mardi, 04 mars 2008

La nature de la chair et le péché

 

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Rappelons, avant toute chose, que l'anthropologie hébraïque ignore cette distinction, qui traverse la pensée chrétienne, entre le corps regardé comme grossier et animal, et l'âme, à tel point d'ailleurs que, s'il existe un terme en hébreu pour désigner l'âme (nephesch), que l'on traduira par psychê en grec, puis par anima en latin, il n'y a aucun terme dans cette langue pour signifier le corps matériel en tant que distinct de l'âme, montrant bien l'absence de toute conception dualiste dans la pensée originelle des hébreux. Pour eux, s’il n'y a pas d'âme, alors il n'y a pas de corps non plus ; l'un et l'autre forment une unité indissociable. On connaît bien un mot pour parler du cadavre, mais il n'y en n'a pas pour le corps séparé de l'âme, c'est pourquoi on utilisera une expression particulière (basar), pour évoquer la totalité âme/corps, expression que l'on retrouvera en grec sous le nom de sarx, puis caro en latin et enfin « chair » en français. Or le mot « chair », par suite de nombreuses confusions, et sous l'influence de la tradition philosophique issue des courants grecs (pythagorisme, orphisme, néo-platonisme), est devenu pour nous synonyme de « corps », c'est-à-dire ce l'on appelle sôma, ce qui représente uniquement l'enveloppe matérielle, créant ainsi un important contresens. La seule désignation hébraïque correspondant à ce que l'on entend par « âme » en Occident, est le terme ruach, soit « l'esprit », qui donnera pneuma en grec et spiritus en latin, terme qui s'applique aussi bien à l'esprit de Dieu : « Le Dieu d'Israël est le Dieu des esprits de toute chair » (Nombres 27, 16), qu'à celui de l'homme : « Je répandrai mon esprit sur toute chair » (Joël 2, 28).

Saint Cyrille d'Alexandrie (De recta fide ad Augusta, P.G., LXXVI), fera justement remarquer que l'évangéliste Jean utilisa le mot sarx afin d'exposer le mystère de l'Incarnation : « Le Logos s'est fait chair » (Jean I, 14), affirma-t-il, soit l'équivalent de : « Le Logos s'est fait homme (âme et corps) », insistant dans son texte sur la volonté du Christ d'assumer pleinement, en son entier, la nature humaine.
 
 
 
 
 
 
 
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Cela étant dit, nul ne saurait contester la radicale opposition que l'on retrouve dans les évangiles, opposition ainsi formulée : «C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean, 6, 63), particulièrement réaffirmée chez saint Paul, distinguant nettement deux ordres absolument antithétiques : l'ordre de l'esprit et l'ordre de la chair. Même si certains se refusent, par aveuglement volontaire et vision anthropologique erronée, à reconnaître l'antagonisme des deux ordres, pourtant nettement souligné à de multiples endroits du texte sacré, il faut bien se rendre à l'évidence et admettre que la nature de l'homme (c'est-à-dire son âme et son corps), entendue sous le terme générique de « chair », est frappée de corruption et de réprobation.

Comment ne pas citer, en premier lieu eu égard à son caractère emblématique, l'épisode de Nicodème, docteur en Israël, auquel Jésus annonce qu'il doit naître de nouveau, concluant son discours ainsi : « Ce qui est né de l'Esprit est esprit, ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3, 6). Quant à l'apôtre Paul, nul n'a plus que lui établi des liens concrets entre le péché et la chair, s'écriant même, dans un gémissement quasi désespéré et pathétique : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7, 24 ). L'opposition est également clairement soulignée dans ce passage significatif : « Marchez par l'Esprit, et vous n'accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l'une à l'autre... » (Galates 5, 16-17).

Enfin, de nouveau dans l'Epître aux Romains, c'est une véritable condamnation de ce que représente la « chair » en son essence et sa nature qui nous est adressée, établissant une équivalence saisissante entre la « chair » et le péché : « Quand nous étions dans la chair, les passions des péchés, lesquelles sont par la loi, agissaient dans nos membres pour porter du fruit pour la mort. » (Romains 7, 5). Puis, un peu plus loin, et toujours avec la même intransigeance : « Moi je suis charnel, vendu au péché (...) C'est le péché qui habite en moi. Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite point de bien (...) Je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. » (Romains 7, 15-18 ; 23). Le cri de Paul est d'une grande honnêteté : « De moi-même selon l'entendement je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du péché. » (Romains 7, 25).
 
 
 
 
 
 
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Voudrions-nous encore nier, après ces paroles, le fruit vénéneux que représente la « chair », oserions-nous refuser de voir le caractère à jamais flétri et abîmé de ce qui est charnel ? Alors écoutons Paul qui, avec une redoutable force de conviction, insiste plus avant de manière à ne point laisser subsister la moindre trace d'ambiguïté : « Dieu a envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour [le] péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fut accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l'Esprit. » (Romains 8, 3-4).

Après cet impressionnant rappel, qui demande à être lu avec crainte et tremblement, une sainte fureur continue d'habiter l'apôtre des Gentils, et, comme si cela ne suffisait pas, voulant fermement faire pénétrer dans le cœur de ses auditeurs le message du Salut, il poursuit son prêche par ses lignes redoutables : « Ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l'Esprit aux choses de l'Esprit ; car la pensée de la chair est la mort ; mais la pensée de l'Esprit, vie et paix ; - parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. » (Romains 8, 5-8).
 
 
 
 
 
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Paul espérait certes convaincre par son discours, mais il voulait surtout pouvoir être certain de parler à des êtres qui avaient déjà entrepris de rejeter les œuvres de la « chair », délivrant, par delà la distance des siècles, un enseignement vital pour notre devenir surnaturel, si nous acceptons, bien évidemment, de déposer ce qui, en nous, est « aliéné » par le l'effet du péché : « Or vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui. Mais si le Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice. » (Romains 8, 9-10).

Concluons donc avec ces paroles de Paul, dont on conviendra sans peine qu’il est bien difficile d’en nier le sens direct et catégorique, et qui ont la vertu de dissiper toute contestation possible à propos de la question qui nous occupe : « Ni la chair ni le sang n'hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50)
Ainsi la chair, même conçue comme étant l'unité de l'âme et du corps, ce qui n'enlève rien à la réprobation dont elle est chargée puisque cela englobe la matière corporelle et son principe d'animation, est bien violemment rejetée de par sa corruption, elle est pécheresse par nature et ne participera pas à la réalité future du royaume. Martinès de Pasqually (1710-1774), qui n'aurait pas manqué de soutenir cette vision toute paulinienne du devenir concernant le composé charnel « psycho-somatique », rajouterait sans doute : « Nous voyons clairement que le corps n'est qu'un chaos pour l'âme, ou le mineur, par la manière dont le mineur passe sa vie temporelle dans ce corps de matière en punition du crime du premier homme. » (Traité, 124.)
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

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Illustrations

 

I Edvard Munch 

II Egon Schiele
 
III Balthus

IV Rijckere Bernaert 

V Picasso

 

 

 
 
 
 
 

 

 

 

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Sollers/Hadjadj

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Trackback par : Incarnation | samedi, 03 mai 2008

Commentaires

Ce texte est à rapprocher dans son interprétation du deuxième traité de Plotin (même si Plotin vivant à une époque où le christianisme n'a pas encore triomphé, croit en la métempsycose ce qui altère sa vision de l'homme et de l'âme. A mes yeux, c'est une interprétation manichénne que de voir en notre enveloppe charnelle qu'une charge et un péché. Celle-ci nous apporte de grandes souffrances et joies et porte notre âme et notre esprit, tout au long de notre séjour terrestre. Nous nous devons donc de l'honorer sans la préférer à l'âme. Choix subtil et précis mais il est si facile de tomber dans l'hérésie.

Ecrit par : Cadichon | jeudi, 18 mai 2006

John Dowland // Flow my tears..
Une de ses plus belles pièces à mon sens. De même, le texte, anonyme ; un écho à vos toiles.

"Flow, my tears, fall from your springs!
Exiled for ever, let me mourn;
Where night's black bird her sad infamy sings,
There let me live forlorn.

Down vain lights, shine you no more!
No nights are dark enough for those
That in despair their lost fortunes deplore.
Light doth but shame disclose.

Never may my woes be relieved,
Since pity is fled;
And tears and sighs and groans my weary days
Of all joys have deprived.

From the highest spire of contentment
My fortune is thrown;
And fear and grief and pain for my deserts
Are my hopes, since hope is gone.

Hark! you shadows that in darkness dwell,
Learn to contemn light
Happy, happy they that in hell
Feel not the world's despite."

Ecrit par : Axël | lundi, 22 mai 2006

Bonjour,
Permettez-moi d'apporter quelques nuances aux propos de Jean-Marc Vivenza. La pensée de st Paul n'est pas dualiste. Il n'y a pas dichotomie mais trichotomie, ainsi que l'a montré, en son temps, le Père Festugière (article in R.S.R. XX, 1930). Outre le corps et l'âme, il y a l'esprit. Chacun connaît Thessaloniciens, I, V, 23 : "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même en toute manière, afin que tout ce qui est en vous, l'esprit , l'âme et le corps, se conservent sans tache pour l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ" (trad. Lemaître de Sacy). Festugière a souligné que st Paul emploie le mot "esprit" dans un sens juif (sens que l'on trouve aussi chez Philon). C'est grâce à cet esprit que nous avons la notion de Dieu en nous. L'âme en revanche est le siège de notre personnalité, et en elle s'opposent une partie supérieure et une partie inférieure. Le corps n'est pas mauvais en lui-même, mais il est l'occasion de la faute quand l'âme inférieure le prend comme lieu ou occasion de ses convoitises. On trouve un même schéma chez Origène, comme l'a montré Dupuis dans sa thèse ("l'esprit de l'homme", 1967). Quant à Martinez de Pasqualis et à son disciple Louis Claude de Saint-Martin, on remarque chez eux, et explicitement dans les écrits du second, cette trichotomie esprit-âme-corps.
Merci à Isabelle des Charbinières et à Jean-Marc Vivenza de me permettre ce petit complément.
Bien à vous,
Frib

Ecrit par : frib | lundi, 22 mai 2006

Bonjour,


Lisant toujours avec beaucoup d’intérêt vos pages et appréciant certaines de vos toiles et encres, mais n’ayant jusqu’à présent jamais jugé utile d’intervenir, je me permets tout de même de le faire suite à la publication du texte de M. Jean-Marc Vivenza portant sur « la nature de la chair et le péché » qui suscite, visiblement et comme il est normal tant cette question est délicate, quelques commentaires.
Il me semble que les intervenants qui se sont exprimés se méprennent fortement en réduisant les positions pauliniennes, que M. Vivenza (avec lequel j’ai néanmoins certaines divergences significatives, en particulier ne partageant pas son jugement positif à l’égard d’Origène que je trouve contestable en plusieurs propositions, propositions condamnées d’ailleurs au second Concile de Constantinople en 553 ) fait siennes dans son analyse, les identifiant à du dualisme ou du manichéisme. On l’aura mal lu et mal compris sans doute, d’autant que son ouvrage, (Le Martinisme ) est sans aucune ambiguïté, concernant ce point tout au moins.
On confond, et c’est là l’erreur de M. Frib, qui, par ailleurs, a parfaitement raison lorsqu’il relève la constitution tripartite du composé humain (corps, âme, esprit), mais commet, bien qu’il s’agisse là d’une erreur extrêmement courante qui n’entache en rien la sûreté et la qualité de ses jugements, comme il sut en témoigner éloquemment à l’occasion (cf. son analyse pertinente de la commune vision du péché originel chez Maistre et Pascal), une confusion entre les notions « d’ordre » et de « structure » qui ne sont, en matière théologique surtout, absolument pas superposables, bien qu’elles se conjuguent souvent comme il est normal dans ces domaines, ce qui conduit à de fréquentes méprises
Ainsi, la loi de distinction des ordres, n’est en rien contradictoire avec, et encore moins négatrice, de la forme structurelle de la créature humaine possédant, évidemment, un corps, une âme et un esprit qui n’ont pas un rôle accidentel dans l’homme mais essentiel dans la mesure où ils participent, tous les trois, de l’unité de la personne. Toutefois, il convient de ne surtout pas oublier que l’homme est placé, ontologiquement, sous la dépendance d’une loi de détermination qui s’exerce sur la totalité du créé car si l’essence est puissance à exister, l’acte d’exister est ordonné à un acte substantiel qui définit précisément l’essence, certes de la structure ternaire constitutive, mais régit aussi la matière du corps ; or cet acte substantiel constitutif s’est traduit depuis l’épisode tragique de la faute, pour tous les fils d’Adam, en une nature historique dégradée donnée en salaire et en punition du péché.
Cela revient à souligner qu’il y a donc bien, ontologiquement, un ordre de la nature et un ordre de la surnature, et historiquement, un ordre de l’esprit et un ordre de la chair qui s’opposent et se combattent, car la chair actuelle de l’homme est corrompue, dégradée, abîmée par le péché. C’est pourquoi, c’est à l’ordre de l’esprit à qui seul sont dévolues les promesses du Royaume annoncées par Jésus-Christ : "Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né l'Esprit est esprit" (Jean III, 6)
De ce fait on est autorisé à reconnaître comme le dit M. Vivenza, non par « dualisme », mais par exigence évangélique, un ordre de l’esprit radicalement différent, distinct, du corps voué à la corruption, à la mort et à la disparition, corps ayant reçu cette loi de finalité dégradante, après le péché et la faute.
Je termine cette courte mise au point en rappelant ce que l’Eglise enseigne s’agissant des conséquences du péché pour nos premiers parents :

1) La perte des dons surnaturels et préternaturels.
2) Le dépouillement de la grâce sanctifiante, des vertus infuses, des dons du Saint-Esprit et du droit du bonheur du Ciel.
3) Le retrait des dons extranaturels, c’est-à-dire, pour le traduire clairement, qu’Adam et Eve, et nous par héritage, avons été assujettis à l’ignorance, à la concupiscence et à la mort.
4) La révolte des sens et la désobéissance native.
5) La transformation de notre corps immortel en un corps condamné à la mort, et la malédiction du sol (Genèse III, 17)

Après la faute du premier homme, désolé pour les naïfs louangeurs du corps et des enivrants et, hélas, bien fugitifs mirages de la chair, tous les descendants d’Adam naissent, et il n’y a là pas de pathologie dépressive à le dire mais honnêteté spirituelle, dans un état d’aversion à Dieu, parce qu’ils sont, par la faute de leur père, privés des dons que Dieu avait octroyés à l’homme. Telle est la vérité de la Révélation sans laquelle l’homme croupirait dans la fangeuse et perverse abjection de son crime primitif ; comme l’affirme Tertullien : « L’homme, condamné à mort dès l’origine, a entraîné dans son châtiment tout le genre humain contaminé par son sang. » (Sermon de l’âme, 1 ; c. IV)

Cordialement, et encore toutes mes félicitations pour vos travaux et "l'esprit" qui se dégage de votre site.

Eremo

Ecrit par : Eremo | lundi, 22 mai 2006

Savez-vous que Fabrice Hadjadj, converti ultra conciliaire très adulé par la presse catho en odeur de sainteté dans les sacristies, vient de publier au Seuil un petit bouquin dans lequel il caresse de nouveau, si l'on ose dire, comme toujours son sempiternel et lassant refrain extatique à l'égard de la chair, du monde et de sa beauté, etc., sous le titre assez lourdingue et d'une subtilité analytique plutôt grotesque : "La profondeur des sexes : Pour une mystique de la chair".

Présentation du croustillant opuscule par l'éditeur :

"Qu'est-ce que c'est que ces sexes que nous croyons si bien connaître ? Les uns s'inquiètent de leur longueur et les poussent à la performance; les autres rappellent leur différence et en redoutent la confusion. Mais n'y a-t-il pas lieu, avant toute chose, et par-delà leur réduction biologique ou leur psychologique évanescence, de les considérer dans leur profondeur ? Et si des voies impénétrables s'ouvraient sous nos ceintures ? Si nos bas-ventres dissimulaient une ruse du Très-Haut ? Contre tout dualisme, c'est-à-dire aussi contre ce projet technicien qui ramène l'homme à un matériau, ce livre voudrait reconnaître l'esprit qui se donne à même la chair. Contre tout moralisme, c'est-à-dire aussi contre cet immoralisme qui ne cesse de faire sa leçon, il s'efforce de découvrir une "morale qui se moque de la morale ", sachant laisser sa place à la dramaturgie du désir. Son itinéraire à travers la littérature, la philosophie et les textes sacrés nous invite à plonger dans des profondeurs sexuelles successives - celles du corps, du couple, de l'enfant, de la Cité, enfin celle d'un possible Ciel, d'après la foi juive et chrétienne en la résurrection. L'Epouse du Cantique des Cantiques ne craint pas de dire à propos de l'Époux divin : Mon bien-aimé a passé la main par la fente, et pour lui mes entrailles ont frémi (Ct 5, 4)."


Bigre ! on frémi déjà des pitoyables louanges de la bonne presse à l'égard des pamoisons littéraires de notre auteur, diffusant un pieux discours pseudo libéré très "tendance", niaisement admiratif des émoustillantes parties de jambes en l'air en milieu catholique !

Ecrit par : Zak | jeudi, 28 février 2008

La bonne presse des bobos démocrates chrétiens comme Famille Chrétienne et Panorama par exemple?
C'est sûr on est curieux de lire ça!

Ecrit par : Maurice | jeudi, 28 février 2008

Zak, finement, met en lien sur son commentaire la représentation : "La jeune fille et la mort", fresque à Munich admirée par Schopenhauher.


On peut lire ceci également sur la page où se trouve la gravure :

Schopenhauer ne se lasse pas de décrire une existence humaine prisonnière de l'illusion du bonheur, oscillant constamment de la souffrance à l'ennui, nécessairement insatisfaite puisque la volonté ne veut rien que sa propre affirmation. Selon lui, le but de la vie n'est que le maintien de sa propre vie.

L'amour et la mort prennent une importance nouvelle hors de la référence à la dualité de l'âme et du corps. Tout amour, toute passion amoureuse cachent sous leurs manifestations, des plus vulgaires aux plus sublimes, le même vouloir-vivre, le même " génie de l'espèce " Cette dénonciation de la sexualité ( "le grand secret") en particulier dans le chapitre des Parerga sur les femme, eut un grand retentissement littéraire et Freud pourra trouver chez Schopenhauer non seulement la subversion du moi mais aussi le primat de la sexualité. En perpétuant l'espèce dans l'individu, la sexualité signifie au moi sa propre mort.

