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mardi, 16 septembre 2008

Les Pensées de Pascal sur France Culture

 

 

 

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A écouter 

5 émissions sur




par

Raphaël Enthoven









A douze ans, Pascal découvre tout seul que la somme des angles d'un triangle est égale à deux angles droits.
À seize ans, il rédige un Essai sur les coniques.
À dix-neuf ans, pour aider son père dans son travail de comptabilité fiscale, il invente la calculatrice, la "Pascaline", qui additionne, soustrait, multiplie et divise, grâce à un système composé de six roues à dix dents.
En 1648, Pascal confirme la réalité du vide et de la pression atmosphérique, avant d’établir la théorie générale de l'équilibre des liqueurs.
Pascal participe également à l'assèchement des marais poitevins, crée les premiers transports en commun - des lignes de carrosses à cinq sols qui circulent dans Paris. Puis il invente la presse hydraulique, clarifie le calcul infinitésimal, et fonde avec Fermat le calcul des probabilités.
Qui, mieux que lui, pouvait dire que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » ?


Gérard Ferreyrolles professeur de littérature française à l'université Paris-Sorbonne sera l'invité de cette émission.

Auteur de "Pascal et la raison du politique" (PUF, 1984), "Les reines du monde. L'imagination et la coutume chez Pascal" (Champion, 1995) il dirige la revue "Les Amis de Bossuet" et vient de publier, en collaboration, un Bossuet aux Presses de l'université Paris-Sorbonne (septembre 2008).

 

 

 




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Vue de l'abbaye de Port-Royal des Champs, (d'après Madeleine Hortemels).

 

 

‘‘Port-Royal et la tradition chrétienne d’Orient’’

 

 

 

Icône de saint Augustin

 

 

Par ailleurs, un colloque sur "Port-Royal et la tradition chrétienne d'Orient" se déroulera au couvent dominicain de Montpellier du 25 au 27 septembre prochain.

Présentation: "Le mouvement de Port-Royal a en effet favorisé le retour aux sources patristiques et le respect de la Tradition chers aux Églises d’Orient. Les Messieurs se sont intéressés aux Pères grecs alors souvent méconnus, et ils ont su les concilier avec leur vénération pour saint Augustin. Se laissent deviner des analyses proches, autant que d’importantes différences que ce colloque voudrait explorer."


Plusieurs orthodoxes participeront à ce colloque, notamment l'archimandrite Placide (Deseille), Michel Stavrou, Jean-Marie Gourvil. Des intervenants russes seront également présents. Pour plus d'informations et le programme, voir le document joint.

 

 

 

 

Commentaires

Les émissions de France Culture sont effectivement de grande qualité, quant au colloque prévu à Montpellier, le thème singulièrement original et qui risque d'ouvrir de nombreuses pistes théologiques et religieuses, mérite vraiment le déplacement. Merci pour ces informations !

Écrit par : Jacques H. | mardi, 16 septembre 2008

Ce Colloque de Montpellier est une judicieuse idée ! En effet, on ignore souvent dans le grand public, que l'introduction de l'orthodoxie en France fut l'oeuvre du Père Guettée Wladimir (1816 - 1892) proche des idées jansénistes, qui publia en 1851, en six volumes une "Histoire de l’Église de France", avec l'approbation de cinquante évêques, provoquant l'ire des ultramontains et qui lui proposèrent de renoncer à ses idées en échange d’un siège épiscopal.

Guettée luttera ensuite contre l’uniformisation des rites, décidée par le pape. Pour faire une guerre plus vive aux ultramontains, il fonde en 1855 l’Observateur catholique, journal gallican et anti-romain, que Rome met à l’Index dès le premier numéro.

Au moment de la définition du dogme de l’Immaculée Conception, en 1858, il se soucie de l’opinion des orthodoxes sur cette question : c'est un premier contact, qui se poursuit avec une quête du catholicisme authentique qui le conduit à lire les théologiens orthodoxes. Il fait preuve de provocation quand il s'oppose à la « mariolâtrie » de son temps (dévotion à son sens outrée à la Vierge).

Son éditeur, Didot, refuse de publier son Histoire des jésuites, qu’il édite alors à ses frais et vend à 2 000 exemplaires. Il est alors soutenu par Louis-Isaac Silvestre de Sacy du Journal des Débats, et prouve que Bossuet avait bien approuvé les "Réflexions morales" de Pasquier Quesnel, ce qui fut une pierre de plus dans le jardin des ultramontains et des gallicans « modérés », qui admiraient Bossuet mais refusaient d'intégrer le jansénisme dans l'histoire de l'Église gallicane.

