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mercredi, 05 novembre 2008

LE LIBÉRALISME : HÉRÉSIE SPIRITUELLE ET ERREUR TRAGIQUE !

 

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Le Prince de ce monde, maître véritable des forces d'argent

"Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent "

(Luc 16, 13)

 

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« Le libéralisme n'est pas une hérésie ordinaire,

c'est l'hérésie propre, personnelle de Satan,

puisqu'elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit

l'indépendance et la souveraineté qui n'appartiennent qu'à Dieu, de toute éternité,

et dans l'ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ.

(…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère

de tout ce qui l'a précédé en fait de révolte et de péché.

C'est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché.

Le libéralisme appelle "l'homme de péché", il prépare les voies à l'Antéchrist. »



(Mgr Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, 1910)

 

 

Comme il est plaisant de voir les niais admirateurs de littérateurs incompétents, confondant la science-fiction avec la vérité concrète [1], qui s’enthousiasmaient il n’y a pas si longtemps de la folle stratégie de l’Amérique, se réveiller aujourd’hui en s’apercevant que leurs rêves piteux se sont transformés en un hideux cauchemar. En fait, mais cela n’est pas étonnant, leur Amérique était une illusion pour salonards désoeuvrés, et leur libéralisme d’opérette une coquetterie ridicule pour esprits incapables de comprendre l’essence des lois intangibles qui gouvernent, depuis des siècles, le monde et président au devenir des hommes, des peuples et des nations.

Les risibles pamoisons adolescentes devant les excursions guerrières des U.S.A., symptôme caractéristique de juvéniles impuissants intoxiqués par trop de surf sur la toile qui s’extasiaient devant les geôles, d’ailleurs bientôt désertes et désaffectées, de Guantanamo [2], trouvent à présent leur risible conclusion, à savoir que les lendemains qui s’annoncent, suite au résultat de l’élection présidentielle outre-atlantique, vont ruiner, jour après jour et définitivement, chacun des mythes usés qui firent l’excitation puérile de leur faible pensée. Il y a d’abord eu l’effondrement des bourses mondiales, qui laissa clairement entrevoir la prochaine déroute définitive d’un système économique moribond, ruinant leurs trémolos à la gloire de l’économie de marché qui résonnaient inlassablement et comme une pénible ritournelle sous la plume de ses microscopiques idéologues du tout libéral. Maintenant, suite à un revirement prévisible, c’est à l’écroulement de la factice stratégie militaire et géopolitique de l’empire américain, suicidaire au demeurant depuis des années, à laquelle nous allons assister pour leur plus grande confusion.

 

 

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Pie IX, condamna le libéralisme lors du Concile Vatican I

 

 

Mais tout cela n’est au fond que justice pour plusieurs raisons objectives.

Tout d’abord, sur le plan purement théorique, le présupposé du libéralisme est d’une plate indigence erronée. Pourquoi ? Tout simplement, par ce qu'en raison de sa croyance en la prétendue bonté de la «Loi naturelle» qui serait « inscrite au cœur de l'homme » et des choses, il évacue le fait que l’homme n’est pas libre, mais au contraire prisonnier d’un déterminisme ontologique qui trouve sa source dans le "péché des origines" qui place chaque créature sous la dépendance directe de l’esclavage de passions incontrôlées, esclavage que nous recevons tous en naissant en tant qu’enfants d’Adam. De la sorte le libéralisme souffre d’un vice rédhibitoire : l’optimisme idéaliste. Dès lors, sous prétexte d’une croyance absurde dans les possibilités de l’auto équilibre des forces contradictoire, et en proclamant l'autonomie absolue de l'homme sur le plan moral, social, économique et spirituel, le libéralisme est, positivement, une idéologie mortifère, impie, négatrice des conséquences de la Chute, et donc oublieux du caractère abîmé du monde dans lequel nous nous trouvons, et donc du caractère foncièrement surnaturel de la Révélation qui excède toutes les données mondaines.

Ainsi à terme, et logiquement, le libéralisme conduit à une double négation, l’une pratique, par un excès d’optimisme, des nécessaires lois régulatrices qui doivent régler, arbitrer et maintenir les activités humaines qui sans cela deviennent rapidement folles ; l’autre, théorique, car en mettant l'humanité divinisée au niveau providentiel de Dieu, elle installe la dialectique du devenir en tant qu’idole effective remplaçant le Créateur. Ceci explique qu’en tant que doctrine constituée, le libéralisme ait été radicalement censuré et condamné par l’Eglise, qui l’a qualifié sous les termes de « rationalisme » et de « naturalisme » - la condamnation la plus explicite de cette hérésie, figurant dans la Constitution « De Fide » du Concile de Vatican I, en 1870.

Une variété de nuances de la pensée libérale existe bien sûr, et il a, au fil du temps changé de forme mais jamais de caractère ni varié sur son fond. Ainsi les distinctions entre le libéralisme en Europe et en Amérique du Nord, même si elles sont significatives, n’ont pas été modifiées puisque les principales caractéristiques demeurent intactes :

- 1°) Le désir d'adapter des idées religieuses à la culture moderne et les modes de pensée, les libéraux insistant sur le fait que le monde a changé depuis l'époque où le christianisme a été fondé de sorte que la terminologie biblique est incompréhensible pour les gens aujourd'hui.

2°) Le rejet de la croyance religieuse fondée sur la seule autorité, toutes les croyances devant être comprises par la raison et l'expérience et l'esprit ouvert aux nouveaux faits. Dès lors, pour cette idéologie, aucune question n’est fermée ou résolue, et la religion ne doit pas surtout pas se protéger contre un examen critique. « L'essence du christianisme » remplace ainsi l'autorité de l'Écriture, les croyances, et l'Eglise. Cela signifie qu'il n'existe aucune contradiction inhérente entre les royaumes de la foi et du droit naturel, la révélation et la science, le sacré et le séculier, ou la religion et la culture.

- 3°) L'immanence divine. Dieu étant considéré comme présent dans le monde, il n’est pas élevé au-dessus du monde comme un être transcendant. Il est son « âme » en tant que Créateur, il est présent en tout ce qui se passe, il n’y a donc plus, selon cette théorie impie, aucune distinction entre le naturel et surnaturel. La présence divine est indiquée dans les choses telles, beauté artistique (on voit les séductions qu’un paganisme rémanent peu tirer de cette notion avec un culte évident pour l’érotisme et le sensualisme), et bien moral.

- 4°) Enfin, sur le plan économique, le domaine de l’activité productrice et financière est libérée du poids contraignant de l’Etat pour en laisser la pleine administration aux seuls acteurs du secteur qui, évidemment, animés par un inextinguible esprit de lucre, se livrent à une concurrence féroce dont le seul objet est une course effrénée à toujours plus de profit au détriment total du bien commun.

 

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Nicolas Poussin, l'Adoration du Veau d'or, (1634).

 

 

De la sorte, bien que la plupart des libéraux tentent, maladroitement, de se revendiquer de la doctrine chrétienne, en réalité se référant au principe d'immanence ils tendent inévitablement vers le panthéisme païen.

Pour traquer les premiers signes de l’émergence des idées libérales, saint Augustin qui voyait en quoi cette idéologie néfaste était en opposition avec la religion et la tradition, par une revendication du pur utilitarisme prônant l’augmentation constante des plaisirs et la diminution des peines, au profit de la jouissance individuelle, aboutissait à la création d’un homo oeconomicus, dont l’homme de la société moderne est la figure résultante, soit un être désirant et calculateur toujours en quête de la maximisation de son intérêt personnel, ne sachant pas quoi faire, dénué de morale, quand il ne l’ignore pas purement et simplement, hypocrite, lâche et mesquin.

 

 

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Saint Pierre Fourrier transmettant la règle de saint Augustin

 

Saint Augustin, puis de nombreux Pères de l’Eglise, n’auront donc de cesse d’en appeler, contre ce danger, au rôle de l’État et au contrôle de la monnaie [3]. Ceci explique pourquoi, davantage que les modes de production, c’est la prédominance des rapports utilitaristes qui éclaire la malheureuse situation actuelle. Comme le dit Alain Accardo dans "Le petit bourgeois gentilhomme" : « le « mal » se loge tout autant en nous et entre nous qu’autour de nous. »

Ce qui est réaffirmé par Dufour : « L ’individualisme issue des Lumières s’est entre-temps retournée en son avatar postmoderne : le « troupeau schizoïde « égo-grégaire », qui, en plus de ses tares, est aussi consumériste, procédurier, ignorant et fier de l’être, constituant par là même une grave menace pour la poursuite du procès civilisateur. Dans "On achève bien les hommes" (…) l’effondrement de la transcendance au 18ème siècle a aussitôt fait place à une nouvelle religion, celle du Marché, qui enclencha un processus de désinstitutionnalisation.» (Dufour,D.-R., Le divin marché. La révolution culturelle libérale, éd. Denoël, 2007).

 

*

 

Le libéralisme manifeste donc un optimisme humaniste fallacieux, puisque la société n’évolue pas vers la réalisation du Royaume céleste, qui serait une éthique de la perfection humaine, mais est en prise avec des forces négatives qui tendent à un asservissement toujours plus important de l’esprit de l’homme. Comme le dira fort justement le cardinal Billot, « le principe du libéralisme est absurde, contre nature et chimérique » .

 

A cet optimisme libéral Bossuet ne souscrivit pas, son pessimisme s’ancrant dans la dénonciation de l’individualisme (quoique le terme lui soit postérieur), puissance corruptrice qui est la cause de la déliquescence de la société contemporaine : « Qui saurait connaître ce que c'est en l'homme qu'un certain fonds de joie sensuelle, et je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir des sens, qui ne tend à rien et qui tend à tout, connaîtrait la source secrète des plus grands péchés. » (Bossuet , Maximes et réflexions sur la comédie).

La pluralité des intérêts et la pluralité des opinions qui s’enracinent dans l’individualisme sensualiste qui sous-tend le libéralisme, manifestait pour lui la corruption sociale. De fait dans L’histoire des variations des Eglises protestantes Bossuet montrera que dans toute distance à l’égard du catholicisme se trouve l’inévitable la source d’un émiettement infini des opinions et d’une chute dans l’indifférence au vrai - et d’une complaisance pour l’immoralité, la jouissance et le profit – thème que reprendra ensuite Lamennais dans son Essai sur l’indifférence. (Cf. Lucien Jaume, Echec au libéralisme, Paris, Editions Kimé, 1990.