Là encore, l'illusion de la sexualité est de chercher un principe d'immortalité dans l'indépendance d'une âme raisonnable, une façon d'exister, un désir et un plaisir éphémère, et ce même bonheur cruel et inutile qui hante l'humanité.

Si dans son détail, une vie humaine relève de la comédie, considérée dans son ensemble de la naissance à la mort, elle est une tragédie. Schopenhauer n'attend rien d'autre de la vie que des passions réfoulées, des désillusions fatales et un ennui insoutenable, le tout ryhtmé par l'éternelle recherche d'un bonheur inexistant. La délivrance ne peut être attendue que dans la négation du vouloir-vivre par lui même.

Ecrit par : Hector | jeudi, 28 février 2008

Par la passion de la chair le corps entre en gloire. C'est le chemin de la croix.

Ecrit par : X | lundi, 03 mars 2008

Qu'elle vision de la vie, ce texte est cauchemardesque! C'est franchemment insupportable
La reflexion sur la chair de M. Hadjadj tombe à point.

Ecrit par : Denise P | lundi, 03 mars 2008

Vous devriez dire tombe sur le point G !

Non franchement, même si le texte de Vivenza est un peu raide, pardon, un peu sévère, le délire sur la profondeur des sexes est purement grotesque !

Ecrit par : Kilimu | lundi, 03 mars 2008

Je suis peut être un peu naïve mais j'aimerais comprendre comment l'on peut d'un côté "rejeter les œuvres de la « chair » et de l'autre côté pratiquer les paroles divines : " Croissez et multipliez-vous ".

Kilimu votre humour est vraiment douteux!

Ecrit par : Serena | lundi, 03 mars 2008

Eremo nous rappelle les "conséquences du péché pour nos premiers parents". Même s'il a encore mauvaise presse, il faudra bien revenir tôt ou tard à ce péché originel dont on s'est longtemps débarrassé avec légèreté, prétextant d'une réalité d'arrière-garde tout juste bonne à culpabiliser les naïfs et les bigots.Sans le péché originel, le dualisme corps-âme est inévitable. Il est surtout insurmontable : ne reste que le balancement périodique de la déification de l'un au détriment de l'autre. Avec le péché originel -considéré comme tel-, il n'y a pas de coup de baguette magique : il introduit justement cette opposition potentielle entre le corps et l'âme, ce qui en amoindrit l'apparente absurdité mais n'en résout pas la difficulté ! Le concept d'esprit -qui se veut distinct de l'âme- semble destiné à constituer une sorte de point d'équilibre destiné à prévenir le balancement précité. C'est de bonne guerre, mais la question est de savoir si cette subtilité sémantique correspond réellement à la réalité. Dans l'affirmative, qui peut en tirer la "substantifique moelle" sinon un esprit particulièrement éclairé ? La vie courante ne se charge-t-elle pas de parer au plus urgent : l'appétit certes insatiable d'une chair soumise à toutes les convoitises, oublieuse à l'envi des sollicitations de l'âme ?
Ne renions ni saint Jean ni saint Paul ni aucun autre saint : la sainteté n'est-elle pas justement l'art d'avoir su concilier l'inconciliable, certes au prix de combats toujours recommençants ? "La chair n'est rien ; seul l'esprit vivifie". À propos, de quel "esprit" parle l'apôtre des païens ? L'esprit de la triade, arbitrant le combat entre l'âme et le corps ? Ou bien l'âme elle-même ? Après tout, l'âme est bien ce qui anime... et ce qui anime vivifie. Questions de traductions, toujours.

Enfin, si la chair est corruptible, est-ce une raison valable de la mépriser ? N'est-ce pas plus volontiers le balancier qui penche vers l'âme au détriment du corps ? C'est bien connu : qui veut faire l'ange fait la bête. Tous ces commentaires ne manquent certes pas d'intérêt ; il est cependant dommage qu'aucun ne semble évoquer ni la résurrection de la chair ni le Verbe... qui s'est fait chair et qui, le premier, a justement inauguré cette résurrection de la chair. Ce qui, tout de même, a détruit l'irréversibilité du péché originel (avec ses sinistres conséquences décrites par Eremo) sans détruire le péché lui-même qui conserve toutes ses potentialités. Le propre du potentiel est d'être possible : pas obligatoire. "Bienheureuse faute (celle d'Adam) qui nous a valu un tel Rédempteur (le nouvel Adam)"...
Alors certes, Serena, croissons et multiplions-nous... sinon nous rabougrissons en nous divisant sur des broutilles !...

Ecrit par : MDT | lundi, 03 mars 2008

La Bible ne parle de "croissez multipliez" que dans le contexte de la création originelle.

Or, on l'oublie bien trop souvent, il y a 2 créations dans la Bible:

- la visible, terrestre, cosmos etc., (Genèse 1 à 3),
- l'invisible, la "nouvelle création" (2 Corinthiens 5.17) ou encore (Galates 6;15).

De la première il est dit : qu'elle souffre (Romains 8 ,19-22) à cause du mal (Ephésiens 6) et, précisément, du péché originel.

De la seconde, création selon l'esprit et non selon la chair, elle vit dans l'attente du Royaume ! pas en se satisfaisant mollemement d'une libido fiévreuse à laquelle on trouve toutes les excuses, y compris les plus spirituelles, pour pouvoir en réalité donner libre cours, sans culpabilité excessive, à des pulsions on ne peut plus instinctives et animales.

Ecrit par : Radek | lundi, 03 mars 2008

Effectivement, la Création est maintenant assujettie aux conséquences de la chute ; — la Loi, qui donnait une règle à l’homme au milieu de cette création, pour voir s’il pouvait y vivre selon Dieu a été pervertie par Adam.

L'homme, après la faute, a été placé dans une création inférieure, au milieu de laquelle le péché abonde. Il y a des anges tombés, et les cieux créés sont souillés par le péché.

La Création et la Loi sont liées au principe de la responsabilité de la créature, et nous trouverons tout ce qui est en rapport avec elles coupable ou corrompu.

Le Fils, au contraire, lui, la manifestation du Père, l’expression de son amour, l’empreinte de la substance de Dieu, nous apparaîtra souffrant en amour, au milieu de cette création déchue et de la contradiction d’un peuple rebelle ; accomplissant plus tard, en bénédiction, par sa puissance et par son autorité, tous les conseils de Dieu par la réunion de toutes choses dans les cieux et sur la terre, ceux-là même qui l’ont haï et rejeté étant forcés de le reconnaître comme le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ; et, enfin, lorsqu’il se sera assujetti toutes choses, remettant le royaume de sa gloire comme Fils de l’homme à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous.

Le bonheur et la sécurité d’Adam, primitivement, centre conscient de tout ce qui l’entourait, consistaient dans sa dépendance de Dieu et dans ses rapports avec Dieu. C’est là ce qu’il perdit, et il devint le centre insatiable de ses propres désirs et d’une ambition qu’il ne put jamais satisfaire.
Ainsi, la nature terrestre dans sa perfection, ayant pour centre l’homme en relation avec Dieu par sa création et par le souffle de vie qui était en lui ; de pures jouissances, une source de vie permanente et un moyen de mettre sa responsabilité à l’épreuve ; des sources de rafraîchissement universel pour le monde au-dehors, et, si l’homme demeurait dans l’état où il avait été créé, des rapports bénis avec Dieu dans cet état : — telle était la position du premier Adam dans l’innocence.

Afin qu’il ne fût pas seul, mais qu’il eût une aide, une compagne, une autre jouissance d’affection, Dieu forma, non pas un autre homme, car alors l’homme n’eût plus été un centre ; mais de l’homme lui-même Dieu forma sa femme, afin que leur union fût aussi intime et aussi absolue que possible, et qu’Adam demeurât chef et centre de tout. En outre, il la reçut de la main de Dieu même. Telle était la nature dont l’homme était entouré : celle que Dieu reconnaît toujours et contre laquelle l’homme ne pèche jamais impunément.

Quoique le péché ait souillé et gâté tout cela, c’est le tableau de ce que Christ, l’Église et l’univers seront, lorsque tout sera rétabli en puissance par l’homme obéissant. Jusqu’ici tout était innocence sans connaissance du mal, mais à présent il est extrêmement risqué de louanger avec rapidité et exaltation la vie charnelle, et donc de flatter les appétits sexuels qui n'en demandent pas tant, car la nature est profondément abîmée et l'orientation des désirs singulièrement déviée...

Ecrit par : Arpacschad | lundi, 03 mars 2008

Pourquoi pas ? Mais pourquoi la création invisible s'opposerait-elle à la création visible ? Pas question de se satisfaire -mollement ou non- d'une "libido fiévreuse" avec excuses intégrées ! La création invisible est justement là pour appeler la création visible à modérer ses "pulsions", non à les refouler au nom d'un esprit désincarné.

Si "croissez multipliez" n'était réellement valide "que dans le contexte de la création originelle", alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! Parce jusqu'à la fin du monde, la création se renouvelle en permanence et ne sera complète que lorsqu'il ne sera plus nécessaire de vivre "dans l'attente du Royaume". Attente qui se doit d'ailleurs d'être active, donc incarnée au sein de la création visible...
J'en conviens : la souffrance reste présente dans cette création visible. Mais n'est-ce pas la création invisible qui lui donne tout son sens ? Sans elle, nous sombrerions dans une absurdité telle que notre seule consolation serait effectivement de céder "à des pulsions on ne peut plus instinctives et animales" !

Là n'était pas la perspective que j'émettais...

Ecrit par : MDT | lundi, 03 mars 2008

Qu'est ce que vous pensez de cette idée à savoir que la sexualité est un acte sacré?

En effet je rencontre de plus en plus de chrétiens imprégnés de new-age, qui ont une vision latéralement opposée à celle de l'évangile:
déification de la chair etc.

Ne devons-nous pas en tant que chrétiens (ré ) affirmer nos valeurs (auprès des chrétiens entre autre) et ne pas craindre d'être taxés de coinçés, refoulés, névrosés, rétrogrades ....

Ecrit par : Serena | mardi, 04 mars 2008

Vous écrivez MDT : « Si "croissez multipliez" n'était réellement valide "que dans le contexte de la création originelle", alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! »

Vous ne croyez pas si bien dire ! pour preuve :

« Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit :
- Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux–mêmes, à cause du royaume des cieux.
Que celui qui peut comprendre comprenne. »
(Matthieu 19, 11-12).

Ecrit par : Radek | mardi, 04 mars 2008

Radek, ce n'est pas un peu nihiliste votre vision de l'existence?!

Ecrit par : Marcia Downey | mardi, 04 mars 2008

Il est devenu classique aujourd’hui, en particulier depuis le dernier Concile se voulut niaisement « à l’écoute du monde », de se lancer dans des louanges à propos de la sainteté de la sexualité, de la légitimité du plaisir charnel, du caractère profitable des émois vaporeux en chambre, etc.

Les revues, les magazine, voire même les prêtres de l’église moderne, lancent, dans un bel enthousiasme passablement clownesque, des soupirs extasiés à l’égards de l’épanouissement des corps et de la découverte des frissons libidineux.

Pour ce faire, on n’a de cesse de rejeter les prétendues visions austères de saint Augustin, sur lequel sont concentrées les noires critiques du nouveau paradigme sexuel obligatoire.

Que dit en réalité Augustin ?


« Avant le péché, au paradis, la "libido" ou concupiscence était entièrement soumise à la volonté, et la volonté à Dieu. Après le péché, il y a renversement du rapport de l'homme à Dieu. »

(S. Augustin, De Trin. XII, 8, 13 à 11, 16; De Gen. ad litt. 11).

La concupiscence est donc quelque chose de congénital. Mais d'où vient cette concupiscence ?

Deux réponses sont possibles:

- (1) ou bien elle vient d'un péché antérieur (solution catholique);
- (2) ou bien elle procède par l'entremise d'une puissance mauvaise (solution manichéenne).

Pour Augustin, le péché de l'homme fournit la seule explication valable. Car ceux qui rejettent le péché originel doivent forcément admettre :
- ou bien qu'il y a dans l'homme une substance mauvaise d'où découlent tous les maux;
- ou bien que Dieu est injuste en accablant ainsi des innocents.

Pour Augustin, la concupiscence est ainsi le signe tangible du péché antérieur.
Elle est mauvaise en elle-même, même si, par la procréation, elle sert au bien de l'humanité en assurant sa propagation.

Augustin s'appuie sur S. Paul:

"La chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair. Il y entre eux antagonisme" (Ga 5,17).

Augustin entend ici "esprit" (spiritus) au sens de l'esprit animé ou prévenu par la grâce qui met en l'homme "la concupiscence spirituelle" qui lui fait désirer le Bien.

L'évêque d'Hippone voit donc, à juste titre, dans la concupiscence de la chair un "vice", non parce qu'elle s'oppose simplement à la raison, mais parce qu'elle est opposée à la grâce. L'homme avant le péché était exempt de concupiscence, puisqu'il a été créé "à l'image de Dieu".

Voilà la cause de l'absence de concupiscence chez l'innocent. De ce fait, la concupiscence est bien une conséquence du péché de l'homme; et cela Augustin le tire, non pas d’une rémanence manichéenne, mais bien de l'Ecriture Sainte.

Ecrit par : Eremo | mardi, 04 mars 2008

Cette radicalité est surprenante à bien des égards, cependant je ne vois pas trop où vous voulez en venir!

Si l'on vous suit, nous mettons tous une ceinture de chasteté et la race humaine s'éteint!
Etes-vous pour la procréation assistée qui nous délivrerai t de l'acte sexuel?

Ecrit par : Marcia Downey | mardi, 04 mars 2008

Vous écrivez Marcia :

"Radek, ce n'est pas un peu nihiliste votre vision de l'existence?!"

Mais non ma grande, c'est simplement la vision de l'Evangile ! replongez-vous dans l'Ecriture et laissez tomber au plus vite vos magazines de midinettes disponibles dans les kiosques, ou vos gentils auteurs à l'eau de rose.


De même vous poursuivez en vous exclamant :

"Cette radicalité est surprenante à bien des égards, cependant je ne vois pas trop où vous voulez en venir!"

Mettez donc rapidement de nouvelles lunettes en ce cas, puis relisez tranquillement les explications ici disponibles et vous comprendrez alors aisément le sens de ce rappel salutaire du caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle, témoignant de la dégradation animale dans laquelle l'humanité patauge, avec une visible délectation, depuis l'expulsion de l'Eden.

Ecrit par : Radek | mardi, 04 mars 2008

Pour Radek qui me reprend : "alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! ", c'était là bien entendu un clin d'œil de ma part à ce passage de saint Paul que vous citez plus explicitement. Mais lui fait référence à ceux qui se consacrent à plein temps au service du Royaume. Autant que je le sache, la mariage des prêtres n'est pas à l'ordre du jour et il n'est pas question qu'il le devienne. Pas plus que celui de tous les célibataires consacrés par vœu.
Si le "caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle" est indéniable, il n'est pas non plus fatal : la grâce est là, qui purifie bien des vilenies et nous évite la "perversion" à la mesure de l'accueil que nous lui faisons.

Pour Eremo qui aime à citer saint Augustin qui était si soucieux de rechercher les origines du mal, c'est le même qui indique : "aime et fais ce que tu veux." On ne saurait soupçonner l'évêque d'Hippone de collusion avec les maisons closes ou autres lupanars !...
"L'homme avant le péché était exempt de concupiscence, puisqu'il a été créé "à l'image de Dieu". Dieu merci, en dépit de sa concupiscence native, l'homme RESTE créé à l'image de Dieu aujourd'hui encore. Il RESTE ouvert à la grâce... et libre de l'accueillir ou non.

Pour Serena, "la sexualité est un acte sacré" est bien davantage qu'une idée : c'est une réalité que nous n'avons pas fini de découvrir au travers de la théologie développée par Jean Paul II. Le moins que l'on puisse dire est que ce grand Pape n'était pas plus favorable aux bordels que saint Augustin !

Pour tout le monde, nous pouvons passer des nuits entières à nous asséner les uns les autres des passages de l'Écriture qui nous démontreront nos arguments... ou les démonteront ! Depuis la tentation au désert -dont la lecture inaugure le Carême-, nous savons que le démon lui-même connaît l'Écriture sur le bout des doigts. Sa juste interprétation relève de l'autorité suprême de l'Église : à savoir, le Pape.
Que celui qui est plus pape que le Pape lève le doigt !

Ecrit par : MDT | mercredi, 05 mars 2008

Je ne sais si je peux intervenir sur ce blogue très intello mais je me pose une question : Paul n'a-t-il pas opéré une greffe de la philosophie platonicienne ?

Ecrit par : Rosa | mercredi, 05 mars 2008

Vous écrivez MDT:

"Nous savons que le démon lui-même connaît l'Écriture sur le bout des doigts."


Erreur, il l'a cite de façon inexacte et incorrectement en Luc 4, 9, omettant l'expression "dans toutes tes voies" lors de sa référence au Psaume 91 dans son entretien avec le Christ.


Mais le plus important est ailleurs.

Vous affirmez :

"Si le "caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle" est indéniable, il n'est pas non plus fatal : la grâce est là, qui purifie bien des vilenies et nous évite la "perversion" à la mesure de l'accueil que nous lui faisons."

C'est conférer, dans votre raisonnement théologiquement imparfait une puissance excessive à la grâce qui perfectionne certes la nature, selon s. Thomas, mais ne peut la modifier dans son essence profondément pervertie.

Vous oubliez nettement, dans votre réflexion qui fait la part belle à une hypothétique liberté qui est en fait une splendide illusion dans laquelle ne tomba point s. Augustin (relisez son Traité "De Gratia et libero arbitrio" et vous verrez ce qu'il en est ne nos facultés de décision devant la tentation et les séductions de la chair...), que les «dominateurs des ténèbres», cest-à-dire les esprits sataniques agissent en maîtres dans le monde. Ces ténèbres étant d'ailleurs contemporaines de tous les siècles.
Satan, il serez dangereux de ne point s'en souvenir, ce que fait précisément un indigent discours actuel prétendument chrétien, est «le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» ; il est «le dieu de ce siècle», «le chef du monde» (Éph. 2:2 ; 2 Cor. 4:4 ; Jean 12:31 ; 14:30).

Bien évidemment il est déjà jugé (Jean 16:11), mais, c'est là le drame spirituel des théologiens modernes, il importe de se rappeler constamment qu'il n’est encore ni lié ni détruit.
Il étend sur le monde où nous vivons une autorité usurpée qui prendra fin un jour, mais bien réelle pour l'instant, autorité que la mort de Jésus a même en apparence consolidée. Il régit positivement, à leur insu, les autorités terrestres, dans la mesure où Dieu le laisse agir, pour les opposer à Jésus-Christ aussi longtemps que celui-ci, caché à la vue immédiate de ce monde mais assis à la droite de Dieu, attend, — jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds.