Dès lors, l’abbé Guettée sera placé dans une posture d’opposition systématique qui ne put que le faire interdire par ses supérieurs. Suite à ces controverses, Guettée se voit refuser la permission de célébrer la messe dans le diocèse de Paris par le successeur de Mgr Sibour, Mrg Morlot. Il réfute également le cours contre le jansénisme de l’abbé Lavigerie à la Sorbonne dans son journal, la "Chronique religieuse", qu’il tient avec les membres du réseau janséniste parisien.

Le Concile Vatican I signe l’arrêt de mort du gallicanisme et Guettée regrette que le gallicanisme du XIXe siècle ne soit plus qu’un gallicanisme de regret, qui déplore la fin des temps anciens mais se réduit à du sentimentalisme sans avoir plus aucune envie de changer le cours de l’histoire de l’Église. Il propose alors, pour revenir aux sources de la Tradition, d’observer l’Église apostolique arménienne, séparée des Églises occidentales et orientales depuis le concile de Chalcédoine en 451.

Le père Guettée fonde un nouveau périodique, l’Union chrétienne, qui, sous l’influence d’Alexis Khomiakiov, devient peu à peu pro-orthodoxe.

Guettée en arrivera à penser que les petites Eglises ne « pouvaient trouver leur plénitude ecclésiale qu’en s’unissant à la catholicité authentique, préservée et vécue par l’Eglise d’Orient.» L’abbé Guettée fait, lors de l'inauguration de la première église orthodoxe à Paris, la connaissance de l’archiprêtre Joseph Wassilieff, aumônier de l’ambassade russe de Paris, qui est un lecteur de "l’Observateur catholique". Il explique à Guettée qu’il ne serait pas plus orthodoxe s’il avait fait ses études à Moscou. De là le projet de publier l’Union chrétienne, « le premier journal orthodoxe qui parut en Occident », dans lequel « viendrait se fondre mon Observateur Catholique qui verrait ainsi s’agrandir le cercle de son action. »

Ainsi, dans son no 46 de septembre 1861, Guettée décrit la consécration de la nouvelle église russe de Paris, rue Daru, à laquelle il a assisté : "Il n’y a rien, dans ce culte, qui soit mesquin, dénué de sens, ou qui soit d’invention moderne. Il a été conservé tel qu’il fut établi dans les premiers siècles de l’Église. Les vêtements sacerdotaux eux-mêmes n’ont pas été modifiés ; en voyant Mgr Léonce officier avec tant de dignité et de piété, faisant les mêmes cérémonies que Saint Basile ou Saint Jean Chrysostome, revêtu d’ornements semblables à ceux que portaient ces grands évêques, organisateurs du culte de l’Eglise orientale, nous ressentions une profonde émotion". (l’Union chrétienne, no 46, 15 septembre 1861).

Après la consécration, il est invité au dîner et placé à côté de l’évêque à qui il demande : "tout mon désir, dis-je à Monseigneur, c’est d’appartenir à l’Eglise orthodoxe de Russie, mais je ne sais pas le russe et je ne pourrai par conséquent me rendre utile". Il est quand même accepté rapidement.

Ses ennemis sont surpris car ils croyaient plutôt qu’il passerait au protestantisme, qu’il détestait. Il est très bien accueilli par les orthodoxes, surtout lorsqu’il publie La Papauté schismatique, ouvrage aussitôt mis à l’Index. Il est élevé au titre de docteur en Théologie par le métropolite de Moscou Philarète Drozdov et décoré par le tsar Alexandre II.

Le père Guettée, qui a pris le prénom de Wladimir, voyage alors en Russie en 1865, où il est reçu par toutes les autorités religieuses et par le Tsar.

Écrit par : Lozère | mardi, 16 septembre 2008

Sous Pierre Ier, en effet, des jansénistes tentèrent d'engager le dialogue avec l'Église orthodoxe russe à propos de l'unification des Églises.
Il existe de nombreuses variantes manuscrites des réponses faites à ce sujet par le clergé russe (leur analyse textologique permet de brosser un tableau différent de la version adoptée par la science, de Samarin et Cistovic à Winter et Cracraft). De nouvelles occasions de reprendre les démarches se présentèrent pour la Sorbonne sous Pierre II ; des diplomates et des dignitaires russes influents, ainsi que le poète V. Trediakovskij, étaient proches de l'entreprise des jansénistes.

