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mardi, 19 septembre 2006

Anniversaire des apparitions de LA SALETTE Le 19 septembre 1846

Voici le texte complet

(rare et caché au maximum par l'Eglise, et pour cause ! )

du Secret de la Salette

confié à Mélanie lors de l'apparition ;

 on comprend mieux pourquoi les autorités ecclésiastiques et civiles

     voulurent faire taire la petite bergère du Dauphiné.  

 

 

 

 

 

 

 
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Le secret de La Salette 

écrit et daté par Mélanie à Castellamare,
le 21 novembre 1878
Nihil obstat et Imprimatur Datum Lycii ex Curia Episcopi,
die 15 nov. 1879.
Carmelus Archus Cosma. Vicarius Generalis.


 
 
 
La Vierge Marie :

Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas toujours secret ; vous
pourrez le publier en 1858.
Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par leurs
irrévérences et leur impiété à célébrer les Saints Mystères, par l'amour de
l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des
cloaques d'impureté.

Oui, les prêtes demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leurs
têtes. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu, lesquelles, par
leurs infidélités et leur mauvaise vie, crucifient de nouveau mon Fils !
Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent
vengeance, et voilà que la vengeance est à leurs portes, car il ne se trouve plus
personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il n'y a plus
d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne d'offrir la Victime sans tache à
l'Éternel en faveur du monde.

Dieu va frapper d'une manière sans exemple.
Malheur aux habitants de la terre ! Dieu va épuiser sa colère, et personne ne
pourra se soustraire à tant de maux réunis.
Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la
pénitence, et le démon a obscurci leurs intelligences ; ils sont devenus ces
étoiles errantes que le vieux diable traînera avec sa queue pour les faire périr.
- Dieu permettra au vieux serpent de mettre des divisions parmi les régnants,
dans toutes les sociétés et dans toutes les famille ; on souffrira des peines
physiques et morales : Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et enverra
des châtiments qui se succéderont pendant plus de trente-cinq ans.
- La société est à la veille des fléaux les plus terribles et des plus grands
événements ; on doit s'attendre à être gouverné par une verge de fer et à boire
le calice de la colère divine.
-
- Que le Vicaire de mon Fils, le Souverain Pontife Pie IX, ne sorte plus de Rome
après l'année 1859 ; mais qu'il soit ferme et généreux, qu'il combatte avec les
armes de la foi et de l'amour ; je serai avec lui.
- Qu'il se méfie de Napoléon, son cœur est double, et quand il voudra être à la
fois pape et empereur, bientôt Dieu se retirera de lui ; il est cet aigle qui,
voulant toujours s'élever, tombera sur l'épée dont il voulait se servir pour obliger
les peuples à se faire élever.
- L'Italie sera punie de son ambition en voulant secouer le joug du Seigneur ;
aussi, elle sera livrée à la guerre ; le sang coulera de tous les côtés ; les églises
seront fermées ou profanées.
- Les prêtres, les religieux seront chassés ; on les fera mourir, et mourir d'une
mort cruelle. Plusieurs abandonneront la foi, et le nombre des prêtres et des
religieux qui se sépareront de la vraie religion sera grand ; parmi ces personnes,
il se trouvera même des évêques.
- Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de miracles, car le temps
est venu que les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la terre et dans les airs.
- En l'année 1864, Lucifer avec un grand nombre de démons seront détachés de
l'Enfer ; ils aboliront la foi peu à peu et même dans les personnes consacrées à
Dieu ; ils les aveugleront d'une telle manière, qu'à moins d'une grâce
particulière, ces personnes prendront l'esprit de ces mauvais anges ; plusieurs
maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront beaucoup d'âmes.
- Les mauvais livres abonderont sur la terre et les esprits de ténèbres répandront
partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de Dieu ; ils
auront un très grand pouvoir sur la nature ; il y aura des églises pour servir ces
esprits. Des personnes seront transportées d'un lieu à un autre par ces esprits
mauvais, et même des prêtres, parce qu'ils ne seront pas conduits par le bon
esprit de l'Évangile, qui est un esprit d'humilité de charité et de zèle pour la
gloire de Dieu.
-
On fera ressusciter des morts et des justes (c'est à dire que ces morts prendront
la figure des âmes justes qui avaient vécu sur la terre, afin de mieux séduire les
hommes ; ces soi-disant morts ressuscités, qui ne seront autre chose que le
démon sous ces figures, prêcheront un autre Évangile, contraire à celui du vrai
Jésus-Christ, niant l'existence du Ciel, soit encore les âmes des damnés. Toutes
ces âmes paraîtront comme unies à leurs corps).

- Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires, parce que la vraie foi s'est
éteinte et que la fausse lumière éclaire le monde.
Malheur aux Princes de l'Église, qui ne seront occupé qu'à entasser richesses sur
richesses, qu'à sauvegarder leur autorité et à dominer avec orgueil !
- Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à souffrir, parce que, pour un temps
l'Église sera livrée à de grandes persécutions ; ce sera le temps des ténèbres ;
l'Église aura une crise affreuse.
-
- La Sainte Foi de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par
lui-même et être supérieur à ses semblables.
On abolira les pouvoirs civils et ecclésiastiques, tout ordre et toute justice seront
foulés aux pieds ; on ne verra qu'homicides, haine, jalousie, mensonge et
discorde, sans amour pour la patrie ni pour la famille.
Le Saint-Père souffrira beaucoup. Je serai avec lui jusqu'à la fin pour recevoir
son sacrifice.

- Les méchants attenteront plusieurs fois à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours ;
mais ni lui, ni son successeur...ne verront le triomphe de l'Église de Dieu.
- Les gouvernants civils auront tous le même dessein qui sera d'abolir et de faire
disparaître tout principe religieux, pour faire place au matérialisme, à l'athéisme,
au spiritisme et à toutes sortes de vices.
Dans l'année 1865, on verra l'abomination dans les lieux saints ; dans les
couvents, les fleurs de l'Église seront putréfiées et le démon se rendra comme le
roi des cœurs.