Or nous, chrétiens, qui sommes «dans le monde» sans être «du monde», nous reconnaissons comme Chef non point celui de ce monde mais le Christ. Notre présence ici-bas, notre confession de la foi et la déclaration de notre espérance, sont la preuve de la puissance victorieuse de ce Chef méconnu, et le Saint Esprit qui est dans le croyant «convainc le monde», en même temps que de péché et de justice, «de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé» (Jean 16:8-11).

Nous marchions autrefois «selon le siècle» (ou «le train de ce monde», c’est le mot exact en grec), et nous en avons été arrachés. Nous sommes donc laissés ici-bas pour servir Dieu, que nous avons le privilège d’adorer comme Père.

Toutefois Satan ne peut tolérer cela. Chaque fois qu’une âme est amenée des ténèbres à la lumière, elle passe du pouvoir de Satan à Dieu (Actes 26:18). Chaque fois que la mort du Seigneur est annoncée, la défaite de Satan est proclamée. Partout où brille la vraie lumière, elle dit que «le Fils de Dieu a été manifesté afin qu’Il détruisît les oeuvres du diable» (1 Jean 3:8).

Comment l’ennemi supporterait-il toutes ces atteintes à son pouvoir ? Le Christ dans le ciel a son corps sur la terre, — des membres du Christ dans le domaine de Satan ! Comment celui-ci le souffrirait-il ? Comment ne s’opposerait-il pas, de toute sa violence et de tous ses artifices, selon le cas, à la vie divine se montrant ici-bas ?

Il n’est ainsi pas question pour nous de conquérir les passions de ce monde en imaginant être capables de les maîtriser, ou de les sanctifier même par grâce, ce serait là une pure folie irresponsable que de soutenir une telle proposition. Le désir en l'homme est insoumis, mensonger, dévié par essence depuis le péché originel, et la grâce ne sanctifie pas les passions, ne rend pas pur l'instinct et immaculée la concupiscence, bien au contraire !

La force de corruption n'est pas à prendre à la légère, et l'Eglise conciliaire, par la voix des Pontifes qui se sont succédés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, prend un grand risque à tenir un discours complaisant, déculpabilisant et léger à l'égard des séductions de la chair. L'état sacerdotal n'est pas aisé à vivre dans un monde travaillé par le dévergondage élevé au rang d'atmosphère culturelle généralisée, sans compter une liberté des moeurs débridée, mais l'état conjugal, ou pire de commerce joueur entre les sexes toutes tranches d'âges confondues, présente de plus grands dangers encore car la triste vérité, quant à notre état de nature, est que la «chair» qui fut terrassée par Satan, et restée l'alliée le plus ardent de ce même Satan.

La chute a fait l’homme le complice aussi bien que la victime de cet adversaire et c'est pourquoi l'apôtre Paul insiste fortement sur ce point : «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu» (Romains 8:7) ; c'est là une incontestable vérité qu'aucune encyclique postérieure à Vatican II ne peut nier !

Ecrit par : Eremo | jeudi, 06 mars 2008

Mais aucune encyclique (postérieure ou antérieure à Vatican II : peu importe) ne le nie, ce qui est heureux !
Merci en tout cas de toutes vos précisions... et de me reprendre notamment sur l'inexactitude des citations scripturaires du démon. Ce dernier est imparfait ? Voilà qui est parfait et démon...tre sa vraie nature !
Que mon "raisonnement" soit "théologiquement imparfait", soit : je ne suis pas théologien. (Mais j'ose espérer que vous ne me rangerez pas pour autant parmi les démons !...) Je n'aime d'ailleurs pas beaucoup ce mot, qui incline à faire de Dieu un "sujet d'étude" : un peu présomptueux, non ? Personnellement, je préfère en faire un Sujet de foi, d'espérance et de charité dans l'adoration.

"Une puissance excessive à la grâce" ? Mais la grâce pèche -si j'ose dire !- toujours par excès. L'émission est toujours là, et comme vous l'expliquez longuement avec d'autres mots, elle est brouillée par qui nous savons. C'est donc la réception qui pèche par défaut : NOTRE réception. Alors, bien sûr que la grâce "ne modifie pas l'essence de notre nature"... sauf pour quelques âmes privilégiées telles que Marthe Robin qui, par "essence de sa nature", aurait dû tomber en panne sèche en une semaine : disons qu'elle faisait le "plein" autrement ! En modifiant non pas son essence mais sa longueur de fréquence. Bref, elle était extrêmement réceptive à la puissance de la grâce, lui conférant une étonnante liberté (notamment par rapport à ses appétits "charnels" fondamentaux) qui n'avait rien "d'hypothétique" ou de "splendide illusion".

Je vous l'accorde : tout le monde n'est pas Marthe Robin. Mais chacun est pourvu "d'antennes" appropriées. Si votre discours est tout à fait fondé, il me semble cependant présenter l'inconvénient de nous laisser entendre que nous sommes livrés pieds et poings liés aux puissances infernales, que notre corps est notre pire ennemi... ce qui renvoie un peu à cette question de Rosa que j'interprète comme une boutade : "Paul n'a-t-il pas opéré une greffe de la philosophie platonicienne ?" . Petite fée espérance, où diable es-tu passée ? Dans l'avenir, je le crains...
Vous affirmez qu' "Il n’est ainsi pas question pour nous de conquérir les passions de ce monde en imaginant être capables de les maîtriser, ou de les sanctifier même par grâce, ce serait là une pure folie irresponsable que de soutenir une telle proposition." Mais n'y a-t-il pas "folie irresponsable" plus grande encore ? Celle de ne pas répondre des grâces reçues. Et cela, ce n'est ni interchangeable ni communicable dans son essence...

Ecrit par : MDT | jeudi, 06 mars 2008

Bonjour,

Ce qui me dérange ici est cette mise au diapason des gens qui auraient la santé... non pas la santé, pour le faire - le fameux acte - mais pour tout faire. Y compris penser.

Considérant qu'à la guerre, au marché, au travail, à nos activités, au bien comme au mal, nous essayons, fatiguons, vieillissons et pour certains, hantons : serait-il donc jamais possible, que nous réussissions ?

Oui, tout cela me fait bien l'effet d'un constat d'échec - par l'anticipation... Réunir la chair et l'esprit dans un seul corps... pourtant un joli programme - ça !

Ecrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 06 mars 2008

Eremo, c'est d'une redoutable lucidité ce que vous écrivez :

"La «chair» qui fut terrassée par Satan, et restée l'alliée le plus ardent de ce même Satan. La chute a fait l’homme le complice aussi bien que la victime de cet adversaire..."


Que nous reste-t-il comme moyen dans ce cas de sortir du piège ?

Ecrit par : Hadrien | jeudi, 06 mars 2008

Nos érudits pourraient-ils répondre à Rosa, c'est un domaine qui m'intérresse aussi?!

Ecrit par : Marcia | jeudi, 06 mars 2008

Mon cher MDT, j’apprécie votre souhait de faire de Dieu « un Sujet de foi, d'espérance et de charité dans l'adoration », belles paroles en vérité, faisant que je vous réponds uniquement sur la base de la foi évoquée, en évitant avec vous l’argumentaire scolastique un peu sévère et volontiers tranchant à propos de la grâce et de ses maigres effets sur l’humaine nature.

Voyez-vous, je pense qu’un point fait réellement immensément défaut dans les raisonnements de l’actuelle théologie, c’est l’oubli total que la Croix de Christ est au centre de l’histoire du temps et de l’éternité.

Elle a toujours été dans les pensées de Dieu : si Jésus-Christ était «l’Agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde» (1 Pierre 1:19), alors c’est vers la Croix que Dieu avait regardé, dès les premiers holocaustes ; c’est grâce à elle qu’il avait pu pardonner à ceux qui se repentaient, déjà bien avant la venue du Christ sur la terre. Et, plus sublime encore, c’est vers elle que les regards des rachetés seront tournés durant l’éternité (Apoc. 5:6).

Aussi la crucifixion de Jésus est-elle le thème central de la prédication de l’évangile : «Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié», dit l’apôtre Paul (1 Cor. 2:2). Et si «la parole de la Croix est folie pour ceux qui périssent», pour nous qui obtenons le salut, elle est «la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Cor. 1:18, 24).

La Croix — l’oeuvre accomplie par Christ à la Croix — est le fondement de notre salut ; aucun vrai chrétien ne peut en douter.

Mais avons-nous réalisé qu’elle est aussi le fondement de notre vie chrétienne pratique ?

Dans chacun des trois premiers évangiles, nous assistons au développement progressif de l’hostilité des Juifs contre le Seigneur Jésus. Le moment arrive où Jésus se met à parler ouvertement à ses disciples de son rejet par les chefs de la nation, de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Et immédiatement après, dans les trois évangiles, le Seigneur Jésus parle d’une croix. Il ne dit pas explicitement qu’il sera cloué sur une croix, mais il déclare : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera» (Matt. 16:24, 25 ; voir aussi Marc 8:34, 35 et Luc 9:23). Dans le troisième évangile, le Seigneur dit même : «qu’il prenne sa croix chaque jour».

Le Seigneur adresse des paroles semblables au jeune homme riche : «Viens, suis-moi, ayant chargé la croix» (Marc 10:21). Plus tard, alors que «de grandes foules allaient avec lui» il se tourne vers elles et leur dit : «Quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple» (Luc 14:27). Et à une autre occasion encore, nous l’entendons dire : «Celui qui ne prend pas sa croix et ne vient pas après moi, n’est pas digne de moi» (Matt. 10:38).

Ce sont des paroles extrêmement fortes. Le Seigneur utilise ici un langage figuré, comme souvent ailleurs. Que veut-il donc nous dire, lorsqu’il nous demande de façon si pressante de porter notre croix et de le suivre ?

Le monde chrétien a gravement dévalorisé ces paroles. On entend dire : chacun a sa part de souffrances, chacun doit porter sa croix ! Mais ce n’est pas du tout ce que le Seigneur veut dire. Il fait sans aucun doute allusion à la Croix qu’il devra porter et sur laquelle il sera cloué. Nous savons en effet qu’à l’issue du procès où il a été condamné à mort, «il sortit portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du crâne, … où ils le crucifièrent» (Jean 19:17).

Quel spectacle que celui d’un homme portant sa croix ! Celui qui marchait ainsi était publiquement couvert de honte. Voilà un crucifié ! pouvait-on dire. C’était un homme voué à la mort, à la mort honteuse de la Croix.

Et le Seigneur nous appelle tous à le suivre dans un tel chemin !

L’homme naturel est esclave, même s’il prône sa liberté et son indépendance de Dieu. Il est esclave du péché et de Satan (Jean 8:34 ; Rom. 6:6, 12, 17 ; Héb. 2:15). Il est asservi à ses propres convoitises, et à travers elles, au diable lui-même. Le salut que Dieu nous offre n’est pas seulement le pardon des péchés que nous avons commis et l’assurance d’une félicité éternelle dans sa présence, c’est la délivrance de l’esclavage actuel du péché.

Cette délivrance est fondée sur notre mort avec le Christ. Ce que nous étions par nature, comme hommes pécheurs, a été cloué à la Croix pour le Royaume. Le vieil homme ne méritait pas autre chose que le jugement de Dieu. Ce jugement ayant été exécuté, nous sommes devant Dieu dans une toute nouvelle condition : nous sommes en Christ, et ainsi agréables à Dieu. De plus, la crucifixion du vieil homme nous libère de la domination du péché. «Notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché» (Rom. 6:6). «Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises» (Gal. 5:24).

Un certain courant de pensées a contesté le bien-fondé des principes identifiant le mal aux puissances attractives et concupiscibles dans le croyant, est la saine vision théologique en est actuellement très fortement atténuée, pour ne pas dire réduite à néant. La chair, a-t-on dit, n’est autre que de vieilles habitudes, de mauvais plis, des petits défauts sans importance..

Les conséquences d’un tel enseignement sont graves.

Lorsque nous avons péché, nous avons à confesser nos manquements devant Dieu, à nous juger nous-mêmes devant lui. Or pour que ce jugement soit vraiment réel et profond, il doit porter non seulement sur les actes commis, mais sur la source dont ils proviennent. Minimiser le caractère de celle-ci conduit à ne pas se juger soi-même avec le sérieux nécessaire. Il faut se souvenir que ce n’est jamais un avantage de sous-estimer la force d’un ennemi. Selon les Écritures, notre ennemi intérieur, la chair, est beaucoup plus que de vieilles habitudes. «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas» (Rom. 8:7).

Aussi longtemps que nous serons dans nos corps mortels, nous aurons à faire à un tel ennemi. Bien connaître son caractère pervers et ses ruses nous est indispensable. Et le salut actuel que Dieu a préparé pour nous contient toutes les ressources dont nous avons besoin pour être des vainqueurs, MDT, Hadrien et Marcia. Apprenons donc à les connaître et à les utiliser, dans la défiance de nous-mêmes et dans une entière confiance en Dieu.

Ecrit par : Eremo | jeudi, 06 mars 2008

Diantre!! Etes-vous au courant de cette conférence de Fabrice Hadjadj et Philippe Sollers: Pour une mystique de la chair ?

Zak! il faut absolument que vous soyez là!







À propos de leurs derniers livres respectifs :

La profondeur des sexes (Seuil, 2008) et Guerres secrètes (Carnets Nord, 2007).



Philippe Sollers évoque le « surgissement catholique appelé baroque. Quelques noms : Michel Ange, Bernin, Titien, avec comme une poussée physique où, comme par hasard, nous retrouvons beaucoup de corps de femmes, et la négation de tout esprit de séparation entre la chair et l’esprit. La vérité dans la chair et l’esprit, “dans une âme et un corps”, c’est cela qu’il nous faut comprendre avec la musique, comme guerre secrète, contre ce qui ne veut pas que cela puisse s’incarner ».


Et si notre époque d’hypersexualisation était une époque de haine du sexe, de sa signification et de ses mystères ? « Comme à ses premiers siècles, le christianisme se retrouve alors aujourd’hui dans la situation singulière d’avoir à chanter la gloire du corps, la spiritualité de la chair, et à lui redonner sa dimension spirituelle. »



Jeudi 27 mars à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole ou 270 rue Saint-Jacques
75005 PARIS
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Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91



http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#more

Ecrit par : Maurice | mercredi, 12 mars 2008

" Le sens de l’érotisme échappe à quiconque n’en voit pas le sens religieux. Réciproquement, le sens des religions échappe à quiconque néglige le lien qu’il présente avec l’érotisme.

Ecrit par : "Georges Bataille" | jeudi, 13 mars 2008

C'est fou ce que la quête spirituelle cache comme misérable complaisance à l'égard des émotions et des fièvres de la chair! Mieux vaut un bon baiseur décomplexé qui ne cherche pas à se trouver des justifications pour lutinage.
Ceci dit, se déplacer pour écouter les Docteurs Leleu?!
Autant relire les commentaires sur la note "les ignobles vérités du bouddhisme" ce sera plus profitable!
A moins que zak confirme sa venue!

Ecrit par : Enzo | jeudi, 13 mars 2008

Risible et grotesque accouplement assurément, que ce débat organisé entre le libertin jouisseur ex-maoïste, ex-sadien, ex-féministe, aujourd’hui, après être passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, prétendument catholique romain esthétiquement papiste, soit le nullissime ultra narcissique Philippe Sollers, et le niaisement libidineux fraîchement converti, pâmé devant les râles désirants de la création, la référence bigote des revues conciliaires, sa préciosité incarnée, enivrée par ses extases vaginales, à savoir le Doc Gynéco des sacristies, Fabrice Hadjadj - pour tout vous dire, et puisque l'on me pose la question, franchement non ! je ne me déplacerai pas, même si l'entrée est gratuite, pour assister à cette ridicule saillie !

Tout cela respire à plein nez la puante satisfaction littéraire des émotions pseudo-philosophiques à l’indigente théologie, d’ailleurs acquises à peu de frais, et ne mérite pas que l’on y prête beaucoup d’attention et que l'on vienne y perdre son temps, si ce n’est pour constater l’énorme et impressionnante dérive de tout un courant de la catholicité vers les pires sornettes doctrinales, et son étrange fascination maladive pour les minables bredouillis des indigents polygraphes à la mode pour peu qu’il se déclarent cathos.
C’est d'ailleurs une telle lucrative rente aujourd’hui du point de vue littéraire, que l’on peut remarquer une authentique épidémie de conversions en tous genres chez les éditeurs parisiens, dont les deux guignols susnommés, Sollers et Hadjadj, sont des modèles comiques assez représentatifs.

Ce qu’oublient ces clownesques spécialistes de la levrette indienne et du tourniquet japonais en versions latines, c’est que la pimpante rhétorique de l’orgasme s’évertue toujours à dissimuler que la pulsion sexuelle nourrit en son sein quelque chose qui résiste à la satisfaction ; s’adonner fiévreusement à la sexualité et se livrer, non seulement à la louange active, mais également à la pratique effrénée des ébats reproductifs, dans ou hors du mariage, avec ou sans justifications sacrales, revient inévitablement à subir l’épreuve du désenchantement.

Il en est du plaisir comme de l’argent : on trime beaucoup pour en gagner peu – et, comme toujours, on dépense tout pour ne jouir de rien !

Ecrit par : Zak | jeudi, 13 mars 2008

HE HE! Pour bien réussir sa mort il faut passer par certaines voies...

Ecrit par : Mi Carême | jeudi, 13 mars 2008

Je suis mère de famille et je considère qu'il y a quelque chose qui touche à la profonde et véritable indécence de parler de mystique de la chair!

Comme le disait Fr.Gérard "Dans un monde en proie à un optimisme de commande, les mères sont les premières à être témoin du caractère tragique de la condition humaine".

Comment expliquer aux enfants qui souffrent, qui ont faim, comment dire à Chantal Sébire (puisque l'actuallité nous permet de citer son nom), comment lui dire :

"la situation singulière d’avoir à chanter la gloire du corps, la spiritualité de la chair, et à lui redonner sa dimension spirituelle. »
Si elle doit redonner sa dimension spirituelle à son corps c'est en acceptant de faire une place au Christ !
Comment lui dire les choses autrement!

Je suis particulièremment étonnée ici (où ailleurs) par le silence assourdissant des catholiques; la lecture quotidienne de la bible ne nous enseigne t'elle pas que " le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix"

Sont- ils (les catholiques) à ce point dans le monde, pour avoir si peur de combattre cette pernicieuse idéologie qui envahit l'ensemble de notre société!

Que penserait le Christ de tout ceci!?:


Laissons-les: ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.

