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dimanche, 20 avril 2008

LES "SCANDALEUSES BEATITUDES" DE L’EGLISE MODERNE

ou

la désorientation naturaliste et panthéiste du catholicisme conciliaire

 
 

 

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" NOUS AUSSI, PLUS QUE QUICONQUE NOUS AVONS LE CULTE DE L'HOMME. "

(Paul VI, Discours de clôture du Concile, 7 décembre 1965)

 

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«La fumée de Satan s’était répandue dans le Temple de Dieu
à la suite du Concile Vatican II.
On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église.
Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête,
les ténèbres, la recherche, l’incertitude ».
 
(Paul VI, Homélie du 29 juin 1972).

 

« Ne vous laissez par séduire ; on ne se moque pas de Dieu
Ce qu’un homme sème, il le récoltera.
Qui sème dans la chair, récoltera de sa chair la corruption ;
Qui sème dans l’Esprit, récoltera de l’Esprit la vie éternelle. »
(Galates 6, 7-8)

« Je suis par la chair esclave du péché. »
(Romains 7, 25)



De grands cris semblent retentir à présent dans toute la catholicité moderne : « Qu'est-ce que l'amour ? le plaisir ? l'orgasme ? Comment faire jouir par l’art des caresses intimes ?  Que dit véritablement la Bible sur les relations sexuelles? Les fameux ‘‘tabous judéo-chrétiens’’ existent-ils vraiment ? Comment le plaisir sexuel peut-il être ‘‘sacré’’ ? Que doit-on penser de la masturbation et de la fellation ? » Ainsi, n’est-il plus rare de trouver des propos jadis destinés aux lecteurs des ouvrages licencieux et des revues pornographiques sous la plume de très nombreux auteurs prétendument « catholiques », visiblement emportés par une étrange fièvre charnelle qui a gagné le banc et l’arrière banc de l’Eglise conciliaire.

La « sexualité est une merveille » clament sur papier glacé de navrants magazines étiquetés « bonne presse » généreusement distribués par les chaisières, et d’ailleurs aujourd’hui, rajoutent en chœur d’autres voix, souvent des dames du catéchisme troublées par d’anciennes émotions sensuelles refoulées, on devrait avoir la liberté de pouvoir s'exprimer entièrement en ce qui concerne les désirs du corps. Les vieux tabous et les phobies puritaines qui ont été placés sur le sexe, s’exclament enfin de nombreux clercs, non sans une sourde excitation aisément perceptible derrière un air d’impressionnante autorité, sont erronés, la liberté du plaisir est « normale », naturelle, c’est une chose qui ne doit plus poser de problèmes pour personne, il faut en finir avec une religion culpabilisante – si Dieu nous a donné des organes c’est pour s’en servir !
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"L'union des corps par amour est la plus belle prière..."
 
 
 
Il est même devenu courant de constater que l’on explique aux jeunes couples, avec un extraordinaire sérieux et un soupçon de complicité, que le mariage chrétien ne doit plus se limiter à la procréation ; le désir, la jouissance, l’érotisme participent de sa fécondité. On explique même que « la religion chrétienne peut porter le plaisir sexuel jusqu'à des « bonheurs réciproques que l'on n'atteint pas autrement », sous prétexte que la vraie foi embrasse tout l'être humain », s’appuyant, non sans établir des comparaisons invraisemblables, sur le fait que « ce qu'apporte la liturgie (l'offrande de soi et l'accueil de l'Autre), la sexualité l'apporte aussi. » Il n’est plus rare de trouver parfois des déclarations du type : « l'union conjugale est une liturgie ». Par exemple un prêtre nous explique : « dans mon accueil des couples dans le cycle de la préparation au mariage, j'ai été plus explicite. Je leur ai fait découvrir que l'union des corps par amour est la plus belle prière commune que peut faire un couple, car “il y a plus de joie, dit Jésus, à donner qu'à recevoir”. Ainsi ils louent le Seigneur dans leur plaisir. C'était une bonne nouvelle pour eux. » On veut bien le croire…
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"Ainsi ils louent le Seigneur dans leur plaisir... »

 

 

De la sorte on ne s’étonne plus du tout, ou presque, qu’avec une extravagante ardeur, un sexologue catholique comme Olivier Florant, expert dans l’art de réveiller les libidos endormies, nous invite dans un récent ouvrage, rien moins, qu’à célébrer une « liturgie de l’orgasme » qui nous permettra de ne pas « gâcher notre plaisir », puisque ce dernier est, nous dit-il, « sacré et ouvre des horizons qui bouleversent ». [1]


On l’aura compris, les grandes orgues de la « bonne nouvelle orgasmique » soufflent de tous leurs tuyaux, mais ce qui est surtout bouleversant dans ces propos incroyables, flattant, comme cela ne s’était jamais vu dans l’Eglise, les appétits des sens et la concupiscence charnelle qui n’en demandaient pas tant. Nous assistons donc, un peu surpris et inquiets, à la manifestation quasi officielle de la désorientation totale sur le plan spirituel qui s’est imposée en quelques années avec une folle rapidité, sachant qu’en ces domaines les vertiges de la chair possèdent une capacité foudroyante d’entraînement que traduisent d’ailleurs, chacun selon leurs dons particuliers, d’affligeants propos véhiculés par les innombrables opuscules qui sont distribués actuellement dans toutes les sacristies. Le dernier en date des ouvrages participant du nouvel élan hédoniste en milieu catholique, qui emporta l’admiration émue des abonnés à « Télérama » à la « Vie » ou « Famille Chrétienne » et « Le Pèlerin », n’est autre d’ailleurs que les ultimes révélations de ce bon abbé Pierre qui, dans un livre qu'il publia sous le titre de – « Mon Dieu, pourquoi ? » , déclara à 93 ans, certes qu'il n'était pas hostile au mariage des prêtres détail presque mineur, mais laissa surtout entendre qu'il avait lui-même eu des relations sexuelles avec des femmes.

Une question ne peut toutefois que surgir en nous devant ce raz-de-marée, que dis-je ce tsunami de libido débridée : d’où provient cet état d’esprit si peu conforme à la tradition spirituelle de l’Eglise qui cependant, s’est lentement imposé et est devenu aujourd’hui le discours dominant au point de s’être largement généralisé?

Les origines de la crise de l’Eglise conciliaire


Pour pouvoir répondre à cette interrogation, il faut savoir qu’il y a une quarantaine d’années, sous prétexte de soigner la névrose chrétienne - c’était l’époque de la révolution conciliaire et du triomphe des vues de l’abbé Marc Oraison - on a envoyé des centaines et des centaines de religieuses, ainsi que des moines et des prêtres, en psychanalyse, en thérapie corporelle, en stage de découverte de l’autre par le toucher, etc., conduisant la plupart, après s’être brutalement « réconciliés avec eux-mêmes » en donnant libre cours à leurs fantasmes inavoués et secrets désirs, à défroquer, à vivre des expériences sexuelles soi-disant « refondatrices ». Cependant, comme il était prévisible, on a rapidement vu tous ces êtres, dégrisés après des périodes plus ou moins longues de dévergondage, s’avouer littéralement cisaillés, mortifiés, fichus sur le plan psychique et spirituel pour le restant de leurs jours, à cause d’absurdes notions qui faisaient l’apologie de la liberté sexuelle décomplexée, notions importées du cerveau malade d’une foule d’analystes spécialistes en sexologie. Le  plus grave, c’est lorsque l’on sait que cet hallucinant travail destructeur, que l’Eglise moderne a laissé faire dans sa folie avec une coupable complaisance,  provient  d’ouvrages et de méthodes directement inspirés des théories du célèbre Alfred Kinsey (1894-1956) auteur du non moins fameux  « Rapport sur la sexualité masculine » (1948) et du  « Rapport sur la sexualité féminine » (1953), ancien entomologiste devenu subitement sexologue, père de famille pédophile, sadomasochiste, fraudeur scientifique, machiste, raciste, antisémite et haineusement antichrétien qui, en banalisant toutes les turpitudes sexuelles pour justifier les siennes, a imposé à nos sociétés de nouvelles visions de la sexualité humaine fondées sur l’idée d’une nécessaire destruction des anciennes normes morales [2].

 

Ces mêmes « folles visions » libératrices explique également pourquoi il ne fut pas rare de voir dans les séminaires, dans les années 60-70, toujours sous l’influence des théories de Kinsey « qui a enfin libéré l’humanité des tabous d’un autre âge » (sic !), des cours « d’instruction sexuelle » dispensés aux futurs prêtres, cours qui furent consacrés à conférer une « éducation nouvelle » à ces élèves dociles qui se destinaient originellement au sacerdoce, dans le but de les aider à se former une conception moins répressive du corps et les rendre capables de se dégager d’une étroite pudibonderie ridicule en se défaisant de leurs « préjugés » obscurantistes. On n’eut de cesse de les encourager à être moins sévères face aux plaisirs sexuels, et d’en finir avec la morale castratrice. De la sorte nos jeunes séminaristes, dont les cheveux et les barbes s’étaient rapidement mis à pousser, convertis aux vertus bénéfiques du déhanchement rock’n roll et aux miraculeux pouvoir de conversion des coeurs de la minijupe, se rendirent, avec un enthousiasme certain et une guillerette excitation,  en escapades sur les plages, les dancings, les concerts de pop music et les usines,  etc., afin d’y rencontrer le « peuple de Dieu », et de marcher avec lui vers une « nouvelle Pentecôte ».

 

Or ce bel élan « pneumatique » riche en « partages libres entre frères et soeurs » sous-tendu par une intense  «communion d’amour avec l’Univers » et une bonne dose de « solidarité prolétarienne », au moment où Johnny chantait sur RTL « Jésus-Christ est un hippie » et que David Berg, plus connu sous le nom de Moïse David, constituait aux Etats-Unis la secte des « Children’s of God » [3], se révèlera être, après quelques années de grande confusion, aidé en cela par l’effondrement du communisme, la récupération des comportements « déviants » par la société de consommation, le triomphe de l’argent roi, le tout télévision et la génération Sida, comme un rêve profondément trompeur et singulièrement illusoire.
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Le « vent de folie » de Vatican II

 


On en viendrait presque, lorsque l’on se remémore l’ensemble de ces éléments qui participèrent à l’esprit « novateur » qui s’abattit sur l’Eglise et qui participa d’un mouvement de fond très puissant, à prendre très au sérieux Paul VI lorsqu’il soutenait, à la fin de son pontificat voyant les terribles effets de la réforme conciliaire qui joua un rôle actif de soutien objectif des thèses les plus révolutionnaires au sein des masses catholiques et du clergé, que la « fumée de Satan s’était répandue dans le Temple de Dieu à la suite du Concile Vatican II » ; rajoutant : « On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude ». (Homélie du 29 juin 1972).

Tout ceci n’est pas pour rassurer, et il faut reconnaître qu’un examen attentif de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui la catholicité contemporaine provoque des sueurs froides et des tremblements inquiets à celui qui, tout à coup réalise que les choses sont, hélas ! sans doute beaucoup plus graves que ce qu’il imaginait. Evidemment le concile Vatican II, qui se déroula presque exactement cent ans après la période de rédaction et de proclamation du Syllabus (1860-1864) [4], survint en une période troublée de grande crise, dans la société qui était traversée, comme nous l’avons vu, par un vent de révolution dans tous les domaines (libération des mœurs, militantisme politique, etc.). Le drame fut que l’Église se montra extrêmement perméable à ces sirènes, et la convocation de concile servit d’occasion et de prétexte pour que soient proclamées et imposée de grandes erreurs, ensuite propagées en son nom.
Par exemple celui qui était alors le cardinal Ratzinger, dans une interview à L’Osservatore Romano, affirma, en 1984 : « Les résultats qui ont suivi le concile semblent cruellement opposés à l’attente de tous… Il est incontestable que les dix dernières années ont été décidément défavorables pour l’Église catholique ». (L’Osservatore Romano, 24/12/1984 (cf. aussi Joseph, Card. Ratzinger, Vittorio Messori, Entretien sur la foi, Fayard, 1985, p. 30).

Certes, on pourrait épiloguer des heures et des heures sur l’abandon de la tradition liturgique, les défigurations architecturales qui vinrent des prêtres eux-mêmes ! briser des autels vénérables, et encourager leurs ouailles à ce que l’on réduise en cendres les signes de la piété (reliquaires, ex-voto, etc.), ou que l’on vende à des brocanteurs, comme de la vulgaire pacotille, les ornements qui étaient autrefois destinés au service sacré de la messe. Qu’il s’en soit suivi une chute catastrophique des vocations, la fermeture, les uns après les autres, des petits et grands séminaires, la désertification massive des paroisses, la multiplication des charges confiées à des laïcs ou des diacres incompétents, la déchristianisation générale de la société, les inconduites impardonnables en matières de moeurs de certains ecclésiastiques, les égarements monstrueux imposés dans le domaine pastoral par des curés « dans le coup » bien peu inspirés transformant les messes dominicales en de tristes spectacles de fêtes foraines, etc., tout cela était donc presque logique, malheureusement !

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« Tu es Bénis Dieu de l’Univers, toi qui nous donnes ce pain,
fruit de la terre et du travail des hommes »
 
 
 
Tout ceci nous le savons que trop bien et nul ne saurait l’ignorer, il suffit simplement pour en vérifier les négatives retombées, que de fréquenter, à l’occasion d’un événement familial (baptême, communion, mariage ou sépulture), ou des fêtes liturgiques de Noël et Pâques, telle ou telle église, ou même de brancher passivement son téléviseur le dimanche matin à 10h30 sur la chaîne chargée de retransmettre les émissions religieuses, pour constater les manifestations des identiques tendances. L’abbé Christophe Héry écrit justement à propos de cette révolution liturgique, montrant  par ailleurs que la messe de Paul VI reprend l’invocation de Caïn sur les offrandes « Tu es Bénis Dieu de l’Univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes », prière rejetée par Yahvé, au livre de la Genèse : « Caïn offrit à Yahvé le fruit de la terre en oblation […] Mais Yahvé ne regarda pas Caïn et son offrande » (Gn 4, 3) :  « Dans la liturgie de Paul VI, c’est surtout la célébration de l’homme qui prévaut, et de son activité, présentée à Dieu comme apte à être agréée, sans référence au sacrifice du Christ. Il n’est question dans ce rite d’offrande que du sacrifice de l’Église, c’est-à-dire des hommes croyants. L’offertoire traditionnel avait pour fonction de joindre l’offrande du labeur des hommes à celle du Christ, au titre d’un sacrifice spirituel associé au sacrifice de la Croix et qui prenait valeur de pénitence par celui-ci. Dans la liturgie de Paul VI, en revanche, l’homme semble faire seul, par son travail et par la solidarité humaine, le chemin vers Dieu. Il serait aisé de multiplier les exemples d’ajouts et d’omissions dans la liturgie de Paul VI, significatifs d’un changement en profondeur qui ne laisse pas d’évoquer à la fois le déisme et l’humanisme des Lumières. »  (Abbé Christophe Héry, La messe des Lumières, Objections - n°5 - avril 2006).
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"Il n’est question dans ce rite d’offrande que du sacrifice de l’Église..."
Une inacceptable « nouvelle théologie », hérétique et révolutionnaire
 
 

Cependant, et on tarde toujours à vouloir le reconnaître au sein de l’immense majorité silencieuse des fidèles, quelque chose de bien plus grave encore, s’il se peut, que les faits décriés et exposés ci-dessus, s’est produit dans l’Eglise depuis plusieurs décennies. Ce fait ignoré et dont bien peu sont conscients, consiste en une terrible désorientation doctrinale et spirituelle qui a touché profondément tout le catholicisme moderne, et dont les premiers signes ne datent pas d’hier bien sûr, mais qui, grâce à l’emblématique symbole que représente la réforme engagée et mise en oeuvre après Vatican II, est lentement devenue, en s’imposant, la pensée dominante se donnant comme étant la seule « orthodoxe » et authentiquement d’église, s’appuyant même, extravagant paradoxe pour un courant nourri d’idées ultra novatrices, sur la fallacieuse autorité des actes conciliaires pourtant entachés d’importantes erreurs dogmatiques.

 C’est pourtant dans cette atmosphère délétère pénétrée des rêves illusoires et naïfs du « vivre libre et jouir sans entraves » de l’ère post-hippie et de la messianité politique, à l’intérieur même du mouvement provoqué par ce « vent de folie révolutionnaire qui s’introduisit dans le Temple de Dieu » où il était de bon ton de faire exploser tous les cadres théoriques et moraux antérieurs, que doivent être replacées et situées, les positions doctrinales des derniers pontifes romains portant principalement sur la valeur et la « dignité de l’homme ».    

C’est donc dans ce cadre de rénovation doctrinale de l’Eglise qu’il faut situer les 129 discours donnés lors de ses audiences du mercredi dans la salle Paul-VI, de septembre 1979 à novembre 1984, que Jean-Paul II consacra à ce qu’il nomma « la théologie du corps », et que George Weigel n’hésite pas à considérer comme une « une des plus audacieuses reconfigurations de la théologie catholique depuis des siècles [...] une sorte de bombe à retardement théologique réglée pour exploser, avec des conséquences considérables, sans doute au XXIe siècle » (Witness to Hope, pp. 336, 343).
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« l’acte sexuel est le langage authentique des personnes »
(Jean-Paul II, Théologie du corps, Cité du Vatican, 22 août, 1984)


Une « bombe à retardement théologique réglée pour exploser »

Le terme « bombe à retardement théologique » est d’ailleurs parfaitement exact, tant le chef de l’Eglise catholique d’alors, cela dit avec respect sans vouloir attenter à la haute valeur de sa personnalité et son rôle majeur du point de vue politique et le sens traditionnel de certaines de ses positions, affirma sans complexe au cœur de saint Pierre à Rome que « la sexualité est un chemin privilégié pour comprendre le mystère de l’être intime de Dieu à travers le don absolu de soi-même », insistant sur le fait de façon démentielle et impie, que « l'acte sexuel s’inscrit dans une véritable relation d'alliance qui constitue l'image par excellence des relations qu'entretiennent les trois personnes de la Trinité divine. Le Père, l'Amour donné ; le Fils, l'Amour reçu ; l'Esprit saint, l'Amour transmis. »
Jean-Paul II se risqua même à soutenir de façon délirante, en contradiction avec tous les enseignements de la tradition ascétique et mystique, sacralisant de manière inimaginable de la part d’un pontife l’acte sexuel, que « l’homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme forment dès l’origine. » (Théologie du corps, 14/11/1979). Ainsi, pour celui qui sous le nom de Karol Wojtyla avait déjà longuement exploré ces sujets délicats, défendant ce qu’il appela « la signification nuptiale de notre corps » [5], conférera une dimension de quasi infaillibilité à ses problématiques visions lorsque, sous le nom de Jean-Paul II, il soutint que par l’union sexuelle le corps parle un langage, puisque « l’acte sexuel est le langage authentique des personnes » (Théologie du corps 22 août, 1984), propos qui résumaient son souci permanent de démontrer que ce qui fait la « dignité de l’homme » c’est justement la « dignité de sa chair, vieux concepts plus que contestables, mais qui avaient déjà poussé Paul VI à écrire l’encyclique « Humanae Vitae » dans laquelle il affirmait : « L’homme et la femme expriment par le langage de leur corps le dialogue qui, (selon Genèse 2 :24,25), a son origine au jour de la création. »

L’hérésie wojtylienne, qui est aussi l’hérésie conciliaire, et l’hérésie de toute l’Eglise moderne dans son ensemble, est d’abord de nature philosophique, puisque c’est un « naturalisme » teinté de néothomisme qui inspire son éthique sexuelle et humaine. N’oublions pas que Karol Wojtyla est un penseur appartenant à la famille intellectuelle de la phénoménologie » [6], mais à l’inverse d’Edith Stein, qui partira de la phénoménologie pour aboutir au néothomisme, il partira malheureusement du thomisme, qu’il élargira en y intégrant le « point de vue » phénoménologique de la conscience de l’homme. Karol Wojtyla s'inscrit donc clairement dans un horizon philosophique phénoménologique puisque, après la guerre, envoyé à l’école théologique de l’Angelicum à Rome pour ses études doctorales et ayant soutenu en 1948 sa thèse en théologie, il reprendra ses études philosophiques jusqu'en 1953, où il soutint à l'Université de Lublin une thèse consacrée à l'éthique phénoménologique de Max Scheler, intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler », développée plus tard dans son livre « Personne et Acte ».
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"Par son incarnation, le Fils de Dieu
s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ”
(Mgr. Karol Wojtyla)
 
 
 
La manifeste erreur anthropologique et la fausseté radicale de la christologie ésotérique de Karol Wotyla
 
 
 
Or, l'erreur anthropologique provenant d’une conception phénoménologique erronée qui se trouve à la base des thèses de Karol Wotyla, consiste en une inexactitude christologique dont la gravité est extrêmement importante sur le plan des conséquences puisque, dans sa vision, se servant de la dualité des natures dans Jésus-Christ, Jean-Paul II en est arrivé à inférer en vertu de la “communication des idiomes ”, les attributs de la nature divine à la nature humaine dans le Christ, pour ensuite considérer qu’ils lui appartiennent en propre, et donc, par cette appartenance, l’étendre à tout homme en tant qu’il est homme – ce qui apparente objectivement cette position aux visions panthéistes du new âge – sachant que le jeune Karol Wojtyla découvrit la théosophie de Rudolph Steiner à Wadowice où il rencontra Mieczyslav Kotlarczyk, metteur en scène féru d’occultisme qui développait, par ses références, allant de la linguistique de Otto Jespersen à la tradition kabbaliste hébraïque d’un Ismar Elbo-gen, une dramaturgie ésotérique. Wojtyla ira jusqu’à préfacer un livre de Kotlarczyk et prêcher à ses funérailles. Lorsqu’il évoque cette période Jean-Paul II écrit : « C’était une mission, une vocation; c’était le sacerdoce de l’art. Les acteurs, en tant que «prêtres de l’art», dotés d’une force illimitée pour renouveler le monde, pour refaire l’humanité entière, pour guérir la morale à travers la beauté prêchée, transmettaient les plus hautes valeurs métaphysiques. Tel-les étaient les idées chantées par l’ «archiprêtre» Kotlarczyk » (in « Pierre m’aimes-tu ? »,  p. 64).
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Rudolph Steiner
Fondateur de l'anthroposophie,
l'un des inspirateurs de la pensée du new-âge
 
 
 
Jean-Paul II cherchera il est vrai de nombreuses fois à dissimuler la nouveauté de sa pensée, en citant inlassablement afin de conférer un vernis de crédibilité à ses thèses, une phrase du paragraphe 22 de la Constitution conciliaire « Gaudium et spes » selon laquelle « le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme par son Incarnation ». Mais ce que l'on sait moins, et que l'on évite évidemment de trop mettre en lumière, c'est que cette phrase a été introduite dans le schéma conciliaire sur proposition de Mgr Karol Wojtyla lui-même, alors archevêque de Cracovie !

De la sorte en citant continuellement « Gaudium et spes 22, 2 », faute de trouver le moindre fondement à une telle pensée dans la Sainte Écriture ou dans les Pères de l’Église, Jean-Paul II, tout au long de son pontificat, se citait donc lui-même ! [7]


De la conjugaison de ces deux erreurs, anthropologique et christologique, résulte une idée: selon la doctrine de Jean-Paul II, qui a pu affirmer en effet dans une allocution, se citant lui-même : « Le concile Vatican II l’a rappelé avec acuité : “ Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ” » [8].  Et nous retrouvons, encore et toujours ce dogme impie et hérétique de « l’homme-dieu » qui conduit à la divinisation de l'homme en tant que tel, c'est-à-dire du seul fait qu'il soit homme (la fameuse « dignité de la chair »), et à la naturalisation de Dieu dont les échos se font sentir dans les terribles déviations de l’Eglise d’aujourd’hui.

On est en présence ici, comme on le constate, de tous les éléments propres à définir une hérésie : appropriation et réinterprétation du rôle et de la personne du Christ, dévolution à l’homme des idiomes propres à la Divinité, aboutissant concrètement à une naturalisation du surnaturel, et surnaturalisation du naturel, dérive hérétique qui se rapproche des thèses panthéistes des Nicolaïtes ou des Ubiquitaires soutenant que Jésus-Christ était formellement présent partout et en tous par communication de son essence, selon les seules vertus de la nature humaine, thèses qui se retrouvent pourtant dans tous les textes et ouvrages publiés s’appuyant sur les théories wojtyliennes.
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"Rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi."
De la « dignité de la chair » à sa « divinisation » par l’orgasme


De la sorte, par un glissement stupéfiant, le corps de l’homme étant pourvu des attributs d’une improbable « dignité divine » nous subissons la dictature des sens et l’impératif de la jouissance auxquels il nous faudrait impérativement parvenir, et que les magazines chrétiens nous vendent comme une obligation absolue, ceux qui ne sont pas de cet  avis étant stigmatisés, montrés du doigt, invités à aller se faire soigner chez les nouveaux gourous catholiques du sexe dont les cabinets prospèrent à grande vitesse. Cette dictature impérative de la jouissance a atteint une telle dimension qu’aujourd’hui l'inflation du plaisir est même remise en question par de nombreux auteurs, parmi lesquels Jean-Claude Guillebaud qui n’hésite pas à parler d’une « immense corvée de plaisir ». Nous serions ainsi passés de « la libération des plaisirs à l’injonction [du plaisir] ». Raoul Vaneigem écrit : « Le plaisir obligatoire remplace aujourd’hui le plaisir prohibé. La jouissance s’affronte à la façon d’un examen, avec échec ou réussite à la clé. Boire, manger, s’adonner à l’amour participe désormais des ornements de la bonne réputation. Pour le brevet de radicalité, indiquez ici la moyenne horaire de vos orgasmes ! … On se jetait jadis sur les plaisirs comme en un combat sans espoir. Maintenant ce sont les plaisirs qui se jettent sur nous ». (Cf. J.-C. Guillebaud, « La tyrannie du plaisir » p.109)

Quelques exemples, parmi des centaines d’autres, relativement emblématiques des conceptions répandues un peu de partout dans la catholicité moderne, illustreront cette dérive démentielle dont celui-ci, dans «Le Pèlerin», ce qui laisse rêveur lorsque l’on se remémore ce que fut ce magazine  :

-  « Dieu est-il contre le sexe? Ce serait difficile puisque c'est lui qui l'a créé ! (…) Nous avons été marqués par des siècles de méfiance et de puritanisme mais il ne faut pas mêler la Bible à tout ça. Pour la Bible, l'être humain est créé sexué. Il a un corps et c'est ce corps qui entre en contact avec Dieu, c'est ce corps qui est appelé à être sauvé, qui est appelé à s'unir à d'autres (…) c’est dans l’acte sexuel que cette union prend le plus fortement sens. Rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi. N'oublions qu'au au cœur de l'Ancien Testament il y a ce magnifique chant d'amour très sensuel le Cantique des Cantiques (…) Nous avons encore du chemin à parcourir pour développer, dans le cadre du couple, une vraie culture érotique ». (Marie-Noëlle Florant, conseillère conjugale).
- « Si nous accueillions réellement, à l'intime de notre être, la grâce régénératrice, nous serions transformés et capables de vivre une totale communion des personnes, y compris dans son incarnation la plus physique, et de signifier ainsi la parfaite Communion des Personnes Divines. » (Ibid.)  Pélerin.info



On assiste ainsi à une célébration satisfaite de la chair et des corps aux  désastreuses conséquences car oublieuse du fait que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas dans l'état qui était originellement le sien, puisque nous sommes dans un monde abîmé par le péché d'Adam et même maudit à cause de lui : « Maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras en travaillant péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces... » (Genèse 3, 17-18), sans compter qu’il fut souillé par le crime de Caïn, puis noyé lors du Déluge, et enfin divisé en langues multiples après Babel (Genèse 11, 1-9), d'où ce rappel formel des Ecritures : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » (1 Jean 2,15) ; « Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. » (Jacques 4, 4).

Le monde, rappelons-le, au moment de l'injonction divine : « soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre », ne connaissait originellement ni le péché, ni la mort, ni la maladie, ni la division, ni le crime, ceci expliquant pourquoi la réalité existentielle que nous subissons pour notre pénible honte, résultant d'un dégradation survenue à la suite des actes malsains, répétés  et reproduits de génération en génération, d'une humanité insoumise, est à présent dans un état de profonde corruption, ainsi que le martèle avec une souveraine lucidité l'apôtre Paul face à l'hédoniste aveuglement des païens  : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant ; et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes attendant l'adoption, la délivrance de nos corps. » (Romains 8, 22-23).

Au prétexte que le Christ s’est incarné et est venu habiter parmi nous, quelques piètres penseurs, enseignants et thérapeutes en goguettes s’imaginent qu’il nous faudrait, tout à coup, poussés par un retour des vieilles tendances naturalistes qui ne demandent qu’à refaire surface, nous mettre à nous extasier de nos corps et à exprimer des cris de joie d’être « couverts de peaux de bêtes » (Genèse 3, 21). Curieuse conception du sens de la Rédemption !


Notre « Royaume n’est pas de ce monde » et notre vocation est  céleste


Rappelons que le Royaume de Dieu, le Royaume des Cieux, n'est pas de ce monde, la « vocation », la « délivrance » et le « salut » du chrétien ne sont pas d'ordre temporel, humain, mais d'ordre religieux et transcendant : « Car notre citoyenneté est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ » (Philippiens 3,20) ; « C’est pourquoi, frères saints, participants à l’appel céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession » (Hébreux 3,1).
Les communications de l’Éternel à Israël en tant que nation, avaient trait à la terre. S’ils demeuraient fidèles et obéissants, la grandeur, les richesses et le pouvoir terrestre leur étaient assurés : « L’Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans un bon pays, un pays de ruisseaux d’eau, de sources, et d’eaux profondes… un pays de blé, et d’orge, et de vignes, et de figuiers… où tu ne manqueras de rien » (Deutéronome 8, 7-9). ; s’ils étaient infidèles et désobéissants, la nation serait dispersée par toute la terre (Deutéronome 28, 64). Mais l’Écriture fait mention d’un autre corps, l’Église, qui elle aussi a des relations particulières avec Dieu et a reçu de Lui des promesses spéciales. Mais elle est très différente d’Israël :


*        Pour Israël l’obéissance est source de grandeurs et de richesses terrestres ;             

*       l’Église, par le Christ, est uniquement rattachée aux choses spirituelles et célestes.


Ainsi à l’inverse des aspirations purement charnelles des hébreux, les « béatitudes » de la Nouvelle Alliance sont toutes situées dans le Ciel. En effet, les bénédictions promises à Israël étaient essentiellement terrestres, mais nous sommes sur cette terre, en tant que chrétiens, en attente du Royaume, non pour chercher à reproduire au Ciel nos activités d’ici-bas par une distorsion anthropomorphique du divin, ou tenter d’imaginer vainement ce que sera notre vie post-mortem par des supputations emplies des rêves de ce monde, mais en laissant nos esprits en repos sur ce sujet [9], et surtout nous mettre dans les dispositions requises pour rejoindre, le jour venu, notre véritable patrie céleste.

Jésus a dit à ses disciples : «Je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais... je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi» (Jean 14, 3). L’avenir des croyants est donc entièrement céleste et il doivent se préparer dès ici-bas à cette destination. Prétendre qu’ils ressusciteront ou vivront éternellement sur la terre, ou dans le ciel, dans un « corps de chair et de sang » est en contradiction formelle avec l’Écriture, c’est un mensonge [10].
Laissant le chemin de séparation du monde à la suite du Seigneur selon la vocation céleste qui s’impose à chaque fidèle, les théologiens modernes, par l’effet d’une néfaste désorientation naturaliste impie, se sont servis, en ayant perverti leur foi, des textes de l’Ancien Testament pour justifier nombre de leurs dérives doctrinales et changer les bienheureuses promesses de l’Evangile, toutes emplies de bénédictions spirituelles, en de « scandaleuses béatitudes charnelles » alors que notre fin et notre destination sont de nous attendre au Ciel :  « Les élus participeront de la nature de Dieu ; ils y participeront pleinement et parfaitement. Car Dieu par la lumière de sa gloire, se montrant clairement aux bienheureux, les changera en lui-même, afin de se les rendre semblables, c’est-à-dire glorieux. Le terme de toutes les actions et de toutes les contemplations des élus de l’Eternel est la déification : ils deviendront en Dieu ce que le fer devient au feu. » (Cornelius a Lapide, Commentaire sur l’Ecriture Sainte, t. I, p. 295).

Alors en ce qui ne sera ni un temps, ni un lieu, mais un état inconcevable, inaccessible à nos pauvres facultés limitées et imparfaites :

« Dieu se reposera comme au septième jour, lorsqu’il nous fera reposer en lui, nous qui serons ce septième jour. (…) C’est là que nous nous reposerons et que nous verrons, que nous verrons et que nous aimerons, que nous aimerons et que nous louerons. Voilà ce qui sera à la fin sans fin. Et quelle autre fin nous proposons-nous que d’arriver au royaume qui n’a point de fin? » (S. Augustin, La Cité de Dieu, ch. XX.)
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"Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ;

afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi"

 

(Jean 14, 3)

 

 

 

 

Notes.

1. O. Florant, « Ne gâchez pas votre plaisir, il est sacré: pour une liturgie de l'orgasme », Presses de la Renaissance, 2006.
2. « Si vous voulez comprendre la révolution sexuelle et le déclin moral de l’Amérique au cours du demi-siècle écoulé, il vous est tout simplement impossible de ne pas tenir compte d’Alfred Kinsey. En résumant le travail considérable du Dr Judith Reisman, Susan Brinkmann, une journaliste primée, apporte au lecteur un aperçu sur le monde inquiétant des recherches de Kinsey en matière de sexe. Fondée sur une méthodologie erronée, sur des renseignements défectueux et des "expérimentations" sexuelles criminellement imposées à des adultes, des adolescents, des enfants – jusqu’à des nourrissons –, la conception pervertie de Kinsey sur le sexe continue à affecter quasiment tous les aspects de notre culture. Elle s’est infiltrée dans nos couples, dans nos familles, dans nos écoles, dans nos hôpitaux, et même dans nos églises. Pendant une période de ma vie, j’ai fait miennes certaines des forgeries dont Kinsey et ses épigones étourdis promouvaient la "normalité". Mais si la sexualité permissive était la norme – la manière dont elle " devrait être " – et si toute retenue relevait de tabous religieux d’un autre âge, pourquoi, alors, mes "libertés" sexuelles me causaient-elles – ainsi qu’à d’autres – une telle souffrance ? J’ai commencé à me poser ces questions alors que je poursuivais mes études supérieures, réfléchissant sur ces cœurs blessés, ces corps malades, ces vies brisées qui étaient – en grande partie à cause de Kinsey – un aspect "normal" de la vie de nos turnes. » (Christopher West, 20 sept. 2004)
3. David Brandt Berg (1919-1988), prophète incestueux et pornographe, qui poussa jusqu’à la prostitution sacrée ses adeptes est le fondateur, mieux connu sous les noms de “Père David” ou encore de “Moïse David”, de la secte des « Enfants de Dieu ». Il fut un temps pasteur dans une communauté de “l’Alliance chrétienne missionnaire” en Arizona. Ensuite, il commença dans les années 50 à travailler pour l’évangéliste Fred Jordan en présentant et animant des émissions à la TV. En 1966, il quitta Jordan et reprit un ministère itinérant accompagné de son épouse et de ses quatre enfants. Deux ans plus tard, il se fixera à Huntington Beach et se lancera dans un travail d’évangélisation parmi la jeunesse révolutionnaire. C’est la “Révolution pour Jésus” qui verra des milliers de jeunes vont se convertir. Toutefois, rapidement une dérive verra le jour, et ce mouvement prometteur déviera radicalement vers le sectarisme. Au printemps 1969, un long exode tout au travers des Etats-Unis et du Canada est entrepris. En 1970, accompagné de sa secrétaire Maria, Moïse David part pour l’Europe afin d’y implanter des « colonies ». Les nombreuses colonies sont soudées les unes aux autres par les lettres de Berg, Moïse David, qui deviennent littéralement la Parole de Dieu pour notre époque. En février 1978, le nom de l’organisation est changé. Les “Enfants de Dieu” deviennent la “Famille d’amour”. La théologie de la secte se focalise bien sûr sur la personne de David Berg. Il aurait été, à l’instar du Baptiste, rempli du Saint-Esprit dès le ventre de sa mère et serait en fait le prophète des derniers temps ! (Lettre du 20 juin 1971, par. 2). Se signalant par une doctrine sexuelle très libre, Moïse David qui encourageait à la masturbation, à la fellation, à l’échangisme, poussera même ses disciples féminins, pour être plus efficaces dans leur évangélisation, à la prostitution organisée.

Quelques extraits des édifiantes déclarations de Moïse David :
« Ton corps est l'amour de Dieu, ton sexe est l'amour de Dieu. »
(Moïse David, Lettre DS N° 699, 1972)
« Dieu lui-même a dû avoir des relations sexuelles avec Mère Marie afin d’avoir Jésus. »
(Lettre du 27 mars 1973, § 71.)
« Il n’existe aucune raison qu’il y ait eu de relations sexuelles avec Marie et Marthe ! Et il en a eues ! Parce que je l’ai vu une fois faire l’amour dans une vision. »
(Lettre de mai 1976, § 47, 48.)
« L’adultère ne doit plus être considéré comme un péché ! »
(Lettre de janvier 1978, § 41.)
4. Il n’est pas interdit de supposer que les Pères conciliaires de Vatican II se sont donné pour tâche d’effacer ce qu’ils considéraient à leurs yeux comme le “ honteux ” souvenir du « Syllabus » afin de rendre l’institution ecclésiale plus conforme aux exigences du monde moderne. Cette opposition apparaît clairement si l’on compare la dernière proposition du « Syllabus » (qui écarte tout devoir de réconciliation entre le pape et le monde moderne) au mot d’ordre de l’aggiornamento qui veut ouvrir l’Eglise au monde comme le montrent les déclarations affligeantes de « Gaudium et Spes ».
5. Une anecdote est particulièrement révélatrice de l’état d’esprit de Karol Wojtyla quelques années avant de devenir le Pape Jean-Paul II. La version polonaise de son livre « Amour et responsabilité » comprenait un appendice intitulé « Sexologie et morale ». Lorsqu’il s’est agi de publier la traduction française, c’est le Père de Lubac qui avait été pressenti pour en rédiger la préface. Mais certains se sont sentis bien avisés de lui suggérer de demander que l’appendice en question soit retiré de l’édition française au motif que les questions qui y étaient abordées étaient tellement concrètes qu’elles semblaient en deçà de la dignité des prêtres et des évêques. A cela Karol Wojtyla s’est opposé farouchement en affirmant que les pasteurs devaient pouvoir parler avec simplicité du désir et de la satisfaction sexuelle avec leurs fidèles, sauf à ne pas être à la hauteur des exigences de leur mission. Et que s’il se trouvait des prudes pour s’en offusquer, c’était tant pis pour eux !
6. Le groupe polonais auquel fut lié intellectuellement Karol Wojtyla, avec Przywara et Ingarden, est un médiateur historiquement crucial pour les phénoménologues de Göttingen et pour Max Scheler. Karol Wojtyla sera formé à cette école extrêmement riche, pépinière de la philosophie contemporaine, puisque s'y mêlent des confluents brentaniens (les analyses de l'intentionnalité par Kazimir Twardowsky) et husserliens, avec des traditions scolastiques et logiciennes puissantes, et dont on retrouve l’héritage jusque chez des logiciens israéliens comme Yoshua Bar-Hillel, à l'Université de Jérusalem.
7. Ainsi dans l’encyclique "Redemptor hominis", la référence reviendra à quatre reprises.
On remarquera d'ailleurs qu’au paragraphe n° 13 la restriction “ en quelque sorte ” a disparu :
- « Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »
Le théologien privé, Karol Wojtyla, confond en réalité la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine, l’une étant “ en quelque sorte ” présente à l’autre, selon lui, en tous et pour toujours, comme il le répète clairement au paragraphe 14 de "Redemptor hominis" : « Le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n’en est pas conscient. » L’absence de toute condition à l’union de tous au Christ, et donc au salut de tous, conduit à l’affirmer comme donné à tous, sans distinction de religion. « L’événement de la Rédemption est le fondement du salut de tous », écrira Jean-Paul II dans son encyclique "Redemptoris Missio", citant à l’appui de cette affirmation son encyclique inaugurale "Redemptor hominis" : « Parce que chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. » On peut affirmer que cette pensée a gouverné tout le pontificat de Jean-Paul II, jusqu’à son ultime Lettre apostolique "Mane nobiscum" du 7 octobre 2004, instituant l’année de l’Eucharistie :
« En Lui, Verbe fait chair, se révèle en effet non seulement le mystère de Dieu, mais le mystère même de l’homme. Parce que dans le Christ la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). »
8. Il n'y a pas que dans Gaudium et spes que Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, a introduit des thèses naturalistes hérétiques portant sur une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était devenu Dieu. Dans une autre encyclique (Dominum et vivifican-tem, 18 mai 1986), Jean-Paul II affirme la prétendue habitation de l’Esprit Saint « dans le cœur de chaque homme ». Le Saint-Esprit « est donné aux hommes. Et de la surabondance de ce Don incréé, chaque homme reçoit dans son cœur le don créé particulier par lequel les hommes deviennent participant de la nature divine. Ainsi, la vie humaine est pénétrée de la vie divine », écrit-il d'une manière stupéfiante. Et il y a de quoi sursauter à une telle proposition car dire que Dieu « s’est fait proche de chaque homme » en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie, est une chose. Dire qu’il « s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » en est une autre. Cette affirmation, extraite de « Gaudium et Spes », respire en réalité positivement l'hérésie, symétrique de l’hérésie nestorienne, mais de sens contraire dont les conséquences désastreuses sur les folles affirmations de certains est d'une claire évidence. Nestorius niait toute « communication des idiomes », ou échange entre le Fils de Dieu et le Fils de Marie, de leurs attributs et opérations propres, de telle sorte qu’il niait la maternité divine de Marie. Le concile d’Éphèse l’a condamné en 431, en proclamant la Vierge Marie “ Mère de Dieu ”, Theotokos. Puisque Marie a donné naissance à Jésus de Nazareth, elle est Mère de Dieu, car Jésus est Fils de Dieu, Dieu lui-même. La nouvelle hérésie, introduite au concile Vatican II par le jeune archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, consiste, au contraire de l’ancienne, à affirmer une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Fils de Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était fait Dieu !
9. Voici quelques lignes, tirées d’un texte de référence, capables de nous être très utiles : « Ni les saintes Écritures, ni les théologiens ne donnent une lumière suffisante permettant de décrire de façon juste la vie à venir après la mort 4659; entre la vie présente dans le Christ et la vie à venir il existe un lien fondamental et une grande différence 4659. »
10. Le peuple d’Israël, seul, a reçu des promesses de bénédictions concernant un royaume sur la terre, et il ne faut jamais confondre Israël et l’Église ; ils ne sont pas interchangeables et Dieu accomplira ses plans à l’égard des uns et des autres, à l’heure qu’il choisira. On peut de la sorte dire sans se tromper que la judaïsation de l’Église moderne, c’est-à-dire l’adaptation de l’église de l’Écriture aux promesses réservées à Israël, a plus fait pour pervertir sa mission et la détruire spirituellement, que toutes les autres causes combinées.

 

12:16 Publié dans Du mal, Polémique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (566) | Tags : littérature, église, foi, catholicisme, christianisme, benoît xvii |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

« Le catholicisme progressiste n'est pas un pèlerin des lieux saints, mais un usagé des lieux communs.
Le chrétien progressiste se trouve si disposé à pactiser avec son adversaire que son adversaire ne trouve plus avec qui pactiser. »


(- Nicolas Gomez Davila -)

Écrit par : Jean | dimanche, 20 avril 2008

Quel constat accablant, mais si juste !

Écrit par : Grabrielle | dimanche, 20 avril 2008

Je suis profondément retourné par ce que je viens de lire. Je savais qu'il y avait eu un changement radical dans la pensée et la doctrine de l'Eglise, mais les éléments que vous exposez dépassent, et de loin mes quelques craintes encore bien timides.

Merci pour votre étude salvatrice !

Écrit par : François | dimanche, 20 avril 2008

Si la déclaration de Jean-Paul II que vous citez : "Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme ”, est exacte, alors vous avez raison de parler d'hérésie, c'est une proposition naturaliste insensée niant la nécessité du baptême et des sacrements pour le salut.

Écrit par : Jean-Pierre | dimanche, 20 avril 2008

Radical le texte de Zacharias - je me demande si là il ne vient pas de signer un truc qui risque de faire pas mal de bruit !

Écrit par : Shok | dimanche, 20 avril 2008

Magnifique conclusion de ce texte souverain pour nous rappeler à quoi sont destinés les disciples de Jésus-Christ. A méditer longuement.

Écrit par : Alexandre F. | dimanche, 20 avril 2008

Vous croyez pas que vous y allez un peu fort ? Ca me semble incroyable tout ça, ou alors Rome aurait perdu la foi !

Écrit par : Denis | dimanche, 20 avril 2008

Denis,
avez-vous lu le livre remarquable de Benoît XVI, "Jésus de Nazareth" ? Vous verrez qu'il ne faut pas encore désespérer de Rome

Écrit par : Thaddée | dimanche, 20 avril 2008

"1re Epître de Zacharias aux catholiques modernes", où l'on voit que les sirènes du "sea, sex an sun" n'ont pas épargné l'Eglise !

Écrit par : Pierre Yves | dimanche, 20 avril 2008

Dire que toutes ces inepties ont été proclamées du haut de la chaire de saint Pierre ! C'est proprement délirant sachant ce que sont les fruits amers des plaisirs charnels.

Écrit par : Sophie | dimanche, 20 avril 2008

Zacharias,

Il fallait que cela soit dit ! Mes félicitations.

Écrit par : La fouine | dimanche, 20 avril 2008

L’Église a été inondée d’opinions nuisibles par le passé. Ces opinions influencées par des ouvrages nuisibles autant que par les enseignements du catéchisme et par la pratique pastorale des confesseurs.

Sous l’influence de Saint Augustin, , tout ce qui est sexuel - même au sein d’un engagement légitime - était considéré comme étant teinté de péchés. Tous les sentiments sexuels étaient ‘sales’ et souvent considérés comme des péchés. Dans l’Église Catholique, cette hostilité augustinienne vis-à-vis de la sexualité a été renouvelée par le Jansénisme.

Le retour à une lecture personnelle de la Bible parmi les Réformés conduisit à des interprétations littérales d’une rigueur extrême. Socialement, cela culmina avec le puritanisme du 19ème siècle.

Les ouvrages de morale Catholique traditionnelle utilisés dans les séminaires, les écoles et les paroisses reflétaient des conceptions extrêmes et négatives de la sexualité qui ne sont pas acceptées de nos jours par la plupart des savants catholiques mais qui exercent encore leurs effets délétères.

Écrit par : Wijngaards | dimanche, 20 avril 2008

Venez avec moi faire Eucharistie pour le Corps entier


Animation: Bernard Ménard
Ouverture de la semaine de prière pour l'unité de tous
les disciples du Christ. Un temps pour laisser le désir
passionné de Jésus nous travailler le coeur, nous mettre
en travail d'enfantement. Comment faire eucharistie de
nos blessures, de nos divisions, autant que de nos trésors
de vie et de Tradition?

Écrit par : sweety holly | dimanche, 20 avril 2008

Un fossé existe à présent entre toutes les tendances de l'Eglise - et je ne sais si l'on parviendra longtemps à maintenir l'unité dans ces conditions. Cependant il faut admettre que le problème est nettement de nature dogmatique. Or sur ce point, même si la note de Zacharias est parfois très dure voire choquante pour un catholique qui respecte Rome, elle a le mérite de dire clairement ce qui n'est pas acceptable sur le plan doctrinal.

Écrit par : Jeanne | dimanche, 20 avril 2008

Ah c'est nouveau?!
Je croyais que l'on disait faire église!

Écrit par : Enzo | dimanche, 20 avril 2008

Cette terminologie du "faire ceci ou cela" est d'une niaiserie terminologique qui s'est imposée dans le vocabulaire de l'église depuis les années 60, et que l'on retrouve à présent à toutes les sauces...

Écrit par : Holy | dimanche, 20 avril 2008

La phrase de Paul VI, qui finalement est un sinistre constat, est terrible : «La fumée de Satan s’était répandue dans le Temple de Dieu à la suite du Concile Vatican II.» Cependant si c'est vrai, si tel est la situation, alors beaucoup de choses s'expliquent.

Écrit par : Virine | dimanche, 20 avril 2008

Le pire est qu'il sont en train de cacher la misère avec des nouveaux concepts plus ringards les uns que les autres!
Rester encore catholique c'est franchement héroïque, non?!!

Écrit par : Enzo | dimanche, 20 avril 2008

Vous n'avez pas envie de faire Eucharistie Enzo?

Tenez, j'ai un autre stage pour vous

http://www.vivre-et-aimer.org/we_va_comment.html

Écrit par : Swett Holly | dimanche, 20 avril 2008

Non merci ma chère!

Je n'aime pas partager voyez-vous.))
Je préfère les exercices de Saint-Ignace à tout prendre.

Écrit par : Enzo | dimanche, 20 avril 2008

En fait, toutes les préparations au mariage sont imprégnées par le new- age!
Par exemple, les idées d'Ida Paladini Lyan, (Vivre la sexualité dans l’ordre du sacré) font un tabac dans les paroisses!
La frontière entre notre religion et le développement personnel est si mince que certains catholiques ne font même plus la différence.

Écrit par : Swetty Holly | lundi, 21 avril 2008

Holly ont n'attrape pas les mouches avec du vinaigre!
Le mariage catholique est d'une telle exigence!
La chasteté avant le mariage, la continence pendant... vous imaginez?!

Ceci dit, entre l'église conciliaire et ses fadaises: gestuation, équipe relais, faire église etc. et la mouvance "tradi" tout autant frappée par la modernité (si, si!! grattez un peu derrière les façades), j'avoue avoir certaines difficultés à trouver ma place!

Écrit par : Enzo | lundi, 21 avril 2008

Enfin heureusement que Benoît XVI a été élu sur le trône de saint Pierre, le discours change et ça rassure un peu :

« L’eros prétend nous élever « en extase » vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons. »

(BENOÎT XVI, Deus caritas est, § 5)


C'est tout de même autre chose que Gaudium et Spes et Populum Progressio...

Écrit par : Benoît | lundi, 21 avril 2008

Savez-vous que la justice autrichienne a ouvert une enquête sur de possibles délits sexuels dans un séminaire de prêtre catholiques, où des photos pédophiles ont été retrouvées sur les ordinateurs portables de plusieurs prêtres.

En effet, des photos montrant des responsables de ce séminaire de prêtres catholiques en Autriche caressant et embrassant sur la bouche leurs étudiants, publiées lundi par l'hebdomadaire autrichien Profil, ont déclenché de vives réactions dans les milieux politiques et religieux. Le scandale touche le séminaire de Sankt Poelten, à 80 km à l'ouest de Vienne, dans la province de Basse-Autriche, où des prêtres ont décidé de faire des révélations après des années de silence selon l'hebdomadaire Profil qui a publié les photos.

Le directeur du séminaire, Ulrich Kuechl, avait démissionné la semaine dernière après la découverte par la police de milliers de photos pornographiques, à contenu notamment pédophile et zoophile, sur des ordinateurs portables de l'établissement. Son adjoint, Wolfgang Rothe, a annoncé dans Profil qu'il allait également démissionner, sans toutefois reconnaître sa culpabilité.

Les photos publiées lundi montrent les deux prêtres dans des positions suggérant des rapports homosexuels avec leurs séminaristes.
L'homosexualité n'est pas un délit en droit autrichien. Mais selon un responsable catholique, des responsables du séminaire ont pu abuser de leur autorité religieuse pour faire pression sur leurs subordonnés.

Une photo montre Wolfgang Rothe embrassant un jeune séminariste, mais ce dernier a tenté de minimiser l'affaire. Ce qui s'est passé là "n'a absolument rien à voir avec l'homosexualité", a-t-il affirmé, qualifiant ces actes de "bêtises de garçons".

D'après l'hebdomadaire Profil, le responsable du séminaire et son adjoint auraient eu des rapports sexuels avec des élèves, et des prêtres auraient utilisé des photos pédophiles pour se stimuler. Profil affirme également que 40.000 photos ainsi que de nombreux films à contenu pornographique ont été retrouvés par les enquêteurs dans les locaux du séminaire, dont certaines mettant en scène des responsables avec leurs jeunes élèves. On y imagine que cela devait de même servir aux cours, formationset et séminaires successifs et répétitifs sur la "théologie du corps" et l'importance de l'accueil et la consommation "non puritaine" des dons de Dieu dans la beauté des corps des jeunes créatures...

Écrit par : Hire | lundi, 21 avril 2008

Puisque vous évoquez "Populum progressio", que beaucoup de nos jeunes bloggeurs n'ont sans doute pas lu, un court extrait devrait suffire à éclairer sur le contenu et les orientations de cette folle Encyclique promulguée avec le sceau de l'autorité pontificale - on croit rêver.

Mais lisons plutôt :

"Par le seul effort de son intelligence et de sa volonté, chaque homme peut grandir en humanité, valoir plus, être plus grand."
(Paul VI, Encyclique "Populum progressio", paragr. 15.)

"Sans moi, vous ne pouvez rien faire" (Jean, XV, 5)...? )

Écrit par : André | lundi, 21 avril 2008

Salutaire rappel André, mais ceci n'est encore rien par rapport à cette proclamation faramineuse et terriblement idôlatrique, représentative de la totale désorientation qui s'était, hélas ! abattue sur Rome, à un moment où les conquêtes lunaires ont pu faire penser, dans un total délire prométhéen qui ne devait rien aux pires rêves babéliens, que la capsule Apollo serait un nouveau mode d'accès au ultimes niveaux du "troisième ciel" dont nous parle l'apôtre Paul, et qui aurait dû faire trembler et s'écrouler immédiatement, en un signe salvifique providentiel, les colonnes vaticanes de Gian Lorenzo Bernini :



"Honneur à l'Homme, roi de la terre, et aujourd'hui Prince du Ciel !"

(Paul VI, Angelus du 7 février 1971, à l'occasion du premier alunissage, in "Documentation catholique" 1971, p.156)

Écrit par : Zak | lundi, 21 avril 2008

Source et complément à mon précédent post :

L'Eglise catholique autrichienne est inquiète. D'après des statistiques publiées au début du mois de janvier, 44 856 fidèles l'auraient quittée en 2004. Certains diocèses enregistrent une hausse record de défections, comme le Burgenland (+ 40,7% par rapport à 2003), le Vorarlberg (+ 39,5%), la Carinthie (+ 39%), la Styrie (+ 38,3%) ou encore la Haute-Autriche (+ 35,9%). Seul le Tyrol, à l'ouest, reste assez peu atteint par cette désaffection, d'une ampleur sans égale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Une catastrophe pour ce pays très pieux, catholique à 75%. «A ce rythme, le chiffre pourrait rapidement tomber à 60, voire 50%», prédit le théologien Paul Michael Zulehner, qui avance des racines plus anciennes au mal : d'après lui, les relations des hommes vis-à-vis des institutions religieuses, depuis la révolte étudiante de 1968, «se seraient distendues, au point de devenir facultatives»...

C'est qu'il faut respecter la liberté de l'homme et sa dignité n'est-ce pas ?

Écrit par : Hire | lundi, 21 avril 2008

Est-ce que vous connaissez ce petit morceau d'anthologie destiné à feu Mgr Lefebvre fut l'un des rares évêques à avoir eu le courage de s'élever contre les folies de Vatican II, et qui reçu une lettre singulière de Paul VI dans laquelle ce dernier affirmait que Vatican II était sous certains aspects, rien que ça, plus important que le Concile de Nicée :

"Comment aujourd'hui quelqu'un pourrait-il se comparer à Saint Athanase, en osant combattre un Concile comme le deuxième Concile du Vatican, qui ne fait pas moins autorité, qui est même sous certains aspects plus important que celui de Nicée ?"

(Paul VI, lettre à Mgr Lefebvre du 29 juin 1975. Citée in "Itinéraires" n°200, p...)

Écrit par : Henri | lundi, 21 avril 2008

d'après lui, les relations des hommes vis-à-vis des institutions religieuses, depuis la révolte étudiante de 1968, «se seraient distendues, au point de devenir facultatives»...


Il sont catholiques tout en oubliant qu'ils sont chrétiens voilà la racine du mal!

Écrit par : Judith | lundi, 21 avril 2008

Peu connue en France, Judith Reisman, une juive américaine née en 1935, présidente de The Institute for Media Education, experte auprès du FBI et du ministère américain de l’éducation, s’est consacrée, depuis les années 1960, à dénoncer la malfaisance du “sexologue” Alfred Kinsey (1894-1956). Les “travaux” pseudo scientifiques de Kinsey ont abouti au dévergondage sexuel dont souffre l’Occident depuis plus d’un demi-siècle, et dont l’actualité nous apporte, chaque jour, d’écœurantes illustrations.


Entretien avec Judith Reisman :

- Un certain nombre de prêtres catholiques, qui ont fini par être condamnés pour abus sexuels, furent d’anciens patients de centres de thérapie sexuelle. C’est quoi le problème ?

« L’éduction sexuelle » a toujours été fondée sur le modèle de Kinsey. La Mecque du champ d’application du kinseyanisme fut l’Institute for the Advanced Study on Human Sexuality (IASHS) de San Francisco. Le canon “éducatif” de l’IASHS reflétait les fraudes créées par Kinsey, un défenseur de la pédophilie.

- Y a-t-il des preuves d’escroquerie contre l’Église catholique ?

Susan Brinkman donne beaucoup de détails dans son livre The Kinsey Corruption. Un certain nombre de hauts responsables catholiques ont recruté des éducateurs en sexualité qui enseignaient les valeurs kinseyennes. Ce type de recrutement a pareillement été retenu pour un certain nombre de psychologue chargés d’évaluer des aspirants séminaristes : la plupart d’entre eux ont été recalés au motif qu’ils étaient déclarés trop sexuellement “orthodoxes” ou non “tolérants” en matière d’homosexualité. Des évêques ont envoyé des prêtres pédophiles se faire traiter chez des thérapeutes qui considéraient que la pédophilie était une “orientation” sexuelle.

Quels experts et quels centres de soins ?

La clinique John Hoplkins et le St. Luke Institute [dans le Maryland] sont deux centres thérapeutiques kinseyniens. L’abbé Rossetti a repris le St. Luke Institute après que son fondateur, Michael Peterson, prêtre et homosexuel pratiquant, fut mort du SIDA. Parmi leurs infâmes patients pédérastes se trouvaient l’abbé Rudy Kos de Dallas et l’abbé John Geoghan de Boston.
Les deux experts-clé étaient le Dr Fred Berlin et son mentor le feu Dr John Money de la clinique John Hopkins. Pourtant, Money prétendait que ses interventions en vue de changer le comportement sexuel, et qui ne marchaient pas, étaient des succès complets. C’est lui qui à créé la notion qu’il n’y a rien de génétique dans la femme ou dans l’homme : ce n’est que la culture, disait-il, qui détermine le sexe de chacun.
Money raconta aussi au Journal of Paedophilia qu’une relation sexuelle entre des hommes et de jeunes garçons étaient tout à fait saines. Il milita pour abolir le principe d’âge de consentement. Son protégé et successeur, Fred Berlin, refusa de dénoncer à la police ses patients en cours de traitement bien qu’ils continuaient d’être activement des pédophiles et des pédérastes délinquants.

Écrit par : Advanced Study on Human Sexuality | lundi, 21 avril 2008

Ce texte de Zacharias donne une juste idée de l’inconscience cléricale, car la plupart des pères conciliaires étaient heureux et satisfaits d’avoir été des modèles d’ouvertures au monde ! l’idée d’aggiornamento, chère à Jean XXIII, et à bien d’autres, fut l’une des plus funestes illusions de l’Eglise au XXe siècle. Non qu’il ne soit nécessaire de procéder périodiquement aux aménagements qu’impose le changement des temps, mais parce qu’une “ mise à jour ” ne saurait constituer une fin en soi, un mot d’ordre pour une communauté religieuse. Saint-Paul nous en a solennellement avertis : “ Ne vous conformez pas au siècle présent, mais transformez-vous dans le renouvellement de votre intelligence ” (Rom., XII, 3). Sinon, on s’abandonne à ce pseudo-prophétisme dont la période post-conciliaire nous offrit le triste spectacle : on entrait dans une nouvelle Pentecôte, s’annonçait une ère de paix et d’abondance pour la foi chrétienne, l’Eglise renonçait au glaive du combat contre une modernité enfin réconciliée.

Les paroles de Jérémie étaient alors singulièrement oubliées : “ les prophètes disent : vous ne verrez pas le glaive et vous n’aurez pas la famine ; je vous donnerai un bonheur durable en ce lieu ”. Et le Seigneur me dit : c’est le mensonge que ces prophètes prophétisent en mon nom (…) vaines prédictions, tromperie de leur propre cœur : voilà ce qu’ils prophétisent (…) Et tu leur diras cette parole : mes yeux se fondent en larmes jour et nuit sans s’arrêter ; – car la vierge, la fille, mon peuple, est frappée d’un grand désastre, d’une plaie tout incurable ” (14-17).

Le concile ne sera sauvé – car il faudra bien aussi le sauver – que par le retour à la Tradition toujours renouvelante et toujours vivifiante de la vérité. Nous n’avons pas à inventer un nouveau christianisme ; c’est nous qui devons nous laisser inventer et transformer par l’immuable vérité de la foi, sous la grâce de l’Esprit. Il me semble que c’est le sens de l’œuvre – à certains égards titanesques – entreprise par le cardinal Ratzinger devenu, par son accession au pontificat, Benoît XVI.

Écrit par : Radek | lundi, 21 avril 2008

Qu'est-ce que vous pensez des thèses d'Eugen Drewermann, auteur du livre "Fonctionnaires de Dieu"?

Écrit par : Judith | lundi, 21 avril 2008

Je précise, est-ce que la psychanalyse n'a pas faussé la vision évangélique?
Drewermann préconise des thérapies radicales pour les prêtres!

Écrit par : Judith | lundi, 21 avril 2008

Assez d'accord sur pas mal de n'importe-quoi post-conciliare, cependant :

-> vous vous montrez inutilement calomniateur, me semble-t-il, en sous-entendant que "Famille Chrétienne" soutienne les propos de l'abbé Pierre sur le mariage des prêtres.)
> accessoirement, ceux qui voudraient que se marient les prêtres, sous prétexte de lutter contre le manque d'aspiration à la prêtrise, montrent là une totale méconnaissance et une certaine dévalorisation, de la signification de la prêtrise.. ...et du mariage !


Je note tout de même que, écrivant un article contre la dépravation et le pouvoir des sens, vous l'illustrez d'images fort explicites et fort peu catholiques - ce n'est pas la première fois sur ce site - et cela va à l'encontre de vos propos.

Et puisque vous lisez BenoÎt XVI, vous savez qu'il ne rejette ni ne condamne eros, précisant qu'eros et agapè se complètent mutuellement. Ce qui n'est pas votre propos.

Ceci dit : et le mariage, dans tout ça ?
Si l'union sexuelle d'un homme et d'une femme est par nature mauvaise et ne saurait avoir quoi que ce soit à voir avec Dieu,
on fait comment ?

Écrit par : ti'hamo | lundi, 21 avril 2008

J'ajoute que j'aime assez - et trouve assez fondée - l'idée ou l'intuition que l'Ennemi, a priori, n'est pas forcément particulièrement friand de l'amour conjugal - y compris physique -, telle qu'exposée par Lewis dans ses "Screawtape letters" ou "Tactiques du Diable".
Je ne sais votre sentiment là-dessus.

Écrit par : ti'hamo | lundi, 21 avril 2008

L’autorité enseignante protège contre l’hérésie la communauté de la foi. Cela mérite notre respect.
Mais l’histoire montre que l’autorité enseignante a commis, et peut encore commettre de sérieuses erreurs de jugement. Ces erreurs se produisent souvent dans un contexte de changement culturel.

Écrit par : Juliette | lundi, 21 avril 2008

Il apparaît bien que le concile fut, à certains égards, un instrument, un prétexte, entre les mains de ceux qui s’en sont emparés, par une manœuvre illégale, le 13 octobre 1962. Essentiellement fait pour interprété en fonction des intentions de chacun, il sert effectivement à justifier les politiques ecclésiales, ou les options théologiques, les plus opposées.

L’un des exemples les plus flagrants de l’ambiguïté et de la mollesse de beaucoup de déclarations conciliaires nous est offert par les textes sur la liturgie (36, 1-2) : “ L’usage de la langue latine ( …) sera conservée ” ; ce qui d’ailleurs est une traduction affaiblie (le texte latin porte le subjonctif passif et doit être traduit par : “ que soit conservé l’usage de la langue latine ”. Voilà pour la Tradition. “ Toutefois, continue le texte (…) l’emploi de la langue du pays peut être utile… ” ; voilà pour les progressistes, qui ont partout remplacé la règle par l’exception. Et je ne parle pas des dispositions conciliaires qui ont entièrement disparu de toute célébration liturgique, par exemple : “ Que soit conservé aussi en son temps un silence sacré. ”

Écrit par : René | lundi, 21 avril 2008

Le problème avec Clive Staples Lewis c'est que les intuitions sont relativement bonnes, mais les conclusions souvent inexactes ; exemple : «Oui, nous nous comportons comme de la vermine, mais enfin c'est parce que nous sommes vraiment de la vermine. Et cela, en tous cas, n'est pas notre faute.» ( The Problem of Pain, 1940; Harper-Collins 2001; Le Problème de la souffrance, Raphaël 2001, 5).

Or, si le libre arbitre a un sens, et la responsabilité une certaine importance conséquencielle, c'est notre faute.

Écrit par : Radek | lundi, 21 avril 2008

Contrairement à cette analyse :"Je note tout de même que, écrivant un article contre la dépravation et le pouvoir des sens, vous l'illustrez d'images fort explicites et fort peu catholiques - ce n'est pas la première fois sur ce site - et cela va à l'encontre de vos propos", je trouve au contraire qu'il est pas du tout inutile de montrer ce que à quoi les phrases prononcées, parfois assez légèrement par les plus hautes autorités de l'église conciliaire, correspondent concrètement.


Ainsi les phrases de Jean-paul II : « l’acte sexuel est le langage authentique des personnes », ou celle Marie-Noëlle Florant : "Rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi", méritaient d'être, et je trouve que c'est plutôt même très allusif et pas vraiment "hard" sur la note, concrètement illustrées pour que l'on comprenne bien ce que signifient les mots. Car c'est un facile d'employer une terminologie plus que suggestive dans les documents pontificaux, pour ensuite jouer au tartuffe qui ne souhaite pas voir les tétons de Dorine.

Écrit par : Gabrielle | lundi, 21 avril 2008

"Vous êtes donc bien [ ti'hamo] tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression ?
Certes je ne sais quelle chaleur vous monte :
Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas."

Écrit par : Juliette | lundi, 21 avril 2008

... ti'hamo vient de visiblement susciter un certain intérêt ironique de la part de la gente féminine.

Écrit par : Henri | lundi, 21 avril 2008

A propos du mariage ne nous privons des leçons de saint Augustin :


"Ce qui constitue la bonté naturelle du mariage, c'est l'union de l'homme et de la femme dans le but d'avoir des enfants; mais c'est faire un mauvais usage de ce bien naturel que de s'y livrer bestialement, c'est-à-dire uniquement pour satisfaire la passion voluptueuse et non pas pour se créer une postérité. Parmi les animaux eux-mêmes, n'en trouve-t-on pas pour qui l'union des deux sexes semble avoir pour but la multiplication de l'espèce plutôt que la satisfaction du plaisir ? Tels sont, par exemple, la plupart des oiseaux. (...) Quand donc l'animal cherche avant tout la multiplication de l'espèce, il se rapproche de l'homme (Rom. 14, 23), et quand l'homme se propose avant tout de satisfaire sa volupté, il se rapproche de l'animal."

"Il y a faute à se connaître, sans aucune intention d'obtenir le but du mariage, c'est-à-dire la génération (...). Or, malgré le mariage, la volupté reste un péché; seulement, à cause du mariage, elle ne sort pas des limites du péché véniel. C'est donc là encore un des fruits du mariage, d'obtenir le pardon d'actes qui ne se rapportent pas au but du mariage.

Remarquons cependant que cette indulgence n'est admise qu'à la condition essentielle que la fin première et naturelle du mariage ne sera pas empêchée dans cette satisfaction accordée à la concupiscence."



(S. Augustin, Du Mariage)

Écrit par : Jude | lundi, 21 avril 2008

Les pudibonds ne sont pas toujours là où on les attends!

Radek pouvez-vous m'éclairer quelque peu sur les thèses de Drewermann?

Écrit par : Judith | lundi, 21 avril 2008

Le concile Vatican II s’est défini lui-même comme un concile pastoral (finis pastoralis praesentis Concilli, Notificationes, Concile œcuménique, Vatican II, Cerf, p.117), bien qu’il comporte deux Constitutions qui se disent expressément “ dogmatiques ”, dont la première, la Constitution dogmatique sur l’Eglise (Lumen gentium, 21 novembre 1964) comporte précisément, in fine, des Notifications, dans lesquelles cette même constitution dogmatique reçoit la “ note théologique ” de “ pastorale ”, en sorte que ne devront “ être tenus par l’Eglise que les seuls points concernant la foi et les mœurs que le Concile aura clairement déclarés tels ”.

Tout Vatican II est dans cette étrange incertitude, voire dans cette contradiction.

Écrit par : Eremo | lundi, 21 avril 2008

Il me semble absurde de faire relever du bien ou du mal des comportements du monde animal. Je ne connais guère St Augustin (entendre son oeuvre) mais il n'est assurément pas si bon zoologiste que docteur en théologie.

Sur le plan zoologiste les animaux les plus proches de l'homme sont tout de même ceux pour lesquels la sexualité n'est pas exclusivement reproductrice.

Bien sûr toutes ces remarques ne signifient aucunement que l'homme n'ait pas à s'écarter de cette voie pour trouver Dieu.

(Quelle prudence de sioux...)

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

C'est drôle, pour ne pas dire profondément ridicule de se scandaliser de quelques photos suggestives chez IdC, alors que le Vatican est rempli de très lascives nudités que firent peindre Alexandre VI, Jules II et Léon X, que l'on appelle les Ignudi, les " nus ", dont la beauté païenne, dans ce temple de la chrétienté, peut choquer et a choqué les esprits, et cela dès leur création.

D'ailleurs Vasari rapporte qu'au court de son bref règne (1522-1523), le pape Adrien VI scandalisé de ce qu'il découvrit, " avait déjà commencé à penser qu'on pourrait jeter bas la chapelle du divin Michel-Ange, en la déclarant une salle pleine de nudités, una stufa d'ignudi ".

C'est sans doute à cette condamnation sans appel, et qui sera réitérée par la suite, qu'ils doivent ce nom d'Ignudi qui est resté le leur.

Écrit par : Henri | jeudi, 24 avril 2008

Dans un texte célèbre, souvent cité à propos de la voûte de la Sixtine, et plus particulièrement à propos de la scène de la création d'Adam, Pic de la Mirandolle imagina que le créateur s'adressa ainsi à sa créature : " Je ne t'ai fait ni céleste, ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la façon d'un peintre ou d'un sculpteur. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, comme celles des bêtes, ou, régénéré, atteindre les formes supérieures, qui sont divines. "

On retrouve dans l'art de Michel-Ange les idées de Pic : la révélation chrétienne poursuit la méditation païenne, et ne s'oppose pas à elle. C'est ainsi que sur la voûte, à l'exception toutefois de Zacharie et de Jonas, qui commencent et terminent la série, les prophètes de l'Ancien Testament sont exactement corrélés aux Sibylles qui étaient, dans les sanctuaires païens, douées de divination : Joël avec la Sibylle de Delphes, Isaïe avec la Sibylle d'Érythrée, Ézéchiel avec la Sibylle de Cumes, Daniel avec la Sibylle de Perse, et enfin Jérémie avec la Sibylle de Libye.

L'esprit païen souffle encore sur cette voûte par la beauté du corps humain, unique objet de cet art, et qui se montre parfois, et surtout dans les radieuses figures des Ignudi, dans une souveraine nudité.

Les réminiscences antiques sont nombreuses, celles du Laocoon, aussi le Torse du Belvédère, les deux citations les plus fréquentes, mais on a reconnu encore la pose d'un Hercule portant un jeune Bacchus dans la figure d'un Ignudo, et dans un putto, la figure d'un amour associé à Psyché, un groupe conservé dans les collections des Médicis.

Pour Michel-Ange comme pour Pic et Ficin, le corps humain est l'unique théâtre qui puisse représenter l'histoire de la Rédemption. Il apparaît ici comme la seule expression plastique d'un mystère divin, à l'exclusion de tout autre décor (la nature est absente) ou de tout autre forme de vie (sauf quand elle intervient sur la scène biblique, comme dans le cas du serpent d'airain).

Art anthropocentrique, qui interprète curieusement toute l'histoire de la Révélation comme un unique long débat entre le Créateur, le plus souvent invisible, et la créature humaine représenté par emblématiquement de partout par le corps.

On mesure la désorientation profonde de la conception du christianisme à la Renaissance par une telle vision biien plus proche de la pensée païenne que des évangiles.

Écrit par : Henri | jeudi, 24 avril 2008

Homélie de Jean-Paul II au Bourget le 1er Juin 1980.

"France, fille aînée de l'Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton Baptême? France, fille aînée de l'Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle pour le bien de l'homme à l'alliance avec la sagesse éternelle?"

Entre "l'alliance avec la sagesse éternelle" et "l’acte sexuel est le langage authentique des personnes"
(Jean-Paul II, Théologie du corps, Cité du Vatican, 22 août, 1984)
Il y a là une contradiction! Non?
Qu'est-ce qui se passe?
Je veux dire est-ce une fracture personnelle, théologique...?

