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jeudi, 23 octobre 2008

Sœur Emmanuelle : « Les Confessions d’une religieuse » victime de l’impudeur moderne

 

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« A l'heure où ces lignes seront publiées, j'aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance », écrivait Sœur Emmanuelle avant de quitter ce monde.  En effet, pendant près de 20 ans, Soeur Emmanuelle a rédigé un livre de mémoires, sur lequel elle travailla inlassablement, le reprenant, le corrigeant, l’amendant, afin qu’il exprime le plus exactement sa pensée, et ce jusqu’aux derniers mois de son existence.

L’éditeur nous explique : « Les Confessions d'une religieuse sont  le livre le plus important qu'elle ait écrit : le premier, car elle l'a débuté avant tous les autres, alors même qu'elle était encore en Egypte ; et aussi le dernier parce qu'elle l'a voulu posthume, afin de dire des choses qu'elle n'avait jamais dites auparavant, par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre. »


Or que dit en réalité Sœur Emmanuelle post mortem, qu’elle n’ait osé révéler de son vivant ? Celle qui en quelque sorte était devenue une star des plateaux télévisés et des studios de radio, où elle n'hésitait pas à se rendre, surtout pour faire vendre ses livres dont les bénéfices étaient destinés à ses œuvres (ainsi tiré à 40.000 exemplaires à sa sortie, «J'ai 100 ans et je voudrais vous dire...», a été réimprimé deux fois depuis pour un tirage global de 100.000 exemplaires, selon les éditions Plon. En 2004, «Vivre à quoi cela sert» (Flammarion) s'était vendu à 200.000 exemplaires pour la seule édition originale et «Richesse de la pauvreté» (Flammarion) à 80.000 exemplaires en 2001), aurait-elle dissimulé un secret ? 

Michel Drucker admet : «Elle n'avait pas le langage classique d'une religieuse, elle parlait sans langue de bois. Elle avait en plus une voix très caractéristique, une présence indiscutable, un oeil bleu très rieur, beaucoup d'humour, une grande culture et une très grande connaissance des hommes et de leurs drames». De son côté Marc-Olivier Fogiel déclare :  «Elle savait pourquoi elle venait : délivrer son message pour sensibiliser aux plus pauvres, sans faire tout et n'importe quoi, elle n'avait aucune idée préconçue et avait compris que dans la télévision moderne, les religieux, pour faire passer leurs messages, ne pouvaient pas être cantonnés aux émissions religieuses. »

Et tel est bien le problème !  car si avouer : « Je veux, une dernière fois, confesser la foi en l'homme et la foi en Dieu qui ont soulevé toute ma vie. Quoi qu'il advienne, finalement, c'est toujours le temps du plus grand Amour ! », est une déclaration somme toute attendue, même si elle pourrait donner lieu à bien des commentaires surtout s’agissant de cette prétendue « foi en l’homme » (sic) dont Vatican II nous a rebattu les oreilles ; si confesser qu’un temps elle pouvait être frivole :  « J'aimais beaucoup danser. Beaucoup, beaucoup. Avec de jolis garçons de préférence. Ma mère me le répétait : "Tu veux que les garçons t'aiment bien, t'approuvent, t'entourent, t'admirent. Et si tu te fais religieuse..." Je lui répondais : "Pour Dieu, je laisserai les jolis garçons." [...] », n’est pas blâmable, beaucoup plus graves et inquiétants, en revanche, les ultimes propos, incroyablement décomplexés, portant sur le « plaisir solitaire » que s’accorda, semble-t-il, celle qui allait devenir la bienfaitrice des chiffonniers du Caire.

On imagine déjà les grandes trompettes médiatiques avocates éperdues du libertinage, s’emparer avidement de ces déclarations qui sont, normalement, réservées aux confesseurs, et qui vont servir, à la faveur de la mode du temps, d’argument à tous les idiots patentés, catholiques ou non, afin de louer les vertus du dévergondage en matière de mœurs, et faire les ravages que l’on sait sur les âmes fragiles dont le trouble sera sans doute significatif à la lecture de tels aveux. Quelle éclatante démonstration des conséquences dramatiques de cette fameuse et hérétique « théologie du corps » vantée par Jean-Paul II (reprise avec le succès que l’on sait par de nombreux et médiocres littérateurs contemporains) pseudo-théologie qui, sous couvert d’en finir avec le rigorisme, se précipite objectivement dans une scandaleuse dérive complaisante à l’égard des forces les plus puissantes de la libido, relayée par un étrange souci de « transparence ».