 

Ceux qui ne comprennent pas les erreurs axiomatiques de leur propre culture, sont inévitablement condamnés à répéter les erreurs de l’Histoire. Tel est le sort qui guette aujourd’hui les tenants du libéralisme, comme les oligarchies imbéciles. Après cinquante ans de pillage par le FMI et la Banque mondiale, aggravé par l’émergence de bulles financières incontrôlables, le système court rapidement à sa perte. L’écroulement de l’URSS, en 1989, et la guerre en Irak, a fait revivre la dangereuse illusion d’un « moment unilatéral », capable d’engendrer l’utopie d’un empire mondial que tout vient contredire à présent.

 

 

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César se rendant au Sénat le jour des ides de mars

 

La bataille qui s’engage est de nouveau celle de saint Augustin contre les valeurs de l’Empire romain décadent et paganisé symbolisé par la « Pax Americana », car cet empire touche à sa fin et ce n’est pas une nouvelle croisade, qui vient d’ailleurs de s’achever, qui le fera perdurer.

A la nouvelle administration américaine, nous disons donc volontiers ce que le devin disait à Jules César dans la pièce de Shakespeare :

« Prends garde aux ides de mars » [4] .



Notes.

[1] Exemplaires de cette tendance, les hasardeux propos de Maurice Dantec, devenus le médiocre vade mecum de quelques ramolis du cerveau, qui proclamait avec vigueur : "La guerre en Irak était justifiée depuis 1991. Je n'ai jamais eu de doute à ce sujet. (...) Face aux dictatures des pays arabes, j'ai toujours eu la même position... : il faut leur casser la figure, les foutre dehors et, éventuellement, placer des régimes qui soient à notre botte." Pontifiant de façon hilarante sur la nature de l'économie américaine  : "On peut dire ce qu’on veut sur l’Amérique, moi je suis un défenseur acharné du judéo-capitalisme américain. Sans problème. (...) oui je suis un suppôt du saint-empire germano-américain. Evidemment, on essaye de nous dire ah, le capitalisme, l’ultra-libéralisme, (...) Quel est l’homme le plus riche des Etats-Unis ? C’est un type qui avait dix dollars en poche il y a vingt ans. C’était Bill Gates. Alors qu’on essaye pas de me dire que c’est le même système. C’est pas vrai. Ce n’est pas le même système. En Europe, on n’est pas dans un système ultra-libéral, on est dans un système national-socialiste. Voilà ce que je pense. Un système de grandes entreprises publiques qui a complètement foiré toutes les révolutions technologiques depuis vingt ans. Evidemment, ce sont des bureaucrates, des fonctionnaires. En France, on a voulu créer la Silicon Valley, par exemple. Aux Etats-Unis, elle s’est créée toute seule, là où il fallait qu’elle soit. Je ne dis pas que là-bas il n’y a pas de racisme. Mais tu crois qu’il n’y en a pas ici ? Mais là-bas, il y a un turn-over réel des générations, même si c’est dur, même si c’est une société sauvage, violente, tout ce que tu veux. Mais aujourd’hui, l’industrie américaine, c’est l’industrie de la communication et de la culture." (Entretien, 18 mars 1996). http://www.les-ours.com/novel/dantec/dantec5.htm

[2] “La guerre en Irak n’était pas justifiée.” (Barak Obama, 27 septembre 2008)

[3] Ces idées ont été transmises depuis saint Augustin à Dante Alighieri et aux Frères de la vie commune, dont le fondateur, Gerhard Groote, créa de nombreuses écoles en Allemagne, en Suisse, en Bourgogne, en Flandre, aux Pays-Bas et dans certains endroits en France. Ces écoles réunissaient des élèves issus de familles modestes ou pauvres pour leur enseigner l’histoire des découvertes passées, éveillant ainsi leurs pouvoirs créateurs. « L’imitation de Jésus-Christ » et la copie des textes classiques — notamment des pères de l’Eglise -. De 1374 à 1417, les Frères de la vie commune formèrent des milliers de jeunes gens à Cologne, Trèves, Louvain, Utrecht, dans le Brabant, en Flandre, Westphalie, Hollande, Saxe, etc. Leur oeuvre se heurta à une très forte opposition, mais fut défendue par les milieux de l’Eglise qui luttaient pour surmonter le Grand Schisme, ainsi que par Nicolas de Cuse. Cette méthode d’éducation ainsi que les initiatives politiques et militaires prises par Jeanne d’Arc, jetèrent les bases d’un Etat-nation en France, que le fils de Charles VII, Louis XI, réalisa magnifiquement. Sur un peu plus de 50 ans (1461-1510), Louis XI (1423, 1483) et ses successeurs purent ainsi créer les institutions d’éducation nécessaires au développement de l’Etat-nation en muselant l’usure et l’appétit corrupteur des financiers.

 

 

 

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Louis XI en prière

 

 

 

 

[4] César : Qui est-ce, dans la foule, qui m'appelle ainsi ? J'entends une voix, plus perçante que tous les instruments de musique crier –César ! Parle, César se tourne pour entendre.

Le Devin : Prends garde aux ides de mars.

César : Quel est cet homme ?

Brutus : Un devin qui vous avertit de prendre garde aux ides de mars.

(Shakespeare, Jules César, Acte Premier, Scène II.)

 

 

 

 

 

20:22 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : politique, amérique, société, littérature, barak obama |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Excellent résumé Zacharias, de la ridicule situation dans laquelle se trouvent à présent les si grotesques "libéraux à kippa" qui commençaient à sérieusement nous fatiguer les oreilles : "Les risibles pamoisons adolescentes devant les excursions guerrières des U.S.A., symptôme caractéristique de juvéniles impuissants intoxiqués par trop de surf sur la toile qui s’extasiaient devant les geôles, d’ailleurs bientôt désertes et désaffectées, de Guantanamo, trouvent à présent leur risible conclusion, à savoir que les lendemains qui s’annoncent, suite au résultat de l’élection présidentielle outre-atlantique, vont ruiner, jour après jour et définitivement, chacun des mythes usés qui firent l’excitation puérile de leur faible pensée."

Effectivement, on va bien rire ! We're all living in Amerika...

Écrit par : Shock | mercredi, 05 novembre 2008

Analyse plus que précieuse des idées perverses qui se cachent derrière l'idéologie mortifère du libéralisme.

A largement méditer au moment où les USA nous donnent un hideux spectacle plus qu'instructif - sachant qu'ils ont toujours quelques années d'avance, on voit quel type de triomphe politique nous attend ici sur le vieux Continent dans peu de temps ...

Écrit par : Dan | mercredi, 05 novembre 2008

Dites, il a pas un peu trop fort forcé sur la coke Maurice ? Car avec ce type de propos il est bon aujourd'hui pour une bonne cure de désintox...à Gantanamo, c'est vrai qu'il va y avoir de la place maintenant grâce à Barak : "La guerre en Irak était justifiée depuis 1991. Je n'ai jamais eu de doute à ce sujet. (...) Face aux dictatures des pays arabes, j'ai toujours eu la même position... : il faut leur casser la figure, les foutre dehors et, éventuellement, placer des régimes qui soient à notre botte."

Écrit par : Serrus | mercredi, 05 novembre 2008

La réponse la voici : "leur Amérique était une illusion pour salonards désoeuvrés, et leur libéralisme d’opérette une coquetterie ridicule" - tout est dit !

Écrit par : Hadrien | mercredi, 05 novembre 2008

moi?! vous plaisantez Serrus;;)))

Aujourd'hui c'était franchement insupportable. On leur lèche le c...aux ricains, à plat ventre, couché comme des carpettes, je suis écoeuré, écoeuré, écoeuré

Écrit par : Maurice | mercredi, 05 novembre 2008

Quel retour du refoulé cette victoire du candidat démocrate ! Les USA se retrouvent hantés par OUSSAMA ET HUSSEIN. A défaut d'avoir capturé HOUSSAMA BEN LADEN, ils viennent de faire triompher d'OBAMA, et pour se faire pardonner d'avoir pendu Saddam Hussein, en choisissant HUSEIN BARACK, ils lui ouvrent en fait les portes de la maison Blanche...

Écrit par : Jean-Rémi | jeudi, 06 novembre 2008

Vous avez raison Zacharias, le libéralisme est une erreur doctrinale et une erreur tragique, il est aussi un péché formidable, une immense faute spirituelle comme l'avait dit dans son ouvrage fondamental Don Félix Sarda y Salvany :


"Pourquoi le libéralisme aurait-il, sur toutes les autres hérésies qui l'ont précédé, un privilège spécial de respect et en quelque sorte d'inviolabilité ?

Serait-ce parce que, dans la négation radicale et absolue de la souveraineté divine il les résume et les comprend toutes ? Serait-ce parce que, plus que tout autre il a fait pénétrer dans le corps social entier son virus corrupteur et sa gangrène ? Serait-ce parce que pour la juste punition de nos péchés, réalisant ce qui ne l'avait jamais été par aucune hérésie, il est devenu une erreur officielle, légale, intronisée dans les conseils des princes et toute-puissante dans le gouvernement des peuples ?

Ces raisons sont précisément celles qui doivent pousser et contraindre tout bon catholique à prêcher et soutenir contre le libéralisme, coûte que coûte, une croisade ouverte et généreuse.

C'est l'ennemi ; c'est le loup ; voilà ce que nous devons crier, à toute heure..."


http://www.christ-roi.net/index.php/Le_lib%C3%A9ralisme_est_un_p%C3%A9ch%C3%A9_-_Don_F%C3%A9lix_Sarda_y_Salvany_-_01

Écrit par : Ruben | jeudi, 06 novembre 2008

Quand finira-t-on par comprendre que le libéralisme est la pièce maîtresse de la philosophie des Lumières ? Il est fondamentalement une idéologie progressiste, opposée à toutes les positions «conservatrices» ou «réactionnaires» (termes d'ailleurs popularisés par le libéral Benjamin Constant).

Le programme du libéralisme politique et culturel, c'est le programme de la gauche et de l'extrême gauche contemporaines. Et il est naïf de penser qu'on pourrait étendre à l'infini la logique du marché sans accepter la «libéralisation» des mœurs qui en est le complément culturel, comme n'importe quel bureaucrate communiste chinois a l'occasion de le vérifier quotidiennement.

Le socialisme originel ne se définissait généralement pas en fonction d'un clivage gauche/droite, mais en tant qu'expression achevée du libéralisme. Le libéralisme est donc de ce fait l'accomplissement le plus pervers mais également le plus authentique du projet moderne.

