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samedi, 07 février 2009

Mgr Lefebvre et l’apostasie de Rome

Déclaration de Mgr Lefebvre de novembre 1974 contre l’apostasie de Rome

Mgr Lefebvre.JPG

 Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) 

« La seule attitude de fidélité à l'Église et à la doctrine catholique,

 pour notre salut, est le refus catégorique d'acceptation de la Réforme. »

 

Alors que souffle un vent extrêmement dangereux sur l’Eglise, il est plus que nécessaire de se remémorer les termes de la « Déclaration » de Mgr Lefebvre de novembre 1974, par laquelle il rappelait solennellement l’impossibilité d’accepter la Réforme telle que mise en œuvre par le Concile Vatican II.  A cet égard, Mgr Tissier de Mallerais aujourd'hui, indéniablement, exprime une vive inquiétude légitime, et brandit l’étendard de la fidélité sans faille à l’enseignement de Mgr Lefebvre, ravivant ainsi l’espoir de ceux, prêtres et fidèles, qui redoutent une allégeance sans conditions de la Fraternité Saint Pie X à l’Eglise conciliaire.  N’oublions pas ce que déclarait Mgr Lefebvre dans les premiers de temps de son œuvre salvatrice pour le devenir de l’Eglise : « Demain, peut-être, nous serons excommuniés. Eh bien, j’en appelle à St Pierre et St Paul et je considèrerai cette excommunication comme un brevet de fidélité à l’Eglise Catholique Romaine. » (SE Mgr Lefebvre, Ecône, 29 juin 1976). Alors que dire d’une levée de l’excommunication, sans que Rome n’ait changé la moindre virgule à son discours moderniste, Mgr Tissier de Mallerais ne s’y trompant pas lorsqu’il  décrit notre époque comme celle annoncée par Saint Paul - celle de la grande apostasie : « Nous sommes en train de vivre la grande apostasie dont parle St. Paul dans sa Lettre aux Thessaloniciens : “venerit dicessio primum” (II Thess. 2:3) ».

Relisons donc la Déclaration de Mgr Lefebvre de 1974, précisément publiée alors que Rome lui demandait instamment d'adopter le nouveau rite liturgique de Paul VI, Déclaration dont la clarté et la fermeté ne peuvent conduire à aucune contestation possible de ce que signifie l’authentique combat pour la défense de la Tradition catholique :

"Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l'Église, à la ruine du Sacerdoce, à l'anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l'Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Église depuis dix-neuf siècles.

 « S'il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu'il soit anathème. » (Gal. 1, 8.)

N'est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd'hui? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l'Église.

 

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Sacre des évêques à Ecône le 30 Juin 1988

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l'orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l'Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d'acceptation de la Réforme.

 

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"Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme,
est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie...."

- C'est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre oeuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

- C'est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l'enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l'institution de l'Église, par l'Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l'influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l'Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d'être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto »."

Amen.

-          Mgr Marcel Lefebvre, Ecône, le 21 novembre 1974 –

11:00 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : religion, catholicisme, excommunication, négationnisme, shoah |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Mgr Lefebvre conscient de sa mission et de son rôle, après les consécrations épiscopales et lorsqu'il parapha certains documents, signera ainsi : « archevêque de l'unique Eglise de Jésus-Christ par la grâce de Dieu et l'élection de S.S. le Pape Pie XII » [cf. Lettre du 19 octobre 1983, in "Pour l'amour de l'Eglise", éd. Fayard, 1999, p.169]

Écrit par : Lapide | samedi, 07 février 2009

Christophe GEFFROY, directeur de la revue pseudo tradi La Nef, qui s'extasie à présent niaisement que La Croix – "signe des temps" selon lui – l'ait invité à s’exprimer au sujet de la levée des excommunications dans un blog créé spécialement pour l’occasion par le journal du KGB
http://vatican-integristes.blogs.la-croix.com
soulignait indignement et sans honte : « l'indigence des arguments de Mgr Lefebvre pour justifier sa désobéissance » dans la minable recension qu'il avait faite du livre biographique de Mgr Bernard Tissier de Mallerais "Marcel Lefebvre, une vie" éditions Clovis, 2002 ("La Nef" de nov. 2002, p.32).

Écrit par : Falk | samedi, 07 février 2009

On constate que le même Christophe Geoffroy, lance d'ailleurs de nouveau quelques flèches venimeuses sur l'oeuvre de Mgr Lefebvre dans son dernier éditorial de La Nef :

- "D’abord, il y a l’immense joie du retour à la pleine communion qui devrait toucher tous les catholiques soucieux d’unité comme le Christ nous y exhorte. Mais ce retour ne signifie en aucune façon une « réhabilitation » de l’attitude passée des membres de la Fraternité Saint-Pie X, ni une légitimation a posteriori de leur grave désobéissance qui a conduit Mgr Lefebvre en 1988 à poser, selon Jean-Paul II, « un acte schismatique » (Ecclesia Dei, n. 3). Certes, alors que s’esquisse enfin un accord, ce n’est pas le moment d’y insister, mais il ne faut pas l’oublier, notamment en ce qu’il suppose de la part de Mgr Fellay et des siens un minimum d’humilité dans leur volonté de réintégration."


Christophe Geffroy
Directeur du mensuel catholique La Nef


Source : La Nef n°201 de février 2009
http://www.lanef.net/t_article/fraternite-saint-pie-x-la-fin-dune-dissidence-christophe-geffroy.asp

Écrit par : André | samedi, 07 février 2009

Difficile, après lecture de quelques billets de ce blog, de ne pas vous considérer comme des agents du désordre dans l'affaire qui nous intéresse. Mensonges, calomnies (Ratzinger et le dieu de Kant...), tout cela étant probablement le fruit d'esprits ignorants et apeurés, restés trop longtemps moisir dans le placard du puritanisme.

La question que tous se pausent aujourd'hui est : les lefebvristes se montreront-ils dignes du geste du pape ? Sauront-ils répondre à l'humilité par l'humilité ?

Quand on lit qu'un de vos évêques parle de "convertir Rome", l'on s'interroge : à quelle hauteur spirituelle pourriez-vous hisser celui qui fait tant de gestes nobles, qui prend tant de risques, pour le service de l'unité ? Est-ce par le nanisme intellectuel d'un Williamson que vous comptez "convertir Rome" ?

Dans l'immense respect qui est le mien pour la démarche du pape, je ne peux pas croire que celle-ci soit d'ores et déjà vouée à l'échec. Par charité, mes frères, rassurez-moi !

Écrit par : Quentin | samedi, 07 février 2009

Des agents du désordre Quentin ? Vous ne seriez pas en train de renverser allègrement les choses par hasard ? Qu’est-ce que pour vous le charivari anarchique qui suivit le concile Vatican II, bazardant la liturgie, renversant les autels, vidant les séminaires, piétinant la théologie ? C’est l’ordre romain à votre avis, l’harmonie du Magistère, le témoignage de la Tradition éternelle de l’Eglise ?

Allons un peu de raison. Les fauteurs de troubles depuis 40 ans oeuvrent à transformer l’Eglise et la convertir aux thèses modernistes. La question n’est donc pas de savoir si les lefébvristes seront dignes du geste du pape, mais plutôt s’ils parviendront à maintenir la sainte doctrine et refuser les thèses hétérodoxes contenues dans les actes conciliaires, thèses incompatibles avec l’enseignement multiséculaire de l’Eglise.

