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samedi, 25 octobre 2008

LAIBACH KUNST DER FUGE : UNE PITOYABLE INTERPRETATION !






laibach-kunst-der-fuge.jpg

Par Radek

 

 

Le groupe slovène LAIBACH, que l’on ne présente plus, a été récemment invité par le festival B.A.C.H (Bach Alternative Compositions on Historical basics, qui se tient en marge du Wawe Gothik Treffen) organisé en collaboration avec Bach-Fest et Bach Archive de Leipzig, à livrer une interprétation d’une partition du grand maître allemand Bach. Le choix s’est porté sur la réalisation d’une version électronique de "L'Art de la Fugue", dont le produit de cet exercice a été publié sous le nom : "Laibachkunstderfuge" (Label Dallas Tar). Or, le résultat déçoit profondément, et il faut avouer que le pari est médiocrement réussi en raison de très notables faiblesses  qui apparaissent à l’évidence sur le plan purement musical. Le développement des diverses séquences fonctionne plutôt malaisément au sein de ce nouvel opus dans lequel le quatuor de Lujbljana passe à la moulinette d’une technologie déjà très vieillie, et d'un pitoyable bidouillage lassant la vénérable partition de Johann Sebastian, et délivre une copie qui n’est pas loin du ridicule !

 

 



LAIBACH KUNST DER FUGE (LIVE)

 

 




laibach kunst der fuge cover.jpg L’idée était de toute manière un rien trop ambitieuse pour les acteurs du groupe, même s’ils furent sans doute considérablement secondés dans ce délicat exercice de style, la partition de Bach étant l’une des plus relevées de la tradition européenne. En effet l'Art de la fugue (die Kunst der Fuge) est une étude composée d'une vingtaine de pièces (appelées contrepoints ou contrapuncti) ensemble qui tire son unité du sujet principal du premier contrepoint (contrapunktus 1) qui sert de base à l'ensemble des pièces), commencée aux alentours de 1740 contenant 12 fugues et 2 canons, étude considérée depuis longtemps par les spécialistes et musicologues de tous horizons comme l’authentique « testament » de Bach, son œuvre ultime ; celle qui, en quelque sorte, représenterait l'apogée de son style d'écriture, le sommet du style contrapuntique. Elle inspira d’ailleurs une foule de grands compositeurs qui puisèrent en elle inspiration et y trouvèrent une souveraine méthode harmonique.

Bien évidemment il était normal que les slovènes s’approprient la partition avec une certaine liberté, (d'autant que Bach n'a pas laissé d'indication s'agissant de l'instrument qu'il convenait d'utiliser pour l'interprétation), lui adjoignant de multiples sinusoïdes, boites à rythme inutiles et ringardes, ring modulator généreux, échantillonneurs prolixes, et autres Boss Flanger, Chorus DanElectro plus quelques systèmes sonores contemporains qui exsudent un peu trop la technologie « MIDI ». Mais se risquer pour  LAIBACH, dans ces sentiers complexes était un projet plus qu’audacieux, et si la mécanique visuelle et esthétique de ce groupe fonctionne allègrement en mode chansonnettes binaires calibrées 3’35mn pour oreilles faiblement versées dans les subtilités du contrepoint, en revanche le passage sous la toise de l’exigence de la musique savante ne résiste pas un seul instant, et l’on assiste, avec tristesse, à l’écoute pénible de leur CD, au témoignage d’un patent amateurisme, même sous couvert d’une prétention intellectuelle qui, dans ce dernier cas, parvient difficilement à masquer leurs évidentes méconnaissances et formations lacunaires sur le plan de l’interprétation.

Ainsi, un seul avis : à oublier immédiatement !

D'ailleurs, contrairement à ce que prétend LAIBACH, en paraphrasant de façon prétentieuse et superficielle Bach qui écrivait :"

“It´s easy to play any musical instrument: all you have to do is touch the right key at the right time and the instruments will play itself.” Johann Sebastian Bach

“It´s easy to play Bach: all you have to do is open the right program on the right computer and Bach will play itself.” Laibach

Non il n'est pas facile de jouer Bach, et il ne suffit pas d'ouvrir le bon programme avec un bon ordinateur pour que Bach joue tout seul, loin de là même ! Il y faut du talent et du travail, deux choses qui font singulièrement défaut à Laibach sur ce CD.