Écrit par : Silvère | jeudi, 06 novembre 2008

L'Eglise orthodoxe Russe contre le libéralisme :


"Les valeurs libérales que l'Occident impose au monde entier comme modèle universel sont erronées, car elles ignorent la notion de morale; les libertés et droits séparés de leur contexte moral (...) poussent l'homme à offenser les sentiments religieux d'autrui et à commettre d'autres péchés; la conception occidentale confond droits de l'homme et laxisme. Telle est la conclusion des participants au Concile mondial du peuple russe (...) Le Concile a adopté une "Déclaration des droits et de la dignité de l'Homme" qui remet en cause les valeurs libérales occidentales.

Dans son discours, le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad a vivement critiqué le libéralisme occidental qu'il a accusé de "diluer la frontière entre le Bien et le Mal". "L'individu peut donc se réaliser n'importe comment à la seule condition qu'il ne touche pas à la liberté d'autrui", s'insurgeait le premier théoricien du patriarcat de Moscou en faisant allusion à l'interprétation traditionnelle de la démocratie occidentale. "En d'autres termes, s'il faut nécessairement respecter les lois juridiques, il n'en va pas de même des impératifs moraux".

http://www.religionspourlapaix.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=235

Écrit par : Netchaïev | jeudi, 06 novembre 2008

http://www.gloria.tv/?video=guicmmc3xphvbc3mgdap

Écrit par : Vladimir | jeudi, 06 novembre 2008

Je ne comprends pas trop ce que vient faire le libéralisme dans le choix des américains de faire la guerre en Irak. Ce sont bien des néo-conservateurs (souvent des anciens universitaires marxistes) qui ont conseillés d'envahir l'Irak.
Je comprends tout à fait l'accusation de progressisme qui est faite au libéralisme.
Une analyse plus profonde de la crise économique que nous traversons, permettrez aussi un peu de relativiser le rôle des "libéraux". Surtout, j'ai l'impression que pour vous le libéralisme est un fourre-tout, un peu comme il l'est pour les gauchistes.

Écrit par : Xabi | vendredi, 07 novembre 2008

Pourtant c'est clair Xabi. Vous ne voyez pas la logique de cette guerre car vous restez bloqué par une pensée binaire croyant qu'il y a, à l'origine, une opposition entre les objectifs du capitalisme et celui du socialisme, or tous deux sont pourtant foncièrement "libéraux" et au service d'un projet moderniste. Le léninisme soviétique a en réalité appliqué le libéralisme bien avant que l'idéologie n'existât de façon totalement définie outre-atlantique. Dans "L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme" (1916) Lénine fonde la doctrine qui inspire plus que jamais la politique étrangère des USA aujourd'hui : utiliser les pays pauvres comme masse de manœuvre, les rendre dépendants d'une technologie qu'ils ne maîtrisent pas, les piéger par l'endettement et la force du dollar (ou du rouble), soit les rendre objets de l'histoire de la domination capitalistique. L'idéologie léniniste subordonnait l'indépendance des peuples à son projet universaliste. Le léninisme, qui fut un occidentalisme en creux, n'envisageait les peuples que comme un instrument provisoire au service du même projet que celui de l'occidentalisme américain : une civilisation mondiale homogène, désacralisée, fondée uniquement sur l'économie et le travail, qui a donc besoin d'un régime unique soit la démocratie (ou la socialisme soviétique de l'époque), de valeurs uniques, en vue de fabriquer un modèle d'homme identique, consommant des jeans, buvant du Coca-Cola et regardant les séries télévisées pour finir de le domestiquer culturellement.

Karl Marx lui-même annonce du reste cette parenté qui surviendra entre le léninisme et le libéralisme, que les conservateurs ont bien mémorisée lorsqu'ils décidèrent d'intervenir en Irak. Dans "The British Rule in India et dans The Future Results of British Rule in India" (1853), il se félicite de ce que "la domination britannique ait complètement démoli le cadre de la société indienne" et que "cette partie du monde, jusque là restée inférieure, soit désormais annexée au monde occidental".
Oui, il n'est de pire obstacle pour le "socialio-libéralisme", que les sociétés traditionnelles (clin d'oeil au subtil clip de Rammstein entre paranthèses...et froncement de sourcils vis-à-vis de la bêtise aveugle d'un Dantec qui identifie les valeurs chrétiennes avec l'occidentalisation de la planète), Georges Marchais n'avait-il pas dit que c'était pour abolir le droit de cuissage que l'armée soviétique avait envahi l'Afghanistan ? Voilà pourquoi, ne voyant pas ce que cache comme intentions hostiles exactes à l'encontre d'une conception sacrée de l'existence et du devenir spirituel des âmes comme le formulèrent les docteurs et théologiens au cours des siècles, et le proposa l'Eglise dans sa doctrine sociale, le projet de la modernité libérale, "ceux qui ne comprennent pas les erreurs axiomatiques de leur propre culture, sont inévitablement condamnés à répéter les erreurs de l’Histoire..."

Écrit par : Zak | vendredi, 07 novembre 2008

"et froncement de sourcils vis-à-vis de la bêtise aveugle d'un Dantec qui identifie les valeurs chrétiennes avec l'occidentalisation de la planète"

Juste un léger rectificatif en ce qui concerne Dantec - certes le bonhomme est pro américain mais loin d'être aussi niais que ce que vous dîtes. Pour cela il suffit de lire "Cosmos inc", où les States sont représentés, dans le futur, comme une Babylone infâme combattant un Grand Djihad duquel elle ne figure que le miroir inversé. Pour Dantec, les USA incarnent à la fois une possibilité contre révolutionnaire mais aussi celle d'un nihilisme terrible ! Même si ses propos sur le web frisent la caricature son "Journal" est tout de même franchement plus nuancé... voilà...

Écrit par : précisions | vendredi, 07 novembre 2008

@précisions, lorsque j'ai écris volontairement "froncement de sourcils" au sujet de Dantec, punition fort bénigne vous en conviendrez, et non évacuation totale de ses thèses, c'est justement en raison de l'ambivalence du discours, sachant faire le distinguo entre des propos tirés d'entretiens et des textes plus raisonnés. Mais tout de même, lorsque je tombe sur des déclarations du type : « l'importance stratégique du Royaume d'Israël dans notre lutte contre l'Antéchrist coranique [...] il faut soutenir Bush qui est ouvertement nationaliste, chrétien… », ou encore, et sans doute plus grave : « On peut dire ce qu’on veut sur l’Amérique, moi je suis un défenseur acharné du judéo-capitalisme américain. Sans problème. (...) oui je suis un suppôt du saint-empire américain.», là je dis non, ce n’est ni cohérent, ni sérieux, mais profondément délirant et participe d’une idiotie historique, d’une démence géopolitique et d’une confusion spirituelle absolue !
De plus lorsqu’on voit les dégâts de telles affirmations imbéciles sur des benêts profonds moyennement doués à la crasse ignorance qui recrachent inintelligemment, mais avec une visible satisfaction idiote, les thèses miséreuses de l’écrivain « d’American Black Box », tapant sans crainte sur la Tradition de l’Eglise à laquelle ils ne comprennent rien, se faisant, de plus, les pitoyables défenseurs éperdus d’un libéralisme féroce destructeur de tout ce qui représente la moindre trace d’un patrimoine humain sacré sur le plan des civilisations, je crois qu’il importe de réagir vigoureusement et rétablir, rapidement, l’heure des pendules de l’analyse sérieuse, heure fondée précisément pour nous chrétiens, sur les Pères de l’Eglise et les docteurs de la foi, ce à quoi nous poussent les récentes élections outre-atlantique.

La grande erreur de Dantec et autres petits perroquets qui imitent misérablement ses hoquets de toxico, c’est d’identifier l’Occident avec les Etats-Unis, qui eux n’ont qu’un seul objectif, tendre à englober tous les pays du monde à la "libre entreprise" au "libre échange", à la démocratie libérale et aux droits de l'homme. Or, depuis la disparition du bloc soviétique, plus aucun obstacle ne paraît en mesure de freiner l'irrésistible expansion occidentale qui est devenue une civilisation mondiale qui s'oppose radicalement, point par point, aux valeurs de l'Europe chrétienne. En effet, la civilisation occidentale, enfant monstrueux des idéologies égalitaires issues de la révolution s'incarne pleinement dans l'Amérique du Nord et repose sur l'égalitarisme, le consumérisme de masse, la dictature de l'économie, l'uniformisation du monde et la destruction de l'âme des peuples. Du marxisme à l'ultra-libéralisme, I'idéologie libérale apparaît donc comme une simple adaptation des thèses les plus antichrétiennes qui filtrèrent de l’empire romain jusqu’à nous. Elle entend abolir les différences, les races et les frontières, et au nom de l'ambition universaliste de transformer les peuples de la Terre en une société identique. Elle assigne comme finalité ultime à la civilisation la réalisation du bonheur individuel, sous l'unique forme du bien-être matériel et économique. Comment dès lors ne pas voir, dans le mythe occidental du progrès, la transposition pure et simple de l'utopie athée, socialiste et marxiste, qui est en fait le vieux rêve de l’idéologie libérale ?

Ennemi de tout enracinement, de toute identité ethnique, nationale et culturelle, le libéralisme produit partout, comme le marxisme, des peuples déculturés. En établissant sur la planète entière une société unique, basée sur la dictature de la technique, de l'économie et de l'administration, elle réussit là où sa monstrueuse sœur jumelle, la civilisation marxiste soviétique, a lamentablement échoué. Les techniques marchandes des Etats-Unis se sont effectivement révélées plus efficaces que les méthodes marxistes pour réaliser une société purement matérialiste. C'est pourquoi les Etats-Unis ont remplacé l'URSS et l'internationalisme marxiste comme agent privilégié du mondialisme matérialiste destructeur.

C’est pourquoi, derrière les discours lénifiants d’un Barack Hussein Obama, dernière trouvaille du système pour mieux faire passer le poison, se cache en fait et toujours un féroce néo-colonialisme économique et culturel.

Pour intégrer un pays à l'anti-civilisation, on impose l'anglo-américain comme langue du commerce et des "affaires", on modifie sa musique, son cinéma, ses loisirs, ses habitudes alimentaires, et accessoirement lui inculque un nouvel évangile. Ainsi les produits culturels ouvrent la voie à "l'american way of life" et aux importations massives de biens de consommation. La jeunesse est la cible privilégiée de cette stratégie économico-culturelle. Il s'agit de subvertir ses valeurs propres afin de lui imposer les modes américanomorphes qui rapportent tant aux intérêts de Wall-Street. La jeunesse européenne a été la première victime de cette véritable guerre culturelle, mais aujourd’hui c’est l’ensemble des peuples qui en font les frais. Identifier cette entreprise ignoble à une quelconque défense de la chrétienté, comme le fit Dantec, est donc une faute gravissime inacceptable, c’est pourquoi rien n’est plus nécessaire que de condamner radicalement l’idéologie qui permit une telle situation : le libéralisme.