La question qui se pose concrètement est donc de savoir que faire après la levée des excommunications ? Sans doute pas, fléchir et abandonner le combat doctrinal. Mgr Williamson, ne vous y trompez pas, est un simple écran de fumée dont se sont emparés les médias pour ternir les traditionalistes et le Saint Père, car la Shoah n’est pas encore un point qui soit intégré au credo pour l’instant. C’est une question non canonique externe au débat théologique, mais dont on veut absolument faire un point de fixation afin de parasiter le processus de dialogue qui vient de s’instaurer entre Rome et la FSSPX. Le problème est ainsi bien ailleurs, et porte intégralement sur des critères dogmatiques de Foi. Et là, il est évident que certains, dont Mgr Tissier de Mallerais, ne lâcheront pas et ne transigeront pas. Il en va du devenir de l’Eglise.

Écrit par : Synésius | samedi, 07 février 2009

Comment ne pas vous rejoindre sur le chaos de ces années 70, que moi-même, jeune étudiant, peut jauger à la mesure des fruits pourris dont nous héritons aujourd'hui ? Oui, le vent de la discorde et du relativisme a soufflé jusque dans les nefs de nos églises.

Mais alors, comment expliquer le repli de Mgr Lefebvre ? Je le perçois comme un geste de défense, un repli discutable, mais qui, à l'époque, se justifiait peut-être par l'ampleur du désastre. Pour ma part, je penses que rien ne justifie, pour un catholique, de quitter l'Église, même un profond désaccord d'avec le Saint Père. Les vies de saints parlent comme une collection d'exemples : si l'on ne combat pas le mal de l'intérieur, on ne fait que l'entretenir.

Les forces modernes œuvrent encore, j'en suis convaincu, à réformer l'Église en profondeur, à la déchristianiser. Nous sommes peu à lutter contre ce bouleversement, cette contre-révolution diabolique. Le pape même semble isolé, à l'heure où ses propres collaborateurs complotent à le déstabiliser. Ces forces-là, elles, agissent là où cela fait mal : au cœur de la Curie, de nos diocèses, de nos paroisses.

Au plus fort du combat, resterez-vous à l'arrière ?

Sur vos points de désaccords, d'ordre théologique dites-vous, quand pourrez-vous en énoncer la liste claire ?

Écrit par : Quentin | samedi, 07 février 2009

Mon cher Quentin, si vous aviez connu la situation en 1970, où la révolution marxo-moderniste triomphait sans aucun partage, les maîtres autels des églises contenant des reliques vénérables détruits à la pioche ou au marteau-piqueur, les objets liturgiques les plus sacrés (ciboires, calices, chasubles, ostensoirs, etc.) vendus par les curés eux-mêmes aux brocanteurs, les moines et les moniales quittant leurs ordres par centaines, les prêtres défroquant par milliers pour prendre femme et s’engager dans le syndicalisme et les luttes prolétariennes, vous penseriez que le maintien réalisé par Mgr Lefebvre de la Tradition, et en particulier de la sainte messe et de la dogmatique, relève du pur miracle providentiel.

N’imaginez pas que ce fut un replis frileux, un abandon, loin de là, mais une lutte dure, très dure, un long combat, âpre et sévère, qui valut à l’œuvre d’Ecône, crachats innombrables, injures, mépris, rejets à un point de violence que vous ne sauriez imaginer. C’est pourquoi, sachant les forces modernistes intactes et toujours actives à vouloir la perte de la religion catholique véritable, il n’est pas question pour nous de rester à l’arrière, d’abandonner le Saint Père, de ne pas tenter de répondre à son désir d’une réconciliation. Cela me semble évident.

Mais le problème, central et important, c’est qu’il n’est pas possible également pour nous, de transiger sur un certains nombres de points fondamentaux, dont je ne vais pas dresser une liste exhaustive car elle serait fort longue, mais qui comporte un refus précis s’agissant principalement :

- De la conception « latitudinariste » et oecuménique de l'Église, divisée dans sa foi, condamnée particulièrement par le Syllabus, n° 18 (DS 2918).
- De la fausse conception des droits naturels de l'homme qui apparaît clairement dans le document sur la liberté religieuse, condamnée particulièrement par Quanta Cura (Pie IX) et Libertas praestantissimum (Léon XIII).
- De la conception protestante du saint sacrifice de la messe et des sacrements, condamnée par le Concile de Trente, sess. XXII.

Ainsi, ce qui a caractérisé Vatican II, dont les énoncés dogmatiques restent profondément tributaires de l’esprit optimistes et irréaliste des années 1960, esprit refusant les conséquences du péché originel consacrant une nouvelle théologie, c’est-à-dire une conception nouvelle de Dieu qui insiste par regard d’immanence sur l’autonomie du monde créé et qui voulait, avec fièvre, lire « les signes des temps » (Gaudium et Spes), c’est la démarche d’ouverture manifestée par l’Église au monde à la modernité et aux autres religions (la réunion d’Assise est un exemple emblématique de cette orientation), la reconnaissance de la liberté religieuse, la modification des rapports entre le collège épiscopal et le pape, et la transformation de la nature même de l’Église qui, de société surnaturelle fondée sur les apôtres, était réduite, horizontalement, au seul peuple de Dieu.
De la sorte, remplaçant de façon impie et inacceptable Dieu par l’homme, Vatican II a installé cet homme au rang d’une quasi idole, lui a conféré une promotion impensable en lieu et place de Jésus-Christ, ce que résuma d’ailleurs parfaitement dans son discours de clôture du Concile Paul VI : « Toute la richesse doctrinale du Concile ne vise qu’à une chose : servir l’homme ! Nous aussi, Nous plus que tout autre, Nous avons le culte de l’homme ! » (Paul VI - 7 déc. 1965).

C’est contre cela que se leva Mgr Lefebvre, et ceux qui le suivirent dans sa lutte méritoire, et que nous n’entendons pas avaliser aujourd’hui en acceptant passivement l’ensemble des actes et déclarations du Concile Vatican II au simple motif d’une levée des excommunications, ce qui reviendrait à renier toute l’œuvre d’attachement à la sainte et vénérable Tradition catholique entreprise il y a près de 35 ans avec Ecône.

Écrit par : Synésius | dimanche, 08 février 2009

Et les mecs de la FSSPX, j'ai beau lire Vatican II sous toutes les coutures, mais à part le problème de la liberté religieuse vs liberté de conscience, je ne vois pas où Vatican II poserait problème. Sur l'oecuménisme, et le salut par les autres religions, les choses me semblent assez orthodoxes, et même, semble-t-il dans la ligne de St Pie X. Alors, ok, peut être que St Pie X avait tort, c'est possible... :)

Donc, si je dois résumer, j'aimerais bien avoir l'intitulé exact de TOUTES les phrases qui posent problème dans Vatican II. Ça me permettrait de défendre d'autant mieux la FSSPX. Parce que plus je réfléchis et je lis Vatican II, que Mgr Lefebvre a signé, plus j'ai l'impression que ce qui pose problème c'est davantage l'esprit du concile que tout le monde reconnait comme aberrant que le concile en lui-même.

Donc, si vous avez des arguments sourcés, et appuyés, je suis preneur.

Écrit par : Polydamas | dimanche, 08 février 2009

@ Polydamas - Ecrire : "j'ai beau lire Vatican II sous toutes les coutures je ne vois pas où Vatican II poserait problème ", signale de votre part, si la formule n'est pas une simple plaisanterie, soit la nécessité de revoir avec plus de sérieux cette lecture sous toutes les coutures faite sans doute un peu trop rapidement, soit une impérative obligation de vous préciter séance tenante chez votre ophtalmo habituel.

