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lundi, 01 mai 2006

Tout est mal

 

 

"Il n'y a que violence dans l'univers; mais nous sommes gâtés par la philosophie moderne, qui a dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé, et que, dans un sens très vrai, tout est mal, puisque rien n'est à sa place".

 
Considérations sur la France
Joseph de Maistre 

00:05 Publié dans Du mal | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Réflexion, Métaphysique, Philosophie |  Imprimer | | | | | Pin it!

Commentaires

Peut-on mettre dans ce terme de philosophie moderne à la fois l'ironie voltairienne qui enlève toute la légitimité au sacré et le conservatisme de Rousseau (que Joseph de Maistre a su apprécier dans sa jeunesse avant de le rejeter, révolution oblige)? Et qu'aurait pensé Joseph de la domination hegelienne qui perdure jusqu'à aujourd'hui?

Écrit par : Cadichon | mardi, 02 mai 2006

“Tout est mal. Je veux dire que tout ce qui est, est mal ; chaque chose existe en vue du mal ; l’existence est un mal ; elle est soumise au mal ; la fin de l’univers est le mal ; l’ordre, l’état, les lois, la marche naturelle de l’univers ne sont que mal et ne tendent à rien d’autre qu’au mal. Il n’est d’autre bien que le non-être, il n’y a de bon que ce qui n’est pas, que les choses qui ne sont pas des choses ; toutes les choses sont mauvaises.” (Leopardi)

Heureusement, il y a l'art et la religion pour nous aider à supporter tout ce mal.

Écrit par : Sébas†ien | mardi, 02 mai 2006

Comme je n’ai pas lu Joseph de Maistre je ne peux m’en tenir qu’au passage cité. Mais il me semble que les idées du Bien et du Mal ne se définissant que par opposition l’une part rapport à l’autre, dire que tout est mal ou que tout est bien n’a pas beaucoup de sens.
D’autre par assimiler le mal, une valeur, à la violence, un pur fait, me semble injustifié (Il est bien évident que toute violence n’est pas fatalement mauvaise.)
La fin du passage assimile cette fois le mal au désordre (« rien n’est à sa place ») renvoyant à une idée du Bien comme harmonie, ordre, symétrie. L’univers vu comme cosmos (« ordre ») et évoquant probablement à l’idée d’une intelligence transcendante qui en constitue l’unité profonde.
Mais c’est passer un peu vite sur l’idée de désordre, de chaos, qui ne peut vraiment être conçue à travers l'oeil de la rationalité ordinaire puisque celle-ci ne fonctionne que selon la pensée de la représentation, c’est à dire de cet ordre, cette hiérarchie des idées qui subsume le particulier, la multitude sous le plus général, l’unité d’une catégorie supérieure.
Le chaos, peut effrayer a priori, mais peut-être cache-t-il dans ses entrailles l’énigme de la pure singularité ? La différence en soi (et non pas par rapport à son opposé).

Écrit par : Max Lector | mercredi, 03 mai 2006

Le problème est qu'en affirmant que tout est mal, De Maistre tombe dans une interprétation manichéene considérée en temps habituel comme une hérésie par l'ordre catholique.

Écrit par : Cadichon | mercredi, 03 mai 2006

Bonjour,
Pour J. de Maistre, tout est mal parce que tout a été vicié par le péché originel. Comme le disait déjà Pascal : "sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes" (Pensées). Il y a une dégradation non seulement de notre nature, mais de tout l'univers. L'homme est puni par là où il a péché, c'est-à-dire dans sa volonté. "Il ne sait pas ce qu'il veut, il veut ce qu'il ne veut pas,, il ne veut pas ce qu'il veut; il voudrait vouloir" (Soirées). Néanmoins, si Maistre insiste sur notre dégradation, il rappelle que notre intelligence a quelque chose qui nous lie à la divinité...
Bien à vous,
Frib

Écrit par : frib | mercredi, 03 mai 2006

Bonjour,
Un grand merci à Isabelle des Charbinières de nous donner à voir ses toiles, et de nous transcrire quelques propos de J. de Maistre. Qu'elle me permette d'user et peut-être d'abuser de son hospitalité pour répondre à Cadichon.
Permettez-moi de ne pas partager votre sentiment en ce qui concerne votre dernière intervention. Le manichéisme oppose le Bien et le Mal comme deux Principes ennemis. Maistre, tout comme Augustin et Thomas d'Aquin, ne donne aucune consistance ontologique au mal. Le mal n'est qu'un manque, qu'une privation. Maistre ne s'écarte pas de ce que dit l'Eglise, il a des propos semblables à ceux des théologiens de son époque (Bergier, Feller etc.). Il est vrai que certaines de ses idées semblent hétérodoxes, comme par exemple son annonce d'une nouvelle Révélation, ou sa sympathie pour la théorie origénienne de la préexistence des âmes, mais il n'avance cela qu'à titre de simples hypothèses.
Bien à vous,
Frib

Écrit par : frib | vendredi, 05 mai 2006

Bonjour,
Merci pour votre réponse, Madame des Charbinières.
Que Cadichon ne m'en veuille pas d'être en désaccord avec lui. Par ailleurs, son site vaut la visite.
Bien à vous,
Frib

Écrit par : frib | lundi, 08 mai 2006

Voyons Rhéa
Tout est mal puisque rien n'est à sa place.

Écrit par : Saint Martin | jeudi, 03 août 2006

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