Effectivement : Und vor Paris steht Micky Mause, We're all living in Amerika !

Écrit par : Zak | vendredi, 07 novembre 2008

Parfait Zak ! votre analyse est correcte, d'autant qu'effectivement les idées de Dantec sont des pitreries littéraires justes bonnes à donner quelques spasmes saugrenus à ceux qui ne pensent pas mais récitent un catéchisme empli de clichés puisés chez le recycleur d'Huntington.

Là où tous ces gentils conceptuels bricoleurs du dimanche se plantent, c'est qu'ils ne voient pas que les Américains perçoivent leur territoire comme une surface de déplacement, leur position dans la hiérarchie internationale du pouvoir reposant sur la manipulation de flux de toute nature. Dès lors ils ont pour objectif de faire respecter leur libre-circulation à la surface de la Terre. Gare à l'Etat souverain entendrait définir une zone d'influence et fixer des règles pour tenter de gouverner ces flux. Au moyen d'un navalisme futuriste combinant Sea Power, Air Power et Space Power, ils arasent l'obstacle! Précisons les choses. Ils ne "débarquent" pas pour fonder un nouvel ordre politique régional, mais alternent frappes rapides et retour aux bases ("Hit and run"), ce que va d'ailleurs organiser le messie métis Barack Hussein.

Les Etats-Unis refusent donc les responsabilités globales qui sont celles d'un empire, soit faire prévaloir la Civilisation sur le Chaos, pour se contenter de garantir par un interventionnisme musclé le bon fonctionnement des mécanismes du marché.

En d'autres termes, les Etats-Unis ne sont pas une puissance hégémonique; faute d'assurer sécurité et prospérité à leurs alliés, leur domination a cessé d'être légitime. Depuis le naufrage du monde communiste, l'Amérique est devenue un système exclusivement prédateur à la recherche d'avantages unilatéraux, et le contrat quasi-féodal qui liait les nations du monde dit libre à leur suzerain, obéissance contre protection, est aujourd'hui caduc, Washington ne daignant plus remplir ses obligations impèriales.

Mieux. Loin de nous préserver du chaos, ce système prédateur le généralise. Son libre-échangisme tous azimuts implique le démantèlement des souverainetés à même de territorialiser les flux multiples et désordonnés qui agitent le monde. Faute d'obstacles pour cloisonner l'espace mondial, ces flux sont à tout moment susceptibles de se muer en ouragans planétaires, et de disloquer les communautés humaines les plus enracinées. Les sautes d'humeur actuelles du méga-marché financier mondial en témoignent.

Au delà des erreurs politiques commises par l'Administration Bush et des calculs à courte vue, il doit être clair que les Etats-Unis ne font jamais que ce qu'ils sont. Par là-même, la Puissance du Flux est aussi la Puissance du Chaos. Et le Nouvel Ordre Mondial américano-centré prophétisé, ou du moins espéré un temps par Dantec est une fiction. Faute "d'hegemon" couplant sens et puissance, capable d'inscrire un nouveau Telos (une finalité) à l'horizon, le Monde est devenu a-polaire, fantasque et anarchique.

Bon séjour à tous dans le Chaos généralisé !

Écrit par : Afanassiev | samedi, 08 novembre 2008

Bonjour.

OK pour l'analyse sur le libéralisme. Mais celui-ci n'est-il pas une chimère au même titre que le fut le communisme? Je veux dire, n'a-t-on pas vu le gouvernement américain de Mr Bush face à une crise financière, briser sans se poser de questions tous les principes libéraux qui ne sont donc en rien des tabous et encore moins un dogme pour ces gens-là?

A mon humble avis attaquer théologiquement libéralisme ou socialisme c'est au mieux perdre son temps, s'attaquer à des fantômes. En plus c'est faire le jeu de l'islam en se mettant au même niveau de matérialisme.

L'urgence, c'est de porter la Parole de Dieu aux hommes. C'est ainsi qu'ils retrouveront un peu de bon sens.

Lorsqu'un groupe de malfaisants humilie un innocent dans la rue en France, chacun baisse la tête et laisse faire: c'est bien l'empire du démon. Au Texas, il se trouve souvent un bon père de famille qui passe par là, qui sorte un gun et fasse fuir les rapaces. C'est déjà bien mieux, et surtout bien plus chrétien.

Les USA sont un endroit largement corrompu mais c'est très probablement en leur sein que se trouve les conditions nécessaires à une renaissance de la civilisation chrétienne.

Écrit par : aquinus | samedi, 08 novembre 2008

Allons plus loin: certaines de plus virulentes critiques que je lis ici (espace mouvant, combinaison sea power / air power / space power, destruction de cultures, impérialisme) sont stricto-sensu applicables à l'oeuvre chrétienne de l'empire espagnol par exemple. Lequel était intégralement catholique et ne saurait être soupçonné de la moindre hérésie ou même in-orthodoxie puisqu'il était l'incarnation même de la Contre-Réforme flamboyante (si de telles critiques catholiques existent, elles m'intéressent). Allez-vous anathémiser Cortès et Pizarre parce qu'ils ne se sont pas ébahis pour les cultures aztèque et inca mais y ont vu au contraire sur bien des plans les traces d'un culte démoniaque dont il falait éradiquer la matrice??

C'est ainsi que l'on voit que la critique du "libéralisme" qui comme je l'ai expliqué me semble-t-être assez peu importante en particulier appliqué aux Etats-Unis, n'est au fond qu'un prétexte pour une critique bien plus radicale de ce qu'est l'Occident pas seulement aujourd'hui mais depuis toujours, à savoir une entreprise qui vise à planter la Croix sur toutes les terres connues et inconnues et à y renverser les ordres établis pour tenter d'y instaurer un équilibre précaire et effectivement toujours mouvant. Etant donné que quoique l'on dise ou fasse, la Croix relativise la loi - c'est sa mission essentielle.

Je peux très facilement imaginer que c'est exactement la même critique que formulèrent marchands et ulémas arabes en Inde, en Malaise ou en Indonésie, paresseusement avachis sur leurs coussins, regardant lascivement les créatures s'égayant sous leurs yeux et en grande discussion avec les potentats locaux, lorsqu'ils devaient évoquer l'arrivée soudaine de ces satanés Portugais, chrétiens de leur état, avec leurs maudits vaisseaux et arquebuses, qui bouleversaient un monde ancien qui ronronnait bien tranquillement vautré dans le péché et ne le savait même pas.

Écrit par : aquinus | samedi, 08 novembre 2008

Les USA sont un endroit largement corrompu mais c'est très probablement en leur sein que se trouve les conditions nécessaires à une renaissance de la civilisation chrétienne.


Vous n'avez pas tort! Parmi les Américains, 96 % se disent croyants, 70 % sont associés à une structure cultuelle, 47 % sont pratiquants tandis que 46 % sont évangéliques ou born again.
De plus Il y a un nombre croissant de Latino-Américains qui viennent aux Etats-Unis!ce qui est intéressant c'est qu' ils auraient plutôt tendance à conserver la "grande tradition catholique". Héritage commun avec l'Espagne? Les Etats-Unis sont même la troisième nation catholique au monde!!
En ce qui concerne les protestants Le nombre des Amishs a été multiplié par 2 en 16 ans, ils sont maintenant 231.000 !D'ailleurs, La place des amishs et des mennonites en Pennsylvanie, des mormons en Utah et des fondamentalistes dans la Bible Belt atteste de cette réalité et de ce foisonnement.C'est dire si le christianisme est vivant aux USA!!

Écrit par : Célestin | samedi, 08 novembre 2008

@aquinus, Libéralisme et socialisme forment un visage de Janus participant d'un identique objectif, détruire les liens sacrés sur lesquels reposaient les structures traditionnelles de la société. Face à ces idéologies déshumanisantes, religieusement et moralement agnostiques, la doctrine sociale de l'Eglise a effectivemet toujours lutté contre la dépersonnalisation, contre les conceptions simplistes qui réduisent la société à l'automatisme du marché, au modèle de l’entreprise ou à celui d'une ruche d’abeilles. La voie qu'elle préconise est le respect de la nature des êtres et des choses. «La loi naturelle ! Voilà le fondement sur lequel repose la doctrine sociale de l’Eglise. C’est précisément sa conception chrétienne du monde qui a inspiré et soutenu l’Eglise dans l’édification de cette doctrine sur un tel fondement.

En parlant de lien social organique on veut donc dire : l’homme appartient au tout social par un lien vivant et diversifié. L’automatisme social anonyme disconvient à toute société humaine.
Il y a donc une limite à respecter. L’homme n’appartient pas à la société à la manière d’une pièce de puzzle qui représente un tableau. Seul, le morceau de puzzle n’est rien. Il n’a aucun sens. Alors que, seul, l’homme a encore un sens, une finalité naturelle et surnaturelle. Dans la société chrétienne, les hommes ne sont à considérer comme des parties du tout que pour la réalisation du but commun, lequel but n’absorbe pas toute leur vie. Il importe de ne pas l’oublier sous peine de sombrer dans les théories totalitaires.


les prises de position des papes Léon XIII et Pie XI sur les formes modernes de l’usure et sur la domination de l’économie et de la politique par les maîtres de l’argent méritent d’être donc mises de nouveau en relief.

Rappelons les textes :

« Une usure vorace est encore venue s’ajouter au mal (de la destruction des anciennes corporations). Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Eglise, elle n’a cessé d’être pratiquée, sous une autre forme, par des hommes avides de gain, d’une insatiable cupidité ».[Léon XIII, enyclique Rerum Novarum]

« Ce pouvoir (économique discrétionnaire) est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer ».[Pie XI, encyclique Quadragesimo Anno]

Dans la suite du texte, Pie XI souligne deux conséquences du pouvoir discrétionnaire des maîtres de l’argent sur l’économie :

- la « déchéance du pouvoir politique (…) tombé au rang d’esclave et devenu le docile instrument (…) de toutes les ambitions de l’intérêt ».

- l’ « internationalisme ou impérialisme international de l’argent, funeste et exécrable, pour lequel là où est la fortune, là est la patrie ».

Cette double caractéristique des temps modernes : le développement de l’usure, la domination de l’économie et de la politique par les puissances d’argent, sont les deux fléaux de la société contemporaine matérialiste.