Ainsi Sœur Emmanuelle apparaît à présent, indirectement et après l’abbé Pierre sur des sujets voisins, sous prétexte d’une bien improbable nécessité du « parler vrai », l’une des pauvres victimes les plus emblématiques de la désorientation de l’Eglise moderne, faute d’avoir bénéficié du rappel à conserver un minimum de réserve sur ces questions par un directeur spirituel digne de ce nom, livrée tristement en pâture aux charognards impudiques du lamentable spectacle de la modernité faisandée.

 

07:43 Publié dans De l'amour, Des femmes, Polémique | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : femme, presse, société, actualité, littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Soeur Emmanuelle, une vie en dates :


1908 : Marie Madeleine Cinquin naît à Bruxelles.

1929 : Elle entre dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, à Paris. Elle prononce ses voeux le 10 mai 1931 et prend le nom de Soeur Emmanuelle.

1932-1970 : Elle enseigne les lettres et la philosophie en Turquie, puis en Tunisie, et enfin en Égypte.

1971 : Elle part vivre avec les chiffonniers du Caire, dans le bidonville d'Ezbet El-Nakhl.

1979 : Première grande tournée pour financer ses projets de développement en faveur des chiffonniers.

1980 : Elle s'installe dans un autre bidonville cairote, crée son association et étend son action à Khartoum, Beyrouth, au Sénégal, et aux Philippines.

1993 : Âgée de 85 ans, elle rentre en France pour vivre dans une maison de retraite pour religieuses, dans le Var.

2002 : Elle est promue au grade de commandeur de la Légion d'honneur.

2003 : Le 16 novembre, Soeur Emmanuelle a fêté ses 95 ans, dont soixante-douze ans de vie religieuse, soixante-deux ans vécus hors de France et vingt-deux ans dans les bidonvilles.

2008 : décès, le 20 octobre, dans la maison de retraite de Callian (Var).

Écrit par : François | jeudi, 23 octobre 2008

Intéressante idée, j'imagine volontaire, que de publier votre note accompagnée de la photographie de soeur Emmanuelle dans son habit religieux d'avant Vatican II - c'était autre chose il faut bien l'avouer.

D'autre part, vous avez raison, qu'elle déviation scandaleuse et exhibitionnisme malsain que ces dernières déclarations évoquées... démentiel égarement moral de l'église moderne !

Écrit par : Lozère | jeudi, 23 octobre 2008

Effectivement Zacharias (merci pour votre rapide réaction, presque attendue de votre part ! qui tranche dans cet unanime concert mielleux de louanges...alors même que soeur Emmanuelle ne démérita pas auprès des pauvres du Caire, mais laisse un bien étrange testament), que de fruits vénéneux et empoisonnés cette sensualiste "théologie du corps", prônée et enseignée du haut de son siège pontifical par Jean-Paul II, n'a t-elle pas produits depuis 40 ans !

Écrit par : Pierre Demontazet | jeudi, 23 octobre 2008

C'est peut-être son côté "vieille nonne indigne" qui resurgit finalement, comme l'avait qualifiée le quotidien Libération.

En effet, tandis que certains n'hésitaient pas à la canoniser de son vivant, en la désignant comme "la sainte du Caire", elle ne cachait aucune de ses faiblesses : oui, elle avait eu des doutes, elle adorait les belles fourrures, les chapeaux, le chocolat noir et la glace à la vanille… Au plus fort de sa notoriété médiatique, elle faisait cet aveu : "L'orgueil se glisse partout. J'ai beau être une religieuse, quand on parle de moi, ça me fait plaisir."