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

La phrase du Saint Père : "es-tu fidèle pour le bien de l'homme à l'alliance avec la sagesse éternelle?", n'est pas d'une si évidente piété que ça, si l'on y réfléchit un intant...

Écrit par : Simon | jeudi, 24 avril 2008

J'aimerais que, sous prétexte de justifier les illustrations de l'article ci-dessus, à propos desquelles j'émettais quelque réserve, l'on ne se foutasse pas de ma gueule, tout de même,
en s'imaginant que je vais gober des vessies ET des lanternes et accepter pour explication une sorte de sophisme bancal retenu in extremis par quelques scotchs de mauvaise foi :
L'union des époux est une chose, un catalogue érotique en est une autre.

Je peux me marier et concevoir des enfants, sans pour autant poser pour un magazine de couples libertins. Et pourtant, dans les deux cas il s'agira bien de gens tout nus, oui. Mais, dans un cas, dans l'intimité des époux reconnaissants envers Dieu, et dans l'autre avec une sensation physique vécue comme une fin en soi et la négation de toute transcendance. Comme la différence entre un repas entre amis et une orgie, si vous voulez.
Quel honnêteté y aurait-il, si le pape venait à décrire le sain plaisir de se retrouver à quelques amis dégustant sainement un bon repas en rendant grâce au Seigneur, de le vouloir illustrer par des images de bacchanales et d'orgies, de fêtes étudiantes et de gens qui vomissent, en faisant mine de se dire d'un air pincé qu'il faut bien montrer dans toute sa crudité la réalité sous-tendue par le propos papal ?
Donc, non, "rien de ce que nous faisons avec notre corps n'est étranger à notre foi" ne peut prétendre (honnêtement du moins) être illustré par des photos érotiques. (en tout cas, honnêtement)
(disons que l'objection n'est valable que si l'on prétendait, en fait, être honnête).


D'autre part :
- si cette phrase vous révulse, appliquée à l'union des époux, alors comment concevez-vous l'union des époux ? Doivent-ils renier Dieu ou l'oublier chaque fois qu'ils conçoivent un enfant ?

- je ne peux accorder beaucoup de crédit ni d'estime, à quelqu'un qui prétendrait s'élever contre la concupiscence, appeler au retour vers Dieu, à la mortification des corps, de l'âme et de l'imagination, à la maîtrise et au contrôle des pulsions et de l'imagination,
et dans le même temps étalerait dans ses articles un imagier érotique, sans se soucier, du coup, des conséquences possibles, après tout, sur l'âme et l'imagination des passants les moins instruits et les plus faibles, et le tout avec une certaine complaisance pas tout à fait très claire.

(enfin, s'il faut ironiser, ironisons ;
et j'y vois clair maintenant :
de vous qui ricanez devant ces nus,
citant St Jean de la Croix,
ou de qui, en toute chasteté et naïf amour de dieu,
veut savoir aimer sa future,
sans pour autant la traiter d'impure,

...qui, dites-moi, se montre réellement
évangélique ?

De Barthénoïde couvrant d'un saint Augustin
son esprit
comme d'autres d'un esprit de tissu
leur auguste sein,
ou du pape expliquant
ce qu'il y a de bon dans le mariage,
et la volonté de Dieu sur les époux,
je sais moi vers qui me tournent
raison, foi, bon sens et honnêteté.

Or si exciter son imagination est un passe-temps innocent,
dont on aurait tort de s'inquiéter,
pour quelle raison aimer sa femme
serait péché, même véniel,
il faudra qu'on me l'explique.)


Pour reprendre Tang, cependant :
effectivement, il est absurde de faire relever du bien et du mal des comportements animaux ;
par contre, la sexualité des animaux n'est pas, de leur point de vue d'animal, exclusivement reproductrice, attendu qu'un animal n'a pas le projet de fonder une famille et d'avoir des enfants ; il copule parceque son instinct l'y pousse, point. (cela dit, ça n'a rien de réducteur pour un animal d'agir de la sorte, ne les méprisons pas pour cela.)
Autrement dit : vouloir l'acte sexuel à tout prix séparément de tout projet de famille, n'est pas particulièrement une caractéristique humaine. ah.


Et je continue à me demander continuement quelle serait votre opinion du mariage, et de l'union des époux, à chacun d'entre vous. Jamais personne n'en dit rien, ni ce qu'il en pense réellement. Tout le monde évite la question et se planque en changeant de sujet, en rigolant comme une rangée du fond dans une classe de sixième quand le prof demande qui a pété, ou en alignant très très vite plein de noms de pères de l'Eglise et de théologiens.
Mais bon on me dis toujours pas ce qu'on en pense personnellement.

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

Je pense que vous ne lisez pas assez les commentaires !
Cette question a déjà étè abordée je vous assure!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Entre "l'alliance avec la sagesse éternelle" et "l’acte sexuel est le langage authentique des personnes"
(Jean-Paul II, Théologie du corps, Cité du Vatican, 22 août, 1984)
Il y a là une contradiction! Non?

Non.

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

Dans sa préface de "l'histoire du christianisme" Ed­ward Gibbon écrit : «S'il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n'en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme."

En effet, pour apporter la paix interne à l'Empire,l'Empereur Constantin donna un statut officiel au Christianisme, il a déclaré le Christianisme comme étant la religion de l'état (Constantin a forcé tous les païens de son empire à être baptisés dans l'église romaine),mais constantin savait qu'il y avait un besoin d'unir le paganisme et le Christianisme.
L'église romaine incorpora des païens inconvertis d'apparence Chrétiens. Et quelle meilleure façon de "Christianiser" leurs idolâtries païennes que de faire rentrer nombre d'images, de formes, d'éléments issus des religions païennes.
le Christianisme a donc dû subir une transformation profonde pour que la Rome païenne puisse se "convertir" sans pour autant abandonner ses anciennes croyances et rituels.

Ainsi une religion hybride a été fabriquée, dans laquelle... le Christianisme fournira l'écorce et le Paganisme le noyau ; ou bien inversement si on est plus clément !

Écrit par : Martin | jeudi, 24 avril 2008

Je crois que vous n'êtes pas très objectif ti'hamo, car alors comment vous-même parvenez-vous à "gober" le déguisement des maîtresses d'Alexandre VI dans des scènes licencieuses à l'érotisme plus que suggestif de la Sixtine , à côtés desquelles les aimables vignettes de cette note sont de la rigolade, sous l'image de saintes et parfois même de Marie, et la doctrine de l'évangile ?

C'est donc vos propres raisonnements qui sont "vessies et lanternes".

Écrit par : Henri | jeudi, 24 avril 2008

En tant que chrétien nous sommes appelés à la Sainteté ti'hamo!
Le mariage est donc une bonne école de maîtrise de nos passions!

Et puis vous savez tout le monde n'est pas fait dans le même pot!

Pour certains et certaines la vie sexuelle est secondaire sans pour autant être des névrosés!
On fait nos enfants, simplement et après basta, si je puis dire.))
Vous avez de très beau texte sur le sujet ici
http://www.salve-regina.com/

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Adaptons le raisonnement oiseux de ti'hamo en changeant simplement "imagier" par "discours", "articles" par "audiences" et "passants" par "fidèles" - vous verrez avec surprise que l'on est exactement dans le cas de figure des audiences du mercredi sur la théologie du corps de Jean-Paul II !

Voici l'exemple :

"Je ne peux accorder beaucoup de crédit ni d'estime, à quelqu'un qui prétendrait s'élever contre la concupiscence, appeler au retour vers Dieu, à la mortification des corps, de l'âme et de l'imagination, à la maîtrise et au contrôle des pulsions et de l'imagination, et dans le même temps étalerait dans ses [audiences] un [discours] érotique, sans se soucier, du coup, des conséquences possibles, après tout, sur l'âme et l'imagination des [fidèles] les moins instruits et les plus faibles, et le tout avec une certaine complaisance pas tout à fait très claire."

Etonnant n'est-ce pas ?

Écrit par : André | jeudi, 24 avril 2008

...Mais moi je n'ai prétendu nulle part tempêter contre la présence omniprésente du sexe, la satanisation du Vatican, la licence morale du pape, l'hérésie de Jean-Paul II ou les horribles propos hérétiques des théologiens ou ecclésiastiques divers à propos du sexe.
Moi je n'ai pas prétendu faire le ménage là-dedans et rejeter le sexe en tant que tel et je n'ai jamais moi prétendu qu'il ne pouvait rien y avoir de bon ni de beau dans le sexe.
Ce n'est pas moi qui ai dit ça.

Du coup je m'interroge sur la cohérence de celui ou celle qui prétend tout cela et finalement se complait à l'illustrer dans un sens qui contredit ses propos.
(ou alors va-t-on me sortir un texte qui permettra de prétendre que St Jérôme et St Athanase avaient, pour appuyer leurs réfelxions, les murs de leur cellule recouverts d'affiches et d'encarts de magazines d'auto-motos avec de jolies pin-up ?)

Mais passons.
Que pense chacun ici du mariage, alors ?
Si le sexe n'a rien de bon ni d'honnête, et qu'il est en soi et par nature un péché, comment doit-on concevoir des enfants, ou ne doit-on pas en concevoir,
comment doit-on aimer son époux/son épouse, ou ne doit-on pas l'aimer ?
(après tout, ne doit-on pas se détacher de tout ce qui n'est pas Dieu ? or, votre époux n'est pas dieu, ni votre épouse.)

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

(si vous remplacez "imagier" par "discours", c'est effectivement oiseux, à moins de ne rien connaître à l'esprit humain, et à a différence de traitement et d'impact qu'il y a entre un discours et des images. Donc, plutôt étonnant, oui, j'avais crosié ici jusqu'alors un peu plus de réflexion.)


Hélène, justement : "on fait nos enfants, simplement", peut-être, mais a priori de la même manière que tout le monde.
Or, si, comme l'affirment et le laissent entendre certains de ceux qui écrivent ici, il est mauvais par nature de ressentir du plaisir, de faire l'amour, de connaître sexuellement son époux/épouse, et qu'il n'y ait rien de bon, absolument rien, dans cet acte, qu'on ne saurait en dire rien de bon,
on ne peut même pas "faire ses enfants, simplement". à moins bien sûr de les faire comme on mange sur le pouce. Et encore.

(quant à être secondaire, j'espère bien qu'il est secondaire, comme l'est n'importe quoi d'autre également j'espère, attendu que ce qui est primordial c'est Dieu, non?)

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

Là où ti'hamo a hélas raison, c'est qu'entre "l'alliance avec la sagesse éternelle" et "l’acte sexuel est le langage authentique des personnes", il n'y a pas de contradiction, car c'est la même logique de l'humanisme naturaliste wojtylien, mettant l'homme au centre de tout dans une conception suprêmement idolâtre, qui traverse les deux discours !

Écrit par : Yves-Jean | jeudi, 24 avril 2008

- je ne peux accorder beaucoup de crédit ni d'estime, à quelqu'un qui prétendrait s'élever contre la concupiscence, appeler au retour vers Dieu, à la mortification des corps, de l'âme et de l'imagination, à la maîtrise et au contrôle des pulsions et de l'imagination,
et dans le même temps étalerait dans ses articles un imagier érotique, sans se soucier, du coup, des conséquences possibles, après tout, sur l'âme et l'imagination des passants les moins instruits et les plus faibles, et le tout avec une certaine complaisance pas tout à fait très claire.

Mais que cherchez vous au fond et à qui parlez-vous d'ailleurs!?

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

(c'est la même logique de l'humanisme naturaliste wojtylien, mettant l'homme au centre de tout dans une conception suprêmement idolâtre, qui traverse les deux discours ! :
Soit dit en passant, sans vouloir offenser, que n'êtes-vous donc, du coup, en prière et dans le dépouillement, plutôt que d'écrire sur internet. à moins que cela ne vous apporte une certaine satisfaction, ce qui du coup en fait la recherche d'un plaisir sensible en lieu et place de la communion avec Dieu - et du coup c'est péché. ah.)

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

J'espère, oui, me marier un jour - à moins, sait-on jamais, qu'une autre vocation ne se découvre, mais je ne le crois pas.
Quant à l'éducation des enfants, j'ai l'exemple de la mienne, et mes frères et soeurs plus jeunes. Et les enfants qu'il m'a été donné de croiser et de connaître. Et les parents qu'il m'a été donné de croiser et de connaître.

Mais il me semble que nous parlions plutôt de leur conception, que de leur éducation (à moins que vous ne fassiez usage de méthodes peu orthodoxes ?)

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

Et vous ti'hamo, qu'en pensez-vous du mariage ? Etes-vous marié, et que connaissez-vous de l'éducation des enfants ?

Écrit par : André | jeudi, 24 avril 2008

Occupez-vous de votre propre prière et oubliez les besoins de mon âme ti'hamo, qui ne ragardent que moi-même et le Ciel. Mais plus directement, pourquoi ne répondez-vous pas à la question de Henri :

"comment vous-même parvenez-vous à "gober" le déguisement des maîtresses d'Alexandre VI dans des scènes licencieuses à l'érotisme plus que suggestif de la Sixtine , à côtés desquelles les aimables vignettes de cette note sont de la rigolade, sous l'image de saintes et parfois même de Marie, et la doctrine de l'évangile ?"

Écrit par : Yves-Jean | jeudi, 24 avril 2008

Vous n'avez pas répondu à ma question ti'hamo, je vous demandais ce que vous pensiez du mariage, pas si vous pensiez vous marier - nuance !

Écrit par : André | jeudi, 24 avril 2008

Mais il me semble que nous parlions plutôt de leur conception, que de leur éducation (à moins que vous ne fassiez usage de méthodes peu orthodoxes ?)
Y aurait-il une différence entre la conception et l'éducation?

En ce qui me concerne, il me semble que vous avez tout l'air d'un troll!
Vous ne répondez pas à ma question, que cherchez-vous au fond?
Cette note sur la dérive conciliaire ne peut quand même se résumer à ces sempiternelles questions de sexe!
Vous êtes fatiguant!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Beaucoup de bien. "Ils ne feront qu'une seule chair", ce genre de choses.
En tout cas, je ne le vois pas en premier lieu comme simplement un moyen de maîtriser mes passions (auquel cas mon hypothétique épouse se trouverait réduite au rang d'instrument), même si c'est un des effets secondaires bénéfiques...ou plutôt une condition sine qua non, d'ailleurs, à bien y réfléchir.

Le mariage - union de deux êtres pour leur vie terrestre, en communion avec Dieu,
soutien mutuel des époux, amour mutuel, amour "montant" et amour "descendant", eros et agapè réunis,
et fécondité, qui ne se résume pas aux enfants.

C'est un résumé, je vais pas faire une conférence.
En tout cas, vu comme ça, le sexe bien vécu est un langage d'amour - pas une horrible dépravation dont il faut avoir honte ; je dois avoir honte si j'en fais mauvais usage, pour moi-même, dans le libertinage ou l'adultère - mais avoir honte d'aimer corps et âme son époux ou son épouse (aimer, pas "lui appartenir"), ça semblerait un peu bizarre.

C'est pourtant ce que suggère les articles de ce site.

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 24 avril 2008

Finalement c'est pas si mal trouvé cette histoire de nette possibilité de corruption du discours pontifical par la modification des termes du petit texte de ti'hamo "Je ne peux accorder beaucoup de crédit ni d'estime, à quelqu'un qui prétendrait s'élever contre la concupiscence, appeler au retour vers Dieu, à la mortification des corps, de l'âme et de l'imagination, à la maîtrise et au contrôle des pulsions et de l'imagination, et dans le même temps étalerait dans ses [audiences] un [discours] érotique, sans se soucier, du coup, des conséquences possibles, après tout, sur l'âme et l'imagination des [fidèles] les moins instruits et les plus faibles, et le tout avec une certaine complaisance pas tout à fait très claire", lorsqu'on mesure les fruits venimeux des invitations à la libido chez Jean-Paul II dans les positions aujourd'hui défendues dans les médias cathos et l'état concret de l'état d'esprit des mileux dits "d'église"...

Écrit par : Louis | jeudi, 24 avril 2008

Ti'hamo: Je suis plutôt de votre avis mais n'ai pas les armes pour le défendre hélas. Aussi gardais-je un silence prudent ou humble selon qu'on y verra vice ou vertu.

Merci de vos pertinentes remarques sur les animaux (il est vrai c'est leur instinct qui les pousse à copuler, avec pour conséquence la reproduction de l'espèce).

Et puis ce ci que je puis me permettre: merci pour votre pugnacité et votre absence de sécheresse bien chrétienne à ce qu'il me semble.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Soit dit en passant, sans vouloir offenser, que n'êtes-vous donc, du coup, en prière et dans le dépouillement, plutôt que d'écrire sur internet. à moins que cela ne vous apporte une certaine satisfaction, ce qui du coup en fait la recherche d'un plaisir sensible en lieu et place de la communion avec Dieu - et du coup c'est péché. ah.)

La chair convoite jusqu'à la mort, mon cher!


" Plus une religion s'assimile au monde, et plus elle devient superflue." - Joseph Ratzinger -

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Ti'hamo: Je suis plutôt de votre avis mais n'ai pas les armes pour le défendre hélas. Aussi gardais-je un silence prudent ou humble selon qu'on y verra vice ou vertu.

Où tiède?

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Hélène apprenez à lire et aussi à ne pas dégoûter les âmes qui commencent à s'intéresser à la foi. Ainsi vous lirez dans l'association de la prudence à un vice une référence à cette tiédeur vomie. Et ainsi vous apprendrez que le premier pas de la Charité est de deviner (Hello).

Merci d'avance.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Toujours silencieux sur les maîtresses d'Alexandre VI le mignon ti'hamo, dont un portrait de sa maîtresse peinte sous les traits de Marie ornait sa chambre à coucher !

Écrit par : Henri | jeudi, 24 avril 2008

Petit aide-mémoire : avec sa maîtresse Rosa Vanozza Cattanei, le pape Alexandre VI s'autorise non seulement une liberté de moeurs théoriquement incompatible avec sa charge, mais il accède en outre à un mode de vie qui lui est tout aussi interdit : la vie de famille. Car Rosa Vanozza est la mère de ses enfants, notamment des célèbres César et Lucrèce. Leurs jeux érotiques ayant perdu de leur charme aux yeux du pape, il se choisit une nouvelle maîtresse, qui n'est autre que la meilleure amie de sa fille, la jeune Julia Farnese. Les intrigues de celle que tout Rome appelle "Julia bella" profitent à l'ensemble de la lignée Farnese, qui devient la plus riche et la plus puissante famille de Rome. Pour plaire à sa belle, Alexandre VI soutient son frère, Alessandro, dans sa carrière au sein de la hiérarchie catholique. Cardinal à 26 ans, Alessandro devient pape en 1534 sous le nom de Paul III en menant lui aussi une vie pleine d'extravagances.

Écrit par : Martin | jeudi, 24 avril 2008

Enfin (et croyez que c'est là acte de Charité) le "ou" que vous vouliez écrire s'écrit sans accent.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Autant pour moi.))
Cependant, je pense que Ti'hamo est très regardant chez les autres et peu sur lui-même!
Je peux me tromper.

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Merci, je n'en demandais pas tant!

C'est connu, la meilleure défense c'est l'attaque! Aurais-je toucher un point sensible! Que cherchez-vous donc à cacher Tang?

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Nous le pouvons tous, excusez aussi mon ton sec, il est vrai que votre remarque m'avait inutilement blessé.

Pour ce qui est de Ti'hamo que je ne connais pas, j'admire la force d'amour qui lui permet de persévérer en terre si hostile. Et je veux croire que j'admirerai cela quand bien même mes idées s'écarteraient des siennes. Mais Dieu seul le sait.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Oh, la belle Hélène sort de ses gonds !

Écrit par : jean | jeudi, 24 avril 2008

Je suis d'accord avec Tang. Dommage qu'il n'y ait pas plus de Ti'hamo sur ce site de la pensée unique.

Écrit par : jean | jeudi, 24 avril 2008

persévérer en terre si hostile.

Vous plaisantez j'espère?
Vous préférez la guimauve démocratique peut-être?

Je lis depuis un certain temps ce site et je crois pouvoir dire que c'est ici que j'ai rencontré la charité la plus authentique!
En tant que chrétiens nous avons le devoir de nous épauler mais aussi de nous redresser les uns, les autres, c'est ainsi! Chez moi on appelle ça de la gaillardise.
Ceci dit, ce n'est pas franchemment à la mode j'en suis consciente!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

La guimauve, ma tiédeur. Vous ne vous repentez jamais? Vous êtes pénible Hélène, vraiment.

Pour la dernière fois lisez aussi entre les lignes, ou réclamez à d'autres de vous faire un dessin si ce que je vais vous dire ne vous semble pas clair.

Votre gaillardise comme vous dites à 10 contre un pauvre Ti'hamo ressemble à de l'acharnement peu thérapeutique et très à même de dégoûter les âmes peu assurées en leur chemin vers Dieu et sans doute trop curieuses (avides?). Je parle en mon nom, mais je ne dois pas être le seul ici... Si votre foi est bien assurée bénissez en le Seigneur mais n'allez pas écoeurer par manque d'amour (que vous n'allez pas prendre pour une faiblesse tout de même?) ceux qui n'ont pas reçus cette bénédiction.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Vous confondez défenses de ses idées et défense de la Vérité Tang-- on peut avoir du courage pour son petit fond de commerce perso, ce qui est courant sur le net, et perde de vue le sens de la perspective chrétienne. Par ailleurs qu'un garçon visiblement plutôt jeune et non marié, sans enfant, sans expérience conjugale vienne distribuer quelques considérations sur ce que doir être l'amour entre époux est assez amusant.

Écrit par : Louis | jeudi, 24 avril 2008

Je suis d'accord avec Tang. Dommage qu'il n'y ait pas plus de Ti'hamo sur ce site de la pensée unique.


Mais vous êtes là Jean, n'est-ce pas!Vous allez nous dire ce que vous en pensez de la désorientation naturaliste et panthéiste du catholicisme conciliaire!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

La colère face à tant de maladresse me fait écorcher la langue: "ceux qui n'ont pas reçu" bien sûr.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Votre gaillardise comme vous dites à 10 contre un pauvre Ti'hamo


Tang, franchemment là vous allez nous faire pleurer!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Louis bien sûr vous avez raison il s'agit de défendre la Vérité. Comme je l'ai suggéré puis dit puis lourdement répété je n'ai pas le bagage pour déterminer ce qu'il en est des positions de Zak et Ti'hamo, pensez je ne suis même pas croyant , j'aimerai l'être d'où ma présence ici.

Pour ce qui est de l'âge de Ti'hamo et du fait qu'il n'ets pas marié j'attire votre attention sur le fait que c'est sa seule sincérité qui nous permet de le savoir. Cela n'empêche pas de se tromper notez bien. Mais cela témoigne djà d'une certaine beauté d'âme qiu mériterait plus d'égard de la part des puissants du camp Augustinien.

C'est le seul avis que je puisse donner et vous le comprendrez aisément à la lumière de ce que je vous ai "confessé".

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

"Le mariage - union de deux êtres pour leur vie terrestre, en communion avec Dieu, soutien mutuel des époux, amour mutuel, amour "montant" et amour "descendant", eros et agapè réunis, et fécondité, qui ne se résume pas aux enfants." C'est bien ti'hamo, M. le curé a bien fait son boulot !
Mais si c'est pour lire ce genre de choses, ou en distribuer les miettes, les cahiers disponibles à la Procure suffisent largement - ici l'aspiration est d'un autre ordre !


Au fond ce qui est grave à mon sens c'est que vous puissiez écrire, prétendant avoir lu ce qui se trouve en ces lieux, et peut-être même chez Zacharias : "mais avoir honte d'aimer corps et âme son époux ou son épouse (aimer, pas "lui appartenir"), ça semblerait un peu bizarre. C'est pourtant ce que suggère les articles de ce site." Là vous faites une patente démonstration, non seulement d'une grande mauvaise foi, mais de plus de votre inquiétante myopie.

Dès lors je ne vois pas bien à quoi il vous est utile de débattre dans ces conditions.

Écrit par : André | jeudi, 24 avril 2008

"Par ailleurs qu'un garçon visiblement plutôt jeune et non marié, sans enfant, sans expérience conjugale vienne distribuer quelques considérations sur ce que doir être l'amour entre époux est assez amusant."

Parce que vous êtes tous mariés sans doute ? J'aimerais bien savoir si Zak l'est par exemple, lui qui évite en général ces questions que Ti'hamo lui a posées !

Écrit par : jean | jeudi, 24 avril 2008

J'ajoute que ti'hamo ne s'est jamais basé que sur les textes et l'interprétation qu'il en faisait, jamais sur une prétendue expérience qui serait plus que sujette caution.

Hélène: allez, pleurer ne vous ferait pas de mal je crois. Profitez d'ailleurs de votre appartenance au beau sexe qui vous rend la chose moins stupidement honteuse qu'aux hommes.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Mon Dieu, quelle ardeur pour défendre ce pauvre Ti'Hamo!

Mais bon sang, la vie spirituelle n'est pas un plat de cerise!

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Vous dites Tang : "du fait qu'il n'ets pas marié j'attire votre attention sur le fait que c'est sa seule sincérité qui nous permet de le savoir. Cela n'empêche pas de se tromper notez bien. Mais cela témoigne djà d'une certaine beauté d'âme qiu mériterait plus d'égard de la part des puissants du camp Augustinien."

Ce n'est pas le fait d'avoir confessé son état que je blâme, bien au contraire ! c'est de ne pas, au minimum, se la jouer discret et réservé dans un domaine dans lequel il est encore un jeune ignorant...

Sa vision du mariage est d'un idéalisme naïf certes, et je ne voudrais pas blesser cette vision légitime, il aura largement le temps de se réveiller - s'il le trouve un jour - ce que lui souhaite.

Mais la problématique qui est soulevé dans ces pages relève d'une aspiration vers l'Absolu qui doit être rappelée impérativement car passablement oubliée dans l'église conciliaire. Tel est le sens de l'orientation augustinienne ici déployée et défendue, parfois un peu sévèrement, mais ça fait de mal à personne en nos temps de déréalisation virtuelle et de grande confusion dogmatique !

Écrit par : Louis | jeudi, 24 avril 2008

Louis merci à vous. Vos explications sont très claires, limpides même je vous en remercie.

J'entends bien, très bien même ce que vous dites sur la quête d'Absolu. Et cependant je ne réclamais aucune inflexion sur le fond aux Augustiniens, je voulais juste faire remarquer que vu leur supériorité numérique, ils avaient les moyens d'être moins virulents dans la forme (et seulement!).

Si la Question devient une forteresse d'Augustiniens parce que ceux ci auront refusé de réagir avec égard aux rares contradicteurs je crois vraiment que ce sera dommage.

J'imagine bien ne pas être le seul à porter sur ces pages un regard intimidé, humble (à raison, ô combien!).

Si Ti'hamo se la jouait réservé il n'y aurait qu'un son de cloche et plutôt effrayant pour les brebis égarées, en quête de pasteur.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

@Hélène: Les cerises ont aussi un noyau qui ne me semble pas spécialement tendre. L'image était donc très bien choisie, bien mieux que vous ne pensiez.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Je viens de lire votre note sur les femmes!
Il est clair que nous n'avons pas la même vision des choses Tang!

Ceci dit, je reconnais que quelquefois la vie spirituelle a du bon, il n'en demeure pas moins que le noyau est très dur!
C'est celui là qu'il faut briser

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Apparemment le "Ils ne feront qu'une seule chair", sur lequel je viens de lire un long argumentaire des plus intéressants de Zak sur la note Sollers/ Hadjadj, et qui taraude encore étrangement les tenants du sexe décomplexé, me fait penser à une question plus haut posée à propos de l'ex théologien et toujours psychanalyste allemand Eugen Drewermann, qui envisageait les rapports de l’homme à Dieu dans une perspective psychanalytique et qui achève sa navrante carrière dans un panthéisme écologique antispéciste où l’homme apparaît comme un prédateur de la Création, affirmant l'immortalité des animaux et proclamant la divinité de tout ce qui est créé ! Délirant !

Écrit par : Henri | jeudi, 24 avril 2008

Hélène les femmes ne sont pas des choses... Je plaisante évidemment, soyez indulgente à mes erreurs j'essaie d'aller vers la Vérité.

Vous avez raison de comparer plutôt la vie spirituelle à une amande qu'à une cerise. Voyez vous me faites progresser. Merci (sincèrement).

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Henri évoquait plus haut l'incroyable dévergondage spirituel des papes de la Renaissance, et leur éloignement des vérités chrétiennes, faisant étalage d'une vie honteusement charnelle qui les amena à justifier les pires conception païennes. Mais peut-être est-il utile de rappeler le jugement que portait le Pape Léon X, l'un des grands amateurs "d'art" de l'église, sur ce qu'il nommait la fable du Christ :

"On sait de temps immémorial disait-il au cardinal Bembo combien cette fable de Jésus-Christ nous a été profitable (Quantum nobis nostrisque que ea de Christo fabula profuerit, satis est omnibus seculis notum. (In l’Art de ne croire en rien, Rivages poche/Petite Bibliothèque, page 142.)

Écrit par : André | jeudi, 24 avril 2008

Je confirme, pour Drewermann, qui n'est tout de même plus dans l'église, les animaux sont tout autant promis à une vie immortelle que les humains. « Il n’y a pas de Dieu, s’il n’y a pas d’immortalité ; car s’il existait et s’il était indifférent et insensible (…) y compris envers les plus petits êtres, il serait aussi indifférent pour nous qui pensons et sentons en dépit de notre petitesse. Ou bien tout revient : les méduses et les mouettes, les nuages et l’archipel, le soleil et la mer, ou bien tout est néant » .

Pour Drewermann, il est donc important que l'on reprenne conscience, suivant l’exemple cité par lui des Egyptiens -ceux-ci ayant inventé l’idée d’immortalité et de résurrection-, de l’unité fondamentale de toute vie !

Écrit par : Karl | jeudi, 24 avril 2008

Hélène les femmes ne sont pas des choses...
Loin de Dieu elles le sont!
Si je vous fait progresser tout le plaisir est pour moi (en tout bien tout honneur)
A bientôt

Écrit par : Hélène | jeudi, 24 avril 2008

Ceux qui citent cette phrase de Léon X allèguent parfois comme source Jean Pic de la Mirandole, mais sans référence précise. Il semble que l'attribution de ce blasphème à Léon X remonte à John Bale (1495-1563), auteur anglais anticatholique (John Bale, The Pageant of Popes, éd. 1574, p. 179).

Plus exact et tout à fait historique, c'est le 15 juin 1520, que Léon X fulmina la bulle Exsurge Domine, sommant Luther de se rétracter. Elle fut brûlée en place publique le soir de Noël. Le 3 janvier 1521, il fut excommunié.

Écrit par : Radek | jeudi, 24 avril 2008

Merci à vous Hélène.

Écrit par : Tang | jeudi, 24 avril 2008

Puisque vous vous intéressez aux dérives de l'église moderne, sachez que l'on a été informé il y a quelques mois déjà, que le plus grand archidiocèse des Etats-Unis a versé 660 millions de dollars de dommages et intérêts aux victimes de sévices sexuels infligés par des membres du clergé catholique. C'est la somme la plus importante jamais versée depuis que cette Eglise a dû faire face à des scandales sexuels aux USA.

D'après Ray Boucher, le principal avocat des plaignants, l'Archidiocèse catholique romain de Los Angeles et les parties civiles sont parvenus à un accord le samedi 14 juillet 2007. L'Archidiocèse et les parties civiles doivent faire une déclaration le dimanche 15 juillet au matin, et tenir une conférence de presse le lundi 16.

Une source anonyme, informée sur cet accord, évalue le montant des dommages et intérêts à 660 millions de dollars, la somme la plus importante jamais versée par l'Eglise catholique dans le cadre des procès pour sévices sexuels. En moyenne, chacun des plaignants recevra un peu plus de 1,3 millions de dollars. Le montant global dépasse les estimations précédentes qui faisaient état de 600 ou de 650 millions de dollars.

Écrit par : Church | jeudi, 24 avril 2008

Et maintenant, tenez-vous bien, c'est la très gauchiste revue Politis qui fait de la pub pour le navrant bouquin de Hadjadj !


"La revue Familles chrétiennes vient de publier dans un numéro spécial l'interview d'un philosophe du nom de Fabrice HADJADJ. Il n'est pas dit qu'il est chrétien, et ce point doit être souligné"

dit cet article en introduction !

Écrit par : Felix | jeudi, 24 avril 2008

Le Pape Jean-Paul II a eu de bonnes intuitions parfois, et singulièrement contre les dérives de la liturgie post-conciliaire !

Qualifiée de « catéchisme sur la Messe » par un expert liturgique, l’Abbé Christophe Héry cité dans cette note (vr. « le Pape réhabilite la doctrine du sacrifice de la messe », Mascaret, mai 2003), il est plus qu'utile de lire l'Encyclique « L’Église vit de l’Eucharistie », Jean-Paul II. Cerf, Paris, 2003, 3,70 €.

Écrit par : Hire | jeudi, 24 avril 2008

"Mais bon sang, la vie spirituelle n'est pas un plat de cerise!"
si : simplicité, bonheur, mais en même temps fastidieux car pas moyen d'éviter les noyaux. Problème qui ne se pose pas avec les bâtons de guimauve (qui sont tout de même très vite écœurants, cela dit).
(j'ai répondu avant d'avoir lu la réponse de tang, ce qui du coup est amusant)

(tang que je remercie au passage, je serais un peu gêné d'avoir à me défendre comme il m'a défendu, mais ce qu'il dit est vrai : pourquoi me reprocher mon "manque d'expérience", puisque je n'ai jamais prétendu me fonder là-dessus ? Je demande, c'est tout. Et soit dit en passant, pas besoin d'être marié pour être sexué. Autant se poser les questions avant, non ? D'autant que jouer les blasés et revenus de tout à propos du mariage, ne semble pas une attitude particulièrement chrétienne ni excessivement encourageante.)

Mais enfin bon, visiblement personne ne vient ici pour obtenir des réponses.
Soyez tout de même rassurés, l'injonction de ne faire qu'une seule chair, homme et femme, ne me "taraude" pas mais plutôt m'émerveille - avec un soupçon de crainte cependant, et de doute, d'autant que je sais bien ce que nous sommes, nous autres simples humains, capables de faire d'un si beau don.

Concernant les animaux tout de même, car j'ai lu des choses bizarres un peu plus haut : non, le fait que Dieu aime la création et l'être humain n'entraîne pas forcément que la vie animale soit immortelle. La phrase citée pose un syllogisme biaisé par un a priori : si Dieu n'est pas indifférent à sa Création (et priori il ne l'est pas, effectivement), alors tout devrait revenir et ne pas mourir (au passage, il y a une différence entre "revenir" et "ne pas mourir"). Or je peux aimer un animal, un paysage, un beau spectacle, ne pas y être indifférent, et pour autant tout à fait conscient qu'il passe et n'existera plus, sans que cela me pose de problème.

Or, Dieu peut aimer ce monde, sa création et chaque être à sa mesure et selon sa nature, et pour autant faire qu'ils passent et meurent - si cela est leur nature et que cela participe de l'harmonie de la création.


Enfin pour ceux qui lisent Benoît XVI, vous aurez noté qu'il ne rejette pas l'eros comme mauvais en soi mais le réhabilite en tant qu'amour ascendant, qui cependant doit être lié à l'agapè - agapè qui seul n'est pas suffisant.

Écrit par : ti'hamo | vendredi, 25 avril 2008

Ceci dit, si ma vision du mariage semble naïve ou obscène, que ne me fait-on partager ses connaissances acquises de saines lectures et d'expérience quotidienne ?

Écrit par : ti'hamo | vendredi, 25 avril 2008

Ceci dit, si ma vision du mariage semble naïve ou obscène, que ne me fait-on partager ses connaissances acquises de saines lectures et d'expérience quotidienne ?

"Celui qui cherche trouve" Luc 11-10

Écrit par : Judith P | vendredi, 25 avril 2008

Ah mais, je ne fais que ça depuis le début : je cherche. Un moyen de vous faire parler.

Sinon il y a aussi "Prenez ces cruches, et remplissez les".
hm.
Enfin, j'ai dit ce que j'avais trouvé ; le "ils ne feront qu'une seule chair" de la Genèse repris par Jésus et appliqué au mariage, l'injonction "croissez et multipliez", le Cantique des Cantique, l'union légitime de l'époux et de l'épouse reprise comme image de l'union de l'âme à Dieu, ou de l'Eglise à Dieu,
l'amour par les gestes autant que par la parole,
...
...mais l'on me dit que ce n'est pas cela du tout du tout, que je me suis bien gentiment trompé du tout au tout.

Je réponds : soit. C'est tout à fait possible. Mais dans ce cas, quoi, alors ?

Écrit par : ti'hamo | vendredi, 25 avril 2008

Il y a quelque chose que je ne supporte absolument pas dans la messe moderne (entre autre! il y aurait tellement à dire), c'est cette manie de tout gestuer! Ah le Notre-Père mimé par des vieilles personnes à l'air ébahi!

j'ai trouvé le créateur de cette science nouvelle que nos dames chaisières s'empressent perpétuellement à vouloir nous imposer, transformant, de fait , la messe en un grand happening soixante huitard! Avec applaudissements s'il vous plaît!!

L'idée n'est pas sotte au demeurant, mais je ne suis pas si sûr que M. Marcel Jousse serait heureux de l'usage que l'on en fait au XXI e siècle!



Marcel Jousse est le créateur d'une science nouvelle, l'anthropologie du geste, qui étudie le rôle du geste et du rythme dans les processus de la connaissance, de la mémoire et de l'expression humaine. Cette science vise à opérer une synthèse entre disciplines diverses: psychologie, linguistique, ethnologie, psychiatrie, sciences religieuses et exégétiques, pédagogie profane et sacrée.

http://www.marceljousse.com/index.php

Écrit par : Ernest | vendredi, 25 avril 2008

Le lien ne passe pas ??

http://valleeduserein.cef.fr/Sitevds1/site_adulte/evenements/Ktfete/EveKtfeteMai2007.htm

Écrit par : Ernest | vendredi, 25 avril 2008

Décomplexé, expression libre, érudition, franche rigolade, aucune pudibonderie!

Ah ce blog ! Décidemment, vous m'étonnerez toujours!

Écrit par : . | samedi, 26 avril 2008

"La revue Familles chrétiennes vient de publier dans un numéro spécial l'interview d'un philosophe du nom de Fabrice HADJADJ. Il n'est pas dit qu'il est chrétien, et ce point doit être souligné"


Selon Jean - François Kahn "un catholique moderne est un catholique qui ne croit pas en Dieu. ...", maintenant j'apprend qu'un catholique n'est pas chrétien!?


Espérons que Benoît XVI vivra assez longtemps pour mettre en place une politique de redressement de l'église, sinon, nous allons droit dans le mur!

Merci Ernest, je me suis toujours demandée d'où pouvais bien venir cette manie de gesticuler à la messe.

Écrit par : Pauline | samedi, 26 avril 2008

Nous fêtons aujourd'hui Saint Pierre Canisius, docteur de l'église (1521-1597) qui oeuvra à réparer les ruines amoncelées par l'hérésie.
Alors que les médias enterrent déjà Benoît XVI, prions pour que des Saints tels que Pierre Canisius émergent du cloaque pour l'aider dans sa tâche.

http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/25/01001-20080425ARTFIG00600-la-sante-du-pape-alimente-deja-les-rumeurs-de-succession.php

Écrit par : Ernest | dimanche, 27 avril 2008

On a aussi le droit de s'y mettre à son niveau personnellement.

Et, oui, voilà contaminé par la manie de la bougeotte et du bruit permanent le dernier lieu qui devrait l'être, la messe. Ou bien même, plus généralement, les églises.
"On n'a rien compris au monde moderne si on n'a pas compris qu'il s'agit d'une conspiration générale contre toute forme de vie intérieure", non ? Ce qui se vérifie concrètement - toujours partout, 'faut que ça bouge ; que ça parle ; que ça surprenne, que ça fasse du bruit, de la musique, il faut à tout prix remplir, meubler, combler, le moindre silence et le moindre temps d'attente.

Pensant trouver refuge dans le dernier lieu épargné, vous rentrez dans quelque église pour rencontrer et converser, ne serait-ce que quelques minutes, votre Seigneur et Maître - et paf, belle église, petite lumière rouge, st sacrement dans son tabernacle, tout y est mais on vous a collé par là-dessus un petit fond musical, des fois que les touristes de passage ne se sentent trop angoissé dans un subit bain de silence où l'on perdrait pied - oh certes, pas de la musique de carnaval ni du metal, un vrai bon fond de musique religieuse, mais tout de même.

Mais tout de même de quoi perturber votre concentration de toute façon naturellement déjà défaillante, titouiller votre esprit comme une espèce de moustique la nuit qu'on entend sans trop bien localiser et vous empêche de dormir, de quoi de toute façon empêcher toute forme de vrai silence, dont pourtant on ne saurait se passer pour prier réellement et adorer à peu près en vérité. C'est déjà pas facile dans le silence, ça devient impossible ainsi.

L'esprit actuel présidant à "l'animation" des messes relève de la même logique - il FAUT une chanson à ce moment là, un commentaire ici, une remarque là, un discours sur la faim dans le monde pour meubler là, il faut meubler, bouger, ne surtout pas laisser l'"assistance" en repos.
Tout ça avec la volonté de bien faire, mais sans même plus trop bien savoir, justement, ce qu'il convient d'appeler "bien".
L'essentiel devenant l'homme, l'humain, qui doit ne pas se sentir perdu, se sentir bien et ressourcé, manger-bouger.com. D'où qu'on se mette à chanter, d'ailleurs, "peuple de Dieu (...) louange à toi".

Un bon début et à la portée de tous, finalement, serait déjà de couper la sono...

Écrit par : ti'hamo | dimanche, 27 avril 2008

Ce qui est intéressant avec les textes, c'est que l'on y trouve toujours, pour peu que l'on produise un minimum d'effort, les réponses aux questions que l'on se pose.

Par exemple, si l'on veut savoir pourquoi il fut un temps où il était important de "croître et se multiplier", on se demande pourquoi il en serait autrement à présent puisque l'apôtre nous dit que "ceux qui ont une femme soient comme s'il n'en avaient pas" ("Mais dans ce cas, quoi, alors ?" dit celui qui veut qu'on lui donne à manger à la béquée)


Réponse :

"De la part des patriarches qui avaient mission d'accroître et de conserver le peuple de Dieu, la propagation des enfants avait une raison d'être fort légitime; aujourd'hui elle n'a plus le caractère d'une nécessité.
Depuis Jésus-Christ la mission par excellence c'est de régénérer spirituellement les enfants qui naissent de quelque manière que ce soit au sein de toutes les nations. Ces paroles de l'Ecriture : « Le temps d'embrasser, et le temps de s'abstenir de tout embrassement » (Eccl. III, 5), nous dépeignent parfaitement ces deux périodes du monde.

La première est celle qui a précédé Jésus-Christ; la seconde est celle qui a suivi la venue de Jésus-Christ.

L'Apôtre formule en ces termes la même pensée : « Voici donc ce que je vous dis, mes frères : le temps est court, et ainsi, que ceux mêmes qui ont des femmes soient a comme n'en ayant point; (...) car la figure de ce monde passe. Pour moi, je désire vous voir dégagés de soins ».
J'exposerai brièvement dans quel sens je comprends ces paroles. « Voici ce que je vous dis, mes frères : le temps est court », ce n'est plus le moment de propager le peuple de Dieu par la génération charnelle, mais de le réunir spirituellement par la régénération. « Ainsi, que ceux mêmes qui ont des femmes soient comme n'en ayant point », qu'ils ne se laissent donc pas subjuguer par la concupiscence charnelle; « que ceux qui pleurent » sur les tristesses du mal présent, se réjouissent par l'espérance du bien futur; « que ceux qui se réjouissent » sur quelque avantage temporel, soient saisis de crainte à la pensée du jugement éternel; « que ceux qui achètent » possèdent de telle manière que tout en aimant ils ne s'attachent pas; « que ceux qui usent de ce monde» n'oublient pas que leur vie n'est point un séjour perpétuel, mais un passage. « Car la figure de ce monde passe. Pour moi, je désire vous voir dégagés de soins » ; c'est-à-dire, je désire que vous attachiez votre coeur aux choses qui ne passent pas. Le même Apôtre ajoute : « Celui qui n'est point marié s'occupe du soin des choses du Seigneur, et de ce qu'il doit faire pour plaire au Seigneur; mais celui qui est marié s'occupe du soin des choses de ce monde et de ce qu'il doit faire pour plaire à sa femme ». (S. Augustin, DU MARIAGE ET DE LA CONCUPISCENCE, CHAPITRE XIII. LE MARIAGE AVANT JÉSUS-CHRIST; LA CONTINENCE DEPUIS JÉSUS-CHRIST)

Écrit par : Pierre | dimanche, 27 avril 2008

Le pape appelle l'Eglise américaine à se purifier !

Écrit par : Reuters | lundi, 28 avril 2008

La décision a été prise en décembre 2005, mais il est bon de la rappeler, tant elle fut significative :

"C’est une décision claire et sans ambiguïté que vient de prendre le pape BENOIT XVI à propos des Franciscains d’Assise et de leurs forums politiques. La ville de Saint François d’Assise est importante dans le monde chrétien, puisque c’est le quatrième lieu de pèlerinage chrétien (après Rome, Jérusalem et Saint-Jacques de Compostelle). C’est une décision de PAUL VI, il y a 35 ans, qui avait donné aux Franciscains un certain nombre de privilèges et de libertés que le Pape BENOIT XVI vient de leur retirer par un motu proprio (décret) fin novembre.

Désormais, les Franciscains sont placés sous tutelle : celle de l’évêque de la ville et celle du cardinal RUINI, Président de la conférence épiscopale italienne. L’évêque d’Assise en avait assez d’apprendre par la seule presse les initiatives plus ou moins gauchisantes de ces Franciscains, qui se comportaient comme une enclave autonome. Selon Le Monde, c’est le premier coup de crosse du nouveau Pape, contre un ordre puissant, et « qui rappelle la remise au pas de la Compagnie de Jésus par JEAN-PAUL II à son arrivée au pouvoir ».

Que reproche-t-on aux Franciscains ? De n’en faire qu’à leur tête et « à Assise d’être devenue le repère des pacifistes, écologistes et autres altermondialistes ». Les hommes politiques qui sont reçus à Assise par les Franciscains sont un peu « typés » : hier, c’était Yasser ARAFAT ou Tarek AZIZ, ministre des affaires étrangères de Saddam HUSSEIN. Mais aussi des militants actifs de la gauche italienne, comme le cinéaste Roberto BENIGNI, le grand ennemi de BERLUSCONI. C’est au point que la droite est obligée de boycotter la procession organisée à Pâques par les Franciscains, en raison de la présence de personnalités politiques, toutes de gauche et d’extrême gauche."

Écrit par : Assise | lundi, 28 avril 2008

Une enquête réalisée auprès de l'Association Chrétienne des Etudes Psychologiques (enquête citée dans Martin et Diedre Bobgan, PsychoHeresy, page 106), a révélé que cette Association avait placé à la première place Carl Rogers. Or, Carl Rogers est le principal responsable de cette frénésie de l'estime de soi. Comment se fait-il qu'une association chrétienne mette en première place un humaniste athée comme Carl Rogers ? Ce dernier nous apporterait-il une révélation qui nous manque ?
"L'Eglise de Jésus-Christ est ravagée, et vendue aux mains de ses ennemis, parce qu'elle a joué les prostituées devant le dieu de la Psychologie, dont l'objectif anti-biblique est de faire en sorte que les gens se sentent "bien" avec eux-mêmes, au lieu d'aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, de toutes leurs pensées et de toutes leurs forces, et au lieu de chercher à être conforme à l'image de Son Fils" (Mel et Gloria Blowers, "Psychology : A Biblical Analysis" (Analyse de la Psychologie à la lumière de la Bible), sur le site Internet de PsychoHeresy).

Écrit par : Hide or Seek | lundi, 28 avril 2008

"L'Eglise de Jésus-Christ est ravagée, et vendue aux mains de ses ennemis...
Oh que oui, pour preuve (il en faut encore hélas! certains tardent à ouvrir les yeux) cet excellent article trouvé sur ce blog:

http://www.sombreval.com/Haro-sur-l-Institut-Catholique-_a653.html

En ce qui concerne l'église Américaine et sa purification, nous ne sommes pas en reste! Il n'est qu'à regarder autour de nous, les catholiques français ont du pain sur la planche!
Complaisance coupable envers tout ce qui va vers le bas (sans contrition, bien au contraire on en est fier. Pardi! Les Hadjadj et compagnie en font des livres, alors! Si un théologien (???!!!) en fait des livres, on peut suivre comme des moutons de Panurge, hein!), l'orgueil (Benoît XVI nous avait mis en garde, lors de son élection), la division permanente; il n'est qu'à voir l'acceuil qui est fait au Motu Proprio de la part des conciliaires, mais aussi de certains tradis ce qui est étonnant tout de même.

Quand à l'esprit d'Assise, on juge l'arbre à ses fruits! No coment!


Un blog sur l'église en Amérique

http://americatho.over-blog.com/article-19022569.html

Écrit par : Serus | lundi, 28 avril 2008

Effectivement Serus, nous constatons que l'esprit du monde est entré dans de nombreuses églises et possède beaucoup de chrétiens. On va chercher ses inspirations dans les méthodes, les modes, la musique, la gesticulation, l'ambiance, du monde. Il existe une prostitution spirituelle du peuple de Dieu, qui construit ses autels sur le modèle des incroyants, comme Israël autrefois imitait les nations idolâtres qui l'entouraient.

Dans certains rassemblements, les groupes de louanges, musiciens, chanteurs et chanteuses, produisent un spectacle. Ils se comportent à la manière des groupes et des stars du monde, dans leurs gesticulations et leur façon de s'habiller. Le culte de certaines églises ressemble à une soirée en discothèque : autant de décibel, d'extravagance, de gesticulations charnelles, de cris et de désordre.

La tenue vestimentaire de certains curés n'a rien à envier aux personnages du monde et ce qui devrait être une simple table, proposant les choses élémentaires à la piété, est devenue une vitrine pour des magazines qui ne sont plus chrétiens.

Je crois que si Jésus se trouvait physiquement dans certains lieux où on est censé le louer, il manifesterait sa désapprobation, comme il le fit dans le temple de Jérusalem. Mais la réprobation divine se remarque surtout dans une absence de plus en plus évidente de la manifestation réelle de l'Esprit de Dieu, attristé de cette situation. Alors il se retire...

Écrit par : Jean | lundi, 28 avril 2008

Que l'on ne me dise pas que tout ça est le résultat de Vatican II!
Le mal est plus profond; il n'est qu'à se rappeler certains épisodes historique tels que la loi 1905!
Ils semblerait que les catholiques soient voués toujours à obéir de façon moutonnière.
Quand on voit les personnes âgées à la messe, ce sont elles qui font toujours le plus de zèle pour les embrassades, les applaudissements, les bras levés au ciel pour le Notre-Père. Jamais offusquées que le prêtre reste assis alors que les femmes donnent la communion, tels de bons petits soldats prêt à défendre l'église en marche.

Peut-être suis-je trop sévère?

Serus, oui c'est étrange cette position de certains tradis, comment expliquer cela, j'ai du mal à comprendre.

Écrit par : Hélène | lundi, 28 avril 2008

Cela se comprend pour une simple raison Hélène, à savoir que certains "tradis" comme vous l'écrivez, sont souvent des catholiques de surface - des catholiques qui aiment l'atmosphère de la religion, son climat esthétique, etc., mais qui restent sur la pas de la porte sur le plan spirituel et ne réalisent pas la fameuse "circoncision du coeur" dont nous parle s. Paul.
D'où les réactions étonnantes, exprimant une vive et nette sympathie, que l'on découvre parfois chez plusieurs d'entre eux à propos des orientations morales ou disciplinaires de l'église conciliaire.

Écrit par : Serrus | lundi, 28 avril 2008

De nombreux films prétendument historiques diffusent une image volontairement erronée de la religion chrétienne traditionnelle.

A titre d’exemple récent, "Saint-Cyr" de Patricia Mazuy (1999 / 2000) avec Isabelle Huppert, racontait l’histoire de cette Institution pour l’éducation des jeunes filles issues de la noblesse militaire désargentée ; prétexte pour réduire le catholicisme à une religion morbide. Mme de Maintenon y est présentée comme une femme si éprise de perfection qu’elle en devient névrosée : pénitence, flagellation, rigorisme... Le film est en outre une sorte de manifeste féministe avant l’heure.

http://www.ecrits-vains.com/cinema/natalie_grosskopf4.htm

Écrit par : Esther | lundi, 28 avril 2008

Félicitations pour l'esprit de votre blog !

Connaissez-vous "Défense du Catholicisme" qui oeuvre pour lutter contre les dérives et les blasphèmes commis à l'égard de la religion ?

Voici les deux citations qui ouvrent le site qui devrez trouver un écho de sympathie chez vous :

"Ne soyons pas des chiens muets, ne soyons pas des guetteurs silencieux, ne soyons pas des mercenaires qui fuient devant le loup, mais des pasteurs attentifs, veillant sur le troupeau du Christ, prêchant aux grands et aux petits, aux pauvres et aux riches, le dessein de Dieu, aux hommes de toute condition et de tout âge, autant que Dieu nous en donnera le pouvoir, à temps et à contre-temps."
Saint Boniface, extrait de la Lettre 78.

"Nous promettons de crier si fort la Vérité chrétienne que les plus sourds l'entendront, de mettre si fort à l'oeuvre nos âmes que les plus durs en seront émus, d'agir et de vouloir tout et tant que, avec la grâce de Dieu, quelque chose en sera changé dans le monde. Ne peut-on espérer quelque chose quand on est avec Celui qui peut tout ?"
Mgr Vladimir Ghika (1873-1954), martyr du communisme en Roumanie.


Dernier outrage un Mickey cricifié en couverture d'un magazine dit "artistique" :


http://spiritualite-chretienne.com/combat/25-03-2008.html

Écrit par : Défense du catholicisme | lundi, 28 avril 2008

Tenez je viens de tomber sur la définition du "tradis" selon Golias!
Cela vaut son pesant de cacaHuètes!
D'après certains il n’y manque rien, pour connaître ce milieu par coeur !
Ah, c'est bien. Pour moi c'est plié, je dois manquer dans la liste car je ne m'y suis pas vu ! Dommage ils ratent quelque chose.


http://www.golias.fr/spip.php?article1616

Écrit par : Enzo | lundi, 28 avril 2008

Une remarque à Pierre, tout de même : mais enfin, si les premiers chrétiens avaient tous vécus avec leur épouse ou leur époux "comme s'ils n'en avaient pas", alors vous ne seriez pas là pour en parler, ou alors vous ne seriez pas chrétien.
Du coup, vous faites un peu l'effet, sur cette question, de celui qui use de la vigueur de ses forces vitales pour dénigrer la vie, ou de la langue française pour dénigrer la France.

D'autre part, ce me semble, St Paul et d'autres à ce moment, prennent les paroles de Jésus à propos de son retour, comme devant s'accomplir très bientôt. Ce qui visiblement n'a pas été le cas, à échelle humaine tout du moins.
Je m'étonne d'ailleurs que vous n'en ayez pas pris conscience, visiblement, puisque vous citez vous-même la parole de l'apôtre, "le temps est court", où justement il semble qu'il aie conclu un peu hâtivement. 2000 ans, à échelle humaine, c'est quand-même pas rien.

Enfin, je ne dénigre pas St Paul, mais ses propos sont aussi à comprendre du point de vue ci-dessus mentionné, et surtout je constate que Jésus lui-même n'a donné aucune exhortation en ce sens, puisqu'au contraire il a redit la parole de la Genèse "qu'ils ne fassent qu'une seule chair" à propos du mariage,
et qu'il a bien précisé que ce serait APRES la mort qu'il n'y aurait plus de maris ni de femmes. S'il en avait été autrement, il aurait répondu en ce sens justement à ce moment.

Et puis, faire l'amour à son époux/épouse, ce n'est pas forcément "être subjugué par la concupiscence charnelle", dites - vous pouvez apprécier la lecture d'un beau texte d'un père de l'Eglise, sans être accusé de "succomber aux séductions de l'esprit humain tortueux et corrompu",
vous pouvez goûtez un beau festin de noce en toute justice et tempérance, sans pour autant "succomber aux délices torpides de la gloutonnerie orgiaque". Enfin quoi. Je rappelle, contre ce que quelqu'un a supposé plus haut, que le sexe ne va pas forcément vers le bas (ni l'esprit humain forcément vers le haut).

Du moins, je vois donc qu'aucun de vous ne concevra d'enfants et d'ici quelques années la question devrait être réglée.
(parceque, s'il ne faut pas aller vers sa femme pour autre raison que concevoir, et s'il est devenu inutile et déconseillé de concevoir maintenant que Jésus est venu, alors la conclusion arrive d'elle-même.)


A part ça et sur de tout autre sujets, effectivement, bien d'accord pour réprouver la livraison clé en main de l'eglise et son discours au profit d'une psychologie new-age de bas étage, qui plus est radicalement matérialiste et égocentrique.
ça me rappelle d'ailleurs un gros titre d'un quelconque magasine du type "philosophie magasine" ou "psychologie magasine", ou encore un autre,
qui sortait un article sur la générosité : être généreux et altruiste, finalement, c'est bien, parceque ça nous fait du bien, et ça nous renvoie une image valorisante de nous-mêmes". ça c'est de la philsoophie, tiens.
Je doute même que l'auteur de l'article ait réellement goûté toute l'ironie de sa formulation ; la charité, c'est bien, parceque ça me fait du bien.

C'est d'ailleurs ce que réclame le monde : la religion rencardée à "la sphère privée" et "dépoussièrée" de toute trace de responsabilité, de souffrance et de sacrifice. Et d'exigences, attendu que le monde seul s'octroie le droit d'en délivrer.
Autrement dit, et c'est bien la "pensée" (?) qui préside à cela : la religion, ça a du bon par moment, pour peu que ça ne soit qu'un constituant de ma personnalité, un soutien dans les moments difficiles, un pourvoyeur de confiance en soi - et de jolis monastères pour "se ressourcer" comme on le ferait en écoutant des compilations Nature et Découverte. Et de sujets vendeurs pour expositions "artistiques" à thématique "provocatrice". (encore une fois, c'est bon pour le moral, quelques émoustillations à base de dénigrement religieux ; on dort mieux après, sans doute, mieux qu'avec une bonne tisane "nuits tranquilles" de grand-mère.)

Écrit par : ti'hamo | lundi, 28 avril 2008

Je vous avez dit que si on voulait recevoir quelques réponses aux questions que l'on se pose, il fallait faire "lire" les textes des Pères en produisant un minimum d'effort.
Or, je constate que celui-ci n'a pas été fourni suffisamment...puisque vous ne savez toujours pas pourquoi, en vous prenant, excusez du peu, les pieds sur s. Augustin, il fut un temps où il était important de "croître et se multiplier", et un autre à présent où il en est autrement selon que l'apôtre nous a dit que "ceux qui ont une femme soient comme s'il n'en avaient pas".
Zak a eu finalement raison de vous inviter sévèrement à d'abord apprendre à lire, puis à méditer sérieusement vos lectures.

Écrit par : Pierre | lundi, 28 avril 2008

Selon saint Pie X (Pascendi), les modernistes sont « les pires ennemis de l’Église ». Toujours selon ce même saint pape, le modernisme est « l’égout collecteur de toutes les hérésies » (motu proprio Praestantia, 18 novembre 1907).

Roncalli, Montini, Luciani et Wojtyla pataugèrent jusqu’au cou dans cette cloaca maxima qu’est le modernisme. Ils sont ainsi bel et bien des "hérétiques" en bonne et due forme, vu qu’ils ont parjuré leur serment. Leur programme est hérétique de A à Z, et ils sont, in­contestablement, des hérétiques formels.

Écrit par : Hadrien | lundi, 28 avril 2008

Pour connaître l’hérésie moderniste et savoir la reconnaître derrière ses masques multiples et hideux, il nous faut lire l'encyclique Pascendi : ne serait-ce que parce que l’erreur se définit toujours par rapport à la vérité ! Saint Pie X dénonce vigoureusement et avec grande précision l’hérésie. Aussi pouvons-nous affirmer que Pascendi reste la meilleure et la plus sûre synthèse de l’hérésie moderniste, inégalée à ce jour ! De plus, appuyée solidement sur les principes immuables d’une saine philosophie et d’une théologie très sûre, l’encyclique transcende les modes et reste plus que jamais d’actualité puisque l’hydre moderniste, ayant relevé la tête, savoure ce qu’elle pense être son triomphe définitif.

Écrit par : Leroux | lundi, 28 avril 2008

SUR LA CONVERSION DU PECHEUR


http://zacharias.hautetfort.com/

Écrit par : Radek | lundi, 28 avril 2008

@Pierre, suite à votre post, voilà qui éclaire bien la raison de l'ignorance, pour chacun d'entre nous, du jour et de l'heure auxquels nous serons appelés à rejoindre le Royaume, car il s'agit de prendre au sérieux les paroles de Jésus à propos de son retour, comme devant s'accomplir très bientôt" ce qui visiblement a été le cas, "à échelle humaine tout du moins" pour chaque baptisé qui nait au Ciel depuis la Résurrection du Seigneur.
Et l'on s'étonne d'ailleurs que si peu en aient pris conscience, visiblement, puisque la parole de l'apôtre, "le temps est court", montre, non "qu'il ai[t] conclu un peu hâtivement" (quelle audace de l'imaginer !) mais que ce temps s'annonce comme déjà engagé et actuel pour tous les chrétiens, morts et ressuscités en Jésus-Christ.

Voilà qui le fait mieux comprendre :

"Si le Seigneur nous a laissé ignorer notre dernier jour, c'est pour nous forcer à pratiquer sans cesse la vertu , à veiller toujours, à faire chaque jour plus d'efforts pour devenir meilleurs. En effet, dit l'Ecriture : Veillez, parce que vous ne connaissez ni le jour ni l'heure. (Matth, XXV, 13.)
Or, nous faisons tout le contraire, et nous dormons d'un plus lourd sommeil que le sommeil de la nature. Car, le sommeil naturel n'opère ni bonnes ni mauvaises oeuvres; mais nous dormons, nous, de l'autre sommeil; endormis pour la vertu, éveillés pour les oeuvres coupables, actifs pour le mal, paresseux pour le bien. Et nous menons cette conduite, quand nous voyons, chaque jour, un si grand nombre de vivants quitter la terre, quand nous voyons ceux qui restent exposés dans la vie présente, à tant de vicissitudes; et cette si grande instabilité des choses humaines ne nous persuade pas la vertu, ne nous inspire pas le mépris du présent, l'amour de la vie à venir; à ce qui n'est qu'un songe, qu'une ombre, nous ne préférons pas la vérité. En quoi les choses présentes diffèrent-elles des ombres et des songes?
Eh bien ! désormais, cessons de nous tromper nous-mêmes; ne nous attachons plus à suivre des ombres. Il est bien tard, mais qu'importe? appliquons-nous enfin à notre salut; vidons nos trésors dans les mains des indigents, afin de mériter, par ce que nous aurons fait pour eux, la miséricorde du Seigneur. Puissions-nous tous en jouir, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire , l'empire , l'honneur, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il."

(St. Jean Chrysostome, Commentaires et Homélies).

Écrit par : André | lundi, 28 avril 2008

Merci de vos précisions plus étendues, sur un sujet plus que fondamental à l'origine de bien des dérives...

Écrit par : Pierre | mardi, 29 avril 2008

Mgr Richard Williamson répond à quelques questions de Jérôme Bourbon :

R. : Qualifieriez-vous Benoît XVI de moderniste ?

Mgr R. W. : Si un moderniste est quelqu’un qui veut adapter l’Eglise Catholique au monde moderne, certainement Benoît XVI est un moderniste. Il croit toujours que l’Eglise doit se ré-approprier les valeurs de la Révolution française. Peut-être admire-t-il moins le monde moderne que Paul VI, mais il l’admire encore beaucoup trop. Ses écrits passés sont pleins d’erreurs modernistes. Or, le modernisme est la synthèse de toutes les hérésies (Pascendi, Saint Pie X). Donc, comme hérétique, Ratzinger dépasse de loin les erreurs protestantes de Luther comme l’a très bien dit Mgr Tissier de Mallerais. Seulement un hégélien comme lui est persuadé que ses erreurs sont la vraie continuation de la doctrine catholique, alors que Luther savait – et disait – qu’il rompait avec la doctrine catholique.

R. : Considérez-vous que Vatican II enseigne l’erreur ou l’hérésie et diriez-vous de cette assemblée d’évêques qu’elle fut un vrai concile œcuménique ou un conciliabule ? Et exprimez-vous là la position officielle de la FSSPX ?

Mgr R. W. : Mgr. Lefebvre disait de Vatican II que c’était un vrai Concile œcuménique dans sa convocation, mais pas dans son déroulement. Autrement dit, les quelque 2000 évêques ont été validement rassemblés, mais les 16 documents qu’ils ont produits sont presque tous mauvais, même très mauvais. Si ces documents ne sont pas nettement hérétiques, ils sortent de l’hérésie et aboutissent à l’hérésie, encore une expression de Mgr Lefebvre qui correspond sûrement à la position officielle de la FSSPX.


[...]


R. : Beaucoup de catholiques désespèrent d’une crise de l’Eglise qui s’éternise. Que leur dire ?

Mgr R. W. : Que ces catholiques ravivent leur foi, en s’élevant à une vue surnaturelle de la crise actuelle ! Si le Bon Dieu a permis qu’à vue humaine tout soit perdu, ce n’est que pour nous obliger à regarder en haut ! Il nous a faits pour le ciel, pas pour cette terre ! Quelle chance donc pour nous que cette terre soit moins séduisante que jamais ! Et quelle chance que notre martyre « sec » actuel, et la possibilité du martyre sanglant ! Allons ! « Votre rédemption est proche », dit Notre-Seigneur.

Propos recueillis par Jérôme BOURBON.

RIVAROL numéro 2793. Vendredi 12 janvier 2007. Page 9.

Écrit par : Urbis | mardi, 29 avril 2008

Il existe une définition simple du modernisme catholique. Pour l'obtenir, il suffit de reprendre les documents romains de 1907, soit le Décret Lamentabili et l'encyclique Pascendi de Pie X. Le modernisme apparaît alors comme une hérésie multiforme dont les principaux éléments sont : sur le plan philosophique, un agnosticisme inspiré d'Emmanuel KANT, d'Auguste COMTE et d'Herbert SPENCER ; sur le plan de l'histoire et de l'exégèse biblique une revendication d'indépendance des sciences religieuses à l'égard du magistère ecclésiastique ; sur le plan de la théologie, la substitution de l'expérience religieuse au dogme, enfin, sur le plan pratique, le projet d'une réforme générale des institutions ecclésiastiques. Cette réforme visait à introduire dans le catholicisme l'esprit démocratique moderne. Et les modernistes approuvaient la Séparation de l'État et des Églises qui favorisait la liberté des catholiques comme citoyens à l'égard de l'autorité ecclésiastique. En décrivant ainsi le modernisme comme un système, l'encyclique entendait déjouer la tactique des modernistes, laquelle consistait, selon Pascendi, à ne jamais exposer l'ensemble de leur doctrine de façon à minimiser les risques que celle-ci faisait courir à l'équilibre doctrinal et institutionnel de l'Église catholique.

Écrit par : . | mardi, 29 avril 2008

Quiconque a une connaissance élémentaire de la Foi Catholique sait que la religion interreligieuse proposée aujord'hui l'église conciliaire est contraire à l'enseignement catholique et blasphèmatoire devant Dieu.

Le Concile de Trente a défini infailliblement que, sans la Foi Catholique :

- « il est impossible de plaire à Dieu. »

L'Eglise Catholique a également, par trois fois, défini ex cathedra qu’il n’y a qu’une seule véritable Eglise du Christ, hors de laquelle il n'y a pas de salut. Et selon l’ensignement de Vatican I, pas même un Pape peut changer les dogmes définis, sans quoi les vérités dogmatiques ne sont jamais vraies.


Or emporté par un élan de désorientation incroyable, c'est à Fatima même que l'on souhaite à présent ériger un Sanctuaire qui sera dédié à la nouvelle religion oeucuménique mondiale.

En effet, "Le Portugal News" a informé :

« Le Sanctuaire de Fatima va subir une rénovation complète avec l’erection, près du celle de 1921, d’une nouvelle basilique sous forme de stade. »
Une photo du modèle proposé est présentée dans le lien ci-dessous .

http://old.fatima.org/french/sanctuaire.asp

C'est une monstruosité moderne affreuse qui ressemble à un hangar spatial futuriste !

Écrit par : Synésius | mardi, 29 avril 2008

..et maintenant c'est Benoît XVI, accusé d'être plus hérétique que Luther. Ben voyons. Sans doute devrait-il revenir prendre des cours de catéchisme ici, sur ce site, dernier bastion de la chrétienté, qui réunis les seuls derniers vrais saints vivant dans la vérité du Christ.
Hmmm..mais que nous dormions tous plus ou moins d'un lourd sommeil coupable quant aux "affaires de notre père", là, oui, on ne saurait mieux dire, malheureusement.

Pierre :
Je remarque une fois de plus qu'expliquer sa propre pensée et l'exposer de façon rationnelle et ordonnée relève de la gageure insurmontable ; des listes de citations, c'est tout ce que j'obtiendrais.
Ce que je demandais, c'est d'une part si réellement chacun de vous met en oeuvre ce principe, donc ne se marie pas et honnit l'enfantement et la grossesse (comme contraires à l'Evangile et à St Paul, d'après vos propres propos),
d'autre part pourquoi Jésus lui-même, parlant du mariage, le présente comme une haute dignité, et répondant à une injonction divine, encore au moment de sa venue, si comme vous le dites il considérait qu'après lui le mariage n'avait plus aucun sens.

En l'absence d'explications claires, et devant une énième dérobade en forme de renvoi fort commode à toute une bibliographie qui, je remarque, ne contient jamais aucun Evangile ni aucune parole du Christ,
j'en concluerai à de simples vitupérations d'un interlocuteur incapable, de fait, de construire, produire, ni exprimer, aucune pensée rationnelle.
bien à vous.
...
...
Maintenant, concernant le fait qu'il soit impossible de plaire à Dieu hors de l'Eglise, il me semble que le pape actuel ne dit pas autre chose (le dit pape semblant assez peu enclin à un œcuménisme syncrétique tel qu'évoqué là plus haut et tel que décrit dans l'Antéchrist de Soloviev - et qui correspond tout à fait à ce qu'exige le monde actuel),
mais que cependant différentes interprétations de ce principe coexistent, selon comment on comprend la définition de l'Eglise.
Par exemple, que penser de l'homme loyal s'efforçant de suivre une idée du bien fatalement faussée par la nature humaine, et n'ayant cependant jamais eu la grâce de l'annonce du Christ ?
Certains le voient comme, certes, hors de l'Eglise en tant qu'institution, l'eglise visible, humaine, temporelle, mais pourtant, par grâce et s'il garde cette volonté de faire le bien sans même trop bien voir toujours où se situe ce bien, comme ayant part de fait à l'Eglise en son sens le plus profond et mystique.
que vous en semble ? ou qu'à répondu à ce sujet l'un ou l'autre père de l'eglise ?

Écrit par : ti'hamo | mardi, 29 avril 2008

S'il est un nom qui s'est distingué par ses positions hétérodoxes sur la question de la distinction entre nature et surnature, c'est bien celui du père Henri de Lubac, élevé au cardinalat pour son "éminente théologie", représentant emblématique de la doctrine naturaliste qui s'est imposée dans l'église depuis Vatican II et que ne cessa d' exprimer et répandre du haut de la chaire de Pierre Jean-Paul II.

Personne ne peut nier que de Lubac a eu une influence déterminante au concile, au point que dans Gaudium et Spes, par exemple, la fameuse phrase où il est dit que par la Révélation du Père le Christ révèle l'homme à lui-même, on cite presque littéralement un passage de Catholicisme, écrit en 1938 :

- « En révélant le Père et en étant révélé par lui, le Christ achève de révéler l'homme à lui-même. En prenant possession de l'homme, en le saisissant et en pénétrant jusqu'au fond de son être, il le force à descendre lui aussi en soi pour y découvrir brusquement des régions jusqu'alors insoupçonnées. Dans le Christ, la personne est adulte, l'homme émerge définitivement de l'univers » (Henri de Lubac, Catholicisme - Les aspects sociaux du dogme, édition du Cerf, Paris 1938).

Le Cardinal Siri se posait à ce sujet la bonne question : « Quel peut être le sens de cette affirmation ? » et il répond : « Ou bien le Christ est seulement homme ou bien l'homme est divin. Les conclusions peuvent ne pas être exprimées aussi nettement, mais déterminent toujours cependant cette notion du surnaturel en tant qu'impliquée dans la nature humaine en soi et de là, sans qu'on le veuille consciemment, s'ouvre le chemin de l'anthropocentrisme fondamental » (Gethsemani, Tequi, Paris 1980, p.60).

Écrit par : Hire | mardi, 29 avril 2008

@ti’hamo, et bien moi je remarque une fois de plus que vous êtes un gentil fantaisiste et un ignorant volontaire qui s’amuse à poster pour se faire plaisir ! Car si vous ne trouvez aucune parole de l’Evangile, ou un écho à ces dernières dans les développements de s. Augustin ou de s. Jean Chrysostome, c’est à douter, certes de votre sens chrétien, mais plus sûrement surtout de la valeur de votre intelligence.

Par ailleurs vos demandes ridicules et déplacées, interrogeant comme si vous étiez chargé d’une enquête journalistique en milieu augustinien traditionaliste : «Ce que je demandais, c'est d'une part si réellement chacun de vous met en oeuvre ce principe, donc ne se marie pas et honnit l'enfantement et la grossesse », gardez là pour les revues de sociologie ou les magazines conciliaires à l’affût d’un bon papier pour bouffer de la vermine anti- Vatican II.