Vatican II, présente en effet de multiples éléments contestables, entachés d'hérésie moderniste et en contradiction formelle avec l'enseignement tradionnel de l'Eglise dans les actes suivants qui sont d'ailleurs les principaux et les plus importants du dernier Concile :

- Les sources de la foi (Dei Verbum)

– Le mystère de l'Église (De Ecclesia ou Lumen Gentium)

– La sainte liturgie (Sacrosanctum Concilium)

– La hiérarchie sacerdotale (Presbyterorum Ordinis)

– Le peuple fidèle (Apostolicam Actuositatem)

– Les missions catholiques (Ad Gentes)

– La liberté religieuse (Dignitatis Humanæ)

– L'œcuménisme catholique (Unitatis Redintegratio)

– Le salut du genre humain (Nostra Ætate)

– L'humanisme chrétien (Gaudium et Spes)

Il faudrait entreprendre une analyse, document après document des principales erreurs qui se trouvent dans ces textes, ce qui a été fait par divers théologiens.

Je me borne pour l'instant à vous rappeler simplement les termes de la lettre de Mgr Lefebvre à Jean-Paul II qui indique clairement que le Concile n'est pas conforme à la Tradition de l'Eglise, non pas en raison d'interprétations fantaisistes des actes conciliaires, mais de ce que contiennent en eux-mêmes les actes du Concile :

TRÈS SAINT-PÈRE,

Que Votre Sainteté nous permette, avec une franchise toute filiale, de lui soumettre les réflexions suivantes: La situation de l'Église est telle, depuis vingt ans, qu'elle apparaît comme une cité occupée.

Des milliers de membres du clergé et des millions de fidèles vivent dans l'angoisse et la perplexité en raison de « l'autodestruction de l'Église ».

Les erreurs contenues dans les documents du Concile Vatican II, les réformes postconciliaires et spécialement la réforme liturgique, les fausses conceptions diffusées par des documents officiels, les abus de pouvoir accomplis par la hiérarchie les jettent dans le trouble et le désarroi.

Les documents contenant ces erreurs causent un malaise et un désarroi d'autant plus profonds qu'ils viennent d'une source plus élevée. Les clercs et les fidèles les plus émus par cette situation sont d'ailleurs ceux qui sont les plus attachés à l'Église, à l'autorité du Successeur de Pierre, au magistère traditionnel de l'Église.

Très Saint-Père, il est urgent que ce malaise disparaisse, car le troupeau se disperse et les brebis abandonnées suivent des mercenaires. Nous vous conjurons, pour le bien de la foi catholique et du salut des âmes, de réaffirmer les vérités contraires à ces erreurs, vérités qui ont été enseignées pendant vingt siècles par la sainte Église.

C'est dans les sentiments de saint Paul vis-à-vis de saint Pierre, lorsqu'il lui reprochait de ne pas suivre « la vérité de l'Évangile » (Ga 2, 1114), que nous nous adressons à vous. Son but n'était autre que de protéger la foi des fidèles.

Saint Robert Bellarmin, exprimant à cette occasion un principe de morale générale, affirme que l'on doit résister au Pontife dont l'action serait nuisible au salut des âmes (De Rom. Pont. 1, 2, c. 29).

C'est donc dans le but de venir en aide à Votre Sainteté que nous jetons ce cri d'alarme, rendu plus véhément encore par les erreurs du nouveau Droit Canon, pour ne pas dire les hérésies, et par les cérémonies et discours à l'occasion du cinquième centenaire de la naissance de Luther. Vraiment, la mesure est comble.

Rio de Janeiro, le 21 novembre 1983, fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge.

† Marcel LEFEBVRE
ancien archevêque-évêque de Tulle.

Écrit par : Lapide | dimanche, 08 février 2009

Et les mecs de la FSSPX,


Mais?! Vous n'êtes pas à la FSSPX Polydamas?



http://abimopectore.over-blog.com/article-27048069.html

Écrit par : Jean-Pierre | dimanche, 08 février 2009

@ JP:

C'est plus compliqué que ça, je défends la messe tridentine avant tout, la FSSPX m'ayant formé, je ne peux et ne souhaite pas la rejeter comme étant schismatique, etc.

Je suis ce qu'on appelle un tradi-oecuménique, quelqu'un qui considère que ce qui importe, c'est la messe en latin, avant tout, sachant que la FSSPX reconnaissant la légitimité du pape, ils sont pour moi dans l'Eglise et dans la communion des saints. Mais je connais bien l'IBP, la fraternité St Pierre, et le Christ Roi. Je vais partout où l'on aime la messe tridentine dans l'acceptation de la légitimité du pape, je refuse de rentrer dans les querelles de chapelles, je suis favorable à l'unité de la tradition.

@ Lapide:

"Il faudrait entreprendre une analyse, document après document des principales erreurs qui se trouvent dans ces textes, ce qui a été fait par divers théologiens."

Vous avez une source sur Internet, un document sur lequel on pourrait s'appuyer ?

Pour prendre un exemple concret, Nostra Aetate parle du "dessein de salut" qui englobe les autres religions. Cette expression ne veut pas dire que les croyants peuvent se sauver par les autres religions, mais qu'ils peuvent se sauver s'ils découvrent la vraie foi. Sur l'islam, par exemple, il est dit : " L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre (5), qui a parlé aux hommes. "

Il est clair que ça pose problème pour les musulmans comme pour nous, la Trinité n'étant pas évoquée. Mais le catéchisme de St Pie X dit la même chose en parlant du seul vrai Dieu:

"Qu’est-ce que les infidèles ?

Les infidèles sont ceux qui ne sont pas baptisés et qui ne croient pas en Jésus-Christ ; soit qu’ils croient à de fausses divinités et les adorent, comme les idolâtres ; soit que tout en admettant le seul vrai Dieu ils ne croient pas au Christ Messie, venu en la personne de Jésus-Christ ou encore à venir : tels sont les mahométans et autres semblables."

Donc si vous pouviez me donner des sources théologiques de première main, comme des articles de Si, si, No, no, traitant du sujet, je serais preneur. Parce que les discours de Mgr Lefebvre sont certes très intéressants, mais ils demeurent politiques, et peu portés sur la théologie.

Écrit par : Polydamas | dimanche, 08 février 2009

Vatican II ne sera pas négocié. C'est par l'interprétation du Concile que pourra seulement être trouvé un terrain d'entente.

Benoit XVI, par son herméneutique de la continuité, a œuvré profondément et résolument contre l'esprit de rupture défendu par les modernistes, ramenant progressivement l'ordre dans les rangs de l'Église. Avec le temps, le progressisme se fatigue naturellement, ses défenseurs perdant la foi et désertant l'Église. La purge sévère est à la hauteur de la crise.

Pour autant, Vatican II a aussi porté de véritables fruits, rompant avec un certain esprit puritain anti-évangélique hérité du XIXème siècle. La liberté religieuse, loin d'être un avatar du relativisme, se révèle comme la meilleure défense de l'Église contre ses propres excès. Elle est une conséquence logique de la séparation des pouvoirs temporels et spirituels, et une base assainie au dialogue inter-religieux. De plus, elle n'est en rien contradictoire d'avec la pensée des Pères, ne s'opposant qu'à une certaine vision abusive de l'augustinisme politique qui, à travers l'histoire, a montré son incompatibilité d'avec l'évangélisation défendue par le Christ. L'impérialisme évangélique d'antan a métamorphosé la foi en obligation institutionnelle, alors que l'Évangile devrait toujours être une proposition libre à des esprits raisonnables.

C'est précisément à cause de cette conception pharisienne de l'Église, en phase avec une société sclérosé dans ses rites et ses structures, qu'a eu lieu l'explosion de 68 et les conséquences exagérées parmi les fidèles.

Le dialogue n'aboutira à rien si les lefebvristes ne consentent pas à descendre du piédestal spirituel sur lequel ils se sont placé idéologiquement. Les torts sont partagés.