Ecrit par : Chantal | jeudi, 13 mars 2008

"Étrange fascination maladive pour les minables bredouillis des indigents polygraphes à la mode pour peu qu’il se déclarent cathos." ? "Une authentique épidémie de conversions en tous genres chez les éditeurs parisiens" ? (Zak)
Ma foi, de quoi nous plaignons-nous ? Si le label "catho" est en passe de devenir tendance dans les cercles où l'on s'y attend le moins, ne boudons pas notre plaisir ! Et puis, l'Esprit ne souffle-t-Il pas où Il veut ? Tâchons d'être un peu plus indulgents à l'égard de ceux qui nous apparaissent comme des "clownesques spécialistes" : ils reviennent parfois de loin, ont goûté à tout et à son contraire (c'est plus joli de parler de "toutes les couleurs de l’arc-en-ciel" !). Certes, ce terrain est propice à avaler "les pires sornettes doctrinales".
Mais des sornettes du même acabit ont été également avalées -voire mal digérées- en d'autres terrains : pas sûr qu'elles obtiennent le même accueil ici. (Les paillettes de circonstance sont plus souvent qu'on ne croit des cache-misères dont on ne se vante pas nécessairement au cours d'une conférence...) Mais cet accueil ne concerne pas QUE le "nouveau venu" : il vient aussi d'en face, de chez les plus "anciens". Pas sûr non plus que l'énumération un tantinet ironique de noms d'oiseaux soit de nature à nourrir l'enthousiasme des aventuriers à retirer leurs anciennes plumes !... Aussi sulfureux puisse-t-il être, le passé d'un homme doit-il le suivre jusqu'à la tombe, gravé dans un marbre de même nature qu'une stèle funéraire ? Faut-il attendre d'être en-dessous pour s'ouvrir à une possible rédemption ? Si l'exploration des voies du doute n'a pas tenu ses promesses, ce n'est là que justice immanente : alors, accordons au moins le bénéfice de ce doute !

"L’oubli total que la Croix de Christ est au centre de l’histoire du temps et de l’éternité." ? (Eremo) La Semaine sainte approche, qui va recentrer cette histoire.
"Chacun a sa part de souffrances, chacun doit porter sa croix ! Mais ce n’est pas du tout ce que le Seigneur veut dire." (toujours Eremo) Pas du tout ? Pourquoi pas ? Vous citez vous-même l'Évangile qui affirme le contraire ! ("«Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera» (Matt. 16:24, 25 ; voir aussi Marc 8:34, 35 et Luc 9:23). Dans le troisième évangile, le Seigneur dit même : «qu’il prenne sa croix chaque jour».") Si la Croix du Christ est bien "au centre de l’histoire du temps et de l’éternité", (ce qu'elle est, à Dieu ne plaise), alors elle est effectivement au centre de NOTRE histoire puisque nous sommes incarnés dans le temps et appelés à l'éternité. On peut certes l'oublier de temps à autre (ne serait-ce que parce que nous ne cultivons a priori pas un goût effréné pour la souffrance !), mais il est difficile de l'oublier "totalement" ! La vie ne se charge-t-elle pas plus souvent qu'à l'ordinaire de nous rappeler qu'elle n'est pas qu'un long fleuve tranquille sommé de charrier nos douces utopies ?
La Croix n'est d'ailleurs pas QUE le symbole de la souffrance, Dieu merci. À ses pieds, nos petites querelles intestines avalisant la prédominance de la chair sur l'esprit pour les uns et la priorité inverse pour les autres s'effacent devant le symbole du Don total... incluant par conséquent le pardon : "Pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font..." Et ils ne savent pas ce qu'ils font, précisément parce qu'ils n'ont de la croix qu'une vision partielle : l'aspect horizontal... ou l'aspect vertical. C'est presque une lapalissade que d'énoncer cette platitude : il n'est de croix que de croisement ! En l'occurence, la rencontre au sommet -du Golgotha- de l'esprit dans l'éternité (le vertical) et de la chair dans le temps (l'horizontal). C'est vrai : " le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix" (Chantal). Ces deux désirs coexistent sur la Croix, mais le plus étonnant n'est pas là : ils sont INVERSÉS. Dans sa chair, le Christ ne désirait certainement pas mourir. Lui qui est Vie et Paix, dans son esprit Il a voulu mourir par obéissance ("Que Ta volonté soit faite, et non la mienne"), pour le salut de tous.

Après la Croix, peut-on encore affirmer qu'il "y a quelque chose qui touche à la profonde et véritable indécence de parler de mystique de la chair " ? Si la chair elle-même ne participe pas peu ou prou à quelque évocation mystique, alors pourquoi Dieu l'a-t-il créée ? Pourquoi ne sommes-nous pas des anges ?
Sans la chair, QUE SIGNIFIE alors la Croix ? Il est à craindre qu'elle ne soit plus qu'un absurde crucifix : moins un objet de piété qu'une sorte de grigri sacré. "Le caractère tragique de la condition humaine" susciterait davantage de pessimisme que d'optimisme... fût-il "de commande" ! Alors oui, la Croix du Christ se concentrerait sur l'éternité pour se décentrer de l’histoire du temps. C'était bien la peine de s'incarner !...

Ecrit par : MDT | vendredi, 14 mars 2008

A l'heure de "l’Oréal c’est parce que moi aussi je le vaut bien",
le calvaire de Madame Chantal Sébire résonne étrangement, comme une claque, au sein de cette vallée peuplée d'humains ( ?) avec prothèses, silliconés, lyposucés, blépharoplastiés, lifting (isés) , rhinoplastiés...

Enfin, un Visage! Un Visage qui nous parle, qui nous appelle, qui perce notre coeur, qui nous donne envie de courir vers Lui pour soutenir, aimer!

Ecrit par : Tristan M | vendredi, 14 mars 2008

Vous êtes bien gentil MDT, et j’ai même, sachez-le, quelques scrupules à vous tancer car votre raisonnement s’appuie sur de bon sentiments chrétiens. Mais les bons sentiments, en la circonstance, font de la très mauvaise théologie.

Par ailleurs, il est clair, à ce rythme de complaisances réitérées, que votre naïveté vous perdra si vous n’y prenez garde, vous conduisant, tôt ou tard, à vous faire le complice actif des pires sottises.


En effet, vous écrivez :

- « Ma foi, de quoi nous plaignons-nous ? Si le label "catho" est en passe de devenir tendance dans les cercles où l'on s'y attend le moins, ne boudons pas notre plaisir ! Et puis, l'Esprit ne souffle-t-Il pas où Il veut ? Tâchons d'être un peu plus indulgents à l'égard de ceux qui nous apparaissent comme des "clownesques spécialistes" »

Hélas non ! cette vague est grosse d’un danger que vous n’entrevoyez pas, à savoir réduire à de la camelote pour magazine branchés les fondements de la foi.

Qu’un rigolo ventripotent de l’espèce la plus arriviste comme l’est le libidineux jouisseur Sollers, vienne aujourd’hui se draper dans les plis du catholicisme pour faire vendre son insipide prose à l’approximative ponctuation, tout en affirmant, toutes les deux pages, qu’il rejette le christianisme et que c’est précisément pour cela qu’il aime Rome et la papauté, est non seulement inadmissible théologiquement, mais le laisser dire de pareilles choses en « ne boudant pas notre plaisir » (sic !), est une indignité sur le plan spirituel, mais de plus un risque majeur su point de vue religieux.

La tartufe conversion de ce ridicule pantin sent le coup médiatique à plein nez, on y décèle aisément une nouvelle posture parfaitement factuelle, qu’il jettera aussitôt après l’avoir usée, qu’il a aujourd’hui trouvée pour s’amuser et continuer à utiliser l’attention qu’on veut bien lui porter, tout cela pour servir une seule fin, à savoir : amuser la galerie et faire parler de lui.

Voici ce que la vomitive enflure, qui vous émeut par ce qu’elle revient de loin pour aller nulle part, écrit :

- « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)

Vous rajoutez :

- « Aussi sulfureux puisse-t-il être, le passé d'un homme doit-il le suivre jusqu'à la tombe, gravé dans un marbre de même nature qu'une stèle funéraire ? »

La question n’est pas là MDT, mais de savoir si le discours tenu à présent est crédible ou pas.


Vous poursuivez :

- « Faut-il attendre d'être en-dessous pour s'ouvrir à une possible rédemption ? Si l'exploration des voies du doute n'a pas tenu ses promesses, ce n'est là que justice immanente : alors, accordons au moins le bénéfice de ce doute ! »

Mais de quoi voulez-vous douter chez un personnage qui déclare rien moins ne pas être croyant et rejeter le christianisme au non de son athéisme sexuel !

Lisez plutôt :

Vous parlez d’expériences esthétiques ou de la dimension culturelle du catholicisme, mais vous considérez-vous comme croyant ?

Il est certain que j’ai un rapport personnel à la transcendance et au sacré, mais de là à dire que je suis croyant… Je ne sais pas. Le côté « ecclésiastique » du mot ne me convient pas.
Je suis un athée sexuel. Je ne suis pas dans l’illusion de croire que l’on continuerait à réciter quelque chose de religieux pour éviter l’activité sexuelle.
(Le Monde des Religions, mai-juin 2006, n°17.)


Inutile de poursuivre me semble t-il, tant tout cela est grotesque et minable, voire profondément puant !

Le plus énorme est de voir des pans entiers de la bonne pensée catho s’enflammer pour ce genre d’immonde pantalonnade, dont le prochain grotesque épisode annoncé ici-même de ces partouzes narcissiques est, précisément, le prétendu débat qui réunira sa grâce faisandée Sollers avec le Doc Gynéco des sacristies, Hadjadj, qui après avoir raté la gloire littéraire en nous expliquant "comment réussir sa mort", cherche à nous expliquer maintenant comment s’y prendre pour baiser chrétiennement.


Dommage que le ridicule ne tue plus de nos jours !

Ecrit par : Zak | vendredi, 14 mars 2008

A-t-il jamais tué, d'ailleurs ? Si tel était le cas, qui pourrait en réchapper ? Moi le premier, du reste : n'ai-je pas furieusement donné l'impression d'être de ces représentants "de la bonne pensée catho" qui s'enflamment au quart de tour ? "Complaisance" plus "naïveté" égalent "complicité" : si vous avez tout à fait raison sur cette arithmétique, permettez que je me dérobe vertement sur ses composants... qui représentent tout ce dont j'ai parfaitement horreur ! Ceci nécessite à n'en pas douter une sereine mise au point.

Oserais-je vous l'avouer, Zak ? JE N'AI PAS LU la prose de Mr Sollers et consorts. (Les aperçus que vous m'en soumettez -et que l'on retrouve sur la dernière note publiée sur ce blog- ne sont d'ailleurs guère de nature à me précipiter chez mon libraire !) Mon précédent post n'était donc pas établi sur la foi de ses écrits... mais en fonction des diverses réactions à ces écrits. Dont les vôtres, bien entendu. Il s'agissait donc moins d'un commentaire que d'un commentaire de commentaires : je ne saurais commenter ce dont je n'ai pas connaissance... et ce qui, a fortiori, ne saurait "m'émouvoir" dans un sens ou dans un autre !

Cela dit, vous avez bien agi en faisant taire vos "scrupules à me tancer" : je reconnais que les propos que je tenais ce vendredi prêtent à ambiguïté, laissant entendre que je cautionne benoîtement des déclarations dont je conviens avec vous sans arrière-pensées qu'elles relèvent "des pires sottises". Sur bien des points effectivement "inadmissibles théologiquement", je vous rassure immédiatement : je boude mon plaisir !

Au risque de vous apparaître cette fois comme le chien qui ronge son os jusqu'à la moelle, je maintiens QUAND MÊME la validité de mon précédent post sur le fond. Naturellement, j'apporte un bémol quant à la forme... temporelle. Aujourd'hui, admettons tout ce que vous voulez : conversion de tartuffe, immonde pantalonnade, jouissance libidineuse, (im)posture factuelle, opportunisme médiatique et j'en passe. AUJOURD'HUI, la question n'est pas "de savoir si le discours tenu à présent est crédible ou pas" : IL NE L'EST PAS ; et si j'ai pu faire croire à quiconque que je cautionnais un tel discours, je bats ma coulpe.
Aujourd'hui... mais demain ? Hier, nous avions saint Paul : avant-hier, Saül. Il existe un abîme entre les deux ; pourtant, il s'agit du MÊME homme...
Aujourd'hui, il n'y a pas photo : j'ai plus de bonheur à parcourir l'épître aux Corinthiens qu'"une vie divine". (Les quelques extraits publiés ici me suffisent amplement !...)
"Mais de quoi voulez-vous douter chez ce personnage ?" me demandez-vous. De son PRÉSENT, de tout... et ma foi, vous n'y avez pas peu contribué ! De son avenir, de tout également. Mais pas nécessairement dans le même sens : j'ai encore la faiblesse de croire que l'avenir n'étant pas présent, il n'est pas encore écrit. (C'est bête comme chou, mais extrêmement libérant !) Alors, que la posture du bonhomme soit maintenant factuelle, bien sûr. En revanche, "qu'elle sera jetée aussitôt après l’avoir usée", peut-être... mais peut-être pas. C'est sur ce point que je propose le bénéfice du doute. Jouer avec les choses de la foi n'est pas sans risques, et le Père de cette foi aime de temps en temps à prendre au mot ces joueurs peu vertueux : s'Il a eu un Saül, ce n'est pas du menu fretin tel que du bobo parisien qui va l'arrêter...

Alors... à suivre ?

Ecrit par : MDT | samedi, 15 mars 2008

"Jouis de la femme de ta jeunesse, biche amoureuse et gracieuse gazelle. Que ses seins te comblent en tout temps. Enivre-toi toujours de son amour. Pourquoi t'enivrerais-tu, mon fils, d'une dévergondée et embrasserais-tu le sein d'une étrangère ?" (Proverbes ch.5 v.18-20)

"Si un homme est nouvellement marié, il ne partira pas à l'armée ; on ne viendra chez lui pour aucune affaire ; il sera exempté de tout pour être à la maison pendant un an et il fera la joie de la femme qu'il a épousée » (Deutéronome ch.24 v.5)

"Qu'il me baise des baisers de sa bouche, car ses caresses sont meilleures que du vin... que sa main gauche soit sous ma tête et que sa droite m'embrasse..." (Cantique des cantiques)

"Ne vous refusez pas l'un à l'autre (mari et femme), sauf d'un commun accord et temporairement, afin de vous consacrer à la prière » (I Corinthiens ch.7 v.5)

Ecrit par : Nebo | lundi, 17 mars 2008

Vous êtes amusant Nebo d’aller chercher vos références contextuelles sur les sites évangélistes qui, faute de posséder une solide culture théologique, ont en général une vision assez complaisante de la sexualité afin de flatter leurs ouailles dont le rapport à l’Evangile est des plus utilitariste [http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=171&n1=1&n2=3&n3=0], ou, pire encore, de mettre en exergue certains versets ou passages de manière à justifier la pleine liberté sexuelle, méthode qui est également l’exercice favori de qui ? des musulmans ! pour montrer le caractère non sacré du texte biblique et la supériorité sur elle, en autorité, pureté et perfection du Coran ! [ http://fr.youtube.com/watch?v=CauC2n2JXEI&feature=related].

Ainsi donc vous m’excusez, mais pour l’instant il me semble encore préférable de se tourner, en tant qu’orthodoxes ou catholiques, vers les Pères de l’Eglise si nous voulons en savoir un peu sur la façon dont il nous faut comprendre l’Ecriture Sainte, et je ne vous cache pas que je vous abandonne volontiers Billy Graham et ses amis en ces domaines – Yeah ! Amen ! ou les divers Imams et leurs prêches ridicules.

Or, il apparaît évident, en approfondissant l'étude sérieuse de la Bible, qu’on découvre aisément, derrière l’élément humain sur le plan scripturaire qui transparaît dans les versets que vous citez, l’importance de mettre en avant le double sens de l'exégèse littérale, c'est-à-dire faire ressortir le sens naturel -celui qu'entendent les auteurs divins et humains - ce que l’on nomme le sens littéral prophétique -et le sens «historique » nu, accompli en la personne et l’œuvre de Jésus-Christ qui traverse l’ensemble des livres bibliques et qu’on décèle déjà dans les premiers versets si on est attentif au texte, qui dévoile les secrets du coeur humain et met à nu son état, et qui, en même temps, place à découvert devant lui les choses invisibles, - « un livre, comme dit justement un traducteur du texte sacré, qui commence au point où le passé touche à l’éternité, et qui nous conduit, par le développement et la solution de toutes les questions morales, au but où l’avenir se perd dans l’éternité selon Dieu ».

De la sorte, les principes herméneutiques qui allaient caractériser l'exégèse et la prédication des Pères d’Orient ou d’Occident, ne doivent jamais être oubliés, sous peine de puiser dans quelques phrases et leur faire tenir un rôle qui n’est pas le leur du point de l’intelligence spirituelle générale de la Bible. C’est pourquoi, pour revenir à la question de cette note, je crois plus que nécessaire de se laisser instruire par cette vérité essentielle résumée par Grégoire de Nysse en une courte phrase : « Nous sommes devenus chair et sang par le péché » (Grégoire de Nysse Hom. Op. 22, 205, A).

Et si vous appréciez l’atrabilaire Léon Bloy, je dois dire que j’éprouve tout comme lui, une grande stupéfaction devant le triste spectacle offert par le christianisme moderne :

« Dix-neuf siècles accomplis de christianisme, autant dire une centaine de générations arrosées du Sang du Christ ! Et pour quel résultat ? Le vingtième [et unième] siècle peut se le demander avec stupeur. La réalité apparente, c’est l’insuccès de Dieu sur la terre, la faillite de la Rédemption. Les résultats visibles sont tellement épouvantables d’insignifiance et le deviennent tellement plus, chaque jour, qu’on se demande avec folie si le Sauveur n’a pas abdiqué. « Quae utilitas in sanguine meo, dum descendo in corruptionem ? » La voilà bien, l’Agonie du Jardin, telle que l’ont vue des extatiques ! Ah ! c’était bien la peine de tant saigner et de tant gémir, de recevoir tant de soufflets, tant de crachats, tant de coups de fouet, d’être si affreusement crucifié ! C’était bien la peine d’être Fils de Dieu et de mourir fils de l’homme pour aboutir, après [vingt et un] siècles piétinés par tous les démons, au catholicisme actuel ! »
(Léon Bloy, Celle qui pleure)


Et puisque vous aimez les Ecritures, je porte votre méditation, et celles des habitués de ce blog, vers les passages suivants :

« Ce sont des fontaines sans eau et des nuages poussés par un tourbillon ; l’obscurité des ténèbres leur est réservée. Avec des discours gonflés de vide, ils allèchent, par les désirs charnels, par les débauches, ceux qui venaient à peine de fuir les gens qui passent leur vie dans l’égarement. Ils leur promettent la liberté, mais ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car on est esclave de ce qui vous domine. »
(2ème Epître de Pierre 2,18)


5,27 "Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu ne commettras pas l'adultère.