Que ceux qui sont à la tête des communautés religieuses se tiennent en garde
pour les personnes qu'ils doivent recevoir, parce que le démon usera de toute sa
malice pour introduire dans les ordres religieux des personnes adonnées au
pêché, car les désordres et l'amour des plaisirs charnels seront répandus par
toute la terre.

 
 
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EVENEMENTS PROCHAINS :
 
 
La France, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre seront en guerre ; le sans coulera
dans les rues ; le Française battra avec le Français, l'Italien avec l'Italien ;
ensuite, il y aura une guerre (civile) générale qui sera épouvantable.
Pour un temps, Dieu ne se souviendra plus de la France, ni de l'Italie, parce
que l'Evangile de Jésus-Christ n'est plus connu.
Les méchants déploieront toute leur malice ; on se tuera, on se massacrera
mutuellement jusque dans les maisons.
Au premier coup de son épée foudroyante, les montagnes et la nature
entière trembleront d'épouvante, parce que les désordres et les crimes des
hommes percent la voûte des cieux.
Paris sera brûlé et Marseille englouti ; plusieurs grandes villes seront
ébranlées et englouties par des tremblements de terre ; on croira que tout
est perdu ; on ne verra qu'homicide, on n'entendra que bruits d'armes et
que blasphèmes.
Les justes souffriront beaucoup ; leurs prières, leur pénitence et leur larmes
monteront jusqu'au Ciel, et tout le peuple de Dieu demandera pardon et
miséricorde, et demandera mon aide et mon intercession.
Alors, Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande miséricorde
pour les justes, commandera à ses anges que tous ses ennemis soient mis à
mort.
Tout à coup, les persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ et tous les hommes
adonnés au pêché périront, et la terre deviendra comme un désert.
Alors se fera la paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ
sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira partout.
Les nouveaux rois seront le bras droit de la Sainte Eglise qui sera forte,
humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de Jésus-Christ.
L'Evangile sera prêché partout, et les hommes feront de grands progrès
dans la foi, parce qu'il y aura unité parmi les ouvrier de Jésus-Christ et que
les hommes vivront dans la crainte de Dieu.
Cette paix parmi les hommes ne sera pas longue ; vingt-cinq ans
d'abondantes récoltes leur feront oublier que les péchés des hommes sont
cause de toutes les peines qui arrivent sur la terre.
 
 
EVENEMENTS LOINTAINS :
 

Un avant-coureur de l'antéchrist, avec ses troupes de plusieurs nations
combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur du monde ; il répandra
beaucoup de sang et voudra anéantir le culte de Dieu pour se faire regarder
comme un dieu.
La terre sera frappée de toutes sortes de plaies (outre la peste et la famine,
qui seront générales) ; il y aura des guerres jusqu'à la dernière guerre qui
sera alors faite par les dix rois de l'antéchrist, lesquels rois auront tous un
même dessein et seront les seuls qui gouverneront le monde.
Avant que ceci arrive, il y aura une espèce de fausse paix dans le monde ;
on ne pensera qu'à se divertir ; les méchants se livreront à toutes sortes de
pêchés ; mais les enfants de la Sainte Eglise, les enfants de la foi, mes vrais
imitateurs croîtrons dans l'amour de Dieu et dans les vertus qui me sont les
plus chères.
Heureuses les âmes humbles, conduites par l'Esprit-Saint ! Je combattrai
avec elles jusqu'à ce qu'elles arrivent à la plénitude de l'âge.
La nature demande vengeance pour les hommes, et elle frémit d'épouvante
dans l'attente de ce qui doit arriver à la terre souillée de crimes.
Tremblez, terre, et vous qui faites profession de servir Jésus-Christ et qui,
au-dedans, vous adorez vous-même ; tremblez, car Dieu va vous livrer à son
ennemi, parce que les lieux saints sont dans la corruption ; beaucoup de
couvents ne sont plus les maisons de Dieu, mais les pâturages d'Asmodée et
des siens.
Ce sera pendant ce temps que naîtra l'antéchrist, d'une religieuse hébraïque,
d'une fausse vierge qui aura communication avec le vieux serpent, le maître
de l'impureté ; son père sera évêque. En naissant, il vomira des blasphèmes,
il aura des dents ; en un mot, ce sera le diable incarné ; il poussera des cris
effraynts, il fera des prodiges, il ne se nourrira que d'impuretés.
Il aura des frères qui, quoiqu'ils ne soient pas comme lui des démons
incarnés, seront des enfants de mal ; à douze ans, ils se feront remarquer
par leurs vaillantes victoires qu'ils remporteront ; bientôt, ils seront chacun à
la tête des armées, assistés par des légions de l'enfer.
Les saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les
astres perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera qu'une
faible lumière rougeâtre ; l'eau et le feu donneront au globe de la terre des
mouvements convulsifs et d'horribles tremblements de terre qui feront
engloutir des montagnes, des villes, etc...
Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'antéchrist.
Les démons de l'air avec l'antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et
dans les airs et les hommes se pervertiront de plus en plus.
Dieu aura soin de ses fidèles serviteurs et des hommes de bonne volonté ;
l'Evangile sera prêché partout ; tous les peuples et toutes les nations auront
connaissance de la vérité !
J'adresse un pressant appel à la terre ; j'appelle les vrais disciples du Dieu
vivant et régnant dans les cieux ; j'appelle les vrais imitateurs du Christ fait
homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j'appelle mes enfants, mes
vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon
divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu
de mon esprit.
Enfin, j'appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de
Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d'eux-mêmes, dans
la pauvreté et dans l'humilité, dans le mépris et le silence, dans l'oraison et
dans la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec Dieu, dans la
souffrance et inconnus du monde.
Il est temps qu'ils sortent et vienne éclairer la terre. Allez et montrez-vous
comme mes enfants chéris ; je suis avec vous en vous pourvu que votre foi
soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs.
Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l'hommeur
de Jésus-Christ.
Combattez, enfants de lumière, vous petit nombre qui y voyez ; car voici le
temps des temps, la fin des fins.
L'Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. Mais voilà Enoch
et Elie remplis de l'Esprit de Dieu ; ils prêcheront avec la force de Dieu et les
hommes de bonne volonté croiront en Dieu, et beaucoup d'âmes seront
consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du Saint-Esprit et
condamneront les erreurs diaboliques de l'antéchrist.
Malheur aux habitants de la terre ! il y aura des guerres sanglantes et des
famines, des pestes et des maladies contagieuses ; il y aura des pluies d'une
grêle effroyable ; des tonnerres qui ébranleront des villes ; des
tremblements de terre qui engloutiront des pays ; on entendra des voix dans
les aires ; les hommes se battront la tête contre les murailles ; ils appelleront
la mort et, d'un autre côté, la mort sera leur supplice ; le sang coulera de
tous côtés.
Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de l'épreuve ?
Par le sang, les larmes et les prières des justes, Dieu se laissera fléchir ;
Enoch et Elie seront mis à mort ; Rome païenne disparaîtra ; le feu du Ciel
tombera et consumera trois villes ; tout l'univers sera frappé de terreur, et
beaucoup se laisseront séduire parce qu'ils n'ont pas adoré le vrai Christ
vivant parmi eux.
Il est temps ; le soleil s'obscurcit ; la foi seule vivra.
Voici le temps ; l'abîme s'ouvre.
Voici le roi des rois des ténèbres.
Voici la bête avec ses sujets, se disant le sauveur du monde.
Il s'élèvera avec orgueil dans les airs pour aller jusqu'au Ciel ; il sera étouffé
par le souffle de Saint Michel Archange. Il tombera, et la terre qui, depuis
trois jours, sera en de continuelles évolutions, ouvrira son sein plein de feu ;
il sera plongé pour jamais avec tous les siens dans les gouffres éternels de
l'enfer.
Alors, l'eau et le feu purifieront la terre et consumeront toutes les œuvres
de l'orgueil de l'homme, et tout sera renouvelé : Dieu sera servi et glorifié.