Écrit par : Quentin | dimanche, 08 février 2009

@ Polydamas - Ce n’est pas sur internet, à ma connaissance, que l’on est en mesure de trouver un examen analytique et critique complet des actes conciliaires. Il faut se tourner vers des ouvrages solides et entrer dans un examen textuel point par point. Il importe également de consulter les ouvrages très favorables aux thèses conciliaires pour mieux comprendre les idées directrices de Vatican II, et ce qui en lui, sur le plan dogmatique, représente un changement profond - je pense à [Vatican II et la théologie : Perspectives pour le XXIe siècle de Philippe Bordeyne et Laurent Villemin, récemment publié au Cerf en 2006], ou encore à [L'Eglise se trompe-t-elle depuis Vatican II ? de Francis Frost et Guy Bagnard, Salvator 2007]. Ces lectures sont prodigieusement éclairantes.

Par exemple vous évoquez la déclaration Nostra Aetate qui parle du "dessein de salut" englobant les autres religions, et vous rajoutez : « Cette expression ne veut pas dire que les croyants peuvent se sauver par les autres religions ». Eh bien figurez-vous que si mon cher ami. Voyez pour cela, les positions actuelle des tenants du dialogue interreligieux qui s’appuient avec force sur Notra Aetate. Pour eux « l’Église n’a pas le monopole du salut advenu en Jésus Christ. En vertu même du dessein de Dieu et de l’universalité du mystère du Christ, le Règne de Dieu peut advenir à sa manière dans les autres traditions religieuses de l’humanité » (Cf. C. Geffré, o.p., La prétention du christianisme à l'universel: Implications missiologiques, Rome, 18 octobre 2000).
Rien d’extraordinaire à de tels propos. « L'Église catholique, est-il écrit au numéro 2 de Notra Aetate, ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions [religions païennes, ou orientales, " liées au progrès de la culture ", comme l'hindouisme et le bouddhisme]. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes... » Or, tous les spécialistes de ces religions affirment que cette vue est totalement fausse. En réalité, « derrière leurs formes brillantes », évoquées par la Déclaration Nostra Aetate, subsiste un paganisme fondamental, ou plutôt une absence de Dieu, qui rend impossible toute autre solution que celle de la conversion. Or, c'est précisément le contraire d'un appel à la conversion que leur adresse le Concile quand il exhorte les fidèles catholiques « pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d'autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent en eux. »
On préfère ainsi, positivement, à la proclamation du seul salut en Jésus-Christ un « nouveau paradigme » obligeant à une révision des positions traditionnelles sous prétexte de la reconnaissance d’une multi-religiosité diversifiée. Il n’est pourtant pas possible de postuler qu’un non-chrétien puisse se sauver « par » sa religion, cette dernière ne possédant pas, par définition, les fruits précieux que constituent les enseignements de la Révélation dispensateurs des dons surnaturels de la grâce, nous remémorant qu’il y a peu, l’Eglise, par la plume de Pie IX, réprouvait fermement et rejetait catégoriquement l’opinion suivante la regardant comme une erreur condamnable contraire à la foi de l’Evangile : « Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. » (Pie IX, Syllabus, § III, XVI-XVII, Rome, 8 décembre 1864).

Et l’on pourrait poursuivre de même encore longtemps. Il faut donc admettre que l’idée tant proclamée et défendue d’une "herméneutique de la continuité" est une absurdité, car le Concile incarne une rupture radicale d’avec l’ancienne doctrine de l’Eglise. De ce fait, il faudra inévitablement passer par une critique honnête et objective des thèses inexactes du Concile, mais aussi un rejet salvateur de ces dernières qui se sont, hélas ! infiltrées dans les actes conciliaires et sont devenues les idées soutenues par le Magistère. Il ne peut, il ne pourra en aucun cas y avoir aucun accord véritable avec Rome sans ce débat préalable indispensable.

Écrit par : Zacharias | dimanche, 08 février 2009

@ Quentin, je crains fort, cela exprimé avec beaucoup de sympathie, que vous ne soyez abusé par certaines thèses diffusées à temps et contretemps dans les paroisses depuis des décennies après le concile. « Vatican II a aussi porté de véritables fruits » affirmez-vous. Oui mais des fruits empoisonnés qui ont pour noms la fin des vocations, la fermeture des séminaires, l’abandon de la liturgie, la perte de la foi, la désorientation doctrinale, etc.

Vous ne pouvez, d’autant que vous ne l’avez pas connu, dire que la religion d’avant le Concile était pharisienne. Elle était à améliorer, sans doute, mais pas à jeter par la fenêtre comme on le fit avec une folie destructrice démentielle. Sachez que le Concile s'acheva dans une ivresse d'optimisme humaniste proprement messianique qui se voulait une nouvelle Pentecôte, une rupture herméneutique frontale et radicale d’avec l’ancienne religion. Dire le contraire, comme on tente de le faire croire aux jeunes générations en particulier, est un mensonge immense.

Autrefois l'Église avait pour unique Seigneur le Dieu trois fois Saint, Père, Fils et Saint-Esprit. Au long de ces années de Concile, ou pour mieux dire du règne occulte d'abord puis officiel de J.-B. Montini devenu Paul VI, à ce pôle unique, attractif qu'était, pour la fidèle et sainte Épouse du Christ, Dieu, son Fils, son Esprit, s'ajouta insensiblement un autre pôle, antagoniste, l'Homme. Un jour vint où les orientations et attractions polaires se renversèrent, d'un coup, de l'ancien point fixe, Dieu, au nouveau, vers qui tout concourt, l'Homme. Quand Paul VI parla au cours de la séance de promulgation du 7 décembre 65, il célébra cette révolution de la sphère terrestre avec une éloquence séductrice : « L’Église du Concile, il est vrai, ne s'est pas contentée de réfléchir sur sa propre nature et sur les rapports qui l'unissent à Dieu ; elle s'est aussi beaucoup occupée de l'homme, de l'homme tel qu'en réalité il se présente à notre époque : l'homme vivant, l'homme tout entier occupé de soi, l'homme qui se fait non seulement le centre de tout ce qui l'intéresse, mais le principe et la raison dernière de toute réalité. Tout l'homme phénoménal, c'est-à-dire avec le revêtement de ses innombrables apparences, s'est comme dressé devant l'assemblée des Pères conciliaires [...]. »

Les novateurs, sûrs de tout emporter étaient convaincus de pouvoir s'emparer de l'avenir. L'orientation de la réforme irrésistible avançait sur le chemin de l'évolution. » Après la clôture du Concile, c'est bien ainsi que Paul VI interprétera les Actes de Vatican II : « Les décrets conciliaires, plutôt qu'un point d'arrivée, écrira le Pape, sont un point de départ vers de nouveaux objectifs. Il faut encore que l'Esprit et le souffle rénovateur du Concile pénètrent dans les profondeurs de la vie de l'Église. Il faut que les germes de vie déposés par le Concile dans le sol de l'Église arrivent à leur pleine maturité. » (SS. Paul VI, Rome, 1970).

Il ne s’agit donc pas d’accepter de descendre d’un quelconque « piédestal spirituel » sur lequel nous nous serions placés, mais de mettre en lumière, nettement et avec fermeté, les erreurs dogmatiques, théologiques et doctrinales qui sont venues corrompre la Foi de l’Eglise, et dire solennellement, que ces erreurs ne peuvent être acceptées car elles sont contraires à l’enseignement des Pères, des Docteurs et des Papes depuis 20 siècles, et surtout en contradiction directe avec la Parole de l’Evangile.