5,28 Eh bien! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son coeur, l'adultère avec elle. "

19,10 Les disciples lui disent : "Si telle est la condition de l'homme envers la femme, il n'est pas expédient de se marier."

19,11 Il leur dit : "Tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là à qui c'est donné.

19,12 Il y a, en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l'action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu'il comprenne!"

(Evangile de Matthieu)

Ecrit par : Zak | lundi, 24 mars 2008

Je n'ai fait que comme vous, Zak, citer des passages bibliques, par contre pour moi, sans aucun autre commentaires... j'ai trouvé des citations bibliques sur un site protestant ? Et alors ? !!!

Voilà ce qui est de taper quelques mots ("femme de ta jeunesse, biche amoureuse") dans Google, ça nous mène vers des lieux insoupçonnés...

Mais j'aimerais bénéficier de vos lumières, Zak, et recevoir des explications dignes de vos sommets théologiques à propos des phrases que j'ai citées...

Pour ce qui est de faire tenir aux phrases un sens autre que celui pour lequel elles ont été conçues, vous vous posez là avec assurance et un sens de l'orgueil certain. Je vous verrais bien aux début du protestantisme, avec tout le puritanisme que celui-ci imposait, précisément au moment où le plafond de la chapelle Sixtine se couvrait de corps splendides et que la chair s'y étalait avec une lascivité évidente. Seriez-vous un Calvin qui s'ignore ? Et puisque vous me comparez au muslims... seriez-vous un salafiste masqué ? Leur puritanisme vaut le vôtre, croyez-moi...

Veuillez m'excuser, Zak, je dois aller vider quelques coupes de vin et empoigner quelques chignons et quelques croupes, pauvre pécheur que je suis, priez pour moi, Dieu est grand et je suis tout petit petit petit... avec un peu de coeur à l'ouvrage de votre part il daignera, peut-être, me pardonner, Haut Juge des affres humaines.

Ecrit par : Nebo | mardi, 25 mars 2008

Vous écrivez Nebo :

« j'aimerais bénéficier de vos lumières, Zak, et recevoir des explications dignes de vos sommets théologiques à propos des phrases que j'ai citées. »

Il me semble vous en avoir donné jusqu’à plus soif des explications à propos de ces sujets depuis quelques temps, mais puisque vous y tenez une petite dernière comme on dit, juste pour la route :

Le mot grec pour “fornication” est « pornéïa ». Il vient de la même racine que le terme moderne “pornographie”. Pornéïa était utilisé aux temps bibliques pour parler de toutes les relations sexuelles déviantes, y compris dans le mariage. Il inclut donc non seulement les relations sexuelles disons « anormales » entre les époux, mais également les relations sexuelles perverties. « Pornéïa » est ainsi “ un vice contre nature’’, comme la sodomie, la fellation, etc.

Voici les références complètes pour vos archives :

• porneia («inconduite sexuelle») :
1 Co 5.1 [2x]; 6.13,18; 7.2; 2 Co 12.21; Ga 5.19; Ep 5.3; Col 3.5; 1Th 4.3;
• porneuô («se livrer à l’inconduite sexuelle») :
1 Co 6.18; 10.18 [2x];
• pornè («prostituée») :
1 Co 6.15-16;
• pornos («l’homme qui se livre à l’inconduite sexuelle») :
1 Co 5.9,10-11; 6.9; Ep 5.5; 1 Tm 1.10;
• moichalis («adultère») :
Rm 7.2 [2x];
• moicheia («péché d’adultère») :
Ga 5.19;
• moicheô («commettre l’adultère») :
Rm 2.22 [2x]; 13.9;
• moichos («homme adultère») :
1 Co 6.9;
• arsenokoitès («homme qui couche avec un homme») :
1 Co 6.9; 1 Tm 1.10;
• malakos («passif») :
1 Co 6.9.



Pourquoi une telle attitude de nette condamnation chez les chrétiens ?

Tous les comportements déviants et luxurieux se retrouvaient déjà largement pratiqués en milieu juif : le livre des Proverbes, Samuel, les Psaumes, le cantique des Cantiques, et même les évangiles, entre autres comme vous le savez pour les avoir cités au détour de certains posts, nous en livrent l’évident témoignage qui est, non pas à imiter comme vous faites semblant de le croire (vous êtes un curieux orthodoxe de ce point de vue ; que vous a donc enseigné votre clergé…), mais sert à nous renseigner sur les passions de la chair.

Toutefois en milieu païen contrairement au milieu juif, hormis le cas d’inceste toujours blâmé, ces pratiques étaient des modes de vie largement acceptés, célébrés et louangés – une sorte de culture du vice, de la chair, de la luxure et du plaisir effréné – un monde où le sens de ce que signifie la sainteté, la pureté, est totalement ignoré, voire méprisé, regardé comme une authentique folie ridicule : c’est pourquoi la « porneia » caractérise la conduite des païens aux yeux de saint Paul et fait l’objet d’une sévère critique par ses soins car c’est une attitude contraire à la loi de l’Evangile pour laquelle le chrétien doit devenir parfait « comme le Père du Ciel est Parfait » – l’idéal mosaïque étant poussé à son maximum dans le premier christianisme (d’où les martyrs et la recherche de la sanctification).

«La volonté de Dieu, écrit-il en 1 Thessaloniciens, c’est votre consécration : abstenez-vous de l’inconduite sexuelle (porneia); ne vous livrez pas aux passions du désir, comme le font les païens qui ne connaissent pas Dieu.» (1 Théssaloniciens 4, 3-5)
Saint Paul précisera d’ailleurs, pour ce faire mieux comprendre des païens : « Nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de "voluptés", vivant dans la méchanceté et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant les uns les autres. » (Tite 3:3).

On peut comprendre facilement que celui qui ne connaît pas le rapport véritable avec la Divinité, ce qui était le cas du monde païen, et pour une bonne part du monde juif hellénisé, il soit aisé d’être esclave de l'hédonisme, car l’homme a été, après la chute, possédé d’un besoin immense de trouver sa satisfaction dans la consommation des sens. Et comme la perspective céleste est devenu une réalité totalement étrangère et inconnue pour lui, il se rabat avec frénésie sur les choses d'en bas, les «idoles» (en grec, eidolos; littéralement: les choses que l'on voit) pour essayer, sans succès, de combler un besoin inné dans son âme auquel seul Dieu peut répondre.

A ce titre, le jugement rigoureux de Paul sur la culture hellénistique de son temps ne paraît pas excessif ou outrancier. Déjà au IVe siècle avant Jésus-Christ, le Pseudo-Démosthène écrivait: «Nous avons les courtisanes en vue du plaisir, les concubines pour nous fournir les soins journaliers, les épouses pour qu’elles nous donnent des enfants.»

De ce fait, du temps de Paul, la « porneia » était largement un mode vie caractéristique du paganisme : c’était dans le mariage et hors mariage que les hommes assouvissaient leur besoin de plaisir sexuel, par des pratiques raffinées qui provoquaient des extases charnelles qui font toujours, après vingt siècles de christianisme, la fortune de la littérature et des magazines érotiques.
La réaction chrétienne fut donc radicale, intransigeante et incompréhensible pour les païens : « 1Jn.2:15 N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui; 16 car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, ne vient point du Père, mais vient du monde. 17 Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. »

Aujourd’hui, comme à la Renaissance, période scandaleuse et indigne, « au moment, comme vous le dites si bien, où le plafond de la chapelle Sixtine [au cœur du Vatican !] se couvrait de corps splendides et que la chair s'y étalait avec une lascivité évidente », à quoi assistons-nous ? à un retour général du paganisme.
Désolé, mais pour moi cela est un grave danger aux conséquences redoutables sur le plan théologique – celui où je me place quitte à passer à vos yeux pour un Calvin revividus – vous pouvez de la sorte « empoigner quelques chignons et quelques croupes » autant qu’il vous plaira Nebo, le problème est de savoir si nous devons admettre, en tant que chrétiens, comme un bienfait sur le plan spirituel cette réintroduction des valeurs païennes à la simple raison de faire une place à la satisfaction personnelle de nos désirs et soulager nos appétits charnels d’une triste banalité (quoi de plus répandu que de trouver sa satisfaction en se mettant sur le bout de la queue quelques belles croupes attirantes – rien de très original depuis la nuit des temps…), ou au contraire proclamer avec force en s’opposant aux corrupteurs de la foi, qu’en tant que disciples du Christ, nous ne sommes nés « ni du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu ». (Jean 1, 13).

Vous voyez donc que je ne suis pas très disposé à applaudir des deux mains aux jouissances esthétiques de Sollers qui déclare follement : « Je propose de rompre avec le christianisme, ce concept protestant. En tant que catholique, je ne sais ce qu’est le christianisme. » (Ligne de Risque, n° 23, nov. 2007, p. 26), sachant où cela mènera les idiots qui se seront laissé abuser par de tels propos proprement hérétiques, à savoir aux pires égarements théologiques qui renforceront et l’Islam et l’évangélisme étasunien, ou à me renverser devant les extases sexuelles à l’évident sensualisme non-chrétien de tel ou tel plumitif à la mode dans les sacristies actuelles.

Quant au reste, votre déclaration aurait tendance à vous rendre plutôt sympathique à mes yeux : « pauvre pécheur que je suis, priez pour moi, Dieu est grand et je suis tout petit petit petit... avec un peu de coeur à l'ouvrage de votre part il daignera, peut-être, me pardonner, Haut Juge des affres humaines », et je ferai donc de mon mieux selon votre voeux, c’est promis mon vieux, mais je vous rappelle tout de même, avec le grand Augustin cette sentence significative :

« Si Dieu t’a créé sans toi, il ne te sauvera pas sans toi »…

Ecrit par : Zak | mardi, 25 mars 2008

Encore une fois... vous me citez des exemples en dehors du mariage, Zak. Les rapports sexuels entre homme et femme mariés sont sanctifiés par Dieu, Zak, ne vous en déplaise... et pas seulement pour procréer... ne vous en déplaise aussi.

Après... mes excès je les assume... Solaires, ils m'apportent bien plus de joie que vous ne l'imaginez... mais ceci est une autre histoire et un autre débat qui n'aura pas lieu.

Bien à Vous...

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Ecrit par : Nebo | mardi, 25 mars 2008

Zak,

"le problème est de savoir si nous devons admettre, en tant que chrétiens, comme un bienfait sur le plan spirituel cette réintroduction des valeurs païennes à la simple raison de faire une place à la satisfaction personnelle de nos désirs et soulager nos appétits charnels",

Réintroduction ? Ou première introduction - s'agissant du chrétien dans son christianisme ?


« Si Dieu t’a créé sans toi, il ne te sauvera pas sans toi »…

Dieu... ou sa logique.

Ecrit par : Marie Gabrielle | mardi, 25 mars 2008

Lisez bien et mieux ; les déviances de la chair signalées par Paul, sont évidemment regardées comme coupables car commises hors du mariage, mais aussi tout aussi fermement condamnées lorsque présentes dans le mariage Nebo !

L’union des époux est sacrée certes, sanctifiée par Dieu, mais non la racine de corruption et de concupiscence, enracinée depuis la faute originelle, qui est identique en chaque être, fut-il marié ou non, racine que le mariage ne transforme pas par magie comme nous le savons.

Ceci s’explique aisément car après la chute, l’homme et la femme, enfermés dans des corps grossiers qui se firent de plus en plus charnels (Genèse 3), furent soumis à une loi qui est une tendance indéracinable à la sensualité. Ainsi Saint Augustin signale que l’acte du mariage, c’est-à-dire pour être concret l’union charnelle, devient criminelle et péché mortel, quand c’est, et c'est souvent le cas, « une furieuse passion désirante qui en est le principe », qu’on y met « toute son affection, son bonheur, sa félicité, qu’on préfère son plaisir à son Dieu et à son salut ».

C’est pourquoi, poursuit-il, « l’Ecriture nous apprend que les sept époux de Sara furent étouffés par le démon, en punition de la passion infâme qui les inspirait dans l’usage du mariage. »

Le mariage rend donc saint celui qui travaille à sa sanctification, mais ne transforme pas et ne rend pas pures les ardeurs malsaines du corps qui peuvent même trouver un puissant terrain de développement corrupteur dans l'usage déréglés des sens qu'offre l'union conjugale - dès lors je me répète : "Pornéïa" est utilisé dans les Ecritures pour parler de toutes les relations sexuelles déviantes, y compris dans le mariage !

Ecrit par : Zak | mardi, 25 mars 2008

Zak,

" Ainsi Saint Augustin signale que l’acte du mariage, c’est-à-dire pour être concret l’union charnelle, devient criminelle et péché mortel, quand c’est, et c'est souvent le cas, « une furieuse passion désirante qui en est le principe », qu’on y met « toute son affection, son bonheur, sa félicité, qu’on préfère son plaisir à son Dieu et à son salut »."

J'entends comme vous. L'affaire est de principe - ici ce qui est dit, en principe se vit, de manière volontaire et volontariste (paralysante ?) - je l'imagine bien.

Toutefois, les mêmes paroles - ou descriptions d'un état de l'âme, ici pour demeurer précis - exprimant la même conséquence d'un principe à se confier à et en son Dieu, s'entendraient alors autrement. Car la passion EST "dévorante" - réclamant qu'on y mette "toute son affection, son bonheur, sa félicité, y préférant son plaisir" pour un salut.

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

Je n'avais pas fini... car le principe est nous-même - PAR principe... et c'est ici que le bas se pourrait blesser...

Je laisse à d'autres le soin de développer ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

Selon moi, la seule question posée était celle de la fidélité : niveaux - façon, puisque c'est tentés par la grâce que nous renonçons à une Terre plate...
Faudrait-il pour autant quitter un champ dont notre corps aura pu indiquer le mouvement - si tant est que beaucoup ressortait des visions ?

J'ai fini par ma poésie du doux au revoir (cela si dur !), disant enfin l'adieu dans cet hommage, et peut-être à bientôt alors - si vous abordiez l'angle de la question...

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

Merci pour vos explications, Zak, précieux temps consacré pour me convaincre. Mais là où le bas blesse, pour reprendre votre expression, c'est que ces propos sont à mes yeux des propos de MORT. L'écart est grand entre votre conception et la mienne. Entre Catholicité et Orthodoxie, du moins à ce sujet. Et je ne vous suivrais pas du tout sur ce terrain-là. Pour moi, la chasteté complète est une affaire de volonté et de CHOIX. Tout le monde ne peut pas être moine ou nonne. Mais vous, dans votre approche, vous devenez "contempteur du Corps", ce qui est absurde et morbide. Et vous triturez les écrits saints comme ils arrangent votre appréhension de la chair. Appréhension de la chair qui est moins jolie que la mienne tout baiseur que je suis.

Bien à Vous...

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Ecrit par : Nebo | mercredi, 26 mars 2008

Zak me semble d’évidence un Augustinien (des sympathies pour le jansénisme Zak ? Attention, si vous les détestez comme vils hérétiques vous me pardonnerez cette question qui est sans intention blessante. Cette précision donnée non par une quelconque peur de votre sinaïtique courroux qui m’amuse et parfois me comble et auquel - à Dieu ne plaise ! il n’y a nul raison ! je saurai répondre, que par respect pour cette évidente épine dorsal de tout votre être qu’est votre foi)

Ceci dit, sans même aller jusqu’à Jansénius, j’observe que vos références vous poussent principalement vers Saint Augustin (et vous auriez le droit de me répondre : « donc, vers Saint Paul en dernière instance »).
Mais vous savez bien Zak -mieux que moi qui suis avant tout un littéraire et un très modeste croyant car tout encrouté de péchés nombreux que je combats comme je peux, à la grâce de Dieu - que pour Saint Thomas d'Aquin ose dire qu'entre époux, dans certaines limites, le plaisir dans l'acte sexuel est licite. On peut dire, je crois, que de même que la philosophie grecque se sépare entre Aristote et Platon, la dogmatique chrétienne oscille entre Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin. Pour moi, les deux sont nécessaires : des colonnes de l’Eglise.
J’ai préparé si après une petite liste de propos, formules et autres fleurs internetiennes que j’ai colligées. Je regrette de n’avoir point trouvé la source de la référence pour l’Aquinate. Et je n’ai pas le courage de chercher dans la centaine de livre de la Somme. Mais cette citation est authentique si j’en crois ma mémoire.
Voilà, pardonnez-moi ce petit florilège de propos qui semblent vous contredire. Ce n’est nullement une attaque ni quoi que ce soit d’approchant. Simplement le portrait d'une autre facette de cette problématique, et le récit d'un questionnement.
J’admire votre rigueur doctrinal que je trouve nécessaire dans un monde qui s’écroule dans la permissivité. Je ne me cache pas d’aimer beaucoup Nebo cet "agnostique" que je trouve bien souvent bcp plus prés de Dieu que tant de croyants -par sa compassion, sa compréhension. Je crois que seul un scrupule peut être excessif - "ne serait-ce pas mentir àDieu que de me déclarer croyant tant que j'aiencore un doute?" - l'empêche de déclarer définitivement : "CREDO".
J’apprécie le débat que vous avez eu tous deux et je vous supplie d’avoir patience. Par votre science ZAk et la précision, la méthode avec lesquelles vous en usez vous êtes un peu ici le représentant du magistère catholique en matière de dogme. Il est donc naturel que vous soyez sévère et sans concession (le siècle n’en fait que trop). Mais quand même, d’Aquin est indispensable à l’Eglise. Et lorsqu’il déculpabilise le plaisir entre époux, il permet au couple chrétien de se délester d’une culpabilité pesante et, selon lui, parfaitement inutile. Evidemment, il ne permet pas tout ! Je finirai en disant qu’il y a une chose qu’il ne faut jamais oublier : c’est que si l’Eglise condamne, elle a une capacité infini de pardon. Inflexible sur le dogme, mais pardonnant mille et mille fois.
Veuillez recevoir Zak tous mes remerciements et respects pour les nombreuses connaissances que vous nous donnez ou rappelez. Je ne crois pas que vous soyez « la mort ». Mais situé plus particulièrement du côté de Saint Augustin (« ce fou de S.Augustin » disait l’Abbé Bremond qui préférait lire l’empesé Cimetière marin, cette mécanique qui contient quelques uns des vers les plus affreux de notre langue que son bréviaire. Evidemment je ne le suis pas) vous incarnez l’une des faces les plus farouche de l’Eglise (et très nécessaire, faut-il le redire?). Sans faire le moins du monde de la « retape », il n’est peut être pas mauvais de rappeler qu’il existe aussi une face plus tendre, plus accueillante au plaisir de vivre, on y hait moins la guenille. J’arrête là (par contre, suivant en cela Bernanos ou Bloy, je n’aime pas ce que la Renaissance fit de l’Eglise et bien que regrettant son « bûcher des vanités » je tiens Savonarole pour un presque Saint).

