième génération du côté de sa soeur". Le primotraditionnaliste fait invariablement dégénérer la religion catholique en religiosité militante, et s'affirme par exemple "chrétien sioniste" dans le but de souligner qu'il aimerait bien en revenir au doux temps des colonies, si ce n'est celui des croisades pour aller circumambuler à Jérusalem en transférant les races inférieures à Madagascar, par exemple. Et vas-y que je te saupoudre tout ça d'hindouisme mal digéré.


Le primotraditionnaliste a un petit côté milicien assez marqué : il glorifiera la France Eternelle tant qu'une autre puissance ne viendra pas revendiquer son droit de massacrer en masse au nom de l'Occident Immortel. Si une telle puissance survient, le primotraditionnaliste adopte alors le discours désabusé des déclinologues, crache sur son pays perverti par l'immigrationnisme bolchévique, se met à parler du "Frankistan", pour devenir le parfait milicien au service du Léviathan Nouveau. Il se paluche sur Omaha Beach, et s'envoie du Nicolas Baverez en perfusion. L'Eldorado est à l'ouest, les faucons et leur PNAC sont des conquérants, tout ça. D'ailleurs le primotraditionnaliste adorait John McCain, et Sarah Palin ressemblait tellement à sa mère qu'il en tachait ses pantalons.


Pendant des années, le primotraditionnaliste était arabophobe. Mais prenait soin de fermer sa gueule, par précaution : les phalanges antiracistes mitterrandiennes ou chirakiennes patrouillaient la nuit, et brûlaient sans sommation les maisons de ceux qui se laissaient aller à des propos un peu musqués. Le primotraditionnaliste est maintenant "islamophobe", "prosioniste", "bushiste", et il le klaxonne à tout le monde. Chez lui, tout raisonnement se sublime en propagande. C'est en somme un rutilant consanguin chromé, toutes options. Alliant la classe du Sergent Garcia au charisme de Bruno Mégret, le primotraditionnaliste ne rêve que de "ratonnades", de défilés militaires et d'héroïc fantasy. Suprémaciste comme personne, le primotraditionnaliste attend, comme le fait ce couillon de révolutionnaire trotskyste, son propre Grand Soir. Il s'agit de la REPRISE OXYDANTALE, de la Contre-Révolution Cathofasciste, qui devrait bien finir par venir à sa rescousse et le sauver de sa médiocre condition. En résumé, pour le primotraditionnaliste comme pour tout intégriste, il n'y a qu'un credo, qu'un mantra, qu'un unique totem encore et toujours :

"I can kill 'cause in God I trust"



Source : http://consanguin.blogspot.com/

Écrit par : Dan | mercredi, 18 mars 2009

La définition de l'habituel contributeur naturiste ne manque pas de vérité : "Un consanguin dantequidolâtre qui souhaite se démarquer des nobles intégristes de Saint Nicolas du Chardonnet"...

Écrit par : Fs | mercredi, 18 mars 2009

Exact Fs, l'observation est assez remarquable. D'autant que s'il faut en croire le Frère qui a rédigé l'entrée "Primotraditionnaliste" dans l'intéressant dictionnaire Consanguin, Frère qui n'est pas passé à côté de son sujet avouons-le, "le primotraditionnaliste fait invariablement dégénérer la religion catholique en religiosité militante et s'affirme par exemple "chrétien sioniste". Pour le coup on a vraiment l'impression de reconnaître quelques plumes, mais que l'on ne citera pas par respect d'une certaine décence religieuse en ces lieux vénérables et pieux...

Écrit par : Falk | mercredi, 18 mars 2009

Benoît XVI, toujours aussi sévère contre les ravages de la modernité dans son homélie prononcée au stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, a déploré "le bouleversement de la vie traditionnelle" africaine et "la tyrannie du matérialisme" sous l'effet de la mondialisation. "L'Afrique en général et le Cameroun en particulier encourent le risque de ne pas reconnaître" Dieu, "le véritable auteur de la vie", a-t-il averti, évoquant le "déracinement" tragique de nombreux Africains, particulièrement les jeunes privés de ressources et attirés "par les paradis éphémères".

Écrit par : Hire | jeudi, 19 mars 2009

Excellent résumé de la situation par Robert Spaemann : "L’héroïque nihilisme de Nietzsche s’est montré impuissant, comme il le craignait lui-même, face aux "derniers hommes". [...] L’homme qui a abandonné la vérité en même temps que l’idée de Dieu ne connaît plus maintenant que ses propres états subjectifs. Son rapport avec la réalité n’est pas représentatif, mais seulement causal. Il veut se concevoir lui-même comme une bête rusée. A une bête de ce genre on ne donne pas la connaissance de Dieu." Il faudrait donc rajouter avec Benoît XVI que si Dieu disparaît de l’horizon des hommes, les hommes également, et peut-être en premier lieu, disparaissent de l'horizon de Dieu !