08:40 Publié dans Fêtes | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Religion, Spiritualité, Christianisme, Eglise, Politique, Littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Voici en intégralité l'objet du délire, qui provoque les réactions indignées de la part des tolérants barbus :


Discours du pape à l’Université de Ratisbonne

La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme

Texte intégral du discours que le pape Benoît XVI a prononcé à l’Université de Ratisbonne, le mardi 12 septembre, dans le cadre de son voyage en Allemagne (9-14 septembre).

« ‘Au commencement était le logos’ … Logos signifie à la fois raison et parole — une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison », affirme le pape. « C'est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures ».


* * *



Foi, Raison et Université:
souvenirs et réflexions




Eminences, Messieurs les Recteurs, Excellences,
Mesdames, Messieurs!


C'est pour moi un moment de grande émotion de me trouver une nouvelle fois dans cette université et de pouvoir une nouvelle fois prononcer une leçon. Dans le même temps, mes pensées se tournent vers les années où, après une belle période auprès de l'Institut supérieur de Freising, je commençai mon activité d'enseignant académique à l'Université de Bonn. C'était encore - en 1959 - l'époque de l'ancienne Université des professeurs ordinaires. Pour chacune des chaires, il n'existait ni assistants, ni dactylographes, mais en revanche il y avait un contact très direct avec les étudiants et surtout aussi entre les professeurs. L'on se rencontrait avant et après la leçon dans les salles des professeurs. Les contacts avec les historiens, les philosophes, les philologues, et naturellement aussi entre les deux facultés de théologie étaient très étroits. Une fois par semestre, il y avait ce que l'on appelait le dies academicus, où les professeurs de toutes les facultés se présentaient devant les étudiants de toute l'Université, rendant ainsi possible une expérience d'universitas - une chose à laquelle vous aussi, Monsieur le Recteur, vous avez fait allusion il y a peu - c'est-à-dire l'expérience du fait que nous tous, malgré toutes les spécialisations, qui parfois nous rendent incapables de communiquer entre nous, formons un tout et nous travaillons dans le tout de l'unique raison dans ses diverses dimensions, en ayant ainsi ensemble également une responsabilité commune à l'égard du juste usage de la raison - ce phénomène devenait une expérience vécue. Sans aucun doute, l'Université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du "tout" de l'universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l'objet du travail des théologiens. Cette cohésion intérieure dans l'univers de la raison ne fut pas même dérangée lorsqu'un jour, la nouvelle circula que l'un de nos collègues avait affirmé qu'il y avait un fait étrange dans notre Université: deux facultés qui s'occupaient de quelque chose qui n'existait pas - de Dieu. Même face à un scepticisme aussi radical, il demeure nécessaire et raisonnable de s'interroger sur Dieu au moyen de la raison et cela doit être fait dans le contexte de la tradition de la foi chrétienne: il s'agissait là d'une conviction incontestée, dans toute l'Université.

Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l'édition publiée par le professeur Theodore Khoury (Münster) d'une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. L'on présume que l'Empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402; cela explique que ses raisonnements soient rapportés de manière beaucoup plus détaillée que ceux de son interlocuteur persan. Le dialogue porte sur toute l'étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s'arrête notamment sur l'image de Dieu et de l'homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre - comme l'on disait - les trois "Lois" ou trois "ordres de vie": l'Ancien Testament - le Nouveau Testament - le Coran. Je n'entends pas parler à présent de cela dans cette leçon; je voudrais seulement aborder un sujet - assez marginal dans la structure de l'ensemble du dialogue - qui, dans le contexte du thème "foi et raison", m'a fasciné et servira de point de départ à mes réflexions sur ce thème.

Dans le septième entretien (διάλεξις - controverse) édité par le professeur Khoury, l'empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément, l'empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire: "Pas de contraintes en matière de foi". C'est l'une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n'avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais, naturellement, l'empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans s'arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le "Livre" et les "incrédules", l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant: "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait". L'empereur après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. "Dieu n'apprécie pas le sang - dit-il -, ne pas agir selon la raison, "σὺν λόγω", est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper, ni de quelqu'autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort...".

L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est: ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. Le philologue Théodore Khoury commente ainsi: pour l'empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une oeuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazm va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie.