L'article du Monde, de Xavier Ternisien, le dit clairement :


"Sœur Emmanuelle ne faisait pas mystère de ses positions hétérodoxes en matière de morale. Elle affirme haut et fort son admiration pour le pape Jean Paul II. Mais, dans ses dispensaires, elle fait distribuer la pilule aux jeunes femmes épuisées par les maternités. Elle évite de "dire publiquement autre chose que ce que dit l'Eglise", précise-t-elle. Ce qui ne l'empêche pas d'avouer tranquillement qu'elle est favorable au mariage des prêtres… Elle défend la vie religieuse, et ses trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Mais elle n'en cache pas les difficultés. Elle raconte l'amour éprouvé pour un collègue professeur, "un homme très intelligent, très fin, très bien, avec lequel je parlais souvent littérature, philosophie". Après une nuit de doute, qui avait failli faire vaciller sa vocation, elle avait renoncé à cette passion. Des années plus tard, à l'occasion de ses cinquante ans de vie religieuse, elle a reçu une lettre de ce professeur : "Eh bien, c'est drôle, en reconnaissant son écriture sur l'enveloppe, mon vieux cœur de 70 ans a fait "crunch"!"


http://www.lemonde.fr/carnet/article/2008/10/20/soeur-emmanu


Maintenant, la seule question est de savoir, si cette attitude correspond franchement à ce que doit être et surtout dire, traditionnellement, une vierge consacrée ?
Sans doute que depuis Vatican II ces notions ont beaucoup évoluées, mais il y a incontestablement une grave dérive en ces domaines qu'il est impératif de rapidement corriger sans quoi....

Écrit par : Philippe Laurent | jeudi, 23 octobre 2008

Est-il nécessaire de rappeler que l'Eglise regarde l'onanisme comme un péché mortel ?

« Quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux en contredit la finalité. […] Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui amoindrissent voire exténuent la culpabilité morale. »
— Catéchisme de l’Église catholique n.2352)


Ainsi il est moralement mauvais (péché mortel) de faire usage d'une activité biologique en dehors de sa finalité biologique. La masturbation relevant de l'usage de l'activité sexuelle en dehors de sa finalité biologique reproductive, est donc un péché mortel.

Écrit par : Henri | jeudi, 23 octobre 2008

La masturbation, quel que soit notre état de vie, demeure en soi un désordre et, disons-le, un péché. L’Église a cru bon de le rappeler. Il faut d'ailleurs réagir contre la publicité qui ne voit dans l’acte masturbatoire qu’un geste anodin et naturel, comme s'il s'agissait seulement, selon certains magazines,y compris destinés à la jeunesse, de consommer un fruit ou un yaourt...

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_et_sexualit%C3%A9

Écrit par : Docler | jeudi, 23 octobre 2008

Quelle perversion de son image que provoquent ces quelques lignes inutiles de soeur Emmanuelle sur elle-même dans ses Mémoires. A-t-elle mesuré les conséquences que pouvaient avoir de telles déclarations sur les consciences ?

Écrit par : Renée | jeudi, 23 octobre 2008

Bon, vous en avez pas marre à la fin ! Soeur Emmanuelle ne se limite pas aux quelques lignes que vous évoquez charitablement !

Écrit par : Jacques | jeudi, 23 octobre 2008

@Jacques, Si elle ne se limite pas à ces lignes évidemment, néanmoins la volonté de les laisser publier est une faute ; d'autant sachant l'immense rayonnement dont sa personnalité bénéficiait auprès du grand public, chrétien ou non.


@ Henri, peut-être est-il bon de citer in extenso, l'article du CEC au sujet de la masturbation :

- 2352 Par la masturbation, il faut entendre l’excitation volontaire des organes génitaux, afin d’en retirer un plaisir vénérien. " Dans la ligne d’une tradition constante, tant le magistère de l’Église que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné ". " Quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux en contredit la finalité ". La jouissance sexuelle y est recherchée en dehors de " la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise, dans le contexte d’un amour vrai, le sens intégral de la donation mutuelle et de la procréation humaine " (CDF, décl. " Persona humana " 9).


Une âme diligente, par l'effet d'une curieuse indulgence toute contemporaine, à cependant jugé utile de rajouter ces lignes visant à atténuer, selon les cas, le degré de culpabilité :

- "Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale."

