RÉACTIONS À LA RÉPONSE DE ZAK À JUAN ASENSIO (mercredi, 26 novembre 2008)

Par Zak

 

 

 

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« La domination ontologique de l’horreur est inscrite de façon générique

en chaque être depuis la rupture adamique »

 

 

 

 

 

 

Nous avions voulu, dans notre précédente réflexion portant sur la notion de « virtualité », proposer une interrogation sur la notion d’authenticité en convoquant, à la fois les outils de la métaphysique classique et ceux de l’anthropologie chrétienne. Notre petit texte a suscité, à notre surprise, un nombre suffisamment significatif et important de commentaires multiples et variés, pour que nous nous sentions encouragé de relever, puisqu’il ne nous apparaît pas utile d’insister sur ceux qui témoignèrent de leur intérêt à notre égard et que nous avons bien lus, ce que ce questionnement a pu recueillir comme réactions critiques.

 

 

On pourra bien évidemment tout d’abord sourire, très franchement, de l’ire colérique plutôt comique que provoqua notre initiative, ici ou là, et en particulier chez des esprits réduits et bavards soutenant une impossibilité formelle entre l’interrogation métaphysique et le christianisme, encore pénétrés d’un indigent apriorisme qui sont allés jusqu’à affirmer, sans crainte du ridicule, et comme s’y risquent encore seuls quelques positivistes attardés, qu’il n’était pas possible d’engager une question de nature philosophique si l’on accordait un crédit à l’enseignement de la Révélation[1].

 

 

 

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« La philosophie, c'est à dire l'amour de la sagesse,

n'est pas une chose et la religion une autre chose. »

(Saint Augustin, De vera religione)

 

 

 

L’énorme stupidité abyssale d’un tel affligeant discours qui relève des innombrables bêtises écrites dans les petits opuscules, écrits par des professeurs formatés, que l’on destine aux lycéens qui se préparent au baccalauréat, pourrait aisément être mise en lumière en dressant la très longue liste des philosophes et métaphysiciens chrétiens qui marquèrent de leur présence magistrale l’histoire de la pensée.

 

Mais cela serait trop facile pour deux raisons principales :

 

- Tout d’abord parce que tous les penseurs en Europe avant même l’avènement du christianisme, à de très rares expressions près, furent des croyants, païens ou chrétiens, fortement attachés à leur religion et parfois, comme Jamblique, adeptes des cultes mystériques ;

 

- Deuxièmement parce que c’est toute la métaphysique, toute l’histoire de la philosophie elle-même, qui a sa source dans un fondement religieux placé à la base du questionnement dont on sait qu’il prit naissance précisément avec Parménide et son fameux « Poème sur la nature » (Peri Physeos) où, dans cet instant matinal et natif de l’interrogation fondamentale, conduit par la Déesse, il s’approcha de l’Être, qui se dévoila comme un don et lui fut délivré comme un préconcept transmis par la divinité [2].

 

Difficile de faire plus religieux, on le constate, en ce qui concerne le domaine originel de la philosophie !

 

Mais ceci n’a rien d’exceptionnel puisque c’est l’ensemble de la pensée grecque qui fut encadrée dès ses premiers pas par la fonction essentielle des personnages divins - Themis, Dikè, les Moires – des présocratiques jusqu’à Platon et Aristote puis, plus encore chez les néoplatoniciens dont beaucoup furent chrétiens (celui connu sous le nom de Denys l’Aréopagite en est l’exemple par excellence), personnages divins accompagnant le questionnement à l’égard de la sagesse. A ce titre, le nom même de « philosophie », désigne bien cette « Sophia » aimée que les latins désigneront comme « Sapientia », ce qui fera dire à Cicéron que la pensée philosophique est « la science des choses divines et humaines et des principes qui les fondent ».

Comme l’expliquera Jean Daniélou dans son étude parue en 1944, Platonisme et théologie mystique, cette approche conduira saint Augustin, très marqué par le néo-platonisme, a réconcilier les « idées éternelles » avec l’Evangile suivi en cela par Théodoric de Chartres, Dominique Gundisalvi, Duns Scot, ou Giordano Bruno,  (saint Thomas d’Aquin faisant de même plus tard avec l’aristotélisme), se souvenant que dans son Apologie de Socrate Platon déclarait : «  je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien », démontrant ainsi que la sagesse philosophique consiste d’abord à se reconnaître ignorant en avouant la limite de la raison et des facultés humaines pour atteindre le domaine, inaccessible, de la Vérité [3].

