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vendredi, 14 mars 2008

Philippe Sollers : l’ « athée sexuel » et son catholicisme érotique

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             L’image que les médias donnent de l’Eglise ou du christianisme n’est pas brillante, pour le moins, des moines ou des religieuses sont présentés dans des situations grotesques, utilisés par les publicités, la foi, par les procédés les plus abjects, est ridiculisée grossièrement, et tout cela, comme il est normal, choque – enfin presque.

            Mais le plus dangereux n’est peut-être pas là au fond, car dans les réactions, parfois violentes, que suscitent ces profanations, on voit qu’il subsiste encore chez beaucoup de ceux qui furent chrétiens une saine capacité d’indignation. En effet, les plus malsaines et malveillantes insultes faites à la foi ne se trouvent pas où on l’imagine, et il se pourrait bien que les ravages commis par les écrivains en mal de célébrité, dont Philippe Sollers incarne ces derniers temps la vomitive icône, qui se font, paradoxalement, les défenseurs d’une certaine image du religieux en la caricaturant à l’extrême l’utilisant à des fins foncièrement personnelles relativement intéressées, soient sans doute les plus redoutables attaques qu’ait à subir l’héritage spirituel chrétien.

        De la sorte, ce n’est plus l’anticléricalisme qui est, aujourd’hui, le véritable danger pour le catholicisme, mais la revendication d’une appartenance ou d’une adhésion à l’Eglise par de clownesques hypocrites qui, feignant une prétendue conversion, ridiculisent les fondements de la foi au profit de leur misérable petit commerce à l’hideux mercantilisme dont la seule finalité est de faire, encore et toujours, parler de soi et vendre du papier.   

          Fort justement Jaccard s’interrogeait ainsi :  « Je me suis longtemps demandé, ce qui me débectait chez Philippe Sollers. Etait-ce ses mimiques de comploteur ahuri ? Ses bagues sur ses doigts boudinés ? Son côté bourgeois français avec femme et maîtresses ? [...] Sollers est à la littérature française ce que Mitterrand fut à la politique: un captateur d'héritage. Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques; Mitterrand le socialisme pour assouvir son ambition.» (Roland Jaccard, Journal d'un oisif, Puf). Or, ce à quoi nous assistons dernièrement avec le catholicisme chez Sollers, participe bien de sa stratégie du détournement ici évoquée ; il s’agit bien pour lui, et tant d’autres à sa suite, de siphonner à grande vitesse un carburant utile à leur insupportable industrie du paraître, de mettre la main, à la hâte, sur un héritage dont il se moque totalement afin de pouvoir au maximum profiter des lucratifs dividendes sur investissement.

      La stratégie médiatique des émois religieux du nouveau converti est bien rodée, le système, parlant à temps et à contretemps des émotions mystiques du récent catéchumène, supérieurement organisé, avec les relais que sont, les maisons d’éditions, les suppléments littéraires, et les émissions littéraires.

     Ainsi, une indigne bestiole polygraphique comme Sollers, qui  aura pu écrire, comme le dit Benoît-Jeannin : « … avec la même autorité sur Breton, Vivant Denon, Guy Debord, Casanova, Jean-Paul II, Rimbaud, Pascal, Céline, Paul Morand et la suite. Faire l'éloge du dernier ouvrage de BHL dans Le Journal du dimanche. Décréter qu'une héroïne de Loft Story a une frimousse d'écrivain. Publier un péan à la gloire du feuilleton de M6 dans Paris-Match. Imposer une jeune romancière, la laisser tomber si son premier livre n'a pas marché. S'entremettre pour que le Goncourt aille à Jean-Jacques Schuhl  » (Maxime Benoît-Jeannin, La corruption sentimentale, Le Cri), sans oublier Sade, Nietzsche et la géniale pensée de Mao, étale à présent complaisamment son admiration éperdue pour l’art érotique de l’Eglise, tout en soulignant son rejet du christianisme.

     Dans un exercice ou il excelle, l’outrecuidant parangon de vanité avait expliqué le choix de son pseudo :  « Sollers, de sollus et ars : tout à fait industrieux, habile, adroit, ingénieux…. » (Philippe Sollers, Un vrai roman, Mémoires, éditions Plon), l’actuelle industrie du pitoyable érotomane, confirmant ses orientations primitives à l’infect projet, est aujourd’hui tournée vers l’exploitation du nouveau filon à la mode, un catholicisme charnel et sexuel sans le Christ, ainsi qu’il le déclare au Monde des Religions :
- « Il est certain que j’ai un rapport personnel à la transcendance et au sacré, mais de là à dire que je suis croyant… Je ne sais pas. Le côté « ecclésiastique » du mot ne me convient pas. Je suis un athée sexuel. Je ne suis pas dans l’illusion de croire que l’on continuerait à réciter quelque chose de religieux pour éviter l’activité sexuelle. » (Le Monde des Religions, mai-juin 2006, n°17.)

Le plus hilarant dans cette comédie du sacré se parant d’un vernis catholique où l’érotisme tient une place non négligeable, c’est de voir à quel point les serviles cireurs de godillots et les petits scribouillards fraîchement édités, viennent astiquer le membre viril de l’industrieuse diva ingénieuse de chez Gallimard directrice de la revue « l’Infini », frottant comme des forcenés sur les parties intimes de sa « Majesté » pour en extraire la divine semence, l’encensant  en abondance tels des sous-diacres soumis et courbés devant la liturgie d’un Monsignore de la curie, ainsi qu’en témoignent ces lignes ridicules par leur servilité de Fabrice Hadjadj :

         - « Philippe Joyaux, bientôt sous son nom d’écrivain, Philippe Sollers, va mener au fil de sa vraie vie. Un combat pour quel objectif, pour quelle victoire ? Ceux d’une œuvre, cette œuvre, la sienne, sur laquelle il revient, qu’il commente, l’éclairant des moments-clés de sa biographie, De son premier roman, Une curieuse solitude, jusqu’à Une vie divine paru l’an dernier, on suit les mille péripéties de ce qu’on peut appeler ses guerres de libération. Combien d’épigones debordiens qui n’en sont jamais que les courtisans ? Le négatif ne suffit pas. Il faut du positif. Sollers l’entrevoit. Il sait que pour lutter contre cette fantômatisation de l’existence qui ne peut déboucher que sur la «fabrication des corps», il faut revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation. De là son affirmation baroque : Titien, Bernin, Rubens, et ce vin de Bordeaux qu’une consécration peut convertir en sang du dieu…[…] Sollers songe aussi à une échappée où le mythe et la raison s’épousent dans un catholicisme purgé de «sa moraline sexuelle idiote. » (Fabrice Hadjadj, Monde Francophone). mondesfrancophones

      Cette littérature d’alcôve et de bidet est effectivement à vomir, et l’on aimerait laisser ces « joyaux », pardon joyeux plaisantins à leurs jeux interdits en s’amusant de les voir « revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation » , et s’exercer fébrilement, en des pamoisons extasiées on l’imagine, au dépassement fiévreux et empourpré de la « moraline sexuelle idiote » - charmant programme pour des ébats décomplexés et des positions expertes entre deux prières et une génuflexion !
La conclusion de cette note, qui montre ce qu’il en est de la vérité qu’il faut conférer à ses présentes déclarations littéraires, laissons-là  à l’ignoble athée sexuel qui déteste le pape  :

     - « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. »  (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)
 
 
 
 

 

 

20:02 Publié dans Polémique, Réflexion, Tartufferie | Lien permanent | Commentaires (109) | Tags : littérature, poésie, critique, critique littéraire |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

- « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)

Quel programme ! Surtout que la nature de l'homme qui intéresse Sollers ne semble pas en être la Divine.

Comme Zacharias et Zac précédement, je vomis ces êtres qui ont besoin d'un alibi spirituel pour justifier une libido ou une perversion bien humaine !!

Enfin, Ecce homo !

Écrit par : M.G. | vendredi, 14 mars 2008

"Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques".

Lors d'une première lecture, j'ai copié immédiatement ce petit extrait, et me voici face au puzzle, ne trouvant plus la place pour une pièce, puisque... je ne trouve plus la phrase dans le texte. A l'aide ? Non, pas encore vraiment...

Ce qui me déçoit, est ici que j'aie pu mal lire. Je ne me serais effectivement pas attardée sans comprendre. Or, je ne la comprends pas. A l'aide... : que signifierait : "détourner le situationnisme" ?

Merci beaucoup à ceux qui voudront m'expliquer le plus patiemment.

...mon désarroi devant cette interprétation de l'expression "athée sexuel" ? Je l'avais comprise autrement et, d'après votre citation, bien à tort. J'avais deviné tout l'inverse, et au contraire la non adhésion à ce qui serait faire du sexe une religion. Il est vrai que Sollers argumente peu le rapprochement qu'il opère entre pornographie et puritanisme, mais il l'exprime.

Globalement, je vois que Sollers est un petit bonhomme (Narcisse ?) ? Cela est certain, mais je crois à vous lire que l'heure serait déjà grave, et que nous ferions un procès ? Je trouve utile votre rappel dans l'analyse. Cependant, attention à la chasse aux sorcières... qui dépend bien de chacun.

Écrit par : Marie Gabrielle | vendredi, 14 mars 2008

A-t-il jamais tué, d'ailleurs ? Si tel était le cas, qui pourrait en réchapper ? Moi le premier, du reste : n'ai-je pas furieusement donné l'impression d'être de ces représentants "de la bonne pensée catho" qui s'enflamment au quart de tour ? "Complaisance" plus "naïveté" égalent "complicité" : si vous avez tout à fait raison sur cette arithmétique, permettez que je me dérobe vertement sur ses composants... qui représentent tout ce dont j'ai parfaitement horreur ! Ceci nécessite à n'en pas douter une sereine mise au point.

Oserais-je vous l'avouer, Zak ? JE N'AI PAS LU la prose de Mr Sollers et consorts. (Les aperçus que vous m'en soumettez -et que l'on retrouve sur la dernière note publiée sur ce blog- ne sont d'ailleurs guère de nature à me précipiter chez mon libraire !) Mon précédent post n'était donc pas établi sur la foi de ses écrits... mais en fonction des diverses réactions à ces écrits. Dont les vôtres, bien entendu. Il s'agissait donc moins d'un commentaire que d'un commentaire de commentaires : je ne saurais commenter ce dont je n'ai pas connaissance... et ce qui, a fortiori, ne saurait "m'émouvoir" dans un sens ou dans un autre !

Cela dit, vous avez bien agi en faisant taire vos "scrupules à me tancer" : je reconnais que les propos que je tenais ce vendredi prêtent à ambiguïté, laissant entendre que je cautionne benoîtement des déclarations dont je conviens avec vous sans arrière-pensées qu'elles relèvent "des pires sottises". Sur bien des points effectivement "inadmissibles théologiquement", je vous rassure immédiatement : je boude mon plaisir !

Au risque de vous apparaître cette fois comme le chien qui ronge son os jusqu'à la moelle, je maintiens QUAND MÊME la validité de mon précédent post sur le fond. Naturellement, j'apporte un bémol quant à la forme... temporelle. Aujourd'hui, admettons tout ce que vous voulez : conversion de tartuffe, immonde pantalonnade, jouissance libidineuse, (im)posture factuelle, opportunisme médiatique et j'en passe. AUJOURD'HUI, la question n'est pas "de savoir si le discours tenu à présent est crédible ou pas" : IL NE L'EST PAS ; et si j'ai pu faire croire à quiconque que je cautionnais un tel discours, je bats ma coulpe.
Aujourd'hui... mais demain ? Hier, nous avions saint Paul : avant-hier, Saül. Il existe un abîme entre les deux ; pourtant, il s'agit du MÊME homme...
Aujourd'hui, il n'y a pas photo : j'ai plus de bonheur à parcourir l'épître aux Corinthiens qu'"une vie divine". (Les quelques extraits publiés ici me suffisent amplement !...)
"Mais de quoi voulez-vous douter chez ce personnage ?" me demandez-vous. De son PRÉSENT, de tout... et ma foi, vous n'y avez pas peu contribué ! De son avenir, de tout également. Mais pas nécessairement dans le même sens : j'ai encore la faiblesse de croire que l'avenir n'étant pas présent, il n'est pas encore écrit. (C'est bête comme chou, mais extrêmement libérant !) Alors, que la posture du bonhomme soit maintenant factuelle, bien sûr. En revanche, "qu'elle sera jetée aussitôt après l’avoir usée", peut-être... mais peut-être pas. C'est sur ce point que je propose le bénéfice du doute. Jouer avec les choses de la foi n'est pas sans risques, et le Père de cette foi aime de temps en temps à prendre au mot ces joueurs peu vertueux : s'Il a eu un Saül, ce n'est pas du menu fretin tel que du bobo parisien qui va l'arrêter...

Alors... à suivre ?

Écrit par : MDT | samedi, 15 mars 2008

Mille excuses : le post ci-dessus est censé être la réponse à Zak dans "La nature de la chair et le péché". Quoi qu'il en soit, il n'est pas hors-sujet ici !...

Écrit par : MDT | samedi, 15 mars 2008

j'ai un certain mal à comprendre ce genre de gymnastique qui consiste à se déclarer :

athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme!

à mettre l'homme au centre de l'univers et dans un même temps faire l'éloge de

Joseph de Maistre!


Tout ça sent la récupération à plein nez, après avoir tout essayé il vient comme tant d'autres d'ailleurs** piller le catholicisme et la Tradition

**(art contemporain: détournemment des images religieuses, Saint Jean de la Croix mis à la sauce performance, Karl Lagerfeld qui se targue sur je ne sais qu'elle revue branchée, d'aimer Madame Guyon....et de faire des robes monacales pour ses manequins anorexiques etc..


Tout ça béni par le silence des catholiques, qui ne dit rien consent!
Tout ça est à gerber!



Pas de soucis un jour Sollers nous dira qu'il est musulman!

le dit Karl n'a pas hésité à concevoir en 1994 une robe pour Claudia Schiffer sur laquelle il avait fait imprimer des versets du Coran. Les autorités musulmanes françaises crièrent au sacrilège et Lagerfeld fit marche arrière en détruisant l’objet hérétique par peur de causer des ennuis à Chanel.

Écrit par : Gerbaline | samedi, 15 mars 2008

Il est amusant de voir qu'au moment où vous publiez cette note, la revue "Famille Chrétienne" met en kiosque un numéro dans lequel l'hilarant Hadj nous explique en sept points, avec grand sérieux, comment bien mourir.

Mais il a sans doute oublier un huitième conseil qu'il garde en secret pour un prochain numéro du pieux magazine :

Comment faire pour mourir de plaisir...

Écrit par : Eva | samedi, 15 mars 2008

Il n'est pas indifférent de relever que le sieur Hadjadj, comme il le laissa filtrer parfois dans certaines de ses feuilles, fut un sérieux "queutar" dans sa jeunesse avant sa conversion.

N'y aurait-il pas, dans son actuelle défense de la chair en mode catholique, en réalité un vieux retour du refoulé dont l'inconscient possède le secret ?

Écrit par : Francis | samedi, 15 mars 2008

Le ridicule Hadjadj, le Doc Gynéco des sacristies dont Zacharias vient de nous montrer l'étendue de ses dons masturbatoires sur la personne du nombriliste Sollers, n’est pas qu’un fameux « queutar » comme vous l’écrivez Francis, c’est aussi un réel cinglé sur le plan théologique qui n’hésite pas à se risquer à des formulations dont la complaisante hardiesse vise à foncièrement sexualiser notre conception du religieux et, pour ce qui nous occupe, de la religion catholique, dont il est un singulier salisseur.

Pour en donner un exemple, voici comment sont présentées, dans les colonnes du numéro 343 du mois de mars 2008 de l’ignoble revue Art Press, les abjectes propositions de l’érotomane expert en sexologie divine : « … attends-toi également, lecteur, à te trouver confronté à de bien déroutantes propositions avancées par ce glorificateur de l’utérus de la Vierge, ce penseur d’une «divine pornographie», ce paradoxal défenseur des libertins, ce singulier moraliste qui se moque de la morale. L’entretien qui suit peut t’y préparer. »

Nous voilà prévenu, et le pire est effectivement à venir sous la plume même de l’indigne pornographe libidineux qui confond allègrement films de cul et théologie :

- « La Bible insiste ainsi sur l’utérus de Dieu. La judéité se transmet d’ailleurs par l’utérus d’une juive. Ce que le Nouveau Testament reprend de manière radicale : l’utérus de Marie porte le Dieu fait chair. Si ce n’est pas une exaltation du féminin, ça ! »


- « …Ma femme n’a pas conçu couverte «par l’ombre de l’Esprit», mais par ma masse essoufflée, pour ainsi dire. Le catholicisme reste avant tout la religion de l’Incarnation : sous un certain rapport, la chair y est plus spirituelle que nos raisonnements. L’acte le plus mystique y consiste en une manducation : prendre Dieu dans sa bouche, mastiquer l’Éternel, déglutir la Lumière des Nations, c’est dans ce concret de baiser et de bave qu’est la contemplation la plus haute, – rien à voir avec la petite harangue puritaine.

- Tous les sacrements exigent le toucher, la proximité physique : la parole à distance, celle qui ne se fait pas chair, n’y est jamais qu’un prélude.

- « …l’union conjugale de Robert et Micheline Tripied devient signe vivant de l’union du Christ et de l’Église, pas moins. L’acte charnel est donc non seulement béni, mais il est aussi tout ensemble une image de la Trinité et un précipité de la Rédemption. Dans mon livre, en faisant se rencontrer Thomas d’Aquin et Charles Baudelaire, j’essaie de montrer la présence de la Croix à même la copulation. Je confirme par là certaines fulgurances de Bataille. »

(Art Press, n° 343, mars 2008, Interview réalisé par Jacques Henric ).

Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de son triste esclavage devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser.

Rappelons à l’impudique écrivain dont la prose, aux vaginales extases mystiques a en fait sa place réelle dans les sex-shops, ce clair avertissement on ne peut plus clair du Verbe de Dieu dans la Sainte Ecriture :

- « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean, 6, 63).

Écrit par : Zak | samedi, 15 mars 2008

Ah ! On voit bien là le condensé nauséabond et tristounet de tous les préjugés anti-Sollersiens sortant de la plume ou de la bouche de personnes qui l'ont lu en diagonales, sur le net, par petits bouts en le feuilletant de ci, de là, non pour se confronter à l'écrivain et, éventuellement, lui rentrer dedans à sa juste mesure, mais juste, et uniquement pour vous conforter dans ces préjugés qui sont les vôtres.

Mais permettez-moi de vous dire, que lorsque vous aurez lu, de bout en bout, "Le Rire de Rome", "La Divine Comédie" (c'est celui-là qu'il est allé offrir au Pape Jean-Paul II), "Visions à New York", "Un Vrai Roman" et... "Une Vie Divine"... sans oublier quelques articles lumineux dans "La Guerre du Goût" et "Eloge de l'Infini"... pour ne citer que les livres que je connais du monsieur et dans lesquels il évoque ou parle longuement de la Catholicité, vous changerez peut-être votre fusil d'épaule. Lorsque je lis quelque chose comme ça :

"Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de sa triste soumission devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser. "

... cher Zak, et sachez que je dis ça en toute amitié, non, que vous le vouliez ou pas, je ne suis pas de ces thuriféraires anti-Catholiques et un défenseur de Sollers aveugle et béat, lorsque je lis ça, je me dis qu'il y a bien des parties de la Sainte Bible qu'il nous faudrait, en ce cas, supprimer, car il n'y a rien de plus "sexué" et même "sexualisé" que la Bible. Dieu veut que nous bandions, c'est un signe de santé, après, bien entendu, tout dépend selon quelle orientation la bandaison en question s'effectue, mais je suppute que vous êtes grand, majeur et vacciné, et je ne vais pas vous faire un dessin... relisez votre évangile :

"1 Corinthiens 7

7.1
Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme.
7.2
Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.
7.3
Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari.
7.4
La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme.
7.5
Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.
7.6
Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre."

Pour ne donner que cet exemple... et je ne vais pas m'amuser à vous citer "Le Cantique des Cantiques" qui a été mis à toutes les sauces et, surtout, excusé par quelques prêtres frustrés car, disent-ils, imagé et ne célébrant que des noces spirituelles. Vous aimez bien limiter Dieu... alors que son fils s'est INCARNé.

Lorsque vous citez :

« Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)

Ayez le courage de préciser que c'est un personnage de Roman qui parle, selon les lignes de séparations que cela devrait imposer. Par contre, il est vrai que Sollers brouille les pistes, puisque dans ses mémoires qu'il a intitulé "Un Vrai Roman" pour embêter peut-être les personnes comme vous, à la question de la croyance il répond qu'il est "à l'écoute". Ce qui change tout de même les choses. Et si vous êtes chrétien, vous devriez vous en réjouir et prier pour lui pour qu'il soit sauvé... surtout au vu de la verve qu'il a mis dans la défense de Jean-Paul II... et à présent de Benoît XVI... à la grande surprise de ses amis qui ne l'ont jamais compris dans ce domaine...

Sollers lance des ponts entre les écrivains, les psychanalystes, les poètes, les peintres, les philosophes, et les Saints... ce n'est certainement pas de la vérité à prendre avec argent comptant... mais il y a là des résonances qu'il ne faut pas négliger si on est intellectuellement honnête.