De la sorte, "attaquer théologiquement libéralisme et socialisme" ce n'est ni "perdre son temps", ni "s'attaquer à des fantômes", mais défendre les fondements spirituels du modèle social chrétien dans lequel l'économie est mise au service d'un but, permettre à l'homme de réaliser sa vocation surnaturelle.

Écrit par : Sulpice | samedi, 08 novembre 2008

Que d’incohérence dans le message d’aquinus ! Ainsi le libéralisme serait un fantôme ? Bigre, pour un fantôme voilà un spectre, hantant le monde depuis déjà plusieurs siècles et répandant son cortège de guerres, de morts et d’horreurs, qui aurait une force de vie formidablement active, puisque dictant ses lois, ses vues et son devenir à l’ensemble des pays de la planète ! Comment peut-on être aussi aveugle devant un système si foncièrement inscrit au cœur même de l’organisation de toutes sociétés humaines auxquelles il s’est imposé universellement, sauf quelques rares endroits reculés encore préservés de son règne sans partage, et être si incroyablement frappé d’une totale incompréhension devant son caractère nocif et prédateur, surtout lorsqu’il a échappé, comme c’est le cas aujourd’hui, au contrôle des pouvoirs politiques et religieux (intéressante explication historique de cette autonomisation de l'argent sur la note de ce blog intitulée : "La Folie de l'économie mondiale : le règne du nominalisme fiancier").

La sphère financière, dont le cœur se trouve concentré du côté du principal Etat voyou : les USA, libérée de toute contrainte, est devenue une formidable machine à broyer les hommes et les nations. Et l’on voudrait nous faire croire que l’argent, idole fantastique qui soumet à son empire les pauvres créatures assoiffées d’une puissance ténébreuse, et pressées d’accumuler des richesses illusoires, serait en fait une bienfaisante force de progrès et de civilisation. Mais c’est un raisonnement tout bonnement ridicule et grotesque !

En contradiction avec les thèses des libéraux serpents de la finance internationale, la doctrine sociale de l'Église, qui ne s’est pas « pour rien » et inutilement, depuis toujours, attaquée théologiquement à l’idéologie libérale comme au socialisme, ayant bien vu que les bases de ce deux hideuses conceptions étaient l’expression d’un pur matérialisme athée et satanique, a toujours insisté sur la condition morale que se doit de revêtir l'économie.

D'ailleurs dans une page de l'encyclique « Quadragesimo anno », Pie XI affronte le rapport entre l'économie et la morale. Il écrit : « Car, s'il est vrai que la science économique et la discipline des mœurs relèvent, chacune dans sa sphère, de principes propres, il y aurait néanmoins erreur à affirmer que l'ordre économique et l'ordre moral sont si éloignés l'un de l'autre, si étrangers l'un à l'autre, que le premier ne dépend en aucune manière du second. Sans doute, les lois économiques, fondées sur la nature des choses et sur les aptitudes de l'âme et du corps humain, nous font connaître quelles fins, dans cet ordre, restent hors de la portée de l'activité humaine, quelles fins au contraire elle peut se proposer, ainsi que les moyens qui lui permettront de les réaliser; de son côté la raison déduit clairement de la nature des choses et de la nature individuelle et sociale de l'homme la fin suprême que le Créateur assigne à l'ordre économique tout entier. Mais seule la loi morale Nous demande de poursuivre, dans les différents domaines entre lesquels se partage Notre activité, les fins particulières que Nous leur voyons imposées par la nature ou plutôt par Dieu, l'auteur même de la nature, et de les subordonner toutes, harmonieusement combinées, à la fin suprême et dernière qu'elle assigne à tous Nos efforts « . (Quadragesimo anno: AAS 23, 1931, 190-191.)

C’est pourquoi, le rapport entre morale et économie est nécessaire et intrinsèque: activité économique et comportement moral sont intimement liés l'un à l'autre. La distinction nécessaire entre morale et économie ne comporte pas une séparation entre les deux domaines mais, au contraire, une réciprocité importante. L’économie est donc toujours subordonnée à une fin qui lui est supérieure, l’épanouissement spirituel de l’homme.

Par ailleurs cette idée saugrenue que le capitalisme serait à présent, entre les mains des Etats Unis, le véhicule d’un mouvement de conversion favorisant et défendant le christianisme, est la plus grossière absurdité qui soit, le dernier rêve naïf pour médiocres auteurs de science-fiction en mal d’inspiration, ou pour les pigistes pitoyables, polygraphes stupides de blogs indigents qui s’amusent à plagier, en donnant le triste spectacle de leur minable niveau passablement affligeant, des concepts qui visiblement les dépassent, se divertissant en clowneries minables qui n'attirent l'attention gênée que des idiots de passage qui accordent, par politesse, quelques crédits résiduels à leurs extravagances sémantiques dont le seul intérêt est surtout de témoigner de l’excrémentiel état de leurs cerveaux de grands malades.

Le vrai problème n’est donc pas que le marché réduise en poussière les cultures du globe en transformant les individus, qui subsistaient selon les équilibres régionaux, en de pauvres loques adoratrices des biens de consommation polluants et inutiles produits dans les industries contrôlées par les requins de Wall Street, ce qui concrètement est un facteur terrifiant de nivellement réducteur mortifère. Mais que l’on hypothèque par là même toute possibilité d’éclosion d’une véritable conversion chez ces peuples qui sont en passe de devenir absolument vidés de toute aspiration spirituelle, et pour lesquels l’occident est synonyme de consumérisme, d’argent facile, de filles chaudes et libres, et surtout d’athéisme radical.

On est très loin d’un attrait pour la Bonne Nouvelle et l’enseignement de l’Eglise, comme de ce qui faisait le vrai mobile des explorateurs du Nouveau Monde ou des Indes, à savoir répandre la Croix et annoncer l’évangile aux païens. Aujourd’hui c’est le modèle économique dominant qui paganise le monde et le livre aux mains des légions de Satan, c'est un occident apostat et profondément déchristianisé qui sème ses puants miasmes idolâtriques aux quatre coins de la planète.

l’Eglise respectant l’ordre naturel voulu par Dieu, insiste sur le fait que cet ordre est celui auquel doivent se conformer l’homme et la société. Car cet ordre, qui découle de la Révélation, est hors d’atteinte de la raison, à moins qu’elle ne reçoive la lumière de la foi, auquel cas la raison est dite « correcte » (recta ratio). Les apprentis sorciers contemporains qui mettent en péril cet ordre naturel, sont des criminels, et il faut être carrément désorienté intellectuellement et avoir perdu toute faculté un tant soit peu sensée, pour identifier ces fous dangereux aux évangélisateurs de la Renaissance. On n'en est plus lorsque Vasco de Gama s'embarquait en 1497 à la suite du prince Henri le Navigateur, et après Bartolomeu Dias, espérant retrouver le mythique royaume du prêtre Jean afin de conclure avec lui une alliance contre les ottomans, mais au contraire plus proche des temps d'aspotasie de la Rome antique.

Rappelons-nous que loin de laisser percer la moindre tristesse devant l’effondrement de cette Rome païenne, saint Augustin mettra en évidence le fait que la ruine de l’orgueilleuse cité revêtait en réalité un caractère providentiel car elle constituait un rappel de la nature fragile de tous les biens terrestres. Augustin écrira donc : « Deux amours ont donc bâti deux cités: celle de la terre par l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, celle du ciel par l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi », nous signifiant que la première « Cité », celle des hommes représentée par Caïn, fonde uniquement son bonheur sur la jouissance et la satisfaction des biens terrestres, alors que la seconde, la « Cité de Dieu », dont Abel le juste, l’innocente victime du crime fratricide, est l’emblématique figure, au contraire, n’attend son repos et son salut que de la contemplation des choses célestes.

Le cœur des hommes est à l’image de ces deux cités, dans la mesure où il est le lieu où se déroule depuis les origines une incessante lutte entre deux amours antagonistes, où s’affronte, en un permanent combat extrêmement sauvage, deux « désirs » violemment opposés, constituant deux « voies », deux orientations aux perspectives radicalement différentes et divergentes. C’est pourquoi, le chrétien qui attend le retour du Sauveur doit, alors qu’il est placé au cœur d’un conflit qui voit s’affronter deux puissances irréconciliables, apprendre à vivre en se positionnant clairement en faveur de l’une ou l’autre des deux postérités, la charnelle ou la spirituelle, l’amenant à relativiser toutes les gloires et dominations terrestres, traversant l’histoire comme étant déjà concrètement participant de l’existence céleste qui est son authentique destination et sa seule espérance.

Écrit par : Zak | lundi, 10 novembre 2008

Le libéralisme économique, qui est un système impie séparant l’économie de la morale, conduit à la généralisation de l’usure, à la souveraineté de l’argent, à l’impérialisme international de l’argent. C’est là que réside l’un des deux grands désordres économiques actuels, l’autre étant constitué par l’économie socialiste.

Il faut bien voir l’enchaînement des causes : c’est l’usure qui permet aux puissances d’argent de devenir souveraines à l’échelle nationale puis internationale. Le retour à l’ordre ne pourra s’opérer que par une restauration de l’Etat chrétien dans son rôle de défenseur du bien commun… Ce qui suppose un Etat indépendant des puissances d’argent, ayant repris la maîtrise du système monétaire de la nation et assez fort pour réprimer l’usure.

En attendant ce retour à l’ordre, en y travaillant dans toute la mesure de leurs moyens, les catholiques devraient appliquer plus strictement, dans leur conduite personnelle, la doctrine de l’Eglise sur l’argent… en particulier en développant l’usage de prêts indexés sans intérêt au profit de personnes et d’initiatives qui méritent d’être soutenues.

Le grand thomiste que fut le P.Thomas Pègues, écrivait sur cette question de l'usure :

- « Il demeure cependant que le prêt sous sa première forme, ou le prêt-assistance, qui n’est, comme tel, qu un des modes de subvenir à la nécessité d’autrui, devrait garder, dans la vie ordinaire des hommes, une plus grande place (…). Ceux qui, ayant plus que le nécessaire, ne savent point subvenir à la nécessité des petits, en leur prêtant gratuitement et sans autre charge que de rendre l’argent prêté quand ils pourront vraiment le rendre, mais se montrent en toute circonstance d’une absolue rigueur dans l’exigence de l’intérêt, s’agirait-il même du simple intérêt ordinaire ou légal, n’échapperont point, devant Dieu, à la responsabilité du péché de l’usure. Et l’on peut bien dire qu’une des grandes causes du malaise social aujourd’hui est dans la méconnaissance ou l’oubli de ce devoir sacré ».