Ici s'ouvre, dans la compréhension de Dieu et donc de la réalisation concrète de la religion, un dilemme qui aujourd'hui nous met au défi de manière très directe. La conviction qu'agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-ce seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi? Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible. En modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset de toute l'Ecriture Sainte, Jean a débuté le prologue de son Evangile par les paroles: "Au commencement était le λόγος". Telle est exactement le mot qu'utilise l'empereur: Dieu agit "σὺν λόγω", avec logos. Logos signifie à la fois raison et parole - une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison. Jean nous a ainsi fait le don de la parole ultime sur le concept biblique de Dieu, la parole dans laquelle toutes les voies souvent difficiles et tortueuses de la foi biblique aboutissent, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu, nous dit l'Evangéliste. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n'était pas un simple hasard. La vision de saint Paul, devant lequel s'étaient fermées les routes de l'Asie et qui, en rêve, vit un Macédonien et entendit son appel: "Passe en Macédoine, viens à notre secours!" (cf. Ac 16, 6-10) - cette vision peut être interprétée comme un "raccourci" de la nécessité intrinsèque d'un rapprochement entre la foi biblique et la manière grecque de s'interroger.

En réalité, ce rapprochement avait déjà commencé depuis très longtemps. Déjà, le nom mystérieux du Dieu du buisson ardent, qui éloigne l'homme de l'ensemble des divinités portant de multiples noms en affirmant uniquement son "Je suis", son être, est, vis-à-vis du mythe, une contestation avec laquelle la tentative de Socrate de vaincre et de dépasser le mythe lui-même entretient une profonde analogie. Le processus qui a commencé auprès du buisson atteint, dans l'Ancien Testament, une nouvelle maturité pendant l'exil, lorsque le Dieu d'Israël, à présent privé de sa terre et du culte, s'annonce comme le Dieu du ciel et de la terre, en se présentant à travers une simple formule qui prolonge la parole du buisson: "Je suis". Cette nouvelle connaissance de Dieu va de pair avec une sorte de philosophie des lumières, qui s'exprime de manière drastique dans la dérision des divinités qui ne seraient que l'oeuvre de la main de l'homme (cf. Ps 115). Ainsi, malgré toute la dureté du désaccord avec les souverains grecs, qui voulaient obtenir par la force l'adaptation au style de vie grec et à leur culte idolâtre, la foi biblique allait intérieurement, pendant l'époque hellénistique, au-devant du meilleur de la pensée grecque, jusqu'à un contact mutuel qui s'est ensuite réalisé en particulier dans la littérature sapientielle tardive. Aujourd'hui, nous savons que la traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie - la "Septante" - est plus qu'une simple (un mot qu'on pourrait presque entendre de façon assez négative) traduction du texte hébreu: c'est en effet un témoignage textuel, qui a une valeur en lui-même, et une étape spécifique importante de l'histoire de la Révélation, à travers laquelle s'est réalisée cette rencontre d'une manière qui a eu une signification décisive pour la naissance du christianisme et sa diffusion. Fondamentalement, il s'agit d'une rencontre entre la foi et la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un avec la foi, Manuel II pouvait dire: Ne pas agir "avec le logos" est contraire à la nature de Dieu.

Par honnêteté, il faut remarquer ici que, à la fin du Moyen Age, se sont développées dans la théologie, des tendances qui rompaient cette synthèse entre esprit grec et esprit chrétien. En opposition avec ce que l'on a appelé l'intellectualisme augustinien et thomiste débuta avec Duns Scot une situation volontariste qui, en fin de compte, dans ses développements successifs, conduisit à l'affirmation que nous ne connaîtrions de Dieu que la voluntas ordinata. Au-delà de celle-ci, il existerait la liberté de Dieu, en vertu de laquelle il aurait pu créer et faire tout aussi bien le contraire de tout ce qu'il a effectivement fait. Ici se profilent des positions qui, sans aucun doute, peuvent s'approcher de celles de Ibn Hazm, et pourraient conduire jusqu'à l'image d'un Dieu-Arbitraire, qui n'est pas même lié par la vérité et par le bien. La transcendance et la diversité de Dieu sont accentuées avec une telle exagération que même notre raison, notre sens du vrai et du bien ne sont plus un véritable miroir de Dieu, dont les possibilités abyssales demeurent pour nous éternellement hors d'atteinte et cachées derrière ses décisions effectives. En opposition à cela, la foi de l'Eglise s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle - comme le dit le IV Concile du Latran en 1215 - les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage. Dieu ne devient pas plus divin du fait que nous le repoussons loin de nous dans un pur et impénétrable volontarisme, mais le Dieu véritablement divin est ce Dieu qui s'est montré comme logos et qui, comme logos, a agi et continue d'agir plein d'amour en notre faveur. Bien sûr, l'amour, comme le dit Paul, "dépasse" la connaissance et c'est pour cette raison qu'il est capable de percevoir davantage que la simple pensée (cf. Ep 3, 19), mais il demeure l'amour du Dieu-Logos, pour lequel le culte chrétien est, comme le dit encore Paul "λογικη" - un culte qui s'accorde avec le Verbe éternel et avec notre raison (cf. Rm 12, 1).

Le rapprochement intérieur mutuel évoqué ici, qui a eu lieu entre la foi biblique et l'interrogation sur le plan philosophique de la pensée grecque, est un fait d'une importance décisive non seulement du point de vue de l'histoire des religions, mais également de celui de l'histoire universelle - un fait qui nous crée des obligations aujourd'hui encore. En tenant compte de cette rencontre, il n'est pas surprenant que le christianisme, malgré son origine et quelques développements importants en Orient, ait en fin de compte trouvé son empreinte décisive d'un point de vue historique en Europe. Nous pouvons l'exprimer également dans l'autre sens: cette rencontre, à laquelle vient également s'ajouter par la suite le patrimoine de Rome, a créé l'Europe et demeure le fondement de ce que l'on peut à juste titre appeler l'Europe.

A la thèse selon laquelle le patrimoine grec, purifié de façon critique, ferait partie intégrante de la foi chrétienne, s'oppose l'exigence de déshellénisation du christianisme - une exigence qui, depuis le début de l'époque moderne, domine de manière croissante la recherche théologique. Vu de plus près, on peut observer trois époques dans le programme de la déshellénisation: même si elles sont reliées entre elles, elles sont toutefois, dans leurs motivations et dans leurs objectifs, clairement distinctes l'une de l'autre.