Écrit par : Zacharias | dimanche, 08 février 2009

"JE PENSE QUE L'ON PEUT DIRE QUE LES PERSONNES QUI OCCUPENT ROME AUJOURD'HUI SONT DES ANTI-CHRIST. Je ne dis pas Antéchrist, je dis anti-Christ, comme le dit saint Jean. "Déjà, l'anti-Christ sévit de notre temps", dit saint Jean dans sa première lettre. L'anti-Christ, des anti-Christ. ILS SONT ANTI-CHRIST, C'EST SUR, ABSOLUMENT CERTAIN. Alors, devant une situation comme celle-là, je crois que nous n'avons pas à nous préoccuper des réactions de ces gens-là, qui, nécessairement, sont contre nous. Comme je l'ai dit au cardinal : "NOUS SOMMES TOUT POUR LE CHRIST ET EUX, ILS SONT CONTRE LE CHRIST. COMMENT VOULEZ-VOUS QUE L'ON PUISSE S'ENTENDRE ?"

Alors, eux nous condamnent parce qu'on ne veut pas les suivre. Donc, on peut résumer la situation en disant : "Si vous faites des évêques, vous serez excommunié". OUI, JE SERAI EXCOMMUNIE.

MAIS EXCOMMUNIE PAR QUI ET POURQUOI ?

EXCOMMUNIE PAR CEUX QUI SONT DES ANTI-CHRIST, QUI N'ONT PLUS L'ESPRIT CATHOLIQUE.

Nous sommes poursuivis parce que nous voulons garder la messe catholique, parce que nous voulons garder la foi catholique, parce que nous voulons garder le sacerdoce catholique. Nous sommes poursuivis à cause de cela.

Leur but, c'est d'en finir avec la Tradition

C'est comme cela. Partout, ils ont toujours leur même but, on le sent bien, c'est d'en finir avec la Tradition, d'en finir avec cette messe de saint Pie V. Alors, on la donne un petit peu, mais à la condition que l'on accepte l'autre. Et puis, tout doucement on ramène à l'autre. C'est comme cela."

Mgr Lefebvre, CONFERENCE DONNEE A LA RETRAITE SACERDOTALE, LE 4 SEPTEMBRE 1987 A ÉCONE.

Écrit par : Sacrosanctum | dimanche, 08 février 2009

@ Zacharias:

OK pour les textes de théologiens, quoi que, tout de même, si la critique sur Vatican II était aussi rude, ils devraient bien être quelque part, Internet est suffisamment grand tout de même. Mais non, et là je suis en accord avec Benoit XVI, je refuse de lire ce concile à la lumière de ce qu'en disent les plus progressistes, je veux lire le concile et seulement le concile, qui je le répète, me parait plutôt orthodoxe. Evidemment que si on lit les plus abrutis des progressistes, ce concile sera une aberration. Mais dans les textes même du concile, c'est une autre histoire. Benoit XVI en a recadré plus d'un à ce sujet, je n'évoque pas l'esprit du concile, auquel tout les gens sérieux, Benoit XVI y compris, sont hostiles.

Revenons sur notre exemple. Tel que je comprends la phrase "dessein de salut", je le comprends au premier niveau, à savoir que les musulmans peuvent également se sauver si ils découvrent le vrai Dieu. Dans le sens où, eux aussi ont été rachetés, et sont également des enfants de Dieu, et donc destinés à être sauvés. Mais si ils ne découvrent pas le Christ d'une quelconque manière, le texte ne dit pas qu'ils pourront se sauver par la foi musulmane.

Et ce n'est pas parce que l'abruti que vous citez a une interprétation différente que cela viendra me contredire. A lire ce texte du concile, et uniquement ce texte, il n'est dit nulle part qu'ils pourront se sauver par l'islam. N'utilisons pas de repoussoir pour justifier quoi que ce soit. Restons sur le texte.

Il me semble que la reconnaissance des "vérités" dans les autres religions ne signifie pas quelque chose au niveau théologique, il reconnait juste que certains hommes peuvent partager certaines vérités théologiques reconnues telles que le monothéisme et ce, sans révélation. C'est bien insuffisant, certes, mais enfin, là encore, ça ne met pas les autres religions sur le même plan que le catholicisme. Ça dit juste que des hommes dans leur cambrousse, sans révélation, peuvent avoir une vision pas complètement erronée des choses, à la manière d'un Aristote.

C'est aussi ce qu'on peut comprendre par les "valeurs spirituelles" susceptibles d'être développées, même si, là, je vous l'accorde, on peut parfaitement comprendre qu'il s'agit des valeurs islamiques, et non pas des vérités fondamentales que chaque être humain peut appréhender. Il y a une ambigüité sur ce point, je vous le concède. Mais ne pourrait on pas trouver des ambigüités similaires dans d'autres conciles ou propos tenus par certains papes ?

"Il n’est pourtant pas possible de postuler qu’un non-chrétien puisse se sauver « par » sa religion, "
Tout à fait d'accord, mais le texte ne dit ça à aucun moment, on ne peut pas non plus tirer la compréhension à ce point, je ne lis pas ça dans Nostra Aetate, c'est une déduction qui va beaucoup trop loin, me semble-t-il...

Enfin, vous croyez pas que tout ceci pourrait être résolu par une remise à plat du vocabulaire et des concepts utilisés ?

Écrit par : Polydamas | lundi, 09 février 2009

@ Polydamas,

l'approche que vous avez des textes conciliaires évoque celle d'un juriste qui cherche des vices de procédure : ce n'est pas parce qu'un texte ne dit pas explicitement telle ou telle chose que les idées nocives exprimées dans ces textes n'existent pas, et à fortiori qu'elles n'ont pas de conséquence sur l'abandon de la foi constaté de puis 1965. Il est donc vain de se livrer à un travail de sémantique quand on touche à la transmission de la grâce surnaturelle par l'Eglise. Quand on voit après Vatican II, les prêtres dire la messe en se tournant vers les fidèles et ces derniers prendre eux-mêmes l'hostie, les paroles de Paul VI citées par Zacharias trouvent là une traduction concrète d'une dérive pélagienne et anthropocentrique de l'Eglise (Prométhée n'est pas loin). Le tollé déclenché par cette décision de Benoît XVI est tristement éloquent d'un état de dégénérescence de l'église catholique et le véritable enjeu de cette réintégration des évêques de la FSSPX, c'est de garder, même s'il est minoritaire, un pôle spirituel qui garde, non comme dans un musée, mais en la faisant vivre, la vraie tradition catholique : il n'y a que de cette manière que l'on fera revenir du monde dans les églises que les ravages modernistes de Vatican II ont vidé : Vatican II est un ECHEC. Ceux qui n'ont pas perdu la foi ont rejoint l'orthodoxie, seule garante à leurs yeux d'un rituel authentique, « jamais déformé parce que jamais réformé » pour reprendre une devise des Chartreux.
Quant à l'islam, il est impossible d'envisager une économie du salut, vu que c'est une hérésie, déjà dénoncée par St Jean Damascène et St Thomas d'Aquin. Sachez que dans le Coran, il y a des appels à la liquidation des juifs et des chrétiens et que Mahomet lui-même ordonna le massacre d'une tribune juive à Médine. Je dois vous dire que moi-même, je partageais, il y a encore quelques années, cette opinion très répandue selon laquelle on considère l'islam comme une variante arabe du judeo-christianisme, au point d'en faire la « troisième religion d'Abraham » jusqu'au jour où un ami m'alerta sur la véritable nature de cette religion et me prêta un exemplaire du Coran, et je dois dire qu'il m'est tombé des mains. Ce qui est grave, c'est que Nostra Aetate mette l'islam sur le même plan que les autres religions, montrant manifestement que les prélats conciliaires n'ont jamais lu le Coran , ce qui est impardonnable à leur niveau de responsabilité doctrinale : l'ignorance en soi n'est pas une faute mais ne pas chercher à savoir, si.