Sollers, il y aurait 1000 et 1 choses à lui reprocher, bien plus graves que vos reproches pleins de poncifs creux. Ses réseaux littéraires morbides, son soutien à une Gôche caviar qui est une vraie bouffonnerie, sa présence guignolesque sur les plateaux de télévision (encore que... pas toujours... ça dépend...)... Car si vous reprochez à Sollers ce que vous lui reprochez, balancez par la fenêtre tous les écrivains moralistes français, bien catholiques et pourtant ouvertement baiseurs jusque dans leurs fusées implacables... balancez et liquidez Baudelaire... foutez en l'air Rimbaud et Verlaine (le premier enculait le second et mettait du coeur à l'ouvrage)... et liquidez Apollinaire... Retz était tout autant baiseur qu'il était Cardinal... passons...

Mais... à croire qu'il n'y a pas de hasard... alors que je suis en train de préparer un article pour mon Blog sur "APOCALYPTO", le film de l'excellent Mel Gibson (oui oui oui... celui-là même qui a réalisé le sublime "La Passion du Christ" tant décrié par les naïfs et les lecteurs de TELERAMA) je me suis souvenu d'un texte SUPERBE (j'insiste) de Philippe Sollers sur les Indiens Guaranis et la Catholicité et j'ai souhaité m'en servir pour mon article... Ma chère et tendre épouse, dévouée comme elle est, m'a délicatement tapé le texte avec ses doigts de fée, sous ma dictée... et voilà que je tombe sur votre article comique et les commentaires qui fusent dans la foulée... et je me dis : ça tombe bien... faisons d'une pierre deux coups...

Alors accrochez-vous, armez-vous de patience et daignez lire de bout en bout... car ce que dit Sollers, ici, de la Catholicité, de l'Humanité, si c'est du Blasphème, c'est que vous n'avez rien compris... ou alors pire, c'est que vous êtes obtus et primitifs du bulbe. Je pense que non, vous ne devez pas l'être... j'ai lu sous votre plume des effluves scintillantes, des stances de lumière intelligentes... et il y a dans cet article bien plus de sublime clairvoyance à l'égard de ce qui, ici, nous tient profondément à coeur, sur ce site que dans tant de livres soi-disant dédiés à l'église et qui sont d'une platitude sale, bête et sans intérêt...

"L’aventure jésuite

Je regarde ces sculptures, leurs formes torsadées, recueillies ; leurs couleurs. Un enfant blanc, châtain, bouclé, vêtu d’une légère tunique bleue et jaune, s’avance dans le vide, le bras gauche tendu le long du corps, le bras droit replié sur la poitrine, mais esquissant déjà un geste énergique de départ. Ses yeux sont grand ouverts, et pourtant il semble voir quelque chose que nous ne percevons pas, comme s’il regardait à l’intérieur d’eux-mêmes. Son sourire, surtout, est énigmatique : détermination ? confiance ? certitude ? joie ? ironie ? On ne sait pas. L’affirmation qui l’anime, en revanche, est indubitable. On a l’impression qu’il pourrait dire : « je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial l’a trouve complète. »

Où sommes-nous ? À Rome, Vienne, Naples, Prague ? Dans l’une des capitales du baroque et de la Contre-Réforme ? Non : cette fraiche merveille enfantine nous vient du Paraguay, au XVIIIe siècle, quand les Jésuites y poursuivaient leur expérience spirituelle et formelle, divine et humaine, politique et mystique. Une très étrange histoire, qui a fait beaucoup parlé et rêvé, depuis les philosophes jusqu’à nos jours ; une aventure qu’on peut suivre d’un bout à l’autre de la planète. L’époque héroïque est sans doute passée, mais sa mémoire demeure. L’Europe, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Amérique ? Autant d’épopées, souvent martyrologiques, celle des « réductions » du Paraguay restant la plus singulière. En tous cas, l’enfant dont je viens de parler a été anonymement façonné là-bas. Il est âgé de deux siècles et demie, mais il est en réalité millénaire puisqu’il s’agit de l’Enfant Jésus. Si nous ne le savions pas, nous aurions du mal à l’identifier. Tel est l’étrange message que les indiens Guaranis et la Compagnie de Jésus nous envoient par-delà le temps et l’espace.

On se souvient que Claudel, au début du Soulier de Satin, fait parler un père jésuite attaché à un mât, sur le pont d’un bateau dévasté par un abordage, et qui est en train de sombrer dans l’océan Atlantique :

Et c’est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où
je suis n’est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la limite du ciel connue s’efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j’ai
quitté
Et de l’autre nouveau.

Claudel prend soin d’ajouter, un peu plus loin, que l’action de son drame se déroule dans une dimension du temps où le passé et l’avenir sont faits « d’une seule étoffe indéchiffrable ». Le projet jésuite, à travers le monde, était, n’en doutons pas, celui-là.

Il faut, bien entendu, traverser beaucoup d’ignorance et de préjugés pour considérer calmement ces aventuriers italiens, portugais, espagnols. Ils sont Jésuites, franciscains, dominicains. Ce sont des prêtres, mais également des savants : théologiens, mathématiciens, astronomes, géographes, linguistes, juristes. Nous apprenons avec surprise qu’ils étaient, aussi, des artistes : architectes, musiciens, dessinateurs, sculpteurs. Ils ne se contentent pas de propager leur foi et de convertir, ils enseignent. Les continents qu’ils abordent sont inconnus, dangereux, et ils posent vite (surtout en Amérique du Sud) une question neuve : ces hommes qu’on a jamais vus dans l’univers « civilisé », ces Indiens, ces « hurons », sont-ils des hommes comme vous et moi, c’est-à-dire des créatures divines avec une âme, ou bien des mécaniques animales, proches du démon et, par conséquent, vouées à l’exploitation et à l’esclavage ?
On sait quels effets comiques Voltaire a tirés de cette situation. L’Ingénue en est la preuve. Mais c’est oublier que la tentative jésuite, au-delà des sarcasmes dont elle a été l’objet, a eu ses partisans jusque dans le camp des Lumières. Montesquieu, D’Alembert, Buffon s’y sont intéressés et Voltaire (qui est, après tout, un ancien élève de la Compagnie) y a même vu un « triomphe de l’humanité ». Les missionnaires, en effet, se sont vite opposés (et parfois par les armes, soutenus par les populations locales) au pouvoir économique et administratif, comme aux avidités meurtrières qu’il légitimait. Les « réductions » du Paraguay, l’autonomie qu’elles ont peu à peu acquises, sont ici l’exemple le plus célèbre et, en un sens, le plus mystérieux.

Ce système social inédit est mis en place dès le début du XVIIe siècle. En 1627, il compte déjà trente mille Indiens « protégés ». L’organisation agricole soustrait ces derniers à l’esclavage, et assure également la pérennité de leur langue et de leur culture (musique, chants, danse). Les Jésuites doivent à la fois se battre contre la brutalité des colons, plaider leur propre cause en Espagne et maintenir ainsi un équilibre fragile qui finira par s’effondrer. Nous ne sommes pas encore entrés dans la longue histoire des Droits de l’Homme : c’est pourtant ici qu’elle a été, la première fois, tentée.

Le Libro de Ordenes, de 1649, nous décrit le Code civil et pénal mis en place. Ainsi, la peine la plus lourde est celle de la réclusion pour dix ans. Fait unique à cette époque, la peine de mort n’existe pas. Les réductions (terres cultivées, villages) disposent d’une milice armée. Une forme de vie communautaire s’installe, au grand scandale des propriétaires terriens, et, bientôt, de leurs alliés créoles. Les Indiens se sédentarisent, et la propriété (très relative) dont ils disposent est fondée, christianisme oblige, sur la monogamie. Chaque nouveau ménage reçoit, au moment du mariage (en général précoce), une maison et un terrain à cultiver.
Les Jésuites dirigent tout. Mais ce qui nous intéresse particulièrement est le développement de l’artisanat, donc de l’art. Telle est l’origine de nos sculptures.

Édouard Pommier, dans Les Missions Jésuites du Paraguay (texte qui accompagne l’étonnant enregistrement des Vêpres solennelles de Saint-Ignace, du musicien Jésuite Dominico Zipoli, 1688-1726), donne quelques exemples frappants de la vie des réductions.
La vie est rythmée par la pratique religieuse. L’assistance à la messe dominicale est obligatoire. Les fêtes religieuses sont accompagnées de danses et de représentations théâtrales dans la langue locale. On a ainsi recueilli des fragments transmis oralement d’un opéra, Le Drame d’Adam. L’important est que la culture soit fondée sur le maintien et le respect de la langue guarani dont les Franciscains ont été les défenseurs dès 1575, les Jésuites continuant leur œuvre. En 1640, le père Ruiz Montoya, pendant son séjour à Madrid, publie deux livres sur ce sujet.
Cette politique amène la formation, parmi les Indiens, d’une classe cultivée. En 1724 et 1727 le cacique Nicolas Yapuguay publie, en guarani, un commentaire du catéchisme et un recueil de sermons.
Le développement de cette culture s’appuie sur l’introduction, dès 1695, de l’imprimerie sur le territoire des réductions (alors que Buenos Aires attendra jusqu’en 1780). Ces Jésuites sont décidément dangereux : ils vont transformer les esclaves en hommes, et même en hommes sachant lire et écrire. Pourquoi pas, aussi, en artistes ? On peut imaginer l’énorme jalousie qui se développera, à cette occasion, chez les Blancs, ou les demi-Blancs, puisqu’on oublie toujours trop facilement que la propagande anti-jésuite a été aussi une propagande « capitaliste ».

Les églises dont on voit aujourd’hui les ruines ont été construites au début du XVIIIe siècle en succédant à des constructions provisoires. Les architectes jésuites ? Ils sont italiens : Angel Petragrassa (1656-1729), José Brasanelli (1659-1728), Giovanni Primoli (1673-1747). Mais il y a aussi l’Espagnol Ribera, et le père autrichien Anton Sepp (1635-1733), qui écrit un manuel pratique de construction. Il est bon de citer ces noms méconnus pour contrebalancer une censure séculaire.
Édouard Pommier écrit : « Les statues qui ont survécu à la destruction des églises se réfèrent en grande majorité à l’iconographie du Nouveau Testament et des saints de la Compagnie. Bien que les textes manquent à cet égard, on peut supposer qu’elles sont l’œuvres des Guaranis, guidés par l’enseignement des pères et inspirées par les gravures d’œuvres européennes qui ont circulé un peu partout dans l’Amérique coloniale. La sensibilité profonde, l’émotion contenue, la spiritualité sincère dont elles sont imprégnées sont peut-être le meilleur témoignage de la valeur de l’œuvre religieuse et civilisatrice accomplie par les Jésuites. »
Par ailleurs un voyageur, José de Escandon, note ceci (nous sommes donc au XVIIIe siècle) : « Il y a des chants tous les jours de fête, ainsi que le samedi. La musique est de grande qualité, à tel point que même ici, en Espagne, elle serait considérée d’un niveau supérieur. […] Chaque village possède sa chapelle de musique, qui compte tant d’instruments et de voix qu’il n’en est pas une, petite ou grande, qui ait moins de 20 à 24 musiciens. Ceux-ci sont très habiles à la lecture, et ils jouent de tous les types d’instruments dont on se sert ici, en Europe, dans les églises. Les voix […] savent très bien écouter d’oreille ou lire les partitions qu’on leur envoie d’Espagne ou qu’on leur fabrique là-bas, car il y a de tout, et les deux méthodes sont utiles. De même qu’ils connaissent bien la musique et peuvent la déchiffrer sur les partitions, afin de la chanter et de la jouer, ils savent fabriquer, et construisent tout type d’instrument, même des orgues…»

L’iconographie du Nouveau Testament et les saints de la Compagnie seraient les seuls sujets sculptés ? Cette description ne nous dit pas grand chose et, de plus, elle est erronée, puisque beaucoup de statues représentent des saints de toutes les époques. Mieux vaudrait parler d’un théâtre du temps, avec ses points de répétitions.
Voyez cette jeune femme radieuse, emportée vers le large comme une belle frégate. Tout, en elle, est mouvement, plis, replis, bonté éblouie du visage, le jaune et le rouge exaltant son triomphe. Mais pourquoi tient-elle, sous son bras gauche, comme un rouleau biblique, cette tour à deux étages ? Il s’agit de Sainte-Barbe, mais qui est Sainte-Barbe ? Et plus généralement, pourquoi savons-nous désormais si peu de chose des saintes et des saints ? Voici une vierge et martyre du IIIe siècle, en Égypte. La légende veut que son père l’ai fait enfermer dans une tour à cause de sa beauté. Puis, apprenant qu’elle est devenue chrétienne et qu’elle se refuse au mariage, il l’a traine devant des tribunaux, la fait condamner à mort et la décapite de sa propre main. À ce moment précis la foudre le frappe. Conséquence : Sainte Barbe se retrouve patronne des canonniers et de tous les métiers qui manient la poudre, carriers et mineurs. Van Eyck lui a consacré un tableau en 1437.
Ce genre d’histoire ne se raconte pas par hasard, et touche au plus près l’imaginaire universel (suivons Freud dans sa certitude). Un père incestueux, une fille qui ne le sait que trop et préfère épouser Dieu : une Indienne Guarani peut être aussi sensible à ce récit que n’importe qu’elle Européenne du temps. Et voilà le beau navire de Sainte Barbe lancé à travers les mers. Tonnez, cannons ! pour la plus grande gloire de Dieu ! Célébrez une fille libre à la barbe de tous les pères.

Ou encore Saint Érasme : c’est un jeune gentilhomme bleu, portant, sans effort apparent, une lourde croix. Il a une attitude militaire concentrée, il appartient sans aucun doute à un corps d’élite dirigé par un grand général. Mais attention : c’est le même Saint Érasme que nous voyons, dans une autre sculpture, crucifié et atrocement supplicié par deux soldats (romains ? espagnols ?). Le ventre ouvert, le corps tailladé, il est, espérons le, soutenu dans son martyr par un angelot qui le coiffe, en douce, d’une couronne de fleurs.
Oui, mais qui est Saint Érasme ? Rien à voir, bien entendu, avec le grand humanisme du même nom, si bien peint par Holbein, et dont la vie a été une habile navigation entre catholiques et protestants. Non : Saint Érasme (appelé aussi Saint Elme) était un évêque de Formie, près de Gaète, au Ve siècle. Les Lombards ariens (l’arianisme est une hérésie tenace) l’ont affreusement torturé et mis à mort. Est-ce parce qu’il a été soumis à une douleur insupportable qu’il est vite devenu saint patron des femmes en couche ? étrange rapprochement, qui nous paraît aujourd’hui sans objet, mais c’est vouloir oublier le long cri de souffrances de la naissance ayant traversé notre espèce, l’ « ardent sanglot » dont parle Baudelaire. Regardez, côte à côte, le gentilhomme bleu acier, lumineux et inaccessible dans sa défense de la foi, et ce pauvre condamné démantibulé sur lequel des brutes grotesques s’acharnent. Le contraste est saisissant : c’est toute une pièce de théâtre qui parle aux yeux et au cœur.
Nous sommes encore dans la marine : les navigateurs du temps (et le Jésuites avec eux) connaissaient bien les feux Saint-Elme, phénomène d’étincelles électriques enflammant les mâts des bateaux pendant les orages en mer (et revoici notre père jésuite du Soulier de Satin). Saint Érasme : la chair retournée et sanglante, l’impassibilité divine, le feu du ciel. Voilà ce qui se racontait aussi dans les réductions du Paraguay, voilà qui ne manquait pas d’embraser l’imagination des artistes populaires entrés non seulement dans la communion catholique mais dans le goût européen.

Des reliques de saint Érasme sont conservées à Bologne, Naples, Vérone, Cologne et Mayence. Mais, là encore, les artistes imposent leur loi : Le Martyr de Saint Érasme est un tableau important de Poussin exécuté pour Saint-Pierre de Rome. Razzié par les français en 1797, il a été restitué au Vatican en 1815. Poussin, peintre philosophe allié des Jésuites ? Mais oui : il suffit de contempler son Saint François Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant de Cangoxima (Kagoshima) au Japon dit, aussi, Le Miracle de Saint François Xavier. Ce dernier tableau, on le sait, a été victime d’une cabale du camp Simon Vouet, et c’est à la suite de ces désagréments que le grand Poussin a choisi de s’expatrier à Rome. Les deux saints jésuites les plus fameux, Ignace de Loyola et François Xavier, eux, ont été canonisés ensemble, en 1622.
Et Saint Roch, ce saint bondissant ! Qui pense à le rapprocher de San Rocco ? Pourtant, c’est lui à Venise, là où l’on va admirer l’impressionnante série du Tintoret. C’est un saint français du Moyen Âge, né à Montpellier en 1293, et mort dans la même ville en 1324 (à 31 ans, donc). Il veille sur les malades, les pestiférés : on l’invoque pendant les épidémies. Ses reliques ont d’abord été en Arles, puis ont été transférés dans la Sérénissime. On le fête le 16 août. La légende veut qu’au désert son chien lui rapportait, chaque jour, un morceau de pain donné par une main inconnue.
Avoir de son côté pour combattre la peste, Tintoret, Rubens et des sculptures en bois, ce n’est pas rien ! Protégez-nous donc dans les forêts américaines, Saint Roch, Sainte Barbe, Saint Érasme, mais aussi Saint Sébastien, Sainte Catherine, Saint François d’Assises, Saint François Xavier (avec, dans la main droite, un drôle de violon) ! Et puis encore Saint Jean Baptiste, Saint Joseph ! Quoi ? Vous dites qu’il n’y a pas de sculptures de saintes ou de saints guaranis ? Patiente, cela viendra. Il suffit d’attendre trois ou quatre siècles.

À tout seigneur, tout honneur. Mais aussi toute horreur. Les représentations du Christ souffrant sont une épreuve. Elle est inévitable. Le corps humain est à franchir, ce que ne comprendrons jamais ceux qui croient naïvement, ou par calcul, à sa nécessité animale ou biologique. La leçon est dure : des blessures, du sang. Le Christ à la colonne n’est pas le même au XVIIe et au XVIIIe siècle mais les deux sont sublimes. S’ils éveillent en vous des pulsions cruelles et sadiques, ou, au contraire, de dépression masochiste, ce sera votre faute, pas la leur, puisqu’ils sont visiblement ailleurs, immergés dans une sagesse ou une sérénité incompréhensibles. On tient, là, la clé de la puissance de suggestion catholique : elle ne peut pas laisser indifférent. Soit elle déclenche la perversion, et elle la traverse et l’annule ; soit c’est la répulsion troublée, le dégoût et la preuve est faite par le refoulement. De toute manière, le regardeur est révélé, il ne dit d’ailleurs pas forcément ce qu’il ressent ou pense.
Ce dos flagellé, ces taches de sang font encore rêver ou délirer de nos jours. Une vierge en plâtre est censé pleurer des globules rouges ? Non, bien sûr, mais l’événement supposé signale l’impasse de l’art saint-sulpicien, l’affadissement est le déclin de l’art sacré depuis le XIXe siècle. Ici, au Paraguay, à l’époque héroïque, les choses sont infiniment sérieuses, directes, vraies. Les Jésuites et leurs fidèles sont dans leur moment de splendeur. Pas de mièvrerie, de bigoterie, de pruderie : l’essentiel, la force. Le Christ du XVIIe siècle est basané, il pourrait être indien. Celui du XVIIIe siècle, stigmatisé, est au contraire très blanc mais tous les deux sont liés à la même colonne qui est une sorte de temple à elle seule. La signification est claire : le martyr guarani et le martyr jésuite se situent du même côté. On dirait qu’ils déposent ensemble au tribunal de la Justice et de la Vérité. Les mains liées, le corps violé, le visage déjà dans la mort, ou plutôt dans une vision qui la surplombe, l’effet de grandeur est imparable : ecce homo.

Pour comprendre de tels chefs-d’œuvre sculptés, il faut aller à la source, c’est-à-dire non seulement au Nouveau Testament, mais aux textes du fondateur de l’Ordre, Ignace de Loyola lui-même.

Car le voici, lui. On dirait un moine ascétique, absorbé par on ne sait quelle scène (la sculpture est là pour faire voir l’invisible). Il a l’air étonné d’être en vie. Il contemple, avec respect et compassion, quelque chose. Quoi ?
« Voir Notre Dame, Joseph, la servante, et l’Enfant Jésus après qu’il est né, me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles. Et réfléchir ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.
Regardez et considérez ce qu’il font comme, par exemple, voyager et peiner pour que le Seigneur vienne à naître dans la plus grande pauvreté et qu’au terme de tant de peines, après la faim, la soif, la chaleur et le froid, les outrages et les affronts, il meurt en croix : et tout cela pour moi. Puis, réfléchissant, tirez quelque profit spirituel.
Terminez avec un colloque et par un pater noster. »

Nous venons de lire une séquence des fameux Exercices spirituels. Mais dans son Journal spirituel, Ignace de Loyola nous raconte de drôles d’expériences. Par exemple : « allant à la messe. Avant elle, non sans larmes ; pendant, nombreuses et très apaisées. Très nombreuses intelligences de la très Sainte-Trinité, qui illuminait l’esprit, au point qu’il me semblait qu’à force d’étudier je ne saurai pas autant ; et ensuite, réfléchissant encore à ce que je ne comprenais en sentant et voyant, j’avais toujours cette impression, quand bien même j’étudierais toute ma vie. »

On voit que les exercices sont représentatifs alors que les extases sont extrêmement abstraites : la combinaison des deux définie la spiritualité jésuite. Pas de mystique sans considération des formes, pas de formes sans plongée dans l’essence divine. Telle est, en somme, la définition du baroque.

