Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 27 avril 2006

Autour de l'Art... de Ernest Hello

medium_ernest_hello.jpg

 

«M. Hello a reçu de Dieu le génie...»
Saint Jean-Baptiste-Marie Vianney, curé d'Ars





Jusqu'ici l'esprit humain a cru très souvent que pour réaliser le beau il fallait se déguiser, et le déguisement qu'il a pris s'est nommé l'Art. L'Art a été le jeu qu'il a joué, quand il a voulu parader devant lui-même, suivant certaines conventions.

Il faut qu'un homme de génie se lève, parle, soit écouté et dise :

Je veux que désormais l'Art soit sincère.
Je veux que l'Art cesse d'être le déguisement de l'homme, pour devenir son expression.
Je veux que l'Art soit l'explosion simple, naïve et sublime des splendeurs de l'intelligence. Pour que l'Art soit beau, et que sa beauté soit vraie, je veux que l'Art désormais dise les choses comme elles sont.
Dieu voudra, si je ne me trompe, que cette voix soit entendue.

L'ancienne rhétorique a dit : Vous êtes laid, déguisez-vous, car si vous vous montriez tel que vous êtes, vous feriez horreur. L'Art est un déguisement ; choisissez donc un type de convention, regardez autour de vous et cherchez : vous n'aurez que l'embarras du choix. Imitez, feignez, jouez un jeu qui plaise au public : le beau est une fiction. Les lois de la vie sont laides : pour plaire, il faut que l'Art se fasse des règles à lui, indépendantes des lois réelles.
Maintenant il faut que celui qui doit fonder l'Art de l'avenir, purifie l'air souillé par ces paroles, et dise :
La laideur a, en effet, sa place dans l'homme ; car l'homme est déchu. Mais la régénération est possible. Voilà les eaux du baptême.
La beauté est permise encore, la voilà qui vient à nous. Saisissons-la, revêtons-la, et ensuite nous pourrons nous montrer.
Revêtons-la, non comme un déguisement, mais comme une splendeur plus vraie que nous-mêmes, que nous devons posséder et ne jamais perdre. Nous sommes souillés ! eh bien ! purifions-nous. L'homme ancien n'ose pas se montrer. Que l'homme nouveau naisse et paraisse, qu'il resplendisse aux yeux des hommes, non comme un héros de théâtre, mais comme une vérité vivante, plus vivante que l'ancien homme remplacé. Qu'il paraisse et qu'il agisse, qu'il agisse dans la splendeur de sa nature régénérée, qu'il fasse éclater le type qu'il recèle, qu'il dégage l'idéal qu'il porte ! Qu'il fasse la vérité ! La beauté jaillira ; la beauté, au lieu d'être une fiction, est la splendeur du vrai. Que l'Art, qui était le déguisement du vieil homme, raconte dans la sincérité de sa parole la splendeur de l'homme nouveau !

Lire la suite

18:00 Publié dans De l'art, Eloge des figures de l'écart | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : art, critique d'art, littérature |  Imprimer | | | | | Pin it!

dimanche, 16 avril 2006

Le sens de la Croix

medium_ph_de_champaigne.2.jpgRôle fondamental du sacrifice chez Joseph de Maistre

En considérant les bénéfiques effets, pour l’ensemble de l’humanité, du divin sacrifice de la Croix, nous remarquons sans peine que cette notion occupe une place non négligeable dans l’œuvre maistrienne, et ce d’autant plus que son universelle et tenace présence dans toutes les sociétés humaines depuis les plus lointaines origines indique assez bien l’aspect fondamental de son rôle dans le cadre de l’économie particulière qui présida au devenir de toute les institutions religieuses et politiques.

Maistre, à ce sujet, dans ses nombreuses et fécondes réflexions, remarquera très vite l’énorme place de la violence dans l’histoire du monde, mais, à la différence de certains penseurs de l’antiquité païenne, il lui apparaîtra évident que le christianisme a introduit sur ce point une donnée radicalement nouvelle, apte à fournir précisément un « éclaircissement » prodigieux concernant les mécanismes de compensation intervenant dans l’accomplissement des rites sacrificiels.
Certes, et Maistre le souligne, le sacrifice se trouve bien à la base de « toute espèce de culte, sans distinction de lieu, de temps, d’opinions ou de circonstances » (Eclaircissement sur les sacrifices, ch. I), toutefois pense-t-il, c’est dans le sacrifice sanglant du Calvaire qu’est ouverte et proposée à tous pour la première fois depuis la Chute une authentique voie de régénération spirituelle. Jésus fait homme, par sa mort consentie et assumée, libère pour toujours les créatures du péché, son sang est versé pour la Rédemption du genre humain, son sacrifice devient le moyen merveilleux du salut offert gratuitement à tous. « La grande victime, élevée pour attirer tout à elle, cria sur le Calvaire :

TOUT EST CONSOMME !

Lire la suite

00:05 Publié dans Le sens de la Croix | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : réflexion, métaphysique, philosophie |  Imprimer | | | | | Pin it!