Saint Thomas d'Aquin, : "Dieu fait bien ce qu'il fait. Il attache une grande importance à l'acte conjugal. On doit bien faire ce qu'on fait et on ne fait bien que ce qu'on fait avec plaisir."

Dans l'encyclique « Aeterni Patris » (Du Père éternel, 1879),Léon XIII recommande de faire de l’Aquinate la base de l’enseignement en école catholique.
Pie XII recommande aux maris de donner du plaisir à leur femme quand la pénétration n’a pas abouti à celui-ci (1951)
Pape Pie XII : "Les époux ne font rien de mal en recherchant le plaisir que Dieu leur a destiné", ou
St Jean Chrysostome à ce sujet !
"Le mariage a été donné pour la procréation des enfants, mais bien davantage pour étancher le feu de la nature.
Enfin j’ajoute un texte un peu long qu’on est nullement forcé de lire et qui s’attache au changement de regard de l’Eglise et de la société sur le mariage.

Le vrai clivage se situe entre la Renaissance et l’âge classique, et concerne l’orientation de ces ouvrages. Au XVIe siècle (et encore chez François de Sales), les traités sur le mariage sont centrés sur le lien conjugal et répondent aux questions suivantes : quelles sont les raisons de se marier ? avec qui se marier ? comment faire l’éducation de son épouse ? comment éviter de pécher ?… À partir des années 1630, ces ouvrages se transforment en traités sur la famille: comment vivre heureux en mariage, comment élever ses enfants, comment fonder une famille chrétienne, comment conduire son ménage… Le XVIe siècle était axé sur la défense du mariage et sur une conception méfiante et répressive des rapports entre les époux. Au XVIIe siècle, le reflux des positions augustiniennes sur la sexualité permet l’épanouissement du discours religieux, qui développe les thèmes de la grâce sacramentelle, de la sanctification du mariage, de l’affection conjugale, des devoirs parentaux et de la conduite de la famille chrétienne.
Nature et évolution des discours
Dans ce contexte, il ne faut guère s’étonner si la sexualité au sens strict (sa pratique) occupe plus de place dans les traités sur le mariage du XVIe siècle que dans ceux de l’âge classique. La sexualité est au cœur du problème qui se pose à la fin du Moyen Âge, lorsque déferle l’angoisse du salut individuel :
celui-ci est-il compatible avec l’état de mariage ? comment concilier le salut avec l’impératif biblique de procréation ? Rares sont les auteurs qui ne pensent pas que le sexe demeure une occasion de péché au sein du mariage et que l’état de virginité (ou de continence à l’intérieur du mariage) lui est supérieur.
Il est clair que les positions avancées de Martin Le Maistre au XVe siècle (et de Jean Mair au siècle suivant) n’ont pas infléchi la représentation sociale de la sexualité conjugale [6]. Or le problème a été balayé au XVIIe siècle : la théorie sacramentaire, renforcée par le concile de Trente, insiste de plus en plus sur la grâce, qui ôte tout péché à l’acte conjugal, à condition d’en observer les règles.
Avec la sanctification du mariage et la possibilité d’y atteindre l’état de perfection, le problème posé par la nature fondamentalement peccamineuse de la pratique sexuelle a perdu de son acuité. Il n’est plus nécessaire de mettre cette question en avant : la légitimité de la sexualité conjugale ne fait plus problème, bien au contraire, puisqu’elle est devenue une pièce essentielle du mariage chrétien. Seuls quelques auteurs pro-jansénistes poursuivent sur ce point un combat d’arrière-garde. D’autres raisons, plus générales, expliquent le silence des traités de mariage du XVIIe siècle sur la pratique de la sexualité (à l’exception de François de Sales et de Maillard – cf. Tableau en annexe 2, p. 35). Le contexte culturel (le renforcement des autocontraintes, le développement de l’instruction et le changement de goût en faveur d’un langage châtié) a profondément modifié les formes du discours : on traite de sexualité en termes moins clairs et les intéressés, aidés en cela par la pratique de la confession, saisissent mieux ce qu’il faut entendre. L’âge classique parle et se comprend à demi-mot.
Ce silence sur la vie sexuelle (qui concerne peu ou prou toute la culture)
n’est pas un silence sur la sexualité. Dans les traités du XVIe siècle, le discours sur la pratique sexuelle est la manière de penser les relations entre les sexes. Au XVIIe siècle, c’est le discours sur l’affection qui joue ce rôle : l’amour conjugal, son inflexion vers la tendresse, les dangers d’une trop grande affection entre les époux, les affres de la jalousie, comment vivre heureux avec son conjoint – tels sont les thèmes abordés, avec une nette inflexion vers un idéal nouveau, celui du bonheur conjugal.
http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2004-1-page-7.htm#Cairn_no7

On peut lire aussi : http://philo.pourtous.free.fr/Articles/A.Perrin/stthomasfemme.htm

Ecrit par : Restif | mercredi, 26 mars 2008

Curieusement le second lien s'est déporté vers ma signature... Bizarrerie webéenne.
Je profite de cet étonnement pourre redonner l'autre lien (qu'on trouvera de toute manière en copiant/collant l'adresse dans labarre du navigateur) :

http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2004-1-page-7.htm#Cairn_no7

http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2004-1-page-7.htm#Cairn_no7
(deux essais valent mieux qu'un...)

Ecrit par : R... | mercredi, 26 mars 2008

A 20 ans, Restif, je me faisais un cas de conscience du fait que beaucoup n'auraient pas eu d'âme soeur. Et puis, j'ai pu attester en mon for de certaine injustice accordée au célibat...

Je crois qu'il faut sortir des croisillons du mariage. Je crois qu'il faudrait voir plus grand. Je crois que nous sommes un mirage... Restif, Nebo, Zak et les autres, puisqu'il n'est rien qui vaille, sans... ce quelque chose qui frétille et qui nous va tant qu'on y pense. Et puis ?

Mais et puis... la photo du passé, les ombres de jadis, l'envie du noir...

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

Le bonheur conjugal ? Qui en appelle au plus grand lâcher prise ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

«Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Ecrit par : Jean 13 : 34-35 | mercredi, 26 mars 2008

Un mirage Marie-Gabrielle? Oui, certes, vu notre brièveté... d'une certaine manière nous le sommes et la vie est un rêve mais... des mirages fait à l'image de Dieu, dotées d'une âme immortelle et du libre-arbitre, ce qui n'est pas sans entrainer une effrayante responsabilité. Je ne crois pas que "tout soit illusion", bien au contraire. Rien n'est plus réel que la grâce et le péché qui sont au coeur de notre ininéraire terrestre.
Vous, moi, Zak, Nebo Isabelle et tous les leceurs de ce blog avons été rachetés d'un Sang infiniment précieux. Je crois que nous sommes beaucoup plus que des mirages.

Mais vous parlez sans doute par métaphore et je suis bien rustre de prendre l'image au pied de la lettre...

Ecrit par : Restif | mercredi, 26 mars 2008

La question de nos limites est toujours posée entière, Restif, puisqu'elle s'est voulu traiter à la hauteur de son esprit fort... encore typiquement féminin.

Bien à vous,

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

(Ce baiser est quand même drôlement beau et puis, il est seul à regarder...).

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

...les autres tableaux sont à voir ! Mais je trouve celui-là plus vivant - même paradoxalement. C'est mon préféré (le plus sudiste au feeling était moins évident).

Bonsoir, et merci Isabelle - à l'endroit que vous offrez d'où réchauffer nos âmes,

Ecrit par : Marie Gabrielle | mercredi, 26 mars 2008

«Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
en n'oubliant pas que "notre corps est pour le Seigneur" (Paul 1 Cor. 6-13)

Ecrit par : Judith P | mercredi, 26 mars 2008

" ne serait-ce pas mentir à Dieu que de me déclarer croyant tant que j'ai encore un doute ? "

Merci, Restif... tu as très bien cerné le noeud de mon problème... je suis touché par cette phrase, bien entendu. Echo de tant de choses et d'un parcours qui se poursuit...

Salut à toi...

Ecrit par : Nebo | mercredi, 26 mars 2008

Salut à toi Nebo,noble voyageur.

Ecrit par : Restif | mercredi, 26 mars 2008

(tant d'échos en moi dans ce parcours...)

Ecrit par : R. | mercredi, 26 mars 2008

"notre corps est pour le Seigneur"

C'est Paul qui l'AJOUTE !!!

Ecrit par : Jean 13 : 34-35 | jeudi, 27 mars 2008

C'est Paul qui l'AJOUTE !!!

Oui! Et alors?!
Paul n'est-il pas un apôtre au même titre que VOUS très cher Jean?!


Sachez que le Christ était encore plus radical que Paul puisqu'il condamnait l'intention même de pécher "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère.
5.28
Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. ".

et qu'il n'hésitait pas à poursuivre


"5.29
Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
5.30
Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne. "

(Matthieu 5. 27-30).





«Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
en n'oubliant pas que "notre corps est pour le Seigneur" (Paul 1 Cor. 6-13)

Si nous ne lions pas ces deux versets nous restons rivés à l'état d'animal!

Ecrit par : Judith P | jeudi, 27 mars 2008

Et alors ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 27 mars 2008

Comme il n'hésitait pas à pardonner à la femme adultère et à dire des Paroles du type "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre", et si nous ne lions pas c/Ses paroles à TOUTES LES AUTRES, nous sommes rivés au fanatisme d'un Nicolas Remy en Lorraine... Nous devenons des Talibans ( Mauriac puisque je l'ai "vu" dans ces parages - a souventes fois dans le Bloc-notes insisté sur le nécessaire rappel des paroles d'espoir et de consolation. Pas question de tomber dans le relativisme pour autant. Mais sans toucher au dogme, il serait peut-être fécond d'ouvrir un jour un débat sur les changements "existentiels" qui affectent le chrétien. Celui du 2ème siècle n'est pas celui du 12ème qui n'est pas celui du 17ème... ad latetitiam. A côté d'une parole exigeante et sévère -que bien des âmes recherchent -, s'il nous était donné de redonner vie à cet espoir qui conquis l'antiquité finissante... Cela ne peut passer, je le crois, que par ce rappel de la Miséricorde qui pardonne, de l'Amour qui attend à chaque instant. Et si l'on en croit Saint Paul (Cor, 1; 13) c'est la Charité le don le plus précieux (Choura traduit charité par "amour"). Ce ne sont que quelques idées, je ne parle pas ex cathedra.

Etn'oublions pas ce lieux commun spirituel : "Qui veut faire l'ange fait la bête" (d'un janséniste à la plume- brasier féconde en fulgurances qui brûlent en de longues phrases de flammes, long tissu de subordonnées entrelacées en une encre baroque. (de barocco, irrégulier - le baroque est l'une des catégories esthétiques les plus confuses, presque autant que le grotesque, ce qui n'est pas peut dire.)

Ecrit par : Restif | jeudi, 27 mars 2008

Allez, je sais qui est connu mais il est si profond, si nourrissant, si splendide ce texte...

"Mes frères, quand je parlerais toutes les langues des hommes et des Anges mêmes, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, et que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est douce ; la charité n'est point envieuse, elle n'est point téméraire et précipitée, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle n'est point ambitieuse, elle ne cherche point ses intérêts ; elle ne pense point le mal ; elle ne se réjouit point de l'iniquité, mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais, au lieu que le don de prophétie cessera, le don des langues finira, le don de science sera aboli ; car ce don de science et ce don de prophétie sont incomplets. Mais quand sera venu ce qui est parfait, ce qui n'est qu'imparfait cessera. Quand j'étais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, je raisonnais en enfant ; mais en devenant homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfant. Nous voyons présentement comme dans un miroir, et en énigme ; mais alors nous verrons face à face. Je ne connais maintenant qu'imparfaitement; mais alors je connaîtrai comme je suis moi-même connu. Présentement la foi, l'espérance, la charité, trois vertus ( qui nous unissent à Dieu ) ,demeurent ; mais la charité est la plus excellente des trois .""

Saint Paul, 1 Epitre aux Corinthiens, 1; 13

Ecrit par : R. | jeudi, 27 mars 2008

«Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »


S'il me faut donner mon sang pour toucher le coeur des hommes , alors soit je donnerais mon sang!

S'il me faut donner ma chair pour toucher le coeur d'un homme alors soit je le baiserais jusqu'au coeur!

S'il me faut sacrifier mon temps humain pour arrêter la folie d'un temps devenu inhumain alors soit je le suspendrais et en renierais jusqu'à l'excellence bafouée.

Ecrit par : Paroles d'évangile. | jeudi, 27 mars 2008

Flatus vocis !

Ecrit par : Judith P | jeudi, 27 mars 2008

Flatus vocis comme toute parole non confirmée par la mise en acte.
Autrement: expérience radicale !

Ecrit par : Paroles d'évangile | jeudi, 27 mars 2008

Je suis augustinien Restif – à l’évidence ! quant à saint Thomas on lui a fait dire depuis 1274 tellement de choses contradictoires… disons que j’éprouve une vive sympathie pour le lecteur de Denys l’Aréopagite qu’il fut, mais je suis dubitatif à l’égard des néo-thomistes, trop optimistes à mon goût, vous voyez sans doute à quoi je fais allusion, par rapport à nos facultés d’accession à une démonstration de l’existence de Dieu et de ses attributs. Il manque, à mon sens, une part importante de mystère dans cet aristotélisme mal christianisé qui ne m’a jamais convaincu - on découvre aisément le « Premier Moteur », « l’Acte Pur », avec cette théologie scolastique de nature mathématique, logique et géométrique, mais la Sainte Trinité et le vertige de la Charité nullement. En revanche avec saint Augustin et son apologétique emprunte d’une souveraine lucidité anthropologique, on est immédiatement aspiré, conduit presque malgré soi, vers la rencontre surnaturelle avec l’Ineffable et Insurpassable réalité de la Croix et donc mis en contact intime avec la magnifique surabondance de grâce.

Par ailleurs aucune gène de ma part avec Port Royal, bien au contraire. Donc rassurez-vous, vous ne m’avez pas fâché, le moins du monde. Pascal et les Messieurs des Granges sont l’honneur spirituel du XVIIe siècle, et je n’ai pas, ni à cacher ni à nier mon entière admiration à leur égard.

Mais pour revenir à notre sujet, vous avez l’amabilité de me citer quelques passages de l’Aquinate et les conseils, en matière conjugale, de Pie XII ou Léon XIII. Bon, rien de très original, il faut que la nature fasse son œuvre c’est entendu – l’institution du mariage est chose sacrée, loin de moi de le contester. Mais enfin ! on est pas ici pour se substituer aux dames patronnesses chargées de préparer les jeunes couples à la vie d’union, notre aspiration, ou alors je me serais trompé, est d’un tout autre ordre me semble t-il, nos « objets », pour reprendre l’expression du Philosophe Inconnu, relèvent d’une dimension autrement exigeante et plus ambitieuse. Sur ce point je m’amuse donc vraiment de voir notre ami Nebo par exemple, comme d’autres d’ailleurs, car il n’est pas le seul à se livrer à ce jeu enfantin, afin de légitimer leur petit discours sensualiste, venir nous ressortir les guillerettes perles glanées au fil de l’Ecriture que l’on distribue dans les sacristies lors des réunions destinées aux futurs jeunes mariées. C’est d’un ridicule consommé ! On se croirait à saint Eustache le mercredi soir à 19h, (il faut pas se coucher trop tard…), dans la salle des catéchistes au milieu des sourires niais et des attitudes convenues des gentils garçons et des jeunes filles bien élevées qui se préparent un destin morne et dont les extases, chèrement obtenues mais rapidement accessibles grâce aux cartes de crédit, consisteront à l’acquisition du confort ménager au sein duquel les premiers cris de bébé, qui ressemblera tellement à l’oncle Louis ou à tante Camille, viendra parfaire ce charmant destin si conforme aux vœux de papa et maman.

J’ose espérer, en humbles disciples des grands spirituels des premiers temps de l’Eglise, que nos aspirations, et notre réflexion en ces lieux, portent sur une approche qui regarde ce que le christianisme porte en lui-même comme soif radicale et ardente d’Absolu - non de savoir quelles sont les concessions, que l’on connaît trop bien et qui sont accordées par économie et comme un pis aller à ceux qui trouvent leur petit bonheur ouaté dans la célébration de la grandeur mystique des charentaises et l’exaltation émue des tendresses et des chatouilles génitales entre époux échangées sous la couette ! Tout cela n’est pas blâmable et fait l’accommodement existentiel de millions de braves gens, mais c’est si loin, vous en conviendrez sans peine je pense, de ce qu’est authentiquement la puissance d’arrachement transcendant, et tragique, de la folie de la Croix qui mena, soit dans les déserts, dans les cloîtres ou dans des parcours exaltants, les âmes retournées et transfigurées par le Christ pour les quelles les paroles du Seigneur ont eu un sens : « N’aimez ni le monde ni ce qui est dans ce monde. Si quelqu’un aime le monde l’amour de Dieu n’est pas en lui… » (1 Jean 2, 15).

C’est pourquoi, si ce cher Augustin est allé jusqu’à comparer le désir sexuel à une maladie de l’âme : - « [. . .] mon âme était malade et, rongée d’ulcères, se jetait hors d’elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. » ( AUGUSTIN, Confessions, trad. fr. Joseph Trabucco, Paris, GF, 1964, II, 1, p. 37-49.), ce n’est pas pour rien ! Si son discours, qui n’est bien sûr pas destiné aux catholiques modernes ayant des faiblesses perceptibles vis-à-vis de la sensualité languissante comme ce pitoyable Hadjadj qui déshonore ce que signifia son baptême en donne le triste exemple, décoiffe tellement aujourd’hui, dans un siècle rongé par le désir charnel, la pornographie, l’envahissante atmosphère libidineuse qui s’étale complaisamment de partout et se glisse même dans les choses les plus anodines (il suffit de prendre le métro est voir comment la gente féminine, toutes tranches d’âges confondues, sait utiliser telle ou telle morceau d’épiderme pour attirer le client), c’est que nous avons perdu le sens de ce que représente le christianisme en tant que rupture catégorique d’avec le monde. Nous sommes devenus des tièdes en matière de religion, et Dieu, je ne vous l’apprends pas, « vomit » cette température en ce qui concerne ceux qui se disent membres de son Eglise.