Écrit par : Sulpice | jeudi, 19 mars 2009

Une nouvelle fois, je ne résiste pas au plaisir de rapporter les échanges récents qui eurent lieu entre notre ami Hadrien et le cordonnier à tarlouzes qui osa déclarer, avec son sens inné du grotesque ridicule : "De la théologie, ici [entendre le blog naturiste], on en fait tout le temps :“Carholiques à Babouches”, “Maurrassiens à Babouches”, “anti-libéraux à babouches” se sont des notions théologiques, dans la mesure où elles visent à cerner une structure mentale commune."


Ce à quoi, avec pertinence, il lui fut répondu par Hadrien :

- "Donc pour vous l’étude de la “structure mentale”, si les catégories exposées possèdent un sens ce dont je doute fort, relève de la théologie. Information intéressante. Mais auriez-vous oublié toutefois que, selon Manuel de Diéguez, le structuralisme est un horticulteur dont le débarquement sur notre planète date de l’endormissement de la pensée critique mondiale à la suite de la victoire des démocraties sur le nazisme. Ainsi le structuralisme mental à visée théologique dont vous nous parlez ne serait-il pas finalement un vieux mythe de sociologue ?"

Inutile de signaler l'ire colérique furibarde du cordonnier qui, en une phrase venait de se faire démasquer désigner comme un imbécile sociologue structuraliste !


Face au témoignage de sa rage qui souhaitait voiler son ignorance crasse, Hadrien rajouta :

- "Mauvais le rappel de l’origine sociologique de la catégorie, utilisée par vos soins, de “structure mentale” ? étrange attitude. Dois-je vous rappeler que, paradoxalement, la pensée structuraliste contemporaine a assimilé la réflexion sur le sacré et le profane qui provient des sciences des religions (G.-L. Müller). Il est vrai que la sociologie naissante avait, à l’égard du christianisme, une position ambiguë : il est aisé de reconnaître dans la définition durkheimienne de la religion comme « administration du sacré » et comme ensemble de « croyances obligatoires » une influence même de l’Eglise. Cependant, quant à soutenir que les grilles d’analyses sociologiques faisant appel à la notion de structure que vous utilisez relèvent de la théologie, là vous y allez un peu fort."

Après une ultime dénégation de l'origine structuraliste du terme "structure mentale", Hadrien expédiait au cordonnier pentecôtiste une dernière flèche mortelle :

- "la formule “structure mentale” ne renvoie pas au structuralisme. Ah bon ? première nouvelle ! Oubliez-vous que le structuralisme sous l’influence de la psychologie de la Forme, a précisément insisté avec force sur la mise à jour des “structures mentales”, montrant que la vie mentale est pensée en termes de systèmes (par opposition à l’associationnisme behavioriste pour lequel tout est construit par association). Ceci dit vous devriez le savoir puisque vous avez rédigé une note en hommage à la pensée de Claude Lévi-Strauss."


Source : Le sale petit secret de l’islam - blog naturiste - # 77 etc.

Écrit par : Falk | vendredi, 20 mars 2009

Le patriarcat de Moscou est solidaire avec la position du pape Benoît XVI sur les moyens de lutte contre le SIDA !

Le patriarcat de Moscou est solidaire avec la position du pape Benoît XVI sur les moyens de lutter contre le SIDA et le fait que les préservatifs ne peuvent pas être considérés comme un remède contre cette maladie.

"Il est faux de considérer les préservatifs comme un moyen d'enrayer la propagation du SIDA", a déclaré le 20 mars l'archiprêtre Vsévolod Tchapline, vice-président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, en commentant la polémique suscitée par les propos du pape de Rome en voyage en Afrique. Selon le père Tchapline, ce ne sont pas les moyens extérieurs de contraception qui peuvent diminuer la propagation du SIDA, mais une éducation juste et un mode de vie raisonnable.