Cependant on peut douter qu'une religieuse, vivant normalement de par sa vocation à la virginité un état d'union à Dieu, puisse tomber sous les termes : "immaturité affective, force des habitudes contractées, état d’angoisse ou autres facteurs psychiques ou sociaux"...et l'on peut attendre d'elle, en toute logique selon les voeux prononcés, qu'elle conserve sur ces questions par pudeur, d'autant si les faits remontent à l'enfance et ne regardent donc plus personne, une réserve minimale de principe.

Écrit par : Zacharias | jeudi, 23 octobre 2008

Leçon de pipolisation religieuse avancée, chapitre 2 (10 pages). Le Point a des accents à la Voici pour évoquer Soeur Emmanuelle, avec « ses aveux », « ses tentations », « ses secrets » et des extraits « chocs » de son livre.

L'hebdo tente même la photo de plage, avec Soeur Emmanuelle faisant la planche sur les eaux du Nil. Habillée. Pour les confessions, la religieuse parle simplement de masturbation, de désir sexuel en « pointe de feu ». Pour convaincre son abbé de la laisser devenir soeur, elle ira jusqu'à lui expliquer que c'est le couvent ou la prostitution...


http://www.20minutes.fr/article/265864/Media-Soeur-Emmanuelle-1908-2008.php

Écrit par : 20 mn | jeudi, 23 octobre 2008

Extraits de "Soeur Emmanuelle se dévoile avec crudité" de Ariane Schwab :


C'est en classe, petite fille, que Soeur Emmanuelle s'est livrée au plaisir solitaire : Elle commence ainsi à raconter les premiers troubles de la sexualité qui la saisirent enfant. C'est en classe qu'elle se livrait au plaisir solitaire. Surprise parce sa maîtresse qui lui explique que "c'est vilain pour une petite fille", elle ne se résigne pas pour autant. "C'était devenu une habitude et je n'étais guère accoutumée à obéir". Déjà rebelle! Et de poursuivre : "je m'avouais impuissante devant l'avidité du plaisir". Et encore : "Le fait que l'aiguillon n'est pas complètement quitté mon corps de vieille femme est une source constante d'étonnement et d'humiliation."

Puis elle tente de décrire la puissance émotionnelle de l'eucharistie en elle, "une joie qui dépasse tout ce que les hommes peuvent m'offrir" et la "bataille" chaque soir qu'elle a livrée contre elle-même, le difficile choix "entre le plaisir solitaire et la communion". Puis une autre épreuve : le sentiment "caniculaire" qui s'est éveillé envers son professeur de grec. Et enfin le chantage qu'elle a exercé sur son abbé qui lui refuse son soutien pour entrer au couvent, après un soir périlleux où elle a faillit se jeter dans les bras d'un inconnu : "Alors, vous me lancez dans la prostitution, c'est vous qui l'avez dit. Vous en serez responsable devant Dieu et devant les hommes". Quelques larmes à l'appui... Il cède. Le 5 mai 1929, elle abandonne ses tenues de "jeune coquette pour revêtir robe et voile noirs dépourvus d'appât". Une libération. "J'échappais à l'éternel féminin, éternelle proie offerte et jamais comblée".

http://www.europe1.fr/Decouverte/Talents-et-personnalite/Litterature/Soeur-Emmanuelle-se-devoile-avec-crudite-dans-Confessions-d-une-religieuse/(gid)/174670

Elle avait dit :

"Je ne veux pas de mon vivant être nue devant d'autres. Pourtant, je veux me dénuder. D'abord par exigence de vérité : voilà ce que je suis. Pour une autre raison ensuite : j'ai la conviction, ce faisant, d'être utile".


Eh bien voilà qui est fait ! reste que ce besoin d'exhibition, un rien masochiste, qui répond à son désir, risque fort de ne pas s'avérer si utile que cela, eu égard à ce que représente comme profondément désorienté et dévié, en particulier sur la question du sexe, le spectacle de l'indécence moderne.