Le seul intérêt de cet opus sera donc, peut-être, d’inciter une certaine population versée dans l’électro-indus à se tourner au plus vite vers des interprétations plus sérieuses…


On choisira donc, et sans tarder, de se précipiter vers les versions suivantes de l’œuvre :

Musica Antiqua Köln, jouant sur instruments anciens, dirigé par Reinhard Goebel.

# André Isoir
à l'orgue de St-Cyprien en Périgord.

# Gustav Leonhardt chez DHM.

# Hermann Scherchen et le CBC Toronto Chamber Orchestra.


Et, évidemment, l’incontournable et sublime :

gould3.jpgGlenn Gould sur Sony Classical

La vidéo

 

 

 

 

 

 

 

 

15:30 Publié dans De la musique | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : musique, music, musique classique, culture, littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Ce très mauvais traitement de "l'art de la fugue" par les slovènes un peu allumés de Laibach, a au moins eut pour effet de produire une bonne analyse critique sur la blogosphère...

Écrit par : Dan | samedi, 25 octobre 2008

Ah Glenn quelle merveille ! Mais oui ils devraient ramper de honte les rigolos de Lubiana. On les préfère nettement dans Opus Dei. Faut pas jouer les riches....

Écrit par : Shore | samedi, 25 octobre 2008

Bon moi je n'ai jamais été trop fan de la musiquette militaire de la clique slovène. Donc pas de déception, je préfère même ce travail à tout ce qu'ils ont produit depuis 20 ans. On a le droit d'aimer Radek ? ou il faut jeter le CD à la poubelle pour vous faire plaisir...

Écrit par : Absent | samedi, 25 octobre 2008

Ce qui me fatigue chez ces messieurs, c'est le côté prétentieux intellos mais faiblement musiciens. Toutefois le pire est à venir si l'on en croit des interviews où ils annoncent un traitement identique pour Wagner et d'autres encore....au secours !

Écrit par : Henri | samedi, 25 octobre 2008

@Absent - non, le CD on le refile à une copine pour lui faire plaisir, ou on va le revendre chez Gibert !

Écrit par : Dan | samedi, 25 octobre 2008

Je ne savais pas que Bach écrivait en Anglais.

Écrit par : Passionné | dimanche, 26 octobre 2008

Oui c'est vrai, personne n'y avait pensé, drôles de zozios ces slovènes.

Écrit par : Dan | dimanche, 26 octobre 2008

Mais c'est de l'Art Contemporain... donc c'est CONCEPTUEL...

Écrit par : Nebo | lundi, 27 octobre 2008

C'est peut être là le problème Nébo, à force de jus de neurones un peu facile et complaisant, on fini par produire de la zoub sur le plan musical en s'imaginant que l'on vient d'inventer l'eau chaude. Piège dans lequel viennent de méchamment se ramasser les slovènes.

Écrit par : Shore | lundi, 27 octobre 2008

De toute manière, eau chaude ou pas, massacrer Bach de cette manière est la preuve d'une énorme sottise égocentrique doublée d'une grande inintelligence sur le plan artistique.

Écrit par : Dan | lundi, 27 octobre 2008

“It´s easy to play Bach" Laibach ... la preuve que non !

Écrit par : Quadrige | lundi, 27 octobre 2008

"It's easy to Play Bach"...

Ha ha ha !

En attendant c'est du Playbac puisque ce sont les ordinateurs qui jouent... hou hou hou hou !