Tout cela a lieu, ne l’oublions pas près de la ville d’Asunción : Assomption. C’est ainsi que s’appelle la capitale du Paraguay. Cela doit faire un curieux effet de répondre à la question : « où habitez-vous ? » par : « Assomption. » Étrange histoire.
La noblesse de ses vierges est impressionnante. Leur recueillement dégage une lumière bouddhiste. L’Immaculée Conception règne sur la terre. La Vierge au chapelet (c’est-à-dire rosaire) partage son royaume avec son fils enfant. La Vierge Marie est une femme-fleur qui prie sans cesse, elle est pleine de grâce, elle est bénie entre toutes les femmes, elle se penche sur nous. Son drapé flottant rouge, ses mains jointes la retourne entièrement sur elle-même. La Vierge de pitié, elle, avec son barbu adulte, grand comme un enfant, sur les genoux, n’est pas indigne du sommet du genre, la Pietà de Michel Ange. C’est du même génie qu’il s’agit.

Victoire, donc, à travers la torture et la mort. Affirmation sans mélange au cœur du chaos. Ici, la figure de l’Archange guerrier : Saint Michel. Son nom, en hébreu, signifie, on le sait : « qui est comme dieu ». Il est là pour anéantir Celui qui veut être « comme » Dieu : Satan en personne. Prince de la milice céleste, protecteur d’Israël, il était logique de le rencontrer dans l’armée jésuite. Le voici donc, dans deux apparitions fulgurantes.
Il danse, l’Archange, il est un des stars du ballet divin. Il tombe du ciel sur la scène, comme s’il était animé par la vive musique de Vivaldi, de Haendel. Il vole de biais, étoffes rouges et jaunes, en foulant aux pieds, en passant, une masse informe qui n’est autre que le Démon. Regardez cette espèce de gros cerveau sanglant, ce tas de mou de veau d’où émerge à peine une tête stupide. Telle est la lutte incessante contre la maladie psychique de l’univers. On lui répond par l’élégance physique instantanée. Même désinvolture de fouet ailé dans la façon dont, l’épée à la main, dans une autre sculpture, Saint Michel triomphe de la bête qui lui sert de piédestal. La tragédie est terminée, l’horreur surmontée, le négatif nié.
Il y a le château Saint-Ange dédié à saint Michel à Rome. Et qui ne connaît, en France, le mont Saint-Michel ? On retrouve l’Archange militaire à Bruxelles, à Munich. Il a pour lui Raphael, Rubens (encore lui !), Delacroix. C’est la guerre.
« Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j’entendis une voie clamer dans le ciel : " Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la dénomination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait nuit et jour devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu avec le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. "» (St Jean, Apocalypse, XII, 7-11)

Pauvre terre, pauvre mer ! Beaucoup de dévastations leur sont promises ! Et nous n’avons pas la chance d’être les « habitants des cieux ». Prions donc saint Michel, comme l’ont fait les artistes guaranis, qui avaient de bonnes raisons de douter de la paix terrestre. Les massacres se multipliaient. La bestialité quotidienne était invivable (et qui dira que notre siècle ne s’est pas surpassé dans la diablerie ?). Pourtant l’opéra jésuite était là. On pouvait parfois danser, faire sonner les instruments, s’émerveiller des sculptures. La joie, après tout, se situe par définition hors du temps.
Dans quel but cet orchestre ? ce grand théâtre ?
Ad majorem Dei gloriam. Pour la plus grande gloire de Dieu. Une gloire qui brille secrètement, toujours à travers ces figures."

(Eloge de l'Infini) Philippe Sollers

Bien à Vous tous...

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Écrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008

Vous êtes bien gentil Nebo, et votre amour de la littérature vous aura sans doute amené à trouver quelques traits saisissants dans les livres de la diva, mais les pitreries de Sollers ne m’ont jamais attendries et, si elles démontrent un art relatif du stylo, elles témoignent surtout celui, hautement consommé, de l’opportunisme le plus vil – j’ai trop vu depuis des années les diverses convictions du petit monsieur se distiller, fondre et disparaître à grande vitesse, avec toujours l’identique manière de considérer que chaque virage était le dernier, qu’aujourd’hui l’ultime numéro de grand guignol catholique, s’il en impressionne certains, me fait profondément sourire.

Vous me direz que c’est déjà pas si mal vu mon tempérament – erreur, touchant au domaine de la foi, cela me met en rage !

Je partage, comme vous, une vive admiration pour Gibson, dont le dernier film, Apocalypto, réel chef d’œuvre cinématographique et apologétique (la dernière scène est du plus bel effet !) doit être largement défendu – ce qui me fait penser que nous pouvons partager quelques identiques valeurs.

Toutefois, votre long plaidoyer en faveur du corps s’appuyant sur des passages de l’Ecriture n’est absolument pas convainquant. Pourquoi ? car vous vous exonérez aisément d’un jugement objectif sur la situation dans laquelle nous nous trouvons, et ce fameux corps, que vous considérez selon une approche décontextualisée dans vos citations, suivant en cela quelques plaisants rigolos exégètes est bien pour nous, ainsi que le préciserons les Pères de l’Eglise, et pas seulement Augustin (est-il saint pour vous ?), une rançon de la faute.

Vous le savez bien, le « Cantique des cantiques » n’est une invitation à la gaudriole, et je ne vous fais pas l’injure de vous croire à ce point ramolli du cigare pour suivre les minables commentaires modernistes sur ce point, ou les divagations, dignes des magasins spécialisés dans la vente de sous-vêtements féminins, distribuées par de satisfaits plumitifs à la mode prétendument catholiques.

Puisqu’il faut en passer par un petit rafraîchissement de saine théologie authentiquement traditionnelle, permettez moi de vous remettre en mémoire deux ou trois vérités de foi :

- Si nous sommes placés dans une enveloppe corporelle, cela n’est certes pas la cause, mais certainement la conséquence de la chute, en raison de la faute ; c’est-à-dire, pour être clair, que c’est en punition et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21), entraînant en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam, le fait que le péché a atteint la famille humaine entièrement.

En effet mon cher Nebo, du point de vue théologique selon Irénée, Clément d’Alexandrie, Basile le Grand, Jérôme, Eusèbe de Césarée, Athanase, auxquels, autant vous dire, je confère une plus haute autorité que les grotesques sottises de Sollers, Hadjadj et autres clowns littéraires qui font le divertissement des imbéciles, l’attaque de Satan se développa sur trois plans, ce que l’on retrouve dans (Matthieu, 4:1-11) et (1Jean 2, 16), il commença par insinuer le doute à l’égard de la Parole de Dieu, puis nia celle-ci : (Genèse 3, 1-5) ainsi que (Jean 8, 44).

- D’autre part le fait qu’Adam et Eve éprouvèrent le besoin de se cacher montre que, par la chute, ils furent rendus conscients de leur péché, de leur condamnation et de leur séparation de Dieu (Genèse 3, 8) et (Genèse 3, 9-13).

- De la sorte la nature même de l’homme changea, devenant pervertie et ennemie de Dieu (Romains 5, 19 – 8,7-8). C’est pourquoi, hélas ! l’état de mort spirituelle a pour corollaire inévitable la mort physique, toutes les deux sont impliquées en (Genèse 2, 17) et ( Romains 5, 12-14), elles sont interdépendantes et non séparables – la mort physique (et sont cortège éprouvant, la maladie, le vieillissement, etc.), témoigne de la corruption psychique de l’âme.

Par exemple, la modification de la condition de la femme, (Genèse 3, 16) se fait dans trois domaines :

- a) augmentation des douleurs de l’enfantement ;
- b) éveil de la passion pour son mari ;
- c) autorité de l’homme sur elle (Genèse 1, 26-27).

- La tâche aisée de l’homme en Eden, (Genèse 2, 15) sera elle transformée en pénible labeur, (Genèse 3,18-19) en vertu de la malédiction prononcée au sujet du sol (Genèse 3,17), et la souffrance devient inhérente à toute existence ; la brièveté de la vie et la tragique certitude de la mort physique est dès lors confirmée pour Adam et tous ses descendants (Genèse 3,19 ) et (Romains 5, 12-21). Quant à la mort spirituelle, je vous renvoie, puisque vous aimez l’Ecriture, à (Genèse 2, 17) et surtout (Ephésiens 2, 5).


De la sorte, lorsque l’Ecriture parle de l’Incarnation du Seigneur, ce n’est pas pour nous signaler, contrairement aux indignes salades des ânes libidineux, prosateurs extasiés par les piètres émois que leurs procurent leurs parties génitales qu'ils souhaitent diviniser dans leur scandaleuse indigence, que le Christ est venu prendre condition humaine afin d’en magnifier l’état et se louer de notre situation ; pour nous adresser des félicitations à profiter plus encore de notre fond vicié et infecté par le péché, pour complaisamment flatter nos séductions sensibles et nous encourager à nous délecter de nos impressions charnelles, nous taper des bons coups, baiser hardiment et brandir, avec un émerveillement comparable à celui des grégaires primates, nos glands gonflés par le désir de l'enfourner dans les orifices des femelles.

Il faut être complètement désorienté spirituellement et théologiquement perverti pour ainsi faire de l’Incarnation une sorte de consécration des corps et de la réalité de notre monde.

Il importe de ne jamais oublier que si le Christ est venu parmi nous, sous forme d’homme, c’est pour, précisément, prendre sur lui notre nature pécheresse, pour assumer, par amour, notre triste condition abîmée par la faute, pour endosser la déréliction de notre état chuté – non pas pour glorifier la chair et ses fruits amers ! mais bien au contraire nous appeler, dès ici bas aux réalités célestes. « Lui [le Christ Jésus] qui de condition divine dit Paul, n’a pas craint de s’anéantir (le verbe grec kenosis, est encore, sur le plan métaphysique, bien plus fort que ne le rend le français « anéantir »), prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui–même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au–dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens, 2, 7-11). Il s’est fait « péché » dit même Paul pour mieux nous faire comprendre le sens de l’Incarnation, et « il est mort pour nos péchés » (1 Corinthiens 15, 3), « portant les péché en son corps .» (1 Pierre 2, 22) ; « il a été fait péché pour que Dieu condamnât le péché dans la chair . »

Encore une fois, il est difficile pour un chrétien, je veux dire celui qui ne s’identifie pas à une esthétique attrayante et ne confond pas sa séduction pour les atmosphères érotiques de la statuaire baroque avec la foi réelle, celle qui conduisit les martyrs des premiers siècles à mourir pour la confession du Nom de Jésus-Christ, de nier la signification de ces paroles de saint Paul, qui ont pour effet d’être de nature à réaliser toute la clarté et de mettre un point de conclusion définitif à propos du sujet qui nous occupe :

« Ni la chair ni le sang n'hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50)

Bien à vous également !

Écrit par : Zak | dimanche, 16 mars 2008

J'admire votre exigence Zak, vous illustrez à merveille ce que disait Madame de Sévigné

« Il est facile d’être catholique ; ce qui est difficile, c’est d’être chrétien. »

Bonne et Sainte fête des Rameaux.

Écrit par : Judith Pancake | dimanche, 16 mars 2008

Pour faire suite à la sévère mais imparable analyse de Zak, voici un exemple, plus que démonstratif, de la teneur du dernier affligeant et ridicule opuscule du comique Hadajadj, et ce qui en motiva le choix du titre :

- " La profondeur des sexes, j'ai trouvé ça vendeur. (...) Pour ma part, si j'ai pris ce vocable-ci, ce n'est pas pour éviter la hauteur, mais d'abord cette longueur et cette largeur qui obsèdent tant les adolescents. Une étude statistique sur la longueur des sexes m'eût sans doute valu un succès considérable. J'y ai songé. Je n'en ai pas eu le courage. La profondeur, m'objectera-t-on, renvoie aussi à une mesure métrique : Jusqu'où le sexe est-il profond ? Faut-il s'arrêter à l'antre vaginal ? Doit-on le considérer jusqu'à l'utérus, comme beaucoup oublient de le faire ?"

(F. Hadjadj, La Profondeur des sexes, Seuil, 2008).


Eloquent !

Écrit par : Guilvinec | dimanche, 16 mars 2008

pour votre info, le 15 octobre 2007, l’hyper sensualiste Hadjadj, à qui l’injure à l’égard de Dieu ne fait pas peur et pour lequel tous les moyens sont bons lorsqu’il s’agit de se singulariser, a signer un billet dans le Figaro qu’il a osé intituler, de façon blasphématoire : « Notre Chair qui est aux cieux ».


http://www.lefigaro.fr/debats/20060413.FIG000000180_notre_chair_qui_est_aux_cieux.html

Écrit par : Joël | dimanche, 16 mars 2008

Le livre « La Profondeur des sexes », disais-je précédemment, devrait se trouver dans les sex-shops, je ne croyais pas si bien dire puisque je constate que le ridicule bouquin est déjà disponible dans les rayons de la célèbre librairie Gay et Lesbienne parisienne du Marais : « Les Mots à la bouche » - placé, entre autres, au milieu d’ouvrages choisis comme "Zoophilie, homosexualité, rites de passage et initiation masculine", de Marie-Christine Anest, et des centaines du même genre tous consacrés à l’art de la partouze bi, homo, lesbienne, etc., la masturbation sous ses diverses formes mêmes les plus insolites, ainsi que les multiples manières de pratiquer la fellation et la sodomie !

Au fond, si l'on peut dire, une sorte de destination naturelle pour ce type de grossier manuel à prétention théologique transpirant la complaisance libidineuse et flattant de façon malsaine la sous-ventrière, faisant déjà l'objet, démontrant ainsi le degré vertigineux d'imbécilité dans lequel ont sombré les milieux cathos modernes, d'éloges minables dans les pitoyables magazines disponibles dans les paroisses !

Écrit par : Zak | dimanche, 16 mars 2008

C'est vrai que le catalogue du lieu est impressionnant !

Écrit par : Lhadhy | dimanche, 16 mars 2008

Monsieur Nebo, il me semble que Notre Seigneur nous a dit de veiller et prier pour ne pas entrer en tentation car l'esprit est fort mais la chair est faible! J'ai entendu ceci à la messe!
C'est peut être un peu naïf de ma part mais je me demande si on peut veiller et prier en bandant?
Peut-on "disposer" notre esprit tout en bandant?

Bien sûr, comme cela dépend selon quelle orientation "la bandaison" en question s'effectue, peut-être y a t'il une position, qui favorise plus particulièrement la bandaison, la veille et la prière? Je veux dire faire les trois choses en même temps?!

Comme je ne suis pas un grand spécialiste en la matière, j'ai cherché sur les Bibles de Google un verset concernant LA BONNE SANTE de Notre Seigneur Jésus-Christ (vous voyez ce que je veux dire?!).

J'ai tapé Jésus bande, bonne santé de Jésus etc. En vain!
De toute évidence vous avez une plus grande connaissance que moi de la Sainte Bible et de ces choses (vu votre bonne santé) pouvez-vous je vous prie me citer les passages concernant ce sujet et me donner quelques conseils sur la, ou les positions à adopter, je vous remercie bien sincèrement d'éclairer mon chemin.

Écrit par : Laurent | dimanche, 16 mars 2008

Vous avez un coeur de Pierre, Zak, méfiez-vous de l'Orgueil que peut faire jaillir la connaissance. Puisque vous connaissez bien la vie et l'oeuvre de Satan, vous savez comment tout a commencé, et en chapitre 24 de Mathieu il est dit que même des élus seront égarés... Et vous ne tirez, par vos citations Bibliques, la corde que d'un côté. Or, les choses me semblent bien plus complètes que ce que vous signifiez... Bien plus complètes... Totales ? Votre démarche me semble plus Totalitaire que Totale. Confusion.

Jadis les prêtres pouvaient se marier, est-ce de là que viennent vos noeuds vis-à-vis du Corps ? Il est vrai que je viens de la Tradition Orthodoxe, chez nous ces histoires de Chair telles que vous les incluez dans vos réflexions ne sont qu'un détail. Mais, peut-être, suis-je déjà à vos yeux un hérétique ? D'autant plus que si j'ai tout de même pied dans les écrits Saints sur lesquels je me penche depuis... longtemps, et sans prétention aucune, pour le plaisir de l'Ivresse que cela procure, je n'aurai pas l'outrecuidance d'affirmer quoi que ce soit de définitif car je me sens, encore, Agnostique, même si je suis en plein Grand Carême selon le calendrier Julien.

Fabrice Hadjadj, je ne connais pas du tout. Et n'en parlerais donc pas.

Il suffit de lire l'Epitre de Saint Paul à Timothée (I tim., III) pour réaliser que le mariage des prêtres n'était pas interdit mais encore recommandé. L'attitude dans le mariage permettait de déterminer si un ecclésiastique était capable d'assumer correctement une lourde responsabilité ecclésiastique :

"Les évêques seront mariés à une seule femme, ils devront savoir conduire leur foyer et élever leurs enfants, sans quoi ils ne peuvent pas prétendre conduire le peuple de Dieu."

Saint Paul fait la même recommandation pour les diacres.

Une question se doit d'être posée à ceux qui ne veulent pas respecter cet écrit comme un article du droit canonique : un chrétien, un catholique est-il tenu de croire les Evangiles, les Actes des Apôtres et epitres et d'appliquer, dans sa vie, leurs recommandations ?

Si la réponse est positive, il faut tout faire comme le faisait l'église primitive. Il faut être Intègre, même si le bobo de base mettrait "intégriste" à la place, n'est-ce pas ? Les apôtres étaient mariés, à part Jean. Ces particularités sont connues grâce aux écrits d'Eusèbe ("Histoire ecclésiastique" de l'an 313), de St Jean Chrisostome ou de Tertulien qui affirme dans son "Licebat et aposëtolia nubere et uxores circumducer" : "Les apôtres étaient mariés, et ils amenaient leur femme avec eux."

"N'avons-nous pas pas le droit de mener avec nous une soeur qui soit 'notre femme', tout comme les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas." (I Cor., IX,5)

La première Epitre aux Corinthiens est des plus expressive.

La sexualité peut être sacramentale, cher Zak, jouir peut être un Hosanna au plus haut des cieux, et certainement pas uniquement pour procréer. Sinon ce qui est dit en I Corinthiens VII est a jeter par la fenêtre.

Mais par rapport à Sollers, vous défendez la scène finale du film de Gibson et cette scène finale a bel et bien conduit à l'épopée flamboyante que décrit Philippe Sollers dans ce beau texte où il n'a pas seulement une belle plume, mais où il dit des vérités que beaucoup se refusent à accepter. Souffrez, qu'en ce sens, le grand libidineux est votre allié ne vous en déplaise.

Bien à Vous...

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Écrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008

Cher Nébo,

Je crois que vous confondez spiritualité et rêverie poétique ou talent littéraire.

Zak est loin d'avoir un cœur de pierre. Il est simplement lucide et son analyse de la faute et de la chair est d'une évidence théologique sans reproche.
Malheureusement, nos prêtres donnent dans le politiquement correct et préfèrent chanter vos balivernes (en toute amitié bien sûr).
Enfin, si j'avais une guerre à mener contre le cornu, je choisirai certainement Zak comme partenaire !
Bien à vous.
MG

Écrit par : M.G. | dimanche, 16 mars 2008

Si les catholiques étaient conséquents, ils boycotteraient illico presto les livres de Monsieur Fabrice Hadjadj, qui ose écrire « Notre Chair qui est aux cieux ».
Imaginons un instant que ce blasphème tourne en boucle dans une chanson à la mode rapp : (Lunatic, Ministère Amer) groupe qui, il faut tout de même le dire n’hésitent pas à se moquer ouvertement de Notre Saint Père !

Quel scandale !

Quand on sait que des groupes de pression ont fait procès à la redoute pour avoir vendu un bijou blasphématoire,

http://www.rue89.com/2007/09/18/la-redoute-retire-de-la-vente-un-bijou-blasphematoire

que c’est les mêmes qui poussent des cris d’orfraie à la vue de Miss France nue sur une croix ,


http://www.lemoutondenis.com/wp-content/uploads/2007/12/valerie-begue-nue1.jpg !

on peut se demander si les catholiques ont encore la foi et le minimum de connaissances théologiques !

Quant aux rédacteurs des journaux cités plus haut, à savoir Famille Chrétienne, Panorama, La vie, (journaux distribués sur les tables au fond de l’église) vont-ils tresser des couronnes à la profondeur des sexes !
Je suis curieux de lire tout ça !

Écrit par : Marin Gonet | dimanche, 16 mars 2008

A toutes fins utiles je signale que Juan Asensio a fait un article sur Sollers


http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/05/08/philippe-sollers-le-doge-de-la-betise.html

Écrit par : Maurice | dimanche, 16 mars 2008

Je respecte le talent remarquable de Juan Asensio, mais je ne prends pas tous ses écrits pour argent comptant... est-ce un blasphème ? Je dis des balivernes ? Mis à part ma "défense"" toute relative de Sollers, en quoi dans mon dernier commentaire ai-je dit des balivernes ?

Curieux cependant... personne ne dit ce qu'il pense de ce texte de Sollers... est-il mauvais ? Ridicule ? Sans intérêt ? Vous préférez en rester aux oeillères ?

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Écrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008

Fort justement Jaccard s’interrogeait ainsi : « Je me suis longtemps demandé, ce qui me débectait chez Philippe Sollers. Etait-ce ses mimiques de comploteur ahuri ? Ses bagues sur ses doigts boudinés ? Son côté bourgeois français avec femme et maîtresses ? [...] Sollers est à la littérature française ce que Mitterrand fut à la politique: un captateur d'héritage. Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques; Mitterrand le socialisme pour assouvir son ambition.» (Roland Jaccard, Journal d'un oisif, Puf). Or, ce à quoi nous assistons dernièrement avec le catholicisme chez Sollers, participe bien de sa stratégie du détournement ici évoquée ; il s’agit bien pour lui, et tant d’autres à sa suite, de siphonner à grande vitesse un carburant utile à leur insupportable industrie du paraître, de mettre la main, à la hâte, sur un héritage dont il se moque totalement afin de pouvoir au maximum profiter des lucratifs dividendes sur investissement.

