lundi, 07 janvier 2008

Jacques Brosse, la fin d’une quête

 

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Ami de Camus et de Lévi-Strauss, le philosophe et historien des religions est mort jeudi à 86 ans.
 

Robert Maggiori
 
 

 

    La vie et l’œuvre de Jacques Brosse ressemblent à un essaim d’expériences diversifiées, qui sont autant de façons d’aller à la «quête de soi». De cette quête, il a fait sa bannière, peut-être sa croix, se trouvant obligé de déborder le cadre de la raison pour atteindre le «moi profond», l’âtman, cette âme dont il pensait, comme Platon,

«qu’elle s’en va vers ce qui lui ressemble, l’immatériel et l’invisible, le divin».

De fait, il n’est guère aisé de dire qui «est» Jacques Brosse. Un historien des religions dont l’œuvre, comme celle de Claude Levi-Strauss, Norbert Elias ou Léopold S. Senghor, a été recompensée par le prestigieux prix Nonino ? Un philosophe, ami de Camus et de Lévi-Strauss, dont le premier livre, l’Ordre des choses, est préfacé par Gaston Bachelard ? Un écrivain, un poète, un éditeur, le voyageur des terres orientales et sud-américaines, l’expérimentateur, sur les conseils d’Henri Michaux, des drogues hallucinogènes ? Un moine zen, disciple du maître japonais Deshimaru ? Un sinologue ? Un botaniste, auteur d’ouvrages traduits dans le monde entier, tels la Magie des plantes ou la Mythologie des arbres ?

Il est sans doute «l’homme qui a emprunté toutes les voies» : celle de l’existentialisme de Kierkegaard au début, de la pensée de Bergson, Jakob Boehme ou Heidegger, celle, plus ésotérique, *de l’«initiation suprême» à l’ordre martiniste*, celle de la psychanalyse, du chamanisme, de la méditation bouddhiste… La vie vagabonde de ce «naturaliste zen» s’est achevée jeudi dernier. Jacques Brosse avait 86 ans. Il voulait connaître la plus haute des sagesses, la sérénité - voire cet Eveil que Bouddha lui-même connut sous l’arbre de Bodhgaya.

 

 



Jacques Brosse a publié notamment

Le Retour aux origines (chez Plon, collection Terre humaine, en 2002)

L’Univers du zen : histoire, spiritualité et civilisation. 

Pourquoi naissons-nous et autres questions impertinentes (chez Albin Michel) peut être considéré comme son testament intellectuel.

 

 

 

Source 

 

 

 

19:11 Écrit par . dans In Memoriam | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jacques Brosse, littérature, Spiritualité | | |  Facebook

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Commentaires

Bonjour,
Belle oraison funèbre pour Jacques Brosse, que je croyais éternel, tant il savait de choses, sur tout, et dans tout...
Mais trop intelligent monsieur Jacques Brosse, trop intellectuel, trop scientifique, il a toujours primé le savoir sur le croire, et de ce fait n'a jamais pu atteindre la moindre parcelle de sérénité... La sérénité, le nirvana, l'extase même, ce n'est pas pour les grosses têtes, c'est pour les coeurs purs, les simples, les pauvres d'esprit qui sont en osmose avec la création...
J'ai lu, relu, compulsé, annoté, son essai " Retour à l'origine " ( et pas " Le Retour aux origines " ) et , à la limite, c'est une lecture poignante, la confession d'un chercheur spirituel qui n'a jamais rien trouvé, malgré ses nombreuses quêtes dans toutes les confessions, en particulier, orientales...
J'aimais le personnage, totalement sincère et possédant une érudition multiforme colossale, tout ce qu'il a écrit et publié est intéressant, mais il aurait voulu être en même temps Bouddha, Goethe, Littré, et François d'Assise... L'orgueil ne mène jamais à la sérénité...

Écrit par : maudub | mercredi, 26 mars 2008

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