 

 

Toutefois il nous faut faire justice, par delà les invraisemblables incohérences déjà signalées, à un truisme naïf foncièrement ridicule, toujours issu des manuels destinés aux classes du secondaire et que l’on recrache sottement, consistant à soutenir que « philosopher », vaniteuse et bien ambitieuse expression au demeurant pour les cancres ignorantins qui la manipulent sans intelligence, consisterait à « inventer » des concepts et faire surgir de sa pensée de la nouveauté. Rien que ça ! Or, telle est bien l’une des plus aberrantes et insignifiantes idées participant de la piètre vision deleuzienne vidée de sens et de fondement, aimant à roucouler son éternel credo au sujet du philosophe « amant du concept ». Deleuze lui-même, dont on n'oubliera pas qu’il s'est donné la mort de façon brutale le 4 novembre 1995, déclarait dans son ouvrage « Les conditions de la question : qu'est-ce que la philosophie? » : « La philosophie ne contemple pas, ne réfléchit pas, ne communique pas. C'est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts, mais surtout de les créer. » Outre que tout le monde n’est pas Deleuze, et que peu d’individus sont en mesure d’éventuellement "générer du concept", il y a dans cette vue un pseudo raisonnement qui joue sur les éléments de la pensée réflexive d’une manière toute hégélienne, laissant dans l’ombre un présupposé non interrogé de la vieille doxa deleuzienne qui trouve son inspiration chez Marx et Nietzsche : le rôle de la philosophie ne consiste plus à contempler le monde mais à le changer, à l’interpréter. Dans Différence et répétition, par exemple, Deleuze reprochera, de façon très marxiste finalement, à la dialectique hégélienne sa manière abstraite de concevoir le changement qui la rend incapable de penser le mouvement réel des choses.

 

heidegger_denken[1].jpgAussi Deleuze s’écartera foncièrement de Heidegger, en s’y opposant, critiquant son approche fondée sur l’authenticité, tel que le « Dasein » doit l’expérimenter. Et c’est bien là où réside une opposition radicale, entre l’utopie deleuzienne fondant ses vains espoirs évolutifs et progressistes en la création permanente de la nouveauté conceptuelle, et la position heideggerienne, beaucoup plus en accord avec l’intuition matinale parménidienne, et dont nous n’hésitons pas à dire que nous la reconnaissons comme supérieure et beaucoup plus respectueuse de la nature même de ce qu’est l’exercice philosophique véritable, consistant à nous préparer à répondre à un appel qui nous révèle, dans un saisissement inattendu et non volontaire, "l’Être" dans la perfection de sa donation originelle.

De la sorte, pour la philosophie exigeante consciente de l’appel ontologique, l'avènement de la Vérité réintroduit la métaphysique là où le nietzschéisme deleuzien, par un subjectivisme dérisoire et fort moderne, l'avait chassée en s'imaginant être en mesure de créer du "concept". En effet, ce qu’avait tragiquement oublié la non pensée moderne, l’Etre est une nécessité impérative à l’intérieur de laquelle nous sommes placés, nous ne le créons pas. C’est pourquoi à la question de savoir « qu’est-ce que penser ? », Heidegger répondit en 1955 par une autre question beaucoup plus juste et fondamentale : « qu'est-ce que l'Être ? » Ainsi, la question « qu’appelle-t-on penser ? » signifie plutôt : qu’est-ce qui nous incite à penser ? qu’est-ce ce qui nous appelle à penser ? qu’est-ce qui nous donne à penser ? Et ce qui donne le plus à penser, c’est le « Penser » lui-même : das Bedenkliche. Heidegger pourra donc affirmer, ruinant définitivement les présupposés évolutionnistes et subjectivistes si caractéristiques du nihilisme philosophique contemporain : « A l’aube profonde du déploiement de son être, la pensée ne connaît pas le concept » [4]

 

 

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« A l’aube profonde du déploiement de son être,

la pensée ne connaît pas le concept »

 

 

 

 

Nous nous attarderons un instant également, ayant déjà dit notre opposition à leur discours et le rejet que nous ressentions face à leur méthode de dénonciation, sur les profondes confusions théoriques, à nos yeux, des frères républicains consanguins Qu'est-ce qu'un français de souche? adeptes de « l’inessentiel » et d'un certain matérialiste, qui vinrent clamer leur incompréhension des mécanismes propres au spectacle moderne au prétexte de ridiculiser anonymement un auteur, s’imaginant missionnés pour sauver le monde du péril de la domination réactionnaire technocratique biocybernétique sans comprendre leur profonde participation à cette même domination dont ils ne sont que le pôle négatif et grimaçant inclus dans ce même spectacle qui, aujourd’hui comme hier, a depuis longtemps intégré sa critique.