Cher Zac, ne me laissant plus tromper par l'italique absent du texte en copie, j'ai donc très facilement retrouvé mon passage... bien en place.

A peu près rien compris du situationnisme, sur : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Situationnisme.htm) ; je préfère les mots d'un J-Y Leloup quand il aborde le quotidien comme ce lieu de la rencontre du maître intérieur...

Peut-être, la question serait-elle d'abord de rappeler en quoi l'héritage (avec ou sans définition) serait créateur de richesses - pour qui et par quoi - et non par qui et pour quoi ?

Merci de me répondre, si je n'ai pas été claire... (ne l'ai-je point été ?).

Écrit par : Marie Gabrielle | dimanche, 16 mars 2008

C’est amusant Nebo, vous écrivez : « Vous avez un coeur de Pierre, Zak », en mettant une majuscule à « Pierre » ce qui n’est pas sans conférer une étrange tonalité apostolique et romaine à votre remarque que je goûte donc, je vous l’assure, avec un religieux plaisir.

Cela dit votre réaction trahit tout de même un certain malaise – je suis dénué de charité, orgueilleux, sans doute, et peut-être même plus que vous ne l’imaginez – mais vous ne le seriez pas également, comme tous les fils d’Adam ? Le contraire m’étonnerait bigrement voyez-vous.

Ainsi l’avantageuse désignation dont vous me gratifiez, pour servir à votre défense, est donc plutôt risible et relativement faible, à ce titre elle ne mérite pas que l’on s’y arrête longuement tant ce genre de discours est dénué de valeur et témoigne toujours d’une patente raréfaction des arguments. Par ailleurs il y a longtemps que je ne nourris plus aucune illusion sur le pouvoir de conviction des textes échangés sur le net ou ailleurs – tout au plus pouvons-nous éveiller quelques questions et réflexions, et encore très légères - espérons donc que cela soit encore le cas entre chrétiens…sinon, il m’est aisé, comme vous le savez, de passer à un tout autre style épistolaire si besoin est, beaucoup plus rugueux et moins châtié, mais que je réserve aux ennemis déclarés du christianisme, ce qui ne semble pas être votre cas si j’en juge par vos positions ; pour l’heure je modérerai de ce fait encore mon ton, mais évitez à l’avenir, pour contribuer à la valeur du débat, ce type d’attaques superflues.

Abordons vos propos – vous mettez en avant, par le biais de votre incidente remarque : « Jadis les prêtres pouvaient se marier, est-ce de là que viennent vos noeuds vis-à-vis du Corps ? » certains textes nous apprenant que les apôtres étaient mariés, ou des passages de Paul concernant le mariage des presbytes et des épiscopes (une seule femme !), et alors ! Qu’est-ce que cela a à voir avec notre sujet, pas grand chose, ou plus exactement une seule, mais que l’on connaît depuis toujours figurez-vous, à savoir que la chair est faible et qu’il vaut mieux, si l’on ne peut faire autrement et par sagesse, vivre saintement ici-bas dans le mariage plutôt que brûler dans le célibat !

Quant à votre affirmation : « La sexualité peut être sacramentale, cher Zak, jouir peut être un Hosanna au plus haut des cieux, et certainement pas uniquement pour procréer. Sinon ce qui est dit en I Corinthiens VII est a jeter par la fenêtre », désolé de vous décevoir mais je ne vois pas en quoi ce chapitre de l’épître confirme une « sexualité sacramentale » par laquelle « jouir peut être un Hosana » (sic !) (curieuse vision des élus éjaculant dans leurs plumards avec bobonne en levrette après le film de Canal+ pour glorifier le Seigneur…passons ), car l’apôtre poursuit son enseignement en répondant à une question en rapport avec le sujet qu’il venait de traiter, et il expose aux Corinthiens la volonté de Dieu à l’égard des relations de l’homme avec la femme. Ils font bien ceux qui restent étrangers à cette relation, afin de marcher avec le Seigneur selon l’Esprit et afin de ne céder en quoi que ce soit à la nature. Dieu lui-même a institué le mariage, malheur à qui en dit du mal ; mais le péché est entré, et tout ce qui est de la nature, de la créature ici-bas, a été gâté. Dieu a introduit une puissance qui est tout à fait au-dessus et en dehors de la nature, la puissance de l’Esprit. Marcher entièrement selon cette puissance, est ce qu’il y a de meilleur : on marche en dehors de la sphère où agit le péché, c’est-à-dire la nature et la chair. Mais c’est rare ; et s’abstenir de ce que Dieu a ordonné selon la nature aboutit, pour la plupart des hommes, à des péchés positifs. En général donc, et pour cette raison, chacun devra avoir sa propre femme, mais c’est par égard à la faiblesse constitutive de l’homme : « Je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher de femme. » (1 Cor. 7, 1).

Il n’y donc a pas ici glorification de l’orgasme, extase devant la vulve, malgré sa profondeur célébrée par l’érotomane Hadajadj visiblement mal converti, ou du pénis, comme dans le paganisme, dont tout le discours actuel est une tentative d’évidente re-manifestation (voyez ce que nous porte à penser Gibson finalement, avec quelle efficacité, dans Apocalypto, des charmes subtils des anciennes religions païennes et de la sacralisation ritualisée des puissances naturelles…c’est d’ailleurs sur ce point que votre raisonnement achoppe je pense lorsque vous affirmez : « … par rapport à Sollers, vous défendez la scène finale du film de Gibson et cette scène finale a bel et bien conduit à l'épopée flamboyante que décrit Philippe Sollers dans ce beau texte où il n'a pas seulement une belle plume, mais où il dit des vérités que beaucoup se refusent à accepter. Souffrez, qu'en ce sens, le grand libidineux est votre allié ne vous en déplaise ». Or le problème avec Sollers, que vous ne voyez pas, ne porte pas sur tel ou tel passage de ses bouquins qui peuvent avoir ponctuellement un caractère extérieurement chrétien et séduire, l’animal sait tenir son Mont Blanc et possède une étonnante faculté de plasticité littéraire, j’ai lu comme vous, depuis quelque temps déjà, « Eloge de l’Infini », « Une vie divine » et « Guerres secrètes », mais je sais voir également en quoi le discours verse, malgré son beau plumage qui se rapporte a son ramage, en direction d’une séduction purement superficielle du spectacle du religieux, conduisant à une abstraction de la foi qui devient une simple pose esthétique pour mondains fatigués en mal de sens [« … comme par hasard nous retrouvons beaucoup de corps de femmes, et la négation de tout esprit de séparation entre la chair et l’esprit. La vérité dans la chair et l’esprit, « dans une âme et un corps », c’est cela qu’il nous faut comprendre, avec la musique, comme guerre secrète, contre ce qui ne veut pas s’incarner » (Guerres secrètes, p. 291)], discours vidant concrètement la relation à la Révélation de sa vérité authentique (au fait vous avalisez les tirades furibardes du nouveau catholique romain à l’encontre des orthodoxes ?), et qui aboutit concrètement à un rejet du Christ : « Je récuse le terme de « christianisme », car il ne me permet pas d’approcher de la guerre réelle qui se mène à travers lui. Il n’y a pas à revenir (Ah bon !) sur l’analyse que Nietzsche a faite de la pathologie du christianisme. Le dolorisme et la mortifération (curieux barbarisme sous la plume de la diva) constante sont les paramètres de cette pathologie.» [Ibid ., p. 294.] ) Lisez sur le même thème mais plus explicite, plus encore explicite, l’entretien de nov. 2007 à la revue Ligne de risque n° 23, pp. 22-32.

Pour le reste, puisque vous me soupçonnez bizarrement : « [de] ne tirez, par [mes] citations Bibliques, la corde que d'un côté », j’en reviens donc à un nombre impressionnant de déclarations de l’apôtre Paul, qui sont d’une telle évidence confondante à l’égard de la chair, me limitant à une seule occurrence : « Fuyez la fornication…» (1 Corinthiens 6, 18).

C’est pas moins dans six de ses épîtres, que Paul souligne, non pas la grandeur des Hosannas orgasmiques et la "sexualité sacramentale", mais la gravité de ce péché qui appelle un jugement de Dieu sur ceux qui le commettent ( 1 Corinthiens 6: 9-11 ; Ephésiens 5: 3-7; Galates 5:19-21; 2 Corinthiens 12:21 ; Colossiens 3: 5-7 ; 1 Thessaloniciens 4: 3-8). En Ephésiens 5: 5, il est déclaré solennellement « qu'aucun fornicateur n'a d'héritage dans le royaume du Christ et de Dieu » ; de même en Galates 5: 21 et 1 Corinthiens 6:10, reprenant avec plus de force encore les sentences vétérotestamentaires : «Tu ne commettras point adultère» (Exode 20:14). « Celui qui commet adultère avec une femme manque de sens; celui qui le fait détruit son âme » (Proverbes 6: 32).

Je tire toujours les Ecritures de mon côté – je vous écoute ?

Plus intéressante encore votre tentative, assez hasardeuse il faut bien l’avouer, de me fournir des éléments scripturaires allant dans le sens de votre discutable thèse au sujet du caractère non point si radicalement corrupteur de la faute primitive. Bien évidemment je n’ignore pas que les sensibilités entre latins et orthodoxes sur la question des conséquences du péché originel sont extrêmement divergentes – de ce point de vue, puisque vous évoquez votre proximité avec la vision des églises orientales, que je respecte sur le plan de la reconnaissance des diverses maisons de la chrétienté qui ont autre chose à faire aujourd’hui que se livrer des batailles stériles face à des périls singulièrement menaçants dont celui de la montée de l’islam – toutefois, cela ne vous surprendra pas, je considère ces visions comme incomplètes, erronées et particulièrement inexactes du point de vue de l’anthropologie, de par leur facile exonération qu’elles font à l’homme de sa responsabilité.

C’est pourquoi ce qui est fondamental chez s. Augustin voyez-vous, si mal compris, c’est sa capacité, lui qui fut pendant des années un jouisseur sensuel décomplexé et qui n’était pas un puceau en matière de baise, a nous expliquer la puissance d’esclavage corrupteur du désir, ceci sans fausse pudeur et avec un langage qui ne manque pas de précision :

- « J’étais adolescent ; je brûlais de me rassasier de plaisirs infernaux, j’eus l’audace de m’épanouir en des amours changeantes et ténébreuses ; et « ma beauté se flétrit » et je ne fus plus que pourriture aux yeux de Dieu, pendant que je me complaisais en moi-même et voulais plaire aux yeux des hommes. »


Augustin décrit son corps comme un marécage putride et compare la puberté au processus de fermentation :

- « Des vapeurs s’exhalaient de la boueuse concupiscence de ma chair, du bouillonnement de ma puberté ; elles ennuageaient et offusquaient mon cœur ; tellement qu’il ne distinguait plus la douce clarté de l’affection des ténèbres sensuelles. L’une et l’autre fermentaient confusément, et ma débile jeunesse emportée à travers les précipices des passions était plongée dans un abîme de vices. »

Il va même jusqu’à comparer le désir sexuel à une maladie de l’âme :

- « [. . .] mon âme était malade et, rongée d’ulcères, se jetait hors d’elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. »

( AUGUSTIN, Confessions, trad. fr. Joseph Trabucco, Paris, GF, 1964, II, 1, p. 37-49.)

Le désir sexuel est donc selon Augustin une maladie de l’âme, une dislocation de l’harmonie entre l’âme et le corps. En effet, selon Augustin, la volonté de l’homme est déchue depuis le péché originel. Échappant au contrôle de la volonté, la puissance du désir et les manifestations physiques de l’excitation sexuelle révèlent la déchéance de la volonté depuis la Chute. Le péché originel, en tant que péché de désobéissance, a introduit au cœur de la personne humaine la concupiscence charnelle. Le refus d’Adam d’obéir à Dieu entraîna le refus de son corps d’obéir à sa volonté. Le sexe conduit à la perdition car, pour Augustin, cette perte du contrôle de soi est en fait une perte de soi-même :

- « [. . .] cette passion est si forte qu’elle ne s’empare pas seulement du corps tout entier, au dehors et au dedans, mais qu’elle émeut tout l’homme en unissant et mêlant ensemble l’ardeur de l’âme et l’appétit charnel, de sorte qu’au moment où cette volupté, la plus grande de toutes entre celles du corps, arrive à son comble, l’âme enivrée en perd la raison et s’endort dans l’oubli d’elle-même. »

(La Cité de Dieu, XIV, 16, dans Oeuvres complètes de Saint-Augustin, sous la direction de M. Raulx, Bar-le-Duc, 1869.)

Que nous rappelle Augustin qu’oublièrent malheureusement les orientaux (dont l’hérésie se trouve bien plus repérable dans ces domaines que sur d’autres de moindre conséquence à mon sens), c’est qu’il y a bien, ontologiquement, un ordre de la nature et un ordre de la surnature, et historiquement, un ordre de « l’esprit » et un ordre de la « chair » qui aujourd’hui s’opposent, car la chair actuelle de l’homme est corrompue, dégradée, abîmée par le péché et ne réside plus malheureusement en lui qu’un « corps de corruption » et un « esprit » qui, s’il s’ouvre et accepte Jésus-Christ comme Sauveur, bénéficie du Salut et de la sanctification par la foi en son Nom. Cette pauvre situation nous est expliquée par Paul : «Ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n’est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique... je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien. » (Romains 7:15-18).

C’est pourquoi, c’est à l’ordre de « l’esprit » à qui seules sont dévolues les promesses du Royaume annoncées par le Christ ainsi que le dit catégoriquement, encore une fois, l’apôtre des Gentils, déclaration qui semble ne pas avoir retenue suffisamment votre attention et que je reproduis donc une nouvelle fois : « Ni la chair ni le sang n'hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50).

Comme l’écrivit fort justement Tertullien, que vous citez : « L’homme, condamné à mort dès l’origine, a entraîné dans son châtiment tout le genre humain contaminé par son sang. » (Sermon de l’âme, 1 ; c. IV).

Si le sang actuel est contaminé c’est en revanche par un « sang nouveau », celui présent dans le rite de la Nouvelle Alliance, que l’homme peut espérer se voir attribué un « corps glorieux » fait ni de chair ni de sang, mais après la mort seulement, pour l’heure saint Paul, que l’on ne peut manifestement pas considéré comme non chrétien, nous dit ce qu’il en, est de notre situation :

« Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7, 19).


Edifiant non ?

Écrit par : Zak | dimanche, 16 mars 2008

Nebo, je ne suis pas loin de penser comme M G!
Pour combattre le cornu mieux vaut être accompagné d'un nazaréen!

"Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à coeur.
Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le coeur peut être content.
Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joie.
Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés.
Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés.

Etre nazaréen, c'est se consacrer totalement à Dieu.

Ni de façon formaliste, ni même comme résultat de l'obéissance à un commandement, mais spontanément et avec son coeur, qu'on soit homme ou femme. Cela demande des renoncements, même à des choses qui, en soi, sont loin d'être mauvaise !!

Selon l’Écriture : « Le vin rend la vie joyeuse » (Ecclésiaste X, 19.) Le Nazaréen ne devait pas exciter la nature par des boissons fortes."

Le vin n’est -il pas ici le symbole de la jouissance à laquelle le cœur humain se livre si volontiers.
Certes, tout Chrétien n'est pas appelé à se faire moine, pas plus qu'à rejeter ce que Dieu donne!
Il n'en demeure pas moins que si un Israèlite voulait se consacrer à Dieu, il devait renoncer au vin!
Notre Seigneur Jésus est venu sur la terre pour nous montrer la Voie !

Il est venu pour abolir l'ancienne loi!

Lui qui A JOUI comme nul autre de la joie de la proximité de son Père, Il a été parfaitement capable de renoncer à toute joie purement naturelle. Il n'a jamais laissé quoique ce soit prendre le pas sur sa mission "ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde." (Jean 17.16)
De fait Il est Notre Maître, Notre Exemple à suivre, que nous soyons Protestants, catholiques ou orthodoxes!

La question pour les chrétiens est donc celle-ci:
Souhaitons-nous être totalement dévoués au Christ, corps, âme et esprit ?

Si nous répondons oui, il faut que nous ne laissions rien entraver ou seulement différer notre communion avec Dieu!
En fait nous devons comprendre que ce qui est légitime, naturel pour les hommes du monde, est contre-nature pour les nazaréens de Dieu.

C’est radical, c’est fou, c’est une grande aventure !

Écrit par : Judith Pancake | dimanche, 16 mars 2008

Nebo, ce texte de Sollers me paraît quelque peu ampoulé et confus ; il vire parfois au ridicule : "Il tombe [Saint Michel] du ciel sur la scène, comme s’il était animé par la vive musique de Vivaldi, de Haendel." Il dénote un enthousiasme (hélas pas au sens étymoloqique) qui reste purement émotionnel et pour tout dire factice devant tant de verbosité. En revanche, sur le fond, ce qu'il dit à propos des jésuites au Paraguay est juste. Le problème pour lui, c'est que le sujet a déjà été traité par le film magnifique de Roland Joffé, "Mission" (avec dans les rôles principaux Robert de Niro et Jeremy Irons) qui obtint la palme d'or au Festival de Cannes en 1986(L'éloge de l'Infini est sorti en 2001).Alors, de là à lui décerner un brevet d'extase chrétienne, il y a loin... Pire encore, connaissant le bonhomme on peut le soupçonner de récupération mais dans ce cas précis, laissons-lui le bénéfice du doute. Il ne s'agit pas de lui faire un procès en sorcellerie. Ce qui lui est reproché, c'est de vouloir justifier la sexualité débridée par la religion (dans son cas, ne parlons pas de théologie, il n'en a pas la prétention, à la différence de son thuriféraire Hadjaj). Dans le genre libidineux, il y a eu Alain Robbe-Grillet ou Catherine Millet, avec cette différence, c'est qu'ils assumaient leurs frasques sexuelles.
Maintenant, essayons d'aller plus loin en rappelant que le terme même de "sexualité" est apparue avec Freud et la psychanalyse, le détachant peu à peu de l'amour et la rendant ainsi périlleuse. C'est pourquoi on n'en parle pas dans les Ecritures (pour lesquelles la notion de chair ne se limite pas, loin de là, à la sexualité, misérable myopie contemporaine), celle-ci s'intégrant naturellement dans l'amour sacralisé par le mariage, la légitime conjonction de l'homme et de la femme, l'accomplissement dans l'union du féminin et du masculin.
La sexualité sans amour est une voie de perdition qui peut mener à tous les avilissements et à toutes les perversions, et c'est cela que les Sollers et Hadjaj portent au pinacle (si j'ose dire). La seule question qu'on pourrait leur poser, c'est : et l'amour dans tout ça ? Car la loi que le Christ est venu accomplir, c'est la loi d'Amour. Cette notion d'amour, indépendamment des arguments d'ordre théologique fort justement développés par Zak met par terre la justification hypocrite de nos deux Tartuffe.

Thaddée

Écrit par : Thaddée | dimanche, 16 mars 2008

« Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7, 19).

11. Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur notre mort corporelle,
a qui nul homme vivant ne peut échapper.
12. Malheur à ceux qui meurent en péchés mortels;
heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.
13. Louez et bénissez mon Seigneur,
et rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité!
Saint François d'Assise
http://www.ofm-capucins.fr/index.php?view=article&catid=41%3Aprieres&id=60%3Acantique-des-creatures&option=com_content&Itemid=71



Je partage ici le point de vue de Thaddée, exposé de manière sensible :
"La seule question qu'on pourrait leur poser, c'est : et l'amour dans tout ça ?"

Toutefois, il me semble que nous n'aurions pas attendu la société du spectacle, pour vivre dans un monde de la représentation... dont il faut sortir. Comment ? Si ce n'est par une AUTRE et NOUVELLE REPRéSENTATION ?

Écrit par : Marie Gabrielle | dimanche, 16 mars 2008

Voilà une plume moins hypocrite :


« Toutes les misères sexuelles sont dues à l’effort de simulation et de jouissance. Si on cherche à exciter l’autre, on est foutu. Les créatrices d’ambiances sexuelles sont les moins sexy : c’est la grosse farce, la cavalerie comique de grosse salope déguisée.
Il ne faut penser qu’à soi, si on veut rentrer dedans quelqu’un, vraiment, pour toujours. Physiquement, ça ne veut rien dire de passer par les autres pour se faire plaisir à soi. On n’excite l’autre que si on montre qu’on veut jouir seul. Ce sont celles qui ont peur de ne pas jouir qui réveillent tout l’immeuble. »

Marc-Edouard Nabe
Au régal des vermines

Écrit par : Au régal des vermines | dimanche, 16 mars 2008

C'est pas mal, mais maigrelet à côté d'un authentique maistrien, à savoir le grand Charles :




« Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

A cette horrible infection,

Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous mon ange et ma passion ! »



Baudelaire - Les Fleurs du mal

Écrit par : Radek | dimanche, 16 mars 2008

Marie-Gabrielle, pour vous répondre une petite clé situationniste de ce que signifie la spectacularisation du désir si en vogue actuellement, et dont Sollers a fait son lucratif métier, créant, à sa suite, de nombreuses vocations inspirées :

« Quelqu’un qui, aux deux questions suivantes : Qu’espérez-vous ? Que désirez-vous ? répondrait, « rien », commettrait un délit grave ou passerait pour fou.
Le désir ou la dépression, il faut choisir. Désirez ! Délirez ! Voilà l’ordre. « C’est bien ainsi que se présente désormais la vulgarité de la planète spectaculaire. »

(Debord.)