La déshellénisation apparaît d'abord en liaison avec les postulats de la Réforme au XVI siècle. En considérant la tradition des écoles théologiques, les réformateurs se retrouvent face à une systématisation de la foi conditionnée totalement par la philosophie, c'est-à-dire face à une détermination de la foi venue de l'extérieur en vertu d'une manière de penser qui ne dérive pas de celle-ci. Ainsi, la foi n'apparaissait plus comme une parole historique vivante, mais comme un élément inséré dans la structure d'un système philosophique. Le sola Scriptura recherche en revanche la pure forme primordiale de la foi, telle que celle-ci est présente à l'origine dans le Parole biblique. La métaphysique apparaît comme un présupposé dérivant d'une autre source, dont il faut libérer la foi pour la faire redevenir totalement elle-même. Avec son affirmation d'avoir dû mettre de côté la pensée pour faire place à la foi, Kant a agi en se basant sur ce programme avec un radicalisme que les réformateurs ne pouvaient prévoir. Ainsi a-t-il ancré la foi exclusivement dans la raison pratique, en lui niant l'accès au tout de la réalité.

La théologie libérale du XIX et du XX siècle représenta une deuxième époque dans le programme de la déshellénisation: Adolf von Harnack est un éminent représentant de celle-ci. Pendant mes études, comme au cours des premières années de mon activité académique, ce programme était fortement à l'oeuvre également dans la théologie catholique. L'on prenait comme point de départ la distinction de Pascal entre les Dieu des philosophes et le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Dans la conférence que j'ai prononcée à Bonn, en 1959, j'ai essayé d'affronter cet argument, et je n'entends pas reprendre ici tout ce discours. Je voudrais toutefois tenter de mettre en lumière, ne serait-ce que brièvement, la nouveauté qui caractérisait cette deuxième époque de déshellénisation par rapport à la première. La réflexion centrale qui apparaît chez Harnack est le retour à Jésus simple homme et à son message simple, qui serait précédent à toutes les théologisations et, précisément, à toute hellénisation: ce serait ce message simple qui constituerait le véritable sommet du développement religieux de l'humanité. Jésus aurait abandonné le culte en faveur de la morale. En définitive, il est représenté comme le père d'un message moral humanitaire. L'objectif de Harnack est au fond de mettre le christianisme en harmonie avec la raison moderne, en le libérant, précisément, d'éléments apparemment philosophiques et théologiques comme, par exemple la foi dans la divinité du Christ et dans la Trinité de Dieu. En ce sens, l'exégèse historique et critique du Nouveau Testament, dans la vision qui est la sienne, replace la théologie au sein du système de l'Université: la théologie, selon Harnack, est quelque chose d'essentiellement historique et donc d'étroitement scientifique. Ce sur quoi elle enquête à propos de Jésus à travers la critique est, d'une certaine manière, l'expression de la raison pratique et, par conséquent, peut trouver sa place dans le système de l'Université. En arrière-plan, on trouve l'auto-limitation moderne de la raison, exprimée de manière classique dans les "critiques" de Kant, mais par la suite ultérieurement radicalisée par la pensée des sciences naturelles. Cette conception moderne de la raison se fonde, pour le dire brièvement, sur une synthèse entre platonisme (cartésianisme) et empirisme, que le progrès technique a confirmé. D'une part, on présuppose la structure mathématique de la matière, sa rationalité intrinsèque, pour ainsi dire, qui rend possible sa compréhension et son utilisation dans son efficacité opérative: ce présupposé de fond est en quelque sorte l'élément platonicien dans le concept moderne de la nature. D'autre part, on envisage la "faisabilité" fonctionnelle de la nature selon nos objectifs, où seule la possibilité de contrôler vérité et erreur à travers l'expérience fournit une certitude décisive. Le poids respectif de ces deux pôles peut, selon les circonstances, aller davantage d'un côté ou davantage de l'autre. Un penseur aussi étroitement positiviste que Jacques Monod a déclaré qu'il était un platonicien convaincu.

Cela comporte deux orientations fondamentales décisives en ce qui concerne notre question. Seul le type de certitude dérivant de la synergie des mathématiques et de l'empirique nous permet de parler de science. Ce qui prétend être science doit se confronter avec ce critère. Et ainsi, même les sciences qui concernent les questions humaines, comme l'histoire, la psychologie, la sociologie et la philosophie, cherchaient à se rapprocher de ce canon de la science. Pour nos réflexions est cependant aussi important le fait que la méthode comme telle exclut la question de Dieu, la faisant apparaître comme une question ascientifique ou préscientifique. Mais cela nous place devant une réduction du domaine de la science et de la raison, dont il faut tenir compte.

Je reviendrai encore sur ce thème. Pour le moment, il suffit d'avoir à l'esprit que, dans une tentative faite à la lumière de cette perspective pour conserver à la théologie le caractère de discipline "scientifique", il ne resterait du christianisme qu'un misérable fragment. Mais il nous faut aller plus loin: si la science n'est que cela dans son ensemble, alors c'est l'homme lui-même qui devient victime d'une réduction. Car les interrogations proprement humaines, c'est-à-dire celles qui concernent les questions sur "d'où" et "vers où", les interrogations de la religion et de l'ethos, ne peuvent alors pas trouver de place dans l'espace de la raison commune décrite par la "science" entendue de cette façon, et elles doivent être déplacées dans le domaine du subjectif. Le sujet décide, à partir de ses expériences, ce qui lui apparaît religieusement possible, et la "conscience" subjective devient, en définitive, la seule instance éthique. Cependant, l'ethos et la religion perdent ainsi leur force de créer une communauté et tombent dans le domaine de l'arbitraire personnel. C'est une situation dangereuse pour l'humanité: nous le constatons dans les pathologies menaçantes de la religion et de la raison - des pathologies qui doivent nécessairement éclater, lorsque la raison est réduite à un point tel que les questions de la religion et de l'ethos ne la regardent plus. Ce qui reste des tentatives pour construire une éthique en partant des règles de l'évolution, de la psychologie ou de la sociologie, est simplement insuffisant.