[R.P. Thomas Pègues, Commentaire de la Somme théologique, T. XI, p.600, commentaires sur la question 78, « Du péché de l’usure dans les prêts » de la IIa IIae de la Somme théologique.]

Écrit par : Silvère | lundi, 10 novembre 2008

Le concile de Nicée interdira aux clercs tout trafic d’argent, quel qu’il soit. L’interdiction se généralisera peu à peu et s’étendra aux laïques eux-mêmes. Le IIIème concile de Latran (1179) et le IVème (1215), le IIème concile de Lyon (1274), le concile de Vienne (1311) consolideront souverainement cette nouvelle conquête de la morale chrétienne sur l’éco­nomique.

Citons au moins quelques phrases du concile de Vienne : « …Nous, désireux de mettre un frein à cette audace pernicieuse (de l’iniquité de l’usure), nous avons statué… que tous les pouvoirs des Communautés, capitaines, recteurs, consuls, juges, conseillers et officiales quelconques qui ont eu la présomption de composer, d’écrire ou d’éditer de semblables statuts d’après lesquels des usures sont payées ou des usures qui ont été payées ne sont pas restituées, s’ils ont agi avec intention, librement et sciemment, qu’ils encourent la sentence d’excom­munication… »

Beaucoup plus tard, en plein XVIIIe siècle, le 1er novembre 1745, le savant pape Benoît XIV publia sa fameuse encyclique "Vix pervenit" qui exposait à nouveau la doctrine traditionnelle de l’Église. Lui aussi va définir l’usure :

« Elle consiste en ce qu’un prêteur, s’autorisant du prêt lui-même, dont la nature requiert l’égalité entre le reçu et le rendu, exige plus qu’il n’a été reçu, et soutient qu’il a droit, en plus du capital, à quelque profit en raison même du prêt. »

Les mots soulignés dans la phrase montrent bien la doctrine de l’Église. Le prêt ne sera jamais de lui-même un titre à un profit. Si l’on veut tirer profit de l’argent, il faudra recourir à d’autres formes de con­trat que celui du prêt ou mutuum, celui-ci lui étant essentiellement opposé, la justice exigeant l’équiva­lence des prestations échangées.

Écrit par : Vix pervenit | lundi, 10 novembre 2008

Il est utile de relire cette Lettre Encyclique de Benoît XIV, trop peu connue et diffusée, qui répond à de très nombreuses interrogations suscitées par la note de Zacharias portant sur la critique radicale de la sinistre idéologie libérale :

VIX PERVENIT

LETTRE ENCYCLIQUE
DU SOUVERAIN PONTIFE BENOÎT XIV

Sur l'usure,
et autres profits malhonnêtes


A nos vénérables frères, patriarches, archevêques, évêques et autres ordinaires d'Italie.


Vénérables frères,
Salut et bénédiction apostolique,



1. Nous avions appris qu'à l'occasion d'une nouvelle controverse (dont l'objet consiste à savoir si un certain contrat doit être jugé valide), il se répandait en Italie quelques opinions qui sembleraient n'être pas conformes à la saine doctrine. Aussitôt Nous avons considéré comme un devoir de notre ministère apostolique d'apporter un remède convenable à ce mal, qui pourrait à la faveur du temps et du silence, prendre de nouvelles forces, et de lui barrer la route pour l'empêcher de s'étendre plus loin et de gagner les villes d'Italie où il n'a pas encore pénétré.
C'est pourquoi Nous avons pris les moyens et suivi la méthode dont le Siège apostolique s'est toujours servi en pareil cas. Nous avons expliqué toute l'affaire à quelques-uns de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, qui se sont acquis une grande renommée par leur profond savoir en théologie et en droit ecclésiastique. Nous avons aussi appelé plusieurs réguliers qui tiennent le premier rang dans les deux facultés, et que nous avons pris en partie chez les moines en partie chez les religieux mendiants et enfin parmi les clercs réguliers. Nous y avons même adjoint un prélat qui est docteur en droit civil et canonique, et qui a longtemps suivi le barreau. Nous les avons tous assemblés en notre présence, le 4 juillet dernier, et, leur ayant fait un détail bien exact de l'affaire pour laquelle ils étaient convoqués, nous nous sommes aperçus qu'ils la connaissaient déjà parfaitement.

2. Ensuite Nous leur avons ordonné d'examiner à fond cette affaire, sans partialité, et sans passion, et de mettre par écrit leurs opinions. Toutefois nous ne les avons pas chargés de donner leur jugement sur le contrat qui avait occasionné la première dispute, parce qu'on manquait de plusieurs documents absolument nécessaires. Nous leur avons enjoint de déterminer en fait d'usure les points de doctrine auxquels les bruits qu'on a dernièrement répandus dans le public semblaient porter atteinte. Ils ont tous sans exception, exécuté nos ordres. Ils ont exposé publiquement leurs sentiments dans deux congrégations, dont la première s'est tenue devant nous le 18 juillet, et la seconde le 1er août dernier. Ils les ont enfin laissés par écrit entre les mains du secrétaire de la Congrégation.

3. Or voici les choses qu'ils ont approuvées d'un commun accord.


I. L'espèce de péché appellée usure et dont le lieu propre est le contrat de prêt - dont la nature demande qu'il soit rendu autant seulement que ce qui a été reçu - consiste pour le prêteur à exiger - au nom même de ce contrat - qu'il lui soit rendu davantage que ce qui a été reçu et, par conséquence, à affirmer que le seul prêt donne droit à un profit, en plus du capital prêté. Pour cette raison, tout profit de cette sorte qui excède le capital est illicite et usuraire.

II. Personne ne pourra être préservé de la souillure du péché d'usure en arguant du fait que ce profit n'est pas excessif ou inconsidéré mais modeste, qu'il n'est pas grand mais petit. Ni du fait que celui à qui on le réclame n'est pas pauvre mais riche. Ou bien encore que l'argent prêté n'a pas été laissé inactif mais a été employé très avantageusement pour augmenter sa propre fortune, acquérir de nouveaux domaines, ou se livrer à un négoce fructueux.
Est convaincu d'agir contre la loi du prêt - laquelle consiste nécessairement dans l'égalité entre ce qui est donné et ce qui est rendu - celui qui, après avoir reçu un équivalent, ne craint pas d'exiger encore davantage sous prétexte du prêt. En effet, le prêt n'exige, en justice, que l'équivalence dans l'échange. La justice dite "commutative" ordonne de maintenir dans les contrats humains l'égalité intangible de chacune des parties, et de la rétablir parfaitement dans le cas où elle aurait été rompue. Par conséquent si une personne a reçu plus qu'il n'a donné, elle est tenue à restituer le trop perçu.

III. Par là il n'est aucunement nié que quelquefois d'autres tites, comme l'on dit, pourront se trouver adjoints au contrat de prêt : des titres qui ne sont pas absolument pas inhérents ni intrinsèques à la nature du contrat de prêt considéré en général. De ces titres résultent une raison très juste et très légitime d'exiger, de façon régulière, plus que le capital dû sur la base du prêt.
De même, on ne nie pas qu'il y ait d'autres contrats d'une nature distincte de celle du prêt, qui permettent souvent de placer et d'employer son argent sans reproche, soit en procurant des revenus annuels par l'achat de rentes, soit en faisant un commerce et un négoce licite, pour en retirer des profits honnêtes.

IV. Il est certain que, dans tant de diverses sortes de contrats, il faut maintenir l'égalité propre à chacun. Tout ce qui est reçu au-delà ce qui est juste relève, sinon de l'usure - parce qu'il n'y a point de prêt avéré - du moins d'une autre injustice véritable qui impose pareillement l'obligation de le restituer. Par contre, si tout est fait dans les formes et pesé sur la balance de la justice, il est indubitable que ces mêmes contrats fournissent une multiplicité de moyens et de manières licites qui suffisent à alimenter le commerce et les négoces fructueux, en vue du bien commun. Que les chrétiens ne s'imaginent pas que les usures ou d'autres injustices semblables puissent faire fleurir les branches du commerce. Bien au contraire, Nous apprenons de la Parole divine elle-même que "la justice élève une nation, mais la honte des peuples, c'est le péché." (Prov 14.34)

V. Il faut cependant considérer avec attention qu'il serait faux et téméraire de croire qu'on peut toujours trouver et disposer, d'autres titres légitimes avec le prêt, ou bien, indépendamment du prêt, d'autres contrats justes. De sorte que, moyennant ces titres et ces contrats, chaque fois qu'on prêtera à quelqu'un de l'argent, du blé ou toute autre chose de cette sorte, il serait toujours permis de recevoir un surcroît modéré en plus de la totalité du capital prêté.
Cette allégation est - sans doute aucun - contraire non seulement aux enseignements divins et au sentiment de l'Eglise catholique sur l'usure, mais encore au sens commun et à la raison naturelle. En effet, personne ne peut ignorer qu'en de nombreuses occasions l'homme est tenu de secourir son prochain par un prêt simple et nu, puisque le Christ, Notre Seigneur, l'enseigne lui-même : "A qui te demande donne, et de qui veut t'emprunter ne te détourne pas." (Mt 5.42), et qu'en certaines circonstances il n'existe - en dehors du prêt - aucun autre contrat qui soit véritable et juste.
Par conséquent, si un homme qui désire une règle pour sa conscience, il lui faut d'abord examiner d'abord avec soin s'il existe véritablement avec le prêt un autre titre légitime, ou s'il peut passer un autre contrat juste que le contrat du prêt en vertu duquel il pourra, sans craindre d'offenser Dieu, se procurer un profit honnête.
4. C'est en ces termes que les cardinaux, théologiens et les grands canonistes, dont Nous avons demandé l'avis sur cette affaire importante, se sont résumés et ont expliqué leurs sentiments. De notre côté, Nous n'avons pas négligé d'étudier en particulier la même cause, avant, pendant et après la tenue des congrégations. Nous avons parcouru avec le plus grand soin les jugements des hommes habiles que Nous venons de rapporter. Cela étant Nous approuvons et confirmons tout ce qui est contenu dans les avis ci-dessus exposés, attendu que tous les écrivains, les professeurs en théologie et en droit canon, plusieurs passages de l'Ecriture sainte, les décrets des pontifes nos prédécesseurs, l'autorité des conciles et des Pères, semblent quasi conspirés à établir les mêmes sentiments. De plus, Nous connaissons parfaitement les auteurs à qui l'on doit rapporter les sentiments contraires, aussi bien que ceux qui les protègent et les défendent ou semblent chercher l'occasion de les répandre. Nous n'ignorons pas enfin avec quelle sagesse et quelle force les théologiens, voisins des contrées où se sont élevées des contestations ont pris la défense de la vérité.

