mercredi, 02 avril 2008

Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj

 

 
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"Les ébats lubriques de deux corrupteurs de la foi"

 

 

par

 

 

ZACHARIAS

 

 

 


 

 

 

 

 

             Le débat annoncé entre Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj qui avait suscité quelques préalables et légitimes réactions en ces lieux, que l’on peut à présent écouter sur le blog de la revue «LES EPEES»  pour s’en faire une idée, s’est donc bien déroulé (clin d’œil de l’histoire rue Pierre Nicole (1625-1695) logicien et pédagogue de Port-Royal !) comme il était prévisible, à savoir en se transformant en  une lamentable et pénible séance d’étalage successif de lieux communs, de niaiseries recuites et, surtout, témoignant de la patente et éclatante manifestation chez les deux ignobles et clownesques plumitifs admirateurs de la « dignité de la chair », de leur vertigineuse incompréhension de la théologie dogmatique et principalement de leur misérable ignorance des vérités les plus fondamentales du christianisme.

            Sollers, comme il apparaît évidemment nettement à l’écoute des échanges, en renard ultra habitué et rompu au petit jeu spectaculaire qu’il maîtrise depuis des années, se sera emparé sans tarder du micro avec une visible délectation pour ne quasiment plus le lâcher de la soirée, ne laissant que quelques miettes au pauvre Hadjadj, réduit tristement, avec sa voix fluette, à l’état d’un figurant de seconde zone ou d’un pitoyable faire-valoir, se faisant même parfois vertement apostropher par la diva (« Hadjadj La France n’existe plus » !).

 

            Le plus significatif n’est toutefois pas dans cette prévisible distribution des rôles, mais se trouve principalement dans les scandaleuses déclarations de la diva libidineuse de chez Gallimard, modestement «le seul à avoir lu la Bible ou saint Augustin ! », qui osa dire tout le mal qu’il pensait de la morale et du christianisme, réitérant, au nom du catholicisme, ses multiples et puants blasphèmes vomitifs qui se donnent à lire un peu de partout, sans que cela, étonnamment, ne suscite la moindre petite réaction indignée de quiconque, c’est-à-dire ni de Hadjadj sans doute encore perdu dans la contemplation des parties honteuses, ni d’un public en apparence soumis et consentant, ni même des organisateurs prétendument royalistes et catholiques, visiblement totalement muets.

 

            Ainsi l’ignoble auteur de « Guerres secrètes », qui parle en ex-maoïste situationniste expert habille du détournement sémantique non pas de «Contre-réforme » mais de « Révolution catholique », terme repris platement et craintivement par Hadjadj et le modérateur d'un soir de sorte de ne point courroucer l’idole, pour faire référence au mouvement qui initia l’élan du baroque en Italie, proclama en vociférant au milieu d’une assistance constituée principalement et normalement de baptisés qui ne semblent pas s’être offusqués outre mesure de ses charges :

 

- « Le christianisme est une erreur, le christianisme est une névrose ».

 - « Le christianisme j’en ai rien à faire ».



            Le sensuel histrion du quartier saint-Germain, qui était dans une apparente forme, tout à sa joie érotique fiévreuse, ne supportant ni la morale, ni le christianisme, ni le dolorisme, exaltant avec une emphatique jubilation son amour éperdu des sens, se vit même comparé à cet instant par Hadjadj, on n’est pas l’une des personnalités préférées des catholiques modernes pour rien, à un «vigoureux prêcheur » ! On croit rêver ! et il n’est plus nécessaire à entendre cela de se demander comment le catholicisme a pu tomber si bas et chercher à expliquer une si navrante démission générale dans ce pays, ce qui d’ailleurs, soit dit en passant, est assez révélateur de l’état de décomposition générale de l’Eglise en France en matière de foi.

 

             Mais le meilleur était à venir puisque, au détour de lamentables propos, Sollers évoquera Rodrigo Borgia (1431-1503) devenu pape, en achetant sans doute les votes qui le firent accéder au trône de Pierre, sous le nom d’Alexandre VI, criminel scélérat couvert de maîtresses, incestueux, bisexuel, neveu et fils adoptif du pape Calixte III (Alphonse de Borgia), nommé cardinal à vingt-cinq ans, entretenant une liaison avec Vanozza Catanei, une jeune patricienne romaine non avare de ses charmes et de son entrejambe qui lui donna quatre enfants naturels, et dont les seuls titres de gloire fut de couvrir le Vatican de nudités païennes déguisées sous les traits de saintes ou de l'image de la Vierge, qui contribuaient à son excitation sexuelle et de décors à ses orgies et partouzes frénétiques, nudités peintes par Raphaël et Michel Ange qui ont leur place non dans un lieu de culte mais dans les lupanars.

 

             Cette attention sur ce pape représentatif de ce que l’Eglise a pu générer de plus absolument contraire à la foi est à l’origine de l’aveu magistral de Sollers en ce débat, qui en dit long sur ce qu’est la réalité et la valeur de son attachement au catholicisme :    

 
- « Alexandre VI – magnifique le meilleur ! »

 
            Si l’on n’en finirait plus de dérouler la longue liste des ordures proférées en une soirée par l’indigne Sollers, ce qui alerta même un instant tardivement Hadjadj, vraiment longuet à la réaction, qui commença enfin à s’apercevoir que le discours du rigolo allait peut-être non seulement un peu loin mais pourrait, à terme, nuire à son avantageuse réputation d’écrivain catholique choyé de la bonne presse, osa timidement lui rappeler que le Christ était cependant venu, non pas pour s’égayer avec les prostituées et passer des bons moments avec Marie-Madeleine mais pour nous racheter du péché.

 

            L’ire colérique de la décadente idole des salons parisiens fut mise alors à son comble, et l’admirateur de Casanova se fendit d’une analyse à la hauteur de son insondable dévergondage intellectuel et de sa scabreuse désorientation morale :  

 

-  « C’est le clergé qui a besoin du péché ».

 

           Que croyez-vous qu’il arriva ? Que l’on prit immédiatement le malandrin insulteur des prêtres et de ceux qui se vouèrent depuis des siècles à la conversion des âmes par la peau des fesses pour le jeter manu militari sur la pavé parisien afin qu’il serve de litière aux excréments canins ? Non ! Cette ultime sécrétion faisandée sortie du cerveau malade de Sollers suscita devinez quoi ? Les applaudissements du public !!

 

            La conclusion de cette infâme sauterie revint à Hadjadj qui, pour ne pas donner l’impression d’être en reste sur le plan des audacieuses déclarations définitives laissa ainsi tomber de ses pieuses lèvres émues et de sa «masse essoufflée » ce qui lui sert depuis toujours de viatique permanent :

 

-  « La chair a une dignité divine ».

 

            Signalons toutefois, que l’honneur de cette pantalonnade grotesque revient peut-être à une dame qui dignement, à la fin, se leva tout de même pour signaler sa surprise de ne point avoir entendu, alors que les deux andouilles littéraires n’en finissaient pas de proférer de monstrueuses hérésies en s’appuyant sur le mystère de l’Incarnation et de la Résurrection qu’ils interprètent et tordent à leur fantaisie pour en faire surgir les plus dégoûtantes aberrations, la place centrale tenue par la Croix (à laquelle "il ne faut pas rester" s’époumona à la seconde Sollers qui à la vue du gibet du Golgotha tremblait d’une crainte qui n’est pas sans rappeler celle des démons !) au sein de la religion chrétienne et son rôle dans l’économie du Salut.

 
           Merci Madame pour la leçon de christianisme que vous avez donnée à cette assemblée apostate !
 
 
 

           Que n’avez-vous eu la présence d’esprit cependant, au moment où Sollers venait, ce qu'il convient de noter impérativement car si révélateur de ce qui fonde en réalité secrètement tout ce discours sur la dignité de la chair, de publiquement dévoiler dans l'indifférence générale la source perverse de sa pensée en se référant positivement à « l’évangile de Philippe » (IVe s.) écrit gnostique provenant de la bibliothèque de Nag Hammadi qui fait une place considérable à l'importance de la consommation charnelle, l’union entre l'homme et la femme étant dans ce texte hérétique scandaleusement comparée au « Saint des Saints »,  de citer ce passage de « La Cité de Dieu » de saint Augustin que les deux larrons osèrent même mêler à leur insane dialogue copulatoire :

 

-         « C’est par là foi qu’on approche de Dieu, et il est certain que la foi appartient au coeur et non au corps. Mais comme nous ignorons jusqu’à quel degré de perfection doit être élevé le ''corps spirituel des bienheureux'', car nous parlons d’une chose dont nous n’avons point d’expérience et sur laquelle l’Ecriture ne se déclare pas formellement, il faut de toute nécessité qu’il nous arrive ce qu’on lit dans la Sagesse: ‘‘Les pensées des hommes sont chancelantes et leur prévoyance est incertaine’’. »

 

(S. Augustin, La Cité de Dieu, Liv. XXII).

 
 
 

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Sollers/Hadjadj

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Le site Royaliste, Les épées, organise des débats/conférences de qualité avec des personnalités intellectuelles pas forcément royalistes.

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Trackback par : Incarnation | samedi, 03 mai 2008

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Trackback par : Mobil Telefoni | mercredi, 15 avril 2009

Commentaires

Ces éléments sont précieux et éclairent les sources de Sollers pour défendre avec ardeur la chair.

On sait moins qu'ils sont au centre d'un bouquin devenu célèbre mondialement le "Da Vinci Code" de Dan Brown !

En effet, le "Da Vinci Code" propose l'Évangile de Philippe et l'Évangile comme preuve que Jésus a marié Marie.

Le Da Vinci Code « cite » notamment l'évangile de Philippe :

« Et la compagne du sauveur est Marie Madeleine. Christ l'aimait plus que tous les autres disciples et l'embrassait souvent sur sa bouche. Les autres disciples en étaient offusqués et ont exprimé leur désapprobation. Ils lui ont dit : “Pourquoi l'aimes-tu plus que nous?” »

Des recherches supplémentaires sur les évangiles de Philippe révèlent que :

L'évangile de Philippe est une collection gnostique qui date de la fin du troisième siècle, plus de 200 ans après l'époque de Jésus-Christ. Il a donc peu de valeur historique et représente surtout les thèses les plus hostiles à l'Eglise chrétienne critiquant son ascèse et se moquant, par une vie de débauche licencieuse, de ses appels à la virginité et à la sainteté.

Ecrit par : Jude | mardi, 01 avril 2008

Bonjour, j'ai donc commencé par la fin, et le commentaire de Jude. Mon quotidien du moment ainsi que mon absence de santé passagère m'obligeant à me servir du net à la manière de l'encensoir, je prendrai donc - un peu guérie, le temps de lire l'article entier plus tard.

Ainsi donc, et sans rien connaître du "Code" que sa version filmée, je trouve extrêmement dangereux (vraiment) ce léger snobisme du sentiment qui consiste à "s'occuper des fesses" de notre Seigneur. C'est une façon me semble-t-il de faire obstacle à une question autrement plus cruciale dans l'ordre des choses, à savoir la vie amoureuse et sexuelle de Joseph et Marie, qui doit rester tout de même un modèle incontournable pour nous, dans une mesure réaliste à comporter un très lourd facteur générationnel. Ou bien, c'est que nous égarons.

A vous, à plus tard.

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 02 avril 2008

Zak, votre article me fait un peu l'effet d'un buvard, et ne saurait manquer à votre récit la présence assez sainte d'une Véronique. Ne m'en veuillez pas de pareils avis...

Ce qu'il m'en reste : "c'est le clergé qui a besoin du péché", et bien sûr les applaudissements qui remettraient à plus tard l'état d'une réflexion.

Besoin du "péché", c'est-à-dire que nous n'ignorerions plus du tout le problématique célibat des prêtres ?
Besoin du péché, pour concélébrer en d'assez grandes assemblées pénitentielles ? Et pour nous contrôler coupables ?

Vous avez donné dans la surface et malgré tout, cela manque un peu de fond...

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 02 avril 2008

Il y a longtemps que l'on devait en arriver là ! La séduction et l'ouverture de l'Eglise à l'égard du monde et de ses valeurs depuis des années, fruits malsains s'il en est, triomphent logiquement dans la théologie gnostique licencieuse...

Ecrit par : Orage | mercredi, 02 avril 2008

Mais c'est vrai, Sollers se réfère sérieusement à l'évangile gnostique de Philippe pour appuyer ses thèses démentielles !

Et on veut après ça en faire un représentant du catholicisme ? Outre que ce sale type soit allé voir le Pape, il considère que le meilleur d'entre les Souverains Pontifes fut Alexandre VI !! Mais il va nous faire revenir de nouveau Luther et Calvin avec de telles dingueries !!

Et dire qu'un Hadjadj que je ne connais pas, mais qui semble avoir un peu plus de religion à l'écoute du dialogue, se prête à cette indigne comédie - triste spectacle en vérité...

Ecrit par : Louis Legrand | mercredi, 02 avril 2008

Commentaire tranchant mais si conforme à ce que je viens d'entendre. Je dois dire que je n'ai jamais particulièrement goûté la prose de Sollers, et encore moins son personnage de star littéraire ; évident menteur, cabotin, mondain et snobinard. C'est pourquoi ce que dit Zacharias ne m'apprend rien du tout.
En revanche grosse déception en ce qui concerne Hadjadj - "Réussir sa mort" n'était pas un mauvais bouquin et deux ou trois idées séduisaient et l'on pouvait s'attendre après ce livre à une réflexion de sa part sur des sujets autrement sérieux que celui, rebattu mille fois, portant sur la sexualité et la religion.
Aujourd'hui pour le coup c'est un peu la douche froide, facilité d'écriture, séduction du client par le bas-ventre, etc. A oublier et vite !

Ecrit par : Campari | mercredi, 02 avril 2008

IdC : chassez ce Zak que je ne saurais voir !

Ecrit par : Maris | mercredi, 02 avril 2008

Que la dame qui a parlé de la présence centrale de la Croix sur le plan de la religion chrétienne lors de la soirée se fasse connaître, "La Question" lui remettra l'édition dans la Pléiade, qui n'est plus en promo depuis 3 jours, des écrits gnostiques de la bibliothèque de Nag Hammadi !

Ecrit par : Epiphane | mercredi, 02 avril 2008

Peut-être que Hadjadj a été un peu dépassé par l'événement ? N'a-t-il pas à vos yeux, au moins, le bénéfice du doute ?

Ecrit par : François | mercredi, 02 avril 2008

Une petite histoire du Saint Père Alexandre VI - le meilleur selon l'ignoble Sollers !!


http://www.youtube.com/watch?v=ZHr2R75uDmc

Ecrit par : Contre-réforme | mercredi, 02 avril 2008

Afin d'illustrer avec plus de précisions cette ambiance qui régna a Rome pendant des siècles, citons ce roi d'Angleterre, Edgar dit Le Pacifique (944-975) qui, s'adressant a ses évêques, donna une description peu flatteuse de ce qu'il avait vu lors d'un de ses voyages dans la ville des papes :

"... On ne voit a Rome que débauches, dissolutions, ivrogneries et impuretés ... les maisons des prêtres sont devenues les retraites honteuses des prostituées, des bateleurs jongleurs, équilibristes, acrobates, etc .... ) et des sodomites ... on joue nuit et jour dans la demeure du pape ... les chants bachiques, les danses lascives et les débauches de Messaline ont remplacé jeunes et prières ... c'est ainsi que ces prêtres infames dissipent les patrimoines des pauvres, les aumônes des princes ou plutôt, Ie prix du sang du Christ ... "

Ecrit par : Jean | mercredi, 02 avril 2008

Si c'est le meilleur selon ce pauvre Sollers qui aurait visiblement besoin d'un psychiatre, qu'est-ce que doivent être les autres !

Ecrit par : Yvan L. | mercredi, 02 avril 2008

Né en 1431, Rodrigue Borgia mène l’existence fastueuse des princes de la Renaissance, il est avide de luxe, de richesses et de relations mondaines. Malgré cette débauche, il reçoit, en 1456, le titre d’évêque grâce à la protection de son oncle, le pape Calixte III. Son influence est telle qu’en 1492, ni ses compromissions ni sa vie scandaleuse ne l’empêchent d’être élu pape. Le cardinal Borgia sait utiliser la fortune qu’il a accumulée. Ses adversaires sont neutralisés et il est élu pape sous le nom d’Alexandre VI. De jeunes hommes nus, décorés et parés, jouent les statues vivantes au couronnement du nouveau pape.

Le nouveau pape continue son existence mondaine. De sa liaison avec Rosa Vannozza naissent plusieurs enfants naturels parmi lesquels Lucrèce, Jean et César Borgia. Lucrèce couche avec son père et son frère. Elle a des évêques comme valets de chambre. Il n’y a pas là de quoi étonner les Romains, pas plus que la présence d’autres concubines du pape dans le palais pontifical.

Le 31 octobre 1501, César Borgia et son père le pape organisent une « petite fête ». Ils y invitent une cinquantaine de courtisanes romaines assez légèrement vêtues. On commence par un festin, on boit, on mange et on devise. Puis, les musiciens font leur rentrée.


Les courtisanes commencent à se dévêtir en dansant, un morceau à la fois, jusqu’à ce quelles soient complètement nues. À ce moment, arrivent des cadeaux qu’on étale un peu partout; ce sont les prix pour le concours qu’on organise. Les hommes se dévêtent à leur tour. Chacun fait ce qu’il a à faire avec les courtisanes, devant les convives. Ceux qui ont montré le plus de vigueur, et le plus grand nombre de fois, sont les gagnants. La fête se poursuit par une compétition entre les courtisanes nues. On leur lance des châtaignes qu’elles doivent manger en prenant des postures, à la lueur des chandelles.

On ne sait pas si Sa Sainteté a assisté à la fête, tout ce qu’on sait, c’est que le pape a pris froid, on ne sait comment, et qu’il ne pourra pas célébrer la messe de la Toussaint, le lendemain.

Alexandre VI apprécie également les jolis garçons tel Astorre Manfredi, seigneur de Faenza, qu'il attire au Château Saint-Ange. Après en avoir abusé, il le fait jeter dans le Tibre.

En 1494, par le traité de Tordesillas, Alexandre VI divise le Nouveau Monde : le Brésil au Portugal et le reste de l'Amérique latine à l'Espagne.

Voulant profiter de sa situation pour faire fructifier la fortune de ses amis, Alexandre VI distribue des nominations à gauche et à droite, nommant même son fils de 18 ans au rang de cardinal. Son règne est marqué par de sordides histoires d'orgies, d'empoisonnements et d'inceste.

Alexandre VI fait arrêter le cardinal Orsini et confisque tous ses biens, y compris le mobilier. Le pape se plaint de ne trouver parmi ces effets une grosse perle estimée à deux mille ducats et une cassette pleine d’or qu’il savait être chez le cardinal. La mère de ce dernier, âgée de quatre-vingt ans craignant qu’Alexandre VI, selon la coutume, n’empoisonne son fils, vient en tremblant lui apporter la perle et la cassette mais son fils est déjà empoisonné et rend les derniers soupirs. On dit que la perle serait encore dans les trésors du Vatican. La cantarella est le poison qu’il prépare pour quelques cardinaux et dont on croit qu’il mourra lui-même.

Son cadavre, injurié et outragé, est enterré sans cérémonie en 1503.

Ecrit par : Virine | mercredi, 02 avril 2008

On savait depuis longtemps qu'un certain nombre de papes avaient souvent abandonné le célibat, mais le propre d'Alexandre VI c'est qu'il étala ouvertement sa réputation amoureuse et s'en fit même une gloire.
Un portrait de sa maîtresse – habillée comme Marie, la mère de Jésus – ornait sa chambre à coucher, et il reconnut publiquement ses enfants illégitimes, qui ont d’ailleurs acquis leur propre célébrité : César et Lucrèce Borgia. (Chronicle of the World, Derrik Mercer Ed., DK Publishing, p. 391).

Giovanni Boccace, le grand écrivain humaniste italien du XIVème siècle, nous offre une description pleine d’humour de la corruption et de la décadence de l’Eglise à son époque. Son ouvrage devenu classique, le Décaméron, nous présente un Juif nommé Abraham qu’un ami chrétien a convaincu d’aller visiter Rome dans l’espoir qu’il sera si impressionné qu’il se convertira au christianisme. Abraham en revient complètement dégoûté et raconte :

"Je le dis comme je le pense : Si j’ai observé les choses correctement, il n’est pas un seul homme d’Eglise chez qui j’ai pu découvrir la moindre trace de piété, de dévotion ou de bon exemple de vie. Je n’ai vu qu’envie, convoitise, gloutonnerie et pire… Et il me semble, pour autant que je peux en juger, que votre pasteur suprême, et par conséquent tous les autres, s’efforcent de tout leur possible et avec talent de parvenir au néant et de bannir du monde les valeurs de la religion chrétienne…"

Ecrit par : Derek | mercredi, 02 avril 2008

On s'attendait, pour le moins, de la part du fer de lance de l’aristocratie intellectuelle catholique, numéro 3 parmi les 200 personnalités catholiques qui comptent, en France, selon le classement de l’hebdomadaire La Vie! (lu sur les Epées), à savoir M. Hadjadj, on s’attendait donc à un peu de mordant et de pugnacité pour défendre notre religion sérieusement mise à mal par le Roi Soleiers!

L'Eglise de France est servie par un arriviste qui courbe l'échine, pour être poli, devant celui qui est LE SEUL EN FRANCE à avoir lu la Bible et Dante, (excusez du peu!), nous comprenons mieux la profonde déliquescence où elle est désormais plongée
Je laisse le soin à Léon Bloy d’exprimer mieux que moi le profond écœurement qui me vient à l’écoute de cet enregistrement !


« Personne n’a dit aussi fortement que moi l’injustice des catholiques, leur avarice infâme, leur égoïsme fangeux, leur poltronnerie à faire vomir, leur sottise, leur mépris stupide pour ne pas dire leur haine de tout ce qui est intellectuel, indépendant et généreux. »

« J’affirme nettement, avec une autorité absolue, que le monde catholique moderne est un monde réprouvé, damné, rejeté absolument, irrémédiablement, un monde infâme dont le Seigneur Jésus a soupé de la façon la plus complète, un miroir d’ignominie où il ne peut pas se regarder sans avoir peur comme à Gethsémani. »

Ecrit par : Marc | mercredi, 02 avril 2008

"...réputation amoureuse ?"

Derek, vous avez un humour certain, heureusement pour mes nerfs face à un clavier réellement incapable de s'offusquer de tant d'élans dédaigneux...
Cependant, vaste question que celle d'une pitié revenue à la mode.

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 02 avril 2008

Ne soyons pas trop sévère avec le numéro 3 du parti!
On peut aussi s'interroger sur le silence des organisateurs et de l'assemblée!
Qui ne dit mot consent !

Tout ceci me fait penser à ces deux versets de la Bible
" Et cela, à cause des faux frères qui s'étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus Christ, avec l'intention de nous asservir."(Gal. 2-4)
"Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ." (Jude. 1-4);

Il me semble que c'est là un enseignement qui vaut pour tous les catholiques, par notre silence ne sommes-nous pas tous de faux frères?!

Ecrit par : Judith P | mercredi, 02 avril 2008

Bonjour Marie-Gabrielle!

Ecrit par : Judith P | mercredi, 02 avril 2008

Bonsoir Judith P... je vous passe un relais (attaques de fièvre itinérante en ce qui me concerne...).

Bonne soirée, alors... et peut-être à bientôt,

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 02 avril 2008

Mais de quoi est-ce que vous parlez? Est-ce que vous avez un peu lu Sollers? Vous rendez-vous compte à quel point vous sombrez dans la bêtise la plus profonde? Est-ce que vous avez des oreilles pour entendre? Est-ce que vous avez des yeux pour lire? Sollers est donc libidineux, il est toujours libidineux, chaque fois que je lis quelque chose sur lui d'un peu haineux, ce qui n'est pas rare, ni à droite, ni à gauche, je trouve les mots "diva", "Saint-Germain", "libidieux", etc. Donc ce monsieur qui dit que le sexe, ça ne l'intéresse pas, c'est à côté de la plaque, est une "diva libidineuse" - peut-être parce qu'il porte des bagues?

De quels revirements parlez-vous? De quels changements d'opinion? Ah, il a été maoïste, il y a trente-cinq ans. Son intérêt pour la Chine est bien plus ancien que son maoïsme, et dure encore. Sa récente conversion, de quand date-t-elle? Au plus tard, de la fin des années 70, mais vous trouvez dans Drame (milieu des années 60, il n'a pas 30 ans) des pages de méditation très belles sur une Conversation silencieuse de Bellini, sans compter des citations de Dante. C'est ça que vous appelez une "récente conversion"?

Lisez, au lieu de regarder la télé! Vous regardez trop la télé! Sans même écouter! Vous êtes bête et haineuse! Vous ne vous rendez même pas compte que vous vérifiez ce que dit Sollers sur ce point : le catholicisme en France, ça n'existe pas. Tentation protestante, révulsion iconoclaste aux splendeurs de l'art italien, fixation sur la sexite (libidineux, libidineux)... Bon vent! Rendez-vous à la Résurrection des corps! Au Jugement Dernier! Chez Michel-Ange! A la chapelle Sextine! Hou!

Ecrit par : Moshé | mercredi, 02 avril 2008

Vous êtes bête et haineuse!

Comment?! Zacharias?! Faisant partie du beau sexe?!
Crotte alors!

Moshé, lisez au lieu de regarder la télé! Vous regardez trop la télé!

Ecrit par : Rolland | mercredi, 02 avril 2008

Je ne crois pas avoir lu sous la plume de quiconque ici que Sollers s'était "converti" à quoi que ce soit, mais bien plutôt "taillé" un nouveau costume prétendument catholique à la mesure qui convient à son discours du moment, se torchant indécemment l’anus dans les plis des chasubles vaticanes. Ce n'est pas la même chose, relisez mieux, au lieu de vous laisser aveugler par un petit trépignement de jeune adoratrice zélée irritée, ce que vous souhaitez critiquer Moshé !

En réalité c'est le détournement à des fins marchandes de ce qu'est effectivement le christianisme, dont entre parenthèses il ne veut pas entendre un mot et sur lequel il profère des énormités pitoyables et scandaleuses, avec le consentement béa de cette endive molle de Hadjadj et les courbettes des invertis de la pire espèce qui encensent son indigente prose, qui lui est reproché - après il fait ce qu'il veut avec sa plume et vend ses bouquins fabriqués à la forge et à l'enclume comme ça lui chante et selon sa stratégie média habillement établie - cela ne nous intéresse pas le moins du monde, et il peut derechef et illico presto aller rejoindre son ami Rodrigue Borgia, dit Alexandre VI pour les intimes, auprès des incubes et succubes afin de définitivement brûler ses péchés, dont il refuse d’admettre qu’ils sont siens sous prétexte, risible autant que grotesque lui le « docteur in pecato », que « Je est un autre », dans les flammes de l'enfer pour l'éternité, cela nous indiffère, soyez-en assuré, absolument et représenterait plutôt une œuvre de salubrité spirituelle !

Ecrit par : Zak | mercredi, 02 avril 2008

En tant qu'écrivain -et je ne veux parler que sur ce plan - et ben franchement, Sollers... "Femme" c'est de l'IKEA célinien, du skaï, du contreplaqué. Paradis? Soyons sérieux... N'est pas Joyce qui veut (il le sait très bien d'ailleurs). Prenez Calaferte, lisons "Septentrion", là oui, d'accord, on a un ECRIVAIN. Dès son Journal Jean René Huguenin déclare qu'il manque à Sollers un petite chose, oh un rien -une faille "il est trop lisse" dit il. Pas d'écrivain sans cette faille d'où coule l'encre. Et Huguenin de survivre avec sa mince Côte sauvage et son trop bref Journal quand déjà Sollers commence de sombrer. Il a raté son coup l'Habile trop habile qui s'est dupé lui-même . Il était magnifiquement doué, oui, il avait "ce don des dieux, ce bouquet, le style" dit de lui Mauriac. Mauriac qui parle d'un Soller de...quoi...22 ans je crois (je peux me tromper un peu) qui viens d'écrire son premier bouquin. Sollers, une habileté de virtuose, mais incapable d'écrire 10 lignes de la qualité d'un Hardellet, d'un Henri Callet. Sollers, l'écrivain qui a tellement voulu être un "Grand Ecrivain" qu'il ne sera même pas l'un de ces charmants "mineurs" qui font le bonheur et la grâce de la littérature.

Ps( S'il nous mettait sa tristesse sur la page, nous contait son ratage, il pourrait nous laisser sur un beau livre. Mais sa vanité maladive le lui interdira. Et tout ça il le sait. Quelle damnation "ici et maintenant"!)

Ecrit par : Restif | mercredi, 02 avril 2008

J'aime la forêt. Il est difficile de vivre dans les villes : ceux qui sont en rut y sont trop nombreux.
Ne vaut-il pas mieux tomber entre les mains d'un meurtrier que dans les rêves d'une femme ardente ?
Et regardez donc ces hommes : leur œil en témoigne — ils ne connaissent rien de meilleur sur la terre que de coucher avec une femme.
Ils ont de la boue au fond de l'âme, et malheur à eux si leur boue a de l'esprit !
Si du moins vous étiez une bête parfaite, mais pour être une bête il faut l'innocence.
Est-ce que je vous conseille de tuer vos sens ? Je vous conseille l'innocence des sens.
Est-ce que je vous conseille la chasteté ? Chez quelques-uns la chasteté est une vertu, mais chez beaucoup d'autres elle est presque un vice.
Ceux-ci sont continents peut-être : mais la chienne Sensualité se reflète, avec jalousie, dans tout ce qu'ils font.
Même dans les hauteurs de leur vertu et jusque dans leur esprit rigide, cet animal les suit avec sa discorde.
Et avec quel air gentil la chienne Sensualité sait mendier un morceau d'esprit, quand on lui refuse un morceau de chair.
Vous aimez les tragédies et tout ce qui brise le cœur ? Mais moi je suis méfiant envers votre chienne.
Vous avez des yeux trop cruels et, pleins de désirs, vous regardez vers ceux qui souffrent. Votre lubricité ne s'est-elle pas travestie pour s'appeler pitié ?
Et je vous donne aussi cette parabole : ils n'étaient pas en petit nombre, ceux qui voulaient chasser leurs démons et qui entrèrent eux-mêmes dans les pourceaux.
Si la chasteté pèse à quelqu'un, il faut l'en détourner, pour qu'elle ne devienne pas le chemin de l'enfer — c'est à dire la fange et la fournaise de l'âme.
Parlé-je de choses malpropres ? Ce n'est pas ce qu'il y a de pire à mes yeux.
Ce n'est pas quand la vérité est malpropre, mais quand elle est basse, que celui qui cherche la connaissance n'aime pas à descendre dans ses eaux.
En vérité, il y en a qui sont chastes jusqu'au fond du cœur : ils sont plus doux de cœur, ils aiment mieux rire et ils rient plus que vous.
Ils rient aussi de la chasteté et demandent : "Qu'est-ce que la chasteté !
La chasteté n'est-elle pas une vanité ? Mais cette vanité est venue à nous, nous ne sommes pas venus à elle.
Nous avons offert à cet étranger l'hospitalité de notre cœur, maintenant il habite chez nous, — qu'il y reste autant qu'il voudra !"
Ainsi parlait Zarathoustra.

Ecrit par : Thomas l'Obscur | mercredi, 02 avril 2008

"L'homme est envers lui-même l'animal le plus cruel ; et, chez tous ceux qui s'appellent pécheurs", "porteurs de croix" et "pénitents", n'oubliez pas d'entendre la volupté qui se mêle à leurs plaintes et à leurs accusations !"

Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra)

Ecrit par : Thomas le Clair | mercredi, 02 avril 2008

Bon les citations c'est sympa mais on connait depuis longtemps déjà (la 5e c'est loin...) les textes de l'adorateur du "grand Midi " Thomas le clair-obscur ; alors fais plutôt fonctionner tes neurones de manière plus originale mon garçon en n'oubliant pas, comme disait ton auteur préféré, que "l'avenir à quelque chose d'effrayant dans sa simplicité" !

Ecrit par : Zacharoustra | jeudi, 03 avril 2008

Restif vient de très bien parler de Sollers. En effet: "N'est pas Joyce qui veut (il le sait très bien d'ailleurs)". Fondamentalement c'est un humble. Apprenez-à lire !...Et prenez-en de la graine !

Ecrit par : . | jeudi, 03 avril 2008

Si le timide "philosophe" Hadjadj s'est fait enterrer par par le puant Sollers, ce ne fut pas le cas de Michel Onfray (également à gerber pour un chrétien par son athéisme, ou plutôt son "antithéisme" virulent et son hédonisme malsain ) comme on peut le voir dans cet extrait de l'émission de Frédéric Taddeï, "Ce soir ou jamais" :

http://www.dailymotion.com/video/x3ghkt_onfray-assassine-sollers_fun

Ecrit par : Ronin | jeudi, 03 avril 2008

Mes excuses, je croyais que Z et IdC ne faisaient qu'un. Je suis un peu rassuré qu'il soit un homme, d'ailleurs (je n'osais imaginer quelle espèce de femme écrirait comme ça). Mais c'est Z qui écrit :

"La stratégie médiatique des émois religieux du nouveau converti"

puis

"Je ne crois pas avoir lu sous la plume de quiconque ici que Sollers s'était "converti" à quoi que ce soit".

On peut bien sûr couper les cheveux en quatre et noyer le poisson, hein.

Ceci dit : je n'apprends toujours pas

1) pourquoi Sollers est si "libidineux". C'est la plume de Zacharia que je trouve libidineuse. Allez voir le tableau de Rubens, le Christ et la femme adultère : rien de plus obscène et obsédé que les faces des prêtres, qui s'indignent et appellent au meurtre et au châtiment. Les yeux exorbités, les mains tordues (le Christ est en revanche droit et sobre). Voilà à quoi ressemble le style de ce très mauvais écrivain de Z.

2) quels si fréquents revirements vous reprochez à Sollers?

Soyons un peu sérieux, voyons ; et un peu précis, s'il-vous-plaît.

Ah! Sollers doit vous conter son "ratage"? Sa "misère", son "échec"? Il n'y a que ça de vrai? Avouez que ça rassurerait le lecteur, qu'il lui parle de sa médiocrité, au lieu d'affirmer une vie libre, amoureuse, "une agitation vive et gaie", comme dit Montaigne, - réussie. Vous voyez bien qu'on est au coeur de la question.

Au fait : Paradis n'a pas de ponctuation, c'est donc (sous-)joycien. Femmes (écrit dans la même période) a des points de suspension, c'est donc (sous-)célinien. Comme quoi la ponctuation vous jette la poudre aux yeux, vous manquez pavloviennement tout le reste. Ces trois livres (il y a deux Paradis, pour l'instant) sont d'une grande clarté française, d'une grande cohérence de pensée, et sont des chefs-d'oeuvre. C'est sûrement être très inverti de le penser, mais que voulez-vous. Je vous prie alors de me traiter comme le recommande Jean-Paul II, avec compréhension et pitié.

Ecrit par : Moshé | jeudi, 03 avril 2008

Ca alors! C’est bien la première fois que je lis une critique aussi radicale !
C’est autrement intéressant que les sempiternelles gloses sur le style et la personnalité de Monsieur Sollers !

Ecrit par : La mère Castor | jeudi, 03 avril 2008

Bon Moshé vous voulez que l'on soit gentil avec vous c'est ça ? Vous souhaitez que l'on use de compréhension à votre égard car vous souffrez pour votre idole, je suis prêt à vous accorder un peu de réconfort dans votre douleur (je n'ose vous traiter de "doloriste" tant cela n'est pas à la mode, mais vous en présentez les signes pourtant...) ; et puis même ma pitié vous est acquise, vous en avez besoin. Là, ça va mieux - détendez-vous mon grand, respirez un bon coup - vous voyez ça passe.

Et maintenant écoutez-moi bien :

Je vous répète que Sollers ne m'intéresse pas - mais alors pas du tout ! s'il n'avait eu la triste idée de masquer son néant littéraire avec le catholicisme, croyez-moi, je ne l'aurais absolument jamais évoqué - trop esthétique, égocentrique et superficiel à mon goût - zéro abyssal - du vide sur la vacuité - c'est clair cette fois-ci ? de ce fait ne revenez plus me fatiguer les burettes avec votre clown !

Ainsi pour gagner du temps et éviter d'en perdre à ergoter inutilement afin de savoir ridiculement si oui ou non il a changé, à quel moment, dans quelles circonstances, etc., puisque votre icône vient de publier ses mémoires et que chacun peut se faire sa petite idée pour savoir de quoi il en retourne, je livre ci-dessous une analyse que je trouve relativement correcte et objective, voire même modérée par endroits.
C'est pas de votre serviteur - encore un peu d'eau Moshé ? mais de Christian Authier :


Sollers : insignifiant, mais rigolo…



Philippe Sollers publie ses mémoires : un autoportrait extatique où notre notable des lettres n'en revient pas de se trouver si beau dans son miroir.

À 71 ans et après presque un demi-siècle d'existence littéraire, Philippe Sollers livre donc ses mémoires, intitulées Un vrai roman. Pas de surprise, c'est bien du Sollers dont on reconnaît la méthode : compilation de citations et enfilage de perles. Voilà pour la forme. Quant au fond, il s'agit d'un autoportrait extatique dans lequel Sollers, spectateur béat de lui-même, n'en revient pas de se trouver si beau : «Je visite ma vie, et c'est merveilleux car je suis en train de la visiter à chaque instant.»

Durant 350 pages, l'écrivain ratiocine, répond à des questionnaires, commente ses livres, reproduit les exergues et les débuts de ses romans. Tout a sa place dans ce bric-à-brac narcissique, y compris des articles de journaux, comme la reproduction de sa fameuse tribune La France moisie parue dans Le Monde en 1999 - texte qui n'a pas pris une ride et qui demeure toujours aussi stupide.

L'enfance et la jeunesse sont vite évoquées par quelques vignettes familiales (« J'adore ma tante Laure, ma deuxième mère. ») et des souvenirs de touche zizi avec un camarade de classe. Mais Un vrai roman débute réellement en 1958 avec la parution de son premier livre, Une curieuse solitude, salué alors par Mauriac et Aragon. Fier comme un paon, Sollers reproduit des dédicaces de ces deux-là, ainsi que d'André Breton, un autre admirateur. Ils n'étaient pas les seuls à admirer son talent : « J'ai beaucoup aimé et admiré Ponge, et la réciproque aura été vraie. Je ne vais pas citer ici les dédicaces superélogieuses de ses livres. Les historiens le feront un jour, c'est leur métier », mais il ne résiste pas à l'envie d'en citer une tout de même cent pages plus loin… Visiblement, notre petit comique a beaucoup consulté sa bibliothèque puisqu'il nous offre également une dédicace de Michel Houellebecq. On aurait préféré qu'il recopie le drolatique portrait au vitriol que Houellebecq fait de lui dans Les Particules élémentaires… On regrette aussi de ne pas lire la « lettre très élogieuse » que Jean-Paul II lui aurait adressée en 2000, mais la publication d'un recueil de dédicaces et de correspondances est peut-être en vue…

Pathétique et attachant

Au-delà de la dimension cartes postales de l'ensemble, on pêche dans Un vrai roman des considérations plus générales sur la religion (« Le catholicisme français est un drôle de foutoir ») et la politique (« Mai 68, je l'ai sans cesse écrit dans mes romans et ailleurs, a été une libération incroyable. »). L'engagement maoïste de l'auteur est expédié en quelques lignes : « Ah, Mao ! Là encore, soyons clair : c'était le seul moyen efficace de faire sauter la vieillerie russe, de traiter le mal par le mal. » On comprend que soutenir l'un des pires criminels de l'histoire ce n'était « pas du tout pour approuver les ravages de la «révolution culturelle», mais pour porter les coups les plus efficaces au totem vichyste comme à l'influence du parti communiste ». CQFD… Combattre Vichy par Mao, de Gaulle et Jean Moulin étaient bien nigauds de n'y avoir pensé.

Rayon admirations, Philippe Sollers cite abondamment quelques grands maîtres - comme si le génie des autres allait un peu rejaillir sur lui - et vante les mérites de son employeur, la maison Gallimard, du grand patron à l'attachée de presse. Côté aigreurs : il jalouse les contemporains lui faisant de l'ombre (Le Clézio, Quignard et Modiano), mais réserve ses attaques les plus violentes à des morts (Renaud Matignon, Jean Edern-Hallier, Jean-René Huguenin, Philippe Muray…), parfois avec élégance (Françoise Verny qualifiée de « grosse baleine décomposée »). Enfin, s'il évoque les deux grands amours de sa vie (Dominique Rolin et Julia Kristeva), il nous épargne la liste de ses conquêtes (« Je ne donne évidemment pas, dans ces Mémoires, les noms des autres femmes qui ont traversé ma vie de façon plus ou moins durable et intime. ») tout en intriguant le lecteur : « Il est m'est arrivé de baiser avec le néant, et de coucher plusieurs fois avec la mort. » Bref, tout cela est consternant bien que les postures les plus autosatisfaites de cet être bouffi d'orgueil provoquent un rire salvateur : « on me lira, on me relira ».

Une fois que plus, Philippe Sollers se réclame de Guy Debord en faisant mine d'oublier le jugement que Debord portait sur lui, tant il n'aime pas qu'on rappelle cette « déclaration ancienne et très ambiguë ». Ancienne ? De 1993, peu avant la mort de Debord. Ambiguë ? Non, pas du tout et l'on ne résiste pas au plaisir de la reproduire : « Insignifiant, puisque signé Philippe Sollers.» Un autre jugement très pertinent fut énoncé par Patrick Modiano lors d'un Apostrophes où il compara Sollers à Sacha Distel, c'est-à-dire à un baladin jonglant avec des pommes, des poires et des scoubidous. Il y a de cela chez lui et il ne faut pas être trop sévère avec le personnage. En effet, quand d'autres, moins cultivés et moins drôles, l'auront remplacé, beaucoup regretteront Sollers. La nostalgie aura joué son rôle comme pour Fernand Raynaud, Roger Couderc ou Raymond Oliver, tant décriés de leur vivant. Car Sollers est un objet du patrimoine national, une figure folklorique, franchouillarde et finalement attachante jusque dans son ridicule qui est une certaine manière d'être Français.

Christian Authier - Les chroniqueurs associés - Lundi 26 Novembre 2007 -

Ecrit par : Zak | jeudi, 03 avril 2008

Monsieur,

vous êtes amusant ; cependant, vous ne méritez pas un duel mais des coups de bâtons ; l'ironie ne sert de rien avec quelqu'un qui ne la comprend pas, les Pharisiens avaient au moins l'esprit de se taire et s'en aller ; et en effet, vous vous ridiculiseriez en cherchant à prouver les bêtises que vous avez dites : vous avez raison de copier-coller les bêtises d'un autre, qui n'ont de vrai que ceci : l'article de Sollers La France moisie n'a pas pris une ride, vous en êtes la preuve éclatante. Vous mettez Sollers et la pape Alexandre VI en enfer : mais n'est pas Dante qui veut. Je vous laisse à vos pâles savonaroleries, à votre hygiène d'hyène et à votre rageux Comité de Salubrité Publique.

Ecrit par : Moshé | jeudi, 03 avril 2008

Ridicule Moshé,

Vous réclamiez plus haut compréhension et pitié à votre égard, ainsi par un effet exceptionnel de ma bonté je vous en ai fait un charitable don - non que je ne le regrette à présent, quoique à bien y réfléchir, mais enfin il n'eut pas été chrétien de vous refusez ce que vous mandiez avec tant d'indigente et misérable insistance.

A présent il en va autrement ; trop bien nourri et excité comme un petit chiot mal élevé qui vient de finir sa pitance sans remercier ses bienfaiteurs, vous recommencez à devenir pénible et répandez incontinent votre urine qu'un manque de maîtrise, dû sans doute à votre visible immaturité et compréhensible vexation puisque confronté à des vérités qui vous froissent, vous entraîne à dispenser généreusement, en des phrases et images qui montrent toute la navrante et pitoyable étendue de votre consternant manque de capacité argumentaire, quelques gouttes de votre canine vessie.

Alors un conseil gratuit sombre idiot doublé d’un ignorant borné à la minable intelligence, allez lever sans tarder la patte ailleurs et faire profiter immédiatement de vos malodorantes vapeurs urinaires d'autres stupides dévots de votre maître, lui qui s'amusera évidemment fortement, en tirant sur son fume-cigarette, à vous voir agiter votre queue courtisane lorsqu'il vous présentera généreusement un nouveau sucre !

Du balai !

Ecrit par : Zak | jeudi, 03 avril 2008

Je préfère citer Nietzsche que Christian Authier...

Ecrit par : Thomas le Clair | jeudi, 03 avril 2008

Le charmant Thomas, toujours aussi peu prolixe et imaginatif, se manifeste de nouveau après sa participation à la manif de cet après-midi ! Tu as raison de faire grève mon petit gars, ce que l'enseignement t'a donné comme capacité de réflexion est vraiment pas grand chose...

Ecrit par : Hire | jeudi, 03 avril 2008

« Insignifiant, puisque signé Philippe Sollers.» Guy Debord, l'auteur de la Société du spectacle, a résumé en trois mots précis et justes comme il savait souvent le faire, la valeur réelle de celui qui prétend nous expliquer ce qu'est le catholicisme avec une telle accumulation de grossières erreurs doctrinales et théologiques.

Ecrit par : Raoul V. | jeudi, 03 avril 2008

Mais puisqu'on vous dit Raoul que « Le christianisme est une erreur, le christianisme est une névrose », allez-vous en finir avec vos vérités théologiques !

Ecrit par : Shlomo | jeudi, 03 avril 2008

On se demandait quant est-ce que Zak nous remettrait en chanson un petit refrain caractéristique de ses charges un peu raides - depuis le Carême je le trouvais plutôt gentil et mesuré dans ses posts. Pourtant c'est pas faute d'avoir aimablement, et même délicatement, prévenu Momo : "ne revenez plus me fatiguer les burettes avec votre clown !"

Ecrit par : Arthur | jeudi, 03 avril 2008

Hire, vous parlez de vous de façon détournée. Votre maniement du fleuret laisse à désirer. C'est gras et vulgaire, à défaut d'être grossier. "Beaufitude" masquée de bout en bout. Si vous saviez ce que je pense des manifestations estudiantines vous iriez vous planquer sous votre bureau en tremblant, de peur que le ciel ne vous tombe sur la tête. Vous croyez votre fondation solide, en vérité vous allez ab hoc et ab hac au petit bonheur la chance... "au petit bonheur la chose" j'ai eu envie d'écrire. Et je l'ai écrit. Appliquez donc à vous même en premier lieu ce que vous reprochez aux autres. Lorsqu'on me reproche de citer Nietzsche plutôt que de penser par moi-même et qu'on a le culot, dans la foulée, de citer une longue coulée de vomis signée "Christian Authier", on a oublié la parabole de la poutre et de la paille. L'humilité commence par soi-même. C'est une chose de faire mouche avec sens et raison, c'en est une autre que de se défendre unguibus et rostro.