 

 

 

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« La lutte conduite sur la base du vieux combat de dénonciation des extrêmes

n’est, en dernière instance, qu’un amusement pénible

qui ne sert qu'à régénérer un système qui ne connaît plus de mouvement négateur. »

 

 

Ces étranges personnages épidémiologiques ne comprennent pas, comme, pourtant, le disait déjà le texte de la brochure De la misère en milieu étudiant, que : « la critique radicale du monde moderne doit avoir maintenant pour objet et pour objectif, la totalité. » En effet, la critique, si elle doit s’exercer, est donc contrainte de se pencher sur le projet de la domestication totale, non en désignant encore et toujours, en retombant dans les mêmes pièges et ornières stupides, identifiant de façon erronée de prétendus agents de la réaction, discours ultra obsolète qui cache mal une totale incapacité analytique à appréhender la nature du système et de sa matrice, dans un schéma structurel passablement inopérant focalisé stérilement sur la désignation de l’adversaire principal situé, évidemment - grande révélation - à l’extrême. A présent à l’échelle mondiale, alors même que la domination ontologique est inscrite de façon générique en chaque être depuis la rupture adamique, la convergence est absolument réalisée entre la communauté du capital et sa critique, capital qui est devenu l’être social de l’espèce, dont la pérennisation est rendue possible grâce à l’instauration de la démocratisation, l’égalisation, et l’homogénéisation poussées à leur sommet, sachant que puisque le capital, par son idéologie libérale, s’est constitué en communauté globale il peut exercer sa domination sans partage en utilisant la démocratie et la République pour parachever la domestication, et qu’il n’y a rien qui ne puisse éviter de le servir en ne participant pas de son pouvoir, n’ayant nul besoin que quelques discours, qui tiennent d’ailleurs plus de l’incantation fantaisiste que du réel danger, viennent l’aider à renforcer son contrôle.

 

De ce fait, se faire le chantre des vertus républicaines et démocratiques en dénonçant les imaginaires adversaires de ces régimes, alors même que la démocratie est l’instrument par excellence de la soumission biologique et structurelle de l’espèce, [Marx disait de la démocratie qu’elle est « l'énigme résolue de toutes les constitutions bourgeoises »] , est donc le plus sur moyen, en collaborant au jeu spectaculaire et se vouant à la lutte contre des fantômes anecdotiques, d’asseoir le règne de la domination abstraite de la valeur en se transformant en laquais objectif de la domestication libérale.

 

Alors que la démocratie, telle qu'elle s'est constituée historiquement à des périodes décisives de l'histoire politique, de la Grèce du Ve siècle aux Républiques italiennes jusqu’à la Révolution française,  qui fut depuis toujours le vecteur idéal de la caste financière s'imposant de manière hégémonique comme la forme accomplie de domination réelle du capital sur la société, n’est plus menacée et par conséquent n'a plus à être défendue contre l'éventuel retour d'un phénomène totalitaire, même au prétexte d’un « pouvoir biocybernétique » qui, pour être plus efficace, n’a dans sa nature rien d’original ni de nouveau, faisant que ce combat n'est donc pas « progressiste » ou positif, mais absolument anachronique et régressif, c'est-à-dire réactionnaire. Déjà dans les années 1920, Bordiga, prévenait des ambiguïtés du slogan socialiste et républicain « la démocratie en danger » qui entraîna sur les champs de bataille des millions d’hommes qui se livrèrent une guerre criminelle, aussi inutile que vaine. La démocratie est une communauté illusoire, une communauté de la séparation parce qu'elle sanctionne politiquement, juridiquement et idéologiquement la soumission des hommes dans l'échange marchand où chaque individu, agissant pour lui-même, est devenu pour l'autre un représentant de la marchandise. La démocratie est donc actuellement "l'esprit" de la société, sa "religion".