Avant de parvenir aux conclusions auxquelles tend tout ce raisonnement, je dois encore brièvement mentionner la troisième époque de la déshellénisation qui se diffuse actuellement. En considération de la rencontre avec la multiplicité des cultures, on aime dire aujourd'hui que la synthèse avec l'hellénisme, qui s'est accomplie dans l'Eglise antique, aurait été une première inculturation, qui ne devrait pas lier les autres cultures. Celles-ci devraient avoir le droit de revenir en arrière jusqu'au point qui précédait cette inculturation pour découvrir le simple message du Nouveau Testament et l'inculturer ensuite à nouveau dans leurs milieux respectifs. Cette thèse n'est pas complètement erronée; elle est toutefois grossière et imprécise. En effet, le Nouveau Testament a été écrit en langue grecque et contient en lui le contact avec l'esprit grec - un contact qui avait mûri dans le développement précédent de l'Ancien Testament. Il existe certainement des éléments dans le processus de formation de l'Eglise antique qui ne doivent pas être intégrés dans toutes les cultures. Mais les décisions de fond qui concernent précisément le rapport de la foi avec la recherche de la raison humaine, ces décisions de fond font partie de la foi elle-même et en sont les développements, conformes à sa nature.

Avec ceci, j'arrive à la conclusion. Cette tentative, uniquement dans les grandes lignes, de critique de la raison moderne de l'intérieur, n'inclut absolument pas l'idée que l'on doive retourner en arrière, avant le siècle des lumières, en rejetant les convictions de l'époque moderne. Ce qui dans le développement moderne de l'esprit est considéré comme valable est reconnu sans réserves: nous sommes tous reconnaissants pour les possibilités grandioses qu'il a ouvertes à l'homme et pour les progrès dans le domaine humain qui nous ont été donnés. Du reste, l'ethos de l'esprit scientifique est - vous l'avez mentionné, Monsieur le Recteur - la volonté d'obéissance à la vérité, et donc l'expression d'une attitude qui fait partie des décisions essentielles de l'esprit chrétien. L'intention n'est donc pas un recul, une critique négative; il s'agit en revanche d'un élargissement de notre concept de raison et de l'usage de celle-ci. Car malgré toute la joie éprouvée face aux possibilités de l'homme, nous voyons également les menaces qui apparaissent dans celles-ci et nous devons nous demander comment nous pouvons les dominer. Nous y réussissons seulement si la raison et la foi se retrouvent unies d'une manière nouvelle; si nous franchissons la limite autodécrétée par la raison à ce qui est vérifiable par l'expérience, et si nous ouvrons à nouveau à celle-ci toutes ses perspectives. C'est dans ce sens que la théologie, non seulement comme discipline historique, humaine et scientifique, mais comme véritable théologie, c'est-à-dire comme interrogation sur la raison de la foi, doit trouver sa place à l'Université et dans le vaste dialogue des sciences.

Ce n'est qu'ainsi que nous devenons également capables d'un véritable dialogue des cultures et des religions - un dialogue dont nous avons un besoin urgent. Dans le monde occidental domine largement l'opinion que seule la raison positiviste et les formes de philosophie qui en découlent sont universelles. Mais les cultures profondément religieuses du monde voient précisément dans cette exclusion du divin de l'universalité de la raison une attaque à leurs convictions les plus intimes. Une raison qui reste sourde face au divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est incapable de s'insérer dans le dialogue des cultures. Toutefois, la raison moderne propre aux sciences naturelles, avec son élément platonicien intrinsèque, contient en elle, comme j'ai cherché à le démontrer, une interrogation qui la transcende, ainsi que ses possibilités méthodologiques. Celle-ci doit simplement accepter la structure rationnelle de la matière et la correspondance entre notre esprit et les structures rationnelles en oeuvre dans la nature comme un fait donné, sur lequel se fonde son parcours méthodologique. Mais la question sur la raison de ce donné existe et doit être confiée par les sciences naturelles à d'autres niveaux et façons de penser - à la philosophie et à la théologie. Pour la philosophie et, de manière différente, pour la théologie, l'écoute des grandes expériences et des convictions des traditions religieuses de l'humanité, en particulier celle de la foi chrétienne, constitue une source de connaissance; la refuser signifierait une réduction inacceptable de notre capacité d'écoute et de notre capacité à répondre. Il me vient ici à l'esprit une parole de Socrate à Phédon. Dans les entretiens précédents, ils avaient traité de nombreuses opinions philosophiques erronées, et Socrate s'exclamait alors: "Il serait bien compréhensible que quelqu'un, en raison de l'irritation due à tant de choses erronées, se mette à haïr pour le reste de sa vie tout discours sur l'être et le dénigrât. Mais de cette façon, il perdrait la vérité de l'être et subirait un grand dommage". Depuis très longtemps, l'occident est menacé par cette aversion contre les interrogations fondamentales de sa raison, et ainsi il ne peut subir qu'un grand dommage. Le courage de s'ouvrir à l'ampleur de la raison et non le refus de sa grandeur - voilà quel est le programme avec lequel une théologie engagée dans la réflexion sur la foi biblique entre dans le débat du temps présent. "Ne pas agir selon la raison, ne pas agir avec le logos, est contraire à la nature de Dieu" a dit Manuel II, partant de son image chrétienne de Dieu, à son interlocuteur persan. C'est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures. La retrouver nous-mêmes toujours à nouveau, est la grande tâche de l'Université.



© 2006 Libreria Editrice Vaticana

Écrit par : Discours du pape à l’Université de Ratisbonne | jeudi, 21 septembre 2006

La foi et la raison sont antinomiques, rien de moins raisonnable que la passion du Christ contre la raison des grecs pédérastes...

Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?
Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.
Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse :
nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.
Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.
Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ;
et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont,
afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu.
Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption,
afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.

Première épître de Paul aux Corinthiens chapitre1:20/31

A bons entendeurs...