Ecrit par : Thomas l'Obscur | vendredi, 04 avril 2008

Vous voyez le clair-obscur, lorsque vous vous appliquez c'est beaucoup mieux, continuez ainsi mon mignon, mais il reste de grands efforts à fournir en de nombreux domaines. Ainsi vos cours de littérature française sont loin d’être acquis même si vous vous piquez de quelques expressions latines amusantes glanées de façon hasardeuse, sans doute placées ici pour faire impression à l’image des bavards incultes qui cachent leur misère en étalant quelques références rudimentaires et les font toujours passer, en déclenchant la risée générale, pour de profonds imbéciles. Vous nous parlez du gras en oubliant le maigre, puis vous sautez allègrement, et inconséquemment, de grossier à « beaufitude », mot sorti de votre piètre petit cerveau estudiantin qui renifle de loin le vocabulaire stéréotypé des cours de récréation – de la sorte un peu plus de sérieux ne serait vraiment pas du luxe si vous voulez vous retrouver en classe supérieure l’année prochaine.

Pour être clair Thomas, vous vous amusez, avec votre minuscule "bec" de moineau et vos "ongles" encore bien tendres, au petit jeu du troll inintelligent qui ne propose rien et se contente de balancer mécaniquement vingt cinq kilos de Nietzsche sans aucune raison autre que nous prouver qu’il a lu le poète de Sils Maria et qu’il imagine retrouver, peut-être, dans Sollers dont il fâché de le voir si maltraité dans cette note, quelques faibles échos de son auteur préféré qui illumina ses branlettes d’adolescent. C’est dérisoire et grotesque.

Vous considérez comme une longue coulée de vomi (attention pas de pluriel ici), l’analyse de Authier, qui n’est pas mal du tout et très pertinente, et trouve sa logique dans un post venant parfaitement confirmer ce qui est dit des pitreries et des postures artificielles du directeur de la revue l’Infini, au moment même où vous expectorez en public un vilain crachat pour avoir été blessé par ma remarque anodine vous concernant – Voyez-vous, sans employer le langage de Zak, je crois que vous seriez beaucoup mieux en compagnie de Moshé qui vous attend depuis hier soir pour jouer aux billes boulevard Saint-Germain chez un Monsieur qui prendra plaisir à vous faire promener son chien et qui en récompense vous dédicacera généreusement "L'évangile de Nietzsche".

Ecrit par : Hire | vendredi, 04 avril 2008

On connaissait le « missionnaire » mais la position jésuite je veux bien découvrir !

« Nous adoptons, tous les deux la position jésuite » déclare Hadj d’entrée de jeu ; outre cet aveu intéressant de son minable alignement sur les navrants délires théologiques de Molina ce qui nous donnerait le goût de lui remettre immédiatement, comme traitement de choc, en intraveineuse trois fois par jour « Les Provinciales » dans les fesses – serait-ce une nouvelle posture érotique proposée par les deux larrons experts en sexe catholique ?

Ecrit par : Radek | vendredi, 04 avril 2008

Une nouvelle posture érotique chez les cathos ? on demande à voir !

Ecrit par : Grabrielle | vendredi, 04 avril 2008

"Je préfère citer Nietzsche que Christian Authier"... écrit un petit imbécile - pour ce qui concerne leur analyse de Sollers on jugera aisément lequel des deux est le plus d'actualité....

Ecrit par : Denis | vendredi, 04 avril 2008

"Il est m'est arrivé de baiser avec le néant, et de coucher plusieurs fois avec la mort" écrit Sollers. Même si on lui laisse volontiers ses partenaires, au moins c'est plus intéressant que les niaiseries débitées par ce catho mou qu'est Hadjadj !

Ecrit par : Verdine | vendredi, 04 avril 2008

Il faut absolument lire de Christian Authier "La tyrannie du nouvel ordre sexuel"


Un extrait d'un très bon article d'alain Dubois sur le site suivant : http://www.toxicoquebec.com/actus/index.php?2005/01/24/210-la-tyrannie-du-nouvel-ordre-sexuel

Depuis l'arrivée massive des cassettes vidéo dans les années quatre-vingt, du téléphone rose et enfin de l'Internet, ce ne sont plus seulement les adultes qui consomment de la pornographie, mais également les adolescents, voire les pré-adolescents. Selon Denise Stagnara, la moitié des enfants français de 10-11 ans ont déjà vu un film X. Une enquête réalisée en 1998 en France auprès des lycéens révélait que «86 % avaient déjà regardé un film X». Dans de telles conditions, « quelles seront les valeurs et les références des enfants qui auront grandi dans une telle société ?», demande Christian Authier qui met en évidence l'apparition de nouvelles formes de délinquance en France notamment les viols collectifs - et l'explosion du nombre des mineurs mis en examen pour des viols ou des agressions sexuelles (ainsi que l'augmentation parallèle du nombre de mineures victimes de ces agressions).

Ecrit par : Toxisex | vendredi, 04 avril 2008

A lire Christian Authier, on a l'impression que le sexe est devenu omniprésent, qu'il occupe l'essentiel du débat public et, en tout cas, la majorité des rayons des librairies. Et il a raison ! Au fil des pages, on croise Catherine Millet, Raffaëla Anderson, Christine Angot, Nelly Arkan ou Virginie Despentes. Bref, le roman sexuel à base plus ou moins autobiographique, le film porno prétendu intello deviennent des genres à succès. Le public ne doit rien ignorer du fist-fucking pratiqué dans certaines boîtes gays. Un peu, voire beaucoup de violence ne nuit pas, un minimum de scatologie est requis. Jean Clair, le directeur du musée Picasso avait observé la naissance d'un art du dégoût, on assiste avec Christian Authier à l'émergence d'un sexe du dégoût. Prétendant affranchir l'homme de l'antique culpabilité biblique, et, dumême coup, de l'archaïque différence entre les sexes, cette consommation sexuelle sans joie livre les corps à la mutilation et à la souffrance. Les adeptes de la libération frénétique seraient-ils, au bout du compte, des peine-à-jouir ?

Ecrit par : Fist-fucking | vendredi, 04 avril 2008

Je commence à mieux comprendre pourquoi Zak à choisi précisément de citer Authier dans sa réponse à Moshé, et pourquoi ce dernier s'est étranglé d'horreur à cette évoquation, tombant, en feuilletant un bouquin du dit Authier qui traînait dans ma bibliothèque, sur un extrait ultra significatif de l'attitude complaisante de Sollers au sujet de ses parties de jambe en l'air avec Dominique Rolin, et la médiatisation qu'il crut bon de leur conférer.

A l'évidence cela remplace tous les discours afin de savoir quelle est la valeur du personnage :



"...Philippe Sollers a tenté la voie de la confession amoureuse tout en empruntant la forme romanesque. Début 2000, l'auteur de Femmes publie Passion fixe, roman éclaté relatant l'histoire d'amour clandestine entre le narrateur et Dora, une femme âgée d'une vingtaine d'années de plus que lui. Au même moment, la romancière Dominique Rolin publie Journal amoureux, récit de sa passion pour « Jim », brillant écrivain de vingt ans son cadet… Pour le grand public, c'est sur le plateau de Bouillon de culture réunissant les deux auteurs que Bernard Pivot accomplit « l'outing » à leur place : Jim c'est Philippe et Dora c'est Dominique, révèle-t-il à la France ébahie ou simplement endormie. Françoise Xenakis résume dans Le Nouvel Observateur la portée de cette double publication : « Bien sûr le Tout-Paris connaissait cet amour entre ces deux-là, le respectait et s'en foutait mais Romorantin ne le savait pas. » Entre le récit purement autobiographique et le roman plein de viande et de sexe (Sollers dans son Passion fixe reproduit ironiquement des extraits, sans citer les auteurs, des livres de Claire Legendre, Guillaume Dustan et d'autres), le couple Sollers/Rolin a inventé un nouveau genre : la double confession littéraire « vue à la télé »."

Christian Authier, Le Nouvel Ordre sexuel, p. 87.

Ecrit par : Vu à la télé | vendredi, 04 avril 2008

Ecoutez! Vos commentaires tombent à point!
En effet je suis infirmier dans un hôpital qui regroupe plusieurs unités:
maison de retraite, psychiatrie, fin de vie, et enfants handicapés mentaux!
J'ai peine à décrire ce que nous voyons tout les jours avec mes colègues: masturbation exibitionnisme, enfants sous médicaments , jeunes filles sous pillules etc.
alors vous voyez la mystique de la chair ici ça nous fait plutôt rigoler!

C'est vraiment des préoccupations de bobo!
Nous invitons M. Hadjadj à sortir un peu de ses bouquins pour venir tremper ses mains dans la merde humaine!

Ecrit par : Sébastien Saucy | vendredi, 04 avril 2008

sébastien saucy, c'est pas parce que t'es dans la merde que tu dois aimer ça. c'est pas parce que ton boulot ne te permets pas de réfléchir à fond à la question que tu dois rejeter ceux qui ont le temps de le faire. à ce compte là, c'est la mort de la philosophie: "méchants philosophes, irréalistes, arrêtez de réfléchir et mettez les mains dans le camboui" ! on dirait l'armée...

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Votre témoignage est très très intéressant Sébastien. Voilà qui change du discours abstrait de nos idiots littéraires sur ce que signifie la réalité de la condition humaine et le caractère profondément grégaire et bestial du sexuel qui, comme il est connu, est ce qui ressurgi de façon la plus immédiatement animale et instinctive chez les êtres primitifs ou ceux, hélas, dépourvus de raison.

Mais pour vous confier mon sentiment, je pense que les patients que vous soignez, sont sans doute plus sensés que les dingues qui ont pour noms Sollers, Catherine Millet, Marguerite Duras ou Christine Angot.

Ecrit par : Raoul V. | vendredi, 04 avril 2008

denis, t'es vachement intéressant ! ouauhou !
"catho mou"... athée con, oui !

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Raoul et Sébastien, même combat : "on réfléchit pas, nous ! on agit" ! Génial...

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Bonjour! Mais vraiment impayable(s) ! Vous vous faites planter là, et tout ce que vous trouvez à répondre en vous retrouvant tout seul, bien mouché, après l'incroyable lourd charabia entrelardé de pipi-caca, c'est "Du balai!". Et c'est moi qui m'étrangle? De rire, en effet. Vérités? Mon dieu! je tremble! Sollers lui-même est tout morfondu par l'implacable Authier. Allez! Encore! Encore du Authier copié-collé, les génies! Ou un autre! Ça ne manque pas! Et pas possible qu'ils se trompent, ils disent tous la même chose! Ce qui prouve que c'est vrai!

Le christianisme est une névrose? Mais non! Pas possible!

Ce qui est plaisant, avec la névrose, c'est à quel point il est facile, et divertissant, de la faire avouer.

Ecrit par : Moshé | vendredi, 04 avril 2008

Eh bien pas terrible l'article de Zacharias ! au lieu d'essayer de réfléchir un peu aux questions fondamentales soulevées par le débat, il s'abaisse à décrire les attitudes des deux protagonistes ! On s'enfout, Zacharias ! Nous on veut savoir ce que tu penses de la Résurrection de la Chair ! Et c'est pas en citant La cité de Dieu que tu vas pouvoir t'en tirer ! Petit platonicien, va !

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Franz votre remarque est sublime :

"Sébastien saucy, c'est pas parce que t'es dans la merde que tu dois aimer ça".

Outre que vous signalez ainsi une bêtise infinie à l'égard d'un homme qui, admirablement, donne de son temps pour soigner ceux, les plus faibles, qui sont dans la détresse car souvent abandonnés de tous, vous manifestez également une totale absence d'intelligence.

Car affirmer : "c'est pas parce que ton boulot ne te permets pas de réfléchir à fond à la question que tu dois rejeter ceux qui ont le temps de le faire. à ce compte là, c'est la mort de la philosophie", c'est non seulement imaginer que les clowns littéraires à la Sollers ou à la Hadjadj seraient des philosophes ce qui est leur faire trop d'honneur eu égard au lamentable niveau qui les caractérise, mais de plus ne pas voir que philosopher justement c'est s'ouvrir à ce qu'est l'homme dans sa réalité effective et non rêvée - se pencher concrètement sur la condition humaine et ce qu'il en est de l'existence en ce monde pour ensuite esquisser une réflexion et tenter d'en tirer quelques conclusions valables.

Vous êtes représentatif du travail de décérébralisation engagé par toute une atmosphère corruptrice générale actuelle, qui est aveugle et rend malheureusement aveugle.

Ecrit par : Radek | vendredi, 04 avril 2008

Raoul, cette expérience quotidienne est très éprouvante et de plus en plus de personnes dégoûtées par tout ça commencent à réfléchir à leur manière d'envisager leur sexualité, ce qui est nouveau (en milieu hospitalier cela n'a pas toujours été le cas!)

Il faut dire que la propagande distribuée dans les boites aux lettres dans les campagnes , internet et la vente par correspondance a transformée la population de manière hallucinante !
Des filles solides de mon équipe se sont « désaxées » en quelques années, avec au bout du compte soit le divorce soit le pacs « gay »,ou une grande solitude, les hommes sont carrément paumés !

En fait je crois que Hadjadj entame un combat d’arrière garde, il arrive trop tard ! Coupé des réalités il ne voit pas qu’un vent contraire est en train de souffler !

Ecrit par : Sébastien Saucy | vendredi, 04 avril 2008

Franz pour savoir ce que pense Zacharias de la Résurrection de la chair, clique ici ça va te calmer !

http://zacharias.hautetfort.com/

Ecrit par : Hire | vendredi, 04 avril 2008

mais de plus ne pas voir que philosopher justement c'est s'ouvrir à ce qu'est l'homme dans sa réalité effective et non rêvée - se pencher concrètement sur la condition humaine et ce qu'il en est de l'existence en ce monde pour ensuite esquisser une réflexion et tenter d'en tirer quelques conclusions valables.


Simone Weil était à ce sujet un merveilleux exemple!

Ecrit par : Sébastien Saucy | vendredi, 04 avril 2008

Franz pour savoir ce que pense Zacharias de la Résurrection de la chair, clique ici ça va te calmer !

Hire vous êtes sévère avec ce cancre! Sait-il au moins lire?!

Ecrit par : Sébastien Saucy | vendredi, 04 avril 2008

Côté "grégaire et bestial" de la sexualité... dixit Raoul. Eh bien... Peut-être que ça vaudrait le coup de voir ce que dit Jean-Paul II dans ses audiences générales du mercredi destinées à l'enseignement de la "théologie du corps", Raoul. Si telle est ta vision "animale" de la sexualité humaine, je n'aimerais pas être ta femme...

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Etes-vous catholique Monsieur?
Je dis ça à tout hasard hein; en général ceux qui ne sont pas catholiques nous citent toujours Jean-Paul II, sans l'avoir lu bien évidemment!
Quant à l'avoir compris, ça c'est autre chose!

Ecrit par : Enzo | vendredi, 04 avril 2008

Alors comme ça on allait écouter ce bon Pape à Rome!
Mazette! Vous m'en direz tant!

Ecrit par : Yaho | vendredi, 04 avril 2008

A Hire: c'est précisement parce que j'ai lu les 20 malheureuse lignes truffées de citations et si pauvres en opinions personnelles que Zacharias a écrit pour répondre à Hadjadj sur la Résurrection de la Chair, que je peux me permettre ce jugement.
A Radek: le "clown littéraire" nommé à Hadjadj a eu la note maximale à l'Agrégation. Avez-vous au moins lu "Réussir sa mort" ou la "Profondeur des Sexes" ? Ou ses pièces de théâtre d'une grande beauté sur les saints Innocents ? Beaucoup de "clowns" aimeraient avoir son niveau en philosophie, son attention envers les plus faibles, son amour de la vérité. Un chrétien qui connaît saint Thomas et Aristote (donc la morale naturelle) sur le bout des doigts, ce n'est pas si courant.
A Sebastien Saucy; je sais lire merci. Vous aussi ? Si oui je pourrais vous faire lire mon travail sur Simone Weil, que vous semblez appréciez. Fabrice Hadjadj aussi...

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

A Enzo: je suis catholique, enfin j'essaie. C'est bien de poser la question ! Et vous ?

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Franz t'es allé voir ce dit Zacharias sur la Résurrection de la chair ? On t'entend pas beaucoup à l'évidence mon grand en ce qui concerne la doctrine, bien que tu sembles être un agité frénétique du clavier...

Ecrit par : Jules | vendredi, 04 avril 2008

Le ridicule et mignon franz, si charitable et prévenant à l'égard de Sébastien qui soigne les malades, est touchant au possible lorsque sa petite sensibilité de jeune fille est heurtée par les forts rappels de Zacharias à l'égard de la destination du corps après la mort, lui faisant écrire médiocrement :

"truffées de citations et si pauvres en opinions personnelles".

Mais c'est précisément ce qui fait l'intérêt de cette analyse concise et lumineuse, fondée sur l'Ecriture et saint Paul, contrairement aux délires vaginaux de Hadjadj inspirés de ses activités conjuguales et de ses extases copulatoires.

Quant à Jean-Paul II, tu retiens évidemment comme beaucoup sa séduisante "théologie du corps", cycle des 63 catéchèses prononcées entre le 5 septembre 1979 et le 6 mai 1981, dans lequel le pape précisa que "sans cette théologie du corps on ne peut pas comprendre l'enseignement de l'Eglise après le Concile Vatican II sur la vie et la famille".

Or tu dois savoir mon garçon que Vatican II est largement à côté de la plaque du point de vue dogmatique, et qu'en ce qui concerne l'enseignement de l'Eglise depuis 40 ans il est singulièrement faussé et profondément hérétique.

Ecrit par : Hire | vendredi, 04 avril 2008

Je réaffirme avec force Franz, que Hadjadj est un parfait "clown littéraire" doublé d’un ridicule ignorant, aurait-il eu, ce qui ne prouve rien, la note maximale à l'Agrégation.

Non seulement j'ai lu le pitoyable "Réussir sa mort", mais également "La terre chemin du ciel" et les "Et les violents s'en emparent" qui sont d'un niveau d’écriture pitoyable, où l'on assiste à un mélange de Frédéric Dard et de quelques citations de saint Thomas, dans une sorte de recherche permanente et laborieuse du cliché, du bon mot, de l’image croquignole et graveleuse. Je ne parle même pas de "La profondeur des sexes", bouquin d’une démagogie formidable qui mérite pour seul traitement, sur le plan chrétien et évangélique j’entends, la poubelle immédiate.

Quant à votre gentil couplet franchement niais : " Beaucoup de "clowns" aimeraient avoir son niveau en philosophie, son attention envers les plus faibles, son amour de la vérité. Un chrétien qui connaît saint Thomas et Aristote (donc la morale naturelle) sur le bout des doigts, ce n'est pas si courant", vous le resservirez avec un empressement zélé lors de son procès en canonisation, mais pour l'instant voyez-vous, ce qui ressort de son attitude générale, c'est plutôt un grand éclat de rire face à ce ton confit de certitudes récemment acquises dont il aime distribuer les reliquats à quelques dévots fascinés, dont vous êtes apparemment, ceci accompagné d’une gestion média des plus sournoises dont le dialogue avec Sollers est emblématique, en y rajoutant le témoignage d'une importante confusion intellectuelle et doctrinale dont l’accueil que lui fait le catholicisme moderne et l’église conciliaire, dans un état pitoyable, est hautement significatif de la valeur qu’il faut conférer à ces délires grotesques.

Ecrit par : Radek | vendredi, 04 avril 2008

Bonjour Hire, ici Franz, le mignon ridicule. En quoi Vatican II est à côté de la plaque en ce qui concerne l'enseignement et la famille, Hire ? Il va fallor m'en dire un peu plus ! Merci de tes commentaires qui vont profiter à tout le monde !

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Vous êtes bien gentil Franz, mais vu votre rapport superficiel à la doctrine, vos interventions minimales peu argumentées et surtout votre inqualifiable attitude avec Sébastien, j'ai quelques doutes sur la réalité de vos dispositions en matière de discussion théologique.

Cela dit je crois utile de vous rappeler que Benoît XVI a fait lui-même remarquer récemment que "Vatican II est un chantier où le projet a été perdu", un chantier qui fut une source importante de fautes considérables en de nombreux domaines, et pas seulement celui touchant à la famille dont quelques encycliques parlent en termes très justes mais qui ne sont jamais appliquées ni étudiées dans les paroisses, mais aussi et principalement de la foi dans son ensemble qui aujourd'hui est dans un état lamentable permettant des dérives aussi monstrueuses que celles évoquées dans cette note.

Le concile Vatican II survint en une période troublée de grande crise dans l’Église et sa réalisation servit d’occasion et de prétexte pour de grandes erreurs, propagées en son nom, [Le pape Paul VI parlait de « fumée de Satan » pénétrant dans le Temple de Dieu (Homélie du 29 juin 1972 [déjà citée]) et S.S. le pape Jean-Paul II se plaignait en ces termes : « des idées contredisant la vérité révélée et enseignée depuis toujours ont été répandues à pleines mains ; de véritables hérésies ont été propagées dans le domaine dogmatique et moral, créant des doutes, des confusions, des rébellions […] même la liturgie a été manipulée » (Discours au 1er congrès national sur les missions populaires, 6 février 1981 [DC, 1981, 346])] engendrant la confusion entre ce qui était réellement du concile et ce qui était diffusé sous son nom, ce qui a poussé de nombreuses personnes à faire une analyse négative de celui-ci. Le pape Paul VI se lamentait en ces termes : « On croyait qu’après le concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude » (Homélie du 29 juin 1972).

Celui qui était alors le cardinal Ratzinger, notre pape Benoît XVI d’aujourd’hui, dans une interview à L’Osservatore Romano, affirma, en 1984 :

« Les résultats qui ont suivi le concile semblent cruellement opposés à l’attente de tous, à commencer par celle du pape Jean XXIII, puis de Paul VI… Il est incontestable que les dix dernières années ont été décidément défavorables pour l’Église catholique ». [L’Osservatore Romano, éd. anglaise, 24/12/1984 (cf. aussi Joseph, Card. Ratzinger, Vittorio Messori, Entretien sur la foi, trad. franç. : Paris, Fayard, 1985, p. 30]

Et le pape Benoît XVI a aussi remarqué : « Le cardinal Julius Doepfner disait que l’Église de l’après-concile est un grand chantier, mais un esprit critique a ajouté que c’est un chantier où le projet a été perdu et où chacun continue à construire selon son goût. Le résultat est évident ». [Joseph, Card. Ratzinger, Vittorio Messori, Entretien sur la foi, trad. franç. : Paris, Fayard, 1985, p. 31]

Cet aspect négatif fut causé surtout par le fameux et pernicieux « esprit du concile » que le cardinal Ratzinger appelait « anti-esprit ». [« C’est l’anti-esprit selon lequel l’histoire de l’Église devrait commencer à partir de Vatican II, considéré comme une espèce de point zéro »… « combien d’anciennes hérésies ont réapparu en ces années, présentées comme des nouveautés ! » (Joseph, Card. Ratzinger, Vittorio Messori, Entretien sur la foi, trad. franç. : Paris, Fayard, 1985, p. 36-37).]

Voilà les sources des profondes erreurs qui font le bonheur du modernisme catholique et sur lequel prospère nombre de piètres littérateurs faiblement inspirés qui n'hésitent pas à flatter la clientelle par des procédés indignes.

Ecrit par : Hire | vendredi, 04 avril 2008

George Weigel – un auteur américain qui a écrit une biographie du pape Jean-Paul II –a qualifié sa théologie du corps de « bombe à retardement théologique » qui « sera probablement regardée comme un tournant, non seulement dans la théologie catholique, mais aussi dans l'histoire de la pensée moderne ».

Le tout est de savoir si cette orientation, ce tournant, cette "bombe à retardement", peuvent être considérés comme état encore chrétiens au sens authentique du terme, de par l'éloignement de ces positions, de manière vertigineuse, de la doctrine traditionnelle ?

Ecrit par : Michael | vendredi, 04 avril 2008

Bonjour à tous !
Je m'adresse simplement aux catholiques non intégristes: il doit y en avoir sur ce blog, j'en suis sûr ! Je suis en train de lire un livre fameux dont je vous recommande la lecture: "Ne gâchez pas votre plaisir, il est sacré: pour une liturgie de l'orgasme" paru aux Presses de la Renaissance (2006). Un très bon livre d'un sexologue chrétien. Il montre comment le plaisir sexuel peut être sacré. Ca ne vaut pas l'excellent "La profondeur des sexes" de Fabrice Hadjadj, bien sûr, mais c'est une bonne introduction. On peut coucher avec sa femme et être sauvé : le sexe n'est pas un péché ! Beaucoup ici auront du mal à l'admettre, je le crains...

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

C'est vrai que l'attitude de Franz à l'égard de Sébastien n'est pas jolie jolie : "c'est pas parce que t'es dans la merde que tu dois aimer ça. c'est pas parce que ton boulot ne te permets pas de réfléchir à fond à la question que tu dois rejeter ceux qui ont le temps de le faire".

Est-ce que sa lecture trop enthousiaste de M. Hadjadj l'aurait conduit à un tel vulgaire et ignoble comportement à l'égard d'un homme qui consacre sa vie aux soins des malades et des plus humbles d'entre nous.

C'est absolument scandaleux de la part de quelqu'un qui se dit chrétien, et de plus lecteur des enseignements de Jean-Paul II ! Tout simplement honteux !

Ecrit par : Grabrielle | vendredi, 04 avril 2008

Enfin un catho qui n'est pas intégriste ici !
Merci Franz !

Sauvé malgré et même par le sexe ? Diable, que dirons nos jansénistes ?

Ecrit par : Annie | vendredi, 04 avril 2008

Annie aime les sucettes,
Les sucettes à l'anis.
Les sucettes à l'anis
D'Annie
Donnent à ses baisers
Un goût ani-
Sé. Lorsque le sucre d'orge
Parfumé à l'anis
Coule dans la gorge d'Annie,
Elle est au paradis.

Pour quelques pennies, Annie
A ses sucettes à l'anis.
Elles ont la couleur de ses grands yeux,
La couleur des jours heureux.

Annie aime les sucettes,
Les sucettes à l'anis.
Les sucettes à l'anis
D'Annie
Donnent à ses baisers
Un goût ani-
Sé. Lorsqu'elle n'a sur la langue
Que le petit bâton,
Elle prend ses jambes à son corps
Et retourne au drugstore.

Pour quelques pennies, Annie
A ses sucettes à l'anis.
Elles ont la couleur de ses grands yeux,
La couleur des jours heureux.

Lorsque le sucre d'orge
Parfumé à l'anis
Coule dans la gorge d'Annie,
Elle est au paradis.

Ecrit par : Annie aime les sucettes, | vendredi, 04 avril 2008

AH ! IL EST BEAU OLIVIER FLORANT LE GOUROU SEXUEL DE HADJADJ ET DE SON AMI FRANZ ! UN VIEUX SEXOLOGUE LIBIDINEUX QUI EXPLIQUE L'ART DES CARESSES INTIMES POUR FAIRE JOUIR SA PARTENAIRE !!

21 SIECLES DE CHRISTIANISME, LES MARTYRS, LA VIE ASCETIQUE DANS LES MONASTERES, LES PERES DE L'EGLISE, POUR EN ARRIVER LA ! DEMENTIEL !!

Ecrit par : Grégoire | vendredi, 04 avril 2008

Ce n'est pas la parousie, c'est la partouzie!

Ecrit par : Enzo | vendredi, 04 avril 2008

A votre avis qui a dit?:

"Si je le vois jouir ça me fait plaisir"

Fabrice Hadjadj taper 1
Philippe Sollers taper 2
Olivier Déflorant taper 3

Ecrit par : Quiz | vendredi, 04 avril 2008

D’accord avec votre analyse Zak toujours aussi tranchante, pourtant je retiens surtout de cette carnavalesque soirée sur le thème du sexe en milieu catholique qui pourrait figurer au programme d’un cirque dont les échos nous parviennent jusque dans les commentaires de ce jour, ce qui démontre, quoi qu’on en dise, la nette supériorité de Sollers sur le sujet qui en a vu d’autres et sait d’expérience de ce dont il parle en matière de gaudriole contrairement au sot avec lequel il s’entretenait, a souverainement déclaré :

- « La sexualité ça va bien comme ça, tout ce ronron là-dessus (…) Tout cela c’est de la faribole, de la faribole pure et simple – on en fait un plat considérable et trop considérable (…) instrumentalisée jour après jour – et d’ailleurs les femmes ne s’y prêtent que par intérêt et par escroquerie convenable. Tout ça est désormais emmerdant.

La guerre des sexes est irréductible et tous les discours pieux sont vains… »


Pas mal non ? Je pense même que vous devait apprécier si je vous ai bien lu ?

Ecrit par : Arpaschad | vendredi, 04 avril 2008

Bon, puisque vous y tenez cher Arpaschad et savez me prendre par mes bons côtés, je concède que cette petite accroche judicieuse qui fort heureusement cloua le bec au spéculum préféré des chaisières, tétanisant le ridicule Christophe Colomb des utérus et mettant un terme momentané a son lassant débitage mécanique d’affligeantes préciosités nuptiales mollassonnes pleines de bons sentiments cuits et recuits au feu de la cuisinière conciliaire, n’est pas pour me déplaire.

Mais pour tout vous dire, la remarque la plus cinglante et appropriée de Sollers me semble être, bien que sans doute passée largement inaperçue, cette brusque réaction parfaitement maistrienne pour le coup lorsque ce clown de Hadjadj au détour d’une prosopopée fatigante de mièvrerie faussement souriante se fendit ainsi d’une remarque qui ne fera pas se renverser beaucoup de spécialistes du droit canon mais indique chez lui cette méchante manie de vouloir faire des phrases :


- H. « La Tradition ça veut dire des hommes en chair et en os, quelquefois le pape a une sale gueule… »

Réplique immédiate et indignée de celui qui a tout de même lu de près « Le Pape » de Joseph de Maistre.

- S. « Quoi ? Il n’y a qu’un pape ! »

Pour le coup Sollers en deviendrait un soupçon sympathique je vous l’accorde !

Ecrit par : Zak | vendredi, 04 avril 2008

Voilà à quoi nous aura mené ce catholicisme tiède:
a la littérature de Hadjadj!



Léon Bloy le savait déjà:
« Personne n’a dit aussi fortement que moi l’injustice des catholiques, leur avarice infâme, leur égoïsme fangeux, leur poltronnerie à faire vomir, leur sottise, leur mépris stupide pour ne pas dire leur haine de tout ce qui est intellectuel, indépendant et généreux. »

« J’affirme nettement, avec une autorité absolue, que le monde catholique moderne est un monde réprouvé, damné, rejeté absolument, irrémédiablement, un monde infâme dont le Seigneur Jésus a soupé de la façon la plus complète, un miroir d’ignominie où il ne peut pas se regarder sans avoir peur comme à Gethsémani. »

Ecrit par : Rome a perdu la foi | vendredi, 04 avril 2008

Quelle vulgarité ! M'offenser ainsi à cause de mon prénom ! Heureusement qu'il s'agit d'un catholique ! Il va sûrement me demander pardon !

Ecrit par : Annie | vendredi, 04 avril 2008

J'avoue m'être laissé emporté en ce qui concerne Sébastien. Qu'il reçoive ici mes plus sincères excuses. Mes insultes gratuites n'avaient pas lieu d'être, et Gabrielle a raison de souligner que ma l"ecture trop enthousiaste de M. Hadjadj" m'a conduit à un "vulgaire et ignoble comportement à l'égard d'un homme qui consacre sa vie aux soins des malades et des plus humbles d'entre nous". C'est vrai que voir tant de monde ici détester un auteur aussi brillant m'a mené à une colère injustifiée. Veuillez donc tous accepter mes excuses au sujet de Sébastien.

Ecrit par : franz | vendredi, 04 avril 2008

Excusez-moi d'intervenir dans ce débat sans avoir assisté à la rencontre Sollers-Hadjadj, mais j'avoue ne pas comprendre: que reproche-t-on ici à Hadjadj ? Quel mal terrible a-t-il fait ? C'est un auteur que j'aprécie et je ne comprends vraiment pas cette virulence...

Ecrit par : Philippe | vendredi, 04 avril 2008

La Résurrection des morts est réservée aux justes seulement !

Ecrit par : Zacharias | vendredi, 04 avril 2008

Philippe, le ridicule Hadjadj par son dernier bouquin démontre une grande confusion théorique, d'où le sens des réactions que vous découvrez ici, qui conduira inévitablement à terme à des positions, si j'ose dire, plus qu'étrangères à la foi chrétienne si l'on n'y prend garde. Le problème n'est pas l'homme, certes un peu malmené contrairement à ce qui est dit de lui généralement, mais principalement ses affirmations incroyables qui ont de quoi faire bondir.

Je reprends ce qu'écrivit Zak dans une autre note à laquelle vous vous reporterez pour de plus ample développement :

"Le Doc Gynéco des sacristies est un réel cinglé sur le plan théologique qui n’hésite pas à se risquer à des formulations dont la complaisante hardiesse vise à foncièrement sexualiser notre conception du religieux et, pour ce qui nous occupe, de la religion catholique, dont il est un singulier salisseur.

Pour en donner un exemple, voici comment sont présentées, dans les colonnes du numéro 343 du mois de mars 2008 de l’ignoble revue Art Press, les abjectes propositions de l’érotomane expert en sexologie divine : « … attends-toi également, lecteur, à te trouver confronté à de bien déroutantes propositions avancées par ce glorificateur de l’utérus de la Vierge, ce penseur d’une «divine pornographie», ce paradoxal défenseur des libertins, ce singulier moraliste qui se moque de la morale. L’entretien qui suit peut t’y préparer. »

Nous voilà prévenu, et le pire est effectivement à venir sous la plume même de l’indigne pornographe libidineux qui confond allègrement films de cul et théologie :

- « La Bible insiste ainsi sur l’utérus de Dieu. La judéité se transmet d’ailleurs par l’utérus d’une juive. Ce que le Nouveau Testament reprend de manière radicale : l’utérus de Marie porte le Dieu fait chair. Si ce n’est pas une exaltation du féminin, ça ! »


- « …Ma femme n’a pas conçu couverte «par l’ombre de l’Esprit», mais par ma masse essoufflée, pour ainsi dire. Le catholicisme reste avant tout la religion de l’Incarnation : sous un certain rapport, la chair y est plus spirituelle que nos raisonnements. L’acte le plus mystique y consiste en une manducation : prendre Dieu dans sa bouche, mastiquer l’Éternel, déglutir la Lumière des Nations, c’est dans ce concret de baiser et de bave qu’est la contemplation la plus haute, – rien à voir avec la petite harangue puritaine.

- Tous les sacrements exigent le toucher, la proximité physique : la parole à distance, celle qui ne se fait pas chair, n’y est jamais qu’un prélude.

- « …l’union conjugale de Robert et Micheline Tripied devient signe vivant de l’union du Christ et de l’Église, pas moins. L’acte charnel est donc non seulement béni, mais il est aussi tout ensemble une image de la Trinité et un précipité de la Rédemption. Dans mon livre, en faisant se rencontrer Thomas d’Aquin et Charles Baudelaire, j’essaie de montrer la présence de la Croix à même la copulation. Je confirme par là certaines fulgurances de Bataille. »

(Art Press, n° 343, mars 2008, Interview réalisé par Jacques Henric ).

Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de son triste esclavage devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser alors que la concupiscence, comme le dit saint Augustin est, comme nous le savons, l'un des effets de la chute."

Ecrit par : Hire | vendredi, 04 avril 2008

Mais que vois-je ! Zak trouve à présent des qualités à Sollers ! incroyable mais vrai !

Ecrit par : Jules | vendredi, 04 avril 2008

Il faut relever, à l'évidence, dans ce dialogue organisé par Les Epées au milieu d’un océan de lieux communs tous plus imbéciles les uns que les autres distribués avec une cuistrerie consommée et un aplomb ignorantin, quelques microscopiques éclairs de lucidité chez Sollers qui non seulement du point de vue de la présence domina de bout en bout le « théâtre des opérations » dirait Dantec, mais se montra parfois, dans ses remarques tranchantes, légèrement supérieur à la minable bouillie faussement catholique servie par le ridicule Hadjadj, évident érotomane tout ébaubi et émerveillé dans sa confondante naïveté libidineuse adolescente encore non revenu de ses pamoison émues devant les clitoris, de l’image stupide qu’il s’est formé de la copulation et des sexes.

J’en veux pour preuve ce petit morceau caractéristique de celui qui dans sa dinguerie pornographique judéolâtre ose parler de « l’utérus juif de Marie » débita cette platitude :

- « On voit bien là qu’il est le Sauveur car s’inscrivant dans une lignée charnelle… »

Aussitôt Sollers l’interrompit brutalement, à juste titre, en rappelant à ce grand abruti de Doc Gynéco qui a installé une antenne de son cabinet médical à Bethléem où il s’amuse à prendre en consultation la sainte famille, une vérité théologique basique qu’il avait oubliée sachant que la conception par l’Esprit Saint n’est un mode d’insémination très courant :

- « Il n’y a pas d’acte plus anti-biologique que l’arrivée du Christ ! »

Excellent !

Enfin totalement hilarants de servilité et foncièrement débiles les propos de conclusion du modérateur des Epées :

- « Je remercie Sollers et Hadjadj qui nous ont rappelé beaucoup de vérités utiles : la « Révolution catholique » (sic !), la nécessité d’être sexués (re-sic !)… »

Cette tirade pitoyable lui vaudra cette phrase ironique du vieux renard qui s’était bien amusé aux dépends des idiots et devait profondément rire sous cape du numéro qu’il venait d’exécuter :

- « Les vibrations sont bonnes, Hadjadj m’inspire… »

Ecrit par : Zak | vendredi, 04 avril 2008

“Il vous a été dit: tu ne commettras pas d'adultère. Et bien, moi je vous dit: celui qui regarde une femme pour la désirer, celui-là a commis l'adultère avec elle dans son cœur.” (Mt V 27-28).
De ce passage du Sermon sur la Montagne, Jean-Paul II dit: “la signification de ces paroles est essentielle pour toute la théologie du corps contenue dans l'enseignement du Christ.” (Audience du 22/10/80)

De même que dans sa réponse aux pharisiens sur la question de la répudiation , Jean-Paul II nous dit que le Christ fait ici également appel à la “catégorie du cœur” dans lequel demeure un “écho lointain” de ce qui était aux origines afin de dépasser toutes les approches légalistes des normes éthiques.

Il est clair que le désir que dénonce ici le Christ ne désigne pas l'attraction de l'homme à l'égard de la femme et réciproquement: cette attraction est bonne et voulue de Dieu. Il s'agit, dit Jean-Paul II d'un “acte intérieur bien défini”: le regard “pour désirer”, c'est à dire celui qui se pose sur l'autre pour se l'approprier, pour s'en servir, pour se satisfaire. Autrement dit le regard “prédateur” ou “séducteur” qui réduit l'autre à l'état d'objet de satisfaction et aboutit à la “chosification” de la personne qui, de sujet qu'elle est par essence, devient simple objet que l'on tente de s'approprier. Cet acte intérieur du “regard pour désirer” conduit ainsi à la négation de la qualité de personne chez l'autre en tant que sujet du don et aboutit à la falsification de la communion auxquelles sont appelées les personnes à travers l'attraction mutuelle. C'est pourquoi, Jean-Paul II va jusqu'à dire: “Cet adultère dans le cœur, l'homme peut également le commettre à l'égard de sa propre femme s'il la traite seulement comme objet d'assouvissement de ses instincts.” (Audience du 8/10/80)

Quand il prend conscience de cet état, l'homme a tendance à accuser son corps et non pas à regarder l'état de son cœur. C'est là la source du manichéisme et de la dévaluation du sens de la sexualité qui le caractérise. Et cette réaction est aux antipodes de la manière juste et chrétienne de considérer le corps. “Alors que pour la mentalité manichéenne le corps et la sexualité constituent, pour ainsi dire, une [`anti-valeur’, pour le christianisme, par contre, ils restent toujours [`une valeur trop peu appréciée’.” Et Jean-Paul II de conclure sans équivoque: “La façon manichéenne de comprendre et évaluer le corps et la sexualité de l'homme est essentiellement étrangère à l'Evangile et pas le moins du monde conforme au sens exact des paroles que le Christ a prononcées dans le Discours sur la Montagne.” (Audience du 22/10/80)

L'adultère “dans le cœur” contrevient à la signification conjugale du corps et le Christ appelle tout homme à la retrouver, non pas par le respect extérieur de normes légalistes mais par la purification de son cœur, c'est-à-dire par l'attitude de chasteté: “Dans le Discours sur la Montagne le Christ invite l'homme, non pas à retourner à l'état originel d'innocence — l'humanité l'a irrévocablement laissé derrière elle — mais à retrouver, sur la base des significations éternelles et pour ainsi dire indestructibles de ce qui est [`humain’, les formes vives de l'homme nouveau. De cette manière se noue un lien (ou mieux, s'établit une continuité) entre [`l'origine’ et la perspective de la rédemption.” (Audience du 3/12/80)

Ecrit par : Rabbi schlomo | vendredi, 04 avril 2008

Hilarant, un rabbin qui cite Jean-Paul II ! On savait que Rome avait perdu la foi grâce à Léon Bloy, voilà maintenant que l'on découvre qu'elle est à présent une source d'autorité pour le judaïsme ! De mieux en mieux !

Ecrit par : Henri | vendredi, 04 avril 2008

Bien vu Hire,

Je rajouterai juste que les propos de Hadjadj ne doivent rien au hasard et sont tout simplement "dans l'air du temps". La nouvelle catholicité se gausse à vouloir paraitre "dans le vent" et ne supporte pas à se voir rejeter dans le camps des "has been".
Alors, quoi de plus normal que d'exalter la chair.
Quoi de plus normal que de "spiritualiser" le sexe quand on n'a rien compris à la spiritualité (qui, bien sûr est au delà des sens humain).
Nous sommes devant deux incompétants mais je donnerai un point de plus à Sollers pour son talent non pas littéraire mais médiatique. De toute façon, j'ai toujours préféré un ennemi déclaré qu'un ami apostat !
Encore une fois, je renvois les lecteurs de ce blog à ce texte magistral de Zacharias :

http://zacharias.hautetfort.com/

Ecrit par : La Fouine | vendredi, 04 avril 2008

"À l'inverse du classique des classiques, Julien Gracq, qui refuse tout contact avec le bruit médiatique, Philippe Sollers batifole gaiement dans la société du spectacle à tel point qu'on en oublie parfois l'homme de lettres au profit de l'homme de télévision. Révélé par Une curieuse solitude voici presque un demi-siècle, il n'aura cessé de jongler avec les casquettes - éditeur, chroniqueur, critique, homme de revues (de Tel Quel à L'Infini) - et les idées. Plus que pour ses romans, c'est grâce à ses écrits sur la littérature, la poésie, la philosophie, la musique ou la peinture que Sollers restera. « Résolument moderne », comme il dirait en citant son cher Rimbaud, il n'est jamais meilleur qu'auprès des classiques. On peut ainsi lire et relire La Guerre du goût, peut-être sa grande oeuvre, avec profit avant de découvrir ses Mémoires en octobre. Bien des aspects du personnage, dont sa propension à tout récupérer, jusque ses adversaires comme Guy Debord, peuvent agacer. Pourtant, il est probable qu'on le regrettera quand d'autres, moins cultivés et moins drôles, l'auront remplacé."

Christian Authier, Le Figaro, 27 juillet 2007.

Voilà qui est dit. Et voilà ce qui m'attire chez Philippe Sollers. N'en déplaise à certains. Mais cela n'a aucune importance, vraiment, la Vie est trop courte pour la Haine.

Mais je lis ça et là beaucoup de ressentiments, de part et d'autre. ce qui est bien dommage et... très révélateur.

Ne saviez-vous pas, Henri, qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale le rabbin de Rome, Israel Zolli s'est converti au christianisme Catholique, touché par la Charité du Pape Pie XII ?

Les juifs ? "Nos frères ainés dans la Foi"... dixit Jean-Paul II...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Israel_Zolli

Ecrit par : Nebo | vendredi, 04 avril 2008

Nebo et Zak semblent se rejoindre ce soir à propos de Sollers auquel ils trouvent quelques qualités ...

Ecrit par : Jules | vendredi, 04 avril 2008

Qu'un rabbin se convertisse au catholicisme ne me choque pas Nebo, mais qu'un pape soit revendiqué comme faisant autorité sur le plan de la morale sexuelle, domaine où les juifs nos frères ainés dans la foi ont une approche bien particulière, par un rabbin, là oui c'est plus étonnant, ou plus exactement pas très sérieux...

Ecrit par : Henri | vendredi, 04 avril 2008

( Une bonne dizaine de coms étant passé depuis cette badauderies, qu’on la zape, peut me chaud. Mais puisque j’ai eu le faiblesse de claveciner cette bagatelle pour un jobastre…tire la bagatelle et le blog-inet cherra.)

ce "clown littéraire" nommé à Hadjadj a eu la note maximale à l'Agrégation." (franz)
Oui... Et alors? Il y a une note maximale chaque année hein. On aurait donc un Hegel annuel? Ca se voit peu…
Si ça signifie quelque chose pour vous les bons points de l'agreg et autres peaux d'ânes, autant tirer l'échelle. Jarry lui, a raté son entrée à Normal (4fois) et l'inventeur de l'histoire des mentalités, Philippe Aries l'a manquée deux fois, son agreg. J'ignore les notes de Rosset ou de Marion et je m'en fous éperdument. Non mais franchement...vous parlez d'un argument.

"je pourrais vous faire lire mon travail sur Simone Weil, que vous semblez appréciez. Fabrice Hadjadj aussi..." (toujours Frantz) : Hadjadj apprécie Weil où votre travail sur celle-ci ? Il y a comme une ambigüité là . Si vous le connaissez, l'objectivité devient ardue. A part ça, ne vous attaque ni ne vous loue. Mais foin des bonnes notes et des médailles en chocolats SVP ("Spinoza sa note d'oral eut-elle été plus courte, la face de la philo en eut été changée." )

Moshe : "Je vous laisse à vos pâles savonaroleries" aviez-vous déclaré -d'où le "du balais de Zak, non invitation mais confirmation. Enfin, pas mes affaires. S'il est quelqu'un ici qui sait se défendre, c'est bien Zak. Ceci dit quelqu’un le trouvait trop doux depuis le Carême. Mon Dieu, ce n'est pas un énergumène. Lorsqu’il y a bonne foi et urbanité, je n'ai pas vu qu'il se croit obligé à jouer un personnage. On est pas au théâtre. Ce qui est la moindre des choses - pour un augustinien ami de Port-Royal...)