Écrit par : Henri | jeudi, 23 octobre 2008

@ EP, Et avec des arguments hallucinants chez Soeur Emmanuelle : "L'homme dans sa nature est un être nu. C'est le péché qui l'oblige à mettre des feuilles. Nue je suis sortie du sein de ma mère et nue je me présente enfin".

Ainsi cet incroyable et déplacé "désir" de nudité l'autorise à évoquer dans son livre son "avidité du plaisir", plaisir solitaire dans son enfance dont elle ne cache strictement rien : "Se sont développés dans ma chair un penchant pour la volupté et une obsession de la sensualité dont l'intensité est difficile à décrire quand elle se tient prête à se déclencher."

Écrit par : Lamen | jeudi, 23 octobre 2008

Morceau choisi du souvenir du jour où justement la jeune Madeleine Cinquin est devenue soeur Emmanuelle (© Flammarion) :

"5 mai 1929, cinq heures du soir. Je me dépouille de l'attirail bariolé d'une jeune coquette pour revêtir robe et voile noirs dépourvus d'appât. Je vais essayer de décrire - y arriverai-je ? - l'éclatement de joie qui m'a brusquement saisie dans l'ivresse de ma libération. A cet instant précis, je ne me sentais plus, comme auparavant, la fille d'Eve pour laquelle la beauté physique est la valeur essentielle : éclat des yeux, dessin des lèvres, incarnat des joues, douceur de la peau, brillant des cheveux, grâce de la poitrine, finesse des jambes... Je n'étais plus esclave de l'unique désir de plaire. Plaire au mâle, ça suffisait. Il m'avait assez turlupinée. Qu'il aille se faire pendre ailleurs ! J'échappais à l'éternel féminin, éternelle proie offerte et jamais comblée. Mon âme s'évadait d'une chair prête à devenir l'amante possédée et possessive. Je me sentais soudain libre, libre : corps, coeur, volonté ! Je n'étais plus " Madeleine Cinquin ", mais " soeur Emmanuelle ", la soeur de tous et de toutes ! Le paradoxe, c'est que cette triomphante libération qui, pour ainsi dire, ne m'a jamais quittée est contradictoire. Je suis libre... sans l'être... tout en l'étant. Je m'explique. " Je suis libre " : je suis devenue soeur Emmanuelle, celle qui n'est plus esclave du désir. " Sans l'être " : je n'ai pas changé de peau, je reste une fille d'Eve".

Confessions d'une religieuse, par Soeur Emmanuelle, Flammarion.

Écrit par : Renée | jeudi, 23 octobre 2008

Au fond, qu'est-ce qui vous choque le plus dans ces révélations? Serait-ce les révélations par elles-mêmes, ou bien est-ce le fait que ce soit une femme qui les révèle, qui plus est, une religieuse mondialement connue, et courageuse!

Écrit par : Clara | jeudi, 23 octobre 2008

J'avoue que les plaisirs solitaires de Sœur Emmanuelle me laissent de marbre mais, toutefois, je partage le point de vue de la plupart des pensées émises à ce sujet sur ce blog.
Je n'enlèverai pas à cette femme son amour du prochain et des plus déshérités.
Je préfère encore qu'elle soit louée et non ceux qui participent activement à la misère de ce monde.
Ce que je rejette le plus chez cette nonne, c'est sa déclaration sur la chrétienté comme une religion de la joie, refusant la souffrance et le sacrifice.
C'est à se demander pourquoi, il y a 2008 ans, un homme-Dieu est mort sur la croix. Décidément, les conciliaires rejettent de plus en plus l'essentiel : la chute, le Golgotha pour une religion Walt Disney.
Pour finir avec Soeur Emmanuelle, Que Dieu ait son âme.

Écrit par : La Fouine | jeudi, 23 octobre 2008

imaginer que notre expérience puisse être utile à quelqu'un;
Quelle naïveté tout de même, ou serait-ce de l'orgueil ?

EP je ne suis pas loin de penser comme vous; à l'heure qu'il est ce qui est utile c'est un peu de silence. Tout ces religieux qui se mêlent de vouloir nous monter le chemin sans le bréviaire à la main moi ça me chiffonne.