Écrit par : Maximilien | mardi, 16 septembre 2008

Pourquoi le lien entre jansénistes et orthodoxes est-il possible ? Tout simplement par un rejet commun du dogme de l'infaillibilité pontificale comme en explique l'origine André Le Gall, dans son ouvrage consacré à Pascal :

« Une question taraude Blaise Pascal : il se proclame catholique, mais il sait bien qu'entreprendre d'être catholique contre le pape est une singulière entreprise. Esprit dialectique, Pascal est armé pour affronter les situations de contradiction. Sa démonstration du vide l'a familiarisé avec ces états intermédiaires où il semble que plusieurs constatations soient en conflit les unes avec les autres. Il tient qu'il faut assumer cette hétérogénéité de fait et découvrir un principe qui en rende compte, un principe qui accorde les contraires entre eux. Ainsi va la science

[…]

A présent que le pape a affirmé que les Cinq Propositions ont bien été condamnés au sens de Jansénius, la seule échappatoire c'est de soutenir qu'en matière de fait le pape est faillible. Il peut se tromper et on peut le tromper. « Toutes les fois que les jésuites (les modernistes d'alors) surprendront le pape, on rendra toute la Chrétienté parjure ».

Les Notes abondent en formulent lapidaires qui manifestent que c'est le pape qui est dans l'erreur et non lui, Pascal. Lui, Pascal, il est le parti de la vérité, lui et les siens. »

(André Le Gall, Pascal, Flammarion, p.425)

Écrit par : Gabriel | mardi, 16 septembre 2008

@ Lozère, Wladimir Guettée n'est pas le premier janséniste à avoir tenté un rapprochement avec l'orthodoxie ; l'abbé janséniste Jacques Jubé (1674-1745) s'est rendu en Russie, de 1728 à 1732, et a lui aussi essayé, mais de façon parfaitement officielle et en parfait accord avec ses autorités, sachant que depuis le concile de Florence de 1439, l'Eglise catholique n'avait jamais perdu l'espoir de rapprocher les Eglises latine et russe.

Écrit par : Radek | mardi, 16 septembre 2008

Jacques Jubé, curé d'Asnières, introduisit dans sa paroisse des innovations liturgiques assez significatives pour l’époque qui donnent à penser que l'esprit de la Réforme a sans doute grandement influencé le clergé favorables aux thèses de Jansénius : le prêtre commençait sa messe par une procession qui mettait en lumière le livre de la Parole de Dieu et il ne montait à l’autel que pour l’offertoire. Toute la première partie de la messe se célébrait dans le choeur et attachait une grande importance à l’homélie qui devait consister en un approfondissement des Ecritures".

Écrit par : Quadrige | mardi, 16 septembre 2008

la plupart des jansénistes demanderont, dès le XVIIe, siècle l'emploi de la langue vulgaire, et la récitation du canon de la messe à haute voix ; ces desseins des jansénistes, sont souvent ignorés de ceux qui ont travaillé à la révolution liturgique de Vatican II, et qui d'ailleurs frémiraient d'épouvante devant les thèses à l'austère augustinisme des théologiens de Port-Royal.

Ainsi les bréviaires de Sens, d'Auxerre, seront rédigés par des jansénistes qui y feront entrer leurs principes, celui de Paris par exemple est confié à la rédaction de Vigier, Mésenguy et Coffin, jansénistes notoires qui le composeront, et en feront un bréviaire entièrement réformé : insistance sur l'impuissance de l'homme à observer les commandements, sur l'efficacité de la grâce, les jansénistes ne parlant que de l'efficacité de grâce, de la nullité de la volonté humaine et du pouvoir absolu de Dieu sur cette volonté.

On pourra d'ailleurs voir un certain triomphe des thèses port-royalistes après le décret de la congrégation des Rites à la fin du XVIIIe qui refusera d'ériger la fête du Sacré-Cœur. La traduction des livres liturgiques en langue vulgaire et la lecture de l'Ecriture sainte, seront donc des devoirs impérieux que se fixèrent les partisans de jansénius.

Écrit par : Onafhankelijkheid | mardi, 16 septembre 2008

Je ne veux pas briser une si belle harmonie qui semble s'être installée un instant en ces pages, mais n'oublions pas que depuis plusieurs décennies, c'est non seulement sa théologie, mais saint Augustin d'Hippone lui-même qui a été considéré comme hérétique par certains théologiens dans l'Église orthodoxe. Il a été personnellement attaqué et de manière si forte, que l'on est allé jusqu'à l'exclure purement et simplement de la liste des saints. Ses enseignements ont été fortement critiqués et désignés comme hérétiques ; la controverse doctrinale la plus importante autour de son nom, étant celle du "filioque." D'autres doctrines sont également présentées comme étant inacceptables pour l'Église orthodoxe, en particulier sa conception de péché originel, sa doctrine de la grâce, et la prédestination.

Écrit par : Hire | mardi, 16 septembre 2008

Il est vrai Hire, que celui que les orthodoxes nomment, sans doute abusivement, "saint" Cassien, s'éleva contre la séparation qu'il jugeait inexacte que saint Augustin avait établie entre la nature humaine et la Grâce, dans le but de lutter contre l'hérésie pélagienne.

Ainsi on peut lire sur un forum orthodoxe : "il souligna que si tout don excellent vient en effet du Père des Lumières, la liberté humaine créée à l'image de la Liberté absolue de Dieu et renouvelée par la Grâce du saint Baptême est appelée à répondre et à collaborer avec la grâce divine pour produire en l'âme les fruits salutaires de cette sainte Synergie ; sa doctrine, expression de l'enseignement des Pères Grecs, devint celle des moines provençaux et c'est en vain que les partisans de l'Augustinisme lancèrent contre saint JEAN CASSIEN leurs accusations de " semi-pélagianisme ", une pseudo hérésie entièrement inventée pour les besoins de leur polémique ; saint CASSIEN s'endormit dans la paix, déjà considéré comme un grand saint par ses contemporains et comme leur Père par les moines d'Occident ; ses reliques sont vénérées jusqu'à ce jour à St-Victor de Marseille (+ vers 435 ou 440) - Autre célébration le 23 juillet"

http://www.forum-orthodoxe.com/fev2.php



On le voit, si on ne parle pas une langue de bois trop usée, le débat de Montpellier risque d'être plus qu'intéressant !

Écrit par : Sulpice | mardi, 16 septembre 2008

Augustin et le "Filioque" : quoiqu'ait pu écrire Augustin (à l'époque des conciles de Nicée I et Constantinople I), le Credo était d'abord en grec (langue qui ne peut associer le verbe "procéder" qu'à une source unique) puis traduit en latin. Le Credo latin attendra le IXème siècle (si je me souviens) pour être modifié par les latins. Donc le Credo (latin) de l'époque d'Augustin ne contenait pas le Filioque. Le problème entre grecs et latins au IVème siècle (qui sera à l'origine des controverses christologiques ou trinitaires) vient essentiellement de la traduction de "ousia"/"hypostasis" en "substantia" et "persona". Aussi la question du Filioque attendra quelques siècles pour devenir un sujet de division.

Autant le pélagianisme est une hérésie, autant le semi-pélagianisme des moines médiévaux reste dans une limite "tolérable" de la foi de l'Eglise. Même si une théologie augustinienne accordera davantage de place à la grâce au détriment de la liberté de l'homme. On estimera que ces deux visions théologiques différentes relèvent toutes deux de la foi catholique.

Écrit par : Nicolas | mercredi, 17 septembre 2008

Erreur historiciste classique Nicolas, masquant d'autre part une imprécision théologique, car le problème des positions de saint Augustin est centrale chez les orientaux, voyez "Saint Augustin et le "Filioque", DESEILLE P. (Source, 1980, no85, pp. 33-49), texte dans lequel l'auteur montre que le véritable point de rupture entre les théologies orientale et occidentale se situe précisément chez Saint Augustin, et tout particulièrement, dans sa doctrine de la Trinité, considérée comme "trop "relationnelle" trop cataphatique, trop psychologique".

L'auteur explique que le Filioque apparait ainsi comme une doctrine proprement augustinienne, et son triomphe en Occident est dû à l'autorité presque exclusive dont a joui S. Augustin et son "De Trinitate", qu'il vous faut relire pour mieux comprendre en quoi les orientaux considèrent importante la responsabilité de l'évêque d'Hippone en ces questions : «Le Saint-Esprit, écrit Augustin, procède principellement [principaliter] du Père et, par le don intemporel de celui-ci au Fils, du Père et, le don intemporel de celui-εi au Fils, du Père et du Fils en communion [communier]» (ibid). Saint Augustin explique le Saint-Esprit procède du Père; mais il ajoute que «le Père a accordé au Fils que le Saint-Esprit procède de lui comme il procède de lui-même» (Tract. in lo., XCIX, 9, PL 35, 1890 = De Τrin., XV, 27,48 PL 42,1095; voir aussi De Τrin., XV, 26,47, PL 42, 1094-1095; XV, 1729, PL 42, 1081; Τract. in lo., XCIX, 8, PL 35, 1890).

Écrit par : Sulpice | vendredi, 19 septembre 2008

Vous avez raison Sulpice, il semble que les orientaux digèrent très mal saint Augustin, en autres griefs à cause de ses déclarations du "De Trinitate".

Extrait de l'article wiki (très minimal est incomplet d'ailleurs) concernant la place de notre auteur chez les schismatiques :

"Augustin d'Hippone et Jérôme de Stridon sont fêtés ensemble le 15 juin dans l'Église orthodoxe. Cette fête est secondaire, le 15 juin est en effet le jour du saint prophète Amos et de saint Guy dans l'ensemble des Églises orthodoxes. Il semble donc que cette mémoire ne soit mentionnée que localement, en Roumanie par exemple. Les Roumains ont tendance à orner les églises de fresques d’auteurs latins comme les Grecs de leurs philosophes païens (Platon, Socrate, Héraclite, à cause de l’usage qu’ils firent du terme logos)."


http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d'Hippone#L.27.C3.89glise_orthodoxe

Écrit par : Thomas | dimanche, 21 septembre 2008

L'article au sujet de la place de saint Augustin chez les orientaux mérite évidemment des compléments, mais on a plaisir, un peu plus bas, bien que provenant d'un réformé, d'y trouver les lignes suivantes :

« L'engagement où est l'église romaine de respecter le système de saint Augustin la jette dans un embarras qui tient beaucoup du ridicule. Il est si manifeste à tout homme qui examine les choses sans préjugé et avec les lumières nécessaires, que la doctrine de saint Augustin et celle de Jansénius, évêque d'Ypres, sont une seule et même doctrine, qu'on ne peut voir sans indignation que la cour de Rome se soit vantée d'avoir condamnée Jansénius, et d'avoir néanmoins conservé à saint Augustin toute sa gloire. Ce sont deux choses tout-à-fait incompatibles. [...] quand on se vante d'avoir la foi de saint Augustin et de n'avoir jamais varié dans la doctrine , on ne le fait que pour garder le decorum, et pour éviter la dissipation du système qu'un aveu de la vérité produit nécessairement. Il y a des gens pour qui c'est un grand bonheur que le peuple ne se soucie point de se faire rendre compte sur la doctrine, et qu'il n'en soit même pas capable. Il se mutinerait plus souvent contre les docteurs, que contre les maltotiers. "Si vous ne connaissez pas, leur dirait-on, que vous nous trompez, votre stupidité mérite qu'on vous envoie labourer la terre; et, si vous le connaissez, votre méchanceté mérite qu'on vous mette entre quatre murailles, au pain et à l'eau. Mais on n'a rien à craindre : les peuples ne demandent qu'à être menés selon le train accoutumé; et, s'ils en demandaient davantage, ils ne seraient pas capable d'entrer en discussion : leurs affaires ne leur ont pas permis d'acquérir une si grande capacité. »

(Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, (1698), article "Augustin")


Intéressant non ?

Écrit par : Jude | dimanche, 21 septembre 2008

Si l'article saint Augustin présente de réelles faiblesses, l'entrée "Augustinisme" n'est pas merveilleuse non plus sur Wikipédia. On y retrouve, comme toujours, les mêmes poncifs au sujet d'un prétendu durcissement de la doctrine d'Augustin par Jansénius :


"Certaines thèses anthropologiques et théologiques de saint Augustin (profonde corruption de l'homme suite au péché originel ; nécessité de la grâce pour le salut) seront reprises, durcies, par Jansénius. Cette influence marquera les XVIIe et XVIIIe siècles.

Pour Jansenius, la grâce ne peut être obtenue ni par la conduite vertueuse, ni même par la prière et les sacrements ; même les justes, pour accomplir les commandements, ont besoin de la grâce efficace, octroyée par la seule miséricorde de Dieu. La rigueur janséniste attire Pascal imprègne le théâtre de Racine, marqué par son pessimisme."

"http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustinisme

Écrit par : Thomas | dimanche, 21 septembre 2008

Les jansénistes n'ont cessé de proclamer, avec saint Augustin, que la cause efficiente du libre-arbitre n’est pas une faculté naturelle de la libre volonté, mais une grâce... et que celle-ci doit libérer la volonté pour que l’homme puisse accomplir des actions non pas seulement surnaturelles, mais tout simplement moralement bonnes, car la volonté a perdu toute liberté à la suite du péché originel ; elle subit donc l’attrait du bien qui produit le mérite, ou du mal qui produit le péché. La grâce, qui seule peut permettre de faire le bien, est indispensable pour pouvoir le pratiquer.

D'autre part, pour en finir avec les stupides sornettes actuelles au sujet d'un semi-pélagianisme "acceptable" et "tolérable" dans l'Eglise, on se souviendra que le second Concile d'Orange (529) condamna définitivement le semi-pélagianisme et définira comme seule doctrine orthodoxe de l’Église les thèses augustiniennes au sujet de la grâce et du libre-arbitre - jugement immédiatement réitéré et confirmé par le pape Boniface II (530-532).

Écrit par : Lozère | dimanche, 21 septembre 2008

Il est à signaler qu'Isaac Habert (1598-1668), alors théologal de l'Église de Paris, puis évêque de Vabres, commença à attaquer "l'Augustinus" de Jansénius dans des sermons prêchés à Notre-Dame avec une rare véhémence. Plusieurs historiens prétendent qu'en agissant ainsi, Habert obéissait aux ordres de Richelieu; mais Richelieu était mort depuis un an...

Antoine Arnauld répondit par une "Apologie de M. Jansenius"; Habert répliqua par une "Défense de la foi" à laquelle Arnauld opposa une seconde "Apologie", puis une troisième, ayant pour titre "Apologie pour les saints Pères".

Habert ne répondit plus et resta silencieux pendant un temps, mais il composa un ouvrage dans lequel il établissait, d'une manière très pertinente, que la doctrine des Pères grecs, foncièrement semi-pélagienne dans son ensemble, est unanimement contraire au système de l'Augustinus et aux thèses de saint Augustin, ce qui était vrai...mais donnait raison en fait à Jansénius qui n'avait pas en très grande estime les Pères grecs !

Écrit par : Sulpice | lundi, 22 septembre 2008

Effectivement Sulpice, Habert, voulant dans son délirant vertige absolument sauver les thèses semi-pélagiennes erronées qu’il affectionnait et chérissait tant, essaya de se revendiquer des Pères grecs pour donner un semblant, bien illusoire au demeurant, de solidité à ses véhémentes critiques contre les disciples de Jansénius, s’agitant en vain du haut de la chaire de Notre-Dame. Mais Gerberon, dans son « Histoire du Jansénisme », t.I, p. 185, saura lui répliquer vertement en lui faisant savoir avec une certaine pertinence : « Vous avez oublié que vous êtes enfant de l’Eglise latine, et l’Eglise latine ne renvoie pas ses enfants aux Pères grecs mais à saint Augustin pour savoir ce qu’ils doivent croire et penser des mystères de la grâce. » (Cf. D.T.C., t. VIII, col. 469.)

Ce rappel salutaire, que l’on serait bien instruit de se remémorer aujourd’hui alors que règne au sein de l’Eglise, depuis plusieurs décennies, une confusion gravissime dans le domaine de la théologie dogmatique puisque chacun pousse sa petite chanson fantaisiste en toute impunité pour faire valoir les thèses les plus démentielles conjuguant allègrement les propositions naturalistes, panthéistes, immanentistes, etc., n’est pas sans évoquer également l’avertissement solennel de Thomas Bradwardine qui déclarait non sans raison : « Les Pères grecs sont des fauteurs de Pélagianisme » (Critique de la bibliothèque des auteurs ecclésiastiques de Dupin, 1730).

D’ailleurs, il est bon de savoir, bien que le texte soit en latin et difficile d’accès, que dans l’introduction du tome second de « l’Augustinus », Jansénius déplore l’intrusion de la raison philosophique au sein de la théologie, « mère de toutes les hérésies », et propose que l’on s’appuie de préférence sur l’étude de la Tradition et la foi. Cette Tradition, dira-t-il, n’est pas celle de la scolastique et des thomistes : « ces clabaudeurs de l’Ecole qui ont si fort corrompu la théologie, que c’est merveille que l’Eglise ait échappé à l’erreur » (Lettre à Saint-Cyran, 5 mars 1621).

Écrit par : Zacharias | mardi, 23 septembre 2008

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