A part ça Moshe, c'est Sollers lui-même qui a reconnu que "Femmes" était construit sur une rythmique célinienne. De mêmequ'il accole les noms de Joyce et Paradis. IL se connaît très bien vous savez... On ne lui apprendra rien sur lui-même dans ce domaine. En tous cas ,je le redis - je ne crois pas que vous connaissiez les écrivains cités- il a été trop prométhéen, et c'est bien pourquoi un Henri Callet un Hardellet, un Calaferte -combien plus discret - continuent de vivre et d'être lus, de plus en plus même (oh, lecteur à lecteur) tandis que Sollers... Pas encore vraiment lu ses Mémoires, juste éffeuilleté cette marguerite lasse, mais l'extrait de Zak parle d'une haine de Jean René Huguenin. Evidemment, Sollers a condamné Huguenin d'entrée de jeu, dès la parution de son premier roman. Et voilà que cette "Côte sauvage" est lu par ce type de jeunes fous -si semblables au Sollers de 17 ans - qui le délaissent entièrement (et peut-être un peu injustement, allez savoir...)c'est un homme, il hurle. Que ne hurle-t-il dans le brasier du style! si ses phrases étaient des flammes, des brûlures, si elles calcinaient le lecteur, il pourrait transcender sa haine en une longue goulée de mort transmuée en immortalité, sinon, que veut-il à Huguenin, que réclame-t-il à ses de 24 ans détruits? Le secret de vibrer encore un peu dans la mémoire des hommes, sans doute...Il le demande à Ponge, à Aragon, à Mauriac. Oui, il lui reste cela comme unique viatique pour la postérité : avoir connu...

Ne reprenez pas la vulgate de votre maître en psalmodiant "ah, ça vous gêne, hein qu'il n'ait pas raté sa vie, sa joie,sa jouissance vous dérangent tristes clercs émasculés etc, etc et tous les lieux communs de notre mandarin fatigué ad nauseam (pas du tout ad laetitiam tant cette pauvre rengaine manque justement de joie). Mais enfin cher Moïse pro-pharaon, je m'en tape de l’Habile avec femme, maitresse et patrimoine Bordelais- le seule chose d’ailleurs dont il puisse encore jouir car il connaît « des ans l’irréparable outrage… » votre surhomme de lettre bien trop raviné-flappi fané pour qu’il lui soit donné de concurrencer le Surmale Jarryen. Bien parti pour le titre de patriarche quand d’Ormesson ira se faire laver la tête par Chateaubriand. Peu me chaud ses lamentables, ses affligeants jeux de pouvoir pour faire taire un Jean Philippe Domech dont l'essai sur la littérature moderne lui déplaisait (résultat, 10 ans sans éditeurs Domech, bravo le chantre de la liberté).
Ou pour faire obtenir le Goncourt à Haënel, (on voit un Pound, un Bernanos s'occuper de ça...)
Je ne suis pas dans l'âgon gratuit Moshe, juste un grand malade de littérature et c'est uniquement sur ce plan que je vous dis que Bloy, Darien, et tant d’autres n'ont pas eu peur de raconter leurs chairs et leurs âmes labourées par la douleur. Et la dernière correspondance de Flaubert, si belle, elle est gaie? Et Casanova, démoli, escroqué par la Charpillon, pauvre vieux bibliothécaire insulté dans un château perdu, c'est "badinage léger, 18ème Mozart, envol de jupes et gai pipeau" toute cette ferblanterie clinquante qui sonne si faux qu’elle en devient presque touchante. Courbé, cassé, promené par deux infirmiers gentiment fournis par Gallimard il nous jouera encore du pipeau agreste le Sollers, tarentelle avec les nymphes ?Le Cythère au cimetière?

En tous cas Le "." point avait mieux lu mes modestes phrases, ajoutant quelque chose de très intéressant sur Sollers "fondamentalement c'est un humble". Oui, peut-être, l’hypothèse est touchante et pas impossible. Et mon premier texte n’était pas bien méchant pour le cher maître à le bien comprendre.. Ah, je ne sais quel âge vous avez et quelles ont été vos lectures Moishe, m’est avis que vous avez encore des découvertes à faire. Méfiez-vous du pavé de l’ours. Vous en viendriez à dire que Sollers vaut T. Mann, Lowry ou Boulgakov. Et non… Reprenez l’Expérience intérieure (là encore, la gaieté chez Batailles…) et une fois traversé cet éblouissement, lisez quelques pages du Joueur… Il est plus lucide que vous papa-l’infini, et votre admiration lui ferait bien mal.


Encore une fois, je ne veux pas me pencher sur l’aspect théologico-dogmatique. De toute façon, sur ce plan… Avec Costes, Nabe et quelques autres les « Dernières colonnes de l’Eglise » semblent bâties dans une matière peu difficile à conjecturer…

Je ne suis pas ici pour « juger » Sollers, j’entrevois derrière ses sauts périlleux de paillasse épuisé quelque chose de pathétique, non pour le stupide désir que vous me prêtez de jouir de l’idée d’un Sollers triste. Non, l’homme n’est probablement pas malheureux, mais je me fous de l’homme encore une fois je le redis, totalement, "infiniment ", c’est l’écrivain qui m’arrête. Ce n’est pas si mal de s’être brisé les reins quand on a tenté le tour le plus impossible qui soit et que ne réussissent que les hauts favorisés de la déesse littératureles (la littérature est janséniste et les oeuvres sans la grâce ne comptent pas.)

Milles pardons sages théologiens. Je m’en retourne dans ma bibliothèque et, pour expier ma futilité éminemment mondaine, m’en vais relire la « prière à Dieu sur le bon usage des maladies ».

Ecrit par : Restif | vendredi, 04 avril 2008

"Bien particulière" est le mot. "La Méditation Juive" d'Aryeh Kaplan est, à ce titre, un ouvrage révélateur. L'érotisme entre conjoints n'y est nullement proscrit. C'est une "pierre d'achoppement" à la vie charnelle Sainte selon le désir de Dieu... selon Kaplan.

Enfin, on peut voir aussi que l'opinion de Christian Authier, à propos de Sollers, y est plus nuancée... ce n'est pas qu'un détail.

Je ne sais plus quel chef d'orchestre important (tamponnez-moi... ma mémoire n'est plus ce qu'elle était) disait, pour expliquer certaines montées symphoniques :

"La Vérité est dans les nuances... dans les détails..."

Bien à Vous...

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Ecrit par : Nebo | vendredi, 04 avril 2008

Ps "Lisez quelque page du Joueur" : pas l'âme mutilée sortie ressuscitée de la Maison des morts hein, mais notre Narcisse à cheveux blancs (tableau début 21ème) du "portrait du joueur"

Ecrit par : R. | vendredi, 04 avril 2008

Ok Zak - pareil Restif, parfait vos analyses, quant à Nebo, je dis ça tranquillement mais c'est un sujet sérieux pour tout croyant, ne prenez surtout pas votre vision de la vie amoureuse juive pour la réalité. Aryeh Kaplan que vous citez a des expressions qui ne sont pas fausses, mais exigent quelques corrections et précisions car en effet, l’éthique sexuelle juive est d’une rigueur sévère.

Savez-vous ce que l’on désigne sous le nom de Niddah ? Si ce n’est le cas je vous invite sans tarder à vous plonger dans « Niddah : Lorsque les juifs conceptualisent la menstruation », le bouquin de Evyatar Marienberg qui a étudié à la Yeshivat ha-Kibbutz ha-Dati (Ein-Tzurim), à l'Institut Catholique de Paris et à la Yeshiva University (New York), membre correspondant du Centre d'études des religions du Livre du CNRS, enseignant à l'université de Tel-Aviv, qui prépare une édition critique d'un texte rabbinique, la "Baraïta de Niddah". Niddhah concerne l’état d’une femme éloignée. Une femme avec laquelle il est interdit, temporairement, d'avoir des relations sexuelles parce qu'elle est considérée comme impure à cause de ses dernières règles.
La culture juive a créé un vaste système de croyances et de pratiques liées à la menstruation qui conditionne considérablement la vie des couples, en comparaison de laquelle les chrétiens sont des êtres incroyants singulièrement impurs, règles qui obligent à de longues périodes d'abstinence sexuelle forcée.
Par ailleurs, il faut savoir que même si la sexualité entre époux est plutôt regardée comme étant naturelle, il est écrit dans Tanakh (je cite librement, passage du Wayyiqrâ' je pense) "quand une femme aura eu avec un homme une relation sexuelle, ils devront se purifier et ils seront impurs jusqu'au soir". Ainsi, lorsque les lois de pureté et d'impureté étaient respectées (quand le Temple et les sacrifices existaient) il fallait aller au mikvé après une relation sexuelle entre époux. Les lois concernant la vie du couple, même après la destruction du Temple, continuent d'être valables. Je n’insiste pas par ailleurs sur un point qui est une des choses les plus graves que les Kabbalistes, Le Zohar et les Grands Sages de la morale juive nous avertissent, à savoir la non autorisation de rapports avec une non juive. Le Maharal de Prague écrit de que ce genre de relations est une faute sur laquelle il n'y a pas de Téchouva. Ceci apparaît comme un fait de prostitution selon les décisionnaires, ce qui est déjà suffisamment grave. Le Gaon de Gaktilia, auteur du Chaarei Ora, Grand kabbaliste d'Italie, ainsi que l'auteur du livre « Chomer Emounim » y consacrent tous deux des chapitres entiers sur la gravité de la chose, affirmant que cette atteinte n'est pas simplement physique mais aussi spirituelle et quasiment ineffaçable.
Une sorte de vente ou d'esclavage de la particularité divine et spirituelle représentée dans ce monde, par la Mila de l'homme juif. Je ne parle même pas des conséquence d'une future vie maritale qui est en elle même un interdit de la Torah "Lo ti'haten bam". Je n’évoque même pas la halah'a qui désigne la relation d'une femme juive avec un goy comme un lien de prostitution puisqu'il ne peut mener à un mariage. (Talmud yebamot 61,1 cf. Roch, Rashi, Rambam et Choulh'an Arouh'). Etre considérée comme une prostituée par la Thora est, je pense, une sérieuse punition ! Une femme qui à eu des rapports avec un goy par exemple, n'a plus aucune possibilité de se marier avec un cohen (Choulh'an Arouh' even aézer 6,8).

On est donc très loin des pieuses rêveries à la Hadjadj qui feraient hurler n’importe quel juif pratiquant – je ne parle même pas de Sollers qui dans son dialogue montre qu' il est soit aveugle à l’égard de ses fautes, soit, sans s’en rendre compte, carrément luthérien dans cette volonté de ne pas vouloir confier à un autre ses péchés, soit enfin complètement dingue sur le plan spirituel en s’affirmant différent de lui-même :

« Pour ce qui est du péché permettez-moi d’être extrêmement réticent sur cette notion dans la mesure où je pense profondément que c’est – Nietzsche dixit – ‘le clergé qui a besoin du péché’. Et comme moi je ne suis pas du tout clérical mais profondément théologique je vous abandonne le péché et je veux bien me déclarer ‘doctor in pecato’, c’est-à-dire docteur en péché. C’est ma conviction théologique. Le péché je connais par cœur et le repentir je n’irais pas le signifier à quelqu’un d’autre qu’à moi-même dans la mesure, comme la très bien dit le poète dont j’ai cité tout à l’heure le nom [Rimbaud] « Je est un autre ». »

Sincèrement, je dis ça du point de vue d'un juif croyant très ouvert au christianisme, (c'est quoi au fait un catholicisme sans le Christ ?), c'est complètement délirant !

Ecrit par : Arpaschad | vendredi, 04 avril 2008

Restif vous avez parfois certains éclairs de formulation qui sont des plus heureux, votre jugement sur Sollers – compliment – est juste, honnête, d’une grande lucidité. – Cela me rappelle les images, vives et fulgurantes, que l’on trouve dans un ouvrage que j’ai dévoré à l’époque de sa réédition, je veux parler du Thomas Bromley (The way to the S a b b a t h of R e s t : o r the Soul’s Progress in the Work of then new birth to which , in Arthur Versluis, Theosophia, De Lindisfarne, Hudson, 1994).

Je dois dire, pour revenir à nos questions, que pour ce qui me concerne j’en reste à cette vision pascalienne dont on aurait bien tort de négliger l’importance, et que je redonne selon l’édition de 1671, la 3e et la meilleure à mon sens, si nécessaire à la compréhension de ce qu’il nous est donné à approcher comme vérité centrale du point de vue de notre « être-au-monde » selon une terminologie philosophique sur laquelle il n’est nul besoin de s’attarder, mais qui veut bien dire ce qu’il en est de l’état réduit, (« réifié » ne me choque pas si l’on accepte la distinction du formel au réel, exposée dans le 6e chapitre des Grundisse), préférant cependant la penser sous l’éclairage de la chute parfaitement, élément hélas! absolument négligé dans l’abécédaire de théologie mystique miséreux que l’on cherche à vendre aux âmes catholiques d’aujourd’hui : « Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre, et les Royaumes ne valent pas le moindre des esprits ; car il connaît tout cela, et soi-même ; et le corps rien. Et tous les corps et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité ; car elle est d'un ordre infiniment plus élevé. De tous les corps ensemble on ne saurait tirer la moindre pensée : cela est impossible, et d'un autre ordre. Tous les corps et tous les esprits ensemble ne sauraient produire un mouvement de vraie charité : cela est impossible, et d'un autre ordre tout surnaturel. » [Pascal, Pensées, 106].

La non distinction des ordres - voilà le grand oubli, la faute irréparable - l'erreur gigantesque non entrevue, le péché impardonnable, le piège fantastique dressé devant la pensée moderne qui s’engouffre dans ce grand abîme béant avec une folle inconscience qui entraînera et aboutira inévitablement à des folies terrifiantes.

Ecrit par : Zak | vendredi, 04 avril 2008

Dans un cadre plus large, les deux cas que nous avons décrits brièvement dans ce texte témoignent bien des tensions grandissantes entre Rome et certains groupes catholiques extrémistes. Que ce soit certaines théologies de la libération à l'extrême-gauche ou les catholiques intégristes à l'extrême-droite, l'Église est toujours déchirée entre son désir d'affirmer son autorité sur ses ouailles et la peur de perdre encore d'autres membres. D'autres groupes catholiques intégristes, similaires à l'Armée de Marie, sont à l'œuvre au Québec en ce moment. Parmi les groupes schismatiques, il y a les Apôtres de l'Amour infini à Saint-Jovite que nous avons mentionnés précédemment et les disciples de feu Mer Lefebvre qui ont une église sur la rue Dante à Montréal. Il y a aussi d'autres groupes de catholiques conservateurs et intégristes dont nous n'avons pas parlé ici, comme l'Opus Dei sur le plan international ou les jeunes canadiens pour une civilisation chrétienne à Québec, qui pourraient aussi éventuellement constituer un danger pour les institutions séculières ou religieuses. Cependant, certains intégristes réussissent à évoluer tant bien que mal à l'intérieur des balises fixées par le Vatican, comme c'est le cas pour les Bérets Blancs à Rougemont ou la Contre-Réforme catholique de l'Abbé de Nantes qui possède sa succursale québécoise près de Shawinigan.

Mais il reste que l'anti-modernisme de ces groupes religieux s'inscrit en faux contre les valeurs séculières, l'éthique laïque et le modèle actuel de civilisation occidentale. Il vise principalement à redonner à la société un fondement sacré mythique en reconstruisant les anciennes identités menacées par la modernité. Cependant, le point le plus commun qui caractérise tous ces groupes religieux est, sans aucun doute, le rejet global de toute certitude séculière et rationnelle, et de tout doute concernant les vérités « traditionnelles » particulières à chacun d'entre eux. Il nous apparaît clair, à cause de leur intransigeance et de leur mépris du monde séculier, qu'il ne trouveront jamais leur place dans la société québécoise du troisième millénaire, ni même dans l'Église catholique québécoise qui est entrée de plain-pied dans l'aggiornamento voulu par Jean XXIII depuis Vatican Il et la Révolution tranquille.

E. Poulat

Ecrit par : Etienne | samedi, 05 avril 2008

Pour comprendre la Grande Révolution moderne que nous subissons et dont nous souffrons durement, loin peut-être d'imaginer quelques vieilles querelles entre novateurs et intégristes ainsi que semble le proposer Etienne, il n'est pas inutile à mon sens de faire un bref retour sur la crise janséniste, que l'on retrouve clairement non cicatrisée dans les coulisses de cette note signée Zacharias puisque l'un des protagonistes du débat dont il est fait écho déclara, avant même que s'engagea la discussion :« Nous adoptons, tous les deux la position jésuite face à notre adversaire (sous-entendu janséniste) », crise qui marqua la vie du royaume de France pendant cent cinquante ans.

Il n'y a pas lieu ici de réexposer la doctrine ni l'histoire brillante et difficile de Port-Royal-des-Champs et Port-Royal-de-Paris. Convaincu comme d'habitude qu'on ne saurait penser autrement que lui sans être un foyer d'opposition politique en puissance, Louis XIV passe son règne à multiplier les tracasseries et les persécutions contre les tenants de Jansénius. Le monastère doit périr de mort lente : il n'a plus droit d'accueillir de nouvelles vocations. Enfin exaspéré, en 1711, Louis XIV fait arrêter et disperser les soeurs comme des malfaiteurs, puis raser le monastère et en détruire jusqu'au cimetière. Manière radicale de détruire une hérésie --- un jour, on l'oublie trop souvent, la même méthode inspirera à pire échelle et plus lourd prix humains les destructions de la Vendée et le châtiment sévère des villes girondines révoltées. Et manière stupide de croire en avoir fini avec une idée en détruisant son berceau et son incarnation matérielle. Car le jansénisme se survit et n'est toujours pas mort comme on peut le constater ici - je me permettrais de rajouter - fort heureusement pour l'honneur de la pensée française !

Aujourd'hui encore, l'église de St-Jacques-du-Haut-Pas, la si sobre, la si janséniste, oui, sert de sépulture à l'abbé de Saint-Cyran. Non loin, à Saint-Étienne-du-Mont, reposent désormais Pascal et Racine. Prions pour eux...

Ecrit par : Jean-Charles | samedi, 05 avril 2008

"Larme et la chair: voila donc les jouteuses pour l'empire ...
L'ame humaine depuis la chute est enfoncée dans la hurlante multitude des
appetits charnels ... Notre corps est le lit de Procuste, de cette infinie
condamnée aux plus déchirantes luttes ..."

Georges Landry

Ecrit par : Procuste | samedi, 05 avril 2008

C'est quoi ce site où les chrétiens n'assument pas d'avoir un corps ? Le corps est une merveille créée par Dieu, au même titre que l'âme.

Ecrit par : Virginie | samedi, 05 avril 2008

Le corps est une merveille créée par Dieu, au même titre que l'âme.

Je pense que vous exprimez mal les choses Virginie; la COMPLEXITE du corps est une merveille!
Sinon, le corps produit de la merde, des odeurs nauséabondes, des maladies épouvantables, de la souffrance et au bout du compte il meurt et se décompose très rapidemment!

le corps est une merveille! Allez donc dire ceci à un cancéreux, un enfant atteint de maladies déformantes, orhelines etc. allez dire ceci aux parents d'enfants trisomiques ...
Connaissez-vous seulement les maladies humaines par aberrations chromosomiques, les paraphilies etc.

Franchemment ce n'est pas sérieux!

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Non seulement Sollers est modeste, mais il est aussi éminemment pudique - en particulier en ce qui concerne la douleur. Si vous avez lu Portrait du Joueur, vous avez trouvé la devise de la famille du narrateur : Never explain, never complain. Pourquoi là? Parce qu'il revient sur les lieux de son enfance, y découvre la dévastation. Rien de larmoyant, et pourtant, c'est très touchant. Le Coeur absolu (subtil palimseste de la Divine Comédie) commence dans une sorte de dépression cottoneuse mêlée de crises quasi épileptiques, stoïquement racontées, et où le narrateur vit presque dans sa chair l'assassinat d'un prêtre polonais. Le Secret évoque avec une pudeur et une délicatesse encore plus grandes, la mort de la mère du narrateur - ce qui lui fait voir La Pietà de Michel-Ange de manière très neuve (aperçu sur l'Assomption) ; il revient également sur le massacre de Katyn. Et puisque vous aimez la douleur, voilà un passage du Secret:

"Le soir gris d'ardoise descend sur la digue et les fleurs. Les lampes de la maison s'allument. Je vais attendre qu'on m'appelle trois fois. Je ne vois plus les lignes sur le papier devant moi. Il me semble maintenant entendre monter la grande prière des malades et des mourants, leur choeur discordant, puissant, insoutenable. "Rappelez-vous que, quoi que vous fassiez, vous vous battez pour les pauvres, les infirmes, les déshérités. Pas une agonie qui ne soit la vôtre. Vous aurez contre vous les riches, les puissants, les agités de toute espèce {Salut, Zak!}, la destruction organisée, l'arrogance, la précipitation, l'avidité et la superficialité des vivants du temps. Vous êtes responsables du hors-temps. Vous serez battus, mais jamais complètement en apparence. D'ailleurs, la question n'est pas pour nous la victoire, car il vient toujours le moment dont parle Augustin dans La Cité de Dieu : "une seule et même force fondant sur les bons les met à l'épreuve, les purifie, les clarifie, et fondant sur les méchants, les condamne, les ruine, les anéantit.""

Mais cela n'empêche pas la joie, la jouissance ; au contraire, au contraire : la joie, la jouissance et la santé sont des victoires sur le charnier, la maladie et sur la mort (voir l'église de N.D. de la Salute, à Venise, bâtie après la peste ; l'oeuvre de S., c'est ça ; Le Coeur absolu, c'est ça). On ne comprend pas le baroque sans cette dimension (Claudel l'avait très bien compris). Voilà pourquoi Sollers insiste sur la Résurrection, et qu'il est insensé de croire qu'il le fait au prix de l'oubli de la Croix. Vénérer le tombeau du christ est un contresens.

Evidemment, si vous préférez les épanchements et les petits maîtres, nous n'avons pas les mêmes goûts (ce qui est le cas, puisque la littérature n'est pas janséniste mais bien catholique romaine, jésuite même, ou juite, comme le dit très drôlement ce jew-greek de Joyce dans Finnegan's Wake). Je ne vous dirai pas ce que j'ai lu, ni mon âge (hors-propos, en dehors du fait que j'aurai sans doute un jour la sagesse de ne pas perdre mon temps à de telles sottises ; ou je n'aurai peut-être plus l'énergie de cette joyeuse dépense) ; néanmoins, j'ai beaucoup lu, et d'excellentes choses. Je vous laisse bien volontiers le pauvre Huguenin, contre lequel je n'ai absolument rien, et tous vos autres noms qui ne me disent absolument rien (sauf Céline et Joyce, évidemment). Vous n'aimez pas les dernières toiles de Picasso? "Madamm, ça n'a aucoune immporrrtance!", disait Picasso.

Encore deux choses :
- je ne passerai pas mon temps à expliquer ici la position de Sollers sur le sexe et la pornographie ; vous en avez eu un aperçu intéressant, mais là-dessus, il est très clair dans le second tome de La guerre du goût, intitulé Eloge de l'Infini, dans lequel vous pourrez lire également Le trou de la Vierge, pour les plus grands délices de votre rage théologico-orthodoxique.
- je ne vais pas répéter que le stupide Zak est une vilain obsédé sexuel très vulgaire, ni m'étendre sur son étrange insistance à traiter tout le monde de pédé, ce type ne m'intéresse qu'à titre de symptôme, comique à légère dose ; mais Hadjadj n'est certainement pas le premier théologien à se pencher sur l'utérus de la Vierge, le Moyen Age s'est cru obligé d'être très précis là-dessus ; il s'est largement étendu sur le problème de savoir, par exemple, si le Christ s'était lui aussi nourri, dans son ventre, et comme le croyait la médecine de l'époque, des menstrues de la BHVM.

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Vous faites une erreur très commune Virginie, que reproduit de nos jours mécaniquement une théologie indigente oublieuse des grandes vérités de la Révélation.

Le corps que nous avons fut bien créé par Dieu effectivement, vous avez raison sur ce point, mais il convient de rajouter aussitôt que celui que nous avons à présent l'a été en rançon du péché !

Adam et Eve avaient certes un corps avant la faute originelle, mais un corps non corruptible, non mortel, bien différent de celui, misérable (Romains 7, 24) que nous connaissons !

Ainsi, telle est la triste réalité que beaucoup ne souhaitent plus du tout entendre dans l'église conciliaire, à savoir que c’est en punition de la désobéissance et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21) dont nos premiers parents furent couverts, entraînant, en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam et Eve, le fait que le péché ait atteint ensuite l'ensemble de la famille humaine - et ce entièrement.

Il ne convient donc surtout pas de se faire les louangeurs du corps, piège extrêmement puissant qui se dresse devant les chrétiens depuis des siècles, car c'est là, positivement, célébrer une racine de corruption antagoniste et ennemie de l'ordre supérieur de l'Esprit : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant ; et non seulement elle, mais nous–mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi , nous soupirons en nous–mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. » (Romains 8, 22-23).

Ecrit par : Zak | samedi, 05 avril 2008

Je comprends un peu mieux maintenant votre phrase Zak après ce que vous venez d'écrire à Virginie, cette phrase d'hier soir qui m'avait laissée je dois dire un peu perplexe,
"La non distinction des ordres - voilà le grand oubli, la faute irréparable - l'erreur gigantesque non entrevue, le péché impardonnable, le piège fantastique dressé devant la pensée moderne qui s’engouffre dans ce grand abîme béant avec une folle inconscience qui entraînera et aboutira inévitablement à des folies terrifiantes."

Ecrit par : André | samedi, 05 avril 2008

Au regard de ce qui a été dit par Pauline, on peut se demander raisonnablement à quelle moment la chair, vu sous l'angle Hadjajdjien n'est -elle plus mystique!!
En tout cas, je vois là deux visions de l'église qui se profilent!
Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les abbés Laguérrie et Héry sur ce sujet!

Ecrit par : Le calme | samedi, 05 avril 2008

Vous aurez noté Moshé, que cet "agité (sic) de Zak" a tout de même salué Sollers pour une réplique dans son dialogue avec Hadjadj, ce qui est a relever tant notre ami est souvent plus qu'avare de compliments.


Je reproduit pour rappel, tant l'avalanche des commentaires a tendance à rendre complexes les recherches :


"Il faut relever, à l'évidence, dans ce dialogue organisé par Les Epées au milieu d’un océan de lieux communs tous plus imbéciles les uns que les autres distribués avec une cuistrerie consommée et un aplomb ignorantin, quelques microscopiques éclairs de lucidité chez Sollers qui non seulement du point de vue de la présence domina de bout en bout le « théâtre des opérations » dirait Dantec, mais se montra parfois, dans ses remarques tranchantes, légèrement supérieur à la minable bouillie faussement catholique servie par le ridicule Hadjadj, évident érotomane tout ébaubi et émerveillé dans sa confondante naïveté libidineuse adolescente encore non revenu de ses pamoison émues devant les clitoris, de l’image stupide qu’il s’est formé de la copulation et des sexes.

J’en veux pour preuve ce petit morceau caractéristique de celui qui dans sa dinguerie pornographique judéolâtre ose parler de « l’utérus juif de Marie » débita cette platitude :

- H. « On voit bien là qu’il est le Sauveur car s’inscrivant dans une lignée charnelle… »

Aussitôt Sollers l’interrompit brutalement, à juste titre, en rappelant à ce grand abruti de Doc Gynéco qui a installé une antenne de son cabinet médical à Bethléem où il s’amuse à prendre en consultation la sainte famille, une vérité théologique basique qu’il avait oubliée sachant que la conception par l’Esprit Saint n’est un mode d’insémination très courant :

- S. « Il n’y a pas d’acte plus anti-biologique que l’arrivée du Christ ! »

Excellent !"


Significatif vous ne trouvez pas cet "excellent" décerné à Sollers, sous la plume de Zak ?

Ecrit par : Jude | samedi, 05 avril 2008

Il n'y a pas deux visions de l'église qui se profilent "le calme", mais un courant moderniste qui a ouvertement triomphé au concile Vatican II et s'est emparé du pouvoir, affichant une claire apostasie dont les traces sont nettement visibles dans les positions contemporaines qui s'expriment de partout (revues, médias, prêtres, laîcs, etc.).

Le mal est beaucoup plus profond qu'on ne l'imagine !

Ecrit par : Henri | samedi, 05 avril 2008

Vous donnez, pauliniennement, Pauline, la maladie, la souffrance et la mort comme preuves contre la santé, la jouissance, et la merveille du corps ; en cela, vous ne faites qu'indiquer votre propre penchant (à la frigidité, et à ce qui va avec, le sentimentalisme ; sentimentalisme contre sensualisme), puisque le contraire est aussi possible. Votre même penchant vous fera également dire que parler du catholicisme depuis Bernini ou Mozart est de la frivolité d'esthète (on est pourtant là au coeur du problème de la chair : chue, mais aussi divine).

Deux visions de l'Eglise : mais oui. Qui se profilent : depuis cinq siècles au moins, les gars... Que ceux que Luther dégoûtent se lèvent! Que ceux que la splendeur (de lupanar) italienne, et la manducation de l'hostie révulsent crient : "Longue vie au procureur Starr!"

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Le mal est beaucoup plus profond qu'on ne l'imagine !

Hélas oui!
Je crains que l'église, face à l’hémorragie adopte la position suivante: à nous les brebis égarées, quitte à les attirer avec des sornettes telles que celles de M. Hadjadj, plutôt que de les savoir ailleurs!

Ecrit par : Le calme | samedi, 05 avril 2008

en cela, vous ne faites qu'indiquer votre propre penchant (à la frigidité, et à ce qui va avec, le sentimentalisme ; sentimentalisme contre sensualisme),

Monsieur vous m'insultez! Sachez que j'ai un enfant handicapé qui mérite des soins constants! Je n'ai hélas peu de temps pour le sentimentalisme croyez-moi!
Votre légereté et votre arrogance me font croire que vous avez une parenté avec la personne qui se nomme Franz!
Bernini ou Mozart... le reste...
Je ne sais pas ce n'est pas mon domaine...

mais la vie ( à travers cet enfant) m'aura au moins appris une chose: être chrétien c'est reconnaître son néant!
Méditez-le!

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Madame,

je vous présente mes excuses si vous vous sentez personnellement blessée par ce que j'ai dit. Vous faites certainement une expérience très forte de la douleur, de la fragilité humaine et du néant ; mais vous avez gravement tort - en quoi vous êtes bien excusable - si vous résumez toute l'existence terrestre à cela.
Vous dites : "Merveille? Mais non, soyons sérieux : merde, puanteur, décomposition."
Je vous réponds: "puanteur, décomposition, oui, mais aussi merveille. Merveille malgré la merde, et par-delà la merde". C'est le sens de ce que disait franz (qui n'est pas moi, promis, bien que ce soit un des seuls que j'aie trouvé un peu censé ici ; et Virginie, et Thomas le drôle), qui n'avait rien d'insultant pour Sébastien: la merde existe, mais pourquoi s'y arrêter? Puanteur, décomposition, merde : c'est là ce que vous montrent vos sens ; mais nos sens donnent aussi autre chose, pour quoi il faut rendre grâce et bénir, non maudire.
Qui a mieux parlé que Proust, qui se mourait d'asthme dans une chambre cloîtrée, de la volupté toute simple de respirer?
(Sollers, peut-être, hélas ; mais c'est un asthmatique, lui aussi...)

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Très amusante affirmation de Moshé, qui a toujours aussi peu de cervelle mais n'hésite pas à faire preuve d'une constante bêtise canine satisfaite, soutenant comme un grand abruti ridicule qui s'exerce à quelques médiocres tentatives passablement minables d'écriture : "la littérature n'est pas janséniste mais bien catholique romaine"...

L'idiot parfait oublie de citer son propre maître, qui ne manqua pas de signaler naguère, fort justement, que Blaise Pascal, Robert Arnauld d'Andilly, Pierre Nicole, Pierre Thomas du Fossé, sous l'autorité du maître d'œuvre Louis-Isaac Lemaître de Sacy ont participé à la traduction de la Bible, traduction dite du Port-Royal : « la plus belle jamais réalisée en France » (Philippe Sollers).

Cette édition s'y est élaborée, rappelons-le à la minuscule andouille niaisement pâmée devant les émois de l'érotique baroque, qui fait le docte prétentieux en déclarant que "la joie, la jouissance et la santé sont des victoires sur le charnier, la maladie et sur la mort" (on est heureux de l'apprendre...), entre 1657 et 1696 et son style a influencé la création littéraire de grands écrivains français, tels que Voltaire, Saint-Martin, Joseph de Maistre, Victor Hugo, Flaubert, Baudelaire, Arthur Rimbaud...Mauriac et Bernanos, etc. Tous non écrivains bien évidemment !

Par ailleurs, signalons-le à l’inculte que Michel Foucault, dans Les Mots et les Choses, estima que la logique de Port-Royal a contribué à façonner une nouvelle représentation fondamentale sur laquelle repose l’ensemble des axiomes philosophiques et littéraires de la période historique concernée, qu'il appela du nom d’ épistémè, « l’épistémè classique » pour être précis, qui doit être regardée comme « l’âge de la représentation », « l'ordre de l'identité et de la différence » (que l’on peut repérer par l’écart justement qui nous en sépare et qui nous montre la perte radicale de la modernité à l’égard du soupçon classique et sa distance vis-à-vis de la réflexion philosophique) : « l’écart, les distances, les oppositions, les différences […] c’est un espace de la dispersion, c’est un champ ouvert et sans doute indéfiniment descriptible de relations » (Foucault, Les Mots et les Choses)

Ainsi, interrogeons-nous ; est-ce qu’un jour nous en finirons avec les triples crétins ignorants de l'espèce la plus rancie et la plus basse, qui soutiennent n'importe quoi au prétexte de souhaiter satisfaire leurs petits vertiges érotico-ethétiques, et viennent pérorer dans une sorte de satisfaction imbécile en crachotant des énormes absurdités avec un air d’indigente fatuité conceptuelle, ceci afin de pouvoir faire étalage de quelques idées lamentables qu’ils ont ramassées dans quelques vieilles poubelles domestiques, attitude qui devrait bien plutôt les conduire à se dissimuler sous un épais couvercle obscur à l’image des lieux d’aisance auxquels il sont assimilables par leur fonction mais que malheureusement, faute d’avoir au moins de ces espaces la discrétion, ils se croient obligés d’émaner les odeurs ?

Ecrit par : Zak | samedi, 05 avril 2008

Zak vient de se réveiller je crois !

Ecrit par : Pierre | samedi, 05 avril 2008

Moshé,
Vous devriez créer un blog avec Hadadj et vous monter ensemble la mayonnaise jusqu'au paroxysme de vos délires jouisso-liberto. Mais ne parlez pas de la souffrance dont vous ne semblez même pas imaginer l'existence.
Méditez sur la souffrance de Celui qui est mort pour que tous soient rachetés et vous pourrez dire "même moi" comme Polnareff. Suivez aussi le conseil de Pauline reconnaissez votre néant, cela devrait être facile pour vous !
Cela fait longtemps, Le Calme que l'Eglise a adopté cette stratégie mais de temps en temps, on peut s'en rendre compte plus facilement (comme par exemple quand un Hadadj se met à être adopté comme un maitre à penser).
Quant à se demander quel courant représente l'Eglise, je pense tout simplement qu'aucun, et pour des raisons diverses, ne peut s'accaparer cela à lui tout seul. La véritable Eglise, étant la véritable communion des Baptisés en Christ, je me tourne de plus en plus vers Eckhartshausen ou Lopoukhine pour en gouter la réalité !

Ecrit par : La Fouine | samedi, 05 avril 2008

Zak, je vous adore! la moindre de vos métaphore est une perle.

Et à part la Bible et les Mots et les Choses, qu'est-ce qu'ils ont écrit d'autre, vos Messieurs?

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Zak vous oubliez Charles Sainte-Beuve né à Boulogne-sur-Mer le 23 décembre 1804, qui allait devenir le critique le plus redouté de son siècle e qui a dit:

«La plupart des hommes célèbres meurent dans un véritable état de prostitution.»
(Charles Augustin Sainte-Beuve, Mes poisons).

Sainte-Beuve, outre son immense étude sur Port-Royal, est aussi l'auteur d'une importante correspondance et de Carnets intimes (dont une anthologie a été publiée sous le titre Mes poisons, posthume, 1926): dans ceux-ci, Sainte-Beuve sut saisir mieux que personne, avec une intelligence amère, les jeux de l'institution littéraire, le fonctionnement des «groupes» dans le milieu des lettres, le passage des «générations» artistiques et la manière dont se construit l'image d'un auteur: pour qui s'intéresse à la sociologie de la culture, Sainte-Beuve peut, aujourd'hui encore, être un maître janséniste d'enchantement et de désenchantement.

Ecrit par : Hire | samedi, 05 avril 2008

"Mais ne parlez pas de la souffrance dont vous ne semblez même pas imaginer l'existence."


(Pas de commentaire)

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Je veux pas avoir l'air d'en rajouter après la vollée de bois vert (vraiment vert !) que vient de se prendre Moshé, mais Racine sur le plan littéraire et dramaturgique c'est pas rien non plus ?

Ecrit par : François | samedi, 05 avril 2008

Et également Barbey d’Aurevilly qui verra en Pascal un « Hamlet du catholicisme », sans revenir sur Baudelaire, déjà évoqué qui le paraphrase et lui consacre son poème « Le gouffre ». Mais le plus important pascalien est évidemment Balzac !

Par ailleurs la méditation pascalienne sur le divertissement trouve un prolongement dans le roman de Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947). Giono emprunte le titre et la dernière phrase du livre à un passage des Pensées (fragment 142 de l’édition Brunschvicg) : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères ».

Ecrit par : Gédéon | samedi, 05 avril 2008

Sainte-Beuve! Voyez-vous ça! J'étais en train de me remettre de Rimbaud et Baudelaire jansénistes... (Pourquoi pas Montaigne, tant qu'on y est? Ou Homère?) Et patatras! On oublie le plus important! Sainte-Beuve! Voilà! Voilà! Bravo! Tous ensemble, vous voyez que vous allez y arriver! Encore un effort!

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Vous avez raison, ça fait pas beaucoup d'écrivains ... mais tout simplement le monde complet de la littérature finalement, profondément marqué par le caractère sombre de la nature humaine, héritage direct de la pensée janséniste.

Ecrit par : Jean | samedi, 05 avril 2008

Si vous voulez citer tous ceux qui ont admiré Pascal à titre de jansénistes, la liste est bien longue. Elle passe par Stendhal, Nietzsche, Beckett, Thomas Bernhard, Sollers, bien sûr... et moi-même (j'aime beaucoup Pascal ; Racine, connais moins ; et voyez que je suis moi-aussi un humble...). Mais enfin...

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Bon Moshé t'es bien gentil mais tu fatigues ; va faire joujou ailleurs, c'est pas grave de prendre une déculottée, on s'en remet...

Ecrit par : André | samedi, 05 avril 2008

Moshé, qui aime l'érotique baroque, ne serait-il pas un peu maso finalement :


"Zak, je vous adore! la moindre de vos métaphore est une perle."

Ecrit par : Henri | samedi, 05 avril 2008

Les déviances ont des mystères que la raison ignore Henri !

Ecrit par : André | samedi, 05 avril 2008

Vous avez sans doute raison ! sur ce point je m'incline car les ressacs de l'inconscient sont peuplés de bien étranges forces...

Ecrit par : Henri | samedi, 05 avril 2008

le monde complet de la littérature finalement, profondément marqué par le caractère sombre de la nature humaine, héritage direct de la pensée janséniste

Ça y est! Vous y êtes arrivés! Bravo! Sophocle, Eschyle, Euripide, Shakespeare... Sade... Machiavel... Sénèque... Salomon... David... Kafka... tous "héritiers directs de la pensée janséniste"... Alléluia!

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

Moshé est en extase ! shut... il parle avec l'Eernel comme Moïse!! Au fait Moshé un lointain cousin à vous ?

Ecrit par : André | samedi, 05 avril 2008

Bon, allez, ça suffit. Vous ne m'inspirez plus. Bye bye, Henri, François, André, Pierre, Jean, Jacques, Robert, Christian, Dominique, Benoît.

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

C'est bien, et vous avez raison, mais vous en restez trop au domaine littéraire français, le jansénisme a eu une énorme influence sur les pays anglo-saxons ; il faut donc envisager pour être complet la réception de la pensée de Port Royal en Suisse, Allemagne, Angleterre et Hollande pour mieux voir les trames significatives véritables de ce courant.

Voir l'étude récente de Juliette Guilbaud, Le livre janséniste et ses réseaux aux XVIIe et XVIIIe siècles, présentée à l'EPHE en Sorbonne.

Ecrit par : Marc | samedi, 05 avril 2008

Bon, allez, ça suffit. Vous ne m'inspirez plus. Bye bye, Henri, François, André, Pierre, Jean, Jacques, Robert, Christian, Dominique, Benoît...et Ernest Hello

"Quiconque aime la vérité déteste l'erreur. Et cette détestation de l'erreur est la pierre de touche à laquelle se reconnaît l'amour de la vérité. Si vous n'aimez pas la vérité, vous pouvez dire que vous l'aimez et même le faire croire; mais soyez sûr qu'en ce cas, vous manquerez d'horreur pour ce qui est faux, et, à ce signe, on reconnaîtra que vous n'aimez pas la vérité"

Si vous aviez réellement quelque chose à dire vous n'auriez pas cette attitude!
Vous êtes un troll Moshé voilà tout!

la culture de surface ne sert de rien!

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

Zak a, je crois, bien résumé la situation Ernest, en posant cette question fondamentale : "est-ce qu’un jour nous en finirons avec les triples crétins ignorants de l'espèce la plus rancie et la plus basse, qui soutiennent n'importe quoi au prétexte de souhaiter satisfaire leurs petits vertiges érotico-ethétiques, et viennent pérorer dans une sorte de satisfaction imbécile en crachotant des énormes absurdités avec un air d’indigente fatuité conceptuelle" ?

Ecrit par : André | samedi, 05 avril 2008

Trouvé ceci sur les Epées, un blog catholique paraît-il!!!
http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#comments


On est en pleine confusion!


Mais est-ce vraiment une "volonté de sexualisation" ? La sexualité n'est-elle pas plutôt là, par elle-même ? Dés le premier expir inspir Divin ? Je vois, quant à moi, une Volonté farouche de la part de certaines personnes à nier avec un ressentiment total (pour ne pas dire totalitaire) la chair, n'y voyant que la présence du Démon. Moi, ces gens-là, je les appelle : les possédés. Ils devraient purger un peu, autrement que par une triste branlette vite faite mal faite sous l'oeil inquisiteur de Dieu avant d'aller se fouetter pour pouvoir se rendre à confesse. Car ils punissent sans cesse cette chair qu'ils croient pécheresse par leurs projections moralistes malsaines. S'il y a un Démon, il est de ce camps là. Sinon, l'époque aime le sectarisme. Les vertueux tout imbus d'eux-même, qu'ils ouvrent un nouveau Port Royal et qu'ils s'y enferment à triple tour, coupés des vicissitudes du monde ils pourront porter leurs ceintures à clou pour se meurtrir leur viande et pendant ce temps-là, nous autres jouisseurs solaires pourront vibrer comme le ciel l'indique.

Ecrit par : Sceptique | samedi, 05 avril 2008

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

Monsieur,

Et moi, je vous réponds ceci, que j'ai lu hier soir, et qui est de Casanova: qui dit la vérité à des incrédules la prostitue.

Ce que j'avais à dire, il vous suffit de le lire, je l'ai dit, et bien dit. Au prix d'une monotone série d'insultes, de réponses systématiquement scabreuses et à côté de la plaque.

Intéressante plongée dans la déliquescence des cerveaux ; intéressante vérification de la névrose et de l'esprit de vengeance. Maintenant salut, hein, l'Enfer, ça va comme ça.

"E quindi uscimmo a riveder le stelle."

Ecrit par : Moshé | samedi, 05 avril 2008

A qui parlez-vous? A Henri, François, André, Pierre, Jean, Jacques, Robert, Christian, Dominique, Benoît, Ernest

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

Le blog de la Question ne sert pas à rien, et Zacharias non plus, la preuve on s'en inspire !

Réponse trouvée sur les Epées au commentaire d'un certain "Sceptique", ce qui devrait tout de même conduire les avocats de la "dignité divine de la chair" à se poser un minimum quelques questions sur les ravages de leurs délires intellectuels auprès des esprits un peu fragiles :



"Je crois que vous faites erreur Sceptique dans votre approche de la sexualité et votre analyse de ce que représente la chair, voyant dans la critique des affirmations de Sollers ou Hadjadj une : "Volonté farouche [de] nier avec un ressentiment total (pour ne pas dire totalitaire) la chair". Je me permets donc de récupérer deux ou trois choses qu'on peut lire chez IdC, et que je trouve relativement fondées, en particulier cette insistance sur le rappel que nous ne sommes plus actuellement dans l'état qui était le notre primitivement, et que la chute correspond à une rupture qu'il ne faut pas négliger. Maistre a dit des choses essentielles là-dessus dans les Soirées. Est-il encore nécessaire de le rappeler sur le site des Epées ?

En effet, une erreur très commune est reproduite de nos jours par une théologie (et une littérature...) oublieuse des grandes vérités de la Révélation. A savoir que les corps que nous avons furent bien créés par Dieu effectivement, mais il convient de rajouter aussitôt que ceux dont nous sommes pourvus à présent l'ont été en rançon du péché ! Adam et Eve avaient certes un corps avant la faute originelle, mais un corps non corruptible, non mortel, bien différent de celui, misérable (Romains 7, 24) que nous connaissons !

Ainsi, telle est la triste réalité que beaucoup ne souhaitent plus du tout entendre, en particulier dans l'église conciliaire, à savoir que c’est en punition de la désobéissance et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21) dont nos premiers parents furent couverts, entraînant, en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam et Eve, le fait que le péché ait atteint ensuite l'ensemble de la famille humaine - et ce entièrement.

Il ne convient donc surtout pas de se faire les louangeurs du corps, piège extrêmement puissant qui se dresse devant les chrétiens depuis des siècles, car c'est là, positivement, célébrer une racine de corruption antagoniste et ennemie de l'ordre supérieur de l'Esprit : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant ; et non seulement elle, mais nous–mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi , nous soupirons en nous–mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. » (Romains 8, 22-23).

Ecrit par : Jude | samedi, 05 avril 2008



Pas mal non ? (je crois que le copyright en revient à Zak pour une bonne part !)