Chacun fait comme il l’entant, et nul n’a ici a à témoigner de son état, laïc ou religieux, dans les pages d’un blog parce qu’un petit malin, qui d’ailleurs s’exonère d’un travail d’instruction religieuse, vient lui en intimer l’ordre.

Il doit y avoir sans doute en ce lieu plusieurs centaines de visiteurs par jour, hommes, femmes, chrétiens ou non, ainsi que des prêtres, des chercheurs, des étudiants plus ou moins jeunes, des professeurs de faculté, etc. Et tous vivent selon ce que la Divine Providence jugea bon de leur réserver sur le plan de leur vie, et ce qu’ils choisirent de faire de leur existence personnelle. C’est un domaine, intime, qui est celui de leur secret avec le Seigneur que vous ne pouvez franchir sans un minimum de respect et de règles préalables, non en vociférant trois imprécations hâtivement rédigées.

Votre attitude introspective n’a donc absolument pas sa place en ce lieu ; oeuvrez si vous le souhaitez, et uniquement dans le cadre d’un dialogue que vous pourriez développer avec l’un des intervenants, à parvenir à ce qu’il vous expose sa façon de vivre les exigences de l’Evangile, ceci est parfaitement acceptable.
Mais une question collective lancée à la cantonade afin que chacun vous dévoile son état comme si vous étiez chargé d’une enquête de terrain, de plus lorsque l’on sait ce qu’est internet, est dénuée de sens et ne peut, ni ne pourra au aucun cas, recevoir une réponse. Tenez-le vous pour dit un bonne fois pour toutes !

Écrit par : Pierre | mardi, 29 avril 2008

La concupiscence de la chair n’est pas une dimension originellement propre à la nature humaine, mais une blessure causée par la chute d’Adam et héritée par tout homme avec le péché originel. Le désordre de l’instinct sexuel a donc le caractère pénal, le caractère de punition du péché, et il demeure chez le baptisé pour lui permettre de mériter le salut en luttant contre les tendances désordonnées qui l’habitent.

Le mariage, par conséquent, a donc aussi un caractère médicinal, un caractère de "remedium concupiscentiæ" : dans le mariage, l’instinct sexuel retrouve sa fonction de moyen ordonné à une fin. Le mariage, en outre, n’est pas une réalité eschatologique, c’est-à-dire qu’il n’aura pas de part dans le Royaume des cieux, car selon les paroles mêmes du Sauveur, « à la résurrection, on ne prendra plus ni femme ni mari, on sera comme des anges dans le ciel » (Mt. 22, 30).
Bien que sanctifié et transfiguré par la lumière de la foi, bien que rendu lumineux par le rôle de procréateurs que jouent les époux, le mariage n’est pas une réalité dernière.

C’est dans ce cadre que prennent un sens les passages du Nouveau Testament qui invitent à plusieurs reprises à renoncer au mariage « propter Regnum cœlorum », en vue du Royaume des cieux, comme Mt. 23, 30 et 19, 12, ou I Cor. 7, 8.

C’est aussi de ce cadre que dérive l’affirmation constante par l’Église de la supériorité de l’état de virginité sur le mariage, une vie sexuelle active n’étant pas nécessaire à l’achèvement de la maturation affective et spirituelle de l’homme. Et d’ailleurs, comment expliquer, si ce n’est à l’intérieur de ce cadre conceptuel, la virginité de la Mère de Dieu, modèle parfait de vie à l’imitation du Christ? Comment expliquer l’état de parfait célibat du Christ lui-même?

Comment expliquer, enfin, l’association si fréquente de la sainteté et du célibat, association si étroite et constante qu’il nous est presque impossible de penser à un saint qui ne vit pas, ou du moins n’aspire pas à vivre dans un état de parfaite chasteté et de totale consécration de son corps et de son âme à Dieu?

La sexualité (comprise comme activité sexuelle mise en œuvre à travers l’accomplissement de l’acte conjugal) n’est donc pas, pour la doctrine catholique constante, une dimension fondamentale du sujet humain, et elle n’est en aucune façon l’une des ses dimensions constitutives. Autrement, il nous faudrait en arriver à la conclusion absurde que tous les célibataires et toutes les personnes seules, les veufs et les veuves, les détenus, les personnes âgées, les handicapés, les personnes qui pour des raisons médicales ont perdu les fonctionnalités liées à la sexualité, tous les consacrés qui ont fait vœu de chasteté, la Vierge Marie, Jésus-Christ lui-même en tant qu’homme, n’ont pas atteint la plénitude de leur réalisation humaine car ils ont renoncé, ou ont dû renoncer à une dimension ontologiquement constitutive de la personne humaine!

Le mariage est nécessaire pour l’espèce humaine, mais il est facultatif pour les individus, précisément parce qu’il n’est pas un moyen nécessaire à la perfection individuelle.

Écrit par : Quadrige | mardi, 29 avril 2008

Fréquemment aujourd’hui on met en doute, ou l’on nie expressément la doctrine catholique traditionnelle selon laquelle la masturbation constitue un grave désordre moral, principalement dans les revues plus ou moins destinées aux adolescents dans lesquelles les complaisances à l'égard de la dignité de la chair est possée assez loin.
La psychologie et la sociologie, dit-on, démontrent que, surtout chez les jeunes, elle est un phénomène normal de l’évolution de la sexualité. Il n’y aurait de faute réelle et grave que dans la mesure où le sujet céderait délibérément à une auto-satisfaction close sur soi (« ipsation »), car alors l’acte serait radicalement contraire à la communion amoureuse entre des personnes de sexe différent, dont certains prétendent qu’elle est ce qui est principalement recherché dans l’usage de la faculté sexuelle.

Cette opinion contredit la doctrine et la pratique pastorale de l’Eglise catholique. Quoi qu’il en soit de la valeur de certains arguments d’ordre biologique ou philosophique dont se sont servis parfois les théologiens, en fait, tant le Magistère de l’Eglise, dans la ligne d’une tradition constante, que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné.

Lisons un extrait de l'encyclique "Casti Connubii" de Pie XI :



« 119. Pour aider à comprendre la gravité de l’onanisme, ne peut-on pas situer ce péché parmi d’autres crimes que le sens commun réprouve encore? Saint Thomas d’Aquin, dont la doctrine fait autorité dans l’Église, donne à ce sujet l’enseignement suivant : “(l’onanisme) est opposé au bien de la nature, c’est-à-dire à la conservation de l’espèce; c’est pourquoi, après le péché d’homicide, qui détruit la nature humaine déjà en acte, celui qui empêche la génération de la nature humaine, nous paraît tenir la seconde place” (Summa contra Gentiles 1; III chap. 122).

Pour saint Thomas, ce péché déshonore tellement son auteur qu’il le situe immédiatement après les assassins. En effet, l’onanisme est incomparablement plus infamant que la simple fornication et l’adultère.

Sans doute sont-ce là des péchés graves qui déshonorent ceux qui les commettent, du moins ces péchés respectent-ils le plan de Dieu sur l’œuvre de chair. Aussi, une fille-mère qui s’est souillée simplement d’une faute grave de fornication ou d’adultère, mais qui a accepté l’enfant et l’a gardé pour le mener à terme et pour l’élever a, sans aucun doute, commis un péché qui la déshonore, mais qui la déshonore moins que le péché commis par l’épouse complice d’onanisme. Le séducteur qui abandonne la fille-mère et son enfant se rend coupable d’une infamie très grave, c’est évident, infamie qui le déshonore, du moins n’a-t-il pas empêché la vie de naître. Tandis que l’onanisme qui détruit complètement le plan de Dieu dans l’œuvre de chair, qui empêche un être humain de venir à l’existence et le prive du plus grand bien qui soit : la vie, déshonore tellement ceux qui s’y adonnent qu’il rend les époux onanistes, devant Dieu, c’est-à-dire en réalité, beaucoup plus abjects que les menteurs, les grands voleurs, les fornicateurs et sous un certain rapport les adultères eux-mêmes.
L’épouse onaniste commet un péché plus honteux que celui de la fille-mère; l’époux onaniste commet un péché plus vil que celui du lâche séducteur. Parlant de la volupté cruelle de ces époux onanistes, qui veulent que l’enfant meure avant de vivre, saint Augustin dit qu’ils ne méritent pas le nom d’époux; et il ajoute “si dès le début, ils ont été tels, ce n’est pas pour se marier qu’ils se sont unis, mais bien plutôt pour se livrer à la fornication; s’ils ne sont pas tels tous deux, j’ose dire : ou celle-là est d’une certaine manière la prostituée de son mari, ou celui-ci est l’adultère de sa femme”.

(De nupt. et concupisc. Chap. XV, cité par Pie XI dans Casti Connubii).

Écrit par : Denis | mardi, 29 avril 2008

Pierre,
J'approuve complètement votre vue sur ti hamo qui en fait juste assez pour ne pas se faire exploser mais qui profite pour lancer de nouveaux pics faussement naïfs pour pousser chacun dans ses derniers retranchements.
Il fait un travail de sociologue sur le panel "tradi" et beaucoup de blogueurs lui ont gentiment répondu mais je crois que son temps est fini et qu'il doit retourner à ses fourneaux prendre la tête à une autre population.
Bravo à Zac et autres consorts qui ont tout fait pour rester correct avec ce sociologue atteint de voyeurisme.

Écrit par : La Fouine | mardi, 29 avril 2008

Je vous rejoins la Fouine, il commence à me fatiguer sérieusement cet olibrius qui ne lit rien, ne voit rien, ne comprend rien, mais ne cesse inlassablement de faire les mêmes réflexions et reproduire les mêmes demandes, toutes déjà mille fois largement expliquées et précisées (il en est maintenant à vouloir contester s. Paul et s. Thomas sur la note d'à côté...)

Zak lui à déjà signifier clairement qu'il n'avait plus de temps à perdre avec lui l'ignorant à présent complètement, et je crois qu'il faut en faire autant car tout son petit jeu est ultra évident - faire l'intéressant pour amuser la galerie et nous faire perdre du temps.

Écrit par : Jude | mardi, 29 avril 2008

Une mécanique stérile de sociologue montée en boucle... effectivement c'est une bonne définition !

Écrit par : André | mardi, 29 avril 2008

Le scoop du cardinal Poupard : Vatican II, Waterloo de l'Eglise !!!

Le cardinal Poupart qui fut président du conseil pontifical de la Culture, familier de Jean-Paul II est représentatif de la face convenable du parti conciliaire.

On pourra donc prendre au sérieux son jugement sur Vatican II, à la fin du Concile : « Nous étions croyions-nous sous le soleil d'Austerlitz. Et puis, très vite, nous avons eu le sentiment d'un Waterloo ».

Le concile fut un événement « d'essence spirituelle » soudain envahi par la « mutation culturelle » et dominé par « la contestation radicale de toute autorité et de tout dogme ». Un tel diagnostic sur Vatican II ne nous surprend pas, mais venant d'un cardinal, il vaut qu'on s'y arrête

Écrit par : Mytre | mardi, 29 avril 2008

Il n’y a qu’une Eglise véritable, hors de laquelle il n'y a pas de salut ; cet enseignement fût trois fois défini infailliblement.

« Hors de l'Eglise, point de salut »: la définition la plus vigoureuse et la plus explicite en fut prononcée de fide par le Concile de Florence:

« La Trés Sainte Eglise Romaine croit fermement, professe et prêche que nul de ceux qui vivent hors de l'Eglise Catholique, non seulement les païens, mais aussi les Juifs, les hérétiques et les schismatiques ne peuvent jamais avoir part à la vie éternelle, mais sont destinés au feu éternel "qui fut préparé pour le démon et ses anges" (Mt. 25:41) à moins d’y être entré avant la mort et si importante est l'unité de ce Corps de l’Eglise que seuls ceux qui demeurent en retrait dans cette unité peuvent profiter de des sacrements de l'Eglise pour le salut, et peuvent seuls recevoir une récompense éternelle pour leurs jeûnes, aumônes et autres oeuvres de piété chrétienne et devoirs d'un soldat du Christ. Nul, si importantes que puissent être ses aumônes, nul, dût-il verser son sang pour le Nom du Christ, ne peut être sauvé sans demeurer au sein et dans l'unité de l'Eglise Catholique. »

(Eugène IV, Concile de Florence, 4 février 1442.)

Écrit par : Montfort | mardi, 29 avril 2008

Si Ti'hamo est vraiment en recherche, il trouvera ici de quoi nourrir sa réflexion

http://jesusmarie.free.fr/sexe.html

Écrit par : Judith | mercredi, 30 avril 2008

Lamentable, Judith... Je n'ai pas d'autres mots. Vraiment Ti'hamo, fuyez cet enfer ! Ce n'est pas ici qu'on répondra à vos questions.

Écrit par : Louis | mercredi, 30 avril 2008

Vous m'intéressez mon cher!
Pouvez-vous m'en dire un peu plus

Écrit par : Judith | mercredi, 30 avril 2008

à Louis :
peut-être bien ; mais je continuerai tout de même ; une sorte d'incorrigible espoir, sans doute. D'ailleurs, j'aurais obtenu au moins une ou deux réponses intéressantes.


à Quadrige :
Je remercie, justement, quadrige de sa réponse éclairante, construite et sensée.

- et à propos de laquelle je n'émettrais qu'une petite réserve, ou enfin une précision, ou peut-être même peut-on juste y voir une question : si l'on compte beaucoup de saints célibataires, cela peut-être aussi parceque le principe d'un nécessaire célibat pour accéder à la sainteté était déjà plus ou moins dans les esprits à ces époques ; autrement dit, que l'on aurait eu alors plus tendance à déclarer saints des religieux et célibataires consacrés ; il y a, tout de même, une différence entre "être canonisé", et "être saint" au véritable sens du terme.
Et, d'ailleurs, beaucoup de ces saints religieux l'ont été grâce à leurs parents, qui ne doivent donc pas être moins saints, même si de façon moins "spectaculaire". Participer à la venue à l'existence de son semblable, lui permettre de connaître et aimer Dieu jusqu'à ce qu'il vous dépasse même incomparablement dans cette connaissance et cet amour... ....n'est-ce pas là une grande grâce ?

Mais efectivement, reconnaître que le corps n'est pas plus "du mal" que l'âme, qu'il est bon à l'origine et corrompu par la faute originelle au même titre que la volonté humaine, que l'union des époux peut être bonne, bonne sous le regard de Dieu et participante du bien et de l'amour de Dieu,
ne doit pas pousser à y voir un accomplissement obligé de la nature humaine,
ce qui serait, je vois bien cela comme vous l'expliquez, pas beaucoup plus sensé que d'y voir un obstacle forcément et fatalement mauvais.
Après, est-ce que cela dépend ou non de la vocation de chacun, de la place à laquelle Dieu l'appelle ? je n'en sais rien.
Par exemple, celui qui est appelé à fonder un foyer, à aimer chrétiennement une épouse, peut-on vraiment dire qu'il accède à un état supérieur en devenant vierge consacré, si ce n'était pas là la place à laquelle Dieu l'appelait ? Manque-t-il pas, du coup, l'accomplissement de sa nature, en Dieu ?
Qu'est-ce qui prime, en quelque sorte : le fait de chercher un état supérieur, ou le fait de rechercher la place à laquelle Dieu nous appelle ?

C'est, du coup, la question qui me vient ensuite, après votre éclairante explication.


(PS : non, perdu. rien d'un sociologue. et je n'ai plus qu'à laisser de côté mes questions auxquelles tout le monde s'est dérobé tout en affirmant qu'on y avait déjà longuement répondu, tout en expliquant pourquoi il ne fallait pas y répondre - tout ça fort logique et sensé.)

Écrit par : ti'hamo | mercredi, 30 avril 2008

Amusante contradiction du petit malin vraiment pas très sérieux :


"je n'ai plus qu'à laisser de côté mes questions auxquelles tout le monde s'est dérobé tout en affirmant qu'on y avait déjà longuement répondu,


"j'aurais obtenu au moins une ou deux réponses intéressantes..."


Eloquant aveu !

Écrit par : André | mercredi, 30 avril 2008

L'histoire agitée de Vatican II offre une parfaite illustration de la stratégie habituelle des modernistes dont ti'hamo, après beaucoup d'autres petits malins (Moshé, Virginie, Philippe, etc.) est ici depuis quelque temps un bel exemple, plutôt maladroit et assez poussif, voire risible derrière ses fausses interrogations, attitude stérile qui ne trompe plus personne.

Ainsi le P. Congar, dans une conférence qu'il prononça au Séminaire français de Rome, pendant le concile, définit Jacques Maritain (dont L'humanisme intégral influença nettement les textes de Vatican II) comme "un Lammenais qui avait réussi".

Il voulait simplement dire par là qu'un réformateur ne doit jamais quitter l'Eglise, mais y demeurer pour la faire évoluer de l'intérieur. C'est ce qu'avait bien vu et dénoncé Saint Pie X dans son encyclique contre le modernisme Pascendi, dès 1907. Et c'est ce que nous ne devons jamais oublier: le modernisme est la seule hérésie qui ne fasse pas schisme.

La conséquence logique s'impose d'elle-même: l'hérésie moderniste ne fait pas schisme, mais occupe l'Eglise.

Écrit par : Jude | mercredi, 30 avril 2008

Le récit de ces luttes d'influence pendant toute la durée du Concile est contenu dans l'ouvrage du P. Ralph Wiltgen, au titre et au sous-titre évocateurs, Le Rhin se jette dans le Tibre, le concile inconnu. Ce prêtre américain, qui dirigeait une agence de presse du concile, indépendante et multilingue, fut très vite convaincu qu'il se déroulait "un drame ecclésiastique vital". Le Rhin se jette dans le Tibre est une allusion à la satire où Juvénal regrette que l'Oronte qui arrose la Syrie se soit jeté dans le Tibre romain, et que la culture syrienne soit venue souiller la civilisation latine. Au concile, ce sont les cardinaux, évêques et théologiens, des pays riverains du Rhin qui exercèrent une influence théologique prédominante. Ces prélats allemands, autrichiens, suisses, français, hollandais et belges formèrent de facto une véritable alliance, l'Alliance européenne.

Le document que nous présente le P. Wiltgen est intéressant à plus d'un titre; il émane d'un témoin direct qui se refuse à prendre parti, sans pouvoir toujours cacher ses sympathies pour le mouvement oecuménique. Ce n'est en rien un livre de propagande traditionaliste; il nous invite pourtant à voir dans ce concile la rencontre géographiquement étrange de deux fleuves, c'est-à-dire l'influence d'un courant théologique étranger à la tradition romaine. Cela s'appelle parfois une pollution.

En bref, à ceux qui croit naïvement que le concile se déroula paisiblement et qu'il s'écoula sereinement, Le Rhin se jette dans le Tibre vient opportunément rappeler que l'hsitoire du concile fut tout sauf un "long fleuve tranquille".

Écrit par : Urbis | mercredi, 30 avril 2008

Jean Madiran a précisé qu'il s'agissait pour Vatican II, d' une révolution copernicienne: "On est passé du théocentrisme à un anthropocentrisme... Les calculs démocratiques prenant le pas sur la Révélation divine, le pastoral devenu plus précieux que le dogmatique, le sociologique l'emportant sur le religieux, le monde comptant davantage que le ciel".

Écrit par : Pierre | mercredi, 30 avril 2008

"Nul, si importantes que puissent être ses aumônes, nul, dût-il verser son sang pour le Nom du Christ, ne peut être sauvé sans demeurer au sein et dans l'unité de l'Eglise Catholique. »

Un rappel effectivement intéressant. louable. Et salutaire.

Écrit par : ti'hamo | mercredi, 30 avril 2008

L'ouverture du Concile à lieu le 11 octobre 1962, et dès le surlendemain, lors de la première séance de travail, le cardinal Liénart (un français) demanda l'ajournement des travaux et un délai de trois jours avant de voter les membres des différentes commissions (les experts chargés de la rédaction des textes). Dès le premier jour, les évêques marquèrent ainsi l'esprit de liberté contestatrice qu'ils souhaitaient adopter tout au long du concile

Écrit par : Jean | mercredi, 30 avril 2008

« Ennemis de l’Église, certes ils le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires, on ne s’écarte pas du vrai. Ce n’est pas du dehors, en effet, on l’a déjà noté, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine; le danger est aujourd’hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l’Église » (encyclique Pascendi, 8 septembre 1907).

Écrit par : François | mercredi, 30 avril 2008

"Eloquant aveu !"
(André)

Écrit par : Louis | mercredi, 30 avril 2008

Le 13 octobre 1962, lendemain de l'arrivée des deux observateurs communistes au Concile, et anniversaire même du Miracle du Soleil de Fatima, l'histoire de l'Eglise et du monde fut profondément changée par le moindre des événements.
Le Cardinal Liénart, Evêque de Lille, saisit le micro, lors d'un célèbre incident, et exigea que les candidats proposés par la Curie Romaine, pour présider aux commissions de rédaction du Concile, soient mis de côté et que soit dressée une nouvelle liste de candidats. La demande fut accordée et l'élection ajournée. Finalement, au moment de l'élection, des libéraux, à majorité ou à majorité près, furent élus aux commissions conciliaires — dont beaucoup parmi les «novateurs» mêmes décriés par le Pape Pie XII. Les schémas préparatoires, formulés selon la tradition pour le Concile, furent écartés et le Concile commença littéralement sans ordre du jour écrit, laissant la voie ouverte à la rédaction, par des libéraux, de documents entièrement nouveaux.

Il est notoire et magnifiquement prouvé par des documents qu'une clique de periti (experts) et d'évêques libéraux procéda alors au détournement de Vatican II, avec un ordre du jour destiné à rénover l'Eglise à leur propre image par la mise en place d'une «nouvelle théologie.» Les critiques aussi bien que les défenseurs de Vatican II sont d'accord sur ce point. Dans son livre, Vatican II Revisité, Monseigneur Aloysius J. Wycislo (avocat passionné de la révolution de Vatican II) déclare avec vertigineux enthousiasme que «des théologiens et des spécialistes bibliques qui étaient “à l'ombre” depuis des années firent surface comme periti (experts en théologie, conseillers des évêques au Concile) et leurs livres et commentaires post-conciliaires devinrent lecture populaire.»

Il a noté que «l'encyclique du Pape Pie XII Humani Generis eut … un effet dévastateur sur l'œuvre d'un certain nombre de théologiens pré-conciliaires11», et montre que «Au début de la préparation du Concile, ces théologiens (surtout des Français avec quelques Allemands), dont les activités avaient été modérées par le Pape Pie XII, étaient encore en disgrâce. Le Pape Jean leva tranquillement le ban qui affectait certains des plus influents. Cependant un certain nombre restèrent suspects aux fonctionnaires du Saint-Office.»

Sur ce point, ce qu'écrit le témoin oculaire Monseigneur Rudolf Bandas, lui-même peritus conciliaire, est d'une importance capitale pour notre cas:

Sans doute le bon pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Eglise. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Soutenus par certains Pères Conciliaires du Rhin, et agissant souvent d'une manière absolument rustre, ils allaient s'exclamant: «Regardez, nous sommes choisis comme experts, nos idées sont approuvées.» … Quand je suis arrivé à ma tribune au Concile, le premier jour de la quatrième session, la première annonce émanant du Secrétaire d'Etat fut la suivante: «Plus d'autres periti ne seront engagés.» Mais il était trop tard. La grande confusion était en route. Il était déjà clair que ni Trente, ni Vatican I, ni aucune encyclique ne seraient autorisés à en endiguer l'avancée.

En vérité, le Pape Jean XXIII lui-même fut heureux d'annoncer que, à partir de ce Concile, l'Eglise cesserait, de manière tout à fait inexplicable, de condamner l'erreur et arrêterait tous ses tourments sur l'affreuse condition du monde:

Écrit par : Ronald | mercredi, 30 avril 2008

Amusante contradiction disiez-vous André, du petit malin vraiment pas très sérieux :


"je n'ai plus qu'à laisser de côté mes questions auxquelles tout le monde s'est dérobé tout en affirmant qu'on y avait déjà longuement répondu,


"j'aurais obtenu au moins une ou deux réponses intéressantes..."



Mais bien plus amusante et significative encore du petit numéro ridicule exécuté depuis le début par l'olibrius cette belle déclaration :

"Je remercie, justement, [Q]uadrige de sa réponse éclairante, construite et sensée."

Écrit par : Hire | mercredi, 30 avril 2008

Plus j'observe, moins je peux échapper à cette évidence que le Péché Originel, imaginé sous les traits qu'on lui prête encore au­jourd'hui, est le vêtement étroit où étouffent à la fois nos pensées et nos coeurs. Pourquoi cette vertu pernicieuse? Et qui nous en délivrera ?( Pour s'assurer que je n'exagère pas, qu'on prenne la peine de lire l'encyclique de Pie XI sur le Sacré-Coeur (par exemple la sixième leçon du Bréviaire pour le Dimanche dans l'Octave du Sacré-Coeur). Il y a là des phrases qui blessent, au moins autant que le Syllabus, les espérances les plus légitimes de l'âme moderne. On ne convertira jamais le Monde avec cet esprit-là !

A mon avis, la réponse à cette question est la suivante :Si le dogme du Péché Originel nous ligote et nous anémie, c'est tout simplement parce que, "dans son expression actuelle", il représen­te une survivance de vues statiques périmées au sein de notre pen­sée devenue évolutionniste. L'idée de Chute n'est en effet, au, fond, qu'un essai d'explication du Mal dans un univers fixiste. A ce titre, il est hétérogène au reste de nos représentations du Monde. Voilà pourquoi il nous opprime. Par suite, c'est le problème du Mal, dans ses relations avec le Christ, qu'il nous faut, si nous voulons respirer, comprendre et repenser, dans un style approprié à nos vues cosmiques nouvelles.

Écrit par : Ghilmo | mercredi, 30 avril 2008

"Si le dogme du Péché Originel nous ligote et nous anémie, c'est tout simplement parce que, "dans son expression actuelle", il représen­te une survivance de vues statiques périmées au sein de notre pen­sée devenue évolutionniste..."

Que cette "survivance de vues statiques périmées" vous dérange peu importe Ghilmo, car elle se réclame de la doctrine des Evangiles et du Magistère jusqu'à Vatican II. Si vous considérez que le péché originel est une fable, de fait vous n'êtes plus chrétien !

Il faudrait par exemple citer des passages entiers de la lettre de Pascal du 24 septembre 1651 écrite à sa sœur Gilberte à l’occasion de la mort de leur père où il essaye de faire comprendre le péché comme passage du théocentrisme à l’égocentrisme et comment l’amour de soi, qui était sain et relié à l’infini de l’amour de Dieu devient un amour propre, malade de n’aimer que soi, infiniment.

Lisons au moins le § 434 : « L’homme est plus inconcevable sans ce mystère que ce mystère est inconcevable à l’homme… de sorte que ce n’est pas par les superbes agitations de notre raison mais par la simple soumission de la raison, que nous pouvons véritablement nous connaître ».

Cette doctrine du péché originel, obscurité éclairante, signifie que l’homme ne peut pas ne pas se détourner de Dieu, alors même qu’il en provient. Le péché est un événement, mais qui n’a pas lieu dans l’histoire ; il ouvre plutôt l'histoire comme le disait Zak, il ouvre toute l’Histoire.

Écrit par : Pierre | mercredi, 30 avril 2008

On lira avec intérêt l'analyse des erreurs modernistes de Vatican II faite par Alfred Denoyelle, docteur en histoire dont voici un extrait :



"Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais depuis "Vatican II" il y a eu nombre de critiques tout à fait fondées au sujet des mauvaises traductions dont on se sert pour les célébrations liturgiques.

Certes, auparavant déjà, tout n'était pas parfait, loin de là. Mais beaucoup de choses ont malheureusement empiré. D'une manière générale, les anciennes traductions sont donc préférables aux nouvelles, surtout pour tous ces passages où l'on s'écarte notablement du texte original, de nos jours.

Tout un livre pourrait être écrit à ce sujet. De fait, de nombreuses publications ont déjà vu le jour avec l'intention affichée de dénoncer dans les nouvelles traductions non seulement leur sens grammaticalement erroné par rapport au texte original hébreu, grec ou latin, mais aussi les diverses infidélités doctrinales sous-jacentes, c'est-à-dire en dernière analyse les diverses conceptions qui y ont injustifiablement présidé dans le but assez évident d'inoculer à ces textes un nouveau sens doctrinal et d'imposer celui-ci au peuple chrétien de manière insidieuse, par le truchement des prières et des lectures déclamées en langue vulgaire. Il eût été fort difficile, en effet, sinon presque impossible, à moins d'éveiller des soupçons, d'exiger brutalement et explicitement des fidèles du monde entier qu'ils brûlent leurs anciens missels et en achètent des nouveaux avec les nouvelles traductions afin qu'ils s'en imprègnent à longueur d'années. On a préféré procéder d'une manière cauteleuse.

En mettant en oeuvre une réforme de la liturgie avec des objectifs à leur goût, les modernistes savaient pertinemment bien ce qu'ils faisaient. Ils étaient bien conscients du caractère judicieux de la remarque faite par le pape Pie XI dans son encylique Quas primas sur le Christ-Roi (11 décembre 1925) : "Pour pénétrer le peuple des vérités de la Foi et l'élever ainsi aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des fêtes liturgiques sont bien plus efficaces que tous les documents, même les plus graves et les plus importants, du Magistère ecclésiastique, car ceux-ci n'atteignent habituellement que le petit nombre et les plus cultivés, mais celles-là touchent et instruisent l'universalité des fidèles. Les uns ne parlent pour ainsi dire qu'une fois, tandis que les autres le font chaque année et à perpétuité, ramenées régulièrement par le cycle liturgique. Tandis que les premiers s'adressent surtout à l'intelligence, les secondes étendent leur influence salutaire au coeur, à l'intelligence, à l'homme tout entier."

En donnant au culte public une orientation à rebours de la tradition catholique et truffée d'erreurs diverses dans les prières destinées à être déclamées tout comme les lectures, les modernistes visaient à transformer progressivement la mentalité du peuple chrétien et à faire évoluer le comportement de celui-ci par l'absorption régulière de petites doses de poison spirituel, tout en l'asservissant et en l'abêtissant d'année en année."

suite :

http://users.skynet.be/histcult/modernisme.htm

Écrit par : Henri | jeudi, 01 mai 2008

Voici un article de Libération sur les réacs du Web.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/323943.FR.php

Je lis en autre, l'analyse de Florent Le Bot, chercheur au CNRS, qui, il faut tout de même le souligner, est payé avec le sang du pauvre:


«Ils s’inscrivent en réaction à un mouvement de changement. Ils estiment qu’avant toutes les évolutions, c’était mieux. Tout était parfait. Les réactionnaires se réfèrent souvent à un âge d’or qui serait juste avant la Révolution française. Ils remettent en cause la modernisation, jouent une certaine victimisation et cherchent à obliger les pouvoirs publics à réagir. C’est efficace dans une démocratie d’opinion.»


Je retiens surtout ceci:
Les réactionnaires se réfèrent souvent à un âge d’or qui serait juste avant la Révolution française.

Qu'elle indigence, mon Dieu!



En donnant au culte public une orientation à rebours de la tradition catholique et truffée d'erreurs diverses dans les prières destinées à être déclamées tout comme les lectures, les modernistes visaient à transformer progressivement la mentalité du peuple chrétien et à faire évoluer le comportement de celui-ci par l'absorption régulière de petites doses de poison spirituel, tout en l'asservissant et en l'abêtissant d'année en année."

"Visaient" et visent encore à transformer la mentalité du peuple chrétien....
Beaucoup d'évêques demandent au prêtres à soigner leur messe en mettant quelques petites poudres de perlinpinpin pour calmer les demandes trop pressantes de rites traditionnels: un peu d'encens, un beau sermon, du silence après les prières etc. le tour est joué!

Je connais beaucoup de tradis (pas assez formés, je l'admet, c'est pourquoi il faut être patient et ne pas craindre de nous "redresser" les uns les autres, comme il est fait ici; je remercie en passant tout ceux qui prennent de leur temps pour nous faire partager ces textes sur le concile etc.) qui se font avoir à leur insu, et qui, piégés, se retournent contre ceux qui les mettent en garde!
Le ver est dans la pomme et je crains bien que cela soit pour longtemps hélas.

Bonne fête de l'Ascension à tous.

Écrit par : Serus | jeudi, 01 mai 2008

Il semble inutile ici d'établir l'existence d'une crise dans l'Église, d'un véritable combat, d'une lutte terrible dans laquelle nous nous trouvons engagés pour défendre les fondements mêmes du catholicisme. Cela relève de l'évidence. Rappelons juste en passant cette très intéressante phrase de l'un des plus illustres combattants maintenant décédé, Mgr Marcel Lefebvre : « Au soir d'une longue vie [...] je puis dire que cette vie a été marquée par des événements mondiaux exceptionnels : trois guerres mondiales, celle de 1914-1918, celle de 1939-1945 et celle du Concile Vatican II de 1962-1965. Les désastres accumulés par ces trois guerres, et spécialement par la dernière, sont incalculables dans le domaine des ruines matérielles, mais bien plus encore spirituelles. Les deux premières ont préparé la guerre à l'intérieur de l'Église en facilitant la ruine des institutions chrétiennes et la domination du modernisme, devenu si puissant qu'il a pénétré profondément par sa doctrine libérale et moderniste les organismes directeurs de l'Église. » (Itinéraire spirituel, Écône 1990, p. 5).

Oui, c'est la guerre ! Un combat qui fait rage encore aujourd'hui. On pourrait parler de "guerre totale" tant l'engagement est décisif, généralisé. Les paroles impressionnantes de saint Pie X au début de ce siècle résonnent aujourd'hui avec la clarté d'une terrible réalité : il parlait de guerre, lui aussi, « guerre impie qui a été soulevée et qui va se poursuivant presque partout contre Dieu [...] si grande est l'audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l'attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d'un effort obstiné à anéantir tout rapport de l'homme avec la divinité ! » (E Supremi Apostolatus, 4 oct. 1903).

Si l'action de saint Pie X a empêché le triomphe du modernisme au début du siècle, néanmoins ce dernier est revenu au grand jour après la 2e guerre mondiale et triomphe depuis le Concile Vatican II.

Écrit par : Wendrock | jeudi, 01 mai 2008

Il faut préciser que cet article de libécrado a été fait à partir d'une "interviouve!!" du Grand-Charles

http://legrandcharles.wordpress.com/2008/04/30/reacosphere-et-libe/#commentscrado


Bon. Pour ce site accrochez-vous! Du lard ou du cochon
http://bigpouf.wordpress.com/

Écrit par : Enzo | jeudi, 01 mai 2008

Ghilmo :
"Si le dogme du Péché Originel nous ligote et nous anémie, c'est tout simplement parce que, "dans son expression actuelle", il représen­te une survivance de vues statiques périmées au sein de notre pen­sée devenue évolutionniste. L'idée de Chute n'est en effet, au, fond, qu'un essai d'explication du Mal dans un univers fixiste"

Et bien, pas forcément.
Je n'ai rien contre le fait d'une évolution, en tant que mécanisme de développement de la création - quoique d'autre part je sois fortement partisan d'une révision, refonte et...évolution, de cette théorie, notamment en en rejetant les vieux dogmes darwiniens ou néo-darwiniens dépassés, qui n'expliquent jamais rien et sont un obstacle aux avancées dans ce domaine -,
et pour autant je suis créationniste, puisque chrétien...sans être fixiste ;
et je dis et j'affirme, que la faute originelle n'a rien d'un mythe, que sans elle (c'est une évidence) cela n'a d'ailleurs aucun sens de se dire chrétien, ni de se poser des questions sur Jésus.

Donc, non, je vous assure, je ne vois pas en quoi le dogme d'une faute originelle irait contre les faits de l'univers tels que nous les connaissons actuellement. (à ce propos, pour ce qui est de l'évolution, nous n'en sommes, scientifiquement parlant, qu'à en avoir une vague idée sans beaucoup de précisions sur ses mécanismes, attendu que le darwinisme a échoué à la décrire de façon convaincante scientifiquement.

Vous pouvez donc sans souci vous attacher à approfondir la question de la faute originelle, et des mécanismes de cet univers, sans crainte d'opposition ni de contradiction entre l'un et l'autre. à condition de bien les comprendre, évidemment.

Écrit par : ti'hamo | jeudi, 01 mai 2008

Combien il est important de relire l'encyclique de s. Pie X :



« Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Église, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Église, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Église ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité. »


(Pascendi Dominici Gregis)

Écrit par : Hadrien | vendredi, 02 mai 2008

Nous venons de publier sur le site : http://www.montfort.org.br/veritas/jeanguitton4.html

un article avec une importante déclaration, voire confession de Jean Guitton, l’ami du Pape Paul VI, sur le caractère moderniste du Concile Vatican II, que je me permets de vous transcrire ci-dessous:

« Mais de nos jours, ce qu’on appelle modernisme en histoire religieuse a un sens très particulier. On appelle de ce nom une doctrine et un parti qui ont été condamnés par le pape Pie X dans l’encyclique Pascendi. Le pape Pie X — qui a été canonisé — désigne le modernisme comme une hérésie qui a un double caractère : celui d’être une synthèse, une somme de toutes les hérésies, et celui de se cacher à l’interieur de l’Église comme une trahison.

(...) Et je désire m’exprimer librement et nettement à ce sujet.

Lorsque je relis les documents concernant le modernisme tel qu’il a été défini par saint Pie X, et que je les compare aux documents du concile de Vatican II, je ne peuz manquer d’être déconcerté. Car ce qui a été condamné comme une hérésie en 1906 est proclamé comme étant et devant être désormais la doctrine et la méthode de l’Église. Autrement dit, les modernistes de 1906 m’apparaissent comme des précurseurs. Mes maîtres en faisaient partie. Mes parents me l’enseignaient. Comment Pie X a-t-il pu repousser ceux qui maintenant m’apparaissent comme des précurseurs ? »

(Cfr. Portrai du Père Lagrange, Jean Guitton, Éditions Robert Laffont, Paris, 1992, p. 55 – 56).

Écrit par : Fedeli | vendredi, 02 mai 2008

On constate de la sorte, par ce texte de Guitton, que ce serait une erreur que de laisser croire, ou sous entendre, que le modernisme est né d'une mauvaise compréhension du concile de Vatican II. Il en est bien plutôt à la source.

Écrit par : Hire | vendredi, 02 mai 2008

A votre avis est-ce que le Motu proprio peut faire évoluer les choses?
Ou du moins stoper l'évolution de l'hémoragie.

Écrit par : Ernest | vendredi, 02 mai 2008

Donc... si je vous suis bien... Jean-Paul II était un Satanique qui a contribué à faire pénétrer en l'église une doctrine qui n'y avait pas sa place ?

Écrit par : Nebo | dimanche, 04 mai 2008

L'expression "satanique" est un peu forte (et qui me gêne par sa facilité), bien que reprise par certains qui n'hésitent pas à aller jusque là. Mais qu'il ait, lui avec beaucoup d'autres, "contribué à faire pénétrer en l'église une doctrine qui n'y avait pas sa place", indéniablement !

Écrit par : Hire | mardi, 06 mai 2008

Qu'est-ce que veut dire faire évoluer les choses Ernest ? Si cela signifie redonner à quelques uns le goût de la liturgie authentique, et leur réaprendre à prier correctement Dieu sans doute.
Toutefois sur le plan dogmatique on ne peut être que très réservé tant le venin de la pensé moderne depuis longtemps, et singulièrement depuis Vatican II, s'est infiltré, puis a pénétré et infecté toute l'Eglise...

Écrit par : Simon | mardi, 06 mai 2008

Programme Télé

Dimanche 16 mars 2008
23h20 à 00h15
Durée : 55 min




La maîtresse du pape

Réalisé par : Jan Peter, Yury Winterberg

Avec sa maîtresse Rosa Vanozza Cattanei, le pape Alexandre VI s'autorisa non seulement une liberté de moeurs théoriquement incompatible avec sa charge, mais il accéda en outre à un mode de vie qui lui est tout aussi interdit : la vie de famille. Car Rosa Vanozza est la mère de ses enfants, notamment des célèbres César et Lucrèce.
Leurs jeux érotiques ayant perdu de leur charme aux yeux du pape, il se choisit une nouvelle maîtresse, qui n'est autre que la meilleure amie de sa fille, la jeune Julia Farnese. Ses intrigues profitent à l'ensemble de la lignée Farnese, qui devient la plus riche et la plus puissante famille de Rome...

Écrit par : Winterberg | mardi, 06 mai 2008

"Avec la Renaissance, dans les langes déterrés de la vieille Rome et les tableaux commandés par des Papes plus épris des Bucoliques de Virgile et des gaudrioles d'Horace que des hymnes de leur bréviaire, allièrent le plus indécent mélange de Vénus et de la Vierge, des Amours et des Anges; la mythologie se confondit avec la Bible; la Vénus de Botticelli, du musée de Berlin, pour en citer une, a la même physionomie, le même air languissant et navré que ses Vierges; c'est la même femme: un seul modèle a posé pour la mère du Christ et pour la fille de Jupin; ses anges sont des pages équivoques, tels que les appréciait le Pape Alexandre VI; c'est d'un art exquis, mais savamment pervers dont le charme laisse à l'âme un arrière-goût, cette sorte de saveur âcre et sucrée que laissait dans la bouche la cantarella, la poudre à succession des Papes.

A rêvasser devant cette fillette de Francfort, -si prête à délibérément méfaire, je songe forcément au Pape Alexandre VI, à cet espagnol, père de nombreux enfants dont un né de son accouplement avec Lucrèce Borgia, sa fille. Il était peu lettré mais affreusement lubrique; traître et méchant, avare et cruel, il exhaussa encore l'infamie de son règne, en faisant brûler vif le seul homme vraiment admirable de son temps, le moine Savonarole."

J.K. Huysmans, Trois églises et trois primitifs (1908)

Écrit par : Lucrèce | mardi, 06 mai 2008

Le pape Benoît XVI est revenu sur le scandale des prêtres pédophiles dans la cathédrale Saint Patrick de New York, assurant les prêtres et les religieuses qu'il était proche d'eux dans leur combat pour réparer les dégâts provoqués par cette affaire.

S'exprimant devant 3 000 personnes, la plupart membres du clergé, le souverain pontife a affirmé au cours d'une messe que le temps de la purification et la guérison était venu. Des cardinaux et des évêques venus de tous les Etats-Unis étaient présents.

«Je veux simplement vous assurer, chers prêtres et religieuses, de mon soutien spirituel alors que vous vous efforcez de répondre, avec l'espérance chrétienne, aux défis continus que cette situation présente», a déclaré Benoît XVI.

Écrit par : Patrick | mardi, 06 mai 2008

Jean-Claude Guillebaud, écrivain, journaliste( "Sud Ouest", le Monde et Nouvel Observateur) éditeur au Seuil qui a publié des essais comme "La tyrannie du plaisir", explique sa satisfaction devant les délires wojtyliens reprenant la vieille scie sur la religion de l'Incarnation, tout en profitant de son micro pour faire un de la pub à Hadjadj dont il est l'un des actifs promoteurs dans les réseaux médias :


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L’art moderne, et contemporain, s’est bâti, notamment dans son oscillation iconoclaste-spectaculaire contre la notion de sacré telle que l’entendait le christianisme. Une « théologie du corps », venue à nouveau du côté chrétien, ne serait-elle pas favorable à son renouvellement et à la sortie de certaines impasses dans quoi il est engagé ?

Non seulement une « théologie du corps » est nécessaire, mais je crois bien qu’elle est le véritable « trésor » sur lequel les chrétiens sont assis sans le savoir. Le christianisme est la seule religion incarnée. L’incarnation est porteuse d’une joie charnelle, d’une reconnaissance heureuse de la splendeur du corps que méconnaissent les pseudo théoriciens de la « permissivité ». En réalité, la pensée moderne, tout en faisant mine de se prosterner devant lui, déteste le corps dans sa vérité. Rappelons-nous des pages de La Nausée de Sartre. La chair, avec ses odeurs et ses humeurs, est présentée comme répugnante. Il faut gommer ses imperfections, supprimer ses odeurs, la désincarner en somme. Tout cela procède d’un néo-catharisme assez détestable, et en tout cas lugubre. En vérité, je crois que, paradoxalement, le christianisme est bien placé pour réhabiliter la chair.
Cela peut sembler étonnant, mais c’est ainsi.
C’est pour cette raison que j’ai beaucoup aimé le dernier livre de Fabrice Hadjadj, La Profondeur des sexes. Pour une mystique de la chair. Au-delà de la provocation, il y a là l’expression d’une vérité fondamentale. Quelqu’un comme Ivan Illich (disparu en 2002) reprochait à l’Église d’avoir elle-même oubliée cette joie principielle de l’Incarnation.

Écrit par : Pierre | mardi, 06 mai 2008

Extrait du blog du Pèlerin :

"J’ai eu l’heur dit cet idiot de Gilles Donada, d’interviewer Fabrice Hadjadj, jeune philosophe, dramaturge, et père de famille, converti au christianisme, qui vient de publier “La profondeur des sexes, pour une mystique de la chair”. Un livre exigeant, brillant, tranchant et drôle qui réunifie charnel et spirituel en développant - ô bienfait ! - “une morale qui se moque de la morale”.

http://blogfamille.pelerin.info/2008/04/15/la-profondeur-de-fabrice-hadjadj/


Tout cela donne vraiment l'impression d'une grande mise en musique générale portant sur le même et identique discours singulièrement délirant à propos du corps et de sa dignité.

On peut donc s'attendre au pire dans les années à venir !

Écrit par : André | mardi, 06 mai 2008

Pas dans les années à venir André, mais depuis déjà bien longtemps et dont la visibilité triomphante, aujourd'hui, est la vomitive expression manifeste ! Tout cet étalage scandaleux de complaisances molles à l’égard des pamoisons sensuelles est effectivement l’ultime hoquet d’un catholicisme moribond qui cherche à surfer sur l’air du temps en s’empressant de caresser dans le sens du poil une population totalement réduite à ses instincts, et qui n’en demandait pas tant, de façon à ne pas se couper des masses tout en recyclant l’ensemble des folies théologiques du concile décrites ici.

Dernier exemple en date de ces manifestations de la désorientation moderne de l’Eglise, l'invitation du très médiatique et ubuesque Mgr Di Falco Léandri ancien spécialiste des plateaux de télévision, actuel évêque de Gap à l'étroit dans son diocèse, faite au ridicule Doc Gynéco des sacristies (présenté dans le journal local, « Le Dauphiné Libéré », comme un « théologien » !) à se rendre à N.D. du Laus à l'occasion de la reconnaissance officielle des apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel, en compagnie de l’immonde profanateur Marek Halter pour un débat dont le modérateur désigné, Patrice de Plunkett animateur d'un très conciliaire blog à la contestable déontologie qui filtre les messages afin de ne pas briser l'image saint sulpicienne qu’il cherche à construire de l'Eglise moderne.

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2008/05/05/a-nd-du-laus-hautes-alpes-le-4-mai-un-evenement.html


Voici d’ailleurs ce qu'écrivait vendredi le peu sérieux Plunkett :

"Je suis durant ce week-end au colloque et à la cérémonie de Notre-Dame du Laus, dans le diocèse de Gap : un événement de grande dimension, puisqu'il s'agit de la reconnaissance officielle des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel, au XVIIe siècle. Ce samedi soir, je serai le modérateur de la rencontre-débat sur la relation et la réconciliation (avec Marcel Rufo, Marek Halter et Fabrice Hadjadj). Pas de notes, donc, aujourd'hui et demain. Rendez-vous lundi."


Un intervenant choqué de la présence de Mark Halter à une telle cérémonie écrit donc ce lundi, puisque de nouveau les commentaires sont ouverts dans la boutique de Plunkett :

« Ai-je bien lu ou est-ce que j'ai la berlue : le brave Marek Halter, auteur d'un livre qui fit disparaître plutôt qu'apparaître Marie, invité au Laus pour y parler devant la foule ? Décidément l'Eglise catholique avance les frais du dialogue. »

maksoud


Recevant cette indigente réponse de la part du maître des lieux, qui fait démonstration de son aplatissement compromis devant les sirènes du catholicisme moderne :


« [ De PP à M. - Il était convié à parler de tout autre chose que de ce livre, qui d'ailleurs n'est pas son dernier paru. Quant à faire les frais du dialogue, est-ce choquant ? Je ne crois pas. Et où serait l'intéêt d'un dialogue entre gens déjà d'accord ? Pour la foule qui assistait au débat, la passe d'armes entre Halter et Fabrice Hadjadj a été un grand moment. ] »

Si ce « grand moment » au sein de cette si spirituelle fête sponsorisée par une marque de bière à laquelle assista le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et l'animateur de télévision, Jean-Pierre Foucault, fut à la hauteur des nullissimes échanges avec Sollers lors de la causerie organisée par « les Epées » – on peut être certain et convaincu, n’est-ce pas M. de Plunkett qui ferait bien de s'appliquer dans ses pitoyables rédactions, de son affligeant [intéêt] (sic) !

Écrit par : Zak | mardi, 06 mai 2008

Et Benoît XVI, dans tout ça ? son affirmation d'une possible et réelle dignité du corps et de l'eros ne doit pas avoir l'heur de vous plaire, se plaçant, pour ce qui est de la dignité du mariage, de l'union des époux et du plaisir conjugal, dans la droite ligne d'un Pie XII que vous devez également, sur ce point au moins, renier tout autant.

De ce point de vue, à partir de quel pape doit-on honnir le Vatican ?

Écrit par : ti'hamo | mardi, 06 mai 2008

Et vous-même, à partir que quelle date considérez-vous que l'enseignement de l'Eglise commence à ne plus être traditionnel ?

C'est pourquoi appliquez-vous à lire Pie XII attentivement, avec lequel il n'est pas difficile d'être en parfait accord, avant de dire des bétises :

"L’activité sexuelle, l’exercice de la fonction génératrice, ne sont pas une fin en soi, ni une condition nécessaire, indispen­sable, de l’épanouissement de la personne humaine, même de celle des époux, et c’est une aberration pleine de conséquences graves d’exalter sans mesure une telle activité.

Si légitime que soit le plaisir joint par la nature à l’accomplisse­ment - à tous égards irréprochable - de l’acte conjugal, il est faux que la perfection du mariage et la félicité des époux se mesurent à la quantité de voluptés qu’il procure. Il ne suffit pas de respecter l’intégrité de l’acte, il faut encore dominer l’instinct. Il appartient aux chrétiens, à leurs conseillers-nés, de réagir noblement contre une vague d’hédonisme qui menace de compromettre et de dégrader la dignité des époux."

Si haut et noble que soit l’office de générateurs, « il n’appartient pas à l’essence d’un être humain complet ». Il ne faut pas croire qu’en cas de non-actuation de cette puissance la personne humaine soit diminuée.

Le renoncement à l’exercice de cette fonction, spécialement s’il est inspiré par les plus hauts motifs, n’est pas une mutilation des valeurs personnelles et spirituelles. C’est d’un tel renonce­ment libre par amour du royaume de Dieu que le Seigneur a dit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. »

Exalter outre mesure, comme on le fait souvent aujourd’hui, la fonction générative, même dans la forme juste et morale de la vie conjugale, n’est donc pas seulement une erreur et une aberration, cela porte encore avec soi le danger d’une déviation intellectuelle et affective propre à empêcher les sentiments bons et élevés, spécialement dans la jeunesse encore dépourvue d’expérience et ignorante des déceptions de la vie. Car enfin quel homme normal, sain de corps et d’âme, voudrait faire partie du nombre des déficients de caractère et d’esprit?"

( Pie XII, AAS, XLI n. 13, 21 nov. 1949)

Écrit par : Lozère | mardi, 06 mai 2008

Je lis avec attention, et j'approuve, et c'est tout exactement ce que je pense ; et que je dis. sans doute moins bien, mais je suis pas Pie XII, non plus.

D'ailleurs pour qu'il y ait renoncement par amour du Seigneur, il faut bien que ce soit à quelque chose que l'on ne tient pas pour répugnante et méprisable,
sinon cela s'appelle de l'hygiène, pas du renoncement.

D'ailleurs, Pie XII dit aussi :
"Le Créateur Lui-même a établi que dans cette fonction de génération les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l'esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d'une juste modération."
ce qui entre bien plus en contradiction avec certains propos tenus ici (après tout, à lire ceci, ne pourrait-on accuser Pie XII de complaisance envers les "moites pâmoisons sensuelles molasseuses et morbides" ?) qu'avec les miens. Il dit bien qu'il s'agit d'une chose bonne, que l'on ne doit pas pour autant idolâtrer, mais accepter et goûter avec tempérance ; comme toute réalité terrestre qui ne soit pas mauvaise en soi.

Écrit par : ti'hamo | mardi, 06 mai 2008

Combien vous avez raison Lozère, et ce de manière très pertinente, de rappeler ces souveraines paroles de Pie XII que certains cherchent, ridiculement, à présenter comme un encourageant prédécesseur dans leurs efforts de glorification de la concupiscence entre les époux. Bien au contraire Pie XII sut dire des choses relativement fortes et dénuées de concession en ces domaines, d'autant en une période où commençaient à poindre les premières traces d'un dévergondage libidineux plus que suspect, et d'une sévère désorientation doctrinale qui triomphera dans l'après Vatican II dont nous subissons hélas ! aujourd'hui de plein fouet les effets corrupteurs.


Relisons donc avec [intéêt], dirait Patrice de Plunkett, qui signe PP pour les intimes, (ça ne s'invente pas !), ces instructives lignes du Saint Père Pie XII publiées dans la Documentation Catholique en 1951, et que l'on évite, bien évidemment, de citer trop souvent :


« Il est un terrain sur lequel cette éducation de l’opinion publique, sa rectification, s’impose avec une urgence tragique. Elle s’est trouvée sur ce terrain pervertie par une propagande que l’on n’hésiterait pas à appeler funeste, bien qu’elle émane cette fois de source catholique et qu’elle vise à agir sur les catholiques, et même si ceux qui l’exercent ne paraissent pas se douter qu’ils sont, à leur insu, illusionnés pal l’esprit du mal.

Nous voulons parler ici d’écrits, livres, articles touchant l’initiation sexuelle, qui souvent obtiennent aujourd’hui d’énormes succès de librairie et inondent le monde entier, envahissant l’enfance, submergeant la génération montante, troublant Ira fiancés et les jeunes époux.

Avec tout le sérieux, l’attention, la dignité que le sujet comporte, l’Église a traité le sujet d’une instruction en cette matière, telle que le conseillent ou la réclament tant le développement physique et psychique normal de l’adolescent, que les cas particuliers dans les diverses conditions individuelles. L’Église peut se rendre cette justice que, dans le plus profond respect pour la sainteté du mariage, elle a en théorie et en pratiqué, laissé les époux libres en ce qu’autorise, sans offense du Créateur, l’impulsion d’une nature saine et honnête.­

On reste atterré en face de l’effronterie d’une telle littérature. Alors que devant le secret de l’intimité conjugale, le paganisme lui-même semblait s’arrêter respect (Enéide, ch. IV), il faut en voir violer le mystère et en donner, la vision sou sensuelle et vécue en pâture au grand public, à la jeunesse même.

Vraiment, c’est à se demander si la frontière est encore suffisamment marquée entre cette initiation soi-disant catholique et la presse ou illustration érotique et obscène, qui, de propos délibéré, vise la corruption ou exploite honteusement par vil intérêt les plus bas instincts de la nature déchue.

Ce n’est pas tout. Cette propagande menace encore le peuple catholique d’un double fléau, pour ne pas employer une expression plus forte.

- En premier lieu, elle exagère outre mesure l’importance et la portée dans la vie de l’élément sexuel. Accordons que ces auteurs, du point de vue purement théorique, maintiennent encore les limites de la morale catholique. Il n’en est pas moins vrai que leur façon d’exposer la vie sexuelle est de nature à lui donner, dans l’esprit du lecteur moyen et dans son jugement pratique le sens et la valeur d’une fin en soi. Elle fait perdre de vue la vraie fin du mariage, qui est la procréation et l’éducation des enfants, et le grave devoir des époux vis-à-vis de cette fin que les écrits dont nous parlons laissent par trop dans l’ombre.

- En second lieu, cette littérature, pour l’appeler ainsi, ne semble pas tenir compte de l’expérience générale d’hier, d’aujourd’hui et de toujours, parce que fondée sur la nature, qui atteste que, dans l’éducation morale, ni l’initiation, ni l’instruction ne présente en soi aucun avantage, qu’elle est au contraire gravement malsaine et préjudiciable, si elle n’est fortement liée à une constante discipline, à une vigoureuse maîtrise soi-même, à l’usage surtout des forces surnaturelles de la prière et des sacrements. Tous les éducateurs catholiques dignes de leur nom et de leur mission savent bien le rôle prépondérant des énergies surnaturelles dans la sanctification de l’homme jeune ou adulte, célibataire ou marié. De cela, dans ces écrits, à peine souffle-t-il un mot, si encore on ne le passe pas sous silence.

Les principes mêmes que, dans son encyclique Divini illius Magistri, notre prédécesseur Pie XI a si sagement mis en lumière concernant l’éducation sexuelle et les questions connexes sont, triste signe des temps, écartés d’un revers de main ou d’un sourire. Pie XI, dit-on, écrivait cela il y a vingt ans pour son époque. Depuis on a fait du chemin. Mais son enseignement reste valable aujourd’hui comme alors... »

(Cf. La doc. cathol., 1951, p 1280.)

Écrit par : Zak | mardi, 06 mai 2008

Dîtes-moi Ti'hamo, n'y a-t'il que cette question de la chair qui vous préoccupe!?

Que pensez-vous de ceci ?:

"Certes, on pourrait épiloguer des heures et des heures sur l’abandon de la tradition liturgique, les défigurations architecturales qui vinrent des prêtres eux-mêmes ! briser des autels vénérables, et encourager leurs ouailles à ce que l’on réduise en cendres les signes de la piété (reliquaires, ex-voto, etc.), ou que l’on vende à des brocanteurs, comme de la vulgaire pacotille, les ornements qui étaient autrefois destinés au service sacré de la messe. Qu’il s’en soit suivi une chute catastrophique des vocations, la fermeture, les uns après les autres, des petits et grands séminaires, la désertification massive des paroisses, la multiplication des charges confiées à des laïcs ou des diacres incompétents, la déchristianisation générale de la société, les inconduites impardonnables en matières de moeurs de certains ecclésiastiques, les égarements monstrueux imposés dans le domaine pastoral par des curés « dans le coup » bien peu inspirés transformant les messes dominicales en de tristes spectacles de fêtes foraines, etc., tout cela était donc presque logique, malheureusement !

Écrit par : Sébastien | mardi, 06 mai 2008

Vous avez esquivé ma première question ; répondez;


Par ailleurs vous ne voyez que ce qui vous intéresse. Que pensez-vous par exemple de cette affirmation de Pie XII : "il est faux que la perfection du mariage et la félicité des époux se mesurent à la quantité de voluptés qu’il procure. Il ne suffit pas de respecter l’intégrité de l’acte, il faut encore dominer l’instinct. Il appartient aux chrétiens, à leurs conseillers-nés, de réagir noblement contre une vague d’hédonisme qui menace de compromettre et de dégrader la dignité des époux."

Écrit par : Lozère | mardi, 06 mai 2008

Mais c'est excellent ce discours de Pie XII. merci de l'avoir porté à notre connaissance Lozère et Zak. Il y a dans ces lignes des passages en contradiction absolue avec les thèses de Paul VI et Jean-Paul II qui font une place excessive au corps et à la jouissance dans le mariage :




"On a pris l’habitude en effet, à laquelle sacrifient même des catholiques, de soutenir, par la parole et par les écrits, la néces­saire autonomie, la fin propre et la valeur propre de la sexualité et de son exercice, indépendamment du but de la procréation d’une nouvelle vie. On voudrait soumettre à un nouvel examen et à une nouvelle loi l’ordre même établi par Dieu. On ne vou­drait admettre d’autre frein dans la manière de satisfaire l’instinct que le respect de l’essence de l’acte instinctif.

Ainsi, à l’obligation morale de dominer les passions, on substituerait la licence de servir aveuglément et sans frein les caprices et les poussées de la nature, ce qui ne pourrait, tôt ou tard, que tourner au détriment de la morale, de la conscience et de la dignité humaine.

Cet hédonisme antichrétien, trop souvent on ne rougit pas de l’ériger en doctrine, inculquant le désir ardent de rendre toujours plus intense la jouissance dans la préparation et la réalisation de l’union conjugale, comme si, dans les rapports matrimoniaux, toute la loi morale se réduisait à l’accomplisse­ment régulier de l’acte même et que tout le reste, de quelque manière qu’il soit fait, se trouvait justifié par l’effusion de l’affection réciproque, sanctifié par le sacrement du mariage, méritant louange et récompense devant Dieu et la conscience. De la dignité de l’homme et de la dignité du chrétien, qui mettent un frein aux excès de la sensualité, on n’a cure.

Eh bien, non ! La gravité et la sainteté de la loi morale chré­tienne n’admettent pas une satisfaction effrénée de l’instinct sexuel, ni une recherche exclusive du plaisir et de la jouissance ; elles ne permettent pas à l’homme raisonnable de se laisser dominer à un tel point, ni quant à la substance, ni quant aux circonstances de l’acte.

(...)

Certains voudraient alléguer que la félicité dans le mariage est en raison directe de la jouissance que chacun trouve eu l’autre dans les rapports conjugaux.

Non, la félicité dans le mariage est au contraire en raison directe du respect mutuel entre les époux, même dans leurs relations intimes, non certes qu’ils doivent juger immoral et refuser ce que la nature offre et que le Créateur a donné, mais parce que ce respect mutuel et la mutuelle estime sont des plus appréciables éléments d’un amour pur et, par là même, d’autant plus tendre...

Opposez-vous, autant qu’il vous est possible, à l’assaut de cet hédonisme raffiné, vide de valeurs spirituelles et indigne d’époux chrétiens."

(Pie XII, AAA, XLI, n. 13, 21 nov. 1949)

Écrit par : Henri | mardi, 06 mai 2008

Mais nous ne faisons, dans cette affirmation des principes fondamentaux de l'ascèse chrétienne et ce rappel des textes traditionnels, outre une fidélité à s. Augustin et s. Thomas ainsi qu'aux pères de l'Eglise, que suivre respectueusement l'enseignement et les conseils de Pie XII :


"Opposez-vous, autant qu’il vous est possible, à l’assaut de cet hédonisme raffiné, vide de valeurs spirituelles et indigne d’époux chrétiens."

(Pie XII, AAA, XLI, n. 13, 21 nov. 1949)

Écrit par : Zak | mardi, 06 mai 2008

Vous avez raison Zak, on fera difficilement de Pie XII un avocat de l'exaltation de la libido entre les époux, lui qui souligna combien il était extrêmement important d'orienter le mariage vers la chasteté, afin qu'il devienne également un sacrement de sanctification, comme il l'explique avec précision dans son encyclique Mystici Corporis Christi :

"A bon droit, néanmoins, lorsque les Pères de l'Eglise font l'éloge des ministères, des degrés, des conditions, des états, des ordres, des fonctions de ce Corps, ils n'ont pas seulement en vue ceux qui ont reçu les ordres sacrés, mais aussi avec eux tous ceux qui ont embrassé les conseils évangéliques, qu'ils mènent une vie active au milieu des hommes, ou une vie contemplative dans le silence du cloître, ou encore qu'ils s'efforcent d'unir les deux états selon leur propre institut; ceux qui, tout en restant dans le monde, se consacrent pourtant avec ardeur aux œuvres de miséricorde, pour le bien des âmes ou des corps; enfin, ceux aussi qui sont unis par les liens d'un chaste mariage (...) [et] qui collaborant avec la hiérarchie ecclésiastique à étendre le règne du divin Rédempteur, tiennent dans la société chrétienne une place d'honneur, encore qu'elle soit souvent très modeste; eux aussi peuvent, sous l'inspiration et avec le secours de Dieu, monter au sommet de la sainteté qui, d'après la promesse de Jésus-Christ, ne manquera jamais à l'Eglise."


Pie XII, Mystici Coporis Christi, Rome, en la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin de l'an 1943.

Écrit par : Pierre | mardi, 06 mai 2008

MYSTICI CORPORIS CHRISTI


LETTRE ENCYCLIQUE
DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII

SUR LE CORPS MYSTIQUE DE JÉSUS-CHRIST
ET SUR NOTRE UNION EN LUI AVEC LE CHRIST

"L'Eglise de Dieu est méprisée et calomniée avec une orgueilleuse hostilité par ceux qui, abandonnant la lumière de la sagesse chrétienne, retournent misérablement aux doctrines, aux mœurs, aux institutions de l'antiquité païenne; mais que souvent même beaucoup de chrétiens, se laissant attirer par l'apparence trompeuse de l'erreur ou charmer par les séductions et les dépravations du monde, ignorent l'Eglise..."


"...les âmes par une impulsion pour ainsi dire naturelle, des biens terrestres et passagers aux biens célestes et éternels, et susciteront une soif secrète des réalités spirituelles et un intense désir qui, sous la poussée de l'Esprit de Dieu, les stimulera, les forcera presque à rechercher avec plus de zèle le royaume de Dieu. Plus les hommes sont arrachés aux vanités de ce monde et à l'amour des biens présents, plus ils deviennent aptes à percevoir la lumière des mystères surnaturels. Or, aujourd'hui peut-être plus clairement que jamais, on saisit la vanité et le néant des biens de la terre..."

"...Tout le monde sait, en effet, que Dieu avait placé le père de tout le genre humain dans un tel état
d'excellence qu'il devait donner à ses descendants, en même temps que la vie d'ici-bas, la vie surnaturelle de la grâce céleste. Pourtant, après la chute désastreuse d'Adam, toute la famille humaine, souillée par la faute originelle, perdit la participation de la nature divine, et nous devînmes tous fils de colère..."



http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_29061943_mystici-corporis-christi_fr.html

Écrit par : . | mardi, 06 mai 2008

Donc, si je vous suis bien, un bon pape ferait détruire les fresques de la Chapelle Sixtine sans aucun état d'âme. Après tout, tous ces peintres n'étaient que des pédés, bon sang mais c'est bien-sûr... Am i right ?

Écrit par : Nebo | mardi, 06 mai 2008

Connaissez-vous cette anecdote Nebo ? Alors que le pape demandait à Biagio de Cesena (le maître des cérémonies du Vatican) son sentiment devant la fresque de la Sixtine non encore achevée, le fidèle et pieux Biagio déclara : "il est inconvenant d’avoir fait dans un lieu si noble tant de figures nues qui montrent même leurs parties honteuses. Ce n’est pas un ouvrage pour la chapelle du pape, mais pour des bains publics et des auberges (da stufe e d’osterie)."

Michel-Ange en fut fâché et pour se venger il représenta aussitôt ce personnage sous la figure de Minos en enfer avec un grand serpent autour des jambes au milieu des diables. Biagio se plaignit auprès du pape et demanda à ce qu'on qu’on supprimât ce détail. Mais le Saint-Père lui répondit, ce qui est tout à fait significatif, qu’il avait autorité sur le ciel, mais qu’il ne pouvait rien sur ce qui se passe en enfer !

Écrit par : Zak | mardi, 06 mai 2008

Paradoxe scandaleux, alors que la fresque de Michel-Ange provoquera, à juste titre, une retentissante réprobation, la chapelle Sixtine n’est tout de même pas un lieu de culte semblable aux autres : elle est Magna Capella Sacri Palatii, la Grande Chapelle du Sacré Palais, le centre liturgique de la chrétienté romaine, cad de la catholicité, et de nos jours encore seul le Pape peut célébrer la messe sur l’autel que surplombe, honteusement, l’immense fresque de Michel-Ange représentant Le Jugement Dernier.
L’extrême dignité sacerdotale du lieu le destinait donc en priorité à une organisation hautement symbolique, en laquelle rien n’était laissé au hasard, et qui devait résumer en sa totalité le message chrétien de la Rédemption, une sorte de compendium de la chrétienté, depuis la création du monde et le premier péché jusqu’à la fin du monde et la résurrection des morts.

C’est en effet dans cet esprit qu’elle a été conçue sur le plan architectural. Érigée, telle que nous la connaissons, sous le pontificat de Sixte IV, vers 1475 (d’où son nom de chapelle « Sixtine »), ses dimensions s’inspiraient des proportions en longueur, largeur et hauteur (3 x 2 x 1) de la description du Temple de Salomon dans le Livre des Rois, proportions en lesquelles l’interprétation allégorique croyait voir, ainsi que dans celles de l’Arche de Noé, une image matérielle de l’Église spirituelle.


Or, l’abondance païenne des nudités de Michel Ange choqua, l’indécence des nus paraîtra, au sein de la chapelle pontificale, insupportablement outrageante.

L’année de la mort de Michel-Ange, un fervent admirateur du maître, Daniel de Volterra, et son atelier de braghettone, ou "poseurs de culottes", recouvrira les nudités les plus offensantes, et corrigera certaines positions dont on avait dénoncé l’obscénité. A quatre-vingt-cinq ans, vers 1560, Michel-Ange voulut habiller les nudités du Jugement Dernier, et il l’aurait fait lui-même s’il en avait eu la force. Dans une lettre adressée à Charles Borromée de septembre 1561 (trois ans avant sa mort), il déclare qu’il « voulait l’arranger, se faisant un cas de conscience de laisser après lui une pareille chose. »

Sous le règne de Grégoire XIII (1572 - 1585), qui prit une part active à la Contre Réforme, on détruisit même huit mètres carrés de la fresque pour surélever le sol dans la région de l’autel. Et sous celui de Clément VIII (1536 - 1605), on envisagea un instant une destruction totale de la chapelle, dont l’iconographie semblait parfaitement scandaleuse.

Écrit par : Hadrien | mardi, 06 mai 2008

"Repentez-vous de ce que vous avez fait, repentez-vous de vos péchés, éloignez-vous du démon, laissez-vous gagner par les anges seuls capables de vous amener jusqu'au Sauveur".

(Savonarole)

Écrit par : Angelo | mardi, 06 mai 2008

Merci Zak pour le lien chez Plunkett

Je viens de lire ce commentaire

JANSENISME

>Dans l'espoir que ces quatre siècles auront rendu possible une approche plus positive du prétendu jansénisme...

Et la réponse de PP

[ De PP à L. - Lisez les biographies de Benoîte Rencurel : on y apprend de quels procédés révoltants le clergé janséniste a usé contre elle. L'événement du Laus renforce donc notre connaissance de cette catastrophe que fut le jansénisme pour les catholiques français. ]

J'ai la nette impression que l'on est en train de ressortir le jansénisme chaque fois que quelqu'un l'ouvre un peu trop !
Tout ceci devient franchemment douteux!

Écrit par : sebastien | mardi, 06 mai 2008

Je lis bien tout ce que l'on me cite de Pie XII,
et y voit donc bien exprimée la nécessité d'une maîtrise des sens, et non d'un rejet total,
d'une tempérance dans l'union physique, et non l'affirmation qu'elle soit en soi totalement mauvaise et source inévitable de péché.

"L’Église peut se rendre cette justice que, dans le plus profond respect pour la sainteté du mariage, elle a en théorie et en pratiqué, laissé les époux libres en ce qu’autorise, sans offense du Créateur, l’impulsion d’une nature saine et honnête."
L'impulsion peut donc être saine et honnête.

Au passage, d'ailleurs, merci de l'avoir rappelé ici :
"Tout le monde sait, en effet, que Dieu avait placé le père de tout le genre humain dans un tel état
d'excellence qu'il devait donner à ses descendants, en même temps que la vie d'ici-bas, la vie surnaturelle de la grâce céleste. Pourtant, après la chute désastreuse d'Adam, toute la famille humaine, souillée par la faute originelle, perdit la participation de la nature divine, et nous devînmes tous fils de colère..."

Il est donc bien affirmé que l'union et la génération, la procréation, font partie de la nature humaine dès la création avant la chute,
contrairement à ce que certains ont avancé ici.

Sinon, si je n'interviens qu'à propos de la dignité de la chair, c'est que sur les autres questions je suis d'accord.

Écrit par : ti'hamo | mercredi, 07 mai 2008

Sur la question de la fresque de Michel-Ange je préfère de très loin la position d'un chrétien qu'on ne saurait soupçonner de tiédeur, à savoir Léon Bloy: liberté en art.

Mais il est vrai que je ne suis pas encore chrétien, ni même croyant.

Écrit par : Tang | mercredi, 07 mai 2008

Ah, oui, quand je me disais d'accord, je voulais surtout le dire à propos de la perte du sens de la Messe (avec ou sans jeu de mot approximatif :-), la nullité aussi bien esthétique, artistique que littéraire et dogmatique des chansons "liturgiques"...
Concernant la fresque de Michel-Ange, j'avoue ne pas m'être posé la question ; à y réfléchir là comme ça, je dirais qu'effectivement, liberté en Art, et qu'effectivement aussi, sa place n'est pas forcément dans une chapelle si on y célèbre la Messe - ne serait-ce que parcequ'elle invite plus à la déconcentration qu'à la prière.

Personnellement, je préfère Le Caravage, de toute façon.

Écrit par : ti'hamo | mercredi, 07 mai 2008

Le charitable de Di Falco appelle ses ouailles dans ses sermons à accueillir l'étranger, mais lorsqu'on s'invite chez lui à l'improviste, Monseigneur, qui n'aime que l'on dérange la porcelaine et que l'on couche bébé sur les fauteuils louis XV, téléphone aux flics !


AFP. Le 25 décembre à 7 heures du matin [2001], le collectif autonome des sans-papiers de la MDE a investi par surprise l'ambassade du Vatican de Paris. A la demande de Monseigneur Di Falco et du Nonce Apostolique, les policiers ont évacué le bâtiment à 10h30, après que les hommes de Dieu leurs eurent ouvert une porte de la Nonciature.

Bien que malmenés, les sans-papiers ont stabilisé la situation et fermement exigé que leur soient restitués les banderoles, les escabeaux utilisés pour franchir les grilles et des portables volés par les forces de l'ordre.
Une fois tous ces objets rendus, leur détermination à lutter quelles qu'en
soient les conséquences à nouveau démontrée, les camarades sans-papiers sont retournés à la Maison Des Ensembles avec encore et toujours la même
revendication : « des papiers pour tous par carte de 10 ans ».