Écrit par : Maurice | jeudi, 23 octobre 2008

@Maurice, vous êtes bien gentil, mais ce que je constate, dans le concert idiot de louanges feintes et hypocrites autour de la disparition de Soeur Emmanuelle, c'est surtout que personne ne relève son immense et coupable silence pendant toute sa vie à propos des Coptes chrétiens persécutés en Egypte par les musulmans.

La charité auprès des chiffonniers c'est bien, mais l'oubli de l'évangélisation et de la défense des chrétiens opprimés dans le pays même où l'on oeuvre me semble problématique...parfois il y a mieux que le silence !

Écrit par : Sylvère | jeudi, 23 octobre 2008

Voici les passages effectifs du bouquin, maintenant en librairie, où sont évoquées les tentations charnelles de Soeur Emmanuelle :

- « Soudain, à l’âge où l’enfant n’a pas encore la conscience de la force brutale de la sexualité, éclata en moi la première manifestation d’un des instincts les plus violents de l’homme et de l’animal. Comment et à quelle occasion ai-je commencé à me masturber, je ne m’en souviens pas. Je pensais que ce n’était pas bien, puisque je le faisais en cachette et plus volontiers à l’école, où je me croyais plus en sûreté. Mais la maîtresse s’en aperçut et prévint ma mère. Un jour, les joues en feu, je me trémoussais en classe et subitement je l’ai vue me regarder sévèrement à travers la vitre de la porte. Elle m’expliqua ensuite que c’était vilain pour une petite fille et que je ne devais plus recommencer. Mais c’était devenu une habitude et je n’étais guère accoutumée à obéir. Quand l’assaut du désir m’assaillait, seule quelque présence étrangère avait le pouvoir de m’arrêter, sinon je m’avouais impuissante devant l’avidité du plaisir. »

- « Mais mon corps d’adolescente restait tout de même avide de “nourritures terrestres”. Je me sentais désormais contrainte de choisir entre le plaisir solitaire et la communion, et ce fut la bataille : allais-je me maîtriser le soir, seule dans ma chambre, oui ou non ? Certains soirs, ce fut oui, certains soirs, ce fut non. Dans ce cas, je me levais plus tôt, me précipitais dans une église où je savais trouver un prêtre, me confessais et communiais. Parfois, le soir je recommençais. Quels combats, quelle faiblesse surtout ! »


Sour Emmanuelle, "Confessions d'une religieuse", Flammarion, 2008.

Écrit par : Denis | vendredi, 24 octobre 2008

Dieu lui a parlé dans sa chair. Elle a été sa répondante, comme Thérèse d'Avila...
Mais vous ?

Écrit par : ... | samedi, 25 octobre 2008

@Sylvère. Je n'avais pas fait attention, je l'avoue, à l'incroyable silence de la "none indigne" vis-à-vis des coptes égyptiens ainsi que des chaldéens, opprimés, brimés, interdits dans leur religion depuis des siècles par l'infamie mahométane.

C'est là sans doute une plus grande honte encore que son exhibitionnisme littéraire au sujet de son penchant de jeunesse pour le plaisir solitaire !

http://www.islamisation.fr/archive/2007/06/17/coptes-chaldeens-les-2-manifestations-de-juin-contre-l-oppre.html

Écrit par : Maurice | samedi, 25 octobre 2008

Même s’ils ont perdu leur langue et se trouvent totalement arabisés, les Coptes, descendants des Pharaons, ont sauvegardé leur spécificité et continuent à perpétuer la conscience égyptienne qui n’a bien entendu rien à voir avec l’arabité.

Comme pour Imazighen (les Berbères), l’arrivée de l’islam au pays des Pharaons a été désastreuse : tout devait disparaître au profit de la seule langue arabe et de la seule religion musulmane.
Mais les Coptes ont résisté et continuent à résister.

Certes, ils ont perdu leur langue, mais ils ont la conscience et continuent à perpétuer leur identité propre. Cette résistance des Coptes est du, sans doute, au fait qu’ils sont restés attachés à la religion chrétienne qu’ils pratiquent jusqu’à présent.