Ecrit par : Henri | samedi, 05 avril 2008

La Grâce de Dieu ne m'ayant pas été donnée je suis contraint de me soumettre au jugement avant l'heure. L'Enfer m'attend, c'est entendu. Tout est déjà écrit, c'est bien connu. Dans les vulgaires ratiocinations crispées sur elles-mêmes. De ce fait festoyez, ô vous les détenteurs de la seule Foi véritable qui absout et qui sauve, puisque je ne serai pas au Jardin d'Eden reconstitué pour rompre le pain avec vous. Je suis condamné d'avance... par ma queue vivante. La corde au cou est déjà passée et les flammes m'attendent. Moi, minable fornicateur de service au milieu des lumineux impénitents. Le sado-masochisme a de l'avenir pour la plus grande gloire (et joie) du Démon.

Ecrit par : Nebo | samedi, 05 avril 2008

Nebo,
Vous vous dites tellement fornicateur que j'entrevois deux solutions à votre souci :
Soit vous êtes un éjaculateur précoce, soit vous souffrez de problème d'érection.
Dans les deux cas, on ne peut rien pour vous, il faut consulter !

Ecrit par : La Fouine | samedi, 05 avril 2008

Tout fonctionne à merveille... Dieu m'a béni.

Ecrit par : Nebo | samedi, 05 avril 2008

Nebo feint!

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

« L’humanité entière est menacée d’une réduction à un immense système d’esclavage pour tous. » « La dénivellation à prévoir devrait être la plus grande que l’histoire humaine ait enregistrée » (1937). La négation de la violence et de l’agressivité dans le discours bien-pensant dominant va entraîner un redoublement de la violence et de l’agressivité (position très proche du Freud de la même époque). Rien ne tient devant ce déferlement brutal : ni le christianisme (et son « avarice »), ni le socialisme qui en est le prolongement laïque. Tout se passe comme si l’être humain était devenu incapable de résister à la terreur, de regarder la mort en face, de se révolter contre la servilité qu’on lui inflige et à laquelle il s’abandonne par dépression et angoisse....>>

Ecrit par : "Georges Bataille" | samedi, 05 avril 2008

Nebo a faim surtout.

Ecrit par : Nebo | samedi, 05 avril 2008

Il a faim parce qu'il feint!

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

Stratégie essentielle... Sun Tzu. C'est mon côté Taoïste.

Ecrit par : Nebo | samedi, 05 avril 2008

Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, on y adorera les bêtes!
Saint Curé d'Ars!



Pour exemple:




La porte est là, quelque part, qui vous observe de son oeil vif, sombre et profond. Jude, courrez donc vous y enfermer avec vos semblables et barricadez les entrées. Le mal que vous voyiez absolument partout au point de ne parvenir pas à exercer votre entendement est une triste gageure. Le bon sens est absent. Mais ça vous va à ravir. Le stupre est chez vous. Pas chez des corps qui se ravissent mutuellement avec une jubilation évidente. Le Démon a des stratégies que vous ne soupçonnez pas, répétant la leçon de la propagande officielle, lavasse, puritaine et refusant de voir la voluptueuse vie s'incarner Divinement jusque dans votre anus qui vous permet au moment opportun de vous soulager avec délectation et reconnaissance. Vous êtes dans le moulage, l'absence de singularité profonde, la robotique spirituelle, le refus catégorique, pathologique de faire un pas en direction de la vie avec ses plaies autres que soi-disant saintes. C'est une poutre que vous avez dans l'oeil. Vous auriez le pouvoir, c'est un beau christianisme que nous aurions, digne de Ben Laden & consort, l'obligation de se soumettre à votre eau de javel spirituelle, à votre théologie qui fermente, au lieu d'étreindre l'absolu avec un souffle mystique ayant pris corps. Raide est votre nuque, et raide votre raison. L'Amour de dieu est absent de chacune de vos exégèses puritaines, pas même comme Bloy ou Huyssmans savaient le faire par la maîtrise de l'ellipse qui place des points cardinaux entre leurs lignes de souffre. Vous vous gargarisez d'anathèmes et de désapprobations diverses en oubliant que "la vengeance n'appartient qu'à Dieu". Entre le "KTO" post-moderne qui s'extasie devant l'abbé Pierre et votre frange moisie et arrêtée au temps de Jansenius à l'heure des découvertes en physique quantique qui décortiquent le mur de Planck, il est difficile de plonger avec grâce dans le tourbillon de la Foi. Mièvres visions d'un côté, chair purulente et morbide qui fait pénitence de l'autre. Mais Dieu merci, je bande.

Ecrit par : Sceptique | samedi, 05 avril 2008


http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#comments

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

A Zak, Hire, Pauline et autres idiots jansénistes : Quand Moshé sera parti du forum définitivement, vous pourrez continuer votre petit jeu haineux à loisir. Je constate que vous n'aimez pas la discussion. Quand quelqu'un ose dire que le corps est beau, et divin, vous le rabrouez de manière scandaleuse. Vous n'êtes pas des chrétiens, car le chrétien accueille son frère avec amour, même si celui-ci émet des opinions qui sont différentes (et les miennes se veulent chrétiennes). Vous n'aimez pas le jeu dialectique: vous n'aimez qu'asséner vos certitudes honteuses.
Pauline, vous dites que le corps est beau parce qu'il est complexe: c'est vrai que le corps est beau parce qu'il est formé par l'âme, divine. Mais l'âme est belle parce qu'elle est dans un corps: VOTRE âme est belle parce qu'elle est dans VOTRE corps. L'âme est belle parce qu'elle est personnelle et c'est précisément le corps, la matière, qui est principe de singularité, d'individuation.

Ecrit par : virginie | samedi, 05 avril 2008

Sans notre corps nous aurions tous la même âme: peut-être que vous voyez la résurrection comme un grand tout où vous pourrez fondre votre âme divine avec les autres qui seront identiques à la vôtre, c'est-à-dire vous fondre dans une Grande Âme unique... Drôle de vision chrétienne que de penser que le corps n'est pas essentiel au salut et n'est pas divin...

Ecrit par : virginie | samedi, 05 avril 2008

Le corps divin on aura tout entendu!

Vous êtes la preuve vivante de l'abandon depuis 50 ans de toute théologie dogmatique traditionnelle tordant Thomas d'Aquin dans un sens absolument inexact.

Ecrit par : Henri | samedi, 05 avril 2008

A Zak, Hire, Pauline et autres idiots jansénistes !

Merci pour le compliment Virginie!
En ce qui me concerne je me définis simplement comme chrétienne!

Par ailleurs je considère que la paraphilie n'est pas d'essence divine!

Est-ce une certitude honteuse?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paraphilie

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Je suppose que M. Henri a la vérité, donnée par saint Thomas lui-même, sur la manière dont il faut l'interpréter... !

Ecrit par : virginie | samedi, 05 avril 2008

Vous ne répondez-pas Virginie?!
Ah suis-je bête!
Je vous laisse vous documenter sur la paraphilie?
Bonne lecture!

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Virginie,
Je suis véritablement outré car vous avez oublié de me classer dans les idiots qui pensent comme Paul et le Christ que ni le sang, ni la chair ne seront sauvé.
Continuer à vous regarder vieillir et demandez vous à quel moment la chair va vous trahir. Malheureusement, votre théorie est fausse car c'est quand vous ne pourrez même plus vous regarder dans un miroir que votre âme aura atteint le maximum de sagesse.

Pour l'instant, oubliez tout cela mais allez vite reconduire votre abonnement au fitness !

Ecrit par : La Fouine | samedi, 05 avril 2008

Sincèrement je prends un grand intérêt à lire vos échanges, mais en tant que disciple de Cioran, outre que les admirateurs du corps m'amusent de par leur confondant idéalisme (il y a là dans ce discours à propos de la "dignité de la chair" (on a franchement envie de rigoler, enfin presque, après des siècles et des siècles d'horreurs sauvages...) beaucoup d'immaturité et une grande naïveté), je trouve cependant qu'il manque à certains d'entre vous une vraie radicalité qui pousserait la logique de votre pensée dans sa finalité logique.

Ainsi un Zacharias, que je trouve effectivement très bon et d'une intransigeance qui me réconcilie un peu avec le christianisme, serait d'une cohérence bien plus forte encore en allant au bout de son nihilisme et en niant absolument tout - en s'engageant totalement et foncièrement dans le "Rien".

En tous les cas, car je ne cherche pas à vous changer, restez ce que vous êtes terribles représentants de l'austère rigueur catholique fidèles héritiers de Joseph de Maistre, et laissez les tenants de la libre jouissance se réveiller tous seuls avec la gueule de bois métaphysique ! On en reparlera après et vous serez étonnés des résultats, croyez-moi !

Amitiés à tous et félicitations pour votre attitude qui nous change des lassantes bêtises chrétiennes ou philosophiques habituelles.


"Si l'amour n'était pas ce mélange insoluble de crime prémédité et d'infinie délicatesse, comme il serait aisé de le réduire à une parole !
Mais les souffrances de l'amour dépassent les tragédies de Job... L'érotisme est une lèpre éthérée..."

Emil Cioran - Le Crépuscule des pensées



«La vie inspire plus d'effroi que la mort : c'est elle qui est le grand inconnu.»

Emil Michel Cioran - Précis de décomposition

Ecrit par : M. R. | samedi, 05 avril 2008

Vous êtes très aimable Monsieur M.R., mais il me faut vous préciser que le nihilisme ne peut m'être en aucun cas une destination puisqu'il fut tout d'abord une source - une source dans la nuit de laquelle, alors que j'étais un ardent et actif négateur de Dieu, surgira en une vérité brutale la radicalité, non du "Rien", mais de la Croix !

La compréhension de la misère de l'homme sans Dieu suivra ainsi immédiatement et conséquemment, en un lucide regard porté sur la triste réalité de la condition de la créature en cette obscure et ténébreuse vallée de larmes où il nous est demandé d'attendre, dans la pénitence et l'humilité, notre délivrance sachant, comme sut si bien l'écrire le comte chambérien dont vous évoquez la haute et noble figure que "l'état de nature est une contre nature" (J. de Maistre, Œuvres Complètes, t. VII, Librairie Emmanuel Vitte, 1854, p. 526.)

Mes amitiés, et pour vous rendre coutoisement vos salutations, trouvez ci-joint, en lien, un documentaire intéressant sur Cioran, que vous connaissez sans doute, mais qui instruira nos amis.

Ecrit par : Zacharias | samedi, 05 avril 2008

Je n'ai jamais lu Cioran mais je retiens cette phrase:


«La vie inspire plus d'effroi que la mort : c'est elle qui est le grand inconnu.»

Tout cela ne m'empêche pas de sourire à la vie, avec peut-être une conscience accrue!

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Sait-on que Joseph de Maistre, aimait fort Nicole le grand pédagogue de Port-Royal ?Qu'on lise, ad aperturam, trois pages de Lancelot, de Fontaine, de M. Hamon, de Thomas du Fossé, on sentira la grande qualité de l’éducation donnée par les Solitaires.
D'ailleurs à propos des problème littéraires qui viennent de nous occuper plus haut, on lira un très singulier chapitre de Jacquinet sur Port-Royal (Jacquinet, Les prédicateurs du XVIIe siècle avant Bossuet, pp. 172, 173. Rappelons à ce propos le travail si remarquable où M. A. Degert étudie la réaction des Provinciales sur la théologie morale en France (Bulletin de l'Institut catholique de Toulouse, nov. 1913). D'après M. Degert, les Provinciales « non seulement entraîneront l'abandon de la casuistique en vigueur, mais elles y provoqueront l'apparition de tout un nouveau système de théologie morale dont l'autorité s'imposera à peu près exclusivement pendant deux siècles à tout le clergé français » et l'éloquence chrétienne.) Ce critique d'un goût si fin et de tant de sagesse, affirme qu'il y a eut une éloquence — comme un style — janséniste. Attribuer à Port-Royal la réforme de la chaire est l’un des autres aspects intéressants de l’influence du jansénisme, comme rayonna l'Oratoire, Saint-Lazare et tant d'autres centres de ferveur! Que seraient, sans l'abbé de Saint-Cyran, les Bérulle, Condren, M. Vincent, Lejeune, Bossuet et jusqu'au P. Desmares ?

Ecrit par : Marc | samedi, 05 avril 2008

Qu'est ce que vous pensez de cette récupération de Joseph de Maistre par Phillipe Sollers?
Par les bloggueurs aussi!
Impression que personne ne l'a lu vraiment!

Ecrit par : Ernest | samedi, 05 avril 2008

Pour répondre à Arpacschad, le symbole de l’impureté, lié aux menstrues dans le judaïsme, est significatif de l’inégalité criante que les femmes subissent dans cette religion. A tel point qu’une femme, même très malade, ne peut être aidée par son mari si elle a un malaise. Ce dernier ne peut la secourir, celle-ci étant considérée comme impure.

Quant à leur position dans la société : "ces femmes s’appliquent sans doute à devenir celles qui, demain, seront les meilleurs compagnons d’étude de leur mari, ainsi que le rav Kook l’avait enseigné...". Comme le souligne David Messas, grand rabbin de Paris : "Dans la religion juive, l’homme étudie, la femme prie et transmet la religion à ses enfants [...] La Torah a prévu des séparations entre hommes et femmes pour ne pas entraver la concentration de l’homme peut-être pour nous sauvegarder de nous-mêmes. En aucun cas pour différencier la valeur spirituelle égalitaire homme-femme".

Ecrit par : Angelle | samedi, 05 avril 2008

Vous avez raison, Angelle, les lois de purification dans le judaïsme suivent très fidèlement les injonctions du Lévitique. Les femmes sont reléguées sept jours au moment de leurs menstruations, quarante jours après la naissance d'un garçon et quatre-vingts jours après celle d'une fille.

Les hommes qui touchent un cadavre sont également impurs pendant sept jours et doivent rester, toute cette période, hors des habitations. D'autre part la pollution nocturne, c'est-à-dire l'éjaculation pendant le sommeil, constitue une autre source de souillure masculine. Pour les femmes, la fin de la période d'impureté est marquée par une immersion rituelle, un nettoyage minutieux des vêtements et, dans le cas des femmes qui viennent d'accoucher, d'une journée de jeûne et de bénédictions. On est loin de ce qu'imaginent certains chrétiens à propos de la "liberté sexuelle du judaïsme" comme on le voit !

Ecrit par : Arpacschad | samedi, 05 avril 2008

Cette logique qui sépare le pur et le mêlé, le pur et l'impur, s'étend bien au-delà de la sphère sexuelle dans le judaïsme ; elle structure toute la représentation du monde jusque dans les plus petits détails.

Par exemple, dans le livre du Lévitique, un verset résume à lui seul ce principe général (19,19) :

“...« Vous respecterez aussi les lois suivantes :
dans vos troupeaux,
ne laissez pas s'accoupler deux animaux d'espèces différentes.
Ne semez pas dans vos champs des graines d'espèces différentes.
Ne portez pas de vêtements tissés avec deux sortes de fils différents. ...”

Pas de textiles mélangés donc, c'est impur !

Et tout cet ensemble de règles de non-mélange, de non-métissage va finalement définir la communauté de ceux qui les observent, ceux qui les mettent en pratique, et ceux qui ne font pas partie de la communauté, ceux qui ne mettent pas ces règles en pratique, soit qu'ils n'en aient pas, soit qu'ils en aient d'autres sont ainsi regardés comme des êtres impurs en particulier les chrétiens considérés comme des païens mécréants.

Ecrit par : Jude | samedi, 05 avril 2008

J'avais vu il y a un certain temps un reportage sur Arte concernant LE MIKVE, cétait vraiment très impressionnant!

A ce sujet j'ai trouvé ceci sur internet !

http://www.image-in.co.il/SHALOM/mikve.htm
La femme juive a un rôle central dans la famille mais ces devoirs d'état sont énormes!

Ecrit par : Pauline | samedi, 05 avril 2008

Le Mikvé nous a tout l’air de nettoyer l’individu comme Yahvé nettoie Israël. Or ce nettoyage, si l’on se place sur le plan de la cosmogonie est une sorte de déluge purificateur. On trouve cette idée de Mikvé Tahora (purificatrice) dans la Bible hébraïque : Ezéchiel 36, 25. Dieu, ce rassemblement des eaux est une vie et un espoir !

Ecrit par : Mikvé Tahora | dimanche, 06 avril 2008

Comme l'enseigne toute la tradition juive et dans une certaine mesure aussi la tradition musulmane, en cela l'héritière directe du judaïsme, c'est principalement la femme qui est un redoutable vecteur d'impureté, ne serait-ce que par ses menstruations ; dans la tradition juive, celles-ci la rendent "nidah" (l'équivalent d'impure) environ deux semaines par mois, d'où le fait que - dans les milieux orthodoxes - son mari dorme dans un lit séparé ; dans la tradition musulmane, la femme n'a même ni le droit de toucher un Coran, ni même celui de prier (!) durant la période de ses règles.

Dans le judaïsme la femme qui relève de couches est également impure à cause de l'acte sexuel. Et de manière plus générale, parce que ce qui relève de la frontière entre la vie et la mort est impur ; remarquons, comme le signale avec raison Arpacschad, que dans le judaïsme la femme qui accouche d'une fille demeure deux fois plus longtemps dans sa période de purification que s'il s'agissait d'un garçon...

Ecrit par : Gabrielle | dimanche, 06 avril 2008

Gabrielle, est-ce que vous aviez vu le documentaire sur Arte?

Ecrit par : Pauline | dimanche, 06 avril 2008

Apparemment celles qui ont un cycle trop long doivent attendre de ne plus avoir de trace (toilette intime très poussée) ce qui fait que certaines femmes ne peuvent avoir d'enfants!

Ecrit par : Pauline | dimanche, 06 avril 2008

Bon, pour Joseph de Maistre on verra demain!!!
Bon dimanche à vous tous

Ecrit par : Ernest | dimanche, 06 avril 2008

très instructifs ces éléments à propos de l'impureté dans le judaîsme, mais vous devez savoir que le christianisme primitif ne fut pas en reste au sujet de l'impureté de la femme.

Voici ce qu'écrivait Tertullien dans son De Cultu Feminarum, livre 1, chap1.

« Vous les femmes avez si facilement détruit l’image de Dieu, l’homme »

Sur le voile des Vierges, chap. 10. « Comment alors Dieu aurait-iI manqué de faire une concession semblable aux hommes plus (qu’aux femmes), soit à cause d’une plus proche intimité, car l’homme est ‘Sa propre image’ ou parce que son travail est plus dur ? Mais si rien (n’a donc été accordé) au mâle, encore moins que rien n’a été accordé à la femelle »

A propos du voile des Vierges, chap. 9.
« Il n’est pas permis à une femme de parler à l’Église, mais il ne lui est pas permis non plus d’enseigner ou de baptiser ni d’offrir ni de réclamer pour elle une participation à une fonction masculine, pour ne pas parler d’une quelconque fonction sacerdotale. »

Chaque femme porte la malédiction d’Ève.

De Cultu Feminarum, livre 1 chap. 1 :

(Chaque femme devrait …)marcher comme Ève, endeuillée et repentante de sorte que, à travers chaque apparence de pénitence, elle puisse encore davantage expier ce qui provient d’Ève – l’ignominie, je veux dire celle du premier péché, et l’odieux (attaché à elle comme la cause) de la perte humaine.
« Tu porteras les enfants dans la peine et l’angoisse, tes désirs te porteront vers ton mari et il te dominera ; »
Et vous ignorez que chacune d’entre vous est une Ève ? Le jugement de Dieu sur votre sexe perdure à cette époque ; la culpabilité doit nécessairement vivre aussi. »

Vous êtes la porte d’entrée du diable
Vous êtes celle qui a brisé le sceau d’inviolabilité de l’arbre défendu
Vous êtes celle qui a la première abandonné la loi divine
Vous êtes celle qui l’a persuadé (Adam) que le diable n’était pas assez courageux pour attaquer.
Vous avez détruit si facilement l’image de Dieu, l’homme.
A cause de votre désert - c’est-à-dire la mort - , même le Fils de Dieu a dû mourir.
« Et vous pensez à vous orner par-dessus votre tunique de peau ? »

La femme est une source de tentation :

Sur le voile des Vierges, chap. 7 « Le visage si dangereux de celle qui a lancé des pierres jusqu’au ciel pour trébucher devrait être caché : en présence de Dieu au tribunal de qui l’on est accusé de conduire les anges hors de leur prison (naturelle), on peut rougir devant les autres anges aussi ; et l’on peut faire état de cette ancienne mauvaise liberté qui renverse l’ordre des choses, -(une liberté) maintenant qui ne devrait pas être montrée même àt des yeux humains. Mais, même s’il avait des femelles déjà contaminées que ces anges aient désirées, « à cause des anges » ce serait d’autant plus un devoir pour les vierges d’être voilées d’autant plus qu’elles ont été la cause du péché des anges. ». »

Il vaut mieux qu’un homme se marie parce qu’il est corrompu par la concupiscence.
Une exhortation à la chasteté, chap. 9 « Le Seigneur lui-même a dit, « Quiconque a regardé une femme avec concupiscence l’a déjà violée dans son cœur » Mais est-ce que celui qui l’a vu en pensant au mariage a fait moins ou plus ? Qu’en est-il même s’il l’a épousée ? Ce qu’il n’aurait pas eu à faire, s’il ne l’avait désiré pour le mariage et regardé avec concupiscence à moins qu’il soit possible pour une épouse d’être unie à quelqu’un qui ne l’aurait ni vue ni désirée. J’admets que cela fait une grande différence si un homme marié ou un homme célibataire désire une autre femme. Chaque femme cependant est ‘une autre’, même pour un homme non marié aussi longtemps qu’elle appartient à un autre ; pareillement le moyen par lequel elle devient une femme mariée ne diffère pas de celui par lequel elle devient adultère.

C’est la loi qui semble faire la différence entre le mariage et la fornication ; par la variété de ce qui est illicite, pas par la nature de la chose en elle-même.

En outre quel est l’élément qui est dans tous les hommes et dans toutes les femmes pour produire le mariage et a fornication ? Le mélange de la chair évidemment, ; la concupiscence que le Seigneur a placée au même niveau que la fornication ; « Donc, dit quelqu’un, allez-vous cette fois détruire d’abord le mariage des célibataires aussi ? Et (s’il en est ainsi) non sans raison. D’autant plus qu’il est fait de ce qui est l’essence de la fornication. La meilleure chose pour un homme est donc de ne pas toucher une femme, et la virginité est la principale sainteté parce qu’elle est dégagée des affinités avec la fornication. »

Ecrit par : Simon | dimanche, 06 avril 2008

Aïe aîe aïe! Là on est loin de la chair mystique!
Ce qui est étrange tout de même c'est que le christianisme n'ai pas gardé les préceptes de pureté du judaïsme!
Savez-vous pourquoi?

Ecrit par : Pauline | dimanche, 06 avril 2008

Petit rappel historique des lois traditionnelles de l'Eglise à l'attention des catholiques modernes qui ne connaissent plus leur religion :


* L’évêque Timothée d’Alexandrie (680) stipula que les couples devaient s’abstenir de relations sexuelles les samedis et dimanches avant de recevoir la communion ainsi que le jour. Les femmes ayant leurs règles ne pouvaient recevoir la communion, ne pouvaient être baptisées ni visiter une église à Pâques.

* L’évêque Théodore de Canterbury (690) interdit aux femmes ayant leurs règles de visiter une église ou de recevoir la communion. Les femmes restaient impures durant les 40 jours après avoir mis au monde un enfant.

* L’évêque Théodulfe d’Orléans (820) interdit aux femmes d’entrer dans le chœur. Il déclara également que : “Les femmes doivent se rappeler leur infirmité, et l’infériorité de leur sexe : et par conséquent elles doivent prendre garde de ne toucher aucune des choses sacrées qui sont liées au ministère de l’Église.”


* Les femmes ne sont pas autorisées à visiter une église durant leurs règles ou après un accouchement. Car la femme est un animal qui a ses règles. Paucapalea, Summa, Dist. 5, pr. § 1 v.

* Les femmes ne peuvent pas porter la communion aux malades et doivent rester en dehors de l’église après un accouchement. La raison en est : “Car ce sang est impur et détestable, comme déjà Julius Solinus l’a écrit dans son livre sur les miracles dans le monde... Et les relations sexuelles au moment des règles sont très dangereuses. Non seulement parce qu’à cause de l’impureté du sang le désir d’avoir des contacts avec une femme ayant ses règles doit être refoulé : d’une telle relation pourrait naître un fœtus manqué.” Rufinus, Summa Decretorum, passim.
* Les femmes ne peuvent pas toucher les vases sacrés. La naissance d’un enfant amène une double malédiction : “Il y a deux commandement dans le (Ancien) Testament, l’un concernant la mère qui met au monde un enfant, l’autre touchant l’accouchement lui-même. Concernant la mère qui met au monde un enfant, quand elle donne naissance à un enfant mâle, il lui est interdit pendant quarante jours, en tant que personne impure, d’entrer dans le Temple : la raison en est que le fœtus, conçu dans l’impureté, est réputé être resté sans aucune forme pendant quarante jours. Mais si le nouveau-né est une fille, la période est doublée, car le sang de la menstruation, qui accompagne la naissance, est considéré tellement impur que, comme Solinus le déclare. Mais pourquoi la période est-elle doublée dans le cas d’une fille ? Réponse : parce qu’une double malédiction pèse sur la croissance féminine. Car elle est soumise à la malédiction qui a frappé Adam et aussi le : “Tu enfanteras dans la douleur” (= punition).” Sicardus de Crémone, Mitrale V, ch. 11.

Par ailleurs, le Codex Iuris Canonici, promulgué en 1917, contient les canons ci-dessous reposant sur l’impureté rituelle de la femme :

* Les femmes constituent le dernier choix comme ministre du baptême
* Les femmes ne peuvent pas distribuer la sainte communion
* Les filles ou les femmes ne peuvent être servants de messe à l’autel
* Seuls les hommes peuvent recevoir les Ordres Sacrés
* Les femmes doivent avoir un voile sur la tête à l’église
* Les linges sacrés doivent d’abord être lavés par des hommes avant d’être manipulés par des femmes
* Les femmes ne peuvent pas prêcher à l’église
* Les femmes ne peuvent pas lire les Écritures Saintes dans une église

Ecrit par : Jean-Rémi | dimanche, 06 avril 2008

Ok ceci c'est pour les rites à l'église, cependant ma question portait sur les rites à l'intérieur de la maison!
En effet dans ce reporatge nous avons vu les préceptes concernant la nourriture, la propreté, la séparation des aliments etc.

Ecrit par : Pauline | dimanche, 06 avril 2008

Quelques précisions, la michna de Berakhot (3:4-5) interdit à un homme qui a eu une émission séminale (pollution nocturne ou dispersion du sperme hors du sexe féminin lors des rapports conjuguaux) de réciter le Chemâ ou la prière de la Amida.
Sur l’interdit biblique des relations sexuelles en période de menstrues, cf. Lévitique 15:19-30 ; 20:18. Sur la mention biblique du mikvé, cf. Lévitique 11:36. Les normes requises pour l’édification d’un mikvé ont été établies secondairement par les rabbins. Pour un résumé, voir Choulhan aroukh, Yore dea 201 ; Isaac Klein, Guide to Jewish Religious Practice, New York, JTSA, 1979, pp. 518-522.

Ecrit par : Arpacschad | dimanche, 06 avril 2008

L'idée d'une impureté rituelle de la femme a perduré dans certains rites que l'on observait encore dans les campagnes bretonnes et normandes au début du siècle, comme celui qui obligeait la femme venant d'accoucher à se rendre à l'église toute vêtue de noir pour un rite d'absolution-purification, les relevailles.

Ecrit par : Denis | dimanche, 06 avril 2008

Pauline vous considérez la paraphillie comme honteuse, c'est tout à votre honneur, mais je ne vois pas le rapport ! Rien à voir avec notre débat ! Vouliez-vous seulement me prouver que vous êtes effectivement idiote ?

Ecrit par : virginie | dimanche, 06 avril 2008

La fouine confond la chair et le corps. J'espère qu'il se renseignera vite vite sur le sujet pour ne plus commettre d'erreurs ! Quel dommage sur ce blog si "parfait" en ce qui concerne la doctrine catholique!
Sinon, oui, je le répète: le corps est divin car créé par Dieu et principe d'individualité. Même saint Thomas le dit, il n'y a aucune hérésie là-dedans.

Ecrit par : virginie | dimanche, 06 avril 2008

"le corps est divin car créé par Dieu et principe d'individualité"

Oui... capable de se singulariser au même titre que Dieu est singularité absolue et nous a fait à son image.

Ecrit par : Nebo | dimanche, 06 avril 2008

Vous dites un peu rapidement Virginie : "le corps est divin car créé par Dieu et principe d'individualité, même saint Thomas le dit, il n'y a aucune hérésie là-dedans". Or, je crois que vous êtes un peu courte sur le plan de la métaphysique thomiste, car si Thomas affirme bien que le corps est principe d'individuation, il ne soutient jamais, absolument jamais car cela serait purement hérétique, qu'il est divin !

En réalité vous confondez création et engendrement ; une chose n'est pas "divine" parce que créée par Dieu, Dieu seul possède la nature divine, l'homme est une créature il ne possède donc "l'être" que par participation non par lui-même, et surtout il n'est pas dépositaire d'une "nature divine" tout droit sortie du cerveau enfiévré des apprentis littérateurs auxquels vous ne devriez pas prêter une autorité trop importante... Comme le dit saint Thomas : "La création c'est la dépendance même de l'être créé par rapport à son Principe". (Contra Gentes II, c. 18), ce qui signifie comme l'écrit le Père Sertillanges que "Nous sommes murés dans le relatif ; la durée, l'espace, la causalité physique..." (L'idée de création, p. 38).

Que vient faire le "divin" là-dedans ? C'est absurde. A la source certainement de notre être, mais pas dans sa réalité actuelle, d'autant après la chute qui a considérablement altérée notre essence primitive, modifié notre relation à Dieu, nous a fait perdre notre innocence et notre sainteté - c'est une aberrante position que d'inférer du divin, surtout dans le corporel - Saint Thomas le rappelle fortement contre toute tentation panthéiste : "La création n'est ni consubstantielle à Dieu ni co-éternelle à Dieu " (De Genesi ad lit.) - "animam autem hominis non divinam esse substantiam, aut Dei partem, sed creaturam" ( l'âme de l'homme n'est pas une substance divine, ni une partie de Dieu, mais elle est créature) [ES., 20].

Notre âme est immortelle c'est un fait, par une opération spéciale de Dieu qui lui confère une substance singulière à sa conception, mais "l'être de Dieu" n'est, positivement, dans la nature ou l'essence d'aucune créature.

Il faut donc nécessairement et impérativement poser une nette distinction entre l'ordre du créé et l'ordre incréé, ce que ne fait pas le discours qui déclare une prétendue "divinité de la chair", participant d'une anthropologie faussée et inexacte.
Or, encore une fois, la question de l'anthropologie est d'une importance décisive lorsqu'on veut comprendre ce que signifie exactement la doctrine chrétienne de l'Incarnation.

"Si quelqu'un dit et (ou) croit que l'âme et le corps humains sont une portion de Dieu, ou substance de Dieu -, qu'il soit anathème." (Concile de Tolède, 400, A.S.)


Ainsi l'homme Virginie, n'est pas d'essence divine, mais il est appelé à la divinisation ce qui est tout différent. La nature humaine est préadaptée à sa fin surnaturelle ceci est acquis, mais cette préadaptation qui rend l'homme "Capax Dei", n'en fait pas pour autant un "être divin" - il importe de ne pas aller trop vite en besogne. Notre vie exige et a besoin de Dieu certes, mais pour l'instant nous devons nous considérer comme en attente, c'est fondamental, d'une essence que nous recevrons dans le Royaume après notre mort.

Ecrit par : Eremo | dimanche, 06 avril 2008

La fouine confond la chair et le corps. J'espère qu'il se renseignera vite vite sur le sujet pour ne plus commettre d'erreurs ! Quel dommage sur ce blog si "parfait" en ce qui concerne la doctrine catholique!

Il est tout aussi bien dit, la résurrection de la chair que des morts (carne en espagnol par exemple). A mon avis on ne peut que traduire cela par réintégration dans le corps de gloire, celui du Christ à la résurrection non reconnu immédiatement !

Non, Virginie, le corps n''est pas divin même si créé par Dieu, c'est cette tunique de peau donnée comme punition.

D'après vous, qui a créé Satan ? Bien évidemment, cela ne peut être que Dieu. Pour autant, est-ce que Satan est divin ? Il faut toujours faire attention aux raccourcis !!!!

Ecrit par : La Fouine | dimanche, 06 avril 2008

« L'homme est au confins de deux natures : la nature spirituelle (en tant qu'il a un esprit) et la nature matérielle (en tant qu'il a un corps) »

Saint Thomas d'Aquin Somme contre les Gentils, III, CXVII.




Est-ce que c'est clair cette fois-ci ?

Ecrit par : Henri | dimanche, 06 avril 2008

Cher Nébo,

Je pense que votre orthodoxie est bien particulière car il est si difficile de mixer sa libido licencieuse avec la théologie mystique chrétienne (tentez le bouddhisme tibétain, il sera plus à votre portée et ils ont des super pilules )!!

Bien sûr, Dieu nous a fait à son Image mais nous avons perdu la ressemblance et c'est là tout le problème ?

Mais ce n'est pas avec moi qu'il faut communiquer, vous semblez être créé à l'Image de Dieu mais à la ressemblance de Virginie !!!!!!

Ecrit par : La Fouine | dimanche, 06 avril 2008

Henri,

les deux natures de Jean Baptiste Willezmoz, ce n'est pas mal non plus

Ecrit par : M.G. | dimanche, 06 avril 2008

Zak, je vous remercie de ce que vous me dites (l'origine du compliment lui donne tout son prix). Et note avec le soin le titre du livre auquel je dois de telles réminiscences. Ce com lui n’est qu’une mise au point rapide et sans grand intérêt, je ne pense pas y revenir.
Notre Moise n’a évidemment rien compris - lorsque je déclarais la littérature "janséniste" je ne faisais -notamment- que me référer à Proust pour qui le génie est une grâce élective (voir les travaux de B. Raffaeli qui est aussi son éditeur en « Bouquins »). C’était une comparaison, une métaphore pour être plus exacte. Je ne déclarais certes pas la toute la littérature janséniste per se. Mais que Lautréamont en un volume fasse disparaitre tout G.Duhamel est une modeste vérité de la Palisse que notre illettré n’ pas su reconnaître. Oui, illettré : car si je comprends qu’on ignore Calet et Hardellet - qui sont en « Imaginaire, et Calaferte est en poche Moise. Ne lisez pas que le Monde des livres vous ne connaitrez jamais rien - j’avais à côté de Bloy et Darien nommé M. Lowry, M. Boulgakov (il est en Pléiade Moïse…) et Thomas Mann. Si « ca ne lui dit rien », tirons l’échelle. De quoi parlerions-nous ?

A part ça, et juste pour m’amuser à taquiner les débateurs sans bagages, je rappellerais ceci : « À mes yeux, écrit Stendhal, la perfection du français se trouve dans les traductions publiées par les Solitaires de Port-Royal.»
D’ailleurs : « L’écriture de Stendhal emprunte quelque chose de son élégance et de sa sobriété à la traduction janséniste de la Bible par « les Solitaires de Port Royal ». Après l’effondrement de l’Empire, il fallut choisir, et la mémoire du jansénisme pouvait l’emporter sur celle de Rousseau. Le Rouge et le Noir ne dit pas autre chose. » (M .M Ponty "La leçon de de Stendhal: colère dandysme et bienséance de la conscience".)
Puis on se souviendra que la grammaire générative et toute la linguistique dérivée de Chomsky vient de l’étude que ce dernier à fait de la "Grammaire de port royal". Malgré mon admiration pour Pascal, Racine et la Bible de Sacy (que je possède vous pensez bien ! Elle a nourri les plus grands écrivains du 19ème) je ne suis pas un janséniste théologique. Il n’empêche que je possède un exemplaire de la « Logique » qui est fort féconde aujourd’hui encore, nombre d’études le prouve. Une simple recherche le montrera aisément.
Voilà. C’était juste en passant… Qu'on pardonne le HS.

Ecrit par : Restif | dimanche, 06 avril 2008

S’il y a une part monstrueuse de laquelle Dieu est absent, une chair chutée d’où rien ne pourrait sortir d’autre que l’infamie, et les glaires et le sang voué à la corruption puis à l’oubli, faut-il en conclure que le Seigneur s’arrête à cette enveloppe infracassable et monstrueuse qu’Il nous a légué, en punition certes, mais qui dans ce cas Lui demeure étrangère, radicalement ? N’est-ce pas là courir le risque du dualisme, et en cela offrir une voie royale à un monde dévolu au seul ici-bas, jusqu’à, dans un mouvement de bascule pervers, nous faire oublier l’existence du Très-Haut ? Comment puis-je exercer ma charité, si dans le mal et dans l’horreur de la matière sans Esprit je ne peux voir Dieu quand même, malgré tout ? Où sont mes frères si avant de sentir leur âme, je ne vois leur figure abîmée ni leur douleur, car c’est un corps de chair qui souffre, car ce sont les miasmes de l’appétit qui nous torturent. Ne doit-on pas en même temps que prier panser aussi les plaies de notre chair, comme une punition nous élèves parfois plus qu’une récompense et nous affermit à mesure qu’elle nous blesse ? Peut-être est-ce cela, après tout, la dignité de la chair ?

Je me pose la question...

Ecrit par : Interrogations | dimanche, 06 avril 2008

Votre question est pertinente : « faut-il en conclure que le Seigneur s’arrête à cette enveloppe [infracassable] et monstrueuse qu’Il nous a légué, en punition certes, mais qui dans ce cas Lui demeure étrangère, radicalement ? N’est-ce pas là courir le risque du dualisme… ». Et il faut vous répondre immédiatement que fort heureusement il nous est possible, en tant que chrétien, d’éviter l’écueil dangereux que vous signalez, consistant à sombrer d’un côté dans le nihilisme, et de l’autre, dénoncé dans cette note, dans l’angélisme (ce sont l’un et l’autre des parfaits dualismes d’ailleurs, l’un surdéterminant la corruption relative à votre interrogation, l’autre en l’évacuant au profit d’une « divinisation de la chair » trop rapidement acquise ici-bas en négation des conséquences du péché originel).

En fait vous soulevez en réalité un immense problème à savoir celui de la cohabitation, non pas en l’homme naturel, entièrement réduit et soumis au péché et dont il faut espérer que son âme se tournera vers Dieu, mais dans le croyant, de deux natures, de deux vies distinctes irréconciliables qu’il reçoit lors de son baptême..
Nous le savons, et cela a été suffisamment rappelé par l’Ecriture puis par les Pères de l’Eglise, à notre naissance naturelle, nous recevons une nature mauvaise qui nous vient d’Adam, si mauvaise qu'il lui est impossible par elle-même de se soumettre à la sainte loi de Dieu. Elle « ne peut plaire à Dieu ». Le roi David ira même jusqu’à confesser : « J'ai été enfanté dans l'iniquité, et dans le péché ma mère m'a conçu » (Psaume 51, 5).

Cependant lors de notre baptême nous recevons, par l'opération souveraine de l'Esprit une nature entièrement différente, une « nature divine » (2 Pierre 1. 4), une nouvelle vie que l'incroyant ne possède pas (l Jean 3, 15). Le Christ le déclare formellement à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l'Esprit est esprit" (Jean 3, 6).

De sorte le chrétien, et lui seul, possède deux natures : Celle qui est née de la chair et qui, de ce fait, ne peut plaire à Dieu, et celle qui est née de l'Esprit et qui est en conformité avec la, parce qu'elle vient de Dieu.

Au chapitre 7 de l’Epître aux Romains, nous voyons ces deux natures mentionnées ensemble, comme par exemple au dernier verset : « Moi-même, par mon esprit, je sers la loi de Dieu, mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement ».
Les deux natures dans le chrétien sont ainsi distinctes en vertu de la différence de leurs origines : l'une vient de l'homme déchu, l'autre provient de Dieu, dans toute la sainteté de sa nature. L'une est humaine et souillée et n'a aucune dignité (que l'Ecriture nomme la chair), l'autre divine et pure. Toute pensée ou action mauvaise dans le croyant est le fruit de la vieille nature qui œuvre inlassablement en lui et l’entraîne au péché ; en revanche, tout bon désir, tout acte approuvé de Dieu prend sa source dans la nouvelle.
Ainsi, l'avenir de ces deux natures est également tout à fait différent : nous serons définitivement débarrassés de la vieille à notre mort ou à la venue du Seigneur, alors que notre nouvelle nature n'aura son plein épanouissement que dans le ciel. Celui qui est né de l'Esprit de Dieu possède des désirs, des goûts, des instincts particuliers à la nouvelle nature : celle-ci prend plaisir dans la loi de Dieu et se soumet à la direction de son Evangile.
Mais il découvre aussi, pour sa confusion, qu'il a toujours affaire avec les instincts et les désirs de la vieille nature, de sa "chair". Il y a ainsi « les choses de la chair » et « les choses de l'Esprit » (Romains 8. 5). Les goûts et les aspirations de ces deux natures sont en opposition directe les uns aux autres et nous place au sein d’un combat difficile, rude et pénible qui se poursuit jusqu’à notre mort. D’où l’importance de ne point œuvrer à nourrir l’ancienne nature en flattant les instincts et une complaisance trop importante à l’égard de la chair toujours prompt dans ses industries.

Vous devez de la sorte vous convaincre que Dieu n'attend rien de bon de la chair. En outre, elle n'a plus aucun droit légitime sur nous si nous sommes chrétiens. Nous ne sommes plus débiteurs à la chair « pour vivre selon la chair » (Romains 8.12). Bien que nous soyons responsables d'exercer la plus grande vigilance pour l'empêcher d'agir, Dieu, par la mort et la Résurrection de Jésus-Christ, nous permet de la considérer comme n'ayant plus aucun droit ni aucune place dans notre nouvelle condition devant Lui. La Croix du Christ a rompu pour toujours le lien qui nous unissait au premier Adam déchu, et le Saint Esprit a apporté dans nos âmes la vie du dernier Adam ressuscité.
Dieu ne nous considère donc plus comme étant « dans la chair », mais « dans l'Esprit », et la seule vie que nous possédions maintenant devant lui est la vie de son Fils. C'est pourquoi l'apôtre pouvait dire : « Je suis crucifié avec Christ et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi » (Galates 2.20).

Toutefois il est indispensable de comprendre que la puissance du Saint Esprit en nous n'agit pas indépendamment de notre état moral. Là se trouve notre responsabilité. C'est pour cela que nous sommes appelés à marcher (à nous conduire) « selon l'Esprit » (Galates 5. 16) et non selon la "chair".

Que devons-nous faire dans notre état marquée par la « double nature », les indications de l’apôtre Paul sont très claires et méritent d’être rappelées :

* « Ne pas prendre « soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises » (Romains 13.14).
* « Nous abstenir des « convoitises charnelles, qui font la guerre à l'âme » (1 Pierre 2.11).
* « Désirer ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel » (1 Pierre 2. 2).


C’est pourquoi lorsque vous vous demandez : « Comment puis-je exercer ma charité, si dans le mal et dans l’horreur de la matière sans Esprit je ne peux voir Dieu quand même, malgré tout ? Où sont mes frères si avant de sentir leur âme, je ne vois leur figure abîmée ni leur douleur, car c’est un corps de chair qui souffre, car ce sont les miasmes de l’appétit qui nous torturent », l’unique réponse est celle-ci : non seulement vous verrez Dieu dans les hommes vos frères par delà leur chair et même vous le percevrez dans cette chair, non pas "digne" mais abîmée et blessée non pour la glorifier mais pour la délivrer du mal et en libérer l'esprit qui y réside captif, et vous verrez d’autant mieux Dieu que vous sentirez en eux leur âme languissante et malade qui aspire à le connaître et vous les en aimerez que mieux, c’est-à-dire plus justement, non pour les utiliser pour le plaisir de vos sens (cupidité, pouvoir, gloire, luxure, etc.) mais pour leur sanctification spirituelle et divine qui sera aussi la votre !


N’oubliez pas qu'en permanence « la chair convoite contre l'Esprit et l'Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l'une à l'autre, afin que nous ne pratiquions pas les choses que nous voudrions » (Galates 5, 17), méditez donc pour vous aider dans votre vie chrétienne, évitant les pièges grossiers d'un discours naïf qu'une littérature facile distille avec une ridicule légèreté et un irréalisme inconséquent, cette pensée de Pascal :

« L'âme est jetée dans le corps pour y faire un séjour de peu de durée. Elle sait que ce n'est qu'un passage à un voyage éternel, et qu'elle n'a que le peu de temps que dure la vie pour s'y préparer. Les nécessités de la nature lui en ravissent une très grande partie. Il ne lui en reste [donc] que très peu dont elle puisse disposer. » [192]

Ecrit par : Eremo | dimanche, 06 avril 2008

La Fouine,

merci de vous inquiéter avec une telle présence de coeur pour l'avenir de mon âme et le présent de mon corps.

Mon orthodoxie n'est que culturelle... pas cultuelle encore... pour l'instant.

Le bouddhisme ? Non... pas pour moi, moi-même et Je. Mon concile le refuse. Les livres du Dalaï-Lama sont bien trop léger à mon goût. Et le Jansenisme, malgré les belles trouvailles de Pascal, n'est pas de mon univers du tout. Quitte à choisir une hérésie je préfère autant choisir celles des "Frères et Soeur du Libre-Esprit"...

Je suis un incorrigible. Perdu à jamais.

Ecrit par : Nebo | dimanche, 06 avril 2008

"Les livres du Dalaï-Lama sont bien trop léger à mon goût".
Cette phrase à elle seule résume un niveau de culture bouddhiste -c'est le moins qu'on puisse dire-, des plus superficiel.

Ecrit par : En passant | dimanche, 06 avril 2008

Il y a des auteurs bouddhistes plus intéressants, "en passant", Thich Nhat Hanh par exemple. Mais il m'est arrivé de les parcourir par quête de résonances pas par conviction. Par exemple Thich Nhat Hanh a dit :« Les chrétiens sont mes frères. Je ne veux pas faire d'eux de nouveaux bouddhistes. Je veux les aider à approfondir leur propre tradition ».

Je suis toujours amusé par les "leçons" que tentent de me donner les âmes perdues qui s'auto-persuadent qu'elles sont sauvées. Les prêtres chrétiens qui partirent pour la première fois dans ces régions reculées aux étranges religions se firent un devoir que de lire le "Bardo Thodol" par exemple. Mais probablement que vous considérez ces prêtres comme des hérétiques.