Ce que nous rappela heureusement saint Augustin et que cherche à oublier une chrétienté timide, honteuse, pusillanime, fragile, compromise et malade, c’est que nous nous trouvons placés, les uns et les autres au cœur de nos vies personnelles, au centre d’un combat, d’une lutte permanente qui oppose deux puissances contraires, deux « cités », deux volontés, un combat correspondant à deux ordres : l’ordre de la nature et l’ordre de la surnature, l’ordre de l’Esprit et l’ordre de la chair, ceci en parfait accord avec saint Paul dont il n’est même pas besoin de trop solliciter les textes qui sont d’une netteté parfaite : « La chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; il y a entre eux antagonisme. » (Galates, 5, 15) ; « Le désir de la chair c’est la mort, tandis que le désir de l’Esprit c’est la vie … Le désir de la chair est inimitié contre Dieu. » (Romains 8, 6-8).

Or l’homme qui est, depuis la faute adamique, corrompu, abîmé, impuissant dans cette lutte entre les désirs de la chair et ceux de l’Esprit dont il est traversé et qui le déchire violemment mais dont la Croix lui a donné, par grâce, la possibilité de triompher – est confronté à un choix car à un moment de son existence il lui faut se déterminer – la chair ou l’Esprit, Dieu ou l’Adversaire, les lois de ce monde ou le Royaume : « Qui n’est pas avec moi est contre moi ».

C’est cette exigence de vie chrétienne, modestement mais entièrement, que je cherche à mettre en lumière Restif ; pour ma part j’ai pris au sérieux cette vérité : « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. » (Pascal, Mystère de Jésus).

Le Christ est en agonie ! et ne pas dormir, concrètement, c’est se maintenir éveillé n’est-ce pas ? d’Autant qu’il s’agit, non pas d’une partie de plaisir (le jeu de mot est facile mais a la vertu d’être très démonstratif), mais bien d’un combat !

Ecrit par : Zak | jeudi, 27 mars 2008

S'il me faut donner mon sang pour toucher le coeur des hommes , alors soit je donnerais mon sang!


Flatus vocis comme toute parole non confirmée par la mise en acte.
Autrement: expérience radicale !


Que n'êtes-vous déjà mort (e)!


Zak, gardons et méditons chaques instants ce verset


"
21.34
Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste;
21.35
car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre.
21.36
Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme.

Ecrit par : Judith P | jeudi, 27 mars 2008

Nebo, ce qui nous occupe n’est pas une question de différence de sensibilité entre latins et orientaux (d’ailleurs je dois dire que votre petit couplet archi-connu demande à être nettement nuancé car il me semble que très partiellement exact - je me rappelle mon séjour à l’Athos où j’ai pu constater que l’on n’accepte même pas, à ma surprise, au milieu des moines, des animaux femelles – il serait bon dès lors que vous vous plongiez, non dans la consultation des sites évangéliques ignares sur le plan théologique, mais dans la lecture des Pères grecs, qui outre d’être des « contempteurs du corps ce qui est absurde et morbide » sont sans doute, si je vous en crois, des grands tripatouilleurs des textes scripturaires qu’ils « tirent de leur côté » peut-être selon vos étranges lunettes ? et vous verriez, exemples parmi des centaines d’autres, que Méthode d’Olympe dit que « le mépris de la chair rapproche de Dieu », Grégoire de Nysse enseigne que « la procréation ne fait que propager inutilement le péché originel » et Tertullien affirme que la continence favorise le développement de la spiritualité : « Par la continence, tu es à même de grossir maintenant le trésor de la sainteté : en restreignant la chair, tu acquerras l’esprit. Descendons au fond de notre conscience. N’est-il pas vrai que l’époux, séparé de sa femme par la mort, se sent un homme nouveau ? Il se rapproché de la nature spirituelle. Adresse-t-il sa prière au Seigneur ? il est plus près du ciel. Médite-t-il les Écritures ? il est tout entier à ses réflexions. Chante-t-il un psaume ? il est inondé de bonheur. » Tertullien, Exhortation à la chasteté, (Oeuvres de Tertullien, t. 3 ch. 10.)

Le problème vient du fait mon ami, que tant que vous n’aurez pas fait l’expérience de ce que signifie votre corruption et admis la misère de votre état, vous ne pourrez comprendre le sens du christianisme, perçu la nécessité de mettre fin aux complaisances à l’égard des choses terrestres, compris l’importance de la Croix et l’implication de celle-ci dans votre vie perdue, errante et vaine (la mienne avec la vôtre évidemment !). Tout le reste est un inutile « flatus vocis »…

Mon discours vous apparaît comme un discours de MORT ? le contraire m’eût étonné ! Au fond c’est tout à fait normal, il vous semblera en revanche fondamentalement vivant lorsque vous passerez, si vous y passez un jour lassé d’avoir trop badiné avec les lois du Ciel, joué et plaisanté d’un ton distancié sur les sujets clés de la sanctification, blasé d’avoir trop lutiné et fourrer les croupes qui se présentèrent à vos males ardeurs, mais ne désespérons pas même si ce n’est pas un moment facile, par l’épreuve de la totale et brutale déréliction existentielle. Alors il se changera, si vous vous en souvenez, en une bienfaisante lumière et vous pourrez alors comprendre le sens de cette judicieuse sentence : « Il faut sans cesse mourir à vous-même, afin d'entrer dans cette pratique de mort qui est le fond du christianisme. » (Fénelon, Opuscules spirituels).

Par ailleurs vous ayant déjà dit me semble t-il l’essentiel, et ne croyant pas qu’il soit nécessaire d’aller plus avant pour le moment dans mon discours, car il vous suffira de vous reporter, si cela vous dit, à mes précédents messages pour méditer certaines des assertions que j’ai exposées et étant, d’autre part, faiblement convaincu de l’efficacité des exposés véhiculés par l’illusoire magie des écrans destinés à ceux qui ne veulent pas entendre, je porte ces quelques lignes (qui sont également un clin d’œil amical au « Soldat Inconnu » Isabelle des Charbinières qui accueille cet intéressant débat, selon la formule stupéfiante employée dans son courrier aux « Epées » par le confondant et navrant Fabrice Hadjadj) à votre attention, capables d’exprimer mieux que je ne pourrai le faire, deux ou trois points que nous avons abordés, en particulier la question du « doute » qui manifestement vous travaille :


« Ils sont terriblement tragiques, nos crucifix, nos Christs espagnols. Ils représentent le culte du Christ agonisant, non mort. Le Christ mort, devenu déjà terre, devenu paix, le Christ mort enterré par d’autres morts, c’est le Christ gisant dans son sépulcre. Mais le Christ que l’on adore sur la Croix, c’est le Christ agonisant, celui qui clame : Consummatum est ! C’est à ce Christ, celui du : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matth., XXVII, 46) que rendent un culte les croyants agoniques. Parmi lesquels on compte beaucoup d’hommes qui croient ne pas douter, qui croient qu’ils croient.

Vivre, lutter, lutter pour la vie et vivre de la lutte, de la foi, c’est douter. Nous l’avons déjà dit en rappelant ce passage de l’Évangile : « Je crois, secours mon incrédulité ! » (Marc, XI, 24.)

Une foi qui ne doute pas est une foi morte.

Qu’est-ce donc que douter ? Dubitare contient la même racine – celle de l’adjectif numéral duo, deux – que duellum, lutte. Le doute, le doute pascalien, agonique ou polémique, plutôt que le doute cartésien, méthodique, suppose la dualité du combat. J’entends le doute de vie (vie = lutte) et non de voie (voie = méthode).

Croire ce que nous n’avons pas vu, on nous y a exercés au catéchisme : c’est cela la foi. Croire ce que nous voyons, – et ce que nous ne voyons pas, – c’est la raison, la science ; et croire ce que nous verrons, – ou ne verrons pas. – c’est l’espérance. Et toute croyance. J’affirme, je crois, en tant que poète, en tant que créateur, en regardant vers le passé, vers le souvenir ; je nie en tant que raisonneur, en tant que citoyen, en regardant le présent ; et je doute, je lutte, j’agonise en tant qu’homme, en tant que chrétien, en regardant vers l’avenir irréalisable, vers l’éternité.

Il y a dans ma patrie espagnole, dans mou peuple espagnol, peuple agonique et polémique, un culte au Christ agonisant ; mais un culte aussi à la Vierge des Douleurs, avec son cœur transpercé de sept glaives. Ce n’est pas la Pietà italienne, on ne rend pas tant un culte au Fils qui gît, mort, dans le giron de sa Mère, qu’à celle-ci, la Vierge Mère, qui agonise de douleur avec son Fils entre les bras. C’est le culte de l’agonie de la Mère.

Il y a aussi, me dira-t-on, le culte de l’Enfant Jésus, l’Enfant à la Boule, le culte de la nativité, de la Vierge qui donne la vie, qui allaite l’enfant.

Je n’oublierai jamais le spectacle mystique dont je fus témoin le jour de saint Bernard, en 1922, à la Trappe de Dueñas, près de Palencia. Les trappistes chantaient un salut solennel à Notre-Dame dans leur temple tout illuminé de cire d’abeilles neutres. Au-dessus du maître-autel s’élevait une image, sans grande valeur artistique, de la Vierge Mère, vêtue de bleu et de blanc. Elle semblait représentée après sa visite à sa cousine sainte Élisabeth et avant la naissance du Messie. Les bras étendus vers le ciel, elle paraissait vouloir y voler avec son doux et tragique fardeau, le Verbe inconscient. Les trappistes, jeunes et vieux, certains à peine à l’âge d’être pères, et d’autres qui l’avaient dépassé, emplissaient le temple du chant de la litanie : Janua coeli, gémissaient-ils, ora pro nobis ! C’était un chant de berceau, une berceuse pour la mort. Ou plutôt pour la dé-naissance. Ils songeaient qu’ils recommençaient à vivre, mais à rebours, leur vie, qu’ils la dé-vivaient, en retournant à l’enfance, à la douce enfance, en retrouvant sur leurs lèvres le goût céleste du lait maternel, en rentrant dans le tranquille abri du cloître maternel pour y dormir du sommeil prénatal per omnia saecula saeculorum. Et ceci, qui ressemble tant au nirvanâ bouddhique, – conception toute monastique, – est aussi une forme d’agonie, malgré les apparences du contraire.

… Ici, à quelques pas de l’endroit où j’écris, brûle perpétuellement, sous l’Arc de l’Étoile, – un arc de triomphe impérial ! – la flamme allumée sur la tombe du Soldat inconnu, celui dont le nom ne passera pas à l’histoire. Pourtant, n’est-ce pas un nom déjà qu’Inconnu ? Inconnu ne vaut-il pas autant que Napoléon Bonaparte ? Devant cette tombe, des pères et des mères sont allés prier, qui se demandaient si celui-là, si cet inconnu ne serait pas leur fils, des pères et des mères chrétiens, qui croient à la résurrection de la chair. Peut-être des pères et des mères incrédules y sont-ils allés prier aussi, et jusqu’à des athées. Peut-être sur cette tombe le christianisme ressuscite-t-il. »

Miguel de UNAMUNO, L’agonie du christianisme, Delagrave, 1931.

Ecrit par : Zak | jeudi, 27 mars 2008

Zak, je pense à vous avoir lu en deux temps, puisque mon commentaire en cours s'est soudain retrouvé couvert par votre second...

Pour l'un contre, et pour l'autre pour :

"Or l’homme qui est, depuis la faute adamique, corrompu, abîmé, impuissant dans cette lutte entre les désirs de la chair et ceux de l’Esprit..."
Okay, c'est logique et fera prévaloir à l'échine toujours le bénéfice d'un doute, cela d'autant qu'un peu plus loin, revient la Croix..

Qui sait pourtant ce qui faisait l'homme d'avant la faute adamique, et l'aurait-on vu déjà autre que ce qu'ici même vous nous décrivez ?

Sinon, je reconnais que la crainte menaçante d'errer finit par vous donner raison dans une attente à vous lire dire concis du doute, et de notre espérance. (C'est palpitant !)

Ecrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 27 mars 2008

Ce nom de Zak me rappelle les meilleurs moments de Mekanik Destruktiv Kommandoh de Magma ! où Klaus Blasquiz affirmait, tel un cathare incendié, que leur musique était un cri de révolte contre l'ordre de ce monde...

D'ailleurs, pour se remettre un peu dans l'ambiance 70's, voyez ce que la formation, reconstituée pour un soir avec les meilleurs : Jannik Top, Stella Wander, Blasquiz, etc., peut encore donner comme force !

Ecrit par : Hire | jeudi, 27 mars 2008

Zak,j’avoue que vous m’avez bien fait rire avec vos évocations de couples rougissants rompant le pain de la sexualité chrétienne avec M. le curé. Je n’aipas plus de goût que vous pour la prière pot au feu De plus, je suis bloyen, parler de l’absolu devant moi c’est faire entendre la charge à un vieux cheval de bataille. Persuadé qu’un tel langage DOIT être tenu comment voulez-vous que je tente le moindre début de controverse un peu sérieuse ? La folie dans le Christ, le bond dans l’illimité, la quête d’anéantissement et le désir infini, pour que cesse la scission pour qu’enfin le Père soit rejoint… mais tout ça c’est mon substrat, la meilleur partie de tout ce qui en moi a jamais dit : « credo » !

La parole de Pascal sur Jésus en agonie est restée fichée dans le cœur de Bloy comme un éclat de lumière divine. Et Dieu sait qu’il n’est pas janséniste, lui ! Mais il y a ce désir éperdu d’absolu… Ne serait-ce que pour cette superbe déclaration en faveur des droits, que dis-je, des devoirs de l’enthousiasme et de l’amour éperdu de Dieu , oui ne serait-ce que pour cela je ne regrette pas ma modeste intervention. Je pense qu’il n’est pas mauvais non plus de rappeler à ceux qui ne sont pas entré dans la foi qu’il en existe un autre visage, que l’exigence qui est la votre est aussi, d’abord, un appel -vocatus - et que d’autre peuvent être appelés par Dieu sur un autre ton. Ceux là, je ne veux pas qu’ils aient peur du Père, ceux là, il faut leur redire que le premier nom de Dieu c’est Amour. C’est tout. Après… jusqu’où cet Amour emmènera l’âme, et s’il est marqué pour l’ascension dans le déchirement et la grandeur ou la voie modeste de Sainte Thérèse, voire du pur Amour…. Ou choisir Ruysbroeck (Suso !). Ce n’est certes pas de moi que cela relève !

Enfin -et ce sera tout. Il est bon de rappeler que l’ « ascèse, fondé sur le mépris du corps ne vent pas du christianisme mais du platonisme et du stoïcisme. Il est né de la rencontre avec les religions hellénistiques et la pensée gnostico-dualiste » (Michel Hulin, La mystique sauvage aux antipodes de l’esprit » et Lydie Parisse « Mystique et littérature, l’autre de Léon Bloy »). Ce n’est pas jeter l’opprobre sur l’ascèse que de retrouver ses origines telle que l’histoire des religions, l’anthropologie et qqlq autres sciences humaines nous les retrace. Mais qu'il y ait une ascèse chrétienne, c'est tellement indéniable! Que la douleur éveille des endroits morts de notre coeur et de notre âme, c'est tellement vrai! Que dire...C'est l'Abbé de Rancé, ce libertin bientôt rénovateur de la Trappe, qui devant le cadavre pourrisant de sa maitresse découvre d'un coup la vérité de la chair. (Mais qu'elle ne soit que cette vérité, non. Mais c'est vrai, oui,elle est cela, c'est son dernier état. Que dans cette glaise déstinée à la pourriture brûle la flamme d'immortalité, voilà bien qui est folie! Pourtant cette folie est vie et nourriture. Mais Zak, je vous l'assure : mon amour devant le sourire de ma femme, ce n'est pas de la tiédeur -car c'est Dieu qui me l'a donnée. Je me soucie peu ici de parfaite cohérence, j'essaye simplement de faire balbutié qu'il y a de la lumière et de la paix qui n'est pas banal dans un amour humain. Et ce n'est pas trahir la grande folie de la croix que de le redire. Dieu jugera - et la compassion aura peut-être plus de poids qu'on ne le pense, comme il est parfois plus difficile de vivre au quotidien que de mourrir en héros dans la bataille)

Ce que je veux dire, c’est que vous n’incarnez -et vous le savez bien !sans doute mieux que moi - qu’une des faces de l’Eglise et de la tradition catholique. Le jansénisme n’a pas été condamné par hasard ! loin de là… Sans réveiller la querelle sur la grâce, force est de reconnaître que l’Eglise s’est méfiée, et l’a prouvé avec l’affaire Jansénius, d’une lecture trop étroite de Saint Augustin qui n’est pas l’UNIQUE docteur de l’Eglise. Comprenez bien que vu la précision et l’envergure de vos citations et plus largement de votre « rhétorique » inspirée (je n’aime pas le terme rhétorique, c’est ici un simple outil) qu’allume une foi éprise d’absolu, et bien vous pouvez effrayer des catéchumènes ou pour le dire plus simplement, des esprits que la soif de Dieu commence à tenailler.
Maintenant, vous avez été assez net et honnête en avouant votre amour du jansénisme pour que toute personne sincèrement désireuse de faire SON chemin aille chercher les piliers qui le soutiendront. J’estime avoir fait mon devoir en rappelant qu’il existe d’autres approches. Je l’ai dit et c’est assez. Pour moi, je flambe trop en vous entendant combattre pour ce désir fou -oh prodigieuse folie- de sainteté, d’union à,en Dieu, de prières-brûlures, de combustion dans l’éternelle Charité, bref vous évoquez trop d’échos en moi pour que je désire en dire plus. Vous êtes assez fin pour comprendre ce qui m’a animé, je n’ai plus rien à dire. Si ce n’est que je vous souhaite fortement la grâce, que j’espère que vous serez comblé et rassasié. Nous avons besoin d’âmes comme la votre, elles sont vitales.

Ecrit par : Restif | jeudi, 27 mars 2008

Et de votre littérature, Nebo...

Ecrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 27 mars 2008

Moi Zak ne m'effraie pas, mais je comprends tes propos, Restif et je devine les coeurs de Glaise qu'il ne cherche pas à accueillir mais à tancer par ses propos qui ne peuvent trouver sens que pour des initiés et non le vaste peuple pour qui la parole d'évangile est conçue. Il veut faire peser sur mes épaules le poids d'une posture que je ne fais pas mienne, celle des couples consuméristes, répétant un schéma sans se poser de questions autres que nombrilistes et en ressortant ces images clichesques (qui ont leur part de vérité, je l'avoue) de la cuisine neuve, de tonton et tata qui servent d'exemples, des couples post-Vatican II qui vont faire leur chemin de foi (si on peut appeler cela ainsi) auprès du curé post-moderne qui les accueille avec une joie sans intérêt me signale, cependant, qu'il me juge bien vite et qu'il a une méconnaissance des choses de la chair autrement que par ses sommes théologiques qui n'aideront jamais, comme me le disait mon grand-père maternel Vasilije, à éclore un germe de blé.