Écrit par : Nebo | lundi, 27 octobre 2008

N'ayant pas même fini d'écouter mon intégrale Bach (155 cd!!!), il passera de l'eau de Saturne sous le pond des esgourdes avant que je me m'infusionne la cabèche en ce distillat de reprise. De fait, si je burine rapide du com', c'est pour dire fort simplement que j'apprécie cette incursion de la musique dans le grand profond territoire de La Question (évidemment, on y risque moins le San Benito qu’en d’autres curiosités qui éveillent les tonnerres latents de nos bien chers frères). Qui sait, peut être un jour quelque plume habitée par l’enthousiasme nous mènera dans les steppes et jonchées d’îles des Corto Maltesse, oui, la Bd -et pourquoi pas le cinéma ? -auront aussi droit d’apparition.
Pourvu que le tresseur de notule nous baille critique aigue et décorticage foisonnant, vraie passion soufflant flamme(s), pour sacrer-illuminer ou jeter sort de future fumée au rejeté, toutes les muses et les arts me paraissent digne de parader au violon des voyelles et des arpèges consonantiques. Selon que c’est tout velours ou tout venin, nous verrons ce que verbe nous offre. Pour le dire net : j’aime ce buissonnier sentier et d'autres ne me déplairaient point.

Écrit par : Restif | lundi, 27 octobre 2008

Le tresseur vous a reçu 5/5 Restif - et il est bien d'accord avec vous - mais pour le ciné ou la Bd il faudra trouver un autre talent, c'est pas trop mon rayon. Compliment pour compliment, je dois dire que j'ai de mon côté bien apprécié votre réflexion sur le chiisme - continuez également à nous réjouir la métaphysique, nous allons pourvoir cheminer ensemble sur un sentier buissonnier bien plaisant. J'imagine, et j'en suis même certain, quelques esprits amis ultra aiguisés et souverainement saint-cyraniens, pour l'instant silencieux dans le château sans doute en repos avant quelques furieuses escarmouches, doivent nous observer avec un sourire bienveillant...

Écrit par : Radek | lundi, 27 octobre 2008

Une prière suffira chère IdC pour l'exercice auquel vous m'invitez, la supplication étant, je vous le rappelle, une prière faite avec instance et soumission...

"Ô Dieu ! suis-je assez humiliée ? je t'écris à genoux ; je baigne mon papier de mes pleurs ; j'élève à toi mes timides supplications." [Rousseau, "Julie, ou la Nouvelle Héloïse"]

Écrit par : Radek | lundi, 27 octobre 2008

Il faut demander des critiques à notre ami Ludovic Maubreuil sur "La Question", qui anime un excellent blog :

http://cinematique.blogspirit.com/

Écrit par : Hocking | lundi, 27 octobre 2008

C'est cette facheuse et pénible manie de toucher à tout, de la chanson néo-goth, au rock martial tendance heavy metal, en passant par la reprise des grands standards pop version techno-disco, tout en se voulant, en cherchant maladroitement et à toute force à le faire savoir, des penseurs sérieux possédant une réflexion philosophique sur l'art et son image, que les membres de Laibach en sont arrivés à produire des monuments de nullité sur le plan musical (cf. Capital, Nato, Jésus-Christ Superstar, etc.), dont leur dernier CD qui massacre honteusement Bach, intitulé pompeusement et bien fallacieusement "Kunst der Fuge", est sans aucun doute un sommet dans le "triomphe", non de "la volonté", mais de la TOTALE "médiocrité".

Écrit par : Netchaïev | mardi, 28 octobre 2008

Une explication de ce lamentable "Kusnst der Fuge par Ivan Novak,tête pensante de Laibach qui semble cependant avoir un problème d'oreille, répondant d'une certaine manière à l'analyse de Radek : "les interprètes classiques n'améliorent pas les compositions, (...) il y a Glenn Gould bien sûr..." (sic)

A voir et entendre (on constate d'ailleurs qu'ils sont bien plus à l'aise dans le registre électro-indus effectivement, et c'est là qu'on les apprécie le mieux):

http://www.oc-tv.net/laibach.htm

Écrit par : Dan | mardi, 28 octobre 2008

terribles tous ces commentaires.A n en pas douter ceux qui tirent à boulets rouges sur Laibach (je n analyse pas le fond musical mais la forme de la critique) n'ont rien à envier à ceux qui en son temps ont pu critiquer Bach.
Vous êtes le reflet exacte de votre manque d'ouverture.
Et pour finir :

“It´s easy to talk about Bach: all you have to do is open the right blog on the right computer and Bach will talk itself.” zelast

Écrit par : zelast | mercredi, 29 octobre 2008

Un peu trop naïf et en dévotion devant son groupe favori zelast, au point de ne pas supporter quelques vérités qui sont pénibles à entendre, ou bien simplement incapable de distinguer le bon du minable sur le plan musical ?