Ainsi, si le nihilisme n’est que l'idéologie de soutient à la forme achevée de la domination, le prétendu reflet du mal dans lequel s’enferme les membres de la « Confrérie », nous assénant interminablement des injonctions sur la démocratie, la liberté, les Droits de l'Homme, réduisant concrètement l'horizon à l'alternative démocratie / totalitarisme, s'avère incantatoire et vain alors qu’il importe de démasquer le pivot du paradigme libéral pour montrer que son visage est multiforme, plastique et mouvant, utilisant pour son service l’ensemble des mécanismes trompeurs du champ politique pour mieux instrumentaliser, et son éloge et sa critique. La République, la démocratie, le totalitarisme et le marxisme ont permis l'universalisation du mode de production capitaliste, de sorte que la lutte conduite sur la base du vieux combat de dénonciation des extrêmes n’est en dernière instance qu’un amusement pénible, un travail contestable qui ne sert, d’une certaine manière, qu'à régénérer le système lui-même puisque le développement de la valeur a fini par cannibaliser les lois structurelles du système qui ne connaît plus de mouvement négateur.

La seule attitude authentique, c’est-à-dire authentiquement en rupture, est donc uniquement d’ordre supérieur, elle relève du spirituel et du transcendant.

A ce sujet, Augustin d’Hippone expliqua clairement que la « Question » porte sur la notion des "deux cités", des deux principes antagonistes depuis la Chute, dans la mesure où le monde est le lieu où se déroule depuis l’origine une incessante lutte entre deux volontés, deux projets antagonistes, où s’affrontent deux « voies », deux orientations aux perspectives radicalement différentes. Telle est l’authentique division toutes les autres étant factices et superficielles. C’est pourquoi, celui qui a compris que la seule extériorité critique est uniquement de nature spirituelle et qu’il n’y a pas, fondamentalement, de différence, de clan, de tendance dans la cité de la terre puisque toutes les forces possèdent la même et identique racine de désorientation viciée et corrompue, doit, alors qu’il est placé au cœur d’une confrontation métaphysique gigantesque qui voit s’affronter deux puissances irréconciliables, se positionner clairement en faveur de l’une ou l’autre des deux Cités, l’amenant, certes, à relativiser les gloires et puissances terrestres, mais surtout regarder les fausses luttes politiques ou idéologiques d’ici-bas comme vaines et stériles, dans la mesure où le combat véritable, l’unique combat, se mène contre « l’Adversaire », et non contre des mirages passagers au nom d’orientations politiques intramondaines.

 

 

Redisons-le, il ne peut y avoir qu’une seule communauté en ce monde, c’est celle des forces ténébreuses qui n’appartiennent à aucune communauté si ce n’est celle de l’abomination et de l’horreur ontologique. Le combat contre le mal est donc d’ordre métaphysique et spirituel : métaphysique car il touche à la nature pervertie de l’homme et à l’essence fétide de ce monde ; spirituel car il ne peut emprunter, et comme arme et pour finalité, que l’Absolu : « Il n’y a que deux cités, l’une criminelle descendant d’un homicide jusqu’à un homicide, […] et l’autre, sainte, fondée par celui qui mit sa confiance à invoquer le nom de Dieu. Voilà, en effet, quelle doit être l’unique occupation des membres de la Cité de Dieu, étrangers en ce monde pendant le cours de leur vie mortelle… » (S. Augustin, La Cité de Dieu, Livre XV, Ch. XXI.)

 

 

En conclusion, toutes ces réactions, parfois puériles, qui firent suite à la note : « Métaphysique de la virtualité », témoignent donc clairement de la tragique impasse dans laquelle se trouve enfermée une pensée indigente, totalement incapable d’affronter l’exigence ontologique, qui se contente de fonctionner en utilisant le slogan ou l’autocongratulation narcissique et le bavardage comme ultime recours face à sa tragique impuissance théorique. Mais au final rien d’étonnant, puisque tout ceci est relativement conforme au misérable niveau dans lequel croupit la modernité contemporaine désacralisée et son monde de toute façon condamné depuis l’origine à la déréalisation inessentielle, en raison de causes objectives qui conservent un pourvoir de nuisance terrifiant, utilisant, avec un art consommé, les êtres comme autant de marionnettes inconscientes afin qu’ils servent son nocturne objectif.