Les exemples, Zak, que vous donnez sont très forts et j'apprends beaucoup de choses. Seulement, vous me citez les moines d'Athos. Vous ne me parlez pas du simple pope de mon village qui a plusieurs enfants et qui doit l'honorer comme il se doit chaque fois que le désir les prend. Cet exemple des moines d'Athos est très révélateur, encore une fois, du niveau auquel vous situez votre Foi et qui est fort respectable, n'en doutez pas de ma part en tout cas. Mais par la bite de Pan, permettez-moi, tout de même, de vous dire ce que moi, avec ma modeste tronche, j'ai pu retenir du Surgissement du Verbe dans la sphère de la Carne : le boss il est descendu de son nuage pour venir sur le terrain voir comment qu'ça s'passe... comment qu'c't'affaire elle s'trame... très grande leçon de modestie que le Roi des rois s'en vienne traîner ses guêtres parmi les humbles. Ce qui, d'ailleurs, et malgré toutes les tentations de ce bas monde, ne l'a pas empêché de s'en retourner rejoindre la Très Sainte Trinité... Sainte Trinité qui aurait été mal agencée si Satan avait remporté la partie. Donc, je vous le signale, au passage, et sans volonté de méchanceté de ma part, juste de la jubilation détachée, car tout ça, hein, à mes yeux, c'est d'la rigolade, ne laissez pas tomber la charge que vous estimez être la vôtre, plus il y a de fous ici-bas... et plus on s'illumine la tronche... mais daignez accepter qu'une hiérarchie existe et qu'il y a de pauvres erres de ma sorte qui sont bien plus convaincus que moi par l'Evangile et ne demandent qu'à étreindre le CREDO Chrétien, fut-il Catholique ou Orthodoxe je m'en tamponne, en temps voulu Dieu en personne tranchera... mais ils n'aspirent pas à mener une vie uniquement contemplative ou méditative, mais une vie d'homme simple et charnelle, et la Bible ne leur en exclu point le droit... la sexualité peut aussi être sanctifiée... je le répète encore, NOUS NE SOMMES PAS TOUS DES MOINES... mais vous semblez en bonne voie... Trappistes, moines d'Athos... que des choses dignes d'intérêt... avec un souffle évident... je n'ai rien à y redire... mais je ne suis pas trappiste, ni moine d'aucune sorte, et Dieu ne nous invite pas à tous le devenir... à chacun selon ses moyens. Bien entendu, le coeur et l'esprit ont leur importance en la matière, je ne parle pas de baiser pour baiser et n'y vois pas, d'ailleurs, le moindre intérêt...

Quant au Christ... je l'imagine triomphant plutôt qu'agonisant... prêt à botter nos culs l'épée de Justice à la main... Moisson.

Ecrit par : Nebo | jeudi, 27 mars 2008

Restif et Nebo,

Je comprends votre distance face à une exigence apparemment inquiétante et rigoureuse, mais si le cœur a ses raisons que la raison ne comprend pas, l'amour du Rédempteur exige une théologie qui déborde les arguments mondains et aimables aussi acceptables soient-ils ; une théologie ardente qui réfute surabondamment les inhumaines spéculations de la masse passive et mollement chrétienne qui ne peut que faire rugir et hurler sans ménagement ceux, dont je suis, qui se sentent plus près d'âmes comme celles des moines de l'Athos, des disciples d'Augustin de saint Bernard, de Pascal et de bien d'autres encore.

A ce propos, puisque je l'évoque, je vous livre un passage de ce même Pascal qui a cherché et trouvé le Christ par Jansénius, et ce n'est pas un péché, écrivant lors de sa conversion cette prière magnifique dans laquelle il fait dire au Christ des paroles magnifiques, qui d'ailleurs devraient raisonner chez ceux qui aiment "La Passion" de Gibson :

"Je pensais à toi dans mon agonie, j'ai versé telles gouttes de sang pour toi...
Je te suis plus ami que tel ou tel...
Je t'aime plus ardemment que tu n'as aimé tes souillures."


Elle mériterait, ces paroles, de figurer dans les prières de l'Évangile à l'intérieur duquel nous pouvons lire : «Seigneur, a qui donc irions-nous, puisque c'est toi, et toi seul, qui dit les paroles de la vie éternelle?» — «Seigneur, voici que celui que tu aimes est malade.»; — «Seigneur, la nuit tombe, reste avec nous»...

Pascal qui vous choquerait peut-être bien plus que Zak encore pas la sévérité et la rigueur de sa religion, ne vous en déplaise, n'est pas élitiste, non ! il voit et parle du Christ, il l'entend comme l'ont vu, l'ont entendu et lui ont parlé, Pierre, Madeleine et les disciples, et comme nous devons également et nécessairement lui parler et le rencontrer si nous voulons comprendre le mystère du christianisme, percevoir ce que signifie être véritablement chrétien - pour que puissions enfin clamer avec saint Jean : "Quod vidimus... et manus nostram tontrectaverunt de verbo vitae."

Ecrit par : Zak | jeudi, 27 mars 2008

"Pascal, ce SUBLIME avorton du christianisme"

Ecrit par : Nietzsche | vendredi, 28 mars 2008

Rassurez-vous Nebo, la chasteté n'est pas réservée qu'aux moines et aux initiés; elle peut s'observer aussi dans le mariage.

Aimer c'est toujours donner son corps: donner un visage, serrer une main...
Jésus nous a donné son Corps sur la Croix par Amour pour nous!
Et nous mangeons Son Corps et Son Sang dans la Sainte Eucharistie!

Dans la relation sexuelle nous donnons notre corps à quelqu'un qui le reçoit (dans le meilleur des cas), sinon nous nous servons de notre corps pour prendre celui d'un autre!
Dans la relation chaste nous donnons autrement notre corps à quelqu'un qui le reçoit!
Nous le donnons plus parfaitement si je puis dire!

Hélas! L'homme moderne n'est plus chaste! Les regards prennent nos corps, les soupèsent, les jaugent... le langage n'est plus chaste, les gestes ne sont plus chastes, les attitudes ne sont plus chastes...

L'oeil moderne est plein de tenèbres comme nous l'a dit Matthieu en 6. 22-23

"L'oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé;

mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres! "

Voyez-vous Nebo,la chasteté vécue dans la joie, c'est regarder notre corps et celui de l'être que nous aimons avec un autre oeil!
De fait, la chasteté c'est contempler!

C'est la voie du Nazaréat qui peut se vivre dans le couple, comme précieux moyen de contraception, mais aussi après avoir eu des enfants "il est un temps pour semer, un temps pour récolter", ou bien à l'exemple de Jacques et Raïssa Maritain qui ont choisi

l'expression de la vocation sponsale dans une rare pureté

La fécondité du couple est pleinement surnaturelle, elle est le fruit de leur enracinement en Dieu par l'oraison quotidienne. Jacques remarque : "Il lui fallait arracher de force à la malice des jours ce qu'elle pouvait de temps, si haché fut il, pour cette oraison sans laquelle il ne lui était pas possible de vivre". Raïssa note : "J'ai tenu à faire oraison dès le premier jour".

cette lettre exprime bien la beauté de leur amour réciproque, ce regard plein de tendresse qu'ils portent l'un sur l'autre. "continue de m'aimer ainsi, j'ai besoin de beaucoup d'amour pour vivre, et je sais que moi, je dois aimer "comme n'aimant pas", dans le sens de Saint Paul ... Quelle terrible vocation ! (Raïssa évoque l'oblation de tout leur être par un vœu de chasteté prononcé après un long discernement spirituel) c'est pour cela que Dieu a mis auprès de moi la merveilleuse tendresse. Et auprès de qui aurais je pu vivre une telle vocation si ce n'est auprès de toi ?..; Ce qu'il y a d'admirable, c'est que ce repos, je peux le prendre dans ton cœur sans gêner en rien l'action de Dieu en nous. Tellement Dieu est avec toi. Et tu es bien toute ma douceur en ce monde".



http://membres.lycos.fr/jrevy/maritain.htm

Ecrit par : Judith P | vendredi, 28 mars 2008

Judith (j'adore votre prénom qui nous rappelle...), j'ai apprécié beaucoup votre enthousiasme, et vous feriez une merveilleuse conteuse moderne. J'ai surligné une phrase qui m'apparut... cela échappe à ma tête endolorie en ce matin blanc :

"Dans la relation chaste nous donnons autrement notre corps à quelqu'un qui le reçoit!
Nous le donnons plus parfaitement si je puis dire!"

Je m'abstiens aujourd'hui d'analyse et démarre au couperet, comme vous l'auriez encore si bien pu faire. Et puis, vacances... !

Il me semble qu'un peu de l'éclairage honnête ne ferait pas défaut. Appelons donc un chat le chat et rappelons que la sexualité dans sa pratique et notamment féminine, demande à se porter réalisée. Il y a oui de la marge - entre le désir fait, et sa déréalisation, non je rigole... entre désir plein d'imagerie, et réalité du plaisir.*

Bref, l'autre panel ou poutre si vous préférez, consisterait à s'en aller vers une autre imagerie, cette fois plus naturellement représentative du symbole, de l'amour, et puis d'étendre la perception sexuelle dans son mouvement en traduisant la taille humaine : car nous sommes aveugles chatons, n'est-ce pas ? nourris du noir de l'anonymat avec pour seule issue, notre responsabilité.

Je vous quitte.

* ceci expliquant (peut-être) cela.

Ecrit par : Marie Gabrielle | vendredi, 28 mars 2008

Zak, si vous m'aviez bien, bien lu, je crois que vous ne parleriez pas, de ma part, de "distance". Moi qui ait écrit : "parler de l’absolu devant moi c’est faire entendre la charge à un vieux cheval de bataille". Ou -qu'on excuse cette dernière auto-citation : "je flambe trop en vous entendant combattre pour ce désir fou -oh prodigieuse folie- de sainteté, d’union à,en Dieu, de prières-brûlures, de combustion dans l’éternelle Charité, bref vous évoquez trop d’échos en moi pour que je désire en dire plus". Est là de la distance? Non, mais je veux que d'éventuelles lecteurs se souviennent que vous ne représentez pas le SEUL chemin, quand bien même ce chemin serait celui qui m'attire (bon, je suis plutôt du côté de D. Sott et de la mystique apophatique mais on comprendra. L'absolu est ma quête). Et de rappeler que le jansénisme fut condamné -la parole de l'Eglise, ça compte quand même non? Dieu sait que j'admire Pascal, mais d'Aquin est infiniment plus important aux yeux de l'Eglise et c'est plus qu'un euphémisme (j'aivu que passait l'ombre du chez Maritain, spécialiste de l'Aquinate). Moi, en tant que catholique, je suis dans l'obéissance et suuis OBLIGE par lla Très Sainte Mère de me méfier de l'hérésie (c'est ainsi que moi qui aime Origène suis obligé de me séparer de lui lorsque l'Eglise l'ordonne). Mais s'il vous plait , je vous en prie, ne parlez pas de "distance" quand je sens si fortement, de manière si bouleversante qu' "il n'y a qu'une tristesse, c'est de n'être pas des saints" (Bloy)
(Et Dieu sait si je me sens proche de Nebo, mais il est agnostique -pour de très hautes raisons à mon humble avis - et moi j'ai tenté le saut dans la folie de la croix, je suis dans ce bondissement, il est ma respiration et mon sang et votre parole -vos références - me sont souvent nourriture)

Nebo,je sais que tu n'est pas effrayé, surtout que tu as la culture nécessaire pour savoir qu'il est d'autres chemins. Mais tu as parfaitement compris le sens de mon intervention. Ce débat m'est difficile, presque douloureux, car je me sens proche de toi par mille et mille fibres de mon être, non seulement pour ce que tu es, pour ta quête, mais aussi, parce que j’ai moi aussi longtemps hésité avant de prononcer mon CREDO, à cause de certains scrupules, précisément... Là encore tu comprendras tout ce qui se dit entre mes mots, dans le silence des failles.
Mais de l’autre côté de l’abyme (qui invoque l’abyme n’est-ce pas…), l'exigence de Zak me touche au vif, m’appelle et rejoins ce que j'aime tellement chez Bloy et qui m'a fait m'attacher à cet auteur avant tout autre, jusqu'à lui consacrer mes recherches. On m'excusera donc d'en rester là, d'autant que je crois avoir dit l'essentiel dans mon dernier grand post où , je le crois, se lit et lie mon désir de consumation en Dieu et la douleur féconde de la séparation -car de cette douleur nait notre soif inapaisable par rien d’autre que l’Esprit - , et mon très modeste mais important souci d'inviter les âmes à s'approcher sans peur du Père.

Ecrit par : Restif | vendredi, 28 mars 2008

Judith, en réponse à votre beau témoignage je joins cet article trouvé sur le net


Entretien avec Jean-Philippe de Tonnac : « L’abstinence est la faim d’autre chose »


http://www.psychologies.com/article.cfm/article/5771/Entretien-avec-Jean-Philippe-de-Tonnac-L-abstinence-est-la-faim-d-autre-chose.htm?id=5771&page=1

Ecrit par : Serena | vendredi, 28 mars 2008

Très bien, cet article... on y voit toute sa vie (au menu), c'est un peu l'occasion d'un fil rouge (et le facteur surprise ajoute ajuste - ajoute - ajuste - ajoute, ajuste, ajoute... a... juste, à - ?).

Merci à Serena, et bon week-end à tous...

Ecrit par : Marie Gabrielle | vendredi, 28 mars 2008

La grâce, l'intelligence, la beauté ...




A 18 ans, je cherchais le sens de la vie dans le bouddhisme, le yoga, la parapsychologie (…) Un jour, alors que je traversais une épreuve, je suis tombée sur un vieux chapelet. J’ai prié, et une paix incroyable m’a envahie (…) pendant une messe, après avoir communié, soudain je suis tombée en larme en réalisant que Dieu existe (…) c’était une évidence, j’ai été envahie par cet Amour (…) J’ai alors aussi compris le sens de la chasteté, pourquoi attendre le mariage pour se donner pleinement (…) Pour notre mariage, on est allé dans les rues, inviter les gens. On veut leur dire que l’Amour existe, et qu’on peut y croire !

Ecrit par : ********* | vendredi, 28 mars 2008

Madame, il vous plaît d’être poète ! Soit !
Néanmoins, il me semble qu’il y a avantage, dans certaines occasions, d’employer la médiation d’un langage clair et précis, afin de ne pas ajouter de confusion là où il y en a déjà beaucoup !
En effet, vous n’êtes pas sans savoir qu’au début du monde

"Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots ".( Genèse 11.1 ).

et que Dieu constatant la folie des hommes dit :

"Allons! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres.
Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre." (Genèse 11.7-8-9).

Ne cherchant pas ici ma propre gloire je veux bien être enseignée par vous ! Or, pour cela il me faut vous comprendre !

Ecrit par : Judith P | samedi, 29 mars 2008

Un bonjour en passant, à Judith P...

"Impossible n'est pas français ?" : pour moi... il l'est complètement !

(Je veux dire un bâti de cartographie du sexe qui nous aide à mieux vivre...).

N'insistons plus - pas pour cet instant... qui est court, quand je ne suis, plus jamais ! - maître.

A bientôt pour vous lire - généralement, Judith.

Ecrit par : Marie Gabrielle | samedi, 29 mars 2008

"Rappelons que la sexualité dans sa pratique et notamment féminine, demande à se porter réalisée."

Madame,

La femme porte une grande responsabilité sur ces épaules concernant la marche du monde!
En effet, n'est- elle pas bien trop souvent comme
"le cheval et le mulet, qui n'ont pas d'intelligence, dont l'ornement est la bride et le mors, pour les réfréner quand ils ne veulent pas s'approcher du Seigneur"(Ps. 32-9)?!


Or, lorsque la femme se sait enfant de dieu, qu’elle reconnaît son appartenance au Christ, elle s'engage dans une voie de purification du vieil homme,

"Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché."( romains 7.14 )
« Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. » (Romains 7.15)

afin d’apprendre à

« prendre plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur » (Romains7.22)

plutôt qu'à "porter réaliser sa sexualité féminine"!

Se sachant fortifiée par le Christ, rachetée de sa servitude par son sacrifice sur la Sainte Croix
« je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil.4-13),

Revêtue des armes de Dieu

«revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » (Ephésiens 6. 11),

elle peut donc elle aussi dire FIAT !

FIAT qui sera fêté demain en l’occasion de la fête de l’Annonciation.
FIAT prononcé par la Très Sainte Vierge, mère de Notre Seigneur, qui n’a pas, que je sache, mis les genoux à terre afin d’obtenir du Seigneur «une sexualité réalisée ».

FIAT : Seigneur que VOTRE volonté soit faîte et non point la mienne, Seigneur je vous laisse lutter à ma place, «je suis un ver et non point un homme » (Psaume. 22-6).


Certes, être chrétienne n’est pas marcher à la manière des hommes,

« n'êtes- vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? » (Cor. 3-3 )

cependant, l’abaissement de sa volonté assure à la femme la naissance à «une nouvelle vie », il lui montre la voie de la dépendance comme vraie liberté!
C’est autrement plus révolutionnaire que le manifeste du Parti Féministe ou le programme de « ni putes ni soumises » !



Bon dimanche à vous.

Ecrit par : Judith P | dimanche, 30 mars 2008

Bonjour Judith,

...d'accord avec vous pour la "marque" du FIAT (bien vu : "elle n'a pas mis (les) genou(x) à terre afin d'obtenir du Seigneur...").

Toutefois, je n'aurai pas été claire, puisqu'à vous lire - le jour fait la nuance...

Vous écrivez :

"afin d’apprendre à

« prendre plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur » (Romains7.22)

plutôt qu'à "porter réaliser sa sexualité féminine"!

J'ai écrit que "la sexualité demande à se porter realisée." Il y a personnification, et pas ici d'identification ; excusez-moi du sens.

A bientôt, et bon lundi.

Ecrit par : Marie Gabrielle | lundi, 31 mars 2008

"Dans un monde en proie à un optimisme de commande, les mères de familles sont les premières à être témoin du caractère tragique de la condition humaine."

Fr.Gérard m.b."Mères de famille ayez confiance"

Ecrit par : Eliette | mardi, 01 avril 2008

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