Pour ce qui me concerne, ayant été franchement emballé par le groupe à l'époque d'Opus Dei ou même Let it be jusqu'à porter des vestes autrichiennes à l'époque (c'est dire !), je me sens parfaitement le droit de dire, en accord avec cette note, que ce traitement de Bach qu'ils viennent de produire est tout simplement bidon et très mauvais - si on connait le propos du compositeur allemand et ce qu'il rechercha dans son "Art de la fugue", on ne peut être qu'horrifié par cette vaste plaisanterie en forme de caricature servie par nos slovènes avec ce CD, qui donnent aujourd'hui l'impression d'être encore en mal de reconnaissance et surtout d'inspiration.

Écrit par : Dan | jeudi, 30 octobre 2008

... "and Bach will talk itself" - n'est pas ce qui est en train de se passer ?

Écrit par : Tenhmy | jeudi, 30 octobre 2008

@zelast:On peut rester grandement fan (c'est mon cas), et dire que lorsque c'est pas bon c'est pas bon - il y a rien d'extraordinaire à ça.

Écrit par : Quadrige | jeudi, 30 octobre 2008

c est bien ce que j'ai dit..............je n'ai pas parlé du fond musical et sur ce sujet je fais confiance à votre écoute (puisque je ne l'ai moi même pas écouté,je ne peux en parler); effectivement même Bach a du sortir dans sa carrière des trucs plus ou moins douteux mais.....je parlais juste de la critique et de sa forme.C est tout./

Écrit par : zelast | jeudi, 30 octobre 2008

C'est vrai que sur la forme ça peut donner l'air l'air d'être très sévère, surtout vis-à-vis d'un groupe qu'on aime bien par ailleurs. Mais il ne faut pas vous en étonner zelast, outre que nos slovènes viennent de sortir effectivement une authentique nullité sur le plan musical, vous vous apercevrez que c'est le climat général de "La Question", quel que soit le sujet...

Pour le reste je ne vois pas trop où on peut trouver du "douteux" chez Bach - il faut pas oublier qu'on est en présence d'un génie pur vraiment hors proportion, et qu'il faut de plus comparer ce qui est comparable (entre Laibach et lui c'est tout de même pas la même catégorie !) - il y a chez Bach des oeuvres de plus ou moins grande importance certes, mais "douteux", franchement non.

Écrit par : Radek | jeudi, 30 octobre 2008

Vous aviez raison d'écrire Henri :

"le pire est à venir si l'on en croit des interviews où ils annoncent un traitement identique pour Wagner et d'autres encore....au secours !"

Ecrit par : Henri | samedi, 25 octobre 2008


Réponse :

Quels sont les projets de LAIBACH ? Peut-on s’attendre à un nouvel album ?

Nous allons sortir Laibach Kunst Der Fuge, notre interprétation de l’Art de la Fugue de Bach, dans quelques semaines. J’espère que nous pourrons partir en tournée avec cet album, même si la tournée ne sera pas aussi longue que pour Volk. Nous travaillons également en ce moment sur le Parsifal de Wagner, avec un ami compositeur classique. Et nous nous penchons sur un nouvel album.


http://www.radiometal.fr/laibachinterview.php

Écrit par : Dan | jeudi, 30 octobre 2008

Vous avez peut-être raison sur ce dernier disque, mais c'est pas grave cette erreur. En tous les cas moi j'aime beaucoup le remix fait par Laibach de la chanson de Rammstein, évoquant une cordée d'alpinistes - très belles valeurs et splendides images : Ohne Dich


http://www.youtube.com/watch?v=fHIomj6O9hY

Écrit par : Ohne Dich | dimanche, 02 novembre 2008

Alors là, tout à fait d'accord ! Et puis l'image de fin avec l'immense croix sur le sommet de la montagne - vraiment splendide !!

Écrit par : Dan | dimanche, 02 novembre 2008

C'est bien ce que je pense moi aussi Dan, une petite merveille ce clip. On sent où sont les sources et l'inspiration véritable des deux formations. un régal.

Écrit par : Ohne Dich | dimanche, 02 novembre 2008

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