Écrit par : Danielle | lundi, 25 septembre 2006

Il serait bon de se remémorer qui fut, et comment vécut, Mélanie, la voyante de la Sainte Montagne :





MÉLANIE CALVAT
Bergère de La Salette
(1831-1904)



Mélanie Calvat naquit à Corps (Isère), le 7 novembre 1831. Son père, Pierre Calvat, homme respecté des gens du pays, inculqua au coeur de sa fille une grande compassion pour Jésus crucifié; mais le travail manquant dans le village, il devait s'absenter souvent pour trouver ailleurs de quoi subvenir aux besoins de la famille.

Sa mère, Julie Barnaud, frivole et négligente de ses devoirs au foyer, aurait voulu entraîner sa fille encore bébé aux danses et divertissements du village. Mais Dieu avait prédisposé cette enfant à une aversion innée pour toutes les vanités mondaines; les cris et les larmes de Mélanie forçaient sa mère à la ramener à la maison. Sa mère se mit à détester sa fille et la chassa de la maison à plusieurs reprises, la pauvre errante trouva sa consolation en Jésus, caché sous les traits d'un aimable enfant Se nommant son frère; Celui-ci Se fit son compagnon dans la solitude des champs et des forêts, la dirigeant jusqu'aux sommets de la vie mystique.

Dès que l'enfant fut en âge, sa mère l'envoyait en service comme bergère chez divers maîtres des régions avoisinantes. Ce fut ainsi qu'elle se trouva sur la montagne de La Salette, en compagnie de Maximin Giraud, où la Reine du ciel leur apparut en pleurs, le 19 septembre 1846. Elle confia aux deux jeunes bergers un message public; puis à Maximin seul, un secret; ensuite à Mélanie un message qu'elle pourrait publier en 1858, ainsi que la Règle qui devait être pratiquée par les futurs fils et filles de l'Ordre de la Mère de Dieu. En même temps elle contemplait dans une vision prophétique la vie et les oeuvres de ces nouveaux Apôtres.

L'Apparition vint bouleverser le mode de vie de celle qui avait passé ses quatorze premières années dans la retraite, loin du monde. La mission de Mélanie fut des plus pénibles. En transmettant les reproches et les volontés du Ciel, l'héroïque messagère se condamna pour la vie aux constantes et vindicatives persécutions d'un certain clergé, trop imbu de lui-même pour recevoir, par l'intermédiaire de cet humble instrument, les remontrances de la Vierge et répondre à Ses désirs. Calomniée, méprisée, méconnue, Mélanie, sans fléchir, travailla néanmoins jusqu'à la fin de sa vie à la formation de l'Ordre des Apôtres. Plusieurs tentatives de fondation, rapidement réduites à néant par un Épiscopat hostile, nous ont valu cependant une précieuse correspondance dans laquelle la Bergère expose, avec une sublime simplicité, l'esprit que la Vierge Marie veut voir régner chez les nouveaux Apôtres.


Les persécutions condamnèrent Mélanie à une vie errante pour laquelle elle fut, de surcroît, taxée d'inconstance. Partout où elle passa, elle laissa le parfum exquis de toutes les vertus, se distinguant surtout dans la pratique de l'humilité et de l'amour de la croix. Pour préparer la venue des Apôtres des Derniers Temps, Dieu ne pouvait susciter une âme plus crucifiée, plus oublieuse d'elle-même. La Servante de Dieu écrit: «C'est à l'école du Calvaire que l'on apprend la rare science de l'amour des souffrances et du vrai anéantissement de soi.»

Les derniers mois de sa vie, Mélanie les vécut à Altamura, Italie, sous la protection de Mgr Cecchini. C'est là qu'elle mourut en odeur de sainteté dans la nuit du 14 au 15 décembre 1904.

Écrit par : Un dévot de la Salette | jeudi, 05 octobre 2006

Que veux dire les Apôtres des Derniers Temps ?

Écrit par : Monette | jeudi, 05 octobre 2006

Bonjour,
je suis très émue par le message de La Salette, je me pose une question, qu'est devenu Maximin, à la suite des apparitions et son secret est-il connu?
Merci si vous pouvez me renseigner. Je pense que nous sommes en pleine période de l'anté-Christ, malheureusement, la déraison des humains est immense, il nous faut beaucoup prier.

Écrit par : CHARDON | lundi, 03 mars 2008

Je viens de trouver ceci sur ce torchon de NOUVELOBS.COM
Le style est déplorable! On y apprend entre autre que Maximin a eu un triste destin!
Il n'avait pas la trempe de Mélanie!





9 SEPTEMBRE, APPARITION DE LA SALETTE
Une Vierge ça va, deux vierges,
bonjours les dégâts
NOUVELOBS.COM | 11.02.2008 | 21:28