"Si une personne mène une vie peccamineuse, débauchée, se drogue, n'a pas de sens ni de modération dans son existence, elle périra de toute façon d'une maladie ou d'une autre. Aucun préservatif et aucun médicament ne pourront l'en sauver". Selon le père Tchapline, "la propagation du SIDA ne peut être arrêtée que par une éducation éthique de la population concernée et non par le recours aux préservatifs".


http://www.egliserusse.eu/Le-patriarcat-de-Moscou-est-solidaire-avec-la-position-du-pape-Benoit-XVI-sur-les-moyens-de-lutte-avec-le-SIDA_a716.html

Écrit par : BENOÎT XVI ET LE SIDA | lundi, 23 mars 2009

Dieu est mort une première fois sur la croix de Jésus-Christ, une deuxième fois avec Nietzsche et Marx ; sa troisième mort survient lorsqu'on ne croit plus en un même Dieu pour tous, en une perfection commune pour tous, en un idéal consensuel touchant le beau, le vrai, le bien.
Le philosophe André Glucksmann explique dans "La troisième mort de Dieu" pourquoi, selon lui, la Première Guerre mondiale fut le déclencheur d'un processus irréversible d'abandon de Dieu en Europe. Dans cet entretien, il reprend quelques thèmes de cette réflexion.
La " troisième mort de Dieu ", c'est la déchristianisation de l'Europe, la disparition de Dieu dans la vie des Européens. Elle est aisément observable. Pourtant, on parle aussi d'un regain d'intérêt pour le religieux. Alors le premier constat n'est-il pas en train de se périmer ?
André Glucksmann : Tout d'abord, l'idée que l'Europe n'est plus chrétienne n'est pas encore mesurée dans son ampleur historique par les religions. Ce " regain " dont vous parlez est annoncé et réannoncé tous les dix ans, depuis deux cents ans. Le pape vient tout juste de dévoiler que " les Européens vivent comme si Dieu n'existait pas ".

Reste à examiner pourquoi et comment. Deuxièmement, lorsqu'on célèbre (ce fut le cas à propos du jubilé ou de Pâques) une " renaissance de la foi " ou une " revanche de Dieu " (au gré des sensibilités), il conviendrait de préciser que ce n'est pas la religion, mais la religiosité qui reprend du poil de la bête. Beaucoup de personnes supportent mal la troisième mort de Dieu et réagissent à l'aveuglette par une sorte de subjectivisme de la foi, qui peut donner naissance à une religiosté superficielle ou esthétique. Mais rien d'authentiquement chrétien là-dedans.

Écrit par : Lagrèze | jeudi, 02 avril 2009

Zacharias vient de formuler dans la note exposant les positions doctrinales de La Question, le problème clé de toute l'Histoire humaine : "L'homme, depuis le chute, est concrètement soumis à Satan, ses désirs, sa volonté, et, hélas ! jusqu’à ses vertus sont l'otages des forces négatives. Le Christ est donc venu pour nous libérer de ces puissances nocives, non pas pour célébrer la gloire de l'homme et le triomphe de l'humanité, mais pour nous demander de retrouver le chemin d’une juste position de piété à l’égard de Dieu."


http://www.la-question.net/

Écrit par : Hire | lundi, 13 avril 2009

@ Hire, votre remarque est juste : "Benoît XVI, toujours aussi sévère contre les ravages de la modernité dans son homélie prononcée au stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, a déploré "le bouleversement de la vie traditionnelle" africaine et "la tyrannie du matérialisme" sous l'effet de la mondialisation." Toutefois on constatera que les journalistes occidentaux préfèrent s'attarder sur des problèmes autres que celui du matérialisme mortifère, et faire du bruit autour de la question du préservatif. Une façon de se préserver du sida mental ?

Écrit par : Falk | mardi, 14 avril 2009

C'est sans doute cela, est ce SIDA est bien plus redoutable encore, car c'est un virus contre lequel il n'y a pas de thérapie efficace pour l'instant.

Rappelons les termes de l'inventeur de l'expression, Louis Pauwels :

« Il y a cependant de l'authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s'est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de "touche pas à mon pote", et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n'être rien, mais tous ensemble, pour n'aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d'une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l'amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d'ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l'effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C'est une jeunesse atteinte d'un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l'atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N'ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c'est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »


Louis Pauwels, "Le Monome des zombies", éditorial du

Figaro Magazine, 6 décembre 1986.

Écrit par : Hire | jeudi, 16 avril 2009

Sur "la théologie de l'histoire de saint Bonaventure", que connaît très bien le pape BENOÎT XVI, on peut se référer à mon article intitulé "L'ère du Verseau-Lion", du 1er février 2009, mis en ligne sur le site CONTRELITTÉRATURE 'pour le rayonnement intellectuel du Sacré-Cœur'. On verra alors comment le Nom divin est la Clef de l'Histoire universelle.

Écrit par : Jean-Marie MATHIEU | mardi, 26 mai 2009

Avec le lien c'est mieux Jean-Marie Matthieu ;-)

http://talvera.hautetfort.com/archive/2009/01/31/l-ere-du-verseau-lion.html

Écrit par : Klavelle | mardi, 26 mai 2009

Merci, Klavelle, mais mon nom de famille s'écrit avec un seul "t". Je ne suis pas saint MATTHIEU, hélas!

Écrit par : Jean-Marie MATHIEU | mardi, 26 mai 2009

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