Ecrit par : Nebo | dimanche, 06 avril 2008

Le jansénisme n'est pas une "hérésie" au sens courant du terme M. Nebo, pourquoi ? parce qu'il n'existe pas de définition claire du jansénisme qui permette de le condamner en tant qu'hérésie, ce qui ne fut d'ailleurs jamais le cas - il est donc inadéquat de le désigner comme tel.

Le jansénisme existe avant tout dans le regard de ses détracteurs, et se définit par opposition aux condamnations qui ont frappé des ouvrages marquants de la spiritualité de Port-Royal.
Les jansénistes du XVIIIe siècle peuvent tout au plus être définis comme "des opposants" à la bulle Unigenitus. Le qualificatif janséniste est d'ailleurs récusé par ceux qu'il désigne ; c'est un néologisme polémique qui n'était employé que par leurs adversaires, les Jésuites notamment, pour marginaliser ce courant augustinien.

Quant aux opposants à la Constitution, ils ne se considèrent pas comme les disciples de Jansen, mais simplement comme les témoins de la Vérité.

Que certains comme il apparaît en ces lieux, ce dont précisément je me réjouis grandement, revendiquent l'héritage doctrinal et historique de Port-Royal à un moment où toutes les bases de théologie dogmatique de L'église sont chancelantes et fragilisées par des thèses infiniment plus "hérétiques" au sens propre du mot que les propositions sur la grâce de Jansen ou Saint Cyran fidèles à saint Augustin mais condamnées par quelques papes pour des raisons parfois bien étrangères à l'enseignement de l'évangile, est plutôt une très bonne nouvelle pour la foi.

Ecrit par : Radek | dimanche, 06 avril 2008

«Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps» (1 Co 6,13).
A méditer, surout ici, on en aura besoin !

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Philippe,

Citez Co (1 13) en entier, c'est plus clair pour la méditation éventuelle :

Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments; et Dieu détruira l'un comme les autres. Mais le corps n'est pas pour l'impudicité. Il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps.

Ecrit par : La Fouine | lundi, 07 avril 2008

On mesure par l'intervention de Philippe, à quel point on cherche absolument, dans un certain camp, à ramener l'enseignement de l'Ecriture à la louange du corps afin de pouvoir légitimer une déviance fantaisiste de la théologie au profit des satisfactions sensuelles, alors mêmes que toute l'Evangile est une invitation à nous libérer des choses terrestres pour nous préparer au Royaume : «Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde» (Jean 8:23). Plus tard, alors qu’il recommandait les siens à son Père, il dit : «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17:16).


Ceci explique pourquoi, mais on préfère l'oublier pour mieux exalter ses sens attirés par les délectations terrestres, il est dit dans le chapitre 12 de l'épître aux Romains : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu... ».


On voit ce à quoi le chrétien doit destiner son corps : être le Temple de l'Esprit ; non le transformer en une antre ouverte aux délires libidineux vantés par une littérature complaisante !

Ecrit par : André | lundi, 07 avril 2008

André,
Belle première méditation sur Co (1 13) cité dans son intégralité.
Je rajouterai juste que le monde spirituel ne peut pas être perçu par aucun de nos sens; ce qui met le new age mal à l'aise.
Par contre, un seul organe (spirituel, bien évidemment) est susceptible de percevoir des signes du monde spirituel, c'est le cœur.
Pour avancer, c'est lui qu'il faut se casser, pas la tête !(d'après L C de St Martin)

Ecrit par : La Fouine | lundi, 07 avril 2008

Tout à fait judicieuses vos précisions André et la Fouine ! On pourrait également inviter toutes ces minuscules intelligences qui se déclarent un peu légèrement "chrétiennes", obscurcies et ennivrées par les charmes passagers et trompeurs de leurs ridicules émotions sensibles, de même qu'abusées par une théologie artificielle peu exigeante, à se plonger sans tarder dans la lecture de saint Augustin, que quelques plaisantins littéraires aiment citer sans visiblement connaître, ou encore celle de Bossuet, sur lequel étrangement on fait le plus grand silence :




« Les pensées des mortels sont timides » et pleines de faiblesse, a et nos prévoyances incertaines, parce que le corps qui se corrompt appesantit l’âme, et que notre demeure terrestre opprime l'esprit, qui est fait pour beaucoup penser : et la connaissance même des choses qui sont sur la terre nous est difficile : nous ne pénétrons qu'à peine et avec travail les choses qui sont devant nos yeux : mais pour celles qui sont dans le ciel, qui de nous les pénétrera (Sapient., IX, 14-16) ? » Le corps rabat la sublimité de nos pensées, et nous attache à la terre, nous qui ne devrions respirer que le ciel : ce poids nous accable ; « et c'est là cet empêchement qui a été créé pour tous les hommes » après le péché, « et le joug pesant qui a été mis sur tous les enfants d'Adam, depuis le jour qu'ils sont sortis du sein de leur mère, jusqu'à celui où ils rentrent par la sépulture à la mère commune qui est la terre (Eccli., XL, 1). » Ainsi l'amour des plaisirs des sens, qui nous attache au corps, qui par sa mortalité est devenu le joug le plus accablant que l’âme puisse porter, est la cause la plus manifeste de sa servitude et de ses faiblesses.

« N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Celui qui aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui, parce que tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie : laquelle concupiscence n'est pas du Père, mais elle est du monde. Or le monde passe, et la concupiscence du monde passe (avec lui) : mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement." (I Joan., II, 15, 17.).


Bossuet, Traité de la Concupiscence.

Ecrit par : Zak | lundi, 07 avril 2008

Zak n'aime pas le monde. Pas besoin d'une citation biblique mal comprise pour l'expliquer: on l'aurait deviné ! Vous êtes tous là, cartésiens qui se disent chrétiens, se justifiant ici et là par des références à saint Augustin ou à Bossuet (au passage, on entend peu parler de saint Thomas d'Aquin, surtout de sa Somme théologique, peut-être juge-t-on que la doctrine catholique n'est que peu appuyée sur sa philosophie !), à répéter que les sens et le corps ne valent rien ("tunique de peau" tertullienne) alors que sans les sens, l'intelligence n'est rien. Tout ce que vous savez, vous le savez d'abord par vos sens. L'imagination ou la mémoire qui nourrissent l'intelligence, reposent sur les sens . Vous êtes plus "modernes" (au sens cartésien) que vous voulez bien le laisser paraître... Enfin peut-être avez vous accès directement à l'intelligence des anges, Zak !

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Non pas l'intelligence des anges Philippe mais de l'Ecriture et de tous les Pères de l'Eglise ! Votre rudimentaire aristotélisme à l’hylémorphisme extrêmement grossier « tout ce que vous savez vous le savez par vos sens » ( au fait « l’intuition intellectuelle des essences abstraites » tant évoquée par l’aquinate parlant dans des pages et des pages d’une « intuition donatrice originaire » c’est fait pour qui mon petit gars ? rapportez-vous sans tarder au Père Rousselot qui dans son livre magistral, L’Intellectualisme de saint Thomas (1908), insista sur la déficience de la connaissance humaine, rationnelle, c’est-à-dire conceptuelle, discursive et sensistive, par rapport aux « connaissances intuitives »), aristotélisme au sensualisme primaire donc encore très mal christianisé dont une scolastique poussive et indigente distribuée mécaniquement dans les cures, montre les ravages que ce pseudo né-thomisme de pacotille réalise dans l’église contemporaine depuis des années, ce dont se gargarisent les triples abrutis plumitifs qui font la joie de quelques chrétiens attirés par un catholicisme baroque esthétisant rêvant d’un nouvel Alexandre VI sur le trône de Pierre, et surtout celle, vendeuse et efficace pour les abonnements, des navrantes revues conciliaires.

Mais puisque vous prétendez vous appuyer sur saint Thomas, en le méconnaissant radicalement, lisez plutôt et méditez :

« Les vices sont appelés des oeuvres de la chair (…) La chair ici désigne l'homme : tant qu'il a la prétention de vivre à sa guise, on peut affirmer qu'il vit selon la chair, dit S. Augustin. Cela vient de ce que toute défaillance de la raison humaine provient en quelque manière d'une cause charnelle. » (Somme Théologique, I-II, qq. 71-89 ).

On continue à faire confiance aveugle à ses sens pour connaître le vrai ?

Allez encore une petite couche pour la comprenette, ce qui vous ne fera pas de mal :

« Dans le péché de fornication, l'âme devient l'esclave du corps, « à ce point qu'elle n'est plus capable sur le moment de songer à rien d'autre ». Le plaisir de la gourmandise, bien que charnel aussi, n'absorbe pas à ce point la raison. On pourrait dire encore qu'il y a dans ce péché une injustice envers le corps, du fait qu'on le souille d'une façon contraire à l'ordre ; cela explique que l'on attribue à cette faute-là uniquement de « pécher contre son propre corps ». » (Som. Thé., Ibid., q. 72, art, 3).

On poursuit pour parfaire votre instruction thomiste ?

« L'âme se salit elle-même par son action, en s'attachant d'une façon déréglée aux réalités inférieures et au sens, contrairement aux lumières de la raison et de la loi divine. » (Som. Thé., Ibid., q. 86, art, 1).

Et enfin pour vous guérir des stupidités débitées au kilo avec une rare ignorance dans les mauvais ouvrages que vous devriez rapidement ranger dans l’enfer de votre bibliothèque, et afin que vous puissiez le graver dans votre esprit, sachant que toute la doctrine de l’église dit la même chose sur les conséquences désastreuses de la chute vis-à-vis de la dégradation de l’humaine nature :

« Il semble que le péché originel soit dans la chair plutôt que dans l'âme. En effet, l'opposition de la chair à l'égard de l'esprit provient de la corruption du péché originel. Mais la racine de cette opposition, se situe dans la chair; car l'Apôtre dit (Rm 7, 23) « je vois dans mes membres une autre loi, qui s'oppose à celle de mon esprit. » Il y a toujours plus dans la cause que dans l'effet, plus de chaleur par exemple dans le feu qui chauffe que dans l'eau qui est chauffée. Or, si l'âme est infectée de la tache originelle, c'est par la semence, qui est charnelle. Donc le péché originel est davantage dans la chair que dans l'âme. Nous contractons ce péché du fait de notre premier père, selon que nous étions en lui dans le principe séminal. Or il n'y avait pas là notre âme, mais seulement notre chair. Le péché originel n'est donc pas dans l'âme mais dans la chair. L'âme raisonnable est créée par Dieu et infusée par lui à un corps. Donc, si elle était infectée par le péché originel, sa souillure serait le résultat de sa création, ou bien de son infusion dans la chair, et Dieu serait ainsi la cause du péché, puisqu'il est l'auteur de la création comme de l'infusion de l'âme.
L'infection du péché originel n'est nullement causée par Dieu, mais uniquement par le péché du premier père, au moyen de la génération charnelle. Voilà pourquoi, comme la création met l'âme en rapport avec Dieu seul, on ne peut pas dire que nos âmes soient souillées du fait de leur création. - Mais leur infusion la met en rapport, d'une part avec Dieu auteur de cette infusion, d'autre part avec la chair dans laquelle l'âme est infusée. C'est pourquoi, si l'on regarde du côté de Dieu qui opère cette infusion, on ne peut pas dire qu'elle soit pour l'âme la cause de la souillure originelle; il faut regarder pour cela uniquement du côté du corps auquel l'âme est infusée. »
(Som. Thé., Ibid., q. 83, art, 1).

J’espère ainsi que la leçon portera ses fruits, mais s’il vous plait Philippe, avant de vous précipiter incontinent sur votre clavier afin de frénétiquement vous faire l’avocat d’une cause qui ne possède pour elle, trop occupée à découvrir « la profondeur des sexes », que son évidente méconnaissance des fondements doctrinaux traditionnels, évitez surtout (votre apparition naïve avec 1 Corinthiens 6 était il est vrai des plus ridicules), de débiter sottement des âneries la prochaine fois !

Ecrit par : Zak | lundi, 07 avril 2008

« Les vices sont appelés des oeuvres de la chair (…) La chair ici désigne l'homme : tant qu'il a la prétention de vivre à sa guise, on peut affirmer qu'il vit selon la chair, dit S. Augustin. Cela vient de ce que toute défaillance de la raison humaine provient en quelque manière d'une cause charnelle. » (Somme Théologique, I-II, qq. 71-89 ).
C'est très drôle de citer saint Thomas qui cite Augustin ! Si vous avez d'autres plaisanteries de ce genre, j'aime bien rire, alors allez-y.

"L'âme se salit elle-même par son action, en s'attachant d'une façon déréglée aux réalités inférieures et au sens, contrairement aux lumières de la raison et de la loi divine."
Bien sûr. Mais elle ne s'attache pas toujours aux sens d'une manière "déréglée", justement. Toute est une question de mesure, et ce la vous ne semblez pas l'admettre. C'est très curieux, cette haine pour la nature humaine. L'art notamment peut toucher les âmes en faisant accéder par les sens à des réalités que seule l'intelligence peut connaître. De manière moins parfaite certes (ce n'est pas la même finalité).
Le corps peut-être souillé, mais l'âme ? Il semble que c'est la volonté qui pêche ! Que le corps soit une occasion de chute, je ne le nie pas: mais voyez en quoi il peut nous permettre d'être sauvé. L'homme est capable de Dieu. L'homme, c'est-à-dire "âme et corps". Mon but n'était que de nuancer votre propos que je trouve un peu sectaire.

Contrairement à vous je ne crois pas nécessaire de justifier mes propos par des tartines de textes de penseurs dont vous êtes loin d'avoir l'intelligence et surtout la charité. Je n'ai rien à prouver. Je constate beaucoup de citations mais un raisonnement faible, et une ouverture d'esprit plutôt mince. Vous devriez peut-être retourner faire vos écoles de philosophie afin de prétendre à la théologie.
Plus d'humilité vous siérait mieux. Et je ne suis pas votre "petit gars". Quel âge avez-vous, mon frère (si tant est que vous êtes chrétien) ?
Ne m'insultez plus, je vous prie.

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Votre embarras visible est certes très touchant et attendrissant Philippe, mais vous êtes cependant faiblement convaincant pour ne pas dire assez comique dans votre genre. Ainsi après avoir fait une petite tentative ridicule de contribution ratée avec votre citation tronquée de l’Epître aux Corinthiens, non content de ce pénible stratagème qui vous situe niveau d’un ignare écolâtre et vous relègue positivement au statut effectivement « d’un petit gars » aux plaisanteries dérisoires, définition qui n’est pas une insulte (j’ai d’autres formulations en magasin autrement plus relevées si vous y tenez), et qui vous va comme un gant eu égard à votre comportement de gamin, voilà que vous, qui vous gargarisiez tantôt de saint Thomas dont vous souffriez qu’il ne soit point convoqué suffisamment en ces pages, ceci pour appuyer votre laborieuse thèse hypothétique portant sur la « dignité du corps » (divin lui aussi je suppose ?) que tout vient contredire, maintenant que saint Thomas ne dit plus ce qui vous chante vous récusez saint Thomas au prétexte qu’il infirme radicalement vos affirmations précédentes. Ce n’est pas sérieux !

Cependant non content de pousser le ridicule de votre situation en ne voulant plus entendre saint Thomas dont les longues citations, très intéressantes et qu’il serait bon de poursuivre, vous lassent soudainement, dans une crispation contrariée vous écrivez :

- « Contrairement à vous je ne crois pas nécessaire de justifier mes propos par des tartines de textes de penseurs dont vous êtes loin d'avoir l'intelligence et surtout la charité. Je n'ai rien à prouver. »

Mais alors si vous n’avez rien à prouver que défendez-vous avec autant d’ardeur ? Que l’homme est « capable de Dieu », qui le nie ? Personne ici ! relisez donc ce qui a été écrit depuis le début de cette note ! Ce qui est combattu vivement et justement c’est l’oubli scandaleux des conséquences de la rupture adamique et la célébration qui est aujourd’hui proposée au prétexte d'une guignolesque "mystique de la chair" des éléments qui subirent le plus durement les conséquences de la chute, en particulier notre enveloppe charnelle et les facultés sensibles de l’âme singulièrement abîmées.

Toutefois est-ce que cette capacité de Dieu, ce qui n’est pas rien mais reste, pour les baptisés ne l’oublions pas trop vite, à l’état de « puissance » et non en « acte » (cess notions vous diront quelque chose j'imagine) ce qui fait une petite différence de tempo vous ne trouvez pas ? est suffisante pour exonérer la créature d’une juste compréhension des conséquences de la faute originelle et l’autoriser à faire ce qu’elle veut de ses sens (même dans le mariage qui ne protège de rien) en flattant en toute inconscience la corde de la volupté qui n'en demande pas mieux, sans être attentif au caractère foncièrement déviés et concupiscibles de ses appétits ?

La réponse est non ! vous le savez très bien, et vos pitoyables tentatives cherchant à conférer une improbable "dignité" à l’homme et à sa nature, à sa "chair" singulièrement meurtrie en Adam, sur le plan ontologique j’entends, se solderont par un échec tragique que toute l’histoire démontre et que les siècles futurs contrediront sauvagement également.

Votre optimisme béat est de ce fait une imbécillité métaphysique de premier ordre, et une stupidité doctrinale radicale.

Vous venez de prendre une sévère leçon de thomisme et cela vous énerve, grand bien vous fasse ! Et puisque vous m’exemptez, gentiment et chrétiennement sans doute, de « l'intelligence et surtout de la charité » dont je serais dépourvu selon vos peu fiables lunettes auxquelles je prête après vous avoir entendu, je vous rassure, une autorité toute relative, je me permets de vous renvoyez derechef à ces deux vertus que vous seriez bien inspiré de développer au plus vite pour vous permettre d’accéder à une juste vision et exacte perception des finalités de la foi dont vous faites apparemment profession mais dont vous êtes, hélas ! un piètre témoin.

Ecrit par : Zak | lundi, 07 avril 2008

bouh!


Philippe je vous ai vu!

IdC

Ecrit par : bouh | lundi, 07 avril 2008

Mais c'est vrai que c'est un p'tit gars ce Philippe avec ses blagues de mauvais goût en balançant comme un troll des citations tronquées !

Au fait pourquoi il l'a pas lu avant saint Thomas plutôt que de lire Sollers ou Hadjadj, ça lui aurait éviter de sortir de grosses bêtises sur la dignité chair !


« Il semble que le péché originel soit dans la chair plutôt que dans l'âme. En effet, l'opposition de la chair à l'égard de l'esprit provient de la corruption du péché originel. Mais la racine de cette opposition, se situe dans la chair; car l'Apôtre dit (Rm 7, 23) « je vois dans mes membres une autre loi, qui s'oppose à celle de mon esprit. » Il y a toujours plus dans la cause que dans l'effet, plus de chaleur par exemple dans le feu qui chauffe que dans l'eau qui est chauffée. Or, si l'âme est infectée de la tache originelle, c'est par la semence, qui est charnelle. Donc le péché originel est davantage dans la chair que dans l'âme." (Som. Thé., Ibid., q. 83, art, 1).

Ecrit par : Henri | lundi, 07 avril 2008

Les petits gars c'est toujours comme ça qu'ils agissent, ils balancent une connerie en douce et puis ils se tirent rapido. Le problème c'est qu'on les voit de loin et ils se font prendre par la peau des fesses et tirer les oreilles !

Ecrit par : André | lundi, 07 avril 2008

Mais l'idiot qui signe bouh depuis 25 posts c'est Philippe ! J'y crois pas ! Après il vient faire l'outragé parce que Zak lui a dit "petit gars" - non mais je rêve !

Allez va jouer aux billes plus loin avec Hadj mon garçon pour ragarder sous les jupes des filles, c'est pas ta cours de récré ici !

Ecrit par : Jules | lundi, 07 avril 2008

Ils sont franchement comiques les défenseurs de la dignité de la chair avec leur comportement de trolls bidons ! On voit bien le niveau réel de leur pensée, c'est même plus la peine de discuter avec des types pareils - arrêtez de vous fatiguer Zak, à la poubelle directe dès qu'ils pointent le nez !

Ecrit par : Pierre | lundi, 07 avril 2008

L'idée n'est pas mauvaise ; merci de votre pertinent conseil Pierre ! Souhaitons surtout que cette leçon lui serve à comprendre, pour sa honteuse confusion, la signification réelle de ce qu'est le caractère foncièrement mensonger et pécheur de l'homme et l'absence de dignité de la chair !

Ecrit par : Zak | lundi, 07 avril 2008

En effet, je viens de prendre une leçon, Haineux. Je vois que vous prenez plaisir à faire du mal à vos frères.Vous faites fuir du forum toutes les personnes qui nuancent vos propos outanciers: peut-être est-ce votre but, vous serez bien mieux à dire vos bonnes vérités à vos amis qui pensent comme vous.
"Temoin de la foi", moi, peut-être, vous ne connaissez de moi que mes quelques lignes... Mais cela semble vous satisfaire.



Je vous demande de cesser de m'importuner et de me juger vulgairement ("ridicule", "ignare écolâtre", "ridicule", "optimiste béat", "imbécile", "stupide", piètre témoin"); je vous prie en fait de ne plus m'adresser la parole.

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Dîtes plutôt que vous venez de prendre un bonne leçon par IdC!

Ecrit par : Ernest | lundi, 07 avril 2008

Tu confonds l'idiot, c'est nous qui te demandons de dégager rapido, va jouer au con plus loin bouh !

Ecrit par : Jules | lundi, 07 avril 2008

On connait de toi des dizaines de posts parasites sans aucun intérêt signés "bouh", et tu te poses en victime ? En fin comme on est, un peu, de misérables chrétiens doloristes qui vomissons la chair et tout le tremblement qu'elle occasionne, on te pardonne ; mais c'est vrai, il est mieux pour toi d'aller jouer dans une autre cours de récré comme disait Jules. Bien le bonjour à ton confesseur bouh !

Ecrit par : André | lundi, 07 avril 2008

Hadjadj, la pièce rapportée qui arrive avec une morgue pas du tout chrétienne dans la maison du père pour dire ce que l'on doit y penser.

Wouarf, wouarf!

Ecrit par : WO | lundi, 07 avril 2008

Non Zak, arrête, pas les bébés phoques !

BB

Ecrit par : La Fouine | lundi, 07 avril 2008

Je ne vous ai jamais accusés de "chrétiens doloristes", je ne suis pas un amateur de Sollers. J'aimerais juste m'expliquer sur les "bouh": il s'agissait simplement d'actualiser ma page internet. En effet, souvent, vos réponses n'apparaissaient pas lorsque j'actualisais le lien: mais le fait de mettre "bouh" (ça aurait pu être "génial" ou "gloire à Dieu") les faisaient apparaître sans que j'aie besoin de donner systématiquement une réponse. C'est un problème technique en somme: je regrette qu'il ait occasionné tant de haine !

Maintenant je vous laisse partir en paix ou m'écorcher vif, comme bon vous semble.

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Va en paix frère ! ne cherche pas à te justifier, c'est comme ça l'homme, on y peut rien, telles sont les conséquences malheureusement de notre nature pécamineuse dirait.... saint Thomas !

Ecrit par : André | lundi, 07 avril 2008

Sur les micros, il y a une icône "actualiser" vers le haut.
Cela évite les bouh !

Ecrit par : La Fouine | lundi, 07 avril 2008

Il est marrant ce p'tit gars tout penaud...

Ecrit par : Louis | lundi, 07 avril 2008

Vilain Zak

Ecrit par : Ernest | lundi, 07 avril 2008

Merci La Fouine, mais cette icône "actualiser", je l'ai utilisée, et elle ne fonctionnait pas. D'où les "bouh".

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Tu sais Philippe je vais faire un geste pour toi, un geste vraiment chrétien. Si tu cliques sur le lien que je mets ci-dessous, tu tomberas sur la question de la Pénitence dans la Somme Théologique de saint Thomas :

Ref. Somme Théologique, III, qq. 84-90; Suppl., qq. 1-28.

http://www.santorosario.net/francais/penitence2.htm


Je crois que tu trouveras dans cette lecture des éléments très profitables pour la sanctification de ton âme. Ton frère en Christ !

Ecrit par : Zak | lundi, 07 avril 2008

Tu aurais pu mettre Gloire à Dieu Philippe !

Ecrit par : Henri | lundi, 07 avril 2008

C'est vrai Henri, j'aurais dû mettre "Gloire à Dieu".
Merci Zak, ton aide me sera fort utile.
Tibi in Xto.

Ecrit par : Philippe | lundi, 07 avril 2008

Un vrai moment évangélique - félicitations à tous, et merci de la joie que vous me procurez !

Ecrit par : Gabrielle | lundi, 07 avril 2008

Je constate encore une fois que les droits de l'homme sont bafoués!
Je suis solidaire de Philippe dans son juste combat et j' appelle tout le monde à l'arrêt immédiat de la répression!

Ecrit par : Jane Birkin contre la répression | lundi, 07 avril 2008

"Le corps rabat la sublimité de nos pensées, et nous attache à la terre, nous qui ne devrions respirer que le ciel : ce poids nous accable ; « et c'est là cet empêchement qui a été créé pour tous les hommes » après le péché, « et le joug pesant qui a été mis sur tous les enfants d'Adam, depuis le jour qu'ils sont sortis du sein de leur mère, jusqu'à celui où ils rentrent par la sépulture à la mère commune qui est la terre (Eccli., XL, 1). » Ainsi l'amour des plaisirs des sens, qui nous attache au corps, qui par sa mortalité est devenu le joug le plus accablant que l’âme puisse porter, est la cause la plus manifeste de sa servitude et de ses faiblesses."

Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique I-II, qq. 71-89.

Ecrit par : André | lundi, 07 avril 2008

Qui ose dire -sans lire- qu’on ne parle pas de Saint Thomas en ces augustes lieux ? Eremo lui a consacré un long post que j’ai trouvé passionnant- ses textes sont d’ailleurs fort nourrissant. (Décidément, ces augustiniens…)


J’ai eu l’idée baroque d’aller voir ce qu’écrit wikipédia sur le péché originel – autant par curiosité que dans l’espoir d’y trouver des pistes intéressantes. Et puis, je lis ici des choses si captivantes, pointues, et qui surtout –capital- engagent l'âme que je me suis demandé quel b-a- -a-ba se donnait à lire dans la plus consultée des encyclopédies. Quelle pâture est proposée aux apprentis-brebis?
Et bien... Grand étonnement. J’y lis que l’idée du péché originel est de Saint Austin "exagérant" saint Paul ; ce n’est pas sans me laisser… perplexe ….
Mais, indépendamment de saint Paul et Saint Augustin… et la Genèse !? « Tu est poussière ; et tu retourneras à la poussière » - c’est bien l’idée que la mort est le salaire du péché non ?
Enfin, de bonnes âmes plus érudites que moi en ces domaines devraient donner un peu de leur temps à ce Wikipédia, car voilà ce qu’on trouve sur la genèse (bien après qu’on nous l’ait éliminé comme étant un fantasme augustinien ). Je crois salutaire de citer ce texte et d’inviter les croyants à aller y voir. Pensons aux âmes que Dieu commencerait d’appeler et qui iraient se renseigner dans cette "encyclopédie" (et souvenons-nous qu’il est possible de l’éditer)
« : le judaïsme, auteur du récit ne voit aucun péché originel à cet endroit.
Dans la Bible hébraïque, le mot hattat qui signifie faute en hébreu n’apparaît qu’en Genèse IV:7, non sous la forme d’une faute imposée et héréditaire mais sous la forme d’un choix éthique, fondateur du Libre arbitre.
• « Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui. » (traduction Louis SEGOND, 1902)
Rien ne dit qu’Adam et Ève dans le jardin sont immortels. Le verset Genèse III:22 tendrait même à dire le contraire. Ils se demandent donc comment la mort peut-elle être l’éternel châtiment de la désobéissance avouée en Genèse III:13
Enfin, ils se demandent si la colère du dieu du récit doit être prise au sérieux. En effet, celui-ci est pris de sollicitude après la colère comme indiqué en Genèse III:21, où l’Éternel coud des vêtements de peau alors qu’Adam et Ève se sont déjà couverts en Genèse III:7.
Les exégètes contemporains en concluent que l’enjeu est ailleurs.


( Une réflexion – ou plutôt, en passant, une Lapalissade de béotien: pour nous, croyants, l’âme est immortelle. Bon : donc, la mort est bien, ontologiquement, liée à la chair. Celle-ci est le véhicule de notre finitude. Pas de quoi la fêter ! Avant même d’être le terrain de tant de péchés –mais il peut nous être donné de les vaincre, le corps est le lieu de la « mort, salaire du péché ». Parole de naïf hein! )
Et puis, comme il est vrai qu'on l'a peu cité :

« Depuis notre ancienne désobéissance, il semble que Dieu ait voulu retirer du monde tout ce qu’il y avait répandu de joie véritable pendant l’innocence des commencements ; si bien que ce qui flatte maintenant nos sens n’est plus qu’un amusement dangereux et une illusion de peu de durée. »

« Je n’ignore pas chrétiens, que plusieurs murmurent ici contre la sévérité de l’Evangile. Ils veulent bien que Dieu nous défende ce qui fait tort au prochain ; mais ils ne peuvent comprendre que l’on mette de la vertu à ses priver des plaisirs ; et les bornes qui nous sont prescrits de ce côté-là leur semblent insupportables. [...]. Il était absolument nécessaire que Dieu réglât ses saintes lois, toutes les parties de notre conduite ; que lui qui nous a prescrit l’usage que nous devons faire de nos biens, ne devait pas négliger de nous enseigner celui que nous devons faire de nos sens ; que si, ayant égard à la faiblesse des sens, il leur a donné quelques plaisirs, aussi, pour honorer la raison, il fallait y mettre des bornes et ne livrer pas au corps l’homme tout entier ».

(Bossuet, Sermon sur l’amour des plaisirs »

« Toute littérature dérive du péché » (Baudelaire, Lettre à Poulet-Mallasis, Paris, fin Aout1860)


Ps Ceci dit, ce péché originel est péché d’orgueil non ? Il est dans la droite ligne du péché de l’ange rebelle ; –le serpent conduit l’homme à désobéir pour goûter du fruit de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». ¨Péché d’ hubrys non ? réitération de la grande désobéissance. Le grand rebelle pousse l'homme à l'imiter. (Ce n’est pas une assertion. Je pose une question à nos savants théologiens quant à la substance même du péché originel. On pourrait du coup, bénéfice adjacent, mieux comprendre quelles en sont les implications sur la chair. Car c’est bien le Démon qui se réjouit de voir l’effet de sa malice se perpétuer… La chair est-elle son territoire de prédilection, en fin de compte?)

Ecrit par : Restif | lundi, 07 avril 2008

Je vois, quant à moi, une Volonté farouche de la part de certaines personnes à nier avec un ressentiment total (pour ne pas dire totalitaire) la chair, n'y voyant que la présence du Démon. Moi, ces gens-là, je les appelle : les possédés. Ils devraient purger un peu, autrement que par une triste branlette vite faite mal faite sous l'oeil inquisiteur de Dieu avant d'aller se fouetter pour pouvoir se rendre à confesse. Car ils punissent sans cesse cette chair qu'ils croient pécheresse par leurs projections moralistes malsaines. S'il y a un Démon, il est de ce camps là. Sinon, l'époque aime le sectarisme. Les vertueux tout imbus d'eux-même, qu'ils ouvrent un nouveau Port Royal et qu'ils s'y enferment à triple tour, coupés des vicissitudes du monde ils pourront porter leurs ceintures à clou pour se meurtrir leur viande et pendant ce temps-là, nous autres jouisseurs solaires pourront vibrer comme le ciel l'indique.

Ecrit par : sceptique | lundi, 07 avril 2008

Ce qui est bien avec vous "sceptique", c'est que vous évitez avec une rare maestria les lieux communs...

Ecrit par : R. | lundi, 07 avril 2008

Sceptique vos lassants bégayements d’autiste profond sans intelligence, réservez les s’il vous plait pour vos extases génitales solitaires dont les médiocres émotions érectiles arrivent mal à compenser l’introuvable profondeur de certains sexes que divers imbéciles recherchent en un mode ridiculement « mystique ».

Alors soyez gentil mon grand garçon, soit vous proposez autre chose que la réitération mécanique et sans imagination de vos râles et soupirs dénués d’intérêt, soit vous allez gentiment, avec nombre de vos camarades en culottes courtes qui y sont déjà, et vous y attendent avec une impatience mal contenue, dans un autre espace de jeu réservé à votre âge – c’est compris fiston ? Au fait dame pipi a deux ou trois choses à te dire ! File vite avant qu’elle attrape ton zizi !



Exemple de la grande qualité imaginative de Sceptique qui déjà, il y a trois jours, débitait les mêmes âneries :

Je vois, quant à moi, une Volonté farouche de la part de certaines personnes à nier avec un ressentiment total (pour ne pas dire totalitaire) la chair, n'y voyant que la présence du Démon. Moi, ces gens-là, je les appelle : les possédés. Ils devraient purger un peu, autrement que par une triste branlette vite faite mal faite sous l'oeil inquisiteur de Dieu avant d'aller se fouetter pour pouvoir se rendre à confesse. Car ils punissent sans cesse cette chair qu'ils croient pécheresse par leurs projections moralistes malsaines. S'il y a un Démon, il est de ce camps là. Sinon, l'époque aime le sectarisme. Les vertueux tout imbus d'eux-même, qu'ils ouvrent un nouveau Port Royal et qu'ils s'y enferment à triple tour, coupés des vicissitudes du monde ils pourront porter leurs ceintures à clou pour se meurtrir leur viande et pendant ce temps-là, nous autres jouisseurs solaires pourront vibrer comme le ciel l'indique.
Ecrit par : Sceptique | samedi, 05 avril 2008

http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#comments


De ce fait reproduisons la réponse faite par Jude à l’idiot priapique :

Je crois que vous faites erreur Sceptique dans votre approche de la sexualité et votre analyse de ce que représente la chair, voyant dans la critique des affirmations de Sollers ou Hadjadj une : "Volonté farouche [de] nier avec un ressentiment total (pour ne pas dire totalitaire) la chair". Je me permets donc de récupérer deux ou trois choses qu'on peut lire chez IdC, et que je trouve relativement fondées, en particulier cette insistance sur le rappel que nous ne sommes plus actuellement dans l'état qui était le notre primitivement, et que la chute correspond à une rupture qu'il ne faut pas négliger. Maistre a dit des choses essentielles là-dessus dans les Soirées. Est-il encore nécessaire de le rappeler sur le site des Epées ?

En effet, une erreur très commune est reproduite de nos jours par une théologie (et une littérature...) oublieuse des grandes vérités de la Révélation. A savoir que les corps que nous avons furent bien créés par Dieu effectivement, mais il convient de rajouter aussitôt que ceux dont nous sommes pourvus à présent l'ont été en rançon du péché ! Adam et Eve avaient certes un corps avant la faute originelle, mais un corps non corruptible, non mortel, bien différent de celui, misérable (Romains 7, 24) que nous connaissons !

Ainsi, telle est la triste réalité que beaucoup ne souhaitent plus du tout entendre, en particulier dans l'église conciliaire, à savoir que c’est en punition de la désobéissance et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21) dont nos premiers parents furent couverts, entraînant, en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam et Eve, le fait que le péché ait atteint ensuite l'ensemble de la famille humaine - et ce entièrement.

Il ne convient donc surtout pas de se faire les louangeurs du corps, piège extrêmement puissant qui se dresse devant les chrétiens depuis des siècles, car c'est là, positivement, célébrer une racine de corruption antagoniste et ennemie de l'ordre supérieur de l'Esprit : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant ; et non seulement elle, mais nous–mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi , nous soupirons en nous–mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. » (Romains 8, 22-23).

Ecrit par : Jude | samedi, 05 avril 2008


http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#comments

Ecrit par : Zak | mardi, 08 avril 2008

IdC ma chère vous vous êtes fait une copine je le crains, mais soyez assez gentille de lui apprendre à rédiger correctement ses missives, à l'époque les dames savaient tenir un plume avec une certaine élégance :




"Jude, Zac et autres escrocs, retournez vous plaindre chez Isabelle, ne venez plus nous imposer vos lamentables errements dûs à une lecture haineuse de la doctrine, et laissez-nous notre Christ ressuscité avec ses plaies (ce qui ne reste pas de vous arriver puisque rien que le mot "chair" vous fait vomir).
J'invite tous les chrétiens à soutenir ceux qui pensent que la chair n'est pas toujours faible sur http://www.la-question.net/archive/2008/04/01/les-lubriques-ebats-de-philippe-sollers-et-fabrice-hadjadj-p.html
On en apprend beaucoup sur des jansénistes mal dans leur peau (si mal qu'ils sont souvent mieux dans la peau d'autres qu'ils citent à tort et à travers à coup de copié-collé, dès que l'expression "la chair est faible" apparaît)."

Ecrit par : virginie | lundi, 07 avril 2008
http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#comments

Ecrit par : Zak | mardi, 08 avril 2008

La Parole du Seigneur est-elle univoque ; je veux dire ce sont mes yeux de chairs et mes oreilles de chairs qui la lisent et l’entendent ! Qui suis-je pour en tirer une vérité définitive, puisque je ne le ferai qu’à l’aune de ma nature abimée ? Le dogme est-il défini une fois pour toute ou bien doit-il au contraire évoluer sans cesse et s’approfondir toujours, parfois au prix d’erreurs certes ? Une Parole statique, établie une fois pour toute, n’irait-elle pas à l’encontre même du message du Christ ? Il y a les Evangiles, bien sûr, et puis saint Augustin aussi, il y a saint Thomas d’Aquin ensuite, et nombres d’autres plus sages que moi ; Comment puis-je me retourner et dire ceux-là ont tort ou raison, distribuer anathèmes et félicitations quand à la fin dernière il me sera, peut-être, demandé de répondre non pas du bien que j’aurai fait mais de celui que je n’aurai pas fait et du mal que je n’aurai pas empêché, tandis qu’il prenait son origine dans ma personne ? Bien sûr il y a des corrupteurs de la foi ; ceci dit je me vois difficilement m’exclure du lot, lors même que ma nature chutée corrompt forcément le message évangélique, et s’il était donné à un seul d’entre nous de le comprendre en vérité, sûrement brûlerait-il sur place à l’instant. Serai-je délivré du péché quand même aurai-je passé une vie entière de prière et d’ascèse ? Je peux dire à ceux-là qu’ils sont lubriques et aux autres arguer leur prétendue impuissance ; serai-je plus agréable à Dieu dans ces conditions tandis qu’aucun d’entre nous n’est probablement capables d’être un disciple du Christ, et que lorsque nous croyons ne plus pécher nous péchons encore ? Suis-je capable d’amour pour mon prochain quand je l’ignore partout où il est, et ne voit en lui que la condition mécanique de mon propre salut ? Zacharias, Hadjadj, Sollers, et nous autres ; sommes nous tous si digne du Seigneur, qu’à aucun moment nul d’entre nous n’imagine qu’il est peut-être lui, à son corps défendant, le corrupteur de la foi et le médium du Malin quand il pensait sincèrement servir le Tout-Puissant ?

Ecrit par : Interrogation | mardi, 08 avril 2008

Comme vous le dites très bien Restif : « j’ai eu l’idée baroque d’aller voir ce qu’écrit wikipédia sur le péché originel », car s’en est une à l’évidence tant cette prétendue « Encyclopédie » (hum…) qui autorise des contributions libres de personnes souvent non qualifiées, charrie les pires bêtises dans beaucoup de domaines sans que les affirmations erronées que l’on y trouve soient le moins du monde contestées ou si peu par des administrateurs, courageux et compétents pour certains, mais un peu dépassés. De toute manière, Wikipédia possédant aujourd’hui près de 650 000 entrées je crois (et encore uniquement sur le plan francophone), il faudrait se livrer à un travail quasi titanesque, à l’aide de plusieurs dizaines d’équipes de spécialistes, en particulier dans les domaines religieux, littéraire et philosophique, pour redresser systématiquement tous les points fantaisistes, dont celui que vous relevez, assez gratiné il est vrai, est un exemple démonstratif.

Un autre aspect qui m’amuse grandement sur Wikipédia, c’est la disproportion entre les articles faisant qu’un présentateur de télévision, une vedette de variété ou un acteur de troisième zone possède très souvent plusieurs dizaines de lignes élogieuses portant sur d’intéressants sujets d’herméneutique comparée, comme peuvent l’être bien sûr les dates de ses derniers divorces ou celle de ses mariages successifs avec telle ou telle emplumée, alors que des philosophes, des saints ou même des auteurs de première importance, ont des articles réduits à quelques phrases sibyllines maigrelettes et indigentes. En fait tout cela est représentatif de notre monde dénué de sens, indignement vassalisé par l’argent (le sang du pauvre je ne vous apprends rien…) et les fausses valeurs, dont Wikipédia est une sorte de triste miroir certes, mais cependant fidèle.

D’autre part quel bonheur de vous voir citer mon cher Bossuet (j’ai eu un fort et très vigoureux débat avec une connaissance, et non des moindres en ces lieux, qui bien que partageant entièrement certaines de nos positions concernant le statut ontologique de la chair et sa destination future, ne jure néanmoins que par Fénelon que je regarde, pour ma part, pour un mou du chapeau (dont celui archiépiscopal qu’il doit à l’évêque que dis-je "l'aigle" de Meaux néanmoins !), un authentique hébété mystifié par la veuve Guyon, qualifiée de « maman téton » dans l’intimité par l’auteur de Télémaque !

Mais revenons à nos réflexions. Vous dites : « pour nous, croyants, l’âme est immortelle. Bon : donc, la mort est bien, ontologiquement, liée à la chair. Celle-ci est le véhicule de notre finitude. Pas de quoi la fêter ! Avant même d’être le terrain de tant de péchés –mais il peut nous être donné de les vaincre, le corps est le lieu de la « mort, salaire du péché ». Parole de naïf ». Non point de naïf Restif mais si j’ose dire, votre humilité devrait-elle en souffrir, de Père de l’église ! car c’est là tout le discours de nombre de grands auteurs spirituels auxquels je ne cesse de clamer qu’il importe de nous référer prioritairement afin de penser convenablement cette question de la place de la chair et notre rapport à elle. Vous connaissez l’image des Danaïdes qui, pour être devenues indociles à leurs maîtres, en furent réduites à verser une eau intarissable dans des vaisseaux qui n’avaient pas de fonds, notre chair c’est un peu la même chose ; nous travaillons à nous perfectionner, à cultiver les vertus, mais toujours nous avons affaire avec un fonds incurable – et c’est là le souverain rappel de l’Ecriture confirmé par l’expérience des siècles. La révolte de l’Homme a causé une rupture infinie, une séparation dont nous portons encore la douloureuse blessure ; alors qu’Adam en Eden ne connaissait ni le temps ni la matière, (état que les élus en jouiront à nouveau après le Jugement, et même bénéficieront de quelque chose de plus grand encore que l’on a peine à concevoir comme dit saint Augustin dans la Cité de Dieu), la matière et le temps ont surgi de la faute comme les murs d’une prison, avec toutes les limitations, les contraintes, les douleurs qui nous accablent. Ces obstacles ne doivent pas être déifiés légèrement et en toute inconscience en flattant nos appétits, se sont des châtiments solides, des constructions puissantes contre lesquelles nous nous heurtons pour notre perte.

Le monde aujourd’hui, même après la Résurrection qui nous donne « l’assurance des choses que l’on ne voit pas et la certitude celles que l’on espère » comme dit Paul, est un lieu d’exil, un temps d’épreuve où il nous faut marcher dans l’effort et l’humilité, nous sommes dans un temps, qu’un écrivain du XVIIIe siècle à désigné d’un mot admirable en le nommant « la monnaie de l’Éternité » qui rajouta : « Toutes les épines que Dieu nous fait sentir détachent à chaque froissement un pli de notre ancienne robe ». A nous de travailler à rendre notre vêtement présentable.

Baudelaire sur ce point, qui a compris tant de choses, a bien vu que le temps était un don royal qui pouvait contribué à notre purification :

« Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues,
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or. »

Effectivement, le but de l’existence est très haut ; le point de départ, infiniment bas, c’est l’homme tel qu’il apparaît aujourd’hui dans sa misère incommensurable. Pascal : (« Le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde... ») et saint Paul qui parle d’ajouter ce qui manque aux souffrances de la Passion…

Notre lieu exil, notre réalité charnelle est donc aussi, fort heureusement, un lieu de Rédemption, mais par le sacrifice et les larmes (je parle à un bloyen…), par le perfectionnement et l’ascèse, le renoncement et l’Imitation de Jésus Christ, pas par la ronde joyeuse et tourbillonnante des sens dont on connaît l’immense force enivrante.

D’où l’importance de réagir vigoureusement contre la dérive qui se fait jour actuellement au sein de l’église, qui après le marxisme s’est convertie au « jeunisme », avec ce discours complaisant à l’égard de la chair et de ses émotions ( pour l’instant, on croirait lire chez certains sexologues chrétiens le fameux Moïse David le prophète lubrique des enfants de Dieu, c’est les portes grandes ouvertes au plaisir et à la gaudriole décomplexée dans le mariage mais jusqu’à quand ?), et qui conduira à des dérives gravissimes.

La responsabilité de l’église en matière d’abandon doctrinal est de ce fait gigantesque ; connaissez-vous à ce propos la sentence d’Innocent III à l’ouverture d’un conclave : « Toute la corruption du peuple vient d’abord du clergé », et la page magnifique et douloureuse de Gratry : « Quels terribles moments de l’histoire que ceux où un grand nombre de chrétiens et de prêtres du Christ s’affadissent, s’éteignent, cessent de comprendre, retombent, avec leur étrange caractère qui ne peut s’effacer, retombent du ciel sur le vieux monde qu’ils devaient transformer et emporter au ciel ! Oh c’est alors que les hommes s’irritent et foulent aux pieds, dans leur fureur, ces flambeaux renversés et ce sel affadi ; Chrétiens, soyons donc sur nos gardes ! Prêtres du Christ, soyez attentifs ! Et sachons discerner si nous sommes frappés comme prophètes ou comme sel affadi ! » (Comm. de l’Év. de St-Matth, I, 79.)