Écrit par : Hadrien | dimanche, 16 mars 2008

Finalement Zak n’a pas complètement tort de concentrer ses attaques sur Hadjadj car, à y réfléchir, autant les positions de Sollers sentent de loin à plein pif le nouveau plan média qui sera vite remplacé par un autre à la faveur des changeants caprices de la star, autant le pervers discours du besogneux bigot auteur de « Réussir sa mort » à présent auto institué expert en sexologie catholique, peut s’infiltrer plus insidieusement dans les chaumières par le biais du relais incroyablement efficace de la bonne presse bien pensante dont il est devenu, avec ses manières d’obséquieux serpent rusé, l’une des coqueluches.

Écrit par : Psychologie.com | dimanche, 16 mars 2008

Sérieux! Est-il déjà en ligne sur Psychologie.com !?
Je ne trouve pas!

Écrit par : Enzo | dimanche, 16 mars 2008

"curieuse vision des élus éjaculant dans leurs plumards avec bobonne en levrette après le film de Canal+ pour glorifier le Seigneur…passons"

Zak, qu'est-ce que ça vient faire ici ??? Rien que cette phrase confirme la vision étriquée que vous avez de la sexualité, cher ami. Je ne suis pas un amateur du film X de canal +, j'ai tendance à préserver mon désir, pour l'orienter selon d'autres voies.

Je suis dans le péché jusqu'à la lie, je ne me place pas en dehors du genre humain... mais si je vous dis avec délicatesse :

"méfiez-vous de l'Orgueil que peut faire jaillir la connaissance. Puisque vous connaissez bien la vie et l'oeuvre de Satan, vous savez comment tout a commencé, et en chapitre 24 de Mathieu il est dit que même des élus seront égarés..."

...et que vous le preniez aussi mal, avec menace à la clef à peine voilée de sortir la grosse artillerie si je persiste... bah, j'ai envie de vous dire conservez vos munitions, vous trouverez probablement les challengers adéquats pour lâcher vos fauves... j'ai quant à moi, vraiment, d'autres chats à fouetter et d'autres trous métaphysiques à creuser.

Le mariage des prêtres a à voir avec notre sujet (mais je veux bien reconnaître m'être mal exprimé... je fais de mon mieux... et je n'ai, peut-être pas les neu-neu-rô-rô-nes toujours en place, mais comme j'accorde aux échanges internet autant d'importance que vous, et puisque vous êtes Chrétien, je suppose que vous daignerez me le pardonner)... le mariage des prêtres fait partie intégrante de cette affaire comme indicateur d'un rapport avec le Corps qui n'est pas le même chez les Catholiques et chez les Orthodoxes (vous le reconnaissez vous-même)... et disant cela, je ne cherche pas raviver non plus une guerre dépassée entre chrétiens orthodoxes et chrétiens catholiques qui attise encore les ressentiments de beaucoup de part et d'autre, j'attire juste avec mes modestes moyens, sans prétention, votre attention sur une certaine lecture du réel de l'Être.

Vous semblez choqué par le fait que je dise que la jouissance sexuelle pratiquée, comme l'indique 1 Corinthiens 7, entre un homme et une femme mariés, puisse être un Hosanna jusqu'aux Cieux, je crains bien que vous faites le jeu des contempteurs du corps et il est évident que ce n'est pas mon camp. Le Pape Jean-Paul II, lui-même, a dit que "l'union des corps a toujours été le langage le plus fort que deux êtres puissent parler entre eux, à condition qu'ils soient mariés."

La "fornication" dont vous me parlez n'est pas la sexualité dont je vous parle et cette manière que vous avez de faire de la réponse de Paul par son Epitre une simple figure de style rhétorique qui tend à enseigner ne parvient à me convaincre en rien. Mais vous l'avez noté vous même, je suis de Culture Orthodoxe et ce qui vous semble incomplet est à mes yeux parfaitement équilibré. Je ne conçois la Chasteté totale que pour des serviteurs d'élite, des moines, des nonnes, des moniales, et je la respecte sincèrement et n'éprouve quant à moi nullement la vocation de m'y consacrer, à chacun selon ses moyens, n'est-ce pas ?

A mes yeux, le célibat des prêtres catholiques, puisque vous estimez que les orthodoxes sont dans l'erreur, acceptez que je vous dise ce que j'en pense, n'est pas issu de la Bible, mais des ascétiques philosophes grecs, tel Platon affirmant dans "Phédon" qu'il faut mettre le corps à part de l'âme car celui-ci est impur et l'âme est pure, ne pouvant se corrompre qu'au contact de celui-ci. Le philosophe grec ne doit-il pas demeurer continent pour être libre ? Théophraste le souligne dans son traité "De nuptiis". St Jérôme ne loue-t-il pas Sénèque pour sa continence ? Marie-Madeleine Davy, dans son livre "Initiation Médiévale" (Albin Michel) écrit :

"Le thème du philosophe renonçant au mariage ne se présente pas en continuité avec l'Ancien Testament, bien au contraire, il s'en éloigne au profit de l'idéal grec du parfait philosophe. Cependant les noces du philosophe avec la sagesse -- que représente le Christ -- peut s'interpréter comme un retour à l'Ancien Testament tout en s'inscrivant encore dans une exégèse platonisante."

Nous voyons que le néo-platonisme auquel on peut ajouter les divers gnosticismes et le manichéisme ont fortement influencé les chrétiens. J.-M. Pohier, professeur aux facultés dominicaines de Solchoir, nous dit à ce propos :

"Les recherches récentes sur l'histoire de l'Antiquité chrétienne ont mis en lumière l'influence des différents courants de la pensée antique sur la mentalité chrétienne : néo-platonisme, gnosticismes divers, manichéisme, courants dont les anthropologies fort diversesavaient au moins en commun un mépris plus ou moins accentué de la condition charnelle de l'être humain. La chose n'est point douteuse..." (Célibat Religieux -- dans "L'Encyclopaedia Universalis, Vol 4, page 13)

Les théologiens soutiennent que le célibat des prêtres n'a jamais été autant idéalisé que par les chrétiens. De ce fait, c'est dans la christianisme lui-même que se trouve la cause de ce désir. Mais, Zak, n'est-ce pas un argument fallacieux quand on lit que Saint Paul, ce pilier central du christianisme, demande à l'évêque d'être marié à une seule femme et de bien s'occuper de sa progéniture ???? Précisément ce que font les évêques Orthodoxes. Et j'aime à indiquer qu'une autorisation éventuelle des mariages des prêtres catholiques aurait une répercussion énorme dans le rapprochement des églises chrétiennes, notamment avec l'Orthodoxie. Je note, également, que la position de Vatican est fort inconfortable, puisqu'elle autorise les prêtres catholiques de rite oriental, affiliés à Rome, à se marier, mais cette église doit lutter en permanence contre des pressions voulant leur imposer abusivement le célibat.

Enfin, pour en rester là... car je devine d'avance que nous resterons sur nos positions et je ne souhaite nullement me lancer dans un dialogue de sourds qui serait creux et vide, j'aime à citer cette anecdote qui démontre que la sexualité n'a pas toujours été vécue de manière aussi frustrée et frustrante dans l'église Catholique qu'elle l'est aujourd'hui... ET AU PLUS HAUT NIVEAU. Le Pape Innocent VII (1434-1492) fut le premier pontife à se vanter haut et fort d'avoir un fils dans le peuple. C'est pourquoi les Romains l'appelèrent "Le père du peuple" !

Et...

Le 20 septembre 1493, Anéa Sylvius, futur Pape Pie II, écrivait à son père :

"Le Seigneur m'a donné un enfant. J'en suis heureux... vous étiez, mon père, un fameux coq... moi non plus je ne suis pas châtré. Est-ce un mal d'obéir à la nature ?" (Lttre 78 d'Anéa Sylvius)

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Quelques liens...

http://www.pagesorthodoxes.net/mariage/mariage-sexualite.htm#stavrou

et aussi :

Le 4 février dernier, le père John Breck a donné une conférence « Amour et sexualité - Le christianisme a-t-il peur de la sexualité? » à la paroisse roumaine des Saints-Archanges à Paris. Là... en fichier mp3 :

http://forumorthodoxe.free.fr/files/jbreck_roumaine.mp3

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Bien à vous tous...

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Écrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008

Marc-Edouard Nabe ? Auquel, à un moment, Sollers a mis le pied à l'étrier ?

Il a fait la même chose à Philippe Muray, aussi, pour son "Céline" première édition... et son "Le XIXème siècle à travers les âges"...

Écrit par : Info en passant | dimanche, 16 mars 2008

Lorsque vous citez à la fin un passage du roman "Une vie divine": "Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, etc." il faut préciser qu'il s'agit d'un passage tout à fait ironique, qui ne représente en rien la pensée de l'auteur, c'est un personnage qui parle pour se moquer de ceux qui ne connaissent qu'une valeur: l'homme! Donc dans le roman ce passage a un sens vraiment opposé à ce que vous voulez lui faire dire. Il faut essayer de lire mieux. Votre avis sur Sollers montre que vous ne connaissez rien de cet auteur.

Écrit par : Retz | dimanche, 16 mars 2008

La distance entre ce que fait dire l'auteur à l'un de ses personnages, et ce qu'il pense lui-même n'est pas si significative que vous voudriez le laisser paraître Retz (joli nom pour un cardinal ?) ; appliquez-vous bien plutôt à vous-même sans tarder la profitable méthode que vous préconisez, à savoir apprendre à mieux lire, et continuez donc à brûler des encens aux pieds des malodorants orteils de votre ridicule idole de papier.

Écrit par : Zacharias | lundi, 17 mars 2008

Vous êtes pardonné Nebo, mais si l’indicateur du rapport au corps entre latins et orientaux doit passer par la question du célibat ecclésiastique je crains que nous n’avancions guère car, autant vous le dire franchement, le vrai problème, vous aviez parlé dans une élégante périphrase symbolique de « nœud » !, ne consiste pas à savoir si les latins ont raison ou pas d’imposer comme règle la chasteté aux prêtres séculiers, c’est tardif je le sais bien (XIe siècle, en 1074, le Pape Grégoire VII dit que quiconque doit être ordonné, doit faire d'abord vœu de célibat : " Les prêtres [doivent] tout d'abord s'échapper des griffes de leurs femmes !" ), ce qui n’est demandé qu’aux moines et aux évêques (déjà une disposition contradictoire d’avec Paul) dans l’orthodoxie, mais de reconnaître, si oui ou non, que l’état actuel de la nature des créatures est profondément abîmé et donc soumis sur le plan existentiel à la puissance du péché et oblige donc à se prémunir des influences pernicieuses de la chair, ou au contraire souffler sur des braises, avec ou sans l’aide de Canal + (même si je ne vous fais pas l’injure de procédés aussi misérables pour éveiller votre imaginaire désirant, n’oubliez pas que cela concerne la majorité de la population qui s’abandonne aux extases du porno et de l’érotisme bas de gamme), en cherchant à ses galipettes et polissonneries en chambre des excuses mystiques.

Si au Saulchoir, hélas ! (mais cela explique beaucoup de choses…) J.-M. Pohier parle encore d’éléments manichéens ou néo-platoniciens dans le rejet de la chair dans le christianisme, ce qui n’est pas loin de votre propre vision : « A mes yeux dites vous, le célibat des prêtres catholiques, puisque vous estimez que les orthodoxes sont dans l'erreur, acceptez que je vous dise ce que j'en pense, n'est pas issu de la Bible, mais des ascétiques philosophes grecs, tel Platon affirmant dans "Phédon" qu'il faut mettre le corps à part de l'âme car celui-ci est impur et l'âme est pure, ne pouvant se corrompre qu'au contact de celui-ci », en oubliant la teneur propre de l’aspiration céleste évangélique, je peux vous dire que c’est là en fait une vieille thèse qui date du siècle dernier au moment où se développait l’étude comparée des religions, alors que des chercheurs allemands, Weingarten en tête, s’imaginèrent que l’origine du monachisme chrétien s’expliquait par une évolution à partir de la vieille religion égyptienne. Le moine chrétien continuait selon eux la tradition des reclus (katochoi) du temple de Sérapis.

Or, vous poursuivez par cette remarque : « Marie-Madeleine Davy, dans son livre "Initiation Médiévale" (Albin Michel) écrit : « Le thème du philosophe renonçant au mariage ne se présente pas en continuité avec l'Ancien Testament, bien au contraire, il s'en éloigne au profit de l'idéal grec du parfait philosophe. »

Elle aurait dû savoir, ce qui ne semble pas être le cas, qu’il fut relativement facile aux historiens allemands de démontrer le caractère nettement chrétien du monachisme égyptien primitif et de faire voir qu’aucune dépendance à l’égard des cultes païens et ses philosophies ne pouvait être démontrée, sachant que durant longtemps les études en ce domaine se concentrèrent sur l’histoire des pratiques ascétiques, l’étude de Peter Nagel sur les motivations de ces pratiques, en 1966, marqua un tournant [P. Nagel, " Die Motivierung der Askese in der Alten Kirche und der Ursprung des Mönchtums ", (Texte und Untersuchungen – 95), Berlin 1966.], malheureusement non traduite en français. On voit ainsi très bien par les ouvrages du monachisme ancien, en particulier les Apophtegmes, les Vies d’Antoine et de Pachôme, sans oublier bien sûr Cassien, qui a servi de trait d’union entre l’Orient et l’Occident que le mythe de l’Égypte comme " berceau du monachisme ", d’où celui-ci se serait ensuite répandu dans les autres pays d’Orient d’abord, d’Occident ensuite, ne pouvait plus être tenu.

Il est évident pour les chercheurs aujourd’hui, que le monachisme est né à peu près partout en même temps, sous des formes très variées, et de la vitalité même de chaque Église locale, en Orient comme en Occident. Lisez les études d’Anton Vööbus, et surtout son œuvre monumentale sur l’ascétisme chrétien en Perse, Mésopotamie et Syrie [A. Vööbus, History of Asceticism in the Syrian Orient. A contribution to the History of Culture in the Near East, T.I. The Origin of Asceticism. Early monasticism in Persia, T.II Early monasticism in Mesopotamia and Syria (C.S.C.O. 184 ET 197), Louvain 1958 et 1960] qui révèle tout un monde monastique inconnu jusqu’alors.

À la même époque en France, Jean Daniélou s’est intéressé au judéo-christianisme [J. Daniélou, Théologie du Judéo-christianisme, Tournai 1958] démontrant clairement que c’était dans les Églises judéo-chrétiennes que s’était manifesté dans toute sa rigueur le courant ascétique tout au long des trois premiers siècles chrétiens, on y découvre qu’il y avait, à l’époque du Christ, dans tout ce qu’on appelle maintenant le Moyen-Orient, et particulièrement dans le judaïsme tardif un courant ascétique et mystique (Jean-Baptiste, avec son baptême, se situe nettement dans ce courant par son style de vie et sa prédication, indépendamment de son appartenance ou non à la secte essénienne. Jésus en se faisant baptiser par Jean a assumé ce mouvement – un geste dont on ne saurait suffisamment souligner l’importance capitale. Et, évidemment, en l’assumant, il lui a donné un sens radicalement nouveau.)

L’aspiration à une spiritualité radicale est donc conforme aux positions de l’Ecriture, des lévites jusqu’aux disciples du Christ. Jésus lui-même vécut avec ses disciples une forme de vie communautaire ayant beaucoup plus en commun avec cette tradition qu’avec les traditions des rabbins de son temps. C’est pourquoi l’expression "vita apostolica" dans la littérature monastique primitive, signifiera avant tout cette vie des Apôtres avec Jésus et leur renoncement en application du commandement : « Convertissez-vous et faites pénitence ».

Ainsi, ne souhaitant nullement, tout comme vous, me lancer dans un dialogue de sourds qui serait creux et vide, et n’aboutira à rien, vous m’excuserez de considérer vos exemples portant sur les frasques de tel ou tel pape, que l’on aurait pu encore multiplier, comme de peu de valeur du point de vue du fond même de notre débat, et n’ayant strictement aucun intérêt théologique particulier ni une moindre vertu d’exemplarité aussi infime soit-elle, si ce n’est, une fois de plus, pour constater la faiblesse constante de la créature devant les séductions de la chair, fut-elle habillée avec une soutane et couverte d’ornements sacerdotaux, et non pas pour en tirer argument à s’envoyer en l’air la conscience tranquille.

Je laisse ces indignes méthodes apologétiques aux peu inspirés plumitifs qui font l’actualité de la présente note et n’aspirent qu’à se dégourdir hardiment le poireau et flatter leur sensualisme déviant tout en se trouvant des justifications religieuses. Très peu pour moi !

Écrit par : Zak | lundi, 17 mars 2008

"La "fornication" dont vous me parlez n'est pas la sexualité dont je vous parle...", est-ce si certain, et y-a-t-il vraiment une différence finalement, si ce n'est dans la subjectivité imaginaire de chacun, dans ce que sont les accouplements sur le plan purement ontologique, car alors pourquoi David aurait-il dit dans son Psaume, ses parents n'étant pas soupçonnés d'avoir été des êtres impurs : "J'ai été enfanté dans l'iniquité, et ma mère m'a conçu dans le péché" (Psaume 51, 5).

Écrit par : Jude | lundi, 17 mars 2008

Hadrien, un grand merci pour votre touche.

Je vous cite : "Marie-Gabrielle, pour vous répondre une petite clé situationniste de ce que signifie la spectacularisation du désir si en vogue actuellement, et dont Sollers a fait son lucratif métier, créant, à sa suite, de nombreuses vocations inspirées :...",

...et dédie - les premières, et dernières phrases - de mon "Livre de l'anomalie" - auquel vous m'avez renvoyée, direct - ou indirectement.

"Un livre - que j'aimais écrire, ressemblait à une terre creuse - sombre et entière, conduisant à l'enfer... d'être compris puis jugé fou. Le livre que je veux lire est le mien - une vague, parmi d'autres parcourue, aussi brièvement ou parfaitement qu'une femme, derrière un paravent blanc.
(...)
La porte a des verrous que je n'ouvrirai pas.
Les barreaux de ma vie ont fait partie de moi, ayant enseveli ma solitude en toi.
Ils sont les amitiés que je n'oublierai pas - indéfinissable chez moi. L'avenir en toi.
L'instant que je partage est ma mort d'autrefois - pensée damnée... Invisible combat.
Je ne peux pas rester et ne combattrai pas venue pour dire que je ne mourrais pas.
L'anomalie... c'est moi : densité poids vérité du moi... solidité de roi.

La gratuité du don empêche que nous perdions notre temps, l'espace auquel nous appartenions.
Ce ne sont ni les mots, ni les idées, ni les ponts, ni non plus d'avoir raison, ni de percevoir la rançon - ni de comprendre votre jargon... ni de jouir de votre illumination !
C'est l'amitié du rond pendant la reddition lors de la rémission.

A la vie, à la mort - à ce panier d'erreurs et de déglutitions...
A l'oubli de mon nom !".

Alors, "Désirez ! Délirez ! Voilà l'ordre". Moi, j'ai envie de me l'entendre en voix off - cet ordre du désordre, du délire cajolant le désir, en l'inervant (mais de quoi j'me mêle !) ; et de moquer. Car je ne suis pas sûre d'être d'accord avec vous...

En effet... ET si la dite "spectacularisation du désir" - ne servait qu'à couvrir les autres (de) bruits ? L'envie SEULE du désir, par exemple - celle qui serait découlée de la frustration sus-dite... celle, aussi - qui fera bientôt jouir d'une illumination (pseudo spirituelle) - pourtant tellement plus sujette à caution.

(Un peu courte ?)

Écrit par : Marie Gabrielle | lundi, 17 mars 2008

http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?article537

Écrit par : "Guerres secrètes" | lundi, 17 mars 2008

Marie-Gabrielle! Plus court. Moins court.
Mais surtout plus clair!

Écrit par : Laurent | lundi, 17 mars 2008

Merci, Laurent... je le prends comme un compliment. Et reviendrai.

Écrit par : Marie Gabrielle | lundi, 17 mars 2008

Jude, l'homme est un pécheur, même lorsqu'il se promène...

Écrit par : Info en passant | lundi, 17 mars 2008

Oui, Zak, j'ai déjà abordé ce sujet Sollersien en compagnie de l'excellent Restif, sur mon propre Blog, je suis du coup un peu lassé...

Pour ce qui est de l'écrivain, en général, et de l'acte d'écrire, en particulier, j'aime la légèreté et la Valse, voyez-vous... dés que ça se prend un peu trop au sérieux j'ai tendance à fuir... je parle de la littérature, n'est-ce pas... d'où mon intérêt pour l'animal que vous méprisez... et puis un homme a un parcours et le sien me semble intéressant ces 20 dernières années en particulier, sa période "avant-garde" pour ce que j'ai pu en feuilleter me gonfle... je suppose qu'il a dû passer par là, on a le parcours qu'on mérite...

Par contre permettez-moi d'être taquin, comme si nous étions devant une bonne bière fraîche dans un bistrot enfumé...