Mais cette résistance pacifique des Coptes qui tiennent à leur identité qu’ils défendent n’est pas du goût des tenants de l’idéologie arabo-musulamne qui usent de tous les moyens pour anéantir la communauté copte ce qui leur permettrait d’achever l’arabisation et l’islamisation de l’Egypte.
En témoignent les actes barbares commis par des individus, souvent bénéficiant du concours des autorités égyptiennes, à l’égard de la communauté copte.

Écrit par : Hector | samedi, 25 octobre 2008

Les chrétiens d’Égypte font face depuis trente ans au problème islamiste. Pour Brian May, responsable de la Commission des droits de l’homme d’Amnesty International, « les Coptes restent une cible privilégiée de la violence islamiste et l’objet d’une discrimination diffuse. » A force de pressions, de persécutions, d’intimidations au quotidien, on devient musulman pour avoir la paix, pour se marier avec une musulmane, pour faire carrière, pour trouver un logement ou pour aller à l’Université.

http://www.copte-kyrollos.fr/actualites.htm

Écrit par : Kyrollos | samedi, 25 octobre 2008

Et en plus elle aimait la glace à la vanille ! Mon Dieu !

Écrit par : anne | samedi, 25 octobre 2008

Au fait, Michel de Guibert, vous en pensez quoi de Soeur Emmanuelle - est-ce que pour vous c'est une manière de célébrer la "divinité de la chair" son couplet tardif sur l'auto-érotisme infantile qui l'occupa si fort pendant son temps de scolarité ?

Écrit par : Lozère | lundi, 27 octobre 2008

"La masturbation féminine, considérée vénielle si effectuée sur la partie externe du vagin, devient péché mortel si elle est pratiquée avec l’introduction des doigts ou de n’importe quel autre instrument."

(P. Debreyne, La Théologie morale).

Écrit par : Innocent | lundi, 27 octobre 2008

"Je me sentais désormais contrainte de choisir entre le plaisir solitaire et la communion", écrit Soeur Emmanuelle rappelant cette époque obscurantiste. Mais il est vrai qu'on ignorait alors l'enseignement de Jean-Paul II sur la théologie du corps, car elle aurait été déculpabilisée notre petite Madeleine s'il faut en croire la nouvelle sentence proclamée par l'Eglise conciliaire : "Rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi."

Écrit par : Wendrock | lundi, 27 octobre 2008

Et si elle avait connu le tantra et les livres du dalaï lama à son époque (comme tant de nos contemporaines vers la quarantaine agissante et questionnante), elle était la victime idéale pour s'engager dans le bouddhisme, comme beaucoup aujourd'hui qui y cherchent désespérément une prétendue réponse.

Écrit par : Serrus | mardi, 28 octobre 2008

C'est vrai qu'entre la masturbation et le bouddhisme, il n'y a qu'un pas! Tout le monde sais cela.

Écrit par : Matthieu | mercredi, 29 octobre 2008

Ce qui me choque, ce n'est pas le fait même qu'elle se masturbait étant enfant, mais qu'elle croit utile de nous révéler ce détail très intime dans un bouquin. Je suis contre tous ces déballages médiatiques sur la vie sexuelle des uns et des autres, c'est donc d'autant plus grave de la part d'une religieuse. Autant je trouve cohérent de parler de ses tentations, ou des penchants amoureux qu'elle a eus, mais le coup de la masturbation c'est vraiment "too much information" comme disent les anglais.

Écrit par : Sarahleah | jeudi, 30 octobre 2008

This is too much because she is not chrétienne


http://chezxyr.blogspot.com/2008/10/soeur-emmanuelle-ntait-pas-chrtienne.html

Écrit par : John | vendredi, 31 octobre 2008

Pas mal l'analyse de xyr ; il y a effectivement une fond "essentiellement" non-chrétien chez soeur Emmanuelle qui finalement s'est traduit en acte dans sa vie (son silence, encore une fois, à propos des coptes est scandaleusement indécent) et se retrouve dans ses écrits, dont les pitoyables Mémoires sont l'ultime et triste témoignage, "too much information" compme dit justement Sarahleah.