5. C'est pourquoi Nous avons adressé cette lettre encyclique à tous les archevêques, évêques, ordinaires d'Italie. Ainsi, vous recevrez comme tous les autres, ces instructions et quand il arrivera de tenir des synodes, de parler au peuple, de lui faire des instructions sur la doctrine chrétienne on n'avancera jamais rien de contraire aux sentiments que Nous avons relatés. Nous vous exhortons encore à employer tous vos soins pour que dans vos diocèses personne n'ait la hardiesse d'enseigner le contraire de vive voix ou par écrit. Que si quelqu'un refuse d'obéir nous le déclarons sujet et soumis aux peines décrétées par les saints canons contre ceux qui méprisent et transgressent les ordres apostoliques.

6. Mais nous ne statuons rien à présent sur le contrat qui a fait naître ces nouvelles disputes. Nous n'arrêtons rien non plus à cette heure sur les autres contrats dont la légitimité partage les théologiens et les canonistes. Nous croyons néanmoins devoir animer le zèle que vous avez pour la religion et pour la piété, afin que vous exécutiez ce que Nous ajoutons ici.

7. Premièrement, faites bien voir à vos peuples, par la gravité de vos paroles, que le vice de l'usure est condamné par l'Ecriture sainte, qu'il prend même différentes formes, afin de précipiter de nouveau dans les derniers malheurs les fidèles qui ont été remis en liberté et en grâce par le sang de Jésus-Christ. C'est pourquoi, s'ils veulent placer leur argent qu'ils se gardent de se laisser emporter par l'avarice, source de tous les maux ; mais plutôt qu'ils demandent conseil aux personnes renommées pour leur érudition et pour leur mérite.

8. En second lieu, que ceux qui ont assez confiance dans leurs forces et dans leur sagesse pour répondre hardiment sur ces questions (qui demandent néanmoins une grande connaissance de la théologie et des canons) évitent avec le plus grand soin les extrêmes toujours vicieux. Quelques-uns, jugeant ces affaires avec beaucoup de sévérité blâment tout intérêt tiré de l'argent comme illicite et tenant à l'usure. D’autres, au contraire très indulgents et relâchés pensent que tout profit est exempt d'usure. Qu’ils ne s'attachent pas trop à leurs opinions particulières : mais qu'avant de répondre, ils consultent plusieurs écrivains de grand renom ; qu'ils embrassent ensuite le parti qu'ils verront clairement appuyé non seulement sur la raison mais encore sur l'autorité. S'il s'élève une dispute au sujet de quelque contrat examiné, qu'on évite soigneusement de rien dire d'injurieux et d'offensant à ceux qui suivent un sentiment contraire ; et qu'on se garde bien d'affirmer que leur opinion mérite d'être fortement censurée surtout si elle est n'est pas dénuée de raisons et d'approbations d'hommes éminents parce que les injures et les outrages rompent le lien de la charité chrétienne et sont pour le peuple des pierres d'achoppement et de scandale.

9. En troisième lieu, il faut avertir ceux qui veulent se préserver de la souillure du péché de l'usure et confier leur argent à autrui, de façon à tirer un intérêt légitime, de déclarer, avant toutes choses, le contrat qu'ils veulent passer, expliquer clairement et en détail toutes les conventions qui doivent y être insérées, et quel profit ils demandent pour la cession de ce même argent. Ces explications contribuent beaucoup, non seulement à éviter les scrupules et les anxiétés de conscience, mais encore à prouver au for extérieur le contrat qui a eu lieu. Elles ferment aussi la porte aux discussions qu'il faut quelquefois soulever pour voir clairement si un placement d'argent qui paraît avoir été fait dans les règles renferme néanmoins une usure réelle, dissimulée.

10. En quatrième lieu, Nous vous exhortons à ne point accueillir les discours déplacés de ceux qui disent sans cesse qu'aujourd'hui la controverse sur les usures n'est qu'une dispute de mots, vu que l'on retire ordinairement profit de l'argent cédé à autrui d'une manière quelconque. Il suffit pour voir clairement à quel point cela est faux et éloigné de la vérité de considérer que la nature d'un contrat est tout à fait différente et distincte de la nature d'un autre contrat et qu'il y a pareillement une grande différence entre les conséquences des contrats qui sont opposés entre eux. En effet, il y a une différence évidente entre le revenu qu'on tire de l'argent légitimement et qui, pour cette raison, peut être gardé devant tout tribunal, et entre le revenu qu'on tire de l'argent illégitimement, et dont pour cette raison, le for extérieur et le for de la conscience ordonnent la restitution. Il est donc certain qu'on a tort de dire que la question proposée, de nos jours sur les usures est une question vaine et frivole, parce que l'on tire ordinairement profit de l'argent cédé à autrui.

11. Voilà ce que Nous avons cru devoir principalement vous marquer, dans l'espoir que vous exécuterez tout ce que nous prescrivons par cette lettre. Nous avons aussi la confiance que, si par hasard il s'élève des troubles dans votre diocèse à l'occasion de cette nouvelle controverse sur les usures, ou si l'on cherche à ternir l'éclat et la pureté de la saine doctrine, vous saurez y apporter les remèdes les plus convenables. Nous vous donnons enfin à vous, et au troupeau qui vous est confié, notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, le 1er Novembre de l'année 1745, la sixième de Notre pontificat.

BENOÎT XIV

Écrit par : Serrus | mardi, 11 novembre 2008

Messieurs,

Je trouve que vous confondez bien rapidement libéralisme économique et libéralisme moral.
Bien entendu, le premier conduit au second par son individualisme, matérialisme, société de consommation, publicité, pornographie etc… qui sont le mal absolu.
Néanmoins, il est indéniable que le libéralisme économique est le meilleur système pour sortir de la misère le plus grand nombre de gens.

Pour moi, le débat n’est donc pas de faire le procès du libéralisme dans son ensemble mais de trouver le moyen de concilier libéralisme économique et morale (individuelle et publique).

De même, on confond trop souvent progrès technique et progressisme politique. Les islamistes ne s’y sont pas trompés et n’ont aucune réticence à utiliser internet pour diffuser leurs idées moyenageuses.

La solution individuelle est la conversion mais malheureusement, je n’ai pas la solution politique à ce dilemme.

Écrit par : Stat Crux | mardi, 11 novembre 2008

Stat Crux : "vous confondez bien rapidement libéralisme économique et libéralisme moral (...) Bien entendu, le premier conduit au second par son individualisme, matérialisme, société de consommation, publicité, pornographie etc… qui sont le mal absolu" - on ne vous le fait pas dire !


Vous rajoutez : "Néanmoins, il est indéniable que le libéralisme économique est le meilleur système pour sortir de la misère le plus grand nombre de gens". Or s'il est en mesure de faire sortir de la misère matérielle (et encore pas toujours voyez le tiers-monde), c'est pour les plonger immédiatement dans une misère spirituelle tragique.

Ceci s'explique parce que les racines de l'idéologie libérale sont foncièrement matérialistes et athées, voilà pourquoi ce système nocif, d'autant lorsqu'il se dégage de tout contrôle comme aujourd'hui, est l'ennemi des peuples et de la religion.

Écrit par : Ruben | mardi, 11 novembre 2008

"Ll est indéniable que le libéralisme économique est le meilleur système pour sortir de la misère le plus grand nombre de gens" disiez-vous Stat ? Allez voir sur la nouvelle note : "Rodney Starck : le triomphe de la déraison idéologique", ce que fit pour le bonheur des peuples la spéculation au XVe siècle en Europe.

Écrit par : Enzo | mercredi, 12 novembre 2008

Je trouve, en parlant de "tendance au panthéisme", que vous mettez le doigt Zacharias sur un point plus que pertinent, pour ne pas dire essentiel, et que je vérifie à chacun de mes dialogues avec les partisans du libéralisme qui ne se rendent pas compte dans leur discours qu'ils se fondent sur des thèmes évolutionnistes et relativistes qui furent très en vogue à l'époque du dernier Concile sous l'impulsion d'un Teilhard de Chardin par exemple : "bien que la plupart des libéraux tentent, maladroitement, de se revendiquer de la doctrine chrétienne, en réalité se référant au principe d'immanence ils tendent inévitablement vers le panthéisme païen."

Écrit par : Quadrige | dimanche, 16 novembre 2008

L'évolutionnisme intellectuel stipule que telle doctrine, vraie à son époque, ne le serait tout simplement plus aujourd'hui, car la vérité changerait avec le temps... Or, inutile de préciser que pour tout bon catholique, Dieu ne change pas, la Vérité ne change pas, elle est la même aujourd'hui qu'il y a deux mille ans... Ce qui ne semble pas être l'avis des "catholiques" évolutionnistes libéraux ...

Écrit par : Dan | dimanche, 16 novembre 2008

Je n'ai jamais écrit que le capitalisme était un outil de conversion, ou que l'économie dût être déconnectée de la morale ou encore que le libéralisme était un bienfait. J'ai dit que tout ceci n'était que du détail.

Par ailleurs je me suis permis de noter que c'est au sein du pays le plus historiquement libéral, les Etats-Unis d'Amérique, que subsiste le plus grand espoir d'une renaissance chrétienne. Que substistent là-bas et très paradoxalement, des hommes simples qui ressemblent bien plus à nos ancêtres chrétiens de France que le grande majorité des Français contemporains.

L'incarnation, la chair Mr zak: je vois un Texan dans la rue, entouré de hyènes: il ne baisse pas la tête devant Satan et sort son flingue. Et je répète: voici un chrétien, en voici un qui a intégré le Verbe et qui porte sa Croix. Son contemporain en Europe a renoncé à porter sa croix, s'est détourné du Christ et se couche et se soumet devant les racailles - c'es-à-dire, devant le Malin.

Votre critique au bazzoka du libéralisme me fait donc bien rigoler, à l'heure où l'urgence est de faire en sorte que les Européens ré-intègrent leur propre chair, acceptent à nouveau la souffrance et redécouvrent très concrètement ce que signifie vivre en Chrétien.

En outre je ne vois aucune réfutation sérieuse quant à ma remarque sur l'inanité de la défense quais-inconditionnelle des sociétés traditionnelles. Condamnez-vous oui ou non, Hernan Cortès pour avoir traité la société traditionnelle maya comme elle devait l'être - en y plantant la Croix au coeur, la détruisant à jamais?