Vous citez Jaccard méprisant Sollers pour servir vos desseins critiques, mais il convient de mieux présenter le relief de tout ce joli monde littéraire qui se côtoie comme culs et chemises. Jaccard méprise Sollers, soit. Mais Sollers aime Matzneff, duquel il dit :

"Ce qui irrite le conformisme ambiant chez Matzneff, je sais bien ce que c’est : sa sérénité, son honnêteté, son refus de tricher en exposant ses contradictions. Mêler, comme il le fait, le sexe à la prière, par exemple, provoque immédiatement le comble du malaise. C’est un bon test, je crois, pour discerner les esprits vraiment libres, libres de tous côté"...

...et il a édité le journal de Matzneff en partie.

Matzneff est ami avec Jaccard, ami du premier cercle, et Jaccard (qui méprise Sollers) dit de Matzneff (qui est apprécié par Sollers) :

"Ce dandy a l'âme d'un amoureux romantique et le goût des églises. Mais, à l'instar de Vassili Rozanov, grand écrivain russe du début du siècle, possédé lui aussi par le rêve d'un nouveau christianisme, Gabriel Matzneff est un orthodoxe prompt à la transgression. Les pharisiens s'offusquent de ce que cette brebis du Seigneur soit aussi un "Cupidon déchaîné", les libertins sans foi ni loi tolèrent mal son culte de l'"Eros mystique". Si la philosophie se révèle, selon le voeu de Gabriel Matzneff, un népenthès, divin breuvage qui chasse la tristesse, Le Taureau de Phalaris est un remède contre la morosité, un nectar puisé aux sources même de la vie."

Si Jaccard fait l'éloge de l'EROS MYSTIQUE, vite Zak, écrivez un article contre ce dépravé que Dieu a sûrement dû rayer de sa liste.

Trêve de plaisanterie et de taquinerie, c'était juste pour conférer à votre analyse à la hussarde un peu plus de distance. Ne m'envoyez pas de boulet, Zak, on ne fait que causer courtoisement. Mais c'est à croire que tout ce joli monde c'est blanc bonnet et bonnet blanc.

Je n'ai jamais lu Jaccard et ne saurais, du coup, quoi en dire, mais j'apprécie Matzneff avec lequel je partage, outre sa sensibilité Orthodoxe, un certain goût pour cueillir des instants de bonheur intense ici-bas, tout en sachant pertinemment que c'est futile, sans la moindre importance. J'aime quand les choses n'ont aucun prix aussi. Mon côté dandy peut-être.

Je me méfie de la pureté. Non de celle de Dieu, mais de celle que prônent les hommes.

N'est pas Saint Augustin qui veut... être soi-même, c'est déjà du boulot... et traverser cette sphère nauséabonde, ici-bas, en toute conscience, ça mobilise des forces.

Bien à Vous...

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Écrit par : Nebo | lundi, 17 mars 2008

La situation sur ce blog est un peu la suivante, Zak a incontestablement raison sur le fond du point de vue théologique (on apprend beaucoup à le lire ! et je me demande bien qui est l'étrange et sévère personnage solidement outillé intellectuellement qui se cache derrière ce pseudo), mais il ne voit pas que Sollers, ce que cherche à démontrer Nebo, est juste un littérateur, un homme de la Renaissance, un esthète jouisseur qui finalement rend service à une certaine image de la catholicité, ouverte aux différentes sensibilités et traditions, accueillante et luxurieuse - tout ce qui, précisément, fait gerber le jansénisme rémanent de l'orthodoxie zakarienne.

La question qui reste entière est donc de savoir si l'esthétique doit prendre le pas sur l'Evangile...



@ Marie-Gabrielle, vous vous améliorez - poursuivez vos analyse je me régale !

Écrit par : Hadrien | lundi, 17 mars 2008

Assez bien résumé, Hadrien, mais je doute que Zak ne le sache pas. Il n'est pas stupide. C'est juste qu'il s'attache à d'autres priorités qui ne sont pas les miennes.

Sinon, oui, je pense que Sollers, même s'il n'est pas chrétien (il se dit lui-même uniquement Catholique), à voir comment il fait se dresser les cheveux sur la tête des bien-pensants dés que l'on évoque par sa bouche le Pape ou Saint Augustin qu'il connaît très bien, et bien je pense qu'il fait plus de bien que de mal. Voilà... Mais cela n'engage que moi...


Bien à Vous...

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Écrit par : Nebo | lundi, 17 mars 2008

Ces passages de L'Ecclésiastes, et du nazaréat sont d'une grande profondeur!
Je suis étonné que personne ne l'ai relevé!

"Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à coeur.
Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le coeur peut être content.
Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joie.
Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés.
Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés.

Etre nazaréen, c'est se consacrer totalement à Dieu.

Ni de façon formaliste, ni même comme résultat de l'obéissance à un commandement, mais spontanément et avec son coeur, qu'on soit homme ou femme. Cela demande des renoncements, même à des choses qui, en soi, sont loin d'être mauvaise !!

Selon l’Écriture : « Le vin rend la vie joyeuse » (Ecclésiaste X, 19.) Le Nazaréen ne devait pas exciter la nature par des boissons fortes."

Le vin n’est -il pas ici le symbole de la jouissance à laquelle le cœur humain se livre si volontiers.
Certes, tout Chrétien n'est pas appelé à se faire moine, pas plus qu'à rejeter ce que Dieu donne!
Il n'en demeure pas moins que si un Israèlite voulait se consacrer à Dieu, il devait renoncer au vin!
Notre Seigneur Jésus est venu sur la terre pour nous montrer la Voie !

Il est venu pour abolir l'ancienne loi!

Lui qui A JOUI comme nul autre de la joie de la proximité de son Père, Il a été parfaitement capable de renoncer à toute joie purement naturelle. Il n'a jamais laissé quoique ce soit prendre le pas sur sa mission "ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde." (Jean 17.16)
De fait Il est Notre Maître, Notre Exemple à suivre, que nous soyons Protestants, catholiques ou orthodoxes!

La question pour les chrétiens est donc celle-ci:
Souhaitons-nous être totalement dévoués au Christ, corps, âme et esprit ?

Si nous répondons oui, il faut que nous ne laissions rien entraver ou seulement différer notre communion avec Dieu!
En fait nous devons comprendre que ce qui est légitime, naturel pour les hommes du monde, est contre-nature pour les nazaréens de Dieu.

C’est radical, c’est fou, et je continue si Judith me le permet

c’est une grande aventure pour les laïcs qui ont eux aussi la vocation d’être des serviteurs d'élite !

Écrit par : Gontran D | lundi, 17 mars 2008

"Il est venu pour abolir l'ancienne loi!"

« N'allez pas croire que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir mais accomplir. » (Mt 5, 17)

Écrit par : Nebo | lundi, 17 mars 2008

Gontran, je suis d'accord avec vous!
Mais hélas peu de gens connaissent cette voie intérieure, exigente s'il en est! Une voie de chevalier en quelque sorte!
Merci à vous Judith!
Les femmes ont un très grand rôle à jouer pour notre conversion à tous, grands mécréants devant l'éternel!!

Écrit par : Lucien | lundi, 17 mars 2008

Si je puis me permettre , voici quelques modestes réflexions:

Fabrice Midal (philosophe français, spécialiste du bouddhisme) s’inquiète au sujet des français qui pratiquent « un bouddhisme tisane » essentiellement à des fins d’épanouissement personnel », des nouveaux bouddhistes qui selon lui souffrent du complexe de Peter Pan, incapable de grandir et de s’investir dans la cité.
Je constate une dérive similaire pour les christianisme, (en l’occurrence pour ce qui nous occupe, le catholicisme)?
De la même façon qu’il y a « un bouddhisme tisane » il y a un « christianisme tisane » : on fait sa prière en Zazen, on prend dans la Bible ce qui nous intéresse, on va à la messe soit parce qu'elle est festive, soit parce qu'elle est belle (messe Tridentine ) , chacun y va de ses petites revendications personnelles, … La foi chrétienne est assimilée à de la morale…L’homme est placé au centre du monde et se rebelle si quelqu’un ose l’en déloger.
Il ne supporte plus de suivre! Suivre le Christ qui nous a dit dans Jean XI, 15
"Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait".

(afin"d’être un esprit vraiment libre, libre de tous côté" (sic)).

Certes le Christianisme est exigeant, , il ne brosse pas dans le sens du poil, il dit que "nous n'existons vraiment que quand nous cessons d'être esclaves de notre tempérament, de notre droit. ", (Père Zundel),

Pourtant qui a déjà cultivé un jardin sait que "tout ce qui doit durer est lent à croître", ( Bonald), tout ce qui doit durer nécessite une bonne connaissance du terrain, des tuteurs, une bonne exposition !
Or, il semblerai que le « christianisme tisane » ne cherche plus à durer ; par peur de heurter l’homme, il ne laboure plus sa terre, il n'ose plus tailler les mauvaises herbes, trancher les branches mortes il ne lui parle plus du péché, du mal, de la limite, de l’enfer, il le flatte, l'endort!
Et dire que l'on disait que la religion était l'opium du peuple!

Ce faisant "le christiannisme tisane" affaiblit ses forces vives, donc vivifiantes;
d'une religion qui nous mettait à genoux et nous faisait lever la tête, il devient une religion horizontale, à la carte... une religion pour paier glacé à la mode 'nouvelle clé"

ce faisant il précipite sa chute, dans une quasi indifférence générale!

Quelle pitié!

Je suis toujours étonné par ces chrétiens qui se disent vaillants et forts, vaciller à la moindre lecture de Saint-Paul!
Je sais, je sais, l'esprit est fort et la chair est faible, mais tout de même!

Nebo, vous dîtes en parlant de Philippe Sollers, je vous cite:

"et bien je pense qu'il fait plus de bien que de mal".

Pour vous répondre je vous invite à lire quelques extraits du Père Zundel


NOUS SOMMES LE CHRIST DES AUTRES


« Où prenez-vous Dieu ? Où le prenez-vous ? Nous avons si souvent évoqué le visage du Père Kolbe. Pourquoi ? Parce qu'il est impossible de trouver Dieu, ailleurs que d'ans une vie d'homme. C'est justement à travers une âme d'homme que Dieu se révèle. II est impossible de connaître Jésus-Christ autrement qu'à travers cette transparence d'une humanité qui en est le signe vivant. Il est tout naturel de nous adresser à un être humain, à une conscience humaine pour lui demander de nous conduire à Dieu. C'est ce que nous faisons tous, toujours et partout…. »


"
Vous êtes le Christ des autres. Ils n'ont pas d'autre Christ que vous, parce que c'est uniquement a travers vous qu'ils voient le Christ. Ils chercheront le Christ à travers vous, ils ne pourront l'aimer que dans la mesure où il sera aimable. Et c'est cela qui fait de l'Evangile la Bonne Nouvelle, parce qu'il y a là pour nous l'appel que nous adresse une générosité infinie qui se remet entre nos mains.

Ce n'est rien de faire son salut, ce n'est rien de poursuivre son équilibre et sa perfection. Mais comment résister à ce fait que Dieu n'a pas d'autre révélation possible que nous-même, que nous sommes la seule expression de son visage dans le milieu où nous vivons et que les autres ont le droit de me demander d'être Jésus-Christ : malgré toutes mes fautes, je suis chargé d'être le Christ.

C'est la, je crois, la porte de lumière qui s'ouvre sur le mystère de Jésus : que l'Incarnation se continue à travers nous et que nous sommes chacun le Christ des autres. Saint Augustin le dit : " Nous n'avons pas seulement été faits chrétiens, nous avons été faits Christ ", et pas seulement Christ pour vivre en union avec lui, mais pour porter aux autres la lumière et la présence du Christ, pour être ce qu'il serait à notre place, pour continuer le geste du Lavement des pieds, pour être donnés, consumés, mangés comme le Christ, pour être la nourriture des autres.

Tout cela tient dans un seul mot : être Jésus. La, nous ne pouvons pas nous tromper. Notre foi trouvera toujours plus ses assises en entrant dans ce mystère, en le vivant et en étant, pour les autres, le visage du Seigneur.

Rien n'est plus beau et rien n'est meilleur que ce crédit infini, que cette identité avec lui-même qu'il accomplit en nous. Voilà toute notre grandeur, et quand nous sommes à bout de forces, il reste toujours que le Seigneur a besoin de nous et que, finalement, nous sommes la seule chance de Dieu dans le monde d'aujourd'hui. Si nous pouvions montrer le Christ en nous, sans en parler, enfin l'heure serait accomplie et le monde serait sauvé.

Demandons à notre Seigneur qu'il saisisse au moins aujourd'hui quelques âmes qui portent son témoignage à fond, et dans notre vie quotidienne essayons de relever à chaque instant notre courage et notre enthousiasme, en pensant que notre Seigneur est remis entre nos mains et que, finalement, il dépend de nous aujourd'hui que le Christ soit reçu, qu'il se fasse chair et qu'il habite parmi nous."

Écrit par : Le calme | mardi, 18 mars 2008

"Par contre permettez-moi d'être taquin, comme si nous étions devant une bonne bière fraîche dans un bistrot enfumé..."

Ah digne Nebo dans quel monde parallèle vivez-vous? Passe encore que vous ne crachiez pas sur Sollers comme le premier Stalker venu! Mais concevoir un bistrot enfumé dans le royaume de France!

On assiste décidément à d'effrayants miracles!

Écrit par : Tang | mardi, 18 mars 2008

le miracle serait de voir le Stalker venir se frotter à un maître de l'escrime, le bien nommé ZAK.

Écrit par : Enzo | mardi, 18 mars 2008

Oui... Tang... je rêve encore un peu... ;-)

Écrit par : Nebo | mardi, 18 mars 2008

La populace ne peut ressuciter ni se créer de Dieu(x).
Dieu est le plus haut symbole d'un peuple et non pas d'individus clairsemés, si géniaux soient-ils...Les discussions ici sont bien éloquentes, à ce sujet.
"Dieu est mort, et c'est nous qui l'avons tué" (Nietzsche)

Écrit par : . | mardi, 18 mars 2008

Le calme... votre parafe du Père Zundel est d'un vrai réconfort, dont la bonté immense nous expose ici à son très grand amour.

J'aime aussi vos formes d'introduction au sujet... telles que... je vais les commenter :

"La foi chrétienne est assimilée à de la morale…L’homme est placé au centre du monde et se rebelle si quelqu’un ose l’en déloger. Il ne supporte plus de suivre!"
Il est une ancestrale chanson au compte de l'enfant que nous étions : "Pince-mi et pince-moi sont dans un bateau... pince-mi tombe à l'eau... qu'est-ce qui reste ?" : la foi chrétienne est assimilée à de la morale ?! Qui se contredira...

Je crois que l'homme se trouve placé EVENTUELLEMENT au centre du monde. Cela est et est tout ? Il s'en délogera bien tout seul, ayant laissé réduire son monde... à son mouchoir de poche.

"Suivre le Christ qui nous a dit dans Jean XI, 15 "Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait".
Nous sortons (je crois) d'une génération remplie d'expressions-cric : "ya pas de y faut", "ya pas d'âge", "ya pas de hasard"... pour un panier d'épaves - de mots qui s'empoignent déjà comme l'arme chérie - caressée...

"Or, il semblerai que le « christianisme tisane » ne cherche plus à durer ; par peur de heurter l’homme, il ne laboure plus sa terre, il n'ose plus tailler les mauvaises herbes, trancher les branches mortes il ne lui parle plus du péché, du mal, de la limite, de l’enfer, il le flatte, l'endort!
Et dire que l'on disait que la religion était l'opium du peuple!"

ce faisant il précipite sa chute, dans une quasi indifférence générale!"

C'est la raison pour laquelle il nous faudra apprendre à s'opposer aux attaques narcissiques lorsqu'elles sont déplacées.

"Je suis toujours étonné par ces chrétiens qui se disent vaillants et forts, vaciller à la moindre lecture de Saint-Paul!
Je sais, je sais, l'esprit est fort et la chair est faible, mais tout de même!"

Je partage votre opinion...


J'imagine que ma plume baverait sur la vôtre, mais vous commenter fut réellement tentant. Merci, car vous écrivez de manière très intelligible.

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 18 mars 2008

"l'être parlant est un être croyant" Madame Sollers (plus connue sous le nom de Julia Kristeva)

Écrit par : Orphée Danse | mardi, 18 mars 2008

"l'être parlant est un être croyant" Madame Sollers

Pas convaincant.

Écrit par : . | mardi, 18 mars 2008

Eh bien... disons que je me rappelle également ce passage, et d'y avoir tiqué. Cependant, il paraîtrait que "parler, lire, écrire" est le propre de l'Homme... (consulter ce titre d'Alain Bentolila ?).

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 18 mars 2008

Et puis, ce ne puis être - "Madame Sollers". Renseignez-vous... tombez...

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 18 mars 2008

Marie-Gabrielle, le Père Zundel sait parler aux hommes de notre temps !
Il a une parfaite et profonde connaissance de l'âme humaine comme tous les hommes de sa génération, nourrit par les évangiles, la pratique intérieure, le silence de l'oraison, la rigueur des actes !
Voyez-vous Marie-Gabrielle, je suis persuadé que le Père Zundel n'aurait pas été choqué par les paroles de Zak, bien au contraire ! En revanche je pense qu’il aurait été profondément attristé de lire ce qu'a écrit Monsieur Hadjaj ! Non pas, parce qu’il avait un esprit étroit, mais parce que les propos de ce Monsieur ne servent pas notre travail ici bas !
J’accepte humblement (même si cela fait mal) de prendre en pleine figure ce que me dit Saint Paul ! Les propos de Zak, de Judith (le Nazaréat) , etc. me font réfléchir, approfondir ma réflexion, j’apprends de nouvelles choses, de nouveaux textes s’offrent à moi…
Cependant, que de tristesse, que de lendemains qui déchantent, de gueule de bois et de bouche pâteuse, de sentiments de vide, «d’à quoi bon », bref ! Que de misères, dans la prose de «la profondeur des sexes » !

A la suite de Gontran je tiens à souligner encore une fois l'importance du passage cité dans l'intervention de Judith
(Je ne puis m'empêcher de le citer encore tant il fait écho à ce que j'ai dit plus haut sur le "christianisme tisane", doux, soft dans les apparences, "qui fait l'ange fait la bête").




"Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à coeur.
Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le coeur peut être content.
Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joie.
Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés.
Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés."

Quelle lucidité, quelle modernité dans ces propos !

Adrien a résumé en quelques lignes l'orientation de cette controverse qui illustre à petite échelle ce qui se passe dans notre société.
je le cite :

La question qui reste entière est donc de savoir si l'esthétique doit prendre le pas sur l'Evangile...

En ce qui me concerne, j’irais plus loin en disant que La question qui reste entière est de savoir si nous décidons de traverser le miroir des apparences! OUI OU NON !


En effet, deux conceptions s’affrontent ici (pour faire court) :

Celle de « la maison de deuil et du visage triste au cœur content », et celle défendue par Monsieur Sollers et Monsieur Hadjaj !



N'y voyez aucun jugement de ma part, cependant, je fais partie de ceux qui penchent comme Zak d’ailleurs, et certainement Judith) vers la maison de deuil et je souffre en permanence d’être constamment raillé, moqué !
A l'aide des outils psychanalytique (psychanalyse qui n'a rien inventé sur la nature humaine ( quand on connaît les méthodes de discernement intérieur, on constate que l’église fait mieux que les psychologues, les psychanalystes et les marchands d'illusions.)),
à l’aide de ces outils donc, je suis traité de mal baisé, refoulé, coincé…bref tous ceux et celles qui me lisent reconnaîtront les railleries dont nous faisons l’objet quotidiennement! L’on pense que je suis triste, souffreteux, empêcheur de tourner en rond, pour être poli !
Faut-il me justifier (je ne suis pas moine, je suis marié, j'ai 8 enfants...).

Or, Jésus dit à la Samaritaine « Si tu savais le don de Dieu", à sa suite je dis : si vous connaissiez la joie, l’allégresse, d’avoir un visage triste et le cœur content !
Si vous connaissiez les joies violentes que procure le passage derrière le miroir des apparences !


Si je puis me permettre j'avoue ne pas saisir cette phrase


C'est la raison pour laquelle il nous faudra apprendre à s'opposer aux attaques narcissiques lorsqu'elles sont déplacées.

Écrit par : Le calme | mardi, 18 mars 2008

Vaste question que celle de l'attention. "Je n'ai pas fait exprès...", "n'as-tu pas bien fait attention ?".

A l'occasion du temps donné à l'écran, j'ai visionné un film - à porter... sur la Table Ronde, et la fin en était considérablement poignante, puisqu'effectivement la chère Morgane y perdait toute LA "VIE", du fait de la compréhension nouvelle et donc d'une attention - à SE porter dès lors - accordée, mais consacrée... à cette bonne vieille Fée du LAC ! (bénéficiaire).

C'est un exemple...

Bien à vous - Le calme, et à vous tous,

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 18 mars 2008

Un sondage qui vient nous donner un peu raison!

Morale, identité et religion sont-elles liées ?

Les Québécois pensent majoritairement qu'ils ont perdu leurs valeurs morales depuis qu'ils ont délaissé la pratique religieuse, selon un sondage. Alors que les trois quarts des catholiques se disent non pratiquants, 2 sur 3 sont d'avis qu'après avoir déserté les églises, la société québécoise est en panne de valeurs. Près de la moitié pensent aussi que le Québec a perdu une partie de son identité culturelle en désertant les églises.

Écrit par : Enzo | mardi, 18 mars 2008

Julia Kristeva est bel et bien l'épouse de Sollers, Marie-Gabrielle... voyons... Tout le monde le sait... sauf vous.

Écrit par : Orphée Danse | mardi, 18 mars 2008

D'ailleurs aux USA Kristeva étant plus connue que Sollers, certains américains appellent Sollers "Monsieur Kristeva".