Sans vouloir lui faire offense, on peut se poser la question : cette bonne sainte vierge fait elle toujours bien attention à ce qu’elle fait, quand elle s’adresse aux gens ? Ce 19 septembre, nous commémorons une de ses courtes visites ici bas, celle qu’elle fit, en 1846, dans l’après midi, à deux petits bergers sur les vertes prairies de La Salette, canton de Corps, département de l’Isère, France. Il n’y a rien à redire à l’apparition elle-même, elle est de modèle standard. Ce beau jour-là, deux gamins, Maximin Giraud, 11 ans, et Mélanie Calvat, 15 ans, gardent les troupeaux dans les alpages, une belle dame passe par là, toute vêtue de blanc et bleu et, en larmes, elle commence sa bafouille : son Fils est très mécontent parce que les gens sont très vilains avec Lui ; si les gens continuent leurs horreurs – ne pas aller à la messe, nager dans le péché, tout ça- elle n’arrivera plus à le tenir ; quand elle voit comment se comporte l’état de cette pauvre France, c’est vraiment une misère etc., enfin bon, le bla-bla réactionnaire habituel. On le notera par parenthèse, cette caractéristique des apparitions est toujours surprenante. Quand on la prend in situ, c’est à dire dans ce qu’on croit savoir de sa vie terrestre en Palestine, Marie est toujours présentée comme un petit ange de douceur et de mansuétude. Dès lors qu’elle apparaît (au Mexique, à Lourdes, à Fatima) elle vire à la mamie réac, une sorte de passive agressive façon Mia Farrow dans les films de Woody Allen, la vraie méchante qui joue la petite chose fragile pour balancer des saloperies à chacun et menacer le monde des pires horreurs. Il faut croire que les voyages la mettent de mauvaise humeur.
Là-dessus elle sermonne un peu les gamins, leur glisse des secrets à envoyer au pape (encore un classique des apparitions) disparaît et voilà tout. Retour au village: les enfants racontent la rencontre sans plus y penser, les voisins s’en mêlent, le maire aussi, le curé en parle à la messe et allez zou, vous savez comment c’est à la campagne, en moins d’une semaine, tout le pays est au courant, puis l’évêché, puis Lyon, puis Paris – et encore il n’y avait pas la télé, qu’est ce que ça aurait été !
On en est rapidement à l’affaire d’Etat. Les libres penseurs s’esclaffent, les catholiques se déchirent – l’évêque de Grenoble est plutôt pour, le célèbre curé d’Ars est contre, ça doit être son côté vieille diva : le brave homme passe son temps à voir des apparitions du Diable, il ne faudrait pas que des petits blancs becs qui n’ont aucun métier viennent lui enlever le pain de la Chaire. Et on découpe le récit des gamins dans tous les sens pour essayer d’y voir clair. Cette fois, la Belle Dame a fait fort sur un point : elle a tout de suite parlé un français impeccable aux bergers. On ne sait si elle avait gardé ce petit accent araméen qui faisait son charme, de son vivant, en tout cas, elle s’en est repentie immédiatement : les malheureux enfants ne comprenaient presque rien à cette langue-là. Il faut croire que Là Haut, les fiches étaient mal tenues. Du coup, elle a fait comme les hommes politiques et les notables en visite dans le coin, elle est passée au patois. Une partie de l’opinion se tape sur les cuisses de rire – la Vierge parle même le patois-, quelques éminences ne voient pas pourquoi : si Marie a tenu à s’exprimer d’abord en français, souligneront-ils, ce n’est pas parce qu’elle ignorait aucun particularisme linguistique des cantons français, c’était pour montrer « qu’elle n’est pas de basse origine » - et toc ! Ce n’est pas parce qu’on est la femme d’un charpentier qu’on ne sait pas se tenir en ville. Les larmes, en revanche, seront plus gênantes. «Durant tout le temps où elle nous a parlé, elle pleurait » racontent les pastoureaux, et le détail plonge les moralistes catholiques les mieux disposés dans l’embarras : comment comprendre ce chagrin, quand « une saine théologie nous enseigne que les saints du paradis connaissent une félicité parfaite ». Elle avait peut être un problème de conjonctivite – là encore, le voyage, vous savez ce que c’est.
Oui, la Salette est une apparition de routine. Rapidement les premiers paralytiques se relèvent, les premiers miracles apparaissent, on construit une basilique sur place et l’Eglise, prudente, adopte une position mi chèvre mi chou : nul n’est tenu de croire au caractère miraculeux de l’endroit, mais on a le droit d’y aller quand même (je résume). Et le pays passe à autre chose, la Révolution de 1848, le Second Empire, et bientôt Lourdes (1858) – les grands moments de mysticisme, c’est comme tout, ça tourne très vite.
Le point qui me chagrine et dont on ne parle que trop peu, hélas, c’est la conséquence de tout ce chambard sur les deux vrais martyrs de l’affaire, les gamins. Et dire qu’aujourd’hui on en fait des tonnes sur les victimes de la télé réalité, ces pauvres gosses traumatisés à vie parce que pendant deux ou trois mois, après leur passage sur TF1, ils ont vu le succès. Et ceux qui ont vu la Vierge, alors ! Je l’écris pour ceux qui seraient tentés par cette branche, méfiez vous, là aussi, vu de loin, les choses paraissent glamours et scintillantes, en fait elles sont des flammes où l’on se brûle. Soyons honnête, souvent, l’Eglise fait bien les choses et essaie d’encadrer les gens, même après leur moment de gloire : après ces années lourdaises, la petite Bernadette entrera dans les ordres à Nevers où elle pourra enfin jouir d’un peu de tranquillité. Cette fois, par malheur, cela ne se passa pas comme ça. La jeune Mélanie choisit une voie d’un genre particulier : dans la vie, elle fit illuminée. En outre, au cours des années, les gens les plus divers et des moins recommandables tachèrent de la prendre sous sa coupe, des monarchistes, des frappés de toute catégorie et même des protestants, un comble. Total, une trentaine d’années après l’apparition, elle publiait un texte revenant sur sa rencontre de jeunesse, dans lequel elle réglait leur compte à presque tout le monde, jusqu’au pape, qualifié « d’antéchrist », ce qui la foutait mal pour une gamine qui était censée avoir eu une connexion directe avec le Ciel, on fut obligé de mettre ses révélations à l’Index, merci du cadeau.
Plus affligeant encore, le sort du petit Maximin. Devenu un enfant star, le pauvre mioche vit le destin des enfants stars : il fut trimballé à droite à gauche, pris sous la coupe de ceux-ci, puis de ceux-là, tenta de faire des études, rata sa médecine, s’inscrit dans les zouaves pontificaux, démissionna au bout de six mois, et survit de n’importe quoi : on le verra même s’associer à un marchand de liqueur vaguement escroc qui entendait faire sa publicité sur son nom. Comment comptait-il appeler sa bibine : de la Vierge Marie-Brizard ? Toujours est-il qu’à quarante ans à peine, alcoolique au dernier degré parce qu’à l’époque, la dope ne se faisait pas encore beaucoup, il revient au village et meurt après avoir fait une dernière fois le récit de la demi-heure qui avait fait sa gloire et son malheur – triste destin.
FR

Écrit par : Marcia Downey | mardi, 04 mars 2008

Est-il possible d'être aussi ridules ?

Écrit par : Delahaye | mercredi, 19 novembre 2008

concernant l'intervenant du 4 mars 2008 je ne comprends pas comment ce mr a pu en ecrire autant en etant d'un ridicule inimaginable c'est vrai que tout est permi quand on veux justifier son opposition!!!

Écrit par : Gautier Roger | jeudi, 07 mars 2013

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