Écrit par : aquinus | mercredi, 26 novembre 2008

lire "aztèque" au lieu de "maya", bien que cela ne change strictement rien au fond -

Une question en complément: l'un des intervenants du site s'est-il risqué à une analyse des théories de René Girard?

Écrit par : aquinus | mercredi, 26 novembre 2008

"Condamnez-vous oui ou non, Hernan Cortès pour avoir traité la société traditionnelle maya comme elle devait l'être - en y plantant la Croix au coeur, la détruisant à jamais?"

Je trouve la question excellente !

Pour moi la réponse est juste de savoir si c'est vraiment la Croix de Jésus que Cortès a plantée ?

Écrit par : Falk | jeudi, 27 novembre 2008

@Falk: c'est une très bonne question, et l'une des façons de le savoir est de regarder les fruits qu'a produits cette Croix depuis qu'elle fut plantée au Mexique.

Au minimum je dirais qu'elle a fait cesser le culte diabolique des sacrifices humains, et que celui-ci semble éteint pour longtemps. Ce n'est pas rien.

Écrit par : aquinus | jeudi, 27 novembre 2008

Ne serait-ce que pour l'arrêt des sacrifices humains j'ai tendance à penser que c'est une bonne chose. Pour le reste, le baptême fut tout même donné au Nom de la Sainte Trinité - c'est l'essentiel du point de vue chrétien.

Écrit par : Fs | jeudi, 27 novembre 2008

Article intéressant chez Patrice de Plunkett :


Le pape condamne "la recherche du profit rapide" et l’activité financière "complètement centrée sur elle-même"

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http://plunkett.hautetfort.com/archive/2008/12/11/le-pape-condamne-la-recherche-du-profit-rapide-et-l-activite.html

Écrit par : Silvère | vendredi, 12 décembre 2008

Nouvelle réflexion délirante du cordonnier à tarlouzes sur son blog naturiste favori : "...les concepts de spéculation et de hasard qui sont au coeur de notre civilisation occidentale et d’elle seule..."

Rien que pour cette ânerie, le piteux artisan spécialisé dans la chaussure orientale mériterait un bonnet pointu pour compléter son costume d'ignorantin car c'est précisément l’application stricte du libéralisme à outrance, de la doctrine du "laisser-faire" et du monétarisme, dont le père fondateur fut l’économiste anglais Adam Smith au service de la Compagnie des Indes Orientales au coeur même de l’Empire britannique, qui est à l'origine de la catastrophe mondiale actuelle.

N’oublions pas qu'Adam Smith critiqua toute forme de « protectionnisme » ou « d’intervention » par laquelle l’Etat défend sa population contre une politique de pillage qui ne profite tout au plus qu’à une petite oligarchie financière. Ainsi, sous prétexte de « laisser-faire » ou de « liberté d’entreprendre », de la libre spéculation et du hasard, les partisans d’Adam Smith d’hier et d’aujourd’hui demandent l’application d’un système où seuls comptent les gains financiers à court terme, et où l’on fait fi des conséquences que cela pourrait avoir sur l’économie réelle et sur la société en général.

Résultat, depuis des années, l’argent ne s’investit plus que dans les activités spéculatives, à la Bourse ou sur les marchés financiers, ou bien dans les services et « l’économie du Fast Food ».

Si l'on suivait cette logique absurde, les 5000 milliards de dollars placés chaque année dans l’économie de la drogue représentent un investissement autrement plus rentable que les infrastructures de base, les biens d’équipement et autres biens utiles.

Il n’est d'ailleurs pas étonnant de voir aujourd’hui les chantres du libéralisme de l’Ecole de Chicago militer en faveur de la dépénalisation des drogues au nom de la « liberté d’entreprendre » et du « réalisme » !

Une unique vérité glisse, involontairement évidemment, de l'indigente et crétine babouche bédouine : "le discours des anti-libéraux est uniquement d’ordre spirituel..." Effectivement et fort heureusement ! car la crise dans le monde occidental est le résultat d’un mépris total des principes spirituels, mépris professé au nom de la puissance monétaire. Rappelons que la tradition spirituelle portée par les ordres monastiques qui a donné naissance à l’Europe après la chute de Rome par la transformation des biens naturels à travers les sciences et les arts, l’édification de villes, l’éducation pour l’ensemble de la population, et à travers les siècles le souci du bien commun qui animera tout particulièrement l’Etat-nation, est celle inspirée de la « Cité de Dieu » de saint Augustin condamnant radicalement l’usure et le pouvoir de l’argent.

Écrit par : Serrus | jeudi, 18 décembre 2008

@ Serrus - Cette tradition marqua également Leibniz et sa conception de l’économie, et a engendré tout un courant de pensée que l’on trouve à l’Ecole Polytechnique à ses débuts en France, chez l'économiste allemand Friedrich List ou encore chez Alexander Hamilton.

Écrit par : Dan | jeudi, 18 décembre 2008

La crise dans les pays anglo-saxons est l’exemple même de la faillite de ce capitalisme sauvage dénoncé sans ménagement par l'encyclique "Centesimus Annus".
Les Etats-Unis, avec leurs 20 000 milliards de dollars de dettes sont désormais la nation la plus endettée au monde, laissant loin derrière les pays du Sud dont on parle tant. Les Etats-Unis sont en proie à une grave crise financière redoutable avec un taux impressionnant de faillites dans la banque, l’industrie et l’agriculture.

Tout cela vient du fait qu'au niveau de l’économie physique réelle (infrastructures et capacités industrielles), aucun investissement digne de ce nom n’a été engagé depuis vingt ans. Le résultat était donc inévitable.

Bienheureuse spéculation priez pour nous ! Saint hasard délivrez-nous !

Écrit par : Xavier | jeudi, 18 décembre 2008

@ Dan : Faites lire à l'ignare cordonnier "L'Histoire mondiale de la spéculation financière" de Charles-P Kindleberger. Il y découvrira les bienfaits de la spéculation (qu'il nomme, impiété scandaleuse et vomitive que personne ne semble remarquer : "le sel de la terre") qui se comptent par des crises épouvantables, des guerres, des famines, etc. La finance déréglementée détruit les sociétés depuis toujours. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aiguës où se révèlent brutalement les invraisemblables excès de la cupidité spéculative et leur contrecoup sur l’activité et l’emploi : les plus pauvres, mais les autres également, sont voués à faire les frais douloureux de la spéculation et du pouvoir de l'argent.

Écrit par : Fs | jeudi, 18 décembre 2008

Amen!

Écrit par : mardochee | mardi, 23 décembre 2008

Aucun redressement de la France, aucun redressement des autres Etats d'Europe n'est envisageable s'il ne s'inscrit pas dans une optique de prise en compte première des intérêts nationaux, autrement dit dans une optique nationaliste. En l'état actuel de la situation cela signifie qu'il ne s'agit pas de réaménager le système actuel, ni de le réformer, car il n'est pas réformable : il s'agit de rétablir les nations européennes dans la continuité de leur histoire, celle qui a été interrompue par la mise en place, progressive depuis 1789 et généralisée après 1918, de régimes fondés sur la rationalité des Lumières, qui est une mutilation de la raison et de notre civilisation et qui est fondamentalement un universalisme libéral négateur des nations et par suite de l'ordre voulu par le Créateur.

Écrit par : Verteuil | jeudi, 25 décembre 2008

Ce qui compte, c'est le formel et non le matériel. On peut à l'extrême se faire les champions de la lettre du catholicisme, avoir pour objet la matière de l'enseignement catholique. Cependant on n'en est pas pour autant formellement catholiques si on ne possède pour cela l'esprit du catholicisme qui est foncièrement anti-libéral et opposé radicalement au modernisme. Il manque ainsi aux nationalistes comme à la majeure partie des catholiques modernes cette lumière spécifique, ce "lumen sub quo" des scolastiques. Pourtant cette terrible cécité n'est pas nouvelle, elle est le péché de tous les naturalistes, ou mieux, le châtiment de leur orgueil naturaliste.

Écrit par : Arcueil | jeudi, 25 décembre 2008

Tiens un voisin... Mal famé ici...

Écrit par : T | vendredi, 26 décembre 2008

La description de l'homme de la société actuelle tel que créé et construit par le libéralisme idéologique est d'une parfaite exactitude : "revendication du pur utilitarisme prônant l’augmentation constante des plaisirs et la diminution des peines, au profit de la jouissance individuelle, aboutissait à la création d’un homo oeconomicus, dont l’homme de la société moderne est la figure résultante, soit un être désirant et calculateur toujours en quête de la maximisation de son intérêt personnel, ne sachant pas quoi faire, dénué de morale, quand il ne l’ignore pas purement et simplement, hypocrite, lâche et mesquin."

Sans aucun doute, la photographie est plus vraie que nature !

Écrit par : Michael | dimanche, 28 décembre 2008

Echanges savoureux entre notre ami Ludovic Maubreuil http://cinematique.blogspirit.com/, et l'inculte cordonnier à tarlouzes du blog naturiste, humilié devant la démonstration évidente de son état d'âne bâté réduit du cerveau :

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XP : comment voulez-vous que je prenne au sérieux quelqu’un qui peut me comparer à un militant anti-raciste ( !) et qui me traite, une faute d’orthographe toutes les trois lignes, d’illettré…(”Malbareuil commence par me décridibiliser en pointant mes fautes d’orthographe, ce qui est l’argument le plus abject et le plus minable que l’on puisse lire, et cela montre sa faiblesse : c’est un gros lâche”)

A lire vos réactions successives, vous êtes vraiment plus pitoyable encore que je ne le pensais (”l’injure gratuite continue : mavreuil écrit “pitoyable”, mais c’est lui qui y est”). Et je ne vous ferai pas le plaisir de reprendre chacune de vos phrases pour en démonter l’adolescence et l’inanité (”Marbaleuil prouve bien là qu’il ne peut pas répondre à l’excellence de mes arguments définitifs, alors il joue le type blasé : c’est un gros perfide”), parce qu’une discussion ou un débat, ce n’est pas cela (”ce nest pas cela, ce n’est pas ceci : Marbareuil décide de ce qui est, c’est vraiment le plus nul de tous mes ennemis : quel gros imbécile, et puis il joue l’ironie parce qu’il n’a plus rien à dire : quel gros illettré”).


http://ilikeyourstyle.net/2009/04/12/femmes-savantes-a-babouches/#comment-63886

Écrit par : Dan | mardi, 14 avril 2009

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