« La Sagesse, disait Grignion de Montfort, a besoin de l’homme pour être heureuse » ! Ne l’oublions-pas…


* Mon PS répondra modestement au votre, dans l’attente des excellentes lumières supérieures de la science théologique étendue, un augustinien convaincu connaissant bien saint Thomas c’est rare, d’Eremo :

Vous écrivez : « Ceci dit, ce péché originel est péché d’orgueil non ? Il est dans la droite ligne du péché de l’ange rebelle ; –le serpent conduit l’homme à désobéir pour goûter du fruit de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». ¨Péché d’ hubrys non ? réitération de la grande désobéissance. Le grand rebelle pousse l'homme à l'imiter. (Ce n’est pas une assertion. Je pose une question (…) quant à la substance même du péché originel. On pourrait du coup, bénéfice adjacent, mieux comprendre quelles en sont les implications sur la chair. Car c’est bien le Démon qui se réjouit de voir l’effet de sa malice se perpétuer… La chair est-elle son territoire de prédilection, en fin de compte? »

La réponse est oui ! car « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu » depuis la chute, elle ne se soumet pas à la loi de Dieu puisque nous avons été façonnés mortels, en êtres de « chair et de sang », en conséquence de notre faute, d’où ce terrain extrêmement propice aux séduction du malin. Ceci explique pourquoi ceux qui sont dans la chair, à savoir ceux qui ne restent non convertis y compris à l’intérieur de leur propre religion puisque l’on sait avec Madame de Sévigné que « l’on peut être catholique sans être chrétien », ne peuvent plaire à Dieu » (Jean 3, 6 et Romains 8, 7-8). De la sorte, « ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises », et doivent vivre, selon leur état, dirigés par l’Esprit (Galates. 5, 24-25). Ceci nous est confirmé dans un autre passage du texte sacré : « L’homme naturel ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître… » (1 Corinthiens 2,14).

Certes l’orgueil nous a perdu, et nous restons placés sous la conséquence de cette perdition qui exerce encore une énorme séduction sur nos âmes (on est bien d’accord c’est une séduction spirituelle), mais cette chute a déjà eut lieu, elle se reproduit à chaque instant de notre vie de manière constante, mais globalement nous ne reviendrons plus à l’innocence primitive – c’est terminé, un autre chemin, derrière le Christ, nous attend aujourd’hui. Or ce chemin, c’est notre combat dans la chair, dans ce que nous sommes présentement après notre expulsion de l’Eden, (c’est-à-dire «en tant que chair » faible, fragile et séduite soumise au temps à l’espace et à la mort), et ce combat est une lutte contre un adversaire qui a un grand pouvoir sur nous puisqu’il nous a déjà en Eden convaincu de ses vues, adversaire qui poursuit un triple but :

- 1° Retenir les hommes sous son emprise. C’est pour cela qu’il s’oppose à la présentation de l’enseignement de l’Évangile aux âmes, d’où la nécessité du combat dont nous parle l’Epître aux Philippiens (1, 27-30.)
- 2° Reprendre ses droits sur ceux qui ont été arrachés par la Croix du Christ à son esclavage. Agissant en nous par le moyen de la chair, il essaie de nous faire « broncher » en chemin, de nous détourner de notre finalité par le moyen de ce qui, en nous, est le plus ouvert aux séductions du monde. Nous avons donc à combattre contre le péché, qui est en fait l’image même de l’adversaire et de sa puissance sur nous (Hébreux 12, 4), de l’attrait de ses pompes et de ses œuvres.
3° Empêcher le baptisé d’entrer dans les lieux célestes par la foi et d’y vivre la vie à laquelle il est appelé. Il présente pour ce faire un faux enseignement, il travaille afin que la destination céleste du chrétien soit méconnue en l’attachant aux vertiges illusoires de la chair. Il est donc nécessaire de maintenir l’ensemble des vérités qui nous ont été révélées par le Christ, c’est « le bon combat de la foi » qui est un combat rude. « Combats le bon combat de la foi », dit l’apôtre à Timothée (1 Timothée 6,12). C’est de celui-là qu’il avait parlé aux Corinthiens à la fin du chapitre 9 de sa première épître. Nous sommes donc appelés à ce combat, afin que nous puissions « recevoir le prix », et notre responsabilité est de remplir fidèlement le service qui nous a été confié en tant que chrétien, quelles que soient les difficultés rencontrées pour maintenir la vérité de Dieu, c’est-à-dire, contre vents et marées, maintenir la saine doctrine.

Ecrit par : Zak | mardi, 08 avril 2008

Globalement, énigmatique correspondant qui signez « interrogation », si l’on examine votre question dans son ensemble, vous abordez par vos formulations le problème de l’autorité et de la validité de la Vérité révélée par rapport à la subjectivité humaine.

Pour ce faire vous vous demandez :
- « Qui suis-je pour en tirer une vérité définitive, puisque je ne le ferai qu’à l’aune de ma nature abimée ? Le dogme est-il défini une fois pour toute ou bien doit-il au contraire évoluer sans cesse et s’approfondir toujours, parfois au prix d’erreurs certes ? Une Parole statique, établie une fois pour toute, n’irait-elle pas à l’encontre même du message du Christ ? »

Combien vous avez raison, et cela vous honore, de commencer par ce « qui suis-je ? » ; qui suis-je pour juger de la validité de telle ou telle vérité, qui suis-je pour juger de l’authenticité de tel enseignement ? La réponse vous la connaissez, nous ne sommes rien, du moins en rien fondés pour évaluer à l’aune de notre microscopique subjectivité si oui ou non ce que nous recevons de l’Ecriture, des Pères de l’église, etc. est valable ou pas.
Comment faire alors ? Considérer comme vous le faites que tout est relatif, localisé, daté, et peut donc faire l’objet d’une évolution avec le temps ?
Ce que vous résumez par cette phrase : « Une Parole statique, établie une fois pour toute, n’irait-elle pas à l’encontre même du message du Christ ? »

Pour votre excuse il faut reconnaître que l’Ecriture ne parle pas toujours de la foi dans le même sens. Elle fait allusion à une foi qui se situe sur trois plans distincts : intellectuel, volontaire, et surnaturel. Trop souvent, de nos jours, la foi a pris le visage d'une vague croyance vide de contenu, d'une idée abstraite, d'un libre arbitre autodéterminant, d'un sentiment sans ossature, le fruit d’une séduction esthétique à cause d’une atmosphère d’un décorum, littéraire, ou pire encore politique ; ce qui explique la confusion actuelle à son sujet dans le monde séculier comme religieux. D’un côté certains s’accrochent à la suite du néo-thomisme mal compris à une foi par démonstration transformant leur rapport à Dieu à une conviction mathématique, logique ou théorétique, de l’autre, par excès inverse, par peur de tomber dans un intellectualisme aride, les chrétiens modernes, particulièrement ceux qui subirent l'influence du néo-évangélisme, du charismatisme, ou même du modernisme, ont amputé la foi de sa charpente biblique naturelle pour en faire un élément qui dépend de la volonté humaine. On prétend ainsi qu'il faut expérimenter Dieu pour croire. Or l’Evangile nous déclare que nous sommes sauvés par « grâce », par le moyen de la foi (Éphésiens 2, 8).

Relisez ces belles paroles des « Confessions » d’Augustin qui est un maître en la matière et que je considère comme le docteur éminent et par excellence, le texte le plus émouvant jamais écrit par une âme en recherche de Dieu, dans lequel ce grand chrétien confesse son ignorance de lui-même :

« C’est vous, Seigneur, qui êtes mon juge, parce que, bien que nul homme ne sache « rien de l’homme que l’esprit de l’homme « qui est en lui (I Cor. II, 11), » cependant il est quelque chose de l’homme que ne sait pas même l’esprit de l’homme qui est en lui. Mais vous savez tout de lui, Seigneur, qui l’avez fait. Et moi, qui m’abaisse sous votre regard, qui ne vois en moi que terre et que cendre, je sais pourtant de vous une chose que j’ignore de moi. Et certes, ne vous voyant pas encore face à face, mais en énigme et au miroir ( Ibid. XIII, 12), dans cet exil, errant loin de vous, plus présent à moi-même qu’à vous, je sais néanmoins que vous êtes inviolable, et j’ignore à quelles tentations je suis ou ne suis pas capable de résister. » (Confessions, livre X, ch. V.)

Les deux premiers aspects de la foi sont ainsi, comme le rappelle Augustin qui voit bien que l’homme s’ignore et n’a pas accès à lui-même, des facultés humaines qui cherchent à singer l'oeuvre de Dieu : l’intellect et la volonté. Mais la vraie foi, la foi surnaturelle de son propre nom, et cela change tout dans cette perspective qui vous le découvrez est dominante en ce lieu, ne vient point de l'homme, mais de Dieu. Rien n'est plus clair dans l’Ecriture que ceci:

« Car vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi; et cela ne vient point de vous, c'est le don de Dieu; ce n'est point par les oeuvres afin que personne ne se glorifie » (Éph.2: 8, 9) ; « La foi vient de ce qu'on entend; et ce qu'on entend, vient de la Parole de Dieu » (Rom.10: 17).

Malgré cela, certains insensés comme les disciples de la liberté comme les Arminiens ou les Pélagiens, insistent sur le fait que la foi est une condition à remplir pour être sauvé et qu'il faut « choisir de croire », choisir d’oeuvrer. Ceci est un affront direct à la Souveraineté de Divinité et à sa Parole qui dit :

« Parce qu'il vous a fait la grâce, à cause du Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Phil.1: 29).

En fait choisissant de croire, erreur de Pélage, l'homme se fait le maître de son propre destin et renverse la gloire qui revient uniquement à Dieu, source de la foi des élus qui furent destinés à croire et à recevoir la vie éternelle, comme il est écrit:

« Les Gentils, entendant cela, se réjouissaient, et donnaient gloire à la Parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle, crurent. » (Actes 13: 48).

Face à de telles évidences que la foi en Christ vient de Dieu et non du choix de l'homme, seulement un apostat oserait prétendre le contraire et crié injustice. Mais la Parole de Dieu ne peut se tromper, comme il est écrit :

« Que dirons-nous donc? Y a-t'il de l'injustice en Dieu? Nullement. Car il a dit à Moise: Je ferai miséricorde à celui à qui je ferai miséricorde, et j'aurai pitié de celui de qui j'aurai pitié. Cela ne vient pas donc ni de celui qui veut, ni de celui qui court; mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rom.9: 14-16).

Ainsi donc la foi en Christ est un don gratuit de Dieu accordé par une révélation que l’homme reçoit irrésistiblement et non selon son libre-choix. Une telle foi élève la Souveraineté de Dieu au-dessus du choix de l'homme et glorifie Jésus-Christ.

De la sorte lorsque vous vous posez cette interrogation : « Comment puis-je me retourner et dire ceux-là ont tort ou raison, distribuer anathèmes et félicitations quand à la fin dernière il me sera, peut-être, demandé de répondre non pas du bien que j’aurai fait mais de celui que je n’aurai pas fait et du mal que je n’aurai pas empêché, tandis qu’il prenait son origine dans ma personne ? », vous vous mettez encore trop au centre de la question – or c’est Dieu lui-même qui doit être mis au cœur de votre foi, pas vos facultés et votre raisonnement, pas vos décisions et vos jugements. En effet vous devez être convaincu, par un don gratuit, par « grâce » seulement et non par vos malheureuses industries limitées, et ce totalement, que par son expiation vicariale ou substitutive, Jésus-Christ a opéré la réconciliation parfaite de Dieu et de l'humanité perdue, parce que, à la place de l'homme (ceci est d’une importance extrême), il a satisfait aux exigences de la Loi divine et expié les péchés du monde. Ainsi, en Jésus-Christ, Dieu fait preuve de grâce envers tous les pécheurs qui le rejettent pour manifester sa justice; et accorde la grâce de la vie éternelle uniquement à ceux qu'il a choisit d'avance avant la fondation du monde pour manifesté sa gloire (Éph.1: 4-11). Il n’est pas question de savoir si vous avez raison ou pas, ou les autres – cela, pardonnez moi, mais on s’en moque, et Dieu aussi !

« Toute mon espérance n’est que dans la grandeur de votre miséricorde. Donnez-moi ce que vous m’ordonnez, et ordonnez-moi ce qu’il vous plaît. (…) O amour toujours brûlant sans jamais s’éteindre; amour, mon Dieu, embrasez-moi! » (Les Confessions, ibid. ch. XXIX)

Vous voyez qu’à cette étape, ce qui vous tracasse : « Serai-je délivré du péché quand même aurai-je passé une vie entière de prière et d’ascèse ? Je peux dire à ceux-là qu’ils sont lubriques et aux autres arguer leur prétendue impuissance ; serai-je plus agréable à Dieu dans ces conditions tandis qu’aucun d’entre nous n’est probablement capables d’être un disciple du Christ, et que lorsque nous croyons ne plus pécher nous péchons encore ? Suis-je capable d’amour pour mon prochain quand je l’ignore partout où il est, et ne voit en lui que la condition mécanique de mon propre salut ? », la solution de votre angoisse se trouve en réalité dans cet aveu de votre impuissance et dans la remise entière de votre âme entre les mains de la grâce de Dieu, non en vous torturant pour savoir si par vos actions vous obtiendrez une faveur, une sainteté, une hypothétique libération, toutes déjà acquises à la Croix, y compris votre salut qui n’est plus une condition de vos actes mais qui vous a été obtenu gratuitement, comme votre foi elle-même conférée par l’effet d’un pur don, ne vous laissant comme unique attitude que de louer Dieu et de crier avec force : Amen ! Seigneur, accepte de prendre en tes mains ton faible serviteur qui implore vers toi !

Vous comprenez maintenant aisément en quoi dès lors, la question de la dignité est absurde, qu’elle soit celle de notre chair ou de notre esprit, car nous ne sommes dignes de rien du tout, nous sommes d’infâmes corrupteurs tous, toute la gloire revient à Dieu pas à nous : « Sommes nous tous si digne (s) du Seigneur, qu’à aucun moment nul d’entre nous n’imagine qu’il est peut-être lui, à son corps défendant, le corrupteur de la foi et le médium du Malin quand il pensait sincèrement servir le Tout-Puissant ? ». Le paradoxe tient en fait sur cette unique position acceptable où nous nous déclarons indignes, et qui fonde alors, et alors seulement, notre sincérité et vérité devant Dieu, et nous donne de pouvoir nous considérer comme menteurs ceux qui soutiennent la dignité de l’homme et de sa chair : « Ainsi la confession de nos misères et de vos miséricordes dilate notre amour pour vous; elle appelle sur nous cette grâce qui doit consommer notre délivrance et nous sortir de nous-mêmes, séjour de malheur, pour nous faire entrer en vous, souveraine béatitude. Car vous nous avez appelés à la pauvreté volontaire, à la douceur, à la faim et à la soif de la justice, à l’amour des larmes, et de la compassion, et de la pureté intérieure, et de la paix (Matth. V, 3-9). » (Confessions, Liv. XI, ch. I).

La Foi n'est donc pas la croyance générale en l'existence de Dieu ou en la Loi divine; en effet, les païens aussi possédaient cette croyance. Elle n'est pas non plus la simple connaissance des faits, ou le simple assentiment historique aux vérités générales de l'Évangile, savoir que le Christ a vécu et qu'il est mort pour les hommes et est Ressuscité, car on trouve aussi cette foi chez les démons (Luc 4, 34 ; Jacques 2, 19), et même chez les incrédules (Jean 8, 43-45). La Foi n'est pas non plus la simple connaissance ou le simple assentiment aux vérités de l'Écriture en général, ou l’acceptation des affirmations dogmatiques, comme nous le trouvons chez les catholiques ou les réformés culturels ou de tradition, etc. L'Écriture elle-même n'est pas davantage l'objet de la Foi, bien qu’évidemment, tous les croyants reconnaissent la Bible comme la Parole de Dieu, inspirée et providentiellement préservée intégralement comme la source unique de leur foi, mais cela n’est pas suffisant pour faire un homme de foi.
Car l'Écriture est la source et non l'objet de la foi (Romains10, 17), elle qui atteste que le pécheur n'est justifié devant Dieu que par la confiance qu'il obtient d'elle dans l'expiation sacrificielle accomplie par le Seigneur Jésus-Christ (Rom.3, 24, 25). En conclusion, ce n'est donc point la Foi, votre foi qui vous sauvera, mais son objet, à savoir Jésus-Christ; car la foi n'est qu'un moyen que Dieu a choisi pour accordé la Révélation de sa grâce.

C'est pour cette raison qu'il faut s'attacher à l'unique foi, c’est-à-dire à l’œuvre surnaturelle de l’Esprit en nous et, coûte que coûte, s'en tenir à l'unique vérité salvatrice du caractère mystérieux et inexplicable de la grâce : «le commencement de la foi dans les hommes est un don de Dieu » (S. Augustin, De la Prédestination des saints, Liv. X, ch. XX). Lorsque des interprétations arbitraires en déforment le contenu, que des fausses représentations circulent, lorsque l'Évangile de la Souveraineté de Dieu est corrompu par des amalgames et des synthèses et que l'éthique fondée sur lui est bafouée au profit de célébrations de telles ou telles prétendues « dignités », celle de l’intellect, de la chair ou que sais-je encore, alors tout vrai disciple et témoin de Jésus-Christ, déclare une sainte guerre à l'erreur et au mensonge, d’abord à l’intérieur de lui-même et de ses facultés trompeuses, puis à ses appétits déréglés, puis enfin à l’extérieur vis-à-vis de ceux qui déforment la Vérité de la puissance supérieure et unique de la grâce, une guerre sans merci et sans faiblesse certes, mais cependant miséricordieuse et évangélique.

Ecrit par : Eremo | mardi, 08 avril 2008

L'erreur anthropologique radicale qui se trouve à la base des navrantes thèses de Hadjadj porte sur une erreur christologique dont la gravité est significative et dont la source doit être recherchée dans les déclarations et positions de Jean-Paul II.
En effet, se servant de la dualité des natures dans l’unique Personne du Jésus de notre foi catholique, Jean-Paul II a dévolu, en vertu de la “ communication des idiomes ”, les attributs de la nature divine à la nature humaine dans le Christ, pour ensuite considérer qu’ils lui appartiennent en propre, et donc à tout homme.

Certes, Jean-Paul II a maintes fois dissimulé la nouveauté de cette pensée par la citation d’une phrase du paragraphe 22 de la Constitution conciliaire "Gaudium et spes" selon laquelle « le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme par son Incarnation ». Mais ce que l'on sait moins, et que l'on évite de trop mettre en lumière, c'est que cette phrase a été introduite dans le schéma conciliaire sur proposition de Mgr Karol Wojtyla lui-même, alors archevêque de Cracovie !

De la sorte en citant continuellement "Gaudium et spes 22, 2," faute de trouver le moindre fondement à une telle pensée dans la Sainte Écriture ou dans les Pères de l’Église, Jean-Paul II, tout au long de son pontificat, se citait donc lui-même !

Ainsi dans l’encyclique "Redemptor hominis", où la référence revient à quatre reprises.

On remarquera d'ailleurs qu’au paragraphe n° 13 la restriction “ en quelque sorte ” a disparu :

- « Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »

Le théologien privé, Karol Wojtyla, confond en réalité la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine, l’une étant “ en quelque sorte ” présente à l’autre, selon lui, en tous et pour toujours, comme il le répète clairement au paragraphe 14 de "Redemptor hominis" : « Le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n’en est pas conscient. »

L’absence de toute condition à l’union de tous au Christ, et donc au salut de tous, conduit à l’affirmer comme donné à tous, sans distinction de religion. « L’événement de la Rédemption est le fondement du salut de tous », écrira Jean-Paul II dans son encyclique "Redemptoris Missio", citant à l’appui de cette affirmation son encyclique inaugurale "Redemptor hominis" : « Parce que chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. »

On peut affirmer que cette pensée a gouverné tout le pontificat de Jean-Paul II, jusqu’à son ultime Lettre apostolique "Mane nobiscum" du 7 octobre 2004, instituant l’année de l’Eucharistie :

« En Lui, Verbe fait chair, se révèle en effet non seulement le mystère de Dieu, mais le mystère même de l’homme. Parce que dans le Christ la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). »

OR C'EST UNE FOI MODERNISTE : LA RELIGION EST LE FRUIT D’UN SENTIMENT
NATUREL DISPENSÉ À TOUS LES HUMAINS.

De la conjugaison de ces deux erreurs anthropologique et christologique résulte une “ Pâque idéaliste ”, succédant au “ Vendredi saint spéculatif ” et au “ Samedi saint dialectique ” : selon la doctrine de Jean-Paul II, c’est par l’acceptation de l’humanisme que l’Église sauvera sa foi au milieu d’un monde qui la rejette.

Il faut seulement remarquer que ladite foi que Jean-Paul II prétendait réconcilier avec l’humanisme contemporain est une foi moderniste, fruit de la création spontanée et universelle du sentiment humain le plus profond.

Comme exemple de ce modernisme, nous pouvons citer l’interprétation de Jean-Paul II considérant la « descente aux Enfers » de Jésus-Christ après sa mort sur la Croix comme une “ conception ”, et non pas comme un événement historique. Selon lui, cet article de notre Credo est une pure métaphore évoquant non pas une « descente » mais une accession « à la plénitude de la vision béatifique de Dieu », ce qui suggère plutôt une “ ascension ” (Allocution du 11 janvier 1989) !

Exemple caractéristique de la pensée du théologien Karol Wojtyla :

« Le mystère de l'Incarnation, c'est-à-dire le Christ historique et le Christ mystique, manifeste en plénitude l'homme à lui-même, l'homme de tous les temps et de toutes les époques [et donc de toutes les religions ou irréligions ?]. Il réassume ce qui est essentiel, ce qui constitue l'homme, dans son humanité, aussi bien par son Verbe que par son Acte... Cette idée, si féconde dans la doctrine du Concile et pour la réflexion qui en est résultée, nous devons la lier organiquement à la pensée directrice de Gaudium et Spes. Le Christ y est montré comme le Révélateur du mystère de l'homme, de tout ce qui constitue sa dignité essentielle et inviolable. À maintes reprises, le Concile a démontré que cette dignité est étroitement liée au message du Christ, à l'Évangile, et qu'elle y demeure comme un ferment qui suscite chez les hommes aussi bien la conscience de cette dignité que la nécessité permanente de la rechercher et de la réaliser dans la vérité." ( Le signe de contradiction, p. 152-153.)



C'est pourquoi, dans la logique de ces thèses novatrices qui vont avoir un pouvoir corrupteur extraordinaire dans la pensée de l'église moderne ces 40 dernières années, ont peut lire que "quiconque suit le Christ, Homme parfait, devient lui-même plus homme", dans la Constitution "Gaudium et Spes". Et plus loin : “Aucune loi humaine ne peut assurer la dignité personnelle et la liberté de l'homme comme le fait l'Évangile du Christ, confié à l'Église”.

Tout ce qui arrive aujourd'hui, découle directement de ces positions théoriques que l'on a peine à nommer "théologiques", mais que l'on peut qualifier positivement d'aventureuses et surtout en contradiction profonde avec toute la doctrine chrétienne traditionnelle.

Ecrit par : CQFD | mardi, 08 avril 2008

Après avoir lu, tout ici.
Cette heureuse piste et sa jolie synthèse, sur :

http://www.lesprovinciales.fr/spip.php?article161

A de plus amples brèves, avec mes remerciements.

Ecrit par : Drageon | mercredi, 09 avril 2008

Vous écrivez ceci Eremo :
« Dieu fait preuve de grâce envers tous les pécheurs qui le rejettent pour manifester sa justice; et accorde la grâce de la vie éternelle uniquement à ceux qu'il a choisit d'avance avant la fondation du monde. »
Mais alors, en toute bonne logique, « avant la fondation du monde », Dieu a décidé de NE PAS accorder sa grâce à certaines de ses créatures à naître. Alors Il les fait naître damnées ? Mais quelle vision atroce de Dieu ! Un Dieu qui créerait des êtres uniquement pour les damner, pour l’éternité !

C’est purement et simplement l’hérésie calviniste de la prédestination absolue. Ce n’est pas le catholicisme. Que si certains catholiques doutent, qu’ ils s’adressent à leurs pasteurs.
Car une telle position, c’est l’évidence, détruit le libre arbitre puisque Dieu à décidé « avant la fondation du monde » qui serait sauvé et donc qui serait damné. Que devient le libre arbitre là dedans ?
Ce n’est point là la foi catholique.


Ps Je voulais parler d'autre chose, mais là.

Ecrit par : Restif | mercredi, 09 avril 2008

Quoi ! que lis-je, Eremo notre savant théologien serait un calviniste caché ! J'en tremble, je n'y crois pas, réveillez-moi, je dors, dites-moi que c'est un mauvais rêve !
Au fait, plaisanterie mise à part, merci à CQFD pour les lumières qu'il vient de nous octroyer concernant les sources de certains passages curieux de Gaudium et Spes, j'en reste tout de même un peu interloqué...

Ecrit par : Henri | mercredi, 09 avril 2008

Juste un rebond sur les spéculations de Restif: ayant interrompu la lecture de l'ancien testament depuis un moment, il me souvient plus ou moins que c'est par ses paroles que le serpent pousse Eve à manger le fruit de la Connaissance du Bien et du Mal... A la source du péché originel il y a bien une parole malfaisante. La verbe peut aussi véhiculer le mal, non?

Ecrit par : Tang | mercredi, 09 avril 2008

Ah ! Restif, quel courage de vous engager dans ce difficile problème de la prédestination qui déchira si violemment la chrétienté, avec une telle ardeur. N’ayant pas la nature chicaneuse et querelleuse de Zak, et ne prenant aucun goût aux estocades, vous ne serez pas étonné de ne point trouver chez moi de formulations rugueuses à votre encontre. Je tente simplement, lorsque les sujets m’apparaissent intéressants, d’apporter mes faibles lumières théologiques, acquises à une époque où l’on savait encore enseigner cette matière, ne cachant pas mes sympathies augustiniennes, sans pour autant oublier l’immense saint Thomas que j’affectionne beaucoup, et réponds donc à la surprise que vous cause ma position ce qui d’ailleurs, est une manière également d’approfondir plus encore les questions posées par le mystérieux « Interrogation ».

Vous trouvez audacieuse et calviniste ma phrase (bigre !), qu’il faut toutefois citer en son entier : « Jésus-Christ a opéré la réconciliation parfaite de Dieu et de l'humanité perdue, parce que, à la place de l'homme (ceci est d’une importance extrême), il a satisfait aux exigences de la Loi divine et expié les péchés du monde. Ainsi, en Jésus-Christ, Dieu fait preuve de grâce envers tous les pécheurs qui le rejettent pour manifester sa justice; et accorde la grâce de la vie éternelle uniquement à ceux qu'il a choisit d'avance avant la fondation du monde pour manifesté sa gloire. »

Je dis bien que Dieu fait preuve de grâce envers tous les pécheurs ; et qu’il accorde la grâce de la vie éternelle uniquement à ceux qu'il a choisis d'avance avant la fondation du monde. La plénitude de la grâce est ici rappelée dans toute sa portée envers tous les hommes et je signale que la vie éternelle est conférée uniquement à ceux que Dieu a choisis dans son amour avant la fondation du monde. Certes le terme « uniquement » a pu évidemment vous choquer, à juste titre, s’il vous l’avez entendu dans un sens par trop étroit et limité, exclusif, dépréciatif, condamnant certains à la damnation, ce qui serait épouvantable. En fait il a un sens bien plus généreux dans ma formulation, mais peut-être me suis-je mal exprimé, que vous ne le supposez, si l’on comprend que toute âme en quête de Dieu, même si elle le nie et le rejette vigoureusement, montre qu’elle a déjà été « choisie » et fait donc partie de ceux que Dieu à préconnus avant la fondation du monde pour participer de sa glorieuse félicité. C’est la ce sur quoi veut insister cet « uniquement », et c’est ce que dit l’Epître aux Ephésiens : « Béni soit le Dieu et père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus-Christ selon le bon plaisir de sa volonté.. » (Éph.1 3-11)


De même dans l’Epître aux Romains (8, 29 et 30) nous lisons: «Car ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, pour qu'il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés».
La première chose donc à comprendre, c'est que Dieu a préconnu des personnes. Il n'est pas dit ici que Dieu ait connu leur état, leur manière de vivre, si elles se convertiraient, etc.; non, il connaissait les individus. L’Epître aux Ephésiens nous dit que cette préconnaissance était d'«avant» la fondation du monde, donc de toute éternité.
Ces personnes - pas une de moins - il les « élues » uniquement pour être conformes à l'image de son Fils. Nous avons donc là une notion non pas de prédestination calvinienne projetant horriblement dans l’abîme des âmes déjà condamnées avant leur premier souffle, mais « d'élection », ce qui est totalement différent, et n’a rien de choquant.

En effet, avant que nous naissions, avant qu'Adam fût créé, oui, avant même la création du ciel et de la terre, dont nous parle Genèse, Dieu a pensé à nous dans son amour et sa miséricorde, et a décidé, dans ses conseils, que nous devions être conformes à l'image de son Fils. De ce Jésus-Christ, dont la Parole de Dieu dit : «qui est l'image du Dieu invisible» (Colossiens 1,15). Ici, nous lisons que nous serons conformes à son image. Il faut qu'il soit premier-né entre plusieurs frères. Et cependant, bien qu'il prenne la première place, nous lui serons semblables. La source de nos bénédictions est mise ici en rapport avec le résultat final - l'éternité avant la création du ciel et de la terre avec l'éternité après la dissolution du ciel et de la terre; le conseil du cœur de Dieu avec son parfait accomplissement, tel qu'il est présenté en 1 Jean 3, 2: « Nous savons que quand Il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est ». Nous serons manifestés comme fils de la résurrection (Luc 20, 36), comme fils de Dieu, lorsqu'il «transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire» (Philippiens 3:21).


A notre naissance déjà nous tournions le dos à Dieu: nous étions pécheurs. Mais Dieu nous a appelés. Il ne s'agit pas ici d'un appel général de Dieu, ordonnant à tous les hommes de se repentir. Nous avons dans ce passage l'acte en création de Dieu, «qui... appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient» (Romains 4, 17). Ceux donc qu'il a appelés, il les a aussi justifiés. Tout est vu ici du côté de Dieu et selon son conseil. Lorsque l'épître aux Romains fut écrite, tous les élus n'étaient pas encore effectivement appelés. En fait, un très petit nombre seulement l'a été, car ici il est question de l'élection avant la fondation du monde, et il n'en est parlé qu'à l'église, c’est un secret de l’église commençante cette élection dans l’amour. Israël, de même que les croyants après l'enlèvement de l'église, sont donc élus dès la fondation du monde (Apocalypse 13, 8; 17, 8; Matthieu 25, 34).

Mais il y a une conclusion encore plus importante à tirer de ces versets : Il nous a élus «en lui (Jésus-Christ) avant la fondation du monde». Cela signifie que cette élection est en dehors du temps, elle remonte avant que le temps n'ait commencé, et elle est pour l'éternité et non pas pour cette terre. Le verset 3 d’Ephésiens parle ensuite aussi de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes. Israël est le peuple choisi pour cette terre (Exode 19, 5 ; Lévitique 25, 2 et 23; Deutéronome 7, 6). Mais en Matthieu 25, 34 et suivants il est dit aux brebis également: «... héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde». Ce sont donc des bénédictions terrestres (le royaume), et elles sont ainsi en relation avec «le temps» (dès la fondation du monde).
Cela fait ressortir la position spéciale qui est la nôtre. Nous appartenons à une économie (le christianisme) et à un corps (l'église), qui sont en dehors du temps. Leur origine est avant la fondation du monde, lorsque Dieu les établit en Jésus-Christ. Ils ne sont pas de ce monde (Jean 17, 14 etc.) et subsisteront après que la figure de ce monde aura passé. Ils ont un caractère spirituel, éternel. Cela nous donne une intelligence claire du caractère de ce qu’est réellement le christianisme.

Dès lors non ! il n'y a pas la moindre preuve dans l'Ecriture que Dieu aurait décidé la perdition pour certains, qu'il aurait déterminé que certains hommes seraient perdus pour l'éternité. Au contraire, une telle assertion est en contradiction avec la révélation que Dieu a donnée de Lui-même dans sa Parole.
Est-ce que «notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés», et qui a donné son Fils unique, Jésus Christ, «en rançon pour tous», afin que tous puissent l'être, a destiné une partie de ces tous à ne pas y avoir part, mais à être perdus pour l'éternité? Cela serait scandaleux, indigne de le penser ! Souvenons-nous seulement des passages tels que Jean 3, 16; Romains 3, 22 et 1 Jean 2, 2: et il y en a de nombreux autres.
Non, Dieu soit béni, il y a une « élection », destinant de pauvres pécheurs uniquement à la gloire; mais jamais la parole de Dieu ne parle d'une élection pour la perdition. Au contraire, la parole de Dieu dit: «Que celui qui veut prenne gratuitement de l'eau de la vie» (Apocalypse 22,17), et «notre Dieu Sauveur... veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (l Timothée 2, 4).

Et si nous n'arrivons pas à concilier ces deux choses: l'élection, et l'invitation à venir adressée à tous, souvenons-nous que les pensées de Dieu sont élevées au-dessus de nos pensées (Esaïe 55, 9). Quel homme oserait prétendre être à même, par sa raison, de comprendre ou même de juger la sagesse et les voies de Dieu? La foi reçoit ce qu'Abraham exprimait déjà: «Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste?» (Genèse 18,25).

Je crois fermement qu’il est plus savant que nous et que son action est juste…

Comme l’écrit saint Augustin, qui vous donnera j’en suis certain toute tranquillité sur le point que nous avons abordé, vous faisant voir que cet « uniquement » porte à la fois sur une destination et une vocation au salut offerte à tous, qui concerne tous ceux qui sont absorbés par son amour et que Dieu connaît de toute éternité, à savoir tous les hommes choisis, et tous le sont, pour être changés et transformés par sa lumière : « Nous avons été choisis en Jésus-Christ et prédestinés avant la formation du monde, afin que nous fussions saints et immaculés à ses yeux dans la charité de Jésus-Christ. L'Apôtre dit clairement que si nous avons été élus et prédestinés, ce n'est nullement parce que Dieu prévoyait que nous serions saints et immaculés, mais afin de nous rendre tels par l'élection même de la grâce dont il nous a gratifiés dans son Fils bien-aimé. Quand donc il nous a prédestinés, il a connu par avance ce qu'il ferait en nous, c'est-à-dire qu'il nous rendrait saints et immaculés.

(…) Celui qui fait toutes choses, fait donc aussi que nous commencions à croire. Cette vocation dont il est parlé, n'est-ce pas celle dont il est dit : « Les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance (Rom. XI, 29.) »; et encore: « Non à cause de leurs oeuvres, mais par la volonté de celui qui appelle (Id. IX, 12.)? » Ne pouvait-il pas dire : Sinon par leurs oeuvres, du moins par leur foi? Enfin la foi elle-même n'a pu précéder cette élection dont le Sauveur nous dit : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis (Jean, XV, 16.) ». En effet, Dieu nous a choisis non point parce que nous avons cru, mais afin que nous croyions; car autrement le premier choix aurait été fait par nous, et, ce qu'à Dieu ne plaise, de la part de Jésus-Christ ce serait une erreur de dire : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis ». De même nous sommes appelés, non point parce que nous avons cru, mais afin que nous croyions; cette vocation, qui est sans repentante, a précisément pour effet de nous amener à la foi. (…) Dieu agit donc dans le coeur des hommes, par cette vocation selon le décret, et dont nous avons longuement parlé ; grâce à cette vocation, ils n'entendent pas en vain la parole de Dieu , mais après avoir entendu l'Evangile, ils se convertissent et ils croient , parce qu'ils regardent cette parole comme étant véritablement, non point la parole des hommes, mais la parole de Dieu. » (S. Augustin, De la prédestination des saints, ch.I, § XIX.)

Cette position à propos du caractère premier de l’action de Dieu en nous pour y faire surgir la foi, ce en quoi consiste « l’ élection », est magnifiquement confirmée par saint Thomas d’Aquin, en des lignes que devraient longuement méditer certains néo-thomistes : «l’homme ne peut mériter le secours divin. Toute chose en effet est comme une matière vis-à-vis de ce qui la dépasse. Or la matière ne se meut pas elle-même à sa perfection, elle y est par un autre. L’homme ne se meut donc pas lui-même dans l’acquisition du secours divin qui le dépasse, bien plutôt il est mû par Dieu. D’autre part la motion du moteur précède le mouvement du mobile et dans sa nature et dans sa cause. Le secours de Dieu ne nous est donc pas accordé parce que nous le méritons par nos bonnes oeuvres, mais bien au contraire nous progressons par nos bonnes oeuvres parce que le secours de Dieu nous prévient.
L’agent instrumental prépare à la perfection que se propose l’agent principal uniquement sous l’action de la vertu de celui-ci : par exemple la chaleur du feu ne prépare pas plus la matière à la forme de la chair qu’à une autre forme, si ce n’est dans la mesure où elle agit sous l’impulsion de l’âme. Or notre âme agit sous l’action divine comme l’instrument sous l’agent principal. Elle ne peut donc se préparer elle-même à recevoir l’effet du secours divin que sous la motion de la vertu divine. Elle est donc plus prévenue dans son action vertueuse par le secours de Dieu qu’elle ne prévient ce secours par son mérite ou sa préparation. » (Somme contre les Gentils, L.3E , 1489.)

Ecrit par : Eremo | mercredi, 09 avril 2008

Je crois intéressant de signaler dans cette note où la question de la "chair" a été soulevée, le grand mouvement ascétique qui traversa les premiers siècles du christianisme, bien loin des conceptions modernes, entraînant des hommes de Dieu au désert pour y suivre à la lettre la Parole du Seigneur : "Soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait".

Le désert de Scété eut à ce titre une destinée significative puisque la vie monastique s'y est perpétuée jusqu'à nos jours, (malgré les razzias meurtrières des Bédouins et la domination musulmane), le fondateur de ce grand centre de vie monastique n'étant autre saint Macaire d'Egypte, qui vint y demeurer vers 330.

L'éloignement des lieux habités par les séculiers est sans doute le trait le plus caractéristique de ce monachisme, si on le compare à l'ascétisme urbain. Un premier motif de cette «anachorèse» est le désir de diminuer les occasions de péché ; certains apophtegmes le disent clairement:

Un ancien racontait: Lorsque j'étais jeune, j'avais un abba qui aimait aller toujours dans de plus lointains déserts et à y vivre en hésychaste. Un jour donc, je lui dis: «Pourquoi, Abba, fuis-tu toujours dans les déserts? Car j'ai idée que celui qui demeure près du monde, le voyant et le dédaignant, a plus de mérite que celui qui ne le voit pas du tout». Le vieillard me répondit: «Crois-moi, mon enfant, tant que l'homme n'est pas devenu presque un ange, il ne tire aucun profit du monde. Quant à moi, je suis encore fils d'Adam; et comme mon père, quand je vois le fruit du péché, aussitôt je le désire, je le prends, je le mange et je meurs. C'est pour cela que nos pères ont fui dans les déserts où, ne trouvant pas ce qui excite les passions, ils supprimaient celles-ci plus facilement».

Cependant, le motif principal de la retraite du moine dans la solitude rejoint celui qui animait déjà la pratique du célibat chez les ascètes et les vierges de la primitive église; comme le renoncement au mariage, l'anachorèse et l'éloignement du tumulte des affaires du monde permet au moine de s'adonner au «souvenir de Dieu» et à la prière d'une façon aussi continuelle qu'il est possible ici-bas, et de tendre ainsi vers l'idéal de la «vie angélique».

Source inviolable de la sainteté, Notre Seigneur n'avait nul besoin pour s'éta­blir dans une pureté parfaite du secours extérieur de l'éloignement des hommes et de la solitude... Il se retire cependant sur la montagne, seul, pour prier (cf. Matth. 14,23), afin de nous apprendre que, si nous voulons nous aussi prier Dieu d'un coeur pur et vierge, nous devons comme lui nous séparer de l'agitation désordonnée des foules. Ainsi, en cette chair mortelle, nous pour­rons nous conformer déjà en quelque mesure à cet état bienheureux promis aux saints dans le monde à venir, et Dieu sera pour nous tout en tous .

La solitude favorise l'union constante avec Dieu. Mais elle le fait d'abord en permettant au moine de faire porter son effort spirituel sur son véritable terrain, celui des «pensées», c'est-à-dire celui des tentations, des mouvements intérieurs, des suggestions et inspirations bonnes ou mauvaises qui s'élèvent sans cesse en notre coeur. La solitude rend le moine attentif à ce monde intime, et va lui permettre de mener un «combat invisible» qui requerra de lui un effort constant, et par lequel il participera au combat rédempteur du Christ:

Vous savez vous aussi, mes chers frères, écrivait Abba Ammonas, que depuis la prévarication, l'âme ne peut connaître Dieu comme il faut si elle ne s'éloigne pas des hommes et de toute distraction. Car elle verra alors l'attaque de ceux qui luttent contre elle, et, si elle triomphe de l'attaque qui lui survient ainsi, l'Esprit de Dieu habitera alors en elle, et toute la peine sera changée en joie et en allégresse.

Cette attention intérieure (appelée aussi «vigilance», «garde du coeur», «sobriété spirituelle») est la clé de toute la méthode spirituelle des Pères du désert, qui revêt ainsi un caractère éminemment personnaliste. Pour eux, l'objectif de la formation spirituelle n'est pas d'obtenir du moine qu'il se conforme à une règle commune et adopte un certain nombre de comportements définis ; ils veulent amener leur disciple à être parfaitement lui-même, grâce à une totale expropriation de soi, en sorte que l'Esprit Saint qui vit en lui puisse devenir le principe de toutes ses actions. Or ceci requiert non seulement la rectitude objec­tive des actes, mais aussi une purification très affinée des motifs de l'agir, et un discernement averti des mouvements et inspirations intérieures.

Aux suggestions mauvaises, aussitôt démasquées, le moine doit opposer le «souvenir de Dieu», qui est une attention à la présence intime du Seigneur, soutenue par une invocation brève et fréquente. Puissions-nous nous souvenir quant-à-nous de la leçon qui nous est donnée par ces grands spirituels qui ne se faisaient aucune illusion à propos de la nature de la chair...

Ecrit par : Ammonas | jeudi, 10 avril 2008

Un peu mécanique, tout ça dans ses délits du plus mystérieux augure... ("ils veulent amener leur disciple à être parfaitement lui-même, grâce à une totale expropriation de soi, en sorte que l'Esprit Saint qui vit en lui puisse devenir le principe de toutes ses actions", par exemple).

S'agirait-il seulement d'un "discernement averti des mouvements et inspirations intérieures", à valoir encore sur la vie ? Et la pensée de la vie serait-elle donc un souvenir de Dieu ?

Difficile de résister à la nécessité d'une "illusion", de ce grand fait qu'elle pré-existe, n'est-ce pas ?

Ecrit par : Drageon | jeudi, 10 avril 2008

..."mécaniste", pardon.

Ecrit par : Drageon | jeudi, 10 avril 2008

Eremo, je vous remercie vivement et sincèrement de votre belle réponse et des éclaircissements que vous avez eu la bonté de m’apporter. Je pense qu’ils seront aussi utiles à d’autres qu’ils l’ont été pour moi. J’ai copiée votre billet et compte le relire et l’approfondir, car je ne me flatte pas d’avoir tout approfondi en une seule lecture. Je rends grâce de ce que vous n’ayez pas pris ma remarque en mauvaise part, mais que vous ayez entendu la redoutable interrogation spirituelle qui la motivait. Il n’y nulle trace de parole agonique en moi, rien de gratuit. Vous avez parfaitement saisis la nature de mon inquiétude : oui, c’est bien cette question de la prédestination si douloureuse à l’histoire de l’Eglise qui m’a serrée le cœur car vous ayant mal lu -mais vos explications étaient nécessaires pour moi - je croyais la voir ici défendue. Pardonnez-moi donc cette appelation de "calviniste", mais j'ai sincèrement cru reconnaître cette doctrine et ce n'était pas par désir de vous insulter que je l'ai utilisée, plutôt comme une "étiquette descriptive".

Lorsque je lis « toute âme en quête de Dieu, même si elle le nie et le rejette vigoureusement, montre qu’elle a déjà été « choisie » et fait donc partie de ceux que Dieu à préconnus avant la fondation du monde pour participer de sa glorieuse félicité. » (Ce que vous dites là me rappelle le mot fameux « tu ne me chercherais pas situ ne m’avais déjà trouvé »)et bien lorsque je lis cela je me sens rassuré, je le reconnais. De plus je conçois que Dieu puisse connaître les âmes puisqu’il est omniscient- ce qui m’épouvantait c’était l’idée qu’il puisse DECIDER de la damnation. Mais je vois bien que cette idée vous fait horreur.

« Et si nous n'arrivons pas à concilier ces deux choses: l'élection, et l'invitation à venir adressée à tous, souvenons-nous que les pensées de Dieu sont élevées au-dessus de nos pensées (Esaïe 55, 9). »
Comment ne pas être d’accord ? Je vous rejoins pleinement sur notre incapacité à comprendre la pensée de Dieu. Je me souviens de Ses paroles à Job…

Si j’avais pu avoir encore quelques inquiétudes, cette phrase les aurait dissipées :
« cet « uniquement » porte à la fois sur une destination et une vocation au salut offerte à tous, qui concerne tous ceux qui sont absorbés par son amour et que Dieu connaît de toute éternité, à savoir tous les hommes choisis, et tous le sont, pour être changés et transformés par sa lumière. » Qu'ajouter?

Une dernière chose.
L’idée que c’est Dieu qui se donne à nous, que le mouvement premier va du créateur à la créature n’a rien qui me choque -quoi de plus logique ? J’en déduis que le libre arbitre consiste alors en cette funeste liberté que nous aurions de refuser la grâce de Dieu ? Pardonnez une question qui vous paraitra peut être futile, mais je n’ai pas vos connaissances.
En effet, cette idée du libre arbitre me poursuit. Dieu se donne librement de son propre mouvement. Bien -il est le Dieu d’amour et c’est là une preuve absolue d’amour. Mais alors, où se situe notre libre arbitre exactement ? Ne peut-il se manifester que dans ce refus de la grâce que j’évoquais ? Est-il uniquement négatif, ou bien nous est-il donné d’agir pour notre élection ? Mais si nous sommes déjà élus par le Père tout puissant ? Je m’y perds, je le reconnais. Mais il s’agit peut être là d’une question dont la réponse n’appartient qu’au Père et échappe à nos lumières. Ce problème des rapports entre la liberté humaine et la volonté divine à beaucoup préoccupé Léon Bloy…

L’important est que vous m’avez beaucoup apporté Eremo. Je n’ai pas fini de méditer tout cela. Je reçois humblement ce qu’on me donne. De plus j’ai senti beaucoup de bonté dans votre billet, un réel désir d’éclaircir autant que vous le pouvez ce que la tradition nous apprend sur la volonté du Père. Je vous remercie donc infiniment d’avoir consacré du temps fraternellement aux peurs d’un pécheur qui ici au moins, ne sera pas un ingrat.

Bien à vous,Restif

Ecrit par : Restif | jeudi, 10 avril 2008

Restif a raison de nous rappeler que notre peur revêt d'étranges couleurs, dont ce couvert de la colère - pas repérable, en tout cas pas aussi facilement...

Je crois qu'il serait pourtant simple de parler "termes de besoin"... selon qu'il s'y absente et justifie par rien (pas même une autre colère), ou bien qu'il s'y annule...