Écrit par : Thaddee | lundi, 09 février 2009

@ Polydamas. – Comme on aimerait pouvoir dire avec vous : « je suis en accord avec Benoit XVI, je refuse de lire ce concile à la lumière de ce qu'en disent les plus progressistes, je veux lire le concile et seulement le concile, qui je le répète, me parait plutôt orthodoxe. » Or, le problème, c’est que ce Concile, comme le virent fort bien, outre Mgr Lefebvre qui le définira comme étant un « Concile Schismatique », de nombreux théologiens sérieux, est un Concile entaché d’erreurs doctrinales majeures qui confèrent un caractère si ce n’est d’hérésie (et pourtant il y en a plus d’une), du moins d’égarement doctrinal à de nombreux documents conciliaires. Vouloir lire le Concile et rien que le Concile, position qui semble être aujourd’hui la ligne des partisans de l’herméneutique de la continuité, ne pourra conduire qu’à la déroute attristée ceux qui prétendent qu’il ne se trouve rien de condamnable dans les textes de Vatican II.

Vous souhaitez revenir sur Nostra Aetate. L’exemple est excellent puisque c’est sans doute l’un des documents les plus représentatifs de la dérive théorique moderniste et relativiste du Concile. Le P. Caspar, Père Blanc, qui commentait dans Unam Sanctam le n° 3 de la Déclaration, note le retournement de l'Église en faveur de l'islam : « Le temps était venu pour le Magistère de l'Église de se prononcer sur l'islam en termes positifs, mettant un point final à une histoire faite de luttes et de défiance, et inaugurant une ère nouvelle de compréhension et de collaboration. Au lieu de se polariser, comme autrefois, sur le problème du salut (individuel) des infidèles, elle s'efforce de retrouver une intention divine et une médiation propre aux religions en tant que corps sociaux. » (p. 212) Le Concile expose ainsi le culte musulman, « la prière, l'aumône et le jeûne », en omettant la guerre sainte, qui est aussi un " pilier " de l'islam ! Il tait aussi sa négation absolue des trois Mystères chrétiens essentiels : la Sainte Trinité, l'Incarnation et la Rédemption. Bref, « il se trompe et nous trompe sur l'islam. Il le fait sciemment, volontairement, contraint et forcé par son postulat de départ, d'une " unification du monde " d'où découlerait la nécessité de " passer de l'affrontement au dialogue, de la compétition à la collaboration. " »

Rappelons les termes de la Déclaration Nostra Aetate : « L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne. Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s'efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu'à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. » [Nostra Aetate n 3].

Mais ce sont des propos délirants ! Pour l’Islam Jésus est un Prophète: "Jésus, fils de Marie, est seulement l'Apôtre d'Allah" (Sourate 4, verset 169). La mission de Jésus est limitée à l'enseignement du peuple juif, auprès duquel il est envoyé par Allah. Comme tous les Prophètes qui l'ont précédé, tel Abraham et Moïse, Jésus ne peut être vaincu car il est investi de la puissance d'Allah. Aussi Jésus, le Prophète d'Allah, n'a pas succombé à ses ennemis; il n'est pas mort sur la croix; Dieu l'a élevé directement au Ciel: "Ils disent c'est nous qui avons tué le Messie, Jésus, Fils de Marie, l'Envoyé de Dieu, alors qu'ils ne l'ont pas tué ni crucifié, cela leur a semblé tel... en toute certitude ils ne l'ont pas tué; mais Dieu l'a élevé vers Lui" (S3, 157-158). C’est pourquoi, la question théologique primordiale que pose la lecture du Coran est la suivante: l'Islam n'est-il pas, en fin de compte, une hérésie chrétienne ? C’est ce que déclare positivement Saint Jean Damascène, inscrivant la religion de Mahomet au n°100 de son catalogue d'hérésies chrétiennes : "Donc, jusqu'à l'époque d'Héraclius, ils ont ouvertement pratiqué l'idolâtrie. A partir de cette époque et jusqu'à nos jours un faux prophète, du nom de Mahomet, s'est levé parmi eux, qui, après avoir pris connaissance, par hasard, de l'Ancien et du Nouveau Testament, et, de même, fréquenté vraisemblablement un moine arien, fonda sa propre hérésie" (Hérésie 100, VIII° siècle). » On trouve ici tous les éléments propres à définir une hérésie: appropriation et réinterprétation du rôle et de la personne du Christ.

Mais l’on est pas au bout de nos surprises, vous qui considérez que le Concile « s’il admet la reconnaissance des "vérités" dans les autres religions ne signifie pas quelque chose au niveau théologique », vous trouverez dans la constitution dogmatique Lumen Gentium qui aborde aussi la question de l'islam, une chose très étonnante : « Le dessein salvifique embrasse aussi ceux qui reconnaissent leur Créateur, et parmi eux, en premier lieu, les musulmans, qui, professant avoir la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, qui jugera les hommes au dernier jour. » [Lumen gentium, n° 16.]

N’est-ce pas une reconnaissance de nature théologique s’il en est ? que de dire des musulmans : « Ils adorent avec nous le Dieu unique ». Mais adorons-nous le même Dieu ? Bien sûr que non évidemment ! Nous adorons la Sainte Trinité, nous adorons le Christ parce qu’il est Dieu. Essayez d’aller faire cette profession de foi en Arabie Saoudite! Vous serez martyrisé ! C’est simple, c’est un fait : vous êtes chrétien dont vous êtes un polythéiste, vous êtes un idolâtre adorant un homme, un simple prophète. Les musulmans qui rejettent et combattent la Sainte Trinité, comment les documents du Magistère, l’Eglise, peuvent dire que nous adorons le même Dieu ? Mais c’est de la pure et simple folie doctrinale. Et tout ça contenu dans les textes les plus sacrés que posséderait l’Eglise catholique. Allons, allons, un peu de sérieux, c’est tout bonnement inacceptable, le résultat d’une désorientation faramineuse.

Et ceci explique bien la raison de l’état d’esprit qui prévalut dans ces années. Car on a beau vouloir nous vendre le Concile aujourd’hui comme étant dans la continuité parfaite de la Tradition de l’Eglise, tous ceux qui connurent cette période savent bien ce qui se disait de partout : c’est une nouvelle Pentecôte ! Une nouvelle Eglise est en train de naître ! Et autres fariboles démentielles. Le Pape lui-même ne disait pas autre chose. Dans son Allocution du 23 septembre 1963, Paul VI déclarait : « Il ne faut pas s’étonner si au bout de vingt siècles... le concept vrai, profond, complet de l’Eglise, telle que le Christ la fonda... a encore besoin d’être énoncé plus précisément... » Dans une autre Allocution du 29 septembre 1963, toujours durant la 2ème session de Vatican II, Paul VI il soutenait encore : « Il ne faut pas s’étonner si, au bout de vingt siècles de christianisme et de grand développement historique et géographique de l’Eglise catholique, et aussi des confessions religieuses qui s’en appellent du nom du Christ, le concept vrai, profond, complet de l’Eglise, telle que le Christ l’a fondée et que les Apôtres commencèrent à la construire, a encore besoin d’être plus précisément énoncé. […] Oui, le Concile tend au renouvellement de l’Eglise…. » (D.C. n°1410 col.1351 à 1354)

Et je pourrais encore en citer davantage de ces déclarations pontificales, parfois beaucoup plus explicites encore : « Nous désirons faire nôtres les mots importants employés par le Concile, ces mots qui définissent son esprit et, en une synthèse dynamique, forment l’esprit de tous ceux qui se réfèrent à lui, qu’ils soient ou non dans l’Église. Le mot ‘nouveauté’, simple, très cher aux hommes d’aujourd’hui, et très utilisé, est de ceux-ci. Transposé dans le domaine religieux, il est extraordinairement fécond. Ce mot, nous a été donné comme un ordre, comme un programme ; plus encore, il nous a été annoncé comme une espérance. Voilà précisément comment le Concile s’est présenté à Nous. Deux termes le caractérisent : ‘renouveau’ et ‘mise à jour’ "aggiornamento". Nous tenons beaucoup à ce que cet ‘esprit de renouveau’ - selon l’expression du Concile - soit compris et vécu par tous : il répond à la caractéristique de notre temps, tout entier engagé dans une énorme et rapide transformation, et qui crée des nouveautés dans tous les domaines de la vie moderne. » (Audience générale du 2 juillet 1969 – D.C. N°1545 p.703 et 704).