Écrit par : Orphée Danse | mardi, 18 mars 2008

Ouais... même que des rockers ont fait une géniale chanson sur elle (...lard ? cochon ?).
N'empêche qu'il faudra dire : JULIA Joyaux.

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 18 mars 2008

Je viens de regarder ce soir avec mes enfants l'excellente série du côté de Maupassant sur France 2.
Ces émissions devraient être diffusées à l'école, de la primaire jusqu'à la terminale, en première heure, à la place de l'éducation physique!!

Écrit par : Claire | mardi, 18 mars 2008

De l'éducation civique!!
Quel lapsus n'est-ce pas?
Julia Joyaux aurait de quoi dire!!

Écrit par : Claire | mardi, 18 mars 2008

Jésus a été le vrai Nazaréen. «Le fils de l’homme est venu mangeant et buvant», mais «l’ami des publicains et des pécheurs» apportait partout la sainteté d’une humanité parfaite. C’est «dans ses entrailles» qu’était cette loi sous laquelle il était né (Gal. 4:4) afin de l’accomplir bien au-delà de sa lettre.
Jésus «est venu» pour obéir, mais il est venu de lui-même. Ses délices, sa vraie liberté, " libre de touscôté" , étaient de faire cette volonté divine, dans un monde qui s’y opposait. Aussi a-t-il «appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes», non qu’il eût à apprendre à obéir, mais il a appris ce que comporte l’obéissance là où tout est en contradiction avec Dieu.
Aussi a-t-il «appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes», qu'elle leçon pour nous, hommes du XXI ème siècle qui ne voyons plus dans la souffrance l'instrument de notre salut; qu’en est-il, hélas, de nous ? Que nous reflétions si peu le Modèle, que nous refusions sciemment d'être LE CHRIST DES AUTRES dit à quel point nous laissons le vieil homme revivre là où la vie de Christ devrait seule être vue.
Apprenons de l’apôtre à réaliser comme lui la condition normale du chrétien, de tout chrétien, car nous sommes tous appelés à cette séparation : «Je suis crucifié avec Christ, et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (Gal. 2:20).
Cette marche par la foi, ce retournement vers l'intérieur par la foi se fait dans un monde toujours plus éloigné de Dieu, un monde dont les joies comme les aspirations ne peuvent plus être les nôtres. Le sentiment de notre propre incapacité devrait se traduire dans une dépendance totale au Christ, prouvée par notre conduite.
Les nazaréens avaient une longue chevelure, car à l'époque du Christ les cheveux longs étaient un manque de dignité pour l'homme:
"la nature même ne nous enseigne-t-elle pas que si un homme a une longue chevelure, c'est un déshonneur pour lui?"(1, cor.11-14).
Prenons exemple sur eux, nous devons nous aussi nous "séparer" du monde par une sainte vigilance qui doit sans cesse être en éveil pour que nous soyons pratiquement séparés du mal dans lequel «gît le monde entier».
La modernité a apporté la confusion des valeurs , la confusion des sexes...cependant nous avons un signe, nous avons la Croix, bijou que nous devons cacher laïcité oblige! Osons la porter à la face du monde pour montrer notre appartenance au Christ et à l'Eglise, pour montrer notre désir de "séparation"!

Mgr Pascal N'Koué dans une homélie aux jeunes prêtres dit ceci

Ne vous habituez surtout pas à circuler sans votre habit ecclésiastique, sous prétexte que "l'habit ne fait pas le moine". Un prêtre âgé aimait recommander aux jeunes prêtres le port de la soutane en ces termes: "Portez votre préservatif". A sa suite, je lance ce vibrant appel à tous les prêtres: "portez votre préservatif". J'insiste. Il ne préserve peut-être pas de tout mais de beaucoup de choses. Ne vous contentez pas de porter une petite croix au cou, ce n'est pas un habit. Portez votre soutane toujours et partout... évidemment pas jusque dans la douche! Encore qu'autrefois nos aînés dans le sacerdoce jouaient au football en soutane.

Notre Peuple veut nous voir en soutane. Notre signe distinctif extérieur c'est la soutane. Pas de négligence là-dessus. Pas de demi-mesure. C'est un témoignage silencieux qui n'est pas banal. Il dit notre appartenance spécifique à Dieu et à l'Église. N'ayons pas honte d'affirmer notre identité. Et nous avons bien fait de conserver au Bénin le rite de bénédiction et de prise de soutane dans notre marche vers l'autel de Dieu. Attention donc au relativisme qui pousse au confusionnisme avec les laïcs. A défaut de la soutane, portez le clergyman ou tout simplement le col romain."

Nous aussi laïcs "portons notre préservatif"
Quelle pitié que de vouloir être considérés comme les autres!
Quelle pitié que de se vouloir libre comme tout le monde:


"je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent. Et ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement" (Rom. 12:1, 2).

Écrit par : Judith Pancake | mercredi, 19 mars 2008

Je vous invite à lire la réponse de Fabrice Hadjadj à propos de certaines attaques qui me semblent fausses et injustifiées.

http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#c3374739

Écrit par : Henrihubert | mercredi, 19 mars 2008

Saviez-vous que le docteur Leleu consulte au téléphonne!?





émission du mercredi 11 avril 2007


La pornographie va-t-elle trop loin ?







Invités

Marcela Iacub. Juriste, Chercheuse au CNRS.

Frédéric Joignot. Reporter au Monde 2, créateur de la revue Blast.

Paul Bensussan. Psychiatre, Expert national auprès des Tribunaux.
Chargé de cours à l'université Paris VII (module consacré à la délinquance sexuelle).

Fabrice Hadjadj (au téléphone). Professeur de philosophie. Essayiste, Auteur de théâtre. Collaborateur au Figaro littéraire et à Art press.



Comme elle semble loin de nous, l’époque des films de José Bénazéraf (du « cri de la chair » à « le désirable et le sublime »), celle des films « Z », mi-érotiques mi-fantastiques de Jean Rollin (inoubliable « Vampire nue » !) ou de Jesus Franco ! La chair alors était encore fraîche, et chaque « tabou » levé semblait une victoire remportée par les forces des Lumières sur celles des Ténèbres…. Des « libertés » nouvelles étaient conquises par des innocentes comme Syvia Bourdon ou Emmanuelle Arsan. 35 ont passé et la pornographie a si bien reculé les limites, si bien « transgressé les tabous » qu’elle est devenue une « industrie du viol ». Oui, si dans ses commencements héroïques, disons avant 1975, le paradigme du film érotique était porté par les thématiques de la libération, internet et la mondialisation ont entraîné une effrayante dégradation du genre. Aujourd’hui, le « X trash » ou « ultra-hard » nous invite à assister à « la destruction de femmes en direct ». C’est ce dont témoigne l’essai de Frédéric Joignot, « Gang Bang », qui sera notre invité cet après-midi.
La pornographie est devenue une industrie de programmes à part entière, brassant d’énormes quantités d’argent ; rien que les films X diffusés dans les hôtels rapportent 200 millions de dollars. D’après Joignot, le Web mondial propose au moins 500 000 sites entièrement dédiés à la pornographie. Les habitudes télévisuelles du reality show ont déteint sur l’imaginaire de la pornographie : il faut désormais que le spectacle de l’humiliation et de la violence infligée aux femmes paraissent aussi réaliste que possible. Elles doivent être vues subir passivement des violences d’une gravité qui nous aurait indignés il y a seulement une génération. On appelle ça le « gonzo ». La « promesse » marketing est simplifiée à l’extrême : « destruction anale », « véritable punition », « démolition en règle »…
Comment la « libération » d’autrefois s’est-elle métamorphosée en asservissement des femmes ? Quelle forme de nihilisme nouveau nos sociétés ont-elles ainsi généré et qu’est-ce que cela signifie sur leur état moral ? C’est ce que nous allons demander à nos invités.

Écrit par : Enzo | jeudi, 20 mars 2008

Belle réponse à ce pauvre converti de fraiche date qui va finir par confondre Messe Dominicale et gang bang.
Ce sont des gens qui s'accrochent au Crédo mais qui n'ont pas compris Saint Paul.

Si 2000 ans de chrétienté emmènent Sollers et Hadjadj comme Maîtres à penser, c'est une preuve de plus que l'église, en France du moins, n'a pas tenu son rôle et a préféré laissé s'installer les niaiseries du siècle en lieu et place des profondeurs des écritures.

Laissons ces deux bouffons dans leurs délires mystico-porno car nous leur faisons encore de la pub !

Quant à moi, je préfère comme vous, être un soldat inconnu qu'un gros imbécile reconnu !

Écrit par : La Fouine | jeudi, 20 mars 2008

Bande de lécheurs


Afin que la conférence garde tout son intérêt et qu'aucune polémique stérile ne naisse d'incompréhensions de part et d'autre, les commentaires sont momentanément supprimés et impossibles sur cette page. Dès le lendemain de la conférence il sera à nouveau possible de dialoguer sur cette page à partir d'arguments plus concrets. Ce sera désormais la règle pour chacune de nos conférences. Les Epées

Écrit par : . | jeudi, 20 mars 2008

Petits poseurs Parisiens!

Écrit par : Sebastien | jeudi, 20 mars 2008

Vous avez tout loisir d'attaquer Les Epées si vous le souhaitez. Nous essayons de proposer un programme de conférences à nos lecteurs en faisant venir des personnalités diverses qui changent un peu des perpétuels invités qui pensent comme nous. Par égard pour eux nous ne souhaitons pas que notre site devienne un forum d'opposants avant qu'ils n'aient eu le temps de s'exprimer. Nous ne sommes pas des "lécheurs" mais des gens qui essaient de se comporter poliment envers leurs obligés d'un soir. J'espère que vous comprendrez cette position.

Nous sommes donc désolés d'avoir fermé et effacé TOUS les commentaires de cette page. C'est promis vous pourrez y revenir le 28 mars prochain et le sitemestre que je suis se comportera en grand démocrate (pour autant que cela soit préférable à "petit royco"...) !

Écrit par : Sitemestre des Epées | jeudi, 20 mars 2008

J'espère que vous comprendrez cette position.

Ce qui est moins compréhensible c'est de laisser le droit de réponse à M . F.Hadjadj et de supprimer celui de notre hôtesse!

Écrit par : Le calme | jeudi, 20 mars 2008

S'il s'agit de ne pas blesser une dame, j'accède à votre requête.
Le droit de réponse de M. Hadjadj a été supprimé du site des Epées.

Écrit par : Sitemestre des Epées | jeudi, 20 mars 2008

Monsieur, ce n'est pas une question de sexe! C'est une question de justice!

Écrit par : Le calme | jeudi, 20 mars 2008

Laisser moi le droit, à défaut d'être juste, d'avoir un peu d'humour.

Écrit par : Sitemestre des Epées | jeudi, 20 mars 2008

Fabrice Hadjadj ou les émois ridicules d’un pornographe mystique


Finalement la dommageable suppression des commentaires sur « Les Epées », m’engage à revenir sur la lettre expédiée par Hadjadj, révélatrice de ce qu’est le personnage. En effet, quelle entrée en matière de celui qui, sans crainte de proférer de scabreuses dingueries gynéco théologiques, affirmant dans Art Press de ce mois-ci, qu’il « […] essaie de montrer la présence de la Croix à même la copulation…» (Art Press, n° 343, mars 2008, Interview réalisé par Jacques Henric ), déclare dans son petit billet ridicule : « Par amitié pour les Epées, et par respect pour ceux qui fréquentent leur site je voudrais faire les remarques suivantes… », en guise de respect on pouvait s’attendre à mieux !


Fabrice Hadjadj, décidément, est vraiment grotesque et risible ! Non content de soutenir, dans sa dérisoire tentative de sexualisation outrancière du religieux, des propositions scandaleuses authentiquement hérétiques, à mi chemin entre la pornographie et la démence, lui si prompt, manifestant ce zèle caractéristique des nouveaux convertis, à décerner des brevets de catholicité, voilà le charmant écrivain, si conforme en de nombreux aspects aux actuels critères de la bonne presse et dont le visage souriant se donne à voir complaisamment, depuis qu’il nous fait profiter de sa prose, sur tant de feuilles prisées des chaisières, vexé comme une jeune pucelle dont une main furtive aurait effleuré la sautillante croupe, criant, avec des sanglots dans la voix, au procès stalinien pour avoir été malmené par ma note, puis quelque peu vertement bousculé, par les commentaires qui suivirent.



Ainsi, le dévot louangeur de la chair, perdu dans le vertige de ses extases génitales, dont l’indigent ouvrage « La profondeur des sexes » figure à présent dans les rayons de la librairie partouzarde, Gay, Lesbienne du Marais : « Les Mots à la Bouche », s’étrangle devant le fait que l’on puisse penser, eu égard au ton obséquieux jusqu’à la servilité de ses propos à l’égard de Sollers, que son dialogue programmé risque de ressembler à une partie de pince-fesse ultra condescendante, à une hypocrite comédie littéraire, arguant d’un don de prophétie tel que décri, selon lui, dans le « De Divinatione daemonorum » [zéro en latin le professeur de philosophie, il faut écrire « daemnonum » M. Hadjadj ! ], à l’encontre de celui qui osa émettre une aimable prévision, dénuée de méchanceté mais lucide, sur ce qui allait se dérouler, considérant qu’il n’était pas possible de présager de la tonalité de ce qui se dira. Or, point n’est besoin pour cela d’une capacité particulière de divination magique pour imaginer le caractère de profonde compromission qui fera la substance même de cette aimable sauterie qui vaudra, peut-être, pour bons services rendus à la diva, sa prochaine entrée chez Gallimard à notre libidineux scribouillard prétendument catholique fasciné, tel un spéculum, par la mystique des utérus, s’il maintient ses constants efforts domestiques.



Non moins merveilleuse, pour reprendre sa dérisoire méthode argumentaire, mais singulièrement suspecte par ailleurs, sortant du ton mielleux qu’il affectionne généralement dans les magazines, son sens inné de la formule, qualifiant IdC, rien moins, que de « soldat inconnu », ne sachant distinguer dans sa contrariété aveuglante entre la responsable d’un blog et ceux qui s’y expriment, lui attribuant, niaisement, une référence qui est pourtant vérifiable [http://www.mondesfrancophones.com/chroniques/jhenric/sollers-girard], jugeant de plus, avec cette détestable tendance à distribuer des certificats de moralité, qu’elle « use du caviardage habituel des procès staliniens » (sic !), alors même que les pages de « La Question », ont toujours été largement ouvertes au débat et à la controverse, chacun pouvant s’y exprimer en totale liberté, seul le blasphème y étant proscrit.

Supposant peu après, d’après ses petites observations parcellaires, « qu’on ne puisse être un interlocuteur sans être un thuriféraire ; et que son Christ (re-sic ! toujours aussi aimable le pieux adorateur des région pelviennes) soit venu pour les biens-portants » [deuxième faute grossière de l’apprenti plumitif qui doit réviser son orthographe : bien-portants], renvoyant bêtement notre amie, qui ne l’a pas attendu pour s’abonner à l’Osservatore Romano , « au discours de Benoît XVI sur la « charité intellectuelle », prononcé le 10 mars 2007 », alors que le Saint Père Jean-Paul II avait justement prévenu, prévoyant les dérives qu’une faiblesse coupable pouvait générer dans les problèmes liés à la pureté de la foi, que la « Charité sans la Vérité est un fuit pourri ! »



Enfin, touchant à la syncope, après avoir comparé Sollers, qui n’en demandait pas tant mais qui, en connaisseur, appréciera sûrement l’extrême compliment, au Christ – crie, dans un transport horrifié : « merveille des merveilles » , à la citation de Jean-Marc Vivenza : « La chair est pécheresse par nature et ne participera pas à la réalité future du Royaume », déclarant, à l’aide des trois sous de science de théologie dogmatique mal comprise qui lui servent de friable vernis : « Elle va radicalement contre l’article du Credo, si dur à digérer, au fond : JE CROIS EN LA RESURRECTION DE LA CHAIR. », alors que par cet aveu navrant de confusion il met en lumière sa profonde incompréhension de la signification réelle de l’article du Credo, qui stipule, non pas qu’accèdera à l’éternité la viande animale dont l’Eternel habilla Adam et Eve après la chute (Genèse 3), qui fait la joie des jeux érotiques de celui qui voit dans « L’acte charnel (…) une image de la Trinité » (Art Press, n° 343, mars 2008), mais plus sublimement et spirituellement, que « le corps de notre abaissement sera transformé à la ressemblance du corps glorieux » (Philippiens 3, 21), ce qui est tout différent !





Ainsi, plutôt que de se lancer hardiment dans des vitupérations qui témoignent d’une rare fragilité du point de vue des fondements de la foi, écrivant, à propos des croyants qui accordent un certain crédit aux paroles de l’Ecriture et qui donc considèrent avec elle que le « corruptible sera anéanti pour revêtir « l’immortalité » (1 Corinthiens 15, 53), et que « la délivrance de notre corps », après laquelle nous soupirons (Romains 8, 23) sera accomplie dans des corps, non de chair, mais des corps glorieux, ce qui est le sens exact de l’expression « résurrection de la chair », c’est-à-dire l’acquisition après la mort pour ceux qui seront sauvés de corps semblables à celui de Christ — « nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2) – osant donc soutenir du haut de son imaginaire autorité : « Ceux qui la soutiennent attestent par là qu’ils ne sont pas catholiques, et que Sollers et moi, à des titres divers et sans résoudre nos différends, avons bien raison de rappeler l’ineffable dignité de la chair depuis l’Incarnation », ferait beaucoup mieux de se pencher attentivement sur cette hypothétique « dignité de la chair » qu’il aura bien du mal à déceler dans le mystère de l’Incarnation, sachant que la chair, depuis la venue du Christ, est une chose jugée et condamnée ; c’est le second homme, le second Adam au ciel, qui est la source de tout ce qui est bon et précieux aujourd’hui, non les misérables dépouilles qui servent à notre vanité et dont nous espérons, avec l’apôtre Paul, être délivrés. Tel est le grand principe qui nous est présenté dans ce passage célèbre : «Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu».





Pour terminer se faisant à son tour prophète, annonçant « qu’une nouvelle gnose envahit le terrain, touchant aussi bien les hédonistes à la Onfray (gnose techniciste) que les puritains à la Charbinières (toujours cette visible délicatesse !) (gnose spiritualiste), et les jetant l’un contre l’autre dans une polémique nullifiée d’avance » [troisième faute par ce barbarisme inapproprié, on peut dire « polémique sans objet », mais non pas « nullifiée » terme inexact et impropre], le fat trouve dans son médiocre plaidoyer rapidement formulé, une justification assez courte ainsi rédigée : « En conséquence, se trouvent affirmées, par la vertu même des vices sus-décrits [quatrième faute conduisant à la nullité de la copie, on est autorisé à employer ici « susnommés », mais « sus-décrits » ne figure pas au dictionnaire], la singularité et l’importance de cette rencontre », montrant l’impressionnante humilité dont semble pourvu le piètre penseur de la «divine pornographie».



Pour contribuer à son instruction, nous l’inviterons en conclusion bien plutôt à se plonger dans la lecture d’un ouvrage qu’il cite sans jamais, de toute évidence, l’avoir ouvert, et dans lequel il trouvera de quoi apaiser les blessures narcissiques auxquelles il s’est exposé en publiant son indigne opuscule sur la « mystique de la chair » qui est une insulte aux vérités les plus élevées de la sainte religion chrétienne : « Vous qui gardez ma loi dans votre coeur : ne craignez point les outrages des hommes; ne vous laissez point vaincre par leurs insultes; ne vous préoccupez pas trop de ce que maintenant ils me méprisent. Le temps les consumera comme un vêtement; … mais ma justice demeure éternellement. » [S. Augustin, De Divinatione daemononum, 1 Livre II, ch. 30.]

Écrit par : Zacharias | jeudi, 20 mars 2008

Lorsque "Retz" affirme...

"Lorsque vous citez à la fin un passage du roman "Une vie divine": "Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, etc." il faut préciser qu'il s'agit d'un passage tout à fait ironique, qui ne représente en rien la pensée de l'auteur, c'est un personnage qui parle pour se moquer de ceux qui ne connaissent qu'une valeur: l'homme! Donc dans le roman ce passage a un sens vraiment opposé à ce que vous voulez lui faire dire. Il faut essayer de lire mieux. Votre avis sur Sollers montre que vous ne connaissez rien de cet auteur."

Le passage entier, cité par "M.G." :

"« Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)"

Et bien en effet, je suis allé consulter dans mon volume et il s'agit de l'homme post-moderne qui parle et qui cherche, par son hihilisme, à aplatir Nietzsche, Heidegger, Céline, Sade, le Pape, et qui met en avant "l'Humanisme", "Wagner", "n'importe quelle religion plutôt que la sienne" et qui ne connaît qu'une seule valeur : l'Homme.

Bref, tout ce que Sollers, dans ce Roman tout du oins, abomine. Il parle, pour ce passage, à la première personne en matière de pesiflage.

Écrit par : Orphée Danse | jeudi, 20 mars 2008

En tous cas on remarquera la conduite toute de courtoisie des Epées... Nimier ne les désavouerait pas.

Écrit par : r | jeudi, 20 mars 2008

Zacharias,

Mes félicitations. En plus de prouver que notre pauvre Hadjadj raisonne comme une timbale, vous lui démontrez qu'il ne sait même pas écrire.
Je crois qu'entre ces deux singes, je préfère encore Sollers qui est doté d'un certain humour et d'une réelle connaissance de la cause publicitaire qui lui donne un relatif recul.
L'autre se prend au sérieux et, ayant à peine revétu la tunique de baptisé, donne des bons points aux meilleurs chrétiens. Lui qui confond son misérable sexe pour un goupillon!
Après Guénon, le pseudo-bouddhisme et maintenant Hadjadj, vous épinglez des drôles de pingouins sur votre tableau de chasse.
Merci à vous de ne pas tomber dans le "correct" de pacotille et faire sortir les loups du bois.