Ecrit par : Drageon | jeudi, 10 avril 2008

Au revoir. Je crois que toute voie est désormais inutile - y préférant la compagnie de Dieu, de la joie, de la vie, et même de l'humeur...

A chacun la sienne !!

Ecrit par : Drageon | jeudi, 10 avril 2008

Une chose est certaine : on ne peut pas parler de la chair sans parler de la chute, chose insupportable aux yeux de ceux qui s'obstinent à voir une mystique dans ce qui est voué à la putréfaction et aux asticots. Comment s'en étonner quand au sein même de l'église catholique française, il y en a qui remettent en cause la notion de péché originel? Cette notion de chute était bien présente au cœur du peuple hébreu et il fallait, du reste, que l'humanité soit tombée bien bas pour que l'Eternel choisisse un peuple en particulier afin d'établir avec lui l'Arche d'Alliance. Cela suppose donc à contrario que les autres peuples en étaient indignes et que la connaissance divine devait être préservée et développée, d'où les règles très strictes énoncées dans le Lévitique. Elle a continué à être présente dans le judaïsme. Et à l'avènement du Christ, c'est toujours de chute qu'il s'agit : le judaïsme était alors tombé dans le formalisme et le bigoterie. La mission première de Jésus était donc de le régénérer et quand il dit :
" Je vous déclare que plusieurs viendront de l'orient et de l'occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. "(Mat. 8-11), il s'agit d'une prédiction car il savait que ce " peuple à la nuque raide " rejetterait son message. Toutefois, le Père, dans sa miséricorde, donna une dernière chance aux Juifs par l'intermédiaire de son Fils qui a totalement assumé la condition humaine puisqu'il a souffert dans sa chair pour ressusciter dans un "corps glorieux"*. Les Juifs, se faisant les agents aveugles de la volonté divine par la crucifixion de Jésus, et tout en perdant leur statut de peuple élu, permettent au Christ de rendre son message universel dans les deux sens du mot : à tout l'Univers et en retournant vers le Un. Rappelons-nous que le corps glorieux était celui d'Adam avant la Chute et le qualificatif de "nouvel Adam " a pu être de la sorte attribué au Christ. Sa résurrection confirme ces paroles : "Je suis l'Alpha et l'Omega" et "Avant qu'Abraham fut, je suis". Et les Juifs dans tout cela? S'ils ont perdu leur statut de peuple élu, ils n'en sont pas voués pour autant à la damnation éternelle ; non, ils ont accès, comme tout le reste de l'humanité, à cette possibilité de rédemption que le Christ est venu offrir à tous les hommes ; Dieu ne tient pas un casier judiciaire des péchés commis en cette vallée de larmes, le célèbre épisode de la femme adultère nous le rappelle quand le Christ dit à la femme infidèle "Va et ne pêche plus" il ne l'a pas morigéné, il ne lui a même pas fait de sermon car c'est cela la miséricorde divine : il nous sera pardonné si nous cessons de pécher et venons à résipiscence pour nous anéantir en Dieu à l'imitation du Christ: "Que ta volonté soit faite et non la mienne " et c'est précisément toute la quête du chrétien que d'y parvenir un jour : le chemin de la Croix, c'est le chemin de la Lumière.



* Voir à ce sujet sur le blog de Zacharias :

http://zacharias.hautetfort.com/archive/2008/04/01/zacharias-la-signification-et-le-sens-de-la-resurrection-de.html

Ecrit par : Thaddée | jeudi, 10 avril 2008

Donc, selon la conception à laquelle réagit Restif... si je suis damné d'avance... à quoi ça sert que je fasse des efforts pour être sauvé puisque Dieu m'a condamné avant même que je sois sorti du ventre de ma mère ? Autant me palucher sous la lune et me défoncer la tête et pisser sur les églises et baiser sans capotes jusqu'à ce que mort s'en suive.

Eh ! M'assassinez pas... c'est du Cynisme de pacotille... mais avec des questions...

Ecrit par : Nebo | jeudi, 10 avril 2008

On peut dire que le pénible goût pour les images scabreuses et volontairement déplacées est poussé assez loin chez le ridicule et scandaleux Hadjadj :


« Le Vrai Dieu-Vrai Homme s’est uni notre condition au point, non pas seulement de souffrir, ce qui dénote encore sa noblesse, mais aussi de subir nos servitudes physiologiques, depuis l’érection matinale jusqu’à la nécessaire excrétion. L’apparence seule est sacrilège. Derrière elle, à sa manière inouïe, se cache la jeunesse de la miséricorde divine. »

Fabrice Hadjadj, Pour une mystique de la chair.

Ecrit par : Henri | jeudi, 10 avril 2008

Jean-Paul II a pu affirmer en effet dans une allocution, se citant lui-même : « Le concile Vatican II l’a rappelé avec acuité : “ Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ” »

Il y a de quoi sursauter à une telle proposition car dire que Dieu « s’est fait proche de chaque homme » en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie, est une chose. Dire qu’il « s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » en est une autre.

Cette affirmation, extraite de Gaudium et Spes, respire en réalité positivement l'hérésie, symétrique de l’hérésie nestorienne, mais de sens contraire dont les conséquences désastreuses sur les folles affirmations de certains actuels littérateurs peu inspirés est d'une claire évidence.

Nestorius niait toute « communication des idiomes », ou échange entre le Fils de Dieu et le Fils de Marie, de leurs attributs et opérations propres, de telle sorte qu’il niait la maternité divine de Marie. Le concile d’Éphèse l’a condamné en 431, en proclamant la Vierge Marie “ Mère de Dieu ”, Theotokos. Puisque Marie a donné naissance à Jésus de Nazareth, elle est Mère de Dieu, car Jésus est Fils de Dieu, Dieu lui-même.

La nouvelle hérésie, introduite au concile Vatican II par le jeune archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, consiste, au contraire de l’ancienne, à affirmer une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Fils de Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était fait Dieu !

La vérité catholique est tout autre. Par son Incarnation, le Fils de Dieu n’est encore uni qu’à l’Immaculée, avec laquelle il ne fait qu’une seule chair pendant neuf mois. C’est ce que l'on appelle le « mystère nuptial » de l’union de Jésus et Marie, « en l’amour desquels confluent toutes les énergies et forces du Créateur et de la créature ». Pour s’unir tous les hommes, il lui faudra les arracher au Prince de ce monde par son sacrifice sur la Croix, et faire de Marie la Vierge-Mère d’un genre humain nouveau par le ministère des Apôtres : « Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé [ par son union à Jésus et Marie] ; celui qui ne croira pas, sera condamné [c’est-à-dire définitivement séparé de Jésus et Marie]. » (Mc 16, 15-16)

Tout cela est tellement vrai que le premier acte du cardinal Ratzinger devenu le pape Benoît XVI, fut de rayer cette hérésie du Catéchisme de l’Église catholique où le pape Jean-Paul II l’avait disséminée çà et là, comme des graines de poison cachées dans le pain des enfants !

Ecrit par : CQFD | jeudi, 10 avril 2008

Mon Dieu, "CQFD", vous venez, peut-être, de démontrer que le Pape ne serait donc pas, de ce fait, INFAILLIBLE !!!!!!

Ecrit par : Nebo | jeudi, 10 avril 2008

Le cardinal Ratzinger n’avait pas une autre analyse avant son élévation sur le trône de Pierre sous le nom de Benoît XVI. Dans son ouvrage "Les principes de la théologie catholique", il reconnaît au sujet de Gaudium et spes que « si l'on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu'il est, en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions dans le monde, une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre­Syllabus (…) Ce texte joue le rôle d'un contre-Syllabus, dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Église avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789 » [Cal. Ratzinger, Principes de théologie catholique, Tequi 1985, p. 426-427.].

D'autres de ses pages sont d’ailleurs des plus éclairantes pour manifester l’état d’esprit qui régnait au moment du Concile : « Je trouvais l'atmosphère de plus en pus effervescente dans l'Église et parmi les théologiens. On avait de plus en plus l'impression que rien n'était stable dans l'Église, que tout était à revoir. Le Concile apparaissait de plus en plus comme un grand parlement d'Églises capable de tout modifier et remodeler à sa manière. Le débat du Concile fut de plus en plus présenté selon le schéma partisan propre au système parlementaire moderne. (…) Mais il existait un processus encore plus profond. Si les évêques de Rome pouvaient changer l'Église, voire la foi (c'est l'impression qu'ils donnaient), pourquoi eux seuls, à vrai dire ? On pouvait ‑ semblait‑il ‑ modifier la foi, contrairement à tout ce que l'on avait pensé jusqu'alors ; elle semblait ne plus se soustraire au pouvoir de décision humain, mais c'est celui‑ci qui paraissait la définir (…) Le credo ne semblait plus infaillible, mais soumis au contrôle des spécialistes (…) Si j'étais rentré dans mon pays encore porté par le sentiment du joyeux renouveau qui régnait partout à la fin de la première session conciliaire, je m'inquiétais aussi du changement de climat de plus en plus flagrant dans l'Église » [Cal.Ratzinger, Ma vie mes souvenirs, Fayard 1998, p. 115-118.].

Ecrit par : Pierre | jeudi, 10 avril 2008

En tant que théologien privé, ce qui a toujours été affirmé par le droit canon, non le pape n'est pas infaillible et ses positions n'engagent que lui-même Nebo ! tout le monde le sait, sauf vous apparemment....

Ecrit par : Jules | jeudi, 10 avril 2008

Ben j'en apprends tous les jours... sans vouloir faire le zouave.

Ecrit par : Nebo | jeudi, 10 avril 2008

Henri, Hadjadj s'est converti au catholicisme, pas au christianisme...

Ecrit par : Ronin | vendredi, 11 avril 2008

le paradoxe d’Augustin, qui fait aussi sa richesse et qui explique pourquoi il a pu inspirer, au sein du christianisme, des théologies tellement divergentes, tient à la diversité de ses adversaires. S’il affirme, dans le traité De libero arbitrio, l’existence du libre arbitre contre les manichéens qui attribuaient au divin la responsabilité du mal, il tend, contre les Pélagiens, à en minimiser le rôle dans l'œuvre du salut, sous prétexte que l’homme a, par le péché originel, perdu l’usage de cette faculté : « amissa libertas, nulla libertas » (« liberté perdue, liberté nulle »). Seule la grâce, gratuitement octroyée par Dieu, peut accomplir l'œuvre du salut. Gardons en mémoire cette position paradoxale, qui fait que les Réformateurs et les catholiques pourront, sans contradiction, se revendiquer d’Augustin dans les controverses au sujet du rôle respectif de la grâce et du libre arbitre dans l'œuvre du salut.


"L’homme possède le libre arbitre ; ou alors les conseils, les exhortations, les préceptes, les interdictions, les récompenses et les châtiments seraient vains (Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q. 83, a. 1, rép.)"

Ecrit par : R. (préoccupé...) | vendredi, 11 avril 2008

Au concile, les théologiens progressistes présentèrent un front uni sur les principales questions doctrinales, mais des divergences se firent jour parmi eux au fil des discussions sur la version préliminaire de « l’Église dans le monde de ce temps » (Gaudium et Spes).

Largement influencé par le père Marie-Dominique Chenu, le texte proposait une démarche « incarnée » : il fallait rechercher dans les mouvements sociaux et culturels contemporains les signes d’une soif spirituelle à laquelle l’Église répondrait en annonçant le Christ. Le père Chenu parlait à ce propos de « pierres d’attente » prêtes à recevoir d’autres pierres qui viendraient s’y imbriquer. Il voulait que l’Église discerne « les signes des temps » et que sa première réponse soit le dialogue, dans le respect de l’autre. Il s’agissait en somme de transposer, dans l’ordre de la société et de l’histoire, le rapport entre la nature et la grâce tel que le conçoit le thomisme.

À l’instar d’autres théologiens allemands, Joseph Ratzinger trouva que le texte sous-estimait la réalité du péché dans le monde, qu’il confondait nature et surnaturel, et que les notions de « monde » et d’« Église » y étaient floues. La présentation du monde contemporain n’y dépassait guère l’arsenal des clichés sociologiques, et les références au Christ et à son œuvre y avaient l’air de morceaux rapportés, comme si on les avait ajoutées après coup sans trop savoir qu’en faire. Le document, déclara Ratzinger, alimentait « l’illusion qu’il est possible de dresser de l’homme un portrait philosophique rationnel intelligible à tous et propre à rallier tous les gens de bonne volonté, portrait auquel la doctrine chrétienne s’ajouterait à la manière d’une touche finale ». Il aurait préféré que le document parte « du credo chrétien, lequel, justement parce qu’il s’agit d’une profession de foi, peut et doit établir son intelligibilité et sa rationalité propres ». Le dialogue se substituait à la profession de foi. Au plan épistémologique, on serait allé plus loin en exploitant la distinction augustinienne entre science et sagesse qu’en suivant Thomas d’Aquin; pareillement, on aurait évité la coloration semi-pélagienne du texte et des concepts en présentant plus résolument la Croix comme lieu incontournable de contradiction entre l’Église et le monde.

Le document fit l’objet de révisions inspirées par les commentaires des Allemands, mais les remarques ultérieures de Joseph Ratzinger sur les premières versions de Gaudium et Spes montrent que ses principales critiques lui semblaient toujours pertinentes.

Sans qu’on l’ait beaucoup remarqué à l’époque, ces échanges révèlent les lieux de divergence entre Joseph Ratzinger et les représentants de la tendance thomiste. (Notons au passage que, tout en partageant de nombreux points de vue, notamment en matière de liturgie et d’exégèse, Karl Rahner et Joseph Ratzinger ne vivaient pas, au dire de ce dernier, sur la même « planète théologique ».) En fait, de son « Introduction au christianisme » (Einführung in das Christentum, 1968) à l’homélie qu’il a prononcée le jour de son intronisation comme pape, Joseph Ratzinger a montré ses couleurs avec constance...et c'est heureux !

Ecrit par : CQFD | vendredi, 11 avril 2008

Un pape chasse l'autre... Il y eut Léon XIII puis son successeur. JP 2 et aujurd'hui Benoit 1-. Demain?
Tout cela ne m'intéresse pas, ou peu. Eremo lui, nous donne des textes de Saint Augstin et de l'Aquinate, de Saint Paul et de l'Evangile, ainsi que la première parole : vetero testamentaire.
La place du libre abritre est centrale. Saint Augustin lui-même n'a pas toujours tenu le même discours selon ses interlocuteurs... Saint Thomas semble lui trés clair (pour ces deux docteurs voir plus haut : "mes" citations) mais quelques lignes ne peuvent suffirent. j'espère qu'Eremo aura le temps d'une réponse. Car il a prouvé connaître et Saint austin et Saint Thoms d'Aquin. De plus, on le sent soucieux de ne pas blesser les âmes qui ont soifs. Son ton est ...apaisant.

Ps Zak, si le coeur vous en dit sur de telles questions... Mais d'Aquin vous l'avez dit n'est point votre nourriture favorite. (je reviendrais plus tard sur la question de la douleur et sur le corps. Car je me demande si l'esprit, avec son orgeuil cause de la chute n'est pas encore plus le terrain favori du démon? Plus que la chair? Je l'ignore, je m'interroge. (vu l'omniprésence de la chair aujourd'hui, cette vianbde de boucherie à lucre partout étalée).
Mais je reposerais mes questions. Votre texte ne manquait pas d'intérêt, très loin de là. tout ce dialogue m'apporte beaucoup, et je suis heureux de pouvoir parler entre gens "de bonne volonté". C'est précieux.
Mais les questions ici abordées sont si essentielles... Le libre arbitre; l'élection du Père...

Ecrit par : Restif | vendredi, 11 avril 2008

Un pape chasse l'autre... Il y eut Léon XIII puis son successeur. JP 2 et aujurd'hui Benoit 1-. Demain?
Tout cela ne m'intéresse pas, ou peu.



Certes ! Il n'y a qu'un Pape!
Il n'en demeure pas moins que Benoît XVI est le Pape providentiel en ce qui concerne la liturgie !

Ecrit par : Jean-Pierre | vendredi, 11 avril 2008

Cette question du libre arbitre semble bien l'épine qui déchire l'augustinisme...
En effet -comme j'ai pu le lire chez R - in ne voit pas comment Dieu pourrait avoir ses élus et en même temps accorder le libre arbitre aux hommes. Il y a là une faute de logique grave que Restif a eu raison de pointer.

Ecrit par : Veuillot | dimanche, 13 avril 2008

Il n'y a pas que dans Gaudium et spes que Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, a introduit des thèses naturalistes hérétiques portant sur une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était devenu Dieu.
Dans une autre encyclique (Dominum et vivifican­tem, 18 mai 1986), Jean-Paul II affirme la prétendue habitation de l’Esprit Saint « dans le cœur de chaque homme ». Le Saint-Esprit « est donné aux hommes. Et de la surabondance de ce Don incréé, chaque homme reçoit dans son cœur le don créé particulier par lequel les hommes deviennent participant de la nature divine. Ainsi, la vie humaine est pénétrée de la vie divine », écrit-il d'une manière stupéfiante.
Or par cette encyclique proclamée du haut de son autorité pontificale, Karol Wojtyla ruine en fait la théologie catholique concernant les sacrements, source de la grâce.
En effet si tout le monde a le Saint-Esprit, à quoi bon se faire bapti­ser, aller se confesser, recevoir l'eucharistie, etc ?
Nous retrouvons, encore et toujours ce nouveau dogme impie et hérétique de l « ’homme-dieu » qui conduit à la divinisation de l'homme en tant que tel, c'est-à-dire du seul fait qu'il soit homme (la fameuse "dignité de la chair"), et à la naturalisation de Dieu dont les échos se font sentir dans les terribles travers justement dénoncés dans cette note et sur lesquels prospèrent les thèses scandaleuses de nombreux littérateurs peu sérieux.

Ecrit par : Pierre | dimanche, 13 avril 2008

Vous avez raison Pierre, Karol Wojtyla reprend certaines hérésies anciennes à propos de la communication des idiomes dont les conséquences sont des plus péverses. Mais il sut également faire preuve de créativité. On lui doit, en effet, une invention originale. L’obstination dans le paga­nisme serait... le fruit du Saint-Esprit!

« Le Saint-Esprit est même mystérieusement présent dans les religions et cultures non-chrétiennes » (allocution du 26 mars 1982). Ceci est évidemment faux, car contraire à la Sainte Écriture: « Tous les dieux des nations païennes sont des démons » (Psaume XCV, 5). Une fois de plus, on arrive au même constat: Wojtyla fut un pourvoyeur discret de tendances hérétiques, car celui qui tient le contraire de ce qui a été clairement révélé dans la Bible est ipso facto hérétique (St. Thomas: Somme théologique, I, q. 32, a. 4).

Quiconque étudie les religions non-chrétiennes se rend compte très vite qu’elles sont un tissu d’absurdités et même de turpi­tudes. Eh bien, désormais, l’adhésion à de telles erreurs doit être imputée au Saint-Esprit. Citons Wojtyla: « La fermeté de la croyance chez ceux qui professent les religions non-chrétiennes provient de l’Esprit de Vérité » (encyclique Redemptor homillis, 4 mars 1979).

Il existe des traductions de Redemptor hominis qui sont inexactes: la fermeté des païens serait « parfois un effet de l’Esprit de Vérité », La divergence qui existe parmi les traducteurs exige un examen du texte latin officiel de l’encyclique. Le voici: « Nonne in­terdum firma persuasio non christianas religion es profitentium ­quae et ipsa procedit a Spiritu veritatis. extra fines aspectabiles Corporis mystici operante - forsitan confundat christianos... ? », Une traduction correcte se formulerait ainsi: « N’arrive-t-il pas parfois que la conviction ferme de ceux qui professent les religions non-chrétiennes - qui procède, elle aussi, de l’Esprit de Vérité, opé­rant au-delà des frontières visibles du Corps mystique - ne fasse honte aux chrétiens...? ».

Il est vrai que la phrase se trouve à la forme interroga­tive, mais elle comporte cependant en son milieu une affirmation. Le « quae et ipsa » se rapporte à la « firma persuasio ». La proposition affirmative insérée au milieu de la phrase interrogative est celle-ci: « firma persuasio non christian as religion es profitentium procedit a Spiritu veritatis, extra fines aspectabiles Corporis mystici opérante ». Ce qui revient à affirmer que l’obstination dans le paganisme anti-chrétien procède du Saint-Esprit et là, qu'on l'accepte ou non, nous sommes bien face à une manifeste hérésie !

Ecrit par : CQFD | dimanche, 13 avril 2008

Analyse très juste, merci pour votre mise en lumière du texte. Pour compléter ceci, voici un florilège non exhaustif des déclarations hérétiques, ou favorisant l’hérésie en l’insinuant, de Mgr Karol Wojtyla devenu Jean-Paul II, qu'il convient d'avoir en mémoire lorsque l'on examine les thèses contemporaines de beaucoup d'auteurs qui précisément s'appuient sur les affirmations de l'ancien pontife pour soutenir de grossières vues scandaleuses :



« Par l’Incarnation, le Fils de Dieu s’est uni d’une certaine manière à tout homme.» (Conciliabule dit V 2, “Gaudium et spes” n° 22 ; Karol Wojtyla, “Redemptor hominis” n° 8, 13)

« Chaque homme a été inclus dans ce mystère de la rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun pour toujours à travers ce mystère...
L’homme dans toute la plénitude du mystère dont il est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun des quatre milliards d’hommes vivant sur notre planète, dès l’instant de sa conception près du coeur de sa mère.» (Karol Wojtyla, “Redemptor hominis” n° 13)

« Tout homme sans aucune exception a été racheté par le Christ, parce que le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans exception, même si ce dernier n’en est pas conscient.» (Ibid. n°14)

« Selon le mystère de la rédemption, le Christ uni au Père et avec tout homme nous communique continuellement cet Esprit qui met en nous les sentiments du Fils et nous tourne vers le Père.» (Ibid. n°18)

« Le Christ est venu donner l’ultime témoignage de l’admirable alliance de Dieu avec l’humanité, de Dieu avec l’homme, avec chaque homme.» (K.W., “Dives in misericordia” n° 7)

« L’homme est au coeur même du mystère du Christ, l’homme est dans le coeur du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et cela depuis le début. N’a-t-il pas été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ? » (K.W, au Bourget, 1/6/1980)

« Désormais et toujours, sans regret et sans retour, Dieu sera avec toute l’humanité, devenu un avec elle, pour la sauver et lui donner son Fils le Rédempteur... L’Incarnation confère pour toujours à l’homme son extraordinaire, unique et ineffable dignité.» (K.W., 25/3/1980)

« Dans l’Esprit-Saint, chaque personne et chaque peuple sont devenus, par la croix et la résurrection du Christ, des enfants de Dieu, des participants de la nature divine, et des héritiers de la vie éternelle.» (K.W., Discours à Manille, n° 2)

« L’Eglise, enracinée dans les secteurs variés de la vie de toute l’humanité contemporaine, acquiert la certitude, et on dirait même l’expérience, qu’elle est proche de l’homme, de chaque homme, qu’elle est son Eglise, l’Eglise du peuple de Dieu.» (Karol Wojtyla, “Redemptor hominis” n° 22)

« Si ce corps mystique du Christ est le peuple de Dieu.., cela signifie que tout homme est dans ce corps, pénétré par le souffle de vie qui vient du Christ.» (Ibid. n°18)

« La communion entre Dieu et les hommes a son complément définitif dans le Christ-Jésus, l’Epoux qui aime et se donne comme Sauveur à l’humanité, en l’unissant à lui comme son corps.» (K.W., Familiaris consortio, 22/11/1981)

Cette doctrine hérétique, ce néo-panthéisme, néo-humanisme, (pernicieuses théories universalisées par Karol Wojtyla et soutenues notamment par Karl Rahner et Hans Küng), fait fi de la nécessité du Baptême et de l’appartenance à l’Eglise pour être salutairement uni à Notre Seigneur, le demeurer, participer à sa vie divine par la grâce et être sauvé.

Elle va même logiquement jusqu’à confondre la notion d’Eglise avec celle du genre humain : dès lors, appartenir au genre humain impliquerait nécessairement l’union à Dieu pour toujours...

Ecrit par : Pierre | dimanche, 13 avril 2008

A propos de "La Vie sexuelle" de Catherine Millet qui nous relate comiquement ses exploits de façon complaisante dans tous les kiosques ferroviaires, voici ce qu'en dit Fabrice Hadjadj complètement désorienté par la cathéchèse wojtylienne :

- "Cette utopie d'une disponibilité intégrale dans l'amour correspond très exactement à la foi en une chair ressuscitée qu'à l'infini dilate et unit aux autres chairs l'unique vision de Dieu." (La Profondeur des sexes, p. 260).

On pourra donc vraiment rire de ce commentaire de Patrick Kéchichian dans son article du "Monde des livres" paru dans l'édition du 04.04.08 sous le titre archi stupide "Le sexe est l'avenir de l'homme" :


"Le livre de Fabrice Hadjadj est riche en multiples suggestions. L'auteur, si l'on met de côté quelques raccourcis, renverse un ordre mal perçu de l'esprit. Un certain moralisme chrétien sommaire assigne à la chair le rôle exclusif de complice du péché. Eloignant ce qui les trouble, les "gentils catholiques" fuient le vertige auquel les expose une interrogation active sur la "profondeur des sexes". Le mérite d'Hadjadj est de leur démontrer combien cette fuite est malheureuse. Coupable. "

Or, bien loir de fuir le vertige auquel nous expose une interrogation active sur la prétendue "profondeur des sexes", nous en dénonçons la fallacieuse prétention à vouloir se donner comme une extase religieuse soi-disant « vertigineuse » et l'erreur théologique radicale, et surtout foncièrement hérétique, qui sous-tend tout ce discours ridicule.

Ecrit par : Radek | dimanche, 13 avril 2008

A toutes fins utiles il faut savoir que Catherine Millet a été capable de comptabiliser quarante-neuf hommes dont elle a pu dire que "leur sexe a pénétré le sien" et auxquels elle peut attribuer un nom ou au moins une identité. Elle s'est par contre déclarée incapable d'estimer le nombre de ceux qui se confondent dans l'anonymat des partouzes ou dans d'autres circonstances de sexualité anonyme et plurielle.


http://www.arlindo-correia.com/catherine_millet_2.html

Ecrit par : Jean-Pierre | dimanche, 13 avril 2008

La sexualité revisitée par Jean-Paul II:
Une bombe à retardement théologique qui n’a pas encore explosé... mais ca vient ...


Avec le recul, cela semble se vérifier!


http://www.naturisme-chretien.net/2.html

Ecrit par : Enzo | dimanche, 13 avril 2008

Une révolution en matière de sexualité, oui ! c’est effectivement ce qu’a réalisé Jean-Paul II en distillant un enseignement nouveau pendant plus de 4 ans, lors de ses catéchèses du mercredi consacrées à l’amour humain dans le plan divin.

C'est au cours de la dernière audience, le 28 novembre 1984, qu'il a révélé son intention première et donné le titre de tous ces enseignements : "Théologie du corps"...

On sait à présent de quoi il en retourne !

Jean-Paul II à considéré la sexualité humaine d’un point de vue complètement différent, en postulant incroyablement une vocation des personnes à la "communion sexuelle", sur le modèle de la "communion spirituelle" des personnes divines, ce qui est extrêmement audacieux.

Il s'agit donc bien d'une révolution, au sens étymologique, c’est-à-dire un renversement radical de perspective. On a connu la " révolution copernicienne " en astronomie, on ne tardera pas à parler de " révolution wojtylienne " en matière sexuelle ! L’enseignement de Jean-Paul II dans sa théologie du corps constitue ainsi une modifiication brutale de la position de l'Eglise depuis des siècles. Mais il y a fort à parier qu'elle ne soit que très faiblement en conformité avec l'enseignement traditionnel.

Ecrit par : André | dimanche, 13 avril 2008

Karol Wojtyla, aumônier d’étudiants et de jeunes couples, avait beaucoup travaillé les questions du corps en Pologne dans des cercles de réflexion. Professeur de philosophie, il était pétri du personnalisme et de la phénoménologie, réalisant dès 1960, dans son ouvrage Amour et responsabilité, une synthèse encore inédite entre philosophie et théologie sur cette question du corps et de la sexualité. Il y écrivait en effet : «Goûter le plaisir sexuel sans traiter pour autant la personne comme un objet de jouissance, voilà le fond du problème moral sexuel.»

Paul VI était informé des travaux de l’archevêque de Cracovie. Il lui avait même demandé en 1965 de participer à la commission préparatoire de Humanae vitae : ce que les autorités polonaises de l’époque n’avaient pas rendu possible.

Ce fut là une occasion ratée qui explique le soin pris par Jean-Paul II, dès 1979, moins d’un an après son élection sur le trône de Pierre, pour exposer avec ampleur, et sous un jour nouveau, sa vision de la sexualité.

Non pas un anti-Humanae vitae, mais un autre Humanae vitae…


A lire :


La Sexualité selon Jean-Paul II, d’Yves Semen, Presses de la Renaissance, 230 p, 17 €.


-Homme et femme, il les créa. Une spiritualité du corps, de Jean-Paul II, Cerf, 694 p, 29 €. Publié entre 1979 et 1984, en différents volumes par le Cerf, cet enseignement de Jean-Paul II, théologie du corps, délivré au long des catéchèses du mercredi.


-Personne et acte de Karol Wojtyla, Le Centurion, 340 p, 20 €, livre de philosophie situe le personnalisme du professeur Wojtyla. C’est un livre source.


-Amour et responsabilité de Karol Wojtyla, Stock, 284 p. Préfacé pour l’édition française en 1965 par le P. de Lubac, ouvrage, publié en Pologne dès 1960, contient la vision du futur Pape sur la question de la personne et sur la sexualité.

Ecrit par : Louis | dimanche, 13 avril 2008

tout ceci est très troublant!
A votre avis, est-ce que cela a réellement influençé le clergé!
Cela me semble important, car après tout c'est quand même eux qui donnent les directions à suivre!
Cela pose aussi la question de la liturgie; en effet, toutes les dérives qui se sont produites depuis vatican II, à savoir les messes spectacles avec danses etc. sont-elles directement issues de cette vision!

Ecrit par : Jean-Pierre | dimanche, 13 avril 2008

"La fille publique offre une image plus forte que la rombière étriquée, et notre libertine [Catherine Millet] apparaît comme un guide plus sûr que telle sainte-nitouche dont la "monotogamie" n'est qu'une avarice confortable. Bien qu'elle la déploie sous une modalité trompeuse, elle ne méprise pas, du moins, l'extension céleste de son corps." (La Profondeur des sexes, p. 261).

Paroles incroyables du nouveau théologien expert en sexualité transcendante.

Mais écoutons Catherine Millet nous parler de, selon l'expression de Fabrice Hadjadj qui confond mystique d'union et pornographie, de "l'extension céleste de son corps" :

- "Je pourrais réunir beaucoup d’anecdotes liées à l’usage que je fis pendant des années de mon anus, aussi régulièrement, sinon plus parfois, que de mon vagin. (...) Pour quelle raison – période d’ovulation? Blenno? – m’est-il arrive, dans une partouze où on contraire il y avait foule, de ne baiser qu’avec mon cul? (...) J’entends les hommes près de moi se passer le mot en chuchotant: “Elle veut qu’on l’encule”, ou prévenir celui qui s’oriente mal: “Non, elle ne se fait prendre que par-derrière.”

- "J’aime beaucoup sucer le sexe des hommes. J’y ai été initié quasiment en même temps que j’ai appris à diriger le gland décalotté vers l’autre entrée, la souterraine. Dans ma naïveté, j’ai d’abord cru qu’un pompier était un acte sexuel déviant (...) il y a une obscure identification au membre que l’on s’approprie. La connaissance que l’on acquiert, à travers l’exploration menées simultanément du bout des doigts et de la langue, des moindres détails de son relief comme de ses plus infimes réactions, est peut-être supérieure à la connaissance qu’en a son propriétaire même. Il en résulte un ineffable sentiment de maîtrise : une minuscule vibration du bout de la langue, et voilà qu’on déclenche une réponse démesurée. À cela s’ajoute que prendre à pleine bouche procure plus nettement l’impression d’être remplie que lorsque c’est le vagin qui est occupé. La sensation vaginale est diffuse, rayonnante, l’occupant semble s’y fondre, tandis que l’on peut tout à fait distinguer les doux attouchements du gland à l’extérieur ou à l’intérieur des lèvres, sur la langue et sur le palais et jusque dans la gorge. Sans parler du fait que, dans la phase finale, on goûte le sperme. (...) Lorsque la fellation est bien menée, que je prends mon temps, avec le loisir de réajuster ma position, de varier le rythme, alors je sens venir d’une source qui n’a pas de lieu dans mon corps une impatience qui afflue et concentre une immense énergie musculaire là, à cet endroit dont je n’ai qu’une image imprécise, au bord de ce gouffre qui m’ouvre démesurément. (...) Je lèche d’une langue prodigue, jusqu’aux couilles qui se gobent si bien. Mouvements entrecoupés de stations plus longues sur le gland où la pointe de la langue décrit des cercles, à moins qu’elle ne s’adonne à des agaceries sur l’ourlet du prépuce. Et puis, hop ! Sans prévenir, je ravale tout et j’entends le cri qui transmet son onde à l’armature forgée à l’entrée de mon con."

http://www.arlindo-correia.com/catherine_millet_2.html

Vous auriez pu en douter pourtant vous devriez regarder ces témoignages, mécréants que vous êtes, comme relevant « d’une soif de la réalité mystique » (sic), soif qui nous est expliquée "par un guide plus sûr que telle sainte-nitouche"...

Je suis d’ailleurs presque certain que les lectrices et surtout lecteurs de "Famille Chrétienne" et "Prier en Eglise" apprécieront grandement les détails de ces extases qui relèguent comme de vieilles antiquités obsolètes d'un temps définitivement dépassé où le corps n'avait pas encore été reconnu dans sa moderne "dignité", les visions de sainte Maguerite-Marie et Catherine de Gènes, sachant qu’à présent il vous est affirmé avec enthousiasme qu'il s'agit de vous ouvrir, par une vision renouvelée, à une forme originale de "l'extension céleste du corps".

Effectivement, comme nous le constatons, nous entrons joyeusement dans l’ère de la « Mystique de la chair »... qu'il faut dévorer généreusement à pleine bouche sans doute !

Ecrit par : Zak | dimanche, 13 avril 2008

Mais Hadjadj ne fait que régler sa dette! Il a été interrogé dans Artpress pas Jacques Henric. Or qui est Jacques Henric? Le mari de C. Millet (il en est très fier le pauvre cocu).

M. Hadjadj qui se f... de Dieu tient simplement à son statut d'intello et surtout -ah oui surtout! -à entetenir ses réseaux. D'où son bonheur d'être adoubé par Sollers qui n'aurait jamais débattu avec un vrai chrétien...


Ps Ah pour finir de raconter l'histoire de Boccace dans le Décaméron 'cf Derek) : a la fin le juif rentré de Rome -son ami est terrifié à la pensée de ce qu'il a vu- et bien ce juif se convertit :"car seule une religion sainte, sacrée et voulue par Dieu lui-même peut continuer d'exister, de s'étendre d'avoir saints et croyants avec d'aussi atroces débordements chez ses maîtres". (Boccace, Décaméron)
A cette époque, le péché ne terrifiait pas... (Bloy dit de fort belles choses là dessus)

Ecrit par : Restif | lundi, 14 avril 2008

Bien vu Restif !

J'ai eu comme vous l'idée baroque d'aller sur la page de M. H !
Figurez-vous qu'il est invité au colloque sur Benoîte Rencurel lors des festivités pour la reconnaissance officielle des apparitions à Notre-Dame du Laus!
Le 3 mai à 20h30, une conférence à plusieurs voix réunira le pédopsychiatre Marcel Rufo, l'écrivain Marek Halter et le théologien Fabrice Hadjadj sur le thème de la réconciliation avec soi-même, avec les autres, avec Dieu.


les "gentils catholiques" viendront donc écouter pieusement le philosophe, enseignant, journaliste, dramaturge, père de famille, théologien, catholique hors norme qu’est Fabrice Hadjadj discourir sur l'érection matinale du Christ, la profondeur des sexes l’union conjugale de Robert et Micheline Tripied qui devient signe vivant de l’union du Christ et de l’Église...

La veulerie de l'église catholique est sans fin!

Ecrit par : Jean-Pierre | lundi, 14 avril 2008

"Impressionné, à chacune de mes rencontres avec Sollers, par sa mémoire, sa culture, ses dons de lecteur, la façon qu’il a de décortiquer un manuscrit, d’en pointer les qualités et les faiblesses, sa faculté d’analyse face à des situations nouvelles, sa disponibilité de temps et d’esprit, sa générosité." (signé Jacques Henric, - http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=440 )

Et oui, Jean-Pierre, c'est bien cet Henric, l'intervieweur de Hadjadj, l'heureux mari de la si libre Catherine Millet chantée par le suave Fabrice comme suprêmement prééminentes aux infâmes "rombière étriquées" sermonnées de la belle manière par le charitable Hadjadj, cet ami peu ingrat si digne d’un tel titre. C’est bien cet Henric qui sans complaisance indigne d’un être aussi affranchit nous décrit la chance qu’il eût de croiser un contemporain capital… Le catholicisme est en de bonnes mains – qui n’a pas vu la photo en crucifié de Mm Millet évidemment nue pourrait injustement en douter. Nous sommes entre gens de bonne compagnie. Maîtresse et femme de notre Ubu-catho si bien flattées par Henric à colonnes que veux-tu en peuvent témoigner.
C’est « tournez sabbat » décidément que ce petit monde croupissant. Ah, ça s’entrelèche à bave que veux-tu, se pourlèche l’encensoir, c’est doux câlins et mignardises - on se tripote l’inconsistance, on se dorlote la boursouflure. Ah, c’est que ça se paluche la viande onctueuse les piteux satrapes, les très déshonorants régents intellectuels qu’une époque stercoraire et ignoblement piteuse s’est donnée comme quelque souillon travaillée de sales chaleurs ouvre sa barbaque rancie à l’émincé de purulence d’un satyre de passage.
C’est de la grasse bidoche suintante nos éminences, ça s’astique dru la vanité chez les diva rampantes –mamours pattes de velours et bichonnage -tant d’ébats gouzi-gouzi frotti-frotta pour finir dans les blennorragies de l’âme, des sanies à soulever le cœur d’un honnête ruffian, finir méprisés par tous les êtres un peu fière. Se damner à bas prix… comme on a vécu.

La Millet n’est pas la plus coupable à mes yeux cerclés des lunettes de la superstition qui voient dans le conjoint le guide spirituel, mais son maquereau de mari. C’est lui –il s’en est vanté tant nous sommes dans une époque où le déshonneur n’existe plus –qui fit argent des contorsions de sa rombière qu’il photographia et poussa à l’avilissement, Henric dont les sophismes vérolés et la maïeutique de lupanar dota Hadjadj de la nouvelle icône catholique française. Pauvre jeune fille fracassée par un pervers qui n’est qu’un pétillement de mouches bleuâtres ivres de pus, c’est au fantôme de celle que tu fus que va ma pitié et ma prière, Saint François d’Assise embrassa le lépreux et je n’ai pas honte de pleurer sur ta pureté fanée. Je gémis de cette innocence saccagée –ne sommes nous pas tous solidaires ? Puisse Dieu punir d’abord ceux qui pervertirent Sa créature.
Mais comment diantre es tu fabriqués homme capable de pourrir, de faisander jusqu’à la moelle celle qui doit être ta compagne sur la longue route, ton amie-amante et la mère de vos enfants si l’union est bénie ? L’Evangile, l’indiscutable, me dit que tu es mon frère mais de toi je ne comprends rien. Débiter à l’encan les plus intimes chuchotements, profaner les plus tendres et âpres secrets de l’amour. Ravaler au rang d’immondes chienneries publiques ces moments qui n’existent que pour deux êtres perdus dans leur mutuel éblouissement… Je te crois possédé, ou je n’y comprend décidément rien.

Je ne voulais que montrer le petit cercle de complicité qui unit ces êtres qui n’ont d’importance que par ce qu’ils souillent. Dévoiler l’insigne malhonnêteté de ces beaux prêcheurs de moral si prompt à l’insulte et à la posture de l’honnête homme outragé, eux qui sont sur le trottoir de la gloriole médiatique des bonnes filles à cinq sous la passe qui se passent et repassent l’encensoir et le coup de chapeau. La seule chair qui intéresse ces êtres avides de l’écho stérile de leur nom, lamentables êtres effroyablement secs dépouillés de toute noblesse, squelettes où n’adhèrent que des lambeaux de vanité vermineuses, c’est la chair déjà presque liquide de leur visage reflété dans l’infini minéral des miroirs, ces Narcisses sans amour penchés sur le néant télévisuelle n’existent que comme la flatulence d’une époque bréneuse qui sacrent en eux les impitoyables rois-bouffons dont elle s’est rendue digne.

Mais que vienne le vent et le feu salubres !

Ecrit par : Restif | mardi, 15 avril 2008

Restif,
Vos propos vous honorent mais vu les descriptions que fait Catherine Millet de ses ébats sexuels dans l'extrait que Zak nous a donné, on constate qu'elle ne manque pas de témoins à décharge...

Ecrit par : Ronin | mardi, 15 avril 2008

Au début je voulais juste demander : mais que reprochez-vous à F.Hadjadj au juste ? (à P.Sollers, oui, ça je vois tout à fait et je partage, ce n'est pas vraiment un type que j'estime beaucoup.) Une trop grande passivité dans ce débat ? Alors il me faudra l'écouter pour en juger. Mais "corrupteur de la Foi", là je ne vois pas trop, ces écrits en sont tout pénétrés, si j'ose dire, et inspirés.
Si c'est "corrupteur de la Foi" pour avoir parlé de la dignité des corps ou de la chair, alors je ne comprends pas bien non plus.
D'ailleurs puisque vous le citez, je ne vois pas bien en quoi "la place centrale de la Croix" s'oppose à la dignité des corps, attendu que pour passer par la Croix il faut bien, justement un corps. Ou alors j'ai raté un épisode.
D'autre part, qui a lu "Réussir sa mort", du même auteur, ne saurait reprocher à m.Hadjadj d'oublier le rôle central de la Croix !

J'ai ensuite parcouru les commentaires, sans pouvoir tous les lire, étant donné la profusion, et du coup d'autres questions me viennent.
N'ayant pas trop repéré non plus la "ligne" de chacun, qui est catholique, qui luthérien, qui gnostique, cathare, janséniste, athée, bouddhiste... ...cela ne m'aide pas trop à bien suivre, forcément. Vous voudrez bien m'éclairer là-dessus.

A lire tout cela il semblerait que l'on reproche à F.Hadjadj puis finalement à Jean-Paul II aussi, toute une théologie du corps et de la sexualité.
Or, je n'ai pas bien compris sur quoi portait le reproche - à moins qu'on ne soit pas là, comme je l'ai cru, dans une optique chrétienne.
Il semblerait à lire certains, que le seul fait d'évoquer le sexe dans une réflexion théologique soit rédhibitoire - ce que pourtant la Bible ne cesse de faire. Et qu'en tout cas je ne comprends pas bien, à moins de postuler un caractère intrinsèquement mauvais et corrupteur du sexe ?
Ou alors, pour d'autres ou les mêmes, que le fait même d'évoquer un quelconque aspect bénéfique ou bon au corps et au sexe soit hérétique, ou faux dans une optique chrétienne.

Ce à propos de quoi je m'interroge : aucun de vous ici présents ne compte-t-il donc prendre époux ou épouse et avoir des enfants ?
ou bien encore, quel chrétien s'imagine que l'être humain fût créé à l'origine sans sexe ? (ou sans corps ?) Ou que le Christ réprouve l'union de l'homme et de la femme ?

En fait, j'ai retrouvé sous-entendu dans l'article, et de façon répétée tout au long des commentaires, une sorte de théorie (hérétique d'un point de vue catholique, mais rassurez vous on ne les brûle plus :-) de la dualité du corps et de l'esprit, une sorte de philosophie platonique mais citant l'Evangile, et une condamnation non pas du sexe mal utilisé mais du sexe en lui-même, par nature, que je ne comprends pas bien.
Si quelqu'un veut bien m'expliquer...

Ecrit par : ti'hamo | mercredi, 16 avril 2008

[Ti'hamo] l'explication est simple, Hadjadj par son dernier bouquin démontre une grande confusion théorique puisée, entre autres sources, chez les récents délires wotyliens portant sur la prétendue "dignité" de la chair, d'où le sens des réactions que vous découvrez ici.

Je reprends, une fois encore, ce qu'écrivit Zak dans une autre note à laquelle vous vous reporterez pour de plus ample développement :

"Le Doc Gynéco des sacristies est un réel cinglé sur le plan théologique qui n’hésite pas à se risquer à des formulations dont la complaisante hardiesse vise à foncièrement sexualiser notre conception du religieux et, pour ce qui nous occupe, de la religion catholique, dont il est un singulier salisseur.

Pour en donner un exemple, voici comment sont présentées [grâce à la complaisance du mari de Catherine Millet qui désormais pour le pieux Hadjadj "apparaît comme un guide plus sûr que telle sainte-nitouche dont la "monotogamie" n'est qu'une avarice confortable. Bien qu'elle la déploie sous une modalité trompeuse, elle ne méprise pas, du moins, l'extension céleste de son corps." (La Profondeur des sexes, p. 261).], dans les colonnes du numéro 343 du mois de mars 2008 de la revue Art Press, les propositions de l’érotomane expert en sexologie divine : « … attends-toi également, lecteur, à te trouver confronté à de bien déroutantes propositions avancées par ce glorificateur de l’utérus de la Vierge, ce penseur d’une «divine pornographie», ce paradoxal défenseur des libertins, ce singulier moraliste qui se moque de la morale. L’entretien qui suit peut t’y préparer. »

Nous voilà prévenu, et le pire est effectivement à venir sous la plume même de l’indigne pornographe libidineux qui confond allègrement films de cul et théologie :

- « La Bible insiste ainsi sur l’utérus de Dieu. La judéité se transmet d’ailleurs par l’utérus d’une juive. Ce que le Nouveau Testament reprend de manière radicale : l’utérus de Marie porte le Dieu fait chair. Si ce n’est pas une exaltation du féminin, ça ! »


- « …Ma femme n’a pas conçu couverte «par l’ombre de l’Esprit», mais par ma masse essoufflée, pour ainsi dire. Le catholicisme reste avant tout la religion de l’Incarnation : sous un certain rapport, la chair y est plus spirituelle que nos raisonnements. L’acte le plus mystique y consiste en une manducation : prendre Dieu dans sa bouche, mastiquer l’Éternel, déglutir la Lumière des Nations, c’est dans ce concret de baiser et de bave qu’est la contemplation la plus haute, – rien à voir avec la petite harangue puritaine.