Écrit par : Kyrollos | vendredi, 31 octobre 2008

"Soeur Emmanuelle voulait ignorer les réalités politiques ou géopolitiques ou mêmes sociales du pays qui l'accueillait. La Charité est admirable, même quand elle rend aveugles les élus du Christ." C'est la conclusion d'un intéressant billet sur le blog NLF, qui s'est donné le rôle, pertinent d'ailleurs, de déconstruire l'idéologie qui préside à la nouvelle langue française ; novlangue mensongère et pernicieuse s'il en est effectivement.


http://nouvellelanguefrancaise.hautetfort.com/archive/2008/10/21/charite-v-politique.html

Écrit par : Henri | vendredi, 31 octobre 2008

Savez-vous Henri, que sur France2, un journaliste expliquait récemment qu'à sa question sur le préservatif, soeur Emmanuelle lui avait répondu: "j'en ai plein les poches!".

Écrit par : Serrus | vendredi, 31 octobre 2008

Tous ces interlocuteurs qui savent tous mieux les uns que les autres ce qui est bien et ce qui est mal, qui osent juger autrui sans vergogne, ont-ils réalisé le 1000è de ce qu'a fait Soeur Emmanuelle ?
La seule indécence est de leur fait. Ils sont maître en impudeur. Pharisiens jeteurs de pierre et donneurs de leçons, persuadés de détenir la sagesse et la vérité ils ne révèlent d'eux qu'une pathétique impuissance devant la grandeur d'ame et une générosité qu'ils ne pardonnent pas aux autres parce qu'ils n'en sont pas capables.

Écrit par : Gérard | vendredi, 31 octobre 2008

@Gerard

Vous, vous ne jugez pas autrui sans vergogne. Vous decrétez juste sans les connaitre qu'ils ne font pas le 1000è de ce qu'a fait S.E, que ce sont des pharisiens et des impuissants.

Clap,clap, clap.

Écrit par : Drion | vendredi, 31 octobre 2008

Gérard relisez donc Saint François de Sales:

"le bruit fait peu de bien, le bien fait peu de bruit. "

Écrit par : Sarahleah | samedi, 01 novembre 2008

Tout à fait d'accord avec Sarahleah...

Écrit par : Polydamas | samedi, 01 novembre 2008

Merci Polydamas, effectivement cette phrase est pleine de sagesse.

Écrit par : Sarahleah | dimanche, 02 novembre 2008

Ah! Heureusement que vous êtes là pour répandre la bonne parole aux catholiques égarés par Vatican II! Décidément, cette église nouvelle ne produit rien de bon...Déjà, comme vous le dites si bien, l'abbé Pierre, avec ses "confessions" (rien à voir avec celle de Saint Augustin...) jetait le doute parmi les croyants et rendait joyeux les mécréants. Par ses révélations post-mortem, il gâchait instantanément et sans possibilité de rachat toutes ses chances de voir un jour Dieu en face.

Même scénario catastrophe pour Soeur Emmanuelle : une bien belle vie sans doute, mais ses révélations déplacées, quand même...c'est trop! Vraiment, elle n'aura rien fait de bon sur terre. Elle regrette sûrement déjà son geste de là-haut (ou d'en-bas, plutôt!). C'est sûr : ne seront dans la communion des saints que ceux qui auront une vie parfaite, une vie d'ange. Sans quoi, pfffttt! Plus rien! Plus de paradis et de béatitude dans le Christ. Une faute commise ? Tout est retiré! Comme si l'homme était un être faible, même les plus méritants d'entre eux. Je n'ai jamais rien entendu de plus stupide!

Vraiment, heureusement que vous êtes là pour répandre la bonne parole aux catholiques égarés par Vatican II! Juger son prochain sur ses actes, c'est réellement le meilleur moyen de "gagner son Ciel", comme vous devez souvent le dire.

Simplement une chose me gêne : si vous continuez dans ce genre d'activité, je serai bientôt au chômage! Alors s'il vous plaît, un peu de charité : laissez-moi examiner moi-même la situation d'au moins une partie de ceux qui frappent à ma porte, sans quoi je risque de m'ennuyer ferme...et pour l'éternité!

Saint Pierre.

Écrit par : Lio | vendredi, 07 novembre 2008

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