Et vous voudriez encore imaginer ce qu’une équipe de vieux larrons modernistes, conscients des ravages qu’ils ont provoqués, parfaitement instruits des notions hétérodoxes perverses qu’ils ont introduites dans les textes du Concile, nous corne dans les oreilles à présent, à savoir que le Concile doit être interprété selon ce qu’il dit et non selon ce qu’on en a fait. Mais c’est une douce plaisanterie voyons. De qui se moque-t-on ? Effectivement, s’il était possible que ces questions soient résolues par « une remise à plat du vocabulaire et des concepts utilisés », les choses seraient fort simples. Mais il s’agit de bien autre chose mon cher Polydamas, il s’agit non pas seulement de l’intention qui est logée au cœur des Déclarations, mais, positivement, de la doctrine pénétrée d’évolutionnisme, d'immanentisme, d’un œcuménisme optimiste irréaliste, des germes de la nouvelle théologie lubacienne, du theilhardisme, enfin de tout ce qui sous Pie XII était encore condamné sévèrement et qui triompha à la faveur de Vatican II et qui pénètre à présent toute la catholicité comme un germe relativiste corrupteur qui la conduira à la ruine mortelle sur le plan spirituel.

Rappelez-vous la réflexion de Jacques Maritain dans « Le Paysan de la Garonne », lui qui fut pourtant un acteur particulièrement investi dans l’élaboration du Concile : « le modernisme du temps de Pie X ne fut qu'un modeste rhume des foins à côté de la nouvelle apostasie des temps modernes… »

Une « apostasie » ? Le mot est fort, puissant même, j’en suis bien d’accord, mais ne vous fait-il pas songer à ce que Mgr Lefebvre exprimait avec une solennelle fermeté au moment où il prenait la décision de s’écarter de l’autorité pontificale : « Rome a perdu la Foi, mes chers amis, c’est une apostasie…. » En convenir n’est pas agréable, certes, mais pourtant, si l’on veut être fidèle avec l’enseignement de l’Eglise, il faut pourtant l’admettre, et œuvrer pour un retour de la Tradition si possible à l’intérieur de Rome, sinon il nous faudra encore prier et maintenir avec constance les fondements de la Foi catholique.

Écrit par : Zacharias | mardi, 10 février 2009

@ Zacharias:

"N’est-ce pas une reconnaissance de nature théologique s’il en est ?"

Mais St Pie X ne dit il pas la même chose, dans ces lignes suivantes du catéchisme ?

"Qu’est-ce que les infidèles ?

Les infidèles sont ceux qui ne sont pas baptisés et qui ne croient pas en Jésus-Christ ; soit qu’ils croient à de fausses divinités et les adorent, comme les idolâtres ; soit que tout en admettant LE SEULE VRAI DIEU ils ne croient pas au Christ Messie, venu en la personne de Jésus-Christ ou encore à venir : tels sont les mahométans et autres semblables."

@ Thaddée:

"l'approche que vous avez des textes conciliaires évoque celle d'un juriste qui cherche des vices de procédure"

Ou d'un spécialiste du droit canon ? Ce que je veux dire, c'est que les idées nocives n'ont rien d'évident à la lecture et dépendent de l'interprétation qui en est faite par le lecteur, avec son passé, ses présupposés, etc. Oui, beaucoup se sont égarés dans la lecture du concile mais il me semble que c'est la fièvre qui a saisi la société dans son ensemble, pas le texte même. Paul VI a dit des bêtises, mais nulle part dans le concile, je ne vois ces betises retranscrites.

Je refuse tout autant que vous l'Eglise gauchiste et contestataire que certains voudraient nous opposer. Mais ce n'est pas parce qu'ils lisent dans Vatican II ce qu'ils veulent y lire, que Vatican II est nocif en soi. Ses conséquences le furent du fait de la mauvaise interprétation de celui-ci, je n'arrive pas à trouver de textes en contradiction formelle avec l'héritage catholique. Il y a probablement, et c'est là où je vous rejoins, une ambiance un peu trop bisounours, un peu trop "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", mais rien de formellement hérétique.

Et je ne considère aucunement l'islam comme une religion avec laquelle on pourrait discuter d'égal à égal (j'ai parcouru le Coran), je ne suis pas un relativiste. Cependant, force est de constater que certains musulmans, malgré toutes leurs erreurs, sont un peu plus dans la vérité que des polythéistes, il y a des degrés dans l'erreur, je ne dis rien d'autre, et me semble-t-il, le concile fait de même. Quand vous dites que les prélats conciliaires ont fait une erreur, je suis d'accord avec vous, ils auraient pu être un tout petit peu plus informatif sur l'islam. Néanmoins que dites vous du catéchisme de St Pie X, qui lui non plus n'attaque pas l'islam, bille en tête ?


Quant à Theilard, il a été mis proprement à l'index, certains prêtres pratiquent son "rite" etc, mais les choses officiellement, sont plutôt claires....

Écrit par : Polydamas | mardi, 10 février 2009

@ Polydamas,

Le catéchisme de Saint Pie X ne fait qu'exprimer le caractère unique de la Révélation qui supplante toutes les autres traditions spirituelles. Cette vérité est considérée comme "exclusiviste" non seulement par les athées mais aussi par des catholiques, d'où cet oecuménisme malsain qui reflète une perte de la foi en Jésus-Christ pour conduire à cette occasion à un relativisme, entraînant à son tour un nivellement de toutes les religions. Quant aux infidèles, les chrétiens essaient de les convertir par la prédication, les musulmans les convertissent de force ou les massacrent. L'histoire de l'islam le montre sans conteste possible.
Donc la seule question est : Sommes-nous totalement convaincus en tant que catholiques que notre salut ne peut se faire que par Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie et qui seul peut nous conduire au Père?

Écrit par : Thaddée | mercredi, 11 février 2009

@ Polydamas. Les chrétiens et les musulmans auraient le même Dieu ? Hypothèse extrêmement curieuse car cela voudrait dire que Dieu est bigrement incohérent. Il envoie l’ange Gabriel, son ange messager à Marie pour nous donner le Christ Jésus le Messie attendu des nations, et 600 ans après ce même ange messager proclamerait un autre message ? Et quel message s'il vous plait ! car où est l’amour de Dieu dans le Coran ? Où est l’amour de Dieu dans les conquêtes de la Mecque ?