- Tous les sacrements exigent le toucher, la proximité physique : la parole à distance, celle qui ne se fait pas chair, n’y est jamais qu’un prélude.

- « …l’union conjugale de Robert et Micheline Tripied devient signe vivant de l’union du Christ et de l’Église, pas moins. L’acte charnel est donc non seulement béni, mais il est aussi tout ensemble une image de la Trinité et un précipité de la Rédemption. Dans mon livre, en faisant se rencontrer Thomas d’Aquin et Charles Baudelaire, j’essaie de montrer la présence de la Croix à même la copulation. Je confirme par là certaines fulgurances de Bataille. »

(Art Press, n° 343, mars 2008, Interview réalisé par Jacques Henric ).

Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de son triste esclavage devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser alors que la concupiscence, comme le dit saint Augustin est, comme nous le savons, l'un des effets de la chute."

Sur quoi porte l'erreur de Hadjadj qui feint d'ignorer dans son admiration de la création que nous avons traversé quelques épisodes singuliers depuis l'Eden, et que l'Incarnation n'a pas eu lieu pour "diviniser la chair" mais nous laver du péché :


"Le corps que nous avons fut bien créé par Dieu effectivement, mais il convient de rajouter aussitôt que celui que nous avons à présent l'a été en rançon du péché. Adam et Eve avaient certes un corps avant la faute originelle, mais un corps non corruptible, non mortel, bien différent de celui, misérable (Romains 7, 24) que nous connaissons.

Ainsi, telle est la triste réalité que beaucoup ne souhaitent plus du tout entendre dans l'église conciliaire, à savoir que c’est en punition de la désobéissance et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21) dont nos premiers parents furent couverts, entraînant, en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam et Eve, le fait que le péché ait atteint ensuite l'ensemble de la famille humaine - et ce entièrement.

Il ne convient donc surtout pas de se faire les louangeurs du corps, piège extrêmement puissant qui se dresse devant les chrétiens depuis des siècles, car c'est là, positivement, célébrer une racine de corruption antagoniste et ennemie de l'ordre supérieur de l'Esprit : « Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant ; et non seulement elle, mais nous–mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi , nous soupirons en nous–mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. » (Romains 8, 22-23).

La non distinction des ordres entre la chair et l'Esprit - voilà le grand oubli, la faute irréparable - l'erreur gigantesque non entrevue, le péché impardonnable, le piège fantastique dressé devant la pensée moderne qui s’engouffre dans ce grand abîme béant avec une folle inconscience qui entraînera et aboutira inévitablement à des folies terrifiantes."


Ecrit par : Zak | samedi, 05 avril 2008




Enfin pour répondre à votre curieuse interrogation :

"...j'ai retrouvé sous-entendu dans l'article, et de façon répétée tout au long des commentaires, une sorte de théorie (hérétique d'un point de vue catholique, mais rassurez vous on ne les brûle plus :-) de la dualité du corps et de l'esprit, une sorte de philosophie platonique mais citant l'Evangile, et une condamnation non pas du sexe mal utilisé mais du sexe en lui-même, par nature, que je ne comprends pas bien",

relisez donc saint Paul (hérétique d'un point de vue catholique et pénétré d'un dualisme platonisant ?) :

"La chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ils sont opposés l'un à l'autre..." (Galates 5, 17).



Par ailleurs vous devriez trouver, en cliquant sur ce lien, pas mal de réponses, vous invitant particulièrement à la lecture de la dernière note : "Le Saint Renoncement à la Chair" :

http://zacharias.hautetfort.com/

Ecrit par : Hire | mercredi, 16 avril 2008

C'est bien Hire, mais il est bon également de rappeler parfois Bossuet, qu'étrangementl'on évite comme la peste chez les modernes louangeurs du corps, sans doute trop entaché de dualisme à leurs yeux ... :


"La mortalité introduite par le péché a attiré sur le genre humain cette inondation de maux, cette suite infinie de misères d'où naissent les agitations et les troubles des passions qui nous tourmentent, nous trompent, nous aveuglent. Nous qui dans notre innocence devions être semblables aux anges de Dieu, sommes devenus comme les bêtes, et, comme disait David, nous avons perdu le premier honneur de notre nature : Homo cùm in honore esset, non intellexit, comparatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis (Psal. XLVIII, 13 et 21) : « Pendant que l'homme était en honneur (dans son institution primitive), il n'a pas connu cet avantage : il s'est égalé aux animaux insensés, et leur a été rendu semblable. » Répétons une et deux fois ce verset avec le Psalmiste. Nous ne saurions trop déplorer les misères et les passions insensées où nous jette notre corps mortel ; et tout ce qui y attache, comme fait l'amour du plaisir des sens, nous fait aimer la source de nos maux et nous attache à l'état de servitude où nous sommes (...)
C'est donc là une maladie que la contagion de la chair produit dans l'esprit : une maladie contre laquelle on ne doit point cesser de combattre... "

(Bossuet, Traité de la Concupiscence, ch. III.)


Un autre passage est remarquable sur le même sujet, mais avec un éclairage plus particulièrement intéressant à propos du mariage et de ses dangers, que certains littérateurs chimériques devraient méditer :

"Que de peine n'a pas la faiblesse humaine à se tenir dans les bornes de la liaison conjugale, exprimées dans le contrat même du mariage! C'est ce qui fait dire à saint Augustin « qu'il s'en trouve plus qui gardent une perpétuelle et inviolable continence, qu'il ne s'en trouve qui demeurent dans les lois de la chasteté conjugale : un amour désordonné pour sa propre femme étant souvent, selon le même Père, un attrait secret à en aimer d'autres. »
O faiblesse de la misérable humanité, qu'on ne peut assez déplorer ! Ce désordre a fait dire à saint Paul même, que « ceux qui sont mariés doivent vivre comme n'ayant pas de femmes (I Cor., VII, 25.), » les femmes par conséquent comme n'ayant pas de maris : c'est-à-dire les uns et les autres sans être trop attachés les uns aux autres, et sans se livrer aux sens, sans y mettre leur félicité , sans les rendre maîtres."


(Bossuet, Ibid., ch. IV.)



Précieux discours n'est-ce pas ?

Ecrit par : Zak | mercredi, 16 avril 2008

Zak, les catholiques conciliaires-festivus n'ont pas cette capacité d'indignation, de colère, de combat, de rejet...ils n'ont pas le feu!
Se vautrant dans la modernité comme un porc dans son auge, ils ont oublié que le royaume du Christ n'est pas de ce monde

Jn 18:36- Jésus répondit : " Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. "

Ecrit par : Jean-Pierre | mercredi, 16 avril 2008

LA SAINTETE DU MARIAGE

"Quelle que soit sa condition de vie, marié ou célibataire, clerc ou laie, homme d'Eglise ou homme d'Etat, le chrétien est tenu d'observer les préceptes et pour cela d'être fidèle à la grâce. Cette proposition élémentaire du catéchisme ne souffre pas d'exception ; dès que l'on enseigne la morale chrétienne il faut avoir la simplicité de la présenter comme elle est : aussi abrupte, aussi rigoureuse, aussi déchirante qu'elle puisse paraître dans tel ou tel cas. Dès que l'on enseigne la morale chrétienne la première honnêteté consiste à dire qu'il ne faut pas pécher et que cela ne souffre pas d'exception. Pas même dans la vie conjugale. Il faut ajouter d'ailleurs qu'il est possible de ne pas offenser Dieu parce que la grâce est toujours suffisamment donnée. Sufficit tibi gratia mea.[1]"



"les prédicateurs laxistes de tous les temps[2] essayent de faire croire que la morale chrétienne est praticable sans la croix, sans passer par une ascèse et une vigilance douloureuse. Les prédicateurs laxistes savent trop bien qu'en demandant à leurs frères de ne pas payer trop cher si l'on peut dire l'observation de la loi divine ils seront eux‑mêmes dispensés de faire l'appoint lorsque leurs frères n'ont pas la monnaie suffisante."


L'hédonisme conjugal[3], à la condition qu'il use d'une certaine technique, est ainsi qualifié de « continence non-ascétique ». Ce laxisme de la morale conjugale nous aura valu du reste un genre de littérature[4] assez nouveau chez les chrétiens, une sorte de pornographie religieuse, et même une manière répugnante de s'exprimer, qui fait parler des réalités morales, des vertus et des vices en des termes ordonnés par eux-­mêmes aux réalités physiologiques. Comme si la morale était une annexe de la physiologie.


Depuis l'Encyclique Casti Connubii, l'on peut parler d'un renouveau de la spiritualité (sinon de la théologie) du mariage. Mais il est urgent que ce renouveau spirituel dans le mariage s'insère dans une tradition aussi ancienne que l'Eglise, sinon ce fameux « ressourcement » sera très vite tari et laissera les chrétiens sur leur soif, à moins qu'il ne se corrompe et ne donne plus que des eaux empoisonnées. Car enfin on ne saurait que perdre beaucoup et s'exposer à de graves périls en faisant comme si l'Eglise commençait en 1945, en ignorant la tradition, en oubliant que l'Eglise est apostolique. Quels sont donc les enseignements traditionnels auxquels il importe de se rallier sans plus perdre de temps ? D'abord ce point essentiel que l'ascèse et la chasteté font essentiellement partie du mariage chrétien ascèse et chasteté qui tiennent non seulement aux exigences de la loi naturelle, mais bien à un mystère surnaturel, le mystère de l'amour crucifié entre le Christ et son Eglise (Ephés. V. 21 à 23).

La suite ici

http://www.salve-regina.com/Famille/LA_SAINTETE_DU_MARIAGE.htm

Ecrit par : Florilège | mercredi, 16 avril 2008

J'entends mal ce que vous voulez dire par "délires wojtyliens". Ni d'ailleurs ce qui vous choque dans le concept de "dignité de la chair".
Diriez-vous que nos corps (qui est autre chose que "la chair", d'ailleurs) sont indignes, et dignes nos âmes ? Ou que le corps et le sexe sont péchés et l'esprit et la raison seules sont bons ?

Je n'ai pour ma part besoin, a priori, de personne pour "sexualiser" ma conception du religieux, attendu que ma religion se réfère à un bouquin où on tombe sur le Cantique des Cantiques (genre "et tes seins comme deux bouquetins gambadant dans les plaines", bon enfin quelque chose dans ce genre), où sur des propos de prophètes décrivant Dieu comme une femme abandonnée par son peuple qui la trompe avec les divinités d'à-côté.
à l'origine, la hardiesse première vient donc des prophètes - que vous avez donc retirés de votre bibliothèque, en toute logique.

Si le sexe vous pose problème, rappelez-moi de quelle façon l'on cèle un serment de la façon la plus grave chez les Hébreux de l'Ancien Testament ? (quand Abraham envoie son serviteur chercher une femme pour son fils, il le fait jurer d'une bien étrange manière, que l'on retrouve à d'autres occasions.) Or ce n'est pas là signe de débauche, mais bien d'un grand respect pour tout ce qui touche au génital, vu et compris commele siège de la pro-création (qui répond à l'injonction de Dieu créateur : croissez et multipliez vous, et aussi ils ne feront qu'une seule chair, et qui permet également l'accomplissement de la promesse divine d'une grande descendance).

Et si prendre l'union conjugale (= "des époux") de M et Mme Michu comme image et préfiguration de l'union de l'Eglise à Dieu et de l'âme à Dieu, vous semble un immonde sacrilège,
alors jetez vos Evangiles hérétiques, attendu qu'on y trouve pas moins que l'image de "l'Epoux", et des vierges qui attendent son retour pour entrer au festin des noces.

Sur le fait que les sacrements font intervenir les sens, c'est un fait. Ou alors je ne vois pas de quelle manière vous communiez, pour ceux qui le font, ni comment vous comptez baptiser. Où est le problème ? C'est justement l'intérêt et l'intelligence d'une religion incarnée d'un Dieu incarné.

Si pour vous faire l'amour à son épouse (ou à son époux) ne dénote que "le triste esclavage devant les spasmes du domaine génital", c'est triste et c'est dommage (pour vos époux respectifs autant que pour vous), mais ça n'a en tout cas rien d'évangélique. Jésus, ce qu'il dit, à part de donner du bon vin à la noce, c'est "ils ne feront plus qu'une seule chair". Si vous ne voyez pas ce que cela veut dire, je peux toujours vous faire un dessin. Ou bien en avez vous trouvé une autre interprétation chez Bossuet ou Aristhomaque-l'Anachorète ? moi, bêtement, je pensais juste à Jésus de Nazareth.

Et surtout surtout, je note avec étonnement, une indignation et un sarcasme à l'encontre de "l'admiration de la Création". Vous n'admirez pas la Création, vous ? Alors Dieu vous offre une splendeur, et vous vous détournez en clamant "loin de nous cette horreur" ? Les arbres, les fontaines, les planètes, les papillons, les cochons, les chevaux, les chats, les limaces... ...impureté et création satanique ??
Reste la question : Adam et Eve n'avaient-ils donc point de sexe ? point de parties génitales ?

Je vous rappelle qu'en termes de "piège qui se dresse devant les chrétiens depuis tojours", il y a dans les premières places le mépris du corps et l'horreur de la création matérielle, que l'on retrouve chez les Cathares et les jansénistes. Tous exclus de l'Eglise chrétienne, me semble-t-il.

Et me citer Bossuet qui explique que l'homme a du mal à respecter le mariage, son épouse, et la chasteté dans le mariage,
ne m'explique pas en quoi le mariage, l'amour physique dans le mariage, seraient mauvais en eux-même, par nature. Et non pas seulement mal dirigés par l'homme (ce que dit Bossuet, d'ailleurs).
Je pèche autant avec mon esprit qu'avec mon corps, que je sache. Cela ne fait pas que l'un ou l'autre soient entièrement mauvais par nature. L'orgueil, pour prendre un exemple au hasard, est LE péché originel, source de tous les autres - et il n'a rien à voir avec le sexe ni avec le corps.

Il me semble donc qu'il y a là comme une confusion : êtes-vous en train de me dire que toute réalité matérielle est satanique et mauvaise, à rejeter et à avoir en horreur,
et qu'il nous faut tous rejeter les liens putrides du mariage (honteuse fusion physique d'un homme et d'une femme en "une seule chair") et ne pas se marier ni avoir d'enfants ? C'est pas Jésus qui a dit ça. Je n'ai d'ailleurs trouvé à l'appui de vos dires, bizarrement, aucune citation des Evangiles. ah.

Ecrit par : ti'hamo | jeudi, 17 avril 2008

Ti’hamo, votre discours est plutôt développé sur un ton cordial et me pousse donc à vous répondre d’une manière tranquille ce qui ne m’est pas désagréable parfois, loin de là, mais je me demande sérieusement si vous avez bien lu ce qui vous fut proposé à l’examen par Hire, et que vous avez dû parcourir au pas de charge, car il apparaît nettement que vous discourez comme si vous n’aviez pas été en contact avec tous les longs développements, et certains sont mêmes très longs, effectués précisément, par tel ou tel des intervenants qui se sont exprimés savamment, bien que selon leur style propre, sur cette note (Radek, Restif, Eremo, Jude, Hire, etc.).


* Première interrogation :

- « J'entends mal ce que vous voulez dire par "délires wojtyliens". Ni d'ailleurs ce qui vous choque dans le concept de "dignité de la chair". Diriez-vous que nos corps (qui est autre chose que "la chair", d'ailleurs) sont indignes, et dignes nos âmes ? Ou que le corps et le sexe sont péchés et l'esprit et la raison seules sont bons ? »

Il ne s’agit pas de créer une division irréductible « corps-âme » dans le composé humain, ti’hamo, ce qui serait effectivement du dualisme platonisant, mais de comprendre que la « chair » entendue comme constituant un tout (le corps et les facultés de l’âme) du point de vue ontologique représente, depuis la chute et le péché originel, un ordre des choses, non pourvu d’une bien hypothétique « dignité », opposé à l’Esprit, et la venue de Jésus-Christ, la Croix et la Résurrection n’ont pas changé cette nature insoumise qui reste révoltée, séduite par le rêve orgueilleux de se rendre identique à Dieu, étrangère et hostile aux lois du Ciel – c’est là le sens du discours de saint Paul distinguant entre l’ordre de la chair et l’ordre de l’Esprit, ordres antagonistes dans leurs objets, vues et perspectives : "La chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ils sont opposés l'un à l'autre..." (Galates 5, 17).

Quant aux « délires wojtyliens », qui ne vous apparaissent pas évidents, ils portent sur une erreur anthropologique grave et une inexactitude christologique non moins significative : Sous prétexte de l’Incarnation Karol Wojtyla inféra une communication des idiomes entre le Christ et tous les hommes, ce qui est proprement et positivement hérétique. Ainsi, dans « Gaudium et spes » Mgr Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, introduisit sa thèse naturaliste portant sur une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Dieu fait homme, et tout homme, comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était devenu Dieu dans sa chair, ce qui est tout bonnement faux et théologiquement hétérodoxe. Dans l’encyclique "Redemptor hominis", où la référence revient à quatre reprises, on trouve cette affirmation qui est en rupture avec la tradition dogmatique de l’Eglise : « Jésus-Christ s’est en quelque sorte uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »

On remarquera d'ailleurs qu’au paragraphe n° 13 la restriction “ en quelque sorte ” a disparu :
- « Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »

Le théologien privé, Karol Wojtyla, confond en réalité la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine, l’une étant “ en quelque sorte ” présente à l’autre, selon lui, en tous et pour toujours, comme il le répète clairement au paragraphe 14 de "Redemptor hominis" : « Le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n’en est pas conscient. » L’absence de toute condition à l’union de tous au Christ, et donc au salut de tous, conduit à l’affirmer comme donné à tous, sans distinction. Or nous savons que sans le baptême et la foi, la plénitude de la vie divine ne peut être accordée à l’homme qui n’est pas « digne » parce qu’il serait homme, mais appelé à la vie divine par sa nouvelle naissance en Jésus-Christ – c’est très différent !


* Deuxième interrogation :

- « …ma religion se réfère à un bouquin où on tombe sur le Cantique des Cantiques (genre "et tes seins comme deux bouquetins gambadant dans les plaines", bon enfin quelque chose dans ce genre), où sur des propos de prophètes décrivant Dieu comme une femme abandonnée par son peuple qui la trompe avec les divinités d'à-côté. à l'origine, la hardiesse première vient donc des prophètes - que vous avez donc retirés de votre bibliothèque, en toute logique. »

Outre que j’ai du mal à vous imaginer ne sachant pas que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce, ce qui est change deux ou trois choses non anodines et que le discours des prophètes n’est pas pour nous choquer mais s’applique bien aux mentalités charnelles des hébreux, je ne vous fais pas, d’autre part, l’injure de vous regarder comme prisonnier d’une grossière ignorance au sujet du caractère parfaitement allégorique du Cantique des Cantiques représentant, non pas une joyeuse sauterie polissonne, mais, mystiquement si du moins ce sens vous est accessible, l’union de l’âme avec Dieu et du Christ avec son Eglise.

Relisez sur ce point saint Thomas, bien utile afin de s’extraire d’une approche par trop littéraliste et primaire de l’Ecriture :

« 1. La multiplicité des sens [de l’Ecriture] ne crée pas d’équivoque, ni aucune espèce de multiplicité de ce genre. (…) les réalités elles-mêmes, signifiées par les mots, peuvent être signes d’autres réalités. (…) 3. (…) Par les mots on peut signifier quelque chose au sens propre, et quelque chose au sens figuré; et, dans ce cas, le sens littéral ne désigne pas la figure elle-même, mais ce qu’elle représente. Quand, en effet, l’Écriture parle du bras de Dieu, le sens littéral n’est pas qu’il y ait en Dieu un bras corporel, mais ce qui est signifié par ce membre, à savoir une puissance active. Cela montre bien que, dans le sens littéral de l’Écriture, il ne peut jamais y avoir de fausseté. » (Som. Théo, Q. 1, a. 10).


* Troisième interrogation :

- « … je note avec étonnement dites-vous, une indignation et un sarcasme à l'encontre de "l'admiration de la Création". Vous n'admirez pas la Création, vous ? Alors Dieu vous offre une splendeur, et vous vous détournez en clamant "loin de nous cette horreur" ? Les arbres, les fontaines, les planètes, les papillons, les cochons, les chevaux, les chats, les limaces... ...impureté et création satanique ?? »

Il me sera aisé de vous rappeler cette courte sentence de l’apôtre Jean, celui qui était aimé du Christ, sentence qui pour être brève vous en dira suffisamment sur l’identité de celui qui règne, et possède la puissance sur les choses créées :

« Tout ici bas gît au pouvoir du malin » (1 Jean 5, 18).

Lisez encore votre évangile et vous y verrez celui qui est le « Prince de ce monde » déclarant à Jésus : «L’autorité et la gloire de ces royaumes m’a été donnée, et je la donne à qui je veux» (Luc 4:6). N’oubliez donc surtout pas que l’empire qu’il a sur l’humanité, il l’a acquis par la faute d’Adam, qui a désobéi à Dieu pour obéir à Satan : celui-ci avait péché par orgueil (cf. Éz. 28:11-19 où derrière le roi de Tyr, si vous accédez bien sûr, ce que je ne doute pas, à une lecture non littérale, se projette la chute de Satan), et il a entraîné ensuite Adam et sa race dans le même chemin que lui, au point que lorsque le Fils de Dieu est venu comme le dernier Adam (Rom. 5:14) le monde n’en a pas voulu. Dès lors ti’hamo, la puissance des ténèbres pèse sur les hommes parce que, la lumière étant venue, «ils ont mieux aimé les ténèbres que la lumière», et «c’est ici le jugement» (Jean 3:19). Ainsi, le chrétien dépend d’un Maître dont le royaume n’est pas de ce monde. Et il importe de ne point perdre de vue que les ennemis de ce Maître, pour l’heure, ne sont pas encore «mis sous ses pieds» et, jusqu’à ce moment, position qui n’est ni cathare ni gnostique (pourriez-vous à ce titre m’expliquer sérieusement sur quels critères précis vous établissez un rapprochement entre le jansénisme et les courants évoqués, jansénisme qui d’ailleurs n’a jamais été condamné en tant que tel, dois-je vous le remettre charitablement en mémoire, puisque ceux qui rentrent sous cette étiquette sont simplement ceux qui s’opposèrent à la bulle « Unigenitus » ) le monde est livré à l’influence de l’ennemi vaincu : le péché a conduit l’homme à préférer ce prince dépouillé et jugé au Seigneur de gloire, cela constitue de ce fait, et jusqu’au temps du jugement dernier, une situation plus que délicate et problématique pour l’homme dans son rapport au monde, monde certes créé par Dieu, mais toutefois asservi à la « puissance du malin » !


* Quatrième interrogation :

- « êtes-vous en train de me dire que toute réalité matérielle est satanique et mauvaise, à rejeter et à avoir en horreur, et qu'il nous faut tous rejeter les liens putrides du mariage (honteuse fusion physique d'un homme et d'une femme en "une seule chair") et ne pas se marier ni avoir d'enfants ? C'est pas Jésus qui a dit ça. Je n'ai d'ailleurs trouvé à l'appui de vos dires, bizarrement, aucune citation des Evangiles. »

La réalité matérielle n’est pas satanique et mauvaise en elle-même, mais livrée au pouvoir satanique et mauvais depuis la rupture adamique, comprenez-vous à présent ? Nous sommes donc dans le monde, mais par notre baptême unis au Christ et mort aux réalités de ce monde pour être avec un Maître dont le Royaume n’est pas de ce monde. Vous souffriez de ne point avoir entendu, selon vous, les évangiles, voilà qui devrait vous combler : «Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde» (Jean 8:23). Plus tard, alors qu’il recommandait les siens à son Père, il dit : «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17:16). Et dans les versets 14 à 19 : il amène véritablement ses disciples dans sa propre position vis-à-vis du monde, de même que dans les versets précédents (6-13) il les a placés dans sa propre position vis-à-vis du Père. Ils prennent sa position dans ce monde parce que -remarquez le bien - ils ne sont pas du monde, comme Lui n’est pas du monde. Car, étant nés de nouveau, ils n’appartiennent plus au monde mais au Ciel, et sont dès lors, appelés à une vie toute céleste.
Par ailleurs est-il nécessaire de vous faire un petit dessin à mon tour ? Ces paroles devraient suffire je pense, de Jésus et non de Paul, Augustin ou Bossuet : « Il y a des eunuques qui le sont dès le sein de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que ceux qui le peuvent comprennent. » (Matthieu 19, 12).


* Cinquième interrogation :

« Reste la question : Adam et Eve n'avaient-ils donc point de sexe ? point de parties génitales ? »

Eh bien puisqu’il faut vous l’apprendre, non ! ti’hamo, Adam et Eve avant le péché des origines n’étaient points dotés d’une enveloppe charnelle animale ; ils vivaient dans un corps incorruptible, immortel ; à ce titre l'Éden ne se situe pas dans le temps des hommes. L’Eden où nous plaçons Adam et Ève, n'est pas vraiment un lieu, nos origines sont ontologiques, c'est-à-dire au niveau de l'Être de Dieu, hors du temps et de l'espace. Il s'agit d'une Réalité impossible à concevoir, mais plus réelle que le réel de notre monde physique accessible à nos sens, c’est une réalité spirituelle dans laquelle nous vivions en communion avec Dieu.

La nature même de l’homme changea après la faute, devenant pervertie et ennemie de Dieu (Romains 5, 19 – 8,7-8). C’est pourquoi, hélas ! l’état de mort spirituelle eut pour corollaire inévitable la mort physique, toutes les deux sont impliquées en (Genèse 2, 17) et ( Romains 5, 12-14), elles sont interdépendantes et non séparables – la mort physique et sont cortège éprouvant, la maladie, le vieillissement, témoigne de la corruption psychique de l’âme, car nous avons, pour notre cruel châtiment été « couverts de peaux de bêtes » (Genèse 3, 21).


L’essentiel me semble avoir été dit, sachant qu’en effet, même si cela est très dur à concevoir et à admettre, dans nos régions perverses et corrompues : « C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien ». (Jean 6, 63).

Il n’est pas évident de le reconnaître, mais sage de l’avouer pour ne point se mentir à soi-même et aux autres : « …Aujourd'hui l'homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de [Dieu] qu'à peine lui reste-t-il quelque lumière confuse de son auteur, tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées… » (Pascal, Pensées [34] )

Reste une espérance, profonde et magnifique, qui nous fut annoncée par le Christ lui-même à laquelle nous consacre notre baptême, à savoir que dans le Royaume nous serons, auprès du Seigneur « comparables à des anges…» (Marc 12, 25).

Ecrit par : Zak | jeudi, 17 avril 2008

Lorsque le Christ change l'eau en vin -premier miracle "officiel" (chez S. Jean)-, j'y vois fort stupidement une préfiguration de la Cène : "Il pris ensuite une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant :"Buvez en tous; car ceci est mon sang, le sang de la nouvele l'alliance répandu pour plusieurs [non pour tous !], pour la rémission des péchés. Je vous le dis je ne boirais plus désormais du fruit de la vigne jusqu'au jour où j'en boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon père"(fin de phrase intéressante). Bref, à mes yeux d'amateur le premier miracle prépare et préfigure l'établissement de la Sainte Messe par le Christ avant son arrestation.
J'ose penser que le miracle de Cana a peu à voir avec le désir d'offrir du "bon vin". Le Christ n'est pas Dionysos.

Autre chose : le Christ s'est incarné pour nous sauver. Mais par quel moyen, s'est accompli cette purification de nos péchés (et je rappelle que selon Saint Paul nous ne sommes sauvés qu"en espérance", d'où mon questionnement quand à une élection sub specie aeternitate et mon attachement au libre-arbitre. Mais ceci est une autre histoire...) par quel moyen si ce n'est par celui atrocement douloureux de la crucifixion? "Si tu veux être sauvé, prends ta croix et suit moi", tel fut pendant des siècles le message chrétien. Autant dire que la douleur est capitale dans le christianisme, et que la chair -c'est du moins l'absolue perfection, doit être "crucifiée". Car comme le dit Saint Paul "il est diversité de dons" (de toute façon :"Le cops n'est ps pour la prostitution mais pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps" I Cor, 1 si ma mémoire est bonne. Pour le reste, que chacun lise c'est encore le mieux non ?!!)

Maintenant Saint Paul dit "Mieux vaut se marier que de brûler" . Il ajoute même "quand à ceux qui sont vierges, je n'ai pas d'ordre du seigneur, mais je donne mon avis en tant qu'homme à qui le Seigneur fait la grâce d'être fidèle". Il faut donc opérer une différence entre ce que Saint Paul dit "de la part du Seigneur" et ce qu'il dit de lui-même. C'est là l'écouter proprement me semble-t-il.
Quand aux organes sexuels d'Adam et Eve, la question ne m'intéresse guère. Je me souviens que selon Saint Thomas ils avaient plus de plaisir que nous, mais c'était dans l'ordre d'avant la chute. M'intéresse beaucoup plus la parole de Saint Paul selon laquelle "nous jugerons les anges". Car en vérité, quel mystère que l'Homme pour qu'une telle destinée lui soit possible!

Mais elle n'est effectivement pas promise à tous -quel que soit notre désir qu'il en soit ainsi. Il y aura peine de dam -privation de Dieu. Je renvois pour cette question à la parabole du semeur dans Luc VIII, 5-15 et n'en donne que le début" La semence c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont sur le chemin ce sont ceux qui l'ont entendue; puis le diable vient et il enlève la parole de leur coeur de peur qu'ils n'aient la foi et soient sauvés." Terrifiante puissance du diable! Maintenant, le Christ a remis ses péchés à la femme pécheresse "par ce qu'elle a beaucoup aimé". Mais celui qu'elle a aimé, à l'instant de cette parole, c'était le Christ...
Enfin je sais que je serai traité de "doloriste" ( qui est faux stricto sensu mais que m'importe!) pour avoir rappelé que, ainsi qu'Il le dit à Angèle de Foligno "Ce n'est par pour rire que je t'ai aimé". Et que dit-Il ? : "Magnifiques vous qui êtes pauvres/ Magnifiques vous qui avez faim/ "...
Et encore une fois, c'est par la douleur, par la crucifixion que nous avons été rachetés "en espérance".
Pour la chair... "Que tout ravin se remplisse et toute montagne ou colline s'abaisse; que le tortueux devienne droit, que les chemins raboteux deviennent lisses
Et toute chair verra le Salut de Dieu" (Luc III, 5-6)
que de choses à rédimer à avant que cette pauvre chair voit "le Salut de Dieu"!

Ps j'ajoute que vos questions étaient intéressantes Ti'Hamo, et même légitimes. Mais bien que Baudelaire ne soit pas un père de l'Eglise, sa méfiance, sa haine même de la nature m'a donnée à penser (je suis un affreux littéraire). Aussi belle soit elle, notre terre est une "terre gaste" (voir le magnifique poème de TS Eliott) qui attend que le roi mutilé retrouve son statut de gloire pour retrouver elle même son état de bénédiction...
J'ajoute qu'il peut exister entre nous de subtiles mais non négligeables différences d'interprétation d'unn tradition aussi prodigieusement riche que la tradition chrétienne , mais vu l'atterant triomphe de la bidoche aujourd'hui, et ce désir forcené de l'Homme de voir son monde ressembler à une publicité où tout n'est que sourire et absence d'âme, franchement, il est des paroles salubres qui doivent absolument retentir.

Ecrit par : Restif | vendredi, 18 avril 2008

Merci Restif, merci à tous d'ailleurs pour ces derniers développements.

Ecrit par : Tang | vendredi, 18 avril 2008

Avant de traduire tel ou tel en tribunal pour hérésie, il faudrait préciser : "en rupture avec la tradition dogmatique de l'eglise" ? Mais cette tradition affirmait-elle que Jésus-Christ ne S'EST PAS uni à chacun, ou bien n'avait-elle tout simplement pas abordé ce point ?
Car là, c'est très différent. Nous savons bien que "le dogme", ou plus précisément la compréhension que nous avons de ces faits, l'Eglise les acquiert progressivement, quoiqu'à partir d'une vérité unique et posée une fois pour toute. (ceci pour bien préciser que ce n'est pas, effectivement, une vérité changeante, mais une vérité que nous comprenons progressivement). Comme on peut le voir, d'ailleurs, dans l'histoire de l'Eglise, par la découverte progressive des différents dogmes, et par les discussions qui les précèdent.
Lorsque le dogme de la Trinité est posé, il ajoute à la "tradition dogmatique" de cette époque ; pour autant, il n'est pas créé de toute pièce, mais l'Eglise en étant venue à discuter ce point, tire une conclusion de l'examen et la réflexion des Evangiles.

Quant aux images de l'Ecriture, je suis bien au courant des différents plans de lectures, mais il ne me semble pas que l'un abolisse les autres - mais bien plutôt qu'ils se surajoutent. Cela dit, si l'union charnelle de l'homme et de la femme (épousés, dans le cadre d'épousailles sous le regard de dieu, et non d'une "sauterie polissonne") était en soi fatalement une chose mauvaise, alors on se garderait bien de l'utiliser même de manière figurée pour parler de l'union de Dieu et de son peuple, ou de Dieu et de son Eglise (puisque, je le rappelle, ces images se retrouvent également dans le Nouveau Testament).

Que Satan ait emprise sur ce monde, certes, on a plutôt tendance ces temps-ci à vouloir l'oublier. Cela dit, pour autant, l'univers ne vient pas de lui, le corps humain n'est pas créé par lui, le désir de l'homme pour la femme et réciproquement n'est pas créé par lui. Uniquement déformé ; dévoyé ; détourné.
(il me vient l'image, qui pourrait vous paraître naïve - et pourtant très parlante - du prologue de Hans Cristian Andersen à son conte "La Reine des Neiges", ou le Malin fabrique un miroir qui renvoie de toute chose et de tout esprit une image déformée, avilie, grossière - et tous les démons d'en rire. Cela est une bonne image, je trouve, du Malin qui détourne à son profit, mais en vérité ne peut rien créer de lui-même dans ce monde.
De la même façon, dieu parle bien dès avant la Chute de "ne faire qu'une seule chair", et c'est une fois la nature humaine et la Création brisées dans leur harmonie par l'orgueil humain, que la déviance de ces relations est décrit (quelquechose comme "la concupiscence te poussera vers l'homme et lui dominera sur toi", ce qui justement décrit assez bien ce que l'on retrouve dans les relations entre hommes et femme.)

A ce propos, Satan déclarant "L’autorité et la gloire de ces royaumes m’a été donnée, et je la donne à qui je veux», peut très bien déformer la réalité, c'est un peu sa spécialité ; car alors, comment comprendre le "tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avais été donné d'en-hau", de Jésus à Pilate ?
On finit par se demander d'où vient le pouvoir, et la seule manière de le comprendre (à moins de se dire que Satan raconte tout simplement n'importe quoi, mais en général, relisons la Genèse, il est un peu plus subtil que ça), serait de voir 2 pouvoirs à l'oeuvre dans le monde, en lutte,
mais non pas équivalents comme les décriraient une pensée manichéenne - Satan étant déjà, au-delà des temps, vaincu.

Je vous ferais d'ailleurs remarquer, que, certes, "la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas reçus"... ...mais certains si !
Opter pour une vision forcément pessimiste à ce propos me semblerait contraire aux faits mêmes et aux Evangiles, puisque, oui, Jésus venant comme nouvel Adam est rejeté... mais pas par tous. Il y a des disciples, des Apôtres, un centurion, même des pharisiens ou des membres du Sanhédrin, quelques percepteurs d'impôt, des Juifs, des Romains, des Samaritains...

à propos des Apôtres, même, cela devient très intéressant : prenons St Pierre ; une fois Jésus lui répond "bénis sois-tu", car "cette réponse ne vient pas de la chair, mais de l'Esprit", et une autre fois "passe derrière moi, Satan". On a bien donc deux influences totalement opposées, dans un seul humain.
On ne saurait en conclure, du coup, que la nature humaine ni le monde soit entièrement soumis à Satan.

Et c'est justement à ce propos et à d'autres que je me permets des rapprochements avec les jansénistes, qui prônent une austérité rejetant le monde jusqu'à un quasi-dualisme qui n'est plus tellement catholique, (St François d'Assise, un peu plus tôt, est bien dans l'Eglise, et pourtant mêle ascétisme et amour de toute créature ?)
et les cathares qui, là pour le coup ça y ressemble bigrement, rejettent le corps et toute réalité matérielle comme mauvais et sous l'emprise du Mauvais, rejettent le mariage (or, comment ne pas rejeter le mariage si on considère toute union entre un homme et une femme par nature impure et mauvaise), et ne considèrent qu'une petite caste comme "purs", ceux qui se gardent de tout rapport, autant sexuel que physique ou de tout attachement.

Je ne vois pas bien comment vous passez de "le monde est livré à l'influence de l'ennemi" (ce à quoi je ne peux qu'acquiescer), à "tout amour de la Création est mauvais, la création est mauvaise, toute union physique est mauvaise". "sous l'influence" ne veut pas dire "entièrement soumis à"...pour peu que l'on sache ne pas compter que sur ses propres forces.
D'ailleurs, il y a là une grosse erreur, ce n'est pas "toute la réalité matérielle" qui est sous l'influence du Malin - mais toute réalité de ce monde ; matérielle comme spirituelle : vous péchez aussi bien en actes qu'en pensées. Il n'y pas plus de raison de rejeter, pour ce motif, les relations sexuelles, que la raison et la réflexion.
Diriez-vous que raison et réflexion sont totalement mauvais et sous la domination de Satan ? Et pourtant, elles sont bien également, comme toutes les composantes de notre nature, ni plus ni moins, blessées, imparfaites, brisées, en partie soumises à son influence.


C'est là à mon avis que se situe la confusion : quand on parle de "Royaume qui n'est pas de ce monde", c'est aussi bien la réalité matérielle que spirituelle de ce monde dont on parle. Le physique, le physiologique, l'intellect, le moral, le spirituel. Aussi bien le corps que l'âme !
(ou bien diriez-vous que votre corps seul est tenté par Satan, votre âme lui échappant totalement ?)
De ce fait, le royaume de ce monde, lui, soumis au prince de ce monde, comprend tout autant votre corps, y compris dans ses parties les plus intimes, que vos discours, et ce que vous pourriez appeler "connaissance". Autant les rapports soit sociaux soit intimes que vous pourriez nouer, que tout ce que vous écrivez ici.

...Propos qui vont vous faire bondir, attendu qu'ils entrent complètement en contradiction avec les vôtres :
"Adam et Eve avant le péché des origines n’étaient points dotés d’une enveloppe charnelle animale"
...si vous me ramenez des photos ou des témoignages d'époque, moi je veux bien ; mais enfin il me semble que cela est une affirmation qui découle de la conception de l'esprit et du corps que vous avez exposé... ...mais qui ne repose sur pas grand-chose d'autre. (votre interprétation de "couverts de peau de bêtes" étant de même une interprétation à la lumière de vos propos précédents, et non une assertion certaine pour les appuyer -
puisqu'on pourrait beaucoup plus simplement les comprendre comme l'obligation, pour les humains, de se "couvrir d'une peau de bête" après la chute, d'une part pour une raison matérielle (la nature devenant hostile, l'humain doit protéger son corps du froid, des blessures, des maladies), d'autre part pour des raisons plus morales et spirituelles, puisque son esprit étant soumis à la concupiscence, son regard sur l'autre devient perverti de l'envie de possession (tel que décrit dans les paroles divines).
Vos affirmations sur Adam et Eve me paraissent donc tout à fait gratuites. Ou en tout cas, découlant logiquement de vos autres propos, et donc ne pouvant pas être présentés comme des faits pour les appuyer.
Mieux mêmes : cela ne semble pas cadrer du tout avec le récit de la Genèse ; pourquoi l'être humain changerait-il de forme de corps après la Chute, rien n'indiquant que par ailleurs le reste de la Création ait changé de forme.
Et qu'est-ce qui indique que l'homme et la femme n'aurait pas eu de relations sexuelles avant la Chute, puisque tout le monde vivant de la Création en est doté, et que d'après la Genèse l'être humain est tiré de la Création. (un corps façonné du limon de la terre, je vous rappelle, si vous trouvez ça particulièrement spirituel je vous envoie patauger dans la gadoue et on verra bien).
D'ailleurs, comment mettre en pratique l'injonction divine " Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez"

Quant au fait d'être en permanence en communion avec Dieu, là d'accord. Mais ça n'implique pas de ne pas avoir de corps physique.

Donc, en fait, je vous vois commencer par rejeter toute la Création et la réalité matérielle, et ensuite essayer de l'ôter des récits évangéliques ou bibliques. Or, si je me balade dans ces récits sans a priori, je trouve au contraire un attachement du Christ aux joies saines et ordonnées que l'on peut trouver dans la Création - l'amitié, la joie, ben même les peines, d'ailleurs, manger du poisson grillé au bord de l'eau, etc... et, si, du bon vin ; j'aurais du mal à me dire que Jésus, pour préfigurer la Cène, se livre à un acte que par ailleurs il réprouve et dont il réprouve les conséquences !! Ce serait incohérent et malhonnête, ce dont je ne peux le soupçonner.
D'autre part, puis-je faire remarquer que "crucifier la chair", passage capital effectivement, n'a de sens que si justement il y a là renoncement, et si on y étais attaché. Sinon ce n'est pas une souffrance. Soyons logiques.


Enfin, là tout de même, si je comprends bien Zak, il affirme que le sexe en lui-même serait une conséquence de la chute - ce qui n'apparaît nulle part dans la Genèse ni les Evangiles ni les paroles du Christ ni la tradition de l'Eglise.
Des paroles de salubrité, d'accord, mais le rejet de la Création en croyant trouver le salut dans le seul spirituel me semble, oui, une hérésie, mais surtout une grosse (grave ?) erreur, et un danger.
Danger puisque, Satan ayant emprise autant sur notre corps que notre esprit ("la chair" et "l'Esprit" se retrouvant dans les 2), vouloir rejeter la part physique pour se réfugier dans la part spirituelle, en croyant ainsi se débarrasser de l'ennemi, revient à s'enfermer à double-tour dans une pièce et se rendre compte en se retournant qu'on s'est enfermé dans la même pièce que lui. (qui, lui, ricane bien.)
Sur ce sujet je rejoins plutôt la pensée de Clive Staple Lewis. N'oubliez pas que Satant, lui, est pur esprit. Je doute qu'il apprécie beaucoup la Création - et son royaume de prédilection, de part sa nature même d'esprit, serait plutôt, en toute logique, le domaine moral et spirituel que la physiologie. Même s'il sait, pour exercer son pouvoir, nous faire détourner et dévoyer les réalités physiques et matérielles mises à notre disposition par Dieu Lui-même.

Je le redis, donc : Nulle part, vous ne pouvez trouver de quoi justifier un rejet total du corps et affirmer que l'esprit échappe, plus que le corps, à Satan. "l'esprit" n'est pas "l'Esprit".

Comme disait un certain Rabbouni, "ce n'est pas ce qui entre dans le corps de l'Homme qui est impur, mais ce qui sort par sa bouche", ou quelquechose d'approchant - donc pas les réalités matérielles que l'on apprécie en sachant en glorifier leur vrai auteur, sans les substituer à Lui.

Ecrit par : ti'hamo | vendredi, 18 avril 2008

Une petite précision pour commencer -je n'ai jamais dit que Jésus réprouvait le vin! Jamais. Mais il y a une certaine tradition qui, partant précisément de Cana ferait presque de Lui un animateur du club med et qui m'escagasse -je vois que vous en êtes loin Ti'Hamo.
Pour le reste, après tout, que Zak -bien plus Janséniste que moi qui ne le suis nullement au sens où le jansénisme soutient une forme de prédestination (je l'ai déjà dit ici) se débrouille! Il est largement assez grand pour ça .Ce que vous dites du miroir Tin ‘hamo me rappelle Saint Paul "Maintenant nous voyons toute chose comme en un miroir", citation que mon cher Bloy adorait. Ce que vous dites du pouvoir du diable est passionnant et rejoint certaines des mes interrogations.

Maintenant soyons honnête, S Augustin n'est pas aisément liquidable de la tradition de l'Eglise (c'est le moins qu'on puisse dire!!!), et le jansénisme c'est surtout une lecture assez honnête de S. Augustin... et une interprétation de Saint Paul... Les Evangiles contre la théologie paulinienne (qui donna Luther) et augustinienne (Calvin, le jansénisme)? Le débat n'est pas mince!!! (je n'accuse pas les jansénistes d'être calvinistes hein!)
La question qui se cache derrière ce débat qui m'intéresse vivement c'est finalement la place que l'Eglise moderne doit faire à la prédication augustinienne...et à l'interprétation de Saint Paul. Si Eremo nous revient il pourra sans doute nous éclairer sur l'Aquinate qui lui parle de plaisir sexuel en Eden. Pour ma part, je n'ai plus de temps mais vous lirai avec grand intérêt.
Vous êtes intéressant Ti'Hamo est le débat est constructif.

Zak, votre première réponse -j'espère qu'il y en aura une deuxième- à Ti'Hamo m'a permis de comprendre que vous ne sépariez pas notre esprit de notre corps dans la chute. Je comprends maintenant pourquoi l'orgueil vous semble donc lui aussi péché lié à la chair au sens où esprit et chair forment un tout Tout cela pour dire que vous gagnez en précision et en conviction. Il me semble qu'en reconnaissant le pouvoir du diable Ti'Hamo est quand même fort proche du dogme catholique. Par contre, j'avoue que Wojtila n'a pas le droit de dire que "tous sont sauvés par une communication des idiomes". Encore une fois, la parabole des semeurs (et bien d'autres paroles du Christ) dit clairement que, non, désolé (et j'en suis triste) mais tous ne sont pas sauvés. Et vous Ti'Hzamo, croyez-vous que tous soient sauvés? On aborde vraiment des questions de font avec ce débat. Zak, si j'ai bien saisi votre conception de la chair -c'est à dire notre corps ET l'esprit qu'il produit- je vous suivrai bien plus volontiers encore sur ce point au lieu d'y voir surtout une protestation indispensable et le maintient d'une tradition précieuses. Car l'Eglise, c'est l'équilibre entre deux grande traditions (vieilles antienne chez moi, vous le savez Zak). Je crois qu’il peut-être utile d’en faire un résumé-express.
C'est connu : Saint Austin, déçu par la manichéisme qui n'avais su accomplir ce qu'il avait promis (une explication rationnelle du mystère de deux Dieux égaux) lit une partie des Ennéandes de Plotin dans la traduction de marius Vitorinus. Puis c'est la lecture des épitres de Saint Paul dont il retire que l'homme est en proie au péché et ne peut s'en libère que par la grâce du Christ. S'ouvre un redoutable problème : si c'est Dieu qui choisi de donner cette grâce, que devient le libre-arbitre, si essentiel au catholicisme qu'il est l'un de ses dogmes con