Écrit par : Harma | jeudi, 08 mai 2008

Il était prévisible que le clergé, impliqué dans des affaires de moeurs douteuses, soit donc logiquement le roi de la pédale !

http://www.cef.fr/catho/actus/archives/2003/20030430championnatcyclisteclerge.php

Écrit par : Championnat de France cycliste du clergé | jeudi, 08 mai 2008

A Cléry-Saint-André, les curés en bicyclettes ont évolué sous l'œil des caméras de TF1 et de France 2, ce qui ne trouble surtout pas François Cordier qui a participé à pratiquement tous les championnats depuis 2001.

Mais l'homme d'église n'est pas certain de pouvoir remettre ça en 2008 :

« Cette épreuve comporte de nombreux à-côtés agréables, comme par exemple l'occasion de retrouver chaque année des camarades connus au séminaire de Paris. Cependant, je crois bien qu'une grande fête religieuse tombe en même temps que le championnat de l'an prochain. Si c'est le cas, je resterai dans ma paroisse. »


Ouf ! on est tout de même rassuré, l'abbé préfère la messe à la petite reine !

Écrit par : les curés en bicyclettes | jeudi, 08 mai 2008

Je suis atterré par ce que je viens de découvrir, avec un peu de retard il est vrai !
Saviez-vous que Mgr Di Falco avait été soupçonné de pédophilie?

L'affaire a été classée sans suite!!!


http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=2984.88

Écrit par : Ernest | jeudi, 08 mai 2008

Belle image de piété ecclésiastique en vérité ! Le clergé conciliaire avec à ses côtés des prétendues "religieuses", la tête dans le guidon, en cuissards couverts de calicots publicitaires, jambes rasées et shorts moules burnes ! Emblème extraordinaire de la désorientation moderne de l’Eglise.

Écrit par : Zak | jeudi, 08 mai 2008

Je suis même sûr qu'ils prennent leur bain tout nus, les impies !

Écrit par : ti'hamo | vendredi, 09 mai 2008

Certes les prêtres sont des hommes comme les autres, ils ont besoin de repos, de loisirs...
Dans mon pays le prêtre de la paroisse n'a jamais le temps!

A Pâques, lors du chemin de Croix il est passé en coup de vent pour nous dire que le plombier venait et qu'il ne pouvait pas rester avec nous!!
Véridique!
A la communion il reste assis, et les chaisières donnent la communion!

Est-ce que le curé d'Ars faisait du vélo?! Non!
Il n'est qu'à voir son emploi du temps!


Après-tout, si ils veulent faire du vélo qu'ils le fassent en soutane, ou en clergyman.

Écrit par : Ernest | vendredi, 09 mai 2008

Ah ! Savonarole... et ses milices chrétiennes... qui cherchaient à connaître l'intimité même des sujets de Dieu. Tout un programme, en effet. J'ai toujours beaucoup apprécié ceux qui avaient l'outrecuidance de poser leurs culs crottés sur le trône de Dieu en personne afin de prononcer leurs anathèmes et leurs hauts jugements intransigeants. Si ces gens venaient fouiller chez moi, je les recevrais avec un fusil. Je leur ferais une guérilla à moi tout seul... parole de Serbe. Je trancherais dans le vif de leur chair putride et déjà morte sans état d'âme.

Écrit par : Nebo | vendredi, 09 mai 2008

Nebo, voici un bel exemple d'emploi du temps pour un prêtre!
A cette lecture, vous comprendrez mieux notre sainte horreur du confusionnisme qui règne dans l'église catholique.






Ce sont des extraits de l'homélie prononcée par Mgr Pascal N'Koué (diocèse de Natatingou au Bénin), à l'occasion des ordinations sacerdotales pour le diocèse de Natatingou (décembre 2007).

http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/01/30/68/d-dicace-rosans/koue-sur-le-benin--le-matin.jpg


Ne vous habituez surtout pas à circuler sans votre habit ecclésiastique, sous prétexte que "l'habit ne fait pas le moine". Un prêtre âgé aimait recommander aux jeunes prêtres le port de la soutane en ces termes: "Portez votre préservatif". A sa suite, je lance ce vibrant appel à tous les prêtres: "portez votre préservatif". J'insiste. Il ne préserve peut-être pas de tout mais de beaucoup de choses. Ne vous contentez pas de porter une petite croix au cou, ce n'est pas un habit. Portez votre soutane toujours et partout... évidemment pas jusque dans la douche! Encore qu'autrefois nos aînés dans le sacerdoce jouaient au football en soutane.

Notre Peuple veut nous voir en soutane. Notre signe distinctif extérieur c'est la soutane. Pas de négligence là-dessus. Pas de demi-mesure. C'est un témoignage silencieux qui n'est pas banal. Il dit notre appartenance spécifique à Dieu et à l'Église. N'ayons pas honte d'affirmer notre identité. Et nous avons bien fait de conserver au Bénin le rite de bénédiction et de prise de soutane dans notre marche vers l'autel de Dieu. Attention donc au relativisme qui pousse au confusionnisme avec les laïcs. A défaut de la soutane, portez le clergyman ou tout simplement le col romain.





En outre - et j'aurais dû commencer par là - soyez des hommes de prière. Le prêtre doit nourrir sa propre vie spirituelle par une abondante vie de prière personnelle. La liturgie des heures (ou Bréviaire), prière officielle de l'Église, est là pour nous aider. Soyez fidèles à la méditation matinale. Aimez aussi les adorations eucharistiques où vous parlez coeur à coeur avec le Christ, réellement présent devant vous. Que votre dévotion eucharistique transparaisse aux yeux des fidèles, qui seront ainsi encouragés par leur Pasteur, à vivre en communion avec Dieu. Conduisez-les au Christ par la prière et la contemplation.




Enfin, soyez disponibles et serviables. Le célibat consacré devrait vous y aider. Un vieux prêtre se plaignait des jeunes prêtres ainsi: "Tant qu'ils ne sont que séminaristes, ils sont serviables. Mais dès que l'Esprit s'empare d'eux pour en faire des prêtres, on ne peut plus s'en servir". Soyez donc serviables avant et surtout après l'ordination. Le Christ est venu pour servir: en son nom, visitez les familles, les malades et les prisonniers. Soyez miséricordieux et proches de tout le monde: enfants, jeunes, pauvres, vieillards, commerçants, hommes politiques, paysans, éleveurs etc.

N'ayez pas honte si l'on vous surnommait "amis des publicains et des pécheurs": ce fut le plus beau surnom de Notre Seigneur Jésus.
Bénissez les maisons et les personnes. Prenez aussi le temps d'écouter ceux qui viennent vous parler. Si votre écoute est attentive, paternelle et spirituelle, vous ferez mieux que les psychologues, les psychanalystes et les marchands d'illusions. (...)"




Même si vous n'êtes pas musiciens, intéressez-vous au chant sacré, veillez à la qualité des actions liturgiques. Le chant sacré doit répondre à la dignité, à la gravité et à la sainteté de la liturgie. Que les instrumentistes jouent humblement pour la gloire de Dieu et l'édification des fidèles. Qu'ils évitent d'offenser la piété du peuple par des danses purement folkloriques et des battements de mains intempestifs.

Que vos célébrations soient empreintes de silence, de recueillement et de respect vis-à-vis de la majesté et de la transcendance de Dieu. En effet, le saint Sacrifice de la messe célébré à la va-vite, de façon négligée et superficielle, en vide le sens et affaiblit sa fonction d'accroissement de la foi. Celui qui célèbre mal manifeste la faiblesse de sa foi et peut démolir celle des autres. Bien sûr que l'essentiel n'est pas le rite en lui-même, mais le coeur habité par la présence divine et l'intention de faire ce que l'Église veut. (...) Souvenez-vous que les premières eucharisties avaient lieu dans des maisons aux portes closes, non point par souci du secret mais pour préserver ceux qui étaient encore trop faibles pour participer à de tels mystères... (...) Indiquez à temps et à contre temps le chemin du ciel aux hommes, toujours tentés de regarder uniquement vers la terre. Soyez convaincus que le prêtre est indispensable à la société.

Comme vous le constatez, avec un emploi du temps de cette nature il n'y a guère de temps pour les loisirs!

Écrit par : Ernest | samedi, 10 mai 2008

Oui... vous ne dites que des choses, ici, que je sais et que j'estime... nous ne parlons décidément pas de la même chose.

Mais Savonarole... i'm waiting for you... ................

Écrit par : Nebo | samedi, 10 mai 2008

Je suis l'abbé Cordier cité par le journal local en mai 2007 à propos de la course cycliste des membres du clergé. Bien sûr je n'ai pas dit qu'en 2008 le premier mai coïncidant avec l'ascension je ne pourrais pas participer. J'ai dit que en 2008, compte tenu de la coïncidence de dates le championnat serait sans doute déplacé.... ce qui a bien été fait ! Mais tous les journalistes sportifs locaux ne sont pas des flèches !!
Epargnez-nous donc ces effarouchements infondés et prenez le temps de découvrir l'homélie de Mgr Guyard à Sainte Adresse le 8 mai 2008 : http://www.championclerge.com/2008/Homelie%20du%20P.%20Michel%20GUYARD.htm

Écrit par : François CORDIER | dimanche, 11 mai 2008

Père Cordier. Certes la pratique de la bicyclette n’est pas un péché en soi, et il n’est pas interdit à un ecclésiastique d’utiliser ce moyen pour ses déplacements. Mais que vous alliez jusqu’à emprunter la forme et les vêtements du vélo de compétition sans autre examen plus approfondi de ce que cela implique comme contradiction avec vos principes de vie en tant qu’hommes ou femmes de Dieu, là est le véritable problème.
La modestie extérieure, même sans aller jusqu’à la soutane ou à la cornette, qui doit normalement caractériser un prêtre ou une religieuse vous le savez bien, est difficilement compatible avec ces déguisements impudiques qui vous ridiculisent par rapport à votre état sacerdotal ou religieux puisque vous n’hésitez pas à emprunter jusqu’aux pratiques déplacées qui se remarquent sur les sportifs en herbe, pas toujours à l’âge de l’adolescence, que l’on croise sur les routes le week-end, pratiques que sont le ridicule rasage des jambes pour les hommes et le port des cuissards dont il n’est pas nécessaire de vous expliquer ce qu’ils mettent en valeur sur le plan anatomique chez les hommes ; quant à imaginer des sœurs (peut-être des Ursulines ou des Filles de la Charité...) dans ce simple appareil, là c’est le bouquet, si je puis dire !

Vous avez eu l’amabilité de nous faire connaître les termes de l’homélie de Mge Guyard délivrée lors de votre rassemblement cycliste qui, faute de trouver des éléments scripturaires pour asseoir son propos, s’appuie maigrement sur les seules déclaration de Jean-Paul II afin de signifier la valeur universelle de la pratique sportive : « le sport fait partie des réalités sociales que nous partageons avec tous nos frères » dit-il.

Ceci est sans doute exact pour les laïcs chrétiens qui s’adonnent à des activités ludiques, et dont la mission est de vivre en témoignant au mieux de l’Evangile même dans leurs divertissements et loisirs. Mais vous m’excuserez père Cordier, la mission du prêtre et de la religieuse consacrée est d’un tout autre ordre ! Son rôle, outre la prière et le service divin, est d’être auprès du petit troupeau qui lui a été confié – songez-vous que pendant que vous pédaliez comme de guillerets compétiteurs insouciants, des croyants étaient portés en terre en l’absence de prêtres, des malades n’étaient pas visités, la parole de Dieu non prêchée, la messe non célébrée dans des paroisses fermées, la catéchisme abandonné à des mamans non formées, etc.

Je ne vous cache pas ainsi ma stupéfaction devant cette incroyable déclaration de Michel Guyard, qui visiblement ne s’est pas lancé dans des développements excessifs dans son prêche afin de ne pas être trop long et vous rendre rapidement à votre divertissement favori : « la parole de Dieu n’est pas un code de morale, mais une Parole de Vie qui concerne notre relation à Dieu. Ce qui nous importe, c’est de vérifier comment cette relation à Dieu, et la relation à nos frères qui lui est indissolublement liée, peut s’exprimer dans tous les aspects de notre vie, y compris dans la pratique du sport. » (Homélie de Monseigneur Michel GUYARD Evêque du HAVRE - 8 mai 2008).

Comment ? La Parole de Dieu n’est pas un guide pour notre conduite en ce monde ! Ce qui importerait pour des religieux serait donc simplement de traduire en quoi leur relation à Dieu et à leurs frères peu s’exprimer dans les différents aspects de leur vie dont le sport ! Mais ce discours est à la limite de l’inconscience spirituelle !

Avez-vous oublié qu’en son épître aux Romains, l’apôtre Paul insiste sur le fait que celui qui est né de Dieu réclame à présent le salut de son « corps de mort » (Rom. 7:24). En Romains 8:10, il est même parlé de ce que le corps « est bien mort à cause du péché ».
Le péché habite encore dans notre corps, et c’est pour cela qu’il est mort sur le plan spirituel. C’est-à-dire : Si nous le laissons à lui-même, si nous ne le tenons pas pour mort, il ne fait que pécher, et cela montre bien que nos corps ne sont pas encore délivrés ou sauvés. Effectivement, nous attendons « l’adoption : la délivrance de notre corps » (Romains 7:23), nous ne l’avons pas encore. Par notre corps, nous sommes encore rattachés à la création qui soupire, c’est seulement par le Saint Esprit nous participons déjà de la gloire céleste de Dieu, il ne convient donc pas de se lancer dans des activités où le corps est par trop célébré.

Autrefois pour les hommes de Dieu, sous la domination de Satan, leurs membres se livraient sans retenue au mal. L’oreille écoutait volontiers des discours séducteurs et impurs, des plaisanteries malsaines (Éphésiens 5:3, 4), leurs yeux étaient prompts à s’arrêter sur tout ce qui brille dans ce monde, et procure des sensations agréables pour la chair. Ils étaient tout disposés à regarder des choses malséantes, propres à exciter la convoitise dans le cœur. La bouche était employée à prononcer des paroles vaines, mensongères, flatteuses, médisantes, voire blasphématoires (Jacques 3:2-12). Leurs pieds les portaient rapidement en compagnie des moqueurs et des profanes (Psaumes 1:1), leurs mains pouvaient être des instruments d’injustice, de violence et même de mort. Relisez le tableau de Romains 3:13 à 18.
Or, maintenant que sont-ils appelés à vivre pour Dieu dans leur état de prêtres ou de religieuses ? D’une vie nouvelle que sa grâce leur a communiquée ; leurs mêmes membres qui servaient le péché, pour faire toute sorte de mal, deviennent des instruments de justice. Ils sont « livrés » à Dieu, pour faire tout ce qui lui est agréable (Romains 6:19).

Remémorez-vous père Cordier l’exhortation de Romains 12:2 : « Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite. »

Je me permets pour conclure, ce qui ne vous surprendra pas, de vous renvoyer à cette sage mise en garde de Pascal à l’égard du divertissement et de son caractère dangereux pour l’âme chrétienne : « … le divertissement, est la plus grande de nos misères. Car c'est cela qui nous empêche principalement de songer à Dieu, et qui nous le fait perdre, insensiblement. […] le divertissement nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort. » (Pensées 171)

Écrit par : Zacharias | dimanche, 11 mai 2008

Le prêtre de Jésus-Christ

"Le prêtre vaut ce que vaut sa vie eucharistique, sa Messe surtout.
Messe sans amour, prêtre stérile ;
Messe fervente, prêtre conquérant d'âmes.
Dévotion eucharistique négligée et sans amour, prêtre en danger de se perdre.".

Jean-Paul II

Écrit par : . | dimanche, 11 mai 2008

Savez-vous ce qui arriva le 13 octobre 1884, après que le pape Léon XIII eut terminé de célébrer la Messe dans la chapelle du Vatican, entouré par quelques cardinaux et membres du personnel ?

Léon XIII s'arrêta soudain au pied de l'autel, environ dix minutes, comme en extase, le visage pâle comme la mort. Puis, partant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à Saint Michel, donnant l'ordre de la réciter partout après les Messes-basses ; ceci se fit jusqu'à l'époque de tous les chambardements dans l'Eglise, vers les années 1962-1963.

Lorsque son entourage lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu'au moment où il s'apprêtait à quitter le pied de l'autel, il entendit soudainement deux voix : l'une douce et bienveillante, l'autre gutturale et rauque. Les voix semblaient venir d'auprès du tabernacle. tandis qu'il écoutait, il entendit la conversation suivante :


La voix rauque, celle de satan dans son orgueil, se vantait à Notre-Seigneur en disant :

« Je peux détruire ton Eglise ! »
La voix douce du Seigneur répondit : « Tu le peux ? Alors, fait-le donc »
Satan : « Pour cela, j'ai besoin de plus de temps et de puissance »
Notre-Seigneur : « De combien de temps ? »
Satan : « De 75 à 100 ans, et il me faut aussi un pouvoir plus grand sur ceux qui se livreront à mon service »
Notre-Seigneur : « Tu as le temps, tu auras le pouvoir. Fais-en ce que tu voudras »

Si cette manifestation surnaturelle est authentique, elle offre l'explication la plus logique du bouleversement que connaît l'Eglise depuis le Concile Vatican II.

Écrit par : 13. X. 1884 | vendredi, 16 mai 2008

De l'aveu même du Pape Benoît XVI, alors Cardinal Ratzinger :

- « Nous vivons une apostasie de la foi »

(Déclaration du 17 juin 1999 au Séminaire organisé par le Conseil Pontifical pour les Laïcs, à Rome, devant un parterre de plus de 100 évêques et cardinaux du monde entier).

Écrit par : Hire | vendredi, 16 mai 2008

Bien essayé Hire. Mais il convient de replacer cette phrase dans son contexte:

"L'évolution des cinquante dernières années montre que la religiosité ne disparaît pas, car c'est un désir que l'on ne peut pas effacer du cœur de l'homme. Mais il faut que ce désir soit bien guidé, car sinon une pathologie religieuse risque d'apparaître. C'est pour cela que nous avons la responsabilité d'offrir la vraie réponse, et ceci est une responsabilité historique de l'Église, au moment où la religion peut devenir une maladie qui ne donne plus le visage de Dieu, mais des éléments de substitution qui ne guérissent pas. Même si l'Église est une minorité, la priorité pour nous est celle de l'annonce. En Occident, les statistiques parlent d'une réduction du nombre des croyants; nous vivons une apostasie de la foi. Le défi aujourd'hui est que la foi ne se retire pas dans des groupes fermés, mais qu'elle éclaire tout le monde, et parle à tout le monde. Les premiers chrétiens étaient peu nombreux mais ils ont été écoutés parce qu'ils n'étaient pas un groupe fermé. Aujourd'hui aussi nous avons une mission universelle: rendre présente la vraie réponse à l'exigence d'une vie qui correspond au Créateur. L'Évangile est pour tous et les mouvements peuvent être une grande aide, car ils ont l'élan missionnaire du commencement, même s'ils ne sont pas nombreux, et ils peuvent encourager la vie de l'Évangile dans le monde."

Je ne sais pas ce que vous essayiez de démontrer: en tout cas si c'est encore une idée selon laquelle Benoit XVI serait opposé à Vatican II, là c'est raté...

Écrit par : Eric | samedi, 17 mai 2008

Opposé, sans doute pas, pour certaines raisons qu'il nous faudra éclairer en examinant son propre rôle relativement contestable à l'époque, alors qu'il était l'attaché du cardinal Frings, évêque de Cologne, chef de file de la très moderniste église allemande.

Mais on peut dire qu'il a ressenti très vivement, et très vite, les dangers de cette révolution qui bouleversa les traditions les plus saintes et sacrées de la religion catholique.

Son interview à L’Osservatore Romano en 1984 ne laisse place à aucune contestation de son jugement négatif s'agissant des fruits vénéneux qui suivirent Vatican II :

- « Les résultats qui ont suivi le concile semblent cruellement opposés à l’attente de tous… Il est incontestable que les dix dernières années ont été décidément défavorables pour l’Église catholique ».

(L’Osservatore Romano, 24/12/1984 (cf. aussi Joseph, Card. Ratzinger, Vittorio Messori, Entretien sur la foi, Fayard, 1985, p. 30).


Il est donc inutile Eric de nier les faits voyez-vous, et préférable d'admettre les égarements, impressionnants, de l'église moderne.

Écrit par : Hire | dimanche, 18 mai 2008

Exact Hire, à trente-cinq ans, Joseph Ratzinger participait aux travaux auprès du cardinal Joseph Frings, archevêque de Cologne, en qualité d’expert en théologie. Selon lui, les textes préliminaires de la curie,plutôt traditionalistes, perpétuaient la « psychose anti-moderniste » qui avait dominé la réponse de l’Église aux défis intellectuels et culturels du vingtième siècle.

Ratzinger est l’auteur du fameux discours commençant par non placet (« il ne plaît pas ») dans lequel le cardinal Frings opposa une fin de non-recevoir sans équivoque au projet de texte sur la révélation divine. Au cours de séances de travail en compagnie d’évêques allemands et français, Joseph Ratzinger chercha, avec de grands théologiens comme Yves Congar, Jean Daniélou, Henri de Lubac, Karl Rahner et Edward Schillebeeckx, le moyen de faire retirer du programme les documents doctrinaux préparatoires et œuvra, avec Karl Rahner, à la rédaction d’un texte qui, espérait le groupe, pourrait s’y substituer. Il loua avec enthousiasme les décisions prises durant la première session du concile, y voyant un point tournant, la promesse d’un « recommencement ».

Mais de quoi la suite serait-elle faite ? Sous quelle forme le Concile allait-il exprimer la Parole de Dieu pour aujourd’hui ? On trouve la réponse dans les seize constitutions, déclarations et décrets issus de Vatican II. Joseph Ratzinger collabora étroitement aux textes sur l’Église, la Révélation divine, l’activité missionnaire de l’Église et l’Église dans le monde de ce temps, et publia des essais sur ces sujets dans de grandes revues théologiques. Membre du conseil de rédaction de Concilium, il fit aussi paraître un article important sur la collégialité dans le premier volume de la nouvelle revue d’avant-garde.

Au concile, les théologiens progressistes présentèrent un front uni sur les principales questions doctrinales, mais des divergences se firent jour parmi eux au fil des discussions sur la version préliminaire de « l’Église dans le monde de ce temps » (Gaudium et Spes). Largement influencé par le père Marie-Dominique Chenu, le texte proposait une démarche « incarnée » : il fallait rechercher dans les mouvements sociaux et culturels contemporains les signes d’une soif spirituelle à laquelle l’Église répondrait en annonçant le Christ. Le père Chenu parlait à ce propos de « pierres d’attente » prêtes à recevoir d’autres pierres qui viendraient s’y imbriquer. Il voulait que l’Église discerne « les signes des temps » et que sa première réponse soit le dialogue, dans le respect de l’autre. Il s’agissait en somme de transposer, dans l’ordre de la société et de l’histoire, le rapport entre la nature et la grâce tel que le conçoit le thomisme.

À l’instar d’autres théologiens allemands, Joseph Ratzinger trouva que le texte sous-estimait la réalité du péché dans le monde, qu’il confondait nature et surnaturel, et que les notions de « monde » et d’« Église » y étaient floues. La présentation du monde contemporain n’y dépassait guère l’arsenal des clichés sociologiques, et les références au Christ et à son œuvre y avaient l’air de morceaux rapportés, comme si on les avait ajoutées après coup sans trop savoir qu’en faire. Le document, déclara Ratzinger, alimentait « l’illusion qu’il est possible de dresser de l’homme un portrait philosophique rationnel intelligible à tous et propre à rallier tous les gens de bonne volonté, portrait auquel la doctrine chrétienne s’ajouterait à la manière d’une touche finale ». Il aurait préféré que le document parte « du credo chrétien, lequel, justement parce qu’il s’agit d’une profession de foi, peut et doit établir son intelligibilité et sa rationalité propres ». Le dialogue se substituait à la profession de foi. Au plan épistémologique, on serait allé plus loin en exploitant la distinction augustinienne entre science et sagesse qu’en suivant Thomas d’Aquin; pareillement, on aurait évité la coloration semi-pélagienne du texte et des concepts en présentant plus résolument la Croix comme lieu incontournable de contradiction entre l’Église et le monde. Le document fit l’objet de révisions inspirées par les commentaires des Allemands, mais les remarques ultérieures de Joseph Ratzinger sur les premières versions de Gaudium et Spes montrent que ses principales critiques lui semblaient toujours pertinentes.

Écrit par : . | dimanche, 18 mai 2008

Celui que ses détracteurs ont surnommé le Panzer Kardinal n’a pas toujours été aussi rigoriste. Certains de ses étudiants –ce théologien de renom a enseigné plusieurs années à l’université de Tübingen– osent même le qualificatif de progressiste pour désigner le penseur «moderniste» qu’il était à ses débuts. Joseph Ratzinger a en effet joué un rôle de premier plan au concile Vatican II où il fut le peritus –l’expert– du cardinal Frings, archevêque de Cologne. Ironie de l’histoire, c’est lui qui rédigea le célèbre discours dans lequel Joseph Frings qualifia la Congrégation pour la doctrine de la foi –dont il présidera aux destinées pendant près d’un quart de siècle– de «source de scandales». A cette époque, il est également l’un des piliers de la revue Communio qui défend l’idée d’une ouverture de l’Eglise mais ancrée dans la tradition. Le vent de contestation qui gagne en 1968 les facultés de théologie marquera cependant un tournant. L’agitation qui frappe l’Europe le pousse à évoluer vers des thèses plus conservatrices pour défendre les valeurs catholiques face au désordre social. «Il a mal vécu la révolte des étudiants considérant qu’elle menait au chaos et dès lors il a défendu des positions conservatrices», explique l’un de ses anciens élèves.

Écrit par : Panzer | dimanche, 18 mai 2008

Le jeune abbé Ratzinger qualifiant la Congrégation pour la doctrine de la foi de «source de scandales», celle-là elle est pas mal !

Écrit par : Myriam | dimanche, 18 mai 2008

Ceci s'explique car Ratzinger, fut exactement de 1962 à 1965, consulteur théologique auprès du cardinal-archevêque de Cologne Joseph Frings, qu'il aida à préparer la plupart de ses interventions.

Écrit par : Ter | dimanche, 18 mai 2008

J'avoue avoir un certain mal à discerner qui est Benoît XVI;
ne serait-il pas progressiste au bout du compte?

Écrit par : Youri | mardi, 20 mai 2008

Youri, il y a un numéro spécial de Fideliter consacré à Benoît XVI


http://www.laportelatine.org/communication/presse/2006/fideliter169/edito169/edito169.php

Écrit par : Ernest | mardi, 20 mai 2008

En élisant le très rigoriste Joseph Ratzinger souverain pontife, les cardinaux, réunis depuis lundi en conclave, ont fait le choix de la continuité. Fidèle parmi les fidèles de Jean-Paul II, le nouveau pape –qui a choisi de gouverner l’Eglise sous le nom de Benoît XVI–, est un théologien de haute volée qui, tout au long de sa longue et brillante carrière au Vatican, s’est évertué à combattre «l’athéisme moderne» et «le sécularisme déshumanisant» au point de devenir la figure emblématique du conservatisme doctrinal. Inflexible gardien du dogme, il est la bête noire des milieux progressistes qui craignent que sous son règne les églises ne continuent à se vider.





il est la bête noire des milieux progressistes qui craignent que sous son règne les églises ne continuent à se vider.


D'après eux, la Tradition viderait les églises! N'est-ce pas le monde à l'envers?

Écrit par : Maurice | mardi, 20 mai 2008

Rien de neuf sous le soleil:


« Oh ! si vous aviez vu, je ne veux pas dire la laideur, mais la diversité des cérémonies de la messe, il y a quarante ans, elles vous auraient fait honte ; il me semble qu’il n’y avait rien de plus laid au monde, que les diverses manières dont on la célébrait : aucuns commençaient la messe par le Pater noster : d’autres prenaient la chasuble entre leurs mains et disaient l’Introibo, et puis ils mettaient sur eux cette chasuble. J’étais une fois à Saint-Germain-en-Laye, où je remarquai sept ou huit prêtres qui dirent tous le messe différemment : l’un faisait d’une façon, l’autre d’une autres : c’était une variété digne de larmes. Or sus, Dieu soit béni de ce qu’il plaît à sa divine bonté remédier peut à peu à ce grand désordre ! »


Entretien de saint Vincent de Paul donné à ses prêtres le 23 mai 1659

Écrit par : Hire | lundi, 26 mai 2008

Très intéressant Hire, bon compagnon de la Pucelle. Vous nous rappelez à travers l'Ecclésiaste que l'Eglise à toujours connu des périodes d'intense relâchement. Que voulait donc faire Saint Jean de la Croix le "petit Sénèque" de Sainte Thérèse d' Avila, docteur de l'Eglise et réformatrice elle aussi, si ce n'est nettoyer les écuries d'Augias de leur fumier spirituel et rendre l’ordre à sa pureté première. L’abbé de Rancé dont Châteaubriant a prodigieusement conté la conversion après qu’il eut vu le cadavre de celle qu’il idolâtrait revenir, lentement et pas à pas par la dégradation, à sa poussière - « Madame de Montbazon était allée à l’infidélité éternelle », et rien -pas même la magie noire dont il tenta d’éveiller les noirceurs (mais que peuvent-elles lorsque Dieu a mis son doigt terrible sur un homme à qui il a conféré cette foudre aussi hallucinante qu'épouvantable et 1000 fois désirable : l’élection) rien donc ne put redonner à ce jeune gentilhomme si bien poudré, le dandy de son temps, le corps vénéré jusqu’à la dévotion de sa maitresse. Alors, du fringuant muscadin phénix de la Cour, retournant les entrailles de l’âme, Dieu fit un saint. Certes, les papes peuvent canoniser, mais il n’est donné qu’à UN seul de transmuer l’esprit pécheur en une offrande perpétuelle à l’Amour dévorant. Oui, Dieu seul fait SES saints, invisibles piliers de l’Eglise.

Sans doute, « rien de nouveau sous le soleil » ; pourtant… pétrie de sinistre mélancolie et de méchante et mauvaise colère nous cherchons, nous mendions nos pasteurs. Nous leurs voudrions des voix de tonnerre, des suavités d’enfants habités par l’Esprit, nous les désirerions avec un cœur que le sens du mystère n’a pas déserté. Au plus intime de l’âme, combien croient encore qu’un « lève toi et marche » peut réellement impulser la grâce sublime de l’existence dans la chair décédée d’un ami déjà pleuré. Pas un « symbole », une « allégorie » ou toute autre démission du verbe par ceux qui en sont les serviteurs et les gardiens, mais la pure vérité, la toute puissante simplicité du Christ dans son amour pour Lazard.

Oh mes Pères, agenouillé dans la boue des péchés, me trainant en pleurant de joie sur les moignons de ma foi, j’irai vers vous le cœur tendu et tremblant -mais donnez moi cette certitude que vous ne doutez pas du miracle, du miracle d’hier d’aujourd’hui et de demain. Prions ensemble pour que le Seigneur nous envoie un Poverello ou un Dominique. Tout est encore possible, celui qui alluma les étoiles dans la multitude des mondes n’a besoin que de notre amour.
Mais... mes Pères, c’est de vous que l’exemple est attendu. C’est de vous que sont attendus ces mots : « OUI. Le mystère est réalité. Nous vivons au milieu d’un grand combat d’ailes noires et blanches, le démon vous guette avec une concupiscence qui vous ferait vous recroqueviller pire que fétus si vous la sentiez ; et Dieu vous VEUT d’un amour dont tous les déchirements connus ne sont que de malheureuses et pauvres ombres, un brin d’encre sous les soleils de l’univers. Notre vie est surnaturelle, elle n’est que cela ; et le reste n’est qu'intendance de l’âme.

Bénissez-moi mon père car j’ai péché : j’ai osé rêver que vous aimiez Dieu jusqu’à croire à son retour…

Écrit par : Restif | lundi, 26 mai 2008

A lire absolument

Vatican II et l'Evangile par l' abbé G. de Tanoüarn

http://www.vatican2.free.fr/0010.htm

Restif aimez-vous le curé d'Ars?

Pendant ce temps, la vie changeait à Ars. Avant l'arrivée de Monsieur Vianney, on aimait bien tricher sur le poids et la qualité des marchandises, par exemple en vendant comme frais des œufs qui étaient vieux. Peu à peu, l'honnêteté grandit et, dans les marchés on ne toléra plus le moindre vol. C'est ainsi que le petit Benoît Trève, ayant volé une poire à l'étalage d'une marchande, sa mère l'obligea à rapporter le fruit et à demander pardon, les mains liées derrière le dos.

Écrit par : Ernest | lundi, 26 mai 2008

Ernest : Evidemment! Mais je ne le connais pas assez bien, malgré quelque petite recherche peu suffisamment sérieuse.Ca m'intéresse beaucoup. Merci pour tous conseils.

Écrit par : Restif | mardi, 27 mai 2008

Il n'y a pas si longtemps dans ma paroisse, on trouvait le vieux curé une bonne partie de la journée assis près du confessional! Il y avait un monde fou!
Il venait aussi assister les dames du caté; il restait assis, je peux vous assurer que personne bronchait.
C'était un homme de silence, par sa présence il a convertit beaucoup de monde.
Depuis qu'il est mort, le nouveau curé qui a la maladie de la "réunionite" à réussit à stériliser la paroisse (avec l'aide de ces dames). L'église est froide, sans âme, un sépulcre! J'en ai froid dans le dos quand j'y pense.
Le curé d'Ars c'était ça: une présence immense.


Restif, si vous avez l'occasion d'aller voir le sanctuaire, n'hésitez pas.
C'est là que l'on comprend vraiment le curé d'Ars. En revanche, c'est comme à la Salette, il faut se boucher les yeux pour certaines choses. Le chancre moderniste est passé par là.


http://www.arsnet.org/

Écrit par : Maurice | mardi, 27 mai 2008

Avant de remercier comme je le dois, alors que je commence à me cadenasser dans les rets de la parole mondaine, je voudrais dire en quelques mots les raisons majeures de mon texte d’il y a deux jours. Lorsque je me suis marié en Russie (le grand père de ma fiancée étant fort malade, ma mère a fait le très lourd sacrifice d’être l’absente, d’importantes raisons empêchant sa présence ), marié parmi un clergé catholique Russe formé en Pologne et persécuté (il nous a fallu être TRES discret, ma femme reniant de facto par son mariage l’orthodoxie qui lui répugne, non pour le dogme, c’est une tradition magnifique ,mais elle n’y avait pas accès, que du fait de la collaboration des prêtres avec le KGB, ainsi que de leurs nullités - imaginez que les fidèles orthodoxes russes de 1991 n’avaient pas de Bible à leur disposition. Authentique. Rien que des textes en vieux russes que les prêtres se disaient êtres les seuls à pouvoir déchiffrer… Elle avait alors trouvé avec samère l'evangélisme. Elle est cependant tout à fait chez elle dans l’Eglise de Pierre. )
Quand je me suis marié là-bas disais-je, j’ai débarqué dans une brûlure, la quête d’une constante assomption. Oh des êtres qui n’étaient nullement des fanatique tel que se les imaginent les égarés et les âmes de néant. Mais ils croyaient, VRAIMENT- à la puissance surnaturelle des sacrements, à la présence réelle dès que deux au moins sont réunis en Son nom, enfin ils croyaient avec foi, sérieux et gravité quand c’était nécessaire, mais se permettaient parfois une jolie pointe de bonne humeur . Mais… je n’oublierais jamais les larmes du jeune prêtre qui nous avait préparés lors de notre mariage. Celui-ci ayant lieu un dimanche après la messe nous eûmes cette incroyable chance d’avoir une assistance de catholiques fervents (toute la colonie polonaise déjà) qui, visiblement, ressentaient une grande joie à voir ce couple encore jeune s’épouser devant Dieu.
Quoi qu’il en soit, la ferveur de ces deux prêtres et d’autres que je n’ai fait qu’entrevoir (et l’évêque que j’ai eu le privilège de rencontrer 1 heures : son diocèse est la Sibérie toute entière, plus grande que la France…) et bien c’est très triste à dire, mais je ne puis la retrouver ici. Sans doute n’ai-je pas encore assez cherché. Et pourtant... Dernièrement j’ai entraperçu une très vague flammèche d’espoir. Quoi qu’il en soit, Dieu y pourvoira.


Soyez remerciés Maurice pour le lien que vous m’avez si gentiment donné. Etienne a parlé du curé d’Ars et voilà que vous me donner ses paroles -c’est déjà une chaîne, et le christianisme ne peut mourir car -tel qu’en son commencement-, il se bâtit sur ces chaînes de transmission dont principe et inspiration sont la foi (et le Verbe de Dieu évidemment. Mais quel rayonnement se transporte par ces chaînes si ce n’est la Parole et cet Amour qui est folie pour ce monde ?)
La Salette me fascine, mais je n’ai toujours pas osé y aller (questions d’opportunités aussi : on nous a volé la voiture il n’y a pas un an. Mais enfin, quand on veut vraiment…) Et puis j’avoue avoir peur de ce matérialisme si voyant. Le même qui m’agressa si violemment au Mont Saint Michel. Dieu ! quelle vendition du corps de l’agneau ! Quand on a le privilège d’être gardien de ce sommet de lumière et transcendance, lorsque on s’est quelque peu penché sur l’énergie divine, sur l’immensité symbolique -ce quine veut pas dire i"rréel ", loin de là - du Mont, ce lieu habité par les Puissances, on ne peut qu’être brisé devant la gloutonnerie du Veau d’or… Enfin, c’est peut être le plus haut lieu de l’hermétisme chrétien, d’une certaine manière, là culmine la chrétienté. Et il est maculé de cette boue marchande! Mais c’est sans aucun doute faiblesse de ma part : il faut savoir transcender cette laideur boutiquière, toutes les démissions du modernisme et prier humblement. Se séparer radicalement du monde et rejoindre le royaume de l’E/esprit.
Bien à vous ,Restif.

Écrit par : Restif | mardi, 27 mai 2008

La Salette me fascine, mais je n’ai toujours pas osé y aller (questions d’opportunités aussi : on nous a volé la voiture il n’y a pas un an. Mais enfin, quand on veut vraiment…) Et puis j’avoue avoir peur de ce matérialisme si voyant.

La Salette n'est pas encore trop mercantile. Ce qui me gêne le plus là-haut c'est la communauté qui a pris en charge le lieu: à l'image de tout ce qui est dénoncé ici, c'est dire.
Le lieu qui accueille les pélerins est épouvantable.
La palme revient à l’art sacré contemporain d'un dénommé Arcabas. que je n'apprécie pas particulièrement.

Moi là-haut je monte les lacets pour voir la tombe de l'abbé Tardif de Moidrey, la vue y est superbe. C'est émouvant de penser que Léon Bloy soit venu là.

Écrit par : Maurice | mardi, 27 mai 2008

"La conviction du sens, l'inquiétude du beau"

Voilà une belle définition de votre blog Isabelle

http://www.sedcontra.fr/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

Écrit par : . | mercredi, 28 mai 2008

Votre prose me fait peur, tous ces amalgames condamnant dans d'improbables raccourcis new-age antroposophie sexualité et développement personnel, ne servent qu'à alimenter une haine sous-jacente du corps à laquelle renvoie encore le titre de votre blog nostalgique sans doute de l'inquisition. Ah si on pouvait soumettre tous ces hérétiques à la Question ma bonne dame

Écrit par : Philippe | mercredi, 28 mai 2008

"Moi là-haut je monte les lacets pour voir la tombe de l'abbé Tardif de Moidrey, la vue y est superbe. C'est émouvant de penser que Léon Bloy soit venu là" (Maurice).
Oh comme je vous comprends Maurice, d'être étreint par l'émotion en allant prier et méditer sur la tombe de l'abbé Tardif, le grand "initiateur" de Bloy (plus que Barbey sur le plan mystique), avec le souvenir du "Mendiant ingrat". Rien que cela m’invite fermement à partir vers ce lieu où séjourna -et surtout PARLA- la Mère. Ce ne sera probablement pas possible avant octobre (d'autant que je préfère éviter les vacances d'été ; ce m’est impossible ces juillet/août).
Il est étonnant que -d'après vos dire -et je vous crois absolument Maurice - la communauté qui gère la Salette soit restée aussi peu...attractive que Bloy la dépeignait (dans La femme pauvre notamment où, vous le savez, l’abbé Tardif fait une apparition un peu déguisée.
En tous cas -sauf radical rappel à l’ordre de la Providence - j’irai à la Salette. Je compte d’ailleurs faire, peu à peu, tous les grands pèlerinages et les plus modestes qui se présenteront. Et pourtant je ne suis pas un grand errant sur cette terre, bien qu’ayant été en quelques pays qui n’étaient pas de Cocagne. Mais de 18 ans à mon mariage, je n’étais plus dans la foi chrétienne, du moins dans le dogme. J’étais, disons, un gnostique en quête de conviction. Et voilà pourquoi il me reste -mais c’est là jolie joie du ciel - tant de lieux sacrés à écouter.
Bien à vous, Restif.

Écrit par : Restif | mercredi, 28 mai 2008

Ps Philippe, avez-vous donc trouvé tant de haine dans les phrases présentes de Maurice - ou bien les miennes ? quant à ce que j’ai dit sur Hadjadj : Léautaud clame à maintes reprises dans son Journal : « Quand on a publié ne serait-ce que deux ligne on doit accepter toutes les critiques, toutes les appréciations. Ou bien on est un Jeanfoutre. » Je connais peu de blogs intéressant qui ne publient certains commentaires qu’on peut taxer de « haineux » (on a usé de cet adjectif pour Bloy bien sûrmais également pour le Hugo des Châtiments, pour le Darien de « La belle France » ou le Bernanos des « Grands cimetières sous la lune ». ) Ah si : les blogs qui ne prennent pas de commentaires peuvent friser le remarquable jusqu’à parfois le toucher en nous abreuvant de connaissances subjectives crânement assumées. Quant à La Question (suis-je bête, je décodais ce titre comme une invitation à ne pas se pétrifier en certitudes. Sincèrement, et sans attaques, êtes-vous bien certain que ce n’est pas vous qui venez masquez de préjugés, prêt à jeter un regard qui arase toutes les différences entendues sur le blog pour faire régner une univocité tonale que vous pouvez ainsi aisément condamner ? Enfin, libre à vous de vous penser « Bon » au miroir de l’égo. J’aurai préféré que vous nous délivriez votre message d’amour à côtés de vos dénonciations à vide, sans précisions. Vous calcinez un tout, proférez l’anathème majeur sans tenir le moindre compte de la complexité humaine, de l’ambigüité -parfois salvatrice - de certaines appréciations. Vous faites plus que frôlez le mode de raisonnement totalitaire.

Écrit par : R... | mercredi, 28 mai 2008

Ce qui suit laisse sans voix:

Aux marches du diocèse d’Evreux, la paroisse de Thiberville, avec ses 13 clochers, est probablement un exemple unique en France de ce qu’il convient d’appeler une application parfaite du Motu Proprio Summorum Pontificum. Un cas d’école en somme. C’est le seul endroit du diocèse d’Evreux où la messe traditionnelle est célébré qui plus est par un prêtre diocesain qui est aussi le curé de la paroisse...

En effet, l’abbé Francis Michel, qui est curé de la paroisse depuis 1986 célèbre lui-même chaque dimanche et fêtes depuis environ 10 ans, une messe dans la forme extraordinaire du rite romain en plus des trois autres qu’il célèbre dans la forme ordinaire. N’ayant jamais voulu opposer les rites ni les fidèles il a su accueillir toutes les âmes de la paroisse quelles que soient leur sensibilité liturgique.

Le zèle apostolique, la foi et le dévouement de ce curé a permis à cette petite paroisse territoriale (environ 4.500 âmes sur les 13 clochers) de faire figure d’exemples en bien des domaines… 3 à 4 messes chaque dimanche (église pleine), 120 enfants au catéchisme, environ 30 premières communions et 30 professions de Foi chaque année, processions de la Fête-Dieu et fêtes patronales des 13 clochers, crèche géante sur la place de l’église chaque année (véritable attraction pour le village et ses environs)... Le nombre d’intentions de messes que l’abbé Francis Michel adresse à l’évêché chaque année et le denier du culte récolté sur la paroisse de Thiberville en disent également long sur la vitalité, le sens de l’Église et la générosité des fidèles et du curé de la paroisse.

Pourtant, le 13 mai dernier, le quotidien local « Le Pays d’Auge » titrait un article « l’abbé Francis Michel quitterait la paroisse », renforçant ainsi la rumeur qui gonflait depuis plusieurs jours à Thiberville.

Voici le texte de l’article :

Étonnement (feint ?) du côté du service communication de l’évêché d’Evreux, silence de rigueur du côté de l’intéressé, le départ prochain, on parle de septembre, de l’abbé Francis Michel, curé de quelque treize paroisses est il une information fondée ou une simple rumeur ?
Un dicton populaire dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Certes. Mais on sait également qu’une rumeur peut se répandre sans qu’on connaisse véritablement son origine. Reste que dans le cas présent, c’est la multiplication de petites informations qui fait que la rumeur enfle : une chorale du canton qui souhaitait chanter dans l’église Saint-Turien en octobre à laquelle on ne peut plus donner confirmation, des responsables de secteurs paroissiaux qui prennent l’affaire très au sérieux et qui parlent déjà de lancer des pétitions en faveur du maintien de l’abbé sur le secteur. Et puis, même s’il se refuse à parler de quoi que ce soit, il y a cette espèce de tristesse, voire de résignation, qui habite le visage du prêtre depuis plusieurs jours, lui habituellement avenant et souriant. Sans vouloir lui manquer de respect et avec toute l’amitié qu’on lui porte, on pourrait même aller jusqu’à dire que l’abbé Michel a pris un coup de vieux ». Interrogé à la fin de l’office de ce dimanche à Saint-Aubin de Scellon, le père nous a simplement répondu : « Je ne sais pas. Pour le moment je suis toujours là… » Du côté service communication de l’Évêché, les informations sont tout autant évasives : » les nominations ne seront officiellement annoncées que le 1er juillet, quant au départ du père Francis Michel de Thiberville, vous en savez plus que nous… » Même si ce n’est pas la première fois qu’un tel bruit court dans le canton, l’affaire est à suivre »

Depuis la publication de cet article, de très nombreux messages nous parviennent, messages desquels il ressort de manière unanime : incompréhension, tristesse et colère.

Au terme de ces lettres, c’est bien la « spécificité » de l’abbé Michel (curé de paroisse en soutane, bi-ritualiste appliquant sans état d’âme le Motu Proprio de Benoît XVI) qui serait ainsi sanctionné par sa mutation.

De plus, l’abbé Michel ferait l’objet de beaucoup d’irritations de la part de ses confrères voisins en déployant autant de zèle au service des fidèles, en faisant « église pleine » et en faisant beaucoup de choses que ses confrères ne font plus mais que les fidèles demandent (processions, déplacement au cimetière, baptêmes individuels, célébration de messes d’enterrement, adoration du Saint Sacrement, célébration de la messe et des sacrements dans la forme extraordinaire du rite romain pour ceux qui le souhaitent…). Le ministère de l’abbé Michel ferait beaucoup d’envieux…

Ainsi, après tant et tant de mauvais coups, des confrères de l’abbé Michel aurait obtenu de Monseigneur Nourrichard le départ de l’abbé Michel qu’ils n’avaient pas réussi à obtenir de ses prédécesseurs Monseigneur David et Monseigneur Gaillot avec qui l’abbé Michel a toujours entretenu des relations filiales, courtoises et respectueuses.

Déclarations bien étranges quand on sait que l’abbé Michel et Monseigneur Nourrichard se connaissent depuis longtemps et sont d’anciens camarades de promotion au séminaire.

Quoi qu’il en soit c’est la stupéfaction dans la région Thiberville et personne ne comprend qu’on puisse « remercier » aussi brutalement l’abbé Michel, après tant d’années de bons et loyaux services.

A ce jour, les 13 villages s’organisent et entrent en résistance.

On apprend aujourd’hui que les maires des 13 clochers de la paroisse de l’abbé Michel eux-mêmes (!) ont entrepris de faire signer des pétitions dans les rues de leurs communes pour que l’abbé Michel ne quitte pas Thiberville.
Situation surréaliste… C’est toute une agglomération de communes qui fait bloc. Pratiquants, non-pratiquants, tout le monde se mobilise et s’apprête à faire front. Les villageois refusent que la paroisse de Thiberville qui fait figure d’exception grâce à au charisme de son curé ne devienne le désert spirituel et pastoral que sont hélas devenues de nombreuses paroisses de ce diocèse de Normandie…

Affaire à suivre dans les prochaines lettres de Paix Liturgique...




http://www.paixliturgique92.com/

Écrit par : Jean-Pierre | jeudi, 29 mai 2008

Jean-Pierre rien d'étonnant. Ils vont nous perdre!

En tout cas Benoît XVI vient de dire non pour l'ordination des femmes!
On en connait qui vont faire une drôle de tête!!


http://www.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=208765

Écrit par : Ernest | jeudi, 29 mai 2008

Et quoi c'est pas bien une femme prêtre?!

http://www.romancatholicwomenpriests.org/images/Bishop_Gisela_Forster.jpg

Écrit par : Enzo | jeudi, 29 mai 2008

ça c'est encore mieux

http://www.romancatholicwomenpriests.org/photo_gallery.htm

Écrit par : Enzo | jeudi, 29 mai 2008

Oh là, on en découvre des belles en fouillant un peu!
Zacharias va être content!
Je me demandais bien d'où sortait les théories des dames aux cheveux courts de
ma paroisse, je parie qu'elles sont dans ce mouvement.
(Avant on disait dames aux chignons)


http://www.fhe.asso.fr/

Écrit par : Ernest | jeudi, 29 mai 2008

Là vous exagérez Ernest,
Je tombe sur la première phrase du site
Diantre! Pour des relations nouvelles, dans les Églises comme en société

Un moment j'ai cru lire Pour des relations sexuelles, dans les Églises comme en société!

Écrit par : Enzo | jeudi, 29 mai 2008

Obsédé!!

Écrit par : Ernest | jeudi, 29 mai 2008

Ernest vous avez trouvé un site assez délirant!
Je vous laisse je regarde ça d'un peu plus près!
Salutations

Écrit par : Enzo | jeudi, 29 mai 2008

Un peu de doctrine! huhu
Salutations à vous

Un Congrès eucharistique en temps de pénurie de prêtres


http://www.culture-et-foi.com/manifeste_groupe/congres_eucharistique_penurie_pretres.htm

Écrit par : Ernest | jeudi, 29 mai 2008

" [..], ils doivent réclamer la révision de la règle du célibat obligatoire pour les prêtres ainsi que celle de l’exclusion des femmes du sacerdoce ministériel, qui sont, pour une large part, la cause de la crise en cours. "

(Guy Morrissette
Pour le « Groupe du Manifeste d’Ottawa »)

Faux! C'est la désorientation de l'église conciliaire contaminée par le modernisme depuis Vatican II qui est " pour une large part, la cause de la crise en cours " comme l'a exposé Zacharias et les nombreux commentaires qu'il a suscités. La volonté chez certains de faire accéder les femmes à la prêtrise en est justement le parfait exemple puisque le prêtre a un rôle de sacrificateur avec l'Eucharistie qui rappelle à chaque messe la MORT et la résurrection du Christ ; or la femme a pour rôle de donner la VIE par sa capacité d'enfanter, (fonction dévalorisée par un féminisme de mauvais aloi depuis une quarantaine d'année mais qu'on se batte pour que les femmes obtiennent un statut d'égalité dans la société comme par exemple, "à travail égal, salaire égal", fort bien et ce n'est que justice) ce qui la rend totalement incompatible avec la fonction sacrificielle du prêtre qui implique la notion de mort, c'est-à-dire la mort à soi-même, la mort du "vieil homme" qu'à l'imitation du Christ, nous sommes appelés à accomplir. Voilà un parfait exemple d'une perte de sens vis-à-vis de la doctrine de la part des Morissette et consorts.

En revanche, en ce qui concerne le célibat des prêtres, la question est plus complexe quand on sait que dans l'église orthodoxe, on trouve des popes mariés mais cela n'est possible que s'ils se sont fiancés avant leur ordination. Mais si ce n'est pas le cas, il ne peuvent plus se marier après leur ordination, leur statut étant alors le même que celui des prêtres catholiques. Quoi qu'il en soit, et là encore, en faire la cause essentielle de la crise des vocations, c'est confondre l'essentiel avec l'accessoire.

Seul le retour au cœur de la doctrine chrétienne, qui transcende toute notion de temps et d'espace et n'étant par conséquent ni ancienne ni moderne peut faire revenir du monde dans les paroisses et pour commencer, en pratiquant et en faisant revivre les rituels catholiques à l'exemple de l'abbé Francis Michel.

Écrit par : Thaddée | vendredi, 30 mai 2008

C'est un peu naïf comme question, mais est-ce que la messe moderne est encore un sacrifice?
Merci de bien vouloir me répondre.

Écrit par : Blandine | mardi, 03 juin 2008

Votre question n'est pas naïve Blandine, loin de là ! Car lorsqu’on s’essaie à une définition de la Messe nouvelle, on se trouve en présence d’une multitude de termes qui se recouvrent et s’entr’appellent les uns les autres en évitant systématiquement la notion de sacrifice totalement oubliée.

Ainsi, la nouvelle liturgie est d’abord présentée comme un repas fraternel, une "synaxe" selon la définition qu’en donne l’article 7 de l’Institutio Generalis de la Messe de Paul VI.
- Cette première définition de la Messe s’autorise du repas de la dernière Cène au cours duquel le Christ institua le sacrement de l’Eucharistie ainsi que du repas fraternel qui accompagnait souvent la célébration des saints mystères dans la primitive Église (voir 1 Cor 11, 17-22.33- 34).
- Une deuxième approche de la Messe de Paul VI insiste plutôt sur le récit de l’institution. Lors de la célébration de la Messe, il s’agit de faire le récit de l’institution de l’Eucharistie. D’ailleurs, c’est bien ainsi que l’Institutio Generalis définit en toutes lettres (n° 55 d), le moment de la consécration. Il s’agit alors de se référer explicitement au récit de la dernière Cène pour donner un cadre aux célébrations chrétiennes.
- Enfin, une troisième définition de la Messe de Paul VI consiste à mettre en exergue l’aspect commémoratif d’une telle liturgie. De même que les Juifs célébraient la Pâque en souvenir du passage de la Mer Rouge et commémoraient les grands gestes de Dieu en faveur du peuple élu, ainsi en serait-il dans le Nouveau Testament où l’Église commémore au cours de la Messe la mort du Christ au Calvaire et les bienfaits qu’Il déverse sur l’humanité. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que le Christ Lui-même ordonné à ses Apôtres la nuit du Jeudi Saint lorsqu’il leur enjoignit : « Faites ceci en mémoire de moi ? » (Luc 22, 19 ; 1 Cor 11, 24-25).

Les changements de la messe de Vatican II n’étaient donc pas de petits détails mais avaient en fait "trait à une rénovation fondamentale… un changement total… une nouvelle création". (Mgr A. Bugnini, co-auteur de la nouvelle messe) ; la différence entre les deux messes n’est pas purement de détail ou de simple modification de cérémonie, mais "tant de choses éternelles s'y trouvent reléguées à une place mineure (dans la nouvelle messe), - pour autant qu'elles y trouvent encore une place."

Par exemple la nouvelle messe établit une confusion entre la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie et sa présence MYSTIQUE parmi nous (se rapprochant de la doctrine protestante, six ministres protestants ont collaboré à l’élaboration de la nouvelle messe : George, Jasper, Shepherd, Kunneth, Smith et Thurian).

Le ton narratif de la consécration dans la nouvelle messe implique que c’est seulement un mémorial et non un vrai sacrifice et nous amène à croire que c’est seulement un repas et non pas un sacrifice pour la rémission des péchés.
Les changements, non anodins, tels que : la table au lieu de l’autel, l'orientation face au peuple au lieu du tabernacle ; la communion dans la main, etc. accentuent le fait que la messe n'est qu'un repas ; le prêtre n'est qu'un président de l’assemblée ; l’Eucharistie n'est pas le Corps, le Sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ, mais simplement un morceau de pain, etc.

La nouvelle messe contient des ambiguïtés qui favorisent de façon subtile l’hérésie et véhicule une foi nouvelle, et non la foi catholique. Elle véhicule le modernisme et suit exactement les tactiques du modernisme, utilisant une terminologie vague pour insinuer et faire avancer l’erreur, ayant éliminé des choses telles que : les génuflexions (il n’en reste que trois), la purification des doigts des prêtres dans le calice, la préservation de tout contact profane des doigts du prêtre après la consécration, les pierres d’autel consacrées et les reliques, les trois nappes d’autel (réduites à une), tout ce qui sert seulement à accentuer à quel point la foi dans le dogme de la présence réelle est outrageusement et implicitement répudiée.

L'abolition de la messe traditionnelle rappelle la prophétie de Daniel (8, 12) : "Et il lui fut donné pouvoir contre le sacrifice perpétuel à cause des péchés du peuple" et la remarque de St Alphonse de Liguori : parce que la messe est la meilleure et la plus belle des choses qui existe dans l’Église ici-bas, le diable a toujours cherché au moyen des hérétiques à nous en priver.

Avec la nouvelle messe viennent logiquement un nouveau catéchisme, une nouvelle morale, de nouvelles prières, un nouveau code de droit canon, un nouveau calendrier, - en un mot, une NOUVELLE EGLISE, une complète révolution par rapport à ce qui était la foi catholique traditionnelle !

Écrit par : Pierre | mardi, 03 juin 2008

Pierre a raison, la nouvelle messe fait spécialement problème. Elle édulcore la doctrine de l’Eucharistie comme vrai sacrifice et ramène la célébration à un simple mémorial. Elle affaiblit considérablement la vérité de la présence réelle du Corps et du Sang du Christ victime en reléguant le tabernacle aux oubliettes, en réduisant les signes d’adoration autour de la consécration, en donnant la communion dans la main, souvent même par des laïcs ou des femmes, en utilisant des vases sacrés en matériau vulgaire.

En invitant six experts protestants lors de Vatican II (qui ne croyaient pas en la présence réelle) elle a contribué à imposer un nouveau rite fort peu catholique, elle a encouragé l’usage de musique profane à la place du chant grégorien, tout ceci conduit donc à penser que beaucoup de messes modernes sont sacrilèges, et même que plusieurs pourraient être purement et simplement invalides.

Écrit par : Henri | mardi, 03 juin 2008

beaucoup de messes modernes sont sacrilèges, et même que plusieurs pourraient être purement et simplement invalides.

Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour voir que les messes sont bancales cependant comment fait-on pour savoir si une messe est valide?

Écrit par : Blandine | mercredi, 04 juin 2008

Depuis le 18 juin 1968, date de la promulgation de Pontificalis Romani par Montini-Paul VI, la forme liturgique sacramentelle invalide les consécrations épiscopales, ce rite inventé par le trio infernal Bugnini-Lécuyer-Dom Botte, est devenu l’usage imposé par les autorités de l’église conciliaire faux rite sacramentel prétendument catholique (cf. www.rore-sanctifica.org), ceci en remplacement des rites valides traditionnels et immémoriaux catholiques pour consacrer les évêques.

Tout cela a conduit à l’instauration depuis bientôt 39 ans d’un faux épiscopat conciliaire qui ne transmet plus sacramentellement le sacrement de l’Ordre, c’est-à-dire en particulier les pouvoirs sacrificiels aux prêtres pour la consécration des saintes espèces lors du Saint Sacrifice de la Messe – quel que soit par ailleurs le rite utilisé pour la célébrer.


Les prétendues messes qu’ils disent dans le rite de Paul VI, ou même de Pie V selon le motu proprio, sont absolument invalides et leurs fidèles n’y adorent que du pain.

Écrit par : Dei Verbum | vendredi, 06 juin 2008

Cela demande réflexion tout de même ; mais il est vrai que la révolution liturgique de Vatican II pose de graves problèmes, tant sur la forme que sur le fond.

Écrit par : Pierre | vendredi, 06 juin 2008

Au coeur de la crise qui a suivi Vatican II qui se révèle être une catastrophe sur plusieurs plans, et en particulier celui de la théologie dogmatique, le Père Louis Bouyer et le futur pape Joseph Ratzinger ont voulu rappeler à l’Église qu’elle risquait de perdre son âme en évacuant le sacré d’une liturgie à adapter au monde moderne, oubliant que son rôle essentiel n’est pas de faire mais d’être, selon l’expression de Romano Guardini.

Quant à lui refuser son caractère de validité, cela me semble aller un peu vite en besogne. Que des messes ne soient plus aujourd'hui que d'immondes caricatures du saint sacrifice eucharistique, nul ne le contestera, que certaines soient dénuées de tout élément positif de consécration, on peut l'admettre sans difficulté. Mais dire que les ordinations réalisées selon le nouvel Ordo Pontificalis Romani de Paul VI rendent "invalides" les messes célébrées par les prêtres conciliaires est largement excessif.

Le signe le plus tangible de la désorientation liturgique, évidemment, fut cette destruction des autels majeurs de nos églises et cathédrales (massacre sacrilège à divers titres : spirituel, théologique, artistique, architectural, etc.), et les messes qui s'en suivirent, et que nous subissons, ont pris cet aspect ridicule qui fait injure à l'acte sacré qui est célébré. C'est contre cette mascarade grossière qu'il faut lutter, c'est en pourfendant les délires théologiques naturalistes, humanistes, panthéistes, évolutionnistes, modernistes, qui préparèrent Vatican II et font le bonheur des gogos de toutes espèces aujourd'hui, et non chercher des "invalidations" imaginaires, qui risquent de tout faire exploser gratuitement.

D'ailleurs cette désorientation de l'essence de la liturgie est loin de faire l'unanimité au sein de l'Eglise, y compris l'Eglise conciliaire (qui est encore bien "l'Eglise" que je sache même si très dégradée et méritant sans tarder une restauration nette de ses fondements doctrinaux), et certains, qui ne sont tout même pas tous des "apostats", se sont même clairement exprimés pour dire en quoi les nouvelles dispositions liturgiques n'étaient pas acceptables.

Laissons la parole au Cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI : « Après le Concile, qui lui-même ne mentionne pas de « se tourner vers le peuple », on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l'orientation de la célébration versus populum parait être aujourd'hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II. En fait l'orien­tation versus populum est l'effet le plus visible d'une transformation qui ne touche pas seulement l'aménagement extérieur de l'espace litur­gique, mais implique une conception nouvelle de l'essence de la litur­gie : la célébration d'un repas en commun. Cette notion résulte non seulement d'une fausse interprétation du sens de la basilique romaine et de la disposition de son autel, mais aussi d'une compréhension pour le moins approximative de ce que fut la sainte Cène. » (Cardinal Ratzinger, l’esprit de la liturgie, p. 65)

On chercherait en effet en vain dans la Constitution sur la liturgie, promulguée par le deuxième concile du Vatican, une prescription exigeant de célébrer la sainte messe tourné vers le peuple. Encore en 1947, le pape Pie XII soulignait dans son encyclique Mediator Dei (no 49) combien se fourvoierait celui qui voudrait redonner à l’autel son ancienne forme de mensa (table). Jusqu’au Concile la célébration face au peuple n’était pas autorisée ; elle était cependant tacitement tolérée par de nombreux évêques, surtout pour les messes de jeunes.

C’est en Allemagne que la nouvelle position du prêtre fit son apparition avec la Jugendbewegung (mouvement de la jeunesse) des années vingt, lorsqu’on commença à célébrer l’eucharistie pour des petits groupes, Romano Guardini ayant joué en l’occurrence le rôle de précurseur avec ses messes au château de Rothenfels. Le mouvement liturgique diffusa cet usage, surtout Pius Parsch, qui aménagea en ce sens pour sa « paroisse liturgique » une petite église romane (Sainte-Gertrude) à Klosterneuburg, près de Vienne.

Finalement, en occident, ces efforts furent approuvés par l’instruction de la Congrégation des Rites Inter œcumenici de 1964, qui a inspiré par la suite le nouveau missel. Il y est prescrit ceci (pour les constructions nouvelles): «Il est bien de construire l’autel majeur séparé du mur pour qu’on puisse en faire facilement le tour et qu’on puisse y célébrer vers le peuple, et il sera placé dans l’édifice sacré de façon à être véritablement le centre vers lequel l’attention de l’assemblée des fidèles se tourne spontanément» (no 91).

C’est un fait : les nouveaux autels face au peuple ont été installés partout dans le monde. Mais il reste vrai qu’ils ne sont pas prescrits à proprement parler. Autant on peut alléguer des textes allant dans le sens d’une interdiction d’utiliser le missel de St Pie V, autant on ne trouvera aucune interdiction de célébrer le nouveau missel « dos au peuple », si ce n’est bien sûr dans cet indéfinissable « esprit du concile ».

Ces fruits sont plus que douteux. Cette réforme était loin d’être demandée par tous, et c’est celle – plus que le rit de la messe – qui a le plus déstabilisé les fidèles. Outre la perte du sens du mystère, du sacerdoce ministériel et de la fin sacrificielle de la messe, il n’est pas sûr que le but de mettre l’accent sur le repas communautaire ait été atteint.

Voici ce qu'en dit de nouveau Benoît XVI :

- « On a pu voir se développer une « cléricali­sation » comme jamais il n'en a existé auparavant. Le prêtre, ou plutôt « l'animateur liturgique », comme on préfère l'appeler maintenant, est devenu le véritable point de référence de la célébration liturgique. Tout se rapporte à lui. Il faut le regarder, suivre ses gestes, lui ré­pondre ; c'est sa personnalité qui porte toute l'action. Pour encadrer ce "one man show", on a confié à des « équipes liturgiques » l'organisation « créative » de la liturgie ; on a ainsi distribué des fonctions litur­giques à des laïcs dont le désir et le rôle sont souvent de se faire valoir eux-mêmes. Dieu, cela va sans dire, est de plus en plus absent de la scène. L'important c'est d'être ensemble, de faire quelque chose qui échappe à un « schéma préétabli ». (Cardinal Ratzinger, l’esprit de la liturgie, p. 67)

Et le P. Louis Bouyer :

- « Il en résulte que la messe dite face au peuple n'est qu'un total contresens, ou plutôt un pur non-sens ! Le prêtre n'est pas une espèce de sorcier ou de prestidigitateur produisant ses tours devant une assistance de gobeurs : c'est le guide d'une action commune, nous entraînant dans la participation à ce qu'a fait une fois pour toutes Celui qu'il représente simplement, et devant la personnalité duquel la sienne propre doit s'effacer ! » ( Louis Bouver, postface à l'ouvrage de.11gr Garnber, Tournés vers le Seigneur)


L'analyse de Benoît XVI, de nouveau me semble très juste :

- « La position du prêtre tourné vers le peuple a fait de l'assemblée priante une communauté refermée sur elle-même. Celle-ci n'est plus ouverte ni vers le monde à venir, ni vers le Ciel. La prière en commun vers l'est ne signifiait pas que la célébration se faisait en direction du mur ni que le prêtre tournait le dos au peuple - on n'accordait d'ail­leurs pas tant d'importance au célébrant. De même que dans la synagogue tous regardaient vers Jérusalem, de même tous ensemble regardaient « vers le Seigneur ». Il s'agissait donc, pour reprendre les termes de J. A. Jungmann, un des pères de la Constitution sur la Liturgie de Vatican II, d'une orientation commune du prêtre et du peuple, conscients d'avancer ensemble en procession vers le Seigneur. Ils ne s'enfermaient pas dans un cercle, ne se regardaient pas l'un l'autre mais, peuple de Dieu en marche vers l'Orient, ils se tournaient ensemble vers le Christ qui vient à notre rencontre. » (Ibid., p. 66).

Au cours d’un entretien accordé au journal Kleine Zeitung le 13 janvier 1989, le nouvel évêque de Salzbourg, Mgr Georg Eder, répondait à deux questions sur l’orientation de l’autel: « — Vous célébrez toujours dos au peuple et vous n’avez pas dans votre église paroissiale d’autel face au peuple. Pourquoi? — Voyez-vous, le Concile n’a demandé dans aucun texte qu’il y ait dans chaque église un autel face au peuple. Même dans le nouveau code de Droit Canon, il n’y a rien à ce sujet. Le Concile a laissé la liberté dans ce domaine. Mais une nouvelle mode est apparue et, depuis, on montre du doigt celui qui n’a pas d’autel face au peuple! C’est la même chose avec le latin. Depuis le début, j’ai plaidé pour le bilinguisme dans l’Église: c’est la bonne solution. Si on chante en anglais, tout est en ordre, mais si on dit trois mots en latin, on est anti-conciliaire! Je compte m’engager dans l’avenir pour cette liberté que le Concile a laissée quant à la langue et à l’autel. — Vous utilisez donc cette liberté d’avoir le dos au peuple? — Pourquoi présenter les choses de cette façon? Aucune personne sensée ne pensera que le fait de tourner l’autel de 180 degrés soit sans conséquences. La théologie de l’Eucharistie a subi un glissement: d’un sacrifice on est passé à un repas ».

Revenons à la sainte liturgie, et surtout travaillons à combattre vigoureusement les erreurs théologiques scandaleuses, impies et inadmissibles qui se sont infiltrées jusqu'au sommet de la hiérarchie, mais considérons toujours que cette oeuvre de contre-révolution doctrinale, sans imaginer une rupture sacramentaire invalidante qui aurait pour signification la fin de tous les espoirs d'un quelconque redressement futur qui se prépare dès aujourd'hui, y compris, ne l'oublions-pas dans les chapelles s. Pie X, se fait "dans", "pour" et au "nom" de l'Eglise !

Écrit par : Zacharias | samedi, 07 juin 2008

Lorsque nous parlons d'invalidité de la forme liturgique sacramentelle, nous n'évoquons pas seulement l'élément objectif de cette forme, mais également son intention, or cette dernière ne correspond plus à "ce que veut l'Église" qui, vous le savez, est la condition fondamentale de validité du sacrement.

Ainsi l'intention avec laquelle le pape convoqua le concile devait être conforme aux intentions de l'Église. Ces intentions ont une signification objective, exprimant la fin institutionnelle de l'Église, ce pour quoi elle est, en tant qu'institution fondée par Notre-Seigneur en personne. Rentrent dans la fin primordiale de l'Église (qui est le salut éternel des âmes — salus aeterna animarum) la défense du saint dépôt de la foi et la conversion de tous les hommes au Christ.

Toutefois, l'intention explicite avec laquelle Jean XXIII a convoqué le concile a été l’aggiornamento (= la mise à jour) de la doctrine, de son adaptation à la façon de sentir, de penser de l'homme contemporain.

Dans l'allocution d'ouverture du Concile, le pape a dit en fait que "l'œuvre que notre époque exige" n'est pas tant celle de "garder" le "saint dépôt de la doctrine" — parce que se limiter à cela serait pour le pape presque un travail d'antiquaire, "se préoccuper uniquement de l'antiquité" — que celle de faire faire "un bond en avant" à l'enseignement de l'Église, en étudiant et en exposant la doctrine "à travers les formes de l'analyse et de la formulation littéraire de la pensée contemporaine"[Documenti del Concilia Ecumenico Vaticano II : [Les documents du concile œcuménique Vatican II], texte latin-italien, Grégorienne, Padoue, 1966 : La solenne apertura del Concilio = [L'ouverture solennelle du concile], pp. 1075-1081, pp. 1078-1079.
], c'est-à-dire à travers la méthode et la façon de s'exprimer de la pensée contemporaine.

L'intention exprimée clairement par le pape, selon laquelle la tâche du concile serait de commencer le renouvellement de la doctrine de l'Église par l'ouverture à la "pensée contemporaine", ennemi juré de cette même doctrine, ne semble alors pouvoir se concevoir en aucune façon comme conforme aux intentions de l'Église (l'Église de toujours, dans sa constitution divine). Ces intentions de l'Église consistent dans la volonté de convertir le monde au Christ ex ratione salutis animarum, et non certainement à chercher des compromis avec le monde, ou à vouloir adapter le depositum fidei à la "pensée contemporaine", comme si ce n'était pas la pensée d'un monde qui est le royaume du prince de ce monde.

Nous ne pouvons donc pas éviter la question suivante : la convocation du concile, inspirée par une telle intention, doit-elle être considérée comme valide ? On ne parle, naturellement, pas ici de validité dans le sens formel (de la bulle d'indiction ou de la procédure administrative de la convocation), mais de validité "substantielle", c'est-à-dire mesurée selon le critère, à son tour substantiel, représenté par les intentions de l'Église.

La poursuite constante de ces intentions représente, en effet, pour toute personne consacrée une incontestable condition de validité des actes que sa charge lui impose ou lui permet. Quand nous parlons de l'invalidité possible de la convocation de Vatican II et de la réforme qui s'en est suivie, nous voulons donc affirmer que nous pouvons nous trouver face à une convocation viciée par une intention non conforme — au point de sembler carrément contraire — aux intentions de l'Église (connues de tous depuis dix-neuf siècles), et non d'irrégularités formelles des procédures de convocation (que les juristes appellent vices de légitimité). La convocation papale, bien que légitime d'un point de vue formel, serait donc invalide du point de vue substantiel, et par là-même, les actes et décisions de ce concile, particulièrement en matière liturgique.