Ainsi, lorsqu'à l'article 226 de son Catéchisme, St. Pie X, à la question : "Qu'est-ce que les infidèles ?" Répond : "Les infidèles sont ceux qui ne sont pas baptisés et qui ne croient pas en Jésus-Christ ; soit qu'ils croient à de fausses divinités et les adorent, comme les idolâtres ; soit que tout en admettant le seul vrai Dieu ils ne croient pas au Christ Messie, venu en la personne de Jésus-Christ ou encore à venir : tels sont les mahométans et autres semblables", il ne dit pas que mahométans et chrétiens possèdent le même Dieu, mais que les sectateurs de Mahomet, des "infidèles" (on est loin des termes de Nostra Aetate n'est-ce pas...) admettent le seul vrai Dieu, à savoir qu'ils reconnaissent seulement un attribut, celui de la Vérité, à la Divinité. Or reconnaître Dieu selon un critère attributif, comme le firent Aristote, Platon et les grecs, ne fait pas de vous un croyant à la même Divinité, mais vous place simplement comme participant de la révélation naturelle, celle des païens dont parle saint Paul dans les premiers chapitres de l'Epître aux Romains, révélation donnée en partage à tous les hommes en ce monde, mais qui est loin, très loin même, d'être semblable à la Révélation surnaturelle de l'Evangile.

Dom Guéranger explique d'ailleurs très bien la situation des mahométans : "Mahomet, descendant d'Ismaël [...] s'autoprocclamant prophète à l'âge de 40 ans, prétend qu'il a reçu des oracles (réunis en un livre par la suite " le coran " signifiant " Lecture, récitations "), la parole d'allah donc, de la part de l'ange Gabriel lors d'une transe extatique voir plusieurs. Selon lui, le coran réunissait tout ce qui avait été dit depuis Moïse jusqu'aux apôtres et remplaçait la Bible devenue inutile. Il s'imposa comme étant le dernier de tous les prophètes, c'est du moins la croyance populaire, s'inventant même un christ et le faisant passer pour Jésus-Christ, incarnant le sceau de tout ce que " son " dieu, " allah " avait révélé aux prophètes qui l'avaient précédé." [Dom Guéranger, Jésus-Christ Roi de l'Histoire, Collection sens de l'Histoire, 2005, p. 95-97]. Utilisant volontairement l'expression "son dieu", qui démontre le caractère profondément différent de la divinité mahométane avec le Dieu Révélé des chrétiens, Dom Guéranger met donc en lumière, positivement et sans aucune contestation possible, l'incompatibilité de la moindre similarité entre l'allah coranique et le Dieu de la Bible.

Saint Thomas D'aquin, docteur de l'Eglise, que saint Pie X, comme vous le savez, avait en haute estime, s'est exprimé avec une étonnante clarté sur cette question, et nous fournit des éléments relativement précieux, aptes à nous permettre de préciser nettement bien des points complexes :

- "Mahomet a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair. Lâchant bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement.

En fait de vérités, il n'en a avancé que de faciles à saisir par n'importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines les plus fausses. Il n'a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l'inspiration divine, à savoir quand une oeuvre visible qui ne peut être que l'oeuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu'il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans.

D'ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l'aida, par la violence des armes, à imposer sa loi aux autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur : bien au contraire, il déforme les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c'est évident pour qui étudie sa loi. Aussi bien, par une mesure pleine d'astuces, il interdit à ses disciples de lire les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole croient à la légère."
[Saint Thomas d'Aquin, Somme contre les Gentils, Ch. VI.]

Avez-vous lu ? Mahomet "a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines les plus fausses". Les dites "vérités de son enseignement" sont ces mêmes éléments qui relèvent de la reconnaissance des principes attributifs de Dieu, dont celui de la Vérité, ce qui donna l'occasion à saint Pie X dans son catéchisme de parler des musulmans en les désignant sous le nom d'infidèles qui "admettent le seul vrai Dieu", évidemment puisqu'il y en a qu'un, et surtout parce que l'islam relève, via les nestoriens et d'autres sources très diverses, de l'hérésie chrétienne.

Est-ce pour autant une justification des termes délirants de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate : « L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre qui a parlé aux hommes. » [Nostra Aetate n 3]. Comment ? L’Eglise regarde avec estime ceux qui adorent le Dieu qui a parlé aux hommes ? Le Dieu de Mahomet a parlé aux hommes ? Le Dieu de Mahomet a conféré une nouvelle révélation ? Et c’est l’Eglise qui soutient cette démentielle affirmation, qui plus est dans une Déclaration conciliaire qui engage l’autorité de son Magistère ! Cela n’a strictement aucun sens !

Les tenants de l’herméneutique de la continuité peuvent s’accrocher comme un pauvre noyé à une brindille d’herbe flottant sur la mer pour éviter de couler, ils auront bien du mal, lorsque s’engagera un examen sérieux des thèses de Vatican II, et j’espère que cela adviendra sans tarder, à convaincre qu’elles relèvent de la Tradition catholique. Mieux vaut finalement l’honnêteté charismatique et illuministe des discours d’un Paul VI sur la nouveauté des postions de l'Eglise moderne [cités post précédent], plutôt que cette fausse et hypocrite attitude des clercs actuels cherchant à nous faire accroire, à grands renforts d’élixir d’autosuggestion, en l’orthodoxie des thèses conciliaires. Mgr Lefebvre, en bon Pasteur qu’il fut, vu très bien la nature de ce qui s’était opéré à Rome entre 1962 et 1965 lorsqu’il déclara avec pertinence et un parfait jugement de Foi : VATICAN II EST UN CONCILE SCHISMATIQUE !

Écrit par : Zacharias | mercredi, 11 février 2009

Il suffit, pour comprendre que l'Islam n'a rien à voir avec le christianisme, de lire saint Paul :

"Si donc il arrivait qu’un homme ou qu’un ange, vînt à enseigner une doctrine opposée à ce qui a été transmis de Dieu, sa parole ne saurait prévaloir contre l’enseignement divin, de manière à le rendre inutile et à le faire rejeter; cet enseignement est plutôt contre lui, parce que celui qui parle ainsi doit être repoussé et exclus de la participation à l’enseignement qu’il attaque. Voilà pourquoi l’Apôtre dit que la dignité de la doctrine de l’Evangile, qui a été transmise par Dieu lui-même, est si haute, que si quelqu’un, soit un homme, soit un ange, venait à annoncer un Evangile autre que celui qui a été annoncé, il est anathème, c’est-à-dire, il doit être rejeté et repoussé."

Épître aux Galates, chapitre I.


Mahomet est donc non seulement un "infidèle" au sens de S. Pie X, mais aussi un anathème selon S. Paul.

Écrit par : Hire | mercredi, 11 février 2009

Le fait que le concile Vatican II a été pastoral n’enlève rien à son autorité de Magistère, comme l’a bien expliqué le pape Paul VI :

- « Etant donné le caractère pastoral du concile, il a évité de prononcer d’une manière extraordinaire des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère ordinaire suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles, selon l’esprit du concile concernant la nature et les buts de chaque document. »

[Paul VI, 12 janvier 1966, Allocution à l’audience générale ; orig. ital. : L’Osservatore Romano, 13 janvier 1966 ; trad. franç. : DC, 1966, col. 418-420]

Écrit par : Synesius | mercredi, 11 février 2009

@ Synesius. Que ce Concile dogmatique possédant pleinement l'autorité du Magistère ait pu devenir, par des manoeuvres scandaleuses, l'otage des courants modernistes, est vraiment un drame catastrophique pour l'Eglise.

Écrit par : Piere | mercredi, 11 février 2009

Devant les journalistes, le 15 juin 1988 à Ecône, Mgr Lefebvre déclara avec force :

"Rome nous a mené en bateau. On nous dit excommunication, mais excommunication par qui ? Par une Rome qui n'a plus la foi catholique. On nous dit schisme, mais schisme avec qui, avec le pape moderniste ? Avec le pape qui répand partout les idées de la Révolution ? Avec un pape qui, à Assise, confond toutes les religions ? Nous ne voulons pas être les complices de la destruction de l'Eglise."

Écrit par : Hire | dimanche, 01 mars 2009

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