Écrit par : La Fouine | vendredi, 21 mars 2008

Green...

Écrit par : Marie Gabrielle | vendredi, 21 mars 2008

On peut peut-être respecter la chair en ce que manifestement imparfaite elle peut révéler quelque grâce à de pauvres pécheurs?

(je pense au dessus de mes moyens, c'est un exercice d'humilité...)

Écrit par : Tang | vendredi, 21 mars 2008

"En tout cas moi c'est clair, si l'église se met à penser comme Hadjadj je me casse !"

Et où irez-vous Romuald ? Chez les "barbus" ? hu hu hu !

Écrit par : Nebo bien présent... | vendredi, 21 mars 2008

Nebo le bien présent vous n'êtes peut-être pas loin de la vérité!
Ce serait intérressant de connaître les motivations profondes de ces nouveaux convertis. En tout cas j'en connais certains qui ont quittés l'église dégouttés par ses dérives et sa compromission face à une société mercantile et libidinneuse, pour se convertir à un islam radical! J'ai dans mon entourage une jeune femme qui est allée vivre en Arabie Saoudite afin de vivre sa religion en toute quiétude!!Ses parents sont pratiquants et se mordent les doigts!

Dans mon village nous avons 2 jeunes françaises voilées issues de milieux très pratiquants!






Jeudi 17, Nicolas Sarkozy présentait ses voeux aux représentants des communautés religieuses, alors que le débat sur la laïcité se trouve relancé, notamment suite à son discours au Vatican.

L'Islam, deuxième religion monothéiste en France
Avec 5 millions d'adeptes (selon les données du Ministère de l'intérieur), l'Islam est la deuxième religion la plus pratiquée de France. Dans une interview donné au journal La Croix en août 2006, Didier Leschi, chef du bureau central des cultes au ministère de l'intérieur, dénombrait " une dizaine de conversions à la religion islamique par jour ", soit environ 3 600 conversions par an.


Des jeunes musulmans aussi religieux que leur aînés
Parmi les règles fondamentales de l'Islam, l'interdiction de la consommation d'alcool est très largement respectée : 66% des musulmans indiquent ne jamais boire, même pour fêter un événement. Selon l'étude menée par l'Ifop pour La Croix, le pourcentage est même légèrement plus élevé chez les jeunes (68%), malgré les tentations de la société moderne.

La pratique du jeune du Ramadan, malgré les contraintes qu'elle représente, est en hausse sur les dix dernières années, notamment parmi les pratiquants les plus jeunes : ils sont 70% à jeûner durant toute la période en 2007, contre seulement 59% en 1989.

Si le nombre de musulmans se disant "croyants" a tendance à diminuer entre 2007 (71%) et 2001 (78%), il reste toutefois stable par rapport à 1989 (75%). Les "pratiquants" sont en revanche de plus en plus nombreux : 39% des musulmans interrogés prient régulièrement, et ils sont 23% à se rendre tous les vendredis dans une mosquée pour y suivre le prêche. Là encore, on note un fort rajeunissement de cette population assidue : en à peine 20 ans, la proportion de jeunes de moins de 25 ans se rendant à la mosquée 7% en 1989 à 20% en 2007.

Écrit par : Maurice toujours présent | samedi, 22 mars 2008

Oui... et bien on peut voir que chez les muslims c'est autant le bordel que chez les Chrétiens... à cette différence qu'eux ont une attaque prosélyte puissante...

Je n'ai pas le temps de chercher sur le net, mais j'ai le souvenir d'avoir lu, il y a quelques mois les chiffres suivants... en France, chaque année, grosso modo, 50 000 français européens de convertissent à l'Islam et deviennent très très prosélytes en la matière, même plus que les arabes d'origine... en sens inverse, 10 à 15 000 musulmans se convertissent au christianisme (plutôt évangélique que catholique d'ailleurs) avec cette différence importante : ils le font dans le secret et ne le disent pas à leur communauté d'origine, se contentant de vivre leur nouvelle foi uniquement en compagnie de leur nouvelle famille religieuse et en secret avec leur conscience de peur d'avoir à faire à des représailles...

Les conversions au Christianisme explosent en Kabylie aussi... là encore dans le secret... l'Algérie, au sortir de leurs 10 années d'égorgements ont vu beaucoup plus d'algériens qu'on ne le pense quitter les mosquées, dégoûtés par les religieux haineux et primaires... le phénomène est tel que le gouvernement algérien a été dan l'obligation de faire voter une loi (j'en ignore la nature) afin de freiner le processus... Personne n'en parle.

En Iran aussi, beaucoup de musulmans quittent l'Islam... vivre sous le règne des Mollah ça donne des idées, voyez-vous...

Les chiffres en Algérie comme en Iran sont inconnus, car les choses se déroulent dans le plus grand secret... surtout en Iran où les apostats risquent la peine de mort, pas moins. Là encore, ce sont les évangélistes qui sont derrière ça... avec les USA qui pilotent l'affaire.

Mine de rien... c'est la Guerre.


Je souhaite du fond du coeur à mes frères Catholiques de lumineuses Pâques... Pour nous, Orthodoxes, c'est le 27 Avril...

Écrit par : Nebo | samedi, 22 mars 2008

Oui, Nebo (Hi !), je ne sais pas bien si pour autant l'équilibre se fait - entre ceux qui seraient rentrés, et ceux qui seraient "sortis" (autrement vierges ?)...

En tout cas, voici que s'illustre le danger à changer sa racine religieuse. Je l'ai lu jeune (tentée toujours par l'orthodoxie), mais ne sais plus chez quel auteur.

Et je pose : est-ce encore une question de personne ? un choix peut-il s'avérer "juste" pour l'un, et pas pour l'autre ?

Au contraire : faudrait-il pas considérer une démarche d'ensemble, et tabler donc sur les facteurs plus ou moins psychologiques à la base de tels choix, faisant de telle valeur qu'elle venait s'ajouter ou pas ?

En d'autres termes : vers quelle réalité ? personnelle ? communautaire ? et sur quelles bases ou d'après quelle expérience vécue ?

(Je crois que cette approche voudrait montrer l'utilité de notre débat...)

Écrit par : Marie Gabrielle | samedi, 22 mars 2008

Le seul choix qui tienne la route, à mon humble avis, et quelles que soient les entournures culturelles, en l'état actuel des choses, c'est un choix d'ordre "CIVILISATIONNEL"... et de ce point de vue, je me sens proche des Catholiques et des Protestants... mais pas de l'Islam... voilà. Mais je conçois aisément qu'il y a des individus musulmans tout à fait fréquentables, cependant, Ben Laden leur a bien fait comprendre en leur affirmant : "Vous vous êtes 'christianisés' et n'êtes de ce fait que des hérétiques."

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Écrit par : Nebo | samedi, 22 mars 2008

Et pourtant, et pourtant... lorsqu'une personne religieuse de ma famille me dit un jour le danger du virtuel (lequel !?) et ajouté qu'il fallait surtout ne pas laisser la France se "déchristianiser", je vous avoue que je n'ai pas bien vu comment.

Car tout ressemble à du sang cuit - je veux dire des lambeaux... Alors comment - à quel moment surtout - briser ce qui devrait peut-être l'être pour sauver l'essentiel ? Et puis, quand donc battraient leur plein nos vases communiquants, hein ?!! Je veux dire...

Écrit par : Marie Gabrielle | samedi, 22 mars 2008

Je n'ai pas la solution, Marie-Gabrielle... sinon...

En tout cas il ne faut pas laisser faire, bien entendu... ne pas baiser les bras... ne pas baisser la tête.

Écrit par : Nebo | dimanche, 23 mars 2008

Faire selon son point de vue... je crois que c'est là l'essentiel. Surtout quand il est partagé...

Écrit par : Marie Gabrielle | dimanche, 23 mars 2008

"Deux manières de vieillir : l'esprit qui l'emporte sur la chair, ou la chair qui l'emporte sur l'esprit."

(Paul Claudel, Journal, Tome 1 : 1904 - 1932)

Écrit par : Forest | lundi, 24 mars 2008

Excellente citation Forest !


En voilà quelques autres, non moins significatives d'un grand chrétien, sans doute "non-catholique" s'il faut en croire les scandaleuses positions du pitoyable Hadjadj qui, non content de se ridiculiser dans un ouvrage démentiel sur le plan théologique, en vente, comme il se doit, dans la librairie Gay et Lesbienne du Marais "Les Mots à la Bouche", se couvre à présent de honte par le navrant message qu'il envoya aux Epées suite au débat qui s'est légitimement développé chez IdC en écho à la publication de son dernier bouquin et à l'annonce de son dialogue avec celui qui se définit comme un "athée sexuel".

Tout est dit dans ces lignes sèches, singulièrement injustes et désobligeantes à l'égard de notre hôtesse, éclairant bien mieux le visage réel de ce faux dévot, qui cache en fait, derrière le masque avantageux d'un discours qui se veut en toutes circonstances d'une onctueuse piété médiatique, une arrogance vaniteuse et un évident narcissisme exacerbé que traduisent ces lignes emplies d'une visible complaisance à l'égard de lui-même signalant la haute idée qu'il se fait de sa petite personne : "Sollers et moi, écrit ce cuistre satisfait, avons bien raison de rappeler l’ineffable dignité de la chair depuis l’Incarnation".

Remettons-lui donc en mémoire, tant son contenu est actuel, l'analyse de François Mauriac qui s'applique remarquablement à cette prétendue "dignité de la chair depuis l'Incarnation" qu'il proclame de partout avec un empressement frénétique, et dont on verra qu'elle s'applique, avec une grande actualité, aux dingueries dont il fait profession en extatique admirateur des zones génitales, lignes extraites d'un livre qui s'ouvre par cette pertinente citation de Bossuet : "Souillés dès notre naissance et conçus dans l'iniquité (...) conçus parmi les ardeurs d'une concupiscence brutale, dans la révolte des sens et dans l'extinction de la raison, nous devons combattre jusqu'à la mort le mal que nous avons contracté en naissant." (Bossuet, lettre à Mme Cornuau)



******



"Il est remarquable que des écrivains se plaisent à introduire la religion dans les débats où la chair domine (...) La raison moderne déréglée est dressée à admettre l'identité des contraires... Cette imposture est devenue si flagrante aujourd'hui dans la littérature, qu'aucun chrétien sincère ne peut plus se boucher les yeux : il sera chassé de ses derniers retranchements jusqu'à ce qu'il se soumette ou qu'il Apostasie...

Il y a, chez le concupiscent que Dieu harcelle, la honteuse crainte de renoncer à la proie pour l'ombre. Cette misère dont il se délecte demeure une certitude, à quoi on n'oppose qu'une promesse et qu'une menace.
C'est pourquoi le concupiscent réclame un signe, - un signe matériel. 'Si je ne mets la main dans la plaie de son côté...'
[...]
La concupiscence : chienne qui a caché les os et qui les déterre. Les délices goûtés une seule fois, l'imagination les renouvelle indéfiniment. Un seul péché représente toujours des miliers de péchés : nous ne nous interrompons jamais d'en reproduire l'image primitive.
Coimment guérir la concupiscence ? Elle n'est jamais limitée à quelques actes : c'est un cancer généralisé ; l'infection est partout. Et c'est pourquoi il n'existe pas de plus grand miracle que la conversion.
Ceklle du père de Foucault : je cherche dans sa vie la seconde où l'officier colonial un peu obèse, débauché, mal noté pour ses désordres, commence à devenir cet être vêtu de blanc, désincarné, et que l'amour consume lorsqu'il consacr une hostie dans le désert.

Pascal s'écrie : 'Ceux qui croient que le bien de l'homme est en la chair, et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'ils s'en soûlent et qu'il y meurent...'

[...]

Le christianisme ne fait pas sa part à la chair : il la supprime.



(François Mauriac, Souffrance et bonheur du chrétien, )

Écrit par : Zak | lundi, 24 mars 2008

Forest >

""Deux manières de vieillir : l'esprit qui l'emporte sur la chair, ou la chair qui l'emporte sur l'esprit."

(Paul Claudel, Journal, Tome 1 : 1904 - 1932)

Et... l'état de l'esprit ? l'état d'esprit ?

Écrit par : Marie Gabrielle | lundi, 24 mars 2008

Zak >

"Le christianisme ne fait pas sa part à la chair : il la supprime. "

J'adore - j'adore la phrase en soi, sa rectitude belle...
Et j'aime aussi, qu'à travers elle, se soit vu respecter l'étape en soi, et bien sûr pas par le travers d'une BD de Saint où tout serait encore déjà couru d'avance.

Bon lundi de Pâques.

Écrit par : Marie Gabrielle | lundi, 24 mars 2008

Effectivment mon cher Zak, Bossuet, éclaire dans son « Traité de la concupiscence », avec un grande assurance théologique, le pouvoir mauvais des passions de la chair sur nous, suivant en cela saint Augustin qui écrivit dans l’un de ses Sermons : « Pour toi donc, chrétien, prie de toutes tes forces, écrie-toi : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera du corps de cette mort? » On te répondra : Ton salut viendra, non de toi, mais de ton Seigneur, du gage divin que tu as reçu. Espère que tu posséderas avec le Christ le règne même du Christ; n'as-tu pas son sang pour gage? Dis donc, dis toujours : « Qui me délivrera de ce corps de mort? » afin qu'on te réponde : « La grâce de Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur »

Voici donc un extrait démonstratif du Traité de Bossuet :

«Cet empêchement qui a été créé pour tous les hommes après le péché, et le joug pesant qui a été mis sur tous les enfants d’Adam depuis le jour qu’ils sont sortis du sein de leur mère jusqu’à celui où ils rentrent par la sépulture dans la mère commune qu’est la terre (Eccli., XL, 1). Ainsi l’amour des plaisirs des sens qui nous attache au corps qui, par sa mortalité, est devenu le joug le plus accablant que l’âme puisse porter et la cause la plus manifeste de sa servitude et de ses faiblesses […] N’aimez pas le monde ni tout ce qui est dans le monde, parce que ce qu’il y a dans le monde est concupiscence de la chair […] Que de peine n’a pas la faiblesse humaine à se tenir dans les bornes de la liaison conjugale exprimées dans le contrat même du mariage […] Celui qui regarde une femme pour la convoiter s’est déjà souillé avec elle dans son cœur ». D’où ses conseils à la jeunesse : « ces jeux, enfants innocents, viennent d’un fond qui ne l’est pas. Les filles n’apprennent que trop tôt qu’il faut avoir des galants ; les garçons ne sont que trop prêts à en faire le personnage. Le vice naît sans qu’on y pense, et on ne sait quand il commence à germer. Enfin, je reviens à vous, jeunes gens. Il est vrai, vous êtes encore dans la force, fortes : mais votre force n’est que faiblesse, si elle ne se fait paraître que par l’ardeur et la violence de vos passions »…

(Bossuet, Traité de la concupiscence)

Écrit par : Eremo | lundi, 24 mars 2008

Ce que ce triste débat révèle Eremo, n'arrivant peut-être pas pour rien en pleine période pascale pendant laquelle on entend pas mal de vertigineuses inepties au sujet du sens de l'Incarnation, et que nous savions déjà, c'est que la dérive théologique est à présent une maladie redoutable de l'Eglise moderne, complètement désorientée en matière de foi et donc ouverte aux pires folies doctrinales qui conduisent aux ignobles positions dont nos deux singuliers coquins sensualistes, Sollers et Hadjadj (suivis par des dizaines d'autres également courtisés des médias), sont les emblématiques représentants.

Ceci me remet en mémoire cette lucide et si exacte remarque de Bloy :

"Les catholiques [ou ceux qui se prétendent tels] déshonorent leur Dieu, comme jamais les juifs et les plus fanatiques antichrétiens ne furent capables de le déshonorer."

Léon Bloy, Le Désespéré (1887).

Écrit par : Zak | lundi, 24 mars 2008

Les jeunes gens d'aujourd'hui commence à regarder la sexuallité d'une manière bien différente que celle de leurs ainés; les cours d'éducation sexuelle à l'école, (bien souvent assez choquant au demeurant) , la pression médiatique pour le préservatif, le sida, le divorce... font que de plus en plus de jeunes reviennent vers la chasteté! Il comprennent que la révolution sexuelle a ses limites et ils en reviennent! Finalement je trouve que M. Hadjadj est vraiment ringard! Une sorte de vieux libidineux soixante huitard attardé. Il ne me choque même pas, il est pathétique voilà tout! " La profondeur des sexes", avec un titre pareil, pas de doute, ces fins de mois sont assurées.

Écrit par : Georges | lundi, 24 mars 2008

Georges > permettez pour quelques instants que je réinvente la donne...

"Ils comprennent que la révolution sexuelle a ses limites" : je penserais au contraire qu'elle ne fera que commencer... dès maintenant, et pour les siècles. Nous laissant ici tout le temps de la concevoir.

"et ils en reviennent !" : des limites ?

Écrit par : Marie Gabrielle | lundi, 24 mars 2008

"Le lien de la maternité n'aurait servi de rien à Marie, si elle n'avait porté le Christ plus bienheureusement dans son coeur que dans sa chair."


Saint Augustin, Sur la sainte virginité, III

Écrit par : La sainte virginité | lundi, 24 mars 2008

Léon Bloy ? celui-là même qui fréquentait Anne-Marie Roulé ? Décidément, les voies de la Chair sont, paradoxalement, impénétrables...

Écrit par : Nebo | mardi, 25 mars 2008

La sainte virginité > ...comment Marie en chair se saurait-elle faire jour ? comment saurait-elle se faire jour ?

Écrit par : Marie Gabrielle | mardi, 25 mars 2008

comme ça peut-être :

http://ilikeyourstyle.net/index.php/2008/03/24/paques/

Écrit par : ray | mardi, 25 mars 2008

Hum, je suis étonné qu' ILYS, le bordel de la réacosphère n'est pas encore mis dans sa catégorie GANG l'infâme Docteur Leleu !
Imaginez! "La profondeur des sexes" ça cartonnerai!

Écrit par : Romuald | mardi, 25 mars 2008

Très cher Nebo, exquis correspondant
La vie de Bloy avec Anne Marie Roulée (ex prostituée, certes, qui détestait cette vie qu’elle pratiqua peu, une femme très simple lâchée par un salaud sur le pavé de Paris), fut une vie toute entière vouée à Dieu. Et si... Voyez vous, outre Le désespéré, très fidèle sur le fond à l'aventure, nous avons sur cette prodigieuse histoire toute les lettres de Bloy (voire l'enquête minutieuse de Bollery dans son Léon Bloy , t.1). S'il y eut au tout début concubinage charnel, il fut rapidement abandonné. Anne Marie (la Véronique du Désespéré) deviendra pour Bloy messagère du Saint esprit, presque une sainte et en tous les cas un être sacré. Les 3/4de leur vie commune s'est déroulé tout en esprit, absolument hors de la chair. Comprenez moi, il ne s'agit nullement de "blanchir Bloy". Il fut ,à une certaine époque, lui même le dit : "un luxurieux" (d'autant que pour lui c'est là tout spécialement le péché de ceux qui sont voués au Saint Esprit). Mais avec Anne Marie, nous sommes très, très loin de cela. Nous sommes en présence d'une expérience mystique d'une telle intensité qu'elle précipitera Anne Marie dans la folie et Bloy dans la littérature : "Je suis entré dans la vie littéraire à 38 ans après une jeunesse effrayante et à la suite d'une catastrophe indicible qui m'avait précipité d'une existence exclusivement contemplative. J'y suis entré comme un élu disgracié entrerait dans un enfer de boue et et de ténèbres, flagellé parle Chérubin d'une nécessité implacable"
(Lettre à Octave Mirbeau, Mon Journal, 13 juin 1897)

Bien à vous en toute amitié. Restif

Écrit par : Restif | mercredi, 26 mars 2008

"Il y a donc une fidélité fausse qui est pire que d'être infidèle : celle du cocon que rien ne crève, où la larve se réjouit de n'avoir aucune aile qu'elle risque de brûler".

Petite devinette : de QUI est cette phrase -un brin provocante- que j'ai la faiblesse de ne pas détester ?

Écrit par : MDT | jeudi, 27 mars 2008

Sollers est visiblement mal à l'aise lorsqu'il s'agit de vraiment se confronter avec la "pensée" questionnante de manière autre que littéraire et fantaisiste ainsi qu'il ressort du débat ici mis en lien.

Onfray, nous le savons, est certes un hédoniste déplaisant profondément détestable à de nombreux égards, mais il a pour lui de connaître un minimum l'histoire, le contexte, et les sujets qu'il évoque.

Au contraire, et se vérifie finalement ici l'idée principale qui motiva la note furibarde de Zacharias, à savoir que d'aborder de manière superficielle et en esthète des sujets fondamentaux, dont celui du christianisme qui est l'un des plus sérieux qui soient, on se ridiculise soi-même et surtout, ce qui est plus grave, on court le risque de rendre ridicule ce dont on se propose de parler.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/sollers/video/x3ghkt_onfray-assassine-sollers_fun

Écrit par : Radek | jeudi, 27 mars 2008

Hé hé !

http://sollers.jubiblog.fr/index.php?date=200510

Écrit par : Ho Ho | lundi, 06 octobre 2008

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