Écrit par : Dei Verbum | lundi, 09 juin 2008

Sur le poison insidieux de "Prions en Eglise":


http://leconservateur.bafweb.com/index.php?2008/06/09/1394-le-poison-insidieux-de-prions-en-eglise#co

Écrit par : Enzo | lundi, 09 juin 2008

Je ne mésestime pas vos arguments, vous accordant volontiers, vous vous en doutez, que l'intention de Jean XXIII, dans son acte de convocation du concile, ne fut sans doute pas dénuée d'un aspect contestable sur le plan doctrinal. Toutefois, pour vous répondre sur le point précis que vous soulevez, à savoir l'hypothèse d'une invalidité du sacrement de l'ordre depuis 1968 en raison d'un motif qui serait en contradiction avec ce que "veut faire l'église" lorsqu'elle transmet les éléments spirituels substantiels de l'épiscopat et du presbytérat, je m'appuie volontiers sur un texte de l'abbé Grégoire Celier paru en mai-juin 2007 dans le n° 117 de la revue Fideliter, et qui me semble répondre parfaitement aux doutes exprimés, et surtout préciser remarquablement ce que sont la matière et l'essence du rituel d'ordination, montrant que les cérémonie réalisées après le concile, pour être évidemment moins fondées sur le plan traditionnel, n'en sont pas moins d'une incontestable validité :

"Le père Pierre-Marie propose une savante étude, riche de 125 notes, et composée à l’instar d’un article de la Somme théologique de saint Thomas : d’abord sept objections prétendant prouver l’invalidité du nouveau rite ; puis la résolution scientifique de la question ; enfin la réponse aux objections. Le cœur de la démonstration consiste d’abord en la description des conditions d’élaboration (entre 1965 et 1968) du nouveau rite de consécration épiscopale. Cette description est fondée sur des sources publiées, ainsi que sur des documents d’archives, spécialement du Deutsches Liturgisches Institut de Trèves, où sont conservées les archives de l’abbé Kleinheyer, secrétaire du groupe d’experts qui a élaboré le nouveau rite.

Après cette mise en perspective historique, le père Pierre-Marie démontre que la formule essentielle du nouveau rite (la « forme » du sacrement) n’est que la reprise d’une formule utilisée pour le sacre dans les Églises (catholiques) copte et syrienne. Le père Pierre-Marie résume ainsi sa conclusion centrale :
« La comparaison entre ces diverses prières nous paraît suffisamment éloquente par elle-même : le nouveau rite contient la substance des deux rites coptes et syriens. On ne peut mettre en doute sa validité sans rayer de l’histoire de l’Église ces deux Églises qui ont fourni de grands saints et docteurs : saint Athanase et saint Cyrille d’Alexandrie (patriarches d’Alexandrie), saint Jean Chrysostome et saint Jérôme (ordonnés prêtres à Antioche), etc. Faudra-t-il dire que ces personnages n’étaient que de pieux laïcs ?»

La démonstration est solide et, à notre avis, absolument définitive : elle exclut tout doute sur la validité intrinsèque du rite (dans l’édition latine) promulgué en 1968. La formule traditionnelle de consécration du pain, par exemple, dit : « Ceci est mon corps. » Cette formule n’exprime pas l’aspect sacrificiel, qui est pourtant essentiel. Dira-t-on que la messe traditionnelle est invalide, ou que la messe nouvelle, qui dit : « Ceci est mon corps livré pour vous », est plus sacrificielle ? Évidemment non ! Ce sont les formules sacrificielles de l’ensemble du rite qui donnent la plénitude de sens.

Appliquons ces principes à la formule de 1968 :
« Et maintenant, [Seigneur], répandez sur celui que vous avez choisi cette force qui vient de vous, l’Esprit qui fait les chefs [Spiritum principalem], que vous avez donné à votre Fils, Jésus-Christ, qu’il a donné lui-même aux saints Apôtres, qui établirent l’Église en chaque lieu, comme votre sanctuaire, à la gloire incessante et à la louange de votre Nom.»

Le cœur de cette formule est le don fait à l’ordinand du « Spiritus principalis ». Le don de l’Esprit fait partie de tous les sacrements, notamment des divers degrés de l’ordre. C’est donc le caractère « principal » de ce don de l’Esprit sur lequel il faut s’arrêter. Ce qui est principal a rapport avec la primauté, donc avec la source, l’origine et le principe de direction. Cela désigne bien l’évêque, qui est, par pouvoir propre, le premier dans la dignité, la source des sacrements, l’origine de l’enseignement de la foi et le principe de direction des âmes.

Concernant l’usage des mots dans le vocabulaire chrétien, le frère note que le mot latin « principalis » est la traduction du mot grec « hegemonikon ». Ce mot est utilisé dans de nombreuses prières consécratoires orientales, et comporte un lien systématique avec la notion d’autorité, dont la source, comme le disent tous les Pères de l’Église, est l’évêque, « prince », « premier » et « chef » dans l’Église. Les dictionnaires de grec et de latin patristiques associent ainsi hegemonikon et principalis à la charge épiscopale.
De plus, la première chose que le concile de Trente enseigne sur les évêques est qu’ils sont les membres principaux de la hiérarchie. L’introït de la messe des pontifes (des évêques) dit d’ailleurs que Dieu « principem fecit eum », « a fait de lui un prince ».

Enfin, le reste du rite de 1968 apporte de nombreuses précisions sur la nature et les pouvoirs de l’épiscopat : ces autres parties contribuent à donner à la formule essentielle sa plénitude de sens, de même que l’offertoire contribue à donner sa plénitude de sens à la formule « Ceci est mon corps ». Et même lorsque ces rites non essentiels sont omis (v.g. lors d’une messe célébrée clandestinement), ils constituent l’arrière-plan de signification.
En référence, tant à la réalité, à la tradition du vocabulaire chrétien qu’au contexte de l’ensemble du rite, cette demande d’une effusion du Spiritus principalis sur l’ordinand, Esprit de Jésus-Christ qu’il a lui-même transmis aux Apôtres pour établir l’Église en tous les lieux, est parfaitement significative de la grâce épiscopale.

A ce titre-là, et même en dehors du fait que cette forme est utilisée dans des Églises catholiques, la formule sacramentelle du nouveau rite d’ordination épiscopale de 1968 (selon sa formulation latine) est sans aucun doute possible valide.

Cela étant, l’étude a mis en lumière un point qui ne manque pas d’intriguer : la grande variété des rites d’ordination et leur manque relatif de précision. Pour la plupart des autres sacrements, la matière et la forme sont précises : l’eau pour le baptême, l’huile pour la confirmation, l’aveu des péchés pour la confession ; « Je te baptise », « Je vous marque du signe de la croix et vous confirme du chrême du salut », « Je vous absous de vos péchés ».
Pour l’ordre, au contraire, la matière, c’est-à-dire l’imposition des mains, est générale, puisqu’elle est utilisée dans tous les sacrements et dans beaucoup de sacramentaux ; la forme reste relativement vague, dans la mesure où elle se cantonne à des généralités assez « poétiques » (« la rosée de l’onction céleste », « l’Esprit qui fait les chefs »), au lieu de décrire de façon précise la réalité de l’épiscopat.

Sur ce point, l’abbé Calderon, dans Le Sel de la terre, apporte un éclairage intéressant. Il note d’abord que cette variété des formules manifeste que Notre-Seigneur n’a pas, pour l’ordre, déterminé de manière spécifique les paroles à utiliser, mais qu’il a indiqué seulement le sens général du sacrement, laissant à son Église la liberté de choisir les formes.
Concernant le flou (relatif) des formules utilisées dans les divers rites, l’abbé Calderon cite un article de la Somme théologique qui permet de mieux le comprendre. Le Docteur angélique remarque que, dans les autres sacrements, le ministre agit comme un pur instrument de la puissance divine. Il doit donc déterminer avec précision l’effet qu’il produit, non en son nom propre, mais au nom de la Trinité.

En revanche, pour la transmission de l’ordre, il possède déjà en lui-même le pouvoir qu’il va transmettre. Il n’agit plus comme un pur instrument de Dieu, mais plutôt comme une cause seconde, à l’image d’un père qui transmet la vie à son enfant parce que d’abord il possède lui-même cette vie.

Pour cette raison, l’efficacité du sacrement ne réside pas dans le seul signe sacramentel, mais d’abord et surtout dans le ministre lui-même qui le dispense. « L’efficacité de l’ordre réside en premier lieu dans celui qui administre le sacrement », dit explicitement saint Thomas. La matière et la forme, pourrait-on dire, sont plutôt là pour délimiter et préciser quelle participation de pouvoir est conférée. De là vient que l’imposition des mains est une matière suffisante pour l’ordre, parce que ce sont des mains d’évêque ; qu’une formule même un peu vague suffit, parce que c’est une bouche d’évêque, une volonté d’évêque qui exprime sa détermination de transmettre le pouvoir qu’il possède en plénitude, d’engendrer de son propre sacerdoce plénier un prêtre ou un évêque.

Le nouveau rite d’ordination épiscopale de 1968 est donc certainement valide, pour trois raisons coordonnées : cette formule est utilisée depuis de longs siècles dans des Églises catholiques ; cette formule, en elle-même et par la confirmation de sens que lui donne son contexte, exprime de manière univoque les effets du sacrement ; enfin, le simple fait qu’un évêque utilise cette formule (parfaitement suffisante en soi), même si elle est un peu vague, suffit pour exprimer sa volonté efficace de transmettre le pouvoir sacré qu’il possède en propre."

Écrit par : Zacharias | lundi, 09 juin 2008

A la base des abus liturgiques, une perte du véritable sens de la messe


http://www.viadeo.com/hub/affichefil/?hubId=0024u7zemusm6oi&forumId=002v0nttnhud7f5&threadId=0021eql4df0mh2qt#529681

Écrit par : *** | mardi, 10 juin 2008

... "Et Dieu vit que cela était bon..."

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 10 juin 2008

Zacharias, je vous suis totalement ; si on se met à contester systématiquement la validité de tel ou tel sacrement, sous prétexte qu'il est contaminé par Vatican II, on se lance sur la pente savonneuse d'un rejet en bloc de l'Église au nom d'une exigence de pureté sacramentelle et doctrinale, qui, pour être légitime dans ses motifs, ne doit pas nous conduire à rejeter le bébé avec l'eau du bain, si je peux me permettre cette expression familière pour le sujet qui nous occupe ici. Il ne faut pas se tromper d'adversaire comme le soulignait déjà le Pape Pie X:

" 2. Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Église, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Église, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Église ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité. "

(Encyclique Pascendi Dominici Gregis – Pie X, 8 septembre 1907)

Cette attitude de rejet a été, il faut le reconnaître, nourrie à la base par l'interdiction, après le Concile, de pratiquer le rite tridentin ou de Saint Pie V, même s'il n'a jamais été invalidé par l'Église , et par conséquent toujours valable du point de vue doctrinal, ce qui, aux yeux d'une partie des catholiques rendait cette mesure inacceptable par cette contradiction même et donna naissance à ce mouvement qu'on a appelé " intégriste ". Jean-Paul II, en bon pasteur, eut le souci de faire revenir les brebis égarées par le motu proprio Ecclesia Dei :

« À tous les fidèles catholiques qui se sentent attachés à certaines formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la tradition latine, je désire aussi manifester ma volonté — à laquelle je demande que s'associent les évêques et tous ceux qui ont un ministère pastoral dans l'Église — de leur faciliter la communion ecclésiale grâce à des mesures nécessaires pour garantir le respect de leurs aspirations. »

Mais cela n'était pas suffisant et c'est pourquoi, Benoît XVI par son motu proprio promulgué le 7 juillet 2007 et prenant effet le 13 septembre, remplaçant le motu proprio Ecclesia Dei, établit la règle suivante:

Par le motu proprio Summorum Pontificum, publié le 7 juillet, texte d'environ quatre pages, accompagné – fait inhabituel – d'une lettre pastorale adressée aux évêques, le pape Benoît XVI et l'Église donnent un cadre canonique à l'usage du rite tridentin.
Le pape définit qu'il n'existe qu'un seul rite romain, dont deux formes peuvent légitimement être employées au sein de l'Église : la « forme ordinaire » (forme canonique) (qui est à présent le missel publié en 2002 par le pape Jean-Paul II, troisième édition typique du missel romain rénové par Paul VI), et une « forme extraordinaire », la sixième édition typique (publié en 1962 par le pape Jean XXIII) du missel initialement réformé en 1570, dont le motu proprio définit les conditions d'utilisation légitime. Ces formes sont les « deux mises en œuvre de l'unique rite romain ».
Les dispositions présentées dans cette lettre poursuivent la logique des textes antérieurs Quattuor abhinc annos et Ecclesia Dei, que le motu proprio remplace explicitement, tout en leur apportant une réelle inflexion : alors qu'en 1984 et 1988 l'usage du missel de 1962 n'était qu'une tolérance par rapport à la norme, en 2007, l'usage de la « forme extraordinaire » est désormais de plein droit, tout en étant réglementé.

Il y a de la part du Pape actuel, non seulement une action de réconciliation entre les catholiques qu'avait engagée son prédécesseur mais surtout le souci de recentrer son Église sur ce qui assure ne varietur son intégrité depuis toujours. Et Benoît XVI n'en reste pas là: Bien que cela ait déjà été mentionné sur ce blog, il faut absolument lire son livre "Jésus de Nazareth" dont la portée est telle qu'elle concerne l'ensemble des chrétiens, toutes confessions confondues, tant on se trouve ici au cœur de la doctrine chrétienne.
Il y a donc au sein de l'église catholique des signes de renouveau qu'on peut vérifier avec des exemples comme l'abbaye de Triors:

L'abbaye Notre-Dame de Triors est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes situé à Châtillon-Saint-Jean dans la Drôme.
Elle a été fondée en 1984 à Châtillon-Saint-Jean par des moines venus de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Les quatorze moines s'installent dans un château du XVIIIe siècle qui leur est légué par la dernière propriétaire. De grands travaux commencent à partir du début des années 1990 pour transformer le prieuré en véritable abbaye bénédictine. L'abbatiale est dédicacée à l'Immaculée Conception en 1996.
Le prieuré de Triors est érigé en abbaye en 1994 et le premier abbé de Triors, dom Coureau, reçoit la bénédiction de l'évêque de Valence cette même année.
Appartenant à la congrégation de Solesmes, l'abbaye a gardé les traditions liturgiques grégoriennes et dès 1984 a profité de l'indult envers le rite de Saint Pie V.
L'abbaye compte aujourd'hui une quarantaine de moines ; le Père Abbé est Dom Hervé Courau.

Il est possible pour les fidèles d'assister à la messe dominicale, ce qui a été mon cas, et c'est une merveille car les moines le pratiquent à la perfection.

On peut également donner un autre exemple avec Ste Madeleine du Barroux, voir:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Sainte-Madeleine_du_Barroux

On ne peut oublier également l'ordre des Chartreux, "jamais déformé parce que jamais réformé" selon sa propre devise et qui applique toujours la règle de Dom Guigues élaborée en 1127.

Avec l'exemple du père Francis Michel cité plus haut, on peut constater que, malgré toute les vicissitudes quelle a pu connaître, l'église de Pierre est toujours là et même si elle a connu des papes aussi peu recommandables que les Borgia la transmission s'est faite et même si elle connaît actuellement des temps d'obscurcissement, son trésor spirituel est intact et si nous nous considérons vraiment comme chrétiens c'est à nous qu'il incombe de faire vivre l'Église du Christ tout en étant sans complaisance vis-à-vis de ses ennemis qui la menacent, ce qui n'a rien à voir avec la "haine" mais seulement avec la sainte colère.

Écrit par : Thaddée | mardi, 10 juin 2008

On aimerait bien savoir de quel obscurcissement des temps vous parlez, Thaddée, pour ce qui touche à l'Eglise catholique. Jamais l'exégèse n'a été si fine, jamais le rapprochement avec les frères séparés, depuis mille ans, n'a été si avancé, jamais nous n'avons eu deux papes successifs si spirituels, si empreints de surnaturel et si conjointement politiques, dans la noblesse du terme, vertus doublées pour Benoît XVI d'une hauteur théologique que très peu ont atteinte. Personne ne la menace, ne vous inquiétez pas. Croyez en la présence de l'Esprit. Cette Eglise est grande, belle et douce comme il sied à l'Epouse éternelle du Christ, et elle ne fait que marcher toujours plus avant dans la compréhension des mystères de son divin Amant.

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

A Pierre : "Les changements, non anodins, tels que : la table au lieu de l’autel, l'orientation face au peuple au lieu du tabernacle ; la communion dans la main, etc. accentuent le fait que la messe n'est qu'un repas ; le prêtre n'est qu'un président de l’assemblée ; l’Eucharistie n'est pas le Corps, le Sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ, mais simplement un morceau de pain, etc."

Tu crois sérieusement que cela est contenu dans Vatican II ?
Montre-moi les textes, mon gros.

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Moshé, Henri, JG = Fabrice Hadjadj ??

Écrit par : . | jeudi, 12 juin 2008

.+/-° = néant.

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

JG, heureux de voir que ce blog est aussi visité par des catholiques non intégristes. Vous allez voir, ils sont assez drôles par ici. A partir du moment où vous n'êtes pas d'accord avec eux, ils pensent que vous êtes la même personne. D'où la réaction complètement ridicule et grotesque de l'anonyme ".". Prenez un parapluie, car les injures vont pleuvoir...

Écrit par : Henri | jeudi, 12 juin 2008

Quand on parle du loup (pardon des frères) il sort du bois!

Écrit par : . | jeudi, 12 juin 2008

catholiques non intégristes.

Vous plaisantez! L'intégrisme n'est pas en reste dans l'église conciliaire. Vos arguments sont un peu court Henri.

Écrit par : Ernest | jeudi, 12 juin 2008

Je ne sais pas si mon nez est faux, mais il n'est pas sur la figure d'Henri. Vous savez, Monsieur Point, internet n'est pas encore cette unique bête qui combattrait contre vous seul. Ça le deviendra sûrement, mais alors vous ferez partie vous-même de la bête. En attendant, nous sommes plusieurs.
Passée cette parenthèse inintéressante, il est certain, cher Henri, qu'"intégriste" est un qualificatif beaucoup trop élevé, littéralement, pour les sectateurs du faux évêque Guérard des Lauriers et de l'excommunié Marcel. Sont intégristes, si l'on veut employer ce terme, ceux qui se réclament de l'intégralité du Magistère ecclésial. Ce qui n'est plus leur cas depuis quarante ans. Ils s'arcboutent sur un alinéa mal rédigé d'une sous-constitution pour masquer que, s'ils vomissent la liberté religieuse, c'est qu'en réalité ils croient que l'Esprit leur est réservé. L'oecuménisme les fait syncoper parce qu'on ne va pas parler à des bougnoules quand même. Et ainsi de suite.
Citer un pape contre un autre, un concile contre un autre, c'est n'avoir aucune foi dans l'Eglise, partant dans le Christ. Mais nous ne sommes ni de Paul, ni d'Apollos, ni de Pierre, mais du Christ.

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Merci, Enzo.

"Où y a de l'homme, y a de l'hommerie".

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Oui, comme Jésus, qui était le premier à le savoir.
Et vous ?

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Voilà donc, sous la signature JG, la crétinerie concilaire à la stupide ignorance qui pointe un bout de son museau fétide dans le château - discours toujours aussi comique sur le caractère "traditionnel" de Vatican II dont les extraits sont à mourir de rire :


- "Jamais l'exégèse n'a été si fine"

Pour sur mon neveu, bientôt à l’aide des études exégétiques qui, de Loisy en passant par le père Grelot jusqu’à Xavier Léon-Dufour, Geffré et Dupuis, ont illuminé la conscience des jeunes séminaristes qui sont de moins een moins nombreux chaque année, on en viendra à considérer comme apocryphe toutes les Ecritures et un mythe consolant la venue du Christ par l’intermédiaire d’une Vierge.


- "jamais le rapprochement avec les frères séparés, depuis mille ans, n'a été si avancé".


Si le rapprochement se fait en renonçant, point par point, à tous les fondements les plus sacrés de ce que nous sommes, et dont le naufrage liturgique, en autres pertes radicales, est le plus démonstratif exemple, tu repasseras pour le progrès mon petit gars.

- "jamais nous n'avons eu deux papes successifs si spirituels, si empreints de surnaturel et si conjointement politiques, dans la noblesse du terme, vertus doublées pour Benoît XVI d'une hauteur théologique que très peu ont atteinte".

Merveille des merveilles, deux papes successifs si spirituels, dans toutes l'histoire de l'église, on y croit pas, quelle nouveauté à crier sur les toits en sautant à pieds joints et tapant sur des tambourins paroissiaux, mais c'est qu'il aurait besoin de s'y replonger notre grand idiot inculte dans l'histoire de l'église tant il semble la méconnaître pour sortir de telles âneries.


Enfin sublime râlement de l'imbécile heureux fraîchement débarqué :

- "Personne ne la menace, ne vous inquiétez pas".

Alors les forces de l'adversaire ça n'existe plus peut-être, sans doute par la grâce de l'esprit du concile ? Mais c’est-y pas beau la théologie Vatican II, capable de faire disparaître le Malin et ses légions, mieux que Saint Michel et le Christ rien que par la force eschatologique de Populorum Progressio - incroyable !

Puis – pour la route, le dernier délire extatique, dans le plus pur style des niaiseries charismatiques :


- "Croyez en la présence de l'Esprit. Cette Eglise est grande, belle et douce comme il sied à l'Epouse éternelle du Christ, et elle ne fait que marcher toujours plus avant dans la compréhension des mystères de son divin Amant."


Avec de tels raisonnements de cloche fêlée faisant fi de la lutte incessante que « la grande et belle » doit mener à chaque instant, on est vraiment certain de tomber dans tous les pièges les plus grossiers tendus par les puissances liguées de la modernité.

Quant à la "compréhension des mystères de son divin Amant ", avec les ouvrages des pornographes littéraires encensés, à grands renforts de résine cathodique, par l'église conciliaire, on risque de former de jeunes vierges relativement expertes dans les caresses intimes destinées, je le crains, non pas au « Divin Amant », mais à tous les libidineux extasiés devant les virilités baroques fournis d’attributs fort peu angéliques.

Allez, pas la peine de te fatiguer pour rien ici rigolo de cirque, range rapido presto ta mauvaise camelote indigente, et va faire ta ridicule publicité auprès d’un public plus ouvert à ce type d'objets usagés qui se situe au niveau des marchandises usées que l’on trouve dans les brocantes et vide-greniers !

Écrit par : Zak | jeudi, 12 juin 2008

Pas mal, pas mal, la caricature du Zak...

Qui est le jeune génie qui exécute si habilement un "à la manière de..." ?

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Je m'attendais à de la pluie: voici la grêle...

"On risque de former de jeunes vierges relativement expertes dans les caresses intimes destinées, je le crains, non pas au « Divin Amant », mais à tous les libidineux extasiés devant les virilités baroques fournis d’attributs fort peu angéliques"...
Ne prenez pas vos désirs pour des réalités, Zak.

Écrit par : Henri | jeudi, 12 juin 2008

Mais ces désirs sont si finement décrits par votre admiré auteur, que l'on imagine aisément les oraisons auxquelles vont se livrer sous peu les futures âmes consacrées dans les cloîtres de la chrétienté, s'il en reste une dans quelque temps d'ailleurs.

Écrit par : Hire | jeudi, 12 juin 2008

Âmes pour lesquelles je vous imagine prier de tout votre coeur et avec toute la grande Espérance qui vous habite à leur égard.

Écrit par : Henri | jeudi, 12 juin 2008

En effet, comme Hire le souligne si intelligemment, il est évident que toutes les âmes consacrées de la chrétienté se sont livré à des oraisons scandaleuses depuis les origines du monachisme à la lecture du Cantique, des Confessions, et des poésies de Jean de la Croix et de Thérèse d'Avila.

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Je suppose que nos doctes puritains (un peu obsédés tout de même -mais cela va de pair- tant sont rémanentes leurs livrées au-dessous de la ceinture) considèrent le Cantique des Cantiques comme un livre apocryphe ?

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 12 juin 2008

Que précisément on ne lisait pas, et surtout pas dans les cloîtres (cf. Histoire d'une âme) ! Toujours aussi bon en histoire JG - un retour sur les bancs de l'école s'impose sur l'instant !

Écrit par : André | jeudi, 12 juin 2008

Du même niveau, mon espérance, que la vôtre !

Écrit par : Hire | jeudi, 12 juin 2008

Que peut-être au XIXème crétin, on ne lisait pas. Mais alors, je me demande bien d'où la grande Thérèse et son auguste ami Jean prenaient leurs sublimes élans, bon André ?

Écrit par : JG | jeudi, 12 juin 2008

Dans la patrologie et les commentaires des pères, l'accès aux textes étant fort rare, pour ne pas dire inexistant, triple idiot !

Écrit par : André | jeudi, 12 juin 2008

Chère IDC,

A le voir débiter ses inepties sur tous vos thèmes, je pense que JG est à classer dans les trolls. Propos idiots, polémiques et à la hauteur de la braguette.
Merci de nous débarrasser de ces scories.

Écrit par : La Fouine | jeudi, 12 juin 2008

Michel, vous vouliez savoir ce qu'ils pensent du Cantique des cantiques, Michel, voici ce qu'on trouve en date du 17 avril à propos de la note Hadjadj/Sollers, en réponse à un certain ti'hamo.
Très ouverts, décidément, mais, vous l'avez souligné, on sent une pointe de frustration !



- « …ma religion se réfère à un bouquin où on tombe sur le Cantique des Cantiques (genre "et tes seins comme deux bouquetins gambadant dans les plaines", bon enfin quelque chose dans ce genre), où sur des propos de prophètes décrivant Dieu comme une femme abandonnée par son peuple qui la trompe avec les divinités d'à-côté. à l'origine, la hardiesse première vient donc des prophètes - que vous avez donc retirés de votre bibliothèque, en toute logique. »

Outre que j’ai du mal à vous imaginer ne sachant pas que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce, ce qui est change deux ou trois choses non anodines et que le discours des prophètes n’est pas pour nous choquer mais s’applique bien aux mentalités charnelles des hébreux, je ne vous fais pas, d’autre part, l’injure de vous regarder comme prisonnier d’une grossière ignorance au sujet du caractère parfaitement allégorique du Cantique des Cantiques représentant, non pas une joyeuse sauterie polissonne, mais, mystiquement si du moins ce sens vous est accessible, l’union de l’âme avec Dieu et du Christ avec son Eglise.

Écrit par : Henri | jeudi, 12 juin 2008

La fouine, de la brigade anti-troll. Un beau tableau de chasse: ti'hamo, Moshé, Valérie, Virginie, Michel de Guibert, Philippe, Henri, JG, Alain...

Écrit par : Henri | jeudi, 12 juin 2008

Très bon rappel et finement analysé en effet face à un insistant et persévérant singulièrement pénible, espèce à laquelle vous semblez appartenir également ce qui en ces lieux augure généralement d'un rapide déménagement !

Écrit par : Hire | jeudi, 12 juin 2008

En effet Hire, il serait sans doute temps de reconduire à la porte du château, le thé étant à présent tout à fait refroidi, cette joyeuse équipe d'imbéciles parasitaires - relevant de l'espèce classique des pénibles inutiles...

Écrit par : Zak | jeudi, 12 juin 2008

Je viens de relire toutes les c***ies de ces débiles et je me suis rendu compte que nous avions à faire à quelques chefs scouts de dix sept ans qui confondent le cantique des cantiques avec le kama sutra.
Laissons les à leurs plaisirs solitaires et parlons d'autre chose.

Écrit par : La Fouine | jeudi, 12 juin 2008

Un des témoins directs du concile, et non des moindres, le cardinal Poupard, a raconté dans un livre son expérience de l'aventure contestable que fut Vatican II, ce qui est de nature à fermer le bec à bien des petits imbéciles écervelés qui s'imaginent avoir inventé l'eau chaude, et remettre en perspective les sinistres conséquences de la terrible désorientation de l'Eglise contemporaine.

Proche de Jean-Paul II, on ne peut soupçonner le prélat d'une sensibilité hostile aux folles innovations théologiques et doctrinales en vogue dans les années 60 - c'est pourquoi son ouvrage : "Au Cœur du Vatican, de Jean XXIII à Jean-Paul II", Perrin-Mame, 2003, est très intéressant, nous rapportant des anecdotes savoureuses par lesquelles le délire post-conciliaire est clairement dénoncé, le cardinal par exemple n'ayant pas supporté de retrouver du jour au lendemain la table de communion de son église natale chez le brocanteur.

Il le dit clairement :

- « les fantaisies liturgiques, n'ont fait venir personne à l'Eglise, mais elles ont plutôt fait fuir certains fidèles ».

- « dans certains diocèses, la moitié des enfants n 'est pas catéchisée », des chrétiens « se demandent si Jésus-Christ est Dieu », la Hollande ne compte pratiquement plus de pratiquants..."

N'y tenant plus, Paul Poupard évoquera devant le pape Jean Paul II la gravité de la crise en France. Il ne rencontrera aucune compréhension de la part du souverain pontife. Au contraire : le Souverain Pontife, l'un, selon un amusant gignol visiblement assez limité dans ses jugements, des "deux papes successifs si spirituels, si empreints de surnaturel et si conjointement politiques, dans la noblesse du terme (...) d'une hauteur théologique que très peu ont atteintes" (sic !) s'insurgera et se contente de répondre :

- « Non ! ce n 'est pas possible ».

C'est beau cette expression de l'empreinte du surnaturel "si conjointement politique, dans la noblesse du terme..."

Pendant ce temps, on assistait en Amérique Latine à la prolifération des sectes, signe d'alarme pour l'Eglise, selon le cardinal :

- « mise en évidence d'un manquement de sa par, d'une sorte d'impuissance à remplir sa mission ».

Que certains, donc, ne lisent-ils pas des sources autorisées, s'agissant de Vatican II et de ses mortifères effets, plutôt que de se contenter des sempiternels discours à la gloire des dingueries dogmatiques modernes, discours lassants diffusés jusqu'à plus soif dans les magazines, relayés par les ondes radiophoniques et télévisuelles, programmés par le choeur médiatique et pastoral de la clique conciliaire, elle-même inspirée sans doute par des "hauteurs théologique que très peu ont atteintes" - cependant hauteurs qui culminent effectivement dans des sommets jamais atteints oui, mais dans le plus total et complet délire !

Écrit par : Zak | jeudi, 12 juin 2008

Connaissez-vous Zak, cette phrase du Cardinal Suenens :

« On pourrait faire une liste impressionnante des thèses enseignées à Rome avant le concile comme seules valables et qui furent éliminées par les Pères conciliaires ».

Écrit par : Pierre | jeudi, 12 juin 2008

Vous venez de vous distinguer par votre intelligence vulgairement opportuniste MdG, ce n'est pas très brillant...

"Je suppose que nos doctes puritains (un peu obsédés tout de même -mais cela va de pair- tant sont rémanentes leurs livrées au-dessous de la ceinture) considèrent le Cantique des Cantiques comme un livre apocryphe ?"

Ecrit par : Michel de Guibert | jeudi, 12 juin 2008

Écrit par : Hire | jeudi, 12 juin 2008

Michel de Guibert, l'éternel retour n'est-il pas une forme suprême de l'acquiescement?

Écrit par : . | jeudi, 12 juin 2008

Cette phrase du Cardinal Suenens que vous citez Pierre, qui joua un rôle prépondérant lors de Vatican II dont il fut, tout de même, l'un des quatre modérateurs, provenant, qui plus est, du prélat qui se distingua par son soutien indéfectible aux mouvements charismatiques, est très révélatrice de ce que fut le concile, soit une entreprise révolutionnaire d'aspostasie de grande ampleur.

Cela me donne de revenir sur une autre sottise recuite proférée par un idiot sans cervelle, qui fit un rapide séjour en ces lieux, déclarant :

- "jamais le rapprochement avec les frères séparés, depuis mille ans, n'a été si avancé".

Sottise insondable que cette affirmation, sachant par quelles terribles concessions et à quel inacceptable prix sacrilège ce fameux "rapprochement" fut réalisé, comme nous l'apprend Mgr Annibale Bugnini lui-même, principal organisateur de la réforme liturgique de 1970, à l'origine de la publication du missel romain rénové par Paul VI (énorme responsabilité sur laquelle nous reviendrons), qui déclara ouvertement :

- « Il ne faut pas que la prière soit un objet de scandale pour nos frères séparés; c’est pourquoi nous allons enlever de la messe tout ce qui peut paraître être l’ombre d’un achoppement pour nos frères séparés ».


Ecarter la plus petite trace de "l’ombre d’un achoppement" pour parvenir à un "rapprochement avec les frères séparés", on comprend ainsi beaucoup mieux pourquoi ce dit terrible rapprochement "depuis mille ans, n'a été [trois fois hélas !] si avancé".

Écrit par : Zak | jeudi, 12 juin 2008

Grande et très juste clairvoyance chez s. Pie X, doublée d’une intransigeance « intégralement » catholique, au moment où l’Eglise, faisant déjà face aux délirantes désorientations naturalistes et au pervers « principe d'immanence », qui cherchaient à s’imposer aux consciences abusées par de prétendus arguments distribués par les fétides ouvrages des Heinrich Eberhard Gottlob Paulus, David Friedrich Strauss, Adolf von Harnack ou encore, en France, Alfred Loisy, excommunié « vitandus », c'est-à-dire qu'il fut interdit à tout catholique de lui adresser la parole, sut réagir comme il le fallait en publiant son Encyclique contre le modernisme « Pascendi Dominici Gregis » le 8 septembre 1907, qui condamna sévèrement, en les désignant précisément, les hérésies qui, par témérité, et sans respecter sa propre personne, abaissaient de "façon sacrilège Jésus-Christ jusqu'à la simple et pure humanité" (qu’aurait dit le Saint Père devant les immondices pornographiques qui se publient aujourd’hui, en se revendiquant des thèses de Vatican II et des encycliques de Paul VI et Jean-Paul II !), tout ceci n'étant pas, évidemment, sans nous rappeler bien des scandaleux égarements actuels ici même dénoncés, qui trouvent cependant, pour assurer leur infâme succès, quelques membres d’un clergé conciliaire dévoyé, et une presse, cela est moins surprenant, complice.

Le pape Pie X savait pertinemment que cette idée d'une réduction naturalisante de la Personne de Jésus-Christ, voulant, dans l’esprit de certains penseurs prisonniers de leurs impressions et émotions charnelles, "que l'action de Dieu ne fasse qu'un avec l'action de la nature", en affirmant, de manière profondément erronée qui contredit les Evangiles, saint Paul et les pères, que « la cause première [l'ordre divin] pénètre la cause seconde [l'ordre naturel] au point de s'y confondre », avait pour conséquence directe, et redoutable, un risque majeur dont l'Eglise moderne issue de Vatican II n'a ni su, ni voulu se garder, s’y convertissant même avec une incroyable ferveur authentiquement malicieuse, à savoir, ce que nous constatons avec stupéfaction depuis 50 ans, « la ruine [pure et simple] de l'ordre surnaturel ».


Extraits à méditer attentivement, de l'Encyclique contre le modernisme, de saint Pie X :


- "Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Église, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Église, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Église ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité. "

- "Doctrine absurde des modernistes, [est] que toute religion est à la fois naturelle et surnaturelle"


- "La religion catholique est mise entièrement sur le pied des autres. Son berceau [selon les modernistes] fut la conscience de Jésus-Christ, homme de nature exquise, comme il n'en fut ni n'en sera jamais ; elle est née là, non d'un autre principe que de l'immanence vitale. On est saisi de stupeur en face d'une telle audace dans l'assertion, d'une telle aisance dans le blasphème. Et ce ne sont point les incrédules seuls, Vénérables Frères, qui profèrent de telles témérités: ce sont des catholiques, ce sont des prêtres même, et nombreux, qui les publient avec ostentation. Et dire qu'ils se targuent, avec de telles insanités, de rénover l'Eglise!"

- "D'autres veulent que l'action de Dieu ne fasse qu'un avec l'action de la nature, la cause première pénétrant la cause seconde, ce qui est en réalité la ruine de l'ordre surnaturel."

(Encyclique Pascendi Dominici Gregis – Pie X, 8 septembre 1907)

http://www.vatican.va/holy_father/pius_x/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_19070908_pascendi-dominici-gregis_fr.html

Écrit par : Zacharias | vendredi, 13 juin 2008

Merci pour tous les messages que nous recevons déjà. Cela fait vraiment plaisir de voir que beaucoup ont compris le message : une forme décalée pour un fond qui requinque !

Promis, vous ne serez pas déçus !

JP II ne disait-il pas "l'Espérance ne déçoit pas " ?

Merci aussi à tous ceux et celles qui portent ce projet dans leur prière, parfois même une prière communautaire. Nous avons besoin de vous, et nous avons besoin de Lui !

Retrouvez Prêtre academy à partir du 20 juin sur :


http://www.pretres-academy.com/index.php

Écrit par : Prêtre académy | dimanche, 15 juin 2008

À Léon Bloy.


SAINT GRAAL

Parfois je sens, mourant des temps où nous vivons

Mon immense douleur s’enivrer d’espérance.

En vain l’heure honteuse ouvre des trous profonds,

En vain bâillent sous nous les désastres sans fonds

Pour engloutir l’abus de notre âpre souffrance,

Le sang de Jésus-Christ ruisselle sur la France.



Le précieux Sang coule à flots de ses autels

Non encor renversés, et coulerait encore

Le fussent-ils, et quand nos malheurs seraient tels

Que les plus forts, cédant à des effrois mortels,

Eux-mêmes subiraient la loi qui déshonore,

De l’ombre des cachots il jaillirait encore.



Il coulerait encor des pierres des cachots,

Descellerait l’horreur des ciments, doux et rouge

Suintement, torrent patient d’oraisons,

D’expiation forte et de bonnes raisons,

Contre les lâchetés et les « feu sur qui bouge ! »

Et toute guillotine et cette Gueuse rouge ! ...



Torrent d’amour du Dieu d’amour et de douceur,

Fleuve rafraîchissant du feu qui désaltère,

Fût-ce parmi l’horreur de ce monde moqueur,

Source vive où s’en vient ressusciter le cœur

Même de l’assassin, même de l’adultère,

Salut de la patrie, ô sang qui désaltère !

Paul Verlaine

Écrit par : En vain l’heure honteuse ouvre des trous profonds, | dimanche, 15 juin 2008

Une des choses qui nous caractérisent, c'est le tapage. Rien n'est bruyant comme l'homme moderne : il aime le bruit, il veut en faire autour des autres, il veut surtout que les autres en fassent autour de lui. Le bruit est sa passion, sa vie, son atmosphère ; la publicité remplace pour lui mille autres passions qui meurent étouffées sous cette passion dominante, à moins qu'elles ne vivent d'elle et ne s'alimentent de sa lumière pour éclater plus violemment.

Ernest Hello

Écrit par : . | lundi, 16 juin 2008

Décidément, l'Eglise de France ne recule devant aucune compromission!!

Écrit par : Maurice | lundi, 16 juin 2008

Je signale que le journal La Croix a repris mot pour mot la dépêche de l'AFP concernant la communion à genoux, ne prenant même pas la peine de rectifier certains passages, à savoir que l'hostie est un morceau de pain sans levain censé être "le corps du Christ".

Ceci dit, dans ma paroisse la communion à genoux est considérée comme une provocation; je pense qu'il faut attendre que des instructions viennent du Pape sinon je ne vois pas comment nous allons procéder?
Va-t-on devoir demander une autorisation au curé? Cela me semble difficile! De plus comment faire lorsque ce sont les femmes qui donnent la communion? Nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Nous devons beaucoup prier.


http://fr.gloria.tv/?video=mchr8w0bthq8m3ixlfep

Écrit par : Blandine | mardi, 17 juin 2008

« Gardez à l'esprit que l'enseignement du Concile de Trente sur la nécessité de la confession intégrale des péchés mortels est encore en vigueur dans l'Église », déclarait tout de même, et malgré bien des erreurs théologiques, Jean–Paul II dans son discours à la S. Pénitencerie en 1981.

Alors qu’il existe encore si peu de prêtres que tourmente l’idée d’avoir à déposer le Corps du Christ dans toutes les mains tendues en sachant pertinemment qu’un grand nombre de ces communiants ont perdu le sens du péché et ne vont plus se confesser pour recevoir l’absolution, les pasteurs devraient trouver le courage de rappeler « à temps et à contretemps » l’avertissement de saint Paul : « Ainsi donc, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur » (1 Co 11 27).

Écrit par : Pierre | mercredi, 18 juin 2008

@ Pierre

Et encore :
"Je suis le Pain vivant descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie." (Jean 6, 51)
"Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour." (Jean 6, 54)
"Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui." (Jean 6, 56)

Une autre traduction de 1 Cor 11, 27 ne dit pas "quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement", mais "quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur sans discerner"... il y a plus qu'une nuance !

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 18 juin 2008

MdG, difficile de vouloir évacuer le sens effectif de ce passage de 1 Corinthiens 11, 27 que l'on citera volontiers dans son contexte complet afin de mieux en percevoir la force et la valeur, montrant le caractère non anodin du geste de communion dont on voit bien qu'il engage le chrétien d'une manière extrêmement importante.


Par ailleurs vous confondez par erreur :

1 Corinthiens 11, 27 : "celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur."

avec

1 Corinthiens 11, 29 : "celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même."



Contrairement à votre affirmation inexacte; il n'y a donc pas "plus qu'une nuance" (sic) , mais au contraire deux déclarations très nettes et parfaitement convergentes !


Lisons s. Paul :

25 De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.
26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
27 C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.
28 Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe;
29 car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même.
30 C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts.
31 Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.
32 Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.



On voit ainsi, sans contestation possible, ce que souhaite dire l'apôtre Paul dans son épître au sujet de la communion.

Écrit par : Pierre | mercredi, 18 juin 2008

Le concile de Trente a explicité sans doute possible que Notre-Seigneur est présent dans les moindres parcelles de l’hostie consacrée. Alors, que penser de la communion dans la main ?

Quand on se sert d’un plateau, même si les communions sont peu nombreuses, il y reste toujours des parcelles. Par conséquent, ces parcelles restent maintenant dans les mains des fidèles. La foi en est ébranlée chez beaucoup, surtout chez les enfants.

La nouvelle façon ne peut avoir qu’une explication : si on vient à la messe pour rompre le pain de l’amitié, du repas communautaire, de la foi commune, alors il est normal qu’on ne prenne pas d’excessives précautions.
Si l’Eucharistie est un symbole, matérialisant le simple souvenir d’un événement passé, la présence spirituelle de Notre-Seigneur, c’est tout à fait logique qu’on se soucie peut des miettes qui peuvent tomber sur le sol.

Mais s’il s’agit de la présence de Dieu lui-même, de notre créateur, comme le veut la foi de l’Eglise, comment comprendre que l’on admette une telle pratique et même qu’on l’encourage, en dépit des documents romains ?

L’idée qu’on s’efforce de faire passer ainsi est une idée de dévalorisation du sacré contre laquelle les catholiques non encore contaminés se rebellent. Pour mieux l’imposer, on oblige les fidèles à communier debout.

Est-il convenable que l’on aille recevoir, sans le moindre signe de respect ou d’allégeance, le Christ devant lequel, dit saint Paul, tout genou fléchit au ciel, sur terre et dans les enfers ? $

Beaucoup de prêtres ne s’agenouillent plus devant la Sainte Eucharistie ; le nouveau rite de la messe de Paul VI les y encourage d'ailleurs.

Je n’y vois que deux raisons possibles : ou un immense orgueil qui nous fait traiter Dieu comme si nous étions ses égaux, ou la certitude qu’il n’est pas réellement dans l’Eucharistie...

Écrit par : Silvère | mercredi, 18 juin 2008

Bonjour, et merci à Silvère. Témoigner de l'absorption par l'image finale dans laquelle un officiant fait (je ne sais décrire exactement quoi) des miettes demeurées au fond du calice, cela fascine comme en partie la rêverie lors de ce rincement... ?
Je ne me rappelle pas avoir jamais pensé à la miette tombée d'en haut, non. Plutôt demeurée critique en face de ces grands cous offerts à la constance évoquée par la coquetterie, la bouche sans rouge aucun encore mise en valeur, la rectitude extrême à laquelle vous offrait cet autre qui bientôt vous aura donné...
C'est donc un tout, et je suis d'accord que "La foi en est ébranlée chez beaucoup, surtout chez les enfants."

Il est si important d'avoir entendu la parole...

Écrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 19 juin 2008

Merci Pierre pour le correctif que vous m'apportez ; j'avais de fait confondu les deux versets 27 et 29 de 1 Cor 11.

Pour le reste, je pense qu'il ne faut rien évacuer de la Bible et ne pas se focaliser sur un seul passage au détriment des autres.

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Il suffit simplement de lire, et admettre ce qui nous est dit, d'autant avec les épitres pauliniennes qui sont d'une grande précision et avec lesquelles il est toujours difficile de vouloir ruser.

Écrit par : Pierre | vendredi, 20 juin 2008

@ Silvère

Si l'agenouillement a certes sa place, en vertu même de l'hymne paulinienne (Philippiens 2, 6-11), il n'est pas pour autant la seule attitude juste.

La position debout est l’attitude liturgique la plus fondamentale et la plus usuelle dans la célébration de l’Eucharistie, elle est même la règle dans les Eglises d’Orient qui ne connaissent pas de chaises ni de prie-Dieu dans leurs églises (comme c’était aussi semble-t-il le cas dans nos églises et nos cathédrales depuis la primitive Eglise jusqu’à l’époque médiévale).
L’attitude de l’homme debout a un fondement capital fortement souligné déjà par les Pères, comme notamment Saint Irénée (IIe siècle) et Saint Basile (IVe siècle) : c’est l’attitude de l’homme ressuscité, de l’homme relevé, à l’image du Christ auquel nous sommes conformés par le baptême (par lequel, plongés dans la mort et la Résurrection du Christ, nous sommes libérés du péché et de la mort) ; c’est aussi l’attitude des élus au ciel qui “se tiennent debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main” (Apocalypse 7, 9 ; 15, 2).
C’est déjà l’attitude des Juifs célébrant la Pâque, “les reins ceints, les sandales aux pieds et le bâton à la main” (Exode 12, 11).
Le Concile de Nicée (325) l’avait prescrit, interdisant de s’agenouiller pendant la Cinquantaine pascale et le jour du Seigneur, la célébration dominicale étant la célébration pascale par excellence puisque c’est la Résurrection que nous célébrons tous les dimanches !
C’est donc une attitude qui convient pour la prière eucharistique dominicale ou pour recevoir la communion, y compris sur la langue.

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Les Ariens, qui niaient la divinité du Christ, communiaient debout et avec la main, donc en diminuant les marques de respect qui étaient nombreuses dans l'église primitive. Comme pour la plupart des hérétiques contemporains, leurs écrits manquaient souvent de netteté, mais ils voulaient changer la foi en sachant que la meilleure manière était de modifer la liturgie.

Écrit par : Louis | vendredi, 20 juin 2008

On reconnaît bien et de loin, dans le petit exposé minimaliste de MdG, les éternels arguments modernistes cherchant, dans un christianisme primitif idéalisé, d'ailleurs plus fictif que réel, une caution aux modifications liturgiques qui suivirent Vatican II ; Pie XII parlait déjà de " l'excessive et malsaine passion des choses anciennes ", "iI n'est pas sage ni louable ", disait-il, " de tout ramener en toute manière à l'antiquité ", condamnant par là l'archaïsme qui, sous couleur de retour aux sources, est devenu un procédé révolutionnaire de rupture avec la tradition - on le voit largement appliqué de nos jours où les novateurs prétendent remonter au-delà du Concile de Trente et même de l'empereur Constantin - tous les fondateurs d'hérésies ont agi ainsi effectivement.

Les faits sont donc incontournables et les raisons des changements trouvent leur source dans une volonté de mise en conformité de la messe catholique avec la cène réformée, ce que démontre, sans excamen excessif, l'histoire de la Réforme.

La messe luthérienne se présentait ainsi dès Noël 1521 : Confiteor, Introït, Kyrie, Gloria, Epître, Evangile, prédication; pas d'offertoire, Sanctus, récit à haute voix et en langue vulgaire de l'institution de la Cène, communion à la main et au calice sous les deux espèces sans nécessité d'une confession préalable ; Agnus Dei, Benedicamus Domino. Le latin disparaîtra peu à peu.

Les autres réformateurs agiront de la même façon. Zwingli, en Suisse, utilisera des récipients profanes à la place des vases sacrés et fera distribuer la communion par des laïcs. En Angleterre, la reine Elisabeth charge les théologiens de ne rien dire qui censurât le dogme de la présence réelle mais de le laisser indécis, au choix de chacun. Le latin laisse la place à l'anglais; l'autel est remplacé par une table posée face au peuple ; la communion est reçue debout puis dans la main ; la confession privée est remplacée par des cérémonies collectives ; au nom de Messe sont substitués ceux d'Eucharistie et de Cène. En résumé, les réformés porteront leurs efforts sur trois points essentiels :

- l. Négation du caractère sacrificiel de la Messe, sauf dans le sens vague de sacrifice de louange ; pour eux la Cène est une sorte de repas communautaire.
- 2. Négation de la transsubstantiation ; pour eux la présence réelle se limite soit à une présence temporaire à l'intérieur des espèces, soit à une présence spirituelle.
- 3. Négation du sacerdoce du prêtre, remplacé par un sacerdoce collectif de l'assemblée des fidèles sous la présidence du prêtre ou du pasteur.

On retrouvera ces trois points dans la Nouvelle Messe, soit sous la forme d'omissions, soit sous la forme d'atténuations et d'affirmations équivoques. Nombre de commentaires iront jusqu'à l'affirmation catégorique, non équivoque.

Le Concile de Trente opposait à la Réforme le rempart de la doctrine catholique qu'il formula de manière précise et dans les formes requises pour lui assurer le caractère d'infaillibilité. Il n'est donc plus possible, sans quitter l'Eglise catholique, de revenir sur les définitions du Concile de Trente, définitions évidemment conformes à ce que l'Eglise avait toujours enseigné.
Pour le Concile de Trente, la Messe est un sacrifice véritable offert par le prêtre agissant, par la vertu de son sacerdoce, " in persona Christi ", c'est-à-dire à la place du Christ qui est à la fois le prêtre et la victime, à la Messe comme sur la Croix.

La Nouvelle Messe est le fruit d'un après-Concile qu'avant même qu'elle soit promulguée, en 1967 et 1968 déjà, des partisans du Concile jugeaient sévèrement. Etienne Gilson : " Divagation parmi les ruines. " (Les tribulations de Sophie, p. 139 et ss), le père Bouyer : " A moins de se boucher les yeux, il faut même dire franchement que ce que nous voyons ressemble bien moins à la régénération escomptée qu'à une décomposition accélérée du catholicisme "(La décomposition du christianisme, p. 8).

Au moment où ces jugements étaient portés, une commission réunie sous la direction de Mgr Bugnini mettait la dernière main à la Nouvelle Messe. Etrange commission à la vérité, où siégeaient six observateurs réformés qui figurent à côté de Paul VI sur une célèbre photographie (La Documentation catholique de juin 69 ).

Quel fut le rôle de ces protestants dans cette commission catholique? Voici un témoignage catholique, celui de Mgr Baum : " Ils ne sont pas là ", écrit-il en 1967, " simplement en observateurs mais aussi bien en experts, et ils participent pleinement aux discussions sur le renouveau liturgique ". Un des six protestants, le chanoine anglican Jasper, déclare de son côté en 1977 : " Nous étions, bien sûr, autorisés à commenter, critiquer et faire des suggestions ".

On peut donc être, à bon droit, surpris de voir des réformés participer à l'élaboration d'une Messe catholique, alors que cette Messe repose précisément sur des dogmes que les réformés rejettent. On remarquera, en passant, qu'aucun prêtre orthodoxe n'avait été invité alors que la foi orthodoxe sur la Messe est presque la même que la foi catholique ; c'est là plus qu'un "signe"...

L'origine de la pratique actuelle de la communion debout et dans la main en chrétienté occidentale (toutes les églises orientales donnent la communion dans la bouche) remonte donc incontestablement à la révolution de la Réforme. Certains diront que c'était la réintroduction d'une ancienne pratique universelle et vénérable. Mais même s'il s'agissait d'une ancienne pratique de l'Église catholique, sa réintroduction au seizième siècle ne fut guère orthodoxe. Elle concrétisait plutôt la négation de la présence réelle enseignée par le Christ et son Église, et la réalité du sacerdoce catholique. C'était la conséquence liturgique d'une hérésie antérieure, comme aujourd'hui la nouvelle messe est la conséquence des évidentes scandaleuses hérésies dogmatiques du dernier concile.

Écrit par : Zacharias | vendredi, 20 juin 2008

@ Louis

J'ignore ce que faisaient les ariens, mais ce qui est sûr, c'est qu'à la même époque, au IVe siècle, une célèbre catéchèse de saint Cyrille de Jérusalem souligne le geste, respectueux quand il est ainsi fait, qui a inspiré le rétablissement de l'usage de la communion dans la main : « Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi de ta vie ; et dans le creux de ta main, reçois le Corps du Christ en redisant : Amen ! »

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

@ Zacharias

Vous faites beaucoup d'amalgames... la Tradition ne commence pas au Concile de Trente... et les réformes protestantes ne s'enracinent pas dans la Tradition de l'Eglise.

Je suis désolé de souligner un point qui semble vous déranger car je ne parlais au départ que de la position debout pour communier (et non de la communion dans la main, discussion qui est venue ensuite, introduite par Louis) : dans les Eglises orthodoxes, dont vous signalez à juste titre le grand respect pour l'Eucharistie, on communie debout, et, dans bon nombre d'entre elles, on la reçoit sous les deux espèces avec une cuillère.

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Saint J. Chry­sostome :

- « Si personne n’ose toucher témérairement le vêtement d’un roi, com­ment oserions-nous déshonorer à ce point le corps saint et immaculé du maître du monde, corps uni à la divinité, corps par qui nous existons et nous vivons, par qui les portes de la mort ont été brisées, celles du ciel ouvertes ? Je t’en prie, ne te détruis pas par ton imprudence, mais approche-toi avec tremblement et pureté » (hom. 24 sur la I aux Cor., n. 4).

Écrit par : Athanase | vendredi, 20 juin 2008

Au sujet de l'Eucharistie, il est incontestable que le modernisme rejoint la position généralement adoptée par les chrétiens réformés (Zwingliens et Calvinistes). Dans la perspective moderniste, la présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie n'est pas réelle au sens qu'elle contiendrait son vrai corps et son vrai sang, mais seulement dans le sens que le corps et le sang du Christ y sont réellement signifiés. À la messe, il ne se produit pas de transsubstantiation mais plutôt une transsignification, c'est-à-dire un changement de signification d'une nourriture matérielle que la foi fait percevoir et goûter comme une nourriture spirituelle.

Que les erreurs protestantes concernant la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie aient pénétré, à différents degrés, à l'intérieur même de certains milieux catholiques aujourd'hui, cela ne requiert pas de grande démonstration, puisque le Saint-Père Jean-Paul II a déploré plusieurs fois un état d'esprit, au sein du peuple de Dieu, témoignant d'une perte notable du sens de l'adoration. Et si beaucoup de fidèles n'ont plus le sens de l'adoration, c'est qu'ils ont plus ou moins perdu le sens même de Dieu, et par suite le sens du mystère. On veut tout comprendre et tout expliquer. Comme il est impossible à notre faible raison de comprendre un mystère aussi élevé que celui de l'Eucharistie, on tend à l'évacuer et à n'en conserver que l'écorce symbolique.

La foi en la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, qui se manifeste par le respect et la dévotion au Saint-Sacrement, est évidemment à la baisse actuellement au sein de l'Église catholique. Bien des fidèles ne semblent plus conscients que Jésus-Christ est présent dans l'Eucharistie avec son corps, son sang, son âme et sa divinité et donc que s'approcher de l'Eucharistie, c'est s'approcher du Dieu trois fois saint.

Les signes de cette inconscience de la grandeur du mystère eucharistique concernent à la fois les dispositions intérieures et extérieures des fidèles, qui apparaissent sérieusement déficientes. Que les dispositions intérieures d'un bon nombre de communiants soient déficientes, il est permis de s'en faire une assez juste appréciation lorsque l'on connaît objectivement leur situation et leur façon de vivre habituelle. Il ne s'agit pas ici de juger les personnes, mais uniquement de faire une constatation de fait à partir d'une information objective. La foi, telle que l'Église l'entend et l'état de grâce ne demeurent-ils pas absolument nécessaires pour communier dignement au corps et au sang du Christ?

Au plan des dispositions extérieures, ce qui saute aux yeux, c'est malheureusement la désinvolture et le manque de respect avec lesquels plusieurs s'approchent de la Sainte Eucharistie. Hélas! le respect et la dévotion à l'égard du Saint Sacrement ne sont sûrement pas favorisés, du moins en général, par la pratique de la communion dans la main, abolie par l'Église durant plus de douze siècles à cause des graves abus auxquels elle avait donné lieu. Nous savons que dès le début du VIIe siècle, le pape saint Grégoire le Grand, abandonnant la communion dans la main, distribuait à Rome, la communion sur la langue, pour éviter que le Corps du Seigneur ne soit profané, fût-ce involontairement.

Il restera toujours vrai que la plus grande dévotion de l'Église se traduit par le respect de l'Eucharistie. Rendre au Dieu trois fois saint le respect qui lui est dû, le Docteur subtil (le bienheureux Duns Scot) y voyait un motif de la présence réelle de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement et il a écrit ces paroles remarquables: "Toute la dévotion qu'il y a dans l'Église consiste dans le respect à l'égard de ce sacrement". (In 4, dist 8,9.1)

Abbé J.-Réal Bleau

Écrit par : J.-Réal Bleau | vendredi, 20 juin 2008

Merci Athanase.

Et aussi dans l'Evangile Jésus ressuscité à Thomas : "Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant." (Jean 20, 27)

Plus que le mode de la communion dans la bouche ou dans la main, plus que le fait de toucher avec sa main ou avec sa langue, ce qui importe vraiment, c'est le respect pour le Corps eucharistique, le Pain qui donne la Vie, Pain vivant descendu du ciel qui a pris chair de la Vierge Marie, de la Mère des vivants, comme le chante un mégalynaire byzantin.

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Rappel de certaines choses à observer et à éviter
concernant la très sainte Eucharistie selon l'Eglise :




85 - Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques, qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques (...).

88 - Il revient au prêtre célébrant de donner la communion, avec, le cas échéant, l’aide des autres prêtres ou des diacres (...). Les ministres extraordinaires peuvent aider le prêtre célébrant, selon les normes du droit, seulement en cas de nécessité.

90 - « Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des Évêques », avec la confirmation du Siège Apostolique. « Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé qu’avant de recevoir le Sacrement ils fassent le geste de respect qui lui est dû, que la Conférence des Évêques aura établi ».

91 - (...) il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

92 - Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche. (...) S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles.

93 - Il faut maintenir l’usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre.

94 - Il n’est pas permis aux fidèles de « prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main ». (...)


Instruction Redemptoris Sacramentum
Rome, du siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 25 mars 2004, en la solennité de l’Annonciation du Seigneur.

Francis Card. ARINZE
Préfet

Écrit par : Redemptoris Sacramentum | vendredi, 20 juin 2008

Merci Monsieur l'Abbé J-Réal Bleau pour la belle citation du Bx Duns Scot.

Simultanément et sans nous concerter, et même si nous divergeons sur certaines appréciations, nous sommes au moins d'accord sur un point d'importance, ce respect à l'égard de l'Eucharistie qui est au coeur de la Foi.

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Redemptionis Sacramentum et non Redemptoris Sacramentum !

Écrit par : Michel de Guibert | vendredi, 20 juin 2008

Je viens de lire dans le journal de ma paroisse une recension sur le livre "Prêtres, diacres, laïcs Révolution silencieuse dans le catholicisme français" de Céline Béraud.
On y lit, entre autres que le prêtre aura un rôle "de chef d'orchestre"!!!

D'après l'auteur, l'évolution vers un catholicisme avec très peu de prêtres apparaît inéluctable. Nos journaux paroissiaux font un travail de propagande proprement scandaleux.

Pour rejoindre l'interrogation de Blandine concernant la communion donnée par les laïcs (femmes)
On imagine mal prendre la communion à genoux devant un laïc; c'est donc la preuve que la communion à genoux a pour ainsi dire une caractère différent.


Par ailleurs, j'ai eu l'occasion de voir l'hostie tomber par terre ou tout simplement être mise dans la poche!!; quand on sait que certaines personnes prennent l'hostie pour des rites sataniques, il est temps que l'église ouvre les yeux sur cette question. Et puis, vu l'orgueil de nos contemporains il ne serait pas mauvais de les voir un peu plus à genoux.

« Mets-toi à genoux et tu croiras »

Écrit par : Marie-Odile Castenet | vendredi, 20 juin 2008

L'Eglise a toujours exigé des fidèles un grand respect envers l'Eucharistie au moment où ils la reçoivent. Quant à la manière de s'approcher de la communion, les fidèles peuvent la recevoir à genoux ou debout, selon les règles établies par les conférences épiscopales. Lorsque les fidèles communient à genoux, il n'est pas requis d'eux un autre signe de révérence envers le Saint-Sacrement, puisque le fait de s'agenouiller exprime par lui-même l'adoration. Mais lorsqu'ils communient debout, il est vivement recommandé que, s'avançant en procession, ils fassent un acte de révérence avant la réception du sacrement, au lieu et au moment opportuns pour que l'accès et le départ des fidèles ne soient pas troublés.

A propos de la communion sur la langue ou dans la main, voici un extrait de l'Instruction "Memoriale Domini" du 29 mai 1969 de la Congrégation du Culte Divin :

"Compte tenu des remarques et des conseils de ceux que 'l'Esprit Saint a constitués intendant pour gouverner les Eglises, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la communion aux fidèles.
Ainsi le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que par la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l'Eglise."

D'autre part, voici la déclaration de Mgr Mouisset, évêque de Nice en 1969, dans le bulletin diocésain du 29/8/1969 :

"Il n'est pas permi à un prêtre de refuser la communion sur les lèvres à celui qui en fait la demande (...) la communion sur les lèvres reste la règle, la communion dans la main n'est qu'une exception autorisée...".

Écrit par : Sylvain M. | vendredi, 20 juin 2008

Le Cardinal Ratzinger disait justement : "Je suis convaincu que la crise de l'Eglise que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie" (cf. Ma vie mes souvenirs, Fayard 1998).

Quand on entend ce que nous dit aujourd'hui Benoît XVI, on ne peut que constater que sa conviction n'a pas disparu.

Il n'est de pire souffrance effectivement, pour un fidèle pratiquant, que de constater la persistance d'une crise réelle, largement dénoncée et même assez sévèrement voire de façon exagérément féroce dans cette note de Zacharias qui commence à faire quelques bruits sur le net, que l'on pourrait en grande partie juguler en favorisant, dans nos paroisses, des célébrations liturgiques pleinement conformes aux enseignements de l'Eglise.

Écrit par : Eudes | vendredi, 20 juin 2008

Pleinement conformes aux enseignements de l'Eglise de quelle époque ?

Écrit par : André | vendredi, 20 juin 2008

Benoît XVI : "Signe de respect"


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Depuis la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II (1962-65), l'usage courant, moins intimidant, veut que les fidèles reçoivent l'hostie (un morceau de pain sans levain censé être "le corps du Christ") debout et dans les mains, avant de la porter eux-mêmes à la bouche. Ils pouvaient cependant toujours opter pour la réception de l'hostie dans la bouche, mais debout. L'agenouillement, qui n'a jamais été interdit, restait cantonné aux paroisses traditionalistes. En y recourant lui-même, Benoît XVI entend donner l'exemple à toute l'Eglise et surtout à son clergé.

"Nous, chrétiens, nous nous agenouillons seulement devant le Saint-Sacrement (l'hostie) parce que, en lui, nous savons et croyons être en présence de l'unique et vrai Dieu", avait-il dit le 22 mai. "Je suis convaincu de l'urgence de donner à nouveau l'hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu'ils la touchent" et "de revenir à la génuflexion au moment de la communion en signe de respect", avait-il ajouté.

Les modifications liturgiques introduites par Benoît XVI depuis plusieurs mois vont toutes dans le sens d'un retour à des usages que l'on croyait tombés en désuétude après le grand vent de réformes de Vatican II.



Communiqué de l'Agence France Presse, du 15 juin 2008

Écrit par : AFP | vendredi, 20 juin 2008

Très significatif le débat engagé portant sur la communion à genoux dont vient de donner l'exemple Benoît XVI lors d'une récente messe en Italie, et qui se développe sur pas mal de forum, dont celui ci-dessous signalé en lien
avec des témoignages plus qu'intéressants :

http://forums.cef.fr/forum/read.php?f=124&i=17405&t=17405

Écrit par : Forum religieux | vendredi, 20 juin 2008

J'ai quand même la nette impression que les tenants du progressisme mettent les bouchées doubles si je puis dire!!
Il n'est qu'à voir la dernière trouvaille du diocèse de Besançon "la prêtre academy". C'est à se demander si certains catholiques sont encore obéïssants?



"Il n'est pas permi à un prêtre de refuser la communion sur les lèvres à celui qui en fait la demande (...) la communion sur les lèvres reste la règle, la communion dans la main n'est qu'une exception autorisée...".


Hélas, ce n'est pas le cas!

Écrit par : Marie-Odile Castenet | vendredi, 20 juin 2008

Nous rappeler les enseignements oubliés d'Antoine Arnauld sur la "Fréquente communion", au moment où Benoît XVI remet en vigueur les formes traditionnelles caractérisant l'attitude de respect avec laquelle il convient de se présenter pour recevoir l'eucharistie est assez judicieux, d'autant que le livre d'Arnauld, qui fit déjà l'objet d'un vif débat à l'époque, insiste surtout sur les dispositions intérieures et l'état moral du chrétien, éléments fondamentaux qui ne font plus vraiment l'objet aujourd'hui, malheureusement, d'une pastorale digne de ce nom de la part du clergé.



Encore une fois merci Zacharias !


http://zacharias.hautetfort.com/

Écrit par : Hire | dimanche, 22 juin 2008

Bonne idée effectivement que ce rappel, même si je crains que la lecture d'Arnauld ne passe très largement au-dessus de la tête de la majorité, car si le débat porte sur le sens de la communion à genoux, on pourrait sans doute insister tout d'abord sur la position du coeur et l'état spirituel des chrétiens, ou prétendus tels, qui s'avancent vers l'autel sans conscience.

Mais où en est la conscience chrétienne à notre époque, alors que les prêtres, et l'église dans son ensemble, donnent une image si dégradée de la foi ?

Écrit par : Victor | lundi, 23 juin 2008

Belles paroles c'est vrai :



"La préparation nécessaire pour communier souvent, est de mépriser de tout son cœur le siècle et le monde, et d’offrir à Dieu tous les jours des sacrifices de larmes avant que de lui offrir celui de son corps et de son sang.

Comment est-ce après cela que vous prétendez vous servir de cette êpitre (1 Corinthiens 11, 23-29) pour porter à la fréquente communion ceux dont la vie est toute païenne ; qui sont attachez prodigieusement au monde, et qui ne respirent que ses délices ?"

De la Fréquente communion,
où le sentiment des Pères, des papes et des conciles,
touchant à l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie,
sont fidèlement exposés,
Antoine Arnauld, 1643, Chapitre II, § 2.

Écrit par : André | lundi, 23 juin 2008

Avez-vous fait attention à ce passage qui est tout de même de nature à troubler une religion superficielle et mécanique :

"Le principal dessein de l’apôtre n’est pas, que l’on soit hors de l’état du péché mortel lors que l’on communie (...) mais qu’il demande bien davantage ; et qu’outre une plus grande pureté de l’âme, que celle d’être délivré simplement des péchés mortels, il veut que l’on y apporte une circonspection merveilleuse, et un respect extraordinaire."


On peut comprendre la crainte des autorités devant de telles dispositions à l'époque, car si la confession n'est plus uniquement le seul critère pour communier, alors les portes sont grandes ouvertes pour un "réveil" des consciences chrétiennes, faisant passer d'une religion sociologique et culturelle à un christianisme foncièrement sincère et ardent, "réveil" qui n'est pas loin de celui engagé par la Réforme.

Écrit par : Lapide | lundi, 23 juin 2008

Juste en passant : Bloy entendait le "pain quotidien" du Notre Père comme une invitation -que dis-je, un ordre! - à communier tous les jours. A ses yeux, qui ne le faisait trahissait sa religion.

Puisque je traîne mes guêtres spirituelles dans les corridors du château, j’aimerai savoir si c’est bien le même Arnaud qui fit cette merveilleuse traduction des confessions de Saint Augustin.

Et puisque enfin je m’en vais clopinant et dubitatif sur ce dallage numérique, j’aimerai tatillonner du phonème un court instant : il m’étonnerait fort qu’Arnaud ait apprécié d’être regardé comme un renfort de la Réforme. Deuxièmement, une authentique confession doit entraîner une contrition propre à décaper miasmes mentaux, les rouilles de la perdition et autres chienneries peccamineuses. Rien de mécanique là dedans. Le rejet de ce qui était nécrosé – traduction intérieure du précepte « si ton œil…arrache-le » - exige, au contraire de tout automatisme, un échange singulier et unique avec le Dieu guérisseur des âmes. Il est évident que toute religion –et la protestante aussi bien que les autres- est menacée de se diluer en une série de postures –mentales aussi bien que physique-, en une gestuelle des corps et des sentiments, bref, un robotisation des âmes qui la vide de tout ce feu unique qui ne brûle que pour l’absolu. C’est à l’être habité par une avidité de lumière qu’il appartient de tuer en lui la marionnette. C’est du même ordre que la distinction entre l’esprit et la lettre.

Je me permets de regretter qu’on en vienne à traiter de chaque point religieux comme d’un article du code passant par toutes les cours de justice avant d’arriver devant une sorte de cassation brouillonne des croyants. Certes, les superstructures de l’Eglise sont d’importance. Moins pourtant ; me semble-t-il, que la lente décantation en soi d’une prière. Depuis les disputes entre tenants de Jacques et défenseurs de Paul, l’Eglise a connu diversité et … pugnacité. Ce peut être une richesse tant que la haine -qui n’est guère une qualité chrétienne- ne se met pas de la partie. « Toute maison divisée contre elle-même périra » ; il y a danger à renvoyer toujours la responsabilité de cette division sur l’autre (évidemment et invariablement jugé comme un crétin ou un salaud –quelle hauteur de pensé... Il y a quelque facilité à toujours user du cache sexe de la sainte colère pour déverser une bonne petite haine très humaine de convaincu. On déclare défendre l’Eglise quand on se contente de brailler pour son petit moi qu’on assimile à un « camp ». Ca m’attriste, je n’ai pas honte de le dire. Que Vatican II ait mal tourné, c’est une évidence. Ce n’est pas une raison pour traîner dans la plus amère des boues ceux qui arrivent à y déployer une authentique spiritualité. Je n’ai jamais bien compris ce tropisme humain qui pousse à insulter, à mettre en doute la parole, de quiconque n’est pas entièrement avec vous. Pascal disait pourtant dans la plus lumineuse des langues que dans toute disputes (sens latin : disputatio) on trouvait toujours un point où le disputeur avait raison, et qu’il le lui fallait accorder. Relisez les Pensées, regarder ce calme, cette sagesse dans l’argumentation. Devons nous continuer à briser ce qui ne demande, dans le respect des rites et des consciences, qu’à être réunis ? C’est banal que de le dire, mais j’ai rencontré des morphinomanes de l’office qui n’avait plus de chrétien que l’apparence ; il ne vivait que sur leur rage. J’ai rencontré à Saint Nicolas du C… des tricoteuses et Sans culottes barbelés de haine et de stupidité qui n’auraient pas dépareillés une tchéka de la foi. J’ai aussi croisé des Vatican II qui prêchaient les bienfaits d’un avortement bien compris (et si…) Je pourrai continuer longtemps, mais est-il besoin de dire que je ne me reconnais dans aucunes de ces tristes espèces ? ce n’est pas à moi de leur retirer leur livré de chrétiens, mais j’ai des doutes. Le christianisme est une chevalerie de l’âme où l’on ne s’agenouille que devant Dieu. Elle requiert générosité, noblesse, franchise et grande suspicion de soi-même. Trop de gens s’amalgament à leurs opinions et prétendant défendre leur Eglise (leur !) ne défendent que leur inintéressante personnalité. Après tout, il s’agit de s’anéantir, par d’hyperboliser de l’égo. Le catholicisme doit-il devenir une politique avec ses partis ? Et devons-nous jeter aux ordures la seule chose qui a assuré la survie de l’Eglise à travers 2000 ans, la fidélité au(x) Pape(s) ? Je pose la question sans avoir de réponse formelle.

Mais méfions-nous. Prenons le jansénisme. Nolens volens, il a apporté outre des textes tout brûlant de magnificence, un renouvellement du questionnement chrétien qui put passer pour un enrichissement (n’en déplaise à Bossuet et à Saint Simon, Fénélon et Mm de Guiyon, à moindre, aussi). Mais voyez le retour de bâton : lors de la révolution, ce bas clergé qui, s’unissant aux tiers état fit basculer le trône dans l’ordure, avait la rage de venger Port royale. Evoquons les paroles de Fumaroli sur « cette hideuse querelle du Jansénisme qui empoisonna le royaume ». Pas au 17ème, où elle ne sortit des bornes de la théologie que du jour où le roi intervint. Mais au 18èmeoù elle fut pain bénit (si j’ose dire) pour la Révolution. On trouve dans Le rouge et le noir silhouette de l’Abbé Pirard , janséniste héritier de ces haines et qui continue allègrement de diviser la maison en se battant contre les jésuites, son évêque et Marie Alacoque (s’il m’en souvient bien) . Est-ce bien la meillur façn de doner à l’Rglise influence et prépondérance ?
Libre au lecteur de penser qu’il n’y là nul rapport avec la France d’aujourd’hui. Plaise à Dieu que le dit lecteur ait raison et que quelques sanglants bouleversements ne transforme un jour cette judiciarisation exagérée du rite (j’entends pas là qu’il nous faudra bientôt plus de volumes que les Dalloz pour discuter du bien fondé d’un agenouillement… on est loin des catacombes) en une explosion de haine recuite qui, interdisant tout rapprochement, ne laissera que l’abyme. Déjà, on voit s’avancer une technologisation de la société qui réduit le socle de la pensée chrétienne au néant. Il serait peut-être temps de cesser d’agir faire comme ces défenseurs de la royauté qui de par leurs luttes intestines regardèrent, impuissants, s’écrouler le trône. Persuadé que la « philosophie » chrétienne, son paradigme, est seul à même d’éviter la mise en place d’une réification humaine comme de proposer un moyen terme tant éthique qu’économique et ,plus largement, politique, je suis tétanisé de nous voir incapables en plein reflue de la foi de nous accorder sur quelques fondamentaux et de mettre plus d’énergie à nous combattre qu’à étendre une influence devenue quasi inexistante.