 

Rien n’était donc plus nécessaire que de se confronter à la notion d’inauthenticité en examinant l’essence de la virtualité. Comprendre et mettre à jour la réalité du lien secret et pervers qui unit ces deux notions, tel était, et reste donc, l’objet de notre réflexion.

 

 

 

Notes.

 

[1] On ne sera point trop cruel en relevant dans ce billet L'absence de question hautement fantaisiste publié sur un site naturiste que nous avions déjà incidemment évoqué, à l’intérieur des quelques lignes maladroites dont l’alacrité trahissait surtout un piteux dépit et qui se voulait une poussive et dérisoire réponse à notre texte, les réitérations d’un plaisantin écolâtre  se voulant philosophe mais possédant de curieux « soubassements » aprioriques, et qui n’hésita pas à proférer des affirmations sentencieuses - encouragé dans sa risible initiative par un hilarant cordonnier La haine du mouvement qui déplace les lignes jouant au singe savant qui ne cesse, à la moindre occasion, de crier furieusement du fond de son échoppe en lui imputant la responsabilité de l’arrivée au pouvoir à la tête de l’Empire du bien du candidat démocrate : « à bas Bush ! » -  composant son mot en l’accompagnant d’un babillage assez comique, puisque parlant ridiculement, dans son sabir, d’un : « cadre [pré-déterminé] », « des limites … qui renverraient infiniment à [elles-même] », expliquant « le [sous-bassement] chrétien supposé dès le départ» , et  le « thomisme vaguement [rebricolé] » , une nouvelle fois le « [sous-bassement] chrétien ne doit pas être atteint » , les  « fondements [inquestionnables] »  s’avouant comme « fondement [inquestionnable] ». - Ouf ! on est effectivement renversé, mais vraiment peu rassuré, par l’étalage d’une telle science orthographique génératrice de concepts.

[2] Cf. Couloubaritsis, L., du Peri Physeos, in Mythe et philosophie chez Parménide, Ousia, 1986.

 

[3] Les rapports entre néo-platonisme et christianisme sont très étroits; les néo-platoniciens connaissaient les chrétiens et certaines de leurs doctrines. En outre, des personnalités aussi importantes que des Pères de l'Eglise se sont tourné vers le platonisme, et la doctrine augustinienne comporte des composants éminemment platoniciens. Saint Augustin ne cachera d'ailleurs pas son immense dette envers les platoniciens dans la Cité de Dieu : il y affirme qu'ils sont proches du christianisme. Il reconnaît sans peine par exemple que les Libri platonicorum et le Prologue johannique, présentent une doctrine pratiquement identique. Ce parallèle entre des écrits platoniciens et le Prologue écrit par saint Jean, se remarque de même dans l’Introduction aux Confessions de saint Augustin, où Solignac cite Amélius évoquant une ressemblance entre le logos de saint Jean et le logos d'Héraclite :

- « Et tel était le Logos, par qui tout ce qui devient a été fait, tandis qu'il est lui-même éternel, ainsi qu'Héraclite l'a proclamé : et, par Zeus, c'est ce Logos, le Barbare (i.e. saint Jean) l'a reconnu, qui, étant établi au rang et à la dignité de principe, était en Dieu et était Dieu : par lui, tout absolument a été fait ; en lui ce qui a été fait, était, originellement vivant, vie et être ; et c'est ce même Logos qui est descendu jusque dans les corps et, ayant revêtu la chair, il est apparu comme l'homme, mais de telle sorte que, même alors, il montrât la majesté de sa nature ; et naturellement, après avoir été délié du corps, il est à nouveau divinisé et il est Dieu, comme il était avant d'être répandu dans les corps, dans la chair et dans l'homme. »

Rappelons qu’Augustin fut instruit de ces rapprochements par Simplicianus, et on trouve dans le livre VII des Confessions de l'évêque d'Hippone, une indication de sa lecture des Libri Platonicorum, affirmant que les textes se rapprochant de l'Evangile figurent en particulier dans les Ennéades de Plotin.

 

[4 ] Heidegger, M., Qu’appelle-t-on penser, PUF, 1992, p. 8.

 

 

 

 
 

21:48 | Lien permanent | Commentaires (114) | Tags : philosophie, réflexion, politique, société, métaphysique |  Imprimer | | | | | Pin it!