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mercredi, 24 septembre 2008

L’ESOTERISME CHIITE, par RESTIF

 

 

 

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Imam Ali

 

 

Ce que l’Islam à  de plus haut se trouve sans doute être l’ésotérisme chiite, ésotérisme lumineux dont Henri Corbin (1903-1978), élève d’Etienne Gilson et Jean Baruzi, également de Louis Massignon qui lui révèle la « théosophie orientale » de Sohravardi ce qui orientera définitivement sa vocation philosophique, alors qu’après plusieurs séjours en Allemagne, il publie en 1937 la première traduction française d'Heidegger sous le titre « Qu'est-ce que la métaphysique ? », plus tard attaché à l'Institut français d'Istanbul (1939 à 1945), où il sera chargé de fonder le département d'iranologie à l'Institut français de Téhéran, fondant la « Bibliothèque iranienne » où seront publiés les classiques de cette tradition oubliée, ésotérisme donc, dont il a magnifiquement parlé dans les quatre volumes de son monumental « En Islam iranien ».

Nous sommes finalement ici en pays de connaissance. Les grands mystiques persans usent du langage d’un Louis-Claude de Saint-Martin,  et plus encore d’un Jacob Boehme. Henri Corbin a pris  vingt ans de sa vie pour donner un ordre à ce qui lui fut le plus cher, à ce qu’il connût mieux qu’homme au monde (les érudits persans étaient émerveillés par Corbin).
Il écrit dans le livre " Le Chiisme et Iran" : « Cela présuppose que l’on admette l’existence d’univers spirituels permanents, posant à l’homme une interrogation permanente, lui  adressant une invite permanente. On ne peut l’admettre, certes, sans avoir vaincu le "réflexe agnostique" spontané chez l’homme  occidental de nos jours. A qui n’a pas vaincu  ce réflexe il ne reste plus qu’à confondre philosophie et sociologie de la philosophie. Il y a un abyme entre l’une et l’autre ».

 

 

 

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Les douze Imams, de l'admiration des Chiites :

Imam Ali (599-661)
Imam Hassan (624-670)
Imam Hussein (625-680)
Imam Zeyn-el Abidin (659-719)
Imam Bakir (677-733)
Imam Djafer Sâdik (699-765)
Imam Moussa Kazim (745-799)
Imam Riza (765 -818)
Imam Taki (811-835)
Imam Naki (829-868)
Imam Hassan el Askeri (846-874)
Imam Mehdi (870-878)

 


Bien sûr, Corbin use du terme « philosophie » en son sens premier, recherche de la « Sophia », on est loin de Hegel et de Kant, ce qui nous démontre que l’Histoire et la géographie (entres autres facteurs) contribuent à forger des différences essentielles. Ainsi,  on peut se demander si La Perse, d'où provient le principal peuple chiite - n’a pas amené à l’Islam son génie si particulier, celui qui nous avait déjà donné ce dualisme d’où devait surgir le manichéisme si influent sur certaines théories gnostiques, puis Zoroastre enfin le Démon, puisque la très grande majorité - religieux compris quand ils sont savants - des spécialistes des deux testaments et de la figure diabolique s’accordent à reconnaître dans le Satan de Paul et de l’Evangile l’Ahriman iranien (sa très forte influence disons), alors que celui de l’Ancien Testament est l’outil de Dieu, pas son ennemi (cf. le Livre de Job et d ‘autres épisodes où le texte dit « Dieu envoya un Satan »).

Hélas, les croyants refusent trop souvent dans ces cas là d’écouter même les sévères pères dominicains qui marchent la main dans la main avec leurs collègues protestants et agnostiques - les textes sont là et on voit combien est différent le Satan juif et l’être d’iniquité de saint Paul, le « Prince de ce Monde » de l’Evangile, tentateur de Notre Seigneur. Reste évidemment le serpent de la Genèse « le plus rusé de tous les animaux » dans lequel il est bien difficile de ne pas reconnaître « notre » Satan et qui ici intervient bien comme un ennemi du projet divin.

Nos chercheurs n’ont pas d’explications à cela, mais ils ont raison sur les autres apparitions de l’Adversaire dans l’Ancien Testament (je ne dis pas que d'autres pensées soient inconcevables : de toute manière le diable n'est pas le plus petit mystère de la Bible et de la théologie chrétienne!).

 

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Henri Corbin (1903-1978)

 

 

Tout ceci pour dire que la civilisation Perse à toujours eu un génie singulier, que nous lui devons énormément et qu’il n’est donc pas tellement étonnant que le plus grand mysticisme islamique, son ésotérisme le plus riche ne soit pas arabe ( le plus riche et le plus ouvert si on en croit ces textes « soufis-shiite » ou des chrétiens interviennent (cf. « Le livre du dedans », Rûmi) et discutent avec la petite assemblée des initiés - certains disent que les Templiers avaient de fraternelles accointances avec certains surgeons soufis… on retrouve d’ailleurs le Graal -La lumière de gloire et le Saint Graal, Henri Corbin, en islam iranien, t.2, chap.IV) et même une chevalerie mystique, lire le Futuwa. D’après Corbin le véritable ésotérisme iranien n’a RIEN de prosélyte, bien au contraire… Et comme tous les gens sérieux il est infiniment discret

 

 

 

 

 

22:43 Publié dans Sédévacantisme | Lien permanent | Commentaires (113) | Tags : islam, musulman, religion, spiritualité, religions |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Mes hommages messire R. Je vous lirai plus tard il me faut rejoindre Morphée, une dure journée de labeur m'attend demain. D'avance merci pour ces lumières.

Écrit par : Tang | mercredi, 24 septembre 2008

L'esprit mystérieux et redoutable appelé Satan n'est mentionné
que dans trois passages de l'A.T., et ces trois textes appartiennent
à des écrits de la période post-exilique, ce qui laisse supposer effectivement une influence de la religion des Perses, au contact de laquelle Israël
s'est trouvé pendant l'exil. On sait que cette religion est fondée
sur l'opposition absolue de deux principes spirituels, irréductibles,
également primitifs: Ahura-Mazda ou Ormazd, le principe du bien, et
Angra-Mainyu ou Ahriman, le principe du mal. Mais cette influence du
dualisme iranien semble n'avoir été que la cause occasionnelle de
l'apparition tardive de Satan dans la littérature canonique de l'A.T.
La raison profonde, nous la trouvons dans l'antique notion hébraïque
d'un Dieu caractérisé essentiellement par l'attribut de la puissance
et qui est la cause unique de tout ce qui arrive en bien et en mal.

Écrit par : Henoch | mercredi, 24 septembre 2008

Satan ou Sathanaël, son origine est ancienne. Il vient de la racine sémitique stanah qui signifie « ennemi, adversaire, opposant ». On retrouve son nom dans le dieu syrien Soutekh mais aussi dans le dieu égyptien Seth, dont les origines sont complexes. Originellement, Seth semble être le dieu égyptien de l'orage et de la guerre, comme Baal chez les Sémites. Il a pour fonction de défendre la barque de Rê en combattant le serpent des ténèbres Apophis qui menace l' univers. Son origine est probablement sémitique et il s'oppose au dieu du Nord, Horus, dieu du peuple égyptien originel. Seth/ Baal était le dieu principal des envahisseurs sémites de l'Egypte, les Hyksôs, qui avaient en leur sein des bataillons cananéens. Ces Cananéens, par la suite vaincus par un soulèvement autochtone, devinrent monothéistes selon un processus complexe et revinrent en Canaan convertir leur patrie d'origine. Seth/Baal devint alors un dieu inférieur à Yahweh, dieu qui fusionne avec le grand dieu de Jérusalem, El Elyon, le dieu du ciel des Judéo-païens. Baal, sous le nom de Satan, variante du nom de Seth, est chargé d'accomplir les basses oeuvres de Yahweh/El en foudroyant les impies. L'influence du manichéisme iranien opposant au dieu du ciel et de la lumière Ohrmazd le dieu malfaisant des ténèbres Ahriman semble avoir abouti dans le judaïsme à l'opposition entre Yahweh et Satan.

(http://www.granika.org/paiens_vs_satanisme.html)

Écrit par : Isis | jeudi, 25 septembre 2008

Les germes iraniens déposés dans la Bible nouvelle fermentaient, préparant des fruits nouveaux, bien imprévus. Les anciens prêtres du Temple, qui avaient vécu leur exil à Babylone, y discutant avec les devins de Chaldée, si retors, et les mages de l’Iran, très instruits, s’écartaient, s’isolaient. L’influence du Zend-Avesta eut ses manifestations historiques. Zoroastre, Orphée et Moïse représentèrent pour beaucoup la trinité des grands organisateurs. Saint Méliton, au temps de Marc-Aurèle, écrira : Quant à Nébo, qui est à Maboug... tous les prêtres de Maboug savent que c’est la statue d’Orphée, mage de Thrace ; Hadran est de même la statue de Zoroastre (Zaradourcht). La fusion des trois esprits ne s’accomplit pas, malgré Babylone et malgré Alexandrie, à cause de l’idée de Dieu. Le dualisme iranien, cependant, s’insinua chez les juifs avec le démon Asmodée, — Aschmodaï, — de même que l’Urœus égyptien, placé au front des souverains et des divinités, figure l’Afrasiab du Zend-Avesta depuis qu’Amenhotep IV (1.500 av. J.-C.) introduisit en Égypte le culte aryen du soleil. Jéhovah demeurait l’incontestable Dieu, mais sa religion — et le Christianisme s’en ressentira, — s’accommodait aux pratiques zoroastriennes ; en même temps d’ailleurs que les Iraniens laissaient les mages de Chaldée, ces pères des prêtres juifs, introduire des pratiques magiques et juives dans le Zend-Avesta.

Écrit par : Enaïda | jeudi, 25 septembre 2008

Nébo, qui est à Maboug... tous les prêtres de Maboug savent que c’est la statue d’Orphée, mage de Thrace ! Voilà une découverte intéressante ! Être ô Être...

Écrit par : Hocking | jeudi, 25 septembre 2008

Tout ce beau discours Restif est bien gentil mais ne saurait faire illusion - on voit d'ailleurs à quelle vitesse tous les poncifs modernistes les plus éculés au sujet d'une inspiration mazdéenne ou zoroastrienne des thèmes de l'Ecriture Sainte relatifs au mal, dont on sait nous dire et nous redire à tous les temps de la conjugaison dans les magazines parlant de "spiritualité" qu'ils sont porteurs d'éléments dualistes, refont surface à grande vitesse ici à la faveur de votre note. Ainsi, il ne faut pas se le dissimuler, l'islam, sunite ou chiite, est une hérésie absolue au regard du christianisme, et les aspects sympathiques de l'ésotérisme perse que vous évoquez avec une certaine touchante naïveté suite à votre lecture de Corbin, ne sauraient le faire oublier !

Rappelons les pertinents propos de st Thomas d'Aquin concernant Mahomet et sa prétendue religion :

"... Mahomet a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair.

Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement. En fait de vérités, il n'en a avancé que de faciles à saisir par n'importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses.

Il n'a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l'inspiration divine, quand une oeuvre visible qui ne peut être que l'oeuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu'il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans.

D'ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l'aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d'autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur ; bien au contraire il déforme les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c'est évident pour qui étudie sa loi.

Aussi bien, par une mesure pleine d'astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère."


Saint Thomas d'Aquin, "Somme contre les Gentils" - livre 1, question 6.

Écrit par : Zak | jeudi, 25 septembre 2008

Parfaitement, Zak, et voici ce que disait St Jean Damascène sur l'islam :

1. Il y a également chez les Ismaélites une superstition trompeuse qui est toujours agissante, et qui sert de précurseur à l' Antéchrist. Elle a pour origine Ismaël, qui est né d'Abraham et d'Agar, et c'est pour cette raison qu'ils s'appellent Agarènes et Ismaëlites. On les appelle également Saracènes du fait, parait-il, d'avoir été renvoyés sans rien par Sarah; car Agar a dit à l'ange: " Sarah m'a renvoyée sans rien ". Les Saracènes étaient idolâtres, et vénéraient l'étoile du matin ainsi qu'Aphrodite. Ce nom dans leur langue signifie Majestueux (Habar) c'est ainsi que jusqu'au temps d'Héraclius, ils étaient assurément idolâtres.

2. A partir de cette époque, un faux prophète survint au milieu d'eux ; il s'appelait Mameth. Il a entendu quelquefois l'Ancien et le Nouveau Testament, et est censé avoir rencontré un moine arien, par la suite. Finalement il créera lui-même sa propre hérésie. Puis déçu. il fit croire au peuple qu'il était un "craignant Dieu", et fit propager la rumeur qu'un écrit saint lui avait été apporté du ciel. Il mit par écrit des sentences, qu'on ne peut que railler, dans son livre et le leur donna pour qu'ils y obéissent. Il disait qu'il n'existait qu'un seul Dieu, créateur de toutes choses, qui n'a ni engendré, ni été engendré. Il disait que le Christ était la parole de Dieu et son Esprit, qu'il a été créé et qu'il est un serviteur, qu'il est né de le semence de Marie, la sœur de Moïse et d'Aaron. Car, dit-il, la Parole de Dieu et l'esprit entrèrent en Marie, et elle donna naissance à Jésus, qui fut un prophète et un serviteur de Dieu. Il affirme que les Juifs, ayant eux-mêmes violé la loi, voulaient le crucifier, et après l'avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même, disent-ils, n'a pas été crucifié et n'est pas mort ; car Dieu l'a élevé auprès de lui dans lu ciel, parce qu'il l'aimait. Il affirme que lorsque Christ monta aux cieux, Dieu le questionna en disant : " O Jésus as-tu dit que je suis Fils de Dieu, et Dieu ?" Et Jésus, affirment-ils, répondit: "Aie pitié de moi Seigneur; tu sais que je ne me vanterai pas d'être ton serviteur, et que je ne leur ai pas dit cela; mais les hommes qui se sont égarés ont écrit que c'est ainsi que j'ai parlé, et ils disent des mensonges à mon sujet, et ils se sont trompés. " Et ils disent que Dieu lui a répondu : "Je savais que tu ne dirais pas une telle chose" Et bien qu'il introduisit dans cet écrit beaucoup d'autres absurdités, dont on ne peut que se moquer, il insiste sur le fait que cela lui a été apporté du ciel par Dieu. Quant à nous, nous nous demandons: "Et qui est celui qui peut témoigner que Dieu lui a donné les écrits ? Et lequel des prophètes a annoncé à l'avance qu'un tel prophète se lèverait ?" Et parce qu'ils sont étonnés et embarrassés, nous avons dit que Moïse reçut la Loi au Mont Sinaï à la vue de tout le peuple quand Dieu apparut dans la nuée et dans le feu, dans les ténèbres et dans la tempête; ils sont étonnés de ce que tous les prophètes, en commençant par Moïse, puis ceux qui le suivirent ont prédit la venue du Christ, également le fait que le Christ est Dieu et que le Fils de Dieu viendra en s'incarnant, qu'il sera crucifié, qu'il mourra et qu'il sera le juge des vivants et des morts. Et alors quand nous demandons: " Comment se fait-il que votre prophète ne soit pas venu de cette manière, en ayant d'autres personnes qui témoignent à son sujet ? Car contrairement à Moïse à qui Dieu a donné la Loi, pendant que le peuple regardait et que la montagne était enfumée, Dieu n'a pas donné à votre prophète l'écrit en votre présence. Autrement vous aussi pourriez en avoir l'assurance ". Ils répondent que Dieu fait ce qui lui plaît. Ceci, disons nous, nous le savons également; mais comment l'écrit est-il descendu vers votre prophète ? Voilà ce que nous demandons. Et à eux de répondre que, pendant qu'il était endormi, l'écrit saint est descendu sur lui. Alors nous leur disons en, plaisantant, que puisque c'est pendant qu'il dormait qu'il a reçu l'écrit saint, il n'avait donc pas conscience de ce qui se passait, alors c'est à son sujet que le proverbe populaire s'accomplit [le proverbe n'est pas dans le texte ] Quant à nouveau nous leur demandons : "Comment se fait-il que bien que, dans vos écrits saints, il vous a commandé de ne rien faire ni de recevoir quoi que ce soit, sans la présence de témoins, vous ne lui ayez pas demandé: " Prouve d'abord avec l'appui de témoins que tu es un prophète et que tu es venu de la part de Dieu, et quel écrit saint témoigne en ta faveur ? ", ils restent silencieux , car ils sont honteux. Puisque vous n'avez pas l'autorisation de vous marier sans témoins, ni d'acheter quoi que ce soit, ni d' acquérir aucune propriété, (vous n'avez même pas le droit de prendre un âne, ou tout autre animal, sans témoins), ainsi donc vous avez des femmes, des propriétés, des ânes et toute autre chose, en présence de témoins; et donc uniquement votre foi et vos écrits saints vous les acceptez sans témoins. Cela provient du fait que celui qui vous a donné les écrits, ne détient son autorité de nulle part. De plus il n'y a personne de connu qui ait témoigné à l'avance à son sujet. Il faut ajouter que le prophète reçut cela, alors qu'il dormait.

3. En outre ils nous appellent " Associateurs ", car, affirment-ils, nous introduisons un associé aux côtés de Dieu, en disant que le Christ est le Fils de Dieu et est Dieu. Nous leur répondons : " C'est cela que l'Ecriture et les prophètes nous ont rapporté et vous, comme vous le proclamez, acceptez l'autorité des prophètes. Si, pour cette raison, nous nous sommes trompés en affirmant que Christ est le Fils de Dieu, alors ceux qui nous ont ainsi enseignés et qui nous ont rapporté de tels écrits se sont également trompés " Certains Saracènes maintiennent que c'est nous qui avons ajouté de telles choses, en allégorisant les prophètes. D'autres proclament que ce sont les Juifs, qui remplis de haine, nous ont trompé avec de faux écrits de prophètes, et cela un vue de nous égarer. A nouveau nous leur répondons : " Puisque que vous affirmez que le Christ est la Parole et l'Esprit de Dieu, comment donc pouvez-vous nous taxer d'associateurs . Car la Parole et l'Esprit sont inséparables de celui en qui tout cela a son origine. Si donc, la parole est en Dieu, il est évident qu'elle est Dieu également. Si d'autre part, elle est en dehors de Dieu, alors Dieu, d'après vous, est sans Parole et sans Esprit. Ainsi donc en essayant de ne pas mettre d'associés auprès de Dieu, vous avez mutilé Dieu. Car il eût été avantageux pour vous de dire que Dieu a un associé, plutôt que de le mutiler et de le présenter de la même manière qu'on le ferait pour une pierre, du bois ou tout autre objet inanimé. C'est ainsi que vous nous appelez " Associateurs ". à tort : nous par contre vous appelons " Mutilateurs " (koptas) de Dieu "

4. Ils nous accusent injustement d'être idolâtres, Car nous vénérons la croix, et qu'eux la méprisent. A cela nous leur répondons : " Comment se fait-il que vous vous frottiez à une pierre, à votre Habathan. et que vous exprimiez votre vénération à la pierre en l'embrassant ? " Certains répondent en affirmant qu'Abraham y eut des relations sexuelles avec Agar; d'autres disent que c'est là qu'il avait attaché son chameau avant de sacrifier Isaac. Et à nous de leur répondre: " Puisque l'Ecriture dit qu'il y avait une montagne et une forêt, d'où Abraham a coupé du bois pour l'holocauste sur lequel il coucha Isaac, et également qu'il laissa les ânes en arrière avec les serviteurs; d'où tirez vous alors votre histoire ? En cet endroit il n'y avait ni de bois provenant de la forêt, ni sentier pour les ânes " Alors les voilà embarrassés. Toutefois, ils affirment bien qu'il s'agit de la pierre d'Abraham. Nous leur répondons : " Supposons que ce que vous affirmez de manière insensée soit vrai, n'éprouvez vous pas de honte à embrasser cette pierre, uniquement parce qu'Abraham y a eu des rapports avec une femme, ou parce qu'il y attacha son chameau ? Et vous nous blâmez, parce que nous vénérons la croix du Christ, par laquelle le pouvoir des démons et la ruse du Diable ont été annihilés ! ! !" Ainsi donc, ce qu'ils appellent " pierre " est la tête d'Aphrodite qu'ils adoraient. Eux l'appelaient Haber et on voit des entailles dans la pierre encore aujourd'hui, ceux qui les comprennent y voient des gravures.

5. Comme nous l'avons déjà mentionné, Mohammed composa beaucoup d'histoires, et à chacune il attribua un titre, comme par exemple Le traité de la femme. Dans cet écrit, il admet que quelqu'un puisse d'une manière légale prendre quatre femmes et mille concubines, s'il pouvait se le permettre, donc autant qu'il pouvait entretenir en plus des quatre femmes. Chacun peut répudier chacune de ses femmes, selon son désir, et se remarier avec une autre femme. Il a créé cette loi à cause de l'histoire suivante. Mohammed avait un ami nommé Zaid. Cet homme avait une belle femme, et Mohammed en est tombé amoureux. Alors que les deux amis étaient assis ensemble un certain jour, Mohammed dit : " Ecoute mon ami, Dieu m'a commandé de prendre ta femme, pour qu'elle devienne la mienne." Et celui-ci de répliquer: " tu es un apôtre, fais comme Dieu t'a dit; prends ma femme " . Et il la répudia. Ou plutôt, pour raconter l'histoire dès le début, il lui dit: "Dieu m'a ordonné (de te dire) que tu devais répudier ta femme" . Quelques jours plus tard il dit : " Mais maintenant Dieu a ordonné que moi je la prenne pour femme. ". Ensuite, après l'avoir prise pour femme, et commis l'adultère avec elle, il a inventé la loi suivante: " Quiconque le souhaite peut renvoyer sa femme. Mais, si après le divorce il veut retourner à elle, il faut que la femme ait auparavant été marié à quelqu'un d'autre. Car il n'est pas permis de la reprendre, à moins qu'elle ne se soit mariée à quelqu'un d'autre. Un frère peut épouser la femme répudiée par son frère le souhaite".

6. Il y a encore le Traité de la Chamelle de Dieu. A ce sujet, il dit qu'il y avait une chamelle de Dieu qui avait l'habitude de boire toute l'eau de la rivière, de telle manière qu'elle ne pouvait plus passer entre deux montagnes, car il ne lui restait plus assez de place pour passer. Il y avait des gens en cet endroit, et un jour ils buvaient l'eau de la rivière, et la chamelle buvait le lendemain. Quand elle buvait l'eau, elle les nourrissait en leur offrant son lait à la place de l'eau. Alors, ces gens devinrent méchants, se levèrent et tuèrent la chamelle. Elle avait comme progéniture une petite chamelle, qui affirme-t-il, lorsque se mère fut tuée, cria à Dieu, et celui-ci la fit monter auprès de lui. Et nous leur disons: " D'où est venue cette chamelle ? ", ils répondent qu'elle était de Dieu. Et nous disons : " Y avait-il un autre chameau qui s'était accouplé" avec elle ?" .Ils répondent : "Non " Et nous demandons: " Alors comment a-t-elle eu une progéniture? Car, nous le voyons cette chamelle était sans père, sans mère, et sans généalogie; et quand elle est née, elle a été rencontrée par le mal .Dans votre histoire, nous ne voyons ni celui qui s'accouple à la chamelle, ni l'endroit où la jeune chamelle a été enlevée. Votre prophète alors, dont vous prétendez que Dieu lui a parlé, comment donc n'a-t-il pas su l'endroit où broutait la chamelle, ou qui devait la traire, et qui buvait son lait? Lui arriva-t-il, pareillement à sa mère, de tomber entre les mains d'hommes méchants, et d'être tuée, ou bien est-elle, bien en avance par rapport à vous, entrée au paradis? Et que c'est d'elle que coulera la rivière de lait, dont vous parlez? Car vous affirmez que vous aurez trois cours d'eau au Paradis, d'où couleront de l'eau, du vin et du lait. Si la chamelle qui te précède est en-dehors du paradis, il est évident qu'elle est morte de faim et de soif, ou au contraire que d'autres gens vont boire de son lait. Et votre prophète se vante vainement d'avoir parlé à Dieu, puisque Dieu ne lui a pas révélé le mystère de la chamelle. Si, d'autre part, elle est au paradis, elle boit à nouveau de l'eau et par manque d'eau vous dessècherez au milieu des délices du paradis. Et vous désirerez boire du vin de la rivière, qui coule dans le voisinage, puisqu'il n'y aura pas d'eau (car la chamelle l'a entièrement bu); le buvant sans cesse, cela vous brûlera à l'intérieur et vous tomberez ivres et dormirez. Etant intoxiqués à cause du vin et ayant la tête lourde après votre sommeil, vous manquerez les plaisirs du paradis. Comment se fait-il alors que votre prophète n'ait pas pensé à tout cela, qu'il n'ait pas prévu que toutes ces choses vous arriveraient dans le paradis des délices? Il ne s'est jamais donné la peine de rechercher l'endroit où vit en ce moment la chamelle; et vous d'ailleurs non plus. Demandez le lui, quand sortant de ses rêves, il vous prêchera sur les trois fleuves. Mais nous vous assurons, sans l'ombre d'un doute, que votre merveilleuse chamelle est déjà entrée, bien avant vous, dans les âmes des ânes, où vous aussi vivrez en tant qu'animaux. Et c'est là qu'il y a les ténèbres extérieures et l'enfer éternel, un feu grondant, un ver toujours éveillé, et les démons de l'enfer ".

7. Mohammed parle également du Traité de la Table. Il affirme que le Christ demanda à Dieu une table, et elle lui fut donnée. Parce que rapporte-t-il, il lui répondit : "Je t'ai donné, ainsi qu'à tes compagnons, une table incorruptible"… Il y a aussi Le traité de La Génisse, et quelques autres contes, dont on ne peut que se moquer, et que nous ne mentionnerons pas tous, du fait de leur grand nombre. Il créa une loi disant qu'hommes et femmes soient circoncis, et il leur ordonna de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, et d'un côté de manger ce qui est interdit dans la Loi, de l'autre de s'abstenir des aliments (que la Loi permet); il a également interdit de boire du vin.

Saint Jean Damascène : Des Hérésies - de Haeresibus

Écrit par : Thaddée | jeudi, 25 septembre 2008

@ Zak et Thaddée, vos rappels sont justes et utiles du point de vue chrétien, mais il ne faut pas négliger la grande différence qui existe entre le Shi’a (« chiisme ») et le sunisme. Les sunites regardent les chiites comme des hérétiques, d'où la détestation dont ils sont l'objet.
Ceci doit nous enjoindre à regarder le chiisme sur un plan différent nous permettant un avis plus nuancé à son égard, sachant que le mouvement politico-religieux intégriste, le wahabisme, né en 1744 en Arabie de l'alliance d'un prédicateur rigoriste (Mohammed Ibn Abd-el Wahab) et d'un chef tribal, Mohamed Ibn Séoud, partisan du retour à la pureté originelle de l'islam, qui condamne les pratiques populaires, interdit le tabac, la musique, la moindre proximité publique entre hommes et femmes et impose le port de la barbe « islamique » aux hommes, considère le soufisme comme étant totalement dégénéré, infecté de germes chrétiens et donc à proscrire. C'est pourquoi, Ibn Wahab proclama la guerre sainte (djihad), ne l'oubliez pas, contre le chiisme et le soufisme au XVIIIème siècle. Cette haine perdure, et doit nous amener à plus de nuance vis-à-vis du chiisme et du soufisme.

Écrit par : Seraphi | jeudi, 25 septembre 2008

Rétablissons un peu la vérité vis-à-vis de cette déviance de l'Islam qu'est le chiisme. Comme le soutiennent tous les chiites, ce qui constitue d'ailleurs chez eux un fondement, le Prophète aurait désigné, avant sa mort ‘Ali comme son successeur légitime et Calife. Ce qui implique de facto, qu'Abou Bakr et ‘Omar ont désobéi aux recommandations du Messager d'Allah . Quant on sait l'importance que les chiites duodécimains accordent à l'imamat ce credo que nous venons de mentionner placerait Abou Bakr et ‘Omar dans la situation de ceux qui se seraient opposés à l'accomplissement de la Révélation. Ce qui est une accusation très grave et surtout une calomnie évidente et indigne, qui appelle à toutes les interrogations et suscite de grandes suspicions quant à l'origine de ce mouvement hérétique qu'est le chiisme. Ainsi Khomeiny a écrit dans « el houkouma el islamiya » (la république islamique) au sujet du principe de l'imamat : « Nous croyons au principe de la succession et que le Prophète devait nécessairement désigner un Calife après lui, et c'est ce qu'il fit » , et il ajoute un peu plus loin : « Et la désignation du Calife pour lui succéder (au Prophète) faisait partie, parachevait et complétait la Révélation », et Khomeiny confirme cela en des termes sans équivoque : « Car si le Messager n'avait pas désigné son successeur il aurait été considéré comme n'ayant pas transmis le Message » .

Il ne fait aucun doute pour celui qui possède un minimum de connaissances de base sur l'Islam que ces paroles et ces dires défendus par les chiites ne sont que mécréance. Et ceci est évident car ces dires concernant l'imamat et notamment le fait que le Messager d'Allah a nécessairement désigné son successeur, et que cela faisait partie de la Révélation, impliquent que les Textes devraient les mentionner. Or, il n'existe dans aucun passage du Corann, ni dans tout ce qui est rapporté de hadiths, ne serait ce qu'une simple allusion à ce fondement de l'imamat qui est un pilier de la foi selon les chiites. Ce qui signifierait donc, selon leur point de vue toujours, que le Corann a été modifié, sans parler de la Sunna à laquelle ces derniers n'accordent pas le moindre crédit. Et cela est sans aucun doute de la mécréance et une telle approche exclut de l'Islam par la grande porte.
Ensuite, pour tenter d'expliquer cette thèse bancale, les cheikhs du chiisme ont inventé de toute pièce la fable de la conspiration de Abou Bakr et ‘Omar et de certains autres Compagnons complotant comme de vulgaires politiciens véreux, et loin d'eux de telles accusations, contre ‘Ali qu'ils voulaient écarter du pouvoir, pour on ne sait quel motif, alors que le Prophète lui-même aurait désigné ce dernier comme son successeur légitime et afin que soit complétée la Révélation.

Celui qu'Allah égare, ne trouvera personne pour le guider !

Écrit par : Alhusaïn | jeudi, 25 septembre 2008

Eh bien ! voilà les amabilités classiques qui font leur apparition entre chiites et sunites chez IdC "grâce" à Restif - vraiment amusant !

Écrit par : Buloyer | jeudi, 25 septembre 2008

Henry Corbin a poursuivi durant toute son existence le rêve d’une chevalerie spirituelle, d’hommes nobles, le rêve d’une communauté, un peu secrète, mais vivante, de gnostiques, ’orafâ, partageant la même aspiration au Monde de l’Ame, à la Nuit « novalisienne », d’après les Hymnes à la Nuit du poète romantique allemand Novalis. En cela il se trouvait à l’opposé de son maître Louis Massignon que sa spiritualité, jugée parfois quelque peu hétérodoxe, singularisait parmi ses compagnons de travail. Cela tenait aussi, certainement, à ce que Henry Corbin était fondamentalement un homme d’amitié – ce dont témoignera, par exemple, Marie-Madeleine Davy : « J'aimais le rencontrer et l'entendre. Son amitié chaleureuse exaltait en faisant s'épanouir le meilleur de soi ». Cependant, derrière ce rêve, il y avait aussi une perspective que l’on peut dire géniale, un projet intellectuel et spirituel qu’imposait son époque : « Faire face ensemble, nous tous les Ahl al-Kitâb [les Gens du Livre], en reprenant ensemble notre aventure théologique depuis les origines, pour qu'au lieu de nous séparer, l'aventure cette fois nous rassemble ».

Cette intuition majeure est le message laissé par Henry Corbin aux générations montantes. Des hommes ont témoigné, maintenant qu’il a quitté la manifestation terrestre, des hommes jeunes aussi, qu’ils étaient sensibles à ce message, qu’ils souhaitaient travailler non seulement à le répandre, mais à le porter en eux, à être ce message. Certes, nous quittons ici les rivages du dialogue interreligieux pour entrer ensemble sur l’océan commun de la gnose, de l’aventure gnostique. Ce serait, en effet, une erreur de tenir Henry Corbin pour un pionnier, parmi d’autres, du dialogue entre les religions du Livre. L’épisode de l’Université Saint Jean de Jérusalem suffirait à prouver qu’il s’agit de bien autre chose. Henry Corbin fut essentiellement un philosophe mystique et le héraut d’une chevalerie spirituelle mêlant les ésotéristes des trois religions du Livre. S’il fut un pionner, c’est en ce qu’il a promu, en plein 20ème siècle, une rencontre sur le seul plan où elle pouvait s’accomplir en plénitude : l’ésotérisme, "al bâtin".

Écrit par : Abdullah al Kitab | jeudi, 25 septembre 2008

Lisez de R. Arnaldez son "Henry Corbin et le christianisme" texte paru dans la revue Etudes, 1981, vol. 355, no6, pp. 627-638. On y découvre, avec une surprise limitée, à quel point ce fut une pensée foncièrement gnostique qui orienta la critique que Henry Corbin fit du christianisme, en particulier son analyse du miracle de l'Incarnation et sa réserve à l'égard de l'Eglise.

Écrit par : Sulpice | jeudi, 25 septembre 2008

On voit bien, à lire ce qui se trouve sur ce blog, ce qui distingue l'islam et fait sa supériorité par rapport au christianisme, comme l'expliquait JAVAD TABATABAI, philosophe iranien dans le journal Libération :

" Le christianisme a, pour ainsi dire, une faiblesse fondamentale à l'origine, celle d'être une religion de l'autre monde, de l'au-delà, et fermée à ce monde. L'islam, dès le début, est la religion de ce monde, aussi ; il porte un regard vers l'au-delà mais, en même temps, il essaie de guider le croyant dans ce monde-ci, reconnaît sa pertinence et son irréductibilité. Le christianisme ne connaît pas de jouissance corporelle ; l'islam, oui. Ainsi le mariage chrétien s'est-il bâti sur l'engendrement, et non sur la jouissance, et il ne connaît pas de contrat entre époux. Donc, on ne peut pas rompre ce contrat. Dans l'islam, vous pouvez rompre le contrat, comme n'importe quel autre. Dès l'origine, l'islam reconnaît tout ce qui appartient à ce monde, la propriété, la jouissance, manger, voyager, avoir des femmes... Historiquement, il arrive un moment où le christianisme entre en contradiction avec les exigences de la vie ; un effort, de l'intérieur, est produit pour ouvrir le christianisme au monde. C'est cela, la sécularisation, rendre le christianisme à ce monde, l'y adapter. C'est pourquoi, dans l'islam, le problème ne s'est pas posé parce qu'il avait une force par rapport au christianisme, c'est qu'il reconnaissait ce monde : il était séculier d'emblée."

Libération, 27 octobre 2001

Écrit par : Wahid Ilâm | jeudi, 25 septembre 2008

"La Foi de Henry Corbin est la foi d’un gnostique, pour qui la gnose est « une connaissance salvifique par soi-même ».
Cette Foi est « Terre - Ange - Femme », comme il l’écrira le 24 avril 1932, au bord d’un lac de Dalécarlie :
« Tout cela est une seule chose que j’adore et qui est dans cette forêt. Le crépuscule sur le lac, mon Annonciation. La montagne : une ligne. Ecoute ! Il va se passer quelque chose, oui. L’attente est immense » .
La Terre dont il est question, la Terre de la Foi de Henry Corbin, est la Terre céleste, le « monde intermédiaire » entre le Ciel et le monde terrestre.
Elle est le Monde de l’Ange .
L’Ange
Le jour de la mort de Henry Corbin, Mircea Eliade notait dans son Journal, à la date du 7 octobre 1978 : « Henry n’a pas souffert. Il est mort avec sérénité tant il était sûr que son ange gardien l’attendait » .
Certes, il convient de s’entendre sur la nature de cet « ange gardien », qui est, pour Henry Corbin, « l’ange de l’âme incarnée », et dans cette circonstance de sa mort, très précisément « la Figure céleste qui vient en face à face avec l’âme à l’aurore de son éternité ». Ailleurs, il parlera aussi des Fravartis, comme des « anges gardiens ». C’est toutefois, ajoute-t-il, « à condition de concevoir l’ange gardien comme le pôle céleste, le Moi céleste d’un être dont la totalité est bipolaire, constitue une bi-unité, à savoir celle d’une forme terrestre et d’une forme céleste qui en est la contrepartie supérieure » .
On connaît les pages admirables qu’il a consacrées à la figure de Daênâ, « l’Ange tutélaire », et à sa rencontre post-mortem avec l’âme humaine :
« A l’interrogation de l’âme émerveillée, demandant « qui donc es-tu ? » à la jeune fille qui s’avance à l’entrée du Pont Chinvat et dont la beauté resplendit plus que toute autre beauté jamais entrevue au monde terrestre, elle répond : « Je suis ta propre Daênâ », - ce qui veut dire : je suis en personne la foi que tu as professée et celle qui te l’inspira, celle pour qui tu as répondu et celle qui te guidait, celle qui te réconfortait et celle qui maintenant te juge, car je suis en personne l’Image proposée à toi-même dès la naissance de ton être et l’Image voulue enfin par toi-même (« j’étais belle, tu m’as faite encore plus belle ») .
Ces lignes décrivent, en quelque sorte par anticipation, l’ultime vision de Henry Corbin, au moment où il a quitté la manifestation terrestre.
Daênâ est donc l’Ange de la Foi de Henry Corbin, et en tant qu’elle est aussi « l’Idée céleste » de tout être humain, elle apparaît comme le secret de Henry Corbin, comme il le dira lui-même, à propos d’Ibn ‘Arabî : « Ce qu’un être humain rejoint dans l’expérience mystique, c’est le « pôle céleste » de son être, c’est-à-dire sa personne telle qu’en elle et par elle, l’Etre Divin dès l’origine des origines, au monde de Mystère, s’est manifesté à soi-même, et s’est fait connaître d’elle sous cette Forme qui est également la forme sous laquelle lui-même se connaissait en elle. C’est l’Idée ou plutôt l’«Ange » de sa personne dont le moi présent n’est que le pôle terrestre » .

Jean MONCELON - Connaissance des Religions - n° 71-72 (1er semestre 2004)

Écrit par : Daênâ | jeudi, 25 septembre 2008

Selon JAVAD TABATABAI, dès l'origine, l'islam reconnaît tout ce qui appartient à ce monde, la propriété, la jouissance, manger, voyager, avoir des femmes...


De toute évidence la leçon est bien comprise, nous en avons pour preuve, ces quelques phrases qui résument à elles seules la supériorité de l'islam par rapport au christianisme

"On peut marier de force des fillettes de moins de 9 ans, selon des « savants » d’une mosquée de Toronto

« Un mariage est nul si l’épouse n’y a pas consenti. Il y a toutefois une exception à cette règle lorsque la fille a moins de 9 ans. Dans ce cas, son père peut la marier de force. Selon les opinions correctes, il n’y a pas de mal à marier des fillettes. Cette opinion est fondée sur l’exemple de Mahomet qui a épousé Aisha sans son consentement alors qu’elle avait moins de 9 ans. »

http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article93


http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article483

Écrit par : Franca May | jeudi, 25 septembre 2008

Oui... enfin... Être Ô Être... je précise que mon diminutif de "Nebo" n'a absolument rien à voir avec le mont Nébo, n'est-ce pas, ni avec aucune divinité païenne du moyen-orient. Ce n'est que le diminutif de "Nebojsa" (Néboïcha), mon prénom serbe, qui signifie "qui n'a pas peur"... ce que j'assume. Le diminutif Serbe de Nebojsa est Nesa (Nécha)... mais comme en France, pour je ne sais quelle obscure raison personne dans mon entourage ne souhaitait faire l'effort de prononcer "Néboïcha" correctement, comme si ça leur arrachait la gueule, j'ai décidé, vers mes 16 ans, qu'on m'appellerait désormais "Nebo" ce qui par une heureuse circonstance veut dire "Ciel" en Serbe également. Alors en effet... Être ô Être...

Je suppute que les indiens d'Amérique, avec leur immonde spiritualité, les inuits avec leurs esprits des glaces ne méritent que les laves de l'Enfer si les intuitions lumineuses des chiites sont d'entrée reléguées aux limbes. Heureusement, Dieu est Grand et les durs de coeurs sont tout petits petits...

La question que je me pose, estimé Restif, c'est... le Le chiisme duodécimain iranien n'est-il pas une invention typiquement perse pour faire passer la pilule de l'échec face à l'invasion arabe. L'élite Sassanide étant en décadence, l'Islam fut bienvenu, mais arrangé à la sauce locale, avec des touches de Zoroastrisme prononcée. Par exemple : Le zoroastrisme a la particularité d’avoir de nombreux lieux saints où les fidèles se rendent en pèlerinage pour y accomplir des rituels qui sont en apparence très proches des pratiques chiites liées au culte des saints.

Le Zoroastrisme est totalement toléré dans l'Iran des mollahs car, me disait un ami iranien, même chez le musulman chiite le plus radical la fierté de son passé historique et culturel l'emporte. Bien que n'étant pas, selon les critères islamiques, "une religion du livre", le Zorastrisme est considérée comme une des premières religions monothéistes. Il est important de préciser que les Chrétiens, les Juifs, et les Zoroastiens sont représentés au Parlement Iranien, si l'Islam sunnite radical était au pouvoir dans ce pays, ni les juifs, ni les Zoroastriens, ni les chrétiens ne seraient pris en considération.

"Dans la religion de l'espérance attache-toi autant le coeur que tu pourras ;
dans celle de la présence lie-toi avec un ami parfait ;
sache le bien, cent kaabas, faites de terre et d'eau, ne valent pas un coeur,
Laisse donc là ta kaaba et va plutôt à la recherche d'un coeur." (Omar Khayyam - Robaiyat)

Écrit par : Nebo | jeudi, 25 septembre 2008

@Franca May, d'après la tradition, Mahomet, lorsqu'il investit la Kaaba, ordonna la destruction de toutes les idoles, sauf une : une icône mariale qu'il protégea de ses mains. Maryam, mère du prophète Jésus, Isâ (Issa), est donc vénérée partout par les musulmans.

Écrit par : Karl | jeudi, 25 septembre 2008

A propos de l'Iman Ali, il n'est pas rare au milieu d'une foule de femmes en tchador, pliées en deux sous la coupole de la mosquée Jamkaran, à l'orée du désert, d'entendre des hurlements s'échapper des foulards noirs : «Je t'en prie, reviens ! Mahdi, pourquoi n'es-tu pas venu ce soir ?» Sous un voile, on devine un visage rouge et bouffi. La voix cassée à force d'avoir trop crié, Fatemeh Mohammadi, une mère de famille, a fait le déplacement en bus de Mashahd, à l'est du pays, pour venir implorer le retour du Mahdi, le douzième imam chiite.
Un rituel auquel se prêtent, tous les mardis soir, des dizaines de milliers de pèlerins iraniens. L'attente du Mahdi est une tradition chiite, qui mêle croyance religieuse et superstition. A Jamkaran, les visiteurs - 15 millions par an - ont également la possibilité de déposer des voeux dans un puits sacré. Mais depuis l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, le culte de «l'imam caché», habituellement prisé dans les milieux populaires des campagnes, a pris une dimensionpolitique, qui inquiète les milieux intellectuels et religieux. «C'est la première fois qu'un chef d'Etat base son discours sur l'attente de l'imam Mahdi», note l'écrivain et sociologue Emadeddin Baghi. Il fait référence aux déclarations idéologiques du nouveau président, louant cet imam disparu en l'an 941 de l'ère chrétienne et qui devrait réapparaître avant la fin des temps pour instaurer une société islamique idéale. Et puis, il y a cette fameuse vidéo, qui circule sur Internet, sur laquelle on voit le président s'entretenir avec l'ayatollah Javadi Amoli, un haut représentant du clergé chiite.
Ahmadinejad y confie à son interlocuteur l'impression d'avoir été «entouré d'un halo de lumière» lors de son allocution prononcée, en septembre, aux Nations unies, à l'occasion de laquelle il avait imploré le retour de l'imam caché.

Ce rapport au Mahdi, que n'avait prévu Henri Corbin, perçu comme irrationnel et démesuré par la communauté internationale, risque d'envenimer encore plus les difficiles négociations sur le nucléaire. Il pourrait également être vécu comme un affront par les pays sunnites qui, dans leur interprétation de l'islam,
ne croient pas à l'imam caché.

Écrit par : Gugenheim | jeudi, 25 septembre 2008

Mais qu'est-ce qui est arrivé à Restif ? il a passé ses vacances dans une secte soufie en Iran les bouquins de Corbin sous le bras, sans doute en train d'invoquer matin et soir le Nom d'Allah !

Écrit par : Shock | jeudi, 25 septembre 2008

Le célèbre écrivain Maurice Dantec , converti au catholicisme, répond sur son site aux questions que lui posent ses lecteurs. Sans langue de bois. Le cirque et l’islamophilie (folie ?) béate des grands médias, mais aussi d’un certain nombre de chrétiens, à l’occasion du Ramadan rendent indispensables ses réflexions sur l’islam. Attention, il n’y va pas avec le dos de la cuillère !

Extraits :


- Peut-on dire que le Coran prend la Révélation “au mot” ?

Non. Le Coran est une hyper-hérésie, une déviance psychopathologique d’un judéochristianisme déjà déformé par les hérésies gnostiques, marcionites, ébionites, adoptiannistes, nestoriennes, dont le « Prophète » fut abreuvé toute sa jeunesse. Il n’y a aucune « Révélation » singulière dans le Coran, sinon la répétition simplifiée, et simpliste, de certains axes principiels de l’Ancien Testament et le renversement des événements fondamentaux de la seule et unique Révélation, en faisant du Christ un simple « prophète » et du « Prophète » un demi-dieu. Mahomet est au VIIe siècle et à la religion monothéiste ce que L. Ron Hubbard est au XXe et à la psychanalyse.


- En termes de “chaises musicales”, l’islam a occupé une place laissée vide ? Régression générale… Ou est passée la raison ?

C’est la domination du “rationalisme” qui a asséché l’esprit occidental, tué (disons blessé gravement) le christianisme, et provoque donc ce retour du “faux” religieux. Comme le dit si bien Chesterton : Lorsque les hommes ne croient plus en Dieu, ils ne croient pas en autre chose, ils se mettent à croire n’importe quoi.
Pourquoi pas un dieu-en-kit, tiers-mondiste et “libérateur”, anti-impérialiste et “révolutionnaire”, une sorte de dieu guévariste ? L’islam fournit la camelote.

- Bonjour Maurice, je pense comme vous que l’islam est une menace pour l’Occident et j’admire votre courage d’oser le dire. Ceci dit, quel est la solution pour que cet Islam n’ait le dessus ?

L’écraser, définitivement.

http://e-deo.info/archives/3678

Écrit par : E.DEO | jeudi, 25 septembre 2008

Sacré Maumau, il ne mâche pas ses mots. Un bon petit intellectuel, de droite mais bavard comme ceux d'en face. Ferait mieux d'écrire, ou d'apprendre à écrire...

Écrit par : Tang | jeudi, 25 septembre 2008

Petit prologue rapide : Pour la question de l'influence de l'Ahriman iranien sur notre Satan, le professeur Dodds la tient pour certaine dans son maître ouvrage "Païens et chrétiens dans un âge d'angoissse" (La pensée Sauvage, bibliothèque d'ethnopsychiatrie). Je crois que l'accord sur ce point estgénéral dans les cercles scientifiques. Ce qui n'empêche en rien le judaïsme puis le mystère qui entoure encore les débuts du christianisme (je pense ici en particulier aux esséniens) d'avoir ajouté leurs visions et ambigüités. Il faudrait aussi étudier le portrait et la conception du Prince d’iniquité que donnent les évangiles gnostiques que l’immense découverte de Nag-Hammadi nous permet aujourd’hui de consulter. En tout cas, du tourmenteur de Job au tentateurdu désert jusqu'à Celui dont nous parle Saint Paul, il semble bien qu'il y ait eu évolution. ( un petit texte de Thophile d'antioche sur le sujet http://www.jstor.org/pss/1583395. Sur la "lignée juive" du Satan : http://www.religiologiques.uqam.ca/recen/elaine_pagels.htm).

@ cher Nebo, je ne sais si le Siisme duodécimain est une invention spécifiquement Perse. Je me suis justement posé la question de l’influence que pouvait avoir cette prodigieuse civilisation. Il y a, je le crois, une spécificité Perse. Mais arrivé à un certain niveau… Les homme de gnoses finissent par dépasser tout particularisme.
. « Par l’Ishrak de Sohrawardi , le message prophétique de l’ancien Iran se trouve integré à la lignée des grands prophètes sémitiques. Déjà la gnose ismaélienne avait fait de Zarathoustra/Zoroastre un « dignitaire » de la période de Moïse. On dira peut- être que cette intégration ne ressorti pas à la critique historique . En revanche elle constitue un de ces FAITS SPIRITUELS qui nous explique, eux, beaucoup de choses, à commencer par ce qui est en cause ici , la QUESTE du Vrai Prophète, la poursuite d’une « philosophie prophétique »comme stylisation constante de la conscience iranienne » (H. Corbin, En islam iranien, T.1
A vous de voir estimé ami...


Maintenant je voudrais m’arrêter un instant sur votre admonestation paternelle oh Zak, stylite des certitudes, ascète jamais las de la traque de l’hérétique. Je m’y attendais et elle m’amuse tout en me désolant un peu. Je n’ai rien à y répondre. Je ne suis nullement un spécialiste de Corbin et encore moins du Shiisme duodécimain. A tel point que je viens tout juste de commencer à le lire de manière moins dispersé que mes tâtonnements passés. Il s’est trouvé que le petit texte sans prétention quej'avais troussé en régime privé a atterri là. J’en suis heureux. Il m’a déjà valu des connaissances, un apprentissage, un bien beau texte sur la mort Corbin dont je ne saurai top remercier l’auteur. Chacun,,à un moment, décide de sa route. La mienne n’est pas construite d’exclusion et d’anathème. Si la votre conduit à damner un Sohrawardi, je vous la laisse. Je n’ai pas en moi le tropisme du donneur de leçons, du repreneur. J’invite ceux qu’intéressent la millénaire quête humaine à marcher le long des jardins philosophiques (au sens premier du mot : amour de la sagesse). Heureux de savoir que partout des hommes ont cherché la même flamme; on n’en sera que plus fort et plus heureux devant le feu du foyer…

Je me contenterai de citer ici Corbin, tout simplement parce qu’il répond infiniment mieux que je ne saurai le faire. J’ajouterai juste auparavant une chose : il est différentes manières d’aborder à la quête spirituelle. La gnose est pour moi une chemin où je me sens chez moi. Je ne dis pas qu’il est l’unique. Que ce soit chez Maître Eckhar Boehm ou Atar, j’ai retrouvé un même son, un même parfum. Je crois à cette communauté des chercheurs de la Lumière incréée. Je ne la dis pas meilleur. Je dis qu’elle est. Et depuis longtemps…
« On peut dire que la séparation entre la philosophie et la théologie est le premier symptôme d’une sécularisation de la conscience. Elle remonte chez nous à la scolastique latine (…)La théologie reste alors le domaine réservé au « pouvoir spirituel » tandis que le philosophe s’accorde toutes les libertés sauf celle d’être un théologien, et nous avons ici le premier indice de la sécularisation métaphysique, c'est-à-dire de la désacralisation du monde. La théo-sophia dans sa vérité métaphysique même, en est l’antithèse et l’antidote. « elle ne peut être mise ne œuvre que par la connaissance du cœur. D’où l’importance de ce thème chez nos théosophes shiites. Cette mise en œuvre ne peut séparer connaissance théorique et expérience spirituelle. C’est elle seule qui peut faire fructifier toute connaissance et toute initiative en une connaissance et conscience de soi-même. Et c’est de cela que l’homme de nos jours à la plus besoin.On ne s’étonnera donc pas si , à chaque fois que la théosophie islamique s’est trouvée placée devant des problèmes analogues à ceux de la théologie chrétienne (…)ce fut pour s’incliner à des solutions dont l’esprit était sans doute en affinité avec un certain christianisme, mais avec celui-là précisément qui fut par les décisions de la dogmatique officielle « refoulé en marge de l’histoire » selon une terminologie à la mode. On peut alors se demander où passent les lignes de démarcation réelle ? !Est-ce entre les formes de religions reçues et établies ? ou bien, à l’intérieur de ces formes officielles, ne s’opère-t-il pas, à leur insu, un REGROUPEMEN DE FAMILLES SPIRITUELLES DE MEME TYPE ? »
(ibid, Livre 1,3)
Il est tard et je préfère me taire. Je sais qu’il n’est pas aisé pour certains de comprendre qu’on s’efforce de retrouver l’unité de l’effort spirituel jusque dans les textes qui n’appartiennent pas à votre terroir mental. Je ne demande à personne de faire cet effort. Je ne demande même pas qu’on ne me juge pas avec l’aveuglement du convaincu. Cet éternel convaincu qui a tant détruit au non de sa conviction. Les marxistes passent leurs temps à s’excommunier entre eux, ainsi font les chrétiens. Peu me chaud. Il me suffit de savoir qu’au-delà des frontières religieuses et terrestres, des âmes se tendent vers Dieu. Et j’ai la faiblesse insigne de croire que c’est le même. Que les Grands inquisiteurs cher à Dostoïevski et si bien compris par ce Berdiaev qui est l’un des guides de Corbin, fassent leur éternel devoir.

Écrit par : Restif | vendredi, 26 septembre 2008

Vous avez raison Restif, le terme : "admonestation paternelle" convient. Je n'ai pas trop poussé la mesure de l’invective avec vous suite à votre texte dont je subodore l'origine, me limitant à une simple citation de l’Aquinate, car je n'oublie pas vos enthousiasmes belliqueux contre l'hydre bouddhiste et certaines de nos convergentes lectures (Bloy, etc.), ce qui est de nature, à votre égard, à modérer mon ire.

Toutefois vous ne me trouverez pas à vos côtés pour communier à vos extases à l’égard du chiisme, dans sa version ésotérique ou celle platement exotérique, superstitieux et hystéro-sanguinaire de ces pèlerinages un rien bruyants. Vous participez d’un évident syndrome de séduction que provoque votre lecture de Corbin – ce gnostique à la petite semaine qui raconta n’importe quoi sur le christianisme et se méprit totalement sur le sens de l’Incarnation (cf. la pertinente et pénétrante analyse, rappelée justement par Sulpice, de R. Arnaldez son "Henry Corbin et le christianisme",Etudes, 1981, vol. 355, no6, pp. 627-638), même si ses études sur la philosophie de l’islam ("Histoire de la philosophie l'islamique", Gallimard, 1964) sont, sur le plan purement intellectuel, d’une évidente qualité que l’on peut consommer sans trop d’efforts superflus dans le confort d’une bonne bibliothèque. Corbin fait à mon goût, bien trop la pamoison, facile et ridicule, des ésotéristes de toutes tendances aujourd’hui, ainsi que des néo-guénoniens qui n’en finissent plus de sévèrement délirer sur le « Roi du Monde » et l’Agarttha, pour que je parvienne à être franchement sous le charme – tout ceci a pris de vilaines rides et ne sert plus qu’à récolter des fonds pour une énième expo inaugurée par un sous ministre de n’importe quoi à l’Institut du monde arabe. Je vous confesse que c’est une petite musique indigeste qui ne m’est plus du tout supportable tant ses ravages furent importants sur des esprits amis, ses conséquences dramatiques sur de nombreuses âmes connues, les amenant à devenir totalement étrangers à leur propre tradition. C’est pourquoi, amusez-vous si cela vous chante personnellement à des séductions érudites, mais n’oubliez pas que ce jeu a des implications directes sur votre relation au véritable mystère divin qui se donne par grâce, et aura, inévitablement, des échos sur votre propre foi.

Certes, les ivresses corbiniennes vis-à-vis du chiisme ne vous mèneront pas beaucoup plus loin qu’au parc Monceau le dimanche après-midi en famille (tout va bien pour vous au fait...mes prières vous sont, comme toujours, assurées pous les vôtres et vos proches), mais l’espace spirituel lui, de votre cœur, s’éloignera de ce que signifie le sacrifice du Christ pour l’homme, et lentement, par pénétration des germes de l’universalisme ouvert à tous les courants d’air qui ne signifient rien en imaginant, faussement, tout comprendre (caractéristiques de cette pente glissante sont les ouvrages de Addas, "Ibn'Arabî ou la quête du Soufre Rouge", Gallimard, 1989 ; C.-A. Gillis, "Les Sept Etendards du Califat", Editions Traditionnelles, 1993 ; L. Shaya, "La Doctrine soufie de l'Unité", Maisonneuve, 1981, Seyend Hosseim Nasr, "Islam perspectives et réalités", Buchet/Chastel, 1975, etc.) vous verrez les espaces nordiques des déserts nocturnes vous conduirent au « Tolos », c’est-à-dire au brouillard en grec, ou « Tula » en sanscrit, qui signifie balance et que l’on peut traduire par « hésitation », ou encore « incertitude », et qui est en réalité le nom réel, et authentique de la fameuse, bien que comique « Thulé » de la tradition ésotérique, la Terre lointaine, l'Ile blanche, le Pôle des lumières, le Sanctuaire du Monde - oui ! la mythique et farceuse Thulé, baie de l'Étoile Polaire, à l'aplomb du Pôle céleste, mais qui, et nous revoilà au cœur du problème, est représentée pour notre présent âge selon les occidentaux dévots du soufisme et de son Cheik akbarien à la fonction providentielle pour l'Occident, Abd-al-Wâhid Yahyâ auteur de ridicules et assez clownesques "Aperçus sur l'ésotérisme islamique", par la Mecque et la « Kaaba », le pôle de l'Islam qui a vocation à devenir le pôle central dans notre yuga dit de Kali, théorie délirante qui fit méchamment fantasmer Guénon dans ses rêveries islamo-hyperboréennes, et l’entraînèrent, au Caire, à chausser les babouches et réciter en se secouant les louanges de Mahomet.

Alors excusez-moi mon grand, mais derrière ce pesant blabla vieilli et usé jusqu’à la corde, derrière le prétendu retour de la « Tradition » et la volonté réformatrice du monde de l'ésotérisme au nom d'une plus qu’improbable connaissance ou "gnose" initiatique et très grotesque "philosophia perennis" (cf. T. Burckhardt, "Introduction aux doctrines ésotériques de l'islam, Dervy, 1977 ou plus sottement encore en y rajoutant de l'onction hagiographique saint-sulpicienne à la mode de Damas ou de la Mecque de J. Canteins, "Miroir de la Shahâda", Maisonneuve, 1990) fort décevante en son contenu réel sur le plan métaphysique, programme qui séduira différents admirateurs de l’unité des traditions, comme le grand prêtre de la nudité primordiale et des chorégraphies libidineuses, j’ai nommé Frithjof Schuon (1907-1999), grand lecteur de vos mystiques iraniens et fin commentateur inlassable de leurs oeuvres en ses multiples ouvrages répétitifs ("Comprendre l'islam", Seuil, 1976, "Le Soufisme, voile et quintessence" Dervy, 1980 qui sont des oeuvres d'apostolat mahométan) alors qu’il se faisait le pitoyable exemple emblématique de ce à quoi mènent les dingueries fantaisistes de l’illumination subtile par le toucher juvénile de l’éternelle essence du désir divinisant, se cache le bout de la queue d’un certaine vieille connaissance d’Adam.

Alors, que cela soit dit clairement entre nous, et que vous considériez, ou non, cette attitude comme relevant d’un sectarisme inquisitorial m’est parfaitement égal : pour moi toute cette soupe délayée de « mystique naturelle », comme la dénomma justement Maritain ( Massignon se laissa moins abuser que Corbin sur ce point) dans « Distinguer pour unir ou les degrés du savoir » (cf. ch. V, ‘la connaissance métaphysique, intellection dianoétique et intellection perinoétique & la suranalogie de la foi’), et de poussive métaphysique ignorant l’évangile, même accompagnée des noms avantageux des Ghazalî, Jîlanî, Attar, Rûmî, et autres apprentis docteurs de la foi coranique sous les habits d’une fausse sainteté et gentille adaptation de la loi sacrée et d’un nébuleux vouloir divin (ishân) qui prendra un jour, comme il ne saurait tarder au rythme où vont les choses, un visage à l’abondante pilosité bien moins souriant au sein de la chrétienté mourante, c’est, trois fois, vous entendez bien : non merci - définitivement et radicalement !

Écrit par : Zak | vendredi, 26 septembre 2008

Eh bien voilà ce qui s'appelle, une vigoureuse, bien que cordiale, explication de texte de premier ordre !

Écrit par : Louis | vendredi, 26 septembre 2008

Sacré Maumau, il ne mâche pas ses mots. Un bon petit intellectuel, de droite mais bavard comme ceux d'en face. Ferait mieux d'écrire, ou d'apprendre à écrire...
Ecrit par : Tang | jeudi, 25 septembre 2008

Mouais!! vous ne manquez pas d'air

Dantec a au moins le mérite de mouiller sa chemise, lui!
Quand vous aurez publié ceci vous repasserez:

La Sirène rouge (Trophées 813 du Meilleur Roman francophone 1994)

1. Paris : Gallimard, 1993, 478 p. (Série noire ; 2326). ISBN 2-07-049385-7
2. Paris : Gallimard, 1998, 591 p. (Folio policier ; 1). ISBN 2-07-040636-9
3. Paris : Cercle polar, 2001, 591 p. (Roman noir). ISBN 2-7441-4966-7
4. Paris : Gallimard, 2002, 478 p. (Série noire ; 2326). (nouv. couv.)

Les Racines du mal (Grand Prix de l'Imaginaire1996, Prix Rosny Aîné 1996)

1. Paris : Gallimard, 1995, 635 p. (Série noire ; 2379). ISBN 2-07-049495-0
2. Paris : Gallimard, 1999, 752 p. (Folio policier ; 63). ISBN 2-07-040775-6
3. Paris : Cercle polar, 2001, 748 p. (Roman noir). ISBN 2-7441-5547-0
4. Paris : Gallimard, 2002, 635 p. (Série noire ; 2379). (nouv. couv.)

Babylon babies

1. Paris : Gallimard, 1999, 551 p. (La Noire). ISBN 2-07-075471-5
2. Paris : le Grand livre du mois, 1999, 551 p. ISBN 2-7028-3288-1
3. Paris : France loisirs, 1999, 551 p. ISBN 2-7441-3077-X
4. Paris : Gallimard, 2001, 719 p. (Folio. Science-fiction ; 47). ISBN 2-07-041753-0

Villa Vortex : Liber mundi tome 1

1. Paris : Gallimard, 2003, 824 p. (La Noire). ISBN 2-07-075244-5
2. Paris : Gallimard, 2004, 843 p. (Folio. Science-fiction ; 189). ISBN 2-07-031706-4

Cosmos Incorporated

1. Paris : Albin Michel, 2005, 568 p. ISBN 2-226-15852-9
2. Paris : LGF, 2006, 572 p. (Le Livre de poche ; 30707). ISBN 978-2-253-11994-4

Grande jonction

1. Paris : Albin Michel, 2006, 774 p. ISBN 2-226-17341-2

Artefact : machines à écrire 1.0

1. Paris : Albin Michel, 2007, 565 p. ISBN 978-2-226-17975-3

Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute

1. Paris : Albin Michel ou Plon, sortie annoncée pour 2008

Recueils

* Périphériques : essais et nouvelles / réunis par Richard Comballot ; préf. par Joël Houssin. Paris : Flammarion, 2003, 280 p. ISBN 2-08-068397-7
* Dieu porte-t-il des lunettes noires ? et autres nouvelles. Paris : Librio, 2003, 92 p. (Librio : imaginaire ; 613). ISBN 2-290-33738-2 (rec. extrait de Périphériques)

Essais

Manuel de survie en territoire zéro. Le Théâtre des opérations 1 : journal métaphysique et polémique, 1999

1. Paris : Gallimard, 2000, 646 p. (Blanche). ISBN 2-07-075887-7
2. Paris : Gallimard, 2002, 708 p. (Folio ; 3611). ISBN 2-07-042114-7

Laboratoire de catastrophe générale. Le Théâtre des opérations 2 : journal métaphysique et polémique, 2000-2001

1. Paris : Gallimard, 2001, 756 p. (Blanche). ISBN 2-07-076267-X
2. Paris : Gallimard, 2003, 851 p. (Folio ; 3851). ISBN 2-07-042822-2

American black box. Le Théâtre des opérations 3 : journal métaphysique et polémique, 2002-2006

1. Paris : Albin Michel, 2007, 690 p. ISBN 978-2-226-17091-0

Nouvelles

* Reportage en direct (in Landru, le journal du foyer n° 1, déc. 1973) ;
* TXH Baby (in Drunk n° 6, juin 1994 / in Nouvelle Donne n° 22, oct. 2000) ;
* Dieu porte-t-il des lunettes noires ? (in Nouvelles Nuits n° 9, 1er trim. 1995) ;
* Le Jour et la nuit (in Noces d’or, Série noire hors série, 1995) ;
* Là où tombent les anges (supplém. Le Monde n° 15755, 21-09-1995 pour l'anniversaire des 50 ans de la Série noire) ;
* Quand clignote la mort électrique (in Paris, rive noire, Autrement “ Littératures / Romans d’une ville ”, 1996)

Articles et préfaces

* 1997 - La fiction comme laboratoire anthropologique expérimental - Les Temps Modernes, spécial Roman Noir, n°595, août-septembre-octobre 1997
* 1998 - Millenium Machines, Boîte à outils théorique d'urgence pour les artistes du XXIe siècle - Art Zéro, 1999.
* 1999 - La littérature comme machine de troisième espèce - La Nouvelle Revue Française, n°551, septembre 1999
* préface de la réédition de Le Désespéré de Léon Bloy aux Editions Underbahn (ISBN 0-9774224-0-2)
* 2001 - préface de Les Larmes de Nietzsche. Deleuze et la musique par Richard Pinhas, Flammarion, 2001.
* collabore régulièrement avec la revue Ring

Écrit par : John delbard | vendredi, 26 septembre 2008

http://www.mauricedantec.com/

Écrit par : John delbard | vendredi, 26 septembre 2008

Mon cher Zak, vous connaissant, je sais combien vous restez mesuré, et vous en remercie (le "mon grand " fait un peu tape sur le ventre. erreur de jeunesse que cette familiarité déplacée je pense et je pardonne. ). Mais je m’étonne. Vous m’envoyez toute une brassé de textes dont je n’ai que faire, quand bien même les aurai-je rencontrés sur ma route. Qu’est ce que Guénon -Sunnite s’il m’en souvient- vient faire là dedans ? J’ai moi-même écrit ici tout le mal que je pensais de la doctrine guénonienne du roi du monde, d’autant qu’elle s’appuie sur une lecture de Dante radicalement fausse. D’ailleurs pour chasser d’ici le fantôme troublé de Guénon je me permets ce petit texte trouvé sur le site des Amis d’Henri Corbin : « Il y a donc une dimension mystique (mais pas au sens où le comprenait René Guénon) où il est question d’un « Dieu connu, Dieu aimé », selon l’expression de Robert Amadou, ainsi que de « la beauté sans visage du Christ " ( Car il faut savoir que le 12ème Imam est souvent associé au Christ . Ce qui est normal dans un shiisme d’essence parousiaque :
« L’imâmologie shiite assume théologiquement une fonction homologue à celle de la christologie en terre chrétienne" ( Henri Corbin, op.cit livre 2. Je donne ici la source mais à vrai dire l’érudition n’est point ici ce qui m’intéresse).
Voyez-vous, ce qui nous sépare Zak, c’est que jamais ne vous est venu l’idée que vous auriez pu être autre, naître en Perse. Moi si. Sans doute pensez-vous avoir bénéficié d’une grâce spéciale que vous vous acharnez à mériter. Fort bien. Quant à mon humble personne, je crois savoir que né Schiite j’eusse été poussé vers la voie gnostique. Il me semble que c’est avoir une singulière idée de Dieu que de croire qu’il damnera des gens qui l’ont cherché toute leurs vies. Allons plus loin : je pense qu’on ne voue pas son existence entière à la connaissance de Dieu, à la prière du cœur, bref je ne conçois pas que des gens très pieux aient dédié génération après génération leur vie entière à dieu sur plus de 700 ans sans qu’il en soit sorti de précieuses denrées pour l’âme en quête de l’Esprit. Elles ne sauraient remplacer l'Evangile, mais leur méditation, leur connaissance portent vers le haut et mne peut qu'enrichir. L’Evangile reste unique pour le chrétien. Il ne s'agit pas d'y substituer les articles de corbin mais très simplement de consacrer un peu de temps à un penseur dont vous même re connaissez qu’il n’est pas mauvais de l’avoir dans sa bibliothèque. J’ajoute que des gens de la taille de Robert Amadou, Gilbert Durand (Les structures anthropologiques de l’Imaginaire) Marc Haven ou Antoine Faivre se sont passionnés pour l’œuvre de Corbin. L’école de Grenoble de travail sur l’Imaginaire, le conseil de publication des Cahiers de l’Hermétisme qu'ils dirigeaient ont conduit des recherches et construit des thèses sur les travaux de Corbin . Tous ces gens ont ne peut plus sérieux et renseignés sur le plan spirituel ont tenu l’apport de Corbin pour déterminant.
Je ne vois pas pourquoi notre foi devrait nous interdire la merveilleuse aventure de la connaissance humaine. Il ne s’agit pas de Libido sciendi, mais d’admiration devant l’immortelle quête des hommes. Entre Eckartshausen Swedenborg et les grands spirituels du shiisme, on retrouve les mêmes états de conscience. On retrouve également les « sept châteaux » chers à Sainte Thérèse d’Avila. Je n’y puis voir un hasard. Et je crois même qu’il devient urgent de faire remarquer, en ces temps où la sécularisation s’accélère chaque jour, les invariants dévoilés par l’herméneutique de la mystique. Cet unisson des grands mystiques n’est elle pas la plus heureuse des nouvelles ? Quoi qu’il en soit, ma religion n’est pas une prison. Bien heureusement. Et réellement je suis surpris que vous sonniez la diane pour ce qui n'est qu'une modeste coup d'oeil sur une tradition pluriséculaire. Si vous criez au loup à la moindre recension,au plus petit questionnement, que de meutes vous allez affronter. Mais il vous faudrait intervenir sur Bhoem ici même vanté! Sur Vivanza et ses ouvrages qu'on ose proposer en ces lieux. enfin, mettons que vous voulier planter vos paénneaux avertisseurs, c'est fait. Bien qu'à côté de la plaque (de signalisation)vue que je suis bien loin ici de l'Agatha auquel je ne crois d'aillleurs pas et qui est d'ailleurs un concept asiatique. Et Thulé! Mais c'est Scandinave Thulé. Ne mélangez donc pas tout. Je me suis contenté de faire part d'un intérêt et d'un questionnement . Rien de plus (une prochaine foi nous discuterons du Saint augustin de" L'origine de l'âme" queje lis à côté des mes noires errances, vous vous sentirez mieux. Ce qu'il dit renvoie la question du péché qui nous fit tomber dans la chair à avant le péché originel...passons).

Bon, une dernière fois -bis repetita displicent mais c'est un vieux truc de pédagogue), point n’est besoin de me sortir Burckhardt, qui n’apparaît pas dans ce petit texte.. Ni d’en appeler à la Thulé que je n’ai aucunement nommée. J’espère que le lecteur vagabond qui s’arrêterait ici remarquerait que vous assaisonnez sévère du phonèmes sur un tas d’aspects que je n’ai nullement touchés... Le problème est simple : voulez vous réserver le droit de recherche, de curiosité intellectuelle (et spirituelle) à votre seul chemin ? Avez-vous décidé de déboiser toute la forêt gnostique, -qui existe elle, de puis fort longtemps et dans maintes religions. Car si vous me tannez avec des gens et des concepts dont je n’ai rien dit, par contre, vous vous taisez sur Boehm ou sur Berdiaev qui restent des ponts intéressants entre les deux cultures. Ainsi parlants du cercle de ses amis persans Corbin (qui me parait quand même d’un peu plus de poids que vous. On attend vos œuvres -avec impatience d'ailleurs!- avant que vous vous permettiez le type de jugement fort hautains et peu convaincants que vous vous permettez de porter sur lui), Corbin disais-je, écrivait en parlant de son cercle d'amis persans:
« J’ai pu remarquer à plusieurs reprises combien les situations et les problèmes issus d’une compréhension intérieure de la Bible, leurs étaient accessibles ; combien certains textes de Maître Eckart ou de J. Boehm, voire certains des épisodes de notre légende du graal leur semblaient bien parler la même langue que la leur. ».
Pour l’instant vous n’avez fait que prendre la posture du démolisseur, gardien des bonnes mœurs et pensées de la religion. Soit, il en faut et vous avez la manière. Quand même... Vous réagissez, je le crois, bien trop vite. Je n’ai nullement proposé qu’on remplace l’Evangile par les travaux de l’Ecole des Hautes Etudes ! Mais un peu de curiosité que diantre ! Vous semblez vous même bien connaître ces sujets. Laissez donc aux autres la liberté que vous vous êtes donnée. Ou bien serait-ce que vous pensez, au fond, que vous, vous pouvez vous le permettre mais pas ces faibles âmes sur lesquelles vous vous êtes donné mission de veiller…

Écrit par : Restif | vendredi, 26 septembre 2008

Voyez-vous, ce qui nous sépare Zak, c’est que jamais ne vous est venu l’idée que vous auriez pu être autre, naître en Perse. Moi si.

Patience Restif; vous allez bientôt pouvoir vous rattraper.

Écrit par : John delbard | vendredi, 26 septembre 2008

M.r delabard..Votre réflexion est navrante Vous sentez le pastaga de trop et la chaussette douteuse . Fréquenter vos pareils est au-dessus de mes forces.


"Me rattraper" signifie que j'aurai envie de vivre dans une Perse...qui n'existe quasiment plus. Cque vous insinuez par votre petite perfidie, c'est que je suis un dhimmi un traitre ect. Je passe sur l'abjection de ce genre d'accusation contre un homme qui n'a parlé que d'intérêt intellectuel pour un auteur et ses recherches, un homme qui ne conçoit pas la France autrement que chrétienne. Mais le pire est que vous ne comprenez rien. Le christianisme est ma foi et jamais je n'en chagerais.
Ce qui montre que l'enjeu de la discussion vous dépasse, que vous voulez jouer dans une cours qui n'est pas faite pour vous, c'est que l'Islam shiite n'est pas celui qui menace la France,et d'une. Et que d'autre part les très rares cercles gnostiques actuelles survivants rejettentd'après Corbin,de toute leur force, le contact avec l'occident et condamnent ceux qui rêvent de conquête (et qui sont principalement des sunnites). Il s'agit pour eux d'une sécularisation de la religion, un péché gravissime contre l'esprit.
Hélas, on voudrait parler ici, à La Question, connaissances, théologies, et on se ramasse des king size bourrins castré de la comprennette. Des gens qui barbotent dans le purin politique qui est leur seule échelle. Ce n'était pas celle du Christ. Mais par contre, c'est bien celle des matérialistes qui sécularisent toute question sur le sacré.
Race à laquelle je n'ai strictement rien à dire.

Écrit par : Restif | vendredi, 26 septembre 2008

« La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve »

Écrit par : Jalal Ud Din Rumi | vendredi, 26 septembre 2008

"Quelle terre est vide de Toi pour qu'on s'élance à Te chercher au ciel ? Tu les vois qui Te regardent au grand jour mais aveugles ils ne Te voient pas"

Écrit par : Mansur al-Hallaj | vendredi, 26 septembre 2008

"Ceux qui essayent de guider les gens AU NOM ( !) d’une religion en se faisant passer pour une autorité religieuse, ont en fait délivré des discours seulement à propos d’un Dieu et d’une religion à leurs propres images."

Écrit par : Le Misericordieux | vendredi, 26 septembre 2008

"Mohammed à qui ALLAH a révélé le Saint Coran et qui nous a transmis la religion islamique, rejette tout concept d'un DIEU. Il insiste qu'il n'y a pas de DIEU, et qu'il n'y a qu'ALLAH. Avez-vous connaissance de ce fait ?

Dans cet opuscule, vous verrez clairement pourquoi le concept «Allah» tel qu'il est énoncé dans le Coran est totalement différent du concept «Dieu», de toutes les autres croyances. Presque tout le monde, depuis les sociétés primitives jusqu'aux sociétés civilisées, a sa propre image de Dieu, dans son esprit. A certains moments, nous aimons ce Dieu ou nous le boudons, en d'autres nous le jugeons même et l'accusons, en quelque sorte, pour les inquiétudes qu'il suscite en nous. En vérité, nous l'imaginons presque comme un doux grand-papa, ou comme un méchant sultan enragé, résidant dans un astre, loin, au-dessus de nous, ou peut-être quelque part en d'autres endroits de l'espace!

Il y a également d'autres personnes qui soutiennent qu'il ne peut pas y avoir un «Dieu» tel que nous le percevons dans nos esprits, et affirment qu'ils ne croient pas en Dieu. Ces gens là sont tout simplement des athées.

Cependant, en réalité, ni les athées, ni ceux qui ont cru en un DIEU sur la base de préjugés n'ont connaissance de la réalité d'ALLAH de MOHAMMED.

Les gens, en confondant ces deux concepts, parlent d'un «Dieu» au lieu de parler d'«Allah». En fait ce qu'ils font n'est pas vraiment inapproprié, car ils ne parlent pas du tout d'ALLAH, mais plutôt de l'image de LEURS DIEUX dans leur esprit.

Nous devons savoir que l'Envoyé d'Allah, Mohammed Mustapha 'aleyhessalam et le Saint Coran ont mis l'accent sur cette importante vérité.

Il n'y pas de DIEU là-bas dehors, LOIN DE NOUS; il y a seulement ALLAH. Le verset suivant met en évidence notre négligence vis à vis de ce fait :

«Ils ne savent pas honorer Allah à Sa vraie grandeur» (Coran 22 : 74).

Nous devrions comprendre que les mots tels que «TANRI», «ILAH», en Turc, «GOD», «DEITY» en Anglais, «DIEU en Français et «GOT» en Allemand, suggèrent tous le concept d'«un être à adorer» de même que leurs équivalents dans toutes les autres langues. En effet, tous ces mots impliquent un DIEU ou une DIVINITE, là-bas dehors, loin de nous !

Pourtant Le mot «ALLAH» est un nom PARTICULIER d'un ETRE, que nous pouvons définir par référence à certaines de Ses qualités, elles-mêmes représentées par des Noms. Cependant, tous ces noms dénotent seulement certaines qualités particulières de cet Etre, et elles Le définissent seulement par rapport aux qualités mentionnées.

Par exemple, mon nom est «HULÛSI». C'est un nom propre. Vous ne pouvez pas traduire ce nom vers d'autres langues. Que ce soit en Anglais ou en Français, il demeurera toujours HULÛSI. Pareillement, puisque le mot «ALLAH» est un nom propre pour un ETRE PARTICULIER, vous ne pouvez ni le traduire vers d'autres langues, ni le remplacer par quelque mot que ce soit.

Comme nous l'avons vu plus haut, alors que tous les autres noms désignent un certain concept de dieu, le mot «ALLAH» est le seul à désigner cet ETRE UNIQUE» étant donné que c'est le nom propre de cet Etre. Par conséquent aucun des mots impliquant la conception d'un dieu ne peut être remplacé par le mot «ALLAH».

Ceux qui emploient le mot «DIEU» pour le nom «ALLAH» tombent dans l'erreur, soit par ignorance, soit par manque de discernement car ils n'ont pas une connaissance suffisante qui leur permettrait d'estimer le fait à sa juste valeur.

Ce sujet a été également étudié dans l'interprétation turque du Coran de Marhum Hamdi Yazir d'Elmali :

«Le mot ALLAH n'a jamais été appliqué à autre chose qu'à «ALLAH». Prenez des noms tels que «ilah» et «khudâ», par exemple. Aucun des deux noms ne désigne «ALLAH». Tous les deux désignent un concept de «dieu» ou «seigneur». Ils ont une forme plurielle, «dieux» et «seigneurs». Par contre on n'a jamais entendu dire «ALLAHs» (au pluriel) et on ne pourra jamais le dire. Si nous entendons cela de la part de quelqu'un, nous en concluons qu'il est ignorant et inconscient. Il n'en est pas de même pour le nom «DIEU». Nous pouvons même désigner de fausses idoles par «dieux». Les païens (Mushrikîn) avaient même l'habitude d'adorer plusieurs dieux. Certains d'entre eux adoraient tels dieux, d'autres tels dieux.

Il n'y a pas de mot correspondant à «ALLAH» dans d'autres langues. Le nom courant «DIEU» ne peut pas correspondre au nom propre «ALLAH» et n'en est pas son équivalent. Par conséquent on ne devrait jamais traduire le nom «ALLAH» par «DIEU». (V. 1, p. 24 - 25).

Aussi, lorsque vous mentionnez «ALLAH», c'est-à-dire un nom propre pour un Etre qui est exempt de toute division en «PARTIES», l'imagination ou l'affirmation d'une partie séparée de Son concept, sous quelque nom que ce soit, est assimilée à de l'associationnisme (shirk).

Le verset suivant met en garde ceux qui se trouvent dans une situation pareille :

«Ne prends pas une autre divinité en dehors d'Allah; tu t'en trouveras honni et sans nul secours» (Coran 17 :22).

En voici un autre mettant en garde contre ce même fait :

«N'invoque nulle divinité autre qu'Allah» (Coran 28 : 88), signifiant que puisque le Vrai Etre Absolu existant est «ALLAH», évite d'agir avec insouciance quant à ta conception d'Allah et ne tombe pas dans l'erreur en pensant que l'Etre nommé «ALLAH» est un dieu se trouvant là-bas, quelque part, loin de toi !

En admettant cette idée, tu sortiras sans le vouloir du concept d'ALLAH et tu seras bloqué dans une image divine ! De cette manière, tu te seras privé de la compréhension de l'unicité (Wahdat) enseignée par le Coran et ce sera le plus grand châtiment que tu auras infligé à ton âme !

Mohammed aleyhessalam (que la paix soit sur lui) annonça qu'il était le Messager d'ALLAH (Rasulullah) suite à la Révélation (Wahy) et se mit alors à mettre en garde les gens de ne pas adorer de dieu. Il commença à expliquer la Vérité en proclamant l'UNICITE d'ALLAH (kalimat-i-tawhid) :

«Il n'y a pas de dieu, il y a seulement ALLAH».

L'ensemble des mots «LA ILAHA ILLALLAH» proclamant l'unicité d'Allah constitue le fondement de l'Islam. Quant à sa signification, «la ilaha illallah» peut simplement être interprété comme : «Il n'y a pas de dieu, il y a seulement Allah».

Si nous analysons le sens de chaque mot :

La ilaha : «la» = il n'y a pas, «ilaha» = de dieu, un être à adorer. Ainsi «la ilaha» signifie «il n'y a pas d'être à adorer».

A présent portons notre attention sur ce point : la proclamation de l'unicité commence par «la ilaha», mettant ainsi l'accent sur une chose bien précise juste au début : «il n'y a pas d'être à adorer».

Ensuite, «illallah» suit pour expliquer ce qui précède : «illa» signifiant «seulement» ALLAH. Il n'est pas dit «il y a Allah», il est dit «il y a SEULEMENT Allah». Le mot «illa» peut s'entendre comme «seulement» ou «seul», ici. Mais comme «illa» est utilisé avec le mot «Allah», on doit plutôt comprendre «seulement», car il n'y a pas d'autre existence à laquelle Allah pourrait être comparé ou par rapport à laquelle Il serait défini. Ce thème a été longuement traité dans notre livre intitulé «Ce que Mohammed a révélé».

Il est clair à présent, que lorsque le mot «illa» est employé avec «Allah», il doit toujours être interprété comme «seulement». C'est pourquoi, la traduction de la proclamation de l'unicité en Anglais ne devrait pas être : «there is no god but Allah» (il n'y a de dieu qu'Allah), mais plutôt «there is no god, only Allah alone» (il n'y a pas de dieu, il y a seulement Allah, et Lui seul). C'est seulement alors que le concept de L'UNICITE (Wahdat) qui est le principe fondamental de la croyance en religion islamique, est saisi correctement. Nous sommes informés qu'il existe seulement ALLAH, seul, et qu'Allah n'est pas un dieu à adorer, car il est bien précisé au début qu'il n'y a pas d'être à adorer «la ilaha». Par conséquent ALLAH n'est pas un DIEU à adorer, loin de nous, ou un dieu là-bas, loin de tout ce qui existe et que nous percevons !

Si nous saisissons très bien le concept clé, «ALLAH est AHAD», nous réaliserons que la dualité «Allah» et «univers» n'existe pas, c'est-à-dire qu'il n'y a pas deux choses existant séparément, indépendantes l'une de l'autre, en l'occurence «un Allah» et «un univers». En d'autres termes, il est absurde de penser à la coexistence de deux choses distinctes : celle d'un univers où nous vivons et celle d'un DIEU séparé, loin de tout !

ALLAH de MOHAMMED n'est pas un DIEU ! ALLAH de MOHAMMED est «AHAD».

Ayant des qualités infinies, ALLAH de MOHAMMED est dans un état de contemplation de ces qualités à tout moment !

Le principe de l'UNICITE (tawhid) en Islam, c'est-à-dire le système de croyance proclamé par Mohammed qu'«IL N'Y A PAS DE DIEU A ADORER, IL Y A SEULEMENT ALLAHqui est « AHAD», est basé sur le fait que chaque humain sera responsable des actions qu'il aura accomplies durant sa vie ici-bas. Les versets coraniques suivants sont très explicites à cet égard : chaque personne récoltera le fruit de ses propres oeuvres :

«Que nul avoir en dehors de ses propres oeuvres, ne comptera pour l'homme» (Coran 53 : 39).

«Vous ne recevez que le prix de vos oeuvres» (Coran 37 : 39).

«Vous ne serez rétribués que selon ce qu'auront été vos oeuvres sur terre» (Coran 36 : 54).

«A chacun sera donné un rang en rapport avec ses actes. Allah rétribuera leurs oeuvres en toute justice : nul ne sera frustré de son dû» (Coran 46 : 19).

«Vous aurez certes à éprouver un douloureux tourment» (Coran 37 : 38).

Comme nous le voyons, chaque personne recevra seulement le fruit de ses oeuvres. C'est pourquoi, la première des choses à faire de toute urgence est de comprendre ce que la vie après la mort est, et ce qu'ALLAH signifie, car la religion est principalement basée sur la conception d'ALLAH.

Lorsqu'on demanda à Mohammed «qu'est-ce qu'ALLAH ?», la réponse fut donnée immédiatement par «ALLAH» dans le Chapitre de l'Unité dans la Coran :

« Dis : ALLAH est AHAD

ALLAH est SAMED

LAMYALID et LAMYULAD

et LAMYAKUN LAHU KUFUWAN AHAD».

Essayons d'expliquer le sens exact des mots de ce verset qui nous informe sur ce qu'est ALLAH de MOHAMMED et mesurons en, ensuite les conséquences.

ALLAH est UN : cela signifie qu'ALLAH est infini, illimité (éternel). L'UN non divisé en fragments, en particules. Essayons d'en saisir le sens convenablement !

Supposons deux cas : soit «AHAD», (c'est-à-dire l'UN, qui n'est pas divisé en sections), est quelqu'un de limité, de fini - dans ce cas il se trouve quelque part dans l'univers (!) - soit Il est quelqu'un d'illimité, d'infini, d'indivis, un TOUT complet - dans ce cas, il n'y a que Son MOI qui existe et seulement LUI ! L'existence de quoi que ce soit autre qu'ALLAH qui est AHAD est inconcevable !

Considérons cela un instant : s'il y a autre chose qu'ALLAH, en dehors d'ALLAH, où est la frontière qui sépare une telle autre chose d'ALLAH ? Où allons-nous tracer cette limite ? ALLAH, l'UN, étant illimité, infini, ne peut être localisé. Il n'y a qu'un «DIEU» qui peut être localisé quelque part à l'intérieur ou à l'extérieur de l'univers !

Le point le plus important à comprendre à présent, c'est le concept «illimité- infini ». Essayons d'en saisir le sens, non pas en termes de largeur, longueur et hauteur, mais du point de vue dimensionnel.

L'UNIQUE REALITE qui existe c'est le TOUT, qui est indivis, illimité, infini et éternel, c'est-à-dire l'AHAD ! «ALLAH» est «AHAD» Duquel rien n'a été séparé, que cela soit sur le plan du macrocosme ou sur le plan du microcosme. Il n'est pas comparable, Il est Celui à qui rien n'est à Sa ressemblance !

Nous sommes enclins à penser à tort que cette existence unique est composée de plusieurs éléments car nous sommes conditionnés par nos cinq sens.

Si notre cerveau n'était pas prisonnier de nos cinq sens, il pourrait comprendre que tous les phénomènes perçus par nos moyens sensoriels ne sont que des signes, des échantillons parmi d'innombrables expériences dans le cosmos. S'il pouvait ensuite plonger dans une profonde méditation, il découvrirait ce que recèlent ces échantillons et s'il pouvait ensuite voyager vers une nouvelle dimension, dans les profondeurs de ces innombrables phénomènes inconnus ... alors il pourrait rencontrer le moi cosmique, l'ESSENCE cosmique, et pourrait même réaliser la non existence de son moi individuel. C'est le point le plus significatif de la question !

Quant au second point ...

ALLAH de MOHAMMED est «AHAD», signifiant l'UN, infini, illimité, indivis et dont les états sont valides sous tous les rapports et toutes les «DIMENSIONS». Alors, où, dans quelle dimension, et à quel point de départ pourrait un supposé autre être, en dehors de Son propre Etre, limiter ALLAH et se faire une place à lui-même ? Où est la place pour un second être, pour un DIEU, qui serait appelé à coesister avec ALLAH, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur d'ALLAH ?

Nous avons dit qu'ALLAH est illimité et infini ... Puisqu'il est illimité et infini, il est tout à fait impossible de Le considérer en un centre ou une origine quelconque ! Car pour définir un centre, cela suppose des limites de sorte que le point où les diamètres se rencontrent soit déterminé comme tel. Or ALLAH n'a pas de limites. Si une chose ne peut pas être mesurée ou limitée, elle ne peut donc pas avoir de centre, comme elle ne peut avoir de noyau ni de section intérieure ou extérieure !

C'est en fonction de notre perception du monde à travers nos cinq sens que nous assignons à chaque objet ses parties internes et externes, un secteur intérieur et extérieur. Mais il n'est pas raisonnable de penser à des intérieurs ou des extérieurs, au contenu et à la surface d'une chose si elle n'a pas de centre ! Ceci est explicité dans le verset suivant :

«Il est le Premier (Awwal) Il est le Dernier (Akhir), Il est l'Apparent (Dzahir) Il est le Caché (Bâtin) (Coran 57 : 3).

Cela signifie que tout ce que l'on connaît d'apparent et de caché, le début et la fin, tout est LUI ! Tous ces mots désignent en fait une seule chose. La distinction entre l'apparent et le caché n'existe pas réellement, ce ne sont pas deux choses séparées ! Appelez-Le comme vous voulez, l'Apparent ou le Caché, le Premier ou le Dernier, cela ne changera rien, ce sera toujours Lui que vous aurez désigné.

Peu importe le mot que nous utilisons, c'est toujours Lui que nous aurons qualifié. La distinction entre l'apparent et le caché est due à la capacité limitée de nos cinq sens. Nous désignons toute chose que nous pouvons voir par «apparent» et ce que nous ne pouvons pas voir par «caché» ! Cependant si nous avions par exemple six, sept ou jusqu'à douze organes sensoriels, alors notre idée de tous ces «apparents» et tous ces «cachés» changerait. Nous désignerons plutôt par «apparent» tout ce que nous appelons à présent «caché», et vice versa.

Puisqu'ALLAH est l'UN illimité, infini, Il transcende les limites de nos cinq sens et des concepts qui en découlent tels qu'externe et interne ... Peut-on imaginer le début d'un second être, au-delà de la limite (!) d'un Etre qui n'a pas de centre, ni d'intérieurs, ni d'extérieurs, ni d'apparents, ni de cachés, ni de débuts, ni de fins, qui est exempt de toutes ces conceptions ? bien sûr que non !

Tout compte fait, nous réalisons qu'en chaque point jamais perçu ou imaginé, il y a seulement ALLAH, l'UN qui existe, il n'y a que son propre MOI existant par Son ESSENCE (Dhat), par Ses propriétés et qualités ... Si l'on suppose la présence d'un second être autre qu'ALLAH, séparé d'ALLAH, on tombera dans l'erreur totale résultant d'une incapacité à la profonde méditation ! et on sombrera dans un état que la terminologie religieuse désigne par associationisme (shirk) !

Puisqu'ALLAH est AHAD, il ne peut être question de nul autre être que LUI. Il est exempt des directions et des dimensions qui supposeraient Sa fragmentation.

Le verset se poursuit ainsi, ALLAH est SAMAD : Le mot «SAMAD» est défini ainsi : qui n'a pas de lacune, qui est parfait, solide, imperméable, complet. En d'autres termes pur et absolu !

Comme nous le voyons, toutes ces expressions contribuent à éclairer davantage le nom AHAD.

Vient ensuite «LAM YALID», signifiant «IL N'A PAS ENGENDRE». ALLAH n'a jamais engendré un second être de Lui-même, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'existence d'un second être issu de l'existence d'ALLAH, car ALLAH est AHAD, Il est UN TOUT indivis, inséparable en éléments ou particules !

Il est illimité et infini ! Donc on ne peut pas s'attendre à ce qu'il engendre un second être que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur !

Puisqu'il est impossible de Le considérer sous forme de parties ou atomes, étant donné qu'Il est AHAD, il est également impossible qu'un second être soit issu de Lui !

Par conséquent, il n'est pas raisonnable de supposer la présence d'un second être issu d'ALLAH, qui soit engendré par Lui-même, fut-il avec les mêmes qualités !

Considérons à présent «LAM YULAD», signifiant : ALLAH n'a pas été engendré, c'est-à-dire qu'aucun être n'a donné l'existence à ALLAH !

Peut-on jamais imaginer qu'ALLAH provient d'une autre existence tout en étant AHAD, c'est-à-dire l'UN, illimité, infini, inséparable en parties !

Pour qu'Il puisse être engendré, cela suppose qu'ALLAH a des limites, qu'Il est soumis aux directions et dimensions de sorte qu'au-delà de ces limites, il puisse y avoir une seconde existence qui L'engendrerait !!!

Souvenez vous qu'ALLAH est AHAD, et être AHAD signifie être un TOUT sans limites sans fin, sans parties distinctes.

Par conséquent, l'idée d'une autre existence au-delà d'un point où l'on a mis fin à ALLAH est inconcevable, inacceptable et impossible.

C'est à notre connaissance ce que l'on doit entendre par «LAM YULAD».

En conclusion, ALLAH n'a ni été engendré par un autre être, ni engendré un autre être séparé de Lui.

Nous arrivons à présent à la fin du verset «LAM YAKUN LAHU KUFUWAN AHAD» : Nul n'est à même de L'égaler, Il n'a pas de pareil, il est l'UN. Au passage, nous noterons un autre verset : LAYSA KAMITHLIHI SHAY'UN (Coran 42 : 11) : rien n'est à Sa ressemblance, que cela soit sur le plan macrocosmique ou microcosmique.

Cependant nous ne devrions pas négliger un point important pour éviter toute mauvaise interprétation de la part de ceux qui ne sont pas familiarisés avec la question.

A certains endroits du Coran, nous retrouvons occasionnellement des expressions telles que : «notre dieu» ou «votre dieu», mais chacune d'elles est suivie de «dieu» est «ALLAH». Peut-on par là avancer qu'ALLAH est un dieu (ilah) ?

Non, ALLAH n'est jamais un dieu !

De telles assertions s'adressent particulièrement aux adorateurs d'un dieu. Ils sont avertis que : tout ce qu'ils pensent être un «dieu» n'existe pas du tout, et le seul être qui existe est ALLAH ! Le nôtre et «leur dieu», c'est juste le même et unique ALLAH et rien d'autre.

A travers ces versets, les gens sont invités à effacer les images de leur conjectural «dieu» et essayer de comprendre «ALLAH».

En lisant attentivement le Coran, on comprendra facilement que ces versets s'adressent aux non croyants, et particulièrement ceux qui adorent un «DIEU» afin qu'ils cessent leur croyance et ce convertissent vers celle d'ALLAH.

A présent réfléchissons un peu à cela : Pourrions-nous dire qu'ALLAH de MOHAMMED qui est présenté ici est le même que le DIEU auquel nous avions cru ou pas, mais dont le nom est tout de même ALLAH dans tous les cas ? Pourrions-nous utiliser le mot «DIEU» pour remplacer ALLAH de MOHAMMED ? Est-ce que le mot «DIEU» correspond à ALLAH de MOHAMMED et pourrait-on jamais concevoir l'idée d'une DIVINITE à Sa place ? est-ce raisonnable ?

La réalité, c'est que le Vrai Etre qui ait jamais existé dans le passé, qui existe dans le présent, qui existera dans le future et demeurera éternellement, c'est seulement «WAJHAH» (Sa face) qui est «BAQI» (l'Unique et Eternel Etre, Permanent à jamais).

La seule chose qui voile «WAJHAH» c'est le nom donné à une chose, car ce nom voile ensuite un attribut de Sa Face (Wajhah). Et pourtant l'agent derrière ces voiles et les qualités assignées à toutes choses ont leurs origines dans les noms d'ALLAH

Pour terminer, il conviendrait de savoir que le concept d'ALLAH n'implique nullement le concept d'un «DIEU» éloigné à une certaine distance de vous-mêmes que ce soit dans le Coran ou à travers Mohammed. Nous sommes plutôt invités à comprendre et à voir l'UNICITE de Celui qui est ILLIMITE, INFINI et qui n'existe que par SOI ..."

Écrit par : Ahmed Baki | vendredi, 26 septembre 2008

Certainement pas des guénolâtres... juste de pauvres âmes qui ont eu l'affreuse malchance de naître en terre d'Islam. A ce sujet, le texte d'Ahmed Baki le ferait, probablement, condamner à avoir la tête tranchée si les barbus sunnites étaient au pouvoir. Son texte est une hérésie. Une joyeuse hérésie qui rejoint en bien des points les intuitions des Kabbalistes et celles de Spinoza... et même le marcheur des campagnes, Heidegger. Mais c'est vrai... les Kabbalistes sont des hérétiques du Judaïsme orthodoxe... Spinoza fut excommunié... Heidegger n'était aucunement chrétien... que des références promises aux flammes de l'Enfer en particulier par le Jansénisme qui est le seul et unique Christianisme valable, of course.

Écrit par : Nebo | vendredi, 26 septembre 2008

Probablement... mais jamais je n'ai été Janséniste.

Plus sérieusement... les textes cités plus haut ne sont nullement des émanations guénolâtres. Justes des pointes lumineuses dans le bourbier islamique de nos tristes jours... Je me moque qu'ils émanent de musulmans qui se disent tels... eux-mêmes condamnés par des musulmans qui se disent tels également. Théâtre cruel... Folie... Agonie générale.

Écrit par : Nebo | vendredi, 26 septembre 2008

juste de pauvres âmes qui ont eu l'affreuse malchance de naître en terre d'Islam.

Il manque quelques pleureuses et on pourrait se croire au bled.

Écrit par : Bénichou | vendredi, 26 septembre 2008

Je danse avant la fin du monde, cher Enzo. Je suis plus proche du baptême chrétien orthodoxe (qui est une affreuse hérésie pour sieur Zak) que de la conversion à l'Islam, fut-il souffi et chiite, je vous rassure.

Écrit par : Nebo | vendredi, 26 septembre 2008

Rien d'étonnant Enzo, dans toutes les grandes familles c'est itou, y'a certaines adresses qui sont difficiles à écrire!

Écrit par : Maurice | samedi, 27 septembre 2008

Les pratiquants musulmans réguliers, première religion de France


Les pratiquants musulmans sont désormais plus nombreux que les pratiquants catholiques, en France, tel est le principal résultat que livra la gigantesque enquête IPSOS / La Croix, auprès de 30 000 personnes résidant en France.

Environ 64, 3 % des Français se disent catholiques, mais seuls 4,5% des Français (et non des 64,3 % % de Cathos) vont à la messe tous les dimanches. « Un chiffre en nette érosion, surtout depuis le milieu des années 1970. Au point que les sociologues ont renoncé à le prendre en compte et considèrent comme « pratiquants » les catholiques déclarant aller au moins une fois par mois à la messe[1]. » Constat assez inquiétant de se dire qu’est considéré comme pratiquant régulier un homme qui va 12 fois à la messe par an.
Autre enseignement, la prédominance féminine parmi les pratiquants ; 50 % de femmes en plus que les hommes. « Catéchistes, animatrices en pastorale, bénévoles des mouvements… : il ne faut en effet pas chercher très longtemps pour se rendre compte que les femmes forment les gros bataillons des catholiques engagés[2] ! »
Je me permets de reproduire le tableau synthétique des pratiques catholiques en France :


Poids parmi les catholiques Poids parmi l’ensemble des français
Une fois par semaine 7,5% 4,8%
Au moins une fois par mois 5,3% 3,4%
De temps en temps, quelques fois dans l’année 24,6% 15,8%
Seulement pour les cérémonies et les grandes fêtes 46,2% 29,7%
Jamais 16,4% 10,5%
Total des catholiques 100% 64,3%

A cette étude du catholicisme, il faut ajouter celle menée auprès des Musulmans ; ceux-ci représentent un peu plus de 9, 5 % des Français, mais 60 % d’entre eux se rendent à la mosquée de façon hebdomadaire. Or, le calcul est vite fait, 5, 70 % des Français pratiquent donc hebdomadairement un culte mahométan, soit presque un point de plus que les pratiquants catholiques hebdomadaires, et plus de deux points de plus que les pratiquants mensuels.

Ca signifie une chose une très simple : en une semaine, plus de Musulmans que de Catholiques se rendent dans un lieu de culte. Il est bon de le savoir.

[1] La Croix, 13 août 2006

[2] Ibid.

Écrit par : . | samedi, 27 septembre 2008

Je remarque que les musulmans communiquent sur un blog chrétien pour nous expliquer que DIEU n'a pas de fils. Une autre façon de proclamer que la chrétienté est hérétique à leurs yeux et même "aux yeux de la vérité".

Pendant ce temps là, nos grands penseurs se vautrent à vendre "une unité transcendante des traditions" (je pense à certains psy guénono-boudho) qui fait que de plus en plus de chrétiens tièdes rejoignent tous ces exotismes hors révélation.

De tout cela, je retire une joie de ne pas avoir vingt ans et de me préparer à laisser derrière moi ce pauvre monde. Mais tant que j'y suis, je continue à croire à cette Justice immanente guidée par notre seul Maître : NSJC

Écrit par : La Fouine | dimanche, 28 septembre 2008

Un blog chrétien…Certes, la Question est et a toujours été une blog chrétien. Mais un blog qui jadis était ouvert à bien des curiosités. Avec Ohnafa et quelques autres, j’ai souvenance d’avoir parlé de Maïer, de Giordano Bruno de Thithème de Dee Reuchlin et de beaucoup d'autres sans que ça fasse scandale (à une époque ou ce lieu merveilleux faisait encore confiance à l’intelligence de ses lecteurs). Je me souviens aussi de billets consacrés, par exemple, à l’athée Ingmar Bergman. Mieux ! de fils consacrés au bon vieil Heidegger. Là il y aurait pourtant VRAIMENT eu des raisons de couiner sec ! car s’il est quelqu’un qui nie radicalement l’idée du Dieu transcendant et le concept même de divinité, c’est bien Heidegger, et vous pouvez être certain que la phénoménologie a beaucoup plus fait pour détacher nos prétendues "élites intellectuelles" qu’un petit tour de lecture du côté des gnostiques shiites ! Mais là, n’est ce pas, c’est de la philo, on n’a pas l’impression qu’on marche sur les plates bandes du rosaire de Marie. Ah, sanctas simplicitas !

J’avoue avoir eu l’idée folle et absurde qu’on pouvait avoir un peu de lecture sans pour autant cesser d’être bon chrétien. Il semble décidément que non. (C’est ennuyeux, vous ne comprendrez pas Thomas Mann ou Malcolm Lowry (pour ne nommer qu’eux) sans avoir une bonne connaissance des diverses gnoses. Nous passerons sous silence les inavouables curiosités de Nerval, de Baudelaire, de Milosz ou de Pessoa ... )

Quand au brave fou qui signe Amhed Baki sont illisible missive, je crois qu’il fait plutôt de la pub au chrétien, a contrario. Et puis mon cher La fouine (chrétien ultra bouillant s’il en est. Ne pas toucher, ça brûle),n’allez donc pas faire de la promo pour je ne sais quel toubib qui n’a rien -mais rien - à faire ici.

Faites donc comme ces chrétiens intelligents qui ont compris (en soupirant devant ma légèreté d’incorrigible littéraire) que la meilleure chose à faire était encore de laissez mourir ce fil en jetant dessus le probe manteau du patriarche…

Écrit par : Restif | dimanche, 28 septembre 2008

Ah... Czeslaw Milosz... Ingmar Bergman... Magma... Heidegger... Lonsai Maïkov... Ah... la vive Vie des chercheurs et des insoumis...

@)>-->--->---

Écrit par : Nebo | dimanche, 28 septembre 2008

Oh les gars c'est pas sur la Question qu'il fallait faire cette note c'est sur ILYS (beaucoup plus consensuel qui n'y paraît); pas de risque d'être remis en cause!

Écrit par : JP | dimanche, 28 septembre 2008

Pour ceux qui ne connaissent pas
http://ilikeyourstyle.net/

Écrit par : JP | dimanche, 28 septembre 2008

Ne vous énervez donc pas Restif.
Je suis vos propos de près et vous êtes loin de m'indisposer vous, Zak et Zacharias.
De toutes façons, c'est à notre hôtesse de choisir ses thèmes; s'ils ne nous plaisent pas, on a le droit de voir ailleurs.
Malheureusement, je ne suis pas si bouillant que ça.
Bien à vous et continuez.

Écrit par : La Fouine | dimanche, 28 septembre 2008

Restif, vous dites :

"Un blog chrétien…Certes, la Question est et a toujours été une blog chrétien. Mais un blog qui jadis était ouvert à bien des curiosités."

C'est toujours le cas, puisque notre hôtesse vous a ouvert son blog ...pour parler du chiisme. Cela relève d'une remarquable ouverture d'esprit de sa part et vous devriez lui en être reconnaissant.

Écrit par : Ronin | dimanche, 28 septembre 2008

Ronin, vous devriez éviter de parler de ce que vous ignorez....
Avant de jouer les chevaliers blancs vous devriez penser que vous ne connaissez RIEN aux arrières plans de l'apparition de cette petite notule. Peut être a-t-"on" pensé qu'il fallait justement redonner un peu d'ouverture...

Écrit par : Restif | dimanche, 28 septembre 2008

Avant de jouer les chevaliers blancs vous devriez penser que vous ne connaissez RIEN aux arrières plans de l'apparition de cette petite notule.


comme tous les gens sérieux soyez infiniment discret Restif

Écrit par : Maurice | dimanche, 28 septembre 2008

Maurice : je ne saurai trop vous remercier de votre intervention. Vraiment. Vous avez droit à toute ma gratitude pour m'avoir rappelé au sentiment de ce qui compte VRAIMENT.
Et, donc, nous en resterons là ...

Écrit par : Restif | dimanche, 28 septembre 2008

Un peu facile non?

Écrit par : Maurice | dimanche, 28 septembre 2008

M.r restif...Votre réflexion est navrante Vous sentez le pastaga de trop et la chaussette douteuse . Fréquenter vos pareils est au-dessus de mes forces.

Écrit par : M.r delabard | dimanche, 28 septembre 2008

M.r delabard quand on a été blessé-modru pzr quelque chose, le comble de la bêtise est de le laisser voir. J'aurai aimé que vous me proposiez quelquechose d'un peu original, mais visiblementvous ne savez trousser l'alme robe du logos.

Quand à vous Maurice, un instant, un seul, vous avez eu votre utilité. En en rajoutant, c'est vous qui vous placez en plein au rayon "facilité,petitesse, larmoyance et autre bagattelles" (pour un blog).

Écrit par : Restif | dimanche, 28 septembre 2008

M.r delabard quand on a été blessé-modru pzr quelque chose, le comble de la bêtise est de le laisser voir.

Je vous conseille de suivre ce conseil

Écrit par : M.r delabard | dimanche, 28 septembre 2008

Restif,
J'ai comme l'impression que le vaillant compagnon de blog du guerrier Zak a glissé sur une peau de banane jeté par un adorateur de l'Unite Transcendante des Traditions.
Je vous estimais beaucoup Restif (enfin vos commentaires) mais j'ai comme l'impression que je n'ai plus rien à vous dire.
Enfin, juste un dernier mot, mouillez vous donc, un peu de courage. C'est pas la tête qu'il faut vous casser mais le cœur (LCDS Martin).
C'est vrai, je redeviens bouillant, adieu Restif, on n'a plus rien à échanger.

Écrit par : La Fouine | dimanche, 28 septembre 2008

Restif, vous jouissiez d'un certain crédit sur ce blog. Je vous tenais pour un homme à l'esprit élevé alors que vous nous faites des réponses de cuistre :

"Hélas, on voudrait parler ici, à La Question, connaissances, théologies, et on se ramasse des king size bourrins castré de la comprennette. Des gens qui barbotent dans le purin politique qui est leur seule échelle. Ce n'était pas celle du Christ. Mais par contre, c'est bien celle des matérialistes qui sécularisent toute question sur le sacré.
Race à laquelle je n'ai strictement rien à dire."

Ce sont des propos de bistrot qui cherchent vainement à masquer une absence totale d'arguments de votre part et qui vous ravalent justement au niveau des "bourrins".

Pour votre gouverne, je parfaitement informé sur les arrières-plans de l'apparition de votre notule et plus que vous ne le croyez (je ne vous en dirai pas plus par discrétion) Alors, quand on ne sait pas, on se tait. Vous vous drapez dans votre orgueil imbécile et vous érigez en donneur de leçons mais pour qui vous prenez-vous, Restif ? Vous êtes furieux parce qu'on n'achète pas votre salade persico-chiite. Vos réponses sont d'une mauvaise foi consternante :

"Faites donc comme ces chrétiens intelligents qui ont compris (en soupirant devant ma légèreté d’incorrigible littéraire) que la meilleure chose à faire était encore de laissez mourir ce fil en jetant dessus le probe manteau du patriarche…"

Ce n'est pas à vous de décider de la fin de ce fil et j'ai dans l'idée que ce n'est pas encore fini surtout si vous continuez à vous montrer irrespectueux, voire insultant à l'égard de vos interlocuteurs, ce qui est le propre des minables qui n'ont aucun argument à faire valoir et qui espèrent faire diversion.

Vous n'êtes qu'un petit monsieur dont la prétention le dispute à l'étroitesse d'esprit et la mesquinerie. Vous avez ruiné par votre attitude tout le crédit dont vous jouissiez sur ce blog pour vous abaisser peu à peu au niveau d'un troll.

Écrit par : Ronin | dimanche, 28 septembre 2008

Il me semble, Restif, que vous êtes totalement passé à côté du sens de la réponse de Zak, réponse que j'ai trouvée pleine d'une amicale sagesse à votre égard : "les ivresses corbiniennes vis-à-vis du chiisme ne vous mèneront pas beaucoup plus loin qu’au parc Monceau le dimanche après-midi en famille (tout va bien pour vous au fait...mes prières vous sont, comme toujours, assurées pous les vôtres et vos proches), mais l’espace spirituel lui, de votre cœur, s’éloignera de ce que signifie le sacrifice du Christ pour l’homme, et lentement, par pénétration des germes de l’universalisme ouvert à tous les courants d’air qui ne signifient rien en imaginant, faussement, tout comprendre [...] vous verrez les espaces nordiques des déserts nocturnes vous conduirent au « Tolos », c’est-à-dire au brouillard en grec, ou « Tula » en sanscrit, qui signifie balance et que l’on peut traduire par « hésitation », ou encore « incertitude », et qui est en réalité le nom réel, et authentique de la fameuse, bien que comique « Thulé » de la tradition ésotérique...."

On sent chez Zak une connaissance de ces terrains, et une certaine expérience de la question - d'ailleurs votre distinction en sunites et chiites tombe dans le cas de Guénon ou de Schuon puisqu'ils furent bien incorporés en l'islam par le soufisme - il vous manque peut-être d'avoir connu en raison de votre, encore, relative jeunesse, l'époque du rouleau compresseur dit traditionnel où une grande partie de la pensée ésotérique occidentale s'est trouvée aspirée par les mirages des oasis orientaux. Je crois que c'est cela qu'évoque Zak (voyez le nombre de tariquahs qui se sont implantées en Europe suite aux essais des auteurs cités). Le problème ne porte pas sur l'érudition et la curiosité qui ne sont pas condamnées évidemment, mais sur la position à l'égard de ce qu'offre, en tant que voie spirituelle, l'islam chiite dans sa version ésotérique. Y croyez-vous ? auquel cas dites-le clairement. Sinon on est dans le jeu intellectuel, et alors en votre noticule qui ne manque pas d'intérêt transpire un peu trop le discours dévot et hagiographique ; c'est là finalement son principal défaut.

Écrit par : Radek | dimanche, 28 septembre 2008

"M.r delabard..Votre réflexion est navrante Vous sentez le pastaga de trop et la chaussette douteuse . Fréquenter vos pareils est au-dessus de mes forces. " Voici ce que j’écrivais plus haut. Et vous mimez chacun de mes mots.Et voilàque vous recommencez. Mais vous n'avez donc nulle fierté, aucun amour propre ni originalité, pas la moindre capacité à inventer vos propres mots?. Déjà que vous ne semblez pas avoir grand bagage… Et vous vous contentez de me répéter, de me mimer. Et vous le refaites dernièrement! Bon, écrivez ce que vous voulez, vous m’indifférez prodogieusement.

Alors vous La fouine, je vous suis mal. J'aurais encore pu comprendre que vous preniez la mouche a ma première intervention, mais vous m'écrivez "ne vous énervez pas". Bon, je laisse passer, attendant que tout ça reprenne sa taille normale. Et boum, nouvelle explosion -sans doute parce que je ne bous ai plasglissé un motgentil, c’esthumain. Pluson a aimé, pluson déteste quand on se sent trahi…
Ce qui m'étonne, sur un plan humain, c'est que vous n'avez vraiment pas l'air de m'avoir lu. Ou donc ai-je défendu "l'Unité Transcendante des Traditions"? Je remarque simplement qu’ on trouve des schèmes communs à diverses gnoses. On pourrait parler des Kabbalistes aussi. Vous m'amusez grandement à me citer Saint Martin. Le même Saint Martin qui apprit exprès l'allemand pour lire Boehm. Boehm qui est, JUSTEMENT, l'un des types dont la gnose à le plus de rapport avec celle des shiites ici parlé! (et renseignez vous sur ce qu’on pense des Réaux-croix au Vatican !d’avant V2 hein !) Mais diantre, vous n'avez donc tous aucune lecture! Dois-je rappeler qu’Adam dela Halle et bien d’autre père de l'Eglise trouvaient énormément d'intérêt chez leurs chers païens de grecs! Regardez S. Augustin et Platon, Saint Thomas d'Aquin et Aristote. Et Dites-moi, vous auriez interdit au père Festugière ses travaux monumentaux sur la Gnose? Hors de Zoroastre iranien à l'Hermes trismégiste si cher à Apollinaire, à l’Académie florentine et Ficin, cet Hermes qui passionna tant Nock et Festugière les rapports sont évidents, patents, prouvés !!! Et il n'y a pas que Zoroastre, mais également Ostanès et Hystaspe. Pour qui s'intéresse à l'histoire de la philosophie l'histoire des rapports entre Ostanes et Démocrite est passionnante (voir Joseph Bidez et Franz Cumont, Les mages hellénisés, Zoroastre, Ostanes et Hystaspe dans la tradition grecque, Les Belles lettres, 2007). Si tout cela n'était pas que brume d’écume, je serai singulièrement déçu par l'espèce humaine. Je vous renvois au Cahier de l'Herne sur Thomas Mann, et je vous redis -ce que vous n'avez pas du.su lire -qu'on passera à côté de cet auteur immense (et de tant d’autres !tous les russes de l’âge d’argent) si on refuse de s'intéresser à l'histoire de la gnose. Arrêtez s'il vous plait de me juger d'après vos préjugés et (peut être bien) vos ignorances personnelles. Quand un rigolo voudra me faire croire que la trique du Christ est capitale, ou qu’on peut être chrétien et sauvé sans sacrements, je serai toujours contre lui. Pas plus que je ne crois que le Christ à sauvé toute l’espèce de par sa seule incarnation. Mais laissez moi vous dire que si vous ne contez avoir autour de vous que des gens dont les lectures ne dépassent pas Pascal, S.Augustin et une vision uniquement janséniste de l'Eglise, vous n'aurez pas grand monde autour de vous. Et je pourrais vous dire âmes qu’à trop vouloir exclure les âmes qu’on ne comprends pas on n'abouti pas à faire triompher SA religion. Une chose : ou vous avez mauvaise mémoire, ou vous ne savez pas lire (encore une fois…). Sur le problème du jansénisme et de la prédestination, je n'ai jamais été "le compagnon de Zak", et il le sait très bien. Avons-nous assez discuté sur ce problème avec Zak et Eremo !
Que vous êtes maladroit : parce qu'il m'a plus de lire du Corbin et de trouver qu'il y a des invariants passionnants dans l'herméneutique spirituelle, vous voudriez que je fusse devenu un ennemi de votre christianisme qui me semble singulièrement mesquin. Mais qu'elle est donc cette vision pygmée de Dieu où il serait interdit de lire le moindre fragments des meilleurs connaisseurs en histoires des idées? Est ce que vous vous rendez seulement compte du mal qu'une telle vision fait au catholicisme? Est ce que vous vous rendez seulement compte que cette manière de penser nous condamne au déclin, à la disparition? Je roule suffisamment ma bosse en faculté pour vous dire que ce n'est plus du tout reçu ce discours! Qu'on mette très clairement l'Evangile et nos Père de l’Eglise au premier plan, mais ne nous interdisons pas la connaissance. Pensez qu'ils nous ont gardé Plotin, Porphyre, Jamblique et beaucoup d’autres nos chers Pères chers et nos religieux du moyen-âge. Qu'ils les lisaient et connaissaient fort bien
J’abandonne. On est pas parmi des chrétiens mais dans une cellule communiste, une séance de l’international situationniste ou un comité lambertiste. Mais comprenez donc bougre d’âne que je ne me suis pas converti au shiisme ou à l’unité transcendantes des religions (écrire ça quand je n’ai parlé que de gnoses…navrant. Et on ne répond rien au témoignage de Corbin sur Boehm et Berdiaev. Personne ne semble voir l’immense intérêt qu’il y aurait à convertir ces âmes, à entamer du moins un dialogue qui y mène, en leur montrant que nous n’ignorons rien des sphères qu’ils étudient et que nos grands spirituels connaissent si bien. Décidément la pêche des âmes n’est plus cible et mission chrétienne…)
Ah, je me sens, il est vrai désormais , bien plus proche de Nebo ou de mon cher Tang que de mes prétendus frères qui se dépêchent de me rejeter au premier mot qui leur déplait.

Mon pauvre Ronin,je me fiche infiniment de ce que vous pouvez penser de moi. Si vous n'avez pas compris (comme pourtant tout le monde l'avait compris...) que les propos que vous citez s'adressaient à Mr Delbard qui m'insultait et voulait m'entrainer dans un débat politique dont je n'ai que faire...) Je ne peux rien pour vous. Vous voulez faire durer ce fil? Mais comme il vous plaira. C'est amusant. Quand à "vendre mes salades",que c'est bête...On n'est pas obligé de lire Corbin. Je m'en fiche totalement moi qu'on feuillette le cher Henri. Ou Heidegger, ou Hegel, ou Scholem.J'ai acceptécune reproduction, point. J'oblige pas lesgens à lire Saint Simon, Daumal ou Darien. quandà Bloy...Bloy pour qui Lucifer et le Christ sont une même personne, beaucoup le vantentqui ne le connaissent pas...
Si vous aviez pour deux sous de connaissances, c'est, je le répète, sur ce bon heiddy que vous auriez du sauter.
Et ne vous inquiétez pas. Je connais suffisamment l'humanité pour savoir qu'elle aime à brûler ce qu'elle à adoré (façon de parler hein!). Ca n'a AUCUNE importance. Allez, ne vous vexer pas comme ça.

Écrit par : Restif | dimanche, 28 septembre 2008

C'est pathétique lorsque la meute des chiens se jette sur un homme qui a juste le culot de ne pas se contenter des réponses toutes faites.

"Je vous aime bien Restif... mais uniquement lorsque vous mettez de l'eau à mon moulin... sinon vous n'êtes qu'un moins que rien... et nous n'avons RIEN à nous dire... dés lors que vous m'aspérgez de votre poil à gratter..."

Vous êtes chrétiens ? Ah bon !!!!!... Une engeance comme la votre n'invite sûrement pas à la conversion... encore moins à l'embrasement par l'Esprit...

Allez-y... lapidez-moi... je sais que ça vous fait jouir.

Écrit par : Nebo | dimanche, 28 septembre 2008

On voit que les franches vérités blessent les egos surdéveloppés. Moi finalement je vous trouve franchement risible ce débat, et super intéressant le sujet abordé. Au fond j'ai hâte de lire la réponse du grand Zak à Restif...j'hésite, vu le silence depuis deux jours, entre l'hypothèse d'un lynchage radical, la vitrification dont on ne se relève plus, la clémence amusée ou le mutisme angoissant ?

Écrit par : Arthur | dimanche, 28 septembre 2008

Sondage sur ce que va décider Zak à l'égard de Restif après son post un rien à côté de la plaque :



1. Lynchage radical
2. Vitrification
3. Clémence amusée
4. Mutisme angoissant

Écrit par : JH | dimanche, 28 septembre 2008

Par delà cet amusant sondage - j'appuie pour ce qui me concerne, après observation des liens entre Zak et Restif (sur la note touchant à la Rose-Croix dont Vivenza donnait une conférence, ils se donnaient rendez-vous pour faire ensemble quelques librairies à Paris...) sur la touche 3 de mon téléphone - je crois que Radek résume correctement ce qui fait le caractère problématique de cette note de l'ami Restif : "Le problème ne porte pas sur l'érudition et la curiosité qui ne sont pas condamnées évidemment, mais sur la position à l'égard de ce qu'offre, en tant que voie spirituelle, l'islam chiite dans sa version ésotérique. Y croyez-vous ? auquel cas dites-le clairement. Sinon on est dans le jeu intellectuel, et alors en votre noticule qui ne manque pas d'intérêt transpire un peu trop le discours dévot et hagiographique ; c'est là finalement son principal défaut."

Écrit par : Julien | lundi, 29 septembre 2008

Il me semble que la vitrification n'a pas encore été employée au château, je vote 2
Mais attention une vitrification par étape

Écrit par : Torquemada | lundi, 29 septembre 2008

Il ne faut pas s'inquiéter Restif, ce ne sont que des âmes torturées et des coeurs bien vides qui vous répondent la bave aux lèvres et la queue entre les jambes, incapables de bander puisque la bandaison leur est interdite. Des hérétiques, en vérité, qui rejettent la moindre résonance qui ferait vibrer leurs synapses selon les voies de la grâce, même s'ils sont convaincus du contraire. Saint Augustin sans le corpus gréco-latin c'est nada. Saint Thomas d'Aquin ou John Dun Scot c'est bien pire. Leurs réflexions eurent été impossibles sans la Grèce d'Apollon ou Dionysos. Les paganismes, à leur paroxysme de tension, annoncent le monothéisme qui s'en vient. Mel Gibson le montre très bien dans son film "Apocalypto". Raison pour laquelle les néo-païens d'aujourd'hui sont des clowns qui peuvent sombrer très vite dans le sang. Tout comme le Judaïsme annonce le Christ et le Christ lui-même une Parousie à venir. Raison pour laquelle l'Islam est une hérésie également et bascule aisément dans le sanguinaire. Néo-paganisme et Islam sont des involutions. Mais le soufisme précède l'Islam. Il s'islamise à son contact juste et uniquement pour survivre. Le soufisme étant plus proche des gnoses (chrétiennes ou non) du pourtour méditerranéen et du golfe persique, étant probablement allé jusqu'au berceau aryen indien dans son parcours tant pré que post islamique, il est normal qu'il soit capable d'éclairages subtils et profonds sur les choses de l'esprit.

Écrit par : Angel | lundi, 29 septembre 2008

@Radek, Thaddée, La Fouine, John Delbard et toutes les personnes sensées qui interviennent sur ce blog :

Restif a raison, j'aurai tort de me vexer, vu que son dernier commentaire relève de la bouffée délirante tant il n'a ni queue ni tête. Il sombre dans le délire paranoïaque de la persécution et prête aux autres ce qu'il fait lui-même. En bref, il a "pété les plombs":

"J’abandonne. On est pas parmi des chrétiens mais dans une cellule communiste, une séance de l’international situationniste ou un comité lambertiste."

Seul le premier verbe de cette phrase paraît sensé. C'est grave, docteur ?

Écrit par : Ronin | lundi, 29 septembre 2008

La meute des clebs tu sais ce qu'elle te dis : lâche un peu le fumette et reviens sur la terre mon garçon, si le discours un rien franc et direct te fais peur vas sur le blog de Marie-Claire Magazine c'est "La Question" ici ! Personne cherche à lyncher Restif (enfin je m'avance un peu car Zak n'a pas encore parlé...), mais en majorité (Ronin, La Fouine, etc.) on s'interroge sur le sens de son admiration envers Corbin et l'islam chiite dans sa version soufie - c'est encore autorisé non ?

Écrit par : Evyn | lundi, 29 septembre 2008

gare à ta queue Angel

Écrit par : Torquemada | lundi, 29 septembre 2008

Désolé Enzo, je penche vers le 4., soit le mutisme angoissant pour un petit moment ; Zak, que je crois un rien pervers, doit prendre plaisir à la situation. Selon moi il va faire attendre un peu...

Écrit par : Lucas | lundi, 29 septembre 2008

"Mais le soufisme précède l'islam"

Faux! Voir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Soufisme

Écrit par : Ronin | lundi, 29 septembre 2008

GRRRRRR
MOI PAS POUVOIR ATTENDRE

Écrit par : Torquemada | lundi, 29 septembre 2008

Mais non Torquemada, les anges n'ont pas de queue, s'est bien connu puisque lors du deuxième Concile de Nicée en 787, il fut déclaré qu'ils n'avaient point de sexe !

Écrit par : Denis | lundi, 29 septembre 2008

J'adore cette familiarité révélatrice du tutoiement immédiat. Je me pose la question : Restif aurait-il raison ? Peut-être, qu'après tout, nous nous trouvons bien en présence "d'une cellule communiste, d'une séance de l’international situationniste ou d'un comité lambertiste." En tout cas le ton y est : digne des enragés de mai 68. Brassage de vent à tous les étages pour ne pas dire grand chose et jugement à peine masqué : "on s'interroge sur le sens de son admiration envers Corbin et l'islam chiite dans sa version soufie"... autrement dit : peut-on encore le croire des nôtres, lui faire confiance ? Ha ha ha !

Le fait que ce soit "La Question" ici n'exclut pas le respect et la courtoisie. Lorsque les poils se hérissent à ce point c'est que les blessures touchées sont encore vivaces et profondes. Vous confondez "franc du collier" et "lynchage systématique".

Je vous tend ma joue gauche, celle du côté impur... avec un dédain tout aristocratique.

Bien à Vous...

@)>-->--->---

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Psychanalyse de hall de gare très basique Nebo - il faudrait vous creuser un peu plus la cervelle dans vos réponses. par ailleurs vos clichés minimalistes sont assez loin de la diversités des intervenants de "La Question" et de la richesse, rappelée par Restif d'ailleurs, des thèmes abordés. Pour ce qui est de la cellule communiste, ne tardez pas trop, il y a encore quelques cartes disponibles mais plus pour très logtemps à vendre rue du Colonel Fabien...

Écrit par : Henri | lundi, 29 septembre 2008

Je confirme aussi avoir lu quelque part que le soufisme était bien antérieur à l'Islam. La Mecque pré-islamique était une vraie fosse à purin babelienne, les barbus ont ramené un ordre monothéiste digne du vôtre, messieurs, ce qui me fait soupçonner que les babouches vous iront à ravir pendant que Restif et moi seront dans le maquis à tenir tête au mollahs et aux imams. Je sais aussi qu'à haut degré d'initiation les soufis enseignent que Dieu n'existe pas en tant qu'entité spirituelle, mais ils rejoignent plutôt les intuitions d'un Spinoza... voire même celles de certains pré-socratiques... mais ces choses-là ne sont avouées qu'au terme de longues très longues études et selon des schémas tenus pour secrets, je ne suis pas soufi, cela ne m'intéresse pas de l'être, je dis ce que j'ai lu... je ne sais plus où (Cheikh Bentounès ? Gérard Chauvin ? Annemarie Schimmel ?)... je n'ai pas le haut degré de culture d'un Zak... je ne suis qu'un modeste pécheur, pauvre de moi.

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Il est exact, Henri, que vous et les quelques autres intervenants faites preuve d'une inventivité dans la réflexion fort remarquable. J'en suis émerveillé et anéanti d'avance.

Pour le reste, cher Henri, si vous saviez ce que le serbe anticommuniste vous dit...

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Attention à la kénose Nebo, votre séduction pour l'anéantissement vous transformera un jour en une pure onde évanescente virtuelle.

Pour le reste, et au titre des échanges d'amabilités, si vous saviez ce que le descendant de croisé tient à votre shiismatique dispostion...

Écrit par : Henri | lundi, 29 septembre 2008

La première des inventivités dont un Ronin fait preuve est celle qui consiste à se prévaloir d'une référence comme celle de Wikipédia dont les postulats sont, bien souvent, plus que douteux.

Écrit par : Angel | lundi, 29 septembre 2008

Nebo, cette note avait commencé sur des questions de fond avec notamment les commentaires de Zak et Thaddée et Restif s'est livré ni plus ni moins à une entreprise de trollage, puisqu'il s'est montré agressif vis-à vis de ses interlocuteurs pour faire déraper le fil, alors qu'il y a des choses à dire sur cette note, notamment sur son ambigüité quant à sa façon de présenter le chiisme dont on pourrait croire qu'il est d'origine perse, alors qu'il désigne les partisans d'Ali que les chiites considèrent comme le seul héritier spirituel de Mahomet dont il était par ailleurs le gendre, cela bien avant l'islamisation de la Perse. Autre précision à apporter, les chiites représentent environ 15% des musulmans et sont très localisés géographiquement, puisqu'on les trouve en Iran et en Irak, pays où ils sont persécutés par les sunnites. Il faut donc bien distinguer entre l'origine du chiisme et la coloration particulière qu'il a pu prendre dans l'Iran actuel.

Écrit par : Ronin | lundi, 29 septembre 2008

Tant d'amabilité me comble d'aise, Henri. J'ai eu l'impression de lire les propos d'un catholique croate qui pour défendre la Catholicité contre la schismatique Orthodoxie serbe n'a rien trouvé de mieux que de s'allier... aux musulmans. Qu'ajouter après ça ? Rien. Juste rire... car c'est risible à souhait.

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Il manque pas d'air cet imbécile de Nebo : "les babouches vous iront à ravir pendant que Restif et moi seront dans le maquis à tenir tête au mollahs et aux imams".

C'est-ça - et on peut savoir dans quelle mosquée et avec quel costume vous pratiquerez votre Dhikr ?

Écrit par : Julien | lundi, 29 septembre 2008

C'est beau comme un lavabo l'insulte sous la ceinture. "Imbécile" ! Cher Julien, vous rendrez gorge, un jour, pas devant moi, je déteste me salir les mains, mais devant Dieu probablement... tout comme moi... tout comme nous tous... on a la conscience qu'on mérite.

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Tous les chiites n'ont pas pris la coloration "particulière" que vous indiquez à juste titre Ronin...

http://fr.youtube.com/watch?v=cuLbdy6FH3M

Écrit par : Nebo | lundi, 29 septembre 2008

Répondez à ma question au lieu de vous énervez, ce qui prouve que bien qu'abreuvé de littérature soufie vous ne l'avez pas digérée. Dans quelle mosquée vous livrerez-vous à l'invocation de votre Dhikr avec vos amis guénoniens barbus ?

Écrit par : Julien | lundi, 29 septembre 2008

C'est vrai Julien, votre question est pertinente, dans quelle mosquée Nebo qui se sentit soudain ici une vocation de vendeur de babouches à Barbes, pourra-t-il vivre son ésotérisme soufi et se livrer à l'invocation du nom d'Allah en compagnie de Restif ?

Écrit par : Henri | lundi, 29 septembre 2008

Angel,

J'ai cité par commodité Wikipedia que je regarde comme vous avec circonspection, et c'est pourquoi je vous en propose une autre, celle de l'Encyclopedia Universalis :

http://www.universalis.fr/encyclopedie/Q163751/SOUFISME.htm

Cela vous va ? Enfin, si vous recherchez sur Google les origines du soufisme, tous les sites qui traitent de cette question sont unanimes: c'est l'islam qui a donné naissance au soufisme.

Écrit par : Ronin | lundi, 29 septembre 2008

Henri, est ce que c’est bien digne de vous ce genre de réflexion ? Allons…vous me décevez. Il suffit de me lire pour voir ses mots « La France devra toujours être chrétienne » et quant à moi j’insiste (lourdement même) sur le fait que je ne quitterais jamais ma religion, catholique, je préfère préciser avec des lecteurs de cette qualité. Et Nebo a clairement répondu à Enzo (vous m'avez fait peur avec Lapinos Enzo) qu’il n’était nullement schiite, plutôt orthodoxe. Alors ? franchement ? vous n’avez pas honte ? Cen'est pourtant pas votregenre cette verve là: On retrouve vraiment la manière d’agir des stalinien qui traitaient tout de suite de.laquais de la CIA qui osait leur répondre ne serait que sur UN point.
Merci -beaucoup- à ceux qui ont si gentiment rompu des lances pour moi et, je le crois, pour la liberté et la connaissance humaine. Nous trouvons en nous même notre récompense

Quant à ceux qui tentent -avec une grande noblesse…- de faire intervenir Zak comme un molosse qu’on exciterait « allez Kss, kss qu’est ce que t’attend, bouffe le » (c’est beau !), il est visible qu’ils ne n’ont pas lu les deux coms très clair du dit Zak. Il, à en effet, plus haut, dit fort clairement tout ce qu’il pensait de ma petite escapade. Seulement c’est Zak lui, il y a mis la manière. Et surtout il a compris ce qui était en jeu : un coup d’intérêt pour corbin, point.
Angel, Nebo... vous savez ce que je pense.

Écrit par : Restif | lundi, 29 septembre 2008

Au sujet de la tonalité de l'analyse de Zak vous avez raison Restif, il a pointé uniquement votre intérêt à l'égard de Corbin. Je cite pour mémoir à cet instant du fil :


"Tout ce beau discours Restif est bien gentil mais ne saurait faire illusion - on voit d'ailleurs à quelle vitesse tous les poncifs modernistes les plus éculés au sujet d'une inspiration mazdéenne ou zoroastrienne des thèmes de l'Ecriture Sainte relatifs au mal, dont on sait nous dire et nous redire à tous les temps de la conjugaison dans les magazines parlant de "spiritualité" qu'ils sont porteurs d'éléments dualistes, refont surface à grande vitesse ici à la faveur de votre note. Ainsi, il ne faut pas se le dissimuler, l'islam, sunite ou chiite, est une hérésie absolue au regard du christianisme, et les aspects sympathiques de l'ésotérisme perse que vous évoquez avec une certaine touchante naïveté suite à votre lecture de Corbin, ne sauraient le faire oublier !"
(Zak - 1er post)

"Vous participez d’un évident syndrome de séduction que provoque votre lecture de Corbin – ce gnostique à la petite semaine qui raconta n’importe quoi sur le christianisme et se méprit totalement sur le sens de l’Incarnation (cf. la pertinente et pénétrante analyse, rappelée justement par Sulpice, de R. Arnaldez son "Henry Corbin et le christianisme",Etudes, 1981, vol. 355, no6, pp. 627-638), même si ses études sur la philosophie de l’islam ("Histoire de la philosophie l'islamique", Gallimard, 1964) sont, sur le plan purement intellectuel, d’une évidente qualité que l’on peut consommer sans trop d’efforts superflus dans le confort d’une bonne bibliothèque."
(2° post)

Donc je vous donne volontiers acte de votre précision.

D'autre part, je vous précise que le ton un peu vif de ma réponse à Nebo provient de son initiale indélicatesse s'agissant d'un type de chaussures orientales auquel nous serions destinés, ce qui, vous l'admettrez, est une manière assez peu intelligente de situer le débat...

Écrit par : Henri | lundi, 29 septembre 2008

Oh, connaissant un peu Nebo je serai étonné, Henri , qu'il vous en veuille vraiment pas plus que je crois que vous le detestiez. Et puis c'est le net, tous nous pouvons tous bouillir assez vite. Et ête tenté parla réplique (amusée d'ailleurs)qui pique. Eternel pécheurs que nous sommes ! Quant à moi , et bien vous me permettrez d'être naïvement content de votre petit mot. Je n'ai pas cherché à faire s'affronter les hommes. Ceci dit,je n'ai rien non plus contre le jeu des controverses. Tout cela n'est pas bien grave.
Paix aux hommes de bonne volonté!

Écrit par : Restif | lundi, 29 septembre 2008

Le cœur de la question Restif, maintenant que le calme semble être revenu en ces lieux et qu’il semble possible de pouvoir échanger sérieusement, m’ayant amené à réagir assez négativement et vivement à la possibilité d’une réappropriation de sa pensée sur le plan spirituel, problème qui pour moi est l’authentique difficulté de l’œuvre de Corbin et non pas un syndrome aigu d’étroitesse sectaire issu d’une fermeture hargneuse, tient à la nature extrêmement contestable de sa christologie, sujet sur lequel il ne faut pas plaisanter car à la source concrète des dérives les plus gravissimes du point de vue doctrinal (cf. « Les Scandaleuses béatitudes de l’Eglise moderne »), porte ouverte, comme vous le savez, aux pires délires inacceptables dont nous connaissons parfaitement ce qu’ils entraînent, et ont toujours entraîné comme éloignement radical à l’égard de la vie divine de l’âme favorisant le développement d’un naturalisme hérétique et un inexact panthéisme ferment d’un néo-paganisme anti-chrétien. Or, par delà les amusants plaidoyers un peu maladroits, et naïfs, d’un dénommé « Trang-Ni » (pseudonyme sous lequel se dissimulait à l’époque Henri Corbin, qui dressait, en 1928, dans « Tribune Indochinoise », revue de « combat pour l’Indochine autonome », un bilan mitigé, mi-enthousiaste, mi-dubitatif, de l’œuvre de Guénon), il se pourrait bien que l’étude approfondie de la christologie de Corbin, nous donne finalement la clé de ses propres prises de positions personnelles, lui le luthérien si étrange, par rapport aux imamologies chiites ou à l’hagiologie sunnite (chez Ibn ‘Arabî notamment). Malheureusement cette étude n’a pas encore été réalisée véritablement, le seul travail fondé, disponible pour l’instant, étant, déjà cité dans un précédent post, de R. Arnaldez : "Henry Corbin et le christianisme", Etudes, 1981, vol. 355, no6, pp. 627-638.)

Une piste cependant, non exploitée et quasiment ignorée de ses lecteurs, a été donnée par Corbin lui-même dans un ouvrage tardif, « Temple et contemplation », paru chez Flammarion en 1980. L’idée de Corbin, fasciné par la présence de l’Esprit-Saint où ce qu'il identifiait être tel (Bloy et certains aspects de son paraclétisme eschatologique ne sont pas loin s’il faut en croire, par exemple, les thèses du naturopathe Barbeau, auteur d’un plus que curieux « Un prophète luciférien : Léon Bloy »), est que le Paraclet, notion chrétienne s’il en est, se rencontre dans la figure de Mahomet qualifié du titre avantageux de « sceau des prophètes », qu’un certain soufisme regarde comme effectivement le Paraclet lui-même.

Corbin faisait sienne l’idée d’une inspiration chrétienne de l’islam, considérant que l’évangile de Barnabé, compagnon de Paul, mais qui s’était séparé de lui à cause de l’observance de la loi mosaïque, aurait pu être à la base de bien des thèses musulmanes. Il écrit : « L’évangile de Barnabé était primitivement écrit en hébreu, comme les écrits de Marc le Mage, relatés par Clément d’Alexandrie dans ses extraits de Théodote. Tous les évangiles hébreux ont disparu. Cependant dans l’évangile de Barnabé, on peut retrouver un indice de copte puisqu’il dit Amem au lieu d’Amen En copte, le m remplace souvent le n. » Ainsi, selon Corbin, la christologie coranique est l’héritière de la christologie ébionite, les ébionites étant eux-mêmes les continuateurs de l’église de Jacques frère de Jésus, l’église primitive de Jérusalem, et peut faire dès lors l’objet d’une adoption aisée pour les chrétiens en quête, s’il vous plait, de la vraie « gnose ».

C’est là où l’on est obligé, nécessairement mon cher Restif, de dépasser le stade du simple intérêt intellectuel et le légitime respect pour le travail considérable d’érudition, sans oublier les qualités humaines de Corbin, et de s’élever énergiquement pour signaler le réel danger théorique de l ‘œuvre – d’où ma critique vis-à-vis du stade purement émerveillé de votre approche un rien superficielle, qui n’est pas allée, surtout dans le cadre d’une note, (même si je n’en ignore pas la cause...), jusqu’à une interrogation des soubassements cachés sur le plan de l’intentionnalité. Dois-je rappeler que les versets 156-157 de la sourate 4 du Coran enseignent la non-crucifixion matérielle de Jésus. C'est effectivement là l'exégèse admise, du "shubbiha lahum", « il leur [à ses bourreaux] a semblé » qu'ils l'avaient crucifié. »

Il faut savoir qu’au début de l'ère hégirienne, trois grands courants christologiques traversent le christianisme:

- Les latins et byzantins/melchites : ce sont des chalcédoniens mais ils ont tendance à verser dans le monophysisme.
- Les coptes (égyptiens et éthiopiens), les arméniens et les syriens jacobites, qui sont tous d'obédience dite monophysite.
- Les chrétiens syriaques vivant dans l'empire perse et les tribus arabes des Lakhmides, établies près de l'ancienne Babylone et alliées à l'empire perse sassanide. Ces courants dépendent de l'école nestorienne d'Édesse[Cf. René Kalisky, L'islam, origine et essor du monde arabe, Verviers : Marabout, 1950, p. 44-45 ; et surtout l'étude très documentée d'Alfred havemth, Les arabes chrétiens nomades au temps de Mahomet, (Cerfaux-Lefort), Louvain-la-Neuve : Centre d'histoire des religions, 1988.]

Le rapprochement avec la christologie de mouvance monophysite, des débuts de l'ère hégirienne, et la fréquentation de ces groupes chrétiens par Mahomet n'a pas pu ne pas contribuer à l'élaboration de la christologie coranique. Par exemple Henri Grégoire estime décisive l'influence des communautés chrétiennes de l'Arabie des premiers temps de l'islam, avec leur théologie plus ou moins profondément teintée de monophysisme. Et il argumente de façon très convaincante en faveur de la thèse selon laquelle, évoluant au contact d'un christianisme monophysite, Mahomet consent à son égard - espérant de sa part un ralliement à sa cause - de très larges concessions théologiques. Pour Grégoire, « le point culminant de cette christologie presque chrétienne sera atteint dans la quatrième sourate » (Henri Gregoire, « Mahomet et le monophysisme », in : Mélanges Charles Diehl, l. I, PUF, 1930, p. 107 s). Grégoire précise que ce n'est pas dans les anciennes sectes gnostiques qu'il faut chercher l'origine des formules du Coran, mais dans la sympathie de Mahomet à l'égard des chrétiens de Najran dont l'Eglise, celle des Homérites, professe une christologie monophysite ; en l'occurrence une christologie d'un monophysisme particulièrement radical, puisque ces chrétiens de Najran ont adopté la christologie dite « aphtartodocète » de Julien d'Halicarnasse. Or, il n'est pas sans intérêt de relever que c'est au temps du dialogue de Mahomet avec les chrétiens de Najran que le monothélisme connaît son plus grand succès parmi les chrétiens, et pas des moindres, puisqu'il emporte l'adhésion de l'empereur de Constantinople, Héraclius, de son patriarche, Sergius, et du pape de Rome, Honorius, qui le fait savoir à l'empereur (par une lettre qui dérangera Rome jusqu'aux temps modernes) en 634-635. soit l'an 12 de l'Hégire, deux ans après la mort de Mahomet.

Plus tard Ghazâli sera l'auteur d'une Réfutation excellente (Radd jamil) de la divinité de Jésus Christ d'après les Evangiles[Abu Hamid Ghazâli, Réfutation excellente de la divinité de Jésus selon les Evangiles, éd. et trad. par Robert Chidiac, Bibliothèque de l'École des Hautes Études, sciences religieuses, PUF, 1939] Le titre de son ouvrage annonce la couleur. Selon Massignon, l'exégèse « docète » du verset de la crucifixion s'infiltre très tôt dans les tafsîr, vers 150 H., et serait d'origine chiite. Elle aurait pour origine l'apologie chiite des imams martyrisés : « Dieu n'ayant pu les faire "mourir avant leur temps", et la parcelle divine qui résidait en eux ayant été nécessairement soustraite à leurs assassins, il n'était resté d'eux qu'une forme apparente » [Cf. L. Massignon, « Le Christ dans les Évangiles », p. 535.] » : « forme, précise Massignon, assumée par un démon ou par 'Omar », le calife honni des chiites. Cette explication de la mort des martyrs du chiisme aurait été appliquée rétrospectivement à Jésus. L'hypothèse d'un disciple « remplaçant » Jésus en croix s'y ajoute. Les diverses hypothèses demeurent côte à côte, souvent chez le même auteur. Ici se trouve confirmée l'explication de Grégoire sur une origine de cette exégèse autre que gnostique imprégnant la mystique soufie et le chiisme.

C’est pourquoi, ce qui n’est pas crié sur les toits, tout le courant soufi, lorsqu'ils esquissera quelques prises de positions, rejoindra toujours le camp nestorien, parlant de non-crucifixion de l'aspect « divin » de Jésus (Ismaéliens, falâsifa), non sans recourir à l'usage du paradoxe (Ibn 'Arabi). Ce faisant, il communie donc intégralement à la théologie coranique. Et l’impossible adaptation se fait jour – contrairement à ce que voulut laisser penser Corbin - qui concevait l’image du temple en ordre du temple, chevalerie initiatique qui serait la réunion de l’ésotérisme chrétien et de la gnose islamique qui se fonde sur l'ouverture de Mahomet à la christologie des chrétiens de son temps, et notamment de l'Église des Homérites, ouverture en mode ésotérique qui rapprochera d'autant son christianisme des courants nestoriens – si c’est ça la vraie « gnose » au sens corbinien du terme – bravo !

A la page 371 de son livre « Temple et contemplation », Henry Corbin, révélant sa pensée qui tente d’établir une étroite identité entre l’islam ésotérique et l’évangile, rend un hommage appuyé à St Bernard : « St Bernard a été l’initiateur des croisades. Beaucoup de sang a été versé pour rien, en contradiction avec la loi de Moïse qui dit « tu ne tueras point » et à la loi évangélique qui dit de répondre au mal par le bien. Ceux qui défendent l’idée templière ont-ils bien vu que défendre le temple de Jérusalem contre les sarrazins n’a servi à rien puisque ces chevaliers se mettent à défendre maintenant la religion sarrazine, qui est la même que celle de l’évangile. »
Or, Restif, non ! la foi de la religion de Mahomet n’est pas celle de l’Evangile, et nous ne sommes pas destinés à embrasser, même en mode ésotérique et sous couvert de la « vraie gnose », le modalisme docète de l’hérésie nestorienne. La contemplation de « l’Un » sur le plan des hautes perspectives métaphysiques de l’islam chiite, d’un Sharavardi, magnifique traduction de l’Ishrâq, possède un fort pouvoir d’attraction certes, mais si c’est pour en oublier le Dieu Trinitaire sous couvert d’illumination en mode contemplatif du sans forme je suspecte un fort danger pour la foi. Relisez la conclusion d’un ouvrage remarquable, mais qui ne l’empêche pas d’être significative, de Corbin : « A l’isolement doit se substituer la réciprocité, car seule cette tradition dans son intégralité peut faire face aux problèmes gigantesques posés de nos jours. (…) La leçon de nos métaphysiciens d’islam, c’est qu’ils n’ont jamais envisagé que leur ésotérisme, fût possible sans une nouvelle naissance intérieure. Une tradition n’est vivante et ne transmet du vivant qu’à la condition d’être une perpétuelle renaissance. » (Corbin, « Histoire de la philosophie islamique », p. 499).

Si cette renaissance, sous prétexte d’ésotérisme et de connaissance des essences éternelles de l’Unique sous le masque de la « vraie gnose », doit se faire au prix d’un retour en force du nestorianisme et d’un triomphe des thèses monophysites, ou ariennes au sein du christianisme moderne, je pense que vous serez d’accord pour considérer qu’il y a là une intention inacceptable et que c’est bien en cela que réside la difficulté principale et majeure à l’égard de Corbin, soit dans sa volonté d’une jonction et union entre l’ésotérisme occidental et oriental, y compris par les organisations initiatiques dont il fut membre, et qu’il est vital que nous restions encore quelques uns à refuser, catégoriquement en raison d’un attachement aux vérités de la Révélation, l’affirmation délirante stipulant, surtout si c'est pour nous faire secrètement admettre l'identité de l'Esprit-Saint avec Mahomet : « la religion sarrazine, est la même que celle de l’évangile. » (sic !)

Écrit par : Zak | mardi, 30 septembre 2008

Dans "Temple et contemplation" de Corbin, livre de Corbin cité par Zak, on peut lire, ce qui n'est cette fois-ci n'est plus un simple travail d'érudition mais une oeuvre de conviction : "La fonction de l’ange Gabriel est primordiale. Il se tient, nous le savons déjà, au seuil du Temple, près de l’angle où est enchâssée la Pierre Noire ; il est l’Esprit-Saint et l’Ange de l’humanité."



Extrait :

"Le pèlerinage qui conduit Adam en compagnie de l’ange Gabriel jusqu’en Arabie, à La Mekke, prépare la troisième scène, la scène finale où se révèle au niveau de notre monde terrestre actuel le secret de la Pierre Noire. Un théosophe en Islam perçoit d’emblée la signification symbolique de ce trajet, comme celui au cours duquel s’achève le déclin des entités spirituelles à leur occident. Dans cette théosophie, la fonction de l’ange Gabriel est primordiale. Il se tient, nous le savons déjà, au seuil du Temple, près de l’angle où est enchâssée la Pierre Noire ; il est l’Esprit-Saint et l’Ange de l’humanité ; c’est de son «aile de lumière» qu’émanent les âmes humaines en ce monde ; et il est l’ange de la Connaissance, celui dont l’illumination projette les formes intelligibles sur nos intellects. Il est donc tout à fait juste de typifier dans le pèlerinage où sont associés l’ange Gabriel et Adam, tout le processus de la descente de la Perle blanche en ce monde, sa métamorphose sous l’aspect de la Pierre Noire, c’est-à-dire en la forme sous laquelle elle apparaît à la perception sensible et sous laquelle l’homme doit apprendre à la reconnaître, à moins hélas ! que sa vie ne s’achève sans qu’il l’ait jamais reconnue. La Pierre Noire fut placée, nous dit le récit, à l’angle de la Ka’ba (à l’angle où nos figurations précédentes ici l’ont retrouvée). Et c’est là que Dieu reçut l’engagement des fils d'Adam, «pour nous avertir, écrit Qâzî Sa'îd Qommî, que tout recommence à partir du commencement». Le «drame dans le Ciel» recommence en effet sur terre avec chaque homme : son pacte divin, sa sortie du paradis, son ressouvenir et sa quête du paradis perdu. Son engagement, c’est l’Ange en lui qui le profère — l’Ange à qui Dieu fit «déglutir» le pacte en sa préexistence céleste, et c’est lui, l’homme extérieur, qui le trahit. Et chacun des fils d’Adam doit, tour à tour, accomplir le pèlerinage, c’est-à-dire réédifier la forme spirituelle du Temple, pour accéder à son propre centre. Il lui faut redécouvrir le secret de la Pierre Noire, qui est le secret de l’Ange, puisque cette Pierre, que les pèlerins baisent au passage comme le fit Adam, lorsqu’il l’eut reconnue — cette Pierre est dans le Temple matériel de la Ka’ba ce que l’Ange est au centre de l’homme. La «relation fonctionnelle», identique de part et d’autre, permet à la méditation de passer spontanément de l’un à l’autre. Alors la Pierre Noire redevient la Perle blanche, le vestige du paradis, l’Ange ou l’Imâmat dans l’homme. Il dépend de l’homme de redécouvrir son centre, ou au contraire de le perdre et d’être à jamais désaxé. L’atteinte à ce centre, tel est précisément le sens ésotérique des rites du pèlerinage, accomplis comme les rites d'un mystère d'initiation, au terme duquel le myste entre dans le Temple, parce qu’il a retrouvé la potestas clavium qui lui ouvre l’accès du monde spirituel perdu."


Henry Corbin, Temple et contemplation, préface de Gilbert Durand, éd. Entrelacs, Juin 2007.

Écrit par : Ruben | mardi, 30 septembre 2008

Effectivement Ruben, cet extrait, plus que significatif, est tout à fait représentatif de ce qu'est la "gnose" selon Corbin, à savoir "l'oeuvre" que doit accomplir Adam pour accéder à sa réintégration divine, soit, selon cette thèse éminemment discutable : "redécouvrir le secret de la Pierre Noire, qui est le secret de l’Ange, puisque cette Pierre, que les pèlerins baisent au passage comme le fit Adam, lorsqu’il l’eut reconnue — cette Pierre est dans le Temple matériel de la Ka’ba ce que l’Ange est au centre de l’homme". Etrange cette identification entre la "Pierre noire" dans le temple matériel, notons qu'il s'agit de la Ka'ba et non celui de Salomon à Jérusalem, et l'Ange (qui serait "l'Esprit-Saint et l’Ange de l’humanité" - "émanant les âmes humaines...") au centre de l'homme. D'ailleurs une remarque plutôt fine de Joseph de Maistre confirme l'analyse exprimée plus haut par mes soins. Cela mérite d'être rappelé tant ces lignes possèdent une grande pertinence et ont pour nous un intérêt non-négligeable afin d'aider à notre compréhension de ce qui est véritablement en jeu, sur le plan spirituel et théologique, car il y a là des questions centrales et fondamentales souvent ignorées et passées sous silence du point de vue de la christologie, entre l'islam et la chrétienté :

- « Le chevalier Jones a remarque quelque part que le mahométisme est une secte chrétienne, ce qui est incontestable et pas assez connu. La même idée avait été saisie par Leibnitz, et, avant ce dernier, par le ministre Jurieu (1). L'islamisme admettant l'unité de Dieu et la mission divine de Jésus-Christ, dans lequel cependant il ne voit qu'une excellente créature, pourquoi n'appartiendrait-il pas au Christianisme autant que l'Arianisme, qui professe la même doctrine? »
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(1) " Les Mahométans, quoi qu'on puisse dire au contraire, sont certainement une secte de Chrétiens, si cependant des hommes qui suivent l'hérésie impie d'Arius méritent le nom de Chrétiens. " (W. Jones's description of Asia, Works, in-4o, tom. V, p. 588.) Il faut avouer que les Sociniens approchent fort des Mahométans. (Leibnitz, dans ses oeuvres in-4o, tom. V, pag. 481. Esprit et pensées du même, in-8o, tom. II, pag. 84.) Les mahométans sont, comme le dit M. Jurieu, une secte du Christianisme. (Nicole, dans le traité de l'unité de l'Église, in-12; liv. III, ch. 2, pag. 341.)


Joseph de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg, XIe Entretien.

Écrit par : Zak | mardi, 07 octobre 2008

Ah Zak j'use de la réouverture de ce fil pour dire ce petit mot. Voilà : ma modeste note n’aurait elle eu pour résultat que de vous pousser à écrire le texte du 30 septembre -synthétique, nourri et doté d’une rare capacité à isoler ce qui pose problème de fond - que je me féliciterais de l’avoir écrit. On s'aperçoit presque avec plaisir que, comme c'était déjà le cas pour Plotin et Celse, l'Incarnation est un scandale.
Vous avez mille fois raisons de nommer Bloy : en effet, le Mendiant ingrat n’est pas tout à fait étranger à cette corbinite qui ,de bénigne, aurait (allez savoir !) pu toujours devenir malicieuse si vous n’aviez aligné les pénicillines gnoséologiques les plus efficaces.
Toute plaisanterie mise à part, je trouve que votre note a répondu à des questions qui se faisaient attendre et que j'eusse moi-même mises sur le bureau si vous ne vous en étiez pas chargé : ainsi du problème du Coran. Il est évident que comme le dit Saint Paul "si Christ n'est pas ressuscité,vaine est notre foi" (de mémoire). Il est donc évident qu' on ne saurait, chrétien, suivre une religion qui déclare le Christ non crucifié.


A côté de cela...
Sohrawardi inscrit son groupe dans la lignée de Zoroastre, des mages de l'antique Perse (mais il rejette le dualisme) : "son grand dessein fut de ressusciter la vision spirituelle de l'ancienne Perse (...) Il eut une "illumination soudaine " qui lui révéla le sens et les sources de l'ancienne Perse.. De cette vision prit naissance le projet quii mobilisa dès lors toutes ses forces et lui permit de faire se rejoindre les noms de Platon, et de Zarathoustra Zoroastre quelques trois siècles avant que le grand philosophe byzantin Gémiste Pléthon (+ 1450-1464) tente lui-même semblable entreprise". Henri corbin, En islam iranien T.2.
Intéressante rencontre d'un très grand philosophe, Pléthon, et d'un soufie gnostique en quête du Xvarnha, la Lumière de gloire Mazdéenne. Sohrawardi écrit aussi un petit dialogue presque amusant ou on le voit parler avec Aristote. Il lui demande si les philosophes de l'Islam se sont rapprochés de Platon : "Pas d'un degré sur mille" répond Aristote. Etrange musulman quand même! Et je ne parle pas de ses intérêts pour Hermes. De toutes façons, et j'eusse du l'écrire dès le début on lit ça, on s'y intéresse, mon Dieu comme on s'intéresse à Platon, Plotin, Parménide, etc. Rien de plus, rien de moins.

Vous croyez que Platon aurait accepté l'Incarnation ? Son meilleur disciple -qui a mon très humble avis le dépasse parfois - Plotin- prouve bien que nom. C'est une idée qui scandalise. Encore une fois, voire les hurlements que pousse Celse à l'idée d'un Dieu incarné,crucifié! C'est le 11 septembre de la religion, c'est si incroyable qu'on préfère inventer un faux Christ crucifié, l'autre s'est enfui...On pense aux légendes entourant certains dictateurs célèbres... La vérité est intolérable. C'est justement cet aspect fou qui me convainct -pour autant que j'ai besoin d'autre chose que d'écouter mon coeur.
il est une chose que j'eusse pu ajouter plus tôt à ce fil -redire ce qu'exprime Clément d’Alexandrie, peut-être le plus gnostique de nos pères - que la grande supériorité du christianisme c’est de ne pas être -contrairement à la gnose schiite ou non d'ailleurs - un élitisme. Comme le rappel Saint Paul, ce qui compte, c’est la CHARITE. J'ai toujours été infiniment sensible dans le christianisme à ces bras universellement ouverts. Ce qui m'éloignera toujours du club poussièreux des sociétés secrètes ésotériques, c'est ce côté élitiste ridicule. Je me souviens d'avoir dit à un ami que j'estime en chemin d'aller lire les cahiers de prière qu'on trouve dans les Eglises. On se retrouve alors en face de l'infini détresse humaine qui cherche un Père et un consolateur, un guide, un ami, tout ce que le vocabulaire humain compte de mots doux et tendre. Et ce pour quoi il n'est pas de verbe humain. . Là pas de mot de passe, de concept abstrus, mais un Amour qui acceuille,pardonne et apaise.

Mais je crois que vous serez d'accord pour reconnaître que ce qui menace l'occident n'est pas Sorhawardi... j'ai lu Heidegger, je lirai encore Corbin.Je remarque qu'il est bien plus facile d'inviter certaines âmes au christianisme quand il vous découvre un certain chemin. J'en ai fait l'experience.

Écrit par : Restif | mardi, 07 octobre 2008

Mon cher Restif je n'ai jamais douté, pas même un seul minuscule instant de la raison, visible et invisible, qui vous poussa à rendre publique cette note ; je pense vous avoir perçu à votre juste valeur et haute exigence spirituelle, à l'occasion de plusieurs de nos échanges croisés sur certains fils, et il n'était pas question pour moi, vous l'avez d'ailleurs parfaitement senti à la nature de mes réflexions, de me tromper de cible.

Votre curiosité intellectuelle à l'égard de la mystique chiite, votre intérêt pour Corbin lorsqu'il établit des ponts avec la théosophie boehméenne chère à Koyré, ou la perspective du Philosophe Inconnu ne m’est pas étrangère ; je crois également à la réalité de la commune capacité, chez l’homme d'accéder à la contemplation du "Noûs", c'est-à-dire à la découverte d’un Être Premier qui est acte au niveau de l'être, telle qu'elle fut présentée par Aristote dans sa métaphysique ou un Platon (qui n'aurait, vous avez raison, jamais pu accepter l'Evangile), découverte qui s'accompagne chez quelques esprits choisis d'une expérience de contemplation ineffable, d'une participation à la « lumière » de l'Intellect Premier, produisant une authentique exaltation métaphysique pouvant se vivre au sein des diverses traditions, dont le soufisme.

Il me semble cependant qu’un chrétien, qui sait ce que sa religion veut dire, doit se proposer impérativement, sous peine de s’y laisser piéger, de refondre le schéma des rapports entre mystique et initiation métaphysique, en comprenant que des grecs à nos modernes initiés, on n'a pas correctement distingué l'ordre métaphysique de l'ordre de la Révélation, et que l’on a inféré, par trop rapidement, l’un à l’autre (voire pour Guénon placé définitivement le second ordre sous la dépendance radicale du premier, ce qui est proprement scandaleux !)

Je ne mésestime pas, vous l’imaginez bien, Ibn Arabî, et son "K. al-fanâ fî l-mushâhada" , (bigrement profond que cette notion d’extinction exposée de façon brillantissime dans cet ouvrage), et cela me fait souvenir de mes lectures de Farid al-Din Attâr, ce saint soufi iranien dont Malwlâna Djalâl al-Din Rûmi disait qu’il avait parcouru "les sept villes de l’amour", chantre fervent de "l’Unité de l’Existence", qui écrira un superbe "Mantiq al-Tay" (Itinéraire de l’âme vers Dieu), véritable guide pratique à l’usage de celui qui cherche à retrouver le chemin qui conduit vers l’Unité, dans lequel il dit : "Echange la raison contre le cœur, afin de voir toutes choses de la pré-éternité à l’éternité, comme l’Un. Brise, en héros, la cage de la nature, et demeure dans l’Unicité. Quand toutes choses seront l’Unicité, et qu’il n’y aura Même plus toi-même, il ne restera qu’Un, ni moi, ni toi." (Mantiq al-Tayr, ch. XXI .) Farid al-Din Attâr, est d’ailleurs un de ceux qui a le plus insisté sur l’indicibilité de l’expérience de l’extinction, sur l’impossibilité de définir et de décrire ce qu’est l’état de fanâ, pour ceux qui ne l’ont jamais éprouvé concrètement, utilisant pour ce faire la célèbre anecdote du rapport des sâlik (papillons) et de la "chandelle", sur laquelle je n’insiste pas.

Toutefois, et j’apprécie de vous le voir exprimer avec enthousiasme : "La vérité est intolérable. C'est justement cet aspect fou qui me convainc pour autant que j'ai besoin d'autre chose que d'écouter mon coeur", vous applaudissant des deux mains à cette déclaration. Car, sans aucun doute, nous somme fous et disciples enfiévrés d’un Dieu qui a confondu la sagesse des hommes (y compris la sagesse métaphysique), et dont l’Amour a brisé, réduit à néant, les prétentions de l’humaine ambition d’atteindre le Ciel à l’aide de ses propres forces. Cette position reste toujours aussi inacceptable aux yeux de beaucoup qui voulurent bien d’un Christ, mais vidé de sa Vérité - réduit à une seule dimension : un Christ trop céleste pour les ariens et les nestoriens, trop humain pour nos modernes théologiens qui inspirèrent les folles thèses logées dans certaines déclarations, et non les moindres, de Vatican II et des récents pontifes de l'Eglise.

Si ce n’est pas nommément, que l'Occident est menacé par Sorhawardi, lisant tout comme vous Heidegger et Corbin et bien d’autres encore, néanmoins la séduction spirituelle d’une gnose hénotéiste, dont l’esprit humain ressent l’attrait avec une force gigantesque depuis l’aube des temps (et même peut-être avant...), ceci sous couvert d’une plus grande pureté de l’intuition abstraite des essences offerte par l’Ange empourpré, présente un danger qu’il ne faut pas sous-estimer, tel était le sens de mon propos. Remarquant à ce titre, vous paraphrasant volontiers, qu'il est bien plus facile d'inviter certaines âmes [à s’éloigner ] du christianisme, quand [on leur] découvre un certain chemin, dont l’exaltante ivresse relative à la connaissance secrète des mystères de l ‘Unité rend bien étrange, et même inutile, ce Sacrifice sur le bois de la Croix par la seconde Personne de la Trinité (et incompréhensible le sens de l'abandon du Père qui dépasse, et de très loin sur le plan de la détresse métaphysique, toutes les "extinctions" Farid al-Din Attâriennes et les "délaissements" heideggero-corbinesques), puisque l’illumination et la divinisation sont affirmées comme possibles en mode métaphysique. J'en ai, moi aussi figurez-vous, fait de nombreuses fois l'expérience, d’où mon extrême vigilance sur ces questions, vous sachant capable, car vous estimant selon le mot d’Origène un authentique « théophile » apte à mesurer l’enjeu que peut représenter le combat pour une christologie exacte car c’est par ce chemin que toutes les hérésies chrétiennes, dont l’islam est une expression caractéristique pour reprendre l’analyse de Joseph de Maistre, se sont affrontées aux fondements de l’Evangile, pour en détruire l’essence véritable ; ceci vous permettant de comprendre, dans mon expression, ma charité incendiaire inséparable de ma franche et sévère rudesse : « Vous tous qui écoutez mon discours, si vous êtes des hommes vraiment aimés de Dieu, vous aussi, vous êtes également des "théophiles" et c’est pour vous que l’évangile est écrit. Si quelqu’un est "théophile", lui aussi est à la fois très bon et très fort, comme l’exprime de la manière plus nette le mot grec κράτιστος (kratistos). Aucun théophile n’est faible et, de même qu’il est écrit du peuple d’Israël, à sa sortie d’Égypte, qu’il n’y eut pas dans ses tribus d’homme faible, de même oserai-je dire : tout homme qui est théophile est fort ; il tient sa force et sa vigueur de Dieu et de sa Parole, il peut ainsi connaître la vérité des paroles qui l’ont instruit, comprenant la parole de l’Évangile dans le Christ à qui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen. » (Origène, Homélie sur saint Luc, SC 87, Cerf, 1962, p. 109.)

Écrit par : Zak | mardi, 07 octobre 2008

@ZAK (Je n’ai pu vous écrire pour des raisons qui touchent à certain malade qui m’est hautement cher. Je pense que vous me pardonnerez de m’être tue un peu, quelques jours. Pas trop finalement ? Le temps du cœur n’est pas le temps internetien et, outre une méditation sur les arcanes de l’amour terrestre, sur ce que c’est que l’espoir VERITABLE en les promesses du Seigneur (reverrons-nous nos aimés ? Et quand ? Et si le péché nous séparait ?), il y avait en moi comme un sentiment d’impuissance. Impuissance à vous répondre à même altitude et doute sur ma capacité d’écarter les voiles de la parure pour n’être que soi, très simplement. Heureusement, la confiance délie bien des nœuds. Et ce sentiment -le mot est d’ailleurs inadéquat - qu’une sympathie (au sens premier du mot) re-liait les brûlures qui nous habitent. Vous êtes porteur de cet embrasement pascalien qui sait user de tous les outils du savoir et de la raison pour mieux les mettre en poudre aux pieds de la croix. Oui, ce qui nous rattache au catholicisme, l’inaltéré, celui qu’aucun scribe n’a pu frelater car son dépôt demeure dans les âmes, dans l’instinct de Christ qui repousse les faussaires et les fous aveuglés par le vieux serpent orgueil, l’immémoriale dragon légion, c’est non seulement le verbe d’enthousiasme qui appelle à la transfiguration, mais cette folie de la croix qui conduisit nos « maîtres » dans l’arène comme au désert. Tout texte aussi passionnant soit-il n’est qu’encre et forme de mots. Mais ce fils de Dieu, porteur de l’Esprit qui sanglote et se tord dans les sueurs, qui appelle une dernière fois son père dans la souffrance et l’horreur et qui revient couronné de gloire et de résurrection…celui là est au-delà de toute rationalité, croire en lui c’est faire le bond dans l’abyme des cieux, chuter dans le Sinaï de la folie. Jamais je ne jugerai qui n’a pas senti le bond remuer dans ses tripes terrestres et spirituelles. Il peut-être marqué pour une autre tâche. J’ignore si j’ai raison étant en deçà ou au-delà de telles questions. Mais je sais que cette « folie » est un miracle admirable qui fait couler les larmes les plus douces et les plus terribles de la terre. Au -delà de tout lyrisme, c’est vrai. Dans la joie exquise et dans la mortelle souffrance, c’est pour toi Christ, Père et Saint Esprit que nous pleurons, toi qui a tout souffert pour nous offrir, librement, la plus grande joie.

(voilà que suit, maintenant, le texte premièrement écrit. Il n’a qu’un seul mérite et c’est l’unique raison de sa présence : son honnêteté, une certaine spontanéité. Mais mon visage est tout entier dans ce premier texte, bourré de défauts, c’est certain, mais qui du moins me ressemble…et peut-être dessine la face intérieure d’autres âmes…)

Je reconnais bien dans ce superbe commentaire la très haute exigence spirituelle qui vous pousse et vous rend cher, à mon cœur autant qu’à mon esprit, chaleureux Zak . C’est une chose que j’ai remarqué et qui m’a beaucoup touché, au-delà même de vos reprises, mises au point où éclaircissements (souvent un mixte des trois du meilleur aloi) il y a chez vous une authentique inquiétude spirituelle envers votre interlocuteur. Vous me rappelez en cela mon cher Bloy pour lequel la colère n’était que « l’effervescence de son amour ». Le mot « colère » étant évidemment à moduler, l’important est le principe. Le cri qui doit sortir, l’alarme. Nous manquons cruellement de guerriers de l’esprit, et vous joignez à une érudition (c’st à dire fort simplement la connaissance profonde d’une grande PASSION), érudition en constant enrichissement, un art de la rhétorique, au meilleur sens du terme et ce cadeau de l’esprit qui ne saurait s’acquérir du-t-on pâlir 20 ans sur les plus suprême parchemins : une plume.
Que dirai-je de vos citations d’Attar et autres modestes et rayonnants seigneurs de la mystique ? si ce n’est que vous montrez superbement et avec un rare courage ce que vous pouvez surmonter. Garder la beauté et ce qui s’est dévoilé à certains par Charité et méditation sans qu’un seul instant ne tremble un cil de la colonne vertébrale née de la manducation du Verbe engendré par le Père. Mais tout cela vous l’avez dit avec clarté. Peut-être avec vous un tout petit peu péché par subtilité, en nommant les nestoriens, car je ne sais si tout le monde a bien réalisé combien les nestoriens se trouvaient présent en Perse avant l’arrivée de l’Islam… Felix culpa ! car vous ouvrez là, mine de rien, un chemin passionnant et invitez à une analyse en profondeur des hybridations qui font de cette terre de Perse un lieu de magnétisme spirituel fort puissant. A savoir maintenant quelles dangereuses tératologies peuvent s’en amalgamer et ramper dans puis hors les ténèbres.
Car si j’ai quand à moi eu la chance d’être mis en rencontre avec des âmes que la gnose menait au chemin de la lumière qui pardonne, je vous veux croire lorsque vous dites : « qu'il est bien plus facile d'inviter certaines âmes [à s’éloigner ] du christianisme, quand [on leur] découvre un certain chemin, dont l’exaltante ivresse relative à la connaissance secrète des mystères de l ‘Unité rend bien étrange, et même inutile, ce Sacrifice sur le bois de la Croix par la seconde Personne de la Trinité (et incompréhensible le sens de l'abandon du Père le sens de l'abandon du Père qui dépasse, et de très loin sur le plan de la détresse métaphysique, toutes les "extinctions" Farid al-Din Attâriennes et les "délaissements" heideggero-corbinesques) ». D’abord, laissez-moi vous dire combien haute et forte fut ma joie en vous voyant parler de l’abandon du Père. C’est là une des grands thèmes bloyens et c’est par de tels rugissements d’absolu blessé que ce poète mystique m’a si fort attiré. Ils sont si peu à penser à cette douleur ! « Jésus est en agonie jusqu’à la fin des temps …» (vous connaissez la suite et je laisse aux chrétiens le soin de la découvrir, c’est une petite quête qui ne peut que bonifier le cœur) ; Bloy n’aimait pourtant pas les jansénistes (je ne suis pas sûr qu’il les connaissait bien lisant plutôt les Marie d’Agreda, Anne Catherine Emererich, Ruysbroeck Angèle de Foligno et tant d’autres encore ! Mais ce n’est guère un amateur de Saint Augustin et encore bien moins de l’abbé de Saint-Cyran ! Pourtant, cet éclair pascalien l’a brûlé jusqu’à l’os et revient sans cesse comme s’enfonçant toujours plus profondément dans l’âme).
Et malheureusement ceux qui en restent à l’impression d’appartenir à un petit groupe d’élus parce qu’ils se gargarisent de textes mal connus de l’humble croyant risquent gros. Au lieu de foi, ils ne trouvent parfois (souvent ?)que poussières de lettres pétrifiées, ils deviennent des ersatz de chercheur, ils sont happé par la trappe de l’intellect et pire que tout, prennent les mots pour des sensations et le savoir pour la Connaissance (ce n’est pas le cas de l’agnostique qui se penche avec ferveur et humilité). Ils s’égarent, et ce qui les guette c’est l’orgueil (soi dit en passant j’ai toujours pensé que l’Amour -propre de La Rochefoucauld était une terrible représentation des ravages que fait chez l’homme l’oublie de Dieu- ce que ne fait pas l’authentique agnostique qui n’est pas comme le croit trop un athée mais un être qui n’ose trancher. Position qui peut être redoutablement difficile lorsqu’elle est honnête comme c’est le cas chez certaines âmes qui ne voudraient pour rien au monde tromper Dieu). C’est alors que le bipèdes se sent pousser des ambitions à la divinité- une divinité à la ressemblance de son égo boursouflé .On a voulu dire du duc qu’il fréquentait autant les épicuriens que les jansénistes, mais il faut être aveugle ! Aveugle pour ne point voir que cet œil qui lacère apparence et parure jusqu’à l’os spirituel est infiniment plus proche de Pascal que d’Horace ! Et cela, je le dis en pur littéraire, dans une pleine objectivité).
Mais je savais bien que lâché ici, en ce château où la vigilance n’est pas un vain mot, Corbin ne risquait pas de faire de victimes. Je ne saurais d’ailleurs le mettre sur le même pied que Guénon. Jamais je n’ai lu chez lui les erreurs (ou falsifications ?) de Guénon, et son savoir était réel lors que Guénon invente son roi du monde (ou plutôt le reprend à S.I d’Alveydre) Il est possible qu’en certains textes, il paraisse basculer du statut de descripteur à celui de convaincu, pourtant, dans celui qui a été proposé à notre réflexion supra, très sincèrement, une étude de l’énonciation nous montre que dans le texte en question Corbin maintient les barrières entre description et appropriation. Il quadrille le monde de l'expérience en y organisant des champs sémantico-notionnels munis de relation de type logique. Lisons « Un théosophe en Islam » - le « un », article indéfini pose l’objet de la description. Plus loin : « Il se tiens nous le savons. » - le « nous » souligne ici que le scripteur et son lecteur ne sont pas les sujets de l’expérience, ils sont sur un plan différent, celui du savoir (« nous le SAVONS » le « nous » extrayant le lecteur et l’écrivain de ce qui est décrit, les plaçant sur un plan d’énonciation surplombant par rapport au sujet ; enfin nous aurons : « L’atteinte à ce centre, tel est précisément le sens ésotérique… » qui clôt la démonstration dans une parfaite démonstration classique, une rhétorique de l’explication-analyse ou l’auteur est loin de se confondre avec ce qu’il décrit.
Pardons de cette petite incursion en terre de stylistique (qui ne s’abstrait jamais du sens sauf chez les mauvais), Dieu m’est témoin qu’elle ne vient pas d’un désir de faire briller les joyaux de la grammaire du texte mais tout simplement de faire remarquer qu’on ne peut ici déclarer qu’il y a fusion entre descripteur et description. D’ailleurs, il suffit de remarquer la clarissime introduction « Dans cette théosophie » qui annonce l’analyse avec un démonstratif qui ne laisse pas de doute. Il y a, ce me semble, de plus fondamentales questions à poser à Corbin. Ainsi, dans son « Paradoxe du monothéisme » je lis qu’ : « il ne saurait y avoir de théologie affirmative sans angéologie » (affirmative par rapport à la théologie négative). Plus grave, je lis « (…) l’antagonisme entre le judéo-christianisme et le paulinisme, celui-ci ayant triomphé et donné sa forme au christianisme officiel de l’histoire ». Ou l’on voit que Corbin qui admire le monde Imaginal et ses miracle et ne cesse de protester contre l’historicisation en étude et recherche de la religion semble par contre ne pouvoir admettre le choix de Dieu sur Saül devenu Paul. Il retombe là dans une veille lune de querelle faite à Paul (S. Paul que l’abbé Mugnier appelait « l’arrête du poisson »…) ; On trouve la même exactement chez l’athée Rebatet. Pire : on trouve certains cercles à l’odeur peu suaves qui vous affirmeront que le Christ n’était pas juif et que c’est Paul qui à judaïsé la religion… (certains heideggériens pensent ainsi) Je ne pense pas que Corbin aille jusque là (je viens de commencer le livre en étant dans le travail jusqu’au cou cela sera long) mais force est de reconnaître qu’il ne met pas au service de »notre » christianisme ses merveilleuses facultés d’empathies qui s’engainent si aisément dans la gnose shiite. Comme je goute plus que tout l’honnêteté intellectuelle, je suis gêné. Décidément, il semble que le christianisme « classique »pose un problème aux admirateurs de l’Ishrak. Quand à moi, Dieu sait si Saint Paul a parfois pu me gêner. Mais enfin si les Apôtres qui avaient vu le fils avant sa mort puis dans la gloire l’ont accepté, j’ose croire que ce n’est certes pas parce qu’ils étaient « perdu, ne voyant pas arriver la fin du monde promise par Jésus » (nulle source précise, on trouve cette facilité un peu partout dès lors qu’il s’agit d’expliquer Paul chez les non-chrétiens. Mais Je ne l’ai pas lu chez Corbin.
Comme vous l’aviez compris mon cher Zak, je n’ai que commencé l’étude de Corbin, que je fais tranquillement à mon temps. Et je n’ai pas l’intention de cacher -loin de là ! - les cactus que je pourrais trouver. Autant dans sa spécialité il est remarquable, autant je crains qu’il ne sache s’abstraire de celle-ci pour l’univers de la Charité et du Miracle réel -pas dans le monde Imaginal mais ICI, sur terre, là où Saül Paul annoncé par des rêves est accueilli. C’est intéressant comme on retombe sur cette peur du miracle réel, non le résultat purement intellectuel d’un entraînement et qui ne se dévoile qu’au seul pratiquant et pour lui seul à l’intérieur de son mental, mais le vrai miracle qui touche plusieurs personnes qui n’avait rien préparé du tout. C’est toute la différence entre une religion et une philosophie, si passionnante soit-elle ! (Et je rappel furtivement que tous cesmots ne sont qu’ombre d’ombre. Si j’ai un peu parlé pour dire autre chose d’un vent condamné à l’oubli, c’est dans mon tout premier paragraphe, car alors, c’était INUTILE.

« Malades que nous sommes, nous avons véritablement besoin du Sauveur ; égarés, de quelqu'un qui nous guide; aveugles, qu'on nous amène à la lumière ; altérés, de la source vivante où celui qui boit ne connaît plus la soif; morts, nous avons besoin de la vie ; brebis, il nous faut un pasteur; enfants que nous sommes, nous avons besoin d'un pédagogue, et l'humanité entière a besoin de Jésus... «
Clémenty d’Alexandrie, Le pédagogue.

Écrit par : Restif | mardi, 14 octobre 2008

Le témoignage de Dante


Cinq cents Pères du Concile se sont rendus les 13 et 14 novembre, à Florence, où se célébrait le VIIe centenaire de la naissance de Dante. A cette occasion, S. S. Paul VI a adressé la lettre suivante au cardinal Cicognani, secrétaire d'Etat, qui le représentait à ces cérémonies et qu'il avait chargé de remettre une croix d'or destinée au baptistère où Dante reçut le sacrement de baptême :


Texte Italien dans l'Osservatore Romano des 15-16 novembre 1965. Traduction de la Documentation Catholique du 5 décembre 1965 n°1460


A Notre Vénérable Frère,
Monsieur le cardinal Amleto Giovanni Cicognani,
secrétaire d'État.


A l'occasion du VIIe centenaire de la naissance de Dante Alighieri, le digne cardinal-archevêque de Florence a organisé dans cette ville historique une cérémonie qui mérite de Notre part un geste spécial, étant donnée l'importance religieuse particulière qu'elle revêt dans le cadre des célébrations qui ont eu lieu cette année en l'honneur de Dante.
Désirant donc être spirituellement présent à cette cérémonie, Nous voulons que vous y participiez, monsieur le Cardinal, en qualité de Notre envoyé particulier, pour porter à cette noble assemblée de personnalités du monde religieux, civil et culturel italien l'expression de Notre satisfaction et de Nos vœux.
Nous vous confions également un don symbolique qui rappellera cet événement important dans le « bel San Giovanni » où Dante reçut le baptême et devint chrétien. Ce don manifestera la fierté et la reconnaissance que toute l'Eglise, par Notre humble personne, exprime au grand poète de la Divine Comédie.
En effet, par l'incomparable témoignage de son œuvre, Dante Alighieri a fait honneur à son baptême d'une façon toute spéciale. En élargissant sans cesse les horizons de sa vision poétique qui, progressivement, l'ont conduit à une synthèse puissante et sûre de toute la création et de toute la vie humaine considérées sous le regard de Dieu, il a vécu les solennels engagements de son baptême dans un effort de cohésion entre la pensée et la vie, dans la lumière des vertus théologales dignement célébrées en trois chants. Par son travail ardu, soutenu par un grand souffle poétique, il a voulu confier à l'humanité le message d'un profond renouveau intérieur qui part du danger d'une expérience négative pour arriver à la possession définitive du Dieu un en trois personnes, selon l'itinéraire de son poétique voyage dans l'au-delà.
Chez Dante, l'art devient une leçon de vie sévère, mais encourageante. La culture, qui intègre toutes les sciences d'alors dans toute leur ampleur et leur unité, transcende les dissensions apparentes en une vision de foi supérieure qui fait voir dans la création une éternelle pensée d'amour : « Au plus profond, j'ai vu réuni avec amour en un volume l'intériorité de ce qui se manifeste dans l'univers. » (Par., XXXIII, 85-87.) Chez Dante, la puissance visuelle de la fantaisie, l'expérience vécue de l'humain dans sa spontanéité concrète (c'est pourquoi il a donné le nom de « Comédie » à sa plus grande œuvre), le sens transfigurant et lumineux de la beauté, la richesse même de l'expression et du style — qui lui a valu d'être appelé le père de la langue italienne, — tout s'unit en un puissant souffle de foi, d'espérance et de charité, tout est orienté selon une ferme direction surnaturelle. Aussi a-t-on pu dire que le poète, dans la lumière de Dieu, « croit dans les valeurs suprêmes de l'esprit comme nous dans le soleil » (L. Pietrobono, enc. Catt., IV, 1209), et juge l'action des hommes selon les règles morales immuables données sur la doctrine catholique. C'est toute l'Eglise avec ses saints, ses rites, ses sacrements que l'on sent vivre dans les pages de ce poème rendues encore plus précieuses par la tendre et virile dévotion mariale que l'on y sent.
Chacun voit la valeur spirituelle de ce grand témoignage qui, aujourd'hui encore, nous est donné par l'Alighieri. C'est pourquoi Nous souhaitons que cette célébration religieuse — à laquelle, monsieur le Cardinal, vous porterez Nos sentiments d'admiration — contribue à affermir la foi dans l'âme des hommes de notre temps. Nous souhaitons qu'elle stimule et invite spécialement le inonde de la culture et des arts à approfondir cette foi, à toujours mieux connaître les sources révélées, à vivre consciemment leur foi avec ses nobles exigences. Celles-ci, en effet, n'humilient pas la libre dignité spirituelle de l'homme, mais elles la garantissent et l'ennoblissent; elles sont les ailes des sublimes et immortelles expressions du génie.
Nous exprimons Notre vive satisfaction à tous ceux qui sont ici présents, particulièrement à monsieur le cardinal Florit, à Nos Vénérables Frères dans l'épiscopat, aux autorités civiles, aux écrivains et aux artistes, au clergé et à la population de Florence, tandis que de tout cœur Nous leur donnons Notre Bénédiction apostolique, gage des meilleures faveurs célestes pour tout l'archidiocèse de Florence.

Du palais apostolique du Vatican, le 5 novembre 1965, troisième année de Notre pontificat.

PAULUS PP. VI.


Dans l'allocution qu'il a prononcée de son balcon le dimanche 14 novembre, à l'heure de l'Angelus, S. S. Paul VI a dit à propos de la croix d'or qu'il a fait placer sur le baptistère de Saint-Jean :
[...] Nous avons voulu ainsi honorer religieusement le caractère chrétien et la foi catholique du grand poète. Nous avons voulu encourager le monde des lettres à retrouver dans les valeurs spirituelles, et spécialement dans notre religion qui est l'expression de la vraie vie, la meilleure inspiration de leur pensée, de leurs paroles, de leur poésie et de leur culture. « La vie était la lumière des hommes », dit l'Evangile. Prions pour que cette lumière, loin de faiblir, resplendisse dans le monde de la culture et de la littérature modernes. (L'Osservatore Romano, 13-16 novembre.)


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"L’excursion cosmique à laquelle Dante veut convier le lecteur dans sa « Divine Comédie » s’achève devant la Lumière éternelle qui est Dieu lui-même, devant cette Lumière qui est dans le même temps « l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles » (Par. XXXIII, v. 145). Lumière et amour sont une seule chose. Ils sont la puissance créatrice primordiale qui meut l’univers. Si ces paroles du Paradis de Dante laissent transparaître la pensée d’Aristote, qui voyait dans l’eros la puissance qui meut le monde, le regard de Dante distingue toutefois une chose totalement nouvelle et inimaginable pour le philosophe grec. Non seulement que la Lumière éternelle se présente en trois cercles auxquels il s’adresse avec ces vers denses que nous connaissons : « O Lumière éternelle qui seule en toi reposes / Qui seule te connais et par toi connue / et te connaissant, aimes et souris ! » (Par., XXXIII, vv. 124-126) ; en réalité, la perception d’un visage humain – le visage de Jésus Christ – qui apparaît à Dante dans le cercle central de la Lumière, est encore plus bouleversante, que cette révélation de Dieu en tant que cercle trinitaire de connaissance et d’amour. Dieu, Lumière infinie dont le philosophe grec avait perçu le mystère incommensurable, ce Dieu a un visage humain et – nous pouvons ajouter – un cœur humain. Dans cette vision de Dante on peut voir, d’une part, la continuité entre la foi chrétienne en Dieu et la recherche développée par la raison et le monde des religions ; mais dans le même temps apparaît également la nouveauté qui dépasse toute recherche humaine – la nouveauté que seul Dieu lui-même pouvait nous révéler : la nouveauté d’un amour qui a poussé Dieu à prendre un visage humain, à prendre même chair et sang, l’être humain tout entier. L’eros de Dieu n’est pas seulement une force cosmique primordiale ; c’est un amour qui a créé l’homme et se penche vers lui, comme le bon Samaritain s’est penché sur l’homme blessé et que l’on avait volé, gisant au bord de la route qui descendait de Jérusalem à Jéricho."

Benoît XVI discours à Cor Unum du 24 janvier 2006.

Écrit par : Amen | dimanche, 19 octobre 2008

Je me permets de faire remarquer que les sujets sensibles de la Question donnent inévitablement lieu au même parcours chaotique: plongée dans les grands fonds avant que de remonter au delà des cîmes.

Que de temps perdu! Certes le temps n'est qu'une illusion mais le procédé stylistique systématique finira par lasser...

Mes salutations distinguées (après l'échange de noms d'oiseaux la chose est aisée) à notre hôtesse, messires Nebo et Restif, et Zak que je remercie de mon humble place de sa réponse à l'initiateur du fil...

Quant à Maurice et son zélateur: je n'ai RIEN publié et préfère assurément ne rien publier que de donner avec un sérieux terrifiant une interviouve telle que celle qui nous a été livré par l'autre zigoto. A qui je conseille d'apprendre à lire car je ne me suis jamais prononcé que sur le style de l'interviouve sus-dite n'ayant pas lu Dantec et n'ayant nullement l'intention de perdre mon temps à le lire au vu du peu que je peux lire de lui de droite et de gauche.

Écrit par : Tang | dimanche, 02 novembre 2008

La lecture d'ILYS ferait beaucoup de bien à beaucoup des commentateurs de ce blog,car en dépit des photos coquines, le niveau y est autrement plus élevé.

Voir en particulier le fil de ce billet.

http://ilikeyourstyle.net/2008/11/01/subversion-moderne/

Écrit par : Drion | dimanche, 02 novembre 2008

Parlons-en du niveau d'Ilys Drion ! c'est un lieu certes amusant et pas franchement antipathique, mais où la perspective théorique semble, malheureusement sous de douteuses influences, de plus en plus se limiter désormais au raz de la croupe - dès lors bon séjour vaginal chez vos amis...

D'autre part, pour ce qui est du prétendu fil sur la "Tradition" que l'on y découvre, alors là c'est le ponpon sur le plan de l'aveuglement théorique, car le petit extrait de Philippe Baillet en guise d'analyse, est exemplaire par son côté absurde et décalé. Lorsqu'on lit ce type d'argument : "les traditionalistes s’arrêtent presque toujours à la phase défensive de cette critique, oubliant ainsi qu’elle est passée à l’offensive avec Nietzsche", on a vraiment qu'une envie, se plier de rire ! Pourquoi ? tout simplement parce que ce texte Baillet ne le signerait plus aujourd'hui ayant fait, depuis longtemps comme beaucoup d'autres, le bilan de l'impasse à laquelle conduit l'idée du philosophe au marteau au sujet d'une attaque du système pour en accélérer la chute selon le thème évolien très usé. Lisez pour vous en convaincre son texte "La Tradition est bien vivante" (Eléments n°62).


Voici par ailleurs ce que dit Daniel Cologne de façon très pertinente, qui a bien connu Philippe Baillet, dans un entretien très instructif et que vous ferriez bien de méditer longuement avant d'avaler tout rond, comme étant le nec plus ultra doctrinal, les déjà bien vieillies conceptions évolo-nietzschéennes :

- "L'arrogance du discours de la "nouvelle droite" me semblait insupportable, j'estimais que c'était un élitisme à base d'orgueil dominateur. C'est sur de tels sentiments que se fondait ma réaction épidermique. Ensuite, ce qui m'a choqué également, c'est cette mise entre parenthèse systématique de la tradition judéo-chrétienne. Pour moi, la ND jetait sur le passé un regard myope, doublé d'une mauvaise foi, car il me semble toujours que la tradition biblique (l'Ancien et le Nouveau Testaments) présente un tel foisonnement et une telle diversité qu'elle ne permet pas un tel rejet total et manichéen.
Mais dans l'anti-judéo-christianisme de la ND, il y a une mauvaise foi, qui n'est peut-être pas tout à fait innocente, mais qui m'a incité à me distancier, en dépit de l'indéniable séduction de la ND. Celle-ci m'a tenté jusqu'en 1978, surtout en raison de son anti-égalitarisme.

Quand j'ai lu Le Règne de la quantité de René Guénon, j'ai constaté que sa dénonciation du monde moderne va beaucoup plus loin que les analyses de type marxiste et que les critiques de la ND à l'encontre de la société marchande. Du côté marxiste, on oppose les prolétaires aux bourgeois; du côté de la ND, les héros aux marchands (selon une terminologie héritée de Werner Sombart). Ces oppositions m'avaient toujours paru un peu simplistes en regard de la finesse d'analyse de Guénon, pour qui le problème tournait autour des pôles de la "qualité" et de la "quantité" (...)

Ma rupture avec la nouvelle droite s'est consommée au fil des années sur la question du sens de l'histoire, qui me paraît fondamentale, parce qu'il faut répondre au progressisme linéaire, issu du libéralisme, qui est évidemment une aberration."

"Les non-conformistes des années 70"
http://www.voxnr.com/cc/d_evola_s_eu/EpkyVkkpVZHBLxGlvK.shtml

Écrit par : Radek | dimanche, 02 novembre 2008

Radek, je faisais allusion au texte de P. Baillet ET au fil.

Ilys ne se réclame pas du tout de la ND qu'ils semblent au contraire, détester, quelques uns de leurs contributeurs et commentateurs se disent Chrétiens, mais simplement, ils semblent tenir la pensée de René Guénon et la pensée traditionnelle en générale comme incompatible avec le christianisme, et ce que je voulais dire, c'est qu'ils l'expriment avec une intelligence et une finesse qui empêcherait la plupart des habitués de "la question" de leur apporter la contradiction sans se ridiculiser.

C'est d'un autre niveau. C'est tout ce que je voulais dire! Mais peut-être est-ce dut au fait que c'est un site littéraire, et que les perspectives de ces gens sont donc plus larges qu'ailleurs.

Et c'est fait en plus avec humour; voir leur excellent "chrétiens à babouches:)

Écrit par : Drion | dimanche, 02 novembre 2008

@Radek, lorsque vous souhaitiez un bon "séjour vaginal" au plaisantin qui signe Drion, en évoquant un aimable blog qu'il a en dévotion, parfois assez fantaisiste plus proche de Play-Boy que du Magazine Littéraire, vous vouliez sans doute l'inviter à une bonne "douche vaginale", dont il a visiblement besoin...

Écrit par : Henri | dimanche, 02 novembre 2008

"ils semblent tenir (...) la pensée traditionnelle en générale comme incompatible avec le christianisme, et ce que je voulais dire, c'est qu'ils l'expriment avec une intelligence et une finesse qui empêcherait la plupart des habitués de "la question" de leur apporter la contradiction sans se ridiculiser." Ouarf ! Ouarf ! C'est la meilleure blague lue depuis pas mal de temps ! Continuez à nous amuser Drion, comme comique vous êtes un champion de première catégorie.

Écrit par : Shock | dimanche, 02 novembre 2008

Voilà qui est original! les gars d'Ilys, en mal de visites, ont à présent engagé un agent publicitaire...

Écrit par : Xavier | dimanche, 02 novembre 2008

@Henri

Je donnais mon avis, c'est tout. Pourquoi vous répandre en insultes? Pour poursuivre la comparaison, eux montrent des photos des charmes, mais sont capables de ne pas paniquer devant la contradiction, comme vous êtes en train d le faire. Et puis vous êtes en train de leur donner raison: Répondre à un contradicteur comme vous le faites, à coup d'insultes salaces ça fait très "Catholique à babouches", comme ils disent.

Shock:

C'est un fait qu'intellectuellement, Ilys est beaucoup plus stimulant que la question, qui a par ailleurs son intérêt et qui est un blog de spécialiste, mais où la pensée proprement dite est faible. D'ailleurs, allez donc faire un tour chez eux, et vous verrez qu'eux n'auront pas besoin de faire "ouarf ouarf" pour avoir le dessus et vous ridiculiser.
Mais comme ici, toute discussion semble impossible, je vous laisse le dernier mot puisque vous semblez y tenir. Au moins, là, vous l'aurez:)

Écrit par : Drion | dimanche, 02 novembre 2008

"Radek, je faisais allusion au texte de P. Baillet ET au fil", moi aussi figurez-vous!

Par ailleurs votre curieuse et contestable méthode, consistant à établir des comparaisons autant oiseuses qu'inutiles entre les blogs (chacun gère ses affaires comme il l'entend en défendant les positions qu'il croit juste - point !), est assez déplaisante, déplacée et de plus absolument malvenue ici.

Écrit par : Radek | dimanche, 02 novembre 2008

Vous avez parfaitement raison IdC, ce Drion avait des stériles et ridicules propos de concierge. On a mieux à faire, lorsque l'on voit dans cette note portant sur l'ésotérisme chiite, le niveau des échanges entre Restif et Zak. Comme il est bien connu, et selon le célèbre dicton : "les chiens aboient..."

Écrit par : Henri | dimanche, 02 novembre 2008

Découvrant, grâce au lien mis en exergue sur votre page d'accueil, le blog fort sympathique des "Intransigeants", je me permets de rapporter l'analyse suivante qui, d'une certaine manière, fait avec pertinence écho aux échanges qui précèdent survenus à l'initiative d'un troll, pitoyable agent publicitaire relativement grotesque surtout losqu'on lit le niveau ridicule des propos échangés chez les stupides "libéro-atlantistes à kippa" (dont on rigole par avance de leur tête à l'éventuelle élection d'Obanania demain après nous avoir chanté les géniales vertus politiques de l'Amérike à la suite de cet idiot profond de Dantec !), analyse qui tord justement le cou à une expression vidée de sens "réacosphère" :

"Nous avons assisté longtemps au phénomène de la “reacosphère”, mot valise fusionnant les mots “réaction” et “blogosphère”. Or, cet ensemble précis de blogs “de droite” n’est jamais “réac” que de nom. En effet, tous ces blogs prônent ouvertement le libéralisme politique et économique tout en revendiquant, évidemment, des positions occidentalistes. Même les plus “religieux” d’entre eux sont néoconservateurs. Il n’est pas rare de trouver sur ces blogs des photos dégoutantes de femmes en tenues légères voire totalement nues dans des positions explicites accompagnées d’une légende à la con (on ne parle même pas des commentaires des lecteurs !) … Certains n’hésitent pas à dévoiler leur vie sentimentale pitoyable. Un extrait “réac” parmi d’autres : “quand je ne me masturbe pas sur mon écran devant les photos de jolies célébrités, il m’arrive, je l’avoue honteusement, de faire des configurations sur les sites des constructeurs.” (dixit ILYS, l’un des plus représentatifs de la bande)."


http://intransigeants.wordpress.com/2008/09/26/naissance-de-la-nr-osphere/

Écrit par : Shock | mardi, 04 novembre 2008

Répondre à la réclame grossière d'un rival par la sienne propre, la classe messire Shock!

Je vous recommande de manger 5 fruits et légumes par jour et de bien vous brosser les dents après chaque repas. Mais tout cela je le concède n'enrichit en rien la question de l'ésotérisme shiite.

Écrit par : Tang | mercredi, 05 novembre 2008

Vos petites leçons, Tang, vous les gardez pour vous ! d'autant que vous vous installez un peu trop aisément, comme toujours, dans cette posture facile. On aimerait donc vous voir contribuer d'une manière plus solide à l'enrichissement du débat en ces lieux en développant vos thèses, si vous en avez évidemment, plutôt que de venir, de façon lassante, nous distribuer vos médiocres oracles.

Écrit par : Shock | mercredi, 05 novembre 2008

M. Shock, si vous me permettez je vous répondrai que mon intervention avait au moins l'humilité de reconnaître qu'elle n'apportait rien au débat. Au contraire de votre pesante réclame qui se paye le luxe de prétendre combattre celle d'un zélateur ilyséen. Je ne vous apprendrai sûrement pas que l'humilité figure parmi les premières vertus chrétiennes - notez je ne prétends nullement aller toujours aussi humblement vêtu et n'ai pas l'heur de pouvoir me dire chrétien pour le moment.

Enfin si cela peut rassurer votre derme quelque peu sensible je ne suis pas réputé pour être un ilys-zealote même si reconnais quelque talent à quelques unes de leurs plumes - pas toutes. et encore ne s'agit-il là que d'affinités stylistiques et non idéologiques.

Pour finir je ne crois pas avoir jusque là eu maille à partir avec un surnommé shock ici, votre "comme toujours" me parait donc tout à fait déplacé.

Répondez ce que vous voulez, je vous ai tout dit et n'ajouterai rien à votre égard. En espérant que personne d'autre ne vienne me relancer - ce ne serait pas trop demander je crois que notre échange assurément médiocre en reste là, je vous laisse avec joie le dernier mot si vous le désirez. Et prie notre hôtesse et l'honorable assemblée de m'excuser.

Écrit par : Tang | mercredi, 05 novembre 2008

Je prends acte d'au moins une vérité dans votre réponse, même si votre apparente distance avec ce blog animé par les "libéraux à kippa", malgré son caractère tranquilisant ne me rassure que moyennement au regard de votre étrange lunette s'agissant de qui prit l'initiative de se faire l'inpportun et stupide bédouin à babouche vendant ses puants tapis de chèvre en ces lieux (ce qui justifia ma réaction qui visait simplement à montrer que ces messieurs ne pouvaient être qualifiés de réactionnaires en m'appuyant sur un article publié ailleurs), lorsque évoquant votre initiative au bonheur mesuré, vous déclarez à son propos : "mon intervention avait au moins l'humilité de reconnaître qu'elle n'apportait rien au débat"... En effet cela fut bien le cas !

Écrit par : Shock | mercredi, 05 novembre 2008

Pardonnez-moi donc Shock, si Isabelle souhaite supprimer mes commentaires sans intérêt je suis d'accord.
La vanité de tout cela est de toute façon sans fond et je ne puis désormais l'ignorer.

Adieu.

Écrit par : Tang | mercredi, 05 novembre 2008

Votre analyse Tang en prend un petit coup derrière les oreilles : "je ne suis pas réputé pour être un ilys-zealote même si reconnais quelque talent à quelques unes de leurs plumes". Je suis allé faire un petit tour chez vos amis, outre qu'on ne peut pas dire qu'ils tiennent en amitié "La Question", mais pour ce qui est du "talent" des fabriquants de billets c'est pas brillant pour ne pas dire archi débile. Mais le pire, c'est qu'il est même interdit de citer les noms de Zak ou d'IdC là-bas !

Écrit par : Shock | mardi, 11 novembre 2008

On est tout de même surpris IdC, de voir l'auteur de la note sur l'ésotérisme chiite, s'amuser, à l'intigation d'une note crétine, à lancer des bandérilles enflammées sur "un club très fermé, qui rejette quiconque n’est pas dans la ligne du parti" - triste !

Écrit par : Henri | mardi, 11 novembre 2008

Les civilisations traditionnelles sont comme des temples et comme l'homme, des images de la totalité. Il est est de même des temples et des œuvres d'art, qui contiennent souterrainement la totalité comme condition de possibilité, et donc comme signification à celui qui sait voir, c'est à dire dont l'œil porte aussi la totalité qui lui échoit. Il en est ainsi des civilisations qui se sont réclamées de l'Islam.

Les livres de ces époques de l'homme sont aussi des sommes, des défenses de l'image de la totalité que porte l'époque.

Mais ces livres aujourd'hui sont des vestiges, sont des morceaux morts. Les invoquer comme autorités dans le siècle n'est pas totaliser, mais morceler. Il sont des modèles dans l'Univers qui les a portés, pour la totalité à venir.Ils sont des modèles et leur connaissance est bonne pour celui qui apprend en eux. Ils ne sont pas des grilles de référence pour adjoindre ou écarter dans notre Univers.

Dégainer une autorité comme argument définitif, mécaniquement, en croyant y trouver des réponses sur les fronts et les terrains des actuelles guerres du Seigneur, est une illusion dangereuse. Cela est vrai pour les musulmans, mais vrai aussi pour ceux qui se voudraient encore thomistes.

Ce que défendait Thomas d'Aquin, aussi grand et aussi noble que cela eut été, n'est plus. La paille a brûlé. Ce qu'il a vu demeure, et ne peut être vu dans ses écrits, du moins dans une lecture moralisante et superficielle. Et pour les vivants, un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Cave Canem!

Les règles d'alliance et les règles de combat ne sont pas écrites. Plus écrites, et pas encore.

Écrit par : lancelotVlad | samedi, 22 novembre 2008

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