La France dans le monde aujourd’hui n’est pas vraiment une priorité de l’Eglise, il faut se l’avouer. Le monde latino-hispanique et même africain lui ouvre de bien plus vastes perspectives. Prenons gardes que nous querelles byzantines ne nous écarte du mouvement vivant de la foi. Certes, on ne peut tout accepter. Mais céder au très méchant plaisir de l’outrance et de la haine sous couvert de s’auto-sacrer chevalier de la foi (c’est valable dans tous les camps, même si on est plus doucereux et chattemiteux chez les légalistes -) me parait douteux. L’hypocrisie de certains défenseurs de Vatican II qui refuse l’évidence à de quoi enrager, je le comprends. Crier au succès quand l’échec est patent me parait effectivement propre à endolorir jusqu’au tumulte des mots toute âme inassouvie qui se voit frustrée de sa maison naturelle. N’empêche : ce n’est pas dans la haine pieusement couverte du nom de sainte colère qu’on reliera les Hommes de bonne volonté. Nous sommes quelques-uns à chercher tout simplement Dieu. Et à savoir que depuis l’an I le christianisme a connu certaines transformations. On ne peut le figer dans un 17ème largement fantasmé, ni exiger qu’une théologie règne seule et sans rivale. Le christianisme n’est pas un fascisme, il en est même l’inverse. Si les efforts promulgués pour prouver qu’on à raison l’avait été pour une alchimie de l’esprit, certains frôleraient la sainteté. Enfin n’oublions pas que les Eglises commençaient de se vider bien avant Vatican 2 ; et il n’est que de relire les malédictions bloyennes pour savoir que le clergé n’était plus vraiment celui du 12ème siècle.
Bon, je vous ai livré là les pensées d’un simple observateur dont les sympathies pour la camp (puisque camp il y a hélas) de « l’orthodoxie » sont bien connues mais qui s’est laissé, volontairement, transpercés par certains doutes. Qu’on ne lise là nul ralliement à un modernisme déjà dépassé qui plus que jamais m’apparaît comme une vendition de la Parole. Mais le simple essaimage de quelques questions.

(Ah, j’ai visé des généralités, non des personnes évidemment. Tout ça a été parfaitement spontané).

Écrit par : Restif | lundi, 23 juin 2008

Merci Restif.

Cela fait du bien de lire cela sur ce blog !

Il n'y a aucun doute, l'urgence est à l'évangélisation et non aux fausses querelles ou aux vieilles rancoeurs.

Comme le dit la première lettre de St Pierre : "Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, [...] c'est le sang précieux du Christ, l'Agneau sans défaut et sans tâche." (1 Pierre 18-19).

Ce dont crèvent nos contemporains, souvent sans le savoir, c'est d'une "vie sans but" comme dit la lettre de St Pierre ; et ce dont ils ont un besoin vital, c'est de sens et d'espérance !

Écrit par : Michel de Guibert | lundi, 23 juin 2008

Analyse fort juste Restif (MdG me semble plus à la remorque dès qu'il perçoit un millimètre de nuance non férocement hostile à Vatican II dans un commentaire et s'y engouffre à clavier rabattu, j'ose écrire, presque comme d'habitude...), d'autant que les attitudes essentielles de nos jours ne sont pas légions.

Cependant je ne pense pas qu'il y ait une vieille rancoeur dans l'attitude de Zacharias (il en parlera bien mieux que moi à l'évidence) de remettre en lumière quelques beaux textes spirituels importants, ni une volonté d'exprimer un "haine pieusement couverte du nom de sainte colère", mais plutôt un souci de faire partager des éléments fondamentaux de la spiritualité chrétienne, hélas ! un peu oubliés. C'est aussi cela l'Histoire, que voulez-vous...

Écrit par : Hire | lundi, 23 juin 2008

@Restif, vous confondez, mais cela arrive souvent, Antoine Arnauld, dit le "Grand Arnauld", avec Robert Anauld d'Andilly, son frère, né le 28 mai 1589 à Paris et mort à l'abbaye de Port-Royal-des-Champs le 27 septembre 1674, conseiller d’État, proche de Marie de Médicis, qui fut effectivement le traducteur des Confessions de saint Augustin.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Arnauld_d'Andilly


Voir également l'arbre généalogique de la très importante famille Anauld :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Arnauld

Écrit par : Lapide | lundi, 23 juin 2008

Merci Hire de confirmer comme par réflexe par votre manière de ne pas lire et entendre autrement qu'avec votre prisme l'analyse fort juste de Restif.

Ne vous en déplaise, je persiste à penser que nos contemporains ont un besoin vital de sens et d'espérance et que l'urgence est à l'évangélisation !

Écrit par : Michel de Guibert | lundi, 23 juin 2008

@ Restif (Ah, j’ai visé des généralités, non des personnes évidemment. Tout ça a été parfaitement spontané).


On apprécie la spontanéité du propos!!

Écrit par : Maurice | lundi, 23 juin 2008

Merci MdG de confirmer comme par réflexe par votre manière de ne pas lire et entendre autrement qu'avec votre prisme mon analyse fort juste, ce qui n'est pas étonnant en raison de vos sempiternels posts toujours identiquement façonnés, qui sautent sur la moindre, pour ne pas dire la plus minuscule nuance pour sonner du clairon avec les louangeurs de la cause conciliaire.

Vous vous êtes tellement distingué dans cet exercice puéril que c’est à pleurer de rire de par le côté pathétique de l’attitude grotesque (me voilà, pour un court instant, zakien ) que vous avez manifestée en ces lieux – toutefois la mémoire n’étant pas votre faculté la plus développée apparemment, j’ai le plaisir de vous la rafraîchir un instant :

"Je suppose que nos doctes puritains (un peu obsédés tout de même -mais cela va de pair- tant sont rémanentes leurs livrées au-dessous de la ceinture) considèrent le Cantique des Cantiques comme un livre apocryphe ?"

Ecrit par : Michel de Guibert | jeudi, 12 juin 2008


Cette réflexion vraiment stupide et assez basse, croyez-le bien, écrite au moment où deux trolls se faisaient un malin plaisir de dire n'importe quoi pour s'amuser, je ne suis pas à la veille de l’oublier !

Écrit par : Hire | mardi, 24 juin 2008

Quelle forme touchante d'évangélisation et d'amour chrétien Hire (merci pour ce rappel), dans l'analyse de MdG à notre égard, j'en reste muet - enfin presque..

Écrit par : André : un docte puritain un peu obsédé | mardi, 24 juin 2008

Lapide, soyez remercié pour votre aménité!

Pour le reste, ayant été visiblement aidé par quelque ange sympathique qui m'a permi d'esquisser quelques mots bien acceuillis, on ne m'en voudra pas trop de me garder (père, gardez vous à gauche! père, gardez-vous à droite!) d'une "continuation' -comme dirait nos bons poètes du moyen-âge - qui ne pourrait qu'affaiblir mon propos.
Allez, je me "mouille" un instant : 1) La Hire, je ne visais pas particulièrement Zak. Je soupçonne en lui des profondeurs d'amour que j'aimerai voir prendre avec plus d'illumination la clarté du jour bloguesque. Au reste il me connait un peu et ne saurait être étonné de mes propos.
J'avoue que Michel de Guilbert ne m'a pas toujours froissé dans ses écrits, loin de là. Mais puisque nous nous sommes retrouvés ici dans le choc des postures, il n'est pas étonnant qu'il y ait un tant soit peu cédé. Je suis sûr que dans une discution plus mezzo voce il serait le premier à reconnaître que Vatican II n'est pas franchement la réussite du siècle. Vous savez, il n'est pas totalement impossible de nous parler. Mais ce qui m'importe, surtout, c'est que je sens dans les phrases de Michel de G une vraie foi (présente également chez vous la Hire au pseudo que j'aprécie). C'est un homme qui continue de chercher, qui se veut chaque jour un meilleur chrétien. Ca me touche -qu'on ne m'en veuille pas de m'y retrouver un peu... Je suis un peu schizophrène, car on sait ici que le logos guerrier ne m'est pas inconnu. Mea culpa.
Qu'on me pardonne de frôler le sirop "un seul peuple, une seule foi", mais derrière les estocades que nous nous portons pas toujours galamment, il y avant tout ce désir de s'embraser d'un feu ultime dans les bras du Père. Je comprends que l'enjeu de l'Eglise fasse surgir les ardeurs belliqueuses -et c'est peut être nécessaire. Je suis infiniment loin de juger qui que ce soit, je l'ai dit précedemment. Disons qu'il m'arrive de penser que nos richesses dépasse de loin nos différents. Et puis, lorsque la maison brûle -et à l'heure du clonage thérapeutique, de l'avortement, bientôt du droit à mourir, enfin de la négation de l'homo christianus (latin de basse cuisine)- les flammes sont hautes-, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

Et voilà...j'aurais bien mieux fait de ne rien rajouter. Deo gratias, et qu'Il vous bénisse tous.

Écrit par : Restif | mardi, 24 juin 2008

@ Restif

Pour répondre à la supposition que vous émettez quant à ma position concernant le Concile Vatican II, je vois effectivement les dégâts qui ont suivi, notamment dans le domaine de la liturgie (question qui m'est chère) mais pas seulement (je pense à cette désastreuse "pastorale de l'enfouissement"), mais je n'attribuerai pas ces dégâts au Concile Vatican II ou à la réforme liturgique qui a suivi, mais bien plutôt à l'application qui en a été faire au nom de "l'esprit du Concile" quitte à faire le contraire de ce que soufflait l'Esprit et de ce que disaient les textes du Concile ou de la PGMR (Pésentation Générale du Missel Romain).
Il faut pour en juger (re)lire les textes du Concile Vatican II, je pense en particulier à la constitution sur l'Eglise "Lumen Gentium" ou à la Constitution sur la Révélation "Dei Verbum" ou à la Constitution sur la Liturgie "Sacrosanctum Concilium".

Quant au pseudo La Hire, je n'avais vu que Hire, et à vrai dire surtout son "ire" !

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

Vous excellez dans l'art de la dérobade MdG, mais il est, hélas pour vous, deux à trois attitudes de votre part aisément vérifiables, en complètes contradiction avec vos déclarations au touchant angélisme.

Si je manifeste une certaine contrariété à votre égard, pour ne pas dire plus, mon "ire" étant toutefois bien douce à côté des sévères sermons zakiens, avouez que votre sortie admirable à propos des "doctes puritains un peu obsédés", n'est pas vraiment brillante et assez stupide.

Alors, avant de nous suriner sur l'air des ténébreux luminaires montiniens et wojtyliens dont vous vous refusez toujours par obstination à ne pas admettre la nocivité, que vous ne cherchez qu'à « réunir les chrétiens » et « éclairer les hommes de bonne volonté », commencez par vous appliquer à vous-même les si "doctes" conseils que vous prodiguez gratuitement en ces lieux et évitez vos douteux procédés relativement dérisoires.

Je me permets un nouveau rappel d’un message qui vous était destiné mais qui n’a pas eu pour effet de vous faire réagir à ma connaissance, et qui m’avait semblé excellent de la part d’un « docte puritain obsédé » qui a le bonheur d’exposer avec grande clarté un certain nombre de choses essentielles concernant la crise actuelle de l’église :


"Bien qu'il n'y ait qu'une seule Eglise, évidemment, les germes nocifs déposés par le concile Vatican II en son sein, sont des éléments étrangers à la foi catholique traditionnelle :

- Dès lors (MdG), soit vous défendez les schémas et positions conciliaires car ils correspondent à vos propres convictions personnelles, et il est clair qu'un accord entre nous, et les intervenants que vous croiserez ici, risque d'être inévitablement, sauf sur des points circonstanciels de théologie, voué à l'échec, et s'avérer absolument impossible.
- Soit vous imaginez, par l’effet d’un étrange aveuglement, que ce concile est conforme à la foi catholique et aux vérités qui constituèrent les bases séculaires de la doctrine ecclésiale, et vous prenez le risque de vous retrouver devant des difficultés argumentaires insurmontables, sauf à multiplier les actes de mauvaise foi caractérisée qui vous feront passer très rapidement, si ce n’est déjà fait, pour un intervenant parasite dénué d’intérêt et vous vous retrouverez, (sans ménagement superflu car il y suffisamment d'espaces disponibles sur le net, que vous connaissez fort bien, ouverts aux "vertus" de Vatican II pour y faire largement entendre votre voix), sur le pas de la porte de « La Question », puisque tout démontre, par des innombrables exemples invraisemblables dont certains ont été l’objet de commentaires appuyés dans ces pages, la radicale nouveauté et la désorientation manifeste des thèses conciliaires.
Vous l’aurez compris, de notre point de vue, se sont les thèses naturalistes, panthéistes, humanistes et évolutionnistes, à l’hétérogénéité variée et au visage grimaçant composite, thèses scandaleuses, apostates et impies, qui auraient fait hurler d’horreur n’importe quel père ou docteur de l’Eglise, qui occupent illégalement le vaisseau sacré, et qui doivent être dénoncées comme étant des éléments nocifs dont les fruits sont parfaitement connus de tous. Ainsi, fort justement, il est plus que nécessaire de violemment combattre et mettre en lumière les conséquences de ces fruits corrompus, ce qui s’accomplit en ces lieux dans lesquels vous perdrez effectivement totalement votre temps, à vouloir convaincre du contraire ceux qui ont goûté au suc amer des fruits vénéneux évoqués, et ont fait, souvent dans la douleur, la cruelle expérience des nombreux « bienfaits » des démentielles chimères et des rêves aventureux de la « nouvelle pentecôte » conciliaire."

Ecrit par : Zacharias | jeudi, 12 juin 2008



Voilà un parfait résumé de la situation - sachez en tirer par vous-même les conséquences MdG !

Écrit par : Hire | mardi, 24 juin 2008

Le seul point sur lequel Zacharias a peut-être raison dans le texte que vous citez est le fait que je perds mon temps sur ce blog... mais je suis vraiment désolé d'avoir pu parasiter un blog d'une si haute tenue et si ouvert au dialogue !

Pour le reste, je ne peux que vous inciter à lire les textes de Vatican II, notamment les trois Constitutions que je citais plus haut (la Constitution sur l'Eglise "Lumen Gentium" ; la Constitution sur la Révélation "Dei Verbum" ; la Constitution sur la Liturgie "Sacrosanctum Concilium").
Il vaut mieux partir de ce que dit le Concile en question (21ème Concile oecuménique) que de répéter de façon incantatoire qu'il est la cause de la crise de l'Eglise.

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

MdG :
mais je suis vraiment désolé d'avoir pu parasiter un blog d'une si haute tenue et si ouvert au dialogue.

Il n'est pas un commentaire où vos véritables intentions ne suintent Michel!
en matière de trollage vous avez la palme d'or. Bravo!

Depuis le temps que vous devez prendre congé, c'est à croire que les fauteuils du salon ne sont pas si inconfortables.


Une seule chose menace les plus hautes expressions de la nature humaine, c’est une longue habitude de la médiocrité. La médiocrité croit tout permettre, elle croit même tout être, et elle ne s’aperçoit pas que, dans son morne climat, les plus nobles façons d’exister s’étiolent peu à peu. Il est curieux et presque plaisant qu’en un temps où on ne lui parle que de liberté, l’individu soit près de perdre la plus importante, qui est celle de ne pas vivre comme tout le monde.

Extrait de “Saint François d’Assise” par Abel Bonnard, de l’Académie française.(Flammarion, 1929)


http://intransigeants.wordpress.com/2008/06/23/reflexion-catholique-sur-la-douceur-et-la-violence/#comments

Écrit par : Maurice | mardi, 24 juin 2008

@ Maurice

Vous craignez que je cours le risque de la médiocrité en prenant l'habitude de fréquenter ce blog ?
Merci de veiller ainsi à ma santé physique, mentale et spirituelle en voulant m'éloigner des fauteuils (confortables ?) de ce blog pour me préserver des aboyeurs qui s'en donnent à coeur joie pour défendre leur territoire...

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

Nous revenons, enfin, à des éléments doctrinaux, et sortons de cette puérile et minable psychologie de bazar, lancée à la faveur d’un post relativement curieux, qui ravala un bref moment la « Question » à une antichambre ridicule des insipides entretiens organisés et présentés, avec de sirupeuses œillades sur les antennes télévisées, par Mireille Dumas.

Ainsi donc, la folle insistance coupable et l’aveuglement volontaire de MdG, dont son dernier message est un nouvel aveu, sont avérés, et vous avez raison Hire sur ce point, car les fruits vénéneux qui suivirent le concile Vatican II, proviennent précisément de ce funeste concile qui fut l’abject collecteur de toutes les hérésies, fruits qui ne sont pas sortis du néant mais relèvent tous de cet « esprit malsain » qui « anima » de bout en bout la réforme conciliaire.

Pour nous faire oublier les affligeantes constitutions comme "Dignitatis humanæ", ou "Nostra aetate", etc., nettement désorientées et complètement démentes sur le plan traditionnel, vieille méthode qui ne prend plus, on nous cite la Constitution « Dei Verbum », qui « est d’une certaine manière, comme le rappelait Mgr Florit, la première de toutes les Constitutions de ce Concile, de sorte que son préambule les introduit toutes. »

Et puisque, effectivement, il « vaut mieux partir de ce que dit le Concile en question (21ème Concile oecuménique) que de répéter de façon incantatoire qu'il est la cause de la crise de l'Eglise » (sic), examinons ce que disent ces constitutions et ce qui présida à l’état d’esprit général de cette œuvre mortifère.

Lorsque Jean XXIII engagea l’Eglise dans une folie révolutionnaire incroyable, le 11 octobre 1962, il déclara que l’aurore s’était levée sur la "nouvelle Pentecôte", sur le "nouveau printemps". Le discours d’ouverture du Concile Vatican Il s’exalte sur cette « aurore » qui empourpra le ciel de Rome :

« Le Concile qui vient de s’ouvrir, clame Jean XXIII (suivant dit-on le texte du Cardinal Montini) est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Eglise, et déjà les premiers rayons du Soleil levant emplissent nos cœurs de douceur. Tout ici respire la Sainteté et porte à la joie. Nous voyons des étoiles rehausser de leur éclat la majesté de ce Temple, et ces étoiles, comme l’apôtre Jean nous en donne le témoignage (Apoc., I, 20) c’est vous (les Pères Conciliaires). »

Nous en arrivons au curieux éloge de Paul VI relatif au « Message au Monde » voté par acclamation dès le 20 Octobre 1962 par les Pères Conciliaires, message qui laisse transparaître la modernisation c’est-à-dire "Geste insolite mais admirable. On dirait que le charisme prophétique de l’Eglise a subitement explosé". (discours du 29 Septembre 1963) Il y a là de l’autosatisfaction, car le Cardinal Montini a passé pour être l’un des promoteurs dudit message ! En tout cas, le langage est révélateur.
Quant au Concile, on peut dire qu’il repose sur une thèse s’appuyant sur la certitude de l’inspiration qui en a été en quelque sorte la pierre angulaire et qui se trouve énoncée au début de la Constitution Dei Verbum.

Ainsi parlèrent dans leur extase collective les Pères Conciliaires :

« Nous vous annonçons la vie éternelle... ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons(I Jean). » Il a suffi de l’application de ces paroles Johanniques pour modifier la substance même de la religion catholique. En effet, les Pères du Concile se sont pris pour les apôtres, pour les premiers Témoins du Christ ; ils se sont crus "abouchés" directement à l’Esprit-Saint. Ils ont "senti" I’Esprit, se croyant happés par Son souffle, ils ont déclaré : "Le Saint-Esprit est là", et ainsi ils se sont mis au rang de ceux qui prônent "la religion de l’Esprit" et qui peuplent les sectes wasp inspirées.

C’est par le moyen fort habile de (moyen extrêmement puissant animé par ce qu’on peut appeler "la grâce diabolique") que l’esprit des puissances révolutionnaires a pu s’infiltrer et envahir l’assemblée conciliaire dont l’unanimité des votes n’a pas fini de frapper de stupeur ceux qui connaissent les plan ourdis contre l’Eglise par les franges modernistes et réformatrices.

Or tout dans ce concile délirant est en contradiction avec la foi traditionnelle de l’Eglise depuis des siècles :

- La déclaration Dignitatis humanæ sur la liberté religieuse est en contradiction avec l’encyclique Quanta cura et le Syllabus de Pie IX, avec les encycliques Libertas præstantissimum et Immortale Dei de Léon XIII, avec l’enseignement de Pie XII. D’une manière générale, la déclaration en question est contraire à l’enseignement traditionnel de l’Église : en effet, si celle-ci reconnaît à tout homme le droit et le devoir de suivre sa conscience, on ne peut en conclure que le devoir en question entraîne un droit social. Ce qui est en cause, c’est l’exercice extérieur de la liberté intérieure. La liberté religieuse, telle qu’elle apparaît dans le texte Conciliaire, perd son sens de liberté pour prendre celui de licence. L’un des rédacteurs de Dignitatis humanae, le Père Congar, écrivit que d’après ce texte, la liberté religieuse était conte¬nue dans la Révélation. Or il avoua lui-même qu’une telle affirma¬tion était mensonge. « À la demande du pape, j’ai collaboré aux der¬niers paragraphes de la déclaration sur la liberté religieuse: il s’agissait de montrer que le thème de la liberté religieuse appa¬raissait déjà dans l’Écriture, or il n’y est pas » (in: Éric Vatré: A la droite du Père, Paris 1994, p. 118). Quel aveu! Déclarer qu’une doctrine est révélée, alors que l’on sait pertinemment que cela est faux! Les évêques du conciliabule qui ont approuvé ce texte - dont Montini - sont des imposteurs!

- La doctrine de Lumen gentium relative au double pouvoir suprême, est contraire à l’enseignement traditionnel de l’Eglise, contraire notamment à la doctrine du Concile Vatican I et à l’encyclique de Léon XIII Satis Cognitum.

- La doctrine de la même Constitution relative à l’unité œcuménique, est contraire à l’encyclique Satis Cognitum de Léon XIII , contraire aussi à l’encyclique Mortalium animos de Pie XI, contraire encore aux encycliques Humani generis et Mystici Corporis de Pie XII.

- De même, la liberté des cultes prônée par Nostra aetate, fut qualifiée de « désastreuse et à jamais déplorable hérésie » par Pie VII (lettre apostolique Post tam diuturnas, 29 avril 1814), alors que présentée comme une vérité de foi par Vatican II.

Mais penchons-nous, sur cette soi-disant « pierre angulaire » de tout le concile Vatican II qu'est "Dei Verbum" :

« Religieusement à l’écoute de la Parole de Dieu et la proclamant avec assurance, le saint Concile obéit aux paroles de saint Jean qui dit : “ Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous est apparue ; ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous ; quant à notre communion elle est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. ” (1 Jn 1, 2-3) C’est pourquoi, suivant les traces [vestigiis inhærens] des conciles de Trente et de Vatican I, il entend proposer la doctrine authentique sur la Révélation divine et sur sa transmission, afin que, à la proclamation du salut, le monde entier en entendant croie, en croyant espère, en espérant aime. » (no 1).

Belle et majestueuse déclaration qui fait l’admiration des dévots conciliaires, mais n'est-ce pas une folle présomption ?

Rendons hommage au cardinal Ruffini qui déclara, lors de son intervention du 30 septembre 1964, ce texte “ inepte ” (Unam Sanctam 70a, p. 160, note 8). Honneur également à la minorité traditionnelle qui comprit le tour de passe-passe effrayant qui changeait, dès le premier mot, la substance de notre religion !

Mais qu’y a-t-il là d’inepte et de fou dans ce texte et cette déclaration ?

Il y a que le Concile s’est pris pour le Collège des Apôtres, témoins immédiats et inspirés du Christ lui-même. Saint Jean, qu’on cite là abusivement, avait “ vu ” et “ touché ” le Verbe de Vie et il a raconté, avec le secours de l’inspiration divine accordée aux Apôtres, ce qu’il avait lui-même entendu et vu le Christ dire et faire. Mais ni Paul VI, ni les cardinaux Alfrink, Suenens, Marty, etc., ni le Concile en sa totalité collégiale, n’ont vu ni touché ni entendu le Christ. À Vatican II, point d’apparition ni d’illumination ! Le prétendre est une première imposture. Une seconde est de faire comme si l’Esprit-Saint s’était tenu là pour inspirer les Pères à l’égal des Prophètes de l’Ancien Testament et des Apôtres de l’Évangile. Après avoir renoncé à exercer son autorité suprême et infaillible en matières dogmatiques et morales, le Concile a revendiqué un pouvoir prophétique de Réforme évangélique dans l’Église, à l’égal du Collège des Apôtres, comme s’il jouissait des mêmes privilèges dont celui-ci bénéficiait seul pour fonder l’Église : « Il s’est dit “ pastoral ”, non pour se faire moindre que les Conciles dogmatiques antérieurs, mais pour paraître plus qu’eux tous réunis.

Les premiers mots de la Constitution Dei Verbum montrent bien sur quoi se fonde cette prétention : les Pères affirment être en contact direct, immédiat, inspiré avec la Parole même de Dieu pour fonder librement une nouvelle Église. « Alors, à tout bout de champ, on a entendu des Pères déclarer, quand le texte leur plaisait : “ Le Saint-Esprit est là. Ce schéma est visiblement inspiré par l’Esprit ”, etc. »

Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un Pape et un Concile avec lui se prennent pour de nouveaux Apôtres et un nouveau saint Pierre. Comment se fait-il qu’ils soient, eux les premiers et les seuls depuis dix-neuf siècles, en contact direct avec Dieu, à l’écoute immédiate de sa Parole ? C’est bien simple. Le pape Paul VI, dans son discours d’ouverture de la deuxième session, invitait l’assemblée à réformer le visage de l’Église par rapport à celui de son Seigneur : « L’Église veut se voir en lui comme dans un miroir. » Cette comparaison et opposition n’a de sens, que si l’Église contemple le Christ à part, sans médiations d’aucune sorte. « Cette “ illumination intérieure de l’Esprit-Saint ” devient la règle de foi suprême ; elle affranchit celui qui en bénéficie de toute soumission aux dogmes et aux traditions ou aux Écritures qui lui seraient contraires. »

Elle nous abouche directement, – et c’est là une théorie empruntée à Karl Barth –, par-delà le catéchisme, par-delà la doctrine de l’Église, la tradition, l’Écriture, la prédication des Apôtres mêmes, à la Parole de Dieu dans son acte premier, dans son jaillissement, au Verbe de Dieu comme sortant de la bouche du Père : Dieu parle. Résultat : « Maintenant tout curé, quand il ouvre la bouche, affirme que c’est Dieu qui parle. »

Depuis le concile Vatican II, le peuple fidèle n’a plus accès à la source de la foi, pour une raison bien simple : le canal est coupé, le magistère de l’Église ne s’exerce plus. Ça n’est pas une question d’ “ herméneutique ”, pour parler comme Benoît XVI préconisant une « herméneutique de la continuité ». Car la manière dont il exerce son magistère, ou plutôt dont il ne l’exerce pas par voie d’autorité, constitue une rupture qui le sépare de tous ses prédécesseurs, de saint Pierre à Pie XII. Cette “ rupture ” est précisément un “ schisme ” doctrinal. C’est le résultat de tout l’effort moderniste tendant depuis cent ans, et aboutissant au concile Vatican II, à écarter le Magistère de l’Église, en le situant non plus comme le canal même par lequel la Révélation parvient jusqu’à nous, mais en marge, comme une fonction annexe de contrôle et d’interprétariat.

Dans leur prétention à atteindre la pure Parole de Dieu, vivante, actuelle, immédiate, les réformateurs – du vingtième siècle – ont aboli, renversé tous les relais considérés comme des obstacles au “ ressourcement biblique ” afin de retrouver “ l’Esprit ”. La Parole de Dieu, c’est donc son dessein en œuvre aujourd’hui : elle est création du monde par la main des hommes, elle est rassemblement du Peuple de Dieu en communauté, elle est “ signe des temps ”, réussite et bonheur de l’homme par l’homme pour le « triomphe de l’homme », dont l’Eglise « plus que quiconque a le culte » (Paul VI) ! Tel est le poison dilué dans la constitution « Dei Verbum », dissimulé sous des formules, certes parfois admirables, mais diluées au sein d’un discours extrêmement pernicieux sur le plan doctrinal visant à la célébration des extases visionnaires de l’homme, homme devenu l’unique critère d’évaluation de la Vérité, enivré par sa prétendue dignité qui n’est qu’un vieux refrain, déjà sifflé à l’oreille d’Adam par celui qui en fut l’inspirateur privilégié et le corrupteur originel : l’adversaire de Dieu.

Aujourd’hui, hélas ! ce fétide refrain est un poison répandu dans tout le corps de l’Église par les efforts de Vatican II et ses suites naturelles que sont les « fruits » empoisonnés du concile sur lesquels il est inutile de revenir tant ils sont terrifiants ; Eglise qui en est entièrement infectée et profondément malade – cependant refuser de voir le mal terrible dont souffre l’Eglise, et surtout d’en reconnaître les causes objectives est un péché grave qu'il est vain de vouloir dissimuler sous un vernis pseudo catholique et des manoeuvres relativement dérisoires !

Écrit par : Zacharias | mardi, 24 juin 2008

De fait, je ne venais pas ici pour trouver des fauteuils confortables, et l'inconfort intellectuel me convient fort bien, mais la haine et le mépris étalés ici pas vraiment...

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

Car dans votre ridicule déclaration :

"[Les] doctes puritains (un peu obsédés tout de même -mais cela va de pair- tant sont rémanentes leurs livrées au-dessous de la ceinture)..."
Ecrit par : Michel de Guibert | jeudi, 12 juin 2008

il n'y a qu'amour et estime ? Un peu de sérieux MdG ! La tartuferie a ses limites...

Écrit par : Hire | mardi, 24 juin 2008

@ Zacharias

Votre long copié/collé mériterait plus de temps pour un examen attentif... est-ce bien nécessaire ?

D'emblée, le ton est donné : "la folle insistance coupable et l’aveuglement volontaire de MdG"... cela ne donne pas envie de continuer !

Et déjà une première lecture rapide me montre que les textes du Concile Vatican II, sauf erreur, ne sont cités qu'une seule fois et ne sont pas mis en cause en tant que tels.
Le gros du post est fait de soi-disant confidences ou de commentaires désobligeants ou d'interprétations malveillantes, mais d'analyse objective des textes du Concile lui-même, même à la loupe, rien !
Ou plutôt ce commentaire en forme de défaussement :
"Belle et majestueuse déclaration qui fait l’admiration des dévots conciliaires, mais n'est-ce pas une folle présomption ?"
Commentaire long de Zacharias... mais un peu court !

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

@ Hire:

Michel de Guibert a été plus que patient sur ce blog : il faudrait donc qu'il reçoive vos injures sans broncher ?

La remarque bien anodine qui vous blesse, on se demande pourquoi, était pleine d'humour et vraiment pas hors de propos: c'est un fait, le mot chair vous fait vomir. Vous refusez l'enseignement salutaire de Jean-Paul II sur la manière de considérer le corps: pour nous proposer quoi à la place ? Pas grand-chose, soyons franc.

Écrit par : Henri | mardi, 24 juin 2008

Monsieur Michel histoire de commencer sur une note un tantinet coloré je vous dirai que le pseudo de M. Hire m’évoque hautes couleurs et franches batailles : « à moi dunois, pour la pucelle élue, bouttons les gotons hors de France », bref La Hire me ramène à Jeanne d'Arc! Quant aux petits filets jeu que permet ce nom, je vous conseille le dictrionnaire d’ancien Français de Frédéric. Godefroid, ou même son (excellent) lexique. E n’en dirai pas plus ne voulant nullement désobliger la Hire
Avant de continuer ce mot, je tiens à vous dire, par honnêteté, que jusqu’ici sur ce blog, sans être absolument ni résolument« tradi », je me suis retrouvé plus d’une fois dans le « camp » de Zak, la Hire, Maurice La fouine et autre. Ce sont un peu pour moi des compagnons d’arme. Nous nous sommes particulièrement retrouvés dans un égal mépris pour le morpion du saint prépuce, dit Fabrice Hadjadj (vous voyez à ma courte honte que j’ai moi aussi quelque goût pour une langue goliarde et persillée) et avant cela en quelques charges non au fleuret mais à la hallebarde. Avouons qu’il règne ici un plaisir des mots qui est l’un des charme de ce blog . Pour ledit Hadadj : un être capable de s’intéresser aux érections matinales du Christ me parait d’âme décharnée et d’ambition papelarde. Passons. Je ne tiens pas à rallumer de sulfureux fumigènes mais il aurait été peu honnête de ma part de taire mes camaraderies. (bien que je ne sois pas janséniste. Mais je puis si bien comprendre qu’on le soit…)

D’autre part : je ne suis pas assez callé (bien plus littéraire que théologien même si je lisote de ci de là) pour mettre en doute (ou en relief) vos propos sur le Concile. Je vais tenter de dire le plus simplement du monde (et le plus spontanément puisqu’il parait que ça me réussit –merci à tous ceux qui ont eu un mot gentil, je suis un grand anxieux mine de rien) ce qui m’attriste et me choque quand on en vient à parler de Vatican II (je rappel que bien que regardant les purs traditionalistes comme mes frères ce n’est pas là –pas encore…- ma paroisse et que j’essaye de trouver mon bien en frappant à des portes trop souvent n’ouvrant que sur le vide). Vous me dites –et je vous crois – que les INTENTIONS de Vatican II étaient pures, écrites avec une plume d’ange. A ça je vous dirai qu’il est certain lieu où les bonnes intentions sort fort appréciées… Plus sérieusement je vais ici me contenter de vous donner mon avis tout brut : le concile, quel qu’ait été la hauteur de vue de ceux qui le préparèrent, à signé la démission de l’Eglise devant la modernité. Plus important que des textes qui, fatalement, emportés par la montée croissante de la pourriture, ne pouvaient que tourner à l’aigre dès lors qu’ils laissaient bailler des interstices tentantes pour un démon, plus essentiel encore est le poids d’un symbole. Or, qu’on le veuille ou non, Vatican II apparut comme un ralliement de l’Eglise à une modernité qui la hait, il fut comme une tentative d’acheter ceux qui, jamais, n’ont cessé de vouloir la mort du catholicisme. Qui dit Vatican II aujourd’hui évoque immédiatement protestanisation de l’Eglise, envahissement de la laideur, arasement de la liturgie. Qu’aurait dit Bloy qui rythmais chacune de ses journées selon les paroles d’éternité que donnaient la grande mère des âmes à chaque retour du soleil –la « parole du jour » en latin ? (et le nom du saint qui serait objet de méditation). Ces quelques syllabes latines lui étaient déjà une première leçon spirituelle dans sa journée. Et il n’était pas le seul. Je préfère un Pape qui en plein 19ème proclame comme un gant jeté à la face des idolâtres et des athées son infaillibilité à une Eglise qui semble venir mendier son coin de table au banquet de la modernité. Encore une fois, qu’ « on est pas voulu cela » que les textes postulent un autre chemin, je veux bien le croire –mais que presque immédiatement le concile soit apparu comme l’une des plus grandes erreurs de l’Eglise (si ce n’est LA plus grande) ce n’est pas discutable. Même un Maritain qui travailla pour a éprouvé le besoin de faire son Mea culpa dans son « Paysan de la Garonne » où il conte par le menu son désarroi devant cette messe qu’il ne reconnaît plus. On a déraciné plus de 6 siècles (plus) de liturgies, une gestuelle qui, déjà sacrée par essence, était devenue plus lourde de grâce encore par le poids cumulé du temps humain qui est comme la bénédiction de ce qui dure. On voulait épousseter, ce fut une révolution. Mauriac aussi, qui s’était pourtant si grandement réjoui du concile raconte dans le bloc-notes son sentiment d’être désormais presque étranger dans sa Maison. Et il n’est point besoin de répéter ce qui a été longuement cité ici des pré lats qui sentirent dans les nerfs même de leur être spirituel que quelque chose de mauvais s’était déroulé. Croyez-vous vraiment que nous aurions un « prêtre académy » sans Vatican II ? L’Eglise avait l’un des plus hauts magistères moral, sans doute le plus élevé pour une puissance désarmée. Elle était aussi règle de vie et éthique de l’âme pour ses enfants. Tout cela ne s’est pas entièrement effacé, deo gratias, mais indéniablement une grande part du respect qu’on avait pour l’Eglise s’est perdu.

Vatican II fut un péché d’orgueil. Ce qui demandait lenteur et circonspection, ce qui exigeait le long temps cher à Braudel, s’est accomplit dans la précipitation (à l’échelle d’un pareil corps). Le monde a pu avoir l’impression –hélas justifiée- que l’Eglise était prête à faire des concessions pour ne pas manquer le grand train du changement (comme si l’homme changeait ! comme si le péché changeait !). Elle a paru douter de son magistère et s’est au final bien peu souciée de ses enfants qui pleuraient l’ancienne certitude perdue et les beautés exilées de nos liturgies abandonnées. C’est pourquoi, au niveau symbolique, il me parait impossible de dissocier Vatican II du modernisme. Encore une fois, je vous crois : l’espoir était grand, le désir profond d’aller vers l’autre et les intentions extrêmement nobles. La guerre était encore proche, et les esprits de nos pasteurs, qui eussent du être plus ferme et immuable quant à tout ce qui pouvait porter atteinte au dogme, se sont laissés prendre dans une sorte de nuit du 4 août théologique qui a profondément blessé l’Esprit. La barque de Pierre s’est transformée en bateau ivre du changement, l’illusion d’une Reconquista des chrétientés perdues et cette étonnante conversion au mythe bien peu chrétien du progrès ont donner lieu un lâcher prise, un dévergondage théologique (car il me semble qu’on a pas pensé à tout ce qu’impliquait certaines déclarations) et également sentimental qui finalement travaillait plus pour l’IMAGE que pour les fondamentaux d’un christianisme des 20ème et 21ème siècles. Je parle de l’Image car cela ne me parait nullement secondaire. L’habit du prête, de la religieuse, en faisait les vivants symboles de Dieu. On a une assez bonne idée de la réalité de VAtican II (pas ses projets : sa réalité) dans cette mise aux normes, mise au pas de la modernité, des fiancés du christ et de nos pasteurs. Comme s’il y avait une honte à porter l’habit témoin de la plus haute donation qu’un être puisse faire de sa vie. Presque comme si l’Eglise avait finit par avoir peur du ridicule, de ne « plus être dans le coup ». Cette perte du costume, de l’uniforme de Dieu qui faisait reconnaître 100 mètre à l’avance l’homme de Dieu…tout est dit.

Que le concile ne soit pas responsable d’un grand nombre de problèmes et de faits, nous sommes bien d’accord.. Mais qu’on le veuille ou non, symboliquement il parait avait avalisé, entériné, la soumission de l’Eglise au monde –et ça c’est grave ; très grave. On ne raye pas un uniforme, une liturgie, des prières qui se sont imprégnés de la sueur des siècles. Et la très belle idée du dialogue œcuménique ne peut commencer par un reniement de tout ce qui fit l’Eglise. Si certaines formules et positions étaient, surtout après la guerre, devenus impossible en terme d’image (mais l’Eglise doit elle se soucier de son image au delà d’un visage austère ? elle est avant tout la Gardienne et celle qui Transmet –mais admettons qu’elle se doive d’être méfiante et de ne point scandaliser) si un changement s’avérait réellement indispensable, il y avait bien des moyens termes qui s’offraient et non pareille volte face sans que rien en face ne nous soit accordé. Et croyez que je suis très attaché au dialogue œcuménique.
Enfin j’ai vidé ma hotte d’impromptus- mais impromptus qui rendent assez bien toutes les image qui bruissent et éclosent lorsque les syllabes « Vatican II » me cornent aux oreilles de l’imagination ou dans le temps plus physique d’une discussion. Vous voyez que je ne raisonne pas en théologien mais bien plus en humble chrétien qui se voudrait quêteur d’absolu et qui est comme repoussé par cette stérilité que je sens ontologique à la modernité. Celle-ci étant pour moi consubstantielle à Vatican II qui signa l’entrée de l’Eglise dans la voie des démissions … Je sais qu’il y avait bien autre chose : je parle de l’apparence symbolique, et c’est quelque chose qui compte énormément, infiniment. Je le martèle car à trop s’arrêter –à juste raison – sur la théologie, on risque de manquer l’énorme traumatisme que fut Vatican II en terme d’image - au niveau de l’apparence de l’Eglise. Sa représentation a changé dans les esprits, et pas en son honneur. C’est l’image que nous donnons de nous, chrétiens catholiques qui s’est avili avec le concile. Tout ça pour le désir mondain de devenir un interlocuteur up to date, ouvert, sans colère, prêt à tout entendre voire à tout accueillir ( message : « nous ne sommes pas des fascistes, NOUS ! ») tout cet aspect pré-« touche pas à mon pote » et soutient à ce qui déjà se mettait en place : la tchéka culturelle anti-raciste, anti parole un peu drue tonnante. L’Eglise n’a pas à séduire, et d’ailleurs c’est toujours en étant elle-même, sévère, profonde, n’hésitant pas à blâmer et diriger, qu’elle a attiré des âmes.

Cependant, je lirai les textes que vous avez cités lorsque Chronos me le permettra. Je ne prétends pas à autre chose qu’à donner mon sentiment, ma vision des choses. Je sais que vus avez été vertement attaqué sur ce blog ; mais vous êtes, à ce qu’il me semble, du genre robuste. Et puis vous savez bien que l’outil internet tend à durcir la prose des intervenants ; les postures se figent, il y a des barbelés dans les phrases et de la poudre dans les syllabes. J’avoue que cela aurait plutôt tendance à m’amuser. Il y a du voczbulaire…inventif qui tonne à verbe flamboyant ; puis c’est une béance théologique qui s’épanouit, fleur de gouffre, aux pieds de vos pensées (métaphore hardie). Le logos reluit et rutile, le plaisir du verbe se communique et c’est très agréable. Qui a dit que les chrétiens passionnés (catégorie à laquelle j’aspire) ne savaient pas jouir ? Et puis il faut le dire : pour la liberté qu’on y trouve La question est presque unique. On décelera éventuellement un blog aussi libre, mais plus ouvert, jamais. Les querelles entre intervenants sont un autre point. Mais j’ai trouvé sur La Question des exposés didactiques qui étaient de vraies merveilles. Zak m’a appris des choses capitales sur des points de théologie et m’a donné envie de me replonger dans saint Augustin pour BIEN lire les confessions et la Cité de Dieu. Eremo m’a fait connaître un Saint Thomas d’Aquin que j’ignorais et me voilà parti à en lire régulièrement au moins deux chapitre (vous savez que tous les grands textes métaphysiques et mystiques des Pères et docteurs de l’Eglise sont sur la toile ?). Je vous dois, Michel de G, de désirer connaître par moi-même le texte du concile (au moins les plus importants. Sans doute ceux que vous citez ?) afin de mesurer l’ampleur du ratage. D’autres dont le nom m’échappe –je suis forcé d’écrire très vite- m’ont également moultement enrichi. Je dis ça car il m’apparaît que vous jugez du blog uniquement sur votre aventure personnelle. Je conçois qu’un homme sans haine, courtois, ayant le goût du débat sans aigreur calmement et soigneusement argumenté soit des plus surpris par la véhémence de certaines attaques, voire leur brutalité. Mais c’est à vrai dire dans la plus pure tradition chrétienne ! Mauriac, évoquant Bloy, Veuillot, Bernanos et Claudel faisait cette remarque : « L’état de grâce libère chez le fidèle une force que les passions récupèrent chez les autres hommes ». Avouez que vous y avez vous même cédé avec votre étiquetage de l’adversaire en « docte puritain obsédé ». Stratégiquement, je pense que vous avez eu tort de quitter votre position qui se voulait toute de sang froid et d’argumentation. A titre personnel je regrette qu vous n’ayez pas puisé dans le vivier si opulent de la langue française quelque autre incongruité. En effet, est-ce bien à un chrétien de nourrir cette confusion voulue entre recherche d’un ascétisme personnel et frustration. C’est l’une des plus basses armes de nos adversaires et l’une des plus couramment employées. J’eusse nettement préféré, par exemple… silence ! je risquerai de me tirer dessus.


Si je vous ait écrit si longuement quand le temps me manque, c’est que j’ai trouvé dans certains de vos messages une qualité d’âme évidente. Vous êtes un argonaute voyageant pour la toison d’or de la grâce. Derrière les tourmentes numériques, vous ressemblez à Zak en cela que l’absolu ne semble pas vous faire peur –d’où à mon sens vos regrets de la liturgie qui, loin d’être une pompe gratuite offrait au contraire un écho, une évocation sonore du Paradis que nous désirons de si âpre et puissant désir. Au delà des querelles, je pense que là se tient le point de conciliation. Si vous éprouvez comme mon lamentable moi le désir absolu d’étreindre une parcelle de la divinité ici et maintenant… Si vous quêtez le foudroiement et mendiez l’éblouissement, alors vous êtes des « nôtres » (ne me demandez pas ce que j’entends par là ; c’est une sensation qu’aucun mot ne saurait rendre. Zak est « des nôtres », mais je ne veux plus donner de noms après le sien. Si je me suis permis de le faire ici, c’et qu’il connaît ma pensée à son sujet).

Voilà Michel de Guilbert. Cette lette, j’en ai bien peur, vous décevra, et je vous prie de m’en excuser. Vous devez quand même savoir que, bien qu’ils ne se manifestent pas, certains doivent très probablement trouver en vous un porte-voix pour au moins certaines de vos idées. Moi j’ai simplement commencé à écrire tant je trouve désolant que des chercheurs d’absolu ne puisse dépasser l’invective. Et puis cette impression que chaque geste, chaque inflexion du prêtre comme n’importe quel remuement d’atomes en l’espace de l’Eglise, demandait qu’on soit jurisconsulte blanchi sous le harnais…me fatiguait.
Une dernière chose sur Vatican II –sa mise en avant d’une « théologie du corps promulguée à une époque où il n’était point nécessaire d’avoir le sang notradamien pour deviner que les derrières allaient fleurir (quelle image !) et que tôt où tard la télévision, devenue instrument de masse, deviendrait d’évidence le véhicule de l’érotisme (nul ne pensait alors à la pornographie… C’est bien la preuve que le Diable est rapide et agit très vite). On a pris des risques que le Sacré Collège ne me semble pas être en droit de prendre. Pour finir, je dirai que Zak a soulevé un lièvre terrifiant : cette « communication des idiomes » (j’espère que ma formulation est la bonne) promulguée par J.Paul II d’où découle que tout homme, même hors de l’Eglise est automatiquement baptisé et sauvé puisque étant devenu homme le Christ les a TOUS sauvé. Franchement si l’Eglise elle-même (enfin, là, c’est J Paul II, Pape que j’admirais mais désormais…je suis troublé) si l’Eglise elle-même disais-je se met à proclamer qu’elle n’est pas la voie unique…voire que les sacrements ne sont pas indispensables…c’est assimilable à une démission. Et ce cadeau aussi à ses racines dans Vatican II.
Voilà ! Mais je vous dois une lecture attentive des textes du concile, et je le ferai.

Ps Au moment d’envoyer ce com’ diluvien je m’aperçois que Zacharias a parlé. Je le lirai de plus prés dans un instant, mais du peu que j’ai vu les arguments me semblent indubitables. Tant au niveau du symbole d’où je le juge majoritairement qu’au plan théologique d’après les lumières de Zacharias, Vatican II apparaît comme un monstrueux fourvoiement. Et capital à mes yeux, dans les citations que j’ai lu le péché d’orgueil me semble indubitable. Impossible à nier. Or il est LE péché même, celui qui fit tomber Lucifer, celui par lequel il tenta Eve. C’est, si j’ose dire, le péché des instants primordiaux.
Sincèrement Michel de Guilbert, vous qui semblez être un parfait honnête homme, vous ne trouvez pas que les faits sont patents et que désormais les pieuses intentions de certains s’efface absolument devant la rupture des digues et l’envahissement des plus bourbeuses « modernités ».
Que Dieu vous donne sa grâce.




PS 2. Je vous disais au départ que je ne me rangeais pas dans un des camps précis qui déchire notre mère. C’est que c’est un peu une spécialité française si je songe à mon mariage (catholique évidemment) en réussie ou les prêtres rencontrés, pourtant d’origine conciliaire par la force des choses, me furent autant de veilleuse humaine dans la maison du Christ. Là on m’a tenu un langage trop souvent oublié en France : que les sacrements sont indispensables, que l’Esprit les habite et qu’un chrétien sans sacrement n’est trop souvent que paille vide. Et surtout…il y avait leurs visages habités, intraduisibles. Sans doute cela vient-il de ce qu’ils sont formés en Pologne ou du moins par des polonais (Russie oblige… les orthodoxes détestent les catholiques et s’ils avaient su que ma femme née orthodoxe se mariait ils auraient tenté de faire interdire le mariage. Véridique. Ah le dialogue inter-religieux…)

Écrit par : Restif | mardi, 24 juin 2008

Il me semblait Henri, que votre comportement vous avait rendu fortement indésirable en ces lieux ? Vous n'avez donc que peu de crédibilité à vos exprimer après vos brillants exploits passés ! Gardez votre énergie pour vous amuser de vos ridicules enfantillages en d'autres sphères !

Quant à MdG il n’est encore pas manchot et sait donc utiliser tout seul son clavier pour répondre de ses stupides déclarations… surtout lorsqu'on se prétend porteur d'amour et d'estime évidemment !

Écrit par : Hire | mardi, 24 juin 2008

Si Zacharias est incontournable dans son argumentaire, les commentaires de MDG sont une insulte à son intelligence. On a l'impression de lire un commentaire du Cantique des Cantiques par Jean Claude Vandame !
Par contre Restif, par ses touches subtiles, nous donne un véritable plaisir à) la lecture.

Quant à Henri, le Golem d'MDG, il passe son temps à attendre que son Maître coupe un oignon pour pleurer.
Hire, je vous lève le chapeau, mais ne leur en dites pas trop, ils peuvent progresser.

Écrit par : La Fouine | mardi, 24 juin 2008

@ Restif

Je ne suis pas certain d'être d'accord avec vous sur tout, je lirai votre long mél à tête reposée et reprendrai tout cela quand j'en aurai le temps, mais je vous dis déjà que j'apprécie grandement votre capacité à dialoguer entre chrétiens sans vaines invectives et sans pour autant renier vos convictions.
Il se peut que j'ai cédé à quelques facilités parfois, dont le lit était largement préparé par le style et les postures de nombre d'intervenants décourageant les meilleures bonnes volontés...
Je ne déteste pas forcément la polémique, et elle peut être la juste manière de confondre la médiocrité, les auteurs que vous citez en sont l'illustration évidente, et j'y ajouterai le cher Péguy.
Mais jamais cette polémique ne devrait s'aventurer ailleurs que sur ce chemin, et il me semble avoir vu qqch de plus bas sur ce blog, où je n'ai vu que trop rarement l'apostrophe aux "fraternels adversaires".

Écrit par : Michel de Guibert | mardi, 24 juin 2008

L’examen de "Dei Verbum" est extrêmement aisé, et l’intention moderniste lubacienne évidente dans ce texte qui comporte quelques passages acceptables certes, mais s’appuie malheureusement sur un présupposé profondément erroné portant sur le concept de Révélation tel que repris de la « nouvelle théologie » moderniste, supposant par pure rêverie charismatique une sorte de possibilité visionnaire extatique comparable à celle que connurent les premiers apôtres, ce que déclare positivement le préambule de la Constitution :

- « Quand il écoute religieusement et proclame hardiment la parole de Dieu, le saint Concile obéit aux paroles de saint Jean: " Nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous est apparue: ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous soyez vous aussi en communion avec nous, et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ " (1 Jo. 1, 2-3). C'est pourquoi, marchant sur les pas du Concile de Trente et du premier Concile du Vatican, il se propose de présenter la doctrine authentique sur la révélation divine et sa transmission, pour que, grâce à cette proclamation du salut, le monde entier croie en écoutant, espère en croyant, aime en espérant . » (Constitution Dei Verbum)

Que possède comme intentions lubaciennes inexactes ce passage de « Dei Verbum », il suffit de lire « Révélation divine » du père de Lubac pour le comprendre, ainsi que nous l’explique fort bien Bénédicte Sève, pourtant non hostile à la pensée de l’auteur de « Surnaturel » :

« Le premier texte, Révélation divine, a été édité pour la première fois en 1968 et repris, de manière simplifiée, en 1974, sous le titre Dieu se dit dans l'histoire. Il s'agit d'un commentaire de la constitution dogmatique Dei Verbum rédigée par le concile Vatican II : Henri de Lubac n'en explicite que le préambule et le premier chapitre dit De ipsa revelatione, convaincu plus que d'autres que « tout l'essentiel [de la constitution] était commandé par ce chapitre premier » (p. 181). Rédigés après le reste de la constitution, ces deux premiers moments ont été admis sans difficulté lors de la session plénière de la commission tenue à Rome en juin 1964 alors que l'essentiel des critiques et des contestations se concentraient sur le second chapitre traitant des rapports entre Écriture et Tradition. Ici, Henri de Lubac s'emploie à montrer la force du thème et l'ampleur de son objet : Dei Verbum, la Parole de Dieu, ne désigne pas uniquement ni exclusivement l'Écriture. Le Verbe de Dieu est plus fondamentalement la Révélation de Dieu dans sa plénitude. « Le mode sous lequel Dieu se révèle, c'est donc la manifestation de lui-même en Jésus-Christ » (p. 52). Jésus-Christ est Lui-même le révélateur et le révélé, le messager et le contenu du message. Le point est d'importance. Il met en garde contre tout fondamentalisme scripturaire ou autre biblisme, qu'aurait pu induire le recentrage conciliaire sur l'Écriture sainte. Il fallait la sensibilité lubacienne à la grande tradition catholique pour envisager, grâce à ce premier chapitre, l'envergure de l'intention conciliaire : « La Parole de Dieu est à la fois plus vaste et plus fondamentale que l'Écriture sainte » (p. 209). Il s'agit, en effet, de prendre la mesure de ce qu'est la révélation : dando revelat et revelando dat, quand Dieu se révèle, il se donne à connaître ; la révélation est connaissance et c'est précisément cette connaissance qui sauve. « La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent... » (I Jn 1, 2-3). » (Bénédicte Sère, « Révélation divine, suivi d'Affrontements mystiques et d'Athéisme et sens de l'homme.(Œuvres Complètes, 1re section, vol. IV) », Archives de sciences sociales des religions, 136( 2006) 50 ans déja, [En ligne], mis en ligne le 13 février 2007. URL http://assr.revues.org/document3984.html. Consulté le 12 juin 2008.)

La thèse est simple pour le père de Lubac, « tout est surnaturel ». Mais si tout est surnaturel, si on supprime la différence essentielle entre le naturel et le surnaturel, on peut dire aussi bien que tout est naturel, et on aboutit à un naturalisme général. En niant la nature, on nie aussi la grâce. Or les papes ont constamment combattu cet esprit jusqu’au pape Pie XII.
Cependant à l’arrivée du pape Jean XXIII tout changea : « Cette atmosphère de combat, disait-il en substance, ne peut pas durer ; il faut tourner la page, ouvrir les portes et les fenêtres de l'Église, faire entrer un nouvel air. »

Pour ce faire, il convoqua un concile. Lors du message d'ouverture, le 11 octobre 1962, il annonçait déjà tout le programme : « Jusqu'à maintenant, dit-il, nous avons eu beaucoup de prophètes de malheur, qui ne cessaient de dire que les choses vont de mal en pis. Cela ne peut pas durer. Il faut prendre une option beaucoup plus optimiste, beaucoup plus ouverte au monde. Il faut donc un nouveau langage, une nouvelle approche. Ce concile ne doit pas être un concile dogmatique, avec des condamnations ; ce sera un concile exclusivement pastoral. Il n'y aura ni dogmes ni condamnations mais une approche pastorale. »

En fait, en guise d’approche pastorale on assista à la canonisation d’options théologiques condamnées depuis des années, et surtout le sens de la Révélation, donnée de façon indistincte à tout homme de par son humanité

Ceci est confirmé par la déclaration du très moderniste père Geffré Jésuite, avocat fervent du dialogue interreligieux, qui admet à présent une Révélation en mode indifférenciée se donnant à chaque homme « dans sa religion », rendant inutile toute évangélisation et totalement absurde le travail missionnaire pour faire venir les âmes au Christ présent en mode d’immanence en chaque homme comme si tous n’avaient pas besoin d’être sauvés par la grâce du baptême, et qui prend sa légitimité précisément dans « Dei Verbum » :

« Le premier impact du Concile a donc concerné la question de la révélation. Dei Verbum a été un grand texte qui a renouvelé notre théologie fondamentale. C’était pour moi la confirmation des choses que j’avais déjà enseignées ou que je trouvais déjà dans un certain nombre d’auteurs comme de Lubac. C’était un peu la fin de l’apologétique rationnelle et la certitude que la théologie fondamentale était une partie intégrante de la théologie. On comprenait mieux qu’on ne pouvait pas opter pour une telle théologie fondamentale sans avoir une autre conception de la révélation, c’est-à-dire une révélation qui ne serait pas simplement un corpus doctrinal mais la communication de Dieu dans l’hstoire. Le point peut-être le plus important du Concile pour les théologiens de ma génération, c’était la conviction qu’on ne pouvait pas méconnaître l’importance de l’histoire dans l’enseignement de la théologie, et que notre rapport à la révélation, ce n’était pas simplement le rapport à des articles de foi, à des vérités dogmatiques, mais le rapport à une Écriture reçue comme Parole de Dieu par l’Église, au message du Christ traduit et réinterprété dans une communauté de foi.
On a dans Dei Verbum des éléments extrêmement importants pour ne pas séparer la révélation comme parole et la révélation comme histoire. Et aussi une autre conception de la foi, c’est-à-dire que la foi n’est pas simplement l’adhésion à un contenu notionnel mais une attitude où l’on ne peut jamais distinguer l’adhésion intellectuelle de la confiance en Dieu et de l’expérience théologale du mystère de Dieu. On pourrait dire que l’historicité et l’expérience sont deux valeurs fondamentales qui ont été confirmées par le Concile Vatican II dans l’expérience de ce qu’est la théologie. Et je trouvais déjà cela chez mon maître, le Père Chenu… » (http://www.theologia.fr/)

Comme a pu l’écrire avec pertinence l’Abbé Augustin Aubry : "Le schéma Dei Verbum sur les sources de la Révélation marque bien l’enjeu de la lutte et le travail de sape des modernistes tout-puissants au sein de la Commission chargée du schéma. Ils s'agissait ni plus ni moins que de nier la tradition orale comme seconde source de la Révélation, de nier l’innérance universelle de la sainte Bible en la confinant aux seules questions de foi et de morale, et finalement de jeter le doute sur l’historicité des évangiles : «Les auteurs sacrés écrivirent les quatre Évangiles… toujours de telle sorte qu’ils nous disent des choses vraies et sincères au sujet de Jésus» (Dei Verbum) Les rhanériens bloquèrent systématiquement tout amendement dans le sens traditionnel jusqu’au jour où Paul VI, se rendant compte, sur le tard, de l’ambiguïté sous-jacente, se vit contraint en conscience d’exiger une formulation plus orthodoxe. Mais la plupart des équivoques furent maintenues. Tous les grands textes dogmatiques sur l’Église, l’œcuménisme, la Révélation, la liberté religieuse, étaient minés de phrases 'équivoques' savamment dosées par les experts révolutionnaires. »

C’est donc bien ramener scandaleusement au niveau de la subjectivité individuelle la vérité de la Révélation ce qui fonde "Dei Verbum", et saper les fondements de la foi séculaire en ouvrant, par la conviction rêveuse, imaginaire et gratuite affirmant que les pères conciliaires bénéficiaient d’une nouvelle vision extatique spéciale, une porte vers les pires folies théologiques qui conduisirent à sa ruine sur le plan doctrinal et dogmatique l’Eglise conciliaire !

Écrit par : Zacharias | mardi, 24 juin 2008

Je ne suis pas un familier de ce blog que je découvre en frappant Vatican II sur un moteur de recherche, ni non plus un adversaire de Vatican II que j'ai vécu avec une certaine joie dans l'esprit du Renouveau 20 ans plus tard. Mais la démonstration de celui qui signe Zacharias en deux temps, est vraiment claire et le nier me semble délicat car il est tout même impossible de refuser les évidences.

J'apprécie bien qu'elle me gêne son analyse qui explique beaucoup de dérives que je suis obligé de constater aujourd'hui, après avoir fait les frais d'une pastorale un peu délirante qui m'amène à douter de la religion et de ceux qui la représentent : "Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un Pape et un Concile avec lui se prennent pour de nouveaux Apôtres et un nouveau saint Pierre. Comment se fait-il qu’ils soient, eux les premiers et les seuls depuis dix-neuf siècles, en contact direct avec Dieu, à l’écoute immédiate de sa Parole ?"

Je vous avoue que ceci me procure bien des doutes, mais aussi des lumières vives sur l'église moderne...

Écrit par : A.M. | mardi, 24 juin 2008

@ Restif, je suis comme vous, un peu chaviré et retourné par ce que vous avez su si bien résumer : "Zak a soulevé un lièvre terrifiant : cette « communication des idiomes » (j’espère que ma formulation est la bonne) promulguée par J.Paul II d’où découle que tout homme, même hors de l’Eglise est automatiquement baptisé et sauvé puisque étant devenu homme le Christ les a TOUS sauvé. Franchement si l’Eglise elle-même (enfin, là, c’est J Paul II, Pape que j’admirais mais désormais…je suis troublé) si l’Eglise elle-même disais-je se met à proclamer qu’elle n’est pas la voie unique…voire que les sacrements ne sont pas indispensables…c’est assimilable à une démission. Et ce cadeau aussi à ses racines dans Vatican II."

J'aimerais bien engager un débat (enfin je veux dire un dialogue car je suis pas un champion dans ces domaines et je préfère la lecture et la prière) avec Zak ou vous sur cette question, car si cela est vrai, alors la crise doctrinale et théologique de l'église est beaucoup plus grave qu'on ne l'imagine.

Écrit par : Ruben Guillard | mardi, 24 juin 2008

A propos de la liturgie, connaissez-vous le mot de l’archevêque de Birmingham, Dwyer, au premier Synode romain après le Concile :
"La réforme liturgique est dans un sens très profond la clé de l’aggiornamento. Ne vous y trompez pas. C’est là que commence la Révolution".

Écrit par : André | mardi, 24 juin 2008

La Révélation, depuis Vatican II, est devenue un fait de la conscience du sujet qui la reçoit, elle se subjectivise précisément et, sans la participation du sujet, elle n’est pas ce qu’elle est, elle n’est pas révélation. Selon la philosophie moderne et profane [et subjective], il n’y a pas de vérité indépendante de la pensée du sujet qui la pense ; notre pensée ne reconnaît pas la vérité qui est déjà dans la chose, mais elle la crée comme à partir du néant. De la même façon, le “sujet qui perçoit” doit se considérer comme élément constitutif du concept de Révélation. [Cela détruit le concept scolastique de vérité objective.] Donc la vérité révélée est encore susceptible de “prises de possession” ultérieures et donc de développements ultérieurs et nouveaux de la part du “sujet qui perçoit” qui est l'Église. Aux développements supposés de ce sujet doivent en fait correspondre des développements dans la vérité révélée, étant donné qu’elle n’est pas telle sans la participation de ce sujet. La vérité étant constituée de la pensée (changeante) du sujet, se réalise par degrés, en rapport avec l’évolution historique ou de la conscience du sujet lui-même, et donc dans un processus sans fin, dans une dimension toujours ouverte au nouveau, c’est-à-dire ouverte à de nouvelles déterminations de ce que l’on considère comme vrai selon l’esprit de l’époque. N’est donc plus valable le principe que la Révélation s’est achevée avec le dernier Apôtre [Or le Décret "Lamentabili" (Pie X, 3 juillet 1907) réprouve et proscrit la proposition : « La Révélation qui constitue l’objet de la foi catholique n’a pas été complète avec les Apôtres. » (Proposition XXI)].

Selon le point de vue exprimé par "Dei Verbum", le sens essentiel de la Tradition, à saisir dans le lien entre Écriture et Tradition, est donc que la Tradition ne résulte pas de la vérité immuable révélée par Dieu, mais de la vérité que le “sujet récepteur” constitue dans la Révélation de façon historiquement graduelle et progressive, parce que graduel et progressif est le développement de ce “sujet récepteur” lui-même qui agit sous le signe de la “conscience de soi”. En d’autres mots et plus simplement, selon la Constitution conciliaire, la Tradition est graduelle et progressive selon le développement du sujet ; elles est donc vivante et subjective.

En 2006, malheureusement, c'est avec d’autres mots, mais avec la même position théologique inexacte du point de vue de la Tradition que Benoît XVI exprimera le même concept tiré de Vatican II (Dei Verbum) : C’est « grâce au Paraclet [l’Esprit Saint] que l’expérience du Ressuscité faite par la communauté apostolique aux origines de l'Église, pourra toujours être vécue par les générations successives »[Catéchèse de l’audience générale du mercredi 26 avril 2006 (source zenit) ]. Et encore : « La Tradition n’est pas la simple transmission maté­rielle de ce qui fut donné au début aux Apôtres, mais la présence efficace du Seigneur Jésus. » « La Tradition n’est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes. C’est le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes. » C’est « l’actualisation permanente de la présence active de Jésus dans son peuple opérée par l’Esprit Saint et exprimée dans l'Église à travers le ministère apostolique et la communion fraternelle. »

Qui ne voit que le flou du concept conciliaire introduit lors des cessions de Vatican II, permet bien des choses éloignées sinon étrangères au « dépôt » que saint Paul demandait à Timothée de « garder en évitant les contradictions d’une prétendue science » (I Tim 6,20). Il faut ici se souvenir que dans Pascendi saint Pie X condamnait fermement les modernistes à cause de leur interprétation de la religion comme une « expérience vécue ». Or c’est précisément ce que depuis "Dei Verbum" il est possible de faire selon les thèses erronées de l'église moderne.

Écrit par : Synésius | mardi, 24 juin 2008

Voici une saillie de notre aventurier des utérus perdus :

"Et si des voies impénétrables s'ouvraient sous nos ceintures?"

(La profondeur des sexes)

Elle est raide celle-là!

Écrit par : Ronin | mardi, 24 juin 2008

Psychanalyste, écrivain, philosophe, chrétien.
C'est le gendre idéal !

Écrit par : La Fouine | mardi, 24 juin 2008

Voici une excellente définition de la thèse lubacienne qui traverse tout l'esprit du dernier concile et triomphe dans les positions de la Constitution "Dei Verbum" :


"Le modernisme dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accomoder à la vie des hommes"

(Pie XI, in Mortalium animos, 1928.)

Écrit par : Hire | mercredi, 25 juin 2008

Les modernistes catholiques au début du XXe siècle ont été contaminés par les idées délétères de Bergson, Le Roy, Hébert, Loisy, Blondel, Tyrell, qui ont tous professé de façon plus ou moins nuancée leur foi en Dieu au creux de la conscience humaine. Mais en fait, c'est surtout la synthèse de Teilhard de Chardin qui a fait progresser la cause panthéiste en lui donnant toute sa cohésion. Les maîtres, jusqu’alors, avaient du mal à réunir les deux bouts de la chaîne, la chute de la Création matérielle et le salut terrestre. C’est à Teilhard que revient le mérite de joindre les deux extrémités. Il est le héraut de l’Église syncrétiste où l’homme se sauve par lui-même en atteignant le Point Oméga. Mais pour que cette bonne nouvelle du «salut par soi» soit reçue, encore faut-il qu’elle soit présentée sous les auspices de la «Création par soi» darwinienne...

Mieux que les manichéens et que les allemands, Teilhard décrit parfaitement la relation intime entre la «Création par soi» et le «salut par soi», grâce au processus incessant de l’évolution. La Jérusalem apocalyptique, c’est le corps mystique du Christ, le «super-Homme» qui est en train de se former sous nos yeux, par l’effort de l’homme seul, à travers les exploits de la technologie et la naissance des super-États. Et cette super-évolution prétend continuer l’évolution darwinienne des formes organiques.

Teilhard est l'un des grands pervertisseurs de la foi au XXe siècle, car pour lui l’homme fait Dieu à son image: Dieu est la créature de l’homme ; il est l’homme qui prend conscience de lui-même. Tout est contenu dans l’homme qui, par évolution progressive, devient «Dieu» par ses propres forces. Teilhard c'est la religion où l’homme s’auto-divinise et s’adore lui-même, c'est le rejet du péché originel. Nous sommes avec en plein cœur de l’hérésie moderniste.

Écrit par : Pierre | mercredi, 25 juin 2008

Theilhard a commis le péché de Lucifer : dans le phénomène de l’ «humanisation», c’est l’homme qui est au premier plan. Quand la conscience atteint son apogée, le Point Oméga comme dit Teilhard, l’homme est tel que nous le désirons, libre dans sa chair et dans son esprit. Ainsi Teilhard a élevé l’homme sur l’autel à la place de Dieu et, l’adorant de façon impie, il n’a pu adorer Dieu...

Écrit par : Goémé | mercredi, 25 juin 2008

@ Restif

Merci de votre longue lettre dont je ne dirai pas qu'elle me déçoit même si, vous l'avez deviné, je ne vous suivrai pas totalement ; vous ne m'en voudrez pas d'être plus court dans ma réponse.
Comme je vous le disais, j'apprécie grandement votre capacité à dialoguer entre chrétiens sans vaines invectives et sans pour autant renier vos convictions ni l'exiger de moi.
Il se peut que j'ai cédé à quelques facilités parfois, dont le lit était largement préparé par le style et les postures de nombre d'intervenants décourageant les meilleures bonnes volontés...
Je ne déteste pas forcément la polémique, et elle peut être la juste manière de confondre la médiocrité, les auteurs que vous citez en sont l'illustration évidente, et j'y ajouterai le cher Péguy.
Mais jamais cette polémique ne devrait s'aventurer ailleurs que sur ce chemin, et il me semble avoir vu qqch de plus bas sur ce blog, où je n'ai vu que trop rarement l'apostrophe aux "fraternels adversaires".

Je vous ai lu et je vous accorde ce que vous dites de l'apparence symbolique du Concile Vatican II, mais je ne vous suivrai pas au-delà.
A mes yeux, les fruits de ce Concile se font attendre parce que l'on a trahi ce Concile.
De toute manière, il faut du temps pour qu'un Concile soit reçu... c'est une constante de l'histoire de l'Eglise.
Je vous rejoins aussi quand vous dites que ce Concile a été trop précipité et n'a pas su donner du temps au temps...
On dit que l'Eglise orthodoxe a repoussé à plus tard son Concile pan-orthodoxe et son nécessaire "aggiornamento" en voyant avec effroi la crise qui a suivi le Concile Vatican II dans l'Eglise catholique...
Mais que savons-nous de ce que serait aujourd'hui l'Eglise sans le Concile Vatican II ? La crise était antérieure et il serait bien simpliste d'attribuer la crise au seul Concile Vatican II.

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Sur un point de détail : le père Geffré est dominicain et non jésuite...

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ webmestre

Excusez les doublons et le désordre dans les copies de la Constitution sur la Révélation "Dei Verbum" ; les textes longs tardaient à s'afficher et ne le faisaient pas dans l'ordre de leur envoi...
Laissez le texte complet, puisqu'il est finalement passé !


[Il est plus simple, et préférable, de cliquer sur le lien du Vatican, qui permet d'accéder à "Dei Verbum" et à tous les textes officiels de l'Eglise (IdC)] :

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

Etant donné les distorsions opérées par Zacharias ou Synésius, mieux vaut aller à la source et lire la Constitution sur la Révélation sans faire de procès d'intention a priori.

Voici donc le texte complet de la Constitution "Dei Verbum" sur la Révélation :

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

Très, vraiment très léger point de détail effectivement MdG (et puisque vous y tenez "fraternel adversaire"), au sein d’une démonstration qui vous laisse singulièrement silencieux, et que je vous concède d’autant plus volontiers (les positions du père Geffré en matière de dialogue interreligieux étant absolument démentielles), puisqu'il ne vous reste plus, pour vous raccrocher à votre mythe illusoire intenable d’une Eglise parlant le langage de toujours, que cette minuscule et infinitésimale brindille, sachant surtout qu'il vous est absolument impossible de contester les sources inacceptables, profondément inexactes et fausses sur le plan théologique et doctrinal, qui présidèrent, malheureusement, à l'élaboration de la Constitution dogmatique « Dei Verbum » ainsi que de tous les actes concilaires officiels entachés des mêmes erreurs panthéistes, naturalistes et évolutionnistes, proprement scandaleuses et hérétiques.

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Je ne suis pas théologien, loin de là, mais je sais faire la distinction entre une doctrine conforme à mon catéchisme, tel qu'enseigné par mon curé dans les années 50 (à la frontière espagnole, pardon catalane ! et qui m'a donné de poursuivre des études supérieures ), et les thèses révélées par cette note. Je réaffirme ce que je disais plus haut, en accord avec Restif, que l'on doit remercier encore une fois pour sa belle lettre. Je crois que l'on vient de lever un sacré lièvre ici avec cette histoire de la communication des idiomes, ce qui a fait dire à JP II : “ Par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ” », position qu'à juste titre Zacharias résume ainsi : "l’hérésie wojtylienne, qui est aussi l’hérésie conciliaire, et l’hérésie de toute l’Eglise moderne dans son ensemble, est d’abord de nature philosophique, puisque c’est un « naturalisme »".

Comment dès lors (je dis ça pour M. de Guibert, mais aussi pour beaucoup de chrétiens qui doivent lire ces pages), ne pas rejoindre dans ses conclusions de l'auteur de la note , je trouve cela d'une logique limpide :

"L'erreur anthropologique provenant d’une conception phénoménologique erronée qui se trouve à la base des thèses de Karol Wotyla, consiste en une inexactitude christologique dont la gravité est extrêmement importante sur le plan des conséquences puisque, dans sa vision, se servant de la dualité des natures dans Jésus-Christ, Jean-Paul II en est arrivé à inférer en vertu de la “communication des idiomes ”, les attributs de la nature divine à la nature humaine dans le Christ, pour ensuite considérer qu’ils lui appartiennent en propre, et donc, par cette appartenance, l’étendre à tout homme en tant qu’il est homme – ce qui apparente objectivement cette position aux visions panthéistes du new âge. Et nous retrouvons, encore et toujours ce dogme impie et hérétique de « l’homme-dieu » qui conduit à la divinisation de l'homme en tant que tel, c'est-à-dire du seul fait qu'il soit homme (la fameuse « dignité de la chair »), et à la naturalisation de Dieu dont les échos se font sentir dans les terribles déviations de l’Eglise d’aujourd’hui."

Écrit par : Ruben Guillard | mercredi, 25 juin 2008

@MdC, je ne voudrais pas en rajouter outre mesure, mais tout de même puisque vous vous déclarez chrétien, et si, pour seul argument, vous osez écrire, s'agissant des analyses argumentées et développées de Zacharias et Synesius (excellent philosophe d'ailleurs ce dernier après notre théologien Eremo qui doit sans doute être ailleurs ) : "Etant donné les distorsions opérées par Zacharias ou Synésius, mieux vaut aller à la source et lire la Constitution sur la Révélation sans faire de procès d'intention a priori", je crois sincèrement que vous avez un problème avec l'objectivité. Car qualifier de "distorsions" et de "procès d'intention a priori", les faits indéniables qui nous ont été présentés et expliqués, avec dates, sources et références à l'appui, relève de la langue de bois.... sans doute conciliaire !


@Restif, je vous suis gré de vos bonnes paroles à mon égard, moi qui les mérite si peux. En effet, j'ai une certaine admiration pour Étienne de Vignolles qui avait pour surnom "La Hire" ce qui vient du fait qu'il était assez violent et coléreux, ce qui est assez fidèle à certains de mes défauts que je partage avec l'ami Zak, ce qui me le rend vraiment sympathique car ventre-saint-gris et foi de vieux sang tourangeau ! il est encore possible dans ce pays de dire les choses un peu vertement ! Mais il faut savoir que ce surnom qui correspondait à son "ire", comme l'a relevé avec amour et estime MdG, lui qui en est si débordant, lui fut donné par les ennemis héréditaires anglais...

Écrit par : Hire | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Pour vous répondre, il faudrait que je cite quasiment toute la Constitution "Dei Verbum" puisque vous la distordez;

Je renvoie donc le lecteur curieux et soucieux de vérité au texte lui-même plutôt qu'à ses commentateurs :
http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ Ruben Guillard, à ceux qu'il cite : Restif et Zacharias, et à tous ceux qui les ont lu...

Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre " participants de la nature divine " (2 P 1,4) : " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). " Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (S. Thomas d’A., opusc. 57 in festo Corp. Chr. 1).

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

MdG, votre négation des évidences est assez pathétique, et plus que révélatrice de votre gêne évidente - je crois donc que le débat, comme je l'avais déjà nettement souligné plus haut, est vidé de sens avec vous, puisque vous venez ici pour vous faire le champion militant, pour d’obscures raisons qui vous appartiennent (et que je respecte malgré tout mais qui ne peuvent être confondues avec un critère de vérité objective), d'une thèse intenable, celle visant à soutenir le caractère traditionnel des schémas et textes conciliaires, qui sont tous marqués, et vous le savez très bien, par les conceptions d'une théologie novatrice qui sous Pie XII encore était frappée d'interdit par le Magistère

Par ailleurs, il est inutile de se livrer à une exégèse complète de "Dei Verbum" puisque son intention initiale est faussée, le père de Lubac est, à cet égard, pour votre entière confusion, un excellent révélateur de cette désorientation évolutionniste de la Révélation [« Révélation divine », a été édité pour la première fois en 1968 et repris en 1974, sous le titre « Dieu se dit dans l'histoire », ouvrage dans lequel il déclare : « tout l'essentiel [de la constitution] était commandé par ce chapitre premier » (p. 181) ], et en effet, dès ses premiers mots, la Constitution montre bien sur quoi se fonde sa prétention : les Pères affirment être en contact direct, immédiat, inspiré avec la Parole même de Dieu pour fonder librement une nouvelle Église ce qui est une pure folie, une rêverie pieuse illusoire, une extase collective bien en accord avec le climat de délire spirituel qui régnait à l'époque.

Mais une chose m'amuse finalement, vous auriez été avantageusement inspiré de méditer ce passage de la Constitution "Dei Verbum", avant que d'écrire en ces lieux des inepties plutôt ridicules et du plus mauvais goût, alors que vous vous faisiez l'écho des messages idiots d'un jeune plaisantin :


"Je suppose que nos doctes puritains (un peu obsédés tout de même -mais cela va de pair- tant sont rémanentes leurs livrées au-dessous de la ceinture) considèrent le Cantique des Cantiques comme un livre apocryphe ?"

Ecrit par : Michel de Guibert | jeudi, 12 juin 2008


Voici donc cet extrait de la Constitution, qui vous sera sans doute profitable pour mieux comprendre le sens catholique et religieux du Cantique des Cantiques, sens qui semble vous avoir échappé, ainsi qu'à de nombreux piètres et calamiteux littérateurs contemporains :


Comment il faut interpréter la Sainte Ecriture

12. Puisque Dieu parle dans la Sainte Ecriture par des intermédiaires humains, à la façon des hommes, l'interprète de la Sainte Ecriture, pour saisir clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu avoir avec nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement l'intention de nous faire comprendre, ce qu'il a plu à Dieu de nous faire connaître par leur parole.

Pour découvrir l'intention des hagiographes, il faut entre autres choses être attentif aussi " aux genres littéraires ". En effet la vérité est proposée et exprimée de manière différente dans les textes qui sont historiques à des titres divers, dans les textes prophétiques, les textes poétiques, ou les autres sortes de langage. Il faut donc que l'interprète recherche le sens qu'en des circonstances déterminées, l'hagiographe, étant donné les conditions de son époque et de sa culture, a voulu exprimer et a de fait exprimé à l'aide des genres littéraires employés à cette époque. Pour comprendre correctement ce que l'auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut soigneusement prendre garde à ces façons de sentir, de dire ou de raconter, qui étaient habituelles dans le milieu et à l'époque de l'hagiographe, et à celles qui étaient habituellement en usage ça et là à cette époque, dans les relations entre les hommes.

"Rome, près Saint-Pierre, le 18 novembre 1965."

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Vous oubliez encore une fois MdG qu'il y a des critères à cette déification :

- Le premier critère indépassable étant le baptême, la naissance à la "vie surnaturelle" puis la sanctification par les sacrements, la prière, etc.
- Le second critère tient à la question du temps - encore un problème de tempo MdG (c'est comme pour les Alliances !) - sachant que ces promesses, réelles et magnifiques évidemment, ne portent et ne parlent que de notre état post mortem, non sur la glorification de notre nature humaine présente, misérable et pécheresse, ici-bas vivant en un monde livré aux puissances du "Malin" (I Jean 5, 19) !

Dieu ne s'est pas fait homme en transmettant sa nature divine indistinctement à tous les hommes, du simple fait de son Incarnation - c'est une pure folie, non-chrétienne, new-âge et panthéiste de l'affirmer ! Il s'est fait homme pour les sauver du péché et de la mort, par le sacrifice de la Croix et leur accorder les promesse du Royaume et de la vie éternelle du point de vue céleste, pas pour magnifier leur indigne et mondaine humanité terrestre vendue, selon la chair, à l'adversaire de Dieu !

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Bien qu'étant plutôt scotiste de formation, et donc sensiblement plus optimiste que les principaux contributeurs de ce blog, je dois avouer que les précisions de M. Zacharias sont doctrinalement exactes - les promesses ne sont données qu'au titre de conditions clairement annoncées par Notre Seigneur en personne dans les saints évangiles.

Avoir la foi et croire en Jésus-Christ, recevoir le baptême de pénitence, confesser ses péchés, se nourrir de la sainte eucharistie, le "Pain de Vie", et d'autres précieux secours que l'église propose aux âmes pour leur salut.

Je n'ai pas le temps de trop m'attarder car ma charge est importante, mais votre réflexion est très intéressante ; que Dieu vous bénisse +

Écrit par : Abbé J-Réal | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Merci d'avoir cité "Dei Verbum" pour une juste interprétation du "Cantique des Cantiques".

Poursuivez la lecture ; vous êtes sur une bonne voie !

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

La Hire : on sent chez vous un tel désir de défendre l’honneur de Dieu que votre modestie devra souffrir qu’on vous en félicite. Puisque vous m’apprenez que votre pseudo fut donné par l’ennemi, je puis dès lors bien dire qu’en langue médiévale, "Hire" signifie également "grognement de chien". Ma foi, être le chien de garde du Seigneur, fidèle et incorruptible, voilà un rôle que je vous envierais…si l’envie n’était péché capital !

Michel de Guilbert : je suis moi aussi heureux que nous ayons pu dialoguer. Vous m’avez accordé certains points qui me sont chers, je vous accorde moi qu’il y eut à l’origine du concile un désir profond de retrouver l’esprit de l’Evangile. On trouve dans le Journal de l’Abbé Mugnier, vers 1925 si ma mémoire est bonne (je revérifierais la date) un très beau témoignage sur ce que pensait et ce que désirait pour l'avenir de l'Eglise un prêtre de cette époque. On y voit clairement que dès ce temps, ceux qui pouvaient passer pour l’ « intelligentsia » du clergé souhaitaient avec ardeur la messe en français et une refonte de la liturgie. Il y eut ainsi tout un brouhaha d'aspirations qui bourdonnaient alentour des âmes
Je suis loin d’abonder dans leur sens, mais on doit donc reconnaître que dans les années qui précédèrent Vatican II un certain état d’esprit présida ainsi à la naissance du concile ; et qu’il y eut des âmes très nobles –comme l’abbé Mugnier précisément- qui attendaient depuis longtemps (il ne l’aura d’ailleurs pas connu) un tel évènement. Là où nous divergeons, c’est évidemment lorsque vous affirmez que Vatican II a été détourné et que ses textes étaient impeccables quand je crois qu’il était dès, le départ, s’il on en croit les citations analysés par Zacharias, tourné vers la destruction d’une part essentielle de l’ ancienne Eglise (je n’en défend pas moins ce qui nous reste et le Pape ; mais la méfiance est là hélas). Me reste à apprendre par moi-même, à lire patiemment –ça prendra du temps car je ne veux point risquer de méconnaître le sens d’un mot, d’une phrase – le texte que vous avez donné. Mais j’aurai une tendance extrêmement forte à croire en la bonne foi de Zacharias. La seule chose que je puis formuler, c’est que vous voyant condamner vous aussi les dérives du modernisme, il me semble qu’au fond vous n’êtes pas si loin de « nous » que ne l’exprime l’écrit, qui tire toujours un peu les opinions vers la caricature. Oh, il ne s’agit pas de vous arracher à vos opinions par quelque malignité verbale, non. De même que mes idées restent pour l’instant et sans doute pour longtemps ce qu’elles sont je vous présume convaincu. Mais je respecte cela en vous : votre sincérité. Et également ce sens de la quête qui m’a marqué en vous lisant. Nous n’avons pas fini d’avancer… qui sait si nos routes ne e croiseront pas –et quoi qu’il arrive je méditerai les écrits que vous citez. En tous cas, c’est dans un esprit que je crois chrétien que nous avons parlé et je vous souhaite toutes les grâces que le Seigneur voudra bien vous offrir. J’en aurai bien besoin moi-même. Mais franchement, cette théologie de l’homme-Dieu….Brrr. Merci en tous cas pour vos paroles et croyez en la franchise de mes vœux. Votre honnêteté est très honorable et quelques mésententes qu’il y ait entre nous (et quand je lis les analyses impitoyables de Zacharias… c’est quand même la maison de Dieu qui est en jeu) quant aux idées, j’ai apprécié votre mesure, votre ton et votre passion pour l’échange. Nous pouvons, au moins, à notre imperceptible niveau, travailler à être des chrétiens valables et, qui sait, inspirer un jour à quelque (s) âme (s) l’idée d’aller se baigner dans la lumière incréée. S’agenouiller devant l’Amour, en toute simplicité.

(j’ai lu qu’on estoquait Theilard de Chardin. De facto… sa soupe (à la grimace) au point oméga est une Eglise à gaz… )

@ Ruben, j'ai vu que vous aviez trouvé par vous même les écrits de zacharias quant à cette effarante théologie de la "communication des idiomes". Je n'en sais dès lors pas plus que vous, puisque c'est du dit Zacharias que je tiens cette découverte qui, comme pour vous, me fut un choc. J'espère qu'Eremo aux anlyses si fines reviendra ici nous préciser jusqu'à quel point une telle idéologie (sens philosophique du mot) profane l'Aquinate et tous les Pères.

@ Enzo : je vous ai lu, et instruit que je suis de votre blog, vous tenant pour un fin bretteur de la syllabe, j’apprécie fort vivement votre « cri du cœur ». ( Si vous avez mémoire d’un certain Trib…t qui officiait sur un blog anti-faisceaux, vous saurez que nous nous sommes déjà croisés avec quelque bonheur).

Voilà, ce com’ n’avait d’autre prétention que de répondre (bien trop partiellement et en honteux oublieux de certains) à quelques mots. Très sincèrement, merci à ceux qui ont trouvé quelques agrément à ma lettre. Je n’ai nulle honte à dire que c’est agréable. Je n’ai rien d‘autre que ma sincérité, et je crains parfois la solitude. Sans en avoir un besoin excessif, certains témoignages me touchent. Merci encore.

Écrit par : Restif | mercredi, 25 juin 2008

Zacharias a dit (je cite pour la clarté du débat) :

"Vous oubliez encore une fois MdG qu'il y a des critères à cette déification :

- Le premier critère indépassable étant le baptême, la naissance à la "vie surnaturelle" puis la sanctification par les sacrements, la prière, etc.
- Le second critère tient à la question du temps - encore un problème de tempo MdG (c'est comme pour les Alliances !) - sachant que ces promesses, réelles et magnifiques évidemment, ne portent et ne parlent que de notre état post mortem, non sur la glorification de notre nature humaine présente, misérable et pécheresse, ici-bas vivant en un monde livré aux puissances du "Malin" (I Jean 5, 19) !

Dieu ne s'est pas fait homme en transmettant sa nature divine indistinctement à tous les hommes, du simple fait de son Incarnation - c'est une pure folie, non-chrétienne, new-âge et panthéiste de l'affirmer ! Il s'est fait homme pour les sauver du péché et de la mort, par le sacrifice de la Croix et leur accorder les promesse du Royaume et de la vie éternelle du point de vue céleste, pas pour magnifier leur indigne et mondaine humanité terrestre vendue, selon la chair, à l'adversaire de Dieu !"


Bien sûr, mais vous oubliez aussi Zacharias le mystère de la descente aux enfers : le Christ venu relever les justes qui ne l'ont pas connu, à commencer par Adam (figure emblématique de l'homme, comme vous le savez).
Vous connaissez sans doute à ce sujet le magnifique sermon de Saint Epiphane pour l'Office des Ténèbres du Samedi Saint.

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ Restif

Votre témoignage, une nouvelle fois, me touche ; je dois moi aussi n'être pas insensible aux paroles aimables quand elles ne sont pas mondaines...

Je crois que Pie XII lui-même avait songé à convoquer un Concile à la fin de son Pontificat ; il y a renoncé sans doute par prudence et en raison de son grand âge.
Il a néanmoins réformé heureusement la Liturgie de la Semaine Sainte et notamment remis à l'honneur la Vigile pascale.

Pour ce qui est de l'Homme-Dieu, de la divinisation de l'homme qui vous effraie, de ce à quoi nous sommes appelés et destinés, voici ce que disent les Pères :
Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre " participants de la nature divine " (2 P 1,4) : " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). " Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (S. Thomas d’A., opusc. 57 in festo Corp. Chr. 1).

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

Les justes sont ceux qui participent déjà de la Bonne Nouvelle du salut par la grâce, et qui sont membres, sans qu'ils n'aient pu en bénéficier immédiatement, du fruit du Sacrifice de la Croix, c'est-à-dire ce qui, du point de vue de l'économie divine, était déjà, chez les Patriarches (vous pouvez rajouter à la liste outre Adam déjà cité par vos soins et dont le crâne était aux pieds de la Croix, Abel, Noé et ses fils, etc.), puis les Prophètes jusqu'à Jean le Baptiste, en oeuvre et en attente comme le révèle l'Ecriture et singulièrement l'apôtre Paul.

Ce sont ceux que l'église désigne sous le nom de "saints précurseurs". En voici la liste, pour votre mémoire, uniquement de ceux canonisés par le Magistère, mais leur nombre est beaucoup plus important évidemment :


Aaron, patriarche de l'Ancien Testament.
Abel, patriarche de l'Ancien Testament.
Abdenago, enfant de la fournaise de Babylone.
Abraham, patriarche de l'Ancien Testament.
Adam, patriarche de l'Ancien Testament.

Barac, patriarche de l'Ancien Testament.

Chamounée, veuve et martyre de l'Ancien Testament.

Daniel, prophète.
David, roi.

Eléazar, prêtre et martyr de l'Ancien Testament.
Eléazar, patriarche de l'Ancien Testament.
Elysée, prophète.
Enoch, patriarche de l'Ancien Testament.
Enos, patriarche de l'Ancien Testament.
Esdras, prophète.
Ezéchiel, prophète.

Gédéon, patriarche de l'Ancien Testament.

Isaac, patriarche de l'Ancien Testament.
Isaïe, prophète.

Jacob, patriarche de l'Ancien Testament.
Jephté, patriarche de l'Ancien Testament.
Jérémie, prophète.
Job le juste.
Joseph, patriarche de l'Ancien Testament.
Josué, patriarche de l'Ancien Testament.

Les saints Machabées, martyrs de l'Ancien Testament.
Melchisédec, patriarche de l'Ancien Testament.
Misach, enfant de la fournaise de Babylone.
Moïse, patriarche de l'Ancien Testament.

Noë, patriarche de l'Ancien Testament.

Samoen, patriarche de l'Ancien Testament.
Samuel, patriarche de l'Ancien Testament.
Les sept fils Machabée, fils de sainte Chamounée et martyrs de l'Ancien Testament.
Seth, patriarche de l'Ancien Testament.
Sidrach, enfant de la fournaise de Babylone.

Les Trois enfants de la fournaise de Babylone.

Zacharie, père de saint Jean le Baptiste.
Zacharie, prophète.

Si vous avez trois sous (il reste encore un exemplaire de disponible), précipitez-vous sans tarder pour votre édification dans la lecture, qui j'espère vous délivrera des sornettes wojtyliennes en la matière, du livre du cardinal Daniélou : "Les saints païens de l'Ancien Testament".

http://www.antiqbook.be/boox/pro/181301_302G.shtml


Vous y apprendrez la distinction entre les promesses du salut par anticipation destinées aux âmes chrétiennes, avant le Christ, en raison de leur sainteté, et les erreurs théologiques accordant follement la divinisation à tous indistinctement du simple fait (sans nul critère spirituel chrétien - merci à M. l'Abbé J-Réal de l'avoir confirmé), qu'ils soient hommes en raison de l'Incarnation - doctrine qui est en train de pervertir l'Eglise depuis le concile, et la substance même de la foi !

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Et voici ce que souligne à juste titre Zacharias :


Vous oubliez encore une fois MdG qu'il y a des critères à cette déification :

- Le premier critère indépassable étant le baptême, la naissance à la "vie surnaturelle" puis la sanctification par les sacrements, la prière, etc.
- Le second critère tient à la question du temps - encore un problème de tempo MdG (c'est comme pour les Alliances !) - sachant que ces promesses, réelles et magnifiques évidemment, ne portent et ne parlent que de notre état post mortem, non sur la glorification de notre nature humaine présente, misérable et pécheresse, ici-bas vivant en un monde livré aux puissances du "Malin" (I Jean 5, 19) !

Dieu ne s'est pas fait homme en transmettant sa nature divine indistinctement à tous les hommes, du simple fait de son Incarnation - c'est une pure folie, non-chrétienne, new-âge et panthéiste de l'affirmer ! Il s'est fait homme pour les sauver du péché et de la mort, par le sacrifice de la Croix et leur accorder les promesse du Royaume et de la vie éternelle du point de vue céleste, pas pour magnifier leur indigne et mondaine humanité terrestre vendue, selon la chair, à l'adversaire de Dieu !

Ecrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Et l'Abbé J-Réal :

Bien qu'étant plutôt scotiste de formation, et donc sensiblement plus optimiste que les principaux contributeurs de ce blog, je dois avouer que les précisions de M. Zacharias sont doctrinalement exactes - les promesses ne sont données qu'au titre de conditions clairement annoncées par Notre Seigneur en personne dans les saints évangiles.

Avoir la foi et croire en Jésus-Christ, recevoir le baptême de pénitence, confesser ses péchés, se nourrir de la sainte eucharistie, le "Pain de Vie", et d'autres précieux secours que l'église propose aux âmes pour leur salut.

Je n'ai pas le temps de trop m'attarder car ma charge est importante, mais votre réflexion est très intéressante ; que Dieu vous bénisse +

Ecrit par : Abbé J-Réal | mercredi, 25 juin 2008



Vous le faites exprès ou vous jouez au c***MdG ?

Écrit par : Hire | mercredi, 25 juin 2008

Je remarque Hire, même si je comprends que l'attitude de sourd volontaire vous énerve, que MdG écrit maintenant avec prudence, à propos de la divinisation et après la bénéfique leçon théologique zacharienne, "ce à quoi nous sommes appelés et destinés" - la nuance n'est pas anodine Hire, je crois que les rappels de Zacharias et de l'Abbé, ont fait leur oeuvre.

@Au fait MdG, si vous n'achetez pas le bouquin dans l'heure, je suis preneur !

Écrit par : André | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Le Christ est venu sauver tous les hommes, et il me plait de penser que la descente aux enfers du Christ (c'est une hypothèse théologique, mais plausible car Dieu ne peut être enfermé dans le temps, lequel est de l'ordre de la Création) ne concerne pas seulement les saints de l'AT, mais tous les hommes qui n'ont pas connu le Christ et à qui Celui-ci vient se révéler : les enfants morts sans baptême, les justes des contrées lointaines (ou proches) à qui le Christ n'a jamais été annoncé et qui se tourneront alors vers Lui.

J'aimerai(s) que les réponses soient sereines...

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ André

Je veux bien admettre que mon cas n'est pas désespéré, mais je n'ai jamais dit autre chose à propos de la divinisation !

Excusez-moi de citer pour mémoire mon post à ce sujet :
Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre " participants de la nature divine " (2 P 1,4) : " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). " Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (S. Thomas d’A., opusc. 57 in festo Corp. Chr. 1).

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@ Hire

Ne m'attribuez pas des propos que je n'ai pas tenus ; j'ai dit :

Pour ce qui est de l'Homme-Dieu, de la divinisation de l'homme qui vous effraie, de ce à quoi nous sommes appelés et destinés, voici ce que disent les Pères :
Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre " participants de la nature divine " (2 P 1,4) : " Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : c’est pour que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu " (S. Irénée, hær. 3, 19, 1). " Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu " (S. Athanase, inc. 54, 3 : PG 25, 192B). " Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (S. Thomas d’A., opusc. 57 in festo Corp. Chr. 1).

Si j'ai oublié de préciser les "critères de déification", c'est en bonne compagnie avec St Pierre, St Iréne, St Athanase et St Thomas d'Aquin !
Il est clair que si nous sommes appelés à participer à la vie même de Dieu, c'est par pure grâce.
Cela me paraît évident dans ces citations !
En tout rendons grâce à Dieu pour ce don merveilleux.

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

Excusez-moi si je comprends mal. Mais dans ces citations (précieuses) je comprends que l'homme devient Dieu comme la pierre vivante est partie de l'Eglise qui est épouse de Dieu. Disons que Dieu vit en l'homme, mais ce dernier n'est pas l'égal de Dieu au sens où sa nature n'est pas de même essence que la nature divine. Il n'a pas été créé Dieu.

Écrit par : Restif | mercredi, 25 juin 2008

Oui, bien sûr, Restif, l'homme "divinisé", selon une formulation chère aux orientaux, reste une créature et n'est jamais l'égal de Dieu.
Oui, il faut l'entendre comme vous le dites, comme pierre vivante de l'Eglise, membres du Corps du Christ dont Il est la tête.
Je pense même que l'on peut dire que Dieu nous fait "participants de sa vie divine", comme le fait la deuxième lettre de St Pierre, et après lui les Pères de l'Eglise, par grâce et non par nature.

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

@Vous écrivez MdG :

« Le Christ est venu sauver tous les hommes, et il me plait de penser que la descente aux enfers du Christ ne concerne pas seulement les saints de l'AT, mais tous les hommes qui n'ont pas connu le Christ et à qui Celui-ci vient se révéler », souhaitant un débat serein qui, je crois, ne vous a jamais été refusé.


Il vous suffirait, outre quelques conseils de lecture, pour vous former une juste idée sur cette question, de vous plonger dans les pères et surtout saint Augustin qui a pleinement répondu à ces problèmes délicats. Car la réponse, fort claire, tient en une seule expression : la « Grâce préventive » qui relève du mystère de Dieu, Grâce qui “prévient” ou “vient avant” et inspire la venue de la foi chez l’homme, y compris chez ceux qui sont nés avant la venue du Christ.

Saint Paul parlent de ceux qui ont été connus par avance et par avance établis par Dieu pour la gloire éternelle. Cela doit être compris dans le contexte entier de l’enseignement chrétien, dont nous parla remarquablement Saint Jean Chrysostome qui écrit dans son Commentaire sur l’épître aux Romains (Homélie 15 sur Romains) : « L’Apôtre parle ici de connaissance à l'avance afin que toute chose ne soit pas attribuée à l’appel … Car si l’appel seul suffisait, alors pourquoi ne serions-nous point tous sauvés? En conséquence, il dit que le salut des appelés est accompli non par l’appel seul, mais aussi par connaissance à l'avance, et l’appel de lui-même n’est pas par contrainte ou par force. Ainsi, tous furent appelés, mais tous n’obéirent pas ». Et l’Evêque Théophane le Reclus explique encore : « Concernant les créatures libres, la prédestination divine n’obstrue pas leur liberté et n'en fait point les exécuteurs involontaires de Ses décrets. Les actions libres, Dieu les prévoit comme libres; Il voit la course entière de la libre personne et la somme générale de ses actions. Et voyant cela; il décrète comme si cela avait déjà été accompli.…Ce n’est pas que les actions de la libre personne soient les conséquences d’une prédestination, mais que la prédestination elle-même est la conséquence des actes libres » (Commentaire sur l’Epître aux Romains, ch. 1 à 8 ).

En ce qui concerne les Juifs, la solution était simple, car les Juifs étaient le peuple de Dieu ; dès l'aurore de leur histoire, ils avaient appris à connaître et à vénérer le nom du Seigneur ; ils avaient reçu la Loi sur le Mont Sinaï ; ils avaient été préparés à attendre la venus du Messie, et les prophètes, pendant de longs siècles, n'avaient guère cessé d'exciter dans les coeurs le désir de Celui qui devait venir. Bien plus, ils avaient tout au moins selon une interprétation courante, reçu la visite du Sauveur, puisque c'était le Verbe de dieu lui-même qui était apparu à Abraham et aux patriarches. Pourvu qu'ils eussent été fidèles à observer les commandements et surtout le premier d'entre eux, la connaissance du vrai Dieu, on avait le droit de regarder leur salut comme assuré.
D'ailleurs la circoncision qui les marquait dans leur chair était le signe visible de leur alliance avec Dieu, elle pouvait dès lors être regardée comme l'équivalent du baptême. Mais notons que si les Juifs ont bien reçu le Sauveur ce n'est pas pour autant qu'ils l'ont reconnu en tant que Fils de Dieu et la crucifixion le démontre. Trop encrés dans la tradition, ils cherchaient Dieu et quand il est venu ils l'ont ignoré et mis à mort, seront t'ils pardonné pour cela comme Jésus le demande à son Père « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 33,34). Ou bien seront-ils condamné comme les Juifs du désert au temps de Moïse qui ont construit un veau d'or pour l'adorer. Yahvé dit à Moïse : « celui qui à péché contre moi, c'est lui qui j'effacerai de mon livre... Et Yahvé frappa le peuple parce qu'ils avaient fabriqués le veau, celui qu'avait fabriqué Aaron ».

Si Dieu condamne pour avoir adorer une idole construite de mains d'hommes, qu'en sera-t-il de ceux qui ont tués sciemment son Fils ? D'autre part on sait que le Christ est descendu aux enfers comme le dit le credo et, le catéchisme de l'Église catholique en fait se commentaire : « Jésus n'est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés ni pour détruire l'enfer de la damnation mais pour libérer les Justes qui l'avaient précédé ». Et comme le mentionne une ancienne homélie : Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort. Il va délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Ève, captive avec lui. Donc on peut en conclure que seul les justes qui ont vécu avant le Christ sont au Paradis, les autres restent en enfer et que par voie de conséquence après le Christ d'autres âmes iront aussi en enfer pour avoir gravement péché contre Le Père, le Fils ou l'Esprit.

Il suffit pour mieux percevoir les mystères du salut, de se tourner vers saint Augustin qui en explicite bien des aspects complexes, en particulier la raison de la venue du Christ, à la période qui fut choisie qui reste pour beaucoup un élément incompréhensible :

« Le Christ a voulu se montrer au milieu des hommes et leur prêcher sa doctrine dans le temps et dans les lieux où il savait que devaient être ceux qui croiraient en lui? Car il prévoyait que, dans les temps et les lieux où son Evangile n'a pas été prêché, les hommes auraient reçu cette prédication comme l'ont fait beaucoup de ceux qui, l'ayant vu lui-même pendant qu'il était sur la terre, n'ont pas voulu croire en sa mission, même après des morts ressuscités par lui : comme le font aussi de notre temps beaucoup d'hommes qui, malgré l'évident accomplissement des prophéties, persistent dans leur incrédulité, et aiment mieux résister par des finesses humaines que de céder à l'autorité divine après des témoignages si clairs, si manifestes, si sublimes. Tant que l'esprit de l'homme est petit et faible, il doit s'incliner devant la divine vérité. Si donc le Christ n'a vu qu'une grande infidélité dans les premiers temps a de l'univers, quoi d'étonnant qu'il n'ait voulu ni se montrer ni parler à des hommes qu'il savait devoir ne croire ni à ses discours ni à ses miracles? Il est permis de penser que, à ces premières époques, tous les hommes eussent été tels, à en juger par le nombre étonnant d'incrédules que la vérité a rencontrés depuis l'avènement du Christ jusqu'à nos jours.
Cependant depuis le commencement du genre humain, il n'a jamais manqué d'être annoncé par les Prophètes, avec plus ou moins de lumière selon les temps, et avant son incarnation, il y a toujours eu des hommes qui ont cru en lui, depuis Adam jusqu'à Moïse, non seulement parmi le peuple d'Israël qui, par un mystère particulier, a été une nation prophétique, mais encore parmi les autres nations. En effet, dans les saints livres des Hébreux, on en cite quelques-uns à qui Dieu fit part de ce mystère; ce fut dès le temps d'Abraham ; et ces privilégiés n'appartenaient ni à sa race, ni au peuple d'Israël, et ne tenaient en rien au peuple élu. Pourquoi donc ne croirions nous pas qu'il y eut d'autres privilégiés chez d'autres peuples et en d'autres pays, quoique l'autorité de ces livres ne nous eu ait pas transmis le souvenir? C'est pourquoi le salut de cette religion, seule véritable et seule capable de promettre le vrai salut, n'a jamais manqué à quiconque en a été digne, et n'a manqué qu'à celui qui ne le méritait pas; et depuis le commencement de la race humaine jusqu'à la fin des temps, elle a été et sera prêchée aux uns pour leur récompense, aux autres pour leur condamnation. Il en est à qui Dieu n'en a rien révélé, mais il prévoyait que ceux-là ne croiraient pas; et ceux à qui la religion a été annoncée, quoiqu'ils ne dussent pas croire, ont servi d'exemple aux autres. Mais quant aux hommes à qui elle est annoncée et qui doivent croire; leur place est marquée dans le royaume des cieux et dans la société des saints anges ». (De la Prédestination des saints, in Oeuvres complètes de Saint Augustin, sous la direction de M. Raulx, Tome XVI ème Bar-le-Duc 1871, pp. 321-348)

L'épouse de Christ ou l’Eglise, autre expression de l'union mystique entre le Christ et ses rachetés, porte gravés en elle à la fois les noms des tribus d'Israël et ceux des apôtres. Les croyants ayant vécu avant la naissance de Jésus ont été rachetés par la grâce préventive du Sauveur. Il ne faut pas oublier que le sacrifice de Jésus à la Croix possède une valeur objective qui ne dépend pas du degré de compréhension, ou du temps de naissance de ceux qui en sont les bénéficiaires. Ainsi le salut de Jésus s'étend à toutes les époques pour autant que les hommes acceptent la loi de Dieu.

Mais il y a donc un côté inconnu et incompréhensible du salut, révélé dans le mystère du Christ, et dont nous bénéficions par privilège, comme les saints de l'ancienne alliance : « Nous voyons assez que le premier homme ayant reçu un secours prochainement suffisant (ce qui est indubitable dans la doctrine de sain Augustint, et si on en doute, il ne faut que recourir au livre De la correction et de la grâce, qui en est tout rempli) par lequel il pouvait persévérer et ne pas persévérer, en sorte qu’il était laissé à son libéral arbitre d’user de ce pouvoir suivant sa volonté (...) » (Pascal, Ecrits sur la grâce, 3e écrit).

Tout ceci est donc évident : Adam a perdu la grâce que Dieu lui avait donnée. Toute l’humanité a sombré. Nul ne peut être relevé que par une grâce nouvelle, plus puissante, la grâce du Christ. Avant cette déchéance, Dieu avait une volonté conditionnelle de sauver tous les hommes, s’ils observaient ses commandements. Mais aujourd’hui, tout a changé, et l’humanité entière forme une masse « toute également coupable et toute entière digne de damnation », mais cependant placée, par amour, sous la plénitude de la loi de grâce qui nous fut donnée uniquement par Jésus-Christ (Jean 1, 17).

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Vous avez toujours un coupé/collé sous la main à votre disposition ; merci donc d'apporter votre éclairage à la question soulevée.

Je ne vous suivrai pas sur les deux points suivants de votre exposé :
- il me paraît impossible de dire que "les Juifs ont tué sciemment le Fils de Dieu" puisque précisément ils n'ont pas reconnu en Jésus le Christ et encore moins le Fils de Dieu...
- il ne faut pas confondre "les enfers" que va visiter le Christ, le shéol, lieu du séjour des morts, et "l'enfer", lieu de damnation, où il est radicalement impossible que le Christ puisse aller !

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

Je constate que vous souhaitez un débat serein, mais que vous ne manifestez qu'une très faible intention qu'il le soit par votre comportement bavard, péniblement insistant et faiblement constructif, ce qui est en conformité avec la logique de vos contributions depuis le début de votre apparition en ces lieux. Par ailleurs si vous considérez les citations des pères que je livre à votre méditation et réflexion, et qui sont d'un intérêt majeur dans les questions soulevées par vous-même, comme des éléments auxiliaires ou de vulgaires copiés/collés, je crois effectivement qu'il est nettement préférable d'arrêter ici les échanges avec vous qui perdurez, de façon obstinée, dans votre stérile attitude.

Vous irez-donc, dorénavant, vous-même faire vos petites recherches, et éclairer votre lanterne auprès des auteurs cités en référence. Toutefois une précision pour votre gouverne, le mot grec du Nouveau Testament pour l’enfer est "Hadès" qui fait aussi référence à la "place des morts". D’autres passages du Nouveau Testament indiquent que le Sheol et l'Hadès sont une place identique où les âmes attendent la résurrection finale et le jugement. Seul le livre de l'Apocalypse (20,11-15) donne une claire distinction entre les deux indiquant que l’enfer (le lac de feu) est le lieu permanent et final du jugement des damnés, l'Hadès étant une place temporaire.
Alors, sur le plan des domaines propres, si Jésus n’est pas allé véritablement en enfer parce que l’enfer est en réalité un royaume à venir qui ne perdurera qu’après le jugement devant le grand trône blanc (Apocalypse 20, 11-15), il est toutefois allé dans le Sheol ou l'Hadès, identique royaume selon Matthieu 11, 23; 16:18; Luc 10, 15; 16:23; Actes 2, 27-31), soit la demeure des sauvés et la demeure des damnés. Jésus est-il dès lors allé dans le Sheol ou bien dans l'Hadès ? paradoxalement les deux, oui, et clairement selon Ephésiens (4, 8-10) et 1 Pierre (3, 18-20).

Enfin, ne vous en déplaise, la mention "pro perfidis judaeis" n'a été supprimée qu'en 1959, par le pape Jean XXIII, et le peuple élu a bien joué un rôle direct dans la mort du Sauveur, ce qui n'exonère aucun homme, et surtout aucun chrétien, de sa responsabilité dans cette mort infâme :

«Mais il faut, ô pécheur, il faut que j'entre avec toi dans une discussion plus exacte ; il faut que j'examine si tu es beaucoup moins coupable que ne sont les Juifs. Tu me dis qu'ils n'ont pas connu le Sauveur : et toi, penses-tu le connaître ?... Non, non, tu ne le connais pas ; seulement tu en sais assez pour être damné davantage : comme les juifs, dont les rébellions ont été punies plus rigoureusement que celles des autres peuples, parce qu'ils avaient reçu des connaissances particulières.
Mais, me direz-vous, les Juifs ont crucifié le Sauveur. Et ignorez-vous, ô pécheur ! que vous foulez aux pieds le sang de son testament ; que vous faites pis que de le crucifier ; que, s'il était capable de souffrir, un seul péché mortel lui causerait plus de douleur que tous ses supplices ? Ce n'est point ici une vaine exagération ; il faut brûler toutes les Ecritures, si cela n'est vrai.... Le plus grand crime des Juifs n'est pas d'avoir fait mourir le Sauveur. Cela vous étonne : je le prévoyais bien ; mais je ne m'en dédis pourtant pas ; au contraire, je prétends bien vous le faire avouer à vous-mêmes.... Si les Juifs eussent fait pénitence, ils auraient trouvé dans le sang qu'ils avaient violemment répandu, la rémission du crime de l'avoir épanché. Tremblez donc, pécheurs endurcis, qui avalez l'iniquité comme l'eau.... Mais enfin, tôt ou tard, ou tu mettras fin à tes crimes par la pénitence, ou Dieu l'y mettra par la justice de sa vengeance. C'était le plus grand de tous les crimes ; crime jusqu'alors inouï, c'est-à-dire le déicide qui aussi a donné lieu à une vengeance dont le monde n'avait vu encore aucun exemple» ( La bonté et la rigueur de Dieu envers les pécheurs, 21 juillet 1652).

Écrit par : Zacharias | mercredi, 25 juin 2008

Il n'y a qu'un intérêt aux interventions de MdG, c'est de provoquer l'écriture de textes extrêmement pertinents et riches en éléments théologiques de premier ordre sous la plume de Zacharias ou de Restif. Pour le reste je suis d'accord, c'est un pénible bavard assorti d'une rare obstination qui frise avec la profonde surdité.

Écrit par : Hire | mercredi, 25 juin 2008

Parfaitement, Hire, s'il reste à MdG un minimum de dignité et d'honneur, qu'il fasse ce qu'il a à trois ou quatre reprises annoncé au fil des commentaire : qu'il quittait ce blog ; on verra s'il met en conformité ses actes avec ses paroles, lui qui veut nous faire la leçon et ainsi il pourra rejoindre sur d'autres sites les ravis de la crèche qui peuplent son Disneyland conciliaire.

Écrit par : Ronin | mercredi, 25 juin 2008

Si je puis me permettre je dirais que la promptitude des condamnations m'inquiète quelque peu. Dieu vomit les tièdes, on le redira bien volontiers. Certes mais il y a quelque orgueil à émettre une condamnation définitive de quelque frère sur la base d'un commentaire qui nous a déplu.

Pour le reste je ne peux que me ranger derrière les messages d'un ami qui se reocnnaitra et que je remercie ici avant que de le faire de plus directe façon (ami, un mail vous arrive ce soir)

Tanguy

PS: J'ajouterai pour ne pas prêter le flanc à quelque persifflage (hum je sais bien que je joue là avec le feu en utilisant ce mot, qu'importe ici même je revendiquerai quelques miettes de légéreté, que Dieu me padonne): Michel de Guibert a quelque peu ma sympathie cela est vrai (qu'ilo l'apprenne!) car mon tempérament malignement impulsif me fait chérir la sage modération de l'honnête homme (forme de conscience du temps long, de l'éternité et de notre vanité terrestre). Et cependant je trouve de bien belles choses sous les mots parfois durs de messire Zak... Mais je maintiens que ce fond lumineux gaderait sa beauté sans se hérisser de ardillons polémistes, c'est à mon sens une forme d'humilité très précieuse que de ne pas se prévaloir dans un affrontement humain et incarné de la langue de feu des prophètes. J'ai dit! (on voit par là que le donneur de leçon improvisé a juste image de la valeur de son enseignement, et que je sais faire preuve de courage avec une belle retenue...)

Dieu vous garde et votre insatiable soif de Lui.

Écrit par : Tang | mercredi, 25 juin 2008

@Tang, je vous rejoins dans votre regret de voir s'établir des échanges constructifs entre frères ayant des sensibilités différentes, aimant comme vous la confrontation des idées. Mais il est évident, devant son attitude un peu puérile de mouche du coche à la limite du trollage, que MdG ne joue pas vraiment le jeu du débat. Il se contente de picorer, par ci, par là, une ou deux phrases dans des explications fleuves de Zacharias ou de Restif, pour se remettre difficilement en selle, alors qu'il vient de se faire asséner des leçons à la redoutable précision, comme on l'a vu plus haut à de nombreuses reprises, et on peut comprendre, face à ce type de stratégie dérisoire et pénible, la lassitude d'un Zacharias (qui ne ménage pas ses efforts, sans agressivité particulière contrairement à ce qui est dit, pour aller au bout des choses), devant une tel comportement navrant qui s'est même singularisé à l'occasion par une faute du plus mauvais goût en ces lieux (ce qui, avec l'ami Zak, aurait pu tourner au drame) ayant qualifié les habituels contributeurs de "doctes puritains obsédés".

MdG, comme tous ceux qui ne partagent pas les vues de "La Question", peuvent venir s'exprimer, ce qui est rare dans le monde de la blogosphère, surtout sur les sujets abordés, où la plupart des contributions sont filtrées et modérées (Plunkett, etc.), mais il faut au moins faire preuve de bonne foi et d'un minimum d'honnêteté intellectuelle, et ne pas s'enfermer dans un rôle d'hyper critique systématique.

Je pense que Zacharias a bien résumé la situation :


"je crois que le débat (...) est vidé de sens avec vous, puisque vous venez ici pour vous faire le champion militant, pour d’obscures raisons qui vous appartiennent (et que je respecte malgré tout mais qui ne peuvent être confondues avec un critère de vérité objective), d'une thèse intenable, celle visant à soutenir le caractère traditionnel des schémas et textes conciliaires, qui sont tous marqués, et vous le savez très bien, par les conceptions d'une théologie novatrice qui sous Pie XII encore était frappée d'interdit par le Magistère."

Le problème est celui-ci, et il n'y en a pas d'autre. Dieu vous garde également l'ami - et vous serez toujours le bienvenu pour enrichir notre réflexion commune !

Écrit par : Pierre | mercredi, 25 juin 2008

@ Zacharias

Vous commencez par me critiquer pour dire la même chose in fine...

Je ne conteste pas l'intérêt de certains des textes que vous citez quand je parle de vos copiés/collés, mais il y a danger à ne pas toujours distinguer clairement les citations de vos commentaires ou à mettre des textes sans rapport direct avec la discussion pour en tirer des conséquences définitives.

Vous me répondez sur l'enfer et les enfers en introduisant le mot gec "Hadès" de sens voisin du mot hébreu "shéol" pour parler du lieu du séjour des morts... nous sommes d'accord, mais cela n'est pas le lieu de damnation communément appelé aujourd'hui "enfer" et auquel renvoie clairement le passage du Livre de l'Apocalypse que vous citez.

Quant à la la mention "pro perfidis judaeis", heureusement supprimée par Jean XXIII (dans la prière du vendredi Saint) comme vous le rappelez en raison des malentendus qu'elle risquait d'induire, elle n'a jamais signifié que le peuple juif était "déicide" (cela, c'est ailleurs), mais voulait parler des Juifs qui n'ont pas la vraie foi : c'est le sens originel du mot, mais l'acception moderne du mot "perfide" a un tout autre sens rendant cette suppression fort opportune.
Ne mélangeons pas tout !

Écrit par : Michel de Guibert | mercredi, 25 juin 2008

"Allez par tout le monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création. ceux qui croiront seront sauvés, mais ceux qui ne croiront pas seront condamnés." (Marc 16, 15-16)

Écrit par : Marc | mercredi, 25 juin 2008

Il est sans doute probable que la mention "pro perfidis judaeis" de l'ancien missel, alors que l'on priait encore en ce temps pour la conversion des juifs, avait un sens en rapport avec l'accusation du déicide :

«Le peuple juif du temps de Jésus, entendu au sens religieux, c'est-à-dire comme collectivité professant la religion de Moïse, fut responsable solidairement du crime de déicide. La Sainte écriture lé­gitime la dénomination qu'on a coutume de donner au judaïsme – entendu comme religion – de réprouvé par Dieu… Le fait que saint Paul considère encore Israël comme aimé de Dieu (du moins jusqu'à son temps!) n'annule pas la justice ou l'authenticité de la colère de Dieu. Les juifs peuvent-ils être appelés maudits de Dieu ? Il ne s'agit pas d'une malédiction formelle… On veut seu­lement manifester (ici) une malédiction objective, c'est-à-dire une situation concrète sur la­quelle Dieu exprime son jugement de condamnation et à laquelle une peine est concrètement liée. Une telle situation a été librement accep­tée par Israël. Tant que dure cette libre acceptation, l'état de malédic­tion objective subsiste avec toutes ses conséquences.»

Mgr Carli, évêque de Segni, 1963.

Écrit par : Louis | jeudi, 26 juin 2008

Mais on prie toujours, lors de la liturgie du Vendredi-Saint, pour la conversion des juifs :


« Prions aussi pour les Juifs, afin que notre Dieu et Seigneur illumine leur cœur pour qu’ils reconnaissent Jésus Christ, sauveur de tous les hommes […] Dieu Tout-Puissant et éternel, Qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la reconnaissance de la vérité [cf. 1ère Epître à Timothée 2, 4], accorde, dans Ta miséricorde, que la plénitude des nations entrant dans Ton Eglise, tout Israël soit sauvé… ».

L'ancienne formule du missel d'avant 1962 était la suivante :

« Prions aussi pour les Juifs, afin que Dieu notre Seigneur enlève de leur coeur le voile qui les empêche de reconnaître notre Seigneur Jésus-Christ. Prions : Dieu éternel et tout-puissant, vous ne refusez jamais votre miséricorde, même aux Juifs; entendez les prières que nous offrons pour l’aveuglement de ce peuple, afin qu’il reconnaisse la lumière de votre Vérité, qui est le Christ, et soit délivré de ses ténèbres. Nous vous le demandons par le même Jésus-Christ … »

Écrit par : André | jeudi, 26 juin 2008

L'Osservatore Romano a publié une note de la secrétairerie d'Etat qui annonce que: En se référant aux dispositions contenues dans le Motu Proprio « Summorum Pontificum », du 7 Juillet 2007, sur la possibilité d'utiliser la dernière rédaction du Missale Romanum, antérieure au Concile Vatican II, publiée en 1962 avec l'autorité du bienheureux Jean XXIII, le Saint Père Benoît XVI a décidé que l'Oremus et pro Iudaeis de la Liturgie du Vendredi Saint contenu dans le Missale Romanum soit remplacé par le texte suivant:

Oremus et pro Iudaeis
Ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum.
Oremus. Flectamus genua. Levate.
Omnipotens sempiterne Deus, qui vis ut omnes homines salvi fiant et ad agnitionem veritatis veniant, concede propitius, ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israel salvus fiat. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Traduction française :

Prions aussi pour les Juifs, afin que notre Dieu et Seigneur illumine leur cœur pour qu’ils reconnaissent Jésus Christ, sauveur de tous les hommes.
Prions. Fléchissons les genoux. Levez-vous.
Dieu Tout-Puissant et éternel, Qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la reconnaissance [*] de la vérité [cf. 1ère Epître à Timothée 2, 4], accorde, dans Ta miséricorde, que la plénitude des nations entrant dans Ton Eglise, tout Israël soit sauvé. Par le Christ Notre Seigneur. Amen.]

Ce texte devra être utilisé, à partir de l’année courante, dans toutes les Célébrations de la Liturgie du Vendredi Saint avec le Missale Romanum.

Le Vatican, le 4 février 2008.

Écrit par : Pro Iudaeis | jeudi, 26 juin 2008

Le catéchisme Romain dit "du Concile de Trente", enseignait très clairement la même chose (1re Partie, chapitre 5, §3) que la citation opportune de Bossuet faite par Zacharias plus haut. On y lit :

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sur ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. »

Écrit par : Radek | jeudi, 26 juin 2008

Merci Radek ; c'est précisément ce que je disais à Zacharias quand j'écrivais :
- il me paraît impossible de dire que "les Juifs ont tué sciemment le Fils de Dieu" puisque précisément ils n'ont pas reconnu en Jésus le Christ et encore moins le Fils de Dieu...

Me voilà une nouvelle fois en bonne compagnie en dépit de mes détracteurs !

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

@ André

Oui, on prie toujours, lors de la liturgie du Vendredi-Saint, pour la conversion des juifs ; dans le nouveau missel, la formule diffère :

"Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu'ils progressent dans l'amour de son Nom et la fidélité à son Alliance.

Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l'Alliance, comme ton Eglise t'en supplie. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur."

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

La question est très délicate, d'autant après les évènements tragiques du siècle dernier. En fait c'est au IVe siècle que Jean Chrysostome parlera pour la première fois d'une manière ferme des Juifs comme étant "hostiles à Dieu", et c'est lui qui va développer ce concept de "déicide". Il n'emploie pas encore le terme précis, c'est Pierre Chrysologue au Ve siècle qui le fera le premier. Ce n'est qu'au XVIe siècle, que le Concile de Trente a tenté de remédier à ces affirmations. Les Juifs sont disculpés de l'accusation univoque de déicide qui est étendue à tous les hommes. La responsabilité collective des Juifs dans la mort de Jésus a été démentie, non sans tordre un peu les écritures, seulement en 1965, avec la déclaration du Vatican "Nostra Aetate", tout en continuant à inviter les chrétiens à prier pour la conversion des juifs.

C'est pourquoi l'Ecriture Sainte est sur cette question d'un grand secours, d'ailleurs le verset de Jean 19, 7 présente la version des faits comme suit : « Les Juifs lui répliquèrent : ‘Nous avons une loi, et selon cette loi, il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu’ » [version cité ici selon la TOB pour plus de modération ]. L'emploi de hoi Ioudaioi (les juifs), peut être facilement compris comme légitimant l’ancienne accusation de déicide, puisqu’il dépeint des juifs affirmant que quiconque se prétend fils de Dieu doit être mis à mort.
Le verset de Jean 19, 15 [« Mais ils se mirent à crier : ‘A mort ! A mort ! Crucifie-le !’Pilate reprit : ‘Me faut-il crucifier votre roi ?’ Les grands prêtres répondirent :’Nous n’avons pas d’autre roi que César’ », toujours la TOB)] peuvent tendre à souligner que le texte décrit ici les autorités d’Israël renonçant à Dieu comme leur roi et annulant ainsi l’alliance d’Israël avec Dieu. Affirmation de la théologie narrative contredite directement par de nombreux documents officiels catholiques récents : ainsi le pape parle aujourd’hui des juifs comme de « partenaires d’une alliance d’amour éternel qui n’a jamais été révoquée » (Jean Paul II, « Discours à des autorités juives à Miami », 11 septembre 1987, in Fisher et Klenicki, Spiritual Pilgrimage, 105-106.)

D'autre part, il faut noter que Jean 11, 48, « sinon les Romains interviendront et ils détruiront et notre Lieu saint et notre nation » [toujours TOB] renforce l'idée d'une responsabilité collective, déjà présente dans le verset précédent par la référence au conseil de Caïphe. Le développement de la référence qui existe déjà, fournit la raison déclarée pour laquelle Caïphe pense « qu’il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple » [id. TOB].

Matthieu n'est pas moins explicite : "Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l'Homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix, et le troisième jour, il ressuscitera. (Matthieu 20, 18-19). "Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le Palais du grand prêtre qui s'appelait Caïphe, et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le mettre à mort" (Matthieu 26, 3-4). "Or les grands prêtres et le Sanhédrin tout entier cherchaient un faux témoignage contre Jésus en vue de le faire mourir." (Matthieu 26, 59).

Nous sommes donc dans des domaines, comme nous le constatons, qui exigent un examen trés attentif, et la déclaration du concile de Trente que devait connaître Bossuet ainsi que le démontre la judicieuse citation faite par Zacharias, (à laquelle il semble adhérer par ce qu'il confirme avec sa pertinente et remarquable formulation : "le peuple élu a bien joué un rôle direct dans la mort du Sauveur, ce qui n'exonère aucun homme, et surtout aucun chrétien, de sa responsabilité dans cette mort infâme"), qui étend à tous les hommes, sans en exclure les juifs, la responsabilité de la mort du Christ, en insistant sur la responsabilité supérieure des chrétiens, y compris par rapport aux juifs, est d'une grande perfection théologique : "...Ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sur ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. »

Écrit par : Synésius | jeudi, 26 juin 2008

Merci Synésius pour cet exposé lumineux.

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Signe des temps....





Polémique autour d'un crucifix en Isère

Source : AFP 24/06/2008 |



Un musulman a obtenu après l'avoir exigé de façon véhémente le retrait d'un crucifix accroché au mur de la chambre de sa fille soignée dans une clinique catholique de Bourgoin-Jallieu (Isère), indique le Dauphiné libéré dans son édition de mercredi.

Lundi en fin d'après midi, à la clinique Saint-Vincent de Paul, le père d'une petite fille, qui venait de subir une intervention chirurgicale programmée, a demandé que le personnel décroche un crucifix de la chambre de sa fille. "Pendant près d'un quart d'heure, le père en présence de son épouse s'est emporté verbalement, exigeant que le crucifix soit décroché", a raconté un témoin, cité par le Dauphiné libéré. Le personnel de l'établissement a finalement cédé à cette exigence.

La direction de la clinique a exprimé son étonnement. La directrice de la clinique, Marie-Thérèse Besson, a déclaré au Dauphiné libéré que cette demande était "surprenante de la part d'une famille qui a choisi librement notre établissement".
"Quand les gens choisissent d'être soignés dans notre établissement (...) ils savent qu'ils sont dans une maternité catholique", a ajouté Mme Besson.

Écrit par : Signe des temps... | jeudi, 26 juin 2008

CHAPITRE IV ( "Dei Verbum")

L'ANCIEN TESTAMENT

L'histoire du salut consignée dans les livres de l'Ancien Testament

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Et voilà à quoi conduisent logiquement les délirantes positions qui inspirèrent les déclarations de Vatican II, dont celle, entre autres, de "Dei Verbum" et "Notra Aetate", etc., fondées sur les vues de la nouvelle théologie relativiste et immanentiste lubacienne, à savoir contester, à terme, au Christ et à son Eglise, d'être les instruments par excellence du Salut pour les hommes en ce monde, en osant déclarer, à Rome même s'il vous plaît ! qu'il est nécessaire à présent de "remettre en question l’universalité du salut en Jésus Christ" - (et c'est un prêtre qui s'exprime !) - On viendra nous dire après ça que le venin infect de la désorientation doctrinale ne s'est point introduit dans l'esprit même du clergé conciliaire :



« Il semble que le seul moyen de désabsolutiser le christianisme comme religion universelle de salut et de prendre au sérieux la portée salutaire des autres religions soit de remettre en question l’universalité du salut en Jésus Christ. Et puisque c’est en tant même que Verbe fait chair que Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, on interprétera le langage de l’incarnation comme un langage métaphorique pour désigner l’ouverture exceptionnelle de Jésus à Dieu. (…) puisque Dieu travaille au salut de tous les hommes à travers d’autres médiations que le Christ, il faut renoncer à considérer le Christ comme la cause exclusive et constitutive du salut de tous les hommes. » (Claude Geffré, o.p. La prétention du christianisme à l'universel: Implications missiologiques Rome,18 octobre 2000)

« Ainsi, alors que nous portons un jugement positif sur le pluralisme religieux, nous ne pouvons plus aussi facilement que dans le passé conclure à l’universalité du christianisme à partir de l’universalité de Jésus Christ. » (Ibid.)

« L’Église n’a pas le monopole du salut advenu en Jésus Christ. En vertu même du dessein de Dieu et de l’universalité du mystère du Christ, le Règne de Dieu peut advenir à sa manière dans les autres traditions religieuses de l’humanité. » (Ibid.)


Et bien voyons, continuons avec ce genre de discours démentiel, et bientôt flottera sur le Vatican le croissant islamique, et les statues de Bouddha et Shiva, en autres idoles, viendront remplacer celles des saints ! On comprend mieux le réveil, hélas tardif, de Montini : "La fumée de Satan s’était répandue dans le Temple de Dieu à la suite du Concile Vatican II. On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude » (Homélie du 29 juin 1972), et il faudrait rajouter à présent : l'apostasie !

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

Mais alors c'est ce à quoi mène le dialogue interreligieux dont nous parle, et nous vante les mérites à longueur de journaux conciliaires, l'Eglise moderne ? A "renoncer à considérer le Christ comme la cause exclusive et constitutive du salut de tous les hommes"?
Mais je rêve, car là attention, c'est plus de la plaisanterie intellectuelle, des considérations et positions philosophiques déviées, on nage en plein reniement abominable, c'est de l'apostasie pure et simple, effectivement Zak. C'est une honte inacceptable, une insulte faite à Jésus-Christ et à l'universalité de son oeuvre rédemptrice - horrible !

Écrit par : Hire | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

Ces propos du père Claude Geffré ne sont pas ceux du Concile Vatican II, pas ceux de la déclaration "Nostra aetate" qui traite des relations de l'Eglise avec les religions non chrétiennes , et encore moins ceux de la Constitution "Dei Verbum" qui traite de la Révélation divine et qui dit clairement dès le §2 :
"La profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui et sà la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation."

Pas d'amalgame, SVP !

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Pour info, Rome s’est opposé récemment à la remise d’un doctorat honoris causa au théologien Claude Geffré pour l’ensemble de son oeuvre par la faculté de théologie catholique de Kinshasa, au Congo.

Extraits d'un entretien dans "La Vie" du 31 mai 2007

Mais, en 2000, la promulgation du texte Dominus Iesus vous visait bel et bien ?

C.G. La déclaration de Dominus Iesus, en août 2000, est un avertissement adressé par la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors présidée par le cardinal Ratzinger, à des théologiens, notamment indiens et américains, et aussi européens, comme le père Jacques Dupuis et moi-même. Elle condamne les « théories relativistes qui justifient le pluralisme religieux, de facto, mais aussi de jure (ou de principe) ». Or, notre travail consiste à dire que le pluralisme religieux n’est pas seulement un état de fait, mais peut relever d’un pluralisme de principe inhérent au dessein mystérieux de Dieu. Il s’agit donc de s’interroger sur la signification, à l’intérieur du dessein de Dieu, des traditions religieuses qui se situent hors de la révélation judéo-chrétienne.

Au fond, quel est le problème ?

C.G. Pour schématiser, disons que, durant des siècles, on s’en est tenu au précepte : « Hors de l’Église, point de salut. » La théologie des religions demeurait dans la problématique du salut des infidèles. C’est la position « exclusiviste ». Au XXe siècle, lors de Vatican II, avec la déclaration Nostra Aetate, on a reconnu qu’au-delà du christianisme il peut y avoir des semences de vérité et de bonté dans les autres traditions religieuses. On peut dire que les « pères » de VaticanII ont appliqué aux religions ce que les Pères de l’Église disaient de la sagesse philosophique grecque, comme « reflet » de la vérité du Verbe de Dieu, en reconnaissant qu’il y a eu tout au long de l’histoire humaine des semences du Verbe avant même l’incarnation du Christ. La théologie « officielle » qui est sous-jacente aux textes de Vatican II est celle de la théologie de l’accomplissement : c’est-à-dire que le Christ « accomplit » ce qu’il y a de potentiellement chrétien dans d’autres religions. Cela revient à dire que tout ce qu’il y a de vrai et de bon dans les autres religions est une sorte depréparation à l’Évangile. C’est une position « inclusiviste ». Des théologiens, dont je suis, veulent dépasser cette position dans le sens d’une théologie du pluralisme religieux.


Voir la totalité par le lien : http://www.islamlaicite.org/article647.html

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Assez de bavardage oiseux ! Le petit jeu d'hypocrite n'a que trop duré et l'hideuse évidence de l'apostasie conciliaire est incontournable !

Ainsi, cela est incontestable, par l'effet des idées toxiques et fantaisistes qui se sont imposées à Vatican II, le pluralisme religieux est devenu un fait central de la nouvelle pastorale, indigne et apostate, de l'Eglise moderne.
A ce titre Vatican II, dont l'immense responsabilité est bien engagée, est en rupture avec toute la tradition catholique en proposant une vision avantageuse des religions non chrétiennes, invitant au dialogue avec les idolâtres : « changement révolutionnaire opéré par l’Église catholique », dit Claude Geffré (De Babel à Pentecôte, Essais de théologie interreligieuse, Cerf, p. 15).

La Déclaration Nostra aetate promulguée lors de Vatican II, a ainsi adopté, pour la première fois de l'histoire de l'Eglise, une attitude positive vis-à-vis des religions non chrétiennes, en quittant l’exclusivisme du « Hors de l’Église pas de salut ». On a reconnu tout à la fois que ces religions comportaient des éléments importants de vérité (elles sont autre chose que de l’idolâtrie), et que les croyants sincères qui adhèrent à ces religions ont accès au salut, ce qui est de la démence délirante !

Extrait :


"L’Église reconnaît et apprécie ce qui est vrai et saint dans ces religions ; leurs règles et doctrines apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes" (Nostra aetate n° 2).

Le naturalisme du père de Lubac, ami personnel de l'hindou Monchanin qui vécu en Inde sous le nom de swami Parama Arubi Ãnandam, est à la souce directe de cette folle position panthéiste qui se montre également dans "Gaudium et Spes" : « L'Esprit Saint offre à tous d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé aux mystères pascal » (Gaudium et Spes, 22).

C'est un renversement complet des conceptions traditionnelles de l'Eglise est un reniement total de toute sa doctrine ancestrale, qui a son origine dans les Ecritures : « Tous les dieux des nations sont des démons » (Psaumes 96, 5).

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

Il est intéressant d'écouter le père Geffré lui-même, dans un entretien accordé à le revue Theologia, avouer son admiration et sa dette envers Vatican II, et d'en expliquer la radicale nouveauté puisqu'il adhère aux thèses introduites par ses maîtres de Lubac ou Chenu dans les actes officiels du concile.

Theologia :

Vous avez enseigné la théologie avant, pendant et après Vatican II. Pourriez nous dire un mot sur l’influence que le Concile a eu sur votre manière de penser la foi et d’enseigner la théologie?



C. Geffré :

(...)

Le premier impact du Concile a donc concerné la question de la révélation. Dei Verbum a été un grand texte qui a renouvelé notre théologie fondamentale. C’était pour moi la confirmation des choses que j’avais déjà enseignées ou que je trouvais déjà dans un certain nombre d’auteurs comme de Lubac. C’était un peu la fin de l’apologétique rationnelle et la certitude que la théologie fondamentale était une partie intégrante de la théologie. On comprenait mieux qu’on ne pouvait pas opter pour une telle théologie fondamentale sans avoir une autre conception de la révélation, c’est-à-dire une révélation qui ne serait pas simplement un corpus doctrinal mais la communication de Dieu dans l’hstoire. Le point peut-être le plus important du Concile pour les théologiens de ma génération, c’était la conviction qu’on ne pouvait pas méconnaître l’importance de l’histoire dans l’enseignement de la théologie, et que notre rapport à la révélation, ce n’était pas simplement le rapport à des articles de foi, à des vérités dogmatiques, mais le rapport à une Écriture reçue comme Parole de Dieu par l’Église, au message du Christ traduit et réinterprété dans une communauté de foi.

On a dans Dei Verbum des éléments extrêmement importants pour ne pas séparer la révélation comme parole et la révélation comme histoire. Et aussi une autre conception de la foi, c’est-à-dire que la foi n’est pas simplement l’adhésion à un contenu notionnel mais une attitude où l’on ne peut jamais distinguer l’adhésion intellectuelle de la confiance en Dieu et de l’expérience théologale du mystère de Dieu. On pourrait dire que l’historicité et l’expérience sont deux valeurs fondamentales qui ont été confirmées par le Concile Vatican II dans l’expérience de ce qu’est la théologie. Et je trouvais déjà cela chez mon maître, le Père Chenu, dans ses premiers écrits et dans son Discours-programme, Le Saulchoir, une École de théologie, qui datait de 1937.

Par ailleurs, bien sûr, je pense qu’un des textes qui m’a le plus marqué comme théologien, c’est la Déclaration sur la liberté religieuse. Et on ne peut pas dissocier Lumen Gentium, le grand texte sur l’Église, de la Déclaration sur la liberté religieuse parce que c’est là qu’on affirme qu’on ne doit pas en rester à une conception qui serait encore l’idéologie de la vérité obligatoire sous prétexte que cette vérité est une vérité révélée.

Cette vérité, en effet, doit toujours être articulée avec la conscience humaine. La conscience prise abstraitement n’a pas de sens et la vérité prise abstraitement n’a pas de droit. Ni la vérité ni l’erreur n’ont de droit; ceux qui ont des droits ce sont ceux qui adhèrent à la vérité ou ceux qui choisissent ce que nous appelons l’erreur; or même cette erreur est à respecter.

Finalement, on hypostasie l’absolu de la vérité si on ne l’articule pas avec le caractère inviolable de la conscience humaine. Et cela a été pour moi le point de départ d’une réflexion sur le dialogue de l’Église catholique avec les Églises séparées et aussi le dialogue de l’Église avec les religions non chrétiennes. Finalement, et je le pressentais déjà du point de vue philosophique et du point de vue théologique, il faut accepter que dans l’ordre religieux nous soyons en présence d’une vérité plurielle si j’ose dire, et que nous ne sommes pas simplement dans l’alternative de l’absolu et du relatif, comme si toute vérité relative était nécessairement fausse.



Theologia :

La parole des Pères du Concile sur le dialogue, sur cette écoute respectueuse de l’autre qui aille jusqu’à se laisser interroger par son expérience, est donc absolument essentielle pour tous ceux qui veulent faire de la théologie aujourd’hui.



C. Geffré :

Je pense que la Constitution Gaudium et Spes sur l’Église dans le monde de ce temps met fin à une sorte de situation d’autonomie et d’autosuffisance de l’Église par rapport à un monde qui est dans l’erreur ou dans la pluralité des vérités parce que ce qu’a signifié cette Constitution, c’est l’idée que l’Église devait être aussi à l’écoute du monde. Elle est toujours "Mater et magistra", elle est toujours l’Église enseignante, elle est la gardienne d’un dépôt qui est le dépôt de la foi, mais en même temps elle doit être à l’écoute de ce qui germe dans la conscience humaine. Et je pense que le Concile nous a appris que nous ne pouvions pas opposer la Parole de Dieu qui a été consignée dans le corpus des Écritures à la parole de Dieu qui se cherche, qui se murmure, sous forme de l’appel de la conscience humaine. C’est là que l’on trouve cet élément que je trouve très important, c’est-à-dire le dialogue de l’Église enseignante, garante de la parole du Christ, de la Parole de Dieu, avec le consensus de la conscience humaine universelle tel que ce consensus s’est traduit dans un certain nombre de textes, en particulier de chartes, comme la charte des droits de l’homme. S’’il est vrai en effet que l’on ne peut pas parler d’un progrès des mœurs en général, il y a tout de même un progrès au sens d’une plus grande lucidité sur ce que sont les aspirations fondamentales de la conscience humaine. Et ces aspirations et cet appel, on peut penser qu’ils viennent aussi de Dieu s’il est vrai que l’homme a été créé à l’image de Dieu.

Écrit par : Theologia | jeudi, 26 juin 2008

Mais le plus délirant est à venir dans cet entretien (fort précieux par les révélations que l'on y rencontre sur les animateurs inspirés de la désorientation doctrinale du dernier concile : Yves Congar, Karl Rahner, Marie-Dominique Chenu, de Lubac), à savoir les regrets du père Geffré que les fruits de Vatican II ne soient pas à la hauteur de ses espérances révolutionnaires en divers domaines : "Vatican II, dit-il, n'a pas tenu ses promesses" - on imagine avec de tels propos insensés, les intentions folles que peuvent nourrir les partisans du courant moderniste au sein de l'Eglise actuelle :

Theologia :

Vous situez toute votre réflexion dans la dynamique du Concile Vatican II. Aujourd’hui, certains affirment qu’il existe dans l’Église une tendance forte qui manifeste un recul par rapport à l’esprit du Concile. Est-ce vrai? Et si oui, est-ce que ce recul influence votre manière de faire votre métier de théologien ?




S’il est vrai que le Concile doit beaucoup à des hommes comme Yves Congar, comme Karl Rahner, comme Marie-Dominique Chenu, comme de Lubac et Danielou, il ne faut pas oublier que tous ces gens là ont tout de même eu, d’une manière ou d’une autre, à souffrir de l’Eglise avant le Concile. Ce n’est que dans un seccond temps que Jean XXIII a fait appel à eux.

On sait comment les questionnaires envoyés à tout l’épiscopat du monde avant le Concile ont été préparées par le Saint-Office de l’époque. Et plusieurs des projets de textes proposés à l’ouverture du Concile ont été récusés par la majorité des Pères du Concile. Alors, comme beaucoup de jeunes théologiens n’ont pas connu cette période là, ils ont l’impression que l’Église de Vatican II a toujours existé. Les théologiens de ma génération sont évidemment plus sensibles aux changements considérables qui ont été opérés.

Mais derrière la question que vous posez, je devine un problème plus délicat, je veux dire le problème de savoir comment articuler la lettre du Concile et son esprit. Le problème se posait dèjà lors même du déroulement du Concile, parce qu’il y a eu des textes qui, même s’ils étaient votés à une grande majorité, étaient en fait des textes de compromis. On cherchait en effet à obtenir le consensus le plus large en tenant compte au point de vue doctrinal de l’avis de la minorité.

Alors, quand on fait une herméneutique du Concile aujourd’hui, 40 ans plus tard, il y a tout un courant dans l’Eglise qui est plutôt soucieux de manifester la continuité entre l’enseignement traditionnel de l’Église, celui du Concile de Trente et de Vatican I et puis celui de Vatican II. Mais il y a d’autres théologiens qui sont plus sensibles à la nouveauté de Vaticn II, on pourrait même dire la rupture dans le bon sens du terme, à savoir la rupture instauratrice de Vatican II par rapport à l’enseignement de Vatican I et par rapport à l’enseignement du magistère de Pie XII juste avant Vatican II.

Et je pense que les textes du Concile ont, comme beacoup de textes dans l’Église, un statut encore provisoire. Ils sont donc ouverts aussi sur un avenir. Autrement dit, la réception de Vatican II n’est pas terminée. Or il semble qu’actuellement dans l’Église, ceux qui détienent le pouvoir magistériel soient surtout soucieux de ne pas prolonger ce temps de réception et de le clore assez vite. On risque alors de ne pas expliciter, de ne pas déployer ce qu’étaient les promesses de Vatican II tant du point de vue de ses textes que de son esprit, et qui, depuis 40 ans, n’ont pas été réellement mises en oeuvre pour des raisons diverses. Je dirais par exemple que l’enseignement doctrinal du Concile n’a pas entraîné d’ applications majeures dans l’ordre de l’institution ecclésiale comme telle, en particulier en ce qui concerne la dialectique qui devrait toujours exister entre l’enseignement du magistère romain et puis l’enseignement des Églises locales tel qu’il s’exprime à travers les conférences épiscopales dispersées dans le monde.

La centralisation de l’Église s’est renforcée sous le pontificat de Jean-Paul II et donc là, certainement, du point de vue de l’articulation entre la primauté romaine et la collégialité épiscopale, Vatican II n’a pas tenu ses promesses.

Écrit par : Theologia | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

La recherche sincère de Dieu n'est pas méprisable ; le mépris ne conduit pas les hommes à reconnaître en Jésus le Chemin, la Vérité et la Vie.
Votre manière conduit à cacher aux hommes de bonne volonté, ou au moins à obscurcir, la vraie source du Salut.

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

@ Theologia

En vous lisant, je me dis que je dois faire partie de ce "courant dans l’Eglise qui est plutôt soucieux de manifester la continuité entre l’enseignement traditionnel de l’Église, celui du Concile de Trente et de Vatican I et puis celui de Vatican II"...

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Vous êtes un irresponsable doublé d'un fou délirant MdG, le tout enrobé dans une naïveté confondante et une bêtise recuite. Nous ne sommes pas, dans les domaines que nous abordons, au niveau de la moraline délayée pour classe de préparation à la communion, mais dans des enjeux spirituels gigantesques, dont le monde d'aujourd'hui nous montre la redoutable préfiguration, et les déclarations dingues de Vatican II, qui engagent gravement sur le plan spirituel ceux qui les soutiennent et ceux qui les ont défendues, entraîne inexorablement l'Eglise dans un abîme terrible que vous aurez contribué, par votre navrante confusion volontaire, à bâtir.

Lorsqu'on lit Notra Aetate, déclaration inspirée des vues chimériques des idiots et décervelés intellectuellement qui avaient oublié les funestes conséquences de la chute et du péché originel sur la désorientation naturelle du coeur des hommes inconvertis, on s'aperçoit que les positions qui portent précisément sur l’Islam, nous donnent peu de chance d’échapper à la dhimmitude dans peu de temps. C'est un texte stupide et rêveur, dont l’irénisme mensonger jure grossièrement avec les durs constats de l’implantation islamique et la présentation de l’Islam que l'on y donne, et ce dans un acte officiel de l'Eglise qui plus est ! s’oppose profondément à la dure réalité de notre monde :

"Ch.3. L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne.

Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s'efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu'à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté."


Continuez à défendre de façon imbécile et grotesque ces positions irresponsables et fausses, et vous finirez assurément, peut-être plus vite que vous ne l’imaginez, avec des babouches aux pieds et une djellaba sur le dos MikaEl, tout en louant, dans votre prêchi-prêcha new-âge enrobé d'un pseudo vernis catho, "La recherche sincère de Dieu" en invoquant, contraint et forcé, les grandeurs d'Allah !

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

Votre ton ne convient pas à l'évangélisation ; le mépris et la haine ne conduisent pas les hommes à reconnaître en Jésus le Chemin, la Vérité et la Vie.

Il ne peut y avoir dissociation de l'amour de la vérité et de la charité, sous peine d'être un écran plutôt qu'une lumière sur les pas de ceux qui cherchent Dieu.

Vous devrez un jour en répondre...


Je livre à la méditation de ceux qui fréquentent ce blog ces deux belles citations :


D’une homélie de Saint Grégoire de Nazianze

Rien n’est plus agréable à Dieu que le salut des hommes et leur retour, c’est la clef de tout enseignement et de tous les mystères. Il en sera ainsi si vous êtes comme une lumière dans le monde, comme une force vitale pour les autres hommes, et comme de petites lumières autour du Christ, la Grande Lumière, reflétant sur vos traits sa Splendeur céleste.


D’une prière du Cardinal Newman

Demeure en moi, Seigneur Jésus, et alors je pourrai, comme Toi, rayonner au point d’être à mon tour une lumière pour les autres, lumière, Seigneur, qui émanera complètement de Toi.
C’est Toi qui, à travers moi, illumineras les autres. Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire, la louange que tu préfères, en Te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent.


Dieu vous garde !

Michel de Guibert

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Pour ce qui est de vous MikaEl, votre ton convient admirablement et s’adapte à merveille aux rêves de soumission et aux sentiments de vifs mépris à notre égard des tenants des religions non-chrétiennes qui aspirent à nous convertir et qui rigolent franchement de vos pamoisons imbéciles. Vous êtes un nigaud idéaliste dénué de trois sous de cervelle, enivré par vos tisanes spirituelles distribuées dans les rayons « spiritualités du monde » des librairies anciennement catholiques, vous enfermant dans votre ridicule et assez pathétique défense de la continuité traditionnelle de Vatican II dans le confort de votre salon au moment où le monde est à la veille de terribles menaces.

Si l'on devait admettre avec vous et tous les crétins vidés de verticalité missionnaire, et comme le dit Nostra Aetate, que « toutes les religions comportent des éléments de vérité », ce qui revient à dire, d'une manière ou d'une autre, qu'il n'y a pas une différence de nature, mais des différence de degrés, entre la religion chrétienne et les religions non chrétiennes, on aboutirait inévitablement à la transmutation du catholicisme, ce qui fut fait lors du dernier concile, en une espèce de philosophie anthropo-évolutiono- naturalo-théiste universaliste, qui est une hérésie patente, une démission de l’esprit, et une ruine conceptuelle contraire à la foi et aux évangiles.

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

J'ai l'impression que MdG, qui avait été pourtant prévenu, va sans doute passer un moment problématique dans les pattes de Zak - son petit numéro d'hier aura peut-être énervé notre ami ?

Écrit par : Enzo | jeudi, 26 juin 2008

"Ch.3. L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l'aumône et le jeûne."

Il faut croire que ceux qui ont inspiré Nostra Aetate n'ont jamais lu le coran, voici ce que dit le gentil Muhammad :

Sourate IV, verset 156 /157 : "Nous les  avons maudits [les Juifs] pour avoir dit : « Nous avons tué le Messie , Jésus, fils de Marie, l'apôtre d'Allah ! » alors qu’ils ne l’ont ni tué ni crucifié mais que son sosie a été substitué à leurs yeux."

Sourate IV, verset 171. " ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas “Trois”. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous.
Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est
dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur . "

La vision qu’a Muhammad du Christianisme, c’est " Da Vinci Code " : la Trinité, ce n’est pas le Père, Jésus et Marie mais le Père, le Fils et le Saint Esprit. Quant à dire que c’est un sosie qui a été substitué à Jésus, il y a vraiment de quoi se tenir les côtes.

Mais, après, on n'a plus envie de rire car les chrétiens sont considérés comme infidèles et qu'est-ce qu'on leur fait aux infidèles? Réponse ci-dessous:

Sourate V, verset 19 / 17 : "Infidèles ont été ceux qui ont dit : " Allah est le Messie, fils de Marie "".
Sourate V, verset 77 / 73 : "Impies ont été ceux qui ont dit : " Allah est le troisième d'une triade "".
Sourate IV, verset 54 / 48 : "Allah ne pardonne point qu'il lui soit donné des Associés, alors qu'Il pardonne, à qui Il veut, les péchés autres que celui-là. Quiconque associe à Allah, commet un immense péché".
Sourate XLVII, verset 4 "Tuez les infidèles jusqu'à en faire un grand carnage".
Sourate IV, verset 91: "Saisissez-les et mettez-les à mort partout où vous les trouverez" et versets 93,94 du même acabit.

MdG, il n' y a pas de miséricorde sans justice, et la justice, c'est trancher, trancher entre le vrai et le faux, le réel et l'illusoire et il faut arrêter le discours "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" et il est gravissime pour des prélats de ce niveau de méconnaître à ce point la véritable nature de l'islam qui est l'ennemi déclaré des chrétiens et des juifs.

Écrit par : Ronin | jeudi, 26 juin 2008

Je me retrouve bien dans votre discours de Zak - vous avez au moins pour vous le mérite de la clarté, et les formulations adéquates concernant les enjeux de la situation. Quand on entend le discours des curés en paroisses à propos des problèmes sociaux, on croit parfois être dans une réunion syndicale, et les éléments doctrinaux de Vatican II, ne sont pas étrangers à cet état lamentable de la catholicité. A quoi bon dès lors vouloir s'obstiner à conférer au concile un caractère conforme à la tradition de l'Eglise - ça ne tient pas un instant c'est évident.

Écrit par : Ruben Guillard | jeudi, 26 juin 2008

Merci Ronin pour vos citations significatives. "Notra Aetate" est un délire de hippies sous influence d'hallucinogènes puissants, c'est une paraphrase des chemins de Katmandou en version catholique. Il faut se réveiller de ses balivernes pour freaks attardés non revenus des sources du Gange sous peine de lendemains délicats pour la chétienté.

Écrit par : Hire | jeudi, 26 juin 2008

De plus, l'islam n'est pas "la troisième religion d'Abraham" mais une imposture comme le montre l'article suivant:

http://patrickferner.hautetfort.com/archive/2006/10/02/islam-quelle-legitimite-spirituelle.html

Écrit par : Ronin | jeudi, 26 juin 2008

Une belle Djellaba pour MikaEl:


http://vetements.vivastreet.fr/mode-chaussures+assevent-59600/vds-belle-djelaba/2455360/p

Écrit par : Belle Djellaba | jeudi, 26 juin 2008

Mieux vaut allumer une lampe que maudire l'obscurité !

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Vous êtes sous hypnose MdG et votre comportement en témoigne, vous ne parlez plus par vous-même mais sous l’effet des psychotropes conciliaires que vous avez trop consommés – en réalité vous êtes un toxicomane qui, dans vos hallucinations chimériques, identifie encore la curie, dans votre naïveté imbécile, au temps où régnait S. Pie V., qui lui n’eut pas peur, constituant la « Sainte Ligue », en 1571, d’aller défier les ottomans et les vaincre à Lépante alors que l’Europe était menacée.

Mais que fit pourtant le 29 janvier 1965, Paul VI faisait un geste digne de lui, ce qui en dit long sur les dingueries qui se sont introduites à Rome aujourd’hui à la faveur de la révolution conciliaire ?

Il livrait aux Turcs l’étendard de Lépante qui, depuis presque 400 ans, avait été conservé dans la Basilique de Sainte Marie Majeure comme ex-voto à la Vierge Tutélaire, protectrice de la Chrétienté. C’était un drapeau qui se trouvait sur la felouque amirale, pendant la célèbre bataille navale du 7 octobre 1571, bataille qui sauva l’Occident chrétien de la menace de l’occupation musulmane. Saint Pie V, qui avait eu durant ces mêmes heures la vision de la victoire, institua par la suite la fête de Notre Dame du Rosaire, justement pour perpétuer le souvenir de cette victoire, due uniquement à l’intercession de la Vierge Mère de Dieu.

Hé bien ! Paul VI accomplit ce geste honteux, allant jusqu’à y joindre un “Bref” aux Autorités turques, dans lequel il découvrait en partie sa pensée :

- « L’Eglise catholique ayant la conviction qu’il lui faut aujourd’hui faire des efforts sincères et cordiaux pour aller vers les hommes de toutes races, langues et religions, se tourne vers la noble nation turque dont les efforts vers le progrès sont bien connus. C’est pour elle une vive cause de joie que, les circonstances ayant changé, la République turque et le Saint-Siège entretiennent aujourd’hui de bonnes relations. Angelo Roncalli (futur Jean XXIII) a beaucoup contribué à cet état de choses lorsqu’il était délégué apostolique en Turquie... C’est pourquoi, en signe de bienveillance envers ce pays, le Souverain Pontife a décidé de restituer aux autorités de cette République le drapeau turc qui a été pris autrefois, lors du combat naval qui s’est déroulé près des îles Echinades et qui, jusqu’à maintenant, était conservé dans la basilique de Sainte-Marie Majeure. C’est ainsi que cet ancien trophée de guerre sert aujourd’hui à favoriser l’amitié et la paix... » (Bref Apostolique du 15 janvier 1965 – D. C. N°1445, col.589).

Mais ce geste impie signifiait clairement, au contraire, qu’il remettait en question la légitimité de cette croisade prêchée par Saint Pie V ; il signifiait qu’il ne reconnaissait dans cette victoire ni l’aspect miraculeux, ni le mérite de Saint Pie V. Pour l’histoire au contraire, ce geste ne pouvait pas ne pas signifier une insulte à la Vierge du Rosaire et à la fête du 7 octobre consacrée à Elle.

Paul VI, donc, par ce geste injurieux, voulait en quelque sorte faire amende honorable aux musulmans, en crachant cependant sur le passé glorieux de l’Eglise du Christ qui sauva l’Europe d’une invasion musulmane. Son geste signifia en outre qu’on ne devait plus revendiquer le nom de chrétien.

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

Vous devrez un jour en répondre...


Michel vous êtes un dhimmi en puissance, c'est vous et toutes les autruches conciliaires qui devrez un jour en répondre!

Écrit par : Ernest | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

Gott mit Uns ?

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Voici le premier commentaire de cette note qui illustre à merveille ce que vous venez de dire Ernest:


« Le catholicisme progressiste n'est pas un pèlerin des lieux saints, mais un usagé des lieux communs.
Le chrétien progressiste se trouve si disposé à pactiser avec son adversaire que son adversaire ne trouve plus avec qui pactiser. »


(- Nicolas Gomez Davila -)

Ecrit par : Jean | dimanche, 20 avril 2008

Ce qui est clair c'est que nous n'avons pas mesuré le naufrage de CETTE église. Avec une vision comme la notre nous nous retrouvons en marge alors que personnellement je ne suis même pas Lefebriste (étiquette que l'on me colle au dos en permanence, d'ailleurs je ne les critique pas; avec le recul je pense que c'est eux qui avaient, et qui ont encore raison, le 30 juin ce sera l'anniversaire de la rupture avec Rome): je suis toujours resté dans ma paroisse: mariage, catéchisme, messe etc.
Je retrouve chez vous Michel le même entêtement des paroissiens (es) qui m'entourent à ne pas vouloir regarder les choses en face, malgré la réalité criante.

Et en plus vous tombez plus bas que ce que vous dénoncez! Vous êtes ridicule!

Écrit par : Maurice | jeudi, 26 juin 2008

Enfin le masque tombe Michel, on attendait ça avec impatience!

Écrit par : Ernet | jeudi, 26 juin 2008

Merci à tous les esprits tordus qui m'injurient ici en travestissant ce que je dis pour mieux me calomnier.
Vous pensez m'accabler de vos injures, de vos sarcasmes et de votre mépris...
Comme dit le psalmiste, j'ai confiance en mon libérateur, le Rocher qui me sauve, mon roc, ma forteresse (Ps 17, 3 ; 18; 15 ; 94, 1)... et je suis plus libre que vous tous !

"J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; je n'ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats (...) Je sais que je ne serai pas confondu."
(Isaïe 50, 6-7)

"Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !"
(Matthieu 5, 11-12)

"Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a eu d'abord contre moi (...)
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera aussi."
(Jean 15, 18.20)

"Tournez-vous vers le Seigneur, et vous serez illuminés, votre visage ne sera pas couvert de honte. Un pauvre a crié, et Dieu a entendu, le Seigneur l'a sauvé de toutes ses angoisses."
(Psaume 33, 6-7)

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

Rappelez-vous, au lieu de geindre niaisement, que le Christ apparaît bien comme celui qui est « venu apporter le glaive ». Le signe de contradiction, dit Siméon à Marie ( Luc 2, 34). « Ne pensez pas que je sois venu mettre la paix sur la terre, je ne suis pas venu mettre la paix mais l’épée ». (Matthieu 10, 34)


Pensez aux folies conceptuelles issues des brumes philosophiques naturalistes et progressistes qui pénétrèrent profondément les esprits lors du concile Vatican II, secret résumé par les affirmations délirantes du pape Paul VI :

- "...Dans l’œuvre du développement matériel à laquelle tous les peuples vont prendre part, l’homme, qui était un loup pour l’homme, lui sera désormais un frère : « L’homme doit rencontrer l’homme, les nations doivent se rencontrer comme des frères et sœurs, comme les enfants de Dieu. Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette communion sacrée, nous devons également commencer à œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité » et, par une meilleure répartition des richesses, « réaliser ainsi une véritable communion entre toutes les nations ». (Populorum progressio )

C'est du verbiage néo-marxiste, un oubli des enseignements de la Révélation au sujet de la racine du mal logée au coeur de la réalité du monde et de chaque homme, racine foncière que seules peuvent circonvenir, et encore imparfaitement, les lois du christianisme. Une perte totale des fondements dogmatiques stipulant que toute entreprise humaine non appuyée sur la religion et le Christ est vouée à la ruine !

Voilà la réalité du triste et pitoyable héritage de l'époque conciliaire, que reçoivent aujourd'hui en un partage venimeux les consciences des modernes catholiques, et qui constitue MdG, l'objet de votre extase ridicule !

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

On aura de la peine à considérer la citation de Paul VI comme participant de l'authentique tradition spirituelle de l'Eglise - c'est vraiment du grand n'importe quoi l'esprit du concile - on dirait un discours d'Arlette Laguiller à la fête de LO !

Écrit par : André | jeudi, 26 juin 2008

André, le pape Paul VI est mort, mais sa nouvelle Eglise continue à se détruire, justement par ses réformes qui, malheureusement, se poursuivent encore, avec toutes leurs conséquences néfastes qui sont les retombées nuisibles du concile Vatican II.

Lorsqu’il était encore à Milan, bien des gens l’appelaient « l’homme des utopies » ; « un archevêque qui poursuit des illusions, des rêves généreux, bien sûr, mais irréels »…Ce qui nous rappelle ce que disait saint Pie X des chefs du Sillon :

- « …L’exaltation de leurs sentiments, la bonté aveugle de leur cœur, leurs mysticismes philosophiques, mêlés pour une part d’Illuminisme, les ont entraînés vers un nouvel Évangile, dans lequel ils ont cru voir le vrai Évangile du Sauveur… » (Cfr. St Pie X, ‘Lettre sur le Sillon’, 25 août 1910).

Une recherche sur la figure historico-religieuse de Paul VI conduit à une triste conclusion : la religion prêchée par Paul VI, puis Jean-Paul II (mais de façon plus pernicieuse et moins immédiatement visible), ne coïncide absolument en rien avec la religion authentique enseignée de manière constante pendant 2000 ans par le Magistère continu, par tous les Saints et les Docteurs de l’Eglise, c'est une dinguerie philosophique totalement étrangère à la doctrine de la tradition catholique.

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

Traiter les cris du psalmiste ou du prophète Isaïe et les douces paroles de Jésus dans le sermon sur la montagne ou dans son long discours après la Cène de geignements niais... ça, j'avoue qu'on ne me l'avait pas encore fait ! Même dans les cercles libre-penseurs les plus virulents, je ne sais si on peut vous égaler, Michel Onfray peut-être ?

Vous méprisez l'Eglise et vous préférez votre idéologie et vos idées guerrières à la Parole de Dieu... c'est de l'idolâtrie !

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

C'est votre stupide attitude de négation des évidences, et votre fausse posture de prétendue victime qui relèvent des « geignements niais » et également du « dolorisme indécent », le tout, et par surcroît, ce qui aggrave votre cas désespéré, en vous enveloppant, en parfait tartufe accompli que vous êtes, dans des citations tirées des écritures que vous vous appropriez pour servir votre minable cause absolument indéfendable.

Ce pauvre Paul VI, dans sa démence doctrinale, possédait au moins, ce qui vous manque tragiquement, vous Guibert, le ridicule et maladroit avocat militant des folies conciliaires, un minimum d'honnêteté spirituelle, comme en témoignent les propos impressionnants, que je vous invite à méditer, qu’il délivra le 29 juin 1972 constatant l’œuvre mortifère du concile Vatican II, propos certes déjà cités partiellement dans cette note, mais qu’il n’est pas inutile de lire dans leur intégralité pour en mesurer la puissance :

« Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. On ne se fie plus à l’Église ; on se fie au premier prophète profane qui vient nous parler sur quelque journal ou d’un mouvement social, pour le rejoindre et lui demander s’il a la formule de la vraie vie. Et nous ne remarquons pas que nous en sommes déjà nous-mêmes les propriétaires et les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devaient au contraire être ouvertes à la lumière… Dans l’Église aussi règne ce climat d’incertitude. On croyait qu’après le Concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. C’est au contraire une journée de nuages qui est venue, une journée de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude. (…) Comment est-ce arrivé ? Nous vous confions notre pensée : il y a eu l’intervention d’un pouvoir adverse. Son nom est le diable, cet être mystérieux dont il est fait allusion dans la lettre de saint Pierre. Si souvent, d’autre part, dans l’évangile, sur la bouche même du Christ, revient la mention de cet ennemi des hommes. Nous croyons en quelque chose de surnaturel (correction postérieure : ‘préternaturel’), venu dans le monde justement pour troubler, suffoquer le Concile œcuménique tout entier, et pour empêcher que l’Église n’explose dans une hymne de joie pour avoir récupéré la conscience d’elle-même. »
(Documentation Catholique, n°1613, 1972, p.658)

Voilà l’aveu d’un pape, acteur malsain lui-même de ce funeste concile, qui convient publiquement de manière incroyable, que le diable et les puissances perverses ont œuvré au sein de l’Eglise à l’occasion de Vatican II. Nierez-vous la validité, la justesse et l’exactitude de cette analyse ?

Alors un conseil triste jouet pitoyable de forces qui vous dépassent, éteignez votre ordinateur, récitez vos prières et prenez une bonne nuit de sommeil afin de mesurer le petit jeu stérile et inutile auquel vous vous livrez ici – et surtout entrevoir, si cela vous est possible dans votre nuit d’aveugle volontaire et de sourd profond, la cause infecte et insalubre de qui, ou plutôt de « celui », dont vous vous faites le clownesque défenseur : à savoir l’antique adversaire des hommes et de Dieu !

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

@ Zak

Je souscris pleinement à ce que disait Paul VI, mais bien évidemment pas à vos propos.

Pour le reste, merci de vos conseils de sommeil ; vous avez raison, c'est nécessaire et réparateur quoique cruellement charnel...

Mais attention : "Je dors, mais mon coeur veille" (Cantique des Cantiques 5, 2)

Écrit par : Michel de Guibert | jeudi, 26 juin 2008

C'est ça bonne nuit ! et surtout n'oubliez-pas, pendant la "veille de votre coeur" et pour sa sainte garde, la parole du pape Montini, pour une fois qu'il donna l'impression d'être libéré de ses funestes illusions : "il y a eu l’intervention d’un pouvoir adverse. Son nom est le diable, cet être mystérieux dont il est fait allusion dans la lettre de saint Pierre. Si souvent, d’autre part, dans l’évangile, sur la bouche même du Christ, revient la mention de cet ennemi des hommes. Nous croyons en quelque chose de surnaturel, venu dans le monde justement pour troubler, suffoquer le Concile œcuménique tout entier".

Écrit par : Zak | jeudi, 26 juin 2008

Il semble inutile ici d'établir l'existence d'une crise dans l'Église, d'un véritable combat, d'une lutte terrible dans laquelle nous nous trouvons engagés pour défendre les fondements mêmes du catholicisme. Cela relève de l'évidence. Rappelons juste en passant cette très intéressante phrase de l'un des plus illustres combattants maintenant décédé, S.E. Mgr Marcel Lefebvre : « Au soir d'une longue vie [...] je puis dire que cette vie a été marquée par des événements mondiaux exceptionnels : trois guerres mondiales, celle de 1914-1918, celle de 1939-1945 et celle du Concile Vatican II de 1962-1965. Les désastres accumulés par ces trois guerres, et spécialement par la dernière, sont incalculables dans le domaine des ruines matérielles, mais bien plus encore spirituelles. Les deux premières ont préparé la guerre à l'intérieur de l'Église en facilitant la ruine des institutions chrétiennes et la domination de la Franc-Maçonnerie, devenue si puissante qu'elle a pénétré profondément par sa doctrine libérale et moderniste les organismes directeurs de l'Église. » (Itinéraire spirituel, Écône 1990, p. 5).

Oui, c'est la guerre ! Un combat qui fait rage encore aujourd'hui. On pourrait parler de "guerre totale" tant l'engagement est décisif, généralisé. Les paroles impressionnantes de saint Pie X au début de ce siècle résonnent aujourd'hui avec la clarté d'une terrible réalité : il parlait de guerre, lui aussi, « guerre impie qui a été soulevée et qui va se poursuivant presque partout contre Dieu [...] si grande est l'audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l'attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d'un effort obstiné à anéantir tout rapport de l'homme avec la divinité ! » (E Supremi Apostolatus, 4 oct. 1903).

Si l'action de saint Pie X a empêché le triomphe du modernisme au début du siècle, néanmoins ce dernier est revenu au grand jour après la 2e guerre mondiale et triomphe depuis le Concile Vatican II.

C'est la doctrine catholique qui est touchée. Mais elle n'est pas touchée seulement selon un mode de négation, de contradiction de l'une ou de l'autre des vérités contenues dans le dépôt de la foi. A ce niveau-là déjà nous constatons que toutes les vérités prises individuellement sont attaquées, mises en doute, niées, de l'Immaculée Conception au Purgatoire, de l'unicité de l'Église catholique à la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Mais il ne s'agit pas d'un phénomène quantitatif; tout est remis en question : non seulement le contenu de la foi (ce qui serait déjà plus que suffisant pour parler de calamité apocalyptique) mais la Révélation et la Source de la Révélation, la Tradition écrite et non écrite, la divinité de Notre Seigneur, l'Incarnation, la grâce et les sacrements; en un mot tout l'ordre surnaturel en tant que tel est attaqué, refusé par des théologiens honorés d'une manière incompréhensible par la hiérarchie; des théologiens, des évêques et un concile ont ébranlé l'ordre surnaturel...

Écrit par : Mgr Bernard Fellay | lundi, 30 juin 2008

Au fait, savez-vous si la FSSPX a signé?

Écrit par : Maurice | lundi, 30 juin 2008

Le concile Vatican II, au dire du cardinal Suenens, a été «1789 dans l’Église». Après le Concile, les révolutionnaires ont eu la présence d’esprit de sceller leur victoire en empêchant tout retour à l’Ancien régime. Paul VI affirme que le Concile est, sous certains aspects, plus important que celui de Nicée.

Quiconque considère aujourd’hui le Concile comme simplement pastoral est taxé d’hérétique et de schismatique. Pourtant, la Commission théologique a suffisamment défini que le Concile n’est pas "dogmatique". Il peut donc paraître très surprenant que les théologiens néo-modernistes qui, la veille encore, haïssaient le magistère ordinaire universel, l’encensent aujourd’hui et l’utilisent à tout moment pour renforcer l’acceptation du Concile. C’est qu’il y a eu entre temps la prise de la Bastille. Désormais, les «intégristes» ont été ligotés et sont traités comme des pestiférés, de sorte qu’il existe de facto un consensus universel moderniste.

Les révolutionnaires ont donc beau jeu aujourd’hui d’invoquer le magistère ordinaire universel, de le taxer d’infaillible selon la définition de Vatican I, afin que les hérésies modernistes reçoivent le sceau de l’infaillibilité… C’est pourtant aller un peu vite en besogne. Car, à moins d’avoir les schèmes mentaux d’un moderniste pur, le magistère universel ne saurait se contredire et rester infaillible. L’universalité dont on parle à propos du magistère ne concerne pas seulement la vérité dans l’espace (partout), mais aussi dans la vérité dans le temps (vrai en tout temps), selon le canon de Lérins : «Quod semper et ubique» (toujours et partout). Si on enlève le caractère de perpétuité à l’infaillibilité, rien n’empêche que l’Église tombe prisonnière d’un de ces rassemblements idéologiques qui imposent leurs erreurs à la masse, sous la motion d’un groupe de pression. Or, c’est précisément ce qui s’est passé à Vatican II. Et pas seulement à Vatican II: l’après-concile avec Paul VI, Ratzinger et Jean-Paul II, sous les mêmes couleurs doctrinales de la "nouvelle théologie", est tout aussi moderniste.

Écrit par : Quod semper et ubique | lundi, 30 juin 2008

Théologien novateur condamné sous Pie XII, qui lui refusa le cardinalat et refusa toujours de le recevoir en audience, Montini, qui était empli de rêves fantaisistes en de nombreux domaines, fut créé cardinal par Jean XXIII qui lui ouvrit ainsi la voie au pontificat devenant pape sous le nom de Paul VI, se livrant dès lors, et pendant plusieurs années, à une oeuvre de transformation révolutionnaire et radicale de l'Eglise.

Écrit par : Serrus | lundi, 30 juin 2008

ça chauffe aussi chez l'abbé Guillaume de Tanoüarn

http://ab2t.blogspot.com/

Écrit par : Maurice | lundi, 30 juin 2008

Serus, heureux de vous retrouver parmi nous!

Écrit par : Maurice | lundi, 30 juin 2008

@Maurice, comme l’a rappelé, à plusieurs reprises Monseigneur Bernard Fellay, si la Fraternité Saint pie X se réjouit de la décision courageuse du Pape Benoît XVI exprimée dans le Motu Proprio, elle n’oublie pas pour autant que la loi de la liturgie est indissociable de la loi de la foi: Lex Orandi, Lex Credendi. Notre attachement à la liturgie traditionnelle est intrinsèquement lié à notre attachement à la foi de toujours, à la foi qui a été professée « toujours, partout et par tous ».

Or, il est malheureusement encore très clair que la crise de la foi est toujours bien présente dans l’Église aujourd’hui. Les erreurs de Vatican II et son esprit moderniste dévastateur imprègnent encore et, peut-on le craindre, pour longtemps, les autorités de l’Église, le clergé et les fidèles, en particulier ceux qui ont été habitués à la nouvelle messe ou n'ont connu qu'elle.

Notre position a toujours été et demeure un attachement à la foi catholique et un refus des nouveautés introduites par le deuxième concile du Vatican. Un retour à la liturgie est un événement important que nous encourageons de tout notre cœur mais cela reste une étape vers un retour complet à l’enseignement traditionnel de l’Église. Voilà pourquoi Monseigneur Bernard Fellay concluait sa dernière lettre aux amis et bienfaiteurs (# 72) par ces mots que je me permets de citer :

- « (…) La Fraternité Saint Pie X ne peut pas « signer d’accord ». Elle se réjouit franchement de la volonté papale de réintroduire le rite ancien et vénérable de la sainte Messe, mais découvre aussi la résistance parfois farouche d’épiscopats entiers. Sans désespérer, sans impatience, nous constatons que le temps d’un accord n’est pas encore venu. Cela ne nous empêche pas de continuer d’espérer, de continuer le chemin défini dès l’an 2000. Nous continuons de demander au Saint Père l’annulation du décret d’excommunication de 1988, car nous sommes persuadés que cela ferait le plus grand bien à l’Église et nous vous encourageons à prier pour que cela se réalise. Mais il serait très imprudent et précipité de se lancer inconsidérément dans la poursuite d’un accord pratique qui ne serait pas fondé sur les principes fondamentaux de l’Église, tout spécialement sur la foi. »

Écrit par : Abbé Arnaud Rostand | lundi, 30 juin 2008

( simple passage)
@ Maurice : grand merci pour le lien qui, en plaçant le Pape en tête du problème doctrinal et théologique, éclaircit bien les enjeux. Gallicanisme et jansénisme, oui - ce n'est pas honteux d'ailleurs. Il me semble même que le jansénisme est hautement revendiqué par maintes voix.
( Désolé pour la syntaxe et pour ce "lien " qui "place un Pape" -mais bon, ça se comprend et j'ai peu de temps.)
Et par delà toutes querelles :
Gloire aux âmes empanachées de flammes, ardente à la foi, quêtant l'étreinte de l'absolu. Aux habitants du Souffle...

Écrit par : Restif | mardi, 01 juillet 2008

J'ajouterais quitte à mettre de l'huile (non de l'eau bénite) sur le feu: bénis ceux qui sans abdiquer de leurs puissantes convictions savent descendre de leur montagne de foi pour mener les brebis les plus faibles au seul vrai pâturage.

L'évangélisation ne devrait pas être qu'un but idéal, inaccessible, à l'échelle des peuples. Si Dieu s'ets fait homme n'est ce pas justement pour que son message soit porté à tout homme?

La question est un espace public, pas une salle de réunion avec le Saint-siège. Je veux dire par là que les cris d'hérésie y sont contreproductifs lorsqu'elles éloignent des âmes en quête et qui aussi viles soient elles seraient une belle récompense à l'amour du sauveur.


Ce mot maladroit d'ignorant ès-théologie m'expose sans doute. Mais il dit une vérité: l'attitude humble de tel ou tel intervenant me mène plus près de la vérité que les sentences définitives aussi puissamment charpentées soient-elles sur le plan doctrinal.

Écrit par : Tang | mardi, 01 juillet 2008

La FSSPX a refusé, à la date qui lui avait été fixée comme ultime délai, de signer l'accord proposé par Rome :

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2342361&rubId=4078

Écrit par : La Croix | mercredi, 02 juillet 2008

Mgr Fellay ne tourne pas le dos à Rome, il s'avance vers elle pour lui lancer un appel, l’appel au pape pour qu’il lance enfin le chantier colossal de la restauration doctrinale de l’Eglise dans laquelle la FSSPX veut participer de façon authentique et avec toutes ses forces. C’est un appel de fidélité, un appel de foi, un appel à l’offensive dans la reconquête !

Écrit par : Christus Imperat | mercredi, 02 juillet 2008

Chers Amis et Bienfaiteurs,



Le Motu Proprio Summorum Pontificum qui a reconnu que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée pose un certain nombre de questions en ce qui concerne le futur des relations de la Fraternité Saint-Pie X avec Rome. Plusieurs personnes, dans les milieux conservateurs et à Rome même, ont fait entendre leurs voix arguant que, le Souverain Pontife ayant posé un acte d’une si grande générosité, et donné par là même un signe évident de bonne volonté à notre égard, il ne resterait à notre Société qu’une seule chose à faire : « signer un accord avec Rome ». Malheureusement quelques-uns de nos amis se sont laissés prendre à ce jeu d’illusions.

Nous voudrions saisir l’occasion de cette lettre du temps pascal pour rappeler une fois de plus les principes qui gouvernent notre action en ces temps troublés et signaler quelques événements récents qui indiquent bien clairement que, au fond, à part l’ouverture liturgique du Motu Proprio, rien n’a vraiment changé, afin de tirer les conclusions qui s’imposent.

Le principe fondamental qui dicte notre action est la conservation de la foi, sans laquelle nul ne peut être sauvé, nul ne peut recevoir la grâce, nul ne peut être agréable à Dieu, comme le dit le Concile Vatican I. La question liturgique n’est pas première, elle ne le devient que comme expression d’une altération de la foi et corrélativement du culte dû à Dieu.

Il y a un changement notable d’orientation dans le Concile Vatican II par rapport à la vision de l’Eglise, surtout par rapport au monde, aux autres religions, aux Etats, mais aussi par rapport à elle-même. Ces changements sont reconnus par tous, mais ne sont pas évalués de la même manière par tous. Jusqu’ici, ils étaient présentés comme très profonds, révolutionnaires : « la Révolution de 89 dans l’Eglise » a pu dire un des cardinaux du Concile.

Benoît XVI encore cardinal présentait la question ainsi : « Le problème des années soixante était d’acquérir les meilleures valeurs exprimées de deux siècles de culture “libérale”. Ce sont en fait des valeurs qui, même si elles sont nées en dehors de l’Eglise, peuvent trouver leur place – épurées et corrigées – dans sa vision du monde. C’est ce qui a été fait [1] ». Et au nom de cette assimilation, une nouvelle vision du monde et de ses composants a été imposée : une vision fondamentalement positive, qui a dicté non seulement un nouveau rite liturgique, mais aussi un nouveau mode de présence de l’Eglise dans le monde, beaucoup plus horizontal, plus présente aux problèmes humains et terrestres que surnaturels et éternels…

En même temps, la relation aux autres religions se transformait : depuis Vatican II, Rome évite tout jugement négatif ou dépréciateur de ces autres religions. Par exemple, la dénomination classique de « fausses religions » a complètement disparu du vocabulaire ecclésiastique. Les termes « hérétiques » et « schismatiques », qui qualifiaient les religions plus proches de la religion catholique, ont eux aussi disparu ; ils sont éventuellement utilisés, surtout celui de schismatique, pour nous désigner. Ainsi en est-il du terme « excommunication ». La nouvelle approche se nomme œcuménisme, et contrairement à ce que tous croyaient, ce n’est pas d’un retour à l’unité catholique qu’il s’agit, mais de l’établissement d’une nouvelle sorte d’unité qui ne requiert plus de conversion.

Envers les confessions chrétiennes s’est établie une nouvelle perspective, et cela est encore plus clair avec les orthodoxes : dans l’accord de Balamand, l’Eglise catholique s’engage officiellement à ne pas convertir les orthodoxes et à collaborer avec eux. Le dogme « hors de l’Eglise pas de salut » rappelé dans le document Dominus Jesus a connu une réinterprétation nécessaire à la nouvelle vision des choses : on n’a pu maintenir ce dogme sans élargir les limites de l’Eglise, ce qui a été réalisé par la nouvelle définition de l’Eglise donnée dans Lumen Gentium. L’Eglise du Christ n’est plus l’Eglise catholique, elle subsiste en elle. On a beau dire qu’elle ne subsiste qu’en elle, il reste que l’on prétend à une action du Saint Esprit et de cette « Eglise du Christ » hors de l’Eglise catholique. Les autres religions ne sont pas privées d’éléments de salut… Les « églises orthodoxes » deviennent d’authentiques églises particulières dans lesquelles s’édifie « l’Eglise du Christ. »

Ces nouvelles perspectives ont évidemment bouleversé les rapports avec les autres religions. Il est impossible de parler d’un changement superficiel, c’est bien une nouvelle et très profonde mutation que l’on prétend imposer à l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce qui fait que Jean-Paul II a pu parler de « nouvelle ecclésiologie », admettant un changement essentiel dans cette partie de la théologie qui traite de l’Eglise. Nous ne comprenons tout simplement pas comment l’on peut prétendre que cette nouvelle compréhension de l’Eglise serait encore en harmonie avec la définition traditionnelle de l’Eglise. Elle est nouvelle, elle est radicalement autre et elle oblige le catholique à avoir un comportement foncièrement différent avec les hérétiques et schismatiques qui ont tragiquement abandonné l’Eglise et bafoué la foi de leur baptême. Ils ne sont désormais plus des « frères séparés », mais des frères qui « ne sont pas en pleine communion »… et nous sont « profondément unis » par le baptême dans le Christ, d’une union inamissible… La dernière mise au point de la Congrégation de la Doctrine de la Foi sur le mot subsistit est à ce propos très éclairante. Tout en affirmant que l’Eglise ne peut pas enseigner de nouveauté, elle confirme la nouveauté introduite au Concile…

De même pour l’évangélisation : le devoir sacré de tout chrétien de répondre à l’appel de Notre Seigneur Jésus-Christ est d’abord affirmé, « Allez par tout le monde, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. [2] » Mais il est ensuite allégué que cette évangélisation ne concerne que les païens, et ainsi, ni les chrétiens, ni les juifs ne sont concernés… Tout récemment les cardinaux Kasper et Bertone, au sujet de la controverse sur la nouvelle prière pour les Juifs, ont affirmé que l’Eglise ne les convertirait pas.

Ajoutons à cela les positions papales au sujet de la liberté religieuse et nous pouvons aisément conclure que le combat de la foi n’a en rien diminué ces dernières années. Le Motu Proprio qui introduit une espérance de changement vers le mieux au niveau liturgique, n’est pas accompagné par des mesures logiquement corrélatives dans les autres domaines de la vie de l’Eglise. Tous les changements introduits au Concile et dans les réformes post-conciliaires que nous dénonçons, parce que l’Eglise les a précisément déjà condamnés, sont confirmés. Avec la différence que désormais, on affirme en même temps que l’Eglise ne change pas… ce qui revient à dire que ces changements seraient parfaitement dans la ligne de la Tradition catholique. Le bouleversement au niveau des termes joint au rappel que l’Eglise doit rester fidèle à sa Tradition peuvent en troubler plus d’un. Tant que les faits ne corroborent pas l’affirmation nouvelle, il faut conclure que rien n’a changé dans la volonté de Rome de poursuivre les orientations conciliaires, malgré quarante années de crise, malgré les couvents dépeuplés, les presbytères abandonnés, les églises vides. Les universités catholiques persistent dans leurs divagations, l’enseignement du catéchisme reste une inconnue alors que l’école catholique n’existe plus comme spécifiquement catholique : c’est devenu une espèce éteinte…

Voici pourquoi la Fraternité Saint-Pie X ne peut pas « signer d’accord ». Elle se réjouit franchement de la volonté papale de réintroduire le rite ancien et vénérable de la sainte Messe, mais découvre aussi la résistance parfois farouche d’épiscopats entiers. Sans désespérer, sans impatience, nous constatons que le temps d’un accord n’est pas encore venu. Cela ne nous empêche pas de continuer d’espérer, de continuer le chemin défini dès l’an 2000. Nous continuons de demander au Saint-Père l’annulation du décret d’excommunication de 1988, car nous sommes persuadés que cela ferait le plus grand bien à l’Eglise et nous vous encourageons à prier pour que cela se réalise. Mais il serait très imprudent et précipité de se lancer inconsidérément dans la poursuite d’un accord pratique qui ne serait pas fondé sur les principes fondamentaux de l’Eglise, tout spécialement sur la foi.

La nouvelle croisade du Rosaire à laquelle nous vous appelons, pour que l’Eglise retrouve et reprenne sa Tradition bimillénaire, appelle aussi quelques précisions. Voici comment nous la concevons : que chacun s’engage à réciter un chapelet à une heure assez régulière du jour. Vu le nombre de nos fidèles et leur répartition dans le monde entier, nous pouvons être assurés que toutes les heures du jour et de la nuit auront leurs voix vigilantes et orantes, de ces voix qui veulent le triomphe de leur Mère céleste, l’avènement du Règne de Notre Seigneur, « sur la terre comme au ciel ».

+ Bernard Fellay
Menzingen, le 14 avril 2008



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[1] Mensuel Jesus, novembre 1984, p. 72.

[2] Mc, 16, 15-16.

Écrit par : Lettre aux Amis et Bienfaiteurs | mercredi, 02 juillet 2008

Modèle, du genre vomitif de première catégorie, l'article d'Henri Tincq ( auteur discutable du "Larousse des religions", et spécialiste peu crédible de l'histoire des papes qui s'était déjà distingué depuis longtemps par ses positions partisanes, signant un texte venimeux il y a quatre ans intitulé "La dérive sectaire des catholiques traditionalistes" le 21 sept. 04), publié dans le "Monde" daté du 2 Juillet, est vraiment un chef d'oeuvre d'hostilité à l'égard du traditionalisme catholique, et du pape plus particulièrement visé par ces lignes assez basses, article dans lequel on donne à penser aux lecteurs, avec une certaine indécence faussement interrogative plutôt nauséabonde, que le Saint Père, n'a "jamais réussi à s'affranchir de son modèle bavarois où la messe, la famille, l'ang[é]lus des champs et la musique des villes étaient au coeur du quotidien. D'un passé de théologien épouvanté par l'ampleur des dérives qui ont suivi le dernier concile, par le "nihilisme" de Mai 68 et par l'inexorable montée du "relativisme" des moeurs et des opinions, y compris religieuses", tout ceci bien évidemment, écrit à deux mois de la venue annoncée en France de Benoît XVI - si cela ne s'appelle pas du conditionnement grossier de l'opinion...

Le seul avantage de ce type de papier, dont l'usage naturel est d'être destiné aux cabinets, est de ne pas faire l'économie d'une hypocrisie superflue à l'égard de la signification des thèses de Vatican II, et du sens réel de la révolution liturgique qui fit suite au le concile : "Dans toutes les religions, la liturgie est toujours l'expression d'une foi. Elle ne peut être dissociée de la doctrine. Or le cap a été fixé, il y a plus de quatre décennies, lors de Vatican II, maintenu par Paul VI et Jean Paul II. Aujourd'hui, un néoconservatisme règne à Rome, encouragé moins par le pape que par des groupes qui n'ont jamais fait leur deuil de l'Eglise autoritaire et repliée de jadis."

Rassurons Henri Tincq, le "néoconservatisme" se porte très bien, pas seulement à Rome, et n'entend pas se laisser avaler par les miasmes putrides de l'idéologie progressiste dont l'analyse des éléments théologiques hérétiques qu'elle véhicule montre amplement quelles sont les intentions perverses de ses avocats, et surtout la nature déviée de leur perspective sur le plan spirituel.

Extraits de :

"Le pape Benoît XVI et ses intégristes",
par Henri Tincq


"Les traditionalistes ont trouvé un allié avec le pape allemand. Les fidèles s'étonnent des audaces que prend Benoît XVI en matière liturgique, à rebours de toute une évolution enregistrée depuis Vatican II. Le maître des cérémonies de Jean Paul II a été remplacé. Benoît XVI a rétabli le trône pourpre bordé d'or des papes préconciliaires, renoncé au "bâton pastoral" de ses prédécesseurs, symbole d'une Eglise plus humble, et ressorti la "férule" en forme de croix grecque du pape le plus réactionnaire du XIXe siècle (Pie IX). Il a restauré l'usage de la distribution de la communion à genoux et par la bouche, "destinée à devenir la pratique habituelle des célébrations pontificales", a déclaré dans L'Osservatore romano Mgr Guido Marini, son cérémoniaire. La France risque d'être stupéfaite lors de la visite de Benoît XVI en septembre.

Benoît XVI (...) serait-il vraiment ce pape qui n'aurait jamais réussi à s'affranchir de son modèle bavarois où la messe, la famille, l'angelus des champs et la musique des villes étaient au coeur du quotidien ? D'un passé de théologien épouvanté par l'ampleur des dérives qui ont suivi le dernier concile, par le "nihilisme" de Mai 68 et par l'inexorable montée du "relativisme" des moeurs et des opinions, y compris religieuses ? On peine à penser que ce philosophe, qui a dialogué avec des figures de la pensée laïque (Florès d'Arçais en Italie, Habermas en Allemagne), renoué avec Hans Küng, son ancien collègue théologien devenu son meilleur ennemi, prié dans une mosquée (Istanbul), visité des synagogues, écrit des encycliques au ton moderne sur l'amour et l'espérance, puisse demain ouvrir la porte aux schismatiques de 1988, arc-boutés sur la Rome du XIXe siècle. Celle qui combattait les idées de liberté et de droits de l'homme, qui était le bastion du dogme le plus figé, la citadelle de la seule foi catholique légitime, hostile à tout dialogue avec les chrétiens séparés et les confessions non chrétiennes.

Son goût pour la liturgie traditionnelle était connu, ceux qui s'en scandalisent devraient relire les ouvrages qu'il y a consacrés. De même sa mission de pape, gardien de l'unité, l'oblige-t-elle à renouer, avec les traditionalistes, une négociation dans laquelle, comme responsable de la doctrine à Rome, il avait mis le prix, il y a vingt ans, mais dont il vit encore comme un échec personnel la rupture. Dans toutes les religions, la liturgie est toujours l'expression d'une foi. Elle ne peut être dissociée de la doctrine. Or le cap a été fixé, il y a plus de quatre décennies, lors de Vatican II, maintenu par Paul VI et Jean Paul II. Aujourd'hui, un néoconservatisme règne à Rome, encouragé moins par le pape que par des groupes qui n'ont jamais fait leur deuil de l'Eglise autoritaire et repliée de jadis. Le retour à une liturgie plus traditionnelle, la réintégration des schismatiques risquent de se faire au prix d'un grignotage des acquis de quarante ans. Ce serait le triomphe posthume de Mgr Lefebvre."


Le pape Benoît XVI et ses intégristes, par Henri Tincq
LE MONDE | 02.07.08 | 14h40 • Mis à jour le 02.07.08 | 14h40

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/02/le-pape-benoit-xvi-et-ses-integristes-par-henri-tincq_1065385_3232.html

Écrit par : Zak | mercredi, 02 juillet 2008

Bon article sur E-Deo et les amalgames:

" Désormais, tous les “tradis” sont plus ou moins lefèbvristes, donc plus ou moins “intégristes”" ...


..."Les jeunes prêtres comme les jeunes fidèles sont décomplexés par rapport à Vatican II”...
C'est sûr mon neveu!


http://e-deo.net/archives/3106

A mon avis la chasse aux sorcières se fait au grand jour; certains évêques veulent une enquête sur les personnes qui demandent une messe en Latin, de là à ce que l'Eglise elle aussi se mette à ""fliquer"" de l'intégriste sur internet il n'y a qu'un pas?


http://www.rue89.com/2008/07/05/un-verre-avec-les-extremistes-de-la-reacosphere

Écrit par : Ernest | dimanche, 06 juillet 2008

A lire ces articles et les commentaires, on comprend pourquoi l'Eglise catholique est en pleine déliquescence... Quels pompeux galimatias complétement absurdes !!

L'Eglise et l'église auraient besoin de Saints, pas d'intellectuels discutailleurs !

La seule solution, pour le moment est de s'éloigner de toutes ces joutes oratoires: http://vieillegarde.hautetfort.com/archive/2008/04/30/chemins.html

Écrit par : maudub | jeudi, 10 juillet 2008

L'Eglise (et l'église) est un corps; tout le monde a sa place maudub, les intellectuels discutailleurs tout autant que les autres.

Écrit par : Maurice | jeudi, 10 juillet 2008

Je remercie tout les intellectuels discutailleurs qui éclairent gratuitement mon chemin

Écrit par : . | jeudi, 10 juillet 2008

"intellectuels discutailleurs"

Discussion sur le sexe des anges, pendant que les barbares sont à nos portes.

Écrit par : Barrot | mercredi, 16 juillet 2008

Billet intéressant quoique manquant de clarté. Je m'explique :

Concernant la partie à propos de la "Théologie du corps" (qu'on n'a pas manqué de me citer longuement durant mes cours de théologie sur le mariage), je suis assez d'accord avec votre position. Ces discours sacralisant la sexualité, et au delà, l'homme par lui-même, sont, pour le moins, troublants.

Vous reprenez la célèbre phrase de Paul VI à propos des "fumées de Satan". Citation connue qui peut être facilement instrumentalisée.

L'ambiguïté qui demeure - à mes yeux - est ce à quoi conduisent les constats que vous faites des dérives qui ont pu se produire dans l'Eglise durant les années 1970-80. Car Paul VI a condamné ce que certains ont appelé "l'esprit du concile", et NON PAS LE CONCILE. Les débordements qui se sont produits ne sont pas une conséquence logique de Vatican II, mais de déséquilibrés et d'hérétiques. Je vous rappelle que seuls 2 textes ont une valeur doctrinale (au sens strict) : Lumen Gentium et Dei Verbum. Ceux qui parlent (je ne parle pas e vous, mais d'un certain nombre de tradi autant zélés qu'ignorants en matière de théologie) d'hérésies concernant le concile devraient d'abord lire les textes eux-mêmes.

Quant à faire de Jean-Paul II un apôtre de la licence, ce serait un contresens : sa théologie du corps s'accompagne des mêmes positions morales que ses prédécesseurs : il n'avait vraiment pas une position "libérale" en matière de mœurs. Pas plus que Paul VI qui avait promulgué Humanae Vitae en 1968.

Écrit par : Nicolas | jeudi, 28 août 2008

Si Nicolas, les débordements sont une conséquence logique du concile, extrêmement logique même. Pourquoi ? Parce que, de l’aveu même du pape, ce qui n'est pas un propos anodin, le diable et les puissances perverses ont œuvré au sein de l’Eglise à l’occasion de Vatican II, pour, selon Paul VI : " troubler, suffoquer le Concile œcuménique".


Voici, in-extenso, la déclaration de Paul VI à ce sujet :


« Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. On ne se fie plus à l’Église ; on se fie au premier prophète profane qui vient nous parler sur quelque journal ou d’un mouvement social, pour le rejoindre et lui demander s’il a la formule de la vraie vie.
Et nous ne remarquons pas que nous en sommes déjà nous-mêmes les propriétaires et les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devaient au contraire être ouvertes à la lumière… Dans l’Église aussi règne ce climat d’incertitude.
On croyait qu’après le Concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. C’est au contraire une journée de nuages qui est venue, une journée de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude.

(…)

Comment est-ce arrivé ? Nous vous confions notre pensée : il y a eu l’intervention d’un pouvoir adverse. Son nom est le diable, cet être mystérieux dont il est fait allusion dans la lettre de saint Pierre. Si souvent, d’autre part, dans l’évangile, sur la bouche même du Christ, revient la mention de cet ennemi des hommes.
Nous croyons en quelque chose de surnaturel (correction postérieure : ‘préternaturel’), venu dans le monde justement pour troubler, suffoquer le Concile œcuménique tout entier, et pour empêcher que l’Église n’explose dans une hymne de joie pour avoir récupéré la conscience d’elle-même. »

(Documentation Catholique, n°1613, 1972, p.658)


Ce concile est donc pénétré, marqué et contaminé, que vous l'acceptiez ou non, par des essences malsaines, qui d'ailleurs prospéraient de façon latente depuis des décennies, et qui purent, à la faveur des circonstances particulières dans lesquelles se trouvait profondément agitée la société dans les années 60, triompher et s'imposer au sein de l'Eglise.

D'autre part si, sur le plan des moeurs, Jean-Paul II et Paul VI surent rappeler les règles de vie évangélique, néanmoins leurs conceptions théologiques sont totalement faussées et conduisent inévitablement aux aberrations actuelles.

Si donc vous voulez aller au bout d’une approche traditionnelle de votre foi, vous ne pourrez faire l’économie d’un rejet de Vatican II et de ses thèses – c’est parfois difficile, mais cependant inévitable.

Écrit par : Radek | jeudi, 28 août 2008

On se garde de dire trop haut dans la secte conciliaire qui dirige l'église aujourd'hui que Paul VI, plusieurs fois averti des intentions perverses des principaux théologiens acteurs de la révolution de Vatican II, avait laissé courir, jusqu’au jour où l’un des experts commit l’erreur de mettre par écrit l’interprétation que les modernistes tireraient des différents passages suspects des déclarations, une fois le concile terminé.

Ce papier tomba entre les mains des conservateurs qui le portèrent au pape. Le pape Paul, comprenant finalement qu’il avait été trompé, en fut ému et pleura.

Ce fut en cette occasion qu’il appela, un soir de novembre 1964, le cardinal Ruffini, convoqué d’urgence : «Éminence, sauvez le Concile! Sauvez le Concile! Il gémissait et pleurait: Sono i periti che fanno il Concilio!... Il est nécessaire de faire front face à la prépotence de ces employés du diable».

Sans commentaire...

Écrit par : Pierre | jeudi, 28 août 2008

Radek & Pierre : Vous confondez les détournements faits des textes conciliaires et le concile lui-même. Relisez la citation de Paul VI : elle vise l'époque post-conciliaire. Car on ne juge pas de l'orthodoxie d'un texte aux mauvaises interprétations qui en sont faites ; on juge le texte en lui-même (et sans extraire une phrase du contexte en lui donnant un sens détourné). Lisez quelque chose sur le déroulement du concile et des séances qui y ont eu lieu.
Prenez les textes importants du concile, citez-les largement (et pas 3 mots séparés) et osez faire une DEMONSTRATION THEOLOGIQUE.
Merci.

PS : Il n'y a pas de foi excluant la Tradition. C'est ce que ne comprennent pas les progressistes. Quand aux traditionalistes, ils figent la tradition à 1962. L'histoire des conciles apprend à percevoir la dimension dynamique de la tradition, et non une évolution vers un stade définitivement figé. Entre Nicée et Trente, l'Eglise a évolué, bien que sa foi soit restée la même.

Écrit par : Nicolas | jeudi, 28 août 2008

Eternel refrain Nicolas, archi répété, de l'évolution naturelle de l'institution et du dogme à laquelle participerait Vatican II, et pourtant cette petite musique bien usée est archi fausse, vous le savez parfaitement tant le concile s'est écarté de façon stupéfiante des fondements de la tradition de l'Eglise.

Vous voulez "lire quelque chose sur le déroulement du concile et des séances qui y ont eu lieu", eh bien il est notoire et magnifiquement prouvé par des documents qu'une clique de periti (experts) et d'évêques libéraux procéda au détournement de Vatican II, avec un ordre du jour destiné à rénover l'Eglise à leur propre image par la mise en place d'une «nouvelle théologie.» Les critiques aussi bien que les défenseurs de Vatican II sont d'accord sur ce point. Dans son livre, Vatican II Revisité, Monseigneur Aloysius J. Wycislo (avocat passionné de la révolution de Vatican II) déclare avec vertigineux enthousiasme que «des théologiens et des spécialistes bibliques qui étaient “à l'ombre” depuis des années firent surface comme periti (experts en théologie, conseillers des évêques au Concile) et leurs livres et commentaires post-conciliaires devinrent lecture populaire.»

Ainsi, au début de la préparation du Concile par décision de Jean XXIII, des théologiens (surtout des Français et des Allemands), dont les activités avaient été modérées par le Pape Pie XII, qui étaient encore en disgrâce à son époque, se retrouvèrent tranquillement aux places les plus influentes.

Sur ce point, ce qu'écrit le témoin oculaire Monseigneur Rudolf Bandas, lui-même peritus conciliaire, est d'une importance capitale pour notre cas:

Sans doute le bon pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Eglise. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Soutenus par certains Pères Conciliaires du Rhin, et agissant souvent d'une manière absolument rustre, ils allaient s'exclamant: «Regardez, nous sommes choisis comme experts, nos idées sont approuvées.» … Quand je suis arrivé à ma tribune au Concile, le premier jour de la quatrième session, la première annonce émanant du Secrétaire d'Etat fut la suivante: «Plus d'autres periti ne seront engagés.» Mais il était trop tard. La grande confusion était en route. Il était déjà clair que ni Trente, ni Vatican I, ni aucune encyclique ne seraient autorisés à en endiguer l'avancée.

En vérité, le Pape Jean XXIII lui-même fut heureux d'annoncer que, à partir de ce Concile, l'Eglise cesserait, de manière tout à fait inexplicable, de condamner l'erreur et arrêterait tous ses tourments sur l'affreuse condition du monde.


Quant à la démonstration théologique, non pas portant sur trois petites phrases mais sur des passages entiers comme ceux de "Dei Verbum", relisez ce qui fit l'objet d'un long et profond débat en Michel de Guibert et Zacharias, dans lequel il fut mis en lumière les orientations hérétiques des principaux textes de Vatican II, marqués par le naturalisme lubacien et le panthéisme d'un Rahner ou de Barth.

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Démonstration de Zacharias qu'il n'est pas inutile de rappeler :

- La déclaration Dignitatis humanæ sur la liberté religieuse est en contradiction avec l’encyclique Quanta cura et le Syllabus de Pie IX, avec les encycliques Libertas præstantissimum et Immortale Dei de Léon XIII, avec l’enseignement de Pie XII.. L’un des rédacteurs de Dignitatis humanae, le Père Congar, écrivit que d’après ce texte, la liberté religieuse était contenue dans la Révélation. Or il avoua lui-même qu’une telle affirmation était mensonge. « À la demande du pape, j’ai collaboré aux derniers paragraphes de la déclaration sur la liberté religieuse: il s’agissait de montrer que le thème de la liberté religieuse apparaissait déjà dans l’Écriture, or il n’y est pas » (in: Éric Vatré: A la droite du Père, Paris 1994, p. 118). Quel aveu! Déclarer qu’une doctrine est révélée, alors que l’on sait pertinemment que cela est faux! Les évêques du conciliabule qui ont approuvé ce texte - dont Montini - sont des imposteurs!

- La doctrine de Lumen gentium relative au double pouvoir suprême, est contraire à l’enseignement traditionnel de l’Eglise, contraire notamment à la doctrine du Concile Vatican I et à l’encyclique de Léon XIII Satis Cognitum.

- La doctrine de la même Constitution relative à l’unité œcuménique, est contraire à l’encyclique Satis Cognitum de Léon XIII , contraire aussi à l’encyclique Mortalium animos de Pie XI, contraire encore aux encycliques Humani generis et Mystici Corporis de Pie XII.


- De même, la liberté des cultes prônée par Nostra aetate, fut qualifiée de « désastreuse et à jamais déplorable hérésie » par Pie VII (lettre apostolique Post tam diuturnas, 29 avril 1814), alors que présentée comme une vérité de foi par Vatican II.

Mais penchons-nous, sur cette soi-disant « pierre angulaire » de tout le concile Vatican II qu'est "Dei Verbum" :

« Religieusement à l’écoute de la Parole de Dieu et la proclamant avec assurance, le saint Concile obéit aux paroles de saint Jean qui dit : “ Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous est apparue ; ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous ; quant à notre communion elle est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. ” (1 Jn 1, 2-3) C’est pourquoi, suivant les traces [vestigiis inhærens] des conciles de Trente et de Vatican I, il entend proposer la doctrine authentique sur la Révélation divine et sur sa transmission, afin que, à la proclamation du salut, le monde entier en entendant croie, en croyant espère, en espérant aime. » (no 1).

Belle et majestueuse déclaration qui fait l’admiration des dévots conciliaires, mais n'est-ce pas une folle présomption ?

Rendons hommage au cardinal Ruffini qui déclara, lors de son intervention du 30 septembre 1964, ce texte “ inepte ” (Unam Sanctam 70a, p. 160, note 8). Honneur également à la minorité traditionnelle qui comprit le tour de passe-passe effrayant qui changeait, dès le premier mot, la substance de notre religion !

Mais qu’y a-t-il là d’inepte et de fou dans ce texte et cette déclaration ?

Il y a que le Concile s’est pris pour le Collège des Apôtres, témoins immédiats et inspirés du Christ lui-même. Saint Jean, qu’on cite là abusivement, avait “ vu ” et “ touché ” le Verbe de Vie et il a raconté, avec le secours de l’inspiration divine accordée aux Apôtres, ce qu’il avait lui-même entendu et vu le Christ dire et faire. Mais ni Paul VI, ni les cardinaux Alfrink, Suenens, Marty, etc., ni le Concile en sa totalité collégiale, n’ont vu ni touché ni entendu le Christ. À Vatican II, point d’apparition ni d’illumination ! Le prétendre est une première imposture. Une seconde est de faire comme si l’Esprit-Saint s’était tenu là pour inspirer les Pères à l’égal des Prophètes de l’Ancien Testament et des Apôtres de l’Évangile. Après avoir renoncé à exercer son autorité suprême et infaillible en matières dogmatiques et morales, le Concile a revendiqué un pouvoir prophétique de Réforme évangélique dans l’Église, à l’égal du Collège des Apôtres, comme s’il jouissait des mêmes privilèges dont celui-ci bénéficiait seul pour fonder l’Église : « Il s’est dit “ pastoral ”, non pour se faire moindre que les Conciles dogmatiques antérieurs, mais pour paraître plus qu’eux tous réunis.

Les premiers mots de la Constitution Dei Verbum montrent bien sur quoi se fonde cette prétention : les Pères affirment être en contact direct, immédiat, inspiré avec la Parole même de Dieu pour fonder librement une nouvelle Église. « Alors, à tout bout de champ, on a entendu des Pères déclarer, quand le texte leur plaisait : “ Le Saint-Esprit est là. Ce schéma est visiblement inspiré par l’Esprit ”, etc. »

Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un Pape et un Concile avec lui se prennent pour de nouveaux Apôtres et un nouveau saint Pierre. Comment se fait-il qu’ils soient, eux les premiers et les seuls depuis dix-neuf siècles, en contact direct avec Dieu, à l’écoute immédiate de sa Parole ? C’est bien simple. Le pape Paul VI, dans son discours d’ouverture de la deuxième session, invitait l’assemblée à réformer le visage de l’Église par rapport à celui de son Seigneur : « L’Église veut se voir en lui comme dans un miroir. » Cette comparaison et opposition n’a de sens, que si l’Église contemple le Christ à part, sans médiations d’aucune sorte. « Cette “ illumination intérieure de l’Esprit-Saint ” devient la règle de foi suprême ; elle affranchit celui qui en bénéficie de toute soumission aux dogmes et aux traditions ou aux Écritures qui lui seraient contraires. »

Elle nous abouche directement, – et c’est là une théorie empruntée à Karl Barth –, par-delà le catéchisme, par-delà la doctrine de l’Église, la tradition, l’Écriture, la prédication des Apôtres mêmes, à la Parole de Dieu dans son acte premier, dans son jaillissement, au Verbe de Dieu comme sortant de la bouche du Père : Dieu parle. Résultat : « Maintenant tout curé, quand il ouvre la bouche, affirme que c’est Dieu qui parle. »

Depuis le concile Vatican II, le peuple fidèle n’a plus accès à la source de la foi, pour une raison bien simple : le canal est coupé, le magistère de l’Église ne s’exerce plus. Ça n’est pas une question d’ “ herméneutique ”, pour parler comme Benoît XVI préconisant une « herméneutique de la continuité ». Car la manière dont il exerce son magistère, ou plutôt dont il ne l’exerce pas par voie d’autorité, constitue une rupture qui le sépare de tous ses prédécesseurs, de saint Pierre à Pie XII. Cette “ rupture ” est précisément un “ schisme ” doctrinal. C’est le résultat de tout l’effort moderniste tendant depuis cent ans, et aboutissant au concile Vatican II, à écarter le Magistère de l’Église, en le situant non plus comme le canal même par lequel la Révélation parvient jusqu’à nous, mais en marge, comme une fonction annexe de contrôle et d’interprétariat.

Dans leur prétention à atteindre la pure Parole de Dieu, vivante, actuelle, immédiate, les réformateurs – du vingtième siècle – ont aboli, renversé tous les relais considérés comme des obstacles au “ ressourcement biblique ” afin de retrouver “ l’Esprit ”. La Parole de Dieu, c’est donc son dessein en œuvre aujourd’hui : elle est création du monde par la main des hommes, elle est rassemblement du Peuple de Dieu en communauté, elle est “ signe des temps ”, réussite et bonheur de l’homme par l’homme pour le « triomphe de l’homme », dont l’Eglise « plus que quiconque a le culte » (Paul VI) ! Tel est le poison dilué dans la constitution « Dei Verbum », dissimulé sous des formules, certes parfois admirables, mais diluées au sein d’un discours extrêmement pernicieux sur le plan doctrinal visant à la célébration des extases visionnaires de l’homme, homme devenu l’unique critère d’évaluation de la Vérité, enivré par sa prétendue dignité qui n’est qu’un vieux refrain, déjà sifflé à l’oreille d’Adam par celui qui en fut l’inspirateur privilégié et le corrupteur originel : l’adversaire de Dieu.

Aujourd’hui, hélas ! ce fétide refrain est un poison répandu dans tout le corps de l’Église par les efforts de Vatican II et ses suites naturelles que sont les « fruits » empoisonnés du concile sur lesquels il est inutile de revenir tant ils sont terrifiants ; Eglise qui en est entièrement infectée et profondément malade – cependant refuser de voir le mal terrible dont souffre l’Eglise, et surtout d’en reconnaître les causes objectives est un péché grave qu'il est vain de vouloir dissimuler sous un vernis pseudo catholique et des manoeuvres relativement dérisoires !

Ecrit par : Zacharias | mardi, 24 juin 2008

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Nicolas, connaissez-vous cette parole du Cardinal Suenens :

« On pourrait faire une liste impressionnante des thèses enseignées à Rome avant le concile comme seules valables et qui furent éliminées par les Pères conciliaires ».

En effet, comme le dit Suenens, tout dans ce concile délirant est en contradiction avec la foi traditionnelle de l’Eglise depuis des siècles ; si donc vous souhaitez rester catholique il vous faudra vous résoudre, vous décidant enfin à ouvrir les yeux, à admettre le caractère hérétique des thèses enseignées dans les documents de Vatican II !

Écrit par : Radek | jeudi, 28 août 2008

Tout Vatican II transpire complètement, comme il a été dit et expliqué dans les centaines de commentaires disponibles ici, les positions naturalistes lubaciennes - cela est évident et d'une limpidité incontestable - le refuser relève de la mauvaise foi.

Écrit par : Pierre | jeudi, 28 août 2008

Radek, vous choisissez la méthode inducctive comme démonstration ; elle est beaucoup moins convaincante qu'une méthode déductive.

Mais surtout, vous affirmez des choses que vous ne démontrez pas. Vous abordez des questions théologiques en y répondant par des anecdotes. Ce n'est pas cela, la théologie. Lorsque l'on accuse quelqu'un d'hérésie, on le démontre théologiquement, et sur pièces. Et puis, on regarde, avant, la définition exacte de "hérésie". Le jargon des tradi qualifie tout et n'importe quoi d'"hérétique" ; encore faudrait-il avoir les bases nécessaires pour se positionner ainsi, et savoir ce qu'est une hérésie.

"Le Cardinal Untel a dit ceci... le Père Untel a dit cela..." : j'attends, de votre part, une argumentation un peu plus étoffée.

Combien de textes conciliaires avez-vous lus intégralement ?

Écrit par : Nicolas | jeudi, 28 août 2008

Votre petite méthode argumentaire Nicolas, visant à considérer que l'induction domine dans ma démonstration, outre son caractère profondément hilarant par son outrecuidance enfantine et son refus des évidences, est très limite et singulièrement fragile du point de vue de la stratégie défensive, et montre surtout votre patent désarroi.

Ainsi vous considérez comme anecdotiques les témoignages fondamentaux provenant d'acteurs directs de la révolution conciliaire, vous passez par dessus les épaules les déclarations positives de ceux qui écrivirent les textes aboutissant aux décisions théologiques aberrantes, dont "Dei Verbum" donne, par exemple, en quelque sorte la dominante tonale et, par dessus le marché, vous vous fichez absolument de la présence des éléments théoriques naturalistes, issus, en autres venins, de la nouvelle théologie lubacienne, qui sont positivement inscrits dans les documents officiels du dernier concile - vous ne manquez vraiment pas de cran.

Je vais donc vous dire, afin de vous faire économiser du temps : si vous cherchez à nous persuader que Vatican II participe de la longue tradition de l'Eglise c'est peine perdue en ces lieux ; d'autres que vous, avec d'autres armes plus relevées que vos distinctions à la scolastique maladroite entre logique induc[c]tive (sic) et logique déductive, (au fait qu'est-ce que vous avez lu de saint Thomas mon vieux pour nous servir un couplet si faiblard ?), s'y sont épuisés et ont dû battre en retraite.

C’est pourquoi, allez poursuivre votre petit numéro d'équilibriste d'autosuggestion conciliaire sur d'autres terrains plus accueillants - vous y recevrez, sans aucun doute, une trentaine de deniers, bien mérités, pour votre maigre salaire...

Écrit par : Radek | jeudi, 28 août 2008

1 Bien joué le (sic) après une coquille ! J'avoue user également de ce genre de ruse, mais plutôt lorsque je décèle une vrai faute plutôt qu'une simple coquille.

2 Je ne me réclame pas de la scolastique. En tout cas, je ne limite pas la théologie catholique à Thomas d'Aquin.

3 Avez-vous lu Dei Verbum autrement que partiellement ? Avez-vous lu Lubac, particulièrement "Théologie" ? Il se réfère à une variété de sources, notamment patristiques, dont vous faites peu de cas.

4 Je n'ai pas l'ambition de vous convaincre : je vous respecte, mais ne vous surestime quand même pas !

5 Je vous laisse bien volontiers dans votre petit monde clos, plein de certitudes, d'anathèmes, recroquevillé sur quelques références trop restreintes pour qu'elles puissent prétendre enfermer la Tradition de l'Eglise dont vous osez vous réclamer.

6 Invité à répondre sur le fond, vous vous en montrez incapable. Décevant mais pas surprenant. Faute de formation, probablement.

7 Concernant les "trente deniers", je vois que j'ai à faire à un éminent bibliste, doublé d'un fin humoriste. J'admire !

Écrit par : Nicolas | jeudi, 28 août 2008

Le Pèlerin magazine du 22 novembre 1985 rapportait des confidences très instructives du cardinal Liénart à un journaliste, Claude Beaufort, en 1972, sur la première congrégation générale du Concile : "le Concile, l’apothéose de ma vie".


Un peu d'histoire à propos de cette apothéose toutefois, capable d'éclairer les dessous de Vatican II. Le 13 octobre 1962 : le concile Vatican II tient sa première séance de travail. L’ordre du jour prévoit que l’Assemblée désigne les membres des Commissions spécialisées appelées à l’aider dans sa tâche. Mais les 2 300 Pères réunis dans l’immense nef de Saint-Pierre se connaissent à peine. Peuvent-ils, d’emblée, élire des équipes compétentes ? La Curie contourne la difficulté : avec les bulletins de vote sont distribuées les listes des anciennes commissions préparatoires, constituées par elle. L’invite à reconduire les mêmes équipes est claire.
Quoi de plus normal que de réélire aux commissions conciliaires ceux qui, durant trois ans, avaient préparé, au sein des commissions préparatoires des textes irréprochables ? Mais évidemment cette proposition ne pouvait être du goût des novateurs.

A l’entrée de la basilique, le cardinal Liénart a été informé de cette procédure très ambiguë par le cardinal Lefebvre, l’archevêque de Bourges. Tous deux connaissent les grandes timidités des commissions pré-conciliaires, leur tournure d’esprit très romaine et peu accordée à la sensibilité de l’Eglise universelle. Ils redoutent que les mêmes causes produisent les mêmes effets. L’évêque de Lille siège au Conseil de présidence du Concile. Cette position, estime son interlocuteur, lui permet d’intervenir, de contrecarrer la manœuvre, de revendiquer le laps de temps nécessaire pour que les conférences épiscopales puissent proposer des candidatures représentatives.

Donc les libéraux redoutent des théologiens et des schémas "romains". Pour obtenir des commissions de sensibilité libérale, disons le mot, il faut préparer de nouvelles listes qui comprendront des membres de la mafia libérale mondiale : un peu d’organisation et d’abord une intervention immédiate y parviendront.

"Aidé par Mgr Garrone, le cardinal Lefebvre a préparé un texte en latin. Il le glisse au cardinal Liénart".

Voici déjà un texte tout préparé, par le cardinal Lefebvre, archevêque de Bourges. Il n’y a donc pas eu d’improvisation, mais préméditation, disons, préparation, organisation, entre cardinaux de sensibilité libérale.

"Dix ans après, celui-ci (le cardinal Liénart) se remémorait son état d’esprit, ce jour-là, dans les termes suivants :

"J’étais acculé. Ou, convaincu que ce n’était pas raisonnable, je ne disais rien et je manquais à mon devoir. Ou bien je parlais. Nous ne pouvions démissionner de notre fonction qui était d’élire. Alors, j’ai pris mon papier. Je me suis penché vers le cardinal Tisserant, qui était à mes côtés et qui présidait, et je lui ai dit : "Eminence, on ne peut pas voter. Ce n’est pas raisonnable, nous ne nous connaissons pas. Je vous demande la parole". Il me répondit : "C’est impossible. L’ordre du jour ne prévoit aucun débat. Nous sommes réunis simplement pour voter. Je ne peux pas vous donner la parole". Je lui ai dit : "Alors je vais la prendre".

Je me suis levé et, en tremblant, j’ai lu mon papier. Immédiatement, je me suis rendu compte que mon intervention répondait à l’angoisse de toute l’assistance. On a applaudi. Puis le cardinal Frings, qui était un peu plus loin, s’est levé et a dit la même chose. Les applaudissements ont redoublé. Le cardinal Tisserant a proposé de lever la séance et de rendre compte au Saint-Père. Tout cela avait à peine duré vingt minutes. Les Pères sont sortis de la basilique, ce qui a donné l’alarme aux journalistes. Ils ont bâti des romans : "Les évêques français en révolte au Concile", etc. Ce n’était pas une révolte, c’était une réflexion sage. J’étais, de par mon rang et les circonstances, obligé de parler, ou je me démettais. Car intérieurement, c’eût été une démission".

En sortant de l’